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	<title>Archives des Ukraine - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<description>Pour l&#039;autonomie de classe !</description>
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	<title>Archives des Ukraine - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Ukraine. Pas d’union sacrée avec Trump et Macron</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alice]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Mar 2026 20:21:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Partant des analyses de Marx et d’autres révolutionnaires, nous pensons que les grandes guerres modernes ne sont pas la faute de dirigeants sanguinaires ou assoiffés de pouvoir mais qu’elles sont inhérentes à la logique même <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/ukraine-pas-dunion-sacree-avec-trump-et-macron/" title="Ukraine. Pas d’union sacrée avec Trump et Macron">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Partant des analyses de Marx et d’autres révolutionnaires, nous pensons que les grandes guerres modernes ne sont pas la faute de dirigeants sanguinaires ou assoiffés de pouvoir mais qu’elles sont inhérentes à la logique même du capitalisme. À plusieurs reprises dans les pages de cette revue, nous sommes revenu·es sur les racines impérialistes de la guerre en Ukraine<sup data-fn="441c87db-e4ff-473f-a979-a733a4263fb5" class="fn"><a href="#441c87db-e4ff-473f-a979-a733a4263fb5" id="441c87db-e4ff-473f-a979-a733a4263fb5-link">1</a></sup>. Dans cet article, nous avons choisi de polémiquer avec celleux qui sont en désaccord avec notre analyse.</em></p>



<p>Aujourd’hui, 80 ans après la fin de la dernière guerre mondiale, avec le développement de la crise économique mondiale, nous assistons à une exacerbation de la concurrence capitaliste à tous les niveaux. La lutte pour un nouveau partage du monde s’accroît et une nouvelle guerre mondiale nous menace. Après la disparition de l’URSS, la Russie s’est trouvée très affaiblie par la perte des pays de l’Europe de l’Est au profit du bloc de l’Union Européenne sous le parapluie d’un OTAN conquérant étendu jusqu’aux frontières de la Russie. C’est dans cette situation explosive que la Russie de Poutine cherche à se repositionner en envahissant l’Ukraine (entre autres opérations). Et les États-Unis, tout comme la Chine et l’Europe, raisonnent et agissent de la même manière.<br>Avant la Première Guerre mondiale, que tout le monde voyait venir, tous les grands partis de gauche avaient juré qu’ils n’iraient pas faire la guerre pour les capitalistes et tuer leurs frères de classe. Quand la guerre a éclaté, presque tous ont trahi leur parole et le monde a plongé dans l’horreur. Aujourd’hui nous devons renouer avec cette tradition internationaliste mais cette fois-ci en s’assurant que les paroles deviennent des actes.</p>



<p><br><strong>La guerre en Ukraine ne serait pas la même chose que la Première Guerre mondiale ?</strong><br>Contrairement à 1914-18, nous dit-on, nous n’assistons pas à une guerre inter-impérialiste entre deux puissances ou deux blocs impérialistes car il n’y aurait pas d’affrontement direct entre les armées de la Russie et de l’OTAN. La guerre ne serait donc qu’une simple guerre de défense ou de libération nationale, comparable à celle du Vietnam où les Vietnamien·nes avaient reçu l’aide des États soviétiques et chinois. Mais c’est ne pas voir que le soutien financier et militaire absolument colossal des puissances occidentales groupées autour de l’OTAN en fait néanmoins une guerre inter-impérialiste, non pas directe mais par procuration – une guerre par procuration entre le bloc de l’OTAN et la Russie avec malheureusement la population de l’Ukraine comme chair à canon. Cela ne signifie pas que dans ce conflit il n&rsquo;existe aucun élément de lutte de libération nationale mais que, pris dans son contexte global, cet élément est marginal par rapport à la caractéristique dominante de la guerre qui est surtout une guerre entre l’impérialisme russe et les puissances impérialistes occidentales.<br>Ce n’est d’ailleurs pas la première fois dans l’histoire que ce type de situation se présente. En 1914, l’héritier du trône de l’Empire austro-hongrois fut assassiné à Sarajevo en Serbie. L’Empire austro-hongrois a immédiatement envahi la Serbie. La Russie est intervenue pour soutenir son alliée la Serbie et l’Europe s’est embrasée. Pris isolément on pourrait parler d’une guerre de défense nationale par les Serbes mais cet élément était totalement noyé dans une guerre inter-impérialiste qui n’attendait qu’à éclater. Les révolutionnaires de l’époque caractérisaient la situation de 1% de lutte de libération nationale serbe et 99% de guerre impérialiste. C’est d’ailleurs tout à l’honneur du Parti socialiste serbe d’être resté fidèle aux résolutions de tous les grands partis de gauche de l’époque qui affirmaient que la guerre qui venait ne serait pas la leur. Le Parti socialiste serbe a voté contre les crédits de guerre. L’immense majorité des autres partis de gauche ont voté pour et ont envoyé des millions de travailleur·euses à leur mort. La guerre en Ukraine est certainement moins de 99% impérialiste mais c’est toujours ce qui la caractérise en premier lieu.<br>Dans ce contexte, Zelensky et son gouvernement ont choisi d’être complètement dépendants des États-Unis et de l’Europe et n’ont, contrairement aux Vietnamien·nes, aucune autonomie réelle en ce qui concerne le contrôle du déroulement de la guerre, ni des conditions de son arrêt, ni de sa poursuite. Par ailleurs, une des raisons pour lesquelles les révolutionnaires ont toujours soutenu les luttes de libération nationale est que leur victoire permet d’affaiblir l’impérialisme à l’étranger comme au cœur du pays.<br>L’immense mouvement de contestation aux États-Unis contre la guerre du Vietnam et la défaite de l’impérialisme américain ont fait que le « syndrome du Vietnam » a empêché toute intervention militaire états-unienne de grande ampleur pendant une décennie. Du mouvement des femmes aux Black Panthers en passant par le mouvement des droits civiques, toute une génération d’États-Unien·nes a été transformée. En France, également, la défaite de l’État français en Algérie a largement contribué à la radicalisation de pans entiers de la jeunesse française dans les années 1960.<br>Aujourd’hui, en Ukraine, une victoire de la première puissance impérialiste mondiale et de ses acolytes européens signifierait un renforcement de toutes les tendances nationalistes et guerrières dans nos pays. Évidemment, la même chose vaut pour l’impérialisme russe et nous souhaitons aussi sa défaite. Mais la question c’est comment et par qui ? Nous y reviendrons.</p>



<p><br><strong>Une guerre pour la démocratie contre le fascisme ?</strong><br>Parmi les forces politiques qui sont pour un renforcement du soutien financier et militaire à Zelensky de la part des États-Unis et de l’Europe il y a des partis de gauche, comme le PS et les Verts mais aussi de la gauche révolutionnaire comme le NPA – l’Anticapitaliste. Un des arguments pour justifier cette position est de dire que le régime de Poutine serait devenu « fasciste ». Nous avons développé ailleurs<sup data-fn="f41e976a-352a-400c-840a-1949e2bcc289" class="fn"><a href="#f41e976a-352a-400c-840a-1949e2bcc289" id="f41e976a-352a-400c-840a-1949e2bcc289-link">2</a></sup> une analyse historique du fascisme et des formes qu’il prend aujourd’hui. Nous n’avons pas l’espace de la reformuler ici. Mais pour nous, s’il est clair que Poutine est un dictateur sanglant à la tête d’un État policier redoutable, ce n’est pourtant pas du fascisme. Il y a des idéologues russes autour de Poutine qui développent des théories fascistes ou proches mais il n’y a pas de parti et de mobilisation de masse fascistes.<br>Afin de justifier le soutien (même critique) au camp de l’OTAN on en arrive non seulement à faire de Poutine le mal absolu mais à embellir, ou du moins, à minimiser la vraie nature des prétendus défenseurs de la démocratie. Comment croire que les pays de cette alliance (et la France en premier lieu) se battent pour la démocratie, la liberté ou la justice ? Que ce soit, par le passé dans les guerres coloniales, au Vietnam ou en Algérie ; ou aujourd’hui, dans leur soutien indéfectible à des régimes dictatoriaux dignes de celui de Poutine comme l’Égypte d’Al-Sissi ou l’Arabie Saoudite de Ben Salmane, leur préoccupation n’est pas la démocratie mais simplement la défense de leurs intérêts économiques. Il est d’ailleurs de plus en plus clair que la crise du système les pousse dans une direction qui suit la même trajectoire que celle de la Russie : le soutien sans limite au régime génocidaire d’Israël et la reprise en main militaire par Trump du Venezuela avec la perspective d’autres aventures militaires à venir nous en donnent un aperçu.<br>Aucune guerre n’est identique à une autre mais celle qui se passe en Ukraine a de fortes ressemblances avec les grandes guerres du passé. En 1914 la gauche française prétendait que c’était une guerre pour la République et la démocratie contre le militarisme impérial du régime prussien, que ce serait une guerre très rapide. Aujourd’hui, comme en 1914, la guerre s’éternise, engloutit des milliards d’euros et aboutit au sacrifice de dizaines de milliers de soldats, parfois pour quelques centaines de mètres de territoire. Côté OTAN, 41 pays donateurs ont fourni 267 milliards d’euros sur trois ans et les budgets militaires explosent de partout. Plus de 300 000 Russes et Ukrainien·nes sont mort·es avec plus d’un million de blessé·es. Devant ce massacre, d’après le journal Libération, 250.000 soldat·es ukrainien·nes ont déserté depuis le début de la guerre dont la moitié sur les sept premiers mois de 2025.</p>



<p><br><strong>Les Ukrainien·nes seraient donc réduit·es à ne rien faire ?</strong><br>Si jamais iels acceptaient l’idée que faire appel à l’OTAN n’a fait qu’empirer les choses et qu’à terme il y aurait le risque d’une escalade vers une guerre nucléaire, alors, devraient-iels tout arrêter et juste subir les bombardements, accepter la mort des soldat·es et des civil·es puis une occupation russe ? Évidemment que non. Car, comme nous disions, même si le caractère dominant de la guerre est celui d’une guerre inter-impérialiste, il existe un réel élément d’oppression nationale, fondée sur une longue histoire de rapports coloniaux avec la Russie. C’est bien la Russie qui a mené une invasion injustifiée et on doit exiger le retrait de ses troupes. Face à cette attaque et à l’occupation de certains territoires, la résistance est légitime. Mais ne serait-il pas possible de s’organiser autrement qu’en se jetant dans les bras de l’OTAN ?<br>De manière paradoxale, l’idée de ce que pourrait être cette alternative est soulevée par Tara Bilous, un représentant d’une organisation de la gauche radicale ukrainienne dans une interview par le NPA<sup data-fn="b2f31ba5-3530-44dd-91c2-5268cd4f044d" class="fn"><a href="#b2f31ba5-3530-44dd-91c2-5268cd4f044d" id="b2f31ba5-3530-44dd-91c2-5268cd4f044d-link">3</a></sup>. Il est d’accord pour rejoindre l’armée de Zelensky mais dit que si jamais Zelensky avait été un fasciste, il aurait fallu une stratégie alternative, celle d’une guerre partisane indépendante. Évidemment Zelensky n’est pas un fasciste mais il est intéressant de voir qu’une autre stratégie est envisageable et que si elle était appliquée cela éviterait que la résistance soit liée à des forces qui la mènent à la catastrophe. C’est d’ailleurs en adoptant cette stratégie qu’elle aurait les meilleures chances de se rapprocher des Russes qui s’opposent à la guerre, à la fois sur le front et à l’arrière, ce qui est absolument crucial si on veut y mettre fin. Montrer qu’on n’est pas des soutiens de l’OTAN offre la meilleure possibilité d’être crédibles lors des appels à la fraternisation et à la fin de la guerre. Malgré les difficultés, des Ukrainien·nes ont réussi par le passé à s’adresser aux soldat·es russes et on peut espérer que cela se reproduira. Enfin, cette perspective internationaliste est aussi au cœur de la stratégie des révolutionnaires au sein des pays du camp de l’OTAN et notamment en France. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="49423e" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #49423e;" fetchpriority="high" decoding="async" width="1100" height="707" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/ukraine-2-1100x707.webp" alt="" class="wp-image-10955 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/ukraine-2-1100x707.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/ukraine-2-300x193.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/ukraine-2-768x494.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/ukraine-2-1320x848.webp 1320w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/ukraine-2.webp 1920w" sizes="(max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /><figcaption class="wp-element-caption">Manifestation antiguerre à Saint-Pétesbourg (Russie) le 24 février 2002, date de l&rsquo;invasion de l&rsquo;Ukraine par la Russie</figcaption></figure>



<p><br><strong>Nous avons besoin d’un mouvement international contre la guerre</strong><br>Un véritable mouvement de masse contre la guerre en Ukraine et les guerres ailleurs dans le monde, nous donnerait des forces pour chercher à y mettre fin. Nous avons vu avec la Palestine à quel point les immenses manifestations en Angleterre ou en Espagne et surtout la magnifique grève générale en Italie ont pu donner confiance au mouvement. Aujourd’hui, c’est en un clic que les images, comme la tête de mort de la Gen Z, sont relayées à travers la planète, d’un mouvement insurrectionnel à l’autre. Alors, malgré les difficultés, pourquoi pas jusqu’en Russie ? Le soutien à Poutine est loin d’être monolithique. La colère existe, chez les jeunes qui sont envoyé·es au front ou qui cherchent à le fuir, chez les familles, chez les parents qui perdent leurs enfants. Elle s’exprime difficilement pour le moment à cause de la répression mais elle existe et un jour ça pourrait très bien exploser à la face du régime.<br>En France, pour l’instant, le mouvement anti-guerre est faible, malgré le vrai potentiel illustré par le meeting contre la guerre organisé par le POI en octobre dernier<sup data-fn="4b887d3a-fba5-4d63-843a-3f8872a7440e" class="fn"><a href="#4b887d3a-fba5-4d63-843a-3f8872a7440e" id="4b887d3a-fba5-4d63-843a-3f8872a7440e-link">4</a></sup>. Mais après l’invasion du Venezuela, un tel mouvement pourrait décoller. Cela pourrait avoir un vrai impact sur la politique guerrière de Macron et trouver en même temps un écho chez les opposant·es à la guerre en Russie.<br>Plus les classes dominantes de ce monde s’enfoncent dans leur crise, plus elles essaient de nous préparer à la guerre qui vient avec leur propagande raciste et nationaliste et leurs appels à l’union nationale. Aujourd’hui, « la menace d’une invasion russe » est l’argument de choc de Macron pour nous faire accepter les immenses dépenses sur les armes et le budget d’austérité. Il faudra anticiper l’éventualité qu’un futur gouvernement essaie de nous embarquer dans une guerre. Contre la Russie ? Contre la Chine ? Un scénario pas si improbable que cela. Renforçons encore la lutte contre le racisme et le nationalisme et renouons avec la tradition de la solidarité internationale entre les travailleuses et travailleurs du monde entier.</p>



<p><br>Ross Harrold (Paris 20e)</p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="441c87db-e4ff-473f-a979-a733a4263fb5">Voir Jad Bouharoun (2022), « <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/se-preparer-aux-guerres-qui-reviennent/">Se préparer aux guerres qui reviennent</a> », Revue #04. Voir aussi notre brochure <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/brochures/brochure-imperialisme-la-trajectoire-du-capital/">Impérialisme : la trajectoire du Capital</a> (2023).  <a href="#441c87db-e4ff-473f-a979-a733a4263fb5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="f41e976a-352a-400c-840a-1949e2bcc289">Voir notre brochure <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/brochures/brochure-comprendre-le-fascisme-pour-mieux-le-combattre-version-actualisee/">Comprendre le fascisme pour mieux le combattre</a> (réédition 2025). <a href="#f41e976a-352a-400c-840a-1949e2bcc289-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="b2f31ba5-3530-44dd-91c2-5268cd4f044d">Tara Bilous (2022), « <a href="https://lanticapitaliste.org/opinions/international/autodetermination-et-guerre-en-ukraine">Autodétermination et guerre en Ukraine</a> », l’Anticapitaliste (republication). <a href="#b2f31ba5-3530-44dd-91c2-5268cd4f044d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="4b887d3a-fba5-4d63-843a-3f8872a7440e">Retour des camarades d’A2C présent·es à ce meeting : « <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/contre-leur-marche-a-la-guerre-groupons-nous/">Contre leur marche à la guerre : groupons-nous !</a> », Revue #19. <a href="#4b887d3a-fba5-4d63-843a-3f8872a7440e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/ukraine-pas-dunion-sacree-avec-trump-et-macron/">Ukraine. Pas d’union sacrée avec Trump et Macron</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Contre leur marche à la guerre : Groupons-nous !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/contre-leur-marche-a-la-guerre-groupons-nous/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Solen Rennes]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Nov 2025 13:39:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[antiguerre]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre à la guerre]]></category>
		<category><![CDATA[La paix par en bas]]></category>
		<category><![CDATA[Meeting]]></category>
		<category><![CDATA[POI]]></category>
		<category><![CDATA[Potere Al Popolo]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d&#8217;A2C #19 &#8211; novembre 2025 «&#160;Comme le disait l’écrivain français Anatole France au moment de la Première Guerre mondiale&#160;: «&#160;On croit mourir pour la patrie&#160;; on meurt pour des industriels&#160;». Des millions de <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/contre-leur-marche-a-la-guerre-groupons-nous/" title="Contre leur marche à la guerre : Groupons-nous !">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #19 &#8211; novembre 2025</h6>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«&nbsp;Comme le disait l’écrivain français Anatole France au moment de la Première Guerre mondiale&nbsp;: «&nbsp;On croit mourir pour la patrie&nbsp;; on meurt pour des industriels&nbsp;». Des millions de personnes sont mortes à cette époque, et c’est ce qui se reproduira si nous ne mettons pas fin à ce bellicisme et au réarmement. La classe dirigeante européenne mène déjà une guerre par procuration en Ukraine et soutient le génocide israélien contre le peuple palestinien&nbsp;».</p>
</blockquote>



<p>Ceci est un extrait d’un appel international « Pas un centime, pas une arme, pas une vie pour la guerre ! », dans le cadre duquel un meeting s’est tenu le 5 octobre à Paris. Organisé principalement par le POI, 4 500 personnes ont participé &#8211; militant·es politiques, militant·es pour la Palestine, syndicalistes &#8211; preuve que l’objectif de construction d’un mouvement anti-impérialiste et internationaliste rencontre un écho important.&nbsp;</p>



<p>De nombreuses interventions de militant·es de différents pays se sont succédé durant 3h. Il est possible de visionner le contenu des interventions de ce meeting par ici : </p>



<iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/14ylhM4xNeY?si=mUBugmq6vwW_C_vi&amp;start=3" title="YouTube video player" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>



<p>Compte tenu des arguments qui dominent en France, nous trouvons utile de mettre en avant quelques-unes de ces interventions.</p>



<p>D’abord, les interventions conjointes d’une militante russe et d’un militant ukrainien, regroupés au sein d’un collectif, «&nbsp;La paix par en bas&nbsp;», pour s’opposer à la guerre <span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_10275_4('footnote_plugin_reference_10275_4_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_10275_4('footnote_plugin_reference_10275_4_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_10275_4_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_10275_4_1" class="footnote_tooltip">1 &#8211; À l’inverse, nous ne pensons pas que la libération de la Palestine viendra de l’unité entre israéliens et palestiniens, ce que le choix des orateurs laisse entendre, avec une militante israélienne présente à la tribune. Lire à ce sujet <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/pourquoi-la-classe-ouvriere-israelienne-na-pas-interet-a-la-fin-de-lapartheid/">« Pourquoi la classe ouvrière israélienne n’a pas intérêt à la fin de l’apartheid »</a>, disponible sur notre site</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_10275_4_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_10275_4_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>À rebours de l’approbation de l’envoi toujours plus important d’armes en Ukraine. À ce sujet, nous conseillons l’écoute d’une introduction à une discussion que nous avons organisée récemment&nbsp;: «&nbsp;Pourquoi il faut s’opposer à l’intervention de la France en Ukraine&nbsp;».</p>



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<p><strong>Renforcer les mobilisations à la base, en lien avec la classe ouvrière organisée</strong></p>



<p>L’intervention d’un coordinateur national de <strong>Potere al Popolo&nbsp;!</strong> en Italie était attendue, puisque le 22 septembre, une grève générale contre le génocide à Gaza y a réuni plus d’un million de personnes. Maurizio Coppola explique comment cela a été rendu possible&nbsp;: «&nbsp;Sans la résistance palestinienne, tout cela aurait été impossible&nbsp;». Depuis le 7 octobre 2023, il y a eu «&nbsp;une accumulation incroyable des forces, produit du travail militant de chacun·e, qui descendait dans la rue, faisait des tractages, occupait les universités, faisait même des petites actions avec 30 personnes. Parfois on se dit que ça ne sert à rien mais ça sert à quelque chose, la preuve c’est la grève générale du 22 septembre et du 3 octobre&nbsp;!&nbsp;». Mais si un saut qualitatif a pu s’opérer, c’est «&nbsp;grâce à l’entrée en scène de la classe ouvrière organisée&nbsp;». Les dockers ont été capables de «&nbsp;lier une question internationale aux questions sociales du pays ». Et il revient sur un débat qu’il a avec les militant·es en France&nbsp;: «&nbsp;tout ce qui a été construit est le résultat des syndicats de base [USB], qui n’est pas un syndicat confédéral. Le principal syndicat, la CGIL, a même essayé de boycotter la grève du 22 septembre. <strong>Cela démontre qu’on doit insister pour renforcer le syndicat de base et en même temps faire pression sur les syndicats confédéraux pour qu’ils prennent une position juste</strong>&nbsp;».</p>



<p><strong>Prendre des initiatives coordonnées à l’échelle internationale.</strong></p>



<p>La dernière intervention, celle d’un des fondateur·rice·s de la coalition Stop the War en Angleterre, mérite également le détour. Cette coalition est née au début des années 2000 pour s’opposer à la guerre en Irak. John Rees a proposé de prendre une initiative du type de celle du 15 février 2003 contre la guerre en Irak, qui a rassemblé à travers le monde un nombre de manifestant·e·s jamais vu dans l’histoire.&nbsp;</p>



<p>Mais pourtant, le cadre organisateur du meeting ne propose à l’arrivée aucune perspective d’action, hormis une nouvelle réunion à Londres en juin 2026. On imagine donc qu’il y a des blocages importants, et que parvenir à organiser une initiative de cette ampleur est une bataille, comme ce fût le cas pour celle de 2003.</p>



<p class="has-text-align-right">Les camarades d’a2c présent·es au meeting international contre la guerre</p>



<p class="has-text-align-right"><br></p>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_10275_4();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_10275_4();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_10275_4">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_10275_4" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_10275_4_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_10275_4('footnote_plugin_tooltip_10275_4_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">1 &#8211; À l’inverse, nous ne pensons pas que la libération de la Palestine viendra de l’unité entre israéliens et palestiniens, ce que le choix des orateurs laisse entendre, avec une militante israélienne présente à la tribune. Lire à ce sujet <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/pourquoi-la-classe-ouvriere-israelienne-na-pas-interet-a-la-fin-de-lapartheid/">« Pourquoi la classe ouvrière israélienne n’a pas intérêt à la fin de l’apartheid »</a>, disponible sur notre site</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_10275_4() { jQuery('#footnote_references_container_10275_4').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_10275_4').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_10275_4() { jQuery('#footnote_references_container_10275_4').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_10275_4').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_10275_4() { if (jQuery('#footnote_references_container_10275_4').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_10275_4(); } else { footnote_collapse_reference_container_10275_4(); } } function footnote_moveToReference_10275_4(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_10275_4(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_10275_4(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_10275_4(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/contre-leur-marche-a-la-guerre-groupons-nous/">Contre leur marche à la guerre : Groupons-nous !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Se préparer aux guerres qui (re)viennent</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/se-preparer-aux-guerres-qui-reviennent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Meriem]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Oct 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[capitalisme militaire]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
		<category><![CDATA[guerre impérialiste]]></category>
		<category><![CDATA[Impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[rivalités impérialistes]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">L’invasion russe de l’Ukraine entre dans son 7e&#160;mois sans solution en vue. À l’autre bout de la planète, la concurrence économique entre la vieille puissance des USA et la Chine émergente se transforme sous nos <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/se-preparer-aux-guerres-qui-reviennent/" title="Se préparer aux guerres qui (re)viennent">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">L’invasion russe de l’Ukraine entre dans son 7<sup>e</sup>&nbsp;mois sans solution en vue. À l’autre bout de la planète, la concurrence économique entre la vieille puissance des USA et la Chine émergente se transforme sous nos yeux en rivalité militaire, avec le détroit de Taïwan comme point de déflagration annoncé. Après des décennies où les guerres semblaient se cantonner aux périphéries du système capitaliste, nous assistons au retour des combats et des tensions au cœur même du système : l’Europe et l’Asie du Sud-Est. Les rivalités économiques, commerciales et géopolitiques se doublent d’une course effrénée aux armements. La situation ressemble furieusement au début du 20<sup>e</sup>&nbsp;siècle qui avait accouché de la Première Guerre mondiale. Les révolutionnaires qui, à l’époque, avaient refusé de se ranger derrière leurs classes dirigeantes respectives avaient inscrit deux slogans sur leurs bannières : « l’ennemi principal est à la maison », et « transformer la guerre impérialiste en guerre civile ». Ces mots d’ordres sont-ils toujours d’actualité ?</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #04 &#8211; SEPTEMBRE 2022</h6>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-drop-cap">À en croire les réactions de la grande majorité de la gauche à l’invasion russe de l’Ukraine, la réponse est clairement non. Une partie insignifiante de la gauche légitimise de fait la guerre déclenchée par Poutine contre l’Ukraine et reprend, avec quelques nuances d’usage, la propagande du chef du Kremlin. Mais cette « gauche » ne mérite pas qu’on s’attarde sur son cas. Bien plus graves sont les positions prises par la gauche qui reconnaît à juste titre la nature impérialiste de la politique poursuivie par l’État russe, mais ne voit d’autre réponse possible que de s’aligner objectivement avec un impérialisme rival, donc avec sa propre classe dirigeante.&nbsp;</p>



<p>Sans prétendre à une revue exhaustive, cet article va tenter de montrer que les positions erronées de la gauche proviennent fondamentalement d’une incompréhension de la nature de l’impérialisme, qui l’empêche de voir la guerre en Ukraine dans son contexte plus large –&nbsp;et donc de se préparer aux confrontations à venir.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Qu’est-ce que l’impérialisme ?&nbsp;</strong></h2>



<p>D’une certaine manière, l’impérialisme existe depuis que l’État existe. Empire romain, égyptien, perse, arabe, chinois, germanique, mongol, ottoman, etc. : de nombreuses civilisations ont exhibé des tendances à l’expansion armée. Le schéma de l’époque était relativement simple : les classes dirigeantes de ces sociétés vivaient dans des grandes villes (Rome, Ctésiphon, Baghdad, Pékin, etc.) et exploitaient les classes paysannes des zones rurales aux alentours. Une puissance émergente avait donc tendance à utiliser son armée pour conquérir de nouvelles terres, accaparant ainsi plus de ressources qui servaient principalement à la consommation de la classe dirigeante. Dans ce contexte, les forces armées servaient principalement à assurer l’obédience des classes paysannes et l’extraction des ressources par la force. Les guerres entre les différentes puissances impérialistes avaient un caractère épisodique et secondaire ; le trait principal était la domination des faibles par les forts.&nbsp;</p>



<p>L’impérialisme moderne est un phénomène très différent. Son trait principal est la rivalité entre les plus grosses puissances capitalistes, alors que la domination des faibles par les forts, malgré toute sa brutalité, en est une conséquence.&nbsp;</p>



<p>L’impérialisme moderne trouve son origine dans le système économique capitaliste arrivé à un certain niveau de développement.</p>



<p>La tendance à la concentration et à la centralisation du capital, identifiée par Marx dès le 19<sup>e</sup>&nbsp;siècle, est une conséquence naturelle de la nature compétitive du capitalisme. Les entreprises les plus profitables peuvent investir pour baisser leurs coûts de production et ainsi agrandir leurs parts de marché au détriment de leurs rivaux. Les entreprises les moins profitables disparaissent ou, souvent, sont rachetées par leurs rivales plus puissantes. Ainsi, un nombre toujours plus petit d’entreprises concentre de plus en plus de capitaux et occupe une plus grande partie du marché. Des branches entières de production sont dominées par une poignée de compagnies ou de groupes. L’essor des banques et du système financier, en permettant de rassembler des capitaux issus de différents domaines pour les diriger en tant qu’investissements, ne fait que doper ces tendances. Le révolutionnaire russe Nikolaï Boukharine explique en 1914 :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="font-style:normal;font-weight:400">
<p>« Là où de nombreuses entreprises propriétés d’individus étaient en compétition les unes avec les autres, on voit apparaître la concurrence la plus féroce entre une poignée de groupes capitalistes géants poursuivant une politique complexe et calculée [&#8230;] La compétition est réduite à peau de chagrin à l’intérieur des économies « nationales », pour prendre des proportions colossales dans l’arène de l’économie mondiale. »<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6001_6('footnote_plugin_reference_6001_6_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_6001_6('footnote_plugin_reference_6001_6_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6001_6_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6001_6_1" class="footnote_tooltip"><a href="https://www.marxists.org/archive/bukharin/works/1917/imperial/10.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://www.marxists.org/archive/bukharin/works/1917/imperial/10.htm</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6001_6_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6001_6_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>
</blockquote>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="6b6b6b" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #6b6b6b;" decoding="async" width="813" height="558" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/A2C_RevueN4_Guerres_Illustr_1.jpg" alt="guerres impérialisme" class="wp-image-6005 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/A2C_RevueN4_Guerres_Illustr_1.jpg 813w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/A2C_RevueN4_Guerres_Illustr_1-300x206.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/A2C_RevueN4_Guerres_Illustr_1-768x527.webp 768w" sizes="(max-width: 813px) 100vw, 813px" /></figure>



<p>Ce partage du monde entre les multinationales ne relègue aucunement les États nationaux aux arrière-plans. Dans leur combat dans l’arène mondiale, les firmes capitalistes ont un besoin vital de s’adosser à un État suffisamment puissant pour défendre leurs intérêts face aux entreprises liées à d’autres États, de leur assurer un accès aux matières premières et à la force de travail dans des conditions favorables, et enfin de leur « ouvrir » et de protéger leurs parts de marché sur tous les continents.</p>



<p>De son côté, l’État moderne a besoin d’encourager le développement du capitalisme. Une de ses sources principales de revenus est la taxation des profits des entreprises : l’État s’approprie ainsi une partie des fruits de l’exploitation du travail salarié, et est donc directement intéressé par le succès de « ses » capitalistes (quand il n’agit pas lui-même en tant que capitaliste, par exemple à travers les entreprises dont il est actionnaire). De plus, le pouvoir d’un État moderne, de sa bureaucratie et de ses forces armées, repose sur des infra­structures et des équipements matériels. Moyens de communication, de transport, armes, marine, aviation, etc., tous ces attributs de puissance, sans lesquels l’autorité d’un État disparaîtrait en fumée, sont inconcevables sans l’industrie capitaliste.&nbsp;</p>



<p>Enfin, tout comme la concurrence entre les différents capitaux est une caractéristique fondamentale du système, l’État moderne existe forcément en compétition avec d’autres États.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>La dépendance mutuelle et dialectique entre État et capital crée ce lien entre la compétition géopolitique et la compétition économique : c’est la caractéristique fondamentale de l’impérialisme.</p>



<p>La hiérarchie des nations impérialistes n’est pas figée : la dynamique du capitalisme est inégale dans l’espace et dans le temps, et le centre de gravité de l’accumulation ne reste jamais au même endroit. Le partage du monde et des zones d’influences repose sur des rapports de forces entre les différentes nations capitalistes, rapports qui sont eux-mêmes instables. Les relations se décident, en dernier lieu, par la puissance militaire.&nbsp;Selon Lénine :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="font-style:normal;font-weight:400">
<p>« Les alliances pacifiques préparent les guerres et, à leur tour, naissent de la guerre ; elles se conditionnent les unes les autres, engendrant des alternatives de lutte pacifique et de lutte non pacifique sur une seule et même base, celle des liens et des rapports impérialistes de l’économie mondiale et de la politique mondiale. »<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6001_6('footnote_plugin_reference_6001_6_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_6001_6('footnote_plugin_reference_6001_6_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6001_6_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6001_6_2" class="footnote_tooltip"><a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1916/vlimperi/vlimp9.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1916/vlimperi/vlimp9.htm</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6001_6_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6001_6_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>
</blockquote>



<p>C’est ainsi que la lutte économique et politique permanente explose en des déflagrations violentes où les questions de rapport de forces se règlent par les armes. La guerre n’est donc, selon la célèbre formule du théoricien militaire prussien Carl von Clausewitz, que la continuation de la politique par d’autres moyens. C’est d’autant plus vrai dans les périodes de déséquilibre aigü, lorsque des puissances économiques sur le déclin utilisent leur force armée pour enrayer leur chute, tandis que les forces émergentes tentent de se construire une puissance militaire digne de leur nouveau statut économique.</p>



<p>C’était notamment le cas des deux guerres mondiales qui éclatèrent sur le continent européen. La Grande-Bretagne et la France étaient deux puissances sur le déclin mais fortes de leurs colonies et de leur influence commerciale et politique accumulée lorsqu’elles se trouvaient au sommet de la hiérarchie. L’Allemagne, puissance émergente, devenue économiquement plus dynamique, cherchait à se forger une stature politique et commerciale digne de son nouveau statut économique, donc à empiéter sur le territoire des anciennes puissances.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’impérialisme et la guerre en Ukraine</strong></h2>



<p>L’impérialisme est donc ancré dans l’ADN du capitalisme moderne ; reprocher à Poutine de mener une politique impérialiste équivaut à reprocher à un patron de mener une politique capitaliste.</p>



<p>Les formes spécifiques prises par la relation entre l’État et le capital, les stratégies spécifiques adoptées par les classes dirigeantes peuvent varier d’une époque à l’autre selon une multitude de facteurs historiques et politiques. Dans un article publié en juin 2022, le militant britannique Rob Ferguson revient sur les trois dernières décennies qui ont fait que l’Ukraine s’est retrouvée prise au milieu de la « fissure eurasiatique » entre la Russie et l’Otan. Il résume la problématique post-soviétique ainsi :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="font-style:normal;font-weight:400">
<p>« La Russie a émergé de l’effondrement de l’empire soviétique avec une économie, un État et une armée sérieusement affaiblis ; mais elle était loin d’être impuissante. Elle a hérité du deuxième plus grand arsenal nucléaire du monde et des plus grosses forces armées conventionnelles de la région. La plupart des États de l’ex-URSS restèrent longtemps dépendants des ressources énergétiques russes ainsi que de l’infrastructure industrielle et économique mise en place sous le pouvoir soviétique. La puissance de la Russie étant limitée comparé aux USA et à ses alliés, il est d’autant plus vital pour l’État russe d’être capable de défendre ce qui lui reste d’influence et de pouvoir. »<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6001_6('footnote_plugin_reference_6001_6_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_6001_6('footnote_plugin_reference_6001_6_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6001_6_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6001_6_3" class="footnote_tooltip"><a href="http://isj.org.uk/eurasian-faultline/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">http://isj.org.uk/eurasian-faultline/</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6001_6_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6001_6_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>
</blockquote>



<p>Le rôle historique de Vladimir Poutine doit être vu dans ce contexte. Après le chaos de la première décennie post-URSS, l’arrivée au pouvoir de l’ancien du KGB a permis de discipliner les oligarques, de recentraliser le pouvoir d’État (notamment en menant des guerres sanglantes en Tchétchénie et en refondant les appareils de sécurité intérieure) et de reprendre un contrôle direct sur certains secteurs économiques stratégiques. La relation entre le capital et l’État fut ainsi reconstruite en Russie, sur des bases économiques certes moins élevées que l’URSS<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6001_6('footnote_plugin_reference_6001_6_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_6001_6('footnote_plugin_reference_6001_6_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6001_6_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6001_6_4" class="footnote_tooltip">La Russie étant principalement réduite à une source de matières premières pour le marché mondial avec une industrie relativement faible. Pour donner un ordre de grandeur, le PIB de la Russie équivaut à moins de la moitié de celui de l’Allemagne, et le PIB par habitant·e de la France est 4 fois plus important que celui de la Russie.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6001_6_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6001_6_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, mais permettant néanmoins à l’État russe d’utiliser sa puissance économique et militaire pour défendre son influence régionale face à l’expansion de l’Otan. La guerre en Ukraine ne peut être vue hors de ce contexte. Le fait que l’impérialisme russe soit principalement occupé par la défense de ses intérêts face à un impérialisme plus puissant ne le rend pas le moins du monde légitime ; il s’agit simplement pour nous d’essayer de comprendre ce qui se passe, sur quelles bases réelles les exploiteurs se concurrencent entre eux.&nbsp;</p>



<p>La réaction de l’Otan à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, en plus des sanctions économiques visant la Russie et de l’armement direct de l’armée ukrainienne, est résumée par cette observation de Henry Foy :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="font-style:normal;font-weight:400">
<p>« Alors que la guerre fait rage en Ukraine, les pays du flanc Est de l’Otan sont le théâtre du déploiement militaire le plus rapide et le plus massif de l’histoire moderne de l’Europe : un état d’alerte et de mobilisation qui n’est pas tout à fait celui d’une guerre, mais qui est aussi loin de la paix [&#8230;] et sans les accords de la guerre froide qui servaient de garde-fous. »<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6001_6('footnote_plugin_reference_6001_6_5');" onkeypress="footnote_moveToReference_6001_6('footnote_plugin_reference_6001_6_5');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6001_6_5" class="footnote_plugin_tooltip_text">5</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6001_6_5" class="footnote_tooltip"><a href="https://www.ft.com/content/a1a242c3-9000-454d-bec7-c49077b2cc6c" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://www.ft.com/content/a1a242c3-9000-454d-bec7-c49077b2cc6c</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6001_6_5').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6001_6_5', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>
</blockquote>



<p>Il est clair que l’enjeu objectif de cette guerre, qu’on le veuille ou non, dépasse largement la question de l’autodétermination du peuple ukrainien dont l’Otan et Poutine se foutent éperdument. Pour l’Otan, l’enjeu est double : d’un côté, <em>« transformer l’Ukraine en Afghanistan »</em>, comme l’a dit sans sourciller Hillary Clinton, c’est-à-dire de profiter de l’erreur d’un rival pour l’affaiblir fût-ce au prix de la destruction de l’Ukraine. Mais pour l’État américain, qui reste de loin l’impérialisme le plus puissant et le plus dangereux de la planète, l’enjeu dépasse la Russie. Cette dernière est un rival économique insignifiant, et un rival militaire de second rang capable tout au plus de jouer un rôle régional.<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6001_6('footnote_plugin_reference_6001_6_6');" onkeypress="footnote_moveToReference_6001_6('footnote_plugin_reference_6001_6_6');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6001_6_6" class="footnote_plugin_tooltip_text">6</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6001_6_6" class="footnote_tooltip">Pour donner une idée, le budget militaire de la Russie en 2019 était 5&nbsp;fois moins important que le budget militaire des pays européens de l’Otan sans compter les États-Unis. Si l’on inclut le budget militaire des USA, le rapport est de 1 à 15.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6001_6_6').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6001_6_6', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> L’enjeu stratégique pour l’impérialisme US est représenté par la puissance capitaliste émergente qui menace son hégémonie économique comme aucune ne l’avait jamais fait auparavant : la Chine. La guerre de la Russie contre l’Ukraine est donc l’occasion de resserrer les liens de l’Otan, de gagner la bataille politique pour l’augmentation des budgets militaires et la préparation des armées au retour des ­confrontations entre grandes puissances.</p>



<p>La Chine est dans le collimateur de l’impérialisme US depuis longtemps : déjà au moment de l’invasion de l’Irak en 2003, les think-tanks américains parlaient de contrôler la région qui alimente l’économie chinoise en pétrole. Barack Obama a tenté tant bien que mal de désengager les troupes US du moyen-orient au nom de la politique du « pivot vers l’Asie ». Donald Trump s’est engagé dans une « guerre commerciale » contre la Chine, une politique continuée depuis par Joe Biden. Le président actuel n’exclut pas une confrontation militaire avec la Chine au sujet de Taïwan, dont l’industrie produit l’immense majorité des puces électroniques du monde, et dont la zone maritime est le point de passage de la majorité des exportations chinoises.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="a2a2a2" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #a2a2a2;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/A2C_RevueN4_Guerres_Illustr_2-1024x682.jpg" alt="guerres impérialisme" class="wp-image-6006 not-transparent"/></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quel internationalisme, quelle politique antiguerre ?</strong></h2>



<p>Cet article a tenté d’offrir une perspective alternative à celle qui domine la gauche depuis l’invasion de l’Ukraine. Les points suivants sont à souligner :&nbsp;</p>



<p>Premièrement, l’impérialisme n’est pas simplement une politique poursuivie par une classe dirigeante mais c’est une conséquence objective de la rivalité économique et de la rivalité géopolitique sous le capitalisme. Reprocher à un État de mener une politique impérialiste revient à reprocher à un patron de mener une politique capitaliste. L’impérialisme n’a pas pour origine véritable l’idéologie de telle ou telle classe dirigeante. Celles et ceux qui fouillent dans les bas-fonds de la pensée impériale russe, ou pire encore, s’adonnent à des spéculations sur la psychologie de Poutine pour expliquer la guerre meurtrière déclenchée contre l’Ukraine regardent dans la mauvaise direction. Le discours idéologique peut être nécessaire pour justifier une aventure impérialiste ; il n’en constitue pas pour autant l’origine, qui est matérielle et objective. La « nature » d’un régime (démocratique, parlementaire, autocratique, etc.) n’est pas non plus le facteur décisif. Beaucoup de bavardages s’attardent sur la nature autoritaire du régime russe pour expliquer l’invasion de l’Ukraine, comme si les pays démocratiques que sont les USA, la France et la Grande-Bretagne n’avaient jamais envahi personne !&nbsp;</p>



<p>Deuxièmement, le trait principal de l’impérialisme n’est pas la domination des faibles par les forts, mais la rivalité entre les puissances impérialistes. Ce point est important à la fois dans l’analyse (que nous avons tenté de démontrer ci-dessus) et dans notre réaction politique. Gilbert Achcar, par exemple, réduit l’impérialisme à une série d’invasions de pays faibles par des pays plus forts, sans lien particulier entre elles (il est loin d’être le seul à penser de la sorte). C’est ce qui lui permet d’affirmer que :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="font-style:normal;font-weight:400">
<p>« Le sort de l’invasion de l’Ukraine par la Russie déterminera la propension de tous les autres pays à l’agression. Si elle échoue à son tour, l’effet sur toutes les puissances mondiales et régionales sera celui d’une forte dissuasion. Si elle réussit [&#8230;], l’effet sera un glissement majeur de la situation mondiale vers la loi de la jungle sans retenue, enhardissant l’impérialisme des États-Unis lui-même et ses alliés à poursuivre leur propre comportement agressif. »<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6001_6('footnote_plugin_reference_6001_6_7');" onkeypress="footnote_moveToReference_6001_6('footnote_plugin_reference_6001_6_7');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6001_6_7" class="footnote_plugin_tooltip_text">7</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6001_6_7" class="footnote_tooltip"><a href="https://alencontre.org/laune/memorandum-sur-une-position-anti-imperialiste-radicale-concernant-la-guerre-en-ukraine.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://alencontre.org/laune/memorandum-sur-une-position-anti-imperialiste-radicale-concernant-la-guerre-en-ukraine.html</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6001_6_7').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6001_6_7', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>
</blockquote>



<p>L’affirmation fantaisiste selon laquelle l’échec d’une aventure impérialiste aurait un effet dissuasif sur toutes les autres puissances ne résiste pas au moindre examen des faits tels qu’ils se sont déroulés dans le monde réel. L’échec de la France en Indochine n’a pas dissuadé les USA d’envahir le Vietnam ; leur propre échec n’a pas empêché l’URSS d’envahir l’Afghanistan dans la foulée, pour un échec plus retentissant encore. Les occupations catastrophique par les USA de l’Afghanistan et de l’Irak, que Achcar prend en exemple, sont loin d’avoir dissuadé les autres puissances : dans la foulée, Israël a lancé une guerre contre le Liban, la Russie a profité de l’embourbement des USA au Moyen-Orient pour envahir la Géorgie en 2008, l’Iran, la Turquie, Israël, la Russie et les USA eux-mêmes sont intervenus en Syrie, l’Arabie saoudite a envahi le Yémen, sans compter les nombreuses interventions de l’armée française sur le continent africain.</p>



<p>Si l’on comprend l’impérialisme comme un système de rivalités entre différentes puissances, et non comme une série d’aventures aléatoires, alors il devient tout à fait logique que l’échec d’une puissance impérialiste puisse avoir pour effet d’encourager d’autres puissances à s’engouffrer dans la brèche, à profiter de l’occasion pour faire avancer leurs pions.&nbsp;</p>



<p>Pas un ou une anti-impérialiste digne de ce nom ne souhaiterait pour autant autre chose qu’un échec de l’impérialisme russe en Ukraine. Mais la question fondamentale est de quel échec parlons-nous ? Il existe, en fin de compte, deux possibilités : ou bien l’échec est le fait d’une intervention (directe ou indirecte) de puissances impérialistes rivales de la Russie (avec le peuple ukrainien comme chair à canon), ou bien l’échec de la classe dirigeante russe est le résultat d’un soulèvement populaire contre la guerre.&nbsp;</p>



<p>La gauche est malheureusement en grande partie montée dans le train en marche de l’impérialisme rival ; en soutenant les sanctions contre la Russie (qui sont, comme toute l’histoire des sanctions internationales le démontrent, des sanctions contre le peuple russe, des sanctions qui vont renforcer la mainmise économique et politique de la classe dirigeante russe sur son peuple), en soutenant les livraisons d’armes par l’Otan, on se range derrière la classe dirigeante ukrainienne qui, apeurée par l’impérialisme russe, s’est livrée à un impérialisme rival.&nbsp;</p>



<p>Face à la Première Guerre mondiale, les bolcheviks agitèrent avec succès le mot d’ordre de la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile. Une politique qui aboutit à la révolution et contribua à mettre fin à la guerre. Cette possibilité peut aujourd’hui sembler utopique et lointaine.</p>



<p>Pourtant, envers et contre tout, et malgré la faiblesse de l’agitation politique, une telle possibilité existe réellement : depuis le premier jour de l’invasion, les soldats de l’armée russe montrent peu d’enthousiasme pour la guerre. L’État russe a tellement peur des désertions qu’il n’a toujours pas déclaré de mobilisation générale de sa population ; de nombreuses désertions ou refus de combattre ont été rapportés. Des soldats auraient même exécuté leur propre commandant dans au moins un cas identifié. Des unités formées de minorités ethniques russes et placées dans les zones les plus dangereuses du front ont protesté. Le fait même que l’État russe se sente obligé d’appliquer une censure impitoyable pour arrêter l’expression du sentiment antiguerre prouve que celui-ci existe réellement. De leur côté, des syndicalistes biélorusses ont revendiqué plusieurs actes de sabotage sur le réseau ferré qui sert l’armée russe.&nbsp;</p>



<p>Tous ces faits peuvent sembler isolés et anecdotiques à celles et ceux qui ne voient pas la possibilité d’un soulèvement contre la guerre, d’une fraternisation entre les Ukrainien·nes et les Russes contre cette guerre qui leur est imposée par l’État russe, comme une issue possible du conflit. Pour les révolutionnaires, au contraire, ces faits constituent la preuve irréfutable qu’une politique visant à transformer la guerre impérialiste en guerre de classe est possible. C’est même la seule alternative réaliste à un affrontement Otan-Russie sur la terre ukrainienne.&nbsp;</p>



<p>Pour la gauche occidentale, encourager cette possibilité signifie avant tout couper l’herbe sous les pieds de nos impérialistes, de notre classe dirigeante. En affirmant haut et fort qu’aucun alignement avec notre classe dirigeante n’est possible, en refusant les sanctions qui touchent le peuple russe, en refusant l’augmentation des budgets militaires, on lui enverrait un message clair : il est possible de s’unir par en bas contre cette guerre imposée par en haut.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Conclusion</strong></h2>



<p>Le pacifisme abstrait est tout à fait vain ; espérer que la guerre s’arrêtera par elle-même, et surtout que de nouvelles guerres ne seront pas déclenchées, reviendrait à exorciser les démons du capitalisme par des incantations magiques.&nbsp;</p>



<p>Il faut tout d’abord reconnaître la nature objective de la guerre impérialiste sous le capitalisme. Que derrière la façade des volontés subjectives des cliques dirigeantes, des idéologies fumeuses, qu’elles soient nationalistes ou pseudo-démocratiques, se jouent des tendances objectives, matérielles, qui sont intimement liées aux rivalités capitalistes. Espérer que celles-ci pourront s’émousser en changeant de discours ou de dirigeants est totalement utopique. Sous le capitalisme, les accords d’hier ne sont que les préparations des guerres de demain. La guerre n’est pas une tumeur accrochée au corps sain du capitalisme ; au contraire, la guerre impérialiste est la plus extrême expression de l’essence concurrentielle du capitalisme.&nbsp;</p>



<p>La guerre qui déchire l’Ukraine n’est qu’une répétition à petite échelle de ce que nous réservent les rivalités impérialistes dans les années à venir. Le slogan de la transformation des guerres impérialistes en guerres civiles sera d’actualité car les conditions objectives nous l’imposeront.&nbsp;</p>



<p>Attendre sagement le silence des armes et refuser de sortir les marrons révolutionnaires du feu de l’impérialisme reviendrait finalement à abandonner le destin de l’humanité à telle ou telle classe dirigeante. L’histoire joue cartes sur table et nous donne deux issues à la crise que traverse l’humanité : guerre impérialiste ou guerre de classe ?</p>



<p><strong>Jad Bouharoun</strong></p>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_6001_6();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_6001_6();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_6001_6">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_6001_6" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6001_6_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6001_6('footnote_plugin_tooltip_6001_6_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://www.marxists.org/archive/bukharin/works/1917/imperial/10.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://www.marxists.org/archive/bukharin/works/1917/imperial/10.htm</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6001_6_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6001_6('footnote_plugin_tooltip_6001_6_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1916/vlimperi/vlimp9.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1916/vlimperi/vlimp9.htm</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6001_6_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6001_6('footnote_plugin_tooltip_6001_6_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="http://isj.org.uk/eurasian-faultline/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">http://isj.org.uk/eurasian-faultline/</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6001_6_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6001_6('footnote_plugin_tooltip_6001_6_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text">La Russie étant principalement réduite à une source de matières premières pour le marché mondial avec une industrie relativement faible. Pour donner un ordre de grandeur, le PIB de la Russie équivaut à moins de la moitié de celui de l’Allemagne, et le PIB par habitant·e de la France est 4 fois plus important que celui de la Russie.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6001_6_5" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6001_6('footnote_plugin_tooltip_6001_6_5');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>5</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://www.ft.com/content/a1a242c3-9000-454d-bec7-c49077b2cc6c" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://www.ft.com/content/a1a242c3-9000-454d-bec7-c49077b2cc6c</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6001_6_6" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6001_6('footnote_plugin_tooltip_6001_6_6');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>6</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Pour donner une idée, le budget militaire de la Russie en 2019 était 5&nbsp;fois moins important que le budget militaire des pays européens de l’Otan sans compter les États-Unis. Si l’on inclut le budget militaire des USA, le rapport est de 1 à 15.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6001_6_7" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6001_6('footnote_plugin_tooltip_6001_6_7');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>7</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://alencontre.org/laune/memorandum-sur-une-position-anti-imperialiste-radicale-concernant-la-guerre-en-ukraine.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://alencontre.org/laune/memorandum-sur-une-position-anti-imperialiste-radicale-concernant-la-guerre-en-ukraine.html</span></a></td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_6001_6() { jQuery('#footnote_references_container_6001_6').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_6001_6').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_6001_6() { jQuery('#footnote_references_container_6001_6').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_6001_6').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_6001_6() { if (jQuery('#footnote_references_container_6001_6').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_6001_6(); } else { footnote_collapse_reference_container_6001_6(); } } function footnote_moveToReference_6001_6(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_6001_6(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_6001_6(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_6001_6(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/se-preparer-aux-guerres-qui-reviennent/">Se préparer aux guerres qui (re)viennent</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Canicule, guerre et inflation : capitalisme en convulsion</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/canicule-guerre-et-inflation-capitalisme-en-convulsion/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Solen Rennes]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Sep 2022 08:18:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Crise climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Crise économique]]></category>
		<category><![CDATA[Crise politique]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Inflation]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">L&#8217;été 2022 a révélé l’état de crise profonde et généralisée du capitalisme à&#160;l’échelle mondiale. Augmentation des prix des carburants et de l’électricité, températures records, méga-feux de forêts, guerre en Ukraine, tensions à&#160;Taïwan, nouvelles menaces sur <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/canicule-guerre-et-inflation-capitalisme-en-convulsion/" title="Canicule, guerre et inflation : capitalisme en convulsion">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/canicule-guerre-et-inflation-capitalisme-en-convulsion/">Canicule, guerre et inflation : capitalisme en convulsion</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">L&rsquo;été 2022 a révélé l’état de crise profonde et généralisée du capitalisme à&nbsp;l’échelle mondiale. Augmentation des prix des carburants et de l’électricité, températures records, méga-feux de forêts, guerre en Ukraine, tensions à&nbsp;Taïwan, nouvelles menaces sur les retraites par le gouvernement libéral-autoritaire de Macron, incendie de la mosquée de Rambouillet, battage médiatique islamophobe, attaques fascistes et réactionnaires contre le Planning familial… autant d’événements qui dessinent le paysage d’un système en crise au&nbsp;niveau économique, écologique, inflationniste, politique et sociale.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #04 &#8211; SEPTEMBRE 2022</h6>



<p class="has-drop-cap">Ces crises ne sont pas des phénomènes hasardeux et exceptionnels –&nbsp;et encore moins le résultat de comportements individuels défectueux comme le gouvernement l’avance&nbsp;– mais bien des conséquences du mode de production capitaliste. Ce dernier, basé sur l’accumulation, la recherche de profits, l’innovation et la compétition produit inévitablement des crises économiques et des périodes aux <em>phénomènes morbides</em>, selon l’expression de Gramsci, de guerre et/ou de fascisme. La situation est spectaculairement contradictoire et porte en elle des possibilités révolutionnaires.&nbsp;</p>



<p>Cette période voit se polariser le champ politique : d’un côté, l’exploitation toujours plus violente des opprimé·es et de la nature, l’exacerbation des conflits inter-impérialistes, l’avancée d’idées réactionnaires et de discours racistes, et de l’autre, la multiplication des luttes à l’échelle mondiale. De nombreuses grèves ont éclaté en France et en Angleterre, des manifestations pour les salaires ou contre l’inflation ont vu le jour dans de nombreux pays, des mobilisations de rue ou sabotages écologistes en Grèce et ailleurs, ou encore des soulèvements populaires au Sri Lanka et au Soudan (voir article sur le Soudan page 25). Dans un tel contexte politique de polarisation, quelle stratégie avoir face au danger fasciste, face aux attaques sociales à venir, face à la précarisation massive et aux conditions climatiques de moins en moins tenables ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Crise profonde du capitalisme à l’échelle globale…</strong></h2>



<p>Depuis quelques mois, la situation économique mondiale est de plus en plus critique et les possibilités de croissance sont grandement amoindries. Les raisons sont multiples, notamment les dernières crises économiques non résolues, les effets de la crise du Covid-19, la guerre en Ukraine et la concentration grandissante des richesses. Notre système économique vit depuis plusieurs mois une crise inflationniste, renforcée par des tensions géopolitiques en Ukraine. Dans le sillage de la guerre, les prix des denrées alimentaires pourraient enregistrer des hausses comprises entre 8 % et 20 %, tandis que les conflits inter-impérialistes qui en découlent entraînent une pénurie de gaz, dont la Russie était le principal exportateur. Les prix de gros d’électricité sont passés de 50&nbsp;euros/MWh au début de l’année 2021 à 700&nbsp;euros aujourd’hui et ces chiffres risquent de continuer à grimper pendant l’hiver 2022.&nbsp;</p>



<p>Ainsi, le taux de croissance est chaque semaine revu à la baisse par le FMI, qui prévient d’une possibilité de récession mondiale. Pendant ce temps, des entreprises telles que Total ou LVMH font des bénéfices records pour le CAC&nbsp;40. Parmi ces profiteurs de la crise, on trouve les géants de l’énergie qui ont augmenté leurs prix en surfant sur les tensions du marché international liées à la guerre en Ukraine et aux sanctions infligées à la Russie (voir article sur l’inflation page&nbsp;7). Les sociétés du CAC&nbsp;40 ont réalisé en 2021 des profits records : elles ont dégagé un résultat net de près de 160&nbsp;milliards d’euros, soit deux fois plus qu’en 2019, année d’avant la pandémie, tandis que l’augmentation du nombre de foyers sous le seuil de pauvreté tend à augmenter. Durant ces trois derniers mois, 71&nbsp;millions de personnes supplémentaires ont basculé dans la pauvreté dans le monde selon le Programme des Nations unies pour le développement.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Réponse des états néolibéraux, Macron et la fin de l’abondance&#8230;</strong></h2>



<p>Face à l’intensification de la crise économique, les États capitalistes servent de piliers aux grandes entreprises afin de compenser leurs taux de profits insatisfaisants. Ils permettent l’augmentation des pressions sur les travailleur·euses pour produire davantage et s’attaquent aux conquêtes sociales afin de dégager de l’argent public à destination du grand patronat. Pour donner l’impression de soutenir notre classe qui paie la crise, le gouvernement Macron fait passer, avec le soutien de la droite et de l’extrême droite, une loi « pouvoir d’achat » qui n’implique aucune augmentation de salaires. Simplement des primes ou des aides ponctuelles, largement insuffisantes au regard de la hausse des prix. Macron décrète <em>« la fin de l’abondance »</em> et refuse de taxer les gros profits. Dans ce contexte économique mondial, le Fond monétaire international prévient que l’inflation pourrait enflammer les tensions sociales si des mesures ne sont pas mises en place. Or, les mesures prises par le gouvernement Macron sont celles d’un gouvernement néolibéral en temps de crise, qui éteint le feu des entreprises privées avec l’argent public, quitte à entraîner la paupérisation massive de la population.</p>



<p>Les effets de ces perturbations économiques sont d’autant plus lourdes pour les pays du Sud qui sont soumis à une triple pression : augmentation de leur dette liée à la crise du Covid, augmentation des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, recherche permanente de ressources énergétiques et de matières premières par les capitalistes occidentaux.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="575757" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #575757;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/09/A2C_RevueN4_Edito_Illustr_1.jpg" alt="" class="wp-image-5760 not-transparent"/><figcaption class="wp-element-caption"><em>Soulèvement au Sri-Lanka</em></figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Conflits impérialistes et convoitise de l’Afrique&nbsp;</strong></h2>



<p>Dans le fonctionnement du capitalisme à l’échelle du monde, les États prennent le rôle de représentants de commerce d’entreprises nationales comme s’ils défendaient un portefeuille client dans la compétition internationale. En période de crise économique, là où la course aux profits est la plus acharnée, les tensions impérialistes sont exacerbées. Ainsi, les crises économiques et le champ politique s’influencent nécessairement. Les tensions géopolitiques se renforcent et les guerres entre puissances dominantes se multiplient. La guerre en Ukraine a justifié un renforcement militaire colossal dans les pays occidentaux face à la Russie (voir l’article sur l’armement page&nbsp;15) à travers le réarmement de l’Allemagne mais également l’entrée des pays nordiques dans l’Otan. Dans un contexte de repositionnement des puissances mondiales, des tensions d’ampleur sont apparues autour de Taïwan, avec la présence de deux navires de guerre américains en transit dans le détroit et la venue de la dirigeante Nancy Pelosi, événements interprétables comme des provocations de la part des États-Unis à l’encontre de la Chine.</p>



<p>La guerre en Ukraine, en perturbant nettement l’importation de gaz et de céréales, a accéléré l’inflation. Les États se font concurrence dans leurs recherches de sources alternatives d’énergies et de matières premières. Cet été, au Bénin –&nbsp;pays anciennement colonisé par la France&nbsp;–, Macron a tenu un discours anti-Poutine, afin de tenter un rapprochement intéressé avec l’Afrique de l’Ouest pour ses ressources. Sans honte, il est allé jusqu’à caractériser la politique russe de coloniale et dictatoriale. De même, Macron s’est rendu en Algérie pour tenter de trouver une alternative aux livraisons d’hydrocarbures, et pour dénoncer la diffusion d’une pensée anti-France par certains réseaux militants africains.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Désastre écologique mondial&#8230;</strong></h2>



<p>Jusqu’alors peu ressentie par les populations des pays occidentaux, la crise écologique a effectué un saut qualitatif cet été par la multiplication des méga-feux de forêts et les températures records, largement médiatisées. Pour des milliards de personnes, cette crise se surajoute aux effets des crises nommées plus haut et en devient d’autant plus virulente. Cet été aura permis une conscientisation accélérée du désastre climatique en cours et le gouvernement n’y répond que par un discours individualisant, réduisant les solutions aux comportements quotidiens pour dévier des réelles causes systémiques. La politique de Macron : éteindre la lumière et prendre des douches courtes. Les pays du Sud global, plus vulnérables aux catastrophes et plus exposés, ont encore vu ces dérèglements causer la mort de milliers de personnes dont plus d’un millier au Pakistan du fait d’inondations sans précédent.</p>



<p>Cette prise de conscience massive est susceptible de mobiliser une frange plus significative de la population. Pour cela, il faut combattre les discours culpabilisant les individus et les discours racistes qui veulent lier la lutte environnementale au combat contre l’immigration et associer l’écologie à leurs projets fascistes.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="5a5a5a" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #5a5a5a;" loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/09/A2C_RevueN4_Edito_Illustr_2.jpg" alt="" class="wp-image-5761 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/09/A2C_RevueN4_Edito_Illustr_2.jpg 1000w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/09/A2C_RevueN4_Edito_Illustr_2-300x200.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/09/A2C_RevueN4_Edito_Illustr_2-768x512.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Inondations au Pakistan</em></figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Politiques racistes…</strong></h2>



<p>Le gouvernement Macron-Borne vit une période de forte illégitimité et sort affaibli des élections législatives. En proposant des lois de destruction des acquis sociaux mais aussi des lois racistes et islamophobes, le clan Macron se rapproche de la droite dure en jouant avec l’extrême droite, participant de fait à la banalisation du Rassemblement national. Le projet de loi sur l’immigration de Darmanin montre la continuation des politiques racistes, terreau favorable aux développements des idées d’extrême droite. Dans la suite logique de la loi Asile et immigration, il remet sur la table la proposition de la double peine, autorisant le retrait de séjour aux étranger·es ayant commis des infractions. Ce projet de loi vise également à faciliter l’exploitation de travailleur·euses par des contrats qui seraient conclus avec des pays du Sud. Cette loi accentuerait les politiques de contrôle et de répression des étranger·es. Par ailleurs, le 30&nbsp;août, le Conseil d’État valide l’intention de Darmanin d’expulser l’imam Iquioussen de France en raison des propos qu’il a tenus et instaure en acte la double peine. Pour ce faire, malgré les refus de la Justice, le Conseil d’État casse la suspension de l’arrêté ministériel d’expulsion par le tribunal administratif. Un pas de plus franchi par le gouvernement Macron, que rien ne pourrait arrêter pour déployer sa politique raciste… à moins… qu’un mouvement antiraciste de masse vienne le stopper dans son élan.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Danger fasciste…</strong></h2>



<p>L’abstention record et la faiblesse de LREM aux législatives sont des éléments d’une forte instabilité politique. Macron y répond par une politique toujours plus réactionnaire et autoritaire. Pour son deuxième mandat, il devra chercher le soutien de LR et de la base du RN. La banalisation des discours racistes et conservateurs permet de diviser notre classe afin d’éviter un mouvement social mais également de flatter un électorat de droite, voire d’extrême droite et d’unir autour d’un projet nationaliste.&nbsp;</p>



<p>Dans un contexte d’instabilité politique et économique, le fascisme peut être une alternative pour la classe dirigeante, si les autres options ne sont plus possibles pour se maintenir au pouvoir ou qu’un danger trop fort menace les profits durablement. Ainsi, la situation est un terreau favorable à la conquête du pouvoir par les partis fascistes. En France, le RN prend un pouvoir considérable dans les institutions après les élections législatives et, dans l’espace public, les attaques fascistes se multiplient, avec deux meurtres perpétrés cette année à Paris dans le plus grand silence médiatique. Récemment les attaques homophobes, transphobes et misogynes de militant·es d’extrême droite contre le Planning familial font état d’une mise en action de plus en plus régulière et décomplexée des conservateurs en lien avec des courants fascistes.&nbsp;</p>



<p>En Italie, le parti Fratelli d’Italia, en lien direct avec le fascisme historique soutenant des programmes et des idéologies fascistes, est désormais aux portes du pouvoir avec une victoire quasi-certaine à l’élection présidentielle de septembre 2022.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>…mais des soulèvements contre la faim et&nbsp;des grèves pour les salaires !</strong></h2>



<p>Ces deux mois d’été ont été les témoins de la multiplication de soulèvements populaires, de manifestations et de grèves, notamment dans les pays du Sud global où émergent des mouvements massifs contre la faim en réaction à la hausse des prix des produits alimentaires de base et du carburant. En juillet et en août des soulèvements ont eu lieu sur tous les continents : Kenya, Chili, Équateur, Sierra Leone, Argentine, Bangladesh….</p>



<p>Au Sri Lanka, un large mouvement de protestation a émergé face au doublement du prix de l’essence, du riz et du pain et a conduit à la destitution du président. Au Pakistan, 4 000 tisserands font grève pour exiger de meilleures conditions salariales et l’augmentation des salaires face à l’inflation record. La multiplication des mobilisations salariales dans les pays du Sud global pourrait perturber le marché capitaliste mondial qui accroît son profit par la surexploitation des travailleur·euses qui en sont issu·es, considérablement moins chers que les travailleur·euses des pays occidentaux.&nbsp;</p>



<p>Des grèves de grande ampleur ont également éclaté dans les pays occidentaux malgré une période de vacances souvent synonyme de baisse d’activité militante. En France, des mouvements ont eu lieu notamment dans les secteurs des transports et de la logistique, en Allemagne les dockers de cinq ports se sont mis en grève en juillet et l’Angleterre vit sa plus grande grève des 30&nbsp;dernières années (voir l’article sur le mouvement page 10). La perspective qu’une grève générale s’y développe est de plus en plus probable selon les médias nationaux. Ce mouvement de grève en Angleterre est d’autant plus impressionnant et porteur d’espoirs qu’il advient dans un pays démobilisé depuis de nombreuses années suite aux politiques libérales de destruction des acquis sociaux et de démantèlement des forces syndicales durant les années Thatcher. De plus en plus de secteurs d’activité sont touchés, donnant une perspective politique aux mobilisations. La date du 29&nbsp;septembre à l’appel des syndicats CGT et Solidaires –&nbsp;pour la hausse des salaires, des retraites et des minimas sociaux&nbsp;– ouvre la possibilité d’un mouvement social en France. Nous pourrions alors puiser de la force dans des liens de lutte et de stratégie avec les camarades du Royaume-Uni.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="5c5c5c" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #5c5c5c;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/09/A2C_RevueN4_Edito_Illustr_3.jpg" alt="" class="wp-image-5762 not-transparent"/><figcaption class="wp-element-caption"><em>Port de Felixstowe en Angleterre en grève.</em></figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quel rôle jouer …&nbsp;</strong></h2>



<p>Cette période d’accélération et d’intensification politique à la fois dans les attaques du capitalisme mais aussi dans les luttes qui lui résistent pose plus clairement la nécessité d’une activité militante révolutionnaire capable de mettre en débats les options stratégiques et de penser l’élaboration d’une boussole politique afin de construire, par en bas, les possibilités d’une révolution mondiale. Car, si la période politique porte en elle une possibilité révolutionnaire, celle-ci n’est pas automatique et nécessite un travail militant conséquent de politisation des crises comme illustrations des contradictions du capitalisme mais également d’élargissement, de renforcement et de structuration des luttes en cours, féministes, écologiques et antiracistes en France.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>… dans les prochaines mobilisations syndicales ?</strong></h2>



<p>Les récents soulèvements semblent ouvrir une période de luttes mondiales. Les appels à la grève fin septembre permettent de discuter de revendications pas uniquement centrées sur les salaires en posant la question du financement des services publics en général et de la transformation écologique. Ainsi cela permet d’augmenter l’autonomie politique de la classe exploitée qui vient à se penser comme acteur politique à travers son pouvoir économique. Conscient·es de la montée du racisme et du danger fasciste, construire des revendications antiracistes et antifascistes au sein du mouvement social permettrait de faire reculer les possibilités du fascisme, d’éviter la division autour des discours dominants racistes qui vont à l’encontre des intérêts de notre classe.&nbsp;</p>



<p>Renforcer nos mouvements antiracistes et antifascistes en parallèle et en dialogue permanent avec les mouvements sociaux permettrait de construire une force révolutionnaire depuis et avec les lieux de travail, ayant le rapport de forces nécessaire pour se penser comme une alternative au pouvoir et au système capitaliste.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>…et face au réformisme ?</strong></h2>



<p>La tentation est forte dans ce siècle des catastrophes, de se tourner vers les propositions des partis réformistes d’union autour de programmes qui porteraient les voix de nos luttes dans les lieux de pouvoir et de déléguer la résolution des crises à des personnes qui proclament leur capacité de le faire.&nbsp;</p>



<p>La Nupes propose de se faire le relais des luttes et d’exister comme contre-pouvoir parlementaire face au RN, à LR et à LREM. Si cette initiative politique a permis, parfois, la réapparition de débats et de propositions soutenant les intérêts de notre classe, la Nupes et la FI ne cherchent pas à construire la lutte à la base. La FI tente de gagner un brevet de respectabilité républicaine en invitant Marlène Schiappa et Rachida Dati, toutes les deux connues pour leur discours racistes et islamophobes. En offrant une tribune à celles qui s’opposent aux intérêts de notre classe, le réformisme affaiblit notre camp et signe son échec à nous sortir de la crise actuelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>….On s’organise, par en bas !</strong></h2>



<p>Plutôt que déléguer, nous devons, à travers nos expériences de luttes, construire notre confiance politique et porter la seule solution sérieuse à la convulsion du capitalisme, sortir de celui-ci. S’organiser dans nos quartiers, sur nos lieux de travail, d’études, pour lutter contre le racisme, la lutte doit avoir lieu nécessairement sur le terrain de l’exploitation et dans notre quotidien, pas uniquement sur les bancs de l’Assemblée nationale. Si nous attendons que des élu·es se battent à notre place, nous pouvons attendre longtemps avant de voir reculer le racisme et changer de système. Éteignons le feu, avec une révolution internationale par en bas !</p>



<p><strong>Anouk (Marseille) et Solen (Rennes)</strong></p>
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		<title>Ukraine : face à l&#8217;horreur, qu&#8217;est-ce qu&#8217;il faut faire ? Et qu&#8217;est-ce qu&#8217;on peut faire, nous ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/ukraine-face-a-lhorreur-quest-ce-quil-faut-faire-et-quest-ce-quon-peut-faire-nous/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jun 2022 09:26:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[anti-impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Imperialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">La première des choses, et la plus essentielle, est de chercher à comprendre la nature de cette guerre et le cadre général d’une rivalité inter-impérialiste, entre la Russie et les pays de l’Otan, dans lequel <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/ukraine-face-a-lhorreur-quest-ce-quil-faut-faire-et-quest-ce-quon-peut-faire-nous/" title="Ukraine : face à l&#8217;horreur, qu&#8217;est-ce qu&#8217;il faut faire ? Et qu&#8217;est-ce qu&#8217;on peut faire, nous ?">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<pre class="wp-block-verse">La première des choses, et la plus essentielle, est de chercher à comprendre la nature de cette guerre et le cadre général d’une rivalité inter-impérialiste, entre la Russie et les pays de l’Otan, dans lequel elle se déroule. C’est pourquoi, après l’<a href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/pas-de-guerre-entre-les-peuples-pas-de-paix-entre-les-classes/">éditorial</a> du dernier numéro de cette revue, nous revenons en détail, ailleurs dans ces pages, sur l’analyse de l’<a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/limperialisme-et-la-guerre-en-ukraine/">impérialisme aujourd’hui</a>. Cette boussole nous permet de mieux répondre à une série d’arguments que nous entendons dans les médias et autour de nous et de décider où et comment nous pouvons intervenir de manière<em> </em>concrète.</pre>



<h6 class="has-text-align-right has-background wp-block-heading" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #03 &#8211; MAI 2022</h6>



<p class="has-drop-cap">Les réponses, à certains arguments sont plus faciles que d’autres comme l’idée que nous serions face une guerre entre un monde « libre et démocratique » et un monde de « dictateurs autocratiques » même si l’argument est tellement martelé dans les médias qu’il finit par sembler comme du simple bon sens pour beaucoup de gens.</p>



<p>D’autres sont plus complexes. Il est évident que la Russie est le pays envahisseur et il faut qu’il se retire. Mais comment faire ? Faut-il envoyer des troupes de l’Otan ? Seuls les Docteurs Folamour y pensent. Mais faut-il envoyer des armes ? Faut-il des sanctions ? La guerre en Ukraine ne serait-elle pas une simple guerre de libération nationale comparable à celle de l’Algérie ou du Vietnam et qu’il faudrait donc soutenir par tous les moyens ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Monde libre contre dictatures ?</h2>



<p>Est-ce vraiment un argument de bon sens ? Pourtant il suffit de regarder la politique étrangère passée et présente ne serait-ce que de l’État français pour voir que ce sont des fadaises.</p>



<p>Au moment de l’écriture de ces lignes, les médias couvrent le défilé du 8&nbsp;mai commémorant la victoire en 1945 et la « guerre pour un monde libre » et en profitent pour la comparer à la guerre en Ukraine. Mais sur ces mêmes ondes, pas un mot sur ce même 8&nbsp;mai à Sétif en Algérie et la répression brutale du mouvement d’indépendance –&nbsp;le même jour par le même gouvernement français « libre ». Malgré les engagements pendant la guerre<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5579_10('footnote_plugin_reference_5579_10_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_5579_10('footnote_plugin_reference_5579_10_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5579_10_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5579_10_1" class="footnote_tooltip">Dans la Charte de l’Atlantique de 1941 et la Déclaration des Nations unies de 1942 il était question du respect du droit de <em>« chaque peuple de choisir la forme de gouvernement sous laquelle il doit vivre. » </em>Et que <em>« soient rendus les droits souverains et le libre exercice du gouvernement à ceux qui en ont été privés par la force. »</em></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5579_10_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5579_10_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, les résistances anticoloniales seront noyées dans le sang –&nbsp;jusqu’à 20 000 morts à Sétif en 1945, des dizaines de milliers de morts dans les massacres coloniaux au Vietnam, à Madagascar, au Cameroun… et des centaines de milliers de morts pendant la Guerre d’Algérie<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5579_10('footnote_plugin_reference_5579_10_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_5579_10('footnote_plugin_reference_5579_10_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5579_10_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5579_10_2" class="footnote_tooltip">Voir Yves Benot, <em>Massacres coloniaux</em>, La Découverte</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5579_10_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5579_10_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Est-ce de l’histoire ancienne d’une époque coloniale révolue, comme le prétendraient certains ? Toute l’histoire de la Françafrique depuis nous montre le contraire –&nbsp;dictateurs tortionnaires installés et armés par l’État français et quarante interventions militaires depuis 1960 pour les soutenir au nom du « maintien de la paix », sans compter l’emprisonnement, voire l’élimination d’opposant·es trop démocratiques…</p>



<p>Dans les années 1960, c’était un des régimes les plus brutaux du monde, l’Afrique du Sud et son régime d’apartheid, qui faisait partie du monde « libre » ! Hier, cela voulait dire tout simplement qu’elle faisait partie du bloc impérialiste occidental opposé au bloc impérialiste de l’est « communiste ». D’après cette même logique tordue, aujourd’hui, font partie du monde « libre » l’Égypte du dictateur Al Sissi ou l’Arabie saoudite de Bin Salman. Après des années de bombardements du Yemen par l’Arabie saoudite et plus de 200 000 morts, si on suivait les mêmes arguments utilisés pour l’Ukraine, la France, le Royaume Uni et les USA devraient être en train de vendre ou de donner des armes aux résistant·es ou au moins d’organiser des sanctions contre cette dictature. Ces pays sont pourtant les trois plus grands fournisseurs d’armes à l’Arabie saoudite. Et ce n’est qu’un seul exemple. Comment croire alors que les États français, étatsunien et autres interviennent aujourd’hui en Ukraine pour défendre la liberté, la démocratie et un monde libre ? La « défense de la souveraineté de l’Ukraine » tout comme les justifications de Poutine sur la dénazification ne sont que des prétextes dans la bataille pour dominer cette partie de l’Europe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Donner des armes à l’Ukraine pour&nbsp;résister ?</h2>



<p>Dans ce contexte de réchauffement de la guerre froide, l’envoi massif d’armes en Ukraine, ainsi que les votes de budget militaires de plus en plus importants partout en Europe sont plus qu’inquiétants. C’est notamment le cas pour l’Allemagne qui a décidé d’investir 100&nbsp;milliards d’euros –&nbsp;le double de son budget militaire annuel actuel&nbsp;– dans la modernisation de son armée, en augmentant la part des dépenses à 2 % du PIB. Après l’envoi de troupes en Afghanistan et l’envoi de matériel en Ukraine, l’Allemagne est en train de faire un pas supplémentaire dans l’abandon de sa politique de non-intervention à l’étranger qui date de 1945.</p>



<p>Sérieusement affaibli depuis la chute du mur, l’impérialisme russe, tel un animal blessé, est capable de réagir de façon encore plus imprévisible et brutale. Les dirigeants de l’Otan en sont conscients et hésitent à soutenir la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de l’Ukraine, de peur de provoquer un conflit direct avec l’armée russe et le risque d’une guerre d’une ampleur beaucoup plus grande, voir mondiale. La stratégie est plutôt celle d’une guerre d’usure pour saigner l’opposition et leur saper le moral. En attendant ce sera la population ukrainienne qui continuera à payer un prix encore plus fort sans aucune garantie qu’on n’assiste pas à une escalade dans l’affrontement avec tous les risques que cela comporte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et l’exemple du Vietnam ou d’autres mouvement de libération nationale ?</h2>



<p>Certain·es militant·es de gauche, qui sont pourtant opposées à la politique globale de l’Otan, argumentent que, par le passé, des mouvements de résistance ont profité des armes d’une puissance impérialiste rivale, comme les vietnamien·nes qui ont reçu de l’aide militaire de la Russie ou de la Chine et qu’il faudrait donc soutenir l’envoi d’armes par l’Otan. Mais il s’agissait là d’un mouvement très différent qui était historiquement indépendant que ce soit de la France, des USA, de la Russie ou de la Chine. Le Vietnam poursuivait ses propres buts. Dans le cas de l’Ukraine, son avenir, en cas de victoire sera entièrement déterminée par les puissances de l’Otan.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les sanctions sont-elles une solution ?</h2>



<p>Dans d’autres conflits, comme celui des Africain·es noirs contre l’apartheid en Afrique du Sud ou des palestinien·nes contre l’apartheid imposé par l’État d’Israël, ce sont les victimes et opposant·es intérieurs aux régimes oppresseurs qui ont été ou sont encore à l’origine de la demande de sanctions. Ce n’est pas le cas aujourd’hui en Russie. De manière générale, d’ailleurs, les sanctions économiques sont rarement efficaces dans le court terme pour changer la politique d’un pays. Imposées à l’Iran, à l’Irak ou plus récemment à la Corée du Nord, les sanctions n’ont pas fait plier les régimes en question. Par contre, pour les populations de ces pays le résultat a été catastrophique. En mars dernier après la mort de Madeleine Albright, ancienne secrétaire d’État des USA sous la présidence de Bill Clinton, toutes les figures du monde politique américain ont unanimement chanté ses louanges. En 2001, interrogée devant les caméras sur les 500 000 enfants morts en Irak à cause des sanctions –&nbsp;« plus d’enfants morts qu’à Hiroshima », on lui a demandé si elle pensait si cela en valait le prix. Elle a répondu, <em>« Je pense que c’est un choix très dur, mais nous pensons que cela en valait le prix. »</em> De telles sanctions imposées à la Russie ne toucheront pas les riches de ce pays pas plus qu’en Irak. Par contre, elles pourraient très bien dresser les populations contre les Occidentaux qu’on pointerait comme responsables. Enfin, lorsque les sanctions échouent à faire plier un régime, les appels à l’utilisation des armes se font sentir encore davantage.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quelle alternative aux sanctions et aux armes de l’Otan ?</h2>



<p>Car si on est opposé à l’ingérence des forces de l’Otan comment serait-il possible d’obliger l’armée russe à se retirer ? Plusieurs alternatives existent qui pourraient permettre une issue positive à la guerre.</p>



<p>D’abord, il n’est pas impossible qu’une opposition à la guerre se développe au sein de la Russie elle-même. Les magnifiques manifestations d’opposition dans les villes russes au lendemain de l’invasion sont incroyablement encourageantes surtout quand on connaît le niveau de répression qu’elles ont subi. Embourbés dans une guerre qu’on leur a présenté comme une mission de libération d’un pays sous le contrôle de nazis, les soldats qui reviendront du front n’hésiteront pas à raconter à leurs ami·es et familles les mensonges grossiers de l’État major et des médias. L’opposition peut grossir.</p>



<p>Deuxièmement, les soldats envoyés en Ukraine peuvent aussi déchanter sur place, montrer une opposition passive voire dans certains cas se livrer à des actions contre leurs officiers comme ce fut le cas en Afghanistan pour les Russes ou au Vietnam pour les Américains. Cela pourrait être favorisé par des tentatives des soldats ukrainiens de s’opposer aux troupes russes tout en multipliant les actions de fraternisation –&nbsp;actions qui ont déjà eu lieu.</p>



<p>Enfin, dans les pays alliés de l’Otan comme la France, nous devons trouver le chemin de l’agitation antiguerre avec la revendication du retrait des troupes russes tout en pointant la responsabilité aussi de l’Otan dans l’escalade de la guerre. Cela aiderait les antiguerre russes à éviter d’être désigné·es comme de simples suppôts de l’Otan. Pendant la guerre du Vietnam, dans les abris sous terre, les vietnamien·nes projetaient des films des manifestations antiguerre aux États-Unis tout comme les antiguerre aux USA passaient des films des résistances au Vietnam. Des scènes similaires se passaient aussi pendant la guerre contre l’Irak. C’est ainsi qu’on commençait à casser le nationalisme qui monte les peuples les uns contre les autres et nous pourrit la vie.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="888888" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #888888;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/06/A2C_RevueN3_UkraineRoss_Illustr1.jpg" alt="" class="wp-image-5582 not-transparent"/></figure>



<p>C’est aussi sur cette question du nationalisme et du racisme que nous pouvons intervenir concrètement en France pour casser la spirale vers la guerre. Nous devons continuer à dénoncer l’hypocrisie et le racisme des États européens qui accueillent à bras ouverts des ukrainien·nes tout en continuant à rejeter les réfugié·es noir·es et arabes qui cherchent un asile. Les mesures d’urgence mises en place en moins de deux pour les ukrainien·nes nous montrent qu’on avait raison de dire qu’il était possible d’accueillir tout le monde.</p>



<p>Comme militant·es d’A2C, nous sommes convaincu·es de la justesse de notre choix d’investir nos forces à côté des migrant·es et des sans-papiers dans la lutte pour la régularisation, pour l’égalité des droits et plus largement contre le racisme et le fascisme. C’est pourquoi nous sommes plus que d’accord avec la célèbre militante étatsunienne, Angela Davis, qui tout récemment, lors d’une conférence à Bruxelles a affirmé que, pour elle, <em>« la lutte des personnes sans-papiers est sûrement la plus importante des luttes aujourd’hui, car la quête des organisations qui défendent leurs droits remet en question des États-Nations qui ont été dessinées en relation avec le colonialisme. » </em>C’est en renforçant cette lutte que concrètement on peut contribuer à reconstruire l’internationalisme dont nous avons tant besoin.</p>



<p><em>« Pas de guerres entre les peuples. Pas de paix entre les classes. » </em>titrions-nous à la une du dernier numéro de notre revue. Les frontières sont bien entre les classes sociales. Elles ne sont pas entre les populations des différents États.</p>



<p>Aujourd’hui la tâche peut sembler énorme mais souvenons-nous qu’en 1914, au début de la Première Guerre mondiale lorsque les sociétés européennes presque toutes entières se sont livrées à une frénésie nationaliste terrifiante, une petite minorité de militant·es révolutionnaires a continué à maintenir allumée la flamme de l’internationalisme et à construire la résistance à la boucherie impérialiste. Trois ans plus tard, des mutineries éclataient dans les tranchées, des révolutions en Russie et en Allemagne ont provoqué la fin de la guerre et des soulèvements dans des dizaines de pays ouvraient la possibilité de révolutions et d’une nouvelle ère de fraternité et de paix. À l’époque le rêve ne s’est pas réalisé mais cela doit rester notre boussole aujourd’hui.</p>



<h6 class="wp-block-heading">Ross Harrold</h6>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_5579_10();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_5579_10();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_5579_10">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_5579_10" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5579_10_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5579_10('footnote_plugin_tooltip_5579_10_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Dans la Charte de l’Atlantique de 1941 et la Déclaration des Nations unies de 1942 il était question du respect du droit de <em>« chaque peuple de choisir la forme de gouvernement sous laquelle il doit vivre. » </em>Et que <em>« soient rendus les droits souverains et le libre exercice du gouvernement à ceux qui en ont été privés par la force. »</em></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5579_10_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5579_10('footnote_plugin_tooltip_5579_10_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Voir Yves Benot, <em>Massacres coloniaux</em>, La Découverte</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_5579_10() { jQuery('#footnote_references_container_5579_10').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_5579_10').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_5579_10() { jQuery('#footnote_references_container_5579_10').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_5579_10').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_5579_10() { if (jQuery('#footnote_references_container_5579_10').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_5579_10(); } else { footnote_collapse_reference_container_5579_10(); } } function footnote_moveToReference_5579_10(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_5579_10(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_5579_10(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_5579_10(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/ukraine-face-a-lhorreur-quest-ce-quil-faut-faire-et-quest-ce-quon-peut-faire-nous/">Ukraine : face à l&rsquo;horreur, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il faut faire ? Et qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on peut faire, nous ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>L&#8217;impérialisme et la guerre en Ukraine</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/limperialisme-et-la-guerre-en-ukraine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Jun 2022 20:34:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les médias dominants présentent la guerre en Ukraine comme un combat entre la « démocratie », représentée par l’Ukraine et ses soutiens occidentaux et l’« autoritarisme » sous la forme du régime de Vladimir Poutine. Mais cela est bien <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/limperialisme-et-la-guerre-en-ukraine/" title="L&#8217;impérialisme et la guerre en Ukraine">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<pre class="wp-block-verse">Les médias dominants présentent la guerre en Ukraine comme un combat entre la « démocratie », représentée par l’Ukraine et ses soutiens occidentaux et l’« autoritarisme » sous la forme du régime de Vladimir Poutine. Mais cela est bien trop simpliste. Ainsi le plus fervent soutien de l’Ukraine est le gouvernement d’extrême droite en Pologne visé par une enquête de l’Union européenne pour ses tendances autoritaires. Alors est-ce qu’il existe un meilleur cadre théorique pour comprendre le conflit ? Une ressource est celle de l’idée d’impérialisme. Après tout Poutine semble vouloir restaurer le vieil empire tsariste qui avait été détruit par la révolution russe d’Octobre 1917.</pre>



<h6 class="has-text-align-right has-background wp-block-heading" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #03 &#8211; MAI 2022</h6>



<p>Mais il est important d’être clairs sur ce que nous entendons par impérialisme. Une approche large est que c’est un phénomène traversant les époques historiques, la manière dont des États puissants dominent, conquièrent et exploitent des sociétés voisines.</p>



<p>Cela a été un aspect des sociétés de classe pendant des milliers d’années remontant aux empires perses, chinois et romains.</p>



<p>La Russie agit clairement aujourd’hui comme un pouvoir impérialiste en ce sens, cherchant à soumettre l’État ukrainien et à dépecer son territoire. Mais cela suffit-il pour comprendre le conflit ?</p>



<p>Le marxiste libanais Gilbert Achcar<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5551_12('footnote_plugin_reference_5551_12_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_5551_12('footnote_plugin_reference_5551_12_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5551_12_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5551_12_1" class="footnote_tooltip">Gilbert Achcar est un théoricien influent dans la gauche radicale internationale au travers de ses écrits sur l’impérialisme et le Moyen-Orient, notamment en France où il a longtemps vécu. Il a été un soutien important dans la construction d’un mouvement de lutte contre la guerre en Afghanistan et en Irak entre 2001 et 2004.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5551_12_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5551_12_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> le pense. Il a défendu ce qu’il nomme une <em>« position anti-impérialiste radicale »</em> qui se centre exclusivement sur le combat entre la Russie et l’Ukraine :</p>



<p><em>« Une prise de contrôle russe de l’Ukraine encouragerait les États-Unis à revenir à la voie de la conquête du monde par la force dans un contexte d’exacerbation de la nouvelle partition coloniale du monde et d’aggravation des antagonismes globaux, tandis qu’un échec russe –&nbsp;s’ajoutant aux échecs US en Irak et en Afghanistan&nbsp;– renforcerait ce que l’on appelle à Washington le « syndrome du Vietnam ».</em></p>



<p><em>De plus il me semble assez évident qu’une victoire russe renforcerait considérablement le bellicisme et la pression vers l’augmentation des dépenses militaires dans les pays de l’Otan, qui ont déjà grimpé en flèche, alors qu’une défaite russe offrirait de bien meilleures conditions pour notre combat en faveur d’un désarmement général et de la dissolution de l’Otan. »</em></p>



<p>Ce serait bien sûr positif si le peuple ukrainien réussissait à repousser les envahisseurs russes. Mais il y a un petit problème dans l’argument d’Achcar selon lequel cela affaiblirait les États-Unis et l’Otan. Ceux-ci soutiennent fortement les Ukrainien·nes, les inondant d’armes tout en gonflant leurs propres budgets militaires.</p>



<p>Si, grâce à ces efforts et au courage des combattant·es ukrainien·nes, la Russie était battue, est-ce que les États-Unis et leurs alliés réagiraient en désarmant et en dissolvant l’Otan ? Bien sûr que non. Ils célébreraient cette issue comme leur victoire et élargiraient l’Otan. Les États-Unis se sentiraient encouragés dans leur concurrence globale avec le pays qui représente le véritable défi à leur hégémonie, la Chine.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une théorie plus précise de l’impérialisme</h2>



<p>Ce qui manque dans l’approche d’Achcar comme dans celle d’autres à gauche qui esquivent la question de l’Otan, c’est l’analyse historiquement plus précise de l’impérialisme qu’offre le marxisme.</p>



<p>Cette théorie émerge d’abord dans <em>Le Capital</em> de Marx dans les années 1860. Mais elle sera développée plus systématiquement au début du 20<sup>e</sup>&nbsp;siècle au moment de la Première Guerre mondiale.</p>



<p>Les marxistes étaient confronté·es à une réalité proche de la nôtre. L’économiste radical libéral Hobson écrivait : <em>« La nouveauté de l’impérialisme récent (…) tient principalement à son adoption par plusieurs nations. La notion de plusieurs empires se concurrençant est essentiellement moderne. »</em></p>



<p>Cette concurrence géopolitique s’exprimait par des conflits de territoires –&nbsp;les colonies et semi-colonies que les plus grands États cherchaient à dominer&nbsp;– et une course à l’armement. La théorie marxiste de l’impérialisme fut développée pour expliquer ces rivalités qui aboutirent aux deux guerres mondiales de 1914-1918 et 1939-1945 plongeant le monde dans le sang.</p>



<p>C’était une théorie de l’impérialisme capitaliste. Le révolutionnaire russe Vladimir Lénine appelait l’impérialisme le plus haut stade du capitalisme. Sa camarade germano-polonaise Rosa Luxemburg écrivait : <em>« L’essence de l’impérialisme consiste précisément dans l’expansion du capital des vieux pays capitalistes vers de nouvelles régions et dans la bataille économique et politique qu’ils se livrent pour ces nouvelles zones. »</em></p>



<p>Pour le dire d’une autre manière, l’impérialisme capitaliste représente l’articulation entre concurrence économique et géopolitique. La compétition économique est la force motrice du capitalisme –&nbsp;des entreprises rivales luttent les unes contre les autres, investissant pour améliorer et étendre la production afin de s’emparer d’une part plus grande du marché.</p>



<p>À la fin du 19<sup>e</sup>&nbsp;siècle le combat géopolitique entre États s’intégra dans la logique capitaliste de l’accumulation du capital.</p>



<p>Cela reflétait des modifications à la fois dans la guerre et dans le capitalisme. La guerre fut industrialisée, le pouvoir militaire se mettant à dépendre de la production de masse pour armer, entretenir et déplacer d’énormes armées. Les États devaient dès lors promouvoir le capitalisme industriel.</p>



<p>En même temps les entreprises capitalistes augmentaient en taille et commençaient à fonctionner à l’échelle globale. Elles dépendaient du soutien de l’État contre leurs rivales. Pendant la crise de la fin du 19<sup>e</sup>&nbsp;siècle prendre le contrôle de colonies compensait une rentabilité en baisse.</p>



<p>Ainsi l’impérialisme capitaliste ce n’est pas seulement de gros États dominant et conquérant de plus petits même s’il y a beaucoup de ça. C’est un système global de compétition inter-capitaliste. Tout comme avant la Première Guerre mondiale, l’impérialisme contemporain consiste en une concurrence géopolitique sur fond d’intégration économique mondiale.</p>



<p>Le pouvoir des États belligérants dépend de leur position dans l’économie capitaliste mondiale. Les États-Unis dominent la finance et le numérique, la Chine a un vaste complexe manufacturier et la Russie s’appuie sur l’exportation d’énergie. Aujourd’hui on peut identifier peut-être six puissances impérialistes dominantes, les États-Unis, la Chine, la Russie, l’Angleterre, la France et l’Allemagne.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="5a5a5a" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #5a5a5a;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/06/A2C_RevueN3_UkraineCallinicos_Illustr1-1024x686.jpg" alt="" class="wp-image-5555 not-transparent"/></figure>



<p>L’antagonisme le plus important est celui entre les États-Unis et la Chine dont les dirigeants visent à remplacer l’hégémonie de Washington à commencer par la région indo-pacifique. Mais l’impérialisme russe, manoeuvrant pour retrouver sa puissance crée un conflit à trois bandes.</p>



<p>Les grandes puissances européennes sont tiraillées entre différentes directions. Elles dépendent de l’énergie russe et sont attirées par l’énorme marché chinois mais, comme en ce moment, s’alignent finalement sur les États-Unis.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pas un conflit inter-impérialiste ?</h2>



<p>Cette compréhension de l’impérialisme capitaliste qui implique un système de rivalités entre États est totalement absente de l’analyse d’Achcar.</p>



<p>Il refuse l’idée que la guerre en Ukraine implique un conflit entre puissances impérialistes.<em> « Si toutes le guerres où chaque camp est soutenu par des impérialismes rivaux devaient être caractérisées comme des guerres inter-impérialistes alors toutes les guerres de notre temps seraient inter-impérialistes puisqu’il suffit qu’un des impérialismes rivaux soutiennent un camp pour que l’autre soutienne le camp opposé.</em></p>



<p><em>Une guerre inter-impérialiste ce n’est pas ça. C’est une guerre directe, et pas par procuration, entre deux puissances, chacune tentant d’envahir le domaine territorial et (néo)colonial de l’autre. »</em></p>



<p>C’est une définition trop étroite. Les États-Unis ont mené une guerre par procuration contre l’Union soviétique quand cette dernière a essayé de s’emparer de l’Afghanistan fin 1979. Aux côtés d’alliés comme l’Angleterre, l’Arabie saoudite et le Pakistan ils ont armé et entraîné les moudjahidines qui résistèrent à l’occupation soviétique. Le conflit a contribué à drainer les ressources et le moral soviétiques dans la dernière décennie de la guerre froide. Bien entendu les moudjahidines avaient leur propres objectifs politiques. Cela devint clair lorsque les forces soviétiques se retirèrent en 1989 culminant avec le soutien des Talibans pour Al-Qaïda et leur résistance à l’occupation US après les attaques du 11&nbsp;septembre à New York et Washington.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="c89f41" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #c89f41;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/06/A2C_RevueN3_UkraineCallinicos_Illustr2.jpg" alt="" class="wp-image-5556 not-transparent"/></figure>



<p>Mais les États-Unis ont joué un rôle décisif dans un épisode final important de la guerre froide.</p>



<p>Il y a bien sûr des différences énormes entre l’Ukraine aujourd’hui et l’Afghanistan dans les années 1980.</p>



<p>Mais la similitude importante est que les puissances impérialistes occidentales instrumentalisent la lutte nationale ukrainienne contre l’impérialisme russe pour leurs propres intérêts.</p>



<p>Les conflits inter-impérialistes et les guerres de défense nationale sont souvent imbriqués. La Première Guerre mondiale débuta quand l’empire austro-hongrois attaqua la Serbie qu’il accusait de l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand. La Russie soutint ensuite la Serbie conduisant à une escalade de mobilisations militaires qui finit en une terrible guerre générale.</p>



<p>Le marxiste allemande Karl Kautsky défendit que le rôle joué par la lutte serbe pour l’auto-détermination nationale signifiait que le conflit n’était pas simplement une guerre impérialiste. Lénine répondit, <em>« Pour la Serbie, c’est-à-dire pour peut-être un pour cent des participants à la guerre actuelle, la guerre est une « continuation de la politique » du mouvement bourgeois de libération. Pour les autres 99 pour cent, la guerre est la continuation de la politique de l’impérialisme. »</em></p>



<p>Bien sûr l’équilibre est différent dans le cas présent puisque l’affrontement direct implique uniquement l’Ukraine et la Russie. Cependant les efforts des puissances de l’Otan pour rester en dehors des combats –&nbsp;surtout pour éviter une confrontation nucléaire&nbsp;– n’empêche pas qu’elles font tout leur possible pour infliger une défaite à la Russie. Cela aussi est « une continuation de la politique de l’impérialisme ».</p>



<p>La théorie marxiste de l’impérialisme est importante politiquement. Sans elle nous nous retrouvons seulement dans un combat entre deux États rivaux. Mais une fois qu’on voit le rôle de l’impérialisme on peut identifier l’influence de l’antagonisme de classe. On peut tirer le fil des intérêts de classe qui ne relient pas seulement les conscrits russes mourant dans la guerre de Poutine et leurs familles accablées économiquement par les conséquences des sanctions occidentales.</p>



<p>Ce fil relie aussi les travailleurs et travailleuses dans le monde entier, frappé·es, via la guerre, par l’inflation des prix de la nourriture et de l’énergie et menacé·es par la destruction nucléaire. Il les unit contre les classes dirigeantes rivales occupées à alimenter cette terrible guerre.</p>



<h6 class="wp-block-heading">Alex Callinicos</h6>



<p class="has-text-align-right"><em>Paru initialement en anglais sur </em><a href="https://socialistworker.co.uk/features/the-great-power-grab-imperialism-and-war-in-ukraine/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Socialist Worker</a></p>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_5551_12();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_5551_12();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_5551_12">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_5551_12" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5551_12_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5551_12('footnote_plugin_tooltip_5551_12_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Gilbert Achcar est un théoricien influent dans la gauche radicale internationale au travers de ses écrits sur l’impérialisme et le Moyen-Orient, notamment en France où il a longtemps vécu. Il a été un soutien important dans la construction d’un mouvement de lutte contre la guerre en Afghanistan et en Irak entre 2001 et 2004.</td></tr>

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		<item>
		<title>Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/pas-de-guerre-entre-les-peuples-pas-de-paix-entre-les-classes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vanina]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Mar 2022 03:28:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[anti-impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[antiguerre]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[internationalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">La crise militaire d’ampleur qui vient de se déclarer aux portes de l’Europe est le point culminant d’une série de crises majeures qui frappent l’humanité depuis une décennie. La crise climatique, la crise économique de <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/pas-de-guerre-entre-les-peuples-pas-de-paix-entre-les-classes/" title="Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes !">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<pre class="wp-block-verse">La crise militaire d’ampleur qui vient de se déclarer aux portes de l’Europe est le point culminant d’une série de crises majeures qui frappent l’humanité depuis une décennie. La crise climatique, la crise économique de 2008, la crise du covid étaient déjà les symptômes d’un système capitaliste mondial à bout de souffle. Mais l’aggravation brutale de la situation marque un tournant vers un risque de déflagration mondiale. Plus que jamais les luttes de notre camp, des masses que ce système opprime et exploite, sont essentielles pour stopper cette folie.</pre>



<h6 class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background wp-block-heading" style="font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #02 &#8211; mars 2022</h6>



<p>Le déclenchement de la guerre en Ukraine par Poutine, le 24 février, n’a rien avoir avec la paranoïa d’un dirigeant autocrate sanguinaire comme le décrivent les dirigeants et médias occidentaux. Poutine est, à n’en pas douter, un autocrate qui muselle le peuple russe, c’est un boucher sanguinaire qui a massacré plus de 200 000 civils en Tchétchénie en 1999. Et il n’hésitera pas à faire de même en Ukraine si les intérêts qui le guident le nécessitent.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Refuser l’escalade guerrière</h2>



<p>Mais la violence militaire et la barbarie sanguinaire dont il fait preuve sont exactement de la même nature que celles qu’ont commises à de multiples reprises les Etats-Unis lorsqu’ils couvraient le Vietnam de napalm ou l’Etat français lorsqu’ils massacrait des centaines de milliers d’Algériens pour préserver son empire colonial, ou plus récemment lorsque les Etats-Unis ont mené la coalition pour détruire sous l’Irak sous un déluge de bombes, ou encore quand Sarkozy bombardait la&nbsp; Libye.&nbsp;</p>



<p>Cette guerre n’a rien à voir non plus avec la défense des droits et des libertés d’un peuple que ce soient les minorités russophones d’Ukraine pour Poutine, ou l’intégrité de l’état démocratique ukrainien pour l’Europe et les Etats-Unis. L’argument de la défense des droits et libertés des peuples à toujours été l’argument utilisé par les grandes puissances pour s’engager dans les guerres. C’est comme cela qu’a débuté la première guerre mondiale, qui a ravagé l’Europe et fait 20 millions de victimes.</p>



<p>Au lendemain de l’attaque russe, l’OTAN à commencé à déployer «&nbsp;<em>des éléments de sa force de&nbsp;réaction&nbsp;pour renforcer encore son dispositif de défense et être en mesure de réagir rapidement à toute éventualité&nbsp;</em>». Macron y contribue en déployant des soldats français en Roumanie et en Estonie. L’Allemagne a annoncé son réarmement tandis que l’Europe a décidé d’envoyer massivement des armes en Ukraine. L‘engrenage d’une guerre globale se met dangereusement en mouvement.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Toutes celles et tous ceux qui se battent pour l’émancipation des exploité.e.s et des opprimé.e.s&nbsp;ne peuvent qu’être internationalistes et s’opposer à la domination d’une nation sur une autre. Ils ne peuvent être que totalement solidaires des populations ukrainiennes et exiger que la Russie retire ses troupes. Mais si nous n’avons pas les moyens immédiats d’éteindre le feu en Ukraine, nous devons nous opposer à ce que les pompier-pyromanes de l’OTAN y jettent leurs bidons d’essence. Nous devons au contraire exiger la dissolution de l’OTAN et&nbsp;refuser la militarisation de l’Europe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une guerre impérialiste</h2>



<p>Le stratège prussien Von Clausewitz écrivait au 19ème siècle que « <em>la guerre est le prolongement de la lutte politique par d’autres moyens</em> ».&nbsp;Reprenant cette analyse, au début de la première guerre mondiale, pour comprendre ce qui avait produit cette monstruosité, le révolutionnaire russe Lénine argumentait qu’à l’époque d’un capitalisme hégémonique sur toute la planète, divisé en empires économiques et militaires, la guerre était la continuation de la concurrence acharnée que se livrent les blocs de capitaux rivaux. Elle était le moyen, lorsque les mécanismes économiques ne suffisent plus, d’assurer le contrôle des ressources de matières premières, de conquérir de nouveaux territoires pour investir leurs capitaux.</p>



<p>L’escalade guerrière actuelle procède de la même logique.&nbsp;Les capitaux, même financiarisés, même mondialisés s’appuient sur les moyens militaires des Etats avec lesquels ils sont étroitement liés pour imposer leur domination ou affaiblir leurs concurrents.</p>



<p>L’effondrement du bloc de l’Est au début des années 1990 a bouleversé l’ordre de domination issu de la deuxième guerre mondiale.&nbsp;Ce fut le début du nouvel ordre mondial promu par les Etats-Unis pour imposer leur hégémonie militaire et économique sur tout le globe.&nbsp;</p>



<p>L’OTAN, alliance militaire dirigée par les Etats-Unis pour défendre les intérêts du bloc occidental, loin de se dissoudre avec la fin de la guerre froide, s’est étendue&nbsp;vers les pays de l’Europe de l’Est encerclant toujours plus étroitement la Russie, économiquement exsangue et militairement affaiblie. Elle a renforcé son partenariat militaire avec l’Union européenne qui, dans le même temps, s’élargissait pour intégrer ces mêmes pays dans son grand marché libéral. Lorsque, en 1999, l’Otan est intervenue militairement en Yougoslavie, plongée dans une atroce guerre civile, il s’agissait plus de s’imposer aux yeux de la Russie comme gendarme du monde que de défendre, comme elle le prétendait, les populations victimes du nettoyage ethnique.&nbsp;Dans le même but, avec l’Otan ou avec des coalitions&nbsp;<em>ad hoc</em>, les Etats-unis ont mené la guerre contre l’Irak en 1990-91&nbsp;avant de l’écraser sous une pluies de bombes&nbsp;&nbsp;en 2003 pendant qu’ils se lançaient dans une guerre d’occupation de l’Afghanistan qui allait durer 20 ans.&nbsp;</p>



<p>C’est dans cette même période que fut lancée la course furieuse vers la mondialisation libérale qui allaient impacter toute les économies dans un programme de concurrence économique sans retenue, de privatisation et de démantèlement des services publics.</p>



<p>Si les Etats-Unis ont réussi à imposer leur hégémonie militaire sur toute cette période, il n’en fut pas de même sur le plan économique. Les économies occidentales ne se sont jamais remises de la crise des années 1970.&nbsp;La mondialisation des années 1990 et 2000 a vu l’explosion de monstres économiques comme lesGAFAM, la multiplication de milliardaires, mais ce fut au prix d’une aggravation des inégalités mondiales, d’une explosion de la dette, d’une stagnation voire d’une baisse du pouvoir d’achat&nbsp;. Elle a abouti à la crise mondiale qui a ravagé les économies en 2008 et dont elles ne se sont pas encore relevées.&nbsp;</p>



<p>Dans le même temps, les Etats-Unis ont vu leur part du marché mondial diminuer, en particulier au profit de la Chine dont le PIB a explosé à partir des années 1990 pour devenir la deuxième puissance économique mondiale et le concurrent le plus sérieux des Etats-Unis.&nbsp;</p>



<p>C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre le déclenchement de la guerre actuelle. La Chine forte de sa puissance économique et la Russie forte de sa puissance militaire contestent l’hégémonie et l’expansionnisme des Etats-Unis et de ses alliés.</p>



<p>En 2014, la révolution de Maïdan a porté à la tête l’Ukraine des dirigeants pro-européens&nbsp;qui ont entamé de premières discussions pour se rapprocher de l’OTAN. Profitant de la colère des minorités russophones, Poutine a annexé la Crimée, ce qui n’a pas&nbsp;tempéré&nbsp;l’ardeur de l’OTAN à vouloir intégrer l’Ukraine dans son alliance militaire.&nbsp;</p>



<p>La débâcle Étasunienne en Afghanistan et son retrait piteux en août dernier ont sans doute été le signe pour les puissances impérialistes chinoise et russe qu’un repartage du monde était à l’ordre du jour. Alors que les Etats-Unis s’attelaient, dès septembre, à mettre en place une alliance militaire dans le Pacifique avec l’Australie et la Grande Bretagne pour faire face à la Chine, qu’elle identifiait depuis longtemps comme la plus grande menace à son hégémonie, les dirigeants chinois affirmaient haut et fort leur volonté d’un retour rapide de Taiwan dans la Chine. Il s’appuyèrent sur une démonstration de force militaire au-dessus de l’île. Joe&nbsp;Biden s’était alors dit prêt à une intervention militaire au cas d’invasion chinoise.&nbsp;Aujourd’hui la Russie se pense en force de contester l’hégémonie de l’OTAN en Europe.</p>



<p>C’est l’accumulation de telles rivalités entre puissances impérialistes qui a conduit par deux&nbsp;fois le monde à la barbarie généralisée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Combattre nos impérialismes</h2>



<p>Au déclenchement de la première guerre mondiale, les principaux dirigeants politiques et syndicaux du mouvement ouvrier européen, qui avait clamé haut et fort, jusqu’à la veille, leur unité et&nbsp;leur internationalisme, se sont vautrés&nbsp;dans le chauvinisme le plus crasse en appelant, à outrance, les ouvriers de leurs pays respectifs à massacrer ceux d’en face.</p>



<p>Le révolutionnaire et député allemand Karl Liebknecht fut l’un des seuls à voter contre cette guerre. Interdit de parole au parlement, il publia sa position dans une brochure intitulée “<em>L’ennemi principal est dans notre pays !</em>“.&nbsp;Il y expliquait que «&nbsp; <em>L’ennemi principal de chaque peuple est dans son propre pays ! L’ennemi principal du peuple allemand est en Allemagne : l’impérialisme allemand, le parti de la guerre allemand, la diplomatie secrète allemande.&nbsp;C’est cet ennemi dans son propre pays qu’il s’agit pour le peuple allemand de combattre dans une lutte politique, en collaboration avec le prolétariat des autres pays, dont la lutte est dirigée contre ses propres impérialistes.</em> »</p>



<p>En Russie,&nbsp;Lénine défendait les mêmes positions en expliquant qu’en temps de guerre on ne pouvait que vouloir la défaite de son propre gouvernement.</p>



<p>Les principaux dirigeants du mouvement ouvrier, qui avaient abandonné toute perspective de transformation révolutionnaire de la société, pensaient que la guerre ne pouvait se finir que par la victoire de l’un ou l’autre des camps impérialistes et choisissaient le leur. Ils furent les complices des plus grands massacres de masse qu’a connu l’humanité.&nbsp; Ces furent au contraire la révolution russe de 1917, en renversant le Tsar, et la révolution allemande d’octobre-novembre 1918, en mettant fin au régime impérial, qui accélèrent la fin de la guerre et de la barbarie.</p>



<p>Les peuples du monde entier ont tout à craindre de l’affrontement actuel des impérialismes. Mais ils ont en mémoire les deux boucherie mondiales. Il ont aussi la mémoire de la lutte contre la guerre du Vietnam, celle du peuple vietnamien qui a mis en échec la plus grande puissance militaire du monde , celle du mouvement anti-guerre qui a déstabilisé les Etats-Unis de l’intérieur. Les Russes ont également en mémoire le tribut qu’ils ont payé pour la sale guerre&nbsp;menée par l’URSS en Afghanistan et qui a contribué à sa chute. Nombreux manifestent aujourd’hui en Russie pour clamer leur opposition à la guerre malgré la répression féroce de l’Etat.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="4a453d" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #4a453d;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/03/russie.jpg" alt="" class="wp-image-5304 not-transparent"/><figcaption>« Ukraine &#8211; Paix, Russie &#8211; Liberté ». Manifestation à Moscou le 24 février 2022 (DR)</figcaption></figure></div>



<h2 class="wp-block-heading">Contre la guerre et le nationalisme, nos luttes !</h2>



<p>Face à l’esprit guerrier, la lutte contre le nationalisme doit plus que jamais guider nos actions.</p>



<p>Dans son adresse au parlement du 25 février, Macron a exhorté le pays&nbsp;à “l’unité nationale” pour défendre la démocratie et nos valeurs. Nous devrions ainsi tous faire corps au nom d’un intérêt commun et taire nos divergences parce que nous vivons dans les mêmes frontières.</p>



<p>Mais deux ans de “guerre” contre le Covid, comme il avait alors osé qualifier la crise sanitaire, ont montré ce que signifie ce prétendu intérêt commun. Tandis que la population, en particulier les populations les plus précaires et les racisés, subissait les conséquences de sa politique de destruction du système de santé, il a continué de supprimer près de 4000 lits d’hôpitaux par an pendant la crise pour arriver à un total&nbsp;de&nbsp;17 000 lits supprimés à la fin de son quinquennat. Il a imposé sa contre-réforme de l’Assurance chômage qui va entraîner, selon un rapport de l’Unédic d’avril&nbsp;2021, une baisse de revenus de 17% en moyenne&nbsp;pour 1,15 million d’allocataires. Selon l’ONG Oxfam, 1 million de personnes ont basculé dans la pauvreté durant la période. «&nbsp; <em>L’épargne des 20% des Français-e-s les plus pauvres a diminué de près de 2 milliards d’euros pendant le premier confinement, alors que les 10% des Français-e-s les plus riches ont vu leur fortune augmenter de plus de 25 milliards d’euros</em> ».&nbsp;</p>



<p>Pour les entreprises du CAC 40,&nbsp;la crise a été en effet du pain béni ! Tandis que l’inflation faisait exploser la facture énergétique de la population,&nbsp;TotalEnergies&nbsp;annonçait début février ses profits les plus élevés depuis 15 ans. Les entreprises du CAC 40 ont réalisé un total de 137 milliards d’euros de bénéfice en 2021 dont ils s’apprêtent à verser la moitié en dividendes !&nbsp; Voilà ce qu’il en est de l’intérêt commun !&nbsp;</p>



<p>Face à l’explosion des inégalités, les luttes sociales se développent depuis le début de l’année. Les conflits sur les salaires se sont multipliés pour contrer la flambée des prix. La grève historique des enseignant.e.s, le 13 janvier, contre la gestion catastrophique de la crise dans l’Éducation et la baisse continue des moyens,&nbsp;ainsi que la grève massive des salarié.e.s de la RATP pour une augmentation des salaires&nbsp;qui a paralysé les transports parisiens le 27 janvier montrent une situation sociale potentiellement explosive. La crise actuelle va amplifier la hausse des prix de l’énergie et des céréales et multiplier les revendications salariales. Ceux qui se vautrent aujourd’hui dans l’unité nationale appelleront demain le pouvoir à faire cesser nos grèves pour ne pas mettre en péril les efforts et les dépenses militaires.&nbsp;</p>



<p>Les femmes ont été en première ligne pendant la crise sanitaire parce qu’elles occupent les deux-tiers des emplois dans le secteur du soin, du fait de la division&nbsp;genrée du travail qu’impose la domination de la société de classes&nbsp;patriarcale. Elles en ont été également les premières victimes parce qu’elles occupent les emplois les plus précaires, parce qu’elles sont mal payées. Elles sont aussi les principales victimes des violences des guerres. La journée internationale de lutte pour le droit des femmes avec le large appel à la grève feministe du 8 mars, pour l’égalité salariale et contre les violence sexistes est l’occasion pour notre camp d’assumer l’affrontement avec notre classe dirigeante et sa logique de guerre.</p>



<p>Mais l’unité nationale, pour Macron et tous les suppôts de la classe dirigeante, c’est aussi le soutien à la politique impérialiste de la France qui n’a cessé, depuis la décolonisation, de maintenir sa domination sur les populations et les territoires africains par une succession d’interventions militaires, de coups d’État et de soutien sans faille aux dirigeants les plus corrompus jusqu’au soutien des génocidaires rwandais.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="c2906a" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #c2906a;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/03/A2C_RevueN2_Edito_Illustr.jpg" alt="" class="wp-image-5305 not-transparent" width="298" height="421"/></figure></div>



<p>Le 16 février dernier, il a convoqué les dirigeants européens et africains à une réunion sur «&nbsp; <em>la sécurité au Sahel et en Afrique de l’Ouest</em> ». Il s’agissait de redéfinir l’intervention militaire française face à la contestation massive des populations africaines qui exigent le départ des troupes françaises, relayés par la junte militaire qui a pris le pouvoir au Mali. La France y est intervenue militairement depuis 2013. Sous couvert de lutte contre le terrorisme, l’opération Serval, devenue Barkhane en 2014 avait pour but&nbsp;d’assurer « <em>un accès sécurisé aux ressources énergétiques et minières</em> »&nbsp;de l’Afrique comme l’évoquait un rapport du Sénat et de garantir les intérêts des 40 000 entreprises françaises dont 14 multinationales implantées sur le continent.&nbsp;</p>



<p>Mais si la domination française est vivement contestée par&nbsp;les&nbsp;populations&nbsp;qui en subissent directement les conséquences, les richesses du territoire sont convoitées par d’autres puissances impérialistes, en particulier la Chine qui est devenue le premier partenaire économique de l’Afrique et la Russie qui a multiplié depuis quelques années les accords de coopération militaire et économique.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Chassée&nbsp;du Mali, la France a annoncé&nbsp;le&nbsp;redéploiement de ses troupes dans le golfe de Guinée et au Niger où elle exploite en particulier plusieurs mines d’uranium.&nbsp;Macron exhorte maintenant les autres pays européens à se constituer en puissance militaire.&nbsp;</p>



<p>Son&nbsp;enjeu sera de renforcer la domination sur l’Afrique, le nôtre est de soutenir la lutte des peuples africains et d’exiger le retrait des troupes françaises.</p>



<p>L’unité nationale, c’est encore le renforcement des frontières, du racisme et des courants fascistes.&nbsp;L’afflux de réfugiés ukrainiens&nbsp;dévoile comme jamais l’hypocrisie des dirigeants européens et le poison du racisme en Europe.&nbsp;Alors que des centaines&nbsp;de&nbsp;milliers d’Ukrainiens ont fuit les bombardements dont une grande partie en Pologne, les dirigeants polonais organisent le tri à leur frontière. Des milliers d’étudiants africains qui cherchaient à fuir les combats ont ainsi été refoulés. Tandis que Zemmour s’oppose à l’accueil des réfugiés pour ne pas&nbsp;«&nbsp;<em>déstabiliser la France qui est déjà submergée par l’immigration</em>&nbsp;»,&nbsp;Le Pen concède l’accueil de réfugiés&nbsp;ukrainiens&nbsp;pour mieux&nbsp;faire&nbsp;suinter son racisme : «&nbsp; <em>l’intégralité des réfugiés syriens était des hommes. C’est étonnant de voir des hommes fuir leur pays et laisser leurs femmes et leurs enfants là-bas. Il n’y a quasiment que des enfants, des femmes et des personnes âgées&nbsp;» qui fuient l’Ukraine. C’est le même poison raciste que distille Pécresse dans une tribune au Figaro où elle explique que le statut de réfugié pour les&nbsp;Ukrainiens se justifie&nbsp;bien davantage que pour&nbsp;«&nbsp;les faux réfugiés indûment entrés en Europe ces dernières années&nbsp;</em>».</p>



<p>Si le gouvernement pousse des cris d’orfraie, en expliquant qu’il n’y aura pas de tri, c’est pourtant exactement la logique de sa politique migratoire. Le 2 février, quinze jours avant l’offensive russe, Macron, devenu depuis peu président du Conseil de l’Union européenne,&nbsp;tenait une conférence de presse à Tourcoing sur les politiques migratoires. Il a exhorté les pays membres à renforcer la protection des frontières extérieures.&nbsp;  «&nbsp;<em>Nous voulons un système Schengen mieux tenu »</em>.&nbsp; Il a proposé, entre autres, de renforcer la pression sur les États frontières pour qu’ils accentuent leurs contrôles, un mécanisme permettant de réintroduire le contrôle aux frontières des États européens défaillants et&nbsp; «&nbsp;<em>une politique plus opérationnelle et plus unie&nbsp;</em>»&nbsp; en matière d’expulsion des migrants illégaux. Le même jour, 19 migrants ont été retrouvés morts de froid à la frontière entre la Grèce et la Turquie. Depuis le début des années 2000 plus de 38 000 personnes migrantes sont mortes en&nbsp;Méditerranée. Comme les&nbsp;Ukrainiens, elles fuyaient les guerres commises, fomentées ou soutenues par les puissances impérialistes, elles fuyaient le feu des armes en grande partie fournies&nbsp;par l’industrie d’armement française, ou bien elles fuyaient la misère que leur domination génère. C’est cette politique migratoire raciste et assassine que veut maintenant renforcer Macron.</p>



<p>C’est à cette politique raciste et nationaliste que répond la campagne&nbsp;Antiracisme et Solidarité lancée le 18 décembre dernier. « Notre pays n’a ni carte, ni limites. Il ne fait pas la guerre si ce n’est au fascisme, au colonialisme, au racisme, à l’injustice et aux inégalités. » dit l’appel « <em>Notre pays s’appelle Solidarité »</em>.&nbsp; Elle&nbsp; regroupe&nbsp; près de 400 organisations locales et nationales, collectifs de sans-papiers, de familles de victimes des violences policières, associations, réseaux de solidarité, collectifs féministes, syndicats, ONG … Elle a permis pour la première fois que de nombreuses villes participent, le 6 février dernier, à la Journée mondiale de Commémor‘Action pour les mort.e.s, disparu.e.s et les victimes de disparitions forcées en mer et aux frontières.&nbsp;Les initiatives qui ont été prises dans le cadre de la campagne montrent un large potentiel de mobilisation. A Toulouse un tournoi de foot sur les thèmes de la campagne et en soutien aux hijabeuses a mobilisé des centaines de personnes autour d’équipes de quartiers, de sans-papiers, de groupes féministes ainsi&nbsp;qu’une équipe de révolutionnaires soudanais.</p>



<p>Le 19 mars prochain des manifestations sont prévues dans le monde entier, contre le racisme et le fascisme, du Brésil à l’Afrique du Sud, des Etats-Unis à l’Australie et dans la plupart des pays européens. Cet appel prend un nouvel écho avec la guerre. En France une manifestation nationale est appelée&nbsp;conjointement par la campagne Antiracisme et Solidarité et le Réseau d’Entraide&nbsp;Vérité et&nbsp;Justice.&nbsp;Construisons-la partout où&nbsp;nous sommes pour faire&nbsp;la démonstration qu’il existe une autre voie que celle du nationalisme, de la guerre et du fascisme.</p>



<p>Nico (Paris 19)</p>



<hr class="wp-block-separator"/>



<p><a></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/pas-de-guerre-entre-les-peuples-pas-de-paix-entre-les-classes/">Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Quelle alternative à une intervention de l&#8217;OTAN en Ukraine ?</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Mar 2022 06:35:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
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		<category><![CDATA[guerre]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Publié initialement en anglais sur le site Socialist Worker «&#160;Donc si vous ne voulez pas que l&#8217;Otan utilise sa puissance et ses armes, comment allez-vous arrêter les Russes ? Vous laissez les tueurs gagner.&#160;» C&#8217;est <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/quelle-alternative-a-une-intervention-de-lotan-en-ukraine/" title="Quelle alternative à une intervention de l&#8217;OTAN en Ukraine ?">[...]</a></div>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="47403c" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #47403c;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/03/skynews-saint-petersburg-russia_5685226-800x500-1.jpg" alt="" class="wp-image-5228 not-transparent"/><figcaption><em>Manifestant.e.s antiguerre à Saint-Petersbourg </em></figcaption></figure>



<h6 class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background wp-block-heading" style="font-size:11px;text-transform:uppercase">Publié initialement en anglais sur le site <a href="https://socialistworker.co.uk/comment/whats-the-alternative-to-nato-intervention-in-ukraine/">Socialist Worker </a></h6>



<p>«&nbsp;Donc si vous ne voulez pas que l&rsquo;Otan utilise sa puissance et ses armes, comment allez-vous arrêter les Russes ? Vous laissez les tueurs gagner.&nbsp;» C&rsquo;est une question à laquelle toute personne qui s&rsquo;oppose à l&rsquo;escalade occidentale en Ukraine a dû être confrontée. Et c&rsquo;est une vraie question face à la réalité sanglante des assauts russes sur Kiev, Kharkiv, Mariupol et ailleurs.</p>



<p>La première réponse est que les horreurs indéniables de l&rsquo;invasion de Vladimir Poutine ne sont pas une raison pour souhaiter l’escalade vers une guerre encore plus effroyable. Les demandes de plus en plus agressives de l&rsquo;OTAN et ses livraisons d&rsquo;armes menacent d’une évolution imprudente vers un conflit plus large qui pourrait se jouer avec des armes nucléaires.</p>



<p>En juillet 1939, juste avant le début de la Seconde Guerre mondiale, le révolutionnaire russe Léon Trotsky a déclaré : «&nbsp;Les programmes des gouvernements actuels ressemblent maintenant à des jeux d’enfants sur le flanc d’un volcan avant une éruption&nbsp;». Cette phrase résonne aujourd&rsquo;hui en Europe et dans le monde. Chaque jour, des signes montrent que la guerre peut atteindre de nouvelles terreurs.</p>



<p>Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l&rsquo;Otan, a averti la Russie que des attaques contre les lignes d&rsquo;approvisionnement occidentales vers l&rsquo;Ukraine représenteraient une escalade. «&nbsp;Poutine veut moins d&rsquo;Otan, il obtient plus d&rsquo;Otan&nbsp;», a ajouté M. Stoltenberg. Dmitri Peskov, porte-parole de Poutine, a déclaré que le projet &#8211; toujours à l&rsquo;étude &#8211; de fournir à l&rsquo;Ukraine des chasseurs MiG polonais serait un «&nbsp;scénario très indésirable et potentiellement dangereux&nbsp;».</p>



<p>Mais l&rsquo;argument de ne pas aggraver la situation n&rsquo;est pas la seule réponse. Nous voulons que Poutine échoue et soit renversé, mais tout dépend de la manière dont cela se produit.</p>



<p>Ce n&rsquo;est pas une victoire si elle ne fait que renforcer le pouvoir de l&rsquo;impérialisme américain qui a été &#8211; et est toujours &#8211; une force meurtrière. Nous ne voulons pas que le résultat encourage de nouveaux bains de sang, comme les guerres américaines en Afghanistan et en Irak. Le soutien impérialiste des Etats-Unis à l&rsquo;Ukraine ne défendra pas son indépendance. Le soutien des États-Unis aux forces kurdes en Syrie, par exemple, n&rsquo;a pas apporté la libération. C&rsquo;est parce que les États-Unis sont intéressés par la promotion de leurs propres intérêts impérialistes, et non par la liberté &#8211; et pour ce faire, ils soutiendront les forces locales pour mieux les abandonner par la suite.<br></p>



<p>Un élément central d&rsquo;une issue positive doit être le mouvement anti-guerre russe, qui doit se développer et combiner la haine de la guerre avec tous les autres domaines de mécontentement de la classe ouvrière. Malgré une répression intense, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue pour condamner la guerre de Poutine. Les 14 000 arrestations effectuées jusqu’à vendredi après-midi (NdT&nbsp;: le 11 mars 2022) montrent l&rsquo;ampleur de la mobilisation.</p>



<p>Il est impossible de prévoir en détail comment les manifestations vont se développer. Les socialistes en Russie ont écrit avec force sur la nécessité d&rsquo;introduire «&nbsp;des slogans et des revendications révolutionnaires dans les protestations&nbsp;». Et d&rsquo;orienter «&nbsp;les mécontent.e.s non seulement vers l&rsquo;arrêt de la guerre, mais aussi vers la transformation de la guerre impérialiste en une guerre de classe&nbsp;». Il peut y avoir un moment où la peur change de camp, où le flic et le juge sont soudainement terrifiés par celleux qu&rsquo;ils ont l&rsquo;habitude de battre et d&#8217;emprisonner. Il est certain que les manifestant.e.s anti-guerre se libèrent déjà de l&rsquo;intimidation.</p>



<p>Comme l&rsquo;a récemment écrit un manifestant à Saint-Pétersbourg : «&nbsp;Malgré toutes les intimidations, beaucoup de gens sont descendus dans la rue aujourd&rsquo;hui ! Honnêtement, je ne m&rsquo;y attendais pas. Lorsque j&rsquo;ai vu les photos et les vidéos des manifestants à Isakia et sur Nevsky, je n&rsquo;ai pas pu m&#8217;empêcher de sourire. Je pouvais respirer plus facilement ! Tous les efforts de la propagande d&rsquo;État pour nous effrayer, tout cela semble pathétique comparé au cœur pur et à l&rsquo;intrépidité des manifestants.&nbsp;»</p>



<p>L&rsquo;Occident peut dire qu&rsquo;il célèbre les révoltes contre Poutine. Mais en réalité, elles constituent un défi pour eux aussi, car elles portent un refus de soutenir le massacre impérialiste. De la même manière, les protestations russes contre la Première Guerre mondiale en 1917 ont été accueillies avec joie par les généraux allemands. Mais l&rsquo;humeur anti-guerre a ensuite déclenché une révolution dans leur propre pays.&nbsp;</p>



<p>Et ce n&rsquo;est pas seulement l&rsquo;agitation anti-guerre qui peut nuire à Poutine. La semaine dernière, nous avons eu un exemple éclairant du potentiel de lutte sur le lieu de travail. Des travailleur.e.s de la grande usine Gemont de Nizhnekamsk ont fait grève. Les travailleur.e.s sont pour la plupart des migrant.e.s turcs et leurs salaires sont indexés sur le taux de change entre le dollar et le rouble. L&rsquo;effondrement du rouble a fait chuter leur salaire, iels ont donc débrayé.<br><br>Selon le journal russe Business Gazetta, au lieu que l&rsquo;État ne s&rsquo;en prenne aux grévistes, les patrons ont immédiatement accepté de compenser au moins partiellement les pertes subies par les travailleur.e.s. Cela pourrait indiquer une réticence de la part de la classe dirigeante à s&rsquo;engager dans des batailles de classe à un moment où le mécontentement se développe à propos de la guerre.<br><br>Il existe des exemples historiques réjouissants de ce qui se passe lorsque les dirigeants russes perdent des guerres. La défaite dans la guerre russo-japonaise a conduit à la révolution de 1905. Les revers cuisants de la Première Guerre mondiale ont alimenté la révolution de février 1917. La défaite en Afghanistan dans les années 1980 a été l&rsquo;un des éléments qui ont affaibli l&rsquo;Union soviétique et encouragé les révoltes de 1989 contre les dictatures d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est.<br><br>Dans tous ces exemples, la désaffection et les mutineries au sein des forces armées ont été un facteur déterminant. Encore une fois, personne ne devrait trop se fier à des rapports fragmentaires pendant une guerre. Mais il existe des récits répétés de soldats russes, en particulier de conscrits, abandonnant la guerre en Ukraine, sabotant leurs propres véhicules et racontant à leurs familles les horreurs auxquelles ils sont confrontés.</p>



<p>De la même manière que la rébellion a frappé l&rsquo;armée américaine au Vietnam, une désaffection généralisée dans l’armée russe compromettrait fatalement l&rsquo;invasion de l&rsquo;Ukraine. Elle ébranlerait Poutine, mais serait distincte de toute manœuvre de l&rsquo;OTAN.<br><br>Qu&rsquo;en est-il de l&rsquo;Ukraine elle-même ? Nous devons mettre en lumière le genre de manifestations que nous avons observé à Kherson et dans d&rsquo;autres zones occupées. Ici, des masses de gens ordinaires affrontent, mais aussi discutent et fraternisent avec les soldats russes dans le but de les retourner contre la guerre.</p>



<p>Une telle opposition, libre du contrôle de l&rsquo;OTAN et indépendante des armements de l&rsquo;OTAN, sera cruciale à long terme, même si la Russie parvient à une sorte de conquête militaire. Alors que l&rsquo;impérialisme américain n&rsquo;apportera aucune indépendance réelle, la libération peut venir d&rsquo;en bas.<br><br>Les impérialismes gonflés à bloc ont souvent utilisé leur ignoble puissance pour vaincre des adversaires plus faibles. Mais ils ont ensuite souvent été confrontés à des années de résistance à un niveau inférieur qui leur ont infligé des défaites humiliantes. C&rsquo;est ce qui est arrivé à la France en Algérie de 1954 à 1962, aux États-Unis et à la Grande-Bretagne en Irak après l&rsquo;invasion de 2003 et à la Russie en Afghanistan.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="808690" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #808690;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/03/TELEMMGLPICT000000287465696_trans_NvBQzQNjv4BqU3eMaYy0rqVTG7YvUgwhJnuqFFkW70PKKitnWUGuSbY.jpeg" alt="" class="wp-image-5229 not-transparent"/><figcaption><em>Des ukrainien.ne.s font face aux chars russes</em></figcaption></figure>



<p>Enfin, il y a le rôle du mouvement anti-guerre dans les pays de l&rsquo;OTAN. Chaque manifestation et protestation, chaque lien avec la lutte de classe au sens large, rendra plus difficile pour les Etats-Unis d&rsquo;étendre leur contrôle et de transformer l&rsquo;Ukraine en un Etat vassal. Cela nous impose la responsabilité d&rsquo;agiter et d&rsquo;organiser de telles révoltes.&nbsp;<br><br>Ces quatre facteurs &#8211; le mouvement anti-guerre russe, les mutineries dans l&rsquo;armée, la résistance ukrainienne par le bas, l&rsquo;agitation anti-guerre dans les pays de l&rsquo;OTAN &#8211; constituent notre alternative positive à l&rsquo;implication de l&rsquo;OTAN. Et ils pourraient également se combiner pour faire de la guerre un précurseur de la révolte contre toutes les classes dirigeantes qui intensifient actuellement les batailles.&nbsp;<br></p>



<p>Le marxiste trinidadien CLR James était un anti-impérialiste déterminé qui a dénoncé l&rsquo;invasion de l&rsquo;Éthiopie par l&rsquo;Italie en 1935. Mais il était clair pour lui que cela ne signifiait pas se ranger du côté des autres impérialismes pour repousser les Italiens. James écrivait : </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="font-style:normal;font-weight:400"><p>Luttons non seulement contre l&rsquo;impérialisme italien, mais aussi contre les autres brigands et oppresseurs, l&rsquo;impérialisme français et britannique. Ne les laissez pas vous entraîner dans leur sillage. Entrer dans l&rsquo;orbite de la politique impérialiste, c&rsquo;est être débilité par la puanteur, c&rsquo;est être noyé dans la fange des mensonges et de l&rsquo;hypocrisie.</p><p>Travailleurs de Grande-Bretagne, paysans et travailleurs d&rsquo;Afrique, tenez-vous loin des impérialistes, de leurs Ligues, pactes et sanctions. Ne jouez pas le rôle de la mouche pour leur araignée. Maintenant, comme toujours, défendons l&rsquo;organisation indépendante et l&rsquo;action indépendante. </p></blockquote>



<p><br>Cet état d’esprit devrait nous inspirer aujourd&rsquo;hui.</p>



<h6 class="wp-block-heading">Charlie Kimber </h6>



<p><br><br></p>
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