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	<title>Archives des Moyen-Orient - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<description>Pour l&#039;autonomie de classe !</description>
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	<title>Archives des Moyen-Orient - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Cessez-le-feu en Iran : Coup dur pour l&#8217;impérialisme américain et le projet sioniste !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Apr 2026 15:24:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A2C]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Il y a maintenant plus de 40 jours les États-Unis ont attaqué, à l&#8217;initiative de la puissance régionale sioniste, l&#8217;Iran.&#160;Cette attaque, ainsi que celles au Liban, a été initiée par Israël dans une volonté politique <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/a2c/cessez-le-feu-en-iran-coup-dur-pour-limperialisme-americain-et-le-projet-sioniste/" title="Cessez-le-feu en Iran : Coup dur pour l&#8217;impérialisme américain et le projet sioniste !">[...]</a></div>
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<p><em>Il y a maintenant plus de 40 jours les États-Unis ont attaqué, à l&rsquo;initiative de la puissance régionale sioniste, l&rsquo;Iran.&nbsp;</em><br>Cette attaque, ainsi que celles au Liban, a été initiée par Israël dans une volonté politique de renforcer sa position dominante dans la région. Après deux ans de génocide en toute impunité, Israël a saisi un boulevard pour attaquer l&rsquo;Iran, obstacle politique et économique principal à leur hégémonie régionale. L’objectif affiché semblait être l’affaiblissement, voire la chute, du régime iranien.<br>Les États Unis, comme l&rsquo;ont démontré les annonces de Marco Rubio, secrétaire d&rsquo;Etat américain ont été précipité dans la guerre par Israël qui a affirmé vouloir attaquer avec ou sans le soutien des USA. Toutefois, cette guerre reste principalement déterminée par le déclin des USA au Moyen-Orient qui exacerbe les rivalités Iran/Israël pour le contrôle de la région. Et Trump a ses propres raisons de mener la guerre contre l&rsquo;Iran, notamment dans son affrontement avec leur rival premier, la Chine.<br>Cette guerre, déjà périlleuse pour un gouvernement américain qui avait annoncé ne plus vouloir reproduire les erreurs du passé dans la région (guerre en Irak, enlisement guerres sans objectifs politiques) s&rsquo;est confronté à une résistance forte du régime iranien.<br>Malgré une tentative de décapitation de ce dernier, le régime s&rsquo;est maintenu et a résisté militairement. Mais il a aussi su se saisir du détroit d&rsquo;Ormuz dans le rapport de force face aux Etats Unis, qui a participé, en déstabilisant l&rsquo;economie capitaliste mondiale à rendre cette guerre impopulaire et à affaiblir de nouveau l&rsquo;hégémonie américaine.<br>Ce cessez-le-feu arrive seulement 10 jours après la mobilisation massive « No kings » aux Etats Unis, plus grande manifestation de l&rsquo;histoire du pays rassemblant plus de 8 millions de personnes. Cette mobilisation a sans aucun doute joué dans l&rsquo;ouverture de négociations avec l&rsquo;Iran face à une impopularité croissante du président Trump et de sa politique internationale dans son propre pays.</p>



<p>Dans ce contexte, les dynamiques de mobilisation par en bas constituent un élément décisif qui peut influer la tournure des événements. Le premier mai, pas toujours « grévé » outre-atlantique se prépare cette année autour de mots d&rsquo;ordres tels que « No ICE, no war, no billionaires » (Non à l&rsquo;ICE, à la guerre, aux milliardaires).<br>En Iran, malgré la répression, des secteurs de la population ont également exprimé leur rejet de l’agression extérieure tout en maintenant leur opposition au régime. Un communiqué de nos camarades egyptiens témoignent : </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>La victoire s&rsquo;est confirmée quand une jeune femme opposée au régime iranien despotique s&rsquo;est levée pour dire : « J&rsquo;ai été jugée il y a quelque temps pour ne pas avoir porté le voile, et pourtant je sors aujourd&rsquo;hui dans la rue pour défendre mon peuple et ma terre contre le colonialisme et l&rsquo;impérialisme. Quand l&rsquo;agression prendra fin, je retournerai dans les rangs de l&rsquo;opposition avec encore plus de force, car je suis de plus en plus convaincue que le peuple peut faire l&rsquo;impossible s&rsquo;il le veut. » Ces éléments confirment qu’une voie indépendante existe, portée par les peuples eux-mêmes.</p>
</blockquote>



<p><strong>Une première défaite politique mais une guerre qui persiste</strong><br>Le cessez-le-feu annoncé mardi soir par Trump semble témoigner d&rsquo;une incapacité américaine à trouver une issue à cette guerre, se saisissant alors de la proposition iranienne permettant d&rsquo;ouvrir une séquence de negociation. La proposition iranienne en 10 points contient entre autres la fin des sanctions, des réparations pour les dommages causés au régime, le retrait des troupes américaines du Moyen Orient&#8230;<br>Si cette étape est une premiere victoire, nous devons la renforcer en offrant une issue par en bas à la guerre impérialiste au Moyen Orient. Car la guerre se poursuit et les ravages de l&rsquo;entité sioniste persistent, à Gaza où la crise humanitaire s&rsquo;aggrave sous les bombes, et au Liban ou les bombardements prennent une ampleur inédite depuis l&rsquo;annonce du cessez-le-feu US-Iran. L&rsquo;irruption d&rsquo;un mouvement de masse contre la guerre et l&rsquo;impérialisme, exigeant en premier lieu la défaite des Etats-Unis et d&rsquo;Israël dans la région, nous savons à la lumière de l&rsquo;histoire que le déclin des grandes puissances peuvent entraîner le monde entier vers la guerre généralisée. <br>En France nous devons renforcer un mouvement anti-impérialiste et anti-guerre d&rsquo;ampleur, capable d&rsquo;interrompre les ventes d&rsquo;armes du gouvernement français à l&rsquo;état génocidaire qui continue de bombarder le Liban et la Palestine en dépit du cessez-le-feu.&nbsp;<br>L&rsquo;engouement autour du depart de la flotille pour Gaza et la diffusion a échelle de masse de la pétition contre la loi Yadan démontrent que nous sommes des centaines de milliers a ne plus supporter les genocides et les guerres. Nous devons convertir l&rsquo;énergie mise à soutenir des bateaux ou à signer une pétition en capacité à se battre, à se rassembler, à se mettre en grève et pas seulement en solidarité pour la Palestine, mais aussi plus largement contre la guerre et l&rsquo;impérialisme,&nbsp; en exigeant concrètement l&rsquo;arrêt des attaques étasuniennes et israéliennes au Moyen Orient.</p>



<p><strong>A2C</strong></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Déclaration au peuple syrien : Arrêtons l’horreur des massacres confessionnels avant qu’il ne soit trop tard</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/declaration-gauche-revolutionnaire-syrienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Mar 2025 11:02:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[internationalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Solidarité internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Nous traduisons un communiqué des camarades de la Gauche révolutionnaire syrienne. Des camarades de cette organisation étaient intervenu·e·s en direct de Syrie lors d’une réunion publique que nous avions organisée pour discuter des stratégies de <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/declaration-gauche-revolutionnaire-syrienne/" title="Déclaration au peuple syrien : Arrêtons l’horreur des massacres confessionnels avant qu’il ne soit trop tard">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Nous traduisons un communiqué des camarades de la Gauche révolutionnaire syrienne</em><sup data-fn="898530f5-2ff6-4dec-9064-52d564fe5a3f" class="fn"><a href="#898530f5-2ff6-4dec-9064-52d564fe5a3f" id="898530f5-2ff6-4dec-9064-52d564fe5a3f-link">1</a></sup><em>. Des camarades de cette organisation étaient intervenu·e·s en direct de Syrie</em><sup data-fn="be7e42f1-1b50-4895-a61a-1f3c7ee71b1e" class="fn"><a href="#be7e42f1-1b50-4895-a61a-1f3c7ee71b1e" id="be7e42f1-1b50-4895-a61a-1f3c7ee71b1e-link">2</a></sup><em> lors d’une réunion publique que nous avions organisée pour discuter des stratégies de libération dans la région, à la suite notamment de la chute de Bachar Al-Assad et du cessez-le-feu en Palestine</em>.<em> Vous trouverez également sur notre site une analyse de la chute du régime d&rsquo;Assad en décembre 2024.</em><sup data-fn="bedd6634-fb0e-4e34-bab1-2636600f2b36" class="fn"><a href="#bedd6634-fb0e-4e34-bab1-2636600f2b36" id="bedd6634-fb0e-4e34-bab1-2636600f2b36-link">3</a></sup></p>



<p>La Syrie est à la croisée des chemins et affronte le plus grand danger pour son futur depuis la chute du régime tyrannique d’Assad. L’horreur des massacres confessionnels refait à nouveau surface, particulièrement sur la côte syrienne, menaçant de déchirer la cohésion sociale et de plonger le pays dans un nouvel océan de sang et de ruines. Si cette folie sanguinaire n’est pas stoppée, la mort et la destruction auront raison de ce qu’il reste de la Syrie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Responsabilités historiques :&nbsp;</h2>



<p>Le régime défait de la famille Assad porte la principale responsabilité du cauchemar que notre pays a vécu. Pour autant, les nouvelles autorités portent également une responsabilité de taille par l’impunité offerte aux groupes confessionnels armés, leur persécution des minorités religieuses, et leurs meurtres de civil·e·s, en particulier sur la côte syrienne. Toutes celles et ceux qui expriment des opinions différentes du nouveau régime ne sont pas des fidèles du régime d’Assad. La vérité est plutôt que très peu de dirigeants de l’ancien régime ont été arrêtés, tandis que le meurtre d’innocent·e·s est justifié en les présentant comme des Assadistes, un crime impardonnable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Escalade de la violence :&nbsp;</h2>



<p>Le pays vit une dangereuse escalade de la violence, y compris par le bombardement de civils, l’arrestation d’innocent·e·s, et jusqu’à l’interdiction d’enterrer leurs martyrs. Des chars et de l’artillerie lourde se font voir dans des quartiers résidentiels sous des prétextes fragiles, tandis que des médias communautaires incitent et justifient parfois ces crimes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conflit confessionnel : un crime impardonnable</h2>



<p>Les conflits confessionnels sont non seulement un crime contre l’humanité, mais aussi le meilleur chemin vers la division du pays et le déchirement de son peuple. Cette folie sanguinaire confessionnelle doit être arrêtée avant qu’il ne soit trop tard. Le meurtre de civil·e·s, quelle que soit leur affiliation (ethnique ou politique) est un crime impardonnable, et le silence face à ces meurtres relève de la complicité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Nos demandes urgentes :&nbsp;</h2>



<p>Nous appelons tous les Syriens et Syriennes à porter leur responsabilité historique en mettant en place des actions politiques immédiates pour arrêter cette folie confessionnelle et pour protéger le pays de sombrer dans une guerre civile dévastatrice.</p>



<p>Nous demandons que les nouvelles autorités prennent leur responsabilité en :&nbsp;</p>



<p>Arrêtant les actions impunies des groupes armés confessionnels</p>



<p>Protégeant les civil·e·s et les minorités de la persécution et de l’oppression</p>



<p>Abandonnant la politique des accusations de trahison et les meurtres sous le prétexte de poursuivre les fidèles du régime Assad. </p>



<p>Nous considérons les médias responsables de l’arrêt de l’incitation à la haine confessionnelle et des discours de haine qui alimentent les violences</p>



<p>Nous affirmons que la seule façon de sauver la Syrie est d’ouvrir un dialogue national ouvert qui reconnaisse les droits et la dignité de tous les Syriens et Syriennes, éloigné des polarisations confessionnelles et de la violence.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Notre message final :&nbsp;</h2>



<p>Avant qu’il ne soit trop tard, toutes les personnes responsables de Syrie doivent agir immédiatement pour arrêter ce désastre imminent. Nous n’accepterons pas que les tragédies du passé se répètent, et nous ne plongerons pas dans un nouveau bain de sang. L’unité du peuple Syrien et sa dignité sont des lignes rouges qui ne doivent pas être franchies.&nbsp;</p>



<p>Le meurtre de civil·e·s est un crime impardonnable.</p>



<p>Les conflits confessionnels sont un crime impardonnable.</p>



<h5 class="wp-block-heading">La Gauche Révolutionnaire Syrienne</h5>



<p>7 mars 2025</p>



<p></p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="898530f5-2ff6-4dec-9064-52d564fe5a3f"><a href="https://revoleftsyria.org/29856/%D8%A8%D9%8A%D8%A7%D9%86-%D8%A5%D9%84%D9%89-%D8%A7%D9%84%D8%B4%D8%B9%D8%A8-%D8%A7%D9%84%D8%B3%D9%88%D8%B1%D9%8A-%D8%A7%D9%84%D8%B9%D8%B8%D9%8A%D9%85-%D9%88%D9%82%D9%81-%D9%88%D8%AD%D8%B4-%D8%A7%D9%84/">Texte de la gauche révolutionnaire syrienne en arabe</a> <a href="#898530f5-2ff6-4dec-9064-52d564fe5a3f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="be7e42f1-1b50-4895-a61a-1f3c7ee71b1e"><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/quelle-strategie-de-liberation-au-moyen-orient/">Intervention</a> de Samir et Halla (<em>Courant de la Gauche révolutionnaire</em> – Syrie, en duplex depuis Damas) au cours d&rsquo;un débat : <em>Quelle stratégie de libération au Moyen-Orient?</em>  <a href="#be7e42f1-1b50-4895-a61a-1f3c7ee71b1e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="bedd6634-fb0e-4e34-bab1-2636600f2b36">Article : <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/syrie-la-fin-dun-despote-immense-espoir-mais-pas-encore-la-liberation/">Syrie, la fin d’un despote : immense espoir mais pas encore la libération</a> <a href="#bedd6634-fb0e-4e34-bab1-2636600f2b36-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li></ol>


<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/declaration-gauche-revolutionnaire-syrienne/">Déclaration au peuple syrien : Arrêtons l’horreur des massacres confessionnels avant qu’il ne soit trop tard</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Quelle stratégie de libération au Moyen-Orient?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/quelle-strategie-de-liberation-au-moyen-orient/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Jan 2025 15:59:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Vidéos]]></category>
		<category><![CDATA[anti-impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Égypte]]></category>
		<category><![CDATA[Impérialisme]]></category>
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		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Le 17 janvier 2024, A2C organisait au CICP (Paris) un débat sur le thème « Quelle stratégie de libération au Moyen-Orient?« , avec la participation de : L&#8217;introduction par Meriem revient sur le sens pour nous d&#8217;une <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/quelle-strategie-de-liberation-au-moyen-orient/" title="Quelle stratégie de libération au Moyen-Orient?">[...]</a></div>
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<iframe title="Quelle stratégie de libération au Moyen-Orient?" width="678" height="381" src="https://www.youtube.com/embed/nMvvvXE3ylg?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<p>Le 17 janvier 2024, A2C organisait au CICP (Paris) un débat sur le thème « <em><strong>Quelle stratégie de libération au Moyen-Orient?</strong></em>« , avec la participation de :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Samir et Halla (<em>Courant de la Gauche révolutionnaire</em> &#8211; Syrie, en duplex depuis Damas) « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=nMvvvXE3ylg&amp;t=96s">01:</a><a href="https://www.youtube.com/watch?v=nMvvvXE3ylg&amp;t=96s" target="_blank" rel="noreferrer noopener">36</a>« </li>



<li>Omar Alsoumi (<em>Boussole Palestine</em>) « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=nMvvvXE3ylg&amp;t=957s">15:</a><a href="https://www.youtube.com/watch?v=nMvvvXE3ylg&amp;t=957s" target="_blank" rel="noreferrer noopener">57</a>« </li>



<li>Ghayat Naisse (<em>Courant de la Gauche révolutionnaire</em> &#8211; Syrie) « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=nMvvvXE3ylg&amp;t=1797s" target="_blank" rel="noreferrer noopener">29:57</a>« </li>



<li>Ahmed (<em>Socialistes Révolutionnaires</em> &#8211; Égypte) « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=nMvvvXE3ylg&amp;t=2725s" target="_blank" rel="noreferrer noopener">45:25</a>« </li>



<li>Jad Bouharoun (<em>A2C</em>) « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=nMvvvXE3ylg&amp;t=3420s" target="_blank" rel="noreferrer noopener">57:00</a>« </li>
</ul>



<p>L&rsquo;introduction par Meriem revient sur le sens pour nous d&rsquo;une telle discussion :</p>



<p>Le Moyen-Orient, région au cœur de tensions géopolitiques et sociales, connaît des bouleversements majeurs qui redéfinissent les perspectives de libération et d’émancipation. Les récents développements, comme la situation à Gaza avec un accord de « cessez-le-feu » ou la chute de Bachar al-Assad en Syrie, s’inscrivent dans un contexte plus large marqué par les révolutions arabes de 2011. Ces soulèvements populaires, bien qu’étouffés dans de nombreux pays continuent de nourrir des aspirations à la justice sociale et à la liberté tout en posant des questions sur les moyens d’atteindre une véritable transformation.</p>



<p>La lutte au Moyen-Orient ne peut être pensée comme une série de luttes nationales isolées. Qu’il s’agisse de la résistance palestinienne contre le système colonial sioniste, des transformations politiques en Syrie, ou des révoltes étouffées en Égypte, au Liban, au Yémen, au Soudan et ailleurs ces dynamiques sont profondément liées.&nbsp;</p>



<p>Le colonialisme, les régimes autoritaires et la domination impérialiste ne sont pas des phénomènes indépendants, ils forment un système global dans lequel les grandes puissances, les élites locales et les structures économiques capitalistes se renforcent mutuellement et collaborent pour maintenir des millions de personnes dans l’oppression et la précarité.&nbsp;</p>



<p>Penser la libération au Moyen-Orient c’est envisager la libération du point de vue de notre classe : celle des classes populaires, des travailleurs et travailleuses, des pauvres. Cette approche place les opprimés au centre des stratégies de transformation sociale et politique, seule capable de renverser ce système globale de domination et à bâtir un avenir libéré des systèmes d&rsquo;exploitation et d&rsquo;oppressions</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/quelle-strategie-de-liberation-au-moyen-orient/">Quelle stratégie de libération au Moyen-Orient?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Résistance des femmes palestiniennes : de la Grande révolte à la première Intifada (1936-1993)</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/resistance-des-femmes-palestiniennes-de-la-grande-revolte-a-la-premiere-intifada-1936-1993/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Gabo]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 14 Dec 2024 10:49:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=9027</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Article originel écrit par Jane Hardy and Katie Coles, parus dans le n°184 de la revue International socialism, disponible ici : https://isj.org.uk/palestinian-womens-resistance/ Au Moyen-Orient, il existe une forte tradition de résistance et d&#8217;activisme des femmes <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/resistance-des-femmes-palestiniennes-de-la-grande-revolte-a-la-premiere-intifada-1936-1993/" title="Résistance des femmes palestiniennes : de la Grande révolte à la première Intifada (1936-1993)">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/resistance-des-femmes-palestiniennes-de-la-grande-revolte-a-la-premiere-intifada-1936-1993/">Résistance des femmes palestiniennes : de la Grande révolte à la première Intifada (1936-1993)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Article originel écrit par Jane Hardy and Katie Coles, parus dans le n°184 de la revue International socialism, disponible ici : <a href="https://isj.org.uk/palestinian-womens-resistance/">https://isj.org.uk/palestinian-womens-resistance/</a></em></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p>Au Moyen-Orient, il existe une forte tradition de résistance et d&rsquo;activisme des femmes contre l&rsquo;impérialisme depuis plus d&rsquo;un siècle<sup data-fn="ef3d2f0b-c287-4fdd-8c1b-4da42f9568d0" class="fn"><a id="ef3d2f0b-c287-4fdd-8c1b-4da42f9568d0-link" href="#ef3d2f0b-c287-4fdd-8c1b-4da42f9568d0">1</a></sup>. En Palestine et dans la diaspora palestinienne, cette résistance contre les oppresseurs coloniaux s&rsquo;est d&rsquo;abord opposée aux Britanniques, puis à l&rsquo;État israélien. Par le biais de leurs projets coloniaux, et surtout en soutenant l&rsquo;occupation et la répression de la Palestine, ces oppresseurs ont cherché à imposer une version sioniste de l&rsquo;histoire et à déformer et supprimer celle du peuple palestinien<sup data-fn="b34f7c33-ae25-4260-8321-b1907db31093" class="fn"><a id="b34f7c33-ae25-4260-8321-b1907db31093-link" href="#b34f7c33-ae25-4260-8321-b1907db31093">2</a></sup>.  Dans une plus grande mesure encore, le rôle des femmes et leur résistance dans la lutte nationale ont été expurgés du récit historique. Leur histoire a été cachée &#8211; parfois non enregistrée, parfois détruite et au mieux mal reconnue<sup data-fn="c885f3d8-69ed-4224-be0e-0c66f4f1e4bc" class="fn"><a id="c885f3d8-69ed-4224-be0e-0c66f4f1e4bc-link" href="#c885f3d8-69ed-4224-be0e-0c66f4f1e4bc">3</a></sup>. La pensée orientaliste, un courant de certains mouvements « féministes » des pays impérialistes, a dépeint les femmes palestiniennes comme manquant d&rsquo;agentivité et étant « les victimes silencieuses de l&rsquo;oppression religieuse, patriarcale et culturelle, comme manquant de contrôle sur elles-mêmes et sur leur corps » et ayant besoin d&rsquo;être secourues<sup data-fn="b2e2ef4c-6a14-4098-9fdc-ae32ae9c659d" class="fn"><a id="b2e2ef4c-6a14-4098-9fdc-ae32ae9c659d-link" href="#b2e2ef4c-6a14-4098-9fdc-ae32ae9c659d">4</a></sup>. Pourtant, malgré cette rhétorique décrivant les femmes palestiniennes comme des spectatrices passives, dont le rôle dans la résistance était invisibilisé ou marginalisé, elles ont été des résistantes de la lutte palestinienne à travers l&rsquo;histoire, souvent en première ligne.</p>



<p>Cet article explore la manière dont l&rsquo;activisme des femmes palestiniennes dans le mouvement de libération nationale est lié à la lutte contre leur oppression &#8211; une histoire d&rsquo;activisme et de rébellion qui peut être retracée depuis les années 1920 et avant. Nous nous concentrons sur trois moments forts de la résistance des femmes palestiniennes : la « Grande Révolte » de 1936 à 1939, lorsque les Palestinien·ne·s se sont soulevé·e·s contre les occupants britanniques ; la fin des années 1960, avec un tournant vers la lutte armée et le féminisme ; et la Première Intifada de 1987 à 1993, lorsque les femmes d’en bas ont pris la tête de la lutte contre l&rsquo;occupation israélienne. Un second article, qui paraîtra dans un prochain numéro de ce journal, couvrira la période à partir de 1993.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La naissance de l’activisme des femmes : 1920-1936</h2>



<p>L&rsquo;émergence du mouvement des femmes en Palestine prend place dans le contexte plus large du découpage impérialiste du Moyen-Orient au lendemain de la Première Guerre mondiale. Anticipant l&rsquo;effondrement de l&rsquo;Empire ottoman, la France et la Grande-Bretagne ont conclu un pacte secret, avides de mettre la main sur le pétrole et de pousser leurs intérêts économiques : l&rsquo;accord Sykes-Picot<sup data-fn="1ec5f531-9403-4d8a-b3e2-989620a2a3b6" class="fn"><a id="1ec5f531-9403-4d8a-b3e2-989620a2a3b6-link" href="#1ec5f531-9403-4d8a-b3e2-989620a2a3b6">5</a></sup>. Cet accord donnait à la France le contrôle de ce qui est aujourd&rsquo;hui le Liban, la Syrie, le Kurdistan et certaines parties de la Turquie, tandis que la Grande-Bretagne s&#8217;emparait de la plus grande partie de ce qui est aujourd&rsquo;hui l&rsquo;Irak, la Jordanie et la Palestine. Outrés d&rsquo;avoir été trompés, des mouvements nationalistes ont vu le jour pour réclamer l&rsquo;indépendance et l&rsquo;autodétermination qui leur avaient été promises.<sup data-fn="78d07b5f-c429-4953-9926-644679d78abe" class="fn"><a id="78d07b5f-c429-4953-9926-644679d78abe-link" href="#78d07b5f-c429-4953-9926-644679d78abe">6</a></sup></p>



<p>Les mouvements de femmes se sont constitués dans tous ces pays, à la fois dans le cadre de ces mouvements nationalistes émergents et pour émettre leurs revendications face à leur propre oppression<sup data-fn="d16c28a5-747c-470e-9c5f-44fe8406d493" class="fn"><a id="d16c28a5-747c-470e-9c5f-44fe8406d493-link" href="#d16c28a5-747c-470e-9c5f-44fe8406d493">7</a></sup>. En Égypte, par exemple, les femmes de toutes les classes sociales ont été fortement impliquées dans les activités culturelles, sociales et politiques de la révolution de 1919 contre les Britanniques &#8211; elles étaient dans la rue et prononçaient des discours dans les mosquées et les églises<sup data-fn="8b182fcc-7c40-44f7-8c3e-9ffd0cc8c62e" class="fn"><a id="8b182fcc-7c40-44f7-8c3e-9ffd0cc8c62e-link" href="#8b182fcc-7c40-44f7-8c3e-9ffd0cc8c62e">8</a></sup>. Hoda Shaarawy, une militante de premier plan, a fondé l&rsquo;Union féministe égyptienne dès 1923<sup data-fn="042071b5-04a0-4e80-9403-231ae405db0c" class="fn"><a id="042071b5-04a0-4e80-9403-231ae405db0c-link" href="#042071b5-04a0-4e80-9403-231ae405db0c">9</a></sup>. La révolution égyptienne a eu un effet profond sur la Palestine et a encouragé les luttes palestiniennes contre le colonialisme et le sionisme.</p>



<p>Depuis le début du 20e siècle, l&rsquo;activisme des femmes palestiniennes est lié à la lutte de résistance nationale. Les femmes ont participé aux manifestations qui ont éclaté contre la déclaration Balfour de 1917, lorsque la Grande-Bretagne s&rsquo;est engagée publiquement à établir « un foyer national pour le peuple juif » en Palestine, ce qui a ouvert la voie à la Nakba (« catastrophe ») &#8211; le nettoyage ethnique de la Palestine, en 1948<sup data-fn="b7ff8c6b-360d-4d8c-ad29-fe449158311d" class="fn"><a id="b7ff8c6b-360d-4d8c-ad29-fe449158311d-link" href="#b7ff8c6b-360d-4d8c-ad29-fe449158311d">10</a></sup>. La Grande-Bretagne a ensuite reçu un mandat pour administrer la Palestine et la Transjordanie de la part de la Société des Nations en 1920. Le mouvement national palestinien était né, et avec lui le mouvement des femmes palestiniennes. Dans les années 1920, les dirigeantes du mouvement des femmes étaient issues de la même classe de commerçant·e·s urbain·e·s et de propriétaires terrien·ne·s ruraux·ales que les dirigeants du mouvement national. En 1929, des femmes issues de familles influentes, principalement de la classe moyenne et supérieure, ont fondé l&rsquo;Association des femmes arabes (AFA). Elles esquissèrent un programme qui s’attaquait à la politique britannique de facilitation de l&rsquo;immigration sioniste et de répression des revendications palestiniennes d&rsquo;autodétermination nationale<sup data-fn="a5351af9-667b-4b3f-811e-4be6010b077a" class="fn"><a id="a5351af9-667b-4b3f-811e-4be6010b077a-link" href="#a5351af9-667b-4b3f-811e-4be6010b077a">11</a></sup>.</p>



<p>L&rsquo;AFA est née de l&rsquo;escalade de la crise provoquée suite à la révolte du Buraq, autrement connue comme le Massacre de 1929. Ce soulèvement a été provoqué par l&rsquo;augmentation, par les autorités du mandat britannique, du nombre de fidèles Juif·ve·s autorisé·e·s à accéder au Buraq ou mur occidental de la mosquée d&rsquo;Al-Aqsa à Jérusalem, un lieu saint qui avait été placé sous l&rsquo;autorité des musulman·e·s pendant des siècles. Le 15 août 1929, un groupe de sionistes mené par les membres du Betar (« forteresse ») &#8211; une organisation de jeunesse de droite &#8211; marche vers le mur. Iels brandissent des drapeaux sionistes, chantent l&rsquo;hymne sioniste et crient « le Mur est à nous »<sup data-fn="f10c3e23-206c-4a8d-8c3b-2b1c323023a8" class="fn"><a id="f10c3e23-206c-4a8d-8c3b-2b1c323023a8-link" href="#f10c3e23-206c-4a8d-8c3b-2b1c323023a8">12</a></sup>. En réponse, les Palestinien·ne·s se soulèvent, ce qui entraîne une semaine de violence au cours de laquelle 113 Juif·ve·s et 116 Palestinien·ne·s sont tué·e·s. La plupart des affrontements ont eu lieu entre les Palestinien·ne·s et la police britannique, bien que des groupes terroristes sionistes aient également attaqué les forces britanniques. Toutefois, sur les 1 330 personnes arrêtées, la plupart étaient des Palestinien·ne·s, et trois condamnations à mort ont été prononcées<sup data-fn="778063f8-98da-4b4b-8194-ebe35748692d" class="fn"><a id="778063f8-98da-4b4b-8194-ebe35748692d-link" href="#778063f8-98da-4b4b-8194-ebe35748692d">13</a></sup>.</p>



<p>La première conférence de l&rsquo;AFA, qui s&rsquo;est tenue à Jérusalem en 1929, dénonçait la déclaration Balfour et l&rsquo;immigration juive, les mauvais traitements infligés aux prisonnier·e·s arabes par la police et l&rsquo;application de châtiments collectifs<sup data-fn="cb599e3c-938d-45a1-9a4b-703ae3655acf" class="fn"><a id="cb599e3c-938d-45a1-9a4b-703ae3655acf-link" href="#cb599e3c-938d-45a1-9a4b-703ae3655acf">14</a></sup>. A partir des années 1930, l&rsquo;AFA était activement impliquée dans les manifestations, la collecte de fonds et le soutien aux prisonnier·e·s et à leurs familles, inondant la presse de la cause nationale palestinienne, offrant des services tels que les soins médicaux et l&rsquo;éducation, et participant à des conférences régionales, panarabes et internationales de femmes. En juin 1931, l&rsquo;AFA a appelé les femmes à faire grève à l&rsquo;occasion de l&rsquo;anniversaire de l&rsquo;exécution par les autorités britanniques des Palestiniens condamnés pour rébellion lors du soulèvement de Buraq, même après que le mouvement national dirigé par les hommes eut abandonné son projet<sup data-fn="66429ee0-8aae-4f5a-a00c-464b1ffe5224" class="fn"><a id="66429ee0-8aae-4f5a-a00c-464b1ffe5224-link" href="#66429ee0-8aae-4f5a-a00c-464b1ffe5224">15</a></sup>. La participation accrue des femmes aux manifestations au début des années 1930 a jeté les bases du militantisme des femmes lors de la Grande Révolte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Grande révolte arabe de 1936-1939</h2>



<p>En 1936, le ressentiment latent à l&rsquo;égard de l&rsquo;occupation britannique s&rsquo;est transformé en colère généralisée et a éclaté en rébellion ouverte<sup data-fn="cfe2acb0-5ff9-4244-81ee-91640aa134da" class="fn"><a id="cfe2acb0-5ff9-4244-81ee-91640aa134da-link" href="#cfe2acb0-5ff9-4244-81ee-91640aa134da">16</a></sup>. Les ouvrier·e·s et les paysan·ne·s poussèrent leur « élite dirigeante hésitante à adopter des positions plus radicales »<sup data-fn="1d3da0c8-fd74-4326-a732-8d550dca859a" class="fn"><a id="1d3da0c8-fd74-4326-a732-8d550dca859a-link" href="#1d3da0c8-fd74-4326-a732-8d550dca859a">17</a></sup>. La révolte fut brutalement réprimée par les Britanniques, souvent avec l&rsquo;aide des milices sionistes, à l&rsquo;aide de châtiments collectifs, de centres de détention, de déportations, d&rsquo;arrestations massives, de démolitions de maisons, de raids sur les villages, de frappes aériennes, de restrictions de mouvements et de la loi martiale<sup data-fn="9829b50b-4989-49b2-86c0-b3a6fa94e22d" class="fn"><a id="9829b50b-4989-49b2-86c0-b3a6fa94e22d-link" href="#9829b50b-4989-49b2-86c0-b3a6fa94e22d">18</a></sup>. Depuis, il y a eu une tendance à minimiser les différences entre l&rsquo;élite et les militant·e·s de base « pour minimiser les initiatives populaires et souligner l&rsquo;unité au sein du Haut Comité Arabe »<sup data-fn="24255032-1d3b-47f0-942d-cb3f20d3764b" class="fn"><a id="24255032-1d3b-47f0-942d-cb3f20d3764b-link" href="#24255032-1d3b-47f0-942d-cb3f20d3764b">19</a></sup>. De la même manière, l&rsquo;activisme, le militantisme et la radicalisation des femmes pendant la révolte ont été marginalisés. Les femmes de l&rsquo;élite urbaine participaient aux manifestations, collectaient d&rsquo;importantes sommes d&rsquo;argent pour financer la rébellion et formaient des comités de femmes dans les villages. Elles tenaient des réunions secrètes pour soutenir les militants et harcelaient le gouvernement de protestations et de condamnations écrites. Ces comités de femmes se sont notamment créés dans des régions du pays où il y avait eu peu d&rsquo;activités organisées auparavant. La révolte commença par une grève générale. Les membres de l&rsquo;AFA parcoururent les villes pour convaincre les commerçant·e·s d&rsquo;observer la grève et brisèrent les vitrines de ceux qui n&rsquo;obtempéraient pas<sup data-fn="bbe241aa-52e5-4055-b687-3c3605ad812f" class="fn"><a id="bbe241aa-52e5-4055-b687-3c3605ad812f-link" href="#bbe241aa-52e5-4055-b687-3c3605ad812f">20</a></sup>.</p>



<p>Alors que les membres de l&rsquo;AFA étaient des femmes urbaines éduquées issues de familles des classes moyennes et supérieures, les paysans (fellahin), y compris les paysannes (fellahat), ont joué un rôle crucial dans la révolte en dehors des organisations formelles. Ces femmes ont enduré le pire de la répression de la révolte, car ce sont leurs communautés dans les zones rurales qui ont subi les attaques physiques. Elles cachaient des armes dans leurs vêtements ou dans les champs et parcouraient le terrain, partageant des informations avec les guérilleros, telles que l&#8217;emplacement et les itinéraires d&rsquo;approvisionnement des troupes britanniques, et étaient souvent prises dans des tirs croisés. Les Britanniques qualifiaient les paysannes d&rsquo;agitatrices « belliqueuses » qui incitaient les jeunes hommes à devenir des combattants<sup data-fn="e768dea6-9b89-47fe-bb0d-9cd0cfd1c47c" class="fn"><a id="e768dea6-9b89-47fe-bb0d-9cd0cfd1c47c-link" href="#e768dea6-9b89-47fe-bb0d-9cd0cfd1c47c">21</a></sup>.</p>



<p>Dès le début de la révolte, les paysannes étaient prêtes à utiliser la violence pour défendre leurs villages et les hommes de leur communauté en s&rsquo;opposant aux perquisitions et aux raids. Par exemple, les femmes lapidaient la police depuis les toits lorsqu&rsquo;elle venait procéder à des arrestations. Contrairement aux femmes des villes, certaines paysannes ont rejoint la révolte armée, comme Fatma Ghazzal, qui a été tuée lors de la bataille de Wadu Azzoun en 1936<sup data-fn="e1311dc6-1f94-4c89-8a32-551abd698c89" class="fn"><a id="e1311dc6-1f94-4c89-8a32-551abd698c89-link" href="#e1311dc6-1f94-4c89-8a32-551abd698c89">22</a></sup>. La fréquence à laquelle les paysannes ont été arrêtées pour contrebande ou possession d&rsquo;armes suggère que les femmes ont joué un rôle militaire plus important que ce qu&rsquo;on s’imagine ou que ce qui a été enregistré. Dans l&rsquo;ensemble, les femmes ont pris des risques considérables et, lorsqu&rsquo;elles étaient poursuivies pour possession d&rsquo;armes, elles étaient condamnées à de lourdes peines d&#8217;emprisonnement allant de sept à dix ans.</p>



<p>Pendant la révolte, pour la première fois, les étudiantes s’organisèrent et se mobilisèrent<sup data-fn="c28e9477-c25c-4bd1-9427-5ad700d6f119" class="fn"><a id="c28e9477-c25c-4bd1-9427-5ad700d6f119-link" href="#c28e9477-c25c-4bd1-9427-5ad700d6f119">23</a></sup>. Dans la région de Galilée, les écolières se mirent en grève, empêchèrent les autres élèves d&rsquo;aller à l&rsquo;école et manifestèrent tout au long de la fin du mois de mai et du mois d&rsquo;avril 1936. Ça a posé de tels problèmes à la police que les Britanniques ont menacé de fermer les écoles et ont dit aux pères de famille qu&rsquo;ils devraient payer une amende si leurs filles commettaient des infractions.</p>



<p>Les mouvements panarabes de femmes, qui avaient émergé dans toute la région, ont joué un rôle essentiel dans le soutien apporté aux femmes palestiniennes. Tandis que dans certains pays, comme l&rsquo;Égypte et la Tunisie, les premières organisations de femmes formulaient des revendications politiques telles que l&rsquo;abolition de la polygamie, le droit au divorce et le droit de vote, les femmes de Palestine se concentraient sur des revendications nationalistes. Les femmes des mouvements panarabes soutenaient leurs sœurs palestiniennes en portant la cause palestinienne sur le devant de la scène régionale et internationale<sup data-fn="dd04e692-8d72-4232-b829-925a19def636" class="fn"><a id="dd04e692-8d72-4232-b829-925a19def636-link" href="#dd04e692-8d72-4232-b829-925a19def636">24</a></sup>. Ces organisations de femmes étaient très conscientes de leurs luttes respectives et exprimaient une solidarité réciproque, notamment en condamnant la répression britannique contre les Palestinien·ne·s pendant la Grande Révolte. Au début des années 1930, les femmes arabes (et du Moyen-Orient) commencèrent à coopérer de manière plus formelle au niveau régional, et des conférences furent organisées à Damas, Beyrouth et Bagdad entre 1930 et 1932. Elles ont culminé avec l&rsquo;appel de Hoda Shaarawy à une conférence qui s&rsquo;est tenue au Caire en octobre 1938. Les délégations de Syrie, du Liban, d&rsquo;Irak et de Palestine ont demandé l&rsquo;abolition du mandat britannique sur la Palestine, l&rsquo;abrogation de la déclaration de Balfour et l&rsquo;interdiction de l&rsquo;immigration juive et de la vente de terres aux Juif·ve·s<sup data-fn="96357285-6e6e-4555-b35a-3605f88daba6" class="fn"><a id="96357285-6e6e-4555-b35a-3605f88daba6-link" href="#96357285-6e6e-4555-b35a-3605f88daba6">25</a></sup>. Ce soutien panarabe a renforcé le moral des femmes palestiniennes, réduit leur isolement et conféré un statut international à leur mouvement<sup data-fn="ce27128b-8b97-45e1-abf6-9fbfc1181f3b" class="fn"><a id="ce27128b-8b97-45e1-abf6-9fbfc1181f3b-link" href="#ce27128b-8b97-45e1-abf6-9fbfc1181f3b">26</a></sup>.</p>



<p>Parmi les militantes renommées de la Grande Révolte, il y avait Sadhij Nassar qui était co-éditrice et rédactrice du journal El-Carmel, créé à Haïfa en 1908. Ce journal consacrait, au début des années 1920, une section aux problématiques concernant les femmes. Les articles de Sadhij Nassar portaient aussi bien sur l&rsquo;égalité entre les sexes que sur la nécessité d’une lutte révolutionnaire contre le colonialisme. Son nom apparaît fréquemment dans les archives britanniques en tant qu&rsquo;organisatrice de manifestations et de grèves. Elle était une épine dans le pied des Britanniques, qui qualifiaient ses articles d&rsquo;« incendiaires » et les manifestations qu&rsquo;elle organisait de particulièrement « virulentes et dangereuses »<sup data-fn="a4b17703-964b-40dd-925e-2c24f022a2fd" class="fn"><a id="a4b17703-964b-40dd-925e-2c24f022a2fd-link" href="#a4b17703-964b-40dd-925e-2c24f022a2fd">27</a></sup>. Cela lui a valu d&rsquo;être arrêtée et détenue dans la prison pour femmes de Bethléem pendant près d&rsquo;un an<sup data-fn="b6ce22bb-683d-49e7-8d2f-e543ba9c2f3b" class="fn"><a id="b6ce22bb-683d-49e7-8d2f-e543ba9c2f3b-link" href="#b6ce22bb-683d-49e7-8d2f-e543ba9c2f3b">28</a></sup>. Après la Grande Révolte, sans surprise, les Britanniques se sont entendus avec les éléments conservateurs de la société palestinienne pour étouffer l’activisme des femmes et leur faire quitter la rue. Les femmes, en particulier dans les villes, étaient de plus en plus souvent rappelées à l’ordre lorsqu’elles portaient des vêtements occidentaux et lorsqu’elles participaient à des activités politiques en dehors de leur domicile sans être escortées.</p>



<p>Ce virage conservateur s&rsquo;est étendu à d&rsquo;autres éléments du mouvement nationaliste, qui ont tenté d&rsquo;imposer des normes relatives au comportement, aux déplacements et à la tenue vestimentaire des femmes<sup data-fn="45aab91c-d6ab-4fa2-92d8-b6c73afe32a4" class="fn"><a id="45aab91c-d6ab-4fa2-92d8-b6c73afe32a4-link" href="#45aab91c-d6ab-4fa2-92d8-b6c73afe32a4">29</a></sup>. Toutefois, ces exhortations à porter des vêtements plus traditionnels ont également été adressés aux hommes, et revenaient donc aussi à faire preuve d&rsquo;allégeance à la cause nationaliste. Ellen Fleischmann rapporte que des Palestiniennes chrétiennes, en revenant sur la Grande Révolte, ont déclaré qu&rsquo;elles portaient le voile pour éviter de « ressembler à des Juives », « pour montrer qu&rsquo;elles étaient arabes » et « pour ressembler aux autres Arabes »<sup data-fn="11a96e1e-614a-48f4-ba44-0209fdc9a39b" class="fn"><a id="11a96e1e-614a-48f4-ba44-0209fdc9a39b-link" href="#11a96e1e-614a-48f4-ba44-0209fdc9a39b">30</a></sup>. Même l&rsquo;AFA était divisée sur la ligne à tenir sur les tenues des femmes : entre celles qui voulaient signifier leur émancipation en portant des vêtements modernes et celles qui considéraient que cela risquait de leur aliéner les masses.</p>



<p>Lorsque la révolte pris fin en 1939, de nombreux·ses Palestinien·ne·s avaient été tué·e·s, emprisonné·e·s ou exilé·e·s, et leurs directions ont été pratiquement détruites. Les colons juif·ve·s, qui avaient combattu aux côtés des colons britanniques pour réprimer la révolte, ont pu consolider leur position, s&rsquo;armer et acquérir de l&rsquo;expérience militaire. Malgré cela, le mouvement des femmes est resté actif et tenace jusqu&rsquo;à ce que les événements de 1948 perturbent violemment la société palestinienne et ses institutions sociales et politiques<sup data-fn="fb52962f-a803-4662-b8e0-5f5b9c7eb3bb" class="fn"><a id="fb52962f-a803-4662-b8e0-5f5b9c7eb3bb-link" href="#fb52962f-a803-4662-b8e0-5f5b9c7eb3bb">31</a></sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La Nakba</strong></h2>



<p>La Nakba de 1948 a déchiré la société palestinienne. L&rsquo;État israélien a été établi sur 80 % du territoire palestinien mandataire, et entre 80 et 90 % des Palestinien·ne·s ont été expulsé·e·s et dispersé·e·s dans des camps de réfugié·e·s à Gaza (annexée par l&rsquo;Égypte), en Cisjordanie (annexée par la Jordanie), au Liban et en Syrie. Cette situation a eu des conséquences dévastatrices pour la résistance et l&rsquo;infrastructure sociale et institutionnelle que le mouvement des femmes avait construites au cours des décennies précédentes.</p>



<p>Les femmes de la classe moyenne ont poursuivi la longue tradition de travail caritatif en créant des soupes populaires et des orphelinats pour combler le vide créé par l&rsquo;effondrement des services. Toutefois, le fossé entre les femmes de l&rsquo;élite et celles issues de milieux ruraux ou pauvres a persisté : ces dernières ont souvent été marginalisées et considérées comme les bénéficiaires passives de la charité de l&rsquo;élite. En Cisjordanie, les organisations politiques ont été interdites et les expressions de l&rsquo;identité palestinienne réprimées. Bien que cela ait eu pour effet d&rsquo;inhiber l&rsquo;activisme politique des organisations de femmes, la montée du nationalisme panarabe a attiré certaines femmes dans des groupes politiques clandestins tels que le parti arabe socialiste Ba&rsquo;th (« résurrection ») fondé en Syrie, le Parti communiste jordanien et le Mouvement nationaliste arabe, où les femmes occupaient une place reconnue<sup data-fn="05d3ab2f-64a7-4782-817c-5036ef13126a" class="fn"><a id="05d3ab2f-64a7-4782-817c-5036ef13126a-link" href="#05d3ab2f-64a7-4782-817c-5036ef13126a">32</a></sup>. L&rsquo;entrée plus généralisée des femmes dans des organisations mixtes a marqué un changement dans leur engagement. L&rsquo;expérience acquise par les femmes dans ces partis les a amenées à jouer un rôle important dans la lutte contre l&rsquo;occupation israélienne après 1967.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La lutte contre l’occupation : 1967-82</strong></h2>



<p>Le tournant tactique de la lutte palestinienne contre l&rsquo;occupation vers la guérilla et la lutte armée à la fin des années 1960 a été largement influencé par deux facteurs. Tout d&rsquo;abord, l&rsquo;illusion que les États arabes étaient capables ou désireux de libérer la Palestine s&rsquo;est effondrée. Cela est dû à la défaite humiliante et rapide infligée par Israël aux armées arabes en 1967, ainsi qu&rsquo;à l&rsquo;invasion et à l&rsquo;occupation du territoire restant de la Palestine historique, de Cisjordanie et de la bande de Gaza. Deuxièmement, le mouvement de résistance palestinienne est arrivé à maturité au cours d&rsquo;une période de bouleversements politiques et sociaux mondiaux, lorsque des mouvements révolutionnaires et de libération ont mené une résistance anti-impérialiste dans le Sud global, comme au Viêt Nam et en Algérie. Des mouvements étudiants, féministes et pour les droits civiques ont éclaté partout dans le monde.</p>



<p>Ces facteurs ont contribué à transformer l&rsquo;Organisation de libération de la Palestine (OLP) d&rsquo;un simple relais des régimes arabes en une organisation politique indépendante et mobilisatrice. La Ligue arabe, sous la direction du président égyptien Gamal Abdel Nasser, avait créé l&rsquo;OLP en 1964 dans le but de contrôler le nationalisme palestinien tout en prétendant défendre sa cause<sup data-fn="bd47ca8e-ea90-4fd4-9752-8cd8dfe0c2fc" class="fn"><a id="bd47ca8e-ea90-4fd4-9752-8cd8dfe0c2fc-link" href="#bd47ca8e-ea90-4fd4-9752-8cd8dfe0c2fc">33</a></sup>. Cependant, dans le même temps, les Palestinien·ne·s d&rsquo;en bas s&rsquo;organisaient collectivement et appelaient à la lutte armée contre Israël. En 1968, le groupe dominant de l&rsquo;OLP était le Mouvement de libération nationale de la Palestine (Fatah ; harakat at-tahrir al-watani l-filastini), mais le nombre de factions et de groupes de guérilla augmentait de façon spectaculaire<sup data-fn="f9d36161-ff2f-4baf-beb3-7ca34d2683a1" class="fn"><a id="f9d36161-ff2f-4baf-beb3-7ca34d2683a1-link" href="#f9d36161-ff2f-4baf-beb3-7ca34d2683a1">34</a></sup>.</p>



<p>De nombreux·ses Palestinien·ne·s ont été influencé·e·s par cette nouvelle culture de la résistance, y compris une jeune génération de femmes qui se sont tournées vers des tactiques plus militantes. Cette deuxième génération de femmes a refusé d&rsquo;accepter l&rsquo;idée dominante selon laquelle le rôle des femmes de la société palestinienne était uniquement de prendre soin de la nation &#8211; idée reprise par certaines sections du mouvement nationaliste &#8211; et a soutenu la mise à l&rsquo;ordre du jour d&rsquo;un changement social émancipateur<sup data-fn="aaf846d6-49e6-451b-8efb-11e2896cf7df" class="fn"><a id="aaf846d6-49e6-451b-8efb-11e2896cf7df-link" href="#aaf846d6-49e6-451b-8efb-11e2896cf7df">35</a></sup>. C&rsquo;est dans ce contexte qu&rsquo;a été créée en 1965 le Syndicat Général des Femmes Palestiniennes (en anglais, General Union of Palestinian Women &#8211; GUPW, NdT), qui rassemblait plusieurs organisations de femmes, relançant ainsi le mouvement des femmes palestiniennes. Bien qu&rsquo;affiliée à l&rsquo;OLP, selon Jehan Helou, la GUPW a dû lutter pour son indépendance en son sein<sup data-fn="0def2b8b-ddca-4524-92e7-bd85dba4d412" class="fn"><a id="0def2b8b-ddca-4524-92e7-bd85dba4d412-link" href="#0def2b8b-ddca-4524-92e7-bd85dba4d412">36</a></sup>.</p>



<p>L&rsquo;invasion et l&rsquo;occupation par Israël de la Cisjordanie, de Gaza et du plateau du Golan en 1967 ont créé 250 000 à 300 000 réfugié·e·s supplémentaires. Ces Palestinien·ne·s furent placé·e·s sous un régime militaire direct et de nouvelles formes d&rsquo;oppression sociale, économique et politique virent le jour. La GUPW a commencé à répondre aux besoins immédiats des femmes et des enfants palestinien·ne·s, notamment en créant des centres de santé, des orphelinats, des garderies et des repas subventionnés. Pour autant, les femmes n&rsquo;étaient pas prêtes à se cantonner à un rôle de « travailleuses sociales ». Au contraire, elles se sont également engagées dans la résistance armée. Les principales factions ont établi des camps pour la formation militaire et politique des femmes révolutionnaires en Jordanie, puis au Liban.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full"><img data-dominant-color="6d6d6d" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #6d6d6d;" fetchpriority="high" decoding="async" width="188" height="268" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/telechargement.jpeg" alt="" class="wp-image-9042 not-transparent"/><figcaption class="wp-element-caption">Leila Khaled dans les années 70</figcaption></figure>
</div>


<p>Les figures marquantes de combattantes dans l&rsquo;iconographie mondiale telles que Leila Khaled témoignent du changement qui s&rsquo;est opéré au cours de cette période. Elle était membre du Front palestinien de libération de la Palestine (FPLP) et une commandante de l&rsquo;opération Dawson&rsquo;s Field, qui a fait d&rsquo;elle la première femme à détourner un avion<sup data-fn="cec16169-4488-4add-900d-0b9393d3ba8d" class="fn"><a id="cec16169-4488-4add-900d-0b9393d3ba8d-link" href="#cec16169-4488-4add-900d-0b9393d3ba8d">37</a></sup>. Shadia Abu Ghazalah, autre membre active du FPLP, a refusé de quitter la Palestine et a été tuée dans sa ville natale de Naplouse en novembre 1968, à l&rsquo;âge de 19 ans, lorsque la bombe qu&rsquo;elle préparait a explosé accidentellement. Ces femmes faisaient partie d&rsquo;un mouvement d’intense critique envers les régimes arabes, de Yasser Arafat (leader de l&rsquo;OLP) et de la bourgeoisie palestinienne. Khaled a vu très jeune « la misère, la faim et l&rsquo;humiliation » dans les camps de réfugié·e·s<sup data-fn="a18664f2-2c25-42c9-a95e-f2b2eab4e919" class="fn"><a id="a18664f2-2c25-42c9-a95e-f2b2eab4e919-link" href="#a18664f2-2c25-42c9-a95e-f2b2eab4e919">38</a></sup>. Dans son autobiographie, elle oppose le sort des nombreuses femmes vivant dans les camps dans des conditions atroces à celui de la bourgeoisie palestinienne, qui vivait dans les villes et bénéficiait d&rsquo;un niveau de vie plus élevé, d&rsquo;une plus grande mobilité, d&rsquo;un meilleur accès à l&rsquo;éducation et d&rsquo;une certaine immunité contre la violence. Cela l&rsquo;a amenée à développer une analyse de classe de la libération nationale en ce qui concerne les acteur·ice·s du changement et l&rsquo;objectif de la lutte. Khaled pensait que les ouvrièr·e·s et les paysan·ne·s réuni·e·s dans une organisation politique révolutionnaire étaient la seule force de changement<sup data-fn="37db8561-48b7-4ff5-93ef-6101a1ad190a" class="fn"><a id="37db8561-48b7-4ff5-93ef-6101a1ad190a-link" href="#37db8561-48b7-4ff5-93ef-6101a1ad190a">39</a></sup>. Pour elle, le but ultime de la lutte palestinienne était « la construction d&rsquo;une société socialiste dans laquelle les Arabes et les Juif·ve·s peuvent vivre en paix et en harmonie »<sup data-fn="fab5f3ac-c32f-4b4b-a88e-83e8cb0f0007" class="fn"><a id="fab5f3ac-c32f-4b4b-a88e-83e8cb0f0007-link" href="#fab5f3ac-c32f-4b4b-a88e-83e8cb0f0007">40</a></sup>.</p>



<p>Bien que l&rsquo;attention accordée aux figures féminines, parmi lesquelles Leila Khaled, ait été disproportionnée par rapport au nombre relativement faible de femmes impliquées dans la lutte armée, l&rsquo;histoire a largement négligé le rôle prépondérant des masses de femmes au cœur de la résistance dans les camps de réfugié·e·s au Liban entre 1969 et 1982<sup data-fn="d85d8fa8-0074-4a07-9f8d-12ccf20584d3" class="fn"><a id="d85d8fa8-0074-4a07-9f8d-12ccf20584d3-link" href="#d85d8fa8-0074-4a07-9f8d-12ccf20584d3">41</a></sup>. Jehan Helou, participante et témoin oculaire, rappelle que les camps de réfugié·e·s palestinien·ne·s se sont soulevés en 1969 pour expulser le célèbre service de renseignement de l&rsquo;État libanais, le Deuxieme Bureau, qui surveillait et contrôlait tous les aspects de la vie des habitant·e·s des camps. Ces femmes, issues de milieux paysans, étaient intrépides et faisaient barrage de leurs corps devant l&rsquo;entrée des camps face aux attaques de l&rsquo;armée libanaise.</p>



<p>L&rsquo;OLP n&rsquo;avait pas de vision ou de programme centré sur les questions relatives aux femmes et le mouvement de résistance n&rsquo;a jamais développé d&rsquo;idées complètement abouties concernant l&rsquo;égalité des genres. Certains courants ont continué à prôner un rôle traditionnel pour les femmes. Les partis de gauche, tels que le FPLP, le Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP) et le Parti communiste, avaient une approche plus favorable de la question du genre. Cependant, à l&rsquo;instar de leurs homologues occidentaux, ils considéraient l&rsquo;oppression des femmes uniquement comme un sous-produit de l&rsquo;oppression coloniale et de classe, et la traitaient comme telle<sup data-fn="fd35dc05-439d-4343-a687-c2d965e9ce63" class="fn"><a id="fd35dc05-439d-4343-a687-c2d965e9ce63-link" href="#fd35dc05-439d-4343-a687-c2d965e9ce63">42</a></sup>.</p>



<p>La participation des femmes à la résistance armée a contribué à remettre en question les postulats traditionnels sur les rôles des hommes et des femmes. Néanmoins, les tensions autour de l&rsquo;émancipation des femmes dans certaines sections du mouvement nationaliste sont restées vives et de nombreuses femmes ont rapporté le sexisme auquel elles étaient confrontées au sein du mouvement<sup data-fn="7a57f753-f40b-4290-9a18-78a73aabd6f6" class="fn"><a id="7a57f753-f40b-4290-9a18-78a73aabd6f6-link" href="#7a57f753-f40b-4290-9a18-78a73aabd6f6">43</a></sup>. Khaled décrit la réaction à sa demande d&rsquo;implication dans la lutte armée au cours de l&rsquo;été 1968 ainsi :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>On nous a suggéré d&rsquo;accomplir deux tâches importantes : aider les mères surchargées de travail dans les camps de réfugié·e·s et rendre visite aux familles de nos martyrs. « Le travail social, raillai-je, n&rsquo;est pas une révolution sociale, je veux participer pleinement à la révolution »<sup data-fn="89b12680-153c-4c0d-9e61-35d4dd08db7a" class="fn"><a id="89b12680-153c-4c0d-9e61-35d4dd08db7a-link" href="#89b12680-153c-4c0d-9e61-35d4dd08db7a">44</a></sup>.</p>
</blockquote>



<p>Bien que de nombreuses jeunes femmes aient voulu militer, elles ont dû mener une lutte face à leurs parents, à la société en général et au mouvement de résistance lui-même. Par exemple, les femmes bien établies dans la résistance devaient souvent demander l’accord de leur famille pour pouvoir impliquer leurs filles dans l&rsquo;activisme. Julie Peteet affirme que, si la plupart des femmes acceptaient l’idée qu’elles avaient un rôle à jouer dans la lutte, la relation entre la politique et la vie domestique était controversée. Par exemple, l&rsquo;idée que le militantisme ne devait pas compromettre la capacité d&rsquo;une femme à remplir ses fonctions de gardienne du foyer et de soignante était largement répandue. Par conséquent, pour prendre part à la lutte, les femmes devaient « affronter de plein fouet les règles culturelles régissant le comportement des femmes »<sup data-fn="1dad761f-da5e-47d2-ade2-205b2d89f997" class="fn"><a id="1dad761f-da5e-47d2-ade2-205b2d89f997-link" href="#1dad761f-da5e-47d2-ade2-205b2d89f997">45</a></sup>. Cela se reflète dans le traitement différencié à l&rsquo;égard des héros masculins (al-fida&rsquo;i) et féminins (al-fida&rsquo;iyya) qui ont été élevé·e·s au rang de célébrités dans les récits nationalistes. L&rsquo;image contradictoire de la mère traditionnelle protégeant le foyer a persisté et était plus acceptable socialement que celle de la femme militante. Ces combattantes ne bénéficiaient pas du même statut que leurs homologues masculins et avaient parfois du mal à se réintégrer dans leur communauté<sup data-fn="b2e24c1b-c10d-40c1-9daf-db76b15b6ee0" class="fn"><a id="b2e24c1b-c10d-40c1-9daf-db76b15b6ee0-link" href="#b2e24c1b-c10d-40c1-9daf-db76b15b6ee0">46</a></sup>. Khaled l&rsquo;avait compris et a déclaré : « Alors que mes sœurs occidentales parlent d&rsquo;oppression de classe et d&rsquo;oppression sexuelle&#8230; j&rsquo;ai dû faire face à quatre types d&rsquo;oppression : nationale, sociale (le poids des traditions et des habitudes), de classe et sexuelle »<sup data-fn="d466f3ee-98f6-4210-9595-697e9d3d76ed" class="fn"><a id="d466f3ee-98f6-4210-9595-697e9d3d76ed-link" href="#d466f3ee-98f6-4210-9595-697e9d3d76ed">47</a></sup>.</p>



<p>Malgré ces obstacles, le fait de participer à la lutte a fait évoluer la confiance des femmes. Comme l&rsquo;a écrit Jehan Helou, « les femmes d&rsquo;avant-garde ont déchiré les traditions oppressives, sont sorties de leur cage et ont introduit leurs propres conventions et normes, prenant ainsi le contrôle de leur vie »<sup data-fn="cfa95d4a-07f5-4578-92bf-a7c98d8a7385" class="fn"><a id="cfa95d4a-07f5-4578-92bf-a7c98d8a7385-link" href="#cfa95d4a-07f5-4578-92bf-a7c98d8a7385">48</a></sup>. Elles ont notamment rejeté les contraintes qui pesaient sur leur mobilité, saisi les occasions de voyager, y compris les bourses offertes par l&rsquo;Union soviétique, ont choisi elles-mêmes leur mari ou ne se sont pas mariées du tout. Julie Peteet décrit comment les jeunes femmes des camps et les activistes ont commencé à se décrire et à décrire les autres femmes avec un tout nouveau vocabulaire, en utilisant un répertoire de termes et de catégories intrinsèquement actifs, politiques et nationalistes, tels que militantes (nashitat), politisées (musayyasat), combattantes (fida&rsquo;iyyat), travailleuses (&lsquo;amilat), combattantes (munadilat) et martyrs (shahidat). Ces nouvelles conceptions de soi s&rsquo;inscrivaient clairement dans un sentiment de fierté nationale et d&rsquo;engagement dans la lutte et, plus important encore, dans un sentiment d&rsquo;autonomie<sup data-fn="1e1c6906-fe21-4dcf-a0cd-04ea5467da8d" class="fn"><a id="1e1c6906-fe21-4dcf-a0cd-04ea5467da8d-link" href="#1e1c6906-fe21-4dcf-a0cd-04ea5467da8d">49</a></sup>.</p>



<p>Quoi qu’il en soit, la lutte pour la libération des femmes était fermement et inextricablement liée à la libération nationale. Peteet cite Samireh, une militante du Fatah, qui exprime ce sentiment commun :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Je pense que parce que les femmes auront combattu aux côtés de leurs maris, de leurs frères ou de leurs autres camarades, après la libération nationale, la libération des femmes sera un résultat naturel. Elles auront le droit de dire : « J&rsquo;ai fait la même chose que vous ; je vais prendre ma liberté ». Nous ne disons pas : « Les hommes sont nos ennemis ; nous devons les combattre. » C&rsquo;est une erreur. L&rsquo;homme lui-même n&rsquo;est pas libéré. Il est déshérité, déraciné ; il n&rsquo;a pas d&rsquo;État ; il n&rsquo;a pas de droits. Comment pouvons-nous gagner nos droits face à un homme qui n&rsquo;en a pas <sup data-fn="c16ff4ed-6f2b-4ca6-9ec4-f968a1c29d64" class="fn"><a id="c16ff4ed-6f2b-4ca6-9ec4-f968a1c29d64-link" href="#c16ff4ed-6f2b-4ca6-9ec4-f968a1c29d64">50</a></sup>?</p>
</blockquote>



<p>Lorsque le centre de la résistance, y compris l&rsquo;OLP, s&rsquo;est déplacé au Liban, la création du Front national palestinien (FNP) a permis d&rsquo;organiser et de renforcer les luttes de masse à l&rsquo;intérieur de la Cisjordanie occupée<sup data-fn="6139a3b6-4f2b-496c-bdde-6cb94e9ef645" class="fn"><a id="6139a3b6-4f2b-496c-bdde-6cb94e9ef645-link" href="#6139a3b6-4f2b-496c-bdde-6cb94e9ef645">51</a></sup>. Le FNP a été créé en 1972, essentiellement à l&rsquo;initiative des jeunes, et s&rsquo;est étendu à toute la Cisjordanie en soutenant les organisations de la société civile et les mouvements de travail bénévole. En 1976, lorsque pour la première fois des dizaines de milliers de femmes de Cisjordanie ont obtenu le droit de vote aux élections municipales, les femmes et les jeunes ont joué un rôle majeur dans l&rsquo;élection de nationalistes jeunes et progressistes dans les conseils municipaux de toute la Cisjordanie. Cela a constitué un changement par rapport à la dynamique traditionnelle de la politique par en haut en faveur d’un activisme organisé plus inclusif et a contribué à la naissance d&rsquo;un nouveau mouvement de femmes en 1978<sup data-fn="f97f187b-c4a2-4385-abce-890069117cd3" class="fn"><a id="f97f187b-c4a2-4385-abce-890069117cd3-link" href="#f97f187b-c4a2-4385-abce-890069117cd3">52</a></sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La naissance du nouveau mouvement des femmes : 1978</strong></h2>



<p>La création du Comité de Travail des Femmes (en anglais, Women’s Work Committee &#8211; WWC, NdT) a été annoncée lors de la Journée internationale des femmes en 1978<sup data-fn="400059ca-83fa-46bc-af60-76fd2a9aa973" class="fn"><a id="400059ca-83fa-46bc-af60-76fd2a9aa973-link" href="#400059ca-83fa-46bc-af60-76fd2a9aa973">53</a></sup>. Contrastant avec le nombre relativement faible de femmes impliquées dans la lutte armée, il s&rsquo;agissait d&rsquo;une nouvelle organisation de masse axée sur la mobilisation des femmes dans les villages et les camps. La naissance de ce nouveau mouvement de femmes a été influencée par la croissance et la diffusion des idées féministes dans le monde entier, la participation accrue des femmes dans la population active et l&rsquo;amélioration de l&rsquo;accès à l&rsquo;enseignement universitaire en Cisjordanie à partir du milieu des années 1970.</p>



<p>Ces nouvelles militantes de Ramallah et d&rsquo;al-Bireh, dont certaines étaient étudiantes à l&rsquo;université de Bir Zeit, étaient principalement issues de familles petites-bourgeoises travaillant dans le commerce ou les professions libérales. Cependant, elles ont rompu avec la tradition de l&rsquo;action caritative des femmes des classes moyennes et supérieures en s&rsquo;attaquant aux problèmes des travailleuses et des villageoises employées de manière informelle dans l&rsquo;agriculture. Le Comité de Travail des Femmes a agi au niveau national pour éduquer et impliquer les femmes dans le militantisme, en exigeant le droit de lutter, de travailler, d&rsquo;être éduquées et d&rsquo;être représentées équitablement dans les processus décisionnels. Reconnaissant que l&rsquo;analphabétisme, le surmenage, la pauvreté et la dépendance économique des femmes dans les villages constituaient un obstacle à l&rsquo;activisme politique, elles ont lancé des projets visant à résoudre les problèmes matériels quotidiens auxquels les femmes étaient confrontées. Elles ont notamment créé des centres de santé et des structures d&rsquo;accueil pour les enfants.</p>



<p>Au fur et à mesure que l&rsquo;économie de la Cisjordanie était annexée à celle d&rsquo;Israël, de plus en plus de femmes se sont retrouvées sur le marché du travail. Le Comité de Travail des Femmes a encouragé les femmes à adhérer à des syndicats avec lesquels elles se sont coordonnées pour améliorer les conditions de travail et les droits des travailleuses. Par exemple, le syndicat des travailleur·se·s du textile a connu un afflux de femmes au cours de cette période grâce aux efforts du Comité de Travail des Femmes, en particulier à Ramallah. En 1983, le syndicat des travailleur·se·s du textile de Ramallah a soutenu une grève des travailleuses de l&rsquo;usine Danaji à Ramallah. Les travailleuses ont obtenu une augmentation de 50 % des salaires moyens et une augmentation encore plus importante pour les salaires les plus bas<sup data-fn="9a9ef089-6d9a-4fa5-9c78-05f90835fd64" class="fn"><a id="9a9ef089-6d9a-4fa5-9c78-05f90835fd64-link" href="#9a9ef089-6d9a-4fa5-9c78-05f90835fd64">54</a></sup>.</p>



<p>La plupart des membres fondatrices du Comité de Travail des Femmes étaient inspirées par le programme politique du parti de gauche FDLP. Cependant, au début des années 1980, les tensions au sein du mouvement nationaliste palestinien dans les territoires occupés ainsi qu’au sein de l&rsquo;OLP ont provoqué une scission dans le mouvement des femmes, de même que dans le mouvement syndical. Néanmoins, les quatre comités de femmes qui ont émergé, vaguement affiliés à quatre factions politiques, n&rsquo;ont pas été atteints par le même niveau de factionnalisme que celui présent dans les autres organisations nationalistes<sup data-fn="60ccb507-3b8c-4769-861c-4b7fd0afb4f1" class="fn"><a id="60ccb507-3b8c-4769-861c-4b7fd0afb4f1-link" href="#60ccb507-3b8c-4769-861c-4b7fd0afb4f1">55</a></sup>. Ils ont réussi à atteindre un haut degré de coordination dans des projets concrets et dans l&rsquo;activisme politique. Par exemple, ils ont organisé conjointement un sit-in dans les bureaux de la Croix-Rouge pour soutenir les grèves de la faim des prisonnier·e·s politiques.</p>



<p>En 1987, les comités de femmes comptaient des milliers de membres dans toute la Cisjordanie et, dans le cas de trois comités de gauche, dans la bande de Gaza également<sup data-fn="500665fe-10ee-4b01-b651-b873bb2d33e6" class="fn"><a id="500665fe-10ee-4b01-b651-b873bb2d33e6-link" href="#500665fe-10ee-4b01-b651-b873bb2d33e6">56</a></sup>. Leur succès a suscité la surveillance et la répression des autorités israéliennes, qui ont tenté de fermer des expositions de produits traditionnels et artisanaux, ont confisqué du matériel et ont fermé des locaux. De nombreuses membres des comités ont été régulièrement convoquées pour des interrogatoires dans les quartiers généraux militaires locaux, et les dirigeantes ont été soumises à des restrictions de voyage ou assignées à résidence. Il a même été rapporté que des militantes avaient été menacées de perdre leur emploi si elles refusaient de devenir des informatrices. Comme le fait remarquer Rita Giacaman, le fait que le mouvement était vaste et sans forme fixe le rendait difficile à réprimer : « Ce type de mouvement ne dépend pas structurellement de la présence de deux ou même dix personnes. Et on ne peut pas mettre soixante à soixante-dix mille paysannes en prison »<sup data-fn="ab60de1c-c799-450c-9fa3-d0a8001599ad" class="fn"><a id="ab60de1c-c799-450c-9fa3-d0a8001599ad-link" href="#ab60de1c-c799-450c-9fa3-d0a8001599ad">57</a></sup>.</p>



<p>Les comités de femmes ont marqué un tournant dans le militantisme féminin en Palestine. Leur principale réalisation a été d&rsquo;élargir la base de classe des activistes pour inclure les villageoises et les travailleuses dans leur organisation et leur direction. L&rsquo;implication des femmes dans la lutte a jeté les bases de leur participation à la première intifada.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les femmes pendant la première intifada: 1987-93</h2>



<p>En décembre 1987, un véhicule israélien percute des voitures transportant des travailleur·se·s palestinien·ne·s à Gaza, tuant quatre Palestiniens. Ce fut le déclencheur d&rsquo;un soulèvement de masse contre l&rsquo;occupation israélienne &#8211; la première intifada. Lorsque les manifestations ont éclaté, les femmes ont participé : elles ont manifesté, jeté des pierres sur les soldat·e·s, transporté des pierres, construit des barrages routiers et lutté physiquement contre les soldat·e·s pour empêcher les arrestations<sup data-fn="f8420bc7-b66e-4a9a-add9-d1b340ba4f5e" class="fn"><a id="f8420bc7-b66e-4a9a-add9-d1b340ba4f5e-link" href="#f8420bc7-b66e-4a9a-add9-d1b340ba4f5e">58</a></sup>. Au moins dans les premières phases, les actions étaient spontanées. Avec le recul, la militante Zahira Kamal commente :&nbsp; « Pour la première fois, nous n&rsquo;attendions pas les instructions des dirigeants à l&rsquo;étranger »<sup data-fn="9ba2626e-aa41-4a85-8543-954672d51f04" class="fn"><a id="9ba2626e-aa41-4a85-8543-954672d51f04-link" href="#9ba2626e-aa41-4a85-8543-954672d51f04">59</a></sup>. Les femmes sont sorties de leur maison dans des villages, des camps de réfugié·e·s et des zones pauvres. La confrontation avec les soldat·e·s est devenue un acte collectif, les femmes faisant appel les unes aux autres dans les communautés pendant les raids pour protéger les personnes arrêtées. Les femmes étaient le pilier des manifestations et, en mars 1988, les manifestations organisées par les femmes s’élevaient à 115 par semaine<sup data-fn="8a69dfa2-5da2-4c0d-998e-9f254c46ed12" class="fn"><a id="8a69dfa2-5da2-4c0d-998e-9f254c46ed12-link" href="#8a69dfa2-5da2-4c0d-998e-9f254c46ed12">60</a></sup>. Les Forces de défense israéliennes (FDI) ont répondu par une répression sévère. Il y a eu des expulsions de masse et des détentions et les femmes ont été soumises à des tirs réels, à l&rsquo;inhalation de gaz lacrymogène et à des coups. Elles ont été arrêtées et emprisonnées alors qu’elles tentaient de protéger d’autres personnes. Seize femmes sont décédées pendant les manifestations<sup data-fn="9646e6ce-a298-4f91-9929-74c6c4703727" class="fn"><a id="9646e6ce-a298-4f91-9929-74c6c4703727-link" href="#9646e6ce-a298-4f91-9929-74c6c4703727">61</a></sup>.</p>



<p>Les femmes étaient à l&rsquo;avant-garde des comités populaires qui ont proliféré dans les villes et les villages pour soutenir l&rsquo;intifada. Elles ont organisé des grèves et ont physiquement résisté à des arrestations malgré les couvre-feux et les restrictions de mouvement. Ces comités traitaient de tous les aspects de la vie quotidienne, y compris le stockage et la distribution des aliments, les soins de santé et la mise en place d&rsquo;écoles clandestines. Les services de garderie ont prolongé leurs heures pour soutenir l&rsquo;activisme des femmes en dehors de la maison. Des coopératives agricoles et des projets d&rsquo;autonomie ont été soutenus, ce qui a desserré la dépendance à l&rsquo;égard de l&rsquo;économie israélienne, renforcé la confiance des femmes et leur a donné une certaine indépendance matérielle.</p>



<p>Une activiste, Naima al-Sheikk Ali, explique que bien que le travail social ait été nécessaires pour maintenir l&rsquo;intifada, ce dernier était également une vitrine pour le travail politique et pour la construction de la résistance. De plus, ces activités étaient particulièrement importantes pour l&rsquo;organisation et le renforcement du boycott des produits israéliens<sup data-fn="2450500a-2c76-4ce7-a0e0-3af116c8fa4e" class="fn"><a id="2450500a-2c76-4ce7-a0e0-3af116c8fa4e-link" href="#2450500a-2c76-4ce7-a0e0-3af116c8fa4e">62</a></sup>. Un documentaire, <em>Naila et le soulèvement</em>, montre la position centrale que les femmes ont occupé &#8211; en première ligne de la lutte, en organisant des manifestations et en défendant leurs communautés au niveau local dans les villages et les quartiers. Ce documentaire montre également le coût personnel payé par les femmes à travers l’emprisonnement et la détention.</p>



<p>Néanmoins, la participation des femmes à l’activisme a remis en question les idées reçues sur ce qui était socialement acceptable. Penelope Strum explique comment la participation des femmes à l&rsquo;intifada « a secoué les vieilles idées sur les femmes dépendantes dont l&rsquo;honneur serait de se cacher des yeux du public »<sup data-fn="ce19c9b0-34e4-4bdf-a931-144bc32f16f1" class="fn"><a id="ce19c9b0-34e4-4bdf-a931-144bc32f16f1-link" href="#ce19c9b0-34e4-4bdf-a931-144bc32f16f1">63</a></sup>. Des barrières culturelles ont été brisées ou du moins repoussées. Les femmes ont pu être plus mobiles et plus présentes dans les rues ; elles ont pu davantage revendiquer leurs choix par rapport aux partenaires de mariage et la coutume du prix de la fiancée a été abandonnée.</p>



<p>Après une première phase spontanée du soulèvement, la résistance s&rsquo;est institutionnalisée lorsque les comités populaires ont été placés sous l’autorité du Commandement unifié de l’Intifada nouvellement formé dans les territoires occupés. Bien que cette mesure ait bénéficié d’un soutien populaire, la participation active des femmes et leur rôle de premier plan dans les comités de quartier de l&rsquo;Intifada ne se sont pas traduits par un rôle de premier plan des militantes dans la direction du mouvement national. Strum décrit les communiqués du Commandement unifié de l’Intifada comme « profondément traditionnels, patriarcaux et condescendants »<sup data-fn="c0a57387-a8f6-4492-acaf-03a7339f5948" class="fn"><a id="c0a57387-a8f6-4492-acaf-03a7339f5948-link" href="#c0a57387-a8f6-4492-acaf-03a7339f5948">64</a></sup>. « Les hommes sont appelés “frères médecins” et “frères travailleurs”, tandis que les femmes ne sont mentionnées qu&rsquo;en relation avec d&rsquo;autres, avec les enfants ou les personnes âgées, et sont félicitées pour leur fermeté (sumud). » Au cours de la troisième année de l’Intifada, les avancées dans les positions sociales des femmes ne se sont pas traduites par des acquis concrets. Les années suivantes ont vu la résurgence des mariages précoces forcés, et l&rsquo;ancien concept d&rsquo;Isqat (« perte d&rsquo;honneur » ou « honte ») est revenu avec plus de force. En conséquence, davantage de femmes et de filles ont abandonné leur éducation dans les écoles et les universités.</p>



<p>La pression sur les femmes a été aggravée par l&rsquo;utilisation accrue d&rsquo;agressions sexuelles ou les menaces d&rsquo;agressions sexuelles par les FDI pour dissuader les jeunes palestiniennes de militer. L’instrumentalisation par les autorités israéliennes du concept d’honneur familial, qui persistait dans la société palestinienne, associée aux pratiques d’abus sexuel, de harcèlement et de chantage ont renforcé la place des notions d’honneur et de pureté. Une étude a révélé que, pendant l&rsquo;Intifada, la peur que les jeunes femmes et les adolescentes étaient les plus susceptibles d&rsquo;exprimer était celle de l&rsquo;Isqat<sup data-fn="f8796dab-23c8-4629-8b6b-1f9f92141c59" class="fn"><a id="f8796dab-23c8-4629-8b6b-1f9f92141c59-link" href="#f8796dab-23c8-4629-8b6b-1f9f92141c59">65</a></sup>.</p>



<p>Malgré ces obstacles, une partie des femmes ont regardé au-delà leur activisme dans la lutte contre l&rsquo;occupation et ont soulevé des questions sur les problèmes sociaux auxquels elles étaient confrontées pendant l&rsquo;intifada. En décembre 1990, la conférence des femmes « L&rsquo;Intifada et certains problèmes sociaux », tenue à Jérusalem, a réuni 500 femmes de différentes organisations et courants politiques. La conférence a soulevé des questions concernant le faible niveau de participation des femmes à la prise de décision, l&rsquo;importance de l&rsquo;éducation, l&rsquo;impact des mariages précoces, les objections à l&rsquo;imposition du voile, les problèmes rencontrés par les femmes prisonnières et la discrimination dans l&rsquo;éducation et le travail<sup data-fn="588caa4a-1d21-41aa-9d69-ce471070b319" class="fn"><a id="588caa4a-1d21-41aa-9d69-ce471070b319-link" href="#588caa4a-1d21-41aa-9d69-ce471070b319">66</a></sup>. Une organisation de gauche de la résistance des femmes, l&rsquo;Union des comités de travailleuses palestiniennes, a soulevé des questions plus radicales relatives à la contraception et a commencé à organiser des conférences sur le mariage précoce, le divorce et la division du travail à la maison<sup data-fn="987108b8-9a4a-4e36-a0d2-1a7b71f493f4" class="fn"><a id="987108b8-9a4a-4e36-a0d2-1a7b71f493f4-link" href="#987108b8-9a4a-4e36-a0d2-1a7b71f493f4">67</a></sup>.</p>



<p>L&rsquo;expérience de l&rsquo;Intifada a ouvert la possibilité d&rsquo;une transformation sociale, mais les acquis que les femmes avaient remportés par l&rsquo;élargissement de leur activité politique et leur transgression des frontières sociales ont été trop facilement renversés. L’institutionnalisation du soulèvement, l’intensification de la répression israélienne et l’influence croissante de campagnes conservatrices ont eu des répercussions négatives sur la participation politique des femmes. Elles ont été célébrées comme « les mères des martyrs », « les créatrices de générations » et les « sacrifiées de la nation » plutôt que d&rsquo;être saluées pour leur militantisme. Faisant écho aux expériences des femmes à la fin d&rsquo;autres moments d&rsquo;apogée de lutte, Yara Hawari souligne que bien que les femmes aient été glorifiées pendant leur incarcération, elles ont souvent fait face à des obstacles sociaux à leur libération, notamment des difficultés pour se marier ou pour trouver un emploi<sup data-fn="c38c01d7-6ad5-48f0-aa19-03694aa44188" class="fn"><a id="c38c01d7-6ad5-48f0-aa19-03694aa44188-link" href="#c38c01d7-6ad5-48f0-aa19-03694aa44188">68</a></sup>.</p>



<p>L&rsquo;oppression israélienne incessante a intensifié la baisse du militantisme des femmes en affaiblissant les comités des femmes et de quartier, entraînant la perte de réseaux de soutien et de capacités de coordination. Avec l&rsquo;augmentation de l&rsquo;insécurité, la famille est devenue la principale source de protection et de stabilité et le rôle domestique traditionnel des femmes a été renforcé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La formation et le développement du Hamas</h2>



<p>La formation du Hamas en 1987, au début de la première Intifada, a créé un nouveau contexte pour le leadership des femmes et leur participation à la lutte. Les racines du Hamas se trouvaient dans la branche palestinienne des Frères musulmans qui, jusqu&rsquo;alors, était une organisation de protection sociale et de charité. Cependant, l&rsquo;explosion de l&rsquo;Intifada a provoqué un changement radical dans leurs tactiques. Iels ont commencé à critiquer violemment l&rsquo;OLP et ont rejeté la solution à deux États ainsi que tout compromis avec Israël. Comme de nombreux autres mouvements islamistes contemporains, le Hamas a également mis en avant une vision conservatrice du rôle des femmes dans la société. Cela s&rsquo;est reflété dans une campagne, commencée à Gaza à partir de 1988, pour imposer le port du foulard aux femmes palestiniennes. Cependant, il serait trop grossier de comprendre cela seulement comme antimoderne et anti-femmes. Premièrement, à part son caractère religieux, le hijab a rapidement commencé à prendre une signification nationaliste, comme cela avait été le cas lors de la révolte de 1936-1939. Le Hamas établit des liens directs entre le port du hijab et la résistance à l&rsquo;occupation, l’héritage national et la protection contre les soldat·e·s israélien·ne·s. Toutefois, sa justification repose sur l&rsquo;importance de la « pureté » des femmes, dont la tenue ou le comportement « impudique » déshonorerait les martyrs et aiderait involontairement le projet de l&rsquo;ennemi pour corrompre la nation<sup data-fn="678f88f0-95a4-49b9-b69d-9b4697f219e6" class="fn"><a id="678f88f0-95a4-49b9-b69d-9b4697f219e6-link" href="#678f88f0-95a4-49b9-b69d-9b4697f219e6">69</a></sup>. Deuxièmement, comme le souligne Jad, l&rsquo;islam n&rsquo;est pas un ensemble fixe de décrets ; sa forme spécifique émerge de circonstances sociales et politiques particulières<sup data-fn="258e1929-56c4-4547-9606-0ffc60e0ab09" class="fn"><a id="258e1929-56c4-4547-9606-0ffc60e0ab09-link" href="#258e1929-56c4-4547-9606-0ffc60e0ab09">70</a></sup>.</p>



<p>Certains islamistes avaient des opinions assez réactionnaires sur le rôle des femmes dans la société. Pourtant, le rôle joué par les femmes dans les principales organisations islamistes, en particulier le Hamas, reflétait des changements sociaux plus larges ainsi que leur volonté de revendiquer pour elles-mêmes des espaces d&rsquo;organisation. Les cas de femmes adoptant des formes modernes de hijab étaient visibles dans toutes les sociétés à majorité musulmane et contenait des élans contradictoires, à la fois d&rsquo;adaptation à une société sexiste et de protestation contre celle-ci<sup data-fn="c32f207f-c53d-45bd-b92c-eddbc5fa8f98" class="fn"><a id="c32f207f-c53d-45bd-b92c-eddbc5fa8f98-link" href="#c32f207f-c53d-45bd-b92c-eddbc5fa8f98">71</a></sup>. Comme le suggère Jad, plutôt que de mettre l&rsquo;accent sur les aspects théoriques de l&rsquo;Islam, il convient de s&rsquo;intéresser à l&rsquo;expérience vécue des femmes et à la manière dont elle influe sur leur vie quotidienne<sup data-fn="b9c5208e-f453-42f4-9953-042794ba77d5" class="fn"><a id="b9c5208e-f453-42f4-9953-042794ba77d5-link" href="#b9c5208e-f453-42f4-9953-042794ba77d5">72</a></sup>. Jad propose un récit passionnant sur la manière dont la nécessité pour le Hamas de recruter des femmes, combinée à leurs propres attentes en matière de participation politique, les a amenées à jouer un rôle important au sein de l&rsquo;organisation<sup data-fn="69acb5fc-d5bc-40ae-8541-171821aa8590" class="fn"><a id="69acb5fc-d5bc-40ae-8541-171821aa8590-link" href="#69acb5fc-d5bc-40ae-8541-171821aa8590">73</a></sup>. Certains de ces débats seront développés plus en détail dans un deuxième article.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion</h2>



<p>La répression brutale et implacable de l&rsquo;État israélien pendant la première intifada a fait des ravages sur les Palestinien·ne·s, qui étaient épuisé·e·s au bout de six ans de guerre. Les dirigeant·e·s du Fatah au sein de l&rsquo;OLP, dont Yasser Arafat est le nom le plus connu, ont voulu contrôler le mouvement populaire qui avait explosé en 1987. Ce dernier a entamé des « pourparlers de paix », connus sous le nom d&rsquo;accords d&rsquo;Oslo (1993), qui ont mis fin au mouvement de masse. Les accords d&rsquo;Oslo, qui ont créé l&rsquo;Autorité palestinienne en 1994, ont eu un impact profond sur le militantisme des femmes. Ils ont été négociés de l&rsquo;extérieur et signés sans aucune consultation avec les femmes qui étaient en première ligne. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;un accord entre deux parties très inégales qui fragmentait le territoire palestinien en remodelant les espaces et l&rsquo;économie des Territoires Occupés au profit d&rsquo;Israël. Les suites de la première Intifada ont donc produit un nouveau contexte pour la lutte contre l&rsquo;occupation. L&rsquo;afflux d&rsquo;aide de pays et d&rsquo;organisations pour soutenir l&rsquo;Autorité palestinienne conformément aux intérêts impérialistes a miné les luttes populaires des femmes. Cette aide s&rsquo;inscrit dans un programme néolibéral qui individualise la lutte pour les droits des femmes et fixe des conditions pour l&rsquo;obtention de financements de projets, au détriment de réponses plus militantes et collectives<sup data-fn="140f785a-1b36-4ce3-b2ef-3a3a8cbc1493" class="fn"><a id="140f785a-1b36-4ce3-b2ef-3a3a8cbc1493-link" href="#140f785a-1b36-4ce3-b2ef-3a3a8cbc1493">74</a></sup>. La négociation des accords d&rsquo;Oslo par l&rsquo;OLP a donné raison au Hamas qui lui reprochait sa complicité avec Israël et a consolidé sa position en tant que seule opposition sérieuse à l&rsquo;occupation. Comme nous l&rsquo;avons abordé brièvement, l’ascension de l’islamisme palestinien a eu des conséquences contradictoires et complexes sur la participation des femmes à l&rsquo;activité politique.&nbsp;</p>



<p>Néanmoins, les défis qui se sont posés après 1994, à la suite des accords d’Oslo, ne remettent pas en question le fait que les femmes ont été, et continuent d’être impliquées dans la lutte contre l’occupation de la Palestine. Comme le souligne Ted Swedenburg, il y a des parallèles entre la grande révolte dans les années 1930 et la première intifada à la fin des années 1980, lorsque les femmes « ont quitté leurs maisons pour imposer les prix des produits, des boycotts et des grèves : pour organiser des manifestations, faire de la contrebande de produits, confronter les soldat·e·s…»<sup data-fn="dccd86f3-539a-4616-b1a3-e5e71608ec20" class="fn"><a id="dccd86f3-539a-4616-b1a3-e5e71608ec20-link" href="#dccd86f3-539a-4616-b1a3-e5e71608ec20">75</a></sup>. Ces deux soulèvements comportent un important élément de classe. Bien que le rôle des femmes de la classe moyenne dans la résistance domine la littérature, ce sont les paysannes, les villageoises et les femmes des camps qui étaient les cibles principales de la répression et qui ont physiquement confronté les Britanniques et les sionistes. Les femmes de la bourgeoisie et des classes moyennes avaient plus de choix en terme de lieu de vie et d’accès à l&rsquo;éducation, ce qui les protégeait dans une certaine mesure de la severité de la répression.</p>



<p>Bien que certaines femmes aient soulevé des questions concernant leur oppression, même au début du mouvement nationaliste, ces idées ont été principalement absorbées par l&rsquo;agenda nationaliste. Cela a cependant changé à la fin des années 1960, lorsque l&rsquo;explosion du radicalité sous forme de mouvements anti-impérialistes et la croissance du féminisme ont influencé la lutte palestinienne. Cela a donné confiance à certains groupes de femmes de soulever et d&rsquo;exprimer des questions concernant leur propre libération avec plus de force en ce qui concerne le mariage, le comportement, le travail et leur rôle dans le mouvement nationaliste.</p>



<p>Du début du 20e siècle à la fin de la première intifada, l&rsquo;activisme politique des femmes leur a permis de déstabiliser les rôles de genre existants et de se créer une place dans la sphère publique. Pourtant, les acquis au point culminant de la lutte étaient fragiles et devaient être constamment défendus. Il y avait des tensions entre la participation des femmes à la lutte et la persistance d’idées conservatrices sur le rôle de ces dernières. Pour autant, les femmes continuent de résister physiquement au quotidien dans la défense de leurs villages contre les incursions et les démolitions et ont fait partie des manifestations de rue à Gaza<sup data-fn="9bad5a8b-ccfc-431f-ae29-27c682e691e0" class="fn"><a id="9bad5a8b-ccfc-431f-ae29-27c682e691e0-link" href="#9bad5a8b-ccfc-431f-ae29-27c682e691e0">76</a></sup>. Dans les villes et les villages de Cisjordanie, les femmes sont descendues dans les rues pour protester contre la violence domestique, et il y a une histoire complexe à raconter sur le rôle continu des femmes au sein du Hamas et dans le mouvement nationaliste islamique.</p>



<p>Reconnaître et apprendre de ces moments forts de lutte remet en question l&rsquo;invisibilité ou la marginalisation des femmes dans l&rsquo;histoire de la résistance palestinienne et constituent une source d’inspiration pour les générations présentes et futures.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Références</h2>



<p>Abdo, Nahla, 2014,&nbsp;<em>Captive Revolution: Palestinian Women’s Anti-Colonial Struggle with the Israeli Prison System</em>&nbsp;(Pluto Press).</p>



<p>Arenfeldt, Pernille and Nawar Al-Hassab Golley (eds.), 2012,&nbsp;<em>Mapping Arab Women’s Movements: A Century of Transformations from Within</em><em>&nbsp;(The American University in Cairo Press).</em></p>



<p>Bacha, Julie (director), 2017,&nbsp;<em>Naila and the Uprising</em>,<a href="http://www.youtube.com/watch?v=e5NX1K7wc6k">&nbsp;www.youtube.com/watch?v=e5NX1K7wc6k</a></p>



<p>Cliff, Tony, 2000,&nbsp;<em>A World To Win</em>&nbsp;(Bookmarks).</p>



<p>Fahmy, Ziad, 2011,&nbsp;<em>Ordinary Egyptians</em>&nbsp;(Stanford University Press).</p>



<p>Fleischmann, Ellen, L, 1999, “Selective Memory, Gender and Nationalism: Palestinian Women Leaders and the Mandate Period”,&nbsp;<em>History Workshop Journal</em>&nbsp;(spring), volume 47.</p>



<p>Gadzo, Mersiha, and Anas Jnena, 2018, “The Palestinian Women at the Forefront of Gaza’s Protests”, Al Jazeera (20 April),&nbsp;<a href="http://www.aljazeera.com/features/2018/4/20/the-palestinian-women-at-the-forefront-of-gazas-protests">www.aljazeera.com/features/2018/4/20/the-palestinian-women-at-the-forefront-of-gazas-protests</a></p>



<p>Giacaman, Rita, and Penny Johnson, 1990, “Palestinian Women: Building Barricades and Breaking Barriers”, in Zachary Lockman and Joel Beinin (eds),&nbsp;<em>Intifada: The Palestinian Uprising Against Israeli Occupation</em>&nbsp;(South End Press).</p>



<p>Hawari, Yara, 2019, “The Political Marginalisation of Palestinian Women in the West Bank”, al Shabaka (July),&nbsp;<a href="https://al-shabaka.org/wp-content/uploads/2019/07/Hawari_ExecSum_Eng_Jul2019.pdf">https://al-shabaka.org/wp-content/uploads/2019/07/Hawari_ExecSum_Eng_Jul2019.pdf</a></p>



<p>Helou, Jehan, 2022,&nbsp;<em>Making Palestine’s History, Women’s Testimonies</em>&nbsp;(Spokesman).</p>



<p>Hiltermann, Joost R., 1991,&nbsp;<em>Behind the Intifada: Labor and Women’s Movements in the Occupied Territories</em>&nbsp;(Princeton University Press).</p>



<p>Hughes, Matthew, 2019,&nbsp;<em>Britain’s Pacification of Palestine: The British Army, the Colonial State and the Arab Revolt, 1936-1939</em>&nbsp;(Cambridge University Press).</p>



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<p>Karmi, Ghada, 2021, “The Conflict in the Middle East is Sustained by Silencing the Palestinians”,&nbsp;<em>Guardian</em>&nbsp;(10 June).</p>



<p>Kawar, Amal, 1996,&nbsp;<em>Daughters of Palestine: Leading Women of the Palestinian National Movement</em>&nbsp;(State University of New York Press).</p>



<p>Kayali, Liyana, 2021,&nbsp;<em>Palestinian Women and Popular Resistance: Perceptions, Attitudes and Strategies</em>&nbsp;(Routledge).</p>



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<p>Kilani, Ramsis, 2024, “Strategies for Liberation: Old and New Arguments in the Palestinian Left”,&nbsp;<em>International Socialism 183</em>&nbsp;(summer),&nbsp;<a href="https://isj.org.uk/strategies-for-liberation-old-and-new-arguments-in-the-palestinian-left">https://isj.org.uk/strategies-for-liberation-old-and-new-arguments-in-the-palestinian-left</a>/</p>



<p>Kuttab, Eileen S., 1993, “Palestinian Women in the Intifada: Fighting on Two Fronts”,&nbsp;<em>Arab Studies Quarterly</em>, volume 15, issue 2.</p>



<p>MacLeod, Arlene Elowe, 1992, “Hegemonic Relations and Gender Resistance: The New Veiling as Accommodating Protest in Cairo”,&nbsp;<em>Signs: Journal of Women in Culture and Society</em>, volume 17, number 3.</p>



<p>Pappé, Ilan, 2003, “Haj Amin and the Al Buraq Revolt”,&nbsp;<em>Jerusalem Quarterly</em>,&nbsp;<a href="https://isj.org.uk/palestinian-womens-resistance/%3Ca%20href=">http://www.palestine-studies.org/sites/default/files/jq-articles/18_haj_Amin_2_0.pdf</a>“&gt;www.palestine-studies.org/sites/default/files/jq-articles/18_haj_Amin_2_0.pdf<br>Peteet, Julie, M, 1991,&nbsp;<em>Gender in Crisis: Women and the Palestinian Resistance Movement</em>&nbsp;(Columbia University Press).</p>



<p>Prugl, Elisabeth, 2016, “Neoliberalism with a Feminist Face: Crafting a New Hegemony at the World Bank”,&nbsp;<em>Feminist Economics</em>, volume 23, issue 1.</p>



<p>Richter-Devroe, Sophie, 2018,&nbsp;<em>Women’s Political Activism in Palestine: Peacebuilding, Resistance and Survival</em>&nbsp;(University of Illinois Press).</p>



<p>Said, Edward W, 1978&nbsp;<em>Orientalism</em>&nbsp;(Penguin Books).</p>



<p>Shalhoub-Kevorkian, Nadera, 1993, “Fear of Sexual Harassment: Palestinian Adolescent Girls in the Intifada”, in Ebba Augustin (ed.),&nbsp;<em>Palestinian Women: Identity and Experience</em>&nbsp;(Zed Books).</p>



<p>Strum, Penelope, 1998, “West Bank Women and the Intifada: Revolution Within Revolution”, in Suha Sabbagh (ed),&nbsp;<em>Palestinian Women of Gaza and the West Bank</em>&nbsp;(Indiana University Press).</p>



<p>Swedenburg, Ted, 2003,&nbsp;<em>Memories of Revolt: The 1936-1939 Rebellion and the Palestinian National Past</em>&nbsp;(University of Arkansas Press).</p>



<p><strong>Traduit par A2C</strong></p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="ef3d2f0b-c287-4fdd-8c1b-4da42f9568d0">Merci à Bayan Haddad et Jehan Helou d’avoir accepté d’être interviewées et de commenter ce texte. Nous aimerions aussi remercier Judy Cox, Phil Marfleet, et Manal Shqair pour leurs commentaires. Anne Alexander a été généreuse en soutenant la rédaction de cet article du début à la fin et en commentant les brouillons successifs. <a href="#ef3d2f0b-c287-4fdd-8c1b-4da42f9568d0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="b34f7c33-ae25-4260-8321-b1907db31093">Karmi, 2021. <a href="#b34f7c33-ae25-4260-8321-b1907db31093-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="c885f3d8-69ed-4224-be0e-0c66f4f1e4bc">Fleischmann, 1999. <a href="#c885f3d8-69ed-4224-be0e-0c66f4f1e4bc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="b2e2ef4c-6a14-4098-9fdc-ae32ae9c659d">Cette description provient des écrits d&rsquo;Edward Saïd. Il montre comment les peuples du Moyen-Orient sont considérés comme inférieurs, arriérés et ayant besoin d&rsquo;être sauvés pour justifier la domination occidentale. Voir Abdo, 2014, p. 57, et Saïd, 1978. <a href="#b2e2ef4c-6a14-4098-9fdc-ae32ae9c659d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="1ec5f531-9403-4d8a-b3e2-989620a2a3b6">Nommé d&rsquo;après les fonctionnaires chargés de partager le butin. <a href="#1ec5f531-9403-4d8a-b3e2-989620a2a3b6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="78d07b5f-c429-4953-9926-644679d78abe">Par exemple, les Britanniques avaient promis l&rsquo;indépendance aux Palestinien·ne·s en échange de leur aide pour vaincre les forces ottomanes en Palestine. <a href="#78d07b5f-c429-4953-9926-644679d78abe-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li><li id="d16c28a5-747c-470e-9c5f-44fe8406d493">En Égypte, en Iran, au Liban, en Syrie et en Turquie, les femmes ont toutes fondé des journaux, des revues ou des magazines dès la fin du XIXe siècle. Voir Fleishmann, 2003, et Arenfeldt et Al-Hassan Golley, 2012. <a href="#d16c28a5-747c-470e-9c5f-44fe8406d493-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7">↩︎</a></li><li id="8b182fcc-7c40-44f7-8c3e-9ffd0cc8c62e">Fahmy, 2001. <a href="#8b182fcc-7c40-44f7-8c3e-9ffd0cc8c62e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8">↩︎</a></li><li id="042071b5-04a0-4e80-9403-231ae405db0c">Hoda Shaarawy en a été la première présidente jusqu&rsquo;à sa mort en 1947. Avant de devenir l&rsquo;Union féministe égyptienne, l&rsquo;organisation, qui avait des liens avec le parti Wafd, s&rsquo;appelait le Comité central des femmes wafdistes. <a href="#042071b5-04a0-4e80-9403-231ae405db0c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9">↩︎</a></li><li id="b7ff8c6b-360d-4d8c-ad29-fe449158311d">Au début du mandat, les Britanniques ont commencé à faciliter l&rsquo;immigration des Juif·ve·s européen·ne·s en Palestine. Entre 1922 et 1935, la population juive est passée de 9 % à près de 27 % de la population totale. <a href="#b7ff8c6b-360d-4d8c-ad29-fe449158311d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10">↩︎</a></li><li id="a5351af9-667b-4b3f-811e-4be6010b077a">Elle a ensuite pris le nom d&rsquo;Union des femmes arabes (UFA). Parmi les familles, on trouve les Husseinis, les Nashashibis, les Abd-al-Hadis, les Budeiris, les Khaldis et les &lsquo;Alamis. La création d&rsquo;une organisation nationale avec des branches locales à Acre, Ramla, Haïfa, Jaff, Naplouse, Nazareth et Gaza a marqué une transformation significative des stratégies d&rsquo;organisation des femmes. Voir Hiltermann, 1991. <a href="#a5351af9-667b-4b3f-811e-4be6010b077a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11">↩︎</a></li><li id="f10c3e23-206c-4a8d-8c3b-2b1c323023a8">Pappé, 2003, p15. <a href="#f10c3e23-206c-4a8d-8c3b-2b1c323023a8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12">↩︎</a></li><li id="778063f8-98da-4b4b-8194-ebe35748692d">Fleischmann, 2002, pp115-116. <a href="#778063f8-98da-4b4b-8194-ebe35748692d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13">↩︎</a></li><li id="cb599e3c-938d-45a1-9a4b-703ae3655acf">Kuttab, 1993. <a href="#cb599e3c-938d-45a1-9a4b-703ae3655acf-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14">↩︎</a></li><li id="66429ee0-8aae-4f5a-a00c-464b1ffe5224">Trois rebelles ont été pendus en juin 1930. <a href="#66429ee0-8aae-4f5a-a00c-464b1ffe5224-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15">↩︎</a></li><li id="cfe2acb0-5ff9-4244-81ee-91640aa134da">L’élément déclencheur de la révolte fut la mort en 1935 de Izz ad-Din al-Qassam, un militant reconnu, qui a été tué lors d&rsquo;un échange de coups de feu avec les Britanniques. <a href="#cfe2acb0-5ff9-4244-81ee-91640aa134da-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16">↩︎</a></li><li id="1d3da0c8-fd74-4326-a732-8d550dca859a">Swedenburg, 2003, p20. <a href="#1d3da0c8-fd74-4326-a732-8d550dca859a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17">↩︎</a></li><li id="9829b50b-4989-49b2-86c0-b3a6fa94e22d">Pour une histoire détaillée de cette répression, voir Hughes, 2019. <a href="#9829b50b-4989-49b2-86c0-b3a6fa94e22d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 18">↩︎</a></li><li id="24255032-1d3b-47f0-942d-cb3f20d3764b">Swedenburg, 2003, p. 20. La direction générale de la révolte par le Haut Comité arabe a été désastreuse tant au niveau politique qu&rsquo;organisationnel. Les propriétaires terriens nationalistes de droite et les dirigeants urbains traditionnels qui le dominaient ont canalisé les frustrations des paysan·ne·s palestinien·ne·s, des travailleur·se·s et des participant·e·s de la classe moyenne avec une rhétorique antijuive, mais ils ont cherché un compromis avec les autorités britanniques et se sont rendus en octobre 1936. Voir Cliff, 2000, chapitre 1. <a href="#24255032-1d3b-47f0-942d-cb3f20d3764b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 19">↩︎</a></li><li id="bbe241aa-52e5-4055-b687-3c3605ad812f">La grève a duré d&rsquo;avril à octobre 1936 et s&rsquo;est terminée grâce à l&rsquo;intervention de dirigeants arabes venus de l&rsquo;extérieur du pays. Voir Swedenburg, 2003. <a href="#bbe241aa-52e5-4055-b687-3c3605ad812f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 20">↩︎</a></li><li id="e768dea6-9b89-47fe-bb0d-9cd0cfd1c47c">Fleischmann, 2003, p126. <a href="#e768dea6-9b89-47fe-bb0d-9cd0cfd1c47c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 21">↩︎</a></li><li id="e1311dc6-1f94-4c89-8a32-551abd698c89">Fleischmann, 2003. <a href="#e1311dc6-1f94-4c89-8a32-551abd698c89-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 22">↩︎</a></li><li id="c28e9477-c25c-4bd1-9427-5ad700d6f119">Al-Qassam avait reconnu le potentiel militant des jeunes femmes lors de ses activités clandestines dans les années 1930. Il a donné des cours d&rsquo;éducation et de religion à des écolières et a créé une organisation de femmes appelée rifaqat al-qassam (Camarades d&rsquo;al-Qassam). <a href="#c28e9477-c25c-4bd1-9427-5ad700d6f119-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 23">↩︎</a></li><li id="dd04e692-8d72-4232-b829-925a19def636">Sur le sujet, voir Fleischmann, 2003. <a href="#dd04e692-8d72-4232-b829-925a19def636-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 24">↩︎</a></li><li id="96357285-6e6e-4555-b35a-3605f88daba6">Il y eut une seule déléguée d’Iran. <a href="#96357285-6e6e-4555-b35a-3605f88daba6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 25">↩︎</a></li><li id="ce27128b-8b97-45e1-abf6-9fbfc1181f3b">Fleischmann, 2003, p185. <a href="#ce27128b-8b97-45e1-abf6-9fbfc1181f3b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 26">↩︎</a></li><li id="a4b17703-964b-40dd-925e-2c24f022a2fd">Swedenburg, 2003, p177. <a href="#a4b17703-964b-40dd-925e-2c24f022a2fd-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 27">↩︎</a></li><li id="b6ce22bb-683d-49e7-8d2f-e543ba9c2f3b">Hughes, 2019 <a href="#b6ce22bb-683d-49e7-8d2f-e543ba9c2f3b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 28">↩︎</a></li><li id="45aab91c-d6ab-4fa2-92d8-b6c73afe32a4">Swedenburg, 2003, p181. <a href="#45aab91c-d6ab-4fa2-92d8-b6c73afe32a4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 29">↩︎</a></li><li id="11a96e1e-614a-48f4-ba44-0209fdc9a39b">Fleischmann, 2003, p133. <a href="#11a96e1e-614a-48f4-ba44-0209fdc9a39b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 30">↩︎</a></li><li id="fb52962f-a803-4662-b8e0-5f5b9c7eb3bb">En 1937-38, l&rsquo;AFA s&rsquo;est scindée en deux organisations, reflétant la fragmentation du mouvement nationaliste palestinien. <a href="#fb52962f-a803-4662-b8e0-5f5b9c7eb3bb-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 31">↩︎</a></li><li id="05d3ab2f-64a7-4782-817c-5036ef13126a">Kuttab, 1993. <a href="#05d3ab2f-64a7-4782-817c-5036ef13126a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 32">↩︎</a></li><li id="bd47ca8e-ea90-4fd4-9752-8cd8dfe0c2fc">Pour une analyse détaillée, voir Kilani, traduit par A2C ici : <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/strategies-pour-la-liberation-anciens-et-nouveaux-arguments-de-la-gauche-palestinienne/">https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/strategies-pour-la-liberation-anciens-et-nouveaux-arguments-de-la-gauche-palestinienne/</a> <a href="#bd47ca8e-ea90-4fd4-9752-8cd8dfe0c2fc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 33">↩︎</a></li><li id="f9d36161-ff2f-4baf-beb3-7ca34d2683a1">Il existait des différences idéologiques entre le Fatah, le Front populaire de libération de la Palestine et le Front démocratique populaire de libération de la Palestine sur les questions sociales et les relations avec les États arabes. <a href="#f9d36161-ff2f-4baf-beb3-7ca34d2683a1-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 34">↩︎</a></li><li id="aaf846d6-49e6-451b-8efb-11e2896cf7df">Kawar, 1996. Son livre est basé sur 34 entretiens avec des dirigeantes issues de toutes les factions du mouvement de libération. <a href="#aaf846d6-49e6-451b-8efb-11e2896cf7df-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 35">↩︎</a></li><li id="0def2b8b-ddca-4524-92e7-bd85dba4d412">Helou, 2022. <a href="#0def2b8b-ddca-4524-92e7-bd85dba4d412-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 36">↩︎</a></li><li id="cec16169-4488-4add-900d-0b9393d3ba8d">En septembre 1970, quatre avions à destination de New York et un autre à destination de Londres ont été détournés par des membres du Front populaire de libération de la Palestine. Trois des avions ont été contraints d&rsquo;atterrir à Dawson&rsquo;s Field, situé dans un désert isolé près de Zarka, en Jordanie. <a href="#cec16169-4488-4add-900d-0b9393d3ba8d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 37">↩︎</a></li><li id="a18664f2-2c25-42c9-a95e-f2b2eab4e919">Khaled, 1973, p15. <a href="#a18664f2-2c25-42c9-a95e-f2b2eab4e919-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 38">↩︎</a></li><li id="37db8561-48b7-4ff5-93ef-6101a1ad190a">Pour une critique des stratégies de la gauche palestinienne, voir Kilani, 2024. <a href="#37db8561-48b7-4ff5-93ef-6101a1ad190a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 39">↩︎</a></li><li id="fab5f3ac-c32f-4b4b-a88e-83e8cb0f0007">Khaled, 1973, p91. <a href="#fab5f3ac-c32f-4b4b-a88e-83e8cb0f0007-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 40">↩︎</a></li><li id="d85d8fa8-0074-4a07-9f8d-12ccf20584d3">Sur les 800 000 Palestinien·ne·s qui ont été expulsé·e·s de leurs maisons, 100 000, principalement originaires de villages du nord de la Palestine, sont allé·e·s au Liban. <a href="#d85d8fa8-0074-4a07-9f8d-12ccf20584d3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 41">↩︎</a></li><li id="fd35dc05-439d-4343-a687-c2d965e9ce63">Il convient de souligner qu&rsquo;au milieu et à la fin des années 1960, cette approche était une caractéristique des mouvements de gauche en général, y compris en Occident. L&rsquo;explosion du mouvement de libération des femmes a remis en cause la relégation de ces questions. <a href="#fd35dc05-439d-4343-a687-c2d965e9ce63-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 42">↩︎</a></li><li id="7a57f753-f40b-4290-9a18-78a73aabd6f6">Hawari, 2019; Kawar, 1996. <a href="#7a57f753-f40b-4290-9a18-78a73aabd6f6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 43">↩︎</a></li><li id="89b12680-153c-4c0d-9e61-35d4dd08db7a">Khaled, 1973, p46. <a href="#89b12680-153c-4c0d-9e61-35d4dd08db7a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 44">↩︎</a></li><li id="1dad761f-da5e-47d2-ade2-205b2d89f997">Peteet, 1991, p95. <a href="#1dad761f-da5e-47d2-ade2-205b2d89f997-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 45">↩︎</a></li><li id="b2e24c1b-c10d-40c1-9daf-db76b15b6ee0">Kawar, 1996. <a href="#b2e24c1b-c10d-40c1-9daf-db76b15b6ee0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 46">↩︎</a></li><li id="d466f3ee-98f6-4210-9595-697e9d3d76ed">Khaled, 1973, p25. <a href="#d466f3ee-98f6-4210-9595-697e9d3d76ed-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 47">↩︎</a></li><li id="cfa95d4a-07f5-4578-92bf-a7c98d8a7385">Helou, 2022, p6. <a href="#cfa95d4a-07f5-4578-92bf-a7c98d8a7385-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 48">↩︎</a></li><li id="1e1c6906-fe21-4dcf-a0cd-04ea5467da8d">Peteet, 1991, p99. <a href="#1e1c6906-fe21-4dcf-a0cd-04ea5467da8d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 49">↩︎</a></li><li id="c16ff4ed-6f2b-4ca6-9ec4-f968a1c29d64">Peteet, 1991, p97. <a href="#c16ff4ed-6f2b-4ca6-9ec4-f968a1c29d64-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 50">↩︎</a></li><li id="6139a3b6-4f2b-496c-bdde-6cb94e9ef645">Il a été initialement créé par des indépendant·e·s et le Parti communiste jordanien. Le Fatah, le FDLP et le FPLP l&rsquo;ont rejoint l&rsquo;année suivante. <a href="#6139a3b6-4f2b-496c-bdde-6cb94e9ef645-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 51">↩︎</a></li><li id="f97f187b-c4a2-4385-abce-890069117cd3">Jad, 2018; Kayali, 2021; Richter-Devrou, 2018. <a href="#f97f187b-c4a2-4385-abce-890069117cd3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 52">↩︎</a></li><li id="400059ca-83fa-46bc-af60-76fd2a9aa973">Pour une analyse détaillée, voir Jad, 2018, et Kuttab, 1993. <a href="#400059ca-83fa-46bc-af60-76fd2a9aa973-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 53">↩︎</a></li><li id="9a9ef089-6d9a-4fa5-9c78-05f90835fd64">Joost, 1991, p159. <a href="#9a9ef089-6d9a-4fa5-9c78-05f90835fd64-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 54">↩︎</a></li><li id="60ccb507-3b8c-4769-861c-4b7fd0afb4f1">Les quatre factions politiques : le Comité de travail des femmes (Women’s Work Committee &#8211; WWC) soutenait le Front démocratique pour la libération de la Palestine ; les femmes pro-communistes ont fondé les Comités des femmes travailleuses (1981) ; les femmes soutenant le Front populaire pour la libération de la Palestine ont fondé l&rsquo;Union des comités des femmes palestiniennes (1981) ; les femmes pro-Fatah ont fondé le Comité des femmes pour le travail social (1982). Entre-temps, le WWC a changé son nom en Union des comités de travail des femmes (Union of Women&rsquo;s Work Committees). <a href="#60ccb507-3b8c-4769-861c-4b7fd0afb4f1-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 55">↩︎</a></li><li id="500665fe-10ee-4b01-b651-b873bb2d33e6">Les trois organisations de gauche étaient l&rsquo;UPWC, le FPWAC et l&rsquo;UPWWC. Elles affirmaient adhérer à une idéologie marxiste-léniniste, bien qu&rsquo;elle soit confinée au niveau de la direction. La plupart des femmes de la base s&rsquo;impliquaient par le biais d&rsquo;activités plutôt que sur la base d’un programme politique. <a href="#500665fe-10ee-4b01-b651-b873bb2d33e6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 56">↩︎</a></li><li id="ab60de1c-c799-450c-9fa3-d0a8001599ad">Rita Giacaman citée dans Hiltermann, 1991, p139. <a href="#ab60de1c-c799-450c-9fa3-d0a8001599ad-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 57">↩︎</a></li><li id="f8420bc7-b66e-4a9a-add9-d1b340ba4f5e">Giacaman et Johnson, 1990. <a href="#f8420bc7-b66e-4a9a-add9-d1b340ba4f5e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 58">↩︎</a></li><li id="9ba2626e-aa41-4a85-8543-954672d51f04">Voir le documentaire <em>Naila et le soulèvement.</em> <a href="#9ba2626e-aa41-4a85-8543-954672d51f04-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 59">↩︎</a></li><li id="8a69dfa2-5da2-4c0d-998e-9f254c46ed12">Swedenburg, 2003. <a href="#8a69dfa2-5da2-4c0d-998e-9f254c46ed12-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 60">↩︎</a></li><li id="9646e6ce-a298-4f91-9929-74c6c4703727">Entre décembre 1987 et décembre 1991, on estime que 99 femmes (11 % du total) ont été tuées et qu&rsquo;en juillet 1991, 3 000 avaient été arrêtées. Voir Kuttab, 1993. <a href="#9646e6ce-a298-4f91-9929-74c6c4703727-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 61">↩︎</a></li><li id="2450500a-2c76-4ce7-a0e0-3af116c8fa4e">Voir le documentaire <em>Naila et le soulèvement.</em> <a href="#2450500a-2c76-4ce7-a0e0-3af116c8fa4e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 62">↩︎</a></li><li id="ce19c9b0-34e4-4bdf-a931-144bc32f16f1">Strum, 1998. <a href="#ce19c9b0-34e4-4bdf-a931-144bc32f16f1-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 63">↩︎</a></li><li id="c0a57387-a8f6-4492-acaf-03a7339f5948">Strum, 1998, p201. <a href="#c0a57387-a8f6-4492-acaf-03a7339f5948-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 64">↩︎</a></li><li id="f8796dab-23c8-4629-8b6b-1f9f92141c59">Shalhoub-Kevorkian cité dans Kayali, 2023. <a href="#f8796dab-23c8-4629-8b6b-1f9f92141c59-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 65">↩︎</a></li><li id="588caa4a-1d21-41aa-9d69-ce471070b319">La résolution finale de la conférence « The Intifada and Women&rsquo;s Social Issues » qui s&rsquo;est tenue à Jérusalem le 14 décembre 1990 peut être lue en ligne : <a href="http://www.marxists.org/history/etol/newspape/atc/6969.html">www.marxists.org/history/etol/newspape/atc/6969.html</a>. Texte traduit par News From Within. <a href="#588caa4a-1d21-41aa-9d69-ce471070b319-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 66">↩︎</a></li><li id="987108b8-9a4a-4e36-a0d2-1a7b71f493f4">L&rsquo;organisation des femmes du bloc progressiste, y compris le parti communiste palestinien. Voir Hiltermann, 1991. <a href="#987108b8-9a4a-4e36-a0d2-1a7b71f493f4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 67">↩︎</a></li><li id="c38c01d7-6ad5-48f0-aa19-03694aa44188">Hawari, 2019. <a href="#c38c01d7-6ad5-48f0-aa19-03694aa44188-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 68">↩︎</a></li><li id="678f88f0-95a4-49b9-b69d-9b4697f219e6">Jad, 2018, pp103-104. <a href="#678f88f0-95a4-49b9-b69d-9b4697f219e6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 69">↩︎</a></li><li id="258e1929-56c4-4547-9606-0ffc60e0ab09">Jad, 2018. <a href="#258e1929-56c4-4547-9606-0ffc60e0ab09-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 70">↩︎</a></li><li id="c32f207f-c53d-45bd-b92c-eddbc5fa8f98">MacLeod, 1992. <a href="#c32f207f-c53d-45bd-b92c-eddbc5fa8f98-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 71">↩︎</a></li><li id="b9c5208e-f453-42f4-9953-042794ba77d5">Jad, 2018. <a href="#b9c5208e-f453-42f4-9953-042794ba77d5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 72">↩︎</a></li><li id="69acb5fc-d5bc-40ae-8541-171821aa8590">Jad, 2018. <a href="#69acb5fc-d5bc-40ae-8541-171821aa8590-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 73">↩︎</a></li><li id="140f785a-1b36-4ce3-b2ef-3a3a8cbc1493">Prugl, 2016. <a href="#140f785a-1b36-4ce3-b2ef-3a3a8cbc1493-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 74">↩︎</a></li><li id="dccd86f3-539a-4616-b1a3-e5e71608ec20">Swedenburg, 2003, p194. <a href="#dccd86f3-539a-4616-b1a3-e5e71608ec20-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 75">↩︎</a></li><li id="9bad5a8b-ccfc-431f-ae29-27c682e691e0">Gadzo et Jnena, 2018. <a href="#9bad5a8b-ccfc-431f-ae29-27c682e691e0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 76">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/resistance-des-femmes-palestiniennes-de-la-grande-revolte-a-la-premiere-intifada-1936-1993/">Résistance des femmes palestiniennes : de la Grande révolte à la première Intifada (1936-1993)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Au Liban, briser les digues confessionnelles pour renverser la classe dirigeante</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/au-liban-briser-les-digues-confessionnelles-pour-renverser-la-classe-dirigeante/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Gabo]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Dec 2019 12:12:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Liban]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Pour une analyse plus détaillée de la façon dont les classes dirigeantes utilise les divisions confessionnelles pour diviser la société libanaise, voir cet article de Bassem Chit, socialiste révolutionnaire libanais mort prématurément en 2014. La <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/au-liban-briser-les-digues-confessionnelles-pour-renverser-la-classe-dirigeante/" title="Au Liban, briser les digues confessionnelles pour renverser la classe dirigeante">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<pre class="wp-block-preformatted"><em>Pour une analyse plus détaillée de la façon dont les classes dirigeantes utilise les divisions confessionnelles pour diviser la société libanaise, voir <a rel="noreferrer noopener" aria-label="cet article (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/divisions-confessionnelles-et-lutte-de-classe-au-liban/" target="_blank">cet article</a> de Bassem Chit, socialiste révolutionnaire libanais mort prématurément en 2014.</em></pre>



<p>La révolution dans le monde arabe est têtue et dure à cuire. Étouffée en Egypte, elle respire au Soudan. Amadouée en Tunisie, elle bat le pavé en Algérie. Ecrasée en Syrie, elle sort de terre au Liban pour répéter son cri de guerre qui hante les puissants de ce monde, “le peuple veut renverser le régime!”</p>



<h3 class="wp-block-heading">Divisions confessionnelles ou antagonisme de classe?</h3>



<p>C’est la “taxe whatsapp” morte-née qui a mis le feu aux poudres, qui a confirmé aux masses ce qu’elles savaient déjà : que la note salée de la crise économique allait être payée par les pauvres, les ouvrièrEs et les employéEs sunnites, chiites et chrétiennEs et non par les banquiers, les grands commerçants et les spéculateurs immobiliers sunnites, chiites et chrétiens. Les masses laborieuses ont ainsi arraché aux politiques un aveu tout simple: la lutte des classes existe bien au Liban, elle est menée depuis longtemps par ceux d’en-haut contre celles et ceux d’en-bas. </p>



<p>On ne pourrait réaliser la portée historique du mouvement actuel contre la corruption et l’austérité sans comprendre la nature des divisions confessionnelles au Liban. Contrairement à ce qui est répété par les intellectuels paresseux de tous bords, ces dernières ne sont pas l’expression d’une mentalité féodale survivante ni du triomphe de la tradition sur la modernité. Comme l’écrit le socialiste libanais Bassem Chit, le confessionnalisme constitue “une intervention de la classe dirigeante qui vise à transformer et contenir la lutte sociale dans des moules confessionnels.” En d’autres mots, les propriétaires capitalistes du Liban, par leur État, leurs partis et leurs institutions justifient leur hégémonie économique et la protègent politiquement par le biais du confessionnalisme religieux.</p>



<p>Le confessionnalisme n’est pas simplement un marché de dupes idéologiques, mais se voit reproduit sur des bases matérielles et sociales. Par exemple, le Hezbollah ne s’est pas contenté d’organiser la résistance armée populaire à l’occupation israélienne du Sud-Liban (dont la population est majoritairement chiite), mais a également mis en place tout un système de services sociaux, éducatifs et hospitaliers à destination de la population chiite. Il a ainsi rempli le vide laissé par l’Etat néolibéral et amorti les effets traumatiques du développement inégal et combiné, de l&rsquo;exode rural et du chômage de masse, et servi d’ascenseur social à toute une génération. C’est ainsi que les masses chiites ont appris à lier leur sort à celui du Hezbollah, devenu bien plus qu’un simple parti politique, et à se dévouer quasi religieusement à “Sayyid Hassan” (Nasrallah), son charismatique secrétaire général. Le Hezbollah n’était pourtant jamais révolutionnaire et ne vit pas dans un monde parallèle, dispensé des contradictions des régimes bourgeois du Liban et de la région. D’un côté, il a accompagné l’émergence d’une minorité bourgeoise (surtout commerciale) parmi les chiites à laquelle il est désormais lié, et a intégré le régime politique libanais par le biais du médiateur Nabih Berri, chef du parti chiite Amal et “parrain” de la corruption. De l’autre, il s’est lié au régime syrien et a profité de la pauvreté, du chômage et d’une propagande religieuse pour mobiliser des dizaines de milliers de combattants, partis tuer et mourir en Syrie pour Bachar Al-Assad. </p>



<p>Ce schéma se retrouve sous des formes et à des degrés divers dans toutes les “communautés religieuses”, par exemple la famille du premier ministre &#8211; et milliardaire &#8211; Hariri a pu jouer un rôle similaire chez les sunnites, par le biais de ses entreprises et de ses associations caritatives. Il est ainsi responsable devant ses partenaires de la classe dirigeante de contenir la “rue sunnite”, de dévier les revendications sociales vers les marécages confessionnels. Il s’agit d’un jeu dangereux dont la classe dirigeante peut perdre le contrôle, comme on l’a vu lors des affrontements armés à répétition entre des quartiers sunnites et alaouites qui ont secoué Tripoli, deuxième ville du Liban, ces dernières années. Encore plus que le Hezbollah, Hariri est sujet aux fluctuations du marché, et ses entreprises au Liban et en Arabie Saoudite subissent la crise de plein fouet et des dizaines de milliers de salariés cumulent plusieurs mois de retards de paiement.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une crise profonde et générale </h3>



<p>Ce schéma se retrouve sous des formes et à des degrés divers dans toutes les “communautés religieuses”, par exemple la famille du premier ministre &#8211; et milliardaire &#8211; Hariri a pu jouer un rôle similaire chez les sunnites, par le biais de ses entreprises et de ses associations caritatives. Il est ainsi responsable devant ses partenaires de la classe dirigeante de contenir la “rue sunnite”, de dévier les revendications sociales vers les marécages confessionnels. Il s’agit d’un jeu dangereux dont la classe dirigeante peut perdre le contrôle, comme on l’a vu lors des affrontements armés à répétition entre des quartiers sunnites et alaouites qui ont secoué Tripoli, deuxième ville du Liban, ces dernières années. Encore plus que le Hezbollah, Hariri est sujet aux fluctuations du marché, et ses entreprises au Liban et en Arabie Saoudite subissent la crise de plein fouet et des dizaines de milliers de salariés cumulent plusieurs mois de retards de paiement. </p>



<p>Plus généralement, le travail d’associations caritatives saupoudré d’opium confessionnel ne suffit plus à amortir les effets de la crise économique et à cacher l’abysse qui se creuse entre les ultra-riches et les autres. La crise d’hégémonie de la classe dirigeante libanaise, si elle se manifeste aujourd’hui par un mouvement de masse spectaculaire, couve en réalité depuis des années. Le mouvement populaire de 2015 déclenché par la gestion catastrophique de la crise des déchets, elle-même causée par la privatisation néolibérale, constitua une répétition générale de la révolte actuelle. Des milliers de jeunes manifestants venus des quartiers pauvres de la périphérie ont “envahi” le centre-ville de Beyrouth, dont même les trottoirs sont privatisés pour les riches, et le mouvement trouva un écho dans des localités semi-rurales du Nord et de la Bekaa où le gouvernement tenta d’ouvrir des décharges sauvages pour soulager les grandes villes. Les luttes syndicales dans le secteur public, notamment l’énergie, les écoles et l’université ont également, par solidarité de classe, rejeté les divisions confessionnelles et partisanes que les dirigeants ont tenté d’utiliser pour briser les grèves. Un mouvement contre les violences faites aux femmes (et, naturellement, la complicité des autorités) est en phase ascendante depuis plusieurs années et dépasse, lui aussi par nécessité, les divisions sectaires et religieuses imposées par en-haut. Enfin, une tentative récente (été 2019) par le ministre du travail de restreindre encore plus les droits des travailleurEs palestiniennEs (déjà soumisEs à une forme d’apartheid) fut contrée par un mouvement de protestation parti des camps de réfugiés, mais qui a trouvé une solidarité de masse avec des travailleurEs libanaisEs lors de manifestations communes dans la ville de Saïda. </p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img data-dominant-color="775c56" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #775c56;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/12/B9721312302Z.1_20191020011840_000G9VENR414.2-0-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-3509 not-transparent" width="580" height="326"/></figure>



<p>De plus en plus de LibanaisEs se rendent compte que les divisions confessionnelles, omniprésentes dans les institutions et les discours politiques, servent de couverture à leur appauvrissement généralisé et sont un luxe que celles et ceux d’en bas ne peuvent plus se permettre. Ce n’est pas un hasard si les deux premiers martyrs de la révolution sont tombés dans la banlieue sud de Beyrouth et à Tripoli, respectivement fief du Hezbollah chiite et “forteresse des sunnites”, mais surtout des territoires où règnent la pauvreté et la précarité. Ce sont bien les pauvres, souvent très croyants, que les intellectuels “progressistes” traitent de moutons et d’esclaves, qui ont brisé les tabous, joué les premiers violons et donné l’opportunité à des centaines de milliers de personnes d’pour exprimer leur ras-le-bol et leur unité nouvelle. La révolution contre la bourgeoisie confessionnelle n’est plus un fantasme lointain mais est bel et bien à l’ordre du jour. </p>



<p>Nous ne sommes pourtant pas face à une révolution purement économique, mais face aux prémices d’une “crise générale des rapports réciproques entre toutes les classes de la société, une crise nationale.” Les pauvres comme les classes moyennes et même de petites sections de la bourgeoisie participent au soulèvement, quoique sous des formes différentes. L’exploitation comme les violences policières, les inégalités comme la corruption, le chômage de masse comme la dégradation de l’environnement font partie des motivations des gens. Mais la réponse à la crise ne saurait être qu’une réponse révolutionnaire de classe. En effet, comme le confessionnalisme, la corruption n’est pas une tumeur greffée sur un corps sain, mais la conséquence logique de tout un système. Les millions dérobés par les politiciens ou les officiers hauts placés passent pour de la petite filouterie comparée aux 50% du budget de l’Etat dédiés chaque années au paiement des intérêts sur la dette souveraine détenue par des banques libanaises !  </p>



<h3 class="wp-block-heading">Renforcer l&rsquo;autonomie de notre classe</h3>



<p>Le morcellement de la base sociale des partis confessionnels, et notamment du Hezbollah, a commencé, mais il doit encore s’approfondir si la révolution veut vraiment renverser le régime.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img data-dominant-color="83787d" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #83787d;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/12/Poing-de-la-révolution-2.jpg" alt="" class="wp-image-3506 not-transparent" width="580" height="386"/><figcaption><em>Le poing de la révolution à Beyrouth</em></figcaption></figure>



<p>Celles et ceux qui ont versé leur sang dans la lutte contre Israël, qui ont vécu la pauvreté extrême et l’humiliation policière quotidienne ne vont pas déserter «leur » camp politique et confessionnel pour suivre une petite bourgeoisie libérale qui souhaite limiter la lutte contre la corruption à quelques mesures symboliques, qui rêve d’une économie privatisée, qui veut remplacer le confessionnalisme par un nationalisme libanais et qui fantasme sur un Liban « neutre » et isolé des peuples voisins et de leurs luttes. Toutes ces questions sont en train de se poser lors de luttes politiques au sein même du mouvement.</p>



<p>Il est difficile de prévoir comment va évoluer le mouvement qui se cherche actuellement un second souffle, mais la distance parcourue en six semaines est phénoménale. L’écran de fumée du « régime fort » du président Aoun et les divisions qui semblaient éternelles entre celles et ceux d’en bas ont laissé leur place au slogan le plus populaire du moment : « que chute le régime des banques ! ».</p>



<h5 class="wp-block-heading">Jad Bouharoun</h5>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/au-liban-briser-les-digues-confessionnelles-pour-renverser-la-classe-dirigeante/">Au Liban, briser les digues confessionnelles pour renverser la classe dirigeante</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Les prémices d&#8217;une nouvelle révolution égyptienne</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/les-premices-dune-nouvelle-revolution-egyptienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Gabo]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Nov 2019 15:15:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Égypte]]></category>
		<category><![CDATA[Mouvement de masse]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Nous partageons cet article publié anonymement sur le site des Révolutionnaires Socialistes au lendemain de manifestations contre Sissi. Malgré leur taille modeste, ces rassemblements à l’appel d’un entrepreneur reconverti en lanceur d’alerte semblent avoir bouleversé <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/les-premices-dune-nouvelle-revolution-egyptienne/" title="Les prémices d&#8217;une nouvelle révolution égyptienne">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Nous partageons cet article publié anonymement sur le <a rel="noreferrer noopener" aria-label="le site des Révolutionnaires Socialistes (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://revsoc.me/" target="_blank">site des Révolutionnaires Socialistes</a> au lendemain de manifestations contre Sissi. Malgré leur taille modeste, ces rassemblements à l’appel d’un entrepreneur reconverti en lanceur d’alerte semblent avoir bouleversé le régime, à en juger par la réaction de la police et de ses portes-paroles médiatiques. L’article ci-dessous revient sur ce moment charnière en analysant notamment les fissures dans l’alliance contre-révolutionnaire au pouvoir.</em></p>



<hr class="wp-block-separator"/>



<p>Une fois encore, les masses populaires dépassent les élites politiques et les prennent au dépourvu. Des milliers de femmes et d’hommes, bravant les risques d’arrestation et de répression meurtrière, ont répondu à l’appel de Mohamad Ali à manifester contre Sissi, signalant le retour des slogans de la révolution de janvier 2011 sur les places et dans la rue. Les manifestations du vendredi 20 septembre (2019) constituent un bond en avant qualitatif sur le chemin de l’opposition au régime de Sissi. Le barrage de la peur érigé lors des années précédentes sur fond de meurtre, de torture et d’emprisonnement est en train de s’écrouler, avec tout ce que cela implique comme ouvertures pour un mouvement de résistance dans la prochaine période.</p>



<figure class="wp-block-image"><img data-dominant-color="413832" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #413832;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/11/egypte1.jpg" alt="" class="wp-image-2839 not-transparent"/></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Quand « ceux d&rsquo;en bas » ne veulent plus et que « ceux d&rsquo;en haut » ne peuvent plus</h3>



<p>Beaucoup parlent de complots, de divisions parmi les différents services qui constituent le régime pour expliquer cette vague de manifestations qui, selon eux, aurait bénéficié d’une relative clémence des forces de police. Ces idées expriment une grande méfiance à l’égard des masses et de leur capacité à dépasser les défaites d’hier afin de revenir défier le régime, mais aussi un manque de lucidité causé par le fait que les milieux qui surgissent aujourd’hui diffèrent de ceux qui ont fait la révolution de janvier 2011. <br><br>Ceci de veut pas dire que les divisions et les failles dans l’alliance au pouvoir depuis le coup d’état de 2013 ne jouent aucun rôle dans le moment politique actuel, elles y constituent au contraire un élément central. De telles divisions au sommet préfigurent souvent des mouvements par en-bas, qui peuvent prendre une direction réformiste ou révolutionnaire, lorsque les masses ressentent la fragilité des remparts du pouvoir. </p>



<h3 class="wp-block-heading">Sissi, un mal nécessaire pour la bourgeoisie</h3>



<p>Nous ne pouvons comprendre le potentiel du mouvement actuel sans revenir sur la nature de la crise que traverse le régime militaire au pouvoir. Sissi s’est hissé au sommet de l’État en prenant la tête d’une contre-révolution qui visait clairement à mettre fin au mouvement populaire et politique né de la révolution de 2011. Le maréchal a réussi à se créer une base sociale parmi la classe capitaliste et les classes moyennes pour consolider son projet de dictature militaire. La logique de ce soutien était, en un mot, la peur de la révolution. La peur des vagues de grèves et de manifestations ouvrières et sociale, la peur des mouvements politiques de la jeunesse qui réclame justice, démocratie et liberté. Enfin, la peur de la montée des mouvements islamistes et de leur place de premier plan sur la scène politique.</p>



<figure class="wp-block-image"><img data-dominant-color="7c736d" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #7c736d;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/11/617a64914133303229609faf672a2e994ff2e0df_sipa_ap21725044_000003.jpg" alt="" class="wp-image-2842 not-transparent"/><figcaption>Al-Sissi et son état-major</figcaption></figure>



<p>Les contours de l’accord étaient clairs : la classe capitaliste égyptienne renonce à toute prétention de participation au pouvoir, mais aussi à une bonne partie de ses profits en faveur de l’institution militaire qui est ainsi récompensée pour son rôle de fossoyeur d’une révolution qui menaçait les intérêts bourgeois. </p>



<p>De tels arrangements historiques ne sont pas nouveaux; les bourgeoisies sont souvent prêtes à faire des concessions immenses à un homme fort issu de l’armée, tant que cette dernière la protège de la révolution et des poussées de celles et ceux d’en-bas. Mais ce compromis constitue un régime d’exception, forcément temporaire. En effet, lorsque le danger immédiat est écarté, une fois que la contre-révolution a assis sa victoire contre les mouvements sociaux et politiques, que les baïonnettes font régner l’ordre dans la rue et à l’usine et que les révolutionnaires se retrouvent au cimetière, au cachot ou en exil, alors le compromis de la veille prend les contours d’une charge insupportable qui pèse sur les épaules de la bourgeoisie et l’homme fort de la contre-révolution, de héros, se transforme en despote corrompu dont il faut se débarrasser. Son maintien au pouvoir devient même le premier facteur d’instabilité, et les failles font leur apparition au grand jour dans le “front de la nécessité” que la situation révolutionnaire avait imposé. </p>



<p>La crise révolutionnaire elle-même avait eu comme conséquence un changement des rapports de force au sein des institutions étatiques. Alors que le régime de Moubarak était basé sur un équilibre précis entre la présidence, le ministère de l’intérieur et l’armée, la révolution est passée par là et l’intérieur est devenue le “laquais” de l’armée &#8211; comme le dit Mohamad Ali &#8211; qui  est elle-même le laquais de la présidence. Tout le monde a accepté cette situation vue comme un mal nécessaire le temps d’asseoir le coup d’état et d’assurer la victoire de la contre-révolution. Mais les tentatives de Sissi pour faire de l’exception la règle sur le long terme, comme nous l’avons vu avec les réformes constitutionnelles, ont généré des divergences au sein des services de l’État. </p>



<h3 class="wp-block-heading">Un régime en crise de légitimité</h3>



<p>D’autre part, le dynamisme relatif de l’économie, qui se traduit d’un côté par plus de pauvreté et d’austérité, et de l’autre par un élargissement des “grands projets” financés par des crédits du golfe et des pays occidentaux, a aussi un caractère exceptionnel et temporaire. Par exemple, les villes nouvelles comme la capitale administrative (sortie de terre à 40km du Caire) et El-Alamain, avec leurs infrastructures massives dans lesquelles ont été injectés des milliards de dollars, ne sont destinées ni à l’industrie, ni à l’agriculture ni même au tourisme, et par conséquent ne pourront générer de revenus pour rembourser les dettes ni même les intérêts des dettes. </p>



<p>Aucun régime politique ne peut survivre sur le long terme par la seule répression. Il faut une idéologie qui dote le régime d’une légitimité auprès de certaines couches sociales. La peur peut donner cette légitimité par la force de circonstances exceptionnelles et pendant une courte durée, mais elle perd de son efficacité si le régime tente d’en faire la base permanente de son pouvoir. C’est ce que Sissi essaie de faire (en particulier depuis les réformes constitutionnelles), et les dernières manifestations sont un retour de bâton pour lui et sa dictature militaire. Nous faisons face à un régime qui a perdu sa légitimité, et en face duquel se dresse une opinion publique hostile qui a perdu patience avec la corruption, l’incompétence et la répression. Les épouvantails absurdes, comme le terrorisme, le danger islamiste et le “chaos” syrien et irakien qui avaient un temps légitimé le régime, ne passent plus dans l’opinion publique. Cette dernière ne supporte plus de subir des politiques d’austérité et d’appauvrissement alors que des milliards sont dépensés pour construire des palais présidentiels et des quartiers chics pour les grands hommes d’affaires et les chefs de l’armée et de la police. </p>



<figure class="wp-block-image"><img data-dominant-color="272536" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #272536;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/11/egypte3-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-2838 not-transparent"/></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Reconstruire les bases de la résistance</h3>



<p>Sommes-nous pour autant sur le seuil d’une nouvelle révolution ou même d’une situation révolutionnaire? Les fissures dans l’alliance de classe au pouvoir et l’explosion de colère contre Sissi et son régime représentent sans doute un véritable saut qualitatif. Mais le régime n’est pas près de s’effondrer, et les batailles à venir s’annoncent longues et difficiles. La vague actuelle de colère qui annonce le début de l’effondrement du mur de la peur est un phénomène important et dangereux, mais ce n’est que le début d’un long chemin pour guérir les blessures de la défaite de la révolution de janvier 2011 et reconstruire les bases de la résistance sur les campus et les lieux de travail ainsi que dans les organisations syndicales. Un long processus, entaché de milliers de luttes limitées sur les lieux de travail, d’étude et de vie, grâce auxquelles les masses pourront retrouver leur confiance dans leur capacité à changer le cours des choses et dans le projet révolutionnaire. Tout ceci nécessite un travail acharné et organisé et ne viendra pas du jour au lendemain.</p>



<p>Nous devons sans plus attendre nous appuyer sur l’initiative qualitative des masses; premièrement en construisant un front uni des forces d’opposition de différents bords, afin d&rsquo;interagir avec le mouvement populaire et d’élaborer des revendications permettant de dépasser le régime Sissi et le pouvoir militaire; deuxièmement, il nous faut profiter de la moindre faille qui puisse apparaître dans le rempart du régime afin de reconstruire nos organisations syndicales, étudiantes et politiques dans le but de reconquérir l’espace politique fermé de force par la contre révolution. La lutte qui s’annonce à nous est longue et difficile, mais elle a déjà commencé. Les masses ont pris l’initiative, les forces politiques révolutionnaires doivent maintenant les suivre.      </p>
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		<title>Le Soudan, une lecture de la crise révolutionnaire</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/le-soudan-une-lecture-de-la-crise-revolutionnaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Gabo]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Sep 2019 07:50:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Mouvement de masse]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Soudan]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">De&#160; nombreux médias dominants présentent la révolution au Soudan comme une suite de coups d’état militaire entravés par des forces civiles nouvellement constituées. Comme l’espèrent les impérialistes, il faudrait dès lors rétablir la stabilité nationale <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/le-soudan-une-lecture-de-la-crise-revolutionnaire/" title="Le Soudan, une lecture de la crise révolutionnaire">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>De&nbsp; nombreux médias dominants présentent la révolution au Soudan comme une suite de coups d’état militaire entravés par des forces civiles nouvellement constituées. Comme l’espèrent les impérialistes, il faudrait dès lors rétablir la stabilité nationale et régionale par un compromis entre l’armée et des représentant-e-s d’une large opposition au régime.</p>



<p>D’autres analyses bien plus progressistes fixent comme objectif à la révolution soudanaise d’être un marchepied aux forces opposantes dans leurs négociations avec l’armée. Par exemple, G. Achcar écrit<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2661_14('footnote_plugin_reference_2661_14_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_2661_14('footnote_plugin_reference_2661_14_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2661_14_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2661_14_1" class="footnote_tooltip">Gilbert Achcar, «&nbsp;Le Soudan et l’Algérie reprennent-ils le flambeau du «&nbsp;printemps arabe&nbsp;»&nbsp;?,<em> Le Monde Diplomatique</em> Juin 2019.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2661_14_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2661_14_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>&nbsp;« <em>à la direction révolutionnaire de s’emparer du véritable pouvoir par la mobilisation des énergies populaires, et de changer la situation du pays pour le meilleur en le remettant sur la voie du développement économique, du progrès social et culturel, alors la réussite de la révolution sera assurée</em>. »</p>



<p>Si nous avons pris le parti de polémiquer avec ce type de position via notre blog<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2661_14('footnote_plugin_reference_2661_14_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_2661_14('footnote_plugin_reference_2661_14_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2661_14_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2661_14_2" class="footnote_tooltip">JB, «&nbsp;Soudan: le compromis par en-haut&nbsp;», <em>Autonome de Classe, </em>3 août 2019.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2661_14_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2661_14_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, l’objectif principal de cet article n’est en rien de donner des leçons à celles ceux qui font la révolution au Soudan, mais bien de dresser une grille de lecture sur ce qu’est une crise révolutionnaire.&nbsp;</p>



<p>C’est bien l’entrée en masse de la population soudanaise dans l’arène économique et politique qui a contraint le départ d’Omar al-Bachir au pouvoir depuis 1989. Ce sont les grèves et les <em>sits-in</em> de masse qui ont rendu la situation ingouvernable pour le Comité Militaire de Transition.</p>



<p>Cette révolution doit être lue comme une lutte à mort pour le pouvoir dans laquelle les millions de manifestant-e-s, les ouvrier-e-s en grève et les populations opprimées en sont le principal moteur. Ce nouveau <em>festival des opprimés </em>démontre l’une des caractéristiques essentielles à une crise révolutionnaire&nbsp;: elle ne peut se comprendre que par en bas.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Quand ceux d’en bas ne veulent plus et quand ceux du milieu basculent vers ceux d’en bas </h3>



<p>En cherchant à dresser une brève chronologie de la révolte globale qui secoue le Soudan, on comprend que les racines sont anciennes. Le mouvement éclate en décembre 2018 dans les villes ouvrières au nord du pays prenant prétexte de l’augmentation du prix du sucre pour se généraliser. La férocité de la répression oriente immédiatement la rue vers des slogans politiques. Par exemple T. Cheikh<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2661_14('footnote_plugin_reference_2661_14_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_2661_14('footnote_plugin_reference_2661_14_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2661_14_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2661_14_3" class="footnote_tooltip">Tarek Cheikh, «&nbsp;Les espoirs d’une troisième révolution au Soudan&nbsp;», <em>Orient XXI, </em>28 décembre 2019.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2661_14_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2661_14_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>&nbsp;écrit : <em>Les slogans clamés par les manifestants dans les villes sont essentiellement politiques. L’expression qui revient le plus souvent est&nbsp;:&nbsp;</em><strong><em>«&nbsp;liberté, paix et justice</em></strong><em>&nbsp;». Et aussi&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;la révolution est le choix du peuple&nbsp;». Ce qui révèle la profondeur des aspirations populaires et la force de l’idée révolutionnaire.</em></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignright is-resized"><img data-dominant-color="b49687" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #b49687;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/09/arton2988-1024x966.jpg" alt="" class="wp-image-2669 not-transparent" width="155" height="145"/><figcaption>Au centre, Tasgot Bas, « La chute [du régime], c&rsquo;est tout ». Derrière, Omar al-Bachir.</figcaption></figure></div>



<p>Ces villes ouvrières, berceau de la révolution soudanaise, ont connu de récents affrontements avec le régime. Elles étaient déjà à l’avant-garde du mouvement de grèves en 2013 et 2016 contre une réforme du régime visant à supprimer les aides liées à l’utilisation de l’essence et pour s’opposer à la guerre du Darfour. Le mouvement syndical formé dans les révolutions des années 1960 était le principal artificier de ces émeutes. La répression d’une ampleur inédite des manifestations de 2016 entraînait une profonde dissension entre la rue et le pouvoir.&nbsp;Si bien que, dès les premiers jours de révolte les 18 et 19 décembre, on entend dans la deuxième plus grande ville du pays Wad Madani&nbsp;: <em>Tasgot bas&nbsp;!</em> signifiant&nbsp;«&nbsp;juste leur chute&nbsp;».&nbsp;</p>



<p>Ces expériences de confrontation entraînent la construction de la coalition qui joue un rôle fondamental dans l’animation du mouvement révolutionnaire&nbsp;: le Rassemblement des Professionnels soudanais. Elle se forme clandestinement en 2012 à partir de syndicats indépendants et est composée initialement d’avocats, de journalistes, d’universitaires, de médecins et d’ingénieurs.&nbsp;Ces franges issues de la petite bourgeoisie ou des universités sont rejointes en 2016 par des forces syndicales indépendantes venant de milieux plus ouvriers et cheminots.&nbsp;</p>



<p>Enfin, la dernière force sociale qui ne cessera d’être active dans la rue et la plus prompt à se coordonner via les réseaux sociaux est sans aucun doute la jeunesse. Opposée aux lois restrictives sur les libertés, subissant le chômage à 31%, étant victime des 30 % d’inflation et usagère d’un système éducatif effondré par les coupes budgétaires, l’irruption de la jeunesse n’a fait que renforcer les bases politiques du mouvement. L’émergence du processus révolutionnaire n’a donc pu se faire que par que par la décantation d’une situation qui a embrasée de larges couches de la population.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le festival des opprimés&nbsp;</h3>



<p>La révolution a laissé une place importante aux revendications des populations subissant des oppressions. Par exemple, un triomphe a été fait aux délégations survenues du Darfour pour participer aux événements révolutionnaires. Cette population qui subissait le racisme depuis des décennies par le régime d’al-Bachir, voyait les xénophobes d’hier les acclamer devant le bâtiment de l’état- major assiégé par les révolutionnaires.&nbsp;</p>



<p>Les femmes ont joué rôle éminemment central également. Notamment, elles ont contraint la coalition pour la liberté et le changement à rejeter l’accord de transition soumis par les militaires au mois de mai. Si cette radicalité s’est exprimée dans des groupes féministes suite à une absence de garantie concernant l’opposition des femmes, il est important de comprendre que celles qui subissaient de plein fouet le dictat du patriarcat ont joué réellement un rôle de locomotive pour le mouvement révolutionnaire. Les grèves dans la santé sont aujourd’hui encore principalement animées par des femmes tout comme l’a été le sit-in de masse qui a mis fin à la dictature d’al-Bachir.</p>



<figure class="wp-block-image"><img data-dominant-color="a5a6a9" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #a5a6a9;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/09/19089967-1024x575.jpg" alt="" class="wp-image-2675 not-transparent"/><figcaption>Fresque représentant Alaa Salah, figure de la révolution soudanaise</figcaption></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Quand ceux d’en haut ne peuvent plus…&nbsp;</h3>



<p>Le pouvoir soudanais n’a donc pas résisté à la pression des contradictions orchestrées par la crise globale du capitalisme. Le Soudan, en surendettement depuis 10 ans, a été contraint par le FMI de mener une série de réformes libérales afin de rembourser sa dette extérieure détenue à hauteur de 50 milliards de dollars par des banques étrangères. Cette situation allant de paire avec l’inflation et un chômage massif met en lumière les formes d’un développement inégal et combiné. Cette théorie initiée par Léon Trotski analyse la façon dont le développement économique et social se produit de façon inégale, et comment l&rsquo;interférence entre sociétés « avancées » et « en retard » produit des formes « combinées », des juxtapositions de&nbsp;rapports de production modernes et archaïques.&nbsp;</p>



<p>La vallée du Nil, une des zones les plus fertiles du Soudan, a attiré de nombreux investisseurs du Golfe Persique. Les terres ont été expropriées et l’agriculture réorganisée afin de l’insérer sur les marchés mondiaux. Cette stratégie des capitalistes a pu entraîner le développement de secteurs économiques partiellement en recul comme les infrastructures ferroviaires et portuaires.&nbsp;</p>



<p>Cette forme de développement crée des contradictions profondes dans la société. L’appauvrissement des campagnes au regard de la croissance des villes en est un autre&nbsp; exemple. Par exemple, Khartoum, comptait 473&nbsp;597 habitant-e-s en 1983 pour 4,5 millions en 2005. Lorsque surgit une crise révolutionnaire ce sont ces inégalités qui sont littéralement remises en question.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">La chute du régime</h3>



<p>Les processus des grèves, des manifestations de masse ou encore les discussions incessantes engagées de septembre à avril combinés aux expériences passées ont permis à toute une population de prendre confiance en ses forces.&nbsp;</p>



<p>Cette force a fait vivre la révolution malgré la répression causant une grosse centaine de morts dénombrés début avril. C’est bien cette crise révolutionnaire qui fait changer la peur de camp. Le 6 avril, le Rassemblement des Professionnels Soudanais, principale visage de la direction révolutionnaire jusqu’à aujourd’hui, appelle à un sit-in devant le bâtiment où règne l’état- major.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image"><img data-dominant-color="89898f" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #89898f;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/09/ext.jpg" alt="" class="wp-image-2670 not-transparent"/></figure>



<p>Le 10 avril au matin, on criait encore sur la place de Khartoum <em>qu’il s’en aille</em>, <em>la Révolution est le choix du peuple</em>&nbsp;! Sous cette contrainte de la rue, et avec l’accord de l’Egypte et de l’Arabie Saoudite, l’état- major destitue Omar al-Bachir. Il le remplace par le général Ibn Auf, ancien ministre d’al-Bachir. Le sit-in est resté en place. On y criait <em>«&nbsp;tout le pouvoir au civil&nbsp;»</em>. Au bout de 24h, la révolution venait à bout de son second dirigeant. L’armée fut contrainte de mettre en place un conseil de dix officiers nommé le Conseil Militaire de Transition (TMC).&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Cela amène à réfléchir sur ce qu’est une crise révolutionnaire, une lutte acharnée pour le pouvoir, dans laquelle notre classe se reconnaît et rentre en force dans l’arène. Ainsi, la chute de l’ancien régime ne garantie rien et pourtant elle est essentielle. Le temps s’accélère et les chemins des possibles s’élargissent considérablement après le 11 avril. La rue, les grévistes et les opprimé-es ont pris conscience de leur force alors que les militaires ont bien cru tout perdre.&nbsp;&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Organisation de la contre-révolution, ingérence impérialiste et massacre&nbsp;</h3>



<p>Face aux grèves et aux émeutes, le pouvoir d’Omar al-Bachir organisé par l’armée depuis 1989 et par le Parti du Congrès National ne parvient plus à gouverner le pays. Issu de la confrérie des Frères Musulmans, le dictateur n’a pourtant pas hésité à un instant à se tourner vers le général égyptien Al-Sissi. En effet, le 27 janvier 2019 al-Bachir&nbsp; se rend au Caire afin de s’entretenir avec son allié de circonstance.&nbsp;</p>



<p>Cette entrevue fin janvier semble fructueuse, l’Egypte aurait accordé une aide militaire en matière d’armement. Il semble certain que l’Etat français, principal fournisseur d’armes à l’Egypte aurait été mis au courant. Les raisons de ce soutien entre dictateurs sont triples, Al-Sissi redoutait un nouvel embrasement régional et pensait gagner en stabilité par le maintien au pouvoir d’AEl- Bachir, Al-Bachir ne pouvait plus compter sur ses seules forces militaires déjà en proie à des dissensions,&nbsp; enfin, le général Égyptien souhaitait mettre en place une coopération économique et revoir les plans de partage du Nil.</p>



<p>Cet armement d’origine française a permis à Al-Bachir d’assassiner au minimum 50 révolutionnaires entre février et mars. Il en a profité pour réarmer la Force de Soutien Rapide (RSF) formée sous son mandat. C’est un mélange hétérogène d’agents des douanes, de policiers et surtout de miliciens issus des Janjanwids qui semèrent la terreur au Darfour à partir des années 2000. Lors des évènements de 2013, cette milice avait déjà éliminé 200 insurgés.&nbsp;</p>



<p>La répression était donc la seule voie que trouvait al-Bachir pour se maintenir au pouvoir depuis le début de l’insurrection.&nbsp;</p>



<p>Si dans un premier temps le Conseil Militaire de Transition a été contraint d’entamer des négociations avec la coalition pour la liberté et le changement, très vite ce pouvoir a grossi les rangs de sa milice armée. Celle-ci causera plus de 100 morts en attaquant les sit-in formés tout autour du commandement de l’état-major les 3 et 4 juin.&nbsp;</p>



<p>La contre-révolution cherche également à s’affirmer en imposant une idéologie plus réactionnaire encore que lorsque le pouvoir d’al-Bachir régnait. Ainsi, afin de réprimer la contestation, comme les forces de Moubarak place Tahrir en 2011, les miliciens ont violé et pratiqué toutes formes de sévices à l’encontre des femmes entrées en révolution.&nbsp;</p>



<p><em>L’Etat n’est que l’incarnation des antagonismes de classe irréconciliables</em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2661_14('footnote_plugin_reference_2661_14_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_2661_14('footnote_plugin_reference_2661_14_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2661_14_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2661_14_4" class="footnote_tooltip"><em>Lénine, L’Etat et la la Révolution</em></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2661_14_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2661_14_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Aussi, la direction de ses forces armées ne peut que défendre l’ordre établi. Et c’est bien au cœur de la révolution qu’elles se sont attaquées.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le rôle des réformistes</h3>



<p>Les réformistes s’incarnent dans la coalition pour la liberté et le changement. Cette force est incontestablement celle qui est perçue aujourd’hui encore comme le principal débouché politique de la révolution par celles et ceux qui font la révolution. Cette coalition va d’une organisation islamique soufie au Parti Communiste (certainement l’un des plus massifs des pays arabophones).&nbsp;</p>



<p>La stratégie principale de cette coalition a été de transférer une partie des pouvoirs de l’armée vers une forme de représentativité civile. Ainsi, la coalition a mené de véritables négociations avec les TMC et ses généraux couverts du sang du Darfour et responsables des massacres contre les révolutionnaires. Ces tentatives d’accord ne débouchent sur rien dans un premier temps. Si bien que les syndicats indépendants qui composent le Rassemblement des Professionnels appellent à deux jours de grève générale fin mai. On assiste à une nouvelle accélération de la Révolution. Les sit-in qui l’accompagnent sont constamment attaqués.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image"><img data-dominant-color="5e574c" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #5e574c;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/09/19095860lpw-19100602-article-jpg_6334482_660x281.jpg" alt="" class="wp-image-2676 not-transparent"/><figcaption>Les dirigeants de l&rsquo;opposition signant un accord avec le TMC et le général Hemetti, responsable de la politique génocidaire au Darfour et de la répression meurtrière des sit-ins</figcaption></figure>



<p>Pourtant, les réformistes n’ont jamais cessé de chercher à reprendre les négociations avec le TMC. Alors que des coordinations émergent comme celle d’Atbara entre ouvrier-e-s en grève, jeunes en sit-in permanents et soldats en rupture avec leurs ordres, la coalition négocie dans un secret alarmant le prix du sang des martyrs avec les assassins.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La rue et notre classe au cœur de la lutte pour le pouvoir</h3>



<p>Seule la rue, les sit-in, les grèves et l’auto-organisation ont permis à la révolution de progresser contre l’armée et la bourgeoisie soudanaise. C’est cette confrontation qui a fait progresser la confiance des révolutionnaires en leurs propres forces. Dans un premier temps le Rassemblement des Professionnels coordonnait les grèves générales, comme celles de mars 2019, le sit-in devant le ministère de l’armée en avril ou les grèves générales des 28 et 29 mai.&nbsp;</p>



<p>De ces expériences naissent des comités de quartier. Dans les périodes de négociation, leur structure de coordination, The Resistance Committees, a été l’organe le plus critique vis-à-vis des positions prises par la coalition.&nbsp;</p>



<p>Les réseaux sociaux ont été un outil fondamental pour que ces forces se coordonnent. Toutefois, c’est bien la lutte <em>œil pour œil dent pour dent </em>qui poussa à l’auto-organisation. Par exemple, lors du sit-in du 3 juin devant l’état-major, lorsque les milices de la RSF ont attaqué les manifestant-e-s, ce sont des forces issues des comités qui ont protégé le sit-in et dressé des barricades. Au cœur du sit-in, les comités révolutionnaires ont mis en place des complexes proposant débat, assistance médicale, éducation populaires, distributions de provisions ou encore des services de nettoyage. Les forces sociales entrées en révolution contre l’Etat se prouvaient à elle-même que ce dernier n’avait finalement pas tellement d’autres rôle que de violer, tuer ou mutiler.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image"><img data-dominant-color="656566" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #656566;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/09/soudan-train-240419-m-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-2671 not-transparent"/><figcaption>Les habitantEs et cheminotEs d&rsquo;Atbara, foyer ouvrier, arrivant à Khartoum pour soutenir la révolution dans la capitale</figcaption></figure>



<p>Enfin, l’accord signé le 17 août entre l’armée et la coalition est une triple menace pour les révolutionnaires&nbsp;</p>



<p>1. Il laisse le temps à la contre- révolution de se réorganiser et de mener une politique encore plus agressive envers notre classe et tout particulièrement envers les populations opprimées.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>2. Il désarme partiellement la rue qui n’est jamais sondée lorsque les directions de la coalition négocient.&nbsp;</p>



<p>3. Il divise les forces révolutionnaires et créent un isolement de toutes celles et ceux qui refusent de voir souiller le sang des martyrs en par des tractations avec leurs assassins.&nbsp;</p>



<h5 class="wp-block-heading">Gaël Braibant</h5>



<p><br></p>



<p><br> <br></p>



<p><br></p>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_2661_14();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_2661_14();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_2661_14">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_2661_14" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2661_14_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2661_14('footnote_plugin_tooltip_2661_14_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Gilbert Achcar, «&nbsp;Le Soudan et l’Algérie reprennent-ils le flambeau du «&nbsp;printemps arabe&nbsp;»&nbsp;?,<em> Le Monde Diplomatique</em> Juin 2019.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2661_14_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2661_14('footnote_plugin_tooltip_2661_14_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">JB, «&nbsp;Soudan: le compromis par en-haut&nbsp;», <em>Autonome de Classe, </em>3 août 2019.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2661_14_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2661_14('footnote_plugin_tooltip_2661_14_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Tarek Cheikh, «&nbsp;Les espoirs d’une troisième révolution au Soudan&nbsp;», <em>Orient XXI, </em>28 décembre 2019.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2661_14_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2661_14('footnote_plugin_tooltip_2661_14_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><em>Lénine, L’Etat et la la Révolution</em></td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_2661_14() { jQuery('#footnote_references_container_2661_14').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_2661_14').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_2661_14() { jQuery('#footnote_references_container_2661_14').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_2661_14').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_2661_14() { if (jQuery('#footnote_references_container_2661_14').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_2661_14(); } else { footnote_collapse_reference_container_2661_14(); } } function footnote_moveToReference_2661_14(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_2661_14(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_2661_14(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_2661_14(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/le-soudan-une-lecture-de-la-crise-revolutionnaire/">Le Soudan, une lecture de la crise révolutionnaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Soudan: le compromis par en-haut</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/soudan-le-compromis-par-en-haut/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Gabo]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 03 Aug 2019 10:05:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Mouvement de masse]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Soudan]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">“Oeil pour oeil, dent pour dent!” c’est en répétant ce slogan qu’une grande partie des soudanaisEs exprime son rejet d’un compromis avec les tueurs des révolutionnaires, avec ceux-là même qui font vivre un calvaire à <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/soudan-le-compromis-par-en-haut/" title="Soudan: le compromis par en-haut">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/soudan-le-compromis-par-en-haut/">Soudan: le compromis par en-haut</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>“Oeil pour oeil, dent pour dent!” c’est en répétant ce slogan qu’une grande partie des soudanaisEs exprime son rejet d’un compromis avec les tueurs des révolutionnaires, avec ceux-là même qui font vivre un calvaire à la population depuis des décennies. Mais les dirigeantEs des Forces de la Liberté et du Changement (FLC) ne l’entendent pas de cette oreille : elles ont conclu un accord avec le comité militaire encore couvert du sang des martyrs du massacre du 3 juin dernier et de bien d’autres crimes commis contre le peuple soudanais, notamment des habitantEs du Darfour sur les os desquelles le général “Hamedti” s’est construit son trône.&nbsp;</p>



<p>Il serait pourtant vain de prononcer une condamnation moraliste contre les dirigeantEs des FLC ; c’est que la révolution n’est pas le domaine de l’éthique chevaleresque et de la morale, mais elle est au final une lutte sans merci pour le pouvoir. L’accord trouvé entre les FLC et le conseil des généraux doit donc être jugé comme une manœuvre de guerre, comme une temporisation ou un cessez-le-feu ouvrant potentiellement la voie à la victoire finale. Traduite dans le langage de la révolution, la question devient: cet accord augmente-t-il la confiance des masses en ses capacités d’auto-organisation &#8211; et c’est la seule véritable garantie de parvenir aux objectifs de la révolution &#8211; et est-ce qu’il affaiblit les forces de la contre-révolution et la capacité répressive du régime? S’il s’avère que cet accord permettra, comme l’écrit Gilbert Achcar admiratif de l’habileté politique des FLC, “à la direction révolutionnaire de s’emparer du véritable pouvoir par la mobilisation des énergies populaires, et de changer la situation du pays pour le meilleur en le remettant sur la voie du développement économique, du progrès social et culturel, alors la réussite de la révolution sera assurée.”<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2261_16('footnote_plugin_reference_2261_16_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_2261_16('footnote_plugin_reference_2261_16_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2261_16_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2261_16_1" class="footnote_tooltip"><a rel="noreferrer noopener" aria-label="https://www.alquds.co.uk/%D8%A7%D9%84%D8%AB%D9%88%D8%B1%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D8%B3%D9%88%D8%AF%D8%A7%D9%86%D9%8A%D8%A9-%D8%AA%D8%AF%D8%AE%D9%84-%D8%AC%D9%88%D9%84%D8%AA%D9%87%D8%A7-%D8%A7%D9%84%D8%AB%D8%A7%D9%84%D8%AB%D8%A9/ (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.alquds.co.uk/%D8%A7%D9%84%D8%AB%D9%88%D8%B1%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D8%B3%D9%88%D8%AF%D8%A7%D9%86%D9%8A%D8%A9-%D8%AA%D8%AF%D8%AE%D9%84-%D8%AC%D9%88%D9%84%D8%AA%D9%87%D8%A7-%D8%A7%D9%84%D8%AB%D8%A7%D9%84%D8%AB%D8%A9/" target="_blank"><span class="footnote_url_wrap">https://www.alquds.co.uk/%D8%A7%D9%84%D8%AB%D9%88%D8%B1%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D8%B3%D9%88%D8%AF%D8%A7%D9%86%D9%8A%D8%A9-%D8%AA%D8%AF%D8%AE%D9%84-%D8%AC%D9%88%D9%84%D8%AA%D9%87%D8%A7-%D8%A7%D9%84%D8%AB%D8%A7%D9%84%D8%AB%D8%A9/</span></a> </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2261_16_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2261_16_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> En réalité, cette hypothèse repose, comme les calculs de la direction des FLC, sur une naïveté ahurissante. </p>



<p>On ne peut que constater que l’accord n’a pas éloigné le danger numéro un qui menace les révolutionnaires et le peuple soudanais dans son ensemble, à savoir la machine de la mort dirigée par les généraux d’Omar al-Bachir<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2261_16('footnote_plugin_reference_2261_16_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_2261_16('footnote_plugin_reference_2261_16_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2261_16_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2261_16_2" class="footnote_tooltip">Cet article a été publié avant le massacre des lycéenNEs de Al Obayed par les FSR</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2261_16_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2261_16_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, qui a déjà goûté le sang et qui attend désormais l’heure propice pour porter un coup fatal afin de mettre fin à la révolution par la terreur. Bien au contraire, cet accord entre la “direction révolutionnaire” et un comité militaire dont le numéro deux est le général Hamedti, ne fait que donner une légitimité politique et “révolutionnaire” à ce dernier, et consacre l’intégration des Janjawid, les milices génocidaires du Darfour, dans l’appareil d’État officiel sous le nom de “Forces de Soutien Rapide”.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image"><img data-dominant-color="a48c75" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #a48c75;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/08/48d4196b6a99ab2448bb7258d661b0fd-soudan-les-generaux-et-la-contestation-ont-repris-les-negociations-1-1024x579.jpg" alt="" class="wp-image-2269 not-transparent"/></figure>



<p>L’accord n’apporte aucune garantie sérieuse aux révolutionnaires, et son contenu oscille entre le catastrophique et le ridicule. Rien de bien surprenant car il est le fruit de négociations secrètes menées par la direction derrière le dos des masses révolutionnaires. Par exemple, l’article qui affirme la nécessité de réformer l’appareil d’État est très vague sauf lorsqu’il précise que la “mission de la réforme de l’appareil militaire” sera confiée aux militaires eux-mêmes ! Ces derniers sont même protégés d’une supervision symbolique de leurs affaires par les civils, puisque l’accord précise que les ministres de la défense et de l’intérieur dans le gouvernement de transition seront nommés exclusivement par le conseil militaire.</p>



<p>Quant à l’article qui concerne les services publics dont la population a le plus besoin comme la santé, l’éducation et le logement, il se contente de vœux pieux qui n’engagent personne à rien: “L’état doit jouer un rôle social effectif en assurant des services de santé, d’éducation et de logement.” Même langage bancal et même flou en ce qui concerne les affaires étrangères, alors que l’engagement des troupes soudanaises dans la guerre contre le Yémen n’a même pas droit de cité ! <br><br>Mais la clause la plus grotesque, celle qui démontre sans doute possible que la direction des FLC est atteinte de ce que Marx appelait le crétinisme parlementaire, qui “relègue dans un monde imaginaire ceux qui en sont atteints et leur enlève toute intelligence, tout souvenir et toute compréhension pour le rude monde extérieur”, est celle qui concerne les suites du massacre du 3 juin. En effet, l’accord prévoit l’établissement d’une commission d’enquête <em>indépendante </em>pour faire la lumière sur une véritable orgie de meurtres, de torture et de viols collectifs, avec des centaines de victimes et qui a eu lieu en plein jour devant le siège dudit conseil militaire! A-t-on vraiment besoin d’une “commission indépendante” afin de déterminer la responsabilité politique et opérationnelle du massacre? Quand bien même cette commission oserait pointer du doigt le conseil militaire, va-t-elle arrêter les coupables, c’est-à-dire les nouveaux “partenaires” des FLC?&nbsp; &nbsp; </p>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignright is-resized"><img data-dominant-color="7f7571" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #7f7571;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/08/theatre-1024x992.jpg" alt="" class="wp-image-2290 not-transparent" width="240" height="232"/></figure></div>



<p style="text-align:left">Achcar et d’autres admirateurs des FLC se bercent d’illusions en pensant que ces derniers pourront jouer la carte de la mobilisation populaire (car c’est ainsi que les réformistes perçoivent les masses insurgées, comme une carte à jouer) à chaque endiguement des négociations, pour faire pression sur le conseil militaire et le ramener à la raison, et ce à répétition jusqu’au transfert final du pouvoir aux civils. Mais la clause objective la plus importante dans le principe même de la négociation avec les généraux d’Al-Bachir est la transformation des FLC en partenaire des militaires chargé de contenir les poussées des masses. En effet, les FLC vont subir des pressions énormes dans ce sens, que ce soit de la part des militaires mais aussi des puissances régionales et mondiales qui ont “sponsorisé” l’accord, sous couvert de préserver la stabilité, l’union nationale et d’autres mensonges, avec pour conséquence politique possible l’isolation de l’aile la plus résolue, la plus radicale du mouvement.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Les réformistes et la révolution</strong></h4>



<p>Cet accord ne constitue donc pas une victoire pour la révolution, ni même une “percée”<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2261_16('footnote_plugin_reference_2261_16_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_2261_16('footnote_plugin_reference_2261_16_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2261_16_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2261_16_3" class="footnote_tooltip"><a rel="noreferrer noopener" aria-label="https://www.solidarites.ch/journal/d/article/9344/Soudan-Entre-espoirs-et-mefiances (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.solidarites.ch/journal/d/article/9344/Soudan-Entre-espoirs-et-mefiances" target="_blank"><span class="footnote_url_wrap">https://www.solidarites.ch/journal/d/article/9344/Soudan-Entre-espoirs-et-mefiances</span></a> </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2261_16_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2261_16_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> ou une manœuvre tactique habile qui pourrait ouvrir la voie à des victoires futures. Les réformistes sont peut-être sincères lorsqu’ils se déclarent partisans de la justice sociale (ou leur interprétation de la justice sociale), de la démocratie et de la liberté, ou les revendications explicites de la révolution, mais ils n’oseraient jamais dans leur rêve les plus fous atteindre ces objectifs contre et malgré les capitaines de l’Etat et de la classe dirigeante.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Ainsi l’auto-organisation des masses, le mouvement populaire et les grèves politiques, c’est-à-dire la révolution, ne sont aux yeux de ces gens-là qu’un tremplin qui leur permettra de négocier avec les chefs de l’Etat. Voilà pourquoi nous avons vu la direction des FLC appeler à des poussées populaires, des grèves aux manifestations en passant par les occupations, sous le mot d’ordre de “faire chuter le conseil militaire”, avant de reculer devant l’ampleur même des mobilisations, pour accourir, dans un accès de panique, vers le conseil militaire, se repentant de sa rhétorique révolutionnaire et demandant à négocier sur une base d’autant plus pathétique que la poussée des masses était grandiose.&nbsp;</p>



<p>Ces pratiques politiques, ces oscillations constantes entre la gauche et la droite, viennent en dernier lieu de la conviction que l’État et le capitalisme soudanais sont “en panne” et n’attendent que le soleil de la liberté bourgeoise et de “l’état de droit” pour prospérer et donner les fruits du progrès à toutes et tous. Pour achever cette mission historique, pas besoin de faire chuter l’État d&rsquo;Al-Bachir, il suffirait de le réformer, de le “remettre sur la voie du progrès” comme dit le professeur Achcar. Sauf que le capitalisme et l’Etat soudanais tels qu’ils existent réellement, travaillent pour la classe dirigeante soudanaise, pour les “propriétaires” du Soudan, avec leurs mesures néolibérales, leurs banques “islamiques”, leurs investissements prédateurs en provenance des pays du Golfe qui sont autant de fardeaux qui appauvrissent les paysans, la classes ouvrière et les classes intermédiaires du pays. Sans parler des engagements internationaux des dirigeants soudanais, comme les “réformes” du FMI, la participation à la guerre au Yémen ou encore la chasse aux migrants déléguée par l’UE. Le conseil militaire, les institutions de l’État et la “communauté internationale” ne se prosterneront jamais devant les fétiches de la légalité, de la constitution ou de la démocratie pendant que les FLC démantèlent les diktats du FMI et procèdent à la redistribution des ressources. La question n’est pas uniquement dans le manque d’ambition des FLC au vu de l’horizon ouvert par la révolution, mais que même les réformes démocratiques et sociales les plus élémentaires nécessiteront de déraciner complètement le régime soudanais dans une confrontation ouverte avec la classe dirigeante.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image"><img data-dominant-color="736a6a" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #736a6a;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/08/Sudan@iAlaaSalah.jpg" alt="" class="wp-image-2293 not-transparent"/></figure>



<p>Les franges les plus radicales et les plus avancées du mouvement, des syndicats aux comités de quartiers en passant par les coordinations diverses, devront s’organiser en toute indépendance politique des FLC, sans pour autant s’isoler de la majorité du mouvement qui semble encore avoir confiance dans sa direction. Comme le parti communiste soudanais l’a découvert à ses dépens, il ne sert à rien de s’engager sur le chemin des négociations avec l’État pour ensuite en déplorer le résultat inévitable, à savoir un répit accordé gratuitement à une contre-révolution qui s’organise ouvertement. Comme le dit si bien la révolutionnaire soudanaise Muzan Alneel<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2261_16('footnote_plugin_reference_2261_16_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_2261_16('footnote_plugin_reference_2261_16_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2261_16_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2261_16_4" class="footnote_tooltip"><a rel="noreferrer noopener" aria-label="https://revsoc.me/arab-and-international/39994/ (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://revsoc.me/arab-and-international/39994/" target="_blank"><span class="footnote_url_wrap">https://revsoc.me/arab-and-international/39994/</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2261_16_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2261_16_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, la grève générale politique de mai 2019 “a démontré la capacité du peuple soudanais révolté à mettre en pratique sa volonté collective, à donner une expression véritable à ‘la volonté populaire’”. Apprendre les leçons de ces expériences, les approfondir et les multiplier par en-bas, telles sont les conditions de la préparation aux batailles politiques qui se profilent à l’horizon.&nbsp;</p>



<p><em>Initialement publié </em><a href="https://revsoc.me/arab-and-international/40011/"><em>ici </em></a><em>en arabe le 24 juillet 2019</em></p>



<h6 class="wp-block-heading"><em>JB</em></h6>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_2261_16();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_2261_16();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_2261_16">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_2261_16" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2261_16_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2261_16('footnote_plugin_tooltip_2261_16_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a rel="noreferrer noopener" aria-label="https://www.alquds.co.uk/%D8%A7%D9%84%D8%AB%D9%88%D8%B1%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D8%B3%D9%88%D8%AF%D8%A7%D9%86%D9%8A%D8%A9-%D8%AA%D8%AF%D8%AE%D9%84-%D8%AC%D9%88%D9%84%D8%AA%D9%87%D8%A7-%D8%A7%D9%84%D8%AB%D8%A7%D9%84%D8%AB%D8%A9/ (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.alquds.co.uk/%D8%A7%D9%84%D8%AB%D9%88%D8%B1%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D8%B3%D9%88%D8%AF%D8%A7%D9%86%D9%8A%D8%A9-%D8%AA%D8%AF%D8%AE%D9%84-%D8%AC%D9%88%D9%84%D8%AA%D9%87%D8%A7-%D8%A7%D9%84%D8%AB%D8%A7%D9%84%D8%AB%D8%A9/" target="_blank"><span class="footnote_url_wrap">https://www.alquds.co.uk/%D8%A7%D9%84%D8%AB%D9%88%D8%B1%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D8%B3%D9%88%D8%AF%D8%A7%D9%86%D9%8A%D8%A9-%D8%AA%D8%AF%D8%AE%D9%84-%D8%AC%D9%88%D9%84%D8%AA%D9%87%D8%A7-%D8%A7%D9%84%D8%AB%D8%A7%D9%84%D8%AB%D8%A9/</span></a> </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2261_16_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2261_16('footnote_plugin_tooltip_2261_16_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Cet article a été publié avant le massacre des lycéenNEs de Al Obayed par les FSR</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2261_16_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2261_16('footnote_plugin_tooltip_2261_16_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a rel="noreferrer noopener" aria-label="https://www.solidarites.ch/journal/d/article/9344/Soudan-Entre-espoirs-et-mefiances (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.solidarites.ch/journal/d/article/9344/Soudan-Entre-espoirs-et-mefiances" target="_blank"><span class="footnote_url_wrap">https://www.solidarites.ch/journal/d/article/9344/Soudan-Entre-espoirs-et-mefiances</span></a> </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2261_16_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2261_16('footnote_plugin_tooltip_2261_16_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a rel="noreferrer noopener" aria-label="https://revsoc.me/arab-and-international/39994/ (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://revsoc.me/arab-and-international/39994/" target="_blank"><span class="footnote_url_wrap">https://revsoc.me/arab-and-international/39994/</span></a></td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_2261_16() { jQuery('#footnote_references_container_2261_16').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_2261_16').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_2261_16() { jQuery('#footnote_references_container_2261_16').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_2261_16').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_2261_16() { if (jQuery('#footnote_references_container_2261_16').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_2261_16(); } else { footnote_collapse_reference_container_2261_16(); } } function footnote_moveToReference_2261_16(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_2261_16(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_2261_16(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_2261_16(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/soudan-le-compromis-par-en-haut/">Soudan: le compromis par en-haut</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>La révolte populaire de Bassora en Irak</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/la-revolte-populaire-de-bassora-en-irak/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Sep 2018 06:47:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Irak]]></category>
		<category><![CDATA[Mouvement de masse]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Des milliers de personnes ont manifesté à Bassora, ville majeure du Sud de l’Irak, durant la première semaine de septembre. Plusieurs manifestants ont perdu la vie sous les balles des forces de sécurité qui ont <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/la-revolte-populaire-de-bassora-en-irak/" title="La révolte populaire de Bassora en Irak">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Des milliers de personnes ont manifesté à Bassora, ville majeure du Sud de l’Irak, durant la première semaine de septembre. Plusieurs manifestants ont perdu la vie sous les balles des forces de sécurité qui ont également fait des dizaines de blessés; voici le bilan provisoire de la dernière poussée du mouvement populaire débuté en juillet.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le mouvement commença par protester contre l’absence de services publics de base. Des coupures d’électricité ont lieu fréquemment à Bassora, avec des effets accablants durant les mois d’été où les réfrigérateurs et climatiseurs ne peuvent fonctionner alors que la température extérieure peut atteindre les 50 degrés. L’eau courante ne se porte pas beaucoup mieux: la pollution et l’état de délabrement des infrastructures rendent insalubre l’eau du robinet, empoisonnant des milliers d’habitants ces dernières semaines.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’eau toxique et les coupures d’électricité ne sont que quelques symptômes du calvaire que vivent la majorité des irakiennes depuis l’invasion américaine de 2003. Après s’être facilement débarrassés de Saddam Hussein et de l’appareil d’état baathiste, les occupants se sont retrouvés face à une insurrection nationaliste armée bien plus difficile à mater; afin de stabiliser leur pouvoir, les américains et leurs alliés lancèrent une série de campagnes militaires plus meurtrières et destructives encore que l’invasion initiale, tout en manoeuvrant pour transformer la résistance en guerre civile confessionnelle. Ils établirent aussi un régime politique sectaire, néolibéral et corrompu qui favorisa les élites chiites. Les américains et leurs alliés achevèrent ainsi la destruction du tissu socio-économique irakien, ouvrant malencontreusement un boulevard à leur rival iranien, qui acquis une influence considérable dans le nouveau status quo irakien.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Après quinze ans de guerres, de sectarisme et de thérapie de choc néolibérales, les irakiens ordinaires sont près de l’agonie. Les services publics essentiels comme l’électricité, l’eau et la santé sont dans un état déplorable, alors que le chômage et la pauvreté atteignent des taux jamais vus. Au-dessus d’elles et eux se dresse un appareil d’état corrompu jusqu’à la moelle et engagé dans des “réformes” sorties tout droit de la bible du FMI.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La province de Bassora contient le port le plus important de l’Irak et les puits de pétrole qui produisent l’immense partie des hydrocarbures, principale source de revenus de l’état. Loin de pouvoir profiter de cette richesse, les quelques 4 millions d’habitantes de Bassora font partie des plus pauvres du pays. Cette province du sud de l’Irak souffre d’un taux de chômage deux fois plus important que le taux national (officiellement à 10.8%, très probablement sous-estimé), qui impacte plus sévèrement encore les jeunes qui constituent la majorité de la population. De plus, les champs pétroliers et les munitions laissées par les guerres ont pollué l’eau, l’air et le sol, impactant négativement la santé des habitantes.</span><br />
<span style="font-weight: 400;">Il est donc peu surprenant de voir les jeunes des quartiers populaires de la ville de Bassora former le noyau dur du mouvement de contestation actuel. Leurs revendications dépassent l’emploi, les services publics et la lutte contre la corruption, et prennent une tournure explicitement politique. Les manifestants condamnent le système politique confessionnel post-invasion, et remettent en question la légitimité des partis officiels, alors que ces derniers manoeuvrent dans les couloirs institutionnels pour se partager les positions dans le futur gouvernement.   </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Concentrées initialement sur la place centrale de la ville, les manifestations ont depuis gagné en radicalité en se déplaçant vers les quartiers résidentiels des classes populaires. Les manifestants ont attaqué et brûlé les bureaux du gouverneur local, ceux du parti du premier ministre Haydar al-Abadi ( Da’wa, un parti islamiste chiite qui a dominé le champ politique de l’après-invasion), ainsi que les locaux d’une douzaine de milices chiites qui avaient été mobilisées contre Daesh ces dernières années. Même le consulat iranien a été attaqué et brûlé, alors que le local de Saraya al-Salam, formation de Muqtada al-Sadr, a été épargné grâce à la mobilisation de ses partisans.  </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il est important de remarquer que ces attaques populaires contre les partis chiites confessionnels et le consulat iranien ont lieu dans un ville majoritairement chiite. Cela sert à nous rappeler que le confessionnalisme en Irak, s’il a parfois pu mobiliser les classes populaires chiites, n’a profité qu’à leurs élites. Des sections des classes populaires, dont une bonne partie de chiites, se soulèvent maintenant contre ce système confessionnel et son parrain attitré, l’Iran. De plus, les classes populaires chiites ont été en première ligne des mobilisations dans les groupes paramilitaire qui ont aidé l’armée régulière dans son combat contre Daesh. De nombreuses recrues sentent maintenant que leurs sacrifices ont été vain, tout en voyant les chefs de leurs anciennes milices exploiter la victoire militaire pour s’accaparer des positions politiques et leur part des fruits de la corruption.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La classe dirigeante irakienne réagit à la contestation d’en bas avec des intrigues par en-haut. Dirigeants politiques, hauts fonctionnaires et dirigeants des forces de l’ordre se rejettent publiquement la responsabilité des problèmes de Bassora ainsi que de l’échec de la répression.   </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les manifestations interviennent à un moment délicat pour les dirigeants, qui sont engagés dans des tractations infinies en vue de former un gouvernement après les élections parlementaires de mai 2018, peu suivies et qui n’ont pas donné de majorité absolue. Une alliance improbable entre l’imam chiite Moqtada al-Sadr et le Parti Communiste irakien a obtenu le plus grand nombre de sièges, promettant de lutter contre le sectarisme et la corruption. Al-Sadr s’était illustré en 2003 comme un combattant nationaliste contre l’occupation américaine, s’appuyant sur une base de la classe ouvrière à majorité chiite de Bagdad, avant de s’embourber dans la guerre civile confessionnelle contre les divers groupes armés sunnites. Il est généralement vu comme moins corrompu que d’autres politiciens irakiens, ce qui lui a permis de jouer un rôle de tampon, absorbant les mouvements de protestation vers les canaux institutionnels de la politique confessionnelle irakienne. En seconde position au parlement se trouve une coalition des anciens groupes paramilitaires chiites qui ont combattu Daesh, devançant la liste du premier ministre sortant Haydar al-Abadi.     </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les dirigeants irakiens, avec à leur tête al-Abadi s’attendaient probablement à profiter d’une période de calme politique et de popularité tranquille après la victoire contre l’EI. Malheureusement pour eux, il semble qu’une bonne partie du peuple irakien soit décidée à se montrer exigeante envers son gouvernement avec la disparition de l’épouvantail Daesh. Mais la corruption endémique et l’attachement du gouvernement aux recette néolibérales de privatisations et d’austérité signifient qu’il est peu probable de voir l’état irakien résoudre les problèmes de Bassora, qui se manifestent à des degrés différents dans tout l’Irak.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il faut plutôt s’attendre à voir l’état tenter de réprimer violemment les manifestations, alors que certaines sections de la classe dirigeante tentent déjà de récupérer le mouvement afin d’en diluer le radicalisme. Pour éviter ces deux pièges, l’organisation politique par en-bas et une campagne de solidarité nationale sont nécessaires. Enfin, la classe ouvrière organisée est restée silencieuse &#8211; pour le moment. Mais si la contestation des rues et des places s’étendait au port et aux champs pétrolier de Bassora, elle ouvrirait une nouvelle phase dans la lutte, créant des soucis plus sérieux encore pour la classe dirigeante irakienne. Les enjeux pour l’Irak et pour la région seraient énormes.</span></p>
<p><strong>Jad Bouharoun</strong></p>
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		<title>Les dynamiques contemporaines de l’impérialisme au Moyen-Orient: une analyse préliminaire</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/les-dynamiques-contemporaines-de-limperialisme-au-moyen-orient-une-analyse-preliminaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Sep 2018 12:39:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Dans cet article de fond, Anne Alexander établit un état des lieux des principales rivalitésgéopolitiques qui déchirent le Moyen-Orient, tout en situant leur logique objective dansles dynamiques sous-impérialistes des états et des capitaux de la <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/les-dynamiques-contemporaines-de-limperialisme-au-moyen-orient-une-analyse-preliminaire/" title="Les dynamiques contemporaines de l’impérialisme au Moyen-Orient: une analyse préliminaire">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Dans cet article de fond, Anne Alexander établit un état des lieux des principales rivalités<br>géopolitiques qui déchirent le Moyen-Orient, tout en situant leur logique objective dans<br>les dynamiques sous-impérialistes des états et des capitaux de la région. “​La logique<br>même de l&rsquo;accumulation capitaliste signifie que la « résistance » des classes dirigeantes<br>des états capitalistes moins puissants aux prédations des grandes puissances reproduit<br>inévitablement des processus impérialistes à des niveaux plus bas du système.”</em> <em>Article initialement paru en anglais dans la revue <a href="https://isj.org.uk/contemporary-dynamics-of-imperialism/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">International Socialism Journal</a> numéro 159 (été 2018)</em>.</p>



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<p>Les derniers mois ont vu apparaître de nombreux signes d&rsquo;un approfondissement des conflits entre les principaux protagonistes de ce que Alex Callinicos appelle la « partie d&rsquo;échecs multi-niveaux » de la géopolitique du Moyen-Orient <b id="1r">[<a href="#1a">1</a>]</b>. Mars 2018 a vu l&rsquo;entrée de l&rsquo;armée turque en Syrie, contraignant des dizaines de milliers de civils à fuir la région d&rsquo;Afrin peuplée majoritairement de Kurdes <b id="2r">[<a href="#2a">2</a>]</b>. Quelques semaines plus tard, des batteries de missiles ont frappé ce qu&rsquo;Israël dit être des cibles iraniennes en Syrie <b id="3r">[<a href="#3a">3</a>]</b>. Le long conflit syrien est le théâtre d&rsquo;un grand nombre de tels développements. Mais les trajectoires de la guerre civile et des interventions militaires étrangères en Syrie et au Yémen reflètent des processus sous-jacents d&rsquo;évolution dans l&rsquo;équilibre des forces entre les états et les capitaux au niveau régional et mondial. Les changements de direction politiques de Donald Trump, qui prennent une apparence hasardeuse (comme le transfert de l&rsquo;ambassade des Etats-Unis à Jérusalem et le retrait de l&rsquo;accord nucléaire iranien) sont souvent présentés &#8211; y compris par Trump lui-même &#8211; comme résultant de son caractère fantasque et des pressions électorales domestiques qu&rsquo;il subirait <b id="4r">[<a href="#4a">4</a>]</b>. Cependant, ces décisions sont également sujettes aux transformations des dynamiques de compétition impérialiste dans la région et au niveau mondial, transformations auxquelles la classe dirigeante américaine tente de s&rsquo;adapter.</p>



<p>Dans la lignée du travail d&rsquo;autre contributeurs à l&rsquo;International Socialism Journal, comme Chris Harman et Alex Callinicos, ainsi que des idées avancées par des penseurs marxistes de générations antérieures comme Vladimir Lénine et Nikolai Boukharine, cet article perçoit l&rsquo;impulsion vers la guerre comme émanant des dynamiques mêmes de l&rsquo;accumulation capitaliste. La compétition entre les capitaux, et donc la compétition entre les états dont dépendent structurellement ces capitaux mène à la fusion des processus de compétition militaire et économique entre les plus puissants états capitalistes <b id="5r">[<a href="#5a">5</a>]</b>. Cela implique de ne pas nous contenter d&rsquo;observer les interactions des grandes puissances extérieures au Moyen-Orient (principalement les USA, des puissances européennes comme la France et le Royaume-Uni ainsi que la Russie), mais d&rsquo;intégrer dans notre analyse les états régionaux qui sont impliqués dans un système de compétition sous-impérialiste qui « reproduit une version similaire des dynamiques qui ont amené l&rsquo;émergence des premiers impérialismes capitalistes » <b id="6r">[<a href="#6a">6</a>]</b>.&nbsp; L&rsquo;impérialisme n&rsquo;est pas réductible au comportement rapace des états les plus puissants. Il n&rsquo;est pas non plus la propriété exclusive des USA et de leurs alliés. La logique même de l&rsquo;accumulation capitaliste signifie que la « résistance » des classes dirigeantes des états capitalistes moins puissants aux prédations des grandes puissances reproduit inévitablement des processus impérialistes à des niveaux plus bas du système. Cela ne signifie pas que les socialistes peuvent se contenter d&rsquo;une position de neutralité lorsque ces conflits émergent. Au contraire, il s&rsquo;avère souvent nécessaire de monter une défense de principe des faibles contre les attaques des puissants, tout en articulant une stratégie permettant de construire une véritable résistance à l&rsquo;impérialisme, qui doit se développer par en-bas et qui nécessite en fin de compte le renversement des coteries de généraux et d&rsquo;hommes d&rsquo;affaires (qu&rsquo;ils se donnent une parure républicaine ou royaliste) qui emmènent la région vers de nouvelles guerres <b id="7r">[<a href="#7a">7</a>]</b>.</p>



<p>L&rsquo;existence d&rsquo;un système sous-impérialiste se fonde sur l&rsquo;émergence de centres d&rsquo;accumulation en-dehors du coeur historique du système capitaliste; ce fait a souvent nécessité une rupture entre les classes dirigeantes des états dits « périphériques » et le système politique et économique colonial qui les reléguait à des rôles de producteurs de matières premières et de marchés d&rsquo;écoulement des marchandises manufacturées dans les « pays mères ». Ceci ne signifie pas, évidemment, que ces pays soient parvenus à se défaire de l&rsquo;impérialisme en général. Comme le note Alex Callinicos, le 20e et le 21e siècles ont vu la classe dirigeante américaine poursuivre la construction d&rsquo;un empire exerçant son hégémonie sur de vastes régions du globe sans pour autant en faire des colonies ou y établir une autorité directe. Les USA ont trouvé d&rsquo;autres moyens de contraindre les états capitalistes de second ou troisième rang à se conformer à leur volonté <b id="8r">[<a href="#8a">8</a>]</b>. Néanmoins la plus grande autonomie de ces capitalismes émergents par rapport aux grandes puissances constitue un contraste important avec la période de l&rsquo;impérialisme décrite par Lénine et Boukharine au début du 20e siècle <b id="9r">[<a href="#9a">9</a>]</b>.</p>



<p>Le développement d&rsquo;un système sous-impérialiste au Moyen-Orient <b id="10r">[<a href="#10a">10</a>]</b> doit être perçu, avant tout, à travers l&rsquo;inégalité entre les capitaux rivaux et « leurs » états. Cette inégalité est gravée dans le système capitaliste par une série de facteurs, notamment la manière dont le capitalisme a émergé dans une partie du monde plutôt que partout simultanément et par le flux constant des positions des divers acteurs de ce système. Le système sous-impérialiste au Moyen-Orient a été formé d&rsquo;un côté par la dynamique compétitive entre les grandes puissances capitalistes (le déclin des vieilles puissances coloniales comme la France et le Royaume-Uni au début du 20e siècle, suivi par l&rsquo;émergence de « nouvelles puissances » comme les USA et l&rsquo;URSS avant la chute de l&rsquo;URSS à la fin du 20e siècle), et de l&rsquo;autre par des dynamiques similaires entre les états capitalistes régionaux émergents. Le développement économique et politique des puissances émergentes, et donc leurs capacités militaires, est toujours sujet aux contraintes d&rsquo;un système global régi en fin de compte par les grandes puissances impérialistes. Cela ne signifie pas que ces grandes puissances sont toujours capables d&rsquo;exercer un degré constant d&rsquo;influence sur les étages inférieurs du système. Au contraire, le fait structurant du système sous-impérialiste actuel au Moyen-Orient, et qui s&rsquo;est mis en place sur les quinze dernières années, est bien la retraite relative des USA après sa victoire à la Pyrrhus contre Saddam Hussein en Iraq en 2003. La politique américaine catastrophique envers l&rsquo;Irak montre bien comment des processus qui se jouent à l&rsquo;échelle sous-impérialiste peuvent accélérer les tendances à un niveau global. Un des bénéficiaires du déclin relatif des USA fut la Russie, certes un petit joueur sur le plan économique, mais qui, profitant de l&rsquo;héritage diplomatique et militaire de l&rsquo;URSS, se montre de plus en plus audacieux dans la compétition géopolitique avec les USA et leurs alliés en Europe de l&rsquo;Est et en Syrie.</p>



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<h5 class="wp-block-heading"><span style="color: #808080;"><strong>Tableau 1: Top cinq des états du Moyen Orient (Afrique du Nord exclue, Iran et Turquie inclus) par valeur PIB (dollars US actuels) par décennie</strong></span></h5>



<h5 class="wp-block-heading"><span style="color: #808080;"><strong>Source: Banque Mondiale.</strong></span></h5>



<p><img data-dominant-color="eaeaea" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #eaeaea;" loading="lazy" decoding="async" width="965" height="407" class="alignnone size-full wp-image-1124 not-transparent" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2018/09/tableau1.png" alt="tableau1" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2018/09/tableau1.png 965w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2018/09/tableau1-300x127.png 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2018/09/tableau1-768x324.png 768w" sizes="auto, (max-width: 965px) 100vw, 965px" /><br></p>



<p>La deuxième facteur structurant du système, à savoir l&rsquo;intensification de la compétition pour l&rsquo;hégémonie régionale entre l&rsquo;Iran et l&rsquo;Arabie Saoudite (flanqués de leurs alliés respectifs), se fonde sur la conjoncture des processus au sommet et au niveau « intermédiaire » du système capitaliste mondial. L&rsquo;émergence de l&rsquo;Arabie Saoudite reflète l&rsquo;émergence d&rsquo;un nouveau centre d&rsquo;accumulation capitaliste dans le Golfe, alors que la réémergence de l&rsquo;Iran comme puissance régionale est liée au rétablissement graduel &#8211; et souvent par à-coups &#8211; du capitalisme Iranien après sa défaite catastrophique lors de la guerre Iran-Irak dans les années 1980. Deux autres aspects sont à prendre en compte ici: en premier, l&rsquo;éclipse graduelle de l&rsquo;hégémonie américaine de l&rsquo;économie mondiale par la montée de la Chine au coeur de la zone d&rsquo;accumulation capitaliste d&rsquo;Asie de l&rsquo;Est <b id="11r">[<a href="#11a">11</a>]</b>. Deuxièmement, le désastre qui a défait les USA en Irak nous rappelle que le pouvoir des états et des classes dirigeantes n&rsquo;est pas le seul joueur à prendre en compte; en effet, si les USA ont vaincu et détruit Saddam et la classe dirigeante de l&rsquo;état Baathiste, ils ont provoqué une insurrection qui a puisé ses sources dans un milieu bien plus large que l&rsquo;état irakien (notamment les circonscription ouvrières et majoritairement chiites sur lesquelles le mouvement de Moqtada al-Sadr s&rsquo;est appuyé, et dont les tendances politiques étaient plus influencées par le nationalisme irakien que par un islamisme chiite pro-Iranien) <b id="13r">[<a href="#13a">13</a>]</b>.</p>



<p>Le troisième facteur structurant est le rôle joué par Israël dans l&rsquo;architecture sous-impérialiste du Moyen-Orient. Cet état colonisateur ultra-militarisé discipline les habitants de la région d&rsquo;un côté par sa violence exemplaire envers les Palestiniens, et de l&rsquo;autre par son avantage régional écrasant dans le domaine des technologies militaires. La neutralisation politique et militaire de l&rsquo;Egypte fut liée à l&rsquo;étape antérieure de l&rsquo;émergence d&rsquo;Israël. La défaite égyptienne de 1967 fut suivie d&rsquo;abord par son acceptation de l&rsquo;agenda néolibéral de Washington, puis par la signature de l&rsquo;accord de paix avec Israël à Camp David en 1978. La classe dirigeante égyptienne a manqué plusieurs opportunités historiques pour passer à un niveau plus avancé de développement industriel, et les flux importants d&rsquo;aide militaire venant des USA servent surtout à préserver le rôle de gendarme interne que joue l&rsquo;armée égyptienne plutôt qu&rsquo;un rôle hégémonique régional. Contrairement à l&rsquo;Egypte, Israël fut propulsée dans le rang des pays « développés », utilisant et renforçant un partenariat économique et militaire mutuellement bénéfique avec la classe dirigeante américaine.</p>



<p>Le rôle de l&rsquo;Iran en tant que puissance régionale pourrait aussi être lu comme étant en continuité avec les époques précédentes, quand la dynastie des Pahlavi formait un des « deux piliers » de l&rsquo;hégémonie américaine dans la région. Evidemment, la révolution de 1979 a soudainement retiré l&rsquo;Iran de la sphère d&rsquo;influence américaine, ce qui aide à expliquer pourquoi Israël a continué de jouer un rôle central dans la défense des intérêts américains. L&rsquo;autre « pilier » était selon la doctrine Nixon l&rsquo;Arabie Saoudite, aujourd&rsquo;hui un entrant tardif dans le club des puissances sous-impérialistes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Arabie Saoudite et l’émergence du capital du Golfe</h2>



<p>La promotion de l&rsquo;Arabie Saoudite du rang de « puissance douce » à celui de « puissance dure » dans la région fut soudaine. Depuis 2015, le royaume joue un rôle crucial dans la catastrophe humanitaire qui tourmente le Yémen en y menant une campagne de bombardements intensifs, et ce quelques années après être intervenu énergiquement au service de la contre-révolution régionale: d&rsquo;abord en envahissant le Bahreïn en mars 2011 pour y mater la rébellion, puis en finançant le coup d&rsquo;état d&rsquo;Abdel Fattah al-Sissi de juillet 2013 en Egypte. Ce nouveau rôle de puissance sous-impérialiste puise sa source dans des processus de plus longue durée qui ont transformé l&rsquo;économie du pays et de la région du Golfe en général. Comme l&rsquo;a indiqué Adam Hanieh, la formation d&rsquo;une classe capitaliste Khaleeji (du Golfe) qui inclut les membre du CCG (Conseil de Coopération du Golfe) a joué un rôle central dans le développement d&rsquo;un centre indépendant d&rsquo;accumulation capitaliste dans le Golfe au cours des quatre dernières décennies.[13] Cependant, nous allons nous concentrer ici sur l&rsquo;Arabie Saoudite en tant qu&rsquo;élément-pivot du capitalisme du Golfe tant en terme de taille de son économie, de sa population et des ambitions de ses dirigeants qui comptent traduire leur développement capitaliste en puissance militaire <b id="14r">[<a href="#14a">14</a>]</b>.</p>



<p>Les chocs pétroliers des années 1970 sont souvent cités comme un tournant dans l&rsquo;économie politique de la région. Cependant, l&rsquo;établissement du contrôle de l&rsquo;état sur la production pétrolière constitua un tournant plus important et plus permanent dans la relation entre l&rsquo;état, et les capitaux locaux et internationaux. Dans le cas de l&rsquo;Arabie Saoudite, la prise de contrôle de la production pétrolière eut lieu dans les années 1980, construisant ainsi la base du développement d&rsquo;une classe capitaliste Saoudienne qui concentra ses activités sur l&rsquo;industrie pétrolière d&rsquo;aval (c&rsquo;est à dire les dérivés pétrochimiques, le plastique, etc), les industries énergivores comme l&rsquo;aluminium, l&rsquo;acier et le ciment, la construction, l&rsquo;import-export, le commerce local de masse avec des hypermarchés et des centres commerciaux ainsi que la finance <b id="15r">[<a href="#15a">15</a>]</b>.</p>



<p>Ces processus entremêlés d&rsquo;accumulation et de formation d&rsquo;une classe capitaliste dans le Golfe ont été influencés et ont à leur tour contribué au tournant néolibéral de l&rsquo;économie mondiale. Ils ont aidé à cimenter l&rsquo;hégémonie américaine en assurant le dollar comme devise des marchés pétroliers, recyclant ces mêmes pétrodollars par le biais de banques européennes et américaines, les transformant ainsi en nouvelles armes d&rsquo;asservissements par la dette des pays du Sud et accélérant les tendances à la financialisation générale du capitalisme <b id="61r">[<a href="#16a">16</a>]</b>.</p>



<p>Le rôle joué par les relations avec la classe dirigeante américaine dans l&rsquo;émergence d&rsquo;un capitalisme du Golfe est plus complexe qu&rsquo;en apparence. Il est clairement faux de voir le capitalisme Saoudien simplement comme une extension du capitalisme américain; les deux sont plutôt entremêlés dans une relation structurée par la contradiction entre l&rsquo;inévitable compétition américano-saoudienne dans la production pétrolière et la capacité des USA de contenir et de gérer de manière préemptive cette compétition grâce à sa position de pays plus avancé, mais aussi de garant militaire de l&rsquo;état saoudien. Evidemment, la politique américaine envers l&rsquo;Arabie Saoudite répondait au début à une logique de compétition avec son rival britannique. Cependant depuis les années 1970, la trajectoire sous-jacente de la politique américaine a entretenu le développement de l&rsquo;Arabie Saoudite en tant qu&rsquo;allié capitaliste subordonné. La combinaison d&rsquo;une révolution en Iran et du résultat de la guerre Iran-Irak a déséquilibré cette politique, menant à une présence militaire permanente des USA dans le Golfe dont la construction de bases américaines sur le territoire saoudien pour la première fois après 1991 <b id="17">[<a href="#17a">17</a>]</b>. Cette présence a déclenché le premier défi interne significatif envers la classe dirigeante saoudienne, avant d&rsquo;en arriver au territoire américain lui-même avec les attaques d&rsquo;Al-Qaeda au début du millénaire.</p>



<p>Les efforts fournis par la classe dirigeante saoudienne pour s&rsquo;adapter à ces changements semblent d&rsquo;une certaine manière s&rsquo;être cristallisés dans la personne et la politique du prince héritier Mohammed bin Salman. « MBS », comme il aime à se faire appeler, a acquis une renommée mondiale après sa nomination en 2017. On lui attribue le lancement d&rsquo;une campagne « anti-corruption » qui, par bonheur, a évincé ses principaux rivaux, l&rsquo;articulation d&rsquo;une « vision » pour diversifier l&rsquo;économie saoudienne qui reste dépendante du pétrole et enfin la levée de l&rsquo;interdiction des femmes de conduire <b id="18r">[<a href="#18a">18</a>]</b>. En tant que ministre de la défense, il dirige l&rsquo;intervention militaire saoudienne au Yémen qui a eu des conséquences catastrophique pour le peuple Yéménite, désormais dépendant de l&rsquo;aide humanitaire pour survivre dans un pays ravagé par la malnutrition et le choléra. Une purge dans les hauts échelons de l&rsquo;armée saoudienne en Mars 2018 montre comment Bin Salman impose des changements de personnel en même temps que sa vision pour une diversification économique. L&rsquo;annonce du remplacement du chef d&rsquo;état-major ainsi que des dirigeants des armées de l&rsquo;air et de terre ont coïncidé avec le lancement de politiques destinées à favoriser le développement d&rsquo;une industrie militaire domestique en partenariat avec des industriels militaires internationaux <b id="19r">[<a href="#19a">19</a>]</b>. Pendant ce temps, l&rsquo;enthousiasme de Bin Salman pour les réformes tout droit sorties du manuel néolibéral, donc des évolutions de la loi, des licences des entreprises et de la régulation, a trouvé un écho favorable auprès du FMI <b id="20r">[<a href="#20a">20</a>]</b>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Israël: le militarisme digital embrasse le Sionisme chrétien</h2>



<p>Israël joue depuis longtemps un rôle crucial dans les dynamiques impérialistes du Moyen-Orient, alors même que le caractère de ses relations avec les grandes puissances impérialistes a changé le long des décennies. Le projet sioniste a été incubé par l&#8217;empire britannique, mais ce sont les USA qui ont assumé le rôle de parrain impérialiste de l&rsquo;état d&rsquo;Israël après sa création en 1948. En 70 ans d&rsquo;existence d&rsquo;Israël, l&rsquo;aide militaire américaine directe a totalisé plus de 131 milliards de dollars US (prix actuels) <b id="21r">[<a href="#21a">21</a>]</b>. L&rsquo;aide économique directe, qui a notamment permis à l&rsquo;économie israélienne de rester à flot et de faire face à l&rsquo;hyperinflation et aux dépenses militaires au lendemain de la quasi-défaite dans la guerre de 1973 face à l&rsquo;Egypte et la Syrie, a été graduellement supprimée. Entre temps, le PIB et le PIB par habitant d&rsquo;Israël ont augmenté significativement (graphiques 1 &amp; 2) et l&rsquo;émergence d&rsquo;un nouveau secteur high-tech, attirant 15% des investissements mondiaux en cyber-sécurité venant de fonds spéculatifs, a placé Israël parmi les « start-up nations » qui peuvent s&rsquo;insérer directement dans la nouvelle « économie digitale » <b id="22r">[<a href="#22a">22</a>]</b>.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><span style="color: #808080;">Graphique 1: PIB d&rsquo;Israël et de la Jordanie (milliards de dollars US actuels)</span></h5>



<h5 class="wp-block-heading"><span style="color: #808080;">Source: Banque Mondiale.</span></h5>



<figure class="wp-block-image"><img data-dominant-color="fafafa" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #fafafa;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2018/09/graphique1.jpg" alt="graphique1" class="wp-image-1125 not-transparent"/></figure>



<h5 class="wp-block-heading">&nbsp;</h5>



<h5 class="wp-block-heading"><span style="color: #808080;">Graphique 2: PIB par habitant (dollars US actuels)</span></h5>



<h5 class="wp-block-heading"><span style="color: #808080;">Source: Banque Mondiale.</span></h5>



<p><img data-dominant-color="f7f7f7" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #f7f7f7;" loading="lazy" decoding="async" width="500" height="265" class="alignnone size-full wp-image-1126 not-transparent" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2018/09/graphique2.jpg" alt="graphique2"><br>Tout ceci a eu lieu dans le contexte d&rsquo;une coopération militaire américano-israélienne intensifiée. L&rsquo;aide militaire américaine est conçue pour maintenir un « avantage militaire qualitatif » d&rsquo;Israël par rapport à ses rivaux régionaux. Depuis 2008, les ventes d&rsquo;armes américaines dans la région ne sont approuvée que si le gouvernement peut prouver que ces ventes ne seront pas préjudiciables à Israël <b id="23r">[<a href="#23a">23</a>]</b>. Comme le montre le tableau 2, la valeur totale des prêts à long terme accordés à Israël dans le cadre de « Mémorandum d&rsquo;Entente » croît constamment sous les administrations démocrates et républicaines. Une portion significative de cette aide militaire a été livrée sous forme d&rsquo;accords de co-production, comme par exemple l&rsquo;accord de 2014 qui a vu des industriels américains et israéliens se mettre d&rsquo;accord pour travailler ensemble au développement du système de défense anti roquette « Dôme de Fer ».</p>



<h5 class="wp-block-heading"><span style="color: #808080;">Tableau 2: Mémorandum d’Entente USA-Israël</span></h5>



<h5 class="wp-block-heading"><span style="color: #808080;">Source: Sharp, 2018.</span></h5>



<p><img data-dominant-color="e6e6e6" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #e6e6e6;" loading="lazy" decoding="async" width="967" height="221" class="alignnone size-full wp-image-1127 not-transparent" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2018/09/tableau2.png" alt="tableau2.png" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2018/09/tableau2.png 967w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2018/09/tableau2-300x69.png 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2018/09/tableau2-768x176.png 768w" sizes="auto, (max-width: 967px) 100vw, 967px" /><br></p>



<p>Entretemps, une nouvelle politique de l&rsquo;immigration mise en place en 1990, dans le sillage de l&rsquo;Intifada de 1987, permit de remplacer les travailleurs journaliers palestiniens par des immigrés issus de pays en voie de développement, et ce dans les secteurs de l&rsquo;agriculture, de la construction et des services aux personnes. Les années 1990 virent le nombre de travailleurs non-palestiniens et non-citoyens (d&rsquo;Israël) dépasser le nombre total de palestiniens ayant travaillé en Israël depuis la création de cet état <b id="24r">[<a href="#24a">24</a>]</b>. De son côté, le « processus de paix » d&rsquo;Oslo et la création de l&rsquo;Autorité Palestinienne sous la direction de Yasser Arafat a généré un nouvel appareil officiel palestinien qui collabore directement avec l&rsquo;état israélien, acceptant notamment une entité palestinienne réduite à peau de chagrin et entièrement dominée économiquement et militairement par Israël.</p>



<p>La politique américaine de soutien militaire à Israël se consolide depuis plusieurs décennies. La décision de transférer l&rsquo;ambassade US à Jérusalem avait été prise par l&rsquo;administration Bush père en 1995, mais Clinton et ses successeurs avaient retardé l&rsquo;application de la loi. La montée de Trump a accéléré les convergences de tendances pro-Israéliennes, dans le but de faire pression pour contraindre les Palestiniens à une capitulation complète. La première de ces tendances est le mariage de convenance entre les évangélistes américains et la droite sioniste. Trump et Benjamin Netanyahu se partagent même un parrain politique, le magnat des casinos Sheldon Adelson <b id="25r">[<a href="#25a">25</a>]</b>. Le président américain et ses conseillers en charge de la politique moyen-orientale (son gendre Jared Kushner, son avocat Jason Greenblatt reconverti conseiller du président pour Israël et l&rsquo;ambassadrice américaine à l&rsquo;ONU Nikki Haley) ont pris des mesures qui sont du pain béni pour la droite israélienne, comme la révocation des financements américains de l&rsquo;UNRWA, l&rsquo;agence spéciale de l&rsquo;ONU qui assure l&rsquo;éducation et les soins de centaines de milliers de réfugiés palestiniens dans la région.</p>



<p>Les prétentions de Trump qui serait capable d&rsquo;arriver au « deal ultime » pour mettre fin au conflit israélo-palestinien doivent être mises dans ce contexte élargi. L&rsquo;inauguration de la nouvelle ambassade et l&rsquo;attaque contre les finances de l&rsquo;UNRWA peuvent être vues comme des attaques préventives en vue de s&rsquo;occuper des « problématiques historiques » du conflit dans lesquelles la classe dirigeante américaine semble décidée à trancher une bonne fois pour toutes en faveur d&rsquo;Israël, et ce avec le consentement de l&rsquo;Arabie Saoudite et du Golfe: la question de la souveraineté sur Jérusalem et celle du droit au retour des réfugiés palestiniens. Le mécanisme censé arriver à ce résultat dans le court terme comprend, comme on dirait, un bâton et une carotte: c&rsquo;est-à-dire des rafales tirées sur des manifestants palestiniens désarmés et des missiles sur les objectifs iraniens supposés en Syrie d&rsquo;un côté, et de l&rsquo;autre la promesse de partager les profits de la reconstruction de Gaza avec les membres du Fatah qui sont prêts à marcher.<br>Les réunions de Bruxelles au début de cette année montrent comment l&rsquo;eau potable et l&rsquo;électricité à Gaza sont marchandées dans cette affaire. Des représentants israéliens ont présenté un plan de reconstruction de Gaza à 1 milliards de dollars US, qui comprend des centrales de désalinisation, de nouvelles infrastructures électriques, un pipeline de gaz naturel et une mise à jour de la zone industrielle au niveau du poste frontière d&rsquo;Erez <b id="26r">[<a href="#26a">26</a>]</b>. Les conditions posées pour mettre fin au siège et débuter la reconstruction est le départ du Hamas du pouvoir et le rétablissement du contrôle de l&rsquo;Autorité Palestinienne sur Gaza, un processus qui s&rsquo;accélère depuis le blocus saoudien du Qatar (initié en juin 2017) qui a mis en lumière le manque d&rsquo;alliés régionaux du Hamas <b id="27r">[<a href="#27a">27</a>]</b>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Iran: le réveil d’une puissance régionale?</h2>



<p>L&rsquo;Iran a longtemps été un acteur important de l&rsquo;économie politique de la région. C&rsquo;est la découverte du pétrole en Iran en 1908 qui a signalé le départ de la course au partage des réserves pétrolières du Moyen-Orient entre les puissance coloniales européennes, avec à leur tête la Grande Bretagne qui a réussi à s&rsquo;approprier les champs pétrolifères iraniens. Cependant, contrairement aux pays du Golfe, c&rsquo;est l&rsquo;agriculture &#8211; notamment la cultivation et l&rsquo;exportation du coton &#8211; qui a joué un rôle central dans l&rsquo;intégration de l&rsquo;Iran dans l&rsquo;économie capitaliste mondiale. Alors que le capitalisme arrivait à maturité à échelle globale, l&rsquo;Iran semblait posséder de nombreux atouts qui lui permettraient de se projeter à un niveau plus élevé de développement. En regardant la valeur PIB totale de 1970, il eût été difficile de déterminer qui de l&rsquo;Iran, la Turquie ou la Corée du Sud, des pays avec une population similaire et un niveau de développement à peu près équivalent à ce moment-là, allait occuper une place plus avancée dans la hiérarchie économique des nations (voir le graphique 3).</p>



<p>Selon l&rsquo;orthodoxie des politiques et universitaires occidentaux, c&rsquo;est le renversement de la monarchie en 1979 et le virage adopté plus tard vers le capitalisme d&rsquo;état (apparemment à contre courant des tendances globales vers le néolibéralisme) qui expliquent pourquoi l&rsquo;Iran n&rsquo;a pas réussi à suivre la trajectoire sud-coréenne <b id="28r">[<a href="#28a">28</a>]</b>. Cependant, c&rsquo;est une lutte pour la survie et non une conviction idéologique qui a amené les dirigeants de la république islamique à se adopter un capitalisme d&rsquo;état relativement autarcique dans les années 1980, en réponses aux tentatives américaines d&rsquo;inverser la défaite infligée par les masses iraniennes en intervenant en faveur de l&rsquo;Irak lors de la guerre qui l&rsquo;a opposé à l&rsquo;Iran de 1980 à 1988 <b id="29r">[<a href="#29a">29</a>]</b>. En jetant un coup d&rsquo;oeil à l&rsquo;indicateur &#8211; peut-être un brin simpliste &#8211; du PIB, c&rsquo;est en 1986 que celui de la Corée du Sud a dépassé pour la première fois celui de l&rsquo;Iran.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><span style="color: #808080;">Graphique 3: PIB de la Corée du Sud, la Turquie et l’Iran (dollars US actuels)</span></h5>



<h5 class="wp-block-heading"><span style="color: #808080;">Source: Banque Mondiale.</span></h5>



<p><img data-dominant-color="f8f8f8" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #f8f8f8;" loading="lazy" decoding="async" width="500" height="262" class="alignnone size-full wp-image-1128 not-transparent" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2018/09/graphique3.jpg" alt="graphique3"><br>L&rsquo;économie iranienne est engagée depuis le milieu des années 1980 dans un lent processus de redressement, à travers différentes phases de politiques de l&rsquo;état dirigé par la nouvelle bourgeoisie. Cette dernière s&rsquo;est développée durant la période où l&rsquo;économie a été mise « sous serre », une autarcie intense imposée par la guerre contre l&rsquo;Irak et l&rsquo;hostilité des USA. Peyman Jafari montre comment la période post-révolutionnaire a joué un rôle charnière dans la formation du capitalisme iranien actuel <b id="30r">[<a href="#30a">30</a>]</b>. L&rsquo;économie capitaliste étatique en temps de guerre a donné naissance aux bonyads, les « fondations » étatiques massives qui ont organisé la distribution des ressources et des services aux classes populaires à la ville et à la campagne, contribuant ainsi à la mobilisation idéologique nécessaire pour l&rsquo;effort de guerre tout en construisant une base sociale pour le nouveau régime. Les périodes de réformes néolibérales qui ont suivi n&rsquo;ont pas érodé le rôle des bonyads dans l&rsquo;économie où dans l&rsquo;état. Ils ont plutôt été intégrés dans une forme hybride de « néolibéralisme du fait accompli » qui combine néolibéralisme et capitalisme d&rsquo;état <b id="31r">[<a href="#31a">31</a>]</b>. La trajectoire à long terme de l&rsquo;économie iranienne est caractérisée par les contradictions sous-jacentes d&rsquo;un potentiel poids lourd économique&nbsp; qui est néanmoins soumis à une réalité géopolitique, celle de l&rsquo;isolation et de la vulnérabilité de la classe dirigeante iranienne. Cette dernière a été rappelée à la réalité à maintes reprises par des chocs géopolitiques ces 40 dernières années, des chocs qui ont laissé leur empreinte sur l&rsquo;économie. Le plus récent fut l&rsquo;inversion rapide de la croissance soutenue des années 2000 après l&rsquo;imposition de sanctions en 2011-2012. Le PIB de l&rsquo;Iran commença à chuter alors que le pays perdit ses marchés d&rsquo;export européens.</p>



<p>Cependant, la classe dirigeante iranienne a également été le bénéficiaire imprévu des succès comme des échecs de la politique américaine en Irak. La défaite militaire de Saddam Hussein en 1991, suivie par une période de sanctions avant son renversement par l&rsquo;invasion américaine de 2003 ont affaibli puis éliminé un rival régional de l&rsquo;Iran. Le régime iranien a également bénéficié de ses relations avec les anciens groupements islamistes chiites irakiens d&rsquo;opposition&nbsp; comme le parti Da&rsquo;wa et le Conseil suprême de la révolution islamique en Irak; ces deux formations ont dominé le système politique confessionnel parrainé par l&rsquo;occupation américaine. Tous ces facteurs ont fait que l&rsquo;influence iranienne en Irak commença à croître dans la deuxième moitié des années 2000 <b id="32r">[<a href="#32a">32</a>]</b>. Les échecs américains sur les champs de bataille ont également permis à l&rsquo;Iran d&rsquo;exercer son influence militaire sur son voisin. En effet, la fameuse « reconquête » de 2006-2008 (qui a vu des dizaines de milliers de soldats US combattre divers groupes armés) a pavé le terrain pour la perte catastrophique de Mossoul en 2014 face à Daesh <b id="33r">[<a href="#33a">33</a>]</b>. Diverses forces paramilitaires chiites, vecteurs d&rsquo;influence iranienne,&nbsp; ont été déployées pour contenir la menace présentée par Daesh.</p>



<p>La classe dirigeante américaine a alterné ses manières d&rsquo;approcher les relations avec l&rsquo;Iran (tout en restant dans une perspective générale d&rsquo;hostilité et de suspicion). L&rsquo;accord nucléaire poussé par Obama en 2015 se basait sur la supposition que les USA pourraient tacitement arriver à faire cause commune avec des éléments de la classe dirigeante iranienne, leur offrant même un billet de retour vers le marché mondial avec la bénédiction et sous des termes dictés par les USA. Le revirement soudain de Trump se base sur ce que le New York Time appelle le « pari risqué » sur le fait que la classe dirigeante iranienne n&rsquo;aura pas la puissance économique et la volonté politique nécessaires au développement de l&rsquo;arme nucléaire &#8211; avec la capacité militaire des USA et de leurs alliés régionaux comme Israel et l&rsquo;Arabie Saoudite en garants de l&rsquo;échec d&rsquo;un tel projet iranien <b id="34r">[<a href="#34a">34</a>]</b>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La Turquie entre le miracle économique et le pétrin géopolitique</h2>



<p>Au cours des trois dernières décennies, l&rsquo;économie turque s&rsquo;est hissée au sommet de la hiérarchie régionale, dépassant allègrement l&rsquo;Arabie Saoudite depuis 2000 malgré le fait de devoir importer 90% de sa consommation en hydrocarbures. L&rsquo;expansion des petites et moyennes industries provinciales (hors Istanbul et Ankara) forma le fer de lance de la croissance turque ainsi que la base sociale qui permet toujours à Erdogan et son parti l&rsquo;AKP de résister aux pressions de sections de l&rsquo;état turc et des grands capitaux qui s&rsquo;opposent aux politiques de l&rsquo;AKP et ont tenté d&#8217;empêcher les islamistes de tous bords d&rsquo;accéder aux leviers du pouvoir. Les succès électoraux de l&rsquo;AKP durant les années 2000 s&rsquo;expliquent également par le fait que la croissance turque a fait baisser le pourcentage de la population vivant sous le seuil national de pauvreté de 28.8% en 2003 à 1.6% en 2014 <b id="35r">[<a href="#35a">35</a>]</b>. Ces statistiques cachent néanmoins des inégalités sociales continues et des problèmes de productivité dans les secteurs « informels » de l&rsquo;industrie. Mais l&rsquo;idée qu&rsquo;un gouvernement islamiste a offert une certaine « prospérité » à des sections relativement larges de la population explique comment la base sociale profondément contradictoire de l&rsquo;AKP a soudé des sections de la classe ouvrière et des habitants des quartiers pauvres des villes avec une section de plus en plus fortunée de la bourgeoisie turque organisée par le biais de l&rsquo;Association des Industriels et Entrepreneurs Indépendants (MUSIAD).</p>



<p>Le destin du « miracle économique » turc des 15 dernières années reste inextricablement lié aux dynamiques de la compétition géopolitique. La position de la Turquie en tant que portail d&rsquo;accès au pétrole nord-irakien signifie que la classe dirigeante turque n&rsquo;est pas neutre quant à la question du pouvoir à Mossoul et à Kirkuk, deux villes qui, en plus, constituent un marché d&rsquo;export important pour la Turquie. La frontière Est de la Turquie la connecte également à l&rsquo;Iran, qui a supplanté l&rsquo;Irak en 2017 comme source principale de pétrole brut d&rsquo;Ankara <b id="36r">[<a href="#36a">36</a>]</b>.</p>



<p>La répression de la population kurde du côté turc de la frontière a longtemps compliqué les relations de la Turquie et de l&rsquo;Irak. Durant les années 2000, la classe dirigeante turque a poursuivi un long processus de paix visant à mettre fin à la guérilla menée par le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) à l&rsquo;intérieur de la Turquie, tout en limitant sa capacité à se servir des pays limitrophes comme base arrière militaire, ou comme source de soutien diplomatique ou politique. C&rsquo;est un des facteurs qui expliquent les bonnes relations du gouvernement turc avec le régime de Bachar al-Assad avant la révolution (en plus de l&rsquo;ouverture du marché syrien aux exportations turques), ainsi que le ton étonnamment cordial des relations entre la Turquie et le gouvernement régional du Kurdistan à Erbil (dirigé par le Parti Démocratique du Kurdistan, un rival du PKK).</p>



<p>La désintégration de facto de la Syrie dans un conflit à géométrie variable, émanant de la répression militaire brutale du soulèvement populaire de 2011 par le régime Assad a fondamentalement altéré le terrain géopolitique des frontières Sud et Est de la Turquie. Le pays a dû accueillir 56% des réfugiés ayant quitté la Syrie. D&rsquo;ami, le régime Assad s&rsquo;est transformé en ennemi quasi-instantanément, alors qu&rsquo;apparaissait une nouvelle entité kurde dans la région du Rojava entre la Syrie et la Turquie, et les forces militaires kurdes syriennes du PYD (allié du PKK, contrairement au KDP en Irak) se mettaient à jouer un rôle central en tant que troupes au sol alliées aux USA dans ses efforts pour détruire Daesh. Ces développements expliquent l&rsquo;arrêt soudain du processus de paix avec le PKK et la reprise de la guerre dans les provinces de l&rsquo;Est. Les troupes turques ont récemment envahi Afrin dans la partie Nord de la Syrie, causant la fuite de milliers d&rsquo;habitants kurdes et visant à empêcher le canton de faire sa jonction avec les autres régions sous contrôle kurde qui constituent le Rojava <b id="37r">[<a href="#37a">37</a>]</b>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Syrie: d’une guerre civile à une guerre régionale?</h2>



<p>La Syrie constitue l&rsquo;arène où les différentes dynamiques compétitives entre puissances mondiales et régionale s&rsquo;intersectent de la manière la plus préoccupante. Des forces militaires antagonistes, venant de « plusieurs niveaux », y sont actives dans de multiples conflits. Les USA, qui ont déployé 2000 troupes au sol en Syrie depuis 2015, seraient en train d&rsquo;y construire « une présence militaire à durée indéterminée » <b id="38r">[<a href="#38a">38</a>]</b>. Les forces navales et les armées de l&rsquo;air américaines, françaises et britanniques bombardent fréquemment des cibles en Syrie, alors que l&rsquo;intervention de l&rsquo;armée de l&rsquo;air russe a renversé le rapport de forces de la guerre civile en faveur du régime d&rsquo;Assad. La Russie a établi une nouvelle base à l&rsquo;aérodrome de Hmeymim et a renouvelé les accords lui permettant d&rsquo;utiliser sa base navale de Tartous, qui date de l&rsquo;ère soviétique <b id="39r">[<a href="#39a">39</a>]</b>. Les puissances régionales sont elles aussi à l&rsquo;oeuvre dans les multiples conflits syriens; l&rsquo;Iran soutient Assad et le Hezbollah libanais, en plus d&rsquo;établir une présence militaire directe. Après l&rsquo;invasion d&rsquo;Afrin, le gouvernement turc a vivement réagi à l&rsquo;annonce faite par les USA, son allié de l&rsquo;OTAN, de l&rsquo;établissement d&rsquo;une force frontalière dominée par les Forces Démocratiques Syrienne (FDS), une formation elle-même dirigée par les Kurdes du PYD <b id="40r">[<a href="#40a">40</a>]</b>. Enfin, il existe de nombreux acteurs engagés dans des rivalités locales et qu&rsquo;on pourrait appeler tour à tour les « Kurdes », « jihadistes sunnites », « forces d&rsquo;opposition », « forces pro-régime » (cette dernière inclut des unités de l&rsquo;armée régulière ainsi que des milices paramilitaires) dans une tentative désespérée de donner un sens à ce kaléidoscope de coalitions changeantes sur des lignes de front mobiles.</p>



<p>De nombreuses raisons expliquent pourquoi la guerre commencée par Assad contre le soulèvement populaire de 2011 s&rsquo;est mué en un conflit qui, non content de déchirer la Syrie même, envoie des ondes de choc qui traversent le système impérialiste régional et mondial. Nous n&rsquo;avons pas l&rsquo;espace pour explorer ici tous les aspects de ces dynamiques, mais décrivons néanmoins trois thèmes qui dominent ces processus entrelacés. Le premier est le désastre du voisin irakien: les cycles multiples de guerres, embargo, invasion, occupation, insurrection et conflit confessionnel qui ont saisi l&rsquo;Irak ont affecté la Syrie de plusieurs manières, notamment par la désintégration de l&rsquo;autorité étatique à la frontière, les flux massifs de réfugiés irakiens en Syrie et l&rsquo;intervention de groupes armés confessionnels Irakien dans le conflit syrien (non seulement Daesh sunnite mais aussi des groupes chiites recrutés par le régime d&rsquo;Assad). L&rsquo;effondrement de l&rsquo;autorité du gouvernement irakien dans les zones à majorité kurde du nord du pays a permis l&rsquo;émergence d&rsquo;un état kurde de facto, accélérant ainsi les tendances à l&rsquo;autonomie régionale dans les zones kurdes de Syrie.</p>



<p>Ces facteurs ont interagi avec la stratégie contre-révolutionnaire poursuivie par le régime Assad. Comme nous l&rsquo;avons déjà expliqué autre part, la décision d&rsquo;Assad de traiter les foyers de rébellion de 2011 comme des « territoires ennemis », leur faisant subir bombardements massifs et sièges, eut des conséquences profondes <b id="41r">[<a href="#41a">41</a>]</b>. La stratégie de survie du régime dépendait aussi de sa capacité à utiliser le sectarisme religieux comme arme &#8211; se faisant passer pour le protecteur des minorités religieuses contre le jihadisme sunnite, tout en protégeant ses propres alliés sur des bases sectaires, permettant et même ordonnant des massacres sectaires calculés pour fracturer l&rsquo;unité forgée durant les premiers mois du soulèvement. Le passage d&rsquo;une phase de soulèvement populaire à une phase insurrectionnelle armée a été perçu comme ayant eu lieu naturellement, ce qui a souvent servi à occulter le fait que la défaite du mouvement de protestation populaire de 2011 fut une précondition à l&rsquo;établissement d&rsquo;une hégémonie des jihadistes sunnites du côté de l&rsquo;opposition. L&rsquo;émergence de Daesh et sa prise de Raqqa et Mossoul est intervenue à une phase encore ultérieure, en 2014-2015. L&rsquo;incapacité des dirigeants de Daesh à stabiliser leurs gains militaires, en partie parce que leur rigidité idéologique l&rsquo;a emporté sur le pragmatisme nécessaire à la construction étatique, a de son côté ouvert une nouvelle phase dans un cycle guerrier qui semble ne pas connaître de fin (même s&rsquo;il est trop tôt pour exclure définitivement Daesh en tant que force militaire, comme le rappelle Patrick Cockburn)<b id="42r">[<a href="#42a">42</a>]</b>. De plus, alors le processus lent mais impitoyable d&rsquo;élimination des derniers territoires rebelles par le régime Assad suit son cours, l&rsquo;identité des gagnants et des perdants au niveau régional devient de plus en plus claire.</p>



<p>A travers les écrans de fumée des revendications et contre-revendications, il apparaît incontestable que l&rsquo;influence militaire et politique de l&rsquo;Iran s&rsquo;est étendue de manière dramatique en Irak et en Syrie. Le Hezbollah, allié libanais de l&rsquo;Iran, a joué un rôle de premier plan en soutenant les assauts des forces d&rsquo;Assad contre les forces de l&rsquo;opposition. Des groupes chiites paramilitaires irakiens se sont mobilisés, avec le soutien de l&rsquo;Iran, afin de venir en aide au régime d&rsquo;Assad. On dit que l&rsquo;influence iranienne est désormais profondément incorporée au sein même de l&rsquo;état syrien, notamment par le biais de « conseillers » qui ont construit les puissantes milices paramilitaires pro-Assad <b id="43r">[<a href="#43a">43</a>]</b>. Les factions du capitalisme iranien les plus liées aux institutions étatiques, comme les Gardiens de la révolution, qui dirigent les interventions militaires en Irak et en Syrie, espèrent également bénéficier de la reconstruction durant l&rsquo;après-guerre <b id="44r">[<a href="#44a">44</a>]</b>.</p>



<p>La position renforcée de l&rsquo;Iran au sein du système sous-impérialiste régional au sortir de la guerre syrienne est un facteur majeur dans la décision prise par Trump de sortir de l&rsquo;accord nucléaire. Une offensive militaire et diplomatique coordonnée par Israël a combiné des frappes répétées sur des « bases iraniennes » en Syrie avec un redoublement de la propagande officielle dénonçant les ambitions régionales du régime iranien et son soutien au « terrorisme ». Netanyahu a mené l&rsquo;assaut, en tenant une conférence de presse pour dévoiler des informations soi-disant « secrètes » sur les supposées violations iraniennes de l&rsquo;accord, et encourageant Trump à s&rsquo;en retirer <b id="45r">[<a href="#45a">45</a>]</b>. La prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane a rejoint la chorale des dénonciateurs de l&rsquo;Iran, reprenant le même refrain que Netanyahu.</p>



<p>Il ne faut cependant pas exagérer la renaissance iranienne. C&rsquo;est bien l&rsquo;intervention de Vladimir Poutine qui a changé le cours de la guerre de manière décisive; la Russie était motivée par une logique de compétition impérialiste avec les USA, défendant d&rsquo;un côté un allié existant (le régime Assad) et profitant d&rsquo;une opportunité pour inaugurer une nouvelle arène d&rsquo;intervention militaire et diplomatique russe. Il serait donc erroné de penser que l&rsquo;accord irano-russe sur la survie du régime Assad signifie que des pressions identiquent s&rsquo;exercent sur les deux pays en Syrie. Les attaques israéliennes récentes pourraient bien contenir un message pour les Russes: contenir la présence et les ambitions iraniennes en Syrie permettra aux Russes de pérenniser leurs propres gains qui seraient mis en danger par une éventuelle déflagration entre Israël et l&rsquo;Iran <b id="46r">[<a href="#46a">46</a>]</b>.</p>



<p>Le fait que l&rsquo;Iran soit parvenu à profiter des mauvais calculs américains pour revigorer quelque peu sa stature géopolitique doit être mis dans le contexte d&rsquo;un système sous-impérialiste qui a vu une convergence sans précédent entre l&rsquo;Arabie Saoudite et Israël. Il est tout aussi important de prendre en compte la manière dont les dynamiques compétitives sous-impérialistes sont affectées par le compétition entre les grandes puissances impérialistes. Nous avons en effet exploré ci-dessus les rôles sous-impérialistes de l&rsquo;Arabie Saoudite et d&rsquo;Israël qui restent dépendants d&rsquo;une continuation de l&rsquo;aide militaire et économique américaine, même si le caractère des liens qui les unissent peuvent changer. Les navires et les avions américains restent les garants ultimes de la survie de la dynastie al-Saoud en 2018, comme ils l&rsquo;étaient en 1990. Cependant, l&rsquo;aventurisme militaire de Mohamed Ben Salman au Yémen combiné au rôle de premier plan joué par la classe dirigeante saoudienne dans la contre-révolution en Egypte suggère que les dirigeants saoudiens commencent à avoir la gâchette facile et ne se contentent plus de laisser l&rsquo;initiative militaire à d&rsquo;autre décideurs.</p>



<p>Pour conclure, le recul relatif du pouvoir américain au Moyen-Orient après la longue agonie de l&rsquo;Irak n&rsquo;a pas, en soi, mené au ralentissement de la compétition impérialiste. Au contraire, les ambitions des puissances régionales (Iran, Arabie Saoudite, Israël et Turquie) et des puissances mondiales (Russie) se sont revigorées pour combler le vide. Celà devrait nous rappeler, si c&rsquo;est encore nécessaire, que l&rsquo;impérialisme n&rsquo;est pas lié à un état ou groupe d&rsquo;états spécifiques mais puise des racines profondes dans le processus même de l&rsquo;accumulation capitaliste et ne sera pas éradiqué avant l&rsquo;éradication du capitalisme lui-même. Face à l&rsquo;ampleur de la dévastation sociale de l&rsquo;Irak et de la Syrie, ou face à la perspective terrifiante d&rsquo;une guerre entre des états nucléaires, l&rsquo;on serait tenté de penser que les leviers de l&rsquo;histoire se trouvent entre les mains des puissants. Mais les dernières vagues de grèves en Iran, les protestations contre les coûts des transports en commun en Egypte, les mobilisations populaires anticorruption traversant les divisions confessionnelles en Irak, ainsi que les manifestations de masse en Jordanie contre des mesures d&rsquo;austérité prescrites par le FMI nous rappellent que les dirigeants du Moyen Orient qui ignorent les questions de classe le font à leur péril. La problématique de la fusion des résistances anti-impérialiste et anticapitaliste par en-bas au Moyen Orient, malgré les défaites subies depuis 2011, reste cruciale pour les socialistes révolutionnaires.</p>



<p><strong>Anne Alexander</strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<p><strong>NOTES</strong></p>



<p><br><b id="1a">[1]</b> Callinicos, 2018, p9. Merci à Alex Callinicos, Jad Bouharoun, Phil Marfleet et John Rose pour leurs commentaires. <a href="#1r">↩</a><br><b id="2a">[2]</b> Margulies, 2018. <a href="#2r">↩</a><br><b id="3a">[3]</b> Sanchez, 2018a. <a href="#3r">↩</a><br><b id="4a">[4]</b> Smith, 2018. <a href="#4r">↩</a><br><b id="5a">[5]</b> Sur la relation entre l’état et le capital, voir Harman 1991. Sur l’impérialisme voir Bukharin, 1967, Callinicos, Rees, Haynes et Harman, 1994 et Callinicos, 2009. <a href="#5r">↩</a><br><b id="6a">[6]</b> Callinicos, 2009, p185. <a href="#6r">↩</a><br><b id="7a">[7]</b> Les débats à gauche sur la compréhension des dynamiques impérialistes lors de la guerre Iran-Irak des années 1980 sont utiles comme point de référence sur la discussion du sous-impérialisme actuel. Voir Callinicos, 1988 pour un exposé de la position prise par l’IST à l’époque. <a href="#7r">↩</a><br><b id="8a">[8]</b> Callinicos, 2009, p166. <a href="#8r">↩</a><br><b id="9a">[9]</b> Voir Callinicos, 2009 pour une discussion détaillée de ce sujet. <a href="#9r">↩</a><br><b id="10a">[10]</b> L’analyse développée ici se concentre sur les pays “arabes” du Golfe, du Levant et de l’Egypte (sachant que certains de ces pays contiennent des minorités kurdes significatives) en plus de l’Iran, la Turquie et Israël. Nous n’avons pas ici la place pour discuter de l’Afrique du Nord/Maghreb. <a href="#10r">↩</a><br><b id="11a">[11]</b> Callinicos, 2018. <a href="#11r">↩</a><br><b id="12a">[12]</b> Voir Alexander et Assaf, 2005a et 2005b. Voir également Herring et Rangwala, 2006. <a href="#12r">↩</a><br><b id="13a">[13]</b> Hanieh, 2011. <a href="#13r">↩</a><br><b id="14a">[14]</b> Cela ne signifie pas que les tentative saoudienne d’asseoir leur domination sur le reste du Golfe ont toujours été couronnées de succès. <a href="#14r">↩</a><br><b id="15a">[15]</b> Hanieh, 2011. <a href="#15r">↩</a><br><b id="16a">[16]</b> Hanieh, 2011, p47. <a href="#16r">↩</a><br><b id="17a">[17]</b> Smith, 1991. <a href="#17r">↩</a><br><b id="18a">[18]</b> Stancati et Malsin, 2018. <a href="#18r">↩</a><br><b id="19a">[19]</b> Carey, 2018. <a href="#19r">↩</a><br><b id="20a">[20]</b> Al-Baqmi, 2018. <a href="#20r">↩</a><br><b id="21a">[21]</b> Thomas, 2017. <a href="#21r">↩</a><br><b id="22a">[22]</b> Economist, 2017. <a href="#22r">↩</a><br><b id="23a">[23]</b> Thomas, 2017. <a href="#23r">↩</a><br><b id="24a">[24]</b> Population and Immigration Authority, 2016, p11. <a href="#24r">↩</a><br><b id="25a">[25]</b> Clifton, 2017. <a href="#25r">↩</a><br><b id="26a">[26]</b> Landau, 2018; Président de Ad Hoc Liaison Committee, 2018. <a href="#26r">↩</a><br><b id="27a">[27]</b> Williams, 2018. <a href="#27r">↩</a><br><b id="28a">[28]</b> Maloney, 2015. <a href="#28r">↩</a><br><b id="29a">[29]</b> Callinicos, 1988. <a href="#29r">↩</a><br><b id="30a">[30]</b> Jafari, 2009. <a href="#30r">↩</a><br><b id="31a">[31]</b> Jafari, 2009; Afary, 2017. <a href="#31r">↩</a><br><b id="32a">[32]</b> Nader, 2015. <a href="#32r">↩</a><br><b id="33a">[33]</b> Alexander, 2016. <a href="#33r">↩</a><br><b id="34a">[34]</b> Sanger et Kirkpatrick, 2018. <a href="#34r">↩</a><br><b id="35a">[35]</b> OECD, 2016, p18. <a href="#35r">↩</a><br><b id="36a">[36]</b> Tiryakioglu, 2018. <a href="#36r">↩</a><br><b id="37a">[37]</b> Margulies, 2018. <a href="#37r">↩</a><br><b id="38a">[38]</b> BBC News, 2018. <a href="#38r">↩</a><br><b id="39a">[39]</b> Tass, 2017. <a href="#39r">↩</a><br><b id="40a">[40]</b> BBC News, 2018. <a href="#40r">↩</a><br><b id="41a">[41]</b> Alexander et Bouharoun, 2016. <a href="#41r">↩</a><br><b id="42a">[42]</b> Cockburn, 2018. <a href="#42r">↩</a><br><b id="43a">[43]</b> Voir Sinjab, 2017. <a href="43r">↩</a><br><b id="44a">[44]</b> Blanche, 2017. <a href="#44r">↩</a><br><b id="45a">[45]</b> Sanger and Kirkpatrick, 2018. <a href="#45r">↩</a><br><b id="46a">[46]</b> Sanchez, 2018b. <a href="#46r">↩</a><br><span style="text-decoration: underline;">Sources</span>:<br>Afary, Frieda, 2017, “The Particular Features of the Islamic Republic’s Capitalism and the Need for a Humanist Alternative to Capitalism/Militarism”, Alliance of Middle Eastern Socialists (28 June), <a href="https://tinyurl.com/ya9yw4ah" target="_blank" rel="noopener noreferrer">https://tinyurl.com/ya9yw4ah</a><br>Al-Baqmi, Shuja, 2018, “IMF Expects Saudi Growth, Lauds Reforms”, Asharq al-Awsat (24 May), <a href="https://aawsat.com/english/home/article/1278521/imf-expects-saudi-economic-growth-lauds-reforms" target="_blank" rel="noopener noreferrer">https://aawsat.com/english/home/article/1278521/imf-expects-saudi-economic-growth-lauds-reforms</a><br>Alexander, Anne, 2016, “ISIS, Imperialism and the War in Syria”, International Socialism 149 (winter), <a href="https://isj.org.uk/isis-imperialism-and-the-war-in-syria/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">https://isj.org.uk/isis-imperialism-and-the-war-in-syria/</a><br>Alexander, Anne, and Simon Assaf, 2005a, “Iraq: Rise of the Resistance”, International Socialism 105(winter), <a href="https://isj.org.uk/iraq-the-rise-of-the-resistance/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">https://isj.org.uk/iraq-the-rise-of-the-resistance/</a><br>Alexander, Anne, and Simon Assaf, 2005b, “Elections and the Resistance in Iraq”, International Socialism 106 (spring), <a href="https://isj.org.uk/the-elections-and-the-resistance-in-iraq/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">https://isj.org.uk/the-elections-and-the-resistance-in-iraq/</a><br>Alexander, Anne, and Jad Bouharoun, 2016, Syria: Revolution, Counter-revolution and War (Socialist Workers Party).<br>BBC News, 2018, “US Plans Open-ended Military Presence in Syria” (18 January), <a href="https://bbc.co.uk/news/world-middle-east-42731222" target="_blank" rel="noopener noreferrer">www.bbc.co.uk/news/world-middle-east-42731222</a><br>Blanche, Ed, 2017, “In Syria, IRGC Banks on Reconstruction Boom”, Arab Weekly (19 March), <a href="https://thearabweekly.com/syria-irgc-banks-reconstruction-boom" target="_blank" rel="noopener noreferrer">https://thearabweekly.com/syria-irgc-banks-reconstruction-boom</a><br>Bukharin, Nikolai, 1967 [1917], Imperialism and World Economy (H Fertig).<br>Callinicos, Alex, 1988, “An Imperialist Peace?”, Socialist Worker Review, issue 112, <a href="https://www.marxisme.dk/arkiv/callinic/1988/09/iraniraq.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">www.marxisme.dk/arkiv/callinic/1988/09/iraniraq.htm</a><br>Callinicos, Alex, 2009, Imperialism and Global Political Economy (Polity Press).<br>Callinicos, Alex, 2018, “Trump gets Serious”, International Socialism 158 (spring), <a href="https://isj.org.uk/trump-gets-serious/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">https://isj.org.uk/trump-gets-serious/</a><br>Callinicos, Alex, John Rees, Mike Haynes and Chris Harman, 1994, Marxism and the New Imperialism(Bookmarks).<br>Carey, Glen, 2018, “Saudi Prince’s Big Military Revamp Means Billions to Business”, Bloomberg (1 March), <a href="https://www.bloomberg.com/news/articles/2018-03-01/saudi-military-gets-the-mbs-treatment" target="_blank" rel="noopener noreferrer">www.bloomberg.com/news/articles/2018-03-01/saudi-military-gets-the-mbs-treatment</a><br>Chair of the Ad Hoc Liaison Committee, 2018, “Meeting of the Ad Hoc Liaison Committee—Chair’s Summary”, Norwegian Foreign Ministry (20 March), <a href="https://www.regjeringen.no/contentassets/da90bc8f385a4394b368a181085dfa06/summary_ahlc1803_ny.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">www.regjeringen.no/contentassets/da90bc8f385a4394b368a181085dfa06/summary_ahlc1803_ny.pdf</a><br>Chowdhury, Debasish Roy, 2018, “China a Pillar of Strength in Qatar’s Fightback Against Arab Blockade”, South China Morning Post (9 June), <a href="https://www.scmp.com/week-asia/geopolitics/article/2149915/china-pillar-strength-qatars-fightback-against-arab-blockade" target="_blank" rel="noopener noreferrer">www.scmp.com/week-asia/geopolitics/article/2149915/china-pillar-strength-qatars-fightback-against-arab-blockade</a><br>Clifton, Eli, 2017, “Is Sheldon Adelson Behind Trump’s Decision on Jerusalem?” +972mag (5 December), <a href="https://972mag.com/is-sheldon-adelson-behind-trumps-decision-on-jerusalem/131218/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">https://972mag.com/is-sheldon-adelson-behind-trumps-decision-on-jerusalem/131218/</a><br>Cockburn, Patrick, 2018, “Inside Syria: With its Enemies Diverted or Fighting Each Other, Isis is Making a Swift and Deadly Comeback”, Independent(4 March), <a href="https://tinyurl.com/ya4bpsw9" target="_blank" rel="noopener noreferrer">https://tinyurl.com/ya4bpsw9</a><br>Economist, 2017, “Israel’s Economy is a Study in Contrasts” (18 May), <a href="https://www.economist.com/special-report/2017/05/18/israels-economy-is-a-study-in-contrasts" target="_blank" rel="noopener noreferrer">www.economist.com/special-report/2017/05/18/israels-economy-is-a-study-in-contrasts</a><br>Hanieh, Adam, 2011, Capitalism and Class in the Gulf Arab States (Palgrave Macmillan).<br>Harman, Chris, 1991, “The State and Capitalism Today”, International Socialism 51 (summer), <a href="https://www.marxists.org/archive/harman/1991/xx/statcap.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">www.marxists.org/archive/harman/1991/xx/statcap.htm</a><br>Herring, Eric, and Glen Rangwala, 2006, Iraq in Fragments: The Occupation and its Legacy (Hurst).<br>Jafari, Peyman, 2009, “Rupture and Revolt in Iran”, International Socialism 124 (autumn), <a href="https://isj.org.uk/rupture-and-revolt-in-iran/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">https://isj.org.uk/rupture-and-revolt-in-iran/</a><br>Landau, Noa, 2018, Israel Presents $1 Billion Rehabilitation Plan for Gaza, but Demands Palestinian Authority Take Over, Haaretz (1 February), <a href="https://www.haaretz.com/israel-news/.premium-israel-offers-1-billion-rehab-plan-for-gaza-at-emergency-confab-1.5784390" target="_blank" rel="noopener noreferrer">www.haaretz.com/israel-news/.premium-israel-offers-1-billion-rehab-plan-for-gaza-at-emergency-confab-1.5784390</a><br>Maloney, Suzanne, 2015, Iran’s Political Economy Since the Revolution (Cambridge University Press).<br>Margulies, Ron, 2018, “Why Turkish Troops are in Syria”, International Socialism 158 (spring), <a href="https://isj.org.uk/why-turkish-troops-are-in-syria/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">https://isj.org.uk/why-turkish-troops-are-in-syria/</a><br>Nader, Alireza, 2015, “Iran’s Role in Iraq: Room for Cooperation?”, RAND Corporation, <a href="https://www.rand.org/pubs/perspectives/PE151.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">www.rand.org/pubs/perspectives/PE151.html</a><br>OECD, 2016, “Turkey”, OECD Economic Surveys (July), <a href="https://read.oecd-ilibrary.org/economics/oecd-economic-surveys-turkey-2016_eco_surveys-tur-2016-en#page1" target="_blank" rel="noopener noreferrer">https://read.oecd-ilibrary.org/economics/oecd-economic-surveys-turkey-2016_eco_surveys-tur-2016-en#page1</a><br>Population and Immigration Authority, 2016, “Labour Migration to Israel”, <a href="https://www.gov.il/BlobFolder/reports/foreign_workers_in_israel_2016_report/he/foreign_workers_israel_review_0916.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">www.gov.il/BlobFolder/reports/foreign_workers_in_israel_2016_report/he/foreign_workers_israel_review_0916.pdf</a><br>Sanchez, Raf, 2018a, “Israel Strikes Back Against Syrian Targets and Threatens ‘Storm’ on Iran after Golan Heights Attack”, Telegraph (11 May), <a href="https://www.telegraph.co.uk/news/2018/05/10/israel-fires-barrage-missiles-syria-accusing-iranian-forces/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">www.telegraph.co.uk/news/2018/05/10/israel-fires-barrage-missiles-syria-accusing-iranian-forces/</a><br>Sanchez, Raf, 2018b, “Israel Sees an Opportunity to Drive Iran out of Syria as Russia Looks to its Own Interests”, Telegraph (29 May), <a href="https://www.telegraph.co.uk/news/2018/05/28/israel-sees-opportunity-drive-wedge-iran-russia-syria/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">www.telegraph.co.uk/news/2018/05/28/israel-sees-opportunity-drive-wedge-iran-russia-syria/</a><br>Sanger, David and David Kirkpatrick, 2018, “Behind Trump’s Termination of Iran Deal is a Risky Bet”, New York Times (8 May), <a href="https://www.nytimes.com/2018/05/08/us/politics/trump-iran-nuclear-deal-news-analysis-.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">www.nytimes.com/2018/05/08/us/politics/trump-iran-nuclear-deal-news-analysis-.html</a><br>Sharp, Jeremy, 2018, “US Foreign Aid to Israel”, Congressional Research Service Briefing (10 April), <a href="https://fas.org/sgp/crs/mideast/RL33222.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">https://fas.org/sgp/crs/mideast/RL33222.pdf</a><br>Sinjab, Lina, 2017, “Iran is Building a New Source of Shia Influence Inside Syria”, Chatham House (November), <a href="https://tinyurl.com/yag59bez" target="_blank" rel="noopener noreferrer">https://tinyurl.com/yag59bez</a><br>Smith, David, 1991 “The Postwar Gulf: Return to Twin Pillars?”, Defense Technical Information Centre, <a href="https://www.dtic.mil/dtic/tr/fulltext/u2/a528003.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">www.dtic.mil/dtic/tr/fulltext/u2/a528003.pdf</a><br>Smith, David, 2018, “Pastors at Embassy Opening Highlight Evangelicals’ Deal with The Donald”, Guardian (15 May), <a href="https://tinyurl.com/y8g8ruh9" target="_blank" rel="noopener noreferrer">https://tinyurl.com/y8g8ruh9</a><br>Stancati, Margherita, and Jared Malsin, 2018, “Saudi Crown Prince Turns from Turmoil at Home to Diplomacy Abroad”, Wall Street Journal (4 March), <a href="https://www.wsj.com/articles/saudi-crown-prince-turns-from-turmoil-at-home-to-diplomacy-abroad-1520179615" target="_blank" rel="noopener noreferrer">www.wsj.com/articles/saudi-crown-prince-turns-from-turmoil-at-home-to-diplomacy-abroad-1520179615</a><br>Tass, 2017, “Moscow Cements Deal with Damascus to keep 49-year Presence at Syrian Naval and Air Bases”, Tass (20 January), <a href="https://tass.com/defense/926348" target="_blank" rel="noopener noreferrer">https://tass.com/defense/926348</a><br>Thomas, Clayton 2017, “Arms Sales in the Middle East”, Congressional Research Service (11 October), <a href="https://fas.org/sgp/crs/mideast/R44984.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">https://fas.org/sgp/crs/mideast/R44984.pdf</a><br>Tiryakioglu, Muhsin, 2018, “Iran Keeps Top Position as Crude Oil Exporter to Turkey”, Anadolu (30 May), <a href="https://www.aa.com.tr/en/economy/iran-keeps-top-position-as-crude-oil-exporter-to-turkey/1160729" target="_blank" rel="noopener noreferrer">www.aa.com.tr/en/economy/iran-keeps-top-position-as-crude-oil-exporter-to-turkey/1160729</a><br>Williams, Dan, 2018, “Qatar says Gaza aid Spares Israel War, shows Doha does not back Hamas”, Reuters (22 February), <a href="https://www.reuters.com/article/us-qatar-israel-diplomacy/qatar-says-gaza-aid-spares-israel-war-shows-doha-does-not-back-hamas-idUSKCN1G62JR" target="_blank" rel="noopener noreferrer">www.reuters.com/article/us-qatar-israel-diplomacy/qatar-says-gaza-aid-spares-israel-war-shows-doha-does-not-back-hamas-idUSKCN1G62JR</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/les-dynamiques-contemporaines-de-limperialisme-au-moyen-orient-une-analyse-preliminaire/">Les dynamiques contemporaines de l’impérialisme au Moyen-Orient: une analyse préliminaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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