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	<title>International Archives - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<description>Pour l&#039;autonomie de classe !</description>
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	<title>International Archives - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<item>
		<title>Iran, (anti)impérialisme et révolution</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/iran-antiimperialisme-et-revolution/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 May 2026 17:01:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[anti-impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
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		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026 Les difficultés pour construire un mouvement anti-impérialiste et antiguerre en France ne tiennent pas aux conditions objectives. À travers le monde des millions de personnes ont manifesté contre <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/iran-antiimperialisme-et-revolution/" title="Iran, (anti)impérialisme et révolution">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026</strong></p>



<div class="wp-block-file"><a id="wp-block-file--media-3bbb91a9-0338-4461-b878-60e555bf7ddd" href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/05/iran.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pour lire ou imprimer l&rsquo;article maquetté</a><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/05/iran.pdf" class="wp-block-file__button wp-element-button" download aria-describedby="wp-block-file--media-3bbb91a9-0338-4461-b878-60e555bf7ddd">Télécharger</a></div>



<p></p>



<p>Les difficultés pour construire un mouvement anti-impérialiste et antiguerre en France ne tiennent pas aux conditions objectives. À travers le monde des millions de personnes ont manifesté contre le génocide en Palestine malgré les médias ou la répression. Les obstacles tiennent en premier lieu aux positions qui dominent dans les organisations.</p>



<p>La position dominante veut que la condamnation des bombardements sur l’Iran soit conditionnée à celle du régime iranien, dont la traduction concrète est le refus dans nos manifestations de la participation de cortèges avec des drapeaux iraniens.</p>



<p>Le peuple iranien a régulièrement montré sa détermination à remettre en question le régime malgré une répression systématique. Ses luttes apportent énormément d’espoir face à l’approfondissement de la crise du capitalisme et sa manifestation impérialiste. Partir de là est donc très important pour pouvoir discuter des possibilités de faire face à la situation.</p>



<p>Depuis la révolution de 1979 la place que le régime veut donner à l’Iran dans la compétition régionale façonne la société. Des révoltes très fréquentes et très massives éclatent. La dernière en date a été complètement stoppée par les bombardements d’Israël et des États-Unis.</p>



<p><strong>Sous l’emprise de l’impérialisme</strong></p>



<p>Tout au long du XXè siècle l’Iran a été convoité par les grandes puissances pour ses ressources pétrolières et pour sa situation géostratégique au Moyen-Orient.<br>Avant 1979, la majorité de la population vit à la campagne où les méthodes agricoles sont peu développées. Il y a aussi des zones avec de fortes concentrations ouvrières, liées à l’économie du pétrole. Une bourgeoisie nationale se développe mais l’économie est dépendante du secteur du pétrole sous le contrôle de firmes anglaises puis US.<br>Dès les années 1970, les salarié&rsquo;es, les ouvrier&rsquo;es représentent à peu près un tiers de la population.<br>Les bazars contrôlent l’essentiel du commerce, de gros et plus encore de détail. Mais se développe également dans les grandes villes une élite iranienne qui arrive à vivre des revenus du pétrole, qui s’occidentalise dans ses modes de vie, en même temps que des bidonvilles énormes se mettent en place autour des grandes villes et notamment de Téhéran.</p>



<p><strong>La révolution par étapes</strong></p>



<p>C’est dans ce contexte qu’émergent de grandes révoltes. Elles produisent des débats dans la gauche iranienne. Ce qui domine sont les théories staliniennes, qui estiment que dans un pays relativement peu développé économiquement il est impossible pour la classe ouvrière de changer la société et de parvenir au socialisme. Il faut préalablement passer par un développement capitaliste de la société, qui ne peut être réalisé qu’en soutenant la bourgeoisie dans ses velléités d’acquérir une indépendance nationale qui permettra de développer économiquement le pays<sup data-fn="3fdc5088-3300-40e3-bce4-0a4a599d955f" class="fn"><a href="#3fdc5088-3300-40e3-bce4-0a4a599d955f" id="3fdc5088-3300-40e3-bce4-0a4a599d955f-link">1</a></sup>.<br>Cette théorie de la révolution par étapes s’était concrétisée une première fois par le soutien de la gauche au gouvernement de front national dirigé par Mossadegh qui prend le pouvoir en 1952. Mossadegh prend la décision de nationaliser le pétrole iranien. Très rapidement la Grande-Bretagne riposte, soutenue par les Etats-Unis – et organise un coup d’état en août 1953, qui réinstalle le régime autocratique du Shah.<br>Effrayée par le soulèvement populaire créé par la victoire de Mossadegh, la bourgeoisie nationale s’est finalement rangée du côté de l’impérialisme américain et britannique. La répression décapite la gauche. Des mouvements liés aux mosquées et dirigés par le clergé se mettent alors à jouer un rôle central dans la contestation populaire des décennies qui vont suivre.</p>



<p><strong>La révolution de 1979</strong></p>



<p>Des manifestations démarrent en 1977 pour une démocratisation, puis des soulèvements dans les bidonvilles. A la fin de l’année les grèves se développent. En un an se développent des comités de quartier &#8211; les Komitehs &#8211; et des comités d’usines &#8211; les Shoras. Dans de nombreux endroits les ouvriers chassent les patrons et prennent le contrôle de leur entreprise. Mais la gauche ne pousse pas pour que ces comités se coordonnent et s’organisent en pouvoir alternatif. Elle continue de penser que le pouvoir doit être occupé par la bourgeoisie nationale qui cherche l’indépendance.<br>Par contre, le mouvement des mosquées se développe, avec une personnalité – Khomeini – qui a un réseau très important au niveau national et qui propose une direction politique, celle de prendre le pouvoir. Il a une base relativement importante dans la nouvelle classe moyenne qui s’est construite dans les entreprises.<br>Quand le Shah prend la fuite ce n’est donc pas la classe ouvrière qui prendra le pouvoir, ni la bourgeoisie qui souhaitait un retour à l’ordre, mais la classe moyenne sous la direction de l’ayatollah Khomeini.</p>



<p><strong>De l’anti-impérialisme des classes moyennes…</strong></p>



<p>Le gouvernement mis en place par Khomeini n’est pas un gouvernement complètement lié à la bourgeoisie. Et il va mettre en place des mesures radicalement différentes de ce qui a existé jusqu’alors. En nationalisant toutes les entreprises qui étaient détenues par le Shah et ses réseaux auparavant, il réintègre dans la sphère publique des pans de l’économie qui apparaissaient comme des sphères d’enrichissement d’une minorité. Ces mesures sont apparues comme anticapitalistes. En France, Sartre, Foucault, Simone de Beauvoir célèbrent Khomeini comme un militant anti impérialiste. Les théories sur « l’islam révolutionnaire » fleurissent, de même que les tentatives de synthétiser islam et marxisme.<br>Pour stabiliser son pouvoir et assurer sa base sociale, Khomeini va alterner des attaques sur sa gauche et sur sa droite. Il va s’allier avec la bourgeoisie nationale pour détruire les Komiteh et les Shoras. Puis, en novembre 1979, il organise l’occupation de l’ambassade des États-Unis durant plusieurs mois, contre l’avis de la bourgeoisie iranienne. Cet acte est resté dans l’histoire comme un défi à l’impérialisme.</p>



<p><strong>… à la crise du capitalisme d’État</strong></p>



<p>Pour stabiliser un système au point de départ instable, Khomeini va s’appuyer sur deux choix politiques.<br>Il développe progressivement, via les nationalisations et grâce aux revenus pétroliers une forme de capitalisme d’État. Il crée ainsi une énorme bureaucratie qui sera la base sociale du régime.<br>Et il va utiliser la guerre et le nationalisme pour délégitimer et détruire physiquement toute opposition comme complice de l’impérialisme. Il va ainsi grandement bénéficier de la guerre meurtrière avec l’Irak à partir de 1980. Surtout quand l’Irak obtiendra le soutien US.<br>Comme les autres capitalismes d’État (des pays de l’est à l’Egypte) le régime islamique rentre en crise à la fin des années 1980 du fait de la de crise économique au niveau international. C’est aussi la fin de la guerre avec l’Irak et la mort de Khomeini.<br>Les rivalités éclatent alors au sein de la classe dirigeante iranienne entre la bureaucratie d’État qui veut prolonger son régime sous couvert d’anti-impérialisme et une partie de la bourgeoisie plutôt tournée vers la mondialisation qui veut faire des compromis avec les puissances impérialistes et tente d’emporter l’adhésion de la population par des promesses de réformes démocratiques.<br>Ces deux factions vont s’affronter régulièrement depuis lors. Quand des soulèvements populaires ont lieu, cela rouvre les rivalités.<br>Chaque fois que la frange libérale arrive au pouvoir et qu’elle essaye de négocier avec l’impérialisme son intégration au marché mondial, la frange conservatrice utilise son discours anti-impérialiste pour renforcer sa légitimité.<br>C’est le cas avec Khatami qui collabore avec les USA dans l’invasion de l’Afghanistan. C’est la cas avec Rohani en 2013 qui parvient à un accord sur le nucléaire avec les USA en 2015.</p>



<p><strong>Impérialisme régional</strong></p>



<p>Cette situation fait que le débat sur la nature anti-impérialiste du régime continue encore à l’heure actuelle. L’Iran se présente comme le chef de file de « l’axe de la résistance » contre le sionisme et l’impérialisme occidental. Il a apporté son soutien au Hezbollah au Liban, aux Houthis au Yémen, aux Forces de mobilisation populaire en Irak et à d’autres groupes de moindre envergure.<br>Cela découle de l’émergence de l’Iran en tant que puissance régionale, en lice pour la domination de la région. L’Axe s’inscrivait dans la stratégie iranienne « d’anneau d’étranglement » contre Israël, qui consistait à soutenir ses alliés sans s’exposer à un affrontement ouvert.<br>Pour pouvoir se maintenir, l’Iran s’est inséré dans un système international capitaliste. Il a donc dû accepter les lois de la compétition et de l’accumulation et y trouver sa place.</p>



<p>Le déclin des USA et leur difficulté à maintenir leur hégémonie dans la région après l’invasion de l’Irak en 2003 ont conduit d’autres grandes puissances à investir cette zone, notamment la Russie et la Chine. L’Iran a noué des alliances avec ces autres puissances. La Chine achète 90% du pétrole iranien et est devenue le premier partenaire commercial de l’Iran. Lors de la révolution en Syrie en 2015 l’Iran a fait le choix de soutenir le régime de Bachar al-Assad aux côtés des forces russes.<br>Quand Israël décide d’aller bombarder l’Iran, c’est clairement avec l’idée de déstabiliser ce qui apparaît comme une puissance concurrente à l’échelle régionale. Ce n’est pas la première fois dans l’histoire de la région. Cela a été le cas en 1967 quand Israël a attaqué l’Égypte et la Syrie. Cela a été le cas en 1980 lorsqu’Israël envahit le Liban.</p>



<p><strong>Une seule solution, l’anti-impérialisme de notre classe</strong></p>



<p>En Iran, en 2021 une grève de salariés du pétrole a eu un impact très fort, symboliquement – du fait de son rôle moteur dans la révolution de 1979 – et politiquement &#8211; les revenus du pétrole permettent à l’État iranien de fonctionner. De 10 à 15 000 salariés du pétrole ont fait grève. Ils ont produit une plateforme dans laquelle ils disaient clairement qu’ils refusaient toute intervention étrangère qui se présenterait en soi-disant soutien à leur lutte, et qu’ils souhaitaient apporter leur solidarité internationale avec les luttes de libération de la Palestine, du Yémen et du Liban2<sup data-fn="687c4ab6-2d96-4617-9094-e11f1ba0bfb3" class="fn"><a href="#687c4ab6-2d96-4617-9094-e11f1ba0bfb3" id="687c4ab6-2d96-4617-9094-e11f1ba0bfb3-link">2</a></sup>. Cela s’était déjà produit en 1979, où la révolution en Iran s’était combinée à des révoltes en Égypte.<br>Le meilleur soutien qu’on puisse apporter, c’est donc de reprendre le fil des analyses en termes de développement inégal et combiné, et donner de la force aux théories internationalistes qui considèrent que la seule solution face à l’impérialisme et aux régimes réactionnaires, c’est la lutte des peuples eux-mêmes pour leur émancipation.</p>



<p><strong>Vanina Giudicelli (Paris 20)</strong></p>



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<p><strong>Quand les lignes rouges deviennent chauvines</strong><br><br>À de nombreuses reprises, la présence de cortèges avec des drapeaux iraniens ont fait polémique dans les manifestations en France.<br>Exclure ces cortèges accusés d’être en soutien du pouvoir iranien serait un acte politique de solidarité avec un peuple qui subit la répression sanglante du régime. Cette position, au cœur d’une puissance impérialiste, nous oblige donc à rappeler que :<br>&#8211; Le premier acte politique en solidarité avec le peuple qui se soulève régulièrement en Iran contre le régime devrait être de lutter pour faire arrêter les bombes qui tuent ce peuple et l’empêchent de lutter contre le régime.<br>&#8211; La base d’un mouvement antiguerre ne peut être de tirer un trait d’égalité entre impérialisme et pays agressé (comme le font des textes syndicaux qui parlent de « belligérants »). La responsabilité historique de l’impérialisme dans les catastrophes internationales sont sans commune mesure avec celles des pays dominés par l’impérialisme. L’impérialisme a façonné l’histoire de l’Iran depuis plus d’un siècle. Les bombardements ont mis un coup d’arrêt aux luttes du peuple iranien pour sa liberté. Aucun peuple ne se libère sous les bombes. Les catastrophes des interventions militaires en Afghanistan, en Irak, le génocide en Palestine, etc. devraient pourtant servir de leçon.<br>&#8211; Nous n’attendons pas d’une manifestation que tous les cortèges soient en accord sur toutes les questions, mais se retrouvent dans ce qui devrait constituer les bases d’un mouvement antiguerre : l’arrêt de l’agression impérialiste et sioniste en Iran. Nous devrions alors aussi exclure de nos manifestations les organisations françaises qui ont soutenu des interventions impérialistes, se réfèrent au droit international, sont dans des internationales avec des partis qui constituent des dictatures, ou reconnaissent l’entité sioniste. Ne pas le faire revient à adopter une position chauvine puisque cela revient de fait à considérer ces positions comme moins problématiques.<br>&#8211; Un réel combat internationaliste devrait plutôt chercher à promouvoir les idées et les actes qui considèrent l’ennemi principal dans notre propre pays comme condition de l’émancipation générale. Notre responsabilité est donc de construire un mouvement de masse qui cherche à briser l’impérialisme français et occidental.</p>



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<ol class="wp-block-footnotes"><li id="3fdc5088-3300-40e3-bce4-0a4a599d955f"> Les débats qui ont dominé la gauche iranienne ne sont pas limités à ce pays. La révolution russe qui avait eu lieu au début du 20e siècle concernait un pays dont les caractéristiques économiques étaient relativement similaires. Trotsky analyse la situation économique de façon opposée à celle que les staliniens vont adopter plus tard. Pour un exposé de sa théorie, on pourra lire par exemple l’article de Cédric Piktoroff, <a href="https://quefaire.lautre.net/Jusqu-au-bout">« Jusqu’au bout ! La théorie de la révolution permanente »</a>  <a href="#3fdc5088-3300-40e3-bce4-0a4a599d955f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="687c4ab6-2d96-4617-9094-e11f1ba0bfb3">Peyman Jafari est un chercheur iranien spécialiste des mouvements en Iran. De nombreux articles sont disponibles, dont certains traduits en français. <a href="#687c4ab6-2d96-4617-9094-e11f1ba0bfb3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/iran-antiimperialisme-et-revolution/">Iran, (anti)impérialisme et révolution</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Cessez-le-feu en Iran : communiqué des socialistes-révolutionnaires d&#8217;Égypte</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/cessez-le-feu-en-iran-communique-des-socialistes-revolutionnaires-degypte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Apr 2026 12:23:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Traduction automatique, l&#8217;original à retrouver ici. L&#8217;empire américain sur lequel le soleil ne se couche jamais a reçu un coup dur. Les rêves de Trump d&#8217;une victoire rapide sur l&#8217;Iran se sont transformés en mirage. <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/cessez-le-feu-en-iran-communique-des-socialistes-revolutionnaires-degypte/" title="Cessez-le-feu en Iran : communiqué des socialistes-révolutionnaires d&#8217;Égypte">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Traduction automatique, <a href="https://revsoc.me/statements/51766/">l&rsquo;original à retrouver ici.</a></em></p>



<p>L&#8217;empire américain sur lequel le soleil ne se couche jamais a reçu un coup dur. Les rêves de Trump d&rsquo;une victoire rapide sur l&rsquo;Iran se sont transformés en mirage. Et surtout, le récit des médias officiels, adopté par certaines élites, selon lequel les peuples sont morts et qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de réponse à la volonté de l&rsquo;impérialisme, du sionisme et des systèmes locaux despotiques complices avec eux, a prouvé pour la millième fois sa faiblesse et son opportunisme.<br>Hier, les signes de la victoire sont devenus évidents, non seulement par la poursuite du pilonnage des sionistes et des royaumes du Golfe par des missiles, mais aussi par la scène de dizaines de milliers d&rsquo;Iraniens sortant la nuit lors de manifestations massives, assiégeant les ponts et les stations que le fou de guerre Trump voulait bombarder.<br>Alors seulement la victoire était certaine… car la volonté des peuples est invincible.<br>La victoire s&rsquo;est confirmée quand une jeune femme opposée au régime iranien despotique s&rsquo;est levée pour dire : « J&rsquo;ai été jugée il y a quelque temps pour ne pas avoir porté le voile, et pourtant je sors aujourd&rsquo;hui dans la rue pour défendre mon peuple et ma terre contre le colonialisme et l&rsquo;impérialisme. Quand l&rsquo;agression prendra fin, je retournerai dans les rangs de l&rsquo;opposition avec encore plus de force, car je suis de plus en plus convaincue que le peuple peut faire l&rsquo;impossible s&rsquo;il le veut. »<br>La victoire s&rsquo;est confirmée quand la résistance libanaise a retrouvé sa capacité opérationnelle et a fait goûter aux sionistes la défaite, redevenant ainsi un chiffre difficile dans l&rsquo;équation du conflit avec les sionistes.<br>La victoire s&rsquo;est confirmée quand, il y a quelques jours, 8 millions d&rsquo;Américains sont descendus dans les rues contre les politiques de Trump hostiles, sur toute la ligne, aux travailleurs, aux minorités et aux peuples partout.<br>La défaite de l&rsquo;impérialisme, si elle est complète, aura des lendemains qui chantent. Mais il est certain que la refonte de notre région sous le drapeau sioniste a reçu un coup fatal, et que la résistance, malgré les défaites, bat toujours parmi nous, attendant celui qui captera son pouls, la stimulera et l&rsquo;organisera à nouveau, contre l&rsquo;impérialisme, le sionisme et le despotisme régnant.</p>



<p>Gloire à la résistance.<br>À bas l&rsquo;impérialisme et le sionisme.</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/cessez-le-feu-en-iran-communique-des-socialistes-revolutionnaires-degypte/">Cessez-le-feu en Iran : communiqué des socialistes-révolutionnaires d&rsquo;Égypte</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Cessez-le-feu en Iran : Coup dur pour l&#8217;impérialisme américain et le projet sioniste !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/a2c/cessez-le-feu-en-iran-coup-dur-pour-limperialisme-americain-et-le-projet-sioniste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Apr 2026 15:24:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A2C]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Il y a maintenant plus de 40 jours les États-Unis ont attaqué, à l&#8217;initiative de la puissance régionale sioniste, l&#8217;Iran.&#160;Cette attaque, ainsi que celles au Liban, a été initiée par Israël dans une volonté politique <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/a2c/cessez-le-feu-en-iran-coup-dur-pour-limperialisme-americain-et-le-projet-sioniste/" title="Cessez-le-feu en Iran : Coup dur pour l&#8217;impérialisme américain et le projet sioniste !">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Il y a maintenant plus de 40 jours les États-Unis ont attaqué, à l&rsquo;initiative de la puissance régionale sioniste, l&rsquo;Iran.&nbsp;</em><br>Cette attaque, ainsi que celles au Liban, a été initiée par Israël dans une volonté politique de renforcer sa position dominante dans la région. Après deux ans de génocide en toute impunité, Israël a saisi un boulevard pour attaquer l&rsquo;Iran, obstacle politique et économique principal à leur hégémonie régionale. L’objectif affiché semblait être l’affaiblissement, voire la chute, du régime iranien.<br>Les États Unis, comme l&rsquo;ont démontré les annonces de Marco Rubio, secrétaire d&rsquo;Etat américain ont été précipité dans la guerre par Israël qui a affirmé vouloir attaquer avec ou sans le soutien des USA. Toutefois, cette guerre reste principalement déterminée par le déclin des USA au Moyen-Orient qui exacerbe les rivalités Iran/Israël pour le contrôle de la région. Et Trump a ses propres raisons de mener la guerre contre l&rsquo;Iran, notamment dans son affrontement avec leur rival premier, la Chine.<br>Cette guerre, déjà périlleuse pour un gouvernement américain qui avait annoncé ne plus vouloir reproduire les erreurs du passé dans la région (guerre en Irak, enlisement guerres sans objectifs politiques) s&rsquo;est confronté à une résistance forte du régime iranien.<br>Malgré une tentative de décapitation de ce dernier, le régime s&rsquo;est maintenu et a résisté militairement. Mais il a aussi su se saisir du détroit d&rsquo;Ormuz dans le rapport de force face aux Etats Unis, qui a participé, en déstabilisant l&rsquo;economie capitaliste mondiale à rendre cette guerre impopulaire et à affaiblir de nouveau l&rsquo;hégémonie américaine.<br>Ce cessez-le-feu arrive seulement 10 jours après la mobilisation massive « No kings » aux Etats Unis, plus grande manifestation de l&rsquo;histoire du pays rassemblant plus de 8 millions de personnes. Cette mobilisation a sans aucun doute joué dans l&rsquo;ouverture de négociations avec l&rsquo;Iran face à une impopularité croissante du président Trump et de sa politique internationale dans son propre pays.</p>



<p>Dans ce contexte, les dynamiques de mobilisation par en bas constituent un élément décisif qui peut influer la tournure des événements. Le premier mai, pas toujours « grévé » outre-atlantique se prépare cette année autour de mots d&rsquo;ordres tels que « No ICE, no war, no billionaires » (Non à l&rsquo;ICE, à la guerre, aux milliardaires).<br>En Iran, malgré la répression, des secteurs de la population ont également exprimé leur rejet de l’agression extérieure tout en maintenant leur opposition au régime. Un communiqué de nos camarades egyptiens témoignent : </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>La victoire s&rsquo;est confirmée quand une jeune femme opposée au régime iranien despotique s&rsquo;est levée pour dire : « J&rsquo;ai été jugée il y a quelque temps pour ne pas avoir porté le voile, et pourtant je sors aujourd&rsquo;hui dans la rue pour défendre mon peuple et ma terre contre le colonialisme et l&rsquo;impérialisme. Quand l&rsquo;agression prendra fin, je retournerai dans les rangs de l&rsquo;opposition avec encore plus de force, car je suis de plus en plus convaincue que le peuple peut faire l&rsquo;impossible s&rsquo;il le veut. » Ces éléments confirment qu’une voie indépendante existe, portée par les peuples eux-mêmes.</p>
</blockquote>



<p><strong>Une première défaite politique mais une guerre qui persiste</strong><br>Le cessez-le-feu annoncé mardi soir par Trump semble témoigner d&rsquo;une incapacité américaine à trouver une issue à cette guerre, se saisissant alors de la proposition iranienne permettant d&rsquo;ouvrir une séquence de negociation. La proposition iranienne en 10 points contient entre autres la fin des sanctions, des réparations pour les dommages causés au régime, le retrait des troupes américaines du Moyen Orient&#8230;<br>Si cette étape est une premiere victoire, nous devons la renforcer en offrant une issue par en bas à la guerre impérialiste au Moyen Orient. Car la guerre se poursuit et les ravages de l&rsquo;entité sioniste persistent, à Gaza où la crise humanitaire s&rsquo;aggrave sous les bombes, et au Liban ou les bombardements prennent une ampleur inédite depuis l&rsquo;annonce du cessez-le-feu US-Iran. L&rsquo;irruption d&rsquo;un mouvement de masse contre la guerre et l&rsquo;impérialisme, exigeant en premier lieu la défaite des Etats-Unis et d&rsquo;Israël dans la région, nous savons à la lumière de l&rsquo;histoire que le déclin des grandes puissances peuvent entraîner le monde entier vers la guerre généralisée. <br>En France nous devons renforcer un mouvement anti-impérialiste et anti-guerre d&rsquo;ampleur, capable d&rsquo;interrompre les ventes d&rsquo;armes du gouvernement français à l&rsquo;état génocidaire qui continue de bombarder le Liban et la Palestine en dépit du cessez-le-feu.&nbsp;<br>L&rsquo;engouement autour du depart de la flotille pour Gaza et la diffusion a échelle de masse de la pétition contre la loi Yadan démontrent que nous sommes des centaines de milliers a ne plus supporter les genocides et les guerres. Nous devons convertir l&rsquo;énergie mise à soutenir des bateaux ou à signer une pétition en capacité à se battre, à se rassembler, à se mettre en grève et pas seulement en solidarité pour la Palestine, mais aussi plus largement contre la guerre et l&rsquo;impérialisme,&nbsp; en exigeant concrètement l&rsquo;arrêt des attaques étasuniennes et israéliennes au Moyen Orient.</p>



<p><strong>A2C</strong></p>
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		<title>Le sionisme, la Palestine et la classe ouvrière Égyptienne</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/le-sionisme-la-palestine-et-la-classe-ouvriere-egyptienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Mar 2026 20:34:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[Colonisation]]></category>
		<category><![CDATA[egypte]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Nous avons porté une lecture attentive aux déclarations faites par Georges Ibrahim Abdallah dès son arrivée au Liban, libéré après 41 années de détention dans les prisons françaises. Ce militant communiste y identifie la centralité <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/le-sionisme-la-palestine-et-la-classe-ouvriere-egyptienne/" title="Le sionisme, la Palestine et la classe ouvrière Égyptienne">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Nous avons porté une lecture attentive aux déclarations faites par Georges Ibrahim Abdallah dès son arrivée au Liban, libéré après 41 années de détention dans les prisons françaises. Ce militant communiste y identifie la centralité de la population égyptienne pour mettre fin au génocide en Palestine en raison de la proximité géographique de l’Égypte et de Gaza, mais pas seulement. La construction historique de la classe ouvrière égyptienne, son rapport à l’État égyptien et à l’impérialisme occidental, ont amené différent·es militant·es à en venir à des conclusions similaires.</em></p>



<p><br><strong>L’unité illusoire des Palestinien·nes et des Israélien·nes</strong><br>C’est le cas d’Ygael Gluckstein (plus tard connu sous le nom de Tony Cliff), un Juif palestinien et militant marxiste né en 1917. Il développe dans <a href="https://www.marxists.org/archive/cliff/works/2000/wtw/index.htm">son autobiographie</a> une analyse à partir de son expérience concrète du développement du projet sioniste : l’incapacité de la Palestine à se libérer seule et par elle-même. Sa libération exige la construction d’un mouvement mondial de solidarité, dont l&rsquo;Égypte constitue un point central.<br>Son contexte familial illustre à quel point le sionisme, à son origine, ne trouve résonance que chez la bourgeoisie d’Europe de l’Est au début du 20e siècle.<br><em>« Je suis né dans une famille de la moyenne bourgeoisie juive palestinienne. Mes parents, oncles et tantes étaient des sionistes convaincu·es. Mon père et ma mère ont quitté la Pologne russe pour la Palestine en 1902 ; un de mes oncles y était arrivé dès 1888. Mon père était un grand entrepreneur qui a construit des tronçons du chemin de fer du Hedjaz. Son associé était Chaim Weitzman, le premier président d&rsquo;Israël. Des amis de ma famille comptaient parmi les sionistes les plus influents. »</em><br>Ygael Gluckstein rompt avec le sionisme de façon progressive, et ce dès l’enfance en raison de l’exclusion des enfants arabes de son école. À l’adolescence, il en vient même à changer d’identité :<br><em>« [Mon] prénom était inspiré d&rsquo;un héros sioniste, un personnage à la John Wayne, qui avait assassiné plusieurs Arabes. À l&rsquo;âge de 13 ans, j&rsquo;ai changé mon prénom d&rsquo;Ygael en Ygal. »</em><br>Plus loin, Ygal décrit la division entre le prolétariat palestinien arabe et les colons juifs. Son analyse est à la base de celle que Vanina Giudicelli développe dans l’article « <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/pourquoi-la-classe-ouvriere-israelienne-na-pas-interet-a-la-fin-de-lapartheid/">Pourquoi la classe ouvrière israélienne a intérêt à l’apartheid</a> ».<br>Selon lui, l’unité entre ces 2 classes est rendue impossible en raison d’une particularité que prend le sionisme dès l’implantation d’un foyer national juif : le développement d’une colonie de peuplement.<br><em>« Les sionistes qui ont émigré en Palestine à la fin du 19e siècle souhaitaient que toute la population soit juive. En Afrique du Sud, en revanche, les Blancs étaient les capitalistes et leurs courtisans, tandis que les Noirs formaient la classe ouvrière. En Palestine, où le niveau de vie des Arabes était très bas comparé à celui des Européens, et où le chômage, ouvert et caché, était très répandu, l&rsquo;exclusion des Arabes s&rsquo;est faite en leur fermant l&rsquo;accès au marché du travail juif. »</em><br>À la naissance d’Ygal, environ 95 % de la population était arabe, et iels restèrent largement majoritaires pendant de nombreuses années ; en 1945, les Arabes représentaient 68 % de la population.<br>Rompant donc tour à tour avec le sionisme, puis avec le stalinisme, Ygal fonde une organisation trotskiste palestinienne, et tente d’établir des liens entre ouvrièr·es juif·ves et arabes. Il déplore :<br><em>« Le fait de ne progresser en rien devenait de plus en plus frustrant. Officiellement, nous tenions le discours attendu : les ouvrièr·es arabes devaient combattre le sionisme et l&rsquo;impérialisme et rompre avec les dirigeants arabes réactionnaires ; les ouvrièr·es juif·ves devaient rejoindre les masses arabes dans la lutte. Nous répétions sans cesse le mot “devraient”. »</em><br>Il a donc dû à son tour renoncer à cette unité, en raison des bases matérielles de l’apartheid et de l’occupation israélienne.</p>



<p><br><strong>La classe ouvrière égyptienne ou le fléau de l’impérialisme au Moyen-Orient</strong><br>L’asymétrie des rapports de force entre colons sionistes et populations indigènes palestiniennes l’amène finalement à identifier la classe ouvrière égyptienne comme clé pour battre en brèche la dynamique aboutissant à la création de l’État d’Israël. En 1939, il signe un article « La politique de classe en Palestine » sous le pseudonyme de L. Rock. Dans son autobiographie, il remet ainsi cet article en contexte :<br><em>« La classe ouvrière palestinienne ne représentait qu&rsquo;une infime partie de la classe ouvrière arabe. Elle était minuscule comparée à la classe ouvrière égyptienne. Ainsi, en 1944, le nombre total de salariés palestiniens était estimé à 160 000. À titre de comparaison, le nombre de salariés égyptiens, hors ouvriers agricoles très nombreux, dépassait les 2 millions. Le plus grand effectif de travailleurs palestiniens au sein d&rsquo;une même unité – les chemins de fer – en 1944 était de 4 000. En comparaison, en Égypte, l&rsquo;usine textile de Mekhala el-Kubra employait plus de 30 000 personnes. […] La lutte des classes en Égypte était bien plus avancée que tout ce qui se passait en Palestine. »</em><br>Dès les années 1930-1940, l’impérialisme britannique est secoué par les révoltes de la classe ouvrière égyptienne, qui s’est régulièrement mobilisée contre l’impérialisme et en solidarité avec d’autres peuples opprimés : En 1947, les dockers et les marins égyptiens ont bloqué la circulation des navires néerlandais sur le canal de Suez en solidarité avec la lutte pour l’indépendance du peuple indonésien. A la fin des années 40, elle était organisée dans près de 500 syndicats.</p>



<p><br><strong>L’Égypte des années 50 à la révolution de 2011 : Capitalisme d’état, antagonismes de classes et cause palestinienne</strong><br>Dans les années 1950, les gouvernements indépendants des pays du Sud subissent une forte pression de la part de mouvements de masse réclamant le changement social. Manœuvrant entre les superpuissances rivales, Nasser obtient les financements et l’expertise nécessaires au développement économique tout en renforçant considérablement les institutions de l’État, tant civiles que militaires. Il a restreint les capitaux privés, tout en installant des dignitaires militaires dans des secteurs privés clés. De fait, il a jeté les bases d&rsquo;une coexistence des milieux militaro-bureaucratiques et privés au sein du capitalisme égyptien.<br>Sadate a consolidé cet arrangement, tout en favorisant progressivement les intérêts privés : son infitah, ou « ouverture » au milieu des années 1970 a imposé des politiques néolibérales, et amorcé le retrait de l’État en tant qu’acteur économique.<br>Sous Moubarak, ce projet a progressé jusqu&rsquo;à ce que, dans les années 1990, le secteur public hérité de Nasser soit vendu à des capitaux privés égyptiens et, surtout, à des investisseurs de la région du Golfe. Les réformes sociales et agraires de l&rsquo;ère Nasser ont été abrogées, les subventions sur les produits alimentaires de base et le carburant réduites ou supprimées. Le coût pour la population égyptienne a été immense, le chômage, l&rsquo;insécurité, la perte des terres pour les paysans et l&rsquo;appauvrissement ayant finalement alimenté le soulèvement de 2011. L’élite des officiers n’a pas été marginalisée lors de ce processus mais bien enrichie. En 2011, les forces armées détenaient des actifs dans un vaste éventail d&rsquo;entreprises, de la construction aux transports en passant par l&rsquo;industrie manufacturière. Dans un tel contexte, l’antagonisme entre patrons et salarié·es s’est bien souvent exprimé par des formes de luttes ouvrières alliant revendications économiques et politiques.<br>Depuis les années 70 s’est aussi engagé un processus de normalisation des relations égyptiennes avec l’entité sioniste. Par le traité de paix israélo-égyptien de 1979, l&rsquo;Égypte devient le premier régime arabe à reconnaître Israël. Depuis, la complicité entre ces 2 pays a accéléré la crise révolutionnaire en raison de la solidarité historique de la classe ouvrière égyptienne avec la cause palestinienne. Pour les Socialistes Révolutionnaires égyptiens (SR), <em>« Chaque cycle de lutte palestinienne dégage l’horizon de la lutte des classes dans le monde arabe, comme a pu le faire l’Intifada de 2000 qui a ouvert le cycle de luttes en Égypte qui a culminé dans la révolution de 2011 ».</em></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="5b5555" data-has-transparency="true" style="--dominant-color: #5b5555;" fetchpriority="high" decoding="async" width="1100" height="743" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/egypte-2-1100x743.webp" alt="" class="wp-image-10958 has-transparency" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/egypte-2-1100x743.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/egypte-2-300x203.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/egypte-2-768x518.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/egypte-2.webp 1197w" sizes="(max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /><figcaption class="wp-element-caption">Manifestation devant le parlement égyptien (Le Caire) en réaction à l’offensive d’Israel sur Gaza, 28 décembre 2008.</figcaption></figure>



<p><br><strong>La contre-révolution, la Palestine et la re-Révolution !</strong><br>Après la révolution de 2011, les Frères Musulmans (FM) et leur chef Morsi sont élus. Mais leurs politiques opportunistes et leurs tentatives de réprimer la révolution leur aliénèrent rapidement des millions de personnes.<br>En 2013, Morsi est destitué par un coup d’Etat mené par l’armée et le général Al-Sissi. La première cible de cette offensive contre-révolutionnaire fut les FM. Morsi fut enlevé et emprisonné. Dès le mois suivant, quelque 2 000 de ses partisans furent massacrés lors de manifestations ; des centaines condamnés à mort et des dizaines de milliers emprisonnés. La plupart des partis et courants politiques ayant bénéficié des libertés instaurées par la révolution soutinrent cette offensive. Organisés au sein du Front de salut national (FSN), des partisans de Moubarak, de nouveaux partis libéraux capitalistes et des organisations de gauche se mobilisèrent en soutien à Al-Sissi et son régime militaire.<br>L’Égypte traverse à présent une crise économique sans précédent. La pression sur la population ne cesse de croître. La proportion de la population vivant sous le seuil de pauvreté a doublé ces dix dernières années. Des dizaines de millions de personnes vivent avec moins de 2 dollars par jour. Le chômage a explosé, notamment chez les personnes diplômées de l&rsquo;enseignement supérieur – environ 40 % des diplômé·es ne trouvent pas d&#8217;emploi. La monnaie égyptienne s&rsquo;est effondrée. En 2013, un dollar américain permettait d&rsquo;acheter environ six livres égyptiennes. Aujourd&rsquo;hui, un dollar vaut 50 livres égyptiennes.<br>Parallèlement, la colère gronde autour de la Palestine mais la répression est intense, alimentant une immense frustration chez des millions de personnes.<br>C’est ce que constatent les SR qui précisent :<br><em>« Lorsque l&rsquo;offensive israélienne a débuté sur Gaza, une journée de manifestations a eu lieu et de nombreuses personnes ont été arrêtées. Certaines sont encore emprisonnées et, depuis, toute manifestation publique est réprimée. Les universités, qui pendant des décennies ont été le théâtre de protestations contre les régimes d&rsquo;Anouar Al-Sadate et de Moubarak, sont devenues des cimetières. Nous organisions des manifestations de solidarité devant le Syndicat des journalistes chaque semaine, mais même celles-ci ont été réprimées. Au départ, des avocats de toute l&rsquo;Égypte avaient également organisé des manifestations de solidarité, mais celles-ci ont elles aussi pris fin. »</em><br>L’Égypte d’aujourd’hui, par bien des aspects, regroupe les conditions qui avaient été nécessaires à l’explosion révolutionnaire de 2011. Malgré les immenses difficultés actuelles, la cause palestinienne peut à nouveau accélérer l’irruption révolutionnaire nécessaire à foutre le régime de Sissi en l’air. La classe ouvrière égyptienne, en raison de l’antagonisme avec l’impérialisme britannique puis américain qu’elle partage avec la cause palestinienne, et au vu de sa solidarité internationaliste historique, pourrait, si elle le décidait, entraîner les pays arabes dans un nouveau cycle de révolutions à l’échelle régionale. Seul un tel processus sera à même de démanteler l’État colonial, d’appartheid et génocidaire israélien.</p>



<p><br>Gaël Braibant (Montreuil)</p>



<p><strong>Bibliographie : </strong><br>Vanina Giudicelli (2024), « <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/pourquoi-la-classe-ouvriere-israelienne-na-pas-interet-a-la-fin-de-lapartheid/">Pourquoi la classe ouvrière israélienne n’a pas intérêt à la fin de l’apartheid</a> », Revue #13.<br>Socialistes révolutionnaires (2024), « <a href="https://isj.org.uk/infuriating-the-masses/">‘‘This infuriates the masses.’’ How palestine and economic chaos fuel rage against Egypt’s dictatorship</a> », International Socialism.<br>Tony Cliff (2000), <a href="https://www.marxists.org/archive/cliff/works/2000/wtw/index.htm">A world to win, life of a revolutionary.</a><br>Socialistes révolutionnaires (2014), « <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/entre-les-lignes-pour-une-position-revolutionnaire-a-legard-du-hamas/">Entre les lignes : Pour une position révolutionnaire à l’égard du Hamas</a> ».<br>Philip Marfleet (2017), « <a href="https://isj.org.uk/neoliberalism-the-state-and-revolution-the-case-of-egypt/">Neoliberalism, the state and revolution : the case of Egypt</a> », International Socialsm n°155<br>Atef Saïd (2009), « <a href="https://lanticapitaliste.org/index.php/actualite/international/la-longue-histoire-du-mouvement-ouvrier-egyptien">La longue histoire du mouvement ouvrier égytpien</a> », L’Anticapitaliste (re-publication).</p>
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		<title>Ukraine. Pas d’union sacrée avec Trump et Macron</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/ukraine-pas-dunion-sacree-avec-trump-et-macron/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Mar 2026 20:21:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Imperialisme]]></category>
		<category><![CDATA[internationalisme]]></category>
		<category><![CDATA[russie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Partant des analyses de Marx et d’autres révolutionnaires, nous pensons que les grandes guerres modernes ne sont pas la faute de dirigeants sanguinaires ou assoiffés de pouvoir mais qu’elles sont inhérentes à la logique même <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/ukraine-pas-dunion-sacree-avec-trump-et-macron/" title="Ukraine. Pas d’union sacrée avec Trump et Macron">[...]</a></div>
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<p><em>Partant des analyses de Marx et d’autres révolutionnaires, nous pensons que les grandes guerres modernes ne sont pas la faute de dirigeants sanguinaires ou assoiffés de pouvoir mais qu’elles sont inhérentes à la logique même du capitalisme. À plusieurs reprises dans les pages de cette revue, nous sommes revenu·es sur les racines impérialistes de la guerre en Ukraine<sup data-fn="441c87db-e4ff-473f-a979-a733a4263fb5" class="fn"><a href="#441c87db-e4ff-473f-a979-a733a4263fb5" id="441c87db-e4ff-473f-a979-a733a4263fb5-link">1</a></sup>. Dans cet article, nous avons choisi de polémiquer avec celleux qui sont en désaccord avec notre analyse.</em></p>



<p>Aujourd’hui, 80 ans après la fin de la dernière guerre mondiale, avec le développement de la crise économique mondiale, nous assistons à une exacerbation de la concurrence capitaliste à tous les niveaux. La lutte pour un nouveau partage du monde s’accroît et une nouvelle guerre mondiale nous menace. Après la disparition de l’URSS, la Russie s’est trouvée très affaiblie par la perte des pays de l’Europe de l’Est au profit du bloc de l’Union Européenne sous le parapluie d’un OTAN conquérant étendu jusqu’aux frontières de la Russie. C’est dans cette situation explosive que la Russie de Poutine cherche à se repositionner en envahissant l’Ukraine (entre autres opérations). Et les États-Unis, tout comme la Chine et l’Europe, raisonnent et agissent de la même manière.<br>Avant la Première Guerre mondiale, que tout le monde voyait venir, tous les grands partis de gauche avaient juré qu’ils n’iraient pas faire la guerre pour les capitalistes et tuer leurs frères de classe. Quand la guerre a éclaté, presque tous ont trahi leur parole et le monde a plongé dans l’horreur. Aujourd’hui nous devons renouer avec cette tradition internationaliste mais cette fois-ci en s’assurant que les paroles deviennent des actes.</p>



<p><br><strong>La guerre en Ukraine ne serait pas la même chose que la Première Guerre mondiale ?</strong><br>Contrairement à 1914-18, nous dit-on, nous n’assistons pas à une guerre inter-impérialiste entre deux puissances ou deux blocs impérialistes car il n’y aurait pas d’affrontement direct entre les armées de la Russie et de l’OTAN. La guerre ne serait donc qu’une simple guerre de défense ou de libération nationale, comparable à celle du Vietnam où les Vietnamien·nes avaient reçu l’aide des États soviétiques et chinois. Mais c’est ne pas voir que le soutien financier et militaire absolument colossal des puissances occidentales groupées autour de l’OTAN en fait néanmoins une guerre inter-impérialiste, non pas directe mais par procuration – une guerre par procuration entre le bloc de l’OTAN et la Russie avec malheureusement la population de l’Ukraine comme chair à canon. Cela ne signifie pas que dans ce conflit il n&rsquo;existe aucun élément de lutte de libération nationale mais que, pris dans son contexte global, cet élément est marginal par rapport à la caractéristique dominante de la guerre qui est surtout une guerre entre l’impérialisme russe et les puissances impérialistes occidentales.<br>Ce n’est d’ailleurs pas la première fois dans l’histoire que ce type de situation se présente. En 1914, l’héritier du trône de l’Empire austro-hongrois fut assassiné à Sarajevo en Serbie. L’Empire austro-hongrois a immédiatement envahi la Serbie. La Russie est intervenue pour soutenir son alliée la Serbie et l’Europe s’est embrasée. Pris isolément on pourrait parler d’une guerre de défense nationale par les Serbes mais cet élément était totalement noyé dans une guerre inter-impérialiste qui n’attendait qu’à éclater. Les révolutionnaires de l’époque caractérisaient la situation de 1% de lutte de libération nationale serbe et 99% de guerre impérialiste. C’est d’ailleurs tout à l’honneur du Parti socialiste serbe d’être resté fidèle aux résolutions de tous les grands partis de gauche de l’époque qui affirmaient que la guerre qui venait ne serait pas la leur. Le Parti socialiste serbe a voté contre les crédits de guerre. L’immense majorité des autres partis de gauche ont voté pour et ont envoyé des millions de travailleur·euses à leur mort. La guerre en Ukraine est certainement moins de 99% impérialiste mais c’est toujours ce qui la caractérise en premier lieu.<br>Dans ce contexte, Zelensky et son gouvernement ont choisi d’être complètement dépendants des États-Unis et de l’Europe et n’ont, contrairement aux Vietnamien·nes, aucune autonomie réelle en ce qui concerne le contrôle du déroulement de la guerre, ni des conditions de son arrêt, ni de sa poursuite. Par ailleurs, une des raisons pour lesquelles les révolutionnaires ont toujours soutenu les luttes de libération nationale est que leur victoire permet d’affaiblir l’impérialisme à l’étranger comme au cœur du pays.<br>L’immense mouvement de contestation aux États-Unis contre la guerre du Vietnam et la défaite de l’impérialisme américain ont fait que le « syndrome du Vietnam » a empêché toute intervention militaire états-unienne de grande ampleur pendant une décennie. Du mouvement des femmes aux Black Panthers en passant par le mouvement des droits civiques, toute une génération d’États-Unien·nes a été transformée. En France, également, la défaite de l’État français en Algérie a largement contribué à la radicalisation de pans entiers de la jeunesse française dans les années 1960.<br>Aujourd’hui, en Ukraine, une victoire de la première puissance impérialiste mondiale et de ses acolytes européens signifierait un renforcement de toutes les tendances nationalistes et guerrières dans nos pays. Évidemment, la même chose vaut pour l’impérialisme russe et nous souhaitons aussi sa défaite. Mais la question c’est comment et par qui ? Nous y reviendrons.</p>



<p><br><strong>Une guerre pour la démocratie contre le fascisme ?</strong><br>Parmi les forces politiques qui sont pour un renforcement du soutien financier et militaire à Zelensky de la part des États-Unis et de l’Europe il y a des partis de gauche, comme le PS et les Verts mais aussi de la gauche révolutionnaire comme le NPA – l’Anticapitaliste. Un des arguments pour justifier cette position est de dire que le régime de Poutine serait devenu « fasciste ». Nous avons développé ailleurs<sup data-fn="f41e976a-352a-400c-840a-1949e2bcc289" class="fn"><a href="#f41e976a-352a-400c-840a-1949e2bcc289" id="f41e976a-352a-400c-840a-1949e2bcc289-link">2</a></sup> une analyse historique du fascisme et des formes qu’il prend aujourd’hui. Nous n’avons pas l’espace de la reformuler ici. Mais pour nous, s’il est clair que Poutine est un dictateur sanglant à la tête d’un État policier redoutable, ce n’est pourtant pas du fascisme. Il y a des idéologues russes autour de Poutine qui développent des théories fascistes ou proches mais il n’y a pas de parti et de mobilisation de masse fascistes.<br>Afin de justifier le soutien (même critique) au camp de l’OTAN on en arrive non seulement à faire de Poutine le mal absolu mais à embellir, ou du moins, à minimiser la vraie nature des prétendus défenseurs de la démocratie. Comment croire que les pays de cette alliance (et la France en premier lieu) se battent pour la démocratie, la liberté ou la justice ? Que ce soit, par le passé dans les guerres coloniales, au Vietnam ou en Algérie ; ou aujourd’hui, dans leur soutien indéfectible à des régimes dictatoriaux dignes de celui de Poutine comme l’Égypte d’Al-Sissi ou l’Arabie Saoudite de Ben Salmane, leur préoccupation n’est pas la démocratie mais simplement la défense de leurs intérêts économiques. Il est d’ailleurs de plus en plus clair que la crise du système les pousse dans une direction qui suit la même trajectoire que celle de la Russie : le soutien sans limite au régime génocidaire d’Israël et la reprise en main militaire par Trump du Venezuela avec la perspective d’autres aventures militaires à venir nous en donnent un aperçu.<br>Aucune guerre n’est identique à une autre mais celle qui se passe en Ukraine a de fortes ressemblances avec les grandes guerres du passé. En 1914 la gauche française prétendait que c’était une guerre pour la République et la démocratie contre le militarisme impérial du régime prussien, que ce serait une guerre très rapide. Aujourd’hui, comme en 1914, la guerre s’éternise, engloutit des milliards d’euros et aboutit au sacrifice de dizaines de milliers de soldats, parfois pour quelques centaines de mètres de territoire. Côté OTAN, 41 pays donateurs ont fourni 267 milliards d’euros sur trois ans et les budgets militaires explosent de partout. Plus de 300 000 Russes et Ukrainien·nes sont mort·es avec plus d’un million de blessé·es. Devant ce massacre, d’après le journal Libération, 250.000 soldat·es ukrainien·nes ont déserté depuis le début de la guerre dont la moitié sur les sept premiers mois de 2025.</p>



<p><br><strong>Les Ukrainien·nes seraient donc réduit·es à ne rien faire ?</strong><br>Si jamais iels acceptaient l’idée que faire appel à l’OTAN n’a fait qu’empirer les choses et qu’à terme il y aurait le risque d’une escalade vers une guerre nucléaire, alors, devraient-iels tout arrêter et juste subir les bombardements, accepter la mort des soldat·es et des civil·es puis une occupation russe ? Évidemment que non. Car, comme nous disions, même si le caractère dominant de la guerre est celui d’une guerre inter-impérialiste, il existe un réel élément d’oppression nationale, fondée sur une longue histoire de rapports coloniaux avec la Russie. C’est bien la Russie qui a mené une invasion injustifiée et on doit exiger le retrait de ses troupes. Face à cette attaque et à l’occupation de certains territoires, la résistance est légitime. Mais ne serait-il pas possible de s’organiser autrement qu’en se jetant dans les bras de l’OTAN ?<br>De manière paradoxale, l’idée de ce que pourrait être cette alternative est soulevée par Tara Bilous, un représentant d’une organisation de la gauche radicale ukrainienne dans une interview par le NPA<sup data-fn="b2f31ba5-3530-44dd-91c2-5268cd4f044d" class="fn"><a href="#b2f31ba5-3530-44dd-91c2-5268cd4f044d" id="b2f31ba5-3530-44dd-91c2-5268cd4f044d-link">3</a></sup>. Il est d’accord pour rejoindre l’armée de Zelensky mais dit que si jamais Zelensky avait été un fasciste, il aurait fallu une stratégie alternative, celle d’une guerre partisane indépendante. Évidemment Zelensky n’est pas un fasciste mais il est intéressant de voir qu’une autre stratégie est envisageable et que si elle était appliquée cela éviterait que la résistance soit liée à des forces qui la mènent à la catastrophe. C’est d’ailleurs en adoptant cette stratégie qu’elle aurait les meilleures chances de se rapprocher des Russes qui s’opposent à la guerre, à la fois sur le front et à l’arrière, ce qui est absolument crucial si on veut y mettre fin. Montrer qu’on n’est pas des soutiens de l’OTAN offre la meilleure possibilité d’être crédibles lors des appels à la fraternisation et à la fin de la guerre. Malgré les difficultés, des Ukrainien·nes ont réussi par le passé à s’adresser aux soldat·es russes et on peut espérer que cela se reproduira. Enfin, cette perspective internationaliste est aussi au cœur de la stratégie des révolutionnaires au sein des pays du camp de l’OTAN et notamment en France. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="49423e" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #49423e;" decoding="async" width="1100" height="707" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/ukraine-2-1100x707.webp" alt="" class="wp-image-10955 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/ukraine-2-1100x707.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/ukraine-2-300x193.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/ukraine-2-768x494.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/ukraine-2-1320x848.webp 1320w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/ukraine-2.webp 1920w" sizes="(max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /><figcaption class="wp-element-caption">Manifestation antiguerre à Saint-Pétesbourg (Russie) le 24 février 2002, date de l&rsquo;invasion de l&rsquo;Ukraine par la Russie</figcaption></figure>



<p><br><strong>Nous avons besoin d’un mouvement international contre la guerre</strong><br>Un véritable mouvement de masse contre la guerre en Ukraine et les guerres ailleurs dans le monde, nous donnerait des forces pour chercher à y mettre fin. Nous avons vu avec la Palestine à quel point les immenses manifestations en Angleterre ou en Espagne et surtout la magnifique grève générale en Italie ont pu donner confiance au mouvement. Aujourd’hui, c’est en un clic que les images, comme la tête de mort de la Gen Z, sont relayées à travers la planète, d’un mouvement insurrectionnel à l’autre. Alors, malgré les difficultés, pourquoi pas jusqu’en Russie ? Le soutien à Poutine est loin d’être monolithique. La colère existe, chez les jeunes qui sont envoyé·es au front ou qui cherchent à le fuir, chez les familles, chez les parents qui perdent leurs enfants. Elle s’exprime difficilement pour le moment à cause de la répression mais elle existe et un jour ça pourrait très bien exploser à la face du régime.<br>En France, pour l’instant, le mouvement anti-guerre est faible, malgré le vrai potentiel illustré par le meeting contre la guerre organisé par le POI en octobre dernier<sup data-fn="4b887d3a-fba5-4d63-843a-3f8872a7440e" class="fn"><a href="#4b887d3a-fba5-4d63-843a-3f8872a7440e" id="4b887d3a-fba5-4d63-843a-3f8872a7440e-link">4</a></sup>. Mais après l’invasion du Venezuela, un tel mouvement pourrait décoller. Cela pourrait avoir un vrai impact sur la politique guerrière de Macron et trouver en même temps un écho chez les opposant·es à la guerre en Russie.<br>Plus les classes dominantes de ce monde s’enfoncent dans leur crise, plus elles essaient de nous préparer à la guerre qui vient avec leur propagande raciste et nationaliste et leurs appels à l’union nationale. Aujourd’hui, « la menace d’une invasion russe » est l’argument de choc de Macron pour nous faire accepter les immenses dépenses sur les armes et le budget d’austérité. Il faudra anticiper l’éventualité qu’un futur gouvernement essaie de nous embarquer dans une guerre. Contre la Russie ? Contre la Chine ? Un scénario pas si improbable que cela. Renforçons encore la lutte contre le racisme et le nationalisme et renouons avec la tradition de la solidarité internationale entre les travailleuses et travailleurs du monde entier.</p>



<p><br>Ross Harrold (Paris 20e)</p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="441c87db-e4ff-473f-a979-a733a4263fb5">Voir Jad Bouharoun (2022), « <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/se-preparer-aux-guerres-qui-reviennent/">Se préparer aux guerres qui reviennent</a> », Revue #04. Voir aussi notre brochure <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/brochures/brochure-imperialisme-la-trajectoire-du-capital/">Impérialisme : la trajectoire du Capital</a> (2023).  <a href="#441c87db-e4ff-473f-a979-a733a4263fb5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="f41e976a-352a-400c-840a-1949e2bcc289">Voir notre brochure <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/brochures/brochure-comprendre-le-fascisme-pour-mieux-le-combattre-version-actualisee/">Comprendre le fascisme pour mieux le combattre</a> (réédition 2025). <a href="#f41e976a-352a-400c-840a-1949e2bcc289-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="b2f31ba5-3530-44dd-91c2-5268cd4f044d">Tara Bilous (2022), « <a href="https://lanticapitaliste.org/opinions/international/autodetermination-et-guerre-en-ukraine">Autodétermination et guerre en Ukraine</a> », l’Anticapitaliste (republication). <a href="#b2f31ba5-3530-44dd-91c2-5268cd4f044d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="4b887d3a-fba5-4d63-843a-3f8872a7440e">Retour des camarades d’A2C présent·es à ce meeting : « <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/contre-leur-marche-a-la-guerre-groupons-nous/">Contre leur marche à la guerre : groupons-nous !</a> », Revue #19. <a href="#4b887d3a-fba5-4d63-843a-3f8872a7440e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/ukraine-pas-dunion-sacree-avec-trump-et-macron/">Ukraine. Pas d’union sacrée avec Trump et Macron</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Grève pour Gaza le 28 novembre en Italie : « Notre défi est de relier la lutte pour la Palestine aux conditions économiques et de travail en Italie »</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/greve-pour-gaza-le-28-novembre-en-italie-notre-defi-est-de-relier-la-lutte-pour-la-palestine-aux-conditions-economiques-et-de-travail-en-italie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 09:27:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicats]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Interview d’un militant du syndicat italien Si Cobas, réalisée par Victor Michel (Brest) &#8211; 9 novembre 2025. Victor : Peux tu te présenter et nous parler de la grève et du mouvement en Italie ? <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/greve-pour-gaza-le-28-novembre-en-italie-notre-defi-est-de-relier-la-lutte-pour-la-palestine-aux-conditions-economiques-et-de-travail-en-italie/" title="Grève pour Gaza le 28 novembre en Italie : « Notre défi est de relier la lutte pour la Palestine aux conditions économiques et de travail en Italie »">[...]</a></div>
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<p>Interview d’un militant du syndicat italien <em>Si Cobas</em>, réalisée par Victor Michel (Brest) &#8211; 9 novembre 2025.<br></p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Victor : Peux tu te présenter et nous parler de la grève et du mouvement en Italie ?</strong></p>



<p>Fabio : Je m&rsquo;appelle Fabio, je suis membre de Tendenza Internationalista Revoluzionaria (TIR, Tendance révolutionnaire internationale), une organisation politique en Italie qui a encouragé les grèves et qui a participé activement aux manifestations, à la mobilisation et aux grèves qui ont débuté immédiatement après le 7 octobre, aux côtés du peuple palestinien et de la résistance palestinienne. Je suis également membre du syndicat SI COBAS, qui a participé aux grèves et appelé à la grève du 3 octobre. </p>



<p>Tout d&rsquo;abord, le 22 septembre et le 3 octobre n&rsquo;étaient pas les premières grèves générales organisées en soutien au peuple palestinien et contre le génocide, trois autres grèves générales avaient déjà été appelées par le SICOBAS et d&rsquo;autres syndicats plus petits. La première a eu lieu peu après le 7 octobre 2023, le 17 novembre. Puis une autre a eu lieu le 23 février 2024. Même s&rsquo;il s&rsquo;agissait de grèves menées par une minorité de travailleurs, elles ont montré et ouvert la voie pour faire obstacle au soutien apporté par l&rsquo;Italie et le gouvernement italien à Israël dans son génocide et son occupation des terres palestiniennes. Nous avons organisé de nombreuses actions au cours de ces deux dernières années, même si le mouvement en Italie n&rsquo;a pas été aussi important qu&rsquo;en Grande-Bretagne, par exemple, en termes de nombre de participants. Mais il y a eu des moments très significatifs, comme ces grèves générales, ainsi que d&rsquo;autres moments de blocage de ports à Gênes, mais aussi à Salerne, et de certaines industries particulièrement liées à Israël : Leonardo et d&rsquo;autres industries militaires, israéliennes ou liées à Israël. Et il y a eu des manifestations, dont certaines interdites, comme celle du 5 octobre 2024 à Rome, qui a néanmoins eu lieu et où le gouvernement a été contraint d&rsquo;autoriser la manifestation une demi-heure avant son début officiel, car des milliers de personnes étaient venues de toute façon. Ce sont ces luttes pour le peuple palestinien qui ont ouvert la voie aux grèves du 22 septembre et du 3 octobre, car elles ont établi la légitimité et la visibilité de la protestation pour la Palestine. </p>



<p>Et puis, bien sûr, il y a eu d&rsquo;autres facteurs. La situation à Gaza a toujours été terrifiante, mais l&rsquo;armée était aussi entrée dans la ville de Gaza. Et puis la flottille a certainement encouragé les gens à agir face à la situation en Palestine. Je ne pense pas que les travailleurs aient fait grève pour la flottille en soi, mais ils ont certainement été encouragés à agir par elle. Cela a facilité la prise d&rsquo;action. </p>



<p>Et puis, le gouvernement Meloni était l&rsquo;un des gouvernements qui n&rsquo;était même pas capable de prendre position avec des mots. C&rsquo;et l&rsquo;un des gouvernements qui ne parlait pas de reconnaître un État palestinien, donc particulièrement aligné avec l&rsquo;administration Trump. Et il faut savoir que l&rsquo;Italie est le troisième exportateur d&rsquo;armes vers Israël, elle a donc des liens très forts avec Israël. Et cela a certainement amplifié la colère des gens qui ont ensuite fait grève ces dernières semaines.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="908783" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #908783;" decoding="async" width="770" height="470" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/greve-generale-italie-palestine-770x470-1.webp" alt="" class="wp-image-10313 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/greve-generale-italie-palestine-770x470-1.webp 770w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/greve-generale-italie-palestine-770x470-1-300x183.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/greve-generale-italie-palestine-770x470-1-768x469.webp 768w" sizes="(max-width: 770px) 100vw, 770px" /></figure>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Victor : Combien de personnes ont participé aux grèves et dans quels secteurs ?</strong></p>



<p>Fabio : Eh bien, il est difficile d&rsquo;avoir des estimations exactes sur la participation. Le 3 octobre, la participation a été plus importante que le 22 septembre, qui était déjà probablement la plus grande grève politique depuis de très nombreuses années. La participation a été bonne dans les secteurs publics, en particulier dans les écoles. Elle a été importante dans le secteur de la santé. Les cheminots, en particulier le 3 octobre, ont été l&rsquo;un des groupes les plus impliqués. Les travailleurs de la logistique aussi, en particulier ceux de SI COBAS. La participation a été moindre dans le secteur privé, dans les usines. Il est certainement plus facile de faire grève dans le secteur public, car l&rsquo;environnement dans les usines privées est beaucoup plus oppressant. Ce qui est un défi que nous devons relever à l&rsquo;avenir, bien sûr, car les travailleurs du secteur privé et les ouvriers d&rsquo;usine sont des travailleurs productifs qui auraient un poids encore plus important sur l&rsquo;économie et il serait donc beaucoup plus significatif, bien sûr, qu&rsquo;ils participent.</p>



<p>Ce n&rsquo;était pas une grève massive. Mais la participation a été significative. La situation de la classe ouvrière a été très difficile ces dernières années, avec des niveaux de conflit très faibles, à quelques exceptions près : les travailleurs de SI COBAS ou les travailleurs immigrés dans le secteur de la logistique ont été une exception. C&rsquo;est donc ce qui est significatif dans cette grève, à savoir qu&rsquo;il y a eu une volonté de participer. Les gens sont descendus dans la rue, ils ont fait grève de manière active, ils ont participé à des manifestations qui ont été les plus importantes depuis 20 ans en Italie. Même dans les petites villes où il ne s&rsquo;était rien passé depuis longtemps, il y a eu des manifestations. Dans de nombreux ports, il y a eu des blocages, à Gênes, à Salerne, à Livourne, à Tarente. Il y a eu des blocages des gares ferroviaires. Il ne s&rsquo;agissait donc pas seulement de personnes souhaitant exprimer leur opinion. Il s&rsquo;agissait vraiment de la volonté d&rsquo;avoir un impact, de faire quelque chose pour avoir un impact sur la complicité du gouvernement italien. </p>



<p>Les tentatives des médias de diviser les manifestants en bons et mauvais, en disant que ceux qui essayaient de bloquer les gares ferroviaires étaient de mauvais manifestants, que les autres étaient pacifiques, n&rsquo;ont pas vraiment fonctionné, car beaucoup de jeunes en fin de lycée, en début d&rsquo;université, participaient, une génération qui n&rsquo;avait en fait jamais eu l&rsquo;occasion jusqu&rsquo;à présent de manifester à cette échelle. Ils étaient vraiment déterminés à avoir un impact, et cela a été significatif. </p>



<p>Une autre chose significative est que les partis politiques se sont très peu impliqués. Certains partis démocratiques, le parti cinq étoiles, ont soutenu la flottille, mais ils n&rsquo;étaient pas présents dans la grève, tout comme les grands syndicats, en particulier la CGIL, qui est le plus grand syndicat d&rsquo;Italie. Le 22 septembre, ils n&rsquo;ont en fait pas participé. Ils ont appelé à une grève de deux heures trois jours avant afin de diviser la grève. Ils ont eu un certain succès. Mais de nombreux autres travailleurs de la CGIL elle-même ont fait grève. Ils n&rsquo;ont pas suivi les ordres de leur propre syndicat.&nbsp;</p>



<p>Puis, il y a eu la date du 3 octobre, date initialement fixée uniquement par SI COBAS, car nous avons vu que la tension montait, que cela ne pouvait pas s&rsquo;arrêter au 22 septembre. Une manifestation était déjà prévue à Rome pour le 4 octobre. Et nous avons aussi eu un peu de chance, car la flottille a été bloquée mercredi soir 1<sup>er</sup> octobre. Tous les syndicats ont alors lancé un appel. Tous les syndicats, je veux dire, CGIL et les petits syndicats. Et dans ce cas, la CGIL a dû le faire parce qu&rsquo;elle veut toujours apparaître comme un syndicat de gauche : ils ont dit qu&rsquo;ils étaient avec le peuple palestinien, bien sûr pas avec la résistance palestinienne, mais contre le génocide, disons, mais ils n&rsquo;ont pris aucune mesure. Donc, dans cette situation, ils ont été contraints de lancer l&rsquo;appel parce qu&rsquo;ils sentaient qu&rsquo;ils perdaient le lien avec une partie importante de leurs propres travailleurs. Et nous pouvons nous attribuer une partie du mérite, car nous avons appelé à la grève et, même auparavant, nous étions très actifs dans le mouvement pour la Palestine, nous avons donc pu faire pression. Si personne n&rsquo;avait fait cela, il y aurait peut-être eu des manifestations, mais pas de grève. En appelant à la grève, nous avons également poussé le grand syndicat à agir. </p>



<p>Ce qui est intéressant, d&rsquo;ailleurs, en ce qui concerne le 3 octobre, c&rsquo;est que nous avons appelé à la grève dans le respect des conditions légales, car il existe certaines restrictions. La loi italienne sur les grèves est assez souple, il existe une tradition qui la rend assez libre. Tout syndicat peut appeler à une grève générale. Mais il existe certaines restrictions dans le secteur public, il faut donc la déclarer 10 jours à l&rsquo;avance. Et c&rsquo;est ce que nous avons fait, notre grève était donc légale. Les autres syndicats qui ont ensuite appelé à la grève du 3 octobre l&rsquo;ont fait deux jours avant. Et, alors qu&rsquo;ils auraient facilement pu se joindre à notre grève, ils ont refusé, pour des raisons politiques&#8230; Ils ne pouvaient pas admettre que nous avions appelé à la grève, alors ils ont dû lancer leur propre appel. Ce qui, bien sûr, est positif que tout le monde se soit mis en grève le même jour, le 3 octobre, mais&#8230; Cela a ensuite provoqué une réaction négative de la part de la commission d&rsquo;État qui contrôle la loi sur les grèves. Ils ont déclaré que cette grève était illégale. Le message selon lequel les gens ne pouvaient pas faire grève parce que celle-ci n&rsquo;était pas légale, s&rsquo;est donc répandu. Et ces syndicats, en particulier la CGL, ne voulaient pas dire à leurs propres travailleurs : « Ne vous inquiétez pas, une autre grève a déjà été déclenchée, vous pouvez faire grève. »  Car cela aurait posé un problème politique pour eux. La participation aurait donc probablement pu être encore meilleure s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas eu cela. Nous avons eu beaucoup de mal la veille, le dernier jour, à dire à tout le monde : « Ne vous inquiétez pas, vous pouvez faire grève. »  </p>



<p>Normalement, la CGIL et les grands syndicats ne se rallient jamais à une journée d&rsquo;appel lancée par des syndicats indépendants. Je veux dire, dans notre activité quotidienne, ils essaient toujours de s&rsquo;imposer comme les seuls légitimes, même avec des lois anti-grève, etc. C&rsquo;était donc assez exceptionnel, et le 3 octobre, cela s&rsquo;est soldé par une grève où&#8230; Ils ont dû se mettre d&rsquo;accord sur la même date, etc. Et c&rsquo;est quelque chose dont nous devons bien sûr nous féliciter, car c&rsquo;est quelque chose que nous poussons depuis longtemps. </p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Victor&nbsp;: Combien de membres <em>SI COBAS</em> compte-t-il ?&nbsp;</strong></p>



<p>Fabio&nbsp;: Quelques dizaines de milliers. C&rsquo;est donc un petit syndicat par rapport à la CGIL ou à d&rsquo;autres syndicats. Il est petit, mais il a mené des luttes acharnées dans le secteur de la logistique, des luttes très dures, qui ont déjà fait avancer les choses dans ce secteur. Comme je l&rsquo;ai dit, nous sommes quelques dizaines de milliers, mais la logistique compte plus d&rsquo;un million de travailleurs. Et donc, nous savons que nous ne sommes pas assez. Nous essayons toujours d&rsquo;inciter les grands syndicats ou les travailleurs des grands syndicats à se joindre à nous, en particulier en ces jours de grève générale où il s&rsquo;agit de questions politiques, et cette fois-ci, cela a fonctionné de la meilleure façon possible. La semaine précédant le 3 octobre, il y avait presque tous les jours de grandes manifestations dans la ville. À Turin, je n&rsquo;avais jamais vu autant de monde, c&rsquo;était vraiment énorme. Et puis la grève a eu lieu. Et ensuite, il y a eu la manifestation à Rome. Le 4 octobre, c&rsquo;était probablement la plus grande manifestation depuis la guerre en Irak. Donc ça fait plus de 20 ans.</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Victor: Et quel a été l&rsquo;impact de la grève sur les travailleurs ?</strong></p>



<p>Fabio : Je pense qu&rsquo;elle a eu un impact positif sur la conscience des travailleurs. En avril, le gouvernement Meloni a approuvé une loi sur la sécurité, le Decreto Sicurezza, qui criminalise les barrages routiers et de nombreuses autres formes de protestation, renforce les pouvoirs de la police, etc. La plupart des actions menées les 22 et 3 octobre ont enfreint cette loi. C&rsquo;est très positif, car quelques mois après l&rsquo;adoption de cette loi, elle a déjà été enfreinte à plusieurs reprises. Quand elle a été adoptée, de nombreuses organisations (pas nous, nous avons en fait immédiatement organisé des grèves avec des barrages) se sont écriées : « Que faire ? Nous ne pouvons plus faire certaines choses, etc. ». Et donc, tout d&rsquo;abord, nous avons vu que lorsque les gens se mobilisent, on peut tout faire. Et quelques mois plus tard, il s&rsquo;avère que l&rsquo;on peut faire ces choses. </p>



<p>Bien sûr, nous savons très bien que la répression peut s&rsquo;intensifier bien plus qu&rsquo;elle ne l&rsquo;est actuellement. Même la police n&rsquo;est pas intervenue de manière brutale ces derniers jours. Elle ne voulait pas attaquer à ce moment-là. Mais si le mouvement continue avec un certain nombre de participants, je pense qu&rsquo;il y aura aussi des interventions policières beaucoup plus brutales. Mais je pense que cela a eu un impact très positif. Et nous espérons que cela se répercutera également sur d&rsquo;autres sujets, en général sur la conscience de soi de la classe ouvrière en Italie. </p>



<p>Quant au gouvernement, il réagit désormais par une répression accrue. Il a dû faire quelques concessions, mais il introduit maintenant une nouvelle loi qui tente d&rsquo;assimiler l&rsquo;antisionisme à l&rsquo;antisémitisme. Mais si tu parles de l&rsquo;impact plus large, je pense vraiment que l&rsquo;urgence avec laquelle ils ont dû établir ce soi-disant traité de paix a Gaza, qui n&rsquo;est bien sûr pas un traité de paix, ni même un cessez-le-feu, je pense que les grèves en Italie ont eu un impact sur cela, tout comme, bien sûr, toutes les autres mobilisations, car je pense qu&rsquo;ils craignaient une possible propagation à d&rsquo;autres pays. Les personnes qui participent aux grèves et aux mobilisations ont vu que cela avait un impact. Ensuite, bien sûr, il y a une possible démoralisation, car ils ont signé le traité et maintenant, bien sûr, ils continuent le génocide. Alors on se dit : « Que pouvons-nous faire de plus ? » Trump lui-même l&rsquo;a dit. Il a dit : « Israël ne peut pas gagner contre le monde entier. »</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Victor : En France, il y a très peu de grèves politiques pour la Palestine, est-ce que tu peux expliquer comment vous avez su convaincre de ces perspectives, comment vous vous êtes organisés ?</strong></p>



<p>Fabio : Je pense que d&rsquo;un côté,  SI COBAS et d&rsquo;autres petits syndicats organisent déjà d&rsquo;autres grèves politiques, donc cela n&rsquo;a pas été un problème pour nous. Et ce faisant, nous avons fait pression. Parfois il faut même des forces plus modestes qui sont déterminées à aller dans une certaine direction. Et puis, lorsque les conditions s&rsquo;alignent de la bonne manière, cela se concrétise. Si ce n&rsquo;est pas le cas, si personne ne le fait, alors c&rsquo;est plus difficile&#8230; En Italie, la loi sur les grèves, comme je l&rsquo;ai dit précédemment, autorise n&rsquo;importe quel syndicat à appeler à une grève générale. Le problème n&rsquo;est donc pas tant que ce n&rsquo;est pas légal. Le problème est de savoir comment faire participer les autres travailleurs. C&rsquo;est la question la plus importante. Mais il existe une tradition en ce sens. Et en tant que syndicats indépendants, nous avons maintenu cette tradition selon laquelle il faut organiser des grèves générales. Nous et d&rsquo;autres syndicats indépendants avons lancé cet appel à la grève, et cet appel a trouvé une réponse auprès des grévistes. Dans ce cas, cela s&rsquo;est combiné de manière positive avec une forte attention médiatique sur la flottille. L&rsquo;effet a donc été décuplé dans ce sens, car il s&rsquo;est combiné à cette attention médiatique. Mais c&rsquo;était un appel qui avait été lancé et qui a trouvé une réponse auprès de nombreux travailleurs.</p>



<p>Et bien sûr, comme je l&rsquo;ai dit précédemment, cela a été préparé par l&rsquo;activité. Car souvent, lorsqu&rsquo;on est minoritaire, il est très difficile de faire grève et de manifester. Et souvent, on ne trouve pas ce large consensus, mais on est quelques centaines, quelques milliers. Je pense qu&rsquo;en janvier 2024, c&rsquo;était la Journée de commémoration de l&rsquo;Holocauste. À Turin, il y avait 30 personnes qui manifestaient au total. Donc personne, même la plupart des organisations de gauche, ne soutenait : « Ça pourrait être mal interprété. » En fait, ils ont cédé à la pression idéologique du sionisme, qui tente d&rsquo;utiliser l&rsquo;Holocauste pour perpétuer un autre génocide. Il était donc très important pour nous de dire non, nous sommes contre tout génocide. En ce jour particulier, nous devions manifester pour dire que cela ne peut se reproduire, etc. Et ils ne peuvent pas utiliser cette cause pour justifier leurs actes. Nous étions très peu nombreux, mais c&rsquo;était important. Et tout ce travail a fini par porter ses fruits. Je pense que c&rsquo;est très important aujourd&rsquo;hui aussi, car ils essaient à nouveau, avec le traité à Gaza, de tout passer sous silence. Ils disent : « Maintenant, nous avons la paix. » Quand Israël bombarde à nouveau la bande de Gaza, etc., il devient évident que ce n&rsquo;est pas le cas. Mais ils essayaient de dire : « D&rsquo;accord, maintenant nous avons la paix. Taisez-vous. Si maintenant quelque chose se brise, c&rsquo;est la faute du peuple palestinien. Vous avez donc obtenu ce que vous vouliez. » C&rsquo;est exactement ce qu&rsquo;ils essaient de faire. Il est donc à nouveau très important de briser ce silence qu&rsquo;ils essaient d&rsquo;imposer à nouveau. Je veux dire, après avoir fait le traitement, ils ont vraiment investi pour essayer à nouveau de tout normaliser. Je pense que c&rsquo;était en fait le principal&#8230; objectif du soi-disant traité de paix de Trump, essayer de faire taire les manifestations, tout en augmentant encore plus la répression. »</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Victor&nbsp;: Et maintenant, quelle est la prochaine étape ? Je crois qu&rsquo;il y a une grève fin novembre ?&nbsp;</strong></p>



<p>Il y a une grève le 28 novembre. Il n&rsquo;y a pas le même élan que lors des dernières grèves. Nous ne savons donc pas si elle aura la même ampleur. Probablement pas. Mais notre défi est de relier la lutte pour la Palestine aux conditions économiques et de travail en Italie également. La loi de finances, qui est en fin de compte une loi de finances de guerre qui réduit les programmes sociaux, diminue légèrement les impôts de la classe moyenne supérieure et des entreprises mais qui au final augmente les impôts des classes inférieures. Elle donne beaucoup d&rsquo;argent à l&rsquo;économie de guerre, à l&rsquo;industrie militaire, etc. Il s&rsquo;agit donc de relier cette loi de finances, les conditions salariales et les conditions de vie des gens à l&rsquo;économie de guerre et au soutien de l&rsquo;Italie à l&rsquo;élargissement de la guerre, qui se produit bien sûr avec le soutien à Israël d&rsquo;un côté, de l&rsquo;autre avec le soutien à l&rsquo;Ukraine, la guerre avec la Russie. Dans l&rsquo;ensemble, une implication de plus en plus importante dans différents types de situations. Ils ont également envoyé davantage de militaires dans l&rsquo;océan Pacifique pour soutenir le Japon, etc. Je ne sais pas dans quelle mesure ils sont directement impliqués au Soudan, mais ils le sont certainement. L&rsquo;Italie est également le principal exportateur d&rsquo;armes vers le Qatar et l&rsquo;Égypte. Et le gouvernement Meloni a explicitement fait un effort pour s&rsquo;impliquer de plus en plus. Il y a également une concurrence intra-européenne. Le gouvernement Meloni, l&rsquo;Italie, essaie d&rsquo;intervenir pour essayer de prendre ce qu&rsquo;il peut prendre, et le gouvernement Meloni a explicitement montré qu&rsquo;il souhaitait, qu&rsquo;il était prêt à s&rsquo;impliquer de plus en plus dans différents théâtres, différents paysages, etc. C&rsquo;est donc le lien que nous voulons établir, afin de toucher davantage les travailleurs du secteur privé qui ont plus de mal à se mobiliser pour la Palestine.&nbsp;</p>



<p>L&rsquo;islamophobie, ou plutôt l&rsquo;islamophobie et le racisme, sont les seules armes dont dispose le gouvernement, sinon tout le monde détesterait Israël. Mais il n&rsquo;est pas facile de contrer cela, vous savez, en l&rsquo;affrontant directement, ce qui doit être fait, il faut aussi en l&rsquo;affronter en reliant les sujets. En faisant comprendre que la question palestinienne n&rsquo;est pas une question de guerre culturelle ou de guerre religieuse ou quoi que ce soit de ce genre. C&rsquo;est une question d&rsquo;impérialisme et elle est profondément liée à la façon dont le monde dans son ensemble se développe.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<p>Pour continuer à écouter sur le sujet de la Palestine, voici le topo de Sana de Paris qui tente de tirer le bilan du 7 octobre, tout en abordant les stratégies de libération de la Palestine :</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-block-embed-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Spotify Embed: Mouvement Palestine : bilan du 7 octobre" style="border-radius: 12px" width="100%" height="152" frameborder="0" allowfullscreen allow="autoplay; clipboard-write; encrypted-media; fullscreen; picture-in-picture" loading="lazy" src="https://open.spotify.com/embed/episode/26esJOret02WaPUrM7nhfO?si=40t6dTIERbuZY2CzOkUbow&#038;utm_source=oembed"></iframe>
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			</item>
		<item>
		<title>Du plan Trump au plan Macron, à bas l’impérialisme et vive la Palestine libre !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/du-plan-trump-au-plan-macron-a-bas-limperialisme-et-vive-la-palestine-libre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 08:01:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les guerres successives et les massacres de toute part sont la démonstration d’un système capitaliste montrant ses faces les plus mortifères. Loin d’un néolibéralisme heureux, l’actualité rappelle que la guerre est inhérente au capitalisme. Tension <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/du-plan-trump-au-plan-macron-a-bas-limperialisme-et-vive-la-palestine-libre/" title="Du plan Trump au plan Macron, à bas l’impérialisme et vive la Palestine libre !">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center"><em>Les guerres successives et les massacres de toute part sont la démonstration d’un système capitaliste montrant ses faces les plus mortifères. Loin d’un néolibéralisme heureux, l’actualité rappelle que la guerre est inhérente au capitalisme.</em></p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Tension impérialiste dans le monde</strong></p>



<p>La notion d’impérialisme développée au début du siècle dernier peut nous aider à comprendre la période actuelle, ainsi qu’à analyser les tentatives de plan de paix à Gaza proposées par le binôme franco-saoudien à l’ONU. La caractéristique principale de l’impérialisme réside dans la dépendance mutuelle et dialectique entre l’État et le capital. Chaque État est lié à ses capitalistes, et chaque capitaliste dépend de son État &#8211; notamment pour la protection de ses propriétés, assurée par la police &#8211; mais aussi pour l’appuyer dans ses négociations à l’étranger, pouvant aller jusqu’à la conquête de terrains et de ressources par la guerre.<sup data-fn="35fc84e0-c956-4bf0-ab26-acdbb09945ec" class="fn"><a id="35fc84e0-c956-4bf0-ab26-acdbb09945ec-link" href="#35fc84e0-c956-4bf0-ab26-acdbb09945ec">1</a></sup></p>



<p>Les États-Unis sont encore aujourd’hui, et ce depuis la sortie de la Seconde Guerre mondiale, la puissance impérialiste la plus avancée. Pendant de longues années, ils n’ont connu aucun rival de taille. Ils ont ainsi pu profiter de cette hégémonie d’un point de vue économique, mais aussi pour asseoir leur domination et leurs intérêts un peu partout dans le monde.</p>



<p>Pour autant, la situation a évolué ces dernières années avec la croissance économique, mais aussi militaire, de la Chine. Cette nouvelle configuration modifie les rivalités internationales. Claude Serfati le formule ainsi :</p>



<p>« À cet égard, la comparaison souvent faite avec l’antagonisme États-Unis – URSS au cours de la guerre froide est trompeuse, car l’URSS était en fait peu intégrée dans les circuits de l’économie mondiale et la compétition était essentiellement militaire. Ce qui donne toute son ampleur à la rivalité américano-chinoise, c’est que concurrence économique et conflit géopolitique surgissent en même temps. »<sup data-fn="1caf135f-5e2b-4494-a85d-a9f71d4e449a" class="fn"><a id="1caf135f-5e2b-4494-a85d-a9f71d4e449a-link" href="#1caf135f-5e2b-4494-a85d-a9f71d4e449a">2</a></sup></p>



<p>Dans cette rivalité, l’objectif principal des États-Unis est la défense de leurs intérêts et la préservation de leur hégémonie. Plus encore, cette rivalité régit en grande partie les relations internationales et oblige chaque État à se positionner. Cela explique les taxes imposées récemment par les États-Unis à la Chine, mais aussi à l’Europe. Bien qu’il s’agisse de leurs alliés principaux, la défense de leurs propres intérêts prime.</p>



<p>Cette hégémonie aujourd’hui contestée oblige les États-Unis à se concentrer davantage sur le rival chinois, et les pousse à ne pas s’enliser éternellement dans le maintien de leur position sur les fronts ukraino-russe et moyen-oriental. C’est dans ce sens qu’il faut lire les tentatives de Trump de « paix » dans ces deux régions et, pour Gaza, une « paix » où il affirme haut et fort son soutien à Israël, qui, plus que jamais en cette période de crise et de rivalité impérialiste, doit servir de chien de garde des puissances occidentales dans la région.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="8b8b8f" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #8b8b8f;" loading="lazy" decoding="async" width="1100" height="549" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/Capture-decran-2025-11-26-a-08.41.07-1100x549.webp" alt="" class="wp-image-10305 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/Capture-decran-2025-11-26-a-08.41.07-1100x549.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/Capture-decran-2025-11-26-a-08.41.07-300x150.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/Capture-decran-2025-11-26-a-08.41.07-768x383.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/Capture-decran-2025-11-26-a-08.41.07.webp 1199w" sizes="auto, (max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>



<p class="has-medium-font-size"><strong>&nbsp;</strong><strong>Le plan Franco-Saoudien</strong></p>



<p>C’est dans ce contexte de rivalité inter-impérialiste que s&rsquo;insère le plan franco-saoudien pour la “paix” à Gaza, présenté à l’ONU. Nous pouvons tirer quelques hypothèses des objectifs de ce plan. La France, partie prenante de l’OTAN, est du côté d’Israël et des États-Unis. Pour autant, la France est dans une contradiction. Si son alliance à l’OTAN est primordiale, elle sait aussi que la période d’instabilité actuelle ainsi que le déclin continu de son ancien empire colonial l’obligent à prendre les devants pour conserver sa légitimité internationale et protéger avant tout l’intérêt des capitalistes français.</p>



<p>Le plan franco-saoudien est un moyen de participer à la longue histoire de la reconnaissance d’Israël tout en gardant une forme de respectabilité, notamment vis-à-vis des instances internationales. En effet, le plan présenté comme une alternative aux 20 points pour Gaza proposés par Trump, cherche à apparaître comme plus attentif aux droit des Palestiniens, en remettant la question de la reconnaissance de l’État palestinien dans les discussions. Le plan trouve même un écho dans une partie de la gauche française, qui se rassure dans l’idée de la solution à deux États.&nbsp; Or, nous ne le rappellerons jamais assez : la solution à deux États &#8211; avec d’un côté un État colonisateur et génocidaire, et de l’autre un peuple génocidé sur ses propres terres &#8211; ne sera jamais une solution.<sup data-fn="d3fdacdc-05a2-4486-92e9-df7f78278ded" class="fn"><a id="d3fdacdc-05a2-4486-92e9-df7f78278ded-link" href="#d3fdacdc-05a2-4486-92e9-df7f78278ded">3</a></sup></p>



<p>Le plan est aussi un moyen d’appuyer Mahmoud Abbas en le félicitant pour ses engagement en faveur d’un “reglement pacifique de la situation” et de son&nbsp; “rejet constant de la violence et du terrorisme.”<sup data-fn="b729b10f-2914-4d14-bf87-0d1b2f5bb7e0" class="fn"><a id="b729b10f-2914-4d14-bf87-0d1b2f5bb7e0-link" href="#b729b10f-2914-4d14-bf87-0d1b2f5bb7e0">4</a></sup> Dans le même sens, la France se félicite ainsi que : « Pour la première fois, un texte adopté par l’ONU condamne les attaques du 7 octobre 2023 commises par le Hamas et appelle à son désarmement ainsi qu’à son exclusion de la gouvernance de Gaza. »&nbsp;<sup data-fn="b6d15919-967c-4775-91d5-6a30247da863" class="fn"><a id="b6d15919-967c-4775-91d5-6a30247da863-link" href="#b6d15919-967c-4775-91d5-6a30247da863">5</a></sup>. Ce plan paternaliste choisit donc le futur dirigeant, les partis autorisés et la forme de la résistance palestinienne.&nbsp;</p>



<p>Le duo félicite également l’Autorité palestinienne pour avoir mis sous contrôle de l’UE ses programmes scolaires ou encore pour avoir supprimé les allocations familiales aux prisonniers palestiniens. Cette ingérence dans la politique économique, sociale et éducative de la Palestine montre, sans aucune illusion, que l’intervention des chefs d’État français et saoudien poursuit avant tout leurs propres intérêts.</p>



<p>Malgré tout cela, en se présentant comme l’aile « raisonnable » du bloc occidental, la France et l’Arabie saoudite tentent d’entraîner des États qui ne reconnaissent pas encore Israël et de montrer qu’au-delà des États-Unis, la France peut participer à l’organisation du monde. En apparaissant comme un interlocuteur raisonnable, elle se positionne stratégiquement et peut mettre en avant les intérêts économiques qu’elle cherche à défendre. Elle espère, en participant à pacifier la région, permettre prochainement des relations commerciales bénéfiques pour les capitalistes français.</p>



<p>Enfin, pour la France et l’Arabie saoudite, le plan franco-saoudien peut être un moyen de rappeler aux États-Unis qu’ils ne peuvent pas se permettre de prendre unilatéralement des décisions sans prendre en compte leurs alliés. En effet, la reconnaissance arrive juste après les différentes augmentations de taxes douanières imposées par les États-Unis à ses concurrents alliés. Dans la même dynamique, il s’intègre dans un contexte où l’Arabie saoudite se lie, par exemple, au Pakistan pour sa sécurité et, en même temps, met la normalisation de ses relations avec l’Iran sous la surveillance de la Chine <sup data-fn="0c1a7d87-50d0-481a-8e21-5c06c7681375" class="fn"><a id="0c1a7d87-50d0-481a-8e21-5c06c7681375-link" href="#0c1a7d87-50d0-481a-8e21-5c06c7681375">6</a></sup>. Pour autant, il ne faut pas amplifier les tensions ni les possibles renversements d’alliances. Même si l’instabilité pousse à des choix différents, « le fait que les États-Unis, Israël et leurs alliés s’y soient opposés souligne seulement leur désaccord tactique sur les moyens à utiliser pour éradiquer la cause palestinienne. » <sup data-fn="ec6108ee-ed37-4a6d-9fb2-1710c98bd22b" class="fn"><a id="ec6108ee-ed37-4a6d-9fb2-1710c98bd22b-link" href="#ec6108ee-ed37-4a6d-9fb2-1710c98bd22b">7</a></sup></p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Combattre l’impérialisme</strong></p>



<p>La crise et le niveau de tension inter-impérialiste actuel nous rappellent l’urgence d’agir pour mettre fin au génocide et se battre pour une Palestine libre, de la mer au Jourdain. Le soutien à la résistance du peuple palestinien est aujourd’hui encore essentiel. Nous devons aussi dénoncer l’impérialisme français en Palestine et dans la région. Plus largement, le soutien à la Palestine doit nous amener à dénoncer la militarisation constante et le chemin vers une guerre généralisée que suivent les États impérialistes.</p>



<p>Pour autant, <strong>condamner l’impérialisme français ne suffira pas à l&rsquo;éteindre d’un claquement de doigts. Nous devons œuvrer à l’élargissement du mouvement de soutien à la Palestine, notamment dans nos syndicats</strong>, pour rappeler que c’est ensemble que les travailleurs et travailleuses du monde détiennent le pouvoir de tout changer. Le 28 novembre, les syndicats italiens appellent de nouveau à une journée de grève pour soutenir la résistance palestinienne et dénoncer le génocide. Nous devons faire en sorte que ces grèves internationales trouvent un écho en France et que puisse surgir ici aussi une réponse massive des travailleurs et travailleuses par la grève.&nbsp;</p>



<p>Du plan Trump au plan franco-saoudien, la Palestine subit une pression constante des États impérialistes, qui cherchent à tirer profit du génocide et de la colonisation. Face à cette situation, dénoncer et combattre nos impérialismes est primordial.</p>



<p class="has-text-align-right">Yassine (A2C Marseille)</p>



<p>  </p>



<p class="has-text-align-center"><em>Pour continuer à écouter sur l&rsquo;impérialisme c&rsquo;est juste ici, le topo de Jad de Paris qui explicite comment le capitalisme mène à la guerre :</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-block-embed-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Spotify Embed: Impérialisme : Comment le capitalisme mène à la guerre" style="border-radius: 12px" width="100%" height="152" frameborder="0" allowfullscreen allow="autoplay; clipboard-write; encrypted-media; fullscreen; picture-in-picture" loading="lazy" src="https://open.spotify.com/embed/episode/7psyKgGS9zVYROY1VpjAz2?utm_source=oembed"></iframe>
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<p>Notes</p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="35fc84e0-c956-4bf0-ab26-acdbb09945ec">Article de Jad Guerres qui reviennent pour plus d’information sur l’impérialisme.  <a href="#35fc84e0-c956-4bf0-ab26-acdbb09945ec-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="1caf135f-5e2b-4494-a85d-a9f71d4e449a">Claude serfati, un monde en guerres.  <a href="#1caf135f-5e2b-4494-a85d-a9f71d4e449a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="d3fdacdc-05a2-4486-92e9-df7f78278ded"><a href="https://www.chroniquepalestine.com/reconnaissance-etat-palestinien-manoeuvre-contre-peuple-palestinien/">https://www.chroniquepalestine.com/reconnaissance-etat-palestinien-manoeuvre-contre-peuple-palestinien/</a> <a href="#d3fdacdc-05a2-4486-92e9-df7f78278ded-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="b729b10f-2914-4d14-bf87-0d1b2f5bb7e0"><a href="https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/israel-palestine/actualites-et-evenements/2025/article/conference-internationale-pour-la-mise-en-oeuvre-de-la-solution-des-deux-etats">https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/israel-palestine/actualites-et-evenements/2025/article/conference-internationale-pour-la-mise-en-oeuvre-de-la-solution-des-deux-etats</a> <a href="#b729b10f-2914-4d14-bf87-0d1b2f5bb7e0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="b6d15919-967c-4775-91d5-6a30247da863"><a href="https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/israel-palestine/actualites-et-evenements/2025/article/israel-palestine-adoption-par-l-onu-de-la-declaration-de-new-york-sur-la">https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/israel-palestine/actualites-et-evenements/2025/article/israel-palestine-adoption-par-l-onu-de-la-declaration-de-new-york-sur-la</a>  <a href="#b6d15919-967c-4775-91d5-6a30247da863-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="0c1a7d87-50d0-481a-8e21-5c06c7681375"><a href="https://orientxxi.info/magazine/arabie-saoudite-pakistan-un-pacte-qui-detonne,8555">https://orientxxi.info/magazine/arabie-saoudite-pakistan-un-pacte-qui-detonne,8555</a> <a href="#0c1a7d87-50d0-481a-8e21-5c06c7681375-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li><li id="ec6108ee-ed37-4a6d-9fb2-1710c98bd22b"><a href="https://www.chroniquepalestine.com/reconnaissance-etat-palestinien-manoeuvre-contre-peuple-palestinien/">https://www.chroniquepalestine.com/reconnaissance-etat-palestinien-manoeuvre-contre-peuple-palestinien/</a> <a href="#ec6108ee-ed37-4a6d-9fb2-1710c98bd22b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7">↩︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<item>
		<title>La classe ouvrière du Nord profite-t-elle de l&#8217;exploitation du Sud ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/la-classe-ouvriere-du-nord-profite-t-elle-de-lexploitation-du-sud/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Léon Marseille]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Oct 2025 12:08:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[aristocratie ouvrière]]></category>
		<category><![CDATA[classe du nord]]></category>
		<category><![CDATA[classe du sud]]></category>
		<category><![CDATA[colonialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Exploitation]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=10090</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">L'idée que les travailleurs et travailleuses de ce qu'on appelle le "Nord global" profiteraient de l'exploitation des travailleurs et travailleuses du "Sud global" est largement admise au sein de notre classe. Elle est également très présente dans de nombreux espaces militants en France, où elle peut se traduire par une rhétorique culpabilisante.</div>
<p> <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/la-classe-ouvriere-du-nord-profite-t-elle-de-lexploitation-du-sud/" title="La classe ouvrière du Nord profite-t-elle de l&#8217;exploitation du Sud ?">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>L&rsquo;idée que les travailleurs et travailleuses de ce qu&rsquo;on appelle le « Nord global » profiteraient de l&rsquo;exploitation des travailleurs et travailleuses du « Sud global »<sup data-fn="5720c68f-ccd4-47be-ac78-40e26c699a85" class="fn"><a id="5720c68f-ccd4-47be-ac78-40e26c699a85-link" href="#5720c68f-ccd4-47be-ac78-40e26c699a85">1</a></sup> est largement admise au sein de notre classe. Elle est également très présente dans de nombreux espaces militants en France, où elle peut se traduire par une rhétorique culpabilisante.</p>



<p>Par « profit », on entend tirer un avantage, gagner quelque chose du fait de l&rsquo;exploitation et donc, in fine, avoir intérêt à cette exploitation. Les travailleur.se.s du Nord auraient donc un avantage matériel à l&rsquo;exploitation des travailleurs du Sud. Ce discours, qui se veut particulièrement conscient des réalités du monde et en solidarité avec les opprimés, épouse pourtant la même vision du monde que la bourgeoisie occidentale. Il implique que la classe ouvrière du Nord aurait un intérêt matériel à l&rsquo;exploitation des classes ouvrières du Sud et donc à soutenir ses bourgeoisies et leurs impérialismes.</p>



<p>L’objectif de cet article sera de démontrer que cette position relève de la fausse conscience et que, non, la classe ouvrière du Nord n&rsquo;a pas intérêt à l&rsquo;impérialisme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les inégalités Nord-Sud : un constat indéniable</h2>



<p>Il n&rsquo;y a évidemment pas de doute sur le fait que les travailleur.se.s du Sud sont, globalement, plus opprimé.e.s et plus pauvres que les travailleur.se.s du Nord<sup data-fn="db0dbefc-333f-49eb-afed-fd33e65141b6" class="fn"><a id="db0dbefc-333f-49eb-afed-fd33e65141b6-link" href="#db0dbefc-333f-49eb-afed-fd33e65141b6">2</a></sup>. Iels vivent dans des conditions moins favorables, ont moins d&rsquo;accès aux soins et aux loisirs, assument des charges de travail plus lourdes et sont exposé.e.s à davantage de violences au quotidien<sup data-fn="47ea995e-a3be-448e-8bb8-00665702449c" class="fn"><a id="47ea995e-a3be-448e-8bb8-00665702449c-link" href="#47ea995e-a3be-448e-8bb8-00665702449c">3</a></sup>. De manière générale, le pouvoir d&rsquo;achat et les conditions de vie sont plus favorables dans le Nord que dans le Sud. Les inégalités y sont moins importantes, même si elles existent et se creusent de plus en plus. Cependant, le fait que ces inégalités existent, ne doit pas forcément nous amener à la conclusion que la classe ouvrière du Nord profite directement de cette exploitation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;accumulation primitive du capital en Europe</h2>



<p>Dans « Genèse du capital industriel<sup data-fn="9fd13b16-45b4-4832-9627-e4c00fb8e2a7" class="fn"><a id="9fd13b16-45b4-4832-9627-e4c00fb8e2a7-link" href="#9fd13b16-45b4-4832-9627-e4c00fb8e2a7">4</a></sup> », Marx explique comment le système capitaliste s&rsquo;est structuré en Europe. L&rsquo;accumulation de richesses a résulté de l&rsquo;accumulation primitive du capital, par l&rsquo;expropriation des paysan.ne.s de leurs terres communales, ce qui les a obligé.e.s à vendre leur force de travail dans les villes au service de l&rsquo;industrie. Le processus d&rsquo;industrialisation de l&rsquo;Europe, par la transformation des paysan.ne.s en classe ouvrière, a été d&rsquo;une grande violence. Les personnes se sont retrouvé.e.s sans rien d&rsquo;autre que leur force de travail à vendre et ont été obligé.e.s d&rsquo;accepter les pires conditions pour pouvoir survivre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;expansion coloniale et la traite transatlantique</h2>



<p>Cette expansion de l&rsquo;accumulation primitive du capital ne s&rsquo;est pas limitée à l&rsquo;Europe. Elle s&rsquo;est répandue sur tous les continents par la colonisation et par la traite transatlantique des esclaves. L&rsquo;histoire brutale de la colonisation relève d&rsquo;une extrême violence. Des millions de personnes ont été dépossédées de leurs terres et de leurs modes de vie, et des populations entières ont été victimes de génocides. Le commerce triangulaire a vu des millions d&rsquo;êtres humains séquestrés et transportés comme des marchandises vers les colonies, pendant des siècles, pour travailler comme esclaves jusqu&rsquo;à la mort.</p>



<p>La richesse économique de l&rsquo;Europe et son développement industriel ont été rendus possibles, en grande partie, par l&rsquo;expansion coloniale et par l&rsquo;exploitation des ressources des pays colonisés. Ce fait est abondamment attesté par l&rsquo;histoire. La richesse des classes dirigeantes en Europe s&rsquo;est largement construite sur le colonialisme et sur la traite. Par exemple, en Angleterre, la traite atlantique a représenté entre 25 et 30% d’impulsion économique.<sup data-fn="d1703846-244c-4736-be11-3276cdc2f258" class="fn"><a id="d1703846-244c-4736-be11-3276cdc2f258-link" href="#d1703846-244c-4736-be11-3276cdc2f258">5</a></sup></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="dbbda1" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #dbbda1;" loading="lazy" decoding="async" width="563" height="800" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/WhatsApp-Image-2025-09-06-at-13.28.47-2.webp" alt="" class="wp-image-10095 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/WhatsApp-Image-2025-09-06-at-13.28.47-2.webp 563w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/WhatsApp-Image-2025-09-06-at-13.28.47-2-211x300.webp 211w" sizes="auto, (max-width: 563px) 100vw, 563px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;impérialisme contemporain</h2>



<p>L&rsquo;exploitation des pays du Sud par les bourgeoisies occidentales ne s&rsquo;est pas arrêtée avec l&rsquo;abolition de l&rsquo;esclavage ni avec l&rsquo;accession aux indépendances. Les puissances impérialistes ont prolongé leur domination et le pillage des richesses de pays économiquement moins développés, souvent avec la complicité de bourgeoisies locales. Les instruments de cette emprise sont multiples : interventions militaires, coups d&rsquo;État, hégémonie du dollar, endettement structurel, maintien du franc CFA<sup data-fn="e5b74208-9684-4e48-8b92-9c27a21c8138" class="fn"><a id="e5b74208-9684-4e48-8b92-9c27a21c8138-link" href="#e5b74208-9684-4e48-8b92-9c27a21c8138">6</a></sup> et le fait des relations d’échange inégales.<sup data-fn="7696d839-4953-4b8a-b65c-12ced7441ad4" class="fn"><a id="7696d839-4953-4b8a-b65c-12ced7441ad4-link" href="#7696d839-4953-4b8a-b65c-12ced7441ad4">7</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">La théorie de l' »aristocratie ouvrière » de Lénine<sup data-fn="337bcd41-a607-4d47-b9f2-cfc0ae5ce7c8" class="fn"><a id="337bcd41-a607-4d47-b9f2-cfc0ae5ce7c8-link" href="#337bcd41-a607-4d47-b9f2-cfc0ae5ce7c8">8</a></sup></h2>



<p>L&rsquo;analyse des origines des rapports d&rsquo;exploitation Nord‑Sud fait généralement consensus au sein du mouvement. Les désaccords portent plutôt sur la question de savoir si les travailleurs du Nord profitent de cette situation.</p>



<p>Les défenseurs de cette thèse s&rsquo;appuient généralement sur la théorie de l' »aristocratie ouvrière » défendue par Lénine. Lénine développe cette thèse à un moment où il essaye de comprendre pourquoi les travailleur.se.s ont soutenu leur classes dirigeantes pendant la 1ère guerre mondiale.</p>



<p>Selon lui, les « sur‑profits » tirés de l&rsquo;exploitation des colonies et pays dominés ont permis aux bourgeoisies des métropoles de « soudoyer » une couche supérieure du salariat. Cette couche, mieux payée et plus stable, a ainsi basculé vers le réformisme, l&rsquo;opportunisme et l&rsquo;alignement sur la politique impérialiste de leur bourgeoisie, affaiblissant l&rsquo;internationalisme et la radicalité du mouvement ouvrier.</p>



<p>Il est important de noter que pour Lénine, cette aristocratie ouvrière ne désignait qu&rsquo;une partie minoritaire du salariat. Cependant, le ralliement du salariat aux positions conservatrices de la bourgeoisie était bien plus large que cette hypothétique aristocratie ouvrière. Ce n&rsquo;est donc pas un intérêt matériel qui en a été l&rsquo;origine mais l&rsquo;idéologie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La relation travail-salaire : une exploitation universelle</h2>



<p>Dès qu&rsquo;une personne entre dans un échange de travail contre salaire avec un capitaliste ou un·e patron·ne, la richesse qu&rsquo;elle produit dépasse largement le salaire qu&rsquo;elle perçoit. Le capitalisme fonctionne comme une pompe à extraire la valeur produite par les personnes, et la relation salariale en est le mécanisme central. Les travailleur·se·s sont lié·e·s au capital par une chaîne. Au Nord comme au Sud, la relation de travail dans le système capitaliste est une relation d&rsquo;exploitation: la plus grande part de la richesse créée par le travail reste entre les mains du capitaliste.<sup data-fn="b5940e49-77cc-42cf-a69d-44d5ba37a426" class="fn"><a id="b5940e49-77cc-42cf-a69d-44d5ba37a426-link" href="#b5940e49-77cc-42cf-a69d-44d5ba37a426">9</a></sup></p>



<p>Certain·es peuvent dire : « J&rsquo;ai un bon salaire, je ne me sens pas exploité·e. » Or, même avec un revenu élevé, les capitalistes captent une partie de la richesse produite et du temps de vie de chacune et chacun d&rsquo;entre nous. Nous pourrions toustes travailler moins si nous n&rsquo;étions pas en train d&rsquo;enrichir le capital. Ce temps confisqué pourrait être consacré à d&rsquo;autres activités : passer plus de moments avec ses proches, se reposer, s&rsquo;engager dans son quartier et sa communauté, etc.</p>



<p>Ce système oppose deux classes : celle qui possède les moyens de production, et celle qui n&rsquo;a que sa force de travail à vendre. Les personnes appartenant à cette dernière sont contraint·e.s de travailler pour vivre dans un monde régi par le capital. En son sein, de multiples oppressions se croisent — sexisme, validisme, racisme, entre autres. Le capitalisme s&rsquo;appuie sur ces oppressions et entretient la division au sein de notre classe.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="eecd91" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #eecd91;" loading="lazy" decoding="async" width="652" height="800" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/WhatsApp-Image-2025-09-06-at-13.28.47-1.webp" alt="" class="wp-image-10096 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/WhatsApp-Image-2025-09-06-at-13.28.47-1.webp 652w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/WhatsApp-Image-2025-09-06-at-13.28.47-1-245x300.webp 245w" sizes="auto, (max-width: 652px) 100vw, 652px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le rôle de l&rsquo;idéologie et la construction de la conscience de classe</h2>



<p>Tout système de domination s&rsquo;appuie sur des idéologies. Marx rappelait que les idées dominantes d&rsquo;une société sont celles de la classe dominante. Pour les dépasser, il faut aller à contre-courant et se former afin de comprendre les rapports de domination. Le fait d&rsquo;être exploité·e n&rsquo;entraîne pas automatiquement la compréhension de sa position : l&rsquo;idéologie opère cette mystification.</p>



<p>Notre classe doit donc développer une conscience de classe pour saisir sa propre situation et voir sa place dans le système d&rsquo;exploitation. Celle-ci ne se réduit ni à connaître sa position dans le processus de production, ni au simple fait de vendre sa force de travail pour vivre, ni même à s&rsquo;organiser syndicalement et lutter pour de meilleurs salaires — bien que cela soit essentiel. La conscience de classe se construit dans les luttes collectives, dans l&rsquo;affrontement avec les contradictions qui traversent notre classe, et dans le développement partagé de la capacité à reconnaître et combattre les oppressions. C&rsquo;est dans la lutte que notre classe prend conscience d&rsquo;elle-même et de sa réalité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une approche de classe qui combat toutes les oppressions</h2>



<p>Pourquoi revenir à la notion de classe ? Le terme paraît aujourd&rsquo;hui un peu démodé, non sans raisons. Une partie de la gauche défend une approche « class first »: on réglerait d&rsquo;abord la question de classe et le reste suivrait après la révolution. Or ce « reste » — racisme, sexisme, validisme, etc. — n&rsquo;est pas secondaire. Nous ne partageons pas cette position. Nous affirmons que toutes les oppressions qui traversent notre classe doivent être combattues dès maintenant, au cœur de la construction de notre mouvement, en parallèle de la voie révolutionnaire. Ce ne sont pas les luttes antiracistes ou féministes qui divisent la classe ; ce sont le racisme, le sexisme et le validisme qui la fracturent et nous empêchent de bâtir un front commun contre un système qui nous exploite toutes et tous.</p>



<p>Il ne s&rsquo;agit ni de nier ces rapports de domination ni d&rsquo;occulter les contradictions internes, mais de construire une lutte capable de faire apparaître ce qui nous unit : la domination de la classe bourgeoise sur celles et ceux qui n&rsquo;ont pour vivre que leur force de travail à vendre. Qu&rsquo;on ait un « bon » salaire — au Nord comme au Sud — ou que nos luttes aient permis d&rsquo;arracher des droits, nous n&rsquo;avons aucun intérêt à nous allier à nos bourgeoisies nationales : nos intérêts sont antagonistes. Plus nous laissons de pouvoir à la classe dirigeante, plus elle a les moyens de nous opprimer. Notre classe ne doit entretenir aucune illusion à ce sujet. Ce sont les classes bourgeoises du Nord comme du Sud qui profitent de l’exploitation des travailleur.se.s.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La trajectoire du capital et la construction de la lutte internationaliste</h2>



<p>De même qu&rsquo;on ne peut analyser les classes sociales séparément, puisqu&rsquo;elles sont en interaction permanente, on ne peut penser le Nord sans le Sud.</p>



<p>Partout dans le monde, la bourgeoisie investit massivement dans la division de notre classe. Le racisme en est l&rsquo;une des armes principales, mais aussi les concurrences de souffrances, l&rsquo;assimilation de droits conquis à des « privilèges », ou encore l&rsquo;idée méritocratique selon laquelle « si l&rsquo;on s&rsquo;en sort, c&rsquo;est qu&rsquo;on le mérite » — ou, à l&rsquo;inverse, que d&rsquo;autres « profitent ». Nous sommes pris·e.s dans un rapport de lutte constant, même lorsque nous n&rsquo;en avons pas pleinement conscience. Toute alliance avec la bourgeoisie nous prive de notre puissance collective d&rsquo;organisation et de combat : lui donner davantage de pouvoir, c&rsquo;est lui offrir plus de moyens de l&rsquo;utiliser contre nous. La bourgeoisie est l&rsquo;adversaire de classe au sein du système capitaliste dans lequel nous sommes inséré·e·s. Notre alliance doit aller à celles et ceux qui, comme nous, sont contraint·e·s chaque jour de vendre leur force de travail.</p>



<p>La trajectoire actuelle du capitalisme nous mène droit dans le mur. Un système fondé sur l&rsquo;accumulation et l&rsquo;expansion infinie est incompatible avec les limites matérielles de la planète. Cette dynamique alimente la destruction de nos droits, la guerre et le fascisme.</p>



<p>Notre classe représente la majorité des habitant·e·s de cette planète: elle n&rsquo;a aucun intérêt aux guerres ni à la destruction de nos conditions d&rsquo;existence. Elle seule peut affronter les contradictions produites par ce système en s&rsquo;organisant et en arrachant le pouvoir confisqué par la bourgeoisie. Partout, les droits ont été conquis par la lutte. Les victoires des travailleur·se·s du Nord ont inspiré celles du Sud, et réciproquement, parce que nous nous reconnaissons comme une même classe. Cette reconnaissance révèle notre intérêt commun à renverser un système de domination et de destruction, pour reconstruire un monde où notre travail sert la vie et la préservation de nos biens communs. Il s&rsquo;agit de nous organiser autrement. La tâche est immense, mais notre classe est la seule en mesure de l&rsquo;accomplir.</p>



<p>Dani. et Hugo, Toulouse</p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="5720c68f-ccd4-47be-ac78-40e26c699a85"><a href="https://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-thematiques/inegalites/articles/sud-global">Le Sud global, un nouvel acteur de la géopolitique mondiale ? — Géoconfluences</a>  <a href="#5720c68f-ccd4-47be-ac78-40e26c699a85-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="db0dbefc-333f-49eb-afed-fd33e65141b6"><a href="https://thetricontinental.org/dossier-57-geopolitics-of-inequality/">The Geopolitics of Inequality: Discussing Pathways Towards a More Just World</a> <a href="#db0dbefc-333f-49eb-afed-fd33e65141b6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="47ea995e-a3be-448e-8bb8-00665702449c"><a href="https://www.opendemocracy.net/pt/america-latina-cidades-mais-violentas-mundo/">76% das cidades mais violentas do mundo estão na América Latina</a> <a href="#47ea995e-a3be-448e-8bb8-00665702449c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="9fd13b16-45b4-4832-9627-e4c00fb8e2a7"><a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-31.htm">K. Marx &#8211; Le Capital Livre I : XXXI</a> <a href="#9fd13b16-45b4-4832-9627-e4c00fb8e2a7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="d1703846-244c-4736-be11-3276cdc2f258"><a href="https://www.lemonde.fr/en/opinion/article/2023/02/11/the-combined-effect-of-the-slave-trade-and-the-exploitation-of-enslaved-people-contributed-to-the-industrial-rise-of-the-uk_6015267_23.html?random=939996667">The combined effect of the slave trade and the exploitation of enslaved people contributed to the industrial rise of the UK &#8211; Le Monde</a> <a href="#d1703846-244c-4736-be11-3276cdc2f258-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="e5b74208-9684-4e48-8b92-9c27a21c8138">Pigeaud, Fanny, and Ndongo S. Sylla. 2018.<em> L’arme invisible de la Françafrique : une histoire du franc CFA.</em> N.p : La Découverte. <a href="#e5b74208-9684-4e48-8b92-9c27a21c8138-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li><li id="7696d839-4953-4b8a-b65c-12ced7441ad4"><a href="https://globalinequality.org/unequal-exchange/#start">Unequal Exchange &#8211; Global Inequality</a> <a href="#7696d839-4953-4b8a-b65c-12ced7441ad4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7">↩︎</a></li><li id="337bcd41-a607-4d47-b9f2-cfc0ae5ce7c8"><a href="https://www.marxists.org/archive/lenin/works/1916/oct/x01.htm">Lenin: Imperialism and the Split in Socialism</a> <a href="#337bcd41-a607-4d47-b9f2-cfc0ae5ce7c8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8">↩︎</a></li><li id="b5940e49-77cc-42cf-a69d-44d5ba37a426"><a href="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1844/manuscripts/wages.htm">Marx 1844: Wages of Labour</a> <a href="#b5940e49-77cc-42cf-a69d-44d5ba37a426-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9">↩︎</a></li></ol>


<p></p>



<p></p>
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		<title>USA &#8211; La journée sans immigré l&#8217;emportait</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/usa-la-journee-sans-immigre-lemportait/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Anouk]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Oct 2025 15:11:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[usa]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">LES CAHIERS D&#8217;A2C #18 &#8211; SEPTEMBRE 2025 Nous publions ici la traduction d’un extrait de l’article de Victor Fernandez, militant de Marx21 aux Etats-Unis. Nous avons fait la connaissance de ce militant révolutionnaire lors de <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/usa-la-journee-sans-immigre-lemportait/" title="USA &#8211; La journée sans immigré l&#8217;emportait">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px"><strong>LES CAHIERS D&rsquo;A2C #18 &#8211; SEPTEMBRE 2025</strong></h6>



<p><em>Nous publions ici la traduction d’un extrait de l’article</em><sup data-fn="5886ff96-8e57-431b-bc86-8d346be299d8" class="fn"><a href="#5886ff96-8e57-431b-bc86-8d346be299d8" id="5886ff96-8e57-431b-bc86-8d346be299d8-link">1</a></sup><em> de Victor Fernandez, militant de Marx21 aux Etats-Unis. Nous avons fait la connaissance de ce militant révolutionnaire lors de notre Festival Boussoles en juin dernier. Depuis notre site, en flashant ci-dessous le QR code, allez revoir son intervention au sujet des révoltes de Los Angeles contre les rafles des sans-papiers. V. Fernandez revient ici sur la plus grande grève de l’Histoire des USA : la grève politique pour défendre les droit des sans-papiers le 1er mai 2006.</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Pourquoi ai-je rejoint une organisation socialiste ?</h3>



<p>Après quelques manifestations, un contact m&rsquo;a invité à une réunion qui s&rsquo;organisait contre HR4437.&nbsp; HR4437 était un projet de loi adopté par la Chambre des représentants [des Etats-Unis] qui faisait de tout migrant sans-papier ou de toute personne aidant un migrant sans-papier un criminel.&nbsp; Cette mesure criminalisait toute une partie de la population. Le plus stupéfiant, c&rsquo;est que ce projet de loi était quasiment acquis et que personne, en dehors d&rsquo;un petit groupe d&rsquo;activistes, n&rsquo;était au courant.&nbsp; Même lors de la réunion d&rsquo;explication du projet de loi, celui-ci semblait si irréel et si lointain. C&rsquo;est à ce moment que j&rsquo;ai rencontré les membres de l&rsquo;ISO [International Socialist Organization, aujourd’hui dissoute, ndlt]<br><br>Lors de la première réunion de l&rsquo;ISO, j&rsquo;ai été immédiatement plongée dans l&rsquo;organisation des luttes de migrant.e.s.&nbsp; Je participais à l’organisation des manifestations de protestation et je représentais l&rsquo;organisation au sein de la coalition des droits des immigrés nouvellement formée contre HR 4437.&nbsp; Je n&rsquo;étais pas seul.&nbsp; Des organisateur.rice.s chevronné.e.s étaient là pour m&rsquo;aider.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="736a6b" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #736a6b;" loading="lazy" decoding="async" width="800" height="600" data-id="10086" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/1er-sans-immigre-03.webp" alt="" class="wp-image-10086 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/1er-sans-immigre-03.webp 800w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/1er-sans-immigre-03-300x225.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/1er-sans-immigre-03-768x576.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/1er-sans-immigre-03-678x509.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/1er-sans-immigre-03-326x245.webp 326w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/1er-sans-immigre-03-80x60.webp 80w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>
</figure>



<h3 class="wp-block-heading">Militer contre le racisme</h3>



<p>Nous sommes maintenant en 2006 et les groupes pro-immigration commencent à se regrouper autour de réunions hebdomadaires à Los Angeles. L&rsquo;adoption de la loi HR4437 par la Chambre des représentants a donné lieu à un rassemblement de tous les groupes luttant pour les droits des immigrés. Cela semblait être un effort vain. La gauche s’est regroupée avec des groupes progressistes et des organisations à but non lucratif. L&rsquo;objectif principal était d&rsquo;organiser une manifestation massive contre la loi HR 4437.&nbsp; Il semblait ridicule de s&rsquo;attendre à une grande participation.&nbsp;<br>Nous aurions été positivement surpris avec 10 000 personnes. Cela ressemblait à une dernière tentative exaspérée, presque délirante, de riposte. Cependant, nous ne nous sommes pas laissés abattre sans combattre.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La marche du 25 mars 2006</h3>



<p>Les activistes de Chicago ont organisé leur manifestation quelques semaines avant la nôtre.&nbsp; Comme nous, ils voulaient manifester leur dégoût pour la loi HR4437.&nbsp; L&rsquo;organisation a payé. Les DJ locaux hispanophones, qui ont une grande influence sur la communauté immigrée, ont répondu à l&rsquo;appel.&nbsp; En fait, les différentes stations de radio se sont affrontées pour savoir laquelle d&rsquo;entre elles pouvait rassembler le plus grand nombre de personnes. Cela a débouché sur une marche de 300 000 personnes à Chicago, deux semaines avant la nôtre. Cela a radicalement changé la donne.<br></p>



<p>On dirait qu&rsquo;un poids a été enlevé et que tout est possible.&nbsp; Des années de frustration et de peur sont effacées et un espoir véritable se fait sentir. C&rsquo;est réel. C&rsquo;est ce qu’on a ressenti après la manif de Chicago. D’un coup, les gens qui nous regardaient comme des fous se sont montrés encore plus enthousiastes que nous.&nbsp; Les DJ des radios de Los Angeles ont répondu à l&rsquo;appel et se sont mis à rivaliser pour voir qui pouvait rassembler le plus de monde. Lors de l&rsquo;une des interviews des organisateurs du 25 mars, ils ont demandé de l&rsquo;aide pour la sonorisation et ont donné le numéro de mon ami. Le lendemain, il avait reçu 300 appels de personnes prêtes à l&rsquo;aider.&nbsp; Nous avons également trouvé un DJ qui avait de l&rsquo;expérience dans la sonorisation de manifestations de masse au Salvador.&nbsp; Ensemble, nous avons divisé la liste et passé les appels.&nbsp;&nbsp;</p>



<p><br>Nous avions pour principe de systématiquement doubler le nombre de participant.e.s annoncé.e.s par la LAPD (Los Angeles Police Department).&nbsp; Le 25 mars 2006, ils ont estimé 500 000 participant.e.s. Dans nos groupes, nous pensions qu&rsquo;il y avait entre un million et 1,5 million de personnes. La marche était prévue pour 10 heures à l&rsquo;angle d&rsquo;Olympic et de Broadway, à environ un kilomètre de l&rsquo;hôtel de ville de Los Angeles.&nbsp; Il y avait tellement de monde que la marche a commencé tôt. Comme l’avaient demandé les DJs des radios, tout le monde était vêtu de blanc. Étant à l&rsquo;avant de la marche pour les tâches d’organisation, nous n&rsquo;avons vu qu&rsquo;une mer de blanc se diriger vers nous.&nbsp;</p>



<p>La marche s&rsquo;est transformée en un rassemblement à l&rsquo;échelle du centre-ville, avec des gens qui rejoignaient et quittaient toute la journée. Le centre-ville était de fait fermé. Il s&rsquo;agissait de la plus grande marche jamais organisée aux États-Unis. Lors de cette marche, les militants de Los Angeles ont appelé à une journée sans immigrés pour le 1er mai.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un 1er mai 2006 sans immigré&nbsp;<br></h3>



<p>Ce jour-là, nous boycotterions toutes les entreprises et n&rsquo;irions pas travailler.&nbsp; Nous démontrerions le pouvoir des migrant.e.s par le biais de ce qui deviendra en fait une grève nationale et qui aura lieu le 1er mai, Journée internationale des travailleur.euse.s.<br><br>L&rsquo;appel à la grève était un sujet dont de nombreux militant.es discutaient au niveau national.&nbsp; C&rsquo;était une excellente idée, mais il était difficile de la concrétiser au sein de la population des migrant.e.s sans papier.&nbsp; Nombre d&rsquo;entre nous craignaient d&rsquo;être expulsé.e.s.&nbsp; Cependant, les images de millions de personnes dans les rues de toutes les villes américaines ont renforcé notre confiance. Alors que la plupart des manifestations étaient organisées par des personnes en situation régulière, en général des descendants ou parents de migrant.e.s sans papier, la journée sans migrant.e.s du 1er mai 2006 a placé les sans papier au centre de son organisation.</p>



<p>Avec une confiance renouvellée dans le fait qu&rsquo;un mouvement et une population étaient derrière eux, les sans-papiers aux Etats-Unis ont commencé à s&rsquo;auto-organiser pour le 1er mai.&nbsp; Les organisateur.rice.s se sont concentrés sur les rassemblements de ce jour-là, mais le cœur de l&rsquo;organisation se trouvait parmi les personnes sur leurs lieux de travail, dans leurs écoles et dans leurs communautés.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>L&rsquo;appel avait été lancé et les gens l&rsquo;ont repris de manière organique. Du 25 mars au 1er mai, les réunions et les manifestations se sont succédé pour préparer la Journée sans migrant.e.s.&nbsp;</p>



<p>Au petit matin du 1er mai, mon amie activiste a reçu un appel d&rsquo;un organisateur du quartier de la mode, connu sous le nom de “the alleys”. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un ensemble d&rsquo;allées du centre-ville de Los Angeles où l&rsquo;on vend des vêtements et des articles à prix réduits et qui est très populaire auprès de la communauté immigrée pour faire ses courses et travailler.&nbsp; Les travailleurs de ces magasins ont fermé boutique.&nbsp; Ils s&#8217;emparaient de tous les produits exposés à l&rsquo;extérieur des magasins, les transportaient à l&rsquo;intérieur et fermaient leur propre lieu de travail. Les propriétaires ne pouvaient rien faire.&nbsp;</p>



<p>Il s&rsquo;agit d&rsquo;une lutte des Mexicain.e.s contre le racisme et l&rsquo;oppression aux États-Unis ET d&rsquo;une lutte de toutes les personnes qui émigrent ici et travaillent pour une vie meilleure, et elle doit être soutenue par tous ceux qui travaillent pour une vie meilleure, qu&rsquo;ils soient nés ici ou non.</p>



<p>Par conséquent, une grève nationale des migrant.e.s et de leurs sympathisant.e.s entraînerait la fermeture de tout le pays. C&rsquo;est exactement ce qui s&rsquo;est passé le 1er mai 2006. Le port de Los Angeles a été effectivement fermé lorsque 90 % des camionneurs ont refusé de se présenter. Ça a coûté à l&rsquo;économie un milliard de dollars. Cargill, Tyson et Seaboard, tous producteurs de denrées alimentaires, ont dû interrompre une grande partie de leurs activités ce jour-là. Les chantiers de construction étaient vides. Les champs travaillés par les migrant.e.s, principalement dans des Etats comme la Californie et la Floride, ont été fermés. En outre, d&rsquo;innombrables entreprises qui dépendaient de la main-d&rsquo;œuvre et de la clientèle immigrée ont fermé leurs portes en signe de solidarité ou ont été contraintes de le faire en raison du manque de travailleur.euse.s et de client.e.s.</p>



<p>Il s&rsquo;agissait, et il s&rsquo;agit toujours, de la plus grande grève de l&rsquo;histoire des États-Unis et elle a été incroyablement efficace. Quelques semaines après le 1er mai, grâce à la poursuite des manifestations et des actions et à un retournement général de l&rsquo;opinion publique en faveur des migrant.e.s, le projet de loi HR4437 est mort au Sénat.&nbsp;</p>



<p>Victor Fernandez (Marx 21, Los Angeles)</p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="5886ff96-8e57-431b-bc86-8d346be299d8">La version complète de l’article est disponible en langue anglaise sur le site de Marx 21 “The day Immigrants won : part one”, 04 avril 2025,<br><a href="https://marx21us.org/2025/04/04/report-part-one/">https://marx21us.org/2025/04/04/report-part-one/</a><br> <a href="#5886ff96-8e57-431b-bc86-8d346be299d8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>Manifestations de la génération Z au Maroc… le despotisme récolte ce qu’il a semé</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/manifestations-de-la-generation-z-au-maroc/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Oct 2025 08:23:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">(traduit de l’Arabe, première publication lundi 29 septembre 20251) Samedi 27 septembre, vers cinq heures de l’après-midi, le jardin de l’Université de Casablanca accueillait de nouveaux visiteurs. Ce n’étaient pas les enfants qui ont pour <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/manifestations-de-la-generation-z-au-maroc/" title="Manifestations de la génération Z au Maroc… le despotisme récolte ce qu’il a semé">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>(traduit de l’Arabe, première publication lundi 29 septembre 2025</em><sup data-fn="297f7251-a76e-430a-ae62-372298aba50e" class="fn"><a id="297f7251-a76e-430a-ae62-372298aba50e-link" href="#297f7251-a76e-430a-ae62-372298aba50e">1</a></sup><em>)</em></p>



<p>Samedi 27 septembre, vers cinq heures de l’après-midi, le jardin de l’Université de Casablanca accueillait de nouveaux visiteurs. Ce n’étaient pas les enfants qui ont pour habitude de venir avec leurs familles échapper à la pollution et au chaos de la ville. Ce jour-là, le jardin s’est trouvé quadrillé par les membres de la police anti-émeute accompagnés de centaines de mouchards des différents services de renseignement, de canons à eaux et d’autres installations destinées à la répression.</p>



<p>Toutes ces forces furent mobilisées pour accueillir des manifestant.e.s qui s’étaient organisé.e.s sur des réseaux sociaux comme Discord, en-dehors des cadres traditionnels de mobilisation que nous connaissons au Maroc. Leur revendications ? Santé et éducation, deux secteurs sacrifiés par les politiques publiques qui les ont dégradé pour mieux les offrir aux promoteurs du secteur privé. La colère mène la jeunesse à prendre la rue : l’État construit des stades grandioses pour la Coupe du Monde (NdT : de football en 2030) alors que les écoles et les hôpitaux sont délabrés. Pour la génération Z, ce fut la goutte qui a fait déborder le vase : “la santé d’abord, on ne veut pas de la coupe du monde”.</p>



<p>Les organisateur.ice.s des manifestations insistent sur le caractère non-politique de leur mouvement, et semblaient certain.e.s, avant les manifestations, que l’État traiterait le mouvement avec un paternalisme presque bienveillant, tant leurs revendications sociales étaient légitimes. “Ils disent que la constitution garantit la liberté de manifester”, affirmait l’un d’eux sur Discord. L’État a travaillé d’arrache-pied pour couper la génération Z des expériences de luttes politiques et sociales menées par les générations précédentes. C’est peut-être de là qu’est venue la surprise : les manifestations de samedi et dimanche (NdT : les 27 et 28 septembre), qui ont été violemment réprimées et au cours desquelles des centaines de jeunes furent arrêté.e.s et inculpé.e.s de tous les crimes imaginables, ces manifestations n’étaient absolument pas attendues par les différents services marocains de sécurité et de répression. Les mouvements du 20 février (2011) et du Rif (2016-2017) ont été contenus et réprimés avec une telle sévérité que l’Etat en a tiré la conviction profonde que ces expériences ne se répéteraient pas. Mais c’était sans compter sur la dégradation des conditions de vie de la majorité, en particulier celles de la génération Z qui subit un taux de chômage de 48% selon les derniers chiffres de la Banque du Maroc.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Vers un printemps marocain sans les erreurs du printemps arabe ?</strong></h2>



<p>Le printemps arabe s’était déclenché en Tunisie avec l’auto-immolation du martyr Mohammed Bouazizi en protestation contre la hagra policière. L’étincelle qui a mis le feu aux poudres au Maroc fut la mort de huit femmes enceintes à la maternité de l’hôpital public d’Agadir. Cet incident tragique a immédiatement suscité des manifestations spontanées dans la ville, mais c’est l’arrogance de l’État et de ses représentants qui a tout fait basculer. <strong>Cet État s’est habitué à infliger humiliation après humiliation à ses citoyen.ne.s, avant tout l’humiliation de la “normalisation” des relations avec l’État d’Israël contre la volonté de l’immense majorité de la population</strong>, mais aussi la priorité manifeste donnée à la construction des stades pour la Coupe du Monde alors que la majorité des victimes du séisme de 2023, qui a touché les zones les plus pauvres qui ne verront rien de la Coupe du Monde, n’ont pas été relogées. Pour couronner le tout, il y cette phrase du ministre de la santé venu visiter l’hôpital d’Agadir après la mort des femmes : “Que ceux qui ont un problème viennent me voir dans la capitale”. Rabat, la capitale du Maroc, se trouve à 600 kilomètres d’Agadir.</p>



<p>La répression subie par la jeunesse lors des manifestations du week-end n’a pas eu l’effet escompté par les autorités, bien au contraire. Une des premières décisions prises lors des AG virtuelles (qui comptaient jusqu’à 1500 participant.e.s) a été, contrairement au mouvement du 20 février qui manifestait une fois par semaine en 2011, de prendre la rue tous les jours. Ce qui s’exprime dans ce mouvement va au-delà d’une liste de revendications, il dénonce au grand jour un État incapable d’adresser les demandes les plus minimalistes, les plus raisonnables, ce qui veut dire que ses promesses ne sont que des mensonges. <strong>Ces jeunes qui se disent non-politiques incarnent en réalité la pratique politique la plus élevée du pays.</strong></p>



<p>Le Maroc accueille la Coupe d’Afrique des Nations dans deux mois. <strong>Les autorités sont engagées dans une course contre la montre pour éteindre une colère qu’ils ont eux-mêmes allumée et attisée. Les arrestations de masses ont elles aussi aggravé la crise, et l’État ne semble pas avoir d’autre solution que la répression face à une jeunesse qui sent qu’elle n’a plus rien à perdre.</strong> Les expressions sur les visages des jeunes hommes et des jeunes femmes emmené.e.s au commissariat en disaient long sur leur état d’esprit : pas de peur mais beaucoup de courage et de fierté, une manière de dire à leurs tortionnaires : “vous ne nous impressionnez plus, et je sais que si vous m’arrêtez, des centaines d’autres viendront après moi”.</p>



<p>Les médias mainstreams ont reçu pour directive de ne pas transmettre d’informations, et les journaux de préfecture ont accusé les jeunes de trahison envers la patrie. Mais ces mêmes jeunes ont suscité l’admiration des milieux culturels et artistiques, notamment des rappeurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les fautes fatales de l’État</strong></h2>



<p>Face à un mouvement qui se voulait de prime abord non radical et qui annonçait clairement ne pas viser la chute du régime, l’État a fait le choix de la répression plutôt que du paternalisme habituel. La jeune génération en a tiré des enseignements, qui sont certes toujours en cours de fermentation, mais qui les mènent déjà à penser que les problèmes ne sont pas sectoriels et que les solutions ne seront ni superficielles ni techniques. Les problèmes sont structurels et profondément liés à la démocratie, la seule solution est la participation de toutes les catégories du peuple aux décisions politiques pour que ces dernières répondent aux besoins essentiels du peuple.</p>



<p>Les accusations de déstabilisation du pays et les injonctions à se contenter de voter aux élections fonctionnaient peut-être par le passé mais ne convainquent pas la génération actuelle. Il ne reste plus aux autorités marocaines la moindre forme de médiation avec la société pour régler une crise aussi profonde, mise à part l’application pure et simple des revendications populaire.</p>



<p>Les jours à venir nous en diront beaucoup sur les suites de la lutte, mais il est important de comprendre que le pays vit actuellement une véritable crise qui déséquilibre le pouvoir, c’est-à-dire la monarchie. La génération Z utilise le sarcasme sans modération pour mobiliser. Lorsqu’un jeune demanda “où est le Roi, pourquoi ne répond-il pas aux manifestations de samedi et dimanche ?”, son camarade lui rétorqua : “le Roi ne travaille pas le week-end”.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><em>Yehya Cheikh el Arab</em></h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="297f7251-a76e-430a-ae62-372298aba50e"><em>https://revsoc.me/arab-and-international/50470/</em> <a href="#297f7251-a76e-430a-ae62-372298aba50e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/manifestations-de-la-generation-z-au-maroc/">Manifestations de la génération Z au Maroc… le despotisme récolte ce qu’il a semé</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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