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	<title>Archives des Éditorial - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<description>Pour l&#039;autonomie de classe !</description>
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	<title>Archives des Éditorial - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<item>
		<title>Edito Cahiers #20 · Face à la barbarie impérialiste : Make Revolution Great Again</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/revue-20-make-revolution-great-again/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Solen Rennes]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Jan 2026 23:42:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Abya Yala]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Le 3 janvier, les États-Unis agressent le Venezuela : bombardements faisant une centaine de mort·es, capture du président Nicolas Maduro, et de sa femme et dirigeante politique Cilia Flores, annonce de Trump que les US <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/revue-20-make-revolution-great-again/" title="Edito Cahiers #20 · Face à la barbarie impérialiste : Make Revolution Great Again">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Le 3 janvier, les États-Unis agressent le Venezuela : bombardements faisant une centaine de mort·es, capture du président Nicolas Maduro, et de sa femme et dirigeante politique Cilia Flores, annonce de Trump que les US comptent diriger le pays.</p>



<p>Ce coup de force est bien sûr à replacer dans un contexte général de tensions inter-impérialistes accrues. Mais il faut nécessairement le qualifier d&rsquo;événement majeur dans l’impérialisme mondial, symptôme d’un changement qualitatif et d’une accélération politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une attaque impérialiste</strong></h2>



<p>Comprendre cet événement est essentiel pour savoir comment réagir, et quelle riposte bâtir. Pour commencer, on a besoin de se dire qu’il ne s’agit pas de l’irrationalité de Trump, un dirigeant plus radicalisé que les autres, ni d’une quelconque guerre au narcotrafic. Les USA ont mené une attaque impérialiste contre le Venezuela. </p>



<p>L’impérialisme, c’est ce stade du capitalisme où les affrontements économiques se transforment en conflits militaires entre États. Les États sont par nature impérialistes et occupent des places plus ou moins fortes dans l’impérialisme mondial. Le capitalisme est un régime économique qui repose sur la compétition. Quand celle-ci devient trop forte, il ne reste plus que la solution militaire pour la régler <span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_10691_2('footnote_plugin_reference_10691_2_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_10691_2('footnote_plugin_reference_10691_2_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_10691_2_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_10691_2_1" class="footnote_tooltip">Voir Jad Bouharoun (2022), <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/se-preparer-aux-guerres-qui-reviennent/">Se préparer aux guerres qui (re)viennent</a>, Revue #04</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_10691_2_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_10691_2_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>L’agression menée par les USA contre le Venezuela est rationnelle et prévisible. Mais elle est à observer comme un tournant décisif dans la période.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Vers une guerre globale ?</strong></h2>



<p>Cette agression porte en elle plusieurs éléments qui sont une avancée vers la généralisation des conflits entre États :&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Le recul de l’hégémonie états-unienne en tant que superpuissance impérialiste.</strong> Même si les USA restent la première puissance économique et militaire mondiale, d’autres puissances émergent. La Chine, comme seule rivale hégémonique, mais aussi des puissances secondaires régionales (la Russie en Europe de l’Est, l’Iran au Moyen-Orient). Cette déstabilisation rebat toutes les cartes et ouvre le terrain à des affrontements partout. La dernière déstabilisation historique de cette ampleur était celle de la Grande-Bretagne au début du 20ème siècle, qui a mené aux deux guerres mondiales.</li>



<li><strong>Le signal que les USA sont prêts à en découdre, et qu’ils le font.</strong> La flotte américaine était déployée autour du Venezuela depuis plusieurs mois, mais on voit maintenant que l’armée peut passer à l’action. Et alors, les menaces annoncées depuis plusieurs mois par Trump sur le Groenland, Cuba, la Colombie ou encore l&rsquo;Iran deviennent concrètes et laissent penser qu’un engrenage peut se mettre en route.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le danger fasciste grandit</strong></h2>



<p>Dans notre camp, on entend que cette agression serait due à la « fascisation » du gouvernement états-unien, incarnée par son dirigeant, Trump. Mais comme on l’a dit plus tôt, le capitalisme produit des guerres, du fait de sa nature concurrentielle, peu importe que les États soient sous un pouvoir parlementaire, autoritaire ou fasciste.</p>



<p>Cependant, « la trajectoire impérialiste du capital crée les conditions propices pour le développement du fascisme » <span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_10691_2('footnote_plugin_reference_10691_2_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_10691_2('footnote_plugin_reference_10691_2_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_10691_2_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_10691_2_2" class="footnote_tooltip">voir l&rsquo;introduction de notre brochure <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/brochures/brochure-imperialisme-la-trajectoire-du-capital/">Vers la guerre, vers le fascisme. Impérialisme, la trajectoire du Capital</a> (2023</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_10691_2_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_10691_2_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>).<br>L’avancée du monde entier vers la guerre produit une montée du nationalisme, et donc un durcissement des politiques racistes, et des répressions des mouvements sociaux. Et ces politiques, dans les pays où les fascistes sont dotés d’un parti, où pourraient s’en doter, déroulent un tapis vers la mise en place d’un régime fasciste.</p>



<p>C’est le cas en France, où le RN, avec sa campagne municipale dans 600 communes et ses liens avec la Coordination Rurale, syndicat agricole d’extrême-droite, qui a appelé à une marche sur Paris les 4 et 5 janvier, grossit ses rangs et s’implante localement à travers tout le pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Stopper l’escalade</strong></h2>



<p>Il ne faut pas laisser passer. De même que l’impunité des crimes policiers se traduit par de plus en plus d’assassinats, l’impunité impérialiste provoquera d’autres agressions. Et chaque pas en avant d’une puissance impérialiste ne fait que légitimer la course à l’armement des autres, en Europe comme en Chine.</p>



<p>Pour réussir à construire un mouvement large à la hauteur de la situation, nos revendications doivent être simples :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>retrait des troupes états-uniennes de l’Amérique Latine / Abya Yala et des Caraïbes</li>



<li>libération de Maduro et Flores</li>



<li>fin des menaces sur le Groenland, Cuba, la Colombie et l’Iran </li>
</ul>



<p>Focaliser le débat sur la caractérisation du régime de Maduro est un contre-sens stratégique qui n’a de sens que dans le monde des idées et dans son canapé en occident. Dire « Ni Trump, ni Maduro » c’est légitimer l’intervention étasunienne.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Front anti-impérialiste</strong></h2>



<p>Les forces existent. Au cœur de la bête, déjà plus nombreux et plus forts que lors de la guerre du Vietnam, des millions de gens sont dans la rue et s’organisent dans tous les États-Unis contre Trump. Les manifestations de masse s’inscrivent dans un mouvement de lutte, commencé en juin dernier dans les émeutes contre ICE, puis sous la forme des manifs “No Kings” contre Trump et son gouvernement.</p>



<p>Le mouvement mondial de solidarité avec la Palestine, depuis plus de deux ans, met des millions de personnes dans la rue, contre le génocide et donc contre l’impérialisme.</p>



<p>Enfin, les mouvements d’Amérique latine ont montré depuis le début du XXIè siècle leur capacité de mobilisation, de l’insurrection zapatiste de 1994 aux cacerolazos de masse du Chili en 2019 en passant par la révolution bolivarienne au Venezuela, la révolution citoyenne en Equateur, le mouvement indigène en Bolivie et le mouvement de récupération des usines en Argentine. Sans hasard, Porto Allegre au Brésil, était devenue la capitale du mouvement altermondialiste.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Aller jusqu’au bout</strong></h2>



<p>Reprendre le fil de ces exemples est important comme source d’inspiration. Mais ils sont aussi porteurs d’une autre leçon et illustrent ce que le révolutionnaire français St Just écrivait : “les révolutionnaires qui ne font la révolution qu’à moitié creusent leur propre tombe”.</p>



<p>Dans tous ces pays, ces processus ont été largement détruits. Au Chili, un nazi nostalgique officiel de Pinochet est arrivé au pouvoir. En Argentine, c’est un admirateur de Trump. L&rsquo;agression impérialiste au Venezuela a été largement rendue possible par l’échec &#8211; pour dire le moins &#8211; des promesses de la révolution bolivarienne.</p>



<p>Oui les forces existent pour combattre l’impérialisme. Oui l’époque des soulèvements de masse, des révoltes de classe n’est pas close comme le démontre le mouvement en Iran, les grèves, les conseils ouvriers.</p>



<p>Dans la lutte contre l’impérialisme, contre le fascisme, il faut construire activement la seule antidote, l’autonomie de classe et la révolution.</p>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_10691_2();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_10691_2();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_10691_2">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_10691_2" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_10691_2_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_10691_2('footnote_plugin_tooltip_10691_2_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Voir Jad Bouharoun (2022), <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/se-preparer-aux-guerres-qui-reviennent/">Se préparer aux guerres qui (re)viennent</a>, Revue #04</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_10691_2_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_10691_2('footnote_plugin_tooltip_10691_2_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">voir l&rsquo;introduction de notre brochure <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/brochures/brochure-imperialisme-la-trajectoire-du-capital/">Vers la guerre, vers le fascisme. Impérialisme, la trajectoire du Capital</a> (2023</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_10691_2() { jQuery('#footnote_references_container_10691_2').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_10691_2').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_10691_2() { jQuery('#footnote_references_container_10691_2').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_10691_2').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_10691_2() { if (jQuery('#footnote_references_container_10691_2').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_10691_2(); } else { footnote_collapse_reference_container_10691_2(); } } function footnote_moveToReference_10691_2(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_10691_2(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_10691_2(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_10691_2(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/revue-20-make-revolution-great-again/">Edito Cahiers #20 · Face à la barbarie impérialiste : Make Revolution Great Again</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Face à l’extrême droite et à la crise politique du gouvernement, l’unité antiraciste et antifasciste !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/face-a-lextreme-droite-et-a-la-crise-politique-du-gouvernement-lunite-antiraciste-et-antifasciste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Anouk]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Oct 2024 18:28:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
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		<category><![CDATA[Crise politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">La séquence politique nous rappelle deux choses : le régime de Macron est un tremplin pour l’extrême droite, et la stratégie du NFP pour faire face au danger fasciste et à l’autoritarisme de Macron est <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/face-a-lextreme-droite-et-a-la-crise-politique-du-gouvernement-lunite-antiraciste-et-antifasciste/" title="Face à l’extrême droite et à la crise politique du gouvernement, l’unité antiraciste et antifasciste !">[...]</a></div>
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<p style="font-style:normal;font-weight:600">La séquence politique nous rappelle deux choses : le régime de Macron est un tremplin pour l’extrême droite, et la stratégie du NFP pour faire face au danger fasciste et à l’autoritarisme de Macron est un échec.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #14 &#8211; Octobre 2024</h6>



<p><strong>Le nouveau front populaire face à l’extrême droite, retour sur un échec.&nbsp;</strong></p>



<p>La nomination de Michel Barnier comme Premier ministre a été un choc pour de nombreux électeurs du NFP, vécue comme un déni de démocratie insupportable et entraînant des manifestations avec plus de 300 000 personnes à travers la France.</p>



<p>Cette nomination correspond à la volonté de Macron d’établir un bloc parlementaire qui lui permette de poursuivre ses politiques antisociales et nationalistes. Elle est malheureusement la suite logique de ce qu’il s’est construit politiquement pendant les élections législatives.</p>



<p>Du côté de la classe dirigeante, l’obsession est de barrer la route à tout ce qui pourrait renforcer la confiance de notre classe. Quitte à assumer préférer le RN au NFP, comme a pu le faire publiquement le Président du MEDEF.</p>



<p>Face au danger de voir les fascistes obtenir une majorité, la gauche et une partie de l’extrême gauche ont fait dominer l’appel au vote du NFP. Cela a non seulement propagé l’idée que la lutte contre l’extrême droite se jouait au niveau électoral, nous désarmant de nos capacités d’interventions dans les rues, dans nos quartiers et nos lieux de travail. Mais cela a aussi contribué à resolidifier le front républicain en se désistant dans certaines circonscriptions comme face à Darmanin qui a pourtant signé la victoire idéologique du RN avec le passage de la loi immigration. Dans ce renforcement d’un front républicain, il n’est pas étonnant que le choix du premier ministre penche vers une personnalité capable de continuer à défendre la politique réactionnaire et antisociale du gouvernement tout en actant un travail conjoint avec l’extrême droite. Cette dernière pourra profiter de cette nomination pour gagner de nouvelles victoires idéologiques.&nbsp;</p>



<p><strong>Rien est perdu, la Grande-Bretagne nous montre la voie.&nbsp;</strong></p>



<p>L’unité électorale doit être transformée par une unité d’action antifasciste et antiraciste dans nos quartiers, sur nos lieux de travail pour combattre l’extrême droite et ses idées. En ce sens, les évènements en Grande-Bretagne de cet été nous montrent la voie.</p>



<p>Pendant l’été, suite à la récupération raciste d’un triple meurtre commis à SouthPort, des émeutes racistes ont éclaté dans plusieurs villes. </p>



<p>Les attaques racistes à l’appel de groupes fascistes ont visé des mosquées, des centres d’hébergements d’urgence d’accueil de demandeur.euses d’asile ou encore des individus racisés isolés. Face à la violence des émeutes, les habitants.es ont réagi d’abord par eux mêmes en défendant les commerces et les lieux de prières dans les quartiers populaires. Très vite il a été organisé des ripostes de masse antiracistes.&nbsp;</p>



<p>Dans ces ripostes, le front « Stand Up To Racism » a permis de donner la confiance d’organiser et de porter ces rassemblements. Face à la violence des attaques, les appels à rassemblements ont été massivement rejoints et les fascistes ont été isolés. Dans les rues, les manifestant.e.s chantaient face aux fascistes «Nous sommes beaucoup, vous êtes peu ».&nbsp;</p>



<p>Cette mobilisation antiraciste et antifasciste a montré qu’il est possible d’endiguer la mise en action des fascistes dans les rues à partir d’une réaction spontanée des habitant.e.s et l’implantation de militant.e.s antiracistes et antiracistes à l’aide d’un front coordonné « Stand Up To Racism ». Face au fascisme, l’unité d’action doit rassembler toutes les forces politiques désirant s’opposer aux fascistes, et dont la priorité est d’exister dans la rue, là où les fascistes peuvent s’organiser.&nbsp;</p>



<p><strong>Du front électoral au front d’action…</strong></p>



<p>A l’inverse de ce qui a été construit pendant les élections législatives, nous pensons que nous ne nous opposerons pas au RN et au projet fasciste par une coalition électorale. Les solutions politiques face au RN seront uniquement celles portées par l’organisation de la plupart d’entre nous à travers des actions concrètes visant à empêcher la construction d’un mouvement fasciste.&nbsp;</p>



<p>Nous devons empêcher la progression de l’activité des militants fascistes et construire l’unité antiraciste pour faire face aux attaques réactionnaires mais aussi aux attaques antisociales que préparent le gouvernement. L’unité d’action dans la lutte antifasciste est plus que nécessaire pour rassembler le maximum de forces contre le développement des forces fascistes. Cette unité d’action doit regrouper toutes les forces politiques désirant s’opposer aux fascistes.</p>



<p>Ce front antiraciste et antifasciste doit se concrétiser autour de ripostes claires là où les organisations d’extrême droite prévoient des évènements politiques, mais aussi à travers la construction de cadres de veille et de défense par quartier et par lieu de travail ouverts à tous.tes afin de riposter face&nbsp; aux attaques racistes et d’empêcher d’un même geste la présence de militants fascistes dans nos quartiers.&nbsp;</p>



<p><strong>…pour un antifascisme de classe</strong></p>



<p>Face à la montée de l&rsquo;extrême droite mais aussi face au renforcement autoritaire du gouvernement Macron, nous devons construire un antifascisme de classe.&nbsp;</p>



<p>Le nouveau gouvernement, véritable concrétisation du front républicain avec Bruno Retailleau au ministère de l&rsquo;intérieur va être extrêmement à l&rsquo;offensive sur les questions sociales et mener une politique ultra réactionnaire envers les minorités de genre, les sans papiers, les personnes étrangères, etc…</p>



<p>Malgré ce coup autoritaire, le camp de la majorité et ce nouveau gouvernement sont extrêmement fragiles. Les élu.e.s ne reposent sur aucune base sociale et suscitent une colère dans notre classe. Mais pour empêcher que cette colère ne soit récupérée par l&rsquo;extrême droite, nous devons combattre les tendances racistes et réactionnaires dans notre classe et l&rsquo;influence du Rassemblement National notamment dans les organisations ouvrières, soit les syndicats.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="c78654" data-has-transparency="false" fetchpriority="high" decoding="async" width="750" height="738" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/10/A2C_RevueN14_Edito_Illustr1-1-jpeg.webp" alt="" class="wp-image-8745 not-transparent" style="--dominant-color: #c78654; width:326px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/10/A2C_RevueN14_Edito_Illustr1-1-jpeg.webp 750w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/10/A2C_RevueN14_Edito_Illustr1-1-300x295.webp 300w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /></figure>
</div>


<p>Pourtant la date du 1er octobre telle qu&rsquo;elle est est largement en deçà des enjeux de la période. Dans une période où la classe dirigeante est à l&rsquo;offensive malgré sa fragilité, la proposition des directions syndicales est une date aux mots d&rsquo;ordre uniquement sociaux et économiques. Nous devons nous saisir de cette date et construire l&rsquo;unité à la base en liant les questions sociales aux questions politiques. La colère face à l&rsquo;extrême droite et les coups de force de Macron articulée à la grève peut permettre à une véritable force politique d&rsquo;émerger.</p>



<p>Nous devons construire à partir de nos implantations syndicales, sur nos lieux de travail, mais aussi dans nos collectifs féministes, antiracistes et antifascistes la nécessité de porter dans les dates de grèves nationales des mots d&rsquo;ordre politiques, contre les politiques racistes, pour la Palestine, contre le RN, conditions nécessaires pour espérer gagner face au gouvernement et faire reculer l&rsquo;extrême droite. En sachant qu&rsquo;une large partie de notre classe subit de pleins fouets l&rsquo;accélération réactionnaire et raciste, se tenir à leurs côtés et construire une solidarité antiraciste et antifasciste, c&rsquo;est briser les divisions qui nous empêchent de renforcer l&rsquo;antagonisme vers nos véritables ennemis : la classe dominante et l&rsquo;extrême droite.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Anouk (Marseille)</h5>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/face-a-lextreme-droite-et-a-la-crise-politique-du-gouvernement-lunite-antiraciste-et-antifasciste/">Face à l’extrême droite et à la crise politique du gouvernement, l’unité antiraciste et antifasciste !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Face à leur monde de merde, la jeunesse nous montre le chemin de la lutte!</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/face-a-leur-monde-de-merde-la-jeunesse-nous-montre-le-chemin-de-la-lutte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Jun 2024 12:34:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Le monde est vieux, l’espoir est jeune ! Je commence la rédaction de cet édito le lundi 27 mai. Le soir-même, des milliers de personnes se rassemblent et partent en manifestation sauvage face à l’attaque <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/face-a-leur-monde-de-merde-la-jeunesse-nous-montre-le-chemin-de-la-lutte/" title="Face à leur monde de merde, la jeunesse nous montre le chemin de la lutte!">[...]</a></div>
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<p style="font-style:normal;font-weight:600"><em>Le monde est vieux, l’espoir est jeune !</em> <em>Je commence la rédaction de cet édito le lundi 27 mai. Le soir-même, des milliers de personnes se rassemblent et partent en manifestation sauvage face à l’attaque sanguinaire, génocidaire d’Israël sur un camp de réfugié·es. Depuis plusieurs semaines, la police et les milices coloniales tuent des kanaks. Partout, nous sommes en rage de voir ce que leur vieux monde est capable de faire. </em></p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #13 &#8211; juin 2024</h6>



<p class="has-drop-cap">Mais reprenons le fil : depuis plusieurs semaines la jeunesse à travers le monde s’organise et lutte avec détermination. D’abord les étudiantEs ont à travers le monde occupé leurs facs, avec des revendications claires et sans compromis malgré une répression très forte. Aux Etats-Unis, en France, en Italie, Amsterdam et partout une internationale étudiante en solidarité avec le peuple Palestinien se dessine et à travers elle, donne de la force à l’ensemble du mouvement.&nbsp;</p>



<p>Dans le même temps l’Etat français, dans la continuité de sa politique coloniale, vote l’élargissement du corps électoral en Kanaky pour imposer le vote des colons. La jeunesse, après 6 mois de mobilisations et de grèves, le vote de la loi, a décidé de prendre la rue et de ne pas se laisser imposer l’agenda d’une métropole à 17000 kilomètres de là. En effet, elle a refusé de laisser la main aux organisations de la résistance Kanak en proie à vouloir négocier, en imposant le rapport de force dans la rue, et en faisant face aux milices armées des colons.&nbsp;</p>



<p>Les jeunes de Belleville, qui occupent la Maison des Métallos, se sont organisé·es et sur des bases claires et radicales mènent une lutte exemplaire, qui force la Mairie de Paris à consacrer plus d’une heure et demie du Conseil de la ville à cette question. Ils ont imposé leur agenda. Il faut voir ces jeunes en AG qui mettent la misère aux représentants de la Mairie qui se font passer pour des pseudos alliés, en leur mettant le nez dans leurs mensonges. Il faut voir comment ils permettent de donner une dynamique à l’ensemble des collectifs de sans-papiers après la défaite face à la loi Darmanin et des difficultés supplémentaires imposées aux migrantEs.&nbsp;</p>



<p>Et on pourrait aussi parler longuement de la lutte contre la transphobie qui se construit malgré des courants anti-trans (y compris dans le mouvement féministe^^), réactionnaires et fascistes de plus en plus présents. Face à ça, la jeunesse LGBT+ et féministe tient bon et donne à voir les plus grosses mobilisations de solidarité avec les personnes trans !&nbsp;</p>



<p>Cette jeunesse, qui nous pousse aux fesses comme mardi soir sur la place de la République où des jeunes lycéens viennent voir une camarade qui participe à UP 20 (Urgence Palestine Paris 20) pour lui dire “bon qu’est-ce que vous faites ? Parce que nous ya plein de lycéen·es qui sont chauds pour venir si ça part en sauvage !” , on a arrêté de se poser mille questions et après une discussion avec les différents collectifs locaux qui étaient au même endroit, on a pris nos banderoles et on a avancé. Nous voilà des milliers à partir en manifestation sauvage. Cette jeunesse, moins rongée par le poids des défaites et de la répression, nous pousse à agir, à déborder du cadre, à foutre le bordel face à ce monde immonde.Ces jeunes sont dans la rue pour gagner pas pour faire œuvre de figuration et c’est sur cette base-là qu’ils embarqueront l’ensemble de notre classe. Agir pour gagner et s’en donner les moyens, voila peut-être les bilans tirés des mouvements précédents.</p>



<p>&nbsp;Oui la situation est dure, oui ça attaque de partout, oui MAIS, ça résiste de partout. La jeunesse ne suffira pas à elle seule à renverser l’ordre des choses, suivons-la, et faisons comme elle en agissant sans compromission et avec détermination vers la fin de leur monde. Le monde est vieux, l’espoir est jeune !</p>



<h5 class="wp-block-heading">Sana (Paris 18e)</h5>
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		<title>Nécessaire, possible, mais pas automatique… l’autonomie de classe est un combat !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/necessaire-possible-mais-pas-automatique-lautonomie-de-classe-est-un-combat/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Apr 2024 17:46:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Autonomie]]></category>
		<category><![CDATA[Éducation]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Il y a eu au moins un développement du mouvement depuis l’an dernier et la bataille contre la réforme des retraites : des assemblées de grévistes et l’auto-organisation se développent en de multiples points. Alors que <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/necessaire-possible-mais-pas-automatique-lautonomie-de-classe-est-un-combat/" title="Nécessaire, possible, mais pas automatique… l’autonomie de classe est un combat !">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Il y a eu au moins un développement du mouvement depuis l’an dernier et la bataille contre la réforme des retraites : des assemblées de grévistes et l’auto-organisation se développent en de multiples points. Alors que des directions syndicales pouvaient penser qu’il ne fallait pas élargir le champ de la lutte au-delà de la question des retraites en 2023, de nombreuses mobilisations actuelles montrent que la&nbsp;conscience de classe n’est pas figée.</p>



<p><strong>L</strong>e 8&nbsp;mars a été une journée bien plus forte politiquement cette année. À Rennes, il y a cette faim de politique qu’on ne voyait pas tant s’exprimer le 8&nbsp;mars 2023, au cœur de la mobilisation contre la réforme des retraites. Cette année, nous avons vu beaucoup plus de cortèges auto-organisés, de slogans, de banderoles… qui portaient des revendications économiques, mais aussi plus largement pour une autre société.&nbsp;<em>« Patriarcat au feu et les patrons au milieu »</em>&nbsp;est devenu l’hymne du mouvement féministe à Rennes.</p>



<p>Par en-bas, ça grouille ! Rien n’est mécanique. L’auto-organisation peut se comprendre comme le fait de ne pas dépendre de subventions, de ne pas attendre d’ordre, de discuter à l’échelle la plus petite qui soit de nos mots d’ordres, de nos actions. Car la tentation nous guette de déléguer à d’autres nos affaires, de vouloir « faire pression » par l’intermédiaires d’élu·es en se focalisant sur les élections, en pensant que d’autres savent mieux que nous, ou qu’il n’y a pas de lien entre le racisme, l’exploitation capitaliste et le manque de moyens dans les écoles du 93.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’autonomie de classe est nécessaire : à&nbsp;propos de grève féministe et antiraciste</h2>



<p>Trois mois après la réaction au vote de la loi Darmanin-Ciotti-Le Pen, quelques jours après un nouvel homicide commis par la BAC sur Wanys R., un jeune homme arabe qui aurait 19&nbsp;ans aujourd’hui, quelques mois après l’interdiction des abayas et des qamis, au moment où on interdit en France à des footballeurs le jeûne pendant le Ramadan et où les fascistes sont crédités du plus haut score aux élections européennes dans les sondages… Que faire pour être à la hauteur ?</p>



<p>Ce 23&nbsp;mars 2024, il y a eu moins de manifestations et elles étaient moins fournies qu’en mars 2023. L’année dernière avait vu le mot d’ordre de grève antiraciste évoqué à différents moments (par exemple suite au meurtre de Nahel) et même concrétisé par les travailleurs sans-papiers d’un chantier des JO et de boîtes d’intérim. Des manifestations suite au vote de la loi Darmanin avaient porté un espoir en termes de nombre de réactions et de villes mobilisées. Les syndicats et les grosses organisations avaient beau appeler à une mobilisation d’ampleur, et même la CGT à la désobéissance civile, la construction de ce mouvement voulu large et fort contre le racisme n’a pas eu lieu, alors que les actes antisémites et islamophobes augmentent, alors que le sionisme déploie son potentiel génocidaire en Palestine et contribue au pourrissement raciste ici.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’autonomie de classe est possible : chaque embryon de lutte est un début d’organisation qualitative</h2>



<p>Lutte féministe et lutte antiraciste n’en sont pas au même point, et leurs enjeux ne sont pas compris de la même manière. L’unité de notre classe contre les inégalités de genre commence à convaincre. L’unité face au racisme, facteur majeur de division en son sein, n’en est pas là.&nbsp;</p>



<p>Cependant, un groupe convaincu, aussi faible qu’il soit numériquement, peut convaincre à son échelle tout en testant ses arguments dans le mouvement. On ne doit pas être effrayé de commencer par « tout petit », faire des tests, affiner nos positions, se laisser convaincre… La (re)construction militante de la date du 8&nbsp;mars sous l’angle de la grève féministe a pris du temps localement. On peut espérer que cette grève permette de rendre d’autant plus accessible la grève antiraciste. C’est possible car la conscience de classe évolue.&nbsp;</p>



<p>Les obstacles qui se posent au mouvement deviennent des défis et des promesses de progrès si on prend le temps de les affronter. La terre est nourrie des expériences vécues. Les mouvements passés forment un terreau sur lequel poussent nos luttes et notre pouvoir, à l’image des AG de centaines de grévistes dans l’éducation en Île-de-France, qui organisent leur mouvement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’autonomie de classe passera par le&nbsp;mouvement, au sein des laboratoires de lutte</h2>



<p>Il faut être dans le mouvement pour élargir notre camp, confronter les stratégies, répondre aux obstacles qui nous sont posés. Réseaux de parents et assemblée de profs grévistes contre la politique du choc des savoirs dans le 93 ; réseaux d’habitant·es antifascistes à Fougères ou au Pré-Saint-Gervais ; collectifs de mineurs sans-papiers qui s’entourent de syndicalistes, de soignant·es, ou de profs. L’échelle relativement réduite de ces cadres permet de se connaître, se reconnaître, se faire confiance, agir et élargir. Ce qu’on nomme le mouvement, c’est l’endroit où notre classe se forge, se confronte au réel. Les inter-organisations ne suffisent donc pas, les réseaux par en-haut non plus.</p>



<p>Dans le mouvement, notre intervention est portée par ce qu’on peut appeler la générosité révolutionnaire : transmettre, être à l’écoute, apporter des éléments de réponses issus des luttes passées et de l’analyse du présent, aller au plus profond des arguments sans faire fuir les nouveaux·elles venue·s, laisser du vide pour permettre à de nombreuses personnes de s’emparer de la lutte.</p>



<p>Un mouvement à la base est généralement difficile à suivre quand il vit pleinement. Pour tenir sur le temps long, il nous faut de la conviction, une compréhension générale de la situation, et savoir où on va (ou du moins, où on veut aller). Quand on s’organise à A2C — ou ailleurs, on doit faire l’effort de la transparence la plus aboutie en expliquant où avons-nous l’impression d’aller. Ce qui nous fait tenir peut en aider d’autres.</p>



<p>Dans la mobilisation qui a lieu dans le 93 et à Paris, au-delà du manque de moyens alloués à l’éducation, des camarades portent une critique de l’école, notamment antiraciste et antivalidiste. C’est une tâche qu’iels se donnent du fait de la compréhension de la situation dans les établissements scolaires : le manque d’AESH ou les menaces d’expulsions de familles sans papier ne sont pas séparés de la rénovation des écoles ou de la mise en place des groupes de niveaux. Dans le même sens, porter la revendication de l’abrogation de la loi de 2004 interdisant le port du foulard à l’école nécessite de comprendre pourquoi la lutte contre l’islamophobie en France est cruciale.</p>


<div class="wp-block-image wp-duotone-rgb023105-rgb255229181-1">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-dominant-color="727272" data-has-transparency="false" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Edito_Illustr1-683x1024.webp" alt="" class="wp-image-8283 not-transparent" style="--dominant-color: #727272; width:367px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Edito_Illustr1-683x1024.webp 683w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Edito_Illustr1-200x300.webp 200w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Edito_Illustr1-768x1152.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Edito_Illustr1-jpg.webp 800w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">L’autonomie de classe n’est pas&nbsp;automatique&nbsp;</h2>



<p>Poser ces débats partout où nous sommes, c’est gagner du temps et du terrain pour la lutte antifasciste. Il y a un combat à mener dans notre classe pour que ces idées se concrétisent par des actions. Les prises de position antiracistes ne suffisent plus. Elles n’ont jamais suffi d’ailleurs. Il faut se compter, prendre en main nos cadres de lutte pour les renforcer.&nbsp;</p>



<p>Si on pense l’urgence de l’antifascisme et de l’antiracisme en lien avec l’utilité des frontières et de l’impérialisme pour le capital, alors il est nécessaire de se regrouper. S’organiser politiquement permet d’avoir une cohérence. On ne peut avoir la prétention de conserver la patate si l’on ne prend pas le temps de discuter des liens entre nos fronts et de ce qui fait obstacle à leur unité.&nbsp;</p>



<p>Aussi souhaitable soit l’autonomie de notre classe, elle n’est pas automatique. D’où l’idée qu’elle constitue un combat, une attention quotidienne à résister à l’idéologie dominante. Celle qui peut jusque dans nos rangs nous faire croire que nous aurions un intérêt à ne pas trop lier les problèmes entre eux et à prendre des raccourcis pour gagner. Au contraire, il n’y a pas de raccourci possible : tout le monde doit et devra mouiller le maillot, renforcer sa confiance à agir, relever la tête, et proposer à sa voisine ou son voisin de se serrer les coudes pour faire face et prendre de la place. C’est audacieux ? C’est le plus raisonnable.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Solen (Rennes)</h5>
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		<title>Crise du pouvoir : contre la loi Darmanin-Le Pen et pour la Palestine, saisir la brèche</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/crise-du-pouvoir-contre-la-loi-darmanin-le-pen-et-pour-la-palestine-saisir-la-breche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Jan 2024 16:32:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Immigration]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">La crise politique que traverse le gouvernement ne cesse de se renforcer. Après six mois de mouvement social contre la réforme des retraites, trois jours et nuits de révoltes contre les crimes policiers, le gouvernement <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/crise-du-pouvoir-contre-la-loi-darmanin-le-pen-et-pour-la-palestine-saisir-la-breche/" title="Crise du pouvoir : contre la loi Darmanin-Le Pen et pour la Palestine, saisir la brèche">[...]</a></div>
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<p style="font-style:normal;font-weight:600">La crise politique que traverse le gouvernement ne cesse de se renforcer. Après six mois de mouvement social contre la réforme des retraites, trois jours et nuits de révoltes contre les crimes policiers, le gouvernement est fragilisé pour mener sa politique. Acculé dans une période de crise économique et politique, il ne peut nous concéder de victoires et n’a pas d’autre choix pour mettre fin aux conflits sociaux ou politiques, que d’accroître la répression de nos luttes par tous les moyens possibles et de renforcer les discours et attaques racistes. Les attaques racistes et l’alimentation des discours réactionnaires sont une arme pour empêcher l’unité de notre classe qui pourrait lui être fatale dans la période. La loi immigration de Darmanin émerge dans ce contexte de crise du gouvernement Macron. À nous de nous enfoncer dans cette brèche pour faire tomber cette loi et le gouvernement !</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #11 &#8211; Janvier 2024</h6>



<h2 class="wp-block-heading">Perte d’influence de l’impérialisme en Afrique de l’Ouest et sursaut internationaliste contre Israël et les impérialistes occidentaux</h2>



<p class="has-drop-cap">La crise du gouvernement est inscrite dans une crise plus globale de l’impérialisme français à l’international. Après les mouvements « France dégage ! » en Afrique de l’Ouest et les différents coups d’États au Mali, Burkina Faso et récemment au Niger, le mouvement de solidarité pour la Palestine vient accentuer la crise de l’impérialisme français. À la suite du 7&nbsp;octobre 2023, des millions de personnes ont défilé dans toutes les villes du monde en solidarité avec la résistance palestinienne. En France, en cette fin d’année 2023, malgré un génocide documenté en tant réel, le gouvernement français a réprimé sans commune mesure en septembre, toutes marques de solidarité avec la Palestine et continue d’envoyer des armes en Israël.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Le génocide colonial et l’absence d’un cessez-le-feu traduit la barbarie sans nom du gouvernement d’extrême droite de Netanyahou et l’incapacité internationale à mettre fin à ce bain de sang. Le mouvement de solidarité pour la Palestine vient de nouveau fragiliser le gouvernement en montrant son impuissance à mettre fin au génocide et jette la lumière sur les intérêts de la France à la présence d’Israël au Moyen-Orient.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Réprimer une lutte de solidarité avec un peuple massacré en direct a nécessité pour le gouvernement un renforcement toujours plus fort de l’islamo­phobie, en reprenant l’idéologie qui assimile Palestinien·nes, musulman·es, arabes et terrorisme. Dans les écoles, plusieurs centaines d’élèves ont été accusés d’apologie du terrorisme pour n’avoir pas respecté la minute de silence.&nbsp;</p>



<p>Dans la construction de cette idéologie, le gouvernement s’est retrouvé à marcher contre l’antisémitisme, main dans la main avec le RN. En s’associant avec un parti bâti sur le négationnisme, il ne s’agissait donc pas d’une marche contre l’antisémitisme mais bien d’une marche islamophobe, contre les musulman·es et contre la solidarité envers le peuple palestinien.&nbsp;</p>



<p>Dans une période de crise, le racisme est exacerbé car il permet à la fois d’assurer la division de notre classe face aux politiques antisociales et aux réformes autoritaires mais aussi de construire un bouc-émissaire intérieur et extérieur pour justifier du renforcement militaire voire des attaques envers les luttes de libération ou de résistances des pays colonisés (Palestine) ou des pays anciennement colonisés sous influence de la France (Mayotte, Afrique de l’Ouest). Le racisme est un pivot idéologique empêchant l’unité de notre classe, permettant le renforcement des partis et des groupes fascistes et la victoire de l’impérialisme à l’international. Comment légitimer un génocide colonial sans étiqueter les victimes comme terroristes ? Comment convaincre du besoin de réarmement militaire sans instaurer la crainte d’une menace terroriste nécessitant une défense commune ?&nbsp;</p>



<p>Voulant résorber la crise politique en unifiant autour d’un projet raciste, la loi immigration, basée sur les aspirations idéologiques de l’extrême droite, a finalement fragilisé davantage la majorité à l’Assemblée nationale. 37&nbsp;députéEs LREM ont voté contre la loi et de nombreux départements ont annoncé ne pas vouloir l’appliquer et ont promu la désobéissance civile. Cette crise de la macronie signe aujourd’hui une victoire idéologique pour le Rassemblement national. Celui-ci en tire avantage pour étendre son influence dans l’espace médiatique et politique. Dans la rue, des groupes fascistes multiplient les apparitions et les attaques, surfant sur les discours médiatiques nauséabonds pour nourrir leur haine contre les musulman·es, les arabes et les Noir·es dans la plus grande impunité. Dans le même temps, des militant·es sont arrêté·es pour la seule raison d’avoir sorti un drapeau aux couleurs de la Palestine.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un gouvernement qui, dans sa crise, veut&nbsp;rester à l’offensive&nbsp;</h2>



<p>Macron l’a annoncé de ses vœux : il veut faire de 2024 une année de la détermination. Après s’être réjoui de la mise en place de la réforme des retraites, après une réforme de l’assurance chômage qui fait travailler gratuitement les plus précaires d’entres nous, le gouvernement veut réformer la sécurité sociale. Pour cacher ses mesures antisociales, l’inflation galopante, la hausse des loyers et la misère qui en découle, le gouvernement nourrit sans relâche la fiction du problème de l’immigration. La macronie, dans sa fragilité politique continue à nous précariser toutes et tous.&nbsp;&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image wp-duotone-333-rgb255183183-2">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="2f2318" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #2f2318;" decoding="async" width="960" height="614" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Edito_Illustr1-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8168 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Edito_Illustr1-jpg.webp 960w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Edito_Illustr1-300x192.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Edito_Illustr1-768x491.webp 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Construire la riposte et contrer les mobilisations sans lendemains et les aspirations réformistes.&nbsp;</h2>



<p>Toutefois, l’ampleur de la crise de la macronie, tant dans sa politique intérieure qu’extérieure, pourrait nous permettre des victoires. C’est dans les périodes de crises et de guerres qu’adviennent les révolutions. Si nous déjouons les pièges du racisme et de l’islamophobie qui menace l’unité de notre classe. Si nous sommes en capacité de montrer un plan de bataille à la hauteur des enjeux, contre l’extrême droite, pour la libération de la Palestine et contre la misère et la hausse de l’exploitation, nous pourrons nous engouffrer dans la brèche ouverte et gagner face au gouvernement.&nbsp;</p>



<p>Mais nous devons nous saisir de son manque de force politique et des crises produites par nos luttes et la conjoncture politique et économique. Nous devons faire reculer le gouvernement à partir d’une riposte d’ampleur contre sa loi immigration.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>La date du 14&nbsp;janvier a été choisie comme journée de mobilisation nationale contre cette loi. Une journée ne sera évidemment pas suffisante. Mais elle déterminera la suite. Si les directions syndicales n’appelleront pas à la grève contre cette loi, nous devons les pousser en faisant une démonstration dans la rue de l’opposition de notre camp à cette loi raciste. C’est à partir de cette base que nous pourrons infléchir l’idée d’une simple mobilisation aux attentes réformistes en un plan de bataille conséquent face au gouvernement et à sa politique sur des bases antiracistes. Attendre l’avis du Conseil constitutionnel sur certaines mesures de la loi, ça veut dire lutter pour un racisme acceptable et déléguer la situation à des instances qui n’ont pas été des remparts face aux dernières mesures racistes. Il n’y a pas de racisme acceptable comme il n’y a pas de génocide acceptable. Ce plan de bataille doit commencer par une mobilisation d’ampleur contre la loi immigration de Darmanin-Ciotti-LePen, qui en attaquant les droits des étranger·es, les droits des sans-papiers, attaquent nos droits à tous et à toutes. Une forte opposition antiraciste à cette loi d’immigration est essentielle pour isoler le projet fasciste et déjouer toute victoire idéologique du RN. Cette lutte doit s’articuler avec une solidarité internationale, soulignant que le racisme est une arme vitale pour justifier les crimes en Palestine. Privé de son arsenal idéologique raciste et islamophobe, le gouvernement serait affaibli dans ses ambitions impérialistes, tant au Moyen-Orient qu’en Afrique. Les directions syndicales ne voudront pas sauter dans la brèche qu’ouvre la période de peur de se faire dépasser par le mouvement, mais si nous ne dépassons pas la simple journée de mobilisation du 14&nbsp;janvier et les velléités réformistes, nous ne gagnerons pas et nous laisserons la victoire au Rassemblement national. Pour une riposte à la hauteur des enjeux, tous et toutes dans la rue le 14&nbsp;janvier. La suite devra être construite à partir de là, par en bas, dans des assemblées générales, dans nos syndicats et dans nos quartiers. Faisons de l’antiracisme la base d’un mouvement d’ampleur dans la brèche de la crise de la macronie.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Anouk Brunet (Marseille)</h5>



<figure class="wp-block-image size-large wp-duotone-333-rgb223255232-3"><img data-dominant-color="6c6658" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #6c6658;" loading="lazy" decoding="async" width="1100" height="623" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Edito_Illustr2-1100x623.webp" alt="" class="wp-image-8169 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Edito_Illustr2-1100x623.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Edito_Illustr2-300x170.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Edito_Illustr2-768x435.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Edito_Illustr2-jpg.webp 1200w" sizes="auto, (max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>
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			</item>
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		<title>Combattre le racisme et le colonialisme par tous les moyens nécessaires</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/combattre-le-racisme-et-le-colonialisme-par-tous-les-moyens-necessaires/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Nov 2023 22:59:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Marche des solidarités]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Solidarité internationale]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">« Chaque fois que les Noirs en lutte ont recours à l’autodéfense, en particulier à&#160;l’autodéfense armée, cela est déformé et finalement rendu synonyme d’agression criminelle. En revanche, lorsque les policiers se livrent clairement à des actes <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/combattre-le-racisme-et-le-colonialisme-par-tous-les-moyens-necessaires/" title="Combattre le racisme et le colonialisme par tous les moyens nécessaires">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Chaque fois que les Noirs en lutte ont recours à l’autodéfense, en particulier à&nbsp;l’autodéfense armée, cela est déformé et finalement rendu synonyme d’agression criminelle. En revanche, lorsque les policiers se livrent clairement à des actes d’agression criminelle, ils se défendent officiellement par une « agression justifiable » ou&nbsp;un « homicide justifiable » ». </p>
<cite>Angela Davis</cite></blockquote>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #10 &#8211; Novembre 2023</h6>



<p class="has-drop-cap"><strong>F</strong>ace au massacre en cours en Palestine, Macron et Darmanin rejoindront Netanyahu et Gallant sur l’autel des horreurs de notre monde. Pour le président et le ministre de l’Intérieur français, les actes d’un combattant palestinien deviennent ceux d’un « animal ». Pour eux, un·e migrant·e devient un criminel potentiel. Dans leur logique, 75&nbsp;ans de colonisation de la Palestine sont à anéantir de la grille d’analyse. Dans leur logique, il faut pouvoir déporter les populations immigrées si leur exploitation n’est plus nécessaire. Dans leur perspective, Israël a un blanc-seing pour massacrer les populations de Gaza. Dans leur perspective, il y a la loi Darmanin, la plus raciste depuis des décennies.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Unité nationale et croisade sanglante</h2>



<p>En sciences sociales, les faits ont un contexte propre, des causes et des conséquences spécifiques, une relative autonomie, et nécessitent une lecture singulière afin d’y apprécier les lois scientifiques les régissant. Il n’y a rien qui puisse rapprocher les causes de l’attaque coordonnée par le Hamas le 7&nbsp;octobre dernier contre Israël à celles de l’assassinat de Dominique Bernard. Rien. Si ce n’est les tendances actuelles des classes dirigeantes françaises. L’État et le gouvernement ont fait de la stratégie du choc<sup data-fn="fbedc610-af7c-412d-8b32-71f9d29f82f8" class="fn"><a href="#fbedc610-af7c-412d-8b32-71f9d29f82f8" id="fbedc610-af7c-412d-8b32-71f9d29f82f8-link">1</a></sup>&nbsp;leur fonds de commerce. Elle consiste à prendre prétexte de ces événements pour renforcer l’unité de la nation française sur des bases racistes et pour renforcer le nationalisme de l’ensemble des classes sociales derrière les actions impérialistes de l’État.</p>



<p>Les objectifs sont clairs :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>éliminer les contre-tendances : on criminalise le soutien à la résistance palestinienne et on réprime la solidarité avec les migrant·es,</li>



<li>favoriser un consensus à l’injustifiable : on interdit l’abaya et on enferme les révolté·es par l’assassinat de Nahel,</li>



<li>faire du cœur répressif de l’État son cerveau, ses voies respiratoires et ses parois intestinales : on donne à Darmanin, ancien militant de l’Action française, la tâche de déterminer qui est antisémite,</li>



<li>passer de l’exception à la règle : les amendes pour non respect du confinement répriment désormais les manifestant·es qui résistent aux interdictions préfectorales.</li>
</ul>



<p>Les raisons du soutien inconditionnel de l’État français à la politique israélienne ont une spécificité régionale. Les capacités d’intervention militaire et économique de l’État français au Proche et Moyen-Orient n’ont cessé de reculer en raison de la crise et des instabilités actuelles. La puissance de feu israélienne, la relative stabilité de ses institutions, sa politique d’apartheid et son colonialisme apparaissent comme des éléments de stabilité régionale pour les puissances impérialistes occidentales.</p>



<p>Les fondements actuels de l’unité nationale construite par les classes dirigeantes françaises doivent aussi se comprendre à une échelle plus globale. La trajectoire du capitalisme mondial en crise, impliquant une concurrence de plus en plus féroce entre capitaux internationaux, est la conséquence du processus permanent de concentration et centralisation du capital. Ce processus a fait émerger des firmes multinationales industrielles, commerciales et financières en situation de quasi-monopole au sein de leurs États respectifs. Cette concentration amène les États à entretenir de nouveaux rapports avec leurs principales multinationales.&nbsp;</p>



<p>L’État français a besoin d’être à la pointe de la compétitivité par l’innovation et les technologies que ses entreprises nationales peuvent apporter au secteur militaire, industriel, scientifique, et à certains services publics.</p>



<p>Les plus gros capitalistes ont besoin d’avoir un État fort, capable de défendre leurs intérêts sur les marchés internationaux, de garantir l’accès aux ressources naturelles nécessaires ou des contrats d’exclusivité par les relations de domination vis-à -vis d’autres pays.</p>



<p>Face à une crise majeure, une rivalité sans merci se développe sur le marché mondial. C’est là l’origine d’une tendance à la fusion entre État et capital, les capitaux devant se lier plus étroitement à leur État national pour la défense de leurs intérêts. Cette analyse de l’impérialisme permet de comprendre les guerres en Ukraine, en Palestine occupée et la montée des tensions entre la Chine et les États-Unis<sup data-fn="60616879-6e5a-4437-b193-c641e93cabc0" class="fn"><a href="#60616879-6e5a-4437-b193-c641e93cabc0" id="60616879-6e5a-4437-b193-c641e93cabc0-link">2</a></sup>.</p>



<p>Dans ce contexte, l’islamophobie, qui agit autour du triptyque guerre de civilisations-islam-terrorisme est le vecteur permettant de désigner aussi bien l’ennemi extérieur —&nbsp;qu’il soit Palestinien, Afghan ou Nigérien&nbsp;— et ainsi de justifier des guerres, que l’ennemi intérieur —&nbsp;qu’il soit migrant, musulman ou jeune de quartier&nbsp;— coupable d’atteinte aux intérêts de l’ensemble du pays et motivant à son tour le développement de la politique raciste.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’ensemble des rapports sociaux de la région sont le produit de la situation coloniale&nbsp;</h2>



<p>Des militant·es de gauche renvoient dos-à-dos la violence israélienne à celle du Hamas. Ces positions ont pour principale lacune scientifique la négation que l’ensemble des rapports sociaux de la région sont le produit de la situation coloniale.</p>



<p>Cette tendance du mouvement social à la position responsable se retrouve aussi chez les député·es qui ont signé une tribune en septembre dernier<sup data-fn="b536d007-b4ea-4b5d-bb78-8521e2bf60e7" class="fn"><a href="#b536d007-b4ea-4b5d-bb78-8521e2bf60e7" id="b536d007-b4ea-4b5d-bb78-8521e2bf60e7-link">3</a></sup>&nbsp;en faveur de la régularisation des travailleur·euses sans-papiers. Le critère de l’égalité des droits devrait, selon eux, être fixé par l’intensité de l’exploitation des sans-papiers qui travaillent et non directement pas leurs revendications.</p>



<p>Le problème pratique posé par ce type de concessions faites à l’idéologie dominante est qu’elles n’offrent que cynisme, mécanismes délégataires et immobilisme.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="859871" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #859871;" loading="lazy" decoding="async" width="1088" height="612" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Edito_Illustr1-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8009 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Edito_Illustr1-jpg.webp 1088w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Edito_Illustr1-300x169.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Edito_Illustr1-768x432.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Edito_Illustr1-678x381.webp 678w" sizes="auto, (max-width: 1088px) 100vw, 1088px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">La question de la fin et des moyens</h2>



<p>Des camarades bien plus proches, avec qui nous manifestons ensemble contre les massacres commis par l’armée israélienne, refusent de caractériser le Hamas comme une organisation de résistance. Cela repose sur une idée selon laquelle la fin ne justifie jamais les moyens. E. Plenel, signe ces mots<sup data-fn="25f59dcd-b4da-47c0-b9eb-8358e8cf6500" class="fn"><a href="#25f59dcd-b4da-47c0-b9eb-8358e8cf6500" id="25f59dcd-b4da-47c0-b9eb-8358e8cf6500-link">4</a></sup> :&nbsp;<em>« la contestation de l’occupation et de la colonisation ne saurait tolérer la négation de l’humanité des Israéliens. En franchissant ce pas avec les massacres et prises d’otage de civils, le Hamas a fait plus que nuire à la cause qu’il dit servir : il l’a déshonorée. »</em></p>



<p>Un premier argument pourrait être opposé : ce ne sont pas les aspirations morales qui impliquent les luttes anticoloniales. Ce sont là encore les antagonismes forgés par un rapport social colonial qui nourrissent les révolutions nationales et les mouvements de solidarité internationale. Dans ce type de contexte, le niveau de violence de la résistance des colonisé·es est constamment déterminé par la violence du colonisateur qui détient un État, une armée, une police et des prisons dédiés à la tâche. Le syndicat des enseignant·es de l’université de Birzeit expose cette vision sans concession<sup data-fn="82a225a2-0b61-4300-8815-5bd11414c2ab" class="fn"><a href="#82a225a2-0b61-4300-8815-5bd11414c2ab" id="82a225a2-0b61-4300-8815-5bd11414c2ab-link">5</a></sup> :&nbsp;<em>« On se souviendra de 2023 comme de l’année historique lors de laquelle les Palestinien·nes ont fait courageusement face au fascisme colonial, se battant pour défendre leurs maisons, leur humanité et leurs vies. Le peuple palestinien subit depuis plus d’un siècle la violence coloniale. Mais notre peuple s’est développé et va continuer de le faire. Il n’est pas nécessaire de parler de notre droit à résister, car ce n’est pas un droit mais une manière d’être et de survivre pour nous Palestinien·nes.</em>»</p>



<h2 class="wp-block-heading">« La vérité est du côté des opprimé·es » (Malcolm X)</h2>



<p>Cette situation politique nous paraissait catastrophique, irrespirable, écrasante…&nbsp;Et soudain… Le 17&nbsp;octobre, le chantier de l’Arena à Porte de la Chapelle est occupé par des grévistes sans-papiers, par le syndicat CNT Solidarité Ouvrière et par les collectifs de sans-papiers unis via la Marche des solidarités derrière le slogan&nbsp;<em>« Pas de JO sans papiers »</em>. Le même jour, plus de 600&nbsp;travailleur·euses sans-papiers soutenus par la CGT soulèvent des piquets de grève dans 33&nbsp;entreprises de la région parisienne.</p>



<p>Et soudain… la jeunesse, en grande partie racisée et féminisée, exprime sa colère contre les bombes israéliennes en défiant les interdictions de manifester. Le 18&nbsp;octobre, des mouvements juifs antisionistes envahissent le Parlement de Washington alors que Biden atterrit à Tel-Aviv pour soutenir l’épuration ethnique de la bande de Gaza. Le 21&nbsp;octobre, place de la République, 30 000 manifestant·es se rassemblent en solidarité avec la Palestine. Le 28&nbsp;octobre, des millions de personnes envahissent les rues, de Londres à Bagdad, de Marseille à Alger, de Dublin à Barcelone, d’Amman à Tunis, de Bruxelles au Caire.</p>



<p>Comme au printemps 2020, ce sont les franges les plus opprimées de notre classe qui entrent en masse dans l’arène par la manifestation et la grève. Ce sont les sans-papiers et la jeunesse des quartiers populaires qui rouvrent, à l’ensemble du mouvement social atrophié, les possibilités d’inverser le cours de l’histoire. Ce sont ces forces sociales qui transforment le champ des possibles. À elles seules, elles ne détruiront pas le colonialisme israélien et le racisme à la française.&nbsp;</p>



<p>Enraciner des fronts dans nos quartiers contre la loi Darmanin, contre le racisme, les implanter dans nos activités syndicales ou sur nos lieux d’étude, prendre des initiatives associées à la campagne BDS, organiser des cantines en solidarité avec la Palestine, initier des discussions et des évènements contre le danger du fascisme seront des interventions politiques nécessaires dans les semaines à venir.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Gaël Braibant (Montreuil) </h5>



<p></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<h6 class="wp-block-heading">NOTES</h6>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="fbedc610-af7c-412d-8b32-71f9d29f82f8"><em>La stratégie du choc</em>, Naomie Klein, 2007. <a href="#fbedc610-af7c-412d-8b32-71f9d29f82f8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="60616879-6e5a-4437-b193-c641e93cabc0">« <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/se-preparer-aux-guerres-qui-reviennent/">Se préparer aux guerres qui (re)viennent </a>», Jad Bouharoun, <em>Les Cahiers d’Autonomie de Classe</em> #05,  <a href="#60616879-6e5a-4437-b193-c641e93cabc0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="b536d007-b4ea-4b5d-bb78-8521e2bf60e7">Loi immigration : « Nous demandons des mesures urgentes, humanistes et concrètes pour la régularisation des travailleurs sans papiers », <em>Libératon</em>, 11 septembre 2023. <a href="#b536d007-b4ea-4b5d-bb78-8521e2bf60e7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="25f59dcd-b4da-47c0-b9eb-8358e8cf6500">« Israël-Palestine : la question morale », <em>Médiapart</em>, 22 octobre 2023. <a href="#25f59dcd-b4da-47c0-b9eb-8358e8cf6500-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="82a225a2-0b61-4300-8815-5bd11414c2ab">« Nous sommes tou·te·s des Palestinien·nes » communiqué du syndicat des professeur·es et des employé·es de l’université de Birzeit traduit et publié sur Agence Média Palestine le 13 octobre 2023. <a href="#82a225a2-0b61-4300-8815-5bd11414c2ab-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/combattre-le-racisme-et-le-colonialisme-par-tous-les-moyens-necessaires/">Combattre le racisme et le colonialisme par tous les moyens nécessaires</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Dans un contexte politique et social éruptif, une rentrée des luttes sans concession !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/dans-un-contexte-politique-et-social-eruptif-une-rentree-des-luttes-sans-concession/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Aude]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Sep 2023 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=7800</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Après des mois de lutte contre la réforme des retraites, après 100 jours de zbeul, après les révoltes dans les quartiers populaires, après des mouvements de grève significatifs pour de meilleurs salaires dans de nombreuses <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/dans-un-contexte-politique-et-social-eruptif-une-rentree-des-luttes-sans-concession/" title="Dans un contexte politique et social éruptif, une rentrée des luttes sans concession !">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">Après des mois de lutte contre la réforme des retraites, après 100 jours de zbeul, après les révoltes dans les quartiers populaires, après des mouvements de grève significatifs pour de meilleurs salaires dans de nombreuses entreprises, l’année 2023 n’a pas dit son dernier mot : jusqu’au bout, jusqu’à la victoire, nous resterons de tous les combats !</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #09 &#8211; SEPTEMBRE 2023</h6>



<p class="has-drop-cap">La longévité, la détermination, le caractère massif et la popularité du mouvement contre la réforme des retraites en a surpris plus d’un·e. Si ce dernier n’a pas permis de faire fléchir le gouvernement et de construire suffisamment la riposte par en bas, il a nourri notre classe de nouvelles expériences déterminantes pour les suites et a considérablement affaibli le gouvernement dans un contexte politique de plus en plus polarisé. Dans le cadre de cette contestation et celle des méga­bassines à Sainte-Soline, les arrestations arbitraires, la violence de l’encadrement des manifestations et des interpellations, ont vivement été condamnées par une grande majorité de la population.&nbsp;</p>



<p>Pourtant, après le meurtre de Nahel, lors des révoltes dans les quartiers populaires, la solidarité et le soutien actif, sans aucune réserve, qui aurait pu s’organiser, créant confiance et liens entre le mouvement social « traditionnel » et les émeutier·es, n’a pas été à la hauteur. En effet, nous nous heurtons à deux écueils :&nbsp;</p>



<p>Le premier, le plus problématique, même empreint de bonnes intentions, s’inscrit dans une logique condescendante et paternaliste héritée du colonialisme : interdire aux premier·es concerné·es de choisir leurs armes, en exprimant l’idée que les jeunes des banlieues, malgré la légitimité de leur révolte face aux violences et au racisme systémique, utilisent une « stratégie inadéquate » et « contre productive ». Si leur stratégie différait de celle du mouvement contre les retraites, visant tout ce qui symbolise l’État alors que l’autre respectait avec discipline le calendrier institutionnel, leur révolte était éminemment politique, d’une détermination exemplaire et a permis la construction d’un rapport de forces considérable.</p>



<p>D’un autre côté, le second écueil renforce l’idée culpabilisatrice qu’en tant que non racisé·es, nous ne pouvons nous exprimer à la place des révolté·es. Il est donc susceptible de favoriser l’inaction. Si les inégalités au sein de notre classe dans nos rapports à l’oppression nous enjoignent à respecter l’auto-organisation des premier·es concerné·es, cela ne doit pas entraver les processus permettant d’unir notre classe. Ces révoltes s’inscrivaient dans des logiques similaires à celles que nous venions de vivre ; une volonté transformatrice de la société, un renforcement du processus de polarisation et une continuité dans la réponse de l’État, à savoir la répression contre notre classe. Aussi, s’il est indéniable que cette dernière revêtait un caractère raciste, plus massif, plus violent et quasi militaire, nous étions légitimes pour soutenir activement les émeutes, même en utilisant des stratégies qui nous sont propres. C’est en organisant des manifestations massives de solidarité que nous aurions pu instaurer des rapports de confiance et des ponts entre nos deux mouvements.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pas de vacances pour le racisme et l’extrême droite : un danger fasciste de&nbsp;plus en plus prégnant</h2>



<p>Le 6 août, la première version du nouveau JDD paraît. À sa tête, Lejeune a réuni ses ami·es les plus réactionnaires. Si près de 90 % des salarié·es ont quitté le navire, si, pour l’instant, le journal peine à trouver des annonceurs, cet événement est loin d’être anodin. La massification des médias d’extrême droite engagée par Bolloré est en marche, vite, très vite, et accompagne la banalisation des idées les plus crasses. Pendant ce temps, les groupes d’extrême droite continuent de s’organiser, d’œuvrer, de recruter : intensifications des attaques et des ratonnades, recrudescences de tracts nazis, organisations de plus d’une quinzaine de camps d’été, etc.</p>



<p>Pendant ce temps, la liste des personnes migrant·es qui décèdent en mer ou dans le désert tunisien s’allonge : 1 848 personnes ont perdu la vie en traversant la Méditerranée selon l’OIM depuis le début de l’année 2023. Pourtant, en toute connaissance de cause, l’Union européenne poursuit sa politique d’externalisation des frontières et vient de signer un nouvel accord criminel, négocié par Meloni et Von der Leyen avec la Tunisie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une rentrée des luttes axées contre le racisme, l’islamophobie et la loi Darmanin</h2>



<p>C’est dans ce contexte que de nombreux·ses syndicats et organisations ont signé un texte appelant à une marche unitaire le 23&nbsp;septembre « pour la fin du racisme systémique, des violences policières, pour la justice sociale et les libertés publiques ». La proposition, tardive, est positive. Elle tente de mobiliser le mouvement social « traditionnel » contre le racisme et les violences policières.</p>



<p>Cependant, au-delà de la condamnation d’une justice expéditive, peu de soutien est exprimé envers celleux qui, arrêté·es aux moments des émeutes, sont jugé·es et enfermé·es. Et contrairement aux camarades en garde à vue pendant les grèves, personne ne crie leurs noms devant les commissariats. La violence de la garde à vue, la violence du dépôt, la violence du système, l’objetisation, la déshumanisation sont insupportables. Pourtant, aucune condamnation dans ce texte de la justice de classe raciste ! Aucune revendication concernant la relaxe sans condition de tou·tes les émeutier·es !</p>



<p>D’autre part, les revendications concernant la police entretiennent l’idée qu’elle est réformable, qu’il faudrait changer son armement, et non la désarmer, que le problème n’est pas sa nature et qu’il suffit de mieux la contrôler pour freiner violences et aspirations factieuses.&nbsp;</p>



<p>De plus, en tentant d’évoquer tous les sujets (crises écologique, politique et sociale, féminisme, racisme, etc.), telle une liste à cocher, sans aucune articulation, l’appel à la convergence ressemble à un vœu pieu. Si l’objectif premier semble être, puisqu’il s’agit des premiers mots du titre, la lutte contre le racisme et les violences systémiques, aucune analyse n’en est faite. Les propositions pour y mettre fin sont peu concrètes et surtout, la loi Darmanin, pourtant à l’ordre du jour de la rentrée, et l’islamophobie, illustrée notamment par l’interdiction des abayas, première préoccupation du nouveau ministre de l’Éducation, ne sont pas du tout évoquées.</p>



<p>En outre, l’extrême droite n’est mentionnée qu’à travers le prisme du gouvernement qui en ferait « le lit » mais pas en tant que danger propre. Pourtant, les distinguer est essentiel pour construire les stratégies qui permettront de les vaincre. Et ces dernières ne sont absolument pas antinomiques.</p>



<p>Enfin, aucune perspective n’est proposée au-delà de cette marche, seulement un vague appel à d’autres initiatives sur tout le territoire et à faire front sur le long terme.</p>



<p>Cependant, en y apportant des critiques constructives, cette initiative par en haut est une occasion d’organiser la riposte. De convaincre, sur le terrain, nos collègues, nos camarades de la nécessité de construire un front antiraciste et antifasciste. D’investir la lutte contre le projet de loi Darmanin qui cristallise les éléments énoncés plus tôt : lutte contre le ministre de l’Intérieur, qui se positionne en soutien inconditionnel des forces de l’ordre et de leurs syndicats, lutte contre le racisme, contre l’islamophobie et contre la politique mortifère du gouvernement envers les migrant·es.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sur tous les fronts, articuler les luttes et&nbsp;faire classe !</h2>



<p>Par l’expression de notre solidarité envers toutes et tous, contre toutes les discriminations instaurées par une société profondément inégalitaire qui divise celles et ceux qui en sont les victimes, par nos constructions collectives, par nos actions concrètes, nous reprenons le pouvoir, nous créons les conditions nécessaires, indispensables pour lutter contre l’oppression, l’exploitation et pour endiguer et faire refluer la poussée de l’extrême droite, la banalisation de ses idées et le danger fasciste.</p>



<p>À l’heure où l’on nous parle de « bon·nes » et de « mauvais·es » manifestant·es, de « bon·nes » et de « mauvais·es » migrant·es, de « bonnes »et de « mauvaises » victimes du système policier et judiciaire, nous, militant·es, avons une responsabilité, celle de réaffirmer qu’il n’y a qu’un seul bon côté de la barricade, qu’il n’y a qu’une seule classe face à un seul système et celleux qui le servent, qu’il est indispensable d’investir les luttes qui soutiennent les plus opprimé·es d’entre nous : convaincre, partout, tout le temps, sans concession, jusqu’à la victoire !</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-left">Charlotte Pavez, Romainville</h6>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/dans-un-contexte-politique-et-social-eruptif-une-rentree-des-luttes-sans-concession/">Dans un contexte politique et social éruptif, une rentrée des luttes sans concession !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Du zbeul général à l’autonomie de classe</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/du-zbeul-general-a-lautonomie-de-classe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 May 2023 08:05:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Retraites]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicats]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Sections syndicales de combat, assemblées de lutte, unité d’action contre le racisme et le fascisme, construisons l’autonomie de classe ! Les Cahiers d&#8217;A2C #08 &#8211; Mai 2023 Quatre mois. Quatre mois de mobilisations qui nous ont <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/du-zbeul-general-a-lautonomie-de-classe/" title="Du zbeul général à l’autonomie de classe">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">Sections syndicales de combat, assemblées de lutte, unité d’action contre le racisme et le fascisme, construisons l’autonomie de classe !</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #08 &#8211; Mai 2023</h6>



<p class="has-drop-cap">Quatre mois. Quatre mois de mobilisations qui nous ont permis de créer du lien et des expériences communes de lutte entre militant·es, collègues, voisin·es, familles et ami·es. Quatre mois traversés par différentes phases avec différents rythmes. Quatre mois pendant lesquels ont émergé des questionnements, des débats.</p>



<p>Macron a annoncé le 17&nbsp;avril « 100 jours d’apaisement ». Cette annonce est, en soi, un aveu d’échec pour un pouvoir dont l’objectif était, via les retraites, de briser tout mouvement de résistance et les organisations syndicales.</p>



<p>Mais le contenu de ces 100&nbsp;jours est clair : Macron veut toujours nous mettre à genoux. La paix qu’il cherche est celle de la guerre des frontières, de la rétention, des matraques et de l’exploitation. Il n’y aura pas de paix. Pas de paix sans justice. Pas de paix sans égalité. Durant ces 100&nbsp;jours c’est bien à nous de décider et de construire la suite, ensemble.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les différentes phases du mouvement</h2>



<p>Dès le 19&nbsp;janvier 2023, à l’appel de l’intersyndicale, les gens descendent par centaines de milliers dans la rue pour marquer leur désaccord et exprimer leur colère. L’ambiance dans les manifestations est joyeuse et déterminée. Face à l’ampleur de la mobilisation, une confiance dans notre capacité à faire face et à faire reculer le gouvernement gagne les manifestant·es. Le gouvernement utilise le 47.1 dès janvier pour raccourcir les discussions au Sénat. Les mobilisations se poursuivent malgré tout. La détermination est encore très forte et plusieurs millions de personnes continuent de se mobiliser chaque semaine témoignant du rejet très puissant de cette réforme. Les vacances passent puis le 7&nbsp;mars, une vague de manifestant·es répond à l’appel de l’intersyndicale.</p>



<p>Le 16&nbsp;mars, Élisabeth Borne utilise le 49.3. Ce coup de force législatif a pour objectif de renverser le rapport de forces en faveur du gouvernement mais il a l’effet de White spirit sur le feu. En réponse, la mobilisation s’amplifie et change de forme. Des dynamiques de classe et une auto-organisation plus spontanée commencent à se mettre en place. Les jeunes rejoignent plus largement le mouvement ainsi que d’autres personnes non-mobilisées jusqu’alors mais qui voient dans le 49.3 la preuve que le gouvernement ne nous prête aucune attention. Les blocages et les rues remplies de manifestant·es sont hebdomadaires. Des AG du secteur de la culture émergent dans de nombreuses villes. Des corps de métiers comme les coiffeur·euses, les libraires ou le secteur médico-social s’impliquent pour lutter contre la réforme des retraites, mais aussi pour porter des revendications propres à leur secteur d’activité. C’est l’un des aspects marquants de cette phase du mouvement : d’un mot d’ordre commun –&nbsp;les retraites&nbsp;– le mouvement s’ouvre à des revendications plus spécifiques. Il devient un lieu et un moment de rencontres et d’organisation.</p>



<p>De nombreux secteurs de luttes agissent ensemble : les féministes du collectif NousToutes&nbsp;35 à Rennes organisent un blocage économique aux côtés des syndicalistes, des militant·es de gauche se coordonnent avec des mouvements autonomes, des AG de quartier émergent. De nouveaux espaces de discussions sont créés avec la volonté de créer des ponts ou de renforcer ceux existants.</p>



<p>Le 25&nbsp;mars des manifestations contre le racisme et la loi Darmanin ont lieu dans tout le pays tandis que 30 000 manifestant·es convergent à Sainte-Soline contre la construction de mégabassines. Le pouvoir utilise un niveau de violence inédit. Deux manifestants finissent dans le coma.</p>



<p>Le 14&nbsp;avril est annoncé le verdict du conseil constitutionnel qui valide la réforme et rejette le référendum d’initiative partagée (RIP). Cela ferme toute solution institutionnelle dans la lutte contre la retraite à 64&nbsp;ans.</p>



<p>Face à l’impasse de la stratégie des directions syndicales, la force du mouvement semble retomber. La semaine suivante, la mobilisation est en baisse. L’intersyndicale n’appelle pas à une nouvelle journée de grève et se concentre sur le 1er&nbsp;mai. Malgré la participation historique aux manifestations du 1er&nbsp;mai, la seule perspective donnée par les directions syndicales est… le 6&nbsp;juin.</p>



<p>Un sentiment de défaite menace notre classe qui n’a pas construit de cadres d’auto-organisation à une échelle suffisante permettant de donner une alternative globale aux directions syndicales.</p>



<p>Mais dans ce vide où la colère n’a pas disparu, les personnes restent motivées et cette confiance gagnée permet la multiplication de différents fronts et la mise en mouvement, sur des questions moins globales. Beaucoup de discussions s’ouvrent et des débats sur la question du racisme et du Rassemblement National émergent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Non, le mouvement n’est pas mort !</h2>



<p>La mauvaise presse de Macron en France comme à l’internationale est flagrante. Mais le rejet est surtout un véritable rejet de classe dont témoignent les appels à « casserolades » aux heures de discours de Macron à la télévision, les coupures d’électricité par la CGT Énergie, la multiplication de grèves locales sur les salaires ou la mobilisation de masse du 1er&nbsp;mai.</p>



<p>L’absence de perspectives globales données par les syndicats (et les partis politiques) ne doit pas conduire à « passer à autre chose ». La retraite à 64&nbsp;ans est une ligne rouge qui n’autorise plus de compromis.</p>



<p>Mais le mouvement doit se nourrir et se renforcer grâce à la multiplication des conflits qui sont encouragés par la combativité et la colère exprimées : luttes pour les salaires, les conditions de travail, la santé, l’éducation, la riposte aux ­violences policières, etc.</p>



<p>Ces multiples conflits, le développement d’une véritable guérilla sociale et politique, doit permettre de développer les outils d’auto-organisation qui ont été, jusqu’ici, une des principales limites du mouvement : sections syndicales de lutte, assemblées locales, comités de base, etc.</p>



<p>L’édito des Cahiers 07 «<a href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/de-lhuile-sur-le-feu/"> De l’huile sur le feu </a>» évoquait la nécessité de décloisonner nos luttes et de casser le « <em>conservatisme militant</em> » car c’est bien « [&#8230;] <em>quand notre classe est réceptive qu’il faut</em> [&#8230;] <em>prendre des initiatives et se servir du fruit du travail passé pour construire à un rythme qui serait impossible hors mouvement</em>. » Gardons en tête que les périodes comme celles-ci sont des occasions idéales pour parler politique, conditions de travail, exploitation, logiques capitalistes et discriminantes. C’est le moment d’être généreux·ses, de partager nos outils d’organisation collective et d’aller vers celles et ceux qui n’ont pas encore de cadre militant. Et surtout, c’est le moment de ne pas lâcher la question de l’antiracisme. C’est le moment de se dresser contre le danger fasciste.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Contre le racisme et les fascistes : solidarité de classe !</h2>



<p>Les interventions des membres du gouvernement contre les immigré·es, l’opération immonde à Mayotte, l’affirmation réitérée par Darmanin de la nécessité d’une loi « ferme » contre l’immigration, montrent à quel point la carte raciste va être utilisée pour tenter de clore la séquence actuelle. Cela dans une situation où le racisme empoisonne, à des degrés divers, des fractions importantes de notre classe. Dans une situation où le terreau xénophobe développé par le pouvoir ne peut que bénéficier aux fascistes.</p>



<p>Le 1er&nbsp;mai, Journée de solidarité internationale des travailleur·euses, le Rassemblement National organisait sa « fête de la Nation » au Havre, haut lieu des luttes ouvrières. Le 29&nbsp;avril des courants racistes et fascistes appelaient à se rassembler à Saint-Brévin contre un centre d’accueil de ­personnes migrantes.</p>



<p>Le 3&nbsp;avril à Poitiers, des fascistes de l’Action française ont bloqué, avec le soutien d’autres groupuscules venus d’Angers, l’université pour défendre le droit des étudiant·es « citoyens poitevins ».</p>



<p>Aujourd’hui plus que jamais, il est nécessaire d’investir partout la question de l’antiracisme et de l’antifascisme dans nos organisations, nos AG de quartier, nos associations, notre travail, nos familles, à l’école, à l’université et auprès de nos ami·es. Nous avons, au sein de ce mouvement, des occasions de se donner confiance et de la transmettre aux personnes qui souhaitent investir cette lutte.</p>



<p>Au Havre les organisations qui avaient appelé à manifester contre la venue du RN ont été rejointes par des manifestant·es de la région (notamment de Rouen) ainsi que par une centaine de manifestant·es venu·es de Paris dont la moitié étaient des membres des collectifs de sans-papiers.</p>



<p>Les milliers de participant·es au concert de Médine en fin d’après-midi ont réservé un accueil enthousiaste aux discours antiracistes et antifascistes des sans-papiers et des collectifs de la Marche des solidarités</p>



<p>À Saint-Brévin plus de 300&nbsp;manifestant·es ont conspué les 150&nbsp;fascistes rassemblés. À Poitiers les fascistes se sont fait chasser par des étudiant·es sur place, qui n’ont, par ailleurs, reçu aucun soutien de la part des responsables de l’université sous prétexte que « tout le monde peut s’exprimer ».</p>



<p>Ainsi, la suite du mouvement, c’est partout où nous intervenons en tant que militant·es ou non.</p>



<p>La suite, c’est à Paris, le 13&nbsp;mai à la Marche des personnes trans et intersexes (et celleux qui les soutiennent) appelée par ExisTransInter pour une journée de lutte contre la loi Darmanin et contre les frontières.</p>



<p>La suite, c’est d’organiser d’autres « Barbecues contre Macron » comme celui du Collectif Rennes Sud Mobilisé, d’autres cortèges des Book Blocks contre Darmanin ou encore d’autres festivals comme Big Up, weekend féministe et antiraciste, sportif et culturel.</p>



<p>La suite, c’est le soutien à chaque grève organisée dans notre secteur ou dans notre quartier.</p>



<p>La suite, c’est le combat pour l’autonomie de notre classe, de ses organisations, de sa stratégie, de ses idées et analyses.</p>



<h6 class="wp-block-heading">Mathilda Demarbre et Maria Martin, Rennes</h6>
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		<title>De l’huile sur le feu</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/de-lhuile-sur-le-feu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Mar 2023 10:34:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Retraites]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicats]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Lorsque nous publiions le dernier numéro des Cahiers d’Autonomie de Classe, quelques jours avant la première manifestation nationale contre la réforme des retraites appelée par l’intersyndicale qui n’avait pas été unanime depuis douze ans, notre <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/de-lhuile-sur-le-feu/" title="De l’huile sur le feu">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">Lorsque nous publiions le dernier numéro des Cahiers d’Autonomie de Classe, quelques jours avant la première manifestation nationale contre la réforme des retraites appelée par l’intersyndicale qui n’avait pas été unanime depuis douze ans, notre espoir en ce mouvement était élevé. Et nous n’avons pas été déçu·es : le 19&nbsp;janvier a marqué le plus imposant début de mobilisation du 21e&nbsp;siècle. Elle a rassemblé entre 1,2 et 2 millions de manifestant·es, et ce n’était que la première d’une longue série de manifestations toutes plus massives les unes que les autres. Cette mobilisation contre la réforme des retraites du gouvernement Macron, et par extension contre Macron et son monde, est historique. La liesse créée par ces moments ne doit pas nous faire perdre nos objectifs révolutionnaires de vue. On s’est vu·es, on s’est compté·es et une question nous brûle les lèvres : comment faire pour gagner ?</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #07 -Mars 2023</h6>



<p class="has-drop-cap">Les enjeux de cette réforme sont très élevés pour le capitalisme français et pour la classe dirigeante. Il s’agit de nous exploiter plus et plus longtemps en nous payant moins, ce qui représenterait un immense gain pour eux sur le long terme. Il s’agit aussi et surtout de casser le dos à notre mobilisation, pour derrière avoir le champ libre. C’est pourquoi le gouvernement ne va pas « écouter la colère » et ne reculera que le couteau sous la gorge : à nous de le lui mettre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De la grève dans les secteurs déjà&nbsp;organisés…&nbsp;&nbsp;</h2>



<p>Qu’on se le dise, l’impact économique direct ne suffira pas : lorsque l’enjeu historique est si important, l’État et les patrons peuvent tenir des semaines ou des mois, « quoiqu’il en coûte » ; et ils ont plus de réserves que nous. Nous ne devons pas nous contenter de les taper au portefeuille mais faire en sorte que la mobilisation s’étende toujours à de nouveaux foyers, qu’elle se massifie et qu’ils perdent le contrôle du pays : en résumé, qu’ils prennent peur pour leur régime.</p>



<p>Si la mobilisation des secteurs stratégiques et les mieux organisés a un impact économique certain et immédiat et qu’elle a tendance à mener la lutte, elle ne suffira pas à paralyser le pays. Car c’est bien l’organisation par le bas, couplée avec le blocage du pays par la grève reconductible, qui nous fera gagner. Pour cela, il est nécessaire de s’appuyer sur les secteurs déjà organisés, mais surtout d’implanter la lutte partout où elle n’existe pas encore et de la fortifier.</p>



<p>Le mouvement actuel a commencé doté d’une intersyndicale plus large qu’en 2019, mais sans véritable secteur locomotive qui soit parti en grève reconductible dès le début. Cette fois-ci, malgré le caractère massif des journées de mobilisation, on a pu ressentir en janvier et février une appréhension et une hésitation certaine, comme si la lutte était, pour l’instant au moins, déléguée aux directions syndicales rassemblées : les piquets et les assemblées générales de grévistes, cœurs battants du mouvement de 2019, ont tardé et peinent encore à s’organiser.&nbsp;</p>



<p>L’un des tous premiers appels à la grève reconductible à partir du 7&nbsp;mars est venu d’un secteur organisé en assemblées générales, celui de l’éducation à Paris. Dans la foulée, les intersyndicales SNCF et RATP, ainsi que plusieurs fédérations CGT (Chimie, Énergie, Ports et Docks) ont annoncé leurs propres appels à la reconductible. Ces appels audacieux permettent de poser la question des secteurs dits « stratégiques », qui sont indispensables mais qui ne peuvent se substituer au reste du mouvement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">… à l’autonomie de classe</h2>



<p>Les secteurs stratégiques où la mobilisation est forte peuvent servir de point d’appui au mouvement, à condition de relayer leur confiance et leur combativité à d’autres secteurs où la grève peine à prendre. Pour cela, l’organisation par piquets et assemblées au plus près du terrain est indispensable. Partout, celleux qui sont déjà grévistes peuvent s’organiser pour identifier les lieux de travail proches à cibler, aider celleux qui veulent faire quelque chose (et nous sommes des millions à vouloir faire quelque chose) mais ne savent pas forcément par où commencer. La grève générale n’est pas une simple addition de luttes disparates : sa possibilité dépend avant tout de la transmission rapide, par les travailleur·euses elleux-mêmes, du virus de la lutte. Des ports, des raffineries, des écoles et des gares en grève doivent partir des dizaines de délégations pour apporter solidarité et courage à tous les secteurs de la ville, etc.&nbsp;</p>



<p>Le mouvement contre les retraites est l’occasion de construire pour aujourd’hui et pour la suite. Chaque échange autour des questions politiques dans nos quartiers, chaque lien fait au sein des manifestations est précieux. Ce sont ces liens qui, petit à petit, créent le rapport de forces, étendent la toile et la solidifient. Et c’est ce à quoi nous devons travailler : renforcer nos amitiés politiques, nos collaborations stratégiques, nos relations de lutte tâtonnantes. Chacun des collectifs dans lesquels nous sommes investi·es devrait voir son effectif grandir au fur et à mesure de la mobilisation. La grève générale est le moment d’union de notre classe mais cette union est vivante, construite en bas et non décrétée par une direction syndicale, aussi radicale soit-elle. C’est au sein du mouvement que nous pouvons construire les bases solides et pérennes de notre autonomie de classe. Les espaces de collectif et de construction commune qu’il offre sont tous à investir, et à créer.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Casser le conservatisme militant&nbsp;</h2>



<p>La petite minorité militante de notre classe mène le plus clair de son activité hors mouvement, lorsque l’immense majorité de la classe survit dans des conditions difficiles. On acquiert des habitudes et une certaine prudence qui sont indispensables pour ne pas se laisser démoraliser et démobiliser.</p>



<p>Mais lorsque notre classe se met en mouvement, lorsque des millions envisagent l’action, celles-ci peuvent se transformer en frein. C’est pourtant quand notre classe est réceptive qu’il faut faire preuve d’audace, prendre des initiatives, et se servir du fruit du travail passé pour construire à un rythme qui serait impossible hors mouvement. Ce n’est pas le moment d’être prudent·es ni de cantonner chaque lutte dans son coin.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pour gagner, il faut faire classe !&nbsp;</h2>



<p>En face, l’État a lui aussi une stratégie. Il ne lui suffit pas de nous attaquer au portefeuille. Le contexte international de compétition économique accrue doublée d’un réarmement impérialiste généralisé l’oblige à mettre au pas la société.&nbsp;</p>



<p>La loi Darmanin sur l’immigration, qui passe presque inaperçue pendant le mouvement des retraites, ressemble pourtant à l’attaque parfaite contre notre classe. Sur fond de propagande raciste nauséabonde, le gouvernement compte pérenniser les pratiques patronales de surexploitation des travailleur·euses dans les secteurs dits «en tension». Il légalise ainsi l’existence d’une catégorie de «sous-travailleur·euses», qui n’auraient pas le même droit du travail que les autres car… étranger·es. Cette loi divise et préfigure de la brutalité avec laquelle l’État compte traiter chacun·e d’entre nous si nous lui en laissons l’initiative.&nbsp;</p>



<p>Exploitée et divisée politiquement par le Capital et l’État, notre classe doit être capable de s’unir. S’unir ne veut pas dire ignorer les hétérogénéités et les oppressions qui parcourent la classe ; mais ça veut dire être capables de se penser comme le pouvoir alternatif, comme capables de confronter tous les problèmes de la société, et notamment les oppressions qui frappent des sections de notre classe et la divisent. Aux hommes d’être antisexistes, aux blanc·hes d’être antiracistes. Uni·es, rien ne pourra nous arrêter. Le mouvement, lorsque des millions rejettent activement le monde des exploitants et se questionnent sur le monde que nous pouvons construire, est l’occasion de construire ces unions politiques. La mobilisation actuelle est un moment exceptionnel pour renforcer nos liens : dans tous les cortèges, dans toutes les têtes, il n’est pas uniquement question du montant de la retraite que chacun·e pourra obtenir, mais bien d’idéologie. Les manifestant·es défilent et les grévistes s’arrêtent pour la fin du capitalisme, pour la fin du mépris à leur encontre, pour une société plus viable et solidaire. C’est le système tout entier qui est hué dans les rues chaque semaine. Cet élan de politisation doit être considéré comme une opportunité pour accentuer cette politisation, rendre audible des sujets qui peinent à se faire entendre : dans les moments collectifs, toutes les oreilles sont tendues, ou presque. À nous donc d’amener les questions qui sont encore minoritaires et dont nous sommes convaincu·es de l’importance dans chacun de ces moments, car c’est justement notre capacité collective à élaborer sur les questions féministes et antiracistes qui sera le ciment de l’autonomie de notre classe.</p>



<h6 class="wp-block-heading">Ju Lhullier-Le Moal, Rennes, et Jad Bouharoun, Paris 18<sup>e</sup></h6>
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		<title>Résolution 2023 : ne pas laisser passer la loi Darmanin</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/resolution-2023-ne-pas-laisser-passer-la-loi-darmanin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Jan 2023 10:04:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=6861</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">2023 commence fort, Macron et son gouvernement continuent d’avancer leurs pions les uns après les autres, de tous les côtés : réforme des retraites, lois sur le logement, le chômage, l’immigration, la police. Impossible de s’y <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/resolution-2023-ne-pas-laisser-passer-la-loi-darmanin/" title="Résolution 2023 : ne pas laisser passer la loi Darmanin">[...]</a></div>
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<p style="font-style:normal;font-weight:600">2023 commence fort, Macron et son gouvernement continuent d’avancer leurs pions les uns après les autres, de tous les côtés : réforme des retraites, lois sur le logement, le chômage, l’immigration, la police. Impossible de s’y méprendre, cette logique a un sens et de graves conséquences pour notre classe : baisse des droits sociaux, atomisation et mise en concurrence de tou·tes, précarisation des conditions de travail et des ressources et criminalisation de la précarité et de l’immigration… Nombreuses sont les organisations politiques, syndicales, associatives qui veulent combattre ces attaques : tout mouvement sera nécessaire et il va falloir frapper fort.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #06 &#8211; JANVIER 2023</h6>



<p><strong>Réformes chômage, retraite, loi antisquat </strong></p>



<p>Le recul de l’âge de départ à la retraite des actif·ves figurait déjà dans le programme d’Emmanuel Macron.</p>



<p>L’idée est de repousser l’âge de départ à la retraite, pour arriver à 64&nbsp;ans en 2027, puis éventuellement à 65&nbsp;ans d’ici à 2031-2032, au lieu de 62&nbsp;ans actuellement. Il s’agit de mettre en place un relèvement progressif de la durée de cotisation, à hauteur de 4&nbsp;mois par an. Il n’est plus question du régime universel de retraite qu’il proposait lors de son dernier quinquennat.</p>



<p>Ainsi, la volonté est de repousser l’âge légal de départ à la retraite à 65&nbsp;ans, mais Élisabeth Borne, lors d’un discours en juillet dernier, a évoqué la possibilité de diminuer l’âge à 64&nbsp;ans, en contrepartie d’un allongement de la durée de cotisation. Bref, la perspective est la même : travailler de plus en plus longtemps et favoriser notre précarité.</p>



<p>Alors que la hausse des prix des loyers n’étonne plus grand monde, qu’il y aurait 4,1&nbsp;millions de personnes mal-logées dont plus de 300 000 sans domicile fixe en France, les conditions chaque jour plus difficiles pour réussir à se loger poussent de plus en plus de personnes à avoir comme seule alternative le squat. Eh non, ce n’est pas cette réalité qui est inquiétante pour le gouvernement mais plutôt de quelle manière faciliter l’expulsion de personnes qui réussissent non sans peine à obtenir un logement et à en payer le prix chaque mois.</p>



<p>Adoptée en décembre 2022, la loi antisquat, aggrave les peines encourues ainsi que la simplification de la procédure d’expulsion, et cela parfois sans bénéficier de l’intervention d’un juge. Cette loi va venir attaquer encore et toujours les plus précaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Loi immigration : « gentil avec les gentil·les » ou « méchant » avec tou·tes sauf avec les capitalistes ?&nbsp;</strong></h2>


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<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="6c6c6c" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #6c6c6c;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/01/A2C_RevueN6_Edito_Illustr1.jpeg" alt="" class="wp-image-6870 not-transparent" width="-362" height="-272"/></figure>
</div>


<p>Un pas en avant vers le racisme et le nationalisme : depuis septembre nous faisons face à cette offensive de plus en plus autoritaire, décrite en partie ci-dessus, visant toujours plus notre classe.&nbsp;</p>



<p>Dans un marasme nauséabond qui peut pousser notre camp à la sidération face à ces attaques, une des luttes prioritaires à mener reste la contre-offensive contre la loi asile et immigration de Darmanin soutenue par le ministre du Travail Olivier Dussopt. Alors que certains syndicats ou collectifs ne l’entendent pas de cette façon et n’argumentent pas sur la logique de se battre à la fois contre cette proposition de loi et, dans le même temps, contre les réformes de l’assurance chômage, des retraites et pour des augmentations de salaires, l’argumentation reste à gagner. Il est nécessaire de lier ces différentes attaques à une logique gouvernementale de plus en plus affirmée.</p>



<p>Ils veulent nous affaiblir, mais si nous sommes des milliers dans les rues, nous avons le pouvoir de nous faire entendre et d’agir en bloc face à cette loi.</p>



<p>La loi immigration n’est ainsi pas une surprise, détachée de la dynamique globale. Il ne s’agit pas d’une loi isolée, reflétant l’autoritarisme et le racisme seulement du ministre de l’Intérieur. Elle est la cristallisation et le passage d’un cap vers le nationalisme et le racisme du gouvernement et de Macron, afin d’asséner un coup de violence supplémentaire envers les personnes sans-papiers. Il s’agit de répondre à des besoins capitalistes et économiques en surexploitant toujours les plus précaires.&nbsp;</p>



<p>Avant même la proposition de loi, le ministre de l’Intérieur a adressé aux préfets ainsi qu’aux directeurs généraux de la police et de la gendarmerie nationales une circulaire leur demandant notamment d’inscrire au fichier des personnes recherchées les étranger·es faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). C’est du Darmanin tout craché, représenté par sa volonté crasse d’assimiler l’immigration à la délinquance.</p>



<p>Après l’annonce de novembre, le gouvernement entend régulariser la situation de certain·es travailleur·euses étranger·es, à titre expérimental pendant quatre ans, avec une carte de séjour temporaire mention « travail dans des métiers en tension ». Cette carte ne sera attribuée que sous certaines conditions : si et seulement si la personne a exercé une activité professionnelle salariée dans ces secteurs en tension, depuis au moins huit mois sur les deux années précédentes, et justifie d’une résidence d’au moins trois ans sur le territoire. En plus, cette carte ne sera valable qu’un an. Le gouvernement veut également créer une nouvelle carte de séjour destinée aux professionnel·les de santé pour attirer des médecins étranger·es et « répondre au besoin de recrutement ». Cette mesure devrait s’appliquer alors que le gouvernement ne se préoccupe plus depuis des dizaines d’années du secteur sanitaire et social, sauf pour y rendre de plus en plus difficiles les conditions d’exercice et presser la casse du service de santé.&nbsp;</p>



<p>Là, ça compte les billets ! L’État reconnaît une valeur aux personnes migrantes seulement si elles répondent à des besoins capitalistes, et dans ce cadre, le titre de séjour conditionné par l’activité salariale permet de continuer de les contrôler. Alors que ce que nous voulons c’est l’égalité pour tou·tes, et les papiers pour tou·tes sans ­condition.&nbsp;</p>



<p>Maintenant, en ce qui concerne la hausse du contrôle de l’immigration, cette loi permettrait de faciliter les expulsions des personnes étrangères qui (d’après Darmanin donc) ne respecteraient pas les valeurs républicaines ou qui commettraient des infractions sur le territoire. La tangente arbitraire de ces mesures coule de source. Comme les lois migratoires précédentes imposent déjà le respect des valeurs républicaines pour être un·e « bon·ne citoyen·ne immigré·e », alors qu’il n’est jamais difficile pour un gouvernement raciste de prétendre au comportement non républicain d’une personne, cette présente loi va accélérer les jugements, et l’expulsion nécessitera de moins en moins de conditions préalables pour être exécutée car les quelques « protections » obtenues pour s’opposer à une obligation de quitter le territoire français (OQTF) seront aussi supprimées par cette loi. En effet, lorsqu’une personne migrante se verra accusée de constituer une menace pour l’ordre public ou la sûreté de l’État, elle sera encore plus facilement expulsable : des accusations, sans nul doute, de nouveau majoritairement arbitraires.&nbsp;</p>



<p>Les contrôles aux frontières seront renforcés. C’est donc « la double peine » (criminalisation et expulsion) telle que le ministre de l’Intérieur l’a toujours assumée, autorisant « le recours à la coercition pour le relevé des empreintes digitales et la prise de photographies » des migrant·es sans-papiers. Les passeurs vont risquer jusqu’à vingt ans de prison. Le but sera de piéger de plus en plus de migrant·es d’origine principalement africaine, car ce sont elleux qui se retrouvent souvent dans l’obligation de faire appel à un passeur dans leur parcours migratoire. L’objectif sera de dissuader et criminaliser davantage ces personnes en rendant toujours plus mortifère les traversées de la Méditerranée.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Action après action : nous gagnerons !&nbsp;</strong></h2>



<p>Face à l’urgence d’agir contre cette loi, plus de 50&nbsp;rassemblements et manifestations ont eu lieu à l’occasion de la Journée internationale des migrant·es ce 18&nbsp;décembre.&nbsp;</p>


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<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-dominant-color="747474" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #747474;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/01/A2C_RevueN6_Edito_Illustr2-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-6869 not-transparent" width="418" height="313"/></figure>
</div>


<p>À l’appel des collectifs de sans-papiers et de la Marche des solidarités, plus de 200 organisations ont appelé à ces manifestations. Des appels à manifester et à lutter contre la loi Darmanin ont été lancés par les syndicats (CGT, Solidaires, FSU), la LDH, La France insoumise…</p>



<p>Nous voici maintenant début 2023 : quelques semaines après la scandaleuse coupe du monde au Qatar qui a engendré la mort a minima de 6 500&nbsp;personnes migrantes sur ses chantiers de préparation, mais aussi un flot de discours racistes contre les supporters de l’équipe marocaine. Dans cette même période, des crimes ont été orchestrés par des groupes fascistes : en décembre, deux personnes membres d’un collectif antifasciste lyonnais ont été gravement agressées par une milice fasciste. Alors notre camp doit agir !&nbsp;</p>



<p>C’est dans cet atmosphère que Macron et Darmanin en faisant flamber leur logique raciste assimilent les étranger·es à la délinquance, une énième loi allant contre les droits des personnes migrantes, sans-papiers, étrangères, et lorsque le gouvernement s’attaque férocement à une partie de la population, il s’attaque insidieusement à toute la société, tout en cherchant à nous diviser. La loi Darmanin « asile et immigration » sera sûrement déjà présentée au Conseil des ministres à l’heure où vous lirez cet article, car elle doit être présentée mi-janvier puis examinée par le Sénat à la même période et à l’Assemblée nationale en mars ou avril 2023. Nous avons donc 3 mois pour renverser la tendance, et crier notre solidarité antiraciste dans tous les lieux dans lesquels nous sommes : au travail, dans nos quartiers, nos universités, dans les espaces militants dans lesquels nous intervenons et partout où nous le pouvons.</p>



<p>Ce 18&nbsp;décembre ne peut donc qu’être une date parmi tant d’autres à venir pour établir un rapport de forces conséquent d’ici mars afin d’affaiblir la confiance que prend le gouvernement qui nous éclabousse de sa logique impérialiste raciste. Ce qui a pu être mis en œuvre le 18 est une base à continuer de mobiliser avant mars et encore après. Collectifs de personnes sans-papiers, syndicalistes, collectifs antifacistes, antiracistes et féministes, c’est l’affaire de chacun·e d’entre nous, alors prenons la confiance de nous mettre en action.&nbsp;</p>



<p>Le 20&nbsp;janvier, la Marche des solidarités appelle tou·tes celleux qui veulent s’informer et s’impliquer à une assemblée de mobilisation à la Bourse du travail de Paris (salle Hénaff à 18 h). Elle appelle les 50 villes qui ont organisé des manifestations le 18 décembre à prévoir dès que possible des assemblées locales partout où c’est possible.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La rue, elle est à qui ? Elle est à nous !</strong></h2>


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<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="aeaeae" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #aeaeae;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/01/A2C_RevueN6_Edito_Illustr3.jpg" alt="" class="wp-image-6868 not-transparent" width="365" height="550"/></figure>
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<p>La crise d’organisation politique dans certaines villes, les partis qui se divisent, l’accumulation des crises telle que la crise climatique, la crise énergétique dûe notamment à la guerre en Ukraine, ainsi que son instrumentalisation par Macron et Borne, nous poussent au repli sur nous-mêmes, d’autant plus avec la banalisation de la présence des milices fascistes dans les rues, de l’extrême droite dans les médias, et les 89 député·es à l’Assemblée&#8230;&nbsp;</p>



<p>Et pourtant… c’est bien pour cela que nous devons continuer de nous investir, redynamiser et massifier les mouvements sociaux pour reprendre confiance en nous.&nbsp;</p>



<p>Poursuivre notre engagement dans les luttes, pour rester solides et solidaires ensemble, c’est cette boussole qu’il va falloir préserver dans notre action politique pour rebalancer le rapport de forces en notre faveur.&nbsp;</p>



<p><em>« Mais il faut une volonté pour que le combat social s’articule avec d’autres luttes et notamment le combat contre la loi Darmanin. À défaut, il existe des forces déjà bien trop déterminées dans ce pays qui peuvent surfer sur la colère sociale pour l’entraîner vers le racisme et le nationalisme.Infliger une défaite de grande envergure à Macron et Darmanin, redonner de l’espoir, repousser le racisme et isoler les fascistes, tout cela est possible. C’est maintenant. </em>»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6861_20('footnote_plugin_reference_6861_20_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_6861_20('footnote_plugin_reference_6861_20_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6861_20_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6861_20_1" class="footnote_tooltip">« <a href="https://blogs.mediapart.fr/marche-des-solidarites/blog/211222/loi-darmanin-comment-gagner">Loi Darmanin : comment gagner ?</a> », Marche des solidarités</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6861_20_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6861_20_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script><sup>&nbsp;</sup></p>



<p><strong>Aude Pointier, Nantes, et Daniela Lima, Toulouse</strong></p>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_6861_20();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_6861_20();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_6861_20">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_6861_20" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6861_20_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6861_20('footnote_plugin_tooltip_6861_20_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">« <a href="https://blogs.mediapart.fr/marche-des-solidarites/blog/211222/loi-darmanin-comment-gagner">Loi Darmanin : comment gagner ?</a> », Marche des solidarités</td></tr>

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