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	<title>Archives des retour d&#039;experience - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<title>Archives des retour d&#039;experience - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Boussoles, festival des débats révolutionnaires : 2ème édition à venir !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 Aug 2025 15:51:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Boussoles]]></category>
		<category><![CDATA[retour d&#039;experience]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">La première édition du festival Boussoles ! Cap sur l’Autonomie de Classe a eu lieu les 28 et 29 juin dernier à Paris. Dans une période d’intensification du génocide à Gaza, du danger fasciste et <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/boussoles-premier-festival-des-debats-revolutionnaires/" title="Boussoles, festival des débats révolutionnaires : 2ème édition à venir !">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>La première édition du festival <em>Boussoles ! Cap sur l’Autonomie de Classe</em> a eu lieu les 28 et 29 juin dernier à Paris. Dans une période d’intensification du génocide à Gaza, du danger fasciste et des attaques contre notre classe, mais aussi des résistances, notamment aux USA, le festival a été marqué par les luttes anti-impérialiste et anti-raciste.&nbsp;</p>



<p>Il s’agissait d’une série de discussions publiques autour de nos milieux d’intervention : au-delà des luttes anti-impérialistes et pro-palestiniennes, nous avons parlé syndicalisme, féminisme, luttes trans ou encore anti-validisme. Nous avons également proposé des topos pour repartir sur les bases du marxisme : classes sociales, révolution russe, ou la question de l’organisation révolutionnaire.&nbsp;</p>



<p>Les enregistrements des introductions seront bientôt disponibles sur <a href="https://open.spotify.com/show/17QODA90HHQP1NBTplD6ad ">Spotify,</a> <a href="https://t.co/BzsvNwTrtN" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Apple Podcast</a> et <a href="https://t.co/lIjfiSV7de" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Deezer</a>.</p>



<p>De Brest à Grenoble en passant par Marseille, Toulouse, Strasbourg, Rennes ou Le Mans, la participation a été diverse aussi bien en termes géographiques que de cadres d’interventions militantes. Nous avions aussi invité des camarades d’autres pays pour bénéficier de témoignages de militants états-unien, britannique et grec, qui nous ont parlé des luttes antifascistes et des insurrections contre l’ICE aux USA. Le samedi soir était dédié aux récits des luttes présentées par des activistes d’A2C et du mouvement.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image is-resized"><img decoding="async" src="https://lh7-rt.googleusercontent.com/docsz/AD_4nXcYNqhFRMMX3UrSa5XqRZ1RiCxnjLUli9DyCBY844IMTwI_7fO59aH4dKlRZZZhw1PqnY3mazXDgcnL0A3Mkuwolai-WCEOf-u1XqDu5k0JmkE4dSvUzTM2uqyKwq_25hBavbuPJNyPY0eVa0t4hpPVfpURJg?key=UaItW9NtzKDovWSHwxbhwA" alt="" style="width:593px;height:auto"/></figure>



<p>Avant tout, ce “Festival des débats révolutionnaires” a démontré une réelle audience dans le mouvement pour les idées marxistes et révolutionnaires, et un besoin de formation et de stratégie au quotidien dans les collectifs au sein desquels nous militons. Il s’agissait donc d&rsquo;élaborer et de proposer une stratégie, celle de l’autonomie de classe : en indépendance des classes dominantes et de leurs organisations, une stratégie qui s’appuie sur l’auto-organisation de notre classe, la seule qui a le pouvoir de transformer la société.</p>



<p>Cette proposition d’allier théorie et pratique a su convaincre les personnes présentes au travers des discussions et panels : pour construire une opposition capable de s’affronter à l&rsquo;État bourgeois, aux organisations fascistes ou au système capitaliste, nous pensons qu’il faut s’armer de théorie, pour se former, partager et généraliser les expériences de lutte.</p>



<p>Environ 160 personnes ont participé au week-end, ce qui en a fait le premier événement d’une telle ampleur pour A2C. De nombreux membres ont été impliqué·es dans la construction du festival, autour de la préparation des topos, des discussions, ou des tâches d’organisation ; et d’autres ont décidé d’embarquer avec nous pour poursuivre leur implication dans le mouvement tout en participant à A2C. Nous sommes tous·tes reparti·es de ce week-end intense avec une confiance renforcée dans nos capacités de nous organiser, construire le mouvement, et gagner.</p>



<p>On reconduit l’expérience avec une seconde édition du festival de débats révolutionnaires en 2026 ! D’ici là, vous pourrez retrouver les captations vidéos et sonores du festival sur les plateformes YouTube, Spotify, Soundcloud et sur notre site. <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/videos/session-douverture-du-festival-des-idees-revolutionnaires-da2c/">La session d’ouverture du festival est déjà en ligne</a>.&nbsp;&nbsp;</p>



<h5 class="wp-block-heading">A2C</h5>
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		<title>Un quartier contre le fascisme : Rennes-sud</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/un-quartier-contre-le-fascisme-rennes-sud/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Oliver (Rennes)]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Oct 2024 11:45:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[retour d&#039;experience]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Comment combattre le fascisme ? Faire une critique de la stratégie du Nouveau Front populaire (NFP) est insuffisant. Il faut élaborer et construire une autre voie. Mais est-ce possible ? Les Cahiers d&#8217;A2C #14 &#8211; septembre 2024 <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/un-quartier-contre-le-fascisme-rennes-sud/" title="Un quartier contre le fascisme : Rennes-sud">[...]</a></div>
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<p style="font-style:normal;font-weight:600">Comment combattre le fascisme ? Faire une critique de la stratégie du Nouveau Front populaire (NFP) est insuffisant. Il faut élaborer et construire une autre voie. Mais est-ce possible ?</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #14 &#8211; septembre 2024</h6>



<p>Nous avons fait le choix ici de publier de manière détaillée l’expérience d’une Assemblée de quartier (Rennes-sud) pendant l’été au travers du témoignage de Kim Attimon, membre de Nous toutes 35 et d’A2C (version complète sur le site).&nbsp;</p>



<p>Nous avions récolté plusieurs témoignages sur Rennes —&nbsp;notamment sur le lancement de deux autres assemblées. Il y a aussi un témoignage passionnant sur la mise en place, après la dissolution, de barbecues solidaires dans des villages au sud de la ville. Pour montrer que des choses sont possibles, en tenant compte des spécificités, sur tous les territoires. À consulter en audio sur le site.</p>



<p>Rennes est un véritable laboratoire car parallèlement aux assemblées de quartier, un cadre s’est mis en place sur la ville en faisant converger plusieurs réseaux, le collectif de soutien aux sans-papiers et les Soulèvements de la terre. Ce cadre où se retrouvent aussi des membres des Assemblées a pris le même nom que ce qui s’est mis en place à Saint-Brieuc (voir la revue précédente ou le site d’A2C).</p>



<p>Comment cela va-t-il évoluer, qu’est-ce qui se passe ailleurs, comment cela peut-il contribuer à un front généralisé contre le fascisme et le racisme. Autant de questions ouvertes mais qui seront nourries aussi par les expériences. N’hésitez donc pas à nous transmettre vos témoignages, questions, quels que soient les supports. Sur les quartiers, villages, villes mais aussi sur les lieux de travail.</p>



<p>Merci à Manu pour la réalisation des podcasts. Merci à Kim, Maxime, Olivier, Victor, Maelig pour les témoignages et discussions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce qui existe avant : un gain de temps et&nbsp;d’énergie</h2>



<p>L’Assemblée Rennes sud mobilisée est née au moment du mouvement contre la réforme des retraites (en 2023). Elle s’est relancée après l­’annonce de la dissolution.</p>



<p>Le quartier Rennes sud est un quartier populaire, une ZUP comme ils disent, avec un tissu associatif dense et divers, éducation populaire, aide aux devoirs… Il y avait déjà plusieurs camarades d’A2C qui vivaient là ou y travaillaient. Il y avait aussi un groupe de camarades de Nous toutes&nbsp;35 avec lesquelles on avait commencé à organiser des choses. Et puis il y avait aussi une cantine, un peu clandestine, la Table commune. L’idée des camarades de cette cantine c’est justement de proposer un lieu où se rencontrent des gens qui ne se rencontreraient pas forcément autrement, syndicalistes, associatifs… mais qui ont pourtant des choses à partager. Et pendant le mouvement des retraites il y avait pas mal de gens qui trainaient là.</p>



<p>Et il y avait des discussions. Avec cette idée partagée que les seuls appels par en haut, pour de simples journées, ça ne suffit pas.&nbsp;</p>



<p>C’est à partir de ça que se lance l’Assemblée. Il y aura des réunions toutes les semaines, parfois plus quand ça s’accélère et on organise pas mal d’activités. Déjà toutes les semaines, les jours de grandes manifestations, on va occuper un rond-point, celui qui accède au quartier par Rennes sud. Et on fait des barrages filtrants. En fait l’idée commune et générale qu’on a c’est qu’il faut s’adresser aux gens, qu’il n’y a pas d’espaces, ni sur Rennes et encore moins sur le quartier, où on peut échanger. Il y a un paradoxe dans ce mouvement entre le nombre de gens qui sont contre la réforme et le niveau d’implication. C’est un mouvement avec un niveau d’auto-organisation faible. L’assemblée est une tentative de répondre à ça.</p>



<p>On va faire aussi d’autres activités ponctuelles mais très chouettes, une déambulation dans le quartier, un barbecue « contre Macron et son monde » où il y aura beaucoup de monde. Et puis quand le mouvement s’arrête, vers juin, sans qu’on le décide, tout cela s’arrête aussi. Mais il reste quelque chose. C’est le groupe Whatsapp où il y a une centaine de personnes. Dans les mois qui suivent il n’est pas très actif mais peu de gens le quittent. Et ce n’est pas que virtuel. Des liens se sont établis, on continue de se croiser sur le quartier. Le groupe Nous toutes se développe sur le quartier et on continue de développer les liens avec les associations du quartier.</p>



<p>Comme tout le monde je suis surprise par la dissolution. Mais on n’est pas désarçonné·es très longtemps. Parce que tout ce qu’on a élaboré, autour notamment de cette question de l’assemblée de quartier, c’est là que ça prend son sens. Quand la situation s’accélère avoir déjà construit des cadres là où on est au quotidien c’est un gain de temps et d’énergie faramineux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Prise d’initiative</h2>



<p>Ce qui se passe concrètement c’est que sur le quartier il y a un groupe qui s’appelle Rennes commune avec des militant·es associatifs, des membres de LFI, qui veut présenter une liste aux municipales. Dès la première semaine après la dissolution ils invitent à une assemblée avec un visuel très simple qui dit « que faire face à l’extrême droite sur notre quartier ? » Et ils le partagent notamment sur le Whatsapp de Rennes mobilisée. Moi je me dis c’est exactement ça qu’il faut faire. Et ils donnent rendez-vous sur une place du quartier, à côté du conservatoire. Il y a une quarantaine de personnes ce qui est super pour un visuel qui a circulé en trois jours. Je retrouve des gens de Rennes mobilisée mais aussi des militant·es historiques du quartier, des gens engagés dans la solidarité avec la Palestine et des gens que je ne connais pas. Et cette assemblée est très intéressante.</p>



<p>Il y a deux tendances qui s’expriment de manière visible. Il y a la tendance des gens qui sont là pour faire la campagne du NFP. Le centre de leur argument c’est de dire que Rennes sud est un quartier dans lequel le vote RN est faible. Du coup notre rôle est de s’organiser pour pouvoir aller dans les circonscriptions au sud de Rennes, dans la campagne. Aller là-bas pour expliquer pourquoi il faut voter pour le NFP.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-dominant-color="817e79" data-has-transparency="false" fetchpriority="high" decoding="async" width="1100" height="825" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/10/A2C_RevueN14_Rennes_Illustr1-1-1100x825.webp" alt="" class="wp-image-8801 not-transparent" style="--dominant-color: #817e79; width:358px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/10/A2C_RevueN14_Rennes_Illustr1-1-1100x825.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/10/A2C_RevueN14_Rennes_Illustr1-1-300x225.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/10/A2C_RevueN14_Rennes_Illustr1-1-768x576.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/10/A2C_RevueN14_Rennes_Illustr1-1-678x509.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/10/A2C_RevueN14_Rennes_Illustr1-1-326x245.webp 326w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/10/A2C_RevueN14_Rennes_Illustr1-1-80x60.webp 80w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/10/A2C_RevueN14_Rennes_Illustr1-1-1320x990.webp 1320w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/10/A2C_RevueN14_Rennes_Illustr1-1.jpg 1600w" sizes="(max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>
</div>


<p>Il y a une autre partie qui dit que nous on habite ici donc qu’il faut qu’on agisse ici. On critique le paternalisme vis-à-vis de nos quartiers donc on ne va pas aller le reproduire à la campagne. Et même si le vote RN est soi-disant faible, la préoccupation concernant le racisme et les conséquences de l’extrême droite au pouvoir est très forte à l’échelle de notre quartier. Parce que c’est un quartier d’immigration avec des personnes sans-papiers qui y habitent. Et on sait que les trois semaines qui viennent vont être encore plus difficile qu’auparavant, qu’il risque d’y avoir plus d’agressions racistes parce qu’il y a une prise de confiance des fachos. Et donc il y a plein de choses à créer qui dépassent la question du vote et posent la question de l’organisation, de notre capacité de riposte populaire face au racisme et au fascisme.</p>



<p>Du coup ces deux tendances discutent dans l’assemblée. On n’arrive pas trop à trouver de convergence mais c’est intéressant. Et ça raconte en fait des discussions qui ont lieu partout. Alors on va vite s’axer sur l’action. L’assemblée a lieu le mercredi ou le jeudi et on dit retrouvons-nous sur le marché samedi. Unetelle amène une table, untel amène du café. Et on fait ça on est une petite dizaine à se retrouver au marché. On n’a même pas de tract parce qu’on n’a pas eu le temps de discuter de ce qu’on mettrait sur un tract. On a des feuilles blanches où on écrit « contre le racisme et le RN ». Mais comme on est là devant nos gobelets, ça paie pas de mine, on demande aux gens qui passent devant « comment ça va&nbsp;pour vous », « qu’est-ce que vous pensez de la situation politique », « est-ce que vous êtes stressé·es »… parce qu’en fait on est là pour ça. Et ça va être l’ADN de l’assemblée qui va naître ensuite. Parce que le premier truc qu’on fait et qu’on dit c’est qu’il faut sortir de l’isolement. Dans une situation comme celle-là personne n’a la réponse tout·e seul·e et donc ce qu’il faut faire d’abord c’est se retrouver et, à partir de là on pourra réfléchir à la suite.</p>



<p>Moi j’avais jamais fait ça. J’avais plus une pratique du tract. Là se retrouver à poil, sans tract, ça fait qu’il se passe autre chose. Et en fait c’est une super matinée. On a des grosses discussions. Et forcément il y a plein de gens du quartier qui racontent leur expérience du racisme. Et le fait qu’iels sont confronté·es de manière de plus en plus grande aux propos racistes ouverts et sans vergogne dans l’espace public. Et également hyper fort la peur d’être expulsé·es pour pas mal de gens. Qu’on remette en question leur droit de rester ici même s’iels ont des papiers. Donc plein de peurs. Et il y a plein de gens qui sont touché·es et convaincu·es par la proposition qu’on fait de la solidarité comme réponse à ça. Et ça aussi ça va vite devenir une boussole de l’assemblée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Assemblée : occuper l’espace, être&nbsp;visibles</h2>



<p>Comme il n’y a pas d’autre canal on va relancer les discussions sur Rennes sud mobilisée. Parce que c’est le seul groupe dans lequel il y a un peu tout le monde. Et donc on rajoute sur cette liste, les gens de l’assemblée du mercredi, les gens du marché. Et c’est comme ça que se relance l’Assemblée mais on n’est plus Rennes sud mobilisée contre la réforme des retraites mais Rennes sud mobilisée contre le racisme et contre le Rassemblement national. Et donc on va recommencer à échanger sur ce groupe.</p>



<p>Rennes commune ne relance pas de nouvelle assemblée. On leur demande. Mais ils sont déjà dans des réflexions qui ne sont pas celles d’une assemblée de quartier, comment peser sur les organisations, toutes les tractations qui vont avoir lieu au sein du NFP. Quels député·es vont être présenté·es dans les circonscriptions, de quelles organisations. Ils sont dans des bails comme ça. Donc on va reprendre l’initiative à quelques personnes qui étions à la première réunion et aussi à Rennes sud mobilisée. On re-propose une assemblée la semaine suivante. Et ça va être super. On sera à nouveau une trentaine de personnes. Il va être décidé qu’on va tenir un banquet populaire le soir du premier tour le 30&nbsp;juin sur la place du Banat pour faire que personne ne se retrouve seul·e à vivre les résultats du premier tour parce qu’on sait que ça va être probablement un score record pour le RN. Et qu’on se dit que c’est une manière d’occuper la rue sur des codes plus faciles à s’approprier pour des gens qui n’ont pas ­l’habitude de faire des manifs ou des rassemblements.</p>



<p>Mais aussi parce qu’on y croit vraiment, que la solidarité, le fait de partager un repas, le fait de s’entraider à tous les niveaux, ça contribue à créer le type de politique qu’on veut pour toute la société. Plusieurs groupes de travail se mettent en place. Cette première assemblée c’est un peu le pot-pourri de toutes les idées que les gens ont, des initiatives qu’ils voudraient prendre. Le banquet est ce qui va rassembler tout le monde mais il y a aussi d’autres propositions. Il y a notamment l’idée de reprendre l’espace public et de marquer dans notre quartier le fait qu’on est contre le racisme et l’extrême droite, pour la solidarité. Et il y a donc un groupe de travail communication qui va émerger et qui va produire plein de petites affichettes avec écrit « lieu solidaire contre le racisme et l’extrême droite ». Et l’idée de ces affichettes c’est d’aller démarcher plein de lieux publics, les institutions ou les commerces du quartier, pour leur demander s’ils veulent bien afficher ces panneaux sur leurs vitrines.&nbsp;</p>



<p>C’est un moment où l’ambiance est délétère, ou la parole raciste est démesurée dans les médias donc il faut tenir bon, garder la tête droite. Et une manière de le faire c’est de réaliser que dans les espaces qu’on fréquente tout le monde n’est pas devenu un sale facho. C’est donc important que les espaces du quartier se positionnent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La politique dans le concret</h2>



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</div>



<p>C’est intéressant parce que ça va faire débat. Par exemple il y a un endroit, une coopérative alimentaire qui vient de s’installer sur le quartier où un camarade est impliqué, qui est un truc un peu bobo, de gens qui ne sont pas forcément habitant·es du quartier. Lui il va les interpeller, dire j’aimerais bien qu’on mette une banderole sur le local pour dire qu’on est contre le racisme, contre l’extrême droite. Et à sa grande surprise ça va faire débat. En fait il y a un certain nombre de lieux qui sont considérés comme « de gauche » qui, en réalité ne vont pas se positionner. Ça va nourrir nos débats dans l’assemblée pour comprendre pourquoi c’est aussi compliqué de se positionner contre le racisme.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-dominant-color="8f7a3a" data-has-transparency="false" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/10/A2C_RevueN14_Rennes_Illustr3-1-768x1024.webp" alt="" class="wp-image-8822 not-transparent" style="--dominant-color: #8f7a3a; width:375px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/10/A2C_RevueN14_Rennes_Illustr3-1-768x1024.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/10/A2C_RevueN14_Rennes_Illustr3-1-225x300.webp 225w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/10/A2C_RevueN14_Rennes_Illustr3-1-jpg.webp 800w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>
</div>


<p>À l’inverse il y a un endroit dans le quartier, c’est une halle où il y a plein de kebabs, où il va y avoir un accueil de ouf, sur le mode mais bien sûr, évidemment. Et quasiment tous les commerces de cette halle vont prendre l’affiche en disant c’est important, merci de faire ça. Et avec le collectif Nous toutes aussi on a produit des affiches, féministes contre le racisme, féministes contre le fascisme, qu’on va coller sur tout le quartier. C’est un visuel très simple mais on les fait sur des affiches de couleur hyper flashy. On en a mis partout, mais vraiment partout. Et ça crée des super discussions. Les gens disent merci, ça fait trop plaisir de voir ça, de voir que les féministes ne sont pas contre les femmes musulmanes… Cette période fait ressortir tous les sujets, à gauche, à l’extrême gauche, qui ne sont pas des évidences et notamment sur le racisme, sur l’islamophobie, c’est un moment où il est encore plus nécessaire d’être clair·es sur le fait qu’on est contre le racisme et particulièrement contre l’islamophobie. Car il y a les stigmates de la gauche blanche qui nous courent après. Donc il faut tenir. Et c’est ce qu’on va dire dans l’assemblée, qu’il faut tenir les deux choses ensemble, le racisme et l’extrême droite.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le banquet</h2>



<p>Le jour même on est plus d’une centaine. Et là il va y avoir des trucs trop beaux qui vont se passer. Dans la préparation on avait mis en place une team animation, des personnes qui devaient penser à comment faire pour que ce moment soit vivant, qu’on ne laisse pas les choses flotter. Donc cette team avait réfléchi à plein de trucs mais notamment des panneaux avec des post-it avec des questions très simples auxquelles les gens pouvaient répondre, du style « qu’est-ce qui me fait peur », « de quoi j’ai besoin », « qu’est-ce que je pense qu’on peut faire » qui mettaient les gens dans la dynamique de partage, de réflexion. Et ça a super bien marché, les gens discutaient quand ils étaient devant le panneau à coller leurs post-it ou à réfléchir. Il y avait un atelier pour les enfants avec du maquillage.</p>



<p>Et elles ont fait quelque chose que je trouve courageux et pas facile. On avait un micro et une sono et elles sont allées voir chaque personne qui était là en demandant, est-ce que tu veux dire quelque chose, est-ce que tu as quelque chose à partager. Forcément au début les premières personnes elles sont un peu timides mais à la fin, quasiment tout le monde a dit quelque chose au micro. Il y avait des témoignages, des chansons… Il y avait pas mal de paroles d’enfants et c’est rare dans les espaces militants. Avec des niveaux de conscience politique qu’on ne soupçonne pas. Il y avait une bande de petits gars de 9-10&nbsp;ans qui ont pris le micro et la première chose qu’ils ont fait c’est des slogans pour la Palestine. Pour eux c’était évident que c’était l’espace pour faire ça alors que dans le banquet on n’avait pas spécialement mis de drapeau palestinien, etc.&nbsp;</p>



<p>Tout le monde est sorti de là convaincu·es qu’il fallait continuer, que ça avait du sens, qu’on avait des choses à faire ensemble. On s’est dit qu’il fallait remettre ça la semaine suivante pour le deuxième tour. Bon on n’a pas fait un banquet parce que c’était pas mal d’organisation mais on a fait un goûter.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Réactivité et approfondissement</h2>



<p>On est en train de prévoir en octobre une fête de quartier contre le racisme et l’extrême droite, donc en gardant cette spécificité. Parce qu’on a eu aussi ces discussions-là. Mais c’est ce qui fait commun. Le travail politique, le plus ardu, mais aussi le plus intéressant, c’est comment maintenir un cadre comme celui-là quand le niveau d’urgence paraît plus faible. Pour moi le niveau d’urgence est le même mais les échéances extérieures sont d’une autre nature qu’au mois de juin. En même temps il n’y a pas de raccourci et ce travail doit être mené dès maintenant. Ça a déjà été discuté dans l’Assemblée mais je pense qu’on a un outil incroyable pour recréer une culture antifasciste et des moyens d’action antifascistes réellement populaire à partir de nos conditions réelles d’existence, comment notre quartier est organisé…&nbsp;</p>



<p>Après il y aura la question du rythme, est-ce qu’on reste avec une assemblée par semaine, ce qui est un peu exigeant. Moi je pense que ce qui va permettre de maintenir c’est d’avoir des objectifs qui peuvent être à plus ou moins long terme. Par exemple je pense que ce serait bien qu’on ne perde pas cet objectif de positionnement des lieux publics dans le quartier, que ça devienne une affiche plus pérenne, en plus grand format, une banderole qui apparaîtrait de manière régulière, il y a plein de choses à imaginer.&nbsp;</p>



<p>Il y a aussi l’idée d’inviter des camarades d’Angleterre pour venir parler de ce qui s’est passé cet été, des émeutes racistes, des organisations mises en place contre les fachos. Parce qu’on n’est pas à l’abri de ce type d’événement en France aujourd’hui et typiquement notre quartier serait le type de quartier visé par des émeutes racistes. Et donc il faut tout de suite discuter de ce qu’on pourrait faire dans un tel cas, qu’on ait déjà réactivé des réflexes communs, des boussoles communes. Qu’on soit capables dans le quartier de répondre, d’avoir donc une Assemblée, qui n’aura peut-être pas un niveau d’intensité, de pratique hebdomadaire mais qui, au long cours, propose des choses et qui, dans des moments d’accélération, est capable de répondre. Donc réactivité et approfondissement, ça va être les deux choses à creuser.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="656a6c" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #656a6c;" decoding="async" width="1000" height="623" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/10/A2C_RevueN14_Rennes_Illustr2-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8802 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/10/A2C_RevueN14_Rennes_Illustr2-jpg.webp 1000w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/10/A2C_RevueN14_Rennes_Illustr2-300x187.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/10/A2C_RevueN14_Rennes_Illustr2-768x478.webp 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure>



<p>Propos retranscrits par Denis Godard (Paris 20e)</p>
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		<title>[Au fil du mouvement 04/07/2024]</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/au-fil-du-mouvement-cest-dans-la-rue-dans-nos-quartiers-quon-retrouve-notre-force/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Aude]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Jul 2024 17:57:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[retour d&#039;experience]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">C’est dans la rue, dans nos quartiers qu&#8217;on retrouve notre force ! Dans la newsletter que nous envoyons chaque semaine, nous partageons des analyses de la situation, avec la préoccupation qu&#8217;elles nous permettent de mieux <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/au-fil-du-mouvement-cest-dans-la-rue-dans-nos-quartiers-quon-retrouve-notre-force/" title="[Au fil du mouvement 04/07/2024]">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h1 class="wp-block-heading has-text-align-center">C’est dans la rue, dans nos quartiers qu&rsquo;on retrouve notre force !</h1>



<p>Dans la newsletter que nous envoyons chaque semaine, nous partageons des analyses de la situation, avec la préoccupation qu&rsquo;elles nous permettent de mieux agir contre le système. N&rsquo;hésitez pas à laisser votre mail pour la recevoir ! </p>



<p>Nous voulons également partager des expériences menées dans différents espaces militants. Parce que ces expériences montrent ce qui est possible et donnent de la confiance pour les reproduire, parce qu&rsquo;elles permettent de présenter les questions qui se posent, voire les obstacles, parce qu&rsquo;elles permettent de construire l&rsquo;autonomie de notre classe !</p>



<h2 class="wp-block-heading">SAINT-BRIEUC</h2>



<p>Un espace unitaire anti-fasciste existe depuis 6 mois, créé après des attaques de fafs en 2023. Après le 10 juin, des actions de tractage et de collage ont été organisées régulièrement. Un théâtre occupé est devenu notre base de résistance contre l&rsquo;extrême-droite. Malgré le départ de certains membres pour soutenir le front populaire aux élections législatives, de nouvelles personnes ont rejoint le mouvement. Des actions telles que des expositions, des banquets antiracistes, des antif’apéros, des concerts et des ateliers ont été organisés. Des réunions quotidiennes et des AG hebdomadaires nous ont permis de nous organiser ensemble et de faire vivre la lutte contre le racisme. Le soir du 1er tour, nous nous étions donné rendez-vous à 20h pour ne pas être seul.es face aux résultats que l’on savait déprimants dans tous les cas et se donner de la force avant de partir en manif. On occupe temporairement les ronds-points avec des pancartes pour visibiliser nos luttes. Depuis plusieurs jours, des membres du Front commun se rendent dans des lieux de passage, notamment des ronds-points occupés par les Gilets Jaunes il y a quelques années, avec des grandes pancartes (« urgence antifasciste » par exemple) et des drapeaux faits avec des couvertures de survie (pour symboliser l&rsquo;urgence de la situation). Nous mettons également la pression à la mairie (PS, place publique) pour obtenir un lieu pérenne pour continuer à nous organiser à la base contre le fascisme bien après le 7 juillet. </p>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:100%">
<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<h2 class="wp-block-heading">RENNES</h2>



<p>A Rennes, après l&rsquo;annonce de la dissolution, nous avons mis en place une assemblée de quartier avec un camarade du centre de Rennes contre le racisme et le fascisme. Nous avons défini notre fonctionnement ensemble. La communication pour la seconde assemblée a été difficile, mais malgré cela, nous avons pu discuter de la situation et mener des actions telles que des tractages, la pose d&rsquo;une banderole et le collage d&rsquo;affiches. Le collage se fait avec le groupe déjà existant « collage centre rennes ». Ce groupe de collage étant composé en partie de camarade du groupe féministe «nous toutes 35», nous avons aussi collé leurs très belles affiches colorés «féministes contre le racisme».</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-large is-resized"><img data-dominant-color="6872b1" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="1100" height="822" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/07/AFFICHE-FEMINISTES-1100x822.webp" alt="" class="wp-image-8564 not-transparent" style="--dominant-color: #6872b1; width:414px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/07/AFFICHE-FEMINISTES-1100x822.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/07/AFFICHE-FEMINISTES-300x224.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/07/AFFICHE-FEMINISTES-768x574.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/07/AFFICHE-FEMINISTES-326x245.webp 326w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/07/AFFICHE-FEMINISTES-80x60.webp 80w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/07/AFFICHE-FEMINISTES-1320x987.webp 1320w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/07/AFFICHE-FEMINISTES-jpg.webp 1600w" sizes="auto, (max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>
</div>


<p>Malheureusement, nous n&rsquo;avons pas réussi à organiser une troisième assemblée malgré la motivation de plusieurs personnes. La charge mentale repose principalement sur une personne, ce qui est décourageant. Il est clair que tout est à construire dans ce quartier et que cela demande du temps. Malgré les difficultés, j&rsquo;espère que notre début d&rsquo;organisation nous aidera dans les luttes à venir en réduisant l&rsquo;inertie.</p>
</div></div>
</div>
</div>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-dominant-color="8f806d" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="1100" height="825" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/07/Sans-titre-1-1100x825.webp" alt="" class="wp-image-8566 not-transparent" style="--dominant-color: #8f806d; width:276px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/07/Sans-titre-1-1100x825.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/07/Sans-titre-1-300x225.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/07/Sans-titre-1-768x576.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/07/Sans-titre-1-678x509.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/07/Sans-titre-1-326x245.webp 326w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/07/Sans-titre-1-80x60.webp 80w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/07/Sans-titre-1-1320x990.webp 1320w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/07/Sans-titre-1.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>
</div>


<p>Les initiatives de Rennes Sud : L&rsquo;assemblée de quartier se tient chaque semaine depuis l&rsquo;annonce de dissolution, regroupant un groupe fédéré pendant la réforme des retraites. Au départ, la pression électorale était forte mais s&rsquo;est atténuée au fil des semaines, la dynamique de l&rsquo;organisation prenant le dessus. Un banquet solidaire a été organisé, rassemblant militant-es, membres d&rsquo;associations et habitant-es du quartier. Ce rassemblement diversifié a été rendu possible par des distributions de tracts lors des marchés du samedi et de nombreux affichages liés à l&rsquo;événement. Grâce à l&rsquo;expérience des participant-es et à l&rsquo;enthousiasme suscité par les événements, le banquet s&rsquo;est déroulé sans accroc. Par ailleurs, des discussions ont été initiées au sein d&rsquo;une épicerie collaborative, malgré la réticence initiale. Une réflexion sur la diversité des actions antiracistes est en cours.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Pour des campagnes ouvertes et solidaires &#8211;&nbsp;PIRE SUR SEICHE :</h3>



<p>En à peine 3 jours on a mobilisé une trentaine de personnes (de 10 communes différentes) sur la place publique de Piré-sur-seiche (où il y a 1800 habitants) autour d&rsquo;une soirée barbecue, pour essayer de<br>se rassembler et de s&rsquo;organiser contre l&rsquo;extrême droite depuis là où on habite. Succès assez fou, où on partait de 0, qui débouche sur ritualiser la « soirée barbecue pour des campagnes ouvertes et solidaires » dans d&rsquo;autres villages tous les lundis jusqu&rsquo;au 7 juillet, pour l&rsquo;instant ! Une assemblée où quasiment tous le monde a pu s&rsquo;exprimer et où des idées d&rsquo;actions concrètes ont pointées leur nez ! </p>



<p class="has-text-align-left">Quand convivialité rime avec lutter, ça fait du bien !</p>
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		<title>Mobilisations dans l’éducation</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/mobilisations-dans-leducation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Aude]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Jun 2024 14:36:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[retour d&#039;experience]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d&#8217;A2C #13 &#8211; juin 2024 Retours et réflexions sur les mobilisations contre le “Choc des savoirs”  A Paris Un collectif contre le choc des savoirs s’est développé après le 26 février regroupant de <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/mobilisations-dans-leducation/" title="Mobilisations dans l’éducation">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #13 &#8211; juin 2024</h6>



<p><em>Retours et réflexions sur les mobilisations contre le “Choc des savoirs” </em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>A Paris</strong></h2>



<p>Un collectif contre le choc des savoirs s’est développé après le 26 février regroupant de nombreux collèges de l’Est parisien.</p>



<p>Après la puissante grève du 2 février, l’intersyndicale a appelé à une nouvelle grève nationale le 6 février. Si elle a été moins suivie que la précédente, des équipes militantes de quelques collèges mobilisés ont saisi l’occasion pour proposer une AG le matin de la journée de grève du 26 février, au retour des vacances. Le 6 février, nous étions donc 35 collègues d’une vingtaine de bahuts. L’idée était, après une discussion collective, de partir faire une tournée d’établissements lors de cette grève. Nous avons associé les collèges à la rédaction d’un courrier demandant une audience commune au Rectorat pour exprimer collectivement notre opposition à la réforme du choc des savoirs.</p>



<h2 class="wp-block-heading has-medium-font-size">Une mobilisation construite par la base</h2>



<p>Le courrier a été signé par une trentaine de collèges de l’Est parisien. Face au mépris du Rectorat qui n’a pas daigné répondre, l’idée de reprendre l’appel du 93 à la grève de la rentrée du 26 février, au retour des vacances d’hiver a été largement reprise au travers de la liste What’s App du collectif.&nbsp;</p>



<p>Une trentaine de bahuts étaient donc en grève le 26 février dans l’Est parisien à l’appel du collectif avec de 30 à plus de 50% de grévistes selon les collèges. Il n’y avait pas d’appel intersyndical à Paris, même si les syndicats avaient relayé l’initiative. L’AG du soir a été un vrai succès (80) avec une trentaine de bahuts présents. L’idée de reconduire la grève était très minoritaire. La proposition qui a émergé a été de travailler avec les parents pour construire une journée École déserte le 12 mars (appel aux parents par l’intermédiaire du carnet d’élève ou communication sur les réseaux ENT). Nous étions une quarantaine à l’AG suivante, dont plusieurs parents, une première. Nous avons commencé à nous organiser en collectif et à produire des argumentaires pour les parents et les enseignants, à échanger de nombreux matériels sur un drive et à proposer des AG hebdomadaires. Nous avons utilisé la grève de la fonction publique du 19 mars pour organiser deux déambulations sur les marchés de Place des fêtes (19e) et de Ménilmontant (20e). Une quarantaine de collègues et parents présents sur les deux marchés avec à Ménilmontant le renfort très dynamique du collectif des jeunes mineurs étrangers de Belleville dans lequel des collègues était impliqué·es depuis septembre. En retour, le collectif contre le choc des savoirs a repris comme revendication le droit&nbsp; à la scolarisation des jeunes MIE. Nous étions quelques bahuts minoritaires à reconduire la grève les jours suivants que nous avons mis à profit pour organiser des collages, des tournées dans des collèges et les écoles pour essayer d’étendre le mouvement dans le primaire .</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="9e9e9e" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="484" height="680" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/06/A2C_RevueN13_Education_Illustr1-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8486 not-transparent" style="--dominant-color: #9e9e9e; width:276px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/06/A2C_RevueN13_Education_Illustr1-jpg.webp 484w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/06/A2C_RevueN13_Education_Illustr1-214x300.webp 214w" sizes="auto, (max-width: 484px) 100vw, 484px" /></figure>
</div>


<p>Les AG hebdomadaires ont continué, moins fournies, à une trentaine et pas toujours les mêmes bahuts, mais avec quelques profs des écoles et pas mal de parents en plus. Si la grève ne prenait pas (la grève nationale du 2 avril a été analysée comme un échec par les syndicats nationaux) les collègues étaient très motivé·es pour continuer à se mobiliser d’une manière ou d’une autre contre le tri social. Nous avons donc fait des tournées et des collages (mais en petit nombre car pas en grève), et de nombreuses réunions publiques ou d’information auprès des parents.&nbsp;</p>



<p>Suite au succès de la première journée École déserte, la FCPE et le collectif, avec le soutien des syndicats, ont appelé à une deuxième journée “École déserte le 26 avril, au retour des vacances de printemps. Encore plus d’établissements de l’Est parisien impliqués (13e, 20e, 11eme, 19eme, 18eme), 14000 familles qui n‘ont pas envoyé leurs enfants dans les collèges.&nbsp;</p>



<p>Mais la question de la grève pour la journée École déserte est restée très minoritaire, impliquant seulement quelques bahuts. Le cortège du collectif du 1er mai était faible, malgré un super départ avec les jeunes de Belleville depuis la maison des métallo qu’ils occupent. La manif parents enseignants du 4 mai était de bonne tenue.</p>



<p>Mais face au manque de confiance dans la grève et de perspectives (la seule étant la manif nationale enseignants parents du 25 mai), la mobilisation se replie sur le local (comment empêcher la réforme dans chaque établissement ?).</p>



<p>Les points faibles : peu de confiance dans la grève, liée au manque de perspectives nationales. La lutte massive est restée cantonnée dans le 93 , sans que les syndicats ne cherchent à créer le lien entre plan d’urgence et réforme. A Paris, la mobilisation reste limitée aux collèges : peu de mobilisation dans les lycées et celle des écoles est restée centrée sur les suppressions de classe, sans lien avec la réforme du tri social.&nbsp;</p>



<p>Les points forts : une mobilisation initiée par la base dans de nombreux établissements, une grève par en bas le 26, École déserte par en bas le 12 mars… Un collectif qui dure et crée des liens sur le long terme entre de nombreux établissements, avec les parents, un atout pour la suite, des initiatives enthousiasmantes même si restreintes par moments.</p>



<p>Nicolas (Paris 20e)</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>A Rennes </strong></h2>



<p>Les grèves nationales des 1er et 6 février, puis des 8 et 19 mars, du 2 avril et du 14 mai, ainsi que l’ensemble des actions locales &#8211; constitution du collectif éducation 35, grèves, manifestations, rassemblements, réunions publiques, pétitions, collèges vides, nuits des écoles et des établissements &#8211; ont démontré qu’il y avait une réelle volonté et colère qui s’organisait parfois à partir des syndicats, parfois en dehors.</p>



<p>Ce que je retiens de la mobilisation qui a eu lieu avant les vacances, c’est la capacité que l’opposition à la réforme du “choc des savoirs” a d’entraîner des profs, mais aussi des parents et des élèves, notamment au collège. L’idée d’un tri des élèves entre eux n’est, paradoxalement, pas admise comme une réponse appropriée au niveau faible en français et mathématiques, relativement aux résultats des autres pays. Ce qui est étonnant, c’est que des profs n’ont pas réagi autant que les familles et les enfants, comme si le tri ne leur posait pas de problème. En effet, quand on est habitué à trier les élèves par des classements, des orientations en diverses filières générales techniques ou professionnelles ou en institutions pour les élèves handicapé·es, ce n’est peut-être plus si choquant de trier des enfants dès la 6e, mettant encore plus clairement fin au collège unique, ce fameux collège où tous les enfants d’une même classe d’âge sont censés se retrouver ensemble.&nbsp;</p>



<p>Du côté des profs et des familles en élémentaire (de la petite section au CM2), il y a eu une implication très faible, comme si cela ne les concernait pas. Alors que le “choc des savoirs” est notamment une réforme pour affaiblir encore le “collège unique”, faire un collège à double niveau avec des groupes séparés en français et en math selon le niveau des enfants, évalués dès la 6e. Pourtant, les évaluations existent depuis longtemps en élémentaire, on habitue les enfants à être évalués dès le CP, et même en grande section.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading has-medium-font-size">Quelques outils&nbsp;</h2>



<p>Un site &#8211; collectifeducation35.fr &#8211; qui a cet avantage de regrouper le matériel militant (pétition, tracts, affiches, calendrier, vidéos…) au-delà des sites des syndicats, y compris en rendant visible les mobilisations des parents et les actions communes parents-profs-élèves.&nbsp;</p>



<p>Des réunions d’information portées par les parents, notamment par la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), qui rassemble le plus de représentant·es de parents d’élèves, qui dans le département est assez motrice.</p>



<p>Des opérations collèges vides : journées où les élèves n’allaient pas en cours, avec le soutien des profs et des parents. Avantage : les profs ne sont donc pas en grève, mais ont du temps pour lutter, avec les parents parfois, pour aller distribuer des tracts, organiser des réunions d’information, rendre visite aux établissements non mobilisés. Donc le salaire n’est pas retenu, mais du temps est libéré. Autre avantage : les parents jouent un rôle plus important dans ce type de mobilisation selon moi, car cela les oblige à se poser la question de la raison de la mobilisation, de faire le choix de ne pas envoyer leurs enfants au collège. A cet âge, les parents peuvent tout de même laisser les enfants en autonomie tout en allant travailler. Si les collégien·nes étaient mobilisé·es de la 6e à la 3e contre la réforme, on pourrait imaginer qu’iels puissent rentrer dans le collège et organiser une assemblée pour discuter de la loi, des raisons de se mobiliser, et refuser collectivement d’aller en cours. </p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="858585" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #858585;" loading="lazy" decoding="async" width="1009" height="395" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/06/A2C_RevueN13_Education_Illustr2-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8487 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/06/A2C_RevueN13_Education_Illustr2-jpg.webp 1009w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/06/A2C_RevueN13_Education_Illustr2-300x117.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/06/A2C_RevueN13_Education_Illustr2-768x301.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 1009px) 100vw, 1009px" /></figure>



<p>Des journées de grèves en alternance avec des mobilisations les samedis : vu les 1000 personnes en manifestation samedi 25 mai à Rennes, il y a peut-être un autre critère que la perte d’une journée de salaire qui fait que les profs ne se mobilisent pas, si même un samedi la mobilisation reste à ce niveau. L’avantage est donc de renforcer ce lien entre familles et professeurs, au-delà du seul cadre des établissements scolaires. Cela ne devrait pas empêcher de reposer la question de la grève commune des profs et des parents, sur plusieurs jours consécutifs, ce qui avait été évoqué mais non validé de peur que ce ne soit pas assez suivi… Peut-être aussi par crainte qu’un certain nombre de professeur·es ne soient finalement pas opposé·es à ce tri des élèves. Tri auquel nous sommes déjà familier·es depuis longtemps par le fonctionnement même des classements des enfants de bien des manières. </p>



<h2 class="wp-block-heading has-medium-font-size">Lien et absences de liens avec les luttes autour de l’école, des élèves, des familles…</h2>



<p>Il y a plusieurs luttes qui se mènent autour de la question de l’école, de la scolarisation, des enfants, au sein de l’école ou non. Parfois, ces luttes se croisent, parfois non, ou parfois elles existent côte à côte. L’enjeu n’est pas forcément de mettre tout ensemble dans le mixeur et de parier sur un cocktail explosif, mais de comprendre qu’il y a des logiques communes entre elles et que nous aurions intérêt à renforcer notre compréhension d’ensemble de ces offensives. Nos erreurs ou notre passivité face à certaines d’entre elles ont aussi des conséquences aujourd’hui. Pour exemples, la ghettoïsation d’enfants handicapés, la loi de 2004, ou encore la circulaire contre le port de l’abaya qui habitue l’ensemble des travailleur·ses de l’éducation, les familles et les élèves à ce que certaines se voient refuser l’entrée du fait d’être musulmanes. </p>



<h2 class="wp-block-heading has-medium-font-size">Pour l’accessibilité de l’école aux enfants handicapés </h2>



<p>Une “assemblée inclusion» s’est mise en place ces derniers mois pour réclamer le respect des affectations d’AESH (accompagnant·e d’élèves en situation de handicap) reconnues par la MDPH (maison départementale pour les personnes handicapées) dans laquelle sont investies à la fois des familles, des enfants handicapés avec ou sans accompagnant·e, des parents solidaires, des AESH, des anim… Plusieurs actions ont été menées en parallèle des mobilisations contre la réforme, et certaines écoles ont réussi à arracher les postes d’AESH.</p>



<h2 class="wp-block-heading has-medium-font-size">Pour l’hébergement pour tous et toutes</h2>



<p>Aujourd’hui les écoles à Rennes sont des lieux d’enseignement, de socialisation, mais aussi des lieux d’accueil, de solidarité entre profs et parents avec ou sans hébergement, avec ou sans papiers. Il y a donc 8 écoles “occupées” par des familles, dont 20 enfants. Des enfants vivent aussi en squat. Des familles de Géorgien·nes dont les enfants étaient scolarisés ont été raflées le 29 février. Quasiment aucune réaction collective des parents et des syndicats alors que les enfants étaient scolarisés à Rennes. Seulement de la stupéfaction, et quelques dizaines de personnes devant l’aéroport le jour de l’expulsion. Le réseau de solidarité se coordonne notamment via un groupe signal mais il n’existe malheureusement pas de mobilisation de rue significative à la hauteur de l’enjeu. Car si on refuse le tri entre élèves, il y a un enjeu majeur à refuser tout tri raciste dont les expulsions de familles sans-papiers. Les expulsions peuvent être évitées, mais il faut que l’ensemble du mouvement de l’éducation s’empare de cette question. </p>



<h2 class="wp-block-heading has-medium-font-size">Pour le droit de vivre en tant que jeunes trans, racisé·es, musulman·es, migrant·es</h2>



<p>On le voit à Paris, Blois, Clermont-Ferrand, Marseille, des centaines de mineur·es ne sont pas scolarisés. L’été dernier, Nahel est tué par un policier qui n’était absolument pas en danger. En septembre, la circulaire contre le port des abayas était mise en application. Depuis cet automne, des lycées se sont mis en action contre la réforme du choc des savoirs et contre la guerre menée par Israël à Gaza. En janvier, Attal a annoncé que le SNU devrait être généralisé et obligatoire pour tous les jeunes d’une même classe d’âge. Ce 28 mai, les Républicains ont présenté leur proposition de loi contre l’accompagnement médical des jeunes trans. </p>



<p>Nous voyons que de multiples fronts existent en lien direct avec l’Ecole comme lieu de vie, de sociabilisation, de lutte, parfois liés, parfois non, face à ces diverses situations de violence, de division, de discrimination et d’exploitation. Il y aurait donc un fort intérêt à lier le collectif éducation 35, les syndicats de profs, les organisations de parents, l’inter-organisation de soutien aux personnes exilées, l’assemblée logement, les organisations trans et féministes. Ces cadres ne se croisent que trop peu, mais ont beaucoup à faire en commun.&nbsp;</p>



<p>Solen Febe (Rennes)&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/mobilisations-dans-leducation/">Mobilisations dans l’éducation</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Loi Darmanin : anatomie d’une défaite</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/loi-darmanin-anatomie-dune-defaite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 May 2024 12:33:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Les Lilas]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
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		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">« Résolution 2023 : ne pas laisser passer la loi Darmanin ». Notre éditorial de janvier 2023 proposait une stratégie pour combattre ce qui était encore un projet de loi. Cette analyse en a entraîné bien d’autres durant ces <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/loi-darmanin-anatomie-dune-defaite/" title="Loi Darmanin : anatomie d’une défaite">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">« <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/resolution-2023-ne-pas-laisser-passer-la-loi-darmanin/">Résolution 2023 : ne pas laisser passer la loi Darmanin </a>». Notre éditorial de janvier 2023 proposait une stratégie pour combattre ce qui était encore un projet de loi. Cette analyse en a entraîné bien d’autres durant ces derniers mois quant aux liens intrinsèques entre l’explosion du racisme, du nationalisme et du danger du fascisme. Plus de deux mois après la promulgation de la loi Darmanin, le constat est limpide : le mouvement qui s’est enraciné durant plus d’un an a perdu une bataille. Cette défaite pourrait avoir des conséquences ignobles pour beaucoup d’immigré·es. Elle va aussi affaiblir l’ensemble de notre classe en brisant plus encore l’égalité entre toutes et tous. Une autre question est de savoir si l’ensemble des forces qui ont combattues sortent renforcées ou affaiblies d’une telle séquence.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #12 &#8211; MARS 2024</h6>



<p class="has-drop-cap">Pour entamer l’analyse nécessaire de la situation créée par le passage de la loi, des tâches qui en découlent et des leçons à en tirer, nous avons décidé de commencer par des remontées d’expériences faites par des camarades d’A2C dans plusieurs villes avec la conscience que celles-ci restent bien entendu limitées. N’hésitez pas à nous faire parvenir vos expériences, questionnements ou éléments de débats. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Automne 2022, le front se lève</h2>



<p><strong>À Marseille :</strong> Nous sommes impliqué·es dans le lancement de Marseille contre Darmanin en novembre 2022. Au départ, nous pensons ce collectif comme une coordination dans laquelle s’impliquent des collectifs de personnes migrantes et de quartier. </p>



<p><strong>À Paris : </strong>Une spécificité est l’existence de collectifs de sans-papiers et celle de la Marche des Solidarités qui, depuis plusieurs années, au travers de réunions hebdomadaires, permet de coordonner plusieurs collectifs de sans-papiers avec, selon les périodes et les campagnes, d’autres collectifs, associations et syndicats. C’est la Marche des Solidarités et les collectifs de sans-papiers qui ont lancé dès avant le 18 décembre 2022 la lutte contre la loi Darmanin.          </p>



<p><strong>À Toulouse : </strong>Des mobilisations ont eu lieu contre la loi Darmanin à l’initiative d’une Assemblée proposée par des membres d’a2c en janvier 2023. Le but est de lutter contre la loi, nous proposons de suivre le calendrier national de la Marche des Solidarités sur Toulouse. La première AG a regroupé environ 50 personnes de différents milieux : luttes antiracistes, étudiant·es et profs de la fac du Mirail, et des camarades actif·ves dans l’accès aux droits de personnes migrantes, des organisations féministes, membres d’un club de foot militant, des militant·es autonomes et une partie de la gauche révolutionnaire. </p>



<h2 class="wp-block-heading">« Retraite pour tou·tes, papiers pour tou·tes ! »</h2>



<p><strong>À Paris 18<sup>e</sup> :</strong> C’est 18<sup>e</sup> en lutte, le collectif issu de l’assemblée interprofessionnelle de Paris 18<sup>e</sup>, active pendant le mouvement des retraites de 2019, qui construit les mobilisations de la Marche des Solidarités sur le quartier. C’est aussi lui qui a pris l’initiative, conjointement avec l’UL CGT, d’appeler à la constitution d’une nouvelle assemblée interpro lors du dernier mouvement des retraites. </p>



<p>Dès janvier et le début de la mobilisation retraite on sort des affiches et pancartes qui font le lien : <em>« Ni tri des migrant·es ni retraite à 64 ans »</em> et <em>« Liberté de circulation, liberté d’installation = + d’argent pour nos pensions »</em> qui nous suivront dans toute la période. </p>



<p>La question est systématiquement discutée dans l’interpro locale et fait très vite consensus. Une introduction contre la loi Darmanin est actée dès la première réunion publique qui a lieu à la Mairie du 18<sup>e</sup>, le 13 février 2023 et réunit environ 70 personnes.</p>



<p><strong>À Rennes :</strong> Avant le vote de la loi, des manifestations ont eu lieu. D’abord des tentatives durant le mouvement contre la réforme des retraites, où avec des camarades du cadre Rennes vs Darmanin, nous avons distribué des tracts pour appeler à des soirées, à des réunions, à des manifestations notamment celles du 25 mars 2023 puis du samedi 29 avril 2023. Nous étions 47 personnes à la Maison Internationale de Rennes, venues à titre individuel et issues de différentes organisations, pour lancer le cadre Rennes contre Darmanin (syndicats, asso, partis, collectifs, personnes solidaires sur les campements).</p>



<p>Et puis il ne s’est plus rien passé pour de vrai, les réunions, les tâches pratiques et la liste mail, ont commencé à être portées par les militant·es habituel·les, les nouvelles personnes ont arrêté de venir.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="6a6a6a" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="750" height="721" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr1-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8353 not-transparent" style="--dominant-color: #6a6a6a; width:287px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr1-jpg.webp 750w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr1-300x288.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px" /></figure>
</div>


<p><strong>À Toulouse :</strong> Les mobilisations contre la réforme des retraites ont donné de la force à l’AG contre Darmanin. Les participant·es étaient convaincu·es qu’il fallait faire le lien entre réforme des retraites et loi Darmanin,. Toutefois, nous avons rencontré des difficultés au début pour convaincre qu’il fallait faire ce lien. Plusieurs organisations syndicales avaient peur que ça divise la lutte. Nous avons beaucoup argumenté sur le besoin de traiter les deux questions et unifier les travailleur·euses dans la compréhension que la réforme des retraites et la loi anti-immigration faisaient partie d’une même offensive à l’encontre de toute notre classe. </p>



<p>Peu à peu, l’AG a gagné de l’espace dans l’AG interpro qui avait lieu après les manifs contre la réforme. À chaque prise de parole on a essayé de mettre sur la table l’importance de lutter contre la loi Darmanin. Pendant les manifs contre la réforme, l’AG contre Darmanin a commencé à organiser des cortèges avec notre principal slogan :<em> « On est toustes exploité·es, toustes solidaires, contre la réforme et contre les frontières ! »</em></p>



<p><strong>À Marseille :</strong> Dès le début du mouvement retraites, la Coordination contre Darmanin est visible et appelle aux échéances propres à la lutte contre la loi lors des manifestations. Nous assumons une banderole mise en débat dans la coordination <em>« Même Classe Même Lutte »</em> et nous organisons des points fixes pour diffuser notre matériel. La coordination contre Darmanin est alors rejointe par des collectifs féministes, des collectifs anti­fascistes et des syndicalistes. Commencent à émerger des assemblées publiques pour argumenter sur la nécessité de combattre la loi Darmanin en lien avec le mouvement des retraites. La Coordination contre la loi Darmanin parvient ainsi à s’adresser à beaucoup de monde. </p>


<div class="wp-block-image wp-duotone-rgb060105-rgb200225255-1">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="6c7176" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #6c7176;" loading="lazy" decoding="async" width="750" height="480" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr2-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8354 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr2-jpg.webp 750w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr2-300x192.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px" /></figure>
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<h2 class="wp-block-heading">L’auto-organisation des opprimé.es ?</h2>



<p><strong>À Paris :</strong> Au début de la séquence la Marche des Solidarités existe déjà avec une véritable visibilité due à de nombreuses campagnes menées les années précédentes. Ses réunions hebdomadaires regroupent en général une dizaine de personnes (représentant·es des collectifs de sans-papiers et quelques soutiens). Pendant plusieurs semaines dès l’automne 2022 de nombreuses discussions vont être nécessaires avec et entre collectifs de sans-papiers pour arriver à une position d’opposition totale à la loi Darmanin. L’argument est progressivement acquis que le volet « métiers en tension » est en réalité un outil pour limiter et précariser davantage les possibilités de régularisation. Il s’avèrera, a posteriori, que cette phase assez longue de discussions, qui va diffuser au sein des collectifs, permet de comprendre le rôle moteur et dirigeant joué par les collectifs de sans-papiers dans la lutte.</p>



<p><strong>À Montreuil :</strong> En parallèle de la mobilisation contre la loi Darmanin, faiblement suivie par les sans-papiers organisé·es au CSP Montreuil lors des premiers mois de la campagne, de nombreuses luttes locales issues de l’immigration, certaines particulièrement exemplaires, s’enracinent à Montreuil entre décembre 2022 et décembre 2023. </p>



<p>Celle du foyer Branly : ce foyer de plus 600 travailleurs maliens est le troisième de la ville à être menacé de démolition pour reconstruire une Résidence Sociale<sup data-fn="c96cd333-779d-4e84-9876-8f4349dd8fd3" class="fn"><a id="c96cd333-779d-4e84-9876-8f4349dd8fd3-link" href="#c96cd333-779d-4e84-9876-8f4349dd8fd3">1</a></sup>. Durant la destruction de ces foyers ce sont souvent plus des 2/3 des habitant·es qui sont mis·es à la rue. Il s’agit de sans-papiers ou de personnes régularisées qui ne sont pas sur les baux. Pour la première fois sur la ville, les délégués, le comité des résidents en lutte, et l’ensemble des résidents avec ou sans papiers ont su imposer leur volonté quant à la rénovation du foyer que les décideurs pensaient imaginer sans eux. Les résidents en lutte participaient individuellement à des manifestations contre la loi Darmanin systématiquement relayée par le COPAF et le comité de soutien. Mais c’est d’abord sur l’expérience de la lutte de défense du foyer et de la dignité des résidents que s’est développée l’auto-organisation, un collectif de sans-papiers du foyer notamment, est né de cette lutte. </p>



<p><strong>À Marseille : </strong>Les émeutes à Marseille suite à l’assassinat de Nahel constituent un moment décisif pour la Coordination contre Darmanin. Dans le local de Solidaires, nous organisons une grosse AG avec un autre collectif, Mémoire en Marche, qui travaille aux 40 ans de la Marche de 1983. </p>



<p>Cela a pu créer des grosses dissensions lorsque nous sommes allé·es discuter dans les quartiers populaires. On nous reprochait d’être des militant·es blanc·hes du centre-ville sans lien avec les populations immigrées. Cette caractérisation était en partie vraie, de moins en moins de personnes immigrées se liaient à la Coordination contre la Loi Darmanin durant l’été 2023. De plus, nous étions essoufflé·es par les rythmes d’un agenda de mobilisation très parisien qui a pu également faire débat. </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="cdb0ae" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="596" height="842" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr3-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8355 not-transparent" style="--dominant-color: #cdb0ae; width:250px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr3-jpg.webp 596w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr3-212x300.webp 212w" sizes="auto, (max-width: 596px) 100vw, 596px" /></figure>
</div>


<p><strong>À Paris :</strong> À partir d’octobre, sur la région parisienne, l’organisation d’une action d’occupation d’un chantier des JO avec des grévistes sans-papiers et la focalisation, en termes de manifestation, sur la date du 18 décembre a créé une dynamique inédite autour de la Marche avec des réunions hebdomadaires réunissant régulièrement une centaine de <a href="http://participant.es/">participant·es</a> et l’agrégation autour de la Marche et des Collectifs de sans-papiers de différents réseaux (Soulèvements de la Terre, Assemblée féministe, syndicalistes de l’éducation, des hôpitaux, du travail social, <a href="http://xn--tudiant-9xa.es/">étudiant·es</a> et lycéen·nes). </p>



<p>Pour la première fois de son histoire la Marche a même lancé des appels aux syndicats pour qu’ils organisent la grève. Cela a notamment permis le succès de la manifestation parisienne du 18 décembre, la plus grosse de toute la séquence avant le vote de la loi (15 000 <a href="http://manifestant.es/">manifestant·es</a>). Même si nous savions que ce ne serait pas suffisant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Après le vote, sursaut antifasciste ? </h2>



<p>Alors que l’opposition à la loi avait été limitée, le vote par les députés fachos et par la Macronie, le 19 décembre 2023, produit une riposte. </p>



<p><strong>À Rennes : </strong>Dès le soir du vote de la loi, trois jours plus tard, il y a eu 2 000 personnes dans la rue, et la manifestation a gonflé de minute en minute. Le rassemblement initial s’est transformé en manifestation impressionnante de dynamisme, très jeune, avec un long cortège qui chante, qui crie… une des manifestations les plus dynamiques des dernières années, qui a pu défiler dans le centre-ville contre le fascisme et le racisme. </p>



<p><strong>À Paris :</strong> Le 14 janvier va être une manifestation à Paris qui articule lutte contre la loi Darmanin (le racisme) et lutte contre le fascisme. L’ambiance y est extrêmement combative. Elle reflète et amplifie les dynamiques autour de la Marche et des collectifs de sans-papiers constatées avant le vote de la loi : forte mobilisation des collectifs de sans-papiers qui encadrent et animent la manifestation, jonction avec les jeunes mineurs isolés, cortèges des écoles, cortège féministe, cortèges « environnement », forte présence de la jeunesse. Il y a 20 à 25 000 manifestant·es.</p>



<p><strong>À Toulouse : </strong>Le soir du vote de la loi : rassemblement appelé par la CGT d’environ 2 000 personnes à Jean-Jaurès avec la présence des syndicats et des partis politiques. Ce vote du gouvernement avec le RN a été un moment de réveil pour beaucoup de monde à Toulouse. </p>



<p>Le 14 janvier : Très peu de personnes mobilisées au sein de l’AG, le peu de personnes présentes, très investies dans le mouvement pour la Palestine, favorisent la date du 13 janvier. À cette date, se tient aussi une journée de mobilisation au Bikini (salle de concert) en soutien aux occupations d’écoles par les familles à la rue. Cette journée organisée par le collectif Jamais sans toit composé d’enseignant·es et de parents d’élèves avec le soutien de RESF et du DAL 31. </p>



<p>Le 20 janvier : La manifestation de Toulouse se tient un jour avant l’appel national. Environ 4 000 personnes sont mobilisées. Présence des syndicats, des partis, des orgas nationales liées à la question de l’exil (LDH, Amnesty, secours cath). C’est pratiquement la seule fois où l’on aura vu les partis et syndicats réformistes mobilisés à Toulouse contre la loi.</p>



<p><strong>À Paris 18<sup>e</sup> :</strong> Dans les manifs de janvier, on a réussi à maintenir des cortèges dynamiques 18<sup>e</sup> en lutte-UL CGT 18<sup>e</sup> et à entraîner plusieurs sans-papiers de la permanence. L’essentiel de la mobilisation étant toujours portée par le collectif 18<sup>e</sup> en lutte.</p>



<p>Depuis le centre de gravité de la mobilisation a un peu changé, en plus de 18<sup>e</sup> en lutte (encore incontournable pour les diffs et collages) les permanences sans-papiers de la CGT du 18<sup>e </sup>commencent à devenir le lieu privilégié où se construit la mobilisation.</p>



<p><strong>À Marseille : </strong>La coordination contre Darmanin était devenue ces derniers temps un collectif en propre. Lorsque nous préparons le 18 décembre 2023, nos assemblées regroupent encore des dizaines de personne. Avant le départ de la manif, nous organisons des cours de français et des permanences juridiques en lien avec des enseignant·es et des militant·es associatifs et associatives. </p>



<p>Après le 19 décembre, notre groupe WhatsApp passe de 150 personnes à plus de 700. Les mobilisations de janvier 2024 ont pu prendre la forme de grèves, comme dans le secteur de l’associatif par exemple ou dans les écoles avec Sud Éducation 13. </p>



<p>Pour le 14 janvier cela a moins bien marché. La CGT 13 a appelé à cette date, mais n’a pas mobilisé au sens où nous l’entendons. </p>



<p>Pour le 21 janvier, les organisations syndicales se sont vues entre elles, elles n’ont pas contacté Marseille contre Darmanin, ont produit un appel pro-républicain. </p>


<div class="wp-block-image wp-duotone-rgb060105-rgb200225255-2">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="5b5a57" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="1075" height="1011" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr4-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8356 not-transparent" style="--dominant-color: #5b5a57; width:353px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr4-jpg.webp 1075w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr4-300x282.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr4-768x722.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 1075px) 100vw, 1075px" /></figure>
</div>


<p><strong>À Montreuil :</strong> La Kermesse Antifasciste dans laquelle nous sommes investi·es appelle à deux assemblées publiques entre le 21 décembre 2023 et le 14 janvier 2024 regroupant une vingtaine de personnes pour chacune d’entre elle. Le Maire de la Ville réunie quant à lui plus de 500 personnes le lendemain du vote de la loi. Le CSP Montreuil est invité à ouvrir les prises de parole. </p>



<p>Le CSP Montreuil reprend confiance en sa capacité d’initiative. Une déambulation se tient à son appel le 7 janvier qui regroupera près de 50 personnes. Des affiches pour la manif du 14 janvier sont collées dans tous les quartiers de la ville en l’espace d’une semaine. Le jour de la manif, entre 50 et 100 militant·es prennent part au départ collectif.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des graines semées</h2>



<p><strong>À Romainville &#8211; Les Lilas :</strong> Au moment du mouvement des retraites, des zemouristes viennent diffuser sur les marchés de la ville. Des camarades investi·es dans l’assemblée interpro locale lancent l’idée d’agir spécifiquement contre le racisme et le fascisme. </p>



<p>Le 2 mars 2024, la première réunion se tient. Elle est annoncée par des collages et des diffusions de tract. Sur les 20 personnes présentes, 4 disent être là en raison du travail de militantisme de terrain. Pour le reste, ce sont des camarades de différentes traditions militantes locales qui participent au lancement de ce collectif.</p>



<p>Le samedi 16 mars, les salarié·es de l’éducation appellent à une manifestation allant de la mairie de Romainville aux Lilas. Elle réunit 600 personnes.. </p>



<p>Le dimanche 17, les zemouristes sont de retour sur le marché des Lilas. Ce qui s’est construit sur le terrain ces derniers mois contre la loi immigration et la constitution du collectif permet de diffuser l’information assez tôt. C’est finalement lorsqu’une camarade prend un coup de l’une de ces pourritures qu’ils se font gicler du marché par l’ensemble des personnes présentes. </p>



<h5 class="wp-block-heading">Coordonné par Gaël Braibant (Montreuil)</h5>


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<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="7e6775" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #7e6775;" loading="lazy" decoding="async" width="750" height="751" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr5-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8357 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr5-jpg.webp 750w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr5-300x300.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr5-150x150.webp 150w" sizes="auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px" /></figure>
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<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<h6 class="wp-block-heading">NOTES</h6>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="c96cd333-779d-4e84-9876-8f4349dd8fd3">Lire sur le site du COPAF déclaration du 14 mars 2012 critiquant la politique de transformation des foyers de travailleurs immigrés en résidences sociales et formulant des propositions pour son amélioration. <a href="#c96cd333-779d-4e84-9876-8f4349dd8fd3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/loi-darmanin-anatomie-dune-defaite/">Loi Darmanin : anatomie d’une défaite</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
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		<title>Comités Palestine : construire la solidarité face à une répression sans précédent</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/comites-palestine-construire-la-solidarite-face-a-une-repression-sans-precedent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Aude]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Feb 2024 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[EHESS]]></category>
		<category><![CDATA[INALCO]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[Montreuil]]></category>
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		<category><![CDATA[retour d&#039;experience]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Face au génocide en cours à Gaza, des collectifs de solidarité avec le peuple palestinien se sont constitués un peu partout sur le territoire, dans un contexte de répression tant physique (interdiction de manifestations, arrestation&#8230;) <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/comites-palestine-construire-la-solidarite-face-a-une-repression-sans-precedent/" title="Comités Palestine : construire la solidarité face à une répression sans précédent">[...]</a></div>
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<p style="font-style:normal;font-weight:600">Face au génocide en cours à Gaza, des collectifs de solidarité avec le peuple palestinien se sont constitués un peu partout sur le territoire, dans un contexte de répression tant physique (interdiction de manifestations, arrestation&#8230;) qu’idéologique (accusation d’antisémitisme) hallucinant. Nous vous proposons un tour d’horizon des comités Palestine dans lesquels interviennent des camarades d’A2C.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #11 &#8211; JANVIER 2024</h6>



<h2 class="wp-block-heading">Une première phase du mouvement : de&nbsp;Marseille à Paris, manifester sa solidarité malgré les interdictions&nbsp;</h2>



<p class="has-drop-cap">En France, toute solidarité envers le peuple palestinien et sa lutte a été violemment réprimée. Les rassemblements ont été interdits, les manifestant·es ont été placé·es en garde-à-vue ou verbalisé·es. Un port de drapeau palestinien ou d’un keffieh justifiait un contrôle d’identité et une verbalisation. Le niveau de répression a entraîné une peur généralisée mais à Paris, notamment, la détermination des personnes à exprimer l’horreur que leur inspire le génocide en cours a permis que la solidarité avec Gaza s’exprime place de la République ou autour de Châtelet au mois d’octobre.</p>



<p>Cette détermination a poussé le tribunal administratif à finalement autoriser le rassemblement du jeudi 19&nbsp;octobre au moment où des manifestant·es commençaient à se rassembler malgré l’interdiction de la préfecture. Cette victoire à Paris a entraîné un changement dans le rapport de forces national, et la confiance des personnes à prendre la rue s’est démultipliée.</p>



<p>À Marseille, un groupe de jeunes et moins jeunes a initié les premières manifestations pour la Palestine et a continué à s’organiser malgré les intimidations. La CGT&nbsp;13 a annoncé une mobilisation le 22&nbsp;octobre, distincte du rassemblement organisé par le groupe. Malgré un important dispositif policier le jour du rassemblement, nous avons réussi à nous regrouper. Une personne a été contrôlée à cause de son keffieh et une autre à cause d’un drapeau palestinien. La tension montait. Un groupe de femmes a pris l’initiative d’assumer le rassemblement et a crié <em>« Libérez Gaza »</em>, le galvanisant. Nous avons réalisé alors que nous étions plus nombreux·ses que prévu, et avons commencé à manifester, avec des milliers de personnes clamant des slogans. Les manifestant·es étaient principalement des personnes en dehors des milieux militants traditionnels. Le groupe à l’initiative de ce premier rassemblement massif après des semaines de répression a ensuite constitué le noyau du collectif Urgence Palestine Marseille.</p>



<p>À Montreuil, après le 7&nbsp;octobre, malgré des appels publics à se réunir, nous étions peu à nous regrouper pour soutenir sans condition la résistance palestinienne. Mais malgré les interdictions et leurs conséquences sur les organisations de gauche, nous avons constaté une réelle audience au sein de notre classe : les collages ou les diffusions des appels à manifester donnaient lieu à un réel enthousiasme auprès des classes populaires de Montreuil.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sur les facs : des mobilisations dans un&nbsp;contexte de terreur idéologique</h2>



<p>Le comité pour la Palestine Condorcet &#8211; École des hautes études de sciences sociales à Paris est né après que le syndicat Solidaires de l’école a publié un communiqué de soutien à la résistance palestinienne le 8&nbsp;octobre. Ce communiqué a donné lieu à de vifs échanges entres les enseignant·es chercheur·euses, la majorité condamnant à la fois le communiqué et la chercheuse l’ayant relayé sur la liste mail, jusqu’à remettre en cause la scientificité de son travail universitaire et pousser dans le sens d’une convocation devant la commission disciplinaire de son laboratoire. Le syndicat Solidaires quant à lui s’est retrouvé attaqué et isolé. L’intersyndicale de l’école se fait aujourd’hui sans Solidaires EHESS, les autres syndicats ayant rompu les liens.</p>



<p>Le comité s’est structuré en trois groupes de travail : communication, événements et actions. Le groupe Événements a organisé des projections de films et des débats sur la Palestine à l’EHESS. Le groupe Actions a mené diverses initiatives, comme un lâcher de banderoles, des rassemblements avec des fumigènes, des boycotts, l’envahissement de séminaires et la création d’un journal du comité.</p>



<p>Le comité a fonctionné grâce à un noyau dur de membres déjà militant·es, avec un turn over important. Et des difficultés à fédérer. La majorité des échanges lors des assemblées générales concernaient les actions à mener, l’organisation interne du collectif et la répartition des tâches. Lors d’une assemblée générale, des membres du Collectif de Sans-Papiers d’Aubervilliers ont souligné la nécessité de faire un lien avec la lutte contre la loi Darmanin. Cette proposition a été soutenue par vote, mais en pratique, à part la formation d’un cortège le 18&nbsp;novembre, il y avait des réticences, principalement dues à la peur d’un éparpillement qui affaiblirait le comité.</p>



<p>Le 7&nbsp;octobre a eu de l’écho au sein des étudiant·es de l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Cet établissement public parisien d’enseignement de langues et civilisations a un rapport double à la colonisation. Le passé de l’Institut en est imprégné : l’administration coloniale a longtemps recruté parmi ses étudiant·es. Et aujourd’hui, parmi ses 8 000 élèves, beaucoup sont issu·es de peuples colonisés.</p>



<p>Des appels à rejoindre les premiers rassemblements parisiens du jeudi soir ont circulé assez rapidement dans l’Inalco, fait réjouissant pour une fac peu connue pour ses mobilisations et dans laquelle il n’existe aucune organisation syndicale étudiante. La présidence de l’Inalco a rapidement rappelé à l’ordre les étudiant·es, menaçant de « lourdes sanctions » en cas d’apologie du terrorisme et d’incitation à la haine/violence. En appelant à « la retenue et la vigilance », elle s’est imaginée faire preuve de diplomatie ; elle a en réalité brillé par son soutien à l’ordre établi et donc au sionisme. L’absence totale de « retenue » lors de l’invasion russe en Ukraine consolide cette opinion tandis que les partenariats avec des universités israéliennes la confirment définitivement. Malgré cela, des étudiant·es ont commencé à s’organiser. Au début du mois de novembre, à l’appel d’Urgence Palestine (UP), une « AG des jeunes » animée par des étudiant·es palestinien·nes rassemble 350&nbsp;étudiant·es d’une douzaine de facs et lycées. Cette initiative, accompagnée d’un mot d’ordre : généraliser la création de comités locaux en universités, s’est faite entendre. Dans la semaine du 13&nbsp;novembre, un groupe WhatsApp est créé, « Comité Palestine Inalco », dont le nombre de membres croît de jour en jour.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="8e886a" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="880" height="495" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr1-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8208 not-transparent" style="--dominant-color: #8e886a; width:393px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr1-jpg.webp 880w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr1-300x169.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr1-768x432.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr1-678x381.webp 678w" sizes="auto, (max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>
</div>


<p>Les positions exprimées sur ce groupe témoignent de l’envie d’action et du besoin de se rencontrer pour s’organiser. Les premières réunions, dans la semaine du 20, ont malheureusement eu une faible portée. De par l’envie d’agir (une journée d’action interfacs a d’ailleurs été prévue le 29&nbsp;novembre) mais la peur de la répression, le besoin de mobiliser plus de monde s’est imposé. Le premier objectif a donc été d’organiser une grande « AG pour la création d’un comité de soutien » la semaine suivante, qui a eu vocation de réunir un maximum d’étudiant·es pour concrétiser la création du comité. Pour ce faire, une page instagram est créée, 1 000 tracts sont imprimés et distribués en fin de semaine. Si ces initiatives sont portées par une minorité de personnes militantes, les autres étudiant·es se les approprient immédiatement. Ainsi, des sessions de tractages (première action « militante » pour beaucoup) sont organisées, parfois à l’improviste, et sont un prétexte à la rencontre et àLes positions exprimées sur ce groupe témoignent de l’envie d’action et du besoin de se rencontrer pour s’organiser. Les premières réunions, dans la semaine du 20, ont malheureusement eu une faible portée. De par l’envie d’agir (une journée d’action interfacs a d’ailleurs été prévue le 29&nbsp;novembre) mais la peur de la répression, le besoin de mobiliser plus de monde s’est imposé. Le premier objectif a donc été d’organiser une grande « AG pour la création d’un comité de soutien » la semaine suivante, qui a eu vocation de réunir un maximum d’étudiant·es pour concrétiser la création du comité. Pour ce faire, une page instagram est créée, 1 000 tracts sont imprimés et distribués en fin de semaine. Si ces initiatives sont portées par une minorité de personnes militantes, les autres étudiant·es se les approprient immédiatement. Ainsi, des sessions de tractages (première action « militante » pour beaucoup) sont organisées, parfois à l’improviste, et sont un prétexte à la rencontre et à la discussion. Le tract est par ailleurs très bien reçu par la majorité de la communauté étudiante et même par des professeur·es.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Inscrire la solidarité dans le temps&nbsp;</h2>



<p>À Rennes, le pic de participation aux rassemblements et aux manifestations a été atteint à la mi-novembre avec +/–&nbsp;2 000 personnes en manif et plus de 200 lors des rassemblements. Le samedi 16 décembre, nous étions entre 800 et 1 000&nbsp;personnes ; aux derniers rassemblements, entre 40 et 50.</p>



<p>Progressivement, le mouvement s’est essoufflé par lassitude d’un constant recommencement. La situation en Palestine s’étant installée dans le temps, une partie des participant·es se sont détourné·es des événements malgré beaucoup de tractage. En AG, il a été décidé d’organiser des rassemblements et des départs de manif dans les quartiers populaires, mais la préfecture refuse les demandes d’autorisation. La majorité de l’AG a préféré renoncer pour des raisons de sécurité.</p>



<p>Des événements sont régulièrement organisés. La plupart des formations et discussions sont généralistes mais correspondent bien au niveau des personnes présentes (surtout des étudiant·es, militant·es et personnes se sentant concernées par la tragédie actuelle en Palestine). Elles permettent de comprendre ce qu’est le sionisme et les enjeux impérialistes.</p>



<p>Sur Montreuil, une fois les manifestations autorisées, et l’épuration ethnique effective au sein de la bande de Gaza, les premiers efforts lors du début du mouvement ont permis fin octobre &#8211; début novembre de faire des assemblées publiques à plus de 50&nbsp;personnes. Nous retrouvions des collectifs comme l’Assemblée féministe, des cantines Gilets jaunes, la Cantine syrienne, des camarades de mouvements internationaliste ou transnationaux, des syndicalistes de la CGT ou de Solidaires mais aussi des camarades pour lesquels c’était une première expérience de construction de mobilisation au niveau local.&nbsp;</p>



<p>Nous sommes de moins en moins nombreux·ses. Cependant, en l’espace de deux mois, nous avons pu organiser 9&nbsp;départs collectifs aux manifs sur Paris, une déambulation, une réunion publique, une présence lors d’une Kermesse Antifasciste au niveau local, un réveillon de Noël et 3 actions Boycott Carrefour en lien avec la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions). Beaucoup de ces initiatives ont été appelées publiquement par des collages. En tout, plus de 2 000 affiches ont été collées.&nbsp;</p>



<p>C’est d’abord par le biais de ces collages que s’est posé concrètement le lien avec la mobilisation antiraciste contre la loi Darmanin. Nous avons en plus collé quelque 1 600 affiches pour appeler à la mobilisation du 18&nbsp;décembre. Ces collages étaient coordonnés avec ceux pour la Palestine. Ils sont le fruit de discussions au sein d’UP et du Collectif des sans-papiers de Montreuil (CSPM), qui ont permis une rencontre entre les deux collectifs.&nbsp;</p>



<p>Dans le 20<sup>e</sup>&nbsp;arrondissement de Paris, le collectif Urgence Palestine 20<sup>e</sup> s’est lancé assez tardivement avec une première réunion le 22&nbsp;novembre à l’initiative du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) 20<sup>e</sup>, en réponse à l’appel d’UP.</p>



<p>Depuis, il y a une réunion chaque semaine, avec une vingtaine de personnes. Plutôt des personnes militantes pour l’instant, de divers horizons (militant·es d’orgas politiques — NPA, Révolution Permanente, A2C), de collectifs de solidarité avec la Palestine (BDS, Association France Palestine solidarité, Union juive française pour la paix), de 20<sup>e</sup> Solidaire (collectif antiraciste, de solidarité avec les migrant·es), et de personnes rencontrées dans les AG interpros du 20<sup>e</sup> lors de la mobilisation contre la réforme des retraites.</p>



<p>Beaucoup de discussions ont émergé, pas forcément toutes réglées à ce stade : notamment sur les liens avec UP, mais également sur le rôle de notre collectif et de ses actions, avec un débat sous-jacent à propos de la responsabilité française sur la situation : selon l’importance accordée à l’impérialisme, la cible serait soit Israël (action de boycott), soit l’État français. La question du lien avec la loi Darmanin a été posée et elle n’a pas soulevé d’opposition.&nbsp;</p>



<p>Plusieurs actions ont été menées, comme des départs communs aux manifs (ratés, on était très peu), deux déambulations dans des quartiers du 20<sup>e</sup> (coller, tracter, rentrer chez les commerçant·es pour discuter, en étant un nombre significatif afin de donner de la visibilité au fait qu’il existe un collectif dans le quartier) avec un résultat très positif et un très bon accueil, une réunion publique (bilan assez positif, on était une cinquantaine et les discussions étaient assez constructives, 12 personnes ont laissé leurs coordonnées) et enfin des actions BDS, parfois en lien avec le collectif de Montreuil, bilan mitigé en termes de participation. Tout ceci a donné lieu à des diffusions de tracts aux sorties de métro ou sur des marchés.</p>



<p>On a pu constater que les réactions sont à l’image des manifs parisiennes : une partie de la population accueille de façon très favorable nos apparitions, mais ne nous rejoint pas pour autant (les personnes racisées des quartiers populaires), le noyau militant est plutôt présent (même si on n’est pas toujours d’accord sur les analyses), et le reste de la population est indifférente voire parfois hostile (pro-Israël). La clé est donc à la fois de fournir des arguments pour casser la solidarité d’une partie de la population à la politique de l’État français qui soutient Israël, et de s’organiser avec les personnes qui sont déjà solidaires avec les Palestinien·nes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Renforcer l’auto-organisation</h2>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="505" height="677" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr2.png" alt="" class="wp-image-8209" style="width:262px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr2.png 505w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr2-224x300.png 224w" sizes="auto, (max-width: 505px) 100vw, 505px" /></figure>
</div>


<p>Malgré la dynamique nationale de solidarité au peuple palestinien, les capacités d’auto-organisation ont été maigres.</p>



<p>Par exemple à l’Inalco, pendant la semaine de préparation de la « grande AG », deux stratégies de mobilisation se sont affrontées au sein de la minorité militante qui portait la plupart des initiatives. Elles s’expliquent par deux conceptions radicalement différentes de l’organisation et du rôle du comité, qui se sont traduites par des priorités et des tactiques différentes.&nbsp;</p>



<p>À A2C, notre conception de l’organisation est qu’elle doit favoriser le mouvement. Une assemblée qui réunit toutes les forces militantes d’un lieu ou d’une lutte est le meilleur moyen de communiquer, de transmettre l’expérience des un·es et des autres, de débattre pour se convaincre de la direction à suivre pour gagner. Nous apprécions les dynamiques de création de comités locaux et de leur fédération dans le sens qu’elles peuvent renforcer les militant·es par le sentiment encourageant de s’inscrire dans un mouvement plus large et qu’elles sont une base à l’organisation d’actions communes. Cette conception suppose que le mouvement est la base vitale de l’organisation et que cette dernière, ayant vocation à l’aiguiller mais non à le diriger, ne peut s’en dissocier. Pas d’organisation sans mouvement. Notre intervention est allée dans le sens de cette conception : persuadé·es que c’est la lutte elle-même qui permettra le développement d’un comité. Nous voulions construire le comité par le bas, et le rassemblement de 60&nbsp;étudiant·es en AG après trois jours de diffusions et de discussions à la base légitime cette stratégie.&nbsp;</p>



<p>La deuxième conception de l’organisation est celle de bureaucrates : l’objectif de « s’organiser » est de renforcer une « inter-orga ». Dans les faits cela s’est traduit par un focus sur la technique (coller des stickers et faire un compte insta) et un rejet des débats politiques. Se mobiliser contre le génocide, mais sans relayer d’idéologies notamment anti-impérialiste, ne surtout pas apparaître « pro-Hamas ». Iels ont imposé leur non-ligne politique, négligeant le rôle des étudiant·es. Ce déni s’est manifesté par des pratiques autoritaires, comme l’expulsion de groupes de discussion. Avec une grosse majorité d’étudiant·es très peu militant·es, pour qui cette expérience était sans doute la première, ces comportements n’ont pas du tout aidé à construire un mouvement de lutte.</p>



<p>Cela nous amène à notre conclusion : iels ont tué le comité dans l’œuf, et aujourd’hui c’est juste un groupe whatsApp dirigé par une personne qui diffuse des informations sans réelles actions ni positionnement. C’est dommage car cela aurait également pu donner une impulsion pour d’autres mobilisations à l’Inalco.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mener les débats, politiser la paix&nbsp;</h2>



<p>La question palestinienne a toujours été particulièrement clivante jusqu’au sein de la gauche, venant distinguer la gauche qui pousse son antiracisme jusqu’au décolonialisme de celle qui se contente d’un antiracisme de surface.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="665e60" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="880" height="495" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr3-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8210 not-transparent" style="--dominant-color: #665e60; width:449px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr3-jpg.webp 880w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr3-300x169.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr3-768x432.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr3-678x381.webp 678w" sizes="auto, (max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>
</div>


<p>Le distance entre Urgence Palestine et les comités des facs a produit des mots d’ordre différents au sein des comités, celui de l’EHESS a fait le choix de suivre ceux d’UP lors de la première AG mais tous les comités n’ont pas fait ce choix, notamment ceux menés par Révolution Permanente (RP) pour qui le seul mot d’ordre « cessez-le-feu » revenait à un simple appel au calme et donc à un statu quo qui n’aurait pour autre finalité qu’un maintien de la colonisation. À l’inverse, l’argumentaire des comités axés sur le mot d’ordre « cessez-le-feu » se basait sur le fait que c’était la demande même de la résistance palestinienne et que le non appel au cessez-le-feu ne pouvait s’assurer d’être conséquent politiquement que par une prise des armes, or le conflit se déroule hors de nos frontières.</p>



<p>À Marseille, le refus pour certain·es de se limiter à l’appel à un cessez-le-feu était lié à l’envie de l’articuler à un discours sur les possibilités de la paix, qui ne peut advenir sans l’arrêt de la colonisation. Il semblait aussi nécessaire de dénoncer la solution à deux États que défend LFI, entre autres. Aussi, avec Urgence Palestine, soutenir un mouvement de libération nationale depuis un pays participant au génocide nous paraissait impossible sans dénoncer la complicité de la France vis-à-vis de l’État colonial d’Israël.</p>



<p class="has-text-align-center">Palestine Vivra Palestine Vaincra, pas comme (la loi) Darmanin.</p>



<p>Coordonné par Anouck Brunet (Marseille) et Ombeline Cornette (Paris) à partir des retours des militant·es d’A2C et de leurs camarades de lutte</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Qui sème l&#8217;injustice récolte la révolte</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/qui-seme-linjustice-recolte-la-revolte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Aude]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Jul 2023 07:30:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Nahel]]></category>
		<category><![CDATA[retour d&#039;experience]]></category>
		<category><![CDATA[Violences policières]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Au fil du mouvement, mis à jour le 07.07 NANTERRE Retour sur le début de la mobilisation à Nanterre par un camarade habitant sur place Mardi 27 juin 2023, entre 8h et 9h en plein <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/qui-seme-linjustice-recolte-la-revolte/" title="Qui sème l&#8217;injustice récolte la révolte">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600"><em>Au fil du mouvement, mis à jour le 07.07</em></p>



<h2 class="wp-block-heading" style="font-style:normal;font-weight:600">NANTERRE</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Retour sur le début de la mobilisation à Nanterre par un camarade habitant sur place </h3>



<p>Mardi 27 juin 2023, entre 8h et 9h en plein cœur de Nanterre, dans une banlieue parisienne populaire. Un contrôle policier vire au drame lorsqu’un policier tue un jeune conducteur de 17 ans qui tentait de fuir un policier qui le braquait d’une arme tout en le menaçant de mort. L’émotion est générale et se propage dans tout Nanterre mais aussi dans d’autres banlieues et grandes villes françaises. Le soir, en début de soirée, la tension est palpable : des policiers, pour certains armés de LBD, prennent position dans toute la ville en attente d’un soulèvement. Les parents de jeunes enfants sentent que la nuit sera longue et mouvementée. Certains comprennent la colère et l’approuvent, tous rentrent chez eux avec leurs enfants pour qu’ils ne traînent pas la nuit au milieu des affrontements. Il est 22h30, la révolte commence à Nanterre, mais pas que.</p>



<p>Dès lors que l’heure du dîner sonne à sa fin, la jeunesse sort de ses immeubles pour laisser s’exprimer sa colère. Des affrontements éclatent dans plusieurs endroits dans Nanterre. Dans la cité Pablo Picasso qui a la réputation d’être difficile, une bataille de positions commence à l’intérieur même de la cité. Des voitures brûlent, des barricades improvisées sont dressées sur les routes puis incendiées, limitant ainsi la logistique des voitures de police. A l’intérieur de la cité, la BAC tente d&rsquo;interpeller les émeutiers. Une bataille entre émeutiers jetant des pierres, des feux d’artifice et des mortiers sur la police et utilisant l’environnement de la cité à leur avantage d’un côté et de l’autre la police ayant recours à des charges, des grenades et du gaz lacrymogène. Il fait nuit, la cité est lugubre et mal éclairée, les policiers habillés en noirs peuvent surgir de tous les côtés pour piéger les révoltés. L’affrontement se déplace alors sur l’avenue Pablo Picasso, plus spacieuse, mieux éclairée et surtout offrant une visibilité et une prévisibilité des charges policières. Des barricades incendiées sont dressées, des voitures sont brûlées. Les révoltés sont essentiellement des jeunes de quartiers populaires mais également quelques militants révolutionnaires. Cependant, ces derniers ne viennent pas avec leurs drapeaux ou quelques éléments permettant de les identifier tel quel. Ils viennent individuellement, parfois contre la volonté de leurs appareils. Les affrontements se poursuivent jusqu’à 3-4h à Nanterre mais pas qu’à Nanterre.</p>



<p>Nanterre n’est pas la seule ville mobilisée la nuit contre ça. Le premier soir, des révoltes sous la même forme se sont produites à Suresnes, Gennevilliers, Colombes, Asnières, Villeneuve, Clichy, Courbevoie, Mantes-la-Jolie, Mureaux, Montfermeil, Vitry, Argenteuil, Hem, Bordeaux, Colmar, Marseilles et Paris. Les soirs suivants, les révoltes se poursuivent la nuit mais également le jour. A Nanterre, une marche blanche organisée jeudi 29 juin a regroupé plus de 20 000 personnes. La dynamique est lancée et à présent la répression ne parvient pas à éteindre la mèche allumée. La marche fut réprimée avec du gaz lacrymogène ce qui a conduit à des affrontements en pleine journée au cœur de Nanterre. Le soir, d’autres villes ont rejoint la révolte et elle se propage dans tout le pays. Cela va jusqu&rsquo;à dépasser les frontières françaises : en Belgique ou en Allemagne, on se révolte contre le racisme et les violences policières. Le gouvernement français déploie des unités d’élite inadaptées au maintien de l’ordre : BRI, GIGN, RAID&#8230; Si cela témoigne d’une intensification de la répression, cela témoigne aussi d’une incapacité à faire cesser la révolte. Les unités conçues pour cela ne suffisent plus et il faut trouver d’autres services de répression qui ne sont pas prévues pour cela.</p>



<p>Face à cette situation, la gauche oscille entre appel au calme et exigence de justice. Certains ont le courage de refuser explicitement d&rsquo;appeler au calme, préférant appeler à la justice. Côté syndical, la CGT a demandé que justice soit faite sur cette affaire. Côté révolutionnaire, des militants essaient de discuter avec les jeunes des quartiers populaires en bas de leurs tours afin de créer du lien.</p>



<p>Cet article est écrit alors que la mobilisation est encore en cours.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right">Adrien, Nanterre&nbsp;</h6>



<h2 class="wp-block-heading">TOULOUSE</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Retour du rassemblement du mercredi 5 juillet</h3>



<p>Rassemblement appelé par la LDH et plusieurs organisations politiques et syndicales. On n’était pas très nombreux.se.s, entre 700 et 1000 maximum. Prises des paroles très institutionnelles avec quelques demandes plus radicales. Les concepts de racisme systémique et racisme d&rsquo;État ont été utilisés par certaines organisations politiques. L’ambiance parmi les présent·es était de tristesse face aux derniers événements, mais un peu de sidération et de sentiment d’impuissance exprimés par certaines personnes. Très peu de participation des personnes ou des associations des quartiers dit populaires.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Du côté de l&rsquo;assemblée Toulouse VS Darmanin, qui s&rsquo;est le mardi 04 juillet</h3>



<p id="block-d70b0224-6605-403c-80a6-8929f4f5e2af">Ça faisait un moment que l’AG ne se réunissait pas. Très active pendant les mobilisations autour de la réforme de retraites en faisant le travail de lier les questions du travail et de la répression avec les propositions des lois Darmanin et l’opération Wuambushu en Mayotte, avec des réunions publiques, points fixes pendant les manif, opération des tractages et collages.</p>



<p>Avec la fin du mouvement contre la réforme et le report du vote sur les lois Darmanin, l’AG avait réduit énormément le nombre des réunions et des participant.e.s.</p>



<p>Suite au meurtre du jeune Nahel par la police, quelques militant.e.s on décide d’appeler à une AG pour essayer de nous organiser pour des nouvelles mobilisations. Même avec le travail d’envoyer des messages aux camarades, nous avons réussi à rassembler seulement 11 personnes. Nous avons pris la décision de participer aux prochains rassemblements et manifs, mais nous avons constaté que nous ne sommes pas assez fort·es pour essayer de lancer un mouvement plus large et faire le lien avec les lois anti-immigration et la répression aux frontières et aux personnes migrantes.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right">Dani., Toulouse</h6>
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		<title>Retours du mouvement : Marseille</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/retours-du-mouvement-marseille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 May 2023 13:17:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[retour d&#039;experience]]></category>
		<category><![CDATA[Retraites]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Dans les cahiers #08 sortis en mai 2023, nous avons tâché de poser les Questions et hypothèses qui se posent en partant d&#8217;expériences faites dans le mouvement. L&#8217;article ci-dessous est un des retours qui nous <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/retours-du-mouvement-marseille/" title="Retours du mouvement : Marseille">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:italic;font-weight:600">Dans les cahiers #08 sortis en mai 2023, nous avons tâché de poser les <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/actions/questions-et-hypotheses-a-partir-du-mouvement/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Questions et hypothèses</a> qui se posent en partant d&rsquo;expériences faites dans le mouvement. L&rsquo;article ci-dessous est un des retours qui nous ont permis cette réflexion. </p>



<p>Depuis le mois de décembre 2022, une assemblée d&rsquo;organisations et de militant·e·s se réunit chaque semaine à Marseille, pour tenter de construire un front antiraciste, en réaction à la nouvelle Loi Asile et Immigration portée par le ministre de l&rsquo;Intérieur et des Outre Mer, Gérald Darmanin.</p>



<p>Plusieurs manifestations ont déjà été organisées, rassemblant chaque fois plus de personnes. Des réunions publiques, des sessions de tractage dans des lieux ciblés ou même un tournoi de foot ont également permis d&rsquo;informer et de s&rsquo;organiser autour de cette loi, et plus largement de porter la question antiraciste dans le mouvement social actuel. Les manifestations intersyndicales hebdomadaires ont notamment été l&rsquo;occasion pour les militant·e·s de Marseille contre la Loi Darmanin de tracter lors des cortèges contre la réforme des retraites dans le but de faire du lien entre les travailleur.ses avec ou sans papiers. L&rsquo;ampleur de la mobilisation face à la réforme des retraites a récemment fragilisé l&rsquo;assise qu&rsquo;aurait pu espérer le gouvernement pour faire passer cette loi. Pour mener à bien son projet, ce dernier s&rsquo;évertue à durcir certains pans d&rsquo;une réforme déjà catastrophique pour les personnes sans-papiers, afin de (re)conquérir le cœur de la droite et de l&rsquo;extrême droite. La suppression de l&rsquo;Aide Médicale d’État, un dispositif permettant aux personnes sans papiers de bénéficier d&rsquo;un accès aux soins en est un exemple. Parallèlement à ces annonces, Darmanin prépare à Mayotte une opération, « Wuambushu », ayant pour objectif l&rsquo;expulsion de plus de 400 personnes par jour (principalement Comoriennes, rendues étrangères à leur propre territoire suite aux politiques d&rsquo;annexion coloniale), ainsi que la destruction d&rsquo;un millier d&rsquo;habitations déjà précaires menées par des effectifs de la police française directement envoyées depuis la métropole, dont la CRS-8, la force d&rsquo;intervention qui est déployée dans les quartiers populaires en France.</p>



<p>Face à ce désastre annoncé pour la fin du Ramadan, Marseille contre la Loi Darmanin organise une manifestation le 29 avril pour dénoncer cette opération et pour revendiquer le retrait de la loi Asile et Immigration. Depuis des semaines, plusieurs organisations politiques ont répondu à l&rsquo;appel pour préparer cette journée de lutte : des syndicats, des partis politiques, des collectifs antiracistes, anti-carcéraux, féministes, antifascistes, des associations et militant·e·s comorien·e·s&#8230; Des déambulations dans certains quartiers se dérouleront pour annoncer la date de l&rsquo;événement.</p>



<p>Contrairement à la dernière marche qui s&rsquo;est déroulée au mois de mars et qui avait réuni plus de 2000 personnes, il s&rsquo;agit désormais de défiler dans le centre-ville de Marseille, qui concentre les symboles de l&rsquo;impérialisme de l’État français, des statues comme traces de l&rsquo;héritage colonial aux institutions comme la préfecture, lieu de délivrance et de refus des titres de séjours aux personnes exilées.</p>



<p>L&rsquo;organisation Marseille contre la Loi Darmanin cherche aussi à faire du 1er mai une date de convergence des luttes des travailleur.se.s avec ou sans papiers.</p>



<p>L&rsquo;enjeu est double. D&rsquo;une part, il s&rsquo;agit de dénoncer l&rsquo;instrumentalisation de la question migratoire par le gouvernement qui cherche par tous les moyens à détourner la colère émanant de la réforme des retraites. D&rsquo;autre part, il est nécessaire de tout mettre en œuvre pour empêcher la récupération du mouvement social faite par l&rsquo;extrême droite depuis le début de la contestation. Le Rassemblement National, premier parti d&rsquo;extrême droite, a décidé depuis plusieurs années de tenir son rendez vous annuel en cette date symbolique au sein du mouvement ouvrier. Cette année, il a choisi le Havre, ville portuaire et ouvrière pour tenir sa « fête de la Nation ».</p>



<p>A Marseille, l&rsquo;objectif est donc de réussir à faire de cette grande manifestation annuelle, le lieu et le moment de la visibilisation de l&rsquo;unité de notre classe, en construisant un cortège antiraciste rassemblant les organisations de défense des travailleur.ses et les collectifs antiracistes et antifascistes.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="a799b0" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #a799b0;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/05/MarseilleMayotteDarmanin-1024x435.jpg" alt="" class="wp-image-7278 not-transparent"/><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><em>La mobilisation à l’EHESS (école des Hautes études en sciences sociales)</em></h2>



<p>La mobilisation au sein du master de l’EHESS Marseille s’est organisée autour de revendications contre la complaisance du milieu universitaire face aux attaques de l’extrême droite et ses concepts d’islamogauchisme et wokisme, contre son élitisme et son incapacité à s’adapter aux réalités médico-sociales des étudiant·e·s et pour la banalisation des cours et la note plancher jusqu’au retrait de la réforme des retraites.</p>



<p>À ce jour cette mobilisation a donné lieu à la formation d’une section syndicale. Nous sommes maintenant 6 étudiant.es syndiqué.es à Solidaires Étudiant.es. Nous avons aussi créée des liens de solidarités avec les autres campus de la ville, l’EHESS de Paris, avec les doctorant·es et plus généralement les membres précaires de l’enseignement supérieur et de la recherche. Autour de l’organisation de petit-déjeuners devant le site les jours de grève, le comité de mobilisation a aussi renforcé la confiance pour certain·e·s à parler politique avec les salariés du sites de l’EHESS, agents d’accueil, de sécurité, de ménage, en s’appuyant sur des tracts et en partageant des crêpes. Puis, la confiance de participer à l’AG interpro, de faire des manifestations syndicales et des blocages ensemble, et aussi les mobilisations contre la loi Darmanin. Bref, des liens politiques se sont créés ainsi que la volonté de les faire perdurer avec entre autres, l’outil du syndicat.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La création de l&rsquo;interpro</strong></h2>



<p>L’AG éduc c’est constituée dès la première journée de mouvement. Cette AG, appelé par les différents syndicats permet un espace de rencontre entre les différents grévistes de l’éducation nationale, principalement des professeurs (primaire et secondaire). L’assemblée à tout au long du mouvement permis de donner une confiance aux different·e·s grévistes qui souhaitaient se mettre en reconductible, et parallèlement à su organiser différents moments d’action, parfois en lien avec d’autres secteurs.&nbsp;</p>



<p>Le constat du succès des actions menées par l’AG éduc en tant qu’espace de rencontre entre différents secteur fait émerger l’idée d’une inter-pro à Marseille. Les retours d’autres ville qui commence à constituer dans ce sens nous à permis à quelques membres de l’AG éduc de croire en cette possibilité. En plus, un certaine ouverture de la UD13 lors des blocages/actions laisse penser que le climat est propice à des rencontres entre différents secteurs en lutte. Enfin, le passage en force du gouvernement accentue la motivation à renforcer les liens pour que le mouvement s’accélère.&nbsp;</p>



<p>L’indépendance partielle de l’AG éducation vis-à-vis des différents syndicats (et notamment l’UD13) donne alors un appui pour lancer la première AG inter-pro. Si quelques têtes syndicales semble peu emballé par l’idée de l’inter-pro la proposition de texte d’appel à une première assemblée inter-pro est validée au consensus par l’assemblée.&nbsp;</p>



<p>Une première équipe d’organisation de l’AG se constitue, principalement composée par des enseignant·e·s de l’assemblée éducation et d’un camarade de la CGT médico social. Un lien est alors fait avec l’intersyndicale de l’université afin d’ouvrir le grand amphi pour accueillir l’AG. Une rapide campagne de diffusions se fait par mail et lors des point de rassemblement. Globalement, l’idée est extrêmement bien accueillie par les millitant·e·s. Le discours à ce moment est le suivant : « il est nécessaire de se coordonner entre les différents secteurs afin de rendre crédible l’ambition de bloquer le pays. L’objectif n’est pas de passer outre l’UD13 mais d’augmenter les possibilités de blocage dans la ville »&nbsp;</p>



<p>Quelques semaines plus tard on peut faire l’hypothèse que ce discours à jouer sur une orientation forte de l’AG interpro sur la question du blocage et non sur la question de l’élargissement de la grève.&nbsp;</p>



<p>La première AG inter-pro réunis alors plus de 500 personnes. Les secteurs représentés sont principalement l’éducation, l’associatif, chômeur/précaire et la culture. On constate aussi la présence de secteur divers (territoriaux, cheminot, salariée du privé) venu assister à l’AG par une certaine forme de curiosité.&nbsp;</p>



<p>Cette première AG permet la structuration autour de différente commission de l’inter-pro. Si quelques difficultés apparaissent déjà entre les différentes tendances de l’assemblée (notamment action vs grève) l’ensemble des retours sont positifs. À ce moment-là, il est possible de tirer les petites conclusions suivantes :&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le nombre de personnes présente montre la nécessité qu’un espace&nbsp; d’organisation interpro existe dans la ville&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</li>



<li>La volonté de continuer le mouvement est encore très forte&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</li>



<li>Les espaces&nbsp; de rencontre comme celui-ci permettent un gain de confiance très &nbsp; &nbsp; important chez les personnes en lutte.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La structure globale et les enjeux stratégiques qui se posent</strong></h2>



<p>À la première AG interpro, les organisateur·ice·s avaient proposé six commissions à investir : organisation de l&rsquo;AG, communication, action, revendications, caisse de grève et vers la grève générale.</p>



<p>À part la commission revendications qui n&rsquo;a jamais réellement existé, les 5 commissions ont été investies très vite.&nbsp;</p>



<p>Une sixième s&rsquo;est créée à la deuxième AG, suite à la proposition d&rsquo;un cheminot. Il relevait l&rsquo;initiative, dans d&rsquo;autres villes, de colis de nourriture de la confédération paysanne pour les grévistes de la SNCF, permettant, comme les caisses de grève, de redonner de la force pour continuer à gréver. Immédiatement une commission cantine/solidarité alimentaire s&rsquo;est donc créée.</p>



<p>Dans chacune de ces commissions, énormément de questions politiques se sont posées, avec l&rsquo;idée qu&rsquo;elles soient pensées en petits groupes en commissions, puis posées à l&rsquo;AG hebdomadaire pour que l&rsquo;AG mandate les choix des commissions. Quelques exemples :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>est ce que la commission caisse de grève est accessible à des grévistes isolé.es dans l&rsquo;interpro ou est-elle redistribuée systématiquement à des caisses de grève déjà existantes?</li>



<li>quels types d&rsquo;actions doit prioriser la commission action ? (symbolique, bloquante&#8230;)</li>



<li>est ce que la commission cantine cherche plutôt à créer des cantines à prix libre sur les piquets et pendant les manifs ou à distribuer des colis alimentaires à certains grévistes?</li>



<li>l&rsquo;AG a-t-elle un intérêt à rester en plénière ou doit-elle plutôt se transformer en petits groupes de travail pour avancer plus concrètement?</li>
</ul>



<p>Pendant les 4 premières AG, la structuration était celle-ci : d&rsquo;abord un tour fonctionnel (présentation de la tribune, tour des commissions, vote des mandats des commissions&#8230;) puis un tour des secteurs en lutte, avec pour but de partager leurs agendas, leurs besoins, leurs idées à transmettre, leurs directions, leurs priorités, leurs mots d&rsquo;ordre, et enfin un temps plus ouvert de débats, permettant de caractériser l&rsquo;état du mouvement, les idées à mettre en place&#8230;</p>



<p>C&rsquo;est donc plutôt un format d&rsquo;AG mixte, à la fois avec les enjeux internes de retour des commissions, à la fois de lien entre différents secteurs en lutte, à la fois de moments un peu plus ouverts, prenant parfois le format agora ou différentes idées peuvent s&rsquo;exprimer, mais en général sans que ça prenne des formes très concrètes ensuite.</p>



<p>Si ces commissions investies ont été une véritable force, on peut se dire que leur grande autonomie a été parfois une faiblesse, ne permettant pas ou peu des stratégies communes, des actions qui coordonneraient plusieurs commissions, par exemple.</p>



<p>Deux des commissions ont incarné des stratégies assez polarisées même s&rsquo;il n&rsquo;y a pas vraiment eu de point de rupture.&nbsp;</p>



<p>La commission grève générale, d&rsquo;un côté, tend vers la question de l&rsquo;élargissement, ou de l&rsquo;aide à la structuration des secteurs. De l&rsquo;autre, la commission action, même si elle a globalement pensé des actions assez peu violentes, cherche souvent plutôt à se diriger vers une certaine radicalisation du mouvement.&nbsp;</p>



<p>Cette distance s&rsquo;est d&rsquo;autant plus ressentie depuis mi-avril. Les grèves, les piquets et les manifs sont rares et assez invisibles, c&rsquo;est devenu plus difficile pour la commission grève générale d&rsquo;être en lien avec des secteur mobilisés, et le type d&rsquo;actions est de la même manière rentré plus en opposition avec les personnes bloquées (automobilistes par exemple), sans appel à manifs à tracter, ce qui diminue directement l&rsquo;objectif d&rsquo;élargissement.</p>



<p>Même s&rsquo;il n &lsquo;y a pas eu de rupture entre ces deux commissions, on sent des manières de s&rsquo;organiser et des stratégies très différentes, mais c&rsquo;est surtout le manque de communication qui semble creuser l&rsquo;écart car en pensant plus collectivement une direction commune, ces manières de s&rsquo;organiser pourraient être plus complémentaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La commission « vers la grève générale »</strong></h2>



<p>En plus des groupes de travail pratiques habituels (communication, orga de l&rsquo;AG&#8230;), dès le début de l&rsquo;interpro s&rsquo;est créée une commission « vers la grève générale » avec comme objectifs de vouloir continuer à élargir la grève, d’être un moyen de coordination et de communication entre les différents secteurs, et de ramener de nouveaux secteurs pas encore présents à l&rsquo;AG interpro.</p>



<p>Dès la première AG, les principaux secteurs en lutte présents étaient l&rsquo;éducation, le social et la santé, la culture, des travailleur.euses isolé.es dans leur boîte ou leurs secteurs (Airbus, BTP&#8230;) et aucun des secteurs dits bloquants et mobilisés depuis le début du mouvement n&rsquo;étaient présents.</p>



<p>La commission a donc cherché, dans l&rsquo;AG interpro, à mettre en lien les personnes isolées dans leurs secteurs avec d&rsquo;autres personnes du même secteur déjà organisées ou non, par de la prise de contact interpersonnelle sur place.&nbsp;</p>



<p>Nous avons été présent.es sur un maximum de piquets de grève et dans toutes les manifestations intersyndicales, en tractant l&rsquo;appel pour l&rsquo;interpro, en prenant le temps de discuter avec des syndiqué.es, en essayant de convaincre de la nécessité de s&rsquo;organiser ensemble et d&rsquo;avoir un espace de discussion collectif.</p>



<p>Un de nos obstacles a été le rapport avec l&rsquo;UD CGT 13, qui se considère comme l&rsquo;organe interprofessionnel local mais s&rsquo;organise de manière extrêmement ascendante. La conséquence étant que, très vite, quand on discute en manif ou sur un piquet avec un.e syndiqué.e, dès qu&rsquo;on la convie à l&rsquo;interpro, la personne nous dit qu&rsquo;il faut en parler avec son responsable de section, qui sont souvent inaccessibles, ou disent elleux-même qu&rsquo;iels doivent faire remonter à l&rsquo;UD la possibilité de s&rsquo;impliquer dans le cadre auto-organisé qu&rsquo;on a proposé.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="c2bac6" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #c2bac6;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/05/ManifMarseilleFumiCGT-1024x435.jpg" alt="" class="wp-image-7279 not-transparent"/><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>



<p>Après plus d&rsquo;un mois d&rsquo;interpro, même si des militant.es de ces secteurs mobilisés sont souvent venu.es en leur nom participer à l&rsquo;AG, à part des syndicalistes de Solidaires, personne n&rsquo;est venu parler au nom de son syndicat.</p>



<p>Sur l&rsquo;enjeu d&rsquo;élargissement, on en parle depuis le début, et il y a une forme de consensus dans cette commission pour dire que beaucoup de secteurs dits non-bloquants le sont en fait, et qu&rsquo;il y a un enjeu à ce qu&rsquo;ils rejoignent la mobilisation.</p>



<p>Avant la manifestation du 22 avril, cette commission a donc organisé un petit rassemblement sous le mot d&rsquo;ordre « Pour une grève du travail reproductif ». L&rsquo;enjeu était à la fois de visibiliser ces secteurs dits non bloquants qui sont en lutte depuis le mois de janvier (personnel de ménage des hôtels, AED, travailleur·euses de la santé, du social, ATSEM&#8230;) et de porter le mot d&rsquo;ordre que le travail reproductif est aussi omniprésent hors des cadres salariés classiques (travail domestique, travail non déclaré entre autre des personnes sans-papiers).&nbsp;</p>



<p>L&rsquo;idée pour la suite serait de continuer à organiser des rassemblement ou actions de l&rsquo;interpro, à chaque fois autour d&rsquo;un mot d&rsquo;ordre particulier, et trop peu porté par les syndicats (sous-traitance, « métiers en tension » pour faire le lien avec la loi Darmanin&#8230;)</p>



<p>Dans cette idée d&rsquo;élargissement, on a aussi parlé de la volonté d&rsquo;aller tracter sur des lieux de travail sans tradition de syndicalisation ni d&rsquo;organisation, entre autres sur le droit de grève, ou d&rsquo;organiser des déambulations d&rsquo;appel aux manifestations, mais elles n&rsquo;ont pas encore vraiment vu le jour.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une petite chronologie des temps forts et des moments plus difficiles</strong></h2>



<p>Ça nous paraissait assez intéressant de faire une chronologie. En terme de fréquentation de l&rsquo;AG interpro, les deux premières étaient remplies, entre 500 et 600 personnes, ce qui dit beaucoup sur la nécessité de ce type d&rsquo;orga et le vide à combler pour beaucoup de militant.es. Les deux suivantes ont réduit de moitié, et les deux dernières, on était plutôt autour d&rsquo;une centaine.</p>



<p>Avec le nombre qui s&rsquo;est amenuisé, on s&rsquo;est aussi retrouvé de plus en plus dans un entre soi militant, déjà plus ou moins habitué à s&rsquo;organiser ensemble, avec des pratiques et des stratégies très différentes.</p>



<p>On a aussi perdu des secteurs qui, s&rsquo;ils étaient faiblement représentés étaient là (comme la SNCF par exemple)</p>



<p>Aujourd&rsquo;hui, à la veille du 1er mai, on pense à comment faire perdurer cette AG. Les membres des commissions et groupes de travail, elleux-mêmes s&rsquo;organisant à côté de l&rsquo;interpro, sont épuisé·e·s par l&rsquo;exigence que demande la tenue de cette AG hebdomadaire, mais on ne se démoralise pas, et pour nous l&rsquo;enjeu est double : maintenir l&rsquo;AG les deux prochaines semaines, pour voir ce qui se passe le 1er mai et s&rsquo;en saisir éventuellement, et penser une pérennisation de ce cadre dans le temps, permettant de le réactiver dès le prochain mouvement social, voire même dès les prochaines grèves isolées, pour ne pas arriver avec 2 mois de retard comme cette fois, en bénéficiant des liens inédits qui ont été tissés dans ce mouvement.</p>



<p>Pour raconter deux choses qui paraissent, dès aujourd&rsquo;hui de vraies victoires :</p>



<p>&#8211; la dynamique de l&rsquo;interpro a poussé dans les secteurs peu mobilisés et organisés. Beaucoup de travailleur·euses de l&rsquo;associatif et de la culture étaient là à chaque AG, et si quelques un.es s&rsquo;organisaient respectivement à Asso Solidaires et à Sud Culture, rien n&rsquo;avait été vraiment lancé dans le mouvement. À l&rsquo;initiative de ces 2 syndicats, 2 AG de secteurs se sont créées (Asso et Culture donc), à l&rsquo;image de l&rsquo;AG éduc, rassemblant beaucoup de travailleur·euses isolé·es dans leur travail et pas organisé.es, donnant une bonne illustration de comment un secteur avec une forte tradition d&rsquo;organisation comme l&rsquo;éduc peut insuffler de la force et de la confiance à d&rsquo;autres secteurs, moins habitués à s&rsquo;organiser</p>



<p>&#8211; deuxième exemple, l&rsquo;AG interpro avait organisé une action de blocage d&rsquo;autoroute un matin avec diffusion de tracts. En revenant de cette action où on était une bonne centaine, on croise par hasard un cortège de la CGT, en route pour un blocage de la gare. On se joint donc à elleux et ainsi on double le nombre, rendant l&rsquo;action plus massive. Ça a été un beau moment de rencontre de militant.es avec des habitudes très différentes. Après ce moment qui a créé la confiance, l&rsquo;interpro a réussi à approcher l&rsquo;UD CGT pour proposer une opération ville morte à l&rsquo;initiative de l&rsquo;AG interpro. L&rsquo;idée étant de tenir plusieurs points de blocage au même moment, et que chaque groupe gère indépendamment son point de blocage. Là où beaucoup disaient que cette proposition serait un échec, du fait d&rsquo;un choix et d&rsquo;un agenda non porté par la CGT, l&rsquo;UD a finalement accepté de se joindre et de tenir deux points de blocage. Ici on voit que le rapport de force créé par l&rsquo;auto organisation de la base, et un rapport de confiance lors d&rsquo;une rencontre hasardeuse ont rendu possible une réelle action interprofessionnelle, rassemblant des militant.es de bords et de pratiques très différents.</p>
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		<title>C’est Nous qui y vivons ! C’est Nous qui décidons !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/cest-nous-qui-y-vivons-cest-nous-qui-decidons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 May 2023 13:03:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Les Lilas]]></category>
		<category><![CDATA[retour d&#039;experience]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Dans les cahiers #08 sortis en mai 2023, nous avons tâché de poser les Questions et hypothèses qui se posent en partant d&#8217;expériences faites dans le mouvement. L&#8217;article ci-dessous est un des retours qui nous <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/cest-nous-qui-y-vivons-cest-nous-qui-decidons/" title="C’est Nous qui y vivons ! C’est Nous qui décidons !">[...]</a></div>
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<p style="font-style:italic;font-weight:600">Dans les cahiers #08 sortis en mai 2023, nous avons tâché de poser les <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/actions/questions-et-hypotheses-a-partir-du-mouvement/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Questions et hypothèses</a> qui se posent en partant d&rsquo;expériences faites dans le mouvement. L&rsquo;article ci-dessous est un des retours qui nous ont permis cette réflexion. Nous le publions en entier pour ce qu&rsquo;il dit des potentialités qui s&rsquo;ouvrent lors d&rsquo;un mouvement social dès lors qu&rsquo;elles sont saisies.</p>



<p>Vendredi 10 février 2023, les habitants du quartier des Sentes aux Lilas ont trouvé dans leur<br>boîte aux lettres un courrier du Maire et des fiches présentant quatre projets de promoteurs<br>immobiliers (Nexity, Linkcity-RATP Solutions Ville, ADIM-OGIC, ICADE) intitulé&nbsp;:<br>«&nbsp;Transformons le quartier des Sentes&nbsp;». Le Maire des Lilas, Lionel Benharous avait inscrit les<br>Sentes à l’appel à projet «&nbsp;Inventons la Métropole du Grand Paris&nbsp;» (IMGP). Dans sa lettre, il<br>écrivait notamment que l’arrivée du métro offrait une «&nbsp;formidable opportunité&nbsp;»&nbsp;pour<br>«&nbsp;renforcer la mixité sociale&nbsp;». Des inquiétudes légitimes quant à l’avenir des tours existantes<br>de la cité HLM et des habitant.e.s qui y vivent pouvaient donc se poser une fois l’un de ces<br>projets entérinés. En effet, avec l’arrivée du métro au pied de la cité HLM dans le cadre du<br>Grand Paris, l’objectif semble être de construire davantage de commerces<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7260_18('footnote_plugin_reference_7260_18_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_7260_18('footnote_plugin_reference_7260_18_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7260_18_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7260_18_1" class="footnote_tooltip">Depuis des années les habitants du quartier réclament qu’un Distributeur Automatique de Billets soit installé à proximité. Ils sont tous regroupés à la sortie du métro mairie des Lilas soit à 10mn à pied du quartier des Sentes qui est le plus dense de la ville en terme de population. Il n’y a aucun doute que plusieurs DAB seraient installés pour les nouvelles populations qui accéderaient à la propriété dans le quartier.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7260_18_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7260_18_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, des logements<br>avec accès à la propriété pour une population plus aisée et reléguer les populations les plus<br>pauvres du quartier et majoritairement racisées toujours plus loin en banlieue.</p>



<p><strong>La maire annonçait une concertation des habitants avec des réunions d’information du lundi<br>13 au jeudi 16 février dans différents lieux du quartier (écoles, centre sportif et culturel). Soit<br>deux jours après avoir averti les habitant·e·s.</strong> Pour lui, il s’agissait d’une grande concertation<br>démocratique&nbsp;pour aboutir à un vote des habitant.e.s de ce quartier le samedi 25 mars. Dans<br>les faits, certain·e·s habitant·e·s n’ont pas reçu le courrier dans la boîte aux lettres et ne sont<br>pas venus aux réunions d’information.<br>Lors de ces réunions qui ont regroupé une petite partie des habitant·e·s des Sentes (environ<br>80 à 30 personnes chaque soir) beaucoup étaient opposés ou très sceptiques quant à ces<br>projets.<br>En effet, ce quartier est déjà très dense en terme de population avec un quartier HLM de 5<br>tours de 18 étages mais relativement aéré avec des espaces verts, des arbres, des allées qui<br>permettent le passage au sein de la cité. Les quatre projets consistaient à construire des<br>immeubles jusqu’à +9 (avec accès à la propriété pour certains) sur les parkings et les espaces<br>verts existants de pleine terre à côté de ces tours. Certain·e·s habitant·e·s urbanistes et<br>architectes ont relevé les incohérences de ces projets.<br>Par ailleurs, les habitant·e·s de ce quartier subissent depuis 8 ans des travaux liés à la<br>prolongation du métro et les nuisances que cela occasionne notamment en terme de bruit<br>mais également les fissures que cela a pu générer dans certains logements. Cela a eu un<br>impact sur le positionnement des habitants quant à ces projets.</p>



<p>Malgré la monopolisation de la parole par le Maire des Lilas durant ces réunions de<br>concertation, de nombreuses interventions ont exprimé leur opposition aux projets et ont<br>permis d’obtenir qu’une 5ème case soit ajouté sur le bulletin de vote&nbsp;: «&nbsp;Je ne souhaite la mise<br>en œuvre d’aucun de ces projets&nbsp;».<br>A partir de là, il nous restait peu de temps pour informer et mobiliser les habitants du<br>quartier. Une liste mail et le bar du quartier Le Royal (également impacté par le projet)<br>comme QG pour récupérer tracts, affiches et organiser la mobilisation. Des affichages dans<br>les immeubles, des collages dans le quartier, «&nbsp;Non à la bétonisation du quartier des<br>sentes&nbsp;», des tables d’information devant l’école, sur le marché et du porte à porte dans les<br>tours HLM.</p>



<p><br>Un très bon accueil nous a été fait. Nous avons informé celles et ceux qui n’étaient pas au<br>courant. Très majoritairement les gens étaient contre et se disaient prêt.e.s à aller voter.<br>Nous avons organisé les procurations pour celles et ceux qui ne pouvaient pas se déplacer le<br>jour du vote. Certain·e·s hésitaient&nbsp;: Fallait-il voter NON ou voter pour le projet le moins<br>pire&nbsp;?<br><strong>Finalement, le 25 mars c’est le NON aux quatre projets qui l’a emporté très majoritairement,<br>à plus de 75 %&nbsp;! (740 votants 593 voix 75,83 % pour le NON).</strong><br></p>



<p>Cette mobilisation aura permis de repousser un projet de bétonisation et de gentrification et<br>d’obliger le maire à respecter sa parole de porter le vote des habitants. C’est une victoire qui<br>donne énormément confiance.<br>Mais cette mobilisation a permis bien plus que ça. Durant les porte à porte, même si tous les<br>habitants n’étaient pas présent·e·s ou si certain.e.s n’ont pas souhaité nous ouvrir, nous<br>avons rencontré des voisines qui sont la mémoire du quartier car elles y vivent depuis plus<br>de 50 ans. Dans cette période de mouvement social, nous nous sommes rendus compte que<br>nous sommes plusieurs à construire la grève dans notre propre immeuble à l’instar de ma<br>rencontre avec mon voisin de quelques étages, serrurier-métallier pour la ville et délégué<br>syndical CGT impliqué dans l’interpro Les Lilas-Romainville-Le Pré-Saint-Gervais.</p>



<p><br><strong>Depuis cette mobilisation il est difficile de sortir de chez soi sans rencontrer un de ces<br>voisin·e·s qui s’est engagé pour préserver son quartier des promoteurs immobiliers.</strong><br>Aujourd’hui, des membres du collectif se battent sur d’autres questions telles que la<br>sécurisation des passages piétons durant les travaux du métro ou encore la rénovation du<br>terrain de basket qui est un sujet sensible pour beaucoup de jeunes du quartier.<br>Nous allons nous réunir dans les prochaines semaines pour faire le bilan de cette lutte et<br>parler des suites à donner à notre mobilisation.</p>



<p>D’une pseudo consultation organisée par la mairie, nous en avons fait un espace de<br>rencontre et d’organisation des habitant·e·s. Nous avons posé les bases d’un vrai projet bien<br>plus important, celui de définir et prendre en charge nous-mêmes l’avenir de notre quartier.</p>



<h6 class="wp-block-heading">Marie Périn (Les Lilas)</h6>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_7260_18();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_7260_18();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_7260_18">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_7260_18" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7260_18_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7260_18('footnote_plugin_tooltip_7260_18_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Depuis des années les habitants du quartier réclament qu’un Distributeur Automatique de Billets soit installé à proximité. Ils sont tous regroupés à la sortie du métro mairie des Lilas soit à 10mn à pied du quartier des Sentes qui est le plus dense de la ville en terme de population. Il n’y a aucun doute que plusieurs DAB seraient installés pour les nouvelles populations qui accéderaient à la propriété dans le quartier.</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_7260_18() { jQuery('#footnote_references_container_7260_18').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_7260_18').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_7260_18() { jQuery('#footnote_references_container_7260_18').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_7260_18').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_7260_18() { if (jQuery('#footnote_references_container_7260_18').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_7260_18(); } else { footnote_collapse_reference_container_7260_18(); } } function footnote_moveToReference_7260_18(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_7260_18(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_7260_18(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_7260_18(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/cest-nous-qui-y-vivons-cest-nous-qui-decidons/">C’est Nous qui y vivons ! C’est Nous qui décidons !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>De la force de notre antiracisme dépendra notre capacité à repousser le fascisme</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/de-la-force-de-notre-antiracisme-dependra-notre-capacite-a-repousser-le-fascisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Kim]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Jun 2022 15:35:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[retour d&#039;experience]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Le 10 décembre 2021, la Campagne Antiracisme et Solidarité était lancée avec un appel "D’où que l’on vienne, où que l’on soit né·e, notre pays s’appelle Solidarité". Elle affichait l’ambition d’une « riposte solidaire aux <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/de-la-force-de-notre-antiracisme-dependra-notre-capacite-a-repousser-le-fascisme/" title="De la force de notre antiracisme dépendra notre capacité à repousser le fascisme">[...]</a></div>
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<pre class="wp-block-verse">Le 10 décembre 2021, la Campagne Antiracisme et Solidarité était lancée avec un appel "D’où que l’on vienne, où que l’on soit né·e, notre pays s’appelle Solidarité". Elle affichait l’ambition d’une « riposte solidaire aux politiques et discours racistes et sécuritaires » soutenue alors par un peu plus de 200 organisations signataires<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5593_20('footnote_plugin_reference_5593_20_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_5593_20('footnote_plugin_reference_5593_20_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5593_20_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5593_20_1" class="footnote_tooltip">Voir le <a href="https://antiracisme-solidarite.org/2021/12/10/communique-de-lancement-de-la-campagne-antiracisme-et-solidarite/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">communiqué du lancement de la campagne</a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5593_20_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5593_20_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. </pre>



<h6 class="has-text-align-right has-background wp-block-heading" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #03 &#8211; MAI 2022</h6>



<p class="has-drop-cap">Dès le 18 décembre, la 1<sup>re</sup> date de mobilisation annoncée dans l’appel de cette campagne, plusieurs milliers de manifestant·es prenaient la rue dans plus de 50&nbsp;villes partout en France pour la journée internationale des migrant·es ! La liste des signataires de l’appel à lutter contre le racisme par la solidarité s’était déjà allongée en quelques jours pour atteindre 340&nbsp;organisations qui s’engageaient à soutenir les revendications portées par plusieurs fronts de la lutte contre le racisme : la régularisation des sans-papiers, vérité et justice pour les victimes de violences policières et pénitentiaires, la fin des contrôles au faciès, l’abrogation de la loi dite « séparatisme », le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, et la fin des dominations économiques, militaires et politiques, en particulier la Françafrique, etc.</p>



<p>Les collectifs de sans-papiers et la Marche des Solidarités ont été à l’origine de cette campagne et pouvaient alors voir à travers le test des premiers jours une confirmation de plusieurs constats issus en particulier de l’expérience de la marche nationale des sans-papiers de 2020<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5593_20('footnote_plugin_reference_5593_20_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_5593_20('footnote_plugin_reference_5593_20_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5593_20_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5593_20_2" class="footnote_tooltip">Lire et relire <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/la-longue-marche-des-sans-papiers-vers-la-liberte/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La longue Marche des Sans-Papiers vers la liberté</a>, publié dans <em>les Cahiers de l’Autonomie de Classe</em> n° 1</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5593_20_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5593_20_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> : malgré la prolifération des discours, des politiques racistes et sécuritaires face à auxquels les seuils de « tolérance » à l’immonde s’abaissent de plus en plus, il y a des résistances qui s’expriment d’une multitude de façons.</p>



<p>Il y a de la solidarité autour de plusieurs fronts (solidarité avec les migrant·es, avec les familles qui luttent contre les violences policières, etc.), et il y a une société qui n’a rien à voir avec l’image donnée par la nature des débats développés dans les médias dominants.</p>



<p>C’est dans la pratique des luttes collectives que les militant·es sans-papiers ont pu constamment tester leurs expériences, leurs analyses et leurs stratégies pour rompre avec les idées dominantes et développer une conscience politique qui se pérennise et qui s’illustre, par exemple, dans les discours de plusieurs figures actuelles de la lutte des sans-papiers.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Écoutons les militant·es sans-papiers</h2>



<p>À travers leurs prises de parole, les représentant·es des luttes de sans-papiers et leurs collectifs ont été moteurs et animateurs de cette Campagne nationale Antiracisme et Solidarité. Ils et elles s’adressent aux autres forces combatives de notre classe et montrent le chemin à suivre pour forger un mouvement en antagonisme avec la « protection » de l’économie française, de la nation, de l’État et une conscience de classe qui soit une conscience politique véritable, selon la définition proposée par Lénine :</p>



<p><em>« La conscience de la classe ouvrière ne peut être une conscience politique véritable si les ouvriers ne sont pas habitués à réagir contre tout abus, toute manifestation d’arbitraire, d’oppression et de violence, quelles que soient les classes qui en sont victimes ; à réagir justement du point de vue social-démocrate, et non de quelque autre point de vue. »</em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5593_20('footnote_plugin_reference_5593_20_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_5593_20('footnote_plugin_reference_5593_20_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5593_20_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5593_20_3" class="footnote_tooltip">Cette citation a été revisitée par l’article publié dans <em>les Cahiers de l’Autonomie de Classe</em> n° 2 : <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/moins-de-programmes-electoraux-plus-de-politique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Moins de programmes électoraux, Plus de politique </a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5593_20_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5593_20_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>



<p>Écoutons Aboubacar Dembelé<sup>&nbsp;</sup><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5593_20('footnote_plugin_reference_5593_20_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_5593_20('footnote_plugin_reference_5593_20_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5593_20_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5593_20_4" class="footnote_tooltip">Les interventions de ces camarades ont été enregistrées à différentes reprises via la chaîne Youtube de la CNAS. La <a href="https://www.youtube.com/watch?v=UAqzH0Mphr4" target="_blank" rel="noreferrer noopener">conférence de presse annonçant la manifestation du 19&nbsp;mars</a> a permis de réunir ces trois camarades</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5593_20_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5593_20_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, délégué de la grève de Chronopost et du CTSP Vitry, Bchira Ben Nia, déléguée de la CSP 75 et porte-parole de la Marche des Solidarités (MDS), Anthioumane Touré, porte-parole du CSPM et de la MDS. Ils n’ont cessé de répéter lors de chacune de leurs prises de paroles que ça soit lors de conférences de presse ou de manifestations :</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="99a8a5" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #99a8a5;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/06/A2C_RevueN3_Antiracisme_Illustr1.jpg" alt="" class="wp-image-5598 not-transparent" width="364" height="515"/></figure>
</div>


<p><strong>1&nbsp;–</strong> Solidarité avec le peuple ukrainien et ouverture des frontières pour tou·tes.</p>



<p><strong>2&nbsp;–</strong> Non au tri inhumanitaire entre réfugié·es ukrainien·nes, malien·nes, tunisien·nes, syrien·nes, etc.</p>



<p><strong>3&nbsp;–</strong> Personne n’empêchera le mouvement des sans-papiers de se battre pour la régularisation de toutes et tous et pour notre dignité à toutes et tous : que ce soit le 30&nbsp;mai 2020 malgré l’interdiction de manifester, le 7&nbsp;octobre 2021 contre la Françafrique.</p>



<p>Écoutons Anzoumane Sissoko, figure historique de la lutte des sans-papiers, qui avait participé à l’occupation de l’église Saint-Bernard en 1996 quand il prend la parole au nom des collectifs de sans-papiers le 19&nbsp;mars 2022 et propose à l’ensemble de la manifestation de ne plus avancer tant que la préfecture maintenait une nasse autour du cortège. C’est bien la conscience politique de ce qui se joue dans la rue ce jour-là, du rôle joué par la préfecture dans la lutte que les sans-papiers mènent pour la régularisation et donc du rapport de forces.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Antiracisme par en bas</h2>



<p>Hal Draper introduit le concept de <em>« socialisme par en haut »</em> en 1966 dans <em>Les deux âmes du socialisme</em> et il en résume parfaitement la principale caractéristique dès les premiers paragraphes de cet essai :</p>



<p><em>« À l’inverse d’une démarche audacieuse d’action de masse par en bas, il est plus prudent de trouver le « bon » dirigeant qui « répandra ses bienfaits sur le peuple ». »</em></p>



<p>Et, au passage, il entame aussi en creux une définition d’un <em>« socialisme par en bas »</em>. Quelques lignes plus haut dans son essai, il ouvre même la possibilité que cette approche <em>« par le haut » </em>ne soit <em>« pas spécifique du socialisme »</em> car cette <em>« aspiration à l’émancipation par en haut est un principe permanent au cours des siècles de lutte de classe et d’oppression politique »</em> et permet ainsi de se poser dans notre situation la question d’un antiracisme par en bas qui viendrait s’opposer à un antiracisme par en haut.</p>



<p>L’ « antiracisme de façade » de SOS Racisme a pu incarner à l’intérieur de l’antiracisme cette tradition d’émancipation par le haut, mais ce n’est pas le seul et, comme pour le socialisme, l’histoire de l’antiracisme <em>« peut être lue comme un effort, constant mais malheureux, pour se libérer de l’ancienne tradition de l’émancipation par en haut »</em>, effort incarné actuellement par plusieurs fronts dont la lutte des sans-papiers.</p>



<p>Donc plutôt que se poser la question de savoir s’il est politique ou moral, réfléchissons à comment organiser un antiracisme par en bas plutôt qu’un antiracisme par en haut. C’est-à-dire un anti­racisme qui, sans rien céder sur le fond et sur les mots d’ordre que dicte l’urgence de la situation, un antiracisme qui pousse au regroupement, un antiracisme qui propose de faire de la politique par la mise en mouvement, pour donner confiance au plus grand nombre d’entre nous sur des idées simples qui dessinent les contours d’une contre-hégémonie antiraciste.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’urgence de la situation</h2>



<p>Les mobilisations du 19&nbsp;mars, organisées à l’occasion des journées contre les violences policières (15&nbsp;mars) et contre le racisme (20&nbsp;mars), étaient un objectif de la Campagne Antiracisme et Solidarité dès la sortie de l’appel en décembre. Elles ont rassemblé 10 000&nbsp;personnes à Paris, 1 000 à Toulouse, des centaines à Avignon, Bayonne, Bordeaux, Caen, Dijon, Lille, Lyon, Metz, Montpellier, Poitiers, Saint-Étienne, Strasbourg, et Lille.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="ad8461" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #ad8461;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/06/A2C_RevueN3_Antiracisme_Illustr2.jpg" alt="" class="wp-image-5599 not-transparent" width="376" height="532"/></figure>
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<p>Une réussite en soi, mais en dessous des espoirs ouverts quelques mois plus tôt par les mobilisations du 18&nbsp;décembre et surtout en dessous de ce que l’urgence du contexte exige avec le durcissement des politiques racistes et sécuritaires et la montée de partis fascistes.</p>



<p>Les résultats du 1<sup>er</sup>&nbsp;tour de l’élection présidentielle qui avait lieu le 10&nbsp;avril sont venus confirmer cette urgence en annonçant pour la troisième fois en 20&nbsp;ans que ces élections se joueront entre un candidat fasciste (Jean-Marie le Pen et le Front national en 2002 ; Marine Le Pen et le Rassemblement national en 2017 et 2022) et un candidat choisi par la bourgeoisie (Chirac et le RPR en 2002 ; Macron et En Marche en 2017 et 2022).</p>



<p>Dès la sortie de ces résultats, le soir du 10&nbsp;avril, parce qu’ils avaient anticipé ce scenario du pire, les collectifs de sans-papiers et la Marche des Solidarités proposent à la Campagne Antiracisme et Solidarité d’appeler à la <a href="https://antiracisme-solidarite.org/2022/04/12/contre-le-racisme-et-contre-le-fascismenotre-pays-sappelle-resistance/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Résistance face au racisme et face au fascisme</a> dans la rue dès le 16&nbsp;avril.</p>



<p>Dans plus de 35 villes, plusieurs dizaines de milliers de personnes sont venues poser les bases de cette résistance, avec des cortèges impressionnants de jeunes et d’étudiant·es. La jeunesse scolarisée avait déjà, dans les jours précédents, organisé des piquets de grève. Cette force sociale a précédé les collectifs de sans-papiers, des collectifs antifascistes, des syndicats, et des foules entières qui avaient besoin de relever la tête.</p>



<p>Évidemment, nous aurions dû être plus nombreux·euses. Nous aurions même pu si les appels au vote Macron n’avaient pas malheureusement été bien plus unanimes et univoques que les appels à manifester en masse. Entre le 1<sup>er</sup> et le 2<sup>nd</sup>&nbsp;tour, et notamment dans les premiers jours, alors qu’une partie trop large de notre camp restait silencieuse, la position prise par les collectifs de sans-papiers et la Marche des Solidarités dans cet appel à la résistance ont donné une visibilité supplémentaire à la Campagne Antiracisme et Solidarité, qui s’est retrouvée désormais soutenue par 485&nbsp;organisations à travers tout le territoire, et qui publiait alors son <a href="https://antiracisme-solidarite.org/2022/04/21/la-resistance-est-la-on-ne-recule-plus-%ef%bf%bc/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">deuxième communiqué</a> décisif lors de cette séquence.</p>



<p>Notre priorité était de continuer dans les jours suivants pour que pas une voix supplémentaire n’aille pour la « préférence nationale » et la « remigration » et nous le répétons : le fascisme n’est pas une option, pas un jeu. C’est un poison mortel pour toute la société.</p>



<p>Les 13&nbsp;millions de voix obtenues par Marine Le Pen, candidate fasciste d’un parti fasciste, au 2<sup>nd</sup>&nbsp;tour (presque 3&nbsp;millions de voix gagnées par rapport au 1<sup>er</sup>&nbsp;tour) viennent rappeler l’urgence de construire un front antifasciste. La France n’est pas devenue fasciste du jour au lendemain, mais le danger grandit. Et c’est le racisme, le nationalisme et la haine de l’immigration qui mobilisent actuellement autour du Rassemblement national et des organisations fascistes dans leur ensemble en France.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La centralité de la lutte antiraciste</h2>



<p>Nous ne pouvons pas faire l’impasse sur ce constat : le racisme ouvre la voie au fascisme. Pour abattre le second, il faut regrouper contre le premier. Et regrouper « par le haut » est une des erreurs qui nous ont conduit à cette situation.</p>



<p>Alors regroupons pour un antiracisme par en bas qui permette au plus grand nombre d’agir, qui ne s’adapte pas à l’idéologie capitaliste en refusant le point de vue des dominants qui voudraient nous faire croire qu’il n’y pas de solutions pour empêcher les migrant·es de mourir par milliers chaque année en Méditerranée, dans la Manche ou ailleurs.</p>



<p>Il nous faut nous rassembler autour d’une mosquée fermée ou attaquée, autour d’une famille qui réclame vérité et justice face aux crimes policiers… et qui affirme que la lutte contre le racisme n’est pas seulement une nécessité « défensive » contre la violence qui touche certain·es d’entre nous.</p>



<p>Elle est aussi une lutte offensive pour construire une conscience politique véritable, pour ne plus reculer face aux fascistes, pour « faire classe », et faire de l’antagonisme ouvert avec la classe dirigeante, ses intérêts et ses institutions, le cœur de la transformation de toute la société.</p>



<p><strong>Mathieu, Paris 20<sup>e</sup></strong></p>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_5593_20();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_5593_20();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_5593_20">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_5593_20" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5593_20_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5593_20('footnote_plugin_tooltip_5593_20_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Voir le <a href="https://antiracisme-solidarite.org/2021/12/10/communique-de-lancement-de-la-campagne-antiracisme-et-solidarite/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">communiqué du lancement de la campagne</a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5593_20_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5593_20('footnote_plugin_tooltip_5593_20_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Lire et relire <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/la-longue-marche-des-sans-papiers-vers-la-liberte/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La longue Marche des Sans-Papiers vers la liberté</a>, publié dans <em>les Cahiers de l’Autonomie de Classe</em> n° 1</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5593_20_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5593_20('footnote_plugin_tooltip_5593_20_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Cette citation a été revisitée par l’article publié dans <em>les Cahiers de l’Autonomie de Classe</em> n° 2 : <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/moins-de-programmes-electoraux-plus-de-politique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Moins de programmes électoraux, Plus de politique </a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5593_20_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5593_20('footnote_plugin_tooltip_5593_20_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Les interventions de ces camarades ont été enregistrées à différentes reprises via la chaîne Youtube de la CNAS. La <a href="https://www.youtube.com/watch?v=UAqzH0Mphr4" target="_blank" rel="noreferrer noopener">conférence de presse annonçant la manifestation du 19&nbsp;mars</a> a permis de réunir ces trois camarades</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_5593_20() { jQuery('#footnote_references_container_5593_20').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_5593_20').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_5593_20() { jQuery('#footnote_references_container_5593_20').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_5593_20').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_5593_20() { if (jQuery('#footnote_references_container_5593_20').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_5593_20(); } else { footnote_collapse_reference_container_5593_20(); } } function footnote_moveToReference_5593_20(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_5593_20(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_5593_20(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_5593_20(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/de-la-force-de-notre-antiracisme-dependra-notre-capacite-a-repousser-le-fascisme/">De la force de notre antiracisme dépendra notre capacité à repousser le fascisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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