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	<title>Archives des Immigration - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<title>Archives des Immigration - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Crise du pouvoir : contre la loi Darmanin-Le Pen et pour la Palestine, saisir la brèche</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Jan 2024 16:32:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Immigration]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">La crise politique que traverse le gouvernement ne cesse de se renforcer. Après six mois de mouvement social contre la réforme des retraites, trois jours et nuits de révoltes contre les crimes policiers, le gouvernement <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/crise-du-pouvoir-contre-la-loi-darmanin-le-pen-et-pour-la-palestine-saisir-la-breche/" title="Crise du pouvoir : contre la loi Darmanin-Le Pen et pour la Palestine, saisir la brèche">[...]</a></div>
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<p class="wp-block-paragraph" style="font-style:normal;font-weight:600">La crise politique que traverse le gouvernement ne cesse de se renforcer. Après six mois de mouvement social contre la réforme des retraites, trois jours et nuits de révoltes contre les crimes policiers, le gouvernement est fragilisé pour mener sa politique. Acculé dans une période de crise économique et politique, il ne peut nous concéder de victoires et n’a pas d’autre choix pour mettre fin aux conflits sociaux ou politiques, que d’accroître la répression de nos luttes par tous les moyens possibles et de renforcer les discours et attaques racistes. Les attaques racistes et l’alimentation des discours réactionnaires sont une arme pour empêcher l’unité de notre classe qui pourrait lui être fatale dans la période. La loi immigration de Darmanin émerge dans ce contexte de crise du gouvernement Macron. À nous de nous enfoncer dans cette brèche pour faire tomber cette loi et le gouvernement !</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #11 &#8211; Janvier 2024</h6>



<h2 class="wp-block-heading">Perte d’influence de l’impérialisme en Afrique de l’Ouest et sursaut internationaliste contre Israël et les impérialistes occidentaux</h2>



<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">La crise du gouvernement est inscrite dans une crise plus globale de l’impérialisme français à l’international. Après les mouvements « France dégage ! » en Afrique de l’Ouest et les différents coups d’États au Mali, Burkina Faso et récemment au Niger, le mouvement de solidarité pour la Palestine vient accentuer la crise de l’impérialisme français. À la suite du 7&nbsp;octobre 2023, des millions de personnes ont défilé dans toutes les villes du monde en solidarité avec la résistance palestinienne. En France, en cette fin d’année 2023, malgré un génocide documenté en tant réel, le gouvernement français a réprimé sans commune mesure en septembre, toutes marques de solidarité avec la Palestine et continue d’envoyer des armes en Israël.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le génocide colonial et l’absence d’un cessez-le-feu traduit la barbarie sans nom du gouvernement d’extrême droite de Netanyahou et l’incapacité internationale à mettre fin à ce bain de sang. Le mouvement de solidarité pour la Palestine vient de nouveau fragiliser le gouvernement en montrant son impuissance à mettre fin au génocide et jette la lumière sur les intérêts de la France à la présence d’Israël au Moyen-Orient.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Réprimer une lutte de solidarité avec un peuple massacré en direct a nécessité pour le gouvernement un renforcement toujours plus fort de l’islamo­phobie, en reprenant l’idéologie qui assimile Palestinien·nes, musulman·es, arabes et terrorisme. Dans les écoles, plusieurs centaines d’élèves ont été accusés d’apologie du terrorisme pour n’avoir pas respecté la minute de silence.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la construction de cette idéologie, le gouvernement s’est retrouvé à marcher contre l’antisémitisme, main dans la main avec le RN. En s’associant avec un parti bâti sur le négationnisme, il ne s’agissait donc pas d’une marche contre l’antisémitisme mais bien d’une marche islamophobe, contre les musulman·es et contre la solidarité envers le peuple palestinien.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une période de crise, le racisme est exacerbé car il permet à la fois d’assurer la division de notre classe face aux politiques antisociales et aux réformes autoritaires mais aussi de construire un bouc-émissaire intérieur et extérieur pour justifier du renforcement militaire voire des attaques envers les luttes de libération ou de résistances des pays colonisés (Palestine) ou des pays anciennement colonisés sous influence de la France (Mayotte, Afrique de l’Ouest). Le racisme est un pivot idéologique empêchant l’unité de notre classe, permettant le renforcement des partis et des groupes fascistes et la victoire de l’impérialisme à l’international. Comment légitimer un génocide colonial sans étiqueter les victimes comme terroristes ? Comment convaincre du besoin de réarmement militaire sans instaurer la crainte d’une menace terroriste nécessitant une défense commune ?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voulant résorber la crise politique en unifiant autour d’un projet raciste, la loi immigration, basée sur les aspirations idéologiques de l’extrême droite, a finalement fragilisé davantage la majorité à l’Assemblée nationale. 37&nbsp;députéEs LREM ont voté contre la loi et de nombreux départements ont annoncé ne pas vouloir l’appliquer et ont promu la désobéissance civile. Cette crise de la macronie signe aujourd’hui une victoire idéologique pour le Rassemblement national. Celui-ci en tire avantage pour étendre son influence dans l’espace médiatique et politique. Dans la rue, des groupes fascistes multiplient les apparitions et les attaques, surfant sur les discours médiatiques nauséabonds pour nourrir leur haine contre les musulman·es, les arabes et les Noir·es dans la plus grande impunité. Dans le même temps, des militant·es sont arrêté·es pour la seule raison d’avoir sorti un drapeau aux couleurs de la Palestine.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un gouvernement qui, dans sa crise, veut&nbsp;rester à l’offensive&nbsp;</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Macron l’a annoncé de ses vœux : il veut faire de 2024 une année de la détermination. Après s’être réjoui de la mise en place de la réforme des retraites, après une réforme de l’assurance chômage qui fait travailler gratuitement les plus précaires d’entres nous, le gouvernement veut réformer la sécurité sociale. Pour cacher ses mesures antisociales, l’inflation galopante, la hausse des loyers et la misère qui en découle, le gouvernement nourrit sans relâche la fiction du problème de l’immigration. La macronie, dans sa fragilité politique continue à nous précariser toutes et tous.&nbsp;&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image wp-duotone-333-rgb255183183-1">
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</div>


<h2 class="wp-block-heading">Construire la riposte et contrer les mobilisations sans lendemains et les aspirations réformistes.&nbsp;</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, l’ampleur de la crise de la macronie, tant dans sa politique intérieure qu’extérieure, pourrait nous permettre des victoires. C’est dans les périodes de crises et de guerres qu’adviennent les révolutions. Si nous déjouons les pièges du racisme et de l’islamophobie qui menace l’unité de notre classe. Si nous sommes en capacité de montrer un plan de bataille à la hauteur des enjeux, contre l’extrême droite, pour la libération de la Palestine et contre la misère et la hausse de l’exploitation, nous pourrons nous engouffrer dans la brèche ouverte et gagner face au gouvernement.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais nous devons nous saisir de son manque de force politique et des crises produites par nos luttes et la conjoncture politique et économique. Nous devons faire reculer le gouvernement à partir d’une riposte d’ampleur contre sa loi immigration.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La date du 14&nbsp;janvier a été choisie comme journée de mobilisation nationale contre cette loi. Une journée ne sera évidemment pas suffisante. Mais elle déterminera la suite. Si les directions syndicales n’appelleront pas à la grève contre cette loi, nous devons les pousser en faisant une démonstration dans la rue de l’opposition de notre camp à cette loi raciste. C’est à partir de cette base que nous pourrons infléchir l’idée d’une simple mobilisation aux attentes réformistes en un plan de bataille conséquent face au gouvernement et à sa politique sur des bases antiracistes. Attendre l’avis du Conseil constitutionnel sur certaines mesures de la loi, ça veut dire lutter pour un racisme acceptable et déléguer la situation à des instances qui n’ont pas été des remparts face aux dernières mesures racistes. Il n’y a pas de racisme acceptable comme il n’y a pas de génocide acceptable. Ce plan de bataille doit commencer par une mobilisation d’ampleur contre la loi immigration de Darmanin-Ciotti-LePen, qui en attaquant les droits des étranger·es, les droits des sans-papiers, attaquent nos droits à tous et à toutes. Une forte opposition antiraciste à cette loi d’immigration est essentielle pour isoler le projet fasciste et déjouer toute victoire idéologique du RN. Cette lutte doit s’articuler avec une solidarité internationale, soulignant que le racisme est une arme vitale pour justifier les crimes en Palestine. Privé de son arsenal idéologique raciste et islamophobe, le gouvernement serait affaibli dans ses ambitions impérialistes, tant au Moyen-Orient qu’en Afrique. Les directions syndicales ne voudront pas sauter dans la brèche qu’ouvre la période de peur de se faire dépasser par le mouvement, mais si nous ne dépassons pas la simple journée de mobilisation du 14&nbsp;janvier et les velléités réformistes, nous ne gagnerons pas et nous laisserons la victoire au Rassemblement national. Pour une riposte à la hauteur des enjeux, tous et toutes dans la rue le 14&nbsp;janvier. La suite devra être construite à partir de là, par en bas, dans des assemblées générales, dans nos syndicats et dans nos quartiers. Faisons de l’antiracisme la base d’un mouvement d’ampleur dans la brèche de la crise de la macronie.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Anouk Brunet (Marseille)</h5>



<figure class="wp-block-image size-large wp-duotone-333-rgb223255232-2"><img data-dominant-color="6c6658" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #6c6658;" decoding="async" width="1100" height="623" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Edito_Illustr2-1100x623.webp" alt="" class="wp-image-8169 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Edito_Illustr2-1100x623.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Edito_Illustr2-300x170.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Edito_Illustr2-768x435.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Edito_Illustr2-jpg.webp 1200w" sizes="(max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>
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		<title>Pourquoi l’égalité des droits ne se gagnera que dans les luttes collectives contre le patronat et l’État</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Dec 2023 07:20:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[18 décembre]]></category>
		<category><![CDATA[Darmanin]]></category>
		<category><![CDATA[Immigration]]></category>
		<category><![CDATA[Régularisation]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Posé dans le débat public rapidement après les élections de 2022, le projet de loi Darmanin est au départ présenté par le gouvernement comme « équilibré », en permettant selon Darmanin d’être « gentil avec les gentils et <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pourquoi-legalite-des-droits-ne-se-gagnera-que-dans-les-luttes-collectives-contre-le-patronat-et-letat/" title="Pourquoi l’égalité des droits ne se gagnera que dans les luttes collectives contre le patronat et l’État">[...]</a></div>
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<p class="wp-block-paragraph" style="font-style:normal;font-weight:600">Posé dans le débat public rapidement après les élections de 2022, le projet de loi Darmanin est au départ présenté par le gouvernement comme « équilibré », en permettant selon Darmanin d’être « gentil avec les gentils et méchant avec les méchants ».</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #10 &#8211; Novembre 2023</h6>



<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><strong>L</strong>e tandem Dussopt-Darmanin est supposé incarner cet équilibre. Côté Ministère du travail, le projet de loi propose de fournir au patronat dans les secteurs dits « en tension » (les secteurs dans lesquels il existe des emplois non pourvus, comprendre en réalité les secteurs de « haute exploitation » en termes de conditions de travail, d’horaires décalés, de volume horaire, de rémunération…) de la main-d’œuvre immigrée « légale » en octroyant des titres de séjour, pour une durée limitée. Côté ministère de l’Intérieur, ce projet de loi amplifie les dispositifs d’expulsion des personnes sans-papiers.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi une 29<sup>e</sup>&nbsp;loi sur l’immigration depuis 1980 ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au début, les médias ont beaucoup mis en avant des témoignages de patron·nes favorables à la régularisation de leurs salarié·es, laissant entendre que ce projet de loi constituerait donc une réelle avancée pour les personnes sans-papiers qui triment dans les secteurs de la restauration, du bâtiment, du nettoyage&#8230; Mais au fil des mois, le projet est apparu pour ce qu’il est réellement : une base à partir de laquelle s’opère une surenchère raciste entre le gouvernement, les Républicains et le Rassemblement national. Au point que l’article&nbsp;3 —&nbsp;celui qui crée des titres de séjour « métiers en tension »&nbsp;— est susceptible d’être supprimé et qu’aucune organisation patronale n’a finalement pris position sur ce projet, l’ancien président du Medef invoquant un débat<em>&nbsp;« pollué politiquement »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Faut-il voir une contradiction entre les intérêts du patronat et la surenchère politique raciste ? En fait, le concept même de titre de séjour « métiers en tension » acte que les personnes sans-papiers ne seront susceptibles d’être régularisées que si elles acceptent de se soumettre aux besoins du patronat, et uniquement pour des métiers que les autres auront préalablement refusés. C’est donc bien une tentative de synthèse politique entre les intérêts économiques immédiats de certains secteurs du patronat, et l’intérêt plus général de la classe dirigeante au renforcement du racisme et du nationalisme. Cela suffit à le rendre inacceptable. Alors qu’il a décidé de tou·te·s nous soumettre aux conditions du patronat (réformes du RSA et du chômage, généralisation de l’apprentissage pour 1/3 des lycéen·es, réforme des retraites etc.), le gouvernement a besoin de nous convaincre que les frontières, la police, l’armée, nous protègent contre les immigré·es qui sont des délinquant·es, veulent prendre les boulots, profiter du système de santé, etc. Vous pouvez constater que cela marche, à chaque fois que vous entendez quelqu’un·e se plaindre que des migrant·es vivent mieux que des Français·es.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le patronat a-t-il intérêt à la régularisation des travailleur·euses&nbsp;sans-papiers qu’il (sur)exploite ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les capitalistes ont avant tout intérêt à l’exploitation maximale de leur main-d’œuvre. Au-delà de leur position personnelle, c’est la dynamique générale du système, la concurrence des entreprises entre elles, qui les pousse à cela. Écoutez les témoignages des personnes sans-papiers sur leur travail, c’est une démonstration de la faible considération que les patron·nes ont pour les salarié·es. Historiquement, les immigré·es ont toujours été utilisé·es par les patron·nes pour réaliser les pires boulots. Après l’abolition de l’esclavage, ce sont par exemple les travailleur·euses immigré·es qui ont été utilisé·es par les économies coloniales pour remplacer le travail des esclaves.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le patronat peut avoir intérêt à ce que leurs salarié·es sans papiers soient régularisé·es, pour s’assurer de la stabilité du personnel qu’il a pris le temps de former (c’est un argument qu’on trouve par exemple chez certain·es patron·nes dans la restauration). Car en fait, le statut de « sans-papiers » n’est pas le seul moyen de permettre la surexploitation. Après tout, durant la période des Trente Glorieuses, la politique dominante était l’octroi de cartes de séjour aux travailleur·euses immigré·es, ce qui n’a pas empêché qu’ils et elles travaillent dans les mêmes secteurs qu’aujourd’hui : à la fin des années 1970, on estime que les immigré·es ont construit près d’un logement sur deux et 90 % des autoroutes. Une étude réalisée sur le devenir des personnes sans-papiers régularisées lors de la « grande régularisation » de 131 000 personnes décidée en 1981 révèle aussi que la grande majorité des personnes occupent deux ans après leur régularisation un emploi similaire à celui exercé avant le changement de statut.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’absence de titre de séjour contraint les personnes à accepter les boulots les plus pénibles. Mais cette contrainte est elle-même imbriquée dans la contrainte plus générale du racisme, qui permet de justifier qu’elles fassent ces boulots-là. Par exemple, en 2019, une entreprise du BTP est condamnée pour&nbsp;<em>« discrimination raciale systémique »</em>&nbsp;vis-à-vis de 25 travailleurs maliens sans papiers. Le conseil des drud’hommes a ainsi sanctionné&nbsp;<em>« un système pyramidal d’affectation professionnelle en raison de l’origine »</em>sur les chantiers. Cette réalité, du racisme au sein des entreprises, n’est pas exceptionnelle. Nicolas Jounin, sociologue qui a réalisé sa thèse de doctorat sur les chantiers, témoigne ainsi lors du procès :&nbsp;<em>« En observant les chantiers, l’ensemble des entreprises et les salariés qui les composent, on constate une correspondance entre une hiérarchie professionnelle […] et une hiérarchie ethnique ».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le secteur de la construction ne semble pas être une exception. N’oublions pas que plus de 20 % des emplois sont par exemple réservés en France aux personnes qui ont la nationalité française, comme ceux de la fonction publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le racisme qui se déchaîne dans la sphère politique n’est donc pas quelque chose de séparé des enjeux économiques liés à la situation de travail des sans-papiers. Différent·es théoricien·es ont analysé l’intérêt pour la bourgeoisie au développement du racisme, dont le sociologue américain Du Bois. En voulant comprendre pourquoi l’unité entre les Blanc·hes pauvres et les Noir·es pauvres s’était arrêtée bien qu’elle se soit développée dans la lutte contre l’esclavage, il a montré comment le racisme est une construction délibérée de la classe dirigeante. Son but est d’empêcher les travailleur·euses de se rassembler pour lutter ensemble, en faisant croire aux travailleur·euses blanc·hes qu’il existe une autre voie d’avancement que la lutte des classes, leur nationalité ou leur couleur de peau leur donnant droit à un meilleur traitement que celles et ceux qui en sont exclu·es. Le sociologue marxiste américain Al Szymanski, qui a étudié les inégalités salariales entre Noir·es et Blanc·hes aux USA, a montré que&nbsp;<em>« plus la discrimination raciale est intense, plus bas sont les salaires des blancs du fait de la variable intermédiaire de la solidarité de la classe ouvrière – en d’autres termes, le racisme désavantage économiquement les travailleurs blancs parce qu’il affaiblit l’organisation syndicale en détruisant la solidarité entre travailleurs noirs et blancs »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, l’immigration peut susciter des tensions entre les différents capitalistes, qui ont des besoins en main-d’œuvre différents. Et les besoins immédiats du patronat ne coïncident pas forcément avec leur intérêt à long terme. Cela peut donc créer des difficultés pour les États, chargés de gérer&nbsp;<em>« les affaires communes de toute la classe bourgeoise »</em>, dans leur tentative de gérer l’immigration. On comprend alors pourquoi tous les États ont pour préoccupation d’assurer les conditions d’accumulation favorables aux capitalistes de leur pays, mais peuvent opérer des choix différents. Le projet de loi anti-immigré·es proposé par Dussopt et Darmanin, tout comme les surenchères racistes des Républicains ou du RN, sont bien au fond différentes propositions politiques de gestion de ces multiples enjeux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Alors, pourquoi la gauche est-elle divisée sur ce projet de loi ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À l’Assemblée nationale, à part La France insoumise, les député·es de la Nupes ont signé une tribune avec des député·es macronistes pour appuyer l’article&nbsp;3 et demander&nbsp;<em>« des mesures urgentes, humanistes et concrètes pour la régularisation des travailleurs sans papiers »</em>. Elle fait valoir les possibilités de régulariser des dizaines de milliers de personnes avec ce titre de séjour.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Faire des immigré·es des variables d’ajustement selon les besoins du patronat n’est pas une avancée qu’il s’agirait de promouvoir face au refus de la droite et des fascistes. Mais tous les courants associatifs, syndicaux ou politiques qui pensent les immigré·es comme un groupe à part acceptent l’attribution de statuts différents entre nationaux et immigré·es, et donc d’entamer des discussions, de formuler des amendements, sur les critères de régularisation, parce que plus généralement ils acceptent le cadre de l’État et des frontières nationales définies par le capitalisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, l’égalité des droits passe par l’exigence de régularisation sans condition de toutes les personnes sans-papiers, et un combat antiraciste permanent. Ce combat ne peut se mener que collectivement, personnes avec papiers et personnes sans papiers. Les employeur·euses chercheront toujours à employer des travailleur·euses aux conditions les plus mauvaises (et les immigré·es sont dans l’histoire du capitalisme des travailleur·euses tout·es désigné·es). Mais leur capacité à réussir est une question politique. Les récentes grèves de sans-papiers ont permis de démontrer qu’il n’y avait pas besoin d’une nouvelle loi répressive comme prix à payer pour régulariser les travailleur·euses sans papiers. Mais sera-t-on capable de nous mobiliser pour détruire les bases qui rendent possibles ces lois à répétition ? La solidarité entre travailleur·euses n’est pas automatique, surtout en période de développement du racisme. L’unité ou la fragmentation de notre classe dépend donc crucialement du rôle joué par les militant·es. Et pour que le sens pris par le mot travailleur·euse ne soit plus celui de la soumission mais redevienne celui de l’action commune : le 18 décembre, en plein débat parlementaire sur ce projet de loi anti-immigré·es, et à l’occasion de la journée internationale des migrant·es, proposons à nos collègues, avec ou sans papiers, de se mettre en grève pour lutter contre ce projet de loi, pour la régularisation de toutes les personnes sans-papiers, pour l’égalité des droits !</p>



<h5 class="wp-block-heading">Vanina Giudicelli (Paris 20<sup>e</sup>)</h5>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pourquoi-legalite-des-droits-ne-se-gagnera-que-dans-les-luttes-collectives-contre-le-patronat-et-letat/">Pourquoi l’égalité des droits ne se gagnera que dans les luttes collectives contre le patronat et l’État</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Pas de JO sans papiers : empêchons Darmanin de faire sa loi !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-jo-sans-papiers-empechons-darmanin-de-faire-sa-loi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Dec 2023 07:19:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Ce mardi 17&#160;octobre, le jour commence seulement à se lever sur la Porte de La Chapelle au nord de Paris. En plusieurs vagues, une centaine de sans-papiers et une cinquantaine de soutiens réussissent à entrer <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-jo-sans-papiers-empechons-darmanin-de-faire-sa-loi/" title="Pas de JO sans papiers : empêchons Darmanin de faire sa loi !">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph" style="font-style:normal;font-weight:600">Ce mardi 17&nbsp;octobre, le jour commence seulement à se lever sur la Porte de La Chapelle au nord de Paris. En plusieurs vagues, une centaine de sans-papiers et une cinquantaine de soutiens réussissent à entrer sur un des plus gros chantiers des jeux Olympiques à l’heure de l’embauche, le chantier de l’Arena. Il s’agit d’une grève de travailleurs sans-papiers des chantiers.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #10 &#8211; Novembre 2023</h6>



<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><strong>L</strong>e donneur d’ordre de ce chantier, Bouygues, est tout de suite en panique. À la porte, la direction du chantier ordonne de renvoyer tous les travailleurs des entreprises sous-traitantes qui constituent la main-d’œuvre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seuls restent les membres de l’encadrement. Parmi ceux-là, aucun sans-papiers… et principalement des blancs, ce qui permet à Bouygues, et au pouvoir, de ­prétendre qu’il n’y a pas de sans-papiers sur ses chantiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chantier est mis à l’arrêt. Au même moment, une trentaine de piquets de grève de sans-papiers, organisés par la CGT démarrent sur toute la région parisienne essentiellement dans des boîtes d’intérim concernant des entreprises de multiples secteurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une victoire éclair</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les médias, ce mardi 17&nbsp;octobre, circule l’annonce d’une « vague de grèves » de sans-papiers. L’occupation d’un chantier des JO y devient emblématique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les négociations démarrent très rapidement avec la direction et la mairie de Paris. Bouygues convoque alors les dirigeants des sous-traitants concernés pour les sommer de signer un protocole d’accord.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La victoire est — presque — totale<sup data-fn="87f65262-acc6-4ccd-912f-387afe97cff9" class="fn"><a href="#87f65262-acc6-4ccd-912f-387afe97cff9" id="87f65262-acc6-4ccd-912f-387afe97cff9-link">1</a></sup>, les grévistes obtiennent les documents qui reconnaissent qu’ils sont des travailleurs salariés sur les chantiers de Bouygues et qui ouvrent à régularisation. Ceux qui ont été licenciés durant la préparation de l’action ou dont l’embauche n’a pas été renouvelée sont réintégrés. Ceux qui bossent chez les sous-traitants, en majorité des sans-papiers, ont trois mois pour se signaler à un syndicat et être intégrés à l’accord.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la soirée les occupants du chantier sortent en cortège sous les ovations de plusieurs centaines de manifestant·es qui se sont rassemblé·es devant le chantier dès la fin de l’après-midi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une longue préparation&nbsp;</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’idée de cette action remonte à loin : plus d’un an auparavant, au sein de la Marche des solidarités avec les collectifs de sans-papiers. Pour « accompagner » le versant ultra-répressif et raciste de son projet de loi, Darmanin a parlé de régularisations dans ce qu’il appelle des « métiers en tension ». Cette « carotte » qui continue, encore aujourd’hui, de fonctionner jusque dans la gauche et les syndicats, crée alors des illusions parmi les sans-papiers. Ça se comprend. L’espoir de toute régularisation est un levier puissant pour les sans-droits absolus qu’ils sont.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut beaucoup de discussions pour démontrer que cette « carotte », par ailleurs dérisoire en nombre de régularisations annoncées, n’en est même pas une. Il n’y a pas besoin de nouvelle loi pour régulariser des sans-papiers, quel que soit le secteur concerné. En réalité, derrière ce projet il s’agit de rendre encore plus précaire le titre de séjour lié au travail. Et, plus généralement, sur le dos des immigré·es, il s’agit de faire entrer dans le droit, des conditions de travail et de salaire encore plus dégradées. Dans la même logique que les heures d’activité imposées aux allocataires du RSA ou l’obligation d’accepter un contrat au rabais pour les chômeurs et chômeuses. Raison pour laquelle nous dénonçons le terme « métiers en tension » : il s’agit en réalité de « métiers de haute exploitation ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors naît l’idée d’une grève sur les chantiers des JO. Nous sommes dans la période des polémiques sur les milliers de travailleurs migrants morts sur les chantiers au Qatar.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’idée est simple. Une grève de sans-papiers, si elle est bien organisée, bien soutenue, révèlerait tellement l’hypocrisie du pouvoir et menacerait tellement la vitrine des JO, qu’elle pourrait gagner très rapidement. Et ce serait une triple victoire. Victoire pour les sans-papiers concernés, dans une période où les régularisations sont de plus en plus difficiles. Brèche ouverte pour obtenir d’autres régularisations. Enfin victoire contre les arguments utilisés par Darmanin : pas besoin d’une nouvelle loi pour régulariser les sans-papiers. Comme nous l’écrirons dans le communiqué de la Marche des solidarités un an plus tard, le roi serait nu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre une idée et sa réalisation il y a… la réalité. Ce ne sont pas les idées qui changent le monde, c’est l’action. Mais la volonté d’agir est déjà riche d’enseignements. En l’occurrence sur la réalité des sans-papiers. Si la grève comme mode d’action est difficile pour tous les travailleurs et travailleuses, elle l’est plus encore pour les sans-papiers. À la perte du salaire, la menace d’être placardisé comme « fouteur de merde », s’ajoute tout simplement le risque de perdre son emploi, tout revenu voire même s’ajoute le risque d’une expulsion. La plupart des sans-papiers travaillent masqués non seulement vis-à-vis des patrons, de leurs collègues mais aussi… des autres sans-papiers.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De la volonté d’agir à l’action</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au sein des collectifs, l’objectif de trouver des travailleurs sur les chantiers piétinne. D’autant que la bagarre commence pour mobiliser contre la loi Darmanin. En plus, va débuter la bataille sur les retraites qui, pour la Marche des solidarités et les collectifs de sans-papiers, est aussi notre bataille. Et que, hélas, elle nécessite aussi une bataille contre les directions syndicales et la plupart des forces de gauche pour imposer l’idée que la lutte sur les retraites ne doit pas être dissociée de la lutte contre le racisme et contre le projet de loi Darmanin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est finalement le collectif des Gilets noirs avec le soutien du syndicat CNT-SO qui va trouver la stratégie qui rouvre les possibilités. Les Gilets noirs organisent avant l’été des diffusions de tracts syndicaux à la sortie de plusieurs chantiers invitant à des permanences syndicales. Le contact commence à se développer avec des sans-papiers sur les chantiers. Devant l’ampleur de la tâche les Gilets noirs font appel aux autres collectifs de sans-papiers et à la Marche des solidarités. Le temps presse, car les premiers sans-papiers qui commencent à s’organiser sont très vite sous pression. Certains se font virer ou ne voient pas leurs missions renouvelées chez les sous-traitants qui les emploient. Et les chantiers avancent, il va falloir agir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sans que ce soit public, la décision est prise lors d’une réunion de la Marche dès la mi-septembre que nous lancerons la grève mi-octobre, quel que soit le nombre de sans-papiers grévistes. Cela donne plusieurs semaines, avec la détermination que donne la décision d’agir, pour augmenter le nombre de sans-papiers concernés directement par la grève, impliquer plus largement les collectifs de sans-papiers et élargir la mobilisation de soutien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur la base du travail fait pendant le mouvement des retraites, le succès de la « marche des Tirailleurs » du 14&nbsp;Juillet, de la commémoration de Saint-Bernard le 26 août, la Marche appelle à une assemblée publique le 2&nbsp;octobre en annonçant une « assemblée d’action ». Le cœur de cette assemblée sera de lier préparation de la grève (dont le projet devient public mais pas les détails) et lutte contre le projet de loi Darmanin.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des assemblée d’organisation massives</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nous savons aussi que depuis des mois la CGT prépare des piquets de grève de sans-papiers. Et même si elle les organise sur des bases très identitaires (refus de toute coopération avec d’autres forces ou syndicats) nous considérons que cela est très positif. Il s’avèrera de plus que, sans concertation aucune, la date choisie est la même : tant mieux ! L’image donnée publiquement sera bien meilleure (et plus saine !) que les intérêts boutiquiers des directions syndicales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’assemblée accélère la dynamique tout en montrant le potentiel qui existe : 300&nbsp;personnes remplissent la salle de la Bourse du travail le 2&nbsp;octobre. Chaque lundi à partir de cette date, les réunions de la Marche des solidarités ne désemplissent plus avec une centaine de participant·es. Des réseaux s’ajoutent à la dynamique : syndicalistes, Soulèvements de la Terre, féministes…</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ce qui aboutira au succès du 17&nbsp;octobre. C’est aussi ce qui oeuvre à accélérer la dynamique contre la loi Darmanin. Car le 17&nbsp;octobre est un début de bascule à développer activement. La lutte des sans-papiers, la lutte contre le racisme peut chambouler un champ public jusque-là dominé par la surenchère raciste, relayée complaisamment par les médias, entre le pouvoir, la droite et les fascistes. Modifiant potentiellement le terrain sur lequel se mènent les débats. Des étranger·es comme menace à l’immigration comme partie prenante de notre société, du nationalisme à la solidarité internationale, du racisme à la solidarité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Confirmer ce basculement, en faire un mouvement de lutte de masse, est la condition pour gagner contre Darmanin, le racisme décomplexé qui gangrène toute notre société et briser les fascistes.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Denis Godard (Paris 20<sup>e</sup>)</h5>



<figure class="wp-block-image size-large wp-duotone-unset-3"><img data-dominant-color="5c565a" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #5c565a;" decoding="async" width="1100" height="733" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/12/A2C_RevueN10_JO_Illustr1-1100x733.webp" alt="" class="wp-image-8088 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/12/A2C_RevueN10_JO_Illustr1-1100x733.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/12/A2C_RevueN10_JO_Illustr1-300x200.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/12/A2C_RevueN10_JO_Illustr1-768x512.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/12/A2C_RevueN10_JO_Illustr1-jpg.webp 1200w" sizes="(max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<h6 class="wp-block-heading">NOTES</h6>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="87f65262-acc6-4ccd-912f-387afe97cff9">La mairie de Paris s’est engagée à faire pression sur la préfecture pour ouvrir un guichet unique pour les grévistes. Mais il n’y a pas à ce jour d’engagement de la préfecture. <a href="#87f65262-acc6-4ccd-912f-387afe97cff9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-jo-sans-papiers-empechons-darmanin-de-faire-sa-loi/">Pas de JO sans papiers : empêchons Darmanin de faire sa loi !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
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		<title>Le capitalisme peut-il se passer des frontières ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/le-capitalisme-peut-il-se-passer-des-frontieres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Gabo]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Dec 2019 12:09:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Immigration]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Depuis que les êtres humains vivent sur terre, il y a toujours eu des migrations. Celles-ci n’étaient pas dépourvues de risques devant les obstacles qu’ils affrontaient. Pendant des dizaines de milliers d’années, les seules frontières <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/le-capitalisme-peut-il-se-passer-des-frontieres/" title="Le capitalisme peut-il se passer des frontières ?">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph" style="font-style:normal;font-weight:600">Depuis que les êtres humains vivent sur terre, il y a toujours eu des migrations. Celles-ci n’étaient pas dépourvues de risques devant les obstacles qu’ils affrontaient. Pendant des dizaines de milliers d’années, les seules frontières qui les bloquaient étaient celles de la nature – les grandes rivières, les déserts, les chaînes de montagnes, les océans…</p>



<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Aujourd’hui, les moyens de transport nous permettent de traverser voire de survoler ces obstacles sans risques. Et pourtant d’autres frontières – artificielles celles-là – construites par des hommes et strictement contrôlées, empêchent des millions de personnes de circuler librement sur cette planète. Frontières nationales, visas, contrôles de police, murs, caméras de surveillance, clôtures barbelées et électrifiées… Ce ne sont que quelques inventions barbares parmi bien d’autres qui poussent des centaines de milliers de personnes à emprunter d’autres routes &#8211; plus dangereuses &#8211; au péril de leur vie. Comment et pourquoi en est-on arrivé là&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les frontières construites par les hommes sont un phénomène relativement récent et pendant longtemps elles étaient souvent floues et mouvantes. En Europe, à l’époque féodale, par exemple, l’autorité des seigneurs s’exerçait sur les êtres humains plutôt que sur les territoires qui&nbsp; s’étendaient ou rétrécissaient au gré des victoires, des défaites, des mariages et des alliances. Plus tard pour les Etats monarchiques absolutistes les frontières pouvaient être fortifiées afin d’empêcher les incursions des puissances rivales mais les déplacements des populations étaient peu contrôlées. Artisans, travailleurs itinérants ou pèlerins par exemple, allaient et venaient sans problème.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est avec le développement du capitalisme industriel, d’abord en Angleterre puis dans le reste de l’Europe et au-delà qu’on assiste à la construction d’Etats-nations forts avec des frontières bien délimitées et surtout bien contrôlées et cela pour plusieurs raisons.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cas de l’Etat-nation français, qui s’est construit après la Révolution française, il a fallu unifier les règles pour le commerce et les imposer sur l’ensemble du territoire national &#8211; unifier les poids et les mesures, les lois, les taxes, etc. afin de permettre le développement d’une concurrence libre entre capitaux. Il y a eu besoin d’un Etat fort aussi pour contrôler les mouvements des travailleurs «&nbsp;libres&nbsp;» &#8211; libres de leur attachement aux seigneurs féodaux et bientôt de leurs terres qu’ils seront obligés de quitter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Petit à petit la concurrence entre capitalistes nationaux a donné lieu à une concurrence entre pays différents, entre blocs de capitaux, défendus par des Etats de plus en plus forts, de plus en plus militarisés. Ce niveau international de la concurrence pour la captation des marchés, que le révolutionnaire russe Lénine appelait «&nbsp;Impérialisme, stade suprême du capitalisme&nbsp;» se mène d’abord au niveau économique mais elle se double d’une intervention diplomatique des Etats et finit par un bras de fer militaire et la guerre pour étendre les frontières, contrôler toujours davantage de matières premières et de main d’œuvre. C’est l’histoire sanglante de la mainmise sur les colonies et plus tard des guerres impérialistes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, à l’intérieur de chaque pays, les capitalistes ont besoin d’un Etat fort pour casser les résistances des travailleurs devant les horreurs du capitalisme industriel avec des forces armées, la police, des tribunaux, des prisons, etc.&nbsp; Cependant, la répression seule ne suffit pas pour qu’une petite minorité de la population puisse maintenir sa domination. Il y a besoin aussi de créer auprès de la majorité un consentement à sa situation d’exploitée. Et c’est là où les frontières prennent toute leur importance.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Frontières et identité nationale</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour unifier la nation et obtenir le consentement des exploités, il faut leur faire croire qu’il existe une communauté d’intérêts entre eux et leurs exploiteurs, ce qui permet de masquer les vrais antagonismes de classe ou au moins d’atténuer leur impact.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A l’intérieur de frontières bien délimitées une identité nationale se construit par différents moyens et sur une période longue. Parmi ceux-ci, on trouve l’imposition d’une seule langue à l’école et dans la vie publique, quitte à réprimer voire à éliminer les langues régionales comme le breton, le basque ou le catalan, pour le cas de la France.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Petit à petit, et notamment à travers l’école, se construit un roman national avec la mythologie d’une France éternelle qui aurait existé depuis «&nbsp;nos ancêtres gaulois&nbsp;» jusqu’à nos jours en passant par des personnages identifiables à la nation comme Charlemagne ou Jeanne d’Arc. Le drapeau et l’hymne national font aussi partie des moyens pour créer un sentiment d’appartenance nationale et une nouvelle loyauté (à la nation) qui remplace les anciennes loyautés à l’aristocratie ou à l’église.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-dominant-color="8c8179" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #8c8179;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/12/mission-civilisatrice-2.jpg" alt="" class="wp-image-3470 not-transparent" width="160" height="199" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/12/mission-civilisatrice-2.jpg 719w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/12/mission-civilisatrice-2-240x300.webp 240w" sizes="auto, (max-width: 160px) 100vw, 160px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Image typique de propagande coloniale</em></figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Se développe ainsi un sentiment d’être différent de ceux et celles qui vivent à l’extérieur de «&nbsp;nos&nbsp;» frontières, d’être toutes et tous des compatriotes, membres de la même patrie, un sentiment tout simplement d’un «&nbsp;eux&nbsp;» et d’un «&nbsp;nous&nbsp;». Enfin, se construit non seulement un sentiment de différence mais aussi de supériorité. Ainsi, les valeurs de la République ne sont-elles pas seulement françaises mais deviennent «&nbsp;universelles&nbsp;» et donc exportables. Quoi de mieux pour justifier les guerres coloniales et pour entraîner des milliers de soldats et de colons dans une mission «&nbsp;civilisatrice&nbsp;». ou pour embrigader des millions de personnes dans la boucherie de la Première guerre mondiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette identité nationale et fausse fraternité entre riches et pauvres n’a rien de naturel. Pour preuve, il suffit de constater les énormes efforts que les capitalistes fournissent constamment pour les réalimenter – à l’école, dans les médias, l’hystérie autour de «&nbsp;nos&nbsp;» sportifs nationaux, «&nbsp;nos&nbsp;» hommes politiques comme Chirac, «&nbsp;si proches du peuple&nbsp;», sans parler des campagnes directes, comme le débat de Sarkozy sur l’identité nationale.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Frontières intérieures</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La construction d’une fausse unité derrière des frontières nationales permet ainsi aux capitalistes de rallier le pays contre l’ennemi extérieur mais elle aboutit aussi à la construction de frontières au sein du pays contre l’ennemi intérieur, contre celui qui est différent et qui ne serait pas vraiment français.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est une des armes les plus redoutables des capitalistes qui leur permet de diviser pour régner, ou comme le dit le sociologue et militant, Saïd Bouamama, «&nbsp;diviser ceux qui devraient être unis (les différentes composantes des classes populaires) et unir ceux qui devraient être divisés (les classes sociales aux intérêts divergents)<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_3463_8('footnote_plugin_reference_3463_8_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_3463_8('footnote_plugin_reference_3463_8_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_3463_8_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_3463_8_1" class="footnote_tooltip">&nbsp;Voir par exemple Bouamama, Said (2015), «&nbsp;L’attentat contre Charlie Hebdo&nbsp;: l’occultation politique et médiatique des causes, des conséquences et des enjeux&nbsp;». <a href="https://bouamamas.wordpress.com/2015/01/11/lattentat-contre-charlie-hebdo-loccultation-politique-et-mediatique-des-causes-des-consequences-et-des-enjeux/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label="https://bouamamas.wordpress.com/2015/01/11/lattentat-contre-charlie-hebdo-loccultation-politique-et-mediatique-des-causes-des-consequences-et-des-enjeux/ (s’ouvre dans un nouvel onglet)"><span class="footnote_url_wrap">https://bouamamas.wordpress.com/2015/01/11/lattentat-contre-charlie-hebdo-loccultation-politique-et-mediatique-des-causes-des-consequences-et-des-enjeux/</span></a>.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_3463_8_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_3463_8_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un des premiers à identifier comment et pourquoi cette division entre différentes sections de la classe ouvrière est entretenue était Karl Marx en parlant de l’antagonisme entre travailleurs anglais et irlandais, travaillant côte à côte. Dans un passage célèbre, il conclut&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Cet antagonisme est artificiellement entretenu et développé par la presse, le clergé et les revues satiriques, bref par tous les moyens dont disposent les classes dominantes.&nbsp;Cet antagonisme est le secret de l’impuissance de la classe ouvrière anglaise, malgré son organisation. C’est le secret du maintien au pouvoir de la classe capitaliste, et celle-ci en est parfaitement consciente.<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_3463_8('footnote_plugin_reference_3463_8_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_3463_8('footnote_plugin_reference_3463_8_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_3463_8_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_3463_8_2" class="footnote_tooltip">Marx Karl (1870), «&nbsp;L’Internationale et un pays indépendant, l’Irlande&nbsp;», lettre à Siegfried Mayer et August Vogt.&nbsp; <a rel="noreferrer noopener" aria-label="https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/parti/kmpc062.htm (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/parti/kmpc062.htm" target="_blank"><span class="footnote_url_wrap">https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/parti/kmpc062.htm</span></a>.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_3463_8_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_3463_8_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>»</p>
<cite>Karl Marx, 1870</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Presque cinquante ans plus tard, la Première guerre mondiale nous a montré le rôle des frontières et les effroyables conséquences de la division des classes populaires – entre ouvriers et paysans français et allemands – avec des millions de morts dans les tranchées au profit des marchands de canons et autres capitalistes restés au chaud, loin du front.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout a été mis en place pour obtenir le consentement des soldats pour aller se faire tuer – l’amour de la patrie, la supériorité de la «&nbsp;démocratie&nbsp;» française opposée à «&nbsp;l’empire militariste prussien&nbsp;», la supériorité de l’armée républicaine et la promesse d’une victoire et d’un retour aux chaumières «&nbsp;avant noël&nbsp;». En même temps, confrontée à la dure réalité des tranchées, cette idéologie mystificatrice n’avait qu’un impact limité et elle se doublait d’une forte coercition. Si les frontières bien délimitées servaient à empêcher l’ennemi extérieur de pénétrer sur le territoire, elles permettaient aussi d’empêcher les conscrits ainsi que les ouvriers qualifiés de sortir du pays. Et puis surtout, la coercition a été utilisé pour les réfractaires et déserteurs qui risquaient d’être emprisonnés voire fusillés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, ce n’est pas un hasard si c’est au moment de la Première guerre mondiale que, pour la première fois, les passeports et visas ont été utilisés de manière systématique, en Europe et aux Etats Unis. Pendant la deuxième moitié du 19ème siècle, il existait un contrôle allégé mais en 1914 des contrôles stricts sont introduits de manière temporaire puis en 1919, de nouvelles lois les rendent permanents.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Contradictions </h3>



<p class="wp-block-paragraph">La nation, l’identité nationale et les frontières sont donc très utiles pour maintenir le contrôle d’une minorité sur un très grand nombre. Mais elles rentrent en contradiction avec d’autres besoins fondamentaux du capitalisme. Le commerce libre nécessite la libre circulation des marchandises mais aussi la disponibilité de main d’œuvre et un certain mouvement de la population.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Déjà au 19<sup>ème</sup> siècle Marx avait noté que malgré la propagande anti-irlandaise de la presse britannique, les Irlandais continuaient d’arriver en Angleterre car les capitalistes continuaient d’avoir besoin, à cette époque, de main d’œuvre supplémentaire. Depuis cette époque cela a été vrai pour tous les pays capitalistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’évolution du capitalisme pendant le 20<sup>ème</sup> siècle, avec ses périodes de boom économique et de crises, illustre bien les contradictions que la question des frontières et leur contrôle posent pour les capitalistes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Années 1920</h3>



<p class="wp-block-paragraph">En France par exemple les pertes énormes de soldats pendant la guerre ont abouti à un manque important de main d’œuvre dans les années 1920 au moment où l’économie redémarrait. Les femmes qui avaient remplacé les hommes dans les usines furent renvoyées à la maison pour faire des enfants et repeupler la France. En attendant, les portes se sont ouvertes pour accueillir une immigration étrangère.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais il n’a fallu que quelques années et la crise économique des années 1930 pour que non seulement on ferme les frontières et qu’on arrête d’accueillir de nouveaux migrants mais qu’on commence à expulser des anciens. Des centaines de milliers de Portugais, d’Espagnols ou de Polonais sont obligés de partir, après des années en France, parfois avec le droit de n’emporter chacun que 30 kilos de bagages. </p>



<h3 class="wp-block-heading"> Les Trente Glorieuses </h3>



<p class="wp-block-paragraph">A la sortie de la Seconde guerre mondiale on assiste au boom économique le plus fort et le plus long de l’histoire du capitalisme. Cette expansion massive signifie non seulement qu’on ouvre les frontières pour accueillir une immigration étrangère mais qu’on va la chercher en installant des bureaux de recrutement en Afrique, aux Antilles et ailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A côté de cette immigration officielle il existera aussi une immigration illégale qui sera plus que tolérée. Ainsi, en mars 1966, le Ministres des affaires sociales, Jean-Marcel Jeanneney déclare&nbsp;: «&nbsp;L’immigration clandestine n’est pas inutile car, si on s’en tenait à l’application stricte des accords internationaux, nous manquerions peut-être de main d’œuvre.<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_3463_8('footnote_plugin_reference_3463_8_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_3463_8('footnote_plugin_reference_3463_8_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_3463_8_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_3463_8_3" class="footnote_tooltip">Cité dans Saïd Bouamama (2019), «&nbsp;Planter du Blanc&nbsp;», p.202.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_3463_8_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_3463_8_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>&nbsp;»&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’immigration «&nbsp;illégale&nbsp;» sert donc aux capitalistes pour affiner leurs besoins en main d’œuvre mais elle a aussi l’avantage pour eux d’être précaire, plus malléable et moins revendicative. En tout cas, personne à cette époque ne parlait de fermer les frontières, personne ne parlait du «&nbsp;fardeau&nbsp;» de l’immigration pour le logement ou les services publics ni d’une quelconque baisse des salaires qu’elle entraînerait. Ce sont au contraire, en grande partie, les nouveaux venus qui construisent des écoles, des hôpitaux et des centaines de milliers de logements pour tous et toutes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Années 1970 et retour de la crise</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’année 1974 signale la fin des trente glorieuses et le début de la crise économique. Soudain le gouvernement français introduit des lois pour bloquer l’immigration et pour encourager le retour au pays. Pourtant l’immigration ne s’arrêtera pas. Et cela pour plusieurs raisons.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’abord, certains secteurs, malgré la crise, continuent d’avoir besoin de main d’œuvre immigrée et ils sont habitués à l’arrivée régulière de main d’œuvre peu qualifiée dans des secteurs où il existe un certain turnover, comme le bâtiment, la restauration ou le travail saisonnier dans l’agriculture. D’ailleurs, ce sont loin d’être des employeurs mafieux aux marges de la société. Parmi celles qui emploient des sans-papiers, souvent par le biais de sociétés d’intérim,&nbsp; on trouve de grosses entreprises du bâtiment comme Bouygues ou Eiffage mais aussi la Poste (voir la grève de Chronopost) voire des mairies comme celle de Paris.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxièmement, les routes de l’immigration se sont développées depuis longtemps et ne s’arrêtent pas automatiquement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, la crise mondiale qui ralentit la croissance dans les pays développés a un impact encore plus désastreux sur les pays du Sud avec des récessions, des famines et des guerres. Cela signifie que la pression pour émigrer pour sa propre survie et la survie de sa famille est encore plus forte qu’avant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’immigration illégale a donc continué, suivie à plusieurs reprises de régularisations massives en France, en Europe et au-delà.&nbsp; Celles-ci se sont faites sous la pression des sans-papiers eux-mêmes et leurs soutiens mais aussi avec l’accord de certains employeurs souhaitant stabiliser leurs salariés.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, malgré les intérêts contradictoires de différents secteurs du patronat, les capitalistes et les partis politiques qui les représentent se sont largement servis du prétendu «&nbsp;problème&nbsp;» de l’immigration pour chercher à casser les résistances à leur crise. Un boulevard a ainsi été créé pour la montée des partis nationalistes et racistes de l’extrême droite. Les vaines tentatives des partis de la droite traditionnelle de les copier ou de leur faire de la surenchère sur cette question n’ont fait que renforcer «&nbsp;l’original&nbsp;». Les partis de la gauche institutionnelle ont eux aussi contribué de manière tragique à cette dérive. De Rocard et la «&nbsp;misère du monde&nbsp;» à Valls et les Roms qui auraient «&nbsp;vocation à revenir en Roumanie&nbsp;», les tabous ont sauté et les lignes rouges ont été franchies l’une après l’autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concrètement cela s’est traduit par une cascade de lois anti-immigrés<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_3463_8('footnote_plugin_reference_3463_8_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_3463_8('footnote_plugin_reference_3463_8_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_3463_8_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_3463_8_4" class="footnote_tooltip">Pour un récapitulatif de ces lois, voir le dossier du «&nbsp;Monde&nbsp;» du 7 nov. 2019.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_3463_8_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_3463_8_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, une augmentation des contrôles et des expulsions et un renforcement de la surveillance des frontières.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Vers un monde sans frontières&nbsp;?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a trente ans, après la chute du mur et l’effondrement du bloc soviétique, certains néo-libéraux prédisaient la «&nbsp;«&nbsp;fin de l’histoire&nbsp;», l’avènement d’une mondialisation heureuse et la progression vers un monde sans frontières. Le monde allait désormais être ouvert à un marché libre et égal, avec la libre circulation des marchandises et des personnes. Depuis, ce rêve ne s’est pas réalisé. Au contraire, on assiste à un regain des discours protectionnistes, comme celui de Trump et un développement de partis politiques qui prônent un repli nationaliste. Certains croient encore que l’Union européenne, bien qu’imparfaite, serait une étape vers un monde sans frontières de demain. S’il est vrai que le marché unique et l’espace Schengen offrent une libre circulation des marchandises et des personnes à l’intérieur de l’UE, les frontières de l’Europe-forteresse sont contrôlées et défendues avec une férocité effroyable contre les non européens dont des dizaines de milliers sont morts pour avoir essayé de les passer. Non contents de cela, les dirigeants de l’UE ont décidé d’externaliser ces frontières, en les poussant le plus loin possible. En échange de milliards d’euros (six pour la Turquie seule) des pays, notamment d’Afrique, s’engagent à militariser leurs frontières pour empêcher leurs ressortissants de migrer.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le «&nbsp;nouvel ordre mondial&nbsp;» promis après la chute du mur n’existe pas. Les Etats-nations n’ont pas disparu ni perdu de leur intérêt pour les capitalistes. C’est le vieux monde qui persiste avec des capitaux qui continuent de dépendre d’un Etat ou d’un bloc d’Etats (comme l’Europe) pour mener la guerre économique aux autres<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_3463_8('footnote_plugin_reference_3463_8_5');" onkeypress="footnote_moveToReference_3463_8('footnote_plugin_reference_3463_8_5');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_3463_8_5" class="footnote_plugin_tooltip_text">5</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_3463_8_5" class="footnote_tooltip">Pour une discussion des rapports entre Etat et capital, voir Harman (1991) «&nbsp;L’Etat et le capitalisme&nbsp;»&nbsp; <a rel="noreferrer noopener" aria-label="https://www.marxists.org/francais/harman/1991/etatcapital/etatcapital.htm (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.marxists.org/francais/harman/1991/etatcapital/etatcapital.htm" target="_blank"><span class="footnote_url_wrap">https://www.marxists.org/francais/harman/1991/etatcapital/etatcapital.htm</span></a>.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_3463_8_5').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_3463_8_5', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Dans cette guerre, les frontières gardent toute leur importance.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ouverture des frontières</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Certains disent que les capitalistes seraient par principe pour l’ouverture des frontières, argumentant par exemple que le patronat instrumentaliserait l’immigration pour faire baisser les salaires. En fait, les capitalistes ne sont ni pour ni contre l’ouverture des frontières en principe. De manière très pragmatique, ils sont pour la possibilité de contrôler les entrées et les sorties, de les ouvrir ou de les fermer plus ou moins, en fonction de leurs intérêts, de leurs besoins.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les capitalistes ont besoin de frontières et en auront besoin dans l’avenir. Objectivement il n’existe qu’une seule classe ouvrière mondiale. A nous de contribuer à ce qu’elle se débarrasse des idées nationalistes et développe une conscience plus forte de ses intérêts communs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour nous, cela veut dire nous battre ici en France contre le nationalisme, contre l’islamophobie et tous les racismes, en construisant les luttes de solidarité avec les migrants, en se battant avec les travailleurs sans-papiers pour l’égalité des droits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous n’avons pas besoin des frontières. Nous sommes pour l’ouverture des frontières, et pour la liberté de circulation et d’installation. Les travailleurs n’ont pas de patrie.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Ross Harold</h5>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_3463_8();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_3463_8();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_3463_8">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_3463_8" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_3463_8_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_3463_8('footnote_plugin_tooltip_3463_8_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">&nbsp;Voir par exemple Bouamama, Said (2015), «&nbsp;L’attentat contre Charlie Hebdo&nbsp;: l’occultation politique et médiatique des causes, des conséquences et des enjeux&nbsp;». <a href="https://bouamamas.wordpress.com/2015/01/11/lattentat-contre-charlie-hebdo-loccultation-politique-et-mediatique-des-causes-des-consequences-et-des-enjeux/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label="https://bouamamas.wordpress.com/2015/01/11/lattentat-contre-charlie-hebdo-loccultation-politique-et-mediatique-des-causes-des-consequences-et-des-enjeux/ (s’ouvre dans un nouvel onglet)"><span class="footnote_url_wrap">https://bouamamas.wordpress.com/2015/01/11/lattentat-contre-charlie-hebdo-loccultation-politique-et-mediatique-des-causes-des-consequences-et-des-enjeux/</span></a>.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_3463_8_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_3463_8('footnote_plugin_tooltip_3463_8_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Marx Karl (1870), «&nbsp;L’Internationale et un pays indépendant, l’Irlande&nbsp;», lettre à Siegfried Mayer et August Vogt.&nbsp; <a rel="noreferrer noopener" aria-label="https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/parti/kmpc062.htm (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/parti/kmpc062.htm" target="_blank"><span class="footnote_url_wrap">https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/parti/kmpc062.htm</span></a>.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_3463_8_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_3463_8('footnote_plugin_tooltip_3463_8_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Cité dans Saïd Bouamama (2019), «&nbsp;Planter du Blanc&nbsp;», p.202.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_3463_8_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_3463_8('footnote_plugin_tooltip_3463_8_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Pour un récapitulatif de ces lois, voir le dossier du «&nbsp;Monde&nbsp;» du 7 nov. 2019.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_3463_8_5" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_3463_8('footnote_plugin_tooltip_3463_8_5');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>5</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Pour une discussion des rapports entre Etat et capital, voir Harman (1991) «&nbsp;L’Etat et le capitalisme&nbsp;»&nbsp; <a rel="noreferrer noopener" aria-label="https://www.marxists.org/francais/harman/1991/etatcapital/etatcapital.htm (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.marxists.org/francais/harman/1991/etatcapital/etatcapital.htm" target="_blank"><span class="footnote_url_wrap">https://www.marxists.org/francais/harman/1991/etatcapital/etatcapital.htm</span></a>.</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_3463_8() { jQuery('#footnote_references_container_3463_8').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_3463_8').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_3463_8() { jQuery('#footnote_references_container_3463_8').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_3463_8').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_3463_8() { if (jQuery('#footnote_references_container_3463_8').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_3463_8(); } else { footnote_collapse_reference_container_3463_8(); } } function footnote_moveToReference_3463_8(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_3463_8(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_3463_8(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_3463_8(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/le-capitalisme-peut-il-se-passer-des-frontieres/">Le capitalisme peut-il se passer des frontières ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Politiques migratoires : irrationalité monstrueuse du capitalisme et rationalité obscène du Capital</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/politiques-migratoires-irrationalite-monstrueuse-du-capitalisme-et-rationalite-obscene-du-capital/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Mar 2019 19:56:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Immigration]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Nous avons épuisé nos mots ces dernières années pour dire l’ampleur de la tragédie. Mais nous ne désespérons pas de notre humanité. C’est pourquoi cette brochure [1] s’ouvre sur un hommage. Elle est hommage à <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/politiques-migratoires-irrationalite-monstrueuse-du-capitalisme-et-rationalite-obscene-du-capital/" title="Politiques migratoires : irrationalité monstrueuse du capitalisme et rationalité obscène du Capital">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Nous avons épuisé nos mots ces dernières années pour dire l’ampleur de la tragédie. Mais nous ne désespérons pas de notre humanité. C’est pourquoi cette brochure <b id="1r">[<a href="#1a">1</a>]</b> s’ouvre sur un hommage.</p>


<p class="wp-block-paragraph">Elle est hommage à toutes celles et tous ceux qui sont tombéEs victimes des politiques anti-migratoires, victimes du système des frontières, hommage à Ismael Deh sans-papier sénégalais mort sous les coups de la police française à Versailles la veille du 1<sup>er</sup>mai 2018, Karim Ibrahim, réfugié soudanais mort place de la Chapelle le 8 mars 2018 après plusieurs heures où la police a bloqué les secours, Blessing Obie, jeune nigériane noyée dans la Durance une nuit de mai 2018 en essayant de fuir les gardes-frontières, Karim Khatar, migrant tunisien suicidé dans un centre de rétention de Haute-Garonne le 21 septembre 2018.&nbsp;</p>


<p class="wp-block-paragraph">Elle est hommage aux dizaines de milliers de nos frères et sœurs noyéEs en mer, torturéEs dans les prisons libyennes, mortEs de faim et de soif dans le désert du Niger, électrocutéEs sur les barbelés des frontières ou sur le toît des trains, écraséEs sur les voix rapides de Menton à Calais.</p>


<p class="wp-block-paragraph">Elle est hommage à leurs proches et à tous ceux et celles qui sont encore sur les routes, dans les rues, dans l’errance violente et meurtrière.&nbsp;</p>


<p class="wp-block-paragraph">Elle est hommage à toutes les migrantes et tous les migrants, sans-papiers, qui combattent, dans les centres de rétention, dans les foyers, dans nos quartiers. Parce que sans égalité des droits, sans liberté, il n’y aura d’égalité pour personne et que la liberté refusée aux migrantEs se réduit progressivement dans toute la société.</p>


<p class="wp-block-paragraph">Elle est enfin hommage à toutes et tous les Justes de ce temps qui, au mépris parfois de la Loi des puissants, d’une manière ou d’une autre, au côté des migrantes et des migrants sauvent le cœur du monde.</p>


<p class="wp-block-paragraph"><strong>Rien de fatal&nbsp;</strong></p>


<p class="wp-block-paragraph">Si nous avons épuisé nos mots pour dire la tragédie humaine il faut pourtant écrire et parler pour dire qu’il n’y a rien de fatal. Parce que cette tragédie est le produit de choix politiques elle peut donc être conjurée.</p>


<p class="wp-block-paragraph">Il faut donc écrire, d’abord, pour contester les idées dominantes qui veulent justifier l’injustifiable.</p>


<p class="wp-block-paragraph">C’est le système des frontières qui tue. Ouvrez les frontières – décision politique – et l’hécatombe s’arrête instantanément. Y -a-t-il un autre drame de cette ampleur qu’on pourrait stopper aussi facilement&nbsp;?</p>


<p class="wp-block-paragraph">Il faut donc contester tous les arguments utilisés, un par un, des plus crasses aux plus sophistiqués pour couvrir le crime. Parce que c’est toute la société qui est gangrénée par ces arguments.</p>


<p class="wp-block-paragraph">Les propos sur l’invasion des migrantEs sont non seulement factuellement faux mais ils légitiment tous les préjugés racistes et nourrissent la progression de l’extrême-droite. Les arguments sur le manque de moyens ou le dumping social sont non seulement mensongers mais ils légitiment aussi toutes les attaques sociales. Il suffit ici de rappeler que l’économie française produit deux fois plus de richesses qu’il y a vingt ans quand sa population progresse lentement et a tendance à vieillir. Y a-t-il deux fois moins de pauvres, de mal-logés, deux fois plus d’hôpitaux, d’enseignantEs ? Poser la question c’est y répondre. En vingt ans les 500 plus riches ont vu leur fortune multipliée par 7 !</p>


<p class="wp-block-paragraph"><strong>Monstrueuse irrationalité du capitalisme</strong></p>


<p class="wp-block-paragraph">L’enjeu de cette question va au-delà des politiques migratoires.&nbsp;</p>


<p class="wp-block-paragraph">Parce que c’est toute l’absurde et monstrueuse irrationalité du capitalisme lui-même que condamne ce crime. Ce système réalise des prodiges, construit des avions et des trains, de plus en plus gros, de plus en plus rapides, creuse des tunnels sous la mer et les montagnes, pour transporter d’un côté à l’autre de la planète des millions d’hommes et de femmes…et des tonnes de marchandises.</p>


<p class="wp-block-paragraph">Et ce même système dépense, produit, investit, dans des moyens tout aussi sophistiqués pour empêcher d’utiliser ces moyens&nbsp;: murs qui se dressent partout, hérissés de barbelés, de grilles, munis de lames coupantes, électrifiées, équipés de capteurs et de drônes, multiplication des polices et des milices, perfectionnement de tous les systèmes de fichage et de contrôle, construction de prisons et de centres de rétention. Raffinement extrême de l’absurde, les pouvoirs en place utilisent les moyens de transport pour expulser ceux et celles à qui on a interdit de les utiliser librement.</p>


<p class="wp-block-paragraph">L’irrationalité qui éclate ici est généralisée, elle est à l’image de ce système&nbsp;: les capacités créatrices et les ressources sont utilisées pour développer des moyens massifs de destruction. L’industrie de l’armement ne s’est jamais aussi bien portée, les droits de propriété et brevets deviennent des obstacles à ce que les découvertes médicales soient utilisées pour sauver des vies, la recherche scientifique est utilisée pour rendre les semences non fertiles quand des populations meurent de faim.</p>


<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’obscène rationalité du Capital</strong></p>


<p class="wp-block-paragraph">Mais derrière cette monstrueuse irrationalité du capitalisme, irrationalité du point de vue de l’avenir de la planète, du point de vue «&nbsp;des 99%&nbsp;» d’entre nous, il y a une rationalité. Celle du Capital, celle «&nbsp;des 1%&nbsp;».</p>


<p class="wp-block-paragraph">La chasse aux migrantEs fonctionne dans une dynamique d’ensemble. C’est pour cela que nous parlons de «&nbsp;système des frontières&nbsp;». Au contrôle de l’immigration se couple la montée des militarismes et des nationalismes, l’accroissement des tensions et des interventions militaires, la tendance à des Etats de plus en plus policiers et autoritaires, le retour de la menace fasciste dans de nombreux pays.</p>


<p class="wp-block-paragraph">Cette dynamique a un nom&nbsp;: impérialisme et elle a besoin des frontières.</p>


<p class="wp-block-paragraph">Ces facteurs rassemblés ne sont pas fortuits. Leur combinaison est le fruit d’un période de crise du capitalisme où la concurrence sur le marché mondial, dans le cadre d’un «&nbsp;marché&nbsp;» soit-disant libre et non faussé, tend à devenir affrontement entre des capitaux liés à des Etats ou blocs d’Etats. L’impérialisme est un temps où dans les rapports internationaux comme dans la «&nbsp;gestion des populations&nbsp;» il n’y a progressivement plus de politique que bestiale, celle de la force. C’est cela le système des frontières.</p>


<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Penser l’immigration c’est penser l’Etat&nbsp;» disait le sociologue Abdelmalek Sayad. Aujourd’hui, penser les migrations c’est penser l’impérialisme et le monde qui vient.</p>


<p class="wp-block-paragraph">C’est pour cela qu’il faut lire cette brochure. Parce qu’il ne s’agit pas de désespérer. Si la lutte des migrantEs, aux côtés des migrantEs, est si difficile et si dure, c’est parce que les enjeux concernent toute la société et son évolution. Laisser faire notre Etat contre les migrantEs, c’est se condamner à plonger dans la barbarie, « l’ensauvagement du monde » comme l’a dit Saïd Bouamama. Lutter aux côtés des migrantEs, de la solidarité internationale, de la solidarité de classe, contre les Etats, le Capital et le système des frontières, c’est donner un avenir à notre humanité.</p>


<p class="wp-block-paragraph">Il y a 50 ans, après le massacre des Algériens le 17 octobre 1961 à Paris, Kateb Yacine écrivait un poème intitulé «&nbsp;La gueule du loup&nbsp;». Sa conclusion est un appel plus que jamais d’actualité.</p>


<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Peuple français, tu as tout vu,</p>


<p class="wp-block-paragraph">Oui, tout vu de tes propres yeux,</p>


<p class="wp-block-paragraph">Et maintenant vas-tu parler ?</p>


<p class="wp-block-paragraph">Et maintenant vas-tu te taire ?&nbsp;»</p>


<p class="wp-block-paragraph" style="text-align:right;">Denis Godard, 6 mars 2019</p>


<p class="wp-block-paragraph"> <b id="1a"><a href="#1r">[1]</a></b> Ce texte est l&rsquo;édito d&rsquo;une brochure en voie de publication de la commission antiraciste du NPA</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/politiques-migratoires-irrationalite-monstrueuse-du-capitalisme-et-rationalite-obscene-du-capital/">Politiques migratoires : irrationalité monstrueuse du capitalisme et rationalité obscène du Capital</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>« Penser l’immigration, c’est penser l’État »</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/penser-limmigration-cest-penser-letat-1/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Jan 2019 23:55:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Economie politique]]></category>
		<category><![CDATA[Immigration]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://autonomiedeclasse.wordpress.com/?p=1251</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Le vent mauvais souffle fort&#160;: l’idée que l’immigration est un problème gagne du terrain à gauche1Rappel de quelques faits&#160;: En Allemagne, Sahra Wagenknecht, co-présidente du groupe parlementaire de Die Linke, a justifié le lancement début <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/penser-limmigration-cest-penser-letat-1/" title="« Penser l’immigration, c’est penser l’État »">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Le vent mauvais souffle fort&nbsp;: l’idée que l’immigration est un problème gagne du terrain à gauche<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_1251_12('footnote_plugin_reference_1251_12_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_1251_12('footnote_plugin_reference_1251_12_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_1251_12_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_1251_12_1" class="footnote_tooltip">Rappel de quelques faits&nbsp;: En Allemagne, Sahra Wagenknecht, co-présidente du groupe parlementaire de Die Linke, a justifié le lancement début septembre d’un nouveau mouvement politique&nbsp;(«Aufstehen», «&nbsp;Debout&nbsp;») par un appel&nbsp;à en finir avec la&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" href="https://www.liberation.fr/planete/2018/08/22/allemagne-l-egerie-de-la-gauche-radicale-penche-a-l-extreme-droite-sur-les-migrants_1673913" target="_blank">«&nbsp;bonne conscience de gauche sur la culture de l’accueil&nbsp;».</a>«&nbsp;Plus de migrants économiques, cela signifie plus de concurrence pour les bas salaires dans le secteur de l’emploi&nbsp;» selon elle. L’onde de choc atteint rapidement la France.&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" href="https://www.nouvelobs.com/politique/20180906.OBS1909/france-insoumise-et-immigration-le-discours-de-sahra-wagenknecht-est-de-salubrite-publique.html" target="_blank">Dans une interview sur le sujet</a>, Djordje Kuzmanovic, ancien porte-parole de Jean-Luc Mélenchon durant la campagne présidentielle de 2017 affirme que «&nbsp;le discours de Sahra Wagenknecht est de salubrité publique&nbsp;». Selon, lui, il faudrait réfléchir à la façon «&nbsp;d’assécher les flux migratoires&nbsp;» et «&nbsp;si une personne n’est pas éligible au droit d’asile, il faut la renvoyer dans son pays. Et vite&nbsp;».<br>Jean-Luc Mélenchon a réagi à cette interview en expliquant qu’elle n’engageait que son auteur. Pourtant, lui-même, le 25 août 2018,&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" href="https://twitter.com/JLMelenchon/status/1033399841752317957" target="_blank">écrivait dans un tweet&nbsp;</a>: «&nbsp;Nous disons&nbsp;: honte à ceux qui organisent l’immigration par les traités de libre-échange et qui l’utilisent ensuite pour faire pression sur les salaires et les acquis sociaux&nbsp;».</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_1251_12_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_1251_12_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.<br>Ces prises de positions reposent sur une série d’arguments. Deux d’entre eux ne sont pas spécifiques à ces courants&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>pour contrer le développement de l’extrême droite, il faudrait accepter l’idée qu’elle «&nbsp;pose de bonnes questions mais apporte de mauvaises réponses&nbsp;<em>»</em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_1251_12('footnote_plugin_reference_1251_12_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_1251_12('footnote_plugin_reference_1251_12_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_1251_12_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_1251_12_2" class="footnote_tooltip">Déclaration de Laurent Fabius tenus en 1984, à la suite du succès électoral du FN au élections européennes.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_1251_12_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_1251_12_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</li>



<li>pour ramener une partie de notre classe, acquise aux idées racistes, dans le giron de la gauche, il faudrait se concentrer sur l’amélioration de leur situation économique&nbsp;: </li>
</ul>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full"><img data-dominant-color="bc8a56" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #bc8a56;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/01/papiers-pas-policiers-2.jpg" alt="" class="wp-image-1288 not-transparent"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>J’étais candidat aux législatives dans le bassin minier du Nord. C’est une terre d’immigration : des Polonais, des Italiens, des Marocains qui ont été amenés là pour faire les boulots les plus durs. Ils ne peuvent pas accueillir d’autres migrants : le taux de pauvreté est de 40%, le taux de chômage de 30%&nbsp;! Le sentiment de voir se déliter sa culture est lié à un repli communautariste, qui est très étranger au républicanisme français et qui s’explique par la crise politique et économique qui nous affecte. Ces tensions se résorberaient si nous étions capables de lutter contre la précarité, en partageant la richesse produite&nbsp;qui finit principalement dans les mains de quelques ultrariches<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_1251_12('footnote_plugin_reference_1251_12_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_1251_12('footnote_plugin_reference_1251_12_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_1251_12_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_1251_12_3" class="footnote_tooltip">Entretien avec Djordje Kuzmanovic, orateur de la France Insoumise, Nouvel Obs, 8 septembre 2018.</em></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_1251_12_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_1251_12_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script><em>.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a par contre un argument «&nbsp;original&nbsp;» qui consiste à dire que les partisans de l’ouverture des frontières tiennent le même discours que le patronat, contraire à celui de la tradition marxiste. Engels, puis Marx, eux, auraient bien compris que la bourgeoisie utilise une «&nbsp;armée de réserve&nbsp;industrielle » pour pousser les salaires à la baisse&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Lorsque vous êtes de gauche et que vous tenez sur l’immigration le même discours que le patronat, il y a quand même un problème… Ce que nous disons n’a rien de nouveau. C’est une analyse purement marxiste : le capital se constitue une armée de réserve. Lorsqu’il est possible de mal payer des travailleurs sans papiers, il y a une pression à la baisse sur les salaires. Cette analyse serait d’extrême droite ? Vous plaisantez<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_1251_12('footnote_plugin_reference_1251_12_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_1251_12('footnote_plugin_reference_1251_12_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_1251_12_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_1251_12_4" class="footnote_tooltip">Id.</em></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_1251_12_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_1251_12_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script><em>.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Perçu comme moins «&nbsp;tactique&nbsp;» que les deux premiers, cet argument de fond – les migrants poussent les salaires de l’ensemble de la classe ouvrière à la baisse – a polarisé le débat public durant des semaines&nbsp;et n’est pas près de s’arrêter tant il semble le sens commun. Articles et débats dans le champs médiatique, prises de positions de courants ou de personnalités sur le sujet. Lordon, Le Monde Diplo, ou d’ancien.ne.s membres d’organisations marxistes (telle que D. Obono) ayant rejoint la France Insoumise sont venus en soutien à la position de Mélenchon et Kuzmanovic. À l’inverse,&nbsp;Regards, Politis et Mediapart lançaient le&nbsp;<a href="https://www.politis.fr/articles/2018/09/manifeste-pour-laccueil-des-migrants-39366/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Manifeste pour l’accueil des migrants</a> avec 150 personnalités issues du monde associatif, syndical, artistique et intellectuel. Et la CGT, en la personne de son secrétaire général Philippe Martinez,&nbsp;<a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/09/26/philippe-martinez-ce-n-est-pas-l-immigration-qui-cree-du-dumping-social-mais-l-absence-de-droits_5360160_3232.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">répondait&nbsp;</a>: «&nbsp;<em>Ce n’est pas l’immigration qui crée du dumping social, mais l’absence de droits&nbsp;!</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">La bourgeoisie a-t-elle intérêt à l’immigration et l’ouverture des frontières&nbsp;? Si oui, pourquoi la plupart des États et des élu.e.s politiques qui représentent les intérêts de la bourgeoisie mènent-ils une politique à l’inverse de ces intérêts, en établissant des lois de répression des migrant.e.s et de contrôle de plus en plus autoritaire de l’immigration&nbsp;? Quels outils l’analyse marxiste nous fournit-elle&nbsp;? Cet article vise à répondre à ces questions.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les migrant.e.s font-ils baisser les salaires&nbsp;? Libéralisme et immigration</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À Olivier Besancenot qui&nbsp;<a href="https://twitter.com/olbesancenot/status/1034807091322650624?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">répondait&nbsp;</a>au tweet de Jean-Luc Mélenchon que&nbsp;<em>«&nbsp;</em>Ce ne sont pas les immigrés qui font pression sur les salaires, mais le taux de profit que les capitalistes extirpent du travail des salariés, français ou immigrés, en France comme&nbsp;dans le monde entier.&nbsp;», Daniele Obono&nbsp;<a href="https://twitter.com/camaradobono/status/1034852557250854912" target="_blank" rel="noreferrer noopener">suggérait</a> d’aller (re)lire le Capital de Marx, chapitre 25, la partie intitulée «&nbsp;Production croissante d’une surpopulation relative ou d’une armée industrielle de réserve&nbsp;», l’accusant de «&nbsp;trollage gauchiste&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut effectivement aller le relire, puisque Marx lui-même y attaque justement les économistes qui imputent la baisse des salaires à une partie de la classe ouvrière. À l’époque, l’exemple utilisé concerne la classe ouvrière irlandaise qui, vivant dans un pays sous domination britannique, émigre massivement vers l’Angleterre et serait de ce fait responsable de la baisse des salaires de la classe ouvrière anglaise. Marx prend donc le temps dans la dernière partie de ce chapitre d’évoquer ce cas, de la même façon qu’il le traitera dans différents écrits, notamment dans une lettre envoyée en 1870 à Siegfried Mayer et Auguste Vogt <b id="6r"><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_1251_12('footnote_plugin_reference_1251_12_5');" onkeypress="footnote_moveToReference_1251_12('footnote_plugin_reference_1251_12_5');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_1251_12_5" class="footnote_plugin_tooltip_text">5</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_1251_12_5" class="footnote_tooltip">Mar<strong>x Kar</strong>l (1870), «&nbsp;L’Internationale et un pays indépendant, l’Irlande&nbsp;», lettre à Siegfried Mayer et August Vogt. Disponible&nbsp;<a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/parti/kmpc062.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ici</a></b>.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_1251_12_5').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_1251_12_5', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que peut-on lire dans ces écrits&nbsp;? Des arguments opposés à ceux des économistes libéraux. Selon eux, le salaire est fixé sur le marché du travail comme résultat de la rencontre à égalité entre un certain nombre d’offreurs (des travailleurs et travailleuses) et des demandeurs (les patrons). Si l’offre augmente, les patrons auront plus de candidats et ils embaucheront ceux qui acceptent des salaires plus faibles, donc le niveau des salaires aura tendance à baisser. D’où l’idée de réserve industrielle (d’un surplus d’offreurs de travail) et de dumping social (l’utilisation de cette situation par les patrons pour baisser les salaires). D’où enfin l’idée que les patrons ont intérêt à ce surplus de main-d’œuvre, et donc qu’ils sont par exemple favorables à l’immigration.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que proposent des dirigeant.e.s de la France Insoumise&nbsp;?&nbsp;Refuser le surplus de main d’œuvre. Comment&nbsp;? En mettant fin aux marchés, en imposant au patronat l’embauche de toutes et tous à un salaire décent&nbsp;? Non, en excluant une partie de cette main-d’œuvre de l’accès au marché, en l’occurrence les immigré.e.s, puisque «&nbsp;<em>Lorsque vous êtes de gauche et que vous tenez sur l’immigration le même discours que le patronat, il y a quand même un problème…&nbsp;</em>». Le nationalisme contre le libéralisme. Ils disent vouloir se démarquer des discours du patronat, mais acceptent pourtant de fait le cadre de raisonnement énoncé ci-dessus. C’est bien ce que reproche Olivier Besancenot au tweet de JL Mélenchon, ou encore Philippe Martinez lorsqu’il écrit que&nbsp;: «&nbsp;<em>Aux personnes qui prétendent qu’il faut reconduire à la frontière les travailleurs sans papiers car leurs conditions de travail engendrent du dumping social, nous demandons si la prochaine étape de leur projet consisterait à “renvoyer les femmes à la maison” car elles aussi sont victimes d’inégalité salariale…&nbsp;?&nbsp;</em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_1251_12('footnote_plugin_reference_1251_12_6');" onkeypress="footnote_moveToReference_1251_12('footnote_plugin_reference_1251_12_6');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_1251_12_6" class="footnote_plugin_tooltip_text">6</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_1251_12_6" class="footnote_tooltip">Martinez, Philippe. «&nbsp;Ce n’est pas l’immigration qui crée du dumping social, mais l’absence de droits&nbsp;!&nbsp;».<a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/09/26/philippe-martinez-ce-n-est-pas-l-immigration-qui-cree-du-dumping-social-mais-l-absence-de-droits_5360160_3232.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Tribune</a> parue dans le Monde du 26 septembre 2018.&nbsp;Remarque d’autant plus juste qu’il est vrai que la partie de la population attaquée comme étant soi-disant responsable du surplus de main d’œuvre a pu régulièrement être les femmes.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_1251_12_6').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_1251_12_6', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Marx réfute ces raisonnements, parce que l’analyse qu’il fait du système capitaliste est diamétralement opposée. Il a attaqué les positions qui proposent de s’en prendre à une partie de la population, dont celles de Malthus qui en arrivait à suggérer que les classes populaires arrêtent de faire des enfants.&nbsp;Dans ce fameux chapitre 25, il y aborde le concept d’armée de réserve industrielle à partir de «&nbsp;<em>La loi générale de l’accumulation capitaliste</em>&nbsp;». Selon lui, le nombre de personnes constituant la classe ouvrière «&nbsp;ne change rien au caractère fondamental de la reproduction capitaliste<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_1251_12('footnote_plugin_reference_1251_12_7');" onkeypress="footnote_moveToReference_1251_12('footnote_plugin_reference_1251_12_7');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_1251_12_7" class="footnote_plugin_tooltip_text">7</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_1251_12_7" class="footnote_tooltip">Marx, Karl (1973 [1867].&nbsp;<em>Le Capital</em>, Livre premier, Tome III. Éditions Sociales. Toutes les références de pages qui suivent sont tirées de la même source. Une autre version est disponible&nbsp;<a href="https://classiques.uqac.ca/classiques/Marx_karl/capital/capital_livre_1/capital_livre_1_3/fichiers_MIA/Capital_1_1_s7.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ici</a>.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_1251_12_7').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_1251_12_7', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>&nbsp;» (p. 55). Autrement dit, lorsque le capitalisme est en expansion, il a besoin de main d’œuvre, alors qu’en période de crise, il crée du chômage.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-plain is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="font-style:normal;font-weight:400">
<p class="wp-block-paragraph">« Le mouvement d’expansion et de contraction du capital en voie d’accumulation produit donc alternativement l’insuffisance ou la surabondance relatives du travail offerts, mais ce n’est ni un décroissement absolu ou proportionnel du chiffre de la population ouvrière qui rend le capital surabondant dans le premier cas, ni un accroissement absolu ou proportionnel du chiffre de la population ouvrière qui rend le capital insuffisant dans l’autre. » (p. 61). </p>
<cite>Karl Marx</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, la concurrence entre capitalistes, intensifiée en période de crises, conduit à des phénomènes de concentration et de centralisation du capital<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_1251_12('footnote_plugin_reference_1251_12_8');" onkeypress="footnote_moveToReference_1251_12('footnote_plugin_reference_1251_12_8');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_1251_12_8" class="footnote_plugin_tooltip_text">8</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_1251_12_8" class="footnote_tooltip">Concentration&nbsp;: augmentation à travers l’accumulation des profits des moyens de production entre les mains des capitalistes, (p. 66)&nbsp;<br>Centralisation&nbsp;: «&nbsp;fusion d’un nombre supérieur de capitaux en un nombre moindre&nbsp;» (p. 67).</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_1251_12_8').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_1251_12_8', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> afin d’augmenter la productivité. Or,&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="font-style:normal;font-weight:400">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;En grossissant, en accélérant ainsi les effets de l’accumulation, la centralisation étend et précipite les changements dans la composition technique du capital [nombre de moyens de production / quantité de travail, qui reflète le degré de machinisation], changements qui augmentent sa partie constante [moyens de production] aux dépens de sa partie variable [main d’œuvre] ou occasionnent un décroissement dans la demande relative de travail.&nbsp;» (p69)</p>
<cite>Karl Marx</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Cette aberration selon laquelle plus un travailleur produit, plus il crée les conditions de son exclusion de la production est spécifique au système capitaliste. Pire, n’ayant que sa force de travail à vendre pour subvenir à ses besoins, sa dépendance devient soumission. C’est le sens du concept d’armée de réserve industrielle pour Marx&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="font-style:normal;font-weight:400">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Si l’accumulation capitaliste, le progrès de la richesse sur la base capitaliste, produit donc nécessairement une surpopulation ouvrière, celle-ci devient à son tour le levier le plus puissant de l’accumulation, une condition d’existence de la production capitaliste dans son état de développement intégral. Elle forme une&nbsp;armée de réserve industrielle&nbsp;qui appartient au capital d’une manière aussi absolue que s’il l’avait élevée et disciplinée à ses propres frais. Elle fournit à ses besoins de valorisation flottants, et, indépendamment de l’accroissement naturel de la population, la matière humaine toujours exploitable et toujours disponible&nbsp;» (p 75-76)</p>
<cite>Karl Marx</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Donc,</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="font-style:normal;font-weight:400">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Les variations du&nbsp;taux général des salaires&nbsp;ne répondent donc pas à celles du chiffre absolu de la population&nbsp;; la proportion différente suivant laquelle la classe ouvrière se décompose en armée active et en armée de réserve, l’augmentation ou la diminution de la surpopulation relative, le degré auquel elle se trouve tantôt «&nbsp;engagée&nbsp;», tantôt «&nbsp;dégagé&nbsp;», en un mot, ses mouvement d’expansion et de contraction alternatifs correspondant à leur tour aux vicissitudes du cycle industriel, voilà ce qui détermine exclusivement ces variations. Vraiment ce serait une belle loi pour l’industrie moderne que celle qui ferait dépendre le mouvement du capital d’un mouvement dans le chiffre absolu de la population ouvrière, au lieu de régler l’offre du travail par l’expansion et la contraction alternatives du capital fonctionnant, c’est-à-dire d’après les besoins momentanés de la classe capitaliste. Et c’est pourtant là le dogme économiste&nbsp;!&nbsp;» (p80)</p>
<cite>Karl Marx</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">L’armée de réserve industrielle pèse bien sur l’armée active, et sur les salaires. Mais elle est le produit de la dynamique d’accumulation du capital, pas du nombre de travailleurs/ses qui cherchent à subvenir à leurs besoins. Cette analyse conduit donc Marx à estimer qu’il est faux de penser le marché du travail comme la rencontre entre des patrons qui demandent du travail et des ouvrier.e.s qui en offrent, puisqu’en réalité ce sont les patrons qui décident de la demande comme de l’offre&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="font-style:normal;font-weight:400">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Et c’est là l’effet général de toutes les méthodes qui concourent à rendre les travailleurs surnuméraires. Grâce à elles, l’offre et la demande de travail cessent d’être des mouvements partants de deux côtés opposés, celui du capital et celui de la force ouvrière. La capital agit des deux côtés à la fois. Si son accumulation augmente la demande de bras, elle en augmente aussi l’offre en fabriquant des surnuméraires. Ses dés sont pipés. Dans ces conditions la loi de l’offre et de la demande de travail consomme le despotisme capitaliste.&nbsp;» (p. 83)</p>
<cite>Karl Marx</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">À l’époque où Marx rédige le capital, trois catégories de la population arrivent massivement sur le marché du travail&nbsp;: les paysans, les femmes et enfants et dans plusieurs pays les immigré.e.s. Concernant cette dernière catégorie de travailleurs, il est intéressant de noter que Marx, en réel internationaliste, s’interroge dans la dernière partie de ce chapitre sur les conséquences de l’immigration pour la population dans les pays d’origine (préoccupation absente des raisonnements nationalistes). Si comme l’énonce le «&nbsp;dogme économiste&nbsp;» la situation de la classe ouvrière anglaise se détériore du fait de la concurrence des immigrés irlandais, la situation devrait à l’inverse s’améliorer pour les Irlandais (du coup moins nombreux) restés au pays&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="font-style:normal;font-weight:400">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Et pour les travailleurs restés en Irlande et délivrés de la surpopulation, quelles ont été les conséquences&nbsp;? Voici&nbsp;: il y a relativement la même surabondance de bras qu’avant 1846, le salaire réel est aussi bas, le travail plus exténuant et la misère des campagnes conduit derechef le pays à une nouvelle crise. La raison en est simple . La révolution agricole a marché du même pas que l’émigration. L’excès relatif de population s’est produit plus vite que sa diminution absolue.&nbsp;» (p 143)</p>
<cite>Karl Marx</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Les migrants font-ils baisser les salaires ? Comme l’écrit Abdelmalek Sayad&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="font-style:normal;font-weight:400">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Dans tous les cas, quel que soit le propos, le résultat est le même : d’un côté, des immigrés, c.a.d. des travailleurs étrangers ou des étrangers au travail, car l’immigré ne peut se concevoir qu’indissociablement lié au travail (un immigré chômeur, ça n’existe pas, comme dirait Robert Desnos); de l’autre côté, des chômeurs français ou, mieux, des Français au chômage. Même si ce rapprochement, auquel on donne une allure de scandale total (scandale intellectuel, moral et politique), est en réalité hasardeux (intellectuellement), inexact (socialement), injuste (moralement) et mesquin (politiquement), il suffit pour jeter le discrédit sur les immigrés ; il suffit pour produire et imposer dans l’opinion cette équation simpliste et fallacieuse : immigration = chômage<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_1251_12('footnote_plugin_reference_1251_12_9');" onkeypress="footnote_moveToReference_1251_12('footnote_plugin_reference_1251_12_9');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_1251_12_9" class="footnote_plugin_tooltip_text">9</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_1251_12_9" class="footnote_tooltip">Sayad, Abdelmalek (2006). «&nbsp;Qu’est-ce qu’un immigré&nbsp;?».&nbsp;L’immigration ou les paradoxes de l’altérité. L’illusion du provisoire. p. 46-47.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_1251_12_9').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_1251_12_9', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script><em>.&nbsp;</em>»</p>
<cite>Abdelmalek Sayad</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Quand cette question est posée, elle indique donc d’emblée la position nationaliste sous-jacente de celui ou celle qui la pose dans ces termes. Sinon, pourquoi la poser à l’endroit des migrant.e.s, et pas des gens qui ne font jamais grève&nbsp;par exemple ? Qu’elle soit posée par des fascistes, là rien d’étonnant. Mais quand elle s’impose à une partie de la gauche, il y a de quoi s’inquiéter sur son projet politique. Ceux qui font baisser les salaires, ce sont les courants syndicaux ou politiques qui prétendent défendre les intérêts de la classe ouvrière mais ne proposent aucune stratégie d’unification de «&nbsp;l’armée active&nbsp;» et de «&nbsp;l’armée de réserve&nbsp;» afin de pouvoir mieux combattre la bourgeoisie et le système qu’elle dirige. Dans cette situation, l’importance de la tribune de P. Martinez puis de l’engagement de la CGT à l’occasion des manifestations du 18 décembre pour la liberté de circulation, la fermeture des centres de rétention, la régularisation des sans-papiers et l’égalité des droits tiennent justement en ce qu’ils posent la nécessité d’une telle stratégie.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le patronat est-il favorable à l’immigration&nbsp;? État et immigration</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">On en arrive à la question de l’État. Selon la tradition marxiste, l’État est une structure développée historiquement afin d’assurer les conditions politiques de l’accumulation capitaliste. Donc, si la bourgeoisie trouve un intérêt dans l’immigration, mais que les politiques publiques aujourd’hui intensifient les contrôles aux frontières et l’expulsion des migrant.e.s, est-ce à dire que l’autonomie de la sphère politique entre en contradiction avec cette classe et que les théories marxistes&nbsp;sont erronées ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une équipe de chercheurs sur les questions liées à l’État et ses transformations dans le contexte de la mondialisation s’est penchée sur cette question. Le résultat de ses travaux a été publié en français en 2017, sous le titre&nbsp;<em>L’Europe des flux. Migrations, travail et crise de l’Union européenne<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_1251_12('footnote_plugin_reference_1251_12_10');" onkeypress="footnote_moveToReference_1251_12('footnote_plugin_reference_1251_12_10');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_1251_12_10" class="footnote_plugin_tooltip_text">10</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_1251_12_10" class="footnote_tooltip">Staatsprojekt Europa (2017).<em>L’Europe des flux. Migrations, travail et crise de l’Union européenne</em>. Eterotopia France. Les références de pages qui suivent sont issues de cette source.</em></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_1251_12_10').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_1251_12_10', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. La réflexion part d’une contradiction apparente&nbsp;: alors que des hauts représentants du capital allemand soulignent les avantages de l’immigration, les politiques migratoires oscillent entre ouverture affichée et restrictions effectives depuis plusieurs années. Pour ces chercheurs, il faut chercher l’explication dans le fait que «<em>&nbsp;l’État est la condensation matérielle d’un rapport de force entre classes et fractions de classe</em>&nbsp;» (p.19), selon la définition élaborée par Nicos Poulantzas. Comme toute autre politique, les politiques migratoires actuelles en seraient le produit&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="font-style:normal;font-weight:400">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;en raison du nationalisme et du racisme virulents dans les pays d’immigration, les politiques étatiques se caractérisent par une rhétorique anti-immigration et des lois sécuritaires répressives. Les politiques de main-d’œuvre de l’État national-social incitent cependant les pays d’accueil à poursuivre une augmentation tendancielle et une flexibilisation de l’immigration&nbsp;» (p.27)</p>
<cite>Nicos Poulantzas</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">En d’autres termes, selon eux, pour maintenir leur domination et s’assurer de rester hégémoniques, les forces libérales ont dû faire un compromis avec les forces conservatrices. Ainsi, «&nbsp;<em>pour des raisons stratégiques, [elles] ont accepté la combinaison de politiques de recrutement avec des éléments d’une politique migratoire répressive traditionnelle, et ce afin d’intégrer des forces conservatrices à leur stratégie de main-d’œuvre.&nbsp;</em>» (p. 67).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème majeur de ce type d’analyse est qu’elle se base sur la conception de l’État comme champ politique distinct du champ économique<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_1251_12('footnote_plugin_reference_1251_12_11');" onkeypress="footnote_moveToReference_1251_12('footnote_plugin_reference_1251_12_11');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_1251_12_11" class="footnote_plugin_tooltip_text">11</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_1251_12_11" class="footnote_tooltip">Pour un développement de cette critique, et plus généralement des analyses de l’État, voir Harman, Chris (1991), «&nbsp;<em>L’État et le capitalisme aujourd’hui</em>&nbsp;». Disponible&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" href="https://www.marxists.org/francais/harman/1991/etatcapital/etatcapital.htm" target="_blank">ici</a>.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_1251_12_11').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_1251_12_11', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Pourtant, ces chercheurs reconnaissent eux-mêmes que la manifestation du pouvoir d’un État, de la souveraineté, consiste en sa capacité à contrôler un/des territoire(s) et la population à l’intérieur de frontières pour y assurer la domination de sa bourgeoisie. Il est donc dans la nature de l’État-nation d’instituer un «&nbsp;nous&nbsp;» et un «&nbsp;eux&nbsp;». C’est la raison pour laquelle Abdelmalek Sayad estime que «&nbsp;<em>penser l’immigration, c’est penser l’État&nbsp;</em>», puisque «&nbsp;<em>l’immigration constitue comme la limite de ce qu’est l’État national (…). Il est comme dans la nature même de l’État de discriminer (…)</em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_1251_12('footnote_plugin_reference_1251_12_12');" onkeypress="footnote_moveToReference_1251_12('footnote_plugin_reference_1251_12_12');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_1251_12_12" class="footnote_plugin_tooltip_text">12</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_1251_12_12" class="footnote_tooltip">Sayad, Abdelmalek (1999). «&nbsp;Immigration et “pensée d’État”. Actes de la Recherche en sciences sociales. Vol. 129, septembre 1999. Disponible&nbsp;<a href="https://www.persee.fr/doc/arss_0335-5322_1999_num_129_1_3299" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ici.</a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_1251_12_12').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_1251_12_12', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre en quoi l’État n’est pas en contradiction avec les intérêts du Capital, on peut encore une fois repartir des écrits de Marx et de ses positions politiques. À propos de l’immigration irlandaise en Angleterre, il écrit&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="font-style:normal;font-weight:400">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Ce qui est primordial, c&rsquo;est que chaque centre industriel et commercial d&rsquo;Angleterre possède maintenant une classe ouvrière&nbsp;divisée&nbsp;en deux camps hostiles : les prolétaires anglais et les prolétaires irlandais. L&rsquo;ouvrier anglais moyen déteste l&rsquo;ouvrier irlandais en qui il voit un concurrent qui dégrade son niveau de vie. Par rapport à l&rsquo;ouvrier irlandais, il se sent membre de la nation&nbsp;dominante&nbsp;et devient ainsi un instrument que les aristocrates et capitalistes de son pays utilisent&nbsp;contre l&rsquo;Irlande. Ce faisant, il renforce leur domination sur lui-même. Il se berce de préjugés religieux, sociaux et nationaux contre les travailleurs irlandais. Il se comporte à peu près comme les blancs pauvres vis-à-vis des nègres dans les anciens États esclavagistes des États-Unis. L&rsquo;Irlandais lui rend avec intérêt la monnaie de sa pièce. Il voit dans l&rsquo;ouvrier anglais à la fois un complice et un instrument stupide de la&nbsp;domination anglaise en Irlande.<br>Cet antagonisme est artificiellement entretenu et développé par la presse, le clergé et les revues satiriques, bref par tous les moyens dont disposent les classes dominantes.&nbsp;Cet antagonisme est le secret de l&rsquo;impuissance de la classe ouvrière anglaise, malgré son organisation. C&rsquo;est le secret du maintien au pouvoir de la classe capitaliste, et celle-ci en est parfaitement consciente<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_1251_12('footnote_plugin_reference_1251_12_13');" onkeypress="footnote_moveToReference_1251_12('footnote_plugin_reference_1251_12_13');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_1251_12_13" class="footnote_plugin_tooltip_text">13</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_1251_12_13" class="footnote_tooltip">Marx Karl (1870), «&nbsp;L’Internationale et un pays indépendant, l’Irlande&nbsp;», lettre à Siegfried Mayer et August Vogt. Disponible&nbsp;<a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/parti/kmpc062.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ici</a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_1251_12_13').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_1251_12_13', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script><em>.&nbsp;</em>»</p>
<cite>Karl Marx</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Said Bouamama résume de façon brillante cette idée lorsqu’il explique que le nationalisme et son corollaire, le racisme, permettent à la classe dirigeante&nbsp;de « <em>diviser ceux qui devraient être unis (les différentes composantes des classes populaires) et d’unir ceux qui devraient être divisés (les classes sociales aux intérêts divergents)<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_1251_12('footnote_plugin_reference_1251_12_14');" onkeypress="footnote_moveToReference_1251_12('footnote_plugin_reference_1251_12_14');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_1251_12_14" class="footnote_plugin_tooltip_text">14</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_1251_12_14" class="footnote_tooltip">Voir par exemple Bouamama, Said (2015), «&nbsp;L’attentat contre Charlie Hebdo&nbsp;: l’occultation politique et médiatique des causes, des conséquences et des enjeux&nbsp;». Disponible&nbsp;<a href="https://bouamamas.wordpress.com/2015/01/11/lattentat-contre-charlie-hebdo-loccultation-politique-et-mediatique-des-causes-des-consequences-et-des-enjeux/)" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ici</a>.</em></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_1251_12_14').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_1251_12_14', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script><em> </em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le capitalisme n’a jamais signifié absence d’État, surtout en période de crises où l’État (national, autoritaire, puissant) devient déterminant pour le maintien des intérêts de la bourgeoisie nationale. Il est donc faux de croire que la bourgeoisie libérale est contre la répression, les frontières, le nationalisme et le racisme&nbsp;: c’est ce qui lui permet d’assurer sa domination par un contrôle de l’ensemble de la classe ouvrière&nbsp;; c’est cette politique qui tire les salaires vers le bas, et pas la partie de notre classe qui est la plus attaquée.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Conclusion </strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Accepter que l’État contrôle l’immigration, c’est accepter l’existence d’un État au service de la classe dirigeante, c’est donc accepter l’existence de cette classe dirigeante et sa possibilité d’exploiter et de discriminer<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_1251_12('footnote_plugin_reference_1251_12_15');" onkeypress="footnote_moveToReference_1251_12('footnote_plugin_reference_1251_12_15');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_1251_12_15" class="footnote_plugin_tooltip_text">15</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_1251_12_15" class="footnote_tooltip">Voir TPP, «&nbsp;<a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pourquoi-il-ne-peut-pas-y-avoir-de-bonne-loi-sur-limmigration/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pourquoi il ne peut y avoir de bonnes lois sur l’immigration&nbsp;</a>». Mai 2018.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_1251_12_15').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_1251_12_15', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’inverse, refuser tout contrôle de l’immigration, militer pour l’ouverture des frontières (la liberté de circulation) et l’égalité des droits (la liberté d’installation), c’est se battre&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="font-style:normal;font-weight:400">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;1. Dans les différentes luttes nationales des prolétaires, [pour] mett[re] en avant et f[aire] valoir les intérêts indépendants de la nationalité et communs à tout le prolétariat. 2. Dans les différentes phases que traverse la lutte entre prolétaires et bourgeois, [pour] représente[r] toujours les intérêts du mouvement dans sa totalité<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_1251_12('footnote_plugin_reference_1251_12_16');" onkeypress="footnote_moveToReference_1251_12('footnote_plugin_reference_1251_12_16');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_1251_12_16" class="footnote_plugin_tooltip_text">16</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_1251_12_16" class="footnote_tooltip">Engels, Friedrich,&nbsp;Marx, Karl (1847).&nbsp;Le Manifeste du Parti communiste.Disponible&nbsp;<a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/00/kmfe18470000b.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ici</a>.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_1251_12_16').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_1251_12_16', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script><em>.&nbsp;</em>»</p>
<cite>Karl Marx, Friedrich Engels</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">C’est donc aussi se battre contre l’économisme, qui prétend résoudre toutes les questions politiques simplement en revendiquant une autre répartition des richesses. D’où l’importance de construire dès à présent l’échéance internationale du 16 mars contre le racisme et le fascisme, les violences policières et la chasse aux migrant.e.s. Aux côtés des premier.e.s concerné.e.s. «&nbsp;<em>L’irlandais évincé par le bœuf et le mouton reparaît de l’autre côté de l’Atlantique [aux USA] sous forme de Fenian</em>&nbsp;» concluait Marx à la fin du chapitre 25, conclusion elle aussi à rebours de tous les discours qui réduisent les migrants au statut de victimes de l’impérialisme. Décidément, un chapitre à (re)lire.</p>



<h6 class="wp-block-heading">Vanina Giudicelli</h6>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_1251_12();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_1251_12();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_1251_12">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_1251_12" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_1251_12_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_1251_12('footnote_plugin_tooltip_1251_12_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Rappel de quelques faits&nbsp;: En Allemagne, Sahra Wagenknecht, co-présidente du groupe parlementaire de Die Linke, a justifié le lancement début septembre d’un nouveau mouvement politique&nbsp;(«Aufstehen», «&nbsp;Debout&nbsp;») par un appel&nbsp;à en finir avec la&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" href="https://www.liberation.fr/planete/2018/08/22/allemagne-l-egerie-de-la-gauche-radicale-penche-a-l-extreme-droite-sur-les-migrants_1673913" target="_blank">«&nbsp;bonne conscience de gauche sur la culture de l’accueil&nbsp;».</a>«&nbsp;Plus de migrants économiques, cela signifie plus de concurrence pour les bas salaires dans le secteur de l’emploi&nbsp;» selon elle. L’onde de choc atteint rapidement la France.&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" href="https://www.nouvelobs.com/politique/20180906.OBS1909/france-insoumise-et-immigration-le-discours-de-sahra-wagenknecht-est-de-salubrite-publique.html" target="_blank">Dans une interview sur le sujet</a>, Djordje Kuzmanovic, ancien porte-parole de Jean-Luc Mélenchon durant la campagne présidentielle de 2017 affirme que «&nbsp;le discours de Sahra Wagenknecht est de salubrité publique&nbsp;». Selon, lui, il faudrait réfléchir à la façon «&nbsp;d’assécher les flux migratoires&nbsp;» et «&nbsp;si une personne n’est pas éligible au droit d’asile, il faut la renvoyer dans son pays. Et vite&nbsp;».<br>Jean-Luc Mélenchon a réagi à cette interview en expliquant qu’elle n’engageait que son auteur. Pourtant, lui-même, le 25 août 2018,&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" href="https://twitter.com/JLMelenchon/status/1033399841752317957" target="_blank">écrivait dans un tweet&nbsp;</a>: «&nbsp;Nous disons&nbsp;: honte à ceux qui organisent l’immigration par les traités de libre-échange et qui l’utilisent ensuite pour faire pression sur les salaires et les acquis sociaux&nbsp;».</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_1251_12_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_1251_12('footnote_plugin_tooltip_1251_12_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Déclaration de Laurent Fabius tenus en 1984, à la suite du succès électoral du FN au élections européennes.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_1251_12_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_1251_12('footnote_plugin_tooltip_1251_12_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Entretien avec Djordje Kuzmanovic, orateur de la France Insoumise, Nouvel Obs, 8 septembre 2018.</em></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_1251_12_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_1251_12('footnote_plugin_tooltip_1251_12_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Id.</em></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_1251_12_5" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_1251_12('footnote_plugin_tooltip_1251_12_5');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>5</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Mar<strong>x Kar</strong>l (1870), «&nbsp;L’Internationale et un pays indépendant, l’Irlande&nbsp;», lettre à Siegfried Mayer et August Vogt. Disponible&nbsp;<a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/parti/kmpc062.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ici</a></b>.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_1251_12_6" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_1251_12('footnote_plugin_tooltip_1251_12_6');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>6</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Martinez, Philippe. «&nbsp;Ce n’est pas l’immigration qui crée du dumping social, mais l’absence de droits&nbsp;!&nbsp;».<a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/09/26/philippe-martinez-ce-n-est-pas-l-immigration-qui-cree-du-dumping-social-mais-l-absence-de-droits_5360160_3232.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Tribune</a> parue dans le Monde du 26 septembre 2018.&nbsp;Remarque d’autant plus juste qu’il est vrai que la partie de la population attaquée comme étant soi-disant responsable du surplus de main d’œuvre a pu régulièrement être les femmes.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_1251_12_7" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_1251_12('footnote_plugin_tooltip_1251_12_7');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>7</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Marx, Karl (1973 [1867].&nbsp;<em>Le Capital</em>, Livre premier, Tome III. Éditions Sociales. Toutes les références de pages qui suivent sont tirées de la même source. Une autre version est disponible&nbsp;<a href="https://classiques.uqac.ca/classiques/Marx_karl/capital/capital_livre_1/capital_livre_1_3/fichiers_MIA/Capital_1_1_s7.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ici</a>.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_1251_12_8" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_1251_12('footnote_plugin_tooltip_1251_12_8');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>8</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Concentration&nbsp;: augmentation à travers l’accumulation des profits des moyens de production entre les mains des capitalistes, (p. 66)&nbsp;<br>Centralisation&nbsp;: «&nbsp;fusion d’un nombre supérieur de capitaux en un nombre moindre&nbsp;» (p. 67).</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_1251_12_9" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_1251_12('footnote_plugin_tooltip_1251_12_9');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>9</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Sayad, Abdelmalek (2006). «&nbsp;Qu’est-ce qu’un immigré&nbsp;?».&nbsp;L’immigration ou les paradoxes de l’altérité. L’illusion du provisoire. p. 46-47.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_1251_12_10" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_1251_12('footnote_plugin_tooltip_1251_12_10');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>10</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Staatsprojekt Europa (2017).<em>L’Europe des flux. Migrations, travail et crise de l’Union européenne</em>. Eterotopia France. Les références de pages qui suivent sont issues de cette source.</em></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_1251_12_11" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_1251_12('footnote_plugin_tooltip_1251_12_11');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>11</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Pour un développement de cette critique, et plus généralement des analyses de l’État, voir Harman, Chris (1991), «&nbsp;<em>L’État et le capitalisme aujourd’hui</em>&nbsp;». Disponible&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" href="https://www.marxists.org/francais/harman/1991/etatcapital/etatcapital.htm" target="_blank">ici</a>.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_1251_12_12" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_1251_12('footnote_plugin_tooltip_1251_12_12');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>12</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Sayad, Abdelmalek (1999). «&nbsp;Immigration et “pensée d’État”. Actes de la Recherche en sciences sociales. Vol. 129, septembre 1999. Disponible&nbsp;<a href="https://www.persee.fr/doc/arss_0335-5322_1999_num_129_1_3299" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ici.</a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_1251_12_13" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_1251_12('footnote_plugin_tooltip_1251_12_13');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>13</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Marx Karl (1870), «&nbsp;L’Internationale et un pays indépendant, l’Irlande&nbsp;», lettre à Siegfried Mayer et August Vogt. Disponible&nbsp;<a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/parti/kmpc062.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ici</a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_1251_12_14" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_1251_12('footnote_plugin_tooltip_1251_12_14');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>14</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Voir par exemple Bouamama, Said (2015), «&nbsp;L’attentat contre Charlie Hebdo&nbsp;: l’occultation politique et médiatique des causes, des conséquences et des enjeux&nbsp;». Disponible&nbsp;<a href="https://bouamamas.wordpress.com/2015/01/11/lattentat-contre-charlie-hebdo-loccultation-politique-et-mediatique-des-causes-des-consequences-et-des-enjeux/)" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ici</a>.</em></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_1251_12_15" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_1251_12('footnote_plugin_tooltip_1251_12_15');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>15</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Voir TPP, «&nbsp;<a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pourquoi-il-ne-peut-pas-y-avoir-de-bonne-loi-sur-limmigration/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pourquoi il ne peut y avoir de bonnes lois sur l’immigration&nbsp;</a>». Mai 2018.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_1251_12_16" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_1251_12('footnote_plugin_tooltip_1251_12_16');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>16</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Engels, Friedrich,&nbsp;Marx, Karl (1847).&nbsp;Le Manifeste du Parti communiste.Disponible&nbsp;<a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/00/kmfe18470000b.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ici</a>.</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_1251_12() { jQuery('#footnote_references_container_1251_12').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_1251_12').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_1251_12() { jQuery('#footnote_references_container_1251_12').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_1251_12').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_1251_12() { if (jQuery('#footnote_references_container_1251_12').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_1251_12(); } else { footnote_collapse_reference_container_1251_12(); } } function footnote_moveToReference_1251_12(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_1251_12(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_1251_12(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_1251_12(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/penser-limmigration-cest-penser-letat-1/">« Penser l’immigration, c’est penser l’État »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Pourquoi il ne peut pas y avoir de bonne loi sur l’immigration</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pourquoi-il-ne-peut-pas-y-avoir-de-bonne-loi-sur-limmigration/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Jun 2018 06:47:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Immigration]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Au moment où l’enjeu est d’amplifier la mobilisation contre la loi « Asile/immigration 0 », raciste, liberticide et meurtrière, l’idée de ce topo est d’inscrire cette loi dans la trajectoire du Capital, et donc de la saisir <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pourquoi-il-ne-peut-pas-y-avoir-de-bonne-loi-sur-limmigration/" title="Pourquoi il ne peut pas y avoir de bonne loi sur l’immigration">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pourquoi-il-ne-peut-pas-y-avoir-de-bonne-loi-sur-limmigration/">Pourquoi il ne peut pas y avoir de bonne loi sur l’immigration</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Au moment où l’enjeu est d’amplifier la mobilisation contre la loi « <em><span style="text-decoration: line-through;">Asile</span>/immigration 0</em> », raciste, liberticide et meurtrière, l’idée de ce topo est d’inscrire cette loi dans la trajectoire du Capital, et donc de la saisir comme un aboutissement (forcément provisoire) du processus de radicalisations raciste des bourgeoisies européennes. Et ainsi de comprendre concrètement comment un gouvernement élu soit disant pour « <em>faire barrage au FN</em> » peut, en presque toute quiétude (politiciennes du moins &#8211; c’est l’enjeu des mobilisations en court et à venir que de ne pas le laisser faire impunément), faire passer une loi réellement d’extrême droite (si le FN a tactiquement voté contre à l’Assemblée, il a voté pour les articles les plus dégueulasses). Et ainsi nous pourrons débusquer effectivement ce fameux « <a href="https://lundi.am/La-main-de-la-ZAD-les-fourgons-d-Arago-et-l-arc-d-extreme-droite" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><em>arc d’extrême droite</em> » dont parle Lordon dans le dernier </a><em><a href="https://lundi.am/La-main-de-la-ZAD-les-fourgons-d-Arago-et-l-arc-d-extreme-droite">Lundi Matin</a>.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Il ne va pas ici s’agir de détailler une à une les saloperies contenues dans cette loi immonde, mais de voir les ruptures (et continuités) qu’elle induit avec l’ordre « <em>normal</em> » de la légalité bourgeoise. Par son intitulé même, qui lie « <em>Asile</em> » et «<em> Immigration</em> », deux réponses de la bourgeoisie aux flux migratoires (par ailleurs statistiquement stable sur le long terme) traditionnellement séparées : l’une relevant de principes généraux (en apparence humanistes) ; l’autre de nécessités économiques. Par son application avant même d’être formellement validée par le parlement (certaines préfectures appliquent les délais de recourt de la loi actuellement en discussion), cette loi incarne un pas en avant dans le basculement autoritaire des « <em>démocraties </em>» bourgeoises.</p>
<p style="text-align: justify;">Cependant par de nombreux aspects, concrètement les plus menaçants pour les migrants et les sans papiers (pénalisation du travail « sous alias », délais de recours, allongement de la rétention, possibilité de rétention des enfants,…), elle ne fait  qu’aggraver des logiques contenues dans la longue litanie des lois, décrets et circulaires racistes (quelles soient de droites ou « <em>socialistes</em> »). On ne va donc pas ici discuter de ce que pourrait être une loi « <em>de gauche</em> » sur l’immigration, mais plutôt tenter de démontrer qu’il ne peut pas y avoir de « bonne » loi sur l’immigration</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><u>Toute loi sur l’immigration est nécessairement raciste :</u></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Toute loi sur l’immigration instaure, de fait, un régime d’exception, régissant la vie sur le territoire d’une partie de la population: celle et ceux que l’Etat capitaliste désigne comme « <em>étrangers</em> ». Cela porte un nom, l’apartheid. Et c’est une certaine catégorie « <em>d’étrangers</em> » qui est visée : certains sont <em>« migrants</em> », <em>« immigrés</em> », « <em>sans papiers</em> »… d’autres « <em>coopérants </em>», « <em>expatriés </em>». C’est donc clairement un critère raciste qui détermine celles et ceux à qui s’applique ce régime d’exception (qui d’ailleurs s’étend, en pratique, jusqu’aux personnes issues de migrations mais nées sur le territoire ou naturalisé, donc considéré, légalement, comme français)</p>
<p style="text-align: justify;">Une loi sur l’immigration accrédite l’idée qu’il y aurait un « <em>problème de l’immigration</em> », que c’est les travailleurs « <em>étrangers </em>» qu’il faut attaquer et pas le racisme (et ses bases matérielles). Ce faisant elle offre à la bourgeoisie, relayée par les appareils idéologiques, dont les médias dominants, un bouc émissaire facile à la crise, l’insécurité, le chômage,….</p>
<p style="text-align: justify;">Le débat même sur de telles lois donne raison aux partis fascistes (« <em>ils posent les bonnes question… </em>») et donc les renforce et ainsi alimente l’autojustification du cercle vicieux de la surenchère raciste (« <em>pour lutter conter le FN il faut appliquer son programme »</em> -comme le pratique la  Macronnie réellement existante)</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><u>Toute loi sur l’immigration est concrètement inhumaine.</u></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Déjà parce que les migrations sont un fait anthropologique majeur (de tout temps les populations humaines se sont déplacées, ce qui à fortement contribué à la survie de l’espèce)</p>
<p style="text-align: justify;">Mais surtout, de part son existence même, une loi sur l’immigration instaure un tri entre êtres humains ; et c’est ce tri, en lui-même, qu’il nous faut refuser. Il n’y a pas et ne serait avoir une façon « <em>de gauche</em> » de trier les humains. Et pas (seulement) par humanisme abstrait, mais (surtout) car ce se sont nos sœurs et frères de classe qui sont l’objet de ce tri et qui en meurent tous les jours.</p>
<p style="text-align: justify;">On peut ici prendre l’exemple de Saint Bernard et des « régularisations Jospin » : suite à un fort mouvement de sans-papiers, qui a culminé en 96 avec l’occupation de l’église Saint Bernard à Paris (et son évacuation à coup de hache « <em>avec cœur et humanité</em> »), le gouvernement « <em>socialistes</em> » élu peu après (en surfant sur la dynamique de lutte dans laquelle s’inscrivait le mouvement des sans-papiers) va procéder à une régularisation massive. La contre partie aura été la mise en place de critères de régularisation et la « <em>décentralisation </em>» de la gestion des régularisations vers les préfectures, c&rsquo;est-à-dire l’institutionnalisation du cas par cas, l’éclatement géographique du mouvement.  Cela a eu des conséquences stratégiques sur les mouvements de sans papiers et de soutiens, qui ont encore des impacts dans les débats aujourd’hui.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut bien saisir la nécessité idéologique/politique pour le système de nous faire accepter ce tri. Le capitalisme est le seul système dans lequel il peut y avoir « <em>trop </em>» de travailleurs (alors même que les besoins humains de base ne sont pas satisfait, et que certains se tuent au travail), car il n’est pas poussé par la satisfaction des besoins humain, mais tiré par la valorisation du Capital. Il crée donc ainsi une masse qui « <em>ne compte</em>, littéralement, <em>pas </em>», car exclues ou marginalisées de la participation à son cycle infernal de reproduction, les <em>« surnuméraires</em> » comme les appels Badiou. Il faut donc faire accepter que l’on peut, et plus que l’on doit, trier les être humains pour en exclure une part considérables des canons du mode de vie capitaliste, les condamner à la survie ou à la mort. On commence par les « <em>étrangers</em> » puis l’on peut faire accepter que l’on coupe les minima sociaux aux « <em>nationaux </em>». On voit ici que ce qui s’expérimente aux marges en termes de politique policière et judiciaire, mais aussi en termes d’accès aux possibilités de survie ou de forme de sur-exploitation (Uberisation, ultra-précarité,&#8230;), a une vocation d’extension infinie vers le centre (Macron met les enfants de ses électeurs en garde à vue).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><u>Toute loi sur l’immigration est forcément une attaque contre touTEs les travailleuSEs</u></strong></p>
<p style="text-align: justify;">La précarisation d’une partie importante de notre classe (un fRance on parle d’1/3) tire vers le bas les conditions d’existence de l’ensemble des travailleurs. Par exemple aux USA, les études sur la condition salariale du temps de la ségrégation montrent que la discrimination d’une partie des travailleurs tire l’ensemble des salaires vers le bas (voir le texte <em><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/notre-antiracisme/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Notre Antiracisme</a></em>).</p>
<p style="text-align: justify;">L’argument, faussement de gauche, mais vraiment raciste, que les travailleurs immigrés tirent les salaires vers le bas (<em>« ça arrange bien le Medef</em> ») est aussi éloigné de la réalité qu’un DRH parlant du travail des salariés. Déjà les travailleurs migrants n’occupent pas les mêmes segments du marché du travail. Leur situation juridique les poussent souvent vers des activités rendues illégales (Travail du sexe, de la drogues) ou informelle (<em>maïs chaud</em>). Et même dans le cas d’une intégration plus ou moins complète à l’économie formelle (travail au noir pour les grandes entreprises via la sous-traitance, ou les petit patrons de resto, travail sous alias), ils occupent les placent les plus précarisées du salariat. L’exemple des récentes grèves dans les secteurs du nettoyage est à ce titre très parlant. Il nous dit que l’organisation de ces secteurs est un enjeu important car leur entrée en lutte peut être synonyme d’avancées pour l’ensemble de la classe. Les ouvriers spécialisés, donc majoritairement immigrés, de Talbot Poissy ont gagné en 1982 des revendications pour l’ensemble des ouvriers de l’usine : augmentations, liberté syndicale,… (cela n’a pas empêché que, 2 ans plus tard, ils se fassent délogés de l’usine qu’ils occupaient sous les <em>Marseillaises</em> et les encouragement à la police de leur « camarades » « français »).</p>
<p style="text-align: justify;">En instaurant une division artificielle, mais qui a des effets très concrets, entre nous, l’Etat capitaliste cherche à créer une unité, toute aussi factice, entre exploiteurs et exploités nés sur une même parcelle du globe. Et ainsi tente d’enrôler les travailleuses et travailleurs dans la défense des  prétendus « <em>intérêts  nationaux</em> ». Quand on laisse se distiller ce poison dans notre classe, notamment par manque de clarté et de prise en charge concrète des questions concrètes qui se posent concrètement (exclusions de jeunes filles de l’école par exemple) par le mouvement ouvrier « <em>traditionnel </em>», c’est la capacité de résistance de toute la classe qui s’en trouve affaiblie, et donc l’emprise des capitalistes sur nos vies qui est renforcée.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><u>Soyons réaliste…</u></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Du point de vue des bourgeoisies, les lois « <span style="text-decoration: line-through;">Asile</span>/immigration 0 » ont le triple avantage :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>D’alimenter l’autojustification de leur surenchère raciste, policière et militaire.</li>
<li>De rendre légitime l’idée qu’il est acceptable, « <em>naturel </em>», et même « <em>nécessaire</em>» de faire un tri entre être humain.</li>
<li>D’affaiblir l’unité, donc les capacités de résistance du prolétariat.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">C’est pourquoi il nous faut lutter contre cette loi, et se saisir de ces moments de lutte  <em><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/le-2-juin-avec-les-migrantes-faisons-classe/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">pour faire classe</a></em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, de notre point de vue de militantEs de classe, internationalistes, révolutionnaires, la seule revendication réaliste est l’abolition des frontières. Les frontières, ces « <em>actes de violence d’un état à même un paysage</em> », que l&rsquo;occident a imposé partout, notamment en Afrique avec les conséquences dramatiques que l&rsquo;on connait : marginalisations politique et économique du continents, conflits frontaliers, nationalisme&#8230; . Les frontières  ce lucratif bizness meurtrier sur lequel prospèrent des multinationales comme la française Thales ou l’espagnole Indra qui se sont par exemple spécialisées dans la production, la vente et l’entretien d’outils informatiques, et de dispositifs électroniques et militaires dédiés au contrôle des frontières (caméras thermiques, drones, etc.), ce qui correspond à un marché florissant et en expansion continue financé par l’UE et ses États. Les frontières comme système de ségrégation qui ne se limitent pas aux murs et barrière physique, mais donnent corps au racisme structurel, qui s’immisce partout dans le territoire et jusque dans notre classe. Certains nous diront que c’est impossible. Nous leur répondons que, comme bien souvent, demander ce qui est impossible dans la « <em>réalité</em> » capitaliste est le seul moyen d’être « <em>réaliste</em> » d’un point de vue ouvrier.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Présenté au groupe A2C-Paris le 29 mai 2018</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>TPP</em></strong></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pourquoi-il-ne-peut-pas-y-avoir-de-bonne-loi-sur-limmigration/">Pourquoi il ne peut pas y avoir de bonne loi sur l’immigration</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Pourquoi la lutte contre le racisme est cruciale ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pourquoi-la-lutte-contre-le-racisme-est-cruciale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Sep 2017 13:13:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Immigration]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=3057</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Le communisme est l’alternative à la catastrophe vers laquelle nous entraîne le monde du Capital. Voilà ce qu’il y a à discuter et à préciser : nous pensons que, non seulement le communisme, mais aussi <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pourquoi-la-lutte-contre-le-racisme-est-cruciale/" title="Pourquoi la lutte contre le racisme est cruciale ?">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Le communisme est l’alternative à la catastrophe vers laquelle nous entraîne le monde du Capital. Voilà ce qu’il y a à discuter et à préciser : nous pensons que, non seulement le communisme, mais aussi la lutte pour le communisme sont vouées à l’échec sans une lutte déterminée, dans les prises de position et surtout dans les actes, contre le nationalisme et le racisme, ici et maintenant.. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui signifie qu’on ne construira aucune organisation digne
de ce nom, qu’elle soit syndicale ou politique, sans combat
pour une intervention, politique et pratique, aux côté des
migrantEs contre le régime des frontières, aux côtés des
jeunes Noirs et Arabes contre les violences policières et aux
côtés des MusulmanEs contre l’islamophobie.
</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car le communisme n’est pas une nouvelle société de classes où la classe ouvrière serait la classe dominante. Le communisme c’est l’abolition de toute domination de classe. Nous revendiquons le rôle stratégique et dirigeant de notre classe – à condition de la prendre telle qu’elle est aujourd’hui – dans une perspective communiste. Mais nous disons que ce qui lui donne ce rôle c’est que son émancipation, en tant que classe, signifie l’émancipation de toute la société. Pour jouer ce rôle dirigeant et entrainer toute la société elle doit donc développer une conscience de lutte contre toutes les oppressions engendrées dans la société par la domination du Capital au-delà de la lutte contre l’exploitation qui lui est spécifique. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous en déduisons que la conscience de classe la plus élevée, celle qui permet de lutter de manière résolue contre le capitalisme, se développe au travers des luttes contre toutes les discriminations (de race, de genre&#8230;) et de leur articulation à la lutte contre l’exploitation. La lutte contre l’oppression est la moins mécanique qui soit parce que les oppressions et les discriminations traversent et empoisonnent notre classe de l’intérieur. C’est ce qui fait du combat contre ces oppressions, lorsqu’il est mené par notre classe, l’élément le plus élevé, le plus politique, de la conscience de classe. Nous en déduisons que la conscience de classe la plus élevée, celle qui permet de lutter de manière résolue contre le capitalisme, se développe au travers des luttes contre toutes les discriminations (de race, de genre&#8230;) et de leur articulation à la lutte contre l’exploitation. La lutte contre l’oppression est la moins mécanique qui soit parce que les oppressions et les discriminations traversent et empoisonnent notre classe de l’intérieur. C’est ce qui fait du combat contre ces oppressions, lorsqu’il est mené par notre classe, l’élément le plus élevé, le plus politique, de la conscience de classe.  </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le capitalisme entretient avec le racisme et le nationalisme des liens historiques et de sang. Le capitalisme a transformé le rapport d’exploitation en un contrat entre individus juridiquement « libres ». D’où la nécessité de légitimer l’esclavage en théorisant l’inhumanité des Noirs. Le capitalisme s’est développé politiquement sous la forme d’Etats-nations composés de citoyens « libres et égaux en droits », droits établis comme « universels ». D’où la nécessité de légitimer le colonialisme en théorisant l’inégalité « naturelle » des races, les raciséEs devenant des non-citoyens ou des sous-citoyens. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous le fouet de la dynamique d’accumulation, le Capital a toujours tendu à déborder les cadres géographiques et politiques de sa naissance. Chaque crise d’accumulation du Capital est devenue une crise politique des formes historiques étroites dans lesquelles il a émergé. Mais il n’a jamais réussi à les dépasser et c’est dans ces formes mêmes qu’il a tenté de régler ses crises. D’où les flambées de nationalisme et de racisme qui marquent de sang l’histoire du capitalisme. </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’expérience du XXè siècle et la trajectoire actuelle du
Capital semblent indiquer qu’il ne peut dépasser ces formes.
L’ultra-impérialisme de Kaustky comme l’Empire de Toni
Négri sont des théories qui se sont noyées, pour l’une dans
l’expérience des deux guerres mondiales et de l’horreur de
l’holocauste et pour l’autre dans les guerres et le retour des
nationalismes de la fin du XXè siècle et du début du XXIè.
</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ce type de situation qui marque notre période
historique, crise structurelle du capitalisme et flambée du
nationalisme, du militarisme et du racisme. Ce qui
conditionne ce que nous nommons trajectoire du Capital.
Nous n’en sommes qu’aux prémisses.
</p>



<p class="wp-block-paragraph">La résolution de la crise migratoire qui est, en réalité une crise des politiques migratoires, suppose une attaque résolue contre le régime des frontières, c’est-à-dire contre l’ordre des États-nations. La lutte contre l’islamophobie suppose une attaque résolue contre l’identité nationale liant une fraction de notre classe à l’État et aux capitaux auxquels il est lié. D’où la trajectoire potentiellement antagoniste des luttes antiracistes avec la trajectoire actuelle du Capital.  </p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’est pas anodin que les nouvelles formes du réformisme combinent une lutte contre l’austérité qui, pour radicale qu’elle puisse apparaître, au moins dans les mots, reste néanmoins dans le cadre du « contrat » salarial – établi au niveau de l’état – avec un « populisme » lié politiquement à une souveraineté et une citoyenneté « nationales ». Ces nouvelles formes du réformisme peuvent, parfois, mobiliser des fractions de notre classe. Mais l’expérience de Syriza en Grèce a montré leur impasse. </p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pourquoi préparer notre classe à des confrontations majeures contre l’exploitation, afin d’entraîner l’ensemble de la société vers le communisme, sans une stratégie qui mette en avant la lutte contre le racisme, contre le nationalisme et le régime des frontières, serait le plus court chemin vers la défaite. Notre tâche est de favoriser aujourd’hui les formes de lutte, d’organisation et de conscience qui ne font pas cette impasse. </p>



<h6 class="wp-block-heading">Denis Godard</h6>
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		<title>La chasse aux migrantEs et la criminalisation de leurs soutiens continuent !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/la-chasse-aux-migrantes-et-la-criminalisation-de-leurs-soutiens-continuent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 May 2017 09:28:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Immigration]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Répression]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Pour sa première visite européenne, Manuel Macron s’est rendu en Allemagne pour y rencontrer Angela  Merkell. Un des thèmes abordés pour ce premier échange officiel  « l’harmonisation du droit d’asile». Nul doute que « notre » nouveau président <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/la-chasse-aux-migrantes-et-la-criminalisation-de-leurs-soutiens-continuent/" title="La chasse aux migrantEs et la criminalisation de leurs soutiens continuent !">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Pour</em><em> sa</em><em> première</em><em> visite</em><em> européenne,</em><em> Manuel</em><em> Macron</em><em> s</em><em>’est</em><em> rendu</em><em> en</em><em> Allemagne</em><em> pour</em><em> y</em><em> rencontrer</em><em> Angela</em><em>  Merkell.</em><em> Un</em><em> des</em><em> thèmes</em><em> abordés</em><em> pour</em><em> ce</em><em> premier</em><em> échange</em><em> officiel</em><em>  « l</em><em>’harmonisation</em><em> du</em><em> droit</em><em> d</em><em>’asile».</em><em> Nul</em><em> doute</em><em> que</em><em> « notre »</em><em> nouveau</em><em> président</em><em> aura</em><em> su</em><em> éclairer</em><em> son</em><em> interlocutrice</em><em> des</em><em>  traitements</em><em>  harmonieux</em><em>  pratiqués</em><em> en</em><em> France</em><em>   à</em><em> l</em><em>’encontre</em><em> des</em><em> migrantEs</em><em> et</em><em> du</em><em> mouvement</em><em> de</em><em> solidarité !</em><br />
<em> </em><br />
<strong>A</strong><strong> la</strong><strong> frontière</strong><strong> italienne&#8230;Le</strong><strong> cauchemar !</strong><br />
Dans un post  publié il y a quelques jours sur les réseaux sociaux, Cédric Herrou, militant antiraciste sans frontières de la vallée de la Roya, condamné pour ses actions de soutien, et récidiviste revendiqué, sonne une nouvelle fois l’alarme sur la situation des migrantEs.  Dans sa fuite en avant à vouloir rendre impossible l’accès en France aux  migrants, l’Etat a dépêché sur place toute la panoplie des forces de répression dont il dispose : armée, gendarmerie, garde républicaine mobile, police de l’air et des frontières et douane. Les habitants sont systématiquement contrôlés, et les flics se livrent à une véritable chasse contre les africains. Des soldats de la « force sentinelle » se sont récemment livré à un tabassage en règle de deux jeunes soudanais contrôlés sur la voie de chemin de fer reliant Vintimille et Menton. Face à  répression, le soutien actif  oulabienveillancedelapopulationnefaiblissentpas,hormisquelquesinévitablescollabos,telcemédecinrefusantdeprodiguerdessoinsàdesréfugiésetlesdénonçantàlagendarmerie.<br />
<strong>La</strong><strong> solidarité</strong><strong> à</strong><strong> nouveau</strong><strong> devant</strong><strong> la</strong><strong> « justice »</strong><br />
Aujourd’hui mardi 16 mai s’ouvre à Nice un nouveau procès de la solidarité. Quatre personnes sont jugées pour « aide au séjour et à la circulation de personnes en situation irrégulière » en l’occurrence  six migrantEs dont deux mineurs. Le réseau RESF qui soutient les accuséEs dénonce fort justement la façon dont sont traités les mineurs isolés. Certains d’entre eux interpellés à Nice ont été reconduits à la frontière alors qu’ils avaient été placés en foyer, en infraction aux procédures en vigueur. Les mineurs placés dans les foyers de l’ASE (aide sociale à l’enfance. sic) ne sont pas scolarisés, et ne sont pas aidés pour rédiger leur demande d’asile !  Le NPA apporte toute sa solidarité et son soutien aux inculpéEs de Nice, ou d’ailleurs, victimes d’un acharnement  politique et judiciaire  permanent. Rappelons nous qu’en 2012, après l’accession de Hollande à la présidence, le nouveau ministre de la justice, Manuel Valls avait promis, sous pression des associations et des collectifs de sans papiers, qu’il mettrait fin au « délit de solidarité. » Comme le disait cyniquement son ancien collègue Charles Pasqua  « les promesses des hommes politiques n’engagent que ceux qui les reçoivent ». Les gouvernements se suivent, et la politique anti migrantEs se durcit chaque fois un peu plus.<br />
<strong>Et pendant ce temps là, la Méditerranée &#8230;</strong><br />
continue à charrier les corps des réfugiéEs. Dans un bouleversant texte « pêcheur d’hommes en Méditerranée »  publié par « le monde » le 11 mai, l’ écrivain et poète italien Erri de Luca  raconte son quotidien partagé ce printemps avec des bénévoles, à bord du bateau « Prudence », affrété par Médecins Sans Frontières pour sauver des migrantEs en danger de mort,  embarquéEs sur des rafiots improbables,  . Gageons que la lecture de ce texte n’était pas au programme  du dîner officiel de Berlin.<br />
Alain Pojolat, le 16 Mai 2017</p>
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