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	<title>Archives des colonialisme - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<description>Pour l&#039;autonomie de classe !</description>
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	<title>Archives des colonialisme - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Capitalisme et racisme</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/capitalisme-et-racisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Oct 2025 23:32:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
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		<category><![CDATA[enclosure]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">À la fin du Moyen Âge les classes dominantes généralisent la privatisation des terres communales. En Angleterre au 15e et 16e siècle, la campagne repose en grande partie sur les champs ouverts : cultures collectives, <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/capitalisme-et-racisme/" title="Capitalisme et racisme">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>À la fin du Moyen Âge les classes dominantes généralisent la privatisation des terres communales. En Angleterre au 15e et 16e siècle, la campagne repose en grande partie sur les champs ouverts : cultures collectives, usage commun des bois, pâturages et marais etc. Chaque foyer paysan y dispose d’un accès garanti ce qui assure non seulement sa subsistance mais aussi une relative autonomie vis-à-vis des seigneurs.&nbsp;</p>



<p><strong>L’émergence du capitalisme</strong></p>



<p>Portés par l’essor du commerce textile européen et la demande de laine, grands propriétaires et bourgeoisie montante clôturent les terres communes, les transforment en pâturages à mouton et développent un élevage intensif tourné vers l’exportation. Ce basculement devient un moteur décisif des débuts du capitalisme anglais. Les enclosures prennent une telle ampleur que la Couronne est contrainte de légiférer pour les freiner et limiter le nombre de moutons, sans succès. Cela n’empêche pas des vagues massives d’expropriation. Les Enclosure Acts, votés par des Parlements dominés par les propriétaires terriens, imposent clôtures et redistribution au profit d’une minorité. Du 17e au 19e siècle, des milliers de lois privatisent des millions d’acres. Par endroits, jusqu’à 70 % des terres passent en quelques décennies de l’usage collectif à la propriété privée exclusive <sup data-fn="3ecec6d0-6d7b-4aef-99f4-5401697b89f9" class="fn"><a id="3ecec6d0-6d7b-4aef-99f4-5401697b89f9-link" href="#3ecec6d0-6d7b-4aef-99f4-5401697b89f9">1</a></sup>. Le paysage rural est radicalement reconfiguré&nbsp;: chemins fermés, haies dressées, communs amputés. Des centaines de milliers de paysan·ne·s sont expulsé·es, bientôt des millions avec l’extinction des droits d’usage. Arraché·es à leur moyen de subsistance, iels sont forcé·es de migrer vers les villes ou encore les grandes fermes. Iels y deviennent des travailleur.euses libres, au sens double &#8211; libre en droit, mais libre aussi de tout moyen de production, iels sont contraint·es de vendre leur force de travail pour survivre.</p>



<p>Pour contraindre les exproprié·es au travail, l’État accompagne l’expropriation d’un arsenal répressif (Vagabonds Acts, Poor Laws) qui criminalise errance, vagabondage, pauvreté et résistance. Le marché du travail n’apparaît pas de lui-même, il est construit par la privatisation des communaux, l’extinction des droits d’usage, la criminalisation du vagabondage et l’enfermement dans des workhouses (atelier-prison) jusqu’à faire de l’emploi une condition de survie. L’accumulation s’appuie sur l’exploitation de tou·te·s, y compris massivement d’enfants dès 6 ans dans les filatures, mines et manufactures ; journées de 14, 16, voire 18 heures. Malnutrition, maladies, mutilations et corps déformés sont la norme. Les salaires des enfants et des femmes servent de levier pour abaisser ceux des hommes. En fragmentant la classe ouvrière par âge, sexe, statut et nationalité (jusqu’aux afflux d’Irlandais·es fuyant famine et expropriation), les élites et l’État organisent la concurrence entre prolétaires, brisent les solidarités et cherchent à enrôler les ouvrier·es anglais·es à des idées racistes.</p>



<p>Juin 1863, la presse londonienne titre « Mort par simple excès de travail&nbsp;», le Morning Star parle d’esclaves blancs, tandis que les pro-esclavagistes, The Times, le Standard relativisent l’esclavage des Noir.es «les esclavagistes nourrissent …bien leurs esclaves, les font travailler modérément » (Le Capital, I, X.3). Dès l’industrialisation naissante, expropriation et exploitation font chuter l’espérance de vie ouvrière. Ce n’est ni lié au hasard, ni à la cruauté de quelques patrons, c’est la logique d’un système &#8211; course au profit, concurrence, allongement des journées, intensification des cadences, répression des résistances. Dans ce cadre, le·la travailleur·euse est libre en droit mais dépossédé·e : iel ne vend pas un produit, mais sa capacité à produire ; sa force de travail devient marchandise. La relation paraît libre parce que contractuelle, mais c’est le besoin vital qui oblige ; l’écart entre la valeur créée et le salaire alimente l’accumulation. Propriétaires, État et capitalistes agissent de concert : les premier·ères s’approprient la terre, la loi et la police en assurent l’installation et la pérennité, les capitalistes recrutent la main-d’œuvre dépossédée et la placent en concurrence permanente. Un vaste réservoir de travailleur·euse, l’« armée industrielle de réserve » <sup data-fn="3358852a-b724-4be5-a587-62fb749c3558" class="fn"><a id="3358852a-b724-4be5-a587-62fb749c3558-link" href="#3358852a-b724-4be5-a587-62fb749c3558">2</a></sup> pèse sur les salaires, tandis que la division par âge, sexe et origine, bientôt par la couleur, fragmente le monde du travail et renforce la discipline. Cette architecture à la fois économique et institutionnelle pérennise l’exploitation d’une population et prépare l’articulation avec l’ordre colonial, où la racialisation devient un outil central de gestion du travail.</p>



<p><strong>Le colonialisme et l’esclavage</strong></p>



<p>L’autre pilier de l’accumulation primitive se joue hors d’Europe avec la conquête du Nouveau Monde, l’exploitation coloniale et la traite négrière. 1492 ouvre une ère de pillage systématique. Espagne et Portugal se partagent des territoires immenses, en quelques décennies des empires puissants sont écrasés. Des systèmes de travail forcé (mita, encomienda <sup data-fn="b79ffc99-2215-4b81-b8c3-218d9ab7ad97" class="fn"><a id="b79ffc99-2215-4b81-b8c3-218d9ab7ad97-link" href="#b79ffc99-2215-4b81-b8c3-218d9ab7ad97">3</a></sup>) se généralisent dans les mines, chantiers et plantations, l’asservissement des peuples indigènes, combiné aux épidémies venues d’Europe, provoque des hécatombes. Des montagnes d’argent et d’or affluent vers l’Europe, ces métaux, accumulés comme trésors, mais ne produisent rien d’eux-mêmes. Ils deviennent des leviers d’accumulation dès qu’ils sont saisis par des rapports capitalistes (banques, compagnies de commerce et d’assurance, dette publique, impôts) et insérés dans un système productif capable de convertir ce butin en capital. C’est l’articulation au travail exploité qui transforme le pillage en puissance économique. Cette conversion s’opère par leur insertion dans des chaînes de production et de circulation marchande fondées sur l’exploitation du travail et la mise en valeur du capital. Une fois pris dans ces circuits ces flux alimentent les caisses des États, grossissent les fonds des banques et financent l’essor des compagnies.</p>



<p>Ce n’est pas le pillage seul qui explique l’essor du capitalisme, l’exemple de l’Espagne et du Portugal l’éclaire. Gavés de métaux précieux, ils restent pourtant marqués par les hiérarchies des régimes féodaux où noblesse terrienne et Église dominent. L’argent colonial finance guerres et faste, loin de stimuler une industrialisation, ces pays importent des produits manufacturés de l’étranger. À l’inverse, l’Angleterre combine accumulation interne (expropriation, prolétarisation) et accumulation externe (pillage, esclavage, commerce triangulaire) leur interaction donne l’élan décisif. Ce système relie l’extraction de matières premières coloniales (sucre, coton, tabac, café) aux manufactures anglaises (et plus largement européennes) où elles sont transformées par une main-d’œuvre prolétarisée, générant profit et accélération de l’accumulation. Séparément, ni le pillage ni la prolétarisation n’auraient rendu possible l’émergence du capitalisme mais c’est leur combinaison qui fait basculer l’échelle. Sans expropriation interne, les richesses coloniales auraient été dissipées ; sans richesses coloniales, il aurait manqué l’accélérateur des matières premières. La quête systématique du profit place ainsi l’esclavage au cœur de l’accumulation mondiale et les plantations deviennent un enjeu central. C’est dans cette combinaison que le racisme va naître.</p>



<p><strong>L’oppression raciste</strong></p>



<p>Pour remplacer la main-d’œuvre indigène décimée les élites coloniales s’orientent d’abord vers l’Europe. Se déploie un marché de serviteurs·euses sous contrat (3-7 ans), de condamné·e·s déporté·e·s, « rédempteurs », un trafic organisé de main d’œuvre européenne vers les colonies, surtout des plantations. Ce dispositif résout provisoirement le « problème du travail » colonial. En 1606, le député Bacon parle d’un « double avantage »&nbsp;: mettre les pauvres au travail, décharger la métropole des indésirables et peupler les colonies. Le recrutement mêle fraude, violence et enlèvements et quand la demande l’exige, workhouses et orphelinats sont vidés et la déportation pénale enfle rapidement.<br>Dans les plantations, les engagé·e·s blanc·hes et les captif·ves africain·es, alors minoritaires, travaillent côte à côte sous une discipline de fer : moulins, fourneaux, champs de canne, fouet. Mais lorsque le sucre devient l’axe de l’économie antillaise, profits élevés et demande européenne en plein essor, les planteurs, appuyés par les marchands capitalistes et les États, concentrent la terre, chassent les petits colons, les petits fermiers et installent des « usines à sucre » qui exigent des bras en permanence. La servitude blanche atteint vite ses limites, approvisionnement incertain et insuffisant, termes qui expirent, fuites difficiles à contenir ; une fois libéré·es, les engagé·es revendiquent salaire ou accès à la terre. Dès 1680, les planteurs invoquent des « preuves positives que l’Africain satisfait mieux aux nécessités » de la production : achat à vie et héréditaire, repérable à sa couleur de peau qui facilite le contrôle, calcul selon lequel « trois noirs travaillent mieux et moins cher qu’un homme blanc » <sup data-fn="fda5b6fc-6803-4434-a351-8fe00d4ecb2f" class="fn"><a id="fda5b6fc-6803-4434-a351-8fe00d4ecb2f-link" href="#fda5b6fc-6803-4434-a351-8fe00d4ecb2f">4</a></sup>. Dès lors, l’esclavage africain s’impose comme la solution optimale du point de vue du profit.</p>



<p>Le commerce triangulaire s’institutionnalise, des navires partent d’Europe chargés de textiles, armes et alcools, troqués contre des captif·ves sur les côtes africaines ; la traversée vers les Amériques entasse, enchaîne et tue ; les survivant·e·s sont vendu·e·s aux plantations ; les bateaux repartent vers l’Europe chargés de sucre, coton, tabac, café. Le coton cultivé par les esclaves sous la contrainte alimente directement les filatures de Manchester, où des ouvrier·es, nombre de femmes et enfants, transforment la fibre brute en tissus vendus sur le marché mondial. Les profits sont réinvestis dans l’extension des usines, la modernisation des machines et l’expansion des plantations, entretenant la spirale de l’accumulation ; même logique pour le sucre, le café ou le tabac. Au total, 12 à 13 millions de personnes sont déportées d’Afrique vers les Amériques entre le 16e et 19e siècle.&nbsp;</p>



<p>Grâce à l’esclavage les plantations fournissent à la fois des gisements de matières premières à bas coût, des marchés pour les produits britanniques et des machines à profits immenses qui alimentent massivement l&rsquo;industrialisation. Ces capitaux sont à leur tour réinvestis dans la flotte marchande, nouvelles méthode de fabrication, réseaux ferroviaires&#8230; L&rsquo;esclavage est ainsi un pivot central de l&rsquo;économie pour l&rsquo;Angleterre qui s’affirme rapidement comme puissance impériale mondiale.</p>



<p>« [Le planteur] serait allé sur la lune, s&rsquo;il le fallait, pour trouver une force de travail bon marché. L&rsquo;Afrique était plus proche que la lune, plus proche aussi que les pays plus peuplés de l&rsquo;Inde et de la Chine. Mais leur tour viendrait bientôt. » <sup data-fn="f91d9d77-d986-470a-8c10-1ae808e7bcef" class="fn"><a href="#f91d9d77-d986-470a-8c10-1ae808e7bcef" id="f91d9d77-d986-470a-8c10-1ae808e7bcef-link">5</a></sup></p>



<figure class="wp-block-image size-full is-style-default"><img data-dominant-color="8b8579" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #8b8579;" fetchpriority="high" decoding="async" width="686" height="386" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/hq720.webp" alt="" class="wp-image-10128 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/hq720.webp 686w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/hq720-300x169.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/hq720-678x381.webp 678w" sizes="(max-width: 686px) 100vw, 686px" /></figure>



<p>Avec l’essor du commerce triangulaire et des plantations, la demande de main-d’œuvre, capturée, déportée et surexploitée explose alors même que le monde des Lumières proclame l’égalité. Il devient indispensable de naturaliser l’inégalité, de présenter la domination non comme un rapport imposé mais comme l’ordre normal des choses. La catégorie de «&nbsp;race&nbsp;» prend alors forme, elle hiérarchise l’humanité, assignant à une place fixe et permanente des groupes entiers, et transforme un rapport de force en différence naturelle. Pour entériner cette exclusion, on mobilise le religieux puis une pseudo-science chargés de la rationaliser.</p>



<p>Le racisme s’enracine et prend corps dans les institutions (lois, frontières, police, école), et ne se limite pas aux seules pratiques d’État, il se prolonge aussi dans un marché du travail à plusieurs vitesses (statuts, sans-papiers, précarités) qui sert à diviser et discipliner la classe ouvrière ; un levier que le patronat et les gouvernements exploitent pour tirer tout le monde vers le bas. D’où l’enjeu stratégique de s&rsquo;attaquer à la reproduction institutionnelle et économique du racisme tout en construisant dans la lutte l’unité de la classe. L’unité ne procède par proclamations elle se construit dans l’action, dans les luttes communes pour exiger mêmes droits, mêmes salaires, régularisation de toustes. Des revendications d&rsquo;égalité des droits qui mettent en échec la stratégie patronale et tirent tout le monde vers le haut.</p>



<p>Meriem (Paris 20<sup>e</sup>)</p>



<p>Pour avoir une version audio qui traite de racisme et d&rsquo;exploitation, voici un lien vers notre ✨super✨ compte Spotify ! :</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-block-embed-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Spotify Embed: Pourquoi l’articulation entre racisme et exploitation doit être une priorité de notre classe" style="border-radius: 12px" width="100%" height="152" frameborder="0" allowfullscreen allow="autoplay; clipboard-write; encrypted-media; fullscreen; picture-in-picture" loading="lazy" src="https://open.spotify.com/embed/episode/4q9fH28hgjEJupiKoK7aRV?utm_source=oembed"></iframe>
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<p>Notes :</p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="3ecec6d0-6d7b-4aef-99f4-5401697b89f9">Chiffres : https://eprints.nottingham.ac.uk/12489/1/Tom%27s_<br>Thesis_complete_%28slimline%29.pdf (p.158) Nearly 70% of Scawby parish was enclosed by parliamentarymeans in 1770-1 leaving about one thousand acres which had been<br>enclosed by other means.<br>Mais le phénomène est plus vaste ça c’est les conséquences directes<br>des lois parlementaires, mais si on y ajoute les enclosures non<br>parlementaires c’est énorme.<br>(Archives Parlement UK) : https://www.parliament.uk/about/living-<br>heritage/transformingsociety/towncountry/landscape/overview/<br>enclosingland/ <a href="#3ecec6d0-6d7b-4aef-99f4-5401697b89f9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="3358852a-b724-4be5-a587-62fb749c3558">Capital I,. XXV, -3 Production croissante d’une surpopulation relative ou d’une armée industrielle de réserve. <a href="#3358852a-b724-4be5-a587-62fb749c3558-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="b79ffc99-2215-4b81-b8c3-218d9ab7ad97">Mita : corvée, travail forcé par roulement imposée aux communautés<br>indigènes, système quasi-esclavagiste par les colons qui oblige chaque<br>communauté à fournir continuellement des hommes pour les mines et<br>autres travaux ((hérité des autochtones mais réactivée et durcit par les<br>colons)<br>Encomienda : attribution de terres et de populations indigènes à un<br>colon (couronne espagnole), avec obligation théorique d’évangélisation<br>mais pratique d’exploitation. <a href="#b79ffc99-2215-4b81-b8c3-218d9ab7ad97-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="fda5b6fc-6803-4434-a351-8fe00d4ecb2f">E.Williams, Capitalisme et Esclavage. p.22-25 <a href="#fda5b6fc-6803-4434-a351-8fe00d4ecb2f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="f91d9d77-d986-470a-8c10-1ae808e7bcef">E.Williams, Capitalisme et Esclavage. p.22-25 <a href="#f91d9d77-d986-470a-8c10-1ae808e7bcef-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/capitalisme-et-racisme/">Capitalisme et racisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La classe ouvrière du Nord profite-t-elle de l&#8217;exploitation du Sud ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/la-classe-ouvriere-du-nord-profite-t-elle-de-lexploitation-du-sud/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Léon Marseille]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Oct 2025 12:08:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[aristocratie ouvrière]]></category>
		<category><![CDATA[classe du nord]]></category>
		<category><![CDATA[classe du sud]]></category>
		<category><![CDATA[colonialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Exploitation]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">L'idée que les travailleurs et travailleuses de ce qu'on appelle le "Nord global" profiteraient de l'exploitation des travailleurs et travailleuses du "Sud global" est largement admise au sein de notre classe. Elle est également très présente dans de nombreux espaces militants en France, où elle peut se traduire par une rhétorique culpabilisante.</div>
<p> <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/la-classe-ouvriere-du-nord-profite-t-elle-de-lexploitation-du-sud/" title="La classe ouvrière du Nord profite-t-elle de l&#8217;exploitation du Sud ?">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>L&rsquo;idée que les travailleurs et travailleuses de ce qu&rsquo;on appelle le « Nord global » profiteraient de l&rsquo;exploitation des travailleurs et travailleuses du « Sud global »<sup data-fn="5720c68f-ccd4-47be-ac78-40e26c699a85" class="fn"><a id="5720c68f-ccd4-47be-ac78-40e26c699a85-link" href="#5720c68f-ccd4-47be-ac78-40e26c699a85">1</a></sup> est largement admise au sein de notre classe. Elle est également très présente dans de nombreux espaces militants en France, où elle peut se traduire par une rhétorique culpabilisante.</p>



<p>Par « profit », on entend tirer un avantage, gagner quelque chose du fait de l&rsquo;exploitation et donc, in fine, avoir intérêt à cette exploitation. Les travailleur.se.s du Nord auraient donc un avantage matériel à l&rsquo;exploitation des travailleurs du Sud. Ce discours, qui se veut particulièrement conscient des réalités du monde et en solidarité avec les opprimés, épouse pourtant la même vision du monde que la bourgeoisie occidentale. Il implique que la classe ouvrière du Nord aurait un intérêt matériel à l&rsquo;exploitation des classes ouvrières du Sud et donc à soutenir ses bourgeoisies et leurs impérialismes.</p>



<p>L’objectif de cet article sera de démontrer que cette position relève de la fausse conscience et que, non, la classe ouvrière du Nord n&rsquo;a pas intérêt à l&rsquo;impérialisme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les inégalités Nord-Sud : un constat indéniable</h2>



<p>Il n&rsquo;y a évidemment pas de doute sur le fait que les travailleur.se.s du Sud sont, globalement, plus opprimé.e.s et plus pauvres que les travailleur.se.s du Nord<sup data-fn="db0dbefc-333f-49eb-afed-fd33e65141b6" class="fn"><a id="db0dbefc-333f-49eb-afed-fd33e65141b6-link" href="#db0dbefc-333f-49eb-afed-fd33e65141b6">2</a></sup>. Iels vivent dans des conditions moins favorables, ont moins d&rsquo;accès aux soins et aux loisirs, assument des charges de travail plus lourdes et sont exposé.e.s à davantage de violences au quotidien<sup data-fn="47ea995e-a3be-448e-8bb8-00665702449c" class="fn"><a id="47ea995e-a3be-448e-8bb8-00665702449c-link" href="#47ea995e-a3be-448e-8bb8-00665702449c">3</a></sup>. De manière générale, le pouvoir d&rsquo;achat et les conditions de vie sont plus favorables dans le Nord que dans le Sud. Les inégalités y sont moins importantes, même si elles existent et se creusent de plus en plus. Cependant, le fait que ces inégalités existent, ne doit pas forcément nous amener à la conclusion que la classe ouvrière du Nord profite directement de cette exploitation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;accumulation primitive du capital en Europe</h2>



<p>Dans « Genèse du capital industriel<sup data-fn="9fd13b16-45b4-4832-9627-e4c00fb8e2a7" class="fn"><a id="9fd13b16-45b4-4832-9627-e4c00fb8e2a7-link" href="#9fd13b16-45b4-4832-9627-e4c00fb8e2a7">4</a></sup> », Marx explique comment le système capitaliste s&rsquo;est structuré en Europe. L&rsquo;accumulation de richesses a résulté de l&rsquo;accumulation primitive du capital, par l&rsquo;expropriation des paysan.ne.s de leurs terres communales, ce qui les a obligé.e.s à vendre leur force de travail dans les villes au service de l&rsquo;industrie. Le processus d&rsquo;industrialisation de l&rsquo;Europe, par la transformation des paysan.ne.s en classe ouvrière, a été d&rsquo;une grande violence. Les personnes se sont retrouvé.e.s sans rien d&rsquo;autre que leur force de travail à vendre et ont été obligé.e.s d&rsquo;accepter les pires conditions pour pouvoir survivre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;expansion coloniale et la traite transatlantique</h2>



<p>Cette expansion de l&rsquo;accumulation primitive du capital ne s&rsquo;est pas limitée à l&rsquo;Europe. Elle s&rsquo;est répandue sur tous les continents par la colonisation et par la traite transatlantique des esclaves. L&rsquo;histoire brutale de la colonisation relève d&rsquo;une extrême violence. Des millions de personnes ont été dépossédées de leurs terres et de leurs modes de vie, et des populations entières ont été victimes de génocides. Le commerce triangulaire a vu des millions d&rsquo;êtres humains séquestrés et transportés comme des marchandises vers les colonies, pendant des siècles, pour travailler comme esclaves jusqu&rsquo;à la mort.</p>



<p>La richesse économique de l&rsquo;Europe et son développement industriel ont été rendus possibles, en grande partie, par l&rsquo;expansion coloniale et par l&rsquo;exploitation des ressources des pays colonisés. Ce fait est abondamment attesté par l&rsquo;histoire. La richesse des classes dirigeantes en Europe s&rsquo;est largement construite sur le colonialisme et sur la traite. Par exemple, en Angleterre, la traite atlantique a représenté entre 25 et 30% d’impulsion économique.<sup data-fn="d1703846-244c-4736-be11-3276cdc2f258" class="fn"><a id="d1703846-244c-4736-be11-3276cdc2f258-link" href="#d1703846-244c-4736-be11-3276cdc2f258">5</a></sup></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="dbbda1" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #dbbda1;" decoding="async" width="563" height="800" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/WhatsApp-Image-2025-09-06-at-13.28.47-2.webp" alt="" class="wp-image-10095 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/WhatsApp-Image-2025-09-06-at-13.28.47-2.webp 563w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/WhatsApp-Image-2025-09-06-at-13.28.47-2-211x300.webp 211w" sizes="(max-width: 563px) 100vw, 563px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;impérialisme contemporain</h2>



<p>L&rsquo;exploitation des pays du Sud par les bourgeoisies occidentales ne s&rsquo;est pas arrêtée avec l&rsquo;abolition de l&rsquo;esclavage ni avec l&rsquo;accession aux indépendances. Les puissances impérialistes ont prolongé leur domination et le pillage des richesses de pays économiquement moins développés, souvent avec la complicité de bourgeoisies locales. Les instruments de cette emprise sont multiples : interventions militaires, coups d&rsquo;État, hégémonie du dollar, endettement structurel, maintien du franc CFA<sup data-fn="e5b74208-9684-4e48-8b92-9c27a21c8138" class="fn"><a id="e5b74208-9684-4e48-8b92-9c27a21c8138-link" href="#e5b74208-9684-4e48-8b92-9c27a21c8138">6</a></sup> et le fait des relations d’échange inégales.<sup data-fn="7696d839-4953-4b8a-b65c-12ced7441ad4" class="fn"><a id="7696d839-4953-4b8a-b65c-12ced7441ad4-link" href="#7696d839-4953-4b8a-b65c-12ced7441ad4">7</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">La théorie de l' »aristocratie ouvrière » de Lénine<sup data-fn="337bcd41-a607-4d47-b9f2-cfc0ae5ce7c8" class="fn"><a id="337bcd41-a607-4d47-b9f2-cfc0ae5ce7c8-link" href="#337bcd41-a607-4d47-b9f2-cfc0ae5ce7c8">8</a></sup></h2>



<p>L&rsquo;analyse des origines des rapports d&rsquo;exploitation Nord‑Sud fait généralement consensus au sein du mouvement. Les désaccords portent plutôt sur la question de savoir si les travailleurs du Nord profitent de cette situation.</p>



<p>Les défenseurs de cette thèse s&rsquo;appuient généralement sur la théorie de l' »aristocratie ouvrière » défendue par Lénine. Lénine développe cette thèse à un moment où il essaye de comprendre pourquoi les travailleur.se.s ont soutenu leur classes dirigeantes pendant la 1ère guerre mondiale.</p>



<p>Selon lui, les « sur‑profits » tirés de l&rsquo;exploitation des colonies et pays dominés ont permis aux bourgeoisies des métropoles de « soudoyer » une couche supérieure du salariat. Cette couche, mieux payée et plus stable, a ainsi basculé vers le réformisme, l&rsquo;opportunisme et l&rsquo;alignement sur la politique impérialiste de leur bourgeoisie, affaiblissant l&rsquo;internationalisme et la radicalité du mouvement ouvrier.</p>



<p>Il est important de noter que pour Lénine, cette aristocratie ouvrière ne désignait qu&rsquo;une partie minoritaire du salariat. Cependant, le ralliement du salariat aux positions conservatrices de la bourgeoisie était bien plus large que cette hypothétique aristocratie ouvrière. Ce n&rsquo;est donc pas un intérêt matériel qui en a été l&rsquo;origine mais l&rsquo;idéologie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La relation travail-salaire : une exploitation universelle</h2>



<p>Dès qu&rsquo;une personne entre dans un échange de travail contre salaire avec un capitaliste ou un·e patron·ne, la richesse qu&rsquo;elle produit dépasse largement le salaire qu&rsquo;elle perçoit. Le capitalisme fonctionne comme une pompe à extraire la valeur produite par les personnes, et la relation salariale en est le mécanisme central. Les travailleur·se·s sont lié·e·s au capital par une chaîne. Au Nord comme au Sud, la relation de travail dans le système capitaliste est une relation d&rsquo;exploitation: la plus grande part de la richesse créée par le travail reste entre les mains du capitaliste.<sup data-fn="b5940e49-77cc-42cf-a69d-44d5ba37a426" class="fn"><a id="b5940e49-77cc-42cf-a69d-44d5ba37a426-link" href="#b5940e49-77cc-42cf-a69d-44d5ba37a426">9</a></sup></p>



<p>Certain·es peuvent dire : « J&rsquo;ai un bon salaire, je ne me sens pas exploité·e. » Or, même avec un revenu élevé, les capitalistes captent une partie de la richesse produite et du temps de vie de chacune et chacun d&rsquo;entre nous. Nous pourrions toustes travailler moins si nous n&rsquo;étions pas en train d&rsquo;enrichir le capital. Ce temps confisqué pourrait être consacré à d&rsquo;autres activités : passer plus de moments avec ses proches, se reposer, s&rsquo;engager dans son quartier et sa communauté, etc.</p>



<p>Ce système oppose deux classes : celle qui possède les moyens de production, et celle qui n&rsquo;a que sa force de travail à vendre. Les personnes appartenant à cette dernière sont contraint·e.s de travailler pour vivre dans un monde régi par le capital. En son sein, de multiples oppressions se croisent — sexisme, validisme, racisme, entre autres. Le capitalisme s&rsquo;appuie sur ces oppressions et entretient la division au sein de notre classe.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="eecd91" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #eecd91;" decoding="async" width="652" height="800" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/WhatsApp-Image-2025-09-06-at-13.28.47-1.webp" alt="" class="wp-image-10096 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/WhatsApp-Image-2025-09-06-at-13.28.47-1.webp 652w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/WhatsApp-Image-2025-09-06-at-13.28.47-1-245x300.webp 245w" sizes="(max-width: 652px) 100vw, 652px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le rôle de l&rsquo;idéologie et la construction de la conscience de classe</h2>



<p>Tout système de domination s&rsquo;appuie sur des idéologies. Marx rappelait que les idées dominantes d&rsquo;une société sont celles de la classe dominante. Pour les dépasser, il faut aller à contre-courant et se former afin de comprendre les rapports de domination. Le fait d&rsquo;être exploité·e n&rsquo;entraîne pas automatiquement la compréhension de sa position : l&rsquo;idéologie opère cette mystification.</p>



<p>Notre classe doit donc développer une conscience de classe pour saisir sa propre situation et voir sa place dans le système d&rsquo;exploitation. Celle-ci ne se réduit ni à connaître sa position dans le processus de production, ni au simple fait de vendre sa force de travail pour vivre, ni même à s&rsquo;organiser syndicalement et lutter pour de meilleurs salaires — bien que cela soit essentiel. La conscience de classe se construit dans les luttes collectives, dans l&rsquo;affrontement avec les contradictions qui traversent notre classe, et dans le développement partagé de la capacité à reconnaître et combattre les oppressions. C&rsquo;est dans la lutte que notre classe prend conscience d&rsquo;elle-même et de sa réalité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une approche de classe qui combat toutes les oppressions</h2>



<p>Pourquoi revenir à la notion de classe ? Le terme paraît aujourd&rsquo;hui un peu démodé, non sans raisons. Une partie de la gauche défend une approche « class first »: on réglerait d&rsquo;abord la question de classe et le reste suivrait après la révolution. Or ce « reste » — racisme, sexisme, validisme, etc. — n&rsquo;est pas secondaire. Nous ne partageons pas cette position. Nous affirmons que toutes les oppressions qui traversent notre classe doivent être combattues dès maintenant, au cœur de la construction de notre mouvement, en parallèle de la voie révolutionnaire. Ce ne sont pas les luttes antiracistes ou féministes qui divisent la classe ; ce sont le racisme, le sexisme et le validisme qui la fracturent et nous empêchent de bâtir un front commun contre un système qui nous exploite toutes et tous.</p>



<p>Il ne s&rsquo;agit ni de nier ces rapports de domination ni d&rsquo;occulter les contradictions internes, mais de construire une lutte capable de faire apparaître ce qui nous unit : la domination de la classe bourgeoise sur celles et ceux qui n&rsquo;ont pour vivre que leur force de travail à vendre. Qu&rsquo;on ait un « bon » salaire — au Nord comme au Sud — ou que nos luttes aient permis d&rsquo;arracher des droits, nous n&rsquo;avons aucun intérêt à nous allier à nos bourgeoisies nationales : nos intérêts sont antagonistes. Plus nous laissons de pouvoir à la classe dirigeante, plus elle a les moyens de nous opprimer. Notre classe ne doit entretenir aucune illusion à ce sujet. Ce sont les classes bourgeoises du Nord comme du Sud qui profitent de l’exploitation des travailleur.se.s.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La trajectoire du capital et la construction de la lutte internationaliste</h2>



<p>De même qu&rsquo;on ne peut analyser les classes sociales séparément, puisqu&rsquo;elles sont en interaction permanente, on ne peut penser le Nord sans le Sud.</p>



<p>Partout dans le monde, la bourgeoisie investit massivement dans la division de notre classe. Le racisme en est l&rsquo;une des armes principales, mais aussi les concurrences de souffrances, l&rsquo;assimilation de droits conquis à des « privilèges », ou encore l&rsquo;idée méritocratique selon laquelle « si l&rsquo;on s&rsquo;en sort, c&rsquo;est qu&rsquo;on le mérite » — ou, à l&rsquo;inverse, que d&rsquo;autres « profitent ». Nous sommes pris·e.s dans un rapport de lutte constant, même lorsque nous n&rsquo;en avons pas pleinement conscience. Toute alliance avec la bourgeoisie nous prive de notre puissance collective d&rsquo;organisation et de combat : lui donner davantage de pouvoir, c&rsquo;est lui offrir plus de moyens de l&rsquo;utiliser contre nous. La bourgeoisie est l&rsquo;adversaire de classe au sein du système capitaliste dans lequel nous sommes inséré·e·s. Notre alliance doit aller à celles et ceux qui, comme nous, sont contraint·e·s chaque jour de vendre leur force de travail.</p>



<p>La trajectoire actuelle du capitalisme nous mène droit dans le mur. Un système fondé sur l&rsquo;accumulation et l&rsquo;expansion infinie est incompatible avec les limites matérielles de la planète. Cette dynamique alimente la destruction de nos droits, la guerre et le fascisme.</p>



<p>Notre classe représente la majorité des habitant·e·s de cette planète: elle n&rsquo;a aucun intérêt aux guerres ni à la destruction de nos conditions d&rsquo;existence. Elle seule peut affronter les contradictions produites par ce système en s&rsquo;organisant et en arrachant le pouvoir confisqué par la bourgeoisie. Partout, les droits ont été conquis par la lutte. Les victoires des travailleur·se·s du Nord ont inspiré celles du Sud, et réciproquement, parce que nous nous reconnaissons comme une même classe. Cette reconnaissance révèle notre intérêt commun à renverser un système de domination et de destruction, pour reconstruire un monde où notre travail sert la vie et la préservation de nos biens communs. Il s&rsquo;agit de nous organiser autrement. La tâche est immense, mais notre classe est la seule en mesure de l&rsquo;accomplir.</p>



<p>Dani. et Hugo, Toulouse</p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="5720c68f-ccd4-47be-ac78-40e26c699a85"><a href="https://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-thematiques/inegalites/articles/sud-global">Le Sud global, un nouvel acteur de la géopolitique mondiale ? — Géoconfluences</a>  <a href="#5720c68f-ccd4-47be-ac78-40e26c699a85-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="db0dbefc-333f-49eb-afed-fd33e65141b6"><a href="https://thetricontinental.org/dossier-57-geopolitics-of-inequality/">The Geopolitics of Inequality: Discussing Pathways Towards a More Just World</a> <a href="#db0dbefc-333f-49eb-afed-fd33e65141b6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="47ea995e-a3be-448e-8bb8-00665702449c"><a href="https://www.opendemocracy.net/pt/america-latina-cidades-mais-violentas-mundo/">76% das cidades mais violentas do mundo estão na América Latina</a> <a href="#47ea995e-a3be-448e-8bb8-00665702449c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="9fd13b16-45b4-4832-9627-e4c00fb8e2a7"><a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-31.htm">K. Marx &#8211; Le Capital Livre I : XXXI</a> <a href="#9fd13b16-45b4-4832-9627-e4c00fb8e2a7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="d1703846-244c-4736-be11-3276cdc2f258"><a href="https://www.lemonde.fr/en/opinion/article/2023/02/11/the-combined-effect-of-the-slave-trade-and-the-exploitation-of-enslaved-people-contributed-to-the-industrial-rise-of-the-uk_6015267_23.html?random=939996667">The combined effect of the slave trade and the exploitation of enslaved people contributed to the industrial rise of the UK &#8211; Le Monde</a> <a href="#d1703846-244c-4736-be11-3276cdc2f258-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="e5b74208-9684-4e48-8b92-9c27a21c8138">Pigeaud, Fanny, and Ndongo S. Sylla. 2018.<em> L’arme invisible de la Françafrique : une histoire du franc CFA.</em> N.p : La Découverte. <a href="#e5b74208-9684-4e48-8b92-9c27a21c8138-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li><li id="7696d839-4953-4b8a-b65c-12ced7441ad4"><a href="https://globalinequality.org/unequal-exchange/#start">Unequal Exchange &#8211; Global Inequality</a> <a href="#7696d839-4953-4b8a-b65c-12ced7441ad4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7">↩︎</a></li><li id="337bcd41-a607-4d47-b9f2-cfc0ae5ce7c8"><a href="https://www.marxists.org/archive/lenin/works/1916/oct/x01.htm">Lenin: Imperialism and the Split in Socialism</a> <a href="#337bcd41-a607-4d47-b9f2-cfc0ae5ce7c8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8">↩︎</a></li><li id="b5940e49-77cc-42cf-a69d-44d5ba37a426"><a href="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1844/manuscripts/wages.htm">Marx 1844: Wages of Labour</a> <a href="#b5940e49-77cc-42cf-a69d-44d5ba37a426-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9">↩︎</a></li></ol>


<p></p>



<p></p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Comprendre le colonialisme français pour mieux le combattre</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/comprendre-le-colonialisme-francais-pour-mieux-le-combattre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Dec 2024 16:49:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[anticolonial]]></category>
		<category><![CDATA[capitalisme militaire]]></category>
		<category><![CDATA[colonialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Guyane]]></category>
		<category><![CDATA[kanaky]]></category>
		<category><![CDATA[Mayotte]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d&#8217;A2C #15 &#8211; décembre 2024 Pour la plupart des observateur·rice·s dans le monde, il ne fait pas de doute que les «départements d’outre-mer» français sont des colonies, qui paraissent bien anachroniques après les <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/comprendre-le-colonialisme-francais-pour-mieux-le-combattre/" title="Comprendre le colonialisme français pour mieux le combattre">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #15 &#8211; décembre 2024</h6>



<p>Pour la plupart des observateur·rice·s dans le monde, il ne fait pas de doute que les «départements d’outre-mer» français sont des colonies, qui paraissent bien anachroniques après les vagues de luttes de libération nationale et le démantèlement des empires européens. Il n’y a qu’en France qu’on se convainc que les habitant·e·s de ces pays ont de la chance d’être pris en charge, même si on en connaît peu les réalités au-delà de quelques clichés. Et à chaque fois que des mouvements sociaux éclatent, on entend que ces territoires coûteraient cher à la France sans rien lui rapporter. Pourquoi dans ce cas y envoyer des contingents de gendarmes mobiles ? Pourquoi la France refuse-t-elle l’auto-détermination des peuples de Nouvelle-Calédonie, des Antilles, de Guyane ou de la Réunion ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un contre-développement qui produit des inégalités et de la pauvreté</strong></h2>



<p>L’esclavage a conduit à l’extermination des peuples autochtones puis à la déportation de millions d’Africain·e·s. Malgré son abolition dans les colonies françaises (1794 puis 1848), obtenue par les luttes de masse des esclaves et par la nécessité de moderniser le système, la structure hiérarchique socio-raciale pèse toujours dans les sociétés de plantation. Dans toutes les sociétés post-esclavagistes, on observe le maintien des Afro-descendant·es et des Autochtones dans une position subalterne. Les vagues d’immigration asiatique ont également contribué à ces sociétés créoles, dans lesquelles la couleur de peau et l’appartenance communautaire réelle ou supposée pèsent particulièrement sur le destin des individus et des groupes sociaux.&nbsp;</p>



<p>Tout développement économique endogène est combattu car il permettrait de sortir de la dépendance coloniale. La corruption de la classe politique est encouragée pour garder le contrôle sur les élites et discréditer l’indépendance.&nbsp;</p>



<p>Les tableaux ci-dessous font état de sociétés restées très inégalitaires, incomparables avec la France au niveau de la pauvreté et du développement humain. Depuis des décennies, le discours dominant est pourtant celui du « rattrapage des outre-mers », et les médias pointent régulièrement du doigt le coût des colonies pour la métropole.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img data-dominant-color="edefef" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="908" height="585" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/indicateurs-inegalites-jpg.webp" alt="" class="wp-image-9125 not-transparent" style="--dominant-color: #edefef; width:830px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/indicateurs-inegalites-jpg.webp 908w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/indicateurs-inegalites-300x193.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/indicateurs-inegalites-768x495.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 908px) 100vw, 908px" /></figure>



<p>La départementalisation de 1946 et la conquête progressive de droits sociaux équivalents à ceux des Français de l’Hexagone a conduit à élever les niveaux de vie comparativement aux pays voisins et à casser l’agriculture de substance. La dépendance aux transferts sociaux de la métropole s’en est accrue, et des vagues migratoires récentes ont permis la mise en concurrence entre travailleur·euse·s, et détournent les colères sociales.&nbsp;</p>



<p>Le rattrapage est un mythe. L’argent investi par l’Etat est insuffisant pour les besoins des populations et, grâce aux multiples défiscalisations, il revient majoritairement dans les poches des grandes entreprises françaises ou des descendants des colons, qui bénéficient de rentes monopolistiques. L’octroi de mer (une taxe à l’importation) permet d’exonérer l’Etat du financement des collectivités locales et de renforcer la dépendance aux produits importés. Les colonies départementalisées ne représentent donc pas un poids économique pour la France, comme le proclame l’idéologie dominante<sup data-fn="31dd68f0-831f-410e-b8e0-a14ec83cfa83" class="fn"><a id="31dd68f0-831f-410e-b8e0-a14ec83cfa83-link" href="#31dd68f0-831f-410e-b8e0-a14ec83cfa83">1</a></sup>.&nbsp;</p>



<p>Cependant, le principal enjeu des «confettis de l’empire colonial» n’est pas strictement économique. Pour comprendre pourquoi la France refuse de lâcher ses colonies, il faut observer les enjeux géostratégiques.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des enjeux géostratégiques majeurs</strong></h2>



<p>De la guerre froide jusqu’au monde multipolaire actuel, la France est parvenue à maintenir son rang de grande puissance, parmi les 5 membres du Conseil de Sécurité de l’ONU, dotée de l’arme atomique, avec une influence diplomatique grâce à la souveraineté qu’elle maintient sur les territoires qu’elle considère comme «ultra-marins». Le ratio du nombre de militaires par habitant est beaucoup plus important dans les colonies qu’en France, et la dernière loi de programmation militaire 2023-2028 renforce cette présence, avec le redéploiement des troupes auparavant stationnées en Afrique de l’Ouest.&nbsp;</p>



<p>Des bases militaires sont installées dans les océans Indien, Atlantique et Pacifique, et notamment dans la principale zone stratégique de confrontation inter-impérialisted’aujourd’hui, que les militaires appellent «indo-pacifique». Mayotte contrôle l’entrée du canal du Mozambique, et grâce à la Réunion, la Nouvelle Calédonie et la Polynésie, la France est signataire du Traité d&rsquo;Amitié et de Coopération en Asie du Sud-Est et participe au Forum régional de l&rsquo;ASEAN.&nbsp;</p>



<p>La France possède le deuxième domaine maritime derrière les Etats-Unis, avec une Zone économique exclusive de plus de 11 millions de km². Ce contrôle permet l’accès à d’importantes ressources halieutiques (pêche), mais surtout scientifiques et géostratégiques. Les fonds marins, un des derniers espaces peu exploités de la planète, représentent un des lieux majeurs de la compétition impérialiste au 21ème siècle. Par exemple, les Terres australes et antarctiques françaises abritent des stations météorologiques qui permettent d’observer le changement climatique, ainsi que des réserves de pétrole et de métaux rares. Même les courants marins pourraient devenir une nouvelle source d’énergie.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="630" height="450" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/bdf5f12_1700666280039-mfache-le-nickel-en-province-nord-nouvelle-calei-donie-238.avif" alt="" class="wp-image-9124" style="width:293px;height:auto"/><figcaption class="wp-element-caption">Ouvriers à l&rsquo;usine de Koniambo Nickel SAS, à Voh, Kanaky</figcaption></figure>
</div>


<p>La Kanaky-Nouvelle-Calédonie est le 4ème producteur mondial de nickel, ses réserves sont évaluées à 10% du total mondial. L’exploitation du nickel représente 1/4 des emplois du privés (directs et indirects), et 90% des exportations, vers des pays d’Asie qui l’utilisent dans la production d’aciers de haute qualité ou de batteries électriques.&nbsp;</p>



<p>Le nickel représente un enjeu politique car, suite aux accords de Nouméa, la province Nord, à majorité kanak et indépendantiste, détient 51% du capital d’une des trois grandes usines de l&rsquo;île à Koniambo. Cependant, le développement économique fondé sur les ressources minières est fragile car il représente de lourds investissements et dépend des cours mondiaux qui peuvent varier très rapidement (la Bourse des Métaux est à Londres). L’exploitation minière a également des impacts très négatifs sur l’environnement. Les mêmes observations sont sans doute valables à propos des projets d’exploitation par Total du pétrole offshore au large de la Guyane .&nbsp;</p>



<p>En Guyane, le centre spatial européen de Kourou profite de sa localisation proche de l’équateur, car les lancements d’Ariane profitent d’une force maximale de rotation terrestre et demandent donc moins de kérosène. Pour cette raison, la France loue également à la Russie la base de Soyouz à Sinnamary. Cependant, la concurrence est de plus en plus forte avec les bases US en Floride et au Texas, russes en Sibérie, indiennes et chinoises, en vue de la conquête de l’espace, nouveau terrain de jeu pour l’expansion capitaliste.&nbsp;</p>



<p>Le caractère colonial de l’industrie spatiale française est avéré : absence de retombées économiques significatives via l’exonération de tout impôt sur le foncier, recrutement majoritairement exogène des cadres, ségrégation sociale et raciale de la ville de Kourou, refus d’enquêtes indépendantes sur les maladies respiratoires&#8230; Les Guyanais·e·s ne s’y sont pas trompé·e·s lors de la grève générale de 2017 : c’est le blocage stratégique du rond-point de la Carapa qui a empêché le décollage d’Ariane et permis la signature des Accords de Guyane.&nbsp;</p>



<p>La prise en compte de ces enjeux stratégiques permet de comprendre pourquoi la France fait tout pour conserver ses dernières colonies. Céder une réelle autonomie à l’une, ce serait prendre le risque de les perdre toutes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Entre luttes sociales et danger de «mayottisation»</strong></h2>



<p>Depuis les années 2000, la généralisation des grandes surfaces et de la société de consommation aux Antilles, en Guyane et à la Réunion a accentué la dépendance aux produits importés, avec des écarts de prix entre 15% et 40% sur les produits alimentaires. La lutte contre la vie chère est donc devenue une préoccupation importante. Autour de cette revendication se sont construites des coalitions sociales de circonstance et des perspectives politiques fluctuantes. En 2008-2009 ont eu lieu des grèves générales avec des barrages des carrefours routiers, où les syndicats de salarié·e·s avaient une place centrale, avec également une présence des petits patrons (notamment du transport) et une menace d’embrasement via l’entrée en scène de la jeunesse précarisée sur les barrages. Ces mouvements, héritiers d’une longue histoire de lutte, ont obtenu des avancées ponctuelles pour les travailleur·euse·s et la population mais n’ont pas réussi à modifier la structure économique et sociale qui produit la vie chère.&nbsp;</p>



<p>Les mouvements récents en Martinique, à la suite des mobilisations contre le pass sanitaire au moment du COVID, ont été menés par des collectifs moins ancrés dans la société et plus confus, avec certain·e·s leaders de premier plan qui acceptent de s’afficher auprès du RN. Les revendications prennent leur sens quand elles s’articulent dans un objectif d’émancipation sociale et décoloniale, sinon elle risque d’être un feu de paille, voire d’accroître la dépendance envers les produits importés de France et la défiance de la masse de la population.&nbsp;</p>



<p>Les ressentiments face aux maintien des inégalités et à l’incurie des élites politiques se combinent désormais avec la désignation des migrant·e·s les plus récent·e·s comme responsables de la crise. Les votes pour le RN ne sont plus limités aux familles des colons ou de leurs descendants et aux membres des forces de répression, ils sont devenus massifs au fil des scrutins présidentiels. Des discours ouvertement racistes se déploient, au sein de la petite bourgeoisie et dans les milieux populaires, y compris dans des secteurs jusque-là influencés par la gauche et les indépendantistes. L’Etat français est ainsi accusé de favoriser les migrant·e·s contre les natifs, la police est accusée d’être laxiste face à la délinquance, la suppression du droit du sol devient envisagée dans le débat public.</p>



<p>C’est à Mayotte, dernière colonie à être départementalisée, que ce processus d’unification de la société colonisée contre « l’étranger », comorien ou africain, est le plus engagé. Issue d’une séparation artificielle de l’archipel des Comores lors du passe-passe de Giscard au référendum de 1976, séparation toujours condamnée par les résolutions de l’ONU, l’île de Mayotte est aujourd’hui un laboratoire pour les politiques racistes et sécuritaires. Des maires peuvent appeler publiquement la population mahoraise à des opérations de destruction des maisons des migrant·e·s et de traque des exilé·e·s, avec la passivité ou le soutien des forces de police. A tel point qu’on parle de «mayottisation» pour désigner les pires scénarios auxquels mènent les politiques de division raciste des populations.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comment être anticolonialiste en France ?</strong></h2>



<p>Un peuple qui en opprime un autre ne peut pas être libre. Pour les militant·e·s de la gauche française, dont l’auteur de cet article fait partie, cette affirmation devrait être davantage méditée. Les anticolonialistes guyanais·e·s ont l’habitude de dire des Français·e·s qui viennent travailler dans leurs pays, qu’iels se disent souvent humanistes, et parfois féministes, syndicalistes ou communistes quand iels prennent l’avion à Roissy, mais qu’après huit heures de vol, arrivé·e·s en pays dominé, le plus souvent iels se retrouvent juste dans une position de colon, avec la mentalité et les réflexes qui vont avec. Le paternalisme colonial, la certitude de la supériorité de ses valeurs et de sa culture, de son «modèle républicain», continuent souvent à gangrener la gauche française. Le programme de la France insoumise dans les colonies, par exemple, se propose d’appliquer ce que les gouvernements successifs promettent depuis des décennies, un alignement des conditions de vie sur la métropole et une adaptation à la marge des réglementations en vigueur, dans le cadre d’une «égalité républicaine» de moins en moins crédible<sup data-fn="d9d3f561-eb9e-457f-936f-d4973aa53c34" class="fn"><a id="d9d3f561-eb9e-457f-936f-d4973aa53c34-link" href="#d9d3f561-eb9e-457f-936f-d4973aa53c34">2</a></sup>.&nbsp;</p>



<p>Dans le contexte d’un risque de déclassement de la France au niveau international, qui serait encore amplifié par la perte de ses dernières colonies, il n’est pas toujours facile de tenir des positions internationalistes.&nbsp;</p>



<p>Ce que ne comprennent pas les nostalgiques de la grandeur française, c’est que de nombreux peuples sont en train de comprendre qu’ils pourraient vivre mieux en sortant de la tutelle. Soixante ans après l’indépendance du Burkina Faso, 80% de la population n’a toujours pas accès à l’électricité, alors que l’ancienne puissance coloniale extrait l’uranium du Niger voisin pour son industrie nucléaire. Quelques mois après le départ des militaires français, le gouvernement burkinabé signait un contrat avec la Russie pour la construction prochaine d’une centrale nucléaire sur place.&nbsp;</p>



<p>L’Azerbaidjan, qui préside le mouvement des non-alignés<sup data-fn="8b748729-2d30-4c39-a94a-344cfdd0307e" class="fn"><a id="8b748729-2d30-4c39-a94a-344cfdd0307e-link" href="#8b748729-2d30-4c39-a94a-344cfdd0307e">3</a></sup> à l’ONU, critique ouvertement la politique de la France dans ses colonies et propose un soutien matériel et diplomatique aux mouvements qui la contestent. Bien sûr, ce pays utilise ce moyen pour faire pression dans le cadre de sa guerre contre les Arméniens du Haut Karabagh, soutenus (officiellement) par la France. Nous ne sommes pas sur une approche campiste, à A2C, nous avons une vision globale de l’impérialisme, mais nous savons que notre responsabilité première est de lutter contre «notre» classe dirigeante, contre le pouvoir de nuisance de «notre» État, , car personne ne pourra le faire à notre place.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="7b685e" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #7b685e;" loading="lazy" decoding="async" width="1100" height="688" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/revolution-des-oeillets-1100x688.webp" alt="" class="wp-image-9123 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/revolution-des-oeillets-1100x688.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/revolution-des-oeillets-300x188.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/revolution-des-oeillets-768x480.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/revolution-des-oeillets-jpeg.webp 1200w" sizes="auto, (max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>



<p>Alors qu’on vient de célébrer le cinquantième anniversaire de la Révolution des Œillets, un parallèle pourrait nous être utile. Le Portugal était, en 1974, un pays qui s’accrochait à ses colonies de l’Angola et du Mozambique, et dont la défaite a conduit ses soldats à se retourner contre le pouvoir, et à fraterniser avec les mouvements ouvriers. C’était un pays devenu marginal en Europe, où le projet de l’extrême-droite au pouvoir était de revenir à l’âge d’or (très) lointain d’un empire colonial disparu. Un pays où la jonction de la révolution anticoloniale et de la révolution sociale a permis une des dernières expériences d’un pouvoir par en bas en Europe de l’Ouest<sup data-fn="70445efc-8777-4737-b5fb-edf18c0ee580" class="fn"><a id="70445efc-8777-4737-b5fb-edf18c0ee580-link" href="#70445efc-8777-4737-b5fb-edf18c0ee580">4</a></sup>.&nbsp;</p>



<p>A l’heure où les fascistes, en France et ailleurs, portent ce fantasme de la «grandeur» coloniale perdue, à nous de faire vivre un internationalisme concret, à la fois humble et ambitieux, qui représente la condition de nos victoires futures.&nbsp;&nbsp;</p>



<h5 class="wp-block-heading">Vincent Touchaleaume (Marseille)</h5>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Kanaky : L’ennemi principal est dans notre pays !&nbsp;</strong></h2>



<p>Le 13 mai 2024, face à un projet de dégel du corps électoral, la société kanak s&rsquo;est soulevée contre le colonialisme : manifestation massive à Nouméa, mutinerie à la prison de Camp Est, grèves au port et à l&rsquo;aéroport, blocage de dépôts de carburants, incendies des entreprises de colons…<sup data-fn="d42e2ffc-cce6-470e-80a4-d3cc1b36d650" class="fn"><a id="d42e2ffc-cce6-470e-80a4-d3cc1b36d650-link" href="#d42e2ffc-cce6-470e-80a4-d3cc1b36d650">5</a></sup> Ce sont les travailleur·euse·s, les tribus et la jeunesse kanak qui se sont mobilisé·e·s contre la poursuite d&rsquo;une colonisation de peuplement, dans ce qui est le plus grand mouvement indépendantiste depuis la période des « Événements » (1984-1988)<sup data-fn="00e70160-8033-4c97-9b53-324513fe677c" class="fn"><a id="00e70160-8033-4c97-9b53-324513fe677c-link" href="#00e70160-8033-4c97-9b53-324513fe677c">6</a></sup>.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="777377" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #777377;" loading="lazy" decoding="async" width="1100" height="618" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/Kanaky1-1100x618.webp" alt="" class="wp-image-9122 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/Kanaky1-1100x618.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/Kanaky1-300x169.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/Kanaky1-768x431.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/Kanaky1-678x381.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/Kanaky1-png.webp 1280w" sizes="auto, (max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /><figcaption class="wp-element-caption">Manifestation à Nouméa</figcaption></figure>



<p>Les raisons de ce soulèvement sont multiples et profondes, sociales et politiques ! Niveau de vie et d&rsquo;études, chômage, incarcération, accès aux services, racisme : la ségrégation des Kanak persiste. La responsabilité en incombe évidemment au colonialisme français. Mais la défiance de la jeunesse envers les partis indépendantistes, qui ont fait confiance au colonisateur pour décoloniser, a aussi participé de l’ampleur du mouvement et des moyens d’actions.</p>



<p>Dès le 14 mai, la France réprimait sévèrement : couvre-feu, arrestations, envoi de troupes et de matériel de guerre, suspension de TikTok, soutien aux milices loyalistes armées, etc. À ce jour, les troupes coloniales et les milices ont tué 11 Kanak. La France a déplacé plus de 70 Kanak de Camp Est aux prisons de la métropole et 7 cadres de la CCAT<sup data-fn="e07466f2-2370-445e-890f-9b8ff230c802" class="fn"><a id="e07466f2-2370-445e-890f-9b8ff230c802-link" href="#e07466f2-2370-445e-890f-9b8ff230c802">7</a></sup> y ont été également déporté·e·s. Iels risquent des dizaines d&rsquo;années de prison pour leur rôle dans l&rsquo;organisation de la lutte d&rsquo;indépendance.</p>



<p><strong>Face à l’une des principales puissances militaires, l’indépendance kanak nécessite l&rsquo;existence d&rsquo;un mouvement massif de solidarité depuis la métropole.</strong> Nous avons la capacité d&rsquo;agir et d&rsquo;influer positivement sur l&rsquo;issue de leur lutte, par exemple en s&rsquo;opposant à l&rsquo;envoi des forces de répression et en visibilisant les exactions de l&rsquo;Etat français. Réciproquement, c&rsquo;est l&rsquo;ensemble des luttes des opprimé·e·s en France qui se renforcerait des victoires du peuple kanak face à l&rsquo;Etat français. Dans l&rsquo;immédiat, l&rsquo;urgence est de se mobiliser aux côtés de la diaspora et des organisations kanak en métropole pour la libération et le rapatriement de tou·te·s les prisonnier·e·s politiques kanak.</p>



<h5 class="wp-block-heading">A2C Strasbourg</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="31dd68f0-831f-410e-b8e0-a14ec83cfa83">Un article plutôt objectif du principal journal économique patronal en attestait suite aux grandes grèves de 2009 : les Echos, <a href="https://www.lesechos.fr/2009/03/combien-coute-loutre-mer-a-la-france-1081771" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Combien coûte l&rsquo;outre-mer à la France ?</a> <a href="#31dd68f0-831f-410e-b8e0-a14ec83cfa83-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="d9d3f561-eb9e-457f-936f-d4973aa53c34">Elodie Nac, <a href="https://blogs.mediapart.fr/adrien-guilleau/blog/160217/adresse-aux-camarades-de-france-insoumise">Adresse aux camarades de France Insoumise</a>, Mediapart <a href="#d9d3f561-eb9e-457f-936f-d4973aa53c34-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="8b748729-2d30-4c39-a94a-344cfdd0307e">Mouvement représentant 120 pays à l’ONU, né de la conférence de Bandung en 1955 et ayant soutenu la décolonisation de nombreux pays d’Asie, d’Afrique et d’ Amérique <a href="#8b748729-2d30-4c39-a94a-344cfdd0307e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="70445efc-8777-4737-b5fb-edf18c0ee580">On peut écouter à ce sujet l’<a href="https://drive.google.com/file/d/1C5FRFJ5R49aS1qLqFlEp94nXjkqBaOoL/view" target="_blank" rel="noreferrer noopener">introduction de Gaël</a> lors du week-end IDF de mars 2024 <a href="#70445efc-8777-4737-b5fb-edf18c0ee580-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="d42e2ffc-cce6-470e-80a4-d3cc1b36d650">Pour plus de contextualisation, voir Luc Tournabien, <a href="https://blogs.mediapart.fr/lindependant-knc/blog/200924/nouvelle-caledonie-comment-les-exactions-de-l-etat-ont-mene-au-chaos-insurrectionnel" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Nouvelle-Calédonie : comment les exactions de l’État ont mené au chaos insurrectionnel</a> <a href="#d42e2ffc-cce6-470e-80a4-d3cc1b36d650-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="00e70160-8033-4c97-9b53-324513fe677c">Survie.org, <a href="https://survie.org/billets-d-afrique/2018/275-mars-2018/article/histoire-de-la-kanaky-en-quelques-dates" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Histoire de Kanaky en quelques dates</a> <a href="#00e70160-8033-4c97-9b53-324513fe677c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li><li id="e07466f2-2370-445e-890f-9b8ff230c802">CCAT : Cellule de Coordination des Actions de Terrain, émanation de l’Union Calédonienne, principale organisation indépendantiste. <a href="#e07466f2-2370-445e-890f-9b8ff230c802-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7">↩︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>Le sionisme : un projet raciste et colonial qui doit être combattu au nom de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/le-sionisme-un-projet-raciste-et-colonial-qui-doit-etre-combattu-au-nom-de-la-lutte-contre-le-racisme-et-lantisemitisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Aude]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Feb 2024 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[colonialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[sionisme]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=8197</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Le génocide en cours à Gaza1 n&#8217;est pas la conséquence des attaques du 7 octobre 2023. Il représente l&#8217;aboutissement d&#8217;une longue histoire coloniale qui caractérise Israël depuis sa création. Les Cahiers d&#8217;A2C #11 &#8211; JANVIER <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/le-sionisme-un-projet-raciste-et-colonial-qui-doit-etre-combattu-au-nom-de-la-lutte-contre-le-racisme-et-lantisemitisme/" title="Le sionisme : un projet raciste et colonial qui doit être combattu au nom de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme !">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">Le génocide en cours à Gaza<sup data-fn="902c1c67-06d5-4a4e-8844-ab2db732ff49" class="fn"><a id="902c1c67-06d5-4a4e-8844-ab2db732ff49-link" href="#902c1c67-06d5-4a4e-8844-ab2db732ff49">1</a></sup> n&rsquo;est pas la conséquence des attaques du 7 octobre 2023. Il représente l&rsquo;aboutissement d&rsquo;une longue histoire coloniale qui caractérise Israël depuis sa création.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #11 &#8211; JANVIER 2024</h6>



<p class="has-drop-cap"><strong>L</strong>e sionisme est l’idéologie réactionnaire responsable de la situation actuelle. La propagande israélienne défend cette politique en semant la confusion et va jusqu’à présenter les Israélien·nes comme victimes d’un pogrom réalisé par des nouveaux nazis<sup data-fn="37d42b97-e7a2-49e2-9f8d-702e5d992eaf" class="fn"><a id="37d42b97-e7a2-49e2-9f8d-702e5d992eaf-link" href="#37d42b97-e7a2-49e2-9f8d-702e5d992eaf">2</a></sup> que seraient les Palestinien·nes. Ce type de récit vise à mobiliser un imaginaire très douloureux pour les juif·ves pour justifier toute sorte de violences envers Gaza. En France, la hausse des actes antisémites observée depuis le 7 octobre a été utilisée pour défendre les crimes d’Israël et criminaliser le soutien à la Palestine. Cette instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme a atteint son paroxysme avec la marche du 12 novembre 2023 achevant la normalisation de l’extrême droite en France. </p>



<h2 class="wp-block-heading">L’antisémitisme, une histoire européenne </h2>



<p>L’antisémitisme consiste en la haine des juif·ves parce qu’iels sont juif·ves. En Europe, cela a pris plusieurs formes, la plus ancienne est chrétienne lorsque les juif·ves ont été perçu·es comme le peuple déicide. La communauté juive est alors vue comme une communauté à part à laquelle on ne peut pas faire confiance. </p>



<p>Pendant le Moyen Âge, l’antisémitisme se manifeste par la suspicion envers les juif·ves, la stigmatisation de leurs commerces, l’interdiction d’accès à certaines professions, des accusations de trahison, diffusion des maladies, sorcellerie et toutes sortes de croyances stigmatisantes. Les juif·ves sont souvent contraint·es de porter des vêtements distinctifs, de vivre dans des ghettos, jusqu’à être la cible de pogroms. Le point culminant de cette logique a été l’inquisition dans les pays ibériques avec la persécution et l’extermination de milliers de personnes, contraignant les juif·ves à se convertir au christianisme ou à partir, notamment dans des pays d’Afrique du Nord.</p>



<p>Au 19<sup>e</sup> siècle, avec le développement du colonialisme et de l’État-nation, l’antisémitisme renforce son caractère racial en plus de toute la mystique religieuse. Les juif·ves sont alors vu·es comme une minorité faisant obstacle à la création de nations « ethniquement pures ». Les juif·ves sont victimes de discrimination en Europe de l’Ouest et de pogroms en Europe de l’Est. Cette haine du juif atteint son paroxysme au 20<sup>e</sup> siècle avec la Shoah<sup data-fn="ca1692f1-508e-4d59-a656-bfd345987723" class="fn"><a id="ca1692f1-508e-4d59-a656-bfd345987723-link" href="#ca1692f1-508e-4d59-a656-bfd345987723">3</a></sup>. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Sionisme, une doctrine réactionnaire </h2>



<p>Le mot sionisme vient du mont Sion, le nom d’une colline à Jérusalem où dans le passé biblique se trouvait le temple du roi Salomon. Le sionisme devient un mouvement politique avec le journaliste viennois Theodor Herzl et la publication de son livre <em>Der Judenstaat </em>(L’État juif) en 1896. En s’adressant d’abord à la bourgeoisie, Herzl propose la création d’un État pour les juif·ves en réponse au contexte européen d’antisémitisme endémique. La création d’un foyer juif doit leur assurer la sécurité. Cette idée s’inscrit dans les mouvements nationalistes en vogue à cette époque avec la chute des empires Austro-Hongrois et Ottoman. </p>



<p>Du côté de la classe ouvrière, des organisations d’autodéfense juives ne soutiennent pas l’idée de création d’un État juif, mais l’organisation collective pour lutter contre l’antisémitisme. Le plus connu de ces mouvements a été le Bund, un parti politique juif, socialiste, marxiste et laïque. Ils s’opposent au sionisme qu’ils voient comme un nationalisme brisant la lutte des classes et comme une entreprise nécessairement colonialiste<sup data-fn="9541d0f6-cac1-4303-9f1b-ee1836578c3e" class="fn"><a id="9541d0f6-cac1-4303-9f1b-ee1836578c3e-link" href="#9541d0f6-cac1-4303-9f1b-ee1836578c3e">4</a></sup>. </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-dominant-color="3d4b64" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="1100" height="953" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Sionisme_Illustr1-1100x953.webp" alt="" class="wp-image-8201 not-transparent" style="--dominant-color: #3d4b64; width:417px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Sionisme_Illustr1-1100x953.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Sionisme_Illustr1-300x260.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Sionisme_Illustr1-768x666.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Sionisme_Illustr1-1320x1144.webp 1320w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Sionisme_Illustr1-jpg.webp 1440w" sizes="auto, (max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>
</div>


<p>Le premier congrès sioniste a lieu à Bâle, en Suisse, en 1897. Le sionisme devient alors un mouvement politique organisé. Plusieurs lieux ont été envisagés pour ce projet comme Madagascar, Chypre, l’Argentine, etc. Finalement, c’est la Palestine qui est choisie. Depuis 638, cette région, qui s’appelait Canaan puis Palestine, est occupée par des musulman·nes et des minorités juive et chrétienne. Les premiers sionistes juifs n’étaient pas du tout religieux. Cependant, ils comprennent que le choix de la Palestine, liée à l’histoire biblique, est un argument pour convaincre les religieux. Ces derniers étaient très réticents à la création d’un État juif car pour elleux, les juif·ves devaient vivre là où iels étaient jusqu’à l’arrivée du messie. </p>



<p>Le mouvement sioniste commence alors à entretenir des liens avec des antisémites occidentaux, partageant avec elleux la conviction que les juif·ves ne doivent pas rester en Europe. Pour ces derniers, le sionisme a été vu comme un moyen d’assurer la pureté ethno-raciale des nations européennes en se « débarrassant » des juif·ves. Ainsi, Herzl rencontre à deux reprises l’empereur d’Allemagne Guillaume II, antisémite notoire<sup data-fn="81ddf8c9-e04d-48d6-8e2e-d224ddaa9232" class="fn"><a id="81ddf8c9-e04d-48d6-8e2e-d224ddaa9232-link" href="#81ddf8c9-e04d-48d6-8e2e-d224ddaa9232">5</a></sup>. Son intérêt pour le projet sioniste était le départ des juif·ves d’Allemagne. C’est dans la même logique qu’Édouard Drumont, auteur du pamphlet antisémite <em>La France juive</em>, écrira dans <em>La Libre parole </em>en 1897 qu’avec le projet sioniste, <em>« les Juifs font leur bonheur en faisant le nôtre »</em>. </p>



<p>Le sionisme a aussi été soutenu par une partie du mouvement protestant millénariste. C’est influencé par ce sionisme chrétien que lord Balfour a pu à la fois édicter des lois antisémites en Angleterre en 1905 et promettre en 1917 un foyer national aux juif·ves en Palestine dans la fameuse déclaration Balfour<sup data-fn="3a52d880-a039-4101-9a22-d7a785b2a23d" class="fn"><a id="3a52d880-a039-4101-9a22-d7a785b2a23d-link" href="#3a52d880-a039-4101-9a22-d7a785b2a23d">6</a></sup>. Manifestement, l’Angleterre avait en outre des intérêts impérialistes dans la région<sup data-fn="587f4dee-489a-476d-ac44-e0a9d808e272" class="fn"><a id="587f4dee-489a-476d-ac44-e0a9d808e272-link" href="#587f4dee-489a-476d-ac44-e0a9d808e272">7</a></sup>. La réalité est que le sionisme s’inscrit dans une doctrine raciale, alliée à un discours religieux qui cherche à construire un État où une ethnie domine les autres. Il est fondé sur une idéologie suprémaciste. Il voulait créer un État à majorité juive dans un endroit qui était déjà occupé par une majorité musulmane. Comme les sionistes étaient européen·nes et, en grande partie, membres de la bourgeoisie, iels étaient imprégné·es par les idées colonialistes européennes de l’époque. Par conséquent, il n’y avait pas beaucoup de manières pour résoudre l’équation géographique et démographique à laquelle iels étaient confronté·es. C’est par l’occupation, l’expulsion, l’encerclement et le nettoyage ethnique que le sionisme va se mettre en pratique<sup data-fn="45b69230-0e66-45a8-ad81-33ff9d3f7ea8" class="fn"><a id="45b69230-0e66-45a8-ad81-33ff9d3f7ea8-link" href="#45b69230-0e66-45a8-ad81-33ff9d3f7ea8">8</a></sup>. Le sionisme a toujours été une idéologie raciste et coloniale qu’il soit appliqué par la gauche de Ben Gourion ou par la droite de Jabotinsky à Netanyahou.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sionisme et l’instrumentalisation de l’antisémitisme</h2>



<p>Aujourd’hui, le soutien au sionisme permet à différents mouvements d’extrême droite en occident de se réhabiliter après leur discrédit suite à la Shoah. L’extrême droite et le sionisme se rejoignent dans leurs pratiques islamophobes et s’accordent sur le principe que juif·ves et non-juif·ves ne peuvent pas vivre ensemble avec les mêmes droits. </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="8692a0" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="900" height="600" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Sionisme_Illustr2-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8202 not-transparent" style="--dominant-color: #8692a0; width:443px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Sionisme_Illustr2-jpg.webp 900w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Sionisme_Illustr2-300x200.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Sionisme_Illustr2-768x512.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px" /></figure>
</div>


<p>Après sa création, l’État d’Israël entretiendra de très bonnes relations avec l’Afrique du sud de l’apartheid et les dictatures sud-américaines. Ces dernières décennies, le gouvernement d’Israël cherche à renforcer sa position à l’international en nouant des liens avec des mouvements d’extrême droite à l’étranger. Plusieurs mouvements anti­sémites deviennent alors acceptables, à condition qu’ils soient sionistes. Ce rapprochement se fait au nom de la lutte contre l’islamisme et repose sur un deal : l’État d’Israël blanchira les mouvements d’extrême droite de l’accusation d’antisémitisme en échange du soutien inconditionnel à leurs politiques<sup data-fn="3f21ec86-62ca-43b8-9d3a-91384252fb19" class="fn"><a id="3f21ec86-62ca-43b8-9d3a-91384252fb19-link" href="#3f21ec86-62ca-43b8-9d3a-91384252fb19">9</a></sup>.</p>



<p>En Europe de l’Est, le gouvernement israélien s’est rapproché de régimes autoritaires et de partis nationalistes. Ces derniers apportent un soutien inconditionnel à Israël tout en réhabilitant les régimes ayant collaborés avec les nazis, au nom de la résistance au communisme<sup data-fn="9aa2ad5c-9ab2-43e2-8fcd-ff2ccbe46b81" class="fn"><a id="9aa2ad5c-9ab2-43e2-8fcd-ff2ccbe46b81-link" href="#9aa2ad5c-9ab2-43e2-8fcd-ff2ccbe46b81">10</a></sup>. C’est dans la même logique que de nombreux leaders d’extrême droite d’Europe de l’Ouest se rendent en Cisjordanie pour apporter leur soutien à la colonisation. En Amérique, le sionisme chrétien, très important parmi les évangélistes, explique les positions jusqu’au boutiste de Bolsonaro ou Trump. </p>



<h2 class="wp-block-heading">L’amalgame entre antisionisme et antisémitisme </h2>



<p>Le 16 juillet 2017, lors de la commémoration du 75<sup>e</sup> anniversaire de la rafle du Vél d’Hiv, Emmanuel Macron a déclaré en présence de Benjamin Netanyahou : <em>« Nous ne céderons jamais à l’antisionisme, car c’est la forme réinventée de l’antisémitisme. »</em> Cette déclaration marque une nouvelle étape dans la criminalisation du soutien à la Palestine, qui se manifestait déjà par la répression de la campagne BDS. </p>



<p>Cet amalgame de l’antisionisme à l’antisémitisme a été l’instrument d’Israël et des classes dirigeantes occidentales pour attaquer les acteurs politiques qui prennent position en faveur de la Palestine. Cette assimilation est à la fois trompeuse et infamante. Le contexte historique permet d’expliquer la différence entre le judaïsme et le sionisme, et donc la différence entre l’antisionisme et l’antisémitisme. Le judaïsme est une culture et une religion et le sionisme une idéologie. L’antisémitisme est un phénomène très ancien, qui repose sur la haine des juif·ves pour ce qu’iels sont. À l’inverse, l’anti­sionisme est un phénomène récent et est d’abord le fait de juif·ves. Il ne s’attaque pas à une religion ou à une ethnie mais à une idéologie nationaliste et colonialiste<sup data-fn="81ed4a1a-63d7-437e-ab4f-46eabd9a669e" class="fn"><a id="81ed4a1a-63d7-437e-ab4f-46eabd9a669e-link" href="#81ed4a1a-63d7-437e-ab4f-46eabd9a669e">11</a></sup>. Ainsi, les Palestinien·nes qui se sont opposé·es à l’expulsion de leur terre ne sont pas des antisémites mais des anticolonialistes. De la même façon, celles et ceux qui les soutiennent.</p>



<p>La propagande israélienne trouve dans l’instrumentalisation de l’antisémitisme le meilleur moyen pour disqualifier celleux qui dénoncent les conséquences criminelles de plus en plus visibles du sionisme. Ainsi, il devient impossible de faire le lien entre l’idéologie d’Israël et les conséquences concrètes de cette idéologie. Toute personne qui critique Israël devient alors un antisémite ou un·e juif·ve qui se déteste. Cette instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme permet de s’attaquer à la fois à la gauche anticolonialiste et aux musulman·nes présenté·es comme les acteurs d’un supposé « nouvel antisémitisme ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le « nouvel antisémitisme » </h2>



<p>En France, l’instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme se base sur le concept de « nouvel antisémitisme » où l’antisémitisme ne reposerait plus sur les acteurs traditionnels de l’extrême droite, mais sur les islamistes et la gauche antisioniste. Ce discours produit une rhétorique raciste où la lutte contre l’antisémitisme n’a alors plus pour but la défense des juif·ves mais la stigmatisation des musulman·nes. Les juif·ves, associé·es à l’Occident via Israël, deviennent un moyen d’expliquer l’incompatibilité des musulman·nes avec la nation et de garantir ainsi sa pureté. Cette soit disant défense des juif·ves contre les autres minorités n’a pas pour effet de protéger les juif·ves mais de renforcer les clichés à leur encontre. Elle renforce notamment le fantasme de la double allégeance en assignant à tous·tes les juif·ves un lien avec Israël, les mettant à part de la communauté nationale<sup data-fn="a922504a-f6a6-4bb4-824c-f77061044644" class="fn"><a id="a922504a-f6a6-4bb4-824c-f77061044644-link" href="#a922504a-f6a6-4bb4-824c-f77061044644">12</a></sup>. Ce concept de « nouvel antisémitisme » a servi de base idéologique à la marche du 12 novembre 2023. En France, le soutien du FN à Israël depuis 2011 a été central dans le processus de dédiabolisation du parti de Marine Le Pen. Cette normalisation du principal parti d’extrême droite français s’est définitivement réalisée avec la marche du 12 novembre 2023. Cette marche a été initiée par les présidents du Sénat et de l’Assemblée, deux soutiens inconditionnels à la politique d’Israël. Dans leur tribune parue dans <em>le Figaro</em>, iels appellent à défiler contre l’antisémitisme et pour les valeurs de la République. Iels évoquent la laïcité, la libération des otages israélien·nes et la lutte contre l’islamisme mais jamais l’extrême droite, le racisme ou la situation à Gaza<sup data-fn="4d8a5f89-477b-427b-8791-ba81ab9cbd0d" class="fn"><a id="4d8a5f89-477b-427b-8791-ba81ab9cbd0d-link" href="#4d8a5f89-477b-427b-8791-ba81ab9cbd0d">13</a></sup>. </p>



<p>Le résultat de cette marche, où  Le Pen et Zemmour ont été acclamé·es et la gauche ayant acceptée cette farce a été huée, ne peut pas être le recul de l’anti­sémitisme. Malgré les dénégations de certain·es, il est évident que cette manifestation était une marque de soutien à Israël au moment même où un massacre se déchaine sur Gaza et où en France les manifestations pour la Palestine sont interdites sur prétexte d’antisémitisme. Le seul effet concret de cette manifestation aura donc été d’intégrer le RN à un nouvel « arc républicain », préparant la future alliance entre la bourgeoisie et les mouvements fascistes<sup data-fn="c778c2ef-29e6-4c9b-92e6-6e3dfc4130ae" class="fn"><a id="c778c2ef-29e6-4c9b-92e6-6e3dfc4130ae-link" href="#c778c2ef-29e6-4c9b-92e6-6e3dfc4130ae">14</a></sup>. Cette alliance en gestation manifestera ses effets un mois plus tard avec le vote commun du RN et de Renaissance de la loi asile immigration.<br></p>



<h2 class="wp-block-heading">Sionisme et confusions à gauche </h2>



<p>Cette instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme qui rend suspect d’antisémitisme tout soutien à la Palestine n’est pas sans effet à gauche. L’accusation d’antisémitisme sert alors à intimider les militant·es à grand coup d’injonction morale. Apparaît alors ces situations absurdes d’inversion accusatoire où les soutiens au génocide en cours somme leur contradicteur de condamner la résistance palestinienne. Ces campagnes de dénigrement fonctionnent. Elles ont contraint le chef du parti travailliste Jeremy Corbyn à démissionner au Royaume-Uni. Aujourd’hui, Jean Luc Mélenchon en est la principale cible malgré la position peu radicale de LFI soutenant la solution à deux États.</p>



<p>Ces attaques diffamatoires sont le fait de la droite et de l’extrême droite, mais aussi des sionistes « de gauche » plus ou moins assumés. Ainsi, face au pire drame subi par les Palestinien·nes depuis la Nakba, tout une partie de la gauche s’est perdue dans des débats sur l’antisémitisme à gauche. Il ne fait pourtant pas débat que l’antisémitisme est un phénomène structurel et peut donc être présent à gauche où il doit être combattu. L’objet de ces débats n’est pas de combattre l’antisémitisme à gauche mais de silencier toute position antisioniste. </p>



<p>Les sionistes de gauche les plus assumés, inspirés par les Antideutsche allemand, alimentent l’illusion que le mouvement sioniste est un mouvement de libération national. Ainsi, nier le droit à l’autodétermination du peuple juif est antisémite. L’antisionisme devient donc un antisémitisme. D’autres, sans être ouvertement sioniste, qualifient d’antisémites toutes actions du mouvement antisioniste. S’ils condamnent la politique du gouvernement Netanyahou et apportent un soutien abstrait au peuple palestinien, cela ne se concrétise jamais dans les faits. Ainsi, ne pas reconnaître le caractère terroriste des attaques du 7 octobre 2023 est assimilé à de l’antisémitisme. S’iels reconnaissent la Nakba, la reconnaissance et la condamnation de la colonisation ne concerne que la Cisjordanie. L’apartheid israélien n’est pas reconnue et la campagne BDS est considérée comme antisémite. S’iels condamnent les massacres à Gaza, iels ne reconnaissent pas leur caractère génocidaire. Iels refusent de participer aux manifestations pour le cessez-le-feu à cause des slogans perçus comme antisémites. « Palestine libre de la mer au Jourdain » est notamment présenté comme la volonté d’expulser les israélien·nes de Palestine et non d’en finir avec l’apartheid et de créer un État binational. </p>



<p>On finit alors par se demander comment leur soutien au peuple Palestinien se traduit dans les faits quand tous les modes d’actions, violents comme pacifistes, même les manifestations en France, ne sont pas considérés comme acceptable. </p>



<p>Pendant le génocide en cours, il faut donc constater que l’ensemble des actions de ces sionistes de « gauche » se sont réduites à s’attaquer aux soutiens de la Palestine. La mairie de Paris allant jusqu’à annuler une conférence pour la paix et contre l’antisémitisme de Judith Butler, militante juive antisioniste<sup data-fn="422f7ff6-4ef7-4f0b-82e5-ba11c9bb5a8a" class="fn"><a id="422f7ff6-4ef7-4f0b-82e5-ba11c9bb5a8a-link" href="#422f7ff6-4ef7-4f0b-82e5-ba11c9bb5a8a">15</a></sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mobilisons-nous !</h2>



<p>L’état d&rsquo;Israël étant intrinsèquement colonial, les intérêts économiques et politiques des populations israélienne et palestinienne sont fondamentalement contradictoires dans le contexte actuel. Cette réalité matérielle se traduit par un endoctrinement de la  société israélienne. Les sondages montrent un soutien massif de la population israélienne aux opérations à Gaza et les manifestations contre le gouvernement se réduisent à demander la libération des otages sans aucune mention à un soutien aux palestinien.nes. Il ne faut donc pas attendre qu’au sein d&rsquo;Israël se développe un mouvement de solidarité conséquent envers les palestiniens remettant en cause la suprématie juive de l’Etat d&rsquo;Israël. </p>



<p>Aux États-Unis où se trouve la plus grande communauté juive hors Israël, de nombreux mouvements de juif·ves antisionistes nous montrent la voie du soutien au peuple Palestinien. Des organisations comme Jewish Voice for Peace, If not now organisent des manifs, des actions de blocage et des occupations, comme au Capitole pour exiger le cessez-le-feu et l’arrêt du financement états-unien à l’État d’Israël. Leurs mots d’ordre, comme « Pas en mon nom » et « plus jamais ça, c’est plus jamais pour tout le monde », montrent un mouvement très important de désolidarisation de l’entreprise coloniale sioniste. Cette idéologie néfaste instrumentalise la souffrance juive qui a eu lieu pendant des siècles et qui a laissé d’énormes traumas, pour justifier le massacre de tout un peuple. Tout cela au nom d’une supposée sécurité pour les juif·ves qui ne pourra jamais avoir lieu au détriment des Palestinien·nes. En France, des collectifs juifs décoloniaux se forment en suivant le chemin de l’UJFP (Union juive française pour la paix), comme Tsedek ! et Kessem, en ayant comme boussole la justice, la décolonisation et la lutte contre toutes formes de racisme. </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img data-dominant-color="987d61" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="1100" height="734" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Sionisme_Illustr3-1100x734.webp" alt="" class="wp-image-8203 not-transparent" style="--dominant-color: #987d61; width:811px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Sionisme_Illustr3-1100x734.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Sionisme_Illustr3-300x200.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Sionisme_Illustr3-768x513.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Sionisme_Illustr3-1320x881.webp 1320w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_Sionisme_Illustr3-jpg.webp 1536w" sizes="auto, (max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>
</div>


<p>En tant que militant·es antiracistes nous nous tenons du côté de tous·tes les opprimé·es. Dans le passé, les juif·ves ont été victimes d’un racisme extrêmement brutal qui a culminé avec la Shoah. Aujourd’hui, reste encore vivant tout un imaginaire antisémite dans la société. Cet imaginaire inspire encore des discours et des actes antisémites, allant jusqu’au meurtre. Nous devons aussi être aux côtés des personnes qui subissent ces violences. Cependant, la lutte contre l’oppression que subissent les Palestinien·nes ne peut pas être confondu avec de l’antisémitisme. L’État d’Israël est un État très puissant, soutenu par la plus grande puissance militaire du monde. Derrière ce soutien inconditionnel, d’énormes intérêts géopolitiques et économiques sont en jeu. Israël essaye à tout prix de se présenter comme victime lorsqu’il mets en place une politique d’apartheid et de nettoyage ethnique envers le peuple palestinien. Nous ne devons pas accepter ce récit, ni nous paralyser devant des accusations d’antisémitisme lorsqu’on lutte contre cette puissance coloniale qui déshumanise et écrase les Palestinien·nes.  Il est impératif de continuer les mobilisations, les campagnes de boycott au niveau individuel, de désinvestissement au niveau institutionnel et de demandes de sanctions au niveau des États. Nous voulons la Palestine libre de la mer au Jourdain et la liberté pour toutes et tous !</p>



<h5 class="wp-block-heading">Dani et Hugo (Toulouse) </h5>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<h6 class="wp-block-heading">NOTES</h6>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="902c1c67-06d5-4a4e-8844-ab2db732ff49"><a href="https://www.courthousenews.com/wp-content/uploads/2023/12/South-Africa-v-Israel.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.courthousenews.com/wp-content/uploads/2023/12/South-Africa-v-Israel.pdf</a> <a href="#902c1c67-06d5-4a4e-8844-ab2db732ff49-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="37d42b97-e7a2-49e2-9f8d-702e5d992eaf"><a href="https://fr.timesofisrael.com/2-millions-de-nazis-en-cisjordanie-dit-le-ministre-dextreme-droite-smotrich/">https://fr.timesofisrael.com/2-millions-de-nazis-en-cisjordanie-dit-le-ministre-dextreme-droite-smotrich/</a> <a href="#37d42b97-e7a2-49e2-9f8d-702e5d992eaf-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="ca1692f1-508e-4d59-a656-bfd345987723">Hilberg, Raul. <em>La destruction des juifs d’Europe</em>. Translated by Marie-France de Paloméra, et al., vol. 1, Gallimard, 2006. 3 vols. <a href="#ca1692f1-508e-4d59-a656-bfd345987723-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="9541d0f6-cac1-4303-9f1b-ee1836578c3e">Minczeles, Henri. <em>Histoire générale du Bund : un mouvement révolutionnaire juif. </em>l’Échappée, 2022. <a href="#9541d0f6-cac1-4303-9f1b-ee1836578c3e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="81ddf8c9-e04d-48d6-8e2e-d224ddaa9232"><a href="https://fr.timesofisrael.com/une-nouvelle-biographie-inedite-depeint-un-herzl-determine-et-fragile/">https://fr.timesofisrael.com/une-nouvelle-biographie-inedite-depeint-un-herzl-determine-et-fragile/</a><br> <a href="#81ddf8c9-e04d-48d6-8e2e-d224ddaa9232-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="3a52d880-a039-4101-9a22-d7a785b2a23d"><a href="https://intercoll.net/Les-nombreuses-questions-de-la-Declaration-Balfour">https://intercoll.net/Les-nombreuses-questions-de-la-Declaration-Balfour</a> <a href="#3a52d880-a039-4101-9a22-d7a785b2a23d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li><li id="587f4dee-489a-476d-ac44-e0a9d808e272">Khalidi, Rashid. <em>The Hundred Years’ War on Palestine : A History of Settler Colonialism and Resistance</em>, 1917–2017. Picador, 2021. <a href="#587f4dee-489a-476d-ac44-e0a9d808e272-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7">↩︎</a></li><li id="45b69230-0e66-45a8-ad81-33ff9d3f7ea8">Pappe, Ilan. <em>The Ethnic Cleansing of Palestine. </em>Oneworld Publications, 2007. <a href="#45b69230-0e66-45a8-ad81-33ff9d3f7ea8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8">↩︎</a></li><li id="3f21ec86-62ca-43b8-9d3a-91384252fb19"><a href="https://www.contretemps.eu/sionisme-antisemitisme-fascisme-extreme-droite-israel/">https://www.contretemps.eu/sionisme-antisemitisme-fascisme-extreme-droite-israel/</a> <a href="#3f21ec86-62ca-43b8-9d3a-91384252fb19-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9">↩︎</a></li><li id="9aa2ad5c-9ab2-43e2-8fcd-ff2ccbe46b81"><a href="https://orientxxi.info/magazine/les-yeux-doux-de-benyamin-netanyahou-a-l-extreme-droite-europeenne,2651">https://orientxxi.info/magazine/les-yeux-doux-de-benyamin-netanyahou-a-l-extreme-droite-europeenne,2651</a> <a href="#9aa2ad5c-9ab2-43e2-8fcd-ff2ccbe46b81-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10">↩︎</a></li><li id="81ed4a1a-63d7-437e-ab4f-46eabd9a669e">Pappe, Ilan. <em>Ten Myths About Israel.</em> Verso Books, 2017. <a href="#81ed4a1a-63d7-437e-ab4f-46eabd9a669e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11">↩︎</a></li><li id="a922504a-f6a6-4bb4-824c-f77061044644"><a href="https://ujfp.org/en-reponse-aux-jjr-mise-au-point-sur-notre-antiracisme-politique/">https://ujfp.org/en-reponse-aux-jjr-mise-au-point-sur-notre-antiracisme-politique/</a> <a href="#a922504a-f6a6-4bb4-824c-f77061044644-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12">↩︎</a></li><li id="4d8a5f89-477b-427b-8791-ba81ab9cbd0d"><a href="https://www.politis.fr/articles/2023/11/marche-contre-lantisemitisme-qui-a-vraiment-lu-la-tribune-de-larcher-et-braun-pivet/">https://www.politis.fr/articles/2023/11/marche-contre-lantisemitisme-qui-a-vraiment-lu-la-tribune-de-larcher-et-braun-pivet/</a> <a href="#4d8a5f89-477b-427b-8791-ba81ab9cbd0d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13">↩︎</a></li><li id="c778c2ef-29e6-4c9b-92e6-6e3dfc4130ae"><a href="https://orientxxi.info/magazine/antisemitisme-l-extreme-droite-blanchie-par-son-soutien-a-israel,6952">https://orientxxi.info/magazine/antisemitisme-l-extreme-droite-blanchie-par-son-soutien-a-israel,6952</a> <a href="#c778c2ef-29e6-4c9b-92e6-6e3dfc4130ae-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14">↩︎</a></li><li id="422f7ff6-4ef7-4f0b-82e5-ba11c9bb5a8a"><a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/051223/conference-sur-l-antisemitisme-annulee-par-la-mairie-de-paris-regrettable-voire-une-farce-selon-judith-but">https://www.mediapart.fr/journal/france/051223/conference-sur-l-antisemitisme-annulee-par-la-mairie-de-paris-regrettable-voire-une-farce-selon-judith-but</a> <a href="#422f7ff6-4ef7-4f0b-82e5-ba11c9bb5a8a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/le-sionisme-un-projet-raciste-et-colonial-qui-doit-etre-combattu-au-nom-de-la-lutte-contre-le-racisme-et-lantisemitisme/">Le sionisme : un projet raciste et colonial qui doit être combattu au nom de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Au fil du mouvement &#8211; Retours des rassemblements de solidarité avec Gaza et la Palestine du jeudi 12 octobre</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/au-fil-du-mouvement-retours-des-rassemblements-de-solidarite-avec-gaza-et-la-palestine-du-jeudi-12-octobre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Oct 2023 12:47:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[colonialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">La position de soutien au peuple palestinien est actuellement muselée et réprimée : manifestations interdites et militant·e·s menacé·e·s, à l’image des camarades de Solidaires étudiant.es de l’EHESS dont nous partageons le dernier communiqué. Nous vous proposons <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/au-fil-du-mouvement-retours-des-rassemblements-de-solidarite-avec-gaza-et-la-palestine-du-jeudi-12-octobre/" title="Au fil du mouvement &#8211; Retours des rassemblements de solidarité avec Gaza et la Palestine du jeudi 12 octobre">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/au-fil-du-mouvement-retours-des-rassemblements-de-solidarite-avec-gaza-et-la-palestine-du-jeudi-12-octobre/">Au fil du mouvement &#8211; Retours des rassemblements de solidarité avec Gaza et la Palestine du jeudi 12 octobre</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>La position de soutien au peuple palestinien est actuellement muselée et réprimée : manifestations interdites et militant·e·s menacé·e·s, à l’image des <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/faire-front-ensemble-en-solidarite-a-la-lutte-du-peuple-palestinien-et-contre-limperialisme/">camarades de Solidaires étudiant.es de l’EHESS</a> dont nous partageons le dernier communiqué. Nous vous proposons quelques retours de militant.es qui ont participé à ces initiatives de solidarité, qui donnent une idée de la répression systématique ainsi que de la détermination qui s&rsquo;est exprimée lors de ces rassemblements.</strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<p><strong>À Rennes</strong>, autour de 60 personnes ont participé, ce qui montre que la répression en amont a bien fonctionné. Les organisations avaient annoncé l&rsquo;interdiction en disant qu&rsquo;elles se retiraient de l&rsquo;organisation du rassemblement. Aucun drapeau, aucune banderole, aucune prise de parole, aucun slogan&#8230; Très triste.</p>



<p><strong>À Montreuil</strong>, dans l’urgence, des messages ont été diffusés sur les différents réseaux hérités des dernières luttes montreuilloises. L’objectif était de se retrouver pour un départ collectif afin d’aller ensemble au rassemblement du 12 octobre. Malgré l’interdiction, il y avait une vingtaine de personnes, avec drapeaux palestiniens, keffieh ou tee-shirts de la campagne Boycott Désinvestissement Sanctions. Nous avons toutes et tous éprouvé.es de la joie de nous sentir moins isolé.es. Nous avons pu rendre visible les couleurs palestiniennes sur la ville, chanter les slogans « Palestine Vivra, Palestine Vaincra » avant de prendre le métro vers Paris. Les départs collectifs aux rassemblements permettent d’échanger avec des personnes qui voient la solidarité s’exprimer !</p>



<p><strong>Place de la République à Paris</strong> jeudi soir, des milliers de jeunes racisé.es, dont beaucoup de femmes, ont crié des slogans en faveur de la résistance palestinienne. Pendant 1h30, la police a été débordée par le nombre, puis l’ordre a été donné de gazer, réprimer avec les canons à eaux et verbaliser. Samedi, la répression a été plus rapide.</p>



<p><strong>À Strasbourg</strong>, malgré l&rsquo;interdiction du rassemblement, ça a fini en manifestation pendant 2h30 avec 1500-2000 personnes. Beaucoup de très jeunes, de gens des quartiers, beaucoup de jeunes filles voilées, ou de familles musulmanes au complet. Pas le même public qu&rsquo;à la manifestation du matin à l’initiative de l’intersyndicale. 13 arrestations, pour port du drapeau palestinien, ainsi que les organisateurs du collectif judéo-arabe et citoyen pour la Palestine, et le président du l&rsquo;UJFP locale. Les organisations politiques et syndicales n&rsquo;ont joué aucun rôle. La manifestation a été quasi entièrement autogérée par les jeunes. Des rassemblements de soutien devant les commissariats se sont organisés.</p>



<p><strong>À Saint-Étienne</strong> jeudi soir, 300 participant.es, c’était très vivant, sans doute grâce à un travail de fond fait par quelques camarades de BDS (Boycott – Désinvestissement &#8211; Sanctions) qui font très souvent des formations, des prises de parole, et du lien, notamment entre les organisations politiques et la communauté musulmane. C’était chouette, et ça montre bien l&rsquo;intérêt du travail de fond et de terrain.</p>



<p><strong>À Toulouse</strong> jeudi une grosse centaine de personnes ont été directement dispersées, c’était très jeune. Grosse répression de la BAC et des CRS (qui ont envahi un commerce arabe pour faire sortir tout le monde en invectivant le gérant sur le terrorisme). Des interpellés gratuitement sur la base du racisme, gaz à bout portant sur les gens qui regardent&#8230; Une police qui, dans les paroles, les gestes et l&rsquo;attitude, donne de plus en plus froid dans le dos&#8230; Mais ça faisait tellement du bien de voir le drapeau palestinien dans les rues !</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/au-fil-du-mouvement-retours-des-rassemblements-de-solidarite-avec-gaza-et-la-palestine-du-jeudi-12-octobre/">Au fil du mouvement &#8211; Retours des rassemblements de solidarité avec Gaza et la Palestine du jeudi 12 octobre</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Faire front ensemble, en solidarité avec la lutte du peuple palestinien et contre l&#8217;impérialisme</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/faire-front-ensemble-en-solidarite-a-la-lutte-du-peuple-palestinien-et-contre-limperialisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Oct 2023 15:31:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[colonialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[Hamas]]></category>
		<category><![CDATA[Impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Solidarité internationale]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Suite aux attaques de la direction de l&#8217;école de EHESS soutenue par la ministre de l&#8217;enseignement supérieur à l&#8217;encontre de Solidaires étudiant·e·s EHESS, pour apologie du terrorisme, nous publions le communiqué des camarades qui maintiennent <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/faire-front-ensemble-en-solidarite-a-la-lutte-du-peuple-palestinien-et-contre-limperialisme/" title="Faire front ensemble, en solidarité avec la lutte du peuple palestinien et contre l&#8217;impérialisme">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/faire-front-ensemble-en-solidarite-a-la-lutte-du-peuple-palestinien-et-contre-limperialisme/">Faire front ensemble, en solidarité avec la lutte du peuple palestinien et contre l&rsquo;impérialisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Suite aux attaques de la direction de l&rsquo;école de EHESS soutenue par la ministre de l&rsquo;enseignement supérieur à l&rsquo;encontre de Solidaires étudiant·e·s EHESS, pour apologie du terrorisme, nous publions le communiqué</strong><sup data-fn="a00f6608-3afa-4148-8965-ba25c9794e83" class="fn"><a href="#a00f6608-3afa-4148-8965-ba25c9794e83" id="a00f6608-3afa-4148-8965-ba25c9794e83-link">1</a></sup><strong> des camarades qui maintiennent haut et fort des positions anticolonialistes claires et leur soutien inconditionnel à la lutte du peuple palestinien. Nous leur apportons tout notre soutien et invitons à partager leur communiqué et à ne pas les laisser seul·e·s face à la répression.</strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<h2 class="wp-block-heading">Face aux intimidations sionistes, nous réaffirmons notre soutien à la lutte de libération palestinienne</h2>



<p class="has-drop-cap">Au vu de la gravité des accusations qui nous sont faites, comme à d’autres organisations ayant ouvertement soutenu la résistance en Palestine, nous tenons à réaffirmer notre soutien inconditionnel à cette dernière et à clarifier notre position : il n’est pas possible de dire qu’Israël est un État colonial sans en tirer toutes les conséquences.&nbsp;</p>



<p>Le système ethno-nationaliste israélien est fondé sur un suprémacisme racial qui institue une séparation systématique avec les Palestinien·ne·s, et qui prend actuellement la forme d’un apartheid.&nbsp;Il est l’aboutissement de plus d’un siècle de colonisation justifié par l’idée d’«&nbsp;une terre sans peuple pour un peuple sans terre&nbsp;». Pour qu’elle se réalise, les autorités israéliennes ont organisé, entre 1947 et 1949, l’expulsion d’environ 800 000 Palestinien·ne·s.</p>



<p>La conquête des territoires s’est poursuivie jusqu’en 1967, date après laquelle la légalisation de l’apartheid a donné lieu à une «&nbsp;colonisation de l’intérieur&nbsp;». Aussi bien dans la bande de Gaza, qu’à Jérusalem-Est ou en Cisjordanie, la population palestinienne est traitée comme un groupe racial inférieur, et est systématiquement privée de droits. Cela se traduit par des saisies massives de biens fonciers et immobiliers, des assassinats de masse, des transferts de population forcés, la restriction draconienne des déplacements, ou encore le refus de la nationalité et de la citoyenneté aux Palestinien·ne·s. La prospérité de l’État colonial repose également sur l’exploitation de la main d’œuvre palestinienne, la destruction de leur économie les obligeant à vendre leur force de travail aux colons.</p>



<p>L’histoire d’Israël est celle d’un processus colonial d’une violence absolue, au cours duquel meurtres, humiliations et viols sont le lot quotidien des Palestinien·ne·s. Dans ce cadre, tout discours qui viserait à mettre dos à dos une population colonisée qui s’organise militairement pour son indépendance, et ses colonisateurs, qui entretiennent et tirent profit de cette situation coloniale, sert l’intérêt de ces derniers. Derrière les invocations du «&nbsp;droit à se défendre&nbsp;» d’Israël se cache en aval le massacre des Palestinien·ne·s. Ce discours, qui présente l’État sioniste comme un État de paix régulièrement attaqué par des forces terroristes islamistes, nie la réalité coloniale au point de comparer la résistance palestinienne aux attentats du 13 novembre en France.&nbsp;</p>



<p>Nous ne sommes pas dupes de l’imaginaire auquel ce récit fait appel, en convoquant la figure de l’arabe ensauvagé produite par le logiciel colonial. Il s’inscrit dans un contexte occidental caractérisé par son racisme et son islamophobie, et contribue à l’amplifier. Nous ne tomberons pas non plus dans le piège de la confusion entre juif·ves et israélien·nes dicté par la propagande sioniste. La lutte contre l’antisémitisme, dans un contexte de montée de l’extrême droite, doit plus que jamais être prise au sérieux et mérite mieux que de de basses instrumentalisations qui servent à justifier la colonisation.&nbsp;</p>



<p>Les morts, les viols et les humiliations, constitutifs des situations de guerre, sont toujours tragiques, et nous ne nous en réjouirons jamais. Mais l’invocation du droit à se défendre d’Israël, tout comme les sempiternels appels à la désescalade qui ne s’élèvent que lorsque la résistance palestinienne riposte, s’inscrivent dans le maintien d’un statu quo qui bénéficie intégralement à l’assaillant israélien et qui se traduit, depuis 75 ans, par des exactions quotidiennes à l’encontre des Palestinien·ne·s. Ils constituent, non pas un appel à ce que les morts cessent, ce que nous souhaitons depuis des années, mais à ce qu’ils restent circonscrits au camp palestinien.&nbsp;</p>



<p>Le gouvernement français a apporté son soutien inconditionnel à l’action militaire israélienne tout comme celui des États-Unis qui a même déplacé son plus gros porte-avion dans la région. Mardi, le ministre de la défense israélienne a annoncé un siège complet de la bande de Gaza, avec privation totale d’électricité, de nourriture, d’eau, de carburant et d’accès à internet. Dans sa déclaration, accompagnée d’une comparaison des Palestinien·ne·s à des «&nbsp;animaux humains&nbsp;», Yoav Galant a annoncé un véritable massacre et aujourd’hui ce sont des milliers Palestien.ne.s (dont 724 enfants) qui ont été assassinés par l’armée d’occupation. Le régime colonial israélien a ordonné l’évacuation de 1,1 millions de gazaouis sous 24h. Celles et ceux qui n’auront d’autre choix que de rester en marge de ce déplacement de population forcé (les personnes invalides et les patient·es des hôpitaux notamment) sont condamné·e·s à un massacre prémédité. Gaza fait, depuis 15 ans, l’objet d’une pratique concentrationnaire qui organise les conditions de possibilité de son nettoyage ethnique aujourd’hui. Ce massacre doit être interrompu immédiatement.</p>



<p>Nous nous refusons à distribuer les bons et mauvais points de la résistance à la colonisation. Toute lutte de libération nationale est par essence hétérogène dans les mouvements qu’elle regroupe, sans que cela n’invalide la justesse de la cause qu’elle défend. La situation coloniale, en ce qu’elle produit un rapport antagoniste entre colons et colonisés, implique que des forces de résistance d’orientations politiques différentes puissent être amenées à se fédérer dans le cadre d’un objectif stratégique commun.&nbsp;</p>



<p>Aujourd’hui c’est toute la résistance&nbsp;Palestinienne qui frappe ensemble pour défaire la puissance coloniale. Le Hamas n’est pas la seule organisation de lutte de libération de la Palestine qui est qualifiée de « terroriste », il en va de même pour toutes les organisations politiques palestiniennes œuvrant à la libération (y compris par des moyens pacifiques). La lutte pour la libération palestinienne est systématiquement criminalisée, jusqu’en France où l’ensemble des manifestations en soutien à cette dernière ont été interdites et où les organisations qui se sont exprimées en soutien font l’objet d’accusations graves, quand ce n’est pas de poursuites judiciaires.&nbsp;</p>



<p>C’est au travers de cette grille d’analyse que nous regardons les accusations d’« apologie du terrorisme » dont nous faisons l’objet, car il n’échappe pas à nos yeux que ces accusations ne servent qu’à jeter le discrédit sur celles et ceux qu’elles visent, par celles et ceux qui ont un intérêt à les discréditer. Nous ne faisons pas l’« apologie du terrorisme », nous soutenons le droit du peuple palestinien à résister à l’oppression coloniale.&nbsp;</p>



<p>Nous appelons :&nbsp;</p>



<p>À ce qu’Israël mette fin à son occupation et à sa colonisation de toutes les terres arabes en démantelant le Mur ;&nbsp;</p>



<p>À la reconnaissance des droits fondamentaux des citoyen·ne·s arabo-palestinien·ne·s d’Israël à une complète égalité ;</p>



<p>À la mise en application du droit de retour des réfugié·e·s palestinien·ne·s ainsi que leur droit à retrouver leurs maisons et leurs biens comme le stipule la résolution 194 de l’ONU ;</p>



<p>Et, à terme, l’établissement d’un État unique et laïc, en Palestine historique où tous les habitant·e·s jouiraient des mêmes droits.&nbsp;</p>



<p>Palestine vivra.&nbsp;</p>



<p>Palestine vaincra.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Solidaires étudiant·e·s EHESS</h5>



<figure class="wp-block-image is-resized"><img data-dominant-color="2e0a0d" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="400" height="400" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/10/33GvwVJ5_400x400-jpg.webp" alt="" class="wp-image-7926 not-transparent" style="--dominant-color: #2e0a0d; aspect-ratio:1;width:148px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/10/33GvwVJ5_400x400-jpg.webp 400w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/10/33GvwVJ5_400x400-300x300.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/10/33GvwVJ5_400x400-150x150.webp 150w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></figure>



<p></p>



<h2 class="wp-block-heading">Bibliographie&nbsp;</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Articles de presse et rapports :&nbsp;</h3>



<p>Amnesty International, «&nbsp;<a href="https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2022/02/israels-apartheid-against-palestinians-a-cruel-system-of-domination-and-a-crime-against-humanity/">L’apartheid d’Israël contre la population palestinienne: un système cruel de domination et un crime contre&nbsp;</a><a href="https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2022/02/israels-apartheid-against-palestinians-a-cruel-system-of-domination-and-a-crime-against-humanity/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’humanité</a>&nbsp;», 1er février 2022.&nbsp;</p>



<p>B’Tselem, «&nbsp;<a href="https://www.btselem.org/publications/fulltext/202101_this_is_apartheid">A Regime of Jewish Supremacy from the Jordan River to the&nbsp;</a><a href="https://www.btselem.org/publications/fulltext/202101_this_is_apartheid" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mediterranean</a><a href="https://www.btselem.org/publications/fulltext/202101_this_is_apartheid">Sea: This Is Apartheid&nbsp;</a>».&nbsp;Consulté le 12 octobre 2023.</p>



<p>CSI, «&nbsp;<a href="https://www.ituc-csi.org/workers-rights-in-crisis-palestine-fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Crise des droits des travailleurs: la situation de la main d’oeuvre palestinienne en Israël et dans les colonies&nbsp;</a>», 12 avril 2021.</p>



<p>Gresh, Alain, «&nbsp;<a href="https://orientxxi.info/magazine/israel-palestine-de-la-colonisation-a-l-apartheid-en-ligne-droite,6401" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Israël-Palestine. De la colonisation à l’apartheid, en ligne droite</a>&nbsp;». Orient XXI, 2 mai 2023.</p>



<p>Human Rights Watch, «&nbsp;<a href="https://www.hrw.org/news/2021/04/27/abusive-israeli-policies-constitute-crimes-apartheid-persecution" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Abusive Israeli Policies Constitute Crimes of Apartheid, Persecution | Human Rights Watch&nbsp;</a>», 27 avril 2021.</p>



<p>LIBERATION, et AFP, «&nbsp;<a href="https://www.liberation.fr/international/moyen-orient/israel-rend-officiellement-illegales-six-ong-palestiniennes-20211107_OGQOYUGKNZCP5H34YA7AUKLYT4/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Israël rend officiellement «illégales» six ONG palestiniennes</a>&nbsp;»,&nbsp;<em>Libération</em>, Consulté le 9 octobre 2023.</p>



<p>Pironet, Olivier, «&nbsp;<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2019/09/PIRONET/60348" target="_blank" rel="noreferrer noopener">À Gaza, un peuple en cage</a>&nbsp;»,&nbsp;<em>Le Monde diplomatique</em>, 1er septembre 2019.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ouvrages :</h3>



<p>Memmi, Albert, et Jean-Paul Sartre,&nbsp;<em>Portrait du colonisé précédé de Portrait du colonisateur</em>, Folio Actuel 97, Paris, Gallimard, 2002.</p>



<p>Pappé, Ilan, et Chemla, Paul,&nbsp;<em>Le nettoyage ethnique de la Palestine</em>, Paris, Fayard, 2008.</p>



<p>Said, Edward W, Israël, <em>Palestine – l’égalité ou rien</em>, Mayenne, La Fabrique-Éd, 1999.</p>



<p></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<h6 class="wp-block-heading">NOTES</h6>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="a00f6608-3afa-4148-8965-ba25c9794e83">Publié sur leur compte Twitter: <a href="https://twitter.com/SolidairesEHESS/status/1713647334553276644">https://twitter.com/SolidairesEHESS/status/1713647334553276644</a> <a href="#a00f6608-3afa-4148-8965-ba25c9794e83-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/faire-front-ensemble-en-solidarite-a-la-lutte-du-peuple-palestinien-et-contre-limperialisme/">Faire front ensemble, en solidarité avec la lutte du peuple palestinien et contre l&rsquo;impérialisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>La crise israélienne : « un conflit interne sur les moyens d’opprimer » les palestinien·nes</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/la-crise-israelienne-un-conflit-interne-sur-les-moyens-dopprimer-les-palestinien%c2%b7nes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Jun 2023 05:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[colonialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Israel]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[sionisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=7475</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Paru initialement en anglais sur le site Socialist Worker. Les Cahiers d&#8217;A2C #08 &#8211; Mai 2023 La société israélienne s’enfonce davantage dans la crise tandis que son gouvernement de droite impose des réformes visant à <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/la-crise-israelienne-un-conflit-interne-sur-les-moyens-dopprimer-les-palestinien%c2%b7nes/" title="La crise israélienne : « un conflit interne sur les moyens d’opprimer » les palestinien·nes">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:italic;font-weight:600">Paru initialement <a href="https://socialistworker.co.uk/international/palestinian-activist-israeli-crisis-is-internal-conflict-over-the-means-of-oppressing-us/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">en anglais sur le site <em>Socialist Worker</em></a>.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #08 &#8211; Mai 2023</h6>



<p style="font-style:normal;font-weight:600">La société israélienne s’enfonce davantage dans la crise tandis que son gouvernement de droite impose des réformes visant à supprimer le contrôle judiciaire qui pèse sur lui. Depuis maintenant plusieurs semaines, les manifestations d’Israélien.nes se massifient, leur mot d’ordre : la défense de leur « démocratie », de nombreuses et nombreux réservistes allant même jusqu’au refus d’accomplir leur service militaire<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7475_13('footnote_plugin_reference_7475_13_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_7475_13('footnote_plugin_reference_7475_13_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7475_13_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7475_13_1" class="footnote_tooltip">Le service militaire est obligatoire dans l’État d’Israël dès l’âge de 18&nbsp;ans, sauf exception (parmi laquelle l’exception raciste d’exclusion des arabes israéliens). Cet endoctrinement militaire dure 2&nbsp;ans et 8&nbsp;mois pour les hommes et 2&nbsp;ans pour les femmes.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7475_13_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7475_13_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.&nbsp;Pourtant, bien que la crise concerne l’occupation de la Palestine et la façon de la gérer, la voix des Palestinien·nes à ce sujet et la question de leur résistance n&rsquo;ont guère été visibilisées. <em>Socialist Worker</em> s’est entretenu avec Majd Kayyal, un&nbsp;militant palestinien basé à Haifa.</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:600">Que pensez-vous des manifestations à propos de la « démocratie » israélienne ? J’ai cru comprendre que la plupart des Palestinien·nes installé·es dans la Palestine de 1948, c’est-à-dire dans l’actuel territoire officiellement israélien, ne les rejoignent pas. Tout d’abord parce que, les organisateurs des manifestations excluent la question des droits des Palestinien·nes mais aussi parce qu’il n’y a pas de démocratie pour les Palestinien·nes en Israël.</p>



<p>Notre regard sur ce qui se passe ne se résume pas seulement à la question démocratique et ne se résume pas non plus à la question de l’inclusion ou non des Palestinien·nes dans le mouvement ou à la question de la Palestine. Les problèmes que nous posent cette contestation et le conflit sont, en soi, plus profonds que ça.</p>



<p>Les deux parties du conflit en Israël se battent pour le contrôle de l’État, ce qui signifie qu’elles s’opposent pour contrôler les moyens de notre oppression. Il s’agit d’un conflit interne à la société israélienne sur la détention des moyens et sur la méthode à utiliser pour opprimer les Palestinien·nes.</p>



<p>Aussi bien l’une que l’autre sont ancrées dans les colonies d’Israël en Palestine. Cet État s’est bâti sur un processus unique : la colonisation de l’espace et la destruction de la vie palestinienne.</p>



<p>Nous voyons, dans tout ce qui se passe actuellement, la forte présence et l’importance de l’expression de l’armée dans ce mouvement de protestation. D’accord, il y a ces manifestations, mais ce qui fait vraiment pression sur le gouvernement, c’est la menace des généraux, des pilotes d’avion de combat et des militaires qui cessent de s’entraîner.</p>



<p>Il y a des interviews, dans les médias israéliens comme Haaretz, de soldats refusant de servir. Tous sont fiers de leurs crimes de guerre. Mais chacun dit : « Nous agissions dans le cadre d’un contrat conclu avec un État démocratique, sachant qu’il y avait derrière une Cour de “justice” pour surveiller tout ça et donc nous faisions le travail. »</p>



<p>Il y a ces pilotes, ces soldats et ces généraux qui sont soudainement très choqués par l’incendie de Hawara<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7475_13('footnote_plugin_reference_7475_13_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_7475_13('footnote_plugin_reference_7475_13_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7475_13_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7475_13_2" class="footnote_tooltip">Il s’agit là de représailles organisées par des colons israéliens qui ont jeté des pierres, tiré à balles réelles et incendié des habitations dans la ville cisjordanienne de Hawara sous le regard complaisant et dans un laisser-faire complice de l’armée israélienne.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7475_13_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7475_13_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> perpétré par des colons israéliens. Mais ce sont les mêmes soldats qui ont rasé des centaines de bâtiments à Gaza et en Cisjordanie.</p>



<p>Certaines de ces personnes parlent des crimes de guerre qu’elles ont commis comme preuve de leur attachement à servir leur démocratie.&nbsp;</p>



<p>Un soldat a raconté dans Haaretz comment ils utilisaient les ambulances pour forcer les barrages pendant les conflits avec la Cisjordanie. Et comment ils cachaient le symbole des ambulances pour ne pas se faire prendre. Oui, ce soldat affirme qu’il l’a fait car il s’agissait d’une opération inhérente à la démocratie. Mais aujourd’hui, le nouveau gouvernement veut gérer l’occupation et commettre les mêmes crimes sans le contrôle de la Cour de « justice ».&nbsp;</p>



<p style="font-style:italic;font-weight:600"><em>Donc, pour les Palestinien·nes, est-ce qu’il faut se résoudre à rester en retrait et regarder la crise israélienne s’approfondir ou bien est-ce qu’il faut y voir de nouvelles opportunités pour la résistance ?&nbsp;</em></p>



<p>Cette crise se produit en parallèle de violences policières inouïes contre les Palestinien·nes. Il existe un différend entre la police israélienne et le ministre de la Sécurité israélienne Itamar Ben-Gvir. Ce conflit est principalement lié à l’intrusion de Ben-Gvir à Jérusalem ainsi qu’à la gestion des militant·es palestinien·nes et des manifestations. Mais je pense aussi que la police a recours à davantage de violence contre les Palestinien·nes, surtout à Jérusalem, dans le but d’obtenir les faveurs du ministre. Elle est autrement plus agressive qu’autrefois.</p>



<p>Cette évolution avait commencé lors des émeutes palestiniennes de 2021&nbsp;mais s’est accrue plus récemment, lorsque le gouvernement a interdit au drapeau palestinien de flotter en Israël. Chaque petite manifestation, regroupant une centaine de personnes, se serait passée très calmement, 6&nbsp;mois auparavant. Mais maintenant, le simple fait de savoir qu’il y aura un drapeau palestinien signifie que tu es conscient·e, avant même d’arriver, qu’il y aura des affrontements. Tu le sais car la police insiste toujours pour faire tomber ce drapeau.&nbsp;</p>



<p>Les militant·es savent que s’iels se rendent à une manifestation, il y a de fortes chances que ça se termine mal. Tout le monde se rappelle de la répression qu’on a connu suite aux manifestations d’il y a deux ans. Les gens sont actuellement jugés. Tous les jours, on entend parler de quelqu’un·e qui prend deux ans, huit ans, dix ans de prison. La police cible les militant·es et je pense qu’elle s’est arrangée pour saboter chaque mouvement. Mais c’est important de souligner en même temps qu’il y a toujours un espace palestinien qui est le centre de la résistance.&nbsp;</p>



<p>En 2021, tout le monde était dehors, ensemble, malgré la faible mobilisation en Cisjordanie. Désormais, tous les regards y sont braqués, principalement sur Jénine et Naplouse. Quelque chose est en train de se produire sur le niveau de conscience de la population. C’est très positif car ça casse l’idée fabriquée par Israël et les USA que la Cisjordanie serait exclusivement contrôlée par l’Autorité Palestinienne (AP).</p>



<p>Maintenant, le contrôle de l’AP s’effondre aux yeux de tous. On avait l’habitude de regarder la Cisjordanie, de regarder à quel point l’occupation et l’AP étaient violentes et on se demandait si c’était vraiment possible que le peuple puisse se débarrasser un jour de ce régime complexe qui collabore avec Israël. </p>



<p>C’est donc une grande surprise de voir que la résistance armée se poursuit en Cisjordanie et ne cesse pas. Elle est très populaire.&nbsp;Cette résistance est armée, bien qu’elle se distingue d’une organisation militaire classique. Au lieu de disposer de pierres et de cocktails Molotov, elle utilise des armes à feu. </p>



<p>Elle n’a pas de tactique ou de hiérarchie. C’est plutôt quelque chose qui s’est développé à partir d’une résistance populaire et individuelle prenant la forme d’attaques. Les gens se battent à partir de leur propre maison et chaque quartier dispose de ses propres groupes d’habitant·es armés. </p>



<p>Par le soutien à ce type de résistance, les liens sociaux se retissent et permettent de créer une communauté sécurisée pour les combattant·es. On sent que la résistance se régénère. Ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas être critique à propos de ce qu’il se passe. Mais il y a quelque chose de fascinant dans cette capacité de résistance, peu importe ce qui se déroule, peu importe ce que l’Autorité Palestinienne ou Israël font. Cette aptitude pour régénérer la résistance est une leçon, je pense, pour l’humanité.</p>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_7475_13();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_7475_13();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_7475_13">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_7475_13" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7475_13_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7475_13('footnote_plugin_tooltip_7475_13_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Le service militaire est obligatoire dans l’État d’Israël dès l’âge de 18&nbsp;ans, sauf exception (parmi laquelle l’exception raciste d’exclusion des arabes israéliens). Cet endoctrinement militaire dure 2&nbsp;ans et 8&nbsp;mois pour les hommes et 2&nbsp;ans pour les femmes.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7475_13_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7475_13('footnote_plugin_tooltip_7475_13_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Il s’agit là de représailles organisées par des colons israéliens qui ont jeté des pierres, tiré à balles réelles et incendié des habitations dans la ville cisjordanienne de Hawara sous le regard complaisant et dans un laisser-faire complice de l’armée israélienne.</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_7475_13() { jQuery('#footnote_references_container_7475_13').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_7475_13').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_7475_13() { jQuery('#footnote_references_container_7475_13').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_7475_13').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_7475_13() { if (jQuery('#footnote_references_container_7475_13').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_7475_13(); } else { footnote_collapse_reference_container_7475_13(); } } function footnote_moveToReference_7475_13(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_7475_13(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_7475_13(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_7475_13(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/la-crise-israelienne-un-conflit-interne-sur-les-moyens-dopprimer-les-palestinien%c2%b7nes/">La crise israélienne : « un conflit interne sur les moyens d’opprimer » les palestinien·nes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Capitalisme et Famille : la situation réunionnaise</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/capitalisme-et-famille-la-situation-reunionnaise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Aude]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Feb 2023 12:38:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[colonialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[La Réunion]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Ce texte nous a été transmis par des camarades de l’île de la Réunion. Il inaugure la rubrique « Pou nou mèm, par nou mèm ! » où nous publierons régulièrement des articles des camarades réunionnais·es. Les Cahiers <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/capitalisme-et-famille-la-situation-reunionnaise/" title="Capitalisme et Famille : la situation réunionnaise">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600"><em>Ce texte nous a été transmis par des camarades de l’île de la Réunion. Il inaugure la rubrique « Pou nou mèm, par nou mèm ! » où nous publierons régulièrement des articles des camarades réunionnais·es. </em></p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #06 &#8211; JANVIER 2023</h6>



<p class="has-drop-cap">De par son histoire, la famille réunionnaise est victime de l’esclavagisme, du colonialisme, du capitalisme et donc de l’assimilationnisme.</p>



<p>Les parents qui sont les premièr·es éducateur·ices sont elles et eux-mêmes victimes de cette machine. Les familles réunionnaises sont stigmatisées et de nombreux clichés sont répandus, tant dans le fond de la famille que dans la forme.&nbsp;</p>



<p>Parmi ces clichés, on retrouve l’érotisation et l’exotisation des Réunionnais·es qui auraient un caractère volage intrinsèque selon le capitaliste-colonialiste et qui entraînent la dépréciation des réunionnais·es par elles et eux-mêmes. Celleux-ci de leur côté sont amené·es à généraliser les grossesses précoces, les démissions parentales, l’alcoolisme généralisé, la rupture avec l’institution, l’­isolement social.</p>



<p>C’est dans ce contexte indianocéanique particulier que nous devons lutter <em>« pou nou mèm, par nou mèm. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Un déni d’histoire</h2>



<p>Dans toute situation et à chaque moment, tout·e individu·e interagit directement ou indirectement avec le système. Aujourd’hui, au 21<sup>e</sup>&nbsp;siècle où le poids de l’esclavage révèle plus que jamais la prégnance traditionnelle de l’individu·e au sein de la cellule familiale, le paradoxe de devoir le vivre parallèlement comme une chose révolue pousse chacun à la schizophrénie identitaire.</p>



<p>Nous sommes face à un déni historique, un déni de l’histoire des réunionnais·es. Un déni parce que la mémoire de l’histoire réunionnaise est effacée. Elle est effacée par l’acculturation coloniale qui depuis bientôt plus de 350 ans érode et lisse les souvenirs bons et mauvais du peuple réunionnais.&nbsp;</p>



<p>Pour un petit point historique, la Réunion est devenue une colonie de peuplement à partir de 1663 nous dit-on, où une culture de café est développée par le système colonial.</p>



<p>Nous sommes à peine à 900&nbsp;km des côtes malgaches et à un peu plus de 2 000&nbsp;km des côtes de l’Afrique au milieu de l’océan Indien ; et la Réunion, pendant tout le 17<sup>e</sup> et le 18<sup>e</sup> siècles, est partie prenante du commerce triangulaire.&nbsp;</p>



<p>Après 1775, la Compagnie des Indes décide de changer de culture. Inscrite dans un système capitaliste de monoculture, on passe du café au sucre.&nbsp;</p>



<p>Contrairement aux Antilles, la Réunion est composée d’une population blanche importante, appelée « va nu-pied du tiers-État » par son ­caractère aussi unique que progressiste.</p>



<p>Contrairement à ce qui se fait ailleurs, avec la Compagnie des Indes Orientales qui commerce à la Réunion et par la Réunion, ce n’est pas parce qu’on est blanc·he qu’on devient propriétaire terrien·ne. En fait seule une dizaine de familles s’octroie le droit d’être des possédants et sont majoritairement esclavagistes. La Réunion devient une des clés de voûte du commerce entre l’Afrique et les Indes orientales.&nbsp;</p>



<p>C’est cette population blanche promise à un eldorado, paupérisée de manière inattendue, qui mène la population des « yabs » (dénomination en Créole) à une souffrance sociale. Et cet état va l’amener à estimer les kaf (population noire) comme leurs frères. D’où une endémisation particulière se traduisant par l’homogénéité interculturelle visible encore aujourd’hui, l’essence même de la créolisation.&nbsp;</p>



<p>La population devenue réunionnaise est d’origine malgache et représente, jusqu’à la moitié du 18<sup>e</sup>&nbsp;siècle, 85 % de la population de l’île.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les impacts de l’esclavage sur la famille&nbsp;</h2>



<p>Durant toute cette période de culture à outrance de café et de sucre, on parle d’un impact incommensurable sur la famille dans sa cellule, dans sa structure.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="94837b" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #94837b;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Reunion_Illustr1.jpg" alt="" class="wp-image-6991 not-transparent" width="454" height="286"/></figure>
</div>


<p>Pourquoi ? Tout simplement parce que comme on le sait à la Réunion, colonie française, les possédant·es, les esclavagistes, comme c’est écrit dans le Code noir, décident de qui va se marier avec qui, de qui viole légitimement, et qui se fait « reproduire ».</p>



<p>Ceci fait de la question de l’amour dans le couple un domaine proscrit et mis de côté. Ainsi, les couples mixtes, qui sont à l’origine du brassage réunionnais, sont officiellement prohibés.</p>



<p>Il faut souligner que depuis toujours, il y a eu un métissage entre le prolétariat blanc et les personnes originaires de Madagascar, d’Afrique, et qui, en se créolisant, créent la base du peuplement.</p>



<p>Par la suite, tous ces traumatismes liés à l’esclavage allaient être des leviers de résilience menant à la non-adversité<sup>&nbsp;</sup><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6984_15('footnote_plugin_reference_6984_15_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_6984_15('footnote_plugin_reference_6984_15_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6984_15_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6984_15_1" class="footnote_tooltip">1&nbsp;– Nous parlons de non adversité pour décrire le contexte interculturel de la Réunion, que résume le slogan <em>« In sèl pèp, in sèl nasiyon, anou mèm réyoné »</em>. Contrairement à ce que veut nous faire croire la République française, c’est bien plus qu’une cohabitation pacifique, c’est un peuple uni, aux origines ethniques multiples.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6984_15_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6984_15_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> ethnique de la créolisation, et ces éléments ont donné puissance et force à la famille réunionnaise, qui était déjà sous le poids de la justice royale française de l’époque, et de la justice coloniale républicaine par la suite.</p>



<p>L’esclavage est aboli en 1848 officiellement, mais il est changé en engagisme. On remplace donc la population africaine par une population d’engagé·es Indien·es qu’on appelle à la Réunion « Malbars », ethnie constitutive de l’identité Réunionnaise, essentiellement issue de la côte ouest indienne et du sud-est de l’Inde.</p>



<p>C’est donc dans ce milieu, dans cette instance coloniale, sur ce terreau esclavagiste que vont se révéler l’unité réunionnaise et l’importance familiale car effectivement, les origines du peuplement réunionnais sont issues de cultures et de civilisations traditionnelles dans lesquelles l’Afrique et l’Asie sont pleinement représentées. Il s’agit de multi et surtout d’interculturalités où la famille a une grande importance, et où on vit dans un milieu familial ouvert, où plusieurs générations vivent ensemble. L’individu·e réunionnais·se, de la naissance au décès, du jeu structurel de l’enfant à la solidarité affinitaire des adultes, évolue dans un environnement de proximité fondateur.Dans les conditions de violence où se sont déployées les forces coloniales esclavagistes à la Réunion, et sur lesquelles nous ne reviendrons pas en détail ici, il n’est pas difficile d’imaginer les conséquences sur les familles réunionnaises encore au 21<sup>e</sup>&nbsp;siècle, et pour des siècles et des siècles si rien n’est fait&#8230; À l’échelle individuelle, l’esclavage peut être assimilé au viol d’une femme à qui post-traumatiquement, la machine institutionnelle somme de se taire, de ne pas faire « de vagues », d’arrêter de ressasser le passé, afin « d’oublier », et d’avancer&#8230; </p>



<p>Tous les clichés dont nous avons parlé en introduction sont intimement liés à cette matrice coloniale, à cette histoire de violence éducative, violence culturelle, qui sera encore et toujours amplifiée à partir de 1946 avec la fin du statut de la Réunion en tant que colonie, puisqu’elle devient un département français sans pour autant qu’on ait demandé son avis au peuple réunionnais.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">La situation coloniale actuelle…</h2>



<p>Ce que la France, ou plutôt trop de français·es aux relents colonialistes, reprochent souvent aux réunionnais·es d’aujourd’hui, est cette même docilité qu’ils croyaient déjà remarquer chez le « meuble » Africain, cette timidité, cette inhibition maladives et caractéristiques de « l’inférieur·e ». Or ces traits de caractère ne sont que directement la preuve qu’il existe un trauma transgénérationnel.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="535452" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #535452;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Reunion_Illustr2.jpg" alt="" class="wp-image-6992 not-transparent" width="445" height="334"/></figure>
</div>


<p>Rappelons alors que dans le Code noir, l’esclave n’est autre qu’un meuble. Une chaise, un crayon, un urinoir ou une culotte. Iel n’a pas plus de valeur qu’un bien matériel et il n’est pas difficile de comprendre qu’aujourd’hui encore, l’image de l’homme réunionnais est continuellement travestie dans cet archétype d’homme alcoolique, inférieur, violent, bref déviant de toute heure, et incapable de s’épanouir au sein de la cellule familiale.</p>



<p>De fait, notre taux de chômage qui avoisine les 75 % chez les personnes de 18 à 25&nbsp;ans, ferait peur à n’importe quel autre département de France et de Navarre. C’est un drame auquel l’État français et les élu·es locaux ne répondent toujours pas. Ils ne brillent que par leur absence ! Rien n’est fait pour que l’île se dynamise, tout effort va en direction de l’émigration, tout comme lors du Bumidom<sup>&nbsp;</sup><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6984_15('footnote_plugin_reference_6984_15_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_6984_15('footnote_plugin_reference_6984_15_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6984_15_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6984_15_2" class="footnote_tooltip">2&nbsp;– cf <em>Rassine monmon papa</em>, M. Gence (documentaire, France, 2014, 82&nbsp;mn), <a href="https://www.youtube.com/watch?v=aCNjGYG56oE"><span class="footnote_url_wrap">https://www.youtube.com/watch?v=aCNjGYG56oE</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6984_15_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6984_15_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>Les abominations de l’esclavage s’amplifient de non-dits : à la Réunion, un tabou extraordinaire subsiste autour de l’histoire de l’esclavage. Les « grandes » familles descendantes esclavagistes, contrairement aux blanc·hes paupérisé·es, ont toujours un poids économique et charismatique très important sur l’île et font en sorte que l’histoire de leurs ancêtres soit oubliée. Elles détiennent les institutions, qui se répandent dans l’opinion publique, amplifiant à l’ère moderne leurs habitus de prédateur·ices par le biais du pouvoir central lui-même.</p>



<p>S’agissant plus encore de laver une mauvaise conscience, iels ont pour office de pérenniser leur système, en dictant, en ancrant le peuple réunionnais dans l’immobilisme le plus mortifère.</p>



<p>Ce conformisme trouve son autre levier par la départementalisation de 1946 et surtout avec l’arrivée du « sacré »(sic !) Michel Debré en 1963 qui devient député de la Réunion, ce qui fait de lui le « président d’honneur de l’État français » à la Réunion.</p>



<p>Avec lui, c’est l’arrivée massive de fonctionnaires français·es à la Réunion, une nouvelle population qu’on appelle « zorey » et qui, par définition, a un comportement colonialiste (dans sa quasi-totalité, jusqu’à nos jours).&nbsp;</p>



<p>Cette arrivée massive de fonctionnaires de l’État français attire ainsi encore plus le peuple réunionnais dans l’assimilation et amène également du désordre, de la déshumanisation qui sont les germes de l’autodestruction familiale et de son éclatement des 20<sup>e</sup> et 21<sup>e</sup> siècles.</p>



<p>Ici, à la Réunion, tout est amplifié : on nous crie à gorge déployée qu’il n’y a pas de travail pour nous ici, et finalement nous voyons constamment arriver des personnes de France qui auraient un niveau professionnel supérieur aux réunionnais·es, puisque celleux-ci seraient par nature oisif·ves et quelque peu demeuré·es au yeux des dominant·es.&nbsp;Ces méfaits ont conduit une partie d’entre nous à militer pour ce qu’on appelle <em>« viv épi</em> <em>travay dan nout péi »</em>, c’est-à-dire que nous nous prononçons pour la préférence régionale. À diplôme égal, nous demandons la priorité de rester travailler sur notre île. Démarche de laquelle les esprits peu féconds sortiront des pseudo-profils extrêmes.</p>



<p>Il existe toujours des différences entre les ressortissant·es de l’Union européenne qui vivent à la Réunion et les réunionnais·es elleux-mêmes puisqu’on nous appelle « les locaux », comme si, une fois de plus en redondance du Code noir nous n’étions qu’un objet ou un lieu, voir une localité. </p>



<p>Effectivement nous ne sommes pas toujours bien accueilli·es quand nous arrivons en France. Notre physionomie, notre physique qui ne répondent pas aux critères européens, nous amènent à être précarisé·es et à être dénigré·es.</p>



<p>Bref, nous sommes une population de colonisé·es-racisé·es qui fait que l’exil qu’on nous propose est une obligation aussi extrême que voilée, dissimulée, si l’on veut « réussir ». Encore faudrait-il savoir ce que signifie la réussite, dans une vie d’homme et de femme.</p>



<p>C’est pourquoi nous avons lutté et luttons toujours tous contre le « génocide par substitution » qu’Aimé Césaire dénonçait déjà, et qui pour nous se fait via le CNARM, avec tous nos jeunes qui, dès le collège, sont poussé·es à partir à l’extérieur, à faire des formations en France.</p>



<h2 class="wp-block-heading">… et ses conséquences sur les familles réunionnaises</h2>



<p>Partout sont arborées des publicités pour s’engager dans l’armée, pour partir en France dans tous les secteurs d’activité. Le ou la Réunionnais·e n’a pas sa place dans son propre pays. S’iel veut se construire, il faut qu’iel parte. Construire à la manière des dominant·es. Et là nous avons une autre problématique qui découle de cette immigration forcée, de cet exil obligé, qui est celui des familles qui doivent vivre la vie familiale avec 10 000&nbsp;km de distance.</p>



<p>On imagine très bien, malgré les moyens connectés, qu’il soit impossible pour des grands-parents de faire connaître la culture réunionnaise à leurs petits-enfants quand on se voit une fois par an, soit parce qu’on doit aller voir nos enfants en France, soit parce qu’iels viennent en vacances se ressourcer dans leurs racines réunionnaises. Comme le dit Kalash <em>« ici le billet (d’avion !) vaut un SMIC »</em>. Et disons-le clairement, même des parents rempli·es de bonne volonté ne pourront jamais faire en sorte que leur enfant soit imprégné de repères du sol réunionnais autant qu’en restant ici.</p>



<p>L’État français, depuis la départementalisation, conserve toujours son aspect castrateur dans ces conséquences sur les liens familiaux. Toutes les relations de solidarité sont dissoutes. Nous avons fait le 1<sup>er</sup>&nbsp;mai 2013 suite au forum social réunionnais sur cette thématique et nous avons défilé pour demander à vivre et travailler dans notre pays, à ne pas voir les réunionnais·e intellectuel·les et manuel·les obligé·es de s’expatrier.&nbsp;</p>



<p>Car finalement quand, pour une raison ou une autre, un·e français·e arrive à la Réunion sans se poser les bonnes questions culturelles et identitaires, ancré·e dans des considérations matérielles et financières, iel sera un vecteur du colonialisme, du capitalisme et iel sera une nuisance pour l’autonomie du peuple réunionnais.&nbsp;</p>



<p>La famille réunionnaise post-départementalisation est ainsi une famille qui est encore nucléaire par nature mais qui s’atomise très fortement et inexorablement depuis la départementalisation, en touchant le fond de sa structure. D’abord, la langue créole n’est toujours pas reconnue dans le système éducatif français.</p>



<p>Une illustration cruelle nous rappelle les « années Debré » (les années 1960), avec le drame dit « des enfants de la Creuse », où le pouvoir en place a fait signer à des personnes analphabètes des contrats. Ceux-ci stipulaient que leurs enfants étaient envoyé·es en France, pour faire des petites vacances, se former, et qu’iels reviendraient à la Réunion. C’était pour leur bien leur avait-on dit, afin qu’iels apprennent à parler, à recevoir une éducation, etc.</p>



<p>Hélas, énormément d’enfants Réunionnais·es déporté·es en France ont fini par se donner la mort, d’autres ont sombré dans l’anonymat social, ou encore se sont fait adopter par des familles françaises essentiellement dans la Creuse, le but étant de repeupler les départements, parce que, pour eux, la Réunion était surpeuplée.</p>



<p>Or aujourd’hui le vivre-ensemble, l’inter­culturalité réunionnaise compte près de 800 000 habitant·es, quasiment trois fois plus que dans les années 1960.&nbsp;</p>



<p>Cette histoire a par ailleurs traumatisé les esprits et marqué de son empreinte la conscience collective. À la Réunion, tou·tes parlaient de la « petite voiture rouge » qui ramassait les enfants. On disait aux enfants « Si vous voyez une voiture rouge au bord de la route, alors cachez-vous ». Cette voiture était celle des représentant·es de l’État, souvent des assistantes sociales, qui venaient retirer les enfants des entrailles de leurs parents sous de faux prétextes.</p>



<p>Au bout d’un moment, même si on ne savait ni lire ni écrire, on avait compris que l’on pouvait perdre ses enfants. Le poids de l’assistance publique, de la DDASS à cette époque, a toujours de l’importance. Dans l’éducation familiale à la Réunion, on est passé d’une éducation sévère à un dérèglement et à une négligence voulus par l’État. Avec des conséquences aussi cachées que dramatiques.&nbsp;</p>



<p>Par la suite, on a pris peur de réprimander son enfant, car l’assistante sociale allait encore venir le retirer de notre famille. Pensée et schème psychologique qui allaient créer un déséquilibre éducatif où le parent est complètement spolié·e de son autorité éducative, de ses capacités familiales.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Rézistans kiltirel<sup>&nbsp;</sup><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6984_15('footnote_plugin_reference_6984_15_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_6984_15('footnote_plugin_reference_6984_15_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6984_15_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6984_15_3" class="footnote_tooltip">3&nbsp;– Résistances culturelles</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6984_15_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6984_15_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></h2>



<p>Malgré tout cela, les Réunionnais·es font montre d’une résilience entière. En dépit de l’assimilationnisme, de la perte grandissante de la langue et de la culture traditionnelle réunionnaise, des digues sont montées par les militant·es.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img data-dominant-color="52544b" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #52544b;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_Reunion_Illustr3.jpg" alt="" class="wp-image-6993 not-transparent" width="675" height="351"/></figure>
</div>


<p></p>



<p>Une partie de la population continue à vouloir faire perdurer ses traditions et à perpétuer la pratique de sa langue au quotidien.&nbsp;</p>



<p>Par ailleurs, les familles réunionnaises s’inscrivent intrinsèquement dans la multiculturalité, dans l’interculturalité. Et ceci, au lieu d’être source d’inspiration, ne fait que gêner singulièrement l’État français, qui, au nom d’une certaine « laïcité », instaure de manière toujours dissimulée le communautarisme à la Réunion. La France se sert des repères d’antan, ces coques humanistes vides, en cherchant au contraire à détruire le système de valeurs réunionnais instaurant ce qui mine déjà l’hexagone. Le communautarisme des strates ethniques là-bas, Arabes, Noir·es, Portugais·es, Domien·nes, Asiatiques pour ne citer qu’eux, et Malbars, Kafs, Shinwa Zarab, Maoré ek Komor, ici. Tout est voué aux chocs culturels pour le pouvoir, afin que le ou la vrai·e coupable reste masqué·e.</p>



<p>Cela coule de source, à la Réunion tout le monde a toujours dépassé de manière tout à fait naturelle les clivages raciaux, ce qui fait la force de ce qu’on appelle le « maillage », le « lianage » entre les réunionnais·es. Grâce à la solidarité, les familles réunionnaises résistent et tentent de survivre au capitalisme et au colonialisme encore de nos jours.&nbsp;</p>



<p>L’éducation collective et la solidarité intra­familiale, avoisinante même, jouent un rôle important dans la mesure où les proches peuvent avoir une autorité bienveillante, en étant donc co-­éducateurs auprès des enfants des un·es et des autres. Ce qui contribue à un meilleur vivre-ensemble.&nbsp;</p>



<p>Comme dans les systèmes africains, la coéducation de la famille de l’enfant est toujours prévalente. Cette constitution identitaire et culturelle forme une résistance et trouve sa source loin de celle de l’acculturation dominante.&nbsp;</p>



<p>En exemple on a des tantes, des oncles qui s’occupent des enfants, parrains marraines ou grands cousins aussi, prenant en charge les enfants parfois plusieurs jours d’affilée par semaine pendant que les parents sont au travail. Iels interviennent dans l’aide aux devoirs, l’habillement, les tâches quotidiennes&#8230;&nbsp;</p>



<p>Un proverbe réunionnais dit : <em>« ti ash i koup gro bwa »</em> (une petite hache coupe un gros arbre), c’est en ces mots que réside le pouvoir des familles réunionnaises face au rouleau compresseur de l’État français. La réunion est née avec la traite négrière, a grandi dans le capitalisme, pourtant et pour autant elle ne cesse de lutter tout en affinant sa légitimité autonomiste.&nbsp;</p>



<p>Elle résiste face à toujours plus d’assimilation et de diversités culturelles imposées par le mondialisme ambiant telle un fanal, une perle de l’océan indien œuvrant pour une laïcité véritable et équitable.</p>



<p>Nous finirons par les vers du poète et chanteur Alain Peters qui disait : <em>« Oukilé ou la dan ? kilé out bonèr ? sa manzé pou lo kèr »</em> se traduisant par : où te retrouves-tu là-dedans ? Où est ton bonheur ? C’est la nourriture du cœur&#8230; </p>



<h4 class="wp-block-heading has-text-align-left">ALEXIA, SEVERINE, STELLA ET TEDDY, Miltan kiltirel réyoné</h4>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_6984_15();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_6984_15();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_6984_15">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_6984_15" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6984_15_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6984_15('footnote_plugin_tooltip_6984_15_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">1&nbsp;– Nous parlons de non adversité pour décrire le contexte interculturel de la Réunion, que résume le slogan <em>« In sèl pèp, in sèl nasiyon, anou mèm réyoné »</em>. Contrairement à ce que veut nous faire croire la République française, c’est bien plus qu’une cohabitation pacifique, c’est un peuple uni, aux origines ethniques multiples.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6984_15_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6984_15('footnote_plugin_tooltip_6984_15_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">2&nbsp;– cf <em>Rassine monmon papa</em>, M. Gence (documentaire, France, 2014, 82&nbsp;mn), <a href="https://www.youtube.com/watch?v=aCNjGYG56oE"><span class="footnote_url_wrap">https://www.youtube.com/watch?v=aCNjGYG56oE</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6984_15_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6984_15('footnote_plugin_tooltip_6984_15_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text">3&nbsp;– Résistances culturelles</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_6984_15() { jQuery('#footnote_references_container_6984_15').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_6984_15').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_6984_15() { jQuery('#footnote_references_container_6984_15').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_6984_15').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_6984_15() { if (jQuery('#footnote_references_container_6984_15').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_6984_15(); } else { footnote_collapse_reference_container_6984_15(); } } function footnote_moveToReference_6984_15(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_6984_15(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_6984_15(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_6984_15(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/capitalisme-et-famille-la-situation-reunionnaise/">Capitalisme et Famille : la situation réunionnaise</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La domination policière : prolongement des rapports d&#8217;oppression</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/recension-la-domination-policiere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Solen Rennes]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Oct 2020 01:53:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Petite bibliothèque A2C]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[colonialisme]]></category>
		<category><![CDATA[police]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">En 2012, Mathieu Rigouste présente une généalogie de l&#8217;institution policière en France, pour comprendre ce qu&#8217;elle est aujourd&#8217;hui et sa structuration sur des bases coloniales, racistes et de classe. La guerre d&#8217;Algérie est terminée, mais <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/recension-la-domination-policiere/" title="La domination policière : prolongement des rapports d&#8217;oppression">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>En 2012, Mathieu Rigouste présente une généalogie de l&rsquo;institution policière en France, pour comprendre ce qu&rsquo;elle est aujourd&rsquo;hui et sa structuration sur des bases coloniales, racistes et de classe.</em></p>



<p>La guerre d&rsquo;Algérie est terminée, mais l&rsquo;héritage colonial continue de structurer la police. De 1930 à aujourd&rsquo;hui, les différentes brigades de police n&rsquo;ont de cesse de réprimer les communautés ne correspondant pas pleinement à la figure hégémonique de référence, construites politiquement et médiatiquement comme ennemies de l&rsquo;intérieur.</p>



<div class="wp-block-group"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow">
<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="67594e" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #67594e;" decoding="async" data-id="4779" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/11/DpKYh5HWkAAfD5--768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-4779 not-transparent"/></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="695d52" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #695d52;" decoding="async" data-id="4780" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/11/DpKYh5DXUAAYqSi-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-4780 not-transparent"/></figure>
</figure>
</div></div>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;héritage colonial de la police</h2>



<p>En 1930, La Brigade nord-africaine (BNA) voit le jour, gérée par un grand nombre d&rsquo;administrateurs coloniaux et des fonctionnaires en poste en Algérie. Cette brigade vise le contrôle des populations algériennes en hexagone, tout en surveillant les membres de groupes décoloniaux. L&rsquo;idée étant d&rsquo;agir par rafles et raids dans les quartiers dits « musulmans » de Paris. Cette brigade a été dissoute, à la Libération, pour des faits de collaboration avec la Gestapo.&nbsp;</p>



<p>La répression de l’État se poursuit avec la création des Brigades des Agressions et Violences (BAV), en instaurant un climat de tension constant, en circulant dans les quartiers dits « criminels ». Cette brigade n&rsquo;est que le prolongement ouvertement raciste de la première puisqu&rsquo;elle tirait systématiquement sur toutes les personnes perçues comme Algériennes et leur semblant menaçantes.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="717672" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #717672;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/11/police_brutality-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-4783 not-transparent"/></figure>



<p>En 1970, après des centaines de crimes policiers, après l&rsquo;assimilation des techniques contre-insurrectionnelles développées pendant la bataille d&rsquo;Alger, nous voici aux prémisses de ce qu&rsquo;est la Brigade anti-criminalité (BAC) d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.&nbsp;</p>



<p>En parallèle de cela, les travailleur·euses étranger·es &#8211; essentiellement issu·es des colonies &#8211; sont méprisé·es et toujours recruté·es au plus bas coût. Des foyers Sonacotra aux « bidonvilles », jusqu&rsquo;aux cités d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est le même combat. Ces quartiers dits « criminels » ne sont en fait qu&rsquo;un outil politique d&rsquo;altérisation, et d&rsquo;exclusion du « prolétariat ségrégé ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Fabriquer le crime pour s’attaquer aux pauvres&nbsp;</h2>



<p>La répression policière se maintient et est légitimée par un cadre politique et législatif de contrôle de plus en plus sécuritaire.&nbsp;</p>



<p>La lutte contre le crime semble alors secondaire, quand il s&rsquo;agit finalement d&rsquo;attiser et de susciter le délit mineur pour maintenir l&rsquo;ordre social établi, avec pour objectif l&rsquo;incarcération massive. Une organisation qui tente de dissimuler les profondes inégalités sociales en criminalisant et en stigmatisant les personnes précarisées, plutôt que de mettre en place des moyens pour améliorer leur quotidien.</p>



<p>Ajoutons à cela, l&rsquo;utilisation d&rsquo;armes de guerre dans les villes, et nous voici face à des forces de l&rsquo;ordre qui répondent bien à leur rôle de gardiens de la peur.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="9c786e" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #9c786e;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/11/49035867_1249694718503275_2026290644548321280_o-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-4778 not-transparent"/></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Abolir la police</strong></h2>



<p>La police est une institution étatique, qui a pour but de maintenir l&rsquo;ordre et des rapports économiques et sociaux, profondément inégalitaires, et est, donc, de fait, contre-révolutionnaire. La domination policière est née d&rsquo;un processus de déshumanisation et de criminalisation globale, de celleux qui diffèrent de la norme masculine blanche hétéro-patriarcale et bourgeoise. Elle s&rsquo;institue dans un contexte économique, politique et social où la violence fait système, où nous intériorisons la violence des rapports d&rsquo;oppressions comme la norme.</p>



<p>Tout est construit pour que nous prenions peur à l&rsquo;idée d&rsquo;un autre imaginaire politique&#8230; Une vie sans prison et sans police s&rsquo;imagine dans une société où les rapports systémiques seraient tout autres. La justice, et l&rsquo;égalité, la vraie, ne devrait pas être un espoir, mais une évidence. Je ne vois alors aucune autre option que celle de l&rsquo;action, pour transformer l&rsquo;ADN, les racines même, de notre société.&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-right">Aude (Rennes)</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/recension-la-domination-policiere/">La domination policière : prolongement des rapports d&rsquo;oppression</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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