Sur la route de la révolution. Prochain arrêt : on occupe !

La sous-estimation des chiffres exprime la sous-estimation de ce qui s’est passé ce 17 octobre et qui a débordé, pas seulement les policiers, mais aussi toutes les capacités de compter et décompter, toutes les organisations traditionnelles. 

Plus d’un million ont débordé. Sur tout le territoire, dans toute la diversité de nos âges, de nos secteurs, de nos origines. La société = notre classe, contre la politique du gouvernement, contre le pouvoir, contre l’État et ses administrations, contre la police.

Cette confrontation a eu lieu avec toute la diversité des modes d’action et parfois leur mélange et/ou leur succession, manifestations déposées, sauvages, humour et fête, feux d’artifices mais aussi tirs de mortier, barricades, attaque de lieux de pouvoir, de commissariats, de prisons, de préfectures, de mairies. Et aussi pillages et redistribution.

Dans une optique stratégique, toutes ces formes ne se valent sans doute pas. Mais leur sens global est clair : l’insurrection de classe contre ce système.

Ce soulèvement vient de loin, de la crise profonde du capitalisme. Des vagues de révolte, Gilets Jaunes, retraites, violences policières, violences sexistes et sexuelles, racisme…
Il vient aussi de près et n’aurait pas eu lieu sans le mouvement des lycéen·ne·s renforcé ces dernier jours par les étudiant·e·s qui a construit blocage après blocage une barricade de classe avec d’un côté “L’État, les flics et les fachos” et de l’autre, nous, notre classe, lycéen·ne·s, étudiant·e·s, salarié·e·s, chômeur·se·s, retraité·e·s, etc. Ce qui a permis ça c’est notamment la politique exprimée sur chacun des blocages qui a défendu la combinaison de revendications “sociales” comme les moyens pour l’éducation, les salaires des personnels éducatifs et administratifs avec des revendications politiques comme la solidarité avec la Palestine, et l’engagement à barrer la route aux fascistes.

Le 17 octobre a permis de passer le cap du tou·te·s ensemble. Ça n’est plus un mouvement lycéen qu’il faudrait se contenter de soutenir. C’est un mouvement de l’ensemble de notre classe.

Cette situation est nouvelle et la bourgeoisie a peur. Elle a raison. Samedi 17 octobre, nous avons coché la case insurrection.

Mais la possibilité de l’insurrection ne fait pas la révolution. Renverser un pouvoir n’est pas suffisant à supposer que ce ne soit qu’une question d’affrontement.

Cela exige un autre pouvoir, celui de la majorité, agissante, discutante, contrôlante.

Alors maintenant ?

Ne pas avancer nous condamnerait à subir la réaction de la bourgeoisie quand elle a peur. À sa force de répression, au renforcement du danger fasciste. Dès le 18 octobre, le RN essaie de se présenter comme “rempart face au chaos” et garant de “l’ordre républicain” et pourrait tenter prochainement d’organiser les petits commerçants et les policiers. 

De toute urgence le 17 octobre doit se déporter le 24 octobre à Orléans pour dire à quel point la route vers le pouvoir des fascistes sera bloquée, quartier après quartier, lycée et fac après lycée et fac, lieu de travail après lieu de travail, dans les semaines et les mois qui viennent. Il n’y aura pas d’alternative pour la bourgeoisie de ce côté-là. Pas de fascistes dans nos quartier, pas de RN à l’Élysée !

Mais il faut aussi avancer vers la construction du pouvoir de notre classe. L’urgence aujourd’hui c’est de construire des formes d’organisation dans chaque endroit, quartiers, lieux de travail, lieux d’étude. Plusieurs exemples ont déjà démontré dans la journée du 17 octobre ce que permet l’organisation locale pour faire émerger des stratégies alternatives et entraîner largement : A Paris dans le 19ème arrondissement, lycéen·ne·s, étudiant·e·s, travailleur·se·s, habitant·e·s s’étaient donné rendez-vous devant une école d’architecture occupée. De là, 300 personnes sont parties en manifestation sauvage derrière la banderole du collectif local de lutte contre le racisme et le fascisme. Quelques minutes plus tard, ils et elles étaient 800 et enfin c’était 3000 personnes qui manifestaient en plein centre de Paris dans le sillage d’un quartier qui s’organise ! 

Ou alors l’organisation autour du lycée Voltaire dans le 11ème arrondissement : Pour la journée de manifestation et de grève, le cortège de ce lycée rassemblait lycéen·ne·s, profs, personnels administratifs etc. Toutes et tous, ensemble ! La veille du 17 octobre, les lycéen·ne·s organisaient le blocage le plus important depuis le début du mouvement et bloquaient également le collège pour envoyer un message à la direction : l’établissement est à nous.
Partout, il faut généraliser ces exemples qui permettent de poser les bases d’un pouvoir alternatif qui affirme que la société, c’est nous. Qui fabriquons tout, les biens, les services, qui transportons, qui apprenons et éduquons, qui soignons, etc… A nous de décider quoi, pourquoi, comment. Ensemble.

Pour cela la grève est nécessaire : pas la grève passive ou qui ne sert qu’à aller manifester en laissant les directions syndicales négocier. La grève qui permet d’occuper activement, de mettre en place des assemblées de travailleurs et travailleuses, des assemblées de lycéen·ne·s, d’étudiant·e·s. Qui permet ensuite de les coordonner, géographiquement et de manière interprofessionnelle, de les relier aux organisations de quartier.

Face au front de celles et ceux qui défendent le système, construisons le front de classe. Grèves, occupations !

Sur la route de la révolution, rejoins-nous !

A2C.