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	<title>Archives des Analyse - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<description>Pour l&#039;autonomie de classe !</description>
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	<title>Archives des Analyse - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Contre le fascisme.  Le Front Populaire n’est pas la solution.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Vanina]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Sep 2024 21:59:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Front populaire]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">En France cet été, après quelques semaines d’une campagne électorale éclair où la victoire était promise au Rassemblement National de Marine Le Pen, c’est la gauche qui a obtenu le plus grand nombre d’élu.es au <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/contre-le-fascisme-le-front-populaire-nest-pas-la-solution/" title="Contre le fascisme.  Le Front Populaire n’est pas la solution.">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>En France cet été, après quelques semaines d’une campagne électorale éclair où la victoire était promise au Rassemblement National de Marine Le Pen, c’est la gauche qui a obtenu le plus grand nombre d’élu.es au parlement. <br>Pour susciter très rapidement l’adhésion les partis et syndicats ont convoqué la mémoire du Front Populaire des années 1930. Ils en ont aussi repris les fondements stratégiques.<sup data-fn="e2280cf0-e3eb-4e7a-b5a4-9e9f3d51dae5" class="fn"><a id="e2280cf0-e3eb-4e7a-b5a4-9e9f3d51dae5-link" href="#e2280cf0-e3eb-4e7a-b5a4-9e9f3d51dae5">1</a></sup></p>



<p>Ils ont, en réalité, convoqué un mythe entretenu depuis plusieurs décennies sur le Front Populaire de 1936 : celui d’un gouvernement d’unité de la gauche qui repoussa le fascisme.</p>



<p>Ce qui est extraordinaire &#8211; alors que les enjeux sont aujourd’hui à nouveau considérables : rien moins que la possibilité pour un parti fasciste d’arriver au pouvoir &#8211; c’est ce que ce mythe s’abstient de préciser.<br>D’une part que ce n’est pas le gouvernement de Front Populaire de 1936 qui a fait barrage au fascisme. C’est une riposte de masse qui a, deux ans auparavant, rejeté les ligues fascistes françaises dans la défensive.<br>D’autre part que l’expérience gouvernementale du Front Populaire fut si désastreuse qu’en 1940 ce fut le parlement élu en 1936 qui vota les pleins pouvoirs à Pétain après avoir exclu les députés communistes et interdit le parti communiste.</p>



<p>Enjeux considérables disons-nous. Le résultat des élections de cet été n’a pas éloigné le RN de la perspective du pouvoir. Le fascisme est plus fort que jamais en France. Mais la mobilisation durant la campagne électorale a aussi montré que sa victoire n’est pas inéluctable.</p>



<p><strong>Un potentiel de riposte contre le fascisme</strong></p>



<p>A l’annonce du résultat des élections européennes, le 9 juin dernier, la surprise n’est pas venue de la victoire électorale du Rassemblement National en France. Celle-ci était pourtant dramatique. Le parti fasciste<sup data-fn="e3bac474-a9b2-4440-b7ef-57fa1e4e3496" class="fn"><a id="e3bac474-a9b2-4440-b7ef-57fa1e4e3496-link" href="#e3bac474-a9b2-4440-b7ef-57fa1e4e3496">2</a></sup> est arrivé en tête des votes dans plus de 9 communes françaises sur 10 ! Et 9 millions d’électeurs et électrices ont voté pour l’extrême-droite. Mais ce résultat était, hélas, annoncé depuis des semaines sans susciter de mobilisation de la gauche.<br>La surprise vient de la réaction immédiate du président français. Dès le 9 juin Emmanuel Macron décide de dissoudre le parlement et d’organiser de nouvelles élections trois semaines plus tard. Il annonce qu’en cas de victoire il demandera au RN de former un gouvernement.</p>



<p>C’est un électrochoc. La société française réalise soudainement que la perspective d’avoir des fascistes au gouvernement n’est pas théorique. De premiers sondages confirment que le RN pourrait obtenir une majorité de député.es. Des représentants des plus grosses entreprises françaises essaient d’entrer en contact avec le RN pour connaître ses intentions et peser sur sa politique<sup data-fn="3248ce73-c15d-4372-a583-f142bf69f4c1" class="fn"><a id="3248ce73-c15d-4372-a583-f142bf69f4c1-link" href="#3248ce73-c15d-4372-a583-f142bf69f4c1">3</a></sup>. Sophie Binet, dirigeante de la CGT, lance un appel solennel à l’union de la gauche en disant qu’il est « minuit moins une ». </p>



<p>En quelques jours les partis de « la gauche » décident de se présenter de manière unie aux élections pour tenter de faire barrage à l’extrême-droite. L’essentiel de ce qui porte, en France, le nom de « mouvement social » apporte son soutien, syndicats, associations, fronts de lutte. Significativement le nom de cette coalition, le « Nouveau Front Populaire » (NFP) est sa première décision bien avant l’accord de répartition des candidat.es ou le programme commun. </p>



<p>Dès le week-end du 15 et 16 juin, 800 000 manifestant.es descendent dans la rue à l’appel des syndicats et d’associations pour appeler à voter pour le « Front Populaire ».<br>Jusqu’au premier tour des élections la mobilisation autour du NFP ne faiblira pas en combinant différentes formes. Des milliers de personnes participent à des réunions pour y trouver comment s’impliquer dans la campagne, diffusions de tracts, porte-à-porte… Parallèlement de multiples manifestations et rassemblements vont avoir lieu pour porter les revendications du mouvement, sociales, écologiques et féministes. Dans ces manifestations s’exprime ouvertement la haine du fascisme. Elles démontrent que le processus de dédiabolisation du RN<sup data-fn="c1b1a56a-3c93-46e5-a8fc-98869f7ded6c" class="fn"><a id="c1b1a56a-3c93-46e5-a8fc-98869f7ded6c-link" href="#c1b1a56a-3c93-46e5-a8fc-98869f7ded6c">4</a></sup> peut être rapidement renversé. Dans la jeunesse c’est un slogan des années 90, de la lutte contre le Front National de Jean-Marie Le Pen, qui est repris : « la jeunesse emmerde le Front National »<sup data-fn="2a7369b8-8ea6-4515-82e8-4e4b4e00f8cc" class="fn"><a id="2a7369b8-8ea6-4515-82e8-4e4b4e00f8cc-link" href="#2a7369b8-8ea6-4515-82e8-4e4b4e00f8cc">5</a></sup>. Le samedi 29 juin, veille du premier tour, les Marches des Fiertés sont massives. A Paris un cortège de dizaines de milliers de jeunes hurle ce slogan à l’arrivée de la manifestation.</p>



<p><strong>Leçon des années 1930 : Ce qui repousse le danger fasciste</strong><sup data-fn="bb7d9315-2454-48ff-811b-e4938482ba83" class="fn"><a id="bb7d9315-2454-48ff-811b-e4938482ba83-link" href="#bb7d9315-2454-48ff-811b-e4938482ba83">6</a></sup></p>



<p>Lorsque le Front Populaire, coalition de gauche, gagne les élections en mai 1936 l’extrême-droite fasciste est, en France, sur la défensive. Et ce n’est pas l’accord de gouvernement de la gauche qui en est la cause.</p>



<p>Deux ans plus tôt, en février 1934 la situation était totalement différente. Les ligues d’extrême-droite étaient à l’offensive, sur fond de crise économique, de chômage de masse, d’affaires de corruption et d’instabilité parlementaire. Ces différentes ligues, antisémites et nationalistes, monarchistes et parfois ouvertement fascistes, regroupaient souvent des dizaines de milliers de membres. Elles s’appuyaient aussi sur des organisations de masse (anciens combattants, petits contribuables…) de centaines de milliers de membres.</p>



<p>La gauche, divisée, au niveau politique comme syndical était, elle, au plus bas. Le début des années 1930 enregistre des niveaux historiquement faibles de grèves. Les deux principaux syndicats regroupent à eux deux moins d’un million d’adhérents (750 000).</p>



<p>Mais dans un contexte marqué par l’exemple de la prise du pouvoir par Hitler un auparavant et de la destruction totale du mouvement ouvrier en Allemagne, une tentative de coup de force par les ligues d’extrême-droite, le 6 février 1934, va déclencher une extraordinaire riposte de masse.<br>Spontanément des manifestations locales, souvent unitaires, démarrent les jours suivants. Le 12 février, à l’appel de la CGT, 5 millions de travailleurs se mettent en grève contre le fascisme dans tout le pays tandis que des manifestations massives ont lieu dans 346 villes.<br>Dans les semaines et les mois suivants ce premier succès conduisit à une véritable effervescence de l’activité antifasciste. Des collectifs et comités antifascistes, souvent unitaires, se constituent sur tout le territoire, des grandes villes aux villages. Daniel Guérin parle de 3000 comités<sup data-fn="ef16d73b-c1e5-4793-80d8-805b29461023" class="fn"><a id="ef16d73b-c1e5-4793-80d8-805b29461023-link" href="#ef16d73b-c1e5-4793-80d8-805b29461023">7</a></sup>.</p>



<p>Ces comités ont plusieurs caractéristiques principales. Leur pivot est leur caractère de classe donné par l’implication des militant.es syndicaux et de leurs structures locales. Dès le 12 février l’ampleur des manifestations locales est directement corrélée à l’implantation des syndicats<sup data-fn="2839e615-976f-4277-9143-62f8e5086a4a" class="fn"><a id="2839e615-976f-4277-9143-62f8e5086a4a-link" href="#2839e615-976f-4277-9143-62f8e5086a4a">8</a></sup>. L’élargissement de la mobilisation à d’autres couches de la société et à d’autres formes d’organisation n’a pas été handicapée par cette nature de classe mais favorisée par elle.</p>



<p>La seconde caractéristique est qu’ils imposent l’unité à leurs directions nationales qui vont continuer de s’y opposer pendant des mois. Ce caractère est apparu là aussi dès le 12 février. A implantation syndicale égale, les manifestations sont d’autant plus nombreuses que les syndicats ont agi localement de manière unitaire<sup data-fn="1c428cea-9872-4e81-ad81-5376c93539a4" class="fn"><a id="1c428cea-9872-4e81-ad81-5376c93539a4-link" href="#1c428cea-9872-4e81-ad81-5376c93539a4">9</a></sup>. A Paris deux manifestations sont organisées, l’une dirigée par le parti communiste et l’autre par le parti socialiste. Mais à l’arrivée ces deux manifestations vont converger aux cris de « Unité » sous la pression des manifestants.<br>Ce qui soude l’unité est l’action commune. Contre-manifestations, fêtes, meetings, ces comités occupent le terrain et en chassent, souvent violemment, les fascistes lui interdisant toute expression publique.</p>



<p>Ce mouvement éloigne le fascisme de toute perspective de pouvoir.<br>En privant les fascistes de tribune publique il les empêche de souder les rangs d’une « clientèle » socialement très hétérogène et d’apparaître comme représentant « du peuple ». <br>La progression du fascisme vers la constitution d’organisations de masse repose plus sur la passivité et la démoralisation de la classe ouvrière que sur le recrutement de sections significatives de celle-ci. Or la riposte de masse ressuscite la combativité ouvrière et la confiance collective tout en isolant les fascistes. <br>Enfin, le fascisme ne peut devenir un outil pour la classe dirigeante &#8211; condition ultime de son accession au pouvoir<sup data-fn="1938d6b3-e309-41b0-a1ff-323a3ffde4da" class="fn"><a id="1938d6b3-e309-41b0-a1ff-323a3ffde4da-link" href="#1938d6b3-e309-41b0-a1ff-323a3ffde4da">10</a></sup> &#8211; que si celui-ci démontre sa capacité à affaiblir la combativité et les capacités d’organisation collective de la classe ouvrière. Pas si ses initiatives jouent, ne serait-ce que temporairement, le rôle inverse.</p>



<p><strong>Le Nouveau Front Populaire la joue à l’envers</strong></p>



<p>A la mobilisation <em>contre</em> les fascistes le NFP a substitué la nécessité de convaincre ses électeurs et électrices. L’expression qui résume cette orientation est qu’ils sont « fâchés mais pas fachos »<sup data-fn="6cd532f1-77c7-49f1-ae4b-fa0e2b36692e" class="fn"><a id="6cd532f1-77c7-49f1-ae4b-fa0e2b36692e-link" href="#6cd532f1-77c7-49f1-ae4b-fa0e2b36692e">11</a></sup>. C’est-à-dire fâchés contre les politiques d’attaques sociales et sensibles aux arguments racistes et réactionnaires mais pas fascistes. Ils et elles ne font que « se tromper de colère ». Il faut donc les ramener dans le giron de la gauche en proposant une alternative sociale. <br>A l’unité d’action des organisations le NFP a substitué l’unité des directions sur un programme. A l’antagonisme de classe et à ses moyens de lutte il a substitué la collaboration de classe et les moyens institutionnels.</p>



<p>Au nom de l’urgence le NFP a donc construit un « accord de gouvernement » sur des positions compatibles avec la droite du Parti socialiste qui n’a plus rien de commun avec la gauche. Déclinant des mesures d’urgence sociale<sup data-fn="45e7f919-505e-4d9b-8131-6f206f40611d" class="fn"><a id="45e7f919-505e-4d9b-8131-6f206f40611d-link" href="#45e7f919-505e-4d9b-8131-6f206f40611d">12</a></sup> ce programme soutient aussi la livraison d’armes à l’Ukraine et la souveraineté militaire de la France. Il repousse les questions liées à l’immigration et notamment l’éventuelle abrogation de la dernière loi raciste, à un futur indéterminé. A tel point qu’il fut rejoint par un ancien ministre d’Emmanuel Macron et par François Hollande, l’ancien président de la République dont Emmanuel Macron fut ministre et qui conduisit pour l’essentiel, de 2012 à 2017, la même politique raciste et libérale que celui-ci.</p>



<p>La volonté militante aurait pu être l’occasion de construire, partout, des cadres de mobilisation contre le fascisme. Mais cette énergie a été canalisée vers la simple propagande électorale. Aucune des directions des forces impliquées dans le NFP, partis, syndicats et associations, n’ont appelé à des mobilisations contre le fascisme et contre le RN durant la campagne. Dans les thèmes des manifestations organisées centralement (acquis sociaux, environnement, féminisme) l’impasse a été faite significativement sur les questions du racisme et de la solidarité avec la Palestine<sup data-fn="d74c248a-a7d8-4918-a4cd-e75e97a5d543" class="fn"><a id="d74c248a-a7d8-4918-a4cd-e75e97a5d543-link" href="#d74c248a-a7d8-4918-a4cd-e75e97a5d543">13</a></sup>.<br>Aucun appel n’a été lancé à contrer l’intervention du RN sur les marchés ou à manifester contre ses réunions publiques. Très en pointe, la dirigeante nationale de la CGT, Sophie Binet, entraînant une grande partie de l’appareil syndical, a multiplié les interventions médiatiques tandis que les structures nationales et locales de la CGT organisaient de nombreuses diffusions de tracts. Il n’y sera jamais question de grèves contre le danger fasciste mais d’appeler à voter pour le NFP reprenant des revendications syndicales et emblématiquement l’abrogation de la loi sur les retraites qui avait mobilisé des millions de travailleurs en 2023. </p>



<p>Le premier tour a, malgré cette mobilisation, placé le RN et ses alliés en tête des votes, en capacité de maintenir ses candidat.es dans la quasi-totalité des circonscriptions et donc d’obtenir une majorité, au moins relative, au parlement. Avec 11 millions de voix sa progression est même spectaculaire, doublant le nombre de voix obtenues deux ans auparavant lors des élections législatives de 2022.</p>



<p>La gauche n’en a pas déduit un changement de stratégie. La logique du NFP a conduit toutes ses composantes, des plus radicales aux plus à droite, à argumenter pour un accord, de fait, avec la droite et les partis soutenant Macron. Tous les candidat.es du NFP arrivé.es en troisième position au premier tour ont alors décidé de se désister pour soutenir les candidat.es du gouvernement ou de la droite conservatrice contre les candidat.es du RN. Cela a conduit par exemple le NFP à appeler à voter pour Elisabeth Borne, la première ministre qui a fait passer en force l’attaque sur les retraites en 2023. Mais aussi à appeler à voter pour Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, à l’origine de la loi la plus raciste de ces dernières décennies. Celui-là même qui lors de la campagne des présidentielles de 2022 avait jugé Marine Le Pen « trop molle » dans la lutte contre l’immigration et contre l’islamisme. <br>En quelques semaines on était passé de la défense d’un programme de gauche &#8211; soit-il modéré &#8211; comme seul barrage au fascisme à une collaboration sans contenu et sans luttes avec les courants les plus libéraux et racistes de la classe dirigeante.<br>Les dirigeants du RN ne se sont pas priés de souligner que cela démontrait qu’il était la seule opposition réelle à « l’establishment ».</p>



<p><strong>Rien n’est réglé</strong></p>



<p>C’est souvent par des canaux politiques défaillants que s’exprime la volonté de classe. Cela a souvent permis aux directions réformistes de justifier leur politique. Dans le cas précis c’est en votant pour des député.es de droite que s’est exprimée largement l’idée que le RN n’est pas « un parti comme les autres ». Qu’il représente un danger spécifique. Que tous les moyens sont bons pour l’empêcher d’arriver au pouvoir. Ce qui devrait amener à deux conclusions. D’une part qu’il y a possibilité d’employer d’autres moyens. Et d’autre part que le contenu politique du NFP n’était pas déterminant.</p>



<p>Il va sans dire que les composantes du NFP n’en ont pas tiré ces conclusions. Olivier Besancenot (Nouveau Parti Anticapitaliste) et Sophie Binet ont même célébré une victoire. La plupart des autres composantes du mouvement ont, plus sagement, évoqué un sursis gagné contre l’extrême-droite<sup data-fn="1a65afc0-66a8-465e-96e6-70c2818a6898" class="fn"><a id="1a65afc0-66a8-465e-96e6-70c2818a6898-link" href="#1a65afc0-66a8-465e-96e6-70c2818a6898">14</a></sup>.</p>



<p>Cela sous-estime gravement la nature du danger et fait obstacle à un changement de stratégie.</p>



<p>Qui parle de victoire refuse de comprendre que la situation née des élections a renforcé le danger du fascisme.<br>D’abord parce que l’échec du RN à gagner une majorité de député.es ne devrait pas masquer la progression dramatique du nombre de voix qu’il a obtenues. Il ne devrait pas masquer le fait que ce nombre de voix s’est maintenu entre les deux tours malgré la diffusion publique du profil violement raciste et parfois ouvertement fasciste d’une centaine de ses candidat.es.<br>Ensuite parce que l’absence de majorité quelconque à l’Assemblée a redonné la main à Macron pour tenter de nommer un gouvernement qui poursuivra la même politique que celle qui a fait progresser le RN. Significativement, une semaine après les élections, le dernier acte du précédent gouvernement avant de démissionner a été de publier les décrets d’application des aspects les plus durs de la loi raciste qu’il avait fait passer avec les voix des députés fascistes.<br>Mais cette politique sera mise en œuvre dans une situation d’instabilité accélérée où la forme politique de domination de la bourgeoisie &#8211; la démocratie parlementaire &#8211; agonise. Une seule chose est sûre au moment de la rédaction de ce texte : la France aura vécu sans gouvernement « officiel » et sans contrôle parlementaire pendant au moins deux mois. A supposer qu’un gouvernement puisse être nommé à la fin de l’été sans crise immédiate, celui-ci ne pourra gouverner en s’appuyant sur des votes à l’Assemblée. Il cherchera à s’imposer par la force directe de l’appareil d’Etat, celle des décrets et des ordonnances et celle de l’appareil policier<sup data-fn="02d03ea6-8c51-4464-af8d-e83999722fda" class="fn"><a id="02d03ea6-8c51-4464-af8d-e83999722fda-link" href="#02d03ea6-8c51-4464-af8d-e83999722fda">15</a></sup>.<br>L’existence, de plus en plus formelle, de la démocratie parlementaire, n’aura comme seule conséquence que la fragilité de ce gouvernement soumis aux combinaisons politiciennes amplifiant un climat de rejet populiste des partis politiques. Deux semaines après les élections un sondage annonçait déjà que près de 9 français sur 10 pensent que les partis politiques ne sont ni « crédibles » ni « honnêtes »<sup data-fn="31ccc923-97b9-4c6a-9793-4a0ff1c7bfa7" class="fn"><a id="31ccc923-97b9-4c6a-9793-4a0ff1c7bfa7-link" href="#31ccc923-97b9-4c6a-9793-4a0ff1c7bfa7">16</a></sup>.</p>



<p>Qui parle de sursis devrait en tirer les conséquences stratégiques. Non pas poursuivre avec la stratégie visant à sauver la planche pourrie de la démocratie parlementaire mais développer les formes de lutte et d’organisation sur le terrain où va se jouer l’évolution de la situation, celui de la lutte contre le fascisme et le racisme et celui de l’antagonisme de classe. Ce qui implique une rupture avec la politique du NFP.</p>



<p><strong>Leçons des années 30 : le Front Populaire contre la révolution</strong><sup data-fn="73fcd7f1-8e32-4b95-a2e7-4ac8b1186265" class="fn"><a id="73fcd7f1-8e32-4b95-a2e7-4ac8b1186265-link" href="#73fcd7f1-8e32-4b95-a2e7-4ac8b1186265">17</a></sup></p>



<p>Il n’y a pas de cloison étanche entre lutte contre le fascisme et lutte contre le capitalisme. La lutte contre le fascisme est une lutte défensive, une lutte pour défendre, non pas la démocratie parlementaire mais les acquis démocratiques qui permettent à notre classe de s’organiser. En développant des cadres d’organisation et l’unité de notre classe, la lutte contre le fascisme est aussi un ferment de confiance et de généralisation politique.</p>



<p>Dans les années 30 en France c’est cette expérience qui mena à un retour des luttes sociales prenant même la forme, en août 1935 de luttes insurrectionnelles à Brest<sup data-fn="97e606bb-281a-44be-9037-5ec4d5bef62c" class="fn"><a id="97e606bb-281a-44be-9037-5ec4d5bef62c-link" href="#97e606bb-281a-44be-9037-5ec4d5bef62c">18</a></sup> et Toulon. Ce fut le début d’un processus qu’on peut qualifier avec Rosa Luxemburg<sup data-fn="a3e31417-972a-478e-9d95-cf01518d9c56" class="fn"><a id="a3e31417-972a-478e-9d95-cf01518d9c56-link" href="#a3e31417-972a-478e-9d95-cf01518d9c56">19</a></sup> de processus révolutionnaire. La victoire électorale de mai 1936, celle du Front Populaire n’en fut pas l’origine, simplement un chaînon. Cette victoire fut un signal pour des secteurs de la classe ouvrière jusque-là peu organisés qu’on allait en finir avec la domination impitoyable des patrons. Un mouvement impétueux de grèves et d’occupation d’usines démarra dès le mois de mai.</p>



<p>La panique patronale conduisit à des accords avec le nouveau gouvernement et les directions syndicales pour garantir la fin du mouvement dès le 8 juin 1936. Les acquis imposés aux patrons étaient considérables (augmentations de salaires, semaine de 40H, congés payés, droits syndicaux…). Ils sont présentés aujourd’hui comme le résultat des élections et de l’action du gouvernement. Ils furent le fruit des grèves et occupations.<br>Mais ce qui est important est que ces acquis ne stoppèrent pas le mouvement. C’est au lendemain de ces accords que le mouvement se généralisa.</p>



<p>Par contre le gouvernement du Front Populaire et les forces qui le soutenaient mirent toute leur force pour stopper ce mouvement qui contrevenait à leur stratégie. A une figure de l’aile gauche du parti socialiste qui déclara « Tout est possible », le parti communiste répondit publiquement « Non tout n’est pas possible ».<br>A la perspective révolutionnaire le parti communiste, prétextant le danger fasciste, avait substitué celle de la défense de la démocratie, soit-elle bourgeoise<sup data-fn="e6483ea4-70d0-456b-afe3-44e94223ae35" class="fn"><a id="e6483ea4-70d0-456b-afe3-44e94223ae35-link" href="#e6483ea4-70d0-456b-afe3-44e94223ae35">20</a></sup>. Au développement impétueux des revendications ouvrières il répondait que ce n’est pas le moment, que cela allait effrayer les classes moyennes et les jeter dans les bras du fascisme. « Il faut savoir terminer une grève » déclara alors Maurice Thorez, dirigeant du PC.</p>



<p>Il n’est pas possible, dans le cadre de ce texte, de développer de manière détaillée les étapes précises de l’évolution vers la droite du Front Populaire et de l’action répétée des directions politiques et syndicales contre le mouvement. On n’utilisera qu’un seul exemple parce qu’il est significatif de l’articulation entre antifascisme et lutte globale.<br>En mars 1937, alors que les luttes continuaient dans les usines, plus dures, de plus en plus réprimées par l’Etat<sup data-fn="37a775b4-be10-4195-a376-41771451cc1d" class="fn"><a id="37a775b4-be10-4195-a376-41771451cc1d-link" href="#37a775b4-be10-4195-a376-41771451cc1d">21</a></sup>, paralysées par les directions syndicales, souvent isolées les unes des autres, le gouvernement du Front Populaire annonça une <em>« pause »</em> dans les réformes. Un journal patronal de l’époque déclara avec satisfaction <em>« Ce n’est pas une pause, c’est une conversion ! »</em>.<br>Le même mois le pouvoir autorisa à Clichy, dans la banlieue parisienne, un meeting d’un parti fasciste, le Parti Social Français, nouvelle forme prise par une ligue qui avait été dissoute par le gouvernement en juin, les Croix-de-feu. Les forces locales, syndicales et politiques, décidèrent d’appeler à un contre-rassemblement dont une fraction significative décida d’aller vers le lieu du meeting pour l’empêcher. L’affrontement eu lieu, non avec les fascistes mais avec la police aux ordres du gouvernement du Front Populaire et fit plusieurs morts. Alors que les dirigeants nationaux dénonçaient les « provocateurs » (parmi les contre-manifestants !) cela provoqua le début d’un mouvement de grèves spontanées et de manifestations que les directions syndicales s’appliquèrent à stériliser.</p>



<p><strong>Faire reculer le fascisme est possible</strong></p>



<p>Même si nous ne les maitrisons pas les rythmes sont en train de s’accélérer.</p>



<p>Le RN bénéficie certes d’une audience électorale de masse. Mais il n’a pas, jusqu’à aujourd’hui, réussi à transformer cette audience en force active de mobilisation.<br>Nous ne devons pas en tirer la moindre complaisance. Car la situation pourrait lui bénéficier rapidement.<br>Les émeutes racistes de cet été en Grande-Bretagne en sont un des signaux. Elles montrent ce que le climat raciste peut cristalliser de manière explosive. On doit imaginer ce que cela aurait pu donner en France en conjonction avec la force du RN.<br>Le krach boursier au Japon le 5 août montre que des écroulements économiques rapides sont à venir. En 2024, le niveau de défaillance des petites et très petites entreprises est déjà en France à un niveau record<sup data-fn="06e2c49d-adf3-4de8-a21a-7e8afadd0c21" class="fn"><a id="06e2c49d-adf3-4de8-a21a-7e8afadd0c21-link" href="#06e2c49d-adf3-4de8-a21a-7e8afadd0c21">22</a></sup>. La petite bourgeoisie enragée est le cœur du fascisme.</p>



<p>Si dans les urnes l’équilibre existe avec les forces de la gauche, dans la capacité de mobilisation, la force est toujours de notre côté. Les semaines de la campagne électorale l’ont montré.<br>Cela ne fait que renforcer l’urgence de construire un front de lutte contre le racisme et le fascisme. Sans attendre que des initiatives soient prises nationalement. Construire ce front doit être mis en œuvre quartier après quartier, lieu de travail après lieu de travail. Lorsque des initiatives ont été prises dans ce sens des résultats ont été obtenus.<br>En plusieurs endroits des initiatives avaient été prises avant même la dernière séquence électorale. Dans d’autres endroits c’est pendant la campagne que des collectifs se sont mis en place.<br>A St Brieuc en Bretagne un Front commun antifasciste a organisé une manifestation unitaire le 21 avril. Elle a rassemblé 2000 personnes<sup data-fn="58e4f452-8d6b-4e96-94ee-9ce2a8b78128" class="fn"><a id="58e4f452-8d6b-4e96-94ee-9ce2a8b78128-link" href="#58e4f452-8d6b-4e96-94ee-9ce2a8b78128">23</a></sup>. <br>Au Havre les liens créés en 2023 pour mobiliser contre un meeting national du RN ont permis d’y organiser la seule initiative unitaire d’ampleur spécifiquement contre le fascisme pendant la campagne électorale<sup data-fn="2c899ba2-7a5c-4ea0-97ad-34abd7fe1a2b" class="fn"><a id="2c899ba2-7a5c-4ea0-97ad-34abd7fe1a2b-link" href="#2c899ba2-7a5c-4ea0-97ad-34abd7fe1a2b">24</a></sup>.<br>A Rennes des Assemblées antifascistes se sont organisées pendant la campagne et coordonnées dans trois quartiers différents. Ces Assemblées ont convergé avec deux autres cadres liés à la solidarité avec les migrant.es pour lancer un Front commun contre le fascisme s’inspirant de l’exemple de St Brieuc.<br>A Paris, quelques jours avant les élections européennes de juin une manifestation organisée chaque année pour commémorer l’assassinat d’un jeune camarade par des nazis a cristallisé dans la jeunesse une convergence entre la lutte contre le fascisme, la solidarité avec le peuple palestinien et la lutte de solidarité avec les Sans-Papiers et jeunes migrant.es. Le 14 juillet une manifestation contre le fascisme, le racisme et le colonialisme a eu lieu à Paris à l’initiative de la Marche des Solidarités, des collectifs de sans-papiers et le mouvement de solidarité avec la Palestine.</p>



<p>Une différence majeure avec les années 30 est que nous ne partons pas d’une situation où le niveau des luttes est bas. L’absence actuelle de perspectives « par en haut » due au blocage parlementaire sera favorable aux initiatives « par en bas ». Des luttes vont avoir lieu qui seront autant d’opportunités pour développer des sections syndicales de combat et des organisations de base.<br>Il ne s’agit pas de faire de l’antifascisme un préalable à ces luttes. Mais ces luttes doivent être l’occasion de développer les arguments et les bases de la lutte contre le racisme et le fascisme. L’exemple du mouvement de 2023 sur les retraites doit être utilisé. Car c’est la logique politique du Front Populaire qui a mené, sous un autre nom (l’Intersyndicale), à l’échec du mouvement<sup data-fn="253b6ab8-3b6c-4169-812d-eede6242cb8d" class="fn"><a id="253b6ab8-3b6c-4169-812d-eede6242cb8d-link" href="#253b6ab8-3b6c-4169-812d-eede6242cb8d">25</a></sup>. Mais aussi parce qu’en l’absence d’articulation avec la lutte contre le racisme et le fascisme, ce mouvement n’a pas entamé l’audience du RN. </p>



<p><strong>Comment combattre le Front Populaire</strong></p>



<p>L’exemple des années 30 en France a montré que la dynamique révolutionnaire du mouvement l’a mis de plus en plus ouvertement et pratiquement en confrontation avec l’Etat et avec les directions des organisations du Front Populaire. </p>



<p>Ce qui peut sembler paradoxal c’est que ce mouvement s’est aussi traduit dans un premier temps (et notamment en juin 36) par une véritable explosion des effectifs des organisations dont les directions défendaient le Front Populaire. En quelques mois la CGT quadruple ses effectifs avec 4 millions de membres. C’est aussi le cas du parti communiste qui est identifié largement à un parti révolutionnaire et devient un parti de masse.<br>Cela fait partie du processus de radicalisation. Le mouvement entraîne des couches de la classe ouvrière qui étaient jusque-là passives. C’est une illustration de la force et du potentiel révolutionnaires de la lutte de classes. Alors que le mouvement de février 1934 est impulsé par les secteurs les plus organisés de la classe ouvrière (qui correspondent aussi à ceux où les militants politiques sont les plus présents), le mouvement impétueux de juin est le fait des secteurs où les syndicats sont les plus faibles (métallurgie, textile, chimie, grands magasins…)<sup data-fn="8882ae15-5ce4-48f3-afd9-40a0037c7dd0" class="fn"><a id="8882ae15-5ce4-48f3-afd9-40a0037c7dd0-link" href="#8882ae15-5ce4-48f3-afd9-40a0037c7dd0">26</a></sup>. C’est dans ces secteurs que la croissance des organisations est la plus forte. Cela explique le caractère temporairement difficilement contrôlable du mouvement par les directions. Cela explique aussi que, moins armés politiquement, ces nouveaux et nouvelles militantes seront moins à même de résister sur la durée à la politique des organisations qu’ils et elles ont rejoint. </p>



<p>La réponse aurait pu être donnée par la fusion, l’organisation commune, entre des militants plus armés politiquement, celles et ceux de février 1934, et la vague plus radicale et enthousiaste de juin. Mais la seule explication à l’absence de grève dans les secteurs les plus organisés en juin 1936 est que, dans ces secteurs, les militants sont majoritairement sur la ligne de leur direction et « attendent » du gouvernement la réalisation de leurs revendications.</p>



<p>Ce n’est qu’en partie vrai. Il existe, dès 1935 des oppositions « de gauche » au sein du parti socialiste comme du parti communiste développant une critique du Front Populaire<sup data-fn="e3f6fd78-810a-464a-96e9-6a13fdcd1403" class="fn"><a id="e3f6fd78-810a-464a-96e9-6a13fdcd1403-link" href="#e3f6fd78-810a-464a-96e9-6a13fdcd1403">27</a></sup>. Mais par souci de ne pas s’isoler du mouvement leur positionnement vis-à-vis du Front Populaire et de leurs partis restera ambigüe. Cela ne leur permettra ni de populariser à une échelle large une perspective révolutionnaire indépendante et d’en féconder le mouvement ni de souder une force politique cohérente dans ce combat. L’opposition de gauche du parti socialiste sera finalement exclue en 1938 et rapidement marginalisée. L’opposition au sein du parti communiste sera progressivement détruite par les exclusions. Les oppositions qui existent indépendamment du Front Populaire sont numériquement trop faibles et trop peu implantées au sein de la classe ouvrière pour pouvoir jouer un rôle<sup data-fn="ee7bfe71-3366-42ca-a75b-d08097f4af60" class="fn"><a id="ee7bfe71-3366-42ca-a75b-d08097f4af60-link" href="#ee7bfe71-3366-42ca-a75b-d08097f4af60">28</a></sup>.</p>



<p><strong>Conclusion</strong></p>



<p>La possibilité du fascisme est l’expression et la conséquence d’une crise du capitalisme dont la vérité ultime est celle-ci : ce sera eux ou nous. Les choses ne se règleront pas pacifiquement. Laisser dominer les politiques du Front Populaire c’est simplement préparer notre défaite. Le clarifier est indispensable pour construire l’autonomie de notre classe et la lutte contre le fascisme.<br>Mais cela doit se traduire concrètement. Il faut plus de révolutionnaires pour défendre ouvertement cette politique, proposer des initiatives, tester et apprendre de l’expérience dans chaque quartier, chaque lieu de travail. Cette implantation est aussi une condition pour que cette politique puisse devenir une alternative quand le niveau des luttes augmente et que l’impasse des directions traditionnelles du mouvement apparaît plus largement.<br>L’obstacle que constituait le parti communiste dans les années 30 n’existe plus. Il existe partout des collectifs, des groupes d’activistes qui cherchent dans la même direction. Les choses peuvent avancer rapidement pour développer une organisation révolutionnaire mais le temps est désormais compté. </p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Denis Godard (Paris 20e), le 20 août 2024.</strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<p><strong>Notes :</strong></p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="e2280cf0-e3eb-4e7a-b5a4-9e9f3d51dae5">Pour combler les raccourcis de ce texte on lira utilement :<br><br>Sur le fascisme :<br>&#8211; Clara Zetkin, <em>La lutte contre le fascisme</em>, <a href="https://www.marxists.org/archive/zetkin/1923/06/struggle-against-fascism.html">https://www.marxists.org/archive/zetkin/1923/06/struggle-against-fascism.html</a>, <a href="https://vivelemaoisme.org/wp-content/uploads/sites/23/2016/10/pdf_clara-zetkin-fascisme.pdf">https://vivelemaoisme.org/wp-content/uploads/sites/23/2016/10/pdf_clara-zetkin-fascisme.pdf</a><br>&#8211; Vanina Giudicelli, <em>Existe-t-il un danger fasciste en France ?</em> <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/existe-t-il-un-danger-fasciste-en-france/">https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/existe-t-il-un-danger-fasciste-en-france/</a><br>&#8211; Mark L.Thomas, <em>Le fascisme en Europe aujourd’hui</em>, <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/existe-t-il-un-danger-fasciste-en-france/">https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/existe-t-il-un-danger-fasciste-en-france/</a>, <a href="http://isj.org.uk/fascism-in-europe-today/#footnote-10080-69-backlink">http://isj.org.uk/fascism-in-europe-today/#footnote-10080-69-backlink</a><br><br>Sur le Front Populaire :<br>&#8211; Jacques Danos et Marcel Gibelin, <em>Juin 36</em>, Les bons caractères<br>&#8211; Charlie Kimber, <a href="https://socialistworker.co.uk/long-reads/what-are-the-lessons-from-the-popular-front-against-fascism-in-1930s-france/">https://socialistworker.co.uk/long-reads/what-are-the-lessons-from-the-popular-front-against-fascism-in-1930s-france/</a> <a href="#e2280cf0-e3eb-4e7a-b5a4-9e9f3d51dae5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="e3bac474-a9b2-4440-b7ef-57fa1e4e3496">Oui un parti fasciste : ce qui est incroyable c’est à quel point le succès actuel du RN correspond à la stratégie mise en place au début des années 1970 par des fascistes proclamés et qui conduisit à la formation du Front National. Voir notamment Jim Wolfreys, <em>Les dangers de la dédiabolisation</em>, <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/les-dangers-de-la-dediabolisation/">https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/les-dangers-de-la-dediabolisation/</a> , <em>The dangers of detoxificati</em>on, <a href="https://jacobin.com/2017/04/national-front-detoxification-marine-le-pen-fascism-france-elections/">https://jacobin.com/2017/04/national-front-detoxification-marine-le-pen-fascism-france-elections/</a> <a href="#e3bac474-a9b2-4440-b7ef-57fa1e4e3496-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="3248ce73-c15d-4372-a583-f142bf69f4c1"><a href="https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/200624/le-patronat-se-prepare-collaborer-avec-le-rn">https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/200624/le-patronat-se-prepare-collaborer-avec-le-rn</a> Même le <em>Financial Times</em> va écrire un article relayant la panique des milieux patronaux. Ce qui par ailleurs met à mal les théories faisant du RN un simple outil des patrons. Jusqu’ici le RN n’était pas l’option de la majorité du patronat. Il ne l’est pas encore. <a href="#3248ce73-c15d-4372-a583-f142bf69f4c1-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="c1b1a56a-3c93-46e5-a8fc-98869f7ded6c">Cf Jim Wolfreys, <em>Les dangers de la dédiabolisation</em>, ibid <a href="#c1b1a56a-3c93-46e5-a8fc-98869f7ded6c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="2a7369b8-8ea6-4515-82e8-4e4b4e00f8cc">Sur la lutte antifasciste en France dans les années 1990 voir notamment Denis Godard, <em>Stratégies de lutte antifasciste : 5 exemples historiques</em>, <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/strategie-antifasciste-5-exemples-historiques-pour-ouvrir-une-reflexion/">https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/strategie-antifasciste-5-exemples-historiques-pour-ouvrir-une-reflexion/</a> <a href="#2a7369b8-8ea6-4515-82e8-4e4b4e00f8cc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="bb7d9315-2454-48ff-811b-e4938482ba83">Pour plus de développements sur cette partie, Denis Godard, <em>Front Populaire et antifascisme de masse : quand vaincre le fascisme devint possible</em>, <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/front-populaire-et-antifascisme-de-masse-quand-vaincre-le-fascisme-devient-possible/">https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/front-populaire-et-antifascisme-de-masse-quand-vaincre-le-fascisme-devient-possible/</a> <a href="#bb7d9315-2454-48ff-811b-e4938482ba83-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li><li id="ef16d73b-c1e5-4793-80d8-805b29461023">Daniel Guérin, <em>Front Populaire Révolution manquée</em>, La Découverte <a href="#ef16d73b-c1e5-4793-80d8-805b29461023-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7">↩︎</a></li><li id="2839e615-976f-4277-9143-62f8e5086a4a">Antoine Prost, <em>Autour du Front Populaire</em>, Éditions du Seuil <a href="#2839e615-976f-4277-9143-62f8e5086a4a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8">↩︎</a></li><li id="1c428cea-9872-4e81-ad81-5376c93539a4">Idem <a href="#1c428cea-9872-4e81-ad81-5376c93539a4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9">↩︎</a></li><li id="1938d6b3-e309-41b0-a1ff-323a3ffde4da">Robert O. Paxton, <em>Le fascisme en action</em>, Seuil <a href="#1938d6b3-e309-41b0-a1ff-323a3ffde4da-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10">↩︎</a></li><li id="6cd532f1-77c7-49f1-ae4b-fa0e2b36692e">Expression d’abord utilisée par Jean-Luc Mélenchon en 2022 et qui est abondamment reprise à gauche <a href="#6cd532f1-77c7-49f1-ae4b-fa0e2b36692e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11">↩︎</a></li><li id="45e7f919-505e-4d9b-8131-6f206f40611d">Ce programme très modéré contient des mesures positives comme l’augmentation des salaires et l’abrogation de la loi sur les retraites de 2023 <a href="#45e7f919-505e-4d9b-8131-6f206f40611d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12">↩︎</a></li><li id="d74c248a-a7d8-4918-a4cd-e75e97a5d543">A la différence des élections européennes où la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon se présentait indépendamment des autres forces du NFP et qui avait fait de la question palestinienne un des enjeux centraux. Évidemment l’unité programmatique avec le PS notamment a repoussé cette question dans l’ombre. <a href="#d74c248a-a7d8-4918-a4cd-e75e97a5d543-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13">↩︎</a></li><li id="1a65afc0-66a8-465e-96e6-70c2818a6898">Voir les interventions à l’interminable réunion publique <a href="https://www.youtube.com/watch?v=wVOVnCVyUnY">https://www.youtube.com/watch?v=wVOVnCVyUnY</a> . Pour ma part lors de la manifestation du 14 juillet j’ai utilisé le terme « soulagement » <a href="https://www.youtube.com/watch?v=HF0GWnZyMrk">https://www.youtube.com/watch?v=HF0GWnZyMrk</a> <a href="#1a65afc0-66a8-465e-96e6-70c2818a6898-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14">↩︎</a></li><li id="02d03ea6-8c51-4464-af8d-e83999722fda">Situation qui rappelle celle de la République de Weimar de 1930 à 1932 en Allemagne et qui ouvrit la route à Hitler <a href="#02d03ea6-8c51-4464-af8d-e83999722fda-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15">↩︎</a></li><li id="31ccc923-97b9-4c6a-9793-4a0ff1c7bfa7">Le sondage a été fait pour le journal conservateur <em>Le Figaro</em>. Ce qui signifie que la question elle-même est populiste : elle mêle tous les partis sans distinction. <a href="https://www.publicsenat.fr/actualites/politique/sondage-limage-catastrophique-des-partis-aupres-des-francais">https://www.publicsenat.fr/actualites/politique/sondage-limage-catastrophique-des-partis-aupres-des-francais</a> <a href="#31ccc923-97b9-4c6a-9793-4a0ff1c7bfa7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16">↩︎</a></li><li id="73fcd7f1-8e32-4b95-a2e7-4ac8b1186265">Pour plus de développements sur cette partie, Denis Godard, <em>Front Populaire : La révolution est-elle possible ?</em> ,  <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/front-populaire-la-revolution-est-elle-possible/">https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/front-populaire-la-revolution-est-elle-possible/</a> <a href="#73fcd7f1-8e32-4b95-a2e7-4ac8b1186265-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17">↩︎</a></li><li id="97e606bb-281a-44be-9037-5ec4d5bef62c">Sur Brest voir notamment <a href="https://bourrasque-info.org/spip.php?article100">https://bourrasque-info.org/spip.php?article100</a> <a href="#97e606bb-281a-44be-9037-5ec4d5bef62c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 18">↩︎</a></li><li id="a3e31417-972a-478e-9d95-cf01518d9c56">Rosa Luxemburg, <a href="https://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve.htm">https://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve.htm</a> , <a href="https://www.marxists.org/archive/luxemburg/1906/mass-strike/">https://www.marxists.org/archive/luxemburg/1906/mass-strike/</a> <a href="#a3e31417-972a-478e-9d95-cf01518d9c56-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 19">↩︎</a></li><li id="e6483ea4-70d0-456b-afe3-44e94223ae35">Le Front Populaire devint le nom d’une politique que la IIIè Internationale, stalinisée, imposa à tous les partis communistes. En Espagne la conséquence fut la défaite de la révolution et la victoire du franquisme. Lire Felix Morrow, <em>Révolution et contre-révolution en Espagne</em>, <a href="https://www.marxists.org/francais/morrow/espagne/morrow_table.htm">https://www.marxists.org/francais/morrow/espagne/morrow_table.htm</a> , <a href="https://www.marxists.org/archive/morrow-felix/1938/revolution-spain/">https://www.marxists.org/archive/morrow-felix/1938/revolution-spain/</a> . Mais cela eut aussi des conséquences dramatiques, selon les conditions, dans tous les pays. Voir par exemple pour la destruction d’une base dans la classe ouvrière noire aux Etats-Unis <a href="https://jacobin.com/2024/04/alabama-communist-jim-crow-south">https://jacobin.com/2024/04/alabama-communist-jim-crow-south</a> <a href="#e6483ea4-70d0-456b-afe3-44e94223ae35-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 20">↩︎</a></li><li id="37a775b4-be10-4195-a376-41771451cc1d">Voir notamment Ludivine Bantigny, <em>Les grèves de 1936 et leurs suites</em>, <a href="https://positions-revue.fr/les-greves-de-1936-et-leurs-suites/">https://positions-revue.fr/les-greves-de-1936-et-leurs-suites/</a> <a href="#37a775b4-be10-4195-a376-41771451cc1d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 21">↩︎</a></li><li id="06e2c49d-adf3-4de8-a21a-7e8afadd0c21"><em>Les défaillances d’entreprises : vers un niveau record en 2024 ?</em> <a href="https://www.actu-juridique.fr/affaires/entreprises-en-difficulte/les-defaillances-dentreprises-vers-un-niveau-record-en-2024/">https://www.actu-juridique.fr/affaires/entreprises-en-difficulte/les-defaillances-dentreprises-vers-un-niveau-record-en-2024/</a> <a href="#06e2c49d-adf3-4de8-a21a-7e8afadd0c21-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 22">↩︎</a></li><li id="58e4f452-8d6b-4e96-94ee-9ce2a8b78128"><em>Retours d’expérience de ripostes antifascistes locales</em>, <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/retours-dexperience-de-ripostes-antifascistes-locales/">https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/retours-dexperience-de-ripostes-antifascistes-locales/</a> . St Brieuc est une petite ville de 45 000 habitants. <a href="#58e4f452-8d6b-4e96-94ee-9ce2a8b78128-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 23">↩︎</a></li><li id="2c899ba2-7a5c-4ea0-97ad-34abd7fe1a2b"><a href="https://www.mediapart.fr/journal/politique/230624/au-havre-du-rap-et-des-punchlines-contre-l-extreme-droite">https://www.mediapart.fr/journal/politique/230624/au-havre-du-rap-et-des-punchlines-contre-l-extreme-droite</a> <a href="#2c899ba2-7a5c-4ea0-97ad-34abd7fe1a2b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 24">↩︎</a></li><li id="253b6ab8-3b6c-4169-812d-eede6242cb8d">Denis Godard, <em>4 mois de luttes en France</em>, <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/crise-politique/4-mois-de-luttes-en-france/">https://www.autonomiedeclasse.org/crise-politique/4-mois-de-luttes-en-france/</a> , <a href="http://isj.org.uk/workers-shake-macron/">http://isj.org.uk/workers-shake-macron/</a> Tout comme l’unité autour du NFP a cristallisé la volonté de faire barrage au fascisme, l’unité des directions syndicales a cristallisé l’opposition à la réforme des retraites. Mais cette unité là aussi avait un contenu : les moyens institutionnels plutôt que ceux de la lutte de classe et la limitation du champ de la lutte. <a href="#253b6ab8-3b6c-4169-812d-eede6242cb8d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 25">↩︎</a></li><li id="8882ae15-5ce4-48f3-afd9-40a0037c7dd0">Antoine Prost, <em>Autour du Front Populaire</em>, ibid <a href="#8882ae15-5ce4-48f3-afd9-40a0037c7dd0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 26">↩︎</a></li><li id="e3f6fd78-810a-464a-96e9-6a13fdcd1403">Voir notamment Pierre Broué et Nicole Dorey, <em>Critiques de gauche et opposition révolutionnaire au front populaire</em>, <a href="https://www.marxists.org/francais/broue/works/1966/01/broue_dorey_frpop.html">https://www.marxists.org/francais/broue/works/1966/01/broue_dorey_frpop.html</a> . Voir le texte d’André Ferrat, alors dirigeant national du parti communiste qui y créé un groupe d’opposition clandestin publiant un bulletin « Que faire ? » : <em>La lutte contre le fascisme et l’Internationale communiste</em>, <a href="https://sinedjib.com/index.php/2024/07/06/ferrat-2/">https://sinedjib.com/index.php/2024/07/06/ferrat-2/</a> . Voir pour l’histoire de la gauche révolutionnaire dans le parti socialiste Daniel Guérin, <em>Front Populaire, Révolution manquée</em>, ibid. <a href="#e3f6fd78-810a-464a-96e9-6a13fdcd1403-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 27">↩︎</a></li><li id="ee7bfe71-3366-42ca-a75b-d08097f4af60">Tony Cliff, <em>The Darker the night the brighter the star</em>, Bookmarks <a href="https://www.marxists.org/francais/cliff/1993/trotsky/cliff_mia.htm">https://www.marxists.org/francais/cliff/1993/trotsky/cliff_mia.htm</a> <a href="#ee7bfe71-3366-42ca-a75b-d08097f4af60-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 28">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/contre-le-fascisme-le-front-populaire-nest-pas-la-solution/">Contre le fascisme.  Le Front Populaire n’est pas la solution.</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Crise et polarisation : le bourbier français</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/crise-et-polarisation-le-bourbier-francais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Jun 2019 23:00:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Crise économique]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Fascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Gilets jaunes]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicats]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les médias dominants véhiculent des clichés paresseux autour d’une France qui serait «&#160;ingouvernable, un dernier bastion de résistance populaire à la marche en avant du néolibéralisme qui semble irrésistible partout ailleurs&#160;», condamnée à la stagnation <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/crise-et-polarisation-le-bourbier-francais/" title="Crise et polarisation : le bourbier français">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading">Les médias dominants véhiculent des clichés paresseux autour d’une France qui serait «&nbsp;ingouvernable, un dernier bastion de résistance populaire à la marche en avant du néolibéralisme qui semble irrésistible partout ailleurs&nbsp;», condamnée à la stagnation par «&nbsp;un marché du travail rigide et des lois qui ralentissent le progrès économique.&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_1" class="footnote_tooltip">Howell, 2018</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> Repris par les organes les plus sérieux de la presse anglo-saxonne, le répertoire de cette France archaïque et irréformable est chanté partout en France, de Chirac à Macron, en passant par Sarkozy et Hollande, sans parler du MEDEF et des éditorialistes de tous bords. L’éruption des gilets jaunes sur une scène déjà bien chahutée par les mouvements sociaux de ces dernières années n’a fait qu’intensifier ce discours, au point que l’on se retrouve obligé de se demander comment un pays si imperméable aux lois de l’économie politique moderne a bien pu quintupler son produit national brut depuis la moitié des années 1980 ? Malheureusement, il n’existe pas de miracle français, et toute observation sérieuse doit constater que, bien au contraire, «&nbsp;l’économie française a été libéralisée sous tous ses angles, par les privatisations, les politiques économiques pro-patronales et la dérégulation des marchés financiers et du travail. L’économie s’est polarisée sur fond d’augmentation des inégalités et des précarités.&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_2" class="footnote_tooltip">Ibid.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></h6>



<h4 class="wp-block-heading">Capital et
travail dans la France néolibérale</h4>



<p>Afin de mieux situer l’état actuel de la lutte des classes, il est utile de
reprendre les grandes lignes du processus de libéralisation de l’économie
française. Contrairement au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, où Thatcher et
Reagan ont imposé le régime néolibéral «&nbsp;classique&nbsp;» en attaquant de
front les syndicats, la France a élu un président de gauche, François
Mitterrand, au début des années 1980. La réponse néolibérale à la crise de
profitabilité qui touchait alors tous les pays développés est assez simple : il
s’agit, par tous les moyens (y compris en liquidant des industries profitables
mais jugées «&nbsp;trop syndiquées&nbsp;») de diminuer <em>in fine</em> la part de la valeur produite qui allait à la classe
ouvrière sous forme de salaires directs et indirects. Mitterrand et ses alliés
communistes nageaient à contre-courant : l’idée directrice du «&nbsp;programme
en commun&nbsp;» était de sauver le capitalisme en augmentant les salaires afin
d’augmenter la demande. Lorsque la bourgeoisie, par la grève des
investissements, des attaques contre la monnaie nationale et des fuites de
capitaux, signifia à Mitterrand qu’elle était réticente à un sauvetage de ce
genre, ce dernier céda et annonça en mars 1983 le fameux «&nbsp;tournant de la
rigueur&nbsp;», c’est-à-dire le début des réformes néolibérales. </p>



<p>Ainsi naquit la version française de ce que Tariq Ali appelle «&nbsp;l’extrême-centre néolibéral&nbsp;», non dans un creuset Thatchérien de confrontation ouverte avec la classe ouvrière, mais par la trahison tranquille d’une gauche soucieuse de ne pas incommoder le capital. Le consensus néolibéral s’est construit politiquement dans les années 1980 et 1990, lorsque les caprices du calendrier électoral ont imposé plusieurs «&nbsp;cohabitations&nbsp;» de présidents et de premiers ministres de bords opposés. Un bon indicateur de ce phénomène sont les privatisations, qui ont progressé avec peu de regard pour les identités politiques des présidents et des premiers ministres (<em>voir tableau 1</em>).</p>



<p><strong><em>Tableau 1 : Privatisation sous les gouvernements de gauche et de droite, 1986-2005</em></strong><br><em>Source : Poingt, 2018</em></p>



<figure class="wp-block-table"><table class=""><tbody><tr><td><strong>   Période   </strong></td><td><strong>   Président   </strong></td><td><strong>   Premier ministre   </strong></td><td><strong>   Valeur des privatisations </strong><br>(milliards d’€)   </td></tr><tr><td><strong>   1986-8   </strong></td><td>
  Mitterand
  </td><td>
  Chirac
  </td><td>
  13
  </td></tr><tr><td><strong>   1993-5   <br><br>   1995-7 </strong></td><td>   Mitterand<br>  <br>   Chirac </td><td>   Balladur <br>   <br>   Juppé   </td><td>   <br>   26   </td></tr><tr><td><strong>   1997-2002   </strong></td><td>
  Chirac
  </td><td>
  Jospin
  </td><td>
  30
  </td></tr><tr><td><strong>   2002-5   </strong></td><td>
  Chirac
  </td><td>
  Raffarin puis De Villepin
  </td><td>
  13
  </td></tr></tbody></table></figure>



<p>La privatisation poursuivie par les gouvernements successifs est un pas de côté par rapport aux politiques «&nbsp;dirigistes&nbsp;» qui faisaient de l’État le premier capitaliste de France pendant les «&nbsp;trente glorieuses&nbsp;» &#8211; une période où le pays était, il est utile de le rappeler, dirigé exclusivement par des gouvernements de droite. Contrairement à ce qui est implicite dans la formule à la mode de David Harvey, «&nbsp;l’accumulation par dépossession&nbsp;», la privatisation n’entraîne pas, en elle-même, l’ouverture de nouveaux secteurs à l’accumulation capitaliste. Des entreprises privatisées en France comme Saint-Gobain, Elf Aquitaine, Renault, France Télécom, Air France et d’autres, étaient déjà dédiées à l’accumulation capitaliste compétitive avec l’État aux commandes. C&rsquo;est aussi le cas d&rsquo;Aéroports de Paris, candidat majeur à la privatisation sous Macron. Pour comprendre la privatisation dans le contexte de la longue trajectoire du capital, il faut plutôt la voir comme un moyen parmi d’autres de moduler les conditions dans lesquelles l’accumulation capitaliste a lieu&nbsp;: ainsi Ben Fine suggère que la «&nbsp;privatisation fut un moyen important de réorganisation de la relation entre capital et travail&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_3" class="footnote_tooltip">Fine, 2008, p15.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Les destinées d’Orange (anciennement France Télécom) et La Poste sont particulièrement instructives de ce point de vue&nbsp;: dans les deux cas, le changement de statut de service public à entreprise commerciale étatique (EPIC, ou établissement public à caractère industriel et commercial) et enfin à société par actions s’est accompagné de l’introduction de politiques impitoyables de suppression salariale<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_4" class="footnote_tooltip">Nicolas, 2010.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. L’augmentation catastrophique des cas de dépressions et d’autres maladies mentales parmi les salariés a amené de nombreux suicides<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_5');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_5');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_5" class="footnote_plugin_tooltip_text">5</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_5" class="footnote_tooltip">“Apache”, 2012. </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_5').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_5', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Des tendances similaires, de Renault à l’hôpital public et la SNCF, se sont manifestées ces dernières années, reflétant une augmentation séculaire des risques liés aux maladies psychiques au travail alors que les cadences augmentent et que les patrons du public comme du privé demandent aux travailleurs de faire plus avec moins de moyens<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_6');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_6');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_6" class="footnote_plugin_tooltip_text">6</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_6" class="footnote_tooltip">Dares, 2017.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_6').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_6', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.    </p>



<p>La privatisation et l&rsquo;austérité dans les services publics frappent doublement la classe ouvrière&nbsp;: non contentes de dégrader les conditions sur le lieu de travail, elles dégradent également le niveau et la qualité de vie de la classe en général, qui est celle qui profite le plus de ces salaires indirects que sont les services publics. Pour ne nommer que quelques exemples, les deux tiers des maternités ont fermé leurs portes depuis 1989, ainsi que sept pour cent des hôpitaux publics sur la seule période 2013-2017 (sans parler des fermetures massives de services au sein des hôpitaux). Un tiers des bureaux de poste ont disparu depuis 2005, et même des députés macronistes furent embarrassés par les conclusions de leur propre rapport parlementaire sur la situation catastrophique des maisons de retraite (Ehpad), asséchées depuis vingt ans et assujetties à de nouvelles coupes budgétaires en 2017. Enfin, un rapport comparatif de l&rsquo;OCDE montre que le système scolaire français &#8211; l&rsquo;école de la République du mérite &#8211; ne faisait que reproduire les inégalités sociales<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_7');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_7');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_7" class="footnote_plugin_tooltip_text">7</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_7" class="footnote_tooltip"> OCDE, 2018 .</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_7').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_7', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Les populations rurales et, bien entendu, celles des banlieues populaires des grandes villes furent en première ligne pour recevoir les coups du néolibéralisme. Mathieu Rigouste le résume parfaitement lorsqu&rsquo;il affirme que «&nbsp;la ségrégation des nouveaux “damnés de la ville” dans ces territoires a permis d’y expérimenter les premiers dispositifs néolibéraux consistant à couper les dépenses de protection sociale et à réduire l’État à ses appareils sécuritaires. »<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_8');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_8');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_8" class="footnote_plugin_tooltip_text">8</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_8" class="footnote_tooltip"> Rigouste, 2016. </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_8').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_8', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> &nbsp;  </p>



<p>Le racisme et l&rsquo;islamophobie furent naturellement invoqués pour &#8211; entre autres &#8211; couvrir les échecs du capitalisme français, et tout un discours autour des «&nbsp;quartiers sensibles&nbsp;» et des problèmes d&rsquo;intégration fut monté pour justifier à la fois la marginalisation économique et les crimes commis par la police à l&rsquo;encontre des descendants d&rsquo;immigrés. Comme beaucoup l&rsquo;ont répété, la pauvreté et la précarité qui ont donné naissance au mouvement des gilets jaunes sont bien installés en banlieue depuis les années 1980. </p>



<p>La précarité au travail a également augmenté&nbsp;: sous-traitance, contrats courts, intérims et autres dérogations, tous les moyens sont bons pour court-circuiter les conventions collectives du public comme du privé, tout en sapant la solidarité entre les ouvriers syndiqués en CDI et les autres<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_9');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_9');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_9" class="footnote_plugin_tooltip_text">9</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_9" class="footnote_tooltip"> Beroud, 2009. C’est particulièrement le cas dans l’industrie manufacturière.  </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_9').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_9', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Ces quinze dernières années, le pourcentage de salariés en CDD n&rsquo;a augmenté que légèrement, de 10 à 12%, mais la durée moyenne des contrats a baissé de 112 à 46 jours<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_10');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_10');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_10" class="footnote_plugin_tooltip_text">10</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_10" class="footnote_tooltip"> Dares Analyses, 2018. </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_10').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_10', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Une minorité de travailleurs et de travailleuses enchaîne des contrats de plus en plus courts&nbsp;: les précaires sont de plus en plus précaires. Naturellement, les femmes et les jeunes sont surreprésentés dans cette catégorie.  </p>



<p>La classe ouvrière française n&rsquo;a donc pas été épargnée par la privatisation et l&rsquo;austérité, mais la classe dirigeante est loin d&rsquo;être satisfaite de ses réformes néolibérales ; de nombreuses opportunités de casser le dos des syndicats «&nbsp;une bonne fois pour toutes&nbsp;» comme ont pu le faire Thatcher et Reagan, ont été manquées &#8211; notamment en 1995, lorsque le président fraîchement élu, Jacques Chirac, se vit contraint à une retraite humiliante face à la grève générale la plus massive depuis 1968. Cette défaite a marqué la présidence de Chirac, qui quitta l&rsquo;Elysée douze ans plus tard accompagné de lamentations bourgeoises sur son «&nbsp;mandat pour rien&nbsp;».</p>



<p>Une statistique résume mieux que toutes les autres l&rsquo;origine des griefs bourgeois à l&rsquo;encontre de Chirac&nbsp;: les années précédant la crise de 2008 ont vu une baisse de la part allant aux salaires dans tous les pays capitalistes avancés sauf en France<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_11');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_11');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_11" class="footnote_plugin_tooltip_text">11</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_11" class="footnote_tooltip"> OLI et OCDE, 2015. </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_11').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_11', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Ainsi les principaux rivaux du capital français ont réussi, contrairement à ce dernier, à augmenter la survaleur relative capturée au détriment des travailleurs. Des études suggèrent que cet écart entre le capital français et ses rivaux s&rsquo;est accentué depuis la crise de 2008, avec des salaires augmentant plus vite que la productivité (ce qui revient à dire qu&rsquo;une plus grande part de la valeur produite échappe aux capitalistes) dans le secteur commercial français malgré un taux de chômage élevé. Outre-Rhin, les rivaux allemands parviennent à augmenter la productivité plus vite que les salaires, ce qui revient à baisser la part revenant aux salariés dans les richesses produites (<em>figure 1</em>). </p>



<p><em><strong>Figure 1 : Evolution des salaires et de la productivité en France, Allemagne et Italie, 1998 &#8211; 2014</strong></em></p>



<figure class="wp-block-image"><img data-dominant-color="f4f4f4" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #f4f4f4;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/06/Jad-Fig-1.jpg" alt="" class="wp-image-2136 not-transparent"/><figcaption><em>Source: Berger et Wolff, 2017. Variables indexées au niveau de 1998.</em></figcaption></figure>



<p>Comment expliquer les salaires élevés&nbsp;? Dans cette économie capitaliste avancée, très productive, les patrons ont besoin de retenir les salariés qualifiés, limitant ainsi leur recours à la sous-traitance ou à l&rsquo;intérim. Une flambée récente de la demande manufacturière a révélé un problème inattendu&nbsp;: la rareté de la main-d&rsquo;oeuvre industrielle qualifiée<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_12');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_12');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_12" class="footnote_plugin_tooltip_text">12</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_12" class="footnote_tooltip"> Agnew, 2018. </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_12').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_12', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Il s&rsquo;avère ainsi que l&rsquo;armée de réserve de travailleurs (les chômeurs et chômeuses), malgré ses 3 millions de membres, n’est pas suffisante pour tirer les salaires vers le bas, au plus grand dam des capitalistes.</p>



<p>Les taux de grève élevés contribuent bien évidemment à pousser les salaires vers le haut. Selon des données rassemblées par <em>Wirtschafts und Sozial-wissenschaftliches Institut </em>(institut de recherche économique et sociale)<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_13');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_13');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_13" class="footnote_plugin_tooltip_text">13</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_13" class="footnote_tooltip">WSI, 2015.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_13').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_13', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, le secteur commercial français (privé + public), malgré les reculs et les défaites, reste le champion d&rsquo;Europe des grèves, avec une moyenne de 132 jours de grève par an pour mille employés entre 2005 et 2014, plus de cinq fois la moyenne britannique sur la même période. Les grèves dans le secteur public non-commercial, qui inclut l’administration, l’instruction publique et la santé, sont encore plus fréquentes, atteignant les 329 jours par 1000 travailleurs en 2011<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_14');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_14');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_14" class="footnote_plugin_tooltip_text">14</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_14" class="footnote_tooltip">Meistermann, 2016.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_14').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_14', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. </p>



<p><strong><em>Figure 2 : Jours de grève par 1000 travailleurs/an, secteur commercial</em></strong></p>



<figure class="wp-block-image"><img data-dominant-color="dededf" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #dededf;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/06/Jad-Fig-2.jpg" alt="" class="wp-image-2139 not-transparent"/><figcaption><em>Source: Dares résultats, 2018.</em> </figcaption></figure>



<p> Un examen plus détaillé de la période 2005-2016 (<em>figure 2</em>) montre les fluctuations de la lutte dans le secteur commercial. Les moyennes hautes de 2005-2009 sont la norme sous des gouvernements de droite, et ont culminé dans le mouvement de 2010 contre la réforme des retraites&nbsp;; les années suivantes, marquées par l’élection de Hollande, ont vu un amortissement remarquable des conflits sociaux jusqu’au mouvement de 2016 contre la loi El-Khomri. En examinant les années 2015 et 2016, il est important de remarquer que les grèves du secteur commercial sont concentrées dans l’industrie et les transports. Contrairement à 2016, année dominée par une lutte nationale, les conflits de 2015 sont principalement sectoriels ou locaux, au sein des mêmes entreprises qui se mobiliseront contre El-Khomri un an après&nbsp;: ce sont les entreprises les plus massives, qui concentrent le plus grand nombre de travailleurs et de militants syndicaux<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_15');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_15');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_15" class="footnote_plugin_tooltip_text">15</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_15" class="footnote_tooltip"> En 2015, le 1,3&nbsp;% des entreprises du secteur des affaires qui ont connu des grèves ou des arrêts de travail employaient 24,4% de l&rsquo;effectif total &#8211; ce ratio était respectivement de 1,7&nbsp;% et 26&nbsp;% en 2016, Dares Résultats, 2018. </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_15').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_15', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. </p>



<p>Le paradoxe le plus criant du syndicalisme en France est son niveau de succès malgré un taux de syndicalisation très bas. Pas plus de 11% des salariés en France sont syndiqués, mais plus de 90% sont couverts par une convention collective<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_16');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_16');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_16" class="footnote_plugin_tooltip_text">16</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_16" class="footnote_tooltip">Howell, 2018.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_16').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_16', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Les conventions collectives négociées nationalement s’appliquent <em>a minima</em> à toutes les entreprises, indépendamment de la présence syndicale locale (voir Sophie Béroud, Chris Howell). Cette particularité vient s’ajouter aux facteurs poussant les salaires à la hausse, mais contribue aussi à la baisse de la syndicalisation&nbsp;: en plus de leur financement pris en charge en grande partie par l’État, les syndicats restent capables d’imposer des conditions favorables par la négociation nationale sans avoir à passer par des campagnes de recrutement local<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_17');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_17');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_17" class="footnote_plugin_tooltip_text">17</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_17" class="footnote_tooltip"> Dares Résultats, 2018. </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_17').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_17', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. </p>



<p>Depuis Hollande, une classe dirigeante radicalisée entend mettre fin à ce compromis construit dans l’après Mai 68 (voir Chris Howell). Comme l’ont souligné les syndicats, un volet majeur de la loi el-Khomri est «&nbsp;l’inversion de la hiérarchie des normes&nbsp;»&nbsp;: cela signifie que les patrons auront la possibilité de saper les conventions collectives nationales afin d’imposer des conditions moins favorables, ce qui va resituer les attaques &#8211; et donc les luttes &#8211; sur le terrain de l’entreprise individuelle, bien moins couvert par les syndicats. La classe dirigeante entend ainsi redonner le pouvoir aux patrons.  </p>



<h4 class="wp-block-heading">L’accélération de la crise sous Hollande</h4>



<p>Après un flirt oratoire avec une politique de relance censée diminuer la dette publique et le chômage, Hollande opéra un tournant à droite toute en 2014, avec la nomination de Manuel Valls au poste de premier ministre. <br> Valls n’a jamais caché ses affinités avec le MEDEF et son idée fixe de baisser à tout prix le «&nbsp;coût du travail&nbsp;». Il mit en place un grand programme de subventions étatiques aux entreprises (CICE, etc) et le patron du MEDEF Pierre Gattaz partit en tournée médiatique pour répéter à qui voulut l’entendre sa promesse de créer un million d’emplois en retour. Le total des subventions atteignit 172 milliards d’euros annuels en 2017 selon la CGT<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_18');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_18');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_18" class="footnote_plugin_tooltip_text">18</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_18" class="footnote_tooltip"> CGT Pôle économique, 2017. </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_18').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_18', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, mais un rapport mandaté par Matignon conclut que l’argent «&nbsp;aurait surtout contribué à restaurer les marges des entreprises et dans une moindre mesure à augmenter les salaires, sans favoriser des créations d’emploi massives. Aucun effet notable sur l’investissement n’a par ailleurs été observé.&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_19');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_19');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_19" class="footnote_plugin_tooltip_text">19</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_19" class="footnote_tooltip">Sénécat, 2018.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_19').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_19', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>Après les attaques terroristes de novembre 2015, Hollande a tenté d’unir le pays derrière la classe dirigeante au moyen d’un déchaînement de la rhétorique nationaliste, notamment en organisant la «&nbsp;marche républicaine contre le terrorisme&nbsp;». Ugo Palheta a noté à l’époque qu’il «&nbsp;apparaît de manière de plus en plus claire que le gouvernement a utilisé les attaques terroristes de novembre dernier pour imposer un agenda autoritaire sur lequel convergent les principaux partis français.&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_20');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_20');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_20" class="footnote_plugin_tooltip_text">20</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_20" class="footnote_tooltip">Palheta, 2016b</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_20').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_20', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.   </p>



<p>C’est dans ce contexte, dans cette ambiance policière, chauvine et islamophobe, que le gouvernement lança son attaque frontale contre la classe ouvrière avec la loi travail ou loi el-Khomri. Du point de vue de la classe dirigeante et de l’État, le timing de l’offensive semblait bien choisi. En effet, «&nbsp;l’éruption du mouvement contre la loi el-Khomri a surpris les militants syndicaux dans le contexte politique de la montée du Front National et des mesures de sécurité renforcées dans le sillage des attaques terroristes de 2015.&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_21');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_21');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_21" class="footnote_plugin_tooltip_text">21</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_21" class="footnote_tooltip"> Béroud, 2018. </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_21').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_21', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>



<p>La lutte contre la loi travail dura plusieurs mois et vit des secteurs
différents de la société se jeter dans l&rsquo;arène. Des grèves et des
manifestations construites par en bas, anticipant les dates des centrales
syndicales nationales, ont nourri un mouvement lycéen et universitaire. Dans le
même temps, le mouvement Nuit Debout annonça en mars 2016 l’occupation des
place publiques (en particulier République à Paris) avant que les poids lourds
syndicaux n’amorcent le mouvement de grève dans les secteurs stratégiques. Tout
ce monde a battu le pavé lors de manifestations massives «&nbsp;contre la loi
travail et son monde&nbsp;», face à des violences policières d’une sauvagerie
peu commune, signe avant-coureur de la répression qui allait frapper les gilets
jaunes plus de deux ans plus tard. Le phénomène nouveau des «&nbsp;cortèges de
tête&nbsp;» est également apparu à cette époque, lorsque des centaines de
membres de la gauche radicale se mettaient en avant des banderoles syndicales
officielles afin de confronter directement la police. </p>



<figure class="wp-block-image"><img data-dominant-color="a36a66" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #a36a66;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/06/IMG_3126-Manifestation-contre-la-loi-travail2.jpg" alt="" class="wp-image-2165 not-transparent"/></figure>



<p>Les grèves dans le secteur du nettoyage, dont les conditions de travail
sont bien pires que ce qui était annoncé par la loi el-Khomri, ont également
émergé durant cette période et continuent jusqu’à ce jour. Bien que petites et
clairsemées, ces grèves dans un secteur historiquement sous-organisé, où les
femmes racisées et les sans-papiers se retrouvent en première ligne, sont
significatives et ont souvent été victorieuses dans les gares, les hôtels et
les hôpitaux. </p>



<p>Cependant, le mouvement dans son ensemble n’a pas atteint la masse critique pour forcer la main du gouvernement. En plus de la répression policière et judiciaire extraordinaire contre les grévistes et les manifestants, les militants syndicaux n’ont au final pas réussi à mobiliser suffisamment dans les entreprises. La séquence de 2016 démontre que si le slogan de la grève générale reste central y compris dans les « nouveaux&nbsp;» types de mobilisations comme Nuit Debout, sa traduction en la réalité ne peut reposer sur les épaules des directions nationales syndicales. <br> <br>La classe dirigeante fut néanmoins forcée de payer un lourd tribut politique dans la bataille pour la loi travail. L’imposition de ces mesures néolibérales se transforma en opération kamikaze durant laquelle Hollande sacrifia non seulement ce qui restait de sa propre côte de popularité, mais le Parti Socialiste lui-même, qui s’effondra après un dernier coup de poignard dans le dos des classes populaires, préparant le terrain pour Emmanuel Macron.&nbsp; </p>



<h4 class="wp-block-heading">Macron</h4>



<p>Ancien inspecteur des finances publiques passé par une banque d’investissement, le ministre de l’économie Emmanuel Macron a réussi à se construire une réputation solide dans les milieux de la classe dirigeante, du Medef aux politiciens de l’extrême centre en passant par les hauts fonctionnaires, attirant aussi l’attention des médias. Il s’entoura de conseillers en communication pour fonder le mouvement La République en Marche (LREM) dans le seul but de commercialiser la marque du «&nbsp;candidat Macron&nbsp;» aux élections présidentielles. Habilement, il quitta le navire Hollande-Valls et annonçait sa candidature alors que ce qui restait de la crédibilité politique du président et de son premier ministre partait en fumée.&nbsp; </p>



<p>Quelques mois plus tard, François Fillon prenait ses rivaux à l’improviste en obtenant des sympathisants du parti Les Républicains (ex-UMP) l’investiture pour la présidentielle de 2017. Idéologiquement, Fillon représente la bourgeoisie provinciale, réactionnaire, anti-musulmane et anti-LGBT. Mais l’islamophobie et l’homophobie ouvertes de Fillon, ainsi que sa nostalgie déclarée pour l’empire colonial français cachaient une autre radicalisation non moins significative&nbsp;: dans un discours donné devant un cercle de grands patrons sous le charme, il promis un «&nbsp;blitzkrieg&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_22');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_22');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_22" class="footnote_plugin_tooltip_text">22</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_22" class="footnote_tooltip">Discours devant des PDG, organisé par la Fondation Concorde, 9 mars 2016. </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_22').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_22', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> (guerre éclair) de mesures néolibérales pour transformer de fond en comble le paysage économique français en quelques mois. </p>



<p>L’investiture de Fillon n’était qu’une manifestation de plus du tournant droitier inéluctable pris par l’État et la classe dirigeante dans son ensemble. Malheureusement pour elle, la campagne de Fillon partit en vrille lorsqu’il fut révélé que ce catholique moralisateur avait fait payer sa femme près d’un million d’euros en argent public pour un boulot qu’elle n’avait simplement jamais fait. Pris pour cible par les médias et les cadres de son propre parti, Fillon tint bon et s’en remit à ses partisans réactionnaires (notamment les cercles qui avaient organisé la Manif pour tous) pour laisser passer la tempête. Sa campagne pris un caractère encore plus droitier et accéléra la défection des électeurs vers le nouveau favori des médias, Macron. L’ancien premier ministre fut incapable de passer le premier tour malgré un score impressionnant au vu des circonstances. </p>



<p>Si la campagne de Fillon en appelait aux réactionnaires provinciaux, Macron chercha à flatter ceux qui se trouvaient à l’opposé sur le spectre bourgeois&nbsp;: les jeunes cadres supérieurs urbains qui cachent leur indigence intellectuelle derrière un discours de managers, se voulant «&nbsp;disrupteurs&nbsp;» du champ politique français et transformateurs du pays en une «&nbsp;start-up nation&nbsp;». Macron joua la comédie à fond et modula tout son discours sur ce diapason ; sa rhétorique pathétique et ses discours de meeting franchement bizarres étaient accueillis par des vagues d’applaudissements truquées<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_23');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_23');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_23" class="footnote_plugin_tooltip_text">23</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_23" class="footnote_tooltip">Soudais, 2017.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_23').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_23', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>L’ascension météorique de Macron a sidéré les médias dominants, qui avaient
pourtant eux-mêmes gonflé la bulle, et ils se mirent en tête, avec leurs
intellectuels de salon, de trouver le secret du succès de ce jeune homme
providentiel dans sa propre personne. Il serait difficile, néanmoins, de
concevoir un personnage incarnant le désarroi politique français aussi bien et
aussi passivement que Macron&nbsp;; il n’a pas «&nbsp;écrit l’histoire&nbsp;»
mais est le produit de forces historiques impersonnelles dans lesquelles il n’a
joué qu’un rôle secondaire. </p>



<p>En effet, l’auto-immolation du Parti Socialiste sur l’autel du capital, la
crise de la droite traditionnelle &#8211; que le scandale Fillon n’a fait
qu’accélérer, l’ascension de Marine Le Pen qui a apeuré assez d’électeurs de
gauche pour les diriger vers le favori des médias dès le premier tour, et enfin
le taux d’abstention record, tous ces symptômes de la crise organique de la
classe dirigeante française se sont déversés dans le marécage du «&nbsp;candidat
Macron&nbsp;». C’est ainsi qu’un opportuniste rusé, applaudi par des
admirateurs imbéciles, fut porté à la tête d’un État impérialiste majeur. </p>



<p>Une fois élu, Macron troqua rapidement son costume de commercial de
start-up, nécessaire pour se façonner un semblant de base sociale pendant la
campagne, contre celui de chef de l’État français. Une fois accomplie leur
tâche de figurants, les derniers militants naïfs de LREM se sont vus remplacés
par l’appareil exécutif de l’État qui, sous les ordres de Macron, s&rsquo;apprêtait à
passer au choses sérieuses. </p>



<p>La véritable mission historique de Macron est simplement de prendre le
relais de François Hollande en passant à la vitesse supérieure&nbsp;: continuer
les réformes pro-patronales et en accélérer même la cadence alors que la base
sociale de la classe dirigeante se rétrécit, ce qui entraîne mécaniquement un
renforcement de l’appareil exécutif et répressif de l’État. La loi asile
immigration, la pérennisation des dispositifs jusque-là réservés à l’état
d’urgence et l’attaque frontale contre la SNCF vont dans ce sens. Même si la
grève des cheminots, qui a duré trois mois, n’a pas frappé assez dur pour faire
broncher le gouvernement, elle a ouvert une séquence similaire au mouvement
contre la loi travail&nbsp;: une grande grève nationale qui occupe les unes des
journaux mais qui s’accompagne d’une multitude de luttes radicales, comme celle
des associations antiracistes et des organisations de sans-papiers, ainsi que
le mouvement étudiant et lycéen, qui s’organisent et convergent dans la rue
face à une répression d’État qui va crescendo. Cette séquence qui a inauguré le
quinquennat Macron est la manifestation d’une «&nbsp;accumulation de
radicalisme&nbsp;» qui n’a pas été étouffée par les défaites formelles
infligées au mouvement ouvrier ces dernières années. </p>



<p>Il ne faut pourtant pas s’attendre à ce que la société penche petit à petit
vers la gauche, attendant sagement que nous ayons accumulé assez de forces pour
que le pouvoir nous tombe dessus comme un fruit mûr. La polarisation vers la
gauche, réelle et souvent sous-estimée, s’accompagne d’une polarisation vers la
droite, notamment autour du Front National (rebaptisé Rassemblement National)
et ses 11 millions de voix acquises lors des élections présidentielles de 2017.&nbsp; </p>



<h4 class="wp-block-heading">L’extrême droite : un noyau fasciste couve sous le
racisme républicain </h4>



<p>Au cours de la longue crise économique et politique, il est apparu à de nombreux observateurs que ce qui était le parti principal du fascisme français, le Front National, avait réussi une opération de «&nbsp;défascisation&nbsp;» pour devenir un parti «&nbsp;républicain&nbsp;», c’est-à-dire considéré comme ayant sa place légitime dans un régime démocratique bourgeois. Cette «&nbsp;imposture intellectuelle&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_24');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_24');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_24" class="footnote_plugin_tooltip_text">24</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_24" class="footnote_tooltip">Giudicelli, 2017.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_24').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_24', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> a justifié la fin du boycott effectif du FN par la quasi-totalité des partis bourgeois&nbsp;: Macron a organisé un débat télévisé avec Marine Le Pen entre les deux tours de l’élection de 2017, alors que Jacques Chirac avait refusé de participer à une telle confrontation avec Jean-Marie Le Pen en 2002.</p>



<p>Comme toutes les organisations politiques, les partis fascistes sont des organismes vivants susceptibles d’évoluer alors qu’ils réagissent et s’adaptent à la situation politique concrète dans laquelle ils se trouvent ; ceci est particulièrement vrai lorsqu’une tentative de prise du pouvoir est exclue de l’agenda politique immédiat. Le FN, fondé au début des années 1970 pour unir de petites organisations nazies et leur donner &#8211; déjà &#8211; une façade de légitimité électorale, ne constitue certainement pas une exception à la règle. Il est passé par de nombreuses crises transformatrices sans pour autant renier sa nature fasciste.  </p>



<p>S’il est impossible de parcourir ici l’histoire du Front National et du champ fasciste français, décrivons-le sous sa forme actuelle comme une large organisation électorale d’extrême-droite qui gravite autour d’un coeur fasciste. Au cours des deux dernières décennies, Le Pen a voulu élargir l’influence et l’attrait électoral du FN en renouvelant son discours raciste, jusque-là concentré sur l’antisémitisme, pour viser les nouvelles victimes du racisme ordinaire : les Musulmans. Que cette tactique, réfléchie et assumée, ait permis au FN de se « dédiaboliser » aux yeux des politiciens et éditorialistes montre à quel point le champ politique français a viré à droite. En effet, le racisme du Front National a été légitimé par l&rsquo;État, les partis politiques de tous bords et les médias, ainsi que toute une coterie d’intellectuels et de professeurs qui ont trouvé dans l’islamophobie un moyen d’avancer leurs carrières. Le Pen, qui s’est vantée d’avoir « gagné la bataille idéologique », n’eut qu’à moduler le discours du FN pour l’adapter au nouvel épouvantail « islamique » et rejoindre un front raciste « s’étendant du gouvernement Valls au FN en passant par LR »<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_25');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_25');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_25" class="footnote_plugin_tooltip_text">25</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_25" class="footnote_tooltip"> Palheta, 2016a. </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_25').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_25', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="5b4e57" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #5b4e57;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/06/FNMarineLP.jpg" alt="" class="wp-image-2178 not-transparent"/></figure>



<p>Naturellement, le Front National profite également de la longue crise économique et de ses corollaires &#8211; le chômage, les inégalités et l’austérité &#8211; pour attirer des électeurs de la classe ouvrière et populaires en général (même si l’abstention l’emporte sur le FN parmi cette population), qui se sentent trompés par les promesses des partis de l’extrême-centre qui ne leur ont rien apporté si ce n’est plus de destitution. Mais l’arbre économique ne doit pas cacher la forêt raciste&nbsp;: «&nbsp;Une partie de la gauche a ainsi pensé que l’enjeu né du soit-disant «&nbsp;tournant social&nbsp;» de Marine Le Pen était de démasquer, programme contre programme, le fait que ce parti n’était qu’un parti du capital. Ou, pire, le débusquer comme un ennemi inconséquent du système&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_26');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_26');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_26" class="footnote_plugin_tooltip_text">26</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_26" class="footnote_tooltip">Godard, 2012.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_26').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_26', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> au prix de négliger le racisme (ainsi que sa nature fasciste), le véritable moteur de la montée du FN et son ciment idéologique. Denis Godard décrivait en 2010 le double jeu historique du FN&nbsp;: «&nbsp;l’orientation vers tout ce qui respectabilise le FN (la stratégie parlementaire, la présence dans les médias, l’alliance avec des fractions de la droite) pour élargir l’audience du FN et se construire une base de masse et les déclarations et actions ouvertement racistes voire fascistes pour fidéliser et développer numériquement un noyau idéologiquement de plus en plus proche du fascisme.&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_27');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_27');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_27" class="footnote_plugin_tooltip_text">27</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_27" class="footnote_tooltip">Godard, 2010.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_27').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_27', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>



<p>La «&nbsp;dédiabolisation&nbsp;» initiée sous Marine Le Pen ne constitue pas une rupture avec cette stratégie fasciste mais en est au contraire la manifestation la plus élaborée et la plus pragmatique&nbsp;: on se souvient comment, dans l’entre-deux tours de la présidentielle de 2017<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_28');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_28');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_28" class="footnote_plugin_tooltip_text">28</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_28" class="footnote_tooltip">K, Flo et Adrien H, 2018.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_28').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_28', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, Le Pen a nommé un négationniste de l’Holocauste pour la remplacer à la tête du parti, avant de déclarer que l’État français n’était pas responsable de la rafle du Vel d’Hiv, durant laquelle des milliers de Juifs furent rassemblés par la police française et déportés vers les camps nazis pour y être tués. Ce serait faire preuve d’une légèreté impardonnable que de considérer ces sorties comme de simples bourdes&nbsp;: il s’agissait, dans une période électorale où le FN avait une audience large, de consolider et de flatter le cœur fasciste et profondément antisémite du parti. </p>



<p>Un énorme «&nbsp;département de protection et de sécurité&nbsp;» recruté parmi les vétérans des escapades impérialistes de l’armée française et organisé selon des principes paramilitaires, à travers lequel de vrais liens sont maintenus avec des groupuscules nazis, une lignée de petites entreprises de services dont la liste de propriétaires évoque la jet-set du fascisme français de rue des années 1980, quelques nostalgiques du nazisme et beaucoup, beaucoup d’antisémites ordinaires… Le Front National reste le centre gravitationnel incontesté des fascistes français. Selon Vanina Giudicelli, Marine Le Pen représente un compromis entre «&nbsp;ceux qui pensent que le temps est venu d’essayer de prendre le pouvoir, et ceux qui sont persuadés d’avoir besoin d’un mouvement de masse &#8211; c’est-à-dire qu’il n’est pas suffisant d’avoir de l’influence au sein de l’État (police et armée) mais qu’il faut construire un mouvement de rue pour mettre le projet politique du FN en branle.&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_29');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_29');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_29" class="footnote_plugin_tooltip_text">29</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_29" class="footnote_tooltip">Giudicelli 2017b.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_29').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_29', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>



<p>L’accélération de la crise politique de ces dernières années a favorisé la prolifération d’organisations de rue nazies comme Génération Identitaire et Bastion Social. Avec une large audience en ligne sur la «&nbsp;fachosphère&nbsp;» attirée par des fantasmes et des théories complotistes antisémites, homophobes et islamophobes comme le soi-disant «&nbsp;grand remplacement&nbsp;» des Européens blancs par des immigrés musulmans, ces groupes comptent des centaines de militants actifs implantés notamment à Lyon, Marseille, Nantes, Strasbourg et Paris. Se concentrant sur des campagnes anti-migrants, des pogroms de rue, des attaques contre la gauche et les mouvements sociaux<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_30');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_30');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_30" class="footnote_plugin_tooltip_text">30</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_30" class="footnote_tooltip"> K, Flo et Adrien H, 2018. </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_30').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_30', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, leur mode opératoire est emprunté aux groupes nazis plus anciens comme le Groupe Union Défense (GUD). S’ils ne font pas formellement partie du Front National, une enquête clandestine menée par Al Jazeera a révélé au grand jour l’existence de liens idéologiques mais aussi organisationnels entre les deux sphères, celle des groupes de rue et celle du parti aux 11 millions d’électeurs. Une membre de Génération Identitaire se vanta même que «&nbsp;nous faisons notre travail, qui est la rue. Le Front National fait le sien, qui est la politique.&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_31');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_31');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_31" class="footnote_plugin_tooltip_text">31</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_31" class="footnote_tooltip"><em>Al Jazeera</em>, 2018.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_31').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_31', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> Cette division implicite du travail, qui n’a pas forcément besoin de coordination active, est apparente, nous y reviendrons, dans les différents modes d’intervention de l’extrême droite dans le mouvement des gilets jaunes. </p>



<h4 class="wp-block-heading">Qui sont les
gilets jaunes&nbsp;?</h4>



<p>Cette question a tourmenté la gauche dans les semaines précédant le 17
novembre 2018&nbsp;; un appel à la mobilisation contre les «&nbsp;taxes
écolo&nbsp;», tout à fait en-dehors de «&nbsp;nos&nbsp;» milieux contestataires
(syndicats, organisations et même les réseaux sociaux), relayé par des
personnalités dangereusement proches de l’extrême droite, semblant prendre
racine dans les petites villes et les campagnes considérées depuis trop
longtemps comme des forteresses du FN. Des peurs à la fois légitimes et
fantaisistes de l’émergence d’un mouvement de masse petit-bourgeois et
réactionnaire dominaient les milieux de gauche dans les jours précédant le
fameux 17 novembre. Heureusement, ces craintes se sont vite avérées fausses. </p>



<p>Les gilets jaunes sont en majorité des membres objectifs de la classe ouvrière (c’est-à-dire des personnes n’ayant que leur force de travail à vendre, qu’elles soient salariées, retraitées ou au chômage) qui s’organisent indépendamment des organisations existantes de notre classe comme les syndicats, les partis politiques et autres associations. Des études ont montré que la majorité des sympathisants pas forcément mobilisés étaient eux aussi membres de la classe ouvrière.</p>



<p>La nature inégale et éparpillée du mouvement ne facilite pas la tâche des sociologues, mais de nombreuses études sur des populations restreintes tendent vers des conclusions similaires sur la nature de classe et le niveau de revenu des gilets jaunes. Par exemple, une enquête réalisée autour de la mobilisation bordelaise a conclu que 62% des gilets jaunes mobilisés étaient à découvert à la fin de chaque mois<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_32');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_32');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_32" class="footnote_plugin_tooltip_text">32</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_32" class="footnote_tooltip"> Collectif Quantité critique, 2018. </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_32').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_32', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>Les gilets jaunes se sont organisés géographiquement et ont initialement concentré leurs griefs sur des demandes de nature fiscale&nbsp;: le rétablissement de l’ISF, la lutte contre l’évasion fiscale, la réduction des impôts sur les retraites et des taxes sur les produits de consommation courante, etc. Les «&nbsp;révolutionnaires&nbsp;» qui réduisent les antagonismes de classe aux négociations salariales annuelles, incapables de percevoir les motivations vivantes sous les revendications formelles, ont associé l’apparence fiscale des demandes à une hégémonie imaginaire de la petite bourgeoisie sur le mouvement. Il est vrai que les premières semaines ont vu de petits patrons participer au mouvement (même s’ils étaient ultra-minoritaires dès le début), avec leurs revendications spécifiques autour des charges sociales et des impôts sur les sociétés. Mais le développement du mouvement, avec des centaines de revendications émanant d’autant d’assemblées générales démocratiques ont démontré sans doute possible la prédominance des demandes liées à la classe ouvrière comme le chômage, les services publics, le logement et les retraites, la pauvreté des femmes au travail<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_33');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_33');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_33" class="footnote_plugin_tooltip_text">33</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_33" class="footnote_tooltip">Goanec, 2018.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_33').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_33', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, etc, mais rien ou presque sur les impôts sur les petites sociétés. </p>



<p>On ne le répétera jamais assez, le mouvement des gilets jaunes est
objectivement un mouvement de la classe ouvrière, nourri par les victimes de la
crise économique et surtout de ses solutions néolibérales. La convergence
autour des taxes plutôt que des salaires, inhabituelle pour le mouvement
ouvrier traditionnel, est symptomatique d’une mobilisation qui a lieu en-dehors
du lieu de travail, et qui est par conséquent capable d’attirer immédiatement
les chômeurs et les retraités. Ceci s’explique notamment par un contexte de
retraite relative (et dans certains cas de disparition pure et simple) de la
présence syndicale locale, et de l’attraction que peut exercer un lieu de
travail large et combatif sur ses alentours. Mais les questions fiscales
soulevées par les gilets jaunes le sont sur une base de classe&nbsp;: les
revendications concernent simplement les mesures pro-capitalistes prises par
l’État et qui ont diminué les salaires directs et indirects de la classe
ouvrière tout en favorisant les ultra-riches. </p>



<figure class="wp-block-image"><img data-dominant-color="705955" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #705955;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/06/000_1B30XR.jpg" alt="" class="wp-image-2167 not-transparent"/></figure>



<p>L’autre contradiction bien plus problématique concerne l’usage de symboles nationalistes rejetés depuis longtemps par la gauche française et le mouvement ouvrier. Les drapeaux tricolores, la Marseillaise et «&nbsp;Marianne&nbsp;» &#8211; la personnification genrée de la nation française &#8211; sont étrangers à la gauche française et sont traditionnellement associées aux mobilisations de droite (campagne de Mélenchon mise à part). S’il est assez clair qu’il ne s’agit pas d’un mouvement fasciste ni même nationaliste masqué par des demandes sociales, comment interpréter la contradiction entre le moteur social de la mobilisation et son usage de symboles idéologiques nationaux&nbsp;?  </p>



<p>Nous pouvons nous tourner vers Gramsci qui, suivant Marx, écrivait que «&nbsp;l’affirmation selon laquelle toute fluctuation de la politique et de l’idéologie peut être présentée et exposée comme une expression immédiate de la structure, doit être contestée en théorie comme un infantilisme primitif&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_34');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_34');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_34" class="footnote_plugin_tooltip_text">34</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_34" class="footnote_tooltip">Hoare et Nowell Smith, 1971, p407.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_34').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_34', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. En d’autre mots, l’observation des symboles et du langage <em>seuls</em> ne suffit pas à dévoiler la nature de classe d’une mobilisation. Il nous faut au contraire une étude concrète de l’idéologie telle qu’elle est perçue et utilisée dans la vie pratique des gens. En effet, les idées ne flottent pas dans l’air mais se changent «&nbsp;en force matérielle lorsqu’elles pénètrent les masses&nbsp;». </p>



<p>La nation française unie et cohérente, invoquée par la classe dirigeante pour justifier son pouvoir, n’est «&nbsp;qu’une métaphore&nbsp;». Comme toutes les nations modernes, il s’agit en réalité d’une «&nbsp;coexistence et juxtaposition de civilisations et de cultures différentes, reliées par la coercion étatique et organisées culturellement en une «&nbsp;conscience morale&nbsp;», à la fois contradictoire et «&nbsp;syncrétique&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_35');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_35');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_35" class="footnote_plugin_tooltip_text">35</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_35" class="footnote_tooltip">Gramsci et Keucheyan, 2012, p55.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_35').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_35', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Cette «&nbsp;conscience morale&nbsp;» semble être prise au pied de la lettre par les gilets jaunes dans leur rébellion contre la classe dirigeante. Par leur adoption d’une symbolique et d’une rhétorique nationale, les gilets jaunes reproduisent un phénomène classique qui voit les rebelles se saisir du discours éthique de leurs dirigeants pour l&rsquo;utiliser comme arme contre ces derniers. Les partisans de Martin Luther se sont jadis soulevés contre l’église catholique au nom de la «&nbsp;vraie&nbsp;» chrétienté, les gilets jaunes se soulèvent contre leurs dirigeants en utilisant les symboles classiques que la bourgeoisie héroïque et progressiste du XVIIIe siècle a légué comme un fardeau embarrassant à ses descendants actuels, décidément lâches et conservateurs&nbsp;: «&nbsp;Liberté, égalité, fraternité&nbsp;» et un hymne national, la Marseillaise, dont les paroles sentent terriblement la révolution. Les gilets jaunes décrètent que les dirigeants ont trahi leur «&nbsp;conscience morale&nbsp;», et se posent en gardiens véritables du «&nbsp;peuple de France&nbsp;», une France où cette conscience morale (qui est dans son essence un voeu pieux de conciliation entre les classes) est véritablement appliquée.&nbsp;  </p>



<p>Naturellement, cette France-là n’a jamais existé. Même s&rsquo;il n&rsquo;est pas le signe d’une mobilisation foncièrement raciste et réactionnaire, l’usage de symboles nationaux révèle deux faiblesses fondamentales du mouvement: premièrement, si le drapeau tricolore et la Marseillaise peuvent attirer des membres de la classe ouvrière qui n’auraient jamais marché sous les bannières d’un syndicat ou d’un parti, ils attirent aussi l’extrême droite organisée comme des mouches par du fumier (nous y reviendrons).&nbsp;  </p>



<p>Deuxièmement, l’usage du drapeau français, de l’hymne national, de Marianne, bref, d’un discours très «&nbsp;franco-français&nbsp;» trahit une approche réformiste et conciliatoire des conflits sociaux. L’implication étant qu’un retour aux «&nbsp;valeurs françaises&nbsp;» de liberté, d’égalité et de fraternité, ainsi qu’au «&nbsp;modèle social français&nbsp;», actuellement en plein démantèlement, puisse servir de parapluie sous lequel il serait possible de concilier les intérêts des riches et des pauvres, de mitiger pour toujours les inégalités et les antagonismes objectifs. La France devient donc une idée abstraite, quasiment religieuse, qui s’élève au-dessus des classes sociales et de l’Histoire elle-même. Il faut donc reconnaître clairement l’horizon réformiste actuel de ce mouvement, mais ce n’est nullement une raison de le condamner, de le mépriser ou de le négliger. On oublie souvent qu’un tel réformisme est prévalent dans les luttes «&nbsp;pures&nbsp;» du mouvement syndical (quoique exprimé dans un tout autre langage)&nbsp;; mais ce qui est plus important encore est que la mobilisation elle-même augmente la confiance de notre classe en ses capacités d’auto-organisation et d’autonomie politique, conditions <em>sine qua non</em> de l’émergence d’une conscience révolutionnaire, décidée à mener la lutte des classes jusqu’à son terme. </p>



<h4 class="wp-block-heading">Le mouvement vit, les idées évoluent&nbsp; </h4>



<p>Les idées évoluent lorsque les gens s’engagent politiquement et se mettent à tester en pratique le sens commun qu’ils et elles avaient jusque-là accepté sans critique. La carapace ossifiée des vieilles idées &#8211; l’existence d’un intérêt commun à tous les Français, le rôle neutre de la police, de la justice &#8211;&nbsp; se fissure lorsque les gens se mettent en mouvement avec un gilet jaune sur les épaules. Le sociologue Benoît Coquard nous rappelle que la vie quotidienne dans les zones rurales, où le mouvement s’est déclenché, tend à brouiller la perception des divisions de classe&nbsp;: par exemple, de nombreux travailleurs peuvent être salariés de petites boîtes où il existe une certaine proximité avec le patron pouvant déborder vers les sphères du loisir ou de la vie culturelle. Mais les choses se décantent sur les «&nbsp;barrages filtrants&nbsp;», équivalent routier du piquet de grève où les gilets jaunes discutent et haranguent les automobilistes pour les persuader de rejoindre la mobilisation&nbsp;: «&nbsp;À mesure que les voitures passent les barrages, apparaît une dichotomie du monde entre les ‘sympas ’, les ‘comme nous’ et, de l’autre côté, les riches, les ‘gros bourges qui s’en foutent’.&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_36');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_36');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_36" class="footnote_plugin_tooltip_text">36</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_36" class="footnote_tooltip">Duquesne, 2018.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_36').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_36', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>



<p>Les réactions des «&nbsp;gros bourges&nbsp;» et de leurs représentants ont alterné entre l’incrédulité, l’hystérie et la résignation, en particulier lorsque le mouvement créa des scènes quasi-insurrectionnelles en plein Paris en décembre 2018, envoyant des ondes de choc à travers la planète. L’ancien ministre de l’éducation et philosophe Luc Ferry, dans un accès de fureur, cria aux policiers de «&nbsp;faire usage de leurs armes une bonne fois pour toutes&nbsp;», alors que la ministre de l’égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, visage «&nbsp;progressiste&nbsp;» de la macronie, demanda l’établissement d’un fichier recensant les milliers de donateurs qui ont contribué à la cagnotte de Christophe Dettinger, le boxeur de CRS<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_37');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_37');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_37" class="footnote_plugin_tooltip_text">37</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_37" class="footnote_tooltip">Le 5 janvier 2019, le boxeur professionnel Dettinger a été filmé en train de combattre la police anti-émeute à mains nues lors d&rsquo;une manifestation des Gilets Jaunes à Paris.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_37').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_37', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>Mais la réaction la plus lucide, une fois n’est pas coutume, vint de Xavier Bertrand, lui aussi ancien ministre sous Sarkozy, qui se lamenta que ce dernier n’avait «&nbsp;fait qu’un seul mandat, François Hollande n’a même pas pu se représenter, et là on se demande si Emmanuel Macron peut finir le sien. On ne peut pas demander qu’un président démissionne à chaque éruption de colère des Français, ça voudrait dire que le pays est ingouvernable.&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_38');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_38');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_38" class="footnote_plugin_tooltip_text">38</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_38" class="footnote_tooltip"> Belouezzane, 2018.  </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_38').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_38', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> Certains députés macronistes qui n’osent plus se montrer dans leurs propres circonscriptions ont tenté de faire diversion en attaquant les hauts fonctionnaires du ministère des finances à Bercy, les désignant comme coupables des politiques fiscales de Macron, juste au moment où ce dernier commençait à céder et à annoncer des concessions. Une série d’articles du quotidien <em>Le Monde</em> a révélé le désarroi touchant les sommets du ministère, mais aussi sa déconnexion bureaucratique de la réalité politique&nbsp;: </p>



<p>  </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Si les revendications des “gilets jaunes” ont provoqué un tel émoi parmi les cadres de Bercy, c’est que, au début du mandat d’Emmanuel Macron, ils avaient cru leur heure de gloire arrivée. L’accession à l’Elysée d’un ancien inspecteur général des finances, devenu ministre de l’économie, quelle consécration ! “Il savait nous parler, il nous comprenait”, explique un membre de l’administration<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_39');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_39');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_39" class="footnote_plugin_tooltip_text">39</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_39" class="footnote_tooltip">Tonnelier, 2019.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_39').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_39', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p></blockquote>



<p>Certains peinent à comprendre comment la colère a pu prendre une telle forme. Symbole du fossé entre les hauts fonctionnaires et une partie du pays ? “Je ne comprends pas. Je pensais qu’après l’élection présidentielle, il y avait un relatif consensus sur les réformes à mener dans le domaine de la formation, du marché du travail, du logement”, avoue l’un d’eux.</p>



<p>Ces atermoiements aux sommets politiques et bureaucratiques de l’État
français témoignent de l’ampleur du désarroi de la classe dirigeante face à un
mouvement social que personne n’avait vu venir et, surtout, dont personne ne
sait vraiment comment le canaliser tant il semble résistant aux manoeuvres
traditionnelles. </p>



<p>Le mouvement alterne barrages routiers et rassemblements sur les rond-points en semaine avant de converger sur des villes locales ou régionales pour la désormais traditionnelle manifestation du samedi. La violence sauvage de la police et la sévérité expéditrice de la justice, l’incompréhension et le mépris venant des éditorialistes et des rédactions, la rage incontrôlée des pontifes et des riches et chaque pas en avant d’un mouvement qui avance par à-coups révèlent des vérités désagréables sur la société et son fonctionnement. La répression policière, violente et spectaculaire, vécue par des dizaines de milliers de manifestants et relayée à des millions sur les réseaux sociaux, agit comme catalyseur premier de la conscience politique. Un des nombreux tournants vint avec l’émergence des vidéos de Mantes-la-Jolie, où des dizaines de lycéens et collégiens ont été obligés de s’agenouiller pendant des heures sous les sarcasmes des policiers qui les avaient arrêtés en masse pour avoir bloqué leurs établissements. En temps normal, ces jeunes de banlieue, souvent arabes et noirs, sont en première ligne pour recevoir les coups d’une police débridée couverte par le racisme républicain. Mais nous ne vivons pas des temps normaux&nbsp;: alors que les éditorialistes et les politiciens ont repris leurs vieux topos sur les «&nbsp;racailles&nbsp;» des banlieues, des gilets jaunes de tout le pays s’agenouillèrent spontanément devant la police en solidarité avec leurs improbables camarades banlieusards. Un «&nbsp;vieil anar&nbsp;» s’exprimait ainsi à un meeting de la bourse du travail de Saint-Denis&nbsp;: «&nbsp;Nous vivons une époque extraordinaire&nbsp;! Je n’aurais jamais cru que des manifestants portant le drapeau français feraient preuve de solidarité avec des jeunes des quartiers populaires.&nbsp;» </p>



<p>Les développements concrets du mouvement ont cloué les questions de classe, des violences policières et du rôle de l’État au centre des débats, positionnant le mouvement sur un terrain favorable à la gauche radicale. </p>



<p>Il est cependant inutile de se trouver sur un terrain favorable sans armée&nbsp;: l’initiative politique d’intervention dans le mouvement des gilets jaunes ne vint pas des organisations traditionnelles, d’une gauche révolutionnaire réduite à la passivité politique et capable au mieux de jouer le rôle d’une bouée de balisage qui monte avec les vagues et descend avec les creux, mais d’une organisation antiraciste, le Comité Adama. Coupant court aux débats byzantins sur la «&nbsp;nature réelle&nbsp;» du mouvement qui traversait la gauche, Assa Traoré rappelait que c’est par l’intervention politique et non les observations scolastiques que se décident les choses&nbsp;: «&nbsp;Notre place légitime est dans ce mouvement. Ou bien nous le rejoignons, ou nous risquons de permettre à l’extrême droite de retourner le mouvement contre nous.&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_40');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_40');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_40" class="footnote_plugin_tooltip_text">40</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_40" class="footnote_tooltip">Lors d&rsquo;une réunion de masse à la Bourse du travail de St-Denis le 6 décembre 2018.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_40').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_40', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> Ainsi, le 1er décembre, dans un Paris en état de siège, un contingent de milliers de manifestants de la gauche radicale rassemblait le Comité Adama et ses alliés comme le Collectif Intergare avec des organisations traditionnelles comme le NPA afin de rejoindre les manifestations des gilets jaunes.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  </p>



<figure class="wp-block-image"><img data-dominant-color="524e44" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #524e44;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/06/01122018_nmn3813_nnoman_cadoret.jpg" alt="" class="wp-image-2169 not-transparent"/><figcaption><em>Photo : Nnoman Cadoret</em></figcaption></figure>



<p>L’intervention explicitement politique par la gauche radicale à Paris et dans tout le pays est d’une importance cruciale, notamment parce que l’extrême droite tente elle aussi de se mettre à la tête du mouvement. Dans ses premiers jours, il pouvait sembler que l’assise du mouvement dans les milieux ruraux populaires le promettait au Front National et à sa rhétorique de la «&nbsp;France oubliée&nbsp;» loin des grandes villes. La présence d’éléments petits-bourgeois et leur amalgame entre les «&nbsp;profiteurs&nbsp;» des allocations sociales, et les grands banquiers «&nbsp;parasites&nbsp;», faisait écho à un discours classique du fascisme. Une étude réalisée au début du mouvement estimait qu’il y avait autant d’électeurs de Le Pen que d’électeurs de Mélenchon en gilet jaune, même si le camp des abstentionnistes était le mieux représenté<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_41');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_41');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_41" class="footnote_plugin_tooltip_text">41</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_41" class="footnote_tooltip">Collectif Quantité critique, 2018.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_41').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_41', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Dans certains cas, des actes ouvertement racistes ont émergé, comme la dénonciation à la police de migrants réfugiés dans un camion ou encore le blocage d’une petite entreprise qui aurait «&nbsp;embauché trois immigrés plutôt que des locaux&nbsp;». </p>



<p>Les racistes et certains électeurs de Le Pen sont donc mobilisés, mais même leur «&nbsp;moteur&nbsp;» de mobilisation est social. Ceci met Le Pen elle-même dans une position embarrassante&nbsp;: si elle soutient publiquement le mouvement contre les «&nbsp;élites&nbsp;», le Front National ne peut joindre l’acte à la parole lorsque la parole concerne la justice sociale. Le Pen est trop consciente de la base petite et moyenne bourgeoise de son parti pour ne pas réitérer publiquement son opposition à l’augmentation du salaire minimum. Elle rejoignait la macronie après l’attentat de Strasbourg en décembre, déclarant que «&nbsp;le mouvement devrait maintenant s’arrêter&nbsp;», et se sentit obligée de rappeler aux lecteurs de Causeur que «&nbsp;les gens parlent aussi d’immigration sur les rond-points&nbsp;». Elle a sans doute raison, car une mobilisation sociale ne fait pas disparaître le racisme comme par magie, mais la prédominance, justement, sociale de la mobilisation et la haine grandissante de la police ont lancé la balle hors du camp du FN. Là où ce dernier a tenté ostensiblement de récupérer les gilets jaunes, comme dans l’ancien bassin minier du Nord où le FN a quatre députés et une municipalité, le mouvement a fini par s’éteindre<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_42');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_42');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_42" class="footnote_plugin_tooltip_text">42</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_42" class="footnote_tooltip">Bonnet, 2019.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_42').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_42', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>L’autre volet de l’intervention de l’extrême droite vient des groupes fascistes de rue. Ils ont notamment tenté de «&nbsp;résoudre&nbsp;» la question des violences pendant les manifestations en se coordonnant avec la police pour former un service d’ordre autoproclamé des manifestations, les «&nbsp;brassards blancs&nbsp;»&nbsp;; l’objectif véritable de cette opération était notamment de manipuler le désir de «&nbsp;neutralité politique&nbsp;» du mouvement afin d’en expulser les syndicalistes qui commençaient à le rejoindre<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_43');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_43');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_43" class="footnote_plugin_tooltip_text">43</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_43" class="footnote_tooltip">K, Flo et Jad, 2019.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_43').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_43', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Mais cette manœuvre n’a pas tenu longtemps car de nombreux individus formant le SO furent identifiés par les médias, avec l’aide des activistes de la gauche antifasciste, comme des nazis au CV bien fourni. Les groupuscules fascistes se tournèrent donc vers l’action directe à Lyon, Nantes, Toulouse, Marseille, Bordeaux et bien évidemment Paris, où ils ont violemment attaqué le cortège du NPA le 27 janvier dernier. Presque chaque «&nbsp;acte&nbsp;» des gilets jaunes est l’occasion de batailles rangées entre les fascistes et des groupes antifascistes issus du milieu autonome. Les groupes fascistes doivent être physiquement expulsés des manifestations de gilets jaunes, mais le culte du secret et du «&nbsp;squadrisme&nbsp;» inhérent à la plupart des groupes autonomes empêche souvent ces derniers d’apporter une couverture politique à leur action directe. Le mouvement des gilets jaunes est pourtant l’occasion rêvée de lutter pour une véritable <em>politique</em> antifasciste, qui complémente l’action physique par une agitation politique large, permettant de créer un réflexe immunitaire, un rejet large des fascistes dans les manifestations de gilets jaunes, par «&nbsp;la diffusion large d’un message de propagande antiraciste et antifasciste, révélant à tous les gilets jaunes la vérité sur les groupes nazis et mettant chacun et chacune devant ses responsabilités. »<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_44');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_44');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_44" class="footnote_plugin_tooltip_text">44</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_44" class="footnote_tooltip">ibid.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_44').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_44', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> Malheureusement, en ce qui concerne l’antifascisme, les organisations traditionnelles s’en tiennent aux platitudes et aux banalités habituelles qui n’ont rien à voir avec l’action sur le terrain<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_45');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_45');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_45" class="footnote_plugin_tooltip_text">45</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_45" class="footnote_tooltip">Salingue, 2019.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_45').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_45', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Les groupes autonomes restent donc les seuls à proposer un semblant de stratégie concrète pour combattre les fascistes.</p>



<p>Quelques jours avant le 17 novembre, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez voulait clairement dissocier son organisation du mouvement à venir, déclarant qu’il lui était «&nbsp;inimaginable de voir la CGT défiler aux côtés du Front National&nbsp;» et accusant des patrons de manipuler une révolte fiscale. Cette sortie reflétait le malaise de la gauche radicale et du mouvement ouvrier qui appréhendaient un mouvement grandissant en-dehors de leurs réseaux traditionnels et qui semblait inclure des personnalités entretenant des liens suspects avec l’extrême droite. En retour, une certaine méfiance envers les syndicats était prévalente chez les gilets jaunes soucieux de ne pas voir leur «&nbsp;mouvement citoyen&nbsp;» récupéré par une organisation.  </p>



<p>La convergence initiale devait venir par en bas, par des petits pas prudents. Le 22 novembre 2018, les ouvriers des raffineries enclenchèrent une grève nationale pour mettre la pression sur leurs patrons durant les négociations annuelles. Dans les Bouches-du-Rhônes, les grévistes ont rejoint des gilets jaunes qui occupaient jour et nuit le rond-point de la raffinerie Total, marquant la première convergence implicite entre syndicalistes et gilets jaunes<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_46');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_46');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_46" class="footnote_plugin_tooltip_text">46</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_46" class="footnote_tooltip">Le Figaro, 2018.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_46').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_46', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Un reporter relata le rapprochement timide et graduel entre deux camps initialement postés aux deux extrémités d’un même rond-point.  </p>



<p>Dans la ville portuaire de Saint-Nazaire, place forte traditionnelle du mouvement ouvrier, les gilets jaunes ont investi en novembre un bâtiment vide pour le transformer en «&nbsp;maison du peuple.&nbsp;» Lorsqu&rsquo;un huissier mandaté par la mairie somma les gilets jaunes de quitter les lieux, les dockers menacèrent de se mettre en grève. Ils offrirent ainsi un répit de plusieurs mois à la maison du peuple (finalement évacuée en avril 2019), un lieu de rencontre des classes populaires pour échanger sur leurs luttes et se surprendre à rêver d&rsquo;un monde différent : </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Je me retrouve avec des jeunes qui se sont battus sur la zad. Je n’ai jamais compris le sens de leur lutte là bas. Et je ne comprends toujours pas, d’ailleurs. Mais on est là, ensemble, on discute, on s’engueule, on s’embrasse. Ce qui se passe ici entre nous, cette entraide, je n’ai jamais vu ça. C’est incroyable. C’est devenu comme une drogue<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_47');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_47');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_47" class="footnote_plugin_tooltip_text">47</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_47" class="footnote_tooltip">Weiler, 2019.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_47').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_47', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. </p></blockquote>



<p>Le gouvernement gardait lui aussi un oeil attentif sur les convergences potentielles. Lorsque les routiers déposèrent un préavis de grève début décembre 2018, risquant de bloquer le pays et menaçant implicitement de rejoindre les gilets jaunes sur leurs barrages, la ministre du travail décida d’intervenir en personne pour obtenir la levée du préavis en échange de concessions. Il est impossible de savoir ce qu’aurait donné une grève nationale des camionneurs sur un réseau routier quadrillé par les gilets jaunes&nbsp;; toujours est-il que l’opportunité d’une percée soudaine ne fut pas exploitée, et la fameuse convergence se vit obligée d’emprunter des chemins plus escarpés.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </p>



<p>Le 13 décembre, Libération publiait une lettre ouverte dans laquelle des dizaines de délégués de la CGT s’exprimaient ainsi :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Sous les gilets jaunes, ce sont nos collègues, nos amis, notre entourage. Souvent des travailleurs précaires, hors des grandes villes, de petites entreprises, ou privés d’emplois, des travailleurs qui n’arrivent pas à boucler les fins de mois, comme beaucoup d’entre nous. Ce sont en grande partie ceux que nous n’arrivons pas à organiser dans nos syndicats, à entraîner dans nos luttes habituelles et autour de nos mots d’ordre traditionnels, et cela doit nous interroger<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_48');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_48');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_48" class="footnote_plugin_tooltip_text">48</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_48" class="footnote_tooltip"> Mathieu Xavier, Thierry Defresne, Reynald Kubecki, Ghislaine Tormos et autres, 2018.  </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_48').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_48', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.   </p></blockquote>



<p>Cette lettre était un signe parmi d’autres d’un sentiment d’impatience de
large sections syndicales militantes, alertées notamment par la rencontre entre
des dirigeants syndicaux et un Macron affaibli après un samedi particulièrement
émeutier à Paris, dont ressortit un communiqué de presse commun condamnant
«&nbsp;toutes les formes de violence&nbsp;». </p>



<p>Philippe Martinez est particulièrement pris au piège du bureaucrate syndical, déchiré entre sa position d’interlocuteur crédible du gouvernement et du patronat et celle de chef de ce qui reste, et de loin, le plus grand syndicat combatif du pays. Même s’il a généralement adopté une attitude plus conflictuelle que son prédécesseur, ce qui est le minimum au vu de la magnitude des attaques de ces dernières années, il n’est pas en position d’appeler à une mobilisation reconductible car il sait que la CGT ne pourra la porter seule. Le fait que l’autre grande centrale, la CFDT, soutient le gouvernement semble condamner Martinez à recourir à des journées de mobilisation sans lendemain (5 février et 19 mars, par exemple) et sans réelle stratégie, histoire de faire baisser la pression en interne.  </p>



<p>Mais malgré les oscillations et les hésitations au sommet, les gilets jaunes ont fait monter la température politique sur le terrain, créant un climat favorable aux grèves. Dans son discours de décembre, Macron demanda aux patrons de payer des primes de fin d’année à leurs salariés en échange d’une exemption de cotisations sociales. Si la plupart des grandes multinationales françaises ont répondu à l’appel, ce dernier a malencontreusement encouragé le déclenchement de «&nbsp;grèves Macron&nbsp;» dans les entreprises qui ont refusé d’accorder les primes. Par exemple, les travailleurs d’un sous-traitant majeur d’Airbus, Derichebourg, ont formé un «&nbsp;collectif de travailleurs en colère&nbsp;» pour se mettre en grève, s’attirant l’ire des syndicats maison qui ont dénoncé l’attitude «&nbsp;irresponsable&nbsp;» des grévistes<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_49');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_49');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_49" class="footnote_plugin_tooltip_text">49</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_49" class="footnote_tooltip"> Balestrini, 2019. </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_49').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_49', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Les lignes de piquets attiraient autant de gilets jaunes que de syndicalistes. Les travailleurs des boutiques Apple se sont aussi mis en grève, de façon inattendue, et ont obtenu non une prime mais une augmentation salariale. Les gilets jaunes se sont aussi invités au dernier congrès de la CGT, où une urgentiste a notamment fait le lien entre la grève de son secteur et la mobilisation en cours, et Philippe Martinez a été sérieusement chahuté par les délégués. </p>



<p>Ces luttes éparpillées et localisées éclairent sur les tâches à venir du
mouvement ouvrier. A mesure que la loi el-Khomri prend racine, les attaques
patronales viendront de plus en plus de l’intérieur des entreprises, en
particulier là où les forces syndicales sont les plus faibles. Cela nécessitera
la construction locale de résistances. Plus protégés par le parapluie des
conventions collectives sectorielles et nationales, les syndicats devront
prendre beaucoup plus au sérieux leur implantation locale&nbsp;; malgré les
difficultés à venir, le mouvement des gilets jaunes montre que la situation
politique nationale peut se diffuser dans une multitude de luttes locales,
autant d’occasions dont les syndicats devront se saisir.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La crise hégémonique de la bourgeoisie française</h4>



<p>Les gilets jaunes sont le dernier symptôme de la longue crise organique que traverse la classe dirigeante française. Antonio Gramsci a développé le concept de crise organique pour décrire une crise économique dont la classe dirigeante n’arrive pas à s’extirper, et dont la longue durée &#8211; jusqu’à plusieurs dizaines d’années &#8211; fait qu’elle infecte graduellement le champ politique et idéologique de la société, mettant en péril l’hégémonie de la bourgeoisie. </p>



<p>Parmi les marxistes révolutionnaires, c’est bien Gramsci qui a le plus systématiquement réfuté la tendance à la <em>réduction </em>de l’État à ses «&nbsp;détachements spéciaux d’hommes armés&nbsp;» (police, armée permanente, prisons, etc), pour mieux étudier les moyens grâce auxquels la bourgeoisie obtient le consentement des classes subalternes (ou du moins d’une majorité parmi leurs rangs) en revendiquant pour son pouvoir une validité universelle, qui incarnerait «&nbsp;l’intérêt général&nbsp;» d’une manière ou d’une autre. La théorie de l’hégémonie est bien une théorie marxiste de l’État, mais d’un État qui «&nbsp;ne se contente plus du rôle d’instrument de coercion et de contrainte, imposant les intérêts de la classe dominante par en haut. Maintenant, dans sa forme intégrale, l’État est devenu un réseau de relations sociales pour la production du consentement, pour l’intégration des classes subalternes dans le projet expansif du développement historique du groupe social dirigeant&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_50');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_50');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_50" class="footnote_plugin_tooltip_text">50</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_50" class="footnote_tooltip">Thomas, 2010, p143.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_50').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_50', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>Pour paraphraser la fameuse métaphore du marxiste italien, la forteresse de la bourgeoisie est évidemment protégée par des remparts sur lesquels patrouillent des sentinelles armées, mais elle est aussi entourée de labyrinthes et de tranchées imbriquées qui servent à désorienter et démoraliser les assaillants potentiels, permettant aux affaires de suivre leur cours habituel à l’intérieur de la forteresse. Cela ne signifie pas, néanmoins, que l’hégémonie des dirigeants soit un marché de dupes, une pure tromperie idéologique qui doit être exorcisée par des intellectuels séparés de la lutte politique dirigée contre l’État ou se substituant à celle-ci<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_51');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_51');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_51" class="footnote_plugin_tooltip_text">51</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_51" class="footnote_tooltip"> Chris Harman a écrit à propos «&nbsp;des intellectuels qui voudraient prétendre mener la lutte des classes par une “pratique théorique”, “une lutte pour l’hégémonie intellectuelle”, alors qu’ils ne font qu’avancer leur propre carrière universitaire&nbsp;» &#8211; Harman, 1977 . </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_51').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_51', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. L’hégémonie de la classe dirigeante est plutôt construite par le biais de ce que Gramsci appelle la «&nbsp;société civile&nbsp;», un tissu formé de partis réformistes de divers bords, de syndicats, d’écoles et d’universités, d’associations culturelles, médiatiques, etc, et qui semblent doter l’idéologie des dirigeants d’une réalisation matérielle, concrète, dans la vie pratique et politique de la population. </p>



<p>Même si cet article n’est pas l’occasion d’une discussion compréhensive du concept gramscien de société civile, élaboré dans un cachot fasciste il y a presque un siècle, nous devons quand-même nous demander comment les dirigeants d’aujourd’hui maintiennent leur hégémonie &#8211; et comment cette dernière peut être compromise. Écrivant en 1977, Chris Harman insistait sur le fait que le capitalisme avancé «&nbsp;est caractérisé par un phénomène “d’apathie” &#8211; une chute dans la participation des masses dans les associations politiques et culturelles, [&#8230;] une centralisation du pouvoir idéologique et une atomisation des masses (à l’exception cruciale des syndicats ouvriers), avec pour conséquence un affaiblissement des vieilles associations politiques et culturelles&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_52');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_52');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_52" class="footnote_plugin_tooltip_text">52</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_52" class="footnote_tooltip">Harman, 1977.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_52').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_52', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Nous pouvons ajouter à cette liste «&nbsp;d’appareils hégémoniques
compromis&nbsp;» les services publics et ce qu’on appelle l&rsquo;État-providence,
qui ne sont pas &#8211; normalement &#8211; des centres de pouvoir idéologiques, mais
servent néanmoins à donner une légitimité matérielle à l’idéologie de l’État
intégral. En effet, alors même qu’ils ont été arrachés à la bourgeoisie par la
lutte, la fourniture par l’État de services publics et d’allocations
essentielles aux classes subalternes s’est historiquement accompagnée de tout
un discours des représentants de la classe dirigeante autour du «&nbsp;modèle
social français&nbsp;» ou encore du «&nbsp;pacte Républicain&nbsp;».&nbsp; </p>



<p>Cette tendance à l’atomisation des masses s’est évidemment accélérée depuis les années soixante-dix, remettant en cause la capacité des grands syndicats et des partis réformistes à jouer leur rôle historique, foncièrement contradictoire&nbsp;: donner forme ou même incarner les mécontentements des classes subalternes tout en canalisant leurs luttes loin des véritables centres du pouvoir, pour qu’elles ne puissent jamais dépasser le cadre des relations sociales capitalistes. Ils jouent ainsi le rôle d’une soupape de sécurité protégeant la bourgeoisie des explosions inattendues. Ce phénomène a lieu presque tous les jours, dans les luttes les plus insignifiantes comme dans les grands moments historiques. Un exemple frappant est évidemment mai 68, lorsque le couple formé par la CGT et le Parti Communiste français a réussi à désamorcer le potentiel révolutionnaire d’une immense grève générale, non sans obtenir, il est vrai, des concessions matérielles significatives de la part de la classe dirigeante. <br> <br>Cette soupape de sécurité n’est pas uniquement activée lors des périodes de lutte ouverte&nbsp;; alors même que l’apathie et l’atomisation ont progressé, la transformation de la politique électorale en un spectacle médiatique national a permis de couvrir une indifférence passive des masses avec l’impression illusoire d’une adhérence active au projet de la classe dirigeante, tandis que l’implantation locale séculaire des partis réformistes, ce thermomètre crucial mais souvent négligé, s’est progressivement dégradée. </p>



<p>Rien de tout cela ne signifie que les «&nbsp;détachements d’hommes armés&nbsp;» n’interviendront que lorsque les derniers barrages idéologiques auront cédé. Les mots de Gramsci à ce sujet semblent décrire l&rsquo;État français de ces dernières décennies&nbsp;: </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>L’exercice “normal” de l’hégémonie sur ce qui est désormais le terrain classique du régime parlementaire est caractérisé par une combinaison de force et de consentement qui s’équilibrent par divers moyens, sans que la force ne viole le consentement de manière trop ouverte, de façon à faire apparaître l’usage de la force comme reposant sur l’approbation de l’opinion majoritaire, exprimée par les soit-disant organes de l’opinion publique &#8211; les journaux et les organisations &#8211; qui peuvent, dans certaines situations, se voir multiplier artificiellement<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_53');" onkeypress="footnote_moveToReference_2125_4('footnote_plugin_reference_2125_4_53');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2125_4_53" class="footnote_plugin_tooltip_text">53</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_53" class="footnote_tooltip"> Hoare et Nowell Smith, 1971, p80. </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2125_4_53').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2125_4_53', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. </p></blockquote>



<p>La production d’un consentement majoritaire dans les démocraties modernes
est donc constamment combinée avec la subjugation forcée d’une minorité, ou plus
précisément d’une multitude de minorités (ethniques, raciales, mais aussi
politiques, etc…) sous un barrage idéologique centralisé qui vise, si ce n’est
à gagner le soutien enthousiaste de la majorité, au moins à sécuriser son
indifférence silencieuse à l’égard de la répression que subissent ces
minorités. Le racisme d’État joue évidemment un rôle central pour couvrir
l’oppression d’une minorité tout en divisant les classes subalternes.</p>



<p>Cependant, contrairement aux labyrinthes et aux tranchées faites de pierre
et de mortier, la société civile est un organisme vivant, un tissu de liens
sociaux et politiques qui se nouent sur une matrice économique. La crise de
longue durée du capitalisme et les «&nbsp;solutions&nbsp;» néolibérales, qui
augmentent la pauvreté et le chômage tout en diminuant l’accès aux services
publics, intensifient les souffrances des classes subalternes et rongent le
crédit de la société civile, sa capacité matérielle et idéologique à contenir
le mécontentement&nbsp;; alors, la balance de l’État intégral penche de plus en
plus vers son appareil répressif, le renforçant et élargissant ses tentacules
pour tenter d’éteindre les départs de feux qui se multiplient, comme il est
évident&nbsp; depuis le début du mouvement des
gilets jaunes.</p>



<figure class="wp-block-image"><img data-dominant-color="4d504e" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #4d504e;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/06/CRS0023032.jpg" alt="" class="wp-image-2170 not-transparent"/></figure>



<p>L’État a d’autant plus recours à la répression systématique que ce
mouvement surgit largement en-dehors d’une société civile minée (d’où les
bavardages dans les cercles du pouvoir sur la «&nbsp;crise des corps
intermédiaires&nbsp;»), et que les tâtonnements du gouvernement qui chercha à improviser
des médiations susceptibles de ramener les gilets jaunes vers les canaux
institutionnels n’ont rien donné, malgré la domination claire et nette d’une
idéologie et d’une perspective réformistes au sein même du mouvement.&nbsp;&nbsp;&nbsp; </p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Conclusion</strong></h4>



<p>Cet article est parcouru par un thème dominant, à savoir la faiblesse de
Macron et de la classe dirigeante, à contre-courant des analyses dominant une
gauche qui lit le «&nbsp;rapport de forces » à la seule lumière du contenu du
nouveau code du travail, de l’agenda législatif de l’assemblée nationale ou
encore des résultats électoraux. Celles et ceux qui se cantonnent à cette
grille de lecture reproduisent en négatif la vision de la social-démocratie
allemande du début du 20e siècle, dont le pontife Karl Kautsky imaginait que le
progrès social (et avec lui les scores électoraux de la gauche anticapitaliste,
évidemment) serait graduellement acquis dans le cadre du capitalisme jusqu’à ce
que le pouvoir “nous” tombe entre les mains comme un fruit mûr, par pure
nécessité historique.</p>



<p>L’élection de Macron fait partie d’un moment historique où une classe
dirigeante radicalisée ressent ardemment le besoin de plus de réformes
néolibérales&nbsp; au vu du déclin relatif du
capitalisme français &#8211; telle est la tâche de Macron. Dans le même temps, les
«&nbsp;contre-réformes&nbsp;» des dernières décennies et la résistance du
mouvement social ont graduellement rongé le crédit des partis traditionnels de
la classe dirigeante, jusqu’à leur effondrement catastrophique en 2017. Macron
se retrouva donc contraint de mener l’offensive violente de la classe
dirigeante sans les outils hégémoniques traditionnels que cette dernière&nbsp; avait été contrainte de sacrifier dans
d’anciennes batailles, et sur un terrain de plus en plus polarisé entre la
droite et la gauche. Telle est la recette de la crise. </p>



<p>Ceci dit, l’échelle et l’endurance du mouvement gilets jaunes ont surpris tout le monde, montrant que la rancœur envers la classe dirigeante, personnifiée par l’arrogant Macron, puise des racines profondes dans le sol populaire. Le mouvement aura tiré des centaines de milliers de membres de notre classe de l’apathie et l’atomisation pour les propulser collectivement sur le devant de la scène historique. Cet acquis restera, quoi qu&rsquo;il arrive au mouvement dans les mois à venir. Mille fois plus efficacement que la propagande d’extrême gauche, les gilets jaunes ont révélé en pratique et à une nation entière le visage répugnant, répressif, de l’État, de sa police et de sa justice, ainsi que le mépris et la haine voués par la bourgeoisie et ses serviteurs médiatiques aux classes populaires. </p>



<p>Les gilets jaunes nous ont également renvoyé notre propre image, et dévoilé
les faiblesses de notre camp. On ne peut que constater avec amertume qu’au
moment où une section immense de notre classe recherche, consciemment ou pas,
des réponses révolutionnaires et anticapitalistes, les organisations censées
porter ce projet sont dans un état d’apathie, décidément incapables
d’initiative politique pour répondre aux défis historiques lancés par le
mouvement. </p>



<p>La crise du centre, dont les gilets jaunes sont un symptôme et un accélérateur, peut aussi profiter à l’extrême droite. Intervenir passivement, se contenter de surfer sur la vague, sans chercher à véritablement influencer politiquement les gilets jaunes ne pouvait que banaliser les idées racistes et réactionnaires, ainsi que les organisations fascistes qui, si elles n’ont jamais été le moteur du mouvement, n’en ont jamais été totalement absentes non plus.</p>



<p>Les possibilités étaient là, pourtant, comme l’a montré l’intervention du
Comité Adama depuis décembre ou encore la convergence entre gilets jaunes et la
Marche des Solidarités le 16 mars. Les révolutionnaires et les antiracistes
peuvent s’appuyer sur ces expériences et tant d’autres afin de construire un
front unitaire capable de faire véritablement reculer le FN et les groupuscules
nazis qui gravitent autour. </p>



<p>La tâche s’annonce immense et difficile, mais loin d’être désespérée. Malgré les défaites formelles de ces dernières années, la longue séquence ouverte par la lutte «&nbsp;contre la loi travail et son monde&nbsp;» n’est pas refermée. L’élan accumulé pendant ces trois dernières années a façonné l’intervention inégale mais enthousiaste de nombreuses organisations et collectifs dans les luttes des gilets jaunes, et continuera à grandir, car les antagonismes de classe et la crise politique généralisée vont s’intensifier encore dans les mois et les années à venir.&nbsp;  </p>



<h6 class="wp-block-heading">JB<br><br></h6>



<hr class="wp-block-separator is-style-wide"/>



<h5 class="wp-block-heading"> Références</h5>



<ul class="wp-block-list"><li>“Apache”, 2012, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="La Poste : sacrifier l’humain au nom de la productivité (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/210312/la-poste-sacrifier-lhumain-au-nom-de-la-product" target="_blank">La Poste : sacrifier l’humain au nom de la productivité</a>&nbsp;», <em>Médiapart</em> (21 mars).  </li><li>Agnew, Harriet, 2018, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="France faces Growing Threat of Skills Shortages&nbsp; (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://www.ft.com/content/f8f4be92-d083-11e8-a9f2-7574db66bcd5" target="_blank">France faces Growing Threat of Skills Shortages&nbsp;</a>», <em>Financial Times </em>(17 octobre).  </li><li><em>Al Jazeera</em>, 2018, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="How the Violent Far Right Infiltrated France’s National Rally (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://www.aljazeera.com/news/2018/12/france-infiltrated-marine-le-pen-national-front-181208151211138.html" target="_blank">How the Violent Far Right Infiltrated France’s National Rally</a>&nbsp;» (10 décembre).</li><li>Balestrini, Adrieni, 2019, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="Toulouse. Troisième jour de grève pour les salariés de Derichebourg Atis Aéronautique (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://www.revolutionpermanente.fr/Toulouse-Troisieme-jour-de-greve-pour-les-salaries-de-Derichebourg-Atis-Aeronautique" target="_blank">Toulouse. Troisième jour de grève pour les salariés de Derichebourg Atis Aéronautique</a>&nbsp;», <em>Révolution Permanente </em>(22 février).</li><li>Belouezzane, Sarah, 2018, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="”Gilets jaunes” : Xavier Bertrand, le plus audible à droite (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://www.lemonde.fr/politique/article/2018/12/26/gilets-jaunes-xavier-bertrand-le-plus-audible-a-droite_5402143_823448.html  " target="_blank">”Gilets jaunes” : Xavier Bertrand, le plus audible à droite</a>&nbsp;», <em>Le Monde </em>(26 décembre).</li><li>Berger, Bennet, et Guntram B Wolff, 2017, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://www.econstor.eu/handle/10419/173108" target="_blank">The Global Decline in the Labour Income Share: is Capital the Answer to Germany’s Current Account Surplus?</a>&nbsp;», Bruegel Policy Contribution No. 2017/12 (avril). </li><li>Béroud, Sophie, 2009, «&nbsp;Organiser les inorganisés: Des expérimentations syndicales entre renouveau des pratiques et échec de la syndicalisation&nbsp;», Dans, <em>Politix</em>, volume 1, numéro 85.</li><li>Béroud, Sophie, 2018, «&nbsp;French Trade Unions and the Mobilisation against the El Khomri Law in 2016: a Reconfiguration of Strategies and Alliances&nbsp;», <em>Transfer: European Review of Labour and Research</em>, volume 24, numéro 2.</li><li>Bonnet, François, 2019, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="Dans le bassin minier, le soutien de l’extrême droite a étouffé le mouvement des “gilets jaunes”&nbsp; (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://www.mediapart.fr/journal/france/230219/dans-le-bassin-minier-le-soutien-de-l-extreme-droite-etouffe-le-mouvement-des-gilets-jaunes?" target="_blank">Dans le bassin minier, le soutien de l’extrême droite a étouffé le mouvement des “gilets jaunes”&nbsp;</a>», <em>Médiapart </em>(23 février). </li><li>CGT Pôle économique, 2017, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="L’argent des contribuables dans les poches des actionnaires: mettre au scandale (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://www.cgt.fr/fiche-economique-largent-des-contribuables-dans-les-poches-des-actionnaires" target="_blank">L’argent des contribuables dans les poches des actionnaires: mettre au scandale</a>&nbsp;» (25 Septembre). </li><li>Collectif Quantité critique, 2018, « <a rel="noreferrer noopener" aria-label="Enquête: Les gilets jaunes ont-ils une couleur politique ?&nbsp; (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://www.humanite.fr/enquete-les-gilets-jaunes-ont-ils-une-couleur-politique-665360" target="_blank">Enquête: Les gilets jaunes ont-ils une couleur politique ?&nbsp;</a>», <em>L’Humanité </em>(19 décembre). </li><li>Dares Analyses, 2017, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="Quelles sont les évolutions récentes des conditions de travail et des risques psychosociaux&nbsp;? (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://dares.travail-emploi.gouv.fr/dares-etudes-et-statistiques/etudes-et-syntheses/dares-analyses-dares-indicateurs-dares-resultats/article/quelles-sont-les-evolutions-recentes-des-conditions-de-travail-et-des-risques" target="_blank">Quelles sont les évolutions récentes des conditions de travail et des risques psychosociaux&nbsp;?</a>&nbsp;» (20 décembre). </li><li>Dares Analyses, 2018, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="CDD, CDI: comment évoluent les embauches et les ruptures depuis 25 ans&nbsp;? (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://dares.travail-emploi.gouv.fr/dares-etudes-et-statistiques/etudes-et-syntheses/dares-analyses-dares-indicateurs-dares-resultats/article/cdd-cdi-comment-evoluent-les-embauches-et-les-ruptures-depuis-25-ans" target="_blank">CDD, CDI: comment évoluent les embauches et les ruptures depuis 25 ans&nbsp;?</a>&nbsp;» (21 juin). </li><li>Dares Résultats, 2018, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="Les grèves en 2016 (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://dares.travail-emploi.gouv.fr/dares-etudes-et-statistiques/etudes-et-syntheses/dares-analyses-dares-indicateurs-dares-resultats/article/les-greves-en-2016" target="_blank">Les grèves en 2016</a>&nbsp;» (12 décembre). </li><li>Duquesne, Pierre, 2018, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="Benoît Coquard : “Les barrages font apparaître les positions de classe”&nbsp; (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://www.humanite.fr/les-barrages-font-apparaitre-les-positions-de-classe-664434" target="_blank">Benoît Coquard : “Les barrages font apparaître les positions de classe”&nbsp;</a>», <em>L’Humanité </em>(30 novembre). </li><li>Fine, Ben, 2008, «&nbsp;Privatisation’s Shaky Theoretical Foundations&nbsp;», Dans, Kate Bayliss et Ben Fine: <em>Privatization and Alternative Public Sector Reform in Sub-Saharan Africa </em>(Palgrave Macmillan).</li><li>Goanec, Mathilde, 2018, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="Le travailleur pauvre est une femme&nbsp; (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://www.mediapart.fr/journal/france/171218/le-travailleur-pauvre-est-une-femme?" target="_blank">Le travailleur pauvre est une femme&nbsp;</a>» (17 décembre). </li><li>Giudicelli, Vanina, 2017a, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="Existe-t-il un danger fasciste en France ? (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/existe-t-il-un-danger-fasciste-en-france/" target="_blank">Existe-t-il un danger fasciste en France ?</a>&nbsp;» (4 mai).</li><li>Giudicelli, Vanina, 2017b, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="Interview: The Meaning of Macron (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://isj.org.uk/interview-the-meaning-of-macron/" target="_blank">Interview: The Meaning of Macron</a>&nbsp;», <em>International Socialism 155 </em>(été). </li><li>Godard, Denis, 2010, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="Front National : la crise d’un parti fasciste (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://quefaire.lautre.net/archives/article/la-crise-d-un-parti-fasciste" target="_blank">Front National : la crise d’un parti fasciste</a>&nbsp;», Que Faire ? (24 septembre). </li><li>Godard, Denis, 2012, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="Contre le danger fasciste, ni déni ni panique—mais il y a urgence (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://www.quefaire.lautre.net/Contre-le-danger-fasciste-ni-deni" target="_blank">Contre le danger fasciste, ni déni ni panique—mais il y a urgence</a>&nbsp;», <em>Que Faire ?</em> (27 avril). </li><li>Harman, Chris, 1977, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="Gramsci versus Eurocommunism: Part two&nbsp; (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://), www.marxists.org/archive/harman/1977/06/gramsci2.html" target="_blank">Gramsci versus Eurocommunism: Part two&nbsp;</a>», International Socialism 99 (1ère série, juin). </li><li>Hoare, Quentin, et Geoffrey Nowell Smith, 1971, <em>Selections from the Prison Notebooks</em> (Lawrence and Wishart).</li><li>Howell, Chris, 2018, «&nbsp;The French Road to Neoliberalism&nbsp;», <em>Catalyst</em>, volume 2, numéro 3.</li><li>ILO and OECD, 2015, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="The Labour Share in G20 Economies (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://www.oecd.org/g20/topics/employment-and-social-policy/The-Labour-Share-in-G20-Economies.pdf" target="_blank">The Labour Share in G20 Economies</a>&nbsp;» (26-27 février).</li><li>K, Flo et&nbsp; Jad B, 2019, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="Les nazis et les autruches&nbsp; (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/les-nazis-et-les-autruches/" target="_blank">Les nazis et les autruches&nbsp;</a>», Autonomie de Classe (29 janvier).</li><li>K, Flo et Adrien H, 2018, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="Faire reculer les fascistes, construire notre autonomie ! (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/faire-reculer-les-fascistes-construire-notre-autonomie/" target="_blank">Faire reculer les fascistes, construire notre autonomie !</a>&nbsp;», Autonomie de classe (10 avril) </li><li><em>Le Figaro</em>, 2018, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="La CGT et les ‘gilets jaunes’ bloquent plusieurs raffineries Total (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://www.lefigaro.fr/societes/2018/11/22/20005-20181122ARTFIG00279-plusieurs-sites-de-total-bloques-par-des-grevistes-et-des-gilets-jaunes.php?fbclid=IwAR3G_TPky3NjsIEZR5wb4th5Fc-%20LYFRTUYp2dkV4hmSv1oQI4MDYaujtq6M" target="_blank">La CGT et les ‘gilets jaunes’ bloquent plusieurs raffineries Total</a>&nbsp;» (22 novembre). </li><li>Mathieu Xavier, Thierry Defresne, Reynald Kubecki, Ghislaine Tormos et autres, 2018, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="Gilets jaunes : “La CGT ne peut pas détourner le regard de cette colère sociale” (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://www.liberation.fr/france/2018/12/13/gilets-jaunes-la-cgt-ne-peut-pas-detourner-le-regard-de-cette-colere-sociale_1697647" target="_blank">Gilets jaunes : “La CGT ne peut pas détourner le regard de cette colère sociale”</a>&nbsp;», <em>Libération</em> (13 décembre).</li><li>Meistermann, Manon, 2016, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="3 millions de jours de grève en France (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://www.ifrap.org/emploi-et-politiques-sociales/3-millions-de-jours-de-greve-en-france" target="_blank">3 millions de jours de grève en France</a>&nbsp;», Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (31 mars).</li><li>Nicolas, Bernard, 2010, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="Humiliation, dépression, démission : l’offre triple play de France Télécom (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://www.lesinrocks.com/2010/09/25/actualite/humiliation-depression-demission-loffre-triple-play-de-france-telecom-1125601/" target="_blank">Humiliation, dépression, démission : l’offre triple play de France Télécom</a>&nbsp;», Les Inrockuptibles (25 septembre). </li><li>OECD, 2018, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="Equity in Education: Breaking Down Barriers to Social Mobility (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://www.oecd.org/publications/equity-in-education-9789264073234-en.htm" target="_blank">Equity in Education: Breaking Down Barriers to Social Mobility</a>&nbsp;» (23 octobre).  </li><li>Palheta, Ugo, 2016, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="Civil War in France (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://socialistreview.org.uk/416/civil-war-france" target="_blank">Civil War in France</a>&nbsp;», <em>Socialist Review </em>(septembre). </li><li>Palheta, Ugo, 2016b, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="Vers l’autoritarisme ? Crise de la démocratie libérale et politique d’émancipation (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://www.contretemps.eu/autoritarisme-democratie-palheta/" target="_blank">Vers l’autoritarisme ? Crise de la démocratie libérale et politique d’émancipation</a>&nbsp;», Contretemps (2 novembre). </li><li>Poingt, Guillaume, 2018, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="Quel gouvernement a le plus privatisé depuis 30 ans ? (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2018/10/04/20002-20181004ARTFIG00285-quel-gouvernement-a-le-plus-privatise-depuis-30-ans.php" target="_blank">Quel gouvernement a le plus privatisé depuis 30 ans ?</a>&nbsp;», <em>Le Figaro</em> (4 octobre).</li><li>Rigouste, Mathieu, 2016, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="L’invention de la BAC et le quadrillage sécuritaire des quartiers populaires&nbsp; (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://www.contretemps.eu/police-racisme-quartiers-populaires" target="_blank">L’invention de la BAC et le quadrillage sécuritaire des quartiers populaires&nbsp;</a>», <em>Contretemps</em> (29 octobre).</li><li>Salingue, Julien, 2019, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="L’extrême droite, ennemie du mouvement des Gilets jaunes (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://npa2009.org/actualite/politique/lextreme-droite-ennemie-du-mouvement-des-gilets-jaunes" target="_blank">L’extrême droite, ennemie du mouvement des Gilets jaunes</a>&nbsp;», NPA (13 février).</li><li>Sénécat, Adrien, 2018, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="Les mirages de Pierre Gattaz sur l’opération “Un million d’emplois” (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/04/26/les-mirages-de-pierre-gattaz-sur-l-operation-un-million-d-emplois_5291147_4355770.html" target="_blank">Les mirages de Pierre Gattaz sur l’opération “Un million d’emplois”</a>&nbsp;», Le Monde (26 avril).</li><li>Soudais, Michel, 2017, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="Une vidéo dévoile les ‘trucs’ de Macron pour ambiancer ses meetings&nbsp; (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://www.politis.fr/articles/2017/02/une-video-devoile-les-trucs-de-macron-pour-ambiancer-ses-meetings-36304/" target="_blank">Une vidéo dévoile les ‘trucs’ de Macron pour ambiancer ses meetings&nbsp;</a>», <em>Politis</em> (14 février).</li><li>Thomas, Peter, 2010, <em>The Gramscian Moment: Philosophy, Hegemony and Marxism</em> (Haymarket Books).</li><li>Tonnelier, Audrey, 2019, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="Entre le grand débat et les “gilets jaunes”, le blues des hauts fonctionnaires de Bercy (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://www.lemonde.fr/politique/article/2019/01/17/grand-debat-et-gilets-jaunes-a-bercy-les-hauts-fonctionnaires-broient-du-noir_5410269_823448.html" target="_blank">Entre le grand débat et les “gilets jaunes”, le blues des hauts fonctionnaires de Bercy</a>&nbsp;», <em>Le Monde</em> (17 janvier). </li><li>Weiler, Nolwenn, 2019, «&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="”Ce qui se passe ici, cette entraide, je n’avais jamais vu ça”&nbsp;: reportage à la maison du peuple de Saint-Nazaire (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://www.bastamag.net/Ce-qui-se-passe-ici-cette-entraide-je-n-avais-jamais-vu-ca-reportage-a-la" target="_blank">”Ce qui se passe ici, cette entraide, je n’avais jamais vu ça”&nbsp;: reportage à la maison du peuple de Saint-Nazaire</a>&nbsp;», <em>Basta! </em>(14 février). </li><li>Wirtschafts und Sozial-wissenschaftliches Institut [Institute of Economic and Social Research], 2015, «&nbsp;<a href="http://www.boeckler.de/pdf/wsi_jahresbericht_2015.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label="Annual Report (s’ouvre dans un nouvel onglet)">Annual Report</a>&nbsp;». </li></ul>



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<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_2125_4();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_2125_4();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_2125_4">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_2125_4" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Howell, 2018</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Ibid.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Fine, 2008, p15.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Nicolas, 2010.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_5" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_5');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>5</a></th> <td class="footnote_plugin_text">“Apache”, 2012. </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_6" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_6');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>6</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Dares, 2017.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_7" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_7');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>7</a></th> <td class="footnote_plugin_text"> OCDE, 2018 .</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_8" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_8');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>8</a></th> <td class="footnote_plugin_text"> Rigouste, 2016. </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_9" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_9');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>9</a></th> <td class="footnote_plugin_text"> Beroud, 2009. C’est particulièrement le cas dans l’industrie manufacturière.  </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_10" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_10');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>10</a></th> <td class="footnote_plugin_text"> Dares Analyses, 2018. </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_11" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_11');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>11</a></th> <td class="footnote_plugin_text"> OLI et OCDE, 2015. </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_12" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_12');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>12</a></th> <td class="footnote_plugin_text"> Agnew, 2018. </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_13" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_13');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>13</a></th> <td class="footnote_plugin_text">WSI, 2015.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_14" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_14');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>14</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Meistermann, 2016.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_15" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_15');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>15</a></th> <td class="footnote_plugin_text"> En 2015, le 1,3&nbsp;% des entreprises du secteur des affaires qui ont connu des grèves ou des arrêts de travail employaient 24,4% de l&rsquo;effectif total &#8211; ce ratio était respectivement de 1,7&nbsp;% et 26&nbsp;% en 2016, Dares Résultats, 2018. </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_16" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_16');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>16</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Howell, 2018.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_17" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_17');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>17</a></th> <td class="footnote_plugin_text"> Dares Résultats, 2018. </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_18" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_18');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>18</a></th> <td class="footnote_plugin_text"> CGT Pôle économique, 2017. </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_19" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_19');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>19</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Sénécat, 2018.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_20" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_20');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>20</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Palheta, 2016b</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_21" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_21');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>21</a></th> <td class="footnote_plugin_text"> Béroud, 2018. </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_22" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_22');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>22</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Discours devant des PDG, organisé par la Fondation Concorde, 9 mars 2016. </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_23" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_23');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>23</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Soudais, 2017.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_24" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_24');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>24</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Giudicelli, 2017.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_25" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_25');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>25</a></th> <td class="footnote_plugin_text"> Palheta, 2016a. </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_26" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_26');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>26</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Godard, 2012.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_27" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_27');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>27</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Godard, 2010.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_28" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_28');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>28</a></th> <td class="footnote_plugin_text">K, Flo et Adrien H, 2018.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_29" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_29');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>29</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Giudicelli 2017b.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_30" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_30');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>30</a></th> <td class="footnote_plugin_text"> K, Flo et Adrien H, 2018. </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_31" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_31');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>31</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><em>Al Jazeera</em>, 2018.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_32" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_32');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>32</a></th> <td class="footnote_plugin_text"> Collectif Quantité critique, 2018. </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_33" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_33');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>33</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Goanec, 2018.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_34" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_34');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>34</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Hoare et Nowell Smith, 1971, p407.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_35" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_35');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>35</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Gramsci et Keucheyan, 2012, p55.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_36" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_36');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>36</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Duquesne, 2018.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_37" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_37');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>37</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Le 5 janvier 2019, le boxeur professionnel Dettinger a été filmé en train de combattre la police anti-émeute à mains nues lors d&rsquo;une manifestation des Gilets Jaunes à Paris.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_38" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_38');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>38</a></th> <td class="footnote_plugin_text"> Belouezzane, 2018.  </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_39" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_39');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>39</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Tonnelier, 2019.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_40" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_40');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>40</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Lors d&rsquo;une réunion de masse à la Bourse du travail de St-Denis le 6 décembre 2018.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_41" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_41');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>41</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Collectif Quantité critique, 2018.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_42" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_42');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>42</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Bonnet, 2019.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_43" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_43');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>43</a></th> <td class="footnote_plugin_text">K, Flo et Jad, 2019.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_44" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_44');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>44</a></th> <td class="footnote_plugin_text">ibid.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_45" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_45');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>45</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Salingue, 2019.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_46" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_46');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>46</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Le Figaro, 2018.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_47" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_47');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>47</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Weiler, 2019.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_48" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_48');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>48</a></th> <td class="footnote_plugin_text"> Mathieu Xavier, Thierry Defresne, Reynald Kubecki, Ghislaine Tormos et autres, 2018.  </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_49" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_49');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>49</a></th> <td class="footnote_plugin_text"> Balestrini, 2019. </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_50" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_50');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>50</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Thomas, 2010, p143.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_51" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_51');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>51</a></th> <td class="footnote_plugin_text"> Chris Harman a écrit à propos «&nbsp;des intellectuels qui voudraient prétendre mener la lutte des classes par une “pratique théorique”, “une lutte pour l’hégémonie intellectuelle”, alors qu’ils ne font qu’avancer leur propre carrière universitaire&nbsp;» &#8211; Harman, 1977 . </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_52" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_52');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>52</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Harman, 1977.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2125_4_53" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2125_4('footnote_plugin_tooltip_2125_4_53');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>53</a></th> <td class="footnote_plugin_text"> Hoare et Nowell Smith, 1971, p80. </td></tr>

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			</item>
		<item>
		<title>Vous avez dit « Démocratie » ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/vous-avez-dit-democratie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Apr 2019 07:05:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les insurrections récentes des populations contre le colonialisme français d’outre-mer, les expériences de blocage et de confrontation, les assemblées de Gilets Jaunes deux ans après celles de Nuit debout ont posé une question essentielle pour <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/vous-avez-dit-democratie/" title="Vous avez dit « Démocratie » ?">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/vous-avez-dit-democratie/">Vous avez dit « Démocratie » ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Les insurrections récentes des populations contre le colonialisme français d’outre-mer, les expériences de blocage et de confrontation, les assemblées de Gilets Jaunes deux ans après celles de Nuit debout ont posé une question essentielle pour tout révolutionnaire : l’opposition de masse au pouvoir. L’acharnement des Actes successifs à crier « Macron dégage », la grève du 6 février et les discussions qui émergent dans les assemblées soulèvent des questions que la gauche avait enterrées depuis des années. L’une des polémiques essentielles aujourd’hui est la question de quel lien entre l’économique et le politique et de quelle démocratie.<br />
Poser la question de la démission de Macron ne résout rien, et pourtant rien n’est possible sans que Macron dégage. L’enjeu de cet article n’est pas définir une stratégie pour le dégager. Le déclenchement d’une révolution, précipitant l’écartement de la frange de la classe politique au pouvoir, ne saurait dépendre des seuls révolutionnaires organisés.<br />
En rupture cordiale et sans sectarisme avec les partisans du RIC, étant solidaire de toute forme de « commune autonome » contre l’Etat mais pensant que la destruction de celui-ci, des Centres de Rétention et l’expropriation des classes capitalistes passeront par des affrontements de masse de notre classe, il nous a paru fondamental de réfléchir à comment émerge la question de la dualité de pouvoir.<br />
Nous ne vivons assurément pas aujourd’hui dans une société démocratique. Mais face au pourrissement autoritaire des prétendues « démocraties » bourgeoises, et au danger fasciste, nous défendons les « droits démocratique » (mais non la « démocratie » telle qu’elle est censée exister à l’heure actuelle). Et d’ailleurs, qu’est ce que serait une véritable démocratie ? Et comment appliquer les principes démocratiques dans les outils dont nous nous dotons pour mettre à bas cette société qui nous domine, nous opprime et nous façonne ?</p>
<h5><strong>Comment ont-ils pu nous y faire croire ?</strong></h5>
<p>Le capitalisme est fondamentalement antidémocratique. Il demeure basé sur l’exploitation, sur le contrôle par une ultra-minorité des moyens de production et de reproduction de la société, sur l’accumulation par quelques uns des richesses produites, par la dépossession de tous les autres et sur des inégalités structurelles. S’y articulent des systèmes de dominations, qu’il alimente et qui l’alimentent ; appuyé sur un Etat nécessairement raciste et patriarcal, qui cristallise la violence qu’il produit, le capitalisme ne saurait être compatible avec la démocratie.<br />
Du point de vue ouvrier, de celles et ceux qui perdent leur vie à survivre, le caractère antidémocratique, inégalitaire et violent du capitalisme s‘éprouve quotidiennement. Au cœur du mode de production capitaliste, au contact de ce que Marx appelle le « despotisme d’usine », et plus largement de la subordination du prolétariat, de ses conditions d’existence et du fruit de son activité, au bon vouloir des propriétaires de Capital.<br />
Pour autant, le capitalisme se pare de « démocratie », ou plutôt d’une image minimale et formelle de la démocratie. Une vision de la démocratie qui en exclue toute substance réelle, car elle se base sur un contre-sens, une traduction approximative.<br />
Il arrive que ce type de conception libérale de la démocratie se vante de progressisme. Ainsi, niant les structurations (et donc les oppressions) de genre, de race, de classe qui traversent le « Peuple », l’appréhension « populiste » de la question démocratiques s’avère médiocre car elle rend impossible toute prise en compte d’un point de vue spécifique, au hasard, celui des premièrEs concernéEs par une oppression.<br />
Le capitalisme a besoin de se dire démocratique pour nier, tenter de conjurer l’antagonisme de classe, le recouvrir sous l’apparence des pseudos choix « démocratiques» qui ne concernent que l’écume des choses : la gestion des effets désastreux du système sur les individus, les communautés et la planète. Et non pour poser la question de l’organisation de la société elle-même, de ses priorités, de qui en décide &#8211; qui sont pourtant les vraies questions démocratiques. Bref, pour camoufler la question du pouvoir afin de mieux protéger celui de la bourgeoisie.</p>
<h5><strong>La Démocratie, c’est fini</strong></h5>
<p>Déjà Engels, dans les premières pages de « La situation de la classe laborieuse en Angleterre », tirant les conséquences de cette contradiction du capitalisme, invitait les révolutionnaires à « battre la bourgeoisie libérale avec ses propres déclarations ». En effet, la tendance à la concentration inéluctable du Capital va à l’encontre de toute possibilité de « démocratisation » du capitalisme.<br />
Au contraire, et la période actuelle nous en offre un exemple saisissant. La dynamique de crise du capitalisme, son caractère totalitaire et extensif, obligent la bourgeoisie a constamment accentuer l’antagonisme de classe, qu’elle tente pourtant de cacher sous le vernis démocratique. La « baisse tendancielle du taux de profit » l’oblige à constamment augmenter le « taux d’exploitation », et donc à accentuer ses attaques contre les travailleuses et travailleurs, leurs conditions de travail et d’existence, et les maigres digues à la voracité infinie du Capital qu’iels ont construits à force de luttes. L’instabilité chaotique du procès de valorisation du Capital génère une instabilité politique des régimes bourgeois qui dérivent vers toujours plus d’autoritarisme et de racisme, et dans certaines conditions jusqu’au fascisme.<br />
L’hégémonie actuelle du capital financier (une des caractéristiques du stade impérialiste du capitalisme selon Lénine) et ses conséquences (attaques contre les intérêts matériels des populations, effets sclérosant du caractère oligarchique de la propriété, exclusion massive des formes classiques de la valorisation de la force de travail) créent une instabilité politique qui détermine le lien organique entre néolibéralisme et État autoritaire. C’est le libéralisme autoritaire dont Grégoire Chamayou trace la généalogie dans « La société ingouvernable » et dont Ugo Palheta analyse les conséquences prévisibles (mais résistibles) dans « La possibilité du fascisme ». Mais si elle craque par en haut, la vielle démocratie bourgeoise craque aussi par en bas, car on commence à vraiment ne plus y croire, et à être de plus en plus nombreuses et nombreux à vouloir inventer, tester d’autres formes de démocratie et les mettre, même partiellement, en pratique sur les places, les rond points, dans nos luttes.</p>
<h5><strong>On ne se contentera pas des miettes…</strong></h5>
<p>Face à ce que ce dernier auteur qualifie de « démantèlement par les bourgeoisies de la « démocratie » bourgeoise » , nous nous retrouvons dans la même situation que Rosa Luxemburg: « Aujourd’hui, la démocratie est peut-être inutile, ou même gênante pour la bourgeoisie ; pour la classe ouvrière, elle est nécessaire, voire indispensable. Elle est nécessaire, parce qu’elle crée les formes politiques (auto-administration, droit de vote, etc.) qui serviront au prolétariat de tremplin et de soutien dans sa lutte pour la transformation révolutionnaire de la société bourgeoise. Mais elle est aussi indispensable, parce que c’est seulement en luttant pour la démocratie et en exerçant ses droits que le prolétariat prendra conscience de ses intérêts de classe et de ses tâches historiques. »<br />
La situation historique actuelle, dans laquelle nous militons avec comme perspective « l’actualité de la révolution », c’est à dire que s’accentue la polarisation entre les deux segments de l’alternative « Socialisme ou Barbarie » , fait que la défense de formes politiques, de droits démocratiques ne peut être détachée d’une perspective anticapitaliste et révolutionnaire.<br />
Prenons la question du référendum. Fondamentalement, le référendum ne remet pas en cause les mécanismes délégataires. Il renforce la conception bourgeoisie, individualiste et « atomisée », de la démocratie, et est parfaitement compatible avec les pires régimes autoritaires (auxquels il peut emprunter la mythologie d’une relations directe entre le « Peuple » et le « Chef »). Et si nous avons par exemple soutenu le référendum d’indépendance en Catalogne, et la dynamique politique qui en a résulté, nous avons aussi lutté contre des référendums. Par exemple contre le référendum colonial en Kanaky que des militantEs indépendantistes appelaient à boycotter. Ou contre le référendum d’initiative patronale dans les boites instauré par la Loi Travail. Nous avons donné un contenu de classe a ces luttes : internationaliste sur la Kanaky, en posant, par exemple, la question de la composition du corps électoral, qui du fait de la politique de colonisation de peuplement et des massacres de Kanaks, est favorable aux colons ; ouvrier dans le cas du référendum patronal d’entreprise en dénonçant le caractère fondamentalement antidémocratique de l’organisation capitaliste de la production dans laquelle un référendum, qui plus est à l’initiative du taulier, ne peut que renforcer le pouvoir patronal.<br />
Et pourtant, dans le mouvement des Gilets Jaunes, l’émergence de la revendication du Référendum d’Initiative Citoyenne apparait, avec toutes ses limites, comme une remise en cause par une fraction importante de la classe, entrée en lutte, de la mainmise totale de la bourgeoisie et de ses politiciens sur la direction de la société. Le RIC est donc bien un «tremplin » pour les révolutionnaires afin de développer une critique de la démocratie bourgeoise, de lui proposer un contenu de classe (qui doit diriger la société ?), de lui offrir une perspective révolutionnaire (l’extension infinie de la prise en charge de toutes les questions de la société par la société elle-même). Dans, par et pour le(s) mouvement(s). Car c’est toujours de l’activité politique des opprimés qu’il faut partir.</p>
<h5><strong>On veut toute la putain de boulangerie !</strong></h5>
<p>Plus que le RIC, c’est la politique qui s’est faite sur les ronds-points qui représente une irruption démocratique, l’émergence d’une pratique et d’une parole politique qui vient nier la négation de la démocratie que représente l’autoritarisme grandissant des régimes bourgeois.<br />
En France, le pourrissement autoritaire et antidémocratique de la Vème République explose en plein jour (il n’y a qu’à voir le niveau de répression hallucinant, ou dans un autre genre l’affaire Benalla), en même temps que la fragilité d’un pouvoir qui se sait illégitime. Les Gilets Jaunes mettent en lumière, en l’accélérant, la crise d’hégémonie d’une bourgeoisie à qui les manœuvres (grand débats) doublées de l’utilisation des grosses ficelles racistes (introduction des thèmes de l’immigration ou de la laïcité dans le dit débat) ne permettent de reprendre la main.<br />
Face à cette crise d’hégémonie, au danger fasciste qu’elle accroît et au durcissement autoritaire qu’elle accélère, il est plus qu’urgent que se développe une contre-hégémonie, qui permette d’affirmer, à partir des mobilisations en cours, que nous ne nous contenterons pas des miettes. On veut toute la boulangerie, le contrôle du four, et pouvoir décider que nos camarades boulangères et boulanger n’ont pas à se bousiller la santé à se lever à 3 heures du mat’ pour que les bourgeois puissent avoir des croissant frais le matin (ils pourront se contenter de ceux cuits la veille). Une contre-hégémonie qui pose la question de la dictature du prolétariat (l’immense majorité) pour briser la (fausse) démocratie des conseils d’administration et des plateaux de télévision. Qui pose la question de qui décide ? De qui devrait décider ? Les questions du Socialisme et de la Révolution en somme.</p>
<h5><strong>La vraie Démocratie, elle est ici !</strong></h5>
<p>Ce que nous rappelle aussi le mouvement des Gilets jaunes, c’est que quand les subalternes prennent le chemin de la lutte, se mettent en grève, occupent l’usine, la fac ou le rond-point, la question de la démocratie surgit de partout. Pour critiquer le régime antidémocratique actuel, pour penser ce que serait une société démocratique et le faire à partir d’une question qui se pose concrètement, le chainon manquant entre les deux, c’est l’organisation démocratique qu’on se donne pour mettre à bas ce système (et pour commencer, organiser la lutte).<br />
L’organisation d’une lutte amène, pour ainsi dire mécaniquement, de part sa dynamique propre, les questions qu’elle pose, à remettre en cause les conceptions libérales (individualisme, négation des oppressions et de leur effets, exclusion des questions fondamentales du champ de la délibération) et les mécanismes bourgeois (délégation, dictature de la majorité au détriment de la prise en compte des points de vue minoritaires, négation des points de vue spécifiques) de la démocratie. En effet, dés qu’on lutte, on sait, on sent, on vit que la démocratie n’est pas une question de majorité numérique, mais quelque chose de beaucoup plus complexe, combinant nécessairement plusieurs facteurs. Que le questions sont infiniment plus intéressantes quand leur formulation implique celleux à qui elles s’adressent, que face à nos envies démocratiques l’Etat se montre à nu, comme un concentré de violence de classe. Car notre démocratie est une démocratie tournée vers l’action, ce qui l’amène à toujours pousser plus loin la réflexion et la lutte contre les oppressions. Mais, cela ne suffit pas, on ne s’extirpe pas de l’idéologie dominante d’un coup de baguette magique. Les idées égalitaires, de l’égalité concrète, réelle, ne sont pas naturelles à qui a grandi dans le capitalisme décadent. Plus que la déconstruction individuelle des privilèges ou des idéologies, c’est à la destruction collective des oppressions et de leurs bases matérielles qu’il faut s’atteler. C’est ainsi que dans la lutte, à travers la question démocratique, « le prolétariat [prend] conscience de ses intérêts de classe et de ses tâches historiques »<br />
C’est pourquoi il est nécessaire que les révolutionnaires soient partie prenante de toutes les luttes de notre classe, des mouvements de chacune de ses composantes, pour y faire vivre les idées qui pourraient fonder une réelle démocratie, pour y défendre l’autonomie du mouvement, la priorité absolue accordée à la voix des premiers concernées, la prise en charge de la lutte par celles et ceux qui luttent, y expliquer qu’il est parfaitement démocratique d’en virer les fachos qui veulent le détruire. C’est ainsi qu’iels seront le plus utile au mouvement et à son renforcement, et que, mettant leurs théories à l’épreuve de la pratique, iels se renforceront sur les plans théorique et pratique. Dans le mouvement, pour le mouvement !</p>
<p><em>TPP</em></p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>2017 a eu lieu&#8230; mais n’a pas clos 2016 !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/2017-a-eu-lieu-mais-na-pas-clos-2016/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 Sep 2017 14:27:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Débats]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Toutes les raisons de faire la révolution sont là. Il n’en manque aucune. Ce constat qui ouvre le Maintenant du Comité invisible est largement partagé dans les rangs militants. Pourtant, si, comme l’affirmait une banderole <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/2017-a-eu-lieu-mais-na-pas-clos-2016/" title="2017 a eu lieu&#8230; mais n’a pas clos 2016 !">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h5 class="wp-block-heading"><em>Toutes les raisons de faire la révolution sont là. Il n’en manque aucune</em>. Ce constat qui ouvre le <em>Maintenant </em>du Comité invisible est largement partagé dans les rangs militants. Pourtant, si, comme l’affirmait une banderole pendant le mouvement du printemps dernier, <em>les conditions objectives sont réunies</em>, force est de constater que jusqu’ici, nous n’avons pu briser le cycle infernal des défaites et encore moins mettre un coup d’arrêt à l’offensive antisociale, raciste et autoritaire des classes dirigeantes.</h5>



<p>Cependant, quand on discute stratégie et évaluation du rapport
de forces, il ne saurait être question d’ergoter sur le verre à
moitié plein ou à moitié vide sans prendre en compte les
dynamiques politiques et les trajectoires sur le long terme du
Capital, de l’État&#8230; et de celles et ceux qui y résistent.
</p>



<h2 class="wp-block-heading">Burnout général </h2>



<p>L’hégémonie outrancière du capital financier et ses
conséquences concrètes (attaques contre les intérêts matériels
des populations, perte de légitimité de l’État, effets sclérosant
du caractère oligarchique de la propriété, exclusion massive
des formes classiques de la valorisation de la force de travail)
créent une instabilité politique qui détermine le lien organique
entre néolibéralisme et État autoritaire<strong>. </strong>Incapables de
construire le consentement actif des subalternes à une
politique économique et sociale qui dégrade leurs conditions
matérielles d’existence, les bourgeoisies, notamment
européennes, sont lancées dans une course folle à la
surenchère raciste et l’aventurisme militaire, en particulier en
ce qui concerne l’impérialisme français.
</p>



<p>Ces coordonnées générales se traduisent par une moindre distance entre État et Capital : « l’État est de moins en moins capable d’organiser rationnellement et durablement l’hégémonie des classes dominantes, en partie (&#8230;), parce qu’il n’est plus assez autonome par rapport à elles»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_3075_8('footnote_plugin_reference_3075_8_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_3075_8('footnote_plugin_reference_3075_8_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_3075_8_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_3075_8_1" class="footnote_tooltip">Razmig Keucheyan <em>: Lénine, Foucault, Poulantzas ; </em><span class="footnote_url_wrap">https://www.contretemps.eu/bonnes-feuilles-letat-pouvoir-</span> socialisme-nicos-poulantzas/ </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_3075_8_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_3075_8_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Concrètement, on voit comment, en France, le personnel politique de la bourgeoisie est de plus en plus rapidement « hors service », complètement « rincé », incapable de susciter un quelconque élan populaire en sa faveur, dans un contexte de contradiction entre un marché largement mondialisé et des formes du maintien de l’ordre (dont font partie les farces électorales) maintenues à un niveau national. </p>



<p>C’est à la lumière de ces éléments qu’il faut comprendre la
victoire à la Pyrrhus du candidat déclaré de l’oligarchie
financière. Macron est l’ultime va-tout pour faire du vieux avec
du (prétendument) neuf d’une bourgeoisie qui ne veut rien
entendre, dont l’horizon indépassable est la continuation des
politiques néolibérales et leurs corollaires sécuritaires et
racistes, s’interdisant ainsi d’œuvrer à la constitution d’un bloc
social qui lui permettrait d’asseoir son hégémonie. Ceci illustre
remarquablement le fait que la bourgeoisie soit
intrinsèquement incapable de se projeter au-delà de son
intérêt immédiat, compromettant ainsi ses intérêts de long
terme (et mettant, par la même occasion, en péril l’avenir de la
planète et de l’humanité).
</p>



<h2 class="wp-block-heading">En marche&#8230;vers la guerre sociale? </h2>



<p>La démocratie bourgeoise se loge dans la relative autonomie
de l’Etat vis-à-vis du Capital auquel il est néanmoins
fondamentalement lié. Mais le régime néolibéral, en faisant de
l’Etat l’affaire privée de la bourgeoisie financière, vide la
démocratie bourgeoise de son contenu formel.
</p>



<p>La séquence électorale française de 2017 nous en offre une
illustration saisissante. Elle nous permet de comprendre la
fragilité intrinsèque du pouvoir qui en est issu. Plus encore que
les dernières farces électorales, cette élection en quatre tours
devait permettre un retour à la normale, après un mouvement
exceptionnellement long et ancré dans de larges couches de
notre classe. La Guyane, les innombrables « luttes invisibles »
qui, fait exceptionnel, n’ont pas cessé avec la séquence
électorale, les mouvements contre les violences policières, la
réussite du 19 mars, un premier mai combatif, le retour des
manifs contre les meetings du FN, un Front social qui se
constitue et essaime, capable de mobiliser des milliers de
personnes dès le lendemain de l’élection présidentielle,
l’émergence et l’enracinement de nouvelles pratiques de luttes
(cortège de tête, manifs sauvages, occupations de places)&#8230;
Autant d’éléments qui montrent que l’opération de
normalisation n’aura pas fonctionné à plein régime.
</p>



<p>Mais surtout, l’écrasante victoire électorale – notamment aux législatives – masque mal le manque de légitimité de ce pouvoir mal élu : à peine 16% du corps électoral a choisi le candidat Macron au premier tour de la présidentielle. Au deuxième tour des législatives l’abstention a battu des records (57,3% des inscritEs). On peut estimer que moins d’une personne sur quatre au-dessus de 18 ans et vivant en France, inscritEs, non- inscritE ou étrangerEs, ont exprimé un choix quel qu’il soit. La démocratie bourgeoise ne correspond plus aucunement à la légitimité populaire. L’impopularité des mesures de régression sociale, démocratique et écologique que comptent mettre en œuvre ce pouvoir illégitime issu d’un « <em>coup d’état démocratique </em>», comme le qualifie A. Badiou, l’oblige à passer de la « marche » au pas de course cadencé de la guerre sociale. Les contradictions insolubles de l’accumulation capitaliste, la soumission aux intérêts exclusifs de la finance et les crises économiques que cela annonce, rendent illusoire pour la bourgeoisie de construire un consentement actif et difficile de maintenir le consentement passif des subalternes. La polarisation politique s’accentue, ce qui se traduit par la recomposition de « l’extrême centre » en un parti unique ainsi que par le succès électoral de La France insoumise ou le naufrage du PS.  </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Qu’il (re)vienne le temps dont on s’éprenne
</strong></h2>



<p>Dans ces conditions, il convient de ne pas sous-estimer la portée du mouvement de 2016, notamment en l’enfermant dans des comparaisons (principalement chiffrées) avec les grandes mobilisations antérieures. La mobilisation fut sans conteste moins massive (notamment dans la jeunesse scolarisée) mais sans aucun doute plus « profonde », ce dont témoigne l’exceptionnelle longueur du mouvement, et ses suites déjà évoquées plus haut. Elle ouvre une période de radicalisation à une échelle massive et ainsi « la possibilité d’un (re)commencement» comme l’écrivaient le 2 juin dernier Julien Salingue et Ugo Palheta<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_3075_8('footnote_plugin_reference_3075_8_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_3075_8('footnote_plugin_reference_3075_8_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_3075_8_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_3075_8_2" class="footnote_tooltip">Le mouvement contre la loi Travail : la possibilité d’un recommencement ; <span class="footnote_url_wrap">https://www.bastamag.net/Le-</span> mouvement-contre-la-loi-Travail-et-son-monde-la-possibilite- d-un-re </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_3075_8_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_3075_8_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. C’est cette possibilité qu’il faut travailler pour que la bourgeoisie ne tremble pas que de ses contradictions internes mais, aussi et surtout, de la mobilisation massive, radicale et déterminée de notre classe. Et pour cela, les évaluations par trop pessimistes du rapport de forces ne nous sont d’aucune utilité, car elles conduisent à passer à côté des potentialités de la période qui s’ouvre. Leur traduction pratique ne peut être que la fuite : fuite hors de la politique pour le Comité invisible ; fuite en avant vers toujours plus de compromis avec le social chauvinisme de Mélenchon et de celle et ceux qui voient dans La France insoumise le seul espace capable de structurer la radicalité sociale ; fuite en arrière pour celle et ceux qui proposent de faire le dos rond, de se recroqueviller sur un pur programme, en attendant les jours meilleurs. La situation exige bien plus et bien mieux. « Pessimisme de la raison, optimisme de la volonté » comme disait l’autre&#8230; </p>



<h6 class="wp-block-heading">TPP </h6>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_3075_8();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_3075_8();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_3075_8">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_3075_8" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_3075_8_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_3075_8('footnote_plugin_tooltip_3075_8_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Razmig Keucheyan <em>: Lénine, Foucault, Poulantzas ; </em><span class="footnote_url_wrap">https://www.contretemps.eu/bonnes-feuilles-letat-pouvoir-</span> socialisme-nicos-poulantzas/ </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_3075_8_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_3075_8('footnote_plugin_tooltip_3075_8_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Le mouvement contre la loi Travail : la possibilité d’un recommencement ; <span class="footnote_url_wrap">https://www.bastamag.net/Le-</span> mouvement-contre-la-loi-Travail-et-son-monde-la-possibilite- d-un-re </td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_3075_8() { jQuery('#footnote_references_container_3075_8').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_3075_8').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_3075_8() { jQuery('#footnote_references_container_3075_8').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_3075_8').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_3075_8() { if (jQuery('#footnote_references_container_3075_8').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_3075_8(); } else { footnote_collapse_reference_container_3075_8(); } } function footnote_moveToReference_3075_8(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_3075_8(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_3075_8(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_3075_8(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/2017-a-eu-lieu-mais-na-pas-clos-2016/">2017 a eu lieu&#8230; mais n’a pas clos 2016 !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Macron n’est pas fort. Son régime est le plus instable depuis le début de la 5ème République en 1958.</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/macron-nest-pas-fort-son-regime-est-le-plus-instable-depuis-le-debut-de-la-5eme-republique-en-1958/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Jul 2017 09:47:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://autonomiedeclasse.wordpress.com/?p=601</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Introduction à un meeting à Marxism 2017 en compagnie de Richard Boyd-Barrett (député irlandais pour People before Profits), Christine Bucholz (députée allemande pour Die Linke), Maria Syllou (dirigeante du SEK en Grèce) Je vais commencer <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/macron-nest-pas-fort-son-regime-est-le-plus-instable-depuis-le-debut-de-la-5eme-republique-en-1958/" title="Macron n’est pas fort. Son régime est le plus instable depuis le début de la 5ème République en 1958.">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/macron-nest-pas-fort-son-regime-est-le-plus-instable-depuis-le-debut-de-la-5eme-republique-en-1958/">Macron n’est pas fort. Son régime est le plus instable depuis le début de la 5ème République en 1958.</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Introduction à un meeting à Marxism 2017 en compagnie de Richard Boyd-Barrett (député irlandais pour People before Profits), Christine Bucholz (députée allemande pour Die Linke), Maria Syllou (dirigeante du SEK en Grèce)</em><span id="more-601"></span></p>
<p style="text-align:justify;">Je vais commencer en cassant le discours dominant sur Macron et la France.</p>
<p style="text-align:justify;">Macron n’est pas nouveau. Comme vous le savez il a été banquier et ministre de l’économie.</p>
<p style="text-align:justify;">Macron n’est pas propre. En quelques semaines trois de ses ministres clef ont dû quitter le gouvernement à cause d’accusations de corruption. Et l’actuelle ministre du travail est attaquée aussi.</p>
<p style="text-align:justify;">Macron n’est pas modéré. Il a prévu de supprimer plus de 100 000 postes dans la fonction publique et prépare une nouvelle “loi travail” qu’on appelle déjà “loi travail XXL”. Mais, politiquement aussi, Macron n’est pas une sorte de « libéral ». Il a déjà annoncé une nouvelle loi « antiterroriste » renforçant l’Etat policier et, symboliquement, il a invité Trump au défilé militaire du 14 juillet.</p>
<p style="text-align:justify;">Mais surtout Macron n’est pas fort. Son régime est le plus instable depuis le début de la 5<sup>ème</sup> République en 1958.</p>
<p style="text-align:justify;">Oui il a gagné une large victoire aux élections législatives avec 370 députés sur 577. Mais ses candidatEs ont obtenu seulement 16% des votes des inscritEs au premier tour. Au deuxième tour l’abstention a battu des records. On peut estimer que moins d’une personne sur 4 au-dessus de 18 ans et vivant en France, inscritEs, non inscritEs ou étrangerEs, ont exprimé un choix quelqu’il soit.</p>
<p style="text-align:justify;">Et c’est sans parler du manque de cohésion de son &#8211; nouveau et hétéroclite &#8211; mouvement et de son groupe parlementaire.</p>
<p style="text-align:justify;">Ce manque de légitimité prend tout son sens dans la perspective annoncée de nouvelle crise financière dans une situation où la position du capitalisme français sur le marché global s’est particulièrement affaiblie depuis 10 ans vis-à-vis des autres pays développés.</p>
<p style="text-align:justify;">Cela devrait être un avertissement pour tous et toutes dans un contexte où un parti fasciste, le Front National, a obtenu 11 millions de voix au second tour des présidentielles.</p>
<p style="text-align:justify;">Cependant si les crises politiques et l’instabilité sont certaines, le développement du fascisme n’est pas une fatalité. Parce qu’il y a une autre face à l’instabilité qui est le haut niveau de combattivité de notre classe.</p>
<p style="text-align:justify;">Tout le monde a entendu parler du fort mouvement de l’année dernière, non seulement les journées nationales de grèves et de manifestations mais aussi les places occupées, les manifestations sauvages, les affrontements avec la police, la radicalisation politique.</p>
<p style="text-align:justify;">Ca ne s’est pas arrêté avec la campagne électorale. Un camarade a estimé que de janvier à mars il y a eu 1 million de journées de grèves, principalement locales, souvent invisibles dans les médias nationaux, un niveau sans précédent durant une campagne électorale.</p>
<p style="text-align:justify;">Il y a eu l’audience pour les mouvements contre les violences policières autour du cas d’un jeune Noir, Adama, tué par la police en juillet dernier, prenant un nouvel écho avec le viol d’un autre jeune homme, Théo, par la  police en février.</p>
<p style="text-align:justify;">Après le destruction du camp de Calais les migrantEs ont été disperséEs dans différents lieux mais cela a diffusé le mouvement de solidarité sur tout le  territoire. Et ces mouvements contre les violences policières et le racisme ont convergé en une manifestation de 15 000 personnes à Paris le 19 mars. Encore un fort résultat dans une période électorale.</p>
<p style="text-align:justify;">Il faut ajouter au moins deux événements significatifs.</p>
<p style="text-align:justify;">Le premier est le grand mouvement de révolte dans la colonie française de Guyane qui a finalement gagné après plusieurs semaines contre l’Etat français. Il y a même eu une manifestation qui a regroupé 10% de la population. L’équivalent d’une manifestation de 6 millions en métropole !</p>
<p style="text-align:justify;">Le second, moins massif, mais politiquement significatif, est le fait qu’il y a eu des manifestations, principalement menées par de jeunes activistes contre les meetings du Front National pendant la campagne, avec plusieurs milliers de manifestantEs à Nantes, à Bordeaux et à Paris. En Corse de jeunes activistes sont même allés perturber le meeting à l’intérieur.</p>
<p style="text-align:justify;">On pourrait aussi parler des 7 millions de voix et des meetings de masse réalisés par Mélenchon qui ont en partie exprimé la radicalisation, au travers un profil radical contre l’austérité.</p>
<p style="text-align:justify;">Ce qui signifie qu’il n’y a pas de lune de miel pour Macron : tout cela met la pression sur les directions syndicales et la CGT a appelé à une journée de grèves et de manifestations pour le 12 septembre.</p>
<p style="text-align:justify;">Nous devons dire que la grande faiblesse dans la situation est l’état de la gauche organisée, organisationnellement et politiquement. Le crise – est-ce la crise finale ? – du parti socialiste est une bonne nouvelle. Même leur candidat aux présidentielles, Benoît Hamon, a décidé de quitter le parti pour construire son propre mouvement.</p>
<p style="text-align:justify;">La figure dominante à gauche est maintenant Jean-Luc Mélenchon. Mais il y a de gros problèmes avec lui.</p>
<p style="text-align:justify;">Dans le processus de sa campagne il a affaibli les organisations politiques qui le soutenaient au profit d’un mouvement très anti-démocratique et centré sur lui-même. Politiquement il a quasiment abandonné les références à la lutte de classe pour un profil nationaliste, proclamant même qu’il était un patriote, argumentant même que la seule solution pour les migrants était de rester chez eux car la France ne pouvait pas les accueillir. Significativement il a abandonné les drapeaux rouges et l’Internationale dans ses meetings pour le drapeau français et la Marseillaise.</p>
<p style="text-align:justify;">Soyons clairs, il n’y aura pas de perspectives pour notre classe et pour une véritable gauche sans la construction de l’unité de classe. Dans un pays où un tiers de notre classe est arabe ou noire cela implique un positionnement clair contre le racisme, non seulement en paroles ou en théorie mais aussi en actes, un positionnement clair contre l’islamophobie, les violences policières et une solidarité totale avec les migrantEs.</p>
<p style="text-align:justify;">La France est actuellement l’exemple que l’instabilité, les crises politiques et le développement de confrontations seront des aspects communs pour nous tous et toutes. Même si les conditions subjectives dans lesquelles nous opérons sont différentes d’un pays à un autre.</p>
<p style="text-align:justify;">Cela créera d’immenses dangers mais aussi d’énormes opportunités pour les révolutionnaires. Ce qui signifie que nous avons besoin de construire une cohérence stratégique comme condition à l’agilité tactique nécessaire pour saisir ces opportunités.</p>
<p style="text-align:justify;"><em>Denis Godard, Londres, le 9 juillet 2017</em></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/macron-nest-pas-fort-son-regime-est-le-plus-instable-depuis-le-debut-de-la-5eme-republique-en-1958/">Macron n’est pas fort. Son régime est le plus instable depuis le début de la 5ème République en 1958.</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Que faire face à l’État autoritaire ? Dans quel État j’erre ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/dans-quel-etat-jerre-que-faire-face-a-letat-autoritaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Jun 2017 09:45:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Répression]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Un certain nombre de nos débats buttent, à un moment ou un autre, sur la question de l’État (analyses du fascisme, de l’impérialisme, positionnement vis-à-vis des élections, de la violence, des institutions nationales et européennes, <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/dans-quel-etat-jerre-que-faire-face-a-letat-autoritaire/" title="Que faire face à l’État autoritaire ? Dans quel État j’erre ?">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Un certain nombre de nos débats buttent, à un moment ou un autre, sur la question de l’État (analyses du fascisme, de l’impérialisme, positionnement vis-à-vis des élections, de la violence, des institutions nationales et européennes, questions de stratégie, de la société future …). J’esquisserai ici ce qui pourrait en être une première approche théorique afin de poser un cadre de réflexions qui devra nécessairement s’étoffer et s’enrichir de nos débats et pratiques.<span id="more-515"></span></p>
<p style="text-align:justify;"><strong><u>Théories marxistes de l’État&nbsp;:</u></strong></p>
<p style="text-align:justify;">Il est de coutume de dire qu’il n’y a pas de théorie de l’État chez Marx (et Engels), au sens de théorie systématique, unifiée, achevée, de l’État. Pourtant la question de l’État est omniprésente dans leurs écrits tant théoriques et philosophiques que politiques et historiques.</p>
<p style="text-align:justify;"><u>Faire «&nbsp;<em>descendre l’Etat sur terre&nbsp;</em>»&nbsp;</u>:</p>
<p style="text-align:justify;">L’Etat n’est pas une institution, ou un système d’institutions, «<em>suspendu en l’air</em>&nbsp;» (<em>Le dix-huit brumaire)</em> au dessus de la société et des classes sociales. Il est <strong>à la fois le produit et un enjeu de la lutte des classes</strong> en tant <strong>qu’organisation pratique de la domination politique de la classe possédante, </strong>qu’organisation de la violence de classe. &nbsp;<strong>C’est une cristallisation des rapports sociaux</strong> <strong>qui s’incarne dans une série d’institutions</strong>.</p>
<p style="text-align:justify;">«&nbsp;<em>Les rapports juridiques — ainsi que les formes de l’État— ne peuvent être compris ni par eux-mêmes, ni par la prétendue évolution générale de l’esprit humain, mais (…) ils prennent au contraire leurs racines dans les conditions d’existence matérielles&nbsp;</em> » (Préface de la Contribution à la critique de l’économie politique<em>)</em></p>
<p><em>C&rsquo;est donc une transcendance immanente aux rapports sociaux&nbsp;</em>: <strong>c’est dans le</strong> <strong>concret des rapports d’exploitation </strong>et de domination &nbsp;que se détermine</p>
<ul>
<li>la nécessité de l’État comme organe de la violence politique de la classe dominante pour asseoir sa domination</li>
</ul>
<ul style="text-align:justify;">
<li>les formes particulières de l’État à chaque moment de l’évolution de la société de classes.</li>
</ul>
<p style="text-align:justify;">ce qui induit une première conséquence programmatique / stratégique qui précise le cadre dans lequel se pose pour nous la question de l’État&nbsp;: si le socialisme se réalise nécessairement «&nbsp;<em>par en bas&nbsp;</em>»&nbsp; ( ce qui signifie qu’il ne peux y avoir d’instauration du socialisme par décret, que <strong><em>la révolution est processus social, irréductible à la prise du pouvoir politique, que ce soit par l’insurrection ou par les urnes</em></strong>), il trouve fatalement face à lui la résistance acharnée de la bourgeoisie organisée dans et par l’État capitaliste et est donc amené à se poser la question&nbsp;: Que faire face à l’État&nbsp;? Que faire de l’État&nbsp;? &#8211; é<em>tant entendu que la fonction de l’Etat, assurer les conditions pratiques de la domination d’une classe, interdit d’un faire un instrument «&nbsp;neutre&nbsp;» qui, mis entre de bonnes mains, pourrait se muer en instrument de l’émancipation.</em></p>
<p style="text-align:justify;">(<em>Comme le souligne Lénine</em> (l’État et la révolution) <em>Le débat entre Marx et les anars n’est pas théorique ni programmatique, nature de l’État et le communisme comme société sans État, mais stratégique, nécessité ou non que le prolétariat, s’érigeant en classe dominante au cours d’un processus révolutionnaire, doive utiliser la violence coercitive organisée «&nbsp;pour réprimer les exploiteurs&nbsp;», c’est à dire un État, même si il n’est déjà plus «&nbsp;un État au sens propre&nbsp;» &#8211; Engels sur la Commune</em>) .</p>
<p style="text-align:justify;"><u>Les spécificités de l’État capitaliste/bourgeois </u></p>
<p style="text-align:justify;">Si <strong>l’État en tant qu’instance séparée de la société et qui la domine est une spécificité des sociétés de classes</strong> (<em>voir&nbsp;: P. Clastres, La société contre l’Etat),</em> <strong>l’État capitaliste assurant la domination de la bourgeoisie en est une forme déterminée</strong> qu’il convient d’étudier finement, vu que c’est notre ennemi immédiat.</p>
<p style="text-align:justify;">Gramsci, par exemple, nous offre une vision «&nbsp;élargie&nbsp;» de l’État «&nbsp;<em>dans les sociétés capitalistes occidentales&nbsp;</em>» à travers la notion «&nbsp;<em>d’État intégral</em>&nbsp;», en lien avec son concept «&nbsp;<em>d’hégémonie</em>&nbsp;». «&nbsp;Gramsci considère l’État comme <strong>l’ensemble des activités par lesquelles la classe dirigeante non seulement justifie et maintien sa domination, mais parvient à gagner le consentement actif de ceux qu’elle dirige. </strong>(…) l’État inclut l’ensemble des institutions politiques et bureaucratiques, ce que Gramsci&nbsp;appelle «&nbsp;la société politique&nbsp;» (détentrice de la violence légitime et du pouvoir de coercition) et les appareils de la société civile qui œuvrent à produire le consentement de l’ensemble de la société, y compris les groupes subalternes » (Gianfranco Rebucini&nbsp;: <em>É</em><em><em>tat</em> intégral, bloc historique et homonationalisme en France</em>, in Pour un féminisme de la totalité). Pour Gramsci, « <em><strong>É</strong></em><strong><em><em><strong>tat</strong></em> = société politique + société civile, c’est à dire une hégémonie coriacée de coercition</em></strong>&nbsp;» (<em>cahiers de prison</em>).</p>
<p style="text-align:justify;">Cette vision élargie de l’État peut nous aider à comprendre en quoi l’État capitaliste est nécessairement raciste. L’État n’existe que par une séparation nette entre citoyens et non citoyens, c’est en ça que l’État capitaliste est national. Il est le cadre par et dans lequel se construit, au niveau adéquat pour l’accumulation capitaliste à un moment donné, le «&nbsp;<em>consentement</em>&nbsp;», <strong>c’est-à-dire l’identification mystique de l’exploité et de l’exploiteur, égalisés du fait qu’ils peuvent régulièrement mettre un bulletin dans l’urne (et que c’est le même fonctionnaire des impôts qui traitera leur déclaration)</strong>. Cette identification mystique nécessite de se créer un dehors, et souvent un ennemi intérieur. <strong>La construction de cadres d’identification mystique, et par ce fait «&nbsp;blanchir&nbsp;», «&nbsp;griser », «&nbsp;noircir&nbsp;» des populations, est un rôle essentiel de l’État capitaliste, </strong>(<em>voir Marx sur la question irlandaise</em>)<strong>, ce en quoi il est fondamentalement, structurellement, fonctionnellement raciste.</strong> (voir <a href="https://revueperiode.net/author/richard-seymour/">Richard Seymour</a> <a href="https://revueperiode.net/lhegemonie-de-la-race-de-gramsci-a-lacan-entretien-avec-richard-seymour/">L’hégémonie de la race : de Gramsci à Lacan. </a><em>)</em></p>
<p style="text-align:justify;">Pour Ellen M. Wood, <strong>dans le capitalisme, la domination directe du capital (dans le procès de travail) est séparée de sa domination politique</strong>. C’est une caractéristique des sociétés capitalistes par rapport à d’autres sociétés dans lesquelles les dominations économiques et dominations politiques sont réunies (<em>le seigneur féodal par exemple</em>). Ainsi «&nbsp;<em>l’État capitaliste se distingue de toutes les formes antérieures de domination politique par sa séparation relative de l’économie capitaliste. L’État capitaliste constitue (…) une sphère publique de «&nbsp;pouvoir impersonnel&nbsp;», tandis que l’exploitation est privatisée au sein d’unités individuelles de production&nbsp;</em>». (<a href="https://www.contretemps.eu/author/charles-post/">Charles Post</a><em>&nbsp;: </em><a href="https://www.contretemps.eu/post-marxisme-etat-capitaliste/">La séparation de l’ « économique » et du « politique » : penser l’État capitaliste</a><em>)</em></p>
<p style="text-align:justify;">Les théories actuelles développées dans le «&nbsp;<em>mouvement autonome&nbsp;</em>» (<em>Appelistes, Théorie Communiste, …</em>) insistent sur la <strong>consubstantialité du Politique et de l’Économique, de l’Etat et du Marché</strong>, c’est à dire qu’aucun des deux termes ne peut exister sans l’autre<strong>, </strong>ce sont «&nbsp;<em>deux faces d’une même pièce</em>&nbsp;» (voir&nbsp;<em>: Misère de la Politique, l’Autonomie contre la farce électorale)</em>. L’idée est déjà présente chez Marx et dans la tradition marxiste/marxienne, (<em>analyse du rôle de l’État dans la formation du prolétariat moderne par exemple – voir entre autres&nbsp;: D. Bensaïd, Les dépossédés, K. Marx et les voleurs de bois</em>). On pourra en retenir notamment:</p>
<ul style="text-align:justify;">
<li>Que <strong>l’État et le Marché ont pareillement besoin «&nbsp;d’individus&nbsp;»&nbsp;</strong>: d’acteurs économiques / citoyens pris isolément, coupés de toutes déterminations sociales (atomisés) et supposés égaux, libres et rationnels, qui déterminent la «&nbsp;<em>forme de vie&nbsp;</em>» misérable du capitalisme. Dans l’isoloir comme face à une annonce de Pôle Emploi (ou de logement) on est toutes et tous censé.e.s être un homme Blanc, hétérosexuel, guidé par la recherche de l’intérêt personnel immédiat.</li>
</ul>
<ul style="text-align:justify;">
<li><strong>Une analyse élargie de la bureaucratie</strong> comme nécessité de l’économie et de la politique d’une société de classes car puisant sa source dans la division du travail, la séparation entre producteurs et concepteurs, entre gouvernants et gouvernés. Et donc le caractère de classe de la bureaucratie. Que l’on pourra largement utiliser pour comprendre <strong>le développement de la bureaucratie d’entreprise, du management, des activités d’encadrement de la production…</strong> <em>Et par exemple comment à la RATP (ou à la SNCF, ou à la Poste) pendant que disparaissaient les guichets, était crée un aréopage de cadres (à chaque Directions il faut bien son RH, son DAF, …)</em></li>
</ul>
<ul style="text-align:justify;">
<li><strong>La réaffirmation de l’obligation d’en finir avec l’État</strong> pour en finir avec les sociétés de classes (contre l’illusion que le capitalisme pourrait être «&nbsp;<em>civilisé&nbsp;</em>» par l’État)</li>
</ul>
<p style="text-align:justify;">De même, Chris Harman affirme que «&nbsp;<em>l’Etat et le capital sont entremêlés, ils se nourrissent l’un l’autre</em>&nbsp;» (<em>L’État et le capitalisme aujourd’hui</em>). Ce qui indique une forme de dépendance de chacun des deux termes à l’autre.</p>
<p style="text-align:justify;">Pour autant, <strong>É<strong>ta</strong>t et Capital ne se confondent pas</strong>, <strong>et s’ils dépendent l’un de l’autre, chacun garde une part d’autonomie</strong>.</p>
<p style="text-align:justify;">En effet, pour assumer sa fonction dans le procès général de valorisation du Capital, garantir les conditions politiques d’une reproduction sans cesse élargie de celui-ci, l’État capitaliste se doit de préserver une marge de manœuvre autonome des exigences de la classe dominante&nbsp;:</p>
<ul>
<li><strong>Déjà car ces exigences sont diverses et souvent contradictoires.</strong> «&nbsp;Les classes dominantes ne sont pas homogènes, elles ne l’ont jamais été, et ne peuvent pas l’être. La division du travail est l’essence du capitalisme, elle affecte tous les secteurs de la société, y inclus les classes dominantes. Celles-ci se divisent en d’autres termes en <em>fractions du capital&nbsp;</em>: le capital industriel, le capital financier, le capital commercial, l’armée, le personnel politique, les intellectuels dominants… Les intérêts de ces fractions ne coïncident pas nécessairement. Afin d’asseoir leur domination (…), elles doivent par conséquent pouvoir compter sur un instrument suffisamment souple qui, le plus souvent sous l’hégémonie de l’une d’elles (par exemple, à l’époque néolibérale, le capital financier), coordonne leurs intérêts. Cet instrument n’est autre que l’État. <strong>Celui-ci œuvre en faveur de la domination de la bourgeoisie, tout en étant indépendant des intérêts de telle ou telle fraction du capital.</strong>&nbsp;» <em>(</em><a href="https://www.contretemps.eu/author/razmig-keucheyan/">Razmig Keucheyan</a><em>&nbsp;: Lénine, Foucault, Poulantzas)</em></li>
</ul>
<ul>
<li>Qui plus est, <strong>la Bourgeoisie est intrinsèquement incapable de se projeter au-delà de son intérêt immédiat, compromettant ainsi ses intérêts de long termes </strong>(<em>et mettant, par la même occasion, en péril l’avenir de la planète et de l’humanité</em>).</li>
</ul>
<p style="text-align:justify;">L’autonomie de l’État n’est donc pas que formelle (<em>les idéologies bourgeoises / réformistes qui font de l’État une institution au-dessus des classes, réalisant le compromis de classes dans l’intérêt général</em>),&nbsp; mais <strong>nécessaire à la reproduction d’ensemble du système</strong> <strong>en tant qu’élément de stabilité face à l’instabilité chaotique du procès de valorisation du Capital. </strong><strong>&nbsp;</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Ce qui fait que «&nbsp;<em>L’État n’est pas un bloc monolithique, mais un champ stratégique&nbsp;</em>» (N. <em>Poulantzas) «&nbsp;Cela ne signifie cependant pas qu’il soit neutre&nbsp;: il favorise structurellement les intérêts des classes dominantes. <strong>Seules les stratégies de ces dernières parviennent à s’inscrire directement en lui.</strong>&nbsp;»</em> <em>(Yohann Douet&nbsp;: </em><em>Poulantzas retrouvé)</em></p>
<p style="text-align:justify;">Cette dynamique autonome de l’État, liée à la dynamique, elle-même autonome, du Capital, détermine les évolutions actuelles de l’État capitaliste vers l’État autoritaire, l’autoritarisme.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong><u>Évolutions actuelles de l’État capitaliste/bourgeois</u></strong></p>
<p style="text-align:justify;">Les différents «&nbsp;<em>rapports de forces entre classes et entre fractions de classes&nbsp;</em>» qui se «&nbsp;<em>condensent</em>&nbsp;» dans l’État, font évoluer les formes de celui-ci en fonction de sa dynamique propre&nbsp;et de celle du Capital.</p>
<p style="text-align:justify;"><u>Régime néolibéral </u></p>
<p style="text-align:justify;">La phase actuelle, que l’on qualifiera de néolibérale, se caractérise par l’hégémonie du capital financier quand la phase précédente était caractérisée par l’hégémonie du capital industriel, et particulièrement du complexe militaro-industriel. En effet, du fait «&nbsp;<em>de l’immense destruction des forces productives depuis les années 1930 et aggravée par la guerre, en 1945 le capitalisme a un horizon d’accumulation du capital industriel qui semble tellement illimité qu’effectivement il devient possible de donner la priorité à l’accumulation productive&nbsp;</em>» (Claude Sarfati&nbsp;: <em>Qui s’intéresse encore à l’impérialisme français&nbsp;?</em>)</p>
<p style="text-align:justify;">Claude Serfati rappelle que la <strong>tendance à la domination du Capital financier</strong> («&nbsp;<em>en tant que capital fondé sur le droit de propriété et sur le droit à capturer de la valeur</em>&nbsp;») <strong>est «&nbsp;<em>inhérente</em>&nbsp;» au capitalisme, «&nbsp;<em>compulsive </em>»</strong>.&nbsp; Elle correspond à l’utopie des capitalistes de pouvoir faire de l’argent avec de l’agent, de se passer du travail et des travailleurs dans la création de valeur. <strong><em>De s’émanciper du monde crasseux de l’usine pour baigner dans la douce insouciance de la Start up</em></strong>.</p>
<p style="text-align:justify;">Les conditions du retour à la domination du Capital financier (<em>une des caractéristiques du stade impérialiste du capitalisme selon Lénine</em>) depuis les années 70/80 sont de deux ordres&nbsp;:</p>
<ul style="text-align:justify;">
<li>Des difficultés de mise en valeur du capital productif</li>
</ul>
<ul style="text-align:justify;">
<li>La dégradation du rapport de force entre classes</li>
</ul>
<p style="text-align:justify;">La combinaison de ces deux facteurs aboutit à une <strong>hégémonie telle du capital financier qui se traduit par «&nbsp;une moindre distance entre État et Capital&nbsp;»</strong> (<em>Neil Davidson&nbsp;: </em><em>Le néolibéralisme comme agent de l’autodestruction du capitalisme)</em>. <a href="https://www.contretemps.eu/author/razmig-keucheyan/">Razmig Keucheyan</a><em>&nbsp;</em> souligne que «&nbsp;<em>l’État est de moins en moins capable d’organiser rationnellement et durablement l’hégémonie des classes dominantes, en partie (…), parce qu’il n’est plus assez autonome par rapport à elles&nbsp;</em>». (<em>Lénine, Foucault, Poulantzas). </em></p>
<p style="text-align:justify;"><strong>«&nbsp;De garant de l’aide sociale et instigateur de la demande générale, l’État se transforme en coordinateur d’une économie privatisée et en exécuteur de la dérégulation</strong>.&nbsp;» (<em>Christos Boukalas&nbsp;: État d’exception ou étatisme autoritaire : Agamben, Poulantzas et la critique de l’antiterrorisme</em>).<em>&nbsp;</em></p>
<p style="text-align:justify;">Ainsi, s’il n’y a pas en tant que tel un « <em>É<em>ta</em>t néolibéral&nbsp;</em>», différend dans sa nature et sa fonction des autres formes de l’État capitaliste, il y a bien <strong>une forme particulière «&nbsp;<em>d’hégémonie coriacée de coercition&nbsp;</em>», le régime néolibéral, où la coercition (physique et symbolique) prend le pas sur la construction de consentement.</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><u>Instabilité politique </u></p>
<p style="text-align:justify;">La première caractéristique de ce régime est de <strong>vider la démocratie bourgeoise de son contenu</strong> <strong>formel</strong> <strong>qui se logeait justement dans l’espace déjà limité et contraint de l’autonomie relative d’un État fondamentalement lié au Capital</strong>. Il ne s’agit évidemment pas de dire qu’il a pu ou pourrait exister de capitalisme démocratique (<em>l’arbitraire et la violence sont logés au cœur même du mode de production capitaliste sous la forme de ce que Marx nommait le «&nbsp;despotisme d’usine&nbsp;», ou plus largement de la subordination des travailleurs aux propriétaires capitalistes</em>&nbsp;(<em><a href="https://www.contretemps.eu/author/ugo-palheta/">Ugo&nbsp;Palheta</a> : </em><em>Vers l’autoritarisme ? Crise de la démocratie libérale et politique d’émancipation), mais de <strong>comprendre pour mieux la combattre la trajectoire politique actuelle de la bourgeoisie et de ses États </strong>(qui constituent </em>le cadre premier de l’affrontement social et politique et l’espace où se structurent tant les luttes concrètes que le champ politique partisan)<em>. </em></p>
<p style="text-align:justify;">Il faut donc comprendre le néolibéralisme «&nbsp;comme un projet de classe (…), qui a ainsi des visées conjointes&nbsp;: <strong>la destruction de l’ensemble des droits sociaux et la réduction drastique – </strong>notamment par la construction d’institutions politiques aussi éloignées que possible de toute intervention des populations<strong> – des libertés politiques obtenues de haute lutte par le mouvement ouvrier au XXe siècle, mais aussi l’écrasement du moindre espace d’autonomie conquis par les salariés sur leurs lieux de travail</strong>, marquant le refus du despotisme&nbsp;patronal.&nbsp;» (<em><a href="https://www.contretemps.eu/author/ugo-palheta/">Ugo Palheta</a></em><em> Vers l’autoritarisme ? Crise de la démocratie libérale et politique d’émancipation)</em></p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Le néolibéralisme vise donc et aboutit à&nbsp; une concentration drastique de la richesse sociale</strong> qui s’effectue notamment via la «&nbsp;<em>stagnation des salaires et des retraites, le dépouillement de la protection juridique des employés, la taxation régressive et la restriction de la protection sociale&nbsp;</em>» (<em>Christos Boukalas&nbsp;: État d’exception ou étatisme autoritaire : Agamben, Poulantzas et la critique de l’antiterrorisme</em>).</p>
<p style="text-align:justify;">Par ailleurs, comme le note A. Badiou (<em>conférence pour le séminaire «&nbsp;Conséquences&nbsp;»&nbsp;: Qu’est ce qu’une Politique à Distance de l’État&nbsp;? 7 juin 2017</em>), une des contradictions de l’hégémonie du capital financier est <strong>l’incapacité pour le Capital à valoriser la force de travail dans son ensemble, créant ainsi une masse énorme de démunis</strong>, «&nbsp;<em>2 à 3 millions de personnes qui ne comptent pas&nbsp;</em>» (exclus de la production et de la consommation capitalistes), les «&nbsp;<em>surnuméraires</em>&nbsp;».</p>
<p style="text-align:justify;">On comprend ainsi comment l’hégémonie du capital financier et ses conséquences (<em>attaques contre les intérêts matériels des populations, perte de légitimité de l’État, effets sclérosant du caractère oligarchique de la propriété, exclusion massive des formes classiques de la valorisation de la force de travail</em>) créent <strong>une instabilité politique qui détermine le lien organique entre néolibéralisme et État autoritaire</strong>.</p>
<p style="text-align:justify;"><u>L’Etat autoritaire&nbsp;: </u></p>
<p style="text-align:justify;">Dans les <em>Cahiers de prison</em>, Gramsci soutient <strong>qu’en période de crise, les institutions les moins démocratiques – armée, finance, bureaucratie, église – viennent occuper le devant de la scène, au détriment des instances démocratiques</strong>, notamment le parlement.</p>
<p style="text-align:justify;">Ainsi <strong>l’État Autoritaire est un</strong>&nbsp;<strong><em>État de crise</em></strong> et doit se comprendre comme «&nbsp;<em>une tendance endogène des démocraties représentatives. Il n’a rien d’exceptionnel, <strong>il est le destin commun de tous les régimes démocratiques depuis les années 1970, c’est-à-dire depuis que la crise du capitalisme est apparue</strong>. Plus précisément (…) des éléments normaux et des éléments exceptionnels coexistent désormais dans la structure des États démocratiques&nbsp;</em>». <em>(</em><a href="https://www.contretemps.eu/author/razmig-keucheyan/">Razmig Keucheyan</a><em>&nbsp;: Lénine, Foucault, Poulantzas). </em></p>
<p style="text-align:justify;">En ce sens <strong>L’État autoritaire se distingue des régimes d’exception</strong> (par exemple, le fascisme ou les dictatures militaires) qui ont des fondements distincts des régimes démocratiques et incarnent une rupture&nbsp;avec la légalité bourgeoise (tout en restant des formes particulière d’État capitaliste, dont la fonction sera toujours d’assurer les meilleures conditions possibles à l’accumulation du Capital).</p>
<p style="text-align:justify;"><em><a href="https://www.contretemps.eu/author/ugo-palheta/">Ugo Palheta</a> parle </em><strong>d’un démantèlement par les bourgeoisies de la «&nbsp;démocratie bourgeoise&nbsp;» (avec toutes les limites qu’il faut mettre à cette expression, un certain nombre «&nbsp;d’acquis&nbsp;» de cette démocratie ayant été conquis de hautes luttes par les subalternes) et précise « </strong>le cas chinois pourrait même être un signe de l’avenir&nbsp;»&nbsp;; non pas tant le règne du parti unique, <strong>mais le contrôle policier et préventif des populations ainsi que la limitation drastique des libertés politiques et syndicales, d’organisation et d’expression</strong> (donc de manifestation).&nbsp;(<em>Vers l’autoritarisme ? Crise de la démocratie libérale et politique d’émancipation)</em><strong>. </strong></p>
<p style="text-align:justify;">L’État autoritaire se caractérise donc par (voir&nbsp;: <em>Christos Boukalas&nbsp;: État d’exception ou étatisme autoritaire : Agamben, Poulantzas et la critique de l’antiterrorisme</em>)</p>
<ul>
<li>«&nbsp;Une <strong>restriction des libertés démocratiques et, de façon plus générale, de la capacité de la population à influencer le pouvoir d’État&nbsp;»</strong></li>
</ul>
<ul>
<li><strong>«&nbsp;</strong>Inflation de l’administration qui s’impose comme le site clef de l’élaboration des politiques et de l’antagonisme social. <strong>La bureaucratisation de la politique implique un changement de la légitimité étatique qui repose maintenant sur une base bureaucratique</strong>, au détriment de notions «&nbsp;d’intérêt général&nbsp;»</li>
</ul>
<ul>
<li>«&nbsp;<strong>La prévention devient ainsi une stratégie du maintien de l’ordre.</strong> En outre, un arsenal juridique, martial et administratif se met en place afin d’empêcher les luttes populaires. <strong>La cible du contrôle bascule de l’acte criminel à la situation criminogène</strong>, du cas pathologique aux environnements pathogéniques. Cette évolution laisse non seulement l’État de droit en lambeaux mais entérine aussi la fin de la logique et fonction spécifique du système juridique. <strong>Le droit devient un simple instrument utilisé par l’administration dans la poursuite de ces objectifs politiques</strong>. »</li>
</ul>
<ul>
<li>«&nbsp;<strong>Une importance croissante de la police au sein des mécanismes étatiques ainsi que sa politisation accrue&nbsp;</strong>: elle cible la mobilisation politique populaire, elle est contrôlée par les sommets de l’exécutif <em>et </em>elle définit les rapports État/population&nbsp;»</li>
</ul>
<p style="text-align:justify;">Le «&nbsp;<em>pur capitalisme&nbsp;</em>» (<em>M. Husson</em>) où «&nbsp;<em>le capital dominant fait quasiment de l’État son affaire privée</em>.&nbsp;» (<em>Christos Boukalas) </em>fait apparaître<strong> l’État «&nbsp;à nu&nbsp;», comme pure coercition, incapable de produire le consentement actif des subalternes. </strong></p>
<p style="text-align:justify;"><u>État, Mondialisation, Impérialisme</u></p>
<p style="text-align:justify;">Une des tensions majeures de l’époque, nous dit Badiou , réside dans la contradiction entre <strong>un marché mondial largement intégré et des figures et des pratiques du maintient de l’ordre réalisées à un niveau national.</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Pour <a href="https://www.contretemps.eu/author/ellen-meiksins-wood/">Ellen Meiksins Wood</a> «&nbsp;<em>l</em><em>a globalisation a rendu non pas moins, mais plus importante, non pas moins, mais plus accessible, une politique de classe dirigée vers l’État, vers le pouvoir de classe concentré dans l’État.&nbsp;</em>» <em><strong>car l’État devient précisément le support de la compétitivité de son capital national sur le marché mondial</strong>.</em> (<a href="https://www.contretemps.eu/le-mouvement-ouvrier-les-classes-et-letat-dans-le-capitalisme-global/">Le mouvement ouvrier, les classes et l’État dans le capitalisme global</a><em>).</em></p>
<p style="text-align:justify;">Ainsi les tentions inter-impérialiste n’ont pas disparues&nbsp;: «&nbsp;<em>s’il n’y a pas de guerres directes qui seraient la continuation par la guerre des rivalités inter-capitalistes, <strong>il y a malgré tout des guerres qui sont le produit de l’impérialisme contemporain</strong>&nbsp;</em>».</p>
<p style="text-align:justify;">«&nbsp;<em>Les guerres de ressources, profondément intégrées au capitalisme par les flux financiers Sud-Nord et la façon dont les États dominants ont besoin de ces États faillis dans lesquels se déroulent les guerres</em>&nbsp;» s’intègrent parfaitement à cette analyse.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Une politique impérialiste ne se réduit pas qu’au militaire&nbsp;: «&nbsp;<em>c’est l’expression politique de l’accumulation du capital</em>&nbsp;</strong>» (Rosa Luxembourg), donc c’est le pouvoir qu’ont les grands États d’extorquer de la valeur créée dans les autres pays. C’est en ce sens que la France reste un pays impérialiste intégré au&nbsp; «&nbsp;<em>bloc transatlantique d’États</em> <em>hiérarchisés&nbsp;»</em>, et l’UE, comme facteur d’intégration de secteur de l’Etat à un niveau continental, mène une politique impérialiste «&nbsp;<em>dans la mesure où l’impérialisme est l’extorsion de valeur par le capital de certains pays vis-à-vis d’autres et aussi parce que l’intégration d’un agenda de défense au niveau européen a facilité le comportement militariste, principalement de la France et plus secondairement de la Grande-Bretagne&nbsp;</em>» (voir&nbsp;: Claude Sarfati&nbsp;: <em>Qui s’intéresse encore à l’impérialisme français&nbsp;?</em>)</p>
<p style="text-align:justify;">Sans rentrer ici dans l’intégration de la Chine et de la Russie à ce tableau, on peut néanmoins dire, que maintenant, comme quand l’énonçait Jaurès, le «&nbsp;<em>Capitalisme porte en lui la guerre ….</em>&nbsp;». Et donc notre tâche n’est rien de moins, pour reprendre l’expression d’A. Badiou, que de faire advenir le premier terme de l’équation léniniste, plutôt que le second&nbsp;: <em>soit la Révolution conjure la guerre, soit la guerre accouche de la révolution</em>.</p>
<p><em>TPP, le 10 Juin 2017</em><br />
<em><span style="text-decoration:underline;">A venir</span> : <strong>Que faire face à </strong></em><strong><em>l&rsquo;Etat autoritaire? (2/2) : L&rsquo;autonomie contre l&rsquo;Etat.</em></strong></p>
<p style="text-align:justify;"><strong><u>Articles utilisés&nbsp;:</u></strong></p>
<p>&#8211; Claude Sarfati&nbsp;: <em>Qui s’intéresse encore à l’impérialisme français&nbsp;?</em><a href="https://revueperiode.net/qui-sinteresse-encore-a-limperialisme-francais-entretien-avec-claude-serfati/">https://revueperiode.net/qui-sinteresse-encore-a-limperialisme-francais-entretien-avec-claude-serfati/</a><br />
&#8211; Ellen Meiksins Wood&nbsp;: Le mouvement ouvrier, les classes et l’État dans le capitalisme global<br />
<a href="https://www.contretemps.eu/le-mouvement-ouvrier-les-classes-et-letat-dans-le-capitalisme-global/">https://www.contretemps.eu/le-mouvement-ouvrier-les-classes-et-letat-dans-le-capitalisme-global/</a><br />
&#8211; Konstantin Popović&nbsp;: Badiou et la question de l’organisation<br />
<a href="https://revueperiode.net/badiou-et-la-question-de-lorganisation/">https://revueperiode.net/badiou-et-la-question-de-lorganisation/</a><br />
<em>&#8211; Christos Boukalas&nbsp;: État d’exception ou étatisme autoritaire : Agamben, Poulantzas et la critique de l’antiterrorisme<br />
</em><a href="https://revueperiode.net/etat-dexception-ou-etatisme-autoritaire-agamben-poulantzas-et-la-critique-de-lantiterrorisme/">https://revueperiode.net/etat-dexception-ou-etatisme-autoritaire-agamben-poulantzas-et-la-critique-de-lantiterrorisme/</a><br />
<a href="https://www.contretemps.eu/author/ugo-palheta/">&#8211; Ugo Palheta</a><em>&nbsp;: </em><em>Vers l’autoritarisme ? Crise de la démocratie libérale et politique d’émancipation<br />
</em><a href="https://www.contretemps.eu/autoritarisme-democratie-palheta/#_ftn13">https://www.contretemps.eu/autoritarisme-democratie-palheta/#_ftn13</a><br />
<a href="https://www.contretemps.eu/author/razmig-keucheyan/">&#8211; Razmig Keucheyan</a>&nbsp;<em>: Lénine, Foucault, Poulantzas<br />
</em><a href="https://www.contretemps.eu/bonnes-feuilles-letat-pouvoir-socialisme-nicos-poulantzas/">https://www.contretemps.eu/bonnes-feuilles-letat-pouvoir-socialisme-nicos-poulantzas/</a><br />
&#8211; Yohann Douet<em>&nbsp;: </em><em>Poulantzas retrouvé<br />
</em><a href="https://www.contretemps.eu/poulantzas-etat-democratique-socialisme/">https://www.contretemps.eu/poulantzas-etat-democratique-socialisme/</a><br />
&#8211; Chris Harman&nbsp;: <em>L’Etat et le capitalisme aujourd’hui<br />
</em><a href="https://www.marxists.org/francais/harman/1991/etatcapital/etatcapital.htm">https://www.marxists.org/francais/harman/1991/etatcapital/etatcapital.htm</a><br />
&#8211; Charles Post&nbsp;: La séparation de l’ « économique » et du « politique » : penser l’État capitaliste<br />
<a href="https://www.contretemps.eu/post-marxisme-etat-capitaliste/">https://www.contretemps.eu/post-marxisme-etat-capitaliste/</a><br />
&#8211; Richard Seymour&nbsp;: L’hégémonie de la race : de Gramsci à Lacan.<br />
<a href="https://revueperiode.net/lhegemonie-de-la-race-de-gramsci-a-lacan-entretien-avec-richard-seymour/">https://revueperiode.net/lhegemonie-de-la-race-de-gramsci-a-lacan-entretien-avec-richard-seymour/</a><br />
&nbsp;</p>
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		<title>Se tuer au boulot, plutôt crever !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/se-tuer-au-boulot-plutot-crever/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 May 2017 05:40:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Il y a un an, nous étions en mouvement, et nous devrons bientôt à nouveau nous mobiliser, contre « la loi travail et son monde ». Mais au-delà d’une Nième loi de régression sociale et démocratique, c’est <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/se-tuer-au-boulot-plutot-crever/" title="Se tuer au boulot, plutôt crever !">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a un an, nous étions en mouvement, et nous devrons bientôt à nouveau nous mobiliser, contre « <em>la loi travail et son monde</em> ». Mais au-delà d’une Nième loi de régression sociale et démocratique, c’est quoi ce travail ? Et c’est quoi ce monde ?<br />
<strong>A qui coute le travail ?</strong><br />
Maladies professionnelles, accidents du travail, Troubles Musculo-squelettiques, déformations physiques et psychique, licenciements brutaux, isolement, discriminations en tous genres, subordination contractualisée à la hiérarchie jusqu’au harcèlement, Risques Psycho-Sociaux, dépression, <em>burn-out</em>, suicides, stress, humiliations quotidiennes, dont la première est ce foutu réveil qui sonne,… Il n’est pas besoin ici de s’étendre sur les méfaits du travail réellement existant.  Aucun salaire ne peut racheter tout ce qu’on a souffert, « <em>le temps payé ne reviens plus, la jeunesse meure de temps perdu</em> » (<em>La vie s’écoule, la vie s’enfuie, Raoul Vaneigem</em>).<br />
Quiconque a gouté aux joies de l’esclavage salarié, le sait, le vit dans sa chair: si le travail a un coût dans cette société, c’est pour les travailleuses, les travailleurs et leur santé. Et non pour les patrons comme tentent de nous le faire croire économistes libéraux, politiciens professionnels, journalistes serviles, « grands patrons » et autre « capitaines d’industrie » à longueur de journée dans les médias.<br />
Et c’est précisément ce que signifiait le mot d’ordre #OnVautMieuxQueCa !, qui a contribué à lancer la mobilisation du printemps dernier : personne ne pourra mieux parler de notre travail et de ses conditions de réalisation que nous même. Nous ne laisserons pas ceux, dont l’emploi est au mieux fictif, au pire parasitaire, décider sans entendre « <em>nos voix de prolétaires qui disent y en a marre, marre de se lever tous les jours à cinq heures pour prendre un car, un train, parqués comme du bétail, marre de la machine qui nous saoule, la tête, marre du chefaillon, du chrono qui nous crève, marre de la vie d’esclave, de la vie de misère. » (Les Nouveaux Partisans, Dominique Grange) </em><br />
C’est une bataille idéologique majeure que d’imposer un autre récit du travail que celui des grands moyens et petit chefs, de saboter à la base leurs élucubrations hégémoniques sur le «<em> cout du travail</em> ». C’est, entre autre, pourquoi il nous est nécessaire de réactiver la pratique de l’enquête ouvrière.<br />
«<em><strong>Tous ne mourraient pas, mais tous étaient frappés</strong></em><em> </em>».<br />
Prétendant appréhender toute valeurs à travers la « <em>mesure misérable du temps de travail abstrait</em> », le capitalisme réduit le travail au salariat c&rsquo;est-à-dire à la participation au cycle infernal de sa reproduction. Quand, il pourrait être, devrait être, une « <em>façon d’appréhender l’activité collective</em> ». C’est la malédiction biblique que le Capital impose aux travailleurs, « <em>tu gagneras ton pain  à la sueur de ton front</em> ». C’est la domination du « travail mort » sur le « travail vivant ». C’est la réduction de toute valeur à la valeur d’échange, alors que, comme le dit la chanson, « <em>travail facile ou besogne très dur n’ont de valeur qu’en leur utilité</em> ». <em>(Le triomphe de l’Anarchie, Charles d’Avray)</em><br />
Notons que la difficulté, la souffrance, ne sont pas tant attachées à la tâches à effectuer, mais plutôt aux conditions de sa réalisation dans le mode de production capitaliste. Ainsi, par exemple, si des ouvriers produisent des pneus (ou des bonbons, ou des briques, ou que sais-je encore) en 3/8, ce n’est pas pour des raisons opérationnelles de production, mais bien pour des raisons d’amortissement du capital fixe, des raisons de productivité capitaliste, de sauvegarde/restauration/accroissement des profits. La souffrance au travail, n’est donc pas liée au travail lui-même, mais bien au capitalisme.  Car « <em>le travail et le désir ne sont en contradiction que dans le cadre de rapports de production, de rapports sociaux et de rapports familiaux bien défini, ceux du capitalisme et du socialisme bureaucratique</em>». (<em>F. Guattari</em>)<br />
<strong> Tout le monde déteste…</strong><br />
Transformant toutes productions humaines en marchandise destinée, non pas à satisfaire un besoin, mais à être vendu en vu de dégagé du profit, le capitalisme vide tous nos travaux concrets (je visse des boulons, j’éduque les gamins des autres, je soulage sexuellement un handicapé social, je torche le cul des vieux dans un EPADH, j’écris des livres,…) de leur véritables sens, de leur utilité première. Ce n’est pas parce qu’il va être utile à quelqu’unE ou à la société que mon travail est validé, mais par sa capacité à générer du profit. M’enchainant ainsi au cercle infernal de la reproduction, nécessairement élargie, du Capital.<br />
A ce titre, il n’est pas anodin, que le débat sur « <em>la souffrance au travail</em> » ai trouvé un écho particulier, se soit, par exemple, substituer à celui sur « <em>la fin du travail</em> », au moment des drames qui se jouent chez les salariéEs des services publiques démantelées par les logiques de privatisations. Ces sphères qui échappaient (ne serait ce que très partiellement) au règne totalitaire de la marchandise se voient violement projetées dans le courses effrénée à la valorisation du capital entrant ainsi en contradiction avec leur éthiques professionnel du service à la population. Contradiction qui faute de pouvoir s’exprimer par la lutte collective (comme commence à le faire les millier de grévistes dans le secteur médico-social) se retourne contre les travailleurs eux même (un Délégué du Personnel de SUD Rail s’est donné la mort à la gare Saint Lazare, un postier fonce avec la voiture de service sur son chef…).<br />
…«<strong><em> La meilleure des Polices </em></strong>»<br />
Le PDG de La Poste Bancale savait de quoi il parlait quand il promettait « <em>du sang et des larmes</em> »  à nos chers députés qui l’auditionnaient. Ce sont le sang et les larmes des salariéEs (le capital vivant) et la victoire du profit (le capital mort). Car c’est bien cela, <em>in fine</em>, le capitalisme, la victoire de la logique de mort sur la logique de vie, plongeant ainsi l’humanité et la planète dans une course éperdue à « <em>la survie, c’est à dire la vie réduite aux impératifs économiques » (G. Debord).</em><br />
<em>« La meilleure des polices, c&rsquo;est ton taf, ta télé, tes crédits, tes anxiolytiques, neuroleptiques, antidépresseurs, et tout ce que tu prends pour pleurer moins fort la nuit. La meilleure des polices, c&rsquo;est tes sourires forcés. C&rsquo;est tes retenues sur salaire. Et le découvert avant la fin de la semaine. C&rsquo;est la peur de faire un pas, puis deux, puis trois. Parce qu&rsquo;enfant, on t&rsquo;a dit que t&rsquo;étais une merde<br />
Et que t&rsquo;as fini par le croire ». </em>La Rumeur (avec Nietzche) nous montre ce qu’il nous faut détruire. Retroussons-nous les manches. Et mettons nous au travail !<br />
<em>TPP, Printemps 2017</em></p>
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		<title>L’élection aura bien lieu&#8230;et alors ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/lelection-aura-bien-lieu-et-alors/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Apr 2017 13:03:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Élections]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Un article rédigé mi avril 2017 Rédigé à l’aune de quatre mois de lutte intense contre la  loi travail et son monde, un pamphlet nous invitait à imaginer l’éventualité d’une annulation de l’élection présidentielle. « soudain <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/lelection-aura-bien-lieu-et-alors/" title="L’élection aura bien lieu&#8230;et alors ?">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Un article rédigé mi avril 2017</em><br />
<em>Rédigé</em><em> à</em><em> l</em><em>’aune</em><em> de</em><em> quatre</em><em> mois</em><em> de</em><em> lutte</em><em> intense</em><em> contre</em><em> la</em><em>  loi</em><em> travail</em><em> et</em><em> son</em><em> monde,</em><em> un</em><em> pamphlet</em><em> nous</em><em> invitait</em><em> à</em><em> imaginer</em><em> l</em><em>’éventualité</em><em> d</em><em>’une</em><em> annulation</em><em> de</em><em> l</em><em>’élection</em><em> présidentielle.</em><em> « soudain</em><em> la</em><em> campagne</em><em> déraille,</em><em> les</em><em> primaires</em><em> s</em><em>’enferrent</em><em> ,</em><em> les</em><em> communicants</em><em> paniquent.</em><em> Le</em><em> scénario</em><em> change.</em><em> La</em><em> télévision</em><em> est</em><em> éteinte.</em><em> Les</em><em> affiches</em><em> arrachées.</em><em> Les</em><em> meetings</em><em> empêchés.</em><em> Les</em><em> bureaux</em><em> de</em><em> vote</em><em> bloqués.Les</em><em> bulletins</em><em> incendiés.</em><em> La</em><em> comédie</em><em> terminée.</em><em> La</em><em> vieille</em><em> politique</em><em> congédiée&#8230; »</em><br />
Chaque épisode intense de la lutte des classes, chaque rupture massive et prolongée avec l’idéologie dominante produisent leurs lots de frustrations, de refus du retour à la survie, et au travail forcé. Comment après avoir vécu la démocratie directe des nuits debout, les manifestations jouissives où les symboles   du capital, banques, assurances, panneaux publicitaires étaient tagués, cassés, désacralisés, ridiculisés, pourrions nous tout à coup nous séparer, en attendant  le prochain épisode ?&#8230;Alors on se console en prononçant  des sentences de réconfort : « rien ne sera plus jamais comme avant &#8230; Aujourd’hui dans la rue, demain on continue&#8230;c’était une répétition générale. » Oui, l’élection aura bien lieu, et faute d’un débouché politique révolutionnaire , une  partie des insurgéEs du printemps – ne nous en déplaise &#8211;  yparticiperont.<br />
Géré de main de maître dés la rentrée scolaire par le gouvernement et les partis institutionnels, le planning de la campagne électorale s’est imposé comme l’événement majeur de l’année auquel devait se soumettre, à défaut de s’y intéresser, toute la population, y compris les millions de celles et ceux qui n’ont pas le droit de vote ou qui n’ont pas l’intention de participer à la grande fête républicaine. Du 9 septembre 2016 date de dépôt des déclarations de candidatures pour la primaire de droite, au 18 juin 2017 ,date du deuxième tour des élections législatives, rien ne nous sera épargné : petites phrases des candidats, trahisons et retournements en tous genres, escroqueries et mises en examen&#8230;Tel des souris de laboratoire, « des échantillons représentatifs » sont chaque jour sondés jusqu‘à plus soif&#8230;A moins d’habiter dans une caverne, de ne pas lire les journaux, d’avoir ni radio ni télé, ne pas fréquenter bars et restaurants, impossible d’échapperàcettelonguetragi-comédie,véritablechapedeplombtotalitaire.<br />
<strong> </strong><br />
<strong>Le</strong><strong> bon,</strong><strong> la</strong><strong> brute,</strong><strong>  et</strong><strong> le</strong><strong> truand</strong><br />
Devrions nous être révérencieux devant  ce « festival de la magouille, ce grand défilé des embrouilles » (François Béranger) ?  Certains journalistes n’hésitent plus à employer des expressions relevant du vocabulaire des chroniqueurs de la presse sportive  pour pigmenter leurs éditoriaux  « Marine Lepen, maillot jaune fait la course en tête, suivie de 3 échappés du peloton » (France inter au journal de 8h00 lundi 12 avril)  Pourquoi ne pas s’essayer  au casting du célèbre western spaghetti : Le bon,  Macron, tronche de premier de la classe, de gendre idéal, ou d’agent immobilier, sourire niais, bon client pour les unes des tabloïds, ni de droite, ni de gauche bien au contraire, insipide à tel point qu’on en oublierait presque qu’il était encore ministre il y a quelques mois, laissant pour souvenir une des pire loi de régression sociale&#8230;La brute, Marine Lepen, fasciste décomplexée, qui après avoir patiemment lissé son personnage en 15 ans d’une dédiabolisation complaisamment  accompagnée par les médias et « politologues » patentés.(voir dans le bulletin l’article de Vanina) Le truand, Fillon, seul candidat qui  s’adresse  à ses électeurs comme un mafioso « Je ne vous demande pas de m’aimer, je vous demande de me soutenir ».  Etiquement et moralement incapable  de susciter  une quelconque empathie avec son personnage, voleur de biens publics revendiqué, François Fillon  n’a plus d’autre alternative que mobiliser sa classe pour défendre ses intérêts. Il est assez croustillant que les cathos intégristes de « sens commun » attachés soi disant aux valeurs de l’église soutiennent activement une telle canaille !<br />
<strong>Titanic</strong><br />
Sorti vainqueur de la primaire du Parti Socialiste « la Belle alliance populaire » (sic) Benoît Hamon au fil des jours voit sombrer sa campagne. Incapable de donner chair à la mesure phare de son programme, le revenu universel  garanti, délaissé par les caciques du parti, l’ex ministre « frondeur »  ne compte plus les défections de son camp. Alors que l’orchestre de Solférino a cessé de jouer, François Hollande lui porte l’estocade finale en s’exprimantouvertementenfaveurdu« sociallibéral »Macron,précipitantlafinduPSsoussaformeactuelleentoutcas.<br />
<strong>Les</strong><strong> habits</strong><strong> neufs</strong><strong> du</strong><strong> président</strong><strong> Mélenchon</strong><br />
Dans ce marché de dupes que constitue l’élection présidentielle, la bourgeoisie détient à elle seule tous les leviers : les institutions de la cinquième république, les médias, les instituts de sondages au fonctionnement des plus opaques&#8230;C’est elle qui décide du casting  le plus favorable à ses intérêts. La montée en puissance des intentions de vote pour le candidat de la France « insoumise » en quelques jours  a suffi pour qu’elle envoie ses chiens de garde au combat, articles anticommunistes haineux dans le Figaro, alarmisme économique dans les échos, prises de positions de ses pseudos intellectuels affidés. A en croire ces braves gens, la victoire de Mélenchon précipiterait la France dans le chaos et la guerre civile. Cette dramatisation est bien inutile. L’ancien sénateur et ministre de François Mitterrand  n’a aucune intention de renverser la table ou de bouleverser les règles du jeu. Habité par la fonction, il ne manque pas une occasion d’exalter l’amour de la patrie, allant même jusqu’à distribuer des centaines de drapeaux tricolores à ses fans lors du rassemblement  parisien du 18 mars, jour anniversaire du début de la commune. On ne fera pas ici l’injure à la France insoumise d’ignorer que c’est drapeau tricolore  brandi que les versaillais écrasèrent la commune de Paris ! N’oublions pas le « flou » pour rester poli  qui entoure sa position sur l’accueil des migrantEs et son opposition au droit d’installation&#8230;<br />
<strong>« l’important, c’est de participer » (Pierre de Coubertin)</strong><br />
Depuis 1969, l’extrême gauche institutionnelle participe systématiquement à l’élection présidentielle. Après avoir  pertinemment fustigé « la farce électorale » et « le crétinisme parlementaire, une infirmité fondamentale, une myopie absolue pour tout ce qui a trait à la nature de l’Etat » Alain Krivine  décidait de se présenter à l’élection suprême. Pour résumer, l’argument principal était de donner une représentation au grand mouvement de Mai 68 et de construire le parti. Notons qu’à cette époque, le gaullisme avait le quasi monopole de l’information, avec ses trois chaînes de télévision. Internet et les réseaux sociaux n’existaient pas, et la contre propagande ne s’organisait qu’à travers la presse militante. S’insérer légalement dans la campagne pour y prendre la parole pouvait se discuter, bien qu’un large partie du mouvement y était  opposée. Le résultat fût un désastre : 1,1% de voix. Loin de remettre en cause cette stratégie menant à l’impasse,  rejoints en 1974 par la candidature d’Arlette, l’extrême gauche institutionnelle pendant près d’un demi siècle a fait de la participation aux élections son orientation fondamentale, sombrant dans le« réformisme de gauche »  et le légalisme. Il est significatif que le début de l’actuelle campagne du NPA était essentiellement bâtie autour du mot d’ordre « Philippe Poutou doit en être. »&#8230;en être, mais de quoi ? Le rôle des révolutionnaires est-il de rabattre vers les urnes de la bourgeoisie les acteurs du mouvement social et les oppriméEs en nourrissant chez eux/elles l’illusion qu’une victoire électorale serai à terme la seule solution pour prendre le pouvoir ?<br />
Comme le résume Alain Badiou « <em>le pitoyable show de l’élection présidentielle, sans épargner une seule candidature, sans éprouver à leur juste valeur de soi disant programmes de réconciliation  nationale au nom d’un républicanisme nauséabond de quelques bonnes consciences molles, se révèle pour ce qu’il est, une mauvaise pièce de théâtre que seuls les acteurs de la soumission acceptent de jouer. »</em><br />
AP, 13 Avril 2017</p>
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		<title>Remettons les parenthèses à leur place !</title>
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		<pubDate>Sat, 15 Apr 2017 09:49:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Tout est fait pour nous faire oublier les cinq mois de luttes intenses contre la loi « travaille ! » et son monde. C’est pourtant là que les questions politiques ont été le mieux exprimées et testées. Tout <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/remettons-les-parentheses-a-leur-place/" title="Remettons les parenthèses à leur place !">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Tout est fait pour nous faire oublier les cinq mois de luttes intenses contre la loi « travaille ! » et son monde. C’est pourtant là que les questions politiques ont été le mieux exprimées et testées. Tout est fait pour suspendre la résistance collective des exploité.e.s et des opprimé.e.s, et la campagne présidentielle actuelle ne fait que le confirmer.<br />
Car d’un côté, la classe dirigeante française compte intensifier les politiques d’austérité. Dans la compétition internationale, le capitalisme français est depuis 2008 particulièrement en difficulté : dans le secteur industriel par exemple, des milliers de faillite ont eu lieu sur dix ans, la production a baissé, 500 000 emplois ont été détruits entre 2008 et 2013 et les exportations ont chuté.<br />
L’Etat est devenu central pour restaurer la compétitivité, mettre en place les dispositifs coercitifs nécessaires et réduire les droits démocratiques et. Depuis novembre 2015 il y a l’état d’urgence. Il y a eu la répression intense des manifestations contre la loi travail, et il y a eu le passage en force de cette même loi, sans vote du Parlement.<br />
Ce basculement autoritaire de l’Etat suffira-t-il à restaurer la profitabilité de la classe dirigeante française ? Rien n’est moins sûr. C’est pour cela que le Front National peut se présenter comme une alternative à l’Etat français qui n’arrive pas à régler les « désordres » internes et internationaux. Oui, il y a bien un danger fasciste en France.<br />
De l’autre, il y des millions de personnes qui contestent dorénavant l’ordre établi. Durant le mouvement de l’an dernier, cela s’était traduit par des grèves, des blocages et un mouvement politique d’occupations de places pour débattre de la stratégie pour changer le monde. Depuis la fin de ce mouvement, les grèves restent nombreuses (et parfois victorieuses) et des convergences continuent de s’opérer, notamment avec les quartiers populaires. Les violences policières, meurtre d’Adama Traore en juillet 2016, viol de Théo Lahuka en février, assassinat il y a deux semaines de Liu Shaoyo ont provoqué à chaque fois des manifestations spontanées de plusieurs milliers de personnes. C’est dans ce contexte que la manifestation du 19 mars à Paris, réunissant plus de 10 000 personnes pour affirmer notre opposition aux violences policières, au racisme et à la chasse aux migrants, a été la plus importante sur ces questions depuis plusieurs années. Aucune organisation politique n’a réellement construit ces mouvements : ils sont essentiellement le résultat de réseaux et d’équipes militantes qui, plutôt que s’impliquer dans les élections, ont décidé de poursuivre leur activité de construction à la base des mobilisations, et d’implantation dans différents secteurs de la société.<br />
Du coup, la situation est très instable. Les confrontations massives ne sont plus des parenthèses, et ce pourrait être les élections qui le deviennent. Et même si la classe dirigeante a cherché à reprendre la main par ce biais, aidée en cela bon gré mal gré par les partis en campagne, jamais le résultat des élections n’aura été aussi incertain. Reflets de la polarisation sociale et politique, rien ne sera réglé quel que soit le résultat.<br />
Les partis traditionnels de la droite et de la gauche sont en crise. A grand renfort médiatique, Les Républicains comme le Parti Socialiste ont organisé des primaires, et tous ceux qui étaient le plus identifiés aux gouvernements passés ont été balayés. A droite, Nicolas Sarkozy a été éliminé au profit de François Fillon, qui maintient sa candidature alors qu’il est mis en examen pour avoir détourné des dizaines de milliers d’euros de fonds publics. Au PS, François Hollande ne s’est pas présenté parce qu’il battait des records d’impopularité, et Manuel Valls a été battu. Le candidat élu, pris en tenaille entre ses liens avec le gouvernement actuel et la nécessité de s’en dissocier, est actuellement à moins de 10% des intentions de vote.<br />
Du coup, ce sont les candidat.e.s situés hors des courants traditionnels qui mènent la course électorale. Mais sur ce terrain, il faut de solides appuis.<br />
Phénomène nouveau, Emmanuel Macron, ancien ministre ultralibéral de Hollande, a réussi à percer hors des partis, en se présentant comme n’étant « ni de droite, ni de gauche », mais personne ne voit comment il pourrait gouverner.<br />
Beaucoup moins nouveau (on connaît le problème depuis 2002), tous les sondages ont donné durant des mois la candidate du Front National en tête du premier tour des élections. Il existe pourtant une force capable de le contrer : lorsque 70% de la population soutenait le mouvement de grèves contre la loi travail, ce parti s’est retrouvé en difficulté. Et s’il est vrai que cela n’a pas suffi, il y avait là l’opportunité de lancer une campagne massive contre les principales motivations du vote FN : le nationalisme, le racisme et le renforcement de l’État policier. La Marche du 19 mars était une opportunité, mais ce n’est pas le choix qui a été fait par les partis de gauche en campagne.<br />
Pourtant, ce climat contestataire bénéficie depuis quelques semaines à Jean-Luc Mélenchon, au point que certains pronostiquent la possibilité qu’il se retrouve au second tour des élections. Mais plutôt que de s’appuyer sur et renforcer le mouvement de radicalité, il a choisi de s’adapter sur la droite. Lors de son rassemblement du 18 mars, réunissant des dizaines de milliers de personnes, il a interdit tout drapeau de partis, tandis que des milliers de drapeaux français étaient distribués à la foule. Il n’y a pas eu d’appel de sa part à la manifestation antiraciste du lendemain. Et alors que le FN prévoit un meeting central à Paris à la fin de la semaine et qu’une mobilisation unitaire s’organise contre lui, lui et les organisations qui le soutiennent ont décidé de ne pas appeler à manifester.<br />
Du côté du NPA, Philippe Poutou trouve une audience chaque fois qu’il exprime cette radicalité, mais beaucoup (trop) d’énergie a été dépensée pour parvenir à présenter un candidat, et l’est encore actuellement pour exister dans l’arène médiatique.<br />
Les grandes mobilisations antifascistes et antiracistes internationales du 18 mars montrent les possibilités, quand on est déterminé.e.s. La révolte qui a éclaté en Guyane, une des dernières colonies françaises, est bien plus proche de la réalité du monde qui vient que ce qui se joue dans les élections. Il nous faut regarder au-delà des frontières pour avancer, alors rendez-vous à Marxismos pour en discuter !<br />
<em>Vanina Giudicelli. Le 14 Avril 2017</em><br />
<em>Article écrit pour le journal de l&rsquo;organisation grecque <strong>SEK, Parti Socialiste des Travailleurs</strong></em></p>
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		<title>Nul n&#039;est censé ignorer… les élections ?</title>
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		<pubDate>Wed, 12 Apr 2017 08:05:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Élections]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Télévision, radio, internet, presse , café d&#8217;en bas, dîner entre amis, bavardage entre voisins, trajets en train, chez le coiffeur, dans la queue chez le boulanger ou dans la salle d&#8217;attente du médecin, on entend <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/nul-nest-cense-ignorer-les-elections/" title="Nul n&#039;est censé ignorer… les élections ?">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Télévision, radio, internet, presse , café d&rsquo;en bas, dîner entre amis, bavardage entre voisins, trajets en train, chez le coiffeur, dans la queue chez le boulanger ou dans la salle d&rsquo;attente du médecin, on entend plus parler QUE de ça : les présidentielles ! Plus que J-x, J-y, J-z… jours ! On dirait qu&rsquo;une météorite va s&rsquo;abattre sur la France.<br />
Il faut dire que cette fois nous sommes assez gâtés, du suspense, il y a !   Sera, sera pas mis en examen ? Mais oui ! Ira, ira pas quand même ? Mais si ! S&rsquo;alliera, s&rsquo;alliera pas ? Mais non ! Marchera, marchera pas ? On ne sait pas ! Se soumettra, se soumettra pas ? Pas sûr ! Aura, aura pas ses signatures ? Mais oui !<br />
Et pendant ce temps là … un jeune homme est violé par un policier à Aulnay sous bois (on ne compte plus les victimes des violences policières, œil perdu si ce n&rsquo;est la vie elle-même) et les manifestants qui réclament justice à Bobigny, gazés, nassés, frappés en même temps que le gouvernement inscrit la présomption de légitime défense pour les policiers dans la loi. Et aussi la justice qui rejette le pourvoi déposé par la famille d&rsquo;Ali Ziri, soldant par un échec définitif la longue bataille pour son droit de la famille du chibani tué dans le fourgon de police le 9 juin 2009 lors de son arrestation.<br />
Et pendant ce temps là…  les résidents des foyers d&rsquo;immigrés n&rsquo;en peuvent plus de leurs conditions de vie, des rochers sont placés sous les ponts du métro aérien pour empêcher les réfugiés de s&rsquo;allonger sur leur carton à l&rsquo;abri de la pluie, Cédric Hérou, dans la vallée de la Roya est jugé pour délit de solidarité, les frères Traore sont envoyés en prison, serait-ce pour entraver leur détermination à obtenir la vérité sur la mort de leur frère assassiné par la police ?…<br />
Mais pendant ce temps là, alors que le FN n&rsquo;hésite plus à venir sur les marchés, des collectifs s&rsquo;organisent pour répliquer.<br />
Mais pendant ce temps là les salariés sans papiers, avec la CGT, occupent le centre administratif du marché de Rungis pour obtenir leur régularisation.<br />
Mais pendant ce temps là des habitants de Calais, bravant le froid des hivers du Nord, vont prendre leur douche sur la place d&rsquo;Armes pour protester contre Madame la Maire qui, non contente de supprimer les points d&rsquo;eau,  interdit désormais aux militants de donner à manger aux migrants.<br />
Mais pendant ce temps là des tailleurs de pierre vont sculpter des œuvres polémiques sur les rochers déposés par les autorités pour empêcher les migrants de s&rsquo;allonger sur le sol.<br />
Mais pendant ce temps là plus de 10 000 personnes défilent dans les rues de Paris et de plusieurs autres villes pour la dignité, contre le racisme et les violences policières.<br />
On pourrait ces temps ci multiplier à l&rsquo;infini ces exemples de résistance, mais quel message nous envoient ils vraiment ?<br />
Certes François Fillon, candidat à la présidence de la République, a dénoncé, après une manifestation « musclée » à Nantes contre la venue de Marie Le Pen, un « climat de guerre civile » et demandé des mesures pour que « les ennemis de la démocratie cessent de perturber la campagne présidentielle »&#8230; On croit rêver&#8230; !  Mais est-ce bien de cela dont il s&rsquo;agit ? Perturber la campagne ???<br />
Ne s&rsquo;agit-il pas plutôt d&rsquo;un frémissement grandissant qui laisse entrevoir que la révolte est proche.  La certitude  que les élections sont sans importance s&#8217;empare d&rsquo;un grand nombre de citoyens. Nombreux sont ceux qui savent désormais que rien ne changera quel qu&rsquo;en soit le résultat et qu&rsquo;il faudra trouver de nouvelles formes d&rsquo;organisation pour tenter d&rsquo;échapper au monde que tous les « grands » candidats nous proposent.<br />
Mais leurs programmes, quel monde  nous proposent-ils ?<br />
Une des réponses, nous l&rsquo;avons eue lors de la visite d&rsquo;un Ehpad, visite organisée par François Fillon, soucieux de confronter son projet à des acteurs de terrain, des aides soignantes en l’occurrence.<br />
Nul n&rsquo;ignore pourtant la crise de l&rsquo; hôpital, le manque criant et croissant de personnel et la détresse des soignants qui donnent de leur vie au service des malades au delà même de ce qu&rsquo;il paraît possible. Or lorsque le personnel de l&rsquo;hôpital invective le candidat à la présidence au sujet de la pénibilité de son travail et de son épuisement professionnel,  alors qu&rsquo;il est question d&rsquo;augmenter le temps travail à 39 heures, la réponse de celui qui entend gouverner la France est inimaginable de mépris, insultante, surréaliste : « ainsi vous voulez que je fasse de la dette supplémentaire ? »  Aucun dialogue, aucune communication, aucune tentative de compréhension n&rsquo;est possible entre ces deux mondes qui resteront définitivement distincts, aussi étrangers l&rsquo;un à l&rsquo;autre que la carpe et le lapin !<br />
Certes François Fillon c&rsquo;est la droite pure et dure, mais parmi les autres « grands » candidats, c&rsquo;est à dire ceux susceptibles d&rsquo;être élus, en est-il un, ou une qui ne se soucie prioritairement de la dette ? En est-il un ou une qui veule sortir du monde capitaliste même s&rsquo;il se prétend contre le système ? Et comme le dit Cédric Durand dans son article <em>Les remèdes toxiques à la crise financière</em>  : « l&rsquo;austérité demeure la principale boussole des dirigeants politiques ».<br />
Il affirme cependant, parlant de la plus grande puissance économique du monde, mais dont nous pouvons malheureusement nous inspirer : « Après les années 1930 et les années 1970, la décennie 2010 s&rsquo;annonce comme une décennie charnière. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une période de turbulences où les difficultés internes à la dynamique du capitalisme et les contradictions sociales ne peuvent être surmontées qu&rsquo;au niveau politique, par des changements institutionnels fondamentaux. »<br />
Faudra-t-il donc attendre, pour apaiser la souffrance sociale, la décennie 2020, ou bien se tourner vers un protectionnisme patriotique remettant en cause toutes les volontés humanistes et internationalistes auxquelles nous sommes attachés, qui ne supportent plus les naufrages des migrants en Méditerranée, les morts dans le désert et la construction de grillages et de murs toujours plus hauts ? Faudra-t-il se résoudre à choisir entre la peste et le choléra ?<br />
Pendant ce temps la, il est certain que nous vivons une crise majeure, une certaine décomposition des institutions,  des luttes sociales peu vigoureuses, un danger fasciste réel et qu&rsquo;il faut se préparer à une lutte politique de grande envergure. Voilà pourquoi lorsque nos casseroles seront trop cabossées à force d&rsquo;avoir tapé dessus, il faudra bien crier plus fort, tous ensemble, dans la rue, encore plus fort pour que s&rsquo;écroule ce vieux monde à bout de souffle dont nous ne voulons plus et qui ne nous laisse de choix qu&rsquo;entre le fascisme et le capitalisme.<br />
MT, 9 avril 2017</p>
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