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	<title>Archives des Mouvement de masse - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<title>Archives des Mouvement de masse - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Mouvement contre la réforme des retraites à Rennes : l’auto-organisation comme boussole</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/mouvement-contre-la-reforme-des-retraites-a-rennes-lauto-organisation-comme-boussole/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Nov 2023 23:26:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Autonomie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Fin septembre 2023, l’antenne A2C de Rennes a organisé une discussion politique ouverte sur la question d’un bilan local du mouvement des retraites. Nous avons voulu rendre compte des différentes pistes de réflexions qui ont <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/mouvement-contre-la-reforme-des-retraites-a-rennes-lauto-organisation-comme-boussole/" title="Mouvement contre la réforme des retraites à Rennes : l’auto-organisation comme boussole">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">Fin septembre 2023, l’antenne A2C de Rennes a organisé une discussion politique ouverte sur la question d’un bilan local du mouvement des retraites. Nous avons voulu rendre compte des différentes pistes de réflexions qui ont émergé ce soir-là, continuer à ouvrir le débat et à le faire vivre, mais aussi et surtout pour inviter toutes les personnes qui le souhaitent à nourrir ce bilan, et&nbsp;ainsi continuer à renforcer nos liens et à s’organiser à Rennes.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #10 &#8211; Novembre 2023</h6>



<p class="has-drop-cap"><strong>F</strong>aire le bilan local de ce mouvement n’est pas une chose aisée car il en a sans aucun doute émerveillé et surpris beaucoup, en premier lieu celles et ceux qui y ont participé. Dans ce texte, nous avons fait le choix d’axer notre bilan sur la question de l’auto-organisation, avec ses implications à la fois stratégiques et pratiques. En effet, en tant que révolutionnaires, nous ne cherchions pas seulement à gagner contre la réforme. Nous cherchions également à convaincre le plus grand nombre que nous pouvons aller plus loin et changer les choses entièrement, que nous sommes les plus à même de gérer nos affaires communes. Une des armes pour cela est l’expérience collective de s’organiser ensemble et de décider pour nous-mêmes, autrement dit l’auto-organisation. Nous pensons donc qu’il était nécessaire d’argumenter dans cette perspective et de tenter d’organiser le mouvement dans cette direction.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une chronologie rennaise du mouvement</h2>



<p>Au cours des six mois de mobilisation, plusieurs modalités d’action ont émergé à Rennes, chacune avec ses spécificités :</p>



<p>1/ Du 19&nbsp;janvier au 6&nbsp;juin 2023, 14&nbsp;journées de grève et de manifestations intersyndicales ont rassemblé entre 15 000 et 40 000 personnes avec des syndicats, des lycéen·nes, des groupes autonomes, des collectifs féministes, antiracistes, et des personnes non organisées. Les grèves ont été très suivies par les secteurs publics habituellement mobilisés (Éducation nationale, SNCF) mais aussi par des secteurs moins attendus comme la culture.&nbsp;</p>



<p>2/ Dès janvier, des blocages et barrages filtrants des axes routiers sont organisés aux quatre coins de Rennes. Le but : bloquer l’économie, freiner la production en empêchant les travailleur·euses de rejoindre leur lieu de travail. En mars, ils prennent le nom d’actions « ville morte » et deviennent quasi hebdomadaires.&nbsp;</p>



<p>3/ Dès février, d’autres lieux considérés comme stratégiques sont aussi bloqués : l’université de Rennes&nbsp;2, certains lycées, des centres de collecte des déchets. Des travailleur·euses, étudiant·es, chômeur·euses se coordonnent avec les éboueur·euses pour bloquer la sortie des camions bennes durant 15&nbsp;jours.&nbsp;</p>



<p>4/ Le 11&nbsp;mars, c’est l’ouverture de La Maison du Peuple (MDP) dans l’ancien cinéma Arvor : cet espace a pour vocation de favoriser l’auto-­organisation du mouvement. En parallèle se tiennent chaque semaine les AGs interprofessionnelles (cadre composé de syndicalistes organisés dans différents secteurs) et de Rennes sud. Plus tard, la MDP organise des manifestations régionales avec pour objectifs d’étendre les mobilisations sur l’ensemble de la Bretagne et de créer une coordination régionale.</p>



<p>5/ Le 25&nbsp;mars a lieu la manifestation contre le racisme et la loi Darmanin avec environ 800&nbsp;manifestant·es. S’en suivra la création du collectif Rennes contre Darmanin pour lutter contre le projet de loi sur l’asile et l’immigration et construire un front large et uni à Rennes contre le racisme.&nbsp;</p>



<p>6/ Le même jour, environ 30 000 personnes convergent à Sainte-Soline contre la construction de mégabassines à l’appel des Soulèvements de la terre (SDT) : violences policières inédites, deux manifestants finissent dans le coma.&nbsp;</p>



<p>7/ La première casserolade du 17&nbsp;avril devant la mairie lors du discours de Macron nous permet de nous réunir sous une nouvelle forme : se rassembler, faire du bruit, crier et revendiquer notre désaccord. Très pratiques, simples, accessibles et efficaces, les casserolades ont donné un nouveau souffle à la lutte.&nbsp;</p>



<p>8/ Le 27&nbsp;mai, la MDP appelle à une mobilisation de 24&nbsp;heures contre Macron, Darmanin et le fascisme et Rennes contre Darmanin organise un rassemblement contre la venue du rappeur fasciste Millésime K.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-dominant-color="4c5f76" data-has-transparency="false" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr1-768x1024.webp" alt="" class="wp-image-8062 not-transparent" style="--dominant-color: #4c5f76; aspect-ratio:1;object-fit:cover;width:333px;height:auto"/></figure>
</div>


<p>Durant ces six mois, nous avons vécu une effervescence incroyable, ça fourmillait, ça s’organisait à un rythme parfois très intense : personne autour de nous ne pouvait ignorer la lutte en cours contre la réforme Macron. Ce contexte nous donnait l’opportunité de parler politique de façon beaucoup plus évidente et fluide, dans une sphère plus large qu’en période hors mouvement social. En bref, c’était l’occasion parfaite d’intervenir en tant que révolutionnaires, de parler de nos intérêts communs à lutter et surtout d’expérimenter cette capacité réelle que nous avons de reprendre le pouvoir sur nos vies.&nbsp;</p>



<p>Les différentes modalités d’action qui ont émergé pendant le mouvement découlent pour la plupart de conceptions (plus ou moins conscientes) sur la manière de gagner : les choix stratégiques ont constitué un point de discussion et de désaccord important pendant le mouvement, notamment sur la question des blocages comme outil ­d’élargissement de la lutte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Stratégies et choix tactiques : des limites du blocage</h2>



<p>Lors des assemblées auxquelles nous avons participé, l’hypothèse que pour faire reculer le gouvernement sur la réforme, il suffirait de faire augmenter son coût financier en additionnant les coûts liés aux différentes actions de la contestation (grèves, blocages, dégradations diverses, encadrement et répression du mouvement), était largement défendue. Le gouvernement se retrouverait donc à faire un calcul économique qui le pousserait à reculer au moins temporairement afin de limiter les pertes financières.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Sur un plan comptable, cette conception revêt plusieurs limites. Car si le gouvernement se donnait pour objectif avec sa réforme « d’économiser » 13 milliards d’euros par an à l’horizon 2030 sur les 331,6 milliards des pensions de retraites, Marc Touati<sup data-fn="66051578-b134-481c-9b43-b707509a8389" class="fn"><a href="#66051578-b134-481c-9b43-b707509a8389" id="66051578-b134-481c-9b43-b707509a8389-link">1</a></sup> estimait à 1 milliard d’euros les coûts d’une journée de grève « dure ». Quant aux dégradations, nous n’avons pas trouvé de chiffres globaux pour le mouvement des retraites, mais à titre de comparaison, la Fédération française des sociétés d’assurances les a estimées à 730 millions d’euros lors des révoltes suite au meutre de Nahel. Soit moins qu’une journée de grève bien suivie.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="626669" data-has-transparency="false" fetchpriority="high" decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr2-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8063 not-transparent" style="--dominant-color: #626669; aspect-ratio:16/9;object-fit:cover" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr2-jpg.webp 1000w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr2-jpg-300x225.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr2-jpg-768x576.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr2-jpg-678x509.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr2-jpg-326x245.webp 326w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr2-jpg-80x60.webp 80w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure>



<p>Nous étions donc loin de faire pencher la balance de notre côté avec cette seule approche :</p>



<p>1/ Pour bien comprendre ce qui fait peur à nos ennemis, il faut penser cette réforme en contexte. Elle a été mise à l’agenda dans un moment de crise profonde du capitalisme, elle revêtait donc un caractère économique et politique primordial pour les capitalistes.</p>



<p>2/ Ces chiffres nous permettent de relativiser les impacts économiques des stratégies émeutières, par rapport à la grève de masse (avec en plus des conséquences en termes de répression hélas dramatique) : il nous aurait fallu 13 journées de grèves fortes pour ne serait-ce qu’arriver à coûter autant à l’économie que ce que le gouvernement prétend économiser en une seule année avec sa réforme.</p>



<p>3/ Les retraites, ce sont des milliards d’euros sur lesquels capitaliser en augmentant leur taux de profit dans un moment où ceux-ci dégringolent. Autant dire qu’ils étaient prêts à perdre beaucoup sur le moment pour s’assurer de gagner beaucoup à l’avenir.</p>



<p>Dans cette stratégie économique d’augmenter le coût de la réforme pour les capitalistes, une des tactiques centrales a été les blocages d’axes routiers et la mise en place de piquets de grève. Si les blocages ont ponctuellement permis des choses intéressantes (la rencontre entre plusieurs composantes du mouvement, un nouveau souffle pour la mobilisation, la mise en action concrète, un sentiment de puissance collective), la manière dont ils ont été utilisés par leurs organisateur·ices nous a cependant interrogé·es.</p>



<p>Les blocages étaient majoritairement traités comme une question technique plutôt que politique : c’est devenu un rituel et les discussions tournaient plus autour du nombre de palettes nécessaires que de la pertinence à jeter nos forces dans cette action. Nous n’avons par exemple pas pu discuter de ce que nous pouvions proposer aux gens bloqué·es dans leur voiture. Des centaines de personnes se sont retrouvées mises en passivité. Il aurait été pertinent de proposer aux convaincues (les personnes bloquées qui étaient contre la réforme mais pas organisées, pas militantes et très souvent isolées dans leur travail) une manière de se joindre au mouvement et de chercher à convaincre les autres.&nbsp;</p>



<p>La même logique a été mise à l’œuvre avec le soutien apporté aux éboueur·euses, qui n’avaient pas assez de forces pour mener une grève reconductible. Pendant une quinzaine de jours et de nuits, une centaine de personnes impliquées dans le mouvement se sont relayées pour les aider et faire en sorte que les ordures ne soient pas ramassées, dans l’objectif que cette nuisance contribue à la pression globale. Cette approche « de choix d’urgence » n’a pas permis de se demander comment être plus en grève, partout, secteurs isolés ou non, ni quelle importance il peut y avoir à soutenir les différents secteurs isolés ou non (santé, éducation, commerce, transport, etc.).</p>



<p>Nous pensons que ce qui aurait pu faire pencher la balance de notre côté est notre capacité à généraliser le conflit, à convaincre et mettre en action le plus grand nombre pour s’opposer à cette loi, et à bien plus. Peu importe le moyen d’action, blocages, occupations, grèves, notre boussole aurait dû être de chercher par tous les moyens à ce que l’opposition massive à cette loi se traduise avec la même intensité dans la rue en favorisant la mise en action et l’auto-organisation de notre classe. Il n’y a pas de raccourcis : les militant·es ne peuvent faire les tâches seul·es et doivent convaincre et agir en ce sens.</p>



<h2 class="wp-block-heading">S’organiser par en bas : Maison du peuple et AG Rennes Sud Mobilisée</h2>



<p>Beaucoup de camarades de diverses tendances ont fait un constat, que nous partageons : ce mouvement a été marqué par une faible participation aux cadres d’auto-organisation alors même que la participation aux manifestations était historique.&nbsp;</p>



<p>On pourrait simplement renvoyer la responsabilité à l’intersyndicale en arguant qu’elle a tout fait pour garder le contrôle sur le mouvement. Cependant, contrairement à ce qui a pu se passer dans d’autres mouvements, l’intersyndicale, et plus particulièrement la CGT a, à plusieurs reprises, encouragé des prises d’initiatives par en bas, indépendantes du calendrier annoncé. Cela s’est d’autant plus vérifié après l’utilisation du 49.3 où beaucoup d’initiatives ont été prises partout sur le territoire.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="545854" data-has-transparency="false" decoding="async" width="600" height="800" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr3-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8064 not-transparent" style="--dominant-color: #545854; aspect-ratio:1;object-fit:cover;width:262px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr3-jpg.webp 600w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr3-jpg-225x300.webp 225w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>
</div>


<p>Pour autant, les directions syndicales réformistes ne chercheront jamais à être réellement débordées par le mouvement ni à déborder du cadre de la démocratie bourgeoise. C’est notre travail en tant que révolutionnaires de leur opposer d’autres cadres et pratiques et surtout se donner les moyens de mettre en mouvement une part significative de notre classe. Sur ce point, nous pouvons tirer le bilan que nous n’y sommes pas parvenu·es.&nbsp;</p>



<p>À Rennes, parmi les différentes propositions ayant émergé pour organiser et coordonner une partie du mouvement, nous avons eu l’occasion de nous joindre à quelques AG de la Maison du peuple. Si la proposition nous a paru intéressante et a permis d’offrir un espace d’élaboration commun à diverses composantes du mouvement (syndicats, partis, mouvement autonome) pour agir ensemble autant que faire se peut, elle s’est selon nous heurtée à une limite intrinsèque : elle a cherché avant tout autre chose à coordonner les militant·es déjà organisé·es plutôt qu’à organiser celles et ceux qui ne l’étaient pas encore et ainsi élargir le mouvement.&nbsp;</p>



<p>Nous savons que ce n’était pas le propos de la MDP mais justement, nous nous interrogeons : en centralisant l’énergie d’un nombre considérable de militant·es, la MDP n’a-t-elle pas conduit à mettre de côté la création d’autres espaces d’auto-organisation ? Des espaces à plus petite échelle et qui chercheraient activement à être rejoints par des personnes opposées à la réforme mais peu ou pas mobilisées ?</p>



<p>Nous pensons que c’est parfois le travers dans lequel nous pouvons tomber en tant que militant·es déjà organisé·es : chercher à se regrouper pour se sentir plus fort·es, alors que ce qui nous donnerait encore plus de force, c’est d’être rallié·es par celles et ceux qui ne sont pas encore là, et donc de faire du travail politique en ce sens. Si notre objectif est la généralisation des espaces d’auto-organisation, qu’est ce qui a plus de chance d’y mener ? Que tou·te·s les militant·es de la ville se retrouvent dans une grande assemblée pour tenter de s’organiser ensemble, ou de tenter d’élargir le mouvement depuis les personnes qui nous entourent dans nos espaces de vie et de travail ? En somme, de s’organiser par en bas, partout où cela est possible.</p>



<p>Nous avons voulu expérimenter à cette échelle et avons contribué à lancer et faire vivre l’assemblée « Rennes Sud mobilisée contre la réforme ». Cette assemblée était majoritairement composée de personnes déjà organisées (syndicats, collectifs, partis) ou politisées, ayant pour point commun d’habiter Rennes Sud<sup data-fn="92706702-e586-43e7-9dec-4fc9a548092f" class="fn"><a href="#92706702-e586-43e7-9dec-4fc9a548092f" id="92706702-e586-43e7-9dec-4fc9a548092f-link">2</a></sup>. Elle avait pour vocation de s’organiser à l’échelle de nos quartiers pour y faire vivre le mouvement contre la réforme en mobilisant de nouvelles personnes. Plusieurs initiatives ont été lancées depuis ce cadre : </p>



<p>1/ Des départs en cortège depuis le quartier pour rejoindre les manifestations appelées en centre-ville (cortèges allant jusqu’à 200 personnes)&nbsp;</p>



<p>2/ Des barrages/blocages du rond-point de la Poterie (avant de rejoindre en cortège la manifestation). Ces actions ont au départ regroupé une cinquantaine d’habitant·es du quartier avant d’être rejointes par d’autres (notamment la MDP) lorsque les opérations Ville morte ont commencé.&nbsp;</p>



<p>3/ Une déambulation dans le quartier en distribuant des tracts auprès des travailleur·euses et habitant·es appelant à se joindre aux blocages, aux manifestations et aux assemblées : un bon prétexte pour discuter de la réforme et de politique en général.&nbsp;</p>



<p>4/ Un barbecue-projection contre la réforme et contre Macron, qui s’est tenu au centre Alain-Savary et qui a regroupé une soixantaine de personnes du quartier.</p>



<p>Nous avons à la fois été convaincu·es de l’importance de l’existence de ce cadre tout en étant confronté·es à trois grandes difficultés que nous ne voulons pas minimiser :</p>



<p>1/ La régularité : ce cadre s’est ajouté pour beaucoup à d’autres cadres d’organisation, avec parfois peu de continuité et des difficultés à libérer du temps pour se voir.&nbsp;</p>



<p>2/ Le piège de l’entre soi-militant : En réalité, nous sommes retombé·es dans le « piège » que nous tentions d’éviter en construisant cette assemblée. Nous nous sommes majoritairement organisé·es à partir du quartier plutôt que dans le quartier : nos actions (à part vers la fin du mouvement) n’ont pas suffisamment cherché à élargir et grossir nos rangs en convainquant de nouvelles habitant·es et travailleur·euses autour de nous de se joindre au mouvement mais ont plutôt permis d’organiser les militant·es du quartier pour intervenir à l’échelle de la ville.&nbsp;</p>



<p>3/ La continuité : nous sommes sorti·es riches de cette expérience commune et pour autant début juillet, lorsque les révoltes ont éclaté partout en France dont au Blosne suite à la mort de Nahel, nous n’avons pas été en mesure de relancer une dynamique de solidarité en actes avec les habitant·es impliqué·es. Comment poursuivre hors mouvement social afin d’être préparé·es, solides et solidaires lors des explosions politiques qui ne manqueront pas d’advenir dans les mois et années à venir et dont le rythme risque même de s’intensifier ? Ces cadres locaux d’organisation nous semblent être une des clés pour être à la hauteur des enjeux actuels. Leur pérennité est une nécessité pour consolider nos appuis et espérer être toujours plus nombreux·ses à vouloir, in fine, transformer le monde.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="666261" data-has-transparency="false" decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr4.jpg" alt="" class="wp-image-8065 not-transparent" style="--dominant-color: #666261; aspect-ratio:16/9;object-fit:cover" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr4.jpg 1000w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr4-300x225.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr4-768x576.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr4-678x509.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr4-326x245.webp 326w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr4-80x60.webp 80w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion</h2>



<p>L’écart profond entre le nombre de personnes se déclarant contre la réforme et la forte mobilisation dans les manifestations d’un côté, et la faible organisation des personnes présentes de l’autre nous pousse aujourd’hui à défendre plus que jamais la nécessité de :</p>



<p>1/ Chercher à convaincre les personnes autour de nous de s’organiser : car s’organiser pour seulement agir ne suffit pas.</p>



<p>2/ Éviter par tout les moyens de s’enfermer entre militant·es et convaincu·es : si les espaces de coordination du mouvement sont nécessaires et peuvent donner l’impression du nombre, ils ne peuvent se suffir à eux-même.</p>



<p>3/ Se poser les questions sur comment généraliser la lutte et sur quelles stratégies défendre pour y parvenir dans un maximum de sphères de la société : c’est la seule manière de faire véritablement trembler le pouvoir.</p>



<p>4/ Donner la confiance : nous sommes tou·te·s, militant·es ou non, légitime et capable de remettre en question nos conditions de vie. Faire grandir le mouvement, c’est aussi regarder, apprendre, écouter ce qu’il se passe ailleurs. C’est inviter, proposer, échanger.</p>



<p>5/ La radicalité oui, mais la radicalité du nombre toujours : elle ne doit pas nous empêcher de rallier le plus grand nombre à celles-ci et d’agir le plus possible en ce sens.</p>



<p>Il nous semble important de rappeler que le mois de juin s’est terminé par l’assassinat de Nahel par la police à Nanterre. À la sortie d’un mouvement social historique, il s’agit aussi de tirer des bilans sur pourquoi la solidarité avec les révoltes et les habitant·es des quartiers n’ont pas été un réflexe au même titre que la solidarité contre le gouvernement Macron qui nous exploite. Nous aimerions développer cette question dans un prochain article, avec, qui sait, des camarades de Rennes ?&nbsp;</p>



<h5 class="wp-block-heading">Armell, Kim Attimon et Mathilda Demarbre (Rennes)</h5>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<h6 class="wp-block-heading">NOTES</h6>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="66051578-b134-481c-9b43-b707509a8389">Économiste et chroniqueur dans « Capital ». <a href="#66051578-b134-481c-9b43-b707509a8389-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="92706702-e586-43e7-9dec-4fc9a548092f">Zone comprenant tous les quartiers entre Sainte-Thérèse et la Poterie. <a href="#92706702-e586-43e7-9dec-4fc9a548092f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/mouvement-contre-la-reforme-des-retraites-a-rennes-lauto-organisation-comme-boussole/">Mouvement contre la réforme des retraites à Rennes : l’auto-organisation comme boussole</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Femme, Vie, Liberté ! Les femmes iraniennes et kurdes d’Iran à la tête de la révolution</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/jin-jiyan-azadi-femme-vie-liberte-les-femmes-iraniennes-et-kurdes-diran-a-la-tete-de-la-revolution/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Jan 2023 06:30:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Mouvement de masse]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=6903</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Depuis la révolution iranienne en 1979, le gouvernement actuel ne cesse de réprimer violemment le peuple. Le 16&#160;septembre&#160;&#160;2022, la mort de Jîna1Les personnes Kurdes en Iran, opprimées par l’État, se voient interdire de vivre –&#160;ou <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/jin-jiyan-azadi-femme-vie-liberte-les-femmes-iraniennes-et-kurdes-diran-a-la-tete-de-la-revolution/" title="Femme, Vie, Liberté ! Les femmes iraniennes et kurdes d’Iran à la tête de la révolution">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/jin-jiyan-azadi-femme-vie-liberte-les-femmes-iraniennes-et-kurdes-diran-a-la-tete-de-la-revolution/">Femme, Vie, Liberté ! Les femmes iraniennes et kurdes d’Iran à la tête de la révolution</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">Depuis la révolution iranienne en 1979, le gouvernement actuel ne cesse de réprimer violemment le peuple. Le 16&nbsp;septembre&nbsp;&nbsp;2022, la mort de Jîna<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6903_4('footnote_plugin_reference_6903_4_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_6903_4('footnote_plugin_reference_6903_4_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6903_4_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6903_4_1" class="footnote_tooltip">Les personnes Kurdes en Iran, opprimées par l’État, se voient interdire de vivre –&nbsp;ou mourir&nbsp;– avec leur prénom. Jîna Amini, comme beaucoup d’autres enfants kurdes, avait deux prénoms. L’un officiel, Mahsa, et l’autre donné par ses parents et destiné aux ami·es et à la famille, Jîna.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6903_4_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6903_4_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>&nbsp;Amini déclenche des protestations généralisées dans tout le pays et réveille plus que jamais la volonté de mettre fin au régime meurtrier : s’ensuit alors un soulèvement massif à travers l’Iran, dans toutes ses villes, lycées et universités. Partout, ce sont les femmes qui sont en tête et qui crient, au péril de leur vie :&nbsp;<em>« Ce n’est plus une protestation, c’est une révolution ! »</em>&nbsp;Chaque jour, toute personne qui ose s’élever contre la République islamique risque de se faire emprisonner, enlever, torturer et tuer. Pourtant&nbsp;<em>« aucune brutalité n’a pu contenir la colère refoulée des femmes et des jeunes iraniens qui se sont déchaînés après 44&nbsp;ans »</em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6903_4('footnote_plugin_reference_6903_4_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_6903_4('footnote_plugin_reference_6903_4_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6903_4_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6903_4_2" class="footnote_tooltip">« <a href="https://women.ncr-iran.org/fr/2022/10/09/les-manifestations-en-iran/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Les manifestations en Iran et le rôle des femmes dans les unités de résistance</a> », <em>Rapport mensuel de la Commission des Femmes du CNRI</em>, septembre 2022</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6903_4_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6903_4_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>





<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi cet article ?</h2>



<p>Cet article est né d’une discussion entre deux amies, l’une franco-iranienne, l’autre militante féministe, sur le combat féministe en Iran. Lors de la mobilisation du 25&nbsp;novembre 2022, journée internationale de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, le collectif Zin35 des femmes kurdes de Rennes a distribué un tract : c’était un appel international écrit par les femmes iraniennes et kurdes d’Iran pour les soutenir largement dans leur lutte. Dans leur appel, elles dénoncent les lois sexistes, les violences vécues au quotidien et les crimes commis par les dirigeants du pays. Elles ne cessent de compter leurs mortes<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6903_4('footnote_plugin_reference_6903_4_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_6903_4('footnote_plugin_reference_6903_4_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6903_4_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6903_4_3" class="footnote_tooltip">« <a href="https://women.ncr-iran.org/fr/2022/11/25/femmes-et-jeunes-filles-tuees/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Liste des femmes et jeunes filles tuées en Iran par les forces de sécurité dans le soulèvement en Iran</a>« , <em>CNRI</em>, 25/11/22</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6903_4_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6903_4_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.<sup>&nbsp;</sup>La loi sur l’obligation du port du voile en public instaurée dès 1983 place les femmes iraniennes et kurdes d’Iran directement en première ligne des violences et ouvre une brèche infinie de violences sexistes et sexuelles.</p>



<p>Nous savons que la question du voile divise et est utilisée par l’État pour contrôler et maintenir un pouvoir en place. D’un côté, l’Iran oblige les femmes à porter le voile alors qu’à l’inverse en France, il y a une obsession d’une « émancipation » forcée des femmes racisées. Compte tenu de ce&nbsp;&nbsp;contexte, comment se donner les arguments pour&nbsp;&nbsp;contrer toute récupération raciste et islamophobe du combat des femmes iraniennes ?</p>



<p>Plusieurs questions se posent : quels sont les éléments qui ont amené le peuple iranien à se mobiliser aussi largement, qui ont fait que les luttes se rejoignent et que les mobilisations de grève notamment traversent le pays entier ? Comment obtenir une source d’information fiable alors que la communication avec l’extérieur est coupée, espionnée et même contrôlée ? Quelles sont donc les stratégies de communication misent en place dans ce contexte de censure ? Comment obtenir des témoignages des personnes sur place alors que le risque est la torture, la prison ou la mort ?</p>



<p>Par cet article, nous souhaitons proposer un état des lieux de la situation actuelle en Iran et particulièrement de la lutte des femmes iraniennes et kurdes d’Iran. Dans notre contexte d’écriture de cet article, il est intéressant de croiser nos analyses respectives à toutes les deux : d’une part, de celle qui a des informations directes par sa famille en Iran, et d’autre part, de celle qui est engagée dans le combat féministe et dans le combat contre le danger fasciste par la récupération politique raciste et islamophobe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Contexte politique en Iran</h2>



<p>La révolution iranienne de 1979 a marqué un tournant pour le pays. Le Shah d’Iran est alors contraint de fuir le pays, qui ne cesse d’enchaîner manifestations et grèves. Une tension économique et culturelle règne au sein du pays, laissant la porte ouverte à l’ayatollah Khomeyni, un radical révolutionnaire. La Constitution de la République islamique d’Iran est approuvée le 12&nbsp;décembre 1979 par référendum<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6903_4('footnote_plugin_reference_6903_4_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_6903_4('footnote_plugin_reference_6903_4_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6903_4_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6903_4_4" class="footnote_tooltip">Thierry Coville,&nbsp;<em>L’Iran, une puissance en mouvement</em>, paru en 2022</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6903_4_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6903_4_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>Puis en novembre 2019, le peuple iranien se révolte suite à une hausse du prix du carburant.&nbsp;&nbsp;De cette période jusqu’à janvier 2020, 1 500&nbsp;personnes sont tuées et 7 000 personnes sont arrêtées selon Chowra Makaremi, anthropologue interviewée par&nbsp;<em>Mediapart</em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6903_4('footnote_plugin_reference_6903_4_5');" onkeypress="footnote_moveToReference_6903_4('footnote_plugin_reference_6903_4_5');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6903_4_5" class="footnote_plugin_tooltip_text">5</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6903_4_5" class="footnote_tooltip">Émission de&nbsp;<em>Mediapart</em> :&nbsp;<a href="https://www.youtube.com/watch?v=KKVqOaOL_YA&amp;t=304s" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Iran : « femmes, vie, liberté, c’est un projet politique</a><em><a href="https://www.youtube.com/watch?v=KKVqOaOL_YA&amp;t=304s" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> </a></em></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6903_4_5').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6903_4_5', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le point de bascule : la mort de Jîna Amini</h2>



<p>Le 16&nbsp;septembre 2022, Jîna Amini, jeune étudiante kurde de 22&nbsp;ans a succombé à ses blessures trois jours après avoir été arrêtée et tabassée par la police des mœurs. Arrêtée le 13&nbsp;septembre pour « port du voile inapproprié », elle est transportée à l’hôpital de Téhéran cette même journée, où elle passera trois jours dans le coma avant de mourir.</p>



<p>Le rapport médical officiel déclare que son décès est lié à une maladie du cerveau et non suite à des coups<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6903_4('footnote_plugin_reference_6903_4_6');" onkeypress="footnote_moveToReference_6903_4('footnote_plugin_reference_6903_4_6');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6903_4_6" class="footnote_plugin_tooltip_text">6</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6903_4_6" class="footnote_tooltip">« <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2022/10/07/iran-la-mort-de-mahsa-amini-causee-par-une-tumeur-cerebrale-et-non-par-des-coups-de-la-police-selon-un-rapport-medical-officiel_6144845_3210.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">En Iran, un rapport médical officiel affirme que la mort de Mahsa Amini a été causée «&nbsp;par une tumeur cérébrale&nbsp;» et non «&nbsp;par des coups&nbsp;» de la police</a>« , <em>Le Monde</em>, 07/10/22</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6903_4_6').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6903_4_6', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Cependant, des images piratées du scanner de Mahsa Amini de l’hôpital montrent une fracture crânienne, une hémorragie et un œdème cérébral, qui ne coïncident donc pas avec le rapport officiel<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6903_4('footnote_plugin_reference_6903_4_7');" onkeypress="footnote_moveToReference_6903_4('footnote_plugin_reference_6903_4_7');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6903_4_7" class="footnote_plugin_tooltip_text">7</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6903_4_7" class="footnote_tooltip">« <a href="https://english.alarabiya.net/News/middle-east/2022/09/19/Mahsa-Amini-s-medical-scans-show-skull-fractures-caused-by-severe-trauma-Report" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mahsa Amini’s medical scans show skull fractures caused by ‘severe trauma’: Report</a>« , <em>Al Arabiya English</em>, 19/09/22</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6903_4_7').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6903_4_7', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>Les manifestations en cours en Iran ont commencé dans les villes kurdes de Saqqez (province du Kurdistan d’Iran d’où Jîna Amini est originaire) et de Sanandaj le soir des funérailles de Jîna Amini. Le slogan kurde&nbsp;<em>« Jin, Jiyan, Azadî »</em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6903_4('footnote_plugin_reference_6903_4_8');" onkeypress="footnote_moveToReference_6903_4('footnote_plugin_reference_6903_4_8');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6903_4_8" class="footnote_plugin_tooltip_text">8</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6903_4_8" class="footnote_tooltip">Dans l’histoire et la langue kurde, le mot « femme » a la même racine que le mot « vie » : « Jin » et « Jiyan ». Donc si la femme est une prisonnière, la vie est aussi une prison. Par conséquent, le combat pour une « femme libre » est aussi un combat pour une vie libre. Ainsi, sans la libération des femmes, il n’y aura pas de vie libre pour tou·tes.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6903_4_8').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6903_4_8', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> (Femmes, Vie, Liberté), vient du mouvement de libération kurde en Turquie. Il est utilisé pour la première fois en 1987 par le Mouvement des femmes libres du Kurdistan<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6903_4('footnote_plugin_reference_6903_4_9');" onkeypress="footnote_moveToReference_6903_4('footnote_plugin_reference_6903_4_9');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6903_4_9" class="footnote_plugin_tooltip_text">9</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6903_4_9" class="footnote_tooltip">« <a href="https://kurdistan-au-feminin.fr/2022/11/02/jina-amini-et-la-lutte-kurde-en-iran/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jina Amini et la lutte kurde en Iran</a>« , <em>Kurdistan au féminin</em>, 02/11/22</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6903_4_9').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6903_4_9', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Il est rapidement devenu le slogan commun du mouvement de contestation ; repris par les femmes iraniennes, il est devenu un mot d’ordre international dans les luttes féministes.</p>



<p>Alors que depuis des années les peuples iraniens et kurdes d’Iran subissent une répression meurtrière quotidienne, le soulèvement populaire atteint un point de bascule depuis maintenant quatre mois : c’est le pays entier qui s’embrase avec, à la tête du mouvement, les femmes et la jeune génération qui ne demandent qu’à obtenir leur liberté et qui refusent toute négociation possible avec le gouvernement. Des gestes forts de contestations contre l’obligation du port du voile, un des fondements de la théocratie actuelle, traversent tout le pays : les femmes se coupent les cheveux dans les manifestations ou se filment de chez elles, elles brûlent leurs voiles tour à tour dans les feux qui illuminent les rues. Le message est clair : elles s’attaquent directement au régime en place et le rejettent en bloc sans compromis.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Où en est le combat aujourd’hui ?</h2>



<p>Les stratégies de répressions exercées par le régime sur la population sont diverses (en plus des violences directes qu’il exerce sur les manifestant·es et toute personne se levant d’une quelconque manière contre lui) :</p>



<p>●&nbsp;Communication coupée : le gouvernement iranien peut facilement couper les communications Internet du pays car il a sous contrôle les deux voies d’accès à celui-ci. Le régime en place n’hésite pas : il restreint l’accès à Internet et aux réseaux mobiles&nbsp;&nbsp;pour empêcher la visibilité des manifestations et surtout éviter que les images des tueries soient relayées. En effet, sans VPN, il est impossible de naviguer sur des plateformes comme Facebook ou YouTube. Instagram et What’App, réseaux les plus utilisés par les Iranien·nes, connaissent des perturbations. Les applications peuvent être temporairement inactives.</p>



<p>●&nbsp;Faux récits<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6903_4('footnote_plugin_reference_6903_4_10');" onkeypress="footnote_moveToReference_6903_4('footnote_plugin_reference_6903_4_10');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6903_4_10" class="footnote_plugin_tooltip_text">10</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6903_4_10" class="footnote_tooltip">« <a href="https://women.ncr-iran.org/fr/2023/01/04/diffuser-de-faux-recits/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Diffuser de faux récits pour couvrir le rôle du régime dans les meurtres odieux de manifestants</a>« , <em>CNRI</em>, 04/01/23</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6903_4_10').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6903_4_10', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> : l’utilisation de faux rapports est monnaie courante en Iran. Plusieurs manifestant·es ont été tués<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6903_4('footnote_plugin_reference_6903_4_11');" onkeypress="footnote_moveToReference_6903_4('footnote_plugin_reference_6903_4_11');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6903_4_11" class="footnote_plugin_tooltip_text">11</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6903_4_11" class="footnote_tooltip">« <a href="https://iranhr.net/en/articles/5623/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Iran Protests: at Least 458 People Killed/11 Officially Sentenced to Death</a>« , <em>Iran Human Rights</em>, 07/12/22</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6903_4_11').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6903_4_11', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>&nbsp;lors des affrontements avec la police des mœurs. Le régime couvre les marques de tortures, d’agressions sexuelles, des coups violents portés à la tête, par exemple par des accidents de voitures, des maladies ou encore des suicides. Les familles des victimes sont systématiquement menacées de témoigner sous peine de torture ou de mort. C’est le cas par exemple pour la famille de Sepideh Ghalandari, qui été arrêtée à Téhéran en novembre et qui est morte sous la torture. Son corps leur a été remis le 1<sup>er</sup>&nbsp;janvier 2023, à condition que celle-ci garde le silence sur les raisons de sa mort.</p>



<p>●&nbsp;Infiltration et enlèvement : les manifestant·es blessé·es ne se rendent plus à l’hôpital car ils et elles risquent à tout moment d’être dénoncé·es par les services de renseignement, enlevé·es et torturé·es. Elles et ils font appel à des médecins de confiance qui les soignent à domicile, au risque de leurs vies, c’est le cas du Dr&nbsp;Ayda Rostami qui a été tuée le lundi 12&nbsp;décembre 2022.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="565656" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #565656;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/01/A2C_RevueN6_Iran_Illustr1.jpg" alt="" class="wp-image-6905 not-transparent"/><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>



<p>Malgré l’acharnement du régime sur la population, le mouvement ne faiblit pas ! Un mouvement de masse traverse les classes et les générations. L’utilisation par le régime de la violence et de la peur comme armes primordiales n’attise pas la rage et la colère du peuple. Pourquoi, comment ? Comme le témoigne un cousin de Tiffany :&nbsp;<em>« le peuple iranien garde espoir »</em>. Ils et elles se battent à différentes échelles, en développant une multitude de techniques et de formes de manifestations, et de propagation de l’information.</p>



<p>Principalement, l’opposition s’organise par la prise de l’espace public (manifestations dans les rues) et par les grèves :</p>



<p>●&nbsp;Un mouvement généralisé dans le pays : de la mer Caspienne au golfe Persique, de la frontière turque à la frontière afghane, quelles que soient les origines sociales et ethniques, le pays se mobilise. C’est un mouvement transclasse<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6903_4('footnote_plugin_reference_6903_4_12');" onkeypress="footnote_moveToReference_6903_4('footnote_plugin_reference_6903_4_12');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6903_4_12" class="footnote_plugin_tooltip_text">12</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6903_4_12" class="footnote_tooltip">Sources transmises par la journaliste de&nbsp;<em>Mediapart</em>, Rachida El Azzouzi.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6903_4_12').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6903_4_12', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>●&nbsp;Des réseaux de soutien des familles, des syndicalistes ainsi que des caisses de grève sont organisées (un héritage qui vient directement des mouvements syndicaux des 40&nbsp;dernières années) ;</p>



<p>●&nbsp;Des mouvements de grèves des étudiant·es et des enseignant·es : suite à l’appel des enseignant·es à la grève, ce sont plus de 100&nbsp;universités qui rejoignent les mobilisations dès la fin du mois de septembre 2022 ;</p>



<p>●&nbsp;Plus de 60 % des étudiant·es sont des étudiantes : les mobilisations y sont donc très fortes dans ce secteur.</p>



<p>●&nbsp;Grèves dans les secteurs des transports et des raffineries ;</p>



<p>●&nbsp;Des réseaux féministes puissants, un héritage du mouvement de 2009 et de la campagne « 1&nbsp;million de signatures » : c’est toute une génération qui a été formée et qui a des outils d’organisation concrets ;</p>



<p>●&nbsp;À l’inverse, la jeune génération, qui n’a pas été directement traumatisée par la répression des années précédentes (dans le sens où elle n’a pas physiquement subit la violence de la répression), et qui a grandi avec les réseaux sociaux, est une jeunesse qui prend d’autant plus confiance en soi et qui apporte un nouveau souffle à la lutte ;</p>



<p>●&nbsp;Le rôle des réseaux sociaux : malgré la censure omni-présente, les stratégies de communication n’ont jamais cessé d’être efficace et de faire sortir les informations du pays ;</p>



<p>●&nbsp;Témoignages des familles et des proches des victimes et personnes arrêtées : malgré la pression et le risque énorme, les témoignages ne cessent d’être diffusés. Ils gardent une place centrale dans la lutte contre le régime ;</p>



<p>●&nbsp;Le soutien apporté par des personnalités connues : par exemple, les joueurs de foot iraniens&nbsp;&nbsp;ont couvert leurs maillots d’un habit noir&nbsp;&nbsp;en signe de soutien au soulèvement populaire lors d’un match de foot. Par ce geste, ils couvrent l’insigne de la République islamique présent sur le drapeau iranien ;</p>



<p>●&nbsp;Développement de nouvelles façons de manifester : de chez soi (sur le toit, aux fenêtres), des manifestations dans les voitures, des habitant·es qui ouvrent leurs portes directement, la systématisation de médecins de confiance ;</p>



<p>●&nbsp;Interpellation des femmes politiques occidentales qui obéissent aux lois de ceux qui oppressent les iraniennes en revêtant, lors de leur venue, le voile islamique par des militantes féministes : par exemple, Masih Alinejad, journaliste, écrivaine et militante politique américaine d’origine iranienne&nbsp;&nbsp;leur adresse une vidéo en demandant clairement :&nbsp;<em>« Ne portez pas le hijab, ne légitimez pas nos oppresseurs »</em> ;</p>



<p>●&nbsp;Des actions menées par des féministes pro-choix voient le jour : des féministes qui, elles-mêmes voilées, brûlent un voile en solidarités ;</p>



<p>● Grève de la faim : le 2&nbsp;janvier 2023, Armita Abbasi, détenue et emprisonnée, ainsi que quatorze autres manifestantes en soutien à celles-ci, ont entamé une grève de la faim. Elles sont détenues à la prison de Fardis (également appelée Kachouii), à Karaj et sont soutenues par leur familles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Leur donner de la voix et de la force</h2>



<p>En tant que féministes, notre soutien est immense. Mais alors, comment le leur apporter ? Que faire,&nbsp;concrètement ? Nous pensons que la première des choses à faire est de communiquer autour de nous, de parler d’elles, de parler de leur combat. De plus, dans ce contexte d’une visibilité grandissante des arguments de l’extrême droite au sein des médias, <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/edito-confiance-puissance-pour-nous/">où des manifestations de fascistes s’organisent dans nos rues</a>, nous sommes là et nous ne laissons aucune place à tout amalgame raciste et à toute reprise des luttes féministes à des fins islamophobes.</p>



<p>Pour s’informer, nous avons eu recours à plusieurs sources :</p>



<p>●&nbsp;le compte twitter de <a href="https://twitter.com/chowmak" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Chowra Makareni</a>, l’anthro­pologue iranienne, qui commente régulièrement la situation sur place ;</p>



<p>●&nbsp;le compte de <a href="https://twitter.com/AlinejadMasih" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Masih Alinejad</a>, journaliste, écrivaine, militante politique américaine d’origine iranienne qui publie et commente régulièrement&nbsp;&nbsp;des images des manifestations ;</p>



<p>●&nbsp;ainsi que le site de la <a href="https://women.ncr-iran.org/fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Commission des femmes du CNRI</a> (Conseil national de la Résistance iranienne).</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="979797" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #979797;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/01/A2C_RevueN6_Iran_Illustr2.jpg" alt="" class="wp-image-6906 not-transparent"/><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Perspectives</h2>



<p>Le 8&nbsp;mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, un appel à la grève féministe générale est lancé partout en France et à&nbsp;&nbsp;l’international, en inspiration des mouvements révolutionnaires des féministes au Chili. Le 21&nbsp;mars, le Norouz, jour du nouvel an persan, est une date lourde de sens pour le peuple iranien et kurde d’Iran. Cette date amènera certainement à un jour de grandes mobilisations, cruciales, massives et inédites. Les évènements autour du 21&nbsp;mars&nbsp;&nbsp;2023 pourront être déterminants dans la suite de leur combat.</p>



<p>Pour la suite de cet article, nous avons pour&nbsp;&nbsp;objectifs d’approfondir la question de l’auto-organisation et de pousser l’analyse des différents&nbsp;&nbsp;éléments d’organisation du mouvement. Nous&nbsp;&nbsp;souhaitons entre autres transmettre des témoignages venant de personnes luttant sur place, apporter une analyse intergénérationnelle dans un contexte de luttes qui traversent des générations, et se mettre en lien avec les collectifs en soutien avec le combat des femmes kurdes et iraniennes présents dans nos quartiers, afin d’apporter une analyse plus complète sur la place des femmes kurdes dans ce combat.</p>



<p>Le 25&nbsp;novembre 2022, dans la rue, nous avons crié et nous continuons à crier sans relâche :&nbsp;<em>« Trop couvertes ou pas assez, c’est aux femmes de décider ! » « Voilée ou pas, c’est nos choix ! »</em>&nbsp;Nous ne cesserons de les soutenir au sein de nos luttes, autour de nous, avec nos familles et ami·es.</p>



<p>C’est toutes ensemble qu’on va lutter car c’est toutes ensemble qu’on va gagner !&nbsp;<em>Jin, Jiyan, Azadî ! Femmes, vie, liberté !</em></p>



<h6 class="wp-block-heading">Mathilda Demarbre et Tiffany Djamchid, Rennes</h6>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_6903_4();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_6903_4();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_6903_4">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_6903_4" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6903_4_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6903_4('footnote_plugin_tooltip_6903_4_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Les personnes Kurdes en Iran, opprimées par l’État, se voient interdire de vivre –&nbsp;ou mourir&nbsp;– avec leur prénom. Jîna Amini, comme beaucoup d’autres enfants kurdes, avait deux prénoms. L’un officiel, Mahsa, et l’autre donné par ses parents et destiné aux ami·es et à la famille, Jîna.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6903_4_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6903_4('footnote_plugin_tooltip_6903_4_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">« <a href="https://women.ncr-iran.org/fr/2022/10/09/les-manifestations-en-iran/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Les manifestations en Iran et le rôle des femmes dans les unités de résistance</a> », <em>Rapport mensuel de la Commission des Femmes du CNRI</em>, septembre 2022</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6903_4_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6903_4('footnote_plugin_tooltip_6903_4_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text">« <a href="https://women.ncr-iran.org/fr/2022/11/25/femmes-et-jeunes-filles-tuees/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Liste des femmes et jeunes filles tuées en Iran par les forces de sécurité dans le soulèvement en Iran</a>« , <em>CNRI</em>, 25/11/22</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6903_4_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6903_4('footnote_plugin_tooltip_6903_4_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Thierry Coville,&nbsp;<em>L’Iran, une puissance en mouvement</em>, paru en 2022</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6903_4_5" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6903_4('footnote_plugin_tooltip_6903_4_5');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>5</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Émission de&nbsp;<em>Mediapart</em> :&nbsp;<a href="https://www.youtube.com/watch?v=KKVqOaOL_YA&amp;t=304s" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Iran : « femmes, vie, liberté, c’est un projet politique</a><em><a href="https://www.youtube.com/watch?v=KKVqOaOL_YA&amp;t=304s" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> </a></em></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6903_4_6" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6903_4('footnote_plugin_tooltip_6903_4_6');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>6</a></th> <td class="footnote_plugin_text">« <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2022/10/07/iran-la-mort-de-mahsa-amini-causee-par-une-tumeur-cerebrale-et-non-par-des-coups-de-la-police-selon-un-rapport-medical-officiel_6144845_3210.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">En Iran, un rapport médical officiel affirme que la mort de Mahsa Amini a été causée «&nbsp;par une tumeur cérébrale&nbsp;» et non «&nbsp;par des coups&nbsp;» de la police</a>« , <em>Le Monde</em>, 07/10/22</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6903_4_7" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6903_4('footnote_plugin_tooltip_6903_4_7');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>7</a></th> <td class="footnote_plugin_text">« <a href="https://english.alarabiya.net/News/middle-east/2022/09/19/Mahsa-Amini-s-medical-scans-show-skull-fractures-caused-by-severe-trauma-Report" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mahsa Amini’s medical scans show skull fractures caused by ‘severe trauma’: Report</a>« , <em>Al Arabiya English</em>, 19/09/22</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6903_4_8" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6903_4('footnote_plugin_tooltip_6903_4_8');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>8</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Dans l’histoire et la langue kurde, le mot « femme » a la même racine que le mot « vie » : « Jin » et « Jiyan ». Donc si la femme est une prisonnière, la vie est aussi une prison. Par conséquent, le combat pour une « femme libre » est aussi un combat pour une vie libre. Ainsi, sans la libération des femmes, il n’y aura pas de vie libre pour tou·tes.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6903_4_9" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6903_4('footnote_plugin_tooltip_6903_4_9');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>9</a></th> <td class="footnote_plugin_text">« <a href="https://kurdistan-au-feminin.fr/2022/11/02/jina-amini-et-la-lutte-kurde-en-iran/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jina Amini et la lutte kurde en Iran</a>« , <em>Kurdistan au féminin</em>, 02/11/22</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6903_4_10" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6903_4('footnote_plugin_tooltip_6903_4_10');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>10</a></th> <td class="footnote_plugin_text">« <a href="https://women.ncr-iran.org/fr/2023/01/04/diffuser-de-faux-recits/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Diffuser de faux récits pour couvrir le rôle du régime dans les meurtres odieux de manifestants</a>« , <em>CNRI</em>, 04/01/23</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6903_4_11" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6903_4('footnote_plugin_tooltip_6903_4_11');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>11</a></th> <td class="footnote_plugin_text">« <a href="https://iranhr.net/en/articles/5623/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Iran Protests: at Least 458 People Killed/11 Officially Sentenced to Death</a>« , <em>Iran Human Rights</em>, 07/12/22</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6903_4_12" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6903_4('footnote_plugin_tooltip_6903_4_12');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>12</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Sources transmises par la journaliste de&nbsp;<em>Mediapart</em>, Rachida El Azzouzi.</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_6903_4() { jQuery('#footnote_references_container_6903_4').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_6903_4').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_6903_4() { jQuery('#footnote_references_container_6903_4').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_6903_4').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_6903_4() { if (jQuery('#footnote_references_container_6903_4').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_6903_4(); } else { footnote_collapse_reference_container_6903_4(); } } function footnote_moveToReference_6903_4(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_6903_4(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_6903_4(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_6903_4(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/jin-jiyan-azadi-femme-vie-liberte-les-femmes-iraniennes-et-kurdes-diran-a-la-tete-de-la-revolution/">Femme, Vie, Liberté ! Les femmes iraniennes et kurdes d’Iran à la tête de la révolution</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Au fil du mouvement</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/au-fil-du-mouvement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Oct 2022 22:01:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Crise économique]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Inflation]]></category>
		<category><![CDATA[Mouvement de masse]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicats]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=6100</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Après deux journées de grève nationale, le 29 septembre puis le 18 octobre, nous proposons ici des retours du terrain de cette lutte qui s&#8217;engage et qui pourrait s’avérer déterminante dans la lutte des classes <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/au-fil-du-mouvement/" title="Au fil du mouvement">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/au-fil-du-mouvement/">Au fil du mouvement</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Après deux journées de grève nationale, le 29 septembre puis le 18 octobre, nous proposons ici des <strong>retours du terrain de cette lutte qui s&rsquo;engage</strong> et qui pourrait s’avérer déterminante dans la lutte des classes dans ce pays. Prochaines dates de grève interprofessionnelle annoncées : 27 octobre et 10 novembre ! <strong>Le bras de fer avec le gouvernement est lancé !</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="de6869" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #de6869;" loading="lazy" decoding="async" width="300" height="168" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/greve-cgt-100.png" alt="" class="wp-image-6108 not-transparent"/></figure>
</div>


<h1 class="has-text-align-center wp-block-heading">La grève du 18 octobre</h1>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h3 class="has-text-align-center wp-block-heading">À Paris, dans l’éducation</h3>



<p class="has-text-align-left has-small-font-size">Blocage au lycée Voltaire&nbsp;où les lycéen·ne·s déterminé·e·s, impliqué·e·s et organisé·e·s, avaient un tract pour défendre leurs revendications et ont tenu leur prises de paroles, soutenues par les enseignant.e.s, face aux policiers.</p>



<p class="has-text-align-left has-small-font-size">Des AED qui avaient été en grève le 29 septembre, mais pas le 18 octobre se sont fait supprimer leur pause ce jour-là par la direction. On leur a demandé de compter les grévistes.<strong> La colère grandit, gronde et la rentrée sera déterminante.</strong></p>



<p class="has-text-align-left has-small-font-size"><strong>La mobilisation a été importante aussi dans les lycées professionnels</strong>&nbsp;! Plusieurs lycées ont été en grève pour contrer les menaces de suppressions de postes ou carrément de suppression de l’établissement.</p>



<p class="has-text-align-left has-small-font-size">En 2019 les établissements les plus en capacité de gagner sur des questions locales avaient été aussi ceux qui s’étaient le plus battus sur des combats plus larges comme celui contre la réforme des retraites. <strong>Il faut mener le débat autour d’une question centrale&nbsp;: Qu’est-ce qui permet de gagner&nbsp;?</strong></p>



<h3 class="has-text-align-center wp-block-heading">À Rennes, blocage le matin</h3>



<p class="has-small-font-size">Avant la manifestation qui part à 11H à Rennes, blocage partiel de deux voies d’arrivée et de sortie de rennes <strong>avec les routiers de l’entreprise Stef, quelques cheminot.e.s et des militant.e.s Nous Toutes 35. Une vingtaine de camarades déterminé·e·s qui ont distribué des tracts et ralenti le flu</strong>x. </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img data-dominant-color="858280" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #858280;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/Rennes-blocage-1-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-6154 not-transparent"/></figure>
</div>


<p class="has-small-font-size">De bons retours des automobilistes, beaucoup soutiennent mais ne peuvent pas forcément se mettre en grève pour des questions financières. Ça donne envie de monter très rapidement des caisses de grève.</p>



<h3 class="has-text-align-center wp-block-heading">À Paris, dans le 20<sup>ème</sup></h3>



<p class="has-small-font-size">Départ collectif pour la manifestation du 18 octobre, depuis la cuisine occupée par les grévistes du CASVP qui exigent qu’Anne Hidalgo et la mairie de Paris leur donnent le SEGUR 3. </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img data-dominant-color="6f6b64" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #6f6b64;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/WhatsApp-Image-2022-10-18-at-17.37.40-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-6150 not-transparent"/></figure>
</div>


<p class="has-small-font-size">Une assemblée générale interprofessionnelle a aussi eu lieu sur ce site, jeudi 20 octobre, pour organiser la solidarité et le soutien autour de cette occupation et de leur combat. <strong>Les grévistes du site participeront au rassemblement organisé dans le quartier, métro Ménilmontant, mardi 25 octobre par le Collectif des Sans-Papiers Paris 20ème et organisent une fête de soutien mercredi 26 octobre</strong>.</p>



<p class="has-small-font-size"><strong>La quasi-totalité du personnelle de l’Aide sociale de l’État du 20<sup>ème</sup> sont également en grève reconductible déclenchée suite à un accident sur le site</strong>. Elles et ils exigent de meilleures conditions de travail et d’accueil.</p>



<h3 class="has-text-align-center wp-block-heading">À Toulouse</h3>



<p class="has-small-font-size">Les militantes qui organisaient le cortège d&rsquo;ASSO, composé en grande partie des travailleuses du Planning Familial, de Faire Face, Grisélidis, ont été <strong>ce matin voir d&rsquo;autres salarié·e·s d&rsquo;associations locales pour les convaincre de participer à la grève et manifester ensemble</strong>.</p>



<p class="has-small-font-size">Il y a eu un rassemblement devant le rectorat pour s&rsquo;opposer à la casse des lycées pro, appelé par la CGT Éduc.</p>



<p class="has-small-font-size"><strong>La manifestation était importante&nbsp;avec un gros cortège étudiant </strong>qui organisait une assemblée générale ensuite, durant laquelle a été rappelé l&rsquo;importance d’entrainer de plus en plus d’étudiant·e·s aux côtés des grévistes, pour la défense du droite grève violemment attaqué par réquisitions et la solidarité avec lycéen·ne·s de Nanterre réprimé·e·s par la police.</p>
</div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h3 class="has-text-align-center wp-block-heading">À Marseille</h3>



<p class="has-small-font-size">Importante présence du personnel des lycées professionnels dans le cortège avec une Assemblée Générale intersyndicale organisée ensuite. <strong>Le cortège lycée était le plus gros et déterminé</strong>, il s’était élancé notamment depuis un des lycées du centre (St-Charles). En tout 4 à 5 lycées ont été bloquées ou perturbés&nbsp;! Ce cortège très animé avec beaucoup de slogans <strong>contre la sélection, contre Macron, contre le RN,</strong> est ensuite parti en manifestation sauvage jusqu&rsquo;au rectorat avant de retourner à St-Charles.</p>



<p class="has-small-font-size"><strong>Présence aussi d’un cortège féministe avec une banderole pour la grève féministe du 8 mars</strong> et qui organise bientôt une Assemblée Générale pour organiser la mobilisation.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img data-dominant-color="6e6372" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #6e6372;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/WhatsApp-Image-2022-10-18-at-20.21.41-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-6149 not-transparent"/></figure>
</div>


<p class="has-small-font-size">L’UD CGT organisait son congrès à Martigues, moins de monde dans le cortège à Marseille mais grosse présence à Martigues&nbsp;: 500 personnes se sont rassemblé·e·s pour des prises de paroles, ont bloqué un rond point et ont appelé à une manifestation contre la vie chère samedi 22 octobre à Marseille.</p>



<h3 class="has-text-align-center wp-block-heading">À Paris, les sans-papiers sont là&nbsp;!</h3>



<p class="has-small-font-size">Que ça soit les piquets DPD, Chronospost et RSI, ou les collectifs de la Marche des Solidarités, <strong>les collectifs de sans-papiers étaient présents dans la manifestation à Paris</strong> pour exiger la régularisation des sans-papiers et mobiliser contre la réforme asile et immigration de Darmanin.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img data-dominant-color="80827b" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #80827b;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/WhatsApp-Image-2022-10-18-at-17.37.42-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-6152 not-transparent"/></figure>
</div>


<h3 class="has-text-align-center wp-block-heading">À Nantes</h3>



<ul class="has-small-font-size wp-block-list"><li>Rassemblement Lycées pro et interpro unitaire, 15h, Préfecture Nantes</li><li>AG personnel Lycées pro, 13 h au Lycée Michelet Nantes, puis départ en manif vers préfecture</li><li>Piquet de grève Institut Ocens (ex Institut La Persagotière), à partir de 12 h, devant le site, rue Dunan à Nantes</li><li>Piquet de grève CARSAT, à 11 h, devant la caisse, place Bretagne, Nantes</li><li><strong>Raffinerie de Donges</strong> (à environ 40 minutes de Nantes et 20 minutes de Saint Nazaire) <strong>en grève</strong> depuis le 12 octobre</li></ul>



<p class="has-small-font-size">La manifestation a réunie entre 2000 et 3000 personnes. Un départ commun des étudiant·es était prévu de la fac à 13h45, il y a eu 200 personnes dans le cortège des étudiant·es, cortège très dynamique !</p>
</div>
</div>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="de6869" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #de6869;" loading="lazy" decoding="async" width="300" height="168" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/greve-cgt-100.png" alt="" class="wp-image-6108 not-transparent"/></figure>
</div>


<h1 class="has-text-align-center wp-block-heading">Avant le 18 octobre</h1>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h3 class="has-text-align-center wp-block-heading">A Rennes, diffusion de tracts de la CGT</h3>



<p class="has-small-font-size">On était plusieurs camarades féministes du collectif NT35 à faire un tractage vendredi 14 octobre entre 19h30 et 21h à la gare de Rennes. Comme nous n&rsquo;avions pas de tracts pour aller discuter avec le monde qui passait, on s&rsquo;est débrouillées pour récupérer 1000 tracts en couleur de la CGT 35.</p>



<p class="has-text-align-center has-small-font-size"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://lh3.googleusercontent.com/hiQyFsfTBzZE2hnXzWKSz8dB2SIgKiQJraGxvHS98eGskUxMvZfYK0MkpY35UOce3-VRMi1VA_G9YZT5nx0HdBtjl8y9IdX_6of9ZqFofST7uI8GVry564L-zHPx0eHBvNlTbTZ-umOeI7-YSQnNeAWsPnGUif-_m3zNWCOY9Y71ZLl5WP6_37gmlw" width="251" height="447"></p>



<p class="has-small-font-size">On était vraiment très excitées vu l&rsquo;ambiance du moment et on a croisé énormément de monde, forcément. Il y avait <strong>tellement de bons retours</strong>. Bien sûr des personnes qui entendent « grève » ou « manifestation », et même « inflation » qui nous évitent et montrent leurs désaccords sans même argumenter. Mais aussi des personnes qui a priori n&rsquo;auraient pas pris le tract par peur (?) ou par désaccord présupposé, et qui, lorsqu&rsquo;elles entendaient « contre l&rsquo;inflation » ou « pour nos salaires », se retournaient pour prendre le tract en question. On a donc discuté avec <strong>des gens qui se demandent comment faire grève pour la première fois de leur vie</strong>, des lycéens qui se demandent pourquoi la grève a lieu et qui évoquent le blocage possible de leur lycée, deux <strong>salariées d&rsquo;une banque</strong> qui disent qu&rsquo;elles vont avoir 2,1% d&rsquo;augmentation et que <strong>c&rsquo;est quand même une bonne arnaque vu que l&rsquo;inflation est de 10%</strong>, un <strong>vigile</strong> de la gare qui n&rsquo;en peut plus du taf et qui espère que la grève sera massive tout en expliquant que c&rsquo;est dur pour lui de faire grève étant donné son poste et ses responsabilités s&rsquo;il y a un « malaise voyageur » &#8211; toujours cette pression de la santé, comme pour les personnels soignants.&nbsp;</p>



<p class="has-small-font-size">Et de nombreuses personnes &#8211; notamment des cheminots &#8211; qui nous disent « je serai en grève mardi » 💕 ou qui nous répondent avec un grand sourire quand on leur parle du mouvement qui s&rsquo;étend et qu&rsquo;on lâche un « on veut des thunes ». On pourrait encore citer une personne, agent d&rsquo;animation pour la ville de Rennes qui est en train de perdre son boulot à cause de problèmes de santé, qui nous a dit « heureusement que la CGT n&rsquo;a pas plié face à Total ».&nbsp;</p>



<p class="has-small-font-size">Maintenant, on organise avec le collectif féministe un cortège dans la manifestation du 18.</p>
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h3 class="has-text-align-center wp-block-heading">En région parisienne, notre classe en mouvement</h3>



<p class="has-small-font-size">A Paris, des centaines de travailleuses et travailleurs du Centre d&rsquo;action sociale de la Ville de Paris (CASVP) sont en grève depuis plusieurs semaines. Ils et elles sont les oublié.e.s du SEGUR à qui la Mairie de Paris refuse de reconnaître le statut de travailleur social qui apparaît pourtant sur leurs fiches de paye : personnel administratif et personnel des cuisines en tête.</p>



<p class="has-small-font-size">Pour augmenter la pression sur la Mairie, les grévistes ont décidé d&rsquo;occuper la plus grande des 42 cuisines de ce service social : basée dans le 20eme arrondissement de Paris, les travailleuses et travailleurs de ce site servent chaque jour 1800 repas à 2,50€ (jusqu&rsquo;à 3500 pendant le confinement).</p>



<p class="has-small-font-size">Appliquer le SEGUR à ces centaines de salarié.e.s représente un budget de 6 millions d&rsquo;euros pour la mairie de Paris. Une goutte d&rsquo;eau par rapport aux 8 milliards d&rsquo;euros déboursés pour les Jeux Olympiques de Paris en 2024.</p>



<p class="has-small-font-size">Sur ce piquet de grève, beaucoup sont en grève pour la première fois ! C&rsquo;est une impression qui se confirme dans d&rsquo;autres secteurs, d&rsquo;autres lieux ! Que ça soit dans les écoles du 93 ou dans l&rsquo;implication de fédérations de la CGT habituellement peu impliquées dans les grèves comme la fédération CGT Fédération des sociétés d&rsquo;étude : il se passe quelque chose !</p>



<p class="has-small-font-size">Dans le 20ème arrondissement à Paris, les grévistes de tous secteurs se donnent rendez-vous pour un départ collectif depuis la cuisine occupée du CASVP.</p>
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<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="de6869" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #de6869;" loading="lazy" decoding="async" width="300" height="168" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/greve-cgt-100-1.png" alt="" class="wp-image-6109 not-transparent"/></figure>
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<h1 class="has-text-align-center wp-block-heading">Les échos du 29 septembre</h1>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h3 class="has-text-align-center wp-block-heading"><em>A Paris, dans l&rsquo;éducation nationale (2nd degré</em><strong><em>)</em></strong></h3>



<p>Dans l’éducation nationale, les chiffres qui circulaient c’était aux alentours de 20% de grévistes chez les institutrices et instituteurs qui sont obligé.e.s de se déclarer grévistes avant. Et à Paris, les chiffres qui ont été partagés dès l’Assemblée Générale du 29 septembre, c’était <strong>45% avec une mobilisation particulièrement importante dans l’Est Parisien avec les questions des bas salaires et des retraites largement reprises.</strong></p>



<p></p>



<p>Dans les collèges et lycées, c’est très variable&nbsp;! Dans l’Assemblée Générale, on pouvait entendre dans certains endroits des taux de grévistes très faibles et d’autres très importants comme 55%. Ca dépend vraiment du travail de mobilisation fait localement. Ce que le syndicat nous envoie, c’est un mail avec le matériel et tout le travail reste à faire.</p>



<p>La manifestation à Paris a été très dynamique dans l’ensemble y compris dans les cortèges enseignants&nbsp;! Il y a eu notamment une intervention importante autour de Kai Terada. Cette solidarité autour du combat de Kai Terada est très importante, on peut voir que ça concerne de nombreux établissements. <strong>Dans de nombreux lycées, la grève a été plus suivie qu’habituellement parce que le combat autour de Kai a fait écho à la mobilisation du 29 septembre.</strong></p>



<p>Et partout où des camarades ont préparé la mobilisation et encouragé la solidarité autour de Kai, la grève a été plus suivie que d’habitude&nbsp;!</p>



<p>Dans mon lycée, on a pu atteindre 50% de grévistes du côté des profs et ça a été également très suivi côté administratif et AED pour qui les conditions de travail sont très dures.</p>



<p>Pour avoir <strong>une journée de grève où on soit actif</strong>, on a fait une action le matin à Menilontant pour discuter des choses, interpeler la population. On a fait une action autour de faux recrutements pour singer la mascarade des recrutements en « speed meeting ». Ça a mis la pêche à tou·te·s les collègues pour toute la journée et pendant toute la manifestation.</p>



<p>Il y un sentiment qu’on était beaucoup à partager&nbsp;: <strong>la question des retraites est en train de monter et y a une attente de suite chez beaucoup</strong>&nbsp;!</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 class="wp-block-heading"><em>A Rennes, par des camarades impliquées dans Nous Toutes 35</em></h3>



<p>En amont du 29/09 :</p>



<p>L&rsquo;union départementale de la CGT avait organisé une AG à la maison des associations. 70 personnes. Très majoritairement des personnes de plus de 40 / 50 ans. Tractages de la CGT mais encore des personnes pas au courant de l&rsquo;appel à la grève, y compris le jour j. Solidaires avait collé des affiches d&rsquo;appel à cette journée sur de nombreuses routes départementales dans plusieurs départements de Bretagne.&nbsp;Ce qui n&#8217;empêche pas que beaucoup n&rsquo;étaient pas au courant de cette journée. On peut se demander comment était préparée la grève. Ce qui est sûr, c&rsquo;est qu&rsquo;il y a eu <strong>des tournées de syndicalistes dans les lycées. Et ça a payé</strong> : des vies scolaires fermées et des lycées avec de forts taux de grévistes. Et d&rsquo;autres avec peu de grévistes aussi.</p>



<p>Le jour J :&nbsp;</p>



<p>Environ 5.000 personnes à la manifestation. Bonne surprise même si évidemment nous aurions aimé être bien plus. Très peu de présence policière.</p>



<p>Les <strong>cheminot-es</strong> ont, des dires d’un camarade CGT, une bonne dynamique de rapport de force. Cet été, ils ont obtenu en une journée de grève une augmentation de 1,5%. Bonne participation à la journée : un camarade de la CGT nous dit « dans les établissements sncf que je connais on tourne à 30-40% de grévistes. Ce qui est correct pour une journée isolée. De toute façon, y&rsquo; a pas besoin d&rsquo;être à 70% pour pénaliser la production. »</p>



<p>Dans les <strong>lycées</strong> (surtout dans le public mais aussi un peu dans le privé), de nombreux-ses AED (surveillant-es) ont fait grève, notamment en se mobilisant sur les bases de leur lutte contre la réforme des retraites (liens inter-perso, groupe facebook, reflex de caisse de grève). Par exemple, au lycée des Hautes-Ourmes, toute la vie scolaire était en grève, notamment avec le soutien d’un prof, militant FO, qui a organisé une caisse de grève parmi les profs pour permettre aux AED de faire grève.&nbsp;</p>



<p>Sept <strong>ATSEM rencontrées dans la manif </strong>étaient en grève de leur propre initiative : école maternelle rurale (campagne environnante de Rennes), sans syndicats, quand on leur a demandé <strong>“qu’est-ce qui vous a permis de faire grève ?”, elles ont répondu “la solidarité entre nous et le soutien des prof”</strong>.</p>



<p>Un cortège d’un nouveau syndicat implanté à Rennes, au <strong>lycée agricole</strong>, était bien visible, et deux prof étaient très intéressés par le fait d&rsquo;articuler le soutien à la grève feministe du 8 mars avec les élèves de leurs classes.&nbsp;</p>



<p>Cortège de l&rsquo;<strong> inter-organisation de soutien aux personnes exilées</strong> avec banderole « Egaux, Egales, Personne n’est illégal ». Refugié·es, sans papiers, sans logements, militants solidaires : 30 personnes au moins. Utopia 56, Cimade, Un toit c’est un droit, NPA et MRAP. La date du 18 décembre est déjà dans les esprits.</p>



<p>Différents <strong>cortèges d&rsquo;étudiant·es</strong> <strong>et de lycéen·nes</strong> étaient présents avec différentes organisations : Solidaires Etudiant·es, Union Pirate, FI…&nbsp;</p>



<p>D&rsquo;ailleurs, FI, NUPES, PS, étaient présents avec drapeaux et appelaient notamment à la marche du 16 octobre. Des jeunes de la FI ont participé à faire sortir des dizaines d’étudiant·es en droit de Rennes 1.</p>



<p><strong>Cortège féministe</strong> de Nous toutes 35 conséquent, intergénérationnel mais plutôt jeune quand même. Ambiance joyeuse et déterminée et articulation avec les revendications de la grève féministe prévue le 8 mars + slogans antiracistes et antifascistes.</p>
</div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h3 class="has-text-align-center wp-block-heading"><em>Dans le 93, dans l&rsquo;éducation nationale (1er degré)</em></h3>



<p>Dans l’Éducation, les enseignant.e.s se mobilisent traditionnellement en septembre lors d’une journée de grève. Cette dernière n’est pas toujours très suivie, les collègues étant absorbé.e.s par la rentrée et leur nouvelle classe.</p>



<p>Mais la grève du 29 septembre s’inscrivait dans la perspective de construire un mouvement interprofessionnel d’ampleur, en agrégeant <strong>toutes les colères et les grèves, pour l’instant circonscrites mais pourtant multiples, qui se sont développées depuis cet été</strong>. Si l’appel intersyndical est apparu combatif et ambitieux, la journée de grève interprofessionnelle devant « s’inscrire dans une mobilisation large et dans la durée », le travail de préparation sur le terrain n’a malheureusement pas été à la hauteur, <strong>les centrales syndicales semblant plus préoccupées par les prochaines élections professionnelles</strong>. De plus, avec la <strong>baisse significative du nombre de syndiqué.e.s</strong>, le <strong>rajeunissement</strong> important des enseignant.e.s dans le 93 et l’augmentation conséquente des <strong>enseignant.e.s contactuel.le.s</strong> soumis.e.s à des conditions d’emploi précaire, il est difficile de maintenir un maillage et un réseau de militant.e.s suffisants pour mener à bien le travail de mobilisation nécessaire dans toutes les écoles.</p>



<p>Malgré tout, la mobilisation a été plus importante que ce que les pronostics plutôt pessimistes laissaient envisager, et si les grévistes n’étaient pas majoritaires, iels ont proportionnellement davantage participé aux AG et aux manifestations que lors des dernières journées d’action se montrant particulièrement convaincu.e.s, combatives et combatifs. Ainsi, dans le premier degré en Seine-Saint-Denis, entre 40 et 50% des enseignant.e.s étaient en grève le 29 septembre et des AG interprofessionnelles ont été organisées dans plusieurs villes, rassemblant parfois plusieurs dizaines de personnes. L’objectif est clair, engager des discussions dans les écoles où des militant.e.s sont présent.e.s avec toutes les professions : AESH, ATSEM, animateur.trice.s, personnel.l.e.s de ménage et de cantine, … Et si pour l’instant, la mobilisation reste très inégale selon les lieux, les constats sur la situation et la nécessité de lutter ensemble sont partagés. On observe là une réelle évolution dans les discours. <strong>Mobiliser sur la base d’une critique globale du système est très encourageant pour les suites.</strong> Il apparaît donc maintenant indispensable de construire localement des liens sur nos lieux de vie et de travail afin de s’organiser, d’analyser ensemble les possibilités d’action et surtout de donner la confiance à celleux qui n’osent pas encore entrer dans les luttes.</p>



<p>Le <strong>16 octobre</strong> apparaît comme une nouvelle étape dans cette construction. Même si la manière dont cette journée a été organisée pose question, il est important de s’y inscrire, de <strong>continuer sans relâche à mobiliser, créer des liens et unir nos forces</strong>.</p>



<p>Les mots choisis ont de l’importance et il nous faut imposer les nôtres : lutter pour le pouvoir d’achat, contre la vie chère… Ces formules ne permettent pas de politiser le débat et de rendre compte de la gravité de la situation. L’inflation, la stagnation des salaires, l’augmentation indécente des profits des entreprises du CAC40 et des écarts entre les plus riches et les plus pauvres, la crise écologique, ce sont les classes populaires qui en paient le prix : catastrophes naturelles, augmentation de la grande pauvreté, difficultés de plus en plus prégnantes pour maintenir un niveau de vie décent (se loger, se chauffer, se nourrir, …). C’est de cela dont il s’agit. Et aujourd’hui, les contre-réformes qui nous attendent (retraites, assurance chômage, …) ne peuvent que nous faire craindre le pire. <strong>Nous n’avons plus le choix, lutter ou crever.</strong> Ce constat n’est pas pessimiste, il doit nous convaincre qu’un autre monde est possible, radicalement différent, nous ne pouvons plus nous satisfaire de mesurettes. Il nous enjoint à la nécessité absolue de ne plus tergiverser, de discuter partout, de convaincre partout. Nous n’avons qu’un ennemi, un ennemi puissant, le capitalisme, et face à lui, l’espoir de notre classe réside dans la prise de conscience de ce qui nous unit et de notre force.</p>
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<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/au-fil-du-mouvement/">Au fil du mouvement</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>La longue marche des sans-papiers vers la liberté</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/la-longue-marche-des-sans-papiers-vers-la-liberte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Mar 2022 12:51:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Mouvement de masse]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignage de lutte]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=5359</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Cet article est un récit des 12 mois de mobilisation des sans-papiers à compter du confinement de mars 2020. Le mouvement, les pratiques et les organisations mises en œuvre au cours de ces 12 mois <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/la-longue-marche-des-sans-papiers-vers-la-liberte/" title="La longue marche des sans-papiers vers la liberté">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/la-longue-marche-des-sans-papiers-vers-la-liberte/">La longue marche des sans-papiers vers la liberté</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<pre class="wp-block-verse">Cet article est un récit des 12 mois de mobilisation des sans-papiers à compter du confinement de mars 2020. Le mouvement, les pratiques et les organisations mises en œuvre au cours de ces 12 mois permettent d’éclairer la dynamique et les enseignements à l’origine de la campagne Antiracisme et Solidarité lancée le 18 décembre 2021 par plus de 50 manifestations partout sur le territoire<em> </em>: <em><a href="https://antiracisme-solidarite.org">https://antiracisme-solidarite.org</a></em>.<em> </em>Cet article est écrit par un camarade investi dans la Marche des Solidarités et impliqué aux côtés des camarades sans-papiers du 20<sup>e</sup> arrondissement de Paris.</pre>



<h6 class="has-text-align-right has-background wp-block-heading" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #01 &#8211; JANVIER 2022</h6>



<p class="has-drop-cap">Le 30&nbsp;mai 2020, un cortège de 1 000&nbsp;sans-papiers, venu·es principalement des foyers de travailleurs migrants (FTM) de Montreuil, était stoppé par les policiers place de la Nation à Paris. Ils rejoignaient 9 000 de leurs camarades rassemblé·es depuis 14 h sur les places de la Madeleine et de l’Opéra à l’appel de la Marche des Solidarités. La police a aussi réprimé ce cortège-là, mais la détermination et le nombre des sans-papiers en ont voulu autrement. Malgré l’interdiction de manifester du préfet de Police de Paris<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5359_8('footnote_plugin_reference_5359_8_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_5359_8('footnote_plugin_reference_5359_8_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5359_8_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5359_8_1" class="footnote_tooltip"><a href="https://blogs.mediapart.fr/marche-des-solidarites/blog/280520/la-marche-des-solidarites-maintient-lappel-manifester-ce-30-mai" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://blogs.mediapart.fr/marche-des-solidarites/blog/280520/la-marche-des-solidarites-maintient-lappel-manifester-ce-30-mai</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5359_8_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5359_8_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, les collectifs de sans-papiers<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5359_8('footnote_plugin_reference_5359_8_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_5359_8('footnote_plugin_reference_5359_8_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5359_8_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5359_8_2" class="footnote_tooltip">9&nbsp;collectifs : CSP59, CSP75, CSP Paris&nbsp;20, CSP93, CSP95, CTSP Vitry, Collectif Schaeffer d’Aubervilliers, COPAF, Droits Devant !!</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5359_8_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5359_8_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> rassemblés au sein de la Marche des Solidarités –&nbsp;composée également d’organisations antiracistes militantes, associatives ou syndicales, avaient décidé de maintenir cette manifestation<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5359_8('footnote_plugin_reference_5359_8_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_5359_8('footnote_plugin_reference_5359_8_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5359_8_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5359_8_3" class="footnote_tooltip"><a href="https://blogs.mediapart.fr/marche-des-solidarites/blog/050520/foyers-cra-sans-papiers-nous-serons-dans-la-rue-le-30-mai"><span class="footnote_url_wrap">https://blogs.mediapart.fr/marche-des-solidarites/blog/050520/foyers-cra-sans-papiers-nous-serons-dans-la-rue-le-30-mai</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5359_8_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5359_8_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>On peut aujourd’hui constater qu’ils ont lancé ce jour-là un mouvement qui s’est organisé en quelques mois autour de collectifs qui se coordonnent désormais à Marseille, Lyon, Nantes, Montpellier, Strasbourg, Rennes, Grenoble, Rouen –&nbsp;en plus des collectifs historiques présents en Île-de-France ou à Lille&nbsp;– et capables d’actions à l’échelle nationale. Revenir sur les étapes, les débats et les stratégies que ces militant·es ont pu appliquer malgré les conditions permet d’affirmer que la lutte ne saurait accepter d’être mise entre parenthèses durant un confinement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des décennies de lutte contre le racisme et&nbsp;l’égalité des droits</h2>



<p>Depuis la marche contre le racisme et pour l’égalité de 1983 qui avait permis d’arracher la carte de séjour de 10&nbsp;ans, les mouvements luttant pour les droits des personnes étrangères en France ont évolué dans leur mode d’organisation et dans la composition de leurs forces militantes. Les conditions matérielles de vie, de logement, d’accès au travail, aux papiers, à la nationalité permettent en partie de l’expliquer. À partir de 1993, les lois Pasqua et Debré ont notamment rendu ces conditions encore plus difficiles. Le mouvement des sans-papiers a émergé dès 1996 avec les premiers collectifs qui ont exigé la régularisation de tous·tes. Ils s’appuyaient alors, entre autres, sur des occupations massives comme celle de l’Église de Saint-Bernard, et ont imposé au Parti socialiste, revenu au pouvoir en 1997, de se positionner à son tour sur la régularisation.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="a0a0a0" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #a0a0a0;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/03/A2C_RevueN1_Sans-Papiers_Une_libération_illustr.jpg" alt="" class="wp-image-5363 not-transparent" width="300" height="407"/><figcaption class="wp-element-caption"><em>Une de Libération au lendemain de l&rsquo;expulsion de l’Église Saint-Bernard, le 24 août 1996</em></figcaption></figure>
</div>


<p class="has-text-align-left">De 2006 à 2008, une série de manifestations et de grèves menées par des organisations de sans-papiers et des syndicats ont poussé le gouvernement à légiférer à nouveau pour que les préfets cessent alors de traiter les dossiers de régularisation selon leurs propres critères. Cette période a été le début de la phase de régularisation par le travail qui a provoqué un éclatement des collectifs qui se sont plutôt concentrés, au début de cette période, sur des luttes locales.En 2012, le CSP&nbsp;59<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5359_8('footnote_plugin_reference_5359_8_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_5359_8('footnote_plugin_reference_5359_8_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5359_8_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5359_8_4" class="footnote_tooltip">Collectif des Sans-Papiers du Nord</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5359_8_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5359_8_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> a lancé une grève de la faim soutenue par leurs camarades d’Île-de-France qui se sont de nouveau rassemblés entre collectifs à cette occasion. La même année ont commencé à se multiplier les camps de migrant·es en France (Calais, Paris, Île-de-France, etc.) autour desquels un réseau de solidarité s’est développé. Les collectifs de sans-papiers se sont engagés dans la lutte aux côtés des migrant·es, comme en 2017, lorsqu’ils participent à une manifestation à la frontière franco-italienne, à Menton, avec des militant·es venu·es de nombreuses villes du pays, illustrant l’étendue de ce réseau de solidarité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les mobilisations annuelles contre le racisme</h2>



<p>Cette dynamique permet, à l’occasion de la journée contre les violences policières –&nbsp;le 15&nbsp;mars, et de la journée internationale contre le racisme&nbsp;– le 21&nbsp;mars, l’organisation d’une large manifestation antiraciste le 17&nbsp;mars 2018 pour porter les revendications des sans-papiers, des familles victimes de violences policières et des résident·es des foyers de travailleurs migrants. Ce sera la première Marche des Solidarités. La deuxième a eu lieu le 16&nbsp;mars 2019 et a rassemblé la manifestation contre le racisme et les violences policières, la manifestation pour le climat et des cortèges de Gilets jaunes.&nbsp;En juin 2019, le collectif des travailleurs sans-papiers de Vitry organise un piquet de grève devant l’agence Chronopost d’Alfortville (Val-de-Marne) qui a duré plus de 6&nbsp;mois et a débouché sur la régularisation des 27&nbsp;travailleurs sans-papiers d’un sous-traitant de Chronopost et la promesse (aujourd’hui non tenue) de régularisation de 129&nbsp;sans-papiers venus occuper le piquet de grève<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5359_8('footnote_plugin_reference_5359_8_5');" onkeypress="footnote_moveToReference_5359_8('footnote_plugin_reference_5359_8_5');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5359_8_5" class="footnote_plugin_tooltip_text">5</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5359_8_5" class="footnote_tooltip"><a href="https://www.lesutopiques.org/la-victoire-des-travailleurs-sans-papiers-de-chronopost-a-alfortville/"><span class="footnote_url_wrap">https://www.lesutopiques.org/la-victoire-des-travailleurs-sans-papiers-de-chronopost-a-alfortville/</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5359_8_5').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5359_8_5', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. La volonté de voir d’autres piquets de grève se multiplier n’a pas suffi à lancer une dynamique qui aurait pu entraîner d’autres collectifs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une nouvelle étape dans l’organisation des&nbsp;sans-papiers</h2>



<p>Pour la journée internationale contre le racisme de 2020, la Marche des Solidarités avait prévu de manifester le 21&nbsp;mars contre les violences policières et l’islamophobie, pour la régularisation des sans-papiers et l’égalité des droits pour tous·tes. Le premier confinement ayant été déclaré le 17&nbsp;mars, la manifestation avait été annulée. Mais elle s’était largement préparée autour des collectifs de sans-papiers qui ont maintenu la mobilisation durant les premières semaines du confinement et c’est leur détermination à manifester, malgré l’interdiction, qui a fait ensuite de la manifestation du 30&nbsp;mai 2020 une réussite. </p>



<p>Dès le 20&nbsp;juin, l’organisation de nouvelles manifestations dans de nombreuses villes ainsi que la participation d’une vingtaine de collectifs de sans-papiers aboutissent à envisager un mouvement d’un tout autre niveau : d’une ampleur nationale sur la durée, partant des luttes locales et construit avec des collectifs de sans-papiers autonomes. De ce constat est né le projet d’une marche nationale des sans-papiers avec, dès les premières discussions, la conviction qu’elle ne pourra avoir lieu qu’en partant de villes dans lesquelles les sans-papiers sont en train de s’organiser. Ainsi seulement, elle pourrait permettre les échanges entre militant·es et les rencontres entre collectifs et réseaux de solidarité nécessaires aussi bien localement que nationalement.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">La marche nationale des sans-papiers</h2>



<p>La marche nationale des sans-papiers, nommée alors acte&nbsp;3 de la Marche des Solidarités, est partie de Marseille le 19&nbsp;septembre, accompagnée d’une manifestation de 1 000 personnes. D’autres marcheur·ses se sont mis·es en route de Montpellier, puis de Grenoble pour rejoindre le 3&nbsp;octobre à Lyon celles et ceux parti·es du sud. Le même jour, des marches sont également parties de Lille, Strasbourg et Rennes formant, avec celle de Lyon, 4&nbsp;grands cortèges qui se sont retrouvés à Paris le 17&nbsp;octobre<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5359_8('footnote_plugin_reference_5359_8_6');" onkeypress="footnote_moveToReference_5359_8('footnote_plugin_reference_5359_8_6');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5359_8_6" class="footnote_plugin_tooltip_text">6</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5359_8_6" class="footnote_tooltip"><a href="https://blogs.mediapart.fr/marche-des-solidarites/blog/181120/acte-4-des-sans-papiers-liberte-egalite-papiers" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://blogs.mediapart.fr/marche-des-solidarites/blog/181120/acte-4-des-sans-papiers-liberte-egalite-papiers</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5359_8_6').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5359_8_6', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> pour une dernière manifestation<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5359_8('footnote_plugin_reference_5359_8_7');" onkeypress="footnote_moveToReference_5359_8('footnote_plugin_reference_5359_8_7');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5359_8_7" class="footnote_plugin_tooltip_text">7</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5359_8_7" class="footnote_tooltip">Cortège du 17 octobre 2020 à Paris : <a href="https://youtu.be/O3qK-gzoiNY" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://youtu.be/O3qK-gzoiNY</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5359_8_7').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5359_8_7', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Le lendemain, les collectifs de sans-papiers se rassemblaient dans une première assemblée générale à Montreuil et appelaient à préparer un acte&nbsp;4 pour le 18&nbsp;décembre, journée internationale des migrant·es, dans le plus de villes possibles pour permettre aux collectifs les plus récents de mener localement une manifestation d’ampleur. À cette occasion, ils avaient aussi rappelé qu’ils souhaitaient « préparer les conditions d’une journée de grève interprofessionnelle pour l’égalité et la régularisation des sans-papiers ».</p>



<p>La série de 4&nbsp;actes pour la régularisation de tous·tes, entre le 30&nbsp;mai 2020 et le 18&nbsp;décembre 2020, a permis à de nombreux·ses sans-papiers de s’organiser en quelques mois. Cela illustre l’importance de la lutte dans la mise en mouvement d’une partie de notre classe, même quand il s’agit de celles et ceux considéré·es comme les plus opprimé·es. C’est fondamental dans l’interprétation de la situation actuelle afin d’avoir une compréhension commune des conditions sociales internes et des conséquences politiques des ­expériences de luttes du passé.&nbsp;</p>



<p>C’est avec l’objectif de partager un premier bilan que chacun des collectifs mobilisés au sein de la Marche des Solidarités a désigné plusieurs délégué·es pour une assemblée générale qui a eu lieu les 13 et 14&nbsp;mars 2021 à Montreuil. Il en est ressorti la conviction partagée que la lutte ne pourrait être menée que si les sans-papiers s’organisent dans des collectifs autonomes, en lien avec les autres mouvements locaux et coordonnés nationalement pour pousser ensemble dans un seul sens. Ce n’est qu’en luttant collectivement pour la régularisation de tou·tes, en menant des actions qui visent au-dessus du niveau du rapport des forces en présence, que des victoires même locales seront possibles.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une lutte des classes antiraciste</h2>



<p>Les collectifs de sans-papiers, comme l’ensemble des forces antiracistes qui se sont largement mobilisées en France ces dernières années, étaient présents dans les rues le 20&nbsp;mars 2021 contre les violences policières et le racisme, puis le 21&nbsp;mars contre l’islamophobie. On peut regretter le manque d’unité du mouvement antiraciste qui n’a, par exemple, pas permis d’organiser une seule et même journée pour que l’ensemble de ces forces marchent ensemble. Mais les cortèges ont été importants dans plusieurs villes, malgré le durcissement tout juste annoncé des règles de confinement, et surtout, ils ont tous marché pour un même but : l’égalité des droits !&nbsp;</p>



<p>Face à la crise du capitalisme qui creuse et creusera les inégalités, le pouvoir n’a pas d’autre choix que de souder les populations derrière l’État et la nation. C’est cette impasse qui est la raison du tournant de Macron vers un autoritarisme nationaliste labellisé « républicain ». Il prend aujourd’hui la forme d’une offensive islamophobe, d’un renforcement des pouvoirs de la police et des politiques contre les migrant·es.&nbsp;Forts d’organisations locales et d’une coordination nationale, les collectifs de sans-papiers s’adressent aux autres forces de notre classe en lutte en posant, par exemple, la question de la grève et des conditions qui feraient que les syndicats s’impliquent pour que des travailleur·ses convaincu·es, avec ou sans papiers, se mettent en grève pour la régularisation et entraînent la majorité. C’est le chemin à suivre pour forger un mouvement de classe en antagonisme avec la « protection » de l’économie française, de la nation et de l’État. C’est aussi le travail qui nous reste à produire pour construire un pouvoir politique alternatif.</p>



<h6 class="wp-block-heading">Mathieu, Paris 20<sup>e</sup></h6>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_5359_8();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_5359_8();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_5359_8">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_5359_8" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5359_8_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5359_8('footnote_plugin_tooltip_5359_8_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://blogs.mediapart.fr/marche-des-solidarites/blog/280520/la-marche-des-solidarites-maintient-lappel-manifester-ce-30-mai" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://blogs.mediapart.fr/marche-des-solidarites/blog/280520/la-marche-des-solidarites-maintient-lappel-manifester-ce-30-mai</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5359_8_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5359_8('footnote_plugin_tooltip_5359_8_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">9&nbsp;collectifs : CSP59, CSP75, CSP Paris&nbsp;20, CSP93, CSP95, CTSP Vitry, Collectif Schaeffer d’Aubervilliers, COPAF, Droits Devant !!</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5359_8_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5359_8('footnote_plugin_tooltip_5359_8_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://blogs.mediapart.fr/marche-des-solidarites/blog/050520/foyers-cra-sans-papiers-nous-serons-dans-la-rue-le-30-mai"><span class="footnote_url_wrap">https://blogs.mediapart.fr/marche-des-solidarites/blog/050520/foyers-cra-sans-papiers-nous-serons-dans-la-rue-le-30-mai</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5359_8_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5359_8('footnote_plugin_tooltip_5359_8_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Collectif des Sans-Papiers du Nord</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5359_8_5" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5359_8('footnote_plugin_tooltip_5359_8_5');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>5</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://www.lesutopiques.org/la-victoire-des-travailleurs-sans-papiers-de-chronopost-a-alfortville/"><span class="footnote_url_wrap">https://www.lesutopiques.org/la-victoire-des-travailleurs-sans-papiers-de-chronopost-a-alfortville/</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5359_8_6" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5359_8('footnote_plugin_tooltip_5359_8_6');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>6</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://blogs.mediapart.fr/marche-des-solidarites/blog/181120/acte-4-des-sans-papiers-liberte-egalite-papiers" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://blogs.mediapart.fr/marche-des-solidarites/blog/181120/acte-4-des-sans-papiers-liberte-egalite-papiers</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5359_8_7" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5359_8('footnote_plugin_tooltip_5359_8_7');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>7</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Cortège du 17 octobre 2020 à Paris : <a href="https://youtu.be/O3qK-gzoiNY" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://youtu.be/O3qK-gzoiNY</span></a></td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_5359_8() { jQuery('#footnote_references_container_5359_8').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_5359_8').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_5359_8() { jQuery('#footnote_references_container_5359_8').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_5359_8').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_5359_8() { if (jQuery('#footnote_references_container_5359_8').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_5359_8(); } else { footnote_collapse_reference_container_5359_8(); } } function footnote_moveToReference_5359_8(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_5359_8(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_5359_8(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_5359_8(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/la-longue-marche-des-sans-papiers-vers-la-liberte/">La longue marche des sans-papiers vers la liberté</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Acte 4 des sans-papiers – 18 décembre : il faut arrêter de regarder ailleurs !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/acte-4-sans-papiers-18-decembre-2020/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Solen Rennes]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Dec 2020 23:14:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Frontières]]></category>
		<category><![CDATA[Mouvement de masse]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>
		<category><![CDATA[Violences policières]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=4823</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Dans un communiqué publié la semaine dernière intitulé «&#160;Choqué·es bien sûr. Et puis&#160;?&#160;» la Marche des Solidarités a écrit&#160;: «&#160;Si le gouvernement veut en finir avec les images qui montrent la réalité de sa politique, <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/acte-4-sans-papiers-18-decembre-2020/" title="Acte 4 des sans-papiers – 18 décembre : il faut arrêter de regarder ailleurs !">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap"><em>Dans un communiqué publié la semaine dernière intitulé «&nbsp;Choqué·es bien sûr. Et puis&nbsp;?&nbsp;» la Marche des Solidarités a écrit&nbsp;: «&nbsp;Si le gouvernement veut en finir avec les images qui montrent la réalité de sa politique, nous, nous voulons en finir avec ce que ces images montrent.&nbsp;» </em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_4823_10('footnote_plugin_reference_4823_10_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_4823_10('footnote_plugin_reference_4823_10_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_4823_10_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_4823_10_1" class="footnote_tooltip"><span class="footnote_url_wrap">https://blogs.mediapart.fr/marche-des-solidarites/blog/281120/choquees-bien-sur-et-puis</span></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_4823_10_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_4823_10_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script><br></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img data-dominant-color="9f7a62" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #9f7a62;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/12/Pas-de-papiers-OK.jpg" alt="Pas de papiers, pas de paix" class="wp-image-4840 not-transparent"/><figcaption>Pancarte, cortège Acte III &#8211; Paris, 17 octobre 2020</figcaption></figure></div>



<p class="has-normal-font-size">Il y a eu les images de l’évacuation de la Place de la République et celles du tabassage de Michel Zecler. Mais il y a eu aussi la vidéo de cette femme qui crie «&nbsp;Where is my baby&nbsp;!&nbsp;I lose my baby » dans un canot aux larges des côtes de la Lybie le jeudi 12 novembre. Son bébé de 6 mois est mort. Le même jour les différents naufrages ont fait une centaine de mort·e·s. Une autre vidéo montre un enfant de 6 ans qui demande à son père le lendemain «&nbsp;Où est maman&nbsp;?&nbsp;». Le corps de celle-ci a été repêché.</p>



<p><strong>Et puis&nbsp;?</strong><br>&nbsp;<br>C’est la propriété presqu’indécente des images&nbsp;: on peut les rembobiner. Rembobiner les images de la répétition de tous les crimes et tabassages policiers, la plupart racistes. Rembobiner les images des évacuations violentes de migrants par la police sur la place de la République durant l’hiver 2015/2016. Rembobiner les images du cadavre du petit Aylan noyé sur un côte turque en septembre 2015. Mais on ne peut pas rembobiner la situation qu’elles révèlent et qui tourne de plus en plus sale.<br>&nbsp;<br>Cela impose d’en tirer les leçons. Pas contre l’indignation, au contraire, mais pour éviter qu’elle se tarisse à force d’impuissance et qu’elle ne devienne indifférence… ou pire.</p>



<p class="has-text-align-left">Arrêtez de dire que les gouvernements en place, et en réalité tous les politicien·ne·s, font de la démagogie pour flatter leur électorat. <strong>Face à une crise structurelle du capitalisme qui creuse et creusera toutes les inégalités sociales, les inégalités de classe, celles et ceux qui le dirigent, le gèrent, n’ont d’autre voie que d’essayer de souder les populations derrière l’État et la nation, de moins en moins «&nbsp;démocratique&nbsp;», de plus en plus policier et raciste.</strong> Voilà la raison du tournant de Macron ces derniers mois du «&nbsp;libéralisme économique&nbsp;et politique » à l’autoritarisme nationaliste labellisé «&nbsp;républicain&nbsp;».</p>



<p>D’où la connexion entre offensive islamophobe, renforcement des pouvoirs de la police et politique anti-migratoire. Et de nous faire croire que c’est le véritable prix à payer pour éviter l’arrivée au pouvoir des «&nbsp;vrais&nbsp;» fascistes. Quand cela ne fait qu’en préparer le terrain. Et, à «&nbsp;gauche&nbsp;», de ne discuter que du montant de la facture : un peu plus ou un peu moins d’islamophobie, de nationalisme, de défense de «&nbsp;la République&nbsp;» etc.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img data-dominant-color="5c5c59" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #5c5c59;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/12/régularisez.jpg" alt="" class="wp-image-4841 not-transparent"/><figcaption>Banderole Acte III &#8211; Paris, 17 octobre 2020 </figcaption></figure></div>



<p>Dans tout cela, ces derniers mois, le mouvement des sans-papiers et la Marche des Solidarités ont bousculé l’édifice des compromis et des compromissions. Sur des mots d’ordre que peu de forces et d’associations auraient osé défendre il y a encore peu, un mouvement s’est développé depuis le début de l&rsquo;année sur tout le territoire entraînant des dizaines de milliers de manifestant·e·s.</p>



<p><strong>Les images de sans-papiers et migrant·e·s en combattant·e·s sont bien moins utilisées et diffusées que celles où ils et elles sont montrées seulement en victimes.</strong> Par exemple, la une de Libération du mercredi 25 novembre. C’est encore une manière d’invisibiliser la question politique globale qu’ils et elles posent&nbsp;: celle d’un changement radical de logique basé sur la construction d’une solidarité de classe internationaliste qui dépasse les calculs boutiquiers. Qui ne se résume pas à une arithmétique d’addition de fronts au nom de la convergence ou de l’intersectionnalité vide de signification stratégique.</p>



<p>Après plusieurs mois où le mouvement s’est développé en interpellant le pouvoir politique, le mépris affiché par celui-ci exige une nouvelle phase, celle de la construction affichée du bras de fer, dans la continuité des marches qui ont parcouru le pays en septembre et octobre et malgré l’imposante manifestation du 17 octobre.</p>



<p>D’où la stratégie de l’Acte 4 <span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_4823_10('footnote_plugin_reference_4823_10_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_4823_10('footnote_plugin_reference_4823_10_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_4823_10_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_4823_10_2" class="footnote_tooltip"><span class="footnote_url_wrap">https://blogs.mediapart.fr/marche-des-solidarites/blog/181120/acte-4-des-sans-papiers-liberte-egalite-papiers</span></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_4823_10_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_4823_10_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> qui appelle à un renforcement des collectifs de sans-papiers, du mouvement national de collectifs de solidarité et une plus forte implication du mouvement syndical. L’appel a déjà été signé par plus de 250 collectifs, associations, syndicats, organisations politiques. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="6d6653" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #6d6653;" loading="lazy" decoding="async" width="752" height="992" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/12/pancarte-CSP-20.png" alt="" class="wp-image-4839 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/12/pancarte-CSP-20.png 752w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/12/pancarte-CSP-20-227x300.png 227w" sizes="auto, (max-width: 752px) 100vw, 752px" /><figcaption>Cortège du Collectif Sans Papiers Paris 20e, Acte III &#8211; Paris, 17 octobre 2020</figcaption></figure>



<p>Une coordination nationale réunissant une quinzaine de villes et régions se réunit toutes les semaines. Des manifestations sont en train de s’organiser sur tout le territoire pour le 18 décembre à l’occasion de la journée internationale des migrant·e·s. Pour faire passer le message d’une montée en régime, la manifestation parisienne se prolongera par l’occupation de la place de l’Hôtel de Ville.</p>



<p>Le texte de l’Acte 4 appelle aussi à «&nbsp;préparer les conditions d’une journée de grève interprofessionnelle pour l’égalité et la régularisation des sans-papiers&nbsp;». Cela ne se décrète bien sûr pas, mais se construit. Le jour où une partie un peu significative des personnels de l’éducation, des cheminot·e·s, des postier·e·s, des soignant·e·s, etc. se lèveront pour faire grève pour la régularisation des sans-papiers, alors on pourra commencer à parler d’une «&nbsp;avant-garde&nbsp;» anticapitaliste non auto-proclamée donnant une alternative à toute la société.&nbsp;<br><br>Il en va bien sûr de la situation concrète et dramatique des migrant·e·s et sans-papiers et derrière eux et elles de toutes les victimes du racisme et de la précarité. Mais l’enjeu va bien au-delà&nbsp;: forger un mouvement de classe en antagonisme avec la «&nbsp;protection&nbsp;» de l’économie française, de l’État, de la «&nbsp;République&nbsp;». Pour préparer les confrontations de plus en plus dures à venir et ouvrir un espoir aux indignations.<br>&nbsp;<br>Denis Godard<br></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="635e56" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #635e56;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/12/article-Denis-Acte-4-1.jpg" alt="" class="wp-image-4838 not-transparent"/><figcaption>Collage A bas les CRA, Acte III &#8211; Paris, 17 octobre 2020</figcaption></figure>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_4823_10();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_4823_10();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_4823_10">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_4823_10" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_4823_10_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_4823_10('footnote_plugin_tooltip_4823_10_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><span class="footnote_url_wrap">https://blogs.mediapart.fr/marche-des-solidarites/blog/281120/choquees-bien-sur-et-puis</span></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_4823_10_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_4823_10('footnote_plugin_tooltip_4823_10_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><span class="footnote_url_wrap">https://blogs.mediapart.fr/marche-des-solidarites/blog/181120/acte-4-des-sans-papiers-liberte-egalite-papiers</span></td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_4823_10() { jQuery('#footnote_references_container_4823_10').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_4823_10').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_4823_10() { jQuery('#footnote_references_container_4823_10').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_4823_10').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_4823_10() { if (jQuery('#footnote_references_container_4823_10').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_4823_10(); } else { footnote_collapse_reference_container_4823_10(); } } function footnote_moveToReference_4823_10(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_4823_10(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_4823_10(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_4823_10(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/acte-4-sans-papiers-18-decembre-2020/">Acte 4 des sans-papiers – 18 décembre : il faut arrêter de regarder ailleurs !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Vous avez dit grève générale ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/vous-avez-dit-greve-generale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Solen Rennes]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Oct 2020 00:03:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Débats]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Mouvement de masse]]></category>
		<category><![CDATA[Rosa Luxembourg]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicats]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Retour sur le mouvement de cet hiver Lors du mouvement des retraites de l’hiver dernier, les appels à la grève générale se sont multipliés, avec rencontres, coordinations nationales et invitations au «&#160;tous ensemble et en <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/vous-avez-dit-greve-generale/" title="Vous avez dit grève générale ?">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center has-large-font-size"><em>Retour sur le mouvement de cet hiver</em></p>



<p></p>



<p class="has-drop-cap"><em>Lors du mouvement des retraites de l’hiver dernier, les appels à la grève générale se sont multipliés, avec rencontres, coordinations nationales et invitations au «&nbsp;tous ensemble et en même temps&nbsp;». Souvent initiés par des organisations ou fractions de la gauche anticapitaliste, ces appels ont critiqué l’absence d’un «&nbsp;plan de bataille&nbsp;» de la part des directions syndicales et ont voulu fournir une direction alternative au mouvement.&nbsp;Cet article vise à revenir sur certains des débats qui ont animé l’hiver 2020 et à mettre en avant une vision alternative de la grève de masse. </em></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="4f5159" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #4f5159;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/11/1285051-prodlibe-2019-1597-769x1024.jpg" alt="" class="wp-image-4772 not-transparent"/></figure>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Comment se construit une grève&nbsp;?</strong></p>



<p class="has-normal-font-size">La grève à la RATP a été construite par un effort patient et sans relâche de débat, de persuasion et d’organisation avec des travailleur.e.s qui ressentaient de plus en plus d’amertume quant à la dégradation progressive de leurs conditions de travail et l’ouverture à la concurrence. L’annonce de la réforme de leurs régimes spéciaux a été la goutte qui a fait déborder le vase. Le travail patient par en bas des militant.e.s de a trouvé une attache, un terrain fertilisé par les luttes politiques de ces dernières années.&nbsp;</p>



<p>Pour beaucoup à gauche, la force des cheminot.e.s de la SNCF était minée par la longue grève perlée du printemps 2018 qui s’est soldée par une défaite. Cet automne-là a vu la naissance des gilets jaunes, l’explosion d’une colère généralisée qui avait longtemps couvé contre la pauvreté, la précarité et l’arrogance des puissants. </p>



<p>En octobre 2019, lorsqu’un déraillement a laissé un conducteur blessé obligé de s’assurer seul de la sécurité de son train et de ses passagers, les tensions latentes à la SNCF ont émergé à nouveau&nbsp;: une grève massive, soudaine et illégale de conducteurs et conductrices sous couvert de droit de retrait a paralysé le trafic. Moins d’un mois plus tard, une grève pour des questions de salaires et de jours de congé a pris les chefs d’un centre d’entretien SNCF de Châtillon à l’improviste et s’est étendue comme une traînée de poudre à d’autres centres de la région parisienne. Enfin, le 5 décembre 2019 amorça ce qui devint la plus longue grève reconductible de l’histoire de la SNCF.&nbsp;</p>



<p>Il y a beaucoup d’histoires similaires dans l’éducation, la santé, l’enseignement supérieur et même le secteur privé, et qui nous apprennent une leçon importante&nbsp;:&nbsp; qu’elle soit «&nbsp;isolée&nbsp;» ou «&nbsp;de masse&nbsp;», politique ou purement économique, la grève ne peut être simplement conçue comme une réponse à un appel extérieur, à un plan de bataille. <strong>La grève est le résultat d’un processus organique d’organisation et de persuasion par en bas, souvent imperceptible</strong>, et le succès de la mobilisation devient lui-même une cause de son renforcement. La grève est un symptôme soudain d’une colère sociale plus large, et avant tout du sentiment de confiance des travailleur·ses. </p>



<figure class="wp-block-pullquote is-style-default has-border-color has-black-color has-text-color" style="border-color:#abb8c3"><blockquote><p>«&nbsp;Au lieu du schéma rigide et vide qui nous montre une ‘action’ politique linéaire exécutée avec prudence et selon un plan décidé par les instances suprêmes des syndicats, nous voyons, écrivait Rosa Luxembourg, un fragment de vie réelle fait de chair et de sang qu&rsquo;on ne peut arracher du milieu révolutionnaire.&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_4758_12('footnote_plugin_reference_4758_12_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_4758_12('footnote_plugin_reference_4758_12_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_4758_12_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_4758_12_1" class="footnote_tooltip"><a href="https://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve4.htm"><span class="footnote_url_wrap">https://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve4.htm</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_4758_12_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_4758_12_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p><cite><strong>Grève de masse, parti et syndicat</strong>, de Rosa Luxembourg, 1906.</cite></blockquote></figure>



<p>Quand il devint clair que Macron n’allait pas reculer et que la grève ne s’étendait plus, les grévistes de la RATP, comme celleux de la SNCF avant elleux, ont décidé démocratiquement de stopper leur mouvement début février, après huit semaines héroïques. C’est pourtant à ce moment de retrait que se sont multipliés les appels par la Coordination RATP-SNCF et par une «&nbsp;assemblée des interpros&nbsp;» autoproclamée à des rencontres nationales pour préparer la grève générale&nbsp;! Le point de convergence essentiel entre ces appels rivaux était leur analyse de la séquence qui mettait l’absence de grève générale sur le compte du manque d’audace des directions syndicales&nbsp;; il suffirait donc de monter un centre de coordination alternatif pour appuyer sur ce fameux bouton rouge qui allait bloquer le pays.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="6b4d4b" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #6b4d4b;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/11/AndHWtHgqD29VABUre1Xuy-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-4767 not-transparent"/></figure>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Un plan de bataille&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p>Il est très tentant d’oublier pourquoi on est «&nbsp;entré en bataille en ordre dispersé&nbsp;de nos secteurs respectifs »<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_4758_12('footnote_plugin_reference_4758_12_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_4758_12('footnote_plugin_reference_4758_12_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_4758_12_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_4758_12_2" class="footnote_tooltip"><a href="https://www.revolutionpermanente.fr/Appel-a-une-rencontre-nationale-pour-la-greve-generale"><span class="footnote_url_wrap">https://www.revolutionpermanente.fr/Appel-a-une-rencontre-nationale-pour-la-greve-generale</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_4758_12_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_4758_12_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Ce n’était pas le résultat d’un plan de bataille défectueux, car de toutes manières il n’y avait pas et ne pouvait y avoir de plan de bataille préalable. Ce qui apparut à certain.e.s comme des «&nbsp;rangs dispersés&nbsp;» était en fait une expression de la dynamique organique d’une vague de grève&nbsp;: c’est un processus vivant, où l’action dans un secteur donne confiance à des travailleur.e.s d’autres secteurs et met sous pression des directions syndicales, les obligeant à bouger. </p>



<p>La sympathie et le soutien émanant de notre classe dans le sens large ne se contente pas de nourrir la combativité des grévistes les plus déterminé·es, mais permet aussi d’amener des nouvelles forces dans la bataille. Cette dynamique opère dans une spirale ascendante tant que la plupart des grévistes croient en la victoire. Durant le mouvement des retraites, le problème n’était pas que notre camp a ouvert le feu en «&nbsp;ordre dispersé&nbsp;», mais plutôt que nous n’avons pas su, durant les moments forts, accélérer cette dynamique pour la transformer en une grève de masse qui aurait fait véritablement paniquer la classe dirigeante.&nbsp;</p>



<p>Les appels à des coordinations pour la grève générale ont pu attirer des grévistes des secteurs les plus avancés, comme certain.e.s meneur.e.s de la RATP ou des énergéticien.ne.s. Mais les meetings avaient, sans surprise, des airs de prêche aux converti.e.s. Des militant.e.s de secteurs où la grève était souvent, de leur propre aveu, très minoritaire, fuyaient en avant et se perdaient en débats calendaires pour décider de la bonne date pour la grève générale.</p>



<p>Luxembourg, encore elle, raillait en son temps celleux qui voyaient la grève de masse comme «&nbsp;une arme purement technique qui pourrait à volonté, selon qu&rsquo;on le juge utile, être ‘décidée’ ou inversement ‘interdite’, tel un couteau que l&rsquo;on peut tenir fermé pour toute éventualité dans la poche ou au contraire ouvert et prêt à servir quand on le décide »<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_4758_12('footnote_plugin_reference_4758_12_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_4758_12('footnote_plugin_reference_4758_12_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_4758_12_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_4758_12_3" class="footnote_tooltip"><a href="https://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve2.htm"><span class="footnote_url_wrap">https://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve2.htm</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_4758_12_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_4758_12_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>Cette manière de penser est très proche de celle qui mise tout sur les secteurs «&nbsp;stratégiques&nbsp;», où une petite minorité bien organisée de notre classe serait susceptible de répondre à un appel coordonné par en haut et capable, par son seul impact économique et symbolique, de faire reculer la classe dirigeante, loin de notre boussole stratégique&nbsp;: l’émancipation des travailleur.es sera l’œuvre des travailleur.es.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="6f725f" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #6f725f;" loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="579" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/11/Construire-la-GG-1-1024x579.png" alt="" class="wp-image-4768 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/11/Construire-la-GG-1-1024x579.png 1024w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/11/Construire-la-GG-1-300x170.png 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/11/Construire-la-GG-1-768x435.png 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/11/Construire-la-GG-1-1320x747.png 1320w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/11/Construire-la-GG-1.png 1437w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-black-color">Capture d’écran du film <em>L&rsquo;Assemblée</em>, de Mariana Otero, France, 2017</mark></figcaption></figure>



<p class="has-medium-font-size"><strong>La tradition de la grève ne se construit que par la grève&nbsp;</strong></p>



<p>Notre camp est confronté à un problème stratégique&nbsp;: d’un côté, on voit un rejet large de Macron et du système économique capitaliste. De l’autre, le constat implacable qu’il faut regarder en face&nbsp;: seule une minorité de notre classe s’organise et se bat, et une minorité plus petite encore fait grève. Le dernier exemple en date est le mouvement des retraites, où un nombre relativement très petit de travailleur.e.s ont usé de l’arme de la grève avec le soutien resté passif de la majorité de notre classe. Le mouvement n’aura pourtant pas été vain, car il a permis, un an après les gilets jaunes, à de nouvelles sections de notre classe de se lancer dans la lutte. <strong>Tout l’enjeu pour les prochaines années est d’accélérer ce processus et d’élargir la base de celles et ceux qui luttent.</strong>&nbsp;</p>



<p>Le secteur privé mais aussi de grosses sections du secteur public se sont peu mobilisées contre la réforme des retraites, ou en tout cas ne l’ont pas fait par la grève et l’action collective. Naturellement, les évolutions de la production capitaliste et de l’organisation sociale du travail ces dernières décennies ont joué un rôle important en brisant de nombreuses forteresses syndicales traditionnelles. Sous-traitance, intérims et contrats courts, tous les moyens sont bons pour faire baisser les salaires, précariser et atomiser les travailleur.e.s et briser la solidarité entre les précaires et les «&nbsp;stables&nbsp;». Mais est-ce qu’il s’ensuit que l’absence de mobilisation est une fatalité&nbsp;? En d’autres termes, la bourgeoisie a-t-elle enfin trouvé la formule magique pour neutraliser la classe ouvrière, pour la mettre dans des conditions où elle ne peut plus se battre&nbsp;?&nbsp;</p>



<p>Accepter cela signifie abandonner en rase campagne la majorité de notre classe, dans les usines, les hôpitaux et les universités, dans les centres d’appel, sur les plateformes de livraison, etc. Ça veut dire qu’on n’a plus d’autre choix que de se tourner vers des substituts, qu’ils soient réformistes électoraux ou «&nbsp;révolutionnaires&nbsp;» dans des secteurs «&nbsp;stratégiques&nbsp;» et qui gagneraient pour tous.t.es les autres.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="535256" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #535256;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/11/ratp-sncf-paris-ile-france-metro-rer-transilien-greve-29-janvier-30-31-lignes-circulation-trafic-reforme-retraites-macron-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-4773 not-transparent"/></figure>



<p>L’absence de grèves dans le secteur privé lors du mouvement des retraites est largement due à des questions subjectives d’organisation, de persuasion et de confiance. Dans ce contexte les appels à la grève générale et les plans de bataille les mieux ficelés avec les meilleurs mots d’ordre, qu’ils soient issus des directions syndicales ou de coordinations «&nbsp;alternatives&nbsp;», tomberont sur des oreilles sourdes si l’organisation locale est absente. Cette organisation, à son tour, ne pourra venir que des premièr.e.s concerné.e.s&nbsp;: c’est la grève elle-même qui organise, qui donne une chance de gagner au niveau de l’entreprise et qui forge les tempéraments nécessaires aux grandes confrontations à venir.&nbsp;</p>



<p>La grève à la RATP, pourtant «&nbsp;championne de la paix sociale ces dernières années&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_4758_12('footnote_plugin_reference_4758_12_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_4758_12('footnote_plugin_reference_4758_12_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_4758_12_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_4758_12_4" class="footnote_tooltip"><a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/09/13/derriere-la-greve-a-la-ratp-la-reforme-des-retraites-mais-aussi-un-malaise-face-a-l-avenir-de-l-entreprise_5509741_3234.html"><span class="footnote_url_wrap">https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/09/13/derriere-la-greve-a-la-ratp-la-reforme-des-retraites-mais-aussi-un-malaise-face-a-l-avenir-de-l-entreprise_5509741_3234.html</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_4758_12_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_4758_12_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> démontre que des secteurs «&nbsp;endormis&nbsp;» depuis une génération voire n’ayant aucune tradition de la grève (ce qui revient au même) peuvent se réveiller et se mettre en première ligne, entraînant d’autres secteurs avec eux. Mais ce réveil ne peut venir en simple réponse à un appel extérieur, il est souvent le fruit à la fois de conditions intérieures et extérieures à l’entreprise, ainsi qu’un effort d’organisation et de persuasion.</p>



<p><br>Des grèves qui se déclenchent depuis la rentrée dans le privé, notamment parmi les entreprises sous-traitantes du nucléaire et de l’aéronautique (Onet, OMS, Daher), ou encore dans la distribution (Biocoop), ainsi que les luttes de ces derniers mois à Frichti, Chronopost et autres, nous rappellent que c’est le rapport d’exploitation lui-même qui crée la possibilité de la grève, quelles que soient les difficultés par ailleurs. Pour l’immense majorité d’entre elles, ces grèves sont en apparence «&nbsp;purement&nbsp;» économiques, liées à des mots d’ordres internes aux entreprises.</p>



<p>Loin d’être négligeable car elle ne correspond pas au «&nbsp;tous ensemble et en même temps&nbsp;» fantasmé, ou à un plan de bataille décrété par en haut, «&nbsp;la lutte économique présente une continuité, elle est le fil qui relie les différents nœuds politiques ; la lutte politique est une fécondation périodique préparant le sol aux luttes économiques. La cause et l&rsquo;effet se succèdent et alternent sans cesse »<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_4758_12('footnote_plugin_reference_4758_12_5');" onkeypress="footnote_moveToReference_4758_12('footnote_plugin_reference_4758_12_5');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_4758_12_5" class="footnote_plugin_tooltip_text">5</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_4758_12_5" class="footnote_tooltip"><a href="https://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve4.htm"><span class="footnote_url_wrap">https://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve4.htm</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_4758_12_5').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_4758_12_5', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>Ce sont ces grèves qui semblent éparpillées et déconnectées qui permettent d’engranger de la confiance et de renforcer nos effectifs de lutte, condition incontournable pour transformer les grandes déflagrations à venir en une véritable grève générale&nbsp;: elles construisent là, devant nous, les traditions nouvelles de la lutte de notre classe. Tout comme le fait la Marche des sans-papiers initié suite aux premières manifestations après le confinement, en démontrant que la mobilisation et l’organisation des précaires parmi les précaires face à l’urgence vitale de leurs situations est capable d’imposer ses mots d’ordre propres, que certain·nes auraient jugé il n’y a pas si longtemps «&nbsp;irréalistes&nbsp;».</p>



<p class="has-text-align-right">Jad Bouharoun</p>



<p></p>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_4758_12();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_4758_12();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_4758_12">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_4758_12" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_4758_12_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_4758_12('footnote_plugin_tooltip_4758_12_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve4.htm"><span class="footnote_url_wrap">https://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve4.htm</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_4758_12_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_4758_12('footnote_plugin_tooltip_4758_12_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://www.revolutionpermanente.fr/Appel-a-une-rencontre-nationale-pour-la-greve-generale"><span class="footnote_url_wrap">https://www.revolutionpermanente.fr/Appel-a-une-rencontre-nationale-pour-la-greve-generale</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_4758_12_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_4758_12('footnote_plugin_tooltip_4758_12_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve2.htm"><span class="footnote_url_wrap">https://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve2.htm</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_4758_12_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_4758_12('footnote_plugin_tooltip_4758_12_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/09/13/derriere-la-greve-a-la-ratp-la-reforme-des-retraites-mais-aussi-un-malaise-face-a-l-avenir-de-l-entreprise_5509741_3234.html"><span class="footnote_url_wrap">https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/09/13/derriere-la-greve-a-la-ratp-la-reforme-des-retraites-mais-aussi-un-malaise-face-a-l-avenir-de-l-entreprise_5509741_3234.html</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_4758_12_5" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_4758_12('footnote_plugin_tooltip_4758_12_5');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>5</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve4.htm"><span class="footnote_url_wrap">https://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve4.htm</span></a></td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_4758_12() { jQuery('#footnote_references_container_4758_12').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_4758_12').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_4758_12() { jQuery('#footnote_references_container_4758_12').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_4758_12').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_4758_12() { if (jQuery('#footnote_references_container_4758_12').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_4758_12(); } else { footnote_collapse_reference_container_4758_12(); } } function footnote_moveToReference_4758_12(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_4758_12(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_4758_12(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_4758_12(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/vous-avez-dit-greve-generale/">Vous avez dit grève générale ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Les sans-papiers rétablissent le droit de manifester</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/les-sans-papiers-retablissent-le-droit-de-manifester/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Gabo]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Jun 2020 22:15:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Coronavirus]]></category>
		<category><![CDATA[Front Uni]]></category>
		<category><![CDATA[Mouvement de masse]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Le 30 Mai, à Montreuil, près de 1000 manifestant-es sans-papiers ont répondu à l’appel de la Marche des Solidarités à reprendre la rue malgré l’interdiction par la Préfecture. Il était prévu de rejoindre le collectif <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/les-sans-papiers-retablissent-le-droit-de-manifester/" title="Les sans-papiers rétablissent le droit de manifester">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<pre class="wp-block-preformatted">Le 30 Mai, à Montreuil, près de 1000 manifestant-es sans-papiers ont répondu à l’appel de la Marche des Solidarités à reprendre la rue malgré l’interdiction par la Préfecture. Il était prévu de rejoindre le collectif des sans-papiers du 20ème au métro Père Lachaise et d’arriver le plus massivement possible à Opéra, mais le cours des évènements en a décidé autrement. Nous proposons ici de revenir sur une expérience de dingue et d’en comprendre ses racines enfouies dès les premières semaines de confinement.</pre>



<h3 class="wp-block-heading">La Conquête du Pain, les moissons et la graine</h3>



<p>Le fait même de manifester massivement le 30 mai n’était en rien une évidence au début du confinement. Cela vient d’expériences militantes communes et d’échanges d’arguments théoriques et stratégiques avec les camarades sans-papiers anciens résidents du foyer Baras en lutte depuis 9 mois et qui occupent à présent le 138 rue de Stalingrad à Montreuil.</p>



<p>Le début du confinement a vu émerger une stratégie qui domina la gauche : le gouvernement et les patrons font tout pour maintenir l’exploitation, il fallait donc construire des rapports de force uniquement pour permettre aux salarié.es de se confiner. Si nous soutenons toutes les luttes sociales et politiques de notre classe quand elles vont dans le sens d&rsquo;une plus grande émancipation collective, nous étions en total désaccord avec cette vision.&nbsp;</p>



<p>A2C a produit de nombreux textes qui développent l’idée que les capitalistes en crise étaient tendanciellement favorables à un État plus antidémocratique, policier, impérialiste et raciste<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_4615_14('footnote_plugin_reference_4615_14_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_4615_14('footnote_plugin_reference_4615_14_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_4615_14_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_4615_14_1" class="footnote_tooltip">Macron nous fait (toujours) la guerre <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/crise-politique/macron-nous-fait-toujours-la-guerre/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://www.autonomiedeclasse.org/crise-politique/macron-nous-fait-toujours-la-guerre/</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_4615_14_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_4615_14_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.&nbsp;</p>



<p>Le 21 Mars était prévue la manifestation organisée par la Marche des Solidarités. Cette initiative permet de rassembler chaque année différents collectifs, associations et syndicats contre le racisme et le fascisme. Malgré l’annulation de la manifestation en raison des pressions politiques, nous avons entrepris des actions militantes dans les files d’attente de la Conquête du Pain, une boulangerie autogérée à Montreuil<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_4615_14('footnote_plugin_reference_4615_14_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_4615_14('footnote_plugin_reference_4615_14_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_4615_14_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_4615_14_2" class="footnote_tooltip">Du pain !&nbsp; Et le bourgeonnement des roses ! <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/du-pain-et-le-bourgeonnement-des-roses/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/du-pain-et-le-bourgeonnement-des-roses/</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_4615_14_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_4615_14_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.&nbsp;</p>



<p>C’est de ces réflexions théoriques et de ces expériences pratiques que sont nées notre rencontre avec la lutte des Baras. Ces camarades sans-papiers occupent le 138 rue de Stalingrad depuis novembre 2019, et ce après avoir été exclus du projet de rénovation du foyer rue Baras, et expulsés manu militari par la police du centre de l’AFPA. Les risques sanitaires auxquels sont exposés les travailleurs sans-papiers sont donc bien le résultat de choix politiques.</p>



<p>Il était impossible pour les camarades d’obtenir satisfaction de leur revendication sans construction d’un rapport de force par et pour eux-mêmes. La régularisation de l’ensemble des occupants et l’accès à un logement collectif sont des revendications en rupture des dynamiques imposées par le racisme d’État actuel. La bourgeoisie française n’est pas devenue charitable durant cette période.&nbsp;Dans ces circonstances, il nous semblait important d’argumenter pour que les camarades du 138 reprennent confiance en leur principale modalité d’action depuis 9 mois : la lutte collective. C’est dans cette dynamique que se sont construites les premières manifestations en écho à la solidarité déployée par Conquête du Pain rue de la Beaune début avril<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_4615_14('footnote_plugin_reference_4615_14_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_4615_14('footnote_plugin_reference_4615_14_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_4615_14_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_4615_14_3" class="footnote_tooltip"><em>Confinement et luttes des sans-papiers, les Baras ouvrent la voie ! </em><a rel="noreferrer noopener" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/confinement-et-luttes-des-sans-papiers-les-baras-ouvrent-la-voie/" target="_blank"><span class="footnote_url_wrap">https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/confinement-et-luttes-des-sans-papiers-les-baras-ouvrent-la-voie/</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_4615_14_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_4615_14_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le 138 rue de Stalingrad, les bourgeons et les premières pousses</h3>



<p>Ce sont les rencontres autour de la lutte des Baras qui ont permi aux militant-es de la liste Montreuil Rebelle de prendre une initiative salutaire sur la liste de l’interpro de Montreuil : organiser une AG dans un parc pour préparer la manifestation du 1er Mai. Les représentants des Baras ont participé à ces AG suite à des arguments menés en commun auprès d’eux avec les camarades de Montreuil Rebelle. Ils ont énoncé leurs besoins sanitaires, mais pas seulement : ils ont rappelé à tout le monde les raisons de leur lutte.</p>



<p>&nbsp;Cependant, force est de constater que les arguments n’ont pas été gagnés : un seul camarade du 138 est venu manifester le 1er Mai. Pourtant, ces débats menés avec les camarades sans-papiers sont pour nous fondamentaux dans l’historique de la construction du 30 Mai.</p>



<p>L’auto-organisation ne peut se penser que comme un processus durant lequel il faut systématiquement entendre que les opprimé.es décident pour et par eux mêmes. Cependant, mener des polémiques stratégiques avec les camarades sans-papiers est d’abord un signe de respect de leur réflexion et de leur stratégie.</p>



<p>De plus, la lutte est bien un laboratoire dans lequel les idées changent par l’émergence de rapports sociaux radicalement en rupture de ceux du quotidien. Aussi, lorsque les rythmes s’accélèrent, une position minoritaire la veille peut gagner une large majorité le lendemain.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img data-dominant-color="67696e" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #67696e;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/06/Illustration-n°3-légende-photo-de-Rose-Lecat-1-1024x684.jpg" alt="" class="wp-image-4619 not-transparent" width="567" height="378"/><figcaption>Rose Lecat</figcaption></figure></div>



<h3 class="wp-block-heading">Les floraisons et la farine&nbsp;: dynamiques et processus, le rapport de force n’est pas dégradé&nbsp;!</h3>



<p>Ces processus sont fondamentaux pour comprendre comment les représentants des Baras auprès de la Marche des Solidarités ont entraîné un millier de personnes sans-papiers à une manifestation interdite. Une minorité de soutiens politiques de plus en plus grosse et active s’est agitée et fait de nombreux collages en s’associant avec des militants sans-papiers des Baras.</p>



<p>Cela s’est conclu par une discussion le 29 mai au soir. Les représentants légitimes des Baras y appellent l’ensemble des sans-papiers à faire ce qu’ils veulent concernant la manifestation du lendemain. Le 30 Mai, à midi passé, l’imam du 138 rue de Stalingrad, prenait le mégaphone pour réveiller les lève-tard&nbsp;: il était l’heure de s’en aller manifester.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La construction du 30 Mai dans les foyers</h3>



<p>Au rendez-vous local de la manif, il n’y avait pas que les Baras. Une semaine avant la manif, on avait commencé à organiser, en passant par les délégués des résidents, des tournées dans les autres foyers de Montreuil pour les gagner à la MDS et à la manif du 30 mai.</p>



<p>On commence aux foyers Branly et Rochebrune pour y tenir un meeting improvisé que le camarade Bara et les soutiens utiliseront pour convaincre chacun de profiter du contexte économiquement et idéologiquement favorable aux revendications des sans papiers pour se mobiliser au maximum.</p>



<p>Les résidents et les anciens nous assurait de leur soutien total et rappelait aux plus jeunes que la lutte pour les papiers, ce n’était pas juste “faire une liste et manifester une fois”, mais que c’était la construction lente, patiente et déterminée d’un rapport de force avec les préfectures et l’Etat pour imposer des régularisations de masse.</p>



<p>Avec ces tournées, auxquelles de nouveaux camarades sans-papiers s’ajoutaient à chaque fois, on s’est assuré de rester en contact à travers de simples groupes Whatsapp. D’un petit groupe regroupant quelques Baras, ces groupes devenaient une plateforme d’information pour la manifestation pour plus de 1000 sans-papiers de Montreuil (et d’ailleurs) en français, bambara et soninké. La disponibilité aux luttes et la rage d’arracher les papiers était telle que les informations circulaient à d’autres foyers de tous les départements d’Ile-de-France. Après la manif, des foyers de Sevran, Vitry ou du 15ème envoyèrent des représentants aux réunions hebdomadaires de la MDS. Aussi, des sans papiers des différents foyers montreuillois commencèrent à se réunir en collectif pour organiser la lutte localement par eux-mêmes !</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img data-dominant-color="3a4f57" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #3a4f57;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/06/Illustration-n°2-légende-photo-de-Rose-Lecat-1-1024x684.jpg" alt="" class="wp-image-4621 not-transparent" width="444" height="296"/><figcaption>Rose Lecat</figcaption></figure></div>



<h3 class="wp-block-heading">Du Pain, des Roses et l’affrontement de masse</h3>



<p>Avec l’état d’urgence sanitaire et alors que la manifestation était interdite, rien n’était fixé d’avance le jour de la manif : nombre, répression, trajet&#8230; Heureusement, la même semaine avait eu lieu un rassemblement contre les violences policières à l’Île-Saint-Denis et un rassemblement massif à l’hôpital Tenon auxquels des camarades sans-papiers étaient allés. Ce qui participa aussi à donner la confiance aux sans-papiers face à la menace de la répression.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>A 13h00, on était trop nombreux et confiants pour ne pas partir en manifestation sauvage jusqu’au point de départ à Opéra. La rue était à nouveau à nous comme jamais et il s’agissait de faire une démonstration de force.<br><br>Tranquillement, mais avec détermination, cette démonstration de force fut menée par les sans-papiers. Banderoles, percussions en tout genre et deux mégaphones se mettaient en place avec un service d’ordre ultra-efficace pour la circulation, la tenue du cortège et les “négociations” avec la police. Pour la majorité, c’était la première manifestation en France et les anciens faisaient profiter les nouveaux de leur expérience. La cohésion et la rage d’arracher les papiers à cet État raciste étaient totales.</p>



<p>Sur le passage, alors que la manifestation grossissait jusqu’à dépasser le millier, le soutien des commerçants, des habitants, des automobilistes était total. La rue était à nous et résonnait de nos slogans sifflets et rythmes de percussion.&nbsp;</p>



<p>De Mairie de Montreuil, on descendit la rue de Paris jusqu’à entrer dans la capitale. C&rsquo;est sur le boulevard Voltaire que des effectifs de police et de gendarmerie détachés du dispositif policier d’Opéra vinrent à notre rencontre pour nous empêcher de faire la jonction avec le cortège parisien : refus de négocier avec le service d&rsquo;ordre, sommations et quatre charges successives avec jet de gaz lacrymogène fidèlement à la doctrine de contact du préfet&nbsp; Lallement.&nbsp;</p>



<p>En réponse à chaque fois, les camarades sans-papier réagirent par des danses, des chants et des slogans. Face à l’inhumanité du gouvernement et de sa police, les camarades sans-papiers imposaient le respect et la dignité. Au final, après la 4ème charge, on décidait de retourner en manifestation jusqu’à Montreuil pour en reprendre le contrôle. Après notre demi-tour, les effectifs de gendarmerie mobilisés s’en retournent prêter main forte à leur collègues face au cortège principal.</p>



<p>Ce jour-là, les sans-papiers ont démontré à l’ensemble de la gauche que la liberté de manifester se défendait dans la rue. Et ils ont gagné la confiance que c’est à travers la lutte qu’on défend et gagne ses droits. Avec la fin de cette journée historique pour les sans-papiers, les soutiens et Montreuil, il n’était pas question de s’arrêter en si bon chemin. On allait toutes et tous construire le 20 juin, notamment en participant aux manifestations contre les violences policières et pour l’hôpital public. L’objectif, c’est la régularisation de tou.tes les sans-papiers et l’ouverture des frontières.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Gabriel Cardoen et Gaël (Montreuil)</h5>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_4615_14();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_4615_14();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_4615_14">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_4615_14" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_4615_14_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_4615_14('footnote_plugin_tooltip_4615_14_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Macron nous fait (toujours) la guerre <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/crise-politique/macron-nous-fait-toujours-la-guerre/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://www.autonomiedeclasse.org/crise-politique/macron-nous-fait-toujours-la-guerre/</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_4615_14_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_4615_14('footnote_plugin_tooltip_4615_14_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Du pain !&nbsp; Et le bourgeonnement des roses ! <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/du-pain-et-le-bourgeonnement-des-roses/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/du-pain-et-le-bourgeonnement-des-roses/</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_4615_14_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_4615_14('footnote_plugin_tooltip_4615_14_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><em>Confinement et luttes des sans-papiers, les Baras ouvrent la voie ! </em><a rel="noreferrer noopener" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/confinement-et-luttes-des-sans-papiers-les-baras-ouvrent-la-voie/" target="_blank"><span class="footnote_url_wrap">https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/confinement-et-luttes-des-sans-papiers-les-baras-ouvrent-la-voie/</span></a></td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_4615_14() { jQuery('#footnote_references_container_4615_14').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_4615_14').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_4615_14() { jQuery('#footnote_references_container_4615_14').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_4615_14').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_4615_14() { if (jQuery('#footnote_references_container_4615_14').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_4615_14(); } else { footnote_collapse_reference_container_4615_14(); } } function footnote_moveToReference_4615_14(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_4615_14(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_4615_14(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_4615_14(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/les-sans-papiers-retablissent-le-droit-de-manifester/">Les sans-papiers rétablissent le droit de manifester</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Chili, Algérie, Hong-Kong… La révolution qui vient</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/chili-algerie-hong-kongla-revolution-qui-vient/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Gabo]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Nov 2019 09:33:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Chili]]></category>
		<category><![CDATA[Hong-Kong]]></category>
		<category><![CDATA[Mouvement de masse]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Ce qui éclate aux quatre coins du monde nous enflamme. De l’est à l’ouest et du nord au sud, sur tous les continents, pays riches, pays émergents, « success stories » du néolibéralisme, pays dévastés <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/chili-algerie-hong-kongla-revolution-qui-vient/" title="Chili, Algérie, Hong-Kong… La révolution qui vient">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<p class="has-normal-font-size">Ce qui éclate aux quatre coins du monde nous enflamme. De l’est à l’ouest et du nord au sud, sur tous les continents, pays riches, pays émergents, « success stories » du néolibéralisme, pays dévastés par la guerre ou pays ravagés par la domination impérialiste. De Hong-Kong au Chili en passant par Haïti ou la Guinée, de Catalogne à l’Equateur en passant par le Liban ou l’Irak. Des luttes de masses et des processus de radicalisation qui créent des situations quasi-insurrectionnelles.</p>
</div></div>



<p>Que les désabuséEs<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2930_16('footnote_plugin_reference_2930_16_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_2930_16('footnote_plugin_reference_2930_16_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2930_16_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2930_16_1" class="footnote_tooltip">Ce texte est dédié à Catherine Grupper, révolutionnaire infatigable et jamais désabusée. A jamais dans la révolution qui vient&#8230;</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2930_16_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2930_16_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> passent leur chemin. L’optimisme de la volonté, l’adhésion inconditionnelle à la révolte, n’est pas une naïveté révolutionnaire, une fuite de l’analyse. Elle en est au contraire la condition. Là où tout système de domination mystifie, y compris la pensée qui se veut critique, c’est la lutte qui clarifie. </p>



<p>Chaque soulèvement a bien sûr sa vérité, son contexte concret, son histoire, ses conditions et raisons spécifiques. Mais ces spécificités ne font que renforcer ce qui devrait être une évidence : la quantité produit un saut qualitatif. La multiplication des soulèvements de masse est un événement majeur.</p>



<p>Il n’y a pas d’état-major caché de la révolution, d’Internationale secrète des amiEs de l’insurrection, qui aurait planifié cette série de situation des Gilets jaunes en France à Hong Kong ou Alger au printemps dernier puis les contagions de cet automne.</p>



<p>La raison est ailleurs. Et les conséquences en sont gigantesques. C’est la crise profonde du capitalisme, les crises politiques qu’elle induit, les antagonismes irréductibles qu’elle révèle qui créent les conditions de l’explosion révolutionnaire. Et parce que le capitalisme est mondial, ces conditions le sont aussi. C’est ce qui rend la contagion possible. Là où elle se produit actuellement… comme ailleurs. Cet automne a aussi eu lieu à General Motors, pendant 5 semaines, la plus grande grève de l’automobile depuis 50 ans aux Etats-Unis, cœur de l’accumulation capitaliste et de la domination impérialiste. En France, une grève illimitée se prépare pour le 5 décembre, des grèves de Sans-Papiers ont repris ces derniers mois…</p>



<h3 class="wp-block-heading">La révolution crée les luttes de masse</h3>



<p>Tapons sur le clou encore une fois. C’est le propos provocateur de Rosa Luxemburg dans sa brochure « grèves de masse » : ce ne sont pas les luttes de masse qui créent la révolution, c’est la révolution qui crée les luttes de masse. La révolution est là.</p>



<p>Autour de nous la rengaine a déjà commencé dans les milieux dits de gauche. Comme avec les Gilets Jaunes. Oui c’est bien mais pour aller où ? Mais quelles perspectives? Et ça va finir comment? Parce qu’il manque ceci, parce qu’il manque cela…</p>



<p>Et parce que cette explosion de soulèvements ne peut être totalement ignorée : mais en même temps… En même temps la planète brûle, en même temps il y a la répression, les gouvernements nous attaquent, le fascisme se développe…</p>



<p>Ce n’est pas « en même temps ». C’est « le même temps ». Ce ne sont pas deux mondes parallèles. C’est la même réalité parce que ce sont les mêmes conditions, les mêmes causes profondes qui produisent l’un et l’autre, processus antagonistes, révolutionnaire et contre-révolutionnaire. Il va falloir faire avec… et en tenir compte. La lutte pour la révolution est indissociablement aussi une lutte contre la contre-révolution. Dès le départ. L’alternative n’est pas entre démocratie (bourgeoise) ou barbarie. Elle est entre communisme ou barbarie. Entre révolution et contre-révolution. C’est tout le paradoxe : sous-estimer la portée des soulèvements et leurs potentialités va avec la sous-estimation des dangers du fascisme, de l’islamophobie, de la nécessité de la lutte politique des sans-papiers et migrantEs, de la lutte contre le militarisme…</p>



<p>L’alternative n’est pas au centre, l’antagonisme est irréductible. Tous les soulèvements ont commencé, en apparence sur une revendication limitée, soit sur une énième mesure d’austérité, une nouvelle taxe, une augmentation de prix (c’est le cas des Gilets jaunes, du Liban, du Chili, de l’Equateur) ou sur une revendication « démocratique » (c’est le cas de Hong Kong, l’Algérie, la Catalogne, la Guinée). Et les pouvoirs ont reculé. Mais cela n’a pas arrêté le mouvement. Et les deux types de revendications se sont mêlées, sociales et politiques, politiques et sociales. Faisant apparaître ces mouvements comme insaisissables. Mais que veulent-ils vraiment ? Parce qu’au fond c’est la nature même du système qui est en cause. Et que ce système a de moins en moins de médiations à proposer pour canaliser la révolte.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="8e8a85" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #8e8a85;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/11/Riot-police-fire-tear-gas-at-protesters-at-the-entrance-of-al-Jumhuriya-bridge-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-2935 not-transparent"/><figcaption><em>Manifestation à Bagdad au pont Al-Jumhuriya à l&rsquo;entrée de la zone verte.</em></figcaption></figure>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un « débouché politique » extérieur au mouvement?&nbsp;</strong></h3>



<p>C’est aussi la raison de la faillite de organisations traditionnelles et de l’impasse de ceux et celles qui nous expliquent que « ce qui manque » serait le « débouché politique » sans lequel tout serait voué à l’échec dès le départ. Car tout « débouché » pensé, conçu comme extérieur au mouvement lui-même est aussi extérieur à l’antagonisme irréductible qui est à la source.</p>



<p>Il fut un temps où Lénine, le révolutionnaire russe, posait une question un rien ironique : « Il est sûr que les révolutionnaires apprendront de la révolution. Mais la véritable question est : est-ce que les révolutionnaires seront capables d’apprendre quelque chose à la révolution ? ». Ironique : « apprendre de la révolution », c’est la condition pas si évidente. Et sur cette base : qu’y apporteront les révolutionnaires ?</p>



<p>Revenons à Rosa Luxemburg. C’est fin décembre 1918 dans le feu du processus révolutionnaire, quelques semaines après l’éclatement du soulèvement en Allemagne qui provoque la fin de la guerre et la chute du régime qu’elle participe à la création du parti communiste.</p>



<p>Dans le congrès de fondation elle alerte contre toute tentation de substituer un état-major à un autre. Elle argumente que le processus révolutionnaire alors en cours… est un processus. La révolution ne peut-être faite par une minorité, soit-elle très nombreuse et déterminée. La révolution doit soulever, impliquer, embraser la majorité de la société. Un régime est tombé. Soit. Des millions d’AllemandEs s’éveillent alors, à des rythmes différents à l’action politique. Elle explique alors qu’il faut que les luttes entraînent des secteurs de plus en plus profonds de la société, que la lutte politique générale doit fertiliser une multiplication de grèves économiques, de luttes sur des revendications spécifiques. Que les révolutionnaires doivent s’organiser pour travailler à cela, le favoriser. Non comme une alternative à l’insurrection, mais comme préparation pour celle-ci. Elle appelle à éviter le piège de l’insurrection prématurée, annonce que le pouvoir ne manquera de tenter de la provoquer pour isoler la minorité révolutionnaire et l’écraser tant que le rapport de forces lui est favorable. Rosa Luxemburg est mise en minorité sur ce point et l’insurrection qui se déclenche à Berlin sera écrasée, provoquant l’assassinat de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht par les milices du pouvoir. La veille de son assassinat elle écrit un article disant que c’est au travers de ses défaites que la révolution avance.</p>



<p>L’autonomie de classe qui est le nom de ce bulletin n’est pas pour nous un effet de mode ou un appel abstrait à l’insurrection. Il est un projet stratégique lié à la période. Autonomie parce que c’est dans l’antagonisme assumé avec le Capital et l’Etat que le mouvement doit se construire. Autonomie de classe parce qu’il faut dépasser le vide stratégique des références aux « peuples ». L’antagonisme de classes est au cœur du capitalisme, de son fonctionnement, de ses crises, de ses aberrations mais aussi ce qui produit ce qui peut le renverser.</p>



<p>Ce qui éclate aux quatre coins du monde nous enflamme. Pas comme une fuite de l’analyse : il faut apprendre de chacun de ces mouvements, en comprenant chaque contexte particulier, de ce qui s’y crée, s’y joue, des débats que cela suscite. Parce que, fondamentalement, les mêmes choses se jouent ici. Parce que la révolution n’est pas seulement au début du processus. Il faut s’organiser et combattre pour qu’elle en soit le but.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Denis Godard</h5>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_2930_16();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_2930_16();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_2930_16">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_2930_16" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2930_16_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2930_16('footnote_plugin_tooltip_2930_16_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Ce texte est dédié à Catherine Grupper, révolutionnaire infatigable et jamais désabusée. A jamais dans la révolution qui vient&#8230;</td></tr>

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		<title>Les prémices d&#8217;une nouvelle révolution égyptienne</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/les-premices-dune-nouvelle-revolution-egyptienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Gabo]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Nov 2019 15:15:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Égypte]]></category>
		<category><![CDATA[Mouvement de masse]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Nous partageons cet article publié anonymement sur le site des Révolutionnaires Socialistes au lendemain de manifestations contre Sissi. Malgré leur taille modeste, ces rassemblements à l’appel d’un entrepreneur reconverti en lanceur d’alerte semblent avoir bouleversé <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/les-premices-dune-nouvelle-revolution-egyptienne/" title="Les prémices d&#8217;une nouvelle révolution égyptienne">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Nous partageons cet article publié anonymement sur le <a rel="noreferrer noopener" aria-label="le site des Révolutionnaires Socialistes (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://revsoc.me/" target="_blank">site des Révolutionnaires Socialistes</a> au lendemain de manifestations contre Sissi. Malgré leur taille modeste, ces rassemblements à l’appel d’un entrepreneur reconverti en lanceur d’alerte semblent avoir bouleversé le régime, à en juger par la réaction de la police et de ses portes-paroles médiatiques. L’article ci-dessous revient sur ce moment charnière en analysant notamment les fissures dans l’alliance contre-révolutionnaire au pouvoir.</em></p>



<hr class="wp-block-separator"/>



<p>Une fois encore, les masses populaires dépassent les élites politiques et les prennent au dépourvu. Des milliers de femmes et d’hommes, bravant les risques d’arrestation et de répression meurtrière, ont répondu à l’appel de Mohamad Ali à manifester contre Sissi, signalant le retour des slogans de la révolution de janvier 2011 sur les places et dans la rue. Les manifestations du vendredi 20 septembre (2019) constituent un bond en avant qualitatif sur le chemin de l’opposition au régime de Sissi. Le barrage de la peur érigé lors des années précédentes sur fond de meurtre, de torture et d’emprisonnement est en train de s’écrouler, avec tout ce que cela implique comme ouvertures pour un mouvement de résistance dans la prochaine période.</p>



<figure class="wp-block-image"><img data-dominant-color="413832" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #413832;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/11/egypte1.jpg" alt="" class="wp-image-2839 not-transparent"/></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Quand « ceux d&rsquo;en bas » ne veulent plus et que « ceux d&rsquo;en haut » ne peuvent plus</h3>



<p>Beaucoup parlent de complots, de divisions parmi les différents services qui constituent le régime pour expliquer cette vague de manifestations qui, selon eux, aurait bénéficié d’une relative clémence des forces de police. Ces idées expriment une grande méfiance à l’égard des masses et de leur capacité à dépasser les défaites d’hier afin de revenir défier le régime, mais aussi un manque de lucidité causé par le fait que les milieux qui surgissent aujourd’hui diffèrent de ceux qui ont fait la révolution de janvier 2011. <br><br>Ceci de veut pas dire que les divisions et les failles dans l’alliance au pouvoir depuis le coup d’état de 2013 ne jouent aucun rôle dans le moment politique actuel, elles y constituent au contraire un élément central. De telles divisions au sommet préfigurent souvent des mouvements par en-bas, qui peuvent prendre une direction réformiste ou révolutionnaire, lorsque les masses ressentent la fragilité des remparts du pouvoir. </p>



<h3 class="wp-block-heading">Sissi, un mal nécessaire pour la bourgeoisie</h3>



<p>Nous ne pouvons comprendre le potentiel du mouvement actuel sans revenir sur la nature de la crise que traverse le régime militaire au pouvoir. Sissi s’est hissé au sommet de l’État en prenant la tête d’une contre-révolution qui visait clairement à mettre fin au mouvement populaire et politique né de la révolution de 2011. Le maréchal a réussi à se créer une base sociale parmi la classe capitaliste et les classes moyennes pour consolider son projet de dictature militaire. La logique de ce soutien était, en un mot, la peur de la révolution. La peur des vagues de grèves et de manifestations ouvrières et sociale, la peur des mouvements politiques de la jeunesse qui réclame justice, démocratie et liberté. Enfin, la peur de la montée des mouvements islamistes et de leur place de premier plan sur la scène politique.</p>



<figure class="wp-block-image"><img data-dominant-color="7c736d" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #7c736d;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/11/617a64914133303229609faf672a2e994ff2e0df_sipa_ap21725044_000003.jpg" alt="" class="wp-image-2842 not-transparent"/><figcaption>Al-Sissi et son état-major</figcaption></figure>



<p>Les contours de l’accord étaient clairs : la classe capitaliste égyptienne renonce à toute prétention de participation au pouvoir, mais aussi à une bonne partie de ses profits en faveur de l’institution militaire qui est ainsi récompensée pour son rôle de fossoyeur d’une révolution qui menaçait les intérêts bourgeois. </p>



<p>De tels arrangements historiques ne sont pas nouveaux; les bourgeoisies sont souvent prêtes à faire des concessions immenses à un homme fort issu de l’armée, tant que cette dernière la protège de la révolution et des poussées de celles et ceux d’en-bas. Mais ce compromis constitue un régime d’exception, forcément temporaire. En effet, lorsque le danger immédiat est écarté, une fois que la contre-révolution a assis sa victoire contre les mouvements sociaux et politiques, que les baïonnettes font régner l’ordre dans la rue et à l’usine et que les révolutionnaires se retrouvent au cimetière, au cachot ou en exil, alors le compromis de la veille prend les contours d’une charge insupportable qui pèse sur les épaules de la bourgeoisie et l’homme fort de la contre-révolution, de héros, se transforme en despote corrompu dont il faut se débarrasser. Son maintien au pouvoir devient même le premier facteur d’instabilité, et les failles font leur apparition au grand jour dans le “front de la nécessité” que la situation révolutionnaire avait imposé. </p>



<p>La crise révolutionnaire elle-même avait eu comme conséquence un changement des rapports de force au sein des institutions étatiques. Alors que le régime de Moubarak était basé sur un équilibre précis entre la présidence, le ministère de l’intérieur et l’armée, la révolution est passée par là et l’intérieur est devenue le “laquais” de l’armée &#8211; comme le dit Mohamad Ali &#8211; qui  est elle-même le laquais de la présidence. Tout le monde a accepté cette situation vue comme un mal nécessaire le temps d’asseoir le coup d’état et d’assurer la victoire de la contre-révolution. Mais les tentatives de Sissi pour faire de l’exception la règle sur le long terme, comme nous l’avons vu avec les réformes constitutionnelles, ont généré des divergences au sein des services de l’État. </p>



<h3 class="wp-block-heading">Un régime en crise de légitimité</h3>



<p>D’autre part, le dynamisme relatif de l’économie, qui se traduit d’un côté par plus de pauvreté et d’austérité, et de l’autre par un élargissement des “grands projets” financés par des crédits du golfe et des pays occidentaux, a aussi un caractère exceptionnel et temporaire. Par exemple, les villes nouvelles comme la capitale administrative (sortie de terre à 40km du Caire) et El-Alamain, avec leurs infrastructures massives dans lesquelles ont été injectés des milliards de dollars, ne sont destinées ni à l’industrie, ni à l’agriculture ni même au tourisme, et par conséquent ne pourront générer de revenus pour rembourser les dettes ni même les intérêts des dettes. </p>



<p>Aucun régime politique ne peut survivre sur le long terme par la seule répression. Il faut une idéologie qui dote le régime d’une légitimité auprès de certaines couches sociales. La peur peut donner cette légitimité par la force de circonstances exceptionnelles et pendant une courte durée, mais elle perd de son efficacité si le régime tente d’en faire la base permanente de son pouvoir. C’est ce que Sissi essaie de faire (en particulier depuis les réformes constitutionnelles), et les dernières manifestations sont un retour de bâton pour lui et sa dictature militaire. Nous faisons face à un régime qui a perdu sa légitimité, et en face duquel se dresse une opinion publique hostile qui a perdu patience avec la corruption, l’incompétence et la répression. Les épouvantails absurdes, comme le terrorisme, le danger islamiste et le “chaos” syrien et irakien qui avaient un temps légitimé le régime, ne passent plus dans l’opinion publique. Cette dernière ne supporte plus de subir des politiques d’austérité et d’appauvrissement alors que des milliards sont dépensés pour construire des palais présidentiels et des quartiers chics pour les grands hommes d’affaires et les chefs de l’armée et de la police. </p>



<figure class="wp-block-image"><img data-dominant-color="272536" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #272536;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/11/egypte3-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-2838 not-transparent"/></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Reconstruire les bases de la résistance</h3>



<p>Sommes-nous pour autant sur le seuil d’une nouvelle révolution ou même d’une situation révolutionnaire? Les fissures dans l’alliance de classe au pouvoir et l’explosion de colère contre Sissi et son régime représentent sans doute un véritable saut qualitatif. Mais le régime n’est pas près de s’effondrer, et les batailles à venir s’annoncent longues et difficiles. La vague actuelle de colère qui annonce le début de l’effondrement du mur de la peur est un phénomène important et dangereux, mais ce n’est que le début d’un long chemin pour guérir les blessures de la défaite de la révolution de janvier 2011 et reconstruire les bases de la résistance sur les campus et les lieux de travail ainsi que dans les organisations syndicales. Un long processus, entaché de milliers de luttes limitées sur les lieux de travail, d’étude et de vie, grâce auxquelles les masses pourront retrouver leur confiance dans leur capacité à changer le cours des choses et dans le projet révolutionnaire. Tout ceci nécessite un travail acharné et organisé et ne viendra pas du jour au lendemain.</p>



<p>Nous devons sans plus attendre nous appuyer sur l’initiative qualitative des masses; premièrement en construisant un front uni des forces d’opposition de différents bords, afin d&rsquo;interagir avec le mouvement populaire et d’élaborer des revendications permettant de dépasser le régime Sissi et le pouvoir militaire; deuxièmement, il nous faut profiter de la moindre faille qui puisse apparaître dans le rempart du régime afin de reconstruire nos organisations syndicales, étudiantes et politiques dans le but de reconquérir l’espace politique fermé de force par la contre révolution. La lutte qui s’annonce à nous est longue et difficile, mais elle a déjà commencé. Les masses ont pris l’initiative, les forces politiques révolutionnaires doivent maintenant les suivre.      </p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/les-premices-dune-nouvelle-revolution-egyptienne/">Les prémices d&rsquo;une nouvelle révolution égyptienne</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Hong-Kong : Pas d&#8217;avancées sans réel changement de système</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/pas-davancees-sans-reel-changement-de-systeme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Gabo]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Sep 2019 09:11:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Hong-Kong]]></category>
		<category><![CDATA[Mouvement de masse]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=2703</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Cet article a été initialement publié dans l&#8217;édition de septembre du mensuel Socialist Review. Le mouvement contre la loi d&#8217;extradition s&#8217;intensifie à Hong Kong. Nous avons interrogé le militant hongkongais Lam Chi Leung sur la <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/pas-davancees-sans-reel-changement-de-systeme/" title="Hong-Kong : Pas d&#8217;avancées sans réel changement de système">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading"><em>Cet article a été initialement publié dans l&rsquo;édition de septembre du mensuel </em><a rel="noreferrer noopener" aria-label="Socialist Review (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://socialistreview.org.uk/449/hong-kong-no-progress-without-real-system-change" target="_blank"><em>Socialist Review</em></a><em>.</em></h6>



<p><em>Le mouvement contre la loi d&rsquo;extradition s&rsquo;intensifie à Hong Kong. Nous avons interrogé le militant hongkongais <strong>Lam Chi Leung</strong> sur la nature du mouvement et l&rsquo;évolution de ses revendications.</em></p>



<p><strong>Étant donné la part croissante des grèves dans la protestation, quelle est la composition de classe de la protestation hongkongaise ?</strong></p>



<p>Le
mouvement contre l&rsquo;amendement de la loi d&rsquo;extradition (mouvement
anti-ELAB) a mis à contribution un nombre énorme de résident·es
de Hong Kong. La plus grande des manifestations de masse a eu lieu le
16 juin, avec deux millions de participant·es. Étant donné que la
population totale de Hong Kong est de 7,48 millions de personnes,
cela signifie qu’une personne sur quatre vivant à Hong Kong a
participé à cette manifestation. C&rsquo;est le double du nombre de
participant·es à la révolution des parapluies d&rsquo;il y a cinq ans.
Donc pour faire simple, celleux qui participent aux manifestations
pacifiques sont principalement des employé·es salarié·es, tandis
que celleux engagé·es dans l&rsquo;action directe comme les occupations
de rues et le siège de bâtiments gouvernementaux sont la jeunesse
et des jeunes travailleur·ses. Iels participent à ce mouvement de
masse en tant que citoyen·nes, et non en tant que travailleur·ses
organisé·es.</p>



<p>Cependant,
la différence entre l&rsquo;actuel mouvement anti-ELAB et la révolution
des parapluies réside non seulement dans le plus grand nombre de
participant·es, mais aussi dans le fait que les grèves politiques
ont été intégrées à l&rsquo;agenda du mouvement, et des efforts
substantiels ont été faits dans cette direction.</p>



<p>La
dernière occurrence d&rsquo;une grève politique à Hong Kong était en
1967, et était construite par la fédération des syndicats de Hong
Kong (HKFTU) qui était pro-parti communiste chinois (PCC). Après
que cette grève fut défaite, et suivant l&rsquo;adoption par le PCC de sa
politique de capitalisme d’État « Réforme et ouverture »,
la HKFTU s&rsquo;est transformée en un organe conservateur ouvertement
rallié aux capitalistes et au gouvernement.</p>



<p>Dans les années 1980, un mouvement syndical indépendant à la fois du PCC et du Kuomintang<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2703_20('footnote_plugin_reference_2703_20_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_2703_20('footnote_plugin_reference_2703_20_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2703_20_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2703_20_1" class="footnote_tooltip">Le Kuomintang est un parti nationaliste bourgeois</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2703_20_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2703_20_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> vit le jour, concentré principalement dans les secteurs de l&rsquo;éducation, l&rsquo;aviation, les transports publics et les services sociaux et, en 1990, ces syndicats indépendants fondèrent la Confédération des Syndicats de Hong Kong (HKCTU).</p>



<p>L&rsquo;actuel mouvement anti-ELAB s&rsquo;est mobilisé pour deux grèves politiques, les 17 juin et 5 août, les deux initiées par des syndicats issus de la HKCTU. La première grève était essentiellement un échec, tandis que la seconde mobilisa environ 350 000 travailleur·ses. Il est dit qu&rsquo;un tiers des employé·es du contrôle aérien ont participé à la grève, et une partie des équipages de Cathay Pacific et Hong Kong Airlines s&rsquo;y est jointe, provoquant l&rsquo;annulation de plus de 200 vols. Le même matin, les lignes du métro ont stoppé leur service pour une demi-journée également. On ne peut pas pour autant parler de grève généralisée ; craignant des représailles, certain·es travailleur·ses (par exemple, chez les professeur·es et les travailleur·ses sociaux) ont utilisé leur droit d&rsquo;absence annuel pour participer aux actions. Certains employeurs ont simplement laissé leurs employé·es prendre congé pour la journée.</p>



<p><strong>Est-ce
que des liens se forment entre les protestations à Hong Kong et
l&rsquo;agitation des ouvrier·es en Chine?</strong></p>



<p>Depuis
le début du mouvement, certaines personnes ont eu l&rsquo;idée de se
solidariser avec les habitant·es de la ville chinoise de Wuhan
contre la construction d&rsquo;incinérateurs de déchets hautement
polluants et de centrales électriques pour gagner la sympathie des
Chinois·es du continent au mouvement, mais cette idée parfaitement
sensée n&rsquo;a pas gagné le soutien de la majorité. Cela dit, il y a
des sections du mouvement anti-ELAB qui veulent gagner le soutien des
continentaux.</p>



<figure class="wp-block-image"><img data-dominant-color="685f5a" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #685f5a;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/09/2a1f70a6-f9e8-11e8-93b8-bdc844c69537_image_hires_164949-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-2709 not-transparent"/><figcaption>Des dizaines de milliers de chinois·e·s manifestent à Wuhan contre les projets d&rsquo;incinérateurs de déchets</figcaption></figure>



<p>L&rsquo;exemple
le plus flagrant était pendant la manifestation du quartier de
Kowloon le 7 juillet. Malgré le fait que l’organisation de cette
manifestation provenait du nativisme d&rsquo;extrême-droite, les
participant·es de la manifestation ont pris l&rsquo;initiative de
distribuer des tracts aux touristes Chinois·es dans des caractères
chinois simplifiés, et ont même chanté l&rsquo;Internationale ! 
</p>



<p>Bien
que, d&rsquo;un côté, un sentiment de différenciation du continent
chinois s&rsquo;est développé chez les habitant·es de Hong Kong,
particulièrement parmi la génération croissante de jeunes, d&rsquo;un
autre côté, iels sont toujours ouvert·es quant à la possibilité
de gagner le soutien des travailleur·ses et des mouvements de
défense des droits du continent. Iels sont prêt·es à considérer
toutes les méthodes qui peuvent faire avancer leur mouvement.</p>



<p><strong>Comment
se concrétise l&rsquo;identification, au moins partielle, de la gauche au
capitalisme rouge chez les manifestant·es ? Quels défis
stratégiques cela pose-t-il pour les anticapitalistes de Hong Kong ?</strong></p>



<p>En
tant qu&rsquo;activiste et militant socialiste révolutionnaire, j&rsquo;ai
toujours argumenté pour trois choses depuis le début du mouvement
anti-ELAB : 1) prendre des décisions pour l&rsquo;action pour lesquelles
nous sommes mutuellement responsables en organisant des débats
démocratiques entre les manifestant·es, et ne pas faire vertu du
manque d&rsquo;organisation du mouvement et de son caractère décentralisé
; 2) continuer les rassemblements de masse et les blocages mais, dans
la mesure du possible, éviter d&rsquo;attaquer les bâtiments
gouvernementaux pour ne pas donner de prétexte à l&rsquo;intensification
du niveau de répression ou au recours à l&rsquo;armée chinoise ; 3)
s&rsquo;unir avec le mouvement ouvrier et les mouvements sociaux et
utiliser la grève politique et la grève scolaire comme notre arme
de lutte, et par la même occasion, établir des organes de pouvoir
ouvrier indépendants de la classe dirigeante. A cette fin, nous
devrions mettre en avant des revendications socio-économiques qui
s&rsquo;opposent à l&rsquo;exploitation capitaliste, pour encourager plus de
travailleur·ses à participer. Et de la même façon, nous devrions
soutenir les luttes ouvrières en Chine continentale et les luttes
des citoyen·nes pour la défense de leurs droits, pour cultiver des
forces populaires sur le continent chinois à même de s&rsquo;opposer au
capitalisme bureaucratique du PCC.</p>



<p>En
tant que ville à la frontière sud de la Chine, Hong Kong a
entretenu depuis des années une atmosphère politique
anti-communiste, et a été influencée par l&rsquo;ombre immense d&rsquo;une
classe dirigeante autoritaire qui se prétendait communiste.
Convaincre ses citoyen·nes de sympathiser avec la gauche socialiste
et de la soutenir est sans aucun doute une tâche ardue, mais pas
impossible.</p>



<p><strong>Il y a eu des exemples isolés de manifestant·es hissant le drapeau états-unien ou anglais, ainsi qu&rsquo;une pétition en ligne appelant à l&rsquo;intervention des États-Unis, ce qui suggère qu&rsquo;au moins une partie du mouvement attend une solution de l&rsquo;ouest. Quelle est l&rsquo;importance politique de ces idées ?</strong>                                                                                             <strong>Quel est le danger que ces protestations puissent renforcer une alliance hétéroclite de nativistes hongkongais (qui affirment être Hongkongais et non Chinois), de néo-libéraux opposés à la République Populaire et de réactionnaires pro-occidentaux, et ainsi renforcer l’occident ?</strong></p>



<p>Les
nativistes d&rsquo;extrême-droite qui excitent le chauvinisme hongkongais
étaient quelque peu influents pendant la révolution des parapluies
en 2014 et les deux années qui suivirent. Dans le mouvement
anti-ELAB actuel, par contraste, ils sont devenus plus faibles à la
fois en terme organisationnel et en capacité de mobilisation, bien
qu&rsquo;ils aient toujours de l&rsquo;influence sur une partie de la jeunesse
sur le plan intellectuel. Ils profitent de la forme désorganisée du
mouvement, qui leur permet de justifier les attaques
de bâtiments gouvernementaux sans en
assumer les conséquences, tout en esquivant les critiques et les
décisions du mouvement de masse.</p>



<p>Ils
dénigrent les Chinois·es du continent en les traitant de « Shinajin »
(un terme de l&rsquo;époque du Japon impérial qui est aujourd&rsquo;hui
l&rsquo;apanage des racistes anti-Chinois·es) et hissent même le drapeau
colonial britannique de Hong Kong ou le drapeau états-unien.</p>



<figure class="wp-block-image"><img data-dominant-color="5d5452" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #5d5452;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/09/2019080415524637020-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-2708 not-transparent"/></figure>



<p>Tout
ceci facilite la rhétorique du PCC qui amalgame le mouvement
anti-ELAB à une tentative d&rsquo;ingérence étrangère, et leur permet
de renforcer le nationalisme chinois pour diviser les habitant·es de
Hong Kong et de la Chine continentale. Les nativistes appellent même
le président Trump et d&rsquo;autres leaders mondiaux à « donner à
Hong Kong sa liberté ». Une telle position pourrait rapidement
évoluer en une autre qui attendrait des Etats-Unis et de l’Union
Européenne de mettre la pression à la Chine. Objectivement, un
mouvement anti-ELAB utilisé par les puissances impérialistes
occidentales comme un pion dans leur jeu de pouvoir politique finira
certainement sacrifié sur la table des négociations entre les
puissances impérialistes.</p>



<p>Néanmoins,
jusqu&rsquo;ici le mouvement anti-ELAB n&rsquo;est pas tombé sous la direction
des nativistes d&rsquo;extrême-droite. Je crois que l&rsquo;implication des
travailleur·ses organisé·es, des femmes, des LBGT, et autres
mouvements progressistes, ainsi que de la gauche socialiste, va être
cruciale pour la direction du mouvement de masse.</p>



<p><strong>Y
a-t-il du soutien à la revendication d&rsquo;indépendance de Hong Kong
parmi les protestataires ? Si tel est le cas, quel devrait être
l&rsquo;attitude des socialistes face à ça ?</strong></p>



<p>La gauche socialiste soutient le droit des habitant·es de Hong Kong à l&rsquo;auto-détermination, de même que nous soutenons le droit à l&rsquo;auto-détermination de la province du Xinjiang et du Tibet, mais nous ne préconisons pas l&rsquo;indépendance de Hong Kong. Dans les circonstances concrètes d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, faire campagne pour l&rsquo;indépendance de Hong Kong serait une erreur. Nous prônons la lutte unie du peuple de Hong Kong et de la Chine continentale pour une Chine démocratique et socialement égalitaire, et dans ce but, nous disons que Hong Kong doit être auto-gouvernée et réellement démocratique. </p>



<p><strong>Quelle
est l&rsquo;importance de l&rsquo;identité nationale fondée sur un modèle
réussi de société capitaliste construite par ceux qui fuyaient les
persécutions de l’État communiste ? Et est-ce qu&rsquo;il y a des
signes qui montrent l&rsquo;influence du mouvement sur cette identité?</strong></p>



<p>C&rsquo;est
un phénomène très compliqué, je vais donc me limiter à des
observations préliminaires. L&rsquo;identité de Hong Kong a d&rsquo;abord
émergé dans les années 1970. Dans le sillage de son décollage
économique, une certaine identité hongkongaise locale a vu le jour
au sein d&rsquo;une nouvelle génération de natifs, un phénomène qui
contrastait avec la génération de mes parents, dont la plupart
vinrent à Hong Kong pour fuir la « Chine communiste » et
étaient prêt·es à émigrer à l&rsquo;étranger si nécessaire. Dans
l&rsquo;ensemble, cette identité hongkongaise reflétait une fierté des
réussites économiques et l&rsquo;attente d&rsquo;une vie confortable, loin de
la guerre et des troubles politiques.</p>



<p>En
même temps, cela n&rsquo;impliquait pas le rejet de l&rsquo;identité chinoise.
En effet, l&rsquo;attachement aux localités chinoises d&rsquo;origine restaient
très fort. C&rsquo;était dû au fait que la plupart des familles
chinoises de Hong Kong avaient immigré du continent, qui restait la
terre de leurs aïeux. En soutenant le mouvement démocratique de la
place Tiananmen en 1989, ainsi qu&rsquo;en apportant de l&rsquo;aide humanitaire
pour les inondations de 1991 dans l&rsquo;est de la Chine et pour le
tremblement de terre de Sichuan en 2008, les habitant·es de Hong
Kong étaient conduit·es par un sentiment national selon lequel
«&nbsp;Nous sommes tou·tes Chinois·es&nbsp;» et apportèrent leur
total soutien sur cette base.</p>



<p>Ce
sentiment persista après la fin de la domination coloniale
britannique de Hong Kong en 1997. Les sondages d&rsquo;opinion de l&rsquo;époque
suivant immédiatement le retour de la souveraineté chinoise
montrent que, pour un temps, la population de Hong Kong approuvait
plus le gouvernement central de Beijing que le gouvernement de la
Région administrative spéciale de Hong Kong.</p>



<p>Pour
autant, les pressions faites à Hong Kong par les autorité du PCC,
la certitude que le gouvernement du PCC n&rsquo;avait aucune intention
d&rsquo;accorder vraiment le suffrage universel, ainsi que l&rsquo;autoritarisme
grandissant de Xi Jinping et les signes troublants de déclin social
(par exemple le scandale sanitaire du lait en poudre empoisonné et
la répression des dissident·es) ont tous participé à créer un
sentiment de différenciation au sein des habitant·es de Hong Kong,
et ce sentiment s&rsquo;est accéléré au cours de la dernière décennie.

</p>



<p>La
nouvelle génération de Hongkongais·es tend à s&rsquo;identifier plus en
tant que Hongkongais·es qu&rsquo;en tant que «&nbsp;Chinois·es de Hong
Kong&nbsp;». Voilà la clé de l&rsquo;émergence de l&rsquo;indépendance de
Hong Kong en tant que courant intellectuel.</p>



<p>De
plus, dans les dernières années, ce sentiment d&rsquo;identification à
Hong Kong s&rsquo;est mêlé à des tendances de droite hostiles aux
nouveaux immigré·es chinois·es, et a eu plus ou moins d&rsquo;influence
sur la révolution des parapluies et sur le mouvement anti-ELAB.</p>



<p>Les
socialistes doivent rester sensibles à ce nouveau phénomène et
faire la distinction entre les droits légitimes des habitant·es de
Hong Kong et un point de vue xénophobe. Iels doivent insister sur le
fait que les habitant·es de Chine continentale et de Hong Kong
partagent le même intérêt à résister à l’oppression du
capitalisme bureaucratique du PCC et qu&rsquo;iels doivent s&rsquo;unir dans la
lutte.</p>



<p><strong>Carrie
Lam prétend que la loi d&rsquo;extradition est morte, mais ce n&rsquo;est
clairement pas suffisant pour arrêter le mouvement. La question du
suffrage universel, soulevée pendant la révolution des parapluies,
est devenue assez centrale – il avait été promis par le passé et
jamais implémenté – quel progrès y a-t-il eu?</strong></p>



<p>Significativement,
les Hong Kongais ont réalisé peu à peu qu&rsquo;il n&rsquo;y aurait pas de
vraie victoire sans changement du système politique, même si Carrie
Lam démissionnait. Suivant cette ligne directrice, le mouvement
anti-ELAB a présenté ses cinq revendications : la fin de la
caractérisation du mouvement comme une émeute, la libération des
manifestant·es arrêté·es, le retrait de la loi d&rsquo;extradition, la
recherche de responsabilités pour les violences policières avec la
formation d&rsquo;une commission d&rsquo;investigation indépendante et le
suffrage universel pour les élections du conseil législatif et du
chef de l&rsquo;exécutif de Hong Kong.</p>



<figure class="wp-block-image"><img data-dominant-color="585854" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #585854;" loading="lazy" decoding="async" width="600" height="400" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/09/merlin_159146613_5e282afb-fb7f-4c7c-9fd2-a00d62f27318-articleLarge.jpg" alt="" class="wp-image-2706 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/09/merlin_159146613_5e282afb-fb7f-4c7c-9fd2-a00d62f27318-articleLarge.jpg 600w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/09/merlin_159146613_5e282afb-fb7f-4c7c-9fd2-a00d62f27318-articleLarge-300x200.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<p>Cependant,
obtenir le suffrage universel sera extrêmement difficile, puisque
selon la loi fondamentale de la région administrative spéciale de
Hong Kong, établie par le PCC, Hong Kong n&rsquo;est pas autorisée à
tenir des élections démocratiques. Le régime du PCC espère voir
Hong Kong continuer son style autoritaire de laissez-faire
capitaliste, qui permet à la classe dirigeante de jouir
perpétuellement de ses privilèges. Seul un puissant mouvement
ouvrier pourrait gagner le suffrage universel, sans même parler
d&rsquo;autres réformes économiques. Le PCC a raison de craindre le
mouvement ouvrier à Hong Kong, de la même façon qu&rsquo;il a peur du
mouvement ouvrier sur le continent.</p>



<p><strong>Au-delà
de la démission de Carrie Lam, qu&rsquo;est-ce que les protestataires
accepteraient comme « victoire » à ton avis?</strong></p>



<p>Une
section de démocrates modérés pense qu&rsquo;il suffirait que Carrie Lam
accepte de retirer la loi d&rsquo;extradition et établisse une commission
d&rsquo;investigation indépendante sur les violences pour que les
Hongkongais·es y voient une victoire. Mais les masses ne sont pas
d&rsquo;accord. Elles appellent clairement à plus de réformes politiques
et sociales. Actuellement, la tâche la plus importante du mouvement
de masse est d&rsquo;établir une organisation qui peut mettre en place une
lutte unie et qui attire la sympathie et le soutien des Chinois·es
du continent.</p>



<h6 class="wp-block-heading"><em>Lam Li Cheung est un socialiste révolutionnaire basé à Hong Kong et éditeur des archives internet marxistes chinoises.</em></h6>



<h6 class="wp-block-heading"><em>Traduit de l&rsquo;anglais par Gabriel Cardoen</em>.

</h6>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_2703_20();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_2703_20();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_2703_20">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_2703_20" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2703_20_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2703_20('footnote_plugin_tooltip_2703_20_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Le Kuomintang est un parti nationaliste bourgeois</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_2703_20() { jQuery('#footnote_references_container_2703_20').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_2703_20').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_2703_20() { jQuery('#footnote_references_container_2703_20').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_2703_20').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_2703_20() { if (jQuery('#footnote_references_container_2703_20').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_2703_20(); } else { footnote_collapse_reference_container_2703_20(); } } function footnote_moveToReference_2703_20(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_2703_20(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_2703_20(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_2703_20(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/pas-davancees-sans-reel-changement-de-systeme/">Hong-Kong : Pas d&rsquo;avancées sans réel changement de système</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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