Contre les fachos et le racisme, construisons le 14 mars

L’offensive des fascistes depuis deux semaines est violente. A Autonomie de Classe, on défend que la seule manière d’y faire face, c’est de construire une riposte de masse dans la rue pour casser la confiance des fachos et reprendre confiance en notre force, en la force de notre classe. Je suis avec Denis et Gabin d’Autonomie de Classe qui, respectivement à Paris et Marseille, construisent cette riposte et la mobilisation du 14 mars contre le racisme et le fascisme appelé par la marche des solidarités.
On a plusieurs choses à aborder ensemble. Déjà, l’offensive des fachos dont je parlais, elle ne suscite pas que de la peur. Au contraire, elle provoque aussi une prise de conscience du danger fasciste, qui peut potentiellement se transformer en un engagement, une mise en action. Est-ce que ce que je dis est vrai ? Est-ce que vous pouvez nous raconter où on est la riposte dans vos villes ?
Ensuite, le 14 mars, on devrait être le plus nombreux possible à défiler, pour montrer qu’on est la majorité en France à être antiraciste et antifasciste. C’est par le rapport de force dans la rue et pas par la voix institutionnelle qu’on peut espérer transformer la société et battre les fachos. L’enjeu, c’est donc de construire massivement, tout en assumant cette radicalité stratégique. Et ça, ça va être possible qu’en construisant par en bas, dans chaque quartier, dans chaque lieu de travail, dans chaque lieu d’études. Est-ce que vous pouvez nous raconter de ce point de vue comment se construit la mobilisation ?
Et enfin, dans le cadre de la campagne des municipales, la marche des solidarités, elle appelle aussi à construire la riposte face aux fascistes du R.N. et de Reconquête, et à ne pas leur laisser un pouce de terrain, à ne pas leur laisser mener campagne. Est-ce que vous pouvez nous dire comment s’articule cette campagne antifasciste à la construction du 14 mars ?

Moi c’est Denis, je suis à la fois membre d’autonomie de classe, donc dans le 20e arrondissement, et depuis le début de son existence, impliqué dans la Marche des Solidarités. Alors d’abord, je pense que c’est important, ça détermine des choses par rapport aux questions qui sont posées, d’une part, mais très rapidement, je pense que ce n’est pas simplement une question de la lutte antifasciste, ce n’est pas simplement pour redonner confiance à notre classe, à notre camp, à la majorité, etc. C’est vrai, et c’est ce qui fait qu’une riposte antifasciste, comme dans les années 30 en France, peut radicaliser et porter plus loin, et entraîner une radicalisation beaucoup plus générale.

Mais c’est aussi, matériellement, pour stopper les fascistes, c’est l’aspect matériel des choses, c’est-à-dire empêcher la construction d’une organisation de masse fasciste, empêcher le fait que, par la diffusion, l’intervention publique des fascistes dans la rue, etc., qu’il y ait une sorte de banalisation de ce qu’est le fascisme, de ses idées, etc., cet aspect-là, donc les deux vont ensemble, c’est dans la réussite et dans la capacité à s’organiser collectivement de façon nombreuse pour stopper les fascistes, qu’il y a une confiance qui est gagnée, qu’il y a une solidarité qui se construit, qu’il y a des liens qui se construisent, et que du coup, ces liens, cette solidarité, cette confiance, permettent d’aller beaucoup plus loin que simplement une lutte défensive pour bloquer les fascistes. Et la deuxième chose, je pense que ce n’est pas l’offensive des fascistes de ces dernières semaines qui suscite un engagement où c’est plutôt, il y a Marx, dans une polémique avec Proudhon, il disait que ce n’est pas la misère qui provoquait la révolte et qui provoquait l’émancipation, la possibilité de changer les choses, etc., c’était la confiance prise dans la résistance et dans la lutte contre les inégalités, contre la misère, etc., qui permettait de redonner confiance et de donner des perspectives de mobilisation, d’émancipation, etc. Je dis ça parce que, bien sûr, l’offensive, elle est terrible, mais c’est plutôt parce qu’il y a eu des étincelles, des noyaux, des éléments de contre-offensive, et ces éléments de contre-offensive ont cristallisé le fait qu’il y avait une sorte de libération dominante, mais qu’il y a des gens qui disaient, mais il faut lutter contre eux, ce n’est pas possible.

Et en plus, du coup, plus les fachos dans leur offensive ces derniers jours prenaient confiance, et plus la nature fasciste de leur offensive devenait claire, en fait, là où des initiatives ont été prises, effectivement, il y a eu une réponse. Il y a eu des gens qui ont dit, ouf, oui, il faut faire quelque chose, oui, c’est possible. Je donne l’exemple sur mon arrondissement, une camarade a pris, il y a des listes, parce que ça existe, on essaye de construire la lutte antifasciste et la lutte antiraciste depuis longtemps, avec La Marche, mais aussi dans des collectifs locaux, etc.

Et du coup, l’initiative sur les listes du 20e arrondissement de dire, écoutez, là, on riposte, on va écrire un tract, grand angle, pour dénoncer ce qu’est la réalité du fascisme et la nécessité de s’y opposer localement, de mobiliser pour le 14 mars, etc. Et là, c’était comme si tu appuyais sur un bouton et il y avait des gens qui n’attendaient que ça, et pas forcément des militants et des militantes très impliquées, etc., mais aussi. Et du coup, il y a eu un tract qui est sorti, des gens qui se sont organisés pour l’imprimer, qui ont proposé d’aller faire des diffusions sur les marchés, etc., et qui a été signé, moi, je n’avais jamais vu ça sur le quartier, aussi bien par le collectif des secteurs un peu plus radicaux, la lutte antiraciste, le collectif antifasciste, les collectifs de sans-papier de Paris, le comité de soutien à El Hassan Diarra, qui a été tué devant son foyer, mais aussi les sections syndicales de plusieurs écoles de l’arrondissement, mais aussi la section syndicale CGT de l’hôpital, la section syndicale CGT du dépôt de la RATP locale, la section de la France insoumise, etc., le JFP localement, l’urgence palestine localement.

C’est un exemple. La mobilisation autour de ce samedi dernier à la manifestation parisienne pour El Hassan, c’est pareil. Il y a eu très peu d’organisation, il y a eu très peu de boulot qui a été fait, mais il y avait 2000 personnes et c’était clair pour les gens qui étaient là.

Le collectif des jeunes de Belleville, les collectifs de sans-papier, les résidents du foyer, les gens qui sont venus, la connexion entre la lutte contre le racisme, la lutte contre les violences policières et la lutte contre le fascisme était très présente et l’opposition entre le traitement qui a été fait d’El Hassan, il demande la dissolution de la jeune garde, il devrait demander la dissolution de la police, parce que c’est la police qui a… Là, par contre, c’est clair. Enfin, guet-à-pant vis-à-vis d’El Hassan, on a des vidéos, ils sont dessus, ils tapent, ils meurent parce qu’ils le tapent dans la rue. Là, c’est clair.

La police devrait être au minimum, au minimum, les policiers devraient être ditot, je ne sais pas comment dire. Non, non, ils sont encore en poste et Menez les a défendus. Donc, c’est plutôt les éléments et je pense que ça, c’est important d’avoir ce truc-là en tête parce qu’il y a possibilité.

Là, la France Insoumise, après, elle en est prise plein la gueule, etc., et on peut être critique sur la façon dont elle a fait le doron, etc., elle ne l’a pas favorisé, mais surtout critique de toutes les autres organisations qui n’ont pas poussé pour elle prendre clairement position et dire qu’y compris derrière les attaques de la France Insoumise, qu’est-ce que soit ce qu’on en pense, etc., derrière les attaques de la France Insoumise, en fait, c’était des attaques contre l’antifascisme, contre toute la gauche, etc., qui étaient en jeu et donc, il fallait se mobiliser. Bon, ça a joué dans le fait que c’était dur, je pense que le truc est en train de se renverser. Là, la France Insoumise vient de faire un communiqué, ils appellent Mélenchon, on va finir un meeting à Lyon, donc là, il y a des possibilités, mais c’est important d’avoir cette idée que ce n’est pas parce que les gens ont assisté à un déferlement de haine des fascistes et d’offensive des fascistes que ça a suscité une riposte.

Puis, ce qui suscite la riposte, ce n’est pas parce qu’il y a des initiatives qui sont prises qui redonnent confiance au moins à un certain nombre de gens et les gens peuvent s’emparer de ça et se dire « oui, allez, là, on y va, c’est possible, non seulement c’est nécessaire, mais c’est possible de résister ». Donc, dans cette situation-là, ce qui va être déterminant, c’est les initiatives qui sont prises et les initiatives qui sont prises et l’articulation, les deux sont liées, la mobilisation du 14 mars et puis, qu’est-ce qui va se passer sur les quartiers contre les fascistes, etc. Ce qui permettra que le 14 mars soit une manifestation de masse, une journée de manifestation de masse qui va être extrêmement importante pour renverser le climat, pour dire toute l’offensive à tout ce que vous avez raconté, c’est du pipeau. Dans ce pays, on peut se mobiliser en masse et il y a un antifascisme de masse, un antiracisme de masse qui est réel, la seule question, c’est est-ce que cet antifascisme de masse et cet antiracisme de masse, ils se mobilisent, ils montent sa force, ils se rendent visibles, ils permettent d’unir ceux et celles qui sont en première ligne pour être victimes du racisme et du fascisme et là, au moins, ça a été clair dans leur offensive, c’est à la fois les migrants, les immigrés, les arabes, les noirs, les musulmans, les musulmanes, mais c’est aussi les centres LGBT qui ont été attaqués, mais c’est aussi les locaux syndicaux qui ont été attaqués, mais c’est aussi les locaux de la gauche qui ont été attaqués, c’est les endroits où les gens font la fête ensemble, tout ce qui reflète cette diversité, le fait qu’on peut avoir, qu’on peut être en commun, etc.

C’est ça que les fascistes, ils attaquent et donc ce qui permettra de faire sortir, que le 14 mars soit massif et exprime ça massivement, c’est que dès aujourd’hui, il y a une riposte qui se fasse quartier par quartier, ville par ville, etc. Nous, ce qu’on essaye de favoriser avec La Marche, alors il y a l’appel de La Marche et Solidarité pour le 14 mars, on sait maintenant que ça y est, c’est en train de se mettre en place dans différentes villes, l’organisation pour des manifestations le 14 mars, on espère que ça se traduit et les indications qu’on a, c’est que dans tout un ensemble d’endroits, ça se traduit de fait, c’est le prétexte pour des cadres de mobilisation pour dire allez, on a un tract à distribuer, on peut aller sur le marché distribuer un tract parce qu’il va y avoir une manifestation le 14 et en allant distribuer ce tract, tu commences à unifier des gens, à organiser des gens pour le faire et du coup, ces gens qui s’organisent, ils s’organisent sur leur quartier ensemble et du coup, tu commences à mettre en place, s’il y a un collectif qui n’existait pas, un collectif se met à exister, tu vas aller contacter les sections, les syndicalistes localement, tu vas aller voir les commerçants pour qu’ils mettent une affiche, etc. En fait, ce qu’ils commencent à construire, tu vas sur le marché pour distribuer si jamais il y a des gens de ERN ou de Reconquête qui viennent, tu commences à organiser les gens violés pour essayer de les chasser, etc.

Donc voilà, c’est ça qu’on est en train de mettre en place en réalité, voilà. Dans cet exemple de comment la perspective et la mobilisation, il y a des raisons et heureusement, il y a des cadres, des associations, des gens qui s’organisent un peu partout. Rien que cette semaine-là où je parle, il y a au moins, à ma connaissance, il y a au moins, des locales antifascistes qui se tiennent, du coup, qui permettent à la fois d’organiser la riposte locale contre l’ERN, etc.

et notamment dans le cadre de la campagne d’élection municipale, et d’appeler au 14 mars et d’organiser la mobilisation pour le 14 mars à Montreuil, c’est dans le 20e et c’est au Lilas. Il y a un collectif qui est en train de s’organiser dans le 12e, c’est des gens qui sont venus d’abord dans les assemblées de la marche, qui se sont mis en contact avec ce qui se passait dans le 20e et qui ont décidé d’en créer un dans le 12e, ça a permis de chasser les gens du Rassemblement National qui venaient faire une diffusion il y a quelques jours à la Porte Dorée. On a un contact, on a une camarade qui est en lien avec A2C par ailleurs, qui a gentil, il y a eu une offensive du Rassemblement National, elle a commencé à contacter des amis, des réseaux qu’elle avait localement, elle a contacté les organisations de gauche qui se présentent à la campagne, le PC, etc., qu’on dit que non, non, c’était trop dangereux de faire des trucs, etc.

Mais ça y est, elle est en train d’organiser avec une vingtaine de personnes une première réunion pour voir comment s’organiser, chacun a des réseaux, a des trucs, etc. Il y a des possibilités au niveau de la marche, pour la première fois, on a des camarades qui viennent aux assemblées de la marche, qui ont commencé à organiser y compris des listes, des boucles WhatsApp, pour proposer, on a plein de gens qui contactent la marche des Solidarités, qui sont les boucles WhatsApp, je crois qu’on en est, on doit avoir peut-être 800 personnes sur la boucle région parisienne, et donc qui proposent, qui ont commencé à mettre en place en réalité des boucles par arrondissement, par ville autour de Paris, pour permettre aux gens de s’organiser, de s’organiser localement quand ils n’étaient pas en contact. Et voilà, donc c’est ça, le succès, la possibilité, ça va dans les deux sens, la possibilité que le 14 mars soit massif, et c’est la veille du premier tour des élections municipales, elle vient du fait qu’il y ait des gens qui s’organisent localement partout, là il y a des affiches qui viennent de sortir, on va diffuser qu’ils peuvent être au niveau de la marche, qu’ils peuvent être visés, et inversement, le fait que la mobilisation pour le 14 mars se construise de cette façon-là, par une implantation locale, par le développement de liens de solidarité, etc.

localement, permet que le 14 mars soit un point d’appui pour construire solidement ce mouvement, parce qu’on sait qu’une manifestation et une campagne ne suffira pas pour stopper les fascistes. Et la dernière chose, je parle aussi en tant que militant révolutionnaire, on ne bloque pas simplement le fascisme, il y a un combat défensif, on les bloque, on empêche qu’ils puissent utiliser la crise, la misère, la situation de désarroi, les galères dans lesquelles sont les gens, le fait que tout le système essaye de nous faire faire la guerre les uns contre les autres, et les unes contre les autres plutôt que contre le système en général, on peut réussir à les bloquer, à les empêcher d’utiliser cette situation pour se développer. Mais par contre, si on veut mettre fin réellement au fascisme, et donc à la possibilité, au terreau que les fascistes peuvent utiliser, il y a des débats, des discussions sur comprendre justement ce terreau et comment est-ce qu’on le change, et donc convaincre aussi les gens sur le fait que la seule manière de bloquer définitivement le fascisme, c’est de changer le système et donc de faire la révolution et de s’organiser pour ça.

Moi c’est Gabin, je milite dans les cadres antiracistes depuis longtemps à Marseille, et notamment à Marseille contre Darmanin, où je suis avec Mathilde, qui m’a aidé à préparer cette newsletter. Pour ma part, je suis aussi syndicaliste au syndicat Assos Solidaires 13.

À Marseille, après la mort du fasciste Quentin, il n’y a pas eu tant que ça de messages de peur des fachos…

Par contre, il y a effectivement eu une prise de conscience de la nécessité de parler de la lutte antifasciste et de la faire vivre plus activement. Il y a pu y avoir aussi des critiques acerbes contre la France insoumise quand sa direction a commencé à se désolidariser et à compatir pour la famille de Quentin. Mais ces personnes-là, elles ne faisaient que critiquer la France insoumise, mais sans appeler à se mettre en action contre les attaques de fafs. Et en ne faisant pas la différence entre nos différents adversaires politiques, comme si le fascisme et le réformisme se combattaient de la même manière. Heureusement, ça n’a pas été le cas dans tous les cadres militants. Et cet événement, depuis une semaine, a quand même permis, j’ai l’impression, de maintenir la mobilisation de l’AG antifasciste, celles qui sont appelées par la Riposte Antifasciste, toutes les deux semaines contre le RN.

Et ça s’est concrétisé par la possibilité de tenir deux tractages sur les marchés cette semaine-là contre le RN au lieu d’un seul habituellement. On a vu des personnes nouvelles qui sont venues, et concrètement dans la rue, ça a amené à avoir plus de monde et une super ambiance aux deux tractages, des super bons retours, une bonne réception des personnes qui ont reçu nos tracts, des gens contents aussi qu’on soit là, qu’on soit présents, qu’il y ait des réactions de notre part, pour ne pas se laisser complètement abattre par le discours ambiant. Et ça a aussi amené à la possibilité de faire un tractage et un grand collage collectif à l’occasion de la commémoration d’Ibrahim Ali, et en vue du grand meeting-concert antiraciste et antifasciste qui a eu lieu dimanche dernier, qui a été organisé par l’inter-orga antiraciste, qui s’organise autour des dates de mobilisations et des mots d’ordre de la Marche des Solidarités, et dont l’appel à Marseille a été signé par près de 150 associations et collectifs.

On peut aussi noter, un autre jour dans la semaine, une association de jeunes des quartiers populaires de Marseille, assez récente et en tout cas assez inconnue des militants du centre-ville, qui a appelé à un rassemblement du jour au lendemain contre la venue de Marion Maréchal Le Pen à Marseille pour son nouveau bouquin. Et même si le rassemblement a finalement été annulé, c’était encourageant pour réussir à construire un front antifasciste encore plus large. Et donc tout ça, ça a permis de faire venir énormément de monde à ce concert-meeting, puisqu’il y a eu 1000 personnes présentes qui sont rentrées dans la salle, et près de 500 qui ont dû être refoulées à l’entrée par manque de place.

Et puis c’était des personnes vraiment d’un peu partout, vraiment hors des cadres militants, venant de plein de quartiers de Marseille. Et ça, c’est quand même assez rassurant dans la période. On a pu du coup évidemment matraquer, en long, en large et en travers sur la nécessité de la date du 14 mars.

Et ce qui était chouette, c’était de voir qu’il y avait la participation active de plusieurs organisations qui n’étaient pas habituées à participer activement aux événements de la Marche des Solidarités jusque-là, ces dernières années. Avec Marseille contre Darmanin (organisation antiraciste fondée lors de la lutte contre la Loi Darmanin), on a notamment pu rappeler notre mot d’ordre sur la nécessité d’un front antiraciste très large en parallèle du front antifasciste. Au final, on a pu récolter une soixantaine de contacts de personnes qui se sont dites prêtes à s’investir pour construire le 14 mars avec nous, ou bien dans leur propre cadre associatif et militant.

Beaucoup de gens se sont mis en action ces dernières semaines, et on a vu que ça pouvait donner lieu à des formes d’action, des formes d’unité encore jamais initiées à l’échelle de toute notre ville. On espère donc que la mobilisation du 14 mars fera venir le plus de monde possible au-delà des logiques électoralistes. Et en ce sens, la participation active de la France insoumise locale pour faire venir le maximum de monde dans la rue ce jour-là est à souligner.

Pour construire la lutte antiraciste, en tant que révolutionnaires convaincu.es que c’est par en bas et que c’est par notre unité la plus large qu’on concrétisera le meilleur rapport de force, il va nous falloir rappeler toutes les organisations, tous les assos, tous les contacts qu’on a eus, des personnes qui ont participé aux précédentes étapes ces dernières semaines pour les convaincre que c’est bien le 14 mars, le point d’orgue de notre lutte dans la rue et qui sera déterminante pour montrer à la fois à la bourgeoisie et à l’État que c’est de notre classe unie qu’ils doivent avoir peur et aussi montrer au reste de notre camp, qui ne serait pas sortis ce jour-là, que c’est bien possible de le faire même dans ce climat nauséabond et qu’on ne doit en aucun cas avoir peur des fachos mais plutôt l’inverse. Après sur la construction de ces dates, malheureusement il n’y a pas de raccourci, il n’y a pas de combat et de construction simple pour nos dates de mobilisation et sur Marseille on avait pu voir des choses assez intéressantes avec l’AG du secteur du travail social et associatif qui s’était mobilisé assez activement et qui avait appelé à trois jours de grève autour de la date du 18 décembre dernier, avec des mots d’ordre antiracistes et ça avait pu notamment amener à ce qu’il y ait la création avec d’autres secteurs en lutte sur Marseille d’une interpro antiraciste avec des personnes de la restauration, de la culture, de l’éducation, de l’université. Malheureusement pour l’instant ce cadre n’a pas pu être renouvelé et la plupart des AG de secteurs sont beaucoup moins actives. C’est à nous de voir comment on peut utiliser ces cadres et réussir à les maintenir, et moi je reste aussi persuadé que c’est aussi grâce aux syndicats qu’on peut faire tenir ce genre de cadre interpro.

Pour revenir à la campagne municipale, depuis le mois de décembre à Marseille la riposte antifasciste a lancé une contre-campagne spécifiquement pour s’opposer au RN et ça a fait venir pas mal de monde avec des AG à plusieurs dizaines, environ 50-60 personnes toutes les deux semaines pour s’organiser contre le RN, pour les empêcher de tenir la rue, pour les empêcher de tracter dans les marchés, pour décoller leurs affiches, pour coller les nôtres. Ça a amené à la possibilité de faire des tractages sur au moins un marché de Marseille où ils avaient été vus à plusieurs reprises en train de tracter le samedi matin et donc on arrive à tenir ces contre-tractages tous les samedis et ça permet aussi à nos différentes personnes des comités antifascistes de Marseille de participer et de se rencontrer. Ça nous permet aussi de réfléchir à quelles sont nos stratégies :

Est-ce qu’il faut s’en prendre au parti socialiste qui a lancé sa police municipale contre les personnes étrangères à Marseille ces dernières années ? Est-ce qu’il faut s’en prendre au parti des Républicains ? Il y a notamment Martine Vassal (Présidente de la Métropole d’Aix-Marseille-Provence) qui a dit récemment, qui a récité le slogan pétainiste « Travail, famille, patrie ». Il y a aussi une nécessité d’avoir ces moments-là, ça nous permet de confronter nos discours politiques à la réalité du terrain et il faut toujours batailler pour réussir à voir si nos mots d’ordre théoriques correspondent à ce qui se passe concrètement dans la rue. En tout cas, jusqu’à maintenant, ces contre-tractages et ces assemblées ont permis de construire différentes dates de mobilisation, comme celle d’hier au Vieux-Port, en hommage aux victimes du fascisme, qui a réuni plus de 1000 personnes, donc ça fait plaisir de voir ces images. Et on va pouvoir construire dès la semaine prochaine, en parallèle de l’inter-orga antiraciste, on va pouvoir, avec l’assemblée anti-RN, construire un cortège antifasciste hyper déter pour le 14 mars et faire en sorte qu’un maximum de personnes qui sont investies dans les cadres antifascistes se saisissent de cette date-là comme une des pierres angulaires de la lutte antifasciste, de la lutte antiraciste, notamment en participant au tractage et au collage du visuel qu’on vient de sortir pour le 14 mars.

Et du coup tout ça, entre les réunions des inter-orga et les assemblées anti-RN spécifiques aux municipales, je pense que ça peut nous laisser espérer un super 14 mars, une grosse mobilisation pour ce jour-là et après il nous faudra imaginer la suite et c’est des choses auxquelles on commence à s’attaquer actuellement.