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	<title>A2C &#8211; Autonomie de classe</title>
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	<description>Pour l&#039;autonomie de classe !</description>
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	<title>A2C &#8211; Autonomie de classe</title>
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		<title>De quelle théorie de la reproduction sociale avons-nous besoin ? </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/de-quelle-theorie-de-la-reproduction-sociale-avons-nous-besoin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yassine]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Nov 2026 20:17:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">En 2015, le mouvement féministe connaît un regain à l&#8217;échelle internationale, autour de la lutte contre les VSS et du mouvement « Ni una menos » en Argentine. Cette vague a permise l&#8217;élaboration du mot d&#8217;ordre de <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/de-quelle-theorie-de-la-reproduction-sociale-avons-nous-besoin/" title="De quelle théorie de la reproduction sociale avons-nous besoin ? ">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>En 2015, le mouvement féministe connaît un regain à l&rsquo;échelle internationale, autour de la lutte contre les VSS et du mouvement « Ni una menos » en Argentine. Cette vague a permise l&rsquo;élaboration du mot d&rsquo;ordre de la grève féministe » autour de la date du 8 mars avec de grands succès en Espagne et en Suisse en 2018 et 2019.&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>En France également, le mouvement féministe s&rsquo;est structuré autour de deux dates : le 25 novembre contre les VSS et le 8 mars pour la grève féministe davantage articulé autour des inégalités de genre dans le monde du travail. Dans une période de forte polarisation politique, une partie du mouvement féministe s&rsquo;est radicalisé dans sa capacité à s&rsquo;opposer non plus uniquement au patriarcat mais également au colonialisme, au fascisme, à la guerre. Toutefois, à l’occasion du 25 novembre, on observe que la proposition stratégique de la grève pour faire avancer nos revendications reste inégalement portée. Nous pensons que ce manque d&rsquo;entrain dans le mouvement pour la grève et sa construction provient en réalité de désaccords théoriques sur où se trouvent notre pouvoir en tant que femmes et minorités de genre pour changer radicalement le monde.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le féminisme intersectionnel</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En France, depuis le mouvement metoo, le mouvement féministe a structuré une autonomie politique autour d’un agenda qui lui est propre ; la date du 25 novembre contre les VSS et la date du 8 mars pour construire une grève féministe du travail salarié et du travail reproductif non salarié et invisibilisé. Sans pour autant qu’il y ait beaucoup de force pour la construire à la base, la date du 8 mars a réussi à s’imposer dans l’agenda des directions syndicales du fait du nombre de manifestant.es dans les rues. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce mouvement féministe en France a été polarisé. D’un côté le féminisme d’Etat qui a institutionnalisé la lutte contre les VSS avec des réponses punitives, racistes, et abolitionnistes<sup data-fn="9e75a69d-6f20-4f7a-a170-a9ecf63d631c" class="fn"><a href="#9e75a69d-6f20-4f7a-a170-a9ecf63d631c" id="9e75a69d-6f20-4f7a-a170-a9ecf63d631c-link">1</a></sup>. Ce féminisme est aussi incarné par des forces politiques comme les féministes universalistes qui ont historiquement des positions transphobes, islamophobes et abolitionnistes<sup data-fn="e452098a-9943-479e-b905-cdf4e17c5230" class="fn"><a href="#e452098a-9943-479e-b905-cdf4e17c5230" id="e452098a-9943-479e-b905-cdf4e17c5230-link">2</a></sup> et la coalition nationale féministe ou la Fondation des Femmes qui constituent des interlocutrices institutionnelles légitimes pour l’Etat et dont la stratégie repose sur du plaidoyer et non sur l’auto-organisation par en bas. Ce sont ces mêmes féministes qui ont porté le projet de la loi cadre intégrale. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Et en opposition, un féminisme dit “intersectionnel” se structure aujourd’hui autour de la coordination nationale féministe et tente de construire ces dates par en bas, en indépendance de l’Etat et contre ses politiques racistes, islamophobes, impérialistes, putophobes, transphobes et sécuritaires au nom de la lutte féministe. Ces positions se diffusent dans le mouvement féministe après des années de militantisme de collectifs antiracistes qui y sont intervenus, contre la loi islamophobe de 2004 sur le port du voile, contre la complicité française dans le génocide et la colonisation de la Palestine. Cette génération féministe pour l’autodétermination du genre, du rapport au voile, du travail du sexe s’est formée dans le mouvement Meetoo, le mouvement Black Live Matter, le mouvement retraite, le mouvement Palestine. Après la séquence d’attaques impérialistes des Etats-Unis au Venezuela et en Iran, le retour des discours militaires et de réarmement démographique, et la minute de silence à l’Assemblée Nationale pour un nazi en ce début d’année 2026, c’est ce même mouvement féministe indépendant de l’Etat qui avait construit des manifestations massives lors du 8 mars avec des mots d’ordre contre la guerre, antifasciste, tout en empêchant Némésis et Nous Vivrons de défiler. Cette date avait représenté une bouffée d’espoir dans l’auto-organisation et la possibilité de sortir de la torpeur pour les personnes opprimées par le patriarcat mais plus largement pour tous.tes les opprimé.es et les exploité.es. C’est ce même mouvement qui a réussi, moins massivement mais tout de même de manière significative, à formuler des critiques de la loi cadre intégrale et à mettre au jour l’impasse qu’elle représente : politiques sécuritaires qui armeraient plus encore une police dont le racisme n’est plus à prouver, proposition de lois préventives sur les VSS qui ne sont que de pures effets d’annonce car elles reposent sur aucun budget à la hauteur, à l’image de la constitutionnalisation de l’IVG sous le mandat Macron, qui n’a aucune valeur quand les centres d’IVG et les maternités ferment à cause du budget d’austérité, au profit d’un budget de guerre<sup data-fn="1a3e637a-e8a5-4106-acb5-175e5e7cafb7" class="fn"><a href="#1a3e637a-e8a5-4106-acb5-175e5e7cafb7" id="1a3e637a-e8a5-4106-acb5-175e5e7cafb7-link">3</a></sup>. Mais la forme qu’a pris cette opposition n’a pas été celle d’une lutte dans la rue, mais d’un autre plaidoyer défendu comme prenant plus en compte les oppressions croisées, et nous avons laissé les rassemblements pour Lyhanna devenir des rassemblements pour la loi cadre intégrale. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’on remonte à 20 ans en arrière quand les femmes voilées étaient exclues des manifestations, ces positions intersectionnelles et la visibilité qu’elles ont gagné représentent une grande avancée. Le mouvement féministe qui prend la rue a gagné de bons anticorps face au fascisme, au sionisme et aux divisions racistes. Mais cette radicalité des mots d’ordre reste pour l’instant déclarative et ne pourra constituer une force que si elle se traduit en solidarité concrète. <em>Le mouvement porte aujourd’hui des mots d’ordre contre les systèmes d’oppressions qui croisent le patriarcat, et parfois même directement contre l’Etat, mais n’organise pour autant pas, ou très peu, la mise en mouvement des féministes dans les luttes menées dans notre classe contre ses oppressions croisées, contre l’Etat ou contre les attaques austéritaires sur les travailleur.euses hors des dates du 25 novembre et du 8 mars</em>. Pourtant, la stratégie de la grève féministe rassemble beaucoup de ces féministes pour le 8 mars, mais elle n’est que très peu construite à l’année, dans un lien avec les syndicats et avec les luttes sociales. Si la théorie intersectionnelle telle qu’elle est utilisée dans le mouvement permet de nommer le fait que toutes les oppressions sont liées dans un système global, elle ne dit pas qu’elle est ce système et comment le renverser. La question qu’il faut alors se poser est : où est notre pouvoir ?&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Où se trouve notre pouvoir ?&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En tant que marxistes révolutionnaires, nous pensons que c’est depuis notre place dans le système de production global que nous avons le pouvoir de changer le monde. <em>Car c’est le système de production capitaliste global qui, pour exploiter toute la classe des travailleur.euses, maintient les systèmes d’oppression, tout en nous divisant pour empêcher notre organisation collective. Et c’est donc en nous organisant précisément depuis cet endroit que nous pouvons enrayer la machine.</em> En ce sens, la théorie de la reproduction sociale telle que Lise Vogel l’a définie nous intéresse car elle permet de comprendre l’articulation entre le capitalisme et le patriarcat.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le travail reproductif désigne l’ensemble des activités nécessaires à la reproduction de la force de travail humaine, mais non rémunérées. Il comprend l’entretien du foyer, l’éducation des enfants, la gestion domestique, l’écoute, la sexualité, le soin etc. Ce travail est essentiel au fonctionnement du capitalisme, car il permet aux travailleur·se·s de se reposer, se nourrir, se soigner, compenser les burn out et revenir au travail chaque jour. Le capitalisme externalise les coûts de la reproduction humaine vers la sphère privée. Il est structurellement invisibilisé et dévalorisé car il repose sur l’idéologie sexiste qui fait passer ce travail pour l’expression spontanée d’une profonde nature féminine. Les violences sexistes et sexuelles sur les femmes et les enfants sont renforcées par la dépendance économique que crée ce système, et par ailleurs, les violences permettent de briser toutes possibilités de résistance.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les années 1980, Lise Vogel<sup data-fn="1bb9261d-0289-48fb-9141-f379ae24edf5" class="fn"><a href="#1bb9261d-0289-48fb-9141-f379ae24edf5" id="1bb9261d-0289-48fb-9141-f379ae24edf5-link">4</a></sup> et d’autres après elle parlent aussi du travail reproductif dans la sphère salariée qui est particulièrement dévalorisée et avec des hauts taux d’exploitation. Pour elle, la reproduction est indispensable au capitalisme, mais elle ne produit pas de plus-value et reste subordonnée au rapport fondamental entre capital et travail salarié. La priorité stratégique est donc d’organiser les féministes sur leurs lieux de travail, pour après embarquer la question du travail gratuit dans la lutte. Les capitalistes sont toujours à la recherche de nouveaux marchés pour faire de nouveaux profits. Sous l’effet de la crise et de la militarisation on a assisté à une privatisation d’une partie du travail reproductif qui était pris en charge par l’Etat, en même temps qu’à un retour violent de l’assignation des femmes et des minorités de genre au travail reproductif et à un durcissement de l’étau normatif sur le genre et la sexualité : discours sur le réarmement démographique, proposition de loi visant à encadrer la transition de genre des mineurs&#8230; Le capitalisme est face à la fois à la nécessité de produire de la survaleur en ouvrant toujours plus de marchés et à la nécessité d’assurer gratuitement le travail reproductif  (de travailleurs et de soldats), ce qui donne lieu à une double injonction : ramener les femmes à la maison et à leur “destin biologique” et rendre celles dont le marché ne peut pas se passer les plus dociles possibles<sup data-fn="0c1fce78-51dd-4c33-ada1-f17c82f6004a" class="fn"><a href="#0c1fce78-51dd-4c33-ada1-f17c82f6004a" id="0c1fce78-51dd-4c33-ada1-f17c82f6004a-link">5</a></sup>. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le travail reproductif est aussi organisé selon une division racialisée et internationale du travail. La colonisation, l’expropriation des terres, l’esclavage et l’appropriation du corps des femmes ont contribué à l’accumulation capitaliste. Aujourd’hui encore, les femmes des Suds participent à la reproduction de la force de travail et à la production de marchandises destinées aux marchés mondiaux. Dans les pays du Nord, le recours à une main-d’œuvre immigrée précaire permet de transférer une partie des coûts de la reproduction sociale vers les travailleuses et leurs pays d’origine. Ainsi, l’accès des femmes du Nord au travail salarié s’est aussi accompagné d’une externalisation du travail domestique et du soin vers des femmes migrantes, dont le travail reste dévalorisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est donc clair que la question du système de production capitaliste surdétermine ces systèmes d’oppression, et donc que depuis notre place dans ce système de production &#8211; depuis les lieux de travail &#8211; nous avons un levier de lutte pour transformer toute la société. En tant que travailleuses, nous participons à la production des richesses des capitalistes et de l’Etat, et ainsi nous disposons avec l’ensemble de la classe travailleuse, d’un pouvoir collectif capable de renverser le système capitaliste qui aujourd’hui organise et met en place l’ensemble des systèmes d&rsquo;oppression.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Grève des femmes ou grève féministe ?&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si les hommes cisgenre peuvent tirer un bénéfice direct de ce travail domestique, en dernière instance, ce sont les capitalistes qui profitent de cette force de travail. Notre horizon politique est le renversement du capitalisme comme condition sine qua non de la fin du patriarcat. Ce qui nécessite d&rsquo;unir la classe des travailleur.euses &#8211; en combattant le sexisme et le racisme qui la divise &#8211; contre la bourgeoisie. Par conséquent, la stratégie implique à la fois de lutter dans le mouvement ouvrier aux côtés des syndicats et des organisations de gauche contre l’Etat et la bourgeoisie ; tout en construisant un rapport de force au sein de la classe pour briser le sexisme. C’est la perspective de la grève générale féministe qui permet cela.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la grève féministe ne doit pas rester cantonnée aux secteurs féminisés ni être portée uniquement par les femmes et les minorités de genre. <em>Pour acquérir une force capable de transformer les rapports sociaux, elle doit pouvoir s’étendre à l’ensemble des secteurs et mobiliser les travailleur·euses dans leur diversité à travers des AGs dans lesquelles il serait possible de discuter des VSS subies chez soi ou au travail, et de construire des revendications.</em> Les hommes doivent eux aussi faire grève, participer à la remise en cause de la division sexuée du travail et prendre leur part dans la réorganisation des tâches reproductives. Des assemblées de quartier, articulées aux assemblées de travailleur·euses, peuvent également permettre d’organiser la prise en charge collective de ce travail pendant les mobilisations. Elles peuvent ouvrir des espaces de solidarité face aux violences et faire de la garde d’enfants, du soin et de l’alimentation des questions politiques plutôt que des responsabilités privées. L’objectif n’est pas seulement de rendre visible le travail reproductif, mais de commencer à transformer son organisation. A rebours des grèves construites par en haut presque juste symboliques, la grève féministe peut devenir un espace d’auto-organisation dans lequel la classe travailleuse expérimente d’autres formes de coopération, de solidarité et de prise en charge des besoins sociaux. La grève est d’actualité avec la date du 5 novembre, à nous d’en faire une grève vraiment générale, vraiment féministe.&nbsp;</p>



<h5 class="wp-block-heading">Juliette (A2C Marseille)&nbsp;</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="9e75a69d-6f20-4f7a-a170-a9ecf63d631c">Loi de 2004 sur le voile et toutes celles qui ont suivi, quartier sans relous, loi de criminalisation des clients des TDS prolongé par la proposition de la loi cadre intégrale.  <a href="#9e75a69d-6f20-4f7a-a170-a9ecf63d631c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="e452098a-9943-479e-b905-cdf4e17c5230">Féministes qui millitent pour l’abolition du travail du sexe et la criminalisation des clients  <a href="#e452098a-9943-479e-b905-cdf4e17c5230-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="1a3e637a-e8a5-4106-acb5-175e5e7cafb7">Topo sur la loi cadre intégrale : <a href="https://link.deezer.com/s/34NKqwDLcil6ZQfy300fZ">https://link.deezer.com/s/34NKqwDLcil6ZQfy300fZ</a>  <a href="#1a3e637a-e8a5-4106-acb5-175e5e7cafb7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="1bb9261d-0289-48fb-9141-f379ae24edf5">Le marxisme et l’oppression des femmes, Lise Vogel, 1983  <a href="#1bb9261d-0289-48fb-9141-f379ae24edf5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="0c1fce78-51dd-4c33-ada1-f17c82f6004a">Aurore Koechlin, La révolution féministe, 2019 <a href="#0c1fce78-51dd-4c33-ada1-f17c82f6004a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li></ol>


<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Jeunesse + classe ouvrière : ensemble, nous sommes… de la dynamite !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/jeunesse-classe-ouvriere-ensemble-nous-sommes-de-la-dynamite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yassine]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Nov 2026 11:57:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Le président du MEDEF, Patrick Martin, s’est inquiété après les manifestations du 17 octobre de la «&#160;dégradation de l’image de la France&#160;». De l’autre côté de la barricade, on a plutôt le sentiment inverse. La <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/jeunesse-classe-ouvriere-ensemble-nous-sommes-de-la-dynamite/" title="Jeunesse + classe ouvrière : ensemble, nous sommes… de la dynamite !">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Le président du MEDEF, Patrick Martin, s’est inquiété après les manifestations du 17 octobre de la «&nbsp;dégradation de l’image de la France&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">De l’autre côté de la barricade, on a plutôt le sentiment inverse. La France brille, comme l’Italie, l’Allemagne, le Brésil, l’Albanie ou l’Inde, grâce à la jeunesse qui se mobilise et nous donne de l’espoir, de la détermination, de la force collective.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Leur monde se meurt</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les patrons sont inquiets. Ils se répandent dans la presse&nbsp;: <em>«&nbsp;Nous avons une classe politique nulle, indigne, indigente. Retailleau, Attal, Philippe, Glucksmann, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre. Ils n’ont aucune vision, aucun projet. Ils ne pensent qu’à leurs petites boutiques, à leur future place&nbsp;»</em>, selon un banquier d’affaires qui se confie à Médiapart. D’après les sondages aucun de ces candidats ne passe le second tour et il n’y a que la moitié des personnes qui ont voté pour Macron en 2022 pour se dire prêtes à voter pour un de ces candidats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La crise politique est profonde. Le système est devenu de plus en plus polarisé et instable, partout dans le monde. Les plans de sauvetages des entreprises et des banques, l’explosion des profits des entreprises du CAC40 et des budgets militaires pendant que les classes populaires subissent le chômage et les plans d’austérité, tout cela conduit à l’effondrement des partis qui proposent des politiques libérales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La citation du révolutionnaire italien Antonio Gramsci qui, emprisonné par les fascistes, écrivait&nbsp;: « <em>Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres</em> » s’incarne dans le RN. Malgré une candidate sous bracelet électronique, malgré un président rappelé à ses analyses antisémites, le RN a le socle électoral le plus solide. Et le patronat ne s’en cache plus&nbsp;: même si ce n’est pas leur perspective préférée, entre la possibilité d’une victoire de LFI et celle des fascistes, il choisit sans hésiter celle des fascistes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La jeunesse emmerde le Front national&nbsp;!</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la jeunesse lycéenne a ouvert une autre voie&nbsp;: celle de la lutte, de l’espoir, et de notre pouvoir. Jour après jour, blocage après blocage, manif après manif, elle a contré les discours paternalistes et racistes et construit une barricade de classe, avec d’un côté «&nbsp;l’État, les flics et les fachos&nbsp;» et de l’autre notre classe, lycéen·nes, étudiant.es, salarié.es, retraité.es, chômeur·euses, etc.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la différence des précédents mouvements sociaux massifs de ces dernières années, la force de ce mouvement est d’avoir combiné son bras de fer contre l’État, pour l’égalité sociale et son rejet explicite du racisme et du RN.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis les manifestations insurrectionnelles du 17 octobre, confirmées par les marées humaines du 24 octobre, on voit bien que notre classe est embarquée, dans sa diversité d’âges, de secteurs, d’origines, et de modes d’actions<sup data-fn="0ce05504-1037-4c84-9c6d-4a35668dcbbe" class="fn"><a href="#0ce05504-1037-4c84-9c6d-4a35668dcbbe" id="0ce05504-1037-4c84-9c6d-4a35668dcbbe-link">1</a></sup>. Ce mouvement est massif, explosif, bordélique, au point de mettre régulièrement en déroute les forces de répression.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Pour l’État et le Capital&nbsp;: comment faire pour que cela s’arrête&nbsp;?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement ne sait pas comment éteindre la colère venue d’en bas. Gramsci expliquait que la classe dirigeante peut maintenir son hégémonie par la combinaison du consentement (l’adhésion) et de la force (la répression).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En ce qui concerne le consentement, le gouvernement veut s’appuyer sur les directions syndicales. De leur côté, les directions syndicales cherchent depuis des mois à contribuer à stabiliser le système, pour pouvoir continuer à jouer leur rôle de négociateurs entre les travailleurs et le capital.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela s’est traduit dans la séquence actuelle par un positionnement de pacification. Elles ont d’abord proposé aux travailleur.euses de se limiter à un «&nbsp;soutien aux jeunes&nbsp;» en faisant des chaînes humaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis, lorsque le 17 octobre opère une bascule vers le «&nbsp;toustes ensemble&nbsp;», elles décident d’accepter la rencontre avec Lecornu qui leur propose de faire du maintien de l’ordre et de discuter des réponses à apporter aux lycéen.nes, sans les lycéen.nes !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais contrairement à 2023 où les directions syndicales avaient réussi à canaliser la contestation de dates en dates, suffisamment éloignées pour garder le contrôle, la rupture est profonde. Les revendications ne se limitent pas à quelques ajustements du budget, même si la crise politique se cristallise sur cet aspect.&nbsp;La Palestine et le refus de la militarisation, la dénonciation de l’islamophobie et de la montée du danger fasciste, l’urgence environnementale, élargissent le combat à l’ensemble du système. Le mouvement a ainsi fait siennes les manifestations antiracistes après qu’un sympathisant du RN a tué et mutilé à l’arme de guerre à Trappes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et les mobilisations par en bas ne se laissent pas facilement dicter leur agenda. Ce sont elles qui pour l’instant imposent leur calendrier aux organisations, comme on a pu le voir après le 6 octobre&nbsp;: alors que les confédérations syndicales proposaient la journée du 5 novembre, elle ont dû revoir leur calendrier et reprendre les dates du mouvement.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Du gouvernement à l’appareil d’État</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le début, le seul aspect concret de la politique du gouvernement est l’usage de la matraque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la matraque n’est pas neutre et menace de devenir une politique&nbsp;: celle du fascisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nunez a déclaré que le RN devait pouvoir faire sa campagne électorale et a empêché des bus venus de Paris d’accéder à la manifestation antifasciste à Orléans le 24 octobre, tandis que des bus publics étaient affrétés pour les sympathisant·es du RN le lendemain. Le même jour, dans plusieurs villes, des groupes fascistes ont attaqué les manifestant.es avec la complicité de la police.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’état-major de l’armée a prévenu qu’il n’accepterait pas le rejet d’un budget qui lui promet plus de 63 milliards&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Loin de contenir la montée du fascisme, tant l’État que les patrons ne font que la renforcer. Le climat qui règne dans la classe dirigeante fait penser aux années 1930 en Allemagne, quand elle a vu dans Hitler le moyen de régler définitivement la crise politique qui mettait en péril sa domination. Elle s’est mise à financer son parti, puis lui a permis d’accéder au pouvoir, le NSDAP lui offrant en échange les moyens militants de détruire physiquement les organisations et les militant.es du mouvement ouvrier.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Notre classe&nbsp;a la main : Comment faire pour que cela ne s’arrête pas&nbsp;?&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La crise n’est pas une crise gouvernementale. C&rsquo; est une crise du système. C’est pourquoi elle oppose deux logiques qui, sur le terrain électoral, prennent la forme du RN et de la FI. Cela n’est encore qu’une illusion. Elle oppose en fait la perspective du fascisme et celle du communisme, celle de la contre-révolution ou de la révolution.</p>



<h4 class="wp-block-heading">1/ <strong>Il faut barrer la route aux fascistes.</strong>&nbsp;</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le 17, puis le 24 octobre ont montré les possibilités. Plus d’1 million de personnes ont manifesté dans différentes villes malgré les interdictions parfois totales. Et 30 000 personnes à Orléans contre le congrès et le lancement de la campagne du RN. C’est la plus grande mobilisation en 30 ans contre un événement organisé par le RN.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il était très important de les affronter, pour montrer qu&rsquo;ils ont beau être forts dans les urnes, ils ne le sont pas dans la rue, et ne peuvent donc &#8211; pas encore &#8211; servir de milice au Capital. Orléans est une défaite pour les fascistes. Après des années à se prétendre «&nbsp;parti du peuple&nbsp;», le RN n’a pu rassembler que quelques milliers alors que la majorité était dans la rue, contre lui. Quelques jours après s’être prétendus parti de l’ordre les dirigeants du RN ont dû implorer le gouvernement de protéger leur congrès&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut reproduire des Orléans partout dans les mois qui viennent, en mieux. Quand le RN viendra diffuser des tracts sur nos marchés, nous n’irons pas protester ailleurs, nous les bloquerons directement. Quand ils voudront organiser une réunion publique, nous devrons les en empêcher. Quand ils menacent d’attaquer nos manifestations, continuons à prendre massivement la rue où réside notre force.</p>



<h4 class="wp-block-heading">2/ <strong>Il faut organiser notre propre pouvoir.</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le révolutionnaire russe Lénine expliquait qu’une situation révolutionnaire s’ouvre lorsque «&nbsp;ceux d’en bas&nbsp;» ne veulent plus et que «&nbsp;ceux d’en haut&nbsp;» ne peuvent plus continuer de vivre à l’ancienne manière. Mais pour lui, passer de cette situation à la possibilité d’une révolution implique de souder la lutte sur tous les fronts autour de l’axe central que constitue le pouvoir ouvrier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous ne déterminons pas ici les rythmes. Mais la tâche est désormais de souder l’énergie de la jeunesse et la puissance de celles et ceux qui produisent tout ce qui existe dans cette société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Non seulement reprendre le contrôle de nos rues, des lieux où l’on s’éduque, où l’on débat&nbsp;, où l’on se forme mais aussi de là où l’on soigne, où on produit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour faire de cette force ce qui inflige une défaite au fascisme, renversera l’État et construira un autre monde.</p>



<h5 class="wp-block-heading">A2C</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="0ce05504-1037-4c84-9c6d-4a35668dcbbe">Lire nos éditos suite au 17 octobre, puis au 24 octobre, sur notre site. <a href="#0ce05504-1037-4c84-9c6d-4a35668dcbbe-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li></ol>


<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Retour sur la mobilisation anti-RN du 24 octobre à Orléans</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/retour-sur-la-mobilisation-anti-rn-du-24-octobre-a-orleans/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Victor]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Nov 2026 21:26:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation antifasciste]]></category>
		<category><![CDATA[Orléans]]></category>
		<category><![CDATA[Rassemblement national]]></category>
		<category><![CDATA[retour d&#039;experience]]></category>
		<category><![CDATA[syndicalisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Le 24 octobre, des milliers de manifestant·es venu·es de toute la France se sont retrouvé·e·s à Orléans pour s’opposer au Rassemblement national. Des membres d’A2C racontent comment cette mobilisation s’est construite localement, portée notamment par <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/retour-sur-la-mobilisation-anti-rn-du-24-octobre-a-orleans/" title="Retour sur la mobilisation anti-RN du 24 octobre à Orléans">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>Le 24 octobre, des milliers de manifestant·es venu·es de toute la France se sont retrouvé·e·s à Orléans pour s’opposer au Rassemblement national. Des membres d’A2C racontent comment cette mobilisation s’est construite localement, portée notamment par la dynamique des mouvements lycéens et étudiants.</em></p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #25 &#8211; novembre 2026</h6>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Kaïna (Paris 19e)</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je milite à la CGT, sur mon lieu de travail au Muséum National d&rsquo;Histoire Naturelle et dans le collectif antifasciste antiraciste de Gentilly dans le 94. Je suis venue avec le collectif antifasciste antiraciste de Gentilly dans un bus mis à dispo par notre mairie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On en discute dans le syndicat depuis le mois de juin et l’annonce de la mobilisation nationale. On a tracté à l’occasion de nos AGs quand on a fait des grèves ces derniers mois, mais aussi aux AGs des étudiant·es du Muséum qui se sont mobilisé·es ces dernières semaines. Au final, on a été une dizaine de camarades qui sont venu·es à Orléans et ont formé un petit cortège au sein de la CGT.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fait que la CGT 75 ait annulé ses bus 2 jours avant, sous prétexte de rejoindre la mobilisation parisienne, a suscité des discussions au sein de notre syndicat. Quelques camarades qui comptaient venir à Orléans sont finalement resté·es à Paris, acceptant l’argument de l’UD que c’est par la mobilisation sociale qu’on ferait reculer le RN. Mais la plupart ont maintenu leur position et sont venu·e·s à Orléans. Vu que l’UD avait annulé des cars, on a voté une contribution de quelques centaines d’euros de la part du syndicat pour participer au financement des bus de la Marche des Solidarités qui étaient ouverts à tous·te·s.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du côté du collectif antifasciste de Gentilly, nous avons réussi à obtenir de la mairie qu’elle finance un bus que nous avons pu gérer. Ça s’est fait car nous mobilisons fortement depuis le mois d’août, avec diffusions de tracts, collages et réunions publiques. Finalement, nous sommes une trentaine dans ce bus, dont quelques étudiant·es du Muséum que j’ai rencontré·e·s à l’occasion de leur mobilisation ces dernières semaines.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après le 24 octobre, l’objectif est simple : empêcher le RN de faire campagne localement. Nous avons créé un cadre unitaire large, « Gentilly unie contre le RN », qui partage cet objectif. En ce qui concerne mon lieu de travail dans le 5e arrondissement de Paris, je pense que l’interaction entre syndicats et étudiant·e·s sera très importante. Le 5e est un quartier étudiant, mais aussi un quartier important pour les groupes fascistes qui gravitent autour du RN. Nous devons profiter du mouvement en cours actuellement et notamment de la date du 5 novembre pour tisser ces liens entre organisations syndicales et étudiantes et créer une présence antifasciste permanente sur le quartier.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Kim Attimon (Rennes)</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis membre de NousToutes 35 (NT 35), et nous étions une dizaine de ce collectif à venir de Rennes. Il y a eu 2 cars de Rennes avec au total 75 personnes de la CGT, Solidaires, NPA, des autonomes, des collectifs de Rennes et des alentours.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mobilisation contre l’extrême-droite est un sujet central pour NT depuis plusieurs années. L’extrême-droite tente de profiter des féminicides et des cas de VSS pour viser spécifiquement les hommes noirs, arabes, musulmans ou supposés musulmans. Elle cherche aussi à s’imposer à nous dans la rue, notamment lors des mobilisations féministes du 8 mars et du 25 novembre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On a donc organisé beaucoup d’actions, de campagnes et de prises de position dirigées contre l’extrême-droite au fil des ans. La participation au 24 octobre à Orléans n’a donc pas suscité de grand questionnement.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En chemin, nous avons collectivement tenu tête à la police en refusant collectivement le contrôle d’identité. Sur place, nous avons fait cortège commun avec d’autres collectifs féministes mobilisés. L’expérience de la journée était au global très positive, avec des liens renforcés entre nous. Notre nombre montre aussi qu’on est la majorité à rejeter le fascisme. Seul bémol qui est revenu lors du débrief sur le chemin du retour, c’est le fait que les organisateur·ices de la manifestation aient accepté de défiler sans les camarades dont les cars étaient bloqués.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette absence de solidarité montre qu’il reste des débats à avoir dans notre camp, mais on veut surtout retenir le positif : Orléans, c’était quand même la plus grosse mobilisation contre le RN depuis les années 90. La suite, pour nous, c’est de continuer à nous mobiliser contre l’extrême droite et le RN en tant que féministes, en commençant par le 25 novembre qui est une journée de manifestations contre les VSS.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Sam (Paris 19e)</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis militante à Solidaires Informatique à Paris. Pour la faire court, nous avons un peu un antifascisme abstrait dans mon syndicat. C’est-à-dire que tout le monde est convaincu, sur le papier, de la centralité de l’antifascisme, mais l’enjeu est de le traduire en actions concrètes. Ça fait plusieurs mois que je parle de la mobilisation du 24 octobre à Orléans. Personne ne s’y oppose mais pas d’adhésion extraordinaire non plus. Puis le mouvement lycéen et étudiant est arrivé, et ça a vraiment changé les choses. Soudain, la perspective de se mobiliser est devenue bien plus concrète, comme si la distance entre Paris et Orléans avait fondu. Déjà, on était plus nombreux·ses en réunion, et ça devenait plus facile de convaincre des gens de venir à Orléans. Au final, nous étions 8 de mon syndicat à Orléans.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fait que l’UD de Solidaires Paris affrète un bus a évidemment beaucoup aidé à cette mobilisation. J’en sors encouragée mais beaucoup de travail reste à faire. Mon lieu de travail rassemble beaucoup d’associations et nous organisons des AGs de travailleur·euses depuis le début du mouvement étudiant. Ça a déjà permis de tisser des liens forts entre mon syndicat et des travailleur·euses, et de partir ensemble en manif. Tout ça ouvre des moments de discussion qui sont précieux, on voit qu’il y a beaucoup de disponibilité, et sur une base politique. Mon objectif est de réussir à orienter tout ça vers une mobilisation concrète contre le RN.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Marie Périn (Les Lilas Romainville)</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je milite au collectif Antiraciste Antifasciste (CARAF) des Lilas, Romainville et Pré Saint-Gervais. Ce collectif existe depuis plusieurs années. À la rentrée, nous avons décidé d’unir nos forces avec l’Assemblée en lutte (collectif issu de Bloquons Tout) en organisant des événements publics comme des pique-niques, des distributions de tracts, etc. C’était en même temps que le mouvement lycéen et ça s’est vu, ça a permis de booster nos collectifs, notamment auprès des lycéen·nes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">On a organisé des départs communs en manif qui étaient assez gros, ce qui a encore augmenté notre visibilité et nos liens avec le quartier. Tout ça a permis de mieux mobiliser pour Orléans et de toucher plus de monde.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Côté syndical, nous avons essayé d’approcher la CGT des Lilas et de Romainville mais ça n’a rien donné pour l’instant. Finalement, le car dans lequel nous sommes venu·es a été prêté par la mairie de Romainville, nous étions une quarantaine dessus. Le CARAF a de bons liens avec les militant·es LFI ce qui nous a tous·tes aidé·es à obtenir ce car.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la suite, nous voulons construire le mouvement et la mobilisation contre le RN en même temps. Plus nous serons nombreux·ses à être en mouvement, mieux nous nous battrons contre le RN. Il faut utiliser notre nombre et notre organisation pour les empêcher de faire campagne.&nbsp;</p>



<h5 class="wp-block-heading">Propos recueillis par Jad Bouharoun (Hauts-de-Seine)</h5>
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		<title>L’État : le gérer, le conquérir ou l’affronter ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/letat-le-gerer-le-conquerir-ou-laffronter/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Victor]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Nov 2026 21:22:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[Elections]]></category>
		<category><![CDATA[Etat]]></category>
		<category><![CDATA[Etat policier]]></category>
		<category><![CDATA[police]]></category>
		<category><![CDATA[Présidentielles 2027]]></category>
		<category><![CDATA[Réformisme]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les élections présidentielles puis législatives de 2027 seront une échéance politique majeure en France. Au-delà du cirque médiatique habituel, il y a un enjeu trop fort pour être ignoré : ces scrutins déterminent quelle faction politique <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/letat-le-gerer-le-conquerir-ou-laffronter/" title="L’État : le gérer, le conquérir ou l’affronter ?">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>Les élections présidentielles puis législatives de 2027 seront une échéance politique majeure en France. Au-delà du cirque médiatique habituel, il y a un enjeu trop fort pour être ignoré : ces scrutins déterminent quelle faction politique contrôlera l’appareil d’État à partir du printemps prochain. Pour nous, cela signifie qui aura le contrôle des forces de répression de notre classe et d’une armée impérialiste présente sur tous les continents, comment sera répartie la richesse au travers du financement des services publics… Des fascistes du RN aux réformistes de rupture de LFI, tous les partis électoralistes se démènent pour faire élire leur champion à la présidence. Mais pour nous les révolutionnaires, le problème est différent : doit-on chercher à prendre le contrôle de l’État ? D’ailleurs, peut-on prendre le contrôle de cet État, tel qu’il existe aujourd’hui ? </em></p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #25 &#8211; novembre 2026</h6>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’est pas simple de définir de but en blanc ce qu’est l’État. Les disciplines universitaires classiques multiplient les définitions plus ou moins abstraites et pratiques. Il est facile de se laisser hypnotiser par cette institution qui semble concentrer en elle autant de pouvoir et donc potentiellement la capacité de transformer l’ensemble de la vie sociale. On peut cependant déjà affirmer qu’un État est une institution capable d’absorber une partie des richesses produites par le reste de la société pour assurer au moins son propre fonctionnement (pour nous, l’impôt) et qui est capable d’imposer cette ponction, d’abord par la force (police, armée, justice), sur un territoire donné. L’État se donne aussi des règles et cherche à en donner au reste de la société (les lois, le droit). La domination qu’il exerce dépasse les individus qui le compose&nbsp;: élus, haut-fonctionnaires, agents de la répression, ceux-ci sont interchangeables et remplaçables, leur rôle dépasse la personne qui l’incarne. À ces caractéristiques minimales s’ajoutent beaucoup d’autres, l’État moderne intervient comme gestionnaire ou régulateur de l’économie, il assure un certain nombre de services publics (éducation, santé, culture)… Son pouvoir ne semble pas avoir de bornes. Ainsi, dans le camp de toutes celles et ceux qui veulent transformer la société, personne ne peut faire l’économie de se pencher sur le problème du contrôle de l’État. Qu’on cherche une voie pacifique vers une société plus juste au travers de réformes ou qu’on cherche à renverser le capitalisme, il faut avoir une stratégie face aux institutions. Il y a alors trois projets politiques possibles&nbsp;: gérer l’État, le conquérir ou l’affronter.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’État est-il neutre&nbsp;?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’idéologie dominante tend à présenter l’État comme une instance neutre au-dessus de la société. L’État y est un arbitre qui permet de réguler une société qui sans lui ne serait que chaos. Cette idée apparaît au XVIIe siècle avec l’émergence du mode de production capitaliste et la montée en puissance de la bourgeoisie en Europe. Selon ces premiers penseurs bourgeois, il y a un état de nature&nbsp;: un état de la société où les individus sont laissés à eux-mêmes. Pour Thomas Hobbes, l’un des principaux philosophes de ce temps, cet état de nature est un état de violence généralisée, de guerre de tous contre tous, de lutte pour la survie permanente. Pour se préserver de la violence, les individus signent un «&nbsp;contrat social&nbsp;»&nbsp;: ils délèguent une partie de leur pouvoir à une instance supérieure, l’État, en échange de la sécurité et de la garantie de leurs droits, la propriété privée en premier lieu.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette perspective, l’État est nécessaire, il est le garde-fou qui nous empêche de basculer dans le chaos. C’est lui qui nous protège et il ne faudrait pas s’y attaquer. Il serait neutre, ni du côté des exploité·es, ni de la bourgeoisie&nbsp;: il serait là pour assurer nos droits. Ainsi, il faudrait simplement gagner les élections, élire les bonnes personnes qui voteraient les bonnes réformes et les feraient appliquer. Il s’agit ici du projet gestionnaire&nbsp;: comme l’État est neutre, il peut réformer la société en faveur des exploité·es si ses gestionnaires en ont la volonté. Cette perspective gomme toute conflictualité à l’intérieur de la société, il n’y a pas de lutte de classe, seulement la violence inter-individuelle de l’état de nature que l’État contient grâce à la police. Bien évidemment, cette perspective repose sur des fictions qui ne servent plus qu’à assurer l’exploitation et à légitimer la répression de notre classe.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’État&nbsp;: une main gauche et une main droite&nbsp;?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’État n’est pas neutre, de quel côté est-il ? Du côté des exploiteurs ou du nôtre ? S’il est entre les mains de la bourgeoisie, pourquoi nous offre-t-il encore quelques services publics ? L’État est peut-être un peu de notre côté et un peu du leur ? Nikos Poulantzas, un théoricien marxiste des années 70, a essayé de défendre cette perspective. Pour lui, l’État n’est pas un instrument aux mains de la classe dominante comme dans la conception marxiste « traditionnelle » mais il est le produit d’un rapport de force entre les classes sociales. Sous le capitalisme, cela signifie que l’antagonisme entre le prolétariat et la bourgeoisie se « cristallise » dans les institutions. Comme la lutte de classe ne peut en permanence prendre la forme de la guerre ouverte, l’État apparaît pour la réguler. La conflictualité sociale et le rapport de force entre bourgeoisie et prolétariat se traduisent alors dans le droit et dans les institutions. Une classe ouvrière puissante et bien organisée gagnerait des positions dans l’État : cela se traduirait par une législation plus avantageuse pour les salariées, plus de services publics, moins de répression… Et à l’inverse, si la bourgeoisie reprenait le dessus : (dé)régulation favorable aux patrons, démantèlement des services publics, dépense publique tournée vers la police et l’armée. Pour reprendre les termes du sociologue Pierre Bourdieu<sup data-fn="b68e63ac-3989-4032-abab-9181b3d0cc6e" class="fn"><a href="#b68e63ac-3989-4032-abab-9181b3d0cc6e" id="b68e63ac-3989-4032-abab-9181b3d0cc6e-link">1</a></sup> : l’État a une main gauche (les services publics, la redistribution par l’impôt, la législation dans ses dispositions protectrices pour les salariés) et une main droite (l’armée, la police, la prison). Et si la main droite nous frappe plus fort que la gauche ne nous caresse, c’est car le rapport de force nous est défavorable<sup data-fn="29660753-d6c8-4768-ae8f-0422df8fe620" class="fn"><a href="#29660753-d6c8-4768-ae8f-0422df8fe620" id="29660753-d6c8-4768-ae8f-0422df8fe620-link">2</a></sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette vision, l’État n’est pas neutre, il est certes du côté de la bourgeoisie, mais en même temps, il est déjà en partie de notre côté. L’enjeu est alors de partir à sa conquête et d’y acquérir le plus de positions possibles pour transformer la société&nbsp;: à la fois en faisant élire un maximum de personnes, en occupant des postes décisifs dans les institutions, en réécrivant la loi en notre faveur, en réorientant les financements vers les services publics etc, mais aussi en accompagnant la prise de pouvoir électorale par un mouvement social fort, capable de donner une base sociale à cette transformation par en haut. Élection + mouvement dans la rue = inversion du rapport de force défavorable imposé depuis 40 ans = transformation de la société dans notre sens. C’est la stratégie actuelle de la FI.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La base matérielle de l’État capitaliste</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La perspective de la FI n’est pas absurde, elle redonne espoir à la partie la plus massive de notre classe qui cherche à se battre contre le racisme et le fascisme. Cependant, si nous sommes des révolutionnaires attaché·es au mot d’ordre de Marx et Engels dans le Manifeste du parti communiste&nbsp;: «&nbsp;l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes&nbsp;», nous ne pouvons nous en contenter. Ces réformistes conséquents ne peuvent répondre à une question fondamentale pour nous&nbsp;: quelle est la base matérielle de l’État&nbsp;? Ou pour le formuler autrement, qu’est-ce qui permet à un État d’exister et de perdurer&nbsp;?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">On a dit plus tôt dans cet article que pour exister, l’État devait capter une partie de la richesse produite par la société, ne serait-ce que pour assurer son propre fonctionnement. Pour qu’un État existe, il faut donc que l’ensemble de la société produise plus que ce dont elle a besoin pour se reproduire. Il faut qu’il y ait un surplus, une quantité de richesse qui peut être mise de côté et ne pas servir immédiatement à la reconstitution de la force de travail qui l’a produite. L’État capte alors tout ou partie de ce surplus pour assurer son fonctionnement, au moins pour entretenir son personnel. Dans l’histoire, la forme de ce surplus, la façon dont il est accaparé et son usage ont énormément varié : il a servi à bâtir les pyramides des pharaons, à financer les banquets des empereurs romains, à construire la Grande muraille de Chine… Sous le capitalisme, la forme de ce surplus, c’est le capital ! Voilà sur quoi se fonde l’État moderne et voilà sans quoi il ne peut exister. Il n’y a pas d’État sans accumulation de capital, et quelle classe a le contrôle sur le capital ? La bourgeoisie. C’est en cela que l’État sous le capitalisme est intrinsèquement aux mains de la bourgeoisie, ce n’est pas une question de politiques menées ou d’origine sociologique des dirigeant·es. Il y a donc un lien indissoluble entre l’État et le capital, l’un ne peut aller sans l’autre : le rapport de production capitaliste (l’exploitation du prolétariat par la bourgeoisie) produit un surplus sous forme de capital que l’État peut s’approprier, en échange, l’appareil d’État assure que ce rapport de production perdure dans le temps (par le droit et par la répression). C’est pour cela qu’Engels et Marx ont qualifié l’État de « comité de gestion de toute la bourgeoisie »<sup data-fn="331364f4-914c-4df7-8173-58665f618760" class="fn"><a href="#331364f4-914c-4df7-8173-58665f618760" id="331364f4-914c-4df7-8173-58665f618760-link">3</a></sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La concurrence entre les capitalistes tend à concentrer les capitaux aux mains d’une poignée de grands groupes, cette centralisation aboutit à ce que Lénine qualifiait de « fusion de l’État et du capital » ou « capitalisme monopoliste d’État » ou, pour le dire encore plus vite : l’impérialisme<sup data-fn="4a650982-6dee-4f0d-8e8e-80c8dc5d2888" class="fn"><a href="#4a650982-6dee-4f0d-8e8e-80c8dc5d2888" id="4a650982-6dee-4f0d-8e8e-80c8dc5d2888-link">4</a></sup>.  Les grands blocs de capitaux semblent ne faire plus qu’un avec les appareils d’État sur le marché mondial ; comme le disait Charles Wilson, secrétaire d’État à la défense des États-Unis pendant la guerre de Corée : « ce qui est bon pour General Motors est bon pour l’Amérique », ce qui est bon pour Total est bon pour la France et ainsi de suite. C’est cette concurrence entre blocs de capitaux indissociables de leur État qui dégénère en ces conflits qui continuent d’ensanglanter le globe<sup data-fn="bdf1f939-f859-4503-ae21-e5ddac35e966" class="fn"><a href="#bdf1f939-f859-4503-ae21-e5ddac35e966" id="bdf1f939-f859-4503-ae21-e5ddac35e966-link">5</a></sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De cette unité entre capital et État découle le reste. Le militarisme est la caractéristique fondamentale de tout État impérialiste, sa première fonction est de faire la police à l’intérieur comme à l’extérieur de ses frontières. Une fraction de la population se distingue alors car son existence dépend exclusivement de l’appareil d’État : ce sont la police, l’armée et les grands administrateurs. Ces derniers forment une bureaucratie d’État. Cela ne veut pas dire que l’État et les grands blocs de capitaux avancent toujours au même rythme ; l’État a une autonomie relative par rapport à la bourgeoisie et peut mener une politique autonome. Si la bourgeoisie a une vision a trop court terme des affaires, la bureaucratie peut intervenir pour assurer la continuité de l’accumulation : c’est la logique derrière les grandes nationalisations de l’après-seconde guerre mondiale. Les industriels français, trop pressés de faire fonctionner leurs usines au profit de l’impérialisme nazi, ont vu leurs usines confisquées à la libération pour relancer la machine économique de l’impérialisme français<sup data-fn="6e84ed60-cfa8-43f9-b463-f9d8e07a7665" class="fn"><a href="#6e84ed60-cfa8-43f9-b463-f9d8e07a7665" id="6e84ed60-cfa8-43f9-b463-f9d8e07a7665-link">6</a></sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>De l’affrontement à la révolution&nbsp;: construire le double pouvoir</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">On ne peut pas s’approprier l’État, le réformer pour nous : sa base se trouve nécessairement dans le camp ennemi. On ne peut ni le gérer ni le conquérir, il faut l’affronter. Dans les luttes qui éclatent de plus en plus au grand jour sous la pression de l’approfondissement de la crise du capitalisme, il faut refuser toutes les stratégies pacificatrices. Nous ne serons évidemment pas les bons gestionnaires du capitalisme français. Les révolutionnaires doivent s’efforcer d’intervenir dans les luttes et de leur faire passer de nouveaux caps en terme d’organisation, jusqu’au point où la base est capable d’assumer l’exercice du pouvoir dans la société : la classe doit se doter de ses propres organes de gouvernement qui seront capables de transformer la société. Cette situation où l’État bourgeois fait face à une classe ouvrière organisée au point de contester sa légitimité à gouverner s’appelle le double pouvoir<sup data-fn="91913a79-ca97-44f0-8a7c-df9cc74feb2b" class="fn"><a href="#91913a79-ca97-44f0-8a7c-df9cc74feb2b" id="91913a79-ca97-44f0-8a7c-df9cc74feb2b-link">7</a></sup>. C’est ce qui a eu lieu entre février et octobre 1917 en Russie et c’est ce à quoi nous devons travailler quand les luttes s’intensifient.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Barnabé Bouchard, A2C Paris 18<sup>e</sup></h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="b68e63ac-3989-4032-abab-9181b3d0cc6e">Termes issus de son cours sur l’État au Collège de France (1989-1992) <a href="#b68e63ac-3989-4032-abab-9181b3d0cc6e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="29660753-d6c8-4768-ae8f-0422df8fe620">Voir la recension de <em>L’État, le pouvoir, le socialisme</em> de Nicos Poulantzas dans le n°23 des Cahiers <a href="#29660753-d6c8-4768-ae8f-0422df8fe620-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="331364f4-914c-4df7-8173-58665f618760">Karl Marx et Friedrich Engels, le Manifeste du parti communiste, 1848 <a href="#331364f4-914c-4df7-8173-58665f618760-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="4a650982-6dee-4f0d-8e8e-80c8dc5d2888">Voir la brochure de Chris Harman, Crise du capitalisme et rôle de l’État, disponible sur marxist.org <a href="#4a650982-6dee-4f0d-8e8e-80c8dc5d2888-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="bdf1f939-f859-4503-ae21-e5ddac35e966">Voir l’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/pourquoi-le-capitalisme-mene-t-il-a-la-guerre/">Pourquoi le capitalisme mène à la guerre ? </a>Dans le n°21 des Cahiers <a href="#bdf1f939-f859-4503-ae21-e5ddac35e966-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="6e84ed60-cfa8-43f9-b463-f9d8e07a7665">Ce fut le cas de la presque intégralité du secteur minier mais aussi de Renault. <a href="#6e84ed60-cfa8-43f9-b463-f9d8e07a7665-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li><li id="91913a79-ca97-44f0-8a7c-df9cc74feb2b">Voir l’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/a-quoi-ressemblerait-un-pouvoir-ouvrier/">À quoi ressemblerait un pouvoir ouvrier ?</a> Dans le n°9 des Cahiers <a href="#91913a79-ca97-44f0-8a7c-df9cc74feb2b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/letat-le-gerer-le-conquerir-ou-laffronter/">L’État : le gérer, le conquérir ou l’affronter ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Doit-on se réapproprier les symboles nationaux ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/doit-on-se-reapproprier-les-symboles-nationaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Victor]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Nov 2026 21:11:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[Drapeau français]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[LFI]]></category>
		<category><![CDATA[mélenchon]]></category>
		<category><![CDATA[Présidentielles 2027]]></category>
		<category><![CDATA[Réformisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">La progression des fascistes du RN en France s’accompagne d’une bataille pour définir les contours du « nous ». Qui appartient pleinement à la communauté nationale ? Qui peut parler au nom du pays ? <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/doit-on-se-reapproprier-les-symboles-nationaux/" title="Doit-on se réapproprier les symboles nationaux ?">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>La progression des fascistes du RN en France s’accompagne d’une bataille pour définir les contours du « nous ». Qui appartient pleinement à la communauté nationale ? Qui peut parler au nom du pays ? Qui peut prétendre incarner ses intérêts ? Les révoltes lycéennes de l’automne 2026 rendent cette question particulièrement visible. Depuis plusieurs semaines, les blocages et manifestations contre le manque de moyens, les conditions d’études et la répression policière s’accompagnent régulièrement de drapeaux tricolores et de Marseillaises.&nbsp;</em></p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #25 &#8211; Novembre 2026</h6>



<p class="wp-block-paragraph">Ces usages montrent que la mobilisation porte également sur la définition du camp légitime. Brandir le drapeau dans une révolte contre le gouvernement revient à affirmer que celles et ceux qui bloquent leurs lycées, réclament davantage de moyens et affrontent parfois la police peuvent, eux aussi, parler au nom du pays. Le symbole national servirait alors à renverser une accusation classique adressée aux mouvements sociaux, présentés comme désordonnés, minoritaires ou hostiles à la France. Les lycéen·nes peuvent au contraire affirmer : la France que nous défendons se trouve ici, dans la révolte, dans la défense de l’école publique et dans le refus de l’extrême-droite<strong>.</strong> Cette logique rejoint la « stratégie du drapeau » défendue par le député de la FI, Antoine Léaument, qui cherche à arracher le drapeau tricolore et <em>La Marseillaise</em> à leur association avec la droite et le RN pour les inscrire dans un imaginaire populaire et antiraciste. Cette réappropriation pose toutefois une question : que se passe-t-il lorsque les exploités cherchent à démontrer qu’ils représentent la France mieux que leurs adversaires ? La bataille porte alors sur le contenu du « nous national ». Elle oblige à interroger la possibilité de transformer les symboles de la nation sans mettre au second plan les divisions de classe qui la traversent.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les symboles ont une histoire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">On doit ici éviter deux simplifications concernant les symboles. La première leur attribue une essence éternelle, réactionnaire ou progressiste. La seconde les considère comme des surfaces dont le sens pourrait être réécrit à volonté. Les symboles ont une histoire. Ils changent avec les rapports de force, tout en accumulant des usages et des pratiques qui pèsent sur leurs significations. Dans <em>Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte</em>, Marx montre que les acteurs politiques puisent dans les costumes&nbsp; et les mots d’ordre du passé afin de rendre intelligibles leurs combats actuels. Les références héritées offrent un langage reconnaissable. Elles peuvent aussi enfermer une force sociale nouvelle dans des catégories forgées par une situation antérieure. C’est une stratégie que la FI met à son service. Une nouvelle composition du salariat, des quartiers populaires et des populations issues de l’immigration se traduit dans le langage de 1789, de la République et de la patrie. La question devient alors : cette traduction permet-elle à ces groupes de construire leur propre puissance politique, ou les réinscrit-elle d’abord dans un récit national dont l’État demeure le cadre principal ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Gramsci aide à comprendre pourquoi cette bataille ne peut être abandonnée. Une force hégémonique doit intervenir dans le sens commun et les références populaires existantes. Abandonner les mots et les symboles aux fascistes lui laisserait une ressource considérable. L’hégémonie exige cependant davantage qu’une reconquête des signes : elle suppose des organisations et des intérêts communs. L’histoire du drapeau tricolore illustre ce problème. Le drapeau se stabilise pendant le processus révolutionnaire, puis devient l’emblème d’un État bourgeois qui traverse le XIXe siècle, réprime des mouvements populaires et construit un empire colonial. L’année 1848 est particulièrement éclairante. Le drapeau rouge s’affirme dans le mouvement ouvrier tandis que le drapeau tricolore représente la République cherchant à maintenir un langage commun entre des classes dont les intérêts deviennent de plus en plus antagonistes. Après les journées de juin, la République écrase l’insurrection ouvrière parisienne. Le symbole de la rupture avec l’Ancien Régime devient aussi celui d’un ordre politique capable de défendre la propriété et de réprimer le prolétariat. L’origine révolutionnaire du drapeau ne constitue donc pas sa vérité définitive. Deux siècles de colonisation et de guerres participent également à sa signification.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le tournant du Parti communiste français dans les années 1930 permet de mesurer l’enjeu. Le PCF associe progressivement le drapeau rouge au tricolore et <em>La Marseillaise</em> à <em>L’Internationale</em>. Cette transformation accompagne le tournant vers le Front populaire. Le prolétariat pensé comme force autonome, disposant d’intérêts historiques propres, tend à devenir la composante avancée d’un « peuple républicain » plus large. L’alliance avec des forces bourgeoises républicaines trouve une traduction visuelle et affective dans la réunion des deux drapeaux. Cette « réconciliation » modifie la frontière politique. Le drapeau rouge peut désigner une communauté construite à partir de la condition d’exploité. Le tricolore propose un collectif capable de traverser les classes. Ouvriers, classes moyennes et certaines fractions de la bourgeoisie peuvent désormais appartenir au même « nous » républicain.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Intérêt général ou intérêt de classe ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les revendications ouvrières peuvent alors être reformulées comme composantes de l’intérêt général de la nation démocratique. La bourgeoisie est attaquée lorsqu’elle trahit la République, abandonne la nation ou se rapproche du fascisme. Sa position structurelle de classe possédante devient moins centrale dans la définition de l’adversaire. Cette logique traverse encore certaines formes du patriotisme de gauche. Les classes dominantes peuvent être accusées d’avoir abandonné l’industrie française, la souveraineté, les services publics ou la République. Le conflit social risque alors d’être traduit en procès pour mauvaise représentation de la nation. La stratégie d’Antoine Léaument reprend certains éléments de cette tradition dans un contexte profondément transformé. Cette stratégie possède une force réelle. Elle refuse à l’extrême droite le pouvoir de décider qui appartient à la société et remet en cause l’association automatique entre patriotisme et droite radicale. Elle rejoint la notion de « nouvelle France », développée autour de Jean-Luc Mélenchon pour désigner une société plus urbaine, plus diverse et largement salariée, susceptible de devenir la base d’un « bloc de rupture ».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La difficulté apparaît dans la forme politique donnée à cette réalité sociale. Une composition sociologique ne devient une classe politique qu’à travers des organisations, des luttes, des solidarités et une capacité d’action autonome. Les salarié·es, les enseignant·es, les ouvrier·es, les livreur·euses ou les travailleur·euses sans papiers ne forment pas une force historique du seul fait qu’un discours les rassemble. Le passage d’une nouvelle composition du salariat à la « nouvelle France » effectue une traduction décisive : les exploité·es sont invités à se reconnaître comme le visage véritable du pays avant même d’avoir construit leur autonomie comme classe. Cette opération modifie aussi la définition de notre adversaire capitaliste. Si le « nous » devient la France populaire, inclusive et républicaine, le « eux » peut prendre la forme des racistes, des oligarchies ou de ceux qui trahiraient la République. Un capitaliste favorable à une France diverse peut pourtant appartenir au même monde national que les salariés qu’il exploite. La diversité du « nous français » ne supprime aucun antagonisme de classe. L’égalité proclamée permet de dénoncer les discriminations et la citoyenneté de répondre au déni de francité. Le problème survient lorsque cet idéal est dissocié de l’histoire matérielle de l’État français. Le colonialisme, la répression contre les syndicats, les violences policières et les hiérarchies sociales deviennent alors des écarts par rapport à une République supposée émancipatrice.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les textes de Rosa Luxemburg sur la question nationale, elle refuse de présupposer une volonté nationale homogène dans une société divisée en classes. Les intérêts présentés comme ceux de la nation sont toujours portés par des groupes sociaux déterminés. L’État national moderne concentre des rapports de classe, des politiques économiques, le militarisme et la concurrence entre puissances. Parler au nom de la nation suppose donc toujours de demander qui parle, au nom de quels intérêts et contre quels groupes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lénine formule une critique comparable dans ses <em>Notes critiques sur la question nationale</em>. Tout en reconnaissant la réalité historique des mouvements nationaux et la nécessité de défendre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, il met en garde contre l’idéologie nationale lorsqu’elle vient obscurcir les antagonismes de classe et affaiblir la conscience internationaliste du prolétariat. Son anti-impérialisme repose sur une exigence fondamentale : les travailleur·euses doivent avant tout combattre leur propre bourgeoisie et leur propre État impérialiste. La seule fierté nationale que l’on puisse revendiquer à l’échelle d’un pays réside alors dans la lutte contre notre propre classe dominante, contre le colonialisme, l’impérialisme et l’exploitation. C&rsquo;est dans ces combats et dans la solidarité qu&rsquo;ils nouent avec les exploité·es du monde entier que peut se forger une tradition révolutionnaire commune.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>De la lutte des récits à la lutte des classes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La stratégie de LFI doit être évaluée à partir de ces questions. Sa dimension antiraciste possède une portée réelle et sa volonté de contester le monopole national des fascistes répond à une bataille concrète. Sa limite apparaît lorsque la politique se transforme en compétition entre deux définitions de la France. D’un côté se dessine une France ethnique, autoritaire et excluante. De l’autre, une France populaire, diverse, républicaine et sociale. L’antagonisme principal risque alors de se déplacer vers l’affrontement entre deux récits nationaux. Les classes dominantes et les classes exploitées peuvent partager une nationalité et certaines valeurs démocratiques mais ne partagent pas les mêmes intérêts matériels. Un patron peut accepter une France multiculturelle tout en exploitant une main-d’œuvre multiculturelle. Un gouvernement peut défendre la diversité tout en imposant des politiques favorables au capital. Le contenu progressiste d’une identité nationale ne résout donc jamais le problème du pouvoir de classe. La bataille symbolique garde toute son importance lorsqu’elle renforce l’organisation et la capacité d’action des exploités. Elle devient dangereuse lorsque la gauche cherche surtout à démontrer qu’elle représente la nation mieux que la droite. L’enjeu concerne donc la possibilité pour les classes populaires de construire leur propre puissance sans avoir à se présenter comme la meilleure incarnation de la France.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Jack (Paris 19e)</h5>
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		<title>La domination oubliée : politiser les rapports adultes enfants</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/la-domination-oubliee-politiser-les-rapports-adultes-enfants/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Armell]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Oct 2026 17:30:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[enfantisme]]></category>
		<category><![CDATA[lycée]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=11757</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les mineurs ne sont pas protégés parce que fragiles, mais fragilisés par le modèle politique actuel. Tal Piterbraut Merx, La domination oubliée, 2024, Editions Blast Tal Piterbraut Merx était une militante queer, chercheuse en philosophie. <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/la-domination-oubliee-politiser-les-rapports-adultes-enfants/" title="La domination oubliée : politiser les rapports adultes enfants">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><em>Les mineurs ne sont pas protégés parce que fragiles, mais fragilisés par le modèle politique actuel.</em></p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Tal Piterbraut Merx, La domination oubliée, 2024, Editions Blast</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Tal Piterbraut Merx était une militante queer, chercheuse en philosophie. Dans La domination oubliée, ouvrage issu de sa thèse inachevée</em><sup data-fn="9dceb0c9-bf8d-4e17-b57b-8ddc7ec3bcc9" class="fn"><a href="#9dceb0c9-bf8d-4e17-b57b-8ddc7ec3bcc9" id="9dceb0c9-bf8d-4e17-b57b-8ddc7ec3bcc9-link">1</a></sup><em>, il nous propose une méthode pour dé-naturaliser la relation adulte enfant afin de la politiser et faire émerger des pistes d’émancipation.</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La construction politique du groupe des enfants</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au XVIIIe siècle, les théories du contrat social basent l&rsquo;autorité politique sur le consentement plutôt que sur un pouvoir divin. Mais leur sujet politique demeure l&rsquo;homme blanc, bourgeois et père de famille. Femmes, enfants, personnes non blanches et prolétaires sont exclus du champ politique, leur infériorité étant justifiée par leur prétendue nature. Reléguée à la sphère privée, la famille échappe ainsi à la critique des rapports de pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Darwin dépeint l’enfant comme « laissée intacte par les transformations qu&rsquo;implique tout processus de civilisation ». Il pourra échapper à son statut animal grâce à l’éducation. Les théories du développement de l&rsquo;enfant se sont construites avec ce biais épistémologique : on n’étudie pas l’enfant comme sujet à part entière avec ses capacités propres, mais comme un adulte en devenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi les adultes définissent les critères qui permettent d&rsquo;être reconnu comme sujet politique : l’Adulte serait rationnel, autonome et l’Enfant au contraire, immature et dépendant. Les institutions sont construites sur ces bases et participent ainsi à maintenir activement la domination adulte. Au besoin, elles participent à la répression, l’exclusion et la silenciation des jeunes personnes lorsqu’iels se rebellent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tal développe les points communs entre la domination patriarcale (théorisée par les féministes matérialistes) et la domination adulte : naturalisation de ces catégories et relégation à la sphère privée, hors du champ politique. Il pointe cependant la façon dont cette pensée féministe, en persistant à naturaliser la catégorie enfant, mène à une forme de compétition entre des groupes opprimés. Ce qui empêche l&rsquo;élaboration d&rsquo;une stratégie commune qui aurait comme but la disparition complète de ces catégories, qui ne servent qu&rsquo;à maintenir la domination.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Penser l’exploitation des jeunes personnes, pour aller vers l’émancipation de toustes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tal identifie les institutions qui vulnérabilisent les jeunes personnes en les privant d’autonomie<sup data-fn="1f58bc2c-af12-46f3-abee-f42dcc685ff6" class="fn"><a href="#1f58bc2c-af12-46f3-abee-f42dcc685ff6" id="1f58bc2c-af12-46f3-abee-f42dcc685ff6-link">2</a></sup> : le statut juridique de minorité -que Tal évoque « comme enregistrement et consécration d’un rapport de pouvoir »-, la famille, et finalement l’école. À rebours d&rsquo;un clivage entre les enfants scolarisés et les enfants qui travaillent, Tal propose de penser « l’appropriation temporelle » comme « le processus d’accaparement des activités intellectuelles et matérielles de la classe des enfants par le groupe des adultes ». L’éducation n’est pas faite pour être source d&rsquo;émancipation, mais « une incorporation forcée et non rémunérée des normes sociales et politiques capitalistes ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est là que nos analyses divergent. Il y a des intérêts immédiats certains à la domination des enfants par le groupe des adultes : obéissance, dirty care<sup data-fn="2abeded1-7174-4d71-96f6-4a46d7441be1" class="fn"><a href="#2abeded1-7174-4d71-96f6-4a46d7441be1" id="2abeded1-7174-4d71-96f6-4a46d7441be1-link">3</a></sup>, violences sexuelles… Néanmoins, la domination adulte profite avant tout au système capitaliste. Tal l’admet quand elle dit que « dans le cas du travail scolaire, l’extorsion sert la reproduction de l’ordre capitaliste et bénéficie donc moins au groupe des adultes en général qu’aux classes sociales dirigeantes ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette articulation mériterait d&rsquo;être davantage développée. Après avoir identifié la famille et l&rsquo;école comme bases matérielles de l&rsquo;exploitation, il faut aussi analyser comment le capitalisme façonne ces institutions et organise la reproduction de la domination adulte. Sans cela, le risque est de penser les adultes comme un groupe aux intérêts communs, indépendamment des rapports de classe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il semble donc essentiel de réaffirmer la centralité de la classe des travailleur.euses : les rapports de domination s’inscrivent dans une société structurée par le capitalisme et seule notre classe peut transformer radicalement la société.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les lycéen.nes, c’est la classe !</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le mouvement lycéen qui a débuté à Mayotte et s’est étendu à la banlieue parisienne puis au reste de la France comme un feu de paille, met en lumière le potentiel révolutionnaire des jeunes personnes. La lecture précieuse du travail de Tal Piterbraut Merx nous donne une perspective enthousiasmante : ce n’est plus un mouvement qui naît de la fougue d’une jeunesse déraisonnable et hors de contrôle, mais la conscientisation massive et rapide d’une frange de notre classe qui se met en grève. La perspective stratégique est claire : on ne rejoint pas le mouvement pour protéger les enfants, on le rejoint en alliance avec les jeunes personnes pour notre émancipation collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vive la grève générale enfantiste !</p>



<h5 class="wp-block-heading">Jalel (A2C Rennes)</h5>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>illustration: manifestation du 6 octobre à Rennes</em></p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="9dceb0c9-bf8d-4e17-b57b-8ddc7ec3bcc9">Il s’est donné la mort en 2021 avant d’avoir terminé son manuscrit. <a href="#9dceb0c9-bf8d-4e17-b57b-8ddc7ec3bcc9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="1f58bc2c-af12-46f3-abee-f42dcc685ff6">Voir l&rsquo;article “L’anticapacitisme : marginalisé des luttes ?” d’Ahmed et Charlie. <a href="#1f58bc2c-af12-46f3-abee-f42dcc685ff6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="2abeded1-7174-4d71-96f6-4a46d7441be1">Concept développé par Elsa Dorlin : l&rsquo;idée que les dominé.e.s prennent soin pour leur survie des dominant.e.s et non par affection. <a href="#2abeded1-7174-4d71-96f6-4a46d7441be1-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/la-domination-oubliee-politiser-les-rapports-adultes-enfants/">La domination oubliée : politiser les rapports adultes enfants</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Construire le 25 novembre comme une date pour le mouvement.</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/construire-le-25-novembre-comme-une-date-pour-le-mouvement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Armell]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Oct 2026 17:03:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[25 novembre]]></category>
		<category><![CDATA[feminisme]]></category>
		<category><![CDATA[greve]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Noustoutes]]></category>
		<category><![CDATA[retour d&#039;experience]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Alors que le mouvement féministe est traversé par des divisions politiques et stratégiques, les mobilisations de la jeunesse et la perspective du 25 novembre ouvrent de nouvelles possibilités. Entretien avec Kim, militante de #NousToutes 35 <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/construire-le-25-novembre-comme-une-date-pour-le-mouvement/" title="Construire le 25 novembre comme une date pour le mouvement.">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>Alors que le mouvement féministe est traversé par des divisions politiques et stratégiques, les mobilisations de la jeunesse et la perspective du 25 novembre ouvrent de nouvelles possibilités. Entretien avec Kim, militante de #NousToutes 35 à Rennes, et Mathilde, militante de #NousToutes Paris 13-14, toutes deux membres d&rsquo;A2C.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le mouvement féministe apparaît aujourd&rsquo;hui divisé entre plusieurs cadres d&rsquo;organisation, notamment à Paris entre Grève féministe et l’inter-orga féministe dont fait partie #NousToutes. Ces divisions sont parfois présentées comme une opposition entre féminisme libéral et féminisme radical. Est-ce vraiment là que se situe la fracture ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Kim :</strong> Historiquement, les désaccords que nous avons rencontrés en construisant la Coordination féministe portaient surtout sur les positions transphobes, islamophobes et hostiles au travail du sexe de certaines organisations. C&rsquo;est ce qui a rendu impossible le travail commun. Le féminisme libéral, je l&rsquo;associerais davantage à la Fondation des Femmes et à cette partie du mouvement associatif reconnue par l&rsquo;État comme interlocutrice institutionnelle. Sa stratégie repose principalement sur le plaidoyer auprès des parlementaires et des ministères.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mathilde :</strong> À Paris, ces désaccords se sont cristallisés autour des manifestations du 8 mars et du 25 novembre, notamment sur la participation de Némésis et de Nous Vivrons. L&rsquo;attitude de Grève féministe face à ces deux collectifs a été vécue comme une ultime trahison par de nombreuses militantes de #NousToutes. L&rsquo;inter-orga féministe rassemble des positions diverses et, malgré les profonds désaccords, Grève féministe conserve un rôle important dans l&rsquo;organisation des mobilisations. Ce sont des contradictions que nous devons prendre en compte dans nos stratégies.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La mort de Lyhanna et la mobilisation autour de la proposition de loi intégrale semblent avoir renforcé les organisations féministes institutionnelles. Comment expliquer les difficultés de #NousToutes à intervenir dans cette séquence ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mathilde :</strong> Cette séquence a mis en évidence une difficulté stratégique. #NousToutes était opposée depuis longtemps à cette proposition de loi et travaillait à un projet alternatif, sans parvenir à rendre lisible sa position. Lors du premier rassemblement organisé par la Fondation des Femmes, #NousToutes a pris la parole. Mais l’intervention a été interrompue par des slogans réclamant la loi intégrale. Les militantes ont eu le sentiment que leur présence servait à soutenir une revendication qu&rsquo;elles contestaient. À partir de là, il y a eu une forme de paralysie. Participer aux rassemblements risquait d&rsquo;apparaître comme une caution donnée à la loi, rester à l&rsquo;écart revenait à abandonner la rue.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Kim :</strong> Je pense que cette situation révèle des contradictions anciennes. La création de #NousToutes avait permis de rassembler autour de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, en mettant temporairement de côté plusieurs désaccords historiques. Mais le mouvement s&rsquo;est transformé. Une nouvelle génération militante a imposé des positions pro-choix sur les questions trans, le voile ou le travail du sexe. C&rsquo;est une évolution très positive. En revanche, ces positions ne se sont pas toujours accompagnées d&rsquo;une radicalisation des méthodes. Nous pouvons avoir des textes offensifs, tout en ayant beaucoup de difficultés à construire une mobilisation effective. C&rsquo;est cette tension qui met #NousToutes en retrait de cette séquence.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Quel bilan tirez-vous de la mobilisation autour de la loi intégrale ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Kim :</strong> Face à l&rsquo;ampleur des violences, il est compréhensible que beaucoup de personnes veuillent croire qu&rsquo;une loi apportera une réponse. La Fondation des Femmes a su se saisir de cette aspiration. Notre difficulté a été de défendre une autre perspective tout en restant dans le mouvement. Le rôle d&rsquo;un collectif est aussi d&rsquo;intervenir dans un mouvement spontané pour faire évoluer les idées et construire un rapport de force. Si nous nous retirons dès que nos positions sont minoritaires, nous abandonnons la possibilité de convaincre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mathilde :</strong> #NousToutes a consacré beaucoup d&rsquo;énergie à la rédaction d&rsquo;une contre-proposition, un plan global d&rsquo;action féministe, avec une inter-orga dédiée. Ce travail est considérable, mais il mobilise de fait des forces qui sont moins disponibles pour&nbsp; organiser les collectifs locaux et intervenir dans la rue, d’autant qu’il est parfois considéré comme un préalable à l’action.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Les mobilisations actuelles, parties notamment de la jeunesse lycéenne, peuvent-elles ouvrir une nouvelle perspective pour le féminisme ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Kim :</strong> À Rennes, notre deuxième réunion de rentrée a accueilli trente-cinq nouvelles personnes, majoritairement jeunes. Nous retrouvons une dynamique que nous n&rsquo;avions plus connue depuis longtemps. Nous intervenons sur les blocages lycéens et dans les manifestations. Il y a quelque chose de très enthousiasmant à retrouver des jeunes portant nos bandanas « Grève générale féministe », parfois sans même appartenir à nos collectifs. Cela montre que des idées que nous défendons depuis des années se sont diffusées. Nous essayons d&rsquo;intervenir dans nos syndicats pour pousser à des appels à la grève. L&rsquo;enjeu est de construire des liens entre les lycéen·nes, les étudiant·es et les travailleur·euses, en intervenant à la fois comme militantes féministes et comme travailleuses.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mathilde :</strong> En Île-de-France, les militantes ont été présentes dès le début des mobilisations. Mais elles interviennent souvent dans une logique de soutien : apporter du matériel, participer aux manifestations, aider les jeunes mobilisé·es. Nos comités locaux manquent parfois d&rsquo;implantation dans les quartiers et les établissements proches de chez nous. Nous participons aux grandes manifestations sans toujours construire des liens durables avec les mobilisations locales.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>En quoi une grève féministe le 25 novembre pourait-elle permettre de dépasser ces limites ?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Kim :</strong> Je pense qu&rsquo;il faut défendre cette perspective. Au sein de la Coordination féministe, certaines organisations hésitaient encore en septembre à appeler à la grève, considérant que nous étions trop minoritaires pour le faire. Mais la grève féministe est une stratégie qui se construit dans la durée. Les appels du 8 mars ont permis des avancées, notamment dans les syndicats. Il faut continuer à mener cette bataille. Nous pouvons obtenir des mesures de prévention, de protection et d&rsquo;accompagnement indispensables. Mais mettre fin aux violences suppose de s&rsquo;attaquer aux rapports sociaux qui produisent et reproduisent les oppressions. La grève permet de poser cette question du pouvoir et de l&rsquo;organisation collective. Les revendications féministes rejoignent les luttes sociales et les moyens des associations.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mathilde :</strong> À Paris, il existe une défiance telle envers Grève féministe que participer à cet appel à la grève peut être perçu comme un rapprochement politique avec cette organisation. C&rsquo;est une limite majeure : les désaccords entre collectifs finissent par compliquer l&rsquo;appropriation d&rsquo;une méthode de lutte pourtant essentielle. Nous avons construit un féminisme qui sait articuler plusieurs oppressions, mais qui peine encore à retrouver des liens organiques avec le mouvement des travailleur·euses. La grève reste trop souvent une pratique individuelle de militantes syndiquées, plutôt qu&rsquo;une démarche collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le mouvement social actuel ne pourrait-il pas constituer une opportunité de surmonter ces blocages ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Kim :</strong> C&rsquo;est une possibilité qu&rsquo;il faut prendre au sérieux. Dans les mouvements sociaux, il arrive que la mobilisation impose ses propres rythmes et ses propres formes d&rsquo;organisation, au-delà de ce que les organisations avaient prévu. Nous devons être capables de nous laisser transformer par ces dynamiques. Les dates, les modalités d&rsquo;action, les alliances peuvent évoluer très vite. C&rsquo;est une force du mouvement, et les collectifs militants doivent apprendre à s&rsquo;en saisir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mathilde :</strong> Les forces militantes franciliennes sont concentrées sur la manifestation du 28 novembre. Dans certains comités locaux, il existe des discussions pour mieux articuler les mobilisations féministes avec celles des collectifs trans, notamment autour de la Journée du souvenir trans. C&rsquo;est une évolution positive, même si la multiplication des dates complique la construction d&rsquo;une mobilisation nationale commune. Le mouvement actuel nous oblige à nous interroger sur nos habitudes, nos priorités et notre organisation. Au fond, c&rsquo;est peut-être l&rsquo;une des questions les plus importantes pour les mois qui viennent : comment faire en sorte que les collectifs féministes participent à un mouvement social plus large et qu&rsquo;ils contribuent à le construire, plutôt que d’organiser leurs propres échéances ?</p>



<h5 class="wp-block-heading">Propos recueillis par Vanina Giudicelli (Paris 20e) et Jack (Paris 19e)</h5>
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		<title>24 octobre : Paris, Marseille, Orléans, Nice et Trappes… Pouvoir pourrissant et fascisme à abattre !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/24-octobre-paris-marseille-orleans-nice-et-trappes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Victor]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Oct 2026 16:16:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Orléans]]></category>
		<category><![CDATA[Rassemblement national]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Sur l’ensemble du territoire ce 24 octobre, l’incroyable soulèvement populaire du 17 octobre a continué. Macron et Lecornu avaient pourtant tout tenté pour le stopper : couvre-feu, interdictions de manifester, armée, blindés, GIGN et RAID… <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/24-octobre-paris-marseille-orleans-nice-et-trappes/" title="24 octobre : Paris, Marseille, Orléans, Nice et Trappes… Pouvoir pourrissant et fascisme à abattre !">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Sur l’ensemble du territoire ce 24 octobre, l’incroyable soulèvement populaire du 17 octobre a continué.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Macron et Lecornu avaient pourtant tout tenté pour le stopper : couvre-feu, interdictions de manifester, armée, blindés, GIGN et RAID… Rien n’y a fait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La démocratie &#8211; décidément &#8211; est de notre côté et n’est que là : de Paris à Marseille, des centaines de milliers de personnes ont de nouveau occupé la rue pour infliger une nouvelle défaite à une bourgeoisie de plus en plus apeurée. Près de 30 000 ont aussi manifesté contre le fascisme et le congrès du RN à Orléans donnant une traduction concrète au slogan “la jeunesse emmerde le Front national”.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le soulèvement insiste, continue et s’amplifie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre fascisme et démocratie réelle, le pouvoir a choisi. Les interdictions de manifester et les couvre-feu ne rendent pas seulement pathétiques leurs proclamations “démocratiques” elles montrent la voie ouverte aux fascistes. A Orléans la préfecture a empêché pendant des heures des cars venant de Paris &#8211; dont des membres des collectifs de sans-papiers &#8211; d’accéder à la ville pour refus de donner les papiers d’identité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ces conditions, les fascistes affichent leur nature réelle, loin de leurs prétentions “populaires” et anti-establishment. Les dirigeants du RN condamnent le mouvement populaire et se proclament parti de l’Ordre. L’antisémite Jordan Bardella est reconduit président du RN sur la base d’un discours violemment islamophobe et raciste. A Nice des milices fascistes attaquent les manifestant.es. A Trappes un sympathisant du RN chauffé par les discours sécuritaires et racistes qui ont suivi le 17 octobre, tue et mutile à l’arme de guerre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette situation rend d’autant plus nécessaire la combinaison de la lutte globale contre le capitalisme et de la lutte spécifique contre les fascistes. Si le mouvement n’utilise pas sa force pour battre les fascistes, les fascistes seront utilisés pour abattre le mouvement.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Orléans partout… en mieux !</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Orléans partout : Orléans a été la plus grande mobilisation en 30 ans contre un événement organisé par le RN. C’est la démonstration en action que face aux fascistes, nous sommes la majorité. Les confronter n’est pas la tâche d’une minorité de spécialistes, mais de l’ensemble de notre classe qui se soulève. Sur place, nous sommes venu.e.s de tout le pays : membres de collectifs de sans-papiers, de collectifs de quartier contre le racisme et le fascisme, de collectifs féministes, queers, trans, du mouvement de solidarité avec la Palestine, de syndicats et de partis politiques. Cette unité organisée pour agir et prendre la rue est la clef pour repousser les fascistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Orléans en mieux :</strong> <strong>Nous devons nous donner les moyens de les bloquer.</strong> Quand le RN viendra diffuser des tracts sur nos marchés, nous n’irons pas protester ailleurs, nous les bloquerons directement. Quand ils voudront organiser une réunion publique, nous devrons l’empêcher. Quand ils menacent d’attaquer nos manifestations, continuons à prendre massivement la rue où réside notre force. Nous devons saisir chaque occasion pour les bloquer, des groupuscules fascistes au RN, ils devront nous trouver sur leur route systématiquement.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Orléans en mieux : La lutte antifasciste est l’affaire de toutes et tous.</strong> Elle doit se combiner avec une lutte déterminée contre le racisme. Si notre force est dans la rue, notre arme est la solidarité. Cette solidarité s&rsquo;est illustrée de manière éclatante lors de cette journée, lorsque la police a empêché 3 cars venus de Paris de manifester, dont des dizaines de militant.e.s de collectifs de sans-papiers. Leur résistance face à la répression policière a été exemplaire et a galvanisé l’ensemble de la mobilisation. Stoppés au dernier péage avant la ville, ils et elles ont riposté en bloquant les barrières pendant plusieurs heures.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Faisons classe !</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’y a pas de bons et de mauvais manifestant.es. Il n’y a pas des Français et des immigré.es. Il y a notre classe, prolétaire, employée ou sans emploi, scolarisée ou pas contre une minorité de possédant.es, leur Etat et leur police.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, face à ce pouvoir qui ouvre la voie au fascisme, il nous faut faire classe, utiliser le pouvoir de celles et ceux qui font tourner toute la société : de celles et ceux qui produisent tous les biens et les services, ce qui nourrit, ce qui transporte, ce qui soigne, ce qui éduque, ce qui cultive, etc.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour cela la première condition est la lutte contre le fascisme et contre le racisme. Faire classe c’est s’habituer à riposter dès lors que l’une ou l’un d’entre nous est attaqué.e.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On ne laissera pas passer Trappes, l’islamophobie, le fascisme. Rendre hommage à Pengo, c’est aussi reprendre le combat de son père, membre des Black Dragons, contre le racisme et le fascisme. On ne laissera pas les sans-papiers isolés comme à St Brieuc où les campements et occupations se multiplient. On ne laisse pas la préfecture décider de qui peut manifester ou non sur la base du racisme le plus crasse. On construit la journée “si on s’arrête tout s’arrête” du 18 décembre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès aujourd’hui il s’agit de construire la grève générale du 5 novembre. La construire d’une manière à ce que l’objectif ne soit pas simplement d’aller manifester en nombre. Cette grève doit affirmer notre pouvoir collectif. Nous avons déjà montré que l’on pouvait reprendre le contrôle de nos rues. Maintenant il faut montrer qu’on peut reprendre le contrôle de toute la société. Les étudiant.es qui occupent leurs facs et proposent des cours à leur sauce nous montrent la voie. Faisons comme elleux : occupons et décidons !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous voulons nous battre pour la révolution, pour le communisme, rejoins-nous !</p>



<h5 class="wp-block-heading">A2C</h5>
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		<title>Sur la route de la révolution. Prochain arrêt : on occupe !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/sur-la-route-de-la-revolution-prochain-arret-on-occupe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Victor]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Oct 2026 12:17:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[17 Octobre]]></category>
		<category><![CDATA[grève générale]]></category>
		<category><![CDATA[Mouvement social]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=11726</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">La sous-estimation des chiffres exprime la sous-estimation de ce qui s’est passé ce 17 octobre et qui a débordé, pas seulement les policiers, mais aussi toutes les capacités de compter et décompter, toutes les organisations <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/sur-la-route-de-la-revolution-prochain-arret-on-occupe/" title="Sur la route de la révolution. Prochain arrêt : on occupe !">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/sur-la-route-de-la-revolution-prochain-arret-on-occupe/">Sur la route de la révolution. Prochain arrêt : on occupe !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">La sous-estimation des chiffres exprime la sous-estimation de ce qui s’est passé ce 17 octobre et qui a débordé, pas seulement les policiers, mais aussi toutes les capacités de compter et décompter, toutes les organisations traditionnelles.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus d’un million ont débordé. Sur tout le territoire, dans toute la diversité de nos âges, de nos secteurs, de nos origines. La société = notre classe, contre la politique du gouvernement, contre le pouvoir, contre l’État et ses administrations, contre la police.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette confrontation a eu lieu avec toute la diversité des modes d’action et parfois leur mélange et/ou leur succession, manifestations déposées, sauvages, humour et fête, feux d’artifices mais aussi tirs de mortier, barricades, attaque de lieux de pouvoir, de commissariats, de prisons, de préfectures, de mairies. Et aussi pillages et redistribution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une optique stratégique, toutes ces formes ne se valent sans doute pas. Mais leur sens global est clair : l’insurrection de classe contre ce système.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce soulèvement vient de loin, de la crise profonde du capitalisme. Des vagues de révolte, Gilets Jaunes, retraites, violences policières, violences sexistes et sexuelles, racisme…<br>Il vient aussi de près et n’aurait pas eu lieu sans le mouvement des lycéen·ne·s renforcé ces dernier jours par les étudiant·e·s qui a construit blocage après blocage une barricade de classe avec d’un côté “L’État, les flics et les fachos” et de l’autre, nous, notre classe, lycéen·ne·s, étudiant·e·s, salarié·e·s, chômeur·se·s, retraité·e·s, etc. Ce qui a permis ça c’est notamment la politique exprimée sur chacun des blocages qui a défendu la combinaison de revendications “sociales” comme les moyens pour l’éducation, les salaires des personnels éducatifs et administratifs avec des revendications politiques comme la solidarité avec la Palestine, et l’engagement à barrer la route aux fascistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 17 octobre a permis de passer le cap du tou·te·s ensemble. Ça n’est plus un mouvement lycéen qu’il faudrait se contenter de soutenir. C’est un mouvement de l’ensemble de notre classe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette situation est nouvelle et la bourgeoisie a peur. Elle a raison. Samedi 17 octobre, nous avons coché la case insurrection.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la possibilité de l’insurrection ne fait pas la révolution. Renverser un pouvoir n’est pas suffisant à supposer que ce ne soit qu’une question d’affrontement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela exige un autre pouvoir, celui de la majorité, agissante, discutante, contrôlante.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Alors maintenant ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ne pas avancer nous condamnerait à subir la réaction de la bourgeoisie quand elle a peur. À sa force de répression, au renforcement du danger fasciste. Dès le 18 octobre, le RN essaie de se présenter comme “rempart face au chaos” et garant de “l’ordre républicain” et pourrait tenter prochainement d’organiser les petits commerçants et les policiers.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">De toute urgence le 17 octobre doit se déporter le 24 octobre à Orléans pour dire à quel point la route vers le pouvoir des fascistes sera bloquée, quartier après quartier, lycée et fac après lycée et fac, lieu de travail après lieu de travail, dans les semaines et les mois qui viennent. Il n’y aura pas d’alternative pour la bourgeoisie de ce côté-là. Pas de fascistes dans nos quartier, pas de RN à l’Élysée !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais il faut aussi avancer vers la construction du pouvoir de notre classe. L’urgence aujourd’hui c’est de construire des formes d’organisation dans chaque endroit, quartiers, lieux de travail, lieux d’étude. Plusieurs exemples ont déjà démontré dans la journée du 17 octobre ce que permet l’organisation locale pour faire émerger des stratégies alternatives et entraîner largement : A Paris dans le 19ème arrondissement, lycéen·ne·s, étudiant·e·s, travailleur·se·s, habitant·e·s s’étaient donné rendez-vous devant une école d’architecture occupée. De là, 300 personnes sont parties en manifestation sauvage derrière la banderole du collectif local de lutte contre le racisme et le fascisme. Quelques minutes plus tard, ils et elles étaient 800 et enfin c’était 3000 personnes qui manifestaient en plein centre de Paris dans le sillage d’un quartier qui s’organise !&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ou alors l’organisation autour du lycée Voltaire dans le 11ème arrondissement : Pour la journée de manifestation et de grève, le cortège de ce lycée rassemblait lycéen·ne·s, profs, personnels administratifs etc. Toutes et tous, ensemble ! La veille du 17 octobre, les lycéen·ne·s organisaient le blocage le plus important depuis le début du mouvement et bloquaient également le collège pour envoyer un message à la direction : l’établissement est à nous.<br>Partout, il faut généraliser ces exemples qui permettent de poser les bases d’un pouvoir alternatif qui affirme que la société, c’est nous. Qui fabriquons tout, les biens, les services, qui transportons, qui apprenons et éduquons, qui soignons, etc… A nous de décider quoi, pourquoi, comment. Ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour cela la grève est nécessaire : pas la grève passive ou qui ne sert qu’à aller manifester en laissant les directions syndicales négocier. La grève qui permet d’occuper activement, de mettre en place des assemblées de travailleurs et travailleuses, des assemblées de lycéen·ne·s, d’étudiant·e·s. Qui permet ensuite de les coordonner, géographiquement et de manière interprofessionnelle, de les relier aux organisations de quartier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face au front de celles et ceux qui défendent le système, construisons le front de classe. Grèves, occupations !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur la route de la révolution, rejoins-nous !</p>



<p class="wp-block-paragraph">A2C.</p>
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		<title>24 octobre contre le RN : Pourquoi il faut aller manifester à Orléans</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/24-octobre-contre-le-rn-pourquoi-il-faut-aller-manifester-a-orleans/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Oct 2026 15:48:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[bardella]]></category>
		<category><![CDATA[campagne]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
		<category><![CDATA[extreme-droite]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Depuis deux semaines, la jeunesse se mobilise dans les lycées en France pour réclamer de meilleures conditions d’étude, mais aussi contre le Rassemblement National et le racisme, en soutien à la Palestine. Ce mouvement change <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/24-octobre-contre-le-rn-pourquoi-il-faut-aller-manifester-a-orleans/" title="24 octobre contre le RN : Pourquoi il faut aller manifester à Orléans">[...]</a></div>
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<p class="wp-block-paragraph">Depuis deux semaines, la jeunesse se mobilise dans les lycées en France pour réclamer de meilleures conditions d’étude, mais aussi contre le Rassemblement National et le racisme, en soutien à la Palestine. Ce mouvement change la donne.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce mouvement montre qu’il n’y a pas fatalité. Des années d’austérité, de discours fataliste sur la nécessité de se serrer la ceinture, de répression, n’auront pas suffi à étouffer la colère qui gronde. Et sur tous les blocages des lycéen.nes, on voit de nombreuses pancartes qui dénoncent l’état déplorable des lycées, le manque de professeurs pour assurer les cours, le choix du gouvernement de faire 54 milliards d’euros d’économies sur les services publics pendant que le budget militaire explose. Qui dénoncent le tri social et raciste effectué par l’école dès le plus jeune âge. Jeudi 1er octobre, il y a eu des actions devant plus de 1000 lycées en France, soit presque un lycée sur trois, et partout ce slogan : « la jeunesse emmerde le Rassemblement National ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans 7 mois auront lieu les élections présidentielles en France. Cela fait déjà deux fois que Macron – le Président actuel – gagne les élections parce que des millions de personnes veulent empêcher la victoire de la candidate fasciste Marine Le Pen. Mais elle est en tête de tous les sondages. Le RN se présente comme une alternative souhaitable pour plein de personnes convaincues par des décennies de racisme systémique et de propagande d’extrême droite. Des fractions de la bourgeoisie envisagent maintenant le RN comme une solution face à l’échec des deux mandats de Macron, qui n’ont fait qu’empirer la crise.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le RN est actuellement en crise. Alors qu’il prétend être contre les politiciens, la justice l’a condamné pour détournement d’argent public. Alors qu’il prétend être le « protecteur des juifs » en s’attaquant à la « menace islamiste », le Président de son parti – Jordan Bardella – a tenu de nombreux propos antisémites dans des conversations privées. Alors qu’il prétend défendre le peuple contre le mondialisme, il est contre la mobilisation lycéenne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les 24 et 25 octobre, le RN fera son congrès annuel ainsi qu’un meeting de lancement de campagne pour les élections présidentielles de 2027. Ce serait pour ce parti une occasion de reprendre la main, en occupant l’espace médiatique et politique pour tenter de montrer son unité et sa force.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la jeunesse mobilisée nous montre qu’il n’y a pas de fatalité : nous sommes bien plus nombreux·ses, et bien plus organisé·es que les fascistes. Nous pouvons faire que cet objectif se retourne contre eux, et faire de cette date une démonstration de notre force et de l’unité antiraciste de notre classe.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous pouvons y arriver. Depuis plusieurs mois une campagne antifasciste est en train de se construire un peu partout en France. Des organisations locales dans des villes comme Paris, Marseille, Rennes, Brest… se sont saisies de l’initiative et ont prévu des cars pour aller manifester contre ce congrès. Et ce qui est nouveau, c’est que le principal syndicat en France, la CGT, a décidé de participer.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La dynamique autour de la mobilisation à Orléans est un exemple de l’antifascisme qui nous permettra de gagner : un mouvement de masse, par en bas, avec l’antiracisme et les syndicats au centre. À travers la mobilisation nationale contre le congrès du RN à Orléans, nous lançons donc notre propre campagne, pour la construction de campagnes locales antifascistes, pour que nulle part ailleurs les fascistes ne se sentent en confiance de s’afficher.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ju (Autonomie de classe, Rennes) et Vanina (Autonomie de classe, Paris)</p>
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