Retours des initiatives de groupes fascistes à Strasbourg et Toulouse

Print Friendly, PDF & Email

Rapides retours sur le rassemblement de fascistes à Toulouse

200 fascistes et catholiques intégristes rassemblés jeudi soir place du Salin… Deux grandes banderoles dont une qui disait « Victime de la sauvagerie étrangère, victime du laxisme de l’Etat, victime du silence des médias. On ne t’oubliera pas. » Une prise de parole hyper raciste en début de rassemblement, pas de chants ou de slogans ensuite je crois. Atmosphère en mode hommage avec bougies.

Concernant les mobilisations anti fascistes, des anarchistes ont voulu y aller pour provoquer mais étaient trop peu nombreux-se. Au niveau inter collectif structuré (féministes, antiraciste), manque de réactivité et de coordination importante – aussi ça tombait sur le week-end de la manif en soutien à Georges Ibrahim Abdallah à la prison de Lannemezan. La coordination antifasciste de Toulouse (CATA) ne propose pas de mobilisation publique large.

Rapides retours sur le rassemblement de fascistes à Strasbourg

120 personnes (80 selon la police) au rassemblement appelé par l’Action Française, beaucoup de hooligans notamment d’autres villes (Nancy et Metz), beaucoup de jeunes, service d’ordre identifié musclé et d’âge plus avancé. Nombreux cathos intégristes, une banderole pour Lola, 2-3 pancartes que j’ai pas pu déchiffrer. Prises de parole de Némésis (organisation fasciste de femmes dont la cheffe Alice cordier a emménagé à Strasbourg), action française, prêtres… Toutes plus politiques et racistes les unes que les autres Chants chrétiens, marseillaise (1 couplet), pas de slogans par contre. Guillaume Kremp, un journaliste local de rue89Strasbourg, qui suit l’activité de l’extrême-droite en Alsace s’est par ailleurs fait menacé verbalement et physiquement par les nervis nazis présents au rassemblement (principalement des hooligans de Strasbourg Offenders) et s’est, de fait, fait empêcher de suivre l’événement sans que la police n’intervienne. Ni la préfecture, ni la mairie, ni les autres rédactions locales n’ont pour l’instant réagi à cette atteinte grave aux libertés démocratiques. En revanche, son témoignage sur Twitter a été largement relayé et la détermination de son travail salué.

De notre côté, un contre rassemblement avait d’abord été appelé dès mercredi pour la même heure à un autre endroit par l’inter-collectif de soutien avec les migrants du camp de l’Etoile. Après le rassemblement de Paris et concertations avec les collectifs antifascistes de Strasbourg (Jeune Garde, AFA Strasbourg) toutes les organisations – Solidaires, NPA, D’ailleurs Nous Sommes d’Ici, syndicats étudiants… -, hormis l’OCL Strasbourg, ont décidé de l’annuler par crainte de ne pouvoir assurer la sécurité du rassemblement.

Rétrospectivement, pour avoir pu assez librement être sur les lieux de ce rassemblement (dans un parc) et discuter avec les gens présents (aux alentours), s’il était en effet impossible d’empêcher physiquement la tenue de ce rassemblement particulier, il aurait été possible et fort souhaitable d’y être le plus nombreux et nombreuses possibles pour former un cordon sanitaire autour d’eux en distribuant des tracts explicatifs, en alertant sur la nature de ce rassemblement, ses participant.es, en argumentant sur la nécessité de se mobiliser avec les migrant.es, les musulman.es, etc. pour faire reculer les fachos.

Un communiqué commun est quand même sorti, et une riposte est censée se préparer par la suite.

Au final ils étaient moins nombreux que je ne le craignais et n’ont, je pense, pas pu rassembler beaucoup plus largement que leurs propres rangs. Les hooligans, suivi de Némesis (30-40) ont quitté le rassemblement plus tôt pour aller dans leur bar habituel, probablement déçus de ne pas avoir été plus nombreux et de ne pas avoir pu manifester et scander leurs slogans racistes comme à Paris ou à Lyon.