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	<title>Archives des guerre - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<title>Archives des guerre - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Mobilisation de 2003 contre la guerre en Irak</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 May 2026 17:23:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Irak]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026 Quels bilans stratégiques pour les guerres impérialistes qui reviennent ? Depuis le début de l’année, entre l’attaque des États-Unis sur le Venezuela, les menaces sur le Groenland et <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/mobilisation-de-2003-contre-la-guerre-en-irak/" title="Mobilisation de 2003 contre la guerre en Irak">[...]</a></div>
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<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026</strong></p>



<p><strong>Quels bilans stratégiques pour les guerres impérialistes qui reviennent ?</strong></p>



<p><em>Depuis le début de l’année, entre l’attaque des États-Unis sur le Venezuela, les menaces sur le Groenland et Cuba, et la guerre contre l’Iran menée avec Israël, nous assistons à une accélération des tensions inter-impérialistes réactivées depuis la guerre en Ukraine. Face aux crises dans lesquelles nous plonge la trajectoire du capital, la bourgeoisie n’a qu’un mot à la bouche : la guerre. Pourtant, face à l’agenda militariste de nos gouvernements impérialistes, en France, les réponses de notre classe sont trop minoritaires. Comment pouvons-nous nous opposer aux guerres impérialistes ? Comment reconstruire un large mouvement anti-impérialiste et anti-guerre ?</em></p>



<p>Pour répondre à ces questions, le passé a beaucoup à nous apprendre : depuis l’analyse du mouvement de 2003 contre l’invasion de l’Irak, dessinons des stratégies pour nous organiser.</p>



<p>Pour comprendre la guerre en Irak et le mouvement anti-guerre de 2003, il faut revenir à l’après-guerre froide. Suite à la chute du bloc soviétique, les États-Unis deviennent la principale puissance mondiale et tâchent de consolider leur domination économique, politique et militaire dans le monde. La guerre du Golfe puis les interventions dans les Balkans assoient ce rôle de « gendarme du monde », souvent à travers l’OTAN.</p>



<p>Cette domination s’appuie aussi sur les institutions internationales comme le FMI, la Banque mondiale ou l’OMC, qui imposent les politiques néolibérales de dérégulation et de privatisation. La mondialisation capitaliste accentue alors les inégalités et la précarité, tandis que les États-Unis cherchent à contenir l’émergence de nouvelles puissances comme la Chine.</p>



<p>Dans cette période d’hégémonie, les États-Unis cherchent à sécuriser leur influence au Moyen-Orient afin de garantir l’accès aux ressources stratégiques, notamment le pétrole. Ils s’appuient pour cela sur des alliances avec des régimes autoritaires de la région et deviennent progressivement le principal soutien d’Israël.</p>



<p>Après le 11 septembre 2001, l’administration Bush lance la « guerre contre le terrorisme » avec l’invasion de l’Afghanistan, puis prépare celle de l’Irak. En s’appuyant sur les mensonges autour des armes de destruction massive et l’amalgame entre Saddam Hussein et Al-Qaïda, les États-Unis construisent la menace d’un « axe du mal ». Le terrorisme devient ainsi un levier idéologique pour justifier les guerres impérialistes et renforcer l’islamophobie.</p>



<p>La France, l’Allemagne, la Russie ou la Chine s’opposent alors à l’invasion, moins par refus de la guerre que pour défendre leurs propres intérêts face à l’hégémonie étasunienne.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un mouvement issu des luttes globales contre le néolibéralisme</h3>



<p>Le contexte post-guerre froide nourrit d’abord un fort défaitisme à gauche. Mais à partir du milieu des années 1990, une nouvelle séquence de luttes avec les soulèvements zapatistes au Chiapas, les grèves de 1995 en France ou les mobilisations contre l’OMC à Seattle en 1999, participent à faire renaître une critique globale du capitalisme. C’est dans cette dynamique que se développe le courant altermondialiste dont ATTAC est l’organisation de référence. Sur la base d’une stratégie économiste, qui cherche davantage à réguler la mondialisation qu’à rompre avec le capitalisme, elle devient centrale à gauche.</p>



<p>Une des références de cette période est <em>Empire</em> (2000) de Toni Negri et Michael Hardt. Les auteurs y théorisent un capitalisme mondialisé opérant à travers une souveraineté diffuse, où les États-nations ne seraient plus que les relais locaux d’un « Empire » global. À la notion de classe ouvrière est substituée celle de la « multitude », ensemble hétérogène de sujets dominés appelés à résister via des formes d’organisation horizontales et décentralisées.</p>



<p>Mais la menace d’invasion de l’Irak vient contredire cette grille de lecture en montrant le rôle central des États impérialistes et notamment les États-Unis qui usent de la violence pour défendre leurs intérêts économiques et stratégiques. Dans les Forums sociaux et les contre-sommets du début des années 2000, une partie de la gauche radicale pousse alors le mouvement altermondialiste à prendre un tournant anti-guerre clair, ce qui aboutit à l’appel du Forum social de Florence en novembre 2002 à faire du 15 février 2003 une journée mondiale de mobilisation.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La construction d’un mouvement large sur des bases minimales</h3>



<p>Le 15 février 2003 marque le point culminant du mouvement contre la guerre en Irak. Entre 10 et 30 millions de personnes manifestent dans plus de 60 pays. C’est encore aujourd’hui la plus grande mobilisation de l’Histoire. Les rassemblements sont particulièrement massifs dans les États alliés des États-Unis : 1 million de personnes à Londres, 3 millions à Rome, 2 millions à Madrid.</p>



<p>Aux États-Unis, l’héritage du mouvement contre la guerre du Vietnam et les dynamiques altermondialistes de la fin des années 1990 permettent l’émergence dès septembre 2001 d’une opposition à la guerre en Afghanistan, malgré une opinion publique initialement favorable à l’intervention. Des coalitions comme ANSWER, United for Peace and Justice ou, en Angleterre, Stop The War, structurent la mobilisation qui se développe par en bas à différentes échelles du territoire et entraînent des secteurs très larges de la société, des organisations militantes jusqu’aux cadres confessionnels. En Angleterre, les organisations musulmanes comme la Muslim Association of Britain jouent notamment un rôle central pour construire un rapport de force face à l’islamophobie d’État.</p>



<p>La massivité des mobilisations dans ces deux pays tient à leur capacité à rassembler, sur des mots d’ordre minimaux contre la guerre, un maximum d’organisations ayant, par ailleurs, des débats en interne sur la caractérisation de l’impérialisme.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Et en France ? La difficulté du mouvement face à l’islamophobie.</h3>



<p>En France, le mouvement reste plus faible : le 15 février, 250 000 personnes manifestent à Paris. Une partie de la gauche est paralysée par le narratif sécuritaire porté par Bush et ses alliés. Cela conduit en 2001 à des mobilisations tardives et défensives autour de slogans comme « Ni OTAN ni Talibans ». C’est ce que racontent des camarades d’A2C, Denis Godard et Vincent Touchaleaume, alors militants de Socialisme par en bas, d’ATTAC et à Paris 8, qui impulsent un cadre anti-guerre à contre-courant des positions dominantes à gauche.</p>



<p>L’organisation d’un premier meeting permet la naissance d’Agir Contre la Guerre (ACG). Le collectif cherche à former un mouvement large autour de mots d’ordre simples : « Retrait des troupes d’Afghanistan. Pas d’invasion de l’Irak. Justice en Palestine. » Sans compromis sur l’islamophobie, il entend donner confiance à tous&rsquo;tes celles et ceux qui veulent s’organiser contre la guerre.</p>



<p>Les initiatives portées par ACG rencontrent un écho. En 2002, le cadre lance un appel très relayé à former des cortèges anti-guerre le 1er mai avant que le choc du score du FN aux présidentielles ne remette l’antifascisme au centre. Toutefois, le 11 septembre, il mobilise 400 personnes devant le Sénat lors d’une rencontre entre des représentants français et étasuniens, le FBI et des industriels de l’armement… Le 20 mars 2003, quand les États-Unis envahissent l’Irak, il impose un rassemblement immédiat place de la Concorde qui réunit 80 000 personnes. Mais la dynamique bute sur l’islamophobie présente à gauche.</p>



<p>Suite au tournant du Forum social de Florence, le cadre unitaire « contre la guerre et contre le terrorisme » qui se crée (CGT, ATTAC, LDH etc.) va attaquer les alliances formées par ACG avec des courants comme les Étudiants musulmans de France. Plus tard, ce sont les collectifs Féministes pour l’égalité contre la loi sur le voile qui se retrouvent isolés. Ces fractures révèlent chez tout un pan de la gauche, des ONG et des milieux libertaires, une incapacité à penser ensemble racisme, féminisme et impérialisme qui freine l’élargissement du mouvement et accélère son reflux.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Héritages et bilan critique du mouvement de 2003</h3>



<p>Dans les pays où il s’est construit, le mouvement anti-guerre a produit des effets politiques réels : affaiblissement de Blair au Royaume-Uni, chute d’Aznar en Espagne, impact sur les élections étasuniennes de 2006 et 2008. Plus durablement, il a installé des réflexes anti-guerre qui ont rendu plus coûteux politiquement toute nouvelle intervention militaire.</p>



<p>Dans plusieurs pays arabes, sans être la cause unique des soulèvements de 2011, le mouvement de 2003 a participé à une politisation anti-impérialiste. En Égypte notamment, une partie de la génération révolutionnaire s’est formée dans les mobilisations de solidarité avec l’Intifada puis contre la guerre en Irak, en réintroduisant une critique publique du régime de Moubarak comme relais local de l’ordre impérialiste.</p>



<p>En France, l’héritage est plus diffus mais réel. Le mouvement semble avoir renforcé la confiance politique de militant&rsquo;es musulman&rsquo;es et racisé&rsquo;es, à la tête des mobilisations contre les bombardements israéliens en Palestine et au Liban en 2005-2006. Il a aussi contribué à articuler lutte contre l’islamophobie et critique de l’impérialisme, en reliant les guerres menées à l’extérieur aux politiques racistes vécues ici.</p>



<p>Mais ce bilan doit aussi être critique.</p>



<p>Malgré sa massivité, le mouvement de 2003 n’a pas su établir un rapport de force sur les lieux de travail. L’Italie est une exception : le 15 février, les manifestations sont accompagnées de débrayages, avec une implication syndicale forte et des mots d’ordre clairs contre la guerre et le gouvernement Berlusconi. C’est ce qui a manqué ailleurs : une capacité à faire exister dans les mobilisations massives dans la rue la perspective de la grève comme outil central de notre classe pour mettre en échec les gouvernements impérialistes.</p>



<p>Enfin, le mouvement a manqué de renforcer en son sein des organisations capables de structurer durablement la politisation produite par la séquence sur des bases d’autonomie de classe c’est-à-dire de défendre que ce qui mettra fin aux guerres c’est l’organisation déterminée de notre classe, par en bas. Les coalitions et les collectifs minoritaires comme ACG ont joué un rôle majeur mais ne pouvaient pas, seuls, transformer cette force en stratégie de long terme.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Quelles stratégies pour un mouvement anti-guerre aujourd’hui ?</h3>



<p>En 2026, les États occidentaux ne s’opposent plus aux guerres comme il y a vingt ans. La France, l’Allemagne ou le Royaume-Uni soutiennent l’offensive contre l’Iran, pendant que la Russie et la Chine s’y opposent surtout pour affaiblir l’ordre occidental. Le « syndrome irakien » né après 2003 — occupation ratée face aux résistances, révélation des mensonges d’État — explique encore l’impopularité actuelle des interventions militaires occidentales.</p>



<p>Et pourtant, à ce jour, aucun mouvement anti-guerre d’ampleur n’a émergé.</p>



<p>L’obsession pour la nature des régimes attaqués, les postures « Ni… ni&#8230; », l’incapacité à construire un front large contre la guerre continuent d’empêcher la mise en mouvement de grands pans de la société. L’expulsion violente d’un cortège iranien lors de la manifestation anti-impérialiste du 28 mars, à l’occasion de la Journée de la Terre, en est la dernière démonstration.</p>



<p>La difficulté de construction d’un mouvement antiraciste massif en France quand le racisme sert directement à légitimer les interventions militaires, limite également le mouvement anti-guerre. Les cadres anti-guerre existants peinent par ailleurs à construire la mobilisation à la base, par quartier, sur les lieux de travail.</p>



<p>Pour répondre à ces enjeux, nous devons à la fois défendre la construction d’une coalition large contre la guerre, renforcer le front antiraciste et antifasciste et développer une organisation politique capable de pousser dans les mobilisations pour une stratégie qui redonne à la base la conscience que c’est notre classe organisée, avec les outils de la lutte des classes, qui mettra fin à la guerre !</p>



<p><strong>Mathilde et Gabin (Marseille)</strong></p>
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		<title>1er Mai antiraciste, contre le génocide et contre la guerre : montrer à notre classe qu&#8217;on va continuer à se battre pour gagner</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/1er-mai-antiraciste-contre-le-genocide-et-contre-la-guerre-montrer-a-notre-classe-quon-va-continuer-a-se-battre-pour-gagner/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathilde]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Apr 2026 12:58:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
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<p>Dans plusieurs villes en France, se constituent à l&rsquo;occasion du premier mai des cortèges contre le racisme, contre le fascisme, contre le colonialisme et contre la guerre. À Paris, un pôle appelé par la Marche des solidarités et Urgence Palestine articulera ces revendications. Entretien avec Mathieu Pastor, d&rsquo;A2C et de la Marche des solidarités, qui nous explique pourquoi et comment se saisir du 1er mai pour engager notre classe sur le terrain de la lutte politique, dans un contexte de polarisation marquée.</p>



<p><strong>Pendant le mois de mars, en France avec le 8 mars et le 14 mars, et à l&rsquo;international avec des mobilisations autour du 28 mars, on a vu des mobilisations massives, très politiques, des gens qui descendaient dans la rue en se posant à la fois la question de lutter contre le patriarcat, contre les fascistes, contre le racisme, et aussi contre la guerre, contre l&rsquo;impérialisme. Est-ce que tu pourrais revenir un petit peu sur ce qu&rsquo;on doit apprendre de cette période et nous dire si le 1er mai et le mois qui va suivre pourraient s’inscrire dans la continuité du mois de mars ?</strong>&nbsp;</p>



<p>Je pense que le premier enseignement de cette période, c&rsquo;est se dire qu&rsquo;il y a quelque chose qui est possible. Ce qu&rsquo;on ressort de cette séquence, c’est que malgré ce qu’on se prend dans la tête, c&rsquo;est-à-dire les guerres, l&rsquo;autoritarisme, le racisme, le fascisme, il y a des volontés de se battre.</p>



<p>C&rsquo;est ce qu&rsquo;on nomme la polarisation, c&rsquo;est-à-dire d’un côté l&rsquo;augmentation de l&rsquo;offensive de la classe dirigeante &#8211; et à travers ça de la capacité des fascistes à s&rsquo;organiser &#8211; et d’un autre côté, un écho de plus en plus large pour se battre contre cette trajectoire-là et pour s&rsquo;engager.</p>



<p>C’est ce qu’on a vu le 8 mars, avec toustes celleux qui ont manifesté pour les droits des femmes, et qui, dans certaines villes, <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/retour-dexperience-sur-le-08-mars-2026/">se sont battu·es pour virer les fascistes et les sionistes</a>. C’est ce qu’on a revu <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/manifestations-antiracistes-et-antifascistes-du-14-mars-une-opportunite-pour-construire-un-front-antiraciste/">le 14 mars</a>, les mobilisations massives dans 102 villes, contre le racisme, le fascisme et les violences policières. Et c’est ce qu&rsquo;on a vu plutôt à l&rsquo;international le 28 mars : aux États-Unis avec des mobilisations dans 3000 villes ; à Rome, où pour la première fois depuis que Meloni est arrivée au pouvoir, il y a eu une mobilisation de 300 000 personnes contre son gouvernement et contre le fascisme ; et à Londres, où il y a eu 500 000 personnes mobilisées, soit la plus grande manif de l&rsquo;histoire d’Angleterre contre le racisme et le fascisme. Donc ce qu’on voit, c’est que les gens ont envie de se battre, et à une échelle très importante. Dès qu&rsquo;on propose une stratégie qui démontre qu&rsquo;en se mobilisant ça va compter, il y a un écho pour ça.</p>



<p>Le meilleur des exemples pour se rendre compte de ce qui est en train de se passer, c&rsquo;est les États-Unis. Trump arrive il y a un an et demi pour son second mandat et il paraît avoir un boulevard devant lui. La gauche, aux États-Unis et dans le monde entier, est presque tétanisée face à sa prise de pouvoir. Il a démontré qu&rsquo;il était prêt à s’engager dans ce boulevard, que ce soit par les premières attaques contre les migrant·es, l&rsquo;offensive au Venezuela… Et puis là soudainement, déjà l&rsquo;année dernière avec les <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/videos/session-douverture-du-festival-des-idees-revolutionnaires-da2c/">premières mobilisations à Los Angeles</a> dans les quartiers contre ICE, et puis de manière plus éclairante <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/comment-minneapolis-solidaire-et-antiraciste-a-resiste-a-ice/">à partir de la fin 2025 à Minneapolis</a>, on voit qu&rsquo;il y a un espoir qui renaît, et que quand cet espoir renaît, et que tout le monde sent qu&rsquo;en s&rsquo;engageant il y a moyen de gagner, le mouvement peut prendre une ampleur où soudainement le rapport de force paraît presque de notre côté. Aux États-Unis, il n&rsquo;y a pas de jour férié le 1er mai, donc les travailleurs et les travailleuses travaillent ce jour-là. Mais là, il faut voir le <a href="https://www.iceoutnowmn.com/">programme du 1er mai</a>. C&rsquo;est très impressionnant. Il y a un appel à la grève. Par exemple, Minneapolis appelle à la grève dès le matin et l’après-midi à une grande marche contre ICE et pour la régularisation des sans-papiers.</p>



<p>Et ici en France, le 1er mai, une date qui est déjà présente dans la tête de beaucoup de monde, comme une date emblématique de la lutte contre le capitalisme, de la lutte de solidarité internationale des travailleurs et des travailleuses, ça va être une date très importante pour mesurer où on en est du mouvement. Je pense que beaucoup de personnes ont prévu de s&rsquo;en saisir, et que beaucoup de collectifs ont prévu d&rsquo;y intervenir.</p>



<p><strong>À A2C on pense que c&rsquo;est cette classe des travailleureuses que tu as citée, qui peut changer le système. Pour s&rsquo;adresser largement à la classe qui n&rsquo;est pas spontanément révolutionnaire, on a tendance à se dire qu&rsquo;il faut parfois limiter les mots d&rsquo;ordre &#8211; construire des fronts contre le racisme, qui soient aussi indépendants des fronts pour la Palestine, des fronts contre l&rsquo;impérialisme, des fronts féministes… Comment est-ce qu&rsquo;on peut articuler la nécessité d’adresser largement toutes ces revendications, et le fait qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, des milliers de personnes en train de se politiser en viennent à penser une riposte globale contre un système global ? Quelle forme ça va prendre pour le 1er mai ? Et quelles suites est-ce que ça peut donner ? </strong></p>



<p>Déjà je pense que pour l&rsquo;ensemble des collectifs qui ont mené les combats de ces dernières semaines, que ce soit au sein du front féministe, que ce soit au sein du front antiraciste, antifasciste, la première des conditions pour s&rsquo;adresser à la classe dans cette période, c&rsquo;est d&rsquo;en être le 1er mai. C&rsquo;est d&rsquo;en être et d&rsquo;y intervenir collectivement. Ensuite je pense que justement, il y a un écho en ce moment pour des mots d&rsquo;ordre qui, même lorsqu’ils sont pris « séparément » (au sein des fronts spécifiques qui les formulent), ne sont pas des mots d’ordres au rabais, mais qui au contraire engagent au combat et proposent une stratégie.&nbsp;</p>



<p>Par exemple, au sein de la <a href="https://www.antiracisme-solidarite.org/accueil">Marche des solidarités</a>, on mobilise sur la question de la régularisation des sans-papiers. Derrière cette revendication, tu poses forcément la question de l&rsquo;unité, de la solidarité, du fait que même si tu n&rsquo;es pas sans-papiers, tu es concerné·e par la régularisation de tout le monde. Si on propose des mots d&rsquo;ordre contre l&rsquo;islamophobie pour se défendre face aux attaques de l’État contre toutes celles et ceux qui parmi nous sont musulmans et musulmanes, contre les attaques des mosquées par les fascistes, c’est pareil, ce ne sont pas des mots d&rsquo;ordre au rabais. Ce sont des revendications qui, par ailleurs, il y a quelques années, pouvaient paraître hyper radicales, mais qui au fur et à mesure de ces dernières années sont de plus en plus reprises largement. On ne va pas noyer tous ces fronts dans une lutte anticapitaliste, anti-impérialiste. Il y a besoin de combats sur des front spécifiques, qui ont besoin d’implication spécifiques, car on a besoin de victoires sur ces fronts-là. Mais on va montrer qu’on peut mener ces combats tout en disant « Oui, on se bat ensemble contre ce système ». Toutes et tous ensemble, on va appeler à la régularisation des sans-papiers. Toutes et tous ensemble, on va appeler à la solidarité avec la Palestine. Toutes et tous ensemble, on va appeler à la solidarité contre l&rsquo;islamophobie.</p>



<p>Pour revenir sur le 1er mai, je pense que ce qui va compter pour s&rsquo;adresser à la classe, c&rsquo;est de montrer qu&rsquo;on est prêts et prêtes à se battre. Un des moyens à travers lesquels on compte faire ça en région parisienne, c&rsquo;est d&rsquo;appeler à un grand pôle dans la manifestation, un pôle antiraciste, antifasciste, antisioniste et anticolonialiste contre la guerre, qui va s&rsquo;appuyer sur deux forces : la Marche des solidarités avec les collectifs de sans-papiers et les mineurs isolés en lutte, les collectifs de quartiers contre le racisme et contre le fascisme, et <a href="https://www.urgence-palestine.com/">Urgence Palestine</a>, qui se bat pour la solidarité avec le peuple palestinien. L&rsquo;année dernière déjà, on avait mené une première fois cette expérience, et à Paris, ça avait été le 2e cortège le plus important de la manifestation derrière celui de la CGT, ce qui est quand même significatif.&nbsp;</p>



<p>Et là, nous, on veut un pôle le plus massif possible, pas juste pour envoyer un message de visibilité, pas juste pour faire une démonstration de force. On veut envoyer le message qu’on est déterminé·es à se battre et que le combat va continuer dès les prochaines semaines, que ce soit pour le 9 mai virer les fachos qui veulent marcher dans Paris <em>[Une contre-manifestation partira le 9 mai à 14h de la station Saint-Michel contre le C9M, marche annuelle de militants néonazis]</em>, que ce soit pour gagner des régularisations, que ce soit pour affirmer notre solidarité à la Palestine ou pour renforcer notre capacité à riposter face à la marche vers la guerre, comme on a pu voir ces dernières semaines dans les mobilisations lycéennes et du secteur de l’éducation.&nbsp;</p>



<p>Et je pense que ça, c&rsquo;est la première des choses à faire pour s&rsquo;adresser à la classe dans la période dans laquelle on est. Les gens, ils n&rsquo;ont pas envie de défiler pour la gloire. Ils ont envie de se battre pour gagner. Et donc, c&rsquo;est comme ça qu&rsquo;on va le faire en région parisienne et il y a des échos qu&rsquo;il va y avoir des cortèges similaires dans d&rsquo;autres villes, à Marseille, à Rennes, à Rouen, à Toulouse, à Saint-Brieuc&#8230; Voilà comment on s&rsquo;adresse massivement à la classe.</p>



<p><strong>Comment est-ce que les révolutionnaires peuvent espérer soutenir, construire cette dynamique-là qui est en train d&rsquo;émerger ? Et quelles sont nos tâches pour mieux l&rsquo;accompagner, convaincre que c&rsquo;est la bonne et poser la question de quelle stratégie pour gagner</strong> ?</p>



<p>Donc, il y a déjà ce mouvement-là, qui démontre qu&rsquo;il y a un potentiel pour lutter largement. Maintenant, toute la question est, quelle est la stratégie pour gagner ? Car ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;il y a un mouvement que la stratégie est spontanément dirigée vers le renforcement de ce mouvement et le renforcement de ses capacités pour gagner. Et pour tout ça, il y a besoin de débats sur quelles stratégies on doit mener, sur ces différents fronts dont j&rsquo;ai parlé. Quelle stratégie dans le front antiraciste, antifasciste ? Quelle stratégie dans le front anticolonialiste et de solidarité avec la Palestine ? Quelle stratégie dans le front contre la guerre ? Et pour ça, le mouvement seul, ça ne suffit pas. Ce n&rsquo;est pas uniquement des collectifs de militants et de militantes qui vont, dans chacun de ces fronts, devoir se poser la question de quelle stratégie. Il faut aussi une intervention révolutionnaire, organisée.</p>



<p>À A2C, on pense que la stratégie pour gagner, elle doit s’élaborer par la combinaison d&rsquo;une analyse théorique marxiste et de son expérimentation, de sa pratique dans le mouvement. Et pour ça, on propose un grand événement à Paris, le 16 et 17 mai, un <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/boussoles-2/">festival <em>Boussoles</em></a>, où il va y avoir 25 discussions, qui visent à dénouer des questions qui se posent dans le mouvement :&nbsp;</p>



<p>La libération de la Palestine se joue-t-elle uniquement en Palestine, ou doit-elle passer par le soulèvement des classes ouvrières des pays arabes environnants ?&nbsp;</p>



<p>Qu’est ce qui va compter dans le mouvement antiraciste ? Mettre une priorité à se battre contre les attaques de la classe dirigeante, massivement dirigées contre celles et ceux qui, parmi nous, sont migrants et migrantes, celles et ceux qui, parmi nous, sont musulmans et musulmanes, en pensant qu&rsquo;à travers la riposte face à ces attaques-là, on va renforcer l&rsquo;ensemble du mouvement antiraciste ? Le fait d&rsquo;avoir une représentativité d&rsquo;élus issus des classes populaires racisées va-t-il être déterminant ?&nbsp;</p>



<p>Faut-il penser que le Rassemblement National est l’incarnation du danger fasciste en France, et penser que c’est via le développement de ce parti que l’ensemble du mouvement fasciste, que ce soit les groupuscules, les milliardaires à la Bolloré, les médias, se renforce ? Ou doit-on, sur un plan stratégique, penser que se battre contre Bolloré équivaut à se battre contre Le Pen ?&nbsp;</p>



<p>Toutes celles et ceux qui font l&rsquo;expérience de l&rsquo;implication dans ces fronts-là se confrontent à ces questions et toutes ces questions-là vont être présentes à ce festival.</p>



<p>En plus d’un regroupement d’activistes et révolutionnaires en France, on a invité des camarades syndicalistes de Minneapolis, qui interviendront pour nous raconter leurs expériences, mais aussi des <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/greve-pour-gaza-le-28-novembre-en-italie-notre-defi-est-de-relier-la-lutte-pour-la-palestine-aux-conditions-economiques-et-de-travail-en-italie/">camarades d’Italie</a>, où on a vu comment, justement, l&rsquo;ensemble de la classe, elle redresse la tête et elle reprend confiance dans ses capacités à gagner à travers un grand mouvement de grève en solidarité avec la Palestine, ou encore des camarades de Grande-Bretagne, là où la constitution d&rsquo;un front large contre le fascisme et le racisme est en train de redonner espoir dans la capacité de gagner de l&rsquo;ensemble de la classe.</p>



<p>On a besoin d&rsquo;espaces de discussion, d&rsquo;élaboration stratégique, à partir de boussoles et d&rsquo;analyses théoriques, à partir d’expériences vécues, et nous, c&rsquo;est ça qu&rsquo;on veut proposer à travers <em>Boussoles</em>.&nbsp;</p>



<p><strong>Mathieu Pastor, Paris 20e. Propos recueillis par Milig Sinou, Paris 19e.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/1er-mai-antiraciste-contre-le-genocide-et-contre-la-guerre-montrer-a-notre-classe-quon-va-continuer-a-se-battre-pour-gagner/">1er Mai antiraciste, contre le génocide et contre la guerre : montrer à notre classe qu&rsquo;on va continuer à se battre pour gagner</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Cessez-le-feu en Iran : Coup dur pour l&#8217;impérialisme américain et le projet sioniste !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/a2c/cessez-le-feu-en-iran-coup-dur-pour-limperialisme-americain-et-le-projet-sioniste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Apr 2026 15:24:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A2C]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[anti-impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[cessez-le-feu]]></category>
		<category><![CDATA[états-unis]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Israel]]></category>
		<category><![CDATA[Liban]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[usa]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Il y a maintenant plus de 40 jours les États-Unis ont attaqué, à l&#8217;initiative de la puissance régionale sioniste, l&#8217;Iran.&#160;Cette attaque, ainsi que celles au Liban, a été initiée par Israël dans une volonté politique <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/a2c/cessez-le-feu-en-iran-coup-dur-pour-limperialisme-americain-et-le-projet-sioniste/" title="Cessez-le-feu en Iran : Coup dur pour l&#8217;impérialisme américain et le projet sioniste !">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Il y a maintenant plus de 40 jours les États-Unis ont attaqué, à l&rsquo;initiative de la puissance régionale sioniste, l&rsquo;Iran.&nbsp;</em><br>Cette attaque, ainsi que celles au Liban, a été initiée par Israël dans une volonté politique de renforcer sa position dominante dans la région. Après deux ans de génocide en toute impunité, Israël a saisi un boulevard pour attaquer l&rsquo;Iran, obstacle politique et économique principal à leur hégémonie régionale. L’objectif affiché semblait être l’affaiblissement, voire la chute, du régime iranien.<br>Les États Unis, comme l&rsquo;ont démontré les annonces de Marco Rubio, secrétaire d&rsquo;Etat américain ont été précipité dans la guerre par Israël qui a affirmé vouloir attaquer avec ou sans le soutien des USA. Toutefois, cette guerre reste principalement déterminée par le déclin des USA au Moyen-Orient qui exacerbe les rivalités Iran/Israël pour le contrôle de la région. Et Trump a ses propres raisons de mener la guerre contre l&rsquo;Iran, notamment dans son affrontement avec leur rival premier, la Chine.<br>Cette guerre, déjà périlleuse pour un gouvernement américain qui avait annoncé ne plus vouloir reproduire les erreurs du passé dans la région (guerre en Irak, enlisement guerres sans objectifs politiques) s&rsquo;est confronté à une résistance forte du régime iranien.<br>Malgré une tentative de décapitation de ce dernier, le régime s&rsquo;est maintenu et a résisté militairement. Mais il a aussi su se saisir du détroit d&rsquo;Ormuz dans le rapport de force face aux Etats Unis, qui a participé, en déstabilisant l&rsquo;economie capitaliste mondiale à rendre cette guerre impopulaire et à affaiblir de nouveau l&rsquo;hégémonie américaine.<br>Ce cessez-le-feu arrive seulement 10 jours après la mobilisation massive « No kings » aux Etats Unis, plus grande manifestation de l&rsquo;histoire du pays rassemblant plus de 8 millions de personnes. Cette mobilisation a sans aucun doute joué dans l&rsquo;ouverture de négociations avec l&rsquo;Iran face à une impopularité croissante du président Trump et de sa politique internationale dans son propre pays.</p>



<p>Dans ce contexte, les dynamiques de mobilisation par en bas constituent un élément décisif qui peut influer la tournure des événements. Le premier mai, pas toujours « grévé » outre-atlantique se prépare cette année autour de mots d&rsquo;ordres tels que « No ICE, no war, no billionaires » (Non à l&rsquo;ICE, à la guerre, aux milliardaires).<br>En Iran, malgré la répression, des secteurs de la population ont également exprimé leur rejet de l’agression extérieure tout en maintenant leur opposition au régime. Un communiqué de nos camarades egyptiens témoignent : </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>La victoire s&rsquo;est confirmée quand une jeune femme opposée au régime iranien despotique s&rsquo;est levée pour dire : « J&rsquo;ai été jugée il y a quelque temps pour ne pas avoir porté le voile, et pourtant je sors aujourd&rsquo;hui dans la rue pour défendre mon peuple et ma terre contre le colonialisme et l&rsquo;impérialisme. Quand l&rsquo;agression prendra fin, je retournerai dans les rangs de l&rsquo;opposition avec encore plus de force, car je suis de plus en plus convaincue que le peuple peut faire l&rsquo;impossible s&rsquo;il le veut. » Ces éléments confirment qu’une voie indépendante existe, portée par les peuples eux-mêmes.</p>
</blockquote>



<p><strong>Une première défaite politique mais une guerre qui persiste</strong><br>Le cessez-le-feu annoncé mardi soir par Trump semble témoigner d&rsquo;une incapacité américaine à trouver une issue à cette guerre, se saisissant alors de la proposition iranienne permettant d&rsquo;ouvrir une séquence de negociation. La proposition iranienne en 10 points contient entre autres la fin des sanctions, des réparations pour les dommages causés au régime, le retrait des troupes américaines du Moyen Orient&#8230;<br>Si cette étape est une premiere victoire, nous devons la renforcer en offrant une issue par en bas à la guerre impérialiste au Moyen Orient. Car la guerre se poursuit et les ravages de l&rsquo;entité sioniste persistent, à Gaza où la crise humanitaire s&rsquo;aggrave sous les bombes, et au Liban ou les bombardements prennent une ampleur inédite depuis l&rsquo;annonce du cessez-le-feu US-Iran. L&rsquo;irruption d&rsquo;un mouvement de masse contre la guerre et l&rsquo;impérialisme, exigeant en premier lieu la défaite des Etats-Unis et d&rsquo;Israël dans la région, nous savons à la lumière de l&rsquo;histoire que le déclin des grandes puissances peuvent entraîner le monde entier vers la guerre généralisée. <br>En France nous devons renforcer un mouvement anti-impérialiste et anti-guerre d&rsquo;ampleur, capable d&rsquo;interrompre les ventes d&rsquo;armes du gouvernement français à l&rsquo;état génocidaire qui continue de bombarder le Liban et la Palestine en dépit du cessez-le-feu.&nbsp;<br>L&rsquo;engouement autour du depart de la flotille pour Gaza et la diffusion a échelle de masse de la pétition contre la loi Yadan démontrent que nous sommes des centaines de milliers a ne plus supporter les genocides et les guerres. Nous devons convertir l&rsquo;énergie mise à soutenir des bateaux ou à signer une pétition en capacité à se battre, à se rassembler, à se mettre en grève et pas seulement en solidarité pour la Palestine, mais aussi plus largement contre la guerre et l&rsquo;impérialisme,&nbsp; en exigeant concrètement l&rsquo;arrêt des attaques étasuniennes et israéliennes au Moyen Orient.</p>



<p><strong>A2C</strong></p>
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		<title>Pourquoi le capitalisme mène-t-il à la guerre ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/pourquoi-le-capitalisme-mene-t-il-a-la-guerre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathilde]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 10:10:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Économie politique]]></category>
		<category><![CDATA[accumulation]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[marx]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026 De l’accumulation de capital à l’affrontement impérialiste « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage » écrivait le dirigeant socialiste français Jean Jaurès <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/pourquoi-le-capitalisme-mene-t-il-a-la-guerre/" title="Pourquoi le capitalisme mène-t-il à la guerre ?">[...]</a></div>
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<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p>De l’accumulation de capital à l’affrontement impérialiste</p>



<p><em>« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage » écrivait le dirigeant socialiste français Jean Jaurès juste avant la grande boucherie impérialiste de la première guerre mondiale. Si cette affirmation est bien vraie, il faut tout de même essayer de comprendre pourquoi l’origine des conflits armés se trouve dans les rapports économiques de la société capitaliste.</em></p>



<p>Marx fait débuter Le Capital, son œuvre la plus vaste et dans laquelle il va le plus loin pour dévoiler et critiquer le système économique capitaliste, par la phrase suivante : « la richesse des sociétés dans lesquelles règne le mode de production capitaliste apparaît comme une gigantesque collection de marchandises »<sup data-fn="09f4ed99-3e70-4bb4-a05e-edd929712bf8" class="fn"><a href="#09f4ed99-3e70-4bb4-a05e-edd929712bf8" id="09f4ed99-3e70-4bb4-a05e-edd929712bf8-link">1</a></sup>. Pourquoi un tel point de départ ? Les marchandises, c’est-à-dire (presque) tout ce qu’on peut acheter ou vendre, sont l’unité de base fondamentale du capitalisme, c’est au travers d’elles que se jouent tous les autres processus économiques. Sans marchandises, pas d’argent, pas d’échanges sur les marchés, pas de croissance mesurable, pas de bourse ou de finance etc. L’échange de marchandises n’a rien d’arbitraire mais est régi par des phénomènes complexes qui se fondent sur ce que toutes les marchandises ont en commun : elles sont (presque) toutes des produits du travail d’humain&rsquo;es exploité&rsquo;es en échange d’un salaire, ce qui leur donne une valeur qui se voit de façon déformée dans le prix qu’elles ont quand on les échange contre de l’argent. La théorie de la valeur de Marx a cela de spécifique et de supérieur à toutes les autres théories économiques qu’elle est une théorie de l’exploitation du prolétariat par la bourgeoisie et par extension une théorie de la lutte du prolétariat contre la bourgeoisie. Pour plus de détails à ce sujet, nous avons inclus un extrait sur la théorie de la valeur d’une brochure de Chris Harman dans un numéro précédent des Cahiers<sup data-fn="5b4dfae2-6565-428b-9719-afd19acafac5" class="fn"><a href="#5b4dfae2-6565-428b-9719-afd19acafac5" id="5b4dfae2-6565-428b-9719-afd19acafac5-link">2</a></sup>. Mais à ce stade, quel peut être le rapport entre les marchandises et les guerres ?</p>



<p><strong>Qu’est-ce que l’accumulation du capital ?</strong></p>



<p>Les marchandises ne sont pas que des valeurs qui s’échangent, elles ont aussi une utilité (une valeur d’usage), elles permettent de satisfaire un besoin pour la personne qui en achète une<sup data-fn="532d1ea1-a3f6-47c5-b057-23770abd8918" class="fn"><a href="#532d1ea1-a3f6-47c5-b057-23770abd8918" id="532d1ea1-a3f6-47c5-b057-23770abd8918-link">3</a></sup>. Mais cet aspect de la marchandise est secondaire dans le mode de production capitaliste : la bourgeoisie, la classe qui tire profit de l’exploitation et la dirige, ne cherche pas à satisfaire les besoins de la population mais à accumuler du capital. Au quotidien, nous sommes toustes dépendant·es des marchandises pour survivre, nous en mangeons, nous nous en habillons, nous nous en servons pour communiquer et pour nous divertir, et surtout nous consacrons une majeure partie de notre temps éveillé à un travail dont le salaire nous permet de les acheter. Pour nous, la valeur de la marchandise ne nous concerne que dans la mesure où elle détermine la quantité et la qualité du produit que l’on pourra acheter. Je peux remplir un besoin de base – me nourrir par exemple – de plusieurs façons : je peux faire mes courses dans un supermarché ou je peux aller dans un restaurant. Dans les deux cas, l’usage sera le même, je serai nourri mais les deux produits, les ingrédients du supermarché et le plat du restaurant, n’ont pas la même valeur car ils n’ont pas nécessité la même quantité de travail, le plat coûte logiquement plus cher, a une valeur supérieure, car en plus de la production des ingrédients, il comprend le travail des cuisinier&rsquo;es et des serveur&rsquo;ses. Mais in fine, le plus important pour moi est d’avoir eu l’usage de la marchandise : quand bien même j’en aurais les moyens, je n’irais pas au restaurant dix fois par jour.</p>



<p>Pour la plupart d’entre-nous, si nous pouvons consommer (un peu), c’est parce que nous travaillons (beaucoup) : nous détenons chacun&rsquo;e une marchandise très particulière, notre force de travail, nous en cédons l’usage à notre patron pour une partie de notre journée en échange d’un salaire. Ce salaire nous sert à consommer les marchandises nécessaires à l’entretien de notre force de travail (un toit, de la nourriture, des habits, éventuellement quelques loisirs)<sup data-fn="34969055-29ae-4afe-a8a6-709e2e7d0d0c" class="fn"><a href="#34969055-29ae-4afe-a8a6-709e2e7d0d0c" id="34969055-29ae-4afe-a8a6-709e2e7d0d0c-link">4</a></sup>. Pour résumer : nous avons une marchandise (M), nous l’échangeons contre un salaire sous forme d’argent (A), que nous dépensons ensuite pour acheter les marchandises qui nous permettent de conserver notre force de travail. Cela peut se traduire par le schéma suivant : Marchandise – Argent – Marchandise ou M – A – M.</p>



<p>Tout cela s’inverse du point de vue de la classe capitaliste, la valeur d’usage d’une marchandise ne la préoccupe que dans la mesure où celle-ci s’insère dans un processus de production qui lui permet d’obtenir ensuite des marchandises d’une plus grande valeur. Pour le restaurateur&rsquo;ice, les ingrédients n’ont d’intérêt que dans la mesure où, grâce au travail des cuisinier&rsquo;es et des serveur&rsquo;es, ils seront transformés en un plat dont il tirera profit à la vente. Pour les capitalistes, l’objectif est de s’enrichir, le schéma qu’ils suivent est l’inverse du précédent : Argent – Marchandise – Plus d’argent, soit A – M – A’. C’est précisément cela le capital, pas un objet particulier, mais un usage particulier de la valeur, qu’elle soit sous forme d’argent ou de marchandise : de la valeur utilisée pour produire plus de valeur, de la valeur qui s’accumule. L’accumulation du capital c’est ce processus A – M – A’ sur lequel tout le reste de l’économie capitaliste se fonde.</p>



<p><strong>De l’accumulation à la crise de surproduction</strong></p>



<p>Ce processus A – M – A’ est pour la bourgeoisie une fin en soi ; ce mouvement de la valeur vers plus de valeur doit continuer coûte que coûte, rien ne doit entraver la production de nouvelles marchandises et leur circulation (achat et vente en échange d’argent). Mais l’accumulation n’est évidemment pas un processus régulier et harmonieux. Déjà, les capitalistes sont en concurrence entre eux et ceux qui peuvent générer un profit plus élevé laissent sur le carreau ceux qui ne peuvent pas le faire. Le capital tend à se concentrer dans des mains de moins en moins nombreuses ; les petites entreprises sont avalées par les grosses.</p>



<p>Mais si ce processus A – M – A’ est sans fin, le plus important n’est pas de le réaliser une seule fois mais de pouvoir le poursuivre à une plus grande échelle, passer de A – M – A’ à A’ – M’ – A’’ etc. La poursuite de ce processus ne dépend pas tant de la quantité d’argent obtenu à la fin que de la possibilité de réemployer cet argent pour poursuivre l’accumulation. Là où le bât blesse, c’est que produire puis accumuler le maximum de capital ne dépend donc pas du capitaliste individuel mais de la capacité de tous les capitalistes et même de la société dans son ensemble à absorber les marchandises produites. Supposons qu’un capitaliste possède une usine de machines à laver capable de produire plusieurs millions de machines par an alors que le marché ne peut en absorber que dix fois moins<sup data-fn="fe3c8e50-a4fd-4ab0-8680-2bab5009344c" class="fn"><a href="#fe3c8e50-a4fd-4ab0-8680-2bab5009344c" id="fe3c8e50-a4fd-4ab0-8680-2bab5009344c-link">5</a></sup> ; ce capitaliste sera donc en situation de surproduction, une étape du processus A – M – A’ ne sera pas réalisée et l’accumulation ne pourra donc avoir lieu. C’est le même danger qui guette la classe capitaliste dans son ensemble : trop de capital = du capital qui ne peut s’accumuler, il y a donc une crise : la production ralentit et pour nous cela signifie chômage, misère, expulsions… Ces crises ne sont pas de malheureuses exceptions à ce qui serait le déroulement normal de l’accumulation, elles en sont la conséquence nécessaire !<sup data-fn="337f98a3-2659-489d-9b65-9b9d427051e4" class="fn"><a href="#337f98a3-2659-489d-9b65-9b9d427051e4" id="337f98a3-2659-489d-9b65-9b9d427051e4-link">6</a></sup></p>



<p><strong>L’impérialisme&nbsp;</strong></p>



<p>À un certain stade de développement du capitalisme, la concentration du capital conduit quelques entreprises à former des blocs de capitaux rattachés à quelques États qui occupent une position dominante sur la scène internationale. La concentration et le risque de surproduction exacerbent la concurrence : il faut que les capitalistes trouvent à tout prix des débouchés pour leur capital, c’est pour eux une question de vie ou de mort. Un premier moyen de résoudre cette contradiction se trouve dans le colonialisme : un État impérialiste arrive sur un nouveau territoire, le soumet militairement, en réorganise l’économie selon ses besoins propres (par exemple en réorientant l’agriculture vers une monoculture à destination des marchés européens : café, thé, chocolat, sucre, caoutchouc etc.) mais surtout cet État s’octroie le monopole du commerce dans le territoire vaincu. Par exemple : au XIXe siècle, quand l’Empire chinois des Qing refusa que les impérialistes britanniques déciment leur population en y exportant de l’opium, les puissances impérialistes coalisées soumirent militairement la Chine pour s’assurer qu’ils puissent y écouler tout le capital qu’ils désirent. Le cortège d’horreurs et de massacres sans précédent qui accompagne nécessairement la colonisation n’importe que peu à la bourgeoisie qui la commandite depuis sa métropole : l’important pour elle est de maintenir ses débouchés.</p>



<p>La concurrence exacerbée entre blocs de capitaux devient une concurrence entre États : c’est d’abord une course pour le contrôle de nouveaux territoires et de nouveaux marchés mais, sous la pression du risque de surproduction et du manque de débouchés pour les capitaux, les impérialistes en viennent à s’affronter pour ces territoires. Les impérialistes s’affrontent d’abord dans leur périphérie coloniale, puis ouvertement sur leur territoire métropolitain. Par exemple, dans les années qui précédent la Première guerre mondiale, les empires français et allemand manquent de s’affronter plusieurs fois pour le contrôle du Maroc<sup data-fn="d3497bc0-0416-4ccd-b7ce-8f2ad90c8e64" class="fn"><a href="#d3497bc0-0416-4ccd-b7ce-8f2ad90c8e64" id="d3497bc0-0416-4ccd-b7ce-8f2ad90c8e64-link">7</a></sup>.</p>



<p><strong>La guerre comme issue de la crise</strong></p>



<p>La bourgeoisie se retrouve donc face à un paradoxe insurmontable : en même temps elle doit poursuivre l’accumulation mais en même temps plus cette accumulation se poursuit plus elle devient difficile à mener. La bourgeoisie cherche à amasser toujours plus de capital mais en même temps elle en a déjà trop. Cela l’amène à chercher un moyen de poursuivre l’accumulation tout en liquidant le surplus de capital : une manière de résoudre ce problème pour elle est de développer une marchandise particulière, une marchandise dont la valeur peut fonctionner comme capital mais dont la propriété concrète, sa valeur d’usage, serait aussi de détruire du capital. Cette marchandise particulière est l’armement : canons, missiles, navires, avions et autres outils de mort en tout genre. Les armes ont cela de spécifique qu’il n’y en a jamais trop sur le marché ; leur acheteur privilégié, l’État, a toujours les moyens de payer et la course à l’armement est un excellent moyen de s’assurer de la croissance économique dans un contexte peu propice aux affaires<sup data-fn="4effa17f-08e7-44ee-ab94-37eb33f6e1a1" class="fn"><a href="#4effa17f-08e7-44ee-ab94-37eb33f6e1a1" id="4effa17f-08e7-44ee-ab94-37eb33f6e1a1-link">8</a></sup>. En cas d’affrontement, l’armement permet de détruire le capital du voisin tout en continuant d’en accumuler à domicile. La ruine d’un des belligérants permet de relancer l’accumulation à l’échelle globale. Après la Deuxième guerre mondiale, les pays qui enregistrent la plus forte croissance économique sont les trois pays de l’axe vaincus militairement et désormais intégrés à la sphère d’influence économique des États-Unis : l’Allemagne, l’Italie et le Japon.</p>



<p>C’est ainsi que l’on glisse de la marchandise et de la valeur à l’affrontement militaire entre États. La guerre est la conséquence ultime de l’accumulation du capital. Revenir sur l’analyse critique de l’économie par Marx et ses continuateur&rsquo;ices nous permet de comprendre la dynamique globale de la société capitaliste : les grands massacres des XIXe et XXe siècles n’étaient que la conclusion logique d’un système d’exploitation, de prédation et d’oppressions qui perdure encore aujourd’hui. L’alternative est toujours la même depuis plus d’un siècle : socialisme ou barbarie !</p>



<p>Barnabé Bouchard (Paris 18e)</p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="09f4ed99-3e70-4bb4-a05e-edd929712bf8">Karl Marx, Le Capital Livre 1, traduction révisée sous la direction de Jean-Pierre Lefebvre, Les Editions sociales, 2016.  <a href="#09f4ed99-3e70-4bb4-a05e-edd929712bf8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="5b4dfae2-6565-428b-9719-afd19acafac5">Chris Harman, « La Théorie de la valeur », Les Cahiers d’A2C, n°19. <a href="#5b4dfae2-6565-428b-9719-afd19acafac5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="532d1ea1-a3f6-47c5-b057-23770abd8918">Marx précise bien que « la nature de ces besoins, qu’ils surgissent dans l’estomac ou dans l’imagination ne change rien à l’affaire ». <a href="#532d1ea1-a3f6-47c5-b057-23770abd8918-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="34969055-29ae-4afe-a8a6-709e2e7d0d0c">Pour de plus amples développement sur l’exploitation et le salaire voir l’article « Luttes des classes : les bases de l’antagonisme » dans le n°15 des Cahiers d’A2C ou pour les plus courageux·ses, le livre 1 du Capital en particulier la troisième section « La production de la survaleur absolue et la sixième : le salaire ». <a href="#34969055-29ae-4afe-a8a6-709e2e7d0d0c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="fe3c8e50-a4fd-4ab0-8680-2bab5009344c">Autant du point de vue financier que de l’usage : quand bien même j’en aurais les moyens, je n’achèterais pas dix machines à laver par an.  <a href="#fe3c8e50-a4fd-4ab0-8680-2bab5009344c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="337f98a3-2659-489d-9b65-9b9d427051e4">La crise économique de 2008 dont le capitalisme ne s’est jamais véritablement sorti correspond bien à ce modèle : un excès de capital financier sans débouché provoque faillites et récessions économiques.  <a href="#337f98a3-2659-489d-9b65-9b9d427051e4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li><li id="d3497bc0-0416-4ccd-b7ce-8f2ad90c8e64">Pour un développement plus étayé, on peut se référer à notre brochure Impérialisme : la trajectoire du capital et en particulier à l’article « Se préparer aux guerres qui (re)viennent ». <a href="#d3497bc0-0416-4ccd-b7ce-8f2ad90c8e64-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7">↩︎</a></li><li id="4effa17f-08e7-44ee-ab94-37eb33f6e1a1">Voir l’article « Le Capitalisme en France et la place particulière du militaire » toujours dans la brochure Impérialisme : la trajectoire du capital. <a href="#4effa17f-08e7-44ee-ab94-37eb33f6e1a1-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8">↩︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>Edito Cahiers #21 · Minneapolis montre la voie !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/edito-cahiers-21-%c2%b7-minneapolis-montre-la-voie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 08:59:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
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		<category><![CDATA[Trump]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Alors que l’Iran brûle, ce samedi 7 mars, Donald Trump affirme avec sa vulgaire arrogance : « je vais m’occuper de Cuba ». L’exemple du Venezuela et de l’Iran montrent qu’il faut le prendre au <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/edito-cahiers-21-%c2%b7-minneapolis-montre-la-voie/" title="Edito Cahiers #21 · Minneapolis montre la voie !">[...]</a></div>
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<p><em>Alors que l’Iran brûle, ce samedi 7 mars, Donald Trump affirme avec sa vulgaire arrogance : « je vais m’occuper de Cuba ». L’exemple du Venezuela et de l’Iran montrent qu’il faut le prendre au sérieux. Si on ne lui fait pas obstacle Trump va continuer.</em><br></p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p>Après l’agression du Venezuela et l’enlèvement du président Maduro, c’est à l’Iran que les États-Unis se sont attaqués. Les frappes ont été justifiées au nom de la liberté du peuple iranien. Pourtant, quelques jours plus tard, c’est une école qui a été visée, causant la mort de 150 enfants. École dont les enseignant·es étaient à l’avant garde de la lutte contre le régime.&nbsp;<br>L’attaque israélo-américaine a comme objectif réel le renversement du régime iranien pour le remplacer par un pouvoir vassal. L’instabilité dans la région renforce Israël qui s’attaque au Hezbollah au Liban. Cette attaque a été rendue possible par deux ans de génocide en Palestine. Cela a modifié les rapports de force dans la région, permettant à Israël de forcer la décapitation du régime iranien.<br>Tous ces signaux montrent une puissance impérialiste qui tente par la force de maintenir son hégémonie dans le monde. Hégémonie fragilisée par l’émergence de la Chine comme puissance économique et politique capable de concurrencer les États-Unis. Ce n’est pas par hasard que les deux pays récemment attaqués, le Venezuela et l’Iran, ont comme point commun d’être des fournisseurs de pétrole de la Chine.<br>Ce qui était vrai pour le Vénézuela l’est aussi pour l’Iran. On ne libère pas un peuple en le bombardant.<br>En prétextant libérer le peuple iranien, l’attaque des États-Unis et d’Israël ne fait que renforcer le nationalisme iranien et le régime lui-même comme incarnation d’une solution anti-US et anti-Israël. En même temps, elle renforce aussi les courants réactionnaires de l’opposition au régime iranien, comme on l’a vu avec les mobilisations de monarchistes iranien·nes agitant des drapeaux israéliens et applaudissant les bombardements.<br>Donc c’est bien d’une lutte frontale et unie dont nous avons besoin, contre l’impérialisme des États-Unis et d’Israël, en Iran comme en Palestine. C’est sur ces mots d’ordre que nous devrons construire le front anti-guerre en France sans préalable sur la nature du régime iranien.</p>



<p><strong>Le régime iranien, force anti-impérialiste ?</strong></p>



<p>Devons-nous pour autant nous ranger derrière le régime, en oubliant les crimes que la République islamique d’Iran a perpétrés contre son peuple ? Face à l’horreur des politiques menées par les dirigeants américains et israéliens, la tentation de répondre oui peut grandir.<br>Mais cette position nous conduirait à fermer les yeux sur le caractère du régime iranien tout en capitulant sur la construction d’une stratégie anti-impérialiste internationaliste conséquente. Car la question de fond qui demeure est : comment vaincre les États-Unis et Israël. La réponse à cette question n’est pas d’abord militaire, elle est politique.<br>Elle demande une compréhension plus large de la dynamique impérialiste elle-même, qui n’est pas le produit de quelques gouvernements particulièrement agressifs mais une logique structurelle du capitalisme mondial. Dans ce système, les États sont engagés dans une concurrence permanente pour l’accès aux marchés, aux ressources et aux zones d’influence.<br>De ce point de vue, l’Iran ne peut pas être compris simplement comme une force extérieure qui résiste à l’impérialisme. Le régime iranien dirige une puissance régionale qui cherche à consolider sa propre sphère d’influence au Moyen-Orient, notamment à travers des alliances militaires, des réseaux armés et une stratégie d’expansion régionale. Autrement dit, il ne s’oppose pas à la logique impérialiste en tant que telle : il tente d’y trouver sa place.<br>Il ne soutient des courants comme le Hamas ou le Hezbollah que lorsqu’il y voit un intérêt pour lui-même. Cela l’a amené à défendre le régime de Assad en Syrie contre le soulèvement du peuple. Son caractère profondément réactionnaire et répressif empêche l’émergence d’un véritable mouvement anti-impérialiste porté par les travailleurs et les travailleuses de la région – en premier lieu en Iran même – en solidarité avec la Palestine et avec tous les peuples.</p>



<p><strong>Les forces pour infliger la défaite aux impérialistes existent</strong></p>



<p>Les peuples des pays agressés Venezuela, Iran, Palestine ont montré leur capacité de mobilisation. Au Venezuela il y a quelques années. En Iran ces dernières années et ces derniers mois. Et, il y a un peu plus de dix ans, de l’Égypte à la Tunisie en passant par le Bahrein, les masses arabes ont montré leur capacité à se soulever contre l’impérialisme et contre leurs propres régimes.<br>De la même façon, les actions coordonnées des travailleur·euses des ports de la Méditerrannée qui ont été initiées pendant le génocide en Palestine avec l’apogée autour de la grève générale en Italie pourraient eux aussi mettre un frein à la machine de guerre. Sans les possibilités d’arrivées d’armes, la guerre contre l’Iran serait bien plus difficile. Ces actions avaient été initiées par des travailleur·euses immigré·es qui cumulent la peur de la guerre dans leur pays d’origine et le racisme dans leur pays d’arrivée, créant les conditions d’une véritable articulation de la solidarité internationale et de la lutte contre le racisme.<br>Construire un mouvement international contre la guerre implique donc de renforcer ces liens entre travailleurs et travailleuses au-delà des frontières.</p>



<p><strong>Les dirigeants impérialistes ne sont pas tout puissants</strong></p>



<p>C’est l’autre pilier d’un front contre la guerre. Au cœur même de la bête. L’administration Trump, malgré sa puissance militaire écrasante, n’est pas invincible. L’audience du dirigeant américain était déjà affectée par son incapacité à résoudre la crise du coût de la vie et à son implication dans l’affaire Epstein. Le mouvement contre ICE à Minneapolis a mis un coup à sa politique anti-immigré&rsquo;es : l’organisation quotidienne de milliers de personnes dans les quartiers et sur les lieux de travail en solidarité aux personnes immigrées, pour empêcher les rafles, les déportations de masse. Cette solidarité directe organisée à la base a permis l’appel à la grève générale et imposé le retrait de ICE de Minneapolis.<br>Qui aurait pu imaginer vaincre la police fasciste sur-équipée et armée de Trump ? La défaite de ICE à Minneapolis est une première victoire des travailleur&rsquo;euses. Le 28 mars, le mouvement « No Kings », qui avait rassemblé 7 millions de personnes en octobre, annonce une mobilisation historique sur tout le territoire.&nbsp;</p>



<p><strong>Guerre, austérité et racisme</strong></p>



<p>Le troisième pilier d’un mouvement contre la guerre est la mobilisation internationale.<br>Au lendemain des attaques américaines et israéliennes, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne ont annoncé rejoindre la guerre aux côtés de leurs alliés pour des « actions défensives ». Ces déclarations annoncent l’alignement des puissances européennes aux côtés d’Israël et les États-Unis. L’entrée en guerre de la France va avoir plusieurs conséquences.&nbsp;<br>Les prévisions économiques des impacts de la guerre au Moyen-Orient indiquent une hausse de 20 à 30% des factures d’électricité et de gaz en France. Les annonces va-t-en guerre de Macron vont nécessiter de renforcer encore une fois le budget de l’armement et ce sont les travailleur·euses qui vont en payer le prix.&nbsp;<br>Mais pour faire accepter une guerre en appui à un État génocidaire au Moyen Orient, l’État français doit renforcer sa propagande raciste et nationaliste. Au niveau européen, un nouveau texte de loi « Règlement retour » est discuté pour mettre en place un arsenal administratif et politique pour « mieux lutter contre l’immigration ». Ce texte de loi va rendre légales les perquisitions policières dans des domiciles privés mais aussi dans des locaux d’associations sans mandat judiciaire et inciter à la délation pour les autorités et les services sociaux des personnes en situation irrégulière.&nbsp;<br>Le lien entre impérialisme, racisme et fascisme est direct : le nationalisme et la stigmatisation des immigré·es et des musulman&rsquo;es sont du pain béni pour les fascistes. La mort d’un jeune nazi à Lyon, dans ce contexte et dans celui des élections municipales a été l’occasion d’une offensive contre toutes les cibles de l’extrême-droite : immigré&rsquo;es, musulman&rsquo;es, centres lgbtqi+, syndicats et partis de gauche.</p>



<p><strong>Nécessité de l’antifascisme</strong></p>



<p>La riposte à l’offensive raciste n’est pas venue de la gauche institutionnelle, qu’elle soit politique ou syndicale. Tous les partis ont fait une minute de silence à l’Assemblée nationale pour le jeune nazi tué. Plusieurs milliers de nazis ont défilé dans le centre de Lyon sous la protection de la police.<br>Mais progressivement la riposte est venue. Le même jour où les nazis paradaient à Lyon des rassemblements ont été organisés dans plusieurs villes. À Paris une manifestation en hommage à El Hacen tué par la police dans le 20e arrondissement a fusionné la lutte contre les violences policières, la lutte contre le racisme et en solidarité avec les sans-papiers et l’affirmation antifasciste. Parallèlement le récit dominant de la mort du nazi à Lyon a commencé à se retourner mettant en lumière la violence des fascistes et la provocation du collectif de Némésis.<br>Et ce sont les manifestations du 8 mars qui ont marqué la possibilité d’un retournement de climat. Les manifestations n’ont pas seulement été nombreuses. Elles ont montré que la rue est à nous. Elles n’ont pas seulement été féministes. Elles ont été féministes, antifascistes et anti-impérialistes.<br>Alors que les directions traditionnelles (dont syndicales) du mouvement avaient prévu de reculer devant l’offensive des fascistes de Némésis et des sionistes de Nous Vivrons, les ripostes organisées par les courants plus radicaux leur ont infligé une défaite cinglante. À Paris, le collectif Némésis a dû battre en retraite pour se réfugier loin de la manifestation, dans les quartiers bourgeois de Paris. En présence de Marion Maréchal, 200 fémo-nationalistes se sont piteusement rassemblées. Le cortège des sionistes de Nous Vivrons a également fait demi-tour face aux cordons qui le bloquaient.</p>



<p><strong>Un mouvement global</strong></p>



<p>À Marseille le cortège des sionistes a lui aussi été perturbé par 200 manifestant·es antifascistes et anti-impérialistes. Le cortège de Nous Vivrons a cristallisé l’aspect global de l’ennemi. À leur côté, se trouvaient les monarchistes iranien·nes célébrant Trump et Netanyahou et la candidate LR-Renaissance de Marseille, Martine Vassal (sic !), celle qui a repris le slogan de Pétain « travail, famille, patrie » dans sa campagne.<br>À l’opposé, l’après-midi, le cortège des 20 000 manifestantes était ouvert par des drapeaux palestiniens et reprenait des slogans féministes, antifascistes et anti-impérialistes.<br>C’est cette dynamique qu’on peut et qu’il faut construire et qui devrait s’exprimer dans les rues à l’occasion des manifestations du 14 mars et de la journée internationale du 28 mars.<br>Cette journée partie d’un appel international contre le fascisme et le racisme ne peut que se généraliser. Aux manifestations antiracistes et antifascistes de masse prévues à l’origine dans de nombreux pays dont les États-Unis et la Grande-Bretagne vont s’ajouter les manifestations et rassemblements en solidarité avec la Palestine à l’occasion de la Journée de la terre et la dimension anti-guerre en solidarité avec les peuples d’Iran, du Venezuela et de Cuba.</p>



<p><strong>La nécessité de l’organisation pour&nbsp;l’autonomie de classe</strong></p>



<p>L’impérialisme n’est pas un simple aspect du système, celui de la guerre. Il est le caractère global que prend le capitalisme, sous le fouet de la crise, quand la concurrence entre les capitaux sur le marché mondial prend la forme de l’affrontement géopolitique et militaire entre États. Cela ne transforme pas seulement la politique internationale mais aussi la nature des États eux-mêmes, militarisés, de plus en plus répressifs, autoritaires et racistes. D’où la voie ouverte aux courants fascistes.<br>La généralisation de la lutte contre la guerre et le fascisme n’est donc pas une option. Pas plus que ne l’est la centralité de la lutte de classe et de l’utilisation de la grève comme outil. Minneapolis n’est pas seulement une inspiration. La solidarité organisée quartier après quartier, la lutte contre la police, la grève lancée par des syndicats de base et généralisée dans 700 lieux entreprises sont un programme d’action. Celui de l’autonomie de classe.</p>



<p>A2C</p>
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		<title>Ukraine. Pas d’union sacrée avec Trump et Macron</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/ukraine-pas-dunion-sacree-avec-trump-et-macron/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Mar 2026 20:21:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Imperialisme]]></category>
		<category><![CDATA[internationalisme]]></category>
		<category><![CDATA[russie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Partant des analyses de Marx et d’autres révolutionnaires, nous pensons que les grandes guerres modernes ne sont pas la faute de dirigeants sanguinaires ou assoiffés de pouvoir mais qu’elles sont inhérentes à la logique même <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/ukraine-pas-dunion-sacree-avec-trump-et-macron/" title="Ukraine. Pas d’union sacrée avec Trump et Macron">[...]</a></div>
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<p><em>Partant des analyses de Marx et d’autres révolutionnaires, nous pensons que les grandes guerres modernes ne sont pas la faute de dirigeants sanguinaires ou assoiffés de pouvoir mais qu’elles sont inhérentes à la logique même du capitalisme. À plusieurs reprises dans les pages de cette revue, nous sommes revenu·es sur les racines impérialistes de la guerre en Ukraine<sup data-fn="441c87db-e4ff-473f-a979-a733a4263fb5" class="fn"><a href="#441c87db-e4ff-473f-a979-a733a4263fb5" id="441c87db-e4ff-473f-a979-a733a4263fb5-link">1</a></sup>. Dans cet article, nous avons choisi de polémiquer avec celleux qui sont en désaccord avec notre analyse.</em></p>



<p>Aujourd’hui, 80 ans après la fin de la dernière guerre mondiale, avec le développement de la crise économique mondiale, nous assistons à une exacerbation de la concurrence capitaliste à tous les niveaux. La lutte pour un nouveau partage du monde s’accroît et une nouvelle guerre mondiale nous menace. Après la disparition de l’URSS, la Russie s’est trouvée très affaiblie par la perte des pays de l’Europe de l’Est au profit du bloc de l’Union Européenne sous le parapluie d’un OTAN conquérant étendu jusqu’aux frontières de la Russie. C’est dans cette situation explosive que la Russie de Poutine cherche à se repositionner en envahissant l’Ukraine (entre autres opérations). Et les États-Unis, tout comme la Chine et l’Europe, raisonnent et agissent de la même manière.<br>Avant la Première Guerre mondiale, que tout le monde voyait venir, tous les grands partis de gauche avaient juré qu’ils n’iraient pas faire la guerre pour les capitalistes et tuer leurs frères de classe. Quand la guerre a éclaté, presque tous ont trahi leur parole et le monde a plongé dans l’horreur. Aujourd’hui nous devons renouer avec cette tradition internationaliste mais cette fois-ci en s’assurant que les paroles deviennent des actes.</p>



<p><br><strong>La guerre en Ukraine ne serait pas la même chose que la Première Guerre mondiale ?</strong><br>Contrairement à 1914-18, nous dit-on, nous n’assistons pas à une guerre inter-impérialiste entre deux puissances ou deux blocs impérialistes car il n’y aurait pas d’affrontement direct entre les armées de la Russie et de l’OTAN. La guerre ne serait donc qu’une simple guerre de défense ou de libération nationale, comparable à celle du Vietnam où les Vietnamien·nes avaient reçu l’aide des États soviétiques et chinois. Mais c’est ne pas voir que le soutien financier et militaire absolument colossal des puissances occidentales groupées autour de l’OTAN en fait néanmoins une guerre inter-impérialiste, non pas directe mais par procuration – une guerre par procuration entre le bloc de l’OTAN et la Russie avec malheureusement la population de l’Ukraine comme chair à canon. Cela ne signifie pas que dans ce conflit il n&rsquo;existe aucun élément de lutte de libération nationale mais que, pris dans son contexte global, cet élément est marginal par rapport à la caractéristique dominante de la guerre qui est surtout une guerre entre l’impérialisme russe et les puissances impérialistes occidentales.<br>Ce n’est d’ailleurs pas la première fois dans l’histoire que ce type de situation se présente. En 1914, l’héritier du trône de l’Empire austro-hongrois fut assassiné à Sarajevo en Serbie. L’Empire austro-hongrois a immédiatement envahi la Serbie. La Russie est intervenue pour soutenir son alliée la Serbie et l’Europe s’est embrasée. Pris isolément on pourrait parler d’une guerre de défense nationale par les Serbes mais cet élément était totalement noyé dans une guerre inter-impérialiste qui n’attendait qu’à éclater. Les révolutionnaires de l’époque caractérisaient la situation de 1% de lutte de libération nationale serbe et 99% de guerre impérialiste. C’est d’ailleurs tout à l’honneur du Parti socialiste serbe d’être resté fidèle aux résolutions de tous les grands partis de gauche de l’époque qui affirmaient que la guerre qui venait ne serait pas la leur. Le Parti socialiste serbe a voté contre les crédits de guerre. L’immense majorité des autres partis de gauche ont voté pour et ont envoyé des millions de travailleur·euses à leur mort. La guerre en Ukraine est certainement moins de 99% impérialiste mais c’est toujours ce qui la caractérise en premier lieu.<br>Dans ce contexte, Zelensky et son gouvernement ont choisi d’être complètement dépendants des États-Unis et de l’Europe et n’ont, contrairement aux Vietnamien·nes, aucune autonomie réelle en ce qui concerne le contrôle du déroulement de la guerre, ni des conditions de son arrêt, ni de sa poursuite. Par ailleurs, une des raisons pour lesquelles les révolutionnaires ont toujours soutenu les luttes de libération nationale est que leur victoire permet d’affaiblir l’impérialisme à l’étranger comme au cœur du pays.<br>L’immense mouvement de contestation aux États-Unis contre la guerre du Vietnam et la défaite de l’impérialisme américain ont fait que le « syndrome du Vietnam » a empêché toute intervention militaire états-unienne de grande ampleur pendant une décennie. Du mouvement des femmes aux Black Panthers en passant par le mouvement des droits civiques, toute une génération d’États-Unien·nes a été transformée. En France, également, la défaite de l’État français en Algérie a largement contribué à la radicalisation de pans entiers de la jeunesse française dans les années 1960.<br>Aujourd’hui, en Ukraine, une victoire de la première puissance impérialiste mondiale et de ses acolytes européens signifierait un renforcement de toutes les tendances nationalistes et guerrières dans nos pays. Évidemment, la même chose vaut pour l’impérialisme russe et nous souhaitons aussi sa défaite. Mais la question c’est comment et par qui ? Nous y reviendrons.</p>



<p><br><strong>Une guerre pour la démocratie contre le fascisme ?</strong><br>Parmi les forces politiques qui sont pour un renforcement du soutien financier et militaire à Zelensky de la part des États-Unis et de l’Europe il y a des partis de gauche, comme le PS et les Verts mais aussi de la gauche révolutionnaire comme le NPA – l’Anticapitaliste. Un des arguments pour justifier cette position est de dire que le régime de Poutine serait devenu « fasciste ». Nous avons développé ailleurs<sup data-fn="f41e976a-352a-400c-840a-1949e2bcc289" class="fn"><a href="#f41e976a-352a-400c-840a-1949e2bcc289" id="f41e976a-352a-400c-840a-1949e2bcc289-link">2</a></sup> une analyse historique du fascisme et des formes qu’il prend aujourd’hui. Nous n’avons pas l’espace de la reformuler ici. Mais pour nous, s’il est clair que Poutine est un dictateur sanglant à la tête d’un État policier redoutable, ce n’est pourtant pas du fascisme. Il y a des idéologues russes autour de Poutine qui développent des théories fascistes ou proches mais il n’y a pas de parti et de mobilisation de masse fascistes.<br>Afin de justifier le soutien (même critique) au camp de l’OTAN on en arrive non seulement à faire de Poutine le mal absolu mais à embellir, ou du moins, à minimiser la vraie nature des prétendus défenseurs de la démocratie. Comment croire que les pays de cette alliance (et la France en premier lieu) se battent pour la démocratie, la liberté ou la justice ? Que ce soit, par le passé dans les guerres coloniales, au Vietnam ou en Algérie ; ou aujourd’hui, dans leur soutien indéfectible à des régimes dictatoriaux dignes de celui de Poutine comme l’Égypte d’Al-Sissi ou l’Arabie Saoudite de Ben Salmane, leur préoccupation n’est pas la démocratie mais simplement la défense de leurs intérêts économiques. Il est d’ailleurs de plus en plus clair que la crise du système les pousse dans une direction qui suit la même trajectoire que celle de la Russie : le soutien sans limite au régime génocidaire d’Israël et la reprise en main militaire par Trump du Venezuela avec la perspective d’autres aventures militaires à venir nous en donnent un aperçu.<br>Aucune guerre n’est identique à une autre mais celle qui se passe en Ukraine a de fortes ressemblances avec les grandes guerres du passé. En 1914 la gauche française prétendait que c’était une guerre pour la République et la démocratie contre le militarisme impérial du régime prussien, que ce serait une guerre très rapide. Aujourd’hui, comme en 1914, la guerre s’éternise, engloutit des milliards d’euros et aboutit au sacrifice de dizaines de milliers de soldats, parfois pour quelques centaines de mètres de territoire. Côté OTAN, 41 pays donateurs ont fourni 267 milliards d’euros sur trois ans et les budgets militaires explosent de partout. Plus de 300 000 Russes et Ukrainien·nes sont mort·es avec plus d’un million de blessé·es. Devant ce massacre, d’après le journal Libération, 250.000 soldat·es ukrainien·nes ont déserté depuis le début de la guerre dont la moitié sur les sept premiers mois de 2025.</p>



<p><br><strong>Les Ukrainien·nes seraient donc réduit·es à ne rien faire ?</strong><br>Si jamais iels acceptaient l’idée que faire appel à l’OTAN n’a fait qu’empirer les choses et qu’à terme il y aurait le risque d’une escalade vers une guerre nucléaire, alors, devraient-iels tout arrêter et juste subir les bombardements, accepter la mort des soldat·es et des civil·es puis une occupation russe ? Évidemment que non. Car, comme nous disions, même si le caractère dominant de la guerre est celui d’une guerre inter-impérialiste, il existe un réel élément d’oppression nationale, fondée sur une longue histoire de rapports coloniaux avec la Russie. C’est bien la Russie qui a mené une invasion injustifiée et on doit exiger le retrait de ses troupes. Face à cette attaque et à l’occupation de certains territoires, la résistance est légitime. Mais ne serait-il pas possible de s’organiser autrement qu’en se jetant dans les bras de l’OTAN ?<br>De manière paradoxale, l’idée de ce que pourrait être cette alternative est soulevée par Tara Bilous, un représentant d’une organisation de la gauche radicale ukrainienne dans une interview par le NPA<sup data-fn="b2f31ba5-3530-44dd-91c2-5268cd4f044d" class="fn"><a href="#b2f31ba5-3530-44dd-91c2-5268cd4f044d" id="b2f31ba5-3530-44dd-91c2-5268cd4f044d-link">3</a></sup>. Il est d’accord pour rejoindre l’armée de Zelensky mais dit que si jamais Zelensky avait été un fasciste, il aurait fallu une stratégie alternative, celle d’une guerre partisane indépendante. Évidemment Zelensky n’est pas un fasciste mais il est intéressant de voir qu’une autre stratégie est envisageable et que si elle était appliquée cela éviterait que la résistance soit liée à des forces qui la mènent à la catastrophe. C’est d’ailleurs en adoptant cette stratégie qu’elle aurait les meilleures chances de se rapprocher des Russes qui s’opposent à la guerre, à la fois sur le front et à l’arrière, ce qui est absolument crucial si on veut y mettre fin. Montrer qu’on n’est pas des soutiens de l’OTAN offre la meilleure possibilité d’être crédibles lors des appels à la fraternisation et à la fin de la guerre. Malgré les difficultés, des Ukrainien·nes ont réussi par le passé à s’adresser aux soldat·es russes et on peut espérer que cela se reproduira. Enfin, cette perspective internationaliste est aussi au cœur de la stratégie des révolutionnaires au sein des pays du camp de l’OTAN et notamment en France. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="49423e" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #49423e;" fetchpriority="high" decoding="async" width="1100" height="707" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/ukraine-2-1100x707.webp" alt="" class="wp-image-10955 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/ukraine-2-1100x707.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/ukraine-2-300x193.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/ukraine-2-768x494.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/ukraine-2-1320x848.webp 1320w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/ukraine-2.webp 1920w" sizes="(max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /><figcaption class="wp-element-caption">Manifestation antiguerre à Saint-Pétesbourg (Russie) le 24 février 2002, date de l&rsquo;invasion de l&rsquo;Ukraine par la Russie</figcaption></figure>



<p><br><strong>Nous avons besoin d’un mouvement international contre la guerre</strong><br>Un véritable mouvement de masse contre la guerre en Ukraine et les guerres ailleurs dans le monde, nous donnerait des forces pour chercher à y mettre fin. Nous avons vu avec la Palestine à quel point les immenses manifestations en Angleterre ou en Espagne et surtout la magnifique grève générale en Italie ont pu donner confiance au mouvement. Aujourd’hui, c’est en un clic que les images, comme la tête de mort de la Gen Z, sont relayées à travers la planète, d’un mouvement insurrectionnel à l’autre. Alors, malgré les difficultés, pourquoi pas jusqu’en Russie ? Le soutien à Poutine est loin d’être monolithique. La colère existe, chez les jeunes qui sont envoyé·es au front ou qui cherchent à le fuir, chez les familles, chez les parents qui perdent leurs enfants. Elle s’exprime difficilement pour le moment à cause de la répression mais elle existe et un jour ça pourrait très bien exploser à la face du régime.<br>En France, pour l’instant, le mouvement anti-guerre est faible, malgré le vrai potentiel illustré par le meeting contre la guerre organisé par le POI en octobre dernier<sup data-fn="4b887d3a-fba5-4d63-843a-3f8872a7440e" class="fn"><a href="#4b887d3a-fba5-4d63-843a-3f8872a7440e" id="4b887d3a-fba5-4d63-843a-3f8872a7440e-link">4</a></sup>. Mais après l’invasion du Venezuela, un tel mouvement pourrait décoller. Cela pourrait avoir un vrai impact sur la politique guerrière de Macron et trouver en même temps un écho chez les opposant·es à la guerre en Russie.<br>Plus les classes dominantes de ce monde s’enfoncent dans leur crise, plus elles essaient de nous préparer à la guerre qui vient avec leur propagande raciste et nationaliste et leurs appels à l’union nationale. Aujourd’hui, « la menace d’une invasion russe » est l’argument de choc de Macron pour nous faire accepter les immenses dépenses sur les armes et le budget d’austérité. Il faudra anticiper l’éventualité qu’un futur gouvernement essaie de nous embarquer dans une guerre. Contre la Russie ? Contre la Chine ? Un scénario pas si improbable que cela. Renforçons encore la lutte contre le racisme et le nationalisme et renouons avec la tradition de la solidarité internationale entre les travailleuses et travailleurs du monde entier.</p>



<p><br>Ross Harrold (Paris 20e)</p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="441c87db-e4ff-473f-a979-a733a4263fb5">Voir Jad Bouharoun (2022), « <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/se-preparer-aux-guerres-qui-reviennent/">Se préparer aux guerres qui reviennent</a> », Revue #04. Voir aussi notre brochure <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/brochures/brochure-imperialisme-la-trajectoire-du-capital/">Impérialisme : la trajectoire du Capital</a> (2023).  <a href="#441c87db-e4ff-473f-a979-a733a4263fb5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="f41e976a-352a-400c-840a-1949e2bcc289">Voir notre brochure <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/brochures/brochure-comprendre-le-fascisme-pour-mieux-le-combattre-version-actualisee/">Comprendre le fascisme pour mieux le combattre</a> (réédition 2025). <a href="#f41e976a-352a-400c-840a-1949e2bcc289-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="b2f31ba5-3530-44dd-91c2-5268cd4f044d">Tara Bilous (2022), « <a href="https://lanticapitaliste.org/opinions/international/autodetermination-et-guerre-en-ukraine">Autodétermination et guerre en Ukraine</a> », l’Anticapitaliste (republication). <a href="#b2f31ba5-3530-44dd-91c2-5268cd4f044d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="4b887d3a-fba5-4d63-843a-3f8872a7440e">Retour des camarades d’A2C présent·es à ce meeting : « <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/contre-leur-marche-a-la-guerre-groupons-nous/">Contre leur marche à la guerre : groupons-nous !</a> », Revue #19. <a href="#4b887d3a-fba5-4d63-843a-3f8872a7440e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/ukraine-pas-dunion-sacree-avec-trump-et-macron/">Ukraine. Pas d’union sacrée avec Trump et Macron</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>Homophobie, biphobie : un combat contre le capitalisme et la famille</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/homophobie-biphobie-un-combat-capitalisme-famille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Solen Rennes]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Nov 2025 20:35:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[biphobie]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
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		<category><![CDATA[reproduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Ainsi, l’affaiblissement voire l’abolition de la famille n’est pas un raccourci qui fait disparaître les LGBTphobies par magie, du fait du poids de l’idéologie. Mais elle est la condition matérielle nécessaire pour que la lutte contre l’homophobie et la biphobie ne soient plus qu’une lutte contre des stéréotypes, des attitudes, des fétichisations et des violences. Et non une lutte face à un système qui se fonde sur notre oppression pour se stabiliser.</div>
<p> <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/homophobie-biphobie-un-combat-capitalisme-famille/" title="Homophobie, biphobie : un combat contre le capitalisme et la famille">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-right">Après avoir publié dans <em>Les Cahiers d&rsquo;A2C</em> #16 (mars 2025) un article intitulé <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/bi-pan-queer-fier-e-s-et-en-colere/"><em>Bi, pan, queer, fier·e·s et en colère :&nbsp;Quelles perspectives de libération pour les bisexualités ?</em></a>, voici un deuxième article poursuivant la réflexion sur l&rsquo;homophobie et la biphobie en l&rsquo;articulant avec le rôle de la famille, abordé également dans l&rsquo;article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/doit-on-abolir-la-famille/"><em>Doit-on abolir la famille ?</em></a>, également présent dans les Cahiers #16.</p>



<p><em>Il est courant de parler de matérialisme dans les groupes queers, mais souvent au sens de “tangible” ou “réel”. Ces usages n’ont pas grand-chose à voir avec le matérialisme historique, une approche qui dit qu’il est impossible de détacher les idées des conditions dans lesquelles elles émergent. Pour les marxistes, ce ne sont pas les sociétés humaines qui sont dessinées par les idées qui y sont majoritaires : au contraire, pour comprendre la prévalence d’une idée, comme l’homophobie, la biphobie, ou même l’homo/bisexualité elle-même, il faut regarder dans quels contextes sociaux et économiques cette idée émerge. Comprendre son lien avec le système économique qui surdétermine tous les rapports sociaux, le capitalisme, et ses transformations.</em></p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #19 &#8211; Novembre 2025</h6>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le capitalisme a créé l’homophobie et les gays en même temps</strong></h2>



<p>A l’échelle de l’humanité, les identités sexuelles sont très récentes, inventées seulement au cours du XIXème siècle. L’historien marxiste D’Emilio propose en 1983 une explication matérialiste de la naissance de l’homophobie et des catégories de sexualité. Il nous dit que les LGBT+ n’ont pas toujours existé, mais que nous sommes un produit de l’histoire, notamment un produit du capitalisme, un système de production organisé autour du travail salarié. <strong>Jusqu’au milieu du XIXème siècle, c’est la famille qui était l’unité de production principale et essentielle à la vie de l’ensemble de la population.</strong> C’était dans ce cadre que ses membres, surtout les femmes, produisent les aliments, les vêtements, et tous les autres biens de consommation. Personne ne pouvait survivre sans famille, et la survie de chaque personne dépendait de la coopération de tous, dont les enfants. On trouve des sources historiques qui montrent que des individus ont des comportements homosexuels, y compris réguliers, et que certaines personnes ont su reconnaitre en elles-mêmes une attirance plus forte pour le même sexe. En revanche, il était impossible de faire de ces désirs un mode de vie. </p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized is-style-default"><img data-dominant-color="9e877b" data-has-transparency="false" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/Capitalismo-e-identitade-gay.webp" alt="Paul Cadmus, The Fleet’s In!, 1934" class="wp-image-10203 not-transparent" style="--dominant-color: #9e877b; width:840px;height:auto"/><figcaption class="wp-element-caption">Paul Cadmus, <em>The Fleet’s In!, </em>1934</figcaption></figure>



<p>Qu’est-ce qui a changé ? Le capitalisme, sous la forme du travail libre. Les hommes et les femmes ont quitté les zones rurales pour émigrer vers les grandes villes, pour trouver du travail dans des entreprises plus grandes. Bien sûr, la famille n’a pas disparu : les femmes continuent de cuisiner ou fabriquer des vêtements. Elle a cependant perdu son caractère autosuffisant.</p>



<p>La famille, surtout au sein des classes moyennes, ne produit bientôt plus des biens, mais du bonheur : c’est dans la famille qu’on retrouve les relations épanouissantes, avec ses enfants ou son époux·se. Avec le travail salarié, la procréation perd son importance, et les taux de natalité chutent. A ce moment, la sexualité entre époux est libérée de l’unique but de pro- création, et commence à laisser plus de place au désir et au plaisir.</p>



<p>Pour stabiliser les comportements sexuels dans des identités, il a fallu la psychiatrie. Les médecins se sont emparés de la question de la sexualité et de la déviance, et ont stigmatisé l’homosexualité, l’érigeant par là comme une identité à part entière. Une personne qui avait des comportements homosexuels est devenue un homosexuel (« inverti »), et son corollaire l’hétérosexuel a été créé.</p>



<p>En France, l’État a largement contribué à cette naturalisation de l’identité : par le biais de la colonisation déjà, puisque l’État étudiait les sexualités déviantes, pour contrôler la reproduction sexuelle et pour limiter le métissage des populations. L’enjeu, pour l’État, de contrôler la sexualité est d’abord nataliste : comment assurer une natalité nécessaire à la reproduction générationnelle et à la poursuite de l’accumulation ? Ainsi que l’enjeu de la prise en charge des enfants et de la division genrée du travail.</p>



<p>Les idéologies religieuses et familiales ont largement contribué à celle de l’État au XXème siècle, pour assigner les femmes au travail de soin, domestique et de reproduction. Ainsi, le régime fiscal et les droits sociaux sont construits autour de la situation conjugale et de la famille hétérosexuelle. Pendant ce temps, la justice et la police répriment les sexualités déviantes, notamment avant et pendant le régime de Vichy qui instaure des majorités sexuelles à 21 ans pour les relations homosexuelles, ce qui permet, sous couvert de protection des mineurs, de réprimer l’homosexualité. A partir de là, tout manquement constitue un risque pour l’accès au travail, au logement et à la stabilité familiale.</p>



<p>Donc on a là une contradiction de taille : le capitalisme a créé à la fois les conditions d’existence de l’homosexualité, et l’homophobie. Homophobie qui a d’ailleurs aussi propulsé le mouvement LGBT, qui se mobilise principalement pour les droits, contre la répression et la criminalisation, et est devenu par-là de plus en plus visible et a gagné en force et en structuration.</p>



<p>La biphobie, elle, est l’invisibilité structurelle et historique de la bisexualité, qui se transforme en panique anti-bisexualité qui émerge quand les bi+ sortent de l’ombre. Elle vient surtout du besoin pour l’État et la psychiatrie d’une figure déviante nette pour stabiliser les orientations sexuelles homo et hétéro, alors que la bisexualité est une zone floue. Il s’agissait de stigmatiser sans se laisser contaminer. Les mouvements homosexuels, ainsi que l’épidémie du Sida, ont aussi pu renforcer ces frontières. La biphobie est donc le produit d’une série d’effacements, d’exclusions, de choix stratégiques. Inséparable, à toutes les étapes, de l’homophobie et donc de la famille et son lien contradictoire avec le capitalisme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Famille et capitalisme : fuis-moi je te suis, suis-moi je te fuis</h2>



<p>Le capitalisme a une relation contradictoire avec la famille : elle garde une place importante car il faut toujours faire et éduquer des enfants, des tâches nécessaires au capitalisme mais que celui-ci n’a pas pu ou voulu socialiser. Pourtant, elle a perdu toute raison matérielle d’exister, puisque chacun peut vivre de manière indépendante.</p>



<p>Donc à quoi sert l’homophobie ? À transformer les LGBT en boucs émissaires de l’instabilité sociale qui va avec la destruction progressive de la famille : on nous accuse de corrompre les enfants, d’être des p*dophiles, de détruire la famille.</p>



<p>La place que prend la famille dépend des possibilités de socialisation du travail reproductif : qui va éduquer les enfants, qui va s’occuper de faire à manger&#8230; Plus les tâches sont socialisées (écoles, crèches, hôpital, cantine&#8230;), plus la famille perd de son importance matérielle, et les possibilités de vivre sans, de vivre son homo-/bisexualité augmentent. En revanche, quand le capitalisme entre en crise, il se replie sur la famille : les tâches autrefois socialisées sont délaissées, et nous sommes des bons boucs émissaires.</p>



<p>C’est ce qui se passe actuellement : avec un taux de profit historiquement bas, une croissance quasi-nulle, le vieillissement de la population et la panique raciste contre l’immigration, l’augmentation des tensions inter-impérialistes et la perspective de la guerre, le natalisme apparaît pour nos classes dirigeantes comme une nécessité nationale. Macron parle donc de réarmement démographique, ce qui traduit ce besoin du capitalisme d’un repli sur la famille comme institution idéologique et de reproduction sociale.<br>La place de la famille, si elle dépend en grande partie des concessions que les dirigeant·e·s sont prêt·e·s à faire dans une période de prospérité ou de crise, dépend aussi du rapport de force que nous instaurons, par les luttes sociales et féministes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Stratégie : le but et le chemin</h2>



<p>Nous devons <strong>abolir la famille telle qu’elle existe</strong>, parce que c’est sa centralité dans le travail reproductif et la production du bonheur qui est historiquement à la source de l’homophobie, puis de la biphobie.</p>



<p>• Étape 1 : la famille joue un rôle productif et reproductif <strong>&gt; </strong>l’homophobie structurelle n’existe pas car l’homosexualité est impensable.</p>



<p>• Étape 2 : la famille perd son rôle productif et garde la reproduction et le bonheur <strong>&gt; </strong>l’homophobie est créée contre les déviances naissantes</p>



<p>• Étape 3 (à construire) : la famille n’existe plus, c’est la société tout entière qui prend collectivement en charge le bonheur et le travail productif et reproductif <strong>&gt; </strong>plus rien ne bloque matériellement la lutte contre l’homophobie et la biphobie. Cette étape a été entrevue au cours de la révolution russe, au cours de laquelle des institutions sociales sont créées pour prendre en charge collectivement l’éducation, le <em>care</em>, les tâches domestiques, ce qui a radicalement bouleversé les rapports de genre et de sexualité.</p>



<p>Ainsi, l’affaiblissement voire l’abolition de la famille n’est pas un raccourci qui fait disparaître les LGBTphobies par magie, du fait du poids de l’idéologie. Mais elle est la condition matérielle nécessaire pour que la lutte contre l’homophobie et la biphobie ne soient plus qu’une lutte contre des stéréotypes, des attitudes, des fétichisations et des violences. Et non une lutte face à un système qui se fonde sur notre oppression pour se stabiliser.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="6c7468" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #6c7468;" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/Gay-Liberation-Front-1024x1024.webp" alt="" class="wp-image-10206 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/Gay-Liberation-Front-1024x1024.webp 1024w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/Gay-Liberation-Front-300x300.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/Gay-Liberation-Front-150x150.webp 150w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/Gay-Liberation-Front-768x768.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/Gay-Liberation-Front.webp 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p><strong>Il y a deux stratégies nécessaires, qui s’ajoutent au travail déjà fait aujourd’hui de lutte contre des stéréotypes, qui s’attaquent au système en lui-même et qui nous permettront de gagner.</strong></p>



<p>La première est de lutter pour tout ce qui renforce notre autonomie vis-à-vis de la famille. Il s’agit donc de luttes sociales, collectives et de classe.</p>



<p>• Luttes pour l’autonomie de nos corps : un avortement libre, gratuit et safe, contre les stérilisations forcées, les violences sexuelles et domestiques&#8230;</p>



<p>• Affaiblissement de l’importance de la famille : facilitation du divorce, extension des avantages matériels, fiscaux aujourd’hui réservés aux familles&#8230;</p>



<p>• Prise en charge collectives des tâches de reproduction : crèches, cantines, école gratuite pour tous·tes, lieux de vie collectifs &#8230;</p>



<p>• Renforcement de l’autonomie personnelle : hausse des salaires, aides sociales, services sociaux en tous genres, logements décents et abordables&#8230;</p>



<p>• Égalité des droits, en droit et en pratique : mêmes droits pour les couples hétéros et les couples homos, lutte contre l’homophobie, fin de la mention du genre, possibilités de vie égales à celles des hétéros, lutte contre la transphobie.<br>Les modes d’actions sont ceux du mouvement social : l’organisation collective, les manifs, la grève, l’occupation&#8230;</p>



<p><strong>La deuxième stratégie</strong>, c’est de créer les communautés qui remplaceront la famille. Quand le capitalisme détruit la famille traditionnelle, il le fait en laissant sur le côté celles et ceux dont la famille capitaliste ne veut pas, notamment les queers. Il ne s’agit pas d’être tous·tes autonomes et isolé·e·s, mais au contraire de produire d’autres manières d’être heureux·ses, qui ne reposent pas sur la famille traditionnelle.</p>



<p>• Faire famille autrement : développer les réseaux de solidarité en tous genres. Pour cela, les groupes communautaires queers peuvent être un début, mais ne suffiront pas, car nous avons besoin d’espaces sans homophobie plutôt que d’espaces sans hétéros.</p>



<p>• Faire front contre toutes les oppressions : la question du racisme est centrale, dans une période où la crise du capitalisme accentue l’exploitation des personnes racisées et/ou sans papiers, et où le danger fasciste vise principalement ces groupes.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="a19788" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #a19788;" decoding="async" width="1100" height="660" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/pride-1100x660.webp" alt="" class="wp-image-10205 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/pride-1100x660.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/pride-300x180.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/pride-768x461.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/pride.webp 1200w" sizes="(max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>



<p>Pourquoi ces luttes sont-elles des luttes de classe ? Parce que nous nous attaquons directement au capitalisme et aux classes dirigeantes, qui ont tout intérêt à la poursuite de notre oppression. Mais aussi parce que nous avons besoin d’une autonomie de notre classe : plutôt que plus de police, organisons l’autodéfense.</p>



<p>En réalité, si les luttes sociales, collectives, féministes et antiracistes permettront de gagner un rapport de force nécessaire à la lutte contre les oppressions, on ne peut envisager la libération de tous·tes qu’au travers de perspectives révolutionnaires qui aboutiraient à la construction d’une autre société, socialiste, fondée sur les besoins de chacun·e au lieu des profits de la classe dirigeante.</p>



<p><strong>VICTOR MICHEL (BREST)</strong></p>



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		<title>L’OTAN, ou le trait d’union d’une guerre mondiale à une autre ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/lotan-ou-le-trait-dunion-dune-guerre-mondiale-a-une-autre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Dec 2022 06:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[OTAN]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">« Les alliances pacifiques préparent les guerres, et à leur tour, naissent de la guerre ; elles se conditionnent les unes les autres, engendrant des alternatives de lutte pacifique et de lutte non-pacifique sur une seule <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/lotan-ou-le-trait-dunion-dune-guerre-mondiale-a-une-autre/" title="L’OTAN, ou le trait d’union d’une guerre mondiale à une autre ?">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p style="font-style:italic;font-weight:500">« Les alliances pacifiques préparent les guerres, et à leur tour, naissent de la guerre ; elles se conditionnent les unes les autres, engendrant des alternatives de lutte pacifique et de lutte non-pacifique sur une seule et même base, celle des liens et des rapports impérialistes de l’économie et de la politique Mondiale.»</p>
<cite>Lénine, L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, 1916</cite></blockquote>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #05 &#8211; noveMBRE 2022</h6>



<p class="has-drop-cap">Revenir sur l’histoire de l’OTAN est nécessaire pour comprendre que la guerre a constamment été pensée comme une possibilité dans le cadre de la concurrence entre blocs impérialistes depuis 1945, et d’autre part, pour appréhender l’ensemble des guerres actuelles, y compris celle qui sévit en Ukraine, dans une dynamique globale : celle du renforcement de la concurrence entre les puissances occidentales et l’axe Chine-Russie.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">La guerre inhérente au capitalisme</h2>



<p>Au début du 20<sup>e</sup>&nbsp;siècle, les théoricien·nes marxistes de l’impérialisme ont produit des analyses à même de comprendre un phénomène majeur : la guerre mondiale entre États impérialistes. Selon l’analyse de N. Boukharine, la Première Guerre mondiale n’est en rien contradictoire avec les intérêts des capitalistes européens. Au contraire, elle découle de trajectoires intrinsèques à l’accumulation capitaliste. L’accumulation, dans un système économique capitaliste, n’a pu se réaliser que par la concurrence au sein d’une même activité économique, au sein d’une même branche, au sein d’un même État.&nbsp;</p>



<p>Le développement du capitalisme industriel et commercial en Europe, au 19<sup>e</sup>&nbsp;siècle, et la férocité de la concurrence à l’échelle nationale ont réduit le nombre d’unités de production au sein d’une même branche pour laisser émerger de vastes trusts en situation de quasi-monopole à l’échelle de leur économie nationale. Ainsi, les plus gros capitalistes ont broyé ou absorbé les plus faibles. Quelques décennies plus tard, le même processus a été constaté au sein des banques et autres organismes du capital financier qui ont partiellement fusionné avec les intérêts des trusts industriels et commerciaux. C’est bien cette séquence de développement du capitalisme mondial qui, selon Boukharine et Lénine, amène à un État capitaliste d’une nouvelle espèce : celui de l’impérialisme.&nbsp;</p>



<p>L’impérialisme ne peut donc se définir par la seule domination des pays développés sur les pays du Sud. L’impérialisme combine la capacité de certains États à imposer leur domination militaire et les rapports concurrentiels qui s’exercent entre trusts et donc entre puissances capitalistes.&nbsp;</p>



<p>Dans un double contexte, celui d’une crise globale du capitalisme engendrant une concurrence exacerbée entre les trusts des puissances capitalistes, et celui du déclin de puissances hégémoniques (USA, France, Grande-Bretagne, etc.) concurrencées par une puissance émergente, la Chine, un nouveau conflit mondial entre puissances capitalistes est plus que jamais entré dans le champ des possibles. L’OTAN en reste un acteur majeur. Comprendre son histoire et ses trajectoires doit permettre de comprendre ce qui se joue en ce moment en Ukraine et dans différentes guerres actuelles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Asseoir une domination économique au sortir de la Seconde Guerre mondiale…</h2>



<p>Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe est en grande partie ruinée et surtout, à l’image de l’Allemagne, coupée en deux. La conférence de Yalta place le nouveau partage du monde sous la domination de deux nouvelles super-puissances impérialistes concurrentes : les États-Unis et l’URSS.&nbsp;</p>



<p>Dans les années qui suivent la fin de la guerre, l’objectif des USA est de dominer les marchés européens, notamment ceux associés à la reconstruction des villes européennes par ses multinationales. L’objectif était de créer de nouveaux « marchés libres » construits autour d’entreprises commerciales et industrielles américaines. Cela s’est notamment concrétisé par le plan Marshall consistant à des prêts aux pays européens et en finançant des partis pro-américains.</p>



<p>Pour la France et la Grande-Bretagne, anciennes super-puissances coloniales, et reclassées en 1945 en des puissances impérialistes de second rang, leur principal intérêt est de conserver leur domination vintage et sanguinaire sur leurs aires d’influence : leurs colonies en Afrique, au Moyen-Orient et dans l’Océan Indien. À cette époque, elles se trouvent confrontées à la vivacité des mouvements indépendantistes, et redoutent que les révolutions nationales trouvent en l’URSS un allié de circonstance.&nbsp;</p>



<p>De plus, ce bloc occidental s’est trouvé confronté à la course effrénée menée par le capitalisme soviétique et destinée à combler un retard en matière de développement économique… et militaire. Le capitalisme russe voit alors sa propre industrie mieux servie par le contrôle étatique des économies d’Europe de l’Est et de toute l’Asie.&nbsp;</p>



<p>Ainsi, le choc idéologique entre l’Occident et la Russie ne concernait pas la démocratie progressiste contre l’autoritarisme réactionnaire. Il représentait deux visions concurrentes de la façon dont le capitalisme mondial devait fonctionner.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img data-dominant-color="666666" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #666666;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/12/A2C_RevueN5_OTAN_Illustr1-1024x707.jpg" alt="" class="wp-image-6486 not-transparent" width="768" height="530"/><figcaption class="wp-element-caption"><em>Les représentants des nations signataires du pacte de l’Atlantique à Washington le 27 janvier 1950.</em></figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">… n’a pu se faire sans une alliance militaire sous l’ère du développement impérialiste</h2>



<p>C’est dans ce contexte, en avril 1949 à Washington que 12 États européens et nord-américains ratifient le traité de l’Atlantique Nord. Dès la ratification du traité, l’OTAN contient un objectif d’assistance militaire entre les États qui le composent. L’article 5 précise :&nbsp;</p>



<p><em>« Les parties conviennent qu’une attaque armée contre l’une ou plusieurs d’entre elles survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties, et en conséquence elles conviennent que, si une telle attaque se produit, chacune d’elles […] assistera la partie ou les parties ainsi attaquées en prenant aussitôt, individuellement et d’accord avec les autres parties, telle action qu’elle jugera nécessaire, y compris l’emploi de la force armée, pour rétablir et assurer la sécurité dans la région de l’Atlantique Nord. »</em></p>



<p>Deux évènements majeurs renforcent son rôle de coopération militaire. Premièrement, dès l’été 1949, l’URSS accède à l’arme nucléaire. Les États-Unis s’affolent de cette nouvelle, leur capacité à imposer leur domination se trouve nécessairement ­concurrencée par la capacité de dissuasion nucléaire russe.&nbsp;</p>



<p>Ensuite, en 1950, surgit la guerre de Corée. C’est l’un des premiers réchauffements majeurs de la guerre froide. La Corée du Nord, soutenue par la Chine et l’URSS envahit militairement la Corée du Sud, elle-même sous contrôle américain. Durant trois années de guerre fratricide, l’URSS et le bloc occidental se mènent, déjà à l’époque, une guerre par procuration, au détriment des populations coréennes : les USA fournissent près de 300 000 soldats à la Corée du Sud, côté nord-coréen, la Chine 1,2&nbsp;million d’hommes, et l’URSS de nombreux équipements militaires.</p>



<p>Dès le mois de décembre 1950, les 12 États membres de l’OTAN amènent le traité initial pour intégrer une force armée à l’assistance mutuelle et placer un commandement suprême au-dessus des unités nationales.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une détente avec le doigt sur la gâchette</h2>



<p>L’idéologie dominante situe la détente comme résultant de cet accroissement des richesses produites du côté occidental et en raison de la mort de Staline.&nbsp;</p>



<p>L’année 1953 marque en ce sens un tournant. La guerre de Corée est un désastre sur un plan humain.&nbsp;2 000 000 de civils coréens, 1,2&nbsp;million de soldats issus des contingents chinois et nord-coréens et 500 000 combattants des troupes occidentales sont morts. Une sorte d’équilibre des forces en résulte et implique de devoir penser la concurrence entre ces blocs par d’autres formes que par des conflits armés les opposant directement.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img data-dominant-color="d6cabc" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #d6cabc;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/12/A2C_RevueN5_OTAN_Illustr2.jpg" alt="" class="wp-image-6487 not-transparent" width="740" height="609"/><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>
</div>


<p>Ainsi, côté occidental, le général américain Mc&nbsp;Arthur, auteur des pires crimes de guerre en Corée, est licencié par Harry Truman. Du côté russe, la mort de Staline amène le régime à se restructurer et à envisager une détente avec le bloc occidental et les différentes tensions entre blocs deviennent l’affaire de la diplomatie.</p>



<p>Néanmoins, la lecture de la trajectoire qu’a pris le capitalisme et des tendances qui l’ont dominé des années 1950 jusqu’au début des années 1990 permettent de comprendre que la guerre a constamment été un moyen d’affirmer la domination impérialiste. Comme le fait remarquer le révolutionnaire britannique Chris Harman, cette détente n’estompe en rien la course à l’armement financée par une économie permanente de l’armement. « <em>Les dépenses militaires, dans les deux camps, atteignent des sommets sans précédent en temps de paix, jusqu’à 20 % du PIB côté américain et 40 % du côté soviétique</em> »<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6480_15('footnote_plugin_reference_6480_15_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_6480_15('footnote_plugin_reference_6480_15_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6480_15_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6480_15_1" class="footnote_tooltip">Chris Harman,<em>&nbsp;<em>Une histoire populaire de l’humanité, </em></em>La Découverte, 2011<em>.</em></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6480_15_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6480_15_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script><em>.</em>&nbsp;Le développement de l’armement nucléaire, la croissance de l’aéronautique et la conquête spatiale demeurent des constantes durant la guerre froide et incarnent le hardpower de la concurrence inter-impérialiste.</p>



<p>Sans se faire la guerre mutuellement, les armées de l’OTAN et de l’URSS n’ont cessé de tenter de maintenir leur domination et leurs aires d’influence respectives sur les États en voie de développement.</p>



<p>Le soutien au régime des colonels en Grèce ou l’ingérence américaine durant l’invasion impérialiste de l’Afghanistan sont autant d’exemple qui attestent que la politique de l’OTAN durant les années 1970 et 1980 a été pensée pour maintenir des régions du globe sous domination des capitaux occidentaux et plus particulièrement, américains.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Après 1991, les croisades reprennent</h2>



<p>La chute de l’URSS et les dissensions entre puissances occidentales auraient pu amener l’OTAN à se dissoudre. Bien au contraire, l’OTAN a toujours cherché à étendre son influence. Trois politiques ont guidé les résolutions de l’OTAN depuis la fin de la guerre froide.&nbsp;</p>



<p>–&nbsp;Assouvir les intérêts économiques et politiques de ses principales puissances dans des États en voie de développement par des interventions et des occupations militaires. Ces politiques dictées par les USA ont généré les guerres impérialistes en Irak (1991 et 2003), en Bosnie (1999) ou en Afghanistan (2001).</p>



<p>–&nbsp;Mener une expansion vers l’est de l’Europe. L’effondrement de l’URSS laisse place à une Russie affaiblie sur un plan politique et militaire comparativement aux États-Unis. Elle n’en demeure pas moins la deuxième puissance nucléaire au début des années 1990 et les nouveaux oligarques se sont vus disciplinés par le régime mis en place par Poutine. La reconfiguration des rapports entre l’État et les capitaux russes permettent au régime de maintenir une domination impérialiste sur certains États anciennement satellites de l’URSS. La rivalité inter-impérialiste entre l’OTAN et la Russie est la raison même de la guerre en Ukraine et des bombardements de l’Arménie par l’Azerbaïdjan.&nbsp;</p>



<p>–&nbsp;Faire face au développement de l’impérialisme chinois. L’expansion des richesses produites par la Chine et son capitalisme dirigé par l’État lui permettent d’imposer une rivalité inter-impérialiste aux USA. Dès la seconde intervention en Irak, la classe dirigeante américaine désire contrôler l’ensemble des puits de pétrole alimentant l’industrie chinoise. Depuis les années Trump, l’administration américaine se livre à une guerre commerciale avec la Chine et à une intense course à l’armement. Sur un plan militaire, l’OTAN, depuis quelques années, tente de développer une alliance de seconde classe dans l’océan Pacifique. L’objectif étant d’y implanter des bases militaires et ouvrir la possibilité d’affrontement militaire avec la Chine sur des territoires donnés comme à Taïwan ou en Corée.&nbsp;</p>



<p>Chaque conflit local, en Ukraine, en Corée, à Taïwan ou dans le Caucase prend des dimensions globales en raison des ingérences des puissances impérialistes se livrant à leurs propres rivalités au détriment des peuples meurtris par les guerres.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img data-dominant-color="d1d7e1" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #d1d7e1;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/12/A2C_RevueN5_OTAN_Illustr3.jpg" alt="" class="wp-image-6488 not-transparent" width="768" height="576"/></figure>
</div>


<p>Le dernier sommet de l’OTAN à Madrid en juin 2022 a ouvert la voie à davantage de morts et de destructions en Ukraine mais aussi à la menace d’une guerre plus large. Les dirigeants de l’OTAN ont convenu de plus d’armes pour le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui s’est exprimé lors du sommet. Cela signifie une intensification de la guerre par procuration que l’impérialisme américain et l’impérialisme russe mènent contre l’Ukraine.</p>



<p>Le président Joe Biden avait déjà promis que les États-Unis déverseraient du matériel militaire en Europe. Cela comprend un quartier général permanent pour le 5<sup>e</sup>&nbsp;corps d’armée en Pologne, 5 000&nbsp;soldats supplémentaires en Roumanie et deux escadrons de F-35 en Grande-Bretagne.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Les nouveaux déploiements américains viennent s’ajouter aux 100 000&nbsp;soldats qu’ils ont en Europe –&nbsp;qu’ils avaient déjà augmentés de 20 000 depuis l’invasion russe. Et, au-delà des États-Unis, ses alliés augmenteront le nombre de soldats en état d’alerte maximale de 40 000 à 300 000.</p>



<p>Lors du sommet, les dirigeants de l’OTAN ont convenu d’inviter la Finlande et la Suède, jusqu’à présent des pays officiellement neutres, à rejoindre l’alliance.</p>



<p>L’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN est un autre signe de la façon dont le monde est contraint à des camps impérialistes rivaux, les États-Unis, la Russie et la Chine. Ils sont armés d’armes nucléaires et s’affrontent à travers l’Europe de l’Est et l’Asie. Plus que jamais, comme le criait Karl Liebknecht,&nbsp;<em>« l’ennemi principal est à la maison »</em>.&nbsp;</p>



<h6 class="wp-block-heading">Gaël Braibant, Montreuil</h6>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_6480_15();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_6480_15();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_6480_15">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_6480_15" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6480_15_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6480_15('footnote_plugin_tooltip_6480_15_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Chris Harman,<em>&nbsp;<em>Une histoire populaire de l’humanité, </em></em>La Découverte, 2011<em>.</em></td></tr>

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			</item>
		<item>
		<title>Se préparer aux guerres qui (re)viennent</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/se-preparer-aux-guerres-qui-reviennent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Meriem]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Oct 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[capitalisme militaire]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">L’invasion russe de l’Ukraine entre dans son 7e&#160;mois sans solution en vue. À l’autre bout de la planète, la concurrence économique entre la vieille puissance des USA et la Chine émergente se transforme sous nos <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/se-preparer-aux-guerres-qui-reviennent/" title="Se préparer aux guerres qui (re)viennent">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">L’invasion russe de l’Ukraine entre dans son 7<sup>e</sup>&nbsp;mois sans solution en vue. À l’autre bout de la planète, la concurrence économique entre la vieille puissance des USA et la Chine émergente se transforme sous nos yeux en rivalité militaire, avec le détroit de Taïwan comme point de déflagration annoncé. Après des décennies où les guerres semblaient se cantonner aux périphéries du système capitaliste, nous assistons au retour des combats et des tensions au cœur même du système : l’Europe et l’Asie du Sud-Est. Les rivalités économiques, commerciales et géopolitiques se doublent d’une course effrénée aux armements. La situation ressemble furieusement au début du 20<sup>e</sup>&nbsp;siècle qui avait accouché de la Première Guerre mondiale. Les révolutionnaires qui, à l’époque, avaient refusé de se ranger derrière leurs classes dirigeantes respectives avaient inscrit deux slogans sur leurs bannières : « l’ennemi principal est à la maison », et « transformer la guerre impérialiste en guerre civile ». Ces mots d’ordres sont-ils toujours d’actualité ?</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #04 &#8211; SEPTEMBRE 2022</h6>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-drop-cap">À en croire les réactions de la grande majorité de la gauche à l’invasion russe de l’Ukraine, la réponse est clairement non. Une partie insignifiante de la gauche légitimise de fait la guerre déclenchée par Poutine contre l’Ukraine et reprend, avec quelques nuances d’usage, la propagande du chef du Kremlin. Mais cette « gauche » ne mérite pas qu’on s’attarde sur son cas. Bien plus graves sont les positions prises par la gauche qui reconnaît à juste titre la nature impérialiste de la politique poursuivie par l’État russe, mais ne voit d’autre réponse possible que de s’aligner objectivement avec un impérialisme rival, donc avec sa propre classe dirigeante.&nbsp;</p>



<p>Sans prétendre à une revue exhaustive, cet article va tenter de montrer que les positions erronées de la gauche proviennent fondamentalement d’une incompréhension de la nature de l’impérialisme, qui l’empêche de voir la guerre en Ukraine dans son contexte plus large –&nbsp;et donc de se préparer aux confrontations à venir.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Qu’est-ce que l’impérialisme ?&nbsp;</strong></h2>



<p>D’une certaine manière, l’impérialisme existe depuis que l’État existe. Empire romain, égyptien, perse, arabe, chinois, germanique, mongol, ottoman, etc. : de nombreuses civilisations ont exhibé des tendances à l’expansion armée. Le schéma de l’époque était relativement simple : les classes dirigeantes de ces sociétés vivaient dans des grandes villes (Rome, Ctésiphon, Baghdad, Pékin, etc.) et exploitaient les classes paysannes des zones rurales aux alentours. Une puissance émergente avait donc tendance à utiliser son armée pour conquérir de nouvelles terres, accaparant ainsi plus de ressources qui servaient principalement à la consommation de la classe dirigeante. Dans ce contexte, les forces armées servaient principalement à assurer l’obédience des classes paysannes et l’extraction des ressources par la force. Les guerres entre les différentes puissances impérialistes avaient un caractère épisodique et secondaire ; le trait principal était la domination des faibles par les forts.&nbsp;</p>



<p>L’impérialisme moderne est un phénomène très différent. Son trait principal est la rivalité entre les plus grosses puissances capitalistes, alors que la domination des faibles par les forts, malgré toute sa brutalité, en est une conséquence.&nbsp;</p>



<p>L’impérialisme moderne trouve son origine dans le système économique capitaliste arrivé à un certain niveau de développement.</p>



<p>La tendance à la concentration et à la centralisation du capital, identifiée par Marx dès le 19<sup>e</sup>&nbsp;siècle, est une conséquence naturelle de la nature compétitive du capitalisme. Les entreprises les plus profitables peuvent investir pour baisser leurs coûts de production et ainsi agrandir leurs parts de marché au détriment de leurs rivaux. Les entreprises les moins profitables disparaissent ou, souvent, sont rachetées par leurs rivales plus puissantes. Ainsi, un nombre toujours plus petit d’entreprises concentre de plus en plus de capitaux et occupe une plus grande partie du marché. Des branches entières de production sont dominées par une poignée de compagnies ou de groupes. L’essor des banques et du système financier, en permettant de rassembler des capitaux issus de différents domaines pour les diriger en tant qu’investissements, ne fait que doper ces tendances. Le révolutionnaire russe Nikolaï Boukharine explique en 1914 :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="font-style:normal;font-weight:400">
<p>« Là où de nombreuses entreprises propriétés d’individus étaient en compétition les unes avec les autres, on voit apparaître la concurrence la plus féroce entre une poignée de groupes capitalistes géants poursuivant une politique complexe et calculée [&#8230;] La compétition est réduite à peau de chagrin à l’intérieur des économies « nationales », pour prendre des proportions colossales dans l’arène de l’économie mondiale. »<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6001_17('footnote_plugin_reference_6001_17_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_6001_17('footnote_plugin_reference_6001_17_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6001_17_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6001_17_1" class="footnote_tooltip"><a href="https://www.marxists.org/archive/bukharin/works/1917/imperial/10.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://www.marxists.org/archive/bukharin/works/1917/imperial/10.htm</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6001_17_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6001_17_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>
</blockquote>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="6b6b6b" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #6b6b6b;" loading="lazy" decoding="async" width="813" height="558" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/A2C_RevueN4_Guerres_Illustr_1.jpg" alt="guerres impérialisme" class="wp-image-6005 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/A2C_RevueN4_Guerres_Illustr_1.jpg 813w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/A2C_RevueN4_Guerres_Illustr_1-300x206.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/A2C_RevueN4_Guerres_Illustr_1-768x527.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 813px) 100vw, 813px" /></figure>



<p>Ce partage du monde entre les multinationales ne relègue aucunement les États nationaux aux arrière-plans. Dans leur combat dans l’arène mondiale, les firmes capitalistes ont un besoin vital de s’adosser à un État suffisamment puissant pour défendre leurs intérêts face aux entreprises liées à d’autres États, de leur assurer un accès aux matières premières et à la force de travail dans des conditions favorables, et enfin de leur « ouvrir » et de protéger leurs parts de marché sur tous les continents.</p>



<p>De son côté, l’État moderne a besoin d’encourager le développement du capitalisme. Une de ses sources principales de revenus est la taxation des profits des entreprises : l’État s’approprie ainsi une partie des fruits de l’exploitation du travail salarié, et est donc directement intéressé par le succès de « ses » capitalistes (quand il n’agit pas lui-même en tant que capitaliste, par exemple à travers les entreprises dont il est actionnaire). De plus, le pouvoir d’un État moderne, de sa bureaucratie et de ses forces armées, repose sur des infra­structures et des équipements matériels. Moyens de communication, de transport, armes, marine, aviation, etc., tous ces attributs de puissance, sans lesquels l’autorité d’un État disparaîtrait en fumée, sont inconcevables sans l’industrie capitaliste.&nbsp;</p>



<p>Enfin, tout comme la concurrence entre les différents capitaux est une caractéristique fondamentale du système, l’État moderne existe forcément en compétition avec d’autres États.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>La dépendance mutuelle et dialectique entre État et capital crée ce lien entre la compétition géopolitique et la compétition économique : c’est la caractéristique fondamentale de l’impérialisme.</p>



<p>La hiérarchie des nations impérialistes n’est pas figée : la dynamique du capitalisme est inégale dans l’espace et dans le temps, et le centre de gravité de l’accumulation ne reste jamais au même endroit. Le partage du monde et des zones d’influences repose sur des rapports de forces entre les différentes nations capitalistes, rapports qui sont eux-mêmes instables. Les relations se décident, en dernier lieu, par la puissance militaire.&nbsp;Selon Lénine :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="font-style:normal;font-weight:400">
<p>« Les alliances pacifiques préparent les guerres et, à leur tour, naissent de la guerre ; elles se conditionnent les unes les autres, engendrant des alternatives de lutte pacifique et de lutte non pacifique sur une seule et même base, celle des liens et des rapports impérialistes de l’économie mondiale et de la politique mondiale. »<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6001_17('footnote_plugin_reference_6001_17_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_6001_17('footnote_plugin_reference_6001_17_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6001_17_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6001_17_2" class="footnote_tooltip"><a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1916/vlimperi/vlimp9.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1916/vlimperi/vlimp9.htm</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6001_17_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6001_17_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>
</blockquote>



<p>C’est ainsi que la lutte économique et politique permanente explose en des déflagrations violentes où les questions de rapport de forces se règlent par les armes. La guerre n’est donc, selon la célèbre formule du théoricien militaire prussien Carl von Clausewitz, que la continuation de la politique par d’autres moyens. C’est d’autant plus vrai dans les périodes de déséquilibre aigü, lorsque des puissances économiques sur le déclin utilisent leur force armée pour enrayer leur chute, tandis que les forces émergentes tentent de se construire une puissance militaire digne de leur nouveau statut économique.</p>



<p>C’était notamment le cas des deux guerres mondiales qui éclatèrent sur le continent européen. La Grande-Bretagne et la France étaient deux puissances sur le déclin mais fortes de leurs colonies et de leur influence commerciale et politique accumulée lorsqu’elles se trouvaient au sommet de la hiérarchie. L’Allemagne, puissance émergente, devenue économiquement plus dynamique, cherchait à se forger une stature politique et commerciale digne de son nouveau statut économique, donc à empiéter sur le territoire des anciennes puissances.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’impérialisme et la guerre en Ukraine</strong></h2>



<p>L’impérialisme est donc ancré dans l’ADN du capitalisme moderne ; reprocher à Poutine de mener une politique impérialiste équivaut à reprocher à un patron de mener une politique capitaliste.</p>



<p>Les formes spécifiques prises par la relation entre l’État et le capital, les stratégies spécifiques adoptées par les classes dirigeantes peuvent varier d’une époque à l’autre selon une multitude de facteurs historiques et politiques. Dans un article publié en juin 2022, le militant britannique Rob Ferguson revient sur les trois dernières décennies qui ont fait que l’Ukraine s’est retrouvée prise au milieu de la « fissure eurasiatique » entre la Russie et l’Otan. Il résume la problématique post-soviétique ainsi :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="font-style:normal;font-weight:400">
<p>« La Russie a émergé de l’effondrement de l’empire soviétique avec une économie, un État et une armée sérieusement affaiblis ; mais elle était loin d’être impuissante. Elle a hérité du deuxième plus grand arsenal nucléaire du monde et des plus grosses forces armées conventionnelles de la région. La plupart des États de l’ex-URSS restèrent longtemps dépendants des ressources énergétiques russes ainsi que de l’infrastructure industrielle et économique mise en place sous le pouvoir soviétique. La puissance de la Russie étant limitée comparé aux USA et à ses alliés, il est d’autant plus vital pour l’État russe d’être capable de défendre ce qui lui reste d’influence et de pouvoir. »<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6001_17('footnote_plugin_reference_6001_17_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_6001_17('footnote_plugin_reference_6001_17_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6001_17_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6001_17_3" class="footnote_tooltip"><a href="http://isj.org.uk/eurasian-faultline/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">http://isj.org.uk/eurasian-faultline/</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6001_17_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6001_17_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>
</blockquote>



<p>Le rôle historique de Vladimir Poutine doit être vu dans ce contexte. Après le chaos de la première décennie post-URSS, l’arrivée au pouvoir de l’ancien du KGB a permis de discipliner les oligarques, de recentraliser le pouvoir d’État (notamment en menant des guerres sanglantes en Tchétchénie et en refondant les appareils de sécurité intérieure) et de reprendre un contrôle direct sur certains secteurs économiques stratégiques. La relation entre le capital et l’État fut ainsi reconstruite en Russie, sur des bases économiques certes moins élevées que l’URSS<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6001_17('footnote_plugin_reference_6001_17_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_6001_17('footnote_plugin_reference_6001_17_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6001_17_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6001_17_4" class="footnote_tooltip">La Russie étant principalement réduite à une source de matières premières pour le marché mondial avec une industrie relativement faible. Pour donner un ordre de grandeur, le PIB de la Russie équivaut à moins de la moitié de celui de l’Allemagne, et le PIB par habitant·e de la France est 4 fois plus important que celui de la Russie.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6001_17_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6001_17_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, mais permettant néanmoins à l’État russe d’utiliser sa puissance économique et militaire pour défendre son influence régionale face à l’expansion de l’Otan. La guerre en Ukraine ne peut être vue hors de ce contexte. Le fait que l’impérialisme russe soit principalement occupé par la défense de ses intérêts face à un impérialisme plus puissant ne le rend pas le moins du monde légitime ; il s’agit simplement pour nous d’essayer de comprendre ce qui se passe, sur quelles bases réelles les exploiteurs se concurrencent entre eux.&nbsp;</p>



<p>La réaction de l’Otan à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, en plus des sanctions économiques visant la Russie et de l’armement direct de l’armée ukrainienne, est résumée par cette observation de Henry Foy :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="font-style:normal;font-weight:400">
<p>« Alors que la guerre fait rage en Ukraine, les pays du flanc Est de l’Otan sont le théâtre du déploiement militaire le plus rapide et le plus massif de l’histoire moderne de l’Europe : un état d’alerte et de mobilisation qui n’est pas tout à fait celui d’une guerre, mais qui est aussi loin de la paix [&#8230;] et sans les accords de la guerre froide qui servaient de garde-fous. »<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6001_17('footnote_plugin_reference_6001_17_5');" onkeypress="footnote_moveToReference_6001_17('footnote_plugin_reference_6001_17_5');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6001_17_5" class="footnote_plugin_tooltip_text">5</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6001_17_5" class="footnote_tooltip"><a href="https://www.ft.com/content/a1a242c3-9000-454d-bec7-c49077b2cc6c" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://www.ft.com/content/a1a242c3-9000-454d-bec7-c49077b2cc6c</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6001_17_5').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6001_17_5', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>
</blockquote>



<p>Il est clair que l’enjeu objectif de cette guerre, qu’on le veuille ou non, dépasse largement la question de l’autodétermination du peuple ukrainien dont l’Otan et Poutine se foutent éperdument. Pour l’Otan, l’enjeu est double : d’un côté, <em>« transformer l’Ukraine en Afghanistan »</em>, comme l’a dit sans sourciller Hillary Clinton, c’est-à-dire de profiter de l’erreur d’un rival pour l’affaiblir fût-ce au prix de la destruction de l’Ukraine. Mais pour l’État américain, qui reste de loin l’impérialisme le plus puissant et le plus dangereux de la planète, l’enjeu dépasse la Russie. Cette dernière est un rival économique insignifiant, et un rival militaire de second rang capable tout au plus de jouer un rôle régional.<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6001_17('footnote_plugin_reference_6001_17_6');" onkeypress="footnote_moveToReference_6001_17('footnote_plugin_reference_6001_17_6');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6001_17_6" class="footnote_plugin_tooltip_text">6</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6001_17_6" class="footnote_tooltip">Pour donner une idée, le budget militaire de la Russie en 2019 était 5&nbsp;fois moins important que le budget militaire des pays européens de l’Otan sans compter les États-Unis. Si l’on inclut le budget militaire des USA, le rapport est de 1 à 15.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6001_17_6').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6001_17_6', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> L’enjeu stratégique pour l’impérialisme US est représenté par la puissance capitaliste émergente qui menace son hégémonie économique comme aucune ne l’avait jamais fait auparavant : la Chine. La guerre de la Russie contre l’Ukraine est donc l’occasion de resserrer les liens de l’Otan, de gagner la bataille politique pour l’augmentation des budgets militaires et la préparation des armées au retour des ­confrontations entre grandes puissances.</p>



<p>La Chine est dans le collimateur de l’impérialisme US depuis longtemps : déjà au moment de l’invasion de l’Irak en 2003, les think-tanks américains parlaient de contrôler la région qui alimente l’économie chinoise en pétrole. Barack Obama a tenté tant bien que mal de désengager les troupes US du moyen-orient au nom de la politique du « pivot vers l’Asie ». Donald Trump s’est engagé dans une « guerre commerciale » contre la Chine, une politique continuée depuis par Joe Biden. Le président actuel n’exclut pas une confrontation militaire avec la Chine au sujet de Taïwan, dont l’industrie produit l’immense majorité des puces électroniques du monde, et dont la zone maritime est le point de passage de la majorité des exportations chinoises.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="a2a2a2" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #a2a2a2;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/A2C_RevueN4_Guerres_Illustr_2-1024x682.jpg" alt="guerres impérialisme" class="wp-image-6006 not-transparent"/></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quel internationalisme, quelle politique antiguerre ?</strong></h2>



<p>Cet article a tenté d’offrir une perspective alternative à celle qui domine la gauche depuis l’invasion de l’Ukraine. Les points suivants sont à souligner :&nbsp;</p>



<p>Premièrement, l’impérialisme n’est pas simplement une politique poursuivie par une classe dirigeante mais c’est une conséquence objective de la rivalité économique et de la rivalité géopolitique sous le capitalisme. Reprocher à un État de mener une politique impérialiste revient à reprocher à un patron de mener une politique capitaliste. L’impérialisme n’a pas pour origine véritable l’idéologie de telle ou telle classe dirigeante. Celles et ceux qui fouillent dans les bas-fonds de la pensée impériale russe, ou pire encore, s’adonnent à des spéculations sur la psychologie de Poutine pour expliquer la guerre meurtrière déclenchée contre l’Ukraine regardent dans la mauvaise direction. Le discours idéologique peut être nécessaire pour justifier une aventure impérialiste ; il n’en constitue pas pour autant l’origine, qui est matérielle et objective. La « nature » d’un régime (démocratique, parlementaire, autocratique, etc.) n’est pas non plus le facteur décisif. Beaucoup de bavardages s’attardent sur la nature autoritaire du régime russe pour expliquer l’invasion de l’Ukraine, comme si les pays démocratiques que sont les USA, la France et la Grande-Bretagne n’avaient jamais envahi personne !&nbsp;</p>



<p>Deuxièmement, le trait principal de l’impérialisme n’est pas la domination des faibles par les forts, mais la rivalité entre les puissances impérialistes. Ce point est important à la fois dans l’analyse (que nous avons tenté de démontrer ci-dessus) et dans notre réaction politique. Gilbert Achcar, par exemple, réduit l’impérialisme à une série d’invasions de pays faibles par des pays plus forts, sans lien particulier entre elles (il est loin d’être le seul à penser de la sorte). C’est ce qui lui permet d’affirmer que :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="font-style:normal;font-weight:400">
<p>« Le sort de l’invasion de l’Ukraine par la Russie déterminera la propension de tous les autres pays à l’agression. Si elle échoue à son tour, l’effet sur toutes les puissances mondiales et régionales sera celui d’une forte dissuasion. Si elle réussit [&#8230;], l’effet sera un glissement majeur de la situation mondiale vers la loi de la jungle sans retenue, enhardissant l’impérialisme des États-Unis lui-même et ses alliés à poursuivre leur propre comportement agressif. »<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6001_17('footnote_plugin_reference_6001_17_7');" onkeypress="footnote_moveToReference_6001_17('footnote_plugin_reference_6001_17_7');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6001_17_7" class="footnote_plugin_tooltip_text">7</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6001_17_7" class="footnote_tooltip"><a href="https://alencontre.org/laune/memorandum-sur-une-position-anti-imperialiste-radicale-concernant-la-guerre-en-ukraine.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://alencontre.org/laune/memorandum-sur-une-position-anti-imperialiste-radicale-concernant-la-guerre-en-ukraine.html</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6001_17_7').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6001_17_7', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>
</blockquote>



<p>L’affirmation fantaisiste selon laquelle l’échec d’une aventure impérialiste aurait un effet dissuasif sur toutes les autres puissances ne résiste pas au moindre examen des faits tels qu’ils se sont déroulés dans le monde réel. L’échec de la France en Indochine n’a pas dissuadé les USA d’envahir le Vietnam ; leur propre échec n’a pas empêché l’URSS d’envahir l’Afghanistan dans la foulée, pour un échec plus retentissant encore. Les occupations catastrophique par les USA de l’Afghanistan et de l’Irak, que Achcar prend en exemple, sont loin d’avoir dissuadé les autres puissances : dans la foulée, Israël a lancé une guerre contre le Liban, la Russie a profité de l’embourbement des USA au Moyen-Orient pour envahir la Géorgie en 2008, l’Iran, la Turquie, Israël, la Russie et les USA eux-mêmes sont intervenus en Syrie, l’Arabie saoudite a envahi le Yémen, sans compter les nombreuses interventions de l’armée française sur le continent africain.</p>



<p>Si l’on comprend l’impérialisme comme un système de rivalités entre différentes puissances, et non comme une série d’aventures aléatoires, alors il devient tout à fait logique que l’échec d’une puissance impérialiste puisse avoir pour effet d’encourager d’autres puissances à s’engouffrer dans la brèche, à profiter de l’occasion pour faire avancer leurs pions.&nbsp;</p>



<p>Pas un ou une anti-impérialiste digne de ce nom ne souhaiterait pour autant autre chose qu’un échec de l’impérialisme russe en Ukraine. Mais la question fondamentale est de quel échec parlons-nous ? Il existe, en fin de compte, deux possibilités : ou bien l’échec est le fait d’une intervention (directe ou indirecte) de puissances impérialistes rivales de la Russie (avec le peuple ukrainien comme chair à canon), ou bien l’échec de la classe dirigeante russe est le résultat d’un soulèvement populaire contre la guerre.&nbsp;</p>



<p>La gauche est malheureusement en grande partie montée dans le train en marche de l’impérialisme rival ; en soutenant les sanctions contre la Russie (qui sont, comme toute l’histoire des sanctions internationales le démontrent, des sanctions contre le peuple russe, des sanctions qui vont renforcer la mainmise économique et politique de la classe dirigeante russe sur son peuple), en soutenant les livraisons d’armes par l’Otan, on se range derrière la classe dirigeante ukrainienne qui, apeurée par l’impérialisme russe, s’est livrée à un impérialisme rival.&nbsp;</p>



<p>Face à la Première Guerre mondiale, les bolcheviks agitèrent avec succès le mot d’ordre de la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile. Une politique qui aboutit à la révolution et contribua à mettre fin à la guerre. Cette possibilité peut aujourd’hui sembler utopique et lointaine.</p>



<p>Pourtant, envers et contre tout, et malgré la faiblesse de l’agitation politique, une telle possibilité existe réellement : depuis le premier jour de l’invasion, les soldats de l’armée russe montrent peu d’enthousiasme pour la guerre. L’État russe a tellement peur des désertions qu’il n’a toujours pas déclaré de mobilisation générale de sa population ; de nombreuses désertions ou refus de combattre ont été rapportés. Des soldats auraient même exécuté leur propre commandant dans au moins un cas identifié. Des unités formées de minorités ethniques russes et placées dans les zones les plus dangereuses du front ont protesté. Le fait même que l’État russe se sente obligé d’appliquer une censure impitoyable pour arrêter l’expression du sentiment antiguerre prouve que celui-ci existe réellement. De leur côté, des syndicalistes biélorusses ont revendiqué plusieurs actes de sabotage sur le réseau ferré qui sert l’armée russe.&nbsp;</p>



<p>Tous ces faits peuvent sembler isolés et anecdotiques à celles et ceux qui ne voient pas la possibilité d’un soulèvement contre la guerre, d’une fraternisation entre les Ukrainien·nes et les Russes contre cette guerre qui leur est imposée par l’État russe, comme une issue possible du conflit. Pour les révolutionnaires, au contraire, ces faits constituent la preuve irréfutable qu’une politique visant à transformer la guerre impérialiste en guerre de classe est possible. C’est même la seule alternative réaliste à un affrontement Otan-Russie sur la terre ukrainienne.&nbsp;</p>



<p>Pour la gauche occidentale, encourager cette possibilité signifie avant tout couper l’herbe sous les pieds de nos impérialistes, de notre classe dirigeante. En affirmant haut et fort qu’aucun alignement avec notre classe dirigeante n’est possible, en refusant les sanctions qui touchent le peuple russe, en refusant l’augmentation des budgets militaires, on lui enverrait un message clair : il est possible de s’unir par en bas contre cette guerre imposée par en haut.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Conclusion</strong></h2>



<p>Le pacifisme abstrait est tout à fait vain ; espérer que la guerre s’arrêtera par elle-même, et surtout que de nouvelles guerres ne seront pas déclenchées, reviendrait à exorciser les démons du capitalisme par des incantations magiques.&nbsp;</p>



<p>Il faut tout d’abord reconnaître la nature objective de la guerre impérialiste sous le capitalisme. Que derrière la façade des volontés subjectives des cliques dirigeantes, des idéologies fumeuses, qu’elles soient nationalistes ou pseudo-démocratiques, se jouent des tendances objectives, matérielles, qui sont intimement liées aux rivalités capitalistes. Espérer que celles-ci pourront s’émousser en changeant de discours ou de dirigeants est totalement utopique. Sous le capitalisme, les accords d’hier ne sont que les préparations des guerres de demain. La guerre n’est pas une tumeur accrochée au corps sain du capitalisme ; au contraire, la guerre impérialiste est la plus extrême expression de l’essence concurrentielle du capitalisme.&nbsp;</p>



<p>La guerre qui déchire l’Ukraine n’est qu’une répétition à petite échelle de ce que nous réservent les rivalités impérialistes dans les années à venir. Le slogan de la transformation des guerres impérialistes en guerres civiles sera d’actualité car les conditions objectives nous l’imposeront.&nbsp;</p>



<p>Attendre sagement le silence des armes et refuser de sortir les marrons révolutionnaires du feu de l’impérialisme reviendrait finalement à abandonner le destin de l’humanité à telle ou telle classe dirigeante. L’histoire joue cartes sur table et nous donne deux issues à la crise que traverse l’humanité : guerre impérialiste ou guerre de classe ?</p>



<p><strong>Jad Bouharoun</strong></p>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_6001_17();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_6001_17();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_6001_17">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_6001_17" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6001_17_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6001_17('footnote_plugin_tooltip_6001_17_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://www.marxists.org/archive/bukharin/works/1917/imperial/10.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://www.marxists.org/archive/bukharin/works/1917/imperial/10.htm</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6001_17_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6001_17('footnote_plugin_tooltip_6001_17_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1916/vlimperi/vlimp9.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1916/vlimperi/vlimp9.htm</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6001_17_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6001_17('footnote_plugin_tooltip_6001_17_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="http://isj.org.uk/eurasian-faultline/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">http://isj.org.uk/eurasian-faultline/</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6001_17_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6001_17('footnote_plugin_tooltip_6001_17_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text">La Russie étant principalement réduite à une source de matières premières pour le marché mondial avec une industrie relativement faible. Pour donner un ordre de grandeur, le PIB de la Russie équivaut à moins de la moitié de celui de l’Allemagne, et le PIB par habitant·e de la France est 4 fois plus important que celui de la Russie.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6001_17_5" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6001_17('footnote_plugin_tooltip_6001_17_5');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>5</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://www.ft.com/content/a1a242c3-9000-454d-bec7-c49077b2cc6c" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://www.ft.com/content/a1a242c3-9000-454d-bec7-c49077b2cc6c</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6001_17_6" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6001_17('footnote_plugin_tooltip_6001_17_6');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>6</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Pour donner une idée, le budget militaire de la Russie en 2019 était 5&nbsp;fois moins important que le budget militaire des pays européens de l’Otan sans compter les États-Unis. Si l’on inclut le budget militaire des USA, le rapport est de 1 à 15.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6001_17_7" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6001_17('footnote_plugin_tooltip_6001_17_7');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>7</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://alencontre.org/laune/memorandum-sur-une-position-anti-imperialiste-radicale-concernant-la-guerre-en-ukraine.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://alencontre.org/laune/memorandum-sur-une-position-anti-imperialiste-radicale-concernant-la-guerre-en-ukraine.html</span></a></td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_6001_17() { jQuery('#footnote_references_container_6001_17').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_6001_17').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_6001_17() { jQuery('#footnote_references_container_6001_17').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_6001_17').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_6001_17() { if (jQuery('#footnote_references_container_6001_17').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_6001_17(); } else { footnote_collapse_reference_container_6001_17(); } } function footnote_moveToReference_6001_17(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_6001_17(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_6001_17(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_6001_17(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/se-preparer-aux-guerres-qui-reviennent/">Se préparer aux guerres qui (re)viennent</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le capitalisme en France et la place particulière du militaire</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/le-capitaliste-en-france-et-la-place-particuliere-du-militaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Oct 2022 10:29:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[Armement]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Impérialisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Un monde de production de marchandises est un monde de concurrence entre les producteurs. La compétition économique avec l’accumulation de moyens de production et la compétition militaire avec l’accumulation de moyens de destruction ne peuvent <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/le-capitaliste-en-france-et-la-place-particuliere-du-militaire/" title="Le capitalisme en France et la place particulière du militaire">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/le-capitaliste-en-france-et-la-place-particuliere-du-militaire/">Le capitalisme en France et la place particulière du militaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<pre class="wp-block-verse">Un monde de production de marchandises est un monde de concurrence entre les producteurs. La compétition économique avec l’accumulation de moyens de production et la compétition militaire avec l’accumulation de moyens de destruction ne peuvent se mener l’une sans l’autre et sont les jauges de cette concurrence qui permettent d’illustrer l’interdépendance mutuelle des États et des capitaux nationaux.</pre>



<h6 class="has-text-align-right has-background wp-block-heading" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #04 &#8211; SEPTEMBRE 2022</h6>



<p>« <em>Un État peut négliger les intérêts de certains capitalistes, mais il ne peut pas oublier que ses revenus et sa capacité à se défendre contre d’autres États dépend de la continuité de l’accumulation capitaliste. Parallèlement, un capital individuel peut, au prix de grandes difficultés, se déraciner du sol de son État national et se replanter dans un autre ; mais il ne peut opérer à long terme dans une situation de Far West sans un État efficace pour le protéger à la fois contre les forces d’en bas qui peuvent troubler le rythme normal de l’exploitation, et contre d’autres capitaux et leurs États. »</em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6105_19_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_1" class="footnote_tooltip">Chris Harman, <em>Zombie Capitalism</em>, Chapitre 4. Chris Harman était un activiste anglais, membre du Socialist Workers Party en Angleterre dont il a dirigé le journal et participé au Comité central. Une partie de ses œuvres est accessible en ligne en français : <a href="https://www.marxists.org/francais/harman/"><span class="footnote_url_wrap">https://www.marxists.org/francais/harman/</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6105_19_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>



<p>Le militaire occupe ainsi une place déterminante dans le développement des États et capitaux nationaux. Mais cette place n’est pas toujours la même d’un État à l’autre, selon sa position dans la compétition économique, sa stabilité politique, la place laissée à l’armée dans les institutions politiques, etc. Et il y a en France une particularité vis-à-vis du militaire qui est selon Claude Serfati<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6105_19_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_2" class="footnote_tooltip">Claude Serfati est économiste, chercheur associé à l’IRES (Institut de recherches économiques et sociales), et au CEMOTEV (Université Versailles-Saint-Quentin) et membre du conseil scientifique d’Attac.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6105_19_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> <em>« avec les États-Unis, et sans doute plus que ce pays depuis quelques années, le seul grand pays occidental dont l’interaction entre l’influence économique et l’interventionnisme militaire soit aussi forte. »</em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6105_19_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_3" class="footnote_tooltip">Claude Serfati, <em>Le militaire, Une histoire française</em>, Éditions Amsterdam, 2017</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6105_19_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>



<p class="has-text-align-center"><em>You that build the death planes</em><br><em>You that build the big bombs</em><br><em>You that hide behind walls</em><br><em>You that hide behind desks</em></p>



<p class="has-text-align-center">Bob Dylan, <em>Masters of War</em> (1963)</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="c5c5c5" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #c5c5c5;" loading="lazy" decoding="async" width="800" height="488" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/A2C_RevueN4_Militaire_Illustr_1.jpg" alt="" class="wp-image-6112 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/A2C_RevueN4_Militaire_Illustr_1.jpg 800w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/A2C_RevueN4_Militaire_Illustr_1-300x183.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/A2C_RevueN4_Militaire_Illustr_1-768x468.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’accumulation dans la compétition militaire</strong></h2>



<p>Au cœur de la question militaire, il y a les armées : des armes, du matériel, des soldats, des vétérans, des formations, une organisation ; l’argent nécessaire pour financer tout cela est prélevé sur la plus-value réalisée par les économies. Cette portion de la richesse ne reviendra jamais dans l’économie productive et est consacrée uniquement aux moyens de destruction dont l’accumulation au <em>« niveau nécessaire pour garantir la victoire dans la guerre dépend de la même tendance à accumuler des moyens de production que la lutte pour les marchés »</em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6105_19_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_4" class="footnote_tooltip">Chris Harman, <em>Zombie Capitalism</em>, Chapitre 4</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6105_19_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>Depuis le début de l’emprise capitaliste sur les sociétés occidentales, les montants des dépenses consacrés à la défense et à la sécurité<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_5');" onkeypress="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_5');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6105_19_5" class="footnote_plugin_tooltip_text">5</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_5" class="footnote_tooltip">Il s’agit de dépenses militaires auxquelles on ajoute aussi les dépenses de sécurité intérieure (police, gendarmerie nationale, etc.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6105_19_5').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_5', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>) ont atteint des niveaux inédits dans l’histoire de l’humanité et n’ont cessé d’augmenter. Et la tendance s’accélère actuellement : voilà des années que les États se réarment.&nbsp;</p>



<p>2021 a été la septième année consécutive d’augmentation des dépenses militaires dans le monde et la première fois qu’elles dépassent 2 000&nbsp;milliards de dollars constants<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_6');" onkeypress="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_6');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6105_19_6" class="footnote_plugin_tooltip_text">6</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_6" class="footnote_tooltip">Les dollars constants correspondent à un calcul qui permet d’éliminer les variations du pouvoir d’achat du dollar au fil du temps et donc de comparer des investissements dans le temps sans subir l’effet de l’inflation</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6105_19_6').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_6', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, plus de 2 % des 100 000 milliards de richesse produite dans le monde cette année-là. Pour mesurer l’accélération de cette tendance, voici les dépenses militaires dans le monde en dollars constants depuis les années 1990. À noter que l’augmentation des dernières années est notamment portée par les pays d’Europe et d’Asie :</p>



<ul class="wp-block-list"><li>En 1990 (année précédant la dislocation de l’URSS) : 1 450 milliards</li><li>En 2002 (année de l’invasion de l’Irak par les États-Unis) : 1 225 milliards</li><li>En 2009 (après la crise économique de 2008) : 1 798 milliards</li><li>En 2015 (après l’invasion du Dombass par la Russie) : 1 742 milliards</li><li>En 2021 : 2 000 milliards</li></ul>



<p>Depuis 2001, il y a eu 35 000 milliards de dollars en dépenses militaires dans le monde. 44 % des dépenses ont été faites par les États-Unis, 9 % par la Chine et derrière ces deux puissances, 8&nbsp;États ont dépensé entre 900 et 1 200&nbsp;milliards de dollars : Royaume-Uni, Arabie saoudite, Inde, France, Russie et Japon puis l’Allemagne et la Corée du Sud qui sont en train d’aligner leur niveau de dépenses sur ces autres puissances.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les budgets de défense et de sécurité de&nbsp;l’État français parmi les plus élevés du&nbsp;monde depuis 1949</strong></h2>



<p>Chaque année, depuis au moins 1949<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_7');" onkeypress="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_7');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6105_19_7" class="footnote_plugin_tooltip_text">7</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_7" class="footnote_tooltip">L’institut SIPRI ne fournit pas de données avant cette date<br><a href="https://www.sipri.org/databases/milex"><span class="footnote_url_wrap">https://www.sipri.org/databases/milex</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6105_19_7').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_7', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, la France a été parmi les dix pays qui ont fait le plus de dépenses militaires, maintenant un niveau d’accumulation que seules certaines économies pouvaient soutenir, comme celles des États-Unis, du Japon, de l’Allemagne (Allemagne de l’Ouest puis Allemagne réunifiée), du Royaume-Uni et de la Russie (URSS puis Russie). En 2021 en France, près de 54&nbsp;milliards de dollars ont été consacrés aux budgets de la défense et de la sécurité. Si l’on devait mesurer les tendances d’une société capitaliste aux investissements qu’elle fait, il est intéressant de rappeler que cette année-là, le budget de l’éducation nationale était de 64&nbsp;milliards de dollars (55&nbsp;milliards d’euros).</p>



<p>Cette position parmi les États les plus actifs dans la compétition militaire est une tendance qui s’observe sur le temps long en France. Armement et armée ont accompagné le développement du capitalisme français et lui ont permis de prendre sa place parmi les plus grandes puissances occidentales, de s’étendre et de s’enrichir avec l’esclavage puis la colonisation : <em>« La situation coloniale c’est d’abord une conquête militaire continuée et renforcée par une administration civile et policière »</em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_8');" onkeypress="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_8');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6105_19_8" class="footnote_plugin_tooltip_text">8</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_8" class="footnote_tooltip">Frantz Fanon</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6105_19_8').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_8', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. La place occupée par le militaire, la nature de l’accumulation de moyens de destruction et les moyens mis en œuvre pour la mener ont pris leur forme actuelle lors du retour du général de Gaulle en 1958, quelques jours seulement après une tentative de coup d’État menée par plusieurs généraux qui voulaient maintenir l’Algérie parmi les colonies françaises et qui le soutiendront dans sa prise de pouvoir.</p>



<p>De Gaulle permettra d’asseoir l’armée comme colonne vertébrale de la république française avec un changement de régime et une doctrine de défense <em>« indépendance –&nbsp;dissuasion&nbsp;– conscription »</em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_9');" onkeypress="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_9');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6105_19_9" class="footnote_plugin_tooltip_text">9</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_9" class="footnote_tooltip">&nbsp;Rappelé dans ce discours par le Secrétaire générale du Secrétariat générale de la Défense et de la Sécurité nationale SGDSN <a href="http://www.sgdsn.gouv.fr/discours/la-defense-et-les-moyens-de-lindependance-strategique-hommes-industries-capacites/"><span class="footnote_url_wrap">http://www.sgdsn.gouv.fr/discours/la-defense-et-les-moyens-de-lindependance-strategique-hommes-industries-capacites/</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6105_19_9').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_9', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script><sup> </sup>qui se déclinera à travers l’armement nucléaire (sur lequel viendra s’appuyer le nucléaire civile), une armée capable d’intervenir partout (et notamment en Afrique) et la défense du territoire qui s’est appuyée sur la conscription jusqu’à la suspension du service militaire par Jacques Chirac en 1997 pour privilégier alors une armée professionnelle.</p>



<p>Dès les premières années de la 5<sup>e</sup>&nbsp;République, de 1959 à 1966 <em>« les grands programmes atomiques, militaires, aéronautiques et spatiaux ont représenté 65 % de l’ensemble de la recherche publique et autour de 70 % dans les années 70 »</em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_10');" onkeypress="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_10');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6105_19_10" class="footnote_plugin_tooltip_text">10</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_10" class="footnote_tooltip">Claude Serfati, <em>Le militaire, Une histoire française</em>, Éditions Amsterdam, 2017, p.&nbsp;118</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6105_19_10').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_10', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>&nbsp;. Après la guerre d’Algérie et la défaite infligée à l’armée française, l’accumulation prend une nouvelle direction et se concentre sur le nucléaire et ce sont alors jusqu’à environ 50 % des dépenses d’équipement totales qui vont à l’effort nucléaire de 1965 à 1969<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_11');" onkeypress="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_11');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6105_19_11" class="footnote_plugin_tooltip_text">11</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_11" class="footnote_tooltip">Claude Serfati, <em>Le militaire, Une histoire française</em>, Éditions Amsterdam, 2017, p.&nbsp;58.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6105_19_11').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_11', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script><sup>&nbsp;</sup>.&nbsp;Les recherches nécessaires au nucléaire militaire sont venues amorcer puis ont alimenté dans le temps le champ du nucléaire civil faisant actuellement de la France le troisième producteur mondial d’électricité nucléaire dans le monde (à égalité avec la Chine, loin derrière les États-Unis et loin devant le quatrième pays la Russie), le pays le plus dépendant de l’énergie produite par son parc nucléaire (69 %, l’Ukraine est deuxième avec 55 %)<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_12');" onkeypress="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_12');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6105_19_12" class="footnote_plugin_tooltip_text">12</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_12" class="footnote_tooltip"><span class="footnote_url_wrap">https://pris.iaea.org/PRIS/WorldStatistics/NuclearShareofElectricityGeneration.aspx</span></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6105_19_12').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_12', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> et la quatrième puissance nucléaire militaire en terme de têtes nucléaires<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_13');" onkeypress="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_13');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6105_19_13" class="footnote_plugin_tooltip_text">13</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_13" class="footnote_tooltip"><span class="footnote_url_wrap">https://sipri.org/media/press-release/2022/global-nuclear-arsenals-are-expected-grow-states-continue-modernize-new-sipri-yearbook-out-now</span></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6105_19_13').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_13', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>France : troisième exportateur d’armes</strong></h2>



<p>Le capitalisme français concentre 11 % des exportations d’armement sur la période 2017-2021, c’est le troisième exportateur d’armes au niveau mondial sur cette période. Si elle reste devancée par les États-Unis qui représentent 39 % de ces exportations et la Russie qui en comptabilise 19 %, la France est largement devant la Chine qui n’en concentre que 4,6 % sur cette même période.</p>



<p>Et pour exporter des armes, il faut évidemment les produire. Et de ce point de vue aussi, la place qu’occupe le militaire dans l’appareil productif du capitalisme français est démesurée<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_14');" onkeypress="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_14');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6105_19_14" class="footnote_plugin_tooltip_text">14</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_14" class="footnote_tooltip">Claude Serfati, <em>Le militaire, Une histoire française</em>, Éditions Amsterdam, 2017, p.&nbsp;89</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6105_19_14').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_14', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> :</p>



<ul class="wp-block-list"><li>Sur les 50 premières usines de France par effectifs salarié·e·s, 15 appartiennent à des groupes engagés dans la production militaire aéronautique, navale et terrestre. Seul le secteur de l’automobile est plus représenté avec 17&nbsp;usines.</li><li>Les plus grands groupes à production militaire (moins d’une dizaine) comptaient en 2012 pour 22 % de l’ensemble des dépenses de recherche et de développement des 50&nbsp;premiers groupes industriels français.</li><li>6 % des effectifs de l’industrie manufacturière sont salarié·e·s de l’industrie et sont concentrées dans quelques régions comme l’Île-de-France, 12 % des emplois de l’industrie qui sont dans le secteur de la défense, et Provence-Alpes-Côte d’Azur 20 %&nbsp;</li></ul>



<p>Ces données attestent de la centralité de la défense et de la sécurité dans le système nationale d’innovation et de production ainsi que de la spécialisation de l’industrie française sur les marchés militaires et les industries proches comme le nucléaire et l’aéronautique qui se fait au détriment d’autres secteurs industrielles (équipements industriels, biens de consommation etc.).&nbsp;</p>



<p>Autrement dit, il faut envisager la centralité de l’industrie de défense et de sécurité non pas comme le moyen pour le capitalisme français de préserver son industrie, mais plutôt comme le facteur principal de l’affaiblissement de l’industrie manufacturière. C’est parce que le capitalisme français a investi massivement dans ce secteur que d’autres ont reculé, victimes de la compétition économique d’autres états et capitalismes nationaux.</p>



<p class="has-text-align-center"><em>They hit the world trade, the Pentagon, and almost got the White House</em><br><em>now everybody walkin’ round patriotic</em><br><em>How we gon’ fight to keep freedom when we ain’t got it ?</em><br><em>You wanna stop terrorists ?start with the U.S. imperalists</em><sup>&nbsp;16</sup></p>



<p class="has-text-align-center">Dead Prez, <em>Know your enemy</em> (2002)</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une armée qui fait la guerre sans compter</strong></h2>



<p>Il n’existe aucun décompte officiel des interventions menées par l’armée française à l’extérieur. Cela ne signifie pas que l’État français et l’armée française ne communiquent pas sur certaines opérations extérieures (OPEX), mais rien ne les oblige à le faire, ni avant, ni pendant, ni après. Le « droit de faire la guerre » est celui du président de la République, il peut décider seul d’envoyer des troupes, sans consulter ni ministre, ni ­gouvernement, ni Parlement.</p>



<p>Le dernier rapport parlementaire sur le sujet date de 2015 et a dénombré 111 opérations militaires menées à l’extérieur des frontières de l’État français entre 1991 et 2015 et 25 opérations en cours cette année-là. Ce qui est certain c’est que l’armée française fait la guerre dans des conflits d’envergure ou mène des occupations dont l’initiative est celle de l’État français seul : en 2011 en Lybie ; de 2013 à 2022 au Mali jusqu’à ce que l’État malien ne demande à l’armée française de quitter son territoire ; en République centrafricaine de 2013 à 2016 ; dans des conflits sous commandement de l’Otan en Afghanistan, en Irak ou au Liban pour ne parler que des guerres les plus récentes.</p>



<p>Les contingents les plus importants de soldats et les durées les plus longues d’occupations ont, dans la très grande majorité des cas, lieu en Afrique où l’armée française honore les « accords de défense » en appui du capitalisme français et des « accords de partenariat économique » facilités par le franc CFA et la Francophonie. La sécurisation de zones de marché, de zones d’influences, de ressources ou de matières premières est la raison pour laquelle l’armée française vient garantir <em>« la présence de la France dans une Afrique convoitée »</em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_15');" onkeypress="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_15');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6105_19_15" class="footnote_plugin_tooltip_text">15</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_15" class="footnote_tooltip">&nbsp;Rapport d’information fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées par le groupe de travail sur la présence de la France dans une Afrique convoitée <a href="https://www.vie-publique.fr/rapport/33604-presence-de-la-france-dans-une-afrique-convoitee"><span class="footnote_url_wrap">https://www.vie-publique.fr/rapport/33604-presence-de-la-france-dans-une-afrique-convoitee</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6105_19_15').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_15', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> pour reprendre le titre d’un groupe de travail du Sénat en 2013.</p>



<p>Toujours en 2013, avant que l’opération Barkhane ne soit en place, des soldats des forces spéciales de l’armée française avait été envoyée pour protéger les mines d’Uranium exploitées par Areva<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_16');" onkeypress="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_16');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6105_19_16" class="footnote_plugin_tooltip_text">16</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_16" class="footnote_tooltip"><span class="footnote_url_wrap">https://www.lemonde.fr/afrique/article/2013/02/01/des-reservistes-des-forces-speciales-deployes-sur-les-sites-d-areva-au-niger_1825929_3212.html</span></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6105_19_16').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_16', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> qui est chaque année parmi les 3 entreprises qui produisent le plus d’Uranium avec les entreprises Cameco et Kazatomprom, une entreprise canadienne et une entreprise kazakhe, deux pays disposant de mines d’Uranium sur leur territoire national. L’État français est <em>« dépendant des seules mines du Niger pour son approvisionnement en uranium à usage stratégique militaire »</em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_17');" onkeypress="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_17');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6105_19_17" class="footnote_plugin_tooltip_text">17</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_17" class="footnote_tooltip"><span class="footnote_url_wrap">https://survie.org/billets-d-afrique/2017/267-mai-2017/article/niger-une-base-strategique-pour-la-france-et-ses-allies</span></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6105_19_17').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_17', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> et y a replié les troupes de l’opération Barkhane chassée par l’État malien.&nbsp;</p>



<p>Et pour prendre l’exemple d’un autre grand groupe du capitalisme français : Total produit près de 30 %<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_18');" onkeypress="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_18');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6105_19_18" class="footnote_plugin_tooltip_text">18</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_18" class="footnote_tooltip"><span class="footnote_url_wrap">https://survie.org/billets-d-afrique/2019/288-juillet-aout-2019/article/total-et-francafrique-l-histoire-evolue-mais-continue</span></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6105_19_18').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_18', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> de son pétrole et de son gaz en Afrique. Total est aussi l’entreprise qui a réalisé en 2021 les bénéfices les plus importants (14&nbsp;milliards d’euros<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_19');" onkeypress="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_19');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6105_19_19" class="footnote_plugin_tooltip_text">19</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_19" class="footnote_tooltip">En ça va augmenter encore en 2022 : <em>« TotalEnergies a déjà annoncé en juillet 2022 avoir réalisé plus de 17,7 milliards d’euros de profits (18,8 milliards de dollars) sur le seul premier semestre 2022 [1]. Soit presque trois fois plus que sur le premier semestre 2021 »</em> : <a href="https://basta.media/superprofits-totalenergies-n-a-pas-paye-d-impot-sur-les-societes-en-france-depuis-deux-ans"><span class="footnote_url_wrap">https://basta.media/superprofits-totalenergies-n-a-pas-paye-d-impot-sur-les-societes-en-france-depuis-deux-ans</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6105_19_19').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_19', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>&nbsp;) parmi les 40 entreprises du CAC40, l’année où les bénéfices des 40 plus grandes entreprises du capital national n’ont justement jamais été aussi hauts<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_20');" onkeypress="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_20');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6105_19_20" class="footnote_plugin_tooltip_text">20</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_20" class="footnote_tooltip"><span class="footnote_url_wrap">https://www.francetvinfo.fr/economie/entreprises/totalenergies-annonce-un-benefice-gigantesque-de-14-milliards-d-euros-pour-2021_4953384.html</span></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6105_19_20').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_20', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p class="has-text-align-center"><em>S’il faut donner son sang</em><br><em>Allez donner le vôtre</em><br><em>Vous êtes bon apôtre</em><br><em>Monsieur le Président</em></p>



<p class="has-text-align-center">Boris Vian, <em>Le Déserteur </em>(1954)</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="c9c9c9" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #c9c9c9;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/A2C_RevueN4_Militaire_Illustr_2.jpg" alt="" class="wp-image-6115 not-transparent"/></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading"><strong>Macron, champion de l’impérialisme français</strong></h2>



<p>La loi de Programmation militaire 2019-2025 que Macron avait faite voter par le Parlement en 2019 prévoyait une augmentation progressive des budgets militaires de 41 % sur la période et de 71 % si on compare ce qui était prévu en 2025 par rapport au montant des dépenses de 2018. Elle prévoyait par exemple 37&nbsp;milliards d’euros pour le renouvellement de l’arsenal de dissuasion nucléaire (naval et aérien). Macron a cependant décidé que cette augmentation, pourtant spectaculaire, n’était pas suffisante et a annoncé la veille du défilé militaire annuel du 14&nbsp;juillet dernier, qu’il avait demandé à son ministre des Armées de la réévaluer à l’horizon de 2030 <em>« pour mener certains investissements et réorienter certaines actions »</em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_21');" onkeypress="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_21');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6105_19_21" class="footnote_plugin_tooltip_text">21</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_21" class="footnote_tooltip"><span class="footnote_url_wrap">https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2022/07/13/discours-aux-armees-a-lhotel-de-brienne-1</span></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6105_19_21').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_21', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> et que cette loi sera votée début 2023.&nbsp;</p>



<p>Macron a également poursuivi l’effort constant de l’État français dans sa volonté d’élever le niveau d’implication dans la compétition militaire de l’Union européenne<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_22');" onkeypress="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_22');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6105_19_22" class="footnote_plugin_tooltip_text">22</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_22" class="footnote_tooltip">&nbsp;<a href="https://www.publicsenat.fr/article/politique/macron-propose-une-vraie-armee-europeenne-135122"><span class="footnote_url_wrap">https://www.publicsenat.fr/article/politique/macron-propose-une-vraie-armee-europeenne-135122</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6105_19_22').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_22', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, dans l’espoir de pouvoir éventuellement accélérer l’accumulation de moyens de destruction de l’armée française (si l’UE lui apporte un soutien financier) voire d’augmenter les moyens de destruction sous le commandement de l’armée française en tant que seule puissance nucléaire et aussi en tant qu’armée la plus puissante et expérimentée. Cette avantage comparatif est favorable à l’État et au capitalisme français et est un contrepoids à son influence économique déclinante face notamment au capitalisme ­allemand au sein de l’UE.&nbsp;Il y a un domaine d’accumulation de moyens de destruction dans lequel les pays de l’Union européenne ont rapidement trouvé des intérêts communs : le contrôle des frontières. La militarisation de Frontex financée par l’Union européenne et les pays membres de l’union s’est accompagnée d’une augmentation de son budget passé de 19&nbsp;millions d’euros en 2004 (date de la création de l’agence) à 758&nbsp;millions en 2022 et d’une augmentation de son niveau de destruction. L’application des accords de Schengen<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_23');" onkeypress="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_23');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6105_19_23" class="footnote_plugin_tooltip_text">23</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_23" class="footnote_tooltip">En 2021, l’espace Schengen regroupe 26 États : 22 des 27 membres de l’Union européenne (UE). La Bulgarie, la Roumanie, Chypre et la Croatie n’y participent pas encore. L’Irlande, quant à elles, bénéficie d’un statut particulier et ne participe qu’à une partie des dispositions Schengen ; quatre États associés, non-membres de l’UE : Norvège, Islande, Suisse et Liechtenstein</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6105_19_23').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_23', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> en 1995 s’est faite à condition de verrouiller les frontières : 40 555&nbsp;personnes<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_24');" onkeypress="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_24');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6105_19_24" class="footnote_plugin_tooltip_text">24</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_24" class="footnote_tooltip"><span class="footnote_url_wrap">https://voxeurop.eu/fr/frontex-les-politiques-migratoires-de-lue-ont-tue-plus-de-40-000-personnes-depuis-1993-une-campagne-pour-abolir-frontex/</span></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6105_19_24').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_24', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script><sup>&nbsp;</sup> sont mortes en voulant rejoindre l’Union européenne depuis 1993 ; et d’externaliser la tragédie qu’elles engendrent : Frontex intervient désormais hors de l’espace Schengen, comme en Lybie et au Niger.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img data-dominant-color="888888" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #888888;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/A2C_RevueN4_Militaire_Illustr_3-673x1024.jpg" alt="" class="wp-image-6114 not-transparent"/></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’impérialisme français prêt à mordre au piège de la guerre</strong></h2>



<p>Les États-Unis sont la puissance économique et militaire la plus dominante depuis la Seconde Guerre mondiale. La compétition économique et militaire avec l’URSS s’est terminée avec sa dislocation en 1991. Entre temps, le conflit entre ces deux puissances a poussé à plusieurs reprises l’ensemble de l’humanité aux précipices d’un conflit nucléaire.&nbsp;</p>



<p>La concurrence de l’hégémonie américaine est désormais menée par la Chine et se joue à nouveau pleinement aux niveaux économiques et militaires qui viennent se cristalliser autour des zones d’influence respectives située au sein d’une zone que Macron a placée au cœur de sa stratégie militaire dès 2018 dans la loi de Programmation militaire 2019-2025 : l’Indopacifique<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_25');" onkeypress="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_25');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6105_19_25" class="footnote_plugin_tooltip_text">25</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_25" class="footnote_tooltip"><span class="footnote_url_wrap">https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/asie-oceanie/l-espace-indopacifique-une-priorite-pour-la-france/</span></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6105_19_25').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_25', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Cette zone couvre l’ensemble des pays qui ont un accès direct à l’océan Indien (de la côte Est de l’Afrique jusqu’à l’Australie à l’Ouest et l’Inde au Nord) et au sud de l’océan Pacifique (de la Nouvelle-Zélande jusqu’à la Corée du Sud et la Corée du Nord, le Japon et la Chine en incluant toutes les îles dont Taïwan).&nbsp;</p>



<p>Au-delà de l’intérêt stratégique de la zone qui concentre 60 % de la population mondiale et des richesses produites chaque année et deux tiers de la croissance économique, l’État français y contrôle des territoires conquis durant son expansion coloniale, des bases militaires et des zones d’influence : 93 % de sa zone économique exclusive (espace maritime souverain) est située dans les océans Indien et Pacifique. Au total, 1,5&nbsp;million d’habitant·e·s y résident, ainsi que 8 000&nbsp;militaires en permanence.</p>



<p>Le développement du conflit entre la Chine et les États-Unis dans ses aspects économiques et militaires est amené, étant donné le poids de ces deux puissances dans l’accumulation de moyens de production et de destruction, à prendre des proportions qui concerneront certainement la majorité des États à travers le monde. L’affaiblissement économique du capitalisme français, sa dépendance inédite à l’armement et à l’interventionnisme de son armée, le nationalisme de sa bourgeoisie obsédée par sa propre grandeur qui s’estompe sont les rails qui mèneront l’impérialisme français à vouloir précipiter toute la société dans la guerre et notre classe dans les cimetières. La guerre nécessite de construire une union nationale qu’il va nous falloir combattre en toutes occasions.</p>



<p>L’instabilité du pouvoir politique de Macron et de la classe bourgeoise dans un contexte de crise économique majeure s’illustre aussi à travers le renforcement continu depuis plusieurs années de l’ensemble des moyens assignés à la police (armes, recrutement, lois…) qui s’est, elle aussi, militarisée.&nbsp;</p>



<p>L’armée a également un rôle de maintien de l’ordre. Par exemple, à travers les missions et fonctions de la gendarmerie (force armée en charge de fonctions de police) régulièrement aux côtés de la police dans les répressions de mouvements sociaux, dans les déclarations récentes de Darmanin qui veut ouvrir à Mayotte des lieux de rééducation et de redressement pour mineurs qui seraient encadrés par des militaires ou bien dans le développement économique, idéologique et politique de la « guerre contre le terrorisme » menée par les puissances occidentales pour justifier des guerres à l’extérieur des frontières aussi bien que des politiques sécuritaires et racistes à l’intérieur des frontières.&nbsp;</p>



<p>À propos de ce rôle de maintien de l’ordre, Robert Paxton<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_26');" onkeypress="footnote_moveToReference_6105_19('footnote_plugin_reference_6105_19_26');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6105_19_26" class="footnote_plugin_tooltip_text">26</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_26" class="footnote_tooltip">Robert Paxton, historien américain, spécialiste de la Seconde Guerre mondiale : <a href="http://revueperiode.net/une-breve-histoire-de-limperialisme-francais/"><span class="footnote_url_wrap">http://revueperiode.net/une-breve-histoire-de-limperialisme-francais/</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6105_19_26').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6105_19_26', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> nous rappelle ce qui distingue encore l’armée française des autres : <em>« la France n’était certes pas, à la fin du 19<sup>e</sup>&nbsp;siècle, le seul pays en europe où les troupes régulières réprimaient les grèves industrielles mais ce n’est qu’en France qu’on vit l’armée reconquérir la capitale à la manière d’une forteresse ennemie et cela par deux fois en 1848 et 1871. »</em><br><strong>Mathieu Pastor (Paris 20<sup>e</sup>)</strong></p>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_6105_19();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_6105_19();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_6105_19">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_6105_19" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6105_19_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6105_19('footnote_plugin_tooltip_6105_19_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Chris Harman, <em>Zombie Capitalism</em>, Chapitre 4. Chris Harman était un activiste anglais, membre du Socialist Workers Party en Angleterre dont il a dirigé le journal et participé au Comité central. Une partie de ses œuvres est accessible en ligne en français : <a href="https://www.marxists.org/francais/harman/"><span class="footnote_url_wrap">https://www.marxists.org/francais/harman/</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6105_19_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6105_19('footnote_plugin_tooltip_6105_19_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Claude Serfati est économiste, chercheur associé à l’IRES (Institut de recherches économiques et sociales), et au CEMOTEV (Université Versailles-Saint-Quentin) et membre du conseil scientifique d’Attac.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6105_19_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6105_19('footnote_plugin_tooltip_6105_19_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Claude Serfati, <em>Le militaire, Une histoire française</em>, Éditions Amsterdam, 2017</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6105_19_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6105_19('footnote_plugin_tooltip_6105_19_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Chris Harman, <em>Zombie Capitalism</em>, Chapitre 4</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6105_19_5" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6105_19('footnote_plugin_tooltip_6105_19_5');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>5</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Il s’agit de dépenses militaires auxquelles on ajoute aussi les dépenses de sécurité intérieure (police, gendarmerie nationale, etc.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6105_19_6" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6105_19('footnote_plugin_tooltip_6105_19_6');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>6</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Les dollars constants correspondent à un calcul qui permet d’éliminer les variations du pouvoir d’achat du dollar au fil du temps et donc de comparer des investissements dans le temps sans subir l’effet de l’inflation</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6105_19_7" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6105_19('footnote_plugin_tooltip_6105_19_7');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>7</a></th> <td class="footnote_plugin_text">L’institut SIPRI ne fournit pas de données avant cette date<br><a href="https://www.sipri.org/databases/milex"><span class="footnote_url_wrap">https://www.sipri.org/databases/milex</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6105_19_8" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6105_19('footnote_plugin_tooltip_6105_19_8');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>8</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Frantz Fanon</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6105_19_9" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6105_19('footnote_plugin_tooltip_6105_19_9');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>9</a></th> <td class="footnote_plugin_text">&nbsp;Rappelé dans ce discours par le Secrétaire générale du Secrétariat générale de la Défense et de la Sécurité nationale SGDSN <a href="http://www.sgdsn.gouv.fr/discours/la-defense-et-les-moyens-de-lindependance-strategique-hommes-industries-capacites/"><span class="footnote_url_wrap">http://www.sgdsn.gouv.fr/discours/la-defense-et-les-moyens-de-lindependance-strategique-hommes-industries-capacites/</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6105_19_10" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6105_19('footnote_plugin_tooltip_6105_19_10');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>10</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Claude Serfati, <em>Le militaire, Une histoire française</em>, Éditions Amsterdam, 2017, p.&nbsp;118</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6105_19_11" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6105_19('footnote_plugin_tooltip_6105_19_11');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>11</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Claude Serfati, <em>Le militaire, Une histoire française</em>, Éditions Amsterdam, 2017, p.&nbsp;58.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6105_19_12" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6105_19('footnote_plugin_tooltip_6105_19_12');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>12</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><span class="footnote_url_wrap">https://pris.iaea.org/PRIS/WorldStatistics/NuclearShareofElectricityGeneration.aspx</span></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6105_19_13" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6105_19('footnote_plugin_tooltip_6105_19_13');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>13</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><span class="footnote_url_wrap">https://sipri.org/media/press-release/2022/global-nuclear-arsenals-are-expected-grow-states-continue-modernize-new-sipri-yearbook-out-now</span></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6105_19_14" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6105_19('footnote_plugin_tooltip_6105_19_14');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>14</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Claude Serfati, <em>Le militaire, Une histoire française</em>, Éditions Amsterdam, 2017, p.&nbsp;89</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6105_19_15" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6105_19('footnote_plugin_tooltip_6105_19_15');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>15</a></th> <td class="footnote_plugin_text">&nbsp;Rapport d’information fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées par le groupe de travail sur la présence de la France dans une Afrique convoitée <a href="https://www.vie-publique.fr/rapport/33604-presence-de-la-france-dans-une-afrique-convoitee"><span class="footnote_url_wrap">https://www.vie-publique.fr/rapport/33604-presence-de-la-france-dans-une-afrique-convoitee</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6105_19_16" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6105_19('footnote_plugin_tooltip_6105_19_16');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>16</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><span class="footnote_url_wrap">https://www.lemonde.fr/afrique/article/2013/02/01/des-reservistes-des-forces-speciales-deployes-sur-les-sites-d-areva-au-niger_1825929_3212.html</span></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6105_19_17" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6105_19('footnote_plugin_tooltip_6105_19_17');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>17</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><span class="footnote_url_wrap">https://survie.org/billets-d-afrique/2017/267-mai-2017/article/niger-une-base-strategique-pour-la-france-et-ses-allies</span></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6105_19_18" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6105_19('footnote_plugin_tooltip_6105_19_18');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>18</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><span class="footnote_url_wrap">https://survie.org/billets-d-afrique/2019/288-juillet-aout-2019/article/total-et-francafrique-l-histoire-evolue-mais-continue</span></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6105_19_19" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6105_19('footnote_plugin_tooltip_6105_19_19');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>19</a></th> <td class="footnote_plugin_text">En ça va augmenter encore en 2022 : <em>« TotalEnergies a déjà annoncé en juillet 2022 avoir réalisé plus de 17,7 milliards d’euros de profits (18,8 milliards de dollars) sur le seul premier semestre 2022 [1]. Soit presque trois fois plus que sur le premier semestre 2021 »</em> : <a href="https://basta.media/superprofits-totalenergies-n-a-pas-paye-d-impot-sur-les-societes-en-france-depuis-deux-ans"><span class="footnote_url_wrap">https://basta.media/superprofits-totalenergies-n-a-pas-paye-d-impot-sur-les-societes-en-france-depuis-deux-ans</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6105_19_20" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6105_19('footnote_plugin_tooltip_6105_19_20');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>20</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><span class="footnote_url_wrap">https://www.francetvinfo.fr/economie/entreprises/totalenergies-annonce-un-benefice-gigantesque-de-14-milliards-d-euros-pour-2021_4953384.html</span></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6105_19_21" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6105_19('footnote_plugin_tooltip_6105_19_21');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>21</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><span class="footnote_url_wrap">https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2022/07/13/discours-aux-armees-a-lhotel-de-brienne-1</span></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6105_19_22" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6105_19('footnote_plugin_tooltip_6105_19_22');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>22</a></th> <td class="footnote_plugin_text">&nbsp;<a href="https://www.publicsenat.fr/article/politique/macron-propose-une-vraie-armee-europeenne-135122"><span class="footnote_url_wrap">https://www.publicsenat.fr/article/politique/macron-propose-une-vraie-armee-europeenne-135122</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6105_19_23" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6105_19('footnote_plugin_tooltip_6105_19_23');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>23</a></th> <td class="footnote_plugin_text">En 2021, l’espace Schengen regroupe 26 États : 22 des 27 membres de l’Union européenne (UE). La Bulgarie, la Roumanie, Chypre et la Croatie n’y participent pas encore. L’Irlande, quant à elles, bénéficie d’un statut particulier et ne participe qu’à une partie des dispositions Schengen ; quatre États associés, non-membres de l’UE : Norvège, Islande, Suisse et Liechtenstein</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6105_19_24" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6105_19('footnote_plugin_tooltip_6105_19_24');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>24</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><span class="footnote_url_wrap">https://voxeurop.eu/fr/frontex-les-politiques-migratoires-de-lue-ont-tue-plus-de-40-000-personnes-depuis-1993-une-campagne-pour-abolir-frontex/</span></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6105_19_25" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6105_19('footnote_plugin_tooltip_6105_19_25');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>25</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><span class="footnote_url_wrap">https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/asie-oceanie/l-espace-indopacifique-une-priorite-pour-la-france/</span></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6105_19_26" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6105_19('footnote_plugin_tooltip_6105_19_26');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>26</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Robert Paxton, historien américain, spécialiste de la Seconde Guerre mondiale : <a href="http://revueperiode.net/une-breve-histoire-de-limperialisme-francais/"><span class="footnote_url_wrap">http://revueperiode.net/une-breve-histoire-de-limperialisme-francais/</span></a></td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_6105_19() { jQuery('#footnote_references_container_6105_19').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_6105_19').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_6105_19() { jQuery('#footnote_references_container_6105_19').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_6105_19').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_6105_19() { if (jQuery('#footnote_references_container_6105_19').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_6105_19(); } else { footnote_collapse_reference_container_6105_19(); } } function footnote_moveToReference_6105_19(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_6105_19(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_6105_19(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_6105_19(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/le-capitaliste-en-france-et-la-place-particuliere-du-militaire/">Le capitalisme en France et la place particulière du militaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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