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Pourquoi une revue ? Comment pensons-nous nos sommaires ?
Dans chacune de nos luttes comme dans la remise en question globale de la société, nous avons besoin d’élaborer des stratégies pour gagner. Ni les livres, ni les expériences passées ne donnent des réponses clés en main pour aujourd’hui, mais ils sont des outils incontournables pour les obtenir. Cette revue est donc un espace pour rendre explicites et lisibles les analyses que les militant’es d’A2C élaborent, et qui les amènent à défendre certaines stratégies. La théorie est pour nous inséparable de l’action militante : elle doit s’élaborer à partir des expériences réelles de la lutte des classes, des débats qui s’y posent, comme elle se teste dans les pratiques et les propositions militantes qui en découlent.


LES CAHIERS D’A2C #22 Mai 2026

L’édito : Donnons du pouvoir à nos luttes ! 

Les premiers mois de 2026 ont encore montré que le destin de l’humanité se jouait dans la course de vitesse entre la guerre impérialiste et la capacité de la majorité à s’organiser pour résister. C’est sous ce signe que nous avons choisi d’orienter ce numéro des Cahiers d’A2C. Il était donc naturel de commencer par un article qui se penche sur l’Iran, ce point de déflagration des rivalités inter-impérialistes qui est aussi (et ce n’est pas le fruit du hasard !) creuset de luttes et de révolutions. 

Couverture en noir et blanc de la revue Les Cahiers 22 d'Autonomie de Classe.
En haut, en grandes lettres noires :
LES CAHIERS 22
Juste en dessous :
« D'Autonomie de Classe A2C | Stratégies pour la révolution »
Sur la droite figure la date :
Mai 2026
Au centre de la couverture, un slogan en très gros caractères inclinés :
« POUR DONNER DU POUVOIR AUX LUTTES »
puis :
« ORGANISONS-NOUS ! »
Le texte occupe une grande partie de l'espace et donne une impression de mouvement et d'urgence.
Autour du slogan, une nuée d'oiseaux noirs en vol traverse la page de gauche à droite. Les silhouettes rappellent des hirondelles ou des martinets.
Dans la moitié inférieure apparaît un immense oiseau noir stylisé, ailes déployées. Son dessin évoque à la fois :
un rapace,
un corbeau,
ou un aigle héraldique.
L'oiseau occupe presque toute la largeur de la couverture. Son plumage est représenté par de grands motifs géométriques noirs et blancs.
À droite de l'oiseau, un petit oiseau-mouche est visible en vol.

Nous revenons ensuite sur une séquence de lutte prometteuse dans le secteur de l’éducation à Marseille, qui a vu lycéen·nes et grévistes se battre ensemble contre la militarisation de l’école et les “économies de guerre” faites sur le dos de l’éduc’. Cette lutte est d’autant plus remarquable qu’elle n’en a -pour l’instant – pas inspiré d’autres, dans un contexte où le mouvement contre la guerre fait face à un blocage stratégique en France. C’est pourquoi nous publions aussi un article qui analyse la lutte de 2003 contre la guerre en Irak ; les questions d’islamophobie, de critères de l’unité contre la guerre avaient déjà fortement limité l’ampleur du mouvement en France, alors que des records étaient battus dans le monde entier. 

Alors, quels compromis peut-on faire pour mobiliser plus largement ? Quel rôle pour les syndicats ? Les débats stratégiques continuent avec une interview croisée de militants d’Italie et de Grande-Bretagne autour de la journée du 28 mars qui a vu des centaines de milliers de personnes prendre la rue à Rome et à Londres, contre l’extrême droite, le racisme et la guerre. La question de la lutte antiraciste est également abordée d’un angle plus historique et théorique, dans un article qui questionne l’idée selon laquelle les travailleur·euses blanc·hes auraient intérêt au racisme. Mobilisant W.E.B Du Bois contre les théories du privilège et revenant sur des séquences-clés de la lutte des classes en France, cet article argumente qu’accepter le racisme a un prix : la fragmentation des luttes et la perpétuation de l’exploitation. 

Enfin, nous discutons stratégies révolutionnaires : 90 ans après, un retour sur la séquence qui a mené au Front Populaire s’impose. On en tire trois leçons pour articuler luttes antifascistes, luttes sociales et transformation révolutionnaire. Le second article traite de la révolution sous l’angle des luttes écolos, et se demande comment faire pour passer d’une écologie anticapitaliste à une écologie révolutionnaire pour changer le système ? Ça passe par la massification du mouvement et la construction d’alliances par en-bas entre luttes écolos et travailleur·euses. Face au capitalisme qui détruit le vivant, faire classe ! 

Enfin, le marxisme est selon nous la théorie qui permet le mieux d’appréhender le fonctionnement de la société et donc, d’y intervenir pour la transformer. En revanche, nous sommes conscient·es que c’est une théorie qui a évolué au gré du mouvement ouvrier, avec celles et ceux qui s’en sont saisi·es et l’ont intégrée dans leur pratique au fil des années. Il nous paraît donc important, pour nous qui nous en revendiquons, d’argumenter en quoi nous croyons que cette théorie est encore capable de résoudre les questions que nous nous posons, et d’expliciter quelle est la pratique que nous en faisons. C’est ce que nous proposons via la rubrique Pourquoi le marxisme ? depuis quelques numéros. Cette fois-ci, nous nous questionnons : la nature humaine est-elle un frein à l’émancipation ? 

A vos Marx, prêt·es, lisez !

L’équipe revue


L’edito : Minneapolis montre la voie !

De Minneapolis au 14 mars : des luttes de quartiers au bras de fer politique
Les attaques racistes et fascistes rencontrent des résistances massives par en bas. Dans une période trouble, c’est une source d’espoir essentielle pour toutes celles et ceux qui rejettent la victoire annoncée de l’extrême-droite. Aux États-Unis, le mouvement contre la milice anti-immigrant’es du régime de Trump (l’ICE) vient de remporter une victoire historique dans la ville de Minneapolis en les virant en quelques semaines par la force de la rue. On espère évidemment que leur lutte exemplaire en inspirera mille autres partout et pour cela, nous proposons un entretien avec un camarade impliqué dans le mouvement anti-ICE. Pour la France, alors que la riposte antifasciste et antiraciste continue de s’organiser on vous propose un retour sur la construction de la journée du 14 mars à Paris et à Marseille, ainsi qu’un retour sur la résistance par en bas à la campagne électorale des fascistes dans le XXe arrondissement de Paris. Enfin, parce que combattre l’ennemi c’est aussi en faire l’analyse, nous proposons une recension critique de l’ouvrage Le vote FN au village de Violaine Girard.

Les révolutionnaires et les syndicats.
Les syndicats, quels que soient leurs défauts et leur faiblesse, restent la première forme d’organisation de notre classe pour se confronter à la bourgeoisie. Ce sont eux qui l’organisent et sont capables de la mettre en mouvement le plus massivement. On doit donc y intervenir mais aussi élaborer politiquement sur ce qu’ils peuvent faire ou ne pas faire du point de vue révolutionnaire. Parce que les syndicats permettent de faire classe, on se doit de participer à leur construction et d’élargir leur implantation. On revient dans ce numéro sur une expérience d’organisation syndicale dans le secteur de la librairie, les difficultés rencontrées mais surtout les premières victoires après plusieurs années de travail patient. L’importance des syndicats ne doit pas nous empêcher de nous questionner sur la forme qu’ils prennent. Du fait de leur taille et de leur poids, ce ne sont pas des blocs homogènes : des militant’es de base aux directions, ce ne sont pas les mêmes positions et les mêmes intérêts qui y sont défendus. Lors des derniers mouvements massifs de l’hiver 2019-2020 et du printemps 2023, c’est les directions syndicales qui ont largement mené la danse, réussissant à imposer leur rythme et leur calendrier. On doit donc se pencher sur la bureaucratisation des syndicats et sur la réalité de l’opposition entre les directions et la base.

L’impérialisme, un système global.
La reconfiguration du monde par les impérialistes s’accélère, toujours accompagnée de son cortège d’atrocités. En Syrie, plus d’un an après la chute du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024, le nouveau régime d’Ahmed al-Charaa a lancé une offensive d’ampleur contre la zone nord-est du pays, le Rojava. Cette région de fait autonome depuis 2012 et contrôlée par les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les YPG kurdes, a à la fois attiré l’attention des révolutionnaires du monde entier en même temps qu’elle s’est retrouvée au cœur de jeux d’alliances internationales complexes. Alors que l’avenir de la région est en jeu et avec elle, le combat du peuple kurde pour son émancipation, il nous semble nécessaire de revenir sur l’expérience du Rojava et les questions stratégiques qu’elle pose.

Stratégies pour la révolution.
Ce ne sont jamais les révolutionnaires qui décident du déclenchement des révolutions, cependant c’est leur intervention qui peut en déterminer l’issue. Il y a donc une nécessité d’élaborer stratégiquement pour que nous soyons capables de faire face aux tempêtes révolutionnaires à venir. Cela implique de débattre dès maintenant dans le mouvement du rôle que les organisations révolutionnaires et leurs militant’es y jouent. Il y a des cadres plus ou moins spontanés et plus ou moins auto-organisés dans tous les mouvements passés ou présents (conseils ouvriers, assemblées générales…), par contre on peut se demander si l’auto-organisation suffit pour faire la révolution ?

Pourquoi le marxisme ?
Les analyses que nous portons et les filiations politiques dont nous nous revendiquons ne doivent pas être des choix arbitraires. Si nous nous qualifions de marxistes à A2C, nous devons pouvoir expliciter ce que nous entendons par là. Le marxisme n’est pas pour nous une recette qu’on devrait suivre à la lettre ou un enseignement scolaire, il est plutôt la théorie privilégiée de la révolution, celle qui permet le mieux de comprendre l’affrontement des classes et de guider notre action dedans. Depuis quelques numéros, la rubrique Pourquoi le marxisme ? cherche à en présenter les idées phares ; ici, nous avons choisi de répondre à la question : pourquoi le capitalisme mène à la guerre ?


Sommaire :

Edito · Face à la barbarie impérialiste : Make Revolution Great Again

A lire ailleurs : comprendre le mouvement agricole

Boussoles #2 : le festival d’a2c revient !

Pourquoi cette revue, pourquoi ce sommaire ?


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