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	<title>Archives des Théorie - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<description>Pour l&#039;autonomie de classe !</description>
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	<title>Archives des Théorie - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Pas de front commun antifasciste sans luttes contre l&#8217;islamophobie</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-front-commun-antifasciste-sans-luttes-contre-lislamophobie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Feb 2026 08:27:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Revue d'A2C]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
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		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d&#8217;A2C #20 &#8211; janvier 2026 « Quand vous entendez dire du mal des Juifs, dressez l’oreille : on parle de vous. » Citant une punch-line de son professeur de philosophie antillais dans « <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-front-commun-antifasciste-sans-luttes-contre-lislamophobie/" title="Pas de front commun antifasciste sans luttes contre l&#8217;islamophobie">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d&rsquo;A2C #20 &#8211; janvier 2026</strong></p>



<p><em>« Quand vous entendez dire du mal des Juifs, dressez l’oreille : on parle de vous. »</em></p>



<p>Citant une punch-line de son professeur de philosophie antillais dans <em>« Peau noire, masques blancs » </em>(1952), Frantz Fanon nous met en garde sur l&rsquo;unicité du racisme dont l&rsquo;antisémitisme était à cette époque la pointe avancée. Dit d&rsquo;une autre façon, il ajoute : <em>« Depuis lors, j’ai compris qu’il voulait tout simplement dire : un antisémite est forcément négrophobe »</em>.</p>



<p>Quelque 70 ans plus tard, cette phrase garde tout son sens en parlant des musulman·es. Si l&rsquo;antisémitisme n&rsquo;a pas disparu, c&rsquo;est l&rsquo;islamophobie qui est aujourd&rsquo;hui le racisme assumé par le camp réactionnaire dans la bataille politique : rapport sur « l&rsquo;entrisme des Frères Musulmans <em>»</em> présenté en conseil de défense, expulsions d&rsquo;imams, multiples lois visant les musulman·es…</p>



<p>Ainsi, une partie de notre classe fait face à un arsenal de théories racistes, de plus en plus épaulées par les appareils d’État et la bourgeoisie. Cette sinistre idéologie de l&rsquo;ennemi de l&rsquo;intérieur, secondée par le matraquage de la laïcité à tout va, est la colonne vertébrale de l&rsquo;islamophobie.</p>



<p>Mais cette idéologie a une fonction. De la même façon que le racisme anti-noir a servi de légitimation de la mise en esclavage des africain·es et de la domination coloniale, l&rsquo;islamophobie sert un agenda politique raciste pour renforcer le camp réactionnaire et alimenter la funèbre logique de l&rsquo;impérialisme occidental.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Derrière l&rsquo;islamophobie, se cache l&rsquo;impérialisme</strong></h1>



<p>Quel lien entre un racisme qui explose, la course effrénée au développement de nouvelles technologies comme l&rsquo;IA, l&rsquo;austérité imposée aux peuples du monde entier et l&rsquo;explosion des budgets d&rsquo;armement et de ses guerres coloniales associées ? Le capitalisme. Et pour comprendre pourquoi le capitalisme alimente racisme et guerres impériales, il faut comprendre la logique même d&rsquo;un système économique basé sur l&rsquo;accumulation de capital.</p>



<p>Pour accumuler du capital, une entreprise a besoin d&rsquo;être compétitive. Sauf que sur le marché, la concurrence est rude. Par exemple, au cours des années 2010 et la généralisation d&rsquo;achats sur internet, les entreprises de vente en ligne voyaient leur marge nettement augmenter. Après le COVID, entre la concurrence accrue et les monopoles des géants comme Amazon, les prix ont drastiquement baissé (donc les profits avec). C&rsquo;est la trajectoire même du capital, appelée aussi « la baisse tendancielle du taux de profit <em>»</em>. Les profits baissent, mais il faut continuer d&rsquo;en faire coûte que coûte pour la survie de l&rsquo;entreprise. Pour cela, plusieurs solutions : baisser les salaires et supprimer des emplois (austérité) ; développer des nouvelles technologies (augmenter la productivité) ; étendre son marché vers d&rsquo;autres pays ou d&rsquo;autres secteurs et créer un monopole (guerres impérialistes).</p>



<p>C&rsquo;est vrai dans tous les domaines. Alors quand on parle ressources et matériaux (pétrole, uranium, terres rares&#8230;), on voit vite comment les enjeux territoriaux peuvent être énormes. Ainsi, la guerre économique entre les entreprises peut rapidement se muer en guerre tout court pour l&rsquo;accès aux ressources.</p>



<p>Cela explique en partie la situation au Yémen : depuis 2015, la coalition de pays arabes dirigée par l&rsquo;Arabie saoudite (et soutenue par les pays occidentaux) maintient le pays sous blocus naval et aérien, causant plus de 377 000 morts (par famine et bombardements indiscriminés). Objectifs : affaiblir le mouvement Ansarullah (Houthis, alliés de l&rsquo;Iran) pour sécuriser les routes commerciales comme le détroit de Bab el-Mandeb (12 % du pétrole mondial) et protéger les intérêts des multinationales pétrolières occidentales comme BP et Chevron.</p>



<p>Mais les guerres impérialistes ont un coût, et pour faire accepter ce coût à son peuple, un État doit trouver des justifications. C&rsquo;est là qu&rsquo;intervient la construction d&rsquo;un ennemi commun contre lequel l’État, tel un pompier-pyromane, nous garantira protection en échange de concessions politiques (restrictions des libertés) et économiques (l&rsquo;austérité).</p>



<p>Depuis la révolution iranienne de 1979, dans laquelle les États-Unis (alliés du pouvoir déchu) craignaient pour leurs intérêts, cet ennemi commun, ce sont les musulman·es ou supposé·es comme tels, et les pays dits musulmans. Ensuite, l&rsquo;attaque du 11 septembre a largement été exploitée pour accélérer cette doctrine.</p>



<p>Ennemi de l&rsquo;extérieur pour justifier le colonialisme et les guerres impérialistes. Ennemi de l&rsquo;intérieur pour empêcher l&rsquo;unification de notre classe et favoriser l&rsquo;exploitation.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Défendre l&rsquo;unité, c&rsquo;est défendre les musulman·es</strong></h1>



<p>Si l&rsquo;islamophobie est aujourd&rsquo;hui la pointe avancée de l&rsquo;impérialisme occidental, elle s&rsquo;attaque en 1ᵉʳ lieu aux musulman·es, ou supposé·es, en instrumentalisant la lutte contre le terrorisme : invasion de l’Afghanistan par les USA en 2001, attaques « préventives <em>»</em> contre l&rsquo;Iran par Israël l&rsquo;année dernière, ostracisation des musulman·es de France… La liste est longue, et chacun de ses tirets devrait nous révolter en soi.</p>



<p>En plus de ces innombrables violences, l&rsquo;exclusion sociale des musulman·es nous divise et sert l&rsquo;exploitation de l&rsquo;ensemble de la classe ouvrière. Car face à une classe faible et divisée, dans laquelle on a laissé le racisme s&rsquo;immiscer, le patronat peut aisément imposer des conditions de travail qui nous sont de plus en plus défavorables. C&rsquo;est ce qu’explique le sociologue marxiste Al Szymanski. Il nous dit à propos des États-Unis des années 70 : « Plus la discrimination raciale est intense, plus bas sont les salaires des Blancs du fait de la variable intermédiaire de la solidarité de la classe ouvrière – en d’autres termes, le racisme désavantage économiquement les travailleurs blancs parce qu’il affaiblit l’organisation syndicale en détruisant la solidarité entre travailleurs noirs et blancs »<sup data-fn="dc353502-fda5-4901-8916-b0c1695d912f" class="fn"><a href="#dc353502-fda5-4901-8916-b0c1695d912f" id="dc353502-fda5-4901-8916-b0c1695d912f-link">1</a></sup>.</p>



<p>Quand les musulman·es se font attaquer, c&rsquo;est tout le camp social qui perd de la force.</p>



<p>De la même façon, l&rsquo;accélération des dissolutions d&rsquo;associations de ces dernières années a d&rsquo;abord visé des organisations cultuelles musulmanes (comme celle de la mosquée de Lagny-sur-Marne), puis celles de lutte contre l&rsquo;islamophobie (le CCIF<sup data-fn="31a4f058-7faf-475e-bdf5-210294a3308a" class="fn"><a href="#31a4f058-7faf-475e-bdf5-210294a3308a" id="31a4f058-7faf-475e-bdf5-210294a3308a-link">2</a></sup>, aujourd&rsquo;hui réformé en CCIE<sup data-fn="63cb8154-e57f-49e2-868e-b61385d3af79" class="fn"><a href="#63cb8154-e57f-49e2-868e-b61385d3af79" id="63cb8154-e57f-49e2-868e-b61385d3af79-link">3</a></sup>). Devant la non-réaction du camp social, pourquoi le gouvernement n&rsquo;étendrait-il pas ces attaques à des collectifs antifascistes ou écologistes ? C&rsquo;est exactement le déroulé de ces 10 dernières années, où la réaction de notre camp a réellement commencé qu&rsquo;avec la tentative de dissolution des Soulèvements de la Terre, puis celle de la Jeune Garde ou d&rsquo;Urgence Palestine.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>La laïcité comme arme de guerre</strong></h1>



<p>Parmi les nombreux outils pour attaquer les musulman·es, la laïcité revient souvent sur la table. Elle est brandie messianiquement à chaque fois qu&rsquo;il s&rsquo;agit de taper sur les musulman·es. Sur les plateaux télé évidemment, mais aussi pour faire passer la batterie de lois islamophobes persécutant et excluant de l&rsquo;espace public et de l&rsquo;école nos camarades musulman·es (par exemple avec la loi de 2004 sur les signes religieux qui a servi de pied dans la porte des nombreuses lois islamophobes qui ont suivi).</p>



<p>À en croire les dires de l’État et de ses relais médiatiques, le musulman menacerait par définition les valeurs de la République, notamment parce qu&rsquo;il serait en contradiction avec la laïcité définie par la loi de 1905.</p>



<p>Il serait communautariste (voire séparatiste) lorsqu&rsquo;il prend soin de sa communauté. Autrement, il est taxé d&rsquo;entriste quand il correspond aux attentes républicaines, du style quand le lycée Averroès obtient des résultats exceptionnels au bac.</p>



<p>Pile tu perds, face tu perds.</p>



<p>À gauche, c&rsquo;est un peu plus subtil. Pour la loi de 2004 et pendant plus de 10 ans, c&rsquo;était surtout complaisance et grand silence. Aujourd&rsquo;hui, dans les balbutiements de soutien, il a souvent été pointé la non-exemplarité politique (impossible à avoir) des musulman·es visé·es par les violences d’État en scrutant chacune de leurs déclarations et de leurs liens passés.&nbsp;</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Islamophobie : les blocages à gauche</strong><strong><br></strong></h1>



<p>Pour que la gauche s’engage pleinement, déjà il lui faut dépasser son islamophobie encore présente jusque dans les cercles militants. Par exemple à Rennes, dans le mouvement pour la Palestine, une proposition en interne de l&rsquo;AG Palestine fut de faire une doha (prière) pour les morts à Gaza, mais celle-ci a été empêchée. De même pour les slogans en arabe, ça a été difficile de les faire accepter.</p>



<p>C&rsquo;est parfois une doctrine moraliste anti-religieuse qui empêche la solidarité. À l&rsquo;image de cette citation de Bakounine, dans son livre Dieu et l&rsquo;État, qui fut pourtant pendant longtemps sur ma table de chevet : <em>« Si Dieu est, l&rsquo;homme est esclave ; or l&rsquo;homme peut, doit être libre, donc Dieu n&rsquo;existe pas »</em>. Une vision binaire de la croyance, opposée à toute religion qui serait naturellement obscurantiste. Cela nous empêche d&rsquo;avoir une lecture matérialiste des structures oppressantes réellement à l’œuvre, en vue de les combattre.</p>



<p>Enfin, c&rsquo;est aussi une volonté de détruire le potentiel outil de résistance qu&rsquo;est l&rsquo;islam.&nbsp;</p>



<p>À droite, pour briser la résistance à l&rsquo;hégémonie capitaliste et impérialiste.</p>



<p>À gauche, car la seule identité légitime pour faire la révolution serait celle du prolétaire, toute autre identité est vue comme divisant la classe ouvrière. Si notre classe est effectivement traversée par des contradictions, c&rsquo;est une erreur de ne pas les prendre en charge et de laisser une partie de notre classe (ici les musulman·es) seule face aux violences racistes. Car l&rsquo;unicité se construit en opposition aux stratégies de division de la classe dirigeante.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Lutter aux côtés des musulman·es</strong></h1>



<p>Face à ceux et celles qui nous accusent de complicité avec les musulman·es, il faut plaider coupable<sup data-fn="904fe9ee-c9c0-46ac-be4a-60d27d2ce31b" class="fn"><a href="#904fe9ee-c9c0-46ac-be4a-60d27d2ce31b" id="904fe9ee-c9c0-46ac-be4a-60d27d2ce31b-link">4</a></sup>. Coupable de défendre la liberté de culte. Coupable de défendre la Palestine, de la mer au Jourdain. Coupable de défendre la liberté, l&rsquo;égalité et la fraternité réelle pour toutes et tous. Chaque musulman·e attaqué·e pour ce qu&rsquo;il est, se doit d&rsquo;être défendu·e, qu&rsquo;importe les différents politiques existant. Que ce soit l&rsquo;imam Hassan Iquioussen victime de la loi séparatisme et menacé d&rsquo;expulsion, ou Omar Alsoumi arrêté pour « apologie de terrorisme <em>»</em> pour avoir soutenu la résistance palestinienne, ou une mosquée attaquée, nous devons réagir depuis nos collectifs. Chaque solidarité effective contre les violences islamophobes participe à l&rsquo;unification de notre classe, et donc nous renforce collectivement.</p>



<p>Malgré tout, dans les moments critiques, nous pouvons entrapercevoir nos possibles alliances. Lors de l&rsquo;horrible meurtre filmé d&rsquo;Aboubakar Cissé en pleine prière, une partie de la gauche radicale a rapidement réagi pour participer aux mobilisations.</p>



<p>De la même façon, les 2 dernières années de lutte contre le génocide à Gaza et la colonisation en Cisjordanie sont parties d&rsquo;un mouvement par en bas et ont montré qu&rsquo;avec un objectif clair (arrêter le génocide), il est possible de dépasser nos contradictions et de lutter au coude à coude, musulmans ou non. Pour autant, les quelques ponts qui se sont créés se sont faits au prix du sacrifice de centaines de milliers de palestinien·nes, et globalement la réaction de notre camp reste très loin d&rsquo;être satisfaisante.</p>



<p>Maintenant, il faut arrêter d&rsquo;essentialiser les organisations musulmanes ou de les voir comme un bloc homogène, pour les considérer pour ce qu&rsquo;elles sont : des forces politiques avec lesquelles il est possible de s&rsquo;allier pour les prochains combats à mener, en particulier pour créer un front commun conséquent contre le racisme et le fascisme.</p>



<p><strong><em>Camille (A2C Rennes)<br></em></strong></p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="dc353502-fda5-4901-8916-b0c1695d912f"> A. Szymanski, <em>« Racial Discrimination and White Gain »</em>, American Sociological Review, 41 (1976), pp. 409-412. <a href="#dc353502-fda5-4901-8916-b0c1695d912f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="31a4f058-7faf-475e-bdf5-210294a3308a">CCIF : Collectif Contre l&rsquo;Islamophobie en France <a href="#31a4f058-7faf-475e-bdf5-210294a3308a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="63cb8154-e57f-49e2-868e-b61385d3af79">CCIE : Collectif Contre l&rsquo;Islamophobie en Europe <a href="#63cb8154-e57f-49e2-868e-b61385d3af79-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="904fe9ee-c9c0-46ac-be4a-60d27d2ce31b">Inspiré de l&rsquo;article<em> « Contre l’islamophobie : le 11 mai et après, aimez-nous vivants »</em>, Nadia Meziane, lignes-de-cretes.org <a href="#904fe9ee-c9c0-46ac-be4a-60d27d2ce31b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li></ol>


<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Cahiers #20 : pourquoi cette revue, pourquoi ce sommaire ? </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/revue-da2c/pourquoi-cette-revue-pourquoi-ce-sommaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Solen Rennes]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 00:25:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Revue d'A2C]]></category>
		<category><![CDATA[Marxisme]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Dans chacune de nos luttes comme dans la remise en question globale de la société, nous avons besoin d’élaborer des stratégies pour gagner. Ni les livres, ni les expériences passées ne donnent des réponses clés <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/revue-da2c/pourquoi-cette-revue-pourquoi-ce-sommaire/" title="Cahiers #20 : pourquoi cette revue, pourquoi ce sommaire ? ">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Dans chacune de nos luttes comme dans la remise en question globale de la société, nous avons besoin d’élaborer des stratégies pour gagner. Ni les livres, ni les expériences passées ne donnent des réponses clés en main pour aujourd’hui, mais ils sont des outils incontournables pour les obtenir. Cette revue est donc un espace pour rendre explicites et lisibles les analyses que les militant·es d’a2c élaborent, et qui les amènent à défendre certaines stratégies. La théorie est pour nous inséparable de l’action militante : elle doit s’élaborer à partir des expériences réelles de la lutte des classes, des débats qui s’y posent, comme elle se teste dans les pratiques et les propositions militantes qui en découlent.</em></p>



<p>Ce numéro sera diffusé dans une période de campagne électorale des Municipales. Quand ce qui domine est la délégation des questions politiques à d’autres, la question devient comment intervenir en terrain piégé. L’article <strong>« Élections municipales : il faut y aller&#8230; mais comment ?</strong> <strong>»</strong> apporte des éléments de réflexion. Parmi ceux-ci, le fait que les fascistes vont tenter d’utiliser cette séquence comme un moyen de s’implanter et constituer une base active. Nous devons donc redoubler d’efforts pour constituer des fronts unitaires de lutte antifasciste. Des expériences sont menées par des camarades, qui éclairent sur les potentialités et les débats. Par exemple : <strong>« S’organiser contre les campagnes électorales des fascistes : une urgence et plein de débats ! » </strong>sur Marseille, ou <strong>« Antifascisme et sécurité » </strong>dans le 93. C’est à partir de ce type de lutte et des expériences faites en commun que nous pouvons le mieux convaincre de l’impasse du réformisme, dont la force repose en grande partie sur le fait que notre classe serait devenue trop hétérogène pour se constituer en pouvoir alternatif. <strong>« À propos de <em>Nouveau Peuple, nouvelle gauche</em> : des arguments pas si nouveaux », </strong>est une réponse à cet idée, à travers une lecture critique du dernier livre édité par l’Institut La Boétie de La France Insoumise.</p>



<p>La centralité de l’antiracisme qui nous guide comme boussole à A2C nous amène à considérer ces luttes comme primordiales dans la période. La mobilisation du 18 décembre cette année a franchi un cap avec le mot d’ordre de la <strong>«&nbsp;journée sans nous&nbsp;»</strong> et l’ambition de faire de cette date un jour de grève politique. Nous proposons d’abord un retour sur cette mobilisation et celles des dernières, tout en approfondissant le lien indissoluble entre <strong>antiracisme et lutte de classe</strong>. Parce que l’antiracisme est nécessaire pour l’unité de toute la classe, il nous faut nous tenir fermement au côté de toutes celles et ceux qui le subissent et le combattent&nbsp;: alors que les attaques contre les musulman.e.s se multiplient dans la continuité de la progression du danger fasciste en France, nous devons continuer d’affirmer qu’il n’y aura <strong>pas de front commun antifasciste sans luttes contre l’islamophobie</strong>. Ainsi, vous trouverez aussi dans ce numéro un retour d’expérience sur une <strong>mobilisation large contre l’islamophobie à Saint-Brieuc</strong> à l’initiative du Front commun antifasciste des Côtes d’Armor.</p>



<p>Car l’unité de toute notre classe est une préalable non-négociable à l’expansion et à la coordination de nos luttes, il est impératif d’effectuer un retour critique sur les mouvements qui ont secoué ces dernières années et dans lesquels nous nous sommes investi.e.s. La formidable offensive depuis 2017 d’une «&nbsp;quatrième vague&nbsp;» féministe a rebattu les cartes de la lutte en mettant l’accent sur la question des violences sexistes et sexuelles et en faisant réémerger la perspective de la grève féministe. Quelques années après, alors que les mouvements réactionnaires et fascistes continuent de progresser, nous proposons un court bilan sous forme de <strong>point de vue sur les reflux et perspectives du mouvement féministe </strong>pour poursuivre les discussions et repasser à l’attaque.</p>



<p>L’accélération de la marche vers l’affrontement impérialiste doit tou.te.s nous engager à la construction d’un vaste mouvement anti-guerre. Cependant, les conditions de l’unité sont encore loin d’être là et les divergences à l’intérieur du mouvement n’ont fait que s’accentuer depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022. C’est pour prolonger les polémiques de façon constructive que nous continuons d’affirmer que l’émancipation des ukrainien.ne.s envahi.e.s par la Russie de Poutine ne peut reposer sur l’aide des impérialistes occidentaux et qu’ici comme là-bas nous devons <strong>refuser l’union sacrée avec Trump et Macron</strong>. Alors que le soutien à la résistance palestinienne est de plus en plus criminalisé en France, nous nous devons de clarifier nos perspectives stratégiques pour le mouvement d’un point de vue le plus internationaliste possible et de mettre en avant le rapport nécessaire entre le combat des palestinien.ne et la libération de tout le Moyen-Orient. C’est à partir de la première déclaration de Georges Abdallah à son retour à Beyrouth que nous proposons d’examiner les liens entre <strong>le sionisme, la Palestine et la classe ouvrière égyptienne.</strong> Enfin, parce que le pire n’est jamais sûr et à rebours des interprétations historiques dominantes, nous vous partageons un lien vers une introduction d’un camarade qui répond à la question&nbsp;: <strong>qu’est-ce qui a vraiment mis fin à la première guerre mondiale&nbsp;?</strong></p>
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		<title>Pourquoi le marxisme ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/pourquoi-le-marxisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Oct 2025 09:49:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[émancipation]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte des classes]]></category>
		<category><![CDATA[minorité]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
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		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[travailleurs]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">«&#160;L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes. (&#8230;) Oppresseurs et opprimés, en opposition constante, ont mené une guerre ininterrompue, tantôt ouverte, tantôt dissimulée, une guerre qui finissait <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/pourquoi-le-marxisme/" title="Pourquoi le marxisme ?">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>«&nbsp;L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes. (&#8230;) Oppresseurs et opprimés, en opposition constante, ont mené une guerre ininterrompue, tantôt ouverte, tantôt dissimulée, une guerre qui finissait toujours soit par une transformation révolutionnaire de la société toute entière, soit par la destruction des deux classes en lutte.&nbsp;»</em></p>



<p>Voilà comment commence le <em>Manifeste du parti communiste</em> de Marx.</p>



<p>Si l’on définit par marxisme toutes les expériences, luttes et analyses développées sur la base des écrits de Marx, alors le marxisme est la théorie de la lutte contre le capitalisme, la théorie de la révolution.</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Révolutionnaire</strong></p>



<p>Les idéologues dominants ne nient pas qu’il existe une histoire. Mais cette histoire s’arrête au capitalisme qui, quels que soient ses défauts, serait l’organisation sociale «&nbsp;naturelle&nbsp;», celle qui correspondrait le mieux à ce qui serait la «&nbsp;nature humaine&nbsp;».</p>



<p>Pour Marx, le capitalisme, en tant que société de classes, peut et doit être dépassé.</p>



<p>L’histoire est faite par les êtres humains sur la base de leurs intérêts matériels et non par de grands principes, le progrès, la raison, la civilisation&#8230;</p>



<p>A rebours des livres qui résument l’histoire à celle des grands hommes, rois, reines, intellectuels, présidents, etc., l’histoire selon Marx est faite par les grandes masses.</p>



<p>Le marxisme est la théorie qui montre que la révolution est non seulement nécessaire mais surtout qu’elle est possible.</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Bases matérielles</strong></p>



<p>C’est la simplicité évidente du point de départ de Marx qui est subversive&nbsp;: toute société humaine s’explique d’abord par la manière dont les êtres humains s’organisent pour produire ce dont ils et elles ont besoin. Cette organisation est fonction des conditions naturelles et des connaissances et moyens disponibles pour en utiliser les ressources (moyens de production et formes de coopération, ce que Marx a appelé forces productives).&nbsp;</p>



<p>Il a fallu des milliers d’années à l’humanité pour développer des connaissances, des techniques et des formes d’organisation capables de dépasser la production de moyens de survie immédiate (cueillette, chasse&#8230;).</p>



<p>Il y a 10 000 ans, de nouvelles formes de subsistance (culture, élevage) permirent&nbsp; la production d’un surplus. L’existence matérielle de ce surplus a entraîné le développement d’une couche sociale, détachée de la production directe, vouée à la «&nbsp;gouvernance&nbsp;»&nbsp; de ce surplus et en vivant.</p>



<p>Il fallut encore des milliers d’années pour que cela provoque une réorganisation profonde des rapports sociaux et une division de la société en classes aux intérêts antagonistes.</p>



<p>La minorité vivant du travail de la majorité s’est mise à identifier ses intérêts propres, l’extraction d’une part plus importante des produits du travail, avec l’intérêt général. Marx appelle cette extraction du surplus, l’exploitation.</p>



<p>Commence alors cette phase décrite par le <em>Manifeste</em> où l’histoire devient l’histoire des luttes de classes.&nbsp;</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Lutte de classe, histoire et révolution</strong></p>



<p>Un philosophe allemand, Hegel avait écrit que la contradiction est <em>«&nbsp;à la racine de tout mouvement et de toute vie&nbsp;»</em>, la seule réalité est le changement, le mouvement.&nbsp;</p>



<p>Pour Marx le mouvement de l’histoire est le produit des contradictions de classe qui mènent au conflit permanent, «&nbsp;tantôt ouvert, tantôt caché&nbsp;» entre la minorité vivant du surtravail et les producteurs et productrices.</p>



<p>Et, <em>«&nbsp;à un certain niveau de leur développement, les forces productives </em>[découvertes technologiques, «&nbsp;amélioration&nbsp;» de l’organisation du travail&#8230;- DG]<em> entrent en conflit avec les rapports de production existants </em>[la division en classe correspondant &#8211; DG]<em>. (&#8230;) De formes de développement des forces productives, ces rapports en deviennent des entraves.&nbsp;»</em></p>



<p>Le capitalisme est un exemple extrême de ce développement. La pression à l’accumulation du capital, la division du travail ont permis un développement prodigieux de la production et des techniques. Mais ce sont aujourd’hui les mêmes impératifs du capital qui font que la surproduction côtoie la famine ou que des moyens considérables de contrôle, de surveillance et de répression sont développés pour empêcher des millions d’êtres humains d’utiliser les prodiges technologiques permettant de se déplacer sur toute la planète&#8230;</p>



<p>C’est alors, dit Marx, que la société entre dans des crises profondes, économiques, sociales et politiques, situations qui ne peuvent être résolues positivement que par la transformation révolutionnaire de la société c’est-à-dire le renversement de l’organisation sociale existante et de la classe sociale qui en bénéficie et la défend.</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Lutte politique</strong></p>



<p>L’organisation sociale ne se réduit pas aux rapports de production. Marx explique comment se construit, sur cette base, tout un édifice social, politique, militaire, idéologique <em>«&nbsp;à quoi répondent des formes déterminées de la conscience&nbsp;»</em>. Édifice dont l’institution centrale est l’État et qui assure la reproduction du système.</p>



<p>Il s’ensuit que la lutte de classe n’est pas une lutte limitée aux rapports de production. Elle prend la forme de luttes idéologiques, politiques, de luttes contre l’État&#8230;</p>



<p>A celles et ceux qui &#8211; déjà&nbsp;! &#8211; réduisaient le marxisme à l’économisme, le compagnon de Marx, Engels&nbsp; expliquait&nbsp;: <em>«&nbsp;D’après la conception matérialiste de l’histoire, le facteur déterminant est, en dernière instance, la production et la reproduction de la vie réelle. Ni Marx ni moi n’avons jamais affirmé davantage. Si quelqu’un dénature cette position en ce sens que le facteur économique est le seul déterminant, il la transforme ainsi en une phrase vide, abstraite, absurde.&nbsp;»</em></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="97877b" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #97877b;" fetchpriority="high" decoding="async" width="900" height="600" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/Je-reviendrai-et-je-serai-des-millions-Spartacus.webp" alt="" class="wp-image-10142 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/Je-reviendrai-et-je-serai-des-millions-Spartacus.webp 900w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/Je-reviendrai-et-je-serai-des-millions-Spartacus-300x200.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/Je-reviendrai-et-je-serai-des-millions-Spartacus-768x512.webp 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /></figure>



<p class="has-medium-font-size"><strong>La folie du capitalisme</strong></p>



<p>Dans tous les systèmes qui ont précédé le capitalisme le travail était destiné à la consommation, fût-elle celle des exploiteurs. Marx explique ainsi que sous le féodalisme l’exploitation était limitée par <em>«&nbsp;les parois de l’estomac du seigneur&nbsp;»</em> (entretien de la cour, levée d’une armée&#8230;).</p>



<p>Mais une fois que les «&nbsp;besoins&nbsp;» étaient couverts, il n’y avait pas de pression pour produire davantage.</p>



<p>Sous le capitalisme, le profit n’est pas orienté essentiellement vers la consommation – soit-elle celle des capitalistes. Il est évident que Bernard Arnault ou Elon Musk ne vivent pas du tout comme nous. Il n’en reste pas moins que l’essentiel des profits de leurs entreprises est dirigé vers l’investissement ou les marchés financiers dans le but de créer plus de profit. Marx nomme ce processus l’accumulation du capital.</p>



<p>Augmenter constamment les profits pour pouvoir les réinvestir dans de nouveaux moyens de production, de nouvelles technologies et machines est indispensable pour augmenter la productivité et assurer la compétitivité vis-à-vis des capitalistes concurrents.</p>



<p>D’où le cycle infernal de la pression à l’accumulation, à l’augmentation permanente du taux d’exploitation.</p>



<p><em>«&nbsp;Accumuler pour accumuler, produire pour produire, tel est le mot d&rsquo;ordre de l&rsquo;économie politique proclamant la mission historique de la période bourgeoise&nbsp;».</em></p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Bases pour un autre système</strong></p>



<p>L’accumulation sans limites explique le dynamisme du capitalisme. C’est le premier système dans l’histoire de l’humanité à avoir tellement développé les richesses, ou la capacité à les produire, qu’il n’existe aucune raison à la misère, à la faim, à la pauvreté. Pendant des milliers d’années des êtres humains sont morts parce qu’il n’y avait pas assez de nourriture. Sous le capitalisme des gens meurent de faim parce qu’il y a trop de nourriture.</p>



<p>Il existe aujourd’hui les bases matérielles pour une organisation sociale qui ne soit plus déterminée par la lutte pour la survie, pour passer «&nbsp;du règne de la nécessité à celui de la liberté&nbsp;», ce qu’on peut appeler le communisme.</p>



<p>Le capitalisme a développé une autre base pour une société sans classe. La classe ouvrière est en effet la première classe exploitée de l’histoire de l’humanité à avoir été totalement dépossédée des moyens de production. Les prolétaires sont celles et ceux qui ne possèdent que leur force de travail.</p>



<p>C’est ce qui fait, pour Marx, de la classe ouvrière la classe potentiellement universelle. Car la prise de pouvoir des travailleurs et travailleuses signifie l’organisation de la production – et donc de toute la société &#8211; sur une base collective et la disparition des classes sociales.</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Système en crise</strong></p>



<p>Les mêmes raisons qui expliquent le dynamisme du capitalisme le poussent vers des crises non seulement régulières mais aussi de plus en plus profondes.</p>



<p>La production capitaliste combine la planification de la production avec l’anarchie du marché. Il faut une division du travail très poussée et une planification très précise pour la production et l’assemblage d’un ordinateur, d’une voiture ou d’un téléphone. Par contre la concurrence règne entre différents groupes et il n’y a pas de planification entre différentes branches, entre la production et le marché du travail, l’approvisionnement en matière première ou l’apport de capitaux. Ce qui fait que la chaîne globale du capitalisme entre dans des crises régulières.&nbsp;</p>



<p>Mais s’ajoute à cela le fait que ces crises sont de plus en plus profondes. L’accumulation du capital, poussée par la concurrence entre capitaux, amène les capitalistes à investir de plus en plus dans de nouvelles technologies et de nouvelles machines pour augmenter la productivité. Cette augmentation de la part relative des machines dans le capital, au détriment de la force du travail, provoque ce que Marx appelle la baisse tendancielle du taux de profit. Cette baisse des taux de profits est à la base des crises de plus en plus profondes qui ébranlent tout le système politique.</p>



<p>Cette double dynamique du capitalisme a amené Engels et la révolutionnaire polonaise Rosa Luxemburg à parler de l’alternative, socialisme ou barbarie. La barbarie porte aujourd’hui les noms de génocide, guerre, fascisme et catastrophe environnementale.</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>L’émancipation</strong></p>



<p>Le mot d’ordre sans doute le plus connu de Marx est <em>«&nbsp;l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes&nbsp;»</em> qu’il nous faut impérativement féminiser.</p>



<p>Condensé de toute l’analyse de Marx c’est aussi une boussole pour déterminer ou juger toute stratégie révolutionnaire.</p>



<p>D’abord il n’y a pas de fatalisme chez Marx. Son analyse de l’histoire et du capitalisme ne détermine aucun but&nbsp;: socialisme ou barbarie. Les êtres humains ne choisissent pas les conditions dans lesquelles ils et elles font l’histoire. C’est bien pour cela qu’il faut s’efforcer de connaître et comprendre au mieux ces conditions. Mais ce sont eux et elles qui font l’histoire&nbsp;: l’issue de la lutte de classe ne peut être déterminée que par les classes elles-mêmes, leur niveau de conscience, d’organisation, de détermination.&nbsp;</p>



<p>Ensuite la classe ouvrière ne peut obtenir son émancipation de l’extérieur&nbsp;: l’émancipation des travailleurs et des travailleuses ne sera pas l’œuvre d’une minorité, d’un parti, d’un bon gouvernement ou d’un État, elle sera l’œuvre de dizaines de millions, de centaines de millions de travailleurs et de travailleuses. Marx a écrit que la révolution n’était pas seulement nécessaire pour changer les structures sociales et politiques. <em>«&nbsp;</em><em>Elle l’est également parce que seule une révolution permettra à la classe qui renverse l’autre de balayer toute la pourriture du vieux système qui lui colle après et de devenir apte à fonder la société sur des bases nouvelles.&nbsp;»</em></p>



<p>Denis Godard (Paris 20)</p>



<p><strong>Recommandations de lecture sur le sujet</strong></p>



<p>Pour commencer avec Marx&nbsp;(sur marxists.org) :&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le Manifeste du parti communiste (<a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/00/kmfe18470000.htm">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/00/kmfe18470000.htm</a>)</li>



<li>Travail salarié et Capital (<a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/12/km18471230-4.htm">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/12/km18471230-4.htm</a>)</li>



<li>Salaires, prix et profits (<a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1865/06/km18650626.htm">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1865/06/km18650626.htm</a>)</li>
</ul>



<p>Une bonne introduction des idées de Marx&nbsp;:<br>Alex Callinicos, <em>Les idées révolutionnaires de Karl Marx</em>, éditions Syllepse.</p>



<p>Un livre magistral sur l’histoire&nbsp;:<br>Chris Harman, <em>Une histoire populaire de l’humanité</em>, éditions La Découverte.</p>



<p><strong>Recommandation audio sur le sujet :</strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-block-embed-spotify"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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			</item>
		<item>
		<title>Doit-on abolir la famille ? </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/doit-on-abolir-la-famille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Mar 2025 12:51:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[violences sexistes et sexuelles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=9453</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Depuis quelques années, dans les milieux queers et féministes, on voit se multiplier les appels à faire famille autrement, à se « défaire » d’une définition étriquée de la famille (un papa, une maman, des <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/doit-on-abolir-la-famille/" title="Doit-on abolir la famille ? ">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Depuis quelques années, dans les milieux queers et féministes, on voit se multiplier les appels à faire famille autrement, à se « défaire » d’une définition étriquée de la famille (un papa, une maman, des enfants). Dans le même temps, dans certains milieux de la gauche révolutionnaire, on peut parfois entendre que la famille se situe hors de la sphère de la production capitaliste, et ce n’est donc pas sur ce terrain que se joue la lutte contre l’exploitation et pour la révolution.</em></p>



<p><em>C’est pour nourrir ces débats que l’idée de cet article est apparue. Doit-on abolir la famille, en tant que révolutionnaires ? Qu’est-ce que cela voudrait dire ?</em></p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #16 &#8211; mars 2025</h6>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La « famille », une construction sociale et historique</strong></h2>



<p>Quand on réfléchit à la famille, plein d’idées peuvent nous traverser. Pour certain·es, la famille représente un endroit où se reposer des contraintes de la sphère du travail, un espace de solidarité, nécessaire face à la violence du monde extérieur. Pour d’autres, la famille est un lieu où le poids de la norme écrase, voire le lieu de grandes violences. Parfois, la famille peut représenter les deux en même temps.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>La famille, une forme d’organisation sociale naturelle ?&nbsp;</em></strong></h3>



<p>Dans les idées qui sont dominantes dans la société, la famille serait une réalité biologique, qui a toujours existé dans l’histoire : un homme et une femme formant un couple, et des enfants. Cette idée est d’ailleurs à la base de la rhétorique utilisée par les mouvements anti-LGBT, comme la Manif pour tous. Un autre exemple de définition majoritaire est celle utilisée par le droit : forment une famille celleux qui sont lié·es par des liens d’alliance ou de filiation.</p>



<p>Mais la famille telle qu’on la connaît aujourd’hui n’a pas toujours existé. Par exemple, au Paléolithique supérieur, les enfants naissaient et pouvaient par la suite être élevé·es par différents membres du groupe, et pas uniquement par ses géniteur·ices. La société n’était pas organisée autour d’unités construites à partir d’un couple et de ses enfants<sup data-fn="c676f4f2-b5f0-4b31-878f-f2e05cfea811" class="fn"><a id="c676f4f2-b5f0-4b31-878f-f2e05cfea811-link" href="#c676f4f2-b5f0-4b31-878f-f2e05cfea811">1</a></sup>.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>L’évolution de la famille est liée à l’évolution des modes de production</em></strong></h3>



<p>Selon les analyses du matérialisme historique, l’évolution et l’organisation des sociétés peut être expliquée par l’évolution de la manière dont on produit et on échange les biens, et non pas par une évolution progressive des idées qui n’auraient pas de base matérielle, ou par une question de “nature humaine”. Si on applique cette grille de lecture à la famille, cela veut dire que l’on peut l’analyser comme :&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Une forme d’organisation de la société qui n’est pas naturelle</li>



<li>Et qui résulte du système de production et d’échange de biens actuels, c’est-à-dire du capitalisme.</li>
</ul>



<p>Pour expliquer cette idée, dans plusieurs ouvrages<sup data-fn="86774d09-d0b6-40bf-88ce-d671064c4d56" class="fn"><a id="86774d09-d0b6-40bf-88ce-d671064c4d56-link" href="#86774d09-d0b6-40bf-88ce-d671064c4d56">2</a></sup>, Marx et Engels analysent les liens entre le développement du capitalisme urbain au XIXe siècle et l’évolution des formes de famille. Ils sont les premiers à construire une analyse cohérente et intégrée du rôle de la famille sous le capitalisme.</p>



<p>En Europe, avant l’industrialisation, les familles paysannes pouvaient produire chez elles, la production n’était pas séparée du lieu de vie. L’industrialisation produit un déplacement massif des gens dans les villes, et différencie le lieu de la production du foyer (on produit dans des usines et non plus chez soi). Ce changement brutal dans l’organisation de la production destructure les familles paysannes, et crée une crise de la reproduction de la force de travail<sup data-fn="a79310aa-0588-4451-9cf2-2bac2b693b91" class="fn"><a id="a79310aa-0588-4451-9cf2-2bac2b693b91-link" href="#a79310aa-0588-4451-9cf2-2bac2b693b91">3</a></sup>.</p>



<p>Cette crise est corrélée à <strong>l&rsquo;avènement et à la consolidation de la famille bourgeoise</strong>, qui impose ses normes en termes de ce qu’est une “bonne famille ». Quelles sont ses caractéristiques ? Elle est hétérosexuelle, de taille réduite, privée, fondée sur le mariage et la monogamie.&nbsp;</p>



<p>Et ce que disent Marx et Engels, c’est que les caractéristiques de la famille bourgeoise peuvent s’expliquer par les besoins de cette classe.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"> <strong>Rôle et nature de la famille sous le capitalisme</strong></h2>



<p>Concrètement, qu’est-ce que cela veut dire ? Que la famille dans le système capitaliste est une façon d’organiser la société qui répond aux besoins de la classe dominante, car elle permet la reproduction de la société en classes. Elle fournit “<em>le mécanisme le moins cher et le plus idéologiquement acceptable de reproduction de la force de travail humaine”,</em> et elle <em>“reproduit en son sein les rapports hiérarchiques et autoritaires nécessaires au maintien de la société de classe dans son ensemble”</em><sup data-fn="6de0bdf8-3bde-45dc-86a7-3817ec4f8bd6" class="fn"><a id="6de0bdf8-3bde-45dc-86a7-3817ec4f8bd6-link" href="#6de0bdf8-3bde-45dc-86a7-3817ec4f8bd6">4</a></sup>.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>La famille, lieu de reproduction de la société de classes&nbsp;</em></strong></h3>



<p>Elle permet d’abord, pour les capitalistes, la transmission du patrimoine d’une génération à une autre. Cette transmission est rendue possible par les liens d’alliance et de filiation. Le mariage permettait aux bourgeois de s’assurer que leur capital revenait à leurs enfants légitimes (les enfants nés hors mariage ne percevaient pas l’héritage). D’où la condamnation morale et juridique violente de l’infidélité des femmes bourgeoises.&nbsp;</p>



<p>Elle permet également, et c’est central, la reproduction de la force de travail, élément qui est la clé de voûte du système capitaliste. En effet, c’est la force de travail qui permet aux capitalistes de faire des profits. Dans ses travaux, Marx parle de la centralité de cette force de travail, mais n’explique pas vraiment comment cette force est reproduite. Des féministes marxistes comme Lise Vogel, Martha Gimenez, Johanna Brenner et, plus récemment, Susan Ferguson et David McNally, ont donc proposé une analyse qui complète les travaux de Marx : <strong>la théorie de la reproduction sociale</strong>.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>Reproduire la force de travail : un travail indispensable pour le capitalisme</em></strong></h3>



<p>Cette théorie explique quels sont les mécanismes qui permettent la reproduction de la force de travail. Et, spoiler, la famille est au cœur de cette reproduction, car elle prend en charge différents types d’activités qui permettent cette reproduction :&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les activités qui régénèrent le·a travailleur·euse en dehors du processus de production, et lui permettent de retourner travailler. Celles-ci incluent : la nourriture, un lit pour dormir, des soins psychiques et émotionnels, des loisirs, le ménage du lieu de vie, l’entretien des routes ou transports en commun qui permettent de se rendre au travail, etc.</li>



<li>Les activités qui maintiennent et régénèrent les non-travailleur·euses en dehors du processus de production : par exemple les enfants, qui sont des futurs travailleur·euses, ou encore des adultes qui ne sont pas impliqué·es dans la production capitaliste (les personnes handicapées, les personnes au chômage, les personnes âgées).</li>



<li>Les activités qui créent de nouvelles personnes exploitables, c’est-à-dire la naissance des enfants<sup data-fn="7df78792-a1a9-4bfc-8937-dcea18a559bb" class="fn"><a id="7df78792-a1a9-4bfc-8937-dcea18a559bb-link" href="#7df78792-a1a9-4bfc-8937-dcea18a559bb">5</a></sup>.</li>
</ul>



<p>Dans la plus grande partie des cas, ce sont les femmes qui exercent ce travail invisible au sein des familles des classes exploitées. En revanche, les familles bourgeoises peuvent se permettre de déléguer ce travail à d’autres personnes et notamment aux personnes les plus dominées de notre société.&nbsp;</p>



<p>Mais ce travail n’est pas reconnu comme étant un travail, et il n’est peu voire pas rémunéré.&nbsp; C’est donc dans l’intérêt des capitalistes de se battre contre la revalorisation des métiers du soin et de l’éducation, contre les institutions et services qui prennent en charge les tâches reproductives en dehors de la famille, car elles pourraient autrement être réalisées gratuitement au sein du foyer. Le fait que ces tâches soient réalisées gratuitement permet d’augmenter leurs profits.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>La famille est une base matérielle de l’oppression des femmes</em></strong></h3>



<p>Dans tous les cas, <strong>la capacité des femmes à avoir des enfants est centrale dans la reproduction de la société de classe</strong>. Ce qui explique pourquoi les capitalistes ont intérêt à défendre les mouvements qui luttent contre les droits et l’autonomie reproductive. Comme l’écrit Lise Vogel en 1983, « chez les classes dominantes, l’oppression des femmes puise sa source dans leur rôle de maintenance et de transmission de propriété par l’héritage ; dans les classes subordonnées, l’oppression des femmes dérive de leur implication dans le processus de renouvellement des producteurs et productrices directs, en plus de leur implication dans la production elle-même (en tant que travailleuses) »<sup data-fn="fd10d711-4fc8-4701-9114-d19215388e7a" class="fn"><a id="fd10d711-4fc8-4701-9114-d19215388e7a-link" href="#fd10d711-4fc8-4701-9114-d19215388e7a">6</a></sup>. Cette analyse permet de comprendre que l’oppression des femmes a une base matérielle, et que le capitalisme s’appuie sur le patriarcat pour exister.  </p>



<p>De plus, la famille sous le capitalisme permet et favorise les violences de genre. Elle est un des terrains principaux de contrainte sexiste à la soumission. On le sait, la famille est le lieu où s’exerce une majorité des violences faites aux femmes et aux enfants. La majorité des personnes victimes de féminicides ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, et la probabilité qu’elle soit tuée par son conjoint augmente lorsqu’une femme cherche à fuir la relation et le domicile. La famille est également le lieu des violences sur les enfants. En France, une personne sur 10 a été victime d’inceste.</p>



<p>Ces violences sont rendues possibles par le caractère privé de la famille sous le capitalisme, et par le fait que la famille capitaliste est en elle-même une forme de propriété, qui maintient son existence et trouve sa cohérence <em>grâce </em>à la propriété. La famille est le reflet d’une société dans laquelle certaines personnes sont considérées comme des objets exploitables, et d’autres considérées comme des sujets dignes d’être considérés comme des humains. Les caractéristiques de la famille capitaliste rendent possibles et acceptables les violences de genre, et même, elles en font le terrain privilégié de ces violences.&nbsp;</p>



<p>La famille est donc un lieu central pour le capitalisme, parce qu’elle permet la reproduction de la société de classe, et par son rôle indispensable dans la production. Sa forme sous le capitalisme en fait le lieu privilégié des violences de genre, et rend ces violences invisibles et normales.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Abolir la famille ? </strong></h2>



<p>On l’a dit au début de l’article, les débats et discussions autour de la famille sont nombreux et font qu’on peut parfois être un peu confus·e sur ce pour quoi on lutte, et sur les stratégies à adopter. Voici quelques tentatives d’élaboration sur ces questions.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>&nbsp;</em><strong><em>Lutter contre la “norme” de la famille ne peut pas être une fin en soi</em></strong></h3>



<p>Quelles sont les revendications autour de la famille qui sont mises en avant au sein de nos cadres de lutte<sup data-fn="c571ec4c-fee7-4271-96fd-949280caadc9" class="fn"><a id="c571ec4c-fee7-4271-96fd-949280caadc9-link" href="#c571ec4c-fee7-4271-96fd-949280caadc9">7</a></sup> ? Pêle-mêle : On veut que toutes les familles aient les mêmes droits, que les personnes qui le souhaitent aient le droit de faire des enfants si elles veulent, que certains types de familles ne  soient plus stigmatisées, que les violences au sein des familles stoppent, qu’on ait le contrôle sur nos corps, qu’on soit libre d’organiser nos relations, nos sexualités et nos vies comme on le souhaite, etc. </p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>&nbsp;</em><strong><em>Lutter pour la défamilialisation du soin…</em></strong></h3>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-large is-resized"><img data-dominant-color="414141" data-has-transparency="false" decoding="async" width="759" height="1024" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/03/aleksandra_kollontai-759x1024.webp" alt="" class="wp-image-9456 not-transparent" style="--dominant-color: #414141; width:233px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/03/aleksandra_kollontai-759x1024.webp 759w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/03/aleksandra_kollontai-222x300.webp 222w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/03/aleksandra_kollontai-768x1036.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/03/aleksandra_kollontai.webp 800w" sizes="(max-width: 759px) 100vw, 759px" /><figcaption class="wp-element-caption">Alexandra Kollontai</figcaption></figure>
</div>


<p>Au XIX, certain·es révolutionnaires discutaient déjà de cela : par exemple, Alexandra Kollontai, activiste et militante lors de la révolution de Russe de 1917, défendait que la lutte pour l’égalité des femmes sur le plan économique et social, et la lutte pour la réinvention des formes d’amour et de sexualité, étaient indissociables, et que comprendre leur imbrication permettait de dessiner un horizon révolutionnaire<sup data-fn="3510fc7c-87f0-4f2a-be5c-fb0fd812e508" class="fn"><a id="3510fc7c-87f0-4f2a-be5c-fb0fd812e508-link" href="#3510fc7c-87f0-4f2a-be5c-fb0fd812e508">8</a></sup>.</p>



<p>Comme notre société est construite autour de la famille (juridiquement, entre autres), les mouvements et revendications pour l’égalité des droits sont importants. Mais lutter pour l’égalité des droits avec comme seule perspective de mettre fin à l’inégalité juridique et à légitimer “d’autres types” de famille ne suffit pas si on veut vraiment attaquer la cause de l’inégalité. Qu’est-ce qui fait que le mariage n’était autorisé qu’entre un homme et une femme, avant le changement de loi obtenu grâce au mouvement de lutte ? Les causes idéologiques de cette inégalité sont liées aux causes matérielles. Car si la norme de la famille hétérosexuelle est si forte, c’est parce qu’elle aussi parce qu’elle sert les intérêts des classes dominantes (même si ce n’est pas aussi “mécanique” que ça). Si on veut abattre cette norme, il faut saisir pourquoi elle existe.&nbsp;</p>



<p>La lutte contre l’exploitation qui a lieu dans la famille peut être prise sous l’angle de la lutte de la défamilialisation du soin, c’est à dire les luttes qui visent à sortir de la famille toutes les tâches qu’on lui attribue : éduquer les enfants, soigner les personnes, accompagner les personnes âgées, handicapées, etc. En ce sens, participer aux luttes qui défendent les services publics, les métiers de l’éducation, qui visent la reconnaissance des différents métiers du soin, c’est important. En effet :&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Cela permet de lutter contre l’appropriation du travail gratuit des personnes qui effectuent le travail de reproduction, et de lutter contre l’aliénation qui en découle.</li>



<li>Cela permet également de faire en sorte que les soins que l’on reçoit ne dépendent pas (trop) de la famille dans laquelle on naît. </li>
</ul>



<p>Cependant, comme toutes ces institutions existent sous le capitalisme, elles sont régies par les logiques de ce système : l’école sert à créer des futur·es travailleur·euses dociles, l&rsquo;hôpital public est de plus en plus organisé autour de logiques de rentabilité, la protection qu’offre la Sécu dépend de ta capacité à travailler, etc. Or, on veut organiser nos écoles, hôpitaux, et autres, en fonction des besoins des gens et non pas en fonction des intérêts des capitalistes !</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>&nbsp;</em><strong><em>… et la fin du capitalisme !&nbsp;</em></strong></h3>



<p>Tout cela nous amène à penser qu’on ne peut pas lutter contre la norme oppressive de la famille sans lutter contre l’exploitation, et qu’on ne peut obtenir la défamilisation du soin et un monde de soin pour toustes sans lutter contre le système qui régit l’organisation de nos sociétés, c’est-à-dire le capitalisme. On ne peut pas non plus lutter contre l’exploitation si on occulte tout un pan de ce qui permet la création de profit (c’est-à-dire le travail reproductif). Si on veut faire sérieusement la révolution, il nous faut être au clair sur les rouages et mécanismes de l’exploitation. Ignorer cela a déjà eu des conséquences néfastes pour le mouvement. Cela a été le cas par exemple lors des révoltes qui ont embrasé l’Etat d’Oaxaca au Mexique, en 2006. Les femmes ont été une composante important e de cette lutte, elles ont pris part au mouvement en protestant contre leurs maris violents, contre l’Etat, et en collectivisant les tâches de soin, notamment en mettant en place des cantines collectives pour nourrir les personnes en lutte. Les femmes ont connu un backlash de la part de leurs maris, ce qui a participé selon l’autrice Michelle Esther O&rsquo;Brien à l’échec de cette révolte. Pour elle, la famille fut un outil au service de la contre-insurrection.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Pour défaire la famille, il nous faut développer d’autres liens que ceux imposés par les classes dominantes : créons et développons des liens de camaraderie entre nous, des liens de solidarité de classe ! Ces liens nous rendent plus fort·es et sont indispensables pour nous faire gagner la lutte contre les systèmes qui nous exploitent et nous oppressent. C’est l’horizon pour une société de soin pour toustes, une société où la manière dont on organise notre vie et nos liens affectifs ne serait pas contrainte par les besoins du capitalisme, et pourrait alors devenir un simple “choix personnel”.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Marie (Rennes)</h5>



<p></p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="c676f4f2-b5f0-4b31-878f-f2e05cfea811">Cet exemple est tiré de l’article de Marie Périn (2023),  Aux origines de l&rsquo;oppression des femmes, <em>Les Cahiers d’A2C #7</em> <a href="#c676f4f2-b5f0-4b31-878f-f2e05cfea811-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="86774d09-d0b6-40bf-88ce-d671064c4d56">Cette partie s’appuie sur la partie 2 du livre de M.E O’Brien (2023) <em>Abolir la famille, capitalisme et communisation du soin, </em>éditions La Tempête, Bordeaux.<em> </em>Dans cette partie, elle cite : <em>Le manifeste du parti communiste</em> (Marx et Engels, 1848), <em>La situation de la classe laborieuse en Angleterre</em> (Engels, 1845), <em>L’Origine de la famille, de la propriété privée et de l’Etat</em> (Engels, 1849) <a href="#86774d09-d0b6-40bf-88ce-d671064c4d56-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="a79310aa-0588-4451-9cf2-2bac2b693b91">Concrètement, il y avait à cette période beaucoup de mortalité infantile, les conditions de travail et de vie étaient horribles, au point que cela empêchait la reproduction des classes ouvrières. C’est d’ailleurs en partie pour lutter contre cette crise de la reproduction que les premières travailleuses sociales ont commencé à intervenir au domicile des prolétaires. <a href="#a79310aa-0588-4451-9cf2-2bac2b693b91-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="6de0bdf8-3bde-45dc-86a7-3817ec4f8bd6">Citation tirée de la résolution de 1979 sur la libération des femmes du 11e congrès de la IV<sup>e</sup> internationale <a href="#6de0bdf8-3bde-45dc-86a7-3817ec4f8bd6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="7df78792-a1a9-4bfc-8937-dcea18a559bb">Ce paragraphe a été construit à partir de l’article de l’historienne et militante marxiste Tithi Bhattachary (2013), What is social reproduction theory ?, <em>Socialist Worker. </em>Il est consultable en français sur le site d’A2C. <a href="#7df78792-a1a9-4bfc-8937-dcea18a559bb-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="fd10d711-4fc8-4701-9114-d19215388e7a">Lise Vogel (1983), <em>Marxism and the Oppression of Women</em>, éditions Rutgers University Press, New Brunswick, p.129 <a href="#fd10d711-4fc8-4701-9114-d19215388e7a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li><li id="c571ec4c-fee7-4271-96fd-949280caadc9">Je parle ici d’un point de vue des luttes féministes et LGBT+ <a href="#c571ec4c-fee7-4271-96fd-949280caadc9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7">↩︎</a></li><li id="3510fc7c-87f0-4f2a-be5c-fb0fd812e508">Olga Bronnikova, Matthieu Renault (2024), <em>Kollontai. défaire la famille, refaire l’amour</em>, éditions La Fabrique, Paris, p.20. <a href="#3510fc7c-87f0-4f2a-be5c-fb0fd812e508-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/doit-on-abolir-la-famille/">Doit-on abolir la famille ? </a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Week-end régional de formation et discussions &#8211; 15 et 16 mars à Paris</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/discussions-formations-a2c/week-end-regional-mars-2025-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Mar 2025 13:55:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Discussions débats formations]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte des classes]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=9339</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">A2C Île-de-France vous invite à son 3e week-end régional de discussions et débats, les 15 et 16 mars au Maltais Rouge, 40 rue de Malte à Paris. La salle est accessible aux personnes à mobilité <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/discussions-formations-a2c/week-end-regional-mars-2025-paris/" title="Week-end régional de formation et discussions &#8211; 15 et 16 mars à Paris">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>A2C Île-de-France vous invite à son 3e week-end régional de discussions et débats, les 15 et 16 mars au Maltais Rouge, 40 rue de Malte à Paris. La salle est accessible aux personnes à mobilité réduite.<br>Ce weekend a vocation à être un moment de partage, d’écoute et de réflexion collective. Il est ouvert à tous.tes, quel que soit le degré d’implication dans le mouvement et le milieu politique dans lequel on évolue. Plus on est nombreux.ses, plus les discussions seront riches, alors n’hésite pas à inviter des gens autour de toi ! Il est possible de participer à une discussion ou à tout le weekend. Si tu n’es pas très à l’aise pour t’exprimer en public : pas de pression, chaque personne fait comme elle le souhaite et nous serons ravi.es que tu viennes !</p>



<h2 class="wp-block-heading">Au programme : </h2>



<p><em>Samedi :</em> </p>



<p>9h30 Accueil – Café, thé<br>10h-12h30 Classe et lutte des classes : Pourquoi la classe travailleuse est-elle centrale dans la lutte contre le système capitaliste ?<br>12h30-14h Pause déjeuner<br>14h-16h30 Internationalisme : La classe ouvrière du nord profite-t-elle de l’exploitation de celle du sud ?<br>16h30-17h Pause<br>17h-19h30 Fascisme en tension : Les fascistes ont-ils besoin d’un mouvement de masse pour prendre le pouvoir ?</p>



<p><em>Dimanche :</em></p>



<p>9h30 Accueil – Café, thé<br>10h-12h30 Trump et l’impéralisme US : entre continuité et rupture<br>12h30-14h Pause déjeuner<br>14h-16h30 Autonomie de classe : Pourquoi, comment nous organiser en tant que révolutionnaires ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Infos pratiques :</h2>



<p><em>Hébergement :</em><br>Pour les personnes qui habitent loin, un hébergement est possible chez l&rsquo;un.e de nos camarades (possibilité en mixité choisie).</p>



<p><em>Frais de transport :</em><br>L’argent ne doit pas être un frein pour accéder à ces moments : les frais de transport peuvent être pris en charge collectivement.<br>D’autres week-ends de ce type sont par ailleurs prévus à Marseille et Rennes.</p>



<p><em>Pour les enfants :</em><br>De même pour les enfants. Une garderie est organisée sur un autre lieu pendant la journée.</p>



<p><em>Pour les repas :</em><br>N’hésite pas à venir à partir de 9h30 les deux jours, pour un petit déjeuner sur place. Le samedi et le dimanche midi, un repas collectif végétarien sera proposé.</p>



<p><em>Participation à prix libre :</em><br>Chaque personne participant au weekend participe financièrement aux frais du weekend (repas, garderie) à la hauteur de ses moyens.</p>



<p><em>Inscriptions :</em><br>Afin de nous permettre d’évaluer au mieux les besoins en termes de nombre de repas, régimes alimentaires, hébergements, garde d’enfants, inscris-toi ici : <a href="https://framaforms.org/inscription-au-week-end-regional-da2c-du-15-et-16-mars-2025-1741455628">sur ce lien Framapad</a>. Tu peux aussi nous contacter par mail : a2c[at]riseup.net, ou sur instagram : @a2c.autonomiedeclasse.</p>



<p></p>
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		<item>
		<title>Luttes de classes : les bases de l’antagonisme</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/classes-sociales/luttes-de-classes-les-bases-de-lantagonisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jan 2025 14:31:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Classes sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Exploitation]]></category>
		<category><![CDATA[lutte de classe]]></category>
		<category><![CDATA[Marxisme]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=9117</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d&#8217;A2C #15 &#8211; décembre 2024 Dans l’article paru dans le dernier numéro des Cahiers sur la lutte des classes1, Ross Harrold, aborde de nombreux aspects (l’histoire, le capitalisme mondial, comment les idées changent…). <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/classes-sociales/luttes-de-classes-les-bases-de-lantagonisme/" title="Luttes de classes : les bases de l’antagonisme">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #15 &#8211; décembre 2024</h6>



<p>Dans l’article paru dans le dernier numéro des Cahiers sur la lutte des classes<sup data-fn="8fc8150e-74c7-46c8-846e-593d0255b4c7" class="fn"><a id="8fc8150e-74c7-46c8-846e-593d0255b4c7-link" href="#8fc8150e-74c7-46c8-846e-593d0255b4c7">1</a></sup>, Ross Harrold, aborde de nombreux aspects (l’histoire, le capitalisme mondial, comment les idées changent…).</p>



<p>De manière surprenante, il n’aborde que superficiellement ce qui en est la source&nbsp;: le rapport d’exploitation. Or c’est ce rapport, indépendant de la volonté et des idées de ses protagonistes qui est à la base de la division entre classes et de l’antagonisme irréductible entre elles. Il explique tant la lutte des classes que la nécessité révolutionnaire.</p>



<p>Dans sa définition la plus générale, l’exploitation est le phénomène par lequel une minorité s’accapare une partie (plus ou moins grande) de ce qui est produit par la majorité.</p>



<p>Sous le capitalisme, la définition est beaucoup plus précise et les formes qu’elle prend sont spécifiques.</p>



<p>Les travailleur·euses sont payé·es pour mettre toute leur capacité de travail (ce que Marx appelait la force de travail) à la disposition des patrons chaque jour. La valeur de cette force de travail est déterminée par ce qu’il faut pour la produire et la reproduire.</p>



<p>Elle est considérablement inférieure à la valeur du travail produit. La différence, accaparée par les capitalistes, est ce que Marx appelait la «&nbsp;plus-value&nbsp;», qui est la source du profit.</p>



<p>Les patrons sont sous pression constante pour augmenter cette plus-value. Soit de manière absolue (par exemple en allongeant la journée de travail) ou de manière relative (en augmentant la productivité du travail). D’où l’antagonisme permanent entre patrons et travailleur·euses (salaires, conditions de travail). Ce qui ne peut se résoudre que par la fin du rapport lui-même.</p>



<p>Le capitalisme est un système global qui relie (notamment au travers du marché) les capitaux et les travailleur·euses entre elles et eux. Ce rapport ne se joue donc pas uniquement à l’échelle de chaque lieu de travail ou de chaque entreprise, mais à l’échelle de toute la société et s’exprime au travers des politiques des Etats, des institutions internationales, etc.</p>



<p>Il est aussi un système global parce qu’il résulte d’un processus historique en s’articulant à de multiples autres rapports de domination (racisme, sexisme…).</p>



<p>La compréhension précise de ce mécanisme n’est pas un enjeu de connaissance savante.&nbsp;</p>



<p>Il en découle notamment&nbsp;:</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>que cet antagonisme est ce qui ne cesse de produire des conflits indépendamment de la volonté, des idées de ses protagonistes. La lutte de classes n’est pas d’abord le produit de la conscience de classe des travailleur·euses. Pas plus qu’elle n’est d’abord celui du cynisme et de la cupidité des capitalistes. C’est la conscience de classe qui est le produit de la lutte tout comme la cupidité et le cynisme des capitalistes est le produit de leurs intérêts de classe.</li>



<li>que cet antagonisme joue sur l’ensemble des rapports sociaux et qu’il est autant illusoire de croire que la lutte contre le racisme ou le sexisme peuvent être menées indépendamment de lui que de penser qu’une conscience de classe puisse se développer hors de ces luttes.</li>



<li>que cet antagonisme ne peut se résoudre en dehors du renversement de toute la structure dont il est la base. La révolution n’est pas un choix&nbsp;: c’est une nécessité.</li>
</ol>



<p>Cela signifie que cette analyse a des conséquences sur tous les débats stratégiques qui émergent dans tout mouvement, du plus localisé au plus global, que ce se soit au cours d’une grève (s’agit-il de négocier une «&nbsp;plus juste&nbsp;» répartition des richesses&nbsp;?), du rapport à l’État (est-il neutre&nbsp;?), de la lutte contre le racisme (les travailleur·euses blanc·hes sont-ils/elles privilégié·es&nbsp;?).</p>



<p>En n’allant pas à la base de la question de la lutte des classes, sans doute par souci de rendre accessible la théorie, Ross ne nous arme pas. Construire l’autonomie de classe c’est aussi se forger collectivement des armes théoriques en acier, aussi antagonistes avec les idées dominantes que nos intérêts le sont du capitalisme.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Denis Godard, Paris&nbsp;20e</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="8fc8150e-74c7-46c8-846e-593d0255b4c7"><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/la-lutte-des-classes-au-21e-siecle/">La lutte des classes au 21ème siècle</a>, article paru dans la revue #14 <a href="#8fc8150e-74c7-46c8-846e-593d0255b4c7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>Crise du capitalisme : Une mauvaise répartition des richesses ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/crise-du-capitalisme-une-mauvaise-repartition-des-richesses/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Oliver (Rennes)]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Jan 2025 21:01:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Économie politique]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=9066</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">À Autonomie de Classe, nous avons régulièrement mobilisé le concept de trajectoire du capital. Ce concept permet de rendre compte, d’une part, que le capitalisme est un processus dynamique en permanente évolution et, d’autre part, qu’il y a une direction qui caractérise cette trajectoire. </div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #15 &#8211; décembre 2024</h6>



<p></p>



<p class="has-drop-cap">A Autonomie de Classe, nous avons régulièrement mobilisé le concept de trajectoire du capital. Ce concept permet de rendre compte, d’une part, que le capitalisme est un processus dynamique en permanente évolution et, d’autre part, qu’il y a une direction qui caractérise cette trajectoire. Elle n’est pas le fruit du hasard, mais la conséquence du fonctionnement interne du système de production capitaliste. La compréhension de ce fonctionnement permet donc d’anticiper les transformations à venir et de développer une stratégie d’intervention en conséquence. Depuis plusieurs années, nous argumentons sur le fait que la phase néolibérale du capitalisme est derrière nous et qu’une phase impérialiste se développe à grande vitesse. Cette transformation explique, par exemple,&nbsp;pourquoi les différents partis de la bourgeoisie en Europe ou aux USA, historiquement favorables aux accords de libre-échange, adoptent désormais des mesures protectionnistes et se retrouvent donc sur la même ligne que F. Ruffin, un opposant de longue date. Ce revirement n’est pas dû à un réajustement du capital au profit du travail – au contraire – mais à un besoin des blocs de capitaux d’être davantage soutenus par leurs Etats respectifs. Ce soutien prend et prendra de plus en plus la forme d’une militarisation accrue des conflits économiques, d’une mise au pas des travailleur∙euse∙s et du renforcement du nationalisme permettant de justifier et de faire accepter ces mesures.</p>



<p>Ainsi, comprendre cette trajectoire permet de déterminer si certaines revendications vont dans le sens de l’intérêt de notre classe ou – au contraire – dans celle du capital. Or, pour comprendre la trajectoire du capital, il est nécessaire de faire de l’analyse économique. C’est dans cette perspective que nous avons décidé d’analyser la proposition selon laquelle la crise actuelle du capitalisme est en partie due à une mauvaise répartition des richesses et d’analyser son corollaire&nbsp;: une meilleure répartition des richesses permettrait de limiter la crise. Le programme économique du NFP est notamment construit autour de cette logique. Nous allons donc nous intéresser à ce programme et voir si les promesses qu’il formule sont réalistes.</p>



<h2 class="wp-block-heading" style="font-style:normal;font-weight:600">Le programme économique du NFP</h2>



<p>Le programme économique du NFP s’articule autour de deux axes principaux. Le premier axe concentre des mesures défensives de soutien du niveau de vie des travailleur•euse•s en supprimant des mesures iniques du gouvernement Macron et en introduisant des dispositifs de soutien économique dirigés vers les classes populaires. Le second axe est un ensemble de mesures d’investissement et de financement des investissements poursuivant un double objectif : relancer la croissance et accélérer la transition énergétique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" style="font-style:normal;font-weight:600">Soutien au niveau de vie</h2>



<p>Tout d’abord, le NFP propose d’abroger la réforme des retraites de 2023 ainsi que la dernière réforme de l’assurance chômage. On notera qu’il n’est pas question d’abroger les lois travail (la présence du PS dans le NFP n’y est sûrement pas pour rien).</p>



<p>Autre mesure d’urgence, le NFP propose de passer le SMIC à 1600€ net, soit une augmentation de 14%. Le maintien des exonérations de cotisations sur les salaires allant jusqu’à 2.5 fois le SMIC n’est pas tranchée dans le programme. Pourtant, cela revêt un enjeu majeur car son maintien ferait porter une grande partie de cette hausse sur les finances publiques. A contrario, la suppression de ce dispositif représenterait une hausse de presque 60% du montant du SMIC chargé<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_9066_13('footnote_plugin_reference_9066_13_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_9066_13('footnote_plugin_reference_9066_13_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_9066_13_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_9066_13_1" class="footnote_tooltip">Salaire brut + cotisations patronales + coûts indirecte assumés par l’entreprise</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_9066_13_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_9066_13_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> pour les employeurs.</p>



<p>Le blocage / contrôle des prix fait aussi partie de l’arsenal économique proposé par le NFP. Le principe serait de bloquer les prix des biens de première nécessité dans l’alimentation, l’énergie et les carburants pour permettre de maîtriser l’inflation dont la principale cause était l’augmentation des marges des entreprises <span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_9066_13('footnote_plugin_reference_9066_13_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_9066_13('footnote_plugin_reference_9066_13_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_9066_13_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_9066_13_2" class="footnote_tooltip"><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/inflation-vers-une-crise-dampleur/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/inflation-vers-une-crise-dampleur/</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_9066_13_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_9066_13_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>Par ailleurs, après ces mesures d’urgence, le NFP propose de rétablir l’indexation des salaires sur l’inflation.</p>



<h2 class="wp-block-heading" style="font-style:normal;font-weight:600">Planification écologique et égalité fiscale</h2>



<p>Une fois les mesures d’urgence en faveur des travailleur∙euse∙s prises, le NFP propose une ambitieuse série d’investissements notamment autour de la transition énergétique.</p>



<p>Tout d’abord, le NFP propose de renforcer les aides aux ménages pour l’isolation de leurs logements.&nbsp;</p>



<p>Ensuite, le NFP propose d’accélérer la rénovation des bâtiments publics.</p>



<p>Par ailleurs, il souhaite également renforcer les filières françaises et européennes de production d’énergies renouvelables. Cette politique serait également couplée d’une politique dite de «&nbsp;reconstruction industrielle pour mettre fin à la dépendance de la France et de l’Europe dans les domaines stratégiques&nbsp;».&nbsp;</p>



<p>De ce point de vue, le programme d’investissement du NFP s’inscrit dans une logique proche du programme de Biden aux USA porté par l’Inflation Reduction Act, un plan de soutien à la décarbonation de 370 Mds$ sur 10 ans, en partie financé par une hausse de l’impôt sur les sociétés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quelles hypothèses pour le financement&nbsp;?</h2>



<p>Les mesures du NFP s’inscrivent dans une politique dite sociale-démocrate qui vise à privilégier la répartition des richesses au profit du travail plutôt que du capital, mais sans toucher aux fondamentaux de l’économie capitaliste&nbsp;: la propriété privée des moyens de production, la production pour l’accumulation et donc, la recherche de la fameuse croissance. Dans ce contexte précis, le financement des mesures est une question centrale car c’est lui qui détermine la faisabilité d’une politique. Aussi, intéressons-nous au financement de ces mesures. Tout d’abord, celui des mesures défensives repose essentiellement sur une taxation plus élevée des entreprises et des plus hauts revenus comme indiqué sur la <em>Figure 1</em>.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img data-dominant-color="484b49" data-has-transparency="false" decoding="async" width="697" height="791" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/figure_1-2-png.webp" alt="" class="wp-image-9074 not-transparent" style="--dominant-color: #484b49; width:416px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/figure_1-2-png.webp 697w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/figure_1-2-264x300.webp 264w" sizes="(max-width: 697px) 100vw, 697px" /><figcaption class="wp-element-caption">Figure 1 : Analyse des effets du programme de NFP sur les revenus</figcaption></figure>
</div>


<p>Ces mesures de redistribution, présentées à raison comme des mesures d’urgences, ne posent pas de problème de financement car elles ne reposent pas sur une hypothèse d’accélération de la croissance pour être financées. C’est-à-dire qu’elle ne repose pas sur une augmentation de la création de richesse.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="d6e0d3" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="756" height="692" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/figure_2-png.webp" alt="" class="wp-image-9075 not-transparent" style="--dominant-color: #d6e0d3; width:494px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/figure_2-png.webp 756w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/figure_2-300x275.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 756px) 100vw, 756px" /><figcaption class="wp-element-caption">Figure 2 : Mesures du plan de bifurcation écologique du programme de LFI pour la présidentielle 2022</figcaption></figure>
</div>


<p> En revanche, le NFP propose aussi « de changer la vie des gens » au travers d’un ambitieux programme de transition énergétique. Le programme présenté lors des dernières législatives reste flou sur le sujet mais s’inspire du programme, bien plus détaillé, de la France Insoumise de 2022. C’est donc ce programme que nous allons examiner. La politique économique de la FI, destinée « à changer la vie », repose sur deux piliers. Le premier est celui de la planification écologique, le second celui de la relocalisation. Ces deux piliers sont pensés de façon très interdépendante. La <em>Figure 2</em> détaille les mesures de la planification écologique et leur coût estimé : 200 Mds d’euros. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Le financement de cet ambitieux programme serait assuré par&nbsp;:</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li>La suppression des niches fiscales sur les énergies fossiles qui rapporterait 6.5 Mds d’euros par an.</li>



<li>La mise en place d’une taxe kilométrique aux frontières et de droits de douanes sur la qualité écologique des importations qui rapporterait 5 Mds d’euros par an.</li>



<li>Les économies de coûts permises par la réduction de la dégradation de l’environnement qui pourrait représenter jusqu’à 52 Mds d’euros par an.</li>



<li>L’effet d’entraînement de l’économie provoqué par les investissements massifs dans la bifurcation écologique et la politique de relocalisation d’entreprises de secteurs clefs. Cette dernière serait permise par des mesures protectionnistes pour permettre la réussite de cette relocalisation.</li>
</ul>



<p>Au vu des montants nécessaires pour financer la bifurcation écologique (estimés entre 50 et 80 Mds d’euros par an en fonction des études), il est évident que l’essentiel de son financement repose sur ce fameux effet d’entraînement de l’économie. Mais est-ce bien raisonnable&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Multiplicateur keynésien contre multiplicateur marxiste&nbsp;:&nbsp;</h2>



<p>La réussite du projet de la France Insoumise repose sur un modèle dit keynésien. Partant de la fameuse égalité -simplifiée- :</p>



<p>Investissement(K) + dépense publique – Epargne + Surplus Externe (K) = Profits – Conso (K)</p>



<p>Le modèle keynésien suppose une causalité de l’investissement vers les profits. Il est donc nécessaire de maintenir des investissements élevés pour garantir des profits importants. Mais, en cas de crise, les ménages augmentent leur épargne et le déficit vis-à-vis des autres pays augmente (= augmentation de l’épargne des capitalistes étrangers). Alors pour maintenir les taux de profits importants, il faut que l’Etat dépense. Ainsi, permettre à l’Etat de jouer un rôle majeur dans le fléchage des investissements permet alors de générer des profits pour les entreprises, profits qui permettent de mieux rémunérer les travailleurs, de remplir les caisses de l’Etat et de recommencer un cycle d’accumulation vertueux basé sur une croissance solide. Dans ce modèle, investissements actuels et profits futurs sont reliés par ce qu’on appelle un multiplicateur keynésien.</p>



<p>Partant de la même égalité, les modèles marxistes inversent le rapport de causalité, ce sont les profits qui déterminent le niveau des investissements.&nbsp;</p>



<p>Profits – Investissements (K) = dépense publique + Conso (K) + Surplus externe (K) &#8211; Epargne</p>



<p>Alors, si nous supposons que les profits sont fixes ou diminuent dans l’équation (parce que le taux d’exploitation de la force de travail ne peut pas être augmenté), alors l’investissement (K) ne peut pas être accru ou va diminuer, à moins que les éléments à droite de l’équation soient modifiés pour compenser, à savoir si l’épargne publique ou des ménages augmente et/ou si la consommation personnelle des capitalistes diminue et/ou si les dépenses publiques diminuent. Mais cela signifie aussi qu’une baisse de la dépense publique peut se traduire par une hausse de la consommation des capitalistes. C’est bien ce phénomène qu’on observe depuis 2008&nbsp;:&nbsp; l’effondrement des taux de profits associé à une politique austéritaire a fait exploser les dépenses de luxes de la bourgeoisie&nbsp;: elle a augmenté sa consommation. Finalement, ce que dit le multiplicateur marxiste, c’est que les variations de dépense publique n’ont pas d’influence voire une influence négative sur le taux de profit. C’est ce phénomène de non-causalité entre la dépense publique et les profits qui explique l’échec de la politique austéritaire menée en Europe après la crise de 2008. Les économistes du FMI pensaient qu’une baisse des dépenses publiques provoquerait une hausse des investissements capitalistes et un rétablissement des taux de profits. Or, les données montrent que la politique austéritaire n’a globalement pas eu d’effet &#8211; ni dans un sens ni dans l’autre &#8211; sur la croissance du PIB.&nbsp;</p>



<p>Dans «&nbsp;The profit-investment nexus: Keynes or Marx?»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_9066_13('footnote_plugin_reference_9066_13_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_9066_13('footnote_plugin_reference_9066_13_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_9066_13_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_9066_13_3" class="footnote_tooltip"><a href="https://thenextrecession.wordpress.com/2018/03/07/unam-1-the-profit-investment-nexus/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://thenextrecession.wordpress.com/2018/03/07/unam-1-the-profit-investment-nexus/</span></a>&nbsp;</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_9066_13_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_9066_13_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>&nbsp;, l’économiste Michael Roberts mesure la corrélation entre le solde primaire hors paiement des intérêts (mesure de&nbsp; l’austérité) des pays du G6, des économies européennes en difficulté (GIPS), et des deux (all) et la croissance du PIB. La <em>Figure 3</em> montre que ces deux variables sont assez peu corrélées, en effet la corrélation est positive pour les pays du G6 seuls et négative pour les autres.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img data-dominant-color="f8f8e9" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="756" height="321" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/figure_3-png.webp" alt="" class="wp-image-9078 not-transparent" style="--dominant-color: #f8f8e9; width:533px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/figure_3-png.webp 756w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/figure_3-300x127.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 756px) 100vw, 756px" /><figcaption class="wp-element-caption">Figure 3 : Source données FMI et  » The profit-investment nexus: Keynes or Marx?&nbsp;» de M. Roberts, Historical Materialism, 2017 </figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img data-dominant-color="f8f8ec" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="756" height="403" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/figure_4-2-png.webp" alt="" class="wp-image-9081 not-transparent" style="--dominant-color: #f8f8ec; width:528px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/figure_4-2-png.webp 756w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/figure_4-2-300x160.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 756px) 100vw, 756px" /><figcaption class="wp-element-caption">Figure 4 : <em>Source base de données AMECO et  » The profit-investment nexus: Keynes or Marx? » de M. Roberts, Historical Materialism, 2017</em></figcaption></figure>



<p>En revanche, sur la <em>Figure 4</em>, M. Roberts montre qu’il y a une corrélation bien plus convaincante entre les variations de rentabilité du capital (rendement net sur le stock d&rsquo;actifs fixes) et la croissance du PIB des pays du G6, des GIPS et de l’ensemble. Ce qui soutient davantage un lien de causalité des profits vers les investissements que des investissements vers les profits.</p>



<h2 class="wp-block-heading" style="font-style:normal;font-weight:600">La crise du profit</h2>



<p>Comme nous l’avons évoqué dans nos différentes analyses économiques, l’économie capitaliste mondiale présente des taux historiquement bas de profitabilité. Cette baisse de profitabilité n’est pas un élément conjoncturel, mais structurel du capitalisme. Dit autrement, cette baisse des taux de profits n’est pas due à une mauvaise gestion économique, ou bien à de mauvaises décisions d’investissement ni même encore à une mauvaise répartition des richesses. La baisse du taux de profit est une tendance inéluctable de l’accumulation capitaliste.&nbsp;</p>



<p>Si une meilleure répartition des richesses peut soulager les classes populaires momentanément, l’effondrement du taux de profit empêche toute relance d’un «&nbsp;cycle vertueux&nbsp;». De ce point de vue, le programme social-démocrate de la FI, s’il venait à être appliqué , ne produirait pas les résultats escomptés en termes de croissance et d’enrichissement collectif car il se heurterait au mur de l’absence d’effet d’entraînement des dépenses publiques.&nbsp;</p>



<p>Personne ne peut être contre une meilleure répartition des richesses, contre le fait de plus taxer le capital, etc. En revanche, il faut garder en tête que la trajectoire interne du capital est principalement déterminée par ses propres contradictions &#8211; parmi lesquelles la baisse tendancielle du taux de profit est une des plus fondamentales<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_9066_13('footnote_plugin_reference_9066_13_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_9066_13('footnote_plugin_reference_9066_13_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_9066_13_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_9066_13_4" class="footnote_tooltip"> Pour une présentation détaillée du mécanisme de baisse tendancielle du taux de profit, voire <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/de-quoi-la-crise-est-elle-le-nom/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/de-quoi-la-crise-est-elle-le-nom/</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_9066_13_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_9066_13_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>– et non par les différentes politiques publiques qui peuvent être mises en place pour réguler le capitalisme.</p>



<p>Pour conclure, le fonctionnement du capitalisme est principalement dicté par le taux de profit globalisé. Aujourd’hui, ce taux est historiquement bas, et les possibilités de le redresser sont épuisées. Cela signifie qu’il n’y a plus de sortie de crise possible sans remettre en question le système capitaliste lui-même. En tant que militant∙e∙s révolutionnaires, cela veut dire que nous devons soutenir toutes les luttes favorables aux travailleur∙euse∙s, toutes les luttes qui permettent à notre classe d’avoir confiance en ses forces pour contester le système, mais que nous devons aussi, à l’intérieur de ces luttes, lutter contre les arguments qui ignorent les tendances internes du capital et insister pour ne jamais prendre en compte les besoins de rentabilité ou de profitabilité des entreprises avant ceux des travailleur∙euse∙s. Par exemple, lors d’une lutte contre la fermeture d’un site, cela veut dire se battre aux côtés des salarié•e•s pour le maintien de l’emploi et pour l’appropriation collective de l’outil de travail, mais contre des arguments qui lieraient le maintien des emplois à des problèmes de souveraineté nationale. Dans toutes les luttes économiques ou politiques que nous allons mener, une seule boussole&nbsp;: l’intérêt de notre classe&nbsp;!</p>



<p></p>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_9066_13();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_9066_13();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_9066_13">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_9066_13" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_9066_13_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_9066_13('footnote_plugin_tooltip_9066_13_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Salaire brut + cotisations patronales + coûts indirecte assumés par l’entreprise</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_9066_13_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_9066_13('footnote_plugin_tooltip_9066_13_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/inflation-vers-une-crise-dampleur/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/inflation-vers-une-crise-dampleur/</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_9066_13_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_9066_13('footnote_plugin_tooltip_9066_13_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://thenextrecession.wordpress.com/2018/03/07/unam-1-the-profit-investment-nexus/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://thenextrecession.wordpress.com/2018/03/07/unam-1-the-profit-investment-nexus/</span></a>&nbsp;</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_9066_13_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_9066_13('footnote_plugin_tooltip_9066_13_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text"> Pour une présentation détaillée du mécanisme de baisse tendancielle du taux de profit, voire <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/de-quoi-la-crise-est-elle-le-nom/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/de-quoi-la-crise-est-elle-le-nom/</span></a></td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_9066_13() { jQuery('#footnote_references_container_9066_13').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_9066_13').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_9066_13() { jQuery('#footnote_references_container_9066_13').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_9066_13').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_9066_13() { if (jQuery('#footnote_references_container_9066_13').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_9066_13(); } else { footnote_collapse_reference_container_9066_13(); } } function footnote_moveToReference_9066_13(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_9066_13(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_9066_13(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_9066_13(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/crise-du-capitalisme-une-mauvaise-repartition-des-richesses/">Crise du capitalisme : Une mauvaise répartition des richesses ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Qu’est-ce qu’un parti fasciste ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/quest-ce-quun-parti-fasciste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Nico]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Oct 2024 11:51:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[RN]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les divergences d’analyse ont des conséquences pratiques dans la lutte ; pour toutes celles et ceux décidé·e·s à combattre le Rassemblement national (RN), la façon dont on pense et qualifie ce parti a une influence décisive <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/quest-ce-quun-parti-fasciste/" title="Qu’est-ce qu’un parti fasciste ?">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">Les divergences d’analyse ont des conséquences pratiques dans la lutte ; pour toutes celles et ceux décidé·e·s à combattre le Rassemblement national (RN), la façon dont on pense et qualifie ce parti a une influence décisive sur notre stratégie politique. Caractériser le RN comme fasciste et voir le risque qu’il se saisisse du pouvoir d’État comme principal danger aujourd’hui ne constituent pas des évidences pour beaucoup. Alors qu’il est devenu en juillet le plus grand parti à l’Assemblée nationale, nous pensons à A2C qu’il est essentiel d’argumenter en ce sens, pour lancer une dynamique de lutte efficace, de masse et populaire, capable de le stopper dans sa marche, que beaucoup trop voient comme irrésistible. Cela implique de tordre le coup à une idée tenace et délétère, même à l’intérieur de notre camp : le RN « champion des ouvrier·e·s ».</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #14 &#8211; septembre 2024</h6>



<h2 class="wp-block-heading">Comment s’organisent les fascistes ?</h2>



<p>Il n’y a rien de mécanique dans la progression des fascistes jusqu’à la prise du pouvoir. Tout d’abord, ils ont besoin d’une organisation politique autonome pour se regrouper. Une fois rassemblés, leur parti se met en mouvement vers leur but premier, la prise de contrôle du pouvoir d’État pour appliquer un programme raciste, nationaliste et de mise au pas de toute la société. Mais il ne peut y arriver que dans des conditions particulières : crise économique, crise politique, défaite du mouvement ouvrier. Par ailleurs, les fascistes n’attendent pas que la situation pourrisse et que le pouvoir leur tombe entre les mains comme un fruit mûr, le premier rôle de leur organisation est de favoriser les conditions propices à leur prise du pouvoir. C’est pour cela que le fascisme est toujours en mouvement, il ne s’agit pas d’un bloc statique qui gonflerait électoralement grâce à des facteurs extérieurs, et encore moins parce qu’il apporterait des « fausses réponses à des vraies questions » .<sup data-fn="cf58dcd2-14c7-4699-b346-a9c927aa88fc" class="fn"><a id="cf58dcd2-14c7-4699-b346-a9c927aa88fc-link" href="#cf58dcd2-14c7-4699-b346-a9c927aa88fc">1</a></sup></p>



<p>Historiquement, les partis fascistes (Parti national fasciste de Mussolini, NSDAP d’Hitler) ont eu pour base militante et électorale la petite-bourgeoisie, les petits détenteurs de capitaux (boutiquiers, petits entrepreneurs n’employant que quelques salarié·e·s) trop faibles pour en accumuler massivement et diriger l’économie et l’appareil d’État comme le peut la grande bourgeoisie ou les grands propriétaires terriens. Les fascistes mobilisent aussi très largement dans la couche de la population employée au maintien de l’ordre (contremaître, sécurité privée, police, armée). Contrairement aux conservateurs traditionnels qui comptent sur une adhésion passive, le fascisme met en mouvement ceux qu’il gagne à sa cause, il demande une adhésion active qui se traduit par un mouvement de masse.</p>



<p>Cependant le parti fasciste ne prétend pas être l’organisation de défense d’une classe ou d’une fraction de classe en particulier, il se présente comme l’incarnation d’une communauté nationale mythifiée prête à écraser quiconque n’entre pas dedans : cela s’est traduit en Europe entre 1921 et 1945 par l’interdiction de tout opposition, l’enfermement systématique des militant·e·s, le génocide des juif·ve·s, des tsiganes et des personnes handicapées. À ce titre, le fascisme est aussi un mouvement transversal qui attire des militant·e·s issus de différentes classes ou différentes trajectoires politiques, il attire certes une fraction de la classe ouvrière&nbsp;<sup data-fn="efe7500c-74b7-429c-bf8f-80fd4b8e58d6" class="fn"><a id="efe7500c-74b7-429c-bf8f-80fd4b8e58d6-link" href="#efe7500c-74b7-429c-bf8f-80fd4b8e58d6">2</a></sup> mais ne la représente jamais. Il est fondamentalement un mouvement autonome qui développe sa propre stratégie par rapport à l’État et aux fractions gouvernantes traditionnelles de la bourgeoisie. <sup data-fn="432b311d-bce5-4723-a818-701d95093a29" class="fn"><a id="432b311d-bce5-4723-a818-701d95093a29-link" href="#432b311d-bce5-4723-a818-701d95093a29">3</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le RN n’est pas un parti ouvrier</h2>



<p>C’est un lieu commun que de qualifier le RN de premier parti chez les ouvrier·e·s. Penser l’extrême droite fasciste comme le refuge d’une classe ouvrière démobilisée n’a pour conséquences que de la légitimer et de valider son racisme. Cela revient à nous voiler la face sur la nature de notre ennemi et à nous désarmer politiquement.</p>



<p>Ce lieu commun (répandu d’abord par le RN et les fractions de l’industrie médiatique qui lui sont acquises) peut sembler en apparence vrai par une observation très superficielle de quelques statistiques et sondages. Plus de la moitié des ouvrier·e·s auraient donc voté pour un candidat RN en juillet ? À mieux y regarder, près de la moitié des ouvrier·e·s inscrit·e·s sur les listes électorales ne se sont pas déplacé·e·s pour voter. Les ouvrier·e·s sont de plus la fraction de l’électorat la plus susceptible d’être absente des listes électorales, et les ouvrier·e·s étranger·e·s sont exclu·e·s de ce décompte. Une fois cela en tête, le vote RN ne représente plus que moins du quart de la population ouvrière telle que la définissent les instituts de sondage et l’Insee. Nous ne nous pencherons pas plus sur certaines chausse-trapes sondagières comme celle du cabinet IPSOS qui déduit que le RN est le premier parti chez ceux « qui bouclent juste leur budget » d’après des déclarations invérifiables lors d’entretiens téléphoniques, au détriment de toute rigueur intellectuelle.</p>



<p>Par ailleurs, la définition des catégories socio-­professionnelles de l’Insee (reprises par les instituts) ne correspond pas à une approche en terme de classes sociales ; ces catégories regroupent de façon problématique des professions, essentiellement par niveau de diplôme, sans définir leur rapport au capital : par exemple, un flic du rang « gardien de la paix » et une femme de ménage salariée d’une entreprise relèvent de la même catégorie « employés ». À notre connaissance, aucun institut de sondages n’a étudié le vote RN sous le prisme de la détention de capitaux.</p>



<p>Se pencher exclusivement sur l’électorat n’est qu’une façon très superficielle d’aborder le rapport entre le RN et la classe ouvrière. La sociologie militante du RN est mal connue, mais l’organigramme du parti nous révèle qu’aucun·e ouvrier·e n’a jamais été membre de son bureau politique essentiellement composé d’indépendants, de petits patrons ou de cadres du privé ; de même le profil des élu·e·s ne montre aucune surreprésentation des ouvrier·e·s par rapport à la gauche et encore moins par rapport à l’ensemble de la société.&nbsp;<sup data-fn="54a16875-d222-4bd2-8d8a-e3a20a8607b4" class="fn"><a id="54a16875-d222-4bd2-8d8a-e3a20a8607b4-link" href="#54a16875-d222-4bd2-8d8a-e3a20a8607b4">4</a></sup>&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">La centralité du racisme au RN, la centralité de l’antiracisme pour le combattre</h2>



<p>Le RN n’est certes pas un mouvement de masse identique à ce que furent le PNF ou le NSDAP, mais cela ne doit pas nous voiler la face sur sa progression en terme militant. Si l’on doit prendre avec circonspection l’annonce du dépassement des 100 000&nbsp;membres cet été, il est indéniable que l’organisation est en croissance en comparaison des 7 000&nbsp;membres revendiqués il y a quinze ans. Nous avons à combattre une organisation politique bureaucratisée, dotée de toujours plus de moyens et de plus en plus banalisée. Derrière la façade « dédiabolisée », les troupes du parti présentent le profil habituel de l’extrême droite fasciste, anciens du GUD ou de Génération identitaire, nostalgiques de la colonisation et de l’OAS, négationnistes, transphobes…&nbsp;<sup data-fn="cc6cfe8c-dffe-4a5c-b48e-c5d207dcd009" class="fn"><a id="cc6cfe8c-dffe-4a5c-b48e-c5d207dcd009-link" href="#cc6cfe8c-dffe-4a5c-b48e-c5d207dcd009">5</a></sup></p>



<p>Conformément à la stratégie fasciste, le RN est avant tout opportuniste, prêt à se contredire du jour au lendemain pour promettre n’importe quoi à différentes fractions de la population qu’il cherche à attirer à lui, le seul dénominateur commun à tous ses discours étant le racisme. Le nier ne nous fait que perdre un temps déjà trop compté.</p>



<p>Penser que le moteur du vote et de l’engagement RN n’est pas le racisme ne contribue qu’à le rendre plus acceptable, à chaque fois qu’on parlera de « fâchés pas fachos », des électeur·rice·s se sentiront légitimé·e·s dans leur choix du fascisme, il n’y aura pas de retour de la question sociale mais une acceptation de sa modalisation sous le prisme du racisme. De la banalisation du vote arrive la banalisation de la prise de parole raciste, qui mène à l’engagement militant et l’agression violente. Combattre le RN implique de ne jamais euphémiser cela, sous peine de se rendre inaudible. La « gauche » a du mal à le voir, l’adhésion au cadre de pensée citoyen et national et sa propre islamophobie l’empêchent encore d’affronter le problème à la racine. Contre la marche vers le pouvoir du RN, l’urgence pour nous doit être de travailler partout où nous sommes à construire par en bas des initiatives antifascistes et antiracistes, les « rediaboliser », saboter chacune de leurs initiatives, jusqu’à les renvoyer dans les poubelles de l’histoire dont ils n’auraient jamais dû sortir.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Barnabé Bouchard (Paris 18e)</h5>



<p>Cet article est largement issu d’une discussion sur la caractérisation du RN introduite par Vanina Guidicelli (Paris 20e) en juillet dernier.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h6 class="wp-block-heading">NOTES</h6>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="cf58dcd2-14c7-4699-b346-a9c927aa88fc">Laurent Fabius, politicien PS, à propos de Jean-Marie Le Pen en 1984. <a href="#cf58dcd2-14c7-4699-b346-a9c927aa88fc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="efe7500c-74b7-429c-bf8f-80fd4b8e58d6">Historiquement la plus isolée, celle des petites unités de production prompte à s’identifier à la condition du patron, a fortiori si celui-ci intervient dans le processus de travail au côté de ses salarié·e·s. <a href="#efe7500c-74b7-429c-bf8f-80fd4b8e58d6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="432b311d-bce5-4723-a818-701d95093a29">Toutes ces observations sur l’organisation sont largement développées et étayées dans notre brochure Comprendre le fascisme pour mieux le combattre. <a href="#432b311d-bce5-4723-a818-701d95093a29-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="54a16875-d222-4bd2-8d8a-e3a20a8607b4">Voir la liste des député·e·s par catégorie socioprofessionnelle disponible sur le site de l’Assemblée nationale. <a href="#54a16875-d222-4bd2-8d8a-e3a20a8607b4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="cc6cfe8c-dffe-4a5c-b48e-c5d207dcd009">Voir la compilation de Streetpress du 5 juillet 2024, Propos racistes, homophobes, complotistes… La liste des 109 candidats RN épinglés. <a href="#cc6cfe8c-dffe-4a5c-b48e-c5d207dcd009-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/quest-ce-quun-parti-fasciste/">Qu’est-ce qu’un parti fasciste ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Stratégies pour la libération : anciens et nouveaux arguments de la gauche palestinienne</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/strategies-pour-la-liberation-anciens-et-nouveaux-arguments-de-la-gauche-palestinienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Anouk]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Sep 2024 12:08:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=8647</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Article traduit de l&#8217;anglais depuis : Strategies for liberation: old and new arguments in the Palestinian left • International Socialism (isj.org.uk). Après plus de 8 mois de génocide israélien à Gaza, la résistance palestinienne tient <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/strategies-pour-la-liberation-anciens-et-nouveaux-arguments-de-la-gauche-palestinienne/" title="Stratégies pour la libération : anciens et nouveaux arguments de la gauche palestinienne">[...]</a></div>
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]]></description>
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<p>Article traduit de l&rsquo;anglais depuis : <a href="https://isj.org.uk/strategies-for-liberation-old-and-new-arguments-in-the-palestinian-left/">Strategies for liberation: old and new arguments in the Palestinian left • International Socialism (isj.org.uk)</a>.</p>



<p style="font-style:normal;font-weight:600">Après plus de 8 mois de génocide israélien à Gaza, la résistance palestinienne tient toujours bon.<sup data-fn="f066f31d-7d54-43ff-8e4e-c92e0d5aa94c" class="fn"><a id="f066f31d-7d54-43ff-8e4e-c92e0d5aa94c-link" href="#f066f31d-7d54-43ff-8e4e-c92e0d5aa94c">1</a></sup> Aujourd&rsquo;hui, cette résistance est dominée par des organisations islamistes. La principale force militaire et politique dans la bande de Gaza (et de plus en plus, depuis l&rsquo;offensive du 7 octobre, en dehors de Gaza) est le mouvement islamiste Hamas.<sup data-fn="701bea1b-992e-4139-84c7-e8cfee1d96e4" class="fn"><a id="701bea1b-992e-4139-84c7-e8cfee1d96e4-link" href="#701bea1b-992e-4139-84c7-e8cfee1d96e4">2</a></sup> Les opérations militaires de sa branche armée, les Brigades Izz ad-Din al-Qassam, sont souvent menées en collaboration avec le deuxième groupe politique le plus important, le Jihad islamique palestinien.<sup data-fn="a4e9b7cd-03f1-4991-8b39-5b221ac6bfb9" class="fn"><a id="a4e9b7cd-03f1-4991-8b39-5b221ac6bfb9-link" href="#a4e9b7cd-03f1-4991-8b39-5b221ac6bfb9">3</a></sup> Bien que des organisations de gauche telles que le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) soient membres de la Salle commune des factions de la résistance palestinienne &#8211; formée en 2018 pour coordonner la lutte armée à Gaza &#8211; l&rsquo;influence militaire et politique des courants historiques de la gauche palestinienne est marginale à l&rsquo;heure actuelle.</p>



<p>Toutefois, cela n&rsquo;a pas toujours été le cas. Dans les années 1970 et 1980, le FPLP, le plus important parti politique palestinien qui se définissait comme marxiste-léniniste, était à la fois célèbre et tristement célèbre dans le monde entier en raison de ses opérations militantes. L&rsquo;organisation publiait un journal hebdomadaire en langue arabe, <em>Al-Hadaf</em> (La Cible), ainsi qu&rsquo;une publication mensuelle en langue anglaise, <em>PFLP Bulletin</em>. </p>



<p>Ces deux publications contenaient des analyses et de la théorie politique et traitaient des affaires internationales, des questions sociales et de culture. Le nombre de membres du FPLP était estimé à environ 5 000 pour la seule Jordanie, et près de la moitié d&rsquo;entre eux étaient des combattants armés.<sup data-fn="367cf7ff-279c-4eb1-af42-8b0cdd97d084" class="fn"><a id="367cf7ff-279c-4eb1-af42-8b0cdd97d084-link" href="#367cf7ff-279c-4eb1-af42-8b0cdd97d084">4</a></sup> L&rsquo;organisation gérait des hôpitaux, des écoles, des crèches et d&rsquo;autres services en Jordanie et au Liban. En effet, mon père et des dizaines de milliers d&rsquo;autres Palestiniens à Gaza et au-delà sympathisaient avec les factions de gauche laïques au sein de l&rsquo;Organisation de libération de la Palestine (OLP), qui servait de groupe de coordination pour les factions palestiniennes. Ces groupes de gauche entretenaient des liens étroits avec la diaspora palestinienne, les partis communistes et les organisations politiques du monde entier.</p>



<p>Dans cet article, je soutiens que les raisons du déclin des organisations historiques de la gauche palestinienne résident principalement dans la priorité accordée aux stratégies militaires, qui les a rendues dépendantes des structures de l&rsquo;OLP. La concurrence bureaucratique entre les factions de l&rsquo;OLP pour le financement et le soutien des régimes de la région a réduit l&rsquo;espace d&rsquo;organisation susceptible de libérer l&rsquo;énergie créatrice des gens ordinaires par la lutte par en bas. La domination des conceptions staliniennes d&rsquo;une révolution par « étapes », où la lutte nationale prendrait toujours le pas sur la lutte pour la libération sociale de l&rsquo;exploitation et de l&rsquo;oppression, a étouffé la dynamique révolutionnaire de la lutte palestinienne.</p>



<p>Aujourd&rsquo;hui, les questions de stratégie sont revenues à la surface en raison des révolutions et contre-révolutions arabes depuis 2011, de l&rsquo;escalade militaire dramatique au Moyen-Orient depuis l&rsquo;offensive menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, de la réponse brutale d&rsquo;Israël et des échos de tout cela dans le mouvement croissant de solidarité avec la Palestine dans les pays occidentaux. Une nouvelle gauche palestinienne se développe, en particulier dans la diaspora, avec des formations telles que le Palestinian Youth Movement qui joue un rôle dans la formation de courants radicaux dans le mouvement de solidarité.</p>



<p>Pour les socialistes révolutionnaires, les Palestiniens ont toujours eu &#8211; et continuent d&rsquo;avoir &#8211; le droit de résister, par tous les moyens nécessaires, à la colonie sioniste soutenue par l&rsquo;impérialisme qui occupe leur terre et les opprime. Ils doivent bénéficier de notre soutien inconditionnel lorsqu&rsquo;ils luttent pour la liberté. Cependant, notre solidarité avec la lutte d&rsquo;un peuple opprimé n’empêche pas la nécessité d&rsquo;une critique des tactiques et des stratégies employées par les organisations palestiniennes.<sup data-fn="e1f8767a-d22d-4e3c-a789-cf81424367e8" class="fn"><a id="e1f8767a-d22d-4e3c-a789-cf81424367e8-link" href="#e1f8767a-d22d-4e3c-a789-cf81424367e8">5</a></sup> Revisiter l&rsquo;histoire et les débats controversés au sein de la gauche palestinienne peut constituer une ressource vitale, nous aidant à comprendre les leçons du passé et à développer une stratégie de libération du colonialisme sioniste aujourd&rsquo;hui.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Origines de la gauche palestinienne</h3>



<p>Dans les années 1950, une nouvelle sorte de nationalisme arabe au Moyen-Orient et en Afrique du Nord a vu sa popularité exploser. Cette idéologie considérait les Arabes comme un seul peuple (« qawm » en arabe) qui avait été divisé par les frontières artificiellement imposées à l&rsquo;époque coloniale. En 1952 et 1958, respectivement, de jeunes officiers militaires égyptiens et irakiens ont renversé leurs monarchies soutenues par les Britanniques, et le dirigeant égyptien Gamal Abdel Nasser s&rsquo;est imposé comme le champion du nationalisme arabe. Nasser a lancé un défi politique et économique aux anciennes puissances impérialistes, la Grande-Bretagne et la France, en nationalisant le canal de Suez en 1956. Ces développements ont alimenté l&rsquo;idée que l&rsquo;« unité arabe » pouvait être créée par l&rsquo;action de nationalistes radicaux à la tête de l&rsquo;État. En 1958, l&rsquo;Égypte et la Syrie ont accepté la première grande fusion d&rsquo;États arabes, la République arabe unie. La libération de la Palestine a été présentée comme une cause centrale du nationalisme arabe, de nombreux Palestiniens attendant de Nasser qu&rsquo;il s&rsquo;oppose à Israël.<sup data-fn="53b39bf8-2b55-43e7-814f-47575f46a60b" class="fn"><a id="53b39bf8-2b55-43e7-814f-47575f46a60b-link" href="#53b39bf8-2b55-43e7-814f-47575f46a60b">6</a></sup></p>



<p>La gauche palestinienne est née d&rsquo;une double crise de ce nationalisme arabe. Le premier moment de crise s&rsquo;est produit en 1961, lorsque l&rsquo;État syrien s&rsquo;est séparé de la République arabe unie, qui avait été créée trois ans auparavant. Le second moment de crise, plus grave, s&rsquo;est déroulé avec la défaite dévastatrice des armées arabes face à Israël lors de la guerre des Six Jours en 1967. L&rsquo;échec militaire de l&rsquo;Égypte, de la Jordanie et de la Syrie a remis en question la doctrine selon laquelle l&rsquo;unité arabe libérerait la Palestine. C&rsquo;est à ce moment-là que les idéologies nationalistes de gauche, qualifiées de « marxistes », ont commencé à concurrencer le nassérisme au sein du Mouvement nationaliste arabe (MNA), une organisation panarabe fondée par un groupe d&rsquo;étudiants palestiniens de l&rsquo;Université américaine de Beyrouth à la suite de la Nakba (« catastrophe ») &#8211; l&rsquo;expulsion forcée de quelque 750 000 personnes par l&rsquo;État d&rsquo;Israël nouvellement créé, en 1948.</p>



<p>Selon le sociologue palestinien Jamil Hilal, les critiques de gauche du nassérisme se tournaient vers « tout ce qui était disponible sur le marché ».<sup data-fn="c66374e7-ec69-49be-bb47-871fb03b310a" class="fn"><a id="c66374e7-ec69-49be-bb47-871fb03b310a-link" href="#c66374e7-ec69-49be-bb47-871fb03b310a">7</a></sup> Les idéologies les plus populaires sur le « marché » de l&rsquo;époque étaient celles qui dominaient les luttes de libération nationale en Algérie et au Viêt Nam, pour lesquelles de nombreux Palestiniens avaient un grand respect. Les textes des figures de proue des luttes anticoloniales, telles que Mao Zedong, Che Guevara et Ho Chi Minh, étaient largement lus et discutés. Dans ce contexte, la théorie stalinienne des étapes a gagné en influence dans la gauche palestinienne. Selon cette théorie, le rôle des communistes dans les luttes de libération nationale était de soutenir le projet de la classe capitaliste indigène de construire un État-nation et d&rsquo;éviter soigneusement de risquer la rupture des alliances avec les capitalistes en s&rsquo;abstenant de promouvoir une révolution sociale contre le capitalisme. L&rsquo;indépendance nationale devait être atteinte avant que le socialisme puisse être mis à l&rsquo;ordre du jour ; une première étape, la révolution bourgeoise, devait être achevée avant qu&rsquo;une deuxième étape, la révolution socialiste, ne puisse être entamée.</p>



<p>Parmi les personnes intéressées par ce modèle de libération nationale se trouvaient deux fondateurs du MNA : George Habash, un Palestinien ayant vécu le nettoyage ethnique à Lydda pendant la Nakba, et Wadie Haddad, qui avait été expulsé de Safad en 1948. Tous deux étaient de jeunes médecins panarabistes et dirigeaient ensemble une clinique médicale à Amman, en Jordanie. Ils ont contribué à transformer la section palestinienne du MNA en FPLP, en fusionnant avec le Front de libération de la Palestine et d&rsquo;autres groupes de « fedayins ».<sup data-fn="ab42f80a-9742-4417-84f2-6a1a45507b96" class="fn"><a id="ab42f80a-9742-4417-84f2-6a1a45507b96-link" href="#ab42f80a-9742-4417-84f2-6a1a45507b96">8</a></sup></p>



<p>L&rsquo;OLP, en revanche, a d&rsquo;abord été créée comme un produit et un outil de Nasser dans un contexte de rivalités régionales en 1964. Toutefois, la situation a changé avec la défaite militaire de Nasser lors de la guerre des six jours et l&rsquo;opération de guérilla étonnamment réussie contre l&rsquo;armée israélienne en Jordanie lors de la bataille de Karameh par le Fatah, un groupe de guérilla palestinien.<sup data-fn="45996198-1c09-4b8d-9e2b-dde57763e6d0" class="fn"><a id="45996198-1c09-4b8d-9e2b-dde57763e6d0-link" href="#45996198-1c09-4b8d-9e2b-dde57763e6d0">9</a></sup> Le Fatah a ensuite pris le contrôle de l&rsquo;OLP, l&rsquo;a transformée en un mouvement de masse et l&rsquo;a rendu plus indépendante du Caire. Les nouveaux groupes de gauche, dont les dirigeants avaient auparavant rejeté l&rsquo;OLP, l&rsquo;ont rejointe.</p>



<p>Par conséquent, l&rsquo;OLP de cette période se composait d&rsquo;une série de factions de résistance armée à l&rsquo;idéologie laïque. Le Fatah était la plus importante et existait depuis les années 1950, bien qu&rsquo;il n&rsquo;ait commencé ses opérations militaires qu&rsquo;en 1965. Sa politique était fondée sur une forme de nationalisme « watani » qui défendait une identité nationale palestinienne partagée, distincte du projet nationaliste panarabe « qawmi ».<sup data-fn="1c391afa-f210-4922-978e-820ec3a1532b" class="fn"><a id="1c391afa-f210-4922-978e-820ec3a1532b-link" href="#1c391afa-f210-4922-978e-820ec3a1532b">10</a></sup> Le nationalisme du Fatah visait à représenter toutes les classes sociales palestiniennes, ce qui plaisait à la classe capitaliste palestinienne, qui avait besoin d&rsquo;un mouvement de masse pour mener sa lutte en faveur de la création d&rsquo;un État-nation palestinien, mais qui cherchait également à éviter de mettre en péril ses alliances avec les États capitalistes arabes existants. Le Fatah est devenu le parti de la bourgeoisie palestinienne. Les figures de proue du Fatah, ainsi que ses concurrents de gauche au sein de la nouvelle OLP, sont issues de la classe moyenne et de l&rsquo;intelligentsia palestiniennes exilées dans les États arabes.</p>



<p>Le Fatah a tenté de se lier à une politique de non-ingérence dans les affaires des États arabes, rejetant l&rsquo;idée de s&rsquo;impliquer dans les luttes politiques au sein d&rsquo;autres pays arabes.  En revanche, le FPLP considérait l&rsquo;ingérence comme essentielle. Cependant, il n&rsquo;a pas réussi à rompre totalement avec son passé panarabiste et son concept d&rsquo;ingérence ne visait pas les révolutions ouvrières et la destruction des machines d&rsquo;État capitalistes. Les conceptions idéologiques et organisationnelles du FPLP suivaient l&rsquo;exemple des mouvements de libération nationale du tiers-monde, dont les intellectuels radicaux s&rsquo;orientaient vers les modèles chinois et soviétiques de capitalisme d&rsquo;État comme méthode de création de la croissance économique et de l&rsquo;indépendance. L&rsquo;organisation a continué à considérer que la libération nationale nécessitait le soutien des gouvernements arabes à la résistance palestinienne. C&rsquo;est ce que Habash, le premier secrétaire général du FPLP, entendait lorsqu&rsquo;il reprenait le slogan panarabiste initialement formulé par le président de l&rsquo;OLP, Ahmad Shukeiri : « La route vers la Palestine passe par Amman, par Beyrouth, par Le Caire et par Riyad ».<sup data-fn="91cc95f7-5f66-4e79-a307-a71173a58365" class="fn"><a id="91cc95f7-5f66-4e79-a307-a71173a58365-link" href="#91cc95f7-5f66-4e79-a307-a71173a58365">11</a></sup> Lorsque les socialistes révolutionnaires reprennent le même slogan, il est investi d&rsquo;une signification très différente, à savoir que les luttes révolutionnaires des travailleurs et des populations appauvries dans les pays entourant la Palestine sont essentielles à la victoire de la révolution palestinienne.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le prix de la dépendance</h3>



<p>L&rsquo;OLP utilisait des tactiques de la guerre asymétrique pour affronter son puissant ennemi israélien. Cependant, les risques étaient énormes pour ceux qui menaient la lutte dévouée (et souvent nécessairement clandestine) de la résistance souterraine contre un ennemi militairement supérieur. Avec la victoire d&rsquo;Israël sur le nationalisme arabe lors de la guerre des six jours, l&rsquo;État colonisateur est devenu le chien de garde de l&rsquo;impérialisme américain dans la région. Les dirigeants politiques palestiniens risquaient d&rsquo;être assassinés ou emprisonnés à l&rsquo;intérieur et à l&rsquo;extérieur de la Palestine, et leurs organisations furent criminalisées par Israël et l&rsquo;Occident.</p>



<p>Après sa rupture avec Nasser, l&rsquo;OLP a accepté le soutien de nouveaux acteurs étatiques, allant des monarchies du Golfe à l&rsquo;Algérie postcoloniale, en passant par le Viêt Nam et Cuba. L&rsquo;organisation a tenté de prospérer financièrement, militairement et diplomatiquement en s&rsquo;appuyant sur la rivalité inter-impérialiste entre Washington et Moscou pendant la guerre froide, ainsi que sur les rivalités régionales entre les régimes arabes.</p>



<p>L&rsquo;aile gauche de l&rsquo;OLP n&rsquo;a pas fait exception à la règle du parrainage extérieur par des acteurs étatiques. Omar Mostafa note :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>[Bien] qu&rsquo;il ait rejeté, à juste titre, l&rsquo;idée que certains régimes arabes étaient socialistes, le FPLP a fait une fausse distinction entre les régimes réactionnaires qui s&rsquo;accommodaient de l&rsquo;impérialisme et les régimes nationalistes progressistes qui étaient obligés de lutter contre lui. Sur la base de cette distinction, le FPLP s&rsquo;est allié à un certain nombre de gouvernements arabes répressifs, tels que le régime baasiste en Irak et le régime d&rsquo;Assad en Syrie.<sup data-fn="8041cc3c-8e06-4aec-82fc-12ffd726f933" class="fn"><a id="8041cc3c-8e06-4aec-82fc-12ffd726f933-link" href="#8041cc3c-8e06-4aec-82fc-12ffd726f933">12</a></sup></p>
</blockquote>



<p>Le FPLP était la plus grande faction de l&rsquo;OLP à gauche du Fatah, mais il n&rsquo;était pas le seul. A l&rsquo;origine, le Front populaire démocratique pour la libération de la Palestine a été formé après une scission de gauche par d&rsquo;anciens membres du MNA et du FPLP, s&rsquo;organisant en tant qu&rsquo;« aile progressiste » autour du magazine Al-Hurriyya (« Liberté »). En 1969, il fait sécession du FPLP sur la base d&rsquo;un rejet de la théorie différenciant les États arabes réactionnaires et progressistes, et l&rsquo;organisation adopte officiellement le nom de Front démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP) en 1975. Ses critiques à l&rsquo;égard du FPLP remettaient également en question son approche militaire, plaidant initialement pour une transition vers une véritable « guerre populaire » de libération en suscitant « une conscience politique fondamentale » parmi les masses.<sup data-fn="99423c96-8a8a-4792-951f-5da1c3b7568f" class="fn"><a id="99423c96-8a8a-4792-951f-5da1c3b7568f-link" href="#99423c96-8a8a-4792-951f-5da1c3b7568f">13</a></sup> Cependant, le FDLP n&rsquo;a pas réussi à rester financièrement indépendant des régimes arabes qu&rsquo;il rejetait théoriquement. Mamdouh Nofal, ancien trésorier du FDLP, a affirmé dans une interview à Al Jazeera que « le FDLP a reçu 1 million de dollars par mois de la Libye, le FPLP plus d&rsquo;un million de dollars, et le commandement général [du FPLP] 1,5 million de dollars au cours de la période allant de 1978 à 1980 ».<sup data-fn="54068aaf-1f80-4465-9ef5-af9b0322bb3a" class="fn"><a id="54068aaf-1f80-4465-9ef5-af9b0322bb3a-link" href="#54068aaf-1f80-4465-9ef5-af9b0322bb3a">14</a></sup></p>



<p>Bien que le FDLP ait commencé par être une scission de gauche du FPLP, rejetant la théorie des « régimes arabes progressistes » tout en s&rsquo;accrochant à d&rsquo;autres faiblesses telles que la théorie des étapes, il a opéré un brusque virage à droite à la suite de la crise à laquelle l&rsquo;OLP a été confrontée en Jordanie en 1970, lorsque la monarchie jordanienne a mené une guerre civile brutale contre elle. En 1973, quelques années seulement après avoir évoqué son intention de former des soviets, le FDLP a lancé un programme intitulé « Politique des phases », qui plaidait en faveur d&rsquo;une « autorité nationale combattante indépendante », c&rsquo;est-à-dire d&rsquo;un mini-État palestinien à Gaza et en Cisjordanie. L&rsquo;année suivante, lors du Conseil national palestinien, ce précurseur de la « solution à deux États » a été adopté par le chef du Fatah et de l&rsquo;OLP, Yasser Arafat.</p>



<p>Les reculs politiques du FDLP et du Fatah sur cette question étaient des réactions tragiques et erronées à la grave défaite infligée au mouvement national palestinien par les événements de Jordanie en 1970. La position des Etats de la région à l&rsquo;égard du mouvement national palestinien est restée contradictoire. L&rsquo;Arabie saoudite et le Koweït prétendaient soutenir l&rsquo;OLP, mais ils subventionnaient simultanément la monarchie jordanienne qui commençait à intensifier ses attaques contre les organisations palestiniennes.<sup data-fn="d30074de-958f-41b1-96f9-ec0835800150" class="fn"><a id="d30074de-958f-41b1-96f9-ec0835800150-link" href="#d30074de-958f-41b1-96f9-ec0835800150">15</a></sup> Malgré les signes d&rsquo;instabilité du régime jordanien et les appels des partis palestiniens de gauche en Jordanie à mettre fin au règne réactionnaire du roi Hussein, aucune de ces organisations ne s&rsquo;est sérieusement préparée à l&rsquo;éventualité d&rsquo;un soulèvement révolutionnaire contre la monarchie en 1969-70. La mobilisation de milliers de Palestiniens et de Jordaniens dans un mouvement de masse contre la monarchie aurait pu prévenir la menace imminente de l&rsquo;expulsion des guérilleros palestiniens de Jordanie et ouvrir la voie à la libération de la Palestine. Pourtant, au lieu de s&rsquo;ancrer dans la classe ouvrière palestinienne et jordanienne, le FPLP s&rsquo;est concentré sur le détournement d&rsquo;avions, prenant le contrôle d&rsquo;un certain nombre d&rsquo;avions de ligne occidentaux et les faisant atterrir en Jordanie en septembre 1970.</p>



<p>Lorsque le régime jordanien a lancé sa répression contre l&rsquo;OLP, la justifiant comme une réaction aux détournements d’avions, aucune des forces palestiniennes n&rsquo;était prête. Toujours soucieux de ne pas froisser leurs confrères de la classe dirigeante arabe, les dirigeants du Fatah ont accepté des trêves au milieu des bombardements, ce qui a simplement permis au roi Hussein de renforcer la discipline au sein de son armée. Il n&rsquo;y a eu aucune tentative sérieuse de tourner les rangs de l&rsquo;armée contre ses dirigeants impopulaires. Après des mois de va-et-vient, la guérilla palestinienne a été vaincue et chassée de Jordanie lors de ce qu’on appelle depuis « Septembre noir ».<sup data-fn="2a4c3043-c8bb-45b8-a8b1-7acf02c67b57" class="fn"><a id="2a4c3043-c8bb-45b8-a8b1-7acf02c67b57-link" href="#2a4c3043-c8bb-45b8-a8b1-7acf02c67b57">16</a></sup> Les dirigeants arabes prétendument plus « radicaux » ne sont pas venus en aide aux Palestiniens. Chris Harman, relatant le bombardement jordanien de la résistance palestinienne, a déclaré : « Pendant ce temps, Nasser, longtemps autoproclamé “leader de la révolution arabe”, se tient à l&rsquo;écart en espérant que le roi gagnera ».<sup data-fn="c47c0eb5-9b69-4f29-acd0-f48ebebadb70" class="fn"><a id="c47c0eb5-9b69-4f29-acd0-f48ebebadb70-link" href="#c47c0eb5-9b69-4f29-acd0-f48ebebadb70">17</a></sup> Hafez al-Assad, le dictateur Syrien, adopta la même position et resta passif.</p>



<p>Malgré le soutien diplomatique et militaire de Staline à la création de l&rsquo;État d&rsquo;Israël, l&rsquo;Union soviétique devint une référence clé pour l&rsquo;OLP. En 1970, l&rsquo;Union soviétique fournit non seulement de l&rsquo;argent et des informations, mais aussi des formations militaires, des lance-roquettes, des mines et des missiles. Les armes étaient en particulier acheminées vers les combattants du FPLP. L&rsquo;attrait du FPLP pour l’Union Soviétique ne se limita pas à la réception de prestations matérielles ; il impliqua aussi l&rsquo;adoption de concepts organisationnels comme un comité central fondé sur l&rsquo;interprétation stalinienne du « centralisme démocratique ». Dans la pratique, ce modèle d&rsquo;organisation stalinien équivalait à un centralisme bureaucratique et sapait la démocratie interne.</p>



<p>En effet, l&rsquo;Union soviétique visait à transformer les organisations qui lui étaient liées en instruments loyaux de ses propres objectifs de politique étrangère. Un rapport des services secrets soviétiques expose ouvertement les intentions qui sous-tendent le soutien à la guérilla du FPLP : « La nature de nos relations avec Haddad nous permet d&rsquo;exercer un certain contrôle sur les activités de la section des opérations extérieures du FPLP [ce qui nous permet] d&rsquo;exercer une influence favorable à l&rsquo;Union soviétique &#8211; et aussi d&rsquo;atteindre certains de nos propres objectifs par le biais des activités du FPLP tout en observant le secret nécessaire ».<sup data-fn="5e1a3575-289b-4e63-89d6-cea46f89dc7f" class="fn"><a id="5e1a3575-289b-4e63-89d6-cea46f89dc7f-link" href="#5e1a3575-289b-4e63-89d6-cea46f89dc7f">18</a></sup> La dépendance à l&rsquo;égard de l&rsquo;Union soviétique signifiait au moins un certain degré d&rsquo;obéissance à ses instructions et à ses impératifs idéologiques.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les limites d&rsquo;une stratégie militaire de libération nationale</h3>



<p>S&rsquo;inspirant du guévarisme, les forces de gauche au sein de l&rsquo;OLP mettaient l&rsquo;accent sur la lutte armée et le volontarisme révolutionnaire. Leila Khaled, cadre du FPLP et l&rsquo;une des pirates de l&rsquo;air de septembre 1970, a repris dans son autobiographie les célèbres paroles de Guevara sur la tâche des révolutionnaires : « Nous agissons en tant que révolutionnaires pour inspirer les masses et déclencher le bouleversement révolutionnaire à une époque de contre-révolution ».<sup data-fn="b7984ea4-e670-4b2d-8117-1e216433bcc1" class="fn"><a id="b7984ea4-e670-4b2d-8117-1e216433bcc1-link" href="#b7984ea4-e670-4b2d-8117-1e216433bcc1">19</a></sup> L&rsquo;idée exprimée ici est que la volonté révolutionnaire des individus peut transformer une phase contre-révolutionnaire en une phase révolutionnaire. La résistance armée était considérée comme le moyen de parvenir à la révolution. Khaled imagine une stratégie de libération de la Palestine basée sur l&rsquo;exemple de la lutte armée dans d&rsquo;autres contextes coloniaux : « Nous devons apprendre à imiter nos frères algériens ». De même, le FPLP affirmait que le Front de libération nationale vietnamien « a prouvé que ce n&rsquo;est qu&rsquo;avec une formule » de guérilla populaire que « nous sommes capables de faire face à l&rsquo;impérialisme et à sa supériorité technologique, économique et militaire ».<sup data-fn="12e608f1-322a-4496-a6d1-f985a9152a80" class="fn"><a id="12e608f1-322a-4496-a6d1-f985a9152a80-link" href="#12e608f1-322a-4496-a6d1-f985a9152a80">20</a></sup></p>



<p>De nombreuses forces au sein de la gauche palestinienne ont rejeté à juste titre la logique du Fatah de fausse diplomatie, de concessions politiques et de cycles de négociations infructueux avec la puissance coloniale israélienne. Ghassan Kanafani, romancier et membre éminent du FPLP, a décrit ces pourparlers inégaux comme une « conversation entre l&rsquo;épée et le cou ».<sup data-fn="5dedef0c-81b4-4056-8c97-00b8f41fc84c" class="fn"><a id="5dedef0c-81b4-4056-8c97-00b8f41fc84c-link" href="#5dedef0c-81b4-4056-8c97-00b8f41fc84c">21</a></sup> Toutefois, comme Jabra Nicola, un important socialiste révolutionnaire palestinien, l&rsquo;a fait remarquer à juste titre, l&rsquo;accent mis presque exclusivement sur une stratégie militaire signifiait que les critiques de gauche du Fatah s&rsquo;abstenaient de s&rsquo;impliquer dans les luttes d&rsquo;en bas menées par les organisations palestiniennes de base.<sup data-fn="182cc3da-041e-4122-8c7b-36f79046b7fa" class="fn"><a id="182cc3da-041e-4122-8c7b-36f79046b7fa-link" href="#182cc3da-041e-4122-8c7b-36f79046b7fa">22</a></sup> La résistance armée s&rsquo;est substituée au projet de participation des masses au processus d&rsquo;émancipation nationale. Dans un article intitulé « Thèses sur la révolution dans l&rsquo;Orient arabe », Jabra, écrivant sous le pseudonyme de « A Said », résume sa compréhension des « raisons de la défaite palestinienne » :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>1. L&rsquo;incapacité des dirigeants à reconnaître, en théorie et en pratique, la portée régionale (tout l&rsquo;Orient arabe) de la révolution ; la séparation de la lutte pour la « libération de la Palestine » de la lutte contre tous les régimes arabes pour une révolution socialiste prolétarienne dans l&rsquo;ensemble de l&rsquo;Orient arabe, qui seule peut vaincre l&rsquo;impérialisme et l’Etat sioniste d’Israël.</p>



<p>2. L&rsquo;adoption de la théorie de la « révolution par étapes » et de la théorie des « contradictions primaires et secondaires », subordonnant la lutte des classes pendant « une certaine période » à l&rsquo;« unité nationale », et considérant ainsi les régimes arabes et les classes dirigeantes arabes comme des alliés dans la lutte contre l&rsquo;impérialisme et la lutte contre Israël, et non comme des ennemis de classe contre lesquels il faut lutter et qu&rsquo;il faut renverser.</p>



<p>3. Son acceptation de la théorie du « focus », qui met presque exclusivement l&rsquo;accent sur l&rsquo;aspect militaire de la lutte, et son refus de reconnaître la nécessité d&rsquo;une organisation d&rsquo;avant-garde révolutionnaire panarabe et [la nécessité de] subordonner les opérations militaires à la stratégie politique et à la direction politique. Ainsi, il n&rsquo;a fait aucun effort pour politiser les masses dans les différents pays arabes et les mobiliser pour une lutte révolutionnaire, non seulement pour la « libération de la Palestine », mais pour la libération de tout l&rsquo;Orient arabe de la domination impérialiste et des dirigeants et régimes arabes à travers lesquels [l&rsquo;impérialisme] domine. Son insistance sur la séparation de la lutte palestinienne de la lutte locale dans les pays arabes l&rsquo;a conduit à adopter une telle politique vis-à-vis des masses arabes qu&rsquo;elle a même démoralisé et contrarié les masses jordaniennes et libanaises au sein desquelles elle agissait et avait sa base.<sup data-fn="184e0258-52bf-4de9-934f-86844f9bcf48" class="fn"><a id="184e0258-52bf-4de9-934f-86844f9bcf48-link" href="#184e0258-52bf-4de9-934f-86844f9bcf48">23</a></sup></p>
</blockquote>



<p>La logique de leur focalisation sur la guérilla a conduit les forces de gauche au sein de l&rsquo;OLP à rivaliser avec le Fatah sur le plan militaire en organisant des opérations armées toujours plus spectaculaires. Cependant, même l&rsquo;aile militairement la plus radicale du nationalisme révolutionnaire considérait l&rsquo;activité des masses comme un simple outil de construction d&rsquo;un État-nation, au lieu de voir la possibilité pour les gens ordinaires d&rsquo;accomplir leur propre émancipation en prenant le contrôle des moyens de production. En effet, cette attitude peut être décelée dans le document fondateur du FPLP de 1967, qui appelait les masses à remplir leur rôle de catalyseur de la résistance armée :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Les masses (ô fils de notre peuple héroïque !) sont le souffle vital des combattants, et c&rsquo;est l&rsquo;implication des masses dans la bataille qui assure la victoire à long terme. Le soutien populaire aux militants à tous les niveaux et dans tous les pays constitue la base d&rsquo;une lutte authentique, ferme et croissante et d&rsquo;une fermeté qui s&rsquo;accroît jusqu&rsquo;à l&rsquo;écrasement de l&rsquo;ennemi.<sup data-fn="9bf0d7b8-4967-46b3-a3d9-8aa2bb30ca41" class="fn"><a id="9bf0d7b8-4967-46b3-a3d9-8aa2bb30ca41-link" href="#9bf0d7b8-4967-46b3-a3d9-8aa2bb30ca41">24</a></sup></p>
</blockquote>



<p>Selon cette perspective, l&rsquo;activité de masse sert de condition favorable à l&rsquo;action d&rsquo;un petit groupe de militants. Plutôt que de développer leur propre capacité d&rsquo;auto-organisation révolutionnaire, les travailleurs sont censés agir principalement en tant que soutien aux opérations militaires des organisations de guérilla.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Du fusil au rameau d&rsquo;olivier</h3>



<p>Après la défaite des factions armées palestiniennes en Jordanie par les forces du roi Hussein en septembre 1970, l&rsquo;OLP a été contrainte de quitter le pays et de s&rsquo;installer au Liban, où elle s&rsquo;est rapidement retrouvée au cœur de la guerre civile libanaise. Celle-ci s&rsquo;est avérée être un point clé dans le développement de la gauche palestinienne. Pendant son séjour au Liban, l&rsquo;OLP a formé une entité quasi-étatique, ce qui a conduit à la bureaucratisation et à l&rsquo;institutionnalisation de ses factions, y compris  de celles de gauche.<sup data-fn="d2d4023d-e545-4c52-8a57-33137a957f64" class="fn"><a id="d2d4023d-e545-4c52-8a57-33137a957f64-link" href="#d2d4023d-e545-4c52-8a57-33137a957f64">25</a></sup> Cela a affecté le FPLP, qui a également reçu des fonds par l&rsquo;intermédiaire de l&rsquo;OLP. L&rsquo;activisme politique a fait l&rsquo;objet d&rsquo;une « professionnalisation », les structures bureaucratiques se développant et augmentant leur dépendance matérielle à l&rsquo;égard des fonds de l&rsquo;OLP et des États qui la parrainent. Cette bureaucratisation « influençait tacitement l&rsquo;action du FPLP et représentait un obstacle au changement », car tout changement de ce type « mettrait en péril les positions établies au sein de l&rsquo;organisation » :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>En outre, la structure bureaucratique représentait également un instrument à la disposition de la direction pour exercer un contrôle plus fort sur les membres de la faction. Par conséquent, la nécessité pour le FPLP de maintenir son intégration au sein des institutions de l&rsquo;OLP et la bureaucratisation de sa structure&#8230; ont favorisé une approche conservatrice au sein de la direction du FPLP.<sup data-fn="4ac49118-ee6b-4ee4-8b2e-197720b58c98" class="fn"><a id="4ac49118-ee6b-4ee4-8b2e-197720b58c98-link" href="#4ac49118-ee6b-4ee4-8b2e-197720b58c98">26</a></sup></p>
</blockquote>



<p>La corruption généralisée de l&rsquo;OLP a affecté ses courants de gauche par le biais du système de répartition des fonds entre les factions, qui a également institutionnalisé la concurrence entre elles pour l&rsquo;obtention de fonds de la part des États donateurs. En fin de compte, le comité exécutif de l&rsquo;OLP contrôlait le budget de l&rsquo;organisation, et la prise de décision et le contrôle budgétaire étaient de plus en plus consolidés sous la direction de Yasser Arafat du Fatah, qui s&rsquo;en servait comme d&rsquo;un outil d&rsquo;influence politique. Le FPLP a quitté le comité exécutif en réponse aux premiers pas de l&rsquo;OLP vers l&rsquo;adoption d&rsquo;une solution à deux États, le « Programme en dix points » de 1974, mais il l&rsquo;a réintégré sept ans plus tard. L&rsquo;érosion de la démocratie interne au sein de l&rsquo;OLP s&rsquo;est reflétée dans la Fédération générale palestinienne des syndicats, au sein de laquelle les élections internes ont pris fin après 1981, son exécutif étant choisi par le parti. Le Fatah disposait de six des sièges disponibles, trois étaient attribués au FPLP et les autres partis de gauche se répartissaient les trois sièges restants.</p>



<p>Au cours des années 1980, les journaux indépendants, qui avaient été auparavant d&rsquo;importants vecteurs d&rsquo;autonomie pour l&rsquo;aile gauche de l&rsquo;OLP, ont également perdu de leur poids. Le <em>FPLP Bulletin</em> en anglais a cessé de paraître en 1984. Il a été remplacé par une publication bimestrielle, <em>Democratic Palestine</em>, mais celle-ci n&rsquo;a pas survécu une décennie. Après le transfert de son siège en Syrie en 1986, l&rsquo;hebdomadaire du FPLP, <em>Al-Hadaf</em>, est soumis à la censure du régime Assad.<sup data-fn="7c2aa719-7354-4c29-b5f0-7a8b5aa299a3" class="fn"><a id="7c2aa719-7354-4c29-b5f0-7a8b5aa299a3-link" href="#7c2aa719-7354-4c29-b5f0-7a8b5aa299a3">27</a></sup></p>



<p>La direction de l&rsquo;OLP opérait toujours en exil et n&rsquo;était pas impliquée de manière substantielle dans les activités en Palestine occupée. Le siège du FPLP s&rsquo;est installé à Damas en 1982, le régime d&rsquo;Assad devenant « son principal partenaire régional ».<sup data-fn="a32d5e2b-1aa7-4364-9b81-675e82919c64" class="fn"><a id="a32d5e2b-1aa7-4364-9b81-675e82919c64-link" href="#a32d5e2b-1aa7-4364-9b81-675e82919c64">28</a></sup> Avant le milieu des années 1970, lorsque les factions de gauche de l&rsquo;OLP ont commencé à jouer un rôle en Palestine occupée, la seule faction de l&rsquo;OLP qui y était présente était le minuscule Parti communiste palestinien.<sup data-fn="cfeb2f3f-54a6-4092-be4b-b92b2046f48d" class="fn"><a id="cfeb2f3f-54a6-4092-be4b-b92b2046f48d-link" href="#cfeb2f3f-54a6-4092-be4b-b92b2046f48d">29</a></sup></p>



<p>En 1987, le déclenchement de la première Intifada a attiré l&rsquo;attention sur la bande de Gaza et la Cisjordanie occupées.<sup data-fn="a0fb140c-a0dc-4bd4-b5c6-80c12474c1cd" class="fn"><a id="a0fb140c-a0dc-4bd4-b5c6-80c12474c1cd-link" href="#a0fb140c-a0dc-4bd4-b5c6-80c12474c1cd">30</a></sup> Les Palestiniens ont résisté à l&rsquo;occupation israélienne par des mobilisations de masse, des grèves générales et des organisations de base qui ont fasciné les gens ordinaires dans le monde entier. Des comités auto-organisés ont organisé des manifestations, des grèves et une résistance physique aux forces d&rsquo;occupation israéliennes, et ont mis en place des systèmes de santé et d&rsquo;éducation clandestins. Le rôle de ces comités populaires a été célébré par certains éléments de la direction du mouvement palestinien sur le terrain à Gaza et en Cisjordanie. Dans un communiqué publié le 28 mai 1988, la direction nationale unifiée du soulèvement a exhorté les Palestiniens à « construire l&rsquo;appareil d&rsquo;auto-gouvernement du peuple par le biais des comités populaires ».<sup data-fn="fb86ce47-ab8a-4571-8813-2693b48b242e" class="fn"><a id="fb86ce47-ab8a-4571-8813-2693b48b242e-link" href="#fb86ce47-ab8a-4571-8813-2693b48b242e">31</a></sup> Une potentielle alternative à l&rsquo;idée que l&rsquo;OLP se faisait d&rsquo;elle-même en tant que « seul représentant » du peuple palestinien était en train d&rsquo;émerger, même si la gauche n&rsquo;était pas bien ancrée dans le soulèvement.</p>



<p>Il est évident qu&rsquo;une OLP dirigée par le Fatah résisterait à cette évolution. Le risque d&rsquo;être remplacé par la direction alternative émergeant de la base à Gaza et en Cisjordanie a poussé Arafat à poursuivre les négociations avec Israël et les États-Unis. Cela aurait pu être un moment décisif pour une alternative révolutionnaire de gauche. Cependant, bien que le FPLP ait été en mesure d&rsquo;établir une présence populaire en Palestine occupée par le biais d&rsquo;une organisation clandestine, sa direction bureaucratisée en exil est restée liée à l&rsquo;OLP. Il a donc adopté une position ambiguë à l&rsquo;égard de la politique d&rsquo;Arafat, ce qui l&rsquo;a éloigné de sa base à Gaza et en Cisjordanie.</p>



<p>Les énergies révolutionnaires de la première Intifada n&rsquo;ont pas seulement été étouffées par les tendances bureaucratiques du Fatah à la collaboration et au compromis. La fragmentation historique de la classe ouvrière palestinienne  par le colonialisme israélien et le déplacement de millions de Palestiniens ont également joué un rôle essentiel dans la défaite du soulèvement.<sup data-fn="066ccb43-74b5-4ec6-8ffe-ef994fb9ee7a" class="fn"><a id="066ccb43-74b5-4ec6-8ffe-ef994fb9ee7a-link" href="#066ccb43-74b5-4ec6-8ffe-ef994fb9ee7a">32</a></sup> Les grèves et les mobilisations de masse à la base ont causé de graves problèmes à la classe dirigeante israélienne, générant des crises militaires et politiques. Toutefois, ces luttes n&rsquo;ont pas réussi à paralyser et à fracturer l&rsquo;État israélien  qui a continué à fonctionner grâce à la volonté des Israéliens juifs de remplacer la main-d&rsquo;œuvre palestinienne et à l&rsquo;aide militaire et économique continue des États-Unis.</p>



<p>À partir du milieu des années 1990, la formation de l&rsquo;Autorité palestinienne en tant que sous-traitant de l&rsquo;occupation par les accords d&rsquo;Oslo a conduit à la consolidation et à l&rsquo;institutionnalisation du processus de normalisation entre l&rsquo;OLP et Israël. Dans leurs annonces, le FPLP et le FDLP étaient tous deux opposés à Oslo dès le départ, et le FPLP a même initié et dirigé une alliance « Front du refus » contre les accords d&rsquo;Oslo, à laquelle s&rsquo;est joint le FDLP. Cependant, la dépendance des structures du FPLP à l&rsquo;égard de l&rsquo;OLP les a laissés mal équipés &#8211; sur le plan idéologique, organisationnel et financier &#8211; pour mettre en œuvre leur position de rejet.</p>



<p>Le Hamas est apparu comme un nouveau concurrent pour le leadership palestinien en dehors du cadre de l&rsquo;OLP. Entre 1988 et 1989, le FPLP enregistrait encore une croissance massive de ses effectifs, mais celle-ci s&rsquo;est considérablement ralentie en 1991. Un an plus tard, la croissance s&rsquo;est complètement arrêtée. Un certain nombre de membres du FPLP sont passés au Hamas, qu&rsquo;ils considéraient comme la nouvelle organisation en devenir.<sup data-fn="c2c815b5-010c-4e1f-a712-c2141bd0d148" class="fn"><a id="c2c815b5-010c-4e1f-a712-c2141bd0d148-link" href="#c2c815b5-010c-4e1f-a712-c2141bd0d148">33</a></sup> La popularité du FPLP est tombée à 3 % en 1995, lorsque les dirigeants de l&rsquo;OLP, après avoir entamé de nouveaux cycles de négociations avec Israël, ont signé l&rsquo;accord de Taba, également connu sous le nom d&rsquo;« Oslo 2 ».<sup data-fn="de7e61eb-adb0-4965-aea5-a2643dd080a2" class="fn"><a id="de7e61eb-adb0-4965-aea5-a2643dd080a2-link" href="#de7e61eb-adb0-4965-aea5-a2643dd080a2">34</a></sup> En 2006, selon le Palestinian Center for Policy and Survey Research, le soutien global au Hamas parmi les électeurs palestiniens s&rsquo;élevait à 38,6 %, contre 42,1 % pour le Fatah.<sup data-fn="2205c1b7-7adc-40ae-983c-14769965121f" class="fn"><a id="2205c1b7-7adc-40ae-983c-14769965121f-link" href="#2205c1b7-7adc-40ae-983c-14769965121f">35</a></sup> Le même sondage révélait que le FPLP ne recevait que 4,4 %, tandis que le FDLP avait 1,2 %. Le sondage le plus récent du Palestinian Center for Policy and Survey Research, réalisé en décembre 2023, a révélé que le Hamas était soutenu à 43 %, le Fatah à 17 % et le FPLP à seulement 1 %.<sup data-fn="9cde98ad-7280-4fe9-bd16-2c355703cfb8" class="fn"><a id="9cde98ad-7280-4fe9-bd16-2c355703cfb8-link" href="#9cde98ad-7280-4fe9-bd16-2c355703cfb8">36</a></sup></p>



<p>Aucune des factions de gauche de l&rsquo;OLP n&rsquo;a été considérée comme une alternative cohérente et indépendante au Fatah par une grande partie des masses palestiniennes, les partis islamistes comblant le vide.</p>



<p>La gauche palestinienne post-Oslo n&rsquo;a pas réussi à se remettre de sa chute au cours des dernières décennies. Néanmoins, les questions stratégiques et politiques soulevées par son essor et son déclin continuent de jouer un rôle dans la politique contemporaine de la Palestine. Aujourd&rsquo;hui, les principales forces de résistance nationale s&rsquo;identifient largement à l&rsquo;islam politique, mais le mouvement de libération palestinien est toujours confronté à des défis similaires à ceux rencontrés par les factions nationalistes laïques et de gauche de l&rsquo;OLP entre les années 1960 et le début des années 1990, y compris les questions de la dépendance de la résistance à l&rsquo;égard d&rsquo;une logique militaire et de sa dépendance à l&rsquo;égard des États régionaux qui la soutiennent.</p>



<p>Au cours des dernières décennies, l&rsquo;Iran est devenu le principal État soutenant les combattants de la résistance palestinienne. Comme indiqué précédemment, le FPLP et le FDLP à Gaza sont membres de la Salle commune des factions de la résistance palestinienne, qui fait partie de l&rsquo;Axe de la résistance dirigé par l&rsquo;Iran, une coalition politique et militaire informelle formée par l&rsquo;Iran avec ses alliés et ses mandataires au Moyen-Orient. Avant d&rsquo;être assassiné par l&rsquo;Autorité palestinienne, Nizar Banat, intellectuel populaire de gauche, a posé une question rhétorique dans l&rsquo;une de ses vidéos : « Où avez-vous trouvé les roquettes qui protègent Gaza ? »<sup data-fn="7bac5704-c718-4942-99fe-12706b78dfc5" class="fn"><a id="7bac5704-c718-4942-99fe-12706b78dfc5-link" href="#7bac5704-c718-4942-99fe-12706b78dfc5">37</a></sup> Son argument, adressé aux factions non islamistes, était que les Palestiniens devraient être reconnaissants à l&rsquo;Iran de fournir des armes à toutes les forces de résistance.</p>



<p>Toutefois, comme toujours, le soutien de l&rsquo;Iran à la résistance est assorti de conditions. Lorsque le Hamas a refusé d&rsquo;apporter un soutien inconditionnel à la dictature d&rsquo;Assad, soutenue par l&rsquo;Iran, pendant la révolution syrienne, l&rsquo;Iran a réduit son soutien financier de 150 millions de dollars à moins de 75 millions de dollars. Lorsque le Jihad islamique palestinien a refusé d&rsquo;exprimer sa solidarité avec le mouvement Houthi soutenu par l&rsquo;Iran au Yémen, ses fonds ont été réduits en conséquence et redirigés vers le mouvement Sabireen, une organisation chiite gazaouie aujourd&rsquo;hui disparue. En fin de compte, le Jihad islamique a obtempéré.<sup data-fn="f8c8eff0-5800-41dd-ba5d-b44e6fcbf02e" class="fn"><a id="f8c8eff0-5800-41dd-ba5d-b44e6fcbf02e-link" href="#f8c8eff0-5800-41dd-ba5d-b44e6fcbf02e">38</a></sup></p>



<p>Ces dernières années, la direction du Hamas en exil au Qatar a également montré des signes de volonté de suivre la voie déjà tracée par le Fatah et la direction historique de l&rsquo;OLP : un accommodement avec les puissances occidentales et le système étatique international. En 2017, cela s&rsquo;est traduit par une modification de la charte du Hamas, le document fondateur du groupe, afin d&rsquo;en supprimer les termes qui excluraient une solution à deux États. La charte révisée de 2017 a également accepté l&rsquo;existence d&rsquo;un État palestinien dans les frontières de 1967 des territoires palestiniens occupés.<sup data-fn="975aed7f-cdb9-4b94-8556-6eaaaf924266" class="fn"><a id="975aed7f-cdb9-4b94-8556-6eaaaf924266-link" href="#975aed7f-cdb9-4b94-8556-6eaaaf924266">39</a></sup> En outre, les responsables du Hamas ont réitéré leur engagement en faveur d&rsquo;un compromis « temporaire » sur deux États en avril 2024.<sup data-fn="805f58dc-5842-426d-90da-263063a2883d" class="fn"><a id="805f58dc-5842-426d-90da-263063a2883d-link" href="#805f58dc-5842-426d-90da-263063a2883d">40</a></sup></p>



<p>Le Hamas reste une organisation déchirée par un certain nombre de contradictions politiques internes et de classe. Néanmoins, la base de son parti et de son aile militaire à Gaza sont déterminées à poursuivre la résistance. La résilience de sa base politique et de son organisation militaire, malgré l&rsquo;ampleur de l&rsquo;assaut israélien meurtrier, a surpris les ennemis du Hamas comme ses partisans.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Échos dans la diaspora</h3>



<p>De vieux arguments sur les stratégies de libération sont réapparus alors que le mouvement international de solidarité avec la Palestine a pris une ampleur inimaginable à la suite de l&rsquo;offensive du Hamas le 7 octobre et de l&rsquo;invasion génocidaire de Gaza par les Israéliens.</p>



<p>En raison du nettoyage ethnique répété de la Palestine depuis 1948, les communautés de la diaspora palestinienne se composent de millions de personnes à travers le monde. Ces communautés diffèrent par leur composition sociale, leur lieu d&rsquo;origine et les pays qu&rsquo;elles ont fuis. En conséquence, elles ont toutes une expérience concrète différente des défis historiques et contemporains auxquels sont confrontés les Palestiniens à Gaza, en Cisjordanie, en « Palestine de 1948 » (c&rsquo;est-à-dire la zone officiellement revendiquée par Israël depuis la Nakba), en Jordanie, au Liban, en Syrie, dans les États du Golfe et dans d&rsquo;autres régions du Moyen-Orient. Les controverses et les conflits concernant les positions sur le Hamas et l&rsquo;OLP, les révolutions arabes et les contre-révolutions qui ont suivi, ainsi que les stratégies de libération nationale palestinienne, éclatent fréquemment au sein des communautés de la diaspora et du mouvement de solidarité.</p>



<p>Cela n&rsquo;a rien de surprenant. Les communautés en exil abritent des reliques, mais elles sont également marquées par des contrastes internes. Les anciennes structures de l&rsquo;OLP ont survécu en Occident et les communautés diasporiques sont souvent dirigées par des membres exilés de la classe capitaliste ou par des cadres de longue date du parti. Certaines entretiennent des relations diplomatiques et financières avec les États arabes affiliés à leurs partis politiques respectifs. À certains égards, les structures politiques diasporiques ressemblent à des modèles miniatures de l&rsquo;OLP. Les formations politiques en exil étant actives depuis des décennies, nombre d&rsquo;entre elles ont conservé des caractéristiques qui jouaient un rôle plus important avant l&rsquo;émergence du Hamas et la création de l&rsquo;Autorité palestinienne. Certaines considèrent toujours l&rsquo;OLP comme « l&rsquo;unique représentant du peuple palestinien » &#8211; comme l&rsquo;appellent les Nations unies et la Ligue arabe &#8211; et se considèrent donc comme les seuls représentants de leurs diasporas palestiniennes respectives. Pourtant, nombre de ces structures politiques en exil sont confrontées à des problèmes de reproduction de leurs organisations, et perdent parfois même leurs propres descendants, qui sont incapables de s&rsquo;identifier à ces groupes hérités au-delà d&rsquo;un niveau abstrait.</p>



<p>De nouvelles formations prometteuses de la diaspora palestinienne ont vu le jour ces dernières années, notamment lors du mouvement Black Lives Matter en 2020 et après la vague de solidarité lorsque les Palestiniens ont résisté à l&rsquo;expulsion et au nettoyage ethnique dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem. Le mouvement de la jeunesse palestinienne aux États-Unis, au Canada et en Grande-Bretagne et Palästina Spricht (Palestine parle) en Allemagne en sont des exemples. En général, ces structures politiques ont été créées par les deuxième et troisième générations de Palestiniens de la diaspora. Les positions politiques adoptées par les militants au sein de ces groupes sur la base d&rsquo;une notion non définie de l&rsquo;identité palestinienne sont nécessairement diverses. Par exemple, le Palestinian Youth Movement déclare : « Indépendamment de nos différents antécédents politiques, culturels et sociaux, nous nous efforçons de faire revivre une tradition d&rsquo;engagement pluraliste envers notre cause ».<sup data-fn="789004f6-4b4c-4d39-a439-48d6dee08a38" class="fn"><a id="789004f6-4b4c-4d39-a439-48d6dee08a38-link" href="#789004f6-4b4c-4d39-a439-48d6dee08a38">41</a></sup> L&rsquo;indépendance de l&rsquo;organisation et sa non-affiliation à un parti palestinien sont soulignées dans sa présentation publique, comme le sont ses efforts pour reconstruire un mouvement de libération palestinienne en s&rsquo;engageant dans des luttes aux côtés d&rsquo;autres groupes opprimés. Son site web, par exemple, documente ses mobilisations en solidarité avec ceux qui protestent contre le Dakota Access Pipeline et ses tentatives d&rsquo;établir des liens entre la lutte palestinienne et les expériences de génocide et d&rsquo;oppression des peuples indigènes d&rsquo;Amérique du Nord.</p>



<p>Comme dans d&rsquo;autres groupes de jeunes activistes, le pourcentage d&rsquo;étudiants est généralement élevé. Nombre de ces militants palestiniens ont été socialisés en tant que citoyens migrants dans les pays occidentaux avant de s&rsquo;organiser politiquement en tant que Palestiniens. D&rsquo;autres, actifs dans ces groupes, n&rsquo;ont émigré en Occident que récemment, fuyant, par exemple, la guerre civile syrienne et la destruction du camp de réfugiés palestinien de Yarmouk. La question de l&rsquo;affiliation de la résistance palestinienne à des États nationaux revêt une dimension concrète pour les militants qui ont vu le commandement général du FPLP sévir dans ce camp pour défendre le régime d&rsquo;Assad.</p>



<p>Naturellement, des défis sur d&rsquo;autres questions se posent également dans ces formations, y compris des visions concurrentes pour une Palestine libre et des pressions vers des formes de séparatisme basées sur une notion floue de l&rsquo;identité palestinienne. En outre, les militants palestiniens les plus clairvoyants ont déjà compris que même s&rsquo;ils parvenaient à organiser l&rsquo;ensemble de leur communauté dans un pays impérialiste donné, cela ne suffirait pas à affaiblir de manière substantielle le soutien de cet État à Israël.</p>



<p>Dans ces contextes, des discussions sur les tactiques de front uni ont tendance à émerger. Il est tout à fait compréhensible, étant donné les trahisons historiques expliquées ci-dessus, que les militants palestiniens craignent largement ce que l&rsquo;on appelle la « normalisation » : l&rsquo;établissement de relations avec les sionistes et l&rsquo;occupation. Lorsque l&rsquo;on tente d&rsquo;élargir le mouvement de solidarité, on discute de la manière de différencier les tactiques de front uni visant à atteindre la base des organisations de la classe ouvrière et les activités qui normalisent la trahison de la cause palestinienne.</p>



<p>L&rsquo;un des débats les plus urgents auxquels les socialistes sont confrontés dans le cadre des mobilisations de masse contre le génocide israélien à Gaza est celui des relations avec les autres mouvements et luttes, en particulier le mouvement ouvrier. Ces derniers mois, des actions inspirantes ont été menées par les travailleurs pour stopper les livraisons d&rsquo;armes à Israël. Les manifestations du 1er mai dans le monde entier ont fait de la solidarité avec la Palestine l&rsquo;un de leurs principaux cris de ralliement. Dans certains endroits, des manifestants pro-palestiniens se sont joints aux protestations des travailleurs ; dans d&rsquo;autres, les travailleurs et les syndicalistes ont eux-mêmes soulevé des revendications pro-palestiniennes. Dans plusieurs régions du monde, des travailleurs et des militants ont résisté à l&rsquo;interdiction des drapeaux palestiniens par leur propre bureaucratie syndicale. La nouvelle et jeune génération de militants palestiniens est de plus en plus impliquée dans ces conflits et ces expériences politiques.</p>



<p>La construction d&rsquo;un mouvement de solidarité enraciné dans la classe ouvrière est particulièrement importante en raison de la répression croissante de l&rsquo;État et de la police contre le mouvement mondial de solidarité avec la Palestine, comme l&rsquo;ont montré les campements d&rsquo;étudiants aux États-Unis, en France, en Allemagne et aux Pays-Bas. Au milieu des attaques brutales de l&rsquo;État, il y a d&rsquo;intenses discussions sur les tactiques adéquates pour contrer cette répression. Les méthodes autonomes de militantisme et d&rsquo;action clandestine séduisent de nombreuses personnes dans ces conditions, en particulier celles qui s&rsquo;inspirent de la résistance armée de la guérilla palestinienne. En outre, les militants sont contraints de prendre position sur les questions de la lutte militaire par la diabolisation de la part des gouvernements et dans les médias de toute forme de résistance palestinienne. L&rsquo;échange de missiles et de drones entre Israël et l&rsquo;Iran, ainsi que le blocage par les Houthis de la navigation internationale en mer Rouge, ont déclenché un nouveau cycle de discussions sur ce que l&rsquo;on appelle l&rsquo;Axe de la Résistance.</p>



<p>Analyser les événements historiques et récents afin d&rsquo;adopter une position éclairée sur les stratégies de libération de la Palestine est une nécessité pour les Palestiniens et pour le mouvement de solidarité à l&rsquo;étranger. Comprendre les débats sur les rapports entre les actions armées et la mobilisation de masse dans le passé peut aider à clarifier les stratégies pour l&rsquo;avenir. Comme indiqué ci-dessus, l&rsquo;expérience des formations historiques de la gauche palestinienne démontre que les actions secrètes de quelques experts ne peuvent se substituer au pouvoir collectif d&rsquo;une activité de masse et d&rsquo;une solidarité de masse.</p>



<p>Les arguments autour des tactiques de guérilla sont loin d&rsquo;être limités aux milieux militants. L&rsquo;écologiste marxiste et auteur suédois Andreas Malm est connu pour prôner des stratégies d&rsquo;action directe pour le mouvement climatique.<sup data-fn="9859e0fe-4026-48d3-883b-65f6083a007b" class="fn"><a id="9859e0fe-4026-48d3-883b-65f6083a007b-link" href="#9859e0fe-4026-48d3-883b-65f6083a007b">42</a></sup> En conséquence, dans une analyse récente de l&rsquo;attaque génocidaire des Israéliens à Gaza, il a suggéré que les opérations de guérilla menées par le Hamas le 7 octobre étaient la plus grande réussite du mouvement palestinien jusqu&rsquo;à présent, éclipsant la première Intifada.<sup data-fn="9ca3d732-e187-4563-92ad-eee904820e65" class="fn"><a id="9ca3d732-e187-4563-92ad-eee904820e65-link" href="#9ca3d732-e187-4563-92ad-eee904820e65">43</a></sup> Bashir Abu-Manneh, qui enseigne la littérature palestinienne et israélienne, a répondu à Malm dans un article paru dans Jacobin, où il l&rsquo;accuse à juste titre “d&rsquo;ignorer que la première Intifada a été le plus grand mouvement de masse anticolonial auto-organisé de l&rsquo;histoire palestinienne, et qu&rsquo;elle a contraint Israël à faire des concessions politiques sans précédent”.<sup data-fn="d944ae93-2d6b-4a0f-a133-826ac47b871b" class="fn"><a id="d944ae93-2d6b-4a0f-a133-826ac47b871b-link" href="#d944ae93-2d6b-4a0f-a133-826ac47b871b">44</a></sup> La conception (non-armée) de la propagande par le fait de Malm est liée à celle (armée) des guérillas, car toutes les deux découlent d’un profond scepticisme quant au potentiel et au pouvoir de la classe ouvrière organisée.</p>



<p>Pourtant, Bashir Abu-Manneh ne propose guère plus d&rsquo;alternative ; démoralisé par le carnage génocidaire à Gaza, il suggère que le mouvement de solidarité avec la Palestine traite la lutte comme une question de droit international qui ne fait aucune distinction entre l&rsquo;oppresseur et l&rsquo;opprimé, le colonisateur et le colonisé. Selon lui, la résistance armée du Hamas n&rsquo;a apporté que destruction et défaite. D&rsquo;un point de vue internationaliste, cet argument ne tient pas. La situation à Gaza est dévastatrice, mais les pratiques génocidaires d&rsquo;Israël sont antérieures à octobre 2023. En 2018, les Nations Unies avaient déjà déclaré la bande de Gaza « invivable » en raison du siège israélien.<sup data-fn="9608b036-450a-4ca8-89cc-961ae8f72bd2" class="fn"><a id="9608b036-450a-4ca8-89cc-961ae8f72bd2-link" href="#9608b036-450a-4ca8-89cc-961ae8f72bd2">45</a></sup> Israël ne se contente pas de riposter à l&rsquo;attaque du 7 octobre, mais l&rsquo;utilise pour justifier sa volonté d&rsquo;effacer Gaza. En 1992, le premier ministre Yitzhak Rabin a déclaré : « J&rsquo;aimerais me réveiller un jour et constater que Gaza a sombré dans la mer ».<sup data-fn="ee076ad0-1b5b-496a-8a77-ab6d9e60216a" class="fn"><a id="ee076ad0-1b5b-496a-8a77-ab6d9e60216a-link" href="#ee076ad0-1b5b-496a-8a77-ab6d9e60216a">46</a></sup> De plus, l&rsquo;intensité de l&rsquo;assaut des forces israéliennes contre les civils palestiniens est loin d&rsquo;être unique : entre juin et août 1982, plus de 17 000 personnes ont été tuées au Liban par Israël, soi-disant en « représailles » à la tentative d&rsquo;assassinat de l&rsquo;ambassadeur d&rsquo;Israël à Londres.<sup data-fn="5a42aee5-8e0b-4cb9-8d4b-43cf9b4d1807" class="fn"><a id="5a42aee5-8e0b-4cb9-8d4b-43cf9b4d1807-link" href="#5a42aee5-8e0b-4cb9-8d4b-43cf9b4d1807">47</a></sup></p>



<p>L&rsquo;auteur palestinien Toufic Haddad explique qu&rsquo;avant le 7 octobre, le mouvement national palestinien « se trouvait dans la position peu enviable de voir sa cause réduite à néant par les divisions internes et le carcan des accords d&rsquo;Oslo », ce qui était aggravé par « les accords de normalisation arabes avec Israël et le fait que personne ne demandait vraiment des comptes à Israël ».<sup data-fn="40b5758e-d1b6-4f8b-8a2b-5baedb4c72b4" class="fn"><a id="40b5758e-d1b6-4f8b-8a2b-5baedb4c72b4-link" href="#40b5758e-d1b6-4f8b-8a2b-5baedb4c72b4">48</a></sup> Aujourd&rsquo;hui, cependant, l&rsquo;attaque israélienne dans le sillage du 7 octobre a déclenché un mouvement de solidarité mondial sans précédent, avec des manifestants en Jordanie, en Égypte et au Maroc qui sont entrés en conflit avec leurs régimes. Au-delà du Moyen-Orient et de l&rsquo;Afrique du Nord, les centres de l&rsquo;alliance impérialiste occidentale, notamment les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l&rsquo;Allemagne, ont également connu d&rsquo;importantes mobilisations en faveur des Palestiniens.</p>



<p>Une dynamique similaire est apparue lors de la seconde Intifada, qui a éclaté en septembre 2000. Plutôt que de s&rsquo;appuyer sur une organisation de masse à la base comme lors de la première Intifada, la seconde Intifada a été associée à des opérations militaires élitistes. Elle a néanmoins déclenché des actions de solidarité étudiante en Égypte, qui ont ensuite été considérées comme les premiers signes d&rsquo;une organisation populaire menant à la révolution égyptienne de 2011, ébranlant l&rsquo;un des piliers les plus solides du soutien à l&rsquo;État israélien et à l&rsquo;impérialisme parmi les régimes arabes.<sup data-fn="6bce9fb9-46db-40e8-b4df-eb7a988e2f50" class="fn"><a id="6bce9fb9-46db-40e8-b4df-eb7a988e2f50-link" href="#6bce9fb9-46db-40e8-b4df-eb7a988e2f50">49</a></sup></p>



<p>La résilience militaire de la résistance palestinienne est un facteur crucial de la situation actuelle. Les analystes militaires israéliens et une partie croissante de la population israélienne le reconnaissent aujourd&rsquo;hui. Malgré des avantages écrasants en termes de puissance de feu et de technologie militaire, ainsi que le soutien enthousiaste des États les plus puissants de la planète, l&rsquo;armée israélienne n&rsquo;a pas réussi à « anéantir » le Hamas. Elle n&rsquo;a pas non plus vaincu le mouvement palestinien. Au contraire, le Hamas a rétabli le contrôle politique dans des zones de Gaza censées avoir été conquises par les forces israéliennes il y a plusieurs mois, ce qui amène les responsables israéliens à envisager une « bataille prolongée » et à prédire que leurs forces ne parviendront pas à atteindre leurs objectifs militaires avant 2026 ou 2027.<sup data-fn="03c777d9-d8e8-4b1f-8b42-26ba647efb0c" class="fn"><a id="03c777d9-d8e8-4b1f-8b42-26ba647efb0c-link" href="#03c777d9-d8e8-4b1f-8b42-26ba647efb0c">50</a></sup></p>



<p>Même si nous nous opposons à une stratégie basée uniquement sur l&rsquo;action militaire, nous ne pouvons pas nier le fait que la résistance armée a provoqué des ondes de choc dans les principaux Etats de l&rsquo;impérialisme occidental. Cependant, l&rsquo;expérience du passé montre que la lutte armée ne peut se substituer à l&rsquo;internationalisme de la classe ouvrière et au pouvoir que les travailleurs détiennent entre leurs mains contre le système mondial du capitalisme et de l&rsquo;impérialisme. Même si ce pouvoir est actuellement réprimé au Moyen-Orient, c&rsquo;est certainement dans la région autour de la Palestine que les mobilisations des travailleurs ont le plus de chances de faire pencher la balance en faveur de la révolution contre l&rsquo;État israélien, créant ainsi des possibilités de démantèlement permanent de la machine de guerre sioniste. Comme d&rsquo;autres auteurs de ce journal l&rsquo;ont affirmé depuis de nombreuses années, la classe ouvrière égyptienne en particulier a le potentiel d&rsquo;approfondir massivement les crises causées par la lutte palestinienne à la fois pour l&rsquo;État israélien et pour les États-Unis et leurs alliés occidentaux. Les travailleurs égyptiens ont le pouvoir de menacer la stabilité du régime militaire égyptien, qui est un canal clé de l&rsquo;influence impérialiste dans la région.<sup data-fn="5db73be0-e56c-4176-b723-56c0a972bc2b" class="fn"><a id="5db73be0-e56c-4176-b723-56c0a972bc2b-link" href="#5db73be0-e56c-4176-b723-56c0a972bc2b">51</a></sup> Au moment où nous écrivons ces lignes, la dictature du maréchal Abdel Fattah al-Sissi continue d&rsquo;imposer le calme dans les rues et sur les lieux de travail d&rsquo;Égypte, en utilisant les outils d&rsquo;une répression brutale. Néanmoins, il reste hanté par l&rsquo;expérience de la révolution égyptienne de 2011, qui avait un lien important et organique avec la lutte palestinienne et la solidarité de la masse du peuple égyptien avec la Palestine occupée.</p>



<p>La gauche palestinienne n&rsquo;a jamais sérieusement essayé une stratégie organisationnelle cohérente pour développer l&rsquo;auto-organisation et le pouvoir de la classe ouvrière, que ce soit dans la Palestine historique, dans la région au sens large ou dans la diaspora palestinienne. Les formations historiques de gauche n&rsquo;ont pas réussi à rompre avec l&rsquo;idée que les actions héroïques de la minorité armée, plutôt que l&rsquo;auto-activité de millions de personnes, ouvriraient la voie à la libération nationale du peuple palestinien du colonialisme de peuplement.</p>



<p>Comme j&rsquo;ai tenté de le démontrer à travers cette analyse historique de la montée et de la défaite de la gauche palestinienne, la crise rencontrée lors de la première Intifada était une crise de la direction. La direction des organisations de gauche palestiniennes s&rsquo;appuyait sur des opérations armées élitistes et sur le soutien des États arabes. Pendant l&rsquo;Intifada, il n&rsquo;y avait pas de parti révolutionnaire ancré dans la classe ouvrière qui aurait pu offrir une alternative clairvoyante à la capitulation de l&rsquo;OLP.</p>



<p>Le soutien inconditionnel à toute la résistance palestinienne doit s&rsquo;accompagner d&rsquo;un engagement sérieux dans les débats sur la manière dont la résistance peut être la plus efficace et comment elle peut finalement parvenir à la libération. Nous devons discuter des erreurs commises dans le passé et dialoguer sur les stratégies qui peuvent réussir. La nécessité d&rsquo;une construction stratégique de partis révolutionnaires &#8211; en Palestine occupée et au-delà &#8211; capables de relever le défi du renversement du colonialisme sioniste augmente chaque jour qui passe, alors que le génocide contre le peuple palestinien se poursuit.</p>



<p>Ramsis Kilani est un socialiste révolutionnaire en Allemagne et membre du groupe Sozialismus von unten (Socialisme par en-bas).</p>



<p>Références :</p>



<p>Abu-Manneh, Bashir, 2024, “The Palestinian Resistance Isn’t a Monolith”, <em>Jacobin</em> (28 April), <a href="https://jacobin.com/2024/04/gaza-left-hamas-occupation-war-solidarity">https://jacobin.com/2024/04/gaza-left-hamas-occupation-war-solidarity</a></p>



<p>Alexander, Anne, 2024, “Palestine: Between Permanent War and Permanent Revolution”, <em>International Socialism 181</em> (winter), <a href="https://isj.org.uk/palestine-permanent-revolution">https://isj.org.uk/palestine-permanent-revolution</a></p>



<p>Al Jazeera, 2017, “Hamas Accepts Palestinian State with 1967 Borders” (2 May), <a href="http://www.aljazeera.com/news/2017/5/2/hamas-accepts-palestinian-state-with-1967-borders">www.aljazeera.com/news/2017/5/2/hamas-accepts-palestinian-state-with-1967-borders</a></p>



<p>Associated Press, 2024, “Hamas Again Raises the Possibility of a 2-State Compromise. Israel and Its Allies Aren’t Convinced” (25 April), <a href="https://apnews.com/article/israel-hamas-gaza-war-f756cc054732eb3f7e0c49a9987560a0">https://apnews.com/article/israel-hamas-gaza-war-f756cc054732eb3f7e0c49a9987560a0</a></p>



<p>Bergman, Ronen, 2016, “The KGB’s Middle East Files: Palestinians in the Service of Mother Russia”, Ynet News (11 April), <a href="http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4874089,00.html">www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4874089,00.html</a></p>



<p>Buck, Terry James, 2013, <em>The Decline of the Popular Front for the Liberation of Palestine: A Historical Analysis</em>, <a href="https://yplus.ps/wp-content/uploads/2021/01/Buck-Terry-James-The-Decline-of-the-Popular-Front-for-the-Liberation-of-Palestine.pdf">https://yplus.ps/wp-content/uploads/2021/01/Buck-Terry-James-The-Decline-of-the-Popular-Front-for-the-Liberation-of-Palestine.pdf</a></p>



<p>Chaliand, Gerard, 1971, <em>The Palestinian Resistance</em> (Penguin).</p>



<p>Cliff, Tony, 1967, “The Struggle in the Middle East”, <em>International Socialism</em> (summer 2011), <a href="http://www.marxists.org/archive/cliff/works/1990/10/struggleme.htm">www.marxists.org/archive/cliff/works/1990/10/struggleme.htm</a></p>



<p>Cliff, Tony, 2000, <em>A World to Win: Life of a Revolutionary</em> (Bookmarks), <a href="http://www.marxists.org/archive/cliff/works/2000/wtw/index.htm">www.marxists.org/archive/cliff/works/2000/wtw/index.htm</a></p>



<p>Eleftheriadou, Marina, 2021, “Building a Proto-State on Quicksand: The Rise and Fall of the Palestinian State-in-Exile in Lebanon”, <em>Middle East Journal</em>, volume 75, issue 1.</p>



<p>Greenstein, Ran, 2011, “A Palestinian Revolutionary: Jabra Nicola and the Radical Left”, <em>Jerusalem Quarterly 46</em>, <a href="http://www.palestine-studies.org/sites/default/files/jq-articles/46-A_Palestinian_Revolutionary_2_0.pdf">www.palestine-studies.org/sites/default/files/jq-articles/46-A_Palestinian_Revolutionary_2_0.pdf</a></p>



<p>Haddad, Toufic, 2024, “Palestinian Resistance and the War in Gaza”, <em>New Politics</em>, volume 19, issue 4, <a href="https://newpol.org/issue_post/palestinian-resistance-and-the-war-in-gaza">https://newpol.org/issue_post/palestinian-resistance-and-the-war-in-gaza</a></p>



<p>Harman, Chris, 1970, “Reporting Black September from Amman, Jordan”, <em>Socialist Worker</em> (26 September), <a href="https://socialistworker.co.uk/features/from-our-archive-reporting-black-september-from-amman-jordan">https://socialistworker.co.uk/features/from-our-archive-reporting-black-september-from-amman-jordan</a></p>



<p>Harman, Chris, 2006, “Hizbollah and the War Israel Lost”, <em>International Socialism 112</em> (autumn), <a href="http://www.isj.org.uk/?id=243">www.isj.org.uk/?id=243</a></p>



<p>Hiltermann, Joost, 1993, <em>Behind the Intifada: Labor and Women’s Movements in the Occupied Territories</em> (Princeton University Press).</p>



<p>Khaled, Leila, 1973, <em>My People Shall Live: The Autobiography of a Revolutionary</em> (Hodder and Stoughton).</p>



<p>Leopardi, Francesco Saverio, 2017, “The Popular Front for the Liberation of Palestine in Decline (1982-2007). Political Agency and Marginalisation”, University of Edinburgh (PhD thesis).</p>



<p>Malm, Andreas, 2021, <em>How to Blow up a Pipeline</em> (Verso).</p>



<p>Malm, Andreas, 2024, “The Destruction of Palestine is the Destruction of the Earth”, Verso Books website (8 April), <a href="http://www.versobooks.com/blogs/news/the-destruction-of-palestine-is-the-destruction-of-the-earth">www.versobooks.com/blogs/news/the-destruction-of-palestine-is-the-destruction-of-the-earth</a></p>



<p>Marshall, Phil, 1989, <em>Intifada: Zionism, Imperialism and Palestinian Resistance</em> (Bookmarks).</p>



<p>Mishal, Shaul, and Reuben Aharoni (eds), 1994, <em>Speaking Stones: Communiques from the Intifada Underground</em> (Syracuse University Press).</p>



<p>Munayyer, Yousef, 2023, “Laying Siege to Gaza is No Solution”, <em>Foreign Policy</em> (9 October), <a href="https://foreignpolicy.com/2023/10/09/israel-palestine-gaza-hamas-invasion-genocide-united-states">https://foreignpolicy.com/2023/10/09/israel-palestine-gaza-hamas-invasion-genocide-united-states</a></p>



<p>Nicola, Jabra, 1972, “Theses on the Revolution in the Arab East”, Matzpen, <a href="https://matzpen.org/english/1972-09-14/theses-on-the-revolution-in-the-arab-east-a-said-jabra-nicola">https://matzpen.org/english/1972-09-14/theses-on-the-revolution-in-the-arab-east-a-said-jabra-nicola</a></p>



<p>Omar, Mostafa, 2002, “The Palestinian National Liberation Struggle—A Socialist Analysis”, <em>Marxist Left Review</em> (30 October), <a href="https://marxistleftreview.org/articles/palestinian-national-liberation-struggle-socialist-analysis">https://marxistleftreview.org/articles/palestinian-national-liberation-struggle-socialist-analysis</a></p>



<p>Palestinian Center for Policy and Survey Research, 1995, “Public Opinion Poll Number 20”, <a href="http://www.pcpsr.org/sites/default/files/cprs%20poll%2020.pdf">www.pcpsr.org/sites/default/files/cprs%20poll%2020.pdf</a></p>



<p>Palestinian Center for Policy and Survey Research, 2006, “Results of PSR’s Exit Poll” (15 February), <a href="http://www.pcpsr.org/sites/default/files/exitplce.pdf">www.pcpsr.org/sites/default/files/exitplce.pdf</a></p>



<p>Palestinian Center for Policy and Survey Research, 2023, “Public Opinion Poll Number 90” (13 December), <a href="https://pcpsr.org/sites/default/files/Poll%2090%20English%20Full%20text%20Dec%202023.pdf">https://pcpsr.org/sites/default/files/Poll%2090%20English%20Full%20text%20Dec%202023.pdf</a></p>



<p>Popular Front for the Liberation of Palestine, 1967, <em>Strategy for the Liberation of Palestine</em> (Foreign Languages Press), <a href="https://foreignlanguages.press/wp-content/uploads/2020/08/S08-PFLP-Strategy-Lib-Palestine-7th-Printing.pdf">https://foreignlanguages.press/wp-content/uploads/2020/08/S08-PFLP-Strategy-Lib-Palestine-7th-Printing.pdf</a></p>



<p>Ross, Jay, 1982, “War Casualties Put at 48,000 in Lebanon”, <em>Washington Post</em> (2 September).</p>



<p>Salibi, Kamal, 1988, <em>The Modern History of Jordan</em> (I B Tauris).</p>



<p>Sayigh, Yezid, 1991, “Reconstructing the Paradox: The Arab Nationalist Movement, Armed Struggle and Palestine, 1951-1966”, <em>Middle East Journal</em>, volume 45, issue 4.</p>



<p>Skare, Erik, 2023, “Iran, Hamas, and Islamic Jihad: A Marriage of Convenience”, European Council on Foreign Relations (18 December), <a href="https://ecfr.eu/article/iran-hamas-and-islamic-jihad-a-marriage-of-convenience">https://ecfr.eu/article/iran-hamas-and-islamic-jihad-a-marriage-of-convenience</a></p>



<p>United Nations, 2018, “Gaza ‘Unliveable’, UN Special Rapporteur for the Situation of Human Rights in the OPT Tells Third Committee—Press Release (Excerpts)” (24 October), <a href="https://tinyurl.com/msa8r6yx">https://tinyurl.com/msa8r6yx</a></p>



<p>Zitun, Yoav, 2024, “As Hamas Reclaims Khan Younis, Israeli Officers Warn of Protracted Battle Ahead”, Ynet (10 April), <a href="http://www.ynetnews.com/article/sjwuvtqxc">www.ynetnews.com/article/sjwuvtqxc</a></p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="f066f31d-7d54-43ff-8e4e-c92e0d5aa94c">  Merci à Anne Alexander d&rsquo;avoir édité cet article et d&rsquo;avoir fourni certaines références importantes.<br> <a href="#f066f31d-7d54-43ff-8e4e-c92e0d5aa94c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="701bea1b-992e-4139-84c7-e8cfee1d96e4">« Hamas » est le mot arabe pour “zèle”, mais c&rsquo;est aussi un acronyme pour le nom officiel du groupe, le Mouvement de résistance islamique (Harakat al-Muqawama al-Islamiya).<br> <a href="#701bea1b-992e-4139-84c7-e8cfee1d96e4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="a4e9b7cd-03f1-4991-8b39-5b221ac6bfb9"> La branche armée du Hamas porte le nom d&rsquo;Izz ad-Din al-Qassam, prédicateur syrien et premier militant de l&rsquo;opposition au sionisme. Il a formé la Main noire, un groupe de guérilla anti-britannique et anti-sioniste, en 1930. Al-Qassam a été assassiné par les autorités coloniales britanniques en 1935. Sa campagne armée a été un précurseur du soulèvement palestinien massif contre la domination britannique et la colonisation sioniste entre 1936 et 1939.<br> <a href="#a4e9b7cd-03f1-4991-8b39-5b221ac6bfb9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="367cf7ff-279c-4eb1-af42-8b0cdd97d084"> Chaliand, 1971, p83.<br> <a href="#367cf7ff-279c-4eb1-af42-8b0cdd97d084-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="e1f8767a-d22d-4e3c-a789-cf81424367e8"> Comme l&rsquo;a dit Tony Cliff dans un article écrit au lendemain de la guerre de 1967, « seules les personnes qui soutiennent sans réserve un peuple colonial en rébellion contre l&rsquo;impérialisme sont fondées à critiquer sévèrement les politiques et les tactiques de leurs dirigeants »<br> <a href="#e1f8767a-d22d-4e3c-a789-cf81424367e8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="53b39bf8-2b55-43e7-814f-47575f46a60b"> Voir Marshall, 1989, pp. 106-113.<br> <a href="#53b39bf8-2b55-43e7-814f-47575f46a60b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li><li id="c66374e7-ec69-49be-bb47-871fb03b310a"> Voir <a href="https://player.vimeo.com/video/25917251?h=d811a692fa">https://player.vimeo.com/video/25917251?h=d811a692fa</a>. Voir également Marshall, 1989, pp112-113 ; Sayigh, 1991, p609.<br> <a href="#c66374e7-ec69-49be-bb47-871fb03b310a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7">↩︎</a></li><li id="ab42f80a-9742-4417-84f2-6a1a45507b96"> Les Fedayin (qui signifient « ceux qui se sacrifient ») étaient les premiers combattants de la guérilla palestinienne.<br> <a href="#ab42f80a-9742-4417-84f2-6a1a45507b96-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8">↩︎</a></li><li id="45996198-1c09-4b8d-9e2b-dde57763e6d0"> Fatah signifie « conquête », mais il s&rsquo;agit également d&rsquo;un acronyme inversé pour le nom officiel de l&rsquo;organisation, le Mouvement de libération nationale de la Palestine (Harakat al-Tahrir al-Watani al-Filastini).<br> <a href="#45996198-1c09-4b8d-9e2b-dde57763e6d0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9">↩︎</a></li><li id="1c391afa-f210-4922-978e-820ec3a1532b"> « Watan » est le mot arabe pour “nation” ou “patrie”, et “wataniyya” (traduit par “nationalisme” ou “patriotisme”) est désormais associé à des formes de nationalisme basées sur les États-nations existant au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Elle s&rsquo;oppose à la « qawmiyya », le nationalisme panarabe. Dans certains cas, les mouvements nationalistes watani ont explicitement rejeté la qawmiyya parce qu&rsquo;elle propose une unité fondée sur l&rsquo;identité arabe, certains nationalistes watani affirmant que cela exclut les groupes non arabes de leur projet de libération. Cette critique du nationalisme qawmi a été influente en Irak, où le mouvement kurde était également engagé dans des luttes de libération.<br> <a href="#1c391afa-f210-4922-978e-820ec3a1532b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10">↩︎</a></li><li id="91cc95f7-5f66-4e79-a307-a71173a58365"> Buck, 2013, p4.<br> <a href="#91cc95f7-5f66-4e79-a307-a71173a58365-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11">↩︎</a></li><li id="8041cc3c-8e06-4aec-82fc-12ffd726f933"> Omar, 2002.<br> <a href="#8041cc3c-8e06-4aec-82fc-12ffd726f933-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12">↩︎</a></li><li id="99423c96-8a8a-4792-951f-5da1c3b7568f"> Voir l&rsquo;article de Maher Charif, « Le Front démocratique pour la libération de la Palestine : 1969 to Present », sur Interactive Encyclopaedia of the Palestine Question- <a href="http://www.palquest.org/en/highlight/23611/democratic-front-liberation-palestine-%E2%80%93-dflp">www.palquest.org/en/highlight/23611/democratic-front-liberation-palestine-%E2%80%93-dflp</a><br> <a href="#99423c96-8a8a-4792-951f-5da1c3b7568f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13">↩︎</a></li><li id="54068aaf-1f80-4465-9ef5-af9b0322bb3a"> Cette interview a été publiée dans une série de documentaires en langue arabe d&rsquo;Al Jazeera, intitulée The Tale of a Revolution, diffusée en 2008. L&rsquo;épisode, intitulé « Au pays des cèdres », est disponible en ligne à l&rsquo;adresse suivante : www.dailymotion.com/video/xq98wp. Le commandement général du FPLP est né d&rsquo;une scission du FPLP en 1968. Il est principalement basé en Syrie.<br> <a href="#54068aaf-1f80-4465-9ef5-af9b0322bb3a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14">↩︎</a></li><li id="d30074de-958f-41b1-96f9-ec0835800150"> Salibi, 1988, p233.<br> <a href="#d30074de-958f-41b1-96f9-ec0835800150-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15">↩︎</a></li><li id="2a4c3043-c8bb-45b8-a8b1-7acf02c67b57"> Harman, 2006.<br> <a href="#2a4c3043-c8bb-45b8-a8b1-7acf02c67b57-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 16">↩︎</a></li><li id="c47c0eb5-9b69-4f29-acd0-f48ebebadb70"> Harman, 1970.<br> <a href="#c47c0eb5-9b69-4f29-acd0-f48ebebadb70-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 17">↩︎</a></li><li id="5e1a3575-289b-4e63-89d6-cea46f89dc7f"> Bergman, 2016.<br> <a href="#5e1a3575-289b-4e63-89d6-cea46f89dc7f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 18">↩︎</a></li><li id="b7984ea4-e670-4b2d-8117-1e216433bcc1"> Khaled, 1973, p64.<br> <a href="#b7984ea4-e670-4b2d-8117-1e216433bcc1-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 19">↩︎</a></li><li id="12e608f1-322a-4496-a6d1-f985a9152a80"> Front populaire de libération de la Palestine, 1969, p. 31 ; Khaled 1973, p. 27. Le Front national de libération du Viêt Nam avait lancé l&rsquo;offensive décisive du Têt en 1968.<br> <a href="#12e608f1-322a-4496-a6d1-f985a9152a80-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 20">↩︎</a></li><li id="5dedef0c-81b4-4056-8c97-00b8f41fc84c"> Voir <a href="https://youtu.be/oHgZdCJOUAk?si=EWAyc_GaaiJrcGfN">A conversation between the sword and the neck  &#8211; Ghassan Kanafani</a><br> <a href="#5dedef0c-81b4-4056-8c97-00b8f41fc84c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 21">↩︎</a></li><li id="182cc3da-041e-4122-8c7b-36f79046b7fa"> Voir Cliff, 2000 ; Greenstein, 2011. Nicola était un militant trotskiste palestinien de Haïfa. Il était à l&rsquo;origine l&rsquo;un des principaux membres du Parti communiste palestinien, mais il l&rsquo;a quitté lorsque le groupe s&rsquo;est scindé en deux parties, l&rsquo;une juive et l&rsquo;autre palestinienne, en 1939. Il a ensuite rejoint Ygael Gluckstein (plus tard connu sous le nom de Tony Cliff) dans une petite organisation trotskiste dans les années 1940. Après le départ de Gluckstein pour Londres (où il a fondé le Socialist Review Group, prédécesseur du Socialist Workers Party) et dans le sillage de la Nakba, Nicola s&rsquo;est imposé comme un intellectuel palestinien socialiste de premier plan. Il a joué un rôle important dans le développement politique du Matzpen (« Boussole »), une organisation socialiste israélienne, qu&rsquo;il a rejointe en 1963. Il a été assigné à résidence après la guerre des Six Jours avant de s&rsquo;installer à Londres en 1970.<br> <a href="#182cc3da-041e-4122-8c7b-36f79046b7fa-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 22">↩︎</a></li><li id="184e0258-52bf-4de9-934f-86844f9bcf48"> Nicola, 1972.<br> <a href="#184e0258-52bf-4de9-934f-86844f9bcf48-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 23">↩︎</a></li><li id="9bf0d7b8-4967-46b3-a3d9-8aa2bb30ca41"> Front populaire de libération de la Palestine, 1967, p. 17.<br> <a href="#9bf0d7b8-4967-46b3-a3d9-8aa2bb30ca41-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 24">↩︎</a></li><li id="d2d4023d-e545-4c52-8a57-33137a957f64"> Au cours des années 1970, l&rsquo;OLP a pu développer une infrastructure relativement importante qui a servi à la fois à fournir des services essentiels aux Palestiniens dans les camps de réfugiés et à soutenir son projet politique. Les États arabes ont apporté des fonds à l&rsquo;OLP, permettant ainsi le développement d&rsquo;un « État sans territoire ». Voir Marshall, 1989, p. 130.<br> <a href="#d2d4023d-e545-4c52-8a57-33137a957f64-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 25">↩︎</a></li><li id="4ac49118-ee6b-4ee4-8b2e-197720b58c98"> Leopardi 2017, pp192-193.<br> <a href="#4ac49118-ee6b-4ee4-8b2e-197720b58c98-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 26">↩︎</a></li><li id="7c2aa719-7354-4c29-b5f0-7a8b5aa299a3"> Eleftheriadou, 2021.<br> <a href="#7c2aa719-7354-4c29-b5f0-7a8b5aa299a3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 27">↩︎</a></li><li id="a32d5e2b-1aa7-4364-9b81-675e82919c64"> Leopardi, 2017, p50.<br> <a href="#a32d5e2b-1aa7-4364-9b81-675e82919c64-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 28">↩︎</a></li><li id="cfeb2f3f-54a6-4092-be4b-b92b2046f48d"> Hiltermann 1993, pp46-52.<br> <a href="#cfeb2f3f-54a6-4092-be4b-b92b2046f48d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 29">↩︎</a></li><li id="a0fb140c-a0dc-4bd4-b5c6-80c12474c1cd"> Intifada est le mot arabe qui signifie « soulèvement ». La première Intifada a éclaté en décembre 1987 à Gaza après un horrible incident au cours duquel un camion-citerne israélien a percuté des voitures transportant des travailleurs palestiniens et tué quatre passagers dans le camp de réfugiés de Jabalia. Les funérailles des morts se sont transformées en manifestations de masse contre l&rsquo;occupation israélienne, déclenchant d&rsquo;immenses mobilisations et des affrontements à travers Gaza et la Cisjordanie. Voir Marshall, 1989, p. 11.<br> <a href="#a0fb140c-a0dc-4bd4-b5c6-80c12474c1cd-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 30">↩︎</a></li><li id="fb86ce47-ab8a-4571-8813-2693b48b242e"> Mishal and Aharoni, 1994, p98.<br> <a href="#fb86ce47-ab8a-4571-8813-2693b48b242e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 31">↩︎</a></li><li id="066ccb43-74b5-4ec6-8ffe-ef994fb9ee7a"> Marshall, 1989, p154-155.<br> <a href="#066ccb43-74b5-4ec6-8ffe-ef994fb9ee7a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 32">↩︎</a></li><li id="c2c815b5-010c-4e1f-a712-c2141bd0d148"> Voir <a href="https://player.vimeo.com/video/25917251?h=d811a692fa">https://player.vimeo.com/video/25917251?h=d811a692fa</a><br> <a href="#c2c815b5-010c-4e1f-a712-c2141bd0d148-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 33">↩︎</a></li><li id="de7e61eb-adb0-4965-aea5-a2643dd080a2"> Centre palestinien de recherche sur les politiques et les enquêtes, 1995.<br> <a href="#de7e61eb-adb0-4965-aea5-a2643dd080a2-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 34">↩︎</a></li><li id="2205c1b7-7adc-40ae-983c-14769965121f"> Centre palestinien de recherche sur les politiques et les enquêtes, 2006.<br> <a href="#2205c1b7-7adc-40ae-983c-14769965121f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 35">↩︎</a></li><li id="9cde98ad-7280-4fe9-bd16-2c355703cfb8"> Centre palestinien de recherche sur les politiques et les enquêtes, 2023.<br> <a href="#9cde98ad-7280-4fe9-bd16-2c355703cfb8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 36">↩︎</a></li><li id="7bac5704-c718-4942-99fe-12706b78dfc5">Video disponible ici <a href="https://youtu.be/eHqSH7Gwc7g?si=fuwV_FbOP02iL3Dk">Nizar Banat on Iranian support of Palestinian resistance</a><br> <a href="#7bac5704-c718-4942-99fe-12706b78dfc5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 37">↩︎</a></li><li id="f8c8eff0-5800-41dd-ba5d-b44e6fcbf02e"> Skare, 2023.<br> <a href="#f8c8eff0-5800-41dd-ba5d-b44e6fcbf02e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 38">↩︎</a></li><li id="975aed7f-cdb9-4b94-8556-6eaaaf924266"> Al Jazeera, 2017.<br> <a href="#975aed7f-cdb9-4b94-8556-6eaaaf924266-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 39">↩︎</a></li><li id="805f58dc-5842-426d-90da-263063a2883d"> Associated Press, 2024.<br> <a href="#805f58dc-5842-426d-90da-263063a2883d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 40">↩︎</a></li><li id="789004f6-4b4c-4d39-a439-48d6dee08a38"> See <a href="https://palestinianyouthmovement.com/about">https://palestinianyouthmovement.com/about</a><br> <a href="#789004f6-4b4c-4d39-a439-48d6dee08a38-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 41">↩︎</a></li><li id="9859e0fe-4026-48d3-883b-65f6083a007b"> Malm, 2021.<br> <a href="#9859e0fe-4026-48d3-883b-65f6083a007b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 42">↩︎</a></li><li id="9ca3d732-e187-4563-92ad-eee904820e65"> Malm, 2024<br> <a href="#9ca3d732-e187-4563-92ad-eee904820e65-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 43">↩︎</a></li><li id="d944ae93-2d6b-4a0f-a133-826ac47b871b"> Abu-Manneh, 2024.<br> <a href="#d944ae93-2d6b-4a0f-a133-826ac47b871b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 44">↩︎</a></li><li id="9608b036-450a-4ca8-89cc-961ae8f72bd2"> United Nations, 2018.<br> <a href="#9608b036-450a-4ca8-89cc-961ae8f72bd2-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 45">↩︎</a></li><li id="ee076ad0-1b5b-496a-8a77-ab6d9e60216a"> Munayyer, 2023.<br> <a href="#ee076ad0-1b5b-496a-8a77-ab6d9e60216a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 46">↩︎</a></li><li id="5a42aee5-8e0b-4cb9-8d4b-43cf9b4d1807"> Ross, 1982.<br> <a href="#5a42aee5-8e0b-4cb9-8d4b-43cf9b4d1807-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 47">↩︎</a></li><li id="40b5758e-d1b6-4f8b-8a2b-5baedb4c72b4"> Haddad, 2024.<br> <a href="#40b5758e-d1b6-4f8b-8a2b-5baedb4c72b4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 48">↩︎</a></li><li id="6bce9fb9-46db-40e8-b4df-eb7a988e2f50"> La deuxième intifada s&rsquo;est achevée en 2005 et a abouti au démantèlement des colonies israéliennes à Gaza et au retrait de l&rsquo;armée israélienne du territoire. La majeure partie de l&rsquo;Intifada a été marquée par des campagnes d&rsquo;attentats et de bombardements organisées par les groupes militants.<br> <a href="#6bce9fb9-46db-40e8-b4df-eb7a988e2f50-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 49">↩︎</a></li><li id="03c777d9-d8e8-4b1f-8b42-26ba647efb0c"> Zitun, 2024.<br> <a href="#03c777d9-d8e8-4b1f-8b42-26ba647efb0c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 50">↩︎</a></li><li id="5db73be0-e56c-4176-b723-56c0a972bc2b"> Alexander, 2024.<br> <a href="#5db73be0-e56c-4176-b723-56c0a972bc2b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 51">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/strategies-pour-la-liberation-anciens-et-nouveaux-arguments-de-la-gauche-palestinienne/">Stratégies pour la libération : anciens et nouveaux arguments de la gauche palestinienne</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Pourquoi la classe ouvrière israélienne n’a pas intérêt à la fin de l’apartheid</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/pourquoi-la-classe-ouvriere-israelienne-na-pas-interet-a-la-fin-de-lapartheid/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 May 2024 13:18:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[sionisme]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=8332</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les marxistes considèrent que la classe ouvrière, par ses conditions objectives d’existence, est la seule force sociale ayant à la fois l’intérêt et la capacité de mettre fin à ce système d’exploitation et d’oppressions. « Prolétaires <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/pourquoi-la-classe-ouvriere-israelienne-na-pas-interet-a-la-fin-de-lapartheid/" title="Pourquoi la classe ouvrière israélienne n’a pas intérêt à la fin de l’apartheid">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/pourquoi-la-classe-ouvriere-israelienne-na-pas-interet-a-la-fin-de-lapartheid/">Pourquoi la classe ouvrière israélienne n’a pas intérêt à la fin de l’apartheid</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">Les marxistes considèrent que la classe ouvrière, par ses conditions objectives d’existence, est la seule force sociale ayant à la fois l’intérêt et la capacité de mettre fin à ce système d’exploitation et d’oppressions. « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » conclut Marx dans le Manifeste communiste. « Travailleurs israéliens et palestiniens, unissez-vous ! » reprennent les analyses de la plupart des courants qui se réclament en France de cette tradition<sup data-fn="b2efc550-db5c-4627-a490-525aa868a7cd" class="fn"><a id="b2efc550-db5c-4627-a490-525aa868a7cd-link" href="#b2efc550-db5c-4627-a490-525aa868a7cd">1</a></sup>. Le problème, c’est que pour la classe ouvrière israélienne cela ne marche pas, car les Israélien·nes sont — matériellement — avant tout des colons.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #12 &#8211; MARS 2024</h6>



<p class="has-drop-cap"><strong>L</strong>e point de vue développé ici ne découle donc pas du fait que la classe ouvrière israélienne adhère idéologiquement à un projet colonial raciste. Il ne découle pas non plus d’un constat plus général selon lequel tous les travailleur·euses de puissances dominantes bénéficieraient automatiquement de l’oppression des travailleur·euses des pays dominés, et n’auraient donc pas intérêt à soutenir les luttes de libération<sup data-fn="f066f31d-7d54-43ff-8e4e-c92e0d5aa94c" class="fn"><a id="f066f31d-7d54-43ff-8e4e-c92e0d5aa94c-link" href="#f066f31d-7d54-43ff-8e4e-c92e0d5aa94c">2</a></sup>. Il repose sur une analyse de la classe ouvrière israélienne démontrant que ses conditions matérielles d’existence, son niveau de vie, dépendent en grande partie de son rôle de colon, qui n’a donc pas d’intérêt objectif à défendre l’égalité des droits avec les Palestinien·nes.</p>



<p>Deux références utiles développent ce point de vue. La première est un article de militants israéliens, fondateurs de Matzpen, Moshe Machover et Akiva Orr. Publié en 1969, « The Class character of Israel » constitue une analyse marxiste pionnière de la nature de la classe ouvrière israélienne<sup data-fn="6e598d00-26dd-45fd-b300-cf9a02ecf0aa" class="fn"><a id="6e598d00-26dd-45fd-b300-cf9a02ecf0aa-link" href="#6e598d00-26dd-45fd-b300-cf9a02ecf0aa">3</a></sup>. Ils y fournissent une explication du fait que <em>« L’expérience de 50 ans ne contient pas un seul exemple de travailleurs israéliens mobilisés sur des questions matérielles ou syndicales pour contester le régime israélien lui-même ; (…) Au contraire, les travailleurs israéliens ont presque toujours fait passer leur loyauté nationale avant leur loyauté de classe. »</em>.</p>



<p>Le second article est celui d’une militante américaine qui a grandi en Israël, Daphna Thier. Dans « What’s the matter with the israeli working class ? » écrit en 2018<sup data-fn="96da6923-21e3-455a-819c-6abe22017eca" class="fn"><a id="96da6923-21e3-455a-819c-6abe22017eca-link" href="#96da6923-21e3-455a-819c-6abe22017eca">4</a></sup> elle actualise l’analyse de Orr et Mashover et analyse l’impact sur l’économie israélienne des évolutions du contexte international. Je reprends ici les éléments clés de leurs analyses.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« Le caractère de classe d’Israël »</h2>



<p>Mashover et Orr fournissent une démonstration convaincante selon laquelle le sionisme atténue le conflit de classe interne à Israël, en raison de la position particulière des travailleur·euses dans un État colonial défendant les intérêts impérialistes occidentaux. </p>



<p><em>« Lorsque Marx a fait la célèbre déclaration selon laquelle « un peuple qui en opprime un autre ne peut être libre », il ne s’agissait pas seulement d’un jugement moral. Il voulait également dire que dans une société dont les dirigeants oppriment un autre peuple, la classe exploitée qui ne s’oppose pas activement à cette oppression en devient inévitablement complice. Même si cette classe ne tire aucun profit direct de cette oppression, elle devient sensible à l’illusion qu’elle a un intérêt commun avec ses propres dirigeants à perpétuer cette oppression. Une telle classe a tendance à suivre ses dirigeants plutôt qu’à les défier. Ceci est encore plus vrai lorsque l’oppression n’a pas lieu dans un pays lointain, mais « chez nous », et lorsque l’oppression nationale et l’expropriation forment les conditions mêmes de l’émergence et de l’existence de la société oppressive. »</em>.</p>



<p>Israël est une colonie de peuplement des terres de Palestine. Or, les paysan·nes arabes y proposent leur travail et leurs produits à un prix très inférieur au niveau de vie des Européen·nes. Le seul moyen de pérenniser une immigration juive européenne dans la région est de lui offrir des conditions de vie supérieures à celles de la population arabe voisine. Cela s’est organisé par le biais de trois mécanismes.</p>



<p>Le premier est la mise en en place de la ségrégation économique pour empêcher l’emploi des travailleur·euses arabes par les employeur·euses juif·ves, et empêcher la vente de produits palestiniens.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="5c5b5c" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #5c5b5c;" loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="751" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Israel_Illustr1-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8335 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Israel_Illustr1-jpg.webp 1000w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Israel_Illustr1-300x225.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Israel_Illustr1-768x577.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Israel_Illustr1-678x509.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Israel_Illustr1-326x245.webp 326w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Israel_Illustr1-80x60.webp 80w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure>



<p>Sans ce boycott, aucun travailleur·euse ou agriculteur·rice européen·ne n’aurait survécu économiquement. C’est la principale confédération syndicale israélienne, la Histadrout, qui organise cette ségrégation. Aucun parti, pas même la « gauche » la plus radicale, ne s’y oppose.</p>



<p>Le second moyen est de faire bénéficier directement les travailleur·euses israélien·nes de ce que certains auteurs ont comparé à de l’accumulation primitive. Comme l’expliquent Machover et Orr dans leur essai, ce n’est pas la bourgeoisie qui s’est appropriée le capital volé par l’expulsion des Palestinien·nes de leurs terres, mais l’État et la bureaucratie ouvrière. Les biens immobiliers palestiniens ont été distribués à la population juive d’Israël. En 1954, plus de 30 % de la population juive vivait sur des propriétés anciennement arabes, et <em>« seules 10 % des terres détenues par les organismes sionistes dans l’Israël d’avant 1967 avaient été achetées avant 1948 »</em>. Les Israélien·nes vivent sur des terres volées aux Palestinien·nes, beaucoup vivent dans des maisons construites sur les ruines de villages palestiniens et dans les maisons de celleux qui ont été chassé·es lors de la Nakba en 1948. L’Office des réfugié·es des Nations unies a estimé la valeur des biens volés à plus de 5 milliards de dollars en monnaie courante.</p>



<p>Enfin, le Capital étranger a massivement subventionné les dépenses sociales gouvernementales. En 1951, le journal israélien <em>Haaretz</em> utilisera l’expression de « chien de garde » pour caractériser la relation d’Israël avec l’impérialisme. Pour ce rôle, Machover et Orr écrivent qu’Israël <em>« est financé par l’impérialisme sans être économiquement exploité par lui. »</em> Les soutiens impérialistes versent de l’argent à leur chien de garde au Moyen-Orient, et une partie de cette somme est utilisée pour cimenter le soutien de la classe ouvrière israélienne au sionisme. Sans les subventions qu’ils fournissent, les Juif·ves du reste du monde ne seraient pas autant incité·es à émigrer en Israël. Et de nombreux Israélien·nes, habitué·es au niveau de vie européen ou nord-américain, émigreraient en Europe ou en Amérique du Nord pour tenter de le garder. Leurs sources montrent qu’entre 1948 (date de création de l’État d’Israël) et 1968, plus de 5 milliards de fonds sont transférés à Israël, sans contrepartie. Aucun empire colonial n’a jamais rapatrié de tels bénéfices par habitant·e. Ces fonds proviennent au départ essentiellement de dons d’associations juives sionistes, des réparations allemandes et dans une moindre mesure de l’aide économique versée directement par le gouvernement américain. Cette dernière bondit après 1967, lorsqu’Israël a écrasé ­militairement ses voisins arabes.</p>



<p>Machover et Orr écrivent : </p>



<p><em>« L’ensemble de l’économie israélienne repose sur le rôle politique et militaire particulier que le sionisme et la société des colons jouent dans l’ensemble du Moyen-Orient. Si l’on considère Israël isolément du reste du Moyen-Orient, il n’y a aucune explication au fait que 70 % de l’afflux de capitaux n’est pas destiné à un gain économique et n’est pas soumis à des considérations de rentabilité. Mais le problème est immédiatement résolu si l’on considère Israël comme une composante du Moyen-Orient. Le fait qu’une partie considérable de cet argent provienne de dons collectés par les sionistes auprès des juifs du monde entier ne change rien au fait qu’il s’agit d’une subvention de l’impérialisme. Ce qui importe, c’est plutôt le fait que le Trésor américain soit disposé à considérer ces fonds, collectés aux États-Unis pour être transférés dans un autre pays, comme des « dons de charité » donnant droit à des exonérations de l’impôt sur le revenu. (…)</em></p>



<p><em>Cela signifie que, bien que des conflits de classe existent dans la société israélienne, ils sont limités par le fait que la société dans son ensemble est subventionnée de l’extérieur (…) »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">« Quel est le problème avec la classe ouvrière israélienne ? »</h2>



<p>L’article de Daphna Thier, rédigé presque 50 ans plus tard, questionne la robustesse de l’analyse de Mashover et Orr : </p>



<p><em>« Depuis 1969, beaucoup de choses ont changé. Le niveau de vie des travailleurs israéliens s’est érodé et les salaires réels n’ont cessé de baisser. Aujourd’hui, l’essentiel de l’aide étrangère est le financement militaire. Enfin, l’aide américaine (…) a proportionnellement moins d’influence sur l’économie israélienne qu’en 1969 (…). Ainsi, la base de l’argument — que le niveau de vie élevé de la classe ouvrière israélienne repose sur les subventions impérialistes — est affaiblie. »</em></p>



<p>Pour Daphna Thier, c’est désormais l’économie d’armement qui cimente l’adhésion au projet sioniste :</p>



<p><em>« L’aide étrangère et les incitations impérialistes ne sont plus directement investies dans la classe ouvrière, mais les travailleurs israéliens sont désormais récompensés par le biais de l’économie de l’armement. C’est pourquoi, malgré le manque de mobilité sociale et la dégradation économique du néolibéralisme, la classe ouvrière reste plus que jamais attachée au sionisme.</em></p>



<p><em>La classe ouvrière est devenue dépendante de l’éducation, du logement et des opportunités de carrière que sa participation à Tsahal lui offre. Ils ont trouvé des voies d’avancement dans l’industrie de haute technologie alimentée par l’armée, avec plus de 9 % des travailleurs concentrés dans la haute technologie. Et comme les pensions et les salaires réels se sont érodés, le coût moins élevé de la vie dans les Territoires occupés est devenu essentiel. »</em>.</p>



<p>Même les sections les plus opprimées de la classe ouvrière israélienne, qui mènent des luttes économiques, réclament non pas une distribution égale des richesses pour tous les habitant·es de la Palestine, mais plutôt une modification du partage issu du pillage des Palestinien·nes.</p>



<p>Par ailleurs, même si l’économie israélienne est aujourd’hui moins dépendante de l’aide impérialiste, s’en passer conduirait très probablement à une crise interne importante. À chaque crise économique, Israël a fait appel à une aide économique d’urgence auprès des USA. Et les subventions militaires de l’impérialisme aident toujours à ce que les travailleur·euses israélien·nes bénéficient d’un niveau de vie bien supérieur à celui des Palestinien·nes ou des travailleur·euses des pays arabes voisins.</p>


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<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-dominant-color="978175" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="660" height="1024" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Israel_Illustr2-660x1024.webp" alt="" class="wp-image-8334 not-transparent" style="--dominant-color: #978175; width:281px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Israel_Illustr2-660x1024.webp 660w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Israel_Illustr2-193x300.webp 193w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Israel_Illustr2-768x1192.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Israel_Illustr2-1320x2049.webp 1320w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Israel_Illustr2-scaled.webp 1649w" sizes="auto, (max-width: 660px) 100vw, 660px" /></figure>
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<h2 class="wp-block-heading">Conclusion :</h2>



<p>Tant que les travailleurs et travailleuses israélien·nes profiteront matériellement d’un projet colonial sioniste soutenu par les puissances impérialistes, iels ne pourront constituer des allié·es des Palestinien·nes. Daphna Thier compare cette situation à celle de gardiens de prison, dont les moyens de subsistance dépendent de la prison remplie par des Palestinien·nes. C’est la raison pour laquelle c’est la classe ouvrière des pays arabes du Moyen-Orient qui peut jouer un rôle décisif aux côtés du peuple palestinien. Et que la lutte de celle des puissances impérialistes pour casser le soutien à Israël est si importante : ce ne sera que lorsqu’Israël perdra son rôle d’avant-poste de l’impérialisme que des fractures et des basculements dans la classe ouvrière israélienne deviendront possibles.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Vanina Giudicelli (Paris 20<sup>e</sup>)</h5>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<h6 class="wp-block-heading">NOTES</h6>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="b2efc550-db5c-4627-a490-525aa868a7cd">On peut lire sur le site de Révolution Permanente un article, « Lutte ouvrière, le NPA-C et la lutte pour l’auto-détermination de la Palestine », critiquant les positions de ces courants pour qui <em>« La fraternisation entre les peuples [Israéliens et Palestiniens] est (…) érigée en condition de la légitimité de la lutte du peuple palestinien. »</em> L’auteur y oppose <em>« la fraternisation, non pas comme un fétiche abstrait, condition de la légitimité de la résistance, mais comme un enjeu stratégique concret »</em>. Le problème de ce raisonnement est qu’il repose sur l’idée que l’adhésion de la classe ouvrière israélienne au sionisme est uniquement idéologique. <a href="#b2efc550-db5c-4627-a490-525aa868a7cd-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="f066f31d-7d54-43ff-8e4e-c92e0d5aa94c">Voir par exemple les travaux du marxiste américain Charlie Post, qui démontrent que les avantages matériels que la classe ouvrière américaine retire de la domination des pays dits du Sud Global sont quasiment nuls. <em>Le mythe de l’aristocratie ouvrière</em> (2008) est disponible sur <br><a href="https://labreche.org/">https://labreche.org</a> <a href="#f066f31d-7d54-43ff-8e4e-c92e0d5aa94c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="6e598d00-26dd-45fd-b300-cf9a02ecf0aa">Disponible sur : <a href="https://www.marxists.org/">https://www.marxists.org</a> <a href="#6e598d00-26dd-45fd-b300-cf9a02ecf0aa-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="96da6923-21e3-455a-819c-6abe22017eca">Disponible sur : <a href="https://isreview.org/">https://isreview.org</a> <a href="#96da6923-21e3-455a-819c-6abe22017eca-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/pourquoi-la-classe-ouvriere-israelienne-na-pas-interet-a-la-fin-de-lapartheid/">Pourquoi la classe ouvrière israélienne n’a pas intérêt à la fin de l’apartheid</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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