La chasse aux migrantEs et la criminalisation de leurs soutiens continuent !

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Pour sa première visite européenne, Manuel Macron s’est rendu en Allemagne pour y rencontrer Angela  Merkell. Un des thèmes abordés pour ce premier échange officiel  « l’harmonisation du droit d’asile». Nul doute que « notre » nouveau président aura su éclairer son interlocutrice des  traitements  harmonieux  pratiqués en France   à l’encontre des migrantEs et du mouvement de solidarité !
 
A la frontière italienne…Le cauchemar !
Dans un post  publié il y a quelques jours sur les réseaux sociaux, Cédric Herrou, militant antiraciste sans frontières de la vallée de la Roya, condamné pour ses actions de soutien, et récidiviste revendiqué, sonne une nouvelle fois l’alarme sur la situation des migrantEs.  Dans sa fuite en avant à vouloir rendre impossible l’accès en France aux  migrants, l’Etat a dépêché sur place toute la panoplie des forces de répression dont il dispose : armée, gendarmerie, garde républicaine mobile, police de l’air et des frontières et douane. Les habitants sont systématiquement contrôlés, et les flics se livrent à une véritable chasse contre les africains. Des soldats de la « force sentinelle » se sont récemment livré à un tabassage en règle de deux jeunes soudanais contrôlés sur la voie de chemin de fer reliant Vintimille et Menton. Face à  répression, le soutien actif  oulabienveillancedelapopulationnefaiblissentpas,hormisquelquesinévitablescollabos,telcemédecinrefusantdeprodiguerdessoinsàdesréfugiésetlesdénonçantàlagendarmerie.
La solidarité à nouveau devant la « justice »
Aujourd’hui mardi 16 mai s’ouvre à Nice un nouveau procès de la solidarité. Quatre personnes sont jugées pour « aide au séjour et à la circulation de personnes en situation irrégulière » en l’occurrence  six migrantEs dont deux mineurs. Le réseau RESF qui soutient les accuséEs dénonce fort justement la façon dont sont traités les mineurs isolés. Certains d’entre eux interpellés à Nice ont été reconduits à la frontière alors qu’ils avaient été placés en foyer, en infraction aux procédures en vigueur. Les mineurs placés dans les foyers de l’ASE (aide sociale à l’enfance. sic) ne sont pas scolarisés, et ne sont pas aidés pour rédiger leur demande d’asile !  Le NPA apporte toute sa solidarité et son soutien aux inculpéEs de Nice, ou d’ailleurs, victimes d’un acharnement  politique et judiciaire  permanent. Rappelons nous qu’en 2012, après l’accession de Hollande à la présidence, le nouveau ministre de la justice, Manuel Valls avait promis, sous pression des associations et des collectifs de sans papiers, qu’il mettrait fin au « délit de solidarité. » Comme le disait cyniquement son ancien collègue Charles Pasqua  « les promesses des hommes politiques n’engagent que ceux qui les reçoivent ». Les gouvernements se suivent, et la politique anti migrantEs se durcit chaque fois un peu plus.
Et pendant ce temps là, la Méditerranée …
continue à charrier les corps des réfugiéEs. Dans un bouleversant texte « pêcheur d’hommes en Méditerranée »  publié par « le monde » le 11 mai, l’ écrivain et poète italien Erri de Luca  raconte son quotidien partagé ce printemps avec des bénévoles, à bord du bateau « Prudence », affrété par Médecins Sans Frontières pour sauver des migrantEs en danger de mort,  embarquéEs sur des rafiots improbables,  . Gageons que la lecture de ce texte n’était pas au programme  du dîner officiel de Berlin.
Alain Pojolat, le 16 Mai 2017