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	<title>Archives des Inflation - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<title>Archives des Inflation - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Au fil du mouvement</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/au-fil-du-mouvement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Oct 2022 22:01:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Crise économique]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Après deux journées de grève nationale, le 29 septembre puis le 18 octobre, nous proposons ici des retours du terrain de cette lutte qui s&#8217;engage et qui pourrait s’avérer déterminante dans la lutte des classes <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/au-fil-du-mouvement/" title="Au fil du mouvement">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/au-fil-du-mouvement/">Au fil du mouvement</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Après deux journées de grève nationale, le 29 septembre puis le 18 octobre, nous proposons ici des <strong>retours du terrain de cette lutte qui s&rsquo;engage</strong> et qui pourrait s’avérer déterminante dans la lutte des classes dans ce pays. Prochaines dates de grève interprofessionnelle annoncées : 27 octobre et 10 novembre ! <strong>Le bras de fer avec le gouvernement est lancé !</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="de6869" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #de6869;" fetchpriority="high" decoding="async" width="300" height="168" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/greve-cgt-100.png" alt="" class="wp-image-6108 not-transparent"/></figure>
</div>


<h1 class="has-text-align-center wp-block-heading">La grève du 18 octobre</h1>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h3 class="has-text-align-center wp-block-heading">À Paris, dans l’éducation</h3>



<p class="has-text-align-left has-small-font-size">Blocage au lycée Voltaire&nbsp;où les lycéen·ne·s déterminé·e·s, impliqué·e·s et organisé·e·s, avaient un tract pour défendre leurs revendications et ont tenu leur prises de paroles, soutenues par les enseignant.e.s, face aux policiers.</p>



<p class="has-text-align-left has-small-font-size">Des AED qui avaient été en grève le 29 septembre, mais pas le 18 octobre se sont fait supprimer leur pause ce jour-là par la direction. On leur a demandé de compter les grévistes.<strong> La colère grandit, gronde et la rentrée sera déterminante.</strong></p>



<p class="has-text-align-left has-small-font-size"><strong>La mobilisation a été importante aussi dans les lycées professionnels</strong>&nbsp;! Plusieurs lycées ont été en grève pour contrer les menaces de suppressions de postes ou carrément de suppression de l’établissement.</p>



<p class="has-text-align-left has-small-font-size">En 2019 les établissements les plus en capacité de gagner sur des questions locales avaient été aussi ceux qui s’étaient le plus battus sur des combats plus larges comme celui contre la réforme des retraites. <strong>Il faut mener le débat autour d’une question centrale&nbsp;: Qu’est-ce qui permet de gagner&nbsp;?</strong></p>



<h3 class="has-text-align-center wp-block-heading">À Rennes, blocage le matin</h3>



<p class="has-small-font-size">Avant la manifestation qui part à 11H à Rennes, blocage partiel de deux voies d’arrivée et de sortie de rennes <strong>avec les routiers de l’entreprise Stef, quelques cheminot.e.s et des militant.e.s Nous Toutes 35. Une vingtaine de camarades déterminé·e·s qui ont distribué des tracts et ralenti le flu</strong>x. </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img data-dominant-color="858280" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #858280;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/Rennes-blocage-1-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-6154 not-transparent"/></figure>
</div>


<p class="has-small-font-size">De bons retours des automobilistes, beaucoup soutiennent mais ne peuvent pas forcément se mettre en grève pour des questions financières. Ça donne envie de monter très rapidement des caisses de grève.</p>



<h3 class="has-text-align-center wp-block-heading">À Paris, dans le 20<sup>ème</sup></h3>



<p class="has-small-font-size">Départ collectif pour la manifestation du 18 octobre, depuis la cuisine occupée par les grévistes du CASVP qui exigent qu’Anne Hidalgo et la mairie de Paris leur donnent le SEGUR 3. </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img data-dominant-color="6f6b64" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #6f6b64;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/WhatsApp-Image-2022-10-18-at-17.37.40-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-6150 not-transparent"/></figure>
</div>


<p class="has-small-font-size">Une assemblée générale interprofessionnelle a aussi eu lieu sur ce site, jeudi 20 octobre, pour organiser la solidarité et le soutien autour de cette occupation et de leur combat. <strong>Les grévistes du site participeront au rassemblement organisé dans le quartier, métro Ménilmontant, mardi 25 octobre par le Collectif des Sans-Papiers Paris 20ème et organisent une fête de soutien mercredi 26 octobre</strong>.</p>



<p class="has-small-font-size"><strong>La quasi-totalité du personnelle de l’Aide sociale de l’État du 20<sup>ème</sup> sont également en grève reconductible déclenchée suite à un accident sur le site</strong>. Elles et ils exigent de meilleures conditions de travail et d’accueil.</p>



<h3 class="has-text-align-center wp-block-heading">À Toulouse</h3>



<p class="has-small-font-size">Les militantes qui organisaient le cortège d&rsquo;ASSO, composé en grande partie des travailleuses du Planning Familial, de Faire Face, Grisélidis, ont été <strong>ce matin voir d&rsquo;autres salarié·e·s d&rsquo;associations locales pour les convaincre de participer à la grève et manifester ensemble</strong>.</p>



<p class="has-small-font-size">Il y a eu un rassemblement devant le rectorat pour s&rsquo;opposer à la casse des lycées pro, appelé par la CGT Éduc.</p>



<p class="has-small-font-size"><strong>La manifestation était importante&nbsp;avec un gros cortège étudiant </strong>qui organisait une assemblée générale ensuite, durant laquelle a été rappelé l&rsquo;importance d’entrainer de plus en plus d’étudiant·e·s aux côtés des grévistes, pour la défense du droite grève violemment attaqué par réquisitions et la solidarité avec lycéen·ne·s de Nanterre réprimé·e·s par la police.</p>
</div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h3 class="has-text-align-center wp-block-heading">À Marseille</h3>



<p class="has-small-font-size">Importante présence du personnel des lycées professionnels dans le cortège avec une Assemblée Générale intersyndicale organisée ensuite. <strong>Le cortège lycée était le plus gros et déterminé</strong>, il s’était élancé notamment depuis un des lycées du centre (St-Charles). En tout 4 à 5 lycées ont été bloquées ou perturbés&nbsp;! Ce cortège très animé avec beaucoup de slogans <strong>contre la sélection, contre Macron, contre le RN,</strong> est ensuite parti en manifestation sauvage jusqu&rsquo;au rectorat avant de retourner à St-Charles.</p>



<p class="has-small-font-size"><strong>Présence aussi d’un cortège féministe avec une banderole pour la grève féministe du 8 mars</strong> et qui organise bientôt une Assemblée Générale pour organiser la mobilisation.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img data-dominant-color="6e6372" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #6e6372;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/WhatsApp-Image-2022-10-18-at-20.21.41-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-6149 not-transparent"/></figure>
</div>


<p class="has-small-font-size">L’UD CGT organisait son congrès à Martigues, moins de monde dans le cortège à Marseille mais grosse présence à Martigues&nbsp;: 500 personnes se sont rassemblé·e·s pour des prises de paroles, ont bloqué un rond point et ont appelé à une manifestation contre la vie chère samedi 22 octobre à Marseille.</p>



<h3 class="has-text-align-center wp-block-heading">À Paris, les sans-papiers sont là&nbsp;!</h3>



<p class="has-small-font-size">Que ça soit les piquets DPD, Chronospost et RSI, ou les collectifs de la Marche des Solidarités, <strong>les collectifs de sans-papiers étaient présents dans la manifestation à Paris</strong> pour exiger la régularisation des sans-papiers et mobiliser contre la réforme asile et immigration de Darmanin.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img data-dominant-color="80827b" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #80827b;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/WhatsApp-Image-2022-10-18-at-17.37.42-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-6152 not-transparent"/></figure>
</div>


<h3 class="has-text-align-center wp-block-heading">À Nantes</h3>



<ul class="has-small-font-size wp-block-list"><li>Rassemblement Lycées pro et interpro unitaire, 15h, Préfecture Nantes</li><li>AG personnel Lycées pro, 13 h au Lycée Michelet Nantes, puis départ en manif vers préfecture</li><li>Piquet de grève Institut Ocens (ex Institut La Persagotière), à partir de 12 h, devant le site, rue Dunan à Nantes</li><li>Piquet de grève CARSAT, à 11 h, devant la caisse, place Bretagne, Nantes</li><li><strong>Raffinerie de Donges</strong> (à environ 40 minutes de Nantes et 20 minutes de Saint Nazaire) <strong>en grève</strong> depuis le 12 octobre</li></ul>



<p class="has-small-font-size">La manifestation a réunie entre 2000 et 3000 personnes. Un départ commun des étudiant·es était prévu de la fac à 13h45, il y a eu 200 personnes dans le cortège des étudiant·es, cortège très dynamique !</p>
</div>
</div>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="de6869" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #de6869;" fetchpriority="high" decoding="async" width="300" height="168" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/greve-cgt-100.png" alt="" class="wp-image-6108 not-transparent"/></figure>
</div>


<h1 class="has-text-align-center wp-block-heading">Avant le 18 octobre</h1>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h3 class="has-text-align-center wp-block-heading">A Rennes, diffusion de tracts de la CGT</h3>



<p class="has-small-font-size">On était plusieurs camarades féministes du collectif NT35 à faire un tractage vendredi 14 octobre entre 19h30 et 21h à la gare de Rennes. Comme nous n&rsquo;avions pas de tracts pour aller discuter avec le monde qui passait, on s&rsquo;est débrouillées pour récupérer 1000 tracts en couleur de la CGT 35.</p>



<p class="has-text-align-center has-small-font-size"><img decoding="async" src="https://lh3.googleusercontent.com/hiQyFsfTBzZE2hnXzWKSz8dB2SIgKiQJraGxvHS98eGskUxMvZfYK0MkpY35UOce3-VRMi1VA_G9YZT5nx0HdBtjl8y9IdX_6of9ZqFofST7uI8GVry564L-zHPx0eHBvNlTbTZ-umOeI7-YSQnNeAWsPnGUif-_m3zNWCOY9Y71ZLl5WP6_37gmlw" width="251" height="447"></p>



<p class="has-small-font-size">On était vraiment très excitées vu l&rsquo;ambiance du moment et on a croisé énormément de monde, forcément. Il y avait <strong>tellement de bons retours</strong>. Bien sûr des personnes qui entendent « grève » ou « manifestation », et même « inflation » qui nous évitent et montrent leurs désaccords sans même argumenter. Mais aussi des personnes qui a priori n&rsquo;auraient pas pris le tract par peur (?) ou par désaccord présupposé, et qui, lorsqu&rsquo;elles entendaient « contre l&rsquo;inflation » ou « pour nos salaires », se retournaient pour prendre le tract en question. On a donc discuté avec <strong>des gens qui se demandent comment faire grève pour la première fois de leur vie</strong>, des lycéens qui se demandent pourquoi la grève a lieu et qui évoquent le blocage possible de leur lycée, deux <strong>salariées d&rsquo;une banque</strong> qui disent qu&rsquo;elles vont avoir 2,1% d&rsquo;augmentation et que <strong>c&rsquo;est quand même une bonne arnaque vu que l&rsquo;inflation est de 10%</strong>, un <strong>vigile</strong> de la gare qui n&rsquo;en peut plus du taf et qui espère que la grève sera massive tout en expliquant que c&rsquo;est dur pour lui de faire grève étant donné son poste et ses responsabilités s&rsquo;il y a un « malaise voyageur » &#8211; toujours cette pression de la santé, comme pour les personnels soignants.&nbsp;</p>



<p class="has-small-font-size">Et de nombreuses personnes &#8211; notamment des cheminots &#8211; qui nous disent « je serai en grève mardi » 💕 ou qui nous répondent avec un grand sourire quand on leur parle du mouvement qui s&rsquo;étend et qu&rsquo;on lâche un « on veut des thunes ». On pourrait encore citer une personne, agent d&rsquo;animation pour la ville de Rennes qui est en train de perdre son boulot à cause de problèmes de santé, qui nous a dit « heureusement que la CGT n&rsquo;a pas plié face à Total ».&nbsp;</p>



<p class="has-small-font-size">Maintenant, on organise avec le collectif féministe un cortège dans la manifestation du 18.</p>
</div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h3 class="has-text-align-center wp-block-heading">En région parisienne, notre classe en mouvement</h3>



<p class="has-small-font-size">A Paris, des centaines de travailleuses et travailleurs du Centre d&rsquo;action sociale de la Ville de Paris (CASVP) sont en grève depuis plusieurs semaines. Ils et elles sont les oublié.e.s du SEGUR à qui la Mairie de Paris refuse de reconnaître le statut de travailleur social qui apparaît pourtant sur leurs fiches de paye : personnel administratif et personnel des cuisines en tête.</p>



<p class="has-small-font-size">Pour augmenter la pression sur la Mairie, les grévistes ont décidé d&rsquo;occuper la plus grande des 42 cuisines de ce service social : basée dans le 20eme arrondissement de Paris, les travailleuses et travailleurs de ce site servent chaque jour 1800 repas à 2,50€ (jusqu&rsquo;à 3500 pendant le confinement).</p>



<p class="has-small-font-size">Appliquer le SEGUR à ces centaines de salarié.e.s représente un budget de 6 millions d&rsquo;euros pour la mairie de Paris. Une goutte d&rsquo;eau par rapport aux 8 milliards d&rsquo;euros déboursés pour les Jeux Olympiques de Paris en 2024.</p>



<p class="has-small-font-size">Sur ce piquet de grève, beaucoup sont en grève pour la première fois ! C&rsquo;est une impression qui se confirme dans d&rsquo;autres secteurs, d&rsquo;autres lieux ! Que ça soit dans les écoles du 93 ou dans l&rsquo;implication de fédérations de la CGT habituellement peu impliquées dans les grèves comme la fédération CGT Fédération des sociétés d&rsquo;étude : il se passe quelque chose !</p>



<p class="has-small-font-size">Dans le 20ème arrondissement à Paris, les grévistes de tous secteurs se donnent rendez-vous pour un départ collectif depuis la cuisine occupée du CASVP.</p>
</div>
</div>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="de6869" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #de6869;" decoding="async" width="300" height="168" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/greve-cgt-100-1.png" alt="" class="wp-image-6109 not-transparent"/></figure>
</div>


<h1 class="has-text-align-center wp-block-heading">Les échos du 29 septembre</h1>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h3 class="has-text-align-center wp-block-heading"><em>A Paris, dans l&rsquo;éducation nationale (2nd degré</em><strong><em>)</em></strong></h3>



<p>Dans l’éducation nationale, les chiffres qui circulaient c’était aux alentours de 20% de grévistes chez les institutrices et instituteurs qui sont obligé.e.s de se déclarer grévistes avant. Et à Paris, les chiffres qui ont été partagés dès l’Assemblée Générale du 29 septembre, c’était <strong>45% avec une mobilisation particulièrement importante dans l’Est Parisien avec les questions des bas salaires et des retraites largement reprises.</strong></p>



<p></p>



<p>Dans les collèges et lycées, c’est très variable&nbsp;! Dans l’Assemblée Générale, on pouvait entendre dans certains endroits des taux de grévistes très faibles et d’autres très importants comme 55%. Ca dépend vraiment du travail de mobilisation fait localement. Ce que le syndicat nous envoie, c’est un mail avec le matériel et tout le travail reste à faire.</p>



<p>La manifestation à Paris a été très dynamique dans l’ensemble y compris dans les cortèges enseignants&nbsp;! Il y a eu notamment une intervention importante autour de Kai Terada. Cette solidarité autour du combat de Kai Terada est très importante, on peut voir que ça concerne de nombreux établissements. <strong>Dans de nombreux lycées, la grève a été plus suivie qu’habituellement parce que le combat autour de Kai a fait écho à la mobilisation du 29 septembre.</strong></p>



<p>Et partout où des camarades ont préparé la mobilisation et encouragé la solidarité autour de Kai, la grève a été plus suivie que d’habitude&nbsp;!</p>



<p>Dans mon lycée, on a pu atteindre 50% de grévistes du côté des profs et ça a été également très suivi côté administratif et AED pour qui les conditions de travail sont très dures.</p>



<p>Pour avoir <strong>une journée de grève où on soit actif</strong>, on a fait une action le matin à Menilontant pour discuter des choses, interpeler la population. On a fait une action autour de faux recrutements pour singer la mascarade des recrutements en « speed meeting ». Ça a mis la pêche à tou·te·s les collègues pour toute la journée et pendant toute la manifestation.</p>



<p>Il y un sentiment qu’on était beaucoup à partager&nbsp;: <strong>la question des retraites est en train de monter et y a une attente de suite chez beaucoup</strong>&nbsp;!</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 class="wp-block-heading"><em>A Rennes, par des camarades impliquées dans Nous Toutes 35</em></h3>



<p>En amont du 29/09 :</p>



<p>L&rsquo;union départementale de la CGT avait organisé une AG à la maison des associations. 70 personnes. Très majoritairement des personnes de plus de 40 / 50 ans. Tractages de la CGT mais encore des personnes pas au courant de l&rsquo;appel à la grève, y compris le jour j. Solidaires avait collé des affiches d&rsquo;appel à cette journée sur de nombreuses routes départementales dans plusieurs départements de Bretagne.&nbsp;Ce qui n&#8217;empêche pas que beaucoup n&rsquo;étaient pas au courant de cette journée. On peut se demander comment était préparée la grève. Ce qui est sûr, c&rsquo;est qu&rsquo;il y a eu <strong>des tournées de syndicalistes dans les lycées. Et ça a payé</strong> : des vies scolaires fermées et des lycées avec de forts taux de grévistes. Et d&rsquo;autres avec peu de grévistes aussi.</p>



<p>Le jour J :&nbsp;</p>



<p>Environ 5.000 personnes à la manifestation. Bonne surprise même si évidemment nous aurions aimé être bien plus. Très peu de présence policière.</p>



<p>Les <strong>cheminot-es</strong> ont, des dires d’un camarade CGT, une bonne dynamique de rapport de force. Cet été, ils ont obtenu en une journée de grève une augmentation de 1,5%. Bonne participation à la journée : un camarade de la CGT nous dit « dans les établissements sncf que je connais on tourne à 30-40% de grévistes. Ce qui est correct pour une journée isolée. De toute façon, y&rsquo; a pas besoin d&rsquo;être à 70% pour pénaliser la production. »</p>



<p>Dans les <strong>lycées</strong> (surtout dans le public mais aussi un peu dans le privé), de nombreux-ses AED (surveillant-es) ont fait grève, notamment en se mobilisant sur les bases de leur lutte contre la réforme des retraites (liens inter-perso, groupe facebook, reflex de caisse de grève). Par exemple, au lycée des Hautes-Ourmes, toute la vie scolaire était en grève, notamment avec le soutien d’un prof, militant FO, qui a organisé une caisse de grève parmi les profs pour permettre aux AED de faire grève.&nbsp;</p>



<p>Sept <strong>ATSEM rencontrées dans la manif </strong>étaient en grève de leur propre initiative : école maternelle rurale (campagne environnante de Rennes), sans syndicats, quand on leur a demandé <strong>“qu’est-ce qui vous a permis de faire grève ?”, elles ont répondu “la solidarité entre nous et le soutien des prof”</strong>.</p>



<p>Un cortège d’un nouveau syndicat implanté à Rennes, au <strong>lycée agricole</strong>, était bien visible, et deux prof étaient très intéressés par le fait d&rsquo;articuler le soutien à la grève feministe du 8 mars avec les élèves de leurs classes.&nbsp;</p>



<p>Cortège de l&rsquo;<strong> inter-organisation de soutien aux personnes exilées</strong> avec banderole « Egaux, Egales, Personne n’est illégal ». Refugié·es, sans papiers, sans logements, militants solidaires : 30 personnes au moins. Utopia 56, Cimade, Un toit c’est un droit, NPA et MRAP. La date du 18 décembre est déjà dans les esprits.</p>



<p>Différents <strong>cortèges d&rsquo;étudiant·es</strong> <strong>et de lycéen·nes</strong> étaient présents avec différentes organisations : Solidaires Etudiant·es, Union Pirate, FI…&nbsp;</p>



<p>D&rsquo;ailleurs, FI, NUPES, PS, étaient présents avec drapeaux et appelaient notamment à la marche du 16 octobre. Des jeunes de la FI ont participé à faire sortir des dizaines d’étudiant·es en droit de Rennes 1.</p>



<p><strong>Cortège féministe</strong> de Nous toutes 35 conséquent, intergénérationnel mais plutôt jeune quand même. Ambiance joyeuse et déterminée et articulation avec les revendications de la grève féministe prévue le 8 mars + slogans antiracistes et antifascistes.</p>
</div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h3 class="has-text-align-center wp-block-heading"><em>Dans le 93, dans l&rsquo;éducation nationale (1er degré)</em></h3>



<p>Dans l’Éducation, les enseignant.e.s se mobilisent traditionnellement en septembre lors d’une journée de grève. Cette dernière n’est pas toujours très suivie, les collègues étant absorbé.e.s par la rentrée et leur nouvelle classe.</p>



<p>Mais la grève du 29 septembre s’inscrivait dans la perspective de construire un mouvement interprofessionnel d’ampleur, en agrégeant <strong>toutes les colères et les grèves, pour l’instant circonscrites mais pourtant multiples, qui se sont développées depuis cet été</strong>. Si l’appel intersyndical est apparu combatif et ambitieux, la journée de grève interprofessionnelle devant « s’inscrire dans une mobilisation large et dans la durée », le travail de préparation sur le terrain n’a malheureusement pas été à la hauteur, <strong>les centrales syndicales semblant plus préoccupées par les prochaines élections professionnelles</strong>. De plus, avec la <strong>baisse significative du nombre de syndiqué.e.s</strong>, le <strong>rajeunissement</strong> important des enseignant.e.s dans le 93 et l’augmentation conséquente des <strong>enseignant.e.s contactuel.le.s</strong> soumis.e.s à des conditions d’emploi précaire, il est difficile de maintenir un maillage et un réseau de militant.e.s suffisants pour mener à bien le travail de mobilisation nécessaire dans toutes les écoles.</p>



<p>Malgré tout, la mobilisation a été plus importante que ce que les pronostics plutôt pessimistes laissaient envisager, et si les grévistes n’étaient pas majoritaires, iels ont proportionnellement davantage participé aux AG et aux manifestations que lors des dernières journées d’action se montrant particulièrement convaincu.e.s, combatives et combatifs. Ainsi, dans le premier degré en Seine-Saint-Denis, entre 40 et 50% des enseignant.e.s étaient en grève le 29 septembre et des AG interprofessionnelles ont été organisées dans plusieurs villes, rassemblant parfois plusieurs dizaines de personnes. L’objectif est clair, engager des discussions dans les écoles où des militant.e.s sont présent.e.s avec toutes les professions : AESH, ATSEM, animateur.trice.s, personnel.l.e.s de ménage et de cantine, … Et si pour l’instant, la mobilisation reste très inégale selon les lieux, les constats sur la situation et la nécessité de lutter ensemble sont partagés. On observe là une réelle évolution dans les discours. <strong>Mobiliser sur la base d’une critique globale du système est très encourageant pour les suites.</strong> Il apparaît donc maintenant indispensable de construire localement des liens sur nos lieux de vie et de travail afin de s’organiser, d’analyser ensemble les possibilités d’action et surtout de donner la confiance à celleux qui n’osent pas encore entrer dans les luttes.</p>



<p>Le <strong>16 octobre</strong> apparaît comme une nouvelle étape dans cette construction. Même si la manière dont cette journée a été organisée pose question, il est important de s’y inscrire, de <strong>continuer sans relâche à mobiliser, créer des liens et unir nos forces</strong>.</p>



<p>Les mots choisis ont de l’importance et il nous faut imposer les nôtres : lutter pour le pouvoir d’achat, contre la vie chère… Ces formules ne permettent pas de politiser le débat et de rendre compte de la gravité de la situation. L’inflation, la stagnation des salaires, l’augmentation indécente des profits des entreprises du CAC40 et des écarts entre les plus riches et les plus pauvres, la crise écologique, ce sont les classes populaires qui en paient le prix : catastrophes naturelles, augmentation de la grande pauvreté, difficultés de plus en plus prégnantes pour maintenir un niveau de vie décent (se loger, se chauffer, se nourrir, …). C’est de cela dont il s’agit. Et aujourd’hui, les contre-réformes qui nous attendent (retraites, assurance chômage, …) ne peuvent que nous faire craindre le pire. <strong>Nous n’avons plus le choix, lutter ou crever.</strong> Ce constat n’est pas pessimiste, il doit nous convaincre qu’un autre monde est possible, radicalement différent, nous ne pouvons plus nous satisfaire de mesurettes. Il nous enjoint à la nécessité absolue de ne plus tergiverser, de discuter partout, de convaincre partout. Nous n’avons qu’un ennemi, un ennemi puissant, le capitalisme, et face à lui, l’espoir de notre classe réside dans la prise de conscience de ce qui nous unit et de notre force.</p>
</div>
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<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/au-fil-du-mouvement/">Au fil du mouvement</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Inflation : vers une crise d’ampleur ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/inflation-vers-une-crise-dampleur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Solen Rennes]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Sep 2022 09:40:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Économie politique]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Crise économique]]></category>
		<category><![CDATA[États-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Inflation]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Depuis 30 à 40 ans, dans les pays occidentaux, l’inflation n’était évoquée que comme vestige du passé ou bien pour justifier des salaires toujours stagnants. Sur la même période, les banques centrales devenues indépendantes remplissaient <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/inflation-vers-une-crise-dampleur/" title="Inflation : vers une crise d’ampleur ?">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">Depuis 30 à 40 ans, dans les pays occidentaux, l’inflation n’était évoquée que comme vestige du passé ou bien pour justifier des salaires toujours stagnants. Sur la même période, les banques centrales devenues indépendantes remplissaient parfaitement leur mission première : garantir la stabilité des prix.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #04 &#8211; SEPTeMBRE 2022</h6>



<p class="has-drop-cap">Mais depuis la fin de la première vague de COVID, la situation a radicalement changé. La zone euro et les Etats-Unis ont vu leur inflation passer de 2% à 8% entre février 2021 et février 2022 (voir Figure 1).&nbsp; Selon le FMI, l’inflation est encore plus importante dans les pays émergents et en développement et se situe autour de 10.5% en juillet 2022 sur une année glissante (voir Figure 2). Pourtant, aux premiers signes de la poussée inflationniste, les économistes dominants pensaient que c’était l’affaire de quelques semaines ou de quelques mois, le temps que les chaînes d’approvisionnement se remettent des arrêts et autres dysfonctionnements dus à la pandémie de COVID. Force est de constater que les choses ne se sont pas produites comme attendu, l’inflation persiste et continue d’augmenter. Il faut donc trouver une autre explication à cette augmentation des prix. Tout d’abord, l’inflation est un phénomène complexe dont les mécanismes ne sont pas encore parfaitement compris. Pour les économistes dominants, il existe principalement deux théories permettant de l’expliquer<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5723_4('footnote_plugin_reference_5723_4_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_5723_4('footnote_plugin_reference_5723_4_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5723_4_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5723_4_1" class="footnote_tooltip">J. Choonara, «&nbsp;Gathering Storm&nbsp;», International Socialism 175, June 2022. <a href="http://isj.org.uk/the-gathering-storm/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">http://isj.org.uk/the-gathering-storm/</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5723_4_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5723_4_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img data-dominant-color="d6d6d6" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #d6d6d6;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/09/A2C_RevueN4_Inflation_Illustr_1-1024x574.jpg" alt="" class="wp-image-5783 not-transparent"/><figcaption class="wp-element-caption">Figure 1</figcaption></figure>
</div>

<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="f5f5f5" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #f5f5f5;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/09/A2C_RevueN4_Inflation_Illustr_2.jpg" alt="" class="wp-image-5784 not-transparent"/><figcaption class="wp-element-caption">Figure 2</figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les interprétations dominantes</strong></h2>



<p><strong>La première</strong> est celle des économistes keynésiens basée sur la courbe de Phillips. Cette courbe relierait de manière mécanique taux de chômage et inflation. Un taux de chômage élevé, synonyme de rapport de force favorable au patronat, permettrait de maintenir des salaires suffisamment bas pour garantir un faible taux d’inflation. Au contraire, un taux de chômage faible inverserait ce rapport de force, permettant aux travailleurSEs de réclamer des salaires plus élevés qui, à leur tour, renchériraient le prix des marchandises poussant les mêmes salariés à réclamer de nouvelles augmentations de salaires etc. C’est ce que l’on appelle une boucle salaire-prix. Or, il n’existe pas de lien mécanique entre baisse du chômage et renchérissement des salaires. La situation actuelle en est la preuve : les salaires stagnent et les prix flambent. Par exemple, en France, selon les derniers chiffres de la DARES<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5723_4('footnote_plugin_reference_5723_4_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_5723_4('footnote_plugin_reference_5723_4_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5723_4_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5723_4_2" class="footnote_tooltip">Évolution des salaires de base dans le secteur privé : résultats provisoires du 2e trimestre 2022, août 2022, Dares Indicateurs N°38, <a href="https://dares.travail-emploi.gouv.fr/publication/evolution-des-salaires-de-base-dans-le-secteur-prive-T22022p" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://dares.travail-emploi.gouv.fr/publication/evolution-des-salaires-de-base-dans-le-secteur-prive-T22022p</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5723_4_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5723_4_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, « le salaire moyen de base a perdu 3% de sa valeur réelle sur un an au deuxième trimestre ». Aux Etats-Unis, les salaires horaires ont progressé de 5.2% sur un an alors que l’inflation a progressé, sur la même période, de 8.5%. Au deuxième trimestre, le salaire horaire réel dans le domaine non agricole a reculé de 1.7% sur un an et de 4.4% sur trois mois. Alors, s’il y a bien, à l’heure actuelle, une corrélation entre baisse du taux de chômage et inflation, il n’y a, en revanche, aucune causalité. L’inflation augmente beaucoup plus vite que les salaires : ce n’est donc pas une boucle salaire-prix que nous avons sous les yeux.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><strong><em>L’inflation augmente beaucoup plus vite que les salaires : ce n’est donc pas une boucle salaire-prix que nous avons sous les yeux.&nbsp;</em></strong></p>
</blockquote>



<p><strong>La deuxième théorie </strong>développée par les économistes orthodoxes est la théorie monétariste de l’inflation. L’augmentation des prix serait la conséquence d’une quantité de monnaie trop importante par rapport à la quantité de marchandise en circulation.&nbsp; Or, si le lien entre quantité de monnaie et inflation était aussi direct, la flambée des prix aurait commencé dès 2008, date à partir de laquelle les grandes banques centrales ont commencé à injecter des quantités d’argent inédites dans le système bancaire. Là encore, établir un lien direct entre quantité de monnaie et quantité de marchandises en circulation ne permet ni de décrire ni de comprendre les phénomènes actuels.</p>



<p>Les causes de l’inflation sont donc à chercher ailleurs que dans les théories orthodoxes. Chronologiquement, la flambée inflationniste a débuté après la première vague de confinement. A ce moment-là, la reprise des activités normales de l’économie a créé un rebond de la demande qui s’est établie à des niveaux un peu inférieurs à la demande avant COVID. C’est-à-dire à un niveau qui ne provoquait pas de poussée inflationniste particulière en 2019. La hausse des prix constatée était donc principalement due aux difficultés de redémarrer les chaînes d’approvisionnement, de refaire circuler les marchandises autour du globe mais pas au niveau de la demande. Or, s’il s’agissait de la seule cause de l’inflation, cette dernière aurait dû se résorber en quelques mois. Pourtant, elle persiste. Il y a donc d’autres causes à l’augmentation continue des prix depuis le début de 2021. Parmi les causes souvent mentionnées, la guerre en Ukraine est probablement celle qui revient le plus. Si l’invasion Russe a effectivement eu pour conséquence de faire grimper les prix des hydrocarbures et donc à renforcer le phénomène inflationniste, elle n’en est pas responsable. L’inflation était déjà de 6% dans la zone euro et de 8% au début du conflit. Au Cluedo de l’inflation, nous venons d’éliminer la hausse des salaires, la hausse des prix de l’énergie et le niveau de la demande.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une crise de profitabilité</strong></h2>



<p>Il reste alors un dernier facteur explicatif&nbsp;: un accroissement du taux de marge des entreprises. L’Economic Policy Institute reconnaît que, depuis la fin du premier confinement, la moitié de la hausse des prix (53.9%) peut être attribuée à une hausse anormale des profits, quand, dans le même temps, le coût du travail n’a contribué que d’environ 8% à l’inflation. Cette situation est tout à fait nouvelle, en effet, la contribution des profits à la hausse des prix était en moyenne de 11% sur la période 1979-2009 et celle des salaires était autour de 60% sur la même période (voir Figure 3). La contribution des consommations intermédiaires à la hausse des prix est, quant à elle, passée de d’environ 27% sur la période 79-2009 à 38% en sortie du premier confinement. C’est donc bien une hausse directe des marges des entreprises qui est principalement responsable de la crise inflationniste.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="e6e6e6" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #e6e6e6;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/09/A2C_RevueN4_Inflation_Illustr_3.jpg" alt="" class="wp-image-5788 not-transparent"/><figcaption class="wp-element-caption">Figure 3</figcaption></figure>
</div>


<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>C’est donc bien une hausse directe des marges des entreprises qui est principalement responsable de la crise inflationniste. </p></blockquote></figure>



<p>S’il n’est pas étonnant que les capitalistes cherchent, par tous les moyens, à augmenter leurs profits, cette méthode rentière d’augmentation pure et simple du prix des marchandises est pourtant inhabituelle dans le système capitaliste. En effet, la compétition féroce entre capitalistes pour vendre leurs marchandises a tendance à limiter les hausses de prix n’ayant d’autre but que d’augmenter les marges. En effet, le capitaliste trop gourmand risque de ne plus vendre quoi que ce soit s’il propose des biens plus chers que ses concurrents à qualité identique. Ce mécanisme de régulation par la compétition ne semble plus fonctionner aujourd’hui. Cette panne s’explique notamment par&nbsp;:</p>



<ol class="wp-block-list">
<li><strong>La concentration du capital</strong> : le mouvement de libéralisation des marchés de la phase néo-libérale s’est accompagné d’une concentration croissante des entreprises. Ce mouvement a été encore accéléré à la suite de la crise de 2008. Les grandes banques centrales ont commencé à injecter des quantités considérables de monnaie dans les circuits financiers (politique de <em>quantitative easing</em>) et à baisser drastiquement les taux d’intérêts ce qui a permis à de nombreuses entreprises de réaliser des opérations d’acquisition de concurrents. Cette multiplication d’opérations de rachats a provoqué une concentration record des capitaux, synonyme de faible pression concurrentielle. Or, cette concentration permet à ces corporations d’imposer plus facilement leurs prix sans perdre de parts de marché. Ainsi, la Banque des règlements internationaux soulignait dans un récent rapport que la capacité de formation des prix par les entreprises avait atteint des plus hauts historiques<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5723_4('footnote_plugin_reference_5723_4_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_5723_4('footnote_plugin_reference_5723_4_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5723_4_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5723_4_3" class="footnote_tooltip">Bulletin de la Banque des règlements internationaux N°53, Mai 2022, en ligne : <a href="https://www.bis.org/publ/bisbull53.pdf"><span class="footnote_url_wrap">https://www.bis.org/publ/bisbull53.pdf</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5723_4_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5723_4_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</li>



<li><strong>L’érosion des gains de productivité du travail&nbsp;</strong>: comme indiqué en Figure 4, la croissance de la productivité du travail, historiquement faible depuis le début des années 60, s’effondre depuis le début de l’année 2021. Cet effondrement de la productivité du travail entraîne à son tour une hausse de la part des salaires par unité produite et donc une réduction des marges à prix constants. Alors, pour maintenir voire pour augmenter leurs marges, les capitalistes n’ont qu’une solution&nbsp;: augmenter les prix.</li>
</ol>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="f5f5f5" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #f5f5f5;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/09/A2C_RevueN4_Inflation_Illustr_4.jpg" alt="" class="wp-image-5790 not-transparent"/><figcaption class="wp-element-caption">Figure 4 </figcaption></figure>
</div>


<p>Le capitalisme actuel est donc dans une situation où la baisse de la productivité du travail ne permet pas de maintenir les taux de profits autrement qu’en augmentant directement les prix, et, où la concentration des capitaux est suffisamment élevée pour permettre aux grandes corporations d’imposer leur prix au marché. En d’autre termes, le problème de l’érosion des profits est, en ce moment, contourné par une méthode rentière, celle de l’augmentation directe du prix des marchandises. Cette augmentation des prix agit comme une une taxe sur le prix des marchandises permettant de rémunérer directement le capital, c’est le retour de la taille.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Faire payer notre classe</strong></h2>



<p>Face à cette boucle profit-prix, les gouvernements ont deux solutions possibles.&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>La première</strong> consisterait à laisser filer l’inflation permettant de maintenir le taux de profit et d’investir, par exemple, dans la transition énergétique. Mais, ce scénario optimiste ne tient pas compte du fait qu’investir dans l’économie productive ne permet pas d’obtenir des profits intéressants car aucun de ces investissements ne permet une quelconque hausse de la productivité du travail. Or, sans cette hausse de productivité, la situation restera inchangée et la boucle profit-prix restera l’unique moyen à la main des capitalistes pour maintenir leurs marges. Mais, une hausse continue des prix sur le dos des travailleurSEs rendrait très certainement la situation sociale explosive.</li>



<li><strong>La seconde</strong> solution qui est de loin la plus probable consiste à augmenter les taux d’intérêt dans l’espoir de créer un ralentissement économique. Seulement, une forte hausse des taux d’intérêts a toutes les chances de provoquer une grave crise économique. En effet, depuis la crise de 2008, le nombre d’entreprises zombies<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5723_4('footnote_plugin_reference_5723_4_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_5723_4('footnote_plugin_reference_5723_4_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5723_4_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5723_4_4" class="footnote_tooltip">Ces entreprises se caractérisent par le fait que les revenus qu’elles génèrent ne couvrent, dans le meilleur des cas, que le montant des intérêts qu’elles doivent rembourser</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5723_4_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5723_4_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> et la part de l’investissement qu’elles représentent (voir Figure 5) n’a cessé d’augmenter jusqu’à représenter presque 20% des entreprises aux États-Unis. Or, ces entreprises zombies ont une probabilité très élevée de faire faillite dans l’année suivant une hausse brutale des taux d’intérêts. Par ailleurs, les entreprises zombies ne sont pas les seules à être menacées par une hausse des taux d’intérêts. Les politiques de taux bas voire négatifs adoptées par les grandes banques centrales ont créé une nouvelle catégorie d’entreprises vulnérables : les <em>fallen angels</em>&nbsp;. Ces entreprises, saines au départ, ont profité des faibles taux d’intérêts pour réaliser des opérations d’acquisition de concurrents financées par un recours massif à de l’endettement. Ces entreprises se sont donc fragilisées face à une hausse à court terme des taux d’intérêts. La banque des règlements internationaux estime que le montant des crédits accordés à de potentiels <em>fallen angels</em> a crû de 307 trilliards de dollars sur la période 2009-2019. Ainsi,<strong> une hausse brutale des taux d’intérêts pourrait provoquer des cascades de faillites,</strong> des millions de licenciements et donc, là encore, une situation sociale explosive.</li>
</ul>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="f1f1f1" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #f1f1f1;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/09/A2C_RevueN4_Inflation_Illustr_5.jpg" alt="" class="wp-image-5791 not-transparent"/><figcaption class="wp-element-caption">Figure 5</figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading"><strong>Vers une révolte mondiale ?</strong></h2>



<p>Il semble donc que le capitalisme mondial se dirige vers un nouvel épisode de crise qui pourrait être d’une ampleur bien plus grande que celles qui ont secoué le XXI<sup>e</sup> siècle. En effet, ces dernières étaient circonscrites à des secteurs particuliers de l’économie : le secteur des nouvelles technologies dans les années 2000 , le secteur financier en 2008, ou encore les dettes souveraines dans les années 2010. Les effets de ces crises ont pu être contenus en utilisant de nouveaux outils qui ont, à leur tour, provoqué de nouvelles crises. L’ingénierie financière a été développée pour permettre de redresser les marchés financiers dans les années 2000. Ce même secteur est entré en crise en 2008 et a été sauvé de l’effondrement par l’intervention directe des États. Cette intervention a alors transformé la crise du système bancaire en crise des dettes souveraines européennes. Puis, l’intervention de la banque centrale européenne au travers de sa politique de <em>quantitative easing</em> a permis, une fois encore, de contenir en partie les effets de ces crises successives. Par ailleurs, dans le même temps, l’économie mondiale était tirée par le maintien d’investissement et d’une croissance très dynamiques en Chine. Mais, la crise inflationniste actuelle touche l’ensemble des économies, la croissance ralentit partout dans le monde, et aucun gouvernement ni aucune banque centrale ne semblent avoir de solutions pour éviter une récession mondiale.&nbsp;</p>



<p>Si les perspectives économiques sont sombres, la situation est, dans le même temps, pleine de promesses pour les révolutionnaires.<strong> En ce moment, partout autour du monde, des travailleurSEs se mettent en mouvement contre la flambée des prix</strong>. C’est particulièrement le cas en Asie. Au Sri-Lanka, les révoltes ont fait fuir le gouvernement du pays. Au Bangladesh, les travailleurSEs du thé ont cessé le travail par centaines de milliers et ont refusé de reprendre leur poste après que les syndicats ont appelé à interrompre la grève. En Inde, le mouvement des paysans reprend, accompagné par les étudiantEs. Au Pakistan, ce sont les travailleurSEs du textile qui sont entréEs en grève pour des augmentations de salaire. En Europe, c’est l’Angleterre qui est en pointe des mobilisations. Les grèves se multiplient : la poste, le train, le métro, les dockers. La perspective d’une grève générale prend corps. En France, le gouvernement Macron a décidé de faire porter tout le poids de l’inflation sur les salariéEs et dans le même temps prépare de nouvelles réformes de l’assurance chômage et des retraites. Tout ce qui a été construit lors de la bataille contre la réforme des retraites et autour «&nbsp;d’occupons l’Odéon&nbsp;» va pouvoir être remobilisé pour élargir encore le camp de la contestation. </p>



<p>Si l’été fût caniculaire, l’automne sera sans doute bien plus chaud&nbsp;!</p>



<p><strong>Anouk Brunet et Paul Vadori </strong></p>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_5723_4();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_5723_4();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_5723_4">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_5723_4" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5723_4_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5723_4('footnote_plugin_tooltip_5723_4_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">J. Choonara, «&nbsp;Gathering Storm&nbsp;», International Socialism 175, June 2022. <a href="http://isj.org.uk/the-gathering-storm/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">http://isj.org.uk/the-gathering-storm/</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5723_4_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5723_4('footnote_plugin_tooltip_5723_4_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Évolution des salaires de base dans le secteur privé : résultats provisoires du 2e trimestre 2022, août 2022, Dares Indicateurs N°38, <a href="https://dares.travail-emploi.gouv.fr/publication/evolution-des-salaires-de-base-dans-le-secteur-prive-T22022p" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://dares.travail-emploi.gouv.fr/publication/evolution-des-salaires-de-base-dans-le-secteur-prive-T22022p</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5723_4_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5723_4('footnote_plugin_tooltip_5723_4_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Bulletin de la Banque des règlements internationaux N°53, Mai 2022, en ligne : <a href="https://www.bis.org/publ/bisbull53.pdf"><span class="footnote_url_wrap">https://www.bis.org/publ/bisbull53.pdf</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5723_4_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5723_4('footnote_plugin_tooltip_5723_4_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Ces entreprises se caractérisent par le fait que les revenus qu’elles génèrent ne couvrent, dans le meilleur des cas, que le montant des intérêts qu’elles doivent rembourser</td></tr>

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		<title>Canicule, guerre et inflation : capitalisme en convulsion</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/canicule-guerre-et-inflation-capitalisme-en-convulsion/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Solen Rennes]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Sep 2022 08:18:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Crise climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Crise économique]]></category>
		<category><![CDATA[Crise politique]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Inflation]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
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<p style="font-style:normal;font-weight:600">L&rsquo;été 2022 a révélé l’état de crise profonde et généralisée du capitalisme à&nbsp;l’échelle mondiale. Augmentation des prix des carburants et de l’électricité, températures records, méga-feux de forêts, guerre en Ukraine, tensions à&nbsp;Taïwan, nouvelles menaces sur les retraites par le gouvernement libéral-autoritaire de Macron, incendie de la mosquée de Rambouillet, battage médiatique islamophobe, attaques fascistes et réactionnaires contre le Planning familial… autant d’événements qui dessinent le paysage d’un système en crise au&nbsp;niveau économique, écologique, inflationniste, politique et sociale.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #04 &#8211; SEPTEMBRE 2022</h6>



<p class="has-drop-cap">Ces crises ne sont pas des phénomènes hasardeux et exceptionnels –&nbsp;et encore moins le résultat de comportements individuels défectueux comme le gouvernement l’avance&nbsp;– mais bien des conséquences du mode de production capitaliste. Ce dernier, basé sur l’accumulation, la recherche de profits, l’innovation et la compétition produit inévitablement des crises économiques et des périodes aux <em>phénomènes morbides</em>, selon l’expression de Gramsci, de guerre et/ou de fascisme. La situation est spectaculairement contradictoire et porte en elle des possibilités révolutionnaires.&nbsp;</p>



<p>Cette période voit se polariser le champ politique : d’un côté, l’exploitation toujours plus violente des opprimé·es et de la nature, l’exacerbation des conflits inter-impérialistes, l’avancée d’idées réactionnaires et de discours racistes, et de l’autre, la multiplication des luttes à l’échelle mondiale. De nombreuses grèves ont éclaté en France et en Angleterre, des manifestations pour les salaires ou contre l’inflation ont vu le jour dans de nombreux pays, des mobilisations de rue ou sabotages écologistes en Grèce et ailleurs, ou encore des soulèvements populaires au Sri Lanka et au Soudan (voir article sur le Soudan page 25). Dans un tel contexte politique de polarisation, quelle stratégie avoir face au danger fasciste, face aux attaques sociales à venir, face à la précarisation massive et aux conditions climatiques de moins en moins tenables ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Crise profonde du capitalisme à l’échelle globale…</strong></h2>



<p>Depuis quelques mois, la situation économique mondiale est de plus en plus critique et les possibilités de croissance sont grandement amoindries. Les raisons sont multiples, notamment les dernières crises économiques non résolues, les effets de la crise du Covid-19, la guerre en Ukraine et la concentration grandissante des richesses. Notre système économique vit depuis plusieurs mois une crise inflationniste, renforcée par des tensions géopolitiques en Ukraine. Dans le sillage de la guerre, les prix des denrées alimentaires pourraient enregistrer des hausses comprises entre 8 % et 20 %, tandis que les conflits inter-impérialistes qui en découlent entraînent une pénurie de gaz, dont la Russie était le principal exportateur. Les prix de gros d’électricité sont passés de 50&nbsp;euros/MWh au début de l’année 2021 à 700&nbsp;euros aujourd’hui et ces chiffres risquent de continuer à grimper pendant l’hiver 2022.&nbsp;</p>



<p>Ainsi, le taux de croissance est chaque semaine revu à la baisse par le FMI, qui prévient d’une possibilité de récession mondiale. Pendant ce temps, des entreprises telles que Total ou LVMH font des bénéfices records pour le CAC&nbsp;40. Parmi ces profiteurs de la crise, on trouve les géants de l’énergie qui ont augmenté leurs prix en surfant sur les tensions du marché international liées à la guerre en Ukraine et aux sanctions infligées à la Russie (voir article sur l’inflation page&nbsp;7). Les sociétés du CAC&nbsp;40 ont réalisé en 2021 des profits records : elles ont dégagé un résultat net de près de 160&nbsp;milliards d’euros, soit deux fois plus qu’en 2019, année d’avant la pandémie, tandis que l’augmentation du nombre de foyers sous le seuil de pauvreté tend à augmenter. Durant ces trois derniers mois, 71&nbsp;millions de personnes supplémentaires ont basculé dans la pauvreté dans le monde selon le Programme des Nations unies pour le développement.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Réponse des états néolibéraux, Macron et la fin de l’abondance&#8230;</strong></h2>



<p>Face à l’intensification de la crise économique, les États capitalistes servent de piliers aux grandes entreprises afin de compenser leurs taux de profits insatisfaisants. Ils permettent l’augmentation des pressions sur les travailleur·euses pour produire davantage et s’attaquent aux conquêtes sociales afin de dégager de l’argent public à destination du grand patronat. Pour donner l’impression de soutenir notre classe qui paie la crise, le gouvernement Macron fait passer, avec le soutien de la droite et de l’extrême droite, une loi « pouvoir d’achat » qui n’implique aucune augmentation de salaires. Simplement des primes ou des aides ponctuelles, largement insuffisantes au regard de la hausse des prix. Macron décrète <em>« la fin de l’abondance »</em> et refuse de taxer les gros profits. Dans ce contexte économique mondial, le Fond monétaire international prévient que l’inflation pourrait enflammer les tensions sociales si des mesures ne sont pas mises en place. Or, les mesures prises par le gouvernement Macron sont celles d’un gouvernement néolibéral en temps de crise, qui éteint le feu des entreprises privées avec l’argent public, quitte à entraîner la paupérisation massive de la population.</p>



<p>Les effets de ces perturbations économiques sont d’autant plus lourdes pour les pays du Sud qui sont soumis à une triple pression : augmentation de leur dette liée à la crise du Covid, augmentation des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, recherche permanente de ressources énergétiques et de matières premières par les capitalistes occidentaux.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="575757" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #575757;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/09/A2C_RevueN4_Edito_Illustr_1.jpg" alt="" class="wp-image-5760 not-transparent"/><figcaption class="wp-element-caption"><em>Soulèvement au Sri-Lanka</em></figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Conflits impérialistes et convoitise de l’Afrique&nbsp;</strong></h2>



<p>Dans le fonctionnement du capitalisme à l’échelle du monde, les États prennent le rôle de représentants de commerce d’entreprises nationales comme s’ils défendaient un portefeuille client dans la compétition internationale. En période de crise économique, là où la course aux profits est la plus acharnée, les tensions impérialistes sont exacerbées. Ainsi, les crises économiques et le champ politique s’influencent nécessairement. Les tensions géopolitiques se renforcent et les guerres entre puissances dominantes se multiplient. La guerre en Ukraine a justifié un renforcement militaire colossal dans les pays occidentaux face à la Russie (voir l’article sur l’armement page&nbsp;15) à travers le réarmement de l’Allemagne mais également l’entrée des pays nordiques dans l’Otan. Dans un contexte de repositionnement des puissances mondiales, des tensions d’ampleur sont apparues autour de Taïwan, avec la présence de deux navires de guerre américains en transit dans le détroit et la venue de la dirigeante Nancy Pelosi, événements interprétables comme des provocations de la part des États-Unis à l’encontre de la Chine.</p>



<p>La guerre en Ukraine, en perturbant nettement l’importation de gaz et de céréales, a accéléré l’inflation. Les États se font concurrence dans leurs recherches de sources alternatives d’énergies et de matières premières. Cet été, au Bénin –&nbsp;pays anciennement colonisé par la France&nbsp;–, Macron a tenu un discours anti-Poutine, afin de tenter un rapprochement intéressé avec l’Afrique de l’Ouest pour ses ressources. Sans honte, il est allé jusqu’à caractériser la politique russe de coloniale et dictatoriale. De même, Macron s’est rendu en Algérie pour tenter de trouver une alternative aux livraisons d’hydrocarbures, et pour dénoncer la diffusion d’une pensée anti-France par certains réseaux militants africains.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Désastre écologique mondial&#8230;</strong></h2>



<p>Jusqu’alors peu ressentie par les populations des pays occidentaux, la crise écologique a effectué un saut qualitatif cet été par la multiplication des méga-feux de forêts et les températures records, largement médiatisées. Pour des milliards de personnes, cette crise se surajoute aux effets des crises nommées plus haut et en devient d’autant plus virulente. Cet été aura permis une conscientisation accélérée du désastre climatique en cours et le gouvernement n’y répond que par un discours individualisant, réduisant les solutions aux comportements quotidiens pour dévier des réelles causes systémiques. La politique de Macron : éteindre la lumière et prendre des douches courtes. Les pays du Sud global, plus vulnérables aux catastrophes et plus exposés, ont encore vu ces dérèglements causer la mort de milliers de personnes dont plus d’un millier au Pakistan du fait d’inondations sans précédent.</p>



<p>Cette prise de conscience massive est susceptible de mobiliser une frange plus significative de la population. Pour cela, il faut combattre les discours culpabilisant les individus et les discours racistes qui veulent lier la lutte environnementale au combat contre l’immigration et associer l’écologie à leurs projets fascistes.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="5a5a5a" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #5a5a5a;" loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/09/A2C_RevueN4_Edito_Illustr_2.jpg" alt="" class="wp-image-5761 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/09/A2C_RevueN4_Edito_Illustr_2.jpg 1000w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/09/A2C_RevueN4_Edito_Illustr_2-300x200.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/09/A2C_RevueN4_Edito_Illustr_2-768x512.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Inondations au Pakistan</em></figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Politiques racistes…</strong></h2>



<p>Le gouvernement Macron-Borne vit une période de forte illégitimité et sort affaibli des élections législatives. En proposant des lois de destruction des acquis sociaux mais aussi des lois racistes et islamophobes, le clan Macron se rapproche de la droite dure en jouant avec l’extrême droite, participant de fait à la banalisation du Rassemblement national. Le projet de loi sur l’immigration de Darmanin montre la continuation des politiques racistes, terreau favorable aux développements des idées d’extrême droite. Dans la suite logique de la loi Asile et immigration, il remet sur la table la proposition de la double peine, autorisant le retrait de séjour aux étranger·es ayant commis des infractions. Ce projet de loi vise également à faciliter l’exploitation de travailleur·euses par des contrats qui seraient conclus avec des pays du Sud. Cette loi accentuerait les politiques de contrôle et de répression des étranger·es. Par ailleurs, le 30&nbsp;août, le Conseil d’État valide l’intention de Darmanin d’expulser l’imam Iquioussen de France en raison des propos qu’il a tenus et instaure en acte la double peine. Pour ce faire, malgré les refus de la Justice, le Conseil d’État casse la suspension de l’arrêté ministériel d’expulsion par le tribunal administratif. Un pas de plus franchi par le gouvernement Macron, que rien ne pourrait arrêter pour déployer sa politique raciste… à moins… qu’un mouvement antiraciste de masse vienne le stopper dans son élan.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Danger fasciste…</strong></h2>



<p>L’abstention record et la faiblesse de LREM aux législatives sont des éléments d’une forte instabilité politique. Macron y répond par une politique toujours plus réactionnaire et autoritaire. Pour son deuxième mandat, il devra chercher le soutien de LR et de la base du RN. La banalisation des discours racistes et conservateurs permet de diviser notre classe afin d’éviter un mouvement social mais également de flatter un électorat de droite, voire d’extrême droite et d’unir autour d’un projet nationaliste.&nbsp;</p>



<p>Dans un contexte d’instabilité politique et économique, le fascisme peut être une alternative pour la classe dirigeante, si les autres options ne sont plus possibles pour se maintenir au pouvoir ou qu’un danger trop fort menace les profits durablement. Ainsi, la situation est un terreau favorable à la conquête du pouvoir par les partis fascistes. En France, le RN prend un pouvoir considérable dans les institutions après les élections législatives et, dans l’espace public, les attaques fascistes se multiplient, avec deux meurtres perpétrés cette année à Paris dans le plus grand silence médiatique. Récemment les attaques homophobes, transphobes et misogynes de militant·es d’extrême droite contre le Planning familial font état d’une mise en action de plus en plus régulière et décomplexée des conservateurs en lien avec des courants fascistes.&nbsp;</p>



<p>En Italie, le parti Fratelli d’Italia, en lien direct avec le fascisme historique soutenant des programmes et des idéologies fascistes, est désormais aux portes du pouvoir avec une victoire quasi-certaine à l’élection présidentielle de septembre 2022.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>…mais des soulèvements contre la faim et&nbsp;des grèves pour les salaires !</strong></h2>



<p>Ces deux mois d’été ont été les témoins de la multiplication de soulèvements populaires, de manifestations et de grèves, notamment dans les pays du Sud global où émergent des mouvements massifs contre la faim en réaction à la hausse des prix des produits alimentaires de base et du carburant. En juillet et en août des soulèvements ont eu lieu sur tous les continents : Kenya, Chili, Équateur, Sierra Leone, Argentine, Bangladesh….</p>



<p>Au Sri Lanka, un large mouvement de protestation a émergé face au doublement du prix de l’essence, du riz et du pain et a conduit à la destitution du président. Au Pakistan, 4 000 tisserands font grève pour exiger de meilleures conditions salariales et l’augmentation des salaires face à l’inflation record. La multiplication des mobilisations salariales dans les pays du Sud global pourrait perturber le marché capitaliste mondial qui accroît son profit par la surexploitation des travailleur·euses qui en sont issu·es, considérablement moins chers que les travailleur·euses des pays occidentaux.&nbsp;</p>



<p>Des grèves de grande ampleur ont également éclaté dans les pays occidentaux malgré une période de vacances souvent synonyme de baisse d’activité militante. En France, des mouvements ont eu lieu notamment dans les secteurs des transports et de la logistique, en Allemagne les dockers de cinq ports se sont mis en grève en juillet et l’Angleterre vit sa plus grande grève des 30&nbsp;dernières années (voir l’article sur le mouvement page 10). La perspective qu’une grève générale s’y développe est de plus en plus probable selon les médias nationaux. Ce mouvement de grève en Angleterre est d’autant plus impressionnant et porteur d’espoirs qu’il advient dans un pays démobilisé depuis de nombreuses années suite aux politiques libérales de destruction des acquis sociaux et de démantèlement des forces syndicales durant les années Thatcher. De plus en plus de secteurs d’activité sont touchés, donnant une perspective politique aux mobilisations. La date du 29&nbsp;septembre à l’appel des syndicats CGT et Solidaires –&nbsp;pour la hausse des salaires, des retraites et des minimas sociaux&nbsp;– ouvre la possibilité d’un mouvement social en France. Nous pourrions alors puiser de la force dans des liens de lutte et de stratégie avec les camarades du Royaume-Uni.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="5c5c5c" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #5c5c5c;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/09/A2C_RevueN4_Edito_Illustr_3.jpg" alt="" class="wp-image-5762 not-transparent"/><figcaption class="wp-element-caption"><em>Port de Felixstowe en Angleterre en grève.</em></figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quel rôle jouer …&nbsp;</strong></h2>



<p>Cette période d’accélération et d’intensification politique à la fois dans les attaques du capitalisme mais aussi dans les luttes qui lui résistent pose plus clairement la nécessité d’une activité militante révolutionnaire capable de mettre en débats les options stratégiques et de penser l’élaboration d’une boussole politique afin de construire, par en bas, les possibilités d’une révolution mondiale. Car, si la période politique porte en elle une possibilité révolutionnaire, celle-ci n’est pas automatique et nécessite un travail militant conséquent de politisation des crises comme illustrations des contradictions du capitalisme mais également d’élargissement, de renforcement et de structuration des luttes en cours, féministes, écologiques et antiracistes en France.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>… dans les prochaines mobilisations syndicales ?</strong></h2>



<p>Les récents soulèvements semblent ouvrir une période de luttes mondiales. Les appels à la grève fin septembre permettent de discuter de revendications pas uniquement centrées sur les salaires en posant la question du financement des services publics en général et de la transformation écologique. Ainsi cela permet d’augmenter l’autonomie politique de la classe exploitée qui vient à se penser comme acteur politique à travers son pouvoir économique. Conscient·es de la montée du racisme et du danger fasciste, construire des revendications antiracistes et antifascistes au sein du mouvement social permettrait de faire reculer les possibilités du fascisme, d’éviter la division autour des discours dominants racistes qui vont à l’encontre des intérêts de notre classe.&nbsp;</p>



<p>Renforcer nos mouvements antiracistes et antifascistes en parallèle et en dialogue permanent avec les mouvements sociaux permettrait de construire une force révolutionnaire depuis et avec les lieux de travail, ayant le rapport de forces nécessaire pour se penser comme une alternative au pouvoir et au système capitaliste.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>…et face au réformisme ?</strong></h2>



<p>La tentation est forte dans ce siècle des catastrophes, de se tourner vers les propositions des partis réformistes d’union autour de programmes qui porteraient les voix de nos luttes dans les lieux de pouvoir et de déléguer la résolution des crises à des personnes qui proclament leur capacité de le faire.&nbsp;</p>



<p>La Nupes propose de se faire le relais des luttes et d’exister comme contre-pouvoir parlementaire face au RN, à LR et à LREM. Si cette initiative politique a permis, parfois, la réapparition de débats et de propositions soutenant les intérêts de notre classe, la Nupes et la FI ne cherchent pas à construire la lutte à la base. La FI tente de gagner un brevet de respectabilité républicaine en invitant Marlène Schiappa et Rachida Dati, toutes les deux connues pour leur discours racistes et islamophobes. En offrant une tribune à celles qui s’opposent aux intérêts de notre classe, le réformisme affaiblit notre camp et signe son échec à nous sortir de la crise actuelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>….On s’organise, par en bas !</strong></h2>



<p>Plutôt que déléguer, nous devons, à travers nos expériences de luttes, construire notre confiance politique et porter la seule solution sérieuse à la convulsion du capitalisme, sortir de celui-ci. S’organiser dans nos quartiers, sur nos lieux de travail, d’études, pour lutter contre le racisme, la lutte doit avoir lieu nécessairement sur le terrain de l’exploitation et dans notre quotidien, pas uniquement sur les bancs de l’Assemblée nationale. Si nous attendons que des élu·es se battent à notre place, nous pouvons attendre longtemps avant de voir reculer le racisme et changer de système. Éteignons le feu, avec une révolution internationale par en bas !</p>



<p><strong>Anouk (Marseille) et Solen (Rennes)</strong></p>
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