Dans les lignes qui suivent, nous vous proposons de revenir sur une expérience de formation collective menée récemment à A2C et à laquelle nous avons participé. Les camarades qui nous ont rejoint suite au festival Boussoles #2 (mai 2026) ont cherché à en savoir plus sur l’organisation dont elleux faisaient désormais partie. Une question revenait en particulier : pourquoi A2C se définit-il comme marxiste ? Est-ce que c’est important, et quelles sont les implications pratiques de cette définition ?
Pour tenter une première réponse, des camarades des antennes parisiennes d’A2C ont décidé de se baser sur la brochure Qu’est-ce que le marxisme ?1 du militant britannique Chris Harman. L’auteur entend démontrer que « face aux idéologues bourgeois qui (…) tournent en rond dans un monde qu’ils ne comprennent pas et expliquent encore moins », les idées de base du marxisme peuvent aider à comprendre simplement la société dans laquelle nous vivons et donner des pistes pour la changer.
La brochure parcourt les bases du marxisme en une quarantaine de pages : la conception matérialiste de l’histoire, les origines du système capitaliste, l’économie politique et la lutte des classes, l’impérialisme et la guerre, la lutte contre l’oppression et enfin l’organisation révolutionnaire et la lutte pour transformer la société. Ces concepts sont présentés de manière claire, sans fioritures et mots compliqués, pour rendre la théorie marxiste accessible au plus grand nombre.
Mais simple ne veut pas forcément dire facile ! Certaines notions fondamentales, comme la théorie de la valeur, demandent une attention particulière. C’est là que le format de lecture collective nous a permis de surmonter les difficultés. Nous avons organisé 5 sessions au rythme d’une par semaine. On préparait chaque session en lisant un ou deux chapitres et un·e camarade était chargé·e de présenter brièvement ce qu’iel en avait compris pour lancer la discussion.
Nous voulions éviter de tomber dans l’écueil de la formation par pure transmission allant d’ancien·ne·s qui auraient tout compris aux militant·e·s plus jeunes placé·e·s dans une posture passive. Le caractère moins formel des réunions a permis une certaine désinhibition qui a fluidifié les échanges et fait que chacun·e a joué le jeu, acceptant de se tromper et de prendre le temps pour reformuler.
Les participant·e·s avaient des expériences militantes et des degrés différents de connaissances des idées marxistes. Cette diversité des parcours a finalement enrichi les discussions : les notions complexes ont pû être décortiquées collectivement, grâce à des exemples sortis des livres d’histoires ou venant de nos propres expériences dans le mouvement, au travail et dans la vie.
Prendre confiance et construire une culture commune
En ces temps où tous les rythmes s’accélèrent jusqu’à donner le tournis, il est nécessaire de pouvoir aller au-delà de la réaction immédiate à l’actualité. Prendre le temps de se former collectivement permet de placer notre intervention militante dans un contexte plus global. Ça permet de contribuer avec plus de confiance aux discussions internes à A2C, mais aussi et surtout aux débats stratégiques qui ont lieu dans le mouvement.
C’est pourquoi nous pensons qu’il faut envisager de généraliser ces formations collectives et d’en organiser des cycles plusieurs fois par an, ce qui nous aidera à construire une culture commune à tous·te·s les militant·e·s d’A2C.
Il y a un regain d’intérêt pour les idées marxistes, c’est indéniable. Nous le constatons autour de nous dans le mouvement, lors des ventes de nos revues ou quand nous organisons des évènements publics. Ce qui est crucial, c’est que cette soif vienne principalement de jeunes militant·e·s du mouvement : quelle meilleure application de l’adage du vieux Marx, quand il a dit que « les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe c’est de le transformer » !
Axel, Rach, Hugues (Paris 20e), Jad (hauts-de-seine)
- Brochure et renvoi vers lecture audio ici : Qu’est-ce-que le marxisme ? ↩︎