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	<title>Archives des Stratégie - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<title>Archives des Stratégie - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<item>
		<title>Arguments pour un antiracisme de classe</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/arguments-pour-un-antiracisme-de-classe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Jun 2026 17:37:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Classes]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026 Dans un contexte de guerres impérialistes, d’offensive raciste et de montée de l’extrême droite, il est crucial d’analyser comment le racisme est structuré politiquement. Aujourd’hui, il n’est pas <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/arguments-pour-un-antiracisme-de-classe/" title="Arguments pour un antiracisme de classe">[...]</a></div>
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<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px"><strong>Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026</strong></p>



<div class="wp-block-file"><a id="wp-block-file--media-4db72ed4-89d5-4654-9194-e1d20597418c" href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/06/antiracisme-de-classe.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pour lire l&rsquo;article ou imprimer l&rsquo;article maquetté</a><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/06/antiracisme-de-classe.pdf" class="wp-block-file__button wp-element-button" download aria-describedby="wp-block-file--media-4db72ed4-89d5-4654-9194-e1d20597418c">Télécharger</a></div>



<p></p>



<p>Dans un contexte de guerres impérialistes, d’offensive raciste et de montée de l’extrême droite, il est crucial d’analyser comment le racisme est structuré politiquement. Aujourd’hui, il n’est pas possible de gagner en menant des luttes sans prendre en compte la place du racisme et en particulier celle de l’islamophobie. Inversement, mener des luttes antiracistes sans prendre en compte la question de classe mène à une impasse.</p>



<p>Cela implique une double exigence : combattre le racisme suppose d’attaquer le capitalisme qui le produit, et renverser le capitalisme exige d’affronter le racisme qui divise notre classe. D’où un enjeu stratégique : quel antiracisme permet de construire un bloc populaire large, et quelles stratégies renforcent au contraire les divisions exploitées par la classe dirigeante ?</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le racisme au coeur du système capitaliste</h3>



<p>Le racisme n’est pas un phénomène intemporel, il est un produit de l’histoire qui apparaît avec l’émergence du capitalisme. Pour Fanon, le racisme n’est pas universel mais culturel, une particularité des sociétés européennes.</p>



<p>Le racisme apparaît avec l’expansion capitaliste à partir de la fin du XVe siècle, notamment avec la colonisation des Amériques et la traite transatlantique. Le développement du capitalisme repose alors sur l’exploitation massive de populations réduites en esclavage, l’expropriation violente de terres et la destruction de sociétés entières.</p>



<p>Dans le même temps, en Europe, s’affirme une idéologie où, sur le marché, des individus libres échangent des marchandises. Pour résoudre cette contradiction : égalité formelle d’un côté, esclavage et colonisation de masse de l’autre, il faut une idéologie qui retire à certain&rsquo;es leur pleine humanité.</p>



<p>W.E.B Du Bois explique donc que ce n’est pas un vieux racisme « précapitaliste » qui aurait rendu l’esclavage possible, mais l’esclavage et l’économie de plantation qui ont nécessité la production d’un discours raciste pour légitimer une violence en contradiction avec les valeurs chrétiennes puis libérales.</p>



<p>Le racisme reste aujourd’hui indispensable au fonctionnement du capitalisme et à la domination bourgeoise.</p>



<p>Il remplit une fonction économique. Dans les années 70, alors que les besoins du capital s’opposent aux revendications des travailleur&rsquo;euses, le recours à une main-d’œuvre immigrée et précarisée, souvent dans l’incapacité de refuser de mauvaises conditions de travail, permet d’assurer la flexibilité de l’offre de travail dont le capital a besoin, tout en préservant en apparence les travailleur&rsquo;euses nationaux.</p>



<p>Pour fonctionner, le capitalisme a besoin que ce traitement discriminant soit accepté par les travailleur&rsquo;euses blanc&rsquo;hes. La fonction du racisme est de faire accepter à la classe ouvrière ce traitement inégal envers l’une de ses composantes.</p>



<p>En plus de justifier une surexploitation économique, le racisme remplit également une fonction politique. Il permet de diviser la classe ouvrière et d’affaiblir celle-ci dans le rapport de force qui l’oppose au capital. Comme le souligne le militant Saïd Bouamama, il consiste à « diviser ceux qui devraient être unis » travailleur&rsquo;euses nationaux et immigré&rsquo;es et à « unir ceux qui devraient être divisés » travailleur&rsquo;euses nationaux et capitalistes.</p>



<p>C’est ce que W.E.B. Du Bois a théorisé comme une « color line » à l’échelle mondiale. La division raciale au sein du prolétariat constitue l’une des bases de la stabilité du capitalisme. Le racisme ne peut donc pas être réduit à un simple préjugé ou à une question morale secondaire. Il constitue un mécanisme central de la domination capitaliste : un outil efficace pour diviser, hiérarchiser et affaiblir la classe ouvrière. En opposant les plus exploité&rsquo;es aux « un peu moins exploité&rsquo;es », il empêche la formation d’un front commun. Tant que cette division opère, la classe reste fragmentée et notre camp structurellement affaibli.</p>



<h3 class="wp-block-heading">À gauche : un « racisme respectable »</h3>



<p>Si le racisme est historiquement un produit de la bourgeoisie, il ne se limite pas à celle-ci. Il traverse l’ensemble de la société, y compris notre classe et ses organisations.</p>



<p>Le racisme est aussi présent au sein de la gauche, qui contribue ainsi à produire un racisme « respectable » articulé aujourd’hui autour de l’islamophobie.</p>



<p>Les années 80 sont un moment décisif dans cette production d’une islamophobie d’État par un pouvoir de gauche. Avec le tournant de la rigueur, le gouvernement socialiste engage des plans de licenciements massifs. Les premiers touchés sont les ouvriers spécialisés (OS) maghrébins, très présents dans les grandes usines automobiles.</p>



<p>Ces travailleurs se mobilisent. Un important mouvement de grève apparaît alors qu’au même moment les revendications antiracistes prennent de l’ampleur avec la Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983.</p>



<p>Le gouvernement et le patronat craignent que les OS maghrébins soient rejoints dans la lutte par les ouvriers qualifiés, en très grande majorité blanc&rsquo;hes et français&rsquo;es. La revendication d’une salle de prière ou encore l’usage de l’arabe par des militants syndicaux maghrébins vont alors être instrumentalisés. Dans un contexte international marqué par la révolution iranienne de 1979, les grèves sont présentées comme manipulées par des « intégristes ». On assiste à la construction d’« un problème musulman » visant à diviser et fragmenter la classe ouvrière.</p>



<p>Cette stratégie porte ses fruits. En 1984, lors de l’évacuation de l’usine Talbot par la police, les ouvriers qualifiés chantent « les Arabes au four, les Noirs à la Seine ».</p>



<p>En parallèle, la création de SOS Racisme servira à marginaliser les militant&rsquo;es de la Marche pour l’égalité, au profit d’un antiracisme libéral où le racisme est présenté comme une pulsion intemporelle, produit de l’ignorance de classes populaires à éduquer.</p>



<p>Les offensives islamophobes du pouvoir socialiste continuent avec l’affaire du foulard de Creil en 1989, qui ouvre une longue séquence aboutissant notamment à la loi de 2004 contre le foulard. Cette loi est soutenue non seulement par le PS et le PCF, mais aussi par une partie de l’extrême gauche.</p>



<p>L’islamophobie est devenue la forme centrale du racisme actuel. Moins disqualifiée historiquement que d’autres formes de racisme, elle trouve de nombreux relais à gauche. C’est une forme de racisme qui devient acceptable pour toute une partie de la population au nom de la défense des droits des femmes, de l’anticléricalisme, de la sécurité&#8230;</p>



<p>Une partie du mouvement antiraciste en tire les leçons en défendant la nécessité de son autonomie politique. C’est notamment le cas avec l’appel des Indigènes de la République en 2005. L’autonomie politique et organisationnelle des premier&rsquo;es concerné&rsquo;es a déjà fait la preuve de son efficacité : collectifs de sans-papiers, de mineurs isolés, organisations issues de l’immigration. Cependant, le mouvement antiraciste ne parvient toujours pas aujourd’hui à faire obstacle à l’adoption de nouvelles lois racistes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les limites de l’intersectionnalité et du privilège blanc et la nécessité d’un antiracisme de classe</h3>



<p>L’incapacité du mouvement ouvrier traditionnel à prendre en charge la question du racisme a permis le développement de théories qui ne lient pas la question des oppressions et du racisme à la question de classe.</p>



<p>C’est notamment le cas de l’intersectionnalité, théorie universitaire, qui s’est imposée au sein de nos luttes comme grille d’analyse utile pour penser l’imbrication des mécanismes d’oppression. Mais, si le triptyque « genre, race, classe » est constamment invoqué, la classe est le plus souvent reléguée au second rang. Lorsqu’elle est abordée, c’est rarement sous l’angle de l’exploitation, mais plutôt à travers la notion de « mépris social » : la classe n’est alors traitée que comme oppression déconnectée des rapports de production. Les réponses proposées se réduisent fréquemment à des appels à la « déconstruction », relevant davantage d’un volontarisme individuel que d’une transformation des rapports sociaux.</p>



<p>Une autre notion largement partagée est celle du privilège blanc. Cette idée dresse le constat que les blanc&rsquo;hes bénéficient d’avantages grâce au racisme. Il est évidemment indispensable de reconnaître les inégalités que crée le racisme au sein même de notre classe et il existe effectivement des situations fréquentes où une personne blanche peut bénéficier du racisme, parfois même sans s’en apercevoir : quand elle obtient un logement ou un travail sans savoir qu’un&rsquo;e candidat&rsquo;e plus qualifié a été recalé&rsquo;e car racisé&rsquo;e.</p>



<p>Cette approche du racisme va cependant plus loin. Elle fait le postulat que les travailleur&rsquo;euses blanc&rsquo;hes ont un intérêt matériel au racisme. Leur implication dans la lutte antiraciste devient alors au mieux marginale, au pire contradictoire avec leurs intérêts. Le combat contre le racisme devient conséquemment l’affaire quasi-exclusive des personnes racisées.</p>



<p>Or le rapport de force nécessaire pour gagner contre le racisme ne peut être construit par les seules personnes racisées. C’est ce que démontrent les mobilisations contre les lois Séparatisme ou Darmanin.</p>



<p>Alors, si la nécessité d’alliances larges apparaît évidente, celles-ci sont rendues impossibles si on postule que les blancs ont un intérêt matériel au racisme. C’est une impasse stratégique qui découle d’une mauvaise analyse.</p>



<p>Le problème ne réside pas dans la reconnaissance des inégalités raciales, mais dans l’interprétation de leur signification.</p>



<p>Un antiracisme de classe part d’un autre postulat : les travailleur&rsquo;euses blanc&rsquo;hes ont davantage à gagner à s’allier avec les travailleur&rsquo;euses racisé&rsquo;es qu’avec leurs employeurs, dont l’objectif est précisément de les exploiter.</p>



<p>Il faut clarifier ce que l’on entend par « privilège ». Un privilège est un avantage indu, illégitime, auquel il faudrait renoncer. Mais dans l’usage, une confusion s’installe souvent entre privilèges et droits. Ne pas subir de violences policières n’est pas un privilège : c’est un droit fondamental qui devrait être garanti à tous&rsquo;tes. Présenter ce droit comme un privilège revient implicitement à accepter sa remise en cause.</p>



<p>Cette logique nourrit la confusion en assimilant des acquis sociaux à des privilèges, effaçant ainsi les luttes qui ont permis de les conquérir. On la retrouve chez H. Bouteldja : « Le capitalisme sous sa forme néolibérale poursuit son œuvre impitoyable. Il grignote vos acquis sociaux ou, pour le dire d’une manière plus juste, vos privilèges ».</p>



<p>Les acquis du CNR obtenus grâce à la lutte armée des FTP-MOI sous le nazisme sont ainsi réduits à des privilèges indus !</p>



<p>D’autres militants, comme Szymanski ou Callinicos, ont montré que le racisme affaiblit matériellement l’ensemble de la classe travailleuse. En divisant les travailleur&rsquo;se&rsquo;s, il empêche la construction de solidarités, tire les salaires vers le bas et renforce le pouvoir patronal. Les travailleur&rsquo;se&rsquo;s blanc&rsquo;hes qui adhèrent à des logiques racistes renforcent aussi leur propre exploitation.</p>



<p>Cette dynamique est flagrante concernant les politiques de sécurité. Les dispositifs sécuritaires, légitimés par des discours racistes et dirigés contre les racisé&rsquo;e&rsquo;s, finissent par se retourner contre l’ensemble de notre classe.</p>



<p>Le racisme fonctionne ainsi comme un mécanisme d’« avantage relatif ». Il ne confère pas un bénéfice absolu, mais un différentiel qui permet d’obtenir le consentement d’une partie des dominé&rsquo;es. Ce consentement a un prix : la fragmentation des luttes et la perpétuation de l’exploitation.</p>



<p>C’est la raison pour laquelle il faut non seulement affirmer que les travailleur&rsquo;euses blanc&rsquo;hes n’ont pas intérêt au racisme, mais qu’en luttant contre le racisme aux côtés des racisé&rsquo;es, iels luttent pour leurs intérêts de classe !</p>



<p>Un antiracisme de classe ne consiste donc pas à nier les oppressions spécifiques ni à dissoudre les luttes antiracistes dans une abstraction de la lutte de classe. Il s’agit au contraire de comprendre comment le racisme est produit et utilisé par le capitalisme afin de construire une stratégie capable de le combattre efficacement.</p>



<p>Cela implique de soutenir l’auto-organisation des personnes directement touchées par le racisme, de combattre sans concession l’islamophobie et toutes les formes de racisme, mais aussi de convaincre le plus largement possible au sein de notre classe que ces combats sont les siens.</p>



<p>Car chaque victoire raciste renforce notre adversaire commun. Chaque division imposée entre travailleur&rsquo;euses renforce le patronat, l’État et les forces réactionnaires. À l’inverse, chaque lutte commune contre le racisme renforce notre capacité collective à nous organiser et à nous défendre.</p>



<p>L’antiracisme de classe ne repose donc pas sur la culpabilisation ou la concurrence des oppressions, mais sur une stratégie d’unité des exploité&rsquo;es et des opprimé&rsquo;es contre celles et ceux qui profitent de leur division.</p>



<p>Dans un contexte de montée de l’extrême droite, de guerres impérialistes et d’offensives racistes, cette perspective n’est pas seulement souhaitable : elle est nécessaire.</p>



<p>Hugo (Toulouse), Shems (Marseille)</p>
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		<item>
		<title>Mobilisation de 2003 contre la guerre en Irak</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/mobilisation-de-2003-contre-la-guerre-en-irak/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 May 2026 17:23:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Irak]]></category>
		<category><![CDATA[Mobilisation]]></category>
		<category><![CDATA[mouvement]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026 Quels bilans stratégiques pour les guerres impérialistes qui reviennent ? Depuis le début de l’année, entre l’attaque des États-Unis sur le Venezuela, les menaces sur le Groenland et <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/mobilisation-de-2003-contre-la-guerre-en-irak/" title="Mobilisation de 2003 contre la guerre en Irak">[...]</a></div>
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<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026</strong></p>



<p><strong>Quels bilans stratégiques pour les guerres impérialistes qui reviennent ?</strong></p>



<p><em>Depuis le début de l’année, entre l’attaque des États-Unis sur le Venezuela, les menaces sur le Groenland et Cuba, et la guerre contre l’Iran menée avec Israël, nous assistons à une accélération des tensions inter-impérialistes réactivées depuis la guerre en Ukraine. Face aux crises dans lesquelles nous plonge la trajectoire du capital, la bourgeoisie n’a qu’un mot à la bouche : la guerre. Pourtant, face à l’agenda militariste de nos gouvernements impérialistes, en France, les réponses de notre classe sont trop minoritaires. Comment pouvons-nous nous opposer aux guerres impérialistes ? Comment reconstruire un large mouvement anti-impérialiste et anti-guerre ?</em></p>



<p>Pour répondre à ces questions, le passé a beaucoup à nous apprendre : depuis l’analyse du mouvement de 2003 contre l’invasion de l’Irak, dessinons des stratégies pour nous organiser.</p>



<p>Pour comprendre la guerre en Irak et le mouvement anti-guerre de 2003, il faut revenir à l’après-guerre froide. Suite à la chute du bloc soviétique, les États-Unis deviennent la principale puissance mondiale et tâchent de consolider leur domination économique, politique et militaire dans le monde. La guerre du Golfe puis les interventions dans les Balkans assoient ce rôle de « gendarme du monde », souvent à travers l’OTAN.</p>



<p>Cette domination s’appuie aussi sur les institutions internationales comme le FMI, la Banque mondiale ou l’OMC, qui imposent les politiques néolibérales de dérégulation et de privatisation. La mondialisation capitaliste accentue alors les inégalités et la précarité, tandis que les États-Unis cherchent à contenir l’émergence de nouvelles puissances comme la Chine.</p>



<p>Dans cette période d’hégémonie, les États-Unis cherchent à sécuriser leur influence au Moyen-Orient afin de garantir l’accès aux ressources stratégiques, notamment le pétrole. Ils s’appuient pour cela sur des alliances avec des régimes autoritaires de la région et deviennent progressivement le principal soutien d’Israël.</p>



<p>Après le 11 septembre 2001, l’administration Bush lance la « guerre contre le terrorisme » avec l’invasion de l’Afghanistan, puis prépare celle de l’Irak. En s’appuyant sur les mensonges autour des armes de destruction massive et l’amalgame entre Saddam Hussein et Al-Qaïda, les États-Unis construisent la menace d’un « axe du mal ». Le terrorisme devient ainsi un levier idéologique pour justifier les guerres impérialistes et renforcer l’islamophobie.</p>



<p>La France, l’Allemagne, la Russie ou la Chine s’opposent alors à l’invasion, moins par refus de la guerre que pour défendre leurs propres intérêts face à l’hégémonie étasunienne.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un mouvement issu des luttes globales contre le néolibéralisme</h3>



<p>Le contexte post-guerre froide nourrit d’abord un fort défaitisme à gauche. Mais à partir du milieu des années 1990, une nouvelle séquence de luttes avec les soulèvements zapatistes au Chiapas, les grèves de 1995 en France ou les mobilisations contre l’OMC à Seattle en 1999, participent à faire renaître une critique globale du capitalisme. C’est dans cette dynamique que se développe le courant altermondialiste dont ATTAC est l’organisation de référence. Sur la base d’une stratégie économiste, qui cherche davantage à réguler la mondialisation qu’à rompre avec le capitalisme, elle devient centrale à gauche.</p>



<p>Une des références de cette période est <em>Empire</em> (2000) de Toni Negri et Michael Hardt. Les auteurs y théorisent un capitalisme mondialisé opérant à travers une souveraineté diffuse, où les États-nations ne seraient plus que les relais locaux d’un « Empire » global. À la notion de classe ouvrière est substituée celle de la « multitude », ensemble hétérogène de sujets dominés appelés à résister via des formes d’organisation horizontales et décentralisées.</p>



<p>Mais la menace d’invasion de l’Irak vient contredire cette grille de lecture en montrant le rôle central des États impérialistes et notamment les États-Unis qui usent de la violence pour défendre leurs intérêts économiques et stratégiques. Dans les Forums sociaux et les contre-sommets du début des années 2000, une partie de la gauche radicale pousse alors le mouvement altermondialiste à prendre un tournant anti-guerre clair, ce qui aboutit à l’appel du Forum social de Florence en novembre 2002 à faire du 15 février 2003 une journée mondiale de mobilisation.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La construction d’un mouvement large sur des bases minimales</h3>



<p>Le 15 février 2003 marque le point culminant du mouvement contre la guerre en Irak. Entre 10 et 30 millions de personnes manifestent dans plus de 60 pays. C’est encore aujourd’hui la plus grande mobilisation de l’Histoire. Les rassemblements sont particulièrement massifs dans les États alliés des États-Unis : 1 million de personnes à Londres, 3 millions à Rome, 2 millions à Madrid.</p>



<p>Aux États-Unis, l’héritage du mouvement contre la guerre du Vietnam et les dynamiques altermondialistes de la fin des années 1990 permettent l’émergence dès septembre 2001 d’une opposition à la guerre en Afghanistan, malgré une opinion publique initialement favorable à l’intervention. Des coalitions comme ANSWER, United for Peace and Justice ou, en Angleterre, Stop The War, structurent la mobilisation qui se développe par en bas à différentes échelles du territoire et entraînent des secteurs très larges de la société, des organisations militantes jusqu’aux cadres confessionnels. En Angleterre, les organisations musulmanes comme la Muslim Association of Britain jouent notamment un rôle central pour construire un rapport de force face à l’islamophobie d’État.</p>



<p>La massivité des mobilisations dans ces deux pays tient à leur capacité à rassembler, sur des mots d’ordre minimaux contre la guerre, un maximum d’organisations ayant, par ailleurs, des débats en interne sur la caractérisation de l’impérialisme.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Et en France ? La difficulté du mouvement face à l’islamophobie.</h3>



<p>En France, le mouvement reste plus faible : le 15 février, 250 000 personnes manifestent à Paris. Une partie de la gauche est paralysée par le narratif sécuritaire porté par Bush et ses alliés. Cela conduit en 2001 à des mobilisations tardives et défensives autour de slogans comme « Ni OTAN ni Talibans ». C’est ce que racontent des camarades d’A2C, Denis Godard et Vincent Touchaleaume, alors militants de Socialisme par en bas, d’ATTAC et à Paris 8, qui impulsent un cadre anti-guerre à contre-courant des positions dominantes à gauche.</p>



<p>L’organisation d’un premier meeting permet la naissance d’Agir Contre la Guerre (ACG). Le collectif cherche à former un mouvement large autour de mots d’ordre simples : « Retrait des troupes d’Afghanistan. Pas d’invasion de l’Irak. Justice en Palestine. » Sans compromis sur l’islamophobie, il entend donner confiance à tous&rsquo;tes celles et ceux qui veulent s’organiser contre la guerre.</p>



<p>Les initiatives portées par ACG rencontrent un écho. En 2002, le cadre lance un appel très relayé à former des cortèges anti-guerre le 1er mai avant que le choc du score du FN aux présidentielles ne remette l’antifascisme au centre. Toutefois, le 11 septembre, il mobilise 400 personnes devant le Sénat lors d’une rencontre entre des représentants français et étasuniens, le FBI et des industriels de l’armement… Le 20 mars 2003, quand les États-Unis envahissent l’Irak, il impose un rassemblement immédiat place de la Concorde qui réunit 80 000 personnes. Mais la dynamique bute sur l’islamophobie présente à gauche.</p>



<p>Suite au tournant du Forum social de Florence, le cadre unitaire « contre la guerre et contre le terrorisme » qui se crée (CGT, ATTAC, LDH etc.) va attaquer les alliances formées par ACG avec des courants comme les Étudiants musulmans de France. Plus tard, ce sont les collectifs Féministes pour l’égalité contre la loi sur le voile qui se retrouvent isolés. Ces fractures révèlent chez tout un pan de la gauche, des ONG et des milieux libertaires, une incapacité à penser ensemble racisme, féminisme et impérialisme qui freine l’élargissement du mouvement et accélère son reflux.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Héritages et bilan critique du mouvement de 2003</h3>



<p>Dans les pays où il s’est construit, le mouvement anti-guerre a produit des effets politiques réels : affaiblissement de Blair au Royaume-Uni, chute d’Aznar en Espagne, impact sur les élections étasuniennes de 2006 et 2008. Plus durablement, il a installé des réflexes anti-guerre qui ont rendu plus coûteux politiquement toute nouvelle intervention militaire.</p>



<p>Dans plusieurs pays arabes, sans être la cause unique des soulèvements de 2011, le mouvement de 2003 a participé à une politisation anti-impérialiste. En Égypte notamment, une partie de la génération révolutionnaire s’est formée dans les mobilisations de solidarité avec l’Intifada puis contre la guerre en Irak, en réintroduisant une critique publique du régime de Moubarak comme relais local de l’ordre impérialiste.</p>



<p>En France, l’héritage est plus diffus mais réel. Le mouvement semble avoir renforcé la confiance politique de militant&rsquo;es musulman&rsquo;es et racisé&rsquo;es, à la tête des mobilisations contre les bombardements israéliens en Palestine et au Liban en 2005-2006. Il a aussi contribué à articuler lutte contre l’islamophobie et critique de l’impérialisme, en reliant les guerres menées à l’extérieur aux politiques racistes vécues ici.</p>



<p>Mais ce bilan doit aussi être critique.</p>



<p>Malgré sa massivité, le mouvement de 2003 n’a pas su établir un rapport de force sur les lieux de travail. L’Italie est une exception : le 15 février, les manifestations sont accompagnées de débrayages, avec une implication syndicale forte et des mots d’ordre clairs contre la guerre et le gouvernement Berlusconi. C’est ce qui a manqué ailleurs : une capacité à faire exister dans les mobilisations massives dans la rue la perspective de la grève comme outil central de notre classe pour mettre en échec les gouvernements impérialistes.</p>



<p>Enfin, le mouvement a manqué de renforcer en son sein des organisations capables de structurer durablement la politisation produite par la séquence sur des bases d’autonomie de classe c’est-à-dire de défendre que ce qui mettra fin aux guerres c’est l’organisation déterminée de notre classe, par en bas. Les coalitions et les collectifs minoritaires comme ACG ont joué un rôle majeur mais ne pouvaient pas, seuls, transformer cette force en stratégie de long terme.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Quelles stratégies pour un mouvement anti-guerre aujourd’hui ?</h3>



<p>En 2026, les États occidentaux ne s’opposent plus aux guerres comme il y a vingt ans. La France, l’Allemagne ou le Royaume-Uni soutiennent l’offensive contre l’Iran, pendant que la Russie et la Chine s’y opposent surtout pour affaiblir l’ordre occidental. Le « syndrome irakien » né après 2003 — occupation ratée face aux résistances, révélation des mensonges d’État — explique encore l’impopularité actuelle des interventions militaires occidentales.</p>



<p>Et pourtant, à ce jour, aucun mouvement anti-guerre d’ampleur n’a émergé.</p>



<p>L’obsession pour la nature des régimes attaqués, les postures « Ni… ni&#8230; », l’incapacité à construire un front large contre la guerre continuent d’empêcher la mise en mouvement de grands pans de la société. L’expulsion violente d’un cortège iranien lors de la manifestation anti-impérialiste du 28 mars, à l’occasion de la Journée de la Terre, en est la dernière démonstration.</p>



<p>La difficulté de construction d’un mouvement antiraciste massif en France quand le racisme sert directement à légitimer les interventions militaires, limite également le mouvement anti-guerre. Les cadres anti-guerre existants peinent par ailleurs à construire la mobilisation à la base, par quartier, sur les lieux de travail.</p>



<p>Pour répondre à ces enjeux, nous devons à la fois défendre la construction d’une coalition large contre la guerre, renforcer le front antiraciste et antifasciste et développer une organisation politique capable de pousser dans les mobilisations pour une stratégie qui redonne à la base la conscience que c’est notre classe organisée, avec les outils de la lutte des classes, qui mettra fin à la guerre !</p>



<p><strong>Mathilde et Gabin (Marseille)</strong></p>
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		<title>Iran, (anti)impérialisme et révolution</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/iran-antiimperialisme-et-revolution/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 May 2026 17:01:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[anti-impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026 Les difficultés pour construire un mouvement anti-impérialiste et antiguerre en France ne tiennent pas aux conditions objectives. À travers le monde des millions de personnes ont manifesté contre <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/iran-antiimperialisme-et-revolution/" title="Iran, (anti)impérialisme et révolution">[...]</a></div>
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<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026</strong></p>



<div class="wp-block-file"><a id="wp-block-file--media-3bbb91a9-0338-4461-b878-60e555bf7ddd" href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/05/iran.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pour lire ou imprimer l&rsquo;article maquetté</a><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/05/iran.pdf" class="wp-block-file__button wp-element-button" download aria-describedby="wp-block-file--media-3bbb91a9-0338-4461-b878-60e555bf7ddd">Télécharger</a></div>



<p></p>



<p>Les difficultés pour construire un mouvement anti-impérialiste et antiguerre en France ne tiennent pas aux conditions objectives. À travers le monde des millions de personnes ont manifesté contre le génocide en Palestine malgré les médias ou la répression. Les obstacles tiennent en premier lieu aux positions qui dominent dans les organisations.</p>



<p>La position dominante veut que la condamnation des bombardements sur l’Iran soit conditionnée à celle du régime iranien, dont la traduction concrète est le refus dans nos manifestations de la participation de cortèges avec des drapeaux iraniens.</p>



<p>Le peuple iranien a régulièrement montré sa détermination à remettre en question le régime malgré une répression systématique. Ses luttes apportent énormément d’espoir face à l’approfondissement de la crise du capitalisme et sa manifestation impérialiste. Partir de là est donc très important pour pouvoir discuter des possibilités de faire face à la situation.</p>



<p>Depuis la révolution de 1979 la place que le régime veut donner à l’Iran dans la compétition régionale façonne la société. Des révoltes très fréquentes et très massives éclatent. La dernière en date a été complètement stoppée par les bombardements d’Israël et des États-Unis.</p>



<p><strong>Sous l’emprise de l’impérialisme</strong></p>



<p>Tout au long du XXè siècle l’Iran a été convoité par les grandes puissances pour ses ressources pétrolières et pour sa situation géostratégique au Moyen-Orient.<br>Avant 1979, la majorité de la population vit à la campagne où les méthodes agricoles sont peu développées. Il y a aussi des zones avec de fortes concentrations ouvrières, liées à l’économie du pétrole. Une bourgeoisie nationale se développe mais l’économie est dépendante du secteur du pétrole sous le contrôle de firmes anglaises puis US.<br>Dès les années 1970, les salarié&rsquo;es, les ouvrier&rsquo;es représentent à peu près un tiers de la population.<br>Les bazars contrôlent l’essentiel du commerce, de gros et plus encore de détail. Mais se développe également dans les grandes villes une élite iranienne qui arrive à vivre des revenus du pétrole, qui s’occidentalise dans ses modes de vie, en même temps que des bidonvilles énormes se mettent en place autour des grandes villes et notamment de Téhéran.</p>



<p><strong>La révolution par étapes</strong></p>



<p>C’est dans ce contexte qu’émergent de grandes révoltes. Elles produisent des débats dans la gauche iranienne. Ce qui domine sont les théories staliniennes, qui estiment que dans un pays relativement peu développé économiquement il est impossible pour la classe ouvrière de changer la société et de parvenir au socialisme. Il faut préalablement passer par un développement capitaliste de la société, qui ne peut être réalisé qu’en soutenant la bourgeoisie dans ses velléités d’acquérir une indépendance nationale qui permettra de développer économiquement le pays<sup data-fn="3fdc5088-3300-40e3-bce4-0a4a599d955f" class="fn"><a href="#3fdc5088-3300-40e3-bce4-0a4a599d955f" id="3fdc5088-3300-40e3-bce4-0a4a599d955f-link">1</a></sup>.<br>Cette théorie de la révolution par étapes s’était concrétisée une première fois par le soutien de la gauche au gouvernement de front national dirigé par Mossadegh qui prend le pouvoir en 1952. Mossadegh prend la décision de nationaliser le pétrole iranien. Très rapidement la Grande-Bretagne riposte, soutenue par les Etats-Unis – et organise un coup d’état en août 1953, qui réinstalle le régime autocratique du Shah.<br>Effrayée par le soulèvement populaire créé par la victoire de Mossadegh, la bourgeoisie nationale s’est finalement rangée du côté de l’impérialisme américain et britannique. La répression décapite la gauche. Des mouvements liés aux mosquées et dirigés par le clergé se mettent alors à jouer un rôle central dans la contestation populaire des décennies qui vont suivre.</p>



<p><strong>La révolution de 1979</strong></p>



<p>Des manifestations démarrent en 1977 pour une démocratisation, puis des soulèvements dans les bidonvilles. A la fin de l’année les grèves se développent. En un an se développent des comités de quartier &#8211; les Komitehs &#8211; et des comités d’usines &#8211; les Shoras. Dans de nombreux endroits les ouvriers chassent les patrons et prennent le contrôle de leur entreprise. Mais la gauche ne pousse pas pour que ces comités se coordonnent et s’organisent en pouvoir alternatif. Elle continue de penser que le pouvoir doit être occupé par la bourgeoisie nationale qui cherche l’indépendance.<br>Par contre, le mouvement des mosquées se développe, avec une personnalité – Khomeini – qui a un réseau très important au niveau national et qui propose une direction politique, celle de prendre le pouvoir. Il a une base relativement importante dans la nouvelle classe moyenne qui s’est construite dans les entreprises.<br>Quand le Shah prend la fuite ce n’est donc pas la classe ouvrière qui prendra le pouvoir, ni la bourgeoisie qui souhaitait un retour à l’ordre, mais la classe moyenne sous la direction de l’ayatollah Khomeini.</p>



<p><strong>De l’anti-impérialisme des classes moyennes…</strong></p>



<p>Le gouvernement mis en place par Khomeini n’est pas un gouvernement complètement lié à la bourgeoisie. Et il va mettre en place des mesures radicalement différentes de ce qui a existé jusqu’alors. En nationalisant toutes les entreprises qui étaient détenues par le Shah et ses réseaux auparavant, il réintègre dans la sphère publique des pans de l’économie qui apparaissaient comme des sphères d’enrichissement d’une minorité. Ces mesures sont apparues comme anticapitalistes. En France, Sartre, Foucault, Simone de Beauvoir célèbrent Khomeini comme un militant anti impérialiste. Les théories sur « l’islam révolutionnaire » fleurissent, de même que les tentatives de synthétiser islam et marxisme.<br>Pour stabiliser son pouvoir et assurer sa base sociale, Khomeini va alterner des attaques sur sa gauche et sur sa droite. Il va s’allier avec la bourgeoisie nationale pour détruire les Komiteh et les Shoras. Puis, en novembre 1979, il organise l’occupation de l’ambassade des États-Unis durant plusieurs mois, contre l’avis de la bourgeoisie iranienne. Cet acte est resté dans l’histoire comme un défi à l’impérialisme.</p>



<p><strong>… à la crise du capitalisme d’État</strong></p>



<p>Pour stabiliser un système au point de départ instable, Khomeini va s’appuyer sur deux choix politiques.<br>Il développe progressivement, via les nationalisations et grâce aux revenus pétroliers une forme de capitalisme d’État. Il crée ainsi une énorme bureaucratie qui sera la base sociale du régime.<br>Et il va utiliser la guerre et le nationalisme pour délégitimer et détruire physiquement toute opposition comme complice de l’impérialisme. Il va ainsi grandement bénéficier de la guerre meurtrière avec l’Irak à partir de 1980. Surtout quand l’Irak obtiendra le soutien US.<br>Comme les autres capitalismes d’État (des pays de l’est à l’Egypte) le régime islamique rentre en crise à la fin des années 1980 du fait de la de crise économique au niveau international. C’est aussi la fin de la guerre avec l’Irak et la mort de Khomeini.<br>Les rivalités éclatent alors au sein de la classe dirigeante iranienne entre la bureaucratie d’État qui veut prolonger son régime sous couvert d’anti-impérialisme et une partie de la bourgeoisie plutôt tournée vers la mondialisation qui veut faire des compromis avec les puissances impérialistes et tente d’emporter l’adhésion de la population par des promesses de réformes démocratiques.<br>Ces deux factions vont s’affronter régulièrement depuis lors. Quand des soulèvements populaires ont lieu, cela rouvre les rivalités.<br>Chaque fois que la frange libérale arrive au pouvoir et qu’elle essaye de négocier avec l’impérialisme son intégration au marché mondial, la frange conservatrice utilise son discours anti-impérialiste pour renforcer sa légitimité.<br>C’est le cas avec Khatami qui collabore avec les USA dans l’invasion de l’Afghanistan. C’est la cas avec Rohani en 2013 qui parvient à un accord sur le nucléaire avec les USA en 2015.</p>



<p><strong>Impérialisme régional</strong></p>



<p>Cette situation fait que le débat sur la nature anti-impérialiste du régime continue encore à l’heure actuelle. L’Iran se présente comme le chef de file de « l’axe de la résistance » contre le sionisme et l’impérialisme occidental. Il a apporté son soutien au Hezbollah au Liban, aux Houthis au Yémen, aux Forces de mobilisation populaire en Irak et à d’autres groupes de moindre envergure.<br>Cela découle de l’émergence de l’Iran en tant que puissance régionale, en lice pour la domination de la région. L’Axe s’inscrivait dans la stratégie iranienne « d’anneau d’étranglement » contre Israël, qui consistait à soutenir ses alliés sans s’exposer à un affrontement ouvert.<br>Pour pouvoir se maintenir, l’Iran s’est inséré dans un système international capitaliste. Il a donc dû accepter les lois de la compétition et de l’accumulation et y trouver sa place.</p>



<p>Le déclin des USA et leur difficulté à maintenir leur hégémonie dans la région après l’invasion de l’Irak en 2003 ont conduit d’autres grandes puissances à investir cette zone, notamment la Russie et la Chine. L’Iran a noué des alliances avec ces autres puissances. La Chine achète 90% du pétrole iranien et est devenue le premier partenaire commercial de l’Iran. Lors de la révolution en Syrie en 2015 l’Iran a fait le choix de soutenir le régime de Bachar al-Assad aux côtés des forces russes.<br>Quand Israël décide d’aller bombarder l’Iran, c’est clairement avec l’idée de déstabiliser ce qui apparaît comme une puissance concurrente à l’échelle régionale. Ce n’est pas la première fois dans l’histoire de la région. Cela a été le cas en 1967 quand Israël a attaqué l’Égypte et la Syrie. Cela a été le cas en 1980 lorsqu’Israël envahit le Liban.</p>



<p><strong>Une seule solution, l’anti-impérialisme de notre classe</strong></p>



<p>En Iran, en 2021 une grève de salariés du pétrole a eu un impact très fort, symboliquement – du fait de son rôle moteur dans la révolution de 1979 – et politiquement &#8211; les revenus du pétrole permettent à l’État iranien de fonctionner. De 10 à 15 000 salariés du pétrole ont fait grève. Ils ont produit une plateforme dans laquelle ils disaient clairement qu’ils refusaient toute intervention étrangère qui se présenterait en soi-disant soutien à leur lutte, et qu’ils souhaitaient apporter leur solidarité internationale avec les luttes de libération de la Palestine, du Yémen et du Liban2<sup data-fn="687c4ab6-2d96-4617-9094-e11f1ba0bfb3" class="fn"><a href="#687c4ab6-2d96-4617-9094-e11f1ba0bfb3" id="687c4ab6-2d96-4617-9094-e11f1ba0bfb3-link">2</a></sup>. Cela s’était déjà produit en 1979, où la révolution en Iran s’était combinée à des révoltes en Égypte.<br>Le meilleur soutien qu’on puisse apporter, c’est donc de reprendre le fil des analyses en termes de développement inégal et combiné, et donner de la force aux théories internationalistes qui considèrent que la seule solution face à l’impérialisme et aux régimes réactionnaires, c’est la lutte des peuples eux-mêmes pour leur émancipation.</p>



<p><strong>Vanina Giudicelli (Paris 20)</strong></p>



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<p><strong>Quand les lignes rouges deviennent chauvines</strong><br><br>À de nombreuses reprises, la présence de cortèges avec des drapeaux iraniens ont fait polémique dans les manifestations en France.<br>Exclure ces cortèges accusés d’être en soutien du pouvoir iranien serait un acte politique de solidarité avec un peuple qui subit la répression sanglante du régime. Cette position, au cœur d’une puissance impérialiste, nous oblige donc à rappeler que :<br>&#8211; Le premier acte politique en solidarité avec le peuple qui se soulève régulièrement en Iran contre le régime devrait être de lutter pour faire arrêter les bombes qui tuent ce peuple et l’empêchent de lutter contre le régime.<br>&#8211; La base d’un mouvement antiguerre ne peut être de tirer un trait d’égalité entre impérialisme et pays agressé (comme le font des textes syndicaux qui parlent de « belligérants »). La responsabilité historique de l’impérialisme dans les catastrophes internationales sont sans commune mesure avec celles des pays dominés par l’impérialisme. L’impérialisme a façonné l’histoire de l’Iran depuis plus d’un siècle. Les bombardements ont mis un coup d’arrêt aux luttes du peuple iranien pour sa liberté. Aucun peuple ne se libère sous les bombes. Les catastrophes des interventions militaires en Afghanistan, en Irak, le génocide en Palestine, etc. devraient pourtant servir de leçon.<br>&#8211; Nous n’attendons pas d’une manifestation que tous les cortèges soient en accord sur toutes les questions, mais se retrouvent dans ce qui devrait constituer les bases d’un mouvement antiguerre : l’arrêt de l’agression impérialiste et sioniste en Iran. Nous devrions alors aussi exclure de nos manifestations les organisations françaises qui ont soutenu des interventions impérialistes, se réfèrent au droit international, sont dans des internationales avec des partis qui constituent des dictatures, ou reconnaissent l’entité sioniste. Ne pas le faire revient à adopter une position chauvine puisque cela revient de fait à considérer ces positions comme moins problématiques.<br>&#8211; Un réel combat internationaliste devrait plutôt chercher à promouvoir les idées et les actes qui considèrent l’ennemi principal dans notre propre pays comme condition de l’émancipation générale. Notre responsabilité est donc de construire un mouvement de masse qui cherche à briser l’impérialisme français et occidental.</p>



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<ol class="wp-block-footnotes"><li id="3fdc5088-3300-40e3-bce4-0a4a599d955f"> Les débats qui ont dominé la gauche iranienne ne sont pas limités à ce pays. La révolution russe qui avait eu lieu au début du 20e siècle concernait un pays dont les caractéristiques économiques étaient relativement similaires. Trotsky analyse la situation économique de façon opposée à celle que les staliniens vont adopter plus tard. Pour un exposé de sa théorie, on pourra lire par exemple l’article de Cédric Piktoroff, <a href="https://quefaire.lautre.net/Jusqu-au-bout">« Jusqu’au bout ! La théorie de la révolution permanente »</a>  <a href="#3fdc5088-3300-40e3-bce4-0a4a599d955f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="687c4ab6-2d96-4617-9094-e11f1ba0bfb3">Peyman Jafari est un chercheur iranien spécialiste des mouvements en Iran. De nombreux articles sont disponibles, dont certains traduits en français. <a href="#687c4ab6-2d96-4617-9094-e11f1ba0bfb3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/iran-antiimperialisme-et-revolution/">Iran, (anti)impérialisme et révolution</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<item>
		<title>Élections municipales : il faut y aller&#8230; mais comment ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/elections-municipales-il-faut-y-aller-mais-comment/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Solen Rennes]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Mar 2026 14:16:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[candiatures]]></category>
		<category><![CDATA[double conscience]]></category>
		<category><![CDATA[EELV]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
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		<category><![CDATA[Polarisation]]></category>
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		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<category><![CDATA[trahison]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Qu’on le veuille ou non, les prochaines élections municipales vont être un terrain de combat. Mais comment intervenir en terrain piégé&#160;? La classe des travailleurs et travailleuses, la classe ouvrière, regroupe en France plusieurs dizaines <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/elections-municipales-il-faut-y-aller-mais-comment/" title="Élections municipales : il faut y aller&#8230; mais comment ?">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Qu’on le veuille ou non, les prochaines élections municipales vont être un terrain de combat. Mais comment intervenir en terrain piégé&nbsp;?</p>
</blockquote>



<p>La classe des travailleurs et travailleuses, la classe ouvrière, regroupe en France plusieurs dizaines de millions de salarié·es, de retraité·es et de jeunes plus ou moins scolarisé·es.</p>



<p>Pour nous, elle est potentiellement et collectivement, l’agent de la révolution. </p>



<p>Pourtant, seule une fraction très minoritaire est révolutionnaire. Une fraction bien plus importante est réactionnaire. Plusieurs millions votent même désormais pour le Rassemblement National.</p>



<p>Quant à l’énorme majorité, elle se situe entre ces deux pôles. Lors du dernier mouvement sur les retraites, près de 9 membres de notre classe sur 10 soutenaient le mouvement&nbsp;: 30 millions ? Plus ou moins passivement, ils et elles ont, en très grande majorité, suivi la stratégie réformiste de l’Intersyndicale. Pas celle du soulèvement général, de la grève et des occupations. Celle de la délégation et de la pression sur le vote des parlementaires.</p>



<p>Plus de dix millions votent régulièrement pour «&nbsp;la gauche&nbsp;». Une vingtaine de millions ne votent pas. Mais pas par conviction révolutionnaire. Parce qu’ils et elles n’en ont pas le droit ou par défiance envers les partis existants.&nbsp;</p>



<p>Voilà la réalité : même si elle ne vote pas l’énorme majorité de notre classe considère que, s’il est possible, le changement ne peut s’obtenir que par l’intermédiaire de bon·nes dirigeant·es et au travers des institutions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Capitalisme et consentement</h2>



<p>Tout système de domination ne peut fonctionner qu’au travers un mélange de contrainte (force) et de consentement (légitimation de la domination).</p>



<p>Prenons l’exemple du féodalisme. Dans l’Europe médiévale le paysan pouvait travailler une partie de son temps sur sa terre et une autre sur celle du seigneur. Ou il pouvait ne travailler que sur sa terre mais devait fournir une partie de sa production au seigneur. L’exploitation était évidente. Le seigneur pouvait exploiter le paysan parce qu’il était à la fois le dirigeant politique et économique. L’exploitation reposait ouvertement sur l’usage de la force.</p>



<p>Le capitalisme est le premier système où la domination s’impose principalement par le consentement des exploité·es <span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_10792_8('footnote_plugin_reference_10792_8_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_10792_8('footnote_plugin_reference_10792_8_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_10792_8_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_10792_8_1" class="footnote_tooltip">Ce qui ne signifie pas l’absence d’utilisation de la force. D’autant plus quand le système entre en crise, ce qui est le cas actuellement.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_10792_8_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_10792_8_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>Cela s’explique par le fait que l’exploitation y est masquée. Le rapport entre patrons et travailleur·euses apparaît comme un rapport contractuel employeur/employé·es où le salaire serait la rétribution du travail fourni et le profit la rétribution du capital.</p>



<p>Sous la forme du salaire payé par le capitaliste, la force de travail apparaît même comme une fraction du capital, celle que Marx appelle «&nbsp;capital variable&nbsp;».</p>



<p>C’est la puissance économique des capitalistes (la propriété des moyens de production nécessaires à toute production) qui assure que les travailleurs·euses leur vendent chaque jour « volontairement » leur force de travail pour assurer leur subsistance et celle de leur famille.</p>



<p>La politique, la gestion de la société, apparaît comme un terrain séparé de l’économie où ouvrier·es et capitalistes font face à l’État et aux institutions en tant que citoyen·nes égaux en droit. La démocratie bourgeoise, forme de domination de classe, apparaît comme « la démocratie » <span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_10792_8('footnote_plugin_reference_10792_8_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_10792_8('footnote_plugin_reference_10792_8_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_10792_8_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_10792_8_2" class="footnote_tooltip">Comme lors de l’expérience du Front Populaire en 1936, une partie de la gauche utilise la défense de la « démocratie » pour justifier son alliance avec des fractions de la bourgeoisie (des macronistes). Alors que ce qu’il y a à défendre ce sont les éléments de démocratie de classe qui ont été arrachés au sein de la démocratie bourgeoise.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_10792_8_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_10792_8_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Consentement et élections</h2>



<p>Le consentement a donc une base réelle dans ces formes mystifiées que prend le capitalisme : politique comme domaine indépendant de l’économie, contractualisation du rapport d’exploitation, mise en concurrence des travailleur·euses sur le marché de l’emploi, naturalisation du mode de production capitaliste, etc.</p>



<p>Il n’en reste pas moins que, même masqués, les ressorts réels du capitalisme sont l’exploitation et la dynamique de l’accumulation du Capital. Avec leurs conséquences, luttes de classes et crises du Capital.</p>



<p>Cette «&nbsp;double-nature&nbsp;» du capitalisme est à la base du réformisme comme «&nbsp;relai des idées dominantes au sein de la classe ouvrière&nbsp;».</p>



<p>Le réformisme repose sur l’idée qu’il existera toujours des patrons et des travailleur·euses, qu’il faut un État, neutre et détenteur du monopole de la violence, pour empêcher le désordre, que la majorité n’a ni les capacités, ni les moyens de gérer la société etc.</p>



<p>Mais en tant que conscience particulière des travailleur·euses, le réformisme doit aussi refléter leur position propre, la nécessité de limiter l’appétit du Capital et les inégalités, l’aspiration à une plus juste rétribution des richesses etc.</p>



<p>Le domaine des élections est donc celui où s’exprime de la manière la plus évidente ce que le révolutionnaire italien Antonio Gramsci appelait la «&nbsp;conscience contradictoire&nbsp;». Elles sont un moyen et une expression du consentement.</p>



<p>Un moyen parce qu’elles donnent une forme, là encore réelle – celle du vote &#8211;&nbsp; à l’égalité formelle entre citoyen.nes et à la politique comme domaine séparé de l’économie. Elles légitiment, par leur résultat, le fonctionnement du système comme produit des choix collectifs.</p>



<p>Une expression parce qu’elles cristallisent – au travers des programmes réformistes &#8211; l’espoir dans une société plus égalitaire mais aussi le sentiment d’impuissance qui fait que cet espoir est délégué à des «&nbsp;dirigeants&nbsp;».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Lutter avec et contre le réformisme</h2>



<p>Le réformisme n’est donc pas une simple manipulation des consciences. Il ne peut être combattu uniquement dans le domaine des idées.</p>



<p>La lutte contre le réformisme peut et doit donc favoriser les expériences de la classe ouvrière qui mettent en défaut l’idéologie dominante, les généraliser, leur donner un sens.&nbsp;</p>



<p>Car la classe ouvrière n’est pas seulement une composante du capital. Elle en est aussi l’antagoniste.</p>



<p>Le salaire n’est pas la rétribution de tout le travail effectué par les travailleur·euses. Et le profit n’est pas la rétribution des moyens de production fournis pas le capitaliste.</p>



<p>Le salaire est la valeur de ce qui est nécessaire au travailleur pour produire et reproduire sa force de travail. Une partie sa journée de travail suffit à produire cette valeur. Le reste de sa journée de travail est accaparé par le capitaliste comme profit.</p>



<p>La concurrence entre capitalistes les oblige à augmenter toujours la part de leurs profits en baissant par tous les moyens la part qui va aux salaires : en intensifiant le travail ou en le rendant plus productif. C’est ce qui crée l’antagonisme permanent et irréductible entre travailleur·euses et capitalistes. Cet antagonisme n’est pas un rapport entre individus, c’est un rapport social entre classes, collectif et qui provoque des conflits.</p>



<p>La lutte de classe qu’il génère est politique. Car le mode de production et de reproduction des biens et des services est la base de tout le fonctionnement social. Parce que la production est sociale et collective, c’est en tant que producteurs (et non en tant que salarié.es) que les travailleur·euses peuvent transformer la société et bouleverser l’ensemble des rapports sociaux. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Pas les élections&#8230; et pourtant les élections</h2>



<p>On comprend donc à quel point le terrain sur lequel peut être combattu efficacement le capitalisme est logiquement étranger aux élections. Puisque les élections sont justement la forme et l’expression du consentement ouvrier à ce système.</p>



<p>Cela explique aussi comment les luttes, sociales et politiques, sont le terrain propice.&nbsp;</p>



<p>Sauf que&#8230; si le réformisme est dominant au sein de notre classe, alors les élections sont un moment de politisation majeur où sont discutés et jugés les programmes, les revendications, les analyses, les arguments des forces qui se présentent.</p>



<p>La question n’est donc pas d’éviter les élections mais de déterminer comment y intervenir.</p>



<p>Si le terrain électoral laisse, par nature, les membres de notre classe dans la position qui fabrique leur consentement, on doit déduire que ce n’est pas en présentant des candidat·es qui se différencient seulement par la radicalité de leur programme qu’on peut intervenir.</p>



<p>Comme nous ne sommes pas neutres, nous ne pouvons mettre dans le même sac celles et ceux qui expriment – dans leur vote &#8211; leurs intérêts de classe et celles et ceux qui défendent la collaboration de classe, l’égalité des droits ou la discrimination, etc. Nous n’avons jamais vu de manifestations de joie de notre classe, dans nos quartiers, dans nos lieux de travail, suite à la victoire des candidat·es de la droite ou des racistes. La progression des fascistes ne se traduit pas par des manifestations d’enthousiasme mais par des ratonnades.</p>



<p>L’expérience concrète de l’impasse du réformisme, aussi douloureuse soit-elle, est une expérience nécessaire. A condition qu’une alternative existe.</p>



<p>Application aux municipales</p>



<ol class="wp-block-list">
<li><strong>Stopper les fascistes</strong></li>
</ol>



<p>Dans leur phase actuelle la construction d’une base active et d’une milieu mobilisable, les élections municipales sont déterminantes pour le Rassemblement National. Les fascistes vont faire campagne. Cela doit susciter et permettre de construire dans nos villes et nos quartiers des fronts unitaires de lutte antifasciste.</p>



<ol start="2" class="wp-block-list">
<li><strong>Organiser les luttes à l&rsquo;échelle locale</strong></li>
</ol>



<p>La campagne des municipales doit être l’occasion de construire, renforcer, élargir, les organisations de lutte.</p>



<p>La lutte de classe n’est indifférente à aucune question concrète. Mais elle refuse de réduire ces questions à des problèmes techniques ou de personnel politique.</p>



<p>La situation des hôpitaux, les jeunes à la rue, les violences policières, la situation des sans-papiers, le délabrement du système de santé ou de l’éducation, la défense des mosquées&nbsp;: chacune de ces questions sont du domaine de la lutte de classe. Les élections municipales sont l’occasion de renforcer nos organisations dans les quartiers, à l’hôpital, dans les écoles, etc..</p>



<ol start="3" class="wp-block-list">
<li><strong>Voter pour la FI</strong></li>
</ol>



<p>La priorité des révolutionnaires ne devrait certainement pas être de présenter leurs propres candidat·es pour deux raisons.</p>



<p>Ces candidatures sont des candidatures «&nbsp;de témoignage&nbsp;». Au mieux, leur seul argument est d’en faire des tribunes de propagande pour les idées révolutionnaires.</p>



<p>C’est sous-estimer grandement la nécessité et les possibilités de construire des organisations locales de lutte (lieux de travail et quartiers) en y impliquant par ailleurs tous ceux et celles qui votent pour des candidat·es « de gauche » ou s’abstiennent. C’est là que doivent aller toutes nos ressources.</p>



<p>C’est aussi – au mieux – s’abstenir dans un débat stratégique au sein de la gauche qui renforce la campagne des classes dirigeantes contre la France Insoumise.</p>



<p>La politique d’une partie de la gauche – politique et syndicale &#8211; défend actuellement la politique du <em>moins pire</em> pour éviter une alliance entre la droite et le Rassemblement National. </p>



<p>La politique de la France Insoumise, aussi réformiste soit-elle, défend l’idée qu’il faut polariser la politique actuelle contre les capitalistes, contre le racisme, en solidarité avec la Palestine, etc.</p>



<ol start="4" class="wp-block-list">
<li><strong>Construire l’alternative</strong></li>
</ol>



<p>Le réformisme encourage la passivité par délégation. L’impasse et les trahisons du réformisme, en cas de victoire, ne feront que provoquer encore plus de passivité par démoralisation.</p>



<p>Sauf si l’expérience de l’impasse s’articule avec l’existence – concrète et visible &#8211; d’autres possibilités, d’une autre direction à prendre. L’une de ces possibilités est l’existence de formes d’auto-organisations. Hors de cela, le reste est mot creux et dénonciations stériles.</p>



<p>Mais il faut aussi qu’existe une autre direction, politique, globale, à prendre. Aussi bien en termes d’analyse du système que de stratégie&nbsp;: une organisation révolutionnaire.</p>



<p>Denis Godard (Paris 20)</p>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_10792_8();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_10792_8();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_10792_8">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_10792_8" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_10792_8_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_10792_8('footnote_plugin_tooltip_10792_8_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Ce qui ne signifie pas l’absence d’utilisation de la force. D’autant plus quand le système entre en crise, ce qui est le cas actuellement.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_10792_8_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_10792_8('footnote_plugin_tooltip_10792_8_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Comme lors de l’expérience du Front Populaire en 1936, une partie de la gauche utilise la défense de la « démocratie » pour justifier son alliance avec des fractions de la bourgeoisie (des macronistes). Alors que ce qu’il y a à défendre ce sont les éléments de démocratie de classe qui ont été arrachés au sein de la démocratie bourgeoise.</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_10792_8() { jQuery('#footnote_references_container_10792_8').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_10792_8').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_10792_8() { jQuery('#footnote_references_container_10792_8').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_10792_8').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_10792_8() { if (jQuery('#footnote_references_container_10792_8').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_10792_8(); } else { footnote_collapse_reference_container_10792_8(); } } function footnote_moveToReference_10792_8(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_10792_8(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_10792_8(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_10792_8(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/elections-municipales-il-faut-y-aller-mais-comment/">Élections municipales : il faut y aller&#8230; mais comment ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Edito Cahiers #21 · Minneapolis montre la voie !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/edito-cahiers-21-%c2%b7-minneapolis-montre-la-voie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 08:59:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[communisme]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
		<category><![CDATA[ICE]]></category>
		<category><![CDATA[Impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Minneapolis]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<category><![CDATA[Trump]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Alors que l’Iran brûle, ce samedi 7 mars, Donald Trump affirme avec sa vulgaire arrogance : « je vais m’occuper de Cuba ». L’exemple du Venezuela et de l’Iran montrent qu’il faut le prendre au <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/edito-cahiers-21-%c2%b7-minneapolis-montre-la-voie/" title="Edito Cahiers #21 · Minneapolis montre la voie !">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Alors que l’Iran brûle, ce samedi 7 mars, Donald Trump affirme avec sa vulgaire arrogance : « je vais m’occuper de Cuba ». L’exemple du Venezuela et de l’Iran montrent qu’il faut le prendre au sérieux. Si on ne lui fait pas obstacle Trump va continuer.</em><br></p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p>Après l’agression du Venezuela et l’enlèvement du président Maduro, c’est à l’Iran que les États-Unis se sont attaqués. Les frappes ont été justifiées au nom de la liberté du peuple iranien. Pourtant, quelques jours plus tard, c’est une école qui a été visée, causant la mort de 150 enfants. École dont les enseignant·es étaient à l’avant garde de la lutte contre le régime.&nbsp;<br>L’attaque israélo-américaine a comme objectif réel le renversement du régime iranien pour le remplacer par un pouvoir vassal. L’instabilité dans la région renforce Israël qui s’attaque au Hezbollah au Liban. Cette attaque a été rendue possible par deux ans de génocide en Palestine. Cela a modifié les rapports de force dans la région, permettant à Israël de forcer la décapitation du régime iranien.<br>Tous ces signaux montrent une puissance impérialiste qui tente par la force de maintenir son hégémonie dans le monde. Hégémonie fragilisée par l’émergence de la Chine comme puissance économique et politique capable de concurrencer les États-Unis. Ce n’est pas par hasard que les deux pays récemment attaqués, le Venezuela et l’Iran, ont comme point commun d’être des fournisseurs de pétrole de la Chine.<br>Ce qui était vrai pour le Vénézuela l’est aussi pour l’Iran. On ne libère pas un peuple en le bombardant.<br>En prétextant libérer le peuple iranien, l’attaque des États-Unis et d’Israël ne fait que renforcer le nationalisme iranien et le régime lui-même comme incarnation d’une solution anti-US et anti-Israël. En même temps, elle renforce aussi les courants réactionnaires de l’opposition au régime iranien, comme on l’a vu avec les mobilisations de monarchistes iranien·nes agitant des drapeaux israéliens et applaudissant les bombardements.<br>Donc c’est bien d’une lutte frontale et unie dont nous avons besoin, contre l’impérialisme des États-Unis et d’Israël, en Iran comme en Palestine. C’est sur ces mots d’ordre que nous devrons construire le front anti-guerre en France sans préalable sur la nature du régime iranien.</p>



<p><strong>Le régime iranien, force anti-impérialiste ?</strong></p>



<p>Devons-nous pour autant nous ranger derrière le régime, en oubliant les crimes que la République islamique d’Iran a perpétrés contre son peuple ? Face à l’horreur des politiques menées par les dirigeants américains et israéliens, la tentation de répondre oui peut grandir.<br>Mais cette position nous conduirait à fermer les yeux sur le caractère du régime iranien tout en capitulant sur la construction d’une stratégie anti-impérialiste internationaliste conséquente. Car la question de fond qui demeure est : comment vaincre les États-Unis et Israël. La réponse à cette question n’est pas d’abord militaire, elle est politique.<br>Elle demande une compréhension plus large de la dynamique impérialiste elle-même, qui n’est pas le produit de quelques gouvernements particulièrement agressifs mais une logique structurelle du capitalisme mondial. Dans ce système, les États sont engagés dans une concurrence permanente pour l’accès aux marchés, aux ressources et aux zones d’influence.<br>De ce point de vue, l’Iran ne peut pas être compris simplement comme une force extérieure qui résiste à l’impérialisme. Le régime iranien dirige une puissance régionale qui cherche à consolider sa propre sphère d’influence au Moyen-Orient, notamment à travers des alliances militaires, des réseaux armés et une stratégie d’expansion régionale. Autrement dit, il ne s’oppose pas à la logique impérialiste en tant que telle : il tente d’y trouver sa place.<br>Il ne soutient des courants comme le Hamas ou le Hezbollah que lorsqu’il y voit un intérêt pour lui-même. Cela l’a amené à défendre le régime de Assad en Syrie contre le soulèvement du peuple. Son caractère profondément réactionnaire et répressif empêche l’émergence d’un véritable mouvement anti-impérialiste porté par les travailleurs et les travailleuses de la région – en premier lieu en Iran même – en solidarité avec la Palestine et avec tous les peuples.</p>



<p><strong>Les forces pour infliger la défaite aux impérialistes existent</strong></p>



<p>Les peuples des pays agressés Venezuela, Iran, Palestine ont montré leur capacité de mobilisation. Au Venezuela il y a quelques années. En Iran ces dernières années et ces derniers mois. Et, il y a un peu plus de dix ans, de l’Égypte à la Tunisie en passant par le Bahrein, les masses arabes ont montré leur capacité à se soulever contre l’impérialisme et contre leurs propres régimes.<br>De la même façon, les actions coordonnées des travailleur·euses des ports de la Méditerrannée qui ont été initiées pendant le génocide en Palestine avec l’apogée autour de la grève générale en Italie pourraient eux aussi mettre un frein à la machine de guerre. Sans les possibilités d’arrivées d’armes, la guerre contre l’Iran serait bien plus difficile. Ces actions avaient été initiées par des travailleur·euses immigré·es qui cumulent la peur de la guerre dans leur pays d’origine et le racisme dans leur pays d’arrivée, créant les conditions d’une véritable articulation de la solidarité internationale et de la lutte contre le racisme.<br>Construire un mouvement international contre la guerre implique donc de renforcer ces liens entre travailleurs et travailleuses au-delà des frontières.</p>



<p><strong>Les dirigeants impérialistes ne sont pas tout puissants</strong></p>



<p>C’est l’autre pilier d’un front contre la guerre. Au cœur même de la bête. L’administration Trump, malgré sa puissance militaire écrasante, n’est pas invincible. L’audience du dirigeant américain était déjà affectée par son incapacité à résoudre la crise du coût de la vie et à son implication dans l’affaire Epstein. Le mouvement contre ICE à Minneapolis a mis un coup à sa politique anti-immigré&rsquo;es : l’organisation quotidienne de milliers de personnes dans les quartiers et sur les lieux de travail en solidarité aux personnes immigrées, pour empêcher les rafles, les déportations de masse. Cette solidarité directe organisée à la base a permis l’appel à la grève générale et imposé le retrait de ICE de Minneapolis.<br>Qui aurait pu imaginer vaincre la police fasciste sur-équipée et armée de Trump ? La défaite de ICE à Minneapolis est une première victoire des travailleur&rsquo;euses. Le 28 mars, le mouvement « No Kings », qui avait rassemblé 7 millions de personnes en octobre, annonce une mobilisation historique sur tout le territoire.&nbsp;</p>



<p><strong>Guerre, austérité et racisme</strong></p>



<p>Le troisième pilier d’un mouvement contre la guerre est la mobilisation internationale.<br>Au lendemain des attaques américaines et israéliennes, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne ont annoncé rejoindre la guerre aux côtés de leurs alliés pour des « actions défensives ». Ces déclarations annoncent l’alignement des puissances européennes aux côtés d’Israël et les États-Unis. L’entrée en guerre de la France va avoir plusieurs conséquences.&nbsp;<br>Les prévisions économiques des impacts de la guerre au Moyen-Orient indiquent une hausse de 20 à 30% des factures d’électricité et de gaz en France. Les annonces va-t-en guerre de Macron vont nécessiter de renforcer encore une fois le budget de l’armement et ce sont les travailleur·euses qui vont en payer le prix.&nbsp;<br>Mais pour faire accepter une guerre en appui à un État génocidaire au Moyen Orient, l’État français doit renforcer sa propagande raciste et nationaliste. Au niveau européen, un nouveau texte de loi « Règlement retour » est discuté pour mettre en place un arsenal administratif et politique pour « mieux lutter contre l’immigration ». Ce texte de loi va rendre légales les perquisitions policières dans des domiciles privés mais aussi dans des locaux d’associations sans mandat judiciaire et inciter à la délation pour les autorités et les services sociaux des personnes en situation irrégulière.&nbsp;<br>Le lien entre impérialisme, racisme et fascisme est direct : le nationalisme et la stigmatisation des immigré·es et des musulman&rsquo;es sont du pain béni pour les fascistes. La mort d’un jeune nazi à Lyon, dans ce contexte et dans celui des élections municipales a été l’occasion d’une offensive contre toutes les cibles de l’extrême-droite : immigré&rsquo;es, musulman&rsquo;es, centres lgbtqi+, syndicats et partis de gauche.</p>



<p><strong>Nécessité de l’antifascisme</strong></p>



<p>La riposte à l’offensive raciste n’est pas venue de la gauche institutionnelle, qu’elle soit politique ou syndicale. Tous les partis ont fait une minute de silence à l’Assemblée nationale pour le jeune nazi tué. Plusieurs milliers de nazis ont défilé dans le centre de Lyon sous la protection de la police.<br>Mais progressivement la riposte est venue. Le même jour où les nazis paradaient à Lyon des rassemblements ont été organisés dans plusieurs villes. À Paris une manifestation en hommage à El Hacen tué par la police dans le 20e arrondissement a fusionné la lutte contre les violences policières, la lutte contre le racisme et en solidarité avec les sans-papiers et l’affirmation antifasciste. Parallèlement le récit dominant de la mort du nazi à Lyon a commencé à se retourner mettant en lumière la violence des fascistes et la provocation du collectif de Némésis.<br>Et ce sont les manifestations du 8 mars qui ont marqué la possibilité d’un retournement de climat. Les manifestations n’ont pas seulement été nombreuses. Elles ont montré que la rue est à nous. Elles n’ont pas seulement été féministes. Elles ont été féministes, antifascistes et anti-impérialistes.<br>Alors que les directions traditionnelles (dont syndicales) du mouvement avaient prévu de reculer devant l’offensive des fascistes de Némésis et des sionistes de Nous Vivrons, les ripostes organisées par les courants plus radicaux leur ont infligé une défaite cinglante. À Paris, le collectif Némésis a dû battre en retraite pour se réfugier loin de la manifestation, dans les quartiers bourgeois de Paris. En présence de Marion Maréchal, 200 fémo-nationalistes se sont piteusement rassemblées. Le cortège des sionistes de Nous Vivrons a également fait demi-tour face aux cordons qui le bloquaient.</p>



<p><strong>Un mouvement global</strong></p>



<p>À Marseille le cortège des sionistes a lui aussi été perturbé par 200 manifestant·es antifascistes et anti-impérialistes. Le cortège de Nous Vivrons a cristallisé l’aspect global de l’ennemi. À leur côté, se trouvaient les monarchistes iranien·nes célébrant Trump et Netanyahou et la candidate LR-Renaissance de Marseille, Martine Vassal (sic !), celle qui a repris le slogan de Pétain « travail, famille, patrie » dans sa campagne.<br>À l’opposé, l’après-midi, le cortège des 20 000 manifestantes était ouvert par des drapeaux palestiniens et reprenait des slogans féministes, antifascistes et anti-impérialistes.<br>C’est cette dynamique qu’on peut et qu’il faut construire et qui devrait s’exprimer dans les rues à l’occasion des manifestations du 14 mars et de la journée internationale du 28 mars.<br>Cette journée partie d’un appel international contre le fascisme et le racisme ne peut que se généraliser. Aux manifestations antiracistes et antifascistes de masse prévues à l’origine dans de nombreux pays dont les États-Unis et la Grande-Bretagne vont s’ajouter les manifestations et rassemblements en solidarité avec la Palestine à l’occasion de la Journée de la terre et la dimension anti-guerre en solidarité avec les peuples d’Iran, du Venezuela et de Cuba.</p>



<p><strong>La nécessité de l’organisation pour&nbsp;l’autonomie de classe</strong></p>



<p>L’impérialisme n’est pas un simple aspect du système, celui de la guerre. Il est le caractère global que prend le capitalisme, sous le fouet de la crise, quand la concurrence entre les capitaux sur le marché mondial prend la forme de l’affrontement géopolitique et militaire entre États. Cela ne transforme pas seulement la politique internationale mais aussi la nature des États eux-mêmes, militarisés, de plus en plus répressifs, autoritaires et racistes. D’où la voie ouverte aux courants fascistes.<br>La généralisation de la lutte contre la guerre et le fascisme n’est donc pas une option. Pas plus que ne l’est la centralité de la lutte de classe et de l’utilisation de la grève comme outil. Minneapolis n’est pas seulement une inspiration. La solidarité organisée quartier après quartier, la lutte contre la police, la grève lancée par des syndicats de base et généralisée dans 700 lieux entreprises sont un programme d’action. Celui de l’autonomie de classe.</p>



<p>A2C</p>
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		<title>Boussoles, le festival de débats révolutionnaires, revient pour une seconde édition !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/annonce-boussoles-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Solen Rennes]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Mar 2026 21:00:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Autain]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">A2C vous invite à la deuxième édition de Boussoles, festival de débats, où vous pourrez assister à une vingtaine d’introductions sur des thèmes variés, des échanges, des rencontres avec des invité’es militant en France ou <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/annonce-boussoles-2/" title="Boussoles, le festival de débats révolutionnaires, revient pour une seconde édition !">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>A2C vous invite à la deuxième édition de Boussoles, festival de débats, où vous pourrez assister à une vingtaine d’introductions sur des thèmes variés, des échanges, des rencontres avec des invité’es militant en France ou à l’étranger. Nous pensons ce festival comme un lieu de rencontre pour des centaines de personnes souhaitant se retrouver pour affiner la théorie qui nous sert ensuite de boussole pour agir dans le mouvement : avec qui militer et comment ?</p>



<p>Les allers-retours entre le mouvement et la théorie sont cruciaux : nous sommes investis dans de nombreux fronts de résistances &#8211; syndicats, mais aussi féminisme, antiracisme, antifascisme, collectifs de quartiers, écologistes, trans, handi… &#8211; et cherchons à affiner notre compréhension du monde.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="ae9682" data-has-transparency="false" fetchpriority="high" decoding="async" width="452" height="640" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/Visuel-Boussoles-2026-1.webp" alt="" class="wp-image-10920 not-transparent" style="--dominant-color: #ae9682; width:377px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/Visuel-Boussoles-2026-1.webp 452w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/Visuel-Boussoles-2026-1-212x300.webp 212w" sizes="(max-width: 452px) 100vw, 452px" /></figure>
</div>


<p>Tout doit aller de pair. Ce festival n’est ni “un truc d’intellectuels”, ni “un truc de gens qui foncent la tête baissée”. C’est au travers des luttes qu’on peut voir les idées changer au sein de notre classe. Et c’est aussi en voyant ce qui se passe dans les autres régions du monde et à d’autres moments de l’histoire qu’on pourra renforcer notre détermination à faire la révolution, à gagner, à tout renverser.&nbsp;</p>



<p>Nous avons besoin de débats stratégiques dans le mouvement : partout des questions se posent pour augmenter le rapport de force en notre faveur. Parfois des contradictions au sein même du mouvement existent : pourquoi les grèves sont prépondérantes dans notre manière de tout bloquer et de débloquer les possibilités révolutionnaires ? Comment s’unir pour lutter contre le fascisme ? Quel soutien apporter au Venezuela ? Comment construire un mouvement anti-guerre capable de mettre en échec les projets impérialistes ? Comment analyser la phase de basse intensité du mouvement féministe et comment faire face aux récupérations racistes de celui-ci ?&nbsp;</p>



<p>Pour que ce festival soit un lieu de débats, nous voulons inviter des personnes avec qui nous sommes impliqué·es dans le mouvement, avec qui nous avons parfois des désaccords, qui ne sont pas forcément des mêmes traditions que nous, ou tout simplement avec lesquels nous pensons sain de clarifier des analyses et donc… des stratégies.</p>



<p>Nous avions organisé la première édition de Boussoles en juin 2025. Le bilan que nous en avons tiré nous motive à réitérer l’expérience. Notez dès maintenant le rdv : les 16 et 17 mai à l’AGECA ! Prochainement, nous annoncerons le programme, les tarifs, la salle, les invité·es. Toutes les infos seront diffusées par la revue mais aussi par la newsletter, notre site et nos réseaux sociaux. Ou tout simplement via nos antennes de Paris à Brest en passant par Marseille, Toulouse, St Brieuc, Rennes et Strasbourg.</p>



<p>L&rsquo;équipe festival Boussoles #2</p>



<p><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/boussoles-premier-festival-des-debats-revolutionnaires/">Retrouvez ici le bilan de la première édition</a>.</p>



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<div data-wp-interactive="core/file" class="wp-block-file"><object data-wp-bind--hidden="!state.hasPdfPreview" hidden class="wp-block-file__embed" data="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/Affiche-NDG-Festival-A2C-Boussoles-2026.pdf" type="application/pdf" style="width:100%;height:600px" aria-label="Contenu embarqué Affiche NDG-Festival A2C-Boussoles 2026."></object><a id="wp-block-file--media-9be01f83-ca60-4810-8ce0-44c76acba03f" href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/Affiche-NDG-Festival-A2C-Boussoles-2026.pdf">Affiche NDG-Festival A2C-Boussoles 2026</a><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/Affiche-NDG-Festival-A2C-Boussoles-2026.pdf" class="wp-block-file__button wp-element-button" download aria-describedby="wp-block-file--media-9be01f83-ca60-4810-8ce0-44c76acba03f">Télécharger</a></div>
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		<title>Point de vue sur les reflux et perspectives du mouvement féministe </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/reflux-perspectives-mouvement-feministe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Solen Rennes]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Feb 2026 23:03:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Fémonationalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Nemesis]]></category>
		<category><![CDATA[NousToutes35]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<category><![CDATA[vss]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Un peu moins de 10 ans après Me Too, le mouvement féministe est face à de multiples questionnements : comment mener la grève féministe ? Assiste-t-on à un reflux du mouvement ? Quels enjeux face <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/reflux-perspectives-mouvement-feministe/" title="Point de vue sur les reflux et perspectives du mouvement féministe ">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-light-green-cyan-to-vivid-green-cyan-gradient-background has-background"><em>Un peu moins de 10 ans après Me Too, le mouvement féministe est face à de multiples questionnements : comment mener la grève féministe ? Assiste-t-on à un reflux du mouvement ? Quels enjeux face à la tentative de récupération politique par l&rsquo;extrême droite ? Entretien avec Kim Attimon, militante à Nous Toutes 35 et à A2C. </em></p>



<p><strong>Est-ce que tu as l&rsquo;impression que le mouvement féministe est en reflux en ce moment ?</strong></p>



<p class="has-white-background-color has-background">Je pense qu&rsquo;en effet c&rsquo;est peut-être un moment de reflux du mouvement féministe. Mais du coup, qui dit reflux, dit le préalable d&rsquo;avoir assisté depuis l&rsquo;émergence de MeToo en France en 2018, à une grande vague de mobilisation féministe telle qu&rsquo;on n&rsquo;en avait pas vue depuis plusieurs décennies. Cette quatrième vague, elle s&rsquo;est particulièrement emparée de la question des violences sexuelles. C&rsquo;est ce qui la différencie en partie des précédentes. Et puis, elle a la particularité de venir de pays du Sud comme le Chili et l’Argentine.</p>



<p>Il y a plusieurs féministes qui ont théorisé la question des flux et des reflux du mouvement en parlant du fameux « backlash » (retour de bâton) qui illustre la question du rapport de force. S&rsquo;il y a un moment de reflux du mouvement, c&rsquo;est aussi parce qu&rsquo;il y a eu un mouvement extrêmement fort et très organisé ces dernières années qui a imposé un nouveau rapport de force. Une partie du mouvement s&rsquo;est vachement structurée en France, notamment autour de Nous Toutes, qui a poussé sur un certain nombre de mots d&rsquo;ordre, en premier lieu le terme même de VSS, mais aussi la réalité des féminicides ou encore le fait que la culture du viol structure la société. Si ces trois notions nous paraissent évidentes aujourd&rsquo;hui, il y a cinq ans c&rsquo;était loin d’être le cas. En plus de ça, il y a aussi les questions du consentement et du tabou de l&rsquo;inceste : c&rsquo;étaient des choses dont on ne parlait pas du tout il y a encore très peu de temps.</p>



<p>Pour le mouvement féministe révolutionnaire, il a plutôt poussé sur la question de l&rsquo;articulation oppression-exploitation avec le mot d&rsquo;ordre de la grève féministe, parti des pays du Sud, Argentine et Chili notamment, avec des grèves assez suivies là-bas. Ce mot d&rsquo;ordre a été repris en France, mais avec plus de difficultés à lui donner une existence concrète. Je pense que ça vient aussi raconter une distance certainement plus grande entre les organisations traditionnelles du mouvement ouvrier et le mouvement féministe en France par rapport à ces pays.&nbsp;</p>



<p>Si aujourd&rsquo;hui on est plusieurs à percevoir une espèce de reflux, c&rsquo;est, je pense, en partie un reflux du mouvement féministe réformiste qui est dans un moment de fragilité. Notamment Nous Toutes au national qui cette année n&rsquo;a pas organisé la manifestation du 25 novembre, et semble traverser une période difficile en interne et en externe.</p>



<p>Il y aussi des questions de tension dans le mouvement. La direction de NT est poussée à sa gauche sur certaines questions. Avec des résultats parfois pas très concluants de mon point de vue.&nbsp; Je pense par exemple à l&rsquo;année dernière où l&rsquo;appel pour le 25 novembre était contre les violences d&rsquo;État, ce qui a rendu inaudible pour un certain nombre de personnes l’objet de la manifestation à savoir la lutte contre les VSS. Alors que l’objectif de NT depuis le début, c’est un mouvement massif et large. Voilà ce qui peut se produire lorsque des groupes, qui ne représentent pas grand chose, se mettent à pousser pour des arguments qui sont extrêmement minoritaires et souvent moraux … De l’autre côté il y a l’arrière-garde du CNDF et de Grève féministe qui tire sur la droite avec leurs arguments transphobes, anti travail du sexe et islamophobes. Elles non plus ne représentent plus grand-chose en termes de base active mais elles continuent d’avoir des liens historiques avec les syndicats et certains partis. Dans une certaine mesure, ça nous complique la tâche pour construire la grève féministe avec les syndicats sur nos bases pro-choix. En parallèle, le mouvement féministe révolutionnaire et anticapitaliste s&rsquo;est pas mal structuré avec la Coordination féministe, mais avec aussi quelques difficultés. Là, il y a encore beaucoup à fabriquer, en particulier ce fameux lien avec les syndicats pour porter à la fois la question de l&rsquo;oppression et de l&rsquo;exploitation.</p>



<p>Donc le reflux, je pense qu&rsquo;il est multicausal. Mais pour l&rsquo;instant, je n&rsquo;ai pas assez de recul pour savoir vraiment pourquoi c&rsquo;est maintenant. En tout cas, je pense que la fragilité de Nous Toutes, ça a un impact, notamment en termes de visibilité, sur les dates de mobilisations et le contexte plus général doit jouer également.</p>



<p><strong>C&rsquo;est quoi l&rsquo;avenir de la grève féministe ?</strong></p>



<p>Je pense que <strong><em>pour continuer de construire la grève féministe, il n&rsquo;y a pas le choix que d&rsquo;investir les syndicats</em></strong>. Historiquement, il y a un mouvement féministe autonome très fort en France qui est lié à l&rsquo;histoire du mouvement féministe matérialiste et la deuxième vague. Mais il y a quelque chose à reconstruire pour aller vers la grève féministe, ce qui veut dire aller dans les syndicats et construire cette grève à partir des lieux de travail.</p>



<p>L&rsquo;autre hypothèse que je fais et que je défends à NT35, c&rsquo;est l’intérêt de construire des groupes de quartier qui organisent notamment de la solidarité matérielle et permettent de construire la fameuse grève du travail reproductif à des échelles plus petites que la ville mais plus grande que la famille. Si on regarde en Argentine ou au Chili la façon dont les grèves ont pris, c&rsquo;est en partie ce qu&rsquo;il s&rsquo;est passé. Pour avoir vécu en Argentine, il y a des dynamiques de solidarité de quartier qui sont extrêmement présentes et qui sont liées au fait qu&rsquo;il y a énormément d&rsquo;économie informelle et beaucoup de moyens de subsistance parallèles au marché capitaliste formel, où la place des liens avec ses voisin.es par exemple est assez centrale. Et dans la capacité à structurer un mouvement et à mettre en grève les gens, quand tu sais que derrière t&rsquo;auras à manger, du soutien sur les tâches auxquelles les femmes sont assignées et contraintes, ça change quand même beaucoup de choses.</p>



<p>C&rsquo;est les deux perspectives que je vois : la réelle implantation dans les milieux de travail pour pouvoir mettre les gens en grève du travail salarié, et travailler l&rsquo;implantation de quartier pour avoir des bases de solidarités autour de nous pour construire la grève du travail reproductif ou plutôt sa mutualisation.</p>



<p>Parce que, ce qu&rsquo;on essaie d&rsquo;articuler avec la grève féministe&nbsp; c&rsquo;est un niveau de conscience de classe qui est très fort. Et si on arrive à convaincre une frange importante du mouvement, ça peut produire des choses assez incroyables dans la décennie qui vient.</p>



<p><strong>Sur les tentatives de récupération sionistes et fascistes des mobilisations féministes, quelles sont les luttes qui sont encore à mener ?</strong></p>



<p>Je m&rsquo;attendais à ce qu&rsquo;on soit beaucoup plus divisé.es ces deux dernières années sur la question de Nemesis, et même, plus spécialement sur la question de Nous vivrons. Pour le coup, j&rsquo;ai été assez agréablement surprise des réactions. J&rsquo;ai pas l&rsquo;impression que les arguments sionistes sur le 7 octobre aient pris dans le milieu féministe. Je trouve qu&rsquo;<strong><em>il y a eu un front pro-palestinien qui a pris le devant et a remporté la bataille des arguments</em></strong>. Pour autant, je pense que ça reste le champ de bataille idéologique du féminisme contemporain, la question de l&rsquo;instrumentalisation du féminisme à des fins racistes et à des fins coloniales. C’est pour ça qu’il faut continuer d&rsquo;armer le mouvement pour tenir bon, car les attaques ne vont pas s&rsquo;arrêter. <em><strong>Le féminisme est un outil parfait de la classe dirigeante pour diviser notre classe à partir d&rsquo;enjeux racistes</strong></em>, et c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs une tendance qui existe depuis des décennies. Que ça vienne à la fois du féminisme d&rsquo;État à la Marlène Schiappa, ou d&rsquo;une partie du mouvement féministe qui s&rsquo;est tournée vers le réformisme avec une forme d&rsquo;adhésion au moins silencieuse à cette tendance-là, parce que c&rsquo;est un féminisme institutionnel qui vit de subventions mais aussi car une partie de ces groupes ont une conception profondément raciste de l’émancipation des femmes.</p>



<p>&nbsp;Il y a beaucoup à reconstruire car les mouvements féministes des années 2000 n’ont au mieux pas été à la hauteur des attaques islamophobes ou au pire y ont contribué activement. Il faut faire en sorte que pour toutes les nouvelles générations de féministes qui entrent en action ça devienne inévitable, incontournable d’avoir une approche antiraciste. Que notre féminisme soit un féminisme de classe, qui ne se sent pas proche des bourgeoises blanches racistes et qui argumente dur face aux discours qui disent que le patriarcat aurait une couleur, une origine, une religion.</p>



<p>C&rsquo;est particulièrement pour ça que je continue de m&rsquo;impliquer dans le mouvement féministe, mais aussi parce que je pense qu&rsquo;il y a plein de grandes choses qui peuvent se passer à partir de ces questions-là.</p>



<p>Mais en vrai, je trouve que le bilan est plutôt positif. Comme je disais, il y a toute une partie du mouvement féministe qui s&rsquo;est formée à la question de la libération de la Palestine ces trois dernières années. Il reste encore à passer à l’action dans certains endroits, ça fait partie des choses sur lesquelles progresser. S&rsquo;il y a encore plein de batailles à mener, il y en a certaines qui ont été remportées.</p>



<p>Kim Attimon, militante à Nous Toutes 35 (A2C Rennes)</p>



<p><em>Merci à Val et Solen pour leurs relectures et commentaires&nbsp;</em></p>
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		<title>Nous sommes toustes des secteurs stratégiques !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/nous-sommes-toustes-des-secteurs-strategiques/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Sep 2025 18:24:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Classe]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte des classes]]></category>
		<category><![CDATA[Macron]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les chutes des gouvernements formés par Michel Barnier (décembre 2024) et François Bayrou (septembre 2025) sont advenues dans des contextes politiques très similaires marqués notamment par l’incapacité de la classe dirigeante en France à gouverner grâce aux moyens actuels de la démocratie bourgeoise. Mais alors que c’était la censure parlementaire par les fascistes du RN qui avait provoqué la chute du gouvernement Barnier, dans le cas de Bayrou c’est la menace d’un mouvement social d’ampleur le 10 septembre qui a poussé la classe dirigeante à le sacrifier dans l’espoir de couper l’herbe sous le pied de la mobilisation.</div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #18 &#8211; septembre 2025</h6>



<p>Les chutes des gouvernements formés par Michel Barnier (décembre 2024) et François Bayrou (septembre 2025) sont advenues dans des contextes politiques très similaires marqués notamment par l’incapacité de la classe dirigeante en France à gouverner grâce aux moyens actuels de la démocratie bourgeoise. Mais alors que c’était la censure parlementaire par les fascistes du RN qui avait provoqué la chute du gouvernement Barnier, dans le cas de Bayrou c’est la menace d’un mouvement social d’ampleur le 10 septembre qui a poussé la classe dirigeante à le sacrifier dans l’espoir de couper l’herbe sous le pied de la mobilisation.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un mouvement de classe, une classe en mouvemen</strong>t</h2>



<p>Cette différence a des conséquences majeures quant aux possibilités ouvertes par la séquence politique qui démarre à partir de septembre 2025. L’appel à « tout bloquer » est d’abord apparu sur les réseaux sociaux puis est parvenu en quelques semaines à prendre une ampleur nationale en dehors de l’initiative et du contrôle des directions politiques, syndicales et associatives nationales. Ce qu’il faut noter en premier lieu à propos de ce mouvement c’est qu’il a très vite révélé son caractère de classe : c’est une révolte des pauvres contre les riches, de celles et ceux qui subissent les évolutions du capitalisme face à celles et ceux qui les mettent en œuvre.<br>Une partie importante de notre classe s’est emparée de l’appel à tout bloquer pour le discuter et l’organiser à travers des assemblées publiques dans plusieurs dizaines de villes, villages ou quartiers. L’écho s’est aussi amplifié au fur-et-à-mesure avec les prises de position et appels à rejoindre le mouvement de tout un ensemble de formes collectives à travers lesquelles notre classe s’organise : Collectifs antiracistes et antifascistes, collectifs de sans-papiers et mineur.e.s isolé.e.s, collectifs de solidarité avec la Palestine, collectifs écologistes, féministes, LGBTQI+, sections syndicales, groupes politiques locaux, collectifs de quartier, associations, etc.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La question du pouvoir</h2>



<p>Derrière l’appropriation et la prise en charge par toute une partie de notre classe d’un appel issu d’abord des réseaux sociaux, il faut voir une conséquence des expériences et des bilans qui ont été tirés des précédents mouvements sociaux : Face à une classe dirigeante de plus en plus déterminée, les solutions par en haut ne fonctionnent pas, les rapports de force institutionnels et les négociations, qu’elles soient politiques ou syndicales, ne mènent à rien, il faut donc une autre stratégie au mouvement.<br>Le mot d’ordre qui a été central dans la construction du 10 septembre est très offensif : tout bloquer ! Et c’est bien autour de cette question que les assemblées se sont réunies et que les questions de stratégie se sont posées : tout bloquer, ok, mais comment on fait ? Cela affirme d&#8217;emblée la volonté non pas d’être de simples instances de représentation réduites à appliquer des consignes venues d’en haut ou à remonter des revendications, mais bien des endroits où notre classe prend les choses en main, où les décisions sont prises et les discussions de stratégie menées.<br>Pour s’ancrer dans le temps, comme pour se donner les moyens de gagner, il sera fondamental de développer ces assemblées, d’y maintenir ce niveau de discussions et de décisions, de faire de la participation du plus grand nombre une boussole. Tout mouvement finit par se doter d’une direction, s’il ne se donne pas lui-même les moyens de l’organiser par en bas, elle viendra alors d’en haut. Le potentiel d’extension de ces modalités d’organisation est encore énorme quand on pense aux centaines de villes et villages impliquées dans les mouvements les plus massifs de ces dernières années : Mouvement des retraites 2023, révolte pour Nahel et contre les violences policières en 2023, manifestations antifascistes après la dissolution de l’assemblée nationale en été 2024, les manifestations à l’occasion de la journée internationale contre le racisme le 22 mars 2025, les mobilisations féministes du 8 mars et 25 novembre de ces dernières années.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment gagner ? Comment tout bloquer ?</h2>



<p>Est-ce que pour gagner, il faut bloquer en premier lieu les flux (routes, ronds-points, entrées des villes) ou il faut faire la grève ? Est-ce que faire grève signifie se concentrer sur des secteurs stratégiques ou faut-il que nous fassions tou.te.s grève ? Ces 2 questions ont traversé le mouvement dans ces premières semaines et c’est de la manière dont ces débats continueront d’être menés et de leur issue ainsi que des expériences et bilans qui en découleront que dépendra en partie la capacité de ce mouvement à s’ancrer dans la durée et à s’étendre.<br>Démarrer les discussions par la question des secteurs stratégiques, c’est déjà affirmer que certains secteurs le seraient et d’autres non, donc que la grève de certain.e.s travailleur.se.s serait plus importante que la grève d’autres. Cela laisse à penser que ces secteurs seraient en réalité quasi décisifs à eux seuls pour l’emporter. Il faudrait alors trouver les secteurs ou flux qui touchent le plus au porte-monnaie de la bourgeoisie. Et puis alors quoi ? La classe dirigeante cèdera bien quelques négociations ! C’est sous-estimer la classe dirigeante et prendre la question de la grève à l’envers en la réduisant à une simple expression du rapport de force actuel. En premier lieu la grève libère, permet de prendre conscience de notre pouvoir collectif, elle permet à notre classe de s’organiser et de développer la conscience en son propre pouvoir.<br>Et si l’objectif est bien la généralisation de la grève, ces assemblées de villes, villages ou quartiers deviennent les lieux idéaux pour coordonner les piquets de grève et blocages, pour discuter de comment celles et ceux déjà en grève peuvent aller convaincre celles et ceux qui ne le sont pas, de soutenir les points forts de la grève et s’appuyer sur ces points forts pour convaincre ailleurs, pour se défendre face à la répression et aux fascistes, pour organiser les collages et diffusions de tracts, pour organiser la solidarité. Construire avec la conviction que chaque personne qui reprend confiance dans sa capacité à agir, chaque personne qui s’organise est une personne qui renforce notre capacité collective à gagner et le faire à une échelle de masse. Cela ne signifie pas que la grève est le seul mode d’action, cela signifie que le mouvement considère la généralisation de la grève comme une des questions autour de laquelle on s’organise, on cherche comment agir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Unité et solidarité</h2>



<p>Ce sont sur ces bases-là de stratégies et de généralisation de la lutte que doivent être menées les débats sur la question de la lutte en solidarité avec la Palestine, de la lutte contre le racisme et en solidarité avec les migrant.e.s, contre le sexisme, la transphobie, contre toutes les oppressions qui s’attaquent à notre classe et détruisent les vies de nombre d’entre nous. Non pas comme des questions à côté de celles de la grève ou du blocage, mais comme des enjeux centraux dans l’extension du mouvement et de la grève autour desquels l’unité et la solidarité de classe peuvent se forger. La capacité du mouvement à prendre ces questions en charge à travers son auto-organisation et l’intervention des collectifs organisés sur des luttes spécifiques seront déterminantes.<br>Enfin, le mouvement qui s’annonce doit être aussi une occasion d’isoler et de faire reculer les fascistes : aussi bien leurs organisations les plus institutionnelles (RN, Reconquête, syndicats étudiants ou d’agriculteurs) que leurs militant.e.s et groupes de rue. Cela ne pourra se faire sans combiner la question de l’antiracisme (articulée avec celle de la grève comme discuté plus haut) avec les actions spécifiques pour empêcher aux fascistes toute apparition dans la rue. Cette question est également reliée à celle de la grève dans le sens où, partout où les fascistes apparaîtront forts, les capacités de généraliser la grève reculeront car ils peuvent incarner une autre stratégie à travers leurs partis forts dans les élections et institutions ou parce qu’ils peuvent faire reculer l’organisation du mouvement en l’attaquant physiquement. Cela nécessitera d’empêcher les apparitions de militant.e.s du RN et de Reconquête sur les marchés, de mener des réunions publiques, des meetings etc., de dissuader toute attaque contre des collages, des assemblées ou des piquets de grève, de démontrer une solidarité inconditionnelle et en acte face aux attaques racistes en direction des musulman.e.s, immigré.e.s, racisé.e.s.<br>Face à l’austérité, au racisme, au nationalisme, pour empêcher la guerre et le fascisme, nous sommes tou.te.s concerné.e.s : seule notre classe peut briser la trajectoire du capital, soyons toutes et tous des acteur.rice.s du changement !</p>



<h5 class="wp-block-heading">A2C</h5>
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		<title>[Vidéo] Session d&#8217;ouverture du festival des idées révolutionnaires d&#8217;a2C &#8211; Juin 2025</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/videos/session-douverture-du-festival-des-idees-revolutionnaires-da2c/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vanina]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Jul 2025 14:12:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Vidéos]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">On y parle de la situation politique internationale, de la crise globale du capitalisme et des révoltes à travers le monde.</div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center"><strong>Vers une économie d&rsquo;armement généralisée : la guerre est-elle inévitable ?</strong></p>



<p>On y parle de la situation politique internationale, de la crise globale du capitalisme et des révoltes à travers le monde.</p>



<p>Victor Fernandez, activiste pour le droit des migrant·Es à Los Angeles et membre de l&rsquo;organisation Marx 21 nous raconte les insurrections contre les rafles organisées par Trump. Une intervention inspirante pour toutes celles et ceux qui militent au quotidien contre le racisme et pour les droits des personnes sans papier, en ayant parfois le sentiment que leur collectif est trop petit pour gagner. </p>



<p>Juliette Bonneterre, d&rsquo;a2c Marseille, ouvre le festival. Elle explique que si on a décidé de commencer le festival par cette question, c&rsquo;est que l&rsquo;impérialisme et la guerre ne sont pas juste une des modalités du capitalisme, mais sa trajectoire principale. La guerre est-elle inévitable ? C&rsquo;est une question que tout le monde se pose. Depuis la rationalité des capitalistes, la réponse est oui. Mais depuis nos luttes, l&rsquo;issue n&rsquo;est jamais écrite. Cela dépend de nos capacités à nous auto-organiser. La situation comprend la possibilité de la guerre et du fascisme, comme celui de la révolution. Ce festival, c&rsquo;est un moyen de prendre le temps de nous retrouver pour échanger et élaborer des stratégies pour transformer la guerre entre les États en guerre des classes.</p>



<p>Bon visionnage !</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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</div></figure>



<p>Victor « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=g84ItW5CdRw&amp;list=PLM46FB14-A3P0qdcehFb5_6M3JJil8yuR&amp;index=1&amp;t=197s">03:17</a>« </p>



<p>Juliette « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=g84ItW5CdRw&amp;list=PLM46FB14-A3P0qdcehFb5_6M3JJil8yuR&amp;index=1&amp;t=1735s">28:55</a>« </p>



<p>Discussion : « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=g84ItW5CdRw&amp;list=PLM46FB14-A3P0qdcehFb5_6M3JJil8yuR&amp;index=1&amp;t=2350s">39:10</a> » </p>



<p>Conclusion de Victor « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=g84ItW5CdRw&amp;list=PLM46FB14-A3P0qdcehFb5_6M3JJil8yuR&amp;index=1&amp;t=5270s">1:27:50</a>« </p>
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		<title>Dans quelle classe es-tu et pourquoi c’est important ?  </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/classes-sociales/dans-quelle-classe-es-tu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Jul 2025 15:49:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Classes sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Classe ouvrière]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte des classes]]></category>
		<category><![CDATA[marx]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Dans les milieux militants, il semble être évident de se déclarer anti-capitaliste : le capitalisme provoque les guerres, la misère, la catastrophe écologique, et ses imbrications avec les oppressions racistes et patriarcales ne sont plus <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/classes-sociales/dans-quelle-classe-es-tu/" title="Dans quelle classe es-tu et pourquoi c’est important ?  ">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Dans les milieux militants, il semble être évident de se déclarer anti-capitaliste : le capitalisme provoque les guerres, la misère, la catastrophe écologique, et ses imbrications avec les oppressions racistes et patriarcales ne sont plus à démontrer. Pourtant, peu sont celleux qui partent des mécanismes internes du capital pour en comprendre les conséquences. Ce mode de production nous semble tellement normal, indépassable, qu’on ne prend même pas la peine de chercher à le comprendre.</em></p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #17 &#8211; juin 2025</h6>



<p>En premier lieu, le capitalisme est un système économique basé sur le travail salarié et qui tend vers la division de la société en deux classes sociales, c’est-à-dire des personnes qui ont la même place dans le processus de production par rapport à un autre groupe.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-large is-resized"><img data-dominant-color="576c87" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="1100" height="619" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/stop-arming-israel-1-1100x619.webp" alt="" class="wp-image-9733 not-transparent" style="--dominant-color: #576c87; width:392px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/stop-arming-israel-1-1100x619.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/stop-arming-israel-1-300x169.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/stop-arming-israel-1-768x432.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/stop-arming-israel-1-678x381.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/stop-arming-israel-1-1320x743.webp 1320w" sizes="auto, (max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>
</div>


<p>D’un côté, la classe capitaliste est la classe dominante, qui acquiert cette domination par l’exploitation de notre classe, en contrôlant les moyens de production. « Classe dominante » n’est pas juste une manière de dire qu’iels sont riches, ça met en lumière le pouvoir qu’iels ont dans la société toute entière, y compris en dehors de leur entreprise. Par exemple, la campagne <em>Stop Arming Israel</em> met en lumière qu’une poignée d’entreprises en France font le choix de vendre des armes, des composants électroniques ou du matériel de surveillance à Israël, qui serviront dans la colonisation et le génocide des Palestinien·ne·s. Dans une société où l’ensemble des rapports sociaux sont capitalistes, les structures étatiques et juridiques n’y échappent pas. La classe dominante s’organise pour maintenir ses profits et légitimer son pouvoir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un incontournable retour à l’économie marxiste</h2>



<p>Et en face, les marxistes parlent de la classe travailleuse. Est-ce une question de revenu, de culture, d’identité, d’éducation ? Bien sûr, tous ces critères en disent beaucoup sur les conditions de vie et sur les capacités de résistance de notre classe. Par contre, ils sont insuffisants pour comprendre comment fonctionne la société dans son ensemble.</p>



<p>En fait, l’immense majorité de la population, dans toute sa diversité, fait partie de la classe travailleuse. Pour définir cette classe, il faut revenir à la théorie de la valeur de Marx : dans le capitalisme, il y a des marchandises, qui peuvent être de toutes les formes, du pain au chocolat aux services de soins privés. Ces marchandises peuvent toutes être échangées les unes avec les autres, et ce qui permet de les mesurer ensemble, c’est le temps de travail nécessaire pour les produire (celui passé à créer la marchandise, à produire les matières premières, à transporter la marchandise vers le magasin, à la vendre, etc). Ainsi, la grandeur de valeur d’une marchandise, qui s’exprime par son prix, représente l’ensemble du travail qui a été nécessaire pour produire cette marchandise.</p>



<p>Et dans un système capitaliste, tout est une marchandise, notamment notre force de travail, c’est-à-dire le temps et l’énergie mis à disposition de l’employeur·se pendant nos heures de travail. Donc le patron·ne l’achète tout comme iel achèterait des matières premières ou de l’électricité. La question devient donc « combien coûte cette marchandise ? », car notre force de travail a une valeur, donc un prix, le salaire. Mon salaire est la quantité de travail qui est nécessaire pour reproduire ma force de travail : en gros, le salaire est ce qui sert à financer ce dont j’ai besoin pour être capable de retourner au travail le lendemain&nbsp;: payer mon loyer, à manger, ma carte Navigo et mon abonnement Netflix.</p>



<p>Sauf que, en une journée de travail, <em>nous produisons plus que ce qui est nécessaire à notre survie</em>. Si mon salaire est de 100 euros par jour (= j’ai besoin de 100 euros par jour pour financer la reproduction de ma force de travail), et si je travaille pendant 8 heures, mon employeur·se tirera de mon travail non pas 100, mais environ 150 euros ! Donc je lui rapporte plus que je ne lui coûte.</p>



<p>En France, les données de l’INSEE nous montrent qu’en 2022, sur l’ensemble de la valeur produite par les travailleurs, 65% leur a été reversé en salaire. Au reste, il faut retirer l’amortissement des machines ou le loyer du lieu de travail. Mais à la fin, pour chaque heure que nous travaillons, environ 6% de la valeur produite est accaparé et devient du profit.</p>



<p>Cela a une implication majeure sur la manière dont les inégalités sociales se forment : certain·e·s sont pauvres non pas <em>malgré </em>la richesse d’autrui&nbsp;: ce serait l’hypothèse – fausse – d’une mauvaise distribution des richesses. Mais certain·e·s sont pauvres et d’autres sont riches <em>parce que ce derniers s’enrichissent sur notre dos</em>. Ce mécanisme n’est pas dépassable sous le capitalisme car il est au cœur de la production du profit : les capitalistes individuellement ne peuvent pas choisir de ne pas exploiter les travailleur·se·s, parce que les différentes entreprises sont en concurrence les unes avec les autres et ne peuvent remporter des parts de marché qu’en proposant plus pour moins cher. Les capitalistes doivent donc faire augmenter la productivité du plus qu’iels peuvent : étirer la durée du travail, augmenter les cadences, utiliser des machines plus performantes, fliquer les travailleur·se·s… Par exemple, dans les entrepôts Amazon, le travail est distribué à l’aide d’algorithmes. Ce système électronique suit la productivité de chaque individu et Amazon licencie toutes celles et ceux qui ne parviennent pas à atteindre la niveau de productivité attendu, environ 160 colis par heure (en progression de 60% depuis 2019&nbsp;!). Résultat, un·e salarié·e d’Amazon France sur cinq y est atteint de troubles musculo-squelettiques.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Dans quelle classe es-tu ?</h2>



<p>La majorité d’entre nous appartenons au prolétariat, soit parce que nous travaillons pour quelqu’un, soit parce que nous allons bientôt le faire, soit parce que nous l’avons fait dans le passé ou que nous en sommes exclu.e.s mais ne pouvons bénéficier de rentes issus de l’exploitation d’autrui.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-large is-resized"><img data-dominant-color="797f84" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="1100" height="825" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/manif-uber-1-1100x825.webp" alt="" class="wp-image-9737 not-transparent" style="--dominant-color: #797f84; width:340px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/manif-uber-1-1100x825.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/manif-uber-1-300x225.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/manif-uber-1-768x576.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/manif-uber-1-678x509.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/manif-uber-1-326x245.webp 326w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/manif-uber-1-80x60.webp 80w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/manif-uber-1.webp 1280w" sizes="auto, (max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>
</div>


<p>L’appartenance de classe ne dépend pas du revenu puisque celui-ci est toujours issu de notre propre travail, de la valeur que nous avons créée pendant notre journée de travail. Les salaires plus élevés sont souvent dus à une forte productivité, des difficultés de recrutement ou des acquis de luttes. La forme juridique salariale importe peu, comme on le voit avec les chauffeur·se·s Uber et autres faux micro-entrepreneur·se·s. Ce n’est pas non plus une question d’identité, de se sentir appartenir à la classe ouvrière : le marxisme est avant tout une théorie pour comprendre les mécanismes à la source de l’exploitation et élaborer des stratégies pour y mettre fin. Quelle que soit notre identité, notre appartenance de classe a un impact sur nos occupations, santé, logement, et sur les capacités de perpétuer ou de se protéger face à une oppression. Une distinction entre le secteur public et le secteur privé est souvent faite : dans un secteur public non marchand (comme l’éducation, la culture, la santé), les travailleur·se·s n’ont pas de patrons : font-iels partie de notre classe ? En effet, personne n’extrait, techniquement, de profit de leur travail. Par contre, ces travailleur·se·s produisent bien de la valeur en travaillant, puisqu’ils produisent un service qui remplit un besoin et qui est donc financé par l&rsquo;État. De plus, iels permettent à d’autres personnes de générer du profit, par exemple en formant ou soignant d’autres travailleur·se·s. Par ailleurs, les conditions de travail des fonctionnaires sont souvent similaires à celles des travailleur·se·s du privé, puisque l&rsquo;État, leur employeur, cherche très logiquement à faire augmenter leur productivité.</p>



<p>Le cas des managers et des flics est intéressant parce qu’il montre que la classe n’est pas une caractéristique figée : certains groupes sociaux ne font pas partie de notre classe, même s’ils produisent de la valeur en travaillant pour quelqu’un d’autre, et même si iels sont précaires, car leur position dans la production est de nous faire travailler, soit en organisant la production et notre travail, soit en réprimant notre résistance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Hétérogénéité de classe</h2>



<p>Notre classe n’est pas homogène : elle est constituée de personnes de toutes origines, identités de genre, religions… Mais même si tou·te·s ont le même intérêt à l’amélioration de leurs conditions de vie, certains groupes sont plus avancés que d’autres, avec une conscience de classe plus ou moins affirmée, certaines fractions du prolétariat sont réacs, racistes, sionistes, homophobes, certaines adhèrent aux différents partis bourgeois ou s’y opposent… Ça ne signifie pas qu’on peut militer avec n’importe qui parce qu’on est de la même classe, au contraire, la lutte se fait avec les personnes ayant la conscience la plus juste de leur position de classe et les plus cohérentes et consistantes quant à leurs actiosn. Ça veut surtout dire qu’il faut refuser les visions qui fétichisent la classe ouvrière, qui reposent toujours sur une simplification des rapports sociaux et de la lutte des classes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>A quoi ça sert ?</strong></h2>



<p>Marx écrivit en 1844 que « les philosophes n&rsquo;ont fait qu&rsquo;interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe, c&rsquo;est de le transformer. » À A2C, nous militons au quotidien parce que nous tirons de notre analyse du capitalisme des pistes pour le renverser, et si nous affinons nos analyses c’est pour nous permettre de militer de la manière la plus efficace.</p>



<p>Notre classe a non seulement intérêt à ce que ce système soit renversé, mais c’est elle seule qui a la capacité de le faire.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Qui d’autre ?</strong></h2>



<p>Certains parlent du peuple, des masses, des « gens », qui tou·te·s ensemble pourraient abattre le capitalisme. Sauf que c’est un peu flou : ces gens, de quelle classe font-iels parti.e.s ? Si cela inclut des capitalistes cela ne peut que nous limiter. Par exemple, les petits patrons ne luttent souvent que parce qu’iels veulent s’enrichir individuellement et non pour s’opposer au fonctionnement inégalitaire du système. De même, si des prolétaires se mettent en mouvement sans se concevoir comme tels, la lutte ne peut dépasser un certain point et se condamne à stagner, en témoigne les gilets jaunes, qui ont occupé.e.s la rue et se sont confronté.e.s à la répression d’État en tant que citoyen.e.s ou personnes en colères, mais n’ont pas amené la lutte à l’intérieur des lieux de travail. En fait, ces « masses » peuvent <em>protester</em>, exprimer leur colère, de manière très véhémente. Mais les masses ne peuvent rien <em>construire </em>tant qu’elles ne s’organisent pas en tant que classe pour prendre en charge la société.</p>



<p>Est-ce l’identité ou le vécu qui permet de combattre une oppression ? Être discriminé.e ne donne pas nécessairement le pouvoir de lutter contre le système d’oppression. Par exemple, subir de la transphobie ne donne pas plus de capacités aux trans qu’aux cis pour lutter contre elle.</p>



<p>Par contre, la classe travailleuse a la pouvoir de renverser le système, contre l’exploitation et toutes les oppressions. Déjà, elle se rebelle. Partout, des mécontentements explosent, des grèves éclatent, les travailleur·se·s se révoltent contre l’exploitation, les conditions de travail, et pour la hausse des salaires. Iels n’ont rien à perdre parce qu’iels n’ont aucun privilège à consolider, parce qu’iels ne possèdent rien. C’est une première différence entre Marx et Engels et ceux qui les ont précédés, qu’on appelait les socialistes utopiques : ces derniers voyaient les travailleur·se·s comme des victimes à sauver, et Marx et Engels ont vu en eux des acteur·ice·s de leur propre destin.</p>



<p>Par ailleurs, la classe travailleuse est collective et globalisée: l’immense majorité de la population mondiale qui travaille le fait par le biais du travail salarié. On parle de milliards de personnes. En excluant les employeurs étatiques (donc les armées et les services de santé), les 10 entreprises qui emploient le plus de personnes dans le monde emploient près de 10 millions de personnes, et encore c’est sans compter la sous-traitance. Le plus gros employeur, Walmart, emploie plus de 2 millions de personnes, autant de gens qui ont tou·te·s le même ennemi de classe, Jim Walton. Rien qu’en France, les 243 plus grosses entreprises emploient un tiers de la population active. Ainsi, chaque marchandise a été produite par le biais du travail de milliers voire des centaines de milliers de personnes, dans le processus d’extraction des matières premières, de fabrication l’objet, du transport, de la vente etc.</p>



<p>Le caractère collectif, c’est aussi sur le même lieu de travail : pour travailler, et pour résister, nous sommes obligé.e.s de collaborer avec nos collègues. La résistance prend nécessairement une forme collective, parce qu’il ne peut y avoir aucun espoir d’affranchissement à l’échelle individuelle.</p>



<p>Et surtout, les travailleur.se.s, en tant que classe, font tourner la société. Cela nous donne un pouvoir immense, à la fois de refuser de travailler tant qu’on obtient pas gain de cause, mais aussi d’utiliser notre position stratégique dans la production pour lutter : c’est cela qui se passe quand la CGT Énergie coupe l’électricité de sièges d’entreprises ou à des élus&nbsp;; c’est ce qui se passe quand des travailleur·se·s hommes et femmes se mettent en grève pour l’obtention de congés menstruels. Et justement, en s’organisant, les travailleur·se·s donnent à voir à quoi ressemblerait une société sans patrons, une société dans laquelle à toutes les échelles, les décisions sont prises par toutes et tous.</p>



<p>À plus grande échelle, comment parler du pouvoir de la classe ouvrière sans évoquer la révolution russe de 1917 ? Le 8 mars 1917, jour de lutte pour les droits des travailleuses, des grèves éclatent en Russie dans les centres ouvriers, qui prennent rapidement une très large ampleur, en Russie et en Europe. La révolution russe met fin à une guerre mondiale dévastatrice, rend l’avortement et l’homosexualité légales pour la première fois dans l’histoire, montrant également la nécessité d’un parti révolutionnaire pour organiser les travailleur·se·s les plus déterminé·e·s.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="5c5c5c" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="661" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/soviet-petrograd-17-1.webp" alt="" class="wp-image-9735 not-transparent" style="--dominant-color: #5c5c5c; width:389px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/soviet-petrograd-17-1.webp 1000w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/soviet-petrograd-17-1-300x198.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/soviet-petrograd-17-1-768x508.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure>
</div>


<p>La classe travailleuse s’y est organisée en soviets, le mot russe pour « conseil » : en pratique, les travailleur.se.s en grève dans chaque usine envoyaient des délégués au soviet de la ville qui s’agrandissait chaque jour, au fur et à mesure que de nouvelles usines étaient en grève. Les soviets, à Petrograd en particulier, ont rapidement représenté le pouvoir ouvrier, au point de renverser en quelques jours le Tsar dont la dynastie était au pouvoir depuis des siècles, et quelques mois plus tard le gouvernement bourgeois de Kerenski qui l’avait remplacé. Les travailleur·se·s se sont organisé·e·s entre eux pour prendre des décisions démocratiques, organiser la vie quotidienne, arrêter la guerre et gérer la production. Dans certaines usines, la direction a été licenciée par les ouvriers qui s’en emparaient pour la gérer eux-même. A l’échelle du plus vaste pays du monde et pendant plusieurs années, avant la contre-révolution stalinienne, cette révolution a montré que quand les travailleur.se.s agissent en tant que classe, pour eux même et contre la classe dominante&nbsp;: iels peuvent tout transformer.&nbsp;</p>



<p>À A2C, quand on parle de renverser le capitalisme, c’est cela que nous avons en tête : quand les travailleur·se·s agissent en tant que classe, iels sont en capacité de s’emparer de tout ce qui permet de faire tourner la société : entreprises, industries, internet etc. Et en construisant notre propre société sur les ruines de l’actuelle, ce seront les classes sociales elles-mêmes qui disparaîtront.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Vic Michel (Strasbourg)</h5>
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