Sur l’ensemble du territoire ce 24 octobre, l’incroyable soulèvement populaire du 17 octobre a continué.
Macron et Lecornu avaient pourtant tout tenté pour le stopper : couvre-feu, interdictions de manifester, armée, blindés, GIGN et RAID… Rien n’y a fait.
La démocratie – décidément – est de notre côté et n’est que là : de Paris à Marseille, des centaines de milliers de personnes ont de nouveau occupé la rue pour infliger une nouvelle défaite à une bourgeoisie de plus en plus apeurée. Près de 30 000 ont aussi manifesté contre le fascisme et le congrès du RN à Orléans donnant une traduction concrète au slogan “la jeunesse emmerde le Front national”.
Le soulèvement insiste, continue et s’amplifie.
Entre fascisme et démocratie réelle, le pouvoir a choisi. Les interdictions de manifester et les couvre-feu ne rendent pas seulement pathétiques leurs proclamations “démocratiques” elles montrent la voie ouverte aux fascistes. A Orléans la préfecture a empêché pendant des heures des cars venant de Paris – dont des membres des collectifs de sans-papiers – d’accéder à la ville pour refus de donner les papiers d’identité.
Dans ces conditions, les fascistes affichent leur nature réelle, loin de leurs prétentions “populaires” et anti-establishment. Les dirigeants du RN condamnent le mouvement populaire et se proclament parti de l’Ordre. L’antisémite Jordan Bardella est reconduit président du RN sur la base d’un discours violemment islamophobe et raciste. A Nice des milices fascistes attaquent les manifestant.es. A Trappes un sympathisant du RN chauffé par les discours sécuritaires et racistes qui ont suivi le 17 octobre, tue et mutile à l’arme de guerre.
Cette situation rend d’autant plus nécessaire la combinaison de la lutte globale contre le capitalisme et de la lutte spécifique contre les fascistes. Si le mouvement n’utilise pas sa force pour battre les fascistes, les fascistes seront utilisés pour abattre le mouvement.
Orléans partout… en mieux !
Orléans partout : Orléans a été la plus grande mobilisation en 30 ans contre un événement organisé par le RN. C’est la démonstration en action que face aux fascistes, nous sommes la majorité. Les confronter n’est pas la tâche d’une minorité de spécialistes, mais de l’ensemble de notre classe qui se soulève. Sur place, nous sommes venu.e.s de tout le pays : membres de collectifs de sans-papiers, de collectifs de quartier contre le racisme et le fascisme, de collectifs féministes, queers, trans, du mouvement de solidarité avec la Palestine, de syndicats et de partis politiques. Cette unité organisée pour agir et prendre la rue est la clef pour repousser les fascistes.
Orléans en mieux : Nous devons nous donner les moyens de les bloquer. Quand le RN viendra diffuser des tracts sur nos marchés, nous n’irons pas protester ailleurs, nous les bloquerons directement. Quand ils voudront organiser une réunion publique, nous devrons l’empêcher. Quand ils menacent d’attaquer nos manifestations, continuons à prendre massivement la rue où réside notre force. Nous devons saisir chaque occasion pour les bloquer, des groupuscules fascistes au RN, ils devront nous trouver sur leur route systématiquement.
Orléans en mieux : La lutte antifasciste est l’affaire de toutes et tous. Elle doit se combiner avec une lutte déterminée contre le racisme. Si notre force est dans la rue, notre arme est la solidarité. Cette solidarité s’est illustrée de manière éclatante lors de cette journée, lorsque la police a empêché 3 cars venus de Paris de manifester, dont des dizaines de militant.e.s de collectifs de sans-papiers. Leur résistance face à la répression policière a été exemplaire et a galvanisé l’ensemble de la mobilisation. Stoppés au dernier péage avant la ville, ils et elles ont riposté en bloquant les barrières pendant plusieurs heures.
Faisons classe !
Il n’y a pas de bons et de mauvais manifestant.es. Il n’y a pas des Français et des immigré.es. Il y a notre classe, prolétaire, employée ou sans emploi, scolarisée ou pas contre une minorité de possédant.es, leur Etat et leur police.
Alors, face à ce pouvoir qui ouvre la voie au fascisme, il nous faut faire classe, utiliser le pouvoir de celles et ceux qui font tourner toute la société : de celles et ceux qui produisent tous les biens et les services, ce qui nourrit, ce qui transporte, ce qui soigne, ce qui éduque, ce qui cultive, etc.
Pour cela la première condition est la lutte contre le fascisme et contre le racisme. Faire classe c’est s’habituer à riposter dès lors que l’une ou l’un d’entre nous est attaqué.e.
On ne laissera pas passer Trappes, l’islamophobie, le fascisme. Rendre hommage à Pengo, c’est aussi reprendre le combat de son père, membre des Black Dragons, contre le racisme et le fascisme. On ne laissera pas les sans-papiers isolés comme à St Brieuc où les campements et occupations se multiplient. On ne laisse pas la préfecture décider de qui peut manifester ou non sur la base du racisme le plus crasse. On construit la journée “si on s’arrête tout s’arrête” du 18 décembre.
Dès aujourd’hui il s’agit de construire la grève générale du 5 novembre. La construire d’une manière à ce que l’objectif ne soit pas simplement d’aller manifester en nombre. Cette grève doit affirmer notre pouvoir collectif. Nous avons déjà montré que l’on pouvait reprendre le contrôle de nos rues. Maintenant il faut montrer qu’on peut reprendre le contrôle de toute la société. Les étudiant.es qui occupent leurs facs et proposent des cours à leur sauce nous montrent la voie. Faisons comme elleux : occupons et décidons !
Nous voulons nous battre pour la révolution, pour le communisme, rejoins-nous !