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	<title>Archives des Élections - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<title>Archives des Élections - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<item>
		<title>Le RN n’est pas le parti des ouvrier·es</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jan 2025 15:36:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d&#8217;A2C #15 &#8211; décembre 2024 Depuis 2017, les résultats électoraux successifs du RN ont rendu la possibilité imminente de son accès au pouvoir crédible. Mais c’est suite à l’électrochoc des européennes et des <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/le-rn-nest-pas-le-parti-des-ouvrieres/" title="Le RN n’est pas le parti des ouvrier·es">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #15 &#8211; décembre 2024</h6>



<p>Depuis 2017, les résultats électoraux successifs du RN ont rendu la possibilité imminente de son accès au pouvoir crédible. Mais c’est suite à l’électrochoc des européennes et des élections législatives anticipées que nombre de militant·e·s ont véritablement pris conscience du danger. S’en est suivi une formidable mobilisation qui, bien que circonscrite à la campagne électorale, a démontré la volonté de se battre d’une grande partie d’entre nous. Aujourd’hui, il est donc capital de bien cerner notre adversaire pour le combattre avec la stratégie adéquate. Or, nous nous heurtons à gauche à maintes conceptions erronées et illusions quant à l’électorat du RN et la nature de ce vote.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les sondages, un outil politique produit par l’idéologie dominante</strong></h2>



<p>Il est maintenant communément admis que le vote RN est un vote majoritairement populaire et ouvrier, nourri par la profonde détresse sociale dans les campagnes isolées. Cette idée reçue est abondement entretenue par les études et les sondages. Or, de nombreux biais ont été mis en avant par Tiberj qui insiste sur la rigueur méthodologique à avoir lorsqu’on utilise les sondages. En effet, ces derniers « sont devenus un enjeu politique majeur »<sup data-fn="353d32a7-434e-476c-a577-f9f92b2112f3" class="fn"><a id="353d32a7-434e-476c-a577-f9f92b2112f3-link" href="#353d32a7-434e-476c-a577-f9f92b2112f3">1</a></sup>. Le choix des sujets, leur fréquence et la manière dont les questions sont posées orientent le débat public. Ce n’est pas par hasard si le milliardaire Stérin, dont le projet Périclès vise à installer le RN au pouvoir, cherche à acheter un institut de sondage<sup data-fn="4ea9d428-d61f-4bf7-98ad-4d5f48a5f001" class="fn"><a id="4ea9d428-d61f-4bf7-98ad-4d5f48a5f001-link" href="#4ea9d428-d61f-4bf7-98ad-4d5f48a5f001">2</a></sup>. Aujourd’hui, les panels sont constitués en recrutant et rémunèrant des individus volontaires sur internet. Or, cette méthodologie entraîne d’une part, une surreprésentation de personnes d’extrême droite et d’autre part, une tendance à répondre aux questions impulsivement, sans que les conditions de passation soient connues<sup data-fn="7e621774-c387-461c-a806-a44065648ecf" class="fn"><a id="7e621774-c387-461c-a806-a44065648ecf-link" href="#7e621774-c387-461c-a806-a44065648ecf">3</a></sup>. Le sondage Elab du 20/12/23 commandité par CNews et Europe 1 est un exemple des contradictions de ce type d’étude : il indiquait que 71% des français·e·s étaient favorables à la préférence nationale et que 70% étaient satisfait·e·s du vote de la loi immigration pourtant, la CNCDH<sup data-fn="5e0ca56f-a84f-4ee6-8a98-1a5f7a77485f" class="fn"><a id="5e0ca56f-a84f-4ee6-8a98-1a5f7a77485f-link" href="#5e0ca56f-a84f-4ee6-8a98-1a5f7a77485f">4</a></sup> établissait en 2022 que pour plus de 60% des français·e·s, l’immigration est une source d’enrichissement culturel. </p>



<p>En fonction de la formulation des questions, de leur occurrence dans le débat public, de la méthode utilisée pour construire les échantillons, les résultats peuvent être diamétralement opposés.&nbsp;</p>



<p>Les sondages ont donc une fonction politique. Ils ne peuvent être utilisés qu’avec une très grande précaution, notamment lorsque ceux qui produisent l’idéologie dominante s’en servent pour établir que le vote RN serait un vote des classes populaires car comme le pointe Annie Collovald, ce n’est pas un hasard. En effet, dès les années 80, après les premières victoires du FN, un glissement sémantique s’observe chez les historiens et sociologues. De parti fasciste, il devient un parti « national-populiste ». Le succès du néolibéralisme a divisé le monde social en deux, les inclus et les exclus. Pour les experts en menace démocratique, « le peuple, [… est devenu] plus un problème à résoudre qu’à défendre »<sup data-fn="a486b6e8-be6c-47b3-8a6d-faefcec7bd3a" class="fn"><a id="a486b6e8-be6c-47b3-8a6d-faefcec7bd3a-link" href="#a486b6e8-be6c-47b3-8a6d-faefcec7bd3a">5</a></sup>, il est le coupable idéal. C’est ainsi que la suspicion envers les plus pauvres et un profond mépris de classe ont permis au FN de se construire une identité respectable qui l’autorise aujourd’hui à se proclamer parti du peuple. La gauche a été peu à peu contaminée par ces analyses et, si c’est de manière inconsciente, elle n’en est pas moins exempt.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une analyse de classe incohérente pour établir la composition sociale du vote RN</strong></h2>



<p>La répartition choisie par les instituts de sondage pour définir les différents groupes sociaux agrège des profils très hétérogènes en ne tenant absolument pas compte de la position sociale réelle des individus. Dans l’analyse des élections législatives, Ipsos en retient 5 : les cadres, les professions intermédiaires, les employés, les ouvriers et les retraités<sup data-fn="68367cb1-c17b-4c24-a68d-ecce03b6fde3" class="fn"><a id="68367cb1-c17b-4c24-a68d-ecce03b6fde3-link" href="#68367cb1-c17b-4c24-a68d-ecce03b6fde3">6</a></sup>. Aucune information n’indique ce qui motive ces choix ni les définitions sur lesquelles ils s&rsquo;appuient pour déterminer ces catégories. Où sont classés les policiers, militaires et gendarmes, c&rsquo;est-à-dire les professions qui ont un pouvoir coercitif ? Les commerçants, artisans, agriculteurs qui possèdent leur outil de travail ? Les chefs d&rsquo;exploitations agricoles et les chefs d&rsquo;entreprise ? La méthodologie choisie ne permet donc pas d&rsquo;identifier les classes populaires.</p>



<p>De plus la plupart des analyses ne tiennent pas compte de l’abstention, des votes nuls ou blancs et des non-inscrit·e·s. Or, « les différences sociales d’inscription et de participation se cumulent […] au total, sur 100 français en âge de voter parmi les plus modestes, 62 ont pris part aux élections contre 88 personnes sur 100 parmi les plus aisées<sup data-fn="e440b0b9-0bbc-4120-bdfc-8ab4ce94890c" class="fn"><a id="e440b0b9-0bbc-4120-bdfc-8ab4ce94890c-link" href="#e440b0b9-0bbc-4120-bdfc-8ab4ce94890c">7</a></sup> ».</p>



<p>Si on reprend les données de l’enquête Ipsos malgré ces catégories biaisées et qu’on exprime les pourcentages par rapport aux inscrit·e·s, les conclusions sont déjà beaucoup plus nuancées&nbsp;: 30,78% des ouvrièr·e·s, 25,52% des employé·e·s, 19,22% des professions intermédiaires, 13,65% des cadres, 21% des retraité·e·s CSP+, 27% des retraité·e·s CSP-, 18,81% des 18-24 ans et 16,31% des 25-34 ans auraient voté RN. Contrairement aux idées reçues, les jeunes et la majorité des ouvrièr·e·s ne sont pas « gagné·e·s » par l’extrême-droite.</p>



<p>Si on observe les résultats par rapport aux niveaux de vie, 21,66% parmi celleux qui gagnent moins de 1.250€ votent RN et 22,08% parmi celleux qui gagnent plus de 3.000€. Les revenus ne semblent pas déterminants et se baser sur ce critère n’est donc absolument pas opérant. Mais alors, de quoi le vote RN est-il le nom&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un vote de la petite bourgeoisie</h2>



<p>La dimension géographique est l’une des données significatives du vote RN. En effet, sur les 10,6 millions de suffrages pour le RN et ses alliés, 7,2 proviennent des villes de moins de 10 000 habitant·e·s soit près de 70%<sup data-fn="4de9dad2-bcfc-4bc9-ac7a-642a79522bcb" class="fn"><a id="4de9dad2-bcfc-4bc9-ac7a-642a79522bcb-link" href="#4de9dad2-bcfc-4bc9-ac7a-642a79522bcb">8</a></sup>. Ce sur-vote de la « France périphérique » a beaucoup été commenté, notamment par Piketty et Cagé, mais souvent au détriment du profil de ces électeurices. </p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img data-dominant-color="79553d" data-has-transparency="true" fetchpriority="high" decoding="async" width="1100" height="827" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/unnamed-1100x827.webp" alt="" class="wp-image-9112 has-transparency" style="--dominant-color: #79553d; width:411px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/unnamed-1100x827.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/unnamed-300x226.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/unnamed-768x577.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/unnamed-678x509.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/unnamed-326x245.webp 326w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/unnamed-80x60.webp 80w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/unnamed-png.webp 1153w" sizes="(max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>



<p>Pour analyser leurs origines sociales, nous sommes confronté·e·s aux mêmes difficultés que pour les sondages. L’INSEE utilise 6 groupes socioprofessionnels dont l’homogénéité sociale prêterait à rire si le sujet n’était pas aussi dramatique&nbsp;: les personnels des services directs aux particuliers (les assistantes aux personnes âgées par exemple) appartiennent au même groupe que les policiers et militaires, les enseignantes du primaire à celui des curés. Les chefs d’entreprises de 10 salarié.es ou de 200 000 sont amalgamés. Nous ne pouvons donc nous baser aveuglément sur ces études. En revanche, nous pouvons les combiner en étudiant les spécificités des zones rurales, des petites et moyennes villes.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img data-dominant-color="e8e8e8" data-has-transparency="false" decoding="async" width="873" height="735" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/01/image-png.webp" alt="" class="wp-image-9215 not-transparent" style="--dominant-color: #e8e8e8; width:469px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/01/image-png.webp 873w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/01/image-300x253.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/01/image-768x647.webp 768w" sizes="(max-width: 873px) 100vw, 873px" /><figcaption class="wp-element-caption">Libellés courts des groupes et catégories socioprofessionnels de la PCS 2020 (nomenclature d’usage)<sup data-fn="5d984552-765d-43cd-a43d-c6aa65fb817f" class="fn"><a id="5d984552-765d-43cd-a43d-c6aa65fb817f-link" href="#5d984552-765d-43cd-a43d-c6aa65fb817f">9</a></sup></figcaption></figure>



<p>L’INSEE a établi que la proportion de propriétaires était beaucoup plus importante chez les CSP (Catégories socio-professionnelles) non « ouvrièr·e·s » et « employé·e·s »<sup data-fn="69b504ad-0c98-4da8-b796-22bf99186bdc" class="fn"><a id="69b504ad-0c98-4da8-b796-22bf99186bdc-link" href="#69b504ad-0c98-4da8-b796-22bf99186bdc">10</a></sup>. Or, celle-ci varie en fonction de la taille des villes (avec une concentration beaucoup plus importante dans les petites villes : allant d’environ 80% dans les villes de moins de 2000 habitant.es à 35% dans les villes de plus de 500 000 hab.). De plus, les revenus du patrimoine représentent une part du niveau de vie bien plus élevée pour les indépendant·e·s. </p>



<p>Par ailleurs, en raison de leurs différences de structures économiques, sociales et culturelles, les CSP varient elles-aussi en fonction de la taille des villes&nbsp;: les agriculteurs, les exploitants, les artisans, les commerçants, les petits chefs d’entreprise (c’est-à-dire ceux dont les activités sont majoritairement orientées vers les besoins locaux) et les retraité·e·s sont surreprésentés dans les zones où le RN fait ses scores les plus importants. Se dessine alors un premier profil d’électeurice.</p>



<p>L’étude, très fouillée, de l’institut Terram permet d’aller plus loin. Elle met en évidence le lien entre capital résidentiel (valeur et désirabilité du lieu dans lequel réside un individu) et vote RN. En effet, si le prix du mètre carré varie en fonction du type de bien, il est aussi intimement lié à sa géolocalisation : plus un bien est désirable plus il prend de la valeur. Or, aujourd’hui, moins la population de la commune est élevée, moins il en a. L’évolution des prix du marché crée une discordance entre capital économique et capital résidentiel (des bien hérités prennent ou perdent de la valeur…) et instaure une organisation spatiale qui font apparaître un lien très important entre capital résidentiel faible et vote RN élevé. Les électeurices du RN expriment « leur frustration vis-à-vis de leur statut de dominés dans le champ immobilier local ou leur insatisfaction de devoir vivre dans une zone de relégation »<sup data-fn="7e641b59-a6d1-4994-b4cc-9461487116fe" class="fn"><a id="7e641b59-a6d1-4994-b4cc-9461487116fe-link" href="#7e641b59-a6d1-4994-b4cc-9461487116fe">11</a></sup>.  Ces données croisées avec les précédentes confirment le premier profil établi.</p>



<p>L’« électorat [du RN] se recrut[e] dans la petite classe moyenne et les milieux populaires intégrés socialement [qui] souffrent de ne pas pouvoir vivre plus confortablement et de ne pas pouvoir accéder à un mode de vie s’approchant de celui de CSP+ et des classes moyennes supérieures »<sup data-fn="3a112f5a-d6e3-4c65-adf8-79b04abef119" class="fn"><a id="3a112f5a-d6e3-4c65-adf8-79b04abef119-link" href="#3a112f5a-d6e3-4c65-adf8-79b04abef119">12</a></sup>. Il existe une corrélation entre les zones où les écarts de niveaux de vie sont les plus importants et visibles et celles où le RN obtient ses meilleurs résultats (avec quelques exceptions). Leurs électeurices se disent « trop riches pour être aidé·e·s mais pas suffisamment pour bien vivre ». </p>



<p>Ce constat confirme les travaux de sociologues tel que Benoît Coquard, qui ont démontré l’hostilité de l’électorat du RN vis à vis de l’assistanat dont bénéficie les plus modestes. Si on compare les résultats des 3 blocs principaux, dans les zones les plus pauvres, le vote NFP est très largement en tête, dans les zones les plus riches, c’est le bloc présidentiel qui domine et dans les zones où les revenus médians sont assez modérés c’est le vote RN<sup data-fn="731f99a9-001f-4f37-820e-c2c14bd5d4c5" class="fn"><a id="731f99a9-001f-4f37-820e-c2c14bd5d4c5-link" href="#731f99a9-001f-4f37-820e-c2c14bd5d4c5">13</a></sup>. </p>



<p>Le vote de gauche serait donc plutôt un vote populaire, celui du centre et de la droite un vote bourgeois et celui du RN, un vote de la petite bourgeoisie. Cette classe, difficile à définir, est totalement invisibilisée dans toutes les études sur l’électorat du RN. Or, tous les éléments exposés précédemment, montrent à quel point, elle est pourtant celle dont le vote RN est issu. En effet, selon l’analyse marxiste, la société s’articule autour d’un antagonisme entre la classe ouvrière (au sens de toutes celleux qui sont exploité·e·s et qui ont besoin de vendre leur force de travail pour vivre) et la bourgeoisie qui l’exploite. La petite bourgeoisie quant à elle est prise en étaux entre ces deux classes sociales. Elle est composée de petits patrons, d’indépendants, de commerçants, d’artisans, de la partie des salariés dans les entreprises qui occupent des fonctions d’encadrement, de relai des patrons et des fonctions coercitives (police, armée, gendarmerie) … Ce ne sont ni des personnes complétement exploitées, ni celles qui détiennent le pouvoir de la bourgeoisie. Cette définition correspond donc à la fois à ce que nous savons des électeurices du RN (ici, elle s’éloigne en plus d’une classe urbaine et racisée) et à la fois aux analyses du fascisme qui se construit en autonomie de l’État et qui s’appuie sur cette classe.</p>



<p>Il ne s’agit pas de se faire plaisir et d’utiliser la théorie pour appliquer ensuite des projections qui valideraient nos hypothèses. La classe des exploité·e·s n’est pas homogène, il y existe des tensions, des contradictions et ce serait se leurrer que d’imaginer que certain·e·s ne votent pas RN. Toute la question est de savoir s’ils et elles sont majoritaires, s’ils et elles sont nos allié·e·s, s’ils et elles sont celleux à qui nous devons nous adresser.</p>



<p>Aussi, afin d’être au plus près des rapports de force en présence, il est important de comparer les résultats des élections législatives en tenant compte de la participation, du nombre d’inscrit·e·s et du nombre de personnes n’ayant pas la nationalité française (sans tenir compte des sans-papiers)<sup data-fn="025c91eb-dc2c-4a87-944b-1bd44f3c39c4" class="fn"><a id="025c91eb-dc2c-4a87-944b-1bd44f3c39c4-link" href="#025c91eb-dc2c-4a87-944b-1bd44f3c39c4">14</a></sup> :</p>



<figure class="wp-block-table"><table class="has-fixed-layout"><tbody><tr><td></td><td>Villes de moins de 10 000 hab.</td><td>Villes de plus de 10 000 hab.</td></tr><tr><td>Vote RN par rapport&nbsp;aux électeur·ices</td><td>28,14%</td><td>18,92%</td></tr><tr><td>Vote RN par rapport au nombre d’hab. adultes</td><td>26,94%</td><td>15%</td></tr><tr><td>Adultes n’ayant pas voté RN</td><td>73,06%</td><td>85%</td></tr></tbody></table></figure>



<p>Les disparités sont évidentes mais, en réalité le RN, même dans les campagnes, ne dispose pas de l’hégémonie qu’on lui prête.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un vote raciste</h2>



<p>Le débat sur la base sociale du RN n’est pas le seul différend au sein des chercheureuses. Il en existe un autre et de taille : les motivations de ce vote. Une partie d’entre elleux pensent qu’il s’agit d’un vote mu par un désespoir social. Pourtant, ce serait ne pas voir « l’éléphant dans la pièce : la question identitaire »<sup data-fn="cbf75625-eba8-4955-aea3-aa0f1e4f5f7e" class="fn"><a id="cbf75625-eba8-4955-aea3-aa0f1e4f5f7e-link" href="#cbf75625-eba8-4955-aea3-aa0f1e4f5f7e">15</a></sup>.  Pour Nonna Mayer, les déterminants les plus importants sont les attitudes : « l’ethnocentrisme est en 1<sup>ère</sup> position, avec le sentiment affirmé de ne plus être chez soi, suivi en 2<sup>ème</sup> position de l’hostilité à l’intégration européenne, soupçonnée d’encourager l’immigration, et en 3<sup>ème </sup>position d’un placement très à droite de l’échiquier politique »<sup data-fn="c6c312df-157c-46e2-b6aa-b31c15303bcf" class="fn"><a id="c6c312df-157c-46e2-b6aa-b31c15303bcf-link" href="#c6c312df-157c-46e2-b6aa-b31c15303bcf">16</a></sup>. Il est notable, à ce titre, que les divers scandales autour de certain·e·s candidat·e·s, les revirements et contradictions du programme économique du RN, n’aient absolument pas influé sur ses résultats. D’ailleurs, son électorat n’en connaît souvent qu’un élément : la préférence nationale.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img data-dominant-color="dcdfe0" data-has-transparency="false" decoding="async" width="888" height="737" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/01/image-1-png.webp" alt="" class="wp-image-9217 not-transparent" style="--dominant-color: #dcdfe0; width:506px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/01/image-1-png.webp 888w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/01/image-1-300x249.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/01/image-1-768x637.webp 768w" sizes="(max-width: 888px) 100vw, 888px" /><figcaption class="wp-element-caption">L’indice IPI par département et le vote RN au 1er tour des élections législatives de 2024</figcaption></figure>



<p>Si l’on reprend les données de l’étude Terram, les motivations qui émergent sont très claires : la question de l’immigration et celle de l’insécurité (ces 2 items recueillent 20 points de + que ceux des salaires et du pouvoir d’achat)<sup data-fn="685eb720-86aa-41f2-b10a-aae2f9657042" class="fn"><a id="685eb720-86aa-41f2-b10a-aae2f9657042-link" href="#685eb720-86aa-41f2-b10a-aae2f9657042">17</a></sup>. « Les entretiens qualitatifs et les reportages menés auprès des électeurs frontistes ont bien montré que l’insécurité culturelle qu’ils ressentaient ou même, pour les plus radicaux d’entre eux, la crainte d’un « grand remplacement » qu’ils exprimaient se nourrissaient de la coexistence avec des personnes issues des immigrations arabo-musulmanes, et ce quelle que soit leur nationalité ». Les auteur·e·s ont créé un indice IPI (Immigration, Pauvreté &#8211; prégnance des inégalités &#8211; et Insécurité) dont l’objectif est de croiser différents facteurs qui expliquent le vote RN. Les résultats sur les cartes sont troublants<sup data-fn="667cc2c5-0a41-46fd-bfd3-3dd326467126" class="fn"><a id="667cc2c5-0a41-46fd-bfd3-3dd326467126-link" href="#667cc2c5-0a41-46fd-bfd3-3dd326467126">18</a></sup>.</p>



<p>Si on y ajoute les variables nombre d’habitant·e·s de la commune et capital résidentiel, les exceptions disparaissent. Ainsi, « tout se passe comme si, dans ces territoires limitrophes, le rejet de l’immigration se combinait avec le souci de préserver son capital résidentiel. Le vote RN agit alors comme un moyen […] de mettre à distance les familles issues de l’immigration »<sup data-fn="a85a9514-501e-43e7-b11a-6251bceb02c6" class="fn"><a id="a85a9514-501e-43e7-b11a-6251bceb02c6-link" href="#a85a9514-501e-43e7-b11a-6251bceb02c6">19</a></sup>. Les dynamiques de ce vote deviennent alors limpides. Il repose sur une petite bourgeoisie blanche, raciste, qui craint, en période de crise, le déclassement et son décrochage. Peut se greffer à elle, comme l’a démontré François Coquard, des individus blancs des classes populaires qui sont influencés par des « figures de réussite – typiquement l’ouvrier qui a réussi à devenir artisan à son compte […]. En mettant un bulletin RN dans l’urne, ils n’envoient pas un message de colère ou de ressentiment lié à un abandon. Ils affirment au contraire leur style de vie avec fierté »<sup data-fn="5da9a1b7-93f7-46ac-bf09-70b347a0e4de" class="fn"><a id="5da9a1b7-93f7-46ac-bf09-70b347a0e4de-link" href="#5da9a1b7-93f7-46ac-bf09-70b347a0e4de">20</a></sup>. Ils n&rsquo;ont pas de vision de classe mais une vision raciale.<strong> </strong>Si d&rsquo;aucun.e veulent malgré tout s&rsquo;adresser aux électeurices du RN, ils doivent prendre conscience qu&rsquo;aucun argument ne sera efficace. Quoi qu&rsquo;ils puissent en dire, ce vote se construit avant tout autour des questions migratoires et du racisme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le RN est un parti fasciste, comment le combattre&nbsp;?</h2>



<p>Cette situation où un seul récit domine a fini par influencer la gauche et ses militant·e·s&nbsp;:&nbsp;le RN est majoritaire, c’est un vote populaire, donc il faudrait s’adresser à celleux qui votent pour lui. Finalement, personne ne s’adresse à tou·te·s les autres, qui sont en réalité largement majoritaire, et personne ne cherche à les mobiliser.</p>



<p>La fenêtre d&rsquo;Overton est « l&rsquo;ensemble des opinions qui sont considérées comme dicibles, acceptables au sein de l&rsquo;opinion publique. […] Toute l&rsquo;idée de cette fenêtre, c&rsquo;est qu&rsquo;elle est dynamique, elle s&rsquo;élargit, elle se contracte, elle se déplace »<sup data-fn="f851fcff-31bb-431d-9bcf-4ebd5af47e59" class="fn"><a id="f851fcff-31bb-431d-9bcf-4ebd5af47e59-link" href="#f851fcff-31bb-431d-9bcf-4ebd5af47e59">21</a></sup>. Pendant longtemps, l’islamophobie, la théorie du grand remplacement, le vote RN étaient in-assumables, créant une censure inconsciente. Qualifier le RN de parti populiste, débattre avec lui, cesser de lutter ardemment contre le racisme ont contribué à et accompagné sa banalisation. « La politique n’existe pas seulement lors des élections. L’enjeu, pour les syndicats, les associations et les partis, consiste à y reprendre pied pour diffuser une sorte d’antiracisme ordinaire »<sup data-fn="e99c8802-2d79-4f15-b4df-43ec064e94db" class="fn"><a id="e99c8802-2d79-4f15-b4df-43ec064e94db-link" href="#e99c8802-2d79-4f15-b4df-43ec064e94db">22</a></sup>.</p>



<p>Que proposons-nous&nbsp;? A qui&nbsp;? Il y a une vraie nécessité aujourd’hui à mobiliser les nôtres, à remettre la solidarité au cœur de nos interventions, à changer le cadre et les questions qu’on nous impose. Il n’y a qu’une chose à faire, se battre inlassablement contre l’extrême droite, la délégitimer, ne lui laisser aucune place, nulle part. Plus que jamais, no pasaran&nbsp;!</p>



<h5 class="wp-block-heading">Charlotte Pavez, Romainville</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="353d32a7-434e-476c-a577-f9f92b2112f3">Vincent Tiberj, <em>La France est-elle de droite</em>, interview de Salomé Saqué, Blast, 22/09/24<br> <a href="#353d32a7-434e-476c-a577-f9f92b2112f3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="4ea9d428-d61f-4bf7-98ad-4d5f48a5f001">Thomas Lemahieu, <em>Exclusif : Périclès, le projet secret de Pierre-Édouard Stérin pour installer le RN au pouvoir</em>, L’humanité, 18/07/24 <a href="#4ea9d428-d61f-4bf7-98ad-4d5f48a5f001-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="7e621774-c387-461c-a806-a44065648ecf">Vincent Tiberj,<em> op.cit.</em> <a href="#7e621774-c387-461c-a806-a44065648ecf-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="5e0ca56f-a84f-4ee6-8a98-1a5f7a77485f">Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme <a href="#5e0ca56f-a84f-4ee6-8a98-1a5f7a77485f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="a486b6e8-be6c-47b3-8a6d-faefcec7bd3a">B. Cautrès, N. Mayer, <em>Le nouveau désordre électoral</em>, p. 189, Paris, Presses de Science Po, 2004 <a href="#a486b6e8-be6c-47b3-8a6d-faefcec7bd3a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="68367cb1-c17b-4c24-a68d-ecce03b6fde3">IPSOS, <a href="https://www.ipsos.com/fr-fr/legislatives-2024/sociologie-des-electorats-legislatives-2024" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sociologie des électorats &#8211; Législatives 2024</a> <a href="#68367cb1-c17b-4c24-a68d-ecce03b6fde3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li><li id="e440b0b9-0bbc-4120-bdfc-8ab4ce94890c">Kilian Bloch (Insee), <a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/6658145" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Élections présidentielle et législatives de 2022 : seul un tiers des électeurs a voté à tous les tours</a>, 2022 <a href="#e440b0b9-0bbc-4120-bdfc-8ab4ce94890c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7">↩︎</a></li><li id="4de9dad2-bcfc-4bc9-ac7a-642a79522bcb">Graphique établi par l’institut Terram à partir des données du ministère de l’intérieur <a href="#4de9dad2-bcfc-4bc9-ac7a-642a79522bcb-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8">↩︎</a></li><li id="5d984552-765d-43cd-a43d-c6aa65fb817f">NOMENCLATURE DES PROFESSIONS ET CATÉGORIES SOCIOPROFESSIONNELLES (PCS 2020) p.15 INSEE <a href="#5d984552-765d-43cd-a43d-c6aa65fb817f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9">↩︎</a></li><li id="69b504ad-0c98-4da8-b796-22bf99186bdc">Antoine Le Graët, <a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/3642600" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Direction régionale Insee NormandieDans toutes les régions, des ménages plus souvent propriétaires qu’il y a 50 ans</a> <a href="#69b504ad-0c98-4da8-b796-22bf99186bdc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10">↩︎</a></li><li id="7e641b59-a6d1-4994-b4cc-9461487116fe">Jérôme Fourquet, Sylvain Manternach, <em>Comprendre la géographie du vote RN en 2024</em>, Institut Terram, p.30 <a href="#7e641b59-a6d1-4994-b4cc-9461487116fe-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11">↩︎</a></li><li id="3a112f5a-d6e3-4c65-adf8-79b04abef119"><em>Ibid.</em>, p.16 <a href="#3a112f5a-d6e3-4c65-adf8-79b04abef119-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12">↩︎</a></li><li id="731f99a9-001f-4f37-820e-c2c14bd5d4c5"><em>Ibid.</em>, p.18 <a href="#731f99a9-001f-4f37-820e-c2c14bd5d4c5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13">↩︎</a></li><li id="025c91eb-dc2c-4a87-944b-1bd44f3c39c4">INSEE, répertoire électoral unique, 2020, INSEE, Recensement de la population &#8211; Base infra communale (IRIS), 2020<br>Données combinées et analysées à l&rsquo;aide du logiciel R <a href="#025c91eb-dc2c-4a87-944b-1bd44f3c39c4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14">↩︎</a></li><li id="cbf75625-eba8-4955-aea3-aa0f1e4f5f7e">Vincent Grimault, <em>Racisme ou sentiment d’abandon : ce qui détermine le vote RN</em>, 28/08/24, Alternatives Économiques <a href="#cbf75625-eba8-4955-aea3-aa0f1e4f5f7e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15">↩︎</a></li><li id="c6c312df-157c-46e2-b6aa-b31c15303bcf">Fabien Escalona, <em>Extrême droite : Cagé/Piketty risquent de bercer la gauche d’illusions</em>, 23/09/23, Mediapart <a href="#c6c312df-157c-46e2-b6aa-b31c15303bcf-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16">↩︎</a></li><li id="685eb720-86aa-41f2-b10a-aae2f9657042">Jérôme Fourquet et Sylvain Manternach, <em>op.cit., </em>p.13 <a href="#685eb720-86aa-41f2-b10a-aae2f9657042-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17">↩︎</a></li><li id="667cc2c5-0a41-46fd-bfd3-3dd326467126"><em>Ibid.</em>, p.19 <a href="#667cc2c5-0a41-46fd-bfd3-3dd326467126-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 18">↩︎</a></li><li id="a85a9514-501e-43e7-b11a-6251bceb02c6"><em>Ibid.</em>, p.30 <a href="#a85a9514-501e-43e7-b11a-6251bceb02c6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 19">↩︎</a></li><li id="5da9a1b7-93f7-46ac-bf09-70b347a0e4de">Vincent Grimault, <em>op.cit.</em> <a href="#5da9a1b7-93f7-46ac-bf09-70b347a0e4de-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 20">↩︎</a></li><li id="f851fcff-31bb-431d-9bcf-4ebd5af47e59">Vitktorovitch, <em>« Zemmour, Bannon et macronistes&#8230; Qu&rsquo;est-ce que « la fenêtre d&rsquo;Overton » ?»</em>, RTL, 23/10/24 <a href="#f851fcff-31bb-431d-9bcf-4ebd5af47e59-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 21">↩︎</a></li><li id="e99c8802-2d79-4f15-b4df-43ec064e94db">Faury, <em>Dans l’électorat du RN « le racisme s’articule à des expériences de classes »</em>, Fabien Escalona, 01/05/24, Mediapart <a href="#e99c8802-2d79-4f15-b4df-43ec064e94db-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 22">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/le-rn-nest-pas-le-parti-des-ouvrieres/">Le RN n’est pas le parti des ouvrier·es</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>En Grande-Bretagne, après les élections, la lutte contre les conservateurs continue</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/apres-les-elections-continuons-la-lutte-contre-le-pouvoir-des-conservateurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Gabo]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Dec 2019 14:22:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Crise politique]]></category>
		<category><![CDATA[Élections]]></category>
		<category><![CDATA[Grande-Bretagne]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Cet article a été initialement publié le 13 décembre sur le site du Socialist Worker. Notre camp a subi un coup dur avec les élections parlementaires qui ont donné une large majorité au Tories [surnom <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/apres-les-elections-continuons-la-lutte-contre-le-pouvoir-des-conservateurs/" title="En Grande-Bretagne, après les élections, la lutte contre les conservateurs continue">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/apres-les-elections-continuons-la-lutte-contre-le-pouvoir-des-conservateurs/">En Grande-Bretagne, après les élections, la lutte contre les conservateurs continue</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em><strong>Cet article a été initialement publié le 13 décembre sur le site du <a href="https://socialistworker.co.uk/art/49374/After+the+election%2C+keep+up+the+fight+against+Tory+rule" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label="Socialist Worker. (s’ouvre dans un nouvel onglet)">Socialist Worker.</a></strong></em></p>



<hr class="wp-block-separator"/>



<p>Notre camp a subi un coup dur avec les élections parlementaires qui ont donné une large majorité au Tories [surnom des conservateurs en Grande-Bretagne, ndt].</p>



<p>Pour nous, il s’agit non pas de désespérer, mais de renforcer la résistance car la bataille continue. Les Tories ont aujourd’hui le vent en poupe, mais de nombreux problèmes vont se dresser sur leur chemin, notamment &#8211; mais pas que &#8211; avec le Brexit.</p>



<p>Les Conservateurs ont obtenu 365 sièges au parlement, alors que le Labour en a 203. Le Parti National Écossais (SNP) a obtenu 48 des 59 sièges en Ecosse.</p>



<p>Boris Johnson a obtenu sa majorité parlementaire alors que le vétéran travailliste Dennis Skinner, un syndicaliste et défenseur historique de la classe ouvrière, a cédé son siège de Bolsover aux Tories.</p>



<p>Jeremy Corbyn a annoncé qu&rsquo;il ne dirigerait pas le Labour aux prochaines élections et il subit une pression intense pour démissionner immédiatement.</p>



<p>Le vote conservateur n’a augmenté que de 1,2 pour cent à travers le pays par rapport à 2017, mais le Labour a perdu presque 8 pour cent sur la même période.</p>



<p>Les Tories ont gagné une série de sièges qui étaient considérés comme des bastions du Labour comme Blyth, Darlington, Durham North West et Workington. Ils ont gagné Ashfield, Bishop Auckland et Workington, des circonscriptions qui n’avaient jamais élu de Tory auparavant. </p>



<p>C&rsquo;est un désastre navrant pour tou·te·s les travailleur·e·s, pour le service de santé publique NHS, pour nos écoles, pour toutes les personnes menacées par le régime cruel de Crédit Universel [réforme des allocations, ndt], pour toutes celles et ceux qui veulent agir contre le chaos climatique, pour les gens coincés dans des contrats à 0 heure et dénués de protection syndicale. </p>



<p>Plus de sans-abri vont mourir. Plus de gens désespérés vont être déportés ou emprisonnés. Les racistes vont se sentir plus forts. Les femmes et les LGBTI+ vont subir de nouveaux assauts.</p>



<p>Mais ce n&rsquo;est pas la fin. Nous avons tou·te·s perdu, mais nous ne sommes pas brisé·e·s pour autant.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Agitation</strong></h3>



<p>Les écolier·e·s vont continuer à se mobiliser pour le climat. Les travailleur·e·s de l&rsquo;université et les cheminot·e·s de la South Western Railway peuvent faire grève. Il y aura d&rsquo;autant plus d&rsquo;agitation en faveur de l&rsquo;indépendance de l’Écosse.&nbsp;</p>



<p>Le résultat des élections ne doit pas être utilisé pour prétendre que les travailleur·e·s sont toutes et tous réactionnaires ou, en particulier, que les gens ordinaires du Midlands et du nord de l&rsquo;Angleterre sont tous des ennemis du progrès.</p>



<p>C&rsquo;est une tragédie qu&rsquo;une partie de la colère dans notre société ait pu s’exprimer par un vote pour les Tories qui aggraveront les conditions de vie.</p>



<p>Beaucoup de socialistes accuseront le coup, mais nous avons besoin de résistance. Nous devons aussi nous demander comment nous en sommes arrivés là.</p>



<p>Quand le Labour perdait sous Neil Kinnock ou Gordon Brown ou Ed Miliband, la gauche du parti avait une réponse immédiate : c&rsquo;était à cause de la droite du parti et des politiques d&rsquo;austérité.</p>



<p>Ce n&rsquo;est plus vrai cette fois. Il y avait un dirigeant de gauche sincère et convaincu avec un programme très radical comparé aux précédents. </p>



<p>C&rsquo;est vrai que les médias étaient massivement pro-Tory, dont la soit-disant neutre BBC. Corbyn a subi&nbsp; un flot de mensonges et de diffamations ignobles. </p>



<p>Mais que ça nous fasse plaisir ou non, des hommes riches utilisant leurs médias pour soutenir les riches est la norme dans une société de classe. </p>



<p>La droite du Labour a sapé et cherché à salir Corbyn à chaque opportunité qui se présentait. La nuit même de l&rsquo;élection, Ruth Smeeth, la députée Labour évincée de Stoke-on-Trent North présentait son propre parti comme étant «&nbsp;le parti raciste&nbsp;».&nbsp;</p>



<p>Mais là aussi, la droite du Labour a toujours existé.&nbsp;</p>



<p>Nous pensons que la campagne du Labour aurait pu se dérouler autrement. Elle aurait dû se baser sur des meetings de masse et de grands événements publics ouverts à tou·te·s. Au contraire, la tendance était à la mise en oeuvre d&rsquo;une approche plus «&nbsp;professionnelle&nbsp;», centrée sur le porte-à-porte. </p>



<p>Corbyn aurait pu se confronter à Johnson plus directement durant les deux débats télévisés, pointant sa responsabilité directe et personnelle pour Grenfell, les 130.000 mort·e·s à cause de l&rsquo;austérité et ses déclarations racistes ou homophobes.</p>



<p>Mais les élections ne sont généralement pas gagnées ou perdues en six semaines de campagne.</p>



<p>Nous devons regarder plus loin.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Brexit</strong></h4>



<p>Le Brexit était une question centrale. Il a profondément divisé la classe ouvrière, permettant à un escroc aussi révoltant que Johnson de se poser en ami des gens ordinaires face aux élites.</p>



<p>Dans les circonscriptions qui avaient voté à plus de 60 pour cent pour le Brexit, le vote conservateur a augmenté en moyenne de 6 pour cent. Mais dans celles qui ont voté Remain à plus de 60 pour cent, le vote conservateur a baissé de 3 pour cent.&nbsp;</p>



<p>Durant les deux dernières années, le Labour s&rsquo;est rapproché de plus en plus de la position du Remain et a appelé à un second référendum.</p>



<p>C&rsquo;était un virage majeur par rapport à sa position de 2017 selon laquelle «&nbsp;le Labour accepte les résultats du référendum et nous chercherons à unir le pays autour d&rsquo;un accord pour le Brexit qui arrange toutes les communautés de Grande-Bretagne.&nbsp;»</p>



<p>La nouvelle approche fut désastreuse et a aliéné en masse celles et ceux qui avaient voté pour la sortie. La position d&rsquo;un Lexit, pour un Brexit des travailleur·e·s, a été raillée par beaucoup au sein du Labour, mais elle était juste.&nbsp;</p>



<p>Pour ceux qui prétendent que le Labour aurait dû embrasser la position du Remain plus complètement et rapidement, regardez le destin des Lib Dems [parti centriste qui a axé toute sa campagne sur Remain, ndt].<br><br>Leur résultat catastrophique qui les ramène à leur nombre de siège de 2017 a été couronné par la perte du siège de leur cheffe, Jo Swinson, au profit du SNP. Elle avait commencé la campagne en prétendant pouvoir être première ministre.</p>



<p>Les reculs du Labour face aux accusations d&rsquo;antisémitisme ont aussi été totalement catastrophiques. Au lieu d&rsquo;affirmer qu&rsquo;il n&rsquo;y avait rien d&rsquo;antisémite à s’opposer à Israël et au sionisme, le parti a pris la fuite et trahi les Palestinien·ne·s.</p>



<p>Cela a simplement démoralisé les activistes et encouragé les nouvelles attaques qui se manifestèrent de façon d&rsquo;autant plus toxique pendant ces élections.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Un problème plus fondamental est le bas niveau de lutte dans la société. Quand les gens sont impliqués dans des grèves, des protestations ou des manifestations, ils gagnent conscience de leur force et de leur unité en tant que collectif. Ils sont plus ouverts aux idées radicales. </p>



<p>Mais nous n&rsquo;avons pas vu ce genre de résistance.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Confiance</strong></h3>



<p>Corbyn a permis de renforcer la gauche dans son ensemble, donnant la confiance que les idées socialistes peuvent être populaires. Mais le revers de la médaille a été que les leaders syndicaux et de nombreu·se·s militant·e·s ont tout misé sur sa percée électorale. </p>



<p>Il n&rsquo;y pas eu de grosse manifestation, pas d&rsquo;incitation à la grève.</p>



<p>Même quand les Tories étaient au plus bas, la seule réponse fut parlementaire et non dans la rue ou sur les lieux de travail.&nbsp;</p>



<p>Il y a moins d&rsquo;un an, l&rsquo;accord de Brexit de Theresa May était rejeté par une majorité de 230 députés. C&rsquo;était la plus grosse défaite parlementaire de l&rsquo;histoire britannique.</p>



<p>Il n&rsquo;y a jamais eu de protestation de masse, aucun effort pour pousser les Tories dehors.&nbsp;</p>



<p>Plus tard, l&rsquo;impasse parlementaire força Johnson à organiser une élection générale pour le 14 octobre. Le Labour se déroba à nouveau, préférant s&rsquo;associer aux Lib Dems et à d&rsquo;autres pour bloquer un Brexit sans accord plutôt que d&rsquo;aller aux urnes.</p>



<p>De nombreux leaders syndicaux ont vendu la classe ouvrière. L’absence totale d’incitation à la grève et leur détermination à tout miser sur le Labour eurent des conséquences fatales..</p>



<p>Dans les temps durs, nous devons dire et répéter que ce qui se passe dans les rues et au travail est plus important que le parlement.</p>



<p>Le travaillisme, cette idée que le parlement prévaut et doit orienter et discipliner tout le reste de la lutte, est en fin de compte le problème et l&rsquo;explication de la défaite. Être coincé·e dans une vision du monde limitée au parti travailliste et ses batailles internes est catastrophique. <br><br>C&rsquo;est pourquoi nous avons besoin d&rsquo;organisation révolutionnaire indépendante.</p>



<p>Johnson fait face à de sérieux problèmes. Les gens qui ont voté pour lui attendront de lui qu&rsquo;il mène une politique en leur faveur, ce qu&rsquo;il ne fera pas. Le Brexit nécessitera des débats tortueux. Johnson a perdu la faveur de nombreux grands patrons, qui représentent le bastion traditionnel des conservateurs. De nouveaux chocs économiques pourront surgir à travers le monde et en Grande-Bretagne.</p>



<p>Mais la gauche ne peut continuer sur le même chemin comme si de rien n’était. Maintenant, nous avons besoin d&rsquo;actions concrètes, pas d&rsquo;excuses et de lamentations.</p>



<p>Stand Up To Racism a appelé à une manifestation pour vendredi 13/12 à 17h devant Downing Street sur le slogan «&nbsp;Pas mon premier ministre, résistons au raciste Johnson&nbsp;». C&rsquo;est un bel endroit pour démarrer la riposte.</p>



<p>Toutes celles et ceux qui se sont battu pour une victoire du Labour ou qui l&rsquo;ont appelée de leurs vœux doivent garder leur énergie pour la poursuite de la lutte pour un monde meilleur et le socialisme. </p>



<p>Pas de renoncement, combattons plutôt les Tories et leur système.&nbsp;</p>



<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><strong>L&rsquo;action peut briser la droite</strong></h2>



<p>Une victoire de la droite aux élections ne signifie pas qu&rsquo;elle est imbattable :</p>



<ul class="wp-block-list"><li>En 1970, le Tory Edward&nbsp; Heath s&#8217;empara d&rsquo;une élection de façon inattendue avec plus de 46% des votes. Deux ans plus tard, une grève nationale des mineurs renvoya dans les filets sa première série d&rsquo;attaques contre les travailleur·e·s. Il y eut plus de 200 occupations d&rsquo;usines entre 1972 et 1974.</li></ul>



<p>Les conditions vie des travailleur·e·s s&rsquo;améliorèrent.&nbsp;</p>



<p>En février 1974, 250.000 mineurs firent grève sur les rémunérations pendant quatre semaines. Heath appela à une élection générale, demandant aux gens de choisir entre lui et les mineurs.</p>



<p>Il perdit les élections.</p>



<ul class="wp-block-list"><li>Aux élections générales de 1992, les Tories dirigés par John Major gagnèrent les élections avec ce qui reste comme le plus grand nombre de voix de l&rsquo;histoire britannique.&nbsp;</li></ul>



<p>Six mois plus tard, la crise financière du «&nbsp;Lundi Noir&nbsp;» avait sapé l&rsquo;autorité du gouvernement.</p>



<p>Un mois plus tard, la révolte généralisée contre la fermeture de mines de charbon a scellé le sort de Major.</p>



<p>Le gouvernement chancelant resta en place, mais sa capacité à lancer de nouvelles attaques fut sévèrement limitée.</p>



<ul class="wp-block-list"><li>En 2015, David Cameron remporta de façon inattendue une majorité et pu gouverner sans les Lib Dems. Le résultat signifiait qu&rsquo;il devait tenir sa promesse d’organiser un référendum sur l&rsquo;appartenance à l&rsquo;Union Européenne. La victoire du Leave un an plus tard le jeta dehors et a paralysé les Tories depuis.</li><li>Aux élections présidentielles de 2017 en France, le candidat de l&rsquo;équivalent du Labour en France arrivait 5ème au premier tour de l&rsquo;élection présidentielle avec 6% des votes. Le second tour était entre le néolibéral Emmanuel Macron et la fasciste Marine Le Pen. 18 mois plus tard, le mouvement des Gilets Jaunes faisait basculer le pays et, un an après, des grèves de masse et des manifestations menacent de briser Macron. </li></ul>



<h5 class="wp-block-heading">Charlie Kimber</h5>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/apres-les-elections-continuons-la-lutte-contre-le-pouvoir-des-conservateurs/">En Grande-Bretagne, après les élections, la lutte contre les conservateurs continue</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La Grèce après les élections : leçons et perspectives</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/la-grece-apres-les-elections-lecons-et-perspectives/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Jul 2019 00:52:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Élections]]></category>
		<category><![CDATA[Extrême-droite]]></category>
		<category><![CDATA[Grèce]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=2193</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Le lendemain des élections européennes, qui en Grèce coïncidaient avec les élections municipales et régionales, la bourse grecque célébrait la victoire de la Nouvelle Démocratie (ND), traditionnel parti de la droite. Dans l’attente de la <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/la-grece-apres-les-elections-lecons-et-perspectives/" title="La Grèce après les élections : leçons et perspectives">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/la-grece-apres-les-elections-lecons-et-perspectives/">La Grèce après les élections : leçons et perspectives</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading">Le lendemain des élections européennes, qui en Grèce coïncidaient avec les élections municipales et régionales, la bourse grecque célébrait la victoire de la Nouvelle Démocratie (ND), traditionnel parti de la droite. Dans l’attente de la possibilité d’un gouvernement plus favorable aux entreprises, l&rsquo;indice FTSE des plus grandes entreprises du pays avait progressé de 4,7% le matin suivant les élections. Le taux de rendement des obligations à échéance à dix ans avait chuté de 32,6 points de base à 3,036%, le plus bas niveau enregistré depuis 2000<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2193_6_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_1" class="footnote_tooltip"><a href="https://www.ft.com/content/d5849cc6-805e-11e9-b592-5fe435b57a3b" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)"><span class="footnote_url_wrap">https://www.ft.com/content/d5849cc6-805e-11e9-b592-5fe435b57a3b</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2193_6_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Le 7 juillet la victoire de la ND aux élections nationales est venue scellé la fin de cette période SYRIZA.&nbsp;</h6>



<h6 class="wp-block-heading">Certains commentateurs n’ont pas tardé à parler de la fin de «&nbsp;la parenthèse de gauche&nbsp;», d’autres «&nbsp;d’un nouveau système bipartite&nbsp;» où l’ancien pôle de PASOK serait remplacé par SYRIZA. Pour Stathis Kouvelakis, candidat d’Unité populaire (UE) aux européennes,&nbsp;» «&nbsp;<em>c’est un désastre encore pire que ce à quoi s’attendaient les plus pessimistes</em>&nbsp;» qui signifie que la reconstruction de la gauche «&nbsp;<em>se déroulera à l’évidence dans le temps long</em>&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2193_6_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_2" class="footnote_tooltip"><a rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.contretemps.eu/elections-europeennes-2019-grece/" target="_blank"><span class="footnote_url_wrap">https://www.contretemps.eu/elections-europeennes-2019-grece/</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2193_6_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. George Souvlis parle d’une cercle qui se ferme vers le point de départ de la «&nbsp;<em>normalité européenne</em>&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2193_6_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_3" class="footnote_tooltip"><a rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://commonware.org/index.php/neetwork/889-the-greek-disaster" target="_blank"><span class="footnote_url_wrap">http://commonware.org/index.php/neetwork/889-the-greek-disaster</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2193_6_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</h6>



<h6 class="wp-block-heading">On ne peut pas, à l’évidence, fermer les yeux aux mauvais résultats de la gauche à ces dernières élections. Mais est-ce pour autant le moment de miser sur «&nbsp;le temps long»&nbsp;?</h6>



<h6 class="wp-block-heading">Cet article défend l&rsquo;idée que la période actuelle, malgré cette défaite, est pleine d’opportunités qui doivent être saisies, en Grèce comme ailleurs.<br></h6>



<h4 class="wp-block-heading">Montée de la droite ?</h4>



<p>Avec quasiment le même taux d’abstention qu’aux élections européennes de 2014, la Nouvelle Démocratie a obtenu en mai dernier près de 424.000 voix de plus. Mais la réussite est moins impressionnante que ce qu’elle paraît de prime abord. Car à côté, il faut calculer que ND n’a pu obtenir ce score que grâce l’écroulement des Grecs Indépendants (ANEL), de LAOS et de Potami (Rivière) qui ont perdu 450.000 voix. Il s’agit plutôt donc d’une reconsolidation du vote de droite vers la ND que d’une percée réussie chez l’électorat de SYRIZA et de la gauche ou même des «&nbsp;indécis·es&nbsp;». La carte électorale est peut être devenue toute bleue (couleur de la ND) après le deuxième tour des régionales, mais pour prendre les exemples les plus importants, 58,74% de l’électorat s’est abstenu pour la périphérie de l&rsquo;Attique et 66,6% pour la ville d&rsquo;Athènes. Les taux d&rsquo;abstention étaient similaires dans d&rsquo;autres régions&nbsp;: Macédoine orientale &#8211; Thrace (59,64%), Égée du nord (66,55%), Grèce occidentale (54,19%), îles Ioniennes (61,26%), Péloponnèse (60,11%), et 62% pour la municipalité de Thessalonique et 65,7% pour la municipalité de Pirée. </p>



<p>Aux élections nationales du 7 juillet, le très haut taux d’abstention (43%) montre bien l’instable terrain sur lequel devront avancer Mitsotakis et ND, qui ont recueilli près de 40% des suffrages et obtenu 158 sièges sur 300 au parlement grâce à une loi électorale injuste, qui donne un bonus au premier parti.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Défaite écrasante</strong></h4>



<p>En ce qui concerne SYRIZA, la défaite est lourde. De 26,6% aux européennes de 2014, il est passé à 23,7% avec 170.000 de voix en mai dernier. Aux nationales ce score a été amélioré à 31,53% et 1.781.000 des voix, non pas parce que des gens ont changé d&rsquo;avis entre temps, mais parce que des milliers de personnes se sont précipitées pour voter pour SYRIZA dans un effort désespéré d’empêcher le retour de la droite. Vu les politiques d’austérité imposé par SYRIZA le résultat n’est guère surprenant. Pendant quatre ans au gouvernement, SYRIZA a implémenté des mesures d’austérité jamais vues auparavant en Grèce, qui ont fauché les salaires et les retraites et poussé des milliers de personnes dans la précarité pour sauver les banques, devenant ainsi le meilleur élève de la Troïka. La liste de ses trahisons est devenue beaucoup trop longue pour un parti qui incarnait l’espoir des masses mobilisées et de centaines de milliers de grévistes. </p>



<figure class="wp-block-image"><img data-dominant-color="6b686d" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #6b686d;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/07/TsiprasMerkel.jpg" alt="" class="wp-image-2222 not-transparent"/></figure>



<p>Mais comment est-ce possible que le Premier ministre qui promettait de rompre avec les mémorandums soit devenu, selon le Financial Times , un «politicien qui éteint les incendies plutôt que de les attiser&nbsp;»&nbsp;? Blâmer les cyniques carriéristes et opportunistes ne suffira pas pour donner une réponse. Car ses faiblesses étaient finalement celles du réformisme classique&nbsp;: considérer que l’État et les institutions européennes pourraient être convaincues voire réformées. Or les deux se sont montrées inflexibles, irréprochables dans leur défense des intérêts capitalistes. La seule véritable option aurait été de les confronter mais pour cela il aurait fallu mobiliser le 62% du OXI (NON). Les mobiliser non seulement pour manifester, mais pour soutenir dans leur lieux de travail toute une série de mesures nécessaires comme la nationalisation des banques et des secteurs clefs de l’économie, l’effacement de la dette et la sortie de l’euro et par conséquent de l’UE<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2193_6_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_4" class="footnote_tooltip">Pour une argumentation plus complète sur le besoin de rompre avec l’UE, voir en anglais&nbsp;: <a href="http://isj.org.uk/the-internationalist-case-against-the-european-union/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)"><span class="footnote_url_wrap">http://isj.org.uk/the-internationalist-case-against-the-european-union/</span></a> et Costas Lapavitsas, The left case against the EU, Polity 2019, surtout les chapitres 1-4.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2193_6_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Face au dilemme entre mobilisations massives ou négociations, SYRIZA a choisi les négociations. C’est une leçon qui est un avertissement grave aux partis de gauche qui seraient tentés de suivre le même chemin.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Aube Dorée x 2&nbsp;? </h4>



<p>C’est sur la question des résultats de l’Aube
Dorée(AD) cependant qu’on trouve les lectures les plus superficielles. Lors de
l’emprisonnement des dirigeants de l’AD suite à l’assassinat de Pavlos Fyssas
en 2013, des «&nbsp;idiots utiles&nbsp;» voyaient «&nbsp;l’implémentation par
l’état grec des directives de Martin Schulz&nbsp;» alors président du parlement
européen. Aujourd’hui certains camarades en Europe répètent la même erreur en
disant que la chute de l’AD de 9,4%&nbsp; et
la troisième position en 2014 à 4,8% et en cinquième position n’est pas très
importante parce qu’un autre parti d’extrême droite, la Solution Grecque, ait
obtenu 4,18% des voix. L’extrême droite aurait, selon eux, adopté un visage
plus «&nbsp;respectable&nbsp;» mais sans que cela change quelque chose de substantielle.
</p>



<p>Rien de plus faux. Comme le dit Thanassis Kampagiannis avocat dans le procès de l’AD «&nbsp;<em>Les résultats des élections ont porté un coup dur à Aube Dorée et à ses efforts pour renforcer sa vitrine politique / parlementaire et redevenir un «&nbsp;parti politique légitime&nbsp;», à un moment où les principaux dirigeants se défendent au tribunal contre les accusations d’être à la direction d’une organisation criminelle. (…) L&rsquo;émergence de la Solution Grecque de K. Velopoulos n&rsquo;est en aucun cas comparable au plan politique et organisationnel avec le projet d’un parti néo-nazi tel que l’Aube Dorée, c’est à dire la constitution de bataillons d’assaut&nbsp; qui attaquent physiquement les étrangers et les dissidents, ce qui a conduit à l&rsquo;assassinat organisé de Pavlos Fyssas en 2013</em> »<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_5');" onkeypress="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_5');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2193_6_5" class="footnote_plugin_tooltip_text">5</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_5" class="footnote_tooltip">Sur son compte Facebook, le 27 mai 2019. </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2193_6_5').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_5', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. </p>



<p>Kampagiannis a raison de rappeler que «&nbsp;<em>ces résultats électoraux n’auraient pas été possibles sans l’action incessante du mouvement antifasciste et la mobilisation des citoyens démocratiques qui ont joué un rôle catalyseur dans l’isolement d’Aube Dorée</em>&nbsp;». <br>La défaite électoral de l’Aube Dorée est en réalité le fruit d’une double lutte du mouvement antifasciste. D’un côté il y a un énorme travail qui a été fait dans les quartiers, sur les lieux de travail, dans les institutions et même sur les plateaux de la télévision par le mouvement antifasciste et particulièrement par KEERFA<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_6');" onkeypress="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_6');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2193_6_6" class="footnote_plugin_tooltip_text">6</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_6" class="footnote_tooltip"> Mouvement Unis Contre le Racisme et la Menace Fasciste </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2193_6_6').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_6', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> pour isoler l’AD à chaque occasion avec des mobilisations et des contre-manifestations unitaires. Mentionnons juste l’exemple de POSPERT, le syndicat du personnel de la radiotélévision qui a décidé de faire grève chaque fois que la direction décidait de donner la parole à l’AD afin d’empêcher les nazis d&rsquo;apparaître sur la chaîne publique. </p>



<p>En parallèle, dans les tribunaux où se passe le procès de l’AD, la présence des avocat-e-s antifascistes aux côtés des victimes de l’AD a permis de démasquer l’AD. Selon Kostas Papadakis, également avocat dans le même procès, «&nbsp;<em>des centaines de milliers d&rsquo;électeurs ont compris que les années précédentes&nbsp;ils avaient voté pour des assassins nazis et non pour des révolutionnaires anti-systémiques</em> ». Et le procès y a joué un rôle&nbsp;: «&nbsp;<em>L&rsquo;organisation nazie n&rsquo;arrive pas à se défendre contre l’accusation … les conflits entre les accusés se manifestent tous les jours et de nombreuses manières. Les liens organisationnels entre la direction et les électeurs ont été coupés, des dizaines de dirigeants sont partis, dont trois de ses eurodéputés ainsi que des députés et des conseillers locaux et plusieurs de leurs bureaux locaux ont été fermés. L&rsquo;isolement politique est total</em>&nbsp;» complète-t-il<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_7');" onkeypress="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_7');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2193_6_7" class="footnote_plugin_tooltip_text">7</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_7" class="footnote_tooltip"> <a rel="noreferrer noopener" aria-label="http://ergatiki.gr/article.php?id=20438&amp;issue=1375 (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://ergatiki.gr/article.php?id=20438&amp;issue=1375" target="_blank"><span class="footnote_url_wrap">http://ergatiki.gr/article.php?id=20438&amp;issue=1375</span></a> </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2193_6_7').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_7', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.  Les évolutions de ces derniers jours, avec les départs de plusieurs cadres dont Ioannis Lagos récemment réélu au parlement européen confirment cette analyse. </p>



<figure class="wp-block-image"><img data-dominant-color="614b2f" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #614b2f;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/07/ProcèsAubeDorée.jpg" alt="" class="wp-image-2213 not-transparent"/></figure>



<p>Cela ne signifie pas que le mouvement antifasciste ait accompli son travail  contre l’AD car « <em>sa défaite ne la rend pas moins dangereuse. C’est pourquoi il n’y a pas de place pour de la complaisance. Il faudra que la décision judiciaire – attendue pour la fin de l’année – vienne sceller la défaite qu’auront subie les nazis en-dehors du tribunal, dans la société elle-même</em>&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_8');" onkeypress="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_8');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2193_6_8" class="footnote_plugin_tooltip_text">8</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_8" class="footnote_tooltip">Ibid. </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2193_6_8').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_8', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Le fait que AD n’ait pas réussi à entrer dans le parlement le 7 juillet reflète une victoire majeure pour le mouvement antifasciste puisque au-delà du financement qu’elle ne recevra plus, la fin du procès trouvera ses ex-députés sans la protection de l’immunité parlementaire. </p>



<p>Cela ne signifie pas non plus qu’il n’y a pas de lutte à mener contre la Solution Grecque. Vélopoulos et ses compagnons, même si leur projet organisationnel est différent de celui de l’AD, sont des fascistes qui essaient de devenir le pôle dominant de l’extrême droite en Grèce. Mais une différence entre leurs résultats aux européennes et aux régionales dévoilent une faiblesse primordiale. La Solution Grecque n’a pas, en tout cas pour l’instant, l’infrastructure organisationnelle et les mécanismes qui sont nécessaires pour construire une organisation type Aube Dorée et l’implantation locale est essentielle pour un tel projet.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Alors, retour aux années 90&nbsp;?</h4>



<p>La Grèce a été gouvernée pendant près de quarante ans par une alternance entre le PASOK (parti du centre-gauche) et la ND. Cette alternance, même si la bourgeoisie grecque avait toujours une préférence pour la ND, garantissait la stabilité nécessaire pour le capital grec afin d’exploiter la classe ouvrière grecque mais aussi pour qu’elle puisse étendre ses activités vers les Balkans, le bassin Levantin et le Moyen-Orient. Si l’on peut dire que le projet néolibéral en Europe fut d’un point de vue économique une réussite pour le capital, l’histoire de sa mise en œuvre en Grèce était beaucoup plus tempétueuse déjà avant qu’elle soit ébranlée par la crise économique de 2008 et la période de «&nbsp;longue dépression&nbsp;» qui l’a suivi. </p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Résistances</strong></h4>



<p>Selon une recherche effectuée pour la Banque centrale européenne, durant la période 1980-2006, 159 grèves générales ont eu lieu en Europe, dont les 69 en Grèce<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_9');" onkeypress="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_9');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2193_6_9" class="footnote_plugin_tooltip_text">9</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_9" class="footnote_tooltip"> <a rel="noreferrer noopener" aria-label="https://www.ecb.europa.eu/pub/pdf/scpwps/ecb.wp2178.en.pdf?889d99e45ae9499206af67735ffeeacb (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.ecb.europa.eu/pub/pdf/scpwps/ecb.wp2178.en.pdf?889d99e45ae9499206af67735ffeeacb" target="_blank"><span class="footnote_url_wrap">https://www.ecb.europa.eu/pub/pdf/scpwps/ecb.wp2178.en.pdf?889d99e45ae9499206af67735ffeeacb</span></a> </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2193_6_9').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_9', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>! Si à côté de ces grèves générales dont certaines ont empêché ou ralenti considérablement des réformes d’austérité et des privatisations, on en rajoutait les grèves sectorielles ou locales, la Grèce figurerait en tête du classement de l’UE.</p>



<p>Bien que l’offensive néolibérale a été poursuivie depuis le début des années 90 avec acharnement, ce n’était pas sans résistance. Ainsi pendant la même période où les bourgeoisies allemande, italienne et britannique ont réussi à restreindre les salaires des travailleurs et des travailleuses, en Grèce ces dernier·e·s ont même vu leurs salaires augmenter les années précédant la crise, sans pour autant que la hausse de productivité soit considérable. </p>



<figure class="wp-block-image"><img data-dominant-color="e9ebe0" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #e9ebe0;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/07/GrèceElections_Fig1V2_190728.jpg" alt="" class="wp-image-2205 not-transparent"/><figcaption> Fig.1 Salaires et productivité par heure travaillée, secteur manufacturier en Grèce (Source: IKA, Eurostat<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_10');" onkeypress="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_10');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2193_6_10" class="footnote_plugin_tooltip_text">10</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_10" class="footnote_tooltip"><a href="https://en.sev.org.gr/wp-content/uploads/2019/03/Final_SEV_SpecialReport_WagesProductivityinGreece.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)"><span class="footnote_url_wrap">https://en.sev.org.gr/wp-content/uploads/2019/03/Final_SEV_SpecialReport_WagesProductivityinGreece.pdf</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2193_6_10').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_10', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>)</figcaption></figure>



<h4 class="wp-block-heading">Un patronat insatisfait</h4>



<p>Selon le rapport de la Fédération Hellénique des Entreprises (SEV) «<em>&nbsp;au cours de la période 1995-2010, le secteur manufacturier grec a connu les plus fortes augmentations de salaire horaire (atteignant 97%) au sein de l’UE, tandis que les gains de productivité ont été limités à 18%, ce qui ne représente qu&rsquo;un tiers de la croissance de la productivité dans l’ensemble de l’industrie manufacturière de l’UE-28</em>&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_11');" onkeypress="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_11');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2193_6_11" class="footnote_plugin_tooltip_text">11</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_11" class="footnote_tooltip"> Ibid.  </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2193_6_11').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_11', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. La comparaison de la productivité des différents pays doit cependant être utilisée avec beaucoup de précaution parce que «&nbsp;<em>les économies ne sont pas des entreprises qui vendent des biens comparables pour qu’on puisse calculer avec précision leur productivité relative</em>&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_12');" onkeypress="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_12');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2193_6_12" class="footnote_plugin_tooltip_text">12</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_12" class="footnote_tooltip">Dimitris Liviératos, dans la revue mensuel <em>Eνότητα</em>, cité dans «&nbsp;Ο Ελληνικός καπιταλισμός, η παγκόσμια οικονομία και η κρίση( Le capitalisme grec, l’économie mondiale et la crise), Μαρξιστικό Βιβλιοπωλείο, p.125.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2193_6_12').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_12', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>Néanmoins, c’est qui est certain est que les résistances des travailleuses et des travailleurs en Grèce mettaient constamment des bâtons dans les roues du rouleau compresseur  néolibéral (voire notamment les grèves en 1992, 1996, 2001, 2002, 2006, 2011). Mais le tableau ne serait qu’à moitié dessiné si on ne rajoutait pas l’importance du mouvement étudiant qui, à plusieurs reprises, a empêché la libéralisation et la privatisation des secteurs de l’éducation avec des occupations et de mobilisations (1990-91, 1999, 2006-7) dynamisant ainsi la résistance contre le néolibéralisme. Ce n’est pas par hasard que le nouveau gouvernement de droite a tout de suite ciblé la loi qui interdit à la police d’entrer dans les lieux d’études. </p>



<p>On pourrait dire que, alors que la crise de 2008 a surpris les économistes et les bourses, la classe ouvrière en Grèce, et particulièrement sa partie la plus jeune, n’était pas dépourvue du bagage nécessaire pour y résister. Les mouvements ouvrier et étudiant ne sortaient certes pas victorieux de la période 1974-2008 mais ils n’avaient jamais non plus subi de défaite substantielle. Le contexte post-crise 2008 était du coup l’occasion pour la classe dirigeante grecque de leur porter les coups qu’elle n’avait pas réussi à porter antérieurement.</p>



<h4 class="wp-block-heading">2008 et après   </h4>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignright is-resized"><img data-dominant-color="312e33" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #312e33;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/07/OXIGrece.jpg" alt="" class="wp-image-2214 not-transparent" width="620" height="310" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/07/OXIGrece.jpg 620w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/07/OXIGrece-300x150.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 620px) 100vw, 620px" /></figure></div>



<p>Quelques mois après l’éclatement de la crise aux États-Unis, mais avant que la bulle grecque ait explosée, l’assassinat d’Alexis Grigoropoulos par un policier avait provoqué les émeutes les plus importantes depuis la chute de la dictature. Bien que l’assassinat ait été le déclencheur, les raisons de ces émeutes étaient plus profondes. Un sondage du quotidien Kathimerini reportait que &nbsp;60&nbsp;% des personnes interrogées considéraient que les événements faisaient partie d&rsquo;une réaction sociale plus large<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_13');" onkeypress="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_13');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2193_6_13" class="footnote_plugin_tooltip_text">13</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_13" class="footnote_tooltip"> <a rel="noreferrer noopener" aria-label="http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.skai.gr%2Fmaster_story.php%3Fid%3D103918 (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.skai.gr%2Fmaster_story.php%3Fid%3D103918" target="_blank"><span class="footnote_url_wrap">http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.skai.gr%2Fmaster_story.php%3Fid%3D103918</span></a> </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2193_6_13').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_13', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Suivirent l’approfondissement de la crise économique en Grèce même, le grand mouvement de contestation «&nbsp;des places&nbsp;» et une longue série de grèves générales, l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement qui se voulait de la «&nbsp;gauche radicale&nbsp;» et le majestueux OXI (NON) aux diktats de la Troïka (FMI, BCE, Commission). La douloureuse trahison de Tsipras et de SYRIZA après le référendum de juillet 2015 est venue sceller cette période. SYRIZA n’a pas seulement implémenté les mesures d’austérité qu’il promettait de combattre. Fidèle à la politique de fermeture de frontières de l’UE et aux missions de patrouilles de FRONTEX, la mer Égée est devenue sous son gouvernement , à travers les accords avec la Turquie et la Libye, un cimetière marin. En même temps, les grandes familles grecques ont pu retrouver le sourire lorsque Tsipras signait des accords avec Netanyahu<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_14');" onkeypress="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_14');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2193_6_14" class="footnote_plugin_tooltip_text">14</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_14" class="footnote_tooltip"><a href="https://blogs.mediapart.fr/edition/palestine/article/050915/grece-israel-un-type-d-accord-militaire-sans-precedent"><span class="footnote_url_wrap">https://blogs.mediapart.fr/edition/palestine/article/050915/grece-israel-un-type-d-accord-militaire-sans-precedent</span></a> et&nbsp; <a href="http://www.centpapiers.com/declaration-de-thessalonique-accord-energetique-chypre-grece-israel/"><span class="footnote_url_wrap">http://www.centpapiers.com/declaration-de-thessalonique-accord-energetique-chypre-grece-israel/</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2193_6_14').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_14', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> et al-Sissi<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_15');" onkeypress="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_15');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2193_6_15" class="footnote_plugin_tooltip_text">15</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_15" class="footnote_tooltip"> <a rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://www.ekathimerini.com/204199/article/ekathimerini/news/greece-cyprus-and-egypt-end-trilateral-talks-with-broad-declaration" target="_blank"><span class="footnote_url_wrap">http://www.ekathimerini.com/204199/article/ekathimerini/news/greece-cyprus-and-egypt-end-trilateral-talks-with-broad-declaration</span></a> </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2193_6_15').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_15', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> pour faire avancer leurs intérêts dans la région. L’apogée de cette domestication aux intérêts du capital grec fut néanmoins la signature de l’accord de Prespa qui obligeait la Macédoine voisine non seulement de changer son nom à Macédoine du Nord, mais aussi à adapter sa constitution et de «&nbsp;corriger&nbsp;» ses monuments. En réalité, derrière le nom, il y avait, la chasse aux investissements des capitalistes grecs et Tsipras s’est prouvé leur «&nbsp;Golden Retriever&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_16');" onkeypress="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_16');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2193_6_16" class="footnote_plugin_tooltip_text">16</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_16" class="footnote_tooltip"> <a href="http://www.socialisterevolutionnaire.org/derriere-le-nom-la-chasse-aux-investissements/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label="http://www.socialisterevolutionnaire.org/derriere-le-nom-la-chasse-aux-investissements/ (s’ouvre dans un nouvel onglet)"><span class="footnote_url_wrap">http://www.socialisterevolutionnaire.org/derriere-le-nom-la-chasse-aux-investissements/</span></a> </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2193_6_16').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_16', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>Sous l’aile de la Troïka la bourgeoisie grecque pourrait maintenant envisager de sortir de la crise tout en rattrapant le temps perdu. Les attaques sur les salaires, les retraites les assurances sociales furent massives. Ces coupes ont finalement abouti à des excédents primaires de 13,5 milliards d’euro pour les années 2016-2018. Pour l’année 2018 l’excédent primaire du pays était de 4,4% (tab 1), record absolu de l’union monétaire<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_17');" onkeypress="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_17');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2193_6_17" class="footnote_plugin_tooltip_text">17</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_17" class="footnote_tooltip"> <a rel="noreferrer noopener" aria-label="http://www.statistics.gr/el/statistics (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://www.statistics.gr/el/statistics" target="_blank"><span class="footnote_url_wrap">http://www.statistics.gr/el/statistics</span></a> </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2193_6_17').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_17', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Ces attaques, menées d’une manière orchestrée par la Troïka, les gouvernements grecs et la bourgeoisie grecque avec l’appui des médias ne sont pas passées sans résistance. Même sous un gouvernement de &nbsp;la «&nbsp;gauche radicale&nbsp;» les résistances ont été au rendez-vous dans nombreux secteurs du public et du privé. </p>



<table class="wp-block-table"><tbody><tr><td>
  &nbsp;
  </td><td>
  2016
  </td><td>
  2017
  </td><td>
  2018
  </td></tr><tr><td>
  Solde budgétaire global (en % du PIB )
  </td><td>
  &nbsp;0,5&nbsp;&nbsp;&nbsp;
  
  </td><td>
  0,7*&nbsp;&nbsp; 
  </td><td>
  1,1
  </td></tr><tr><td>
  Solde budgétaire primaire (en % du PIB)
  </td><td>
  3,7&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  </td><td>
  3,9*&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 
  </td><td>
  4,4
  </td></tr><tr><td>
  Dette publique (en % du PIB)
  </td><td>
  178,5
  </td><td>
  176,2*
  </td><td>
  181,1*
  </td></tr><tr><td>
  Produit intérieur brut (en mds d&rsquo;euros)
  </td><td>
  176,4*
  </td><td>
  180,2&nbsp; 
  </td><td>
  184,71
  </td></tr></tbody></table>



<p><em>Tab 1 &#8211; Source&nbsp;: Elstat</em></p>



<p><em>*révisé</em></p>



<p>A la lecture alors des résultats des élections nationales, européennes, municipales et régionales, il est facile de conclure que la parenthèse de radicalisation 2006-2016 est fermée et que la domestication de SYRIZA nous ramène aux années 90, où la gauche révolutionnaire ne pouvait que regarder l’alternance du pouvoir PASOK-ND sans possibilité d’une intervention décisive et généralisée. Mais cela n’est pas le cas aujourd’hui. Car cette alternance était à l’époque basée sur une stabilité économique et politique, nationale et internationale qui n’existe plus aujourd’hui. </p>



<p>Au sein de l’UE, la cohésion est fragilisée et le Brexit n’est qu’un aspect de cette crise. C’est certainement une première de voir un parti, les Conservateurs, être au gouvernement et négocier l’avenir de son pays et en même temps obtenir seulement 9% des voix&nbsp;!<br>
Parallèlement l’hégémonie traditionnelle allemande est affaiblie et l’entente avec la France est mise à l’épreuve. Cela se cristallise dans la volonté de  Macron d’imposer son choix de prédisent de la commission. Macron aurait aimé lui aussi rêver une renaissance française, sauf que les Gilets Jaunes lui ont gâché le rêve tous les samedis – même le 14 juillet&nbsp;! &#8211; et le placent semaine après semaine sur le podium des présidents les moins populaires.</p>



<p>La désillusion générale envers les institutions européennes mène à l’affaiblissement des systèmes bipartites traditionnels et à la montée des courants qui désavouent le projet européen et cela à l’encontre de la volonté de leur bourgeoisies respectives. L’extrême droite monte, mais pas au rythme prévu. Le projet de l’intégration d’une extrême droite «&nbsp;respectable&nbsp;» ne semble pas fonctionner non plus&nbsp;: Pays-Bas, Autriche, Grèce, les alliances s’avèrent soit désastreuses, soit impossibles sous le poids des mobilisations et des contradictions internes.   </p>



<p>Aux origines de cette crise politique, la crise économique de 2008 continue à hanter les marchés et les bourses. La probabilité d’une nouvelle crise est constamment discutée et les résultats de l’économie allemande, force motrice de l’UE depuis le début de l’année ne se prêtent pas à des dithyrambes.</p>



<p>Sur l’échelle globale, la guerre commerciale de Trump envers la Chine, que Martin Wolf considère être « <em>la mauvaise guerre, menée de la mauvaise manière, sur le mauvais terrain</em>&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_18');" onkeypress="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_18');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2193_6_18" class="footnote_plugin_tooltip_text">18</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_18" class="footnote_tooltip"> <a href="https://www.ft.com/content/52b71928-85fd-11e9-a028-86cea8523dc2"><span class="footnote_url_wrap">https://www.ft.com/content/52b71928-85fd-11e9-a028-86cea8523dc2</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2193_6_18').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_18', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> exacerbe l’insécurité déjà importante à cause du ralentissement de l’économie Chinoise avec un taux de croissance inférieur à 7%. Mais ce n’est pas que la Chine. Selon le secrétaire général de l’OCDE Ángel Gurría, «&nbsp;<em>l’économie mondiale est dans une situation périlleuse</em>&nbsp;». Les économies du Japon, de l’Allemagne et des États-Unis semblent aussi être tirées de manière différente vers des ralentissements plus importants.  </p>



<h4 class="wp-block-heading">Hégémonie brisée</h4>



<p>En ce qui concerne la Grèce alors, il n’y a pas de retour aux années quatre-vingt ni quatre-vingt-dix. La droite reprend le pouvoir mais pas dans un contexte qui lui garantirait la stabilité. Loin de là. Comme l’affirme Panos Garganas, «&nbsp;<em>les processus politiques et la force des gens  qui ont démoli l&rsquo;ancien duo PASOK-ND sont toujours actifs et ne permettent pas un retour facile à la « régularité » politique avec SYRIZA à la place du PASOK. Non pas parce que SYRIZA ne tente pas de devenir le « centre-gauche » à la place de PASOK, mais parce que 2019 n&rsquo;est pas 1985. Le caractère prolongé de la crise systémique a provoqué l’accumulation de nombreux foyers qui minent la stabilité à tous les niveaux</em>&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_19');" onkeypress="footnote_moveToReference_2193_6('footnote_plugin_reference_2193_6_19');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_2193_6_19" class="footnote_plugin_tooltip_text">19</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_19" class="footnote_tooltip"> <a rel="noreferrer noopener" aria-label="http://www.socialismfrombelow.gr/article.php?id=1124 (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://www.socialismfrombelow.gr/article.php?id=1124" target="_blank"><span class="footnote_url_wrap">http://www.socialismfrombelow.gr/article.php?id=1124</span></a> </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_2193_6_19').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_2193_6_19', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Surtout qu’au milieu de cette crise, le capitalisme grec n’est pas une locomotive qui pourrait jouer un rôle déterminant pour inverser la situation.  Au contraire, il dépend étroitement des évolutions dans le reste de l’UE.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La suite  </h4>



<p>La gauche au-delà de SYRIZA n’a pas profité de sa défaite. Le Parti communiste a conservé ses 5%, tandis que le front anticapitaliste ANTARSYA et l’Unité Populaire (scission de SYRIZA) ont fait des mauvais résultats avec moins de 0,5% chacun. DiEM 25 a obtenu plus de 3% principalement parce qu&rsquo;il a réussi à se présenter comme le «bon vieux SYRIZA», grâce à  Varoufakis, qui avait été limogé en 2015 pour ne pas avoir été loyal à l&rsquo;Union européenne et aux «Institutions». Malgré les faiblesses et les ambiguïtés de DiEM, les votes qu’il a reçus expriment principalement une punition «&nbsp;de gauche&nbsp;» pour SYRIZA.</p>



<p>Reste que le plus important sera la possibilité de cette gauche de collaborer dans le mouvement pour contrer les mesures que le gouvernement de droite essaye déjà de mettre en place. </p>



<p>Ce qui se passera dans le reste des pays européens ne sera pas sans son importance pour les luttes à venir en Grèce. Le mouvement pour le climat qui se renforce dans tout le continent, le mouvement des femmes qu’on a vu exploser en Suisse, le mouvement des  Gilets Jaunes sont des grandes opportunités pour la gauche anticapitaliste. </p>



<p>De quoi discuter et surtout organiser, sans tomber dans la facilité du «&nbsp;champ de ruines&nbsp;» de la «&nbsp;défaite idéologique&nbsp;» etc. Nous vivons dans une époque d’énormes possibilités. Pourvu qu’on les saisisse.</p>



<h6 class="wp-block-heading">Dimitris Daskalakis</h6>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_2193_6();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_2193_6();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_2193_6">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_2193_6" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2193_6_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2193_6('footnote_plugin_tooltip_2193_6_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://www.ft.com/content/d5849cc6-805e-11e9-b592-5fe435b57a3b" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)"><span class="footnote_url_wrap">https://www.ft.com/content/d5849cc6-805e-11e9-b592-5fe435b57a3b</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2193_6_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2193_6('footnote_plugin_tooltip_2193_6_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.contretemps.eu/elections-europeennes-2019-grece/" target="_blank"><span class="footnote_url_wrap">https://www.contretemps.eu/elections-europeennes-2019-grece/</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2193_6_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2193_6('footnote_plugin_tooltip_2193_6_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://commonware.org/index.php/neetwork/889-the-greek-disaster" target="_blank"><span class="footnote_url_wrap">http://commonware.org/index.php/neetwork/889-the-greek-disaster</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2193_6_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2193_6('footnote_plugin_tooltip_2193_6_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Pour une argumentation plus complète sur le besoin de rompre avec l’UE, voir en anglais&nbsp;: <a href="http://isj.org.uk/the-internationalist-case-against-the-european-union/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)"><span class="footnote_url_wrap">http://isj.org.uk/the-internationalist-case-against-the-european-union/</span></a> et Costas Lapavitsas, The left case against the EU, Polity 2019, surtout les chapitres 1-4.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2193_6_5" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2193_6('footnote_plugin_tooltip_2193_6_5');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>5</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Sur son compte Facebook, le 27 mai 2019. </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2193_6_6" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2193_6('footnote_plugin_tooltip_2193_6_6');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>6</a></th> <td class="footnote_plugin_text"> Mouvement Unis Contre le Racisme et la Menace Fasciste </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2193_6_7" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2193_6('footnote_plugin_tooltip_2193_6_7');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>7</a></th> <td class="footnote_plugin_text"> <a rel="noreferrer noopener" aria-label="http://ergatiki.gr/article.php?id=20438&amp;issue=1375 (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://ergatiki.gr/article.php?id=20438&amp;issue=1375" target="_blank"><span class="footnote_url_wrap">http://ergatiki.gr/article.php?id=20438&amp;issue=1375</span></a> </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2193_6_8" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2193_6('footnote_plugin_tooltip_2193_6_8');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>8</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Ibid. </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2193_6_9" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2193_6('footnote_plugin_tooltip_2193_6_9');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>9</a></th> <td class="footnote_plugin_text"> <a rel="noreferrer noopener" aria-label="https://www.ecb.europa.eu/pub/pdf/scpwps/ecb.wp2178.en.pdf?889d99e45ae9499206af67735ffeeacb (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.ecb.europa.eu/pub/pdf/scpwps/ecb.wp2178.en.pdf?889d99e45ae9499206af67735ffeeacb" target="_blank"><span class="footnote_url_wrap">https://www.ecb.europa.eu/pub/pdf/scpwps/ecb.wp2178.en.pdf?889d99e45ae9499206af67735ffeeacb</span></a> </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2193_6_10" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2193_6('footnote_plugin_tooltip_2193_6_10');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>10</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://en.sev.org.gr/wp-content/uploads/2019/03/Final_SEV_SpecialReport_WagesProductivityinGreece.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)"><span class="footnote_url_wrap">https://en.sev.org.gr/wp-content/uploads/2019/03/Final_SEV_SpecialReport_WagesProductivityinGreece.pdf</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2193_6_11" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2193_6('footnote_plugin_tooltip_2193_6_11');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>11</a></th> <td class="footnote_plugin_text"> Ibid.  </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2193_6_12" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2193_6('footnote_plugin_tooltip_2193_6_12');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>12</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Dimitris Liviératos, dans la revue mensuel <em>Eνότητα</em>, cité dans «&nbsp;Ο Ελληνικός καπιταλισμός, η παγκόσμια οικονομία και η κρίση( Le capitalisme grec, l’économie mondiale et la crise), Μαρξιστικό Βιβλιοπωλείο, p.125.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2193_6_13" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2193_6('footnote_plugin_tooltip_2193_6_13');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>13</a></th> <td class="footnote_plugin_text"> <a rel="noreferrer noopener" aria-label="http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.skai.gr%2Fmaster_story.php%3Fid%3D103918 (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.skai.gr%2Fmaster_story.php%3Fid%3D103918" target="_blank"><span class="footnote_url_wrap">http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.skai.gr%2Fmaster_story.php%3Fid%3D103918</span></a> </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2193_6_14" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2193_6('footnote_plugin_tooltip_2193_6_14');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>14</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://blogs.mediapart.fr/edition/palestine/article/050915/grece-israel-un-type-d-accord-militaire-sans-precedent"><span class="footnote_url_wrap">https://blogs.mediapart.fr/edition/palestine/article/050915/grece-israel-un-type-d-accord-militaire-sans-precedent</span></a> et&nbsp; <a href="http://www.centpapiers.com/declaration-de-thessalonique-accord-energetique-chypre-grece-israel/"><span class="footnote_url_wrap">http://www.centpapiers.com/declaration-de-thessalonique-accord-energetique-chypre-grece-israel/</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2193_6_15" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2193_6('footnote_plugin_tooltip_2193_6_15');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>15</a></th> <td class="footnote_plugin_text"> <a rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://www.ekathimerini.com/204199/article/ekathimerini/news/greece-cyprus-and-egypt-end-trilateral-talks-with-broad-declaration" target="_blank"><span class="footnote_url_wrap">http://www.ekathimerini.com/204199/article/ekathimerini/news/greece-cyprus-and-egypt-end-trilateral-talks-with-broad-declaration</span></a> </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2193_6_16" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2193_6('footnote_plugin_tooltip_2193_6_16');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>16</a></th> <td class="footnote_plugin_text"> <a href="http://www.socialisterevolutionnaire.org/derriere-le-nom-la-chasse-aux-investissements/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label="http://www.socialisterevolutionnaire.org/derriere-le-nom-la-chasse-aux-investissements/ (s’ouvre dans un nouvel onglet)"><span class="footnote_url_wrap">http://www.socialisterevolutionnaire.org/derriere-le-nom-la-chasse-aux-investissements/</span></a> </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2193_6_17" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2193_6('footnote_plugin_tooltip_2193_6_17');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>17</a></th> <td class="footnote_plugin_text"> <a rel="noreferrer noopener" aria-label="http://www.statistics.gr/el/statistics (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://www.statistics.gr/el/statistics" target="_blank"><span class="footnote_url_wrap">http://www.statistics.gr/el/statistics</span></a> </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2193_6_18" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2193_6('footnote_plugin_tooltip_2193_6_18');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>18</a></th> <td class="footnote_plugin_text"> <a href="https://www.ft.com/content/52b71928-85fd-11e9-a028-86cea8523dc2"><span class="footnote_url_wrap">https://www.ft.com/content/52b71928-85fd-11e9-a028-86cea8523dc2</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_2193_6_19" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_2193_6('footnote_plugin_tooltip_2193_6_19');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>19</a></th> <td class="footnote_plugin_text"> <a rel="noreferrer noopener" aria-label="http://www.socialismfrombelow.gr/article.php?id=1124 (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="http://www.socialismfrombelow.gr/article.php?id=1124" target="_blank"><span class="footnote_url_wrap">http://www.socialismfrombelow.gr/article.php?id=1124</span></a> </td></tr>

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			</item>
		<item>
		<title>Dangers et défis après les élections en Espagne</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/dangers-et-defis-apres-les-elections-en-espagne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Jun 2019 10:00:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Élections]]></category>
		<category><![CDATA[Espagne]]></category>
		<category><![CDATA[Extrême-droite]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=2099</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les élections ont fait la une de plusieurs journaux. Les titres variaient : «&#160;La victoire du Parti socialiste de type travailliste&#160;», «&#160;Entrée au Congrès espagnol de l&#8217;extrême droite VOX&#160;»,&#160;&#160;«&#160;L&#8217;importance persistante de la lutte catalane&#160;»&#8230; David <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/dangers-et-defis-apres-les-elections-en-espagne/" title="Dangers et défis après les élections en Espagne">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading"><em>Les élections ont fait la une de plusieurs journaux. Les titres variaient : «&nbsp;La victoire du Parti socialiste de type travailliste&nbsp;», «&nbsp;Entrée au Congrès espagnol de l&rsquo;extrême droite VOX&nbsp;»,&nbsp;&nbsp;«&nbsp;L&rsquo;importance persistante de la lutte catalane&nbsp;»&#8230;</em></h6>



<h6 class="wp-block-heading"><em>David Karvala, militant de Marx 21 à Barcelone, revient sur ces titres et analyse les résultats de ces élections.</em><br></h6>



<hr class="wp-block-separator is-style-dots"/>



<h4 class="wp-block-heading"><br><strong>Une victoire pour Pedro Sánchez</strong></h4>



<p>Le Parti socialiste (PSOE), parti de l&rsquo;actuel Premier ministre, Pedro Sánchez, a remporté une impressionnante victoire, passant de 85 sièges et 5,4 millions de voix en 2016 à 123 sièges et 7,5 millions de voix aux élections de 2019.</p>



<p>Sánchez est beaucoup plus modéré que Jeremy Corbyn, mais il existe quelques analogies. Il y a à peine deux ans, la vieille garde de droite du PSOE l’avait démis de ses fonctions, après qu’il eût utilisé les votes socialistes au Congrès pour empêcher la droite (PP) de prendre le pouvoir. Mais Sánchez a riposté et a de nouveau remporté la direction. Ce résultat électoral, basé sur une opposition à la droite, est donc une gifle pour cette vieille garde.</p>



<p>Cela dit, sous Sánchez, de nombreuses politiques du PSOE capitulent toujours face aux arguments de la droite, voire de l&rsquo;extrême droite. Pour ne donner que quelques exemples, il a fait incarcérer les prisonnierEs politiques catalanEs (qui n&rsquo;ont encore été condamnéEs pour aucun crime)&nbsp;; après une brève séance de photos accueillant des réfugiéEs il a interdit aux navires de sauvetage d’opérer&nbsp;; il poursuit les principaux axes des politiques économiques néolibérales.</p>



<p>Pedro Sánchez est actuellement le seul chef en position de former un gouvernement ; la grande question est de savoir s&rsquo;il va chercher les partenaires dont il a besoin pour obtenir une majorité parlementaire à sa gauche ou à sa droite.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Podemos</strong></h4>



<p>Podemos et ses différentes coalitions sont passées de 71 à 42 sièges. Cette défaite est le résultat de plusieurs facteurs.</p>



<p>Lors de son lancement en 2014, Podemos s’était présenté comme le nouvel espoir de la gauche. Maintenant, il ne s&rsquo;agit en réalité que d&rsquo;un parti réformiste de plus. Lui qui se voulait l’opposition au régime de 1978 (date de l&rsquo;actuelle constitution espagnole), est finalement devenu le grand défenseur de cette constitution. Dans l’un de ses principaux discours électoraux, Pablo Iglesias a insisté sur sa fierté de l’Espagne, sans faire des distinctions : il a rendu hommage aux luttes des travailleuses du secteur du nettoyage au même titre qu’aux forces armées.</p>



<p>En outre, Podemos a subi des tensions internes et des scissions massives. Celles-ci sont principalement le résultat des méthodes d’un leadership vertical, qui vont de pair avec la conception « marketing de  la politique » selon laquelle une organisation démocratique de militantEs est un obstacle à l&rsquo;obsession de tweeter les « bons messages » et de faire des « phrases choc » à la télévision.</p>



<p>Le principal objectif de Podemos lors de ces élections était d&rsquo;obtenir suffisamment de sièges pour former un gouvernement avec le PSOE. Beaucoup de gens se sont dit que si ce qui était nécessaire était un gouvernement  PSOE, alors  ils devraient plutôt voter pour le PSOE lui-même.</p>



<p>Si Sánchez accepte l’offre de Podemos de former une coalition, cela signifiera un gouvernement plus à gauche, mais ça serait un suicide politique pour Podemos. Mais en fin de compte, Podemos a été formé pour entrer dans les institutions, pas pour lutter par en bas.</p>



<p>Dans tous les cas, il est plus qu&rsquo;évident qu&rsquo;il nous faut une alternative anticapitaliste à Podemos, et cela reste à construire.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La
droite : blessée et dangereuse</strong></h4>



<p>Beaucoup de gens craignaient une répétition de l&rsquo;alliance de droite &#8211; entre PP, Ciudadanos et le nouveau parti d&rsquo;extrême droite, VOX &#8211; qui a pris le pouvoir en Andalousie en décembre dernier, en remplaçant le PSOE au sein du gouvernement régional. Le fait que la droite n’ait pas gagné est quelque chose de très positif et important.</p>



<figure class="wp-block-image"><img data-dominant-color="807f83" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #807f83;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/06/vox2.jpg" alt="" class="wp-image-2102 not-transparent"/><figcaption>David Kervala (au centre) intervenant à un rassemblement contre VOX au lendemain des élections européennes.</figcaption></figure>



<p>Le principal parti conservateur, le PP, a chuté de façon désastreuse, passant de 7,9 millions de voix et 137 députés à 4,4 millions et 66 sièges. C’est une défaite sérieuse pour le nouveau chef du parti, Pablo Casado, et sa stratégie consistant à tenter de faire face à la montée de l’extrême droite en la copiant. On verra si la grande partie des dirigeants du PP réagira à la défaite en changeant de direction ou en allant encore plus à droite.</p>



<p>Une grande partie de voix perdues par le PP revient au parti de centre-droit Ciudadanos (Cs), qui est passé de 3,1 millions de voix et 32 ​​sièges à 4,1 millions de voix et 57 députés. Bien que Cs ait signé un pacte avec le PP et le VOX en Andalousie, il a tenté, contrairement au PP, de conserver certaines apparences de « libéralisme ».</p>



<p>Cependant l’élément le plus important concernant la droite, c’est la montée de VOX, qui entre au Congrès avec 24 députés et 2,7 millions de voix.</p>



<p>VOX est passé de presque rien à plus de 10% en moins d’un an. Il s’agit d’une scission de droite du PP en 2013. La crise actuelle du PP &#8211; sa corruption, son incapacité à résoudre le problème catalan et d’autres facteurs &#8211; a entraîné une hémorragie. Des membres qui étaient le plus de droite ont choisi d’aller vers le VOX. Mais VOX a également séduit des fascistes, tels que d’anciens membres de  <em>Plataforma per Catalunya</em>, un parti de type Front national qui s’est dissout en février, après des années de défaites et de scissions causées essentiellement par les campagnes de <em>Unité contre le racisme et le fascisme</em> (UCFR).</p>



<p>Donc, un peu comme l’UKIP en Grande-Bretagne et l’AfD en Allemagne, VOX comprend à la fois des éléments populistes de droite et des fascistes ; il est trop tôt pour dire quel composante prévaudra.</p>



<p>Un point très important à propos de VOX est qu’il n’obtient pas ses gains électoraux  principalement dans les quartiers pauvres de la classe ouvrière, mais plutôt dans les anciens bastions du PP. À titre d&rsquo;exemple, les deux villes ayant le revenu le plus élevé par habitant dans l&rsquo;ensemble de l&rsquo;État espagnol &#8211; les deux situées à la périphérie de Madrid – ont voté massivement en faveur de l&rsquo;extrême droite. Dans la plus riche, Pozuelo de Alarcón, VOX a obtenu 19,8% ; dans la deuxième plus riche, Majadahonda, 18,8%.</p>



<p>Mais ce ne sont pas que les facteurs économiques qui comptent. La troisième ville la plus riche est Sant Cugat del Vallès qui se trouve en Catalogne, près de Barcelone. Ici, VOX a obtenu « seulement » 4,1% des voix ; plus que la moyenne de la région de Barcelone, mais rien comparé aux riches banlieues de Madrid.</p>



<p>Néanmoins, même si les pires prévisions qui lui donnaient 30, 40 sièges ou même plus, n&rsquo;ont pas été confirmées, la présence de 24 députés d&rsquo;extrême droite est une très mauvaise nouvelle. Il est donc d&rsquo;autant plus important de continuer à construire des mouvements comme l&rsquo;UCFR dans l&rsquo;ensemble de l&rsquo;État espagnol.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La question catalane ne va pas disparaître</strong></h4>



<p>La grande nouvelle est que le parti indépendantiste <em>Esquerra Republicana de Catalunya</em> (ERC), parti de centre-gauche, a remporté les élections en Catalogne avec 24,6% des voix, contre 23,2% pour le Parti socialiste. ERC a même battu les socialistes dans la ville de Barcelone.</p>



<p>Face à l&rsquo;impasse dans la lutte pour l&rsquo;indépendance, ERC a opté pour une stratégie d&rsquo;élargissement du mouvement associant la question nationale aux questions sociales. Lors de ces élections, ERC a formé une coalition avec les <em>Sobiranistes,</em> une scission de l’espace autour de Podemos de personnes favorables au droit de l’autodétermination &#8211; par opposition à la position officielle  de Podemos, qui était ambiguë, quand elle n’était pas hostile à l’indépendance. Le Parti communiste catalan est un élément clé des<em> Sobiranistes</em> et son dirigeant, Joan Jose Nuet, qui doit être jugé pour son rôle lors du référendum, est l’un des nouveaux députés de l’ERC.</p>



<p>L’ERC a ses contradictions et ses limites, mais son succès lors de ces élections est un bon signe.</p>



<p>Tout cela &#8211; et les votes importants pour deux autres partis explicitement pro-indépendantistes &#8211; montre que la question catalane ne va pas disparaître, comme le souhaiterait la majorité des partis espagnols. Il n’existe pas d’alternative au respect du droit démocratique des Catalans de décider de leur avenir.</p>



<p>La seule alternative pour l’état serait de réprimer plus et de bafouer la démocratie.  Ces élections en Catalogne ont été exceptionnelles, non seulement de par leurs résultats, mais également par le fait que plusieurs des principaux candidats (pour l&rsquo;ERC, Oriol Junqueras pour le Congrès et Raül Romeva pour le Sénat ; pour le centre-droit, Junts Per Catalunya, Jordi Sánchez) sont des prisonniers politiques et sont actuellement jugés par la Cour suprême de Madrid. Ils ont tous été élus et il reste à voir comment les autorités espagnoles vont réagir. </p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Défis</strong></h4>



<p>Il est urgent de créer des mouvements unitaires contre le racisme et l&rsquo;extrême droite. Cela signifie qu’on doit surmonter les idées dominantes sur comment faire face au fascisme, qui se sont révélées inefficaces.</p>



<p>La question catalane est une question clé pour la gauche et les forces progressistes à travers l’État espagnol, mais la majorité de la gauche n’est pas en mesure d’adopter une position de principe.</p>



<p>Enfin, la crise de Podemos confirme l&rsquo;urgente nécessité de construire une gauche anticapitaliste cohérente. C&rsquo;est en fait un facteur clé pour pouvoir se confronter aux problèmes mentionnés.</p>



<p>Sans une gauche engagée à lutter pour ses principes tout en travaillant avec d&rsquo;autres personnes dans des luttes concrètes, nous ne verrons jamais les grands mouvements dont nous avons besoin pour faire face aux nombreux grands défis qui nous attendent.</p>



<h6 class="wp-block-heading"><strong>David Karvala</strong></h6>
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		<title>Quoi qu’il arrive le danger fasciste sera toujours là au soir du 7 mai</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/quoi-quil-arrive-le-danger-fasciste-sera-toujours-la-au-soir-du-7-mai/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 May 2017 21:31:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Élections]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">L&#8217;intervention de notre camarade Denis au meeting organisé par United Against Fascism à Londres mardi 2 Mai 2017 Je voudrais commencer par saluer les 30 000 manifestantEs de Londres du 18 mars dernier contre le racisme <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/quoi-quil-arrive-le-danger-fasciste-sera-toujours-la-au-soir-du-7-mai/" title="Quoi qu’il arrive le danger fasciste sera toujours là au soir du 7 mai">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>L&rsquo;intervention de notre camarade Denis au meeting organisé par <a href="https://uaf.org.uk/">United Against Fascism</a> à Londres mardi 2 Mai 2017</em><br />
Je voudrais commencer par saluer les 30 000 manifestantEs de Londres du 18 mars dernier contre le racisme et l’islamophobie, comme ceux et celles de Dublin, Glasgow, Athènes ou Vienne. Mais saluer aussi les dizaines de milliers de manifestantEs de Cologne contre le Congrès de l’AfD et les centaines de milliers de Barcelone qui ont manifesté en février en solidarité avec les migrantEs.<br />
Parce que,  si je suis ici pour parler de la France, sachez que chaque démonstration de solidarité, chaque manifestation contre le racisme et le fascisme renforce notre détermination et notre courage. Et parce que la solidarité internationale est déjà l’opposé du fascisme.<br />
Mais je voudrais aussi vous apporter les salutations de ceux et celles que vous verrez rarement dans les médias dominants quand il s’agit de la France, les milliers, principalement des jeunes, qui ont manifesté contre les meetings du FN pendant la campagne, à Bordeaux, Nantes, Bayonne, Ajaccio, Paris…, les 15 000 manifestantEs du 19 mars contre le racisme et les violences policières à Paris, les lyceénNEs de différentes villes qui ont bloqué leurs lycées la semaine dernière contre Le Pen et contre Macron et les 200 000  syndicalistes, antiracistes, antifascistes qui ont défilé hier pour le 1<sup>er</sup> mai dans toute la France contre le FN et pour la justice sociale.<br />
<strong>Pourquoi ?</strong><br />
Et pourtant, malgré cela, Marine Le Pen a gagné près de 8 millions de voix au premier tour des élections présidentielles.<br />
Disons d’abord que ce n’est une surprise que pour les hypocrites qui se découvrent soudain, comme Macron et pour combien de temps ?, antifascistes.<br />
Sachez-le, la situation est bien plus grave que ce que vous pensez. Le Front National est arrivé en tête lors des deux dernières élections qui ont eu lieu en France, les Européennes et les Régionales. Il a des centaines de conseillers locaux, municipaux et régionaux, 2 députés déjà au parlement et la première délégation française au parlement européen. D’élections en élections les FN a « stabilisé » un électorat de millions de voix et commencé à reconstruire un appareil militant, à s’implanter dans les institutions.<br />
Il y a trois raisons à cette progression qui nous disent aussi des choses sur comment on devrait la combattre.<br />
La première ce sont les politiques menées, aussi bien par des gouvernements de droite et des gouvernements dits de gauche, contre les travailleurs et les travailleuses, les chômeurs, précaires, les retraitéEs, les habitantEs des quartiers populaires. Ces politiques ont désespéré une majorité de la population. C’est d’ailleurs ce type de politique que nous annonce Macron.<br />
La seconde, c’est que les mêmes, de droite comme de gauche, ont donné de la légitimité au FN par des politiques et des discours de plus en plus racistes et autoritaires, visant en priorité les migrantEs, les Rroms et les MusulmanEs.<br />
Imaginez que, durant cette campagne, même un candidat comme Jean-Luc Mélenchon, caractérisé comme de « gauche radicale » est allé sur ce terrain. Quand Marine Le Pen a planifié une provocation médiatisée à Beyrouth en demandant à rencontrer le Grand Mufti et refusant, finalement l’entrevue parce qu’elle devait mettre un  foulard, Jean-Luc Mélenchon lui a apporté son soutien. Et, pendant sa campagne Il a déclaré que la France n’était pas en capacité d’accueillir tous les réfugiéEs disant que la solution c’était qu’ils et elles « restent chez eux » !<br />
Lors de son meeting à Marseille, Marine Le Pen a ainsi pu déclarer que la bataille idéologique a été gagnée et qu’il s’agissait, pour le FN de gagner maintenant la bataille politique. Pour illustrer cela elle a cité les meetings de la France Insoumise où « les drapeaux bleu-blanc-rouge ont remplacé le drapeau rouge ».<br />
En fin, la troisième raison c’est que, depuis 10 ans, toute la gauche, gauche anticapitaliste comprise, a abandonné le combat direct contre le FN faisant accepter l’idée que le Front national n’était plus fasciste et niant, publiquement, l’idée qu’il pouvait exister un danger fasciste en France.<br />
Disons le clairement. Le Front national n’a pas changé. Si vous en voulez une seule preuve, elle est donnée par des personnes qui connaissent bien le Front national et ses membres. Il y a quelques jours, un des candidats, qui a fait un peu plus de 4% au premier tour, politicien nationaliste, raciste et réactionnaire a décidé de s’allier avec Marine Le Pen. Certains de se lieutenants l’ont dénoncé en déclarant qu’ils connaissaient très bien la réalité du Front National et ne pouvaient cautionner cela.<br />
<strong>Comment faire ?</strong><br />
Comment faire ? Partout la question est posée, allez-vous voter Macron au second tour ? Mais la réelle question est plutôt : « Allez-vous vous battre contre le fascisme ? ».<br />
La première tâche, urgente, n’est pas d’argumenter pour qu’il y ait plus de voix pour Macron mais le moins de voix possibles pour Le Pen.<br />
Car chaque voix supplémentaire pour le FN est un pas de plus vers un parti fasciste, un peu plus de confiance encore pour les racistes, les islamophobes, plus de confiance et de violence chez les flics et plus de probabilités d’aller vers des violences extra-institutionnelles aussi contre les migrantEs, les pédés et les gouines, les MusulmanEs, les activistes.<br />
Quoi qu’il arrive le danger fasciste sera toujours là au soir du 7 mai et ce ne sera pas tout à fait la même situation si des millions supplémentaires se sont mis à voter pour un parti fasciste… ou pas.<br />
A ceux et celles qui nous exhortent aujourd’hui à voter Macron et qui nous font la morale, nous disons d’abord : mais où étiez-vous quand nous vous alertions sur le danger, quand nous vous appelions à manifester le 19 mars contre le racisme ? Où étiez-vous quand nous vous appelions à venir manifester contre les meetings du FN, à empêcher qu’il s’implante dans nos quartiers ?<br />
Mais nous disons aussi : vous venez de prendre conscience qu’il y a un danger ? Alors bienvenue, organisons-nous pour faire, réellement, barrage au FN, ne pas lui laisser d’espace, cette semaine, mais aussi la semaine prochaine et les suivantes, recouvrir ses affiches pendant la prochaine campagne des législatives, manifester contre ses meetings, se mobiliser, quartier après quartier, contre ses distributions de tracts.<br />
Organisons-nous aussi pour ne pas laisser le racisme gangréner nos milieux, pour nous unir dans la lutte  contre l’islamophobie, aux côtés des migrantEs et sans-papiers, contre les violences policières.<br />
Comme en 2002 avec Chirac, l’appel à voter Macron est dangereux. Paradoxalement il participe à légitimer le Front National en le présentant non comme un ennemi à supprimer mais comme un adversaire sur la scène électorale . Et dans le meilleur des cas il se justifie comme suit : «  jusqu’au 7 mai on combat Le Pen (avec le vote Macron) et le 8 mai on combat Macron ».<br />
Comme si la victoire de Macron signifiait la fin de Le Pen et du FN, ou, du moins, la fin de la nécessité d’un combat spécifique contre le FN. Alors que Marine Le Pen aura peut-être gagné 10 millions de voix tout en perdant au second tour ?<br />
Le gouvernement Macron sera le gouvernement le plus instable depuis la naissance de la Vè République. Il a déjà annoncé qu’il gouvernerait par ordonnances. Rappelant les types de gouvernements qui se sont succédés dans les dernières années de la République de Weimar en Allemagne et qui ont conduit à Hitler.<br />
<strong>Rien n’est perdu</strong><br />
Les confrontations sont à venir qui nous dresseront contre l’avancée du danger fasciste. Contre les attaques sociales, pour défendre des emplois, la santé, le logement. Celles qui nous opposeront à la police. Celles qui nous jetteront aux côtés des migrantEs, des Rroms, des MusulmanEs, des jeunes des quartiers. Celles qui nous dresseront contre les fascistes et leurs tentatives d’imposer leur « ordre » dans nos vies, dans nos quartiers.<br />
La France n’est pas devenue fasciste. Elle est polarisée. Nous sommes nombreux et nombreuses à n’avoir pas voté pour le FN. Plus de 17 millions n’ont pas voté (abstensions, blancs et nuls, non-inscritEs, étrangerEs) et 10 millions ont voté « à gauche ».<br />
Il était dit dans les années 30 que le fascisme était constitué de poussière humaine, agrégeant des intérêts divers et parfois contradictoires derrière un chef et des haines : de l’étranger, du « déviant », du « rouge »…<br />
Cela n’est vrai que si se constitue contre lui un bloc uni, capable alors de le désagréger.<br />
Il y a urgence. Il n’est plus temps pour personne, voulant prévenir le danger fasciste, de déléguer à qui que ce soit d’autre la nécessité de se lever et de mener le combat.<br />
Comme le dit le slogan « Tout le monde déteste le FN ». Faisons-en une réalité.<br />
<em>Denis Godard, le 2 Mais 2017</em></p>
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		<title>L’élection aura bien lieu&#8230;et alors ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/lelection-aura-bien-lieu-et-alors/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Apr 2017 13:03:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Élections]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Un article rédigé mi avril 2017 Rédigé à l’aune de quatre mois de lutte intense contre la  loi travail et son monde, un pamphlet nous invitait à imaginer l’éventualité d’une annulation de l’élection présidentielle. « soudain <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/lelection-aura-bien-lieu-et-alors/" title="L’élection aura bien lieu&#8230;et alors ?">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Un article rédigé mi avril 2017</em><br />
<em>Rédigé</em><em> à</em><em> l</em><em>’aune</em><em> de</em><em> quatre</em><em> mois</em><em> de</em><em> lutte</em><em> intense</em><em> contre</em><em> la</em><em>  loi</em><em> travail</em><em> et</em><em> son</em><em> monde,</em><em> un</em><em> pamphlet</em><em> nous</em><em> invitait</em><em> à</em><em> imaginer</em><em> l</em><em>’éventualité</em><em> d</em><em>’une</em><em> annulation</em><em> de</em><em> l</em><em>’élection</em><em> présidentielle.</em><em> « soudain</em><em> la</em><em> campagne</em><em> déraille,</em><em> les</em><em> primaires</em><em> s</em><em>’enferrent</em><em> ,</em><em> les</em><em> communicants</em><em> paniquent.</em><em> Le</em><em> scénario</em><em> change.</em><em> La</em><em> télévision</em><em> est</em><em> éteinte.</em><em> Les</em><em> affiches</em><em> arrachées.</em><em> Les</em><em> meetings</em><em> empêchés.</em><em> Les</em><em> bureaux</em><em> de</em><em> vote</em><em> bloqués.Les</em><em> bulletins</em><em> incendiés.</em><em> La</em><em> comédie</em><em> terminée.</em><em> La</em><em> vieille</em><em> politique</em><em> congédiée&#8230; »</em><br />
Chaque épisode intense de la lutte des classes, chaque rupture massive et prolongée avec l’idéologie dominante produisent leurs lots de frustrations, de refus du retour à la survie, et au travail forcé. Comment après avoir vécu la démocratie directe des nuits debout, les manifestations jouissives où les symboles   du capital, banques, assurances, panneaux publicitaires étaient tagués, cassés, désacralisés, ridiculisés, pourrions nous tout à coup nous séparer, en attendant  le prochain épisode ?&#8230;Alors on se console en prononçant  des sentences de réconfort : « rien ne sera plus jamais comme avant &#8230; Aujourd’hui dans la rue, demain on continue&#8230;c’était une répétition générale. » Oui, l’élection aura bien lieu, et faute d’un débouché politique révolutionnaire , une  partie des insurgéEs du printemps – ne nous en déplaise &#8211;  yparticiperont.<br />
Géré de main de maître dés la rentrée scolaire par le gouvernement et les partis institutionnels, le planning de la campagne électorale s’est imposé comme l’événement majeur de l’année auquel devait se soumettre, à défaut de s’y intéresser, toute la population, y compris les millions de celles et ceux qui n’ont pas le droit de vote ou qui n’ont pas l’intention de participer à la grande fête républicaine. Du 9 septembre 2016 date de dépôt des déclarations de candidatures pour la primaire de droite, au 18 juin 2017 ,date du deuxième tour des élections législatives, rien ne nous sera épargné : petites phrases des candidats, trahisons et retournements en tous genres, escroqueries et mises en examen&#8230;Tel des souris de laboratoire, « des échantillons représentatifs » sont chaque jour sondés jusqu‘à plus soif&#8230;A moins d’habiter dans une caverne, de ne pas lire les journaux, d’avoir ni radio ni télé, ne pas fréquenter bars et restaurants, impossible d’échapperàcettelonguetragi-comédie,véritablechapedeplombtotalitaire.<br />
<strong> </strong><br />
<strong>Le</strong><strong> bon,</strong><strong> la</strong><strong> brute,</strong><strong>  et</strong><strong> le</strong><strong> truand</strong><br />
Devrions nous être révérencieux devant  ce « festival de la magouille, ce grand défilé des embrouilles » (François Béranger) ?  Certains journalistes n’hésitent plus à employer des expressions relevant du vocabulaire des chroniqueurs de la presse sportive  pour pigmenter leurs éditoriaux  « Marine Lepen, maillot jaune fait la course en tête, suivie de 3 échappés du peloton » (France inter au journal de 8h00 lundi 12 avril)  Pourquoi ne pas s’essayer  au casting du célèbre western spaghetti : Le bon,  Macron, tronche de premier de la classe, de gendre idéal, ou d’agent immobilier, sourire niais, bon client pour les unes des tabloïds, ni de droite, ni de gauche bien au contraire, insipide à tel point qu’on en oublierait presque qu’il était encore ministre il y a quelques mois, laissant pour souvenir une des pire loi de régression sociale&#8230;La brute, Marine Lepen, fasciste décomplexée, qui après avoir patiemment lissé son personnage en 15 ans d’une dédiabolisation complaisamment  accompagnée par les médias et « politologues » patentés.(voir dans le bulletin l’article de Vanina) Le truand, Fillon, seul candidat qui  s’adresse  à ses électeurs comme un mafioso « Je ne vous demande pas de m’aimer, je vous demande de me soutenir ».  Etiquement et moralement incapable  de susciter  une quelconque empathie avec son personnage, voleur de biens publics revendiqué, François Fillon  n’a plus d’autre alternative que mobiliser sa classe pour défendre ses intérêts. Il est assez croustillant que les cathos intégristes de « sens commun » attachés soi disant aux valeurs de l’église soutiennent activement une telle canaille !<br />
<strong>Titanic</strong><br />
Sorti vainqueur de la primaire du Parti Socialiste « la Belle alliance populaire » (sic) Benoît Hamon au fil des jours voit sombrer sa campagne. Incapable de donner chair à la mesure phare de son programme, le revenu universel  garanti, délaissé par les caciques du parti, l’ex ministre « frondeur »  ne compte plus les défections de son camp. Alors que l’orchestre de Solférino a cessé de jouer, François Hollande lui porte l’estocade finale en s’exprimantouvertementenfaveurdu« sociallibéral »Macron,précipitantlafinduPSsoussaformeactuelleentoutcas.<br />
<strong>Les</strong><strong> habits</strong><strong> neufs</strong><strong> du</strong><strong> président</strong><strong> Mélenchon</strong><br />
Dans ce marché de dupes que constitue l’élection présidentielle, la bourgeoisie détient à elle seule tous les leviers : les institutions de la cinquième république, les médias, les instituts de sondages au fonctionnement des plus opaques&#8230;C’est elle qui décide du casting  le plus favorable à ses intérêts. La montée en puissance des intentions de vote pour le candidat de la France « insoumise » en quelques jours  a suffi pour qu’elle envoie ses chiens de garde au combat, articles anticommunistes haineux dans le Figaro, alarmisme économique dans les échos, prises de positions de ses pseudos intellectuels affidés. A en croire ces braves gens, la victoire de Mélenchon précipiterait la France dans le chaos et la guerre civile. Cette dramatisation est bien inutile. L’ancien sénateur et ministre de François Mitterrand  n’a aucune intention de renverser la table ou de bouleverser les règles du jeu. Habité par la fonction, il ne manque pas une occasion d’exalter l’amour de la patrie, allant même jusqu’à distribuer des centaines de drapeaux tricolores à ses fans lors du rassemblement  parisien du 18 mars, jour anniversaire du début de la commune. On ne fera pas ici l’injure à la France insoumise d’ignorer que c’est drapeau tricolore  brandi que les versaillais écrasèrent la commune de Paris ! N’oublions pas le « flou » pour rester poli  qui entoure sa position sur l’accueil des migrantEs et son opposition au droit d’installation&#8230;<br />
<strong>« l’important, c’est de participer » (Pierre de Coubertin)</strong><br />
Depuis 1969, l’extrême gauche institutionnelle participe systématiquement à l’élection présidentielle. Après avoir  pertinemment fustigé « la farce électorale » et « le crétinisme parlementaire, une infirmité fondamentale, une myopie absolue pour tout ce qui a trait à la nature de l’Etat » Alain Krivine  décidait de se présenter à l’élection suprême. Pour résumer, l’argument principal était de donner une représentation au grand mouvement de Mai 68 et de construire le parti. Notons qu’à cette époque, le gaullisme avait le quasi monopole de l’information, avec ses trois chaînes de télévision. Internet et les réseaux sociaux n’existaient pas, et la contre propagande ne s’organisait qu’à travers la presse militante. S’insérer légalement dans la campagne pour y prendre la parole pouvait se discuter, bien qu’un large partie du mouvement y était  opposée. Le résultat fût un désastre : 1,1% de voix. Loin de remettre en cause cette stratégie menant à l’impasse,  rejoints en 1974 par la candidature d’Arlette, l’extrême gauche institutionnelle pendant près d’un demi siècle a fait de la participation aux élections son orientation fondamentale, sombrant dans le« réformisme de gauche »  et le légalisme. Il est significatif que le début de l’actuelle campagne du NPA était essentiellement bâtie autour du mot d’ordre « Philippe Poutou doit en être. »&#8230;en être, mais de quoi ? Le rôle des révolutionnaires est-il de rabattre vers les urnes de la bourgeoisie les acteurs du mouvement social et les oppriméEs en nourrissant chez eux/elles l’illusion qu’une victoire électorale serai à terme la seule solution pour prendre le pouvoir ?<br />
Comme le résume Alain Badiou « <em>le pitoyable show de l’élection présidentielle, sans épargner une seule candidature, sans éprouver à leur juste valeur de soi disant programmes de réconciliation  nationale au nom d’un républicanisme nauséabond de quelques bonnes consciences molles, se révèle pour ce qu’il est, une mauvaise pièce de théâtre que seuls les acteurs de la soumission acceptent de jouer. »</em><br />
AP, 13 Avril 2017</p>
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		<title>Remettons les parenthèses à leur place !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/remettons-les-parentheses-a-leur-place/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Apr 2017 09:49:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Élections]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Tout est fait pour nous faire oublier les cinq mois de luttes intenses contre la loi « travaille ! » et son monde. C’est pourtant là que les questions politiques ont été le mieux exprimées et testées. Tout <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/remettons-les-parentheses-a-leur-place/" title="Remettons les parenthèses à leur place !">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Tout est fait pour nous faire oublier les cinq mois de luttes intenses contre la loi « travaille ! » et son monde. C’est pourtant là que les questions politiques ont été le mieux exprimées et testées. Tout est fait pour suspendre la résistance collective des exploité.e.s et des opprimé.e.s, et la campagne présidentielle actuelle ne fait que le confirmer.<br />
Car d’un côté, la classe dirigeante française compte intensifier les politiques d’austérité. Dans la compétition internationale, le capitalisme français est depuis 2008 particulièrement en difficulté : dans le secteur industriel par exemple, des milliers de faillite ont eu lieu sur dix ans, la production a baissé, 500 000 emplois ont été détruits entre 2008 et 2013 et les exportations ont chuté.<br />
L’Etat est devenu central pour restaurer la compétitivité, mettre en place les dispositifs coercitifs nécessaires et réduire les droits démocratiques et. Depuis novembre 2015 il y a l’état d’urgence. Il y a eu la répression intense des manifestations contre la loi travail, et il y a eu le passage en force de cette même loi, sans vote du Parlement.<br />
Ce basculement autoritaire de l’Etat suffira-t-il à restaurer la profitabilité de la classe dirigeante française ? Rien n’est moins sûr. C’est pour cela que le Front National peut se présenter comme une alternative à l’Etat français qui n’arrive pas à régler les « désordres » internes et internationaux. Oui, il y a bien un danger fasciste en France.<br />
De l’autre, il y des millions de personnes qui contestent dorénavant l’ordre établi. Durant le mouvement de l’an dernier, cela s’était traduit par des grèves, des blocages et un mouvement politique d’occupations de places pour débattre de la stratégie pour changer le monde. Depuis la fin de ce mouvement, les grèves restent nombreuses (et parfois victorieuses) et des convergences continuent de s’opérer, notamment avec les quartiers populaires. Les violences policières, meurtre d’Adama Traore en juillet 2016, viol de Théo Lahuka en février, assassinat il y a deux semaines de Liu Shaoyo ont provoqué à chaque fois des manifestations spontanées de plusieurs milliers de personnes. C’est dans ce contexte que la manifestation du 19 mars à Paris, réunissant plus de 10 000 personnes pour affirmer notre opposition aux violences policières, au racisme et à la chasse aux migrants, a été la plus importante sur ces questions depuis plusieurs années. Aucune organisation politique n’a réellement construit ces mouvements : ils sont essentiellement le résultat de réseaux et d’équipes militantes qui, plutôt que s’impliquer dans les élections, ont décidé de poursuivre leur activité de construction à la base des mobilisations, et d’implantation dans différents secteurs de la société.<br />
Du coup, la situation est très instable. Les confrontations massives ne sont plus des parenthèses, et ce pourrait être les élections qui le deviennent. Et même si la classe dirigeante a cherché à reprendre la main par ce biais, aidée en cela bon gré mal gré par les partis en campagne, jamais le résultat des élections n’aura été aussi incertain. Reflets de la polarisation sociale et politique, rien ne sera réglé quel que soit le résultat.<br />
Les partis traditionnels de la droite et de la gauche sont en crise. A grand renfort médiatique, Les Républicains comme le Parti Socialiste ont organisé des primaires, et tous ceux qui étaient le plus identifiés aux gouvernements passés ont été balayés. A droite, Nicolas Sarkozy a été éliminé au profit de François Fillon, qui maintient sa candidature alors qu’il est mis en examen pour avoir détourné des dizaines de milliers d’euros de fonds publics. Au PS, François Hollande ne s’est pas présenté parce qu’il battait des records d’impopularité, et Manuel Valls a été battu. Le candidat élu, pris en tenaille entre ses liens avec le gouvernement actuel et la nécessité de s’en dissocier, est actuellement à moins de 10% des intentions de vote.<br />
Du coup, ce sont les candidat.e.s situés hors des courants traditionnels qui mènent la course électorale. Mais sur ce terrain, il faut de solides appuis.<br />
Phénomène nouveau, Emmanuel Macron, ancien ministre ultralibéral de Hollande, a réussi à percer hors des partis, en se présentant comme n’étant « ni de droite, ni de gauche », mais personne ne voit comment il pourrait gouverner.<br />
Beaucoup moins nouveau (on connaît le problème depuis 2002), tous les sondages ont donné durant des mois la candidate du Front National en tête du premier tour des élections. Il existe pourtant une force capable de le contrer : lorsque 70% de la population soutenait le mouvement de grèves contre la loi travail, ce parti s’est retrouvé en difficulté. Et s’il est vrai que cela n’a pas suffi, il y avait là l’opportunité de lancer une campagne massive contre les principales motivations du vote FN : le nationalisme, le racisme et le renforcement de l’État policier. La Marche du 19 mars était une opportunité, mais ce n’est pas le choix qui a été fait par les partis de gauche en campagne.<br />
Pourtant, ce climat contestataire bénéficie depuis quelques semaines à Jean-Luc Mélenchon, au point que certains pronostiquent la possibilité qu’il se retrouve au second tour des élections. Mais plutôt que de s’appuyer sur et renforcer le mouvement de radicalité, il a choisi de s’adapter sur la droite. Lors de son rassemblement du 18 mars, réunissant des dizaines de milliers de personnes, il a interdit tout drapeau de partis, tandis que des milliers de drapeaux français étaient distribués à la foule. Il n’y a pas eu d’appel de sa part à la manifestation antiraciste du lendemain. Et alors que le FN prévoit un meeting central à Paris à la fin de la semaine et qu’une mobilisation unitaire s’organise contre lui, lui et les organisations qui le soutiennent ont décidé de ne pas appeler à manifester.<br />
Du côté du NPA, Philippe Poutou trouve une audience chaque fois qu’il exprime cette radicalité, mais beaucoup (trop) d’énergie a été dépensée pour parvenir à présenter un candidat, et l’est encore actuellement pour exister dans l’arène médiatique.<br />
Les grandes mobilisations antifascistes et antiracistes internationales du 18 mars montrent les possibilités, quand on est déterminé.e.s. La révolte qui a éclaté en Guyane, une des dernières colonies françaises, est bien plus proche de la réalité du monde qui vient que ce qui se joue dans les élections. Il nous faut regarder au-delà des frontières pour avancer, alors rendez-vous à Marxismos pour en discuter !<br />
<em>Vanina Giudicelli. Le 14 Avril 2017</em><br />
<em>Article écrit pour le journal de l&rsquo;organisation grecque <strong>SEK, Parti Socialiste des Travailleurs</strong></em></p>
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		<title>Nul n&#039;est censé ignorer… les élections ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/nul-nest-cense-ignorer-les-elections/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Apr 2017 08:05:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Élections]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Télévision, radio, internet, presse , café d&rsquo;en bas, dîner entre amis, bavardage entre voisins, trajets en train, chez le coiffeur, dans la queue chez le boulanger ou dans la salle d&rsquo;attente du médecin, on entend plus parler QUE de ça : les présidentielles ! Plus que J-x, J-y, J-z… jours ! On dirait qu&rsquo;une météorite va s&rsquo;abattre sur la France.<br />
Il faut dire que cette fois nous sommes assez gâtés, du suspense, il y a !   Sera, sera pas mis en examen ? Mais oui ! Ira, ira pas quand même ? Mais si ! S&rsquo;alliera, s&rsquo;alliera pas ? Mais non ! Marchera, marchera pas ? On ne sait pas ! Se soumettra, se soumettra pas ? Pas sûr ! Aura, aura pas ses signatures ? Mais oui !<br />
Et pendant ce temps là … un jeune homme est violé par un policier à Aulnay sous bois (on ne compte plus les victimes des violences policières, œil perdu si ce n&rsquo;est la vie elle-même) et les manifestants qui réclament justice à Bobigny, gazés, nassés, frappés en même temps que le gouvernement inscrit la présomption de légitime défense pour les policiers dans la loi. Et aussi la justice qui rejette le pourvoi déposé par la famille d&rsquo;Ali Ziri, soldant par un échec définitif la longue bataille pour son droit de la famille du chibani tué dans le fourgon de police le 9 juin 2009 lors de son arrestation.<br />
Et pendant ce temps là…  les résidents des foyers d&rsquo;immigrés n&rsquo;en peuvent plus de leurs conditions de vie, des rochers sont placés sous les ponts du métro aérien pour empêcher les réfugiés de s&rsquo;allonger sur leur carton à l&rsquo;abri de la pluie, Cédric Hérou, dans la vallée de la Roya est jugé pour délit de solidarité, les frères Traore sont envoyés en prison, serait-ce pour entraver leur détermination à obtenir la vérité sur la mort de leur frère assassiné par la police ?…<br />
Mais pendant ce temps là, alors que le FN n&rsquo;hésite plus à venir sur les marchés, des collectifs s&rsquo;organisent pour répliquer.<br />
Mais pendant ce temps là les salariés sans papiers, avec la CGT, occupent le centre administratif du marché de Rungis pour obtenir leur régularisation.<br />
Mais pendant ce temps là des habitants de Calais, bravant le froid des hivers du Nord, vont prendre leur douche sur la place d&rsquo;Armes pour protester contre Madame la Maire qui, non contente de supprimer les points d&rsquo;eau,  interdit désormais aux militants de donner à manger aux migrants.<br />
Mais pendant ce temps là des tailleurs de pierre vont sculpter des œuvres polémiques sur les rochers déposés par les autorités pour empêcher les migrants de s&rsquo;allonger sur le sol.<br />
Mais pendant ce temps là plus de 10 000 personnes défilent dans les rues de Paris et de plusieurs autres villes pour la dignité, contre le racisme et les violences policières.<br />
On pourrait ces temps ci multiplier à l&rsquo;infini ces exemples de résistance, mais quel message nous envoient ils vraiment ?<br />
Certes François Fillon, candidat à la présidence de la République, a dénoncé, après une manifestation « musclée » à Nantes contre la venue de Marie Le Pen, un « climat de guerre civile » et demandé des mesures pour que « les ennemis de la démocratie cessent de perturber la campagne présidentielle »&#8230; On croit rêver&#8230; !  Mais est-ce bien de cela dont il s&rsquo;agit ? Perturber la campagne ???<br />
Ne s&rsquo;agit-il pas plutôt d&rsquo;un frémissement grandissant qui laisse entrevoir que la révolte est proche.  La certitude  que les élections sont sans importance s&#8217;empare d&rsquo;un grand nombre de citoyens. Nombreux sont ceux qui savent désormais que rien ne changera quel qu&rsquo;en soit le résultat et qu&rsquo;il faudra trouver de nouvelles formes d&rsquo;organisation pour tenter d&rsquo;échapper au monde que tous les « grands » candidats nous proposent.<br />
Mais leurs programmes, quel monde  nous proposent-ils ?<br />
Une des réponses, nous l&rsquo;avons eue lors de la visite d&rsquo;un Ehpad, visite organisée par François Fillon, soucieux de confronter son projet à des acteurs de terrain, des aides soignantes en l’occurrence.<br />
Nul n&rsquo;ignore pourtant la crise de l&rsquo; hôpital, le manque criant et croissant de personnel et la détresse des soignants qui donnent de leur vie au service des malades au delà même de ce qu&rsquo;il paraît possible. Or lorsque le personnel de l&rsquo;hôpital invective le candidat à la présidence au sujet de la pénibilité de son travail et de son épuisement professionnel,  alors qu&rsquo;il est question d&rsquo;augmenter le temps travail à 39 heures, la réponse de celui qui entend gouverner la France est inimaginable de mépris, insultante, surréaliste : « ainsi vous voulez que je fasse de la dette supplémentaire ? »  Aucun dialogue, aucune communication, aucune tentative de compréhension n&rsquo;est possible entre ces deux mondes qui resteront définitivement distincts, aussi étrangers l&rsquo;un à l&rsquo;autre que la carpe et le lapin !<br />
Certes François Fillon c&rsquo;est la droite pure et dure, mais parmi les autres « grands » candidats, c&rsquo;est à dire ceux susceptibles d&rsquo;être élus, en est-il un, ou une qui ne se soucie prioritairement de la dette ? En est-il un ou une qui veule sortir du monde capitaliste même s&rsquo;il se prétend contre le système ? Et comme le dit Cédric Durand dans son article <em>Les remèdes toxiques à la crise financière</em>  : « l&rsquo;austérité demeure la principale boussole des dirigeants politiques ».<br />
Il affirme cependant, parlant de la plus grande puissance économique du monde, mais dont nous pouvons malheureusement nous inspirer : « Après les années 1930 et les années 1970, la décennie 2010 s&rsquo;annonce comme une décennie charnière. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une période de turbulences où les difficultés internes à la dynamique du capitalisme et les contradictions sociales ne peuvent être surmontées qu&rsquo;au niveau politique, par des changements institutionnels fondamentaux. »<br />
Faudra-t-il donc attendre, pour apaiser la souffrance sociale, la décennie 2020, ou bien se tourner vers un protectionnisme patriotique remettant en cause toutes les volontés humanistes et internationalistes auxquelles nous sommes attachés, qui ne supportent plus les naufrages des migrants en Méditerranée, les morts dans le désert et la construction de grillages et de murs toujours plus hauts ? Faudra-t-il se résoudre à choisir entre la peste et le choléra ?<br />
Pendant ce temps la, il est certain que nous vivons une crise majeure, une certaine décomposition des institutions,  des luttes sociales peu vigoureuses, un danger fasciste réel et qu&rsquo;il faut se préparer à une lutte politique de grande envergure. Voilà pourquoi lorsque nos casseroles seront trop cabossées à force d&rsquo;avoir tapé dessus, il faudra bien crier plus fort, tous ensemble, dans la rue, encore plus fort pour que s&rsquo;écroule ce vieux monde à bout de souffle dont nous ne voulons plus et qui ne nous laisse de choix qu&rsquo;entre le fascisme et le capitalisme.<br />
MT, 9 avril 2017</p>
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		<title>Plutôt que les élections : Faisons chanter nos bâtons !!!</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/plutot-que-les-elections-faisons-chanter-nos-batons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Jan 2017 22:08:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Élections]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Nous ne communions pas avec les complaintes de la désespérance. Nous leur préférons le chant des bâtons. SeulEs celles et ceux qui pensent que la lutte de classes est un long fleuve plus ou moins <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/plutot-que-les-elections-faisons-chanter-nos-batons/" title="Plutôt que les élections : Faisons chanter nos bâtons !!!">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Nous ne communions pas avec les complaintes de la désespérance. Nous leur préférons le chant des bâtons.<br />
SeulEs celles et ceux qui pensent que la lutte de classes est un long fleuve plus ou moins tranquille évoluant en ligne droite, sans hauts et bas peuvent remiser au rayon des parenthèses enchantées le mouvement du printemps. En oublier les promesses, ne pas en tirer les leçons, ne pas en travailler les potentialités et les questions ouvertes. Quand il faudrait aller chercher, sous le fatras de la campagne des présidentielles, où continue de couler le fleuve de la colère.<br />
SeulEs ceux et celles qui nourrissent l&rsquo;illusion que la trajectoire du Capital peut être changée s&rsquo;effraieront du succès du programme de Fillon auprès du public de la Manif pour tous, des chefs d&rsquo;entreprise et autres habitantEs des beaux quartiers. Ou du remplacement de Hollande par Valls.<br />
SeulEs ceux et celles qui continuent d&rsquo;ignorer que l&rsquo;antagonisme de classes est irréductible, que la guerre est déclarée et que le combat, moins que jamais ne se dénouera au sein de l&rsquo;ordre existant peuvent paniquer et chercher dans les élections la solution la moins pire.<br />
Rien n&rsquo;a changé fondamentalement depuis six mois. Les centaines de milliers de manifestantEs du printemps n&rsquo;ont pas disparu, ni leur soif d&rsquo;un autre monde et leur haine du présent et de ce qu&rsquo;il nous promet pour demain. Comme n&rsquo;avaient pas disparus, pendant le mouvement du printemps, les impératifs du Capital, sa nécessité d&rsquo;exploiter sans contrainte et d&rsquo;atomiser sans limites, son besoin de frontières de plus en plus hautes. Sa haine des migrantEs qu nient ces frontières et sa police qui les imposent.<br />
Ca ne signifie pas que rien ne s&rsquo;est passé qui nous importe ces derniers mois. Et ce qui nous importe c&rsquo;est la barbarie à Alep ou Mossoul, les destructions des campements de migrantEs à Calais et Stalingrad faites pour tuer tout espoir d’un véritable accueil, les camarades emprisonnéEs, l’assassinat d&rsquo;Adama Traoré et l&rsquo;insistance à enfoncer sa famille qui ne se résigne pas.<br />
Ce qui nous effraie n&rsquo;est pas que ce pouvoir s&rsquo;obstine à empirer la catastrophe de son monde. C&rsquo;est dans sa nature et dans les coordonnées de la période. Non ce qui peut nous effrayer c&rsquo;est de ne pas savoir encore la prévenir. Ce qui nous importe c&rsquo;est de savoir construire ce qui la conjure.<br />
Bref, tout ce qui nous importe est ce qui est absent de la campagne des présidentielles.<br />
Ces derniers mois deux exemples, au moins, confirment pourtant en positif les leçons du mouvement contre la loi travail et son monde. A Notre Dame des Landes 40 000 manifestantEs ont afflué le 8 octobre pour faire chanter leurs bâtons. Bâtons du voyage, bâtons des bâtisseurs… et bâtons des soldatEs. Avec la promesse que si le pouvoir décide d’utiliser la force… ils et elles seront là.<br />
Alors le pouvoir vacille et recule. Parce que le mouvement, lui, n&rsquo;hésite pas. Il ne raisonne pas sur ce qui pourrait être compatible avec la logique du Capital. Son refus est sans concession parce qu’il n’est basé que sur nos intérêts, ceux des paysans sur place, ceux de notre environnement.<br />
Comme la lutte contre la loi El Komhri ET son monde, la lutte contre le projet d’aéroport est une lutte bien plus générale contre toute la logique qui sous-tend ce projet. Et le refus se combine avec la recherche pratique de construction d’alternatives. Expériences qui ouvrent et renouvellent de nombreuses question stratégique dans la lutte anticapitaliste.<br />
L’autre exemple est le procès des trois flics qui avaient blessé par des tirs au flashball six personnes (dont l’un a perdu un œil) à Montreuil en juillet 2009. Le comité du 8 juillet a fait de ce procès une campagne offensive contre la police et le flashball, «&nbsp;Gardiens de la paix&nbsp;? Mon oeil&nbsp;!&nbsp;» faisant notamment intervenir comme témoins des représentantEs de familles de victimes des violences policières, des activistes solidaires des migrantEs à Calais, des sans-papiers de Montreuil et des victimes de l’état d’urgence. Cette stratégie offensive, collective et politique a payé. Même les avocats des flics ont dû critiquer le flashball et ont tenté de disculper leurs «&nbsp;clients&nbsp;» en mettant les responsabilités sur le dos… de leur hiérarchie.<br />
Ces exemples éclairent d’un autre jour les défaites subies sur d’autres fronts et notamment la solidarité avec les migrantEs. Invoquer la faiblesse des rapports de forces est une excuse inacceptable. D’abord parce que, depuis des mois, la solidarité n’a cessé de s’exprimer de multiples manières. La dispersion des migrantEs dans des pseudo-centres d’hébergement s’est certes traduite par des rassemblements du Front National mais, systématiquement des contre-rassemblements se sont tenus plus importants jusque dans des villages. Ce qui est en jeu est plutôt la politique et la stratégie qui ont dominé ce mouvement de solidarité. Ne parlons même pas de l’absence de l’essentiel de la gauche dite radicale dans ce combat. Tant qu’elle justifiera les frontières et le refus de la liberté d’installation, elle n’aura rien à dire aux migrantEs et continuera d’offrir des boulevards au racisme et au renforcement de l’Etat policier. Mais tant que le mouvement de solidarité conjuguera l’accompagnement de la politique soit-disant d’hébergement des autorités avec un paternalisme envers les migrantEs, il ne fera que se désarmer face au pouvoir.<br />
Il y a 6 mois nous écrivions que la «&nbsp;trajectoire autonome du capital ne cessera d’entrer en confrontation directe avec notre classe. Qu’elle résiste de manière spontanée et/ou organisée ne changera rien de ce point de vue.&nbsp;»<br />
Ces derniers mois n’ont fait que l’illustrer. Malgré les résistances, le pouvoir a continué son offensive antisociale, a continué de perfectionner sa machine à réprimer et expulser les migrantEs, à cajôler ses flics, à réprimer les activistes. Il a certes dû se débarasser de ses représentants les plus crâmés, Sarkozy et Hollande. Le Capital est plus conscient de la fragilité actuelle de l’illusion démocratique que la gauhe radicale. Ce qu&rsquo;illustrent les programmes de Fillon comme Valls, c&rsquo;est la tendance du Capital à se débarasser de tout ce qui ralentit sa soif de profits et son besoin de faire de l&rsquo;Etat une efficace machine de guerre. Derrière Vals et Fillon c&rsquo;est Marine Le Pen et le fascisme qui avancent.<br />
Dans ces conditions, logiquement, se centrer sur cette campagne de la part de la gauche radicale, n&rsquo;entretient pas sulement la fiction démocratique. Elle entraîne à l’opposé de ce qu’il y a à construire. Il serait plus important de se mobiliser pour écouter le beau programme concoté pour nous (vraiment&nbsp;?) qu’organiser une campagne de lutte pour obtenir ce qui nous revient et préparer les confrontations, plus dures qui viennent.<br />
Ce qu’il y a à construire, d’urgence&nbsp;au sein de notre classe&nbsp;? L’autonomie de notre trajectoire et les moyens de se battre pour l’imposer.<br />
C’est d’abord une bataille idéologique. Le droit fondamental est le droit à l’existence avec tout ce que cela comprend, santé, logement, environnement, culture, etc. C’est sur cette base que doivent se décider nos revendications et pas sur leur compatibilité avec les exigences du Capital. Légitime est tout ce qui permet de défendre et/ou de gagner notre droit à l’existence. Contre la loi si elle s’y oppose, contre les forces de l’Etat qui s’interposent.<br />
C’est surtout une bataille concrète. Car cela suppose, pour notre classe tout ce qui vise à reprendre collectivement le contrôle de l’espace, dans nos lieux de travail, nos quartiers, lieux de vie et lieux de circulation, nos lieux d’étude etc. Cet espace est, dans ce monde dominé par le Capital, indissociablement lieu de vie et lieu de lutte, de vie par la lutte, de lutte par la vie et pour la vie. Car cet espace doit être repris au Capital et à l’Etat.<br />
Légitime, et nécessaire, est donc tout ce qui détruit le contrôle du Capital et de l’Etat sur nos lieux de travail, de vie, de circulation, d’études, etc. Tout ce qui permet collectivement d’en prendre le contrôle.<br />
Par où avancer, continuer&nbsp;? Nous sommes bien sûr du côté de ceux et celles qui proclament que «&nbsp;2017 n’aura pas lieu&nbsp;», de ceux et celles qui appellent à aller à l’abordage des présidentielles. Plutôt que des professeurs sages qui veulent nous enseigner que «&nbsp;2017 aura lieu&nbsp;», qu’il faut faire avec, etc.<br />
Pourtant se focaliser sur le sabordage des élections c’est encore se concentrer sur le terrain de l’ennemi. A un moment où notre propre terrain existe peu. Pour saborder les élections il faut qu’existe un terrain qui dépossède ces élections de toute séduction, de toute illusion même la plus désespérée. C’est parce qu’existait la Zad à Notre Dame des Landes et le mouvement qui la soutient que ce mouvement a pu refuser toute légitimité au référendum organisé par le pouvoir. Mais si l’illusion démocratique est en train de se saborder elle-même elle attire encore comme une bouée beaucoup de ceux ou celles qui se noient… et ne rencontreront que la matraque du garde-frontière.<br />
Ce sur quoi il faut se concentrer aujourd’hui c’est construire, dans les idées comme dans la pratique les conditions de l’autonomie de notre classe. Lieu après lieu, dans une boîte, autour d’un hôpital, d’une école ou d’un bureau de poste menacés, autour d’un campement ou d’un centre d’hébergement de migrantEs ou de Rroms, en défense/construction d’un lieu occupé, construire nos formes d’organisation collective pour contrôler nos espaces et les défendre. C&rsquo;est aussi la leçon de NDDL ou du comité du 8 juillet : ces mouvements ne se sont pas proclamés, ils se sont construits.<br />
Et mettre en lien ces différentes formes d’organisation, ces différents fronts de lutte, les faire connaître, débattre sur la base de leurs expériences et des questions qu’elles soulèvent. Et les faire converger dans la lutte contre l&rsquo;Etat et ses violences, dans la lutte contre le racisme pour une véritable solidarité de classe, dans le combat pour empêcher les fascistes de bénéficier de la situation.<br />
Parce que le seul moyen que le pire (du Capital) ne soit pas sûr, c’est de se battre pour le meilleur (pour nous). Faisons chanter nos bâtons&nbsp;: du voyageur, du bâtisseur et du soldat.<br />
Denis Godard, 13 décembre 2016</p>
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		<title>Présenter un candidat du NPA : une évidence. Vraiment ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/presenter-un-candidat-du-npa-une-evidence-vraiment/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Mar 2016 20:55:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Élections]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Dans l&#8217;édito du dernier Monde Diplo, Serge Halimi utilise une belle formule pour célébrer la « renaissance d&#8217;un courant contestataire » : « A une époque où la droite extrême occupe bien souvent le rôle de dépositaire de <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/presenter-un-candidat-du-npa-une-evidence-vraiment/" title="Présenter un candidat du NPA : une évidence. Vraiment ?">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans l&rsquo;édito du dernier Monde Diplo, Serge Halimi utilise une belle formule pour célébrer la « renaissance d&rsquo;un courant contestataire » : « <em>A une époque où la droite extrême occupe bien souvent le rôle de dépositaire de toutes les colères, ce rayon d&rsquo;espérance pourrait bien lui disputer les saisons qui viennent </em>».<span id="more-61"></span><br />
Nous sentons bien que « quelque chose » se passe, qu&rsquo;il y a dans l&rsquo;air les prémisses d&rsquo;un mouvement de révolte générale. Nous ne pouvons en prédire aujourd&rsquo;hui ni les rythmes, ni les formes. Mais, parce que la trajectoire actuelle des politiques dominantes ne changera pas, nous pouvons prévoir que la tendance fondamentale de ce mouvement sera à l&rsquo;antagonisme et l&rsquo;affrontement social, politique, idéologique et « physique » avec ces politiques, les forces qui les portent et celles qui ne s&rsquo;en démarquent pas. Nous pouvons aussi prévoir, alors, que ce mouvement ne pourra se développer que s&rsquo;il déjoue ceux et celles qui voudront le canaliser dans les cadres et formes traditionnels. C&rsquo;est un peu un quitte ou double : soit une alternative émerge de ce mouvement, ou le mouvement reculera.<br />
Il y a eu, ces derniers jours, la belle manif de Notre Dame des Landes avec ses dizaines de milliers de manifestantEs si divers où les organisations traditionnelles, même présentes, sont une goutte d&rsquo;eau. Il y a eu Calais, symbole d&rsquo;une polarisation extrême à venir et question pourtant désertée par les organisations dites « du mouvement ouvrier » et, au-delà de Calais, les rues de Paris où la même guerre se joue, largement dans l&rsquo;indifférence de ces mêmes organisations. Et puis il y a la riposte à la loi El Khomri dont la poussée est née hors des cadres habituels.<br />
Tout cela ne vient pas de nulle part. Cela fait désormais un an, au moins, que, dans notre organisation, Jacques Chastaing alerte et envoie les listes de conflits et grèves multiples, largement invisibles parce que fragmentés, locaux, spécifiques. Le débat n&rsquo;était pas entre « optimistes » et « pessimistes », entre ceux et celles qui se mettaient à parler de grève générale et ceux et celles qui relativisaient ces données. Il s&rsquo;agissait surtout d&rsquo;analyser ce qui se passait et ce que ça pouvait annoncer : l&rsquo;offensive du pouvoir n&rsquo;allait pas sans résistance. Idem sur ce qui s&rsquo;est passé depuis 9 mois dans la lutte des migrants et la solidarité ou à plus long terme sur le développement de formes de luttes antiracistes et de quartier, locales, fragmentées, très spécifiques mais impliquant les premierEs concernéEs tandis que les organisations traditionnelles sur ce terrain périclitent. Idem avec Notre Dame des Landes et la Cop21. Et puis malgré le rouleau compresseur apparent un début de riposte à l&rsquo;état d&rsquo;urgence.<br />
Il ne faut pas hésiter à dire que, du coup, c&rsquo;est l&rsquo;avenir du NPA qui va se jouer dans les prochains mois. S&rsquo;il est un acteur utile pour le développement de ce mouvement, s&rsquo;il est capable d&rsquo;être un pôle pour aider à déjouer ces tentatives de canaliser ce mouvement, s&rsquo;il permet de faire le lien entre révolte sociale et luttes politiques, alors le NPA a un avenir et peut se régénérer. A défaut, s&rsquo;il ne joue pas ce rôle, s&rsquo;il participe &#8211; même avec une rhétorique radicale &#8211; à la canalisation du mouvement dans ses anciens moules, alors il disparaitra. Sans doute dans des tempêtes internes, ces tempêtes d&rsquo;autant plus violentes qu&rsquo;elles agitent un microcosme&#8230; dans l&rsquo;indifférence générale. Car il n&rsquo;y a pas de test plus impitoyable pour les anticapitalistes et les révolutionnaires que celui du mouvement.<br />
Les enjeux ne sont pas uniquement, pour le NPA, de se retrouver marginalisé. Il en va de l&rsquo;avenir de ce qui se joue. Car le temps nous est compté. Et les monstres, qu&rsquo;ils s&rsquo;appellent Etat policier, nationalisme ou fascisme, ne sont pas tapis dans l&rsquo;ombre. Ils sont là, bien là, et agissent à visage découvert.<br />
Dans cet embryon de riposte une alternative pourrait se construire à condition de comprendre d&rsquo;où elle vient, les formes qu&rsquo;elle prend et ce qui s&rsquo;y exprime. Le plus simple, certes, c&rsquo;est de ne rien remettre en cause, de continuer comme avant, de penser qu&rsquo;il s&rsquo;agirait de « chevaucher le tigre ». De proposer le « bon » programme à ceux et celles qui participent à ces mouvements. Le risque serait alors, avec des discours plus ou moins radicaux et propagandistes, de participer à canaliser ce qui est possible et, tout simplement, de se retrouver durablement marginalisés d&rsquo;un mouvement qui porte beaucoup plus loin.<br />
C&rsquo;est cette conviction, accompagnée de doutes innombrables, qui nous pousse à écrire aujourd&rsquo;hui alors que se profile la CN sur les présidentielles. Alors que la plupart d&rsquo;entre vous auront déjà voté ou s&rsquo;apprêtent à le faire. Parce qu&rsquo;il nous semble que ce qui domine ce débat et se cristallise, toutes motions confondues, dans l&rsquo;affirmation incontestée de la nécessité de présenter un candidat NPA, nous entraine dans une fausse dynamique.<br />
Nous avons longuement hésité, par manque d&rsquo;énergie peut-être, par sentiment d&rsquo;isolement, aussi parce que la tête et les forces qui nous restent sont prises aux côtés des migrantEs, contre l&rsquo;état d&rsquo;urgence, etc.<br />
Nous avons longuement hésité. Pour ne pas rajouter de la division à la division dans notre parti, du doute et du manque de confiance. Parce qu&rsquo;il y avait une telle unanimité, au moins sur ce point, au dernier CPN&#8230; qui n&rsquo;a traité que de ça alors que la construction d&rsquo;une réponse à l&rsquo;état d&rsquo;urgence posait tellement de questions, alors qu&rsquo;on était censé préparer une manifestation à Calais dont les derniers évènements démontrent a posteriori toute l&rsquo;importance.<br />
Nous avons entendu les arguments des différentes plateformes. Il y a ces arguments « internes » cherchant à expliquer combien, derrière les plateformes, se cachent des orientations radicalement différentes qu&rsquo;il faudrait trancher sur le dos du choix d&rsquo;unE candidatE. Il n&rsquo;en reste pas moins que, même les débats internes, ne progressent jamais en vase clos et dans l&rsquo;obscurité des couloirs, mais en pleine lumière et au test des orientations dans et pour le mouvement.<br />
Quant aux arguments qui disent qu&rsquo;on disparait quand on ne se présente pas aux élections présidentielles, ils nous ont toujours étonné dans un parti où les débats tournent souvent à la surenchère révolutionariste. Dans la situation présente et concernant ces élections il nous semble, de plus, que c&rsquo;est l&rsquo;inverse qui est vrai.<br />
Dans le même numéro du Monde Diplomatique, Frédéric Lordon écrit : « <em>Le comble de l&rsquo;engluement, c&rsquo;est bien sûr de ne plus être capable de penser au-delà du monde dans lequel on est englué. </em>» Et plus loin : « <em>La seule chose dont nous pouvons être sûrs, c&rsquo;est qu&rsquo;aucune alternative réelle ne peut naitre du jeu ordinaire des institutions de la Ve République et des organisations qui y flottent entre deux eaux le ventre à l&rsquo;air. Cet ordre finissant, il va falloir lui passer sur le corps. Comme l&rsquo;ont abondamment montré tous les mouvements de place et d&rsquo;occupation, la réappropriation politique et les parlementarismes actuels sont dans un rapport d&rsquo;antinomie radicale : la première n&rsquo;a de chance que par la déposition des seconds. </em>»<br />
Alors pouvons-nous simplement décider de présenter unE candidatE aux élections présidentielles comme d&rsquo;habitude, comme si rien ne se joue d&rsquo;exceptionnel, à la fois dans l&rsquo;évolution des formes autoritaires du pouvoir et dans les formes de la résistance ? Comme si de rien n&rsquo;était ?<br />
Comme si le président n&rsquo;était pas le cœur du régime d&rsquo;exception qui s&rsquo;instaure. Comme si nous ne menions pas campagne contre cette évolution. Comme si ceux et celles dont ce candidat serait &#8211; selon les termes des différentes motions proposées à nos votes &#8211; la « représentation » n&rsquo;étaient pas des « fichéEs S » en puissance, des « déchuEs » en puissance, syndicalistes, activistes du mouvement, zadistes, migrantEs, habitantEs des quartiers populaires, musulmanEs, etc.<br />
Comme si l&rsquo;on pouvait, dans les circonstances actuelles, dénoncer de manière uniquement propagandiste les tendances dominantes en œuvre, nationalistes, militaristes, racistes, antisociales, sécuritaires et liberticides. Ces tendances qui concentrent les pouvoirs aux mains de l&rsquo;exécutif symbolisé par le pouvoir présidentiel. En faisant, dans la forme, la même campagne que les partis dominants qui mettent en œuvre l&rsquo;état d&rsquo;urgence. Pour n&rsquo;en contester la logique que dans le discours&#8230; d&rsquo;unE candidatE.<br />
Comme si le rejet des partis, la défiance envers les élections n&rsquo;avait pas, dans ces conditions, même d&rsquo;une manière confuse, une portée politique. Comme si l&rsquo;exclusion de cette campagne des étrangers vivant en France mais aussi l&rsquo;exclusion &#8211; pour l&rsquo;instant menaçante &#8211; des musulmanEs et des activistes fichéEs ne signifiait rien.<br />
Participer à cette campagne, dans le cadre fixé par les institutions, dont l&rsquo;enjeu est, uniquement, l&rsquo;illusion démocratique&#8230; quand tout le pouvoir passe aux procureurs, aux préfets et à la police. Et au Medef ?<br />
Tout ça pour dire qu&rsquo;une campagne présentant un candidat du NPA ne risque pas seulement d&rsquo;être à côté de la plaque. Elle risque surtout de nous placer sur un terrain, et des dépenses d&rsquo;énergie, hors de ce qu&rsquo;il faut contribuer, urgemment à développer.<br />
Il ne s&rsquo;agit pas de se mettre hors du calendrier électoral : il s&rsquo;agirait de réfléchir comment ce moment sera extrêmement politique si nous contribuons à révéler, à l&rsquo;occasion de cette séquence, l&rsquo;antagonisme radical entre toutes les tendances antidémocratiques (racistes, antisociales, militaristes, etc.) mises en œuvre (ou non combattues) par les forces qui se présentent et ce qui émerge et peut émerger du mouvement.<br />
L&rsquo;état d&rsquo;urgence est la tentative par l&rsquo;Etat d&rsquo;étendre son contrôle de l&rsquo;espace public et de limiter toute possibilité de prise de contrôle de cet espace par « la société ». Bref de réduire encore l&rsquo;espace de la démocratie. D&rsquo;où le droit de manifester mis sous tutelle par l&rsquo;Etat. D&rsquo;où les assignations à résidence qui imposent le cantonnement de militantEs dans l&rsquo;espace privé, celui où les individus sont atomisés et sous la dépendance du discours dominant, hors de l&rsquo;espace public et collectif, de ses débats et conflits. D&rsquo;où le symbole, l&rsquo;enjeu, sous état d&rsquo;urgence des luttes comme Notre-Dame-des-Landes, des manifestations et campements de migrantEs, des grèves, des luttes dans les quartiers populaires&#8230; Toutes luttes dont la stratégie est justement une prise de contrôle collectif de l&rsquo;espace&#8230; contre l&rsquo;Etat et les patrons.<br />
La campagne à imaginer, collective, serait l&rsquo;autre campagne qu&rsquo;a commencé à évoquer Olivier B., la campagne « S », « S » comme Sans-culottes, Sans-dents, Sans-Voix, Sans-Papiers, Sans-Abri. « S » comme FichéEs « S » mais aussi « S » comme Solidarité, Socialisme, Syndicalisme, Sortir du Colonialisme&#8230;<br />
La campagne à imaginer, à construire, serait une campagne visant à re-prendre le contrôle de l&rsquo;espace public, à donner de la visibilité à tous les combats et résistances qui contestent la logique de l&rsquo;état d&rsquo;urgence, à soutenir les occupations de lieux de travail, les ZAD, à combattre toutes les entraves aux possibilités de circuler, de manifester&#8230;</p>
<p><strong>Vanina Giudicelli, Denis Godard, Alain Pojolat</strong></p>
<p><em>11 mars 2016</em></p>
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