Depuis deux semaines, la jeunesse se mobilise dans les lycées en France pour réclamer de meilleures conditions d’étude, mais aussi contre le Rassemblement National et le racisme, en soutien à la Palestine. Ce mouvement change la donne.
Ce mouvement montre qu’il n’y a pas fatalité. Des années d’austérité, de discours fataliste sur la nécessité de se serrer la ceinture, de répression, n’auront pas suffi à étouffer la colère qui gronde. Et sur tous les blocages des lycéen.nes, on voit de nombreuses pancartes qui dénoncent l’état déplorable des lycées, le manque de professeurs pour assurer les cours, le choix du gouvernement de faire 54 milliards d’euros d’économies sur les services publics pendant que le budget militaire explose. Qui dénoncent le tri social et raciste effectué par l’école dès le plus jeune âge. Jeudi 1er octobre, il y a eu des actions devant plus de 1000 lycées en France, soit presque un lycée sur trois, et partout ce slogan : « la jeunesse emmerde le Rassemblement National ».
Dans 7 mois auront lieu les élections présidentielles en France. Cela fait déjà deux fois que Macron – le Président actuel – gagne les élections parce que des millions de personnes veulent empêcher la victoire de la candidate fasciste Marine Le Pen. Mais elle est en tête de tous les sondages. Le RN se présente comme une alternative souhaitable pour plein de personnes convaincues par des décennies de racisme systémique et de propagande d’extrême droite. Des fractions de la bourgeoisie envisagent maintenant le RN comme une solution face à l’échec des deux mandats de Macron, qui n’ont fait qu’empirer la crise.
Mais le RN est actuellement en crise. Alors qu’il prétend être contre les politiciens, la justice l’a condamné pour détournement d’argent public. Alors qu’il prétend être le « protecteur des juifs » en s’attaquant à la « menace islamiste », le Président de son parti – Jordan Bardella – a tenu de nombreux propos antisémites dans des conversations privées. Alors qu’il prétend défendre le peuple contre le mondialisme, il est contre la mobilisation lycéenne.
Les 24 et 25 octobre, le RN fera son congrès annuel ainsi qu’un meeting de lancement de campagne pour les élections présidentielles de 2027. Ce serait pour ce parti une occasion de reprendre la main, en occupant l’espace médiatique et politique pour tenter de montrer son unité et sa force.
Mais la jeunesse mobilisée nous montre qu’il n’y a pas de fatalité : nous sommes bien plus nombreux·ses, et bien plus organisé·es que les fascistes. Nous pouvons faire que cet objectif se retourne contre eux, et faire de cette date une démonstration de notre force et de l’unité antiraciste de notre classe.
Nous pouvons y arriver. Depuis plusieurs mois une campagne antifasciste est en train de se construire un peu partout en France. Des organisations locales dans des villes comme Paris, Marseille, Rennes, Brest… se sont saisies de l’initiative et ont prévu des cars pour aller manifester contre ce congrès. Et ce qui est nouveau, c’est que le principal syndicat en France, la CGT, a décidé de participer.
La dynamique autour de la mobilisation à Orléans est un exemple de l’antifascisme qui nous permettra de gagner : un mouvement de masse, par en bas, avec l’antiracisme et les syndicats au centre. À travers la mobilisation nationale contre le congrès du RN à Orléans, nous lançons donc notre propre campagne, pour la construction de campagnes locales antifascistes, pour que nulle part ailleurs les fascistes ne se sentent en confiance de s’afficher.
Ju (Autonomie de classe, Rennes) et Vanina (Autonomie de classe, Paris)