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	<title>Archives des sionisme - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<title>Archives des sionisme - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>1er Mai antiraciste, contre le génocide et contre la guerre : montrer à notre classe qu&#8217;on va continuer à se battre pour gagner</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/1er-mai-antiraciste-contre-le-genocide-et-contre-la-guerre-montrer-a-notre-classe-quon-va-continuer-a-se-battre-pour-gagner/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathilde]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Apr 2026 12:58:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[1er mai]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Dans plusieurs villes en France, se constituent à l&#8217;occasion du premier mai des cortèges contre le racisme, contre le fascisme, contre le colonialisme et contre la guerre. À Paris, un pôle appelé par la Marche <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/1er-mai-antiraciste-contre-le-genocide-et-contre-la-guerre-montrer-a-notre-classe-quon-va-continuer-a-se-battre-pour-gagner/" title="1er Mai antiraciste, contre le génocide et contre la guerre : montrer à notre classe qu&#8217;on va continuer à se battre pour gagner">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/1er-mai-antiraciste-contre-le-genocide-et-contre-la-guerre-montrer-a-notre-classe-quon-va-continuer-a-se-battre-pour-gagner/">1er Mai antiraciste, contre le génocide et contre la guerre : montrer à notre classe qu&rsquo;on va continuer à se battre pour gagner</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Dans plusieurs villes en France, se constituent à l&rsquo;occasion du premier mai des cortèges contre le racisme, contre le fascisme, contre le colonialisme et contre la guerre. À Paris, un pôle appelé par la Marche des solidarités et Urgence Palestine articulera ces revendications. Entretien avec Mathieu Pastor, d&rsquo;A2C et de la Marche des solidarités, qui nous explique pourquoi et comment se saisir du 1er mai pour engager notre classe sur le terrain de la lutte politique, dans un contexte de polarisation marquée.</p>



<p><strong>Pendant le mois de mars, en France avec le 8 mars et le 14 mars, et à l&rsquo;international avec des mobilisations autour du 28 mars, on a vu des mobilisations massives, très politiques, des gens qui descendaient dans la rue en se posant à la fois la question de lutter contre le patriarcat, contre les fascistes, contre le racisme, et aussi contre la guerre, contre l&rsquo;impérialisme. Est-ce que tu pourrais revenir un petit peu sur ce qu&rsquo;on doit apprendre de cette période et nous dire si le 1er mai et le mois qui va suivre pourraient s’inscrire dans la continuité du mois de mars ?</strong>&nbsp;</p>



<p>Je pense que le premier enseignement de cette période, c&rsquo;est se dire qu&rsquo;il y a quelque chose qui est possible. Ce qu&rsquo;on ressort de cette séquence, c’est que malgré ce qu’on se prend dans la tête, c&rsquo;est-à-dire les guerres, l&rsquo;autoritarisme, le racisme, le fascisme, il y a des volontés de se battre.</p>



<p>C&rsquo;est ce qu&rsquo;on nomme la polarisation, c&rsquo;est-à-dire d’un côté l&rsquo;augmentation de l&rsquo;offensive de la classe dirigeante &#8211; et à travers ça de la capacité des fascistes à s&rsquo;organiser &#8211; et d’un autre côté, un écho de plus en plus large pour se battre contre cette trajectoire-là et pour s&rsquo;engager.</p>



<p>C’est ce qu’on a vu le 8 mars, avec toustes celleux qui ont manifesté pour les droits des femmes, et qui, dans certaines villes, <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/retour-dexperience-sur-le-08-mars-2026/">se sont battu·es pour virer les fascistes et les sionistes</a>. C’est ce qu’on a revu <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/manifestations-antiracistes-et-antifascistes-du-14-mars-une-opportunite-pour-construire-un-front-antiraciste/">le 14 mars</a>, les mobilisations massives dans 102 villes, contre le racisme, le fascisme et les violences policières. Et c’est ce qu&rsquo;on a vu plutôt à l&rsquo;international le 28 mars : aux États-Unis avec des mobilisations dans 3000 villes ; à Rome, où pour la première fois depuis que Meloni est arrivée au pouvoir, il y a eu une mobilisation de 300 000 personnes contre son gouvernement et contre le fascisme ; et à Londres, où il y a eu 500 000 personnes mobilisées, soit la plus grande manif de l&rsquo;histoire d’Angleterre contre le racisme et le fascisme. Donc ce qu’on voit, c’est que les gens ont envie de se battre, et à une échelle très importante. Dès qu&rsquo;on propose une stratégie qui démontre qu&rsquo;en se mobilisant ça va compter, il y a un écho pour ça.</p>



<p>Le meilleur des exemples pour se rendre compte de ce qui est en train de se passer, c&rsquo;est les États-Unis. Trump arrive il y a un an et demi pour son second mandat et il paraît avoir un boulevard devant lui. La gauche, aux États-Unis et dans le monde entier, est presque tétanisée face à sa prise de pouvoir. Il a démontré qu&rsquo;il était prêt à s’engager dans ce boulevard, que ce soit par les premières attaques contre les migrant·es, l&rsquo;offensive au Venezuela… Et puis là soudainement, déjà l&rsquo;année dernière avec les <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/videos/session-douverture-du-festival-des-idees-revolutionnaires-da2c/">premières mobilisations à Los Angeles</a> dans les quartiers contre ICE, et puis de manière plus éclairante <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/comment-minneapolis-solidaire-et-antiraciste-a-resiste-a-ice/">à partir de la fin 2025 à Minneapolis</a>, on voit qu&rsquo;il y a un espoir qui renaît, et que quand cet espoir renaît, et que tout le monde sent qu&rsquo;en s&rsquo;engageant il y a moyen de gagner, le mouvement peut prendre une ampleur où soudainement le rapport de force paraît presque de notre côté. Aux États-Unis, il n&rsquo;y a pas de jour férié le 1er mai, donc les travailleurs et les travailleuses travaillent ce jour-là. Mais là, il faut voir le <a href="https://www.iceoutnowmn.com/">programme du 1er mai</a>. C&rsquo;est très impressionnant. Il y a un appel à la grève. Par exemple, Minneapolis appelle à la grève dès le matin et l’après-midi à une grande marche contre ICE et pour la régularisation des sans-papiers.</p>



<p>Et ici en France, le 1er mai, une date qui est déjà présente dans la tête de beaucoup de monde, comme une date emblématique de la lutte contre le capitalisme, de la lutte de solidarité internationale des travailleurs et des travailleuses, ça va être une date très importante pour mesurer où on en est du mouvement. Je pense que beaucoup de personnes ont prévu de s&rsquo;en saisir, et que beaucoup de collectifs ont prévu d&rsquo;y intervenir.</p>



<p><strong>À A2C on pense que c&rsquo;est cette classe des travailleureuses que tu as citée, qui peut changer le système. Pour s&rsquo;adresser largement à la classe qui n&rsquo;est pas spontanément révolutionnaire, on a tendance à se dire qu&rsquo;il faut parfois limiter les mots d&rsquo;ordre &#8211; construire des fronts contre le racisme, qui soient aussi indépendants des fronts pour la Palestine, des fronts contre l&rsquo;impérialisme, des fronts féministes… Comment est-ce qu&rsquo;on peut articuler la nécessité d’adresser largement toutes ces revendications, et le fait qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, des milliers de personnes en train de se politiser en viennent à penser une riposte globale contre un système global ? Quelle forme ça va prendre pour le 1er mai ? Et quelles suites est-ce que ça peut donner ? </strong></p>



<p>Déjà je pense que pour l&rsquo;ensemble des collectifs qui ont mené les combats de ces dernières semaines, que ce soit au sein du front féministe, que ce soit au sein du front antiraciste, antifasciste, la première des conditions pour s&rsquo;adresser à la classe dans cette période, c&rsquo;est d&rsquo;en être le 1er mai. C&rsquo;est d&rsquo;en être et d&rsquo;y intervenir collectivement. Ensuite je pense que justement, il y a un écho en ce moment pour des mots d&rsquo;ordre qui, même lorsqu’ils sont pris « séparément » (au sein des fronts spécifiques qui les formulent), ne sont pas des mots d’ordres au rabais, mais qui au contraire engagent au combat et proposent une stratégie.&nbsp;</p>



<p>Par exemple, au sein de la <a href="https://www.antiracisme-solidarite.org/accueil">Marche des solidarités</a>, on mobilise sur la question de la régularisation des sans-papiers. Derrière cette revendication, tu poses forcément la question de l&rsquo;unité, de la solidarité, du fait que même si tu n&rsquo;es pas sans-papiers, tu es concerné·e par la régularisation de tout le monde. Si on propose des mots d&rsquo;ordre contre l&rsquo;islamophobie pour se défendre face aux attaques de l’État contre toutes celles et ceux qui parmi nous sont musulmans et musulmanes, contre les attaques des mosquées par les fascistes, c’est pareil, ce ne sont pas des mots d&rsquo;ordre au rabais. Ce sont des revendications qui, par ailleurs, il y a quelques années, pouvaient paraître hyper radicales, mais qui au fur et à mesure de ces dernières années sont de plus en plus reprises largement. On ne va pas noyer tous ces fronts dans une lutte anticapitaliste, anti-impérialiste. Il y a besoin de combats sur des front spécifiques, qui ont besoin d’implication spécifiques, car on a besoin de victoires sur ces fronts-là. Mais on va montrer qu’on peut mener ces combats tout en disant « Oui, on se bat ensemble contre ce système ». Toutes et tous ensemble, on va appeler à la régularisation des sans-papiers. Toutes et tous ensemble, on va appeler à la solidarité avec la Palestine. Toutes et tous ensemble, on va appeler à la solidarité contre l&rsquo;islamophobie.</p>



<p>Pour revenir sur le 1er mai, je pense que ce qui va compter pour s&rsquo;adresser à la classe, c&rsquo;est de montrer qu&rsquo;on est prêts et prêtes à se battre. Un des moyens à travers lesquels on compte faire ça en région parisienne, c&rsquo;est d&rsquo;appeler à un grand pôle dans la manifestation, un pôle antiraciste, antifasciste, antisioniste et anticolonialiste contre la guerre, qui va s&rsquo;appuyer sur deux forces : la Marche des solidarités avec les collectifs de sans-papiers et les mineurs isolés en lutte, les collectifs de quartiers contre le racisme et contre le fascisme, et <a href="https://www.urgence-palestine.com/">Urgence Palestine</a>, qui se bat pour la solidarité avec le peuple palestinien. L&rsquo;année dernière déjà, on avait mené une première fois cette expérience, et à Paris, ça avait été le 2e cortège le plus important de la manifestation derrière celui de la CGT, ce qui est quand même significatif.&nbsp;</p>



<p>Et là, nous, on veut un pôle le plus massif possible, pas juste pour envoyer un message de visibilité, pas juste pour faire une démonstration de force. On veut envoyer le message qu’on est déterminé·es à se battre et que le combat va continuer dès les prochaines semaines, que ce soit pour le 9 mai virer les fachos qui veulent marcher dans Paris <em>[Une contre-manifestation partira le 9 mai à 14h de la station Saint-Michel contre le C9M, marche annuelle de militants néonazis]</em>, que ce soit pour gagner des régularisations, que ce soit pour affirmer notre solidarité à la Palestine ou pour renforcer notre capacité à riposter face à la marche vers la guerre, comme on a pu voir ces dernières semaines dans les mobilisations lycéennes et du secteur de l’éducation.&nbsp;</p>



<p>Et je pense que ça, c&rsquo;est la première des choses à faire pour s&rsquo;adresser à la classe dans la période dans laquelle on est. Les gens, ils n&rsquo;ont pas envie de défiler pour la gloire. Ils ont envie de se battre pour gagner. Et donc, c&rsquo;est comme ça qu&rsquo;on va le faire en région parisienne et il y a des échos qu&rsquo;il va y avoir des cortèges similaires dans d&rsquo;autres villes, à Marseille, à Rennes, à Rouen, à Toulouse, à Saint-Brieuc&#8230; Voilà comment on s&rsquo;adresse massivement à la classe.</p>



<p><strong>Comment est-ce que les révolutionnaires peuvent espérer soutenir, construire cette dynamique-là qui est en train d&rsquo;émerger ? Et quelles sont nos tâches pour mieux l&rsquo;accompagner, convaincre que c&rsquo;est la bonne et poser la question de quelle stratégie pour gagner</strong> ?</p>



<p>Donc, il y a déjà ce mouvement-là, qui démontre qu&rsquo;il y a un potentiel pour lutter largement. Maintenant, toute la question est, quelle est la stratégie pour gagner ? Car ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;il y a un mouvement que la stratégie est spontanément dirigée vers le renforcement de ce mouvement et le renforcement de ses capacités pour gagner. Et pour tout ça, il y a besoin de débats sur quelles stratégies on doit mener, sur ces différents fronts dont j&rsquo;ai parlé. Quelle stratégie dans le front antiraciste, antifasciste ? Quelle stratégie dans le front anticolonialiste et de solidarité avec la Palestine ? Quelle stratégie dans le front contre la guerre ? Et pour ça, le mouvement seul, ça ne suffit pas. Ce n&rsquo;est pas uniquement des collectifs de militants et de militantes qui vont, dans chacun de ces fronts, devoir se poser la question de quelle stratégie. Il faut aussi une intervention révolutionnaire, organisée.</p>



<p>À A2C, on pense que la stratégie pour gagner, elle doit s’élaborer par la combinaison d&rsquo;une analyse théorique marxiste et de son expérimentation, de sa pratique dans le mouvement. Et pour ça, on propose un grand événement à Paris, le 16 et 17 mai, un <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/boussoles-2/">festival <em>Boussoles</em></a>, où il va y avoir 25 discussions, qui visent à dénouer des questions qui se posent dans le mouvement :&nbsp;</p>



<p>La libération de la Palestine se joue-t-elle uniquement en Palestine, ou doit-elle passer par le soulèvement des classes ouvrières des pays arabes environnants ?&nbsp;</p>



<p>Qu’est ce qui va compter dans le mouvement antiraciste ? Mettre une priorité à se battre contre les attaques de la classe dirigeante, massivement dirigées contre celles et ceux qui, parmi nous, sont migrants et migrantes, celles et ceux qui, parmi nous, sont musulmans et musulmanes, en pensant qu&rsquo;à travers la riposte face à ces attaques-là, on va renforcer l&rsquo;ensemble du mouvement antiraciste ? Le fait d&rsquo;avoir une représentativité d&rsquo;élus issus des classes populaires racisées va-t-il être déterminant ?&nbsp;</p>



<p>Faut-il penser que le Rassemblement National est l’incarnation du danger fasciste en France, et penser que c’est via le développement de ce parti que l’ensemble du mouvement fasciste, que ce soit les groupuscules, les milliardaires à la Bolloré, les médias, se renforce ? Ou doit-on, sur un plan stratégique, penser que se battre contre Bolloré équivaut à se battre contre Le Pen ?&nbsp;</p>



<p>Toutes celles et ceux qui font l&rsquo;expérience de l&rsquo;implication dans ces fronts-là se confrontent à ces questions et toutes ces questions-là vont être présentes à ce festival.</p>



<p>En plus d’un regroupement d’activistes et révolutionnaires en France, on a invité des camarades syndicalistes de Minneapolis, qui interviendront pour nous raconter leurs expériences, mais aussi des <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/greve-pour-gaza-le-28-novembre-en-italie-notre-defi-est-de-relier-la-lutte-pour-la-palestine-aux-conditions-economiques-et-de-travail-en-italie/">camarades d’Italie</a>, où on a vu comment, justement, l&rsquo;ensemble de la classe, elle redresse la tête et elle reprend confiance dans ses capacités à gagner à travers un grand mouvement de grève en solidarité avec la Palestine, ou encore des camarades de Grande-Bretagne, là où la constitution d&rsquo;un front large contre le fascisme et le racisme est en train de redonner espoir dans la capacité de gagner de l&rsquo;ensemble de la classe.</p>



<p>On a besoin d&rsquo;espaces de discussion, d&rsquo;élaboration stratégique, à partir de boussoles et d&rsquo;analyses théoriques, à partir d’expériences vécues, et nous, c&rsquo;est ça qu&rsquo;on veut proposer à travers <em>Boussoles</em>.&nbsp;</p>



<p><strong>Mathieu Pastor, Paris 20e. Propos recueillis par Milig Sinou, Paris 19e.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/1er-mai-antiraciste-contre-le-genocide-et-contre-la-guerre-montrer-a-notre-classe-quon-va-continuer-a-se-battre-pour-gagner/">1er Mai antiraciste, contre le génocide et contre la guerre : montrer à notre classe qu&rsquo;on va continuer à se battre pour gagner</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Quelles luttes anti-sionistes aujourd&#8217;hui ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/quelles-luttes-anti-sionistes-aujourdhui/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Jun 2025 15:24:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[anti-impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antisionisme]]></category>
		<category><![CDATA[Israel]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[sionisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Retour d’expérience de l’événement à La Chapelle avec Tsedek ! et le Comité de soutien à la Palestine, à Toulouse &#8211; 16 décembre 2024 Les Cahiers d&#8217;A2C #16 &#8211; MARS 2025 Le 16 décembre, à <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/quelles-luttes-anti-sionistes-aujourdhui/" title="Quelles luttes anti-sionistes aujourd&#8217;hui ?">[...]</a></div>
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<p><em>Retour d’expérience de l’événement à La Chapelle avec Tsedek ! et le Comité de soutien à la Palestine, à Toulouse &#8211; 16 décembre 2024</em></p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #16 &#8211; MARS 2025</h6>



<p>Le 16 décembre, à Toulouse, une rencontre a été organisée à La Chapelle, un lieu emblématique de la vie militante de la ville, entre le Comité de soutien à la Palestine et Tsedek ! collectif juif décolonial. La thématique abordée lors du débat était : <em>« Quelles luttes anti-sionistes aujourd’hui ? ».</em> </p>



<p><strong>Le Comité de soutien à la Palestine</strong>, créé fin 2023 après les interdictions de manifestations en soutien à la résistance palestinienne, regroupe des organisations et des individus qui souhaitent organiser des actions pour la Palestine à Toulouse, telles que des manifestations, des rassemblements, des collages et des actions de boycott pour sensibiliser la population aux liens entre des entreprises locales et l’État d’apartheid d’Israël.&nbsp;</p>



<p><strong>Tsedek !</strong> est un collectif formé en juin 2023 par des personnes juives d’horizons variés, cherchant à créer une nouvelle maison politique juive antiraciste pour lutter contre le racisme en France et le régime d’apartheid en Israël/Palestine. Ce collectif conjugue lutte politique et dimension culturelle dans le but de se réapproprier les diverses judéités et de reconstruire les mondes dévastés par la Shoah, le colonialisme et la suprématie blanche européenne.&nbsp;</p>



<p>L’objectif de cette rencontre était d&rsquo;ouvrir une discussion sur le sionisme, les formes de lutte anti-sioniste possibles, et d&rsquo;encourager les participants à rejoindre le Comité de soutien à la Palestine ou d’autres groupes militants. Cette discussion a émergé d’un constat : une des raisons principales qui freine l’élargissement des mouvements de soutien à la Palestine est la confusion persistante entre antisémitisme et antisionisme. Bien que cette confusion soit de moins en moins efficace après les événements du 7 octobre, où un génocide a été déclanché par l’État d’Israël, elle reste un outil de manipulation. Il est crucial de continuer à dénoncer le sionisme pour ce qu’il est : un projet raciste, colonial et ethno-nationaliste.</p>



<p><strong>Le déroulement de la soirée :</strong><strong><br></strong>La discussion a commencé par plusieurs questions introductives auxquelles les deux collectifs ont répondu. Voici un résumé de ces réponses.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Brève histoire du sionisme :</strong></h2>



<p>Le sionisme, né au XIXe siècle et théorisé par Theodor Herzl, a émergé comme une réponse bourgeoise à l’antisémitisme en Europe. La création d’un foyer juif était une réponse à l’idée partagée par les antisémites que les juifs ne pouvaient ni vivre en Europe ni s’y intégrer. Dès le départ, l’objectif était la colonisation d’une terre pour créer un État juif.<br>Certains affirment qu&rsquo;il existe différentes formes de sionisme, de gauche, ou celui mis en place par les réfugié.e.s de la Shoah et par le parti travailliste israélien. Mais la question essentielle reste : qu&rsquo;est-ce que le sionisme pour ceux et celles qui le subissent, les Palestinien.ne.s ? Pour elleux, le sionisme est la colonisation, la dépossession, l’occupation, la Nakba, l’apartheid, et le génocide. Peu importe les justifications idéologiques du sionisme ; la réalité vécue sur le terrain est celle d’une oppression systématique des Palestinien.ne.s, le vol de leurs terres, la pérsecution, la ségregation et la dépossetion depuis la création de l’État juif (et même avant avec le mandat anglais). </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Qu’est-ce que l’antisionisme pour vous ?</strong></h2>



<p>L&rsquo;antisionisme est un mouvement large, qui englobe des courants religieux, laïques, marxistes, et libéraux. Il remet en question les fondements idéologiques du mouvement sioniste et de l’État d’Israël, en tant que projet colonial et raciste, prétendant garantir la sécurité des juif.ve.s du monde entier. Bien que les deux collectifs luttent contre le sionisme, leurs approches diffèrent. Pour le Comité, le but est d’organiser le plus grand nombre de personnes dans le soutien à la résistance du peuple palestinien, en organisant des réunions, manifs, collages, débats, actions de boycott, etc. Pour Tsedek ! l’objectif est de soutenir ces organisations, participer aux actions, créer des espaces de formation et discussion autour du sionisme et comment construire les arguments politiques pour le combattre. Pour les militants ayant soutenu la Palestine pendant des années, les accusations d’antisémitisme sont une tactique fréquente utilisée pour discréditer la résistance contre Israël. Ces accusations font partie d’une stratégie visant à criminaliser la critique du projet colonial israélien. Cependant, pour Tsedek, les accusations d&rsquo;antisémitisme sont absurdes. À la place, certains utilisent des arguments comme « être des juif.ve.s d&rsquo;exception » ou « avoir  intégré l’antisémitisme ».</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Pourquoi est-il important de se revendiquer antisioniste aujourd’hui ?</strong></h2>



<p>Lutter contre le sionisme, c’est contester l’idéologie qui est à l’origine du problème. Le sionisme, en tant que projet colonial, est la racine du « conflit ». Revendiquer l’antisionisme, c’est réclamer la fin de la colonisation et d’un État exclusif aux juif.ve.s, qui exclut toute possibilité de vie pour les Palestinien.ne.s simplement parce qu’ils ne sont pas juifs.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Depuis 2017, Macron mène une campagne visant à assimiler l’antisionisme à de l’antisémitisme : quels en sont les enjeux ?</strong></h2>



<p>L&rsquo;antisémitisme, bien qu&rsquo;encore présent dans la société européenne, ne doit pas être confondu avec l&rsquo;antisionisme. Israël, en se revendiquant comme protecteur et seul répresentant des juif.ve.s du monde, floute cette distinction et assimile toute critique à de l’antisémitisme. Pourtant, l&rsquo;État d’Israël s’allie sans problème avec des politiciens d&rsquo;extrême droite connus pour leurs discours antisémites, tant qu’ils soutiennent Israël. Pour Israël, le problème n’est pas l’antisémitisme quand il vient de ses aliés politiques, le problème pour eux c’est l’antisionisme qui expose cela. Il est crucial de refuser systématiquement cette confusion entre antisémitisme et antisionisme.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Il y a une nouvelle loi présentée par Caroline Yadan qui vise à criminaliser l’antisionisme, notamment à travers l’utilisation de la définition de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste : pouvez-vous expliquer ?</strong></h2>



<p>Nous devons catégoriquement rejeter la définition de l’antisémitisme proposée par l&rsquo;IHRA, qui vise assimiler toute position antisnioniste à de l’antisémitisme. Cet amalgame constitue un outil au service du mouvement sioniste et de l’État d’Israël et est utilisée pour renforcer une stratégie idéologique visant à justifier le projet de colonisation israélien et à faire taire toute critique des politiques israéliennes. Le sionisme ne représente pas tous les juif.ve.s du monde. D’ailleurs, aujourd&rsquo;hui, la majorité des sionistes dans le monde sont des chrétiens qui soutiennent Israël pour des raisons messianiques (et politiques). Les critiques à l’égard de l’État d&rsquo;Israël, de ses politiques de ségrégation, de colonisation et d’exclusion ne doivent en aucun cas être assimilées à de l’antisémitisme. Faire cet amalgame est dangereux, car il minimise l’antisémitisme réel en le manipulant à des fins politiques. De plus, en agissant ainsi, Israël contribue à l’augmentation de l’antisémitisme, en vidant de son sens le terme et en salissant la mémoire de la Shoah pour justifier ses actes criminels au nom de la «&nbsp;sécurité des juif.ve.s&nbsp;».</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>On observe l’émergence d’organisations, juives ou non, qui se disent de gauche mais qui défendent Israël : quel est votre point de vue sur ça ?</strong></h2>



<p>L’accusation d’antisémitisme est fréquemment utilisée pour intimider les militant·e.s. Cela se traduit par des situations où les défenseurs du génocide palestinien exigent de leurs contradicteurs qu’ils condamnent la résistance palestinienne. Ces attaques diffamatoires viennent non seulement de la droite et de l&rsquo;extrême droite, mais aussi de certains sionistes «&nbsp;de gauche&nbsp;» plus ou moins assumés. Face à la pire tragédie vécue par les Palestinien·ne.s depuis la Nakba, une grande partie de la gauche se perd dans des débats infondés sur l’antisémitisme. Il est pourtant incontestable que l’antisémitisme est un phénomène structurel qui existe dans la société et doit être combattu. Cependant, ce n’est pas l’objectif de ces débats : ils cherchent avant tout à réduire au silence toute position antisioniste.</p>



<p>Prenons l’exemple des «&nbsp;Guerrières de la paix&nbsp;» : leur discours est particulièrement pernicieux, car ce n’est pas tant ce qu’elles disent, mais ce qu’elles omettent de dire qui est problématique. Les mots “apartheid”, “colonisation”, “occupation militaire”, “nettoyage ethnique”, “génocide” sont systématiquement évités. À la place, elles insistent sur l’idée qu&rsquo;il faudrait réunir Palestinien.ne.s et Israélien.ne.s autour d&rsquo;une table de discussion. Selon elles, le problème serait une sorte d’impasse due aux «&nbsp;torts des deux côtés&nbsp;», une vision selon laquelle les «&nbsp;mauvaises interprétations&nbsp;» des deux camps créeraient un blocage. Ce faisant, elles dépolitisent la question palestinienne en invisibilisant la dynamique de pouvoir, c’est-à-dire l’existence d’un oppresseur et d’un opprimé. Comme l’a si bien dit le militant révolutionnaire palestinien Ghassan Kanafani lorsqu’on lui demanda s’il pensait qu’il serait utile de discuter avec les Israélien.ne.s : «&nbsp;Discuter à propos de quoi ? Ce serait la discussion entre&nbsp; l’épée et le cou&nbsp;».</p>



<p>Ainsi, pendant le génocide en cours, il est évident que l’ensemble des actions de ces sionistes «&nbsp;de gauche&nbsp;» s’est résumé à attaquer les soutiens de la Palestine, plutôt que de s’attaquer à la vrai cause du problème, l’État d’Israël et le sionisme.&nbsp;</p>



<p>Un aspect particulièrement marquant de cette rencontre a été la présence en grand nombre de personnes issues du milieu queer et féministe, qui ne sont pas toujours visibles dans les manifestations pour la Palestine. Cette participation a été possible du fait de&nbsp; l&rsquo;organisation d&rsquo;un cabaret queer juste après le débat, ce qui a pu faire rencontrer deux groupes militants : féministes et queers et militant.e.s antiracistes pour la Palestinne. Malgré la fatigue d&rsquo;une année particulièrement difficile sur le plan politique, les participant·e.s sont ressorti·e.s de la soirée avec des outils pour lutter contre la propagande sioniste. La salle était pleine, (400 personnes) et cela nous a donné de la force.</p>



<p>Lors de la reprise des réunions du Comité de soutien,, nous avons constaté qu&rsquo;aucune nouvelle personne n&rsquo;était venue suite à cet événement. Néanmoins, nous avons l&rsquo;impression, avec Tsedek ! d’avoir créé un espace de discussion important et précieux, du fait de l’influence notamment des sionistes dit “de gauche” dans nos espaces de lutte. Cette dynamique est essentielle pour continuer de convaincre autour du soutien à la résistance palestinienne, et même si les résultats immédiats sont modestes, nous restons convaincu·e.s que ce genre d&rsquo;événement contribue à enrichir le débat et à poser les bases de futures mobilisations.&nbsp;</p>



<h5 class="wp-block-heading">Dani. (Toulouse)</h5>



<p></p>
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		<title>Pourquoi la classe ouvrière israélienne n’a pas intérêt à la fin de l’apartheid</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/pourquoi-la-classe-ouvriere-israelienne-na-pas-interet-a-la-fin-de-lapartheid/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 May 2024 13:18:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[sionisme]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les marxistes considèrent que la classe ouvrière, par ses conditions objectives d’existence, est la seule force sociale ayant à la fois l’intérêt et la capacité de mettre fin à ce système d’exploitation et d’oppressions. « Prolétaires <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/pourquoi-la-classe-ouvriere-israelienne-na-pas-interet-a-la-fin-de-lapartheid/" title="Pourquoi la classe ouvrière israélienne n’a pas intérêt à la fin de l’apartheid">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">Les marxistes considèrent que la classe ouvrière, par ses conditions objectives d’existence, est la seule force sociale ayant à la fois l’intérêt et la capacité de mettre fin à ce système d’exploitation et d’oppressions. « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » conclut Marx dans le Manifeste communiste. « Travailleurs israéliens et palestiniens, unissez-vous ! » reprennent les analyses de la plupart des courants qui se réclament en France de cette tradition<sup data-fn="b2efc550-db5c-4627-a490-525aa868a7cd" class="fn"><a id="b2efc550-db5c-4627-a490-525aa868a7cd-link" href="#b2efc550-db5c-4627-a490-525aa868a7cd">1</a></sup>. Le problème, c’est que pour la classe ouvrière israélienne cela ne marche pas, car les Israélien·nes sont — matériellement — avant tout des colons.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #12 &#8211; MARS 2024</h6>



<p class="has-drop-cap"><strong>L</strong>e point de vue développé ici ne découle donc pas du fait que la classe ouvrière israélienne adhère idéologiquement à un projet colonial raciste. Il ne découle pas non plus d’un constat plus général selon lequel tous les travailleur·euses de puissances dominantes bénéficieraient automatiquement de l’oppression des travailleur·euses des pays dominés, et n’auraient donc pas intérêt à soutenir les luttes de libération<sup data-fn="f066f31d-7d54-43ff-8e4e-c92e0d5aa94c" class="fn"><a id="f066f31d-7d54-43ff-8e4e-c92e0d5aa94c-link" href="#f066f31d-7d54-43ff-8e4e-c92e0d5aa94c">2</a></sup>. Il repose sur une analyse de la classe ouvrière israélienne démontrant que ses conditions matérielles d’existence, son niveau de vie, dépendent en grande partie de son rôle de colon, qui n’a donc pas d’intérêt objectif à défendre l’égalité des droits avec les Palestinien·nes.</p>



<p>Deux références utiles développent ce point de vue. La première est un article de militants israéliens, fondateurs de Matzpen, Moshe Machover et Akiva Orr. Publié en 1969, « The Class character of Israel » constitue une analyse marxiste pionnière de la nature de la classe ouvrière israélienne<sup data-fn="6e598d00-26dd-45fd-b300-cf9a02ecf0aa" class="fn"><a id="6e598d00-26dd-45fd-b300-cf9a02ecf0aa-link" href="#6e598d00-26dd-45fd-b300-cf9a02ecf0aa">3</a></sup>. Ils y fournissent une explication du fait que <em>« L’expérience de 50 ans ne contient pas un seul exemple de travailleurs israéliens mobilisés sur des questions matérielles ou syndicales pour contester le régime israélien lui-même ; (…) Au contraire, les travailleurs israéliens ont presque toujours fait passer leur loyauté nationale avant leur loyauté de classe. »</em>.</p>



<p>Le second article est celui d’une militante américaine qui a grandi en Israël, Daphna Thier. Dans « What’s the matter with the israeli working class ? » écrit en 2018<sup data-fn="96da6923-21e3-455a-819c-6abe22017eca" class="fn"><a id="96da6923-21e3-455a-819c-6abe22017eca-link" href="#96da6923-21e3-455a-819c-6abe22017eca">4</a></sup> elle actualise l’analyse de Orr et Mashover et analyse l’impact sur l’économie israélienne des évolutions du contexte international. Je reprends ici les éléments clés de leurs analyses.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« Le caractère de classe d’Israël »</h2>



<p>Mashover et Orr fournissent une démonstration convaincante selon laquelle le sionisme atténue le conflit de classe interne à Israël, en raison de la position particulière des travailleur·euses dans un État colonial défendant les intérêts impérialistes occidentaux. </p>



<p><em>« Lorsque Marx a fait la célèbre déclaration selon laquelle « un peuple qui en opprime un autre ne peut être libre », il ne s’agissait pas seulement d’un jugement moral. Il voulait également dire que dans une société dont les dirigeants oppriment un autre peuple, la classe exploitée qui ne s’oppose pas activement à cette oppression en devient inévitablement complice. Même si cette classe ne tire aucun profit direct de cette oppression, elle devient sensible à l’illusion qu’elle a un intérêt commun avec ses propres dirigeants à perpétuer cette oppression. Une telle classe a tendance à suivre ses dirigeants plutôt qu’à les défier. Ceci est encore plus vrai lorsque l’oppression n’a pas lieu dans un pays lointain, mais « chez nous », et lorsque l’oppression nationale et l’expropriation forment les conditions mêmes de l’émergence et de l’existence de la société oppressive. »</em>.</p>



<p>Israël est une colonie de peuplement des terres de Palestine. Or, les paysan·nes arabes y proposent leur travail et leurs produits à un prix très inférieur au niveau de vie des Européen·nes. Le seul moyen de pérenniser une immigration juive européenne dans la région est de lui offrir des conditions de vie supérieures à celles de la population arabe voisine. Cela s’est organisé par le biais de trois mécanismes.</p>



<p>Le premier est la mise en en place de la ségrégation économique pour empêcher l’emploi des travailleur·euses arabes par les employeur·euses juif·ves, et empêcher la vente de produits palestiniens.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="5c5b5c" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #5c5b5c;" fetchpriority="high" decoding="async" width="1000" height="751" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Israel_Illustr1-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8335 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Israel_Illustr1-jpg.webp 1000w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Israel_Illustr1-300x225.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Israel_Illustr1-768x577.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Israel_Illustr1-678x509.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Israel_Illustr1-326x245.webp 326w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Israel_Illustr1-80x60.webp 80w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure>



<p>Sans ce boycott, aucun travailleur·euse ou agriculteur·rice européen·ne n’aurait survécu économiquement. C’est la principale confédération syndicale israélienne, la Histadrout, qui organise cette ségrégation. Aucun parti, pas même la « gauche » la plus radicale, ne s’y oppose.</p>



<p>Le second moyen est de faire bénéficier directement les travailleur·euses israélien·nes de ce que certains auteurs ont comparé à de l’accumulation primitive. Comme l’expliquent Machover et Orr dans leur essai, ce n’est pas la bourgeoisie qui s’est appropriée le capital volé par l’expulsion des Palestinien·nes de leurs terres, mais l’État et la bureaucratie ouvrière. Les biens immobiliers palestiniens ont été distribués à la population juive d’Israël. En 1954, plus de 30 % de la population juive vivait sur des propriétés anciennement arabes, et <em>« seules 10 % des terres détenues par les organismes sionistes dans l’Israël d’avant 1967 avaient été achetées avant 1948 »</em>. Les Israélien·nes vivent sur des terres volées aux Palestinien·nes, beaucoup vivent dans des maisons construites sur les ruines de villages palestiniens et dans les maisons de celleux qui ont été chassé·es lors de la Nakba en 1948. L’Office des réfugié·es des Nations unies a estimé la valeur des biens volés à plus de 5 milliards de dollars en monnaie courante.</p>



<p>Enfin, le Capital étranger a massivement subventionné les dépenses sociales gouvernementales. En 1951, le journal israélien <em>Haaretz</em> utilisera l’expression de « chien de garde » pour caractériser la relation d’Israël avec l’impérialisme. Pour ce rôle, Machover et Orr écrivent qu’Israël <em>« est financé par l’impérialisme sans être économiquement exploité par lui. »</em> Les soutiens impérialistes versent de l’argent à leur chien de garde au Moyen-Orient, et une partie de cette somme est utilisée pour cimenter le soutien de la classe ouvrière israélienne au sionisme. Sans les subventions qu’ils fournissent, les Juif·ves du reste du monde ne seraient pas autant incité·es à émigrer en Israël. Et de nombreux Israélien·nes, habitué·es au niveau de vie européen ou nord-américain, émigreraient en Europe ou en Amérique du Nord pour tenter de le garder. Leurs sources montrent qu’entre 1948 (date de création de l’État d’Israël) et 1968, plus de 5 milliards de fonds sont transférés à Israël, sans contrepartie. Aucun empire colonial n’a jamais rapatrié de tels bénéfices par habitant·e. Ces fonds proviennent au départ essentiellement de dons d’associations juives sionistes, des réparations allemandes et dans une moindre mesure de l’aide économique versée directement par le gouvernement américain. Cette dernière bondit après 1967, lorsqu’Israël a écrasé ­militairement ses voisins arabes.</p>



<p>Machover et Orr écrivent : </p>



<p><em>« L’ensemble de l’économie israélienne repose sur le rôle politique et militaire particulier que le sionisme et la société des colons jouent dans l’ensemble du Moyen-Orient. Si l’on considère Israël isolément du reste du Moyen-Orient, il n’y a aucune explication au fait que 70 % de l’afflux de capitaux n’est pas destiné à un gain économique et n’est pas soumis à des considérations de rentabilité. Mais le problème est immédiatement résolu si l’on considère Israël comme une composante du Moyen-Orient. Le fait qu’une partie considérable de cet argent provienne de dons collectés par les sionistes auprès des juifs du monde entier ne change rien au fait qu’il s’agit d’une subvention de l’impérialisme. Ce qui importe, c’est plutôt le fait que le Trésor américain soit disposé à considérer ces fonds, collectés aux États-Unis pour être transférés dans un autre pays, comme des « dons de charité » donnant droit à des exonérations de l’impôt sur le revenu. (…)</em></p>



<p><em>Cela signifie que, bien que des conflits de classe existent dans la société israélienne, ils sont limités par le fait que la société dans son ensemble est subventionnée de l’extérieur (…) »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">« Quel est le problème avec la classe ouvrière israélienne ? »</h2>



<p>L’article de Daphna Thier, rédigé presque 50 ans plus tard, questionne la robustesse de l’analyse de Mashover et Orr : </p>



<p><em>« Depuis 1969, beaucoup de choses ont changé. Le niveau de vie des travailleurs israéliens s’est érodé et les salaires réels n’ont cessé de baisser. Aujourd’hui, l’essentiel de l’aide étrangère est le financement militaire. Enfin, l’aide américaine (…) a proportionnellement moins d’influence sur l’économie israélienne qu’en 1969 (…). Ainsi, la base de l’argument — que le niveau de vie élevé de la classe ouvrière israélienne repose sur les subventions impérialistes — est affaiblie. »</em></p>



<p>Pour Daphna Thier, c’est désormais l’économie d’armement qui cimente l’adhésion au projet sioniste :</p>



<p><em>« L’aide étrangère et les incitations impérialistes ne sont plus directement investies dans la classe ouvrière, mais les travailleurs israéliens sont désormais récompensés par le biais de l’économie de l’armement. C’est pourquoi, malgré le manque de mobilité sociale et la dégradation économique du néolibéralisme, la classe ouvrière reste plus que jamais attachée au sionisme.</em></p>



<p><em>La classe ouvrière est devenue dépendante de l’éducation, du logement et des opportunités de carrière que sa participation à Tsahal lui offre. Ils ont trouvé des voies d’avancement dans l’industrie de haute technologie alimentée par l’armée, avec plus de 9 % des travailleurs concentrés dans la haute technologie. Et comme les pensions et les salaires réels se sont érodés, le coût moins élevé de la vie dans les Territoires occupés est devenu essentiel. »</em>.</p>



<p>Même les sections les plus opprimées de la classe ouvrière israélienne, qui mènent des luttes économiques, réclament non pas une distribution égale des richesses pour tous les habitant·es de la Palestine, mais plutôt une modification du partage issu du pillage des Palestinien·nes.</p>



<p>Par ailleurs, même si l’économie israélienne est aujourd’hui moins dépendante de l’aide impérialiste, s’en passer conduirait très probablement à une crise interne importante. À chaque crise économique, Israël a fait appel à une aide économique d’urgence auprès des USA. Et les subventions militaires de l’impérialisme aident toujours à ce que les travailleur·euses israélien·nes bénéficient d’un niveau de vie bien supérieur à celui des Palestinien·nes ou des travailleur·euses des pays arabes voisins.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-dominant-color="978175" data-has-transparency="false" decoding="async" width="660" height="1024" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Israel_Illustr2-660x1024.webp" alt="" class="wp-image-8334 not-transparent" style="--dominant-color: #978175; width:281px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Israel_Illustr2-660x1024.webp 660w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Israel_Illustr2-193x300.webp 193w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Israel_Illustr2-768x1192.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Israel_Illustr2-1320x2049.webp 1320w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Israel_Illustr2-scaled.webp 1649w" sizes="(max-width: 660px) 100vw, 660px" /></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Conclusion :</h2>



<p>Tant que les travailleurs et travailleuses israélien·nes profiteront matériellement d’un projet colonial sioniste soutenu par les puissances impérialistes, iels ne pourront constituer des allié·es des Palestinien·nes. Daphna Thier compare cette situation à celle de gardiens de prison, dont les moyens de subsistance dépendent de la prison remplie par des Palestinien·nes. C’est la raison pour laquelle c’est la classe ouvrière des pays arabes du Moyen-Orient qui peut jouer un rôle décisif aux côtés du peuple palestinien. Et que la lutte de celle des puissances impérialistes pour casser le soutien à Israël est si importante : ce ne sera que lorsqu’Israël perdra son rôle d’avant-poste de l’impérialisme que des fractures et des basculements dans la classe ouvrière israélienne deviendront possibles.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Vanina Giudicelli (Paris 20<sup>e</sup>)</h5>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<h6 class="wp-block-heading">NOTES</h6>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="b2efc550-db5c-4627-a490-525aa868a7cd">On peut lire sur le site de Révolution Permanente un article, « Lutte ouvrière, le NPA-C et la lutte pour l’auto-détermination de la Palestine », critiquant les positions de ces courants pour qui <em>« La fraternisation entre les peuples [Israéliens et Palestiniens] est (…) érigée en condition de la légitimité de la lutte du peuple palestinien. »</em> L’auteur y oppose <em>« la fraternisation, non pas comme un fétiche abstrait, condition de la légitimité de la résistance, mais comme un enjeu stratégique concret »</em>. Le problème de ce raisonnement est qu’il repose sur l’idée que l’adhésion de la classe ouvrière israélienne au sionisme est uniquement idéologique. <a href="#b2efc550-db5c-4627-a490-525aa868a7cd-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="f066f31d-7d54-43ff-8e4e-c92e0d5aa94c">Voir par exemple les travaux du marxiste américain Charlie Post, qui démontrent que les avantages matériels que la classe ouvrière américaine retire de la domination des pays dits du Sud Global sont quasiment nuls. <em>Le mythe de l’aristocratie ouvrière</em> (2008) est disponible sur <br><a href="https://labreche.org/">https://labreche.org</a> <a href="#f066f31d-7d54-43ff-8e4e-c92e0d5aa94c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="6e598d00-26dd-45fd-b300-cf9a02ecf0aa">Disponible sur : <a href="https://www.marxists.org/">https://www.marxists.org</a> <a href="#6e598d00-26dd-45fd-b300-cf9a02ecf0aa-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="96da6923-21e3-455a-819c-6abe22017eca">Disponible sur : <a href="https://isreview.org/">https://isreview.org</a> <a href="#96da6923-21e3-455a-819c-6abe22017eca-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/pourquoi-la-classe-ouvriere-israelienne-na-pas-interet-a-la-fin-de-lapartheid/">Pourquoi la classe ouvrière israélienne n’a pas intérêt à la fin de l’apartheid</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Le sionisme : un projet raciste et colonial qui doit être combattu au nom de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/le-sionisme-un-projet-raciste-et-colonial-qui-doit-etre-combattu-au-nom-de-la-lutte-contre-le-racisme-et-lantisemitisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Aude]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Feb 2024 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[colonialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[sionisme]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=8197</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Le génocide en cours à Gaza1 n&#8217;est pas la conséquence des attaques du 7 octobre 2023. Il représente l&#8217;aboutissement d&#8217;une longue histoire coloniale qui caractérise Israël depuis sa création. Les Cahiers d&#8217;A2C #11 &#8211; JANVIER <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/le-sionisme-un-projet-raciste-et-colonial-qui-doit-etre-combattu-au-nom-de-la-lutte-contre-le-racisme-et-lantisemitisme/" title="Le sionisme : un projet raciste et colonial qui doit être combattu au nom de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme !">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">Le génocide en cours à Gaza<sup data-fn="902c1c67-06d5-4a4e-8844-ab2db732ff49" class="fn"><a id="902c1c67-06d5-4a4e-8844-ab2db732ff49-link" href="#902c1c67-06d5-4a4e-8844-ab2db732ff49">1</a></sup> n&rsquo;est pas la conséquence des attaques du 7 octobre 2023. Il représente l&rsquo;aboutissement d&rsquo;une longue histoire coloniale qui caractérise Israël depuis sa création.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #11 &#8211; JANVIER 2024</h6>



<p class="has-drop-cap"><strong>L</strong>e sionisme est l’idéologie réactionnaire responsable de la situation actuelle. La propagande israélienne défend cette politique en semant la confusion et va jusqu’à présenter les Israélien·nes comme victimes d’un pogrom réalisé par des nouveaux nazis<sup data-fn="37d42b97-e7a2-49e2-9f8d-702e5d992eaf" class="fn"><a id="37d42b97-e7a2-49e2-9f8d-702e5d992eaf-link" href="#37d42b97-e7a2-49e2-9f8d-702e5d992eaf">2</a></sup> que seraient les Palestinien·nes. Ce type de récit vise à mobiliser un imaginaire très douloureux pour les juif·ves pour justifier toute sorte de violences envers Gaza. En France, la hausse des actes antisémites observée depuis le 7 octobre a été utilisée pour défendre les crimes d’Israël et criminaliser le soutien à la Palestine. Cette instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme a atteint son paroxysme avec la marche du 12 novembre 2023 achevant la normalisation de l’extrême droite en France. </p>



<h2 class="wp-block-heading">L’antisémitisme, une histoire européenne </h2>



<p>L’antisémitisme consiste en la haine des juif·ves parce qu’iels sont juif·ves. En Europe, cela a pris plusieurs formes, la plus ancienne est chrétienne lorsque les juif·ves ont été perçu·es comme le peuple déicide. La communauté juive est alors vue comme une communauté à part à laquelle on ne peut pas faire confiance. </p>



<p>Pendant le Moyen Âge, l’antisémitisme se manifeste par la suspicion envers les juif·ves, la stigmatisation de leurs commerces, l’interdiction d’accès à certaines professions, des accusations de trahison, diffusion des maladies, sorcellerie et toutes sortes de croyances stigmatisantes. Les juif·ves sont souvent contraint·es de porter des vêtements distinctifs, de vivre dans des ghettos, jusqu’à être la cible de pogroms. Le point culminant de cette logique a été l’inquisition dans les pays ibériques avec la persécution et l’extermination de milliers de personnes, contraignant les juif·ves à se convertir au christianisme ou à partir, notamment dans des pays d’Afrique du Nord.</p>



<p>Au 19<sup>e</sup> siècle, avec le développement du colonialisme et de l’État-nation, l’antisémitisme renforce son caractère racial en plus de toute la mystique religieuse. Les juif·ves sont alors vu·es comme une minorité faisant obstacle à la création de nations « ethniquement pures ». Les juif·ves sont victimes de discrimination en Europe de l’Ouest et de pogroms en Europe de l’Est. Cette haine du juif atteint son paroxysme au 20<sup>e</sup> siècle avec la Shoah<sup data-fn="ca1692f1-508e-4d59-a656-bfd345987723" class="fn"><a id="ca1692f1-508e-4d59-a656-bfd345987723-link" href="#ca1692f1-508e-4d59-a656-bfd345987723">3</a></sup>. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Sionisme, une doctrine réactionnaire </h2>



<p>Le mot sionisme vient du mont Sion, le nom d’une colline à Jérusalem où dans le passé biblique se trouvait le temple du roi Salomon. Le sionisme devient un mouvement politique avec le journaliste viennois Theodor Herzl et la publication de son livre <em>Der Judenstaat </em>(L’État juif) en 1896. En s’adressant d’abord à la bourgeoisie, Herzl propose la création d’un État pour les juif·ves en réponse au contexte européen d’antisémitisme endémique. La création d’un foyer juif doit leur assurer la sécurité. Cette idée s’inscrit dans les mouvements nationalistes en vogue à cette époque avec la chute des empires Austro-Hongrois et Ottoman. </p>



<p>Du côté de la classe ouvrière, des organisations d’autodéfense juives ne soutiennent pas l’idée de création d’un État juif, mais l’organisation collective pour lutter contre l’antisémitisme. Le plus connu de ces mouvements a été le Bund, un parti politique juif, socialiste, marxiste et laïque. Ils s’opposent au sionisme qu’ils voient comme un nationalisme brisant la lutte des classes et comme une entreprise nécessairement colonialiste<sup data-fn="9541d0f6-cac1-4303-9f1b-ee1836578c3e" class="fn"><a id="9541d0f6-cac1-4303-9f1b-ee1836578c3e-link" href="#9541d0f6-cac1-4303-9f1b-ee1836578c3e">4</a></sup>. </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-dominant-color="3d4b64" data-has-transparency="false" decoding="async" width="1100" height="953" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Sionisme_Illustr1-1100x953.webp" alt="" class="wp-image-8201 not-transparent" style="--dominant-color: #3d4b64; width:417px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Sionisme_Illustr1-1100x953.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Sionisme_Illustr1-300x260.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Sionisme_Illustr1-768x666.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Sionisme_Illustr1-1320x1144.webp 1320w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Sionisme_Illustr1-jpg.webp 1440w" sizes="(max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>
</div>


<p>Le premier congrès sioniste a lieu à Bâle, en Suisse, en 1897. Le sionisme devient alors un mouvement politique organisé. Plusieurs lieux ont été envisagés pour ce projet comme Madagascar, Chypre, l’Argentine, etc. Finalement, c’est la Palestine qui est choisie. Depuis 638, cette région, qui s’appelait Canaan puis Palestine, est occupée par des musulman·nes et des minorités juive et chrétienne. Les premiers sionistes juifs n’étaient pas du tout religieux. Cependant, ils comprennent que le choix de la Palestine, liée à l’histoire biblique, est un argument pour convaincre les religieux. Ces derniers étaient très réticents à la création d’un État juif car pour elleux, les juif·ves devaient vivre là où iels étaient jusqu’à l’arrivée du messie. </p>



<p>Le mouvement sioniste commence alors à entretenir des liens avec des antisémites occidentaux, partageant avec elleux la conviction que les juif·ves ne doivent pas rester en Europe. Pour ces derniers, le sionisme a été vu comme un moyen d’assurer la pureté ethno-raciale des nations européennes en se « débarrassant » des juif·ves. Ainsi, Herzl rencontre à deux reprises l’empereur d’Allemagne Guillaume II, antisémite notoire<sup data-fn="81ddf8c9-e04d-48d6-8e2e-d224ddaa9232" class="fn"><a id="81ddf8c9-e04d-48d6-8e2e-d224ddaa9232-link" href="#81ddf8c9-e04d-48d6-8e2e-d224ddaa9232">5</a></sup>. Son intérêt pour le projet sioniste était le départ des juif·ves d’Allemagne. C’est dans la même logique qu’Édouard Drumont, auteur du pamphlet antisémite <em>La France juive</em>, écrira dans <em>La Libre parole </em>en 1897 qu’avec le projet sioniste, <em>« les Juifs font leur bonheur en faisant le nôtre »</em>. </p>



<p>Le sionisme a aussi été soutenu par une partie du mouvement protestant millénariste. C’est influencé par ce sionisme chrétien que lord Balfour a pu à la fois édicter des lois antisémites en Angleterre en 1905 et promettre en 1917 un foyer national aux juif·ves en Palestine dans la fameuse déclaration Balfour<sup data-fn="3a52d880-a039-4101-9a22-d7a785b2a23d" class="fn"><a id="3a52d880-a039-4101-9a22-d7a785b2a23d-link" href="#3a52d880-a039-4101-9a22-d7a785b2a23d">6</a></sup>. Manifestement, l’Angleterre avait en outre des intérêts impérialistes dans la région<sup data-fn="587f4dee-489a-476d-ac44-e0a9d808e272" class="fn"><a id="587f4dee-489a-476d-ac44-e0a9d808e272-link" href="#587f4dee-489a-476d-ac44-e0a9d808e272">7</a></sup>. La réalité est que le sionisme s’inscrit dans une doctrine raciale, alliée à un discours religieux qui cherche à construire un État où une ethnie domine les autres. Il est fondé sur une idéologie suprémaciste. Il voulait créer un État à majorité juive dans un endroit qui était déjà occupé par une majorité musulmane. Comme les sionistes étaient européen·nes et, en grande partie, membres de la bourgeoisie, iels étaient imprégné·es par les idées colonialistes européennes de l’époque. Par conséquent, il n’y avait pas beaucoup de manières pour résoudre l’équation géographique et démographique à laquelle iels étaient confronté·es. C’est par l’occupation, l’expulsion, l’encerclement et le nettoyage ethnique que le sionisme va se mettre en pratique<sup data-fn="45b69230-0e66-45a8-ad81-33ff9d3f7ea8" class="fn"><a id="45b69230-0e66-45a8-ad81-33ff9d3f7ea8-link" href="#45b69230-0e66-45a8-ad81-33ff9d3f7ea8">8</a></sup>. Le sionisme a toujours été une idéologie raciste et coloniale qu’il soit appliqué par la gauche de Ben Gourion ou par la droite de Jabotinsky à Netanyahou.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sionisme et l’instrumentalisation de l’antisémitisme</h2>



<p>Aujourd’hui, le soutien au sionisme permet à différents mouvements d’extrême droite en occident de se réhabiliter après leur discrédit suite à la Shoah. L’extrême droite et le sionisme se rejoignent dans leurs pratiques islamophobes et s’accordent sur le principe que juif·ves et non-juif·ves ne peuvent pas vivre ensemble avec les mêmes droits. </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="8692a0" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="900" height="600" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Sionisme_Illustr2-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8202 not-transparent" style="--dominant-color: #8692a0; width:443px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Sionisme_Illustr2-jpg.webp 900w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Sionisme_Illustr2-300x200.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Sionisme_Illustr2-768x512.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px" /></figure>
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<p>Après sa création, l’État d’Israël entretiendra de très bonnes relations avec l’Afrique du sud de l’apartheid et les dictatures sud-américaines. Ces dernières décennies, le gouvernement d’Israël cherche à renforcer sa position à l’international en nouant des liens avec des mouvements d’extrême droite à l’étranger. Plusieurs mouvements anti­sémites deviennent alors acceptables, à condition qu’ils soient sionistes. Ce rapprochement se fait au nom de la lutte contre l’islamisme et repose sur un deal : l’État d’Israël blanchira les mouvements d’extrême droite de l’accusation d’antisémitisme en échange du soutien inconditionnel à leurs politiques<sup data-fn="3f21ec86-62ca-43b8-9d3a-91384252fb19" class="fn"><a id="3f21ec86-62ca-43b8-9d3a-91384252fb19-link" href="#3f21ec86-62ca-43b8-9d3a-91384252fb19">9</a></sup>.</p>



<p>En Europe de l’Est, le gouvernement israélien s’est rapproché de régimes autoritaires et de partis nationalistes. Ces derniers apportent un soutien inconditionnel à Israël tout en réhabilitant les régimes ayant collaborés avec les nazis, au nom de la résistance au communisme<sup data-fn="9aa2ad5c-9ab2-43e2-8fcd-ff2ccbe46b81" class="fn"><a id="9aa2ad5c-9ab2-43e2-8fcd-ff2ccbe46b81-link" href="#9aa2ad5c-9ab2-43e2-8fcd-ff2ccbe46b81">10</a></sup>. C’est dans la même logique que de nombreux leaders d’extrême droite d’Europe de l’Ouest se rendent en Cisjordanie pour apporter leur soutien à la colonisation. En Amérique, le sionisme chrétien, très important parmi les évangélistes, explique les positions jusqu’au boutiste de Bolsonaro ou Trump. </p>



<h2 class="wp-block-heading">L’amalgame entre antisionisme et antisémitisme </h2>



<p>Le 16 juillet 2017, lors de la commémoration du 75<sup>e</sup> anniversaire de la rafle du Vél d’Hiv, Emmanuel Macron a déclaré en présence de Benjamin Netanyahou : <em>« Nous ne céderons jamais à l’antisionisme, car c’est la forme réinventée de l’antisémitisme. »</em> Cette déclaration marque une nouvelle étape dans la criminalisation du soutien à la Palestine, qui se manifestait déjà par la répression de la campagne BDS. </p>



<p>Cet amalgame de l’antisionisme à l’antisémitisme a été l’instrument d’Israël et des classes dirigeantes occidentales pour attaquer les acteurs politiques qui prennent position en faveur de la Palestine. Cette assimilation est à la fois trompeuse et infamante. Le contexte historique permet d’expliquer la différence entre le judaïsme et le sionisme, et donc la différence entre l’antisionisme et l’antisémitisme. Le judaïsme est une culture et une religion et le sionisme une idéologie. L’antisémitisme est un phénomène très ancien, qui repose sur la haine des juif·ves pour ce qu’iels sont. À l’inverse, l’anti­sionisme est un phénomène récent et est d’abord le fait de juif·ves. Il ne s’attaque pas à une religion ou à une ethnie mais à une idéologie nationaliste et colonialiste<sup data-fn="81ed4a1a-63d7-437e-ab4f-46eabd9a669e" class="fn"><a id="81ed4a1a-63d7-437e-ab4f-46eabd9a669e-link" href="#81ed4a1a-63d7-437e-ab4f-46eabd9a669e">11</a></sup>. Ainsi, les Palestinien·nes qui se sont opposé·es à l’expulsion de leur terre ne sont pas des antisémites mais des anticolonialistes. De la même façon, celles et ceux qui les soutiennent.</p>



<p>La propagande israélienne trouve dans l’instrumentalisation de l’antisémitisme le meilleur moyen pour disqualifier celleux qui dénoncent les conséquences criminelles de plus en plus visibles du sionisme. Ainsi, il devient impossible de faire le lien entre l’idéologie d’Israël et les conséquences concrètes de cette idéologie. Toute personne qui critique Israël devient alors un antisémite ou un·e juif·ve qui se déteste. Cette instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme permet de s’attaquer à la fois à la gauche anticolonialiste et aux musulman·nes présenté·es comme les acteurs d’un supposé « nouvel antisémitisme ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le « nouvel antisémitisme » </h2>



<p>En France, l’instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme se base sur le concept de « nouvel antisémitisme » où l’antisémitisme ne reposerait plus sur les acteurs traditionnels de l’extrême droite, mais sur les islamistes et la gauche antisioniste. Ce discours produit une rhétorique raciste où la lutte contre l’antisémitisme n’a alors plus pour but la défense des juif·ves mais la stigmatisation des musulman·nes. Les juif·ves, associé·es à l’Occident via Israël, deviennent un moyen d’expliquer l’incompatibilité des musulman·nes avec la nation et de garantir ainsi sa pureté. Cette soit disant défense des juif·ves contre les autres minorités n’a pas pour effet de protéger les juif·ves mais de renforcer les clichés à leur encontre. Elle renforce notamment le fantasme de la double allégeance en assignant à tous·tes les juif·ves un lien avec Israël, les mettant à part de la communauté nationale<sup data-fn="a922504a-f6a6-4bb4-824c-f77061044644" class="fn"><a id="a922504a-f6a6-4bb4-824c-f77061044644-link" href="#a922504a-f6a6-4bb4-824c-f77061044644">12</a></sup>. Ce concept de « nouvel antisémitisme » a servi de base idéologique à la marche du 12 novembre 2023. En France, le soutien du FN à Israël depuis 2011 a été central dans le processus de dédiabolisation du parti de Marine Le Pen. Cette normalisation du principal parti d’extrême droite français s’est définitivement réalisée avec la marche du 12 novembre 2023. Cette marche a été initiée par les présidents du Sénat et de l’Assemblée, deux soutiens inconditionnels à la politique d’Israël. Dans leur tribune parue dans <em>le Figaro</em>, iels appellent à défiler contre l’antisémitisme et pour les valeurs de la République. Iels évoquent la laïcité, la libération des otages israélien·nes et la lutte contre l’islamisme mais jamais l’extrême droite, le racisme ou la situation à Gaza<sup data-fn="4d8a5f89-477b-427b-8791-ba81ab9cbd0d" class="fn"><a id="4d8a5f89-477b-427b-8791-ba81ab9cbd0d-link" href="#4d8a5f89-477b-427b-8791-ba81ab9cbd0d">13</a></sup>. </p>



<p>Le résultat de cette marche, où  Le Pen et Zemmour ont été acclamé·es et la gauche ayant acceptée cette farce a été huée, ne peut pas être le recul de l’anti­sémitisme. Malgré les dénégations de certain·es, il est évident que cette manifestation était une marque de soutien à Israël au moment même où un massacre se déchaine sur Gaza et où en France les manifestations pour la Palestine sont interdites sur prétexte d’antisémitisme. Le seul effet concret de cette manifestation aura donc été d’intégrer le RN à un nouvel « arc républicain », préparant la future alliance entre la bourgeoisie et les mouvements fascistes<sup data-fn="c778c2ef-29e6-4c9b-92e6-6e3dfc4130ae" class="fn"><a id="c778c2ef-29e6-4c9b-92e6-6e3dfc4130ae-link" href="#c778c2ef-29e6-4c9b-92e6-6e3dfc4130ae">14</a></sup>. Cette alliance en gestation manifestera ses effets un mois plus tard avec le vote commun du RN et de Renaissance de la loi asile immigration.<br></p>



<h2 class="wp-block-heading">Sionisme et confusions à gauche </h2>



<p>Cette instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme qui rend suspect d’antisémitisme tout soutien à la Palestine n’est pas sans effet à gauche. L’accusation d’antisémitisme sert alors à intimider les militant·es à grand coup d’injonction morale. Apparaît alors ces situations absurdes d’inversion accusatoire où les soutiens au génocide en cours somme leur contradicteur de condamner la résistance palestinienne. Ces campagnes de dénigrement fonctionnent. Elles ont contraint le chef du parti travailliste Jeremy Corbyn à démissionner au Royaume-Uni. Aujourd’hui, Jean Luc Mélenchon en est la principale cible malgré la position peu radicale de LFI soutenant la solution à deux États.</p>



<p>Ces attaques diffamatoires sont le fait de la droite et de l’extrême droite, mais aussi des sionistes « de gauche » plus ou moins assumés. Ainsi, face au pire drame subi par les Palestinien·nes depuis la Nakba, tout une partie de la gauche s’est perdue dans des débats sur l’antisémitisme à gauche. Il ne fait pourtant pas débat que l’antisémitisme est un phénomène structurel et peut donc être présent à gauche où il doit être combattu. L’objet de ces débats n’est pas de combattre l’antisémitisme à gauche mais de silencier toute position antisioniste. </p>



<p>Les sionistes de gauche les plus assumés, inspirés par les Antideutsche allemand, alimentent l’illusion que le mouvement sioniste est un mouvement de libération national. Ainsi, nier le droit à l’autodétermination du peuple juif est antisémite. L’antisionisme devient donc un antisémitisme. D’autres, sans être ouvertement sioniste, qualifient d’antisémites toutes actions du mouvement antisioniste. S’ils condamnent la politique du gouvernement Netanyahou et apportent un soutien abstrait au peuple palestinien, cela ne se concrétise jamais dans les faits. Ainsi, ne pas reconnaître le caractère terroriste des attaques du 7 octobre 2023 est assimilé à de l’antisémitisme. S’iels reconnaissent la Nakba, la reconnaissance et la condamnation de la colonisation ne concerne que la Cisjordanie. L’apartheid israélien n’est pas reconnue et la campagne BDS est considérée comme antisémite. S’iels condamnent les massacres à Gaza, iels ne reconnaissent pas leur caractère génocidaire. Iels refusent de participer aux manifestations pour le cessez-le-feu à cause des slogans perçus comme antisémites. « Palestine libre de la mer au Jourdain » est notamment présenté comme la volonté d’expulser les israélien·nes de Palestine et non d’en finir avec l’apartheid et de créer un État binational. </p>



<p>On finit alors par se demander comment leur soutien au peuple Palestinien se traduit dans les faits quand tous les modes d’actions, violents comme pacifistes, même les manifestations en France, ne sont pas considérés comme acceptable. </p>



<p>Pendant le génocide en cours, il faut donc constater que l’ensemble des actions de ces sionistes de « gauche » se sont réduites à s’attaquer aux soutiens de la Palestine. La mairie de Paris allant jusqu’à annuler une conférence pour la paix et contre l’antisémitisme de Judith Butler, militante juive antisioniste<sup data-fn="422f7ff6-4ef7-4f0b-82e5-ba11c9bb5a8a" class="fn"><a id="422f7ff6-4ef7-4f0b-82e5-ba11c9bb5a8a-link" href="#422f7ff6-4ef7-4f0b-82e5-ba11c9bb5a8a">15</a></sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mobilisons-nous !</h2>



<p>L’état d&rsquo;Israël étant intrinsèquement colonial, les intérêts économiques et politiques des populations israélienne et palestinienne sont fondamentalement contradictoires dans le contexte actuel. Cette réalité matérielle se traduit par un endoctrinement de la  société israélienne. Les sondages montrent un soutien massif de la population israélienne aux opérations à Gaza et les manifestations contre le gouvernement se réduisent à demander la libération des otages sans aucune mention à un soutien aux palestinien.nes. Il ne faut donc pas attendre qu’au sein d&rsquo;Israël se développe un mouvement de solidarité conséquent envers les palestiniens remettant en cause la suprématie juive de l’Etat d&rsquo;Israël. </p>



<p>Aux États-Unis où se trouve la plus grande communauté juive hors Israël, de nombreux mouvements de juif·ves antisionistes nous montrent la voie du soutien au peuple Palestinien. Des organisations comme Jewish Voice for Peace, If not now organisent des manifs, des actions de blocage et des occupations, comme au Capitole pour exiger le cessez-le-feu et l’arrêt du financement états-unien à l’État d’Israël. Leurs mots d’ordre, comme « Pas en mon nom » et « plus jamais ça, c’est plus jamais pour tout le monde », montrent un mouvement très important de désolidarisation de l’entreprise coloniale sioniste. Cette idéologie néfaste instrumentalise la souffrance juive qui a eu lieu pendant des siècles et qui a laissé d’énormes traumas, pour justifier le massacre de tout un peuple. Tout cela au nom d’une supposée sécurité pour les juif·ves qui ne pourra jamais avoir lieu au détriment des Palestinien·nes. En France, des collectifs juifs décoloniaux se forment en suivant le chemin de l’UJFP (Union juive française pour la paix), comme Tsedek ! et Kessem, en ayant comme boussole la justice, la décolonisation et la lutte contre toutes formes de racisme. </p>


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<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img data-dominant-color="987d61" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="1100" height="734" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Sionisme_Illustr3-1100x734.webp" alt="" class="wp-image-8203 not-transparent" style="--dominant-color: #987d61; width:811px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Sionisme_Illustr3-1100x734.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Sionisme_Illustr3-300x200.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Sionisme_Illustr3-768x513.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Sionisme_Illustr3-1320x881.webp 1320w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Sionisme_Illustr3-jpg.webp 1536w" sizes="auto, (max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>
</div>


<p>En tant que militant·es antiracistes nous nous tenons du côté de tous·tes les opprimé·es. Dans le passé, les juif·ves ont été victimes d’un racisme extrêmement brutal qui a culminé avec la Shoah. Aujourd’hui, reste encore vivant tout un imaginaire antisémite dans la société. Cet imaginaire inspire encore des discours et des actes antisémites, allant jusqu’au meurtre. Nous devons aussi être aux côtés des personnes qui subissent ces violences. Cependant, la lutte contre l’oppression que subissent les Palestinien·nes ne peut pas être confondu avec de l’antisémitisme. L’État d’Israël est un État très puissant, soutenu par la plus grande puissance militaire du monde. Derrière ce soutien inconditionnel, d’énormes intérêts géopolitiques et économiques sont en jeu. Israël essaye à tout prix de se présenter comme victime lorsqu’il mets en place une politique d’apartheid et de nettoyage ethnique envers le peuple palestinien. Nous ne devons pas accepter ce récit, ni nous paralyser devant des accusations d’antisémitisme lorsqu’on lutte contre cette puissance coloniale qui déshumanise et écrase les Palestinien·nes.  Il est impératif de continuer les mobilisations, les campagnes de boycott au niveau individuel, de désinvestissement au niveau institutionnel et de demandes de sanctions au niveau des États. Nous voulons la Palestine libre de la mer au Jourdain et la liberté pour toutes et tous !</p>



<h5 class="wp-block-heading">Dani et Hugo (Toulouse) </h5>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<h6 class="wp-block-heading">NOTES</h6>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="902c1c67-06d5-4a4e-8844-ab2db732ff49"><a href="https://www.courthousenews.com/wp-content/uploads/2023/12/South-Africa-v-Israel.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.courthousenews.com/wp-content/uploads/2023/12/South-Africa-v-Israel.pdf</a> <a href="#902c1c67-06d5-4a4e-8844-ab2db732ff49-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="37d42b97-e7a2-49e2-9f8d-702e5d992eaf"><a href="https://fr.timesofisrael.com/2-millions-de-nazis-en-cisjordanie-dit-le-ministre-dextreme-droite-smotrich/">https://fr.timesofisrael.com/2-millions-de-nazis-en-cisjordanie-dit-le-ministre-dextreme-droite-smotrich/</a> <a href="#37d42b97-e7a2-49e2-9f8d-702e5d992eaf-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="ca1692f1-508e-4d59-a656-bfd345987723">Hilberg, Raul. <em>La destruction des juifs d’Europe</em>. Translated by Marie-France de Paloméra, et al., vol. 1, Gallimard, 2006. 3 vols. <a href="#ca1692f1-508e-4d59-a656-bfd345987723-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="9541d0f6-cac1-4303-9f1b-ee1836578c3e">Minczeles, Henri. <em>Histoire générale du Bund : un mouvement révolutionnaire juif. </em>l’Échappée, 2022. <a href="#9541d0f6-cac1-4303-9f1b-ee1836578c3e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="81ddf8c9-e04d-48d6-8e2e-d224ddaa9232"><a href="https://fr.timesofisrael.com/une-nouvelle-biographie-inedite-depeint-un-herzl-determine-et-fragile/">https://fr.timesofisrael.com/une-nouvelle-biographie-inedite-depeint-un-herzl-determine-et-fragile/</a><br> <a href="#81ddf8c9-e04d-48d6-8e2e-d224ddaa9232-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="3a52d880-a039-4101-9a22-d7a785b2a23d"><a href="https://intercoll.net/Les-nombreuses-questions-de-la-Declaration-Balfour">https://intercoll.net/Les-nombreuses-questions-de-la-Declaration-Balfour</a> <a href="#3a52d880-a039-4101-9a22-d7a785b2a23d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li><li id="587f4dee-489a-476d-ac44-e0a9d808e272">Khalidi, Rashid. <em>The Hundred Years’ War on Palestine : A History of Settler Colonialism and Resistance</em>, 1917–2017. Picador, 2021. <a href="#587f4dee-489a-476d-ac44-e0a9d808e272-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7">↩︎</a></li><li id="45b69230-0e66-45a8-ad81-33ff9d3f7ea8">Pappe, Ilan. <em>The Ethnic Cleansing of Palestine. </em>Oneworld Publications, 2007. <a href="#45b69230-0e66-45a8-ad81-33ff9d3f7ea8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8">↩︎</a></li><li id="3f21ec86-62ca-43b8-9d3a-91384252fb19"><a href="https://www.contretemps.eu/sionisme-antisemitisme-fascisme-extreme-droite-israel/">https://www.contretemps.eu/sionisme-antisemitisme-fascisme-extreme-droite-israel/</a> <a href="#3f21ec86-62ca-43b8-9d3a-91384252fb19-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9">↩︎</a></li><li id="9aa2ad5c-9ab2-43e2-8fcd-ff2ccbe46b81"><a href="https://orientxxi.info/magazine/les-yeux-doux-de-benyamin-netanyahou-a-l-extreme-droite-europeenne,2651">https://orientxxi.info/magazine/les-yeux-doux-de-benyamin-netanyahou-a-l-extreme-droite-europeenne,2651</a> <a href="#9aa2ad5c-9ab2-43e2-8fcd-ff2ccbe46b81-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10">↩︎</a></li><li id="81ed4a1a-63d7-437e-ab4f-46eabd9a669e">Pappe, Ilan. <em>Ten Myths About Israel.</em> Verso Books, 2017. <a href="#81ed4a1a-63d7-437e-ab4f-46eabd9a669e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11">↩︎</a></li><li id="a922504a-f6a6-4bb4-824c-f77061044644"><a href="https://ujfp.org/en-reponse-aux-jjr-mise-au-point-sur-notre-antiracisme-politique/">https://ujfp.org/en-reponse-aux-jjr-mise-au-point-sur-notre-antiracisme-politique/</a> <a href="#a922504a-f6a6-4bb4-824c-f77061044644-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12">↩︎</a></li><li id="4d8a5f89-477b-427b-8791-ba81ab9cbd0d"><a href="https://www.politis.fr/articles/2023/11/marche-contre-lantisemitisme-qui-a-vraiment-lu-la-tribune-de-larcher-et-braun-pivet/">https://www.politis.fr/articles/2023/11/marche-contre-lantisemitisme-qui-a-vraiment-lu-la-tribune-de-larcher-et-braun-pivet/</a> <a href="#4d8a5f89-477b-427b-8791-ba81ab9cbd0d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13">↩︎</a></li><li id="c778c2ef-29e6-4c9b-92e6-6e3dfc4130ae"><a href="https://orientxxi.info/magazine/antisemitisme-l-extreme-droite-blanchie-par-son-soutien-a-israel,6952">https://orientxxi.info/magazine/antisemitisme-l-extreme-droite-blanchie-par-son-soutien-a-israel,6952</a> <a href="#c778c2ef-29e6-4c9b-92e6-6e3dfc4130ae-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14">↩︎</a></li><li id="422f7ff6-4ef7-4f0b-82e5-ba11c9bb5a8a"><a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/051223/conference-sur-l-antisemitisme-annulee-par-la-mairie-de-paris-regrettable-voire-une-farce-selon-judith-but">https://www.mediapart.fr/journal/france/051223/conference-sur-l-antisemitisme-annulee-par-la-mairie-de-paris-regrettable-voire-une-farce-selon-judith-but</a> <a href="#422f7ff6-4ef7-4f0b-82e5-ba11c9bb5a8a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/le-sionisme-un-projet-raciste-et-colonial-qui-doit-etre-combattu-au-nom-de-la-lutte-contre-le-racisme-et-lantisemitisme/">Le sionisme : un projet raciste et colonial qui doit être combattu au nom de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Une histoire abrégée du « conflit » israélo-palestinien</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/une-histoire-abregee-du-conflit-israelo-palestinien/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Nov 2023 23:06:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Hamas]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Nakba]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[sionisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=8012</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">L’attaque du 7&#160;octobre et la réaction génocidaire de l’État colonial d’Israël ne peuvent se comprendre que dans l’histoire longue de la colonisation de la Palestine par des sionistes soutenus par les impérialismes européens et étatsunien.&#160; <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/une-histoire-abregee-du-conflit-israelo-palestinien/" title="Une histoire abrégée du « conflit » israélo-palestinien">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">L’attaque du 7&nbsp;octobre et la réaction génocidaire de l’État colonial d’Israël ne peuvent se comprendre que dans l’histoire longue de la colonisation de la Palestine par des sionistes soutenus par les impérialismes européens et étatsunien.&nbsp;</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #10 &#8211; Novembre 2023</h6>



<h2 class="wp-block-heading">Le courant sioniste</h2>



<p class="has-drop-cap"><strong>D</strong>eux grands courants politiques juifs émergent en réaction à l’antisémitisme en Europe et dans l’empire russe à la fin du 19<sup>e</sup> siècle.</p>



<p>Le premier est un courant socialiste implanté dans la classe ouvrière juive et qui prend part à toutes les grandes luttes des exploité·es en Europe. Ce courant, symbolisé par le Bund, préconise et pratique la lutte frontale contre l’antisémitisme et l’unité des exploité·es sur une base de classe pour la transformation révolutionnaire de la société<sup data-fn="c5837b0b-b32b-4dea-be6e-6daa3898170d" class="fn"><a href="#c5837b0b-b32b-4dea-be6e-6daa3898170d" id="c5837b0b-b32b-4dea-be6e-6daa3898170d-link">1</a></sup>.</p>



<p>Le second courant est le sionisme, dont la figure de proue est Theodor Herzl. Pour les sionistes, il est impossible de combattre l’antisémitisme ; la seule solution est le séparatisme, la fondation d’un État juif. Mais c’est impossible sans le soutien d’un pays impérialiste. Ayant un temps cherché à obtenir le parrainage de dirigeants de l’empire russe (eux-mêmes directement responsables de pogromes antisémites)<sup data-fn="a9151034-d67c-46c8-baf8-d9498a0dac6b" class="fn"><a href="#a9151034-d67c-46c8-baf8-d9498a0dac6b" id="a9151034-d67c-46c8-baf8-d9498a0dac6b-link">2</a></sup>, les sionistes se tournent vers la Grande-Bretagne.</p>



<p>Après la première guerre mondiale et la chute de l’empire ottoman, c’est l’empire britannique qui contrôle la Palestine et d’autres territoires arabes comme l’Iraq et l’Egypte. Il voit d’un bon œil l’implantation d’une population colonisatrice (et armée) en Palestine<sup data-fn="35684ef7-9d9b-4eaa-ae1c-096492fcebde" class="fn"><a href="#35684ef7-9d9b-4eaa-ae1c-096492fcebde" id="35684ef7-9d9b-4eaa-ae1c-096492fcebde-link">3</a></sup>. Elle pourra servir d’avant-poste de l’impérialisme dans une zone dont l’emplacement géographique et les ressources naturelles lui confèrent une importance centrale. Mais la migration juive vers la Palestine se fait au compte-gouttes jusqu’au début des années 1930. Ensuite, la montée de l’antisémitisme en Europe accélèrera la migration vers la Palestine et liquidera au passage la tradition révolutionnaire juive.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Séparatisme et Nakba en Palestine</h2>



<p>La vie sioniste en Palestine s’organise autour du principe de la discrimination systémique. Les « syndicats de travailleurs hébreux » (Histadrut) organisent des piquets pour empêcher les Arabes de travailler dans les entreprises juives, et empêcher les produits arabes d’être vendus sur les marchés juifs<sup data-fn="ad3a3e9d-3351-4d6f-b070-60853d2e9802" class="fn"><a href="#ad3a3e9d-3351-4d6f-b070-60853d2e9802" id="ad3a3e9d-3351-4d6f-b070-60853d2e9802-link">4</a></sup>. La lutte raciste prend donc le pas sur la lutte de classe pour les syndicats sionistes.</p>



<p>Une révolte palestinienne anticoloniale éclate en 1936 contre les autorités britanniques et les expulsions de la paysannerie palestinienne par les sionistes. Le mouvement s’implante dans les milieux ruraux comme urbains et la lutte prend plusieurs formes, des manifestations de masse aux actions armées en passant par les grèves. Les élites palestiniennes traditionnelles rejoignent d’abord le mouvement mais, effrayées par sa radicalité, finissent par se ranger du côté des Britanniques.</p>



<p>Pour contrer la révolte, les Britanniques, en plus des méthodes « classiques » et brutales de répression coloniale, financent et organisent les milices sionistes (Haganah). Elles participent à la répression et à la protection des intérêts impérialistes britanniques<sup data-fn="7fd992ea-7fd4-4e84-a817-77ec4bcec4ed" class="fn"><a href="#7fd992ea-7fd4-4e84-a817-77ec4bcec4ed" id="7fd992ea-7fd4-4e84-a817-77ec4bcec4ed-link">5</a></sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les deux géniteurs de l’Etat d’Israël :</strong> <strong>le nettoyage ethnique et l’impérialisme occidental </strong></h2>



<p>Face à une armée coloniale et des milices sionistes mieux armées et organisées, la révolte est écrasée en 1939. La défaite ouvre la voie à la création de l’Etat d’Israël neuf ans plus tard. Les milices sionistes, désormais organisées en véritable armée, massacrent des milliers de Palestinien.ne.s et en expulsent un peu moins d’un million, un nettoyage ethnique que les Palestinien.ne.s appelleront la « Nakba », mot arabe signifiant catastrophe. Moshe Dayan, militaire et dirigeant israélien déclarait en 1969 : « Des villages juifs ont été construits à la place des villages arabes […] Il n’existe pas un seul endroit construit dans ce pays (NdT : Israël) qui n’eut pas précedemment été peuplé par des Arabes »<sup data-fn="c64176bb-06ef-4cb5-82ee-69e8729c6915" class="fn"><a href="#c64176bb-06ef-4cb5-82ee-69e8729c6915" id="c64176bb-06ef-4cb5-82ee-69e8729c6915-link">6</a></sup>.</p>



<p>Le nettoyage ethnique et l’impérialisme occidental : voilà donc les deux géniteurs de l’Etat d’Israël. Cette double nature continue de définir Israël, qui ne manque aucune occasion de prouver son utilité à ses sponsors occidentaux tout en continuant le processus de dépossession et de colonisation des Palestinien.ne.s auquel elle est structurellement contrainte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Israël mate les États Arabes</h2>



<p>En 1956, Israël s’allia à la Grande-Bretagne et la France pour attaquer l’Egypte en réaction à la nationalisation du canal de Suez par le régime de Nasser. La pression politique des USA et de l’URSS mit fin à l’aggression tripartite, mais seulement pour signaler que le Moyen-Orient serait désormais le terrain de jeu des deux superpuissances. A partir de ce moment, Israël devient la tête de pont principale de l’impérialisme américain dans la région. Israël engage une guerre surprise contre l’Egypte et la Syrie en 1967, met leurs armées en déroute en six jours et casse le dos du nationalisme arabe de Nasser. Ce tournant est significatif car il protège aussi les monarchies petrolières arabes du Golfe, alliées aux USA et menacées par l’opposition nationaliste et anticoloniale inspirée par Nasser.</p>



<p>C’est à partir de ce moment que la résistance palestinienne s’organise autour de l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine) dominée par le Fatah de Yasser Arafat. L’OLP s’appuie principalement sur les camps de réfugié.e.s palestinien.ne.s situés au Liban, en Syrie et en Jordanie pour lancer des attaques armées contre Israël. Le programme adopté est celui de la libération de toute la Palestine historique, le retour des réfugié.e.s et l’établissement d’un Etat laïc démocratique avec égalité des droits.</p>



<p>La résistance palestinienne devient immédiatement populaire parmi les masses palestiniennes et arabes, mais elle présente deux failles stratégiques. Premièrement, l’élitisme&nbsp;: l’accent est mis sur la lutte militaire dirigée par l’OLP et non sur les initiatives des masses sous toutes leurs formes. Et surtout, une politique dite de «&nbsp;non-ingérence&nbsp;» dans les affaires internes des Etats arabes est adoptée. Le Fatah pronait une non-ingérence «&nbsp;absolue&nbsp;» dans les affaires des régimes arabes, mais le FPLP (Front Populaire pour la Libération de la Palestine, autre faction de l’OLP), d’orientation «&nbsp;marxiste-léniniste&nbsp;», appliquait cette politique de manière sélective&nbsp;: il distinguait les régimes arabes selon une nature soit-disant progressiste ou réactionnaire.</p>



<p>Cette politique de non-ingérence rendit l’OLP et ses différentes factions finalement tributaires de sponsors étatiques successifs, de dirigeants régionaux (qu’ils fussent classés «&nbsp;progressistes&nbsp;» ou «&nbsp;réactionnaires&nbsp;») profitant de la popularité de la lutte palestinienne pour consolider la légitimité de leurs régime. En même temps, ces dirigeants réprimaient des mouvements et des soulèvements populaires et sociaux eux-mêmes largement inspirés par la lutte palestinienne. Les factions de résistance armée actuelles comme le Hamas suivent une politique similaire dans leurs rapports avec la masse palestinienne et les régimes de la région.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="727272" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #727272;" loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="735" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Palestine_Illustr1.jpg" alt="" class="wp-image-8014 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Palestine_Illustr1.jpg 1024w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Palestine_Illustr1-300x215.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Palestine_Illustr1-768x551.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">1987 : première Intifada</h2>



<p>Chassée de la Jordanie en 1970, l’OLP se réfugie à Beyrouth. L’invasion du Liban par Israël en 1982 et le siège brutal de Beyrouth contraignent l’OLP à se retirer vers Tunis.</p>



<p>Ayant vaincu les Etats arabes en 1967, éloigné l’OLP de ses frontières en 1982 (et entretemps signé des accords de paix avec l’Egypte en 1979), Israël pouvait légitimement penser avoir liquidé la cause palestinienne. Mais en 1987 éclate la première Intifada («&nbsp;soulèvement&nbsp;» en arabe), révolte populaire à Gaza et en Cisjordanie. Ce mouvement de masse face à l’occupation est le plus gros soulèvement en terre palestinienne depuis la révolte de 1937&nbsp;; il prend la forme de manifestations, de grèves de masse et d’actions armées individuelles ou organisées. Yasser Arafat reste populaire parmi les palestinien.ne.s mais ne contrôle absolument pas l’Intifada dont les symboles resteront des enfants jetant des pierres.</p>



<p>En réaction à l’Intifada, des cadres palestiniens d’organisations soeurs des Frères Musulmans égyptiens et implantées à Gaza fondent le Hamas<sup data-fn="e7460b13-3533-43ce-a16e-c868d632789f" class="fn"><a href="#e7460b13-3533-43ce-a16e-c868d632789f" id="e7460b13-3533-43ce-a16e-c868d632789f-link">7</a></sup>. Jusque-là, la majorité des islamistes se contentaient de prosélitisme et d’activités sociales et caritatives. Le Hamas et sa branche armée<sup data-fn="8770dc52-f9b7-400e-b0f4-53e3102d60f9" class="fn"><a href="#8770dc52-f9b7-400e-b0f4-53e3102d60f9" id="8770dc52-f9b7-400e-b0f4-53e3102d60f9-link">8</a></sup> adoptent une politique de confrontation avec Israël, comme le fait le Jihad Islamique<sup data-fn="9eaf9d75-fcf2-4db3-8b0d-915ee929e070" class="fn"><a href="#9eaf9d75-fcf2-4db3-8b0d-915ee929e070" id="9eaf9d75-fcf2-4db3-8b0d-915ee929e070-link">9</a></sup> fondé quelques années plus tôt, également par d’anciens cadres des Frères Musulmans.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Accords d’Oslo et la naissance de l’autorité palestinienne</strong></h2>



<p>Après les régimes arabes et la guerilla issue des camps de réfugié.e.s de pays limitrophes, c’est au tour des Palestinien.ne.s de Gaza et de Cisjordanie de poser un sérieux problème à Israël. Pour le résoudre, la classe dirigeante israélienne est prête à un compromis avec le Fatah d’Arafat&nbsp;: les accords d’Oslo sont signés en 1994 sous le patronage des USA, désormais tous-puissants au Moyen-Orient après la chute de l’URSS, et donnent naissance à l’Autorité Palestinienne (AP). Celle-ci exerce son semblant d’autorité sur Gaza et la Cisjordanie, dont l’occupation par l’armée israélienne et la colonisation progressive continuent néanmoins.</p>



<p>Il s’agit d’un Etat au rabais pour la bourgeoisie palestinienne collaboratrice et corrompue, qui reconnaît officiellement l’Etat d’Israël et condamne «&nbsp;le terrorisme et autres formes de violences&nbsp;». L’AP, dont la totalité des revenus transite par l’administration israélienne, est dotée de forces de sécurité et de services de renseignement avec plus de 40000 hommes armés. Ils sont là pour réprimer toute tentative de résistance, armée ou non, venant de Gaza ou de Cisjordanie. Israël semble donc avoir réussi un coup de maître&nbsp;: sous-traiter le contrôle quotidien des Palestinien.ne.s à une organisation palestinienne en lui faisant miroiter une carotte pourrie, la solution «&nbsp;à deux Etats&nbsp;» où l’Etat existant occupe et continue de coloniser le territoire désigné du futur Etat.</p>



<p>Une seconde Intifada éclate en 2000 dans les territoires palestiniens. Similaire à celle de 1987, elle est plus massive et plus violente avec la multiplication d’attaques des différents groupes armés de toutes tendances<sup data-fn="feeda67a-d519-47fc-8bc4-cac8e1e8efc8" class="fn"><a href="#feeda67a-d519-47fc-8bc4-cac8e1e8efc8" id="feeda67a-d519-47fc-8bc4-cac8e1e8efc8-link">10</a></sup>. L’Intifada est un désaveu clair de la politique conciliatrice de l’AP et signale que le peuple palestinien n’est pas prêt de lâcher l’affaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La montée du Hamas</h2>



<p>En 2006, le Hamas gagne (à la régulière) les élections dans les territoires palestiniens. C’est un camouflet de plus pour le Fatah et sa politique, mais celui-ci, avec l’appui d’Israël et des pays occidentaux, rejette les résultats. Après un affrontement armé, l’AP prend le contrôle de la Cisjordanie et le Hamas prend le contrôle de Gaza. L’armée israélienne, qui s’était retirée de la bande de Gaza un an plus tôt, entame un blocus du territoire avec la complicité du régime égyptien.</p>



<p>La nouvelle situation est donc celle où des guerres périodiques éclatent entre Israël d’un côté, le Hamas et d’autres factions armées<sup data-fn="3f546f77-9be5-4d01-86dd-9c6a29235a6c" class="fn"><a href="#3f546f77-9be5-4d01-86dd-9c6a29235a6c" id="3f546f77-9be5-4d01-86dd-9c6a29235a6c-link">11</a></sup> à Gaza, alors qu’en Cisjordanie l’occupation continue et la colonisation s’accélère sous les yeux d’une Autorité Palestinienne qui n’attend plus qu’on vienne signer son acte de décès. Les affrontements sont réguliers entre manifestant.e.s palestinien.ne.s et soldats israéliens qui protègent des colons de plus en plus agressifs et ouvertement fascistes.</p>



<p>En 2021, un soulèvement contre la poursuite de la colonisation de Jérusalem-Est éclate en Cisjordanie, et s’étend jusqu’à l’intérieur de l’Etat d’Israël, où il existe des populations palestiniennes<sup data-fn="ba85720c-c858-44f2-9eb7-5d3f24dcd59d" class="fn"><a href="#ba85720c-c858-44f2-9eb7-5d3f24dcd59d" id="ba85720c-c858-44f2-9eb7-5d3f24dcd59d-link">12</a></sup> représentant une minorité appauvrie et discriminée ; en même temps éclate une confrontation armée entre la résistance à Gaza et Israël. Pour la première fois depuis la Nakba, un mouvement politique a lieu sur tout le territoire de la Palestine historique : la lutte renoue les fils que le colonialisme avait cassé.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Dilemmes moraux ?</strong></h2>



<p>L’histoire du «&nbsp;conflit&nbsp;» israélo-palestinien est plus complexe que le résumé donné ci-dessus. Mais les questions essentielles, qui permettent de prendre position, sont assez simples&nbsp;: Israël est un Etat né d’un processus de colonisation et de nettoyage ethnique. Il n’a pu le faire sans le soutien des forces impérialistes les plus puissantes, à savoir la Grande-Bretagne puis les USA.</p>



<p>L’existence même de l’Etat d’Israël signifie la poursuite de la colonisation et de l’occupation, jusqu’à la liquidation finale de la « cause palestinienne ». Toutes les tendances politiques – sionistes- en Israël sont des variations sur ce même thème. Selon le militant palestinien Majd Kayyal, la lutte politique intérieure en Israël pivote, en dernier lieu, sur « la détention des moyens et sur la méthode à utiliser pour opprimer les Palestinien·nes.<sup data-fn="dd605ffc-c1cf-4684-ba12-a7c2a2f333f5" class="fn"><a href="#dd605ffc-c1cf-4684-ba12-a7c2a2f333f5" id="dd605ffc-c1cf-4684-ba12-a7c2a2f333f5-link">13</a></sup> » La « démocratie » israélienne ne vaut donc pas mieux que la démocratie des propriétaires d’esclaves Etats-Uniens au 19<sup>e</sup> siècle ou que celle de l’Afrique du Sud sous l’Apartheid.</p>



<p>C’est seulement dans ce contexte historique qu’on peut analyser sérieusement les attaques du 7 octobre 2023 et espérer y porter un jugement moral. Elles sont un acte politique effectué par des moyens militaires. Or tout le procédé du camp d’en-face est de dépolitiser (et pas seulement sur la question palestinienne).</p>



<p>Pour Frédéric Lordon, « Fait pour n’installer que la perspective de l’éradication et barrer toute analyse politique, ‘terrorisme’ est une catégorie hors-politique, une catégorie qui fait sortir de la politique.<sup data-fn="111e1177-233c-496c-8c57-aee6a99c58a3" class="fn"><a href="#111e1177-233c-496c-8c57-aee6a99c58a3" id="111e1177-233c-496c-8c57-aee6a99c58a3-link">14</a></sup> » Or il n’existe pas de morale au-dessus de la politique ; celles et ceux qui affirment le contraire le font pour des raisons… politiques. Pour nous faire croire qu’un Etat colonisateur et occupant aurait le « droit de se défendre » face aux colonisé.e.s et aux occupé.e.s. Pour protéger le status quo.</p>



<p>Mais alors, les atrocités ? La guerre est le domaine des atrocités ; elle et ses calamités sont imposées par l’oppresseur, qui naturellement en commet beaucoup plus que l’opprimé. Algérie, Vietnam, Commune de Paris, Afrique du Sud : les opprimé.e.s ont commis beaucoup d’atrocités durant leurs luttes émancipatrices. Pendant la guerre de Sécession, les esclaves noirs ont commis des exactions horrifiantes lorsqu’ils se sont retrouvés armes à la main face à leurs anciens « propriétaires » et leurs familles. Qui oserait nous dire aujourd’hui que cette violence était illégitime ? Alors pourquoi celle des palestinien.ne.s contre leurs colonisateurs serait moins légitime ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Par tous les moyens nécessaires ! (sauf&nbsp;les moyens islamistes)</h2>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-medium"><img data-dominant-color="8b8b8b" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #8b8b8b;" loading="lazy" decoding="async" width="300" height="300" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Palestine_Illustr2-300x300.webp" alt="" class="wp-image-8015 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Palestine_Illustr2-300x300.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Palestine_Illustr2-150x150.webp 150w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Palestine_Illustr2-768x768.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Palestine_Illustr2.jpg 1000w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>
</div>


<p>L’islamisme du Hamas, par les temps qui courent, offre une excuse bon marché à la gauche vacillante qui veut éviter de choquer l’opinion publique bourgeoise en se déclarant solidaire de la résistance palestinienne. Il suffit ici d’attirer l’attention sur quelques faits : le Hamas n’est ni le premier, ni le dernier mouvement anticolonial à avoir des références idéologiques réactionnaires. De plus, toutes les factions armées palestiniennes (islamistes, nationalistes laïques, marxistes) sans exception se sont déclarées solidaires de l’opération du 7 octobre 2023 et combattent ouvertement aux côtés du Hamas. Ce dernier est, au final, une faction palestinienne parmi tant d’autres, à la fois parti politique, mouvement social et groupe armé, avec son histoire contradictoire mais ancrée dans la lutte nationale pour la libération de la Palestine. Et c’est pour cette dernière raison que le Hamas est populaire en Palestine<sup data-fn="43bf48ce-23f3-4f8d-b5f2-df292d5943a3" class="fn"><a href="#43bf48ce-23f3-4f8d-b5f2-df292d5943a3" id="43bf48ce-23f3-4f8d-b5f2-df292d5943a3-link">15</a></sup>. C’est pour cette raison aussi qu’il mérite que l’on sorte de la stupéfaction intellectuelle dans laquelle nous plongent les mots « terroriste », « obscurantiste », etc, et qu’on tente de l’analyser rationnellement pour ce qu’il est, de le critiquer pour les bonnes raisons.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Perspectives de libération</h2>



<p>Les ministres et généraux israéliens déclarent ouvertement que la guerre actuelle est l’opportunité de poursuivre le nettoyage ethnique en expulsant les «&nbsp;animaux humains&nbsp;» qui habitent Gaza vers le désert du Sinaï en Egypte.</p>



<p>Joe Biden aime répéter que «&nbsp;si Israël n’existait pas, il eut fallu l’inventer pour protéger nos intérêts dans la région&nbsp;». Au lendemain de l’attaque du 7 octobre, il a envoyé deux portes-avions et un sous-marin nucléaire en mer Méditerranée pour appuyer son vassal. Faisant face à Israël, les Palestinien.ne.s se battent aussi contre l’impérialisme le plus puissant de l’histoire. La lutte nationale palestinienne n’est donc pas une lutte isolée, elle est intimement liée à la lutte anti-impérialiste et à la lutte des classes dans la région.</p>



<p>La libération de la Palestine passe par la lutte des classes dans toutes les capitales des régimes arabes, car elle nécessite le renversement de tout l’ordre établi dans la région et au-delà, afin de remplacer un Etat colonial par un Etat laïc, démocratique, qui reconnaisse des droits égaux à toutes et tous, Juif.ve.s, Musulman.e.s, Chrétien.ne.s et personnes sans religions.</p>



<p>La révolution égyptienne de 2011 a été menée par un large milieu militant (nationaliste, islamiste, socialiste et ouvrier) formé dans les luttes de solidarité avec l’Intifada de 2000&nbsp;;&nbsp;le premier symbole auquel les révolutionnaires se sont attaqué.e.s après la chute de Moubarak en 2011 fut l’ambassade d’Israël, ce qui a mené les dirigeants israéliens à déclarer que la révolution égyptienne leur était bien plus dangereuse que la menace venant de l’Iran.</p>



<p>Affirmer cela n’est pas dévaloriser la lutte du peuple palestinien&nbsp;; c’est au contraire montrer que, lorsque les Palestinien.ne.s se soulèvent, c’est le destin de l’humanité qui est en jeu.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Jad Bouharoun (Paris 18<sup>e</sup>)</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="c5837b0b-b32b-4dea-be6e-6daa3898170d">Lire “Le Yiddishland révolutionnaire”, par Sylvia Klingberg et Alain Brossat <a href="#c5837b0b-b32b-4dea-be6e-6daa3898170d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="a9151034-d67c-46c8-baf8-d9498a0dac6b">Lire “The iron wall”, par Lenni Brenner <a href="https://www.marxists.org/history/etol/document/mideast/ironwall/02-ruszion.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.marxists.org/history/etol/document/mideast/ironwall/02-ruszion.htm</a> <a href="#a9151034-d67c-46c8-baf8-d9498a0dac6b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="35684ef7-9d9b-4eaa-ae1c-096492fcebde">Selon le premier gouverneur militaire britannique de Jérusalem, Ronald Storrs, les Sionistes formaient « un petit Ulster (nom de la province irlandaise pro-monarchie) loyal à l’Angleterre dans une mer d’Arabes potentiellement hostiles ». <a href="#35684ef7-9d9b-4eaa-ae1c-096492fcebde-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="ad3a3e9d-3351-4d6f-b070-60853d2e9802">Tony Cliff, “Roots of Israel’s violence” <a href="https://www.marxists.org/archive/cliff/works/1982/04/isrviol.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.marxists.org/archive/cliff/works/1982/04/isrviol.htm</a> <a href="#ad3a3e9d-3351-4d6f-b070-60853d2e9802-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="7fd992ea-7fd4-4e84-a817-77ec4bcec4ed">Une mission de la Haganah était la protection du pipeline de Haifa qui achemine le pétrole depuis Kirkouk en Iraq, qui était contrôlé par les Britanniques. <a href="#7fd992ea-7fd4-4e84-a817-77ec4bcec4ed-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="c64176bb-06ef-4cb5-82ee-69e8729c6915">Discours prononcé au Technion de Haifa, rapporté dans le journal Haaretz le 4 avril 1969. <a href="#c64176bb-06ef-4cb5-82ee-69e8729c6915-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li><li id="e7460b13-3533-43ce-a16e-c868d632789f">Acronyme de <em>Harakat al Muqawama al Islamiyya</em>, Mouvement de résistance islamique <a href="#e7460b13-3533-43ce-a16e-c868d632789f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7">↩︎</a></li><li id="8770dc52-f9b7-400e-b0f4-53e3102d60f9">Les brigades Ezzedine al-Qassam, du nom d’un imam syrien ayant dirigé des révoltes anticoloniales en Syrie et en Palestine dans les années 1930. <a href="#8770dc52-f9b7-400e-b0f4-53e3102d60f9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8">↩︎</a></li><li id="9eaf9d75-fcf2-4db3-8b0d-915ee929e070">Branche armée : brigades Al Quds <a href="#9eaf9d75-fcf2-4db3-8b0d-915ee929e070-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9">↩︎</a></li><li id="feeda67a-d519-47fc-8bc4-cac8e1e8efc8">Les attentats-suicides sont organisés aussi bien par le Hamas (islamiste) que par le FPLP (marxiste et laïque). <a href="#feeda67a-d519-47fc-8bc4-cac8e1e8efc8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10">↩︎</a></li><li id="3f546f77-9be5-4d01-86dd-9c6a29235a6c">Aidé par les autres factions palestiniennes armées à Gaza, notamment le Jihad Islamique, les brigades des martyrs d’Al-Aqsa (ancienne branche armée du Fatah) et le FPLP. <a href="#3f546f77-9be5-4d01-86dd-9c6a29235a6c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11">↩︎</a></li><li id="ba85720c-c858-44f2-9eb7-5d3f24dcd59d">Les « Palestinien.ne.s de l’intérieur » sont une minorité arabe qui n’a pas été chassée en 1948 et qui ont donc la citoyenneté israélienne. <a href="#ba85720c-c858-44f2-9eb7-5d3f24dcd59d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12">↩︎</a></li><li id="dd605ffc-c1cf-4684-ba12-a7c2a2f333f5"><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/la-crise-israelienne-un-conflit-interne-sur-les-moyens-dopprimer-les-palestinien%C2%B7nes/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.autonomiedeclasse.org/international/la-crise-israelienne-un-conflit-interne-sur-les-moyens-dopprimer-les-palestinien%C2%B7nes/</a> <a href="#dd605ffc-c1cf-4684-ba12-a7c2a2f333f5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13">↩︎</a></li><li id="111e1177-233c-496c-8c57-aee6a99c58a3"><a href="https://blog.mondediplo.net/catalyse-totalitaire" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://blog.mondediplo.net/catalyse-totalitaire</a> <a href="#111e1177-233c-496c-8c57-aee6a99c58a3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14">↩︎</a></li><li id="43bf48ce-23f3-4f8d-b5f2-df292d5943a3"><a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/10/29/leila-seurat-politiste-a-gaza-comme-en-cisjordanie-les-palestiniens-sont-unanimes-dans-leur-soutien-au-hamas_6197143_3232.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/10/29/leila-seurat-politiste-a-gaza-comme-en-cisjordanie-les-palestiniens-sont-unanimes-dans-leur-soutien-au-hamas_6197143_3232.html</a> <a href="#43bf48ce-23f3-4f8d-b5f2-df292d5943a3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/une-histoire-abregee-du-conflit-israelo-palestinien/">Une histoire abrégée du « conflit » israélo-palestinien</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>La crise israélienne : « un conflit interne sur les moyens d’opprimer » les palestinien·nes</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/la-crise-israelienne-un-conflit-interne-sur-les-moyens-dopprimer-les-palestinien%c2%b7nes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Jun 2023 05:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[colonialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Israel]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[sionisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=7475</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Paru initialement en anglais sur le site Socialist Worker. Les Cahiers d&#8217;A2C #08 &#8211; Mai 2023 La société israélienne s’enfonce davantage dans la crise tandis que son gouvernement de droite impose des réformes visant à <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/la-crise-israelienne-un-conflit-interne-sur-les-moyens-dopprimer-les-palestinien%c2%b7nes/" title="La crise israélienne : « un conflit interne sur les moyens d’opprimer » les palestinien·nes">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/la-crise-israelienne-un-conflit-interne-sur-les-moyens-dopprimer-les-palestinien%c2%b7nes/">La crise israélienne : « un conflit interne sur les moyens d’opprimer » les palestinien·nes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:italic;font-weight:600">Paru initialement <a href="https://socialistworker.co.uk/international/palestinian-activist-israeli-crisis-is-internal-conflict-over-the-means-of-oppressing-us/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">en anglais sur le site <em>Socialist Worker</em></a>.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #08 &#8211; Mai 2023</h6>



<p style="font-style:normal;font-weight:600">La société israélienne s’enfonce davantage dans la crise tandis que son gouvernement de droite impose des réformes visant à supprimer le contrôle judiciaire qui pèse sur lui. Depuis maintenant plusieurs semaines, les manifestations d’Israélien.nes se massifient, leur mot d’ordre : la défense de leur « démocratie », de nombreuses et nombreux réservistes allant même jusqu’au refus d’accomplir leur service militaire<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7475_12('footnote_plugin_reference_7475_12_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_7475_12('footnote_plugin_reference_7475_12_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7475_12_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7475_12_1" class="footnote_tooltip">Le service militaire est obligatoire dans l’État d’Israël dès l’âge de 18&nbsp;ans, sauf exception (parmi laquelle l’exception raciste d’exclusion des arabes israéliens). Cet endoctrinement militaire dure 2&nbsp;ans et 8&nbsp;mois pour les hommes et 2&nbsp;ans pour les femmes.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7475_12_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7475_12_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.&nbsp;Pourtant, bien que la crise concerne l’occupation de la Palestine et la façon de la gérer, la voix des Palestinien·nes à ce sujet et la question de leur résistance n&rsquo;ont guère été visibilisées. <em>Socialist Worker</em> s’est entretenu avec Majd Kayyal, un&nbsp;militant palestinien basé à Haifa.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:600">Que pensez-vous des manifestations à propos de la « démocratie » israélienne ? J’ai cru comprendre que la plupart des Palestinien·nes installé·es dans la Palestine de 1948, c’est-à-dire dans l’actuel territoire officiellement israélien, ne les rejoignent pas. Tout d’abord parce que, les organisateurs des manifestations excluent la question des droits des Palestinien·nes mais aussi parce qu’il n’y a pas de démocratie pour les Palestinien·nes en Israël.</p>



<p>Notre regard sur ce qui se passe ne se résume pas seulement à la question démocratique et ne se résume pas non plus à la question de l’inclusion ou non des Palestinien·nes dans le mouvement ou à la question de la Palestine. Les problèmes que nous posent cette contestation et le conflit sont, en soi, plus profonds que ça.</p>



<p>Les deux parties du conflit en Israël se battent pour le contrôle de l’État, ce qui signifie qu’elles s’opposent pour contrôler les moyens de notre oppression. Il s’agit d’un conflit interne à la société israélienne sur la détention des moyens et sur la méthode à utiliser pour opprimer les Palestinien·nes.</p>



<p>Aussi bien l’une que l’autre sont ancrées dans les colonies d’Israël en Palestine. Cet État s’est bâti sur un processus unique : la colonisation de l’espace et la destruction de la vie palestinienne.</p>



<p>Nous voyons, dans tout ce qui se passe actuellement, la forte présence et l’importance de l’expression de l’armée dans ce mouvement de protestation. D’accord, il y a ces manifestations, mais ce qui fait vraiment pression sur le gouvernement, c’est la menace des généraux, des pilotes d’avion de combat et des militaires qui cessent de s’entraîner.</p>



<p>Il y a des interviews, dans les médias israéliens comme Haaretz, de soldats refusant de servir. Tous sont fiers de leurs crimes de guerre. Mais chacun dit : « Nous agissions dans le cadre d’un contrat conclu avec un État démocratique, sachant qu’il y avait derrière une Cour de “justice” pour surveiller tout ça et donc nous faisions le travail. »</p>



<p>Il y a ces pilotes, ces soldats et ces généraux qui sont soudainement très choqués par l’incendie de Hawara<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7475_12('footnote_plugin_reference_7475_12_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_7475_12('footnote_plugin_reference_7475_12_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7475_12_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7475_12_2" class="footnote_tooltip">Il s’agit là de représailles organisées par des colons israéliens qui ont jeté des pierres, tiré à balles réelles et incendié des habitations dans la ville cisjordanienne de Hawara sous le regard complaisant et dans un laisser-faire complice de l’armée israélienne.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7475_12_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7475_12_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> perpétré par des colons israéliens. Mais ce sont les mêmes soldats qui ont rasé des centaines de bâtiments à Gaza et en Cisjordanie.</p>



<p>Certaines de ces personnes parlent des crimes de guerre qu’elles ont commis comme preuve de leur attachement à servir leur démocratie.&nbsp;</p>



<p>Un soldat a raconté dans Haaretz comment ils utilisaient les ambulances pour forcer les barrages pendant les conflits avec la Cisjordanie. Et comment ils cachaient le symbole des ambulances pour ne pas se faire prendre. Oui, ce soldat affirme qu’il l’a fait car il s’agissait d’une opération inhérente à la démocratie. Mais aujourd’hui, le nouveau gouvernement veut gérer l’occupation et commettre les mêmes crimes sans le contrôle de la Cour de « justice ».&nbsp;</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:600"><em>Donc, pour les Palestinien·nes, est-ce qu’il faut se résoudre à rester en retrait et regarder la crise israélienne s’approfondir ou bien est-ce qu’il faut y voir de nouvelles opportunités pour la résistance ?&nbsp;</em></p>



<p>Cette crise se produit en parallèle de violences policières inouïes contre les Palestinien·nes. Il existe un différend entre la police israélienne et le ministre de la Sécurité israélienne Itamar Ben-Gvir. Ce conflit est principalement lié à l’intrusion de Ben-Gvir à Jérusalem ainsi qu’à la gestion des militant·es palestinien·nes et des manifestations. Mais je pense aussi que la police a recours à davantage de violence contre les Palestinien·nes, surtout à Jérusalem, dans le but d’obtenir les faveurs du ministre. Elle est autrement plus agressive qu’autrefois.</p>



<p>Cette évolution avait commencé lors des émeutes palestiniennes de 2021&nbsp;mais s’est accrue plus récemment, lorsque le gouvernement a interdit au drapeau palestinien de flotter en Israël. Chaque petite manifestation, regroupant une centaine de personnes, se serait passée très calmement, 6&nbsp;mois auparavant. Mais maintenant, le simple fait de savoir qu’il y aura un drapeau palestinien signifie que tu es conscient·e, avant même d’arriver, qu’il y aura des affrontements. Tu le sais car la police insiste toujours pour faire tomber ce drapeau.&nbsp;</p>



<p>Les militant·es savent que s’iels se rendent à une manifestation, il y a de fortes chances que ça se termine mal. Tout le monde se rappelle de la répression qu’on a connu suite aux manifestations d’il y a deux ans. Les gens sont actuellement jugés. Tous les jours, on entend parler de quelqu’un·e qui prend deux ans, huit ans, dix ans de prison. La police cible les militant·es et je pense qu’elle s’est arrangée pour saboter chaque mouvement. Mais c’est important de souligner en même temps qu’il y a toujours un espace palestinien qui est le centre de la résistance.&nbsp;</p>



<p>En 2021, tout le monde était dehors, ensemble, malgré la faible mobilisation en Cisjordanie. Désormais, tous les regards y sont braqués, principalement sur Jénine et Naplouse. Quelque chose est en train de se produire sur le niveau de conscience de la population. C’est très positif car ça casse l’idée fabriquée par Israël et les USA que la Cisjordanie serait exclusivement contrôlée par l’Autorité Palestinienne (AP).</p>



<p>Maintenant, le contrôle de l’AP s’effondre aux yeux de tous. On avait l’habitude de regarder la Cisjordanie, de regarder à quel point l’occupation et l’AP étaient violentes et on se demandait si c’était vraiment possible que le peuple puisse se débarrasser un jour de ce régime complexe qui collabore avec Israël. </p>



<p>C’est donc une grande surprise de voir que la résistance armée se poursuit en Cisjordanie et ne cesse pas. Elle est très populaire.&nbsp;Cette résistance est armée, bien qu’elle se distingue d’une organisation militaire classique. Au lieu de disposer de pierres et de cocktails Molotov, elle utilise des armes à feu. </p>



<p>Elle n’a pas de tactique ou de hiérarchie. C’est plutôt quelque chose qui s’est développé à partir d’une résistance populaire et individuelle prenant la forme d’attaques. Les gens se battent à partir de leur propre maison et chaque quartier dispose de ses propres groupes d’habitant·es armés. </p>



<p>Par le soutien à ce type de résistance, les liens sociaux se retissent et permettent de créer une communauté sécurisée pour les combattant·es. On sent que la résistance se régénère. Ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas être critique à propos de ce qu’il se passe. Mais il y a quelque chose de fascinant dans cette capacité de résistance, peu importe ce qui se déroule, peu importe ce que l’Autorité Palestinienne ou Israël font. Cette aptitude pour régénérer la résistance est une leçon, je pense, pour l’humanité.</p>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_7475_12();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_7475_12();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_7475_12">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_7475_12" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7475_12_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7475_12('footnote_plugin_tooltip_7475_12_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Le service militaire est obligatoire dans l’État d’Israël dès l’âge de 18&nbsp;ans, sauf exception (parmi laquelle l’exception raciste d’exclusion des arabes israéliens). Cet endoctrinement militaire dure 2&nbsp;ans et 8&nbsp;mois pour les hommes et 2&nbsp;ans pour les femmes.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7475_12_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7475_12('footnote_plugin_tooltip_7475_12_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Il s’agit là de représailles organisées par des colons israéliens qui ont jeté des pierres, tiré à balles réelles et incendié des habitations dans la ville cisjordanienne de Hawara sous le regard complaisant et dans un laisser-faire complice de l’armée israélienne.</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_7475_12() { jQuery('#footnote_references_container_7475_12').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_7475_12').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_7475_12() { jQuery('#footnote_references_container_7475_12').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_7475_12').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_7475_12() { if (jQuery('#footnote_references_container_7475_12').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_7475_12(); } else { footnote_collapse_reference_container_7475_12(); } } function footnote_moveToReference_7475_12(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_7475_12(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_7475_12(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_7475_12(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/la-crise-israelienne-un-conflit-interne-sur-les-moyens-dopprimer-les-palestinien%c2%b7nes/">La crise israélienne : « un conflit interne sur les moyens d’opprimer » les palestinien·nes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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