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	<title>Archives des anti-impérialisme - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<title>Archives des anti-impérialisme - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Contre le budget de guerre et l’austérité, tous&#8217;tes en grève !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/contre-le-budget-de-guerre-et-lausterite-toustes-en-greve/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 May 2026 17:09:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[anti-impérialisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026 En mars 2026, un mouvement a secoué le secteur de l’éducation et la jeunesse lycéenne à Marseille contre les suppressions de postes et les baisses de moyens prévues <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/contre-le-budget-de-guerre-et-lausterite-toustes-en-greve/" title="Contre le budget de guerre et l’austérité, tous&#8217;tes en grève !">[...]</a></div>
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<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026</strong></p>



<div class="wp-block-file"><a id="wp-block-file--media-9243803b-9046-4f69-aa9c-1aa44df22109" href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/05/educ.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pour lire ou imprimer l&rsquo;article maquetté</a><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/05/educ.pdf" class="wp-block-file__button wp-element-button" download aria-describedby="wp-block-file--media-9243803b-9046-4f69-aa9c-1aa44df22109">Télécharger</a></div>



<p></p>



<p><em>En mars 2026, un mouvement a secoué le secteur de l’éducation et la jeunesse lycéenne à Marseille contre les suppressions de postes et les baisses de moyens prévues par le nouveau budget 2026. Ce fut la première riposte, sur les lieux de travail, au nouveau budget austéritaire de Lecornu et à l’économie de guerre.</em></p>



<p>Les journées de mobilisation du 10, 17, 19 et 26 mars ont mis plus de 2000 personnes dans les cortèges, plusieurs vies scolaires en grève et ont bloqué des dizaines de lycées contre les coupes budgétaires, la militarisation et la guerre.<br>Il existe donc des possibilités de riposte face aux conséquences de l’économie de guerre sur les travailleur&rsquo;euses. Il nous faut rendre compte de ce qui a rendu possible un tel mouvement mais aussi ses limites pour envisager sa généralisation à l’ensemble des secteurs de travail.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des tensions impérialistes aux coupes dans le secteur de l’éducation et de la jeunesse</h3>



<p>Depuis le renforcement des tensions inter-impérialistes mondiales, avec notamment un point de bascule avec le début de la guerre en Ukraine, les États européens augmentent fortement leur budget de guerre. En France, la loi de programmation militaire 2024-2027 adoptée en 2023 prévoit 413 milliards d’euros de dépenses militaires sur sept ans, soit une hausse d’environ 40 % par rapport à la programmation précédente.</p>



<p>Cette économie de guerre ne relève pas d’un contexte sécuritaire dégradé mais bien de la dynamique structurelle du capitalisme mondial. L’augmentation des tensions entre puissances impérialistes pour le contrôle des marchés, des ressources et des zones d’influence menace de déclencher des conflits militaires. Le réarmement des pays européens montre leur volonté de se trouver une place dans un moment de reconfiguration impérialiste marqué par le recul de l’hégémonie américaine et la montée en puissance de la Chine.</p>



<p>Cette économie de guerre entraîne une restructuration du budget de l’État avec des coupes massives dans certains secteurs comme celui de l’éducation. Début février, un budget a annoncé la suppression de 4000 postes dans l’Éducation nationale. L’État fait payer la guerre aux travailleur&rsquo;euses et coupe dans les secteurs publics. Mais il a également besoin d’une jeunesse prête à combattre et multiplie les partenariats entre l’Éducation nationale et les armées, notamment avec les dispositifs « classes défense » qui multiplient les liens et les rencontres entre l’armée et les élèves.</p>



<p>Depuis 2026, un service militaire « volontaire » est mis en place pour les jeunes âgé&rsquo;es entre 18 et 25 ans pour une durée de 8 à 12 mois, rémunéré et offrant des avantages d’accès à l’emploi. Ce dispositif vise évidemment les jeunesses populaires et ouvrières qui vont voir en celui-ci une possibilité de revenu et d’accès au marché du travail. Pour justifier les saignées dans l’éducation et de tels dispositifs, Macron développe un argumentaire nationaliste et raciste pro-guerre.</p>



<p>La mobilisation des travailleur&rsquo;euses de l’Éducation nationale est un début de réponse aux contradictions des guerres impérialistes qui ne peuvent se faire sans le soutien des travailleur&rsquo;euses qui n’y ont pas intérêt et qui en paient le prix.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La mobilisation lycéenne déclenche l’opposition au budget de guerre</h3>



<p>Le mouvement a débuté le 5 mars par un blocus lycéen contre la militarisation de la jeunesse. Cette action a lieu en solidarité avec un appel des organisations lycéennes en Allemagne contre la militarisation. Ce jour a vu des grèves et manifestations dans plus de 140 villes outre-Rhin avec plus de 50 000 lycéen&rsquo;nes en manifestation.</p>



<p>En France, l’écho a été partiel mais à Marseille le blocus le 5 mars a participé du déclenchement de blocus contre la militarisation et le budget de guerre. Les jours suivants, plusieurs établissements scolaires sont bloqués. La participation des lycéen&rsquo;nes permet d’accélérer les grèves des travailleur&rsquo;euses de l’éducation qui débutent le 10 mars dans plusieurs établissements particulièrement touchés par les coupures budgétaires.</p>



<p>La détermination des lycéen&rsquo;nes permet de convaincre les enseignant&rsquo;es de la grève en affirmant la nécessité de la solidarité avec les élèves qui bloquent et subissent une répression inouïe. L’Éducation nationale et la préfecture répriment les blocus avec l’envoi systématique de CRS, des G.A.V de lycéen&rsquo;nes mobilisé&rsquo;es, des interpellations à domicile d’élèves mineur&rsquo;es et même des fichages de certain&rsquo;es élèves par le rectorat.</p>



<p>Dans les manifestations intersyndicales, les lycéen&rsquo;nes animent des cortèges dynamiques, avec des slogans contre la guerre, contre la militarisation de la jeunesse, contre le génocide en Palestine, contre l’extrême droite et pour les services publics.</p>



<p>Des assemblées générales lors des journées de mobilisation ont regroupé lycéen&rsquo;nes, parents d’élèves et enseignant&rsquo;es. Ça a favorisé la politisation du mouvement en le faisant dépasser les revendications purement économiques propres au secteur, pour lui donner un caractère plus politique, qui lie les coupes budgétaires au contexte d’économie de guerre.</p>



<p>La répression inédite des lycéen&rsquo;nes a révélé ce que l’État était prêt à faire pour éviter que le mouvement ne se diffuse dans d’autres secteurs touchés par les coupes budgétaires dans un contexte de forte augmentation du carburant qui renforce l’impopularité de la guerre.</p>



<p>Toutefois, le mouvement ne s’est pas étendu au-delà du secteur de l’éducation à Marseille. Les militant&rsquo;es syndicalistes n’ont pas perçu le potentiel de ce type de mouvement et ne s’en sont donc pas saisi. Il a pourtant le potentiel pour faire reculer le gouvernement, non seulement sur l’éducation mais dans l’ensemble des secteurs visés par l’économie de guerre.</p>



<p>En ce sens, le communiqué écrit le 17 mars, en réponse à l’appel de l’AG éducation de Marseille à généraliser la grève le 26 mars, par les enseignant&rsquo;es du lycée Voltaire à Paris est exemplaire. En appelant à la grève nationale reconductible sur des mots d’ordre « des moyens pour l’éducation, pas pour la guerre ! Nos mobilisations sont la solution », il permet d’imaginer ce que pourrait changer la présence de camarades implanté&rsquo;es dans de nombreux établissements au niveau national voulant généraliser et politiser la grève.</p>



<p>Le potentiel du mouvement des travailleur&rsquo;euses de l’éducation contre la guerre dépasse la France.</p>



<p>Un mouvement d’ampleur dans l’éducation, qui dépasserait les frontières nationales, contre la destruction de l’école publique pour financer l’armée et les génocides, est possible.</p>



<p>En Italie, après avoir été impliqué dans les grèves pour la Palestine de septembre dont les taux de grève ont dépassé ceux des dernières années, le secteur de l’éducation appelle à une grève le 7 mai 2026 contre le budget de guerre, la militarisation de la jeunesse et la réforme des lycées professionnels qui s’annonce très suivie. D’après Francesco Tirro (militant syndicaliste éducation USB Scuola, rencontré lors de la flottille pour Gaza), « ces grèves sont le résultat d’un travail conscient syndical de liaison des conditions de travail à une situation politique plus générale d’économie de guerre, de militarisation de la jeunesse et de complicité du gouvernement Méloni avec le génocide en Palestine ».</p>



<p>Cette date de grève, appelée par plusieurs syndicats avec des mots d’ordre politiques, doit être suivie de près et montre les capacités des travailleur&rsquo;euses à riposter face à la guerre et la militarisation de la jeunesse.</p>



<p><strong>Anouk Brunet (Marseille)</strong></p>
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		<item>
		<title>Iran, (anti)impérialisme et révolution</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/iran-antiimperialisme-et-revolution/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 May 2026 17:01:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[anti-impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026 Les difficultés pour construire un mouvement anti-impérialiste et antiguerre en France ne tiennent pas aux conditions objectives. À travers le monde des millions de personnes ont manifesté contre <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/iran-antiimperialisme-et-revolution/" title="Iran, (anti)impérialisme et révolution">[...]</a></div>
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<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026</strong></p>



<div class="wp-block-file"><a id="wp-block-file--media-3bbb91a9-0338-4461-b878-60e555bf7ddd" href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/05/iran.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pour lire ou imprimer l&rsquo;article maquetté</a><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/05/iran.pdf" class="wp-block-file__button wp-element-button" download aria-describedby="wp-block-file--media-3bbb91a9-0338-4461-b878-60e555bf7ddd">Télécharger</a></div>



<p></p>



<p>Les difficultés pour construire un mouvement anti-impérialiste et antiguerre en France ne tiennent pas aux conditions objectives. À travers le monde des millions de personnes ont manifesté contre le génocide en Palestine malgré les médias ou la répression. Les obstacles tiennent en premier lieu aux positions qui dominent dans les organisations.</p>



<p>La position dominante veut que la condamnation des bombardements sur l’Iran soit conditionnée à celle du régime iranien, dont la traduction concrète est le refus dans nos manifestations de la participation de cortèges avec des drapeaux iraniens.</p>



<p>Le peuple iranien a régulièrement montré sa détermination à remettre en question le régime malgré une répression systématique. Ses luttes apportent énormément d’espoir face à l’approfondissement de la crise du capitalisme et sa manifestation impérialiste. Partir de là est donc très important pour pouvoir discuter des possibilités de faire face à la situation.</p>



<p>Depuis la révolution de 1979 la place que le régime veut donner à l’Iran dans la compétition régionale façonne la société. Des révoltes très fréquentes et très massives éclatent. La dernière en date a été complètement stoppée par les bombardements d’Israël et des États-Unis.</p>



<p><strong>Sous l’emprise de l’impérialisme</strong></p>



<p>Tout au long du XXè siècle l’Iran a été convoité par les grandes puissances pour ses ressources pétrolières et pour sa situation géostratégique au Moyen-Orient.<br>Avant 1979, la majorité de la population vit à la campagne où les méthodes agricoles sont peu développées. Il y a aussi des zones avec de fortes concentrations ouvrières, liées à l’économie du pétrole. Une bourgeoisie nationale se développe mais l’économie est dépendante du secteur du pétrole sous le contrôle de firmes anglaises puis US.<br>Dès les années 1970, les salarié&rsquo;es, les ouvrier&rsquo;es représentent à peu près un tiers de la population.<br>Les bazars contrôlent l’essentiel du commerce, de gros et plus encore de détail. Mais se développe également dans les grandes villes une élite iranienne qui arrive à vivre des revenus du pétrole, qui s’occidentalise dans ses modes de vie, en même temps que des bidonvilles énormes se mettent en place autour des grandes villes et notamment de Téhéran.</p>



<p><strong>La révolution par étapes</strong></p>



<p>C’est dans ce contexte qu’émergent de grandes révoltes. Elles produisent des débats dans la gauche iranienne. Ce qui domine sont les théories staliniennes, qui estiment que dans un pays relativement peu développé économiquement il est impossible pour la classe ouvrière de changer la société et de parvenir au socialisme. Il faut préalablement passer par un développement capitaliste de la société, qui ne peut être réalisé qu’en soutenant la bourgeoisie dans ses velléités d’acquérir une indépendance nationale qui permettra de développer économiquement le pays<sup data-fn="3fdc5088-3300-40e3-bce4-0a4a599d955f" class="fn"><a href="#3fdc5088-3300-40e3-bce4-0a4a599d955f" id="3fdc5088-3300-40e3-bce4-0a4a599d955f-link">1</a></sup>.<br>Cette théorie de la révolution par étapes s’était concrétisée une première fois par le soutien de la gauche au gouvernement de front national dirigé par Mossadegh qui prend le pouvoir en 1952. Mossadegh prend la décision de nationaliser le pétrole iranien. Très rapidement la Grande-Bretagne riposte, soutenue par les Etats-Unis – et organise un coup d’état en août 1953, qui réinstalle le régime autocratique du Shah.<br>Effrayée par le soulèvement populaire créé par la victoire de Mossadegh, la bourgeoisie nationale s’est finalement rangée du côté de l’impérialisme américain et britannique. La répression décapite la gauche. Des mouvements liés aux mosquées et dirigés par le clergé se mettent alors à jouer un rôle central dans la contestation populaire des décennies qui vont suivre.</p>



<p><strong>La révolution de 1979</strong></p>



<p>Des manifestations démarrent en 1977 pour une démocratisation, puis des soulèvements dans les bidonvilles. A la fin de l’année les grèves se développent. En un an se développent des comités de quartier &#8211; les Komitehs &#8211; et des comités d’usines &#8211; les Shoras. Dans de nombreux endroits les ouvriers chassent les patrons et prennent le contrôle de leur entreprise. Mais la gauche ne pousse pas pour que ces comités se coordonnent et s’organisent en pouvoir alternatif. Elle continue de penser que le pouvoir doit être occupé par la bourgeoisie nationale qui cherche l’indépendance.<br>Par contre, le mouvement des mosquées se développe, avec une personnalité – Khomeini – qui a un réseau très important au niveau national et qui propose une direction politique, celle de prendre le pouvoir. Il a une base relativement importante dans la nouvelle classe moyenne qui s’est construite dans les entreprises.<br>Quand le Shah prend la fuite ce n’est donc pas la classe ouvrière qui prendra le pouvoir, ni la bourgeoisie qui souhaitait un retour à l’ordre, mais la classe moyenne sous la direction de l’ayatollah Khomeini.</p>



<p><strong>De l’anti-impérialisme des classes moyennes…</strong></p>



<p>Le gouvernement mis en place par Khomeini n’est pas un gouvernement complètement lié à la bourgeoisie. Et il va mettre en place des mesures radicalement différentes de ce qui a existé jusqu’alors. En nationalisant toutes les entreprises qui étaient détenues par le Shah et ses réseaux auparavant, il réintègre dans la sphère publique des pans de l’économie qui apparaissaient comme des sphères d’enrichissement d’une minorité. Ces mesures sont apparues comme anticapitalistes. En France, Sartre, Foucault, Simone de Beauvoir célèbrent Khomeini comme un militant anti impérialiste. Les théories sur « l’islam révolutionnaire » fleurissent, de même que les tentatives de synthétiser islam et marxisme.<br>Pour stabiliser son pouvoir et assurer sa base sociale, Khomeini va alterner des attaques sur sa gauche et sur sa droite. Il va s’allier avec la bourgeoisie nationale pour détruire les Komiteh et les Shoras. Puis, en novembre 1979, il organise l’occupation de l’ambassade des États-Unis durant plusieurs mois, contre l’avis de la bourgeoisie iranienne. Cet acte est resté dans l’histoire comme un défi à l’impérialisme.</p>



<p><strong>… à la crise du capitalisme d’État</strong></p>



<p>Pour stabiliser un système au point de départ instable, Khomeini va s’appuyer sur deux choix politiques.<br>Il développe progressivement, via les nationalisations et grâce aux revenus pétroliers une forme de capitalisme d’État. Il crée ainsi une énorme bureaucratie qui sera la base sociale du régime.<br>Et il va utiliser la guerre et le nationalisme pour délégitimer et détruire physiquement toute opposition comme complice de l’impérialisme. Il va ainsi grandement bénéficier de la guerre meurtrière avec l’Irak à partir de 1980. Surtout quand l’Irak obtiendra le soutien US.<br>Comme les autres capitalismes d’État (des pays de l’est à l’Egypte) le régime islamique rentre en crise à la fin des années 1980 du fait de la de crise économique au niveau international. C’est aussi la fin de la guerre avec l’Irak et la mort de Khomeini.<br>Les rivalités éclatent alors au sein de la classe dirigeante iranienne entre la bureaucratie d’État qui veut prolonger son régime sous couvert d’anti-impérialisme et une partie de la bourgeoisie plutôt tournée vers la mondialisation qui veut faire des compromis avec les puissances impérialistes et tente d’emporter l’adhésion de la population par des promesses de réformes démocratiques.<br>Ces deux factions vont s’affronter régulièrement depuis lors. Quand des soulèvements populaires ont lieu, cela rouvre les rivalités.<br>Chaque fois que la frange libérale arrive au pouvoir et qu’elle essaye de négocier avec l’impérialisme son intégration au marché mondial, la frange conservatrice utilise son discours anti-impérialiste pour renforcer sa légitimité.<br>C’est le cas avec Khatami qui collabore avec les USA dans l’invasion de l’Afghanistan. C’est la cas avec Rohani en 2013 qui parvient à un accord sur le nucléaire avec les USA en 2015.</p>



<p><strong>Impérialisme régional</strong></p>



<p>Cette situation fait que le débat sur la nature anti-impérialiste du régime continue encore à l’heure actuelle. L’Iran se présente comme le chef de file de « l’axe de la résistance » contre le sionisme et l’impérialisme occidental. Il a apporté son soutien au Hezbollah au Liban, aux Houthis au Yémen, aux Forces de mobilisation populaire en Irak et à d’autres groupes de moindre envergure.<br>Cela découle de l’émergence de l’Iran en tant que puissance régionale, en lice pour la domination de la région. L’Axe s’inscrivait dans la stratégie iranienne « d’anneau d’étranglement » contre Israël, qui consistait à soutenir ses alliés sans s’exposer à un affrontement ouvert.<br>Pour pouvoir se maintenir, l’Iran s’est inséré dans un système international capitaliste. Il a donc dû accepter les lois de la compétition et de l’accumulation et y trouver sa place.</p>



<p>Le déclin des USA et leur difficulté à maintenir leur hégémonie dans la région après l’invasion de l’Irak en 2003 ont conduit d’autres grandes puissances à investir cette zone, notamment la Russie et la Chine. L’Iran a noué des alliances avec ces autres puissances. La Chine achète 90% du pétrole iranien et est devenue le premier partenaire commercial de l’Iran. Lors de la révolution en Syrie en 2015 l’Iran a fait le choix de soutenir le régime de Bachar al-Assad aux côtés des forces russes.<br>Quand Israël décide d’aller bombarder l’Iran, c’est clairement avec l’idée de déstabiliser ce qui apparaît comme une puissance concurrente à l’échelle régionale. Ce n’est pas la première fois dans l’histoire de la région. Cela a été le cas en 1967 quand Israël a attaqué l’Égypte et la Syrie. Cela a été le cas en 1980 lorsqu’Israël envahit le Liban.</p>



<p><strong>Une seule solution, l’anti-impérialisme de notre classe</strong></p>



<p>En Iran, en 2021 une grève de salariés du pétrole a eu un impact très fort, symboliquement – du fait de son rôle moteur dans la révolution de 1979 – et politiquement &#8211; les revenus du pétrole permettent à l’État iranien de fonctionner. De 10 à 15 000 salariés du pétrole ont fait grève. Ils ont produit une plateforme dans laquelle ils disaient clairement qu’ils refusaient toute intervention étrangère qui se présenterait en soi-disant soutien à leur lutte, et qu’ils souhaitaient apporter leur solidarité internationale avec les luttes de libération de la Palestine, du Yémen et du Liban2<sup data-fn="687c4ab6-2d96-4617-9094-e11f1ba0bfb3" class="fn"><a href="#687c4ab6-2d96-4617-9094-e11f1ba0bfb3" id="687c4ab6-2d96-4617-9094-e11f1ba0bfb3-link">2</a></sup>. Cela s’était déjà produit en 1979, où la révolution en Iran s’était combinée à des révoltes en Égypte.<br>Le meilleur soutien qu’on puisse apporter, c’est donc de reprendre le fil des analyses en termes de développement inégal et combiné, et donner de la force aux théories internationalistes qui considèrent que la seule solution face à l’impérialisme et aux régimes réactionnaires, c’est la lutte des peuples eux-mêmes pour leur émancipation.</p>



<p><strong>Vanina Giudicelli (Paris 20)</strong></p>



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<p><strong>Quand les lignes rouges deviennent chauvines</strong><br><br>À de nombreuses reprises, la présence de cortèges avec des drapeaux iraniens ont fait polémique dans les manifestations en France.<br>Exclure ces cortèges accusés d’être en soutien du pouvoir iranien serait un acte politique de solidarité avec un peuple qui subit la répression sanglante du régime. Cette position, au cœur d’une puissance impérialiste, nous oblige donc à rappeler que :<br>&#8211; Le premier acte politique en solidarité avec le peuple qui se soulève régulièrement en Iran contre le régime devrait être de lutter pour faire arrêter les bombes qui tuent ce peuple et l’empêchent de lutter contre le régime.<br>&#8211; La base d’un mouvement antiguerre ne peut être de tirer un trait d’égalité entre impérialisme et pays agressé (comme le font des textes syndicaux qui parlent de « belligérants »). La responsabilité historique de l’impérialisme dans les catastrophes internationales sont sans commune mesure avec celles des pays dominés par l’impérialisme. L’impérialisme a façonné l’histoire de l’Iran depuis plus d’un siècle. Les bombardements ont mis un coup d’arrêt aux luttes du peuple iranien pour sa liberté. Aucun peuple ne se libère sous les bombes. Les catastrophes des interventions militaires en Afghanistan, en Irak, le génocide en Palestine, etc. devraient pourtant servir de leçon.<br>&#8211; Nous n’attendons pas d’une manifestation que tous les cortèges soient en accord sur toutes les questions, mais se retrouvent dans ce qui devrait constituer les bases d’un mouvement antiguerre : l’arrêt de l’agression impérialiste et sioniste en Iran. Nous devrions alors aussi exclure de nos manifestations les organisations françaises qui ont soutenu des interventions impérialistes, se réfèrent au droit international, sont dans des internationales avec des partis qui constituent des dictatures, ou reconnaissent l’entité sioniste. Ne pas le faire revient à adopter une position chauvine puisque cela revient de fait à considérer ces positions comme moins problématiques.<br>&#8211; Un réel combat internationaliste devrait plutôt chercher à promouvoir les idées et les actes qui considèrent l’ennemi principal dans notre propre pays comme condition de l’émancipation générale. Notre responsabilité est donc de construire un mouvement de masse qui cherche à briser l’impérialisme français et occidental.</p>



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<ol class="wp-block-footnotes"><li id="3fdc5088-3300-40e3-bce4-0a4a599d955f"> Les débats qui ont dominé la gauche iranienne ne sont pas limités à ce pays. La révolution russe qui avait eu lieu au début du 20e siècle concernait un pays dont les caractéristiques économiques étaient relativement similaires. Trotsky analyse la situation économique de façon opposée à celle que les staliniens vont adopter plus tard. Pour un exposé de sa théorie, on pourra lire par exemple l’article de Cédric Piktoroff, <a href="https://quefaire.lautre.net/Jusqu-au-bout">« Jusqu’au bout ! La théorie de la révolution permanente »</a>  <a href="#3fdc5088-3300-40e3-bce4-0a4a599d955f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="687c4ab6-2d96-4617-9094-e11f1ba0bfb3">Peyman Jafari est un chercheur iranien spécialiste des mouvements en Iran. De nombreux articles sont disponibles, dont certains traduits en français. <a href="#687c4ab6-2d96-4617-9094-e11f1ba0bfb3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/iran-antiimperialisme-et-revolution/">Iran, (anti)impérialisme et révolution</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Cessez-le-feu en Iran : Coup dur pour l&#8217;impérialisme américain et le projet sioniste !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/a2c/cessez-le-feu-en-iran-coup-dur-pour-limperialisme-americain-et-le-projet-sioniste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Apr 2026 15:24:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A2C]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Il y a maintenant plus de 40 jours les États-Unis ont attaqué, à l&#8217;initiative de la puissance régionale sioniste, l&#8217;Iran.&#160;Cette attaque, ainsi que celles au Liban, a été initiée par Israël dans une volonté politique <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/a2c/cessez-le-feu-en-iran-coup-dur-pour-limperialisme-americain-et-le-projet-sioniste/" title="Cessez-le-feu en Iran : Coup dur pour l&#8217;impérialisme américain et le projet sioniste !">[...]</a></div>
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<p><em>Il y a maintenant plus de 40 jours les États-Unis ont attaqué, à l&rsquo;initiative de la puissance régionale sioniste, l&rsquo;Iran.&nbsp;</em><br>Cette attaque, ainsi que celles au Liban, a été initiée par Israël dans une volonté politique de renforcer sa position dominante dans la région. Après deux ans de génocide en toute impunité, Israël a saisi un boulevard pour attaquer l&rsquo;Iran, obstacle politique et économique principal à leur hégémonie régionale. L’objectif affiché semblait être l’affaiblissement, voire la chute, du régime iranien.<br>Les États Unis, comme l&rsquo;ont démontré les annonces de Marco Rubio, secrétaire d&rsquo;Etat américain ont été précipité dans la guerre par Israël qui a affirmé vouloir attaquer avec ou sans le soutien des USA. Toutefois, cette guerre reste principalement déterminée par le déclin des USA au Moyen-Orient qui exacerbe les rivalités Iran/Israël pour le contrôle de la région. Et Trump a ses propres raisons de mener la guerre contre l&rsquo;Iran, notamment dans son affrontement avec leur rival premier, la Chine.<br>Cette guerre, déjà périlleuse pour un gouvernement américain qui avait annoncé ne plus vouloir reproduire les erreurs du passé dans la région (guerre en Irak, enlisement guerres sans objectifs politiques) s&rsquo;est confronté à une résistance forte du régime iranien.<br>Malgré une tentative de décapitation de ce dernier, le régime s&rsquo;est maintenu et a résisté militairement. Mais il a aussi su se saisir du détroit d&rsquo;Ormuz dans le rapport de force face aux Etats Unis, qui a participé, en déstabilisant l&rsquo;economie capitaliste mondiale à rendre cette guerre impopulaire et à affaiblir de nouveau l&rsquo;hégémonie américaine.<br>Ce cessez-le-feu arrive seulement 10 jours après la mobilisation massive « No kings » aux Etats Unis, plus grande manifestation de l&rsquo;histoire du pays rassemblant plus de 8 millions de personnes. Cette mobilisation a sans aucun doute joué dans l&rsquo;ouverture de négociations avec l&rsquo;Iran face à une impopularité croissante du président Trump et de sa politique internationale dans son propre pays.</p>



<p>Dans ce contexte, les dynamiques de mobilisation par en bas constituent un élément décisif qui peut influer la tournure des événements. Le premier mai, pas toujours « grévé » outre-atlantique se prépare cette année autour de mots d&rsquo;ordres tels que « No ICE, no war, no billionaires » (Non à l&rsquo;ICE, à la guerre, aux milliardaires).<br>En Iran, malgré la répression, des secteurs de la population ont également exprimé leur rejet de l’agression extérieure tout en maintenant leur opposition au régime. Un communiqué de nos camarades egyptiens témoignent : </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>La victoire s&rsquo;est confirmée quand une jeune femme opposée au régime iranien despotique s&rsquo;est levée pour dire : « J&rsquo;ai été jugée il y a quelque temps pour ne pas avoir porté le voile, et pourtant je sors aujourd&rsquo;hui dans la rue pour défendre mon peuple et ma terre contre le colonialisme et l&rsquo;impérialisme. Quand l&rsquo;agression prendra fin, je retournerai dans les rangs de l&rsquo;opposition avec encore plus de force, car je suis de plus en plus convaincue que le peuple peut faire l&rsquo;impossible s&rsquo;il le veut. » Ces éléments confirment qu’une voie indépendante existe, portée par les peuples eux-mêmes.</p>
</blockquote>



<p><strong>Une première défaite politique mais une guerre qui persiste</strong><br>Le cessez-le-feu annoncé mardi soir par Trump semble témoigner d&rsquo;une incapacité américaine à trouver une issue à cette guerre, se saisissant alors de la proposition iranienne permettant d&rsquo;ouvrir une séquence de negociation. La proposition iranienne en 10 points contient entre autres la fin des sanctions, des réparations pour les dommages causés au régime, le retrait des troupes américaines du Moyen Orient&#8230;<br>Si cette étape est une premiere victoire, nous devons la renforcer en offrant une issue par en bas à la guerre impérialiste au Moyen Orient. Car la guerre se poursuit et les ravages de l&rsquo;entité sioniste persistent, à Gaza où la crise humanitaire s&rsquo;aggrave sous les bombes, et au Liban ou les bombardements prennent une ampleur inédite depuis l&rsquo;annonce du cessez-le-feu US-Iran. L&rsquo;irruption d&rsquo;un mouvement de masse contre la guerre et l&rsquo;impérialisme, exigeant en premier lieu la défaite des Etats-Unis et d&rsquo;Israël dans la région, nous savons à la lumière de l&rsquo;histoire que le déclin des grandes puissances peuvent entraîner le monde entier vers la guerre généralisée. <br>En France nous devons renforcer un mouvement anti-impérialiste et anti-guerre d&rsquo;ampleur, capable d&rsquo;interrompre les ventes d&rsquo;armes du gouvernement français à l&rsquo;état génocidaire qui continue de bombarder le Liban et la Palestine en dépit du cessez-le-feu.&nbsp;<br>L&rsquo;engouement autour du depart de la flotille pour Gaza et la diffusion a échelle de masse de la pétition contre la loi Yadan démontrent que nous sommes des centaines de milliers a ne plus supporter les genocides et les guerres. Nous devons convertir l&rsquo;énergie mise à soutenir des bateaux ou à signer une pétition en capacité à se battre, à se rassembler, à se mettre en grève et pas seulement en solidarité pour la Palestine, mais aussi plus largement contre la guerre et l&rsquo;impérialisme,&nbsp; en exigeant concrètement l&rsquo;arrêt des attaques étasuniennes et israéliennes au Moyen Orient.</p>



<p><strong>A2C</strong></p>
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		<title>Iran : Pour l&#8217;arrêt immédiat de l&#8217;agression impérialiste !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/iran-pour-larret-immediat-de-lagression-imperialiste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathilde]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Mar 2026 13:22:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[anti-impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[antiguerre]]></category>
		<category><![CDATA[guerre impérialiste]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Trump]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Ce samedi 28 février, Israël et les États-Unis ont lancé les bombardements sur l’Iran. Le risque d‘un embrasement régional s’est concrétisé immédiatement avec des bombardements de l’Iran au Bahreïn, Qatar, Koweït, Émirats arabes unis et <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/iran-pour-larret-immediat-de-lagression-imperialiste/" title="Iran : Pour l&#8217;arrêt immédiat de l&#8217;agression impérialiste !">[...]</a></div>
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<p>Ce samedi 28 février, Israël et les États-Unis ont lancé les bombardements sur l’Iran. Le risque d‘un embrasement régional s’est concrétisé immédiatement avec des bombardements de l’Iran au Bahreïn, Qatar, Koweït, Émirats arabes unis et Arabie Saoudite.</p>



<p>Alors que la population iranienne a démontré ces dernières années et plus particulièrement ces dernières semaines sa capacité de mobilisation contre le régime, <strong>l’agression impérialiste états-unienne est un obstacle sur la voie de son émancipation</strong>. Elle vise à imposer un régime à ses ordres et renforcer la position dominante d’Israël dans la région.<br><br>L’agression impérialiste de l’Iran décidée par Trump vient après celle du Venezuela, alors que les menaces sur Cuba ou le Groenland continuent.</p>



<p><strong>En l’absence d’une mobilisation internationale la dérive vers le militarisme, le fascisme et la guerre va continuer.</strong></p>



<p>Les forces pour cette mobilisation existent, du mouvement international de solidarité avec la Palestine au mouvement No Kings et contre ICE aux États-Unis, en passant par les dizaines de milliers d’étudiant·es allemand·es qui se mobilisent contre le rétablissement du service militaire avec une grève prévue le 5 mars et la révolte de masse contre le régime en Iran.<br><br><strong>La construction d&rsquo;un mouvement anti-impérialiste et anti-guerre est urgent en France</strong> où le gouvernement a déclaré qu&rsquo;il allait prendre part à la guerre dans la région et a envoyé le porte-avion « Charles de Gaulle » ce matin en Méditerranée orientale. Il faut également s&rsquo;attendre à une intervention militaire en Afrique de l&rsquo;Ouest à laquelle nous devrons nous opposer.</p>



<p>Nous appelons à soutenir toutes les mobilisations pour l’arrêt immédiat de l’agression contre l’Iran, le retrait des troupes états-uniennes de tout le Moyen Orient et d’Amérique latine, la fin du génocide et de la colonisation en Palestine.</p>



<p><strong>Nous apportons notre solidarité</strong> <strong>à la population iranienne en lutte pour sa liberté et contre la guerre impérialiste</strong>.</p>



<p><strong>Nous apportons notre solidarité</strong> <strong>à la population états-unienne en lutte contre la politique raciste et impérialiste de Trump</strong> <strong>et particulièrement aux mobilisations massives prévues</strong> <strong>le 28 mars dans tout le pays.</strong></p>



<p></p>
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		<title>Déclaration de l&#8217;IST sur l&#8217;attaque du Venezuela</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/declaration-de-list-sur-lattaque-du-venezuela/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Solen Rennes]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Jan 2026 09:55:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[anti-impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[guerre impérialiste]]></category>
		<category><![CDATA[Trump]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">1. Les raids américains sur le Venezuela dans la nuit du 2 au 3 janvier et l&#8217;enlèvement et l&#8217;emprisonnement du président Nicolás Maduro sont des actes d&#8217;agression impérialiste flagrants. La déclaration de Donald Trump selon <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/declaration-de-list-sur-lattaque-du-venezuela/" title="Déclaration de l&#8217;IST sur l&#8217;attaque du Venezuela">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>1. </strong>Les raids américains sur le Venezuela dans la nuit du 2 au 3 janvier et l&rsquo;enlèvement et l&#8217;emprisonnement du président Nicolás Maduro sont des actes d&rsquo;agression impérialiste flagrants. La déclaration de Donald Trump selon laquelle « nous allons diriger le Venezuela » résume bien l&rsquo;arrogance du pouvoir américain. Ses justifications – Maduro serait le chef d&rsquo;un cartel de la drogue, son régime serait antidémocratique, etc. – sont, pour reprendre l&rsquo;un de ses mots préférés, « fake ». Il s&rsquo;agit en réalité de renverser un régime qui, surtout sous Hugo Chávez, a longtemps été une épine dans le pied de Washington, et de s&#8217;emparer des plus grandes réserves de pétrole au monde. Trump se réjouit : « Nous allons y envoyer nos très grandes compagnies pétrolières américaines, les plus grandes au monde. » Il a ainsi révélé le caractère creux de ses dénonciations des « guerres éternelles » et des tentatives de changement de régime des administrations américaines précédentes.</p>



<p><strong>2. </strong>L&rsquo;assaut contre le Venezuela doit être replacé dans le contexte de la réaffirmation par Trump de la doctrine Monroe dans sa nouvelle stratégie de sécurité nationale. Cette politique, qui mettait en garde les puissances européennes contre toute ingérence dans les Amériques, exprimait l&rsquo;objectif initial des États-Unis de dominer l&rsquo;hémisphère ouest. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;à la fin du XIXe siècle que Washington est devenu suffisamment puissant pour commencer à supplanter la Grande-Bretagne, jusqu&rsquo;alors puissance impérialiste dominante en Amérique latine. Ce processus s&rsquo;est accompagné d&rsquo;une guerre avec l&rsquo;Espagne et de nombreuses interventions militaires en Amérique centrale.</p>



<p><strong>3. </strong>Après la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont réagi à l&rsquo;avancée de la gauche en Amérique latine en contribuant à orchestrer de nombreux coups d&rsquo;État militaires (Guatemala, Brésil, Chili, Argentine), en envahissant la République dominicaine et la Grenade, et en finançant des guerres contre-révolutionnaires sanglantes (Bolivie, Guatemala, El Salvador, Nicaragua). En 1989, une invasion américaine a renversé et emprisonné l&rsquo;ancien agent de la CIA Manuel Noriega, président du Panama.</p>



<p><strong>4.</strong> Aujourd&rsquo;hui, cependant, la domination mondiale de l&rsquo;impérialisme américain est soumise à une pression croissante. La Chine est devenue son plus grand rival militaire et technologique et le plus grand marché pour les matières premières et les exportations agricoles de l&rsquo;Amérique latine. L&rsquo;administration Trump a fait du renforcement de la domination américaine sur l&rsquo;hémisphère ouest et ses ressources sa priorité stratégique la plus importante. D&rsquo;où les menaces contre le Panama, le Groenland et le Canada. D&rsquo;où également le soutien financier au gouvernement ultra-néolibéral de Javier Milei en Argentine. Et d&rsquo;où maintenant l&rsquo;attaque contre le Venezuela.</p>



<p><strong>5.</strong> En renversant Maduro, Trump pointe une arme sur la tête de tous les autres présidents latino-américains. Si les États-Unis parviennent à imposer un changement de régime au Venezuela, Cuba pourrait être la prochaine cible. Trump et son secrétaire d&rsquo;État Marco Rubio, fils d&rsquo;exilés cubains, veulent éradiquer tous les vestiges des défis révolutionnaires à l&rsquo;impérialisme américain dans les Amériques. La plupart des gouvernements se limiteront probablement à des protestations verbales et chercheront à s&rsquo;attirer les faveurs de Trump. Nous exigeons que tous les États qui prétendent soutenir la démocratie condamnent sans équivoque l&rsquo;intervention américaine et prennent des mesures pour isoler l&rsquo;agresseur.</p>



<p><strong>6.</strong> La seule réponse efficace à l&rsquo;attaque américaine viendra d&rsquo;en bas, surtout des masses laborieuses du Venezuela et du reste de la région. S&rsquo;opposer à ces attaques n&rsquo;a rien à voir avec le soutien au régime autoritaire et corrompu de Maduro. C&rsquo;est le droit exclusif des masses vénézuéliennes, avec leur longue histoire révolutionnaire, de le destituer. Elles doivent être soutenues par un mouvement mondial de solidarité avec le peuple vénézuélien. Nous appelons tous ceux qui soutiennent la lutte du peuple palestinien contre l&rsquo;occupation génocidaire d&rsquo;Israël à se joindre à ce mouvement. Ne touchez pas au Venezuela ! À bas l&#8217;empire pirate de Trump ! </p>



<p>La Coordination de la Tendance socialiste internationale 3 janvier 2026.</p>



<p><em><em>L’International Socialist Tendency (<strong>IST</strong>)</em> est un regroupement d’organisations socialistes à l’échelle internationale. Autonomie de Classe (<strong>A2C</strong>) est membre observateur de l&rsquo;IST.</em></p>
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		<title>Quelles luttes anti-sionistes aujourd&#8217;hui ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/quelles-luttes-anti-sionistes-aujourdhui/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Jun 2025 15:24:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[anti-impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antisionisme]]></category>
		<category><![CDATA[Israel]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[sionisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Retour d’expérience de l’événement à La Chapelle avec Tsedek ! et le Comité de soutien à la Palestine, à Toulouse &#8211; 16 décembre 2024 Les Cahiers d&#8217;A2C #16 &#8211; MARS 2025 Le 16 décembre, à <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/quelles-luttes-anti-sionistes-aujourdhui/" title="Quelles luttes anti-sionistes aujourd&#8217;hui ?">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Retour d’expérience de l’événement à La Chapelle avec Tsedek ! et le Comité de soutien à la Palestine, à Toulouse &#8211; 16 décembre 2024</em></p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #16 &#8211; MARS 2025</h6>



<p>Le 16 décembre, à Toulouse, une rencontre a été organisée à La Chapelle, un lieu emblématique de la vie militante de la ville, entre le Comité de soutien à la Palestine et Tsedek ! collectif juif décolonial. La thématique abordée lors du débat était : <em>« Quelles luttes anti-sionistes aujourd’hui ? ».</em> </p>



<p><strong>Le Comité de soutien à la Palestine</strong>, créé fin 2023 après les interdictions de manifestations en soutien à la résistance palestinienne, regroupe des organisations et des individus qui souhaitent organiser des actions pour la Palestine à Toulouse, telles que des manifestations, des rassemblements, des collages et des actions de boycott pour sensibiliser la population aux liens entre des entreprises locales et l’État d’apartheid d’Israël.&nbsp;</p>



<p><strong>Tsedek !</strong> est un collectif formé en juin 2023 par des personnes juives d’horizons variés, cherchant à créer une nouvelle maison politique juive antiraciste pour lutter contre le racisme en France et le régime d’apartheid en Israël/Palestine. Ce collectif conjugue lutte politique et dimension culturelle dans le but de se réapproprier les diverses judéités et de reconstruire les mondes dévastés par la Shoah, le colonialisme et la suprématie blanche européenne.&nbsp;</p>



<p>L’objectif de cette rencontre était d&rsquo;ouvrir une discussion sur le sionisme, les formes de lutte anti-sioniste possibles, et d&rsquo;encourager les participants à rejoindre le Comité de soutien à la Palestine ou d’autres groupes militants. Cette discussion a émergé d’un constat : une des raisons principales qui freine l’élargissement des mouvements de soutien à la Palestine est la confusion persistante entre antisémitisme et antisionisme. Bien que cette confusion soit de moins en moins efficace après les événements du 7 octobre, où un génocide a été déclanché par l’État d’Israël, elle reste un outil de manipulation. Il est crucial de continuer à dénoncer le sionisme pour ce qu’il est : un projet raciste, colonial et ethno-nationaliste.</p>



<p><strong>Le déroulement de la soirée :</strong><strong><br></strong>La discussion a commencé par plusieurs questions introductives auxquelles les deux collectifs ont répondu. Voici un résumé de ces réponses.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Brève histoire du sionisme :</strong></h2>



<p>Le sionisme, né au XIXe siècle et théorisé par Theodor Herzl, a émergé comme une réponse bourgeoise à l’antisémitisme en Europe. La création d’un foyer juif était une réponse à l’idée partagée par les antisémites que les juifs ne pouvaient ni vivre en Europe ni s’y intégrer. Dès le départ, l’objectif était la colonisation d’une terre pour créer un État juif.<br>Certains affirment qu&rsquo;il existe différentes formes de sionisme, de gauche, ou celui mis en place par les réfugié.e.s de la Shoah et par le parti travailliste israélien. Mais la question essentielle reste : qu&rsquo;est-ce que le sionisme pour ceux et celles qui le subissent, les Palestinien.ne.s ? Pour elleux, le sionisme est la colonisation, la dépossession, l’occupation, la Nakba, l’apartheid, et le génocide. Peu importe les justifications idéologiques du sionisme ; la réalité vécue sur le terrain est celle d’une oppression systématique des Palestinien.ne.s, le vol de leurs terres, la pérsecution, la ségregation et la dépossetion depuis la création de l’État juif (et même avant avec le mandat anglais). </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Qu’est-ce que l’antisionisme pour vous ?</strong></h2>



<p>L&rsquo;antisionisme est un mouvement large, qui englobe des courants religieux, laïques, marxistes, et libéraux. Il remet en question les fondements idéologiques du mouvement sioniste et de l’État d’Israël, en tant que projet colonial et raciste, prétendant garantir la sécurité des juif.ve.s du monde entier. Bien que les deux collectifs luttent contre le sionisme, leurs approches diffèrent. Pour le Comité, le but est d’organiser le plus grand nombre de personnes dans le soutien à la résistance du peuple palestinien, en organisant des réunions, manifs, collages, débats, actions de boycott, etc. Pour Tsedek ! l’objectif est de soutenir ces organisations, participer aux actions, créer des espaces de formation et discussion autour du sionisme et comment construire les arguments politiques pour le combattre. Pour les militants ayant soutenu la Palestine pendant des années, les accusations d’antisémitisme sont une tactique fréquente utilisée pour discréditer la résistance contre Israël. Ces accusations font partie d’une stratégie visant à criminaliser la critique du projet colonial israélien. Cependant, pour Tsedek, les accusations d&rsquo;antisémitisme sont absurdes. À la place, certains utilisent des arguments comme « être des juif.ve.s d&rsquo;exception » ou « avoir  intégré l’antisémitisme ».</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Pourquoi est-il important de se revendiquer antisioniste aujourd’hui ?</strong></h2>



<p>Lutter contre le sionisme, c’est contester l’idéologie qui est à l’origine du problème. Le sionisme, en tant que projet colonial, est la racine du « conflit ». Revendiquer l’antisionisme, c’est réclamer la fin de la colonisation et d’un État exclusif aux juif.ve.s, qui exclut toute possibilité de vie pour les Palestinien.ne.s simplement parce qu’ils ne sont pas juifs.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Depuis 2017, Macron mène une campagne visant à assimiler l’antisionisme à de l’antisémitisme : quels en sont les enjeux ?</strong></h2>



<p>L&rsquo;antisémitisme, bien qu&rsquo;encore présent dans la société européenne, ne doit pas être confondu avec l&rsquo;antisionisme. Israël, en se revendiquant comme protecteur et seul répresentant des juif.ve.s du monde, floute cette distinction et assimile toute critique à de l’antisémitisme. Pourtant, l&rsquo;État d’Israël s’allie sans problème avec des politiciens d&rsquo;extrême droite connus pour leurs discours antisémites, tant qu’ils soutiennent Israël. Pour Israël, le problème n’est pas l’antisémitisme quand il vient de ses aliés politiques, le problème pour eux c’est l’antisionisme qui expose cela. Il est crucial de refuser systématiquement cette confusion entre antisémitisme et antisionisme.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Il y a une nouvelle loi présentée par Caroline Yadan qui vise à criminaliser l’antisionisme, notamment à travers l’utilisation de la définition de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste : pouvez-vous expliquer ?</strong></h2>



<p>Nous devons catégoriquement rejeter la définition de l’antisémitisme proposée par l&rsquo;IHRA, qui vise assimiler toute position antisnioniste à de l’antisémitisme. Cet amalgame constitue un outil au service du mouvement sioniste et de l’État d’Israël et est utilisée pour renforcer une stratégie idéologique visant à justifier le projet de colonisation israélien et à faire taire toute critique des politiques israéliennes. Le sionisme ne représente pas tous les juif.ve.s du monde. D’ailleurs, aujourd&rsquo;hui, la majorité des sionistes dans le monde sont des chrétiens qui soutiennent Israël pour des raisons messianiques (et politiques). Les critiques à l’égard de l’État d&rsquo;Israël, de ses politiques de ségrégation, de colonisation et d’exclusion ne doivent en aucun cas être assimilées à de l’antisémitisme. Faire cet amalgame est dangereux, car il minimise l’antisémitisme réel en le manipulant à des fins politiques. De plus, en agissant ainsi, Israël contribue à l’augmentation de l’antisémitisme, en vidant de son sens le terme et en salissant la mémoire de la Shoah pour justifier ses actes criminels au nom de la «&nbsp;sécurité des juif.ve.s&nbsp;».</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>On observe l’émergence d’organisations, juives ou non, qui se disent de gauche mais qui défendent Israël : quel est votre point de vue sur ça ?</strong></h2>



<p>L’accusation d’antisémitisme est fréquemment utilisée pour intimider les militant·e.s. Cela se traduit par des situations où les défenseurs du génocide palestinien exigent de leurs contradicteurs qu’ils condamnent la résistance palestinienne. Ces attaques diffamatoires viennent non seulement de la droite et de l&rsquo;extrême droite, mais aussi de certains sionistes «&nbsp;de gauche&nbsp;» plus ou moins assumés. Face à la pire tragédie vécue par les Palestinien·ne.s depuis la Nakba, une grande partie de la gauche se perd dans des débats infondés sur l’antisémitisme. Il est pourtant incontestable que l’antisémitisme est un phénomène structurel qui existe dans la société et doit être combattu. Cependant, ce n’est pas l’objectif de ces débats : ils cherchent avant tout à réduire au silence toute position antisioniste.</p>



<p>Prenons l’exemple des «&nbsp;Guerrières de la paix&nbsp;» : leur discours est particulièrement pernicieux, car ce n’est pas tant ce qu’elles disent, mais ce qu’elles omettent de dire qui est problématique. Les mots “apartheid”, “colonisation”, “occupation militaire”, “nettoyage ethnique”, “génocide” sont systématiquement évités. À la place, elles insistent sur l’idée qu&rsquo;il faudrait réunir Palestinien.ne.s et Israélien.ne.s autour d&rsquo;une table de discussion. Selon elles, le problème serait une sorte d’impasse due aux «&nbsp;torts des deux côtés&nbsp;», une vision selon laquelle les «&nbsp;mauvaises interprétations&nbsp;» des deux camps créeraient un blocage. Ce faisant, elles dépolitisent la question palestinienne en invisibilisant la dynamique de pouvoir, c’est-à-dire l’existence d’un oppresseur et d’un opprimé. Comme l’a si bien dit le militant révolutionnaire palestinien Ghassan Kanafani lorsqu’on lui demanda s’il pensait qu’il serait utile de discuter avec les Israélien.ne.s : «&nbsp;Discuter à propos de quoi ? Ce serait la discussion entre&nbsp; l’épée et le cou&nbsp;».</p>



<p>Ainsi, pendant le génocide en cours, il est évident que l’ensemble des actions de ces sionistes «&nbsp;de gauche&nbsp;» s’est résumé à attaquer les soutiens de la Palestine, plutôt que de s’attaquer à la vrai cause du problème, l’État d’Israël et le sionisme.&nbsp;</p>



<p>Un aspect particulièrement marquant de cette rencontre a été la présence en grand nombre de personnes issues du milieu queer et féministe, qui ne sont pas toujours visibles dans les manifestations pour la Palestine. Cette participation a été possible du fait de&nbsp; l&rsquo;organisation d&rsquo;un cabaret queer juste après le débat, ce qui a pu faire rencontrer deux groupes militants : féministes et queers et militant.e.s antiracistes pour la Palestinne. Malgré la fatigue d&rsquo;une année particulièrement difficile sur le plan politique, les participant·e.s sont ressorti·e.s de la soirée avec des outils pour lutter contre la propagande sioniste. La salle était pleine, (400 personnes) et cela nous a donné de la force.</p>



<p>Lors de la reprise des réunions du Comité de soutien,, nous avons constaté qu&rsquo;aucune nouvelle personne n&rsquo;était venue suite à cet événement. Néanmoins, nous avons l&rsquo;impression, avec Tsedek ! d’avoir créé un espace de discussion important et précieux, du fait de l’influence notamment des sionistes dit “de gauche” dans nos espaces de lutte. Cette dynamique est essentielle pour continuer de convaincre autour du soutien à la résistance palestinienne, et même si les résultats immédiats sont modestes, nous restons convaincu·e.s que ce genre d&rsquo;événement contribue à enrichir le débat et à poser les bases de futures mobilisations.&nbsp;</p>



<h5 class="wp-block-heading">Dani. (Toulouse)</h5>



<p></p>
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		<title>La Palestine en Résistance : Israël est défait, le Hamas vit, et la Palestine vaincra</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/la-palestine-en-resistance-israel-est-defait-le-hamas-vit-et-la-palestine-vaincra/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Jun 2025 15:14:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[anti-impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Bachar al Assad]]></category>
		<category><![CDATA[Impérialisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d&#8217;A2C #16 &#8211; MARS 2025 &#160; Israël est défait, le Hamas vit, et la Palestine vaincra. Israël a commis un génocide, on&#160; ose citer le nombre de martyrs, de personnes mutilées, de familles <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/la-palestine-en-resistance-israel-est-defait-le-hamas-vit-et-la-palestine-vaincra/" title="La Palestine en Résistance : Israël est défait, le Hamas vit, et la Palestine vaincra">[...]</a></div>
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<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #16 &#8211; MARS 2025</h6>



<p><strong>&nbsp;</strong><strong> </strong><em>Israël est défait, le Hamas vit, et la Palestine vaincra. Israël a commis un génocide, on&nbsp; ose citer le nombre de martyrs, de personnes mutilées, de familles brisées, de prisonniers torturés, de personnes palestiniennes déplacées, affamées, persécutées, de quartiers gazouis anéantis&#8230; Mais on ne gagne pas une guerre par la simple capacité à multiplier des crimes contre l’humanité. Israël a commis un génocide mais c’est bien sa défaite qui dresse nos leviers stratégiques pour la séquence à venir. L&rsquo;instabilité provoquée par la résistance palestinienne est loin de fragiliser la lutte, cette défaite israélienne est aussi un affront direct à l&rsquo;ordre impérialiste mondial mené par les puissances occidentales.</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une défaite militaire pour le sionisme&nbsp;</strong></h2>



<p>Le principal objectif d&rsquo;Israël depuis le début du conflit était de détruire le Hamas en vue de mettre fin à la résistance palestinienne à Gaza. Malgré une offensive militaire d&rsquo;envergure et génocidaire, Israël n’a pas atteint son objectif d’éradication. La volonté du gouvernement de Netanyahu était de voir le peuple Palestinien se désolidariser de la résistance incarnée à Gaza principalement par le Hamas, et ce en commettant des atrocités propres aux guerres génocidaires.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Au contraire, le Hamas a infligé une humiliation sur le terrain à Israël comme l’illustre l’incapacité de l&rsquo;armée israélienne à contrôler les zones de Jabalya et Beit Lahya, malgré le déploiement de 30 000 soldats israéliens au Nord de la bande de Gaza. Au contraire le Hamas a vu ses rangs se renforcer par de nouvelles recrues tout au long de la guerre génocidaire imposée par Israël.&nbsp;</p>



<p>Netanyahu, comme son opposition, pensait nécessaire d’élargir les affrontements aux Etats arabes limitrophes. Là aussi c’est un échec de l’armée israélienne qui s’est montrée incapable d’envahir le Liban par une intervention terrestre.</p>



<p>Les difficultés rencontrées par l&rsquo;armée israélienne sur ces deux fronts ont mis en évidence une défaite militaire stratégique, malgré une supériorité numérique et technologique. Cette incapacité à imposer une victoire totale sur le terrain renforce l&rsquo;idée d&rsquo;une défaite israélienne, alors que le Hamas même après plus de 15 mois de bombardements et d&rsquo;attaques est toujours actif et résistant.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Libération de prisonnier•es Palestiniens et Palestiniennes</strong></h2>



<p>De même les images de la libération des otages prisoniers•ière israéliens•nes où le peuple célèbre les combattants de la résistance, les Brigades Izz ad-Din al-Qassam, ou bien encore les scènes de retour des Palestiniens dans le nord de Gaza suscitent la colère du régime sionis te.&nbsp;</p>



<p>Dans le cadre des accords liés au «&nbsp;cessez le feu&nbsp;» des milliers d’otages ont été libérés y compris de nombreux otages dont leur peine valait perpétuité. Ces libérations symbolisent non seulement une victoire pour les Palestinien•nes, mais surtout un échec pour Israël qui, en incarcérant des milliers de Palestinien•nes, a tenté de briser la résistance. La libération des prisonnièr•es montre que malgré les efforts israéliens, en incarcérant des milliers d’otages Palestinien•nés n’a pas réussi à briser la résistance Palestinienne.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Mobilisation internationale qui rediabolise le sionisme</strong></h2>



<p>La défaite d&rsquo;Israël à Gaza ne peut être perçue uniquement sur le plan militaire. Elle s&rsquo;accompagne aussi d&rsquo;une dynamique géopolitique où la mobilisation internationale en solidarité avec le peuple Palestinien joue un rôle majeur. Cette solidarité, et l&rsquo;indignation planétaire face au génocide et à la brutalité de l&rsquo;occupation israélienne ont contribué à redéfinir les positions internationales sur le conflit. En effet la pression internationale, en plus de renforcer la lutte du peuple palestinien a obligé des pays à redéfinir leur position à l&rsquo;égard d&rsquo;Israël, à obliger les institutions internationales, outils de la bourgeoisie telles que la CPJ, CPI à délivrer des mandats d’arrêt contre Nethanyahu.&nbsp;</p>



<p>La solidarité internationale avec la Palestine devient alors un levier de pression contre les puissances impérialistes et leurs projets de domination. Il devient aussi évident que la crise du capitalisme mondial a également provoqué une réponse plus radicale des mouvements de solidarité qui remettent finalement en question le système économique mondial en place en s&rsquo;attaquant directement à la colonisation et à l&rsquo;apartheid israélien</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une victoire pour les Palestinien•nes&nbsp;?&nbsp;</strong></h2>



<p>La trêve fragile posée par le cessez-le-feu cela ne garantit pas une victoire pour les Palestinien•nes, car de nombreux enjeux restent en suspens, en particulier les aspirations impérialistes des États-Unis et d&rsquo;Israël.&nbsp;</p>



<p>Trump a proposé de transformer Gaza en une zone touristique, une sorte de Côte d’Azur du Moyen-Orient (qui par ailleurs satisferait la classe dirigeante saoudienne, émiratis etc pressée d’acquérir des titres fonciers). Ces déclarations révèlent une approche qui ne cherche pas à résoudre la question palestinienne mais à exploiter économiquement le territoire sous contrôle israélien, en expulsant les Palestinien•nes, en poursuivant le nettoyage ethnique, et en maintenant une domination impérialiste.&nbsp;</p>



<p>L&rsquo;objectif sous-jacent des États-Unis et d&rsquo;Israël semble être de stabiliser leur influence dans la région en réorientant les dynamiques économiques mondiales. Leur stratégie impérialiste s’appuie sur la domination énergétique (pétrole, gaz, et ressources stratégiques) dans des zones clés comme Gaza, le Moyen-Orient et la Méditerranée</p>



<p>En parallèle, Israël continue de viser l&rsquo;annexion de la Cisjordanie. Cette velléité est clairement visible dans l&rsquo;expansion des colonies israéliennes et dans les actions du gouvernement israélien, soutenues par les États-Unis. L&rsquo;extension de la colonisation, y compris les projets de relier certaines colonies à Jérusalem est une réalité qui s&rsquo;accélère malgré le cessez-le-feu, signifiant que la situation sur le terrain pourrait rester inchangée voire s’empirer pour les Palestinien•nes.</p>



<p>Le cessez-le-feu à Gaza ne marque pas la fin des rivalités géopolitiques et économiques qui façonnent la région. Il s&rsquo;agit en réalité d&rsquo;une interruption stratégique au service des grands enjeux impérialistes.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le « Grand Israël » prend une réalité avec l’annexion du Golan et la Syrie</strong></h2>



<p>La question de la Palestine s&rsquo;inscrit dans un projet plus large de domination régionale. Israël a déjà annexé des territoires comme le Golan syrien et l’ambition de créer un « Grand Israël » semble toujours d&rsquo;actualité. L’annexion de la Cisjordanie, du Golan, et de Jérusalem-Est fait partie intégrante de cette stratégie expansionniste. Ce processus, soutenu par les alliés d’Israël comme les États-Unis, vise à transformer les frontières de l&rsquo;État israélien tout en renforçant son pouvoir dans la région contrer l&rsquo;influence croissante de la Russie et de la Chine dans le Moyen-Orient. Le cessez-le-feu ne remet pas en question cette dynamique, au contraire il permet à Israël de renforcer ses positions et d’installer des faits accomplis sur le terrain qui pourront être difficiles à renverser. Le contrôle des routes énergétiques et des zones de production stratégiques est devenu un enjeu central dans cette rivalité géopolitique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le cessez-le-feu à analyser sous un angle des rivalités inter-impérialistes globales</strong></h2>



<p>Le cessez-le-feu à Gaza s&rsquo;inscrit dans un contexte plus large de rivalités inter-impérialistes globales, où la lutte pour les ressources naturelles et la domination stratégique prennent une ampleur grandissante. Les États-Unis, en soutenant Israël, cherchent à contrer l&rsquo;influence croissante de la Chine notamment dans la mise en place de projets d’infrastructures dans la région via la route de la soie. Dans cette lutte, Israël revêt son rôle d’avant-poste de l’impérialisme dans la lutte pour sécuriser les routes énergétiques et les zones de commerce stratégique. En parallèle, la Chine et la Russie se montrent de plus en plus influents dans la construction de nouvelles alliances qui remettent en question l’ordre imposé par l&rsquo;Occident.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La libération de la Palestine ne pourra faire l’impasse de nouvelles révolutions arabes coordonnées</strong></h2>



<p>L’Égypte joue un rôle central dans la dynamique régionale, en particulier concernant la question palestinienne. Historiquement, le régime égyptien a collaboré avec Israël et les États-Unis. Depuis la mort de Nasser et l’échec du nationalisme arabe à mettre fin au sionisme, l’Égypte est devenu le relais de l’impérialisme occidental et de la politique israélienne, notamment en maintenant le statu quo dans la région, comme dans la gestion du blocus de Gaza.&nbsp;</p>



<p>Ce soutien au sionisme est renforcé par l’alliance entre l’Égypte et les puissances occidentales qui voient le régime égyptien comme un allié stratégique pour maintenir l’ordre impérialiste et la pression sur la Palestine.&nbsp;</p>



<p>Cependant, l’Égypte possède aussi un autre précieux, une classe ouvrière organisée, la plus importante du monde arabe, avec une longue expérience de révoltes. Bien que réprimée par le régime la classe populaire a un potentiel de résistance énorme face aux structures impérialistes. Depuis 2013, le régime de Sissi utilise une répression systématique avec plus de 100 000 prisonniers dont 60 000 prisonniers politiques. Mais cette répression pourrait radicaliser la classe ouvrière et à terme faire éclater le système autoritaire et répressif. La chute de ce régime pourrait affaiblir l’alliance israélo-américaine et revitaliser la cause palestinienne, car la mobilisation populaire en Égypte et la solidarité entre Palestiniens et Égyptiens, observée notamment lors de la révolution de 2011, pourraient jouer un rôle déterminant dans la résistance régionale.</p>



<p>Dans ce processus de révolutions arabes coordonnées aurait un impact direct sur la situation en Palestine, car l’impérialisme ne pourrait plus compter sur des alliances régionales pour maintenir son pouvoir. Les révoltes populaires arabes peuvent redéfinir les rapports de forces et offrir à la Palestine de nouvelles conditions de résistance face aux oppresseurs israéliens et impérialistes et dans ces batailles les Palestinien.nes dans ces pays ont un rôle central et catalyseur à jouer.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Syrie : la chute de Bachar Al-Assad n’est en rien un recul&nbsp;</strong></h2>



<p>La Syrie peut aussi occuper une place clé dans la lutte palestinienne. Le régime de la famille Al Assad a toujours instrumentalisé la question palestinienne et sa politique a toujours été motivée par ses propres intérêts, comme en témoigne la répression féroce des réfugiés Palestiniens dans le camp de Yarmouk, ou encore l’expulsion du Hamas après son refus de soutenir la répression syrienne lors de la révolution.&nbsp;</p>



<p>La chute d’Assad ne constitue donc pas un recul pour la cause palestinienne. Bien au contraire, elle pourrait offrir aux Palestinien•nes une plus grande liberté pour organiser et étendre la résistance, elle pourrait aussi favoriser la réactivation des comités populaires et renforcer la solidarité entre les réfugiés palestiniens et d’autres franges opprimées de la population syrienne, comme les Kurdes et les Druzes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Face au sionisme et à l’impérialisme français&nbsp;: la stratégie du nombre</strong></h2>



<p>Pour que la lutte pour la Palestine avance de manière significative, il est essentiel de créer un rapport de force par la mobilisation de masse. Le nombre de manifestants dans la rue est ce qui permettra de mettre une pression réelle sur les gouvernements complices du génocide, comme l&rsquo;État français. En préparant des événements de grande envergure autour de dates stratégiques, telles que la Nakba qui marque l&rsquo;exil forcé de millions de Palestinien•es en 1948 reste un symbole puissant de la lutte contre l’occupation et le colonialisme sioniste.&nbsp;</p>



<p>Lors du salon de l&rsquo;armement du Bourget, nous pourrons créer une dynamique de mobilisation qui regroupera tous les acteurs du mouvement de solidarité avec la Palestine (Stop Arming Israël, BBG, BDS etc ) ainsi que les organisations de gauche (syndicales, étudiantes, féministes etc). L&rsquo;objectif est de garantir que ces grandes dates ne soient pas isolées mais deviennent des moments forts qui marquent une véritable rupture avec le soutien de l&rsquo;État français à Israël. Ces derniers mois en France, les manifestations n&rsquo;ont pas été suffisantes pour impulser un véritable changement, il est donc urgent qu&rsquo;une mobilisation de masse, avec une date clé devienne une priorité stratégique pour l’ensemble du mouvement.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Face à l’impérialisme Français et en solidarité des Palestinien•nes mobilisons nos syndicats&nbsp;!</h2>



<p>La France joue un rôle clé dans la dynamique géopolitique du Moyen-Orient, en tant qu&rsquo;alliée d&rsquo;Israël et partenaire militaire. Le soutien de l&rsquo;État français à Israël, notamment par les ventes d&rsquo;armes, doit être combattu et pour briser cette solidarité entre l&rsquo;État français et Israël, il est nécessaire d’intensifier les campagnes de Stop Arming Israël et BDS. Cela peut notamment se réaliser en renforçant l&rsquo;implication des syndicats dans cette lutte, en s’appuyant notamment sur des camarades syndicalistes qui se préoccupent de la question, et en convainquant d’autres de prendre part à la lutte.&nbsp;</p>



<p>Les syndicats doivent être impliqués activement dans cette campagne, se donner les moyens d’action massive devant des sites liées à l&rsquo;industrie de l&rsquo;armement ou devant les hôpitaux, dénonçant la complicité de la France dans le soutien à l&rsquo;oppression israélienne, mais aussi devant les Ambassades américaines et israélienne. Cette mobilisation devrait aussi articuler la lutte contre le colonialisme israélien et l’apartheid avec des combats contre le racisme, dont l’islamophobie. La coordination de campagnes BDS avec Stop Arming Israël et des actions de solidarité permettrait de frapper plus fort et de créer un rapport de force concret et permettant de décliner les appels à la solidarité de la part des organisations Palestineiennes elles-mêmes.&nbsp;</p>



<p>La mobilisation contre l’impérialisme israélien et français doit tenir compte des dynamique géopolitiques mondiales. Le soutien de la France à Israël ne peut être dissociée de ses intérêts impérialistes au Moyen-Orient et dans le Sahel, où la France cherche à maintenir son hégémonie militaire et économique. Face à ce soutien, la mobilisation et la solidarité avec la Palestine doivent se traduire par une stratégie de blocage global des alliances impérialistes. C&rsquo;est par le nombre et l&rsquo;unité des luttes sociales et politiques qu&rsquo;il sera possible d’affaiblir l’impérialisme français et pousser le gouvernement français à remettre en question sa complicité avec Israël. Les syndicats, organisations, collectifs, antiracistes, féministes, étudiants etc doivent créer une solidarité forte qui menace l&rsquo;ordre imposé.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Plus une manifestation sioniste, plus une apparition fasciste&nbsp;!</strong></h2>



<p>Le combat pour la libération de la Palestine devrait inclure une lutte contre toute apparition publique des partisans du sionisme et des groupes fascistes. Ces groupes doivent être confrontés à des ripostes immédiates de notre camp, et ce par le nombre et par tous les moyens jugés nécessaires. Ils ne cesseront pas d’eux-mêmes d&rsquo;instrumentaliser des questions pour propager leur idéologie comme ce fut le cas lors de manifestations féministes, comme celles du 23 novembre ou 8 mars. Il est crucial de dénoncer et combattre toute tentative de récupération du discours raciste et sioniste par des éléments pro-israéliens, racistes et fascistes, de même, lors d’événements sportifs (matchs de football, basket..), où la présence de groupes sionistes sera de plus en plus posée.</p>



<p>&nbsp;La question palestinienne est intrinsèquement liée aux luttes antiracistes et pour la justice sociale, la confrontation directe et bien organisée contre ces groupes à travers des actions de solidarité et des manifestations de soutien aux Palestinien•nes, constituent une réponse nécessaire pour faire reculer leur influence et leur développement.&nbsp;</p>



<p>Il est certes nécessaire de faire preuve de solidarité : syndicats, mouvements féministes, organisations antiracistes et de solidarité internationale doivent se regrouper pour combattre cette présence en concert les sionistes et particulièrement les fascistes, afin que cela devienne la préoccupation de toutes et tous.&nbsp;</p>



<p>En intégrant les luttes antiracistes et anti-coloniales, antifasciste à la mobilisation, on peut créer un rapport de force global qui va au-delà de la simple confrontation locale contre la manifestation de sionistes, de fascistes .&nbsp;</p>



<p>Les politiques racistes à l’ouevre aujourd’hui cherchent à renforcer l’ordre en s’attaquant aux minorités et aux peuples opprimés. Pour cela, il faut coordonner une résistance globale, en organisant des actions de solidarité internationale pour renforcer partout les luttes Palestine et les fronts anti-fascistes</p>



<h5 class="wp-block-heading">Meriem, Paris 20eme</h5>
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		<title>Quelle stratégie de libération au Moyen-Orient?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/quelle-strategie-de-liberation-au-moyen-orient/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Jan 2025 15:59:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Le 17 janvier 2024, A2C organisait au CICP (Paris) un débat sur le thème « Quelle stratégie de libération au Moyen-Orient?« , avec la participation de : L&#8217;introduction par Meriem revient sur le sens pour nous d&#8217;une <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/quelle-strategie-de-liberation-au-moyen-orient/" title="Quelle stratégie de libération au Moyen-Orient?">[...]</a></div>
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<p>Le 17 janvier 2024, A2C organisait au CICP (Paris) un débat sur le thème « <em><strong>Quelle stratégie de libération au Moyen-Orient?</strong></em>« , avec la participation de :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Samir et Halla (<em>Courant de la Gauche révolutionnaire</em> &#8211; Syrie, en duplex depuis Damas) « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=nMvvvXE3ylg&amp;t=96s">01:</a><a href="https://www.youtube.com/watch?v=nMvvvXE3ylg&amp;t=96s" target="_blank" rel="noreferrer noopener">36</a>« </li>



<li>Omar Alsoumi (<em>Boussole Palestine</em>) « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=nMvvvXE3ylg&amp;t=957s">15:</a><a href="https://www.youtube.com/watch?v=nMvvvXE3ylg&amp;t=957s" target="_blank" rel="noreferrer noopener">57</a>« </li>



<li>Ghayat Naisse (<em>Courant de la Gauche révolutionnaire</em> &#8211; Syrie) « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=nMvvvXE3ylg&amp;t=1797s" target="_blank" rel="noreferrer noopener">29:57</a>« </li>



<li>Ahmed (<em>Socialistes Révolutionnaires</em> &#8211; Égypte) « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=nMvvvXE3ylg&amp;t=2725s" target="_blank" rel="noreferrer noopener">45:25</a>« </li>



<li>Jad Bouharoun (<em>A2C</em>) « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=nMvvvXE3ylg&amp;t=3420s" target="_blank" rel="noreferrer noopener">57:00</a>« </li>
</ul>



<p>L&rsquo;introduction par Meriem revient sur le sens pour nous d&rsquo;une telle discussion :</p>



<p>Le Moyen-Orient, région au cœur de tensions géopolitiques et sociales, connaît des bouleversements majeurs qui redéfinissent les perspectives de libération et d’émancipation. Les récents développements, comme la situation à Gaza avec un accord de « cessez-le-feu » ou la chute de Bachar al-Assad en Syrie, s’inscrivent dans un contexte plus large marqué par les révolutions arabes de 2011. Ces soulèvements populaires, bien qu’étouffés dans de nombreux pays continuent de nourrir des aspirations à la justice sociale et à la liberté tout en posant des questions sur les moyens d’atteindre une véritable transformation.</p>



<p>La lutte au Moyen-Orient ne peut être pensée comme une série de luttes nationales isolées. Qu’il s’agisse de la résistance palestinienne contre le système colonial sioniste, des transformations politiques en Syrie, ou des révoltes étouffées en Égypte, au Liban, au Yémen, au Soudan et ailleurs ces dynamiques sont profondément liées.&nbsp;</p>



<p>Le colonialisme, les régimes autoritaires et la domination impérialiste ne sont pas des phénomènes indépendants, ils forment un système global dans lequel les grandes puissances, les élites locales et les structures économiques capitalistes se renforcent mutuellement et collaborent pour maintenir des millions de personnes dans l’oppression et la précarité.&nbsp;</p>



<p>Penser la libération au Moyen-Orient c’est envisager la libération du point de vue de notre classe : celle des classes populaires, des travailleurs et travailleuses, des pauvres. Cette approche place les opprimés au centre des stratégies de transformation sociale et politique, seule capable de renverser ce système globale de domination et à bâtir un avenir libéré des systèmes d&rsquo;exploitation et d&rsquo;oppressions</p>
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		<title>Ukraine : face à l&#8217;horreur, qu&#8217;est-ce qu&#8217;il faut faire ? Et qu&#8217;est-ce qu&#8217;on peut faire, nous ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/ukraine-face-a-lhorreur-quest-ce-quil-faut-faire-et-quest-ce-quon-peut-faire-nous/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jun 2022 09:26:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[anti-impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Imperialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=5579</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">La première des choses, et la plus essentielle, est de chercher à comprendre la nature de cette guerre et le cadre général d’une rivalité inter-impérialiste, entre la Russie et les pays de l’Otan, dans lequel <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/ukraine-face-a-lhorreur-quest-ce-quil-faut-faire-et-quest-ce-quon-peut-faire-nous/" title="Ukraine : face à l&#8217;horreur, qu&#8217;est-ce qu&#8217;il faut faire ? Et qu&#8217;est-ce qu&#8217;on peut faire, nous ?">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<pre class="wp-block-verse">La première des choses, et la plus essentielle, est de chercher à comprendre la nature de cette guerre et le cadre général d’une rivalité inter-impérialiste, entre la Russie et les pays de l’Otan, dans lequel elle se déroule. C’est pourquoi, après l’<a href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/pas-de-guerre-entre-les-peuples-pas-de-paix-entre-les-classes/">éditorial</a> du dernier numéro de cette revue, nous revenons en détail, ailleurs dans ces pages, sur l’analyse de l’<a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/limperialisme-et-la-guerre-en-ukraine/">impérialisme aujourd’hui</a>. Cette boussole nous permet de mieux répondre à une série d’arguments que nous entendons dans les médias et autour de nous et de décider où et comment nous pouvons intervenir de manière<em> </em>concrète.</pre>



<h6 class="has-text-align-right has-background wp-block-heading" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #03 &#8211; MAI 2022</h6>



<p class="has-drop-cap">Les réponses, à certains arguments sont plus faciles que d’autres comme l’idée que nous serions face une guerre entre un monde « libre et démocratique » et un monde de « dictateurs autocratiques » même si l’argument est tellement martelé dans les médias qu’il finit par sembler comme du simple bon sens pour beaucoup de gens.</p>



<p>D’autres sont plus complexes. Il est évident que la Russie est le pays envahisseur et il faut qu’il se retire. Mais comment faire ? Faut-il envoyer des troupes de l’Otan ? Seuls les Docteurs Folamour y pensent. Mais faut-il envoyer des armes ? Faut-il des sanctions ? La guerre en Ukraine ne serait-elle pas une simple guerre de libération nationale comparable à celle de l’Algérie ou du Vietnam et qu’il faudrait donc soutenir par tous les moyens ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Monde libre contre dictatures ?</h2>



<p>Est-ce vraiment un argument de bon sens ? Pourtant il suffit de regarder la politique étrangère passée et présente ne serait-ce que de l’État français pour voir que ce sont des fadaises.</p>



<p>Au moment de l’écriture de ces lignes, les médias couvrent le défilé du 8&nbsp;mai commémorant la victoire en 1945 et la « guerre pour un monde libre » et en profitent pour la comparer à la guerre en Ukraine. Mais sur ces mêmes ondes, pas un mot sur ce même 8&nbsp;mai à Sétif en Algérie et la répression brutale du mouvement d’indépendance –&nbsp;le même jour par le même gouvernement français « libre ». Malgré les engagements pendant la guerre<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5579_18('footnote_plugin_reference_5579_18_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_5579_18('footnote_plugin_reference_5579_18_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5579_18_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5579_18_1" class="footnote_tooltip">Dans la Charte de l’Atlantique de 1941 et la Déclaration des Nations unies de 1942 il était question du respect du droit de <em>« chaque peuple de choisir la forme de gouvernement sous laquelle il doit vivre. » </em>Et que <em>« soient rendus les droits souverains et le libre exercice du gouvernement à ceux qui en ont été privés par la force. »</em></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5579_18_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5579_18_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, les résistances anticoloniales seront noyées dans le sang –&nbsp;jusqu’à 20 000 morts à Sétif en 1945, des dizaines de milliers de morts dans les massacres coloniaux au Vietnam, à Madagascar, au Cameroun… et des centaines de milliers de morts pendant la Guerre d’Algérie<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5579_18('footnote_plugin_reference_5579_18_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_5579_18('footnote_plugin_reference_5579_18_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5579_18_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5579_18_2" class="footnote_tooltip">Voir Yves Benot, <em>Massacres coloniaux</em>, La Découverte</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5579_18_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5579_18_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Est-ce de l’histoire ancienne d’une époque coloniale révolue, comme le prétendraient certains ? Toute l’histoire de la Françafrique depuis nous montre le contraire –&nbsp;dictateurs tortionnaires installés et armés par l’État français et quarante interventions militaires depuis 1960 pour les soutenir au nom du « maintien de la paix », sans compter l’emprisonnement, voire l’élimination d’opposant·es trop démocratiques…</p>



<p>Dans les années 1960, c’était un des régimes les plus brutaux du monde, l’Afrique du Sud et son régime d’apartheid, qui faisait partie du monde « libre » ! Hier, cela voulait dire tout simplement qu’elle faisait partie du bloc impérialiste occidental opposé au bloc impérialiste de l’est « communiste ». D’après cette même logique tordue, aujourd’hui, font partie du monde « libre » l’Égypte du dictateur Al Sissi ou l’Arabie saoudite de Bin Salman. Après des années de bombardements du Yemen par l’Arabie saoudite et plus de 200 000 morts, si on suivait les mêmes arguments utilisés pour l’Ukraine, la France, le Royaume Uni et les USA devraient être en train de vendre ou de donner des armes aux résistant·es ou au moins d’organiser des sanctions contre cette dictature. Ces pays sont pourtant les trois plus grands fournisseurs d’armes à l’Arabie saoudite. Et ce n’est qu’un seul exemple. Comment croire alors que les États français, étatsunien et autres interviennent aujourd’hui en Ukraine pour défendre la liberté, la démocratie et un monde libre ? La « défense de la souveraineté de l’Ukraine » tout comme les justifications de Poutine sur la dénazification ne sont que des prétextes dans la bataille pour dominer cette partie de l’Europe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Donner des armes à l’Ukraine pour&nbsp;résister ?</h2>



<p>Dans ce contexte de réchauffement de la guerre froide, l’envoi massif d’armes en Ukraine, ainsi que les votes de budget militaires de plus en plus importants partout en Europe sont plus qu’inquiétants. C’est notamment le cas pour l’Allemagne qui a décidé d’investir 100&nbsp;milliards d’euros –&nbsp;le double de son budget militaire annuel actuel&nbsp;– dans la modernisation de son armée, en augmentant la part des dépenses à 2 % du PIB. Après l’envoi de troupes en Afghanistan et l’envoi de matériel en Ukraine, l’Allemagne est en train de faire un pas supplémentaire dans l’abandon de sa politique de non-intervention à l’étranger qui date de 1945.</p>



<p>Sérieusement affaibli depuis la chute du mur, l’impérialisme russe, tel un animal blessé, est capable de réagir de façon encore plus imprévisible et brutale. Les dirigeants de l’Otan en sont conscients et hésitent à soutenir la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de l’Ukraine, de peur de provoquer un conflit direct avec l’armée russe et le risque d’une guerre d’une ampleur beaucoup plus grande, voir mondiale. La stratégie est plutôt celle d’une guerre d’usure pour saigner l’opposition et leur saper le moral. En attendant ce sera la population ukrainienne qui continuera à payer un prix encore plus fort sans aucune garantie qu’on n’assiste pas à une escalade dans l’affrontement avec tous les risques que cela comporte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et l’exemple du Vietnam ou d’autres mouvement de libération nationale ?</h2>



<p>Certain·es militant·es de gauche, qui sont pourtant opposées à la politique globale de l’Otan, argumentent que, par le passé, des mouvements de résistance ont profité des armes d’une puissance impérialiste rivale, comme les vietnamien·nes qui ont reçu de l’aide militaire de la Russie ou de la Chine et qu’il faudrait donc soutenir l’envoi d’armes par l’Otan. Mais il s’agissait là d’un mouvement très différent qui était historiquement indépendant que ce soit de la France, des USA, de la Russie ou de la Chine. Le Vietnam poursuivait ses propres buts. Dans le cas de l’Ukraine, son avenir, en cas de victoire sera entièrement déterminée par les puissances de l’Otan.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les sanctions sont-elles une solution ?</h2>



<p>Dans d’autres conflits, comme celui des Africain·es noirs contre l’apartheid en Afrique du Sud ou des palestinien·nes contre l’apartheid imposé par l’État d’Israël, ce sont les victimes et opposant·es intérieurs aux régimes oppresseurs qui ont été ou sont encore à l’origine de la demande de sanctions. Ce n’est pas le cas aujourd’hui en Russie. De manière générale, d’ailleurs, les sanctions économiques sont rarement efficaces dans le court terme pour changer la politique d’un pays. Imposées à l’Iran, à l’Irak ou plus récemment à la Corée du Nord, les sanctions n’ont pas fait plier les régimes en question. Par contre, pour les populations de ces pays le résultat a été catastrophique. En mars dernier après la mort de Madeleine Albright, ancienne secrétaire d’État des USA sous la présidence de Bill Clinton, toutes les figures du monde politique américain ont unanimement chanté ses louanges. En 2001, interrogée devant les caméras sur les 500 000 enfants morts en Irak à cause des sanctions –&nbsp;« plus d’enfants morts qu’à Hiroshima », on lui a demandé si elle pensait si cela en valait le prix. Elle a répondu, <em>« Je pense que c’est un choix très dur, mais nous pensons que cela en valait le prix. »</em> De telles sanctions imposées à la Russie ne toucheront pas les riches de ce pays pas plus qu’en Irak. Par contre, elles pourraient très bien dresser les populations contre les Occidentaux qu’on pointerait comme responsables. Enfin, lorsque les sanctions échouent à faire plier un régime, les appels à l’utilisation des armes se font sentir encore davantage.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quelle alternative aux sanctions et aux armes de l’Otan ?</h2>



<p>Car si on est opposé à l’ingérence des forces de l’Otan comment serait-il possible d’obliger l’armée russe à se retirer ? Plusieurs alternatives existent qui pourraient permettre une issue positive à la guerre.</p>



<p>D’abord, il n’est pas impossible qu’une opposition à la guerre se développe au sein de la Russie elle-même. Les magnifiques manifestations d’opposition dans les villes russes au lendemain de l’invasion sont incroyablement encourageantes surtout quand on connaît le niveau de répression qu’elles ont subi. Embourbés dans une guerre qu’on leur a présenté comme une mission de libération d’un pays sous le contrôle de nazis, les soldats qui reviendront du front n’hésiteront pas à raconter à leurs ami·es et familles les mensonges grossiers de l’État major et des médias. L’opposition peut grossir.</p>



<p>Deuxièmement, les soldats envoyés en Ukraine peuvent aussi déchanter sur place, montrer une opposition passive voire dans certains cas se livrer à des actions contre leurs officiers comme ce fut le cas en Afghanistan pour les Russes ou au Vietnam pour les Américains. Cela pourrait être favorisé par des tentatives des soldats ukrainiens de s’opposer aux troupes russes tout en multipliant les actions de fraternisation –&nbsp;actions qui ont déjà eu lieu.</p>



<p>Enfin, dans les pays alliés de l’Otan comme la France, nous devons trouver le chemin de l’agitation antiguerre avec la revendication du retrait des troupes russes tout en pointant la responsabilité aussi de l’Otan dans l’escalade de la guerre. Cela aiderait les antiguerre russes à éviter d’être désigné·es comme de simples suppôts de l’Otan. Pendant la guerre du Vietnam, dans les abris sous terre, les vietnamien·nes projetaient des films des manifestations antiguerre aux États-Unis tout comme les antiguerre aux USA passaient des films des résistances au Vietnam. Des scènes similaires se passaient aussi pendant la guerre contre l’Irak. C’est ainsi qu’on commençait à casser le nationalisme qui monte les peuples les uns contre les autres et nous pourrit la vie.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="888888" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #888888;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/06/A2C_RevueN3_UkraineRoss_Illustr1.jpg" alt="" class="wp-image-5582 not-transparent"/></figure>



<p>C’est aussi sur cette question du nationalisme et du racisme que nous pouvons intervenir concrètement en France pour casser la spirale vers la guerre. Nous devons continuer à dénoncer l’hypocrisie et le racisme des États européens qui accueillent à bras ouverts des ukrainien·nes tout en continuant à rejeter les réfugié·es noir·es et arabes qui cherchent un asile. Les mesures d’urgence mises en place en moins de deux pour les ukrainien·nes nous montrent qu’on avait raison de dire qu’il était possible d’accueillir tout le monde.</p>



<p>Comme militant·es d’A2C, nous sommes convaincu·es de la justesse de notre choix d’investir nos forces à côté des migrant·es et des sans-papiers dans la lutte pour la régularisation, pour l’égalité des droits et plus largement contre le racisme et le fascisme. C’est pourquoi nous sommes plus que d’accord avec la célèbre militante étatsunienne, Angela Davis, qui tout récemment, lors d’une conférence à Bruxelles a affirmé que, pour elle, <em>« la lutte des personnes sans-papiers est sûrement la plus importante des luttes aujourd’hui, car la quête des organisations qui défendent leurs droits remet en question des États-Nations qui ont été dessinées en relation avec le colonialisme. » </em>C’est en renforçant cette lutte que concrètement on peut contribuer à reconstruire l’internationalisme dont nous avons tant besoin.</p>



<p><em>« Pas de guerres entre les peuples. Pas de paix entre les classes. » </em>titrions-nous à la une du dernier numéro de notre revue. Les frontières sont bien entre les classes sociales. Elles ne sont pas entre les populations des différents États.</p>



<p>Aujourd’hui la tâche peut sembler énorme mais souvenons-nous qu’en 1914, au début de la Première Guerre mondiale lorsque les sociétés européennes presque toutes entières se sont livrées à une frénésie nationaliste terrifiante, une petite minorité de militant·es révolutionnaires a continué à maintenir allumée la flamme de l’internationalisme et à construire la résistance à la boucherie impérialiste. Trois ans plus tard, des mutineries éclataient dans les tranchées, des révolutions en Russie et en Allemagne ont provoqué la fin de la guerre et des soulèvements dans des dizaines de pays ouvraient la possibilité de révolutions et d’une nouvelle ère de fraternité et de paix. À l’époque le rêve ne s’est pas réalisé mais cela doit rester notre boussole aujourd’hui.</p>



<h6 class="wp-block-heading">Ross Harrold</h6>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_5579_18();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_5579_18();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_5579_18">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_5579_18" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5579_18_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5579_18('footnote_plugin_tooltip_5579_18_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Dans la Charte de l’Atlantique de 1941 et la Déclaration des Nations unies de 1942 il était question du respect du droit de <em>« chaque peuple de choisir la forme de gouvernement sous laquelle il doit vivre. » </em>Et que <em>« soient rendus les droits souverains et le libre exercice du gouvernement à ceux qui en ont été privés par la force. »</em></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5579_18_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5579_18('footnote_plugin_tooltip_5579_18_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Voir Yves Benot, <em>Massacres coloniaux</em>, La Découverte</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_5579_18() { jQuery('#footnote_references_container_5579_18').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_5579_18').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_5579_18() { jQuery('#footnote_references_container_5579_18').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_5579_18').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_5579_18() { if (jQuery('#footnote_references_container_5579_18').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_5579_18(); } else { footnote_collapse_reference_container_5579_18(); } } function footnote_moveToReference_5579_18(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_5579_18(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_5579_18(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_5579_18(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/ukraine-face-a-lhorreur-quest-ce-quil-faut-faire-et-quest-ce-quon-peut-faire-nous/">Ukraine : face à l&rsquo;horreur, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il faut faire ? Et qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on peut faire, nous ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/pas-de-guerre-entre-les-peuples-pas-de-paix-entre-les-classes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vanina]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Mar 2022 03:28:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[anti-impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[antiguerre]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[internationalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=5203</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">La crise militaire d’ampleur qui vient de se déclarer aux portes de l’Europe est le point culminant d’une série de crises majeures qui frappent l’humanité depuis une décennie. La crise climatique, la crise économique de <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/pas-de-guerre-entre-les-peuples-pas-de-paix-entre-les-classes/" title="Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes !">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<pre class="wp-block-verse">La crise militaire d’ampleur qui vient de se déclarer aux portes de l’Europe est le point culminant d’une série de crises majeures qui frappent l’humanité depuis une décennie. La crise climatique, la crise économique de 2008, la crise du covid étaient déjà les symptômes d’un système capitaliste mondial à bout de souffle. Mais l’aggravation brutale de la situation marque un tournant vers un risque de déflagration mondiale. Plus que jamais les luttes de notre camp, des masses que ce système opprime et exploite, sont essentielles pour stopper cette folie.</pre>



<h6 class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background wp-block-heading" style="font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #02 &#8211; mars 2022</h6>



<p>Le déclenchement de la guerre en Ukraine par Poutine, le 24 février, n’a rien avoir avec la paranoïa d’un dirigeant autocrate sanguinaire comme le décrivent les dirigeants et médias occidentaux. Poutine est, à n’en pas douter, un autocrate qui muselle le peuple russe, c’est un boucher sanguinaire qui a massacré plus de 200 000 civils en Tchétchénie en 1999. Et il n’hésitera pas à faire de même en Ukraine si les intérêts qui le guident le nécessitent.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Refuser l’escalade guerrière</h2>



<p>Mais la violence militaire et la barbarie sanguinaire dont il fait preuve sont exactement de la même nature que celles qu’ont commises à de multiples reprises les Etats-Unis lorsqu’ils couvraient le Vietnam de napalm ou l’Etat français lorsqu’ils massacrait des centaines de milliers d’Algériens pour préserver son empire colonial, ou plus récemment lorsque les Etats-Unis ont mené la coalition pour détruire sous l’Irak sous un déluge de bombes, ou encore quand Sarkozy bombardait la&nbsp; Libye.&nbsp;</p>



<p>Cette guerre n’a rien à voir non plus avec la défense des droits et des libertés d’un peuple que ce soient les minorités russophones d’Ukraine pour Poutine, ou l’intégrité de l’état démocratique ukrainien pour l’Europe et les Etats-Unis. L’argument de la défense des droits et libertés des peuples à toujours été l’argument utilisé par les grandes puissances pour s’engager dans les guerres. C’est comme cela qu’a débuté la première guerre mondiale, qui a ravagé l’Europe et fait 20 millions de victimes.</p>



<p>Au lendemain de l’attaque russe, l’OTAN à commencé à déployer «&nbsp;<em>des éléments de sa force de&nbsp;réaction&nbsp;pour renforcer encore son dispositif de défense et être en mesure de réagir rapidement à toute éventualité&nbsp;</em>». Macron y contribue en déployant des soldats français en Roumanie et en Estonie. L’Allemagne a annoncé son réarmement tandis que l’Europe a décidé d’envoyer massivement des armes en Ukraine. L‘engrenage d’une guerre globale se met dangereusement en mouvement.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Toutes celles et tous ceux qui se battent pour l’émancipation des exploité.e.s et des opprimé.e.s&nbsp;ne peuvent qu’être internationalistes et s’opposer à la domination d’une nation sur une autre. Ils ne peuvent être que totalement solidaires des populations ukrainiennes et exiger que la Russie retire ses troupes. Mais si nous n’avons pas les moyens immédiats d’éteindre le feu en Ukraine, nous devons nous opposer à ce que les pompier-pyromanes de l’OTAN y jettent leurs bidons d’essence. Nous devons au contraire exiger la dissolution de l’OTAN et&nbsp;refuser la militarisation de l’Europe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une guerre impérialiste</h2>



<p>Le stratège prussien Von Clausewitz écrivait au 19ème siècle que « <em>la guerre est le prolongement de la lutte politique par d’autres moyens</em> ».&nbsp;Reprenant cette analyse, au début de la première guerre mondiale, pour comprendre ce qui avait produit cette monstruosité, le révolutionnaire russe Lénine argumentait qu’à l’époque d’un capitalisme hégémonique sur toute la planète, divisé en empires économiques et militaires, la guerre était la continuation de la concurrence acharnée que se livrent les blocs de capitaux rivaux. Elle était le moyen, lorsque les mécanismes économiques ne suffisent plus, d’assurer le contrôle des ressources de matières premières, de conquérir de nouveaux territoires pour investir leurs capitaux.</p>



<p>L’escalade guerrière actuelle procède de la même logique.&nbsp;Les capitaux, même financiarisés, même mondialisés s’appuient sur les moyens militaires des Etats avec lesquels ils sont étroitement liés pour imposer leur domination ou affaiblir leurs concurrents.</p>



<p>L’effondrement du bloc de l’Est au début des années 1990 a bouleversé l’ordre de domination issu de la deuxième guerre mondiale.&nbsp;Ce fut le début du nouvel ordre mondial promu par les Etats-Unis pour imposer leur hégémonie militaire et économique sur tout le globe.&nbsp;</p>



<p>L’OTAN, alliance militaire dirigée par les Etats-Unis pour défendre les intérêts du bloc occidental, loin de se dissoudre avec la fin de la guerre froide, s’est étendue&nbsp;vers les pays de l’Europe de l’Est encerclant toujours plus étroitement la Russie, économiquement exsangue et militairement affaiblie. Elle a renforcé son partenariat militaire avec l’Union européenne qui, dans le même temps, s’élargissait pour intégrer ces mêmes pays dans son grand marché libéral. Lorsque, en 1999, l’Otan est intervenue militairement en Yougoslavie, plongée dans une atroce guerre civile, il s’agissait plus de s’imposer aux yeux de la Russie comme gendarme du monde que de défendre, comme elle le prétendait, les populations victimes du nettoyage ethnique.&nbsp;Dans le même but, avec l’Otan ou avec des coalitions&nbsp;<em>ad hoc</em>, les Etats-unis ont mené la guerre contre l’Irak en 1990-91&nbsp;avant de l’écraser sous une pluies de bombes&nbsp;&nbsp;en 2003 pendant qu’ils se lançaient dans une guerre d’occupation de l’Afghanistan qui allait durer 20 ans.&nbsp;</p>



<p>C’est dans cette même période que fut lancée la course furieuse vers la mondialisation libérale qui allaient impacter toute les économies dans un programme de concurrence économique sans retenue, de privatisation et de démantèlement des services publics.</p>



<p>Si les Etats-Unis ont réussi à imposer leur hégémonie militaire sur toute cette période, il n’en fut pas de même sur le plan économique. Les économies occidentales ne se sont jamais remises de la crise des années 1970.&nbsp;La mondialisation des années 1990 et 2000 a vu l’explosion de monstres économiques comme lesGAFAM, la multiplication de milliardaires, mais ce fut au prix d’une aggravation des inégalités mondiales, d’une explosion de la dette, d’une stagnation voire d’une baisse du pouvoir d’achat&nbsp;. Elle a abouti à la crise mondiale qui a ravagé les économies en 2008 et dont elles ne se sont pas encore relevées.&nbsp;</p>



<p>Dans le même temps, les Etats-Unis ont vu leur part du marché mondial diminuer, en particulier au profit de la Chine dont le PIB a explosé à partir des années 1990 pour devenir la deuxième puissance économique mondiale et le concurrent le plus sérieux des Etats-Unis.&nbsp;</p>



<p>C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre le déclenchement de la guerre actuelle. La Chine forte de sa puissance économique et la Russie forte de sa puissance militaire contestent l’hégémonie et l’expansionnisme des Etats-Unis et de ses alliés.</p>



<p>En 2014, la révolution de Maïdan a porté à la tête l’Ukraine des dirigeants pro-européens&nbsp;qui ont entamé de premières discussions pour se rapprocher de l’OTAN. Profitant de la colère des minorités russophones, Poutine a annexé la Crimée, ce qui n’a pas&nbsp;tempéré&nbsp;l’ardeur de l’OTAN à vouloir intégrer l’Ukraine dans son alliance militaire.&nbsp;</p>



<p>La débâcle Étasunienne en Afghanistan et son retrait piteux en août dernier ont sans doute été le signe pour les puissances impérialistes chinoise et russe qu’un repartage du monde était à l’ordre du jour. Alors que les Etats-Unis s’attelaient, dès septembre, à mettre en place une alliance militaire dans le Pacifique avec l’Australie et la Grande Bretagne pour faire face à la Chine, qu’elle identifiait depuis longtemps comme la plus grande menace à son hégémonie, les dirigeants chinois affirmaient haut et fort leur volonté d’un retour rapide de Taiwan dans la Chine. Il s’appuyèrent sur une démonstration de force militaire au-dessus de l’île. Joe&nbsp;Biden s’était alors dit prêt à une intervention militaire au cas d’invasion chinoise.&nbsp;Aujourd’hui la Russie se pense en force de contester l’hégémonie de l’OTAN en Europe.</p>



<p>C’est l’accumulation de telles rivalités entre puissances impérialistes qui a conduit par deux&nbsp;fois le monde à la barbarie généralisée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Combattre nos impérialismes</h2>



<p>Au déclenchement de la première guerre mondiale, les principaux dirigeants politiques et syndicaux du mouvement ouvrier européen, qui avait clamé haut et fort, jusqu’à la veille, leur unité et&nbsp;leur internationalisme, se sont vautrés&nbsp;dans le chauvinisme le plus crasse en appelant, à outrance, les ouvriers de leurs pays respectifs à massacrer ceux d’en face.</p>



<p>Le révolutionnaire et député allemand Karl Liebknecht fut l’un des seuls à voter contre cette guerre. Interdit de parole au parlement, il publia sa position dans une brochure intitulée “<em>L’ennemi principal est dans notre pays !</em>“.&nbsp;Il y expliquait que «&nbsp; <em>L’ennemi principal de chaque peuple est dans son propre pays ! L’ennemi principal du peuple allemand est en Allemagne : l’impérialisme allemand, le parti de la guerre allemand, la diplomatie secrète allemande.&nbsp;C’est cet ennemi dans son propre pays qu’il s’agit pour le peuple allemand de combattre dans une lutte politique, en collaboration avec le prolétariat des autres pays, dont la lutte est dirigée contre ses propres impérialistes.</em> »</p>



<p>En Russie,&nbsp;Lénine défendait les mêmes positions en expliquant qu’en temps de guerre on ne pouvait que vouloir la défaite de son propre gouvernement.</p>



<p>Les principaux dirigeants du mouvement ouvrier, qui avaient abandonné toute perspective de transformation révolutionnaire de la société, pensaient que la guerre ne pouvait se finir que par la victoire de l’un ou l’autre des camps impérialistes et choisissaient le leur. Ils furent les complices des plus grands massacres de masse qu’a connu l’humanité.&nbsp; Ces furent au contraire la révolution russe de 1917, en renversant le Tsar, et la révolution allemande d’octobre-novembre 1918, en mettant fin au régime impérial, qui accélèrent la fin de la guerre et de la barbarie.</p>



<p>Les peuples du monde entier ont tout à craindre de l’affrontement actuel des impérialismes. Mais ils ont en mémoire les deux boucherie mondiales. Il ont aussi la mémoire de la lutte contre la guerre du Vietnam, celle du peuple vietnamien qui a mis en échec la plus grande puissance militaire du monde , celle du mouvement anti-guerre qui a déstabilisé les Etats-Unis de l’intérieur. Les Russes ont également en mémoire le tribut qu’ils ont payé pour la sale guerre&nbsp;menée par l’URSS en Afghanistan et qui a contribué à sa chute. Nombreux manifestent aujourd’hui en Russie pour clamer leur opposition à la guerre malgré la répression féroce de l’Etat.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="4a453d" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #4a453d;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/03/russie.jpg" alt="" class="wp-image-5304 not-transparent"/><figcaption>« Ukraine &#8211; Paix, Russie &#8211; Liberté ». Manifestation à Moscou le 24 février 2022 (DR)</figcaption></figure></div>



<h2 class="wp-block-heading">Contre la guerre et le nationalisme, nos luttes !</h2>



<p>Face à l’esprit guerrier, la lutte contre le nationalisme doit plus que jamais guider nos actions.</p>



<p>Dans son adresse au parlement du 25 février, Macron a exhorté le pays&nbsp;à “l’unité nationale” pour défendre la démocratie et nos valeurs. Nous devrions ainsi tous faire corps au nom d’un intérêt commun et taire nos divergences parce que nous vivons dans les mêmes frontières.</p>



<p>Mais deux ans de “guerre” contre le Covid, comme il avait alors osé qualifier la crise sanitaire, ont montré ce que signifie ce prétendu intérêt commun. Tandis que la population, en particulier les populations les plus précaires et les racisés, subissait les conséquences de sa politique de destruction du système de santé, il a continué de supprimer près de 4000 lits d’hôpitaux par an pendant la crise pour arriver à un total&nbsp;de&nbsp;17 000 lits supprimés à la fin de son quinquennat. Il a imposé sa contre-réforme de l’Assurance chômage qui va entraîner, selon un rapport de l’Unédic d’avril&nbsp;2021, une baisse de revenus de 17% en moyenne&nbsp;pour 1,15 million d’allocataires. Selon l’ONG Oxfam, 1 million de personnes ont basculé dans la pauvreté durant la période. «&nbsp; <em>L’épargne des 20% des Français-e-s les plus pauvres a diminué de près de 2 milliards d’euros pendant le premier confinement, alors que les 10% des Français-e-s les plus riches ont vu leur fortune augmenter de plus de 25 milliards d’euros</em> ».&nbsp;</p>



<p>Pour les entreprises du CAC 40,&nbsp;la crise a été en effet du pain béni ! Tandis que l’inflation faisait exploser la facture énergétique de la population,&nbsp;TotalEnergies&nbsp;annonçait début février ses profits les plus élevés depuis 15 ans. Les entreprises du CAC 40 ont réalisé un total de 137 milliards d’euros de bénéfice en 2021 dont ils s’apprêtent à verser la moitié en dividendes !&nbsp; Voilà ce qu’il en est de l’intérêt commun !&nbsp;</p>



<p>Face à l’explosion des inégalités, les luttes sociales se développent depuis le début de l’année. Les conflits sur les salaires se sont multipliés pour contrer la flambée des prix. La grève historique des enseignant.e.s, le 13 janvier, contre la gestion catastrophique de la crise dans l’Éducation et la baisse continue des moyens,&nbsp;ainsi que la grève massive des salarié.e.s de la RATP pour une augmentation des salaires&nbsp;qui a paralysé les transports parisiens le 27 janvier montrent une situation sociale potentiellement explosive. La crise actuelle va amplifier la hausse des prix de l’énergie et des céréales et multiplier les revendications salariales. Ceux qui se vautrent aujourd’hui dans l’unité nationale appelleront demain le pouvoir à faire cesser nos grèves pour ne pas mettre en péril les efforts et les dépenses militaires.&nbsp;</p>



<p>Les femmes ont été en première ligne pendant la crise sanitaire parce qu’elles occupent les deux-tiers des emplois dans le secteur du soin, du fait de la division&nbsp;genrée du travail qu’impose la domination de la société de classes&nbsp;patriarcale. Elles en ont été également les premières victimes parce qu’elles occupent les emplois les plus précaires, parce qu’elles sont mal payées. Elles sont aussi les principales victimes des violences des guerres. La journée internationale de lutte pour le droit des femmes avec le large appel à la grève feministe du 8 mars, pour l’égalité salariale et contre les violence sexistes est l’occasion pour notre camp d’assumer l’affrontement avec notre classe dirigeante et sa logique de guerre.</p>



<p>Mais l’unité nationale, pour Macron et tous les suppôts de la classe dirigeante, c’est aussi le soutien à la politique impérialiste de la France qui n’a cessé, depuis la décolonisation, de maintenir sa domination sur les populations et les territoires africains par une succession d’interventions militaires, de coups d’État et de soutien sans faille aux dirigeants les plus corrompus jusqu’au soutien des génocidaires rwandais.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="c2906a" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #c2906a;" fetchpriority="high" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/03/A2C_RevueN2_Edito_Illustr.jpg" alt="" class="wp-image-5305 not-transparent" width="298" height="421"/></figure></div>



<p>Le 16 février dernier, il a convoqué les dirigeants européens et africains à une réunion sur «&nbsp; <em>la sécurité au Sahel et en Afrique de l’Ouest</em> ». Il s’agissait de redéfinir l’intervention militaire française face à la contestation massive des populations africaines qui exigent le départ des troupes françaises, relayés par la junte militaire qui a pris le pouvoir au Mali. La France y est intervenue militairement depuis 2013. Sous couvert de lutte contre le terrorisme, l’opération Serval, devenue Barkhane en 2014 avait pour but&nbsp;d’assurer « <em>un accès sécurisé aux ressources énergétiques et minières</em> »&nbsp;de l’Afrique comme l’évoquait un rapport du Sénat et de garantir les intérêts des 40 000 entreprises françaises dont 14 multinationales implantées sur le continent.&nbsp;</p>



<p>Mais si la domination française est vivement contestée par&nbsp;les&nbsp;populations&nbsp;qui en subissent directement les conséquences, les richesses du territoire sont convoitées par d’autres puissances impérialistes, en particulier la Chine qui est devenue le premier partenaire économique de l’Afrique et la Russie qui a multiplié depuis quelques années les accords de coopération militaire et économique.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Chassée&nbsp;du Mali, la France a annoncé&nbsp;le&nbsp;redéploiement de ses troupes dans le golfe de Guinée et au Niger où elle exploite en particulier plusieurs mines d’uranium.&nbsp;Macron exhorte maintenant les autres pays européens à se constituer en puissance militaire.&nbsp;</p>



<p>Son&nbsp;enjeu sera de renforcer la domination sur l’Afrique, le nôtre est de soutenir la lutte des peuples africains et d’exiger le retrait des troupes françaises.</p>



<p>L’unité nationale, c’est encore le renforcement des frontières, du racisme et des courants fascistes.&nbsp;L’afflux de réfugiés ukrainiens&nbsp;dévoile comme jamais l’hypocrisie des dirigeants européens et le poison du racisme en Europe.&nbsp;Alors que des centaines&nbsp;de&nbsp;milliers d’Ukrainiens ont fuit les bombardements dont une grande partie en Pologne, les dirigeants polonais organisent le tri à leur frontière. Des milliers d’étudiants africains qui cherchaient à fuir les combats ont ainsi été refoulés. Tandis que Zemmour s’oppose à l’accueil des réfugiés pour ne pas&nbsp;«&nbsp;<em>déstabiliser la France qui est déjà submergée par l’immigration</em>&nbsp;»,&nbsp;Le Pen concède l’accueil de réfugiés&nbsp;ukrainiens&nbsp;pour mieux&nbsp;faire&nbsp;suinter son racisme : «&nbsp; <em>l’intégralité des réfugiés syriens était des hommes. C’est étonnant de voir des hommes fuir leur pays et laisser leurs femmes et leurs enfants là-bas. Il n’y a quasiment que des enfants, des femmes et des personnes âgées&nbsp;» qui fuient l’Ukraine. C’est le même poison raciste que distille Pécresse dans une tribune au Figaro où elle explique que le statut de réfugié pour les&nbsp;Ukrainiens se justifie&nbsp;bien davantage que pour&nbsp;«&nbsp;les faux réfugiés indûment entrés en Europe ces dernières années&nbsp;</em>».</p>



<p>Si le gouvernement pousse des cris d’orfraie, en expliquant qu’il n’y aura pas de tri, c’est pourtant exactement la logique de sa politique migratoire. Le 2 février, quinze jours avant l’offensive russe, Macron, devenu depuis peu président du Conseil de l’Union européenne,&nbsp;tenait une conférence de presse à Tourcoing sur les politiques migratoires. Il a exhorté les pays membres à renforcer la protection des frontières extérieures.&nbsp;  «&nbsp;<em>Nous voulons un système Schengen mieux tenu »</em>.&nbsp; Il a proposé, entre autres, de renforcer la pression sur les États frontières pour qu’ils accentuent leurs contrôles, un mécanisme permettant de réintroduire le contrôle aux frontières des États européens défaillants et&nbsp; «&nbsp;<em>une politique plus opérationnelle et plus unie&nbsp;</em>»&nbsp; en matière d’expulsion des migrants illégaux. Le même jour, 19 migrants ont été retrouvés morts de froid à la frontière entre la Grèce et la Turquie. Depuis le début des années 2000 plus de 38 000 personnes migrantes sont mortes en&nbsp;Méditerranée. Comme les&nbsp;Ukrainiens, elles fuyaient les guerres commises, fomentées ou soutenues par les puissances impérialistes, elles fuyaient le feu des armes en grande partie fournies&nbsp;par l’industrie d’armement française, ou bien elles fuyaient la misère que leur domination génère. C’est cette politique migratoire raciste et assassine que veut maintenant renforcer Macron.</p>



<p>C’est à cette politique raciste et nationaliste que répond la campagne&nbsp;Antiracisme et Solidarité lancée le 18 décembre dernier. « Notre pays n’a ni carte, ni limites. Il ne fait pas la guerre si ce n’est au fascisme, au colonialisme, au racisme, à l’injustice et aux inégalités. » dit l’appel « <em>Notre pays s’appelle Solidarité »</em>.&nbsp; Elle&nbsp; regroupe&nbsp; près de 400 organisations locales et nationales, collectifs de sans-papiers, de familles de victimes des violences policières, associations, réseaux de solidarité, collectifs féministes, syndicats, ONG … Elle a permis pour la première fois que de nombreuses villes participent, le 6 février dernier, à la Journée mondiale de Commémor‘Action pour les mort.e.s, disparu.e.s et les victimes de disparitions forcées en mer et aux frontières.&nbsp;Les initiatives qui ont été prises dans le cadre de la campagne montrent un large potentiel de mobilisation. A Toulouse un tournoi de foot sur les thèmes de la campagne et en soutien aux hijabeuses a mobilisé des centaines de personnes autour d’équipes de quartiers, de sans-papiers, de groupes féministes ainsi&nbsp;qu’une équipe de révolutionnaires soudanais.</p>



<p>Le 19 mars prochain des manifestations sont prévues dans le monde entier, contre le racisme et le fascisme, du Brésil à l’Afrique du Sud, des Etats-Unis à l’Australie et dans la plupart des pays européens. Cet appel prend un nouvel écho avec la guerre. En France une manifestation nationale est appelée&nbsp;conjointement par la campagne Antiracisme et Solidarité et le Réseau d’Entraide&nbsp;Vérité et&nbsp;Justice.&nbsp;Construisons-la partout où&nbsp;nous sommes pour faire&nbsp;la démonstration qu’il existe une autre voie que celle du nationalisme, de la guerre et du fascisme.</p>



<p>Nico (Paris 19)</p>



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<p><a></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/pas-de-guerre-entre-les-peuples-pas-de-paix-entre-les-classes/">Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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