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	<title>Archives des Antiracisme - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<description>Pour l&#039;autonomie de classe !</description>
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	<title>Archives des Antiracisme - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Comment Minneapolis, solidaire et antiraciste, a résisté à ICE ? </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Jul 2026 19:51:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">À Minneapolis, la résistance des habitant&#8216;es face aux exactions du service d’immigration et des douanes (ICE &#38; CBP) contre sa population depuis décembre 2025 a été exemplaire. Les Minneapolitain&#8216;es ont mis en place une organisation <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/comment-minneapolis-solidaire-et-antiraciste-a-resiste-a-ice/" title="Comment Minneapolis, solidaire et antiraciste, a résisté à ICE ? ">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>À Minneapolis, la résistance des habitant</em>&lsquo;<em>es face aux exactions du service d’immigration et des douanes (ICE &amp; CBP) contre sa population depuis décembre 2025 a été exemplaire. Les Minneapolitain</em>&lsquo;<em>es ont mis en place une organisation entre habitant&rsquo;es qui a contraint Donald Trump à mettre un terme à l’opération anti-immigration « Metro Surge » le 12 février. Nous vous retranscrivons ici l’échange que nous avons eu avec Leo, un étudiant militant et révolutionnaire de Minneapolis qui nous raconte la résistance de ces derniers mois.</em></p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background wp-block-paragraph" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Question : Trump a annoncé le retrait d’ICE de Minneapolis. Est-ce vrai ? Ils partent en ayant fait 2 mort&rsquo;es et des milliers d’enlèvements, mais ils ont fait face à une résistance sans précédent. Est-ce une victoire pour notre camp ?&nbsp;</strong><br><strong>Réponse :</strong> ICE n’est pas encore totalement parti. Ils sont passés de 4000 agent&rsquo;es lors de l’opération « Metro Surge » à quelques centaines aujourd’hui. Ils ont changé leurs tactiques et sont désormais plus discrets. Il y a encore des enlèvements, mais moins qu’avant. La ville est survolée par des hélicoptères et des drones, on se sent toujours sous occupation.&nbsp;<br>Mais, oui, c’est une première victoire. Greg Bovino, le commandant qui s’habillait comme un Nazi, a été retiré de la ville, et l’opération « Metro surge » a officiellement été arrêtée. Nous voulons plus, nous voulons l’abolition de ICE et de DHS (NdT : Department of Homeland Security, équivalent du ministère de l’intérieur dont dépend ICE), mais il faut célébrer cette victoire partielle qui a été obtenue par la résistance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Q : Tu nous dis que ICE n’est pas totalement parti, mais qu’en est-il de la résistance ? Est-elle toujours aussi bien organisée ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> C’est moins intense qu’avant, il y a moins de confrontations directes avec les agents d’ICE. Mais la résistance est toujours organisée. Les aspects de défense collective existent toujours, la solidarité financière aussi, et un mouvement pour un moratoire sur les loyers est en train de naître. Les gens continuent de vouloir s’organiser de nouvelles manières. Un militant socialiste et syndicaliste qui a vécu le mouvement antiraciste de 2020 (NdT : George Floyd, dont la mort a déclenché Black Lives Matter, a été tué par la police de Minneapolis) m’a dit qu’en comparaison, plus de personnes et de collectifs s’organisent dans la durée cette fois-ci, alors que la vague était retombée assez vite en 2020. Nous avons les dates du 28 mars (NdT : No Kings Day, journée de manifestations nationales contre Trump) et le 1er mai en ligne de mire, donc des choses concrètes à faire pour les prochaines semaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Q : Quelle était selon toi la différence entre Minneapolis et des villes comme Los Angeles, New York et Chicago où la résistance à ICE était là mais pas assez forte pour créer une crise politique face à Trump ? </strong><br><strong>R :</strong> Je n’ai pas de réponse complète. Je n’étais pas à LA, NY et Chicago. Mais les raids de ICE là-bas étaient peut-être des tests grandeur nature, moins longs et moins intenses. Ici, le niveau de violence et l’intensité ont fait qu’on n’avait pas le choix. On a senti qu’organiser une résistance était une question de vie ou de mort. Et bien sûr, on ne partait pas de zéro. Il y a des traditions à Minneapolis, Black Lives Matter qui est parti de là en 2020, il y a un mouvement syndical réel sur le terrain. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Q : Concrètement, qui s’est battu contre ICE à Minneapolis ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> Beaucoup d’organisations antiracistes, antifascistes, syndicales, etc, ont joué un rôle dans la résistance, qui était très décentralisée au tout début. Parmi les syndicats je me souviens de SEIU (NdT : syndicat des travailleur.e.s de l’entretien des bâtiments), du syndicat des transports et de l’éducation. Beaucoup ont commencé à se préparer dès l’élection de Trump. Par exemple, une association (parmi d’autres) a annoncé en janvier qu’elle avait formé près de 40 000 personnes au rôle « d’observateur&rsquo;ice légal&rsquo;e » des actions de ICE. Ce sont les gens qui filment, qui utilisent leur sifflet, qui alertent le quartier qu’un raid est en cours. Ça donne une idée du nombre de personnes qui ont cherché à s’organiser pour résister.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Q : Quel rôle ont joué les espaces partagés comme les écoles, les lieux de culte, les quartiers, etc, dans l’organisation de la résistance ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> Les lieux de culte et les écoles ont joué des rôles fondateurs de la résistance. Auparavant, c’étaient des lieux « sanctuaires », mais Trump a changé ça. Je ne dis pas que kidnapper des gens dans la rue est acceptable, mais quand ICE entre dans les églises pour arrêter votre voisin&rsquo;e, quand des élèves sont cueilli&rsquo;es à la sortie des écoles, c’est particulièrement choquant, ça ne passe pas. Quand tu vois le pupitre vide d’un&rsquo;e élève qui s’est fait kidnapper, que la personne que tu voyais à l’église tous les dimanches n’est plus là&#8230; Tout le monde dans ces lieux se sent concerné. C’est plus puissant que de voir une vidéo sur TikTok, Instagram ou à la télé. Alors beaucoup de choses sont parties des écoles et des églises, comme les réseaux d’entraide ou les groupes de voisin&rsquo;es.&nbsp;<br>Des groupes de voisin&rsquo;es se sont aussi formés au niveau des rues ou des quartiers, pour organiser des patrouilles et donner l’alerte quand ICE débarquait au petit matin. C’est comme ça que des rassemblements de quelques dizaines ou quelques centaines de personnes se formaient très rapidement pour résister aux raids. Même les scouts ont participé à la résistance, simplement parce que des enfants qui faisaient partie des scouts ont été enlevés par ICE.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Q : Tu as beaucoup parlé des voisin&rsquo;es qui aident à organiser la résistance. Et les voisin&rsquo;es racistes dans tout ça ? Qui a aidé ICE à Minneapolis ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> C’est principalement la police de Minneapolis qui a aidé ICE. Malgré les déclarations du maire démocrate de la ville (NdT : dont la police dépend) qui demandait publiquement à ICE de partir, la police a aidé ICE, a repoussé les manifestant&rsquo;es, etc. Ça a été un choc, peut-être pas pour les militant&rsquo;es, mais pour une bonne partie de la population. Concernant les voisin&rsquo;es : sans doute, comme souvent, des racistes ont dû appeler ICE pour dénoncer des voisin&rsquo;es. Mais je ne sais pas si c’était un phénomène massif. Minneapolis est une ville marquée à gauche. Mon expérience personnelle, j’ai fait beaucoup de porte à porte et pas une fois je ne suis tombé sur quelqu’un qui soutenait ICE ouvertement. Donc en tout cas, les racistes ne se sont pas exprimé&rsquo;es publiquement. Après, dans les comtés plus ruraux du Minnesota, c’est peut-être plus nuancé, je ne sais pas.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Q : Des organisations fascistes comme les Proud Boys ont essayé de venir à Minneapolis pour soutenir ICE, non ? Comment ça s’est passé ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> Je vois de quoi vous parlez, ça n’était pas officiellement les Proud Boys, mais un des organisateurs du 6 janvier (NdT : l’émeute du Capitole suite à la défaite électorale de Trump face à Biden en 2021), Jake Lang. Il est venu à Minneapolis avec quelques soutiens pour organiser un rassemblement pro-ICE et anti-Islam visant spécialement la communauté somalienne de Minneapolis. Finalement lui et ses soutiens n’étaient qu’une grosse dizaine, ils ont été complètement cernés par des centaines de manifestant&rsquo;es antifascistes, il s’est fait frapper, on lui a jeté des ballons à eau. Se retrouver trempé d’eau par -20°C, c’est difficile. Bref, il a passé un mauvais moment.&nbsp;<br>C’était très positif car ça en a dissuadé d’autres. Il y avait beaucoup de débats au sein du mouvement de résistance, des gens voulaient plutôt faire profil bas, au prétexte de ne pas leur faire de pub, ou de ne pas mettre les personnes racisé&rsquo;es en danger. Mais la majorité dans les AG a décidé de les affronter et de montrer qu’on n’allait pas accepter de manifestation fasciste à Minneapolis, et ça s’est finalement très bien passé pour nous. Son visage était moitié ensanglanté moitié gelé (les ballons à eau !), il est monté dans la voiture d’une femme trans et d’une femme mexicaine pour essayer de s’enfuir, elles l’ont jeté dehors quand elles ont compris qui il était&#8230; Beaucoup de gens sont arrivés sur place une fois qu’il était déjà parti, iels ont ensuite formé des groupes pour patrouiller dans la ville et essayer de le retrouver ainsi que ses copains. Bref, c’était vraiment important de montrer qu’on n’avait aucune tolérance pour les fascistes à Minneapolis et super de voir autant de personnes s’organiser pour les rejeter.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Q : Que peux-tu nous dire de la journée du 23 janvier ? Appeler ça une grève générale peut sembler exagéré, mais les manifestations étaient immenses et il y a eu quelques grèves.&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> Oui, le 23 janvier était immense. Plus de 50000 personnes ont manifesté par une température de -34°C. Je ne sais pas si vous êtes déjà sortis dans un froid pareil, mais même mes cils étaient gelés.&nbsp;<br>Près de 700 petits commerces étaient fermés, soit en solidarité soit parce que les salarié&rsquo;es étaient en grève. Les syndicats que j’avais mentionnés ci-dessus ont appelé à la grève, ainsi que des partis politiques comme la section locale des Democratic Socialists of America.&nbsp;<br>Je suis étudiant donc pas membre d’un syndicat, mais j’ai participé à beaucoup de réunions et d’assemblées d’organisation pour le 23 janvier. De nombreux&rsquo;ses militant&rsquo;es syndicaux&rsquo;les de terrain ont fait énormément de travail pour convaincre leurs collègues de faire grève. De ce que j’ai entendu, les directions n’ont pas vraiment aidé, elles semblent très bureaucratiques et un peu loin du terrain. Donc il y a eu un gros travail, beaucoup d’arguments, et ça a pris même dans des entreprises sans syndicats comme Starbucks ou Target (NdT : une chaîne de magasins), des gens ont fini par faire grève le 23 janvier. La pression du mouvement était telle que des patrons ont fini par garantir à leurs salarié&rsquo;es qu’iels ne se feraient pas réprimer pour la grève, alors qu’au début le discours était plutôt : si tu ne veux pas venir le 23 janvier alors pose un jour de congé.<br>C’est donc la solidarité qui a permis à beaucoup de gens de faire grève sans crainte de représailles, car le nombre était de notre côté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Q : Comment vois-tu la suite ? On sait que « No Kings Day » est prévu pour le 28 mars, tu as aussi parlé du 1er mai un peu plus haut.&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> On pense que le 28 mars va être énorme. Déjà le précédent No Kings Day en octobre 2025 était très gros à Minneapolis. Mais ce qui est intéressant, c’est que tout le monde, les ami&rsquo;es, les gens dans le mouvement, tout le monde parle de grève maintenant. Que nous devons utiliser ce pouvoir que nous avons, de faire une grève reconductible qui puisse rassembler autour de revendications claires. Que ce soit le 28 mars, le 1er mai, je ne sais pas précisément, mais j’ai l’impression que tout le monde en parle, que ça doit être la prochaine étape. Car le gouvernement et les grandes entreprises ne comprennent que la langue de la force et de l’argent.<br>Encore une fois, je ne suis pas dans un syndicat et je ne suis peut-être pas la meilleure personne pour en parler, mais on est nombreux à penser qu’on ne peut pas se contenter de venir manifester avec quelques pancartes le 28 mars ou le 1er mai puis rentrer chez nous. Il faut une lutte qui dure.&nbsp;<br>Ce n’est pas pour diminuer la portée ou l’importance de la résistance actuelle et de la solidarité. Sans ça, plus de personnes seraient en détention ou déportées, plus de personnes seraient à la rue, plus de personnes seraient mortes. Mais maintenant qu’on a fait cette expérience, on sent que ça n’était qu’un début, un pansement sur une grosse plaie, et qu’il faut aller plus loin. C’est comme ça que toute la conversation et les arguments sur la grève sont venus dans le mouvement.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Q : On dirait donc que ce qui s’est passé à Minneapolis peut être un marchepied pour quelque chose de plus grand ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> Oui, oui, sûrement, même si on ne peut pas encore prédire quelle forme exacte ça peut prendre. Je fais partie d’un groupe socialiste de débats et discussions, et une nouvelle personne nous a rejoint récemment. Il est syndicaliste et tourneur-fraiseur, a toujours voté démocrate, et nous a raconté qu’il a toujours cru que s’il travaillait assez dur, il aurait une vie plus facile. Mais son loyer augmente, son assurance médicale augmente, il a mal partout et ne peut pas prendre de pause. Il nous a dit que tout ça montait en lui, mais voir sa ville occupée par ICE, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, que c’était comme une claque qui lui a fait prendre conscience que le capitalisme allait nous mener à la catastrophe. C’est une anecdote, bien sûr, mais il y a des milliers et des milliers de personnes qui se radicalisent, qui ont senti leur pouvoir à Minneapolis et ailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Propos recueillis par&nbsp;Emil (Paris 20e), Anne-Julia (Rennes) et Jad (Paris 18e)</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Lutte des sans-papiers à Saint-Brieuc : déjouer la peur, choisir la résistance collective</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/lutte-des-sans-papiers-a-saint-brieuc-dejouer-la-peur-choisir-la-resistance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Jul 2026 10:30:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Permis de tuer, règlement retour, loi darmanin… En pleine crise du néolibéralisme nos classes dirigeantes surenchérissent de racisme pour toujours plus exploiter, diviser et écraser notre classe. Alors que celles et ceux qui subissent frontalement <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/lutte-des-sans-papiers-a-saint-brieuc-dejouer-la-peur-choisir-la-resistance/" title="Lutte des sans-papiers à Saint-Brieuc : déjouer la peur, choisir la résistance collective">[...]</a></div>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Permis de tuer, règlement retour, loi darmanin… En pleine crise du néolibéralisme nos classes dirigeantes surenchérissent de racisme pour toujours plus exploiter, diviser et écraser notre classe. Alors que celles et ceux qui subissent frontalement ces politiques &#8211; les immigré·es, les musulman·es, plus largement les racisé·es &#8211; sont traqué·es, enfermé·es, tué·es, c&rsquo;est parfois depuis la gauche qu&rsquo;on donne le coup de grâce : en leur déniant leur pouvoir de résister. Mais quand en réponse aux attaques racistes, ces bien-pensants disent aux migrants : « Restez chez vous ! », il en est qui décident de ne pas les écouter. À Saint-Brieuc le collectif en lutte avec les sans-papiers déjoue collectivement la peur et s&rsquo;organise pour le droit au logement pour toustes. Entretien.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Est-ce que tu peux te présenter et nous raconter rapidement dans quel cadre militant tu interviens ?</strong><br>Je m&rsquo;appelle Lucie et je suis membre du collectif en lutte avec les personnes sans-papiers de Saint-Brieuc. Ce collectif&nbsp; existe depuis novembre 2025, et s&rsquo;est constitué suite à une première mobilisation durant l’été 2025.&nbsp;<br>Jusqu’alors, il y avait des espaces où des associations fournissaient un travail de plaidoyer auprès des institutions. Mais il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;espace de lutte qui permette aux camarades sans-papiers de pouvoir se mobiliser pour défendre leurs droits.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Est-ce que tu peux parler de la campagne que vous avez menée ces dernières semaines ?&nbsp;</strong><br>La campagne logement arrive au printemps 2026. Au départ, on a dénoncé les conséquences de l&rsquo;assignation des personnes sans-papiers dans les hôtels sur les enfants. On voulait interpeller le conseil départemental chargé de la protection de l&rsquo;enfance car la loi de protection de l&rsquo;enfance de 2022 interdit le placement des mineurs isolés à l&rsquo;hôtel, alors que les lois anti-immigration assignent les enfants de sans-papier à l&rsquo;hôtel pour des durées longues. L&rsquo;idée, c&rsquo;était de dire que les risques auxquels sont exposés les mineurs non-accompagnés et les enfants de sans-papier sont les mêmes et donc de dénoncer la différence de traitement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ça s&rsquo;est accéléré lorsqu’un camarade s&rsquo;est retrouvé mis à la rue avec ses cinq enfants et sa femme. Ça a enclenché la première vague d’occupation : celle de la mairie de la commune proche de Saint-Brieuc où ils vivaient depuis 3 ans et où les enfants étaient scolarisés. On a obtenu 2 nuits d’hôtel, on a donc réoccupé le lendemain et obtenu 3 semaines, puis 10 jours de plus… Et puis plus rien !&nbsp; On a alors décidé de rester dormir dans la mairie, le 10 juin. On avait des AG chaque jour, ça permettait de s&rsquo;organiser politiquement, d’organiser des réunions publiques, avec appel à la presse…</p>



<p class="wp-block-paragraph">En parallèle, le 11 juin, on a appris que 7 familles de Saint-Brieuc allaient être mises à la rue. On a alors occupé le musée d&rsquo;art et d&rsquo;histoire de Saint-Brieuc, et non pas directement la mairie , parce qu&rsquo;on voulait installer l’occupation, pouvoir y dormir.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mairie nous a transféré&rsquo;es&nbsp; dans une salle associative&nbsp; en mettant en place une pseudo solution de logement d’urgence (un CHRS).&nbsp; Cela ne correspondait en rien à nos revendications car les familles n’avaient pas encore été mises à la rue !&nbsp; Il s’agissait d’un simple affichage de la part de la mairie. On a donc&nbsp; déjoué le piège en disant :&nbsp; nous nous battons pour des logements dignes et pérennes pour tous et toutes, et nous nous battons contre la menace de la rue qui vise des familles. On voulait aussi revendiquer cette occupation comme un espace d’organisation politique, pour construire un rapport de force. On a occupé une semaine.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le maire de Saint-Brieuc a alors tenté de casser notre l&rsquo;unité, puisqu&rsquo;on est un collectif mixte où il y a des solidaires et des sans-papiers, en proposant une rencontre&nbsp; avec les seules familles, pas au nom du collectif. Ce qui a déclenché une colère notamment des camarades sans papiers du collectif.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Tu as fait face à des arguments qui amenaient à dépolitiser la lutte que mènent les sans-papiers. Ces arguments venaient à la fois de la droite &#8211; sans surprise &#8211; mais aussi de camarades de luttes. Peux-tu nous raconter ça ?</strong><br>Quand on a constitué le collectif, il y avait une majorité de personnes sans papiers, mais il y a des militants solidaires qui ont des trajectoires différentes, et parmi elleux,&nbsp; ce que j&rsquo;appelle des projections de vulnérabilité. En gros, ça consiste à dire qu’on est pas égaux, parce qu&rsquo;on n&rsquo;a pas les mêmes positions face à la police, et donc, à&nbsp; disqualifier des modalités d&rsquo;action jugées trop dangereuses :&nbsp; l&rsquo;occupation, les manifestations, etc. Ça conduit la perspective d&rsquo;action à l’échec,&nbsp; plutôt que d&rsquo;essayer de se concentrer sur les conditions de solidarité qui permettent de&nbsp; garantir la participation de tous et de toutes. On a bataillé sur la&nbsp; ligne&nbsp; « Non mais en fait, il faut y aller, et ce n&rsquo;est pas dans les manifestations ou les sans-papiers sont unis, qu’ils sont le plus exposés à la police, bien au contraire ». Mais&nbsp; elle est dure à tenir.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette situation va se produire à deux reprises. La première fois, quand on occupe le musée d’art et d&rsquo;histoire de Saint-Brieuc. La ville est de droite et on sent que ça se tend pendant l&rsquo;après-midi. A ce moment, des militants vont commencer à souffler aux personnes sans-papiers que ça serait bien qu&rsquo;elles s&rsquo;en aillent. On va être très peu à dire non. Ça fait des mois qu&rsquo;on déjoue la peur et qu&rsquo;on se rend compte qu’on a le droit de manifester, de prendre la parole, et qu&rsquo;on ne finit pas en prison pour cela. Il faut qu&rsquo;on continue à construire ensemble les conditions de participation à toutes les étapes de la lutte de tout le monde.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ça a fonctionné la première fois. Mais la deuxième fois, ça a été un échec. Plutôt que d&rsquo;attendre d&rsquo;être expulsé de l&rsquo;occupation de la salle associative, c&rsquo;est la voix des camarades avec les projections de vulnérabilité qui a gagné.&nbsp; Ils ont réussi à convaincre le collectif qu&rsquo;il fallait évacuer par nous-mêmes. Ce qui nous a un peu mis dans la merde pour la suite:&nbsp; on n&rsquo;a pas obligé le maire de Saint-Brieuc à assumer l’expulsion d’un collectif mobilisé autour des familles.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dépolitisation qui intervient dans nos rangs entre en écho celle de la mairie de droite. Elle a produit une communication affreuse, pour dire que le collectif était partisan et politique et que des militants y instrumentalisaient la misère des personnes sans-papiers,&nbsp; en invitant comme je l’ai dut&nbsp; les familles à une rencontre sans le collectif.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les camarades sans-papiers ont alors décidé d&rsquo;écrire au maire leur refus d&rsquo;être reçus sans le collectif en disant:&nbsp; « nous sommes des militants politiques, nous sommes là ensemble parce que nous sommes le collectif, donc nous voulons être reçus au nom du collectif ».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bref, la dépolitisation des camarades sans papiers revient en permanence&nbsp; de tous les côtés, et&nbsp; on doit batailler en permanence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qu’on a gagné c&rsquo;est qu&rsquo;on essaye de s&rsquo;adresser les uns aux autres en tant que militants, ce qui implique de ne pas avoir peur de la conflictualité entre nous, aussi avec les camarades sans-papiers. Or, ce qu’on sent c’est que la projection de vulnérabilité prendre racine dans la théorie des privilèges, et a&nbsp; pour conséquence de sacraliser la parole des personnes sans-papiers. Mais le fait de sacraliser leur parole annule la possibilité du conflit, donc la possibilité d&rsquo;avoir un débat politique avec eux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>En réalité vous avez fait face à un choix extrêmement politique : mener une lutte sur le plan strictement humanitaire ou mener une lutte politique, ce qui implique forcement des débats dans le collectif et donc aussi avec les camarades sans-papiers. Qu’est ce que ca signifie en pratique ?</strong><br>Ce sont des arguments très minoritaires et difficiles à tenir dans le collectif. Mais ça va finir, petit à petit, par être approprié par les camarades sans-papiers.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">On a déjoué la peur, face à toutes les pressions de découragement que les sans-papiers reçoivent de la part de la droite, des humanitaires, et même dans nos rangs. Un élément central a été d&rsquo;avoir des AG régulières et de pouvoir en parler, en s’appuyant sur des exemples de luttes comme celle des mineurs de Belleville à Paris.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’autre chose qui a permis de donner la confiance, c’est de se donner les moyens de s’exprimer, notamment au travers d’ateliers de prise de parole, à chaque manifestation. Ça a vraiment participé à la politisation de chacun, chacune. D’apprendre à se dire qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on veut, pourquoi on est ensemble. Pourquoi on est en colère contre le racisme ? C&rsquo;est quoi l&rsquo;implication dans nos vies ? Et derrière, c&rsquo;est quoi nos revendications ? Ce travail de construction, puis d&rsquo;incarnation d&rsquo;un discours a aussi bougé les lignes très fortement, parce que ces prises de parole se passaient en public, face à l&rsquo;intersyndicale et à la Coordination Solidarité Migrant. Elles ont vu tout à coup des personnes qu&rsquo;elles ne reconnaissaient pas tout à fait comme des sujets politiques, se dresser publiquement comme tels. Ça a été vraiment déterminant. Un camarade a pu le résumer en AG : “En fait, il faut que tout le monde apprenne à parler ici. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ton collectif s’est relié au réseau de la Marche des Solidarités. Est-ce que ça a aidé à construire la confiance et à faire de la politique dans le collectif ?&nbsp;Comment avez-vous articulé ce rattachement à une campagne nationale avec une construction des luttes locales ? </strong><br>Le Front commun antifasciste était en lien avec la Marche des Solidarités. Depuis, avec le collectif on a construit le 18 décembre, puis le 21 mars, et pendant la campagne action logement, on s’est saisi&rsquo;es du 21 juin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ça nous a donné des occasions de pouvoir sortir, nous montrer, nous imposer dans le paysage local, en articulant&nbsp; avec la construction d’un rapport de force à l’échelle nationale. Ca nous a permis de faire exister la lutte des sans-papiers dans une perspective antiraciste, ce qu’on n’avait pas encore réussi à atteindre au niveau simplement local. Ça a été des occasions de prendre la rue et la parole, en permettant la construction politique du collectif.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et le fait de se dire qu&rsquo;on est tout un pays, donne la confiance de lutter face à notre mairie de droite. Ça permet d’imposer un rapport de force : sachez que si jamais vous nous touchez, ça soulèvera de la colère et de la solidarité partout dans le réseau. Et ça, alors que les camarades étaient au début très flippés à l&rsquo;idée de manifester parce qu&rsquo;ils avaient des OQTF, etc&#8230; ça a aidé.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ca permet aussi de voir qu&rsquo;ailleurs, il y avait des victoires des militants sans-papiers qui étaient engagés dans la lutte depuis très longtemps. Et inversement, de se rendre compte, quand on est allé&rsquo;es aux rencontres nationales de la Marche des Solidarités en juin à Paris, que notre collectif était connu. Pouvoir participer à introduire des ateliers en tant que collectif, ça a vraiment renforcé vraiment la confiance.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous ces liens sont précieux à condition qu’ils soient articulés avec une recherche d&rsquo;intervention localisée. S’il s’agit juste de&nbsp; répondre aux appels nationaux où on fait la manif et puis on s&rsquo;en va, il manque un truc.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et en fait, ce qu’on a fait dans le même temps, c&rsquo;était de se dire, OK, on est en train de chercher pourquoi on est ensemble et ce qu&rsquo;on peut faire ensemble dans une perspective d&rsquo;action directe. Et petit à petit, en faisant les tournées dans les hôtels, on a commencé à comprendre qu&rsquo;on allait pouvoir imposer nos revendications.. L’enjeu a été de comprendre quels étaient les nœuds particuliers à Saint-Brieuc dans les parcours que vivent les personnes sans papiers, chercher les brèches pour se dire qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on peut faire comme action. Vraiment un travail de recherche qui amène à de la créativité.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, on s&rsquo;est rendu compte, autour de la campagne d&rsquo;action logement, qu&rsquo;il y avait 16 enfants menacés de rue. On a alerté les écoles, les associations de parents d&rsquo;élèves, et on a pu voir que le Réseau Éducation Sans Frontières s&rsquo;était complètement cassé la gueule et avait disparu. Et qu&rsquo;il y avait un enjeu à recréer un réseau de vigilance autour des enfants de sans-papiers pour avoir des réflexes militants autour des groupes scolaires quand il y avait des enfants menacés. C&rsquo;est en cours, on va démarrer l&rsquo;année avec une AG Enfance et Éducation à l&rsquo;initiative des sans-papiers. En parallèle, le collectif tisse aussi des liens avec les syndicats locaux, et se projette dans la construction de la grève antiraciste du 18 décembre.&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/lutte-des-sans-papiers-a-saint-brieuc-dejouer-la-peur-choisir-la-resistance/">Lutte des sans-papiers à Saint-Brieuc : déjouer la peur, choisir la résistance collective</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Edito : Donnons du pouvoir à nos luttes ! </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/edito-donnons-du-pouvoir-a-nos-luttes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 May 2026 15:12:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[autonomie de classe]]></category>
		<category><![CDATA[C9M]]></category>
		<category><![CDATA[Edito]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Minneapolis]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026 Le retour des luttes à l’internationale Qui, en 2024, après la réélection de Trump, aurait parié sur un tel retour de la lutte des classes aux Etats-Unis ? <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/edito-donnons-du-pouvoir-a-nos-luttes/" title="Edito : Donnons du pouvoir à nos luttes ! ">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background wp-block-paragraph" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026</strong></p>



<div data-wp-interactive="core/file" class="wp-block-file"><object data-wp-bind--hidden="!state.hasPdfPreview" hidden class="wp-block-file__embed" data="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/05/edito.pdf" type="application/pdf" style="width:100%;height:200px" aria-label="Contenu embarqué edito."></object><a id="wp-block-file--media-5beb6a6e-6766-447e-8815-c75a7ddb0307" href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/05/edito.pdf">edito</a><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/05/edito.pdf" class="wp-block-file__button wp-element-button" download aria-describedby="wp-block-file--media-5beb6a6e-6766-447e-8815-c75a7ddb0307">Télécharger</a></div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le retour des luttes à l’internationale</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Qui, en 2024, après la réélection de Trump, aurait parié sur un tel retour de la lutte des classes aux Etats-Unis ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 1er mai dernier, outre-atlantique, dans un pays où le droit de grève est quasi-inexistant, des centaines de milliers de travailleur&rsquo;euses, lycéen&rsquo;nes et étudiant&rsquo;es ont pris la rue plutôt qu’aller au travail. Iels se sont battu&rsquo;es contre la guerre, pour « l’unité des travailleureuses » contre « les milliardaires » (partout !) ont appelé au « soulèvement des immigré&rsquo;es » (Minneapolis et des dizaines d’autres grandes villes), conscient&rsquo;es que « seul le peuple peut renverser la vapeur » (Los Angeles). Au total, 4.000 manifestations – plus du double de l’année dernière ! – ont rassemblé des millions de personnes. C’est la seconde démonstration de force de cette ampleur en un mois, après le No Kings Day qui, autour des mêmes mots d’ordres, avait déjà fait descendre 8 millions de personnes dans les rues des États-Unis le 28 mars.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est à Minneapolis/Saint-Paul qu’a germé cette poussée qui s’enracine désormais dans tout le pays. En 2025, l’ICE avait déjà ravagé les villes de Los Angeles et Chicago, suscitant des résistances, mais sans commune mesure avec celles qui ont secoué les villes jumelles cet hiver. Fourmillements dans les quartiers, lieux de cultes, écoles, lieux de travail… on chiffre à plusieurs milliers le nombre de personnes quotidiennement organisées pour faire face à ICE ! Dans cette lutte, l’unité de la classe ouvrière s’est forgée dans la solidarité active contre le racisme. Et très vite, une question a commencé à émerger : comment gagner ? Comment dépasser les résistances dispersées ? Comment utiliser notre force collective pour bloquer réellement les attaques du pouvoir ? Dès janvier, la question de la grève générale commençait à circuler.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est à partir de cette expérience victorieuse et du retrait de l’ICE à Minneapolis que la confiance a pu se transmettre et un message se généraliser : il est possible de renverser la table. Ce qui se joue aux États-Unis est significatif pour tout le monde et illustre un climat global de résistance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En France, le 8 mars, des milliers de personnes se sont rejointes pour proposer une politique alternative à celle des directions traditionnelles du mouvement : s’organiser pour virer les fascistes et les sionistes de nos manifestations, et elles ont réussi ! Une semaine plus tard, le 14 mars, c’est plus d’une centaine de milliers qui a répondu à l’appel à manifester contre le racisme et le fascisme, dans des manifestations organisées dans plus de 100 villes par des collectifs et organisations locales qui ont répondu à l’appel de la Marche des Solidarités, des collectifs de sans-papiers et du Réseau d’Entraide Vérité et Justice. C’est une tendance globale face aux attaques de la classe dirigeante, au danger fasciste et à la guerre qui menace : non seulement notre classe résiste, mais elle est en train de gagner confiance en sa capacité de changer les choses.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment gagner ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les enjeux de la période rendent les débats stratégiques encore plus urgents, l’entrée de milliers de nouvelles personnes dans le mouvement renforce les rangs de celles et ceux qui veulent y prendre part et la situation dans son ensemble impose de les mener à l’échelle la plus massive possible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face au danger fasciste par exemple, on observe aujourd’hui un retour de la dynamique antifasciste, mais aussi des désaccords profonds sur les moyens de gagner face aux fascistes. L’histoire a démontré que le fascisme ne représente pas simplement une version plus autoritaire de l’État bourgeois. Son objectif est d’écraser toute possibilité d’organisation et de résistance de notre classe, en s’appuyant sur une mobilisation réactionnaire de masse. C’est pourquoi la lutte antifasciste ne peut pas se contenter de rassembler massivement, elle doit faire que ce nombre s’organise pour empêcher les fascistes d’apparaître publiquement, de s’organiser et de s’implanter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La riposte au C9M (manifestation néonazie à Paris) est un exemple de ce qui se passe quand des centaines voire des milliers de personnes s’emparent de cette stratégie. Depuis plusieurs années, face au défilé nazi, les organisations de gauche se sont contentées d’organiser un village antifasciste faisant éloge de l’antifascisme et des idées progressistes pour combattre le fascisme plutôt que de construire un rapport de force en capacité de les empêcher de défiler. Grâce à une dynamique enclenchée dès l’année dernière pour organiser une contre manifestation plutôt qu’un village, la campagne de cette année a été massive (des assemblées publiques dans plusieurs quartiers de Paris et villes de région parisienne, des collectifs qui s’organisent et mobilisent à l’échelle de quartiers, 10000 tracts diffusés dans la manifestation du 1er mai, etc.) si bien que les institutions ont été contraintes de prendre position et face à la pression de reconnaître publiquement que les organisateurs du C9M sont des nazis. Grâce à une mobilisation qui s’est construite autour d’une stratégie qui visait à empêcher par notre nombre et notre détermination les fascistes de défiler, la pression a été telle que la préfecture a été contrainte d’interdire le défilé nazi qui n’a pas eu lieu pour la première fois depuis 2008. Ainsi les nazis n’ont pas défilé et nous ressortons de cette campagne avec des collectifs qui se sont organisés dans plusieurs arrondissements de Paris et villes de région parisienne. Ces collectifs vont constituer la base à partir de laquelle sera menée la bataille déterminante contre le RN durant les élections présidentielles et législatives de 2027.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La solution c’est nous !</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La question stratégique n’est pas qu’une question générale de comment renverser le système, c’est une question présente dans chacune des luttes : comment stopper le danger fasciste ? Comment mettre fin au génocide en Palestine ? Comment gagner la grève contre le budget de guerre dans l’éducation ? Comment obtenir la régularisation de tous&rsquo;tes les sans-papiers ? Comment virer ICE des quartiers des villes américaines ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la séquence électorale, les forces politiques réformistes vont tenter d’amener les conflits initiés dans nos luttes à se résoudre par en haut, dans les institutions de la classe dominante. Cette stratégie nous dépossède de notre capacité à nous penser comme la force capable de transformer la société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cela, il faut faire grandir les rangs de celles et ceux qui prennent conscience que la solution ne viendra que de notre classe qui s’organise pour se battre. Car nous seul&rsquo;es partageons les intérêts communs à se poser ces questions et nous seul&rsquo;es avons la force commune d’y répondre. Le potentiel de changer le monde se construit dans les luttes et la mise en mouvement du plus grand nombre d’entre nous et de la prise de conscience de notre capacité à se penser en alternative au pouvoir en place qui nous promet guerres, fascisme et autoritarisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>De quelle organisation avons-nous besoin ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre point de départ est simple : Si notre classe est la seule en capacité de changer les choses en prenant le pouvoir, alors le premier des combats à mener est au sein de la classe, pour convaincre et entraîner. Car c’est dans la pratique même de la lutte, dans la mise en mouvement que les représentations du monde se transforment. Dans la confrontation concrète avec un patron, avec l’État, ou avec les fascistes, se redéfinit progressivement la compréhension des rapports de force et des possibilités d’action collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et cette intervention au sein de la classe, nous la développons à partir d’une boussole, celle de l’autonomie de classe, en défendant que ce sont les luttes elles-mêmes qui sont la solution à condition de les renforcer, de s’y impliquer pour construire sincèrement le mouvement, de poser clairement les tâches politiques et d’encourager ainsi notre classe à se penser elle-même comme celle qui dirige. La révolution n’est pas un horizon plus ou moins lointain et abstrait, elle a une actualité qui réside dans la possibilité, à partir de chacune de nos luttes et résistances, d’acquérir toujours plus de confiance en notre capacité à tout changer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec A2C, nous proposons de rassembler les militant&rsquo;es qui partagent cette orientation stratégique dans une organisation pour intervenir dans le mouvement, pour le mouvement. Une organisation qui soit un espace de mise en commun où les expériences sont confrontées à la théorie. Nous proposons de le faire à partir de la boussole de l’autonomie de classe, sur des bases marxistes et en tâchant à travers des réunions publiques dans chacune de nos antennes, à travers une revue comme celle-ci (pour laquelle nous ouvrons à partir de ce numéro la possibilité de s’abonner) et d’évènements tels que le festival Boussoles que les élaborations que nous pensons nécessaires pour renforcer nos luttes se fassent avec le plus possible de personnes qui se posent les mêmes questions que nous : Face aux guerres, au fascisme, au désastre climatique et à une classe dirigeante déterminée à rester au pouvoir, comment gagner ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A2C</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Brest contre les fachos : pour dépasser la peur, construire l&#8217;unité et reprendre la rue</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/brest-contre-les-fachos-pour-depasser-la-peur-construire-lunite-et-reprendre-la-rue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 May 2026 10:42:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Brest]]></category>
		<category><![CDATA[Bretagne]]></category>
		<category><![CDATA[Extrême-droite]]></category>
		<category><![CDATA[Fascisme]]></category>
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		<category><![CDATA[FN]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<category><![CDATA[RN]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">A Brest, dans la nuit du 10 au 11 avril dernier, a eu lieu une violente agression raciste et pour riposter, a été organisée 15 jours plus tard, le 25 avril, une manifestation antiraciste par <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/brest-contre-les-fachos-pour-depasser-la-peur-construire-lunite-et-reprendre-la-rue/" title="Brest contre les fachos : pour dépasser la peur, construire l&#8217;unité et reprendre la rue">[...]</a></div>
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<p class="wp-block-paragraph">A Brest, dans la nuit du 10 au 11 avril dernier, a eu lieu une violente agression raciste et pour riposter, a été organisée 15 jours plus tard, le 25 avril, une manifestation antiraciste par l&rsquo;AG antifasciste de Brest qui a rassemblé 800 personnes.<br>Nico, de l&rsquo;AG antifasciste de Brest et d&rsquo;Autonomie de Classe, nous raconte comment est-ce que pour dépasser la peur face aux fascistes, on peut construire l&rsquo;unité pour reprendre la rue et reprendre confiance en nous.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-block-embed-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Spotify Embed: Brest contre les fachos : pour dépasser la peur, construire l&amp;apos;unité et reprendre la rue" style="border-radius: 12px" width="100%" height="152" frameborder="0" allowfullscreen allow="autoplay; clipboard-write; encrypted-media; fullscreen; picture-in-picture" loading="lazy" src="https://open.spotify.com/embed/episode/2oEXZOr6AXfuRrRtA0ieTy?si=8cc6e1d2ba064c24&amp;utm_source=oembed"></iframe>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Est-ce que tu peux revenir sur la forme que prend la menace fasciste dans ta ville, revenir sur ce qui s&rsquo;est passé ces dernières années et comment vous vous êtes organisé pour y faire face et revenir aussi sur les événements des dernières semaines ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À Brest, l&rsquo;engagement passe par l&rsquo;AG antifasciste qui s&rsquo;est montée en fin d’été dernier, suite à des agressions fascistes, de groupuscules néonazis, qui ont fait des agressions homophobes, contre des militant·es de gauche, et racistes. C&rsquo;est au sein de cet AG qu&rsquo;on s&rsquo;organise et qu&rsquo;on essaye d&rsquo;avoir une riposte. La menace fasciste, elle est assez présente à Brest par le biais de hooligans et par le biais de groupuscules néonazis et aussi par le biais de militants du RN.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si tu veux, j&rsquo;ai l&rsquo;impression que les agressions clairement fascistes, racistes qu&rsquo;il y a eu il y a un an et demi, elles ne viennent pas de nulle part. Il y a toujours eu des groupuscules néonazis, identitaires en Bretagne. Il y a deux ans, il y a eu une manif fasciste soutenue par le RN contre l&rsquo;ouverture d&rsquo;un centre pour accueillir des personnes migrantes, en centre-Bretagne, et ils étaient déjà là. Donc, ce qui s&rsquo;est passé à Brest, c&rsquo;est que ça a touché des quartiers populaires, des endroits bien populaires, qui ont fédéré tout d&rsquo;un coup une réaction assez forte de la population et pas forcément de la population militante, ce qui a entraîné depuis un an une dynamique avec l’AG antifasciste qui existe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et il y a deux semaines, il y a eu une agression d&rsquo;une personne isolée, racisée, qui était tranquille sur le port et qui s&rsquo;est fait agresser lâchement. Il s&rsquo;est pris une droite qui l&rsquo;a mis KO, il est resté inconscient. Il a eu deux semaines d&rsquo;ITT.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un des buts de l’AG antifasciste, c’est d&rsquo;organiser tout de suite un soutien aux victimes. Ce collectif rassemble différents militants de Brest, des gens soit qui sont syndiqués, qui militent dans les syndicats, soit qui militent dans des groupes de gauche, soit qui ne militent pas… Ca a créé une espèce d&rsquo;unité antifasciste qui se mobilise assez rapidement. Donc, rapidement, on a pu, en quelques jours, organiser une manif de soutien. C&rsquo;est ça qui est intéressant pour nous au sein de cette AG&nbsp;: avoir assez rapidement la possibilité d&rsquo;organiser des choses avec l&rsquo;aide des syndicats, des associations locales. Et, en cinq jours, on a organisé une manif de soutien, des prises de parole. Ca a rassemblé 800 personnes&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et ce qui est intéressant, c&rsquo;est qu&rsquo;on arrive à pousser nos mots d&rsquo;ordre à nous, de s&rsquo;organiser à la base, dans les quartiers, dans les campagnes, sur nos lieux de vie, de travail.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et comment on peut faire pour dépasser la peur qui, parfois, justement, est un frein à la mobilisation par en bas contre les fascistes ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est sûr qu&rsquo;en fait, ça sidère un peu plein de gens, dans le milieu militant ou non, qui se demandent, du coup, s&rsquo;ils peuvent aller aux manifs ou s&rsquo;ils peuvent sortir tranquilles, en gros. Et on deal avec la peur en se disant que, de toute façon, c&rsquo;est la stratégie de l&rsquo;extrême droite et de la violence politique que porte l&rsquo;extrême droite de tétaniser et de faire peur et d&#8217;empêcher les gens de se réunir et de s&rsquo;organiser. Ça fait partie de leur stratégie. Donc ne nous laissons pas faire, parce qu&rsquo;en fait, on se rend compte que, mine de rien, on est nombreux et on a la force pour s&rsquo;organiser. Ce qui est intéressant, c&rsquo;est que là, les syndicats à Brest et les associations d&rsquo;aide aux migrants, les associations comme la Ligue de droit de l&rsquo;homme, tout de suite, ils sont partants. Parce qu&rsquo;on se connaît, on a l&rsquo;habitude de faire des choses. On n&rsquo;est pas d&rsquo;accord sur tout. Mais en fait, tout de suite, ça va assez vite d&rsquo;organiser la manifestation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et moi, je me dis, c’est grâce à ce qu&rsquo;on a pu forger à l’AG antifasciste&nbsp;: se faire confiance. On a organisé un gros festival en début d&rsquo;année qui a permis d&rsquo;occuper la place et de faire plein de choses pour nous redonner confiance, pour nous unir assez rapidement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Maintenant, on est capable de s&rsquo;organiser vite et d&rsquo;aller tout de suite organiser une manif et de faire une occupation de la rue et de ne pas laisser la rue à la menace fasciste ou aux discours d&rsquo;extrême droite, aux actions de l&rsquo;extrême droite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et ça, c&rsquo;est vachement important. C&rsquo;est vachement important parce qu&rsquo;on se rend compte que la menace fasciste ou en tout cas la menace d&rsquo;action raciste, homophobe, anti-gauche, elle est réelle. Il y a des groupuscules qui s&rsquo;organisent, il y a des discours islamophobes à volonté déversés par les médias d&rsquo;extrême droite qui vont légitimer le passage à l&rsquo;acte. C’est important déjà de dire, on ne laisse pas faire, on se bat politiquement, symboliquement, on résiste. Et donc, c&rsquo;est important d&rsquo;occuper la place et de pouvoir réagir en masse, en tout cas de manière unitaire, avec les syndicats et les autres forces, et de ne pas laisser faire des choses qui sont inacceptables. Après, plus généralement, c&rsquo;est important parce qu&rsquo;on se rend compte que la montée de l&rsquo;extrême droite, la montée de la menace fasciste, elle est réelle et pas seulement en France, en Europe, dans le monde. Ils s&rsquo;organisent, ils ne sont pas inactifs, ils sont à l&rsquo;affût. Électoralement, le RN est le premier parti du pays, qu&rsquo;on le veuille ou non. Il fait des résultats impressionnants, ils sont en masse, ils ont des appuis d&rsquo;une partie de la classe patronale et de la classe politique qui commencent à faire leur relais. Alors, essayer de s&rsquo;organiser et d&rsquo;arriver à organiser des manifs et des ripostes sur le terrain, c&rsquo;est important. Essayer d&rsquo;unir les forces de gauche, et créer des dynamiques pour la suite, c&rsquo;est ça qui est intéressant. Notre manifestation, notre rassemblement en soutien à la victime, elle permet une dynamique, elle va permettre qu&rsquo;on continue au 1er mai d&rsquo;être dynamique sur ces questions-là, sur les questions antiracistes et aussi de montrer le racisme d&rsquo;État qui est réel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Donc, face à la peur, on prend cette question au sérieux. Quand on fait des événements, on va réfléchir. Comment on fait un service d&rsquo;ordre ? Comment on riposte ? Sans avoir de réponse préétablie&nbsp;: on fait des bilans, etc. Et du coup, ça veut dire tout simplement qu&rsquo;en fait, la rue, on l&rsquo;abandonne pas. Mais moi, j&rsquo;ai envie de dire, ça va se construire petit à petit. Ça va être, par exemple, en organisant des festivals qui sont à la fois des moments où on se rencontre entre nous, on se fait confiance, on approfondit des questions, on discute stratégie politique et on se rend compte que tout se passe bien, qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de problème, on n&rsquo;a pas d&rsquo;agression, parce qu&rsquo;en fait, on n&rsquo;est plus nombreux qu&rsquo;eux. Il y a une division des forces, il faut arriver à s&rsquo;unir. Mais en vrai, on n&rsquo;est plus nombreux qu&rsquo;eux. Et la peur, au bout d&rsquo;un moment, elle change de nature. On se rend compte que ça peut nous mettre des freins, ça peut nous faire dire, faisons attention, soyons vigilants. Mais on se rend compte qu&rsquo;en fait, avec la confiance, on y fait face. C’est pas évident mais ça se fait sur le long terme. Ca se fait en se rencontrant, en organisant aussi des réunions publiques de façon régulière, petit à petit.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et maintenant, ça va être quoi les suites pour continuer à construire la dynamique antifasciste à Brest ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors là, on fait partie du 1er mai en tant qu’AG antifasciste. Ce qui est intéressant, c&rsquo;est que quand même, on est repéré par les forces syndicales et les forces politiques locales, même LFI par exemple. On est repéré comme, on va dire, une organisation de base qui compte, qui a sa voix au chapitre. Du coup, l’AG antifasciste va avoir son cortège pendant le 1er mai. Ensuite, il va y avoir le 9 mai&nbsp;: il va falloir faire des rassemblements contre les rassemblements fascistes qui ont lieu à Paris. Je fais référence au comité du 9 mai, qui est un mouvement néofasciste depuis quelques années, qui essaie de rassembler toutes les forces d&rsquo;extrême-droite de France et d&rsquo;Europe. Et nous, on a lancé tout de suite quelque chose pour le 9 mai, en lien avec les syndicats, et du coup, ça donne de la force. Ca permet vraiment de continuer sur une dynamique, et d&rsquo;approfondir ce qu&rsquo;on porte comme revendications et comme mots d&rsquo;ordre&nbsp;: Par exemple, le soutien aux personnes étrangères, la régularisation de tous les sans-papiers, des choses comme ça. Et ensuite, ça permet tout un travail qu&rsquo;on a construit depuis des mois avec tous ces acteurs, toutes ces associations dont j&rsquo;ai parlé, avec les syndicats, pour imaginer un autre festival antiraciste et antifasciste qui va se tenir à Brest, pour organiser des liens sur la lutte du peuple palestinien, etc. Donc en fait, on est pris dans une dynamique en réagissant à l&rsquo;actualité, en se greffant aux événements nationaux, comme le 1er mai, la Marche des Solidarités, la lutte en solidarité au peuple palestinien, et petit à petit, voilà, ça tient comme ça.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Là, on est parti sur une année qui va être très importante, avec au mois de mai prochain les élections présidentielles. Ça va être une année charnière. Du coup, si on arrive à avoir des mobilisations tout au long de l&rsquo;année pour arriver en force au printemps 2027, je me dis qu&rsquo;il y a quelque chose à faire. Au moins arriver en confiance, arriver en force, arriver unis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Propos de Nico de Brest recueillis par Milig Sinou de Paris 19</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/brest-contre-les-fachos-pour-depasser-la-peur-construire-lunite-et-reprendre-la-rue/">Brest contre les fachos : pour dépasser la peur, construire l&rsquo;unité et reprendre la rue</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
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		<title>1er Mai antiraciste, contre le génocide et contre la guerre : montrer à notre classe qu&#8217;on va continuer à se battre pour gagner</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/1er-mai-antiraciste-contre-le-genocide-et-contre-la-guerre-montrer-a-notre-classe-quon-va-continuer-a-se-battre-pour-gagner/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathilde]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Apr 2026 12:58:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[1er mai]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Dans plusieurs villes en France, se constituent à l&#8217;occasion du premier mai des cortèges contre le racisme, contre le fascisme, contre le colonialisme et contre la guerre. À Paris, un pôle appelé par la Marche <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/1er-mai-antiraciste-contre-le-genocide-et-contre-la-guerre-montrer-a-notre-classe-quon-va-continuer-a-se-battre-pour-gagner/" title="1er Mai antiraciste, contre le génocide et contre la guerre : montrer à notre classe qu&#8217;on va continuer à se battre pour gagner">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Dans plusieurs villes en France, se constituent à l&rsquo;occasion du premier mai des cortèges contre le racisme, contre le fascisme, contre le colonialisme et contre la guerre. À Paris, un pôle appelé par la Marche des solidarités et Urgence Palestine articulera ces revendications. Entretien avec Mathieu Pastor, d&rsquo;A2C et de la Marche des solidarités, qui nous explique pourquoi et comment se saisir du 1er mai pour engager notre classe sur le terrain de la lutte politique, dans un contexte de polarisation marquée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pendant le mois de mars, en France avec le 8 mars et le 14 mars, et à l&rsquo;international avec des mobilisations autour du 28 mars, on a vu des mobilisations massives, très politiques, des gens qui descendaient dans la rue en se posant à la fois la question de lutter contre le patriarcat, contre les fascistes, contre le racisme, et aussi contre la guerre, contre l&rsquo;impérialisme. Est-ce que tu pourrais revenir un petit peu sur ce qu&rsquo;on doit apprendre de cette période et nous dire si le 1er mai et le mois qui va suivre pourraient s’inscrire dans la continuité du mois de mars ?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense que le premier enseignement de cette période, c&rsquo;est se dire qu&rsquo;il y a quelque chose qui est possible. Ce qu&rsquo;on ressort de cette séquence, c’est que malgré ce qu’on se prend dans la tête, c&rsquo;est-à-dire les guerres, l&rsquo;autoritarisme, le racisme, le fascisme, il y a des volontés de se battre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ce qu&rsquo;on nomme la polarisation, c&rsquo;est-à-dire d’un côté l&rsquo;augmentation de l&rsquo;offensive de la classe dirigeante &#8211; et à travers ça de la capacité des fascistes à s&rsquo;organiser &#8211; et d’un autre côté, un écho de plus en plus large pour se battre contre cette trajectoire-là et pour s&rsquo;engager.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ce qu’on a vu le 8 mars, avec toustes celleux qui ont manifesté pour les droits des femmes, et qui, dans certaines villes, <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/retour-dexperience-sur-le-08-mars-2026/">se sont battu·es pour virer les fascistes et les sionistes</a>. C’est ce qu’on a revu <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/manifestations-antiracistes-et-antifascistes-du-14-mars-une-opportunite-pour-construire-un-front-antiraciste/">le 14 mars</a>, les mobilisations massives dans 102 villes, contre le racisme, le fascisme et les violences policières. Et c’est ce qu&rsquo;on a vu plutôt à l&rsquo;international le 28 mars : aux États-Unis avec des mobilisations dans 3000 villes ; à Rome, où pour la première fois depuis que Meloni est arrivée au pouvoir, il y a eu une mobilisation de 300 000 personnes contre son gouvernement et contre le fascisme ; et à Londres, où il y a eu 500 000 personnes mobilisées, soit la plus grande manif de l&rsquo;histoire d’Angleterre contre le racisme et le fascisme. Donc ce qu’on voit, c’est que les gens ont envie de se battre, et à une échelle très importante. Dès qu&rsquo;on propose une stratégie qui démontre qu&rsquo;en se mobilisant ça va compter, il y a un écho pour ça.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le meilleur des exemples pour se rendre compte de ce qui est en train de se passer, c&rsquo;est les États-Unis. Trump arrive il y a un an et demi pour son second mandat et il paraît avoir un boulevard devant lui. La gauche, aux États-Unis et dans le monde entier, est presque tétanisée face à sa prise de pouvoir. Il a démontré qu&rsquo;il était prêt à s’engager dans ce boulevard, que ce soit par les premières attaques contre les migrant·es, l&rsquo;offensive au Venezuela… Et puis là soudainement, déjà l&rsquo;année dernière avec les <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/videos/session-douverture-du-festival-des-idees-revolutionnaires-da2c/">premières mobilisations à Los Angeles</a> dans les quartiers contre ICE, et puis de manière plus éclairante <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/comment-minneapolis-solidaire-et-antiraciste-a-resiste-a-ice/">à partir de la fin 2025 à Minneapolis</a>, on voit qu&rsquo;il y a un espoir qui renaît, et que quand cet espoir renaît, et que tout le monde sent qu&rsquo;en s&rsquo;engageant il y a moyen de gagner, le mouvement peut prendre une ampleur où soudainement le rapport de force paraît presque de notre côté. Aux États-Unis, il n&rsquo;y a pas de jour férié le 1er mai, donc les travailleurs et les travailleuses travaillent ce jour-là. Mais là, il faut voir le <a href="https://www.iceoutnowmn.com/">programme du 1er mai</a>. C&rsquo;est très impressionnant. Il y a un appel à la grève. Par exemple, Minneapolis appelle à la grève dès le matin et l’après-midi à une grande marche contre ICE et pour la régularisation des sans-papiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et ici en France, le 1er mai, une date qui est déjà présente dans la tête de beaucoup de monde, comme une date emblématique de la lutte contre le capitalisme, de la lutte de solidarité internationale des travailleurs et des travailleuses, ça va être une date très importante pour mesurer où on en est du mouvement. Je pense que beaucoup de personnes ont prévu de s&rsquo;en saisir, et que beaucoup de collectifs ont prévu d&rsquo;y intervenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À A2C on pense que c&rsquo;est cette classe des travailleureuses que tu as citée, qui peut changer le système. Pour s&rsquo;adresser largement à la classe qui n&rsquo;est pas spontanément révolutionnaire, on a tendance à se dire qu&rsquo;il faut parfois limiter les mots d&rsquo;ordre &#8211; construire des fronts contre le racisme, qui soient aussi indépendants des fronts pour la Palestine, des fronts contre l&rsquo;impérialisme, des fronts féministes… Comment est-ce qu&rsquo;on peut articuler la nécessité d’adresser largement toutes ces revendications, et le fait qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, des milliers de personnes en train de se politiser en viennent à penser une riposte globale contre un système global ? Quelle forme ça va prendre pour le 1er mai ? Et quelles suites est-ce que ça peut donner ? </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Déjà je pense que pour l&rsquo;ensemble des collectifs qui ont mené les combats de ces dernières semaines, que ce soit au sein du front féministe, que ce soit au sein du front antiraciste, antifasciste, la première des conditions pour s&rsquo;adresser à la classe dans cette période, c&rsquo;est d&rsquo;en être le 1er mai. C&rsquo;est d&rsquo;en être et d&rsquo;y intervenir collectivement. Ensuite je pense que justement, il y a un écho en ce moment pour des mots d&rsquo;ordre qui, même lorsqu’ils sont pris « séparément » (au sein des fronts spécifiques qui les formulent), ne sont pas des mots d’ordres au rabais, mais qui au contraire engagent au combat et proposent une stratégie.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, au sein de la <a href="https://www.antiracisme-solidarite.org/accueil">Marche des solidarités</a>, on mobilise sur la question de la régularisation des sans-papiers. Derrière cette revendication, tu poses forcément la question de l&rsquo;unité, de la solidarité, du fait que même si tu n&rsquo;es pas sans-papiers, tu es concerné·e par la régularisation de tout le monde. Si on propose des mots d&rsquo;ordre contre l&rsquo;islamophobie pour se défendre face aux attaques de l’État contre toutes celles et ceux qui parmi nous sont musulmans et musulmanes, contre les attaques des mosquées par les fascistes, c’est pareil, ce ne sont pas des mots d&rsquo;ordre au rabais. Ce sont des revendications qui, par ailleurs, il y a quelques années, pouvaient paraître hyper radicales, mais qui au fur et à mesure de ces dernières années sont de plus en plus reprises largement. On ne va pas noyer tous ces fronts dans une lutte anticapitaliste, anti-impérialiste. Il y a besoin de combats sur des front spécifiques, qui ont besoin d’implication spécifiques, car on a besoin de victoires sur ces fronts-là. Mais on va montrer qu’on peut mener ces combats tout en disant « Oui, on se bat ensemble contre ce système ». Toutes et tous ensemble, on va appeler à la régularisation des sans-papiers. Toutes et tous ensemble, on va appeler à la solidarité avec la Palestine. Toutes et tous ensemble, on va appeler à la solidarité contre l&rsquo;islamophobie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour revenir sur le 1er mai, je pense que ce qui va compter pour s&rsquo;adresser à la classe, c&rsquo;est de montrer qu&rsquo;on est prêts et prêtes à se battre. Un des moyens à travers lesquels on compte faire ça en région parisienne, c&rsquo;est d&rsquo;appeler à un grand pôle dans la manifestation, un pôle antiraciste, antifasciste, antisioniste et anticolonialiste contre la guerre, qui va s&rsquo;appuyer sur deux forces : la Marche des solidarités avec les collectifs de sans-papiers et les mineurs isolés en lutte, les collectifs de quartiers contre le racisme et contre le fascisme, et <a href="https://www.urgence-palestine.com/">Urgence Palestine</a>, qui se bat pour la solidarité avec le peuple palestinien. L&rsquo;année dernière déjà, on avait mené une première fois cette expérience, et à Paris, ça avait été le 2e cortège le plus important de la manifestation derrière celui de la CGT, ce qui est quand même significatif.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et là, nous, on veut un pôle le plus massif possible, pas juste pour envoyer un message de visibilité, pas juste pour faire une démonstration de force. On veut envoyer le message qu’on est déterminé·es à se battre et que le combat va continuer dès les prochaines semaines, que ce soit pour le 9 mai virer les fachos qui veulent marcher dans Paris <em>[Une contre-manifestation partira le 9 mai à 14h de la station Saint-Michel contre le C9M, marche annuelle de militants néonazis]</em>, que ce soit pour gagner des régularisations, que ce soit pour affirmer notre solidarité à la Palestine ou pour renforcer notre capacité à riposter face à la marche vers la guerre, comme on a pu voir ces dernières semaines dans les mobilisations lycéennes et du secteur de l’éducation.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et je pense que ça, c&rsquo;est la première des choses à faire pour s&rsquo;adresser à la classe dans la période dans laquelle on est. Les gens, ils n&rsquo;ont pas envie de défiler pour la gloire. Ils ont envie de se battre pour gagner. Et donc, c&rsquo;est comme ça qu&rsquo;on va le faire en région parisienne et il y a des échos qu&rsquo;il va y avoir des cortèges similaires dans d&rsquo;autres villes, à Marseille, à Rennes, à Rouen, à Toulouse, à Saint-Brieuc&#8230; Voilà comment on s&rsquo;adresse massivement à la classe.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment est-ce que les révolutionnaires peuvent espérer soutenir, construire cette dynamique-là qui est en train d&rsquo;émerger ? Et quelles sont nos tâches pour mieux l&rsquo;accompagner, convaincre que c&rsquo;est la bonne et poser la question de quelle stratégie pour gagner</strong> ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Donc, il y a déjà ce mouvement-là, qui démontre qu&rsquo;il y a un potentiel pour lutter largement. Maintenant, toute la question est, quelle est la stratégie pour gagner ? Car ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;il y a un mouvement que la stratégie est spontanément dirigée vers le renforcement de ce mouvement et le renforcement de ses capacités pour gagner. Et pour tout ça, il y a besoin de débats sur quelles stratégies on doit mener, sur ces différents fronts dont j&rsquo;ai parlé. Quelle stratégie dans le front antiraciste, antifasciste ? Quelle stratégie dans le front anticolonialiste et de solidarité avec la Palestine ? Quelle stratégie dans le front contre la guerre ? Et pour ça, le mouvement seul, ça ne suffit pas. Ce n&rsquo;est pas uniquement des collectifs de militants et de militantes qui vont, dans chacun de ces fronts, devoir se poser la question de quelle stratégie. Il faut aussi une intervention révolutionnaire, organisée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À A2C, on pense que la stratégie pour gagner, elle doit s’élaborer par la combinaison d&rsquo;une analyse théorique marxiste et de son expérimentation, de sa pratique dans le mouvement. Et pour ça, on propose un grand événement à Paris, le 16 et 17 mai, un <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/boussoles-2/">festival <em>Boussoles</em></a>, où il va y avoir 25 discussions, qui visent à dénouer des questions qui se posent dans le mouvement :&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La libération de la Palestine se joue-t-elle uniquement en Palestine, ou doit-elle passer par le soulèvement des classes ouvrières des pays arabes environnants ?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu’est ce qui va compter dans le mouvement antiraciste ? Mettre une priorité à se battre contre les attaques de la classe dirigeante, massivement dirigées contre celles et ceux qui, parmi nous, sont migrants et migrantes, celles et ceux qui, parmi nous, sont musulmans et musulmanes, en pensant qu&rsquo;à travers la riposte face à ces attaques-là, on va renforcer l&rsquo;ensemble du mouvement antiraciste ? Le fait d&rsquo;avoir une représentativité d&rsquo;élus issus des classes populaires racisées va-t-il être déterminant ?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Faut-il penser que le Rassemblement National est l’incarnation du danger fasciste en France, et penser que c’est via le développement de ce parti que l’ensemble du mouvement fasciste, que ce soit les groupuscules, les milliardaires à la Bolloré, les médias, se renforce ? Ou doit-on, sur un plan stratégique, penser que se battre contre Bolloré équivaut à se battre contre Le Pen ?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutes celles et ceux qui font l&rsquo;expérience de l&rsquo;implication dans ces fronts-là se confrontent à ces questions et toutes ces questions-là vont être présentes à ce festival.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En plus d’un regroupement d’activistes et révolutionnaires en France, on a invité des camarades syndicalistes de Minneapolis, qui interviendront pour nous raconter leurs expériences, mais aussi des <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/greve-pour-gaza-le-28-novembre-en-italie-notre-defi-est-de-relier-la-lutte-pour-la-palestine-aux-conditions-economiques-et-de-travail-en-italie/">camarades d’Italie</a>, où on a vu comment, justement, l&rsquo;ensemble de la classe, elle redresse la tête et elle reprend confiance dans ses capacités à gagner à travers un grand mouvement de grève en solidarité avec la Palestine, ou encore des camarades de Grande-Bretagne, là où la constitution d&rsquo;un front large contre le fascisme et le racisme est en train de redonner espoir dans la capacité de gagner de l&rsquo;ensemble de la classe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On a besoin d&rsquo;espaces de discussion, d&rsquo;élaboration stratégique, à partir de boussoles et d&rsquo;analyses théoriques, à partir d’expériences vécues, et nous, c&rsquo;est ça qu&rsquo;on veut proposer à travers <em>Boussoles</em>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mathieu Pastor, Paris 20e. Propos recueillis par Milig Sinou, Paris 19e.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/1er-mai-antiraciste-contre-le-genocide-et-contre-la-guerre-montrer-a-notre-classe-quon-va-continuer-a-se-battre-pour-gagner/">1er Mai antiraciste, contre le génocide et contre la guerre : montrer à notre classe qu&rsquo;on va continuer à se battre pour gagner</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Fascistes hors de nos vies ! Retour sur une campagne anti-RN et Reconquête ! dans le 20e arrondissement de Paris.</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/fascistes-hors-de-nos-vies-retour-sur-une-campagne-anti-rn-et-reconquete-dans-le-20e-arrondissement-de-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Mar 2026 14:14:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">À l’occasion des municipales à Paris, les fascistes de Reconquête se sont sentis pousser des ailes avec la candidature de Sarah Knafo. Heureusement, il y a eu des ripostes efficaces pour saboter leur campagne sur <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/fascistes-hors-de-nos-vies-retour-sur-une-campagne-anti-rn-et-reconquete-dans-le-20e-arrondissement-de-paris/" title="Fascistes hors de nos vies ! Retour sur une campagne anti-RN et Reconquête ! dans le 20e arrondissement de Paris.">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>À l’occasion des municipales à Paris, les fascistes de Reconquête se sont sentis pousser des ailes avec la candidature de Sarah Knafo. Heureusement, il y a eu des ripostes efficaces pour saboter leur campagne sur le terrain et dresser les habitant·es des quartiers populaires contre eux.&nbsp;</em><br><em>Nous avons interrogé Oshka, militante antifasciste et membre d’A2C.</em></p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background wp-block-paragraph" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Peux-tu nous présenter la riposte antifasciste pendant la campagne des municipales dans le quartier, et en particulier sur les marchés ?</strong><br>Avec le collectif antifasciste, on a lancé une campagne contre le RN et Reconquête, particulièrement contre le RN parce qu’on pense que c’est le parti fasciste le plus puissant en France. On a lancé ça dès le mois de septembre. Et on a été présent&rsquo;es sur les marchés, à distribuer des tracts contre le RN en rappelant pourquoi on considérait ce parti comme fasciste, et en se concentrant vraiment sur leur racisme. Très honnêtement, au début, ça ramait un peu, mais c’est normal parce que les élections municipales étaient loin.<br>Le RN, on avait vu des militants l’année dernière, cet été un peu, et un peu en septembre. Ils ont fait des posts Instagram où ils disaient qu’ils déposaient des tracts dans les boîtes aux lettres et qu’ils passaient sur les marchés. Et c’est à ce moment-là que nous, on a commencé à investir vraiment les marchés, en se disant que même s’ils n’étaient pas là, au moins, les gens qui ont reçu leur tract la semaine d’avant, la semaine d’après, ils recevront aussi les nôtres. Et depuis, on ne les a pas revus. C’est plutôt Reconquête qui a fait une campagne beaucoup plus dynamique et agressive dans nos quartiers.<br>Ce qu’on a fait, c’est réactiver une ancienne boucle Whatsapp du 20e arrondissement qui s’appelle « Antiracistes Antifa 20e », qui était une boucle utilisée par les militant&rsquo;es du quartier. On l’a rendue publique en mettant le QR code sur nos affiches, nos tracts, etc., et en incitant tout le monde à la rejoindre. Elle a été rejointe par énormément d’habitant&rsquo;es, mais aussi par des commerçant&rsquo;es, par des gens du marché qui avaient leur stand et qui pouvaient nous prévenir rapidement si les fascistes étaient là. Il y a presque 400 personnes sur ce groupe, et ça s’est vraiment accéléré ces dernières semaines, parce que la campagne battait son plein.<br>On a réussi à faire en sorte que la quasi-totalité des tractages des militants de Reconquête soient perturbés par des militants antifascistes, mais pas que, vraiment par tous les habitant·es. Tout le monde a pu se saisir de la question antifasciste. Car notre objectif, c’est que les antifascistes du XXe, ce soit tout le monde, que les réflexes antifascistes renaissent. Et cette riposte nous a permis de voir que s’il y avait bien une ligne qui marchait, c’était la ligne de l’antifascisme massif, ouvert, sur des bases larges.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qu’est-ce que la mort du fasciste à Lyon a fait à la dynamique du collectif ?</strong><br>Avec sa mort, il y a eu un sursaut antifasciste, en tout cas dans le 20e, qui était très clair. On a pu voir que tout le travail qu’on avait fait en amont n’était pas vain. On était plusieurs à argumenter que c’était le moment où le collectif antifasciste devait s’ouvrir. Parce que les gens se rendent compte du danger fasciste, ils se rendent compte de la nécessité d’un antifascisme qui soit fort et qui soit ouvert. Et donc, on avait besoin d’ouvrir le collectif, on avait besoin de faire en sorte que tout le monde puisse se joindre à la lutte sur des bases larges et donc il nous fallait construire un antifascisme de masse. Les débats ne sont pas réglés, mais en tout cas, je pense que ça a quand même éclairci un petit peu ce qu’il était nécessaire de faire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment voyez-vous la suite ?</strong><br>Ce qui est sûr, c’est que toutes les personnes qui se mobilisent aujourd’hui, il faut qu’on leur permette de continuer à se mobiliser. Il ne faut pas perdre cette dynamique et cet élan qu’on a. Effectivement, on risque de moins voir Reconquête et le RN dans nos quartiers, puisque la campagne va se terminer. Il reste toujours la question de l’implantation du RN et de faire en sorte que partout où ils soient, on aille les dégager. Mais il va falloir rediriger toute cette énergie antifasciste vers quelque chose d’autre qu’une contre-campagne antifasciste à l’occasion des municipales. Je pense que notre prochaine date, ça doit être la contre-manifestation du C9M, le défilé des fascistes, début mai. C’est la prochaine date antifasciste qui va compter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Propos recueillis par Barnabe (Paris 18e)</p>
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		<title>Manifestations antiracistes et antifascistes du 14 mars : Une opportunité pour construire un front antiraciste ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 09:46:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Entretien avec Mathieu, militant d’A2C à Paris impliqué dans la Marche des Solidarités, et Wass, militante d’A2C à Marseille impliquée dans la lutte contre l’islamophobie. Iels organisent la manifestation du 14 mars, contre le racisme, <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/manifestations-antiracistes-et-antifascistes-du-14-mars-une-opportunite-pour-construire-un-front-antiraciste/" title="Manifestations antiracistes et antifascistes du 14 mars : Une opportunité pour construire un front antiraciste ?">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>Entretien avec Mathieu, militant d’A2C à Paris impliqué dans la Marche des Solidarités, et Wass, militante d’A2C à Marseille impliquée dans la lutte contre l’islamophobie. Iels organisent la manifestation du 14 mars, contre le racisme, le fascisme, contre l’islamophobie et les violences d’État.</em></p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background wp-block-paragraph" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quelles sont les forces liées aux fronts antiracistes impliquées dans la construction de la date du 14 mars contre le racisme et le fascisme ?</strong><br><strong>Mathieu :</strong> En région parisienne, la mobilisation s’organise surtout autour de deux cadres : la Marche des Solidarités (autour des collectifs de sans-papiers) et le réseau d’entraide Vérité et Justice (les familles de victimes de violences policières).<br>Ce qui est notable par rapport à ces dernières années, c’est le développement de collectifs antiracistes et antifascistes de quartier : dans le 20e arrondissement, le 12e, mais aussi à Fontenay ou à Clichy. Une section de la Marche des Solidarités s’est même montée à Clichy.<br>Il y a aussi un front que l’on pense déterminant dans la période : la lutte contre l’islamophobie. Pour l’instant, on voit moins ces collectifs participer à la préparation de la mobilisation. Ce sont souvent des collectifs davantage présents dans la production de tribunes ou de prises de parole publiques que dans l’organisation militante sur le terrain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi selon toi c’est central d’essayer de faire converger ces fronts : sans-papiers,&nbsp;lutte contre l’islamophobie et violences policières </strong>?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mathieu :</strong> Parce que cela correspond à la manière dont le racisme est développé par la classe dirigeante dans notre société. Quand on regarde les discours et les lois depuis vingt ans, on voit bien quelles sont les cibles centrales.<br>Depuis des années, les gouvernements s’attaquent aux musulman&rsquo;es : interdiction du voile dans certains espaces, interdiction de l’abaya, fermetures de mosquées ou d’associations, assimilation permanente à une menace pour la société.<br>Dans le même temps, ils s’attaquent aux migrants et migrantes et, en réalité, à l’ensemble des immigré&rsquo;es. La séquence autour de la loi Darmanin en est un exemple flagrant : la classe dirigeante a voulu faire entrer dans la tête de tout le monde que les immigrés seraient des délinquants ou des violeurs.<br>Le racisme ne touche pas que les migrant·es ou les musulman&rsquo;es. Mais il y a des priorités : il faut se défendre là où les attaques sont les plus fortes. Et notamment la violence ultime de l’État sur les personnes musulmanes, ou perçues comme telles, immigrées, sans papiers, ou perçues comme telles, c’est de les tuer par la police. Ça a été le cas&nbsp;d’El Hacen, travailleur immigré et musulman.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qu’est-ce que serait aujourd’hui un front antiraciste à la hauteur ?</strong><br><strong>Mathieu :</strong> Ce qui serait à la hauteur, c’est que partout où des personnes s’organisent aujourd’hui politiquement, elles s’organisent aussi contre le racisme. Que dans les réunions militantes, on discute aussi de comment empêcher les fachos de s’implanter dans nos quartiers, comment donner confiance aux personnes immigrées, avec ou sans papiers, de s’auto-organiser, comment soutenir les collègues sans papiers qui se battent pour obtenir ou renouveler leurs titres de séjour.<br>C’est vraiment une question de nombre et d’implantation. Il ne s’agit pas seulement d’unir les organisations antiracistes, mais de faire en sorte que cette lutte existe partout.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Depuis ton expérience de la préparation du 14 mars, quels sont les blocages à cette convergence ?</strong><br><strong>Mathieu : </strong>Le problème dépasse largement les collectifs eux-mêmes. Il y a dans la gauche et dans le milieu militant une tendance très forte à séparer les luttes. Comme si parler de racisme ne signifiait pas forcément parler d’islamophobie ou de solidarité avec les migrant·es. Que l’un invisibilisait l’autre.<br>Le fait qu’il n’existe pas aujourd’hui un mouvement antiraciste de masse renforce cette tendance. Sur certaines questions, il n’y a pas suffisamment de forces organisées. Cela produit parfois une forme de sectarisme, où se lier à d’autres est perçu comme un risque d’invisibilisation plutôt que comme un renforcement.<br>Au fond, beaucoup de gens ne pensent pas qu’un mouvement de masse soit possible. Donc, on se fixe des objectifs plus petits, autour de mots d’ordre très restreints.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Wass :</strong> Il existe aujourd’hui des collectifs antiracistes bien réels, avec des stratégies et des trajectoires parfois différentes. Je partage le constat de Mathieu sur la fragmentation des collectifs, mais je pense qu’il faut aussi interroger les raisons politiques plus profondes qui nous ont conduits à cette situation.<br>Si la convergence est si difficile aujourd’hui, c’est aussi parce que les grands partis de la gauche institutionnelle et ses bases ont trahi ces combats. En cherchant à s’intégrer aux logiques d’État, ils ont souvent relégué les luttes antiracistes au second plan, voire les ont neutralisées. Le mouvement antiraciste qui lutte contre l’islamophobie a par exemple essayé de se battre de l’intérieur, dans des partis politiques institutionnels, pour défendre la solidarité avec la Palestine et les luttes antiracistes, ce qui est un énorme saut qualitatif.<br>Mais il manque encore des espaces réels de discussion stratégique, de confrontation politique, où puissent se construire un front unitaire dans la rue, dans nos lieux de travail, nos lieux d’études… Ce blocage est le symptôme à la fois des trahisons politiques et du racisme qui continue à traverser notre propre camp.<br>Or, pour dépasser ces impasses, nous devons renouer avec la tradition d’auto-organisation de notre classe : c’est-à-dire la capacité de notre classe dans toutes les luttes qu’elle porte à se rassembler, débattre et agir. L’auto-organisation permet de reconstruire la confiance, d’unifier les luttes sur des bases concrètes et de faire émerger une direction issue directement du terrain, connectée à la réalité de nos quartiers, de nos lieux de travail et de nos combats.<br>Historiquement, le racisme a souvent affaibli et fait perdre le mouvement ouvrier. On peut penser à la grève de Talbot : au lieu d’une lutte unitaire pour tous les emplois, le patronat et l’État ont joué sur le racisme pour isoler les travailleurs immigrés, les traiter d’« intégristes chiites », faire circuler des slogans comme « bougnoules au four » ou « les Arabes, les Noirs à la Seine ».<br>Tout ça révèle un fondement du capitalisme : le racisme, qui a servi à justifier l’esclavage, le colonialisme, et aujourd’hui encore, qui organise la hiérarchie sociale du travail.<br>Cette instrumentalisation raciste a brisé la solidarité de classe et permis aux patrons d’imposer leurs licenciements. À chaque fois que le racisme entre dans notre camp, c’est tout notre camp social qui recule.&nbsp;<br>La préparation du 14 mars doit justement être l’occasion de tirer les leçons de ces divisions : construire une unité réelle, ancrée dans la reconnaissance du racisme comme question centrale de notre camp, non comme un sujet secondaire. C’est en affrontant ensemble ces contradictions, dans la rue comme dans nos organisations, que nous pourrons donner corps à un mouvement antiraciste de masse, capable de faire reculer à la fois le racisme et le pouvoir qui l’alimente.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment répondre à la crainte d’invisibilisation et défendre l’unité ?</strong><br><strong>Wass : </strong>À Marseille, on a argumenté pour que la lutte contre l’islamophobie soit davantage mise en avant dans l’appel et dans l’affiche. Ça montre qu’il y a des blocages de départ, mais qu’ils peuvent bouger quand on met les choses franchement sur la table.<br>Si plus de personnes portent ces luttes, elles deviennent plus visibles, pas moins. C’est lorsqu’on combattra tous et toutes le racisme dans toutes les formes où il se manifeste qu’on pourra commencer à construire un front commun réel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mathieu : </strong>La question qui devrait être centrale dans nos cadres d’organisation est trop souvent absente : quelle stratégie pour gagner ?<br>On discute beaucoup de la manière de se distinguer, de parler à nos propres cercles militants, plutôt que de se demander ce qui peut réellement faire avancer nos luttes.<br>Pour les collectifs de sans-papiers ou de mineurs isolés, l’objectif est concret : obtenir des régularisations, la reconnaissance de leurs droits, l’égalité. La question est donc comment faire en sorte que tout le monde se la pose et discute ensemble de ce qu’il faudrait construire pour y parvenir.<br>Et malgré tout, on sent que c’est possible. Dès qu’on va sur un marché, qu’on colle des affiches dans un quartier ou qu’on appelle à une manifestation, on rencontre beaucoup d’échos positifs. C’est ce qui donne confiance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Anouk :</strong> Aussi, comme tu l’as dis, à la Marche des Solidarités, on voit aussi se développer de nouveaux collectifs de quartier qui renforcent cette activité militante à la base. Les dates du 18 décembre et du 14 mars ne règlent pas tout. Les attaques racistes et fascistes ne se limitent pas à ces deux dates : elles sont quotidiennes. Mais ces dates servent d’appui pour accélérer le processus de construction à la base.&nbsp;<br>Et si on renforce les collectifs antiracistes locaux et les liens avec les syndicalistes, on peut ouvrir des perspectives plus larges pour la mobilisation et ouvrir les conditions d’une grève comme à Minneapolis contre le racisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Propos recueillis par Anouk (Marseille)</p>
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		<title>Edito Cahiers #21 · Minneapolis montre la voie !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/edito-cahiers-21-%c2%b7-minneapolis-montre-la-voie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 08:59:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Alors que l’Iran brûle, ce samedi 7 mars, Donald Trump affirme avec sa vulgaire arrogance : « je vais m’occuper de Cuba ». L’exemple du Venezuela et de l’Iran montrent qu’il faut le prendre au <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/edito-cahiers-21-%c2%b7-minneapolis-montre-la-voie/" title="Edito Cahiers #21 · Minneapolis montre la voie !">[...]</a></div>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Alors que l’Iran brûle, ce samedi 7 mars, Donald Trump affirme avec sa vulgaire arrogance : « je vais m’occuper de Cuba ». L’exemple du Venezuela et de l’Iran montrent qu’il faut le prendre au sérieux. Si on ne lui fait pas obstacle Trump va continuer.</em><br></p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background wp-block-paragraph" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après l’agression du Venezuela et l’enlèvement du président Maduro, c’est à l’Iran que les États-Unis se sont attaqués. Les frappes ont été justifiées au nom de la liberté du peuple iranien. Pourtant, quelques jours plus tard, c’est une école qui a été visée, causant la mort de 150 enfants. École dont les enseignant·es étaient à l’avant garde de la lutte contre le régime.&nbsp;<br>L’attaque israélo-américaine a comme objectif réel le renversement du régime iranien pour le remplacer par un pouvoir vassal. L’instabilité dans la région renforce Israël qui s’attaque au Hezbollah au Liban. Cette attaque a été rendue possible par deux ans de génocide en Palestine. Cela a modifié les rapports de force dans la région, permettant à Israël de forcer la décapitation du régime iranien.<br>Tous ces signaux montrent une puissance impérialiste qui tente par la force de maintenir son hégémonie dans le monde. Hégémonie fragilisée par l’émergence de la Chine comme puissance économique et politique capable de concurrencer les États-Unis. Ce n’est pas par hasard que les deux pays récemment attaqués, le Venezuela et l’Iran, ont comme point commun d’être des fournisseurs de pétrole de la Chine.<br>Ce qui était vrai pour le Vénézuela l’est aussi pour l’Iran. On ne libère pas un peuple en le bombardant.<br>En prétextant libérer le peuple iranien, l’attaque des États-Unis et d’Israël ne fait que renforcer le nationalisme iranien et le régime lui-même comme incarnation d’une solution anti-US et anti-Israël. En même temps, elle renforce aussi les courants réactionnaires de l’opposition au régime iranien, comme on l’a vu avec les mobilisations de monarchistes iranien·nes agitant des drapeaux israéliens et applaudissant les bombardements.<br>Donc c’est bien d’une lutte frontale et unie dont nous avons besoin, contre l’impérialisme des États-Unis et d’Israël, en Iran comme en Palestine. C’est sur ces mots d’ordre que nous devrons construire le front anti-guerre en France sans préalable sur la nature du régime iranien.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le régime iranien, force anti-impérialiste ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Devons-nous pour autant nous ranger derrière le régime, en oubliant les crimes que la République islamique d’Iran a perpétrés contre son peuple ? Face à l’horreur des politiques menées par les dirigeants américains et israéliens, la tentation de répondre oui peut grandir.<br>Mais cette position nous conduirait à fermer les yeux sur le caractère du régime iranien tout en capitulant sur la construction d’une stratégie anti-impérialiste internationaliste conséquente. Car la question de fond qui demeure est : comment vaincre les États-Unis et Israël. La réponse à cette question n’est pas d’abord militaire, elle est politique.<br>Elle demande une compréhension plus large de la dynamique impérialiste elle-même, qui n’est pas le produit de quelques gouvernements particulièrement agressifs mais une logique structurelle du capitalisme mondial. Dans ce système, les États sont engagés dans une concurrence permanente pour l’accès aux marchés, aux ressources et aux zones d’influence.<br>De ce point de vue, l’Iran ne peut pas être compris simplement comme une force extérieure qui résiste à l’impérialisme. Le régime iranien dirige une puissance régionale qui cherche à consolider sa propre sphère d’influence au Moyen-Orient, notamment à travers des alliances militaires, des réseaux armés et une stratégie d’expansion régionale. Autrement dit, il ne s’oppose pas à la logique impérialiste en tant que telle : il tente d’y trouver sa place.<br>Il ne soutient des courants comme le Hamas ou le Hezbollah que lorsqu’il y voit un intérêt pour lui-même. Cela l’a amené à défendre le régime de Assad en Syrie contre le soulèvement du peuple. Son caractère profondément réactionnaire et répressif empêche l’émergence d’un véritable mouvement anti-impérialiste porté par les travailleurs et les travailleuses de la région – en premier lieu en Iran même – en solidarité avec la Palestine et avec tous les peuples.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les forces pour infliger la défaite aux impérialistes existent</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les peuples des pays agressés Venezuela, Iran, Palestine ont montré leur capacité de mobilisation. Au Venezuela il y a quelques années. En Iran ces dernières années et ces derniers mois. Et, il y a un peu plus de dix ans, de l’Égypte à la Tunisie en passant par le Bahrein, les masses arabes ont montré leur capacité à se soulever contre l’impérialisme et contre leurs propres régimes.<br>De la même façon, les actions coordonnées des travailleur·euses des ports de la Méditerrannée qui ont été initiées pendant le génocide en Palestine avec l’apogée autour de la grève générale en Italie pourraient eux aussi mettre un frein à la machine de guerre. Sans les possibilités d’arrivées d’armes, la guerre contre l’Iran serait bien plus difficile. Ces actions avaient été initiées par des travailleur·euses immigré·es qui cumulent la peur de la guerre dans leur pays d’origine et le racisme dans leur pays d’arrivée, créant les conditions d’une véritable articulation de la solidarité internationale et de la lutte contre le racisme.<br>Construire un mouvement international contre la guerre implique donc de renforcer ces liens entre travailleurs et travailleuses au-delà des frontières.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les dirigeants impérialistes ne sont pas tout puissants</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est l’autre pilier d’un front contre la guerre. Au cœur même de la bête. L’administration Trump, malgré sa puissance militaire écrasante, n’est pas invincible. L’audience du dirigeant américain était déjà affectée par son incapacité à résoudre la crise du coût de la vie et à son implication dans l’affaire Epstein. Le mouvement contre ICE à Minneapolis a mis un coup à sa politique anti-immigré&rsquo;es : l’organisation quotidienne de milliers de personnes dans les quartiers et sur les lieux de travail en solidarité aux personnes immigrées, pour empêcher les rafles, les déportations de masse. Cette solidarité directe organisée à la base a permis l’appel à la grève générale et imposé le retrait de ICE de Minneapolis.<br>Qui aurait pu imaginer vaincre la police fasciste sur-équipée et armée de Trump ? La défaite de ICE à Minneapolis est une première victoire des travailleur&rsquo;euses. Le 28 mars, le mouvement « No Kings », qui avait rassemblé 7 millions de personnes en octobre, annonce une mobilisation historique sur tout le territoire.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Guerre, austérité et racisme</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième pilier d’un mouvement contre la guerre est la mobilisation internationale.<br>Au lendemain des attaques américaines et israéliennes, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne ont annoncé rejoindre la guerre aux côtés de leurs alliés pour des « actions défensives ». Ces déclarations annoncent l’alignement des puissances européennes aux côtés d’Israël et les États-Unis. L’entrée en guerre de la France va avoir plusieurs conséquences.&nbsp;<br>Les prévisions économiques des impacts de la guerre au Moyen-Orient indiquent une hausse de 20 à 30% des factures d’électricité et de gaz en France. Les annonces va-t-en guerre de Macron vont nécessiter de renforcer encore une fois le budget de l’armement et ce sont les travailleur·euses qui vont en payer le prix.&nbsp;<br>Mais pour faire accepter une guerre en appui à un État génocidaire au Moyen Orient, l’État français doit renforcer sa propagande raciste et nationaliste. Au niveau européen, un nouveau texte de loi « Règlement retour » est discuté pour mettre en place un arsenal administratif et politique pour « mieux lutter contre l’immigration ». Ce texte de loi va rendre légales les perquisitions policières dans des domiciles privés mais aussi dans des locaux d’associations sans mandat judiciaire et inciter à la délation pour les autorités et les services sociaux des personnes en situation irrégulière.&nbsp;<br>Le lien entre impérialisme, racisme et fascisme est direct : le nationalisme et la stigmatisation des immigré·es et des musulman&rsquo;es sont du pain béni pour les fascistes. La mort d’un jeune nazi à Lyon, dans ce contexte et dans celui des élections municipales a été l’occasion d’une offensive contre toutes les cibles de l’extrême-droite : immigré&rsquo;es, musulman&rsquo;es, centres lgbtqi+, syndicats et partis de gauche.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Nécessité de l’antifascisme</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La riposte à l’offensive raciste n’est pas venue de la gauche institutionnelle, qu’elle soit politique ou syndicale. Tous les partis ont fait une minute de silence à l’Assemblée nationale pour le jeune nazi tué. Plusieurs milliers de nazis ont défilé dans le centre de Lyon sous la protection de la police.<br>Mais progressivement la riposte est venue. Le même jour où les nazis paradaient à Lyon des rassemblements ont été organisés dans plusieurs villes. À Paris une manifestation en hommage à El Hacen tué par la police dans le 20e arrondissement a fusionné la lutte contre les violences policières, la lutte contre le racisme et en solidarité avec les sans-papiers et l’affirmation antifasciste. Parallèlement le récit dominant de la mort du nazi à Lyon a commencé à se retourner mettant en lumière la violence des fascistes et la provocation du collectif de Némésis.<br>Et ce sont les manifestations du 8 mars qui ont marqué la possibilité d’un retournement de climat. Les manifestations n’ont pas seulement été nombreuses. Elles ont montré que la rue est à nous. Elles n’ont pas seulement été féministes. Elles ont été féministes, antifascistes et anti-impérialistes.<br>Alors que les directions traditionnelles (dont syndicales) du mouvement avaient prévu de reculer devant l’offensive des fascistes de Némésis et des sionistes de Nous Vivrons, les ripostes organisées par les courants plus radicaux leur ont infligé une défaite cinglante. À Paris, le collectif Némésis a dû battre en retraite pour se réfugier loin de la manifestation, dans les quartiers bourgeois de Paris. En présence de Marion Maréchal, 200 fémo-nationalistes se sont piteusement rassemblées. Le cortège des sionistes de Nous Vivrons a également fait demi-tour face aux cordons qui le bloquaient.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un mouvement global</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À Marseille le cortège des sionistes a lui aussi été perturbé par 200 manifestant·es antifascistes et anti-impérialistes. Le cortège de Nous Vivrons a cristallisé l’aspect global de l’ennemi. À leur côté, se trouvaient les monarchistes iranien·nes célébrant Trump et Netanyahou et la candidate LR-Renaissance de Marseille, Martine Vassal (sic !), celle qui a repris le slogan de Pétain « travail, famille, patrie » dans sa campagne.<br>À l’opposé, l’après-midi, le cortège des 20 000 manifestantes était ouvert par des drapeaux palestiniens et reprenait des slogans féministes, antifascistes et anti-impérialistes.<br>C’est cette dynamique qu’on peut et qu’il faut construire et qui devrait s’exprimer dans les rues à l’occasion des manifestations du 14 mars et de la journée internationale du 28 mars.<br>Cette journée partie d’un appel international contre le fascisme et le racisme ne peut que se généraliser. Aux manifestations antiracistes et antifascistes de masse prévues à l’origine dans de nombreux pays dont les États-Unis et la Grande-Bretagne vont s’ajouter les manifestations et rassemblements en solidarité avec la Palestine à l’occasion de la Journée de la terre et la dimension anti-guerre en solidarité avec les peuples d’Iran, du Venezuela et de Cuba.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La nécessité de l’organisation pour&nbsp;l’autonomie de classe</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’impérialisme n’est pas un simple aspect du système, celui de la guerre. Il est le caractère global que prend le capitalisme, sous le fouet de la crise, quand la concurrence entre les capitaux sur le marché mondial prend la forme de l’affrontement géopolitique et militaire entre États. Cela ne transforme pas seulement la politique internationale mais aussi la nature des États eux-mêmes, militarisés, de plus en plus répressifs, autoritaires et racistes. D’où la voie ouverte aux courants fascistes.<br>La généralisation de la lutte contre la guerre et le fascisme n’est donc pas une option. Pas plus que ne l’est la centralité de la lutte de classe et de l’utilisation de la grève comme outil. Minneapolis n’est pas seulement une inspiration. La solidarité organisée quartier après quartier, la lutte contre la police, la grève lancée par des syndicats de base et généralisée dans 700 lieux entreprises sont un programme d’action. Celui de l’autonomie de classe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A2C</p>
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		<title>Réunion publique : Face aux offensives fascistes, quelle riposte construire ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/reunion-publique-face-aux-offensives-fascistes-quelle-riposte-construire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Feb 2026 16:10:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">La mort d&#8217;un facho à Lyon et le traitement médiatique qui en est fait sont l&#8217;occasion d&#8217;une offensive des fascistes : depuis vendredi, ils se rassemblent ou appellent à se rassembler un peu partout, jusque <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/reunion-publique-face-aux-offensives-fascistes-quelle-riposte-construire/" title="Réunion publique : Face aux offensives fascistes, quelle riposte construire ?">[...]</a></div>
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<p class="wp-block-paragraph">La mort d&rsquo;un facho à Lyon et le traitement médiatique qui en est fait sont l&rsquo;occasion d&rsquo;une offensive des fascistes : depuis vendredi, ils se rassemblent ou appellent à se rassembler un peu partout, jusque dans des quartiers connus pour leur histoire antifasciste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans plus d&rsquo;une dizaine de villes, des locaux politiques, syndicaux, des mosquées et des lycées ont été ciblés par les fascistes. Des rassemblements fascistes se sont aussi tenus partout en France.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est impératif de mobiliser partout sur la question, sans attendre que les fascistes appellent à des rassemblements, s&rsquo;il le font, chercher à les faire annuler par notre présence massive. Et de renforcer la diffusion de tracts sur les marchés, le collage d&rsquo;affiches…<br>C&rsquo;est l&rsquo;urgence absolue : rendre visible une opposition large et populaire au fascisme et au racisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">●<strong> Face à l&rsquo;offensive fasciste, unité et solidarité</strong> avec les organisations attaquées ou menacées, défense des lieux attaqués ou menacés, renforcement des réseaux de défense des sans-papiers etc.</p>



<p class="wp-block-paragraph">● <strong>Il faut relégitimer la lutte antifasciste</strong> : il était juste de combattre le fascisme avant Lyon et c&rsquo;est toujours juste après. Il faut maintenir et développer la mobilisation dans nos quartiers contre la propagande électorale des fascistes et contre le racisme au pouvoir.<br>Les prochaines échéances du mouvement doivent nous permettre de renforcer la construction du mouvement antifasciste par en bas, avec tout le monde : le 8 mars en virant Nemesis et les sionistes, en s&rsquo;organisant pour empêcher les fachos d&rsquo;apparaître publiquement dans le cadre de la campagne des municipales, et en manifestant partout le 14 mars, à l&rsquo;appel de la Marche des Solidarités, contre le racisme et le fascisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">● <strong>Nous ne laisserons pas un centimètre aux fachos</strong> qui tuent sans vergogne et s&rsquo;enorgueillissent<br>de frapper. A Lyon Deranque était membre des groupes nazis qui cherchaient à développer un climat de terreur contre les immigré.es, les musulman.es, les féministes et les militant.es LGBTq+ et toute la gauche politique et syndicale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Connectez-vous <strong>dimanche, à 18h, sur zoom, </strong>pour une introduction et une discussion avec des camarades d’A2C impliqué’es dans les fronts antiracistes et antifascistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>ID de réunion : 865 0533 4715</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mot de passe : 915793</strong></p>
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		<title>Pas de front commun antifasciste sans luttes contre l&#8217;islamophobie</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-front-commun-antifasciste-sans-luttes-contre-lislamophobie-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Feb 2026 12:26:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Fascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Islamophobie]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">« Quand vous entendez dire du mal des Juifs, dressez l’oreille : on parle de vous. » Citant une punch-line de son professeur de philosophie antillais dans « Peau noire, masques blancs » (1952), Frantz <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-front-commun-antifasciste-sans-luttes-contre-lislamophobie-2/" title="Pas de front commun antifasciste sans luttes contre l&#8217;islamophobie">[...]</a></div>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>« Quand vous entendez dire du mal des Juifs, dressez l’oreille : on parle de vous. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Citant une punch-line de son professeur de philosophie antillais dans <em>« Peau noire, masques blancs » </em>(1952), Frantz Fanon nous met en garde sur l&rsquo;unicité du racisme dont l&rsquo;antisémitisme était à cette époque la pointe avancée. Dit d&rsquo;une autre façon, il ajoute : <em>« Depuis lors, j’ai compris qu’il voulait tout simplement dire : un antisémite est forcément négrophobe »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelque 70 ans plus tard, cette phrase garde tout son sens en parlant des musulman·es. Si l&rsquo;antisémitisme n&rsquo;a pas disparu, c&rsquo;est l&rsquo;islamophobie qui est aujourd&rsquo;hui le racisme assumé par le camp réactionnaire dans la bataille politique : rapport sur « l&rsquo;entrisme des Frères Musulmans <em>»</em> présenté en conseil de défense, expulsions d&rsquo;imams, multiples lois visant les musulman·es…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, une partie de notre classe fait face à un arsenal de théories racistes, de plus en plus épaulées par les appareils d’État et la bourgeoisie. Cette sinistre idéologie de l&rsquo;ennemi de l&rsquo;intérieur, secondée par le matraquage de la laïcité à tout va, est la colonne vertébrale de l&rsquo;islamophobie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette idéologie a une fonction. De la même façon que le racisme anti-noir a servi de légitimation de la mise en esclavage des africain·es et de la domination coloniale, l&rsquo;islamophobie sert un agenda politique raciste pour renforcer le camp réactionnaire et alimenter la funèbre logique de l&rsquo;impérialisme occidental.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Derrière l&rsquo;islamophobie,  se cache l&rsquo;impérialisme</strong></h1>



<p class="wp-block-paragraph">Quel lien entre un racisme qui explose, la course effrénée au développement de nouvelles technologies comme l&rsquo;IA, l&rsquo;austérité imposée aux peuples du monde entier et l&rsquo;explosion des budgets d&rsquo;armement et de ses guerres coloniales associées ? Le capitalisme. Et pour comprendre pourquoi le capitalisme alimente racisme et guerres impériales, il faut comprendre la logique même d&rsquo;un système économique basé sur l&rsquo;accumulation de capital.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour accumuler du capital, une entreprise a besoin d&rsquo;être compétitive. Sauf que sur le marché, la concurrence est rude. Par exemple, au cours des années 2010 et la généralisation d&rsquo;achats sur internet, les entreprises de vente en ligne voyaient leur marge nettement augmenter. Après le COVID, entre la concurrence accrue et les monopoles des géants comme Amazon, les prix ont drastiquement baissé (donc les profits avec). C&rsquo;est la trajectoire même du capital, appelée aussi « la baisse tendancielle du taux de profit <em>»</em>. Les profits baissent, mais il faut continuer d&rsquo;en faire coûte que coûte pour la survie de l&rsquo;entreprise. Pour cela, plusieurs solutions : baisser les salaires et supprimer des emplois (austérité) ; développer des nouvelles technologies (augmenter la productivité) ; étendre son marché vers d&rsquo;autres pays ou d&rsquo;autres secteurs et créer un monopole (guerres impérialistes).</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est vrai dans tous les domaines. Alors quand on parle ressources et matériaux (pétrole, uranium, terres rares&#8230;), on voit vite comment les enjeux territoriaux peuvent être énormes. Ainsi, la guerre économique entre les entreprises peut rapidement se muer en guerre tout court pour l&rsquo;accès aux ressources.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela explique en partie la situation au Yémen : depuis 2015, la coalition de pays arabes dirigée par l&rsquo;Arabie saoudite (et soutenue par les pays occidentaux) maintient le pays sous blocus naval et aérien, causant plus de 377 000 morts (par famine et bombardements indiscriminés). Objectifs : affaiblir le mouvement Ansarullah (Houthis, alliés de l&rsquo;Iran) pour sécuriser les routes commerciales comme le détroit de Bab el-Mandeb (12 % du pétrole mondial) et protéger les intérêts des multinationales pétrolières occidentales comme BP et Chevron.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais les guerres impérialistes ont un coût, et pour faire accepter ce coût à son peuple, un État doit trouver des justifications. C&rsquo;est là qu&rsquo;intervient la construction d&rsquo;un ennemi commun contre lequel l’État, tel un pompier-pyromane, nous garantira protection en échange de concessions politiques (restrictions des libertés) et économiques (l&rsquo;austérité).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis la révolution iranienne de 1979, dans laquelle les États-Unis (alliés du pouvoir déchu) craignaient pour leurs intérêts, cet ennemi commun, ce sont les musulman·es ou supposé·es comme tels, et les pays dits musulmans. Ensuite, l&rsquo;attaque du 11 septembre a largement été exploitée pour accélérer cette doctrine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ennemi de l&rsquo;extérieur pour justifier le colonialisme et les guerres impérialistes. Ennemi de l&rsquo;intérieur pour empêcher l&rsquo;unification de notre classe et favoriser l&rsquo;exploitation.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Défendre l&rsquo;unité, c&rsquo;est défendre les musulman·es</strong></h1>



<p class="wp-block-paragraph">Si l&rsquo;islamophobie est aujourd&rsquo;hui la pointe avancée de l&rsquo;impérialisme occidental, elle s&rsquo;attaque en 1ᵉʳ lieu aux musulman·es, ou supposé·es, en instrumentalisant la lutte contre le terrorisme : invasion de l’Afghanistan par les USA en 2001, attaques « préventives <em>»</em> contre l&rsquo;Iran par Israël l&rsquo;année dernière, ostracisation des musulman·es de France… La liste est longue, et chacun de ses tirets devrait nous révolter en soi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En plus de ces innombrables violences, l&rsquo;exclusion sociale des musulman·es nous divise et sert l&rsquo;exploitation de l&rsquo;ensemble de la classe ouvrière. Car face à une classe faible et divisée, dans laquelle on a laissé le racisme s&rsquo;immiscer, le patronat peut aisément imposer des conditions de travail qui nous sont de plus en plus défavorables. C&rsquo;est ce qu’explique le sociologue marxiste Al Szymanski. Il nous dit à propos des États-Unis des années 70 : « Plus la discrimination raciale est intense, plus bas sont les salaires des Blancs du fait de la variable intermédiaire de la solidarité de la classe ouvrière – en d’autres termes, le racisme désavantage économiquement les travailleurs blancs parce qu’il affaiblit l’organisation syndicale en détruisant la solidarité entre travailleurs noirs et blancs »<sup data-fn="ea20736e-21d6-4aa2-9840-499fc5bc51dc" class="fn"><a href="#ea20736e-21d6-4aa2-9840-499fc5bc51dc" id="ea20736e-21d6-4aa2-9840-499fc5bc51dc-link">1</a></sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand les musulman·es se font attaquer, c&rsquo;est tout le camp social qui perd de la force.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De la même façon, l&rsquo;accélération des dissolutions d&rsquo;associations de ces dernières années a d&rsquo;abord visé des organisations cultuelles musulmanes (comme celle de la mosquée de Lagny-sur-Marne), puis celles de lutte contre l&rsquo;islamophobie (le CCIF<sup data-fn="4fca8dec-9b22-4747-a07c-d58a634568a7" class="fn"><a href="#4fca8dec-9b22-4747-a07c-d58a634568a7" id="4fca8dec-9b22-4747-a07c-d58a634568a7-link">2</a></sup>, aujourd&rsquo;hui réformé en CCIE<sup data-fn="7de86080-24b6-4006-8eef-2bd0e628ebb9" class="fn"><a href="#7de86080-24b6-4006-8eef-2bd0e628ebb9" id="7de86080-24b6-4006-8eef-2bd0e628ebb9-link">3</a></sup>). Devant la non-réaction du camp social, pourquoi le gouvernement n&rsquo;étendrait-il pas ces attaques à des collectifs antifascistes ou écologistes ? C&rsquo;est exactement le déroulé de ces 10 dernières années, où la réaction de notre camp a réellement commencé qu&rsquo;avec la tentative de dissolution des Soulèvements de la Terre, puis celle de la Jeune Garde ou d&rsquo;Urgence Palestine.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>La laïcité comme arme de guerre</strong></h1>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les nombreux outils pour attaquer les musulman·es, la laïcité revient souvent sur la table. Elle est brandie messianiquement à chaque fois qu&rsquo;il s&rsquo;agit de taper sur les musulman·es. Sur les plateaux télé évidemment, mais aussi pour faire passer la batterie de lois islamophobes persécutant et excluant de l&rsquo;espace public et de l&rsquo;école nos camarades musulman·es (par exemple avec la loi de 2004 sur les signes religieux qui a servi de pied dans la porte des nombreuses lois islamophobes qui ont suivi).</p>



<p class="wp-block-paragraph">À en croire les dires de l’État et de ses relais médiatiques, le musulman menacerait par définition les valeurs de la République, notamment parce qu&rsquo;il serait en contradiction avec la laïcité définie par la loi de 1905.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il serait communautariste (voire séparatiste) lorsqu&rsquo;il prend soin de sa communauté. Autrement, il est taxé d&rsquo;entriste quand il correspond aux attentes républicaines, du style quand le lycée Averroès obtient des résultats exceptionnels au bac.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pile tu perds, face tu perds.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À gauche, c&rsquo;est un peu plus subtil. Pour la loi de 2004 et pendant plus de 10 ans, c&rsquo;était surtout complaisance et grand silence. Aujourd&rsquo;hui, dans les balbutiements de soutien, il a souvent été pointé la non-exemplarité politique (impossible à avoir) des musulman·es visé·es par les violences d’État en scrutant chacune de leurs déclarations et de leurs liens passés.&nbsp;</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Islamophobie : les blocages à gauche</strong></h1>



<p class="wp-block-paragraph">Pour que la gauche s’engage pleinement, déjà il lui faut dépasser son islamophobie encore présente jusque dans les cercles militants. Par exemple à Rennes, dans le mouvement pour la Palestine, une proposition en interne de l&rsquo;AG Palestine fut de faire une doha (prière) pour les morts à Gaza, mais celle-ci a été empêchée. De même pour les slogans en arabe, ça a été difficile de les faire accepter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est parfois une doctrine moraliste anti-religieuse qui empêche la solidarité. À l&rsquo;image de cette citation de Bakounine, dans son livre Dieu et l&rsquo;État, qui fut pourtant pendant longtemps sur ma table de chevet : <em>« Si Dieu est, l&rsquo;homme est esclave ; or l&rsquo;homme peut, doit être libre, donc Dieu n&rsquo;existe pas »</em>. Une vision binaire de la croyance, opposée à toute religion qui serait naturellement obscurantiste. Cela nous empêche d&rsquo;avoir une lecture matérialiste des structures oppressantes réellement à l’œuvre, en vue de les combattre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, c&rsquo;est aussi une volonté de détruire le potentiel outil de résistance qu&rsquo;est l&rsquo;islam.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À droite, pour briser la résistance à l&rsquo;hégémonie capitaliste et impérialiste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À gauche, car la seule identité légitime pour faire la révolution serait celle du prolétaire, toute autre identité est vue comme divisant la classe ouvrière. Si notre classe est effectivement traversée par des contradictions, c&rsquo;est une erreur de ne pas les prendre en charge et de laisser une partie de notre classe (ici les musulman·es) seule face aux violences racistes. Car l&rsquo;unicité se construit en opposition aux stratégies de division de la classe dirigeante.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Lutter aux côtés des musulman·es</strong></h1>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ceux et celles qui nous accusent de complicité avec les musulman·es, il faut plaider coupable<sup data-fn="0e8a3ec6-6f73-47c1-903e-2dac028b7eea" class="fn"><a href="#0e8a3ec6-6f73-47c1-903e-2dac028b7eea" id="0e8a3ec6-6f73-47c1-903e-2dac028b7eea-link">4</a></sup>. Coupable de défendre la liberté de culte. Coupable de défendre la Palestine, de la mer au Jourdain. Coupable de défendre la liberté, l&rsquo;égalité et la fraternité réelle pour toutes et tous. Chaque musulman·e attaqué·e pour ce qu&rsquo;il est, se doit d&rsquo;être défendu·e, qu&rsquo;importe les différents politiques existant. Que ce soit l&rsquo;imam Hassan Iquioussen victime de la loi séparatisme et menacé d&rsquo;expulsion, ou Omar Alsoumi arrêté pour « apologie de terrorisme <em>»</em> pour avoir soutenu la résistance palestinienne, ou une mosquée attaquée, nous devons réagir depuis nos collectifs. Chaque solidarité effective contre les violences islamophobes participe à l&rsquo;unification de notre classe, et donc nous renforce collectivement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré tout, dans les moments critiques, nous pouvons entrapercevoir nos possibles alliances. Lors de l&rsquo;horrible meurtre filmé d&rsquo;Aboubakar Cissé en pleine prière, une partie de la gauche radicale a rapidement réagi pour participer aux mobilisations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De la même façon, les 2 dernières années de lutte contre le génocide à Gaza et la colonisation en Cisjordanie sont parties d&rsquo;un mouvement par en bas et ont montré qu&rsquo;avec un objectif clair (arrêter le génocide), il est possible de dépasser nos contradictions et de lutter au coude à coude, musulmans ou non. Pour autant, les quelques ponts qui se sont créés se sont faits au prix du sacrifice de centaines de milliers de palestinien·nes, et globalement la réaction de notre camp reste très loin d&rsquo;être satisfaisante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Maintenant, il faut arrêter d&rsquo;essentialiser les organisations musulmanes ou de les voir comme un bloc homogène, pour les considérer pour ce qu&rsquo;elles sont : des forces politiques avec lesquelles il est possible de s&rsquo;allier pour les prochains combats à mener, en particulier pour créer un front commun conséquent contre le racisme et le fascisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Camille (A2C Rennes)</em></strong></p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="ea20736e-21d6-4aa2-9840-499fc5bc51dc">A. Szymanski, <em><a href="https://www.jstor.org/stable/2094250">« Racial Discrimination and White Gain »</a></em>, American Sociological Review, 41 (1976), pp. 409-412. <a href="#ea20736e-21d6-4aa2-9840-499fc5bc51dc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="4fca8dec-9b22-4747-a07c-d58a634568a7">CCIF : Collectif Contre l&rsquo;Islamophobie en France <a href="#4fca8dec-9b22-4747-a07c-d58a634568a7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="7de86080-24b6-4006-8eef-2bd0e628ebb9">CCIE : Collectif Contre l&rsquo;Islamophobie en Europe <a href="#7de86080-24b6-4006-8eef-2bd0e628ebb9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="0e8a3ec6-6f73-47c1-903e-2dac028b7eea">Inspiré de l&rsquo;article <em><a href="https://www.lignes-de-cretes.org/contre-lslamophobie-le-11-mai-et-apres-aimez-nous-vivants/">« Contre l’islamophobie : le 11 mai et après, aimez-nous vivants »</a></em>, Nadia Meziane, lignes-de-cretes.org <a href="#0e8a3ec6-6f73-47c1-903e-2dac028b7eea-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-front-commun-antifasciste-sans-luttes-contre-lislamophobie-2/">Pas de front commun antifasciste sans luttes contre l&rsquo;islamophobie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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