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Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes !

Éditorial

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La crise militaire d’ampleur qui vient de se déclarer aux portes de l’Europe est le point culminant d’une série de crises majeures qui frappent l’humanité depuis une décennie. La crise climatique, la crise économique de 2008, la crise du covid étaient déjà les symptômes d’un système capitaliste mondial à bout de souffle. Mais l’aggravation brutale de la situation marque un tournant vers un risque de déflagration mondiale. Plus que jamais les luttes de notre camp, des masses que ce système opprime et exploite, sont essentielles pour stopper cette folie.
Les Cahiers d’A2C #02 – mars 2022

Le déclenchement de la guerre en Ukraine par Poutine, le 24 février, n’a rien avoir avec la paranoïa d’un dirigeant autocrate sanguinaire comme le décrivent les dirigeants et médias occidentaux. Poutine est, à n’en pas douter, un autocrate qui muselle le peuple russe, c’est un boucher sanguinaire qui a massacré plus de 200 000 civils en Tchétchénie en 1999. Et il n’hésitera pas à faire de même en Ukraine si les intérêts qui le guident le nécessitent. 

Refuser l’escalade guerrière

Mais la violence militaire et la barbarie sanguinaire dont il fait preuve sont exactement de la même nature que celles qu’ont commises à de multiples reprises les Etats-Unis lorsqu’ils couvraient le Vietnam de napalm ou l’Etat français lorsqu’ils massacrait des centaines de milliers d’Algériens pour préserver son empire colonial, ou plus récemment lorsque les Etats-Unis ont mené la coalition pour détruire sous l’Irak sous un déluge de bombes, ou encore quand Sarkozy bombardait la  Libye. 

Cette guerre n’a rien à voir non plus avec la défense des droits et des libertés d’un peuple que ce soient les minorités russophones d’Ukraine pour Poutine, ou l’intégrité de l’état démocratique ukrainien pour l’Europe et les Etats-Unis. L’argument de la défense des droits et libertés des peuples à toujours été l’argument utilisé par les grandes puissances pour s’engager dans les guerres. C’est comme cela qu’a débuté la première guerre mondiale, qui a ravagé l’Europe et fait 20 millions de victimes.

Au lendemain de l’attaque russe, l’OTAN à commencé à déployer « des éléments de sa force de réaction pour renforcer encore son dispositif de défense et être en mesure de réagir rapidement à toute éventualité ». Macron y contribue en déployant des soldats français en Roumanie et en Estonie. L’Allemagne a annoncé son réarmement tandis que l’Europe a décidé d’envoyer massivement des armes en Ukraine. L‘engrenage d’une guerre globale se met dangereusement en mouvement.  

Toutes celles et tous ceux qui se battent pour l’émancipation des exploité.e.s et des opprimé.e.s ne peuvent qu’être internationalistes et s’opposer à la domination d’une nation sur une autre. Ils ne peuvent être que totalement solidaires des populations ukrainiennes et exiger que la Russie retire ses troupes. Mais si nous n’avons pas les moyens immédiats d’éteindre le feu en Ukraine, nous devons nous opposer à ce que les pompier-pyromanes de l’OTAN y jettent leurs bidons d’essence. Nous devons au contraire exiger la dissolution de l’OTAN et refuser la militarisation de l’Europe.

Une guerre impérialiste

Le stratège prussien Von Clausewitz écrivait au 19ème siècle que « la guerre est le prolongement de la lutte politique par d’autres moyens ». Reprenant cette analyse, au début de la première guerre mondiale, pour comprendre ce qui avait produit cette monstruosité, le révolutionnaire russe Lénine argumentait qu’à l’époque d’un capitalisme hégémonique sur toute la planète, divisé en empires économiques et militaires, la guerre était la continuation de la concurrence acharnée que se livrent les blocs de capitaux rivaux. Elle était le moyen, lorsque les mécanismes économiques ne suffisent plus, d’assurer le contrôle des ressources de matières premières, de conquérir de nouveaux territoires pour investir leurs capitaux.

L’escalade guerrière actuelle procède de la même logique. Les capitaux, même financiarisés, même mondialisés s’appuient sur les moyens militaires des Etats avec lesquels ils sont étroitement liés pour imposer leur domination ou affaiblir leurs concurrents.

L’effondrement du bloc de l’Est au début des années 1990 a bouleversé l’ordre de domination issu de la deuxième guerre mondiale. Ce fut le début du nouvel ordre mondial promu par les Etats-Unis pour imposer leur hégémonie militaire et économique sur tout le globe. 

L’OTAN, alliance militaire dirigée par les Etats-Unis pour défendre les intérêts du bloc occidental, loin de se dissoudre avec la fin de la guerre froide, s’est étendue vers les pays de l’Europe de l’Est encerclant toujours plus étroitement la Russie, économiquement exsangue et militairement affaiblie. Elle a renforcé son partenariat militaire avec l’Union européenne qui, dans le même temps, s’élargissait pour intégrer ces mêmes pays dans son grand marché libéral. Lorsque, en 1999, l’Otan est intervenue militairement en Yougoslavie, plongée dans une atroce guerre civile, il s’agissait plus de s’imposer aux yeux de la Russie comme gendarme du monde que de défendre, comme elle le prétendait, les populations victimes du nettoyage ethnique. Dans le même but, avec l’Otan ou avec des coalitions ad hoc, les Etats-unis ont mené la guerre contre l’Irak en 1990-91 avant de l’écraser sous une pluies de bombes  en 2003 pendant qu’ils se lançaient dans une guerre d’occupation de l’Afghanistan qui allait durer 20 ans. 

C’est dans cette même période que fut lancée la course furieuse vers la mondialisation libérale qui allaient impacter toute les économies dans un programme de concurrence économique sans retenue, de privatisation et de démantèlement des services publics.

Si les Etats-Unis ont réussi à imposer leur hégémonie militaire sur toute cette période, il n’en fut pas de même sur le plan économique. Les économies occidentales ne se sont jamais remises de la crise des années 1970. La mondialisation des années 1990 et 2000 a vu l’explosion de monstres économiques comme lesGAFAM, la multiplication de milliardaires, mais ce fut au prix d’une aggravation des inégalités mondiales, d’une explosion de la dette, d’une stagnation voire d’une baisse du pouvoir d’achat . Elle a abouti à la crise mondiale qui a ravagé les économies en 2008 et dont elles ne se sont pas encore relevées. 

Dans le même temps, les Etats-Unis ont vu leur part du marché mondial diminuer, en particulier au profit de la Chine dont le PIB a explosé à partir des années 1990 pour devenir la deuxième puissance économique mondiale et le concurrent le plus sérieux des Etats-Unis. 

C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre le déclenchement de la guerre actuelle. La Chine forte de sa puissance économique et la Russie forte de sa puissance militaire contestent l’hégémonie et l’expansionnisme des Etats-Unis et de ses alliés.

En 2014, la révolution de Maïdan a porté à la tête l’Ukraine des dirigeants pro-européens qui ont entamé de premières discussions pour se rapprocher de l’OTAN. Profitant de la colère des minorités russophones, Poutine a annexé la Crimée, ce qui n’a pas tempéré l’ardeur de l’OTAN à vouloir intégrer l’Ukraine dans son alliance militaire. 

La débâcle Étasunienne en Afghanistan et son retrait piteux en août dernier ont sans doute été le signe pour les puissances impérialistes chinoise et russe qu’un repartage du monde était à l’ordre du jour. Alors que les Etats-Unis s’attelaient, dès septembre, à mettre en place une alliance militaire dans le Pacifique avec l’Australie et la Grande Bretagne pour faire face à la Chine, qu’elle identifiait depuis longtemps comme la plus grande menace à son hégémonie, les dirigeants chinois affirmaient haut et fort leur volonté d’un retour rapide de Taiwan dans la Chine. Il s’appuyèrent sur une démonstration de force militaire au-dessus de l’île. Joe Biden s’était alors dit prêt à une intervention militaire au cas d’invasion chinoise. Aujourd’hui la Russie se pense en force de contester l’hégémonie de l’OTAN en Europe.

C’est l’accumulation de telles rivalités entre puissances impérialistes qui a conduit par deux fois le monde à la barbarie généralisée.

Combattre nos impérialismes

Au déclenchement de la première guerre mondiale, les principaux dirigeants politiques et syndicaux du mouvement ouvrier européen, qui avait clamé haut et fort, jusqu’à la veille, leur unité et leur internationalisme, se sont vautrés dans le chauvinisme le plus crasse en appelant, à outrance, les ouvriers de leurs pays respectifs à massacrer ceux d’en face.

Le révolutionnaire et député allemand Karl Liebknecht fut l’un des seuls à voter contre cette guerre. Interdit de parole au parlement, il publia sa position dans une brochure intitulée “L’ennemi principal est dans notre pays !“. Il y expliquait que «  L’ennemi principal de chaque peuple est dans son propre pays ! L’ennemi principal du peuple allemand est en Allemagne : l’impérialisme allemand, le parti de la guerre allemand, la diplomatie secrète allemande. C’est cet ennemi dans son propre pays qu’il s’agit pour le peuple allemand de combattre dans une lutte politique, en collaboration avec le prolétariat des autres pays, dont la lutte est dirigée contre ses propres impérialistes. »

En Russie, Lénine défendait les mêmes positions en expliquant qu’en temps de guerre on ne pouvait que vouloir la défaite de son propre gouvernement.

Les principaux dirigeants du mouvement ouvrier, qui avaient abandonné toute perspective de transformation révolutionnaire de la société, pensaient que la guerre ne pouvait se finir que par la victoire de l’un ou l’autre des camps impérialistes et choisissaient le leur. Ils furent les complices des plus grands massacres de masse qu’a connu l’humanité.  Ces furent au contraire la révolution russe de 1917, en renversant le Tsar, et la révolution allemande d’octobre-novembre 1918, en mettant fin au régime impérial, qui accélèrent la fin de la guerre et de la barbarie.

Les peuples du monde entier ont tout à craindre de l’affrontement actuel des impérialismes. Mais ils ont en mémoire les deux boucherie mondiales. Il ont aussi la mémoire de la lutte contre la guerre du Vietnam, celle du peuple vietnamien qui a mis en échec la plus grande puissance militaire du monde , celle du mouvement anti-guerre qui a déstabilisé les Etats-Unis de l’intérieur. Les Russes ont également en mémoire le tribut qu’ils ont payé pour la sale guerre menée par l’URSS en Afghanistan et qui a contribué à sa chute. Nombreux manifestent aujourd’hui en Russie pour clamer leur opposition à la guerre malgré la répression féroce de l’Etat.

« Ukraine – Paix, Russie – Liberté ». Manifestation à Moscou le 24 février 2022 (DR)

Contre la guerre et le nationalisme, nos luttes !

Face à l’esprit guerrier, la lutte contre le nationalisme doit plus que jamais guider nos actions.

Dans son adresse au parlement du 25 février, Macron a exhorté le pays à “l’unité nationale” pour défendre la démocratie et nos valeurs. Nous devrions ainsi tous faire corps au nom d’un intérêt commun et taire nos divergences parce que nous vivons dans les mêmes frontières.

Mais deux ans de “guerre” contre le Covid, comme il avait alors osé qualifier la crise sanitaire, ont montré ce que signifie ce prétendu intérêt commun. Tandis que la population, en particulier les populations les plus précaires et les racisés, subissait les conséquences de sa politique de destruction du système de santé, il a continué de supprimer près de 4000 lits d’hôpitaux par an pendant la crise pour arriver à un total de 17 000 lits supprimés à la fin de son quinquennat. Il a imposé sa contre-réforme de l’Assurance chômage qui va entraîner, selon un rapport de l’Unédic d’avril 2021, une baisse de revenus de 17% en moyenne pour 1,15 million d’allocataires. Selon l’ONG Oxfam, 1 million de personnes ont basculé dans la pauvreté durant la période. «  L’épargne des 20% des Français-e-s les plus pauvres a diminué de près de 2 milliards d’euros pendant le premier confinement, alors que les 10% des Français-e-s les plus riches ont vu leur fortune augmenter de plus de 25 milliards d’euros ». 

Pour les entreprises du CAC 40, la crise a été en effet du pain béni ! Tandis que l’inflation faisait exploser la facture énergétique de la population, TotalEnergies annonçait début février ses profits les plus élevés depuis 15 ans. Les entreprises du CAC 40 ont réalisé un total de 137 milliards d’euros de bénéfice en 2021 dont ils s’apprêtent à verser la moitié en dividendes !  Voilà ce qu’il en est de l’intérêt commun ! 

Face à l’explosion des inégalités, les luttes sociales se développent depuis le début de l’année. Les conflits sur les salaires se sont multipliés pour contrer la flambée des prix. La grève historique des enseignant.e.s, le 13 janvier, contre la gestion catastrophique de la crise dans l’Éducation et la baisse continue des moyens, ainsi que la grève massive des salarié.e.s de la RATP pour une augmentation des salaires qui a paralysé les transports parisiens le 27 janvier montrent une situation sociale potentiellement explosive. La crise actuelle va amplifier la hausse des prix de l’énergie et des céréales et multiplier les revendications salariales. Ceux qui se vautrent aujourd’hui dans l’unité nationale appelleront demain le pouvoir à faire cesser nos grèves pour ne pas mettre en péril les efforts et les dépenses militaires. 

Les femmes ont été en première ligne pendant la crise sanitaire parce qu’elles occupent les deux-tiers des emplois dans le secteur du soin, du fait de la division genrée du travail qu’impose la domination de la société de classes patriarcale. Elles en ont été également les premières victimes parce qu’elles occupent les emplois les plus précaires, parce qu’elles sont mal payées. Elles sont aussi les principales victimes des violences des guerres. La journée internationale de lutte pour le droit des femmes avec le large appel à la grève feministe du 8 mars, pour l’égalité salariale et contre les violence sexistes est l’occasion pour notre camp d’assumer l’affrontement avec notre classe dirigeante et sa logique de guerre.

Mais l’unité nationale, pour Macron et tous les suppôts de la classe dirigeante, c’est aussi le soutien à la politique impérialiste de la France qui n’a cessé, depuis la décolonisation, de maintenir sa domination sur les populations et les territoires africains par une succession d’interventions militaires, de coups d’État et de soutien sans faille aux dirigeants les plus corrompus jusqu’au soutien des génocidaires rwandais. 

Le 16 février dernier, il a convoqué les dirigeants européens et africains à une réunion sur «  la sécurité au Sahel et en Afrique de l’Ouest ». Il s’agissait de redéfinir l’intervention militaire française face à la contestation massive des populations africaines qui exigent le départ des troupes françaises, relayés par la junte militaire qui a pris le pouvoir au Mali. La France y est intervenue militairement depuis 2013. Sous couvert de lutte contre le terrorisme, l’opération Serval, devenue Barkhane en 2014 avait pour but d’assurer « un accès sécurisé aux ressources énergétiques et minières » de l’Afrique comme l’évoquait un rapport du Sénat et de garantir les intérêts des 40 000 entreprises françaises dont 14 multinationales implantées sur le continent. 

Mais si la domination française est vivement contestée par les populations qui en subissent directement les conséquences, les richesses du territoire sont convoitées par d’autres puissances impérialistes, en particulier la Chine qui est devenue le premier partenaire économique de l’Afrique et la Russie qui a multiplié depuis quelques années les accords de coopération militaire et économique.  

Chassée du Mali, la France a annoncé le redéploiement de ses troupes dans le golfe de Guinée et au Niger où elle exploite en particulier plusieurs mines d’uranium. Macron exhorte maintenant les autres pays européens à se constituer en puissance militaire. 

Son enjeu sera de renforcer la domination sur l’Afrique, le nôtre est de soutenir la lutte des peuples africains et d’exiger le retrait des troupes françaises.

L’unité nationale, c’est encore le renforcement des frontières, du racisme et des courants fascistes. L’afflux de réfugiés ukrainiens dévoile comme jamais l’hypocrisie des dirigeants européens et le poison du racisme en Europe. Alors que des centaines de milliers d’Ukrainiens ont fuit les bombardements dont une grande partie en Pologne, les dirigeants polonais organisent le tri à leur frontière. Des milliers d’étudiants africains qui cherchaient à fuir les combats ont ainsi été refoulés. Tandis que Zemmour s’oppose à l’accueil des réfugiés pour ne pas « déstabiliser la France qui est déjà submergée par l’immigration », Le Pen concède l’accueil de réfugiés ukrainiens pour mieux faire suinter son racisme : «  l’intégralité des réfugiés syriens était des hommes. C’est étonnant de voir des hommes fuir leur pays et laisser leurs femmes et leurs enfants là-bas. Il n’y a quasiment que des enfants, des femmes et des personnes âgées » qui fuient l’Ukraine. C’est le même poison raciste que distille Pécresse dans une tribune au Figaro où elle explique que le statut de réfugié pour les Ukrainiens se justifie bien davantage que pour « les faux réfugiés indûment entrés en Europe ces dernières années ».

Si le gouvernement pousse des cris d’orfraie, en expliquant qu’il n’y aura pas de tri, c’est pourtant exactement la logique de sa politique migratoire. Le 2 février, quinze jours avant l’offensive russe, Macron, devenu depuis peu président du Conseil de l’Union européenne, tenait une conférence de presse à Tourcoing sur les politiques migratoires. Il a exhorté les pays membres à renforcer la protection des frontières extérieures.  « Nous voulons un système Schengen mieux tenu ».  Il a proposé, entre autres, de renforcer la pression sur les États frontières pour qu’ils accentuent leurs contrôles, un mécanisme permettant de réintroduire le contrôle aux frontières des États européens défaillants et  « une politique plus opérationnelle et plus unie »  en matière d’expulsion des migrants illégaux. Le même jour, 19 migrants ont été retrouvés morts de froid à la frontière entre la Grèce et la Turquie. Depuis le début des années 2000 plus de 38 000 personnes migrantes sont mortes en Méditerranée. Comme les Ukrainiens, elles fuyaient les guerres commises, fomentées ou soutenues par les puissances impérialistes, elles fuyaient le feu des armes en grande partie fournies par l’industrie d’armement française, ou bien elles fuyaient la misère que leur domination génère. C’est cette politique migratoire raciste et assassine que veut maintenant renforcer Macron.

C’est à cette politique raciste et nationaliste que répond la campagne Antiracisme et Solidarité lancée le 18 décembre dernier. « Notre pays n’a ni carte, ni limites. Il ne fait pas la guerre si ce n’est au fascisme, au colonialisme, au racisme, à l’injustice et aux inégalités. » dit l’appel « Notre pays s’appelle Solidarité ».  Elle  regroupe  près de 400 organisations locales et nationales, collectifs de sans-papiers, de familles de victimes des violences policières, associations, réseaux de solidarité, collectifs féministes, syndicats, ONG … Elle a permis pour la première fois que de nombreuses villes participent, le 6 février dernier, à la Journée mondiale de Commémor‘Action pour les mort.e.s, disparu.e.s et les victimes de disparitions forcées en mer et aux frontières. Les initiatives qui ont été prises dans le cadre de la campagne montrent un large potentiel de mobilisation. A Toulouse un tournoi de foot sur les thèmes de la campagne et en soutien aux hijabeuses a mobilisé des centaines de personnes autour d’équipes de quartiers, de sans-papiers, de groupes féministes ainsi qu’une équipe de révolutionnaires soudanais.

Le 19 mars prochain des manifestations sont prévues dans le monde entier, contre le racisme et le fascisme, du Brésil à l’Afrique du Sud, des Etats-Unis à l’Australie et dans la plupart des pays européens. Cet appel prend un nouvel écho avec la guerre. En France une manifestation nationale est appelée conjointement par la campagne Antiracisme et Solidarité et le Réseau d’Entraide Vérité et Justice. Construisons-la partout où nous sommes pour faire la démonstration qu’il existe une autre voie que celle du nationalisme, de la guerre et du fascisme.

Nico (Paris 19)