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Catherine, on te promet de ne jamais cesser d’avoir la rage!

Hommage

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Cat… c’est dégueulasse, c’est trop triste… On nous arrache à toi. On a eu la chance de te rencontrer depuis près de trois ans autour du projet d’A2C. De faire ta connaissance a été une chance immense. De Lannemezan à Meudon, d’un contre-sommet antifasciste au nouveau spectacle de la Compagnie Jolie Môme, tu avais toujours une échéance à vendre, toujours un combat à mener ou un copain à défendre contre ces ordures.

Toutes ces ordures tu les as combattues toute ta vie, sans jamais rien lâcher, sans jamais te la péter, sans jamais rien trahir. À 9h30 pas beaucoup de camarade d’A2C sont présent-e-s. Y’en a souvent que deux en fait, Pojo et… Cat. Ils t’attendent avec du café chaud et des chouquettes. Et plutôt que de te parler de ses rhumatismes, elle te parle de révolution, de la position de la GP sur le prolétariat immigré, de la dernière lettre qu’elle a envoyée à Georges… Et puis vient le moment où elle t’écoute comme la grand-mère que tu kiffes. Celle à qui t’aime te confier, celle qui t’écoute sans jugement.

Cat, tu comprenais l’humanité toute entière car tu prêtais une attention unique à l’autre. De tes combats, de tes collectifs, tu es sortie visionnaire. Je te voyais comme cela, la militante qui ne lâche rien, qui s’impose l’humilité au quotidien, qui ne trahit rien et qui comprend tout. En 2003, toute la gauche trahit, du socialisme à l’anarchisme, du trotskisme au maoïsme, c’est la course en avant vers l’union sacrée islamophobe. Oui mais voilà, y’a Cat. Celle qui, argument après argument, réunion après réunion, polémiquera au MRAP. Cat, comment t’avais tout compris ! Et si finalement, ce qui te caractérisait le plus, c’était ton entêtement ? « Bon vous allez venir manifester à Lannemezan cette année, hein ! » Cette génération, vous m’épaterez toujours, ne jamais rien lâcher et ne jamais délaisser personne.

Cet acharnement nous l’avons le plus ressenti lorsque, réunion après réunion, tu as cherché à cultiver les militant-e-s d’A2C. Ce n’est certainement pas le combat le plus reposant que tu aies mené. Qu’on sorte d’une discussion sur la plus-value relative ou qu’on fume notre cinquième joint de la journée, tu ne cessais jamais d’argumenter pour qu’on aille voir ensemble la dernière pièce de la Compagnie Jolie Môme. Tu nous as emmené découvrir la vie de Maurice au théâtre : dans cette pièce, on comprend par l’histoire de Neuchim et Rivka que le danger fasciste n’est pas qu’une brochure, que No Pasaran n’est pas seulement un slogan stylé. Pour ces deux camarades du Bund morts dans les camps, à ces résistant-e-s massacré-e-s dans leur lutte à mort contre l’impérialisme, pour ces migrant-e-s assassiné-e-s en Méditerranée, pour tous les prisonniers, on te promet de ne jamais rien lâcher, de ne jamais se la péter, de ne jamais rien trahir et de toujours avoir la rage.

Tu seras à jamais l’une des nôtres et pour toujours dans nos cœurs.

Gaël pour A2C