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	<title>Archives des Fascisme - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Faisons entrer notre classe pour sortir les fascistes !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/faisons-entrer-notre-classe-pour-sortir-les-fascistes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Sep 2026 15:31:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
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<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background wp-block-paragraph"><strong>Les Cahiers d&rsquo;A2C #23 &#8211; Septembre 2026</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>L’été et la rentrée de l’année dernière avaient été marqués par un mouvement de classe qui s’était construit par en bas contre le budget de guerre, le racisme, le fascisme, le génocide à Gaza et qui avait fait tomber le gouvernement Bayrou en dépit de directions syndicales et d’une partie de la gauche qui avaient tout fait dans les mois qui avaient précédé pour ne pas en arriver là : la participation aux conclaves sur les retraites au printemps 2025 est une des nombreuses illustrations de cette stratégie. Le mouvement Bloquons-tout n’a pas perduré en tant que tel au-delà de la destitution de Bayrou. Ce n’était pas faute de combativité, mais plutôt par manque de perspectives et de revendications une fois Bayrou dégagé ! La défaite dans la victoire. </em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette rentrée s’annonce tout aussi mouvementée avec la mise en mouvement de nombreux fronts et l’appel à la grève dans plusieurs secteurs : Mobilisation féministe du 7 septembre contre les violences sexistes et sexuelles, grèves de la santé le 15, manifestations antiracistes contre la loi « permis de tuer » le 20 septembre, mobilisations écologiques et des pompiers le 26, grève de la fonction publique le 29&#8230;<br>Comme le mouvement Bloquons-Tout était une expression des enseignements que notre classe tirait des expériences précédentes &#8211; notamment sur la période de 2023 avec le mouvement contre la réforme des retraites, le combat contre la loi Darmanin et les révoltes à la suite du meurtre de Nahel par la police &#8211; le mouvement de septembre 2026 continue à illustrer la combativité de notre classe. C’est dans cette mise en action et à travers les bilans qui en sont faits que peuvent s’accumuler les expériences qui renforcent notre capacité collective à agir.<br>Il faut donc construire chacune de ces dates, argumenter pour que les mobilisations ne soient pas juste un moyen de pression dans le contexte d’élections mais plutôt pousser pour que les discussions tournent autour de la question de comment continuer et amplifier, comment élargir la base de celles et ceux qui organisent ces mobilisations et leurs suites.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’unité doit se construire à travers le mouvement antifasciste et antiraciste</strong><br>C’est dans ce contexte que les mobilisations antifascistes qui s’annoncent contre le congrès du RN et le meeting de lancement de campagne de Le Pen à Orléans le weekend du 24 et 25 octobre sont déterminantes pour les mois à venir. Le danger avec le RN, ça n’est pas juste leur éventuelle victoire aux prochaines élections présidentielles et législatives. Le véritable danger, c’est le fascisme. Les empêcher de faire campagne est une nécessité pour empêcher le fascisme de progresser. Partout où le RN et Reconquête seront en capacité d’organiser des meetings, de coller des affiches, de diffuser des tracts, d’assurer une présence dans un quartier, un marché, une ville, un village, la capacité de notre classe à s’organiser dans ces endroits sera amoindrie et les racistes et les fascistes prendront la confiance et s’organiseront. La vague de violences racistes et les groupes fascistes dans les rues dans les semaines qui ont précédé les élections législatives de 2024 qui étaient promises au RN sont l’illustration que le danger n’attend pas les élections. Les suites du mouvement de septembre, pour chacun des fronts qui s’y engagent, pour l’ensemble de notre classe se jouent dans notre capacité à construire l’unité dans l’action la plus large pour confronter et isoler les fascistes à Orléans. C’est pour cela qu’il est déterminant qu’on soit le plus nombreuses et nombreux possibles dans la rue à Orléans contre le RN et qu’il y ait le plus possible de villes et villages qui organisent des déplacements pour en être.<br>Le RN cherchera à faire une démonstration de force pour galvaniser ses troupes et prouver à la bourgeoisie qu’il a la capacité de prendre les rênes du pays. L’enjeu est d’autant plus grand qu’en tant que premier meeting, ce qu’il suscitera (enthousiasme ou déception?) jettera les bases de la campagne à venir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La riposte s’organise localement et de nombreuses organisations (CGT, Marche des Solidarités, collectifs antifascistes) appellent à la renforcer et à en faire une riposte nationale. Que la démonstration de force soit de notre côté ! Soyons les plus nombreux et nombreuses possible à construire la mobilisation nationalement.<br>Cette dynamique sera le marchepied pour la construction de campagnes locales antifascistes pour que nulle part ailleurs les fascistes ne se sentent en confiance de s’afficher. Elle nous donnera la confiance nécessaire à agir partout jusqu’aux élections.<br>L’audience pour ce mouvement antifasciste et antiraciste existe donc et les forces pour continuer à le construire sont là. Ces derniers mois, des milliers de personnes se sont engagées dans toute la France pour construire des mobilisations contre les fascistes (par exemple contre le défilé néonazi du C9M, contre les apparitions du RN et de Reconquête pendant les municipales et jusque pendant les vacances des fascistes cet été), ou contre les politiques racistes, pour le droit au logement de toutes et tous, pour la régularisation des sans-papiers, etc. Ces réseaux antiracistes et antifascistes existants doivent être renforcés, de nouveaux doivent essaimer&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et les élections ? Votons LFI, mais surtout organisons-nous pour lutter dès maintenant.</strong><br>Mélenchon est désormais donné au second tour. La politique de la FI, qui décide depuis les échecs répétés des unions de la gauche de jouer la carte de la polarisation – contrairement au reste de la gauche, directions syndicales comprises, qui aspire à lisser les contradictions sociales (rappelons-nous la canalisation de Bloquons-Tout) – porte ses fruits.<br>Ainsi notre classe, et en particulier la jeunesse, est largement galvanisée par la candidature Mélenchon.<br>Des dizaines de milliers de jeunes voient en la victoire de la FI un débouché pour leurs aspirations politiques, contre les inégalités, contre le racisme, le sexisme, pour l’écologie etc. Cet enthousiasme est largement démontré par la participation et la ferveur rencontrées aux rassemblements FI de ces derniers mois : meeting à Saint-Denis, concert de la fête de la musique à Paris, universités d’été&#8230; Ce qui apparaît possible avec la FI, c’est non seulement de gagner contre les fascistes mais aussi contre l’ensemble des politiques racistes, néolibérales, qui les ont renforcés ces dernières années.<br>La FI à besoin des luttes pour gagner. Elle sait que c’est la combativité dont fera preuve notre classe ces prochains mois qui fera la différence dans les urnes en avril. La manifestation contre le racisme et l’extrême-droite du 21 juin initiée par Bally Bagayoko dans une perspective unitaire &#8211; s’efforçant de rassembler largement les autres organisations de gauche autour de cette date &#8211; est une démonstration de ce qui pourrait être la démarche insoumise ces prochains mois. À ce titre, ces prochains mois les révolutionnaires ne doivent certainement pas céder au sectarisme vis-à-vis de la France Insoumise, comme il en a été lors de la manifestation parisienne du 21 juin contre le racisme et l’extrême-droite, boudée par les organisations de gauche radicale ! Au contraire, l’engouement de la jeunesse donné plus haut doit nous réjouir et il nous impose. Personne ne se bat pour perdre : cet engouement est un moteur pour l’action ! Aux révolutionnaires d’être de toutes les expériences que mènera cette frange de notre classe. Expérience électorale&#8230; incluse. Il faut voter LFI aux présidentielles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Se séparer pour unir la classe dans la lutte</strong><br>Ne pas attendre les élections, penser et construire l’unité, argumenter pour que nos cadres de luttes s’ouvrent et s’adressent à notre classe dans son ensemble, faire de la politique à partir de nos lieux de travail et d’études, avec la conviction que chaque nouvelle initiative par en bas renforce la capacité d’agir de nous toutes et tous&#8230; Ces conceptions ne naissent pas toutes faites dans la tête des exploité·es et des opprimé·es ! On peut au contraire préférer tempérer nos luttes pour garantir une victoire électorale, séparer les champs du social et du politique – « la grève c’est pour les salaires, pas contre le racisme ! » – et penser la transformation par en haut – « la rue, d’accord, mais le débouché c’est l’assemblée ! ». La lutte des classes c’est aussi mener des batailles à l’intérieur de notre camp. Pour les gagner, formuler des analyses et proposer des stratégies dans le mouvement, synthétiser les leçons qu’on tire de nos luttes&#8230; les révolutionnaires doivent construire des organisations où ils et elles se rassemblent pour mieux intervenir dans la classe et mener les combats pour défendre une certaine stratégie. Les prochains mois seront intenses et nous ne pouvons pas faire l’économie de débats, pour toutes celles et ceux qui veulent triompher sur l’exploitation et l’oppression. C’est à ce titre que Les Cahiers d’A2C paraîtront désormais une fois par mois, et que nous ouvrons une rubrique « courriers des lecteur·ices ». Cette revue vous plaît ? Vous souhaitez répondre à un article ? Vous abonner, vous ou un·e proche ? Participer à une réunion pour débattre ou vous-même organiser une réunion publique autour d’un article ? Écrivez-nous !</p>



<p class="wp-block-paragraph">A2C</p>
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		<title>Comment Minneapolis, solidaire et antiraciste, a résisté à ICE ? </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/comment-minneapolis-solidaire-et-antiraciste-a-resiste-a-ice/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Jul 2026 19:51:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">À Minneapolis, la résistance des habitant&#8216;es face aux exactions du service d’immigration et des douanes (ICE &#38; CBP) contre sa population depuis décembre 2025 a été exemplaire. Les Minneapolitain&#8216;es ont mis en place une organisation <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/comment-minneapolis-solidaire-et-antiraciste-a-resiste-a-ice/" title="Comment Minneapolis, solidaire et antiraciste, a résisté à ICE ? ">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>À Minneapolis, la résistance des habitant</em>&lsquo;<em>es face aux exactions du service d’immigration et des douanes (ICE &amp; CBP) contre sa population depuis décembre 2025 a été exemplaire. Les Minneapolitain</em>&lsquo;<em>es ont mis en place une organisation entre habitant&rsquo;es qui a contraint Donald Trump à mettre un terme à l’opération anti-immigration « Metro Surge » le 12 février. Nous vous retranscrivons ici l’échange que nous avons eu avec Leo, un étudiant militant et révolutionnaire de Minneapolis qui nous raconte la résistance de ces derniers mois.</em></p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background wp-block-paragraph" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Question : Trump a annoncé le retrait d’ICE de Minneapolis. Est-ce vrai ? Ils partent en ayant fait 2 mort&rsquo;es et des milliers d’enlèvements, mais ils ont fait face à une résistance sans précédent. Est-ce une victoire pour notre camp ?&nbsp;</strong><br><strong>Réponse :</strong> ICE n’est pas encore totalement parti. Ils sont passés de 4000 agent&rsquo;es lors de l’opération « Metro Surge » à quelques centaines aujourd’hui. Ils ont changé leurs tactiques et sont désormais plus discrets. Il y a encore des enlèvements, mais moins qu’avant. La ville est survolée par des hélicoptères et des drones, on se sent toujours sous occupation.&nbsp;<br>Mais, oui, c’est une première victoire. Greg Bovino, le commandant qui s’habillait comme un Nazi, a été retiré de la ville, et l’opération « Metro surge » a officiellement été arrêtée. Nous voulons plus, nous voulons l’abolition de ICE et de DHS (NdT : Department of Homeland Security, équivalent du ministère de l’intérieur dont dépend ICE), mais il faut célébrer cette victoire partielle qui a été obtenue par la résistance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Q : Tu nous dis que ICE n’est pas totalement parti, mais qu’en est-il de la résistance ? Est-elle toujours aussi bien organisée ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> C’est moins intense qu’avant, il y a moins de confrontations directes avec les agents d’ICE. Mais la résistance est toujours organisée. Les aspects de défense collective existent toujours, la solidarité financière aussi, et un mouvement pour un moratoire sur les loyers est en train de naître. Les gens continuent de vouloir s’organiser de nouvelles manières. Un militant socialiste et syndicaliste qui a vécu le mouvement antiraciste de 2020 (NdT : George Floyd, dont la mort a déclenché Black Lives Matter, a été tué par la police de Minneapolis) m’a dit qu’en comparaison, plus de personnes et de collectifs s’organisent dans la durée cette fois-ci, alors que la vague était retombée assez vite en 2020. Nous avons les dates du 28 mars (NdT : No Kings Day, journée de manifestations nationales contre Trump) et le 1er mai en ligne de mire, donc des choses concrètes à faire pour les prochaines semaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Q : Quelle était selon toi la différence entre Minneapolis et des villes comme Los Angeles, New York et Chicago où la résistance à ICE était là mais pas assez forte pour créer une crise politique face à Trump ? </strong><br><strong>R :</strong> Je n’ai pas de réponse complète. Je n’étais pas à LA, NY et Chicago. Mais les raids de ICE là-bas étaient peut-être des tests grandeur nature, moins longs et moins intenses. Ici, le niveau de violence et l’intensité ont fait qu’on n’avait pas le choix. On a senti qu’organiser une résistance était une question de vie ou de mort. Et bien sûr, on ne partait pas de zéro. Il y a des traditions à Minneapolis, Black Lives Matter qui est parti de là en 2020, il y a un mouvement syndical réel sur le terrain. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Q : Concrètement, qui s’est battu contre ICE à Minneapolis ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> Beaucoup d’organisations antiracistes, antifascistes, syndicales, etc, ont joué un rôle dans la résistance, qui était très décentralisée au tout début. Parmi les syndicats je me souviens de SEIU (NdT : syndicat des travailleur.e.s de l’entretien des bâtiments), du syndicat des transports et de l’éducation. Beaucoup ont commencé à se préparer dès l’élection de Trump. Par exemple, une association (parmi d’autres) a annoncé en janvier qu’elle avait formé près de 40 000 personnes au rôle « d’observateur&rsquo;ice légal&rsquo;e » des actions de ICE. Ce sont les gens qui filment, qui utilisent leur sifflet, qui alertent le quartier qu’un raid est en cours. Ça donne une idée du nombre de personnes qui ont cherché à s’organiser pour résister.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Q : Quel rôle ont joué les espaces partagés comme les écoles, les lieux de culte, les quartiers, etc, dans l’organisation de la résistance ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> Les lieux de culte et les écoles ont joué des rôles fondateurs de la résistance. Auparavant, c’étaient des lieux « sanctuaires », mais Trump a changé ça. Je ne dis pas que kidnapper des gens dans la rue est acceptable, mais quand ICE entre dans les églises pour arrêter votre voisin&rsquo;e, quand des élèves sont cueilli&rsquo;es à la sortie des écoles, c’est particulièrement choquant, ça ne passe pas. Quand tu vois le pupitre vide d’un&rsquo;e élève qui s’est fait kidnapper, que la personne que tu voyais à l’église tous les dimanches n’est plus là&#8230; Tout le monde dans ces lieux se sent concerné. C’est plus puissant que de voir une vidéo sur TikTok, Instagram ou à la télé. Alors beaucoup de choses sont parties des écoles et des églises, comme les réseaux d’entraide ou les groupes de voisin&rsquo;es.&nbsp;<br>Des groupes de voisin&rsquo;es se sont aussi formés au niveau des rues ou des quartiers, pour organiser des patrouilles et donner l’alerte quand ICE débarquait au petit matin. C’est comme ça que des rassemblements de quelques dizaines ou quelques centaines de personnes se formaient très rapidement pour résister aux raids. Même les scouts ont participé à la résistance, simplement parce que des enfants qui faisaient partie des scouts ont été enlevés par ICE.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Q : Tu as beaucoup parlé des voisin&rsquo;es qui aident à organiser la résistance. Et les voisin&rsquo;es racistes dans tout ça ? Qui a aidé ICE à Minneapolis ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> C’est principalement la police de Minneapolis qui a aidé ICE. Malgré les déclarations du maire démocrate de la ville (NdT : dont la police dépend) qui demandait publiquement à ICE de partir, la police a aidé ICE, a repoussé les manifestant&rsquo;es, etc. Ça a été un choc, peut-être pas pour les militant&rsquo;es, mais pour une bonne partie de la population. Concernant les voisin&rsquo;es : sans doute, comme souvent, des racistes ont dû appeler ICE pour dénoncer des voisin&rsquo;es. Mais je ne sais pas si c’était un phénomène massif. Minneapolis est une ville marquée à gauche. Mon expérience personnelle, j’ai fait beaucoup de porte à porte et pas une fois je ne suis tombé sur quelqu’un qui soutenait ICE ouvertement. Donc en tout cas, les racistes ne se sont pas exprimé&rsquo;es publiquement. Après, dans les comtés plus ruraux du Minnesota, c’est peut-être plus nuancé, je ne sais pas.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Q : Des organisations fascistes comme les Proud Boys ont essayé de venir à Minneapolis pour soutenir ICE, non ? Comment ça s’est passé ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> Je vois de quoi vous parlez, ça n’était pas officiellement les Proud Boys, mais un des organisateurs du 6 janvier (NdT : l’émeute du Capitole suite à la défaite électorale de Trump face à Biden en 2021), Jake Lang. Il est venu à Minneapolis avec quelques soutiens pour organiser un rassemblement pro-ICE et anti-Islam visant spécialement la communauté somalienne de Minneapolis. Finalement lui et ses soutiens n’étaient qu’une grosse dizaine, ils ont été complètement cernés par des centaines de manifestant&rsquo;es antifascistes, il s’est fait frapper, on lui a jeté des ballons à eau. Se retrouver trempé d’eau par -20°C, c’est difficile. Bref, il a passé un mauvais moment.&nbsp;<br>C’était très positif car ça en a dissuadé d’autres. Il y avait beaucoup de débats au sein du mouvement de résistance, des gens voulaient plutôt faire profil bas, au prétexte de ne pas leur faire de pub, ou de ne pas mettre les personnes racisé&rsquo;es en danger. Mais la majorité dans les AG a décidé de les affronter et de montrer qu’on n’allait pas accepter de manifestation fasciste à Minneapolis, et ça s’est finalement très bien passé pour nous. Son visage était moitié ensanglanté moitié gelé (les ballons à eau !), il est monté dans la voiture d’une femme trans et d’une femme mexicaine pour essayer de s’enfuir, elles l’ont jeté dehors quand elles ont compris qui il était&#8230; Beaucoup de gens sont arrivés sur place une fois qu’il était déjà parti, iels ont ensuite formé des groupes pour patrouiller dans la ville et essayer de le retrouver ainsi que ses copains. Bref, c’était vraiment important de montrer qu’on n’avait aucune tolérance pour les fascistes à Minneapolis et super de voir autant de personnes s’organiser pour les rejeter.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Q : Que peux-tu nous dire de la journée du 23 janvier ? Appeler ça une grève générale peut sembler exagéré, mais les manifestations étaient immenses et il y a eu quelques grèves.&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> Oui, le 23 janvier était immense. Plus de 50000 personnes ont manifesté par une température de -34°C. Je ne sais pas si vous êtes déjà sortis dans un froid pareil, mais même mes cils étaient gelés.&nbsp;<br>Près de 700 petits commerces étaient fermés, soit en solidarité soit parce que les salarié&rsquo;es étaient en grève. Les syndicats que j’avais mentionnés ci-dessus ont appelé à la grève, ainsi que des partis politiques comme la section locale des Democratic Socialists of America.&nbsp;<br>Je suis étudiant donc pas membre d’un syndicat, mais j’ai participé à beaucoup de réunions et d’assemblées d’organisation pour le 23 janvier. De nombreux&rsquo;ses militant&rsquo;es syndicaux&rsquo;les de terrain ont fait énormément de travail pour convaincre leurs collègues de faire grève. De ce que j’ai entendu, les directions n’ont pas vraiment aidé, elles semblent très bureaucratiques et un peu loin du terrain. Donc il y a eu un gros travail, beaucoup d’arguments, et ça a pris même dans des entreprises sans syndicats comme Starbucks ou Target (NdT : une chaîne de magasins), des gens ont fini par faire grève le 23 janvier. La pression du mouvement était telle que des patrons ont fini par garantir à leurs salarié&rsquo;es qu’iels ne se feraient pas réprimer pour la grève, alors qu’au début le discours était plutôt : si tu ne veux pas venir le 23 janvier alors pose un jour de congé.<br>C’est donc la solidarité qui a permis à beaucoup de gens de faire grève sans crainte de représailles, car le nombre était de notre côté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Q : Comment vois-tu la suite ? On sait que « No Kings Day » est prévu pour le 28 mars, tu as aussi parlé du 1er mai un peu plus haut.&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> On pense que le 28 mars va être énorme. Déjà le précédent No Kings Day en octobre 2025 était très gros à Minneapolis. Mais ce qui est intéressant, c’est que tout le monde, les ami&rsquo;es, les gens dans le mouvement, tout le monde parle de grève maintenant. Que nous devons utiliser ce pouvoir que nous avons, de faire une grève reconductible qui puisse rassembler autour de revendications claires. Que ce soit le 28 mars, le 1er mai, je ne sais pas précisément, mais j’ai l’impression que tout le monde en parle, que ça doit être la prochaine étape. Car le gouvernement et les grandes entreprises ne comprennent que la langue de la force et de l’argent.<br>Encore une fois, je ne suis pas dans un syndicat et je ne suis peut-être pas la meilleure personne pour en parler, mais on est nombreux à penser qu’on ne peut pas se contenter de venir manifester avec quelques pancartes le 28 mars ou le 1er mai puis rentrer chez nous. Il faut une lutte qui dure.&nbsp;<br>Ce n’est pas pour diminuer la portée ou l’importance de la résistance actuelle et de la solidarité. Sans ça, plus de personnes seraient en détention ou déportées, plus de personnes seraient à la rue, plus de personnes seraient mortes. Mais maintenant qu’on a fait cette expérience, on sent que ça n’était qu’un début, un pansement sur une grosse plaie, et qu’il faut aller plus loin. C’est comme ça que toute la conversation et les arguments sur la grève sont venus dans le mouvement.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Q : On dirait donc que ce qui s’est passé à Minneapolis peut être un marchepied pour quelque chose de plus grand ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> Oui, oui, sûrement, même si on ne peut pas encore prédire quelle forme exacte ça peut prendre. Je fais partie d’un groupe socialiste de débats et discussions, et une nouvelle personne nous a rejoint récemment. Il est syndicaliste et tourneur-fraiseur, a toujours voté démocrate, et nous a raconté qu’il a toujours cru que s’il travaillait assez dur, il aurait une vie plus facile. Mais son loyer augmente, son assurance médicale augmente, il a mal partout et ne peut pas prendre de pause. Il nous a dit que tout ça montait en lui, mais voir sa ville occupée par ICE, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, que c’était comme une claque qui lui a fait prendre conscience que le capitalisme allait nous mener à la catastrophe. C’est une anecdote, bien sûr, mais il y a des milliers et des milliers de personnes qui se radicalisent, qui ont senti leur pouvoir à Minneapolis et ailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Propos recueillis par&nbsp;Emil (Paris 20e), Anne-Julia (Rennes) et Jad (Paris 18e)</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/comment-minneapolis-solidaire-et-antiraciste-a-resiste-a-ice/">Comment Minneapolis, solidaire et antiraciste, a résisté à ICE ? </a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Brest contre les fachos : pour dépasser la peur, construire l&#8217;unité et reprendre la rue</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/brest-contre-les-fachos-pour-depasser-la-peur-construire-lunite-et-reprendre-la-rue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 May 2026 10:42:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">A Brest, dans la nuit du 10 au 11 avril dernier, a eu lieu une violente agression raciste et pour riposter, a été organisée 15 jours plus tard, le 25 avril, une manifestation antiraciste par <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/brest-contre-les-fachos-pour-depasser-la-peur-construire-lunite-et-reprendre-la-rue/" title="Brest contre les fachos : pour dépasser la peur, construire l&#8217;unité et reprendre la rue">[...]</a></div>
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<p class="wp-block-paragraph">A Brest, dans la nuit du 10 au 11 avril dernier, a eu lieu une violente agression raciste et pour riposter, a été organisée 15 jours plus tard, le 25 avril, une manifestation antiraciste par l&rsquo;AG antifasciste de Brest qui a rassemblé 800 personnes.<br>Nico, de l&rsquo;AG antifasciste de Brest et d&rsquo;Autonomie de Classe, nous raconte comment est-ce que pour dépasser la peur face aux fascistes, on peut construire l&rsquo;unité pour reprendre la rue et reprendre confiance en nous.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-block-embed-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Est-ce que tu peux revenir sur la forme que prend la menace fasciste dans ta ville, revenir sur ce qui s&rsquo;est passé ces dernières années et comment vous vous êtes organisé pour y faire face et revenir aussi sur les événements des dernières semaines ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À Brest, l&rsquo;engagement passe par l&rsquo;AG antifasciste qui s&rsquo;est montée en fin d’été dernier, suite à des agressions fascistes, de groupuscules néonazis, qui ont fait des agressions homophobes, contre des militant·es de gauche, et racistes. C&rsquo;est au sein de cet AG qu&rsquo;on s&rsquo;organise et qu&rsquo;on essaye d&rsquo;avoir une riposte. La menace fasciste, elle est assez présente à Brest par le biais de hooligans et par le biais de groupuscules néonazis et aussi par le biais de militants du RN.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si tu veux, j&rsquo;ai l&rsquo;impression que les agressions clairement fascistes, racistes qu&rsquo;il y a eu il y a un an et demi, elles ne viennent pas de nulle part. Il y a toujours eu des groupuscules néonazis, identitaires en Bretagne. Il y a deux ans, il y a eu une manif fasciste soutenue par le RN contre l&rsquo;ouverture d&rsquo;un centre pour accueillir des personnes migrantes, en centre-Bretagne, et ils étaient déjà là. Donc, ce qui s&rsquo;est passé à Brest, c&rsquo;est que ça a touché des quartiers populaires, des endroits bien populaires, qui ont fédéré tout d&rsquo;un coup une réaction assez forte de la population et pas forcément de la population militante, ce qui a entraîné depuis un an une dynamique avec l’AG antifasciste qui existe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et il y a deux semaines, il y a eu une agression d&rsquo;une personne isolée, racisée, qui était tranquille sur le port et qui s&rsquo;est fait agresser lâchement. Il s&rsquo;est pris une droite qui l&rsquo;a mis KO, il est resté inconscient. Il a eu deux semaines d&rsquo;ITT.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un des buts de l’AG antifasciste, c’est d&rsquo;organiser tout de suite un soutien aux victimes. Ce collectif rassemble différents militants de Brest, des gens soit qui sont syndiqués, qui militent dans les syndicats, soit qui militent dans des groupes de gauche, soit qui ne militent pas… Ca a créé une espèce d&rsquo;unité antifasciste qui se mobilise assez rapidement. Donc, rapidement, on a pu, en quelques jours, organiser une manif de soutien. C&rsquo;est ça qui est intéressant pour nous au sein de cette AG&nbsp;: avoir assez rapidement la possibilité d&rsquo;organiser des choses avec l&rsquo;aide des syndicats, des associations locales. Et, en cinq jours, on a organisé une manif de soutien, des prises de parole. Ca a rassemblé 800 personnes&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et ce qui est intéressant, c&rsquo;est qu&rsquo;on arrive à pousser nos mots d&rsquo;ordre à nous, de s&rsquo;organiser à la base, dans les quartiers, dans les campagnes, sur nos lieux de vie, de travail.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et comment on peut faire pour dépasser la peur qui, parfois, justement, est un frein à la mobilisation par en bas contre les fascistes ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est sûr qu&rsquo;en fait, ça sidère un peu plein de gens, dans le milieu militant ou non, qui se demandent, du coup, s&rsquo;ils peuvent aller aux manifs ou s&rsquo;ils peuvent sortir tranquilles, en gros. Et on deal avec la peur en se disant que, de toute façon, c&rsquo;est la stratégie de l&rsquo;extrême droite et de la violence politique que porte l&rsquo;extrême droite de tétaniser et de faire peur et d&#8217;empêcher les gens de se réunir et de s&rsquo;organiser. Ça fait partie de leur stratégie. Donc ne nous laissons pas faire, parce qu&rsquo;en fait, on se rend compte que, mine de rien, on est nombreux et on a la force pour s&rsquo;organiser. Ce qui est intéressant, c&rsquo;est que là, les syndicats à Brest et les associations d&rsquo;aide aux migrants, les associations comme la Ligue de droit de l&rsquo;homme, tout de suite, ils sont partants. Parce qu&rsquo;on se connaît, on a l&rsquo;habitude de faire des choses. On n&rsquo;est pas d&rsquo;accord sur tout. Mais en fait, tout de suite, ça va assez vite d&rsquo;organiser la manifestation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et moi, je me dis, c’est grâce à ce qu&rsquo;on a pu forger à l’AG antifasciste&nbsp;: se faire confiance. On a organisé un gros festival en début d&rsquo;année qui a permis d&rsquo;occuper la place et de faire plein de choses pour nous redonner confiance, pour nous unir assez rapidement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Maintenant, on est capable de s&rsquo;organiser vite et d&rsquo;aller tout de suite organiser une manif et de faire une occupation de la rue et de ne pas laisser la rue à la menace fasciste ou aux discours d&rsquo;extrême droite, aux actions de l&rsquo;extrême droite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et ça, c&rsquo;est vachement important. C&rsquo;est vachement important parce qu&rsquo;on se rend compte que la menace fasciste ou en tout cas la menace d&rsquo;action raciste, homophobe, anti-gauche, elle est réelle. Il y a des groupuscules qui s&rsquo;organisent, il y a des discours islamophobes à volonté déversés par les médias d&rsquo;extrême droite qui vont légitimer le passage à l&rsquo;acte. C’est important déjà de dire, on ne laisse pas faire, on se bat politiquement, symboliquement, on résiste. Et donc, c&rsquo;est important d&rsquo;occuper la place et de pouvoir réagir en masse, en tout cas de manière unitaire, avec les syndicats et les autres forces, et de ne pas laisser faire des choses qui sont inacceptables. Après, plus généralement, c&rsquo;est important parce qu&rsquo;on se rend compte que la montée de l&rsquo;extrême droite, la montée de la menace fasciste, elle est réelle et pas seulement en France, en Europe, dans le monde. Ils s&rsquo;organisent, ils ne sont pas inactifs, ils sont à l&rsquo;affût. Électoralement, le RN est le premier parti du pays, qu&rsquo;on le veuille ou non. Il fait des résultats impressionnants, ils sont en masse, ils ont des appuis d&rsquo;une partie de la classe patronale et de la classe politique qui commencent à faire leur relais. Alors, essayer de s&rsquo;organiser et d&rsquo;arriver à organiser des manifs et des ripostes sur le terrain, c&rsquo;est important. Essayer d&rsquo;unir les forces de gauche, et créer des dynamiques pour la suite, c&rsquo;est ça qui est intéressant. Notre manifestation, notre rassemblement en soutien à la victime, elle permet une dynamique, elle va permettre qu&rsquo;on continue au 1er mai d&rsquo;être dynamique sur ces questions-là, sur les questions antiracistes et aussi de montrer le racisme d&rsquo;État qui est réel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Donc, face à la peur, on prend cette question au sérieux. Quand on fait des événements, on va réfléchir. Comment on fait un service d&rsquo;ordre ? Comment on riposte ? Sans avoir de réponse préétablie&nbsp;: on fait des bilans, etc. Et du coup, ça veut dire tout simplement qu&rsquo;en fait, la rue, on l&rsquo;abandonne pas. Mais moi, j&rsquo;ai envie de dire, ça va se construire petit à petit. Ça va être, par exemple, en organisant des festivals qui sont à la fois des moments où on se rencontre entre nous, on se fait confiance, on approfondit des questions, on discute stratégie politique et on se rend compte que tout se passe bien, qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de problème, on n&rsquo;a pas d&rsquo;agression, parce qu&rsquo;en fait, on n&rsquo;est plus nombreux qu&rsquo;eux. Il y a une division des forces, il faut arriver à s&rsquo;unir. Mais en vrai, on n&rsquo;est plus nombreux qu&rsquo;eux. Et la peur, au bout d&rsquo;un moment, elle change de nature. On se rend compte que ça peut nous mettre des freins, ça peut nous faire dire, faisons attention, soyons vigilants. Mais on se rend compte qu&rsquo;en fait, avec la confiance, on y fait face. C’est pas évident mais ça se fait sur le long terme. Ca se fait en se rencontrant, en organisant aussi des réunions publiques de façon régulière, petit à petit.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et maintenant, ça va être quoi les suites pour continuer à construire la dynamique antifasciste à Brest ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors là, on fait partie du 1er mai en tant qu’AG antifasciste. Ce qui est intéressant, c&rsquo;est que quand même, on est repéré par les forces syndicales et les forces politiques locales, même LFI par exemple. On est repéré comme, on va dire, une organisation de base qui compte, qui a sa voix au chapitre. Du coup, l’AG antifasciste va avoir son cortège pendant le 1er mai. Ensuite, il va y avoir le 9 mai&nbsp;: il va falloir faire des rassemblements contre les rassemblements fascistes qui ont lieu à Paris. Je fais référence au comité du 9 mai, qui est un mouvement néofasciste depuis quelques années, qui essaie de rassembler toutes les forces d&rsquo;extrême-droite de France et d&rsquo;Europe. Et nous, on a lancé tout de suite quelque chose pour le 9 mai, en lien avec les syndicats, et du coup, ça donne de la force. Ca permet vraiment de continuer sur une dynamique, et d&rsquo;approfondir ce qu&rsquo;on porte comme revendications et comme mots d&rsquo;ordre&nbsp;: Par exemple, le soutien aux personnes étrangères, la régularisation de tous les sans-papiers, des choses comme ça. Et ensuite, ça permet tout un travail qu&rsquo;on a construit depuis des mois avec tous ces acteurs, toutes ces associations dont j&rsquo;ai parlé, avec les syndicats, pour imaginer un autre festival antiraciste et antifasciste qui va se tenir à Brest, pour organiser des liens sur la lutte du peuple palestinien, etc. Donc en fait, on est pris dans une dynamique en réagissant à l&rsquo;actualité, en se greffant aux événements nationaux, comme le 1er mai, la Marche des Solidarités, la lutte en solidarité au peuple palestinien, et petit à petit, voilà, ça tient comme ça.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Là, on est parti sur une année qui va être très importante, avec au mois de mai prochain les élections présidentielles. Ça va être une année charnière. Du coup, si on arrive à avoir des mobilisations tout au long de l&rsquo;année pour arriver en force au printemps 2027, je me dis qu&rsquo;il y a quelque chose à faire. Au moins arriver en confiance, arriver en force, arriver unis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Propos de Nico de Brest recueillis par Milig Sinou de Paris 19</p>
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		<title>Ni relégués ni déclassés, les racines sociales du vote RN dans le périurbain. Recension de Le vote FN au village.</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/ni-relegues-ni-declasses-les-racines-sociales-du-vote-rn-dans-le-periurbain-recension-de-le-vote-fn-au-village/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 10:01:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Classes sociales]]></category>
		<category><![CDATA[classes populaires]]></category>
		<category><![CDATA[Extrême-droite]]></category>
		<category><![CDATA[Fascisme]]></category>
		<category><![CDATA[fasciste]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">On a l’habitude d’entendre, dans le débat public et médiatique, que les petites villes périurbaines seraient le terreau de l’extrême droite et du vote FN/RN. Les classes populaires vivant dans ces régions seraient « naturellement <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/ni-relegues-ni-declasses-les-racines-sociales-du-vote-rn-dans-le-periurbain-recension-de-le-vote-fn-au-village/" title="Ni relégués ni déclassés, les racines sociales du vote RN dans le périurbain. Recension de Le vote FN au village.">[...]</a></div>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>On a l’habitude d’entendre, dans le débat public et médiatique, que les petites villes périurbaines seraient le terreau de l’extrême droite et du vote FN/RN. Les classes populaires vivant dans ces régions seraient « naturellement » portées vers le racisme, subiraient un déclassement et seraient nostalgiques d’un passé disparu.</em></p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background wp-block-paragraph" style="font-size:11px"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette vision des espaces périurbains comme foyers de relégation et bastions du vote Front national s’est appuyée sur des sondages de l’IFOP et les analyses de Christophe Guilluy, notamment dans Fractures françaises (2010) et La France périphérique (2014). Dans cet ouvrage, Violaine Girard vient déconstruire tous ces clichés à l’aide d’une enquête menée entre 2003 et 2008, puis en 2012.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La situation sociale des habitant&rsquo;es</strong><br>L’enquête montre en effet qu’à rebours d’une vision misérabiliste des populations des espaces périurbains (qui constituent la majorité de la population française), les ménages de ces régions sont en ascension sociale et fiers d’accéder à une propriété souvent moins coûteuse que dans les grands centres urbains. Ils accèdent à la propriété et à de meilleurs postes dans de nouvelles industries comme l’industrie nucléaire. Dans les années 70, ce sont donc de nouveaux emplois, une tertiarisation de l’économie et un rejet des « opérateurs » (ouvrier&rsquo;es non qualifié&rsquo;es). L’une des raisons de cette implantation dans ces régions périurbaines, c’est la politique capitaliste agressive sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing ; les zones périurbaines ont été la priorité du patronat pour déstabiliser les bastions syndicaux construits tout au long du XXe siècle et acquérir « la paix sociale ». Girard montre bien les liens entre les politiques locales et les patrons pour contrer l’action syndicale. Tout ce travail antisyndical a rompu les liens avec l’identité ouvrière et la gauche traditionnelle.<br>Sur le plan professionnel, ces populations disposent de postes qui les distinguent des catégories les plus précaires. Ils accèdent souvent à des emplois stables et, parfois, à une progression vers la maîtrise ou l’indépendance, davantage par la valorisation de leurs compétences techniques que par les diplômes. Malgré les restructurations industrielles, les personnes résidant ces régions restent globalement à l’abri du déclassement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le lien avec le vote RN</strong><br>Comment expliquer alors leur défiance politique, la progression de l’abstention et l’intérêt pour le FN/RN ? Girard montre que leur rapport au politique est façonné par le désir de sortir de la condition ouvrière et de se distinguer des plus défavorisés. Convaincu&rsquo;es que leur réussite tient à leurs propres efforts, ils se sentent peu redevables envers les responsables politiques. Se dessine ainsi une conscience sociale « triangulaire » : ces ménages cherchent à se distinguer à la fois du bas de l’échelle sociale et d’une partie du haut de l’échelle. Ils se montrent sensibles à des valeurs plutôt ancrées à droite : mérite, travail, entrepreneuriat, stabilité familiale. Les petits patrons et artisans constituent souvent un groupe de référence. On voit ici une belle démonstration que le fascisme et le vote FN/RN se construisent majoritairement à l’aide de la petite-bourgeoisie et non pas à l’aide du vote ouvrier (voir notre brochure sur le fascisme).<br>Le contexte local joue également un rôle décisif. Le territoire étudié est historiquement ancré à droite et le passage au vote FN concerne surtout d’anciens abstentionnistes ou électeurs de droite classique. Les politiques d’aménagement, favorisant la propriété individuelle et l’implantation d’entreprises dans des zones peu syndiquées, ont contribué à un climat social peu conflictuel et à une proximité valorisée avec les employeurs. Enfin, l’action municipale a renforcé l’entre-soi des familles « respectables » en limitant le logement social et en favorisant des pratiques racistes d’accès au logement assumées. Sans se traduire mécaniquement par un vote FN, cette mise à distance a pu banaliser certains discours et, à terme, faciliter un rapprochement avec cette offre politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jack, Paris 20e.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le vote FN au village : trajectoires de ménages populaires du périurbain, de Violaine Girard, 2017, Éditions du Croquant.</em></p>
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		<title>Réunion publique : Face aux offensives fascistes, quelle riposte construire ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/reunion-publique-face-aux-offensives-fascistes-quelle-riposte-construire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Feb 2026 16:10:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">La mort d&#8217;un facho à Lyon et le traitement médiatique qui en est fait sont l&#8217;occasion d&#8217;une offensive des fascistes : depuis vendredi, ils se rassemblent ou appellent à se rassembler un peu partout, jusque <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/reunion-publique-face-aux-offensives-fascistes-quelle-riposte-construire/" title="Réunion publique : Face aux offensives fascistes, quelle riposte construire ?">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">La mort d&rsquo;un facho à Lyon et le traitement médiatique qui en est fait sont l&rsquo;occasion d&rsquo;une offensive des fascistes : depuis vendredi, ils se rassemblent ou appellent à se rassembler un peu partout, jusque dans des quartiers connus pour leur histoire antifasciste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans plus d&rsquo;une dizaine de villes, des locaux politiques, syndicaux, des mosquées et des lycées ont été ciblés par les fascistes. Des rassemblements fascistes se sont aussi tenus partout en France.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est impératif de mobiliser partout sur la question, sans attendre que les fascistes appellent à des rassemblements, s&rsquo;il le font, chercher à les faire annuler par notre présence massive. Et de renforcer la diffusion de tracts sur les marchés, le collage d&rsquo;affiches…<br>C&rsquo;est l&rsquo;urgence absolue : rendre visible une opposition large et populaire au fascisme et au racisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">●<strong> Face à l&rsquo;offensive fasciste, unité et solidarité</strong> avec les organisations attaquées ou menacées, défense des lieux attaqués ou menacés, renforcement des réseaux de défense des sans-papiers etc.</p>



<p class="wp-block-paragraph">● <strong>Il faut relégitimer la lutte antifasciste</strong> : il était juste de combattre le fascisme avant Lyon et c&rsquo;est toujours juste après. Il faut maintenir et développer la mobilisation dans nos quartiers contre la propagande électorale des fascistes et contre le racisme au pouvoir.<br>Les prochaines échéances du mouvement doivent nous permettre de renforcer la construction du mouvement antifasciste par en bas, avec tout le monde : le 8 mars en virant Nemesis et les sionistes, en s&rsquo;organisant pour empêcher les fachos d&rsquo;apparaître publiquement dans le cadre de la campagne des municipales, et en manifestant partout le 14 mars, à l&rsquo;appel de la Marche des Solidarités, contre le racisme et le fascisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">● <strong>Nous ne laisserons pas un centimètre aux fachos</strong> qui tuent sans vergogne et s&rsquo;enorgueillissent<br>de frapper. A Lyon Deranque était membre des groupes nazis qui cherchaient à développer un climat de terreur contre les immigré.es, les musulman.es, les féministes et les militant.es LGBTq+ et toute la gauche politique et syndicale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Connectez-vous <strong>dimanche, à 18h, sur zoom, </strong>pour une introduction et une discussion avec des camarades d’A2C impliqué’es dans les fronts antiracistes et antifascistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>ID de réunion : 865 0533 4715</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mot de passe : 915793</strong></p>
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		<title>Pas de front commun antifasciste sans luttes contre l&#8217;islamophobie</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-front-commun-antifasciste-sans-luttes-contre-lislamophobie-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Feb 2026 12:26:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Fascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Islamophobie]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=10866</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">« Quand vous entendez dire du mal des Juifs, dressez l’oreille : on parle de vous. » Citant une punch-line de son professeur de philosophie antillais dans « Peau noire, masques blancs » (1952), Frantz <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-front-commun-antifasciste-sans-luttes-contre-lislamophobie-2/" title="Pas de front commun antifasciste sans luttes contre l&#8217;islamophobie">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>« Quand vous entendez dire du mal des Juifs, dressez l’oreille : on parle de vous. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Citant une punch-line de son professeur de philosophie antillais dans <em>« Peau noire, masques blancs » </em>(1952), Frantz Fanon nous met en garde sur l&rsquo;unicité du racisme dont l&rsquo;antisémitisme était à cette époque la pointe avancée. Dit d&rsquo;une autre façon, il ajoute : <em>« Depuis lors, j’ai compris qu’il voulait tout simplement dire : un antisémite est forcément négrophobe »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelque 70 ans plus tard, cette phrase garde tout son sens en parlant des musulman·es. Si l&rsquo;antisémitisme n&rsquo;a pas disparu, c&rsquo;est l&rsquo;islamophobie qui est aujourd&rsquo;hui le racisme assumé par le camp réactionnaire dans la bataille politique : rapport sur « l&rsquo;entrisme des Frères Musulmans <em>»</em> présenté en conseil de défense, expulsions d&rsquo;imams, multiples lois visant les musulman·es…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, une partie de notre classe fait face à un arsenal de théories racistes, de plus en plus épaulées par les appareils d’État et la bourgeoisie. Cette sinistre idéologie de l&rsquo;ennemi de l&rsquo;intérieur, secondée par le matraquage de la laïcité à tout va, est la colonne vertébrale de l&rsquo;islamophobie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette idéologie a une fonction. De la même façon que le racisme anti-noir a servi de légitimation de la mise en esclavage des africain·es et de la domination coloniale, l&rsquo;islamophobie sert un agenda politique raciste pour renforcer le camp réactionnaire et alimenter la funèbre logique de l&rsquo;impérialisme occidental.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Derrière l&rsquo;islamophobie,  se cache l&rsquo;impérialisme</strong></h1>



<p class="wp-block-paragraph">Quel lien entre un racisme qui explose, la course effrénée au développement de nouvelles technologies comme l&rsquo;IA, l&rsquo;austérité imposée aux peuples du monde entier et l&rsquo;explosion des budgets d&rsquo;armement et de ses guerres coloniales associées ? Le capitalisme. Et pour comprendre pourquoi le capitalisme alimente racisme et guerres impériales, il faut comprendre la logique même d&rsquo;un système économique basé sur l&rsquo;accumulation de capital.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour accumuler du capital, une entreprise a besoin d&rsquo;être compétitive. Sauf que sur le marché, la concurrence est rude. Par exemple, au cours des années 2010 et la généralisation d&rsquo;achats sur internet, les entreprises de vente en ligne voyaient leur marge nettement augmenter. Après le COVID, entre la concurrence accrue et les monopoles des géants comme Amazon, les prix ont drastiquement baissé (donc les profits avec). C&rsquo;est la trajectoire même du capital, appelée aussi « la baisse tendancielle du taux de profit <em>»</em>. Les profits baissent, mais il faut continuer d&rsquo;en faire coûte que coûte pour la survie de l&rsquo;entreprise. Pour cela, plusieurs solutions : baisser les salaires et supprimer des emplois (austérité) ; développer des nouvelles technologies (augmenter la productivité) ; étendre son marché vers d&rsquo;autres pays ou d&rsquo;autres secteurs et créer un monopole (guerres impérialistes).</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est vrai dans tous les domaines. Alors quand on parle ressources et matériaux (pétrole, uranium, terres rares&#8230;), on voit vite comment les enjeux territoriaux peuvent être énormes. Ainsi, la guerre économique entre les entreprises peut rapidement se muer en guerre tout court pour l&rsquo;accès aux ressources.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela explique en partie la situation au Yémen : depuis 2015, la coalition de pays arabes dirigée par l&rsquo;Arabie saoudite (et soutenue par les pays occidentaux) maintient le pays sous blocus naval et aérien, causant plus de 377 000 morts (par famine et bombardements indiscriminés). Objectifs : affaiblir le mouvement Ansarullah (Houthis, alliés de l&rsquo;Iran) pour sécuriser les routes commerciales comme le détroit de Bab el-Mandeb (12 % du pétrole mondial) et protéger les intérêts des multinationales pétrolières occidentales comme BP et Chevron.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais les guerres impérialistes ont un coût, et pour faire accepter ce coût à son peuple, un État doit trouver des justifications. C&rsquo;est là qu&rsquo;intervient la construction d&rsquo;un ennemi commun contre lequel l’État, tel un pompier-pyromane, nous garantira protection en échange de concessions politiques (restrictions des libertés) et économiques (l&rsquo;austérité).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis la révolution iranienne de 1979, dans laquelle les États-Unis (alliés du pouvoir déchu) craignaient pour leurs intérêts, cet ennemi commun, ce sont les musulman·es ou supposé·es comme tels, et les pays dits musulmans. Ensuite, l&rsquo;attaque du 11 septembre a largement été exploitée pour accélérer cette doctrine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ennemi de l&rsquo;extérieur pour justifier le colonialisme et les guerres impérialistes. Ennemi de l&rsquo;intérieur pour empêcher l&rsquo;unification de notre classe et favoriser l&rsquo;exploitation.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Défendre l&rsquo;unité, c&rsquo;est défendre les musulman·es</strong></h1>



<p class="wp-block-paragraph">Si l&rsquo;islamophobie est aujourd&rsquo;hui la pointe avancée de l&rsquo;impérialisme occidental, elle s&rsquo;attaque en 1ᵉʳ lieu aux musulman·es, ou supposé·es, en instrumentalisant la lutte contre le terrorisme : invasion de l’Afghanistan par les USA en 2001, attaques « préventives <em>»</em> contre l&rsquo;Iran par Israël l&rsquo;année dernière, ostracisation des musulman·es de France… La liste est longue, et chacun de ses tirets devrait nous révolter en soi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En plus de ces innombrables violences, l&rsquo;exclusion sociale des musulman·es nous divise et sert l&rsquo;exploitation de l&rsquo;ensemble de la classe ouvrière. Car face à une classe faible et divisée, dans laquelle on a laissé le racisme s&rsquo;immiscer, le patronat peut aisément imposer des conditions de travail qui nous sont de plus en plus défavorables. C&rsquo;est ce qu’explique le sociologue marxiste Al Szymanski. Il nous dit à propos des États-Unis des années 70 : « Plus la discrimination raciale est intense, plus bas sont les salaires des Blancs du fait de la variable intermédiaire de la solidarité de la classe ouvrière – en d’autres termes, le racisme désavantage économiquement les travailleurs blancs parce qu’il affaiblit l’organisation syndicale en détruisant la solidarité entre travailleurs noirs et blancs »<sup data-fn="ea20736e-21d6-4aa2-9840-499fc5bc51dc" class="fn"><a href="#ea20736e-21d6-4aa2-9840-499fc5bc51dc" id="ea20736e-21d6-4aa2-9840-499fc5bc51dc-link">1</a></sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand les musulman·es se font attaquer, c&rsquo;est tout le camp social qui perd de la force.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De la même façon, l&rsquo;accélération des dissolutions d&rsquo;associations de ces dernières années a d&rsquo;abord visé des organisations cultuelles musulmanes (comme celle de la mosquée de Lagny-sur-Marne), puis celles de lutte contre l&rsquo;islamophobie (le CCIF<sup data-fn="4fca8dec-9b22-4747-a07c-d58a634568a7" class="fn"><a href="#4fca8dec-9b22-4747-a07c-d58a634568a7" id="4fca8dec-9b22-4747-a07c-d58a634568a7-link">2</a></sup>, aujourd&rsquo;hui réformé en CCIE<sup data-fn="7de86080-24b6-4006-8eef-2bd0e628ebb9" class="fn"><a href="#7de86080-24b6-4006-8eef-2bd0e628ebb9" id="7de86080-24b6-4006-8eef-2bd0e628ebb9-link">3</a></sup>). Devant la non-réaction du camp social, pourquoi le gouvernement n&rsquo;étendrait-il pas ces attaques à des collectifs antifascistes ou écologistes ? C&rsquo;est exactement le déroulé de ces 10 dernières années, où la réaction de notre camp a réellement commencé qu&rsquo;avec la tentative de dissolution des Soulèvements de la Terre, puis celle de la Jeune Garde ou d&rsquo;Urgence Palestine.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>La laïcité comme arme de guerre</strong></h1>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les nombreux outils pour attaquer les musulman·es, la laïcité revient souvent sur la table. Elle est brandie messianiquement à chaque fois qu&rsquo;il s&rsquo;agit de taper sur les musulman·es. Sur les plateaux télé évidemment, mais aussi pour faire passer la batterie de lois islamophobes persécutant et excluant de l&rsquo;espace public et de l&rsquo;école nos camarades musulman·es (par exemple avec la loi de 2004 sur les signes religieux qui a servi de pied dans la porte des nombreuses lois islamophobes qui ont suivi).</p>



<p class="wp-block-paragraph">À en croire les dires de l’État et de ses relais médiatiques, le musulman menacerait par définition les valeurs de la République, notamment parce qu&rsquo;il serait en contradiction avec la laïcité définie par la loi de 1905.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il serait communautariste (voire séparatiste) lorsqu&rsquo;il prend soin de sa communauté. Autrement, il est taxé d&rsquo;entriste quand il correspond aux attentes républicaines, du style quand le lycée Averroès obtient des résultats exceptionnels au bac.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pile tu perds, face tu perds.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À gauche, c&rsquo;est un peu plus subtil. Pour la loi de 2004 et pendant plus de 10 ans, c&rsquo;était surtout complaisance et grand silence. Aujourd&rsquo;hui, dans les balbutiements de soutien, il a souvent été pointé la non-exemplarité politique (impossible à avoir) des musulman·es visé·es par les violences d’État en scrutant chacune de leurs déclarations et de leurs liens passés.&nbsp;</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Islamophobie : les blocages à gauche</strong></h1>



<p class="wp-block-paragraph">Pour que la gauche s’engage pleinement, déjà il lui faut dépasser son islamophobie encore présente jusque dans les cercles militants. Par exemple à Rennes, dans le mouvement pour la Palestine, une proposition en interne de l&rsquo;AG Palestine fut de faire une doha (prière) pour les morts à Gaza, mais celle-ci a été empêchée. De même pour les slogans en arabe, ça a été difficile de les faire accepter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est parfois une doctrine moraliste anti-religieuse qui empêche la solidarité. À l&rsquo;image de cette citation de Bakounine, dans son livre Dieu et l&rsquo;État, qui fut pourtant pendant longtemps sur ma table de chevet : <em>« Si Dieu est, l&rsquo;homme est esclave ; or l&rsquo;homme peut, doit être libre, donc Dieu n&rsquo;existe pas »</em>. Une vision binaire de la croyance, opposée à toute religion qui serait naturellement obscurantiste. Cela nous empêche d&rsquo;avoir une lecture matérialiste des structures oppressantes réellement à l’œuvre, en vue de les combattre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, c&rsquo;est aussi une volonté de détruire le potentiel outil de résistance qu&rsquo;est l&rsquo;islam.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À droite, pour briser la résistance à l&rsquo;hégémonie capitaliste et impérialiste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À gauche, car la seule identité légitime pour faire la révolution serait celle du prolétaire, toute autre identité est vue comme divisant la classe ouvrière. Si notre classe est effectivement traversée par des contradictions, c&rsquo;est une erreur de ne pas les prendre en charge et de laisser une partie de notre classe (ici les musulman·es) seule face aux violences racistes. Car l&rsquo;unicité se construit en opposition aux stratégies de division de la classe dirigeante.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Lutter aux côtés des musulman·es</strong></h1>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ceux et celles qui nous accusent de complicité avec les musulman·es, il faut plaider coupable<sup data-fn="0e8a3ec6-6f73-47c1-903e-2dac028b7eea" class="fn"><a href="#0e8a3ec6-6f73-47c1-903e-2dac028b7eea" id="0e8a3ec6-6f73-47c1-903e-2dac028b7eea-link">4</a></sup>. Coupable de défendre la liberté de culte. Coupable de défendre la Palestine, de la mer au Jourdain. Coupable de défendre la liberté, l&rsquo;égalité et la fraternité réelle pour toutes et tous. Chaque musulman·e attaqué·e pour ce qu&rsquo;il est, se doit d&rsquo;être défendu·e, qu&rsquo;importe les différents politiques existant. Que ce soit l&rsquo;imam Hassan Iquioussen victime de la loi séparatisme et menacé d&rsquo;expulsion, ou Omar Alsoumi arrêté pour « apologie de terrorisme <em>»</em> pour avoir soutenu la résistance palestinienne, ou une mosquée attaquée, nous devons réagir depuis nos collectifs. Chaque solidarité effective contre les violences islamophobes participe à l&rsquo;unification de notre classe, et donc nous renforce collectivement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré tout, dans les moments critiques, nous pouvons entrapercevoir nos possibles alliances. Lors de l&rsquo;horrible meurtre filmé d&rsquo;Aboubakar Cissé en pleine prière, une partie de la gauche radicale a rapidement réagi pour participer aux mobilisations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De la même façon, les 2 dernières années de lutte contre le génocide à Gaza et la colonisation en Cisjordanie sont parties d&rsquo;un mouvement par en bas et ont montré qu&rsquo;avec un objectif clair (arrêter le génocide), il est possible de dépasser nos contradictions et de lutter au coude à coude, musulmans ou non. Pour autant, les quelques ponts qui se sont créés se sont faits au prix du sacrifice de centaines de milliers de palestinien·nes, et globalement la réaction de notre camp reste très loin d&rsquo;être satisfaisante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Maintenant, il faut arrêter d&rsquo;essentialiser les organisations musulmanes ou de les voir comme un bloc homogène, pour les considérer pour ce qu&rsquo;elles sont : des forces politiques avec lesquelles il est possible de s&rsquo;allier pour les prochains combats à mener, en particulier pour créer un front commun conséquent contre le racisme et le fascisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Camille (A2C Rennes)</em></strong></p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="ea20736e-21d6-4aa2-9840-499fc5bc51dc">A. Szymanski, <em><a href="https://www.jstor.org/stable/2094250">« Racial Discrimination and White Gain »</a></em>, American Sociological Review, 41 (1976), pp. 409-412. <a href="#ea20736e-21d6-4aa2-9840-499fc5bc51dc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="4fca8dec-9b22-4747-a07c-d58a634568a7">CCIF : Collectif Contre l&rsquo;Islamophobie en France <a href="#4fca8dec-9b22-4747-a07c-d58a634568a7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="7de86080-24b6-4006-8eef-2bd0e628ebb9">CCIE : Collectif Contre l&rsquo;Islamophobie en Europe <a href="#7de86080-24b6-4006-8eef-2bd0e628ebb9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="0e8a3ec6-6f73-47c1-903e-2dac028b7eea">Inspiré de l&rsquo;article <em><a href="https://www.lignes-de-cretes.org/contre-lslamophobie-le-11-mai-et-apres-aimez-nous-vivants/">« Contre l’islamophobie : le 11 mai et après, aimez-nous vivants »</a></em>, Nadia Meziane, lignes-de-cretes.org <a href="#0e8a3ec6-6f73-47c1-903e-2dac028b7eea-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-front-commun-antifasciste-sans-luttes-contre-lislamophobie-2/">Pas de front commun antifasciste sans luttes contre l&rsquo;islamophobie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Vérité et justice pour El Hacen Diarra : la lutte continue</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/retour-sur-la-lutte-pour-la-verite-et-la-justice-pour-el-hacen-diarra/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Feb 2026 11:35:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Diarra]]></category>
		<category><![CDATA[Fascisme]]></category>
		<category><![CDATA[police]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<category><![CDATA[solidarité]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Interview de Mathieu, camarade d’autonomie de classe impliqué dans la Marche Des Solidarité et actif dans la lutte pour la vérité et la justice pour El Hacen Diarra. Interview réalisée le vendredi 6 février. A <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/retour-sur-la-lutte-pour-la-verite-et-la-justice-pour-el-hacen-diarra/" title="Vérité et justice pour El Hacen Diarra : la lutte continue">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/retour-sur-la-lutte-pour-la-verite-et-la-justice-pour-el-hacen-diarra/">Vérité et justice pour El Hacen Diarra : la lutte continue</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>Interview de Mathieu, camarade d’autonomie de classe impliqué dans la Marche Des Solidarité et actif dans la lutte pour la vérité et la justice pour El Hacen Diarra.</em> <em>Interview réalisée le vendredi 6 février. A retrouver au format <a href="https://open.spotify.com/episode/5otc5Weh3LZSCt5aARQ1CH?si=1940ce2b547b4052" type="link" id="https://open.spotify.com/episode/5otc5Weh3LZSCt5aARQ1CH?si=1940ce2b547b4052">podcast ici</a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Salut Mathieu, tu es un camarade d’autonomie de classe, tu es habitant et activiste du 20ème arrondissement et tu milites à la Marche Des Solidarité qui est une organisation nationale qui rassemble des collectifs de sans papiers et des collectifs de lutte contre le racisme. Dans la nuit du 14 au 15 janvier, El Hacen Diarra a été brutalement assassiné par la police dans le XXème arrondissement. Tu es actif aux cotés de sa famille et de ses proches pour construire la riposte et exiger vérité et justice. Est-ce que tu peux revenir sur ce qui s’est passé ?&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la nuit du 14 au 15 janvier, El Hacen Diarra, un homme de 35 ans, résident du foyer des travailleurs migrants des Muriés, prenait son café, fumait une cigarette devant le foyer, quand autour de 22h, une voiture de police est venue le contrôler. Et sans qu&rsquo;on sache précisément encore tout ce qui s&rsquo;est passé, deux heures plus tard, il était mort.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon des images qui sont ressorties, des témoignages que certains voisins ont commencé à partager, il semblerait que très vite, les trois premiers policiers qui l&rsquo;ont contrôlé, l&rsquo;ont frappé, l&rsquo;ont tenu au sol, l&rsquo;ont étranglé. Selon plusieurs membres de sa famille &#8211; et je partage ce qu’ils disent &#8211; il a été tué devant le foyer. Ce qui nous fait penser ça, c&rsquo;est qu&rsquo;il y a eu de très nombreux renforts policiers qui sont arrivés dans les minutes qui ont suivi son contrôle. Les voisins parlent de six voitures de police, dans la demi-heure qui a suivi le début de son contrôle. Des renforts de différents services, pas uniquement du commissariat du 20ème arrondissement, mais également de la BAC et d’autres. Donc il a été tué cette nuit-là. Ce qu&rsquo;il faut avoir en tête, c&rsquo;est que les policiers qui on tué El Hacen ce jour-là, font partie d’un commissariat qui a déjà tué et qui s’inscrit dans un long passé de violence policière.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2023, des policiers de ce commissariat avaient renversé trois jeunes : Safiatou, Salif et Ilan, de 16, 15 et 13 ans, qui rentraient de la mosquée un soir de ramadan dans la rue de Bagnolet. Les policiers leur étaient rentrés dedans en voiture, les avaient fait tomber au sol, leur avaient sauté dessus, maintenus au sol, frappés, et avaient ensuite menti. Ils avaient adopté la même stratégie qu’actuellement avec le meurtre d’El Hacen à savoir la mise à contribution de toute la hiérarchie policière (le commissariat, les institutions, la préfecture et le ministère) pour se couvrir. Ils avaient tué la Lamine Dieng en 2007, dans un fourgon devant le commissariat, et maintenant ils viennent de tuer El Hacen Diarra.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">El Hacen ainsi que plusieurs membres de sa famille ont résidé plusieurs années dans ce foyer. El Hacen est Mauritanien. Il y a plusieurs personnes de sa famille qui résident au foyer, comme lui : un frère, un cousin, son père, et d&rsquo;autres membres de sa famille sont soit dans d&rsquo;autres foyers de région parisienne, soit dans des résidences plus classiques. Il a même un de ses frères qui est membre de la coordination sans-papiers 75, militant de la lutte pour l&rsquo;égalité des droits et la régularisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques jours après son assassinat, il y a eu un grand rassemblement devant le foyer, organisé par la famille, par les résidents, par les collectifs de sans-papiers, la Marche des Solidarités, qui a rassemblé des centaines de personnes pour un premier hommage. <strong>Ce premier hommage n&rsquo;était pas uniquement un hommage de recueillement car immédiatement dans les prises de parole de la famille d&rsquo;El Hacen et des résidents, une volonté de se battre a émergé, pour ne pas laisser passer ce qui lui est arrivé, pour savoir ce qui lui est arrivé, pour faire que ces tueurs et ceux qui l&rsquo;ont couvert soient condamnés et suspendus jusqu&rsquo;à leur condamnation, mais aussi pour lancer un mouvement qui redonne la confiance pour que ces crimes cessent</strong>.&nbsp;Et juste après le premier rassemblement en hommage,&nbsp;il y a Laurent Nunez, ministre de l&rsquo;Intérieur,&nbsp;qui a fait le tour des médias&nbsp;pour dire que les policiers ne seraient pas suspendus&nbsp;et que lui ne voyait pas pourquoi ils devraient l&rsquo;être. Et ça, c&rsquo;est un message envoyé à tous les policiers.&nbsp;Vous pouvez tuer, vous serez couverts.&nbsp;C&rsquo;est un message envoyé aux policiers qui ont tué El Hacen que l&rsquo;institution sera derrière eux. Avec ces messages envoyés par le plus haut sommet de l&rsquo;État,&nbsp;il y a fort à parier que les policiers&nbsp;se sentent en toute légitimité/tranquillité de recommencer. Dond quand ils passent devant un des 7 foyers du 20e arrondissement,&nbsp;un des 200 foyers de travailleurs migrants du reste de la région parisienne,&nbsp;quand ils passent dans les quartiers populaires,&nbsp;quand ils contrôlent des personnes noires, des personnes arabes,&nbsp;on sent que la police se sent en toute impunité de tuer car ils savent que l&rsquo;institution sera derrière elles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous, ce qu&rsquo;on a voulu faire,&nbsp;c&rsquo;est commencer un mouvement qui renverse ça.&nbsp;Après ce premier rassemblement, comptant des centaines de personnes,&nbsp;il y a eu une manifestation la semaine d&rsquo;après, le dimanche 25 janvier,&nbsp;où 3000 personnes sont venues et ont marché du foyer jusqu&rsquo;en direction du commissariat,&nbsp;avec, l&rsquo;envie de continuer à rendre hommage,&nbsp;mais trop en colère pour s&rsquo;en tenir aux hommages.&nbsp;Et par exemple, ce qu&rsquo;on avait appelé à faire à ce moment-là,&nbsp;et qui a assez bien marché, avec la famille et les résidents,&nbsp;et les collectifs de sans-papiers,&nbsp;c&rsquo;est que les murs se recouvrent de messages,&nbsp;avec toujours ce double objectif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On n&rsquo;oublie pas la scène.&nbsp;On est avec toutes celles et ceux qui subissent le racisme.&nbsp;On arrête de reculer, et surtout, on montre à la police que maintenant,&nbsp;quand il n&rsquo;y a pas de roues dans certains quartiers,&nbsp;on leur est explicitement hostile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils le voient sur les murs, ils le voient sur les affiches.&nbsp;Et ça, on souhaiterait que ça continue dans ce sens.&nbsp;Et la prochaine étape que la famille veut construire,&nbsp;ce sera le samedi 21 février.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Paris, une marche en direction du ministère de l’Intérieur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>On le voit à chaque nouveau crime policier.&nbsp;Beaucoup dans le champ politique en appellent à l’IGPN. En fait, ça découle d&rsquo;une idée tenace, à gauche y compris,&nbsp;qui est celle que les crimes policiers seraient le fait de brebis galeuses&nbsp;dans la police, et qu&rsquo;il serait possible,&nbsp;c&rsquo;est ce que propose la France insoumise dans son programme, par exemple,&nbsp;de refonder une police républicaine en expurgeant les mauvais éléments.&nbsp;Qu&rsquo;est-ce que tu penses de ces raisonnements et de ces propositions ?&nbsp;Est-ce que tu peux nous expliquer ce que les flics et l&rsquo;IGPN ont fait&nbsp;pour El Hacen Diarra dès le premier soir,&nbsp;pour empêcher que vérité et justice soient faites ?&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les policiers ont tout de suite cherché toutes les caméras qu&rsquo;il pouvait y avoir dans la rue, toutes les fenêtres qui étaient allumées, et dès le lendemain, l&rsquo;IGPN était à la porte de chacun des voisins qui auraient pu avoir quelque chose, pour mettre des coups de pression afin d’essayer de récupérer des témoignages.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La famille d&rsquo;El Hacen n&rsquo;a rien su avant le lendemain matin quand ils sont allés au commissariat du 20ème arrondissement, là où on leur avait dit qu&rsquo;El Hacen avait été mis en garde à vue. Quand ils sont arrivés au commissariat, on leur a rien dit, on les a emmenés directement à l&rsquo;IGPN. Et c’est seulement une fois arrivés à l&rsquo;IGPN, qu&rsquo;ils ont appris qu&rsquo;El Hacen était mort. Ils ont ensuite été immédiatement interrogés pour savoir si El Hacen était cardiaque, s&rsquo;il avait des problèmes de santé, s&rsquo;il prenait des médicaments, etc…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le lendemain de son assassinat, je crois qu&rsquo;il y avait un article qui est sorti tout de suite, très vite, dans Le Parisien, qui donnait un peu les éléments de défense qui sont ceux de la police, de la préfecture et du ministère de l&rsquo;Intérieur depuis son assassinat à savoir : El Hacen est mort d&rsquo;une crise cardiaque en garde à vue au commissariat. Il y a été emmené suite à un contrôle de police où il aurait été arrêté parce qu&rsquo;il fumait du cannabis. Ça, c&rsquo;est le récit que la préfecture, le ministère de l&rsquo;Intérieur et le commissariat maintiennent depuis maintenant plusieurs semaines. <strong>Donc voilà ce que fait l’IGPN : elle cherche à donner de la matière à la thèse de la police pour que justice ne soit jamais faite.</strong> J&rsquo;aimerais bien que les personnes qui pointent les brebis galeuses me disent où elles sont dans cette affaire. Parce que là, on voit très clairement : les trois premiers policiers qui le tuent, puis les six voitures qui débarquent derrière &#8211; donc ils sont déjà au moins une vingtaine à couvrir leurs collègues qui viennent de tuer- puis le commissariat du 20ème arrondissement dans sa globalité couvre les assassins. Puis la préfecture de Paris couvre les assassins. Puis le ministère de l&rsquo;Intérieur couvre les assassins. Et là, on voit bien qu&rsquo;ils sont tous dans le même bateau. Et je pense que là-dessus, il y a plusieurs choses à développer :</p>



<p class="wp-block-paragraph">Déjà, dans un premier temps, toutes les dernières élections le démontrent, que ce soit dans les sondages ou que ce soit dans les bureaux de vote les plus proches de casernes, de gendarmerie ou d&rsquo;endroits où on sait qu&rsquo;il y a beaucoup de policiers qui vivent : les policiers votent très majoritairement pour le Rassemblement national. Les policiers sont des racistes. Et tous les électeurs du Rassemblement national sont des racistes. Ça, c&rsquo;est déjà les prendre à une échelle individuelle. Mais ensuite, c&rsquo;est à prendre d&rsquo;un point de vue de l’institution. Et là, on rentre vraiment sur la question avec laquelle la gauche en France a le plus de mal : c’est la question de l&rsquo;État. La question de l&rsquo;État et de comment on l’affronte cet État. De ce point de vue-là, on sait très bien que ce qui domine, c&rsquo;est le réformisme. Derrière ça, c&rsquo;est le fait que l&rsquo;État serait un terrain neutre qui serait à conquérir. Et si jamais c&rsquo;est la gauche ou une forme de progressisme qui parvient à le conquérir, alors l&rsquo;État deviendrait magiquement de notre camp, de notre côté, du côté de la classe. Et je pense qu&rsquo;il y a de ça derrière ce que tu dis sur la question des brebis galeuses : une institution qui serait réformable. Mais l&rsquo;État, il est raciste. L&rsquo;État, il est autoritaire. Et pour asseoir cette autorité, il s&rsquo;appuie très fortement et depuis toujours sur l&rsquo;institution policière qui n&rsquo;a pas attendu 2026 pour tuer. Nombreux sont les crimes, que ce soit les morts de Charonne, les morts du 14 juillet 1956, les morts dans les quartiers populaires, la répression de toute forme de révolte, la répression de tous mouvements sociaux de ces dernières années, les témoignages qui sont sortis des écoutes qu&rsquo;on avait à Sainte-Soline sur plein d’aspects… <strong>La police n&rsquo;est que le bras armé d&rsquo;un État qui est autoritaire et qui va l&rsquo;être de plus en plus, d&rsquo;un État qui est raciste et qui va l&rsquo;être de plus en plus.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Du fait du développement général des conflits et de l&rsquo;impérialisme, la classe dominante n&rsquo;a pas d&rsquo;autre choix que de se doter d&rsquo;un État raciste et autoritaire et pour asseoir cela, il va falloir une institution policière qui affronte la population. Donc de ce point de vue-là, il n&rsquo;y a rien à sauver. Et toutes les formes de réformes qu&rsquo;on a pu entendre ces dernières années, ces dernières décennies, prenons l&rsquo;exemple de la mise en place de caméras sur les policiers pour, -je ne sais pas pourquoi d’ailleurs ?-, pour que lorsqu’ils tuent, on puisse voir comment le crime a été commis ? Je ne sais pas quel était l&rsquo;objectif exactement. Moi, ce que je sais, c&rsquo;est qu&rsquo;aucun des 20 raclures de policiers qui ont couvert les tueurs de El Hacen n&rsquo;avait sa caméra allumée. C&rsquo;est ce type de réformes dont on parle donc il faut arrêter de s&rsquo;épuiser à penser que c&rsquo;est ça qui va résoudre la situation. Il n&rsquo;y a pas de bonne police, qu&rsquo;elle soit nationale, qu&rsquo;elle soit de proximité, qu&rsquo;elle soit municipale, il n&rsquo;y en a aucune. Là, on l&rsquo;a vu, ils se sont tous couverts dans le meurtre d’El Hacen. Qu&rsquo;est-ce que fait la police municipale ensuite ? Elle efface les tags de soutien à El Hacen. Il n&rsquo;y a pas de bonne police. Malheureusement, ce qui est arrivé à El Hacen Diarra en est une démonstration. L&rsquo;accroissement ces dernières années du nombre de tués par la police nous démontre que ce n&rsquo;est pas prêt de s&rsquo;arranger, à moins qu&rsquo;il y ait un grand mouvement qui s&rsquo;organise dans lequel on se donne les moyens de la défier, cette police, de lui montrer qu&rsquo;on la surveille, qu&rsquo;on s&rsquo;y oppose, qu&rsquo;on est plus nombreux et nombreuses qu&rsquo;elle, que dès qu&rsquo;ils contrôlent l’un·e d&rsquo;entre nous, on est en solidarité, que dès qu&rsquo;ils raflent dans un quartier, on s&rsquo;y oppose et on est nombreux et nombreuses. <strong>Pour faire ça, il faut développer une stratégie dans laquelle on n&rsquo;essaie pas, dans le mouvement, d&rsquo;adoucir le niveau de conflictualité avec l&rsquo;État, mais au contraire qu’on essaie de l&rsquo;aiguiser, de le porter le plus loin possible car ça devient de plus en plus une question de survie, ce qui est arrivé à notre frère El Hacen en est une démonstration.</strong> Il faut faire circuler dans tous les quartiers du 20e arrondissement, et plus largement dans tous les quartiers, sur tout le territoire, que la police est un danger de mort pour toutes celles et ceux qui, parmi nous, sont racisé·es, toutes celles et ceux qui, parmi nous, sont étrangèr·es, avec ou sans papiers, sont musulman·es. Bientôt, le ramadan va démarrer et on sait très bien ce que la police fait pendant cette période. Je vous ai parlé tout à l&rsquo;heure de ce qu&rsquo;ils ont fait en 2023 quand ils ont renversé Safiatou Salif et Ilan, qui revenaient de la mosquée dans le 20ème arrondissement. Lors de la période de l&rsquo;Aïd, la police, dès le matin, se met dans les quartiers, mitraillette en bandoulière et contrôle toutes les personnes qui sont en tenue de fête. L&rsquo;Aïd, c&rsquo;est une journée de fête, une journée où nos frères et sœurs musulman·es veulent faire la fête, s&rsquo;habillent en tenue de fête, veulent être dehors, veulent être ensemble. Ces jours-là, la police verrouille les quartiers, contrôle les anciens, les plaque contre le mur… Elle veut faire baisser la tête à tout le monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Exiger vérité et justice,&nbsp;c&rsquo;est vouloir faire cesser l&rsquo;impunité et les crimes policiers. C&rsquo;est se battre contre l&rsquo;État qui, tu l&rsquo;as rappelé,&nbsp;n&rsquo;est pas prêt à faire des concessions en cette période.&nbsp;Face à tout ça, quelle stratégie adopter ?&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Déjà, comme tu l&rsquo;as dit,&nbsp;c&rsquo;est de comprendre que ce que l’on affronte,&nbsp;ce n&rsquo;est pas une anomalie de l&rsquo;État, c&rsquo;est bien sa nature.&nbsp;Et qu&rsquo;en plus, cette nature va aller en s&rsquo;aggravant. On est dans une situation politique générale&nbsp;dans laquelle il faut s&rsquo;attendre à ce que l&rsquo;autoritarisme de l&rsquo;État se développe.&nbsp;On voit bien, là, depuis maintenant plusieurs mois, plusieurs années,&nbsp;le niveau d&rsquo;instabilité du pouvoir&nbsp;qui ne parvient plus, par les moyens traditionnels de la démocratie bourgeoise,&nbsp;à asseoir son pouvoir.&nbsp;Et de ce fait-là, la classe dirigeante n&rsquo;a pas d&rsquo;autre choix que de s’armer, d&rsquo;armer l’État, la police et de renforcer l’armée. Ils n&rsquo;ont pas le choix.&nbsp;Donc, ce qui est arrivé à El Hacen, ce n&rsquo;est pas un accident.&nbsp;Et malheureusement, si on ne réagit pas,&nbsp;il va y avoir de plus en plus d’El Hacen Diarra,&nbsp;de Zyed et Bouna, d&rsquo;Adama Traoré, de Lamine Dieng…&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est important de développer l’analyse de la trajectoire du capital,&nbsp;qui, pour l&rsquo;instant, n&rsquo;est absolument pas du fait des fascistes mais pourtant ce contexte-là renforce&nbsp;Le Rassemblement National, Reconquête et les formes d&rsquo;organisation des fascistes.Mais ce n&rsquo;est absolument pas le fait d&rsquo;une certaine « fascisation »&nbsp;qui serait vraiment dédouaner la bourgeoisie&nbsp;et la classe dirigeante des meurtres qu&rsquo;elle est en train de commettre.&nbsp;Et donc, il faut armer notre camp, armer notre classe de ces analyses-là,&nbsp;parce que ce sont de ces analyses-là que l&rsquo;on doit déduire&nbsp;qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autre solution que de s&rsquo;organiser par en bas,&nbsp;d&rsquo;organiser notre classe,&nbsp;et que cette organisation ne sera pas possible sans une lutte,&nbsp;plus que conséquente, une lutte de tous et toutes contre le racisme,&nbsp;de tous et toutes, de partout, dans tous nos quartiers, dans tous nos lieux de travail.&nbsp;Si on ne combat pas et qu&rsquo;on ne s&rsquo;organise pas contre le racisme,&nbsp;alors il n&rsquo;y a aucun espoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par rapport à ta question sur comment on obtient vérité et justice,&nbsp;déjà, ça passe par le fait de dire que c&rsquo;est notre frère qui a été tué,&nbsp;c&rsquo;est notre voisin, c&rsquo;est pas juste l&rsquo;enfant de ses parents,&nbsp;le frère de sa fratrie.&nbsp;C&rsquo;est quelque chose qu&rsquo;il faut qu&rsquo;on réinstaure : quand quelque chose comme ça se passe,&nbsp;on est tous et toutes concerné·es, visé·es,&nbsp;et donc notre réaction, ça doit être la réaction de tous et toutes.&nbsp;Il y a beaucoup dans ces cas-là, la question de la marche blanche,&nbsp;de <strong>la place des hommages et de la place de la lutte,&nbsp;qui seraient des choses distinctes. Il faut bien comprendre que la peine des proches et de la famille d’El Hacen,&nbsp;non seulement elle gigantesque, mais elle ne va pas disparaître.&nbsp;El Hacen ne va pas revenir.&nbsp;Par contre, ce dont elle a besoin, la famille,&nbsp;et elle l&rsquo;exprime, c&rsquo;est de ne pas être la seule à la porter, cette peine.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas juste venir à un hommage,&nbsp;mais c&rsquo;est s&rsquo;organiser dans le temps.&nbsp;Parce que là, le combat va être très long,&nbsp;non seulement d&rsquo;un point de vue judiciaire &#8211;&nbsp;on sait que les affaires comme celle-là durent dix ans,&nbsp;pour obtenir peut-être derrière quelque chose, et encore c&rsquo;est rare &#8211;&nbsp;mais aussi parce que l&rsquo;adversaire, il est gigantesque, c&rsquo;est l&rsquo;État.&nbsp;L&rsquo;État, on ne va pas le faire plier par des pétitions,&nbsp;on ne va pas le faire plier en une ou deux manifestations,&nbsp;on ne peut le faire plier que par notre organisation,&nbsp;par notre nombre, et par la confiance qu&rsquo;en réalité,&nbsp;le nombre, est de notre côté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les policiers du 20e arrondissement, sont quelques centaines,&nbsp;alors que nous sommes 200 000 habitants et habitantes.&nbsp;Les forces de police en France, elles sont plusieurs dizaines de milliers,&nbsp;peut-être un peu plus de 100 000, je ne sais pas exactement.&nbsp;Notre classe, elle est forte de dizaines de millions de membres,&nbsp;et il faut qu&rsquo;on arme cette classe car elle seule est la solution face à ce qui se passe. Pour représenter la solution, il faut qu&rsquo;elle s&rsquo;engage contre le racisme,&nbsp;parce que justement, comme je le disais, la situation générale impose à la classe dirigeante&nbsp;de développer un État raciste et autoritaire et on l&rsquo;a appris dans l&rsquo;histoire,&nbsp;ça passe par le développement du nationalisme et par le développement du racisme. La gauche américaine était paralysée face à Trump.&nbsp;Là où réside l&rsquo;espoir et la révolte,&nbsp;c&rsquo;est dans la solidarité avec tous et toutes les migrants et migrantes&nbsp;ciblé·es par la police de l’immigration (ICE). C&rsquo;est venu dans les quartiers de Los Angeles il y a quelques mois,&nbsp;dans les quartiers des grandes villes,&nbsp;et aujourd&rsquo;hui, dans la résistance à Minneapolis,&nbsp;qui s&rsquo;est développée d&rsquo;abord en empêchant les rafles,&nbsp;et ensuite, à travers la confiance acquise,&nbsp;jusqu&rsquo;à la grève contre le racisme.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En France, on a eu un premier test il n&rsquo;y a pas longtemps&nbsp;lors de la Journée internationale des migrants et des migrantes,&nbsp;autour des collectifs de sans-papiers,&nbsp;qui a permis de faire passer une certaine idée,&nbsp;qui a permis à des réseaux de syndicalistes dans certains secteurs&nbsp;de commencer à se redonner la confiance, de croire qu’il y a une possibilité dès lors qu&rsquo;on s&rsquo;organise contre le racisme. Il faut qu&rsquo;on continue dans les mois qui viennent à pousser dans ce sens-là. <strong>Ça va être central d&rsquo;articuler la question du racisme avec la lutte des classes,&nbsp;et la lutte des classes avec la question du racisme. De faire en sorte que tous et toutes, on se bat ensemble,&nbsp;et surtout, on laisse plus faire :&nbsp;on arrête de reculer,&nbsp;et on le fait avec la confiance qu&rsquo;on est la majorité à ne pas être raciste.&nbsp;Ce qui manque maintenant, c&rsquo;est que cette majorité qui n&rsquo;est pas raciste se transforme en millions de personnes qui deviennent antiracistes,&nbsp;c’est-à-dire qui s&rsquo;engagent activement.&nbsp;Cela représente la clé des prochains mois et des prochaines années,&nbsp;en France et ailleurs.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Tu l&rsquo;as évoqué à plusieurs reprises déjà,&nbsp;je pense que le monde entier a les yeux rivés sur Minneapolis,&nbsp;c&rsquo;est la lutte qui s&rsquo;y joue depuis plusieurs mois contre Trump et ICE,&nbsp;la police de l&rsquo;immigration.&nbsp;Il y a deux semaines, Trump a dû reculer face à la mobilisation,&nbsp;face à la grève générale,&nbsp;et a dû décider de retirer ses troupes de la ville.&nbsp;Est-ce que tu peux nous dire comment on peut s&rsquo;inspirer de ça ici en France,&nbsp;et quelles vont être les prochaines perspectives pour la lutte pour El Hacen,&nbsp;mais aussi plus globalement pour la lutte contre le racisme en France&nbsp;dans les prochaines semaines et les prochains mois ?&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Peut-être avant de parler d&rsquo;El Hacen, je vais parler un peu de Minneapolis. Je pense qu&rsquo;il faut qu&rsquo;on se dise que ce qui est en train de se jouer à Minneapolis&nbsp;concerne tout le monde.&nbsp;En tout cas, une victoire à Minneapolis sera un espoir pour tout le monde ; car iels sont engagé·es contre le racisme&nbsp;au cœur de la première puissance du monde,&nbsp;au cœur d&rsquo;une offensive raciste très importante.&nbsp;Pourtant ça ne signifie pas qu&rsquo;il suffit tous et toutes de regarder&nbsp;ce qui se passe à Minneapolis et d&rsquo;espérer que ça tombe du bon côté ! Mais plutôt réaliser qu’il y a un espoir.&nbsp;Et que cet espoir, il doit nous animer&nbsp;et nous donner la confiance d&rsquo;argumenter partout : là où l’on travaille, là où l’on s&rsquo;organise, dans son quartier… La réponse doit venir de notre organisation à tous et toutes. En France, il y a des échéances très bientôt, les élections municipales dont le premier tour est le 15 mars et le deuxième tour le 22 mars.&nbsp;Il faut qu’on se saisisse de cette occasion-là pour justement dire&nbsp;« voter ne suffira pas, il faut s&rsquo;organiser,&nbsp;il faut qu&rsquo;on s&rsquo;organise de partout ».&nbsp;Il y a une proposition qui est lancée&nbsp;par les collectifs de sans-papiers, collectifs de mineur·es isolé·es,&nbsp;la Marche Des Solidarités, les familles de victimes de violences policières,&nbsp;les collectifs qui luttent contre les violences policières,&nbsp;les collectifs qui luttent contre l’islamophobie : celle&nbsp;d&rsquo;un grand mouvement la veille du premier tour,&nbsp;des manifestations partout sur le territoire le samedi 14 mars avec comme message : « ce qu&rsquo;il faut c&rsquo;est l&rsquo;unité,&nbsp;mais pas l&rsquo;unité de façade, l&rsquo;unité dans l&rsquo;action, dans la rue,&nbsp;la construction de la solidarité comme moyen aussi bien que comme objectif » .&nbsp;Et ça je pense que c&rsquo;est une perspective dont tout le monde doit se saisir&nbsp;et que la meilleure manière pour que le samedi 14 mars soit massif,&nbsp;c&rsquo;est qu&rsquo;on n&rsquo;attende pas le samedi 14 mars.&nbsp;C&rsquo;est-à-dire que le samedi 14 mars,&nbsp;ça doit être le moment où on sort tous et toutes ensemble&nbsp;et que d&rsquo;ici à là, on doit s&rsquo;organiser partout&nbsp;et à travers des déambulations de quartier,&nbsp;des campagnes d&rsquo;affichage et de collage,&nbsp;des réunions publiques, des rassemblements,&nbsp;qu&rsquo;on combatte l&rsquo;immobilisme, qu&rsquo;on combatte le substitutisme,&nbsp;qu&rsquo;on combatte l&rsquo;idée qu&rsquo;il suffirait de délire les bonnes personnes aux élections municipales&nbsp;pour régler tous nos problèmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense qu&rsquo;en ce moment, se développe quand même la conviction&nbsp;qu&rsquo;on est dans une période grave et très dangereuse de marche vers la guerre,&nbsp;d&rsquo;austérité, d&rsquo;attaques gigantesques contre notre classe&nbsp;et que ça, il faut s&rsquo;appuyer dessus pour dire la conséquence de ça,&nbsp;c&rsquo;est qu&rsquo;on ne peut pas juste déléguer à d&rsquo;autres le combat qu&rsquo;on doit mener,&nbsp;on doit tous et toutes s&rsquo;y engager.&nbsp;Et on sait que se prépare un appel pour le 28 mars.&nbsp;Il va y avoir des mobilisations dans de nombreux pays&nbsp;contre le racisme et le fascisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, des mobilisations No Kings devraient avoir lieu le 28 mars&nbsp;et il y a de fortes chances qu&rsquo;elles soient gigantesques.&nbsp;Des grandes manifestations en Grande-Bretagne vont avoir lieu le 28 mars&nbsp;de ripostes contre le racisme et le fascisme dans de nombreux pays.&nbsp;En France, nous, on va commencer par le 14 mars&nbsp;parce qu&rsquo;il y a un contexte local politique très particulier avec les municipales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais il y a de très fortes chances que si le 14 mars soit massif,&nbsp;dès les jours qui suivent, il y a un appel à continuer&nbsp;et à retourner dans la rue le 28 mars.&nbsp;Quels que soient les résultats des municipales, on le sait déjà,&nbsp;le Rassemblement national va gagner à certains endroits,&nbsp;va gagner en légitimité.&nbsp;Les racistes vont gagner en confiance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques jours après la mort de El Hacen Diarra,&nbsp;moi, dans le quartier où je vis, dans le 20e, à Saint-Fargeau,&nbsp;il y a deux néo-nazis qui ont attaqué la présidente d&rsquo;une association,&nbsp;Maria, une personne racisée.&nbsp;Ils ont voulu la sortir de sa voiture et l&rsquo;agresser.&nbsp;Et ils l&rsquo;ont dit, c&rsquo;était le 19 janvier, 5 jours après la mort d&rsquo;El Hacen,&nbsp;ils l&rsquo;ont dit qu&rsquo;ils voulaient lui faire la même chose&nbsp;que ce qui est arrivé à son frère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ça, ça signifie que non seulement il faut qu&rsquo;on s&rsquo;oppose au racisme,&nbsp;mais il faut qu&rsquo;on ait une lutte aussi très spécifique contre les fascistes,&nbsp;qu&rsquo;on leur empêche l&rsquo;apparition dans la rue.&nbsp;Et ça, ça va être des enjeux très forts des prochaines années,&nbsp;la combinaison d&rsquo;une lutte de tous et toutes contre le racisme&nbsp;et d&rsquo;une lutte très spécifique contre les organisations fascistes.&nbsp;Et dans ce grand mouvement du 14 mars,&nbsp;la famille El Hacen va construire une première manifestation&nbsp;le 21 février pour aller jusqu&rsquo;au ministère de l&rsquo;Intérieur&nbsp;pour dire à Nunez qu&rsquo;on a très bien entendu ce qu&rsquo;il a dit,&nbsp;qu&rsquo;on n&rsquo;attend rien de sa part.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais par contre, qu&rsquo;il lui comprenne qu&rsquo;on va plus reculer,&nbsp;qu&rsquo;on va s&rsquo;organiser et que maintenant, sa police,&nbsp;on va la surveiller, on ne va plus la laisser faire.&nbsp;Et ça, c&rsquo;est ce que veut faire la famille El Hacen&nbsp;et je pense que c&rsquo;est le plus beau des hommages qu&rsquo;on peut rendre à El Hacen.&nbsp;C&rsquo;est que sa mort ne soit pas oubliée jusqu&rsquo;à ce que justice soit faite&nbsp;et que surtout, elle permette de s&rsquo;organiser pour qu&rsquo;il n&rsquo;y ait plus de morts comme lui. Des discussions que j&rsquo;ai régulièrement avec la famille,&nbsp;ce lien n&rsquo;est pas artificiel : ils lient vraiment les deux sujets.&nbsp;La meilleure manière de ne pas oublier El Hacen, c&rsquo;est de se battre. Et dans cette bagarre-là, lui rendre hommage en rappelant qu&rsquo;ils ont tué notre frère.</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/retour-sur-la-lutte-pour-la-verite-et-la-justice-pour-el-hacen-diarra/">Vérité et justice pour El Hacen Diarra : la lutte continue</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>500 personnes à Marseille contre la venue de Marine Le Pen !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/500-personnes-a-marseille-contre-la-venue-de-marine-le-pen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vanina]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 10:02:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[antifa]]></category>
		<category><![CDATA[danger fasciste]]></category>
		<category><![CDATA[Fascisme]]></category>
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		<category><![CDATA[municipales]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Interview de Léon, militant d’a2c investi dans le collectif antifasciste La Riposte. 1- Tu milites dans le collectif “La Riposte antifasciste Marseille”, c&#8217;est un collectif contre le fascisme qui s&#8217;est constitué en 2023. Peux-tu nous <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/500-personnes-a-marseille-contre-la-venue-de-marine-le-pen/" title="500 personnes à Marseille contre la venue de Marine Le Pen !">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/500-personnes-a-marseille-contre-la-venue-de-marine-le-pen/">500 personnes à Marseille contre la venue de Marine Le Pen !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Interview de Léon, militant d’a2c investi dans le collectif antifasciste La Riposte.</em><br><br><strong>1- Tu milites dans le collectif “La Riposte antifasciste Marseille”, c&rsquo;est un collectif contre le fascisme qui s&rsquo;est constitué en 2023. Peux-tu nous présenter les actions que vous avez déjà menées ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La Riposte antifasciste Marseille est un collectif antifasciste qui se veut de masse et ouvert. Et nous, on a un peu une ligne directrice, c&rsquo;est de faire que l&rsquo;antifascisme soit l&rsquo;affaire de toustes. Et du coup, dans ce cadre-là, on a mené des actions lorsque, par exemple, Bardella était venu faire signer son bouquin il y a un an et demi. Mais aussi, en fait, des actions de construction du milieu antifasciste à Marseille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Notamment, après la dissolution des législatives, on a monté avec l&rsquo;Antifa Social Club Marseille l&rsquo;initiative des comités de quartier. En fait, ce qui doit permettre à plus de monde de pouvoir rentrer dans la lutte antifasciste à des niveaux différents, avec des investissements différents. Et sinon, on organise des cortèges pour les dates antiracistes, féministes et directement antifascistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Moi, j&rsquo;ai l&rsquo;impression qu&rsquo;on essaie surtout de mettre en place des réflexes antifascistes. Et donc, pour ça, on estime qu&rsquo;il faut beaucoup travailler sur les formes du fascisme actuel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Donc, par exemple, on a beaucoup travaillé aussi sur Nemesis et la manière dont ce collectif instrumentalise le féminisme.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>2 &#8211; Dans le dernier numéro de la revue, le numéro 20, tu as écrit un article : “<a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/sorganiser-contre-les-campagnes-electorales-des-fascistes-une-urgence-et-plein-de-debats/">S&rsquo;organiser contre les campagnes électorales des fascistes</a>”. Tu parlais de la venue prochaine de Marine Le Pen à Marseille et surtout des mobilisations qui se mettaient en place pour l&rsquo;accueillir comme il se doit. Elle est venue il y a deux semaines. Est-ce que tu peux nous raconter comment vous vous êtes organisé·es ? </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela s&rsquo;inscrit dans la contre-campagne qu&rsquo;on mène depuis début décembre. Donc, depuis début décembre, on organise des AG de mobilisation toutes les deux semaines. Et on a appris, début janvier, que Marine Le Pen venait à Marseille, au parc Chanot, pour faire le lancement de campagne de Franck Allisio, la tête de liste RN à Marseille. Du coup, pendant une AG, on a proposé de s&rsquo;organiser contre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De là, plusieurs groupes de travail se sont constitués, permettant à la fois de penser les questions de comment on rassemble, qui on va chercher – syndicats, associations, partis, etc. –, mais aussi de comment on pouvait faire un peu d&rsquo;hacktivisme. C&rsquo;est une pratique qu&rsquo;on a beaucoup à la Riposte, de proposer de faire pression sur les lieux qui accueillent l&rsquo;extrême droite, de la pression en ligne, en envoyant des mails, des réclamations aux lieux qui accueillent l&rsquo;extrême droite. Et puis, enfin, on a pensé à la possibilité de généraliser des conseils d&rsquo;anti-répression, savoir faire attention, ne jamais rentrer seul,·e savoir rester dans un cortège, etc.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ça s&rsquo;est organisé de manière assez ouverte, assez large. On a pu organiser une AG avec une centaine de personnes, qui permettait de discuter, d&rsquo;élaborer des stratégies sur le moment, mais qui permettait aussi d&rsquo;aller chercher vraiment beaucoup plus loin, comme je le disais, des syndicats, des associations, des partis politiques, des organisations révolutionnaires. Et aussi, dernier truc, quelque chose qui, à mon sens, a pas mal aidé, c&rsquo;est qu&rsquo;au même moment, nous, on organisait&#8230; Enfin, pas au même moment, mais un jour avant, on organisait une discussion publique avec Félicien Faury, un sociologue du vote RN.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et il y a eu peut-être 300 personnes qui sont venues écouter ces discussions publiques. Et ça a aidé à transmettre le message que Marine Le Pen venait le lendemain, qu’il fallait donc réfléchir ensemble et continuer cette campagne.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>3 &#8211; Ça fait maintenant deux semaines que Marine Le Pen est venue à Marseille, si tu devais tirer un bilan des mobilisations que vous avez mises en place aujourd&rsquo;hui, tu dirais quoi ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si je devais en tirer un bilan, je dirais que c&rsquo;est un bilan très positif. On était 500 ! Et ça a permis de rassembler et donc d&rsquo;impulser un peu plus largement cette contre-campagne, de commencer à faire lever la mobilisation, notamment parce qu&rsquo;en fait, à Marseille, on est un peu les seul·es à avoir lancé la question des municipales comme une question qui était cruciale et sur laquelle il fallait se mobiliser avec une perspective vraiment antifasciste.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et donc on peut dire que ça a réveillé un peu tout le monde, sur des bases assez positives, parce que tout le monde en a gardé un plutôt bon souvenir. Ça nous a en plus permis de faire encore plus de liens avec certaines organisations avec lesquelles on avait encore un peu du mal à entrer en contact pour travailler ensemble, notamment des syndicats. Et je pense que ce qui a peut-être manqué, c&rsquo;est d&rsquo;avoir directement après un moment pour rediriger ces énergies, parce que, pour autant, on a l&rsquo;impression que c&rsquo;est en train de se redémobiliser.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bon, on va voir. Mais en tout cas, c&rsquo;est vrai que ça a quand même permis de donner un petit peu de volonté à tout le monde de s&rsquo;engager dans une contre-campagne antifasciste. Et ça a montré aussi qu&rsquo;en fait, on ne parlait pas dans le vent, qu&rsquo;il y avait un besoin exprimé de faire quelque chose contre la campagne du RN.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>4 &#8211; Pour rediriger ses énergies, comme tu dis, ce serait quoi les suites de la mobilisation de la Riposte Antifasciste à Marseille ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mardi 3 février, il y a une nouvelle AG. L&rsquo;idée, c&rsquo;est de commencer à rigoureusement faire de la présence sur les marchés, à faire du contre-tractage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On sent que de plus en plus de personnes ont envie de venir et qu&rsquo;on est en train de créer un petit réseau de solidarité, notamment parce qu&rsquo;on a réussi à mobiliser aussi des locaux associatifs, des commerces, des librairies qui acceptent du matériel militant. Il faut aussi pouvoir commencer à préparer les dates de mars, à savoir le 8 mars [manifestation féministe] et le 15 [manfiestation antiraciste].&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et aussi, avec le collectif parisien du XXe et le CARAF sur Les Lilas / Romainville, on est en train de préparer une plateforme antifasciste qui va s&rsquo;appeler <a href="https://ciaofachos.noblogs.org">Ciao Fachos</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En gros, l&rsquo;idée, c&rsquo;est de compléter ce qu&rsquo;on pourrait appeler l&rsquo;offre antifasciste. On veut essayer de proposer publiquement et le plus largement possible des outils pour commencer à s&rsquo;organiser, créer des collectifs antifascistes. On estime que ça va compléter l&rsquo;initiative lancée récemment de <a href="https://www.instagram.com/eteignonslaflamme?utm_source=ig_web_button_share_sheet&amp;igsh=ZDNlZDc0MzIxNw==">Génération Antifasciste-Éteignons la Flamme</a>, avec qui on espère pouvoir travailler.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il nous reste encore deux bons mois jusqu&rsquo;aux élections municipales. L’idée c&rsquo;est de ne pas s&rsquo;arrêter au 21 mars, 22 mars, mais de ressortir de cette période de politisation plus forts et fortes.</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/500-personnes-a-marseille-contre-la-venue-de-marine-le-pen/">500 personnes à Marseille contre la venue de Marine Le Pen !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Fascisation ou danger fasciste ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/videos/fascisation-ou-danger-fasciste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 09:16:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Vidéos]]></category>
		<category><![CDATA[Bouamama]]></category>
		<category><![CDATA[Fascisation]]></category>
		<category><![CDATA[Fascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Trump]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Le 23 janvier 2026 à Paris, Autonomie de Classe organisait avec Saïd Bouamama (FUIQP) et Vanina Giudicelli (A2C) le débat « Fascisation ou danger fasciste ? ». Pourquoi ce débat est important pour nous ? Parce que <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/videos/fascisation-ou-danger-fasciste/" title="Fascisation ou danger fasciste ?">[...]</a></div>
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<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="&quot;Fascisation ou danger fasciste ?&quot; Avec Saïd Bouamama et Vanina Giudicelli" width="678" height="381" src="https://www.youtube.com/embed/ghwD5gPBSDo?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<p class="wp-block-paragraph">Le 23 janvier 2026 à Paris, Autonomie de Classe organisait avec Saïd Bouamama (FUIQP) et Vanina Giudicelli (A2C) le débat<strong> « Fascisation ou danger fasciste ? »</strong>. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi ce débat est important pour nous ? Parce que la théorie nous sert de boussole pour militer, savoir quoi faire, comment et avec qui. Parce que dans la période actuelle où la situation évolue très vite, on peut parfois se sentir un peu dépassé·e. Il est donc d’autant plus important de prendre le temps d’analyser ces changements. Il y a un an, Trump arrivait au pouvoir aux USA. Alors que l’Angleterre a connu de très grandes manifestations de centaines de milliers de personnes contre le génocide à Gaza, 100 000 personnes manifestaient à Londres en septembre à l’appel du fasciste Tommy Robinson. En France, les gouvernements qui se succèdent multiplient les attaques et les votes autoritaires et racistes. Comment appréhender dans cette situation la possible victoire du RN aux prochaines élections, ou la participation d’un groupe comme Némésis aux manifestations féministes ? Parce que le RN et Reconquête ont décidé d’utiliser les prochaines élections comme un moyen de faire campagne et s’implanter, il nous semble important de nous accorder sur le type de riposte que nous devons organiser.<br><strong>Venez donner votre avis !</strong><br><br><strong>Pour mieux connaitre les positions de Saïd Bouamama, sociologue et militant révolutionnaire, du FUIQP :</strong><br><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/?mailpoet_router&amp;endpoint=track&amp;action=click&amp;data=WyIzOSIsImUyMDM2ZCIsIjk5NiIsImM3MDYzZTkwNmZmOSIsZmFsc2Vd" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Comprendre et combattre le fascisme et la fascisation</a>, actualisé en avril 2021<br><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/?mailpoet_router&amp;endpoint=track&amp;action=click&amp;data=WyIzOSIsImUyMDM2ZCIsIjk5NiIsIjQwMWI0N2YzNzg4ZCIsZmFsc2Vd" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Crise de légitimité et processus de fascisation : l’accélération par la pandémie</a>, mai 2020<br><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/?mailpoet_router&amp;endpoint=track&amp;action=click&amp;data=WyIzOSIsImUyMDM2ZCIsIjk5NiIsIjFkNzE0NDg1NzFlOCIsZmFsc2Vd" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Crise de l’impérialisme français en Afrique et processus de fascisation</a>, 15 juin 2021<br><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/?mailpoet_router&amp;endpoint=track&amp;action=click&amp;data=WyIzOSIsImUyMDM2ZCIsIjk5NiIsIjZkM2IxMmZlZDA1OSIsZmFsc2Vd" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La place des classes et quartiers populaires dans le processus de fascisation</a>, 22 avril 2022</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pour mieux connaitre les positions de Vanina Giudicelli et d’a2c :&nbsp;</strong><br><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/?mailpoet_router&amp;endpoint=track&amp;action=click&amp;data=WyIzOSIsImUyMDM2ZCIsIjk5NiIsIjgzNWQwZGFhZjM3NCIsZmFsc2Vd" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Existe-t-il un danger fasciste en France ?</a>, avril 2017<br><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/?mailpoet_router&amp;endpoint=track&amp;action=click&amp;data=WyIzOSIsImUyMDM2ZCIsIjk5NiIsIjExM2FhNDQzMjA2ZCIsZmFsc2Vd" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Les fascistes, Macron, l’Etat… C’est pas la classe</a>, mai 2022<br><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/?mailpoet_router&amp;endpoint=track&amp;action=click&amp;data=WyIzOSIsImUyMDM2ZCIsIjk5NiIsIjgwNjYxYzQ5NDAxMyIsZmFsc2Vd" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Doit-on parler de fascisation ?</a>&nbsp;article écrit par Erwan de Marseille en 2023</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À écouter :</strong><br><a href="https://open.spotify.com/episode/7cdrIx2PSzECMPx0rWJ4xc?si=YqTEAW5QTPOns2ZN-ajz_g">Pourquoi la théorie de la fascisation nous désarme face au danger du fascisme ?</a>&nbsp;Introduction à une discussion à Paris en octobre 2025 par Emil et Mathieu (Paris)<br><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/?mailpoet_router&amp;endpoint=track&amp;action=click&amp;data=WyIzOSIsImUyMDM2ZCIsIjk5NiIsImJkY2UxN2E1NThiNiIsZmFsc2Vd" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Danger fasciste ou fascisation ?</a>&nbsp;Topo réalisé par Erwan de Marseille, enregistré pendant un weekend interne.<br><a href="https://open.spotify.com/episode/6YgVyJPxP1QpqjB5vzzd1h?si=0e0b4ddc79494bb2">Qu’est-ce que le fascisme et comment le combattre ?</a>&nbsp;Topo réalisé par deux camarades de Rennes en 2023.</p>
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		<title>Le validisme, pilier du capitalisme ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/le-validisme-pilier-du-capitalisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Oct 2025 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[anticapitaliste]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">LES CAHIERS D&#8217;A2C #18 &#8211; SEPTEMBRE 2025 En juin dernier, nous avons perdu une camarade : Élisabeth Aueurbacheur. Militante, co-fondatrice du Collectif de lutte des handicapées dans les années 1970, elle a contribué à construire <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/le-validisme-pilier-du-capitalisme/" title="Le validisme, pilier du capitalisme ?">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>LES CAHIERS D&rsquo;A2C #18 &#8211; SEPTEMBRE 2025</strong></h6>



<p class="wp-block-paragraph"><em>En juin dernier, nous avons perdu une camarade : Élisabeth Aueurbacheur. Militante, co-fondatrice du Collectif de lutte des handicapées dans les années 1970, elle a contribué à construire un large mouvement contre notre ghettoïsation. Son héritage nous oblige : ce combat est toujours d’actualité.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le même mois, en quelques semaines, s’est constitué un front de gauche antivalidiste. Mais des lacunes demeurent.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces lacunes, dont nous parlerons plus bas, ne datent pas d’hier. Elles existent depuis le renouveau antivalidiste des années 2010, amorcé lors de la mobilisation contre le report de l’échéance pour la mise en accessibilité des transports publics et du bâti.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces dernières années, plusieurs organisations ont émergé : le CLHEE, Handi-Social, le CLAC, Les Dévalideuses, entre autres. Nous reviendrons sur leurs expériences, leurs forces et leurs limites. Mais surtout, nous voulons poser la question stratégique : comment construire un antivalidisme qui s’ancre dans la lutte anticapitaliste globale ?</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong>La production du handicap</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous nous appuyons ici sur les analyses développées dans <em>Marxisme et Handicap</em> de Roddy Slorach, dans l’article <em>Une approche matérialiste du handicap</em> (adaptation française du texte de Jean Stewart et Marta Russell publié sur le site Zinzin Zine), mais aussi sur les topos de Jessy, Ju, Mathilda, Rachida, Tiffa et moi-mêmes et des définitions issues de l&rsquo;article de Charlie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous voudrions préciser que, lorsque nous parlons de handicap, nous ne faisons référence ni à une maladie, ni à une déficience, ni à une incapacité propre aux personnes. Contrairement à l’expression erronée de « personne porteuse de handicap », qui laisse entendre que le handicap serait intrinsèque à l’individu, il faut comprendre que le handicap est un ensemble d’obstacles sociaux et politiques qui empêchent les individus de vivre librement. Autrement dit, une personne handicapée est une personne « empêchée » : empêchée de circuler, de se loger, d’accéder à l’éducation, au travail, aux lieux culturels ou de socialisation, en raison de choix politiques qui ignorent les incapacités psychologiques, physiologiques ou anatomiques de chacune/chacun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On parle de « personnes handicapées », sur le même modèle que « personnes racisées » ou « personnes sexisées ». En effet, c’est la <strong>société capitaliste qui nous handicape </strong>en raison de son inadaptabilité à nos déficiences et incapacités. Bien que le terme « personnes en situation de handicap » ait été créé pour souligner le caractère sociopolitique du handicap, il est aujourd’hui utilisé comme un euphémisme, au même titre que « personnes en situation de précarité ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">La perception des personnes handicapées comme une déviance par rapport à la norme des corps « valides » et productifs, ainsi que leur marginalisation systématique, est relativement récente. Elle remonte à l’avènement de la révolution industrielle et du capitalisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant l’industrialisation, les personnes handicapées trouvaient souvent leur place dans la production familiale ou les petits ateliers, intégrées dans un modèle de famille élargie où le soin était une responsabilité collective. Avec l’arrivée des machines industrielles, de l’électricité permettant le travail continu, et du productivisme, ce modèle a été détruit. Les individus ont été atomisés et classés selon leur degré d’adaptation aux exigences capitalistes. La discipline d’usine, le chronométrage et les normes rigides de production ont supplanté les formes de travail plus flexibles qui, auparavant, permettaient aux personnes handicapées de contribuer aux tâches quotidiennes. Incapables de suivre ces rythmes artificiels et frénétiques, elles ont commencé à être perçues comme dépourvues de « valeur » économique. Cette idéologie, qui réduit la valeur humaine à la productivité, s’est infiltrée dans tous les aspects de la société et a structuré l’organisation sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le validisme commence avant même notre naissance : on propose des tests prénataux aux parents pour leur permettre d’avorter si l’enfant présente une déficience quelconque. Après la naissance, cet enfant devient une « personne handicapée », c’est-à-dire une personne rendue handicapée par un système socio-économique qui trie les individus en fonction de leur capacité à produire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour maintenir cette exclusion, les institutions bourgeoises, tout comme elles l’ont fait pour le sexisme et le racisme, ont défini le handicap comme un problème médical ou individuel. C’est ce qu’on appelle le capacitisme, ou validisme, un système d’oppression des personnes ayant des incapacités. Le capacitisme, comme l’explique la professeure Véronique Leduc, marginalise, stigmatise et exclut. Il pousse à enfermer systématiquement les personnes handicapées dans des institutions. <strong>La société capitaliste considère ces personnes comme non-rentables,</strong> les infantilise, les invisibilise, et ce système, dans sa logique extrême, peut mener à l’eugénisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’idée dominante est simple : les personnes handicapées doivent soit se conformer aux normes capitalistes, soit être confinées dans des institutions (où elles génèrent de la plus-value par leur simple présence) ou surexploitées dans des structures de travail prétendument « protégées » comme les ESAT.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lutter contre le validisme, ce système d’oppression des personnes handicapées, est un combat essentiel. Ce système est un pilier du capitalisme, au même titre que le racisme et le sexisme. Nous devons tou·tes nous former à cette lutte et l&rsquo;intégrer dans nos organisations politiques, syndicales et associatives. Seule une mobilisation collective permettra de bâtir un front uni contre le validisme.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="afa7a8" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #afa7a8;" fetchpriority="high" decoding="async" width="1000" height="1000" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/Action-antivalidste-JO-1.webp" alt="" class="wp-image-10158 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/Action-antivalidste-JO-1.webp 1000w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/Action-antivalidste-JO-1-300x300.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/Action-antivalidste-JO-1-150x150.webp 150w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/Action-antivalidste-JO-1-768x768.webp 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong>État du mouvement actuel</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe aujourd’hui une dizaine de collectifs antivalidistes en France. Pourtant, la question antivalidiste reste largement marginale dans les mouvements sociaux. Ces collectifs, sauf Handi-Social, sont tous en non-mixité, se revendiquent de l&rsquo;intersectionnalité.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons créé le Collectif de Lutte Anti-Capacitiste pendant la mobilisation contre la loi El Khomri sur cette même base idéologiques. En effet, notre point de départ était clair : en 2016, il n&rsquo;y avait pas de collectif antivalidiste à Paris, il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;organisations où on pouvait faire entendre nos voix handies. Mais le CLAC s&rsquo;est rapidement trouvé limité.</p>



<h3 class="wp-block-heading has-medium-font-size"><strong>Limites du mouvement</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre ces limites, qui existaient au CLAC et qui existent toujours au sein des collectifs antivalidistes, on peut s’appuyer sur l’analyse développée dans <em>Définir ma propre oppression : le néolibéralisme et la revendication de la condition de victime</em> (revue <em>Période</em>). Cette critique souligne que :</p>



<p class="wp-block-paragraph">« La conception de l’identité qui prévaut dans le discours de l’intersectionnalité aujourd’hui a pratiquement rompu la connexion matérielle entre les catégories identitaires et les moyens de production capitalistes. » (Chi-Chi)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autrement dit, l’intersectionnalité dominante tend à enfermer nos luttes dans des revendications éclatées, séparées de l’analyse de l’exploitation capitaliste. Résultat : nous passons une énergie considérable à relever la moindre phrase sexiste, raciste ou validiste chez nos camarades, pendant que <strong>les fascistes, eux, consolident leur organisation.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, une partie du mouvement antivalidiste se limite à réclamer que l’État bourgeois reconnaisse notre particularisme en tant que personnes handicapées. Or, cette revendication particulariste, bien que légitime, n’est pas reliée à une réflexion sur les conditions sociales qui produisent ce particularisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fonctionnement actuel impose en plus que toute représentativité handie soit conforme au discours attendu : dès qu’une personne s’écarte de cette ligne, elle est accusée d’être manipulée ou réduite au rôle de « token ». Dans cette logique, toutes les personnes handicapées devraient penser la même chose, sous peine d’exclusion symbolique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, l’action politique se réduit bien souvent à du lobbying auprès de partis sociaux-démocrates (LFI, EELV), pour les pousser à relayer les résolutions de l’ONU sur le handicap. Bref, on délègue entièrement notre lutte à un antivalidisme libéral, qui ne remet jamais en cause les conditions réelles de production du handicap : le capitalisme.</p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"></figure>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong>Un début de renouveau antivalidiste</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Luttes syndicales</strong></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">En 2024, l’appel de FO à une manifestation ségrégative a provoqué une fracture<sup data-fn="a2ccc24e-7f6f-4824-b181-81da885a7116" class="fn"><a id="a2ccc24e-7f6f-4824-b181-81da885a7116-link" href="#a2ccc24e-7f6f-4824-b181-81da885a7116">1</a></sup>. Avec les camarades du Collectif Une Seule École (syndicalistes SUD, travailleurs·euses du médico-social, enseignant·es, militant·es ex-institutionnalisé·es), nous avons interpellé publiquement les syndicats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des tensions ont émergé à SUD, mais aussi des avancées : nos interventions ont permis d’inscrire l’antivalidisme à l’ordre du jour de leur congrès. Aujourd’hui, SUD revendique une école égalitaire et antivalidiste, en dénonçant l’institutionnalisation. C’est un acquis important.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Le combat contre la loi fin de vie</strong></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">La loi fin de vie, votée récemment à l&rsquo;Assemblée Nationale, est l’une des pires lois validistes de ces dernières années, une véritable loi eugéniste comme nous l&rsquo;avons expliqué ici<sup data-fn="df267a5c-08ee-4a1a-b461-69322c78619c" class="fn"><a id="df267a5c-08ee-4a1a-b461-69322c78619c-link" href="#df267a5c-08ee-4a1a-b461-69322c78619c">2</a></sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière l’argument du « progrès des droits individuels », elle s’inscrit dans la trajectoire du capital, qui a toujours intérêt à se débarrasser des vies jugées « improductives » comme l&rsquo;ont expliqué Jessy et Tiffa. Dans un contexte de destruction des services publics, d’abandon des soins palliatifs, de précarité massive des personnes handicapées et psychiatrisées, cette loi ne garantit pas un droit à mourir, mais organise une mort socialement conditionnée : faute d’accès aux soins, au logement, au soutien matériel, la seule « liberté » offerte devient celle de disparaître. Ce n’est pas un choix réel, mais un instrument cynique de gestion des indésirables — handicapé·es, précaires, psychiatrisé·es — au service du capital. La gauche institutionnelle, La France Insoumise en tête, l’a soutenue, malgré une mobilisation antivalidiste remarquable, y compris dans ses propres rangs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Grâce à un travail militant de long terme, la majorité des organisations révolutionnaires ont adopté une position matérialiste et antivalidiste contre cette loi. L’échec de notre opposition est donc relatif : si la loi est passée, elle a en même temps provoqué une réaction rapide, avec la montée d’une pétition massive et la création du Front de Gauche Antivalidiste. C’est une première étape qui doit permettre une structuration durable du mouvement. Mais pour que cette dynamique déborde le cercle militant restreint et sorte d’une mobilisation confinée en ligne — faute d’accessibilité réelle des espaces politiques — <strong>il faut que l’ensemble du mouvement social s’approprie l’antivalidisme</strong>. C’est à cette condition que nous pourrons gagner.</p>



<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><strong>Le futur collectif Crips Anti-Racistes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous ne voulons pas créer un collectif concurrent de Handi-Social. Deux collectifs antivalidistes à Toulouse seraient une erreur stratégique. Nous avons donc choisi d’orienter notre futur collectif vers la production artistique. La création de ce collectif part d’un simple constat : Handi-Social, de par son statut d’association, s’embourbe dans une limite des possibilités dictées par ses statuts administratifs qui laissent peu de marges de manœuvre à des actions de toutes sortes. Aussi, l&rsquo;association est fortement identifiée à sa présidente, ce qui nous associe à ce qu&rsquo;on appellera un antivalidisme institutionnel, qui lutte contre le validisme par le changement des lois ou des jurisprudences. Cette approche a ses avantages mais ne permet pas, à notre avis, de construire une lutte par en bas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Relisant Kateb Yacine, nous pensons que le théâtre est une courroie directe pour faire entendre notre voix, y compris dans les ghettos institutionnels. Pour consolider un collectif, il faut un liant qui oblige à se réunir régulièrement. Comme le rappelait Lénine, cet « organisateur collectif », c’est le journal. Nous espérons publier un premier numéro cette année.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ahmed Hammad (A2C Toulouse)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Notes : </p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="a2ccc24e-7f6f-4824-b181-81da885a7116"><a href="https://www.force-ouvriere.fr/non-a-l-inclusion-systematique-et-forcee-non-a-l-acte-2-de-l">https://www.force-ouvriere.fr/non-a-l-inclusion-systematique-et-forcee-non-a-l-acte-2-de-l</a> <a href="#a2ccc24e-7f6f-4824-b181-81da885a7116-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="df267a5c-08ee-4a1a-b461-69322c78619c"><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/le-droit-de-mourir-ou-lart-de-ne-pas-nous-laisser-vivre/">https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/le-droit-de-mourir-ou-lart-de-ne-pas-nous-laisser-vivre/</a> <a href="#df267a5c-08ee-4a1a-b461-69322c78619c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li></ol>


<p class="wp-block-paragraph">✨✨✨  Pour une version audio qui traite du même sujet :</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-block-embed-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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