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Non à la guerre et à l’impérialisme ! Les réfugié-e-s sont nos frères et soeurs !

Des milliers de personnes bloquées à la frontière gréco-turque et attaquées par la police et les racistes, ici à Evros. Le panneau en arrière-plan indique pourtant "Bienvenue" (en grec).
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Face à l’atrocité de la situation à la frontière gréco-turque, l’ouverture immédiate des frontières, la liberté de circulation et d’installation sont la seule solution face à la barbarie de l’Europe-forteresse. Nous publions la déclaration commune d’organisations révolutionnaires des deux côtés de la frontière, le Parti socialiste des travailleurs (SEK) grec et le Parti socialiste révolutionnaire des travailleurs (DSIP) turc, en solidarité avec les réfugié-e-s qui tentent actuellement d’entrer en Grèce.

Les réfugié-e-s payent le prix de la guerre au Moyen Orient. En même temps que les gouvernements grec et turc essayent de bénéficier du conflit entre les blocs impérialistes, ils donnent tout pour se débarrasser des réfugié-e-s de leurs frontières et de barrer l’entrée aux gens qui fuient la guerre.

Confrontée aux forces armées russes et au régime d’Assad à Idlib, la Turquie a déclaré qu’elle n’allait plus empêcher les réfugié-e-s de traverser la frontière vers l’Europe. En entendant ceci, des dizaines des milliers des réfugié-e-s, qui en ont assez de la pauvreté, de l’exploitation et du racisme qu’ils subissent en Turquie, ont commencé à se rendre vers l’ouest, afin de franchir la frontière par voie maritime ou terrestre.

Pendant que des milliers des réfugié-e-s sont coincé-e-s le long de la frontière turque, les forces de sécurité grecques, en collaboration avec FRONTEX (Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes) prennent des mesures barbares pour arrêter les réfugié-e-s.

Il est parfaitement clair que la décision du gouvernement AKP sur le franchissement des frontières n’a rien à voir avec une bonne volonté envers les réfugié-e-s. Au lieu d’expliquer pourquoi les réfugié-e-s veulent fuir la Turquie, le gouvernement turc se vante du nombre des réfugié-e-s qui ont traversé la frontière vers l’Europe. Des milliers entreprennent des voyages mortels à travers la mer dans des canots, et des milliers en plus attendent à la frontière dans des conditions horribles.

De son côté, la police grecque est en train d’attaquer les réfugié-e-s avec des lacrymogènes et même des balles réelles ! Les racistes sur les îles de la mer Égée, encouragés ouvertement par les politiques racistes du gouvernement grec, essayent d’empêcher les réfugié-e-s de traverser. Nous saluons les gens ordinaires des îles qui ont chassé la police et qui ont refusé de permettre l’installation de prisons pour réfugié-e-s sur leurs terres. Nous saluons les femmes de Lesbos qui disent que les femmes réfugiées ne sont pas différentes d’elles-mêmes.

Les intérêts des ouvriers turcs et grecs ne correspondent pas à ceux de l’impérialisme états-unien ou russe, ni avec ceux du patronat grec et turc. Leurs intérêts résident dans la solidarité ouvrière, avec tous les réfugié-e-s et spécialement avec les travailleurs et travailleuses de Syrie.

Nous demandons aux gouvernements turc et grec de s’abstenir de toute tension militaire en Méditerranée de l’Est et au Moyen-Orient et d’abandonner les aventures qui mettent en péril les vies des gens ordinaires. Nous nous opposons en même temps aux bombardements d’Idlib par le régime d’Assad et la Russie et aux opérations militaires de la Turquie dans la région.

Les politiques qui poussent les réfugié-e-s à la mort doivent cesser immédiatement !

Nous exigeons que la frontière turco-syrienne s’ouvre pour les centaines des milliers de personnes qui fuient Idlib et que les politiques de l’UE et de la Grèce ayant comme but d’arrêter les réfugié-e-s soient abandonnées. Les réfugié-e-s qui fuient la guerre devraient pouvoir rester en Grèce ou en Turquie s’iels le souhaitent et iels devraient pouvoir aller dans n’importe quel autre pays si c’est ça qu’iels préfèrent. La Turquie et la Grèce, ainsi que les autres pays européens doivent prendre toutes les mesures nécessaires afin d’améliorer les vies des réfugié-e-s au sein de leurs frontières.

Nous, socialistes de deux côtés de la mer Égée, nous luttons depuis des années pour les droits et les libertés des réfugié-e-s et contre les racistes.

Nous appelons les travailleurs et les travailleuses de tous les pays à montrer leur solidarité avec les réfugié-e-s et à hisser le drapeau de la paix, contre la guerre, l’impérialisme et le racisme.

2 mars 2020
Parti socialiste des travailleurs (SEK) – Grèce.
Parti socialiste révolutionnaire des travailleurs (DSIP) – Turquie.
L’appel en anglais est à retrouver ici