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	<title>Archives des internationalisme - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<description>Pour l&#039;autonomie de classe !</description>
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	<title>Archives des internationalisme - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Ukraine. Pas d’union sacrée avec Trump et Macron</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/ukraine-pas-dunion-sacree-avec-trump-et-macron/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Mar 2026 20:21:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Partant des analyses de Marx et d’autres révolutionnaires, nous pensons que les grandes guerres modernes ne sont pas la faute de dirigeants sanguinaires ou assoiffés de pouvoir mais qu’elles sont inhérentes à la logique même <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/ukraine-pas-dunion-sacree-avec-trump-et-macron/" title="Ukraine. Pas d’union sacrée avec Trump et Macron">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Partant des analyses de Marx et d’autres révolutionnaires, nous pensons que les grandes guerres modernes ne sont pas la faute de dirigeants sanguinaires ou assoiffés de pouvoir mais qu’elles sont inhérentes à la logique même du capitalisme. À plusieurs reprises dans les pages de cette revue, nous sommes revenu·es sur les racines impérialistes de la guerre en Ukraine<sup data-fn="441c87db-e4ff-473f-a979-a733a4263fb5" class="fn"><a href="#441c87db-e4ff-473f-a979-a733a4263fb5" id="441c87db-e4ff-473f-a979-a733a4263fb5-link">1</a></sup>. Dans cet article, nous avons choisi de polémiquer avec celleux qui sont en désaccord avec notre analyse.</em></p>



<p>Aujourd’hui, 80 ans après la fin de la dernière guerre mondiale, avec le développement de la crise économique mondiale, nous assistons à une exacerbation de la concurrence capitaliste à tous les niveaux. La lutte pour un nouveau partage du monde s’accroît et une nouvelle guerre mondiale nous menace. Après la disparition de l’URSS, la Russie s’est trouvée très affaiblie par la perte des pays de l’Europe de l’Est au profit du bloc de l’Union Européenne sous le parapluie d’un OTAN conquérant étendu jusqu’aux frontières de la Russie. C’est dans cette situation explosive que la Russie de Poutine cherche à se repositionner en envahissant l’Ukraine (entre autres opérations). Et les États-Unis, tout comme la Chine et l’Europe, raisonnent et agissent de la même manière.<br>Avant la Première Guerre mondiale, que tout le monde voyait venir, tous les grands partis de gauche avaient juré qu’ils n’iraient pas faire la guerre pour les capitalistes et tuer leurs frères de classe. Quand la guerre a éclaté, presque tous ont trahi leur parole et le monde a plongé dans l’horreur. Aujourd’hui nous devons renouer avec cette tradition internationaliste mais cette fois-ci en s’assurant que les paroles deviennent des actes.</p>



<p><br><strong>La guerre en Ukraine ne serait pas la même chose que la Première Guerre mondiale ?</strong><br>Contrairement à 1914-18, nous dit-on, nous n’assistons pas à une guerre inter-impérialiste entre deux puissances ou deux blocs impérialistes car il n’y aurait pas d’affrontement direct entre les armées de la Russie et de l’OTAN. La guerre ne serait donc qu’une simple guerre de défense ou de libération nationale, comparable à celle du Vietnam où les Vietnamien·nes avaient reçu l’aide des États soviétiques et chinois. Mais c’est ne pas voir que le soutien financier et militaire absolument colossal des puissances occidentales groupées autour de l’OTAN en fait néanmoins une guerre inter-impérialiste, non pas directe mais par procuration – une guerre par procuration entre le bloc de l’OTAN et la Russie avec malheureusement la population de l’Ukraine comme chair à canon. Cela ne signifie pas que dans ce conflit il n&rsquo;existe aucun élément de lutte de libération nationale mais que, pris dans son contexte global, cet élément est marginal par rapport à la caractéristique dominante de la guerre qui est surtout une guerre entre l’impérialisme russe et les puissances impérialistes occidentales.<br>Ce n’est d’ailleurs pas la première fois dans l’histoire que ce type de situation se présente. En 1914, l’héritier du trône de l’Empire austro-hongrois fut assassiné à Sarajevo en Serbie. L’Empire austro-hongrois a immédiatement envahi la Serbie. La Russie est intervenue pour soutenir son alliée la Serbie et l’Europe s’est embrasée. Pris isolément on pourrait parler d’une guerre de défense nationale par les Serbes mais cet élément était totalement noyé dans une guerre inter-impérialiste qui n’attendait qu’à éclater. Les révolutionnaires de l’époque caractérisaient la situation de 1% de lutte de libération nationale serbe et 99% de guerre impérialiste. C’est d’ailleurs tout à l’honneur du Parti socialiste serbe d’être resté fidèle aux résolutions de tous les grands partis de gauche de l’époque qui affirmaient que la guerre qui venait ne serait pas la leur. Le Parti socialiste serbe a voté contre les crédits de guerre. L’immense majorité des autres partis de gauche ont voté pour et ont envoyé des millions de travailleur·euses à leur mort. La guerre en Ukraine est certainement moins de 99% impérialiste mais c’est toujours ce qui la caractérise en premier lieu.<br>Dans ce contexte, Zelensky et son gouvernement ont choisi d’être complètement dépendants des États-Unis et de l’Europe et n’ont, contrairement aux Vietnamien·nes, aucune autonomie réelle en ce qui concerne le contrôle du déroulement de la guerre, ni des conditions de son arrêt, ni de sa poursuite. Par ailleurs, une des raisons pour lesquelles les révolutionnaires ont toujours soutenu les luttes de libération nationale est que leur victoire permet d’affaiblir l’impérialisme à l’étranger comme au cœur du pays.<br>L’immense mouvement de contestation aux États-Unis contre la guerre du Vietnam et la défaite de l’impérialisme américain ont fait que le « syndrome du Vietnam » a empêché toute intervention militaire états-unienne de grande ampleur pendant une décennie. Du mouvement des femmes aux Black Panthers en passant par le mouvement des droits civiques, toute une génération d’États-Unien·nes a été transformée. En France, également, la défaite de l’État français en Algérie a largement contribué à la radicalisation de pans entiers de la jeunesse française dans les années 1960.<br>Aujourd’hui, en Ukraine, une victoire de la première puissance impérialiste mondiale et de ses acolytes européens signifierait un renforcement de toutes les tendances nationalistes et guerrières dans nos pays. Évidemment, la même chose vaut pour l’impérialisme russe et nous souhaitons aussi sa défaite. Mais la question c’est comment et par qui ? Nous y reviendrons.</p>



<p><br><strong>Une guerre pour la démocratie contre le fascisme ?</strong><br>Parmi les forces politiques qui sont pour un renforcement du soutien financier et militaire à Zelensky de la part des États-Unis et de l’Europe il y a des partis de gauche, comme le PS et les Verts mais aussi de la gauche révolutionnaire comme le NPA – l’Anticapitaliste. Un des arguments pour justifier cette position est de dire que le régime de Poutine serait devenu « fasciste ». Nous avons développé ailleurs<sup data-fn="f41e976a-352a-400c-840a-1949e2bcc289" class="fn"><a href="#f41e976a-352a-400c-840a-1949e2bcc289" id="f41e976a-352a-400c-840a-1949e2bcc289-link">2</a></sup> une analyse historique du fascisme et des formes qu’il prend aujourd’hui. Nous n’avons pas l’espace de la reformuler ici. Mais pour nous, s’il est clair que Poutine est un dictateur sanglant à la tête d’un État policier redoutable, ce n’est pourtant pas du fascisme. Il y a des idéologues russes autour de Poutine qui développent des théories fascistes ou proches mais il n’y a pas de parti et de mobilisation de masse fascistes.<br>Afin de justifier le soutien (même critique) au camp de l’OTAN on en arrive non seulement à faire de Poutine le mal absolu mais à embellir, ou du moins, à minimiser la vraie nature des prétendus défenseurs de la démocratie. Comment croire que les pays de cette alliance (et la France en premier lieu) se battent pour la démocratie, la liberté ou la justice ? Que ce soit, par le passé dans les guerres coloniales, au Vietnam ou en Algérie ; ou aujourd’hui, dans leur soutien indéfectible à des régimes dictatoriaux dignes de celui de Poutine comme l’Égypte d’Al-Sissi ou l’Arabie Saoudite de Ben Salmane, leur préoccupation n’est pas la démocratie mais simplement la défense de leurs intérêts économiques. Il est d’ailleurs de plus en plus clair que la crise du système les pousse dans une direction qui suit la même trajectoire que celle de la Russie : le soutien sans limite au régime génocidaire d’Israël et la reprise en main militaire par Trump du Venezuela avec la perspective d’autres aventures militaires à venir nous en donnent un aperçu.<br>Aucune guerre n’est identique à une autre mais celle qui se passe en Ukraine a de fortes ressemblances avec les grandes guerres du passé. En 1914 la gauche française prétendait que c’était une guerre pour la République et la démocratie contre le militarisme impérial du régime prussien, que ce serait une guerre très rapide. Aujourd’hui, comme en 1914, la guerre s’éternise, engloutit des milliards d’euros et aboutit au sacrifice de dizaines de milliers de soldats, parfois pour quelques centaines de mètres de territoire. Côté OTAN, 41 pays donateurs ont fourni 267 milliards d’euros sur trois ans et les budgets militaires explosent de partout. Plus de 300 000 Russes et Ukrainien·nes sont mort·es avec plus d’un million de blessé·es. Devant ce massacre, d’après le journal Libération, 250.000 soldat·es ukrainien·nes ont déserté depuis le début de la guerre dont la moitié sur les sept premiers mois de 2025.</p>



<p><br><strong>Les Ukrainien·nes seraient donc réduit·es à ne rien faire ?</strong><br>Si jamais iels acceptaient l’idée que faire appel à l’OTAN n’a fait qu’empirer les choses et qu’à terme il y aurait le risque d’une escalade vers une guerre nucléaire, alors, devraient-iels tout arrêter et juste subir les bombardements, accepter la mort des soldat·es et des civil·es puis une occupation russe ? Évidemment que non. Car, comme nous disions, même si le caractère dominant de la guerre est celui d’une guerre inter-impérialiste, il existe un réel élément d’oppression nationale, fondée sur une longue histoire de rapports coloniaux avec la Russie. C’est bien la Russie qui a mené une invasion injustifiée et on doit exiger le retrait de ses troupes. Face à cette attaque et à l’occupation de certains territoires, la résistance est légitime. Mais ne serait-il pas possible de s’organiser autrement qu’en se jetant dans les bras de l’OTAN ?<br>De manière paradoxale, l’idée de ce que pourrait être cette alternative est soulevée par Tara Bilous, un représentant d’une organisation de la gauche radicale ukrainienne dans une interview par le NPA<sup data-fn="b2f31ba5-3530-44dd-91c2-5268cd4f044d" class="fn"><a href="#b2f31ba5-3530-44dd-91c2-5268cd4f044d" id="b2f31ba5-3530-44dd-91c2-5268cd4f044d-link">3</a></sup>. Il est d’accord pour rejoindre l’armée de Zelensky mais dit que si jamais Zelensky avait été un fasciste, il aurait fallu une stratégie alternative, celle d’une guerre partisane indépendante. Évidemment Zelensky n’est pas un fasciste mais il est intéressant de voir qu’une autre stratégie est envisageable et que si elle était appliquée cela éviterait que la résistance soit liée à des forces qui la mènent à la catastrophe. C’est d’ailleurs en adoptant cette stratégie qu’elle aurait les meilleures chances de se rapprocher des Russes qui s’opposent à la guerre, à la fois sur le front et à l’arrière, ce qui est absolument crucial si on veut y mettre fin. Montrer qu’on n’est pas des soutiens de l’OTAN offre la meilleure possibilité d’être crédibles lors des appels à la fraternisation et à la fin de la guerre. Malgré les difficultés, des Ukrainien·nes ont réussi par le passé à s’adresser aux soldat·es russes et on peut espérer que cela se reproduira. Enfin, cette perspective internationaliste est aussi au cœur de la stratégie des révolutionnaires au sein des pays du camp de l’OTAN et notamment en France. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="49423e" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #49423e;" fetchpriority="high" decoding="async" width="1100" height="707" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/ukraine-2-1100x707.webp" alt="" class="wp-image-10955 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/ukraine-2-1100x707.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/ukraine-2-300x193.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/ukraine-2-768x494.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/ukraine-2-1320x848.webp 1320w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/ukraine-2.webp 1920w" sizes="(max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /><figcaption class="wp-element-caption">Manifestation antiguerre à Saint-Pétesbourg (Russie) le 24 février 2002, date de l&rsquo;invasion de l&rsquo;Ukraine par la Russie</figcaption></figure>



<p><br><strong>Nous avons besoin d’un mouvement international contre la guerre</strong><br>Un véritable mouvement de masse contre la guerre en Ukraine et les guerres ailleurs dans le monde, nous donnerait des forces pour chercher à y mettre fin. Nous avons vu avec la Palestine à quel point les immenses manifestations en Angleterre ou en Espagne et surtout la magnifique grève générale en Italie ont pu donner confiance au mouvement. Aujourd’hui, c’est en un clic que les images, comme la tête de mort de la Gen Z, sont relayées à travers la planète, d’un mouvement insurrectionnel à l’autre. Alors, malgré les difficultés, pourquoi pas jusqu’en Russie ? Le soutien à Poutine est loin d’être monolithique. La colère existe, chez les jeunes qui sont envoyé·es au front ou qui cherchent à le fuir, chez les familles, chez les parents qui perdent leurs enfants. Elle s’exprime difficilement pour le moment à cause de la répression mais elle existe et un jour ça pourrait très bien exploser à la face du régime.<br>En France, pour l’instant, le mouvement anti-guerre est faible, malgré le vrai potentiel illustré par le meeting contre la guerre organisé par le POI en octobre dernier<sup data-fn="4b887d3a-fba5-4d63-843a-3f8872a7440e" class="fn"><a href="#4b887d3a-fba5-4d63-843a-3f8872a7440e" id="4b887d3a-fba5-4d63-843a-3f8872a7440e-link">4</a></sup>. Mais après l’invasion du Venezuela, un tel mouvement pourrait décoller. Cela pourrait avoir un vrai impact sur la politique guerrière de Macron et trouver en même temps un écho chez les opposant·es à la guerre en Russie.<br>Plus les classes dominantes de ce monde s’enfoncent dans leur crise, plus elles essaient de nous préparer à la guerre qui vient avec leur propagande raciste et nationaliste et leurs appels à l’union nationale. Aujourd’hui, « la menace d’une invasion russe » est l’argument de choc de Macron pour nous faire accepter les immenses dépenses sur les armes et le budget d’austérité. Il faudra anticiper l’éventualité qu’un futur gouvernement essaie de nous embarquer dans une guerre. Contre la Russie ? Contre la Chine ? Un scénario pas si improbable que cela. Renforçons encore la lutte contre le racisme et le nationalisme et renouons avec la tradition de la solidarité internationale entre les travailleuses et travailleurs du monde entier.</p>



<p><br>Ross Harrold (Paris 20e)</p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="441c87db-e4ff-473f-a979-a733a4263fb5">Voir Jad Bouharoun (2022), « <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/se-preparer-aux-guerres-qui-reviennent/">Se préparer aux guerres qui reviennent</a> », Revue #04. Voir aussi notre brochure <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/brochures/brochure-imperialisme-la-trajectoire-du-capital/">Impérialisme : la trajectoire du Capital</a> (2023).  <a href="#441c87db-e4ff-473f-a979-a733a4263fb5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="f41e976a-352a-400c-840a-1949e2bcc289">Voir notre brochure <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/brochures/brochure-comprendre-le-fascisme-pour-mieux-le-combattre-version-actualisee/">Comprendre le fascisme pour mieux le combattre</a> (réédition 2025). <a href="#f41e976a-352a-400c-840a-1949e2bcc289-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="b2f31ba5-3530-44dd-91c2-5268cd4f044d">Tara Bilous (2022), « <a href="https://lanticapitaliste.org/opinions/international/autodetermination-et-guerre-en-ukraine">Autodétermination et guerre en Ukraine</a> », l’Anticapitaliste (republication). <a href="#b2f31ba5-3530-44dd-91c2-5268cd4f044d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="4b887d3a-fba5-4d63-843a-3f8872a7440e">Retour des camarades d’A2C présent·es à ce meeting : « <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/contre-leur-marche-a-la-guerre-groupons-nous/">Contre leur marche à la guerre : groupons-nous !</a> », Revue #19. <a href="#4b887d3a-fba5-4d63-843a-3f8872a7440e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/ukraine-pas-dunion-sacree-avec-trump-et-macron/">Ukraine. Pas d’union sacrée avec Trump et Macron</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Déclaration au peuple syrien : Arrêtons l’horreur des massacres confessionnels avant qu’il ne soit trop tard</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/declaration-gauche-revolutionnaire-syrienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Mar 2025 11:02:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[internationalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Solidarité internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Nous traduisons un communiqué des camarades de la Gauche révolutionnaire syrienne. Des camarades de cette organisation étaient intervenu·e·s en direct de Syrie lors d’une réunion publique que nous avions organisée pour discuter des stratégies de <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/declaration-gauche-revolutionnaire-syrienne/" title="Déclaration au peuple syrien : Arrêtons l’horreur des massacres confessionnels avant qu’il ne soit trop tard">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/declaration-gauche-revolutionnaire-syrienne/">Déclaration au peuple syrien : Arrêtons l’horreur des massacres confessionnels avant qu’il ne soit trop tard</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Nous traduisons un communiqué des camarades de la Gauche révolutionnaire syrienne</em><sup data-fn="898530f5-2ff6-4dec-9064-52d564fe5a3f" class="fn"><a href="#898530f5-2ff6-4dec-9064-52d564fe5a3f" id="898530f5-2ff6-4dec-9064-52d564fe5a3f-link">1</a></sup><em>. Des camarades de cette organisation étaient intervenu·e·s en direct de Syrie</em><sup data-fn="be7e42f1-1b50-4895-a61a-1f3c7ee71b1e" class="fn"><a href="#be7e42f1-1b50-4895-a61a-1f3c7ee71b1e" id="be7e42f1-1b50-4895-a61a-1f3c7ee71b1e-link">2</a></sup><em> lors d’une réunion publique que nous avions organisée pour discuter des stratégies de libération dans la région, à la suite notamment de la chute de Bachar Al-Assad et du cessez-le-feu en Palestine</em>.<em> Vous trouverez également sur notre site une analyse de la chute du régime d&rsquo;Assad en décembre 2024.</em><sup data-fn="bedd6634-fb0e-4e34-bab1-2636600f2b36" class="fn"><a href="#bedd6634-fb0e-4e34-bab1-2636600f2b36" id="bedd6634-fb0e-4e34-bab1-2636600f2b36-link">3</a></sup></p>



<p>La Syrie est à la croisée des chemins et affronte le plus grand danger pour son futur depuis la chute du régime tyrannique d’Assad. L’horreur des massacres confessionnels refait à nouveau surface, particulièrement sur la côte syrienne, menaçant de déchirer la cohésion sociale et de plonger le pays dans un nouvel océan de sang et de ruines. Si cette folie sanguinaire n’est pas stoppée, la mort et la destruction auront raison de ce qu’il reste de la Syrie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Responsabilités historiques :&nbsp;</h2>



<p>Le régime défait de la famille Assad porte la principale responsabilité du cauchemar que notre pays a vécu. Pour autant, les nouvelles autorités portent également une responsabilité de taille par l’impunité offerte aux groupes confessionnels armés, leur persécution des minorités religieuses, et leurs meurtres de civil·e·s, en particulier sur la côte syrienne. Toutes celles et ceux qui expriment des opinions différentes du nouveau régime ne sont pas des fidèles du régime d’Assad. La vérité est plutôt que très peu de dirigeants de l’ancien régime ont été arrêtés, tandis que le meurtre d’innocent·e·s est justifié en les présentant comme des Assadistes, un crime impardonnable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Escalade de la violence :&nbsp;</h2>



<p>Le pays vit une dangereuse escalade de la violence, y compris par le bombardement de civils, l’arrestation d’innocent·e·s, et jusqu’à l’interdiction d’enterrer leurs martyrs. Des chars et de l’artillerie lourde se font voir dans des quartiers résidentiels sous des prétextes fragiles, tandis que des médias communautaires incitent et justifient parfois ces crimes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conflit confessionnel : un crime impardonnable</h2>



<p>Les conflits confessionnels sont non seulement un crime contre l’humanité, mais aussi le meilleur chemin vers la division du pays et le déchirement de son peuple. Cette folie sanguinaire confessionnelle doit être arrêtée avant qu’il ne soit trop tard. Le meurtre de civil·e·s, quelle que soit leur affiliation (ethnique ou politique) est un crime impardonnable, et le silence face à ces meurtres relève de la complicité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Nos demandes urgentes :&nbsp;</h2>



<p>Nous appelons tous les Syriens et Syriennes à porter leur responsabilité historique en mettant en place des actions politiques immédiates pour arrêter cette folie confessionnelle et pour protéger le pays de sombrer dans une guerre civile dévastatrice.</p>



<p>Nous demandons que les nouvelles autorités prennent leur responsabilité en :&nbsp;</p>



<p>Arrêtant les actions impunies des groupes armés confessionnels</p>



<p>Protégeant les civil·e·s et les minorités de la persécution et de l’oppression</p>



<p>Abandonnant la politique des accusations de trahison et les meurtres sous le prétexte de poursuivre les fidèles du régime Assad. </p>



<p>Nous considérons les médias responsables de l’arrêt de l’incitation à la haine confessionnelle et des discours de haine qui alimentent les violences</p>



<p>Nous affirmons que la seule façon de sauver la Syrie est d’ouvrir un dialogue national ouvert qui reconnaisse les droits et la dignité de tous les Syriens et Syriennes, éloigné des polarisations confessionnelles et de la violence.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Notre message final :&nbsp;</h2>



<p>Avant qu’il ne soit trop tard, toutes les personnes responsables de Syrie doivent agir immédiatement pour arrêter ce désastre imminent. Nous n’accepterons pas que les tragédies du passé se répètent, et nous ne plongerons pas dans un nouveau bain de sang. L’unité du peuple Syrien et sa dignité sont des lignes rouges qui ne doivent pas être franchies.&nbsp;</p>



<p>Le meurtre de civil·e·s est un crime impardonnable.</p>



<p>Les conflits confessionnels sont un crime impardonnable.</p>



<h5 class="wp-block-heading">La Gauche Révolutionnaire Syrienne</h5>



<p>7 mars 2025</p>



<p></p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="898530f5-2ff6-4dec-9064-52d564fe5a3f"><a href="https://revoleftsyria.org/29856/%D8%A8%D9%8A%D8%A7%D9%86-%D8%A5%D9%84%D9%89-%D8%A7%D9%84%D8%B4%D8%B9%D8%A8-%D8%A7%D9%84%D8%B3%D9%88%D8%B1%D9%8A-%D8%A7%D9%84%D8%B9%D8%B8%D9%8A%D9%85-%D9%88%D9%82%D9%81-%D9%88%D8%AD%D8%B4-%D8%A7%D9%84/">Texte de la gauche révolutionnaire syrienne en arabe</a> <a href="#898530f5-2ff6-4dec-9064-52d564fe5a3f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="be7e42f1-1b50-4895-a61a-1f3c7ee71b1e"><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/quelle-strategie-de-liberation-au-moyen-orient/">Intervention</a> de Samir et Halla (<em>Courant de la Gauche révolutionnaire</em> – Syrie, en duplex depuis Damas) au cours d&rsquo;un débat : <em>Quelle stratégie de libération au Moyen-Orient?</em>  <a href="#be7e42f1-1b50-4895-a61a-1f3c7ee71b1e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="bedd6634-fb0e-4e34-bab1-2636600f2b36">Article : <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/syrie-la-fin-dun-despote-immense-espoir-mais-pas-encore-la-liberation/">Syrie, la fin d’un despote : immense espoir mais pas encore la libération</a> <a href="#bedd6634-fb0e-4e34-bab1-2636600f2b36-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li></ol>


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		<title>Syrie, la fin d&#8217;un despote : immense espoir mais pas encore la libération</title>
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		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Anouk]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Dec 2024 15:56:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[internationalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
		<category><![CDATA[Situation]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">La fin pathétique d’Assad et les possibilités pour le futur Le 8 décembre 2024, la dictature d’al-Assad est tombée lorsque les rebelles d’Idlib ont pris Damas au bout d’une campagne militaire éclair. L’armée a abandonné <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/syrie-la-fin-dun-despote-immense-espoir-mais-pas-encore-la-liberation/" title="Syrie, la fin d&#8217;un despote : immense espoir mais pas encore la libération">[...]</a></div>
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<h3 class="wp-block-heading"><strong>La fin pathétique d’Assad et les possibilités pour le futur</strong></h3>



<p>Le 8 décembre 2024, la dictature d’al-Assad est tombée lorsque les rebelles d’Idlib ont pris Damas au bout d’une campagne militaire éclair. L’armée a abandonné position après position, ville après ville sans même faire semblant d’opposer une résistance. Après plus d’un demi-siècle de domination de la Syrie, Bachar al-Assad n’a trouvé personne pour défendre son régime.</p>



<p>Tout.e révolutionnaire, tout.e anti-impérialiste digne de ce nom doit se réjouir de la fin de cette dictature capitaliste brutale, qui exploite cyniquement la cause palestinienne tout en ayant tué et emprisonné des dizaines de milliers de militant.e.s de gauche, islamistes et syndicalistes, syrien.ne.s et palestinien.ne.s.&nbsp;</p>



<p>La fin pathétique d’Assad est un camouflet évident pour la Russie et l’Iran, mais aussi une condamnation sans appel de la stratégie du Hezbollah. Convaincu que la résistance avait un besoin vital d&rsquo;une alliance avec le régime, le Hezbollah a envoyé des milliers de ses combattants pour défendre Assad dans la guerre qu’il a menée contre le peuple syrien. Mais l’histoire des luttes anticoloniales et les événements des derniers mois en Palestine et au Liban montrent que la véritable force de la résistance ne vient pas du soutien d’États oppressifs, mais de la solidarité et de l’esprit de&nbsp; sacrifice qui animent les peuples en lutte.&nbsp;</p>



<p>Si le Hezbollah sera sans doute affaibli militairement à court terme, l’ouverture des possibilités de luttes populaires en Syrie pourrait constituer une victoire historique pour tous les peuples de la région qui ont intérêt à démanteler le système de rivalités impérialistes dont Israël constitue la base avancée.&nbsp;</p>



<p>En effet, si le régime syrien affichait un soutien de façade à la cause palestinienne, il constituait en réalité un gage de stabilité pour l’entité coloniale sioniste. C&rsquo;est son intervention militaire en 1976 aux côtés de la droite qui a empêché la gauche libanaise et palestinienne de prendre le pouvoir au Liban. Non content d’opprimer son propre peuple, sa répression brutale des militant.e.s et du peuple palestinien.ne.s sur le territoire syrien a culminé dans le siège infâme du camp de Yarmouk en 2014 qui a déplacé des dizaines de milliers de Palestinien.ne.s par les bombes et la famine. Enfin, l’armée du régime n’a pas tiré une balle sur Israël pour tenter de récupérer le Golan annexé depuis 1973.&nbsp;</p>



<p>Israël en est conscient, et si Netanyahu se réjouit publiquement de la chute d’un allié de l’Iran, il regarde les événements syriens d’un œil inquiet. Son armée a repris les positions abandonnées par l’armée syrienne et mène une énorme campagne de bombardements depuis le 8 décembre pour détruire les stocks d’armes de l’armée de Bachar al-Assad, par peur qu’elles ne tombent entre des mains moins raisonnables que celles du régime.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Prise de pouvoir des rebelles sur un régime affaibli par la révolution de 2011</strong></h3>



<p>La coalition rebelle menée par les islamistes de Hay’at Tahrir al Cham (HTC, Organisation de libération du Levant) et soutenue par la Turquie, est tombée sur un pouvoir ossifié qui ne contrôlait la majeure partie du territoire syrien uniquement grâce à l’aide de la Russie, de l’Iran et de ses alliés. La Syrie est ouverte aux quatre vents des interventions directes et indirectes par les puissances régionales et mondiales, et est divisée en zones d’influences de différentes organisations armées. Cette situation de fragilité du régime trouve ses racines dans la guerre déclenchée par le régime contre le soulèvement populaire de 2011, dans le sillage des révolutions tunisienne et égyptienne.&nbsp;</p>



<p>Si ce n’est pas un soulèvement populaire qui a donné le coup de grâce au régime syrien, c’est bien la révolution de 2011 qui a affaibli le régime et créé les conditions de sa chute.&nbsp;</p>



<p>La révolution de 2011 se déclenche contre la répression et la hagra quotidiennes, alors que les inégalités et la pauvreté extrême avaient fortement augmenté dans les années précédentes. Une grande partie du peuple syrien, ayant vu les révolutionnaires en Tunisie et en Egypte renverser des dictateurs installés depuis des décennies, s’engage contre le régime de Bachar al-Assad. Mais contrairement aux Tunisien.ne.s et aux Egyptien.ne.s, les Syrien.ne.s partaient presque de zéro : ils et elles n’ont pas pu bénéficier de réseaux et d’expériences militantes établies dans les années précédentes, durant lesquelles des mouvements étudiants, syndicaux et politiques s’étaient développés en Tunisie et en Egypte. Il s’agit d’un élément important qui explique le développement particulier de la révolution syrienne.&nbsp;</p>



<p>En 2010-2011, les soulèvements en Tunisie et en Egypte ont rapidement pris les grandes villes et lancé de fait des grèves générales, paralysant les régimes et limitant leur capacité à réprimer et à diviser. &nbsp;</p>



<p>La révolution en Syrie s’est développée plus lentement et de manière plus éparse.&nbsp;</p>



<p><strong>Révolution syrienne : du soulèvement de masse à la lutte des groupes armés.</strong></p>



<p>Le régime a pu déployer une stratégie d’écrasement de la révolte foyer par foyer. Mais quand des soldats refusent de tirer sur le peuple et se rangent de son côté, ils forment des groupes armés locaux qui essaient de libérer des quartiers et des territoires. Le régime réagit en se retirant de certaines localités pour les dévaster par des sièges et des bombardements. Cette politique de la terre brûlée a pour double effet d’accélérer la militarisation de la révolution et de faire reculer les possibilités d’auto-organisation populaire, et donc de contrôle politique des groupes armés par le reste du mouvement.&nbsp;</p>



<p>Les groupes armés, pour la plupart formés de révolutionnaires, croyaient sincèrement faire avancer la révolution, mais la guerre finit par imposer sa propre logique. Pour s’armer et espérer avoir une chance de se défendre face au régime, ils se tournent vers des donateurs de puissances régionales comme l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, le Qatar ou encore la Turquie. Ces derniers y voient une opportunité de faire avancer leurs intérêts, et par les financements sélectifs, des batailles fratricides et des regroupements, ce sont les organisations djihadistes, dont les dirigeants ne partagent pas les objectifs de la révolution syrienne, qui finissent par dominer. Après être passée par de nombreuses transformations, une de ces organisations devint <em>HTC</em>, la principale force de la coalition d’Idlib et le fer de lance de l’offensive décisive contre le régime de ces derniers jours.</p>



<p>Le régime a donc réussi à écraser le soulèvement populaire au prix de la destruction du tissu social de la Syrie, dévastant des quartiers et des villes entières. Il en est ressorti avec une armée sclérosée, composée d’engagés de force, et une dépendance totale envers l’Iran et la Russie pour sa survie. Il finit par s’effondrer comme un château de cartes face à une organisation qu’il avait lui-même contribué à créer en écrasant la révolution.&nbsp;</p>



<p>De par son idéologie et son organisation, HTC n’a rien à voir avec la révolution syrienne de 2011. Si elle a modéré son discours et ses pratiques ces dernières années, elle reste une organisation militaire, islamiste et conservatrice qui n’a pas hésité à réprimer des mouvements populaires dans la province d’Idlib qu’elle a longtemps contrôlée.&nbsp;</p>



<p>La situation peut sembler comme une victoire pour la Turquie, dont l’objectif principal reste d’empêcher l’émancipation du peuple kurde des deux côtés de la frontière. Mais un tel constat serait trop hâtif : d’abord, parce qu&rsquo;il sous-estime le caractère <em>syrien </em>des HTC et des autres organisations, certes soutenues par la Turquie mais qui ont leurs propres bases et leurs propres motivations. Ensuite, et plus fondamentalement, la chute spectaculaire du régime illustre l’instabilité au niveau régional, mais aussi et surtout social et politique en Syrie. La dynamique du terrain ne peut être pilotée à volonté depuis Ankara, Washington ou Téhéran.&nbsp;</p>



<p>Avec la chute d’Assad, le peuple kurde voit lui aussi un de ses grands oppresseurs mordre la poussière et c’est en soi une bonne nouvelle. Mais le peuple kurde ne pourra jamais s’émanciper derrière le dos du reste de la société. La stratégie actuelle de ses organisations qui consiste à se trouver un allié parmi telle ou telle puissance impérialiste ne lui permet que de construire des îlots précaires dont il ne contrôle pas le destin. Des alliances plus prometteuses seraient à trouver avec les peuples de la région dans une dynamique révolutionnaire qui viendrait remettre en cause les entités créées par le colonialisme et l’impérialisme.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Face à la chute du pouvoir d&rsquo;Assad, l&rsquo;espoir est dans les mobilisations populaires</strong></h3>



<p>Les événements des deux dernières semaines ne s’inscrivent donc pas dans la continuité d’un processus révolutionnaire qui est défait depuis longtemps. Mais c&rsquo;est bien la révolution populaire de 2011 qui est à l’origine de la fragilisation du régime, et ce dernier ne s&rsquo;en est jamais remis.&nbsp;</p>



<p>Par contre, les groupes armés qui ont fait chuter le régime ne représentent plus depuis longtemps la révolution syrienne. Les groupes armés, sans alternative politique menée par les peuples syriens eux-mêmes, pourraient précipiter le sort des Syrien.ne.s vers une nouvelle forme de domination politique et économique.&nbsp;</p>



<p>Mais l’effondrement du régime réveille également de grands espoirs et de grandes attentes. Les scènes de liesse populaire, d’unité affichée entre Syrien.ne.s de différentes confessions sous les slogans des premiers jours de la révolution, les prises d’assaut des prisons pour libérer des dizaines de milliers de prisonnier.e.s &#8211; et de militant.e.s &#8211; ne sont pas anecdotiques. Elles signalent la possibilité du retour de la solidarité et de la politique par en-bas,<strong> seule porteuse de véritable espoir d’émancipation pour <em>tous les peuples</em> de Syrie et de la région.&nbsp;</strong></p>



<p>Jad Bouharoun A2C 18e</p>
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		<title>La crise en Israël et la résistance palestinienne</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/interview-la-crise-en-israel-et-la-resistance-palestinienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Gabo]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 09 Dec 2023 16:24:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Hamas]]></category>
		<category><![CDATA[Impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[internationalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Nous publions ici la traduction d&#8217;une interview de Toufic Haddad, auteur et journaliste palestinien vivant à Jérusalem, et de l&#8217;universitaire d&#8217;origine israélienne Ilan Pappé, directeur du Centre européen d&#8217;études palestiniennes. Les deux interviews ont été <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/interview-la-crise-en-israel-et-la-resistance-palestinienne/" title="La crise en Israël et la résistance palestinienne">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-white-background-color has-background" style="font-style:normal;font-weight:600">Nous publions ici la traduction d&rsquo;une interview de Toufic Haddad, auteur et journaliste palestinien vivant à Jérusalem, et de l&rsquo;universitaire d&rsquo;origine israélienne Ilan Pappé, directeur du Centre européen d&rsquo;études palestiniennes. Les deux interviews ont été menées et publiées avant le 7 octobre 2023 dans la revue papier et en ligne <a href="https://isj.org.uk/interview-israels-crisis" target="_blank" rel="noreferrer noopener">International Socialism</a>. Il nous apparaissait important de les rendre disponibles en français pour comprendre les dynamiques de résistance palestinienne et de radicalisation du sionisme israélien ainsi que le contexte de fragilité politique du gouvernement Netanyahou préalables à l&rsquo;opération « Déluge d&rsquo;Al-Aqsa ». </p>



<h2 class="wp-block-heading">Les dynamiques mouvantes de la résistance palestinienne</h2>



<p><em>Toufic Haddad a été interviewé par Anne Alexander, militante révolutionnaire et co-éditrice du magazine <a href="https://menasolidaritynetwork.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Middle East Solidarity</a></em>.</p>



<p style="font-style:normal;font-weight:400"><strong><em>Anne</em></strong><em> : Comment situerais-tu la crise actuelle en Palestine dans le contexte historique de la lutte&nbsp;? A-t-on raison de voir l’origine de la situation actuelle dans une crise du «&nbsp;processus de paix&nbsp;» associé aux accords d’Oslo, qui étaient le résultat de négociations entre l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) et le gouvernement Israélien au début des années 1990&nbsp;?&nbsp;&nbsp;</em></p>



<p><strong>Toufic</strong> : Il est important de tordre le cou à l’idée selon laquelle le processus d’Oslo aurait quelque chose à voir avec la «&nbsp;paix&nbsp;», les droits palestiniens, le droit international, etc. Oslo représentait la mise en œuvre du Plan Allon, qui était principalement une tentative d’incorporer de manière permanente les territoire conquis lors de la guerre israélo-arabe de 1967, à Israël, tout en tolérant une forme limitée d’autonomie et d’autogestion palestinienne, sans possibilité réelle de souveraineté<sup data-fn="f5eeafab-d06f-4fab-b465-064855ff8eab" class="fn"><a href="#f5eeafab-d06f-4fab-b465-064855ff8eab" id="f5eeafab-d06f-4fab-b465-064855ff8eab-link">1</a></sup>. La «&nbsp;solution&nbsp;» de l’autonomie visait à saborder la revendication d’autodétermination du peuple palestinien. Elle était perçue comme nécessaire au maintien du caractère «&nbsp;juif et démocratique&nbsp;» de l’Etat d’Israël car l’occupation sans fin et l’administration directe des territoires conquis en 1967 menaçaient à terme d’incorporer de facto plus de Palestinien.ne.s au régime politique israélien. Cette possibilité mettrait en danger la majorité démographique juive en Israël<sup data-fn="2cc03e50-6285-4006-8969-72dc3a0ca329" class="fn"><a href="#2cc03e50-6285-4006-8969-72dc3a0ca329" id="2cc03e50-6285-4006-8969-72dc3a0ca329-link">2</a></sup>. Ce problème devint très concret au début des années 1980 lorsque les Palestinien.ne.s dans les territoires occupés se sont mis.e.s à organiser les mobilisations de masse qui ont mené au déclenchement de la première Intifada en 1987<sup data-fn="327f1e19-a4e6-48da-9def-2a4263099752" class="fn"><a href="#327f1e19-a4e6-48da-9def-2a4263099752" id="327f1e19-a4e6-48da-9def-2a4263099752-link">3</a></sup>.</p>



<p>Le processus d’Oslo était donc une tentative de régler ces dilemmes en mettant en œuvre une variante du Plan Allon qui prit essentiellement la forme d’un Bantoustan<sup data-fn="d6388fa0-c309-4491-80c5-3b887793c86c" class="fn"><a href="#d6388fa0-c309-4491-80c5-3b887793c86c" id="d6388fa0-c309-4491-80c5-3b887793c86c-link">4</a></sup>. Israël avait besoin d’éviter ce que les spécialistes des études en développement appellent la «&nbsp;convergence&nbsp;» économique et politique entre Israël et les palestinien.ne.s. Après la guerre de 1967, la ligne verte (la frontière d’Israël reconnue internationalement, dessinée avant les conquêtes de 1967) a de fait cessé d’exister&nbsp;; il n’y avait plus de frontière entre Israël, la Cisjordanie et la bande de Gaza. Après 1967, les Palestinien.ne.s vivant à Gaza et en Cisjordanie pouvaient même visiter leurs anciennes terres à l&rsquo;intérieur de l’Etat d’Israël qui a été établi en 1948 par l’expulsion violente de centaines de milliers d’Arabes. Des centaines de milliers de Palestinien.ne.s ont aussi rejoint le marché du travail en Israël, ce qui a augmenté les revenus à Gaza et en Cisjordanie, permettant la construction de certaines institutions. Lorsque la première Intifada se déclencha, elle s’était nourrie de ces contradictions politiques. En fait, la situation qui se développait sous la supervision d’Israël avant Oslo n’était pas tenable sur le long terme. Israël avait désespérément besoin d’une forme de séparation, mais sans que celle-ci ne constitue une base pour un futur Etat palestinien, car Israël voyait toujours les territoires conquis en 1967 (Gaza et la Cisjordanie) comme essentiels au projet sioniste, à la fois stratégiquement et idéologiquement.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>L’approche d’Israël était donc, pour citer l’économiste israélienne Arie Arnon, «&nbsp;ni un ni deux&nbsp;». Les Israélien.ne.s ne voulaient pas d’une solution à un seul Etat où Israélien.ne.s et Palestinien.ne.s feraient partie d’une entité politique unifiée, et iels ne voulaient pas non plus d’un Etat palestinien indépendant à côté d’Israël&nbsp;; cela généra une vacillation permanente entre ces deux alternatives.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>En fin de compte, le processus d’Oslo a échoué, mais il faut quand même parler de certains de ses succès. Le principal est la confusion qu’il a provoqué dans la perception de la situation politique par la communauté internationale, qui s’est mise à croire à un soi-disant processus de paix et de construction étatique. Quelque chose de réel semblait se développer avec l’argent des contribuables occidentaux, alors qu’en réalité ce n’était qu’une restructuration de l’occupation israélienne. L’objectif était de créer une élite palestinienne cooptée et de placer les Palestinien.ne.s en-dehors de la responsabilité israélienne, même si, en réalité, Israël maintenait son contrôle des territoires supposés «&nbsp;autonomes&nbsp;». L’Autorité Palestinienne devait administrer les services d’éducation et de santé des Palestinien.ne.s tout en leur servant d’interface avec l’Etat et l’armée israéliennes, c’est ainsi que le «&nbsp;problème palestinien&nbsp;», y compris dans sa dimension sécuritaire, devait être géré.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Cette situation n’était pas dénuée de contradictions. La création d’une infrastructure double a peut-être séparé formellement les Palestinien.ne.s d’Israël en termes politiques, économiques et civils, créant l’illusion que les Palestinien.ne.s étaient en route vers la formation de leur propre Etat et donc ne relevaient plus de la responsabilité israélienne. Mais cet argument devint de moins en moins convaincant au fur et à mesure que le processus se bloquait. En 2012, le Fonds Monétaire International (FMI) reconnut que l’Autorité Palestinienne avait construit assez d’institutions pour être autonome dans sa capacité de gestion et de gouvernement de la population. Ce qui manquait était la souveraineté. Sans la souveraineté, la création de structures et d’institutions parallèles pour Israélien.ne.s et Palestinien.ne.s ressemblait de plus en plus à un apartheid, conçu pour subjuguer la population palestinienne grâce à différentes méthodes de répression, de contrôle et de surveillance dont certaines sont extrêmement brutales. La bande de Gaza subit un siège draconien et des campagnes Israéliennes intermittentes de «&nbsp;tonte de pelouse&nbsp;», où l’armée sioniste tente d’éliminer les efforts constants et répétés de résistance. Gaza a des moyens très limités d’autosuffisance à cause de la politique israélienne de dé-développement, de la pollution des sources d’eau, des surfaces territoriales limitées et de l’absence d’accès libre au monde extérieur. Cette situation continue indéfiniment, Israël se cachant derrière ses impératifs «&nbsp;sécuritaires&nbsp;» pour maintenir à Gaza une prison à ciel ouvert, surpeuplée et surpolluée, dans laquelle vivent plus de 2 millions de réfugié.e.s Palestinien.ne.s.&nbsp;</p>



<p>Quand on commence à remettre en cause l’image d’elle-même qu’Israël essaie de projeter à l’international, on se rend compte tout de suite que toute la population palestinienne, du fleuve du Jourdain à la mer Méditerranée, existe sous une forme ou une autre de domination et de surveillance israélienne. Il devient alors de plus en plus convaincant de considérer Israël comme un Etat d’Apartheid. En effet, la plupart des organisations internationales des droits humains, y compris certaines organisations israéliennes, ont commencé à argumenter dans ce sens ces cinq dernières années.&nbsp;</p>



<p>Ceci étant dit, les architectes israéliens et occidentaux du processus d’Oslo sont incapables de régler les problèmes politiques fondamentaux, malgré leurs solutions techniques et “l’éclatement” du peuple palestinien. Les Palestinien.ne.s d’aujourd’hui n’opposent pas moins de résistance à l’occupation et iels n’acceptent pas plus le colonialisme sioniste et l’Etat d’Israël. Iels se sentent trompé.e.s par le processus de paix et par la communauté internationale, et ne voient aucun gain concret émanant des accords d’Oslo ou du droit international. De plus, les trente dernières années ont vu des développements significatifs dans les domaines de l’économie, de la démographie et de l’éducation en faveur de la population palestinienne qui est toujours plus capable de porter ses revendications. Tout ceci constitue un vrai problème pour Israël.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Sur le front économique, Israël continue ses politiques de dé-développement, malgré les prétentions des accords d’Oslo qui devaient favoriser une solution à deux Etats avec la mise en place de ministères et de sources de revenus palestiniens autonomes. Israël empêche activement l’émergence d’industries productives et le développement de liens économiques horizontaux entre différentes localités palestiniennes, ce qui pourrait générer des synergies et des surplus. Israël maintient les territoires palestiniens occupés dans une situation de dépendance, bloqués dans une situation de Bantoustan sud-africain et obligés d’importer les produits d’industries israéliennes non-compétitives, qui utilisent donc les territoires de l’Autorité Palestinienne comme débouché facile. Le système des check-points et des laisser-passer à l’intérieur des territoires occupés est aussi utilisé pour manipuler les élites palestiniennes et les différents acteurs économiques et politiques.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>On ne peut analyser la situation économique en faisant abstraction du contexte de la politique israélienne de fermeture : une infrastructure massive qui contrôle les mouvements en entrée et en sortie des îlots palestiniens isolés, qui constituent un archipel dans les territoires occupés. La dépendance économique palestinienne qui en résulte constitue un problème pour la communauté internationale, mais aussi pour Israël. Quand ils décident de mettre l’économie palestinienne à l’arrêt, ça a des conséquences aussi pour l’économie israélienne dans certains secteurs qui dépendent de la main-d&rsquo;œuvre palestinienne comme l’agriculture et le BTP.</p>



<p><em><strong>Anne :</strong> Quelles ont été les évolutions de la classe ouvrière palestinienne depuis le début du processus d’Oslo&nbsp;?</em></p>



<p><strong>Toufic :</strong> Les accords d’Oslo ont donné à Israël l’occasion de «&nbsp;sortir Gaza de Tel-Aviv&nbsp;», selon l’expression de l’ancien premier ministre israélien Yitzhak Rabin, et de se sortir de la première Intifada. Néanmoins, le Gaza créé par ce processus est un Gaza sans emplois, où les travailleur.e.s se sont retrouvé.e.s dépendant.e.s du financement extérieur du secteur public palestinien. En effet, aujourd’hui quelque 36% de la main-d&rsquo;œuvre à Gaza est employée dans le secteur public – le double qu’en Cisjordanie. Le secteur public n’existait pas à cette échelle avant Oslo&nbsp;; quelque vingt mille personnes travaillaient pour l’Administration Civile israélienne, qui gérait la Cisjordanie et Gaza avant Oslo. Y travailler était considéré politiquement suspect par les Palestinien.ne.s. Aujourd’hui, il y a environ 150 000 personnes qui travaillent dans le secteur public palestinien géré par l’Autorité palestinienne.</p>



<p><strong><em>Anne</em></strong><em> : Quelles sont les racines de la crise politique actuelle provoquée par l’émergence de la droite religieuse en Israël&nbsp;?</em></p>



<p><strong>Toufic :</strong> L’élite israélienne traditionnellement ashkenaze et liée au mouvement sioniste travailliste, qui a amené les accords d’Oslo, a dominé la vie politique, économique et culturelle en Israël depuis la fondation de l’Etat<sup data-fn="1143705e-0317-4426-a406-e35e27dc8a1f" class="fn"><a href="#1143705e-0317-4426-a406-e35e27dc8a1f" id="1143705e-0317-4426-a406-e35e27dc8a1f-link">5</a></sup>. Mais elle s’est créé de nombreux ennemis dans la société israélienne. Cette liste inclus non seulement les Palestinien.ne.s, mais aussi les Juif.ve.s religieux.s.es, que l’élite considère comme arriérés, ainsi que les Sépharades et les Mizrahi qui ne partagent pas la même histoire avec les Juif.ve.s originaires d’Europe de l’Est et centrale. Dans les années 1990, des membres de l’élite ashkénaze ont privatisé leurs kibbutzim pour aller acheter des propriétés à New York et Berlin et investir sur les marchés financiers avec un certain succès. Cependant, les milieux moins favorisés de la société israélienne comme les Mizrahi et les Juif.ve.s orthodoxes augmentaient en nombre. Cette section de la population a plus d’interaction avec les populations palestiniennes puisqu’elles vivent dans des colonies et à la marge de zones palestiniennes car ce sont les endroits les moins chers. Il y a une longue histoire de discrimination contre ces sections de la population juive au nom de la «&nbsp;modernité&nbsp;» et de la création d’un Etat juif homogène. L’élite ashkénaze, qui est généralement laïque et peu observante des pratiques religieuses juives, a fait preuve de racisme envers les pratiques des Juif.ve.s non-européen.ne.s, allant jusqu’à reprendre à son compte des caricatures antisémites des Juif.ve.s orthodoxes.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Alors même que l’élite ashkenaze du mouvement sioniste travailliste récoltait les fruits de son projet colonial, son poids démographique diminuait. On a vu par la suite l’émergence de tendances sociales et politiques d’inspirations diverses, mais avec des griefs contre l’élite ashkénaze et une vision bien à elle d’Israël en tant qu’Etat juif. Ces forces ont fini par se coaliser autour du Likoud et de son sionisme révisionniste qui favorisait une ligne politique plus orientée vers le suprémacisme juif. Cette ligne n’intégrait pas de programme libéral-démocratique et ne voyait pas le besoin d’une façade libérale pour le projet sioniste.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Cette coalition de droite est désormais assez grande et forte pour asseoir son influence sur l&rsquo;État, essayant de le réorganiser et de reconfigurer ses institutions et défiant les bastions de la vieille élite comme la cour suprême et les grands médias. Ce processus se développe depuis longtemps mais semble désormais avoir atteint un point de bascule, de sorte que ses réformes pourraient avoir un caractère irréversible. Les conséquences seraient importantes pour la société israélienne mais aussi pour la société palestinienne.</p>



<p><strong><em>Anne</em></strong><em> : En quoi consiste cette vision&nbsp;? Parles-tu de compléter la Nakba et de se débarrasser de la population palestinienne&nbsp;?</em></p>



<p>Toufic : Je pense que ça va dans cette direction. Du point de vue de ces forces politiques, les Israélien.ne.s doivent se considérer maîtres de tout le territoire et assez puissant.e.s pour rejeter toute forme de compromis politique avec le peuple palestinien. Elles ne comprennent pas pourquoi Israël aurait eu besoin du processus d’Oslo. La tradition sioniste travailliste savait être pragmatiste, en particulier dans un contexte politique régional et international complexe. A la différence de ces tendances nouvelles qui sont insensibles au libéralisme et se sentent même opprimées par le libéralisme. Elles revendiquent de contrôler tous les territoires.&nbsp;</p>



<p>Leur vision est d’étendre la colonisation juive des territoires palestiniens occupés et de traiter les Palestinien.ne.s de l’intérieur de la ligne verte (pendant longtemps appelé.e.s officiellement les «&nbsp;Israélien.ne.s arabes&nbsp;» pour tenter de mettre en valeur leur supposée intégration dans la société israélienne) de la même façon que les Palestinien.ne.s de Gaza et de Cisjordanie. Bezalel Smotrich, avant de devenir ministre des finances en 2022, avait fondé des organisations en Israël pour permettre aux Juif.ve.s d’espionner et de dénoncer des activités de construction «&nbsp;illégales&nbsp;» de logements parmi les Palestinien.ne.s d’Israël<sup data-fn="0b71498a-f844-4672-965e-f749c444b610" class="fn"><a href="#0b71498a-f844-4672-965e-f749c444b610" id="0b71498a-f844-4672-965e-f749c444b610-link">6</a></sup>. Sa vision est celle d’une lutte démographique et territoriale se déroulant sur un seul territoire qui vise également les citoyen.ne.s israélien.ne.s d’origine palestinienne. Il y a aussi une bataille plus spirituelle. Le ministre actuel de la sécurité nationale, Itamar Ben-Gevir, s’est rendu par deux fois à la mosquée Al-Aqsa pour mettre en scène la souveraineté israélienne sur le lieu, ce qui est une provocation non seulement pour les Palestinien.ne.s, mais aussi pour 1,8 milliards de Musulman.e.s de par le monde. Des centaines de colons et de sionistes fanatiques paradent à Al-Aqsa tous les jours pour essayer de provoquer des incidents qui pourraient justifier la partition de l’enceinte de la mosquée. Des ministres du Likoud ont déjà inscrit la partition de la mosquée à leur agenda.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Ce monstre est né du processus d’Oslo. L’objectif est de coloniser ce qui reste des territoires palestiniens, brisant ainsi les revendications palestiniennes pour se débarrasser des Palestinien.ne.s en tant que peuple et de la «&nbsp;cause nationale&nbsp;». Ils sont prêts à aller jusqu’à l’expulsion physique. L’incarnation précédente du sionisme était horrible et a mené de nombreuses campagnes de purification ethnique contre les Palestinien.ne.s. Mais le caractère de ces nouvelles forces politiques, qui ont émergé au sein et par celle qui les a précédé, est dominé par le suprémacisme juif. Ces forces travaillent dur pour s’emparer de l’Etat israélien, qui est l’outil de distribution des fruits de la conquête sioniste parmi la population coloniale israélienne. Elles veulent se débarrasser de la façade libérale qui atténuait jusque-là l’horreur de la colonisation de la Palestine, et donnaient une certaine nuance aux structures de gouvernance du projet complexe qu’est Israël. Elles veulent se débarrasser des Palestinien.ne.s, prendre ce qui leur reste de terre et imprimer leur pouvoir sur le monde arabe et le Moyen-Orient.</p>



<p><strong><em>Anne</em></strong><em> : Est-ce qu’on peut dire que Smotrich, Ben-Gvir et compagnie ne veulent pas de l’Apartheid mais plutôt d’une conquête&nbsp;?</em></p>



<p><strong>Toufic</strong> : L’apartheid était et reste la solution temporaire de gestion du mouvement sioniste qu’Israël était forcé d’ériger en réponse aux dilemmes que j’ai exposés ci-dessus. Cependant, la durabilité de cette solution est discutable au vu des tendances démographiques et politiques de long terme. Ces tendances ne semblent pas favorables au projet sioniste. Personne ne connaît les chiffres exacts, mais il semblerait que les Juif.ve.s constituent déjà une minorité de la population entre la Méditerranée et le Jourdain. De plus, la migration juive vers Israël a ses limites&nbsp;; il y a aujourd’hui peu de Juif.ve.s dans le monde qui sont prêt.e.s à venir vivre en Israël. Tout ça nous mène à nous demander si l’Apartheid n’est pas une solution temporaire avant d’entreprendre une autre tentative de nettoyage ethnique. Entretemps, les sionistes rendent la vie palestinienne infernale pour essayer d’encourager l’émigration et une dissolution de l’identité nationale palestinienne et de la capacité du peuple à s’organiser pour sa libération.&nbsp;</p>



<p>Il faut ici mettre en valeur la contribution de la «&nbsp;communauté internationale&nbsp;» au processus d’Oslo, qui s’est constamment rangée du côté d’Israël et a dénoncé les Palestinien.ne.s en les présentant comme le problème. Le retour de bâton est que cette focalisation exclusive sur la gestion, la subordination et l’écrasement des Palestinien.ne.s a nourri un nouveau monstre israélien. Je ne veux absolument pas absoudre le sionisme travailliste – après tout, il est à l’origine de tous ces problèmes, et n’a agit qu’en tant qu’extension d’un projet impérialiste occidental au Moyen-Orient. Mais on ne peut pas nier que ce qui a émergé est une version plus virulente encore du sionisme. Ce sionisme contemporain n’essaie pas de cacher son suprémacisme anti-palestinien, et fait même appel au racisme biologique sans hésiter à l’utiliser contre des personnes qui s’identifient comme juif.ve.s.&nbsp;</p>



<p><strong><em>Anne</em></strong><em> : Quel est ton analyse de l’Intifada de 2021 en tant que modèle de résistance palestinienne unifiée du Jourdain à la mer méditerranée&nbsp;? Elle n’avait clairement pas de direction politique unifiée, mais l’unité était mise en valeur au niveau des slogans et de certaines formes de lutte.</em></p>



<p><strong>Toufic :</strong> La grève générale de Mai 2021 n’a pas vraiment eu l’opportunité de se développer au-delà de sa forme initiale. Elle s’est déclenchée à la fin du soulèvement de Jérusalem, qui a commencé dans le quartier de Sheikh Jarrah et s’est propagé dans la vieille ville, à Al-Aqsa et enfin à Gaza. Comme Jérusalem risquait de mettre le feu aux poudres dans le monde arabe, les Etats-Unis sont intervenus pour mettre un coup d’arrêt aux plans de colonisation à Sheikh Jarrah<sup data-fn="319785f5-89bf-4126-8fe0-6e0823a71ff7" class="fn"><a href="#319785f5-89bf-4126-8fe0-6e0823a71ff7" id="319785f5-89bf-4126-8fe0-6e0823a71ff7-link">7</a></sup>. Les US n’allaient pas risquer leur empire et leur influence dans la région pour que quelques colons radicaux puissent s’implanter dans un quartier de Jérusalem. Cependant, du point de vue palestinien, ces évènements n’ont pas duré assez longtemps pour générer un nouvel élan politique, même si l’expérience a donné un aperçu de ce qui était possible.</p>



<p>Il est important de reconnaître que la grève générale s’est déroulé dans un contexte de convergence des conditions d’existence des Palestinien.ne.s sous le joug colonial israélien. Cette convergence concerne même les citoyen.ne.s palestinien.ne.s d’Israël. Par exemple la loi dite Etat-Nation de 2018 énonce clairement que le droit à l’autodétermination ne concerne que les Juif.ve.s en Israël, reléguant ainsi constitutionnellement les Palestinien.ne.s au rang de citoyen.ne.s de second rang, même en tant que citoyen.ne.s israélien.ne.s. Au vu de l’assertion par Israël d’un suprémacisme juif institutionnalisé sous différentes formes, en particulier la forme d’extrême-droite qui a le vent en poupe, il est naturel que les Palestinien.ne.s veuillent reconnecter leur lutte au-delà des frontières qui leur ont été imposées ces 75 dernières années. Ce phénomène commence à se manifester à travers le découpage créé par Israël&nbsp;: Gaza, la Cisjordanie, la Palestine de 1948 et Jérusalem<sup data-fn="149388cc-e008-47b0-b759-cdcdaa1075f3" class="fn"><a href="#149388cc-e008-47b0-b759-cdcdaa1075f3" id="149388cc-e008-47b0-b759-cdcdaa1075f3-link">8</a></sup>. Mais les moyens différents qu’Israël utilise pour gérer chaque section de la population palestinienne et les droits différents dont ces dernières jouissent, déterminent à leur tour les dynamiques de la lutte et compliquent l’émergence de stratégies et de tactiques unifiées.&nbsp;</p>



<p>Les tendances générales iront certainement dans le sens de la convergence des intérêts palestiniens, et avant tout l’intérêt de la résistance à la nature agressive du sionisme contemporain car ce dernier n’est pas près de disparaître. Israël est engagé dans des assauts frontaux racistes et colonialistes contre les Palestinien.ne.s. L’éclatement territorial de ces dernièr.e.s a favorisé la fragmentation des forces de résistance. Cela n’empêche pas de manière absolue la possibilité d’une résistance unifiée à travers des grèves et des rébellions généralisées, mais ça demanderait une préparation politique bien plus significative et dépendrait aussi de l’action de nos alliés régionaux et internationaux. De plus, à ce stade, l’arme de la grève n’est pas suffisante car l’organisation des travailleur.eus.e.s arabes a un effet limité sur l’économie israélienne. C’est une des conséquences de la restructuration de l’occupation et du projet colonial israélien après les accords d’Oslo.&nbsp;</p>



<p>Dans ce contexte, où quelque chose de nouveau est envisageable mais n’est pas encore né, on ne peut ignorer la question des institutions et des organisations politiques existantes. La société palestinienne n’est pas un désert. Nous avons un écosystème riche de résistance civile, politique et militaire. Des transformations ont lieu dans la société palestinienne dans un contexte historique déterminé, avec des dynamiques de résistance qui évoluent. Cela se fait en partie en réponse aux réactions israéliennes aux différentes formes de résistance. La résistance armée est la plus aboutie dans la bande de Gaza, où il existe une infrastructure militaire et économique bien développée. Il y a moins d’organisation armée en Cisjordanie, mais on y trouve des conditions tout aussi explosives qui continuent de susciter de la résistance, y compris par les armes.&nbsp;</p>



<p>Les accords d’Oslo ont enregistré quelques succès superficiels, dans la restructuration de l’occupation, la gestion du problème palestinien tout en embrouillant l’opinion internationale quant à la nature du projet colonial. Mais ce sont des victoires chimériques pour Israël et l’Occident&nbsp;; elles dépendent d’un charcutage permanent de la carte, d’un usage sans fin de la force et d’une dépendance constante envers le financement international. Oslo n’a généré aucun consensus politique parmi les Palestinien.ne.s ou leurs dirigeant.e.s. En effet, Israël et l’Occident ont obtenu d’Oslo deux directions politiques palestiniennes&nbsp;: l’OLP qui a une certaine légitimité internationale (avec 140 pays qui reconnaissent l’Autorité Palestinienne en tant qu’Etat) et qui continue de revendiquer les droits palestiniens sur la scène mondiale, et la direction du Hamas à Gaza qui investit dans des solutions militaires pour faire avancer la cause de la libération nationale. Evidemment, cette direction divisée cause de nombreux problèmes en plus de l’absence de démocratie. Mais Israël ne veut en vérité d’aucune de ces deux directions ; elle n’a pas vraiment de solution pour les gérer et les contrôler malgré un rapport de force qui lui est extrêmement favorable.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Aujourd’hui, la dynamique sur le terrain en Cisjordanie et à Jérusalem ressemble fortement à une Intifada au ralenti, avec des attaques quasi-quotidiennes contre des colons ou des soldats depuis un an. Ces actions sont entreprises par des forces sociales non organisées plutôt que par des factions politiques. Par exemple, on a récemment vu un homme de 40 ans utiliser sa voiture contre un barrage de l’armée israélienne tuant un soldat et en blessant cinq autres. Il avait cinq enfants et venait d’un village près de Ramallah. Ça montre le type de personnes qui sont amenées à résister, et Israël n’a pas de parade claire à ce type de résistance. Ils n’ont pas de réponse au «&nbsp;loup solitaire&nbsp;» &#8211; le/la Palestinien.ne privé.e de ses droits qui est constamment généré par la situation politique. Parfois, même des gens avec des permis de travailler en Israël peuvent exécuter de telles attaques. Il y a beaucoup d’armes «&nbsp;illégales&nbsp;» chez les Palestinien.ne.s et il y a certainement assez de colère, de volonté de se battre et de conscience politique. Qu’est-ce qui se passerait si les factions organisées de la résistance s’inséraient plus directement dans ce processus, en fournissant des formations et des armes plus efficaces&nbsp;?&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Une dynamique militaire sérieuse a émergé à Gaza. Au vu du temps passé, des efforts et des ressources investis, il ne faudrait pas la sous-estimer. Les mouvements de résistance militaire à Gaza ont connu certaines réussites modestes mais significatives comme l’échange de prisonnièr.e.s qui a permis de libérer 1200 Palestinien.ne.s condamné.es à un total de 25.000 ans de condamnation. C’est un succès majeur qui était impensable avant les accords d’Oslo. Evidemment, les victoires n’ont pas lieu tous les jours et la lutte armée est une forme élitiste de résistance qui n’est pas sans problèmes. Mais elle prive Israël de la totale liberté de manœuvre militaire dont il jouissait. Malgré des ressources extrêmement limitées, Gaza a montré qu’elle était capable de tirer des centaines de roquettes contre Israël, visant notamment des infrastructures-clés comme des aéroports ou des bases militaires. Israël n’a pas réussi à régler ce problème malgré le «&nbsp;dôme de fer&nbsp;», son système de défense anti-roquette.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Il faut donc reconnaître une accumulation significative d’expériences et de dynamiques de la résistance palestinienne sous toutes ses formes. Cet acquis ne va pas disparaître. La résistance semble prête à explorer tous les moyens de mieux comprendre son ennemi pour l’attaquer sur ses points faibles. Malgré sa toute-puissance militaire, Israël est vulnérable. N’oublions pas que les colons israéliens vivent très près des Palestinien.ne.s en Cisjordanie et que l’entreprise coloniale est très coûteuse du point de vue de l’Etat. Une colonie en Cisjordanie n’est pas un endroit attirant pour des personnes qui ont des familles et qui n’ont pas un très haut degré de motivation idéologique.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Ces dilemmes sont importants à cause des schismes qui traversent la population juive d’Israël. Ces divisions remettent en cause l’organisation économique et politique de l’Etat, remodèlent sa vie institutionnelle et les identités des Israélien.ne.s. On a déjà vu des réservistes de l’armée s’associer ouvertement à l’opposition anti-Netanyahu et menacer de boycotter l’armée s’il faisait passer son «&nbsp;coup judiciaire&nbsp;» contre la cour suprême.&nbsp;</p>



<p>Ces événements sont significatifs car l’armée est la pierre angulaire d’Israël&nbsp;; un aspect fondamental du soutien occidental au sionisme, à la fois avant la fondation de l’Etat en 1948 et depuis, est d’assurer à Israël une armée forte. L’occident voulait créer un Etat spartiate qui soit capable de mater tous les Etats régionaux. Il a garanti «&nbsp;l’avantage militaire qualitatif&nbsp;» d’Israël contre les autres puissances du Moyen-Orient car il n’a pas d’autre allié fiable et stable dans la région&nbsp;; l’Europe et les USA entretiennent leur influence en maintenant la région dans un état de désorganisation, gouverné par des dictateurs sous les yeux du veilleur de nuit Israélien.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>On verra comment la résistance palestinienne évolue et si elle parvient à trouver des moyens d’exacerber directement ou indirectement les fissures sociales et politiques qui traversent la société israélienne. Cela aurait nécessairement des conséquences sur l’armée israélienne elle-même. L’opposition palestinienne va dans cette direction. Même s’il y a le potentiel de créer du lien avec des campagnes régionales ou internationales, la priorité n’est pas là pour le moment. Tenter d’organiser la résistance sous l’occupation est déjà assez compliqué, et d’autres régions du monde passent clairement par des périodes de transition ou de désorganisation, il n’est donc pas évident de savoir quels liens peuvent être créés ni avec qui.&nbsp;</p>



<p>La majorité des formations politiques et des organisations de résistance dans les territoires palestiniens occupés se préoccupent de garder les Palestinien.ne.s ancré.e.s sur leur terre au sein de communautés organisées et politiquement conscientes. Elles veulent lever les ressources nécessaires pour résister aux colons et à l’armée sans pour autant escalader la crise à un niveau où une expulsion de masse deviendrait possible. Je dirais que même l’OLP est investie dans ce projet, même si sa manière de procéder est indirecte et bureaucratique car elle souhaite garder toutes les ficelles en main.&nbsp;</p>



<p>Tout ceci fait que l’unification de la lutte à travers les fractures de la société palestinienne aura probablement lieu sous la table plutôt que de manière ouverte car les différences structurelles de dynamiques qui séparent et fragmentent les Palestinien.ne.s sont toujours aussi omniprésentes. Les opportunités pour une lutte collective contre notre ennemi commun sont rares. Les gens se sentent tout le temps sur la défensive. Israël apparaît comme ayant l’initiative car elle est justement la puissance coloniale.&nbsp;</p>



<p>Cependant, la crise politique en Israël provoque une usure significative dans la société et fait reculer la perception d’une identité nationale unie. Environ 28% de la population juive israélienne envisage d’émigrer. Côté militaire, la supériorité aérienne israélienne est son avantage principal sur les Palestinien.ne.s et les armées arabes en général. Pourtant, nous avons vu des pilotes de l’armée de l’air parler de refus de servir dans l’armée. Les pilotes viennent principalement des sections ashkénazes privilégiées de la population. Donc certains aspects du conflit politique et ethnique parmi les Juif.ve.s israélien.ne.s sont en train de toucher l’armée y compris dans ses éléments stratégiques.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Si cette tendance se confirme sur la durée, on pourrait voir une émigration juive significative, l’affaiblissement de secteurs de l’économie israélienne, une réduction des investissements internationaux et la réaffirmation d’Israël comme pariah sur la scène mondiale. Il y a déjà des rumeurs sur une fuite de capitaux du secteur des hautes technologies, même si cela dépend aussi en fin de compte de la dynamique mondiale du capitalisme. Beaucoup dépendra aussi de la manière dont la communauté internationale décidera de traiter Israël. Alors que les relations internationales évoluent vers une nouvelle guerre froide après la crise financière de 2007 et la pandémie Covid, reste à voir comment le conflit israélo-palestinien sera affecté. Il y a à la fois des signes encourageants et décourageants.&nbsp;</p>



<p>Il faut aussi mettre en lumière les dangers qui émergent de cette situation. C’est un spectacle d’horreur. On a au gouvernement des gens racistes, très violents et à tendance fasciste qui sont ivres de pouvoir. Ironie du sort, ils sont restreints par l’héritage historique des accords d’Oslo et par la machine militaire et la classe des officiers qui supervisent les interactions avec les Palestinien.ne.s. Pour l’instant, ces forces sociales établies ainsi que la communauté internationale restent investis dans le statu quo d’Oslo qui est la seule solution à leurs dilemmes. Mais des problèmes émergent de tous les côtés, à la fois dans la société israélienne et la société palestinienne. Des formations politiques israéliennes émergentes pensent qu’il existe des alternatives au paradigme d’Oslo et qu’elles devraient être potentiellement mises en œuvre. Cela inclus une déclaration franche d’apartheid suprémaciste juif, l’annexion totale des territoires palestiniens occupés et le nettoyage ethnique de celleux qui résistent. L’armée n’est pour l&rsquo;instant pas d’accord, et les alliés politiques traditionnels d’Israël aux USA et en Europe ne le sont pas non plus. Netanyahou est le médiateur de ces tensions alors qu’il joue lui-même sa survie politique.&nbsp;</p>



<p>La situation est imprévisible et instable, et les acteurs politiques solidaires de la Palestine doivent le comprendre. Mais cette même situation crée aussi de réelles opportunités pour construire de nouvelles formes de conscience politique. Des campagnes peuvent mettre en lumière la situation horrible sur le terrain mais aussi les aspirations et l&rsquo;endurance remarquable de la lutte palestinienne. Les militant.e.s des pays occidentaux doivent poser des questions et remettre en cause le financement de ce statu quo par l’argent de leurs impôts, en particulier l’aide militaire qui sponsorise un projet colonial ouvertement raciste, homophobe, suprémaciste juif qui prône et pratique le nettoyage ethnique.&nbsp;</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide"/>



<h2 class="wp-block-heading">À la croisée des chemins : la grande crise de l’Israël fantasmé</h2>



<p><em>Ilan Pappé a été interviewé par Donny Gluckstein, historien et auteur de nombreux livres sur l&rsquo;histoire du fascisme et du mouvement ouvrier.</em></p>



<p><em><strong>Donny :</strong> Est-ce que le mouvement de protestation actuel parmi la population juive israélienne est comparable avec les mouvements du passé ?</em></p>



<p><strong>Ilan </strong>: Par bien des aspects, ce mouvement est sans précédent. Il fait écho à certaines des manifestations qui ont eu lieu en 2011 dans le cadre de ce qui a été appelé la “révolution sociale” qui était une réaction à la vie chère, mais il est sans précédent du fait de sa longévité et de la gravité des enjeux qui sont posés. Il a le potentiel pour se transformer en guerre civile ou en confrontation directe entre deux sociétés juives israéliennes qui diffèrent sur la nature de l’État et son orientation future &#8211; et nous n’en sommes qu’à la première phase de ce conflit. Même à ce stade, rien dans l’histoire israélienne n’est vraiment comparable.</p>



<p><em><strong>Donny : </strong>Quelle est la source de ce mouvement et qu’est-ce qui explique son échelle et sa durée dans le temps ?</em></p>



<p><strong>Ilan : </strong>Le mouvement est composé de juif.ves israélien.nes qui étaient satisfaits du type d’Israël qu’iels avaient contribué à construire depuis la création de l’État en 1948. À bien des égards, l’État sioniste est essentiellement un État d’apartheid, tant dans la manière dont il fonctionne en Israël même que dans la manière dont il gouverne la Cisjordanie &#8211; ainsi que, par le passé, la bande de Gaza. Il s’agit de la “démocratie” juive séculaire et suprémaciste, dans laquelle la ville libérale de Tel Aviv coexistait avec la ville traditionnelle et religieuse de Jérusalem. Bien que cette situation de “vivre et laisser vivre” au sein de la société israélienne ne soit pas facile, il n’y avait pas de réel désaccord concernant l’oppression des Palestinien.nes en Israël, en Cisjordanie occupée ou dans la bande de Gaza assiégée.&nbsp;</p>



<p>Quoi qu’il en soit, à côté de ce cet Israël &#8211; que j’appelle “l&rsquo;Israël fantasmé”, car son image de soi et son image extérieure se réclament toujours d’une apparence de société démocratique et civilisée &#8211; un autre État juif a émergé. Il s’agit de l’État colon, que j’appelle “l’État Judée”, dont le traitement qu’il a réservé aux Palestinien.nes n’a jamais dérangé l’Israël fantasmé<sup data-fn="2f471c78-c012-4bb1-a553-27400d728c5c" class="fn"><a href="#2f471c78-c012-4bb1-a553-27400d728c5c" id="2f471c78-c012-4bb1-a553-27400d728c5c-link">9</a></sup>. Cependant, lorsque la Judée a empiété sur l’Israël fantasmé, ce dernier a été terrifié à l’idée que l’État se transforme en théocratie. L’État de Judée a sa propre conception des questions de genre, des droits LGBT+, du système judiciaire et de la sphère publique. Ces conceptions ne sont pas si différentes de celles de certains mouvements fondamentalistes islamiques ou de la manière dont des pays comme l’Iran contrôlent l’espace public et les droits humains.&nbsp;</p>



<p>Les masses israéliennes qui ont protesté chaque semaine pensent que ce n’est que par des manifestations qu’elles pourront empêcher l’État de Judée de prendre le contrôle sur l’Israël fantasmé. Elles sont soutenues par une partie de l’élite israélienne &#8211; les services de sécurité, la grande industrie, les entreprises de haute technologie et les institutions financières &#8211; qui pensent également que l’État de Judée signifierait pour eux des pertes économiques intolérables. Concernant l’armée, la possibilité d’inculpations pour crimes de guerre se profile si la communauté internationale vient à considérer le système judiciaire israélien comme inadapté.</p>



<p><em><strong>Donny :</strong> Quelles sont les forces et les limites de ce mouvement ? Dans quelle mesure constitue-t-il une menace sérieuse pour Netanyahou ?</em></p>



<p><strong>Ilan : </strong>C’est très compliqué de juger de cela car l’assemblée israélienne est actuellement en congés jusqu’au mois de septembre<sup data-fn="2714afb6-546e-4c82-a934-a4c801b2388e" class="fn"><a href="#2714afb6-546e-4c82-a934-a4c801b2388e" id="2714afb6-546e-4c82-a934-a4c801b2388e-link">10</a></sup>. Si Netanyahou renonce à la réforme judiciaire et parvient à un accord sur la question de l’exemption du service militaire pour les juif.ves orthodoxes, le mouvement pourrait considérer qu’il a remporté la partie, et il y aura un peu de calme avant qu’un nouveau conflit inévitable n’éclate. Toutefois, s’il se poursuit, le danger n’est pas uniquement pour Netanyahou. La menace est plutôt celle d’une implosion de l’État de l’intérieur.&nbsp;</p>



<p>Sans être trop prophétique, je pense que cela arrivera quoi qu’il arrive, tôt ou tard. Le sionisme, du moins jusqu’à présent, a surmonté la question de la “Palestine” par un recours incroyable et sans pitié à la force, et il pourra continuer à le faire aussi longtemps que les mondes arabe et musulman resteront indifférents au sort des Palestinien.nes. Toutefois, le recours à la force ne parviendra pas à résoudre le paradoxe fondamental du sionisme: l’affirmation que le judaïsme constitue une identité nationale, mais pas une identité qui contredit les valeurs de la démocratie et du libéralisme. Cette contradiction interne est insoluble pour n’importe quelle religion, et le judaïsme ne fait pas exception. Il n’existe pas de juste milieu entre théocratie et démocratie (en laissant de côté, pour les besoins de l’argumentation, les Palestien.nes pour un moment). Par conséquent, dans cette bataille, il peut y avoir des périodes de trêve, mais le conflit qui se joue est en fin de compte un jeu à somme nulle.</p>



<p>Bien entendu, il existe un moyen pour sortir de l’impasse, à savoir qu’Israël et la Palestine trouvent leur place à l’intérieur du monde arabe, qui devra construire ses propres modèles politiques à l’avenir. Il ne s’agira pas de modèles démocratiques libéraux occidentaux, mais, espérons-le, de systèmes politiques plus justes sur le plan économique et social, fondés sur des structures étatiques souples, multireligieuses et multiculturelles, avec une relation compliquée mais viable entre la tradition et la modernité, la laïcité et la religion. Toutefois, la revendication d’être une île juive appartenant à l’Occident au milieu du monde arabe ne peut pas permettre de résoudre les problèmes fondamentaux de la société israélienne.&nbsp;</p>



<p>À ce titre, la gauche israélienne, qui n’existe quasiment plus, a totalement manqué les importantes discussions à l’intérieur de la gauche arabe sur le futur de la région. Ces discussions émergent d’une évaluation autocritique des erreurs commises par la gauche dans le passé, qui ont résulté de son attitude condescendante envers la tradition et la religion. En même temps, elles s’inscrivent dans la recherche d’une fusion future des valeurs universelles socialistes mettant à l’honneur tant les identités et les droits collectifs que le respect du passé et des civilisations historiques. Quoique ces discussions puissent apparaître déconnectées de la situation lamentable dans beaucoup de pays arabes, elles auront une influence sur ce que l’on peut définir comme les prochaines étapes de la révolution dans le monde arabe, que l’on a appelé à tort le “Printemps arabe”. L’absence de ce débat des juif.ves arabes d’Israël, qui votent massivement pour la droite israélienne et Netanyahou, est particulièrement tragique du fait de leur importance démographique et du rôle prépondérant qu’iels occupaient dans le monde arabe avant 1948.&nbsp;</p>



<p><em><strong>Donny: </strong>Quel est selon toi le résultat probable de ce conflit ?</em></p>



<p><strong>Ilan: </strong>Je pense que l’État de Judée en sortira finalement vainqueur, ce qui ouvrira une opportunité historique unique pour les Palestinien.nes. La légitimité internationale dont a bénéficié Israël ne survivrait pas à l’État de Judée. Il est vrai que ce dernier possède ses propres alliés comme Donald Trump aux États-Unis, Viktor Orbán en Hongrie et une grande partie de l’extrême-droite en Europe, ainsi que l’Inde de Narendra Modi, mais cela ne fera que retarder, plutôt qu’empêcher la transformation d’Israël en un État paria.&nbsp;</p>



<p>Un petit avertissement, cependant &#8211; il ne s’agit pas d’une prédiction pour demain ou après-demain. Il ne s’agit pas d’un processus linéaire. Il pourrait encore y avoir un retour de bâton contre Netanyahou et en faveur de l’Israël fantasmé lors des prochaines élections. Néanmoins, ce ne sera qu’un changement d’orientation temporaire, et qui de mon point de vue, ne sera pas durable.</p>



<p><em><strong>Donny:</strong> Quelle est la portée du mouvement de protestation actuel pour la lutte en faveur des droits des Palestien.nes ?</em></p>



<p><strong>Ilan : </strong>Malheureusement, ce mouvement n’a rien à voir avec les droits des Palestinien.nes. En fait, celleux qui manifestent pour sauver l’Israël fantasmé ont demandé aux Palestinien.nes de s’abstenir d’y prendre part et se gardent bien de mentionner “l’occupation”, souhaitant plutôt construire un large consensus parmi les israélien.nes juif.ves.&nbsp;</p>



<p>Toutefois, le mouvement de protestation ébranle l’État de l’intérieur. On assiste à une “fuite des cerveaux”, à un auto-désinvestissement des institutions financières, et à un refus croissant de servir dans l’armée de la part des réservistes des unités d’élite et de l’armée de l’air. Tout cela met en évidence le manque total de cohésion sociale. À un moment donné, cela ouvrira une opportunité historique pour les Palestinien.nes &#8211; si, d’ici là, iels disposent d’un véritable mouvement national, uni, bien représenté et doté d’une vision claire de l’avenir.</p>



<p><em><strong>Donny :</strong> Quels conseils donnerais-tu aux soutiens de la Palestine ?</em></p>



<p><strong>Ilan: </strong>L’enjeu le plus important est de réfuter la représentation erronée de ce mouvement de protestation comme un signe démontrant à quel point Israël serait toujours une démocratie. Nous devons mettre en évidence la persistence du consensus israélien sur l’oppression des Palestinien.nes. C’est un antidote important à la désinformation des médias occidentaux qui couvrent les événements en Israël. Mis à part cela, en tant que mouvement de solidarité, nous ne pouvons pas dire aux Palestinien.nes quoi faire, mais nous pouvons tout de même encourager une vision claire de la Palestine &#8211; une vision plus unie qui nous orienterait toutes et tous vers la libération.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Traduit par A2C</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="f5eeafab-d06f-4fab-b465-064855ff8eab">Le ministre israélien du travail, Yigal Allon, a présenté un plan au conseil des ministres israélien immédiatement après la guerre de 1967 et la prise de contrôle de la Cisjordanie, de la bande de Gaza et du plateau du Golan. Il y proposait la colonisation et l&rsquo;annexion de vastes sections des terres palestiniennes occupées. (Cette note et les suivantes ont été ajoutées par la rédaction).<br> <a href="#f5eeafab-d06f-4fab-b465-064855ff8eab-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="2cc03e50-6285-4006-8969-72dc3a0ca329">En 1967, la conquête des territoires occupés a laissé des millions de Palestinien.ne.s sous l&rsquo;autorité directe d&rsquo;Israël. Cela a créé un dilemme pour la classe dirigeante israélienne (à l&rsquo;époque composée en grande partie de juifs ashkénazes). Les dirigeant.e.s israélien.ne.s affirmaient qu&rsquo;Israël était une « démocratie », alors que l&rsquo;État avait été créé par l&rsquo;expulsion massive de centaines de milliers de Palestinien.nes en 1948. L&rsquo;intégration en Israël des Palestinien.ne.s des territoires occupés en tant que citoyen.ne.s aboutirait, à terme, selon eux, à une majorité palestinienne et à l&rsquo;effacement du “caractère juif » de l&rsquo;État israélien.<br> <a href="#2cc03e50-6285-4006-8969-72dc3a0ca329-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="327f1e19-a4e6-48da-9def-2a4263099752">La première Intifada était un soulèvement populaire contre l&rsquo;occupation israélienne. Elle a débuté à Gaza en décembre 1987 et s&rsquo;est étendue à l&rsquo;ensemble du territoire palestinien occupé.<br> <a href="#327f1e19-a4e6-48da-9def-2a4263099752-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="d6388fa0-c309-4491-80c5-3b887793c86c">Les « Bantoustans » étaient des régions de l&rsquo;Afrique du Sud à l&rsquo;époque de l&rsquo;apartheid, censées constituer des foyers autonomes pour les Noir.e.s.<br> <a href="#d6388fa0-c309-4491-80c5-3b887793c86c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="1143705e-0317-4426-a406-e35e27dc8a1f">Les Juif.ve.s ashkénazes sont des descendant.e.s des populations juives d&rsquo;Europe centrale et orientale. Les Juif.ve.s mizrahi descendent des communautés juives du Moyen-Orient. Les Juif.ve.s séfarades sont les descendants des Juif.ve.s expulsé.e.s par la Couronne espagnole après la conquête des États musulmans de la péninsule ibérique au XVe siècle.<br> <a href="#1143705e-0317-4426-a406-e35e27dc8a1f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="0b71498a-f844-4672-965e-f749c444b610">La biographie officielle de Smotrich vante son rôle de cofondateur de Regavim, un mouvement pro-colons qui intente des procès contre des constructions prétendument « illégales » de Palestinien.ne.s en Israël et en Cisjordanie. Son objectif est la dépossession des Palestinien.ne.s. Parmi les cibles récentes de Regavim figure l&rsquo;école primaire de Jubbet ad-Dib en Cisjordanie, qui a été démolie par les autorités israéliennes en mai 2023 (voir <a href="https://menasolidaritynetwork.com/2023/05/31/right-wing-israeli-settler-movement-pushed-for-demolition-of-palestinian-primary-school" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://menasolidaritynetwork.com/2023/05/31/right-wing-israeli-settler-movement-pushed-for-demolition-of-palestinian-primary-school</a>).<br> <a href="#0b71498a-f844-4672-965e-f749c444b610-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li><li id="319785f5-89bf-4126-8fe0-6e0823a71ff7">Sheikh Jarrah est un quartier palestinien de Jérusalem où les familles palestiniennes sont victimes de harcèlement et de tentatives d&rsquo;expulsion de la part des colons israéliens depuis des décennies. En 2021, les mobilisations des Palestinien.ne.s contre la tentative d&rsquo;expulsion de huit familles palestiniennes ont déclenché une grève générale et des mobilisations de masse dans toute la Palestine historique. Pour un compte rendu, voir l&rsquo;article en anglais d&rsquo;Anne Alexander  à l&rsquo;adresse suivante : <a href="https://isj.org.uk/ending-apartheid" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://isj.org.uk/ending-apartheid</a>.<br> <a href="#319785f5-89bf-4126-8fe0-6e0823a71ff7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7">↩︎</a></li><li id="149388cc-e008-47b0-b759-cdcdaa1075f3">Le terme « Palestine de 48 » fait référence à la partie de la Palestine historique qui se trouve aujourd&rsquo;hui à l&rsquo;intérieur des frontières officielles de l&rsquo;État d&rsquo;Israël.<br> <a href="#149388cc-e008-47b0-b759-cdcdaa1075f3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8">↩︎</a></li><li id="2f471c78-c012-4bb1-a553-27400d728c5c">La “Judée-Samarie” est le terme biblique qu’Israël utilise pour désigner la Cisjordanie. Ben-Gvir a récemment déclaré, “Mon droit, et le droit de ma femme et de mes enfants, de circuler en Judée et Samarie, est plus important que la liberté de circulation des Arabes”.<br> <a href="#2f471c78-c012-4bb1-a553-27400d728c5c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9">↩︎</a></li><li id="2714afb6-546e-4c82-a934-a4c801b2388e">Cette interview a été réalisée à la fin du mois d’août.<br> <a href="#2714afb6-546e-4c82-a934-a4c801b2388e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/interview-la-crise-en-israel-et-la-resistance-palestinienne/">La crise en Israël et la résistance palestinienne</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Au Niger comme ailleurs, un seul héros, le peuple !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Aude]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Sep 2023 10:01:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Le 26 juillet 2023, une junte militaire avec à sa tête le chef de la garde présidentielle, Abdourahamane Tiani, a démis le président Mohamed Bazoum et suspendu la constitution nigérienne. C’est au nom du Conseil <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/au-niger-comme-ailleurs-un-seul-heros-le-peuple/" title="Au Niger comme ailleurs, un seul héros, le peuple !">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">Le 26 juillet 2023, une junte militaire avec à sa tête le chef de la garde présidentielle, Abdourahamane Tiani, a démis le président Mohamed Bazoum et suspendu la constitution nigérienne. C’est au nom du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) que la junte a pris le pouvoir en annonçant vouloir une transition vers un régime civil d’ici trois ans. Depuis, la Cédéao<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7806_10('footnote_plugin_reference_7806_10_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_7806_10('footnote_plugin_reference_7806_10_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7806_10_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7806_10_1" class="footnote_tooltip">La Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest est une union économique, monétaire et militaire de 15 membres permettant une liberté de circulation communautaire. Au départ pensée comme organisation de coopération économique uniquement, ses prérogatives ont rapidement inclus la sécurité de la région et la médiation des crises. </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7806_10_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7806_10_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> a mis en place un ensemble de sanctions économiques<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7806_10('footnote_plugin_reference_7806_10_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_7806_10('footnote_plugin_reference_7806_10_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7806_10_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7806_10_2" class="footnote_tooltip"><a href="https://ecowas.int/final-communique-fifty-first-extraordinary-summit-of-the-ecowas-authority-of-heads-of-state-and-government-on-the-political-situation-in-niger/">Final communique – Extraordinary Summit of the ECOWAS Authority of Heads of State and Government on the political situation in Niger </a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7806_10_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7806_10_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> et menace d’une intervention militaire pour rétablir l’ordre constitutionnel antérieur. L’Union africaine, l’Union européenne, la Maison-Blanche et globalement toutes les grandes puissances ont condamné le coup d’État militaire et prônent le rétablissement de Bazoum.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #09 &#8211; SEPTEMBRE 2023</h6>



<p class="has-drop-cap">Ce coup d’État n’arrive pas seul. Il fait suite à celui du Mali en 2020, de la Guinée en 2021 et du Burkina Faso en 2022. Ce n’est pas un hasard si ces pays font tous partie de l’ancien empire colonial français, dont nous allons esquisser rapidement la trajectoire. Il ne s’agit pas ici de dire que ces putschs procèdent tous des mêmes déterminations ou qu’elles se réduisent à ce passé commun, mais de comprendre comment ces coups d’État ont pu être possibles et soutenus par ce qui semble être une majorité de la population.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un putsch sur fonds de rejet de la Françafrique</h2>



<p>Les activités françaises en Afrique ont été meurtrières depuis leurs débuts. Du 17e au 19e&nbsp;siècle, ce sont 1 200 000 d’Africain·es qui ont été déporté·es aux Antilles (et des centaines de milliers de mort·es pendant la traversée). Ces esclaves ont permis aux bourgeoisies de villes portuaires françaises telles que Bordeaux, Nantes ou La Rochelle de s’enrichir et de se développer. Ce commerce a participé au processus que Marx nomme l’accumulation primitive du capital et qui permit aux bourgeoisies anglaises et françaises d’accumuler le capital nécessaire à l’investissement dans l’industrialisation et passer d’une société organisée par des rapports sociaux de production principalement féodaux à des rapports de production principalement capitalistes.&nbsp;</p>



<p>Après l’abolition de la traite humaine, c’est à la colonisation directe que se sont adonnées les différentes puissances impérialistes. La France s’y est taillé la part du lion. Alors que la métropole d’aujourd’hui fait 550 000&nbsp;km2, son ancien empire colonial faisait 13,5&nbsp;millions de km2. La majorité de ces territoires colonisés se trouvaient en Afrique. Les quatre pays où ont eu lieu des putschs faisaient tous partie de l’Afrique-Occidentale-Française (AOF) et c’est à cette époque que leurs frontières furent tracées à la règle. Ils serviront de réserve naturelle, de main-d’œuvre et de soldats pour les guerres que les puissances impérialistes mèneront sur tous les continents.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="b09086" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #b09086;" decoding="async" width="800" height="450" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Niger_Illustr1-jpg.webp" alt="" class="wp-image-7810 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Niger_Illustr1-jpg.webp 800w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Niger_Illustr1-300x169.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Niger_Illustr1-768x432.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Niger_Illustr1-678x381.webp 678w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>



<p>Après la Seconde Guerre mondiale, ces pays deviennent territoires d’outre-mer et sont donc intégrés formellement à la « nation française ». Dans les années 1950 explosent à travers l’Afrique des revendications politiques et sociales, notamment pour l’indépendance. La Gold Coast, actuel Ghana, proclame son indépendance en 1957. La France comprend que son empire est menacé, surtout qu’elle vient de perdre la guerre d’Indochine et est enlisée dans celle d’Algérie. Ces guerres sont coûteuses en argent comme en vies humaines. Il va donc falloir préparer les indépendances et s’assurer que les intérêts de la France y soient sauvegardés. Ainsi, à la veille des indépendances, des accords de coopération secrets sont signés, des « techniciens » français sont envoyés pour assister et conseiller tous les nouveaux chefs d’État et la France conserve sa présence militaire et sa domination monétaire à travers le Franc CFA. Cette union monétaire sous domination française oblige par exemple ses pays membres à demander l’autorisation à Paris pour emprunter les investissements nécessaires à la construction d’un nouveau pont ou d’une autoroute au lieu de chercher des investissements directement sur les marchés financiers.</p>



<p>Mais pour que ce nouveau système de domination fonctionne, il faut aussi s’assurer la coopération et la loyauté des élites locales. C’est ce que fera Jacques Foccart, conseiller spécial de De Gaulle et Pompidou et architecte en chef de la Françafrique. Ainsi, des francophiles reconnus comme Léopold Sédar Senghor ou Félix Houphouët-Boigny seront les colonnes vertébrales de ces nouvelles coopérations entre les anciennes colonies et la métropole. A contrario, les dirigeants réfractaires ou trop indépendantistes seront combattus farouchement par la France. Ainsi de Djibo Bakary, chef du gouvernement du territoire d’Outre-mer Niger, dont le gouvernement démissionnera à la suite d’élections sabotées par l’administration coloniale. Ainsi aussi de Sékou Touré, premier président de la Guinée, qui affirmait « préférer la liberté dans la pauvreté que la richesse dans la servitude » et contre lequel la France mènera une terrible guerre économique.</p>



<p>Jusqu’à ce jour donc, l’indépendance du Niger n’est que formelle. Et soixante ans après les indépendances et ses relations privilégiées avec une des principales puissances économiques mondiales, le Niger reste un des pays les plus pauvres au monde, que ce soit du point de vue de l’indice de développement humain ou en termes de PIB/habitant·e. Pourtant, son sous-sol est riche en matières premières : uranium, pétrole et or y sont présents et exploités massivement au bénéfice des entreprises qui en possèdent les contrats d’exploitation, sans que la population nigérienne n’en tire de bénéfices. Un quart de la consommation européenne en uranium y est extrait, pendant que le Niger est obligé d’importer 90 % de son électricité du Nigéria voisin. Parmi les principaux bénéficiaires de ce pillage en règle des ressources nigériennes se trouve notamment la France, à travers Orano (ex-Areva) qui y exploite trois concessions d’uranium, mais aussi la Chine et le Canada qui y possèdent des contrats d’exploitation de mines d’uranium ou de gisements de pétrole. Ces activités laissent des millions de tonnes de déchets radioactifs à l’air libre. Si c’est la France (plus que le Canada, la Chine ou les États-Unis) qui cristallise le ressentiment des nigérien·nes, c’est en raison de ce long passé colonial fait de crimes, d’exploitation et de collusions avec des élites locales corrompues.</p>



<p>Enfin, la situation sécuritaire est catastrophique depuis la chute de Kadhafi en Libye et la prolifération de milices armées dans tout le Sahel. Les militaires des pays africains qui luttent contre ces groupes subissent des pertes régulières, alors que la présence de milliers de soldats français, américains ou autres sur leur territoire ne semble pas freiner le phénomène.</p>



<p>Dans ce contexte, la relation de la France avec le Niger est vue par la majorité des Nigérien·nes comme une relation de dépendance coloniale. C’est à ce titre que le putsch des militaires contre le premier président issu d’une transition pseudo-démocratique du pouvoir au Niger a pu être soutenu ou accepté par la population. Tout semble préférable à la continuation de régimes qui laissent piller les richesses du pays par l’ancienne puissance coloniale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une défaite de l’impérialisme français ?</h2>



<p>Une des premières mesures prises par la junte au pouvoir fut d’interdire toute exportation d’uranium vers la France et les accords de coopération militaire avec la France furent unilatéralement abrogés. Quelques jours après le coup, l’ambassade française fut prise pour cible par des manifestant·es qui ont tenté d’y mettre le feu. Incontestablement, au Niger comme au Mali ou au Burkina, les positions et l’influence de la France sont affaiblies et ces coups d’État en sont autant un symptôme qu’un accélérateur.</p>



<p>Mais la France s’est toujours arrangée pour s’adapter aux nouvelles circonstances des exigences de la décolonisation tout en maintenant ses objectifs stratégiques. Pour comprendre quelle suite pourrait prendre les événements, il nous faut voir quel rôle joue le Niger pour les différents impérialistes qui y interviennent.</p>



<p>Nous avons déjà vu le rôle central des sous-sols nigériens pour les économies occidentales. Avec la guerre en Ukraine et la nécessité d’une indépendance énergétique vis-à-vis de la Russie, le projet de pipeline du Niger au Bénin (le plus long d’Afrique) pour approvisionner l’Europe et la Chine prend un rôle central.</p>



<p>Ensuite, le Niger représente la principale zone qui permet aux armées françaises et américaines de se projeter dans le Sahel si besoin. Dans le cas de la France, c’est d’autant plus le cas que les militaires français ont dû quitter récemment à la fois le Mali et le Burkina Faso. Les Américains, de leur côté, y ont une base qui leur a coûté 110&nbsp;millions de dollars et 30&nbsp;millions annuels de maintenance. Il est hors de question pour ces deux pays d’abandonner et de liquider ces précieux atouts dans la région.</p>



<p>En plus des matières premières et du rôle militaire que joue le Niger, on peut aussi rajouter son rôle au carrefour des migrations africaines. Avec ses 1 267 000&nbsp;km2 de superficie, dont 80 % est formée par le Sahel et le Sahara, ce pays a toujours été un lieu d’échanges commerciaux et de mobilités humaines. Avec la crise de l’accueil des réfugié·es en Europe, l’Union européenne cherche à contrôler davantage les migrations, notamment en extériorisant ses frontières au Niger et en forçant les autorités nigériennes à criminaliser les communautés dont l’activité consistait à héberger, nourrir ou guider les migrant·es.</p>



<p>Enfin, le Niger, comme tous les autres pays de l’ancien empire colonial français, joue un rôle particulier pour la France au sein des instances internationales comme l’ONU, pour des votes communs. À cela, il faut rajouter la guerre informationnelle que se livrent la France et la Russie (à travers la milice Wagner) pour l’influence et les contrats militaires à travers l’Afrique, de la République centrafricaine au Mali et au Burkina Faso.</p>



<p>Ces différents enjeux (ressources naturelles, projection de forces armées, contrôle des migrations inter-africaines et institutions internationales) n’épuisent pas l’ensemble des enjeux géopolitiques et économiques du Niger, mais nous pensons qu’ils permettent de comprendre les réactions des différents acteurs de la région et d’en préciser les développements possibles. Mais avant ça, il nous faut revenir sur le contexte global dans lequel ces événements se déroulent.&nbsp;</p>



<p>Les dernières années se sont particulièrement caractérisées par la pandémie de Covid-19 et le confinement, la guerre en Ukraine, le réchauffement climatique et l’accélération de phénomènes climatiques extrêmes, l’accession au pouvoir de dirigeants d’extrême-droite et la croissance de partis fascistes, les meurtres de masse par les politiques migratoires répressives, mais aussi l’explosion de mouvement sociaux et de révoltes populaires à travers tous les continents. Ces crises se superposent et réagissent en retour les unes sur les autres notamment dans le sens d’un renforcement des compétences autoritaires de l’État, d’une augmentation des taux d’exploitation à travers des réformes néolibérales, de la compétition inter-impérialiste et du danger fasciste. C’est la conséquence d’un monde capitaliste dont les lois internes, dont le fonctionnement normal, mène aux crises.&nbsp;</p>



<p>Le capitalisme est un mode de production qui se base sur une double division : d’une part une division entre une bourgeoisie propriétaire des moyens de production et prolétaires n’ayant que leur force de travail à vendre ; d’autre part une division entre unités de production c’est-à-dire entre propriétaires des moyens de production eux-mêmes. C’est cette seconde division, la concurrence entre capitalistes individuels, qui mène à la nécessité pour eux de toujours augmenter la productivité des moyens de production pour gagner (ou pour ne pas perdre) des parts de marché sur leurs concurrents. Ce phénomène<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7806_10('footnote_plugin_reference_7806_10_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_7806_10('footnote_plugin_reference_7806_10_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7806_10_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7806_10_3" class="footnote_tooltip">Sur ces notions d’économie marxiste, relire l’article « <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/de-quoi-la-crise-est-elle-le-nom/">De quoi la crise est-elle le nom ?</a> » publié en 2017 sur le site d’A2C</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7806_10_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7806_10_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> se caractérise par une part toujours plus grande de travail mort au détriment du travail vivant dans la composition organique du capital. Concrètement, cela correspond à une baisse des taux de rendement sur investissement, qui est la principale raison d’investir pour un capitaliste. Marx la nomme baisse tendancielle du taux de profit. L’expression concrète que prend cette tendance à la baisse du taux de profit dans ses rapports avec la nature, la lutte des classes et toute la superstructure<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7806_10('footnote_plugin_reference_7806_10_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_7806_10('footnote_plugin_reference_7806_10_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7806_10_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7806_10_4" class="footnote_tooltip">Relire l’article de Chris Harman « <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/base-et-superstructure/">Base et superstructure</a> » traduit sur le site d’A2C</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7806_10_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7806_10_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> idéologique, c’est ce qu’on a pris l’habitude d’appeler à A2C la trajectoire du capital. Et cette trajectoire nous plonge toujours plus rapidement dans l’alternative entre les crises à répétition, la guerre et le fascisme d’un côté, et la fin de l’exploitation de l’homme et de la nature, la révolution et le communisme de l’autre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers une intervention militaire ?</h2>



<p>Ce monde est de plus en plus multipolaire et des puissances émergentes menacent l’hégémonie économique, financière et militaire des États-Unis en particulier et de l’Otan qui était la norme depuis la fin de la guerre froide. Au niveau économique, l’inflation continue, notamment pour la nourriture et l’énergie, la croissance des échanges commerciaux est en baisse et une récession globale du secteur industriel est annoncée. Ces tendances touchent l’ensemble des économies majeures du monde (G7). Les salaires réels diminuent : 2 % aux US en 2022, 8 % dans la zone euro depuis la crise de 2020.</p>



<p>Les États-Unis restent néanmoins la puissance dominante. À titre d’exemple, leur budget militaire en 2022 était plus élevé que celui de l’ensemble des neufs autres pays qui dépensent le plus. Le principal antagonisme de la compétition inter-impérialiste se joue aujourd’hui entre les États-Unis et la Chine&nbsp;<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7806_10('footnote_plugin_reference_7806_10_5');" onkeypress="footnote_moveToReference_7806_10('footnote_plugin_reference_7806_10_5');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7806_10_5" class="footnote_plugin_tooltip_text">5</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7806_10_5" class="footnote_tooltip">À ce sujet lire l’excellente synthèse de Nicolas Verdon, « <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/etats-unis-chine-vers-un-nouveau-partage-du-monde/">États-Unis/Chine : vers un nouveau partage du monde</a> »</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7806_10_5').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7806_10_5', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Pour autant, leurs économies restent largement connectées malgré les embargos respectifs que les deux pays se livrent (notamment sur les microprocesseurs qui sont un élément clé du développement de l’électronique civile comme militaire) et un conflit ouvert ou une guerre par proxy entre la France et la Russie au Niger semble peu probable.&nbsp;</p>



<p>Bien que la Cédéao ait formellement validé l’idée d’une intervention militaire au Niger pour rétablir le président Bazoum, l’idée d’une guerre ouverte dans la région est rejetée par la plupart des acteurs locaux et globaux. Parmi les membres de la Cédéao, c’est le Sénégal et la Côte d’Ivoire, deux régimes particulièrement inféodés à la France, ainsi que le Nigéria qui sont les principaux agitateurs pour une intervention militaire et les seuls à avoir confirmé pouvoir envoyer des troupes. A contrario, le Burkina Faso, le Mali, la Guinée et le Tchad sont opposés à toute intervention militaire et sont même prêts à s’allier à la junte au pouvoir. Le Burkina Faso et le Mali ont même annoncé soutenir le Niger en cas d’intervention militaire. On a vu pourquoi la France avait un intérêt particulier au rétablissement d’un régime qui lui est favorable. On comprend aussi pourquoi les chefs d’État de la Cédéao s’inquiètent de l’épidémie de putsch qui voit leur cartel de chefs d’État se réduire d’année en année : ils pourraient aussi être les prochains.&nbsp;</p>



<p>Mais les intérêts impérialistes dominants dans la région, étant donné l’état du rapport de forces inter-impérialiste, consistent surtout au maintien de la puissance d’intervention militaire étatsunienne, de l’accès aux ressources, de la construction du pipeline d’Agadez et d’une relative stabilité dans la région pour que les entreprises qui y opèrent ne soient pas menacées. Le rétablissement de Mohamed Bazoum par une intervention militaire serait très risqué et impopulaire dans toute la région.</p>



<p>De son côté, la junte, sous-couvert d’anti-­impérialisme, fera peser autant qu’elle le pourra le poids économique et humain des conséquences de son putsch et des sanctions économiques sur la jeunesse et les travailleur·euses nigérien·nes. Comme le disent des camarades révolutionnaires nigérian·es de la Socialist Workers League dans leur communiqué sur la situation : « Les putschistes, tout comme le gouvernement déchu, sont des membres représentatifs de la classe dirigeante des exploiteurs et des oppresseurs au Niger. Le véritable pouvoir d’assurer le progrès social et la démocratie radicale d’en bas est principalement entre les mains de la classe ouvrière du Niger. Il est trop tôt pour déterminer comment la situation actuelle au Niger va se dérouler. Mais il est crucial que ce processus soit mené par le peuple nigérien, et non par des puissances étrangères comme la France ou la Russie [&#8230;] Le chemin vers cela passe par l’organisation et la lutte des travailleurs et des jeunes du Niger pour la démocratie révolutionnaire et le socialisme d’en bas&nbsp; et non par une politique putschiste ou une ingérence impérialiste. »<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7806_10('footnote_plugin_reference_7806_10_6');" onkeypress="footnote_moveToReference_7806_10('footnote_plugin_reference_7806_10_6');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7806_10_6" class="footnote_plugin_tooltip_text">6</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7806_10_6" class="footnote_tooltip"><a href="https://socialistworkersleague.org/2023/08/12/declaration-de-swl-sur-le-coup-detat-au-niger-et-la-reaction-de-la-cedeao/?fbclid=IwAR1C_JB46C8pTuFIVNTWsnWyBRkxfFcVGURSPAlkwpXS-vXynpiF3QYp1X8">Déclaration de SWL sur le coup d’État au Niger et la réaction de la CEDEAO</a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7806_10_6').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7806_10_6', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img data-dominant-color="817d71" data-has-transparency="false" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Niger_Illustr2-1100x619.webp" alt="" class="wp-image-7813 not-transparent" style="--dominant-color: #817d71; aspect-ratio:16/9;object-fit:cover;width:604px" width="604" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Niger_Illustr2-1100x619.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Niger_Illustr2-300x169.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Niger_Illustr2-768x432.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Niger_Illustr2-678x381.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Niger_Illustr2-1320x743.webp 1320w" sizes="(max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Ce que cela signifie pour nous en France</h2>



<p>Il faut se battre évidemment pour la fin de la Françafrique et le départ de l’armée française du Niger. Il faut se battre contre l’intervention militaire au Niger et contre toutes formes de sanctions. Comme le font très justement les camarades nigérian·es, il faut aussi appuyer toute forme d’organisation par en bas au Niger pour un combat pour la démocratie !</p>



<p>Mais si on analyse ce qui se passe au Niger dans le cadre du conflit inter-impérialiste, cela doit aussi passer par un combat contre l’envoi d’armes en Ukraine, contre la guerre et pour la solidarité internationale !</p>



<p>Il faut se battre résolument contre toute forme de racisme en France qui, en plus de l’oppression quotidienne des racisé·es et des migrant·es, sert de ferment idéologique à l’interventionnisme français !</p>



<p>Le combat pour la régularisation de toutes et tous et contre la loi Darmanin est un combat pour la solidarité internationale, car c’est un combat concret pour les droits de toutes et tous, des travailleur·euses étranger·es.</p>



<h5 class="wp-block-heading has-text-align-left">Gabriel Cardoen</h5>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_7806_10();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_7806_10();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_7806_10">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_7806_10" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7806_10_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7806_10('footnote_plugin_tooltip_7806_10_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">La Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest est une union économique, monétaire et militaire de 15 membres permettant une liberté de circulation communautaire. Au départ pensée comme organisation de coopération économique uniquement, ses prérogatives ont rapidement inclus la sécurité de la région et la médiation des crises. </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7806_10_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7806_10('footnote_plugin_tooltip_7806_10_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://ecowas.int/final-communique-fifty-first-extraordinary-summit-of-the-ecowas-authority-of-heads-of-state-and-government-on-the-political-situation-in-niger/">Final communique – Extraordinary Summit of the ECOWAS Authority of Heads of State and Government on the political situation in Niger </a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7806_10_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7806_10('footnote_plugin_tooltip_7806_10_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Sur ces notions d’économie marxiste, relire l’article « <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/de-quoi-la-crise-est-elle-le-nom/">De quoi la crise est-elle le nom ?</a> » publié en 2017 sur le site d’A2C</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7806_10_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7806_10('footnote_plugin_tooltip_7806_10_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Relire l’article de Chris Harman « <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/base-et-superstructure/">Base et superstructure</a> » traduit sur le site d’A2C</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7806_10_5" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7806_10('footnote_plugin_tooltip_7806_10_5');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>5</a></th> <td class="footnote_plugin_text">À ce sujet lire l’excellente synthèse de Nicolas Verdon, « <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/etats-unis-chine-vers-un-nouveau-partage-du-monde/">États-Unis/Chine : vers un nouveau partage du monde</a> »</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7806_10_6" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7806_10('footnote_plugin_tooltip_7806_10_6');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>6</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://socialistworkersleague.org/2023/08/12/declaration-de-swl-sur-le-coup-detat-au-niger-et-la-reaction-de-la-cedeao/?fbclid=IwAR1C_JB46C8pTuFIVNTWsnWyBRkxfFcVGURSPAlkwpXS-vXynpiF3QYp1X8">Déclaration de SWL sur le coup d’État au Niger et la réaction de la CEDEAO</a></td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_7806_10() { jQuery('#footnote_references_container_7806_10').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_7806_10').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_7806_10() { jQuery('#footnote_references_container_7806_10').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_7806_10').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_7806_10() { if (jQuery('#footnote_references_container_7806_10').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_7806_10(); } else { footnote_collapse_reference_container_7806_10(); } } function footnote_moveToReference_7806_10(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_7806_10(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_7806_10(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_7806_10(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/au-niger-comme-ailleurs-un-seul-heros-le-peuple/">Au Niger comme ailleurs, un seul héros, le peuple !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/pas-de-guerre-entre-les-peuples-pas-de-paix-entre-les-classes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vanina]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Mar 2022 03:28:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[anti-impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[antiguerre]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[internationalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=5203</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">La crise militaire d’ampleur qui vient de se déclarer aux portes de l’Europe est le point culminant d’une série de crises majeures qui frappent l’humanité depuis une décennie. La crise climatique, la crise économique de <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/pas-de-guerre-entre-les-peuples-pas-de-paix-entre-les-classes/" title="Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes !">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/pas-de-guerre-entre-les-peuples-pas-de-paix-entre-les-classes/">Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<pre class="wp-block-verse">La crise militaire d’ampleur qui vient de se déclarer aux portes de l’Europe est le point culminant d’une série de crises majeures qui frappent l’humanité depuis une décennie. La crise climatique, la crise économique de 2008, la crise du covid étaient déjà les symptômes d’un système capitaliste mondial à bout de souffle. Mais l’aggravation brutale de la situation marque un tournant vers un risque de déflagration mondiale. Plus que jamais les luttes de notre camp, des masses que ce système opprime et exploite, sont essentielles pour stopper cette folie.</pre>



<h6 class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background wp-block-heading" style="font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #02 &#8211; mars 2022</h6>



<p>Le déclenchement de la guerre en Ukraine par Poutine, le 24 février, n’a rien avoir avec la paranoïa d’un dirigeant autocrate sanguinaire comme le décrivent les dirigeants et médias occidentaux. Poutine est, à n’en pas douter, un autocrate qui muselle le peuple russe, c’est un boucher sanguinaire qui a massacré plus de 200 000 civils en Tchétchénie en 1999. Et il n’hésitera pas à faire de même en Ukraine si les intérêts qui le guident le nécessitent.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Refuser l’escalade guerrière</h2>



<p>Mais la violence militaire et la barbarie sanguinaire dont il fait preuve sont exactement de la même nature que celles qu’ont commises à de multiples reprises les Etats-Unis lorsqu’ils couvraient le Vietnam de napalm ou l’Etat français lorsqu’ils massacrait des centaines de milliers d’Algériens pour préserver son empire colonial, ou plus récemment lorsque les Etats-Unis ont mené la coalition pour détruire sous l’Irak sous un déluge de bombes, ou encore quand Sarkozy bombardait la&nbsp; Libye.&nbsp;</p>



<p>Cette guerre n’a rien à voir non plus avec la défense des droits et des libertés d’un peuple que ce soient les minorités russophones d’Ukraine pour Poutine, ou l’intégrité de l’état démocratique ukrainien pour l’Europe et les Etats-Unis. L’argument de la défense des droits et libertés des peuples à toujours été l’argument utilisé par les grandes puissances pour s’engager dans les guerres. C’est comme cela qu’a débuté la première guerre mondiale, qui a ravagé l’Europe et fait 20 millions de victimes.</p>



<p>Au lendemain de l’attaque russe, l’OTAN à commencé à déployer «&nbsp;<em>des éléments de sa force de&nbsp;réaction&nbsp;pour renforcer encore son dispositif de défense et être en mesure de réagir rapidement à toute éventualité&nbsp;</em>». Macron y contribue en déployant des soldats français en Roumanie et en Estonie. L’Allemagne a annoncé son réarmement tandis que l’Europe a décidé d’envoyer massivement des armes en Ukraine. L‘engrenage d’une guerre globale se met dangereusement en mouvement.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Toutes celles et tous ceux qui se battent pour l’émancipation des exploité.e.s et des opprimé.e.s&nbsp;ne peuvent qu’être internationalistes et s’opposer à la domination d’une nation sur une autre. Ils ne peuvent être que totalement solidaires des populations ukrainiennes et exiger que la Russie retire ses troupes. Mais si nous n’avons pas les moyens immédiats d’éteindre le feu en Ukraine, nous devons nous opposer à ce que les pompier-pyromanes de l’OTAN y jettent leurs bidons d’essence. Nous devons au contraire exiger la dissolution de l’OTAN et&nbsp;refuser la militarisation de l’Europe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une guerre impérialiste</h2>



<p>Le stratège prussien Von Clausewitz écrivait au 19ème siècle que « <em>la guerre est le prolongement de la lutte politique par d’autres moyens</em> ».&nbsp;Reprenant cette analyse, au début de la première guerre mondiale, pour comprendre ce qui avait produit cette monstruosité, le révolutionnaire russe Lénine argumentait qu’à l’époque d’un capitalisme hégémonique sur toute la planète, divisé en empires économiques et militaires, la guerre était la continuation de la concurrence acharnée que se livrent les blocs de capitaux rivaux. Elle était le moyen, lorsque les mécanismes économiques ne suffisent plus, d’assurer le contrôle des ressources de matières premières, de conquérir de nouveaux territoires pour investir leurs capitaux.</p>



<p>L’escalade guerrière actuelle procède de la même logique.&nbsp;Les capitaux, même financiarisés, même mondialisés s’appuient sur les moyens militaires des Etats avec lesquels ils sont étroitement liés pour imposer leur domination ou affaiblir leurs concurrents.</p>



<p>L’effondrement du bloc de l’Est au début des années 1990 a bouleversé l’ordre de domination issu de la deuxième guerre mondiale.&nbsp;Ce fut le début du nouvel ordre mondial promu par les Etats-Unis pour imposer leur hégémonie militaire et économique sur tout le globe.&nbsp;</p>



<p>L’OTAN, alliance militaire dirigée par les Etats-Unis pour défendre les intérêts du bloc occidental, loin de se dissoudre avec la fin de la guerre froide, s’est étendue&nbsp;vers les pays de l’Europe de l’Est encerclant toujours plus étroitement la Russie, économiquement exsangue et militairement affaiblie. Elle a renforcé son partenariat militaire avec l’Union européenne qui, dans le même temps, s’élargissait pour intégrer ces mêmes pays dans son grand marché libéral. Lorsque, en 1999, l’Otan est intervenue militairement en Yougoslavie, plongée dans une atroce guerre civile, il s’agissait plus de s’imposer aux yeux de la Russie comme gendarme du monde que de défendre, comme elle le prétendait, les populations victimes du nettoyage ethnique.&nbsp;Dans le même but, avec l’Otan ou avec des coalitions&nbsp;<em>ad hoc</em>, les Etats-unis ont mené la guerre contre l’Irak en 1990-91&nbsp;avant de l’écraser sous une pluies de bombes&nbsp;&nbsp;en 2003 pendant qu’ils se lançaient dans une guerre d’occupation de l’Afghanistan qui allait durer 20 ans.&nbsp;</p>



<p>C’est dans cette même période que fut lancée la course furieuse vers la mondialisation libérale qui allaient impacter toute les économies dans un programme de concurrence économique sans retenue, de privatisation et de démantèlement des services publics.</p>



<p>Si les Etats-Unis ont réussi à imposer leur hégémonie militaire sur toute cette période, il n’en fut pas de même sur le plan économique. Les économies occidentales ne se sont jamais remises de la crise des années 1970.&nbsp;La mondialisation des années 1990 et 2000 a vu l’explosion de monstres économiques comme lesGAFAM, la multiplication de milliardaires, mais ce fut au prix d’une aggravation des inégalités mondiales, d’une explosion de la dette, d’une stagnation voire d’une baisse du pouvoir d’achat&nbsp;. Elle a abouti à la crise mondiale qui a ravagé les économies en 2008 et dont elles ne se sont pas encore relevées.&nbsp;</p>



<p>Dans le même temps, les Etats-Unis ont vu leur part du marché mondial diminuer, en particulier au profit de la Chine dont le PIB a explosé à partir des années 1990 pour devenir la deuxième puissance économique mondiale et le concurrent le plus sérieux des Etats-Unis.&nbsp;</p>



<p>C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre le déclenchement de la guerre actuelle. La Chine forte de sa puissance économique et la Russie forte de sa puissance militaire contestent l’hégémonie et l’expansionnisme des Etats-Unis et de ses alliés.</p>



<p>En 2014, la révolution de Maïdan a porté à la tête l’Ukraine des dirigeants pro-européens&nbsp;qui ont entamé de premières discussions pour se rapprocher de l’OTAN. Profitant de la colère des minorités russophones, Poutine a annexé la Crimée, ce qui n’a pas&nbsp;tempéré&nbsp;l’ardeur de l’OTAN à vouloir intégrer l’Ukraine dans son alliance militaire.&nbsp;</p>



<p>La débâcle Étasunienne en Afghanistan et son retrait piteux en août dernier ont sans doute été le signe pour les puissances impérialistes chinoise et russe qu’un repartage du monde était à l’ordre du jour. Alors que les Etats-Unis s’attelaient, dès septembre, à mettre en place une alliance militaire dans le Pacifique avec l’Australie et la Grande Bretagne pour faire face à la Chine, qu’elle identifiait depuis longtemps comme la plus grande menace à son hégémonie, les dirigeants chinois affirmaient haut et fort leur volonté d’un retour rapide de Taiwan dans la Chine. Il s’appuyèrent sur une démonstration de force militaire au-dessus de l’île. Joe&nbsp;Biden s’était alors dit prêt à une intervention militaire au cas d’invasion chinoise.&nbsp;Aujourd’hui la Russie se pense en force de contester l’hégémonie de l’OTAN en Europe.</p>



<p>C’est l’accumulation de telles rivalités entre puissances impérialistes qui a conduit par deux&nbsp;fois le monde à la barbarie généralisée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Combattre nos impérialismes</h2>



<p>Au déclenchement de la première guerre mondiale, les principaux dirigeants politiques et syndicaux du mouvement ouvrier européen, qui avait clamé haut et fort, jusqu’à la veille, leur unité et&nbsp;leur internationalisme, se sont vautrés&nbsp;dans le chauvinisme le plus crasse en appelant, à outrance, les ouvriers de leurs pays respectifs à massacrer ceux d’en face.</p>



<p>Le révolutionnaire et député allemand Karl Liebknecht fut l’un des seuls à voter contre cette guerre. Interdit de parole au parlement, il publia sa position dans une brochure intitulée “<em>L’ennemi principal est dans notre pays !</em>“.&nbsp;Il y expliquait que «&nbsp; <em>L’ennemi principal de chaque peuple est dans son propre pays ! L’ennemi principal du peuple allemand est en Allemagne : l’impérialisme allemand, le parti de la guerre allemand, la diplomatie secrète allemande.&nbsp;C’est cet ennemi dans son propre pays qu’il s’agit pour le peuple allemand de combattre dans une lutte politique, en collaboration avec le prolétariat des autres pays, dont la lutte est dirigée contre ses propres impérialistes.</em> »</p>



<p>En Russie,&nbsp;Lénine défendait les mêmes positions en expliquant qu’en temps de guerre on ne pouvait que vouloir la défaite de son propre gouvernement.</p>



<p>Les principaux dirigeants du mouvement ouvrier, qui avaient abandonné toute perspective de transformation révolutionnaire de la société, pensaient que la guerre ne pouvait se finir que par la victoire de l’un ou l’autre des camps impérialistes et choisissaient le leur. Ils furent les complices des plus grands massacres de masse qu’a connu l’humanité.&nbsp; Ces furent au contraire la révolution russe de 1917, en renversant le Tsar, et la révolution allemande d’octobre-novembre 1918, en mettant fin au régime impérial, qui accélèrent la fin de la guerre et de la barbarie.</p>



<p>Les peuples du monde entier ont tout à craindre de l’affrontement actuel des impérialismes. Mais ils ont en mémoire les deux boucherie mondiales. Il ont aussi la mémoire de la lutte contre la guerre du Vietnam, celle du peuple vietnamien qui a mis en échec la plus grande puissance militaire du monde , celle du mouvement anti-guerre qui a déstabilisé les Etats-Unis de l’intérieur. Les Russes ont également en mémoire le tribut qu’ils ont payé pour la sale guerre&nbsp;menée par l’URSS en Afghanistan et qui a contribué à sa chute. Nombreux manifestent aujourd’hui en Russie pour clamer leur opposition à la guerre malgré la répression féroce de l’Etat.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="4a453d" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #4a453d;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/03/russie.jpg" alt="" class="wp-image-5304 not-transparent"/><figcaption>« Ukraine &#8211; Paix, Russie &#8211; Liberté ». Manifestation à Moscou le 24 février 2022 (DR)</figcaption></figure></div>



<h2 class="wp-block-heading">Contre la guerre et le nationalisme, nos luttes !</h2>



<p>Face à l’esprit guerrier, la lutte contre le nationalisme doit plus que jamais guider nos actions.</p>



<p>Dans son adresse au parlement du 25 février, Macron a exhorté le pays&nbsp;à “l’unité nationale” pour défendre la démocratie et nos valeurs. Nous devrions ainsi tous faire corps au nom d’un intérêt commun et taire nos divergences parce que nous vivons dans les mêmes frontières.</p>



<p>Mais deux ans de “guerre” contre le Covid, comme il avait alors osé qualifier la crise sanitaire, ont montré ce que signifie ce prétendu intérêt commun. Tandis que la population, en particulier les populations les plus précaires et les racisés, subissait les conséquences de sa politique de destruction du système de santé, il a continué de supprimer près de 4000 lits d’hôpitaux par an pendant la crise pour arriver à un total&nbsp;de&nbsp;17 000 lits supprimés à la fin de son quinquennat. Il a imposé sa contre-réforme de l’Assurance chômage qui va entraîner, selon un rapport de l’Unédic d’avril&nbsp;2021, une baisse de revenus de 17% en moyenne&nbsp;pour 1,15 million d’allocataires. Selon l’ONG Oxfam, 1 million de personnes ont basculé dans la pauvreté durant la période. «&nbsp; <em>L’épargne des 20% des Français-e-s les plus pauvres a diminué de près de 2 milliards d’euros pendant le premier confinement, alors que les 10% des Français-e-s les plus riches ont vu leur fortune augmenter de plus de 25 milliards d’euros</em> ».&nbsp;</p>



<p>Pour les entreprises du CAC 40,&nbsp;la crise a été en effet du pain béni ! Tandis que l’inflation faisait exploser la facture énergétique de la population,&nbsp;TotalEnergies&nbsp;annonçait début février ses profits les plus élevés depuis 15 ans. Les entreprises du CAC 40 ont réalisé un total de 137 milliards d’euros de bénéfice en 2021 dont ils s’apprêtent à verser la moitié en dividendes !&nbsp; Voilà ce qu’il en est de l’intérêt commun !&nbsp;</p>



<p>Face à l’explosion des inégalités, les luttes sociales se développent depuis le début de l’année. Les conflits sur les salaires se sont multipliés pour contrer la flambée des prix. La grève historique des enseignant.e.s, le 13 janvier, contre la gestion catastrophique de la crise dans l’Éducation et la baisse continue des moyens,&nbsp;ainsi que la grève massive des salarié.e.s de la RATP pour une augmentation des salaires&nbsp;qui a paralysé les transports parisiens le 27 janvier montrent une situation sociale potentiellement explosive. La crise actuelle va amplifier la hausse des prix de l’énergie et des céréales et multiplier les revendications salariales. Ceux qui se vautrent aujourd’hui dans l’unité nationale appelleront demain le pouvoir à faire cesser nos grèves pour ne pas mettre en péril les efforts et les dépenses militaires.&nbsp;</p>



<p>Les femmes ont été en première ligne pendant la crise sanitaire parce qu’elles occupent les deux-tiers des emplois dans le secteur du soin, du fait de la division&nbsp;genrée du travail qu’impose la domination de la société de classes&nbsp;patriarcale. Elles en ont été également les premières victimes parce qu’elles occupent les emplois les plus précaires, parce qu’elles sont mal payées. Elles sont aussi les principales victimes des violences des guerres. La journée internationale de lutte pour le droit des femmes avec le large appel à la grève feministe du 8 mars, pour l’égalité salariale et contre les violence sexistes est l’occasion pour notre camp d’assumer l’affrontement avec notre classe dirigeante et sa logique de guerre.</p>



<p>Mais l’unité nationale, pour Macron et tous les suppôts de la classe dirigeante, c’est aussi le soutien à la politique impérialiste de la France qui n’a cessé, depuis la décolonisation, de maintenir sa domination sur les populations et les territoires africains par une succession d’interventions militaires, de coups d’État et de soutien sans faille aux dirigeants les plus corrompus jusqu’au soutien des génocidaires rwandais.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="c2906a" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #c2906a;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/03/A2C_RevueN2_Edito_Illustr.jpg" alt="" class="wp-image-5305 not-transparent" width="298" height="421"/></figure></div>



<p>Le 16 février dernier, il a convoqué les dirigeants européens et africains à une réunion sur «&nbsp; <em>la sécurité au Sahel et en Afrique de l’Ouest</em> ». Il s’agissait de redéfinir l’intervention militaire française face à la contestation massive des populations africaines qui exigent le départ des troupes françaises, relayés par la junte militaire qui a pris le pouvoir au Mali. La France y est intervenue militairement depuis 2013. Sous couvert de lutte contre le terrorisme, l’opération Serval, devenue Barkhane en 2014 avait pour but&nbsp;d’assurer « <em>un accès sécurisé aux ressources énergétiques et minières</em> »&nbsp;de l’Afrique comme l’évoquait un rapport du Sénat et de garantir les intérêts des 40 000 entreprises françaises dont 14 multinationales implantées sur le continent.&nbsp;</p>



<p>Mais si la domination française est vivement contestée par&nbsp;les&nbsp;populations&nbsp;qui en subissent directement les conséquences, les richesses du territoire sont convoitées par d’autres puissances impérialistes, en particulier la Chine qui est devenue le premier partenaire économique de l’Afrique et la Russie qui a multiplié depuis quelques années les accords de coopération militaire et économique.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Chassée&nbsp;du Mali, la France a annoncé&nbsp;le&nbsp;redéploiement de ses troupes dans le golfe de Guinée et au Niger où elle exploite en particulier plusieurs mines d’uranium.&nbsp;Macron exhorte maintenant les autres pays européens à se constituer en puissance militaire.&nbsp;</p>



<p>Son&nbsp;enjeu sera de renforcer la domination sur l’Afrique, le nôtre est de soutenir la lutte des peuples africains et d’exiger le retrait des troupes françaises.</p>



<p>L’unité nationale, c’est encore le renforcement des frontières, du racisme et des courants fascistes.&nbsp;L’afflux de réfugiés ukrainiens&nbsp;dévoile comme jamais l’hypocrisie des dirigeants européens et le poison du racisme en Europe.&nbsp;Alors que des centaines&nbsp;de&nbsp;milliers d’Ukrainiens ont fuit les bombardements dont une grande partie en Pologne, les dirigeants polonais organisent le tri à leur frontière. Des milliers d’étudiants africains qui cherchaient à fuir les combats ont ainsi été refoulés. Tandis que Zemmour s’oppose à l’accueil des réfugiés pour ne pas&nbsp;«&nbsp;<em>déstabiliser la France qui est déjà submergée par l’immigration</em>&nbsp;»,&nbsp;Le Pen concède l’accueil de réfugiés&nbsp;ukrainiens&nbsp;pour mieux&nbsp;faire&nbsp;suinter son racisme : «&nbsp; <em>l’intégralité des réfugiés syriens était des hommes. C’est étonnant de voir des hommes fuir leur pays et laisser leurs femmes et leurs enfants là-bas. Il n’y a quasiment que des enfants, des femmes et des personnes âgées&nbsp;» qui fuient l’Ukraine. C’est le même poison raciste que distille Pécresse dans une tribune au Figaro où elle explique que le statut de réfugié pour les&nbsp;Ukrainiens se justifie&nbsp;bien davantage que pour&nbsp;«&nbsp;les faux réfugiés indûment entrés en Europe ces dernières années&nbsp;</em>».</p>



<p>Si le gouvernement pousse des cris d’orfraie, en expliquant qu’il n’y aura pas de tri, c’est pourtant exactement la logique de sa politique migratoire. Le 2 février, quinze jours avant l’offensive russe, Macron, devenu depuis peu président du Conseil de l’Union européenne,&nbsp;tenait une conférence de presse à Tourcoing sur les politiques migratoires. Il a exhorté les pays membres à renforcer la protection des frontières extérieures.&nbsp;  «&nbsp;<em>Nous voulons un système Schengen mieux tenu »</em>.&nbsp; Il a proposé, entre autres, de renforcer la pression sur les États frontières pour qu’ils accentuent leurs contrôles, un mécanisme permettant de réintroduire le contrôle aux frontières des États européens défaillants et&nbsp; «&nbsp;<em>une politique plus opérationnelle et plus unie&nbsp;</em>»&nbsp; en matière d’expulsion des migrants illégaux. Le même jour, 19 migrants ont été retrouvés morts de froid à la frontière entre la Grèce et la Turquie. Depuis le début des années 2000 plus de 38 000 personnes migrantes sont mortes en&nbsp;Méditerranée. Comme les&nbsp;Ukrainiens, elles fuyaient les guerres commises, fomentées ou soutenues par les puissances impérialistes, elles fuyaient le feu des armes en grande partie fournies&nbsp;par l’industrie d’armement française, ou bien elles fuyaient la misère que leur domination génère. C’est cette politique migratoire raciste et assassine que veut maintenant renforcer Macron.</p>



<p>C’est à cette politique raciste et nationaliste que répond la campagne&nbsp;Antiracisme et Solidarité lancée le 18 décembre dernier. « Notre pays n’a ni carte, ni limites. Il ne fait pas la guerre si ce n’est au fascisme, au colonialisme, au racisme, à l’injustice et aux inégalités. » dit l’appel « <em>Notre pays s’appelle Solidarité »</em>.&nbsp; Elle&nbsp; regroupe&nbsp; près de 400 organisations locales et nationales, collectifs de sans-papiers, de familles de victimes des violences policières, associations, réseaux de solidarité, collectifs féministes, syndicats, ONG … Elle a permis pour la première fois que de nombreuses villes participent, le 6 février dernier, à la Journée mondiale de Commémor‘Action pour les mort.e.s, disparu.e.s et les victimes de disparitions forcées en mer et aux frontières.&nbsp;Les initiatives qui ont été prises dans le cadre de la campagne montrent un large potentiel de mobilisation. A Toulouse un tournoi de foot sur les thèmes de la campagne et en soutien aux hijabeuses a mobilisé des centaines de personnes autour d’équipes de quartiers, de sans-papiers, de groupes féministes ainsi&nbsp;qu’une équipe de révolutionnaires soudanais.</p>



<p>Le 19 mars prochain des manifestations sont prévues dans le monde entier, contre le racisme et le fascisme, du Brésil à l’Afrique du Sud, des Etats-Unis à l’Australie et dans la plupart des pays européens. Cet appel prend un nouvel écho avec la guerre. En France une manifestation nationale est appelée&nbsp;conjointement par la campagne Antiracisme et Solidarité et le Réseau d’Entraide&nbsp;Vérité et&nbsp;Justice.&nbsp;Construisons-la partout où&nbsp;nous sommes pour faire&nbsp;la démonstration qu’il existe une autre voie que celle du nationalisme, de la guerre et du fascisme.</p>



<p>Nico (Paris 19)</p>



<hr class="wp-block-separator"/>



<p><a></a></p>
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		<title>Quelle alternative à une intervention de l&#8217;OTAN en Ukraine ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/quelle-alternative-a-une-intervention-de-lotan-en-ukraine/</link>
		
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		<pubDate>Mon, 14 Mar 2022 06:35:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[anti-impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Publié initialement en anglais sur le site Socialist Worker «&#160;Donc si vous ne voulez pas que l&#8217;Otan utilise sa puissance et ses armes, comment allez-vous arrêter les Russes ? Vous laissez les tueurs gagner.&#160;» C&#8217;est <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/quelle-alternative-a-une-intervention-de-lotan-en-ukraine/" title="Quelle alternative à une intervention de l&#8217;OTAN en Ukraine ?">[...]</a></div>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="47403c" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #47403c;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/03/skynews-saint-petersburg-russia_5685226-800x500-1.jpg" alt="" class="wp-image-5228 not-transparent"/><figcaption><em>Manifestant.e.s antiguerre à Saint-Petersbourg </em></figcaption></figure>



<h6 class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background wp-block-heading" style="font-size:11px;text-transform:uppercase">Publié initialement en anglais sur le site <a href="https://socialistworker.co.uk/comment/whats-the-alternative-to-nato-intervention-in-ukraine/">Socialist Worker </a></h6>



<p>«&nbsp;Donc si vous ne voulez pas que l&rsquo;Otan utilise sa puissance et ses armes, comment allez-vous arrêter les Russes ? Vous laissez les tueurs gagner.&nbsp;» C&rsquo;est une question à laquelle toute personne qui s&rsquo;oppose à l&rsquo;escalade occidentale en Ukraine a dû être confrontée. Et c&rsquo;est une vraie question face à la réalité sanglante des assauts russes sur Kiev, Kharkiv, Mariupol et ailleurs.</p>



<p>La première réponse est que les horreurs indéniables de l&rsquo;invasion de Vladimir Poutine ne sont pas une raison pour souhaiter l’escalade vers une guerre encore plus effroyable. Les demandes de plus en plus agressives de l&rsquo;OTAN et ses livraisons d&rsquo;armes menacent d’une évolution imprudente vers un conflit plus large qui pourrait se jouer avec des armes nucléaires.</p>



<p>En juillet 1939, juste avant le début de la Seconde Guerre mondiale, le révolutionnaire russe Léon Trotsky a déclaré : «&nbsp;Les programmes des gouvernements actuels ressemblent maintenant à des jeux d’enfants sur le flanc d’un volcan avant une éruption&nbsp;». Cette phrase résonne aujourd&rsquo;hui en Europe et dans le monde. Chaque jour, des signes montrent que la guerre peut atteindre de nouvelles terreurs.</p>



<p>Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l&rsquo;Otan, a averti la Russie que des attaques contre les lignes d&rsquo;approvisionnement occidentales vers l&rsquo;Ukraine représenteraient une escalade. «&nbsp;Poutine veut moins d&rsquo;Otan, il obtient plus d&rsquo;Otan&nbsp;», a ajouté M. Stoltenberg. Dmitri Peskov, porte-parole de Poutine, a déclaré que le projet &#8211; toujours à l&rsquo;étude &#8211; de fournir à l&rsquo;Ukraine des chasseurs MiG polonais serait un «&nbsp;scénario très indésirable et potentiellement dangereux&nbsp;».</p>



<p>Mais l&rsquo;argument de ne pas aggraver la situation n&rsquo;est pas la seule réponse. Nous voulons que Poutine échoue et soit renversé, mais tout dépend de la manière dont cela se produit.</p>



<p>Ce n&rsquo;est pas une victoire si elle ne fait que renforcer le pouvoir de l&rsquo;impérialisme américain qui a été &#8211; et est toujours &#8211; une force meurtrière. Nous ne voulons pas que le résultat encourage de nouveaux bains de sang, comme les guerres américaines en Afghanistan et en Irak. Le soutien impérialiste des Etats-Unis à l&rsquo;Ukraine ne défendra pas son indépendance. Le soutien des États-Unis aux forces kurdes en Syrie, par exemple, n&rsquo;a pas apporté la libération. C&rsquo;est parce que les États-Unis sont intéressés par la promotion de leurs propres intérêts impérialistes, et non par la liberté &#8211; et pour ce faire, ils soutiendront les forces locales pour mieux les abandonner par la suite.<br></p>



<p>Un élément central d&rsquo;une issue positive doit être le mouvement anti-guerre russe, qui doit se développer et combiner la haine de la guerre avec tous les autres domaines de mécontentement de la classe ouvrière. Malgré une répression intense, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue pour condamner la guerre de Poutine. Les 14 000 arrestations effectuées jusqu’à vendredi après-midi (NdT&nbsp;: le 11 mars 2022) montrent l&rsquo;ampleur de la mobilisation.</p>



<p>Il est impossible de prévoir en détail comment les manifestations vont se développer. Les socialistes en Russie ont écrit avec force sur la nécessité d&rsquo;introduire «&nbsp;des slogans et des revendications révolutionnaires dans les protestations&nbsp;». Et d&rsquo;orienter «&nbsp;les mécontent.e.s non seulement vers l&rsquo;arrêt de la guerre, mais aussi vers la transformation de la guerre impérialiste en une guerre de classe&nbsp;». Il peut y avoir un moment où la peur change de camp, où le flic et le juge sont soudainement terrifiés par celleux qu&rsquo;ils ont l&rsquo;habitude de battre et d&#8217;emprisonner. Il est certain que les manifestant.e.s anti-guerre se libèrent déjà de l&rsquo;intimidation.</p>



<p>Comme l&rsquo;a récemment écrit un manifestant à Saint-Pétersbourg : «&nbsp;Malgré toutes les intimidations, beaucoup de gens sont descendus dans la rue aujourd&rsquo;hui ! Honnêtement, je ne m&rsquo;y attendais pas. Lorsque j&rsquo;ai vu les photos et les vidéos des manifestants à Isakia et sur Nevsky, je n&rsquo;ai pas pu m&#8217;empêcher de sourire. Je pouvais respirer plus facilement ! Tous les efforts de la propagande d&rsquo;État pour nous effrayer, tout cela semble pathétique comparé au cœur pur et à l&rsquo;intrépidité des manifestants.&nbsp;»</p>



<p>L&rsquo;Occident peut dire qu&rsquo;il célèbre les révoltes contre Poutine. Mais en réalité, elles constituent un défi pour eux aussi, car elles portent un refus de soutenir le massacre impérialiste. De la même manière, les protestations russes contre la Première Guerre mondiale en 1917 ont été accueillies avec joie par les généraux allemands. Mais l&rsquo;humeur anti-guerre a ensuite déclenché une révolution dans leur propre pays.&nbsp;</p>



<p>Et ce n&rsquo;est pas seulement l&rsquo;agitation anti-guerre qui peut nuire à Poutine. La semaine dernière, nous avons eu un exemple éclairant du potentiel de lutte sur le lieu de travail. Des travailleur.e.s de la grande usine Gemont de Nizhnekamsk ont fait grève. Les travailleur.e.s sont pour la plupart des migrant.e.s turcs et leurs salaires sont indexés sur le taux de change entre le dollar et le rouble. L&rsquo;effondrement du rouble a fait chuter leur salaire, iels ont donc débrayé.<br><br>Selon le journal russe Business Gazetta, au lieu que l&rsquo;État ne s&rsquo;en prenne aux grévistes, les patrons ont immédiatement accepté de compenser au moins partiellement les pertes subies par les travailleur.e.s. Cela pourrait indiquer une réticence de la part de la classe dirigeante à s&rsquo;engager dans des batailles de classe à un moment où le mécontentement se développe à propos de la guerre.<br><br>Il existe des exemples historiques réjouissants de ce qui se passe lorsque les dirigeants russes perdent des guerres. La défaite dans la guerre russo-japonaise a conduit à la révolution de 1905. Les revers cuisants de la Première Guerre mondiale ont alimenté la révolution de février 1917. La défaite en Afghanistan dans les années 1980 a été l&rsquo;un des éléments qui ont affaibli l&rsquo;Union soviétique et encouragé les révoltes de 1989 contre les dictatures d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est.<br><br>Dans tous ces exemples, la désaffection et les mutineries au sein des forces armées ont été un facteur déterminant. Encore une fois, personne ne devrait trop se fier à des rapports fragmentaires pendant une guerre. Mais il existe des récits répétés de soldats russes, en particulier de conscrits, abandonnant la guerre en Ukraine, sabotant leurs propres véhicules et racontant à leurs familles les horreurs auxquelles ils sont confrontés.</p>



<p>De la même manière que la rébellion a frappé l&rsquo;armée américaine au Vietnam, une désaffection généralisée dans l’armée russe compromettrait fatalement l&rsquo;invasion de l&rsquo;Ukraine. Elle ébranlerait Poutine, mais serait distincte de toute manœuvre de l&rsquo;OTAN.<br><br>Qu&rsquo;en est-il de l&rsquo;Ukraine elle-même ? Nous devons mettre en lumière le genre de manifestations que nous avons observé à Kherson et dans d&rsquo;autres zones occupées. Ici, des masses de gens ordinaires affrontent, mais aussi discutent et fraternisent avec les soldats russes dans le but de les retourner contre la guerre.</p>



<p>Une telle opposition, libre du contrôle de l&rsquo;OTAN et indépendante des armements de l&rsquo;OTAN, sera cruciale à long terme, même si la Russie parvient à une sorte de conquête militaire. Alors que l&rsquo;impérialisme américain n&rsquo;apportera aucune indépendance réelle, la libération peut venir d&rsquo;en bas.<br><br>Les impérialismes gonflés à bloc ont souvent utilisé leur ignoble puissance pour vaincre des adversaires plus faibles. Mais ils ont ensuite souvent été confrontés à des années de résistance à un niveau inférieur qui leur ont infligé des défaites humiliantes. C&rsquo;est ce qui est arrivé à la France en Algérie de 1954 à 1962, aux États-Unis et à la Grande-Bretagne en Irak après l&rsquo;invasion de 2003 et à la Russie en Afghanistan.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="808690" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #808690;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/03/TELEMMGLPICT000000287465696_trans_NvBQzQNjv4BqU3eMaYy0rqVTG7YvUgwhJnuqFFkW70PKKitnWUGuSbY.jpeg" alt="" class="wp-image-5229 not-transparent"/><figcaption><em>Des ukrainien.ne.s font face aux chars russes</em></figcaption></figure>



<p>Enfin, il y a le rôle du mouvement anti-guerre dans les pays de l&rsquo;OTAN. Chaque manifestation et protestation, chaque lien avec la lutte de classe au sens large, rendra plus difficile pour les Etats-Unis d&rsquo;étendre leur contrôle et de transformer l&rsquo;Ukraine en un Etat vassal. Cela nous impose la responsabilité d&rsquo;agiter et d&rsquo;organiser de telles révoltes.&nbsp;<br><br>Ces quatre facteurs &#8211; le mouvement anti-guerre russe, les mutineries dans l&rsquo;armée, la résistance ukrainienne par le bas, l&rsquo;agitation anti-guerre dans les pays de l&rsquo;OTAN &#8211; constituent notre alternative positive à l&rsquo;implication de l&rsquo;OTAN. Et ils pourraient également se combiner pour faire de la guerre un précurseur de la révolte contre toutes les classes dirigeantes qui intensifient actuellement les batailles.&nbsp;<br></p>



<p>Le marxiste trinidadien CLR James était un anti-impérialiste déterminé qui a dénoncé l&rsquo;invasion de l&rsquo;Éthiopie par l&rsquo;Italie en 1935. Mais il était clair pour lui que cela ne signifiait pas se ranger du côté des autres impérialismes pour repousser les Italiens. James écrivait : </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="font-style:normal;font-weight:400"><p>Luttons non seulement contre l&rsquo;impérialisme italien, mais aussi contre les autres brigands et oppresseurs, l&rsquo;impérialisme français et britannique. Ne les laissez pas vous entraîner dans leur sillage. Entrer dans l&rsquo;orbite de la politique impérialiste, c&rsquo;est être débilité par la puanteur, c&rsquo;est être noyé dans la fange des mensonges et de l&rsquo;hypocrisie.</p><p>Travailleurs de Grande-Bretagne, paysans et travailleurs d&rsquo;Afrique, tenez-vous loin des impérialistes, de leurs Ligues, pactes et sanctions. Ne jouez pas le rôle de la mouche pour leur araignée. Maintenant, comme toujours, défendons l&rsquo;organisation indépendante et l&rsquo;action indépendante. </p></blockquote>



<p><br>Cet état d’esprit devrait nous inspirer aujourd&rsquo;hui.</p>



<h6 class="wp-block-heading">Charlie Kimber </h6>



<p><br><br></p>
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		<title>Cycle sur l&#8217;internationalisme : La Première Guerre Mondiale – une boucherie nationaliste</title>
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		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Thomas]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 06 Mar 2022 14:09:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Discussions débats formations]]></category>
		<category><![CDATA[Formation]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[internationalisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Dans le cadre des réunions hebdomadaires du groupe A2C Paris 20, nous proposons un cycle de débats sur la question de l’internationalisme, de son histoire et de son importance pour les luttes pour l’émancipation aujourd’hui. <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/discussions-formations-a2c/cycle-sur-linternationalisme-la-premiere-guerre-mondiale-une-boucherie-nationaliste/" title="Cycle sur l&#8217;internationalisme : La Première Guerre Mondiale – une boucherie nationaliste">[...]</a></div>
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<p><em>Dans le cadre des réunions hebdomadaires du groupe A2C Paris 20, nous proposons un cycle de débats sur la question de l’internationalisme, de son histoire et de son importance pour les luttes pour l’émancipation aujourd’hui.</em></p>



<p><strong>Jeudi 17 février <em>La naissance de l’internationalisme</em></strong></p>



<p>«&nbsp;Les travailleurs n’ont pas de patrie&nbsp;» et «&nbsp;Prolétaires de tous les pays, unissez-vous&nbsp;!&nbsp;» sont deux des phrases les plus souvent citées de Karl Marx. Pourquoi, plus de 150 ans plus tard, sont-elles toujours d’actualité&nbsp;?</p>



<p>Dans cette première réunion du cycle, nous examinerons pourquoi la notion de l’internationalisme a émergé au cours du 19<sup>ème</sup> siècle et comment il s’est manifesté concrètement, notamment autour de la création en 1864 de l’Association Internationale des Travailleurs, connue sous le nom de la Première Internationale.</p>



<p><strong>Jeudi 17 mars <em>La Première Guerre Mondiale – une boucherie nationaliste</em></strong></p>



<p>Dans cette deuxième réunion de notre cycle sur l’internationalisme, nous débattrons du renforcement à la fin du 19<sup>ème</sup> siècle des organisations du mouvement ouvrier international, de la création de la Deuxième Internationale, de ses forces mais aussi de ses énormes faiblesses qui éclatent au grand jour au moment de la Première Guerre mondiale. Soudain, les discours sur la solidarité internationaleprononcés par les dirigeants du mouvement font place à l’union sacrée derrière leur propre bourgeoisie et à l’horreur d’un massacre fratricide entre travailleurs français, allemands, britanniques… Pourquoi&nbsp;? Et comment une minorité de militant.e.s révolutionnaires ont continué à porter la flamme de l’internationalisme et ont pu contribuer à sa renaissance, notamment à travers la construction d’une Troisième Internationale,sur de nouvelles bases,à la sortie de la guerre.</p>



<p><strong>Jeudi 14 avril <em>Internationalisme et luttes de libération nationale au 20<sup>ème</sup> siècle</em></strong></p>



<p>Dans cette troisième réunion de notre cycle sur l’internationalisme, nous examinerons la période des années 1920 qui verront l’essor de la Troisième Internationale et les nouvelles questions auxquelles le mouvement ouvrier international sera confronté. Les mouvements de libération nationale dans les pays colonisés se développent. Pourquoi le nationalisme des peuples colonisés n’est pas la même chose que celui des pays colonisateurs&nbsp;? Dans les colonies comment combiner lutte de libération nationale et lutte pour l’émancipation socialeindépendante de leur propre bourgeoisie&nbsp;? Dans les pays impérialistes comment combiner un soutien inconditionnel aux luttes de libération nationale tout en se réservant le droit de critiquer telle ou telle stratégie&nbsp;?</p>



<p><strong>A 19h au Foyer Bisson, 15 rue Bisson, 75020 Paris</strong></p>
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