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	<title>Archives des Manifestation - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<title>Archives des Manifestation - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Brest contre les fachos : pour dépasser la peur, construire l&#8217;unité et reprendre la rue</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/brest-contre-les-fachos-pour-depasser-la-peur-construire-lunite-et-reprendre-la-rue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 May 2026 10:42:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">A Brest, dans la nuit du 10 au 11 avril dernier, a eu lieu une violente agression raciste et pour riposter, a été organisée 15 jours plus tard, le 25 avril, une manifestation antiraciste par <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/brest-contre-les-fachos-pour-depasser-la-peur-construire-lunite-et-reprendre-la-rue/" title="Brest contre les fachos : pour dépasser la peur, construire l&#8217;unité et reprendre la rue">[...]</a></div>
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<p>A Brest, dans la nuit du 10 au 11 avril dernier, a eu lieu une violente agression raciste et pour riposter, a été organisée 15 jours plus tard, le 25 avril, une manifestation antiraciste par l&rsquo;AG antifasciste de Brest qui a rassemblé 800 personnes.<br>Nico, de l&rsquo;AG antifasciste de Brest et d&rsquo;Autonomie de Classe, nous raconte comment est-ce que pour dépasser la peur face aux fascistes, on peut construire l&rsquo;unité pour reprendre la rue et reprendre confiance en nous.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-block-embed-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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<p><strong>Est-ce que tu peux revenir sur la forme que prend la menace fasciste dans ta ville, revenir sur ce qui s&rsquo;est passé ces dernières années et comment vous vous êtes organisé pour y faire face et revenir aussi sur les événements des dernières semaines ?</strong></p>



<p>À Brest, l&rsquo;engagement passe par l&rsquo;AG antifasciste qui s&rsquo;est montée en fin d’été dernier, suite à des agressions fascistes, de groupuscules néonazis, qui ont fait des agressions homophobes, contre des militant·es de gauche, et racistes. C&rsquo;est au sein de cet AG qu&rsquo;on s&rsquo;organise et qu&rsquo;on essaye d&rsquo;avoir une riposte. La menace fasciste, elle est assez présente à Brest par le biais de hooligans et par le biais de groupuscules néonazis et aussi par le biais de militants du RN.</p>



<p>Si tu veux, j&rsquo;ai l&rsquo;impression que les agressions clairement fascistes, racistes qu&rsquo;il y a eu il y a un an et demi, elles ne viennent pas de nulle part. Il y a toujours eu des groupuscules néonazis, identitaires en Bretagne. Il y a deux ans, il y a eu une manif fasciste soutenue par le RN contre l&rsquo;ouverture d&rsquo;un centre pour accueillir des personnes migrantes, en centre-Bretagne, et ils étaient déjà là. Donc, ce qui s&rsquo;est passé à Brest, c&rsquo;est que ça a touché des quartiers populaires, des endroits bien populaires, qui ont fédéré tout d&rsquo;un coup une réaction assez forte de la population et pas forcément de la population militante, ce qui a entraîné depuis un an une dynamique avec l’AG antifasciste qui existe.</p>



<p>Et il y a deux semaines, il y a eu une agression d&rsquo;une personne isolée, racisée, qui était tranquille sur le port et qui s&rsquo;est fait agresser lâchement. Il s&rsquo;est pris une droite qui l&rsquo;a mis KO, il est resté inconscient. Il a eu deux semaines d&rsquo;ITT.</p>



<p>Un des buts de l’AG antifasciste, c’est d&rsquo;organiser tout de suite un soutien aux victimes. Ce collectif rassemble différents militants de Brest, des gens soit qui sont syndiqués, qui militent dans les syndicats, soit qui militent dans des groupes de gauche, soit qui ne militent pas… Ca a créé une espèce d&rsquo;unité antifasciste qui se mobilise assez rapidement. Donc, rapidement, on a pu, en quelques jours, organiser une manif de soutien. C&rsquo;est ça qui est intéressant pour nous au sein de cette AG&nbsp;: avoir assez rapidement la possibilité d&rsquo;organiser des choses avec l&rsquo;aide des syndicats, des associations locales. Et, en cinq jours, on a organisé une manif de soutien, des prises de parole. Ca a rassemblé 800 personnes&nbsp;!</p>



<p>Et ce qui est intéressant, c&rsquo;est qu&rsquo;on arrive à pousser nos mots d&rsquo;ordre à nous, de s&rsquo;organiser à la base, dans les quartiers, dans les campagnes, sur nos lieux de vie, de travail.</p>



<p><strong>Et comment on peut faire pour dépasser la peur qui, parfois, justement, est un frein à la mobilisation par en bas contre les fascistes ?</strong></p>



<p>C’est sûr qu&rsquo;en fait, ça sidère un peu plein de gens, dans le milieu militant ou non, qui se demandent, du coup, s&rsquo;ils peuvent aller aux manifs ou s&rsquo;ils peuvent sortir tranquilles, en gros. Et on deal avec la peur en se disant que, de toute façon, c&rsquo;est la stratégie de l&rsquo;extrême droite et de la violence politique que porte l&rsquo;extrême droite de tétaniser et de faire peur et d&#8217;empêcher les gens de se réunir et de s&rsquo;organiser. Ça fait partie de leur stratégie. Donc ne nous laissons pas faire, parce qu&rsquo;en fait, on se rend compte que, mine de rien, on est nombreux et on a la force pour s&rsquo;organiser. Ce qui est intéressant, c&rsquo;est que là, les syndicats à Brest et les associations d&rsquo;aide aux migrants, les associations comme la Ligue de droit de l&rsquo;homme, tout de suite, ils sont partants. Parce qu&rsquo;on se connaît, on a l&rsquo;habitude de faire des choses. On n&rsquo;est pas d&rsquo;accord sur tout. Mais en fait, tout de suite, ça va assez vite d&rsquo;organiser la manifestation.</p>



<p>Et moi, je me dis, c’est grâce à ce qu&rsquo;on a pu forger à l’AG antifasciste&nbsp;: se faire confiance. On a organisé un gros festival en début d&rsquo;année qui a permis d&rsquo;occuper la place et de faire plein de choses pour nous redonner confiance, pour nous unir assez rapidement.</p>



<p>Maintenant, on est capable de s&rsquo;organiser vite et d&rsquo;aller tout de suite organiser une manif et de faire une occupation de la rue et de ne pas laisser la rue à la menace fasciste ou aux discours d&rsquo;extrême droite, aux actions de l&rsquo;extrême droite.</p>



<p>Et ça, c&rsquo;est vachement important. C&rsquo;est vachement important parce qu&rsquo;on se rend compte que la menace fasciste ou en tout cas la menace d&rsquo;action raciste, homophobe, anti-gauche, elle est réelle. Il y a des groupuscules qui s&rsquo;organisent, il y a des discours islamophobes à volonté déversés par les médias d&rsquo;extrême droite qui vont légitimer le passage à l&rsquo;acte. C’est important déjà de dire, on ne laisse pas faire, on se bat politiquement, symboliquement, on résiste. Et donc, c&rsquo;est important d&rsquo;occuper la place et de pouvoir réagir en masse, en tout cas de manière unitaire, avec les syndicats et les autres forces, et de ne pas laisser faire des choses qui sont inacceptables. Après, plus généralement, c&rsquo;est important parce qu&rsquo;on se rend compte que la montée de l&rsquo;extrême droite, la montée de la menace fasciste, elle est réelle et pas seulement en France, en Europe, dans le monde. Ils s&rsquo;organisent, ils ne sont pas inactifs, ils sont à l&rsquo;affût. Électoralement, le RN est le premier parti du pays, qu&rsquo;on le veuille ou non. Il fait des résultats impressionnants, ils sont en masse, ils ont des appuis d&rsquo;une partie de la classe patronale et de la classe politique qui commencent à faire leur relais. Alors, essayer de s&rsquo;organiser et d&rsquo;arriver à organiser des manifs et des ripostes sur le terrain, c&rsquo;est important. Essayer d&rsquo;unir les forces de gauche, et créer des dynamiques pour la suite, c&rsquo;est ça qui est intéressant. Notre manifestation, notre rassemblement en soutien à la victime, elle permet une dynamique, elle va permettre qu&rsquo;on continue au 1er mai d&rsquo;être dynamique sur ces questions-là, sur les questions antiracistes et aussi de montrer le racisme d&rsquo;État qui est réel.</p>



<p>Donc, face à la peur, on prend cette question au sérieux. Quand on fait des événements, on va réfléchir. Comment on fait un service d&rsquo;ordre ? Comment on riposte ? Sans avoir de réponse préétablie&nbsp;: on fait des bilans, etc. Et du coup, ça veut dire tout simplement qu&rsquo;en fait, la rue, on l&rsquo;abandonne pas. Mais moi, j&rsquo;ai envie de dire, ça va se construire petit à petit. Ça va être, par exemple, en organisant des festivals qui sont à la fois des moments où on se rencontre entre nous, on se fait confiance, on approfondit des questions, on discute stratégie politique et on se rend compte que tout se passe bien, qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de problème, on n&rsquo;a pas d&rsquo;agression, parce qu&rsquo;en fait, on n&rsquo;est plus nombreux qu&rsquo;eux. Il y a une division des forces, il faut arriver à s&rsquo;unir. Mais en vrai, on n&rsquo;est plus nombreux qu&rsquo;eux. Et la peur, au bout d&rsquo;un moment, elle change de nature. On se rend compte que ça peut nous mettre des freins, ça peut nous faire dire, faisons attention, soyons vigilants. Mais on se rend compte qu&rsquo;en fait, avec la confiance, on y fait face. C’est pas évident mais ça se fait sur le long terme. Ca se fait en se rencontrant, en organisant aussi des réunions publiques de façon régulière, petit à petit.</p>



<p><strong>Et maintenant, ça va être quoi les suites pour continuer à construire la dynamique antifasciste à Brest ?</strong></p>



<p>Alors là, on fait partie du 1er mai en tant qu’AG antifasciste. Ce qui est intéressant, c&rsquo;est que quand même, on est repéré par les forces syndicales et les forces politiques locales, même LFI par exemple. On est repéré comme, on va dire, une organisation de base qui compte, qui a sa voix au chapitre. Du coup, l’AG antifasciste va avoir son cortège pendant le 1er mai. Ensuite, il va y avoir le 9 mai&nbsp;: il va falloir faire des rassemblements contre les rassemblements fascistes qui ont lieu à Paris. Je fais référence au comité du 9 mai, qui est un mouvement néofasciste depuis quelques années, qui essaie de rassembler toutes les forces d&rsquo;extrême-droite de France et d&rsquo;Europe. Et nous, on a lancé tout de suite quelque chose pour le 9 mai, en lien avec les syndicats, et du coup, ça donne de la force. Ca permet vraiment de continuer sur une dynamique, et d&rsquo;approfondir ce qu&rsquo;on porte comme revendications et comme mots d&rsquo;ordre&nbsp;: Par exemple, le soutien aux personnes étrangères, la régularisation de tous les sans-papiers, des choses comme ça. Et ensuite, ça permet tout un travail qu&rsquo;on a construit depuis des mois avec tous ces acteurs, toutes ces associations dont j&rsquo;ai parlé, avec les syndicats, pour imaginer un autre festival antiraciste et antifasciste qui va se tenir à Brest, pour organiser des liens sur la lutte du peuple palestinien, etc. Donc en fait, on est pris dans une dynamique en réagissant à l&rsquo;actualité, en se greffant aux événements nationaux, comme le 1er mai, la Marche des Solidarités, la lutte en solidarité au peuple palestinien, et petit à petit, voilà, ça tient comme ça.</p>



<p>Là, on est parti sur une année qui va être très importante, avec au mois de mai prochain les élections présidentielles. Ça va être une année charnière. Du coup, si on arrive à avoir des mobilisations tout au long de l&rsquo;année pour arriver en force au printemps 2027, je me dis qu&rsquo;il y a quelque chose à faire. Au moins arriver en confiance, arriver en force, arriver unis.</p>



<p>Propos de Nico de Brest recueillis par Milig Sinou de Paris 19</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/brest-contre-les-fachos-pour-depasser-la-peur-construire-lunite-et-reprendre-la-rue/">Brest contre les fachos : pour dépasser la peur, construire l&rsquo;unité et reprendre la rue</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>1er Mai antiraciste, contre le génocide et contre la guerre : montrer à notre classe qu&#8217;on va continuer à se battre pour gagner</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/1er-mai-antiraciste-contre-le-genocide-et-contre-la-guerre-montrer-a-notre-classe-quon-va-continuer-a-se-battre-pour-gagner/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathilde]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Apr 2026 12:58:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Dans plusieurs villes en France, se constituent à l&#8217;occasion du premier mai des cortèges contre le racisme, contre le fascisme, contre le colonialisme et contre la guerre. À Paris, un pôle appelé par la Marche <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/1er-mai-antiraciste-contre-le-genocide-et-contre-la-guerre-montrer-a-notre-classe-quon-va-continuer-a-se-battre-pour-gagner/" title="1er Mai antiraciste, contre le génocide et contre la guerre : montrer à notre classe qu&#8217;on va continuer à se battre pour gagner">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/1er-mai-antiraciste-contre-le-genocide-et-contre-la-guerre-montrer-a-notre-classe-quon-va-continuer-a-se-battre-pour-gagner/">1er Mai antiraciste, contre le génocide et contre la guerre : montrer à notre classe qu&rsquo;on va continuer à se battre pour gagner</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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<p>Dans plusieurs villes en France, se constituent à l&rsquo;occasion du premier mai des cortèges contre le racisme, contre le fascisme, contre le colonialisme et contre la guerre. À Paris, un pôle appelé par la Marche des solidarités et Urgence Palestine articulera ces revendications. Entretien avec Mathieu Pastor, d&rsquo;A2C et de la Marche des solidarités, qui nous explique pourquoi et comment se saisir du 1er mai pour engager notre classe sur le terrain de la lutte politique, dans un contexte de polarisation marquée.</p>



<p><strong>Pendant le mois de mars, en France avec le 8 mars et le 14 mars, et à l&rsquo;international avec des mobilisations autour du 28 mars, on a vu des mobilisations massives, très politiques, des gens qui descendaient dans la rue en se posant à la fois la question de lutter contre le patriarcat, contre les fascistes, contre le racisme, et aussi contre la guerre, contre l&rsquo;impérialisme. Est-ce que tu pourrais revenir un petit peu sur ce qu&rsquo;on doit apprendre de cette période et nous dire si le 1er mai et le mois qui va suivre pourraient s’inscrire dans la continuité du mois de mars ?</strong>&nbsp;</p>



<p>Je pense que le premier enseignement de cette période, c&rsquo;est se dire qu&rsquo;il y a quelque chose qui est possible. Ce qu&rsquo;on ressort de cette séquence, c’est que malgré ce qu’on se prend dans la tête, c&rsquo;est-à-dire les guerres, l&rsquo;autoritarisme, le racisme, le fascisme, il y a des volontés de se battre.</p>



<p>C&rsquo;est ce qu&rsquo;on nomme la polarisation, c&rsquo;est-à-dire d’un côté l&rsquo;augmentation de l&rsquo;offensive de la classe dirigeante &#8211; et à travers ça de la capacité des fascistes à s&rsquo;organiser &#8211; et d’un autre côté, un écho de plus en plus large pour se battre contre cette trajectoire-là et pour s&rsquo;engager.</p>



<p>C’est ce qu’on a vu le 8 mars, avec toustes celleux qui ont manifesté pour les droits des femmes, et qui, dans certaines villes, <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/retour-dexperience-sur-le-08-mars-2026/">se sont battu·es pour virer les fascistes et les sionistes</a>. C’est ce qu’on a revu <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/manifestations-antiracistes-et-antifascistes-du-14-mars-une-opportunite-pour-construire-un-front-antiraciste/">le 14 mars</a>, les mobilisations massives dans 102 villes, contre le racisme, le fascisme et les violences policières. Et c’est ce qu&rsquo;on a vu plutôt à l&rsquo;international le 28 mars : aux États-Unis avec des mobilisations dans 3000 villes ; à Rome, où pour la première fois depuis que Meloni est arrivée au pouvoir, il y a eu une mobilisation de 300 000 personnes contre son gouvernement et contre le fascisme ; et à Londres, où il y a eu 500 000 personnes mobilisées, soit la plus grande manif de l&rsquo;histoire d’Angleterre contre le racisme et le fascisme. Donc ce qu’on voit, c’est que les gens ont envie de se battre, et à une échelle très importante. Dès qu&rsquo;on propose une stratégie qui démontre qu&rsquo;en se mobilisant ça va compter, il y a un écho pour ça.</p>



<p>Le meilleur des exemples pour se rendre compte de ce qui est en train de se passer, c&rsquo;est les États-Unis. Trump arrive il y a un an et demi pour son second mandat et il paraît avoir un boulevard devant lui. La gauche, aux États-Unis et dans le monde entier, est presque tétanisée face à sa prise de pouvoir. Il a démontré qu&rsquo;il était prêt à s’engager dans ce boulevard, que ce soit par les premières attaques contre les migrant·es, l&rsquo;offensive au Venezuela… Et puis là soudainement, déjà l&rsquo;année dernière avec les <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/videos/session-douverture-du-festival-des-idees-revolutionnaires-da2c/">premières mobilisations à Los Angeles</a> dans les quartiers contre ICE, et puis de manière plus éclairante <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/comment-minneapolis-solidaire-et-antiraciste-a-resiste-a-ice/">à partir de la fin 2025 à Minneapolis</a>, on voit qu&rsquo;il y a un espoir qui renaît, et que quand cet espoir renaît, et que tout le monde sent qu&rsquo;en s&rsquo;engageant il y a moyen de gagner, le mouvement peut prendre une ampleur où soudainement le rapport de force paraît presque de notre côté. Aux États-Unis, il n&rsquo;y a pas de jour férié le 1er mai, donc les travailleurs et les travailleuses travaillent ce jour-là. Mais là, il faut voir le <a href="https://www.iceoutnowmn.com/">programme du 1er mai</a>. C&rsquo;est très impressionnant. Il y a un appel à la grève. Par exemple, Minneapolis appelle à la grève dès le matin et l’après-midi à une grande marche contre ICE et pour la régularisation des sans-papiers.</p>



<p>Et ici en France, le 1er mai, une date qui est déjà présente dans la tête de beaucoup de monde, comme une date emblématique de la lutte contre le capitalisme, de la lutte de solidarité internationale des travailleurs et des travailleuses, ça va être une date très importante pour mesurer où on en est du mouvement. Je pense que beaucoup de personnes ont prévu de s&rsquo;en saisir, et que beaucoup de collectifs ont prévu d&rsquo;y intervenir.</p>



<p><strong>À A2C on pense que c&rsquo;est cette classe des travailleureuses que tu as citée, qui peut changer le système. Pour s&rsquo;adresser largement à la classe qui n&rsquo;est pas spontanément révolutionnaire, on a tendance à se dire qu&rsquo;il faut parfois limiter les mots d&rsquo;ordre &#8211; construire des fronts contre le racisme, qui soient aussi indépendants des fronts pour la Palestine, des fronts contre l&rsquo;impérialisme, des fronts féministes… Comment est-ce qu&rsquo;on peut articuler la nécessité d’adresser largement toutes ces revendications, et le fait qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, des milliers de personnes en train de se politiser en viennent à penser une riposte globale contre un système global ? Quelle forme ça va prendre pour le 1er mai ? Et quelles suites est-ce que ça peut donner ? </strong></p>



<p>Déjà je pense que pour l&rsquo;ensemble des collectifs qui ont mené les combats de ces dernières semaines, que ce soit au sein du front féministe, que ce soit au sein du front antiraciste, antifasciste, la première des conditions pour s&rsquo;adresser à la classe dans cette période, c&rsquo;est d&rsquo;en être le 1er mai. C&rsquo;est d&rsquo;en être et d&rsquo;y intervenir collectivement. Ensuite je pense que justement, il y a un écho en ce moment pour des mots d&rsquo;ordre qui, même lorsqu’ils sont pris « séparément » (au sein des fronts spécifiques qui les formulent), ne sont pas des mots d’ordres au rabais, mais qui au contraire engagent au combat et proposent une stratégie.&nbsp;</p>



<p>Par exemple, au sein de la <a href="https://www.antiracisme-solidarite.org/accueil">Marche des solidarités</a>, on mobilise sur la question de la régularisation des sans-papiers. Derrière cette revendication, tu poses forcément la question de l&rsquo;unité, de la solidarité, du fait que même si tu n&rsquo;es pas sans-papiers, tu es concerné·e par la régularisation de tout le monde. Si on propose des mots d&rsquo;ordre contre l&rsquo;islamophobie pour se défendre face aux attaques de l’État contre toutes celles et ceux qui parmi nous sont musulmans et musulmanes, contre les attaques des mosquées par les fascistes, c’est pareil, ce ne sont pas des mots d&rsquo;ordre au rabais. Ce sont des revendications qui, par ailleurs, il y a quelques années, pouvaient paraître hyper radicales, mais qui au fur et à mesure de ces dernières années sont de plus en plus reprises largement. On ne va pas noyer tous ces fronts dans une lutte anticapitaliste, anti-impérialiste. Il y a besoin de combats sur des front spécifiques, qui ont besoin d’implication spécifiques, car on a besoin de victoires sur ces fronts-là. Mais on va montrer qu’on peut mener ces combats tout en disant « Oui, on se bat ensemble contre ce système ». Toutes et tous ensemble, on va appeler à la régularisation des sans-papiers. Toutes et tous ensemble, on va appeler à la solidarité avec la Palestine. Toutes et tous ensemble, on va appeler à la solidarité contre l&rsquo;islamophobie.</p>



<p>Pour revenir sur le 1er mai, je pense que ce qui va compter pour s&rsquo;adresser à la classe, c&rsquo;est de montrer qu&rsquo;on est prêts et prêtes à se battre. Un des moyens à travers lesquels on compte faire ça en région parisienne, c&rsquo;est d&rsquo;appeler à un grand pôle dans la manifestation, un pôle antiraciste, antifasciste, antisioniste et anticolonialiste contre la guerre, qui va s&rsquo;appuyer sur deux forces : la Marche des solidarités avec les collectifs de sans-papiers et les mineurs isolés en lutte, les collectifs de quartiers contre le racisme et contre le fascisme, et <a href="https://www.urgence-palestine.com/">Urgence Palestine</a>, qui se bat pour la solidarité avec le peuple palestinien. L&rsquo;année dernière déjà, on avait mené une première fois cette expérience, et à Paris, ça avait été le 2e cortège le plus important de la manifestation derrière celui de la CGT, ce qui est quand même significatif.&nbsp;</p>



<p>Et là, nous, on veut un pôle le plus massif possible, pas juste pour envoyer un message de visibilité, pas juste pour faire une démonstration de force. On veut envoyer le message qu’on est déterminé·es à se battre et que le combat va continuer dès les prochaines semaines, que ce soit pour le 9 mai virer les fachos qui veulent marcher dans Paris <em>[Une contre-manifestation partira le 9 mai à 14h de la station Saint-Michel contre le C9M, marche annuelle de militants néonazis]</em>, que ce soit pour gagner des régularisations, que ce soit pour affirmer notre solidarité à la Palestine ou pour renforcer notre capacité à riposter face à la marche vers la guerre, comme on a pu voir ces dernières semaines dans les mobilisations lycéennes et du secteur de l’éducation.&nbsp;</p>



<p>Et je pense que ça, c&rsquo;est la première des choses à faire pour s&rsquo;adresser à la classe dans la période dans laquelle on est. Les gens, ils n&rsquo;ont pas envie de défiler pour la gloire. Ils ont envie de se battre pour gagner. Et donc, c&rsquo;est comme ça qu&rsquo;on va le faire en région parisienne et il y a des échos qu&rsquo;il va y avoir des cortèges similaires dans d&rsquo;autres villes, à Marseille, à Rennes, à Rouen, à Toulouse, à Saint-Brieuc&#8230; Voilà comment on s&rsquo;adresse massivement à la classe.</p>



<p><strong>Comment est-ce que les révolutionnaires peuvent espérer soutenir, construire cette dynamique-là qui est en train d&rsquo;émerger ? Et quelles sont nos tâches pour mieux l&rsquo;accompagner, convaincre que c&rsquo;est la bonne et poser la question de quelle stratégie pour gagner</strong> ?</p>



<p>Donc, il y a déjà ce mouvement-là, qui démontre qu&rsquo;il y a un potentiel pour lutter largement. Maintenant, toute la question est, quelle est la stratégie pour gagner ? Car ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;il y a un mouvement que la stratégie est spontanément dirigée vers le renforcement de ce mouvement et le renforcement de ses capacités pour gagner. Et pour tout ça, il y a besoin de débats sur quelles stratégies on doit mener, sur ces différents fronts dont j&rsquo;ai parlé. Quelle stratégie dans le front antiraciste, antifasciste ? Quelle stratégie dans le front anticolonialiste et de solidarité avec la Palestine ? Quelle stratégie dans le front contre la guerre ? Et pour ça, le mouvement seul, ça ne suffit pas. Ce n&rsquo;est pas uniquement des collectifs de militants et de militantes qui vont, dans chacun de ces fronts, devoir se poser la question de quelle stratégie. Il faut aussi une intervention révolutionnaire, organisée.</p>



<p>À A2C, on pense que la stratégie pour gagner, elle doit s’élaborer par la combinaison d&rsquo;une analyse théorique marxiste et de son expérimentation, de sa pratique dans le mouvement. Et pour ça, on propose un grand événement à Paris, le 16 et 17 mai, un <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/boussoles-2/">festival <em>Boussoles</em></a>, où il va y avoir 25 discussions, qui visent à dénouer des questions qui se posent dans le mouvement :&nbsp;</p>



<p>La libération de la Palestine se joue-t-elle uniquement en Palestine, ou doit-elle passer par le soulèvement des classes ouvrières des pays arabes environnants ?&nbsp;</p>



<p>Qu’est ce qui va compter dans le mouvement antiraciste ? Mettre une priorité à se battre contre les attaques de la classe dirigeante, massivement dirigées contre celles et ceux qui, parmi nous, sont migrants et migrantes, celles et ceux qui, parmi nous, sont musulmans et musulmanes, en pensant qu&rsquo;à travers la riposte face à ces attaques-là, on va renforcer l&rsquo;ensemble du mouvement antiraciste ? Le fait d&rsquo;avoir une représentativité d&rsquo;élus issus des classes populaires racisées va-t-il être déterminant ?&nbsp;</p>



<p>Faut-il penser que le Rassemblement National est l’incarnation du danger fasciste en France, et penser que c’est via le développement de ce parti que l’ensemble du mouvement fasciste, que ce soit les groupuscules, les milliardaires à la Bolloré, les médias, se renforce ? Ou doit-on, sur un plan stratégique, penser que se battre contre Bolloré équivaut à se battre contre Le Pen ?&nbsp;</p>



<p>Toutes celles et ceux qui font l&rsquo;expérience de l&rsquo;implication dans ces fronts-là se confrontent à ces questions et toutes ces questions-là vont être présentes à ce festival.</p>



<p>En plus d’un regroupement d’activistes et révolutionnaires en France, on a invité des camarades syndicalistes de Minneapolis, qui interviendront pour nous raconter leurs expériences, mais aussi des <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/greve-pour-gaza-le-28-novembre-en-italie-notre-defi-est-de-relier-la-lutte-pour-la-palestine-aux-conditions-economiques-et-de-travail-en-italie/">camarades d’Italie</a>, où on a vu comment, justement, l&rsquo;ensemble de la classe, elle redresse la tête et elle reprend confiance dans ses capacités à gagner à travers un grand mouvement de grève en solidarité avec la Palestine, ou encore des camarades de Grande-Bretagne, là où la constitution d&rsquo;un front large contre le fascisme et le racisme est en train de redonner espoir dans la capacité de gagner de l&rsquo;ensemble de la classe.</p>



<p>On a besoin d&rsquo;espaces de discussion, d&rsquo;élaboration stratégique, à partir de boussoles et d&rsquo;analyses théoriques, à partir d’expériences vécues, et nous, c&rsquo;est ça qu&rsquo;on veut proposer à travers <em>Boussoles</em>.&nbsp;</p>



<p><strong>Mathieu Pastor, Paris 20e. Propos recueillis par Milig Sinou, Paris 19e.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/1er-mai-antiraciste-contre-le-genocide-et-contre-la-guerre-montrer-a-notre-classe-quon-va-continuer-a-se-battre-pour-gagner/">1er Mai antiraciste, contre le génocide et contre la guerre : montrer à notre classe qu&rsquo;on va continuer à se battre pour gagner</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Manifestations antiracistes et antifascistes du 14 mars : Une opportunité pour construire un front antiraciste ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/manifestations-antiracistes-et-antifascistes-du-14-mars-une-opportunite-pour-construire-un-front-antiraciste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 09:46:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[fasciste]]></category>
		<category><![CDATA[Islamophobie]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Violences policières]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Entretien avec Mathieu, militant d’A2C à Paris impliqué dans la Marche des Solidarités, et Wass, militante d’A2C à Marseille impliquée dans la lutte contre l’islamophobie. Iels organisent la manifestation du 14 mars, contre le racisme, <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/manifestations-antiracistes-et-antifascistes-du-14-mars-une-opportunite-pour-construire-un-front-antiraciste/" title="Manifestations antiracistes et antifascistes du 14 mars : Une opportunité pour construire un front antiraciste ?">[...]</a></div>
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<p><em>Entretien avec Mathieu, militant d’A2C à Paris impliqué dans la Marche des Solidarités, et Wass, militante d’A2C à Marseille impliquée dans la lutte contre l’islamophobie. Iels organisent la manifestation du 14 mars, contre le racisme, le fascisme, contre l’islamophobie et les violences d’État.</em></p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p><strong>Quelles sont les forces liées aux fronts antiracistes impliquées dans la construction de la date du 14 mars contre le racisme et le fascisme ?</strong><br><strong>Mathieu :</strong> En région parisienne, la mobilisation s’organise surtout autour de deux cadres : la Marche des Solidarités (autour des collectifs de sans-papiers) et le réseau d’entraide Vérité et Justice (les familles de victimes de violences policières).<br>Ce qui est notable par rapport à ces dernières années, c’est le développement de collectifs antiracistes et antifascistes de quartier : dans le 20e arrondissement, le 12e, mais aussi à Fontenay ou à Clichy. Une section de la Marche des Solidarités s’est même montée à Clichy.<br>Il y a aussi un front que l’on pense déterminant dans la période : la lutte contre l’islamophobie. Pour l’instant, on voit moins ces collectifs participer à la préparation de la mobilisation. Ce sont souvent des collectifs davantage présents dans la production de tribunes ou de prises de parole publiques que dans l’organisation militante sur le terrain.</p>



<p><strong>Pourquoi selon toi c’est central d’essayer de faire converger ces fronts : sans-papiers,&nbsp;lutte contre l’islamophobie et violences policières </strong>?</p>



<p><strong>Mathieu :</strong> Parce que cela correspond à la manière dont le racisme est développé par la classe dirigeante dans notre société. Quand on regarde les discours et les lois depuis vingt ans, on voit bien quelles sont les cibles centrales.<br>Depuis des années, les gouvernements s’attaquent aux musulman&rsquo;es : interdiction du voile dans certains espaces, interdiction de l’abaya, fermetures de mosquées ou d’associations, assimilation permanente à une menace pour la société.<br>Dans le même temps, ils s’attaquent aux migrants et migrantes et, en réalité, à l’ensemble des immigré&rsquo;es. La séquence autour de la loi Darmanin en est un exemple flagrant : la classe dirigeante a voulu faire entrer dans la tête de tout le monde que les immigrés seraient des délinquants ou des violeurs.<br>Le racisme ne touche pas que les migrant·es ou les musulman&rsquo;es. Mais il y a des priorités : il faut se défendre là où les attaques sont les plus fortes. Et notamment la violence ultime de l’État sur les personnes musulmanes, ou perçues comme telles, immigrées, sans papiers, ou perçues comme telles, c’est de les tuer par la police. Ça a été le cas&nbsp;d’El Hacen, travailleur immigré et musulman.</p>



<p><strong>Qu’est-ce que serait aujourd’hui un front antiraciste à la hauteur ?</strong><br><strong>Mathieu :</strong> Ce qui serait à la hauteur, c’est que partout où des personnes s’organisent aujourd’hui politiquement, elles s’organisent aussi contre le racisme. Que dans les réunions militantes, on discute aussi de comment empêcher les fachos de s’implanter dans nos quartiers, comment donner confiance aux personnes immigrées, avec ou sans papiers, de s’auto-organiser, comment soutenir les collègues sans papiers qui se battent pour obtenir ou renouveler leurs titres de séjour.<br>C’est vraiment une question de nombre et d’implantation. Il ne s’agit pas seulement d’unir les organisations antiracistes, mais de faire en sorte que cette lutte existe partout.</p>



<p><strong>Depuis ton expérience de la préparation du 14 mars, quels sont les blocages à cette convergence ?</strong><br><strong>Mathieu : </strong>Le problème dépasse largement les collectifs eux-mêmes. Il y a dans la gauche et dans le milieu militant une tendance très forte à séparer les luttes. Comme si parler de racisme ne signifiait pas forcément parler d’islamophobie ou de solidarité avec les migrant·es. Que l’un invisibilisait l’autre.<br>Le fait qu’il n’existe pas aujourd’hui un mouvement antiraciste de masse renforce cette tendance. Sur certaines questions, il n’y a pas suffisamment de forces organisées. Cela produit parfois une forme de sectarisme, où se lier à d’autres est perçu comme un risque d’invisibilisation plutôt que comme un renforcement.<br>Au fond, beaucoup de gens ne pensent pas qu’un mouvement de masse soit possible. Donc, on se fixe des objectifs plus petits, autour de mots d’ordre très restreints.</p>



<p><strong>Wass :</strong> Il existe aujourd’hui des collectifs antiracistes bien réels, avec des stratégies et des trajectoires parfois différentes. Je partage le constat de Mathieu sur la fragmentation des collectifs, mais je pense qu’il faut aussi interroger les raisons politiques plus profondes qui nous ont conduits à cette situation.<br>Si la convergence est si difficile aujourd’hui, c’est aussi parce que les grands partis de la gauche institutionnelle et ses bases ont trahi ces combats. En cherchant à s’intégrer aux logiques d’État, ils ont souvent relégué les luttes antiracistes au second plan, voire les ont neutralisées. Le mouvement antiraciste qui lutte contre l’islamophobie a par exemple essayé de se battre de l’intérieur, dans des partis politiques institutionnels, pour défendre la solidarité avec la Palestine et les luttes antiracistes, ce qui est un énorme saut qualitatif.<br>Mais il manque encore des espaces réels de discussion stratégique, de confrontation politique, où puissent se construire un front unitaire dans la rue, dans nos lieux de travail, nos lieux d’études… Ce blocage est le symptôme à la fois des trahisons politiques et du racisme qui continue à traverser notre propre camp.<br>Or, pour dépasser ces impasses, nous devons renouer avec la tradition d’auto-organisation de notre classe : c’est-à-dire la capacité de notre classe dans toutes les luttes qu’elle porte à se rassembler, débattre et agir. L’auto-organisation permet de reconstruire la confiance, d’unifier les luttes sur des bases concrètes et de faire émerger une direction issue directement du terrain, connectée à la réalité de nos quartiers, de nos lieux de travail et de nos combats.<br>Historiquement, le racisme a souvent affaibli et fait perdre le mouvement ouvrier. On peut penser à la grève de Talbot : au lieu d’une lutte unitaire pour tous les emplois, le patronat et l’État ont joué sur le racisme pour isoler les travailleurs immigrés, les traiter d’« intégristes chiites », faire circuler des slogans comme « bougnoules au four » ou « les Arabes, les Noirs à la Seine ».<br>Tout ça révèle un fondement du capitalisme : le racisme, qui a servi à justifier l’esclavage, le colonialisme, et aujourd’hui encore, qui organise la hiérarchie sociale du travail.<br>Cette instrumentalisation raciste a brisé la solidarité de classe et permis aux patrons d’imposer leurs licenciements. À chaque fois que le racisme entre dans notre camp, c’est tout notre camp social qui recule.&nbsp;<br>La préparation du 14 mars doit justement être l’occasion de tirer les leçons de ces divisions : construire une unité réelle, ancrée dans la reconnaissance du racisme comme question centrale de notre camp, non comme un sujet secondaire. C’est en affrontant ensemble ces contradictions, dans la rue comme dans nos organisations, que nous pourrons donner corps à un mouvement antiraciste de masse, capable de faire reculer à la fois le racisme et le pouvoir qui l’alimente.</p>



<p><strong>Comment répondre à la crainte d’invisibilisation et défendre l’unité ?</strong><br><strong>Wass : </strong>À Marseille, on a argumenté pour que la lutte contre l’islamophobie soit davantage mise en avant dans l’appel et dans l’affiche. Ça montre qu’il y a des blocages de départ, mais qu’ils peuvent bouger quand on met les choses franchement sur la table.<br>Si plus de personnes portent ces luttes, elles deviennent plus visibles, pas moins. C’est lorsqu’on combattra tous et toutes le racisme dans toutes les formes où il se manifeste qu’on pourra commencer à construire un front commun réel.</p>



<p><strong>Mathieu : </strong>La question qui devrait être centrale dans nos cadres d’organisation est trop souvent absente : quelle stratégie pour gagner ?<br>On discute beaucoup de la manière de se distinguer, de parler à nos propres cercles militants, plutôt que de se demander ce qui peut réellement faire avancer nos luttes.<br>Pour les collectifs de sans-papiers ou de mineurs isolés, l’objectif est concret : obtenir des régularisations, la reconnaissance de leurs droits, l’égalité. La question est donc comment faire en sorte que tout le monde se la pose et discute ensemble de ce qu’il faudrait construire pour y parvenir.<br>Et malgré tout, on sent que c’est possible. Dès qu’on va sur un marché, qu’on colle des affiches dans un quartier ou qu’on appelle à une manifestation, on rencontre beaucoup d’échos positifs. C’est ce qui donne confiance.</p>



<p><strong>Anouk :</strong> Aussi, comme tu l’as dis, à la Marche des Solidarités, on voit aussi se développer de nouveaux collectifs de quartier qui renforcent cette activité militante à la base. Les dates du 18 décembre et du 14 mars ne règlent pas tout. Les attaques racistes et fascistes ne se limitent pas à ces deux dates : elles sont quotidiennes. Mais ces dates servent d’appui pour accélérer le processus de construction à la base.&nbsp;<br>Et si on renforce les collectifs antiracistes locaux et les liens avec les syndicalistes, on peut ouvrir des perspectives plus larges pour la mobilisation et ouvrir les conditions d’une grève comme à Minneapolis contre le racisme.</p>



<p>Propos recueillis par Anouk (Marseille)</p>
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		<title>Edito Cahiers #21 · Minneapolis montre la voie !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/edito-cahiers-21-%c2%b7-minneapolis-montre-la-voie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 08:59:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Alors que l’Iran brûle, ce samedi 7 mars, Donald Trump affirme avec sa vulgaire arrogance : « je vais m’occuper de Cuba ». L’exemple du Venezuela et de l’Iran montrent qu’il faut le prendre au <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/edito-cahiers-21-%c2%b7-minneapolis-montre-la-voie/" title="Edito Cahiers #21 · Minneapolis montre la voie !">[...]</a></div>
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<p><em>Alors que l’Iran brûle, ce samedi 7 mars, Donald Trump affirme avec sa vulgaire arrogance : « je vais m’occuper de Cuba ». L’exemple du Venezuela et de l’Iran montrent qu’il faut le prendre au sérieux. Si on ne lui fait pas obstacle Trump va continuer.</em><br></p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p>Après l’agression du Venezuela et l’enlèvement du président Maduro, c’est à l’Iran que les États-Unis se sont attaqués. Les frappes ont été justifiées au nom de la liberté du peuple iranien. Pourtant, quelques jours plus tard, c’est une école qui a été visée, causant la mort de 150 enfants. École dont les enseignant·es étaient à l’avant garde de la lutte contre le régime.&nbsp;<br>L’attaque israélo-américaine a comme objectif réel le renversement du régime iranien pour le remplacer par un pouvoir vassal. L’instabilité dans la région renforce Israël qui s’attaque au Hezbollah au Liban. Cette attaque a été rendue possible par deux ans de génocide en Palestine. Cela a modifié les rapports de force dans la région, permettant à Israël de forcer la décapitation du régime iranien.<br>Tous ces signaux montrent une puissance impérialiste qui tente par la force de maintenir son hégémonie dans le monde. Hégémonie fragilisée par l’émergence de la Chine comme puissance économique et politique capable de concurrencer les États-Unis. Ce n’est pas par hasard que les deux pays récemment attaqués, le Venezuela et l’Iran, ont comme point commun d’être des fournisseurs de pétrole de la Chine.<br>Ce qui était vrai pour le Vénézuela l’est aussi pour l’Iran. On ne libère pas un peuple en le bombardant.<br>En prétextant libérer le peuple iranien, l’attaque des États-Unis et d’Israël ne fait que renforcer le nationalisme iranien et le régime lui-même comme incarnation d’une solution anti-US et anti-Israël. En même temps, elle renforce aussi les courants réactionnaires de l’opposition au régime iranien, comme on l’a vu avec les mobilisations de monarchistes iranien·nes agitant des drapeaux israéliens et applaudissant les bombardements.<br>Donc c’est bien d’une lutte frontale et unie dont nous avons besoin, contre l’impérialisme des États-Unis et d’Israël, en Iran comme en Palestine. C’est sur ces mots d’ordre que nous devrons construire le front anti-guerre en France sans préalable sur la nature du régime iranien.</p>



<p><strong>Le régime iranien, force anti-impérialiste ?</strong></p>



<p>Devons-nous pour autant nous ranger derrière le régime, en oubliant les crimes que la République islamique d’Iran a perpétrés contre son peuple ? Face à l’horreur des politiques menées par les dirigeants américains et israéliens, la tentation de répondre oui peut grandir.<br>Mais cette position nous conduirait à fermer les yeux sur le caractère du régime iranien tout en capitulant sur la construction d’une stratégie anti-impérialiste internationaliste conséquente. Car la question de fond qui demeure est : comment vaincre les États-Unis et Israël. La réponse à cette question n’est pas d’abord militaire, elle est politique.<br>Elle demande une compréhension plus large de la dynamique impérialiste elle-même, qui n’est pas le produit de quelques gouvernements particulièrement agressifs mais une logique structurelle du capitalisme mondial. Dans ce système, les États sont engagés dans une concurrence permanente pour l’accès aux marchés, aux ressources et aux zones d’influence.<br>De ce point de vue, l’Iran ne peut pas être compris simplement comme une force extérieure qui résiste à l’impérialisme. Le régime iranien dirige une puissance régionale qui cherche à consolider sa propre sphère d’influence au Moyen-Orient, notamment à travers des alliances militaires, des réseaux armés et une stratégie d’expansion régionale. Autrement dit, il ne s’oppose pas à la logique impérialiste en tant que telle : il tente d’y trouver sa place.<br>Il ne soutient des courants comme le Hamas ou le Hezbollah que lorsqu’il y voit un intérêt pour lui-même. Cela l’a amené à défendre le régime de Assad en Syrie contre le soulèvement du peuple. Son caractère profondément réactionnaire et répressif empêche l’émergence d’un véritable mouvement anti-impérialiste porté par les travailleurs et les travailleuses de la région – en premier lieu en Iran même – en solidarité avec la Palestine et avec tous les peuples.</p>



<p><strong>Les forces pour infliger la défaite aux impérialistes existent</strong></p>



<p>Les peuples des pays agressés Venezuela, Iran, Palestine ont montré leur capacité de mobilisation. Au Venezuela il y a quelques années. En Iran ces dernières années et ces derniers mois. Et, il y a un peu plus de dix ans, de l’Égypte à la Tunisie en passant par le Bahrein, les masses arabes ont montré leur capacité à se soulever contre l’impérialisme et contre leurs propres régimes.<br>De la même façon, les actions coordonnées des travailleur·euses des ports de la Méditerrannée qui ont été initiées pendant le génocide en Palestine avec l’apogée autour de la grève générale en Italie pourraient eux aussi mettre un frein à la machine de guerre. Sans les possibilités d’arrivées d’armes, la guerre contre l’Iran serait bien plus difficile. Ces actions avaient été initiées par des travailleur·euses immigré·es qui cumulent la peur de la guerre dans leur pays d’origine et le racisme dans leur pays d’arrivée, créant les conditions d’une véritable articulation de la solidarité internationale et de la lutte contre le racisme.<br>Construire un mouvement international contre la guerre implique donc de renforcer ces liens entre travailleurs et travailleuses au-delà des frontières.</p>



<p><strong>Les dirigeants impérialistes ne sont pas tout puissants</strong></p>



<p>C’est l’autre pilier d’un front contre la guerre. Au cœur même de la bête. L’administration Trump, malgré sa puissance militaire écrasante, n’est pas invincible. L’audience du dirigeant américain était déjà affectée par son incapacité à résoudre la crise du coût de la vie et à son implication dans l’affaire Epstein. Le mouvement contre ICE à Minneapolis a mis un coup à sa politique anti-immigré&rsquo;es : l’organisation quotidienne de milliers de personnes dans les quartiers et sur les lieux de travail en solidarité aux personnes immigrées, pour empêcher les rafles, les déportations de masse. Cette solidarité directe organisée à la base a permis l’appel à la grève générale et imposé le retrait de ICE de Minneapolis.<br>Qui aurait pu imaginer vaincre la police fasciste sur-équipée et armée de Trump ? La défaite de ICE à Minneapolis est une première victoire des travailleur&rsquo;euses. Le 28 mars, le mouvement « No Kings », qui avait rassemblé 7 millions de personnes en octobre, annonce une mobilisation historique sur tout le territoire.&nbsp;</p>



<p><strong>Guerre, austérité et racisme</strong></p>



<p>Le troisième pilier d’un mouvement contre la guerre est la mobilisation internationale.<br>Au lendemain des attaques américaines et israéliennes, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne ont annoncé rejoindre la guerre aux côtés de leurs alliés pour des « actions défensives ». Ces déclarations annoncent l’alignement des puissances européennes aux côtés d’Israël et les États-Unis. L’entrée en guerre de la France va avoir plusieurs conséquences.&nbsp;<br>Les prévisions économiques des impacts de la guerre au Moyen-Orient indiquent une hausse de 20 à 30% des factures d’électricité et de gaz en France. Les annonces va-t-en guerre de Macron vont nécessiter de renforcer encore une fois le budget de l’armement et ce sont les travailleur·euses qui vont en payer le prix.&nbsp;<br>Mais pour faire accepter une guerre en appui à un État génocidaire au Moyen Orient, l’État français doit renforcer sa propagande raciste et nationaliste. Au niveau européen, un nouveau texte de loi « Règlement retour » est discuté pour mettre en place un arsenal administratif et politique pour « mieux lutter contre l’immigration ». Ce texte de loi va rendre légales les perquisitions policières dans des domiciles privés mais aussi dans des locaux d’associations sans mandat judiciaire et inciter à la délation pour les autorités et les services sociaux des personnes en situation irrégulière.&nbsp;<br>Le lien entre impérialisme, racisme et fascisme est direct : le nationalisme et la stigmatisation des immigré·es et des musulman&rsquo;es sont du pain béni pour les fascistes. La mort d’un jeune nazi à Lyon, dans ce contexte et dans celui des élections municipales a été l’occasion d’une offensive contre toutes les cibles de l’extrême-droite : immigré&rsquo;es, musulman&rsquo;es, centres lgbtqi+, syndicats et partis de gauche.</p>



<p><strong>Nécessité de l’antifascisme</strong></p>



<p>La riposte à l’offensive raciste n’est pas venue de la gauche institutionnelle, qu’elle soit politique ou syndicale. Tous les partis ont fait une minute de silence à l’Assemblée nationale pour le jeune nazi tué. Plusieurs milliers de nazis ont défilé dans le centre de Lyon sous la protection de la police.<br>Mais progressivement la riposte est venue. Le même jour où les nazis paradaient à Lyon des rassemblements ont été organisés dans plusieurs villes. À Paris une manifestation en hommage à El Hacen tué par la police dans le 20e arrondissement a fusionné la lutte contre les violences policières, la lutte contre le racisme et en solidarité avec les sans-papiers et l’affirmation antifasciste. Parallèlement le récit dominant de la mort du nazi à Lyon a commencé à se retourner mettant en lumière la violence des fascistes et la provocation du collectif de Némésis.<br>Et ce sont les manifestations du 8 mars qui ont marqué la possibilité d’un retournement de climat. Les manifestations n’ont pas seulement été nombreuses. Elles ont montré que la rue est à nous. Elles n’ont pas seulement été féministes. Elles ont été féministes, antifascistes et anti-impérialistes.<br>Alors que les directions traditionnelles (dont syndicales) du mouvement avaient prévu de reculer devant l’offensive des fascistes de Némésis et des sionistes de Nous Vivrons, les ripostes organisées par les courants plus radicaux leur ont infligé une défaite cinglante. À Paris, le collectif Némésis a dû battre en retraite pour se réfugier loin de la manifestation, dans les quartiers bourgeois de Paris. En présence de Marion Maréchal, 200 fémo-nationalistes se sont piteusement rassemblées. Le cortège des sionistes de Nous Vivrons a également fait demi-tour face aux cordons qui le bloquaient.</p>



<p><strong>Un mouvement global</strong></p>



<p>À Marseille le cortège des sionistes a lui aussi été perturbé par 200 manifestant·es antifascistes et anti-impérialistes. Le cortège de Nous Vivrons a cristallisé l’aspect global de l’ennemi. À leur côté, se trouvaient les monarchistes iranien·nes célébrant Trump et Netanyahou et la candidate LR-Renaissance de Marseille, Martine Vassal (sic !), celle qui a repris le slogan de Pétain « travail, famille, patrie » dans sa campagne.<br>À l’opposé, l’après-midi, le cortège des 20 000 manifestantes était ouvert par des drapeaux palestiniens et reprenait des slogans féministes, antifascistes et anti-impérialistes.<br>C’est cette dynamique qu’on peut et qu’il faut construire et qui devrait s’exprimer dans les rues à l’occasion des manifestations du 14 mars et de la journée internationale du 28 mars.<br>Cette journée partie d’un appel international contre le fascisme et le racisme ne peut que se généraliser. Aux manifestations antiracistes et antifascistes de masse prévues à l’origine dans de nombreux pays dont les États-Unis et la Grande-Bretagne vont s’ajouter les manifestations et rassemblements en solidarité avec la Palestine à l’occasion de la Journée de la terre et la dimension anti-guerre en solidarité avec les peuples d’Iran, du Venezuela et de Cuba.</p>



<p><strong>La nécessité de l’organisation pour&nbsp;l’autonomie de classe</strong></p>



<p>L’impérialisme n’est pas un simple aspect du système, celui de la guerre. Il est le caractère global que prend le capitalisme, sous le fouet de la crise, quand la concurrence entre les capitaux sur le marché mondial prend la forme de l’affrontement géopolitique et militaire entre États. Cela ne transforme pas seulement la politique internationale mais aussi la nature des États eux-mêmes, militarisés, de plus en plus répressifs, autoritaires et racistes. D’où la voie ouverte aux courants fascistes.<br>La généralisation de la lutte contre la guerre et le fascisme n’est donc pas une option. Pas plus que ne l’est la centralité de la lutte de classe et de l’utilisation de la grève comme outil. Minneapolis n’est pas seulement une inspiration. La solidarité organisée quartier après quartier, la lutte contre la police, la grève lancée par des syndicats de base et généralisée dans 700 lieux entreprises sont un programme d’action. Celui de l’autonomie de classe.</p>



<p>A2C</p>
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		<title>Le 8 mars se fera sans les sionistes ni les fascistes</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/le-8-mars-se-fera-sans-les-sionistes-ni-les-fascistes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Feb 2026 09:30:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antisionisme]]></category>
		<category><![CDATA[Grève féministe]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[massification]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Sana, camarade d&#8217;A2C impliquée à Urgence Palestine (UP18) dans le groupe de travail féministe, et dans la CGT librairie nous explique la préparation du 8 mars 2026 et les enjeux que cela représente dans le <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/le-8-mars-se-fera-sans-les-sionistes-ni-les-fascistes/" title="Le 8 mars se fera sans les sionistes ni les fascistes">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Sana, camarade d&rsquo;A2C impliquée à Urgence Palestine (UP18) dans le groupe de travail féministe, et dans la CGT librairie nous explique la préparation du 8 mars 2026 et les enjeux que cela représente dans le contexte politique actuel.</em></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p>Si vous préférez écouter cette interview, elle est disponible ici :</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-block-embed-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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</div></figure>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p>Salut Sana, tu es à Urgence Palestine et impliquée dans le groupe de travail féministe, à la CGT librairie, et tu participes à la construction du 8 mars. Est-ce que tu pourrais nous en dire plus sur les enjeux et la pertinence de la présence d&rsquo;Urgence Palestine dans ce mouvement, dans le contexte politique actuel ?&nbsp;</p>



<p>En termes de situation politique actuelle, on a un danger fasciste qui est de plus en plus prégnant et de plus en plus élevé, et des ripostes antifascistes qui ne sont pas à la hauteur des enjeux. Le 8 mars, c&rsquo;est particulier parce que ça fait plusieurs années que, notamment, les sionistes et les fachos viennent défiler dans nos manifestations et donc dans nos espaces de lutte : c&rsquo;est un endroit où il faut absolument mener la bataille pour les virer ! C&rsquo;est-à-dire que si on ne commence pas par les virer de nos manifs, s&rsquo;ils peuvent défiler avec nous, comment on veut pouvoir se débarrasser des fachos dans nos rues ? Ça me paraît improbable. Donc, Urgence Palestine avait l&rsquo;habitude de participer, depuis sa création, aux manifestations féministes notamment pour mettre en avant les revendications des résistantes palestiniennes, des prisonnières, de mettre en avant la lutte des femmes palestiniennes dans la résistance, etc. Mais depuis que Nous Vivrons a défilé dans la manifestation, notamment le 8 mars 2024 &#8211; si je ne dis pas de bêtises sur les dates &#8211; il nous a semblé essentiel d&rsquo;interpeller et de mener les batailles pour que le mouvement féministe dégage les sionistes de nos manifs. Et puis, après, s&rsquo;est rajouté Némésis qui est un collectif identitaire raciste, qui s&rsquo;est aussi rajouté à vouloir défiler lors du 8 mars. Et donc, il y avait un enjeu très, très fort pour nous à dire que ce n&rsquo;était pas possible de manifester avec des fachos et des sionistes. Pour cela, on a essayé de faire avec des collectifs féministes, notamment avec Nous Toutes, Du Pain et des Roses, les Féministes Révolutionnaires, le CLAF (qui est quand même un gros allié car il a été un des premiers collectifs a toujours avoir des positions très claires sur les questions anti-sionistes et anti-fascistes), et plein d&rsquo;autres organisations féministes. <strong>L’objectif était donc d’aller voir ces collectifs féministes et de convaincre qu&rsquo;il fallait agir par rapport à ça, ce qui a amené, notamment, au 8 mars 2025, où il y avait eu une grosse campagne contre les fachos et les sionistes. </strong>Pour nous, c&rsquo;est ça l&rsquo;enjeu en tant que militantes d&rsquo;Urgence Palestine, et militantes anti-sionistes, anti-colonialistes, anti-fascistes sur cette manifestation. </p>



<p>Le collectif Grève Féministe est assez central dans l&rsquo;organisation de la manif. Est-ce que tu pourrais nous développer leurs positions et propositions ?&nbsp;</p>



<p>Grève Féministe est une interorganisation qui regroupe notamment les directions syndicales telles que la CGT, Solidaires, mais aussi des organisations politiques, il me semble, etc. En gros, c&rsquo;est une grosse coalition de collectifs et d&rsquo;organisations pour essayer de mettre en place une grève féministe le 8 mars. Juste pour donner quelques éléments politiques : c&rsquo;est vraiment un outil qui pourrait être positif pour gagner des positions féministes et de grèves politiques le 8 mars, etc. Cependant, c&rsquo;est quand même toutes les mêmes contradictions qu&rsquo;on retrouve dans toutes les inter-syndicales, etc. C&rsquo;est-à-dire que c&rsquo;est très « par en haut », déconnecté des collectifs, des sections syndicales et des luttes syndicales menées à la base… Donc, c&rsquo;est vraiment par en haut, pour le définir, et je pense que ça se voit beaucoup sur la stratégie par rapport au 8 mars et à la présence de Némésis et des sionistes de Nous Vivrons car on n&rsquo;est pas tout à fait raccord sur ce que ça veut dire avoir une position antifasciste. J&rsquo;ai l&rsquo;impression qu&rsquo;en fait pour Grève Féministe finir la manifestation, aller d&rsquo;un point A à un point B, était plus important que de virer les fachos parce que, pour elles, il ne fallait pas se faire « voler la manifestation », comme si, ne pas faire cette manifestation était un drame absolu. Donc si on doit la faire avec des fachos et des sionistes c’est secondaire. C’est à ce moment là qu’intervient la question de l&rsquo;analyse du danger fasciste et d&rsquo;une stratégie antifasciste de masse de Grève Féministe et c’est là, à mon avis, que réside un  désaccord notamment car pour elles, la stratégie est par en haut.</p>



<p>Suite à la mort du facho le 14 février à Lyon, quelles sont, selon toi, les conséquences sur la construction du 8 mars ? Et quelles lignes te semblent importantes à tenir ?&nbsp;</p>



<p>Ça change, effectivement des choses, parce qu’on le voit, depuis que ce facho a été tué à Lyon, il y a une prise de la rue par des fachos, des rassemblements, des attaques de fachos un peu partout en France. Donc premièrement, les fachos prennent la rue et ont de plus en plus la confiance pour le faire. Deuxièmement, ce que ça change, c&rsquo;est <strong>ce raz-de-marée médiatico-politique qui fait des antifascistes, des terroristes.</strong> Ce raz-de-marée, c’est une <strong>offensive contre les positions antifascistes de rue</strong>, et qui englobe jusqu’à la gauche. On a même pu voir des postes de CND (Cerveaux Non Disponibles) qui condamnait ces positions d’antifascisme de rue. Moi, je pense que c&rsquo;est important de ne pas condamner les antifascistes de rue qui défendent et empêchent les attaques de fachos contre nos luttes, contre nos lieux, contre nos espaces, etc. Evidemment, c&rsquo;est malheureux que quelqu&rsquo;un meure, mais comme toute mort est malheureuse ; on ne fait pas une politique à partir de ça. Est-ce qu’on pensait que c’était mal ou malheureux, lorsque durant la Seconde Guerre Mondiale les résistants tuaient des nazis ? Je ne suis pas convaincue qu&rsquo;on pensait ça, quand il y avait des sabotages de convois nazis, etc., il n&rsquo;y avait pas grand monde pour les pleurer les nazis, et je pense que c’était pour de très bonnes raisons. <strong>L&rsquo;antifascisme, c&rsquo;est nécessaire et vital</strong> : on rappelle quand même que les fachos, c&rsquo;est des attentats partout à travers le monde, des dizaines et des dizaines de morts chaque année, et que l’antifascisme est donc une question de vie ou de mort. Il faut s’opposer aux fascistes &#8211; parfois physiquement &#8211; car la violence, elle vient d&rsquo;eux, alors on est obligé de la contrer. <strong>C’est un devoir moral pour l&rsquo;existence de nos luttes et la possibilité de lutter, que de s&rsquo;y opposer, et de s&rsquo;y opposer parfois physiquement.</strong> Tout ça pour dire que cela va avoir des conséquences sur le 8 mars, d&rsquo;autant plus que, justement, ce facho, il était là pour agir lors d’une action de Némésis, donc ça risque d&rsquo;avoir des conséquences sur la position et la « légitimité » de Némésis, à participer ou pas, ou, en tout cas, la protection politique et policière qu&rsquo;elle risque d&rsquo;avoir. Donc, ça va créer, des couches supplémentaires sur l&rsquo;importance et la <strong>nécessité d&rsquo;avoir une position antifasciste claire, précise, qui nous permette d&rsquo;agir collectivement et de manière massive face à elles, et de ne pas se laisser rouler dessus par ce rouleau compresseur idéologique qui est en train de se mettre en place, actuellement un peu partout.</strong> Quand on repense même à la Une de Libération, &#8211; qui est censé, mais qui n&rsquo;est plus depuis bien longtemps, un journal de gauche &#8211; on comprend assez rapidement qu’il va y avoir un rouleau compresseur qui est là pour tout dégommer et légitimer encore plus les fachos dans ce pays.</p>



<p>Parlons stratégie : À moins d&rsquo;un mois du 8 mars, quelle semble être la stratégie qui se dessine, et qu&rsquo;est-ce que tu peux nous en dire ?&nbsp;</p>



<p>À moins d&rsquo;un mois du 8 mars, on essaye de construire l&rsquo;offensive la plus massive et la plus antifasciste et antisioniste possible. Pour nous, l&rsquo;enjeu, c&rsquo;est ce qui va permettre de bloquer les sionistes et les fascistes et empêcher qu&rsquo;elles manifestent avec nous. <strong>Nous défendons l&rsquo;idée que ça sera par le nombre qu&rsquo;on pourra gagner </strong>et non pas par la meilleure technique de vaisseau ou de positionnement possible etc. Ce qui fera une différence réelle et ce qui nous permettra de gagner, c&rsquo;est vraiment la question du nombre et donc de comment on fait pour être de plus en plus nombreuses et nombreux à préparer cette échéance-là dans cette optique-là et donc comment on fait pour construire cette campagne dès maintenant et pas uniquement le jour J, avec un club de spécialistes pour le dire un peu vite. Dans l&rsquo;idée, on est à peu près toutes d&rsquo;accord là-dessus.</p>



<p>La question, c&rsquo;est comment on fait et par quoi ça passe et c&rsquo;est là où il peut y avoir des débats. Globalement, <strong>l&rsquo;idée c&rsquo;était de construire par en bas donc de mettre en place un maximum de choses qui permettent de convaincre un maximum de personnes de venir au 8 mars en ayant en tête cette volonté de bloquer les fachos et les sionistes</strong>. Par exemple, je milite dans le 18e, à Urgence Palestine et nous avons pris contact avec Nous Toutes Paris Nord, pour organiser un événement commun avant le 8 mars pour préparer cette campagne-là dans notre quartier. C&rsquo;est aussi, par exemple, essayer de s&rsquo;adresser aux syndicalistes et aux sections syndicales pour être un maximum de sections syndicales et syndicalistes qui veulent prendre position pour bloquer les fachos et les sionistes. Donc, voilà, comment on fait pour essayer de faire en sorte que cette stratégie soit partagée massivement ? On cherche aussi, évidemment, à travailler avec Grève Féministe, malgré le fait qu’on puisse avoir des énormes désaccords car nous cherchons à nous adresser, à tous les outils qui nous semblent pertinents pour qu&rsquo;on soit les plus nombreuses et nombreux possible à porter cette stratégie de masse. </p>



<p>Ceci étant dit, un des sujets que je n’ai pas abordé pendant toute cette discussion et qui me semble quand même important et notamment du point de vue de la stratégie, c&rsquo;est la question du sionisme, des sionistes. Ce qui fait le plus débat sur « qui on vire ? » et « comment on les vire ? » ce sont les sionistes. C&rsquo;est-à-dire que, à la limite, Némésis, sont des fachos identitaires, donc tout le monde est d&rsquo;accord pour dire que ce sont des fachos et qu&rsquo;elles n&rsquo;ont pas leur place dans la manif. Après, quelle stratégie on met en place pour les virer de la manif, c&rsquo;est encore une autre discussion. Mais tout le monde est d&rsquo;accord pour dire qu&rsquo;elles n&rsquo;ont pas leur place dans la manif. Nous Vivrons, c&rsquo;est encore différent et ça démontre la faiblesse des positions de la gauche et du mouvement ouvrier français sur la question de la Palestine et sur la question du sionisme qui se fait ressentir à plein tube sur cet aspect-là. C&rsquo;est tout le temps des bras de fer hyper forts parce que <strong>les directions syndicales sont loin d&rsquo;être au clair sur une position anti-sioniste ferme et de soutien à la Résistance</strong>, ce qui les rend très perméables à des discours pseudo-féministes de sionistes. <strong>Comme si on pouvait être féministe et vouloir tuer toute une partie de l&rsquo;humanité, comme si ça allait ensemble d’être suprémaciste et de vouloir l&rsquo;égalité</strong>. Enfin, il y a un moment où c&rsquo;est contradictoire. Voilà, surtout quand ça reprend toute la propagande de l&rsquo;État sioniste et génocidaire israélien de prétendre des viols de masse qui n&rsquo;ont pas eu lieu le 7 octobre. En fait, il y a eu des viols comme dans toute guerre. Je veux dire qu&rsquo;on vit dans un monde patriarcal, donc lors d’une guerre je n&rsquo;ai aucun mal à croire qu&rsquo;il y ait pu y avoir, à certains moments, des agressions sexuelles et viols le 7 octobre. Par contre, ce n&rsquo;était pas du tout une stratégie, ce n&rsquo;était pas systémique, alors que ça l&rsquo;est dans les prisons coloniales israéliennes, que ça l&rsquo;est, dans l&rsquo;armée israélienne qui viole et agresse sexuellement les hommes et les femmes palestinien·nes, etc. Pour finir sur cette question-là, je pense qu&rsquo;il y a aussi un enjeu à <strong>bien affirmer qu&rsquo;on ne veut pas non plus des sionistes dans nos manifestations, </strong>et de ne pas mettre ça de côté, car c&rsquo;est un enjeu central en termes de position dans le mouvement féministe et dans le mouvement ouvrier plus globalement, aujourd&rsquo;hui, en France. <strong>Pour une solidarité totale aux palestiniens et aux palestiniennes, opposons-nous fermement à tout relais de l&rsquo;état sioniste partout !</strong></p>
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		<title>Paris 20ème : Pas encore des conseils ouvriers mais&#8230; </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/paris-20eme-pas-encore-des-conseils-ouvriers-mais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Dec 2025 17:19:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Bloquons tout]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Une assemblée locale de plusieurs centaines de syndicalistes, lycéen.nes, résident.es, est aussi éloignée d’un Conseil ouvrier qu’une manifestation de dizaines de milliers l’est de la révolution. Il n’empêche que ce qui peut les relier, c’est <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/paris-20eme-pas-encore-des-conseils-ouvriers-mais/" title="Paris 20ème : Pas encore des conseils ouvriers mais&#8230; ">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Une assemblée locale de plusieurs centaines de syndicalistes, lycéen.nes, résident.es, est aussi éloignée d’un Conseil ouvrier qu’une manifestation de dizaines de milliers l’est de la révolution. Il n’empêche que ce qui peut les relier, c’est la manière de les construire et les objectifs qu’on leur donne. </em></p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #19 &#8211; Decembre 2025</h6>



<p>Le matin du 10 septembre, dans le 20ème arrondissement de Paris à 5H30, des centaines d’habitant·es sont allé·es tenter de bloquer le périphérique avec d’autres venu·es de Bagnolet, Montreuil&#8230; À la même heure, 200 autres soutenaient le piquet de grève du dépôt de la RATP puis le blocage du lycée Hélène Boucher avec les lycéen·nes dans le quartier. En fin de matinée, la plupart se sont rassemblé·es avec les grévistes devant l’hôpital de l’arrondissement, Tenon. Une partie a rejoint l’assemblée appelée devant la Gare du Nord, tandis que plusieurs centaines de personnes sont parties en manifestation sauvage jusqu’à la place de la République. </p>



<p>Tout cela n’était pas improvisé. Une assemblée locale de rue avait réuni 300 personnes la veille. Les rendez-vous du 10 septembre avaient circulé, et une réunion avait été appelée en amont par le collectif issu de la mobilisation pour la manifestation du 22 mars (journée mondiale contre le racisme), regroupant les différents réseaux antiracistes et antifascistes de l&rsquo;arrondissement. Une soixantaine de personnes étaient venues, et il avait été décidé d&rsquo;organiser cette assemblée de rue. Et en quelques jours, le fil WhatsApp avait explosé en dépassant la barre des 1000 inscrit·es ! Des tracts d’appel à l’assemblée avaient été diffusés devant des écoles. </p>



<p>Le dispositif a été reconduit pour les journées du 18 septembre et du 2 octobre. Après le 18 septembre, une assemblée avec des ateliers (formation anti-répression, discussion sur les stratégies et sur nos revendications) a été organisée sur une place du quartier. La mobilisation a nourri la campagne organisée par le collectif antifasciste pour empêcher le RN de s’implanter sur le quartier dans la perspective des municipales. </p>



<p>Après le 2 octobre, alors qu’il ne semblait y avoir d’autres options que de regarder sur les écrans le spectacle pathétique de la crise institutionnelle, les assemblées locales ont continué de se tenir. Pour dire : la solution viendra de nous ! Une déambulation a permis de réunir les mêmes réseaux syndicaux, les grévistes d’Antinéa (association exploitant des femmes aides à domicile), les mineur·es en lutte du Collectif du parc de Belleville, des résident·es de foyers&#8230; De nouvelles assemblées sont prévues. </p>



<p>Organisation locale, liens inter-professionels, tentatives de les diffuser, tout cela ne s’est pas fait spontanément. Des débats ont eu lieu et continuent d’avoir lieu. Fallait-il plutôt rejoindre les blocages sur le périphérique le 10 septembre ou aller soutenir les grévistes sur l’arrondissement ? Fallait-il manifester dans l’arrondissement pour tenter de s’élargir localement avant de rejoindre ensuite les lieux de mobilisation au centre de Paris (le 10 et le 18) ou aller regrouper les forces mobilisées devant la Gare du Nord ? Fallait-il insister sur la revendication de démission de Macron après le 2 octobre ou sur la nécessité de développer l’auto-organisation comme embryon d’alternative sur le quartier ? Quelle place pour la lutte contre le racisme et le fascisme ? </p>



<p>Même si le niveau de mobilisation est resté modeste (l’arrondissement compte 200 000 habitant·es !), les réponses à ces questions sont forcément liées à l’importance qu’on donne à l’objectif d’organiser massivement le quartier (et pas seulement quelques centaines) et au lien avec les lieux de travail. </p>



<h5 class="wp-block-heading">Denis Godard (Pairs 20e)</h5>
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		<title>Organisation de la riposte face aux attaques de sionistes et de fascistes à l’encontre de plusieurs librairies</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/organisation-de-la-riposte-face-aux-attaques-de-sionistes-et-de-fascistes-a-lencontre-de-plusieurs-librairies/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vanina]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Dec 2025 09:43:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicats]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Interview de Sana (Paris) et Lou (Marseille), deux camarades d’a2c salariées dans des librairies et impliquées dans la construction de la riposte face aux attaques récentes de plusieurs lieux. Cette interview a été réalisée le <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/organisation-de-la-riposte-face-aux-attaques-de-sionistes-et-de-fascistes-a-lencontre-de-plusieurs-librairies/" title="Organisation de la riposte face aux attaques de sionistes et de fascistes à l’encontre de plusieurs librairies">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Interview de Sana (Paris) et Lou (Marseille), deux camarades d’a2c salariées dans des librairies et impliquées dans la construction de la riposte face aux attaques récentes de plusieurs lieux.</p>



<p class="has-small-font-size"><em>Cette interview a été réalisée le lundi 15 décembre</em>, elle est disponible au format audio et écrit.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-block-embed-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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<p class="has-black-color has-cyan-bluish-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-31f7f499b5d7848d8c96e74b629327c7"><em>​​Qu&rsquo;est-ce qui se passe en ce moment autour des librairies&nbsp;?&nbsp;</em></p>



<p>Sana : Il y a plein d&rsquo;attaques de librairies. Ça pourrait remonter jusqu&rsquo;aux législatives de 2024 où les fachos ont pris la confiance dans les rues et ça s&rsquo;est aussi traduit sur les librairies, et donc il y a eu déjà des attaques à ce moment-là. Et depuis le 7 octobre 2023, les libraires qui vont prendre position en solidarité avec la Palestine, en solidarité avec Gaza, se font attaquer très régulièrement et ça ne fait qu’aller crescendo, lors de rencontres ou autre. Donc, ce sont les salarié·es des librairies qui sont en première ligne face à ces attaques, que ce soit du harcèlement en ligne ou physique, des agressions de client·es au magasin, des vitrines taguées à l&rsquo;acide, des rencontres perturbées, des vitres brisées, des serrures remplies de colle et des libraires pris·es individuellement pour cible pour des mots, etc. Donc, c&rsquo;est une petite musique qui monte et qui crée aussi une ambivalence parce qu&rsquo;à la fois les libraires sont menacé·es et à la fois, iels doivent affirmer une position politique et revendiquer le fait que les librairies ne sont pas des lieux neutres. C&rsquo;est un peu à cela qu&rsquo;iels sont confronté·es. Avec des patrons qui ont plusieurs stratégies, mais notamment une partie des patrons qui veulent faire profil bas, qui désavouent leurs libraires, qui enlèvent les livres, qui disent qu&rsquo;il doit y avoir de tout et qu&rsquo;il y a une (pseudo) pluralité en librairie. Et d&rsquo;autres qui vont dénoncer ces attaques et intimidations, mais pas forcément avec une prise de position très ferme en solidarité avec la Palestine ou antifasciste, mais d&rsquo;abord au nom de la liberté d&rsquo;expression et de la démocratie. Et donc, toujours avec un peu ce discours en demi-teinte sur ce qu’est une librairie et <strong>le rôle des librairies en termes de prise de position et d’acteur.ices pour faire vivre, justement, les luttes aussi.</strong></p>



<p class="has-cyan-bluish-gray-background-color has-background"><em>Quelles sont les réponses des salariés et des syndicats par rapport à ce contexte&nbsp;?</em></p>



<p>Sana : Sur Paris, ça fait déjà quelques années qu&rsquo;on essaye de s&rsquo;organiser en tant que salarié·es de librairie avec une position qui est spécifique par rapport au petit patronat de librairie. Et donc, en 2023, pendant la grève des retraites, on avait construit une AG de grévistes qui s&rsquo;appelait le <em>Book-Bloc</em> et qui avait organisé énormément de libraires sur Paris et la région parisienne, qui avait permis de mettre en grève, pas mal de salarié·es de librairie. Personnellement, je suis à la CGT et le syndicat s&rsquo;est investi dans cette AG et a construit autour de cette AG la grève des retraites de 2023. En continuant de s&rsquo;organiser au sein de la CGT et avec d&rsquo;autres libraires et avec les « restes » de cette AG du <em>Book-Bloc</em>, ça a permis de reprendre le contact assez rapidement pour essayer de s&rsquo;organiser face à des attaques et avec <strong>la spécificité d&rsquo;être salarié·e de librairie et non pas patron de librairie, ce qui nous met dans des positions très différentes. </strong>On avait commencé à s&rsquo;organiser déjà quelques semaines auparavant, puis il y a eu une série d&rsquo;attaques où on s&rsquo;est dit là, <strong>il faut qu&rsquo;on réagisse vite et qu&rsquo;on montre qu&rsquo;on est réactif·ves et qu&rsquo;on ne laissera pas les librairies isolées face aux attaques des fachos et des sionistes. </strong>Donc on a appelé à un rassemblement Place de la République. Et &#8211; c’est aussi un truc qu&rsquo;on pourrait noter &#8211; ce n&rsquo;était pas devant une des librairies attaquées parce que, quelque part, c&rsquo;était aussi mettre en danger la librairie pour le patronat de librairie que de le faire devant sa librairie. Donc, ça montre bien aussi les limites de ces positionnements quand on n&rsquo;est pas exactement dans les mêmes intérêts et les mêmes positions lorsque l’on est patron de librairie ou libraire salarié·e. Ce rassemblement a réuni énormément de monde pour les petites structures et les petites mains que nous étions derrière. On était 250 Place de la République, avec pas mal de libraires et quelques patrons de librairie, mais aussi une solidarité du mouvement Palestine qui a massivement répondu présent à l&rsquo;appel du rassemblement. Enfin, « massivement », on s&rsquo;entend, mais à cette échelle, c&rsquo;était vraiment chouette de voir autant de militant·es en solidarité avec la Palestine qui voient l&rsquo;enjeu de protéger ces espaces de débats et de prise de positions des libraires. On était très content·es de pouvoir aussi démontrer aux fachos et aux sionistes qu&rsquo;on est en capacité de répondre. </p>



<p>Lou : Et du coup, pour prendre la suite à Marseille, d&rsquo;abord, moi je voulais parler du syndicat dont je fais partie qui est <em>Sud de Métier du Livre</em>. Il avait sorti un tract un peu au même moment, qui entretient un peu la confusion dont parle Sana car il s&rsquo;adressait aux librairies en tant que telles avec pour axe : « quand on subit une attaque, que faire ? ». Un peu un guide juridique de « comment porter plainte », etc. Et en fait, ce n&rsquo;était pas un tract qui s&rsquo;adresse directement aux salarié·es et qui donne la piste de principalement s&rsquo;organiser en tant que salarié·e sur son lieu de travail, mais plutôt d&rsquo;adopter une défense juridique et du coup, ça fait au final un tract qui s&rsquo;adresse aux patrons, puisque c&rsquo;est eux qui ont la responsabilité juridique de l&rsquo;entreprise. Donc, c’est ça qui avait été fait et envoyé virtuellement aux librairies. Et pour basculer dans le réel, nous, à Marseille, il y avait une AG Culture qui se tenait à la date du rassemblement à Paris. Cette AG culture, c&rsquo;est un peu pareil que le <em>Book-block</em>, elle a émergé du mouvement des retraites de 2023. C&rsquo;est un cadre auto-organisé qui rassemble des syndicalistes et des non-syndicalistes qui travaillent dans la culture. Ça va être à la fois des intermittent·es du spectacle, des artistes auteurices et, entre autres, quelques salarié·es de librairies ou des gens du monde de l&rsquo;édition. À Marseille, il y avait eu des librairies qui avaient été ciblées, à ce moment-là, notamment par un rassemblement de <em>Nous Vivrons</em> devant la librairie pendant une présentation d&rsquo;un livre sur la Palestine. Il y avait donc eu l&rsquo;idée de faire émerger un groupe de travail, de faire un communiqué de soutien à cette librairie-là, la librairie <em>Transit</em>. De ce groupe de travail, était sortie l&rsquo;idée d’appeler à un rassemblement de soutien. Avec une idée de base, celle de montrer que puisque<strong> les sionistes essayent de nous intimider, on va leur montrer qu&rsquo;on est plus qu&rsquo;elleux dans la rue</strong>. Et entre-temps, il y a eu des croix celtiques taguées sur deux librairies et du coup, on a appelé un rassemblement deux semaines pile après celui de Paris.</p>



<p>Ce qui est intéressant, c&rsquo;est qu&rsquo;avant le rassemblement, il y a eu une tournée des librairies qui a été faite pour appeler au rassemblement. Et ce qu&rsquo;on a pu voir à ce moment-là, c&rsquo;est qu&rsquo;il y a beaucoup de salarié·es de librairie qui peuvent avoir peur, comme si c&rsquo;était un peu inéluctable les croix celtiques qui vont fleurir sur les vitrines des librairies. Les questions sont alors : ça sera qui la prochaine ? Et puis, ça sera quoi la suite après la croix celtique taguée ? Et quand on venait, en fait, ça sortait d&rsquo;un coup de l’isolement, de la peur et de la sensation de fatalité.</p>



<p>Au rassemblement, on était entre 80 et 100 personnes. Pour le coup, moi, je dirais qu&rsquo;il y avait quelques salari·és de librairie, pas mal de monde autour de l’AG culture, donc du secteur de travail de la culture et pas mal des milieux antifascistes aussi. Et par contre, le mouvement Palestine a été assez peu présent.</p>



<p class="has-cyan-bluish-gray-background-color has-background"><em>Après le rassemblement à Paris et à Marseille, c&rsquo;est quoi les suites pour les libraires&nbsp;?</em></p>



<p>Lou : J’ai l&rsquo;impression qu&rsquo;à Paris et à Marseille, ça prend des formes assez différentes. Mais en tout cas, nous, ce qu&rsquo;on pense important comme perspectives à tenir, c&rsquo;est de <strong>continuer à construire des réactions collectives qui montrent qu&rsquo;à chaque fois qu&rsquo;il y a des attaques, on organise des ripostes qui montrent qu&rsquo;on fait nombre.</strong> Et la solution pour faire tenir ça dans le temps, c&rsquo;est d’essayer de continuer à organiser un maximum de libraires, et être nombreux.ses. Ça passe à la fois par un travail de renforcement des syndicats dans lesquels on est (ou bien créer des sections là où il n&rsquo;y en a pas) et aussi par le fait de s&rsquo;organiser vraiment en tant que <strong>salarié,</strong> parce qu&rsquo;il y a parfois une confusion quand on voit les patrons et les salariés main dans la main. La question étant : <strong>comment, nous, on construit des ripostes en tant que salarié·es</strong> ? Donc, via le syndicalisme ou via ces AG de secteur, les formes varient selon les contextes.</p>



<p>Un des moyens pour que ce mouvement continue, et qu&rsquo;il prenne de la force, c’est de l&rsquo;articuler avec les mouvements antiraciste et antifasciste comme par exemple ce qui a été fait à Marseille : dans l&rsquo;AG Culture qui suivait le rassemblement du 11 décembre il y avait la question de la grève antiraciste du 18 décembre.</p>



<p>Lors de cette AG, une décision a été prise suite au rassemblement et à la tournée des librairies : on va continuer et on sait qu&rsquo;on ne va pas réussir en une semaine à mettre beaucoup de gens en grève pour le 18 décembre. Mais en fait, pour nous, ça s&rsquo;est articulé d&rsquo;un coup très logiquement, le fait de dire qu’<strong>on subit des attaques des racistes, des sionistes et des fascistes sur nos lieux de travail et ça, c&rsquo;est une raison largement suffisante pour se mettre en grève le 18 décembre</strong> ou en tout cas pour parler de la grève antiraciste le 18 et amorcer ce mouvement là. Il s&rsquo;articule autour de ces mots d&rsquo;ordre et c&rsquo;est sûrement autour de ces mots d&rsquo;ordre-là qu&rsquo;il peut se renforcer. Il y a l&rsquo;idée de continuer à faire des tournées de librairies encore cette semaine, justement pour appeler au 18 et parler de la question de la grève antiraciste, l’articuler avec ces attaques sur les librairies.</p>



<p>Sana : Et nous, à Paris, dans la même idée, avec peut-être moins ce lien qui a été fait malheureusement avec la date du 18 décembre &#8211; aussi par le fait qu&rsquo;on n&rsquo;était pas suffisamment nombreux en réunion après le rassemblement &#8211; on va essayer en tout cas de continuer à proposer aux libraires de s&rsquo;organiser et d&rsquo;appeler à une soirée-débat. Pour essayer de faire en sorte de voir des libraires et de les convaincre qu&rsquo;il faut réussir à s&rsquo;organiser collectivement pour pouvoir se battre. Et en fait c&rsquo;est un peu ça la seule perspective qu&rsquo;on a nous en tant que salarié·es des librairies : c&rsquo;est de <strong>s&rsquo;organiser collectivement et de faire nombre pour se protéger des attaques des sionistes et des fachos</strong>.&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/organisation-de-la-riposte-face-aux-attaques-de-sionistes-et-de-fascistes-a-lencontre-de-plusieurs-librairies/">Organisation de la riposte face aux attaques de sionistes et de fascistes à l’encontre de plusieurs librairies</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Le 18 décembre : La « Journée sans nous » doit être une journée sans nous toustes !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/le-18-decembre-la-journee-sans-nous-doit-etre-une-journee-sans-nous-toustes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Dec 2025 10:23:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=10441</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Interview de Mathieu et Denis, deux camarades d’a2c impliqués dans la Marche des Solidarités et la construction de la “journée sans nous” du 18 décembre. Cette interview a été réalisée le vendredi 5 décembre, disponible <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/le-18-decembre-la-journee-sans-nous-doit-etre-une-journee-sans-nous-toustes/" title="Le 18 décembre : La « Journée sans nous » doit être une journée sans nous toustes !">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading has-medium-font-size"><em>Interview de Mathieu et Denis, deux camarades d’a2c impliqués dans la Marche des Solidarités et la construction de la “journée sans nous” du 18 décembre.</em></h2>



<p><em>Cette interview a été réalisée le vendredi 5 décembre, disponible en version audio et texte.</em></p>



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<iframe title="Spotify Embed: 18 décembre 2025 : la “Journée sans nous&quot; doit être une journée sans nous toustes ! Interview de Mathieu et Denis, camarades d’a2c impliqués dans la Marche des Solidarités et dans la mobilisation." style="border-radius: 12px" width="100%" height="152" frameborder="0" allowfullscreen allow="autoplay; clipboard-write; encrypted-media; fullscreen; picture-in-picture" loading="lazy" src="https://open.spotify.com/embed/episode/6ewI7nvaTcbIgBbuQigkvj?utm_source=oembed"></iframe>
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<p class="has-medium-font-size"><em><mark style="background-color:#fcb9001a" class="has-inline-color">Ça fait plusieurs années maintenant qu&rsquo;il y a des manifestations le 18 décembre&nbsp;à l&rsquo;occasion de la journée internationale des migrants et migrantes. Est-ce que, pour vous, il y a quelque chose de particulier cette année ?&nbsp;</mark></em></p>



<p>Mathieu&nbsp;: Ce qui est particulier c&rsquo;est que, en plus de ce qu&rsquo;on organisait habituellement &#8211; des manifestations, des actions, toujours avec l&rsquo;idée&nbsp;de les faire le jour même &#8211; cette année, on a également décidé, après de nombreuses discussions,&nbsp;notamment la coordination Sans-papiers 75, et à partir du bilan des discussions de l&rsquo;année&nbsp;dernière, notamment avec la CGT, d&rsquo;<strong>appeler aussi à la grève</strong>. La grève en&nbsp;solidarité avec les migrants et migrantes, la grève pour l&rsquo;égalité des droits, la grève&nbsp;contre le racisme et contre le fascisme. Et ça, je pense que ça a changé beaucoup&nbsp;de choses, avec l&rsquo;idée que, de toute façon, c&rsquo;était ça qu&rsquo;il fallait construire dans&nbsp;la période.&nbsp;On verra ce que ça va donner pour cette année, mais on avait en tête qu&rsquo;en tout cas, ça allait être important&nbsp;pour la suite.&nbsp;Donc, je pense qu&rsquo;il y a ça quand même qui change énormément.</p>



<p>Denis&nbsp;:&nbsp;Il y a un autre élément, c&rsquo;est le 10 septembre.&nbsp; Il y avait eu un accord avec la CGT l&rsquo;année dernière pour lancer une vague de luttes, dont la grève était un élément. Et la CGT a reculé là-dessus, au niveau général.&nbsp;Mais forcément, ça a commencé à inscrire cette idée, et du coup, ce sont les collectifs&nbsp;de sans-papier, c&rsquo;est notamment Anzoumane Sissoko [porte-parole de la Coodination des Sans-papiers 75, CSP75, ndt] qui a lancé cette idée-là, dès l&rsquo;été. Mais ce n&rsquo;est pas un hasard, c&rsquo;était au moment où la Marche des Solidarités a décidé, donc très très tôt, de rejoindre la dynamique&nbsp;du 10 septembre. Et donc, c&rsquo;était aussi la dynamique du 10 septembre qui a poussé pour faire ça en&nbsp;décembre.&nbsp;Et d&rsquo;un certain côté, c&rsquo;est aussi une<strong> suite du 10 septembre.&nbsp;</strong></p>



<p class="has-medium-font-size"><em><mark style="background-color:#fcb9001a" class="has-inline-color has-black-color">Donc, ce qui est proposé cette année, c&rsquo;est une journée de grève, en plus d’une&nbsp;manifestation. Est-ce que vous pouvez nous présenter où on en est, dans cette perspective-là ?</mark></em></p>



<p>Mathieu&nbsp;: Il y a plusieurs secteurs qui ont pris position.&nbsp;</p>



<p>Le premier secteur qui a appelé, c&rsquo;est le secteur du travail social, qui a appelé à rejoindre l&rsquo;appel de La Marche sur la grève du 18, mais aussi à faire grève dès&nbsp;le 16 décembre. En réalité, c’est sur des revendications propres au secteur du travail social, dans&nbsp;une dynamique de lutte de ce secteur-là, mais il appelle à se joindre aussi à l&rsquo;appel du 18.&nbsp;Et donc, ça a poussé à l&rsquo;organisation de ce secteur-là dans plusieurs villes, avec des AG intersyndicales de ce secteur qui préparent la grève.</p>



<p>Il y a le secteur de l&rsquo;éducation. Pour l&rsquo;instant, il n&rsquo;y a pas encore&nbsp;d&rsquo;appel à la grève au niveau national.&nbsp;En revanche, il y a, à Paris et à Marseille, et en région parisienne, des sections syndicales&nbsp;de Solidaires, de la CGT, qui ont rejoint l&rsquo;appel et qui organisent la grève. Ça se fait pas mal en écho avec les mobilisations récentes aux côtés des collectifs de mineurs&nbsp;isolés en lutte.</p>



<p>Il y a également le secteur de la culture.&nbsp;On ne sait pas vraiment dire encore si ça va se matérialiser par des grèves&nbsp;mais en tout cas, il y a des actions de visibilisation jusqu&rsquo;au 18 décembre, qui sont organisées&nbsp;par des intermittents, des intermittentes, et il va y avoir, je pense, des cortèges le&nbsp;18.&nbsp;</p>



<p>Il y a le secteur café, hôtellerie, restauration,&nbsp;avec un collectif auto-organisé de travailleurs et travailleuses qui s&rsquo;appelle&nbsp;Mise En Place, qui est notamment à Paris et à Marseille. Il est en lien avec les&nbsp;syndicats, mais il n&rsquo;est pas dans un syndicat et, de manière hyper impressionnante,&nbsp;prépare la grève dans ce secteur. Et ce qui est impressionnant, c&rsquo;est que c&rsquo;est un collectif qui s&rsquo;est organisé je pense&nbsp;il y a maintenant un an à peu près, et <strong>dès le début, dans leurs revendications, il y a eu la question de la régularisation&nbsp;des sans-papiers</strong>. Alors que ce n&rsquo;est pas un collectif uniquement de travailleurs sans-papiers. Mais avec l&rsquo;analyse&nbsp;faite par des camarades de ce collectif que c&rsquo;est un secteur dans lequel il y a de très&nbsp;nombreux et nombreuses sans-papiers, et que pour construire le rapport de force, il fallait&nbsp;forcément se battre pour la régularisation de ses collègues. Pour espérer renverser&nbsp;la situation dans un secteur dans lequel, souvent, t&rsquo;as un lieu de travail, t&rsquo;as un&nbsp;patron, une ou deux salarié·es, et c&rsquo;est pas facile de tenir tête et de faire grève.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-medium-font-size is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="border-width:1px;border-top-left-radius:1px;border-top-right-radius:1px;border-bottom-left-radius:1px;border-bottom-right-radius:1px">
<p>La question du racisme est une question de classe, les attaques actuelles et le renforcement des attaques sur les immigré·es, c&rsquo;est une question de classe. Si notre classe, en général, laisse passer les attaques sur les immigré·es, on va toustes s&rsquo;en prendre plein la gueule. Tout le monde n&rsquo;est pas dans la même situation par rapport aux attaques racistes mais tout le monde est concerné.</p>
</blockquote>



<p>Et enfin, il y a des secteurs sur lesquels, pour l&rsquo;instant, on n&rsquo;a pas forcément eu encore confirmation, mais je pense qu&rsquo;il va y avoir des choses par exemple dans le secteur de la santé.&nbsp;Donc voilà où on en est.&nbsp;</p>



<p>Et ce qui est particulièrement impressionnant, c&rsquo;est qu&rsquo;en plus des secteurs, il y a des unions locales, des unions départementales, de Solidaires, de la CGT, qui signent. Et on sent que ça a eu des effets, même sur les confédérations.&nbsp; Ça commence un peu sur les mêmes mécanismes que pour le 10 septembre. Même si on a moins d&rsquo;impulsion&nbsp;que cette date avait connue, on sent que les confédérations ont une pression qui vient de la base, et qu&rsquo;il&nbsp;y a probablement, dans beaucoup de villes, des syndicalistes qui argumentent sur le&nbsp;fait de faire grève.</p>



<p>Denis&nbsp;: Solidaires te l&rsquo;a dit :&nbsp;Iels ont signé il y a deux jours, et iels ont dit ouvertement que c&rsquo;était parce qu&rsquo;<strong>il&nbsp;commençait à y avoir tellement d&rsquo;unions locales qui signent que, du coup, il fallait&nbsp;qu&rsquo;ils signent au niveau national</strong>. Je pense qu’il y a un truc qui est à la fois impressionnant et en même temps, il faut avoir en tête les proportions. La vérité, c&rsquo;est qu&rsquo;aucune direction syndicale ne veut de cette grève, elles sont hostiles&nbsp;à cette idée. Il n&rsquo;y a aucun syndicat au départ &#8211; Solidaires vient de signer &#8211; qui avait signé l&rsquo;appel de la Marche. Et la seule raison pour laquelle ils ne signent pas l&rsquo;appel&nbsp;de la Marche cette année, c&rsquo;est sur cette question, sur les modalités et l&rsquo;appel&nbsp;à la grève.&nbsp;Donc c&rsquo;est en opposition avec la logique des syndicats que cette initiative est prise. C&rsquo;est pareil que pour le 10 septembre, l&rsquo;atmosphère&nbsp;générale, ce qui se passe dans ces conditions-là,&nbsp;sur la question du racisme, avec très peu de liens jusqu&rsquo;ici de la Marche&nbsp;des Solidarités et avec les réseaux syndicaux de base, c&rsquo;est très très impressionnant déjà ce qu&rsquo;il y a, tout&nbsp;ce que tu viens de citer.</p>



<p>Maintenant, en termes de réalité pour le jour J, ça veut dire qu’au niveau de la grève, a priori ça ne devrait pas être énorme. Mais c&rsquo;est très significatif parce que ça inscrit cette&nbsp;question dans le paysage et que ça réussit déjà à mettre la pression, donc ça signifie&nbsp;quand même quelque chose. Et c&rsquo;est une question clé celle de la place des syndicats dans cette lutte-là, comme pour la Palestine. Si je fais le parallèle&nbsp;avec la Palestine, c’est qu’on n&rsquo;est pas au niveau de ce qu&rsquo;ont réussi à faire des syndicats&nbsp;très minoritaires en Italie sur la question de la Palestine, mais c&rsquo;est la même logique.&nbsp;</p>



<p class="has-medium-font-size"><em><mark style="background-color:#fcb9001c" class="has-inline-color">Dans ce parallèle avec le 10 septembre, les directions syndicales ont fait le choix de plutôt proposer la grève du 18 septembre. Est-ce que ce&nbsp;que tu décris pour le 18 décembre c&rsquo;est selon toi la même logique, ou est-ce qu&rsquo;on peut&nbsp;trouver une explication autre aux hostilités dont tu as parlé&nbsp;?</mark></em></p>



<p>Denis&nbsp;: Je pense qu&rsquo;il y a des raisons spécifiques et il y a des&nbsp;raisons communes, parce que par ailleurs, la direction de Solidaires et la direction&nbsp;de la CGT ont finalement appelé au 10 septembre à la fin, mais elles y ont été forcées. La logique commune, c&rsquo;est que la <strong>politique actuelle</strong> des directions syndicales est aujourd&rsquo;hui d&rsquo;essayer&nbsp;d&rsquo;<strong>éviter la confrontation directe </strong>avec la classe dirigeante, avec le patronat, avec l&rsquo;État.&nbsp;C&rsquo;est en gros la même logique politique que celle du PS, qui est de se dire que pour éviter le pire,&nbsp;il faut y aller mollo, parce que si on y va trop dur, ça va pousser les&nbsp;gens dans les bras du RN.</p>



<p>Donc il y a une logique commune avec le fait de faire obstacle au développement de la dynamique du 10 septembre qu&rsquo;elles ne maîtrisaient pas, qu&rsquo;elles&nbsp;ne contrôlaient pas. Le bout du film c’est cette date pathétique du 2 décembre. Ça, c&rsquo;est une logique qui vaut particulièrement, on va dire, sur la question du racisme.</p>



<p>Mais il y&nbsp;a un élément supplémentaire, c&rsquo;est de penser que, la faute de tout ça, c&rsquo;est qu&rsquo;on n&rsquo;a pas le rapport de force parce que les travailleurs, les travailleuses, ne “veulent pas faire grève, ne veulent pas se mobiliser”. Ce ne serait pas Sophie Binet&nbsp;qui ne veut pas se mobiliser, ce serait les gens qui ne veulent pas faire grève. Et alors c&rsquo;est encore pire sur la question du racisme.</p>



<p>Donc elles ne veulent pas y aller. Alors, je reprends encore l&rsquo;exemple du 10 septembre, ou l&rsquo;exemple de la Palestine en Italie. Ça ne veut pas&nbsp;dire que t&rsquo;as forcément directement des millions de gens. Mais t&rsquo;as plein de personnes prêt·es à y aller. C&rsquo;est l&rsquo;écho qu’on a. Le transformer en action concrète, c&rsquo;est plus&nbsp;difficile. Mais en ce moment, il suffit d&rsquo;aller distribuer des tracts pour s’en rendre compte. On est allé.es diffuser des tracts au dépôt de bus RATP de Lagny [à Paris], ou bien dans les quartiers etc. Les gens, il y a un côté où ça les enthousiasme cette idée de prendre le truc totalement à rebours&nbsp;: il n&rsquo;y a pas de problème avec l&rsquo;immigration, l&rsquo;immigration, ça fait partie de l&rsquo;histoire de ce pays, les immigré·es font partie de l&rsquo;histoire de&nbsp;ce pays. Sans les immigrés, ce pays n&rsquo;existe pas !</p>



<p>Mathieu&nbsp;: Ce que tu dis, ça me fait penser aussi à quel point justement dans la construction, on commence à voir des effets. Par exemple, une des choses que font&nbsp;historiquement les syndicats, c&rsquo;est des grèves de sans-papiers pour la régularisation. Les sans-papiers se battent pour&nbsp;leurs droits. Mais si t&rsquo;es un travailleur et que t&rsquo;as des papiers, ça ne te regarde pas. Tu ne te mets pas en grève.&nbsp;Et les grèves massives de ces dernières années, sur ces questions-là, c&rsquo;est des grèves uniquement de sans-papiers.&nbsp;La dernière, en 2023, de la CGT, c&rsquo;est ce qu’il s’est passé.&nbsp;</p>



<p>Et on sentait, quand l&rsquo;année dernière les dirigeants de la CGT&nbsp; étaient venus discuter avec La Marche, que c&rsquo;était encore un peu ça qu&rsquo;ils avaient en tête. Une grève de sans-papiers et – pour augmenter leur rapport de force – un mouvement de soutien à côté. Mais pas une grève de tous et toutes. Et pour moi, ce qu&rsquo;on commence à voir, c’est qu’on se bat depuis le début pour dire que <strong>c&rsquo;est une grève de tout le monde</strong>.&nbsp;Et j&rsquo;ai l&rsquo;impression que le fait que dans certains secteurs ça prenne, ça redonne confiance aux collectifs de sans-papiers. Par exemple, ça fait quand même des années que les camarades des collectifs de sans-papiers ne retournent plus dans les foyers pour mobiliser. Ils nous disaient que dans les foyers les gens ne voulaient pas se battre. En tout cas, les collectifs de sans-papiers ont eu du mal dans les foyers ces dernières années. Et là, quand même, ils ont organisé&nbsp;aujourd&rsquo;hui et demain une tournée des foyers. Alors qu’ils ont la même analyse que nous : ils ont bien vu que c&rsquo;est pas encore une grève de millions de personnes qui s&rsquo;annonce.&nbsp;Mais ils ont senti que quelque chose se passait, et que ça pouvait leur permettre de gagner. Et ça redonne de la confiance.</p>



<p>Et franchement, tu ne sais jamais&nbsp;si ça va se reproduire de la même manière, mais la dernière fois que les collectifs de sans-papiers ont fait un vrai taf sur les foyers, ça a donné&nbsp;la manifestation de 2020 pendant le confinement, où les collectifs de sans-papiers défient l&rsquo;interdiction de manifester. Il y a 15 000 sans-papiers dans la rue. Et ils le disent encore très régulièrement qu&rsquo;une des choses qui avait permis ça, c&rsquo;est le taf qu&rsquo;ils avaient fait dans les foyers. Donc on voit&nbsp;comment cette question de la grève, de comment elle a été construite, ça change déjà des choses.&nbsp;</p>



<p>Denis&nbsp;: Je pense que plus généralement &#8211; et peut-être que c&rsquo;est ça le débat avec les directions des syndicats &#8211; nous, ce qu&rsquo;on essaye de développer, en tant que membres d&rsquo;A2C dans la Marche, c&rsquo;est que c&rsquo;est une question de classe,&nbsp;que <strong>la question du racisme est une question de classe</strong>, que les attaques actuelles et le renforcement des attaques sur les immigré·es, c&rsquo;est une question de classe. <strong>Que si notre classe, en général, laisse passer les attaques sur les immigré·es, on va toustes s&rsquo;en prendre plein la gueule.</strong> Tout le monde n&rsquo;est pas dans la même situation par rapport aux attaques racistes, etc. Tout le monde n&rsquo;est pas&nbsp;dans la même situation, mais <strong>tout le monde est concerné.</strong></p>



<p>L&rsquo;idée qu&rsquo;il y aurait des concerné·es, les théories du privilège, c&rsquo;est de la merde : ça nous empêche de lutter aussi bien contre le racisme que contre le système, d&rsquo;être fort·es. C&rsquo;est ça, aussi, la nouveauté : le lien entre le 10 septembre&nbsp;et le 18 décembre, et on l’espère, le lien entre le 18 décembre et des campagnes pour reprendre la dynamique du 10 septembre. Il y a toutes les discussions&nbsp;sur la Semaine Noire [initiative émanant d’une assemblée de quartier issue du mouvement <em>Bloquons Tout</em> qui propose qu’on organise une « semaine noire » en mars avec grèves et blocages, ndt], il y a le combat pour faire campagne pendant les municipales pour se battre contre l&rsquo;implantation du RN, etc.</p>



<p>Le truc nouveau qu&rsquo;il y a eu sur le 10 septembre, c&rsquo;est qu’entre la lutte contre le budget d&rsquo;austérité de Bayrou et la lutte&nbsp;contre le racisme, il y avait un lien direct. Donc, cette question, c&rsquo;est une question de classe. Et ça, bien sûr que c&rsquo;est un problème&nbsp;pour les directions syndicales. <strong>Parce que qui dit question de classe dit pas de négociation, d’aménagement, de compromis, on est dans un rapport d&rsquo;affrontement&nbsp;et de confrontation directe avec la classe dirigeante, avec le gouvernement.</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized is-style-default"><img data-dominant-color="ad4e4a" data-has-transparency="false" fetchpriority="high" decoding="async" width="819" height="1024" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/12/592496574_18305414635282613_8954869833689771202_n-819x1024.webp" alt="" class="wp-image-10443 not-transparent" style="--dominant-color: #ad4e4a; aspect-ratio:0.8000207196629602;width:383px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/12/592496574_18305414635282613_8954869833689771202_n-819x1024.webp 819w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/12/592496574_18305414635282613_8954869833689771202_n-240x300.webp 240w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/12/592496574_18305414635282613_8954869833689771202_n-768x960.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/12/592496574_18305414635282613_8954869833689771202_n.webp 1080w" sizes="(max-width: 819px) 100vw, 819px" /></figure>



<p class="has-medium-font-size"><mark style="background-color:#fcb9001a" class="has-inline-color"><em>Il y a un débat à l&rsquo;heure actuelle dans les syndicats&nbsp;sur le positionnement que les syndicats devraient avoir par rapport à des questions que certaines estiment en-dehors du champ de leur activité. Et donc, parfois, le raisonnement est qu&rsquo;il faudrait d&rsquo;abord entraîner nos collègues sur des questions qui les concernent, qui sont les questions sociales.&nbsp;Et à partir de là, on pourra peut-être envisager d&rsquo;autres questions. Qu&rsquo;est-ce que vous répondez à ça ?&nbsp;</em></mark></p>



<p>Mathieu : Je pense que c&rsquo;est en partie ce que vient de dire Denis. On part sur la base que c&rsquo;est une question de classe et qu&rsquo;on s&rsquo;attaque à ce qui empêche la classe de s&rsquo;organiser, d&rsquo;être forte, de se sentir en capacité de gagner&#8230; Avec la façon de voir que tu exposes, on ne convainc pas qu&rsquo;on peut tout simplement changer les choses et gagner. Je pense qu&rsquo;il y a une <strong>conscience assez importante de la vague raciste de ces dernières années</strong>. Mais en revanche, il y a <strong>très peu de propositions de s&rsquo;en saisir</strong>. Et ça rejoint des expériences que je fais dans mon syndicat aussi. Je vois que ça peut, de temps en temps, être difficile de mobiliser uniquement sur les questions les plus traditionnelles du syndicat. Mais en revanche, dès que les syndicats font de la politique sur la Palestine, contre le fascisme, contre le racisme, moi, je vois beaucoup de mes collègues réagir positivement, les mêmes avec qui c&rsquo;est difficile de discuter uniquement de conditions salariales parce qu&rsquo;ils ne croient plus qu&rsquo;on peut changer les choses, mais par contre, ils ont faim sur le reste. Et je pense que le 10 septembre, c&rsquo;est aussi un peu ça qu&rsquo;on a vu.&nbsp;Quand on était dans la rue le 10 septembre, les gens, ils n’étaient pas là pour crier uniquement des slogans sur les salaires. Ils criaient qu&rsquo;on est là pour libérer la Palestine, on est là pour virer les fachos et on est là pour se battre et gagner.&nbsp;Et c&rsquo;était les slogans antiracistes, notamment, qui avaient une place importante.</p>



<p>Denis :&nbsp;Alors moi ce que je réponds d’abord, c&rsquo;est que c&rsquo;est une position de blanc. Quand t&rsquo;es racisé·e, quand t&rsquo;es noir·e, arabe, justement, la première chose que tu te prends dans la gueule, c&rsquo;est la discrimination raciste. Je ne parle même pas de quand t&rsquo;es sans papier. Et que du coup, vas-y, va convaincre tes collègues de se battre ensemble sur la question de la retraite, du salaire, etc.,&nbsp;si t&rsquo;as laissé passer celle du racisme&#8230; Donc c&rsquo;est une position de blanc.</p>



<p>La deuxième chose, c&rsquo;est que c&rsquo;est faux. Là, on en a la preuve. En Italie, depuis quand n&rsquo;y avait-il pas eu de grève générale ? Et là, il y a une grève générale, sur quoi ? Sur la solidarité avec la Palestine. C&rsquo;est pas sur les conditions de travail et salaire. Ce n&rsquo;est même pas sur des questions internes.&nbsp;Alors, les gens font la connexion, certainement parce que les gens ne sont pas débiles. C&rsquo;est ça, la politique.&nbsp;<strong>Quand tu parles de la Palestine, en fait, tu parles de tout.&nbsp;</strong></p>



<p>Et la troisième réponse, c&rsquo;est qu&rsquo;en fait, c&rsquo;est des discours…J&rsquo;allais dire au départ, c&rsquo;est des discours de bureaucrates mais en fait, il n&rsquo;y a pas que les bureaucrates. C&rsquo;est le discours des gens qui ont abandonné la perspective de la lutte, tout simplement. Ça veut pas dire que l&rsquo;argument est facile, qu’il suffit de dire qu’on va faire une grève contre le racisme.&nbsp;Qu’en fait, c&rsquo;est juste qu&rsquo;il y en a qui font obstacle à ça, mais sinon tout le monde se soulèverait.&nbsp;Non, ce n’est pas vrai. C&rsquo;est un combat de convaincre que c&rsquo;est possible. Mais par contre, c&rsquo;est un combat à mener. Et la réalité, c&rsquo;est qu&rsquo;en fait, celleux qui disent ça, iels ont lâché l&rsquo;affaire sur tout.&nbsp;Ce sont les mêmes qui nous ont expliqué qu&rsquo;il fallait faire 13 journées de grève séparées sur les retraites parce que les gens ne veulent pas se battre, que déjà, c’est dur de les convaincre de perdre une journée de salaire, etc. Ils nous ont mené·es dans un mur avec leur pessimisme. En plus, c&rsquo;est du paternalisme complètement dingue parce qu’iels vont dire “nous, on est antiracistes mais les gens ne veulent pas se mobiliser. Donc ce n’est pas de notre faute.” Donc ce sont des gens qui, en fait, essayent de faire passer sur le dos de tout le monde leur refus d&rsquo;organiser le combat.</p>



<p class="has-medium-font-size"><em><mark style="background-color:#fcb9001a" class="has-inline-color">Quand cette interview sera publiée, il restera une semaine avant le 18 décembre. Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on peut faire sur la semaine qui nous reste ?</mark></em></p>



<p>Denis : Plein de choses. Mais ça dépend. Pour ceux et celles qui n’ont encore rien fait, récupérez une vidéo, récupérez un tract. Allez en parler autour de vous. Tout simplement, <strong>ramenez des gens.</strong> Il va y avoir des manifestations partout. Il suffit d&rsquo;aller regarder sur le <a href="https://www.antiracisme-solidarite.org">site de la Marche</a>. Donc c&rsquo;est possible. Quand on n&rsquo;a pas fait le boulot pendant des mois, des semaines,&nbsp;ça veut dire qu&rsquo;il reste moins de temps, et donc qu’il faut faire vite et aller toucher des personnes de son entourage. 3, 4, 5 personnes qui commencent à s&rsquo;organiser ensemble sur un lieu de travail ou un quartier, c&rsquo;est de l&rsquo;or pour la suite.&nbsp;Donc c&rsquo;est ça qu&rsquo;il faut faire.&nbsp;</p>



<p>Parce que<strong> la lutte ne va pas s&rsquo;arrêter le 18.</strong>&nbsp;Le 18 pourrait être un super boost,&nbsp;il y aura des suites. Il va sortir un appel le jour du 18 pour continuer. On va discuter pour savoir si la Marche Des Solidarités adopte, comme elle l&rsquo;a fait pour le 10 septembre, la perspective de la Semaine Noire [en mars, ndt]. Mais de toute façon on va le relier avec la mobilisation pour le 21 mars [journée internationale pour l&rsquo;élimination de la discrimination raciale, ndt]. Pareil, on va avoir des discussions : [le weekend du 21-22 mars] c&rsquo;est le week-end de la fête de l&rsquo;Aïd, le ramadan va finir deux jours avant.</p>



<p>Ce qui est pensé au niveau de la Marche des solidarités, c&rsquo;est que toute cette campagne&nbsp;sur le 21 mars soit pour aller péter les racistes et les fascistes dans la campagne des Municipales&#8230; Ne pas les laisser s&rsquo;implanter dans nos quartiers, avec comme point d&rsquo;orgue le 21 mars, Journée internationale contre le racisme, qui est la veille du second tour.&nbsp;Ça peut être la plus grande fête de l&rsquo;Aïd, <strong>un Aïd de solidarité et de lutte dans la rue</strong>. Donc de lutte contre l&rsquo;islamophobie. C&rsquo;est un truc qui va être renvoyé à la face des fachos et des racistes.&nbsp;</p>



<p>Donc, pour quelqu&rsquo;un qui n’est pas encore impliqué : organise 2, 3, 4 personnes pour aller à la manif avec toi. Ces 3, 4 personnes, ce sera de l&rsquo;or pour préparer la suite. <strong>Et mets-toi en grève. Tout le monde est couvert. Tout le monde peut faire grève.</strong></p>



<p>Écoutez la version audio de l&rsquo;interview juste ici : </p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/le-18-decembre-la-journee-sans-nous-doit-etre-une-journee-sans-nous-toustes/">Le 18 décembre : La « Journée sans nous » doit être une journée sans nous toustes !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Du 10 septembre au 18 décembre : Nos luttes n’ont pas de frontières !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/du-10-septembre-au-18-decembre-nos-luttes-nont-pas-de-frontieres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Nov 2025 16:47:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Bloquons tout]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=10193</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d&#8217;A2C #19 &#8211; Novembre 2025 Début novembre nous en sommes déjà au quatrième gouvernement en moins d’un an&#160;! Le dernier est tombé avant même de siéger&#160;! Cette instabilité n’est pas un accident. Elle <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/du-10-septembre-au-18-decembre-nos-luttes-nont-pas-de-frontieres/" title="Du 10 septembre au 18 décembre : Nos luttes n’ont pas de frontières !">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/du-10-septembre-au-18-decembre-nos-luttes-nont-pas-de-frontieres/">Du 10 septembre au 18 décembre : Nos luttes n’ont pas de frontières !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #19 &#8211; Novembre 2025</h6>



<p>Début novembre nous en sommes déjà au quatrième gouvernement en moins d’un an&nbsp;! Le dernier est tombé avant même de siéger&nbsp;! Cette instabilité n’est pas un accident.</p>



<p>Elle provient de l’incapacité de plus en plus évidente du système parlementaire à contenir les contradictions du capitalisme et en premier lieu les antagonismes de classe.&nbsp;</p>



<p>Ces convulsions du système parlementaire passeront par différentes phases. Elles n’auront cependant, à terme, que deux issues possibles.</p>



<p>La première est la suppression de toute démocratie. Sa forme la plus probable serait le fascisme.&nbsp;</p>



<p>A l’échelle mondiale, la compétition économique se transforme en affrontements politiques et militaires et la bourgeoisie a besoin d’États-nations autoritaires et militarisés pour se maintenir au pouvoir. Les fascistes ne sont pas les moteurs de cette trajectoire. En revanche, dans tous les pays où ils disposent d’un parti, cette tendance peut les porter au pouvoir s’ils ne sont pas stoppés.</p>



<p>Il y a une autre issue possible : notre classe qui s’organise dans tous les quartiers et lieux de travail pour prendre en main les tâches politiques de la période, entraîner la majorité et se donner alors les moyens de renverser le capitalisme. C’est la seule possibilité de démocratie réelle, celle qui a régulièrement pris la forme des conseils ouvriers (de la Russie de 1905 et 1917 à la Hongrie de 1956 et l’Iran de 1979, en passant par l’Allemagne de 1918 et l’Italie de 1919).</p>



<p>C’est de ce point de vue qu’il faut analyser le mouvement qui s’est organisé autour de l’appel du 10 septembre.*&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Bloquons tout !</strong></h2>



<p>Alors que le gouvernement Bayrou annonçait un budget d’austérité historique en plein été, la riposte n’est pas venue des directions syndicales ou politiques mais d’un appel viral..&nbsp;</p>



<p>En quelques semaines, des assemblées locales se sont multipliées dans tout le pays, donnant corps à une dynamique de classe indépendante des directions traditionnelles.&nbsp;</p>



<p>Face à la crainte d’un mouvement incontrôlable, la bourgeoisie a sacrifié son propre gouvernement pour ramener la crise sur le terrain institutionnel.</p>



<p>Pourtant, malgré la chute du gouvernement et les manœuvres des directions syndicales, la mobilisation du 10 septembre a dépassé les attentes. Plus de 800 actions répertoriées, des secteurs en grève et des grèves locales et 250&nbsp;000 manifestant·es.</p>



<p>Le 18 septembre, appelé cette fois par les directions syndicales, a amplifié la participation tout en en affaiblissant l’autonomie.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>C’est donc possible !</strong></h2>



<p>Le 10 septembre est une claque à tous les discours défaitistes à gauche qui font porter la responsabilité de la situation à… notre classe. Trop individualiste, sans conscience, passive etc.</p>



<p>Mais quand on l’appelle réellement au combat elle peut se lever. Et des initiatives minoritaires peuvent prendre un caractère de masse.</p>



<p>Cela n’est pas automatique mais les exemples de ce phénomène se multiplient&nbsp;: soulèvements populaires au Népal, Madagascar et au Maroc, grève de masse en solidarité avec la Palestine en Italie<sup data-fn="ccb8e5f0-8ffa-4976-8b2a-a2d83710e329" class="fn"><a id="ccb8e5f0-8ffa-4976-8b2a-a2d83710e329-link" href="#ccb8e5f0-8ffa-4976-8b2a-a2d83710e329">1</a></sup>, millions sous le slogan No Kings aux Etats-Unis, grèves de masse en Grèce organisées à l’appel des familles de victimes d’un accident de train.</p>



<p>Il faudra, il faudrait plus de réseaux coordonnés ne serait-ce que pour faire remonter et visibiliser tout ce qui casse les discours dominants.</p>



<p>Car cette dynamique n’est pas uniquement celle des centres urbains. Des assemblées ont eu lieu dans les campagnes. Des communes autour de Rennes se sont organisées et ont monté un village avec chapiteau où se tenaient des assemblées quotidiennes pendant 10 jours. Cela a permis, grâce à la confiance accumulée, d’organiser dans la foulée une mobilisation locale à Piré-sur-Seiche pour empêcher le Canon français de Sterin de tenir un banquet&nbsp; d’extrême-droite dans un château de la commune.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une alternative</strong></h2>



<p>A la différence des Gilets Jaunes, le mouvement du 10 a été très vite pris en charge par des réseaux militants, courants autonomes, collectifs de sans-papiers et la Marche des Solidarités, courants antifascistes, syndicalistes (généralement opposants aux directions), courants de la gauche révolutionnaire, membres de la France Insoumise&#8230;</p>



<p>Ce sont souvent elles et eux qui ont pris l’initiative des réunions, des assemblées pour ne pas rester dans le virtuel des réseaux sociaux d’où était sorti initialement l’appel.</p>



<p>Des assemblées locales ont eu lieu sur tout le territoire rassemblant en août plus de 15 000 participant·e·s dans au moins 150 communes. Des assemblées ont aussi eu lieu dans certains secteurs (culture, éducation, santé, travail social&#8230;).&nbsp;</p>



<p>Le 10 et le 18 des assemblées se sont tenues dans des lieux comme La Défense à Paris ou en lien avec le piquet de grève du plus grand centre logistique d’Amazon dans la région parisienne.</p>



<p>Ce sont donc ces milliers d’activistes radicaux qui ont permis concrètement la mobilisation de centaines de milliers de jeunes et de travailleurs et travailleuses. Qui ont fait chuter un gouvernement. Et effrayé les directions traditionnelles de la gauche. Ces directions qui mènent de défaites en défaites.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Alors ?</strong></h2>



<p>1- Un mouvement de masse, un mouvement de notre classe, est possible. En France comme ailleurs.&nbsp;</p>



<p>2- Des milliers, des dizaines de milliers, d’activistes, radicalisés, sur nos quartiers, dans nos lieux de travail, dans les écoles et universités, pourraient devenir une direction alternative aux directions traditionnelles.</p>



<p>Les deux points sont liés.</p>



<p>1- Le mouvement de masse est la clef. On ne changera pas le système par l’action d’une minorité, soit-elle constituée de dizaines de milliers. Que ce soit par les élections, des actions déterminées ou la grève dans quelques secteurs dits stratégiques.</p>



<p>Les raisons en sont simples. L’État est une structure de classe qu’on ne peut mettre au service de l’égalité et du bien commun. Surtout en période de crise du capitalisme.&nbsp;</p>



<p>Mais c’est aussi un outil de domination puissant de plus en plus militarisé. Nous avons besoin de toute la force collective de notre classe pour le renverser.</p>



<p>2- Cette mise en mouvement et surtout son organisation comme pouvoir collectif sur nos quartiers et lieux de travail dépend largement de l’intervention de dizaines de milliers de militant·e·s implanté·e·s et coordonné·e·s pour aller dans cette direction.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>C’est un combat</strong>&nbsp;</h2>



<p>Ces dizaines de milliers d’activistes sont actuellement loin de partager les analyses et stratégies permettant de faire des tests communs.</p>



<p>Il nous faut mener en particulier &#8211; en pratique et dans les arguments &#8211; le combat pour convaincre de la centralité de la question de classe et de l’importance de la grève. Pas seulement pour bloquer l’économie mais aussi comme moyen d’organisation, d’émancipation et de pouvoir collectif. Pas pour se cantonner à la lutte économique mais pour unir notre classe autour de luttes politiques, en premier lieu contre le racisme, le fascisme et la guerre.<sup data-fn="2b92ce0c-db01-4f70-97c6-39be3af240ac" class="fn"><a id="2b92ce0c-db01-4f70-97c6-39be3af240ac-link" href="#2b92ce0c-db01-4f70-97c6-39be3af240ac">2</a></sup></p>



<p>A ce titre, l’initiative lancée par la Marche des Solidarités, les collectifs de sans-papiers et collectifs de mineur.e.s isolé.e.s pour une journée de grèves, de blocages et de manifestations le 18 décembre est une opportunité qui peut pour construire unité et solidarité de classe.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quelle organisation ?</strong></h2>



<p>Une autre question essentielle est celle de l’organisation révolutionnaire. L’audience d’organisations aussi différentes que la France Insoumise, Révolution Permanente ou autres, montre que le besoin d’une direction politique radicale se développe.</p>



<p>Le théoricien sans doute le plus déformé (et contesté !) du parti révolutionnaire est le révolutionnaire russe Lénine.</p>



<p>Sa conception du parti a été présentée comme celle d’une armée disciplinée et se substituant à la classe ouvrière pour porter le parti au pouvoir.</p>



<p>Cette vision correspond assez bien, sous des formes différentes, à la logique de la plupart des organisations existantes, qu’elles soient réformistes ou révolutionnaires.</p>



<p>Mais pour Lénine, le parti révolutionnaire à construire était l’opposé d’une armée de soldat·e·s suivant des chefs et se substituant au mouvement.&nbsp;</p>



<p>Il disait que ce devait être un parti de dirigeant·e·s, ultimement de centaines de milliers d’activistes, coordonné·e·s mais capable d’autonomie, implanté·e·s, légitimes, écouté·e·s dans tous les milieux, proposant et argumentant pour l’auto-organisation de classe et de masse et le renversement de l’État.</p>



<p>C’est pour cela que nous voulons renforcer l’autonomie de notre classe, c’est à-dire tout ce qui lui permet de se penser comme le seul pouvoir politique alternatif possible et voulons faire grandir les rangs de celles et ceux qui, avec cette boussole, agissent, font les expériences, mènent les discussions, proposent des stratégies dans le mouvement et pour le mouvement en même temps qu&rsquo;ils et elles se regroupent et élaborent au sein d&rsquo;une même organisation.</p>



<h5 class="wp-block-heading">A2C</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="ccb8e5f0-8ffa-4976-8b2a-a2d83710e329">Sur le Maroc : <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/manifestations-de-la-generation-z-au-maroc/">voir l&rsquo;article sur le site</a><br>Sur l&rsquo;Italie : <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/tout-bloquer-greves-palestine-italie/">voir l&rsquo;article sur le site</a>  <a href="#ccb8e5f0-8ffa-4976-8b2a-a2d83710e329-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="2b92ce0c-db01-4f70-97c6-39be3af240ac">Plus d’un million d’habitant.es de New York ont voté pour celui qui a déclaré après son élection : « New-York restera une ville d’immigré.es ! Une ville construite par les immigré.es. Qui marche grâce aux immigré.es. Et désormais dirigée par un immigré ! » Alors qui a raison : celles et ceux qui s’adaptent à l’opinion supposée en faisant des concessions au racisme et ne font que creuser un peu plus le sillon pour les fascistes. Ou celles et ceux qui lèvent clairement le drapeau ? <a href="#2b92ce0c-db01-4f70-97c6-39be3af240ac-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/du-10-septembre-au-18-decembre-nos-luttes-nont-pas-de-frontieres/">Du 10 septembre au 18 décembre : Nos luttes n’ont pas de frontières !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Grève pour la régularisation, la nécessité de la grève politique !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/greve-pour-la-regularisation-la-necessite-de-la-greve-politique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jan 2025 09:26:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Darmanin]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Marche des solidarités]]></category>
		<category><![CDATA[racisme d'état]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=9238</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les mobilisations à l’occasion de la journée internationale des migrant·e·s qui auront lieu partout dans le pays (et dans beaucoup d’autres1) du 14 au 18 décembre seront le 1er acte d’une campagne qui va se <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/greve-pour-la-regularisation-la-necessite-de-la-greve-politique/" title="Grève pour la régularisation, la nécessité de la grève politique !">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Les mobilisations à l’occasion de la journée internationale des migrant·e·s qui auront lieu partout dans le pays (et dans beaucoup d’autres<sup data-fn="6da3f56d-8da2-4f0c-a2a2-b871cac831c5" class="fn"><a id="6da3f56d-8da2-4f0c-a2a2-b871cac831c5-link" href="#6da3f56d-8da2-4f0c-a2a2-b871cac831c5">1</a></sup>) du 14 au 18 décembre seront le 1<sup>er</sup> acte d’une campagne qui va se développer dans les mois qui viennent pour obtenir la régularisation massive de sans-papiers, lutter pour les droits des mineur·e·s isolé·e·s et l’hébergement des migrant·es à la rue et enfin pour se donner les moyens de renverser le climat raciste. De la réussite de ces mobilisations du 14 au 18 décembre dépendront nos capacités à construire cette campagne pour gagner.</p>



<p>À travers son implication et ses interventions dans la préparation de ces mobilisations, la CGT a posé concrètement la grève comme un des moyens à travers lequel la lutte pourra se développer dans cette campagne, notamment pour obtenir des régularisations. Les dernières grèves massives de travailleur·euses sans-papiers remontent à octobre 2023&nbsp;: Dès le 17 octobre, partout en Ile de France des travailleur·euses sans-papiers occupent leurs lieux de travail. Soutenus par la CNT-SO, les collectifs de sans-papiers et la Marche des Solidarités, des travailleur·euses en grève occupent un site des Jeux Olympiques. Et soutenu·es par la CGT, plus de 500 travailleur·euses occupent 33 entreprises, pour la plupart des agences d’intérim. Tous les piquets de grève soutenus par la CGT parviendront à obtenir quelques mois plus tard un accord de la part de Darmanin pour que tous·tes les grévistes soient régularisé·es avec plusieurs dizaines de leurs camarades du Nord, de la Marne et de Seine-Maritime en lutte à Emmaüs, Amazon ou encore en tant que saisonnièr·es agricoles.</p>



<p>Entre le début de cette grève et l’obtention des régularisations, la loi Darmanin avait été votée par la majorité présidentielle et les député·es fascistes du Rassemblement National. Déjà pour les grévistes de 2023, les accords ont été plus difficiles à obtenir que lors des mouvements précédents et ils n’ont pas concerné les grévistes du chantier des JO. Comme pour d’autres luttes récentes telles que celle soutenue par le syndicat Solidaires à Chronopost, cela illustrait déjà un durcissement en cours du pouvoir sur les questions de régularisation. L’Etat met désormais en application la loi Darmanin et impose à tout mouvement pour la régularisation d’élever le rapport de force requis pour gagner.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La bascule raciste de la loi Darmanin</strong></h2>



<p>A la suite du mouvement de grève de milliers de travailleurs sans-papiers de 2008 à 2010, l’objectif principal des grèves de travailleur·euses sans-papiers qui ont suivi étaient d’obtenir l’ensemble des pièces éxigées par la circulaire Valls établie en 2012. Cette circulaire précise tout un ensemble de critères donnant droit à une régularisation&nbsp;: Il faut disposer d’un certain nombre de fiches de paie, de justificatifs, de preuves de présence ainsi que la reconnaissance de l’emploi par les patron·nes, à travers des CERFA ou des certificats de concordance selon que les travailleur·euses sans-papiers travaillent sous de faux papiers ou sous l’identité d’une autre personne.&nbsp;</p>



<p>La circulaire Valls précisant des critères de régularisation, un des enjeux de la lutte consistait à arracher l’ensemble des preuves aux patrons et d’imposer aux préfet·es d’y répondre positivement car celleux-ci ont toujours eu sur cette circulaire Valls un pouvoir discrétionnaire. Le rapport de force devait s’établir au niveau des patron·nes afin de remplir l’ensemble des critères et vis-à-vis des préfectures pour qu’elles traitent les dossiers.&nbsp;</p>



<p>L’application de la loi Darmanin a changé la situation et impose un rapport de force d’un niveau supérieur. Les collectifs de sans-papiers, les réseaux de solidarité, les syndicats, les associations sont unanimes sur l’ensemble du territoire&nbsp;: le nombre de refus de demandes de régularisation ou de renouvellements de carte de séjour est en train d’augmenter fortement et rapidement et cela concerne toutes les préfectures. Les délais sont encore plus longs qu’avant et, même quand les récépissés sont parfois obtenus, ils ne se transforment que trop rarement en titres de séjour effectifs. Et quant aux refus, ils s’accompagnent systématiquement d’OQTF.&nbsp;</p>



<p>Cette situation concerne directement des millions de personnes avec et sans-papiers parmi nous. Darmanin avait annoncé la couleur de cette loi qu’il qualifiait lui-même de « texte le plus ferme avec les mesures les plus dures depuis ces trente dernières années. »<sup data-fn="6738d328-6610-4b8a-bc09-6997f01ee18d" class="fn"><a id="6738d328-6610-4b8a-bc09-6997f01ee18d-link" href="#6738d328-6610-4b8a-bc09-6997f01ee18d">2</a></sup> dont il ne cachait pas les ambitions : « On veut ceux qui bossent, pas ceux qui rapinent »<sup data-fn="6ba4ccd0-5586-46d8-95a4-10cec833fe60" class="fn"><a id="6ba4ccd0-5586-46d8-95a4-10cec833fe60-link" href="#6ba4ccd0-5586-46d8-95a4-10cec833fe60">3</a></sup> et le ministère de l’Intérieur met désormais tout cela en œuvre en exigeant des préfet·es de réduire l’immigration légale comme illégale par tous les moyens à leur disposition<sup data-fn="3da57ab8-d80a-4097-a905-3dfc12cb353d" class="fn"><a id="3da57ab8-d80a-4097-a905-3dfc12cb353d-link" href="#3da57ab8-d80a-4097-a905-3dfc12cb353d">4</a></sup>. Et ces nouvelles conditions s’accompagnent d’une situation générale où 143 député·es fascistes siègent à l’assemblée et le RN qui semble de plus en en capacité de prendre le pouvoir.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Nécessité de la grève politique</strong></h2>



<p>Pour qu’une prochaine vague de grèves de sans-papiers arrache des régularisations, il faudra évidemment en premier lieu que les grévistes sans-papiers soient les plus nombreuses et nombreux, qu’il y ait des piquets dans le plus de villes et de quartiers différents, que les locaux des entreprises soient occupés, que les piquets soient organisés par les grévistes et ouverts sur les quartiers alentours. Un des points notables des grands mouvements de grève de travailleur.se.s sans-papiers jusqu’à maintenant, est que les grévistes ont été très majoritairement des hommes. La diversité des secteurs impliqués dans le prochain mouvement de grèves sera un atout pour donner la capacité à un nombre important de femmes sans-papiers de faire grève : l’hôtellerie, la restauration, l’aide à domicile, la santé, le médico-social…&nbsp;</p>



<p>Mais plus encore que d’étendre la grève parmi les sans-papiers, il faudra aussi se donner les moyens que ça puisse être une grève de toutes et tous. Et partout où cela sera rendu possible, ce sera aussi bien des exemples pour la suite que des forces pour tout de suite.&nbsp;</p>



<p>Dans les entreprises où des travailleur·euses sans-papiers feront grève, il faudra encourager que leurs collègues «&nbsp;avec papiers&nbsp;» fassent également grève&nbsp;! Il faudra également saisir toutes les opportunités pour développer la grève dans les secteurs où des luttes sont déjà engagées en solidarité avec les migrant·es et contre le racisme, comme les écoles, les collèges et les lycées ou le travail social, etc. Et enfin dans les secteurs qui seront déjà engagés dans des grèves au moment où celles des travailleur·euses sans-papiers se déclenchent. Faire grève pour l’égalité des droits, pour la solidarité, pour imposer la régularisation, pour créer les conditions de l’unité de notre classe et un rapport de force général plus propice à gagner également sur d’autres revendications, qu’elles soient pour des salaires, de nouveaux droits, contre des réformes ou pour les retraites.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>LA RUE, LA RUE, LA RUE</strong></h2>



<p>Avant les grèves de travailleur·euses sans-papiers de 2008-2010, le mouvement des sans-papiers avait déjà développé d’autres modalités de lutte que la grève, qui ont perduré notamment à travers les collectifs de sans-papiers et les réseaux de solidarité&nbsp;: occupations, manifestations, actions, marche nationale, etc. Les victoires des collectifs de mineur·es isolé·es récemment constitués sont des exemples du potentiel de ces modes d’action.</p>



<p>Une grève qui veut gagner des régularisations pour des travailleur·euses devra se battre pour l’égalité des droits de toutes et tous et se combiner avec des revendications et des modes d’action d’un mouvement plus large. En plus des grèves, il faudra lancer des occupations pour réclamer un logement et la reconnaissance des mineur·es isolé·es, organiser des rassemblements de soutien dans les quartiers où des grèves et des occupations seront organisées, des grandes manifestations qui rassemblent l’ensemble des collectifs en lutte et appellent toutes celles et tous ceux qui veulent se battre contre le racisme et qui veulent faire reculer les fascistes à se joindre à la bagarre.</p>



<p>A ce stade de développement du racisme d’État en France, un mouvement de grève pour la régularisation se retrouvera nécessairement à devoir se hisser à des niveaux de confrontation sociale qu’il ne pourra affronter que s’il est partie prenante d’un mouvement plus large qui se bat pour l’égalité des droits, pour la reconnaissance de minorité, pour un logement pour tous·tes, contre les CRA et contre le racisme. Seul un tel mouvement pourrait permettre de renverser la vapeur et le fond de l’air raciste, de commencer à faire reculer les fascistes.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Mathieu Pastor – A2C Paris20</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="6da3f56d-8da2-4f0c-a2a2-b871cac831c5"><a href="https://worldagainstracism.org/2025-waraf/london-calling-fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">London Calling : action mondiale contre le racisme et le fascisme</a> <a href="#6da3f56d-8da2-4f0c-a2a2-b871cac831c5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="6738d328-6610-4b8a-bc09-6997f01ee18d">Franceinfo, <a href="http://Projet de loi sur l'immigration : Gérald Darmanin défend le &quot;texte le plus ferme depuis ces trente dernières années&quot;, dans un entretien au &quot;JDD&quot;" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Projet de loi sur l&rsquo;immigration : Gérald Darmanin défend le « texte le plus ferme depuis ces trente dernières années », dans un entretien au « JDD »</a> <a href="#6738d328-6610-4b8a-bc09-6997f01ee18d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="6ba4ccd0-5586-46d8-95a4-10cec833fe60">BFMFV, <a href="https://www.bfmtv.com/politique/gouvernement/on-veut-ceux-qui-bossent-pas-ceux-qui-rapinent-gerald-darmanin-defend-le-projet-de-loi-immigration_AN-202212060250.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« On veut ceux qui bossent, pas ceux qui rapinent »: Gérald Darmanin défend le projet de loi immigration</a> <a href="#6ba4ccd0-5586-46d8-95a4-10cec833fe60-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="3da57ab8-d80a-4097-a905-3dfc12cb353d">Le Monde, <a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/10/09/bruno-retailleau-annonce-deux-circulaires-pour-reduire-l-immigration_6347291_3224.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Bruno Retailleau annonce deux circulaires pour réduire l’immigration</a> <a href="#3da57ab8-d80a-4097-a905-3dfc12cb353d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/greve-pour-la-regularisation-la-necessite-de-la-greve-politique/">Grève pour la régularisation, la nécessité de la grève politique !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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