Au fil du mouvement – Arrêter le travail, commencer à vivre !

Chroniques du mouvement contre la réforme des retraites

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Le mouvement contre la réforme des retraites a démarré jeudi 19 Janvier 2023. Avec plus de 2 millions de manifestant·es dans toute la France selon les syndicats, cette première journée se situe déjà à un niveau historique. Tout au long de ce mouvement qui s'annonce spectaculaire, nous vous proposons d'en faire ici une chronique militante sous forme de brèves locales après chaque temps fort. Ces retours, forcément subjectifs, permettent de partager expériences et perceptions des dynamiques militantes d'une ville à une autre. C'est donc un appel à contribution : n'hésitez pas à partager vos expériences, nous les publierons ici !

mis à jour le 22/01/23

Sur le 19 Janvier

RENNES 

Énormément mais genre ÉNORMÉMENT de monde à Rennes j’ai jamais vu ça, on doit être plus que le 5 décembre 2019!

Barnabé, Rennes

Quand je suis arrivé en avance au lieu de rendez vous de la manif, on était déjà plus que ce qu’on est d’habitude 30 min après l’heure annoncée. La rue s’est remplie très vite et quand j’ai pris de la hauteur pour chercher quelqu’un, je me suis rendu compte que je ne la trouverai jamais, les gens étaient tellement serrés qu’on ne voyait que le haut de leur tête. J’ai dit à ma camarade « on est bien plus de 10 000 », et elle ne m’a pas cru. Je n’avais jamais assisté à une manif avec plus de 10 000 personnes à Rennes donc je ne savais pas compter plus haut à l’œil. Plus tard les chiffres de camarades plus aguerries et des journalistes sont arrivés : on était 25 000. Ça n’était pas arrivé depuis plus de 10 ans. Les chiffres du 5 décembre 2019 ont été largement surpassés. À nous de faire en sorte de dépasser ceux de 2010 ! Alors que le début de la manif avait fait le tour du parcours et était revenu, la fin n’était pas encore partie. Les derniers cortèges syndicaux ont mis 4h à faire la boucle dans le centre-ville, qui pourtant n’est pas très grand. 

Avec les camarades d’A2C, rejoints par des camarades de Nous Toutes 35, on a distribué un millier de tracts de la Marche des Solidarités contre la loi asile et immigration en préparation. Les gens étaient réceptifs, tous les tracts sont partis, certains en demandaient même. On a eu de belles réponses appuyant l’importance de la solidarité. Quelques réticences ont tout de même été exprimées, surtout de la part de vieux syndicalistes qui n’ont pas voulu entendre parler d’anti racisme. Mais ils étaient largement en minorité par rapport à toutes les personnes intéressées et déterminées.

Ça donne de la force pour organiser la mobilisation ! 

Pendant la manif, j’ai surtout participé au cortège féministe, très animé. Beaucoup de slogans contre le capital et le patriarcat ont été chantés, l’hymne de la grève féministe « Patriarcat au feu, et les patrons au milieu ! » (sur l’air de Freed from desire) a été repris à de multiples reprises et dansé à la fin. Il y avait quelques pancartes avec des slogans bien trouvés. Les camarades de NT35 distribuaient des tracts sur la grève féministe et les liens étaient facilement faits par les gens. 

Le cortège étudiant était assez gros aussi, et déterminé !! « Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère : de cette société là, on n’en veut pas ! » Plusieurs syndicats étudiants étaient représentés, en grande majorité Solidaires et l’Union Pirate. 

Les cortèges syndicaux étaient immenses et très nombreux. Quand je suis arrivé à Charles de Gaulle, c’est le nombre de syndicats différents qui m’a d’abord sauté aux yeux. Je n’avais jamais vu certains drapeaux en 4 ans de luttes sociales. Et ces nouveaux groupes (pour moi) n’étaient pas là à 2 syndicalistes mais à 40, 50, 60 grévistes avec chasubles à chaque fois pour les petits groupes. Les cortèges des gros syndicats prenaient des rues entières. 

Quand on est retournés à Charles de Gaulle, des gaz lacrymogènes ont été lancés. J’ai appris plus tard que le canon à eau avait été utilisé sur le block des autonomes et sur un cortège de vieux syndicalistes qui se trouvait là (la fin de la manif rejointe par le début de la manif constitué du block). La répression n’a pas été aussi violente qu’elle a pu l’être pendant la lutte contre la Loi sécurité globale, les forces policières étaient largement dépassées par le nombre malgré tous leurs équipements (dont plusieurs étaient neufs, camion à eau et camions de CRS, ya de l’argent quand ils en veulent). 

Une manifestation historique en tous cas, qui galvanise et donne un coup d’envoi enthousiasmant au mouvement social contre les retraites, contre toutes les lois précarisantes et pour la solidarité ! 

À samedi ou la semaine prochaine !

Ju, 20 ans, Rennes

LE HAVRE 

Au Havre, nous avons manifesté à 10h. Nous étions 11 000 selon la préfecture, 30 000 selon les syndicats ! L’ambiance était joyeuse et sereine. Différents corps de métier étaient représentés avec notamment beaucoup d’enseignants et de dockers. Il y avait également la présence du collectif Nous Toutes. Des chants ont eu lieu tout au long du parcours avec des mini chorales à certains tournants. La marche s’est terminée un peu avant 12h30, en musique 🎶 

Une AG intersyndicale enseignante a eu lieu à 9h, avant la manif. Nous étions 160 (ce qui est assez encourageant par rapport à 2019). Tout le monde est motivé pour gagner en puissance progressivement et s’organiser pour des grèves reconductibles après la vacances (pour ne pas que tout s’arrête aux vacances), et se mobiliser selon ce qui se fait dans les autres secteurs et au niveau national ! En attendant, nous comptons en parler un max aux collègues, et parents si on peut, pour que le mouvement prenne de l’ampleur.  🔥

Maël, Le Havre


NANTES 

À Nantes, avec deux personnes de ma promo et une amie militante du NPA, on a créé mardi soir 3 pancartes avec des revendications plus féministes parce qu’on regrettaient qu’il n’y ait pas la présence d’un cortège féministe de prévu. Et on se voyait pas se sentir absentes du mouvement en tant que féministes révolutionnaires… 

J’ai réussi à motiver 3 personnes de ma promotion à la fac, dont deux qui n’avait jamais été en manif (première manif à 45 000, c’est du haut level!). Quand nous sommes arrivé·es, j’avais du mal à comptabiliser combien nous étions. Le premier chiffre que j’entends, c’est 20 à 30 000, et déjà je trouvais ça colossal, n’ayant jamais fait de manifestation à plus de 10 000 personnes en dehors de manifestations parisiennes. Et puis tout le monde avance, malgré la pluie et le froid, de gigantesques cortèges syndicaux, un imposant cortège étudiant, je ressens une certaine connivence entre toutes ces personnes et générations représentées. Finalement, nous étions entre 45 et 50 000 personnes, sachant qu’au bout d’à peu près une heure de manifestation, j’ai appris que des personnes n’avaient toujours pas pu partir du point de départ. De 10h30 jusqu’aux alentours de 13h30 nous étions toustes dans la rue. C’était vraiment massif, on ne voyait jamais la fin des cortèges. 

Le cortège étudiant·es, dans lequel je suis majoritairement resté, était vraiment animé avec des slogans politiques, économiques et de solidarité : entre travailleur·euses et/ou jeunes etc. C’était fort, c’était joyeux, des très jeunes à des personnes syndiquées depuis des années, et par exemple, une retraitée à l’âge de 70 ans qui est venue nous voir au début de la manifestation en voyant nos pancartes, disant qu’elle resterait féministe tant qu’il le faudra. 

On a collé des stickers tout le long du parcours #ContreDarmaninEtSonMonde, et une journaliste est venue discuter avec nous pour en savoir plus sur l’annonce d’il y a quelques mois du ministre de l’intérieur d’ouvrir un CRA à Nantes, alors j’en ait forcément profité pour parler de la proposition de loi asile et immigration de Darmanin.

D’ailleurs je n’ai pas vu de cortège antiraciste lors de la manifestation : preuve qu’il va falloir continuer à convaincre que ces propositions de réformes et lois, ont une logique politique globale… 

Pour finir, j’ai discuté avec les personnes que je connais sur Nantes, et que ce soit du milieu militant ou non, j’ai appris qu’elles avaient majoritairement été à la manifestation, parfois en ayant fait une demi-journée de grève, voire une journée entière, on sent que les personnes qui nous entourent sont déjà convaincues et je trouve ça beau.

Aude, Nantes


PARIS 18e 

Depuis lundi dans le 18eme la lutte contre la réforme des retraites s’organise ! 

Tout au long de la semaine l’UL CGT 18e et le collectif 18e en Lutte ont distribué des tracts aux sorties de métro pour appeler à la manif de jeudi : super ambiance et on a senti tout au long de la semaine l’hégémonie de l’opposition à cette réforme et la possibilité d’une manifestation réussie ! 

Le collectif 18e en Lutte a imprimé une série de visuels pour combattre en bloc la réforme des retraites mais aussi la loi Darmanin : en effet c’est toute la logique libérale et raciste de ce gouvernement qu’il faut combattre ! 

Un départ commun du 18e a été prévu : nous étions une bonne vingtaine et nous avons retrouvé d’autres militant.es du quartier à la manifestation (notamment de EDF de l’arrondissement) . Arrivé.e.s à la manif nous avons été frappé.e.s par ce raz de marée qui s’apprêtait à défiler à Paris ! Rien que de voir ça a mis la patate a tout le monde pour la suite ! Nous n’avons pu partir qu’à 16h30 pour un départ de la manif prévu à 14h mais le monde était tel qu’il a fallu patienter ! 

De retour dans le 18e avec les militant.e.s présent.e.s nous avons décidé d’appeler à une 1ère assemblée interprofessionnelle lundi ! 

La lutte ne fait que commencer !


TOULOUSE  

Présence massive de tous les syndicats qui ont fait appel à la grève et à la manif. Rendez-vous était donné à 10h du matin au monument aux morts, métro François Verdier. En arrivant c’était déjà impossible d’arriver au point de départ car il y avait énormément de monde. Matinée très froide à Toulouse, mais ça n’a pas du tout empêché la mobilisation. Les cortèges syndicaux étaient très larges, présence des plusieurs secteurs, notamment les cheminot·es, les profs, personnel soignant, Airbus, d’autres secteurs du public et du privé. Toutes générations représentées, présence des retraité·es, actif·ves, chômeur·euses, étudiant·es, lycéen·nes, cortège de la fac du Mirail. Animations diverses, plusieurs pancartes citant l’injustice de cette réforme, surtout pour les femmes et pour les plus précaires. Les slogans parlaient souvent de la précarité générale, des femmes, des étudiant·es, etc. 

Ça faisait un moment que nous n’avions pas vu une si grande manifestation, peut-être en 2019/2020 pendant les luttes contre l’autre réforme des retraites, mais c’est sûr que ça ne s’était pas déroulé depuis le début de la crise COVID. 

Très bonne ambiance, beaucoup de camarades se sont mis en grève, certain·es pour la première fois. Je n’ai pas réussi à parcourir toute la manif car elle était vraiment très large, mais j’ai eu l’impression que la grande majorité des mouvements sociaux de Toulouse étaient présents. Je n’ai pas pu voir le cortège féministe organisé par l’interorga féministe, ni s’il y avait un cortège de personnes “sans-papiers”. Le DAL (droit au logement) était présent. 50 mille personnes ! 
Pour Toulouse, j’ai entendu 60 000 de la part d’une street médic et en ressenti j’aurai plutôt tendance à dire 400 000. ✨

J’ai pas vu de traces de slogans fafs ou d’Alliance. J’ai repéré la présence de la CGC (Confédération Générale des cadres) dont les membres ont été un peu chahutés par les Gilets Jaunes.

Il y avait aussi un rassemblement totoïde à 14h en non déclaré avec plus de monde que prévu. On sentait que la police n’avait pas envie de rigoler pour la suite, gros niveau de répression.

En tout cas le rapport de force est posé, organisons la greve généraaaaaaale 🔥

TOULOUSE  #2

Env. 40 000 manifestant-es dans la rue aujourd’hui, dont des énormes cortèges syndicaux de travailleur-es et étudiant-es très visibles mais plus ou moins animés et vocaux. Des cortèges d’entreprises privées énormes Thalès, Airbus, mais aussi des PME.

Avec l’interorga féministe on a organisé un cortège féministe qui s’est lié avec le cortège de Solidaires Asso (Faire Face autodéfense, Actu Up sudwest Planning Familial, Griselidis (Asso communautaire de TDS), Case de Santé communautaire, etc). Le cortège féministe était revendicatif et festif, présence de la chorale féministe, le collectif de tambour féministe. On a chanté les « Penn Grévistes », une goguette de « Penn Sardines » et « Sans Nous le monde s’arrête » (Goguette de Freed from desire).

L’appel à la grève féministe a été entonnée tout du long de la manif.

A 15h, AG du secteur éducation département Haute Garonne (31). 250 participant-es à l’AG, une super bonne énergie, plusieurs propositions d’actions, de débats contradictoires sur les perspectives de suite de la grève : suivre le calendrier des raffineurs – 48h puis 72h – ou grève reconductible dès vendredi 20 janvier. Une prof présente en AG a lancé « tout à l’heure en manif j’ai entendu le slogan ‘Patriarcat en feu, les patrons au milieu’ et je propose qu’on l’utilise pour nos actions! ».

Relevé de décisions :

– l’AG éduc 31 se calque sur le calendrier des raffineurs pour poser les grèves 48h, jeudi et vendredi 26-27 janvier, plutôt qu’attendre les annonces de l’intersyndicale nationale

– l’AG encourage des AG de secteurs géographiques à s’organiser pour favoriser les cadres autonomes

– l’AG soutient l’initiative d’une AG lycéenne, mardi 24 janvier.


GRENOBLE

À Grenoble, il y a eu vraiment beaucoup beaucoup de monde aussi, j’ai du mal à donner des chiffres mais tout le monde convenait que c’était la plus grosse manifestation depuis pas mal d’années !

NÎMES

Pour Nîmes aussi c’est IMMENSE ! On estime dans un journal local qu’il y avait 20.000 personnes qui ont participé à la manif aujourd’hui à Nîmes… qui était très particulière pour son échelle.


MARSEILLE

A 10h, la place des Réformés et tout le haut de la Canebière sont remplis de monde. On entendait de tous les côtés que ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vécu une manifestation comme ça, avec autant de monde. On le sent, il se passe « quelque chose ».

Les syndicats annoncent 140 000 manifestantes.

Un groupe, issu de l’assemblée générale de lundi contre la loi asile et immigration de Darmanin a préparé une banderole « Avec ou sans papiers, même classe, mêmes luttes » et a imprimé des tracts faisant le lien entre la réforme des retraites et la loi sur l’immigration de Darmanin. 

Une dizaine de personnes tractent donc auprès des syndiqué•es pour dénoncer le gouvernement raciste de Darmanin, et convaincu sur la nécessité de lutter également auprès des sans-papiers pendant le mouvement social. Les personnes, toutes réceptives, nous racontent que cette mobilisation n’est effectivement pas uniquement sur les retraites mais sur l’ensemble des attaques de Macron face aux travailleuses•euses et aux précaires. Les prochaines assemblées générales contre la loi Darmanin, dans deux semaines permettront probablement de continuer les discussions sur les liens à construire avec le mouvement social contre les retraites. 

Le cortège lycéen chante « La jeunesse emmerde le Front National ». L’union départementale de la CGT a également affiché un message clair, suite à l’infiltration de l’Action Française la veille pendant la marche aux flambeaux : l’extrême-droite n’est pas la bienvenue dans nos cortèges. 

Un appel à une AG étudiante nous a permis de discuter des possibilités de construire une mobilisation étudiante en lien avec la réforme des retraites mais aussi contre le gouvernement Macron qui nous prépare un avenir de précarité pour l’ensemble des étudiant•es. A été évoqué l’envie de formaliser l’existence d’un comité de mobilisation étudiant•es pour pouvoir tracter sur les différentes réformes qui vont passer ces prochains mois. Peu d’étudiant.es ont été présents.es mais l’envie de massifier à travers des appels à AG et des sessions de tractage sur les différents campus permet d’imaginer de mobiliser davantage les étudiant.es à Marseille.

Construire l’autonomie de classe en construisant un discours antiraciste et une prise de conscience des multiples attaques contre tous•tes les travailleur•euses, les précaires et les sans-papiers. A ce sujet, une jolie banderole s’est déployée pendant la manif !


PARIS

La force du nombre, on était partout, on était 400 000, on débordait dans toutes les rues, c’était fini les flics sur les côtés en permanence dans nos champs de vision, plus de nasse qui ont tant de fois pourri nos manifs. Ils pouvaient bien essayer d’attaquer la où ils pouvaient ça n’y changeait rien. La force qu’on a sentie jour là, putain c’était la classe !

La force, la détermination et l’action d’un noyau de militant.e.s sans papiers, antiracistes qui s’était retrouvé pour diffuser des tracts contre la loi Darmanin ont permis d’informer sur le danger incarné par cette loi raciste et ont montré qu’on était prêt a se battre au côté de toutes et tous.

On a distribué les 8000 tracts et milliers d autocollants, encore plus ont vu la présence d’un cortège prêt a se battre contre la Darmanin, nous étions une goutte d’eau mais qui fait du bien à toutes et tous, ça se voit ! On était noyé, mais qu’est ce qu’on était bien ! 

Et on peut sortir avec un premier constat pour le combat contre la loi Darmanin : beaucoup ne sont pas au courant du projet de loi, de son contenu. Et donc notre première tache est de faire connaître la loi Darmanin, de convaincre de la menace qu’elle constitue et d organiser celles et ceux qui sont prêt.e.s a se battre.

C’était une manifestation incroyable, un espoir, un rappel de notre force. La joie de savoir que partout dans les villes qui manifestaient plus tôt, on était encore plus ! On nous dit 2 millions, mais donc on peut faire mieux, c’est encore plus fou. Qu’on ne nous dise pas qu’on ne peut pas gagner. Il nous reste à convaincre que c’est possible ! 

Mathieu Pastor, Paris 20e

ROMAINVILLE

Une AG interpro s’est tenue à Romainville le 19 janvier au matin. Elle a été créée en 2019 par des professeur.e.s des écoles de la circonscription (qui s’étend sur 3 villes) et il s’agit aujourd’hui de la réactiver et de la reconstruire.

27 personnes étaient présentes, parmi elles une majorité d’enseignant.e.s (syndiqué.e.s ou non) mais aussi des retraité.e.s, étudiant.e.s, un membre de l’UL CGT … Même si ce chiffre peut paraître décevant, étant donné le contexte et l’absence total de métro ce jour-là, c’est plutôt encourageant, les camarades semblant plutôt convaincu.e.s et déterminé.e.s.

Les débats ont fait état de la nécessité d’œuvrer pour un élargissement du mouvement, de la nécessité de la reconduction et donc d’une caisse de grève mais aussi du constat que la réforme des retraites s’inscrivaient dans un projet global violent (loi lopmi, loi anti squat, loi Darmanin, réforme de l’assurance chômage, …) et qu’il fallait faire les liens entre toutes ces attaques. L’école est propice au renforcement d’une lutte interprofessionnelle, elle est le lieu qui réunit professeur.e.s des écoles, AESH (emploi féminisé et très précaire), territoriaux (animateurs, animatrices, ATSEM, …), parents d’élèves (sans papier, chômeurs, chômeuses, salarié.e.s précaires, …).

Quelles actions concrètes mettre en place pour élargir le mouvement ?
Comment s’adresser aux parents d’élèves et aux autres secteurs ?

Il a été décidé de réserver une salle tous les jours et de déposer des intentions de grève pour les professeur.e.s des écoles jusqu’aux vacances de février, d’organiser des réunions dans les écoles et/ou des petits déjeuners devant les grilles pour échanger et convaincre, d’organiser des passages dans différents lieux des 3 villes (entreprises, bibliothèques, …), d’écrire un tract à l’attention des parents d’élèves et, surtout, de préparer une soirée festive et militante dans une école de chaque ville comme cela avait été organisé en 2019 (repas, informations, débats, film, concerts, avec différent.e.s intervenant.e.s et invité.e.s…). Il a aussi été décidé d’organiser une garde d’enfants pour permettre à toutes et tous de participer aux différentes actions.