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Manifestation internationale antiraciste et antifasciste du 17 mars 2018 : un aperçu de la mobilisation en Grèce.

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Un rassemblement sera organisé à Athènes, avec manifestation vers le Parlement et les bureaux de l’U.E. pour le 17 mars, journée internationale d’action contre le racisme et le fascisme, alors que des rassemblements et manifestations auront lieu dans plusieurs autres villes de Grèce. Les syndicats, associations de migrantEs et organisations antiracistes se coordonnent déjà pour le succès de ces manifestations.

Une réunion a eu lieu dans ce but mardi dernier, appelée par KEERFA (Mouvement UniEs contre le Racisme et la Menace Fasciste), avec la participation des organisations de migrantEs.

« Le seul moyen de lutter est d’être ensemble pour avoir de la force » a dit Javied Aslam, président de la communauté pakistanaise. « Depuis des années nous sommes présents aux manifestations et c’est ainsi que nous avons des résultats. Nous sommes en Grèce depuis 30 ans et n’avons pas le droit de vote. Nous demandons depuis toutes ces années que ferment les camps créés par le gouvernement de droite et au lieu de cela, ils continuent. Depuis 2005 il n’y a eu aucune procédure de régularisation pour les immigréEs. Nous le demandons à Mouzalas et au gouvernement de gauche. Pour cela, le 17 mars nous serons des milliers et nous vous appelons à être avec nous dans la rue ».

Jo Valencia de la communauté philippine, KASAPI, a dit : « Cette initiative est très importante parce que nous nous trouvons dans une période d’amplification du racisme en Europe. C’est pour cela que le procès de l’Aube Dorée doit avancer et qu’elle doit être déclarée illégale. Je pense que la lutte contre le racisme commence par les organisations d’immigréEs. La communauté philippine a un grand nombre d’enfants de seconde génération et nous devons les convaincre qu’ils doivent participer aux mobilisations. Les organisations d’immigréEs doivent collaborer étroitement entre elles. Nous devons être ensemble le 17 mars et avoir une présence massive. Nous devons aussi faire descendre dans la rue le 17 mars les femmes immigrées de seconde génération ».

« Nous participerons au 17 mars » nous a dit Taher Alizanda de la communauté afghane. « Les réfugiés afghans continuent de vivre dans des camps de rétention et seuls quelques-uns vivent dans des appartements. Dans les camps, chaque fois qu’ils veulent descendre à une manifestation, on leur dit qu’il n’y a pas de bus, ou que c’est dangereux, ou on les menace. Mais nous allons essayer de les mobiliser comme nous l’avons fait l’année dernière ».

« SYRIZA qui a toujours soutenu le mouvement antiraciste est au gouvernement, mais nous voyons à nouveau les anciennes habitudes », a dit Oxana, représentante de l’Association des Ukrainiens en Grèce. « Les réfugiés et immigrés attendent par milliers dans les queues pour faire leur demande d’asile et sont traités comme des chiens, les interviews pas Skype ne marchent pas et ils le savent. Nous nous sommes battus pour que la loi soit simplifiée et elle est devenue pire ».

« Nous voulons les syndicats, les communautés d’immigréEs, la jeunesse et les artistes, ainsi que tous les partis de gauche. Et c’est ce que nous nous mettons comme but. Si l’année dernière nous avions 15 à 20000 manifestantEs, cette année notre but est double et nous pouvons l’atteindre » a souligné Petros Konstantinou de la part de KEERFA. « La manifestation du 17 mars va s’organiser tous ensemble comme l’année passée. Déjà jeudi prochain (18/1) nous avons une rencontre commune de toutes les organisations antiracistes pour se mettre d’accord sur un rassemblement commun à la place Omonia et une manifestation vers le Parlement et les bureaux de l’U.E. »

A la réunion de la KEERFA était présente la mère de l’étudiant Alexis Lazaris qui, il y a un an, avait été victime d’une attaque criminelle d’une milice partie des bureaux centraux de l’Aube Dorée. Sur ce dernier front, celui du procès – qui en est à sa troisième année – de la bande criminelle néonazie de l’Aube Dorée, nous nous trouvons dans la phase où prennent fin les témoignages des témoins de la partie civile avec la participation de témoins de toute la gauche. Mais la lutte continue, pas seulement dans les tribunaux mais aussi dans les rues.

Avec le poing levé et une minute de silence, les manifestants ont honoré dimanche 14 janvier la mémoire du travailleur pakistanais Sahjat Loukman, assassiné il y a 5 ans dans le quartier de Pétralona par deux fascistes. A cette manifestation appelaient la communauté pakistanaise, la communauté du Bangladesh, KEERFA, l’Initiative pour la fermeture des bureaux des néonazis de l’Aube Dorée, deux syndicats enseignants, un syndicat d’instituteurs, une union de parents d’élèves du quartier de Petralona, deux syndicats des travailleurs du ministère de la culture, des travailleurs du Musée Byzantin, une association de solidarité du quartier, la Coordination Antifasciste du quartier de Kallithea, le journal féministe « mauve », le comité de ANTARSYA des quartiers Pétralona-Koukaki-Néos Kosmos, le comité de l’Unité Populaire de Pétralona-Koukaki, et les étudiantEs de l’université de Sciences Politiques qui se trouve dans le quartier de Koukaki. C’était aussi l’occasion de rappeler l’importance du procès de l’Aube Dorée, dont l’issue est d’une importance cruciale, étant donne la montée de l’extrême-droite en Europe et alors que nous sommes dans une année préélectorale. Il est significatif en tout cas que depuis 2012, malgré l’ austérité imposée par l’UE et le FMI (les « mémorandums »), la pauvreté, le chômage et les politiques racistes des gouvernements successifs, l’organisation néonazie Aube Dorée n’a pas réussi à prendre de l’ampleur, au contraire, et ceci grâce aux mobilisations du mouvement antifasciste.

Prochaine étape dans l’agenda du mouvement antifasciste et antiraciste vers le 17 mars : l’organisation par KEERFA d’un grand concert de solidarité le 20 Janvier à Athènes avec la participation d’artistes de tous genres, entre autres l’Orchestre Populaire de Mikis Theodorakis.

Un membre de la coalition KEERFA, 16 janvier 2018.