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	<title>Archives des Révolution - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<description>Pour l&#039;autonomie de classe !</description>
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	<title>Archives des Révolution - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Canicule : penser la riposte de classe</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/ecologie/canicule-penser-la-riposte-de-classe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Jun 2026 07:34:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Écologie]]></category>
		<category><![CDATA[canicule]]></category>
		<category><![CDATA[écologie]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">On ne peut pas y échapper, nous traversons actuellement la deuxième canicule de l&#8217;année, avec des températures de plus de 40 degrés parfois, qui impactent tous les aspects de la vie, du travail à la <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/ecologie/canicule-penser-la-riposte-de-classe/" title="Canicule : penser la riposte de classe">[...]</a></div>
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<p>On ne peut pas y échapper, nous traversons actuellement la deuxième canicule de l&rsquo;année, avec des températures de plus de 40 degrés parfois, qui impactent tous les aspects de la vie, du travail à la santé ou à l&rsquo;éducation. Pourtant, on comprend que la trajectoire du capitalisme est telle que, sans transformation majeure de la société, cet été sera le moins chaud du reste de nos vies. Cette canicule, elle n&rsquo;est pas due à un changement de météo, alors comment politiser cette canicule et ses conséquences ?</p>



<p>Interview de Anouk, militante à A2C Paris, investie dans les luttes écologistes et révolutionnaires et de Mathilda, Aude et Armel&nbsp; miltiant&rsquo;es à A2C Rennes qui nous racontent les tentatives de mobilisations dans leurs secteurs et lieux de travail.&nbsp;</p>



<p><strong>&nbsp;De quoi la canicule est-elle le symptôme ?</strong></p>



<p><strong>Anouk&nbsp; :</strong>&nbsp; ce qu&rsquo;il se passe avec la canicule actuelle et le traitement médiatique qui en est fait c&rsquo;est que tous les journaux, tous les médias parlent de la climatisation, ses bénéfices, ses effets négatifs. Ce n&rsquo;est pas du tout l&rsquo;angle sous lequel il faut traiter cet épisode climatique et il faut vraiment réussir à se détacher de cette approche qui dépolitise complètement la canicule.</p>



<p>On entend dans l&rsquo;émission le Quotidien&nbsp;  » Voilà, on a tous chaud  » mais ce n&rsquo;est pas vrai. &nbsp; Bernard Arnault sur son yacht il n&rsquo;a pas aussi chaud que quelqu&rsquo;un qui vit sous les toits dans une bouilloire thermique, ce n&rsquo;est pas du tout la même réalité,&nbsp; pas du tout la même manière de vivre la canicule .&nbsp;</p>



<p>Quand on parle de la canicule c&rsquo;est hyper important de comprendre d&rsquo;où elle vient et qui sont les personnes qui sont responsables parce que ça permet justement par la suite de pouvoir réfléchir aux causes de ce type d&rsquo;épisodes climatiques qui vont se répéter . Ça fait des années que c&rsquo;est expliqué par des chercheurs et des chercheuses .&nbsp;</p>



<p>Je vais m&rsquo;appuyer sur les analyses d&rsquo;Andreas Malm dans son livre <em>L&rsquo;anthropocène contre l&rsquo;histoire</em>. Le fond du problème vient d&rsquo;une transition vers un mode de production qui est le capitalisme industriel en Angleterre au 19ème siècle où l&rsquo;on est passé d&rsquo;une économie utilisant l&rsquo;eau comme source d&rsquo;énergie à une économie utilisant de la vapeur notamment grâce au charbon. En fait ce n&rsquo;était pas vraiment une technique plus efficace, elle était&nbsp; même plus chère. Mais elle avait d&rsquo;autres avantages : permettre de discipliner la main d&rsquo;œuvre,&nbsp; de ne pas dépendre des conditions difficiles d&rsquo;approvisionnement en eau donc des saisons. Cela permettait d&rsquo;avoir une énergie beaucoup plus stable et donc beaucoup plus productive. Ce capitalisme industriel qui repose sur l&rsquo;exploitation de toutes les énergies fossiles n&rsquo;est pas arrivé par hasard comme simple une découverte technique. C&rsquo;est vraiment un choix qui a été politique et social dès le début.&nbsp;</p>



<p>Et aujourd&rsquo;hui le capitalisme dépend complètement des énergies fossiles. On a donc de grosses entreprises qui investissent dans des mégaprojets qui détruisent l&rsquo;environnement et des personnes qui y travaillent. On peut citer le méga projet pétrolier de Total en Ouganda qui est un véritable désastre. En 2023 plus de 700 milliards de dollars étaient investis dans l&rsquo;extraction de combustibles fossiles.</p>



<p>Le problème c&rsquo;est que l&rsquo;utilisation des énergies fossiles émet des gaz à effet de serre.&nbsp; Ce n&rsquo;est pas juste un réchauffement de la planète mais c&rsquo;est un dérèglement total où on peut avoir des épisodes de canicule comme aujourd&rsquo;hui mais aussi des épisodes de froid très intense. Avec des conséquences multiples qui ne touchent pas tout le monde de la même manière.&nbsp; Les personnes qui polluent le plus,&nbsp; les capitalistes qui&nbsp; détiennent les moyens de production, qui exploitent à la fois la terre et les travailleureuses sont à l&rsquo;abri des conséquences de ces dérèglements environnementaux et climatiques. Ils travaillent et vivent dans des espaces climatisés ou peuvent s’échapper vers&nbsp; les endroits où il fait moins chaud. Nous on ne peut pas faire ça, on ne peut pas partir, on est obligé de subir la canicule.&nbsp; Ça se traduit par des morts dues à des conditions de travail extrêmes.</p>



<p>Il faut bien avoir en tête que cette canicule est le produit de deux siècles d&rsquo;utilisation des énergies fossiles.</p>



<p><strong>Sur les lieux de travail, la situation est souvent très difficile pour les travailleureuses. Quelles résistances ont existé cette semaine pour exiger de meilleures protections face à la chaleur ?</strong></p>



<p><strong>Mathilda :</strong> Je suis syndiquée à la CGT commerce, j&rsquo;ai monté une section syndicale de coiffeuse. Je me suis beaucoup mobilisée&nbsp; sur cette question en apprenant qu&rsquo; il y a eu des&nbsp; décès au travail, notamment un jeune de 19 ans dans le BTP&nbsp; sans que rien ne se passe&nbsp; au niveau de mon syndicat. Je me suis demandé ce qu&rsquo;on peut faire, j&rsquo;ai eu besoin de poser des questions, de parler avec d&rsquo;autres&nbsp; pour savoir comment se mobiliser.&nbsp; On s&rsquo;est fait une visio le lundi matin, on était 5, dont deux délégués de la CGT. On a&nbsp; décidé d&rsquo;un tract pour rencontrer, informer, alerter les travailleureuses notamment sur le danger auquel on allait être exposé&rsquo;es, nos droits, le droit de retrait, les devoirs des employeurs&#8230; Avec l’idée de rattacher nos conditions propres de travail aux conditions globales de tous les&nbsp;</p>



<p>travailleureuses.</p>



<p>On s&rsquo;est retrouvés le mercredi matin pour tracter dans trois centres commerciaux où on a des collègues qui travaillent sous plus de 40 degrés. Pendant cette tournée-là, on était trois camarades de la CGT à faire le tour des commerces notamment la restauration et la coiffure et on a eu des discussions super intéressantes, sur le fait que c&rsquo;est grave que rien ne soit mis en place et qu&rsquo;on s&rsquo;expose à un réel danger en travaillant dans ces conditions-là. On a fait un deuxième tractage le lendemain avec l&rsquo;idée de relever un peu tous les endroits où il y avait eu des choses qui nous avaient alertés, rythme de travail maintenu, température&nbsp; au-delà de 40 &#8230;</p>



<p>On a évoqué aussi le fait de faire des collages dans la rue pour rendre visible le soutien de toutes les personnes qui doivent subir ça et se faire exploiter et le besoin de s&rsquo;arrêter de travailler.</p>



<p>Ca fait un peu mal au cœur de se dire qu&rsquo;on est si peu à se mobiliser. En fait c&rsquo;est difficile, ça demande un temps énorme d&rsquo;aller voir chaque travailleureuse, chaque lieu de travail&#8230; Il faudrait que les secteurs se mobilisent par eux-mêmes mais ce n&rsquo;est pas forcément un réflexe, d&rsquo;autant plus que les gens sont dépassés et peu au fait de leurs droits comme le droit de retrait. Pour l&rsquo;exercer, il faut avoir la confiance. Il y a le fait aussi que beaucoup sont des non-syndiqués et ne savent pas par où commencer. Syndiqué ou pas, il faut se mobiliser et être en solidarité avec ses voisins, les secteurs d&rsquo;à côté de son travail.</p>



<p>Mais c&rsquo;est un début. On sait que la vague de chaleur va passer mais qu&rsquo;il y en aura d&rsquo;autres. A ce moment-là on sera un peu plus et c&rsquo;est comme ça aussi que ça va marcher !&nbsp;</p>



<p><strong>Aude :</strong> je travaille dans le social et j&rsquo;accompagne dans ce qu&rsquo;on appelle un habitat regroupé&nbsp; des personnes en situation de handicap et là cette semaine, on a beaucoup parlé de se mettre en grève en fait parce que on se retrouve dans une situation où on a l&rsquo;impression d&rsquo;être aussi maltraitante envers les personnes qu&rsquo;on accompagne. Dans leurs logements la température monte entre 30° et 35° et ils font plusieurs malaises.&nbsp;</p>



<p>On réfléchit donc à se mettre en grève sur des revendications pour des conditions dignes pour les personnes qu&rsquo;on accompagne et des conditions de travail plus tenables. Pour l&rsquo;instant on a un peu du mal à convaincre que la grève pourrait se faire. Certains pensent qu&rsquo;elle ne marcherait pas, que les parents sont trop condescendants mais j&rsquo;ai pas mal de collègues sur des contrats courts qui pourraient être convaincus.</p>



<p><strong>La canicule entraîne-t-elle une prise de conscience des travailleureuses sur les liens entre changement climatique et capitalisme ? Les syndicats réussissent-ils à politiser la canicule ?&nbsp;</strong></p>



<p><strong>Mathilda </strong>: Ce qui ressortait c&rsquo;était l&rsquo;urgence d&rsquo;anticiper cette semaine-là qui allait mettre en danger une vague énorme de travailleureuses.&nbsp; Mais il y a vraiment un truc très clair sur le rapport d&rsquo;exploitation surtout dans les toutes petites entreprises du secteur où il y a plus de proximité avec le patron. Quand on discute avec les gens ça met vraiment en lumière le fait qu&rsquo;on n&rsquo;est pas dans le même panier.&nbsp; Par exemple la climatisation, elle est dans la salle où les&nbsp; clients consomment mais à l&rsquo;arrière dans les salles de pause ou dans la cuisine il n&rsquo;y en a pas, on subit parce que apparemment c&rsquo;est pas hygiénique d&rsquo;après la patronne. Ce ne sont pas ceux qui te disent de continuer de travailler qui vont subir la canicule. Et quand bien même le patron qui contrôle subit aussi la canicule, qu&rsquo;il veut continuer à travailler, c&rsquo;est son choix. Par contre au final, on ne va pas gagner les mêmes choses et un travail salarié ça reste un travail salarié, ce n&rsquo;est pas notre entreprise. Ce qu’on vit montre qu&rsquo;il y a un intérêt des travailleureuses à se protéger et à s&rsquo;organiser par elleux-même.&nbsp;</p>



<p><strong>Pour l&rsquo;instant, on a parlé de luttes des travailleureuses importantes, de survie, pour se protéger des conséquences immédiates du capitalisme. Mais comment peut-on imaginer aller plus loin, et s&rsquo;attaquer à ses racines elles-mêmes ? Quelles alliances peuvent être imaginées ?</strong></p>



<p><strong>Anouk :</strong>&nbsp; L&rsquo;écologie, il faut aussi l&rsquo;ancrer dans une dimension politique et sociale.&nbsp; Ca a trop longtemps été un sujet à part qui ne s&rsquo;inscrit pas dans les réalités matérielles de toute notre classe et&nbsp; ça porte préjudice à la lutte. Ça découle des milieux écolos qui sont en réalité un peu perdus parce qu&rsquo;ils héritent d&rsquo;une histoire militante compliquée et qui n&rsquo;est pas du tout politisée. A l&rsquo;origine, c&rsquo;est Greenpeace, c&rsquo;est une écologie consensuelle qui doit parler à tout le monde et notamment aux médias&#8230; Il y a beaucoup d&rsquo;écologie du spectacle et beaucoup moins de&nbsp; soutien aux piquets de grève.</p>



<p>Mais il y a quand même déjà des alliances qui se créent entre les milieux écolos et les syndicats, par exemple avec les soulèvements de la terre. Il y a eu cette campagne commune&nbsp; avec la CGT pendant une grève dans le secteur de la logistique à Gennevilliers, avec des prises de contacts qui avaient été faites petit à petit.&nbsp; Ça a débouché sur une campagne qui s&rsquo;appelle soulèvement des salaires où du coup ça traite justement de la question des salaires des travailleureuses de la logistique. Ça a&nbsp; conduit à l&rsquo;annulation du projet Green Dock. Donc il y a quand même des victoires qui sont créées par ces alliances mais il faut que ça aille plus loin.&nbsp;</p>



<p><strong>Armel :</strong> Ces soutiens aux grèves depuis l&rsquo;extérieur, c&rsquo;est des choses qui peuvent être intéressantes mais ce sont des postures qui sont un peu décalées. Je pense qu&rsquo;en fait&nbsp; la meilleure manière de faire ce lien, c&rsquo;est un peu le chemin qu&rsquo;on est en train de prendre, c&rsquo;est de se dire que les écologistes aussi sont des travailleureuses, ils et elles aussi sont pour une grande majorité exploités dans leur travail et peuvent s&rsquo;engager dans le syndicalisme. Je pense qu&rsquo;il faut repartir de l&rsquo;analyse marxiste et du fait que c&rsquo;est dans les contradictions du capitalisme et donc en grande partie dans la question du travail et des conflits qu&rsquo;il y a autour du travail qu&rsquo;on va réussir à attaquer la question de l&rsquo;écologie. C&rsquo;est une histoire de classe qui nous concerne tous et toutes?&nbsp; C&rsquo;est de la lutte des classes le meilleur outil.&nbsp;</p>



<p><strong>Anouk :</strong> oui, c&rsquo;est difficile de parler de syndicat aux militants et militantes écolos qui ont pas du tout forcément pas la même tradition. Mais effectivement c&rsquo;est un sujet qu&rsquo;il faut pousser en essayant justement de développer cette conscience de classe et de pousser à des appels à la grève, à une grève climatique.</p>



<p><strong>Mathilda :</strong> je suis grave d&rsquo;accord avec ce que disait Armel et je pense à ta conclusion, Anouk, sur la grève climatique. L&rsquo;outil de la grève, il est vraiment à toujours remettre sur la table parce que c&rsquo;est par l&rsquo;arrêt qu&rsquo;on imposera des choses.</p>



<p>Le syndicat c&rsquo;est un peu la base dans le sens où on est tous et toutes exploité.e.s. On a donc besoin de se défendre et de s&rsquo;organiser dans les syndicats. Mais pour la CGT à Rennes, sur la question écolo, il n&rsquo;y a pas encore ces liens. Il faut travailler en ce sens.&nbsp;</p>



<p>Par exemple, pour le&nbsp; syndicat du commerce, aller voir ce qui se passe ailleurs pour se mobiliser ensemble, faire des tractages communs, avoir des moments de discussion avec des collectifs écolos.&nbsp;</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Front populaire, antifascisme et révolution : </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/front-populaire-antifascisme-et-revolution/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 02:21:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Front populaire]]></category>
		<category><![CDATA[processus révolutionnaire]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">3 leçons Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026 Ce que l’on appellera ici la période du Front populaire a commencé en 1934 par un mouvement antifasciste populaire et de masse. Elle a apporté des <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/front-populaire-antifascisme-et-revolution/" title="Front populaire, antifascisme et révolution : ">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>3 leçons</strong></p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026</strong></p>



<div data-wp-interactive="core/file" class="wp-block-file"><object data-wp-bind--hidden="!state.hasPdfPreview" hidden class="wp-block-file__embed" data="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/06/front-populaire.pdf" type="application/pdf" style="width:100%;height:200px" aria-label="Contenu embarqué front populaire."></object><a id="wp-block-file--media-f2213636-5010-47e0-91d1-8f123fab3007" href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/06/front-populaire.pdf">front populaire</a><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/06/front-populaire.pdf" class="wp-block-file__button wp-element-button" download aria-describedby="wp-block-file--media-f2213636-5010-47e0-91d1-8f123fab3007">Télécharger</a></div>



<p>Ce que l’on appellera ici la période du Front populaire a commencé en 1934 par un mouvement antifasciste populaire et de masse. Elle a apporté des leçons cruciales pour toutes celles et ceux qui se posent la question de l’articulation entre lutte contre le fascisme et contre le capitalisme.</p>



<p>Début 1934, en France, l’ambiance n’est pas à gauche ! Il y a un million de chômeur&rsquo;euses et plus de 50% des travailleur·euses ont des horaires réduits. Aucun gouvernement n’arrive à obtenir une majorité stable. Le mouvement social est déprimé. Les grèves sont à un niveau historiquement bas et généralement battues. Les syndicats sont divisés et faibles. Deux CGT, l’une liée au parti socialiste et l’autre au parti communiste, se font la guerre et rassemblent à elles deux seulement 750 000 membres<sup data-fn="66829c15-bdae-4eb6-9b86-1323f3eb29c2" class="fn"><a href="#66829c15-bdae-4eb6-9b86-1323f3eb29c2" id="66829c15-bdae-4eb6-9b86-1323f3eb29c2-link">1</a></sup>. L’extrême droite est à l’offensive. Plusieurs « ligues », violemment nationalistes et racistes, parfois ouvertement fascistes, ont des dizaines de milliers de membres avec des formations paramilitaires de milliers de membres.</p>



<p>En Allemagne Hitler est chancelier depuis un an. En quelques mois il a détruit le mouvement ouvrier le plus puissant du monde, syndicats comme partis, communiste et social-démocrate. Ces organisations ont été détruites sans combat, victimes de leur sectarisme mutuel. Paradoxalement cela va servir d’alerte en France.</p>



<p><strong>Le printemps des comités antifascistes</strong></p>



<p>Apparaissant comme une tentative de coup de force fasciste, une manifestation des ligues le 6 février 1934 à Paris déclenche une riposte de masse.</p>



<p>Des manifestations éclatent dès les jours suivants. Dès le 7 février, à Lyon des contre-manifestant&rsquo;es dirigé·es par le secrétaire départemental de la CGT dégagent les fascistes qui se rassemblent chaque jour sur la Place Bellecour. Le 8 février les dockers de Concarneau refusent de décharger un bateau allemand qui porte un pavillon nazi tandis qu’à Brest un meeting d’urgence réunit 2500 participant&rsquo;es ! Le 9 février une manifestation communiste fait 6 morts à Paris dans des affrontements avec la police. Et le lundi 12 février, la France est paralysée par 5 millions de grévistes et des manifestations dans 346 villes.&nbsp;</p>



<p>C’est une lame de fond. Des comités locaux sont créés dans tout le pays. Daniel Guérin évoque 3000 comités<sup data-fn="6dc6b564-2a19-4161-a3d1-1d94c0161af2" class="fn"><a href="#6dc6b564-2a19-4161-a3d1-1d94c0161af2" id="6dc6b564-2a19-4161-a3d1-1d94c0161af2-link">2</a></sup>. Les historien·nes parlent aujourd’hui d’un « printemps des comités<sup data-fn="83cc58b9-ad70-4cac-a866-e844d5bfd7ea" class="fn"><a href="#83cc58b9-ad70-4cac-a866-e844d5bfd7ea" id="83cc58b9-ad70-4cac-a866-e844d5bfd7ea-link">3</a></sup> ».</p>



<p>Ces comités sont des initiatives locales, généralement unitaires, d’où la diversité des noms : comités de vigilance, comités de lutte contre le fascisme, comités de défense républicaine&#8230; Au Havre il y a des comités dans les quartiers ouvriers et marins et dans les villes de la banlieue ainsi que des comités d’usine et de chantier. A l’été 1934 ces comités organisent plus de 3000 personnes. Dans le Finistère des comités apparaissent à Carhaix, Brest, Morlaix, Elliant, Pont-l’Abbé, Concarneau, Lesconil et Quimper. Dans d’autres communes, ce sont les comités de défense laïque qui en font état comme à Moëlan-sur-Mer, Riec-sur-Belon, Quimperlé ou Rosporden.</p>



<p>Partout, les comités barrent, par tous les moyens, la route aux fascistes. Ils remplissent, avant eux, leurs salles de meeting comme à Givors. Ou bien ils bloquent la salle comme à Grenoble où 3000 manifestant·es montent même des barricades. Dans les départements ruraux les contre-manifestations mobilisent toute la région. Les affrontements sont parfois violents. En septembre 1934 dans le 20e arrondissement de Paris un jeune militant socialiste est tué dans un rassemblement pour interdire une réunion des Jeunesses patriotes.</p>



<p>Mais d’autres moyens sont aussi utilisés. La Fédération socialiste du Rhône publie les noms et adresses des commerçants Croix-de-feu. Des meetings massifs, conférences, fêtes populaires se tiennent. Fin août 1934, dans le Finistère, 2000 personnes assistent à un meeting à Pont-l’Abbé !</p>



<p><strong>Défaite des fascistes</strong></p>



<p>Le mouvement ne met pas fin aux ligues. Mais il limite leur audience et la circonscrit à une partie de ces couches sociales qui constituent le noyau du fascisme : petite bourgeoisie traditionnelle, classes moyennes, fonctionnaires de police et de l’armée&#8230;</p>



<p>Pour prétendre accéder au pouvoir le fascisme doit élargir cette base sociale. Du côté de la classe ouvrière et du côté de la classe dirigeante. Le mouvement des comités fait obstacle à cet élargissement des deux côtés.</p>



<p>Il réveille le mouvement ouvrier et suscite une effervescence qui fait renaître la gauche sur tout le territoire ! Pour la classe dirigeante, les ligues ne sont – au moins temporairement &#8211; pas un recours mais un problème, pas un facteur d’ordre mais un facteur de désordre.</p>



<p>Et les craintes de la classe dirigeante sont fondées. Le réveil du mouvement ouvrier ne se cantonne pas à la lutte antifasciste.</p>



<p>Gérard Noiriel<sup data-fn="1bfa35bf-fb45-4e6f-b723-523835d53695" class="fn"><a href="#1bfa35bf-fb45-4e6f-b723-523835d53695" id="1bfa35bf-fb45-4e6f-b723-523835d53695-link">4</a></sup> indique qu’« à partir de 1934, dans la plupart des bassins miniers, la mobilisation retrouve une ampleur inconnue depuis 1920 ». À Saint-Nazaire en 1935 la ville est bloquée par les militant&rsquo;es de la CGT pour s’opposer à l’arrêt de la construction d’un navire. Au début de 1936, 4500 ouvrier&rsquo;es grévistes organisent un comité de résistance qui mobilise l’ensemble de la population locale.</p>



<p>À Rennes en juillet 1935 près de 2000 personnes se réunissent à la Maison du peuple puis partent en cortège, brisent les cordons de police aux cris de « Tant pis s’il y a du sang ! ». Début août des grèves insurrectionnelles éclatent à partir des arsenaux à Brest et Toulon. Trois ouvriers sont tués dans les affrontements.</p>



<p>À La Mure, dans le Dauphiné, début 1936, une grève des mineurs est soutenue par la population, commerçants, paysans, anciens combattants. Les couches sociales attirées par le fascisme se tournent vers la classe ouvrière&#8230;</p>



<p>Voilà la première leçon de cette période du Front populaire : ce ne sont pas les luttes sociales qui font mécaniquement reculer le fascisme, c’est la lutte contre le fascisme qui dynamise les luttes sociales.</p>



<p><strong>L’explosion de mai-juin</strong></p>



<p>La victoire de la gauche aux législatives le 3 mai 1936 est le signal qui fait exploser ce qui grandissait depuis février 1934 : les patrons vont payer. Alors, sans même attendre la nomination du gouvernement un mouvement de grèves et d’occupations d’usines démarre comme une vague qui n’arrête pas de monter.&nbsp;</p>



<p>En quelques semaines, 2 à 3 millions de travailleur&rsquo;euses vont se mettre en grève dans 12 000 entreprises dont 9000 seront occupées ! Quand une occupation s’arrête parce que les revendications ont été gagnées, c’est pour s’étendre à la voisine. Et la première s’y remet alors pour de nouvelles revendications.</p>



<p>Ce sont les patrons qui demandent au gouvernement une rencontre avec les syndicats pour endiguer le mouvement. C’est ainsi que sont signés les accords de Matignon le 8 juin tandis que le gouvernement s’engage à accorder par la loi ce qui ne relève pas des accords. Ce qui est présenté comme « les acquis du Front populaire » sont le fruit du mouvement et non du gouvernement : congés payés, augmentations de salaires, semaine de 40H, conventions collectives, droits syndicaux&#8230;.</p>



<p>Mais le mouvement s’étend encore à la suite de ces accords ! Le bâtiment s’en mêle, les dockers entrent en lutte. Le 10 juin « les employé·es de pharmacie, les coiffeur·ses, les boulanger·es, les ouvriers et ouvrières du bois, de la confection, de la maroquinerie, les garçons bouchers, les laveur·ses de voitures, les concierges, les lads d’écurie, les représentant·es d’aspirateur cessent le travail. A Paris même le Lido est en grève : le personnel occupe le cabaret<sup data-fn="dfd47419-8b9f-45c4-9dac-aeea4f5cd842" class="fn"><a href="#dfd47419-8b9f-45c4-9dac-aeea4f5cd842" id="dfd47419-8b9f-45c4-9dac-aeea4f5cd842-link">5</a></sup>. »</p>



<p>C’est la deuxième leçon de la période du Front populaire : l’anticapitalisme n’est pas un préalable à l’action antifasciste de masse, c’est l’action antifasciste de masse qui ouvre à une radicalisation anticapitaliste.</p>



<p><strong>Un processus révolutionnaire</strong></p>



<p>Nous avons choisi ici de décrire le Front populaire comme période plutôt que comme politique (celle des partis de gauche, celle du gouvernement). C’est sous cet angle que l’on peut comprendre la radicalisation de masse à partir de la riposte antifasciste.</p>



<p>C’est aussi sous cet angle que l’on peut comprendre le développement du mouvement de grèves et d’occupations en mai et juin, la combinaison entre revendications très spécifiques à un lieu de travail et revendications globales. La révolutionnaire polonaise Rosa Luxemburg avait décrit ce phénomène à partir de la révolution russe de 1905. Dans ce processus qu’elle dénommait « grève de masse » elle mettait en lumière comment la classe ouvrière pouvait faire « classe » et devenir révolutionnaire.</p>



<p>Cette période en est une illustration. Au cœur de la phase des comités se trouvaient les secteurs de la classe ouvrière les plus organisés. Une étude a montré la corrélation entre l’ampleur de la riposte du 12 février 1934 et l’implantation syndicale<sup data-fn="0094441b-a7c4-43c5-9b3f-062df5efc5e4" class="fn"><a href="#0094441b-a7c4-43c5-9b3f-062df5efc5e4" id="0094441b-a7c4-43c5-9b3f-062df5efc5e4-link">6</a></sup>. Dans les villages ruraux, le développement des comités a été l’œuvre du syndicat des instituteurs. Ce sont les militant·es, les syndicalistes révolutionnaires, les communistes, les membres de la gauche du parti socialiste qui ont été moteurs.</p>



<p>Puis la lutte antifasciste a fécondé le terrain pour la multiplication des conflits sur des bases économiques.&nbsp;</p>



<p>Et cette combativité retrouvée a éveillé à la lutte les secteurs les moins organisés. En mai-juin 1936 nous avons l’image inversée de 1934. Ce sont les secteurs les moins syndiqués (métallurgie, chimie, textile, le commerce&#8230;) qui sont à la pointe du combat. Ce sont aussi ceux où le syndicat se développe le plus. La CGT passe de 1 million de membres juste avant mai 1936 à plus de 4 millions !</p>



<p>Les secteurs mobilisés en 1934 ne font pas grève en juin : liés aux partis qui gagnent les élections ils et elles se reposent alors sur le gouvernement. Sur la durée, le processus brasse toute la classe ouvrière, dans toute sa diversité et ses différents secteurs, la politise et l’organise. La possibilité de la révolution comme émancipation des travailleur·euses par elles-mêmes et eux-mêmes apparaît alors. Car il ne s’agit pas seulement de mise en action. Il s’agit aussi de conscience et d’organisation. De la conscience antifasciste à la conscience de classe : en quelques mois c’est le parti communiste, perçu largement comme révolutionnaire, qui explose : de 50 000 membres à plus de 200 000 !&nbsp;</p>



<p>Après l’été 1936, puis en 1937 et 1938, les grèves reprennent, se multiplient, même si ce n’est pas la vague de juin. Cette fois, les secteurs non mobilisés en juin sont concernés, pour imposer l’application des acquis, puis empêcher qu’ils soient repris, puis se battre contre les mesures des gouvernements de plus en plus à droite qui se succèdent. C’est cette fois l’expérience des illusions réformistes et de la trahison des directions qui ouvre la possibilité d’une conscience révolutionnaire à une échelle de masse.</p>



<p><strong>La 3ème leçon</strong></p>



<p>En tant que politique, le Front populaire va détruire le mouvement antifasciste. Dès l’automne 1934, sous l’influence des partis les comités antifascistes deviennent des comités du Front populaire. Il reviendra à l’État d’interdire les organisations fascistes. En juin 1936, le gouvernement dissout effectivement ce qui reste des ligues. Les Croix-de-feu se transforment en Parti social français qui avec la démoralisation engendrée par le Front populaire va devenir à partir de 1938 le plus grand parti de masse français (1 million de membres !).</p>



<p>Le 17 mars 1937 c’est la police du Front populaire qui fait tirer sur les antifascistes tentant d’empêcher une réunion du PSF à Clichy !</p>



<p>Le parti communiste avait, avant 1934, défendu l’idée qu’il fallait être anticapitaliste pour lutter contre le fascisme. En Allemagne les nazis avaient détruit le parti communiste. Adoptant la politique du Front populaire, le parti communiste avait ensuite dit qu’il fallait d’abord stabiliser la démocratie bourgeoise pour faire obstacle au fascisme. En France, le parlement du Front populaire finira par interdire le parti communiste puis voter les pleins pouvoirs à Pétain sans riposte d’une classe ouvrière démoralisée.</p>



<p>La troisième leçon de la période du Front populaire est que pour obtenir une victoire définitive sur le fascisme un combat doit être mené au sein même du mouvement, dès ses premières étapes, pour construire une alternative révolutionnaire.&nbsp;</p>



<p><strong>Denis Godard (Paris 20e)</strong></p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="66829c15-bdae-4eb6-9b86-1323f3eb29c2">A titre de comparaison, aujourd’hui il y a plus de 2 millions de syndiqué.es en France. <a href="#66829c15-bdae-4eb6-9b86-1323f3eb29c2-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="6dc6b564-2a19-4161-a3d1-1d94c0161af2">Daniel Guérin, Front populaire Révolution manquée <a href="#6dc6b564-2a19-4161-a3d1-1d94c0161af2-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="83cc58b9-ad70-4cac-a866-e844d5bfd7ea">Gilles Vergnon, L’antifascisme en France de Mussolini à Le Pen <a href="#83cc58b9-ad70-4cac-a866-e844d5bfd7ea-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="1bfa35bf-fb45-4e6f-b723-523835d53695">Gérard Noiriel, Les ouvriers dans la société française <a href="#1bfa35bf-fb45-4e6f-b723-523835d53695-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="dfd47419-8b9f-45c4-9dac-aeea4f5cd842">Ludivine Bantigny, La Bourse ou la vie <a href="#dfd47419-8b9f-45c4-9dac-aeea4f5cd842-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="0094441b-a7c4-43c5-9b3f-062df5efc5e4">Antoine Prost, Autour du Front populaire <a href="#0094441b-a7c4-43c5-9b3f-062df5efc5e4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/front-populaire-antifascisme-et-revolution/">Front populaire, antifascisme et révolution : </a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<item>
		<title>Iran, (anti)impérialisme et révolution</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/iran-antiimperialisme-et-revolution/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 May 2026 17:01:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[anti-impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026 Les difficultés pour construire un mouvement anti-impérialiste et antiguerre en France ne tiennent pas aux conditions objectives. À travers le monde des millions de personnes ont manifesté contre <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/iran-antiimperialisme-et-revolution/" title="Iran, (anti)impérialisme et révolution">[...]</a></div>
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<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026</strong></p>



<div class="wp-block-file"><a id="wp-block-file--media-3bbb91a9-0338-4461-b878-60e555bf7ddd" href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/05/iran.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pour lire ou imprimer l&rsquo;article maquetté</a><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/05/iran.pdf" class="wp-block-file__button wp-element-button" download aria-describedby="wp-block-file--media-3bbb91a9-0338-4461-b878-60e555bf7ddd">Télécharger</a></div>



<p></p>



<p>Les difficultés pour construire un mouvement anti-impérialiste et antiguerre en France ne tiennent pas aux conditions objectives. À travers le monde des millions de personnes ont manifesté contre le génocide en Palestine malgré les médias ou la répression. Les obstacles tiennent en premier lieu aux positions qui dominent dans les organisations.</p>



<p>La position dominante veut que la condamnation des bombardements sur l’Iran soit conditionnée à celle du régime iranien, dont la traduction concrète est le refus dans nos manifestations de la participation de cortèges avec des drapeaux iraniens.</p>



<p>Le peuple iranien a régulièrement montré sa détermination à remettre en question le régime malgré une répression systématique. Ses luttes apportent énormément d’espoir face à l’approfondissement de la crise du capitalisme et sa manifestation impérialiste. Partir de là est donc très important pour pouvoir discuter des possibilités de faire face à la situation.</p>



<p>Depuis la révolution de 1979 la place que le régime veut donner à l’Iran dans la compétition régionale façonne la société. Des révoltes très fréquentes et très massives éclatent. La dernière en date a été complètement stoppée par les bombardements d’Israël et des États-Unis.</p>



<p><strong>Sous l’emprise de l’impérialisme</strong></p>



<p>Tout au long du XXè siècle l’Iran a été convoité par les grandes puissances pour ses ressources pétrolières et pour sa situation géostratégique au Moyen-Orient.<br>Avant 1979, la majorité de la population vit à la campagne où les méthodes agricoles sont peu développées. Il y a aussi des zones avec de fortes concentrations ouvrières, liées à l’économie du pétrole. Une bourgeoisie nationale se développe mais l’économie est dépendante du secteur du pétrole sous le contrôle de firmes anglaises puis US.<br>Dès les années 1970, les salarié&rsquo;es, les ouvrier&rsquo;es représentent à peu près un tiers de la population.<br>Les bazars contrôlent l’essentiel du commerce, de gros et plus encore de détail. Mais se développe également dans les grandes villes une élite iranienne qui arrive à vivre des revenus du pétrole, qui s’occidentalise dans ses modes de vie, en même temps que des bidonvilles énormes se mettent en place autour des grandes villes et notamment de Téhéran.</p>



<p><strong>La révolution par étapes</strong></p>



<p>C’est dans ce contexte qu’émergent de grandes révoltes. Elles produisent des débats dans la gauche iranienne. Ce qui domine sont les théories staliniennes, qui estiment que dans un pays relativement peu développé économiquement il est impossible pour la classe ouvrière de changer la société et de parvenir au socialisme. Il faut préalablement passer par un développement capitaliste de la société, qui ne peut être réalisé qu’en soutenant la bourgeoisie dans ses velléités d’acquérir une indépendance nationale qui permettra de développer économiquement le pays<sup data-fn="3fdc5088-3300-40e3-bce4-0a4a599d955f" class="fn"><a href="#3fdc5088-3300-40e3-bce4-0a4a599d955f" id="3fdc5088-3300-40e3-bce4-0a4a599d955f-link">1</a></sup>.<br>Cette théorie de la révolution par étapes s’était concrétisée une première fois par le soutien de la gauche au gouvernement de front national dirigé par Mossadegh qui prend le pouvoir en 1952. Mossadegh prend la décision de nationaliser le pétrole iranien. Très rapidement la Grande-Bretagne riposte, soutenue par les Etats-Unis – et organise un coup d’état en août 1953, qui réinstalle le régime autocratique du Shah.<br>Effrayée par le soulèvement populaire créé par la victoire de Mossadegh, la bourgeoisie nationale s’est finalement rangée du côté de l’impérialisme américain et britannique. La répression décapite la gauche. Des mouvements liés aux mosquées et dirigés par le clergé se mettent alors à jouer un rôle central dans la contestation populaire des décennies qui vont suivre.</p>



<p><strong>La révolution de 1979</strong></p>



<p>Des manifestations démarrent en 1977 pour une démocratisation, puis des soulèvements dans les bidonvilles. A la fin de l’année les grèves se développent. En un an se développent des comités de quartier &#8211; les Komitehs &#8211; et des comités d’usines &#8211; les Shoras. Dans de nombreux endroits les ouvriers chassent les patrons et prennent le contrôle de leur entreprise. Mais la gauche ne pousse pas pour que ces comités se coordonnent et s’organisent en pouvoir alternatif. Elle continue de penser que le pouvoir doit être occupé par la bourgeoisie nationale qui cherche l’indépendance.<br>Par contre, le mouvement des mosquées se développe, avec une personnalité – Khomeini – qui a un réseau très important au niveau national et qui propose une direction politique, celle de prendre le pouvoir. Il a une base relativement importante dans la nouvelle classe moyenne qui s’est construite dans les entreprises.<br>Quand le Shah prend la fuite ce n’est donc pas la classe ouvrière qui prendra le pouvoir, ni la bourgeoisie qui souhaitait un retour à l’ordre, mais la classe moyenne sous la direction de l’ayatollah Khomeini.</p>



<p><strong>De l’anti-impérialisme des classes moyennes…</strong></p>



<p>Le gouvernement mis en place par Khomeini n’est pas un gouvernement complètement lié à la bourgeoisie. Et il va mettre en place des mesures radicalement différentes de ce qui a existé jusqu’alors. En nationalisant toutes les entreprises qui étaient détenues par le Shah et ses réseaux auparavant, il réintègre dans la sphère publique des pans de l’économie qui apparaissaient comme des sphères d’enrichissement d’une minorité. Ces mesures sont apparues comme anticapitalistes. En France, Sartre, Foucault, Simone de Beauvoir célèbrent Khomeini comme un militant anti impérialiste. Les théories sur « l’islam révolutionnaire » fleurissent, de même que les tentatives de synthétiser islam et marxisme.<br>Pour stabiliser son pouvoir et assurer sa base sociale, Khomeini va alterner des attaques sur sa gauche et sur sa droite. Il va s’allier avec la bourgeoisie nationale pour détruire les Komiteh et les Shoras. Puis, en novembre 1979, il organise l’occupation de l’ambassade des États-Unis durant plusieurs mois, contre l’avis de la bourgeoisie iranienne. Cet acte est resté dans l’histoire comme un défi à l’impérialisme.</p>



<p><strong>… à la crise du capitalisme d’État</strong></p>



<p>Pour stabiliser un système au point de départ instable, Khomeini va s’appuyer sur deux choix politiques.<br>Il développe progressivement, via les nationalisations et grâce aux revenus pétroliers une forme de capitalisme d’État. Il crée ainsi une énorme bureaucratie qui sera la base sociale du régime.<br>Et il va utiliser la guerre et le nationalisme pour délégitimer et détruire physiquement toute opposition comme complice de l’impérialisme. Il va ainsi grandement bénéficier de la guerre meurtrière avec l’Irak à partir de 1980. Surtout quand l’Irak obtiendra le soutien US.<br>Comme les autres capitalismes d’État (des pays de l’est à l’Egypte) le régime islamique rentre en crise à la fin des années 1980 du fait de la de crise économique au niveau international. C’est aussi la fin de la guerre avec l’Irak et la mort de Khomeini.<br>Les rivalités éclatent alors au sein de la classe dirigeante iranienne entre la bureaucratie d’État qui veut prolonger son régime sous couvert d’anti-impérialisme et une partie de la bourgeoisie plutôt tournée vers la mondialisation qui veut faire des compromis avec les puissances impérialistes et tente d’emporter l’adhésion de la population par des promesses de réformes démocratiques.<br>Ces deux factions vont s’affronter régulièrement depuis lors. Quand des soulèvements populaires ont lieu, cela rouvre les rivalités.<br>Chaque fois que la frange libérale arrive au pouvoir et qu’elle essaye de négocier avec l’impérialisme son intégration au marché mondial, la frange conservatrice utilise son discours anti-impérialiste pour renforcer sa légitimité.<br>C’est le cas avec Khatami qui collabore avec les USA dans l’invasion de l’Afghanistan. C’est la cas avec Rohani en 2013 qui parvient à un accord sur le nucléaire avec les USA en 2015.</p>



<p><strong>Impérialisme régional</strong></p>



<p>Cette situation fait que le débat sur la nature anti-impérialiste du régime continue encore à l’heure actuelle. L’Iran se présente comme le chef de file de « l’axe de la résistance » contre le sionisme et l’impérialisme occidental. Il a apporté son soutien au Hezbollah au Liban, aux Houthis au Yémen, aux Forces de mobilisation populaire en Irak et à d’autres groupes de moindre envergure.<br>Cela découle de l’émergence de l’Iran en tant que puissance régionale, en lice pour la domination de la région. L’Axe s’inscrivait dans la stratégie iranienne « d’anneau d’étranglement » contre Israël, qui consistait à soutenir ses alliés sans s’exposer à un affrontement ouvert.<br>Pour pouvoir se maintenir, l’Iran s’est inséré dans un système international capitaliste. Il a donc dû accepter les lois de la compétition et de l’accumulation et y trouver sa place.</p>



<p>Le déclin des USA et leur difficulté à maintenir leur hégémonie dans la région après l’invasion de l’Irak en 2003 ont conduit d’autres grandes puissances à investir cette zone, notamment la Russie et la Chine. L’Iran a noué des alliances avec ces autres puissances. La Chine achète 90% du pétrole iranien et est devenue le premier partenaire commercial de l’Iran. Lors de la révolution en Syrie en 2015 l’Iran a fait le choix de soutenir le régime de Bachar al-Assad aux côtés des forces russes.<br>Quand Israël décide d’aller bombarder l’Iran, c’est clairement avec l’idée de déstabiliser ce qui apparaît comme une puissance concurrente à l’échelle régionale. Ce n’est pas la première fois dans l’histoire de la région. Cela a été le cas en 1967 quand Israël a attaqué l’Égypte et la Syrie. Cela a été le cas en 1980 lorsqu’Israël envahit le Liban.</p>



<p><strong>Une seule solution, l’anti-impérialisme de notre classe</strong></p>



<p>En Iran, en 2021 une grève de salariés du pétrole a eu un impact très fort, symboliquement – du fait de son rôle moteur dans la révolution de 1979 – et politiquement &#8211; les revenus du pétrole permettent à l’État iranien de fonctionner. De 10 à 15 000 salariés du pétrole ont fait grève. Ils ont produit une plateforme dans laquelle ils disaient clairement qu’ils refusaient toute intervention étrangère qui se présenterait en soi-disant soutien à leur lutte, et qu’ils souhaitaient apporter leur solidarité internationale avec les luttes de libération de la Palestine, du Yémen et du Liban2<sup data-fn="687c4ab6-2d96-4617-9094-e11f1ba0bfb3" class="fn"><a href="#687c4ab6-2d96-4617-9094-e11f1ba0bfb3" id="687c4ab6-2d96-4617-9094-e11f1ba0bfb3-link">2</a></sup>. Cela s’était déjà produit en 1979, où la révolution en Iran s’était combinée à des révoltes en Égypte.<br>Le meilleur soutien qu’on puisse apporter, c’est donc de reprendre le fil des analyses en termes de développement inégal et combiné, et donner de la force aux théories internationalistes qui considèrent que la seule solution face à l’impérialisme et aux régimes réactionnaires, c’est la lutte des peuples eux-mêmes pour leur émancipation.</p>



<p><strong>Vanina Giudicelli (Paris 20)</strong></p>



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<p><strong>Quand les lignes rouges deviennent chauvines</strong><br><br>À de nombreuses reprises, la présence de cortèges avec des drapeaux iraniens ont fait polémique dans les manifestations en France.<br>Exclure ces cortèges accusés d’être en soutien du pouvoir iranien serait un acte politique de solidarité avec un peuple qui subit la répression sanglante du régime. Cette position, au cœur d’une puissance impérialiste, nous oblige donc à rappeler que :<br>&#8211; Le premier acte politique en solidarité avec le peuple qui se soulève régulièrement en Iran contre le régime devrait être de lutter pour faire arrêter les bombes qui tuent ce peuple et l’empêchent de lutter contre le régime.<br>&#8211; La base d’un mouvement antiguerre ne peut être de tirer un trait d’égalité entre impérialisme et pays agressé (comme le font des textes syndicaux qui parlent de « belligérants »). La responsabilité historique de l’impérialisme dans les catastrophes internationales sont sans commune mesure avec celles des pays dominés par l’impérialisme. L’impérialisme a façonné l’histoire de l’Iran depuis plus d’un siècle. Les bombardements ont mis un coup d’arrêt aux luttes du peuple iranien pour sa liberté. Aucun peuple ne se libère sous les bombes. Les catastrophes des interventions militaires en Afghanistan, en Irak, le génocide en Palestine, etc. devraient pourtant servir de leçon.<br>&#8211; Nous n’attendons pas d’une manifestation que tous les cortèges soient en accord sur toutes les questions, mais se retrouvent dans ce qui devrait constituer les bases d’un mouvement antiguerre : l’arrêt de l’agression impérialiste et sioniste en Iran. Nous devrions alors aussi exclure de nos manifestations les organisations françaises qui ont soutenu des interventions impérialistes, se réfèrent au droit international, sont dans des internationales avec des partis qui constituent des dictatures, ou reconnaissent l’entité sioniste. Ne pas le faire revient à adopter une position chauvine puisque cela revient de fait à considérer ces positions comme moins problématiques.<br>&#8211; Un réel combat internationaliste devrait plutôt chercher à promouvoir les idées et les actes qui considèrent l’ennemi principal dans notre propre pays comme condition de l’émancipation générale. Notre responsabilité est donc de construire un mouvement de masse qui cherche à briser l’impérialisme français et occidental.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="3fdc5088-3300-40e3-bce4-0a4a599d955f"> Les débats qui ont dominé la gauche iranienne ne sont pas limités à ce pays. La révolution russe qui avait eu lieu au début du 20e siècle concernait un pays dont les caractéristiques économiques étaient relativement similaires. Trotsky analyse la situation économique de façon opposée à celle que les staliniens vont adopter plus tard. Pour un exposé de sa théorie, on pourra lire par exemple l’article de Cédric Piktoroff, <a href="https://quefaire.lautre.net/Jusqu-au-bout">« Jusqu’au bout ! La théorie de la révolution permanente »</a>  <a href="#3fdc5088-3300-40e3-bce4-0a4a599d955f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="687c4ab6-2d96-4617-9094-e11f1ba0bfb3">Peyman Jafari est un chercheur iranien spécialiste des mouvements en Iran. De nombreux articles sont disponibles, dont certains traduits en français. <a href="#687c4ab6-2d96-4617-9094-e11f1ba0bfb3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/iran-antiimperialisme-et-revolution/">Iran, (anti)impérialisme et révolution</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>1er Mai antiraciste, contre le génocide et contre la guerre : montrer à notre classe qu&#8217;on va continuer à se battre pour gagner</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/1er-mai-antiraciste-contre-le-genocide-et-contre-la-guerre-montrer-a-notre-classe-quon-va-continuer-a-se-battre-pour-gagner/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathilde]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Apr 2026 12:58:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Dans plusieurs villes en France, se constituent à l&#8217;occasion du premier mai des cortèges contre le racisme, contre le fascisme, contre le colonialisme et contre la guerre. À Paris, un pôle appelé par la Marche <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/1er-mai-antiraciste-contre-le-genocide-et-contre-la-guerre-montrer-a-notre-classe-quon-va-continuer-a-se-battre-pour-gagner/" title="1er Mai antiraciste, contre le génocide et contre la guerre : montrer à notre classe qu&#8217;on va continuer à se battre pour gagner">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/1er-mai-antiraciste-contre-le-genocide-et-contre-la-guerre-montrer-a-notre-classe-quon-va-continuer-a-se-battre-pour-gagner/">1er Mai antiraciste, contre le génocide et contre la guerre : montrer à notre classe qu&rsquo;on va continuer à se battre pour gagner</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Dans plusieurs villes en France, se constituent à l&rsquo;occasion du premier mai des cortèges contre le racisme, contre le fascisme, contre le colonialisme et contre la guerre. À Paris, un pôle appelé par la Marche des solidarités et Urgence Palestine articulera ces revendications. Entretien avec Mathieu Pastor, d&rsquo;A2C et de la Marche des solidarités, qui nous explique pourquoi et comment se saisir du 1er mai pour engager notre classe sur le terrain de la lutte politique, dans un contexte de polarisation marquée.</p>



<p><strong>Pendant le mois de mars, en France avec le 8 mars et le 14 mars, et à l&rsquo;international avec des mobilisations autour du 28 mars, on a vu des mobilisations massives, très politiques, des gens qui descendaient dans la rue en se posant à la fois la question de lutter contre le patriarcat, contre les fascistes, contre le racisme, et aussi contre la guerre, contre l&rsquo;impérialisme. Est-ce que tu pourrais revenir un petit peu sur ce qu&rsquo;on doit apprendre de cette période et nous dire si le 1er mai et le mois qui va suivre pourraient s’inscrire dans la continuité du mois de mars ?</strong>&nbsp;</p>



<p>Je pense que le premier enseignement de cette période, c&rsquo;est se dire qu&rsquo;il y a quelque chose qui est possible. Ce qu&rsquo;on ressort de cette séquence, c’est que malgré ce qu’on se prend dans la tête, c&rsquo;est-à-dire les guerres, l&rsquo;autoritarisme, le racisme, le fascisme, il y a des volontés de se battre.</p>



<p>C&rsquo;est ce qu&rsquo;on nomme la polarisation, c&rsquo;est-à-dire d’un côté l&rsquo;augmentation de l&rsquo;offensive de la classe dirigeante &#8211; et à travers ça de la capacité des fascistes à s&rsquo;organiser &#8211; et d’un autre côté, un écho de plus en plus large pour se battre contre cette trajectoire-là et pour s&rsquo;engager.</p>



<p>C’est ce qu’on a vu le 8 mars, avec toustes celleux qui ont manifesté pour les droits des femmes, et qui, dans certaines villes, <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/retour-dexperience-sur-le-08-mars-2026/">se sont battu·es pour virer les fascistes et les sionistes</a>. C’est ce qu’on a revu <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/manifestations-antiracistes-et-antifascistes-du-14-mars-une-opportunite-pour-construire-un-front-antiraciste/">le 14 mars</a>, les mobilisations massives dans 102 villes, contre le racisme, le fascisme et les violences policières. Et c’est ce qu&rsquo;on a vu plutôt à l&rsquo;international le 28 mars : aux États-Unis avec des mobilisations dans 3000 villes ; à Rome, où pour la première fois depuis que Meloni est arrivée au pouvoir, il y a eu une mobilisation de 300 000 personnes contre son gouvernement et contre le fascisme ; et à Londres, où il y a eu 500 000 personnes mobilisées, soit la plus grande manif de l&rsquo;histoire d’Angleterre contre le racisme et le fascisme. Donc ce qu’on voit, c’est que les gens ont envie de se battre, et à une échelle très importante. Dès qu&rsquo;on propose une stratégie qui démontre qu&rsquo;en se mobilisant ça va compter, il y a un écho pour ça.</p>



<p>Le meilleur des exemples pour se rendre compte de ce qui est en train de se passer, c&rsquo;est les États-Unis. Trump arrive il y a un an et demi pour son second mandat et il paraît avoir un boulevard devant lui. La gauche, aux États-Unis et dans le monde entier, est presque tétanisée face à sa prise de pouvoir. Il a démontré qu&rsquo;il était prêt à s’engager dans ce boulevard, que ce soit par les premières attaques contre les migrant·es, l&rsquo;offensive au Venezuela… Et puis là soudainement, déjà l&rsquo;année dernière avec les <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/videos/session-douverture-du-festival-des-idees-revolutionnaires-da2c/">premières mobilisations à Los Angeles</a> dans les quartiers contre ICE, et puis de manière plus éclairante <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/comment-minneapolis-solidaire-et-antiraciste-a-resiste-a-ice/">à partir de la fin 2025 à Minneapolis</a>, on voit qu&rsquo;il y a un espoir qui renaît, et que quand cet espoir renaît, et que tout le monde sent qu&rsquo;en s&rsquo;engageant il y a moyen de gagner, le mouvement peut prendre une ampleur où soudainement le rapport de force paraît presque de notre côté. Aux États-Unis, il n&rsquo;y a pas de jour férié le 1er mai, donc les travailleurs et les travailleuses travaillent ce jour-là. Mais là, il faut voir le <a href="https://www.iceoutnowmn.com/">programme du 1er mai</a>. C&rsquo;est très impressionnant. Il y a un appel à la grève. Par exemple, Minneapolis appelle à la grève dès le matin et l’après-midi à une grande marche contre ICE et pour la régularisation des sans-papiers.</p>



<p>Et ici en France, le 1er mai, une date qui est déjà présente dans la tête de beaucoup de monde, comme une date emblématique de la lutte contre le capitalisme, de la lutte de solidarité internationale des travailleurs et des travailleuses, ça va être une date très importante pour mesurer où on en est du mouvement. Je pense que beaucoup de personnes ont prévu de s&rsquo;en saisir, et que beaucoup de collectifs ont prévu d&rsquo;y intervenir.</p>



<p><strong>À A2C on pense que c&rsquo;est cette classe des travailleureuses que tu as citée, qui peut changer le système. Pour s&rsquo;adresser largement à la classe qui n&rsquo;est pas spontanément révolutionnaire, on a tendance à se dire qu&rsquo;il faut parfois limiter les mots d&rsquo;ordre &#8211; construire des fronts contre le racisme, qui soient aussi indépendants des fronts pour la Palestine, des fronts contre l&rsquo;impérialisme, des fronts féministes… Comment est-ce qu&rsquo;on peut articuler la nécessité d’adresser largement toutes ces revendications, et le fait qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, des milliers de personnes en train de se politiser en viennent à penser une riposte globale contre un système global ? Quelle forme ça va prendre pour le 1er mai ? Et quelles suites est-ce que ça peut donner ? </strong></p>



<p>Déjà je pense que pour l&rsquo;ensemble des collectifs qui ont mené les combats de ces dernières semaines, que ce soit au sein du front féministe, que ce soit au sein du front antiraciste, antifasciste, la première des conditions pour s&rsquo;adresser à la classe dans cette période, c&rsquo;est d&rsquo;en être le 1er mai. C&rsquo;est d&rsquo;en être et d&rsquo;y intervenir collectivement. Ensuite je pense que justement, il y a un écho en ce moment pour des mots d&rsquo;ordre qui, même lorsqu’ils sont pris « séparément » (au sein des fronts spécifiques qui les formulent), ne sont pas des mots d’ordres au rabais, mais qui au contraire engagent au combat et proposent une stratégie.&nbsp;</p>



<p>Par exemple, au sein de la <a href="https://www.antiracisme-solidarite.org/accueil">Marche des solidarités</a>, on mobilise sur la question de la régularisation des sans-papiers. Derrière cette revendication, tu poses forcément la question de l&rsquo;unité, de la solidarité, du fait que même si tu n&rsquo;es pas sans-papiers, tu es concerné·e par la régularisation de tout le monde. Si on propose des mots d&rsquo;ordre contre l&rsquo;islamophobie pour se défendre face aux attaques de l’État contre toutes celles et ceux qui parmi nous sont musulmans et musulmanes, contre les attaques des mosquées par les fascistes, c’est pareil, ce ne sont pas des mots d&rsquo;ordre au rabais. Ce sont des revendications qui, par ailleurs, il y a quelques années, pouvaient paraître hyper radicales, mais qui au fur et à mesure de ces dernières années sont de plus en plus reprises largement. On ne va pas noyer tous ces fronts dans une lutte anticapitaliste, anti-impérialiste. Il y a besoin de combats sur des front spécifiques, qui ont besoin d’implication spécifiques, car on a besoin de victoires sur ces fronts-là. Mais on va montrer qu’on peut mener ces combats tout en disant « Oui, on se bat ensemble contre ce système ». Toutes et tous ensemble, on va appeler à la régularisation des sans-papiers. Toutes et tous ensemble, on va appeler à la solidarité avec la Palestine. Toutes et tous ensemble, on va appeler à la solidarité contre l&rsquo;islamophobie.</p>



<p>Pour revenir sur le 1er mai, je pense que ce qui va compter pour s&rsquo;adresser à la classe, c&rsquo;est de montrer qu&rsquo;on est prêts et prêtes à se battre. Un des moyens à travers lesquels on compte faire ça en région parisienne, c&rsquo;est d&rsquo;appeler à un grand pôle dans la manifestation, un pôle antiraciste, antifasciste, antisioniste et anticolonialiste contre la guerre, qui va s&rsquo;appuyer sur deux forces : la Marche des solidarités avec les collectifs de sans-papiers et les mineurs isolés en lutte, les collectifs de quartiers contre le racisme et contre le fascisme, et <a href="https://www.urgence-palestine.com/">Urgence Palestine</a>, qui se bat pour la solidarité avec le peuple palestinien. L&rsquo;année dernière déjà, on avait mené une première fois cette expérience, et à Paris, ça avait été le 2e cortège le plus important de la manifestation derrière celui de la CGT, ce qui est quand même significatif.&nbsp;</p>



<p>Et là, nous, on veut un pôle le plus massif possible, pas juste pour envoyer un message de visibilité, pas juste pour faire une démonstration de force. On veut envoyer le message qu’on est déterminé·es à se battre et que le combat va continuer dès les prochaines semaines, que ce soit pour le 9 mai virer les fachos qui veulent marcher dans Paris <em>[Une contre-manifestation partira le 9 mai à 14h de la station Saint-Michel contre le C9M, marche annuelle de militants néonazis]</em>, que ce soit pour gagner des régularisations, que ce soit pour affirmer notre solidarité à la Palestine ou pour renforcer notre capacité à riposter face à la marche vers la guerre, comme on a pu voir ces dernières semaines dans les mobilisations lycéennes et du secteur de l’éducation.&nbsp;</p>



<p>Et je pense que ça, c&rsquo;est la première des choses à faire pour s&rsquo;adresser à la classe dans la période dans laquelle on est. Les gens, ils n&rsquo;ont pas envie de défiler pour la gloire. Ils ont envie de se battre pour gagner. Et donc, c&rsquo;est comme ça qu&rsquo;on va le faire en région parisienne et il y a des échos qu&rsquo;il va y avoir des cortèges similaires dans d&rsquo;autres villes, à Marseille, à Rennes, à Rouen, à Toulouse, à Saint-Brieuc&#8230; Voilà comment on s&rsquo;adresse massivement à la classe.</p>



<p><strong>Comment est-ce que les révolutionnaires peuvent espérer soutenir, construire cette dynamique-là qui est en train d&rsquo;émerger ? Et quelles sont nos tâches pour mieux l&rsquo;accompagner, convaincre que c&rsquo;est la bonne et poser la question de quelle stratégie pour gagner</strong> ?</p>



<p>Donc, il y a déjà ce mouvement-là, qui démontre qu&rsquo;il y a un potentiel pour lutter largement. Maintenant, toute la question est, quelle est la stratégie pour gagner ? Car ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;il y a un mouvement que la stratégie est spontanément dirigée vers le renforcement de ce mouvement et le renforcement de ses capacités pour gagner. Et pour tout ça, il y a besoin de débats sur quelles stratégies on doit mener, sur ces différents fronts dont j&rsquo;ai parlé. Quelle stratégie dans le front antiraciste, antifasciste ? Quelle stratégie dans le front anticolonialiste et de solidarité avec la Palestine ? Quelle stratégie dans le front contre la guerre ? Et pour ça, le mouvement seul, ça ne suffit pas. Ce n&rsquo;est pas uniquement des collectifs de militants et de militantes qui vont, dans chacun de ces fronts, devoir se poser la question de quelle stratégie. Il faut aussi une intervention révolutionnaire, organisée.</p>



<p>À A2C, on pense que la stratégie pour gagner, elle doit s’élaborer par la combinaison d&rsquo;une analyse théorique marxiste et de son expérimentation, de sa pratique dans le mouvement. Et pour ça, on propose un grand événement à Paris, le 16 et 17 mai, un <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/boussoles-2/">festival <em>Boussoles</em></a>, où il va y avoir 25 discussions, qui visent à dénouer des questions qui se posent dans le mouvement :&nbsp;</p>



<p>La libération de la Palestine se joue-t-elle uniquement en Palestine, ou doit-elle passer par le soulèvement des classes ouvrières des pays arabes environnants ?&nbsp;</p>



<p>Qu’est ce qui va compter dans le mouvement antiraciste ? Mettre une priorité à se battre contre les attaques de la classe dirigeante, massivement dirigées contre celles et ceux qui, parmi nous, sont migrants et migrantes, celles et ceux qui, parmi nous, sont musulmans et musulmanes, en pensant qu&rsquo;à travers la riposte face à ces attaques-là, on va renforcer l&rsquo;ensemble du mouvement antiraciste ? Le fait d&rsquo;avoir une représentativité d&rsquo;élus issus des classes populaires racisées va-t-il être déterminant ?&nbsp;</p>



<p>Faut-il penser que le Rassemblement National est l’incarnation du danger fasciste en France, et penser que c’est via le développement de ce parti que l’ensemble du mouvement fasciste, que ce soit les groupuscules, les milliardaires à la Bolloré, les médias, se renforce ? Ou doit-on, sur un plan stratégique, penser que se battre contre Bolloré équivaut à se battre contre Le Pen ?&nbsp;</p>



<p>Toutes celles et ceux qui font l&rsquo;expérience de l&rsquo;implication dans ces fronts-là se confrontent à ces questions et toutes ces questions-là vont être présentes à ce festival.</p>



<p>En plus d’un regroupement d’activistes et révolutionnaires en France, on a invité des camarades syndicalistes de Minneapolis, qui interviendront pour nous raconter leurs expériences, mais aussi des <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/greve-pour-gaza-le-28-novembre-en-italie-notre-defi-est-de-relier-la-lutte-pour-la-palestine-aux-conditions-economiques-et-de-travail-en-italie/">camarades d’Italie</a>, où on a vu comment, justement, l&rsquo;ensemble de la classe, elle redresse la tête et elle reprend confiance dans ses capacités à gagner à travers un grand mouvement de grève en solidarité avec la Palestine, ou encore des camarades de Grande-Bretagne, là où la constitution d&rsquo;un front large contre le fascisme et le racisme est en train de redonner espoir dans la capacité de gagner de l&rsquo;ensemble de la classe.</p>



<p>On a besoin d&rsquo;espaces de discussion, d&rsquo;élaboration stratégique, à partir de boussoles et d&rsquo;analyses théoriques, à partir d’expériences vécues, et nous, c&rsquo;est ça qu&rsquo;on veut proposer à travers <em>Boussoles</em>.&nbsp;</p>



<p><strong>Mathieu Pastor, Paris 20e. Propos recueillis par Milig Sinou, Paris 19e.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/1er-mai-antiraciste-contre-le-genocide-et-contre-la-guerre-montrer-a-notre-classe-quon-va-continuer-a-se-battre-pour-gagner/">1er Mai antiraciste, contre le génocide et contre la guerre : montrer à notre classe qu&rsquo;on va continuer à se battre pour gagner</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
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		<title>Élections municipales : il faut y aller&#8230; mais comment ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/elections-municipales-il-faut-y-aller-mais-comment/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Solen Rennes]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Mar 2026 14:16:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[candiatures]]></category>
		<category><![CDATA[double conscience]]></category>
		<category><![CDATA[EELV]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
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		<category><![CDATA[RP]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<category><![CDATA[trahison]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Qu’on le veuille ou non, les prochaines élections municipales vont être un terrain de combat. Mais comment intervenir en terrain piégé&#160;? La classe des travailleurs et travailleuses, la classe ouvrière, regroupe en France plusieurs dizaines <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/elections-municipales-il-faut-y-aller-mais-comment/" title="Élections municipales : il faut y aller&#8230; mais comment ?">[...]</a></div>
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]]></description>
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<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Qu’on le veuille ou non, les prochaines élections municipales vont être un terrain de combat. Mais comment intervenir en terrain piégé&nbsp;?</p>
</blockquote>



<p>La classe des travailleurs et travailleuses, la classe ouvrière, regroupe en France plusieurs dizaines de millions de salarié·es, de retraité·es et de jeunes plus ou moins scolarisé·es.</p>



<p>Pour nous, elle est potentiellement et collectivement, l’agent de la révolution. </p>



<p>Pourtant, seule une fraction très minoritaire est révolutionnaire. Une fraction bien plus importante est réactionnaire. Plusieurs millions votent même désormais pour le Rassemblement National.</p>



<p>Quant à l’énorme majorité, elle se situe entre ces deux pôles. Lors du dernier mouvement sur les retraites, près de 9 membres de notre classe sur 10 soutenaient le mouvement&nbsp;: 30 millions ? Plus ou moins passivement, ils et elles ont, en très grande majorité, suivi la stratégie réformiste de l’Intersyndicale. Pas celle du soulèvement général, de la grève et des occupations. Celle de la délégation et de la pression sur le vote des parlementaires.</p>



<p>Plus de dix millions votent régulièrement pour «&nbsp;la gauche&nbsp;». Une vingtaine de millions ne votent pas. Mais pas par conviction révolutionnaire. Parce qu’ils et elles n’en ont pas le droit ou par défiance envers les partis existants.&nbsp;</p>



<p>Voilà la réalité : même si elle ne vote pas l’énorme majorité de notre classe considère que, s’il est possible, le changement ne peut s’obtenir que par l’intermédiaire de bon·nes dirigeant·es et au travers des institutions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Capitalisme et consentement</h2>



<p>Tout système de domination ne peut fonctionner qu’au travers un mélange de contrainte (force) et de consentement (légitimation de la domination).</p>



<p>Prenons l’exemple du féodalisme. Dans l’Europe médiévale le paysan pouvait travailler une partie de son temps sur sa terre et une autre sur celle du seigneur. Ou il pouvait ne travailler que sur sa terre mais devait fournir une partie de sa production au seigneur. L’exploitation était évidente. Le seigneur pouvait exploiter le paysan parce qu’il était à la fois le dirigeant politique et économique. L’exploitation reposait ouvertement sur l’usage de la force.</p>



<p>Le capitalisme est le premier système où la domination s’impose principalement par le consentement des exploité·es <span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_10792_10('footnote_plugin_reference_10792_10_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_10792_10('footnote_plugin_reference_10792_10_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_10792_10_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_10792_10_1" class="footnote_tooltip">Ce qui ne signifie pas l’absence d’utilisation de la force. D’autant plus quand le système entre en crise, ce qui est le cas actuellement.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_10792_10_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_10792_10_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>Cela s’explique par le fait que l’exploitation y est masquée. Le rapport entre patrons et travailleur·euses apparaît comme un rapport contractuel employeur/employé·es où le salaire serait la rétribution du travail fourni et le profit la rétribution du capital.</p>



<p>Sous la forme du salaire payé par le capitaliste, la force de travail apparaît même comme une fraction du capital, celle que Marx appelle «&nbsp;capital variable&nbsp;».</p>



<p>C’est la puissance économique des capitalistes (la propriété des moyens de production nécessaires à toute production) qui assure que les travailleurs·euses leur vendent chaque jour « volontairement » leur force de travail pour assurer leur subsistance et celle de leur famille.</p>



<p>La politique, la gestion de la société, apparaît comme un terrain séparé de l’économie où ouvrier·es et capitalistes font face à l’État et aux institutions en tant que citoyen·nes égaux en droit. La démocratie bourgeoise, forme de domination de classe, apparaît comme « la démocratie » <span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_10792_10('footnote_plugin_reference_10792_10_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_10792_10('footnote_plugin_reference_10792_10_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_10792_10_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_10792_10_2" class="footnote_tooltip">Comme lors de l’expérience du Front Populaire en 1936, une partie de la gauche utilise la défense de la « démocratie » pour justifier son alliance avec des fractions de la bourgeoisie (des macronistes). Alors que ce qu’il y a à défendre ce sont les éléments de démocratie de classe qui ont été arrachés au sein de la démocratie bourgeoise.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_10792_10_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_10792_10_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Consentement et élections</h2>



<p>Le consentement a donc une base réelle dans ces formes mystifiées que prend le capitalisme : politique comme domaine indépendant de l’économie, contractualisation du rapport d’exploitation, mise en concurrence des travailleur·euses sur le marché de l’emploi, naturalisation du mode de production capitaliste, etc.</p>



<p>Il n’en reste pas moins que, même masqués, les ressorts réels du capitalisme sont l’exploitation et la dynamique de l’accumulation du Capital. Avec leurs conséquences, luttes de classes et crises du Capital.</p>



<p>Cette «&nbsp;double-nature&nbsp;» du capitalisme est à la base du réformisme comme «&nbsp;relai des idées dominantes au sein de la classe ouvrière&nbsp;».</p>



<p>Le réformisme repose sur l’idée qu’il existera toujours des patrons et des travailleur·euses, qu’il faut un État, neutre et détenteur du monopole de la violence, pour empêcher le désordre, que la majorité n’a ni les capacités, ni les moyens de gérer la société etc.</p>



<p>Mais en tant que conscience particulière des travailleur·euses, le réformisme doit aussi refléter leur position propre, la nécessité de limiter l’appétit du Capital et les inégalités, l’aspiration à une plus juste rétribution des richesses etc.</p>



<p>Le domaine des élections est donc celui où s’exprime de la manière la plus évidente ce que le révolutionnaire italien Antonio Gramsci appelait la «&nbsp;conscience contradictoire&nbsp;». Elles sont un moyen et une expression du consentement.</p>



<p>Un moyen parce qu’elles donnent une forme, là encore réelle – celle du vote &#8211;&nbsp; à l’égalité formelle entre citoyen.nes et à la politique comme domaine séparé de l’économie. Elles légitiment, par leur résultat, le fonctionnement du système comme produit des choix collectifs.</p>



<p>Une expression parce qu’elles cristallisent – au travers des programmes réformistes &#8211; l’espoir dans une société plus égalitaire mais aussi le sentiment d’impuissance qui fait que cet espoir est délégué à des «&nbsp;dirigeants&nbsp;».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Lutter avec et contre le réformisme</h2>



<p>Le réformisme n’est donc pas une simple manipulation des consciences. Il ne peut être combattu uniquement dans le domaine des idées.</p>



<p>La lutte contre le réformisme peut et doit donc favoriser les expériences de la classe ouvrière qui mettent en défaut l’idéologie dominante, les généraliser, leur donner un sens.&nbsp;</p>



<p>Car la classe ouvrière n’est pas seulement une composante du capital. Elle en est aussi l’antagoniste.</p>



<p>Le salaire n’est pas la rétribution de tout le travail effectué par les travailleur·euses. Et le profit n’est pas la rétribution des moyens de production fournis pas le capitaliste.</p>



<p>Le salaire est la valeur de ce qui est nécessaire au travailleur pour produire et reproduire sa force de travail. Une partie sa journée de travail suffit à produire cette valeur. Le reste de sa journée de travail est accaparé par le capitaliste comme profit.</p>



<p>La concurrence entre capitalistes les oblige à augmenter toujours la part de leurs profits en baissant par tous les moyens la part qui va aux salaires : en intensifiant le travail ou en le rendant plus productif. C’est ce qui crée l’antagonisme permanent et irréductible entre travailleur·euses et capitalistes. Cet antagonisme n’est pas un rapport entre individus, c’est un rapport social entre classes, collectif et qui provoque des conflits.</p>



<p>La lutte de classe qu’il génère est politique. Car le mode de production et de reproduction des biens et des services est la base de tout le fonctionnement social. Parce que la production est sociale et collective, c’est en tant que producteurs (et non en tant que salarié.es) que les travailleur·euses peuvent transformer la société et bouleverser l’ensemble des rapports sociaux. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Pas les élections&#8230; et pourtant les élections</h2>



<p>On comprend donc à quel point le terrain sur lequel peut être combattu efficacement le capitalisme est logiquement étranger aux élections. Puisque les élections sont justement la forme et l’expression du consentement ouvrier à ce système.</p>



<p>Cela explique aussi comment les luttes, sociales et politiques, sont le terrain propice.&nbsp;</p>



<p>Sauf que&#8230; si le réformisme est dominant au sein de notre classe, alors les élections sont un moment de politisation majeur où sont discutés et jugés les programmes, les revendications, les analyses, les arguments des forces qui se présentent.</p>



<p>La question n’est donc pas d’éviter les élections mais de déterminer comment y intervenir.</p>



<p>Si le terrain électoral laisse, par nature, les membres de notre classe dans la position qui fabrique leur consentement, on doit déduire que ce n’est pas en présentant des candidat·es qui se différencient seulement par la radicalité de leur programme qu’on peut intervenir.</p>



<p>Comme nous ne sommes pas neutres, nous ne pouvons mettre dans le même sac celles et ceux qui expriment – dans leur vote &#8211; leurs intérêts de classe et celles et ceux qui défendent la collaboration de classe, l’égalité des droits ou la discrimination, etc. Nous n’avons jamais vu de manifestations de joie de notre classe, dans nos quartiers, dans nos lieux de travail, suite à la victoire des candidat·es de la droite ou des racistes. La progression des fascistes ne se traduit pas par des manifestations d’enthousiasme mais par des ratonnades.</p>



<p>L’expérience concrète de l’impasse du réformisme, aussi douloureuse soit-elle, est une expérience nécessaire. A condition qu’une alternative existe.</p>



<p>Application aux municipales</p>



<ol class="wp-block-list">
<li><strong>Stopper les fascistes</strong></li>
</ol>



<p>Dans leur phase actuelle la construction d’une base active et d’une milieu mobilisable, les élections municipales sont déterminantes pour le Rassemblement National. Les fascistes vont faire campagne. Cela doit susciter et permettre de construire dans nos villes et nos quartiers des fronts unitaires de lutte antifasciste.</p>



<ol start="2" class="wp-block-list">
<li><strong>Organiser les luttes à l&rsquo;échelle locale</strong></li>
</ol>



<p>La campagne des municipales doit être l’occasion de construire, renforcer, élargir, les organisations de lutte.</p>



<p>La lutte de classe n’est indifférente à aucune question concrète. Mais elle refuse de réduire ces questions à des problèmes techniques ou de personnel politique.</p>



<p>La situation des hôpitaux, les jeunes à la rue, les violences policières, la situation des sans-papiers, le délabrement du système de santé ou de l’éducation, la défense des mosquées&nbsp;: chacune de ces questions sont du domaine de la lutte de classe. Les élections municipales sont l’occasion de renforcer nos organisations dans les quartiers, à l’hôpital, dans les écoles, etc..</p>



<ol start="3" class="wp-block-list">
<li><strong>Voter pour la FI</strong></li>
</ol>



<p>La priorité des révolutionnaires ne devrait certainement pas être de présenter leurs propres candidat·es pour deux raisons.</p>



<p>Ces candidatures sont des candidatures «&nbsp;de témoignage&nbsp;». Au mieux, leur seul argument est d’en faire des tribunes de propagande pour les idées révolutionnaires.</p>



<p>C’est sous-estimer grandement la nécessité et les possibilités de construire des organisations locales de lutte (lieux de travail et quartiers) en y impliquant par ailleurs tous ceux et celles qui votent pour des candidat·es « de gauche » ou s’abstiennent. C’est là que doivent aller toutes nos ressources.</p>



<p>C’est aussi – au mieux – s’abstenir dans un débat stratégique au sein de la gauche qui renforce la campagne des classes dirigeantes contre la France Insoumise.</p>



<p>La politique d’une partie de la gauche – politique et syndicale &#8211; défend actuellement la politique du <em>moins pire</em> pour éviter une alliance entre la droite et le Rassemblement National. </p>



<p>La politique de la France Insoumise, aussi réformiste soit-elle, défend l’idée qu’il faut polariser la politique actuelle contre les capitalistes, contre le racisme, en solidarité avec la Palestine, etc.</p>



<ol start="4" class="wp-block-list">
<li><strong>Construire l’alternative</strong></li>
</ol>



<p>Le réformisme encourage la passivité par délégation. L’impasse et les trahisons du réformisme, en cas de victoire, ne feront que provoquer encore plus de passivité par démoralisation.</p>



<p>Sauf si l’expérience de l’impasse s’articule avec l’existence – concrète et visible &#8211; d’autres possibilités, d’une autre direction à prendre. L’une de ces possibilités est l’existence de formes d’auto-organisations. Hors de cela, le reste est mot creux et dénonciations stériles.</p>



<p>Mais il faut aussi qu’existe une autre direction, politique, globale, à prendre. Aussi bien en termes d’analyse du système que de stratégie&nbsp;: une organisation révolutionnaire.</p>



<p>Denis Godard (Paris 20)</p>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_10792_10();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_10792_10();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_10792_10">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_10792_10" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_10792_10_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_10792_10('footnote_plugin_tooltip_10792_10_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Ce qui ne signifie pas l’absence d’utilisation de la force. D’autant plus quand le système entre en crise, ce qui est le cas actuellement.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_10792_10_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_10792_10('footnote_plugin_tooltip_10792_10_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Comme lors de l’expérience du Front Populaire en 1936, une partie de la gauche utilise la défense de la « démocratie » pour justifier son alliance avec des fractions de la bourgeoisie (des macronistes). Alors que ce qu’il y a à défendre ce sont les éléments de démocratie de classe qui ont été arrachés au sein de la démocratie bourgeoise.</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_10792_10() { jQuery('#footnote_references_container_10792_10').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_10792_10').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_10792_10() { jQuery('#footnote_references_container_10792_10').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_10792_10').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_10792_10() { if (jQuery('#footnote_references_container_10792_10').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_10792_10(); } else { footnote_collapse_reference_container_10792_10(); } } function footnote_moveToReference_10792_10(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_10792_10(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_10792_10(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_10792_10(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/elections-municipales-il-faut-y-aller-mais-comment/">Élections municipales : il faut y aller&#8230; mais comment ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Edito Cahiers #21 · Minneapolis montre la voie !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/edito-cahiers-21-%c2%b7-minneapolis-montre-la-voie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 08:59:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[communisme]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
		<category><![CDATA[ICE]]></category>
		<category><![CDATA[Impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Minneapolis]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<category><![CDATA[Trump]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Alors que l’Iran brûle, ce samedi 7 mars, Donald Trump affirme avec sa vulgaire arrogance : « je vais m’occuper de Cuba ». L’exemple du Venezuela et de l’Iran montrent qu’il faut le prendre au <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/edito-cahiers-21-%c2%b7-minneapolis-montre-la-voie/" title="Edito Cahiers #21 · Minneapolis montre la voie !">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Alors que l’Iran brûle, ce samedi 7 mars, Donald Trump affirme avec sa vulgaire arrogance : « je vais m’occuper de Cuba ». L’exemple du Venezuela et de l’Iran montrent qu’il faut le prendre au sérieux. Si on ne lui fait pas obstacle Trump va continuer.</em><br></p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p>Après l’agression du Venezuela et l’enlèvement du président Maduro, c’est à l’Iran que les États-Unis se sont attaqués. Les frappes ont été justifiées au nom de la liberté du peuple iranien. Pourtant, quelques jours plus tard, c’est une école qui a été visée, causant la mort de 150 enfants. École dont les enseignant·es étaient à l’avant garde de la lutte contre le régime.&nbsp;<br>L’attaque israélo-américaine a comme objectif réel le renversement du régime iranien pour le remplacer par un pouvoir vassal. L’instabilité dans la région renforce Israël qui s’attaque au Hezbollah au Liban. Cette attaque a été rendue possible par deux ans de génocide en Palestine. Cela a modifié les rapports de force dans la région, permettant à Israël de forcer la décapitation du régime iranien.<br>Tous ces signaux montrent une puissance impérialiste qui tente par la force de maintenir son hégémonie dans le monde. Hégémonie fragilisée par l’émergence de la Chine comme puissance économique et politique capable de concurrencer les États-Unis. Ce n’est pas par hasard que les deux pays récemment attaqués, le Venezuela et l’Iran, ont comme point commun d’être des fournisseurs de pétrole de la Chine.<br>Ce qui était vrai pour le Vénézuela l’est aussi pour l’Iran. On ne libère pas un peuple en le bombardant.<br>En prétextant libérer le peuple iranien, l’attaque des États-Unis et d’Israël ne fait que renforcer le nationalisme iranien et le régime lui-même comme incarnation d’une solution anti-US et anti-Israël. En même temps, elle renforce aussi les courants réactionnaires de l’opposition au régime iranien, comme on l’a vu avec les mobilisations de monarchistes iranien·nes agitant des drapeaux israéliens et applaudissant les bombardements.<br>Donc c’est bien d’une lutte frontale et unie dont nous avons besoin, contre l’impérialisme des États-Unis et d’Israël, en Iran comme en Palestine. C’est sur ces mots d’ordre que nous devrons construire le front anti-guerre en France sans préalable sur la nature du régime iranien.</p>



<p><strong>Le régime iranien, force anti-impérialiste ?</strong></p>



<p>Devons-nous pour autant nous ranger derrière le régime, en oubliant les crimes que la République islamique d’Iran a perpétrés contre son peuple ? Face à l’horreur des politiques menées par les dirigeants américains et israéliens, la tentation de répondre oui peut grandir.<br>Mais cette position nous conduirait à fermer les yeux sur le caractère du régime iranien tout en capitulant sur la construction d’une stratégie anti-impérialiste internationaliste conséquente. Car la question de fond qui demeure est : comment vaincre les États-Unis et Israël. La réponse à cette question n’est pas d’abord militaire, elle est politique.<br>Elle demande une compréhension plus large de la dynamique impérialiste elle-même, qui n’est pas le produit de quelques gouvernements particulièrement agressifs mais une logique structurelle du capitalisme mondial. Dans ce système, les États sont engagés dans une concurrence permanente pour l’accès aux marchés, aux ressources et aux zones d’influence.<br>De ce point de vue, l’Iran ne peut pas être compris simplement comme une force extérieure qui résiste à l’impérialisme. Le régime iranien dirige une puissance régionale qui cherche à consolider sa propre sphère d’influence au Moyen-Orient, notamment à travers des alliances militaires, des réseaux armés et une stratégie d’expansion régionale. Autrement dit, il ne s’oppose pas à la logique impérialiste en tant que telle : il tente d’y trouver sa place.<br>Il ne soutient des courants comme le Hamas ou le Hezbollah que lorsqu’il y voit un intérêt pour lui-même. Cela l’a amené à défendre le régime de Assad en Syrie contre le soulèvement du peuple. Son caractère profondément réactionnaire et répressif empêche l’émergence d’un véritable mouvement anti-impérialiste porté par les travailleurs et les travailleuses de la région – en premier lieu en Iran même – en solidarité avec la Palestine et avec tous les peuples.</p>



<p><strong>Les forces pour infliger la défaite aux impérialistes existent</strong></p>



<p>Les peuples des pays agressés Venezuela, Iran, Palestine ont montré leur capacité de mobilisation. Au Venezuela il y a quelques années. En Iran ces dernières années et ces derniers mois. Et, il y a un peu plus de dix ans, de l’Égypte à la Tunisie en passant par le Bahrein, les masses arabes ont montré leur capacité à se soulever contre l’impérialisme et contre leurs propres régimes.<br>De la même façon, les actions coordonnées des travailleur·euses des ports de la Méditerrannée qui ont été initiées pendant le génocide en Palestine avec l’apogée autour de la grève générale en Italie pourraient eux aussi mettre un frein à la machine de guerre. Sans les possibilités d’arrivées d’armes, la guerre contre l’Iran serait bien plus difficile. Ces actions avaient été initiées par des travailleur·euses immigré·es qui cumulent la peur de la guerre dans leur pays d’origine et le racisme dans leur pays d’arrivée, créant les conditions d’une véritable articulation de la solidarité internationale et de la lutte contre le racisme.<br>Construire un mouvement international contre la guerre implique donc de renforcer ces liens entre travailleurs et travailleuses au-delà des frontières.</p>



<p><strong>Les dirigeants impérialistes ne sont pas tout puissants</strong></p>



<p>C’est l’autre pilier d’un front contre la guerre. Au cœur même de la bête. L’administration Trump, malgré sa puissance militaire écrasante, n’est pas invincible. L’audience du dirigeant américain était déjà affectée par son incapacité à résoudre la crise du coût de la vie et à son implication dans l’affaire Epstein. Le mouvement contre ICE à Minneapolis a mis un coup à sa politique anti-immigré&rsquo;es : l’organisation quotidienne de milliers de personnes dans les quartiers et sur les lieux de travail en solidarité aux personnes immigrées, pour empêcher les rafles, les déportations de masse. Cette solidarité directe organisée à la base a permis l’appel à la grève générale et imposé le retrait de ICE de Minneapolis.<br>Qui aurait pu imaginer vaincre la police fasciste sur-équipée et armée de Trump ? La défaite de ICE à Minneapolis est une première victoire des travailleur&rsquo;euses. Le 28 mars, le mouvement « No Kings », qui avait rassemblé 7 millions de personnes en octobre, annonce une mobilisation historique sur tout le territoire.&nbsp;</p>



<p><strong>Guerre, austérité et racisme</strong></p>



<p>Le troisième pilier d’un mouvement contre la guerre est la mobilisation internationale.<br>Au lendemain des attaques américaines et israéliennes, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne ont annoncé rejoindre la guerre aux côtés de leurs alliés pour des « actions défensives ». Ces déclarations annoncent l’alignement des puissances européennes aux côtés d’Israël et les États-Unis. L’entrée en guerre de la France va avoir plusieurs conséquences.&nbsp;<br>Les prévisions économiques des impacts de la guerre au Moyen-Orient indiquent une hausse de 20 à 30% des factures d’électricité et de gaz en France. Les annonces va-t-en guerre de Macron vont nécessiter de renforcer encore une fois le budget de l’armement et ce sont les travailleur·euses qui vont en payer le prix.&nbsp;<br>Mais pour faire accepter une guerre en appui à un État génocidaire au Moyen Orient, l’État français doit renforcer sa propagande raciste et nationaliste. Au niveau européen, un nouveau texte de loi « Règlement retour » est discuté pour mettre en place un arsenal administratif et politique pour « mieux lutter contre l’immigration ». Ce texte de loi va rendre légales les perquisitions policières dans des domiciles privés mais aussi dans des locaux d’associations sans mandat judiciaire et inciter à la délation pour les autorités et les services sociaux des personnes en situation irrégulière.&nbsp;<br>Le lien entre impérialisme, racisme et fascisme est direct : le nationalisme et la stigmatisation des immigré·es et des musulman&rsquo;es sont du pain béni pour les fascistes. La mort d’un jeune nazi à Lyon, dans ce contexte et dans celui des élections municipales a été l’occasion d’une offensive contre toutes les cibles de l’extrême-droite : immigré&rsquo;es, musulman&rsquo;es, centres lgbtqi+, syndicats et partis de gauche.</p>



<p><strong>Nécessité de l’antifascisme</strong></p>



<p>La riposte à l’offensive raciste n’est pas venue de la gauche institutionnelle, qu’elle soit politique ou syndicale. Tous les partis ont fait une minute de silence à l’Assemblée nationale pour le jeune nazi tué. Plusieurs milliers de nazis ont défilé dans le centre de Lyon sous la protection de la police.<br>Mais progressivement la riposte est venue. Le même jour où les nazis paradaient à Lyon des rassemblements ont été organisés dans plusieurs villes. À Paris une manifestation en hommage à El Hacen tué par la police dans le 20e arrondissement a fusionné la lutte contre les violences policières, la lutte contre le racisme et en solidarité avec les sans-papiers et l’affirmation antifasciste. Parallèlement le récit dominant de la mort du nazi à Lyon a commencé à se retourner mettant en lumière la violence des fascistes et la provocation du collectif de Némésis.<br>Et ce sont les manifestations du 8 mars qui ont marqué la possibilité d’un retournement de climat. Les manifestations n’ont pas seulement été nombreuses. Elles ont montré que la rue est à nous. Elles n’ont pas seulement été féministes. Elles ont été féministes, antifascistes et anti-impérialistes.<br>Alors que les directions traditionnelles (dont syndicales) du mouvement avaient prévu de reculer devant l’offensive des fascistes de Némésis et des sionistes de Nous Vivrons, les ripostes organisées par les courants plus radicaux leur ont infligé une défaite cinglante. À Paris, le collectif Némésis a dû battre en retraite pour se réfugier loin de la manifestation, dans les quartiers bourgeois de Paris. En présence de Marion Maréchal, 200 fémo-nationalistes se sont piteusement rassemblées. Le cortège des sionistes de Nous Vivrons a également fait demi-tour face aux cordons qui le bloquaient.</p>



<p><strong>Un mouvement global</strong></p>



<p>À Marseille le cortège des sionistes a lui aussi été perturbé par 200 manifestant·es antifascistes et anti-impérialistes. Le cortège de Nous Vivrons a cristallisé l’aspect global de l’ennemi. À leur côté, se trouvaient les monarchistes iranien·nes célébrant Trump et Netanyahou et la candidate LR-Renaissance de Marseille, Martine Vassal (sic !), celle qui a repris le slogan de Pétain « travail, famille, patrie » dans sa campagne.<br>À l’opposé, l’après-midi, le cortège des 20 000 manifestantes était ouvert par des drapeaux palestiniens et reprenait des slogans féministes, antifascistes et anti-impérialistes.<br>C’est cette dynamique qu’on peut et qu’il faut construire et qui devrait s’exprimer dans les rues à l’occasion des manifestations du 14 mars et de la journée internationale du 28 mars.<br>Cette journée partie d’un appel international contre le fascisme et le racisme ne peut que se généraliser. Aux manifestations antiracistes et antifascistes de masse prévues à l’origine dans de nombreux pays dont les États-Unis et la Grande-Bretagne vont s’ajouter les manifestations et rassemblements en solidarité avec la Palestine à l’occasion de la Journée de la terre et la dimension anti-guerre en solidarité avec les peuples d’Iran, du Venezuela et de Cuba.</p>



<p><strong>La nécessité de l’organisation pour&nbsp;l’autonomie de classe</strong></p>



<p>L’impérialisme n’est pas un simple aspect du système, celui de la guerre. Il est le caractère global que prend le capitalisme, sous le fouet de la crise, quand la concurrence entre les capitaux sur le marché mondial prend la forme de l’affrontement géopolitique et militaire entre États. Cela ne transforme pas seulement la politique internationale mais aussi la nature des États eux-mêmes, militarisés, de plus en plus répressifs, autoritaires et racistes. D’où la voie ouverte aux courants fascistes.<br>La généralisation de la lutte contre la guerre et le fascisme n’est donc pas une option. Pas plus que ne l’est la centralité de la lutte de classe et de l’utilisation de la grève comme outil. Minneapolis n’est pas seulement une inspiration. La solidarité organisée quartier après quartier, la lutte contre la police, la grève lancée par des syndicats de base et généralisée dans 700 lieux entreprises sont un programme d’action. Celui de l’autonomie de classe.</p>



<p>A2C</p>
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		<title>Boussoles, le festival de débats révolutionnaires, revient pour une seconde édition !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/annonce-boussoles-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Solen Rennes]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Mar 2026 21:00:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Autain]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">A2C vous invite à la deuxième édition de Boussoles, festival de débats, où vous pourrez assister à une vingtaine d’introductions sur des thèmes variés, des échanges, des rencontres avec des invité’es militant en France ou <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/annonce-boussoles-2/" title="Boussoles, le festival de débats révolutionnaires, revient pour une seconde édition !">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>A2C vous invite à la deuxième édition de Boussoles, festival de débats, où vous pourrez assister à une vingtaine d’introductions sur des thèmes variés, des échanges, des rencontres avec des invité’es militant en France ou à l’étranger. Nous pensons ce festival comme un lieu de rencontre pour des centaines de personnes souhaitant se retrouver pour affiner la théorie qui nous sert ensuite de boussole pour agir dans le mouvement : avec qui militer et comment ?</p>



<p>Les allers-retours entre le mouvement et la théorie sont cruciaux : nous sommes investis dans de nombreux fronts de résistances &#8211; syndicats, mais aussi féminisme, antiracisme, antifascisme, collectifs de quartiers, écologistes, trans, handi… &#8211; et cherchons à affiner notre compréhension du monde.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="ae9682" data-has-transparency="false" fetchpriority="high" decoding="async" width="452" height="640" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/Visuel-Boussoles-2026-1.webp" alt="" class="wp-image-10920 not-transparent" style="--dominant-color: #ae9682; width:377px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/Visuel-Boussoles-2026-1.webp 452w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/Visuel-Boussoles-2026-1-212x300.webp 212w" sizes="(max-width: 452px) 100vw, 452px" /></figure>
</div>


<p>Tout doit aller de pair. Ce festival n’est ni “un truc d’intellectuels”, ni “un truc de gens qui foncent la tête baissée”. C’est au travers des luttes qu’on peut voir les idées changer au sein de notre classe. Et c’est aussi en voyant ce qui se passe dans les autres régions du monde et à d’autres moments de l’histoire qu’on pourra renforcer notre détermination à faire la révolution, à gagner, à tout renverser.&nbsp;</p>



<p>Nous avons besoin de débats stratégiques dans le mouvement : partout des questions se posent pour augmenter le rapport de force en notre faveur. Parfois des contradictions au sein même du mouvement existent : pourquoi les grèves sont prépondérantes dans notre manière de tout bloquer et de débloquer les possibilités révolutionnaires ? Comment s’unir pour lutter contre le fascisme ? Quel soutien apporter au Venezuela ? Comment construire un mouvement anti-guerre capable de mettre en échec les projets impérialistes ? Comment analyser la phase de basse intensité du mouvement féministe et comment faire face aux récupérations racistes de celui-ci ?&nbsp;</p>



<p>Pour que ce festival soit un lieu de débats, nous voulons inviter des personnes avec qui nous sommes impliqué·es dans le mouvement, avec qui nous avons parfois des désaccords, qui ne sont pas forcément des mêmes traditions que nous, ou tout simplement avec lesquels nous pensons sain de clarifier des analyses et donc… des stratégies.</p>



<p>Nous avions organisé la première édition de Boussoles en juin 2025. Le bilan que nous en avons tiré nous motive à réitérer l’expérience. Notez dès maintenant le rdv : les 16 et 17 mai à l’AGECA ! Prochainement, nous annoncerons le programme, les tarifs, la salle, les invité·es. Toutes les infos seront diffusées par la revue mais aussi par la newsletter, notre site et nos réseaux sociaux. Ou tout simplement via nos antennes de Paris à Brest en passant par Marseille, Toulouse, St Brieuc, Rennes et Strasbourg.</p>



<p>L&rsquo;équipe festival Boussoles #2</p>



<p><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/boussoles-premier-festival-des-debats-revolutionnaires/">Retrouvez ici le bilan de la première édition</a>.</p>



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<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="a3a15b" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #a3a15b;" decoding="async" width="452" height="640" data-id="10925" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/Festival-Boussoles-2026-V2_Plan-de-travail-1-copie-6.webp" alt="" class="wp-image-10925 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/Festival-Boussoles-2026-V2_Plan-de-travail-1-copie-6.webp 452w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/Festival-Boussoles-2026-V2_Plan-de-travail-1-copie-6-212x300.webp 212w" sizes="(max-width: 452px) 100vw, 452px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="a36983" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #a36983;" decoding="async" width="452" height="640" data-id="10924" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/Festival-Boussoles-2026-V2_Plan-de-travail-1-copie-7.webp" alt="" class="wp-image-10924 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/Festival-Boussoles-2026-V2_Plan-de-travail-1-copie-7.webp 452w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/Festival-Boussoles-2026-V2_Plan-de-travail-1-copie-7-212x300.webp 212w" sizes="(max-width: 452px) 100vw, 452px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="70929a" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #70929a;" loading="lazy" decoding="async" width="452" height="640" data-id="10926" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/Festival-Boussoles-2026-V2_Plan-de-travail-1-copie-8.webp" alt="" class="wp-image-10926 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/Festival-Boussoles-2026-V2_Plan-de-travail-1-copie-8.webp 452w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/Festival-Boussoles-2026-V2_Plan-de-travail-1-copie-8-212x300.webp 212w" sizes="auto, (max-width: 452px) 100vw, 452px" /></figure>
</figure>



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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Pourquoi le marxisme ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/pourquoi-le-marxisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Oct 2025 09:49:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[émancipation]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte des classes]]></category>
		<category><![CDATA[minorité]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
		<category><![CDATA[révolutionnaire]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[travailleurs]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">«&#160;L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes. (&#8230;) Oppresseurs et opprimés, en opposition constante, ont mené une guerre ininterrompue, tantôt ouverte, tantôt dissimulée, une guerre qui finissait <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/pourquoi-le-marxisme/" title="Pourquoi le marxisme ?">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>«&nbsp;L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes. (&#8230;) Oppresseurs et opprimés, en opposition constante, ont mené une guerre ininterrompue, tantôt ouverte, tantôt dissimulée, une guerre qui finissait toujours soit par une transformation révolutionnaire de la société toute entière, soit par la destruction des deux classes en lutte.&nbsp;»</em></p>



<p>Voilà comment commence le <em>Manifeste du parti communiste</em> de Marx.</p>



<p>Si l’on définit par marxisme toutes les expériences, luttes et analyses développées sur la base des écrits de Marx, alors le marxisme est la théorie de la lutte contre le capitalisme, la théorie de la révolution.</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Révolutionnaire</strong></p>



<p>Les idéologues dominants ne nient pas qu’il existe une histoire. Mais cette histoire s’arrête au capitalisme qui, quels que soient ses défauts, serait l’organisation sociale «&nbsp;naturelle&nbsp;», celle qui correspondrait le mieux à ce qui serait la «&nbsp;nature humaine&nbsp;».</p>



<p>Pour Marx, le capitalisme, en tant que société de classes, peut et doit être dépassé.</p>



<p>L’histoire est faite par les êtres humains sur la base de leurs intérêts matériels et non par de grands principes, le progrès, la raison, la civilisation&#8230;</p>



<p>A rebours des livres qui résument l’histoire à celle des grands hommes, rois, reines, intellectuels, présidents, etc., l’histoire selon Marx est faite par les grandes masses.</p>



<p>Le marxisme est la théorie qui montre que la révolution est non seulement nécessaire mais surtout qu’elle est possible.</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Bases matérielles</strong></p>



<p>C’est la simplicité évidente du point de départ de Marx qui est subversive&nbsp;: toute société humaine s’explique d’abord par la manière dont les êtres humains s’organisent pour produire ce dont ils et elles ont besoin. Cette organisation est fonction des conditions naturelles et des connaissances et moyens disponibles pour en utiliser les ressources (moyens de production et formes de coopération, ce que Marx a appelé forces productives).&nbsp;</p>



<p>Il a fallu des milliers d’années à l’humanité pour développer des connaissances, des techniques et des formes d’organisation capables de dépasser la production de moyens de survie immédiate (cueillette, chasse&#8230;).</p>



<p>Il y a 10 000 ans, de nouvelles formes de subsistance (culture, élevage) permirent&nbsp; la production d’un surplus. L’existence matérielle de ce surplus a entraîné le développement d’une couche sociale, détachée de la production directe, vouée à la «&nbsp;gouvernance&nbsp;»&nbsp; de ce surplus et en vivant.</p>



<p>Il fallut encore des milliers d’années pour que cela provoque une réorganisation profonde des rapports sociaux et une division de la société en classes aux intérêts antagonistes.</p>



<p>La minorité vivant du travail de la majorité s’est mise à identifier ses intérêts propres, l’extraction d’une part plus importante des produits du travail, avec l’intérêt général. Marx appelle cette extraction du surplus, l’exploitation.</p>



<p>Commence alors cette phase décrite par le <em>Manifeste</em> où l’histoire devient l’histoire des luttes de classes.&nbsp;</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Lutte de classe, histoire et révolution</strong></p>



<p>Un philosophe allemand, Hegel avait écrit que la contradiction est <em>«&nbsp;à la racine de tout mouvement et de toute vie&nbsp;»</em>, la seule réalité est le changement, le mouvement.&nbsp;</p>



<p>Pour Marx le mouvement de l’histoire est le produit des contradictions de classe qui mènent au conflit permanent, «&nbsp;tantôt ouvert, tantôt caché&nbsp;» entre la minorité vivant du surtravail et les producteurs et productrices.</p>



<p>Et, <em>«&nbsp;à un certain niveau de leur développement, les forces productives </em>[découvertes technologiques, «&nbsp;amélioration&nbsp;» de l’organisation du travail&#8230;- DG]<em> entrent en conflit avec les rapports de production existants </em>[la division en classe correspondant &#8211; DG]<em>. (&#8230;) De formes de développement des forces productives, ces rapports en deviennent des entraves.&nbsp;»</em></p>



<p>Le capitalisme est un exemple extrême de ce développement. La pression à l’accumulation du capital, la division du travail ont permis un développement prodigieux de la production et des techniques. Mais ce sont aujourd’hui les mêmes impératifs du capital qui font que la surproduction côtoie la famine ou que des moyens considérables de contrôle, de surveillance et de répression sont développés pour empêcher des millions d’êtres humains d’utiliser les prodiges technologiques permettant de se déplacer sur toute la planète&#8230;</p>



<p>C’est alors, dit Marx, que la société entre dans des crises profondes, économiques, sociales et politiques, situations qui ne peuvent être résolues positivement que par la transformation révolutionnaire de la société c’est-à-dire le renversement de l’organisation sociale existante et de la classe sociale qui en bénéficie et la défend.</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Lutte politique</strong></p>



<p>L’organisation sociale ne se réduit pas aux rapports de production. Marx explique comment se construit, sur cette base, tout un édifice social, politique, militaire, idéologique <em>«&nbsp;à quoi répondent des formes déterminées de la conscience&nbsp;»</em>. Édifice dont l’institution centrale est l’État et qui assure la reproduction du système.</p>



<p>Il s’ensuit que la lutte de classe n’est pas une lutte limitée aux rapports de production. Elle prend la forme de luttes idéologiques, politiques, de luttes contre l’État&#8230;</p>



<p>A celles et ceux qui &#8211; déjà&nbsp;! &#8211; réduisaient le marxisme à l’économisme, le compagnon de Marx, Engels&nbsp; expliquait&nbsp;: <em>«&nbsp;D’après la conception matérialiste de l’histoire, le facteur déterminant est, en dernière instance, la production et la reproduction de la vie réelle. Ni Marx ni moi n’avons jamais affirmé davantage. Si quelqu’un dénature cette position en ce sens que le facteur économique est le seul déterminant, il la transforme ainsi en une phrase vide, abstraite, absurde.&nbsp;»</em></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="97877b" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #97877b;" loading="lazy" decoding="async" width="900" height="600" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/Je-reviendrai-et-je-serai-des-millions-Spartacus.webp" alt="" class="wp-image-10142 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/Je-reviendrai-et-je-serai-des-millions-Spartacus.webp 900w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/Je-reviendrai-et-je-serai-des-millions-Spartacus-300x200.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/Je-reviendrai-et-je-serai-des-millions-Spartacus-768x512.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px" /></figure>



<p class="has-medium-font-size"><strong>La folie du capitalisme</strong></p>



<p>Dans tous les systèmes qui ont précédé le capitalisme le travail était destiné à la consommation, fût-elle celle des exploiteurs. Marx explique ainsi que sous le féodalisme l’exploitation était limitée par <em>«&nbsp;les parois de l’estomac du seigneur&nbsp;»</em> (entretien de la cour, levée d’une armée&#8230;).</p>



<p>Mais une fois que les «&nbsp;besoins&nbsp;» étaient couverts, il n’y avait pas de pression pour produire davantage.</p>



<p>Sous le capitalisme, le profit n’est pas orienté essentiellement vers la consommation – soit-elle celle des capitalistes. Il est évident que Bernard Arnault ou Elon Musk ne vivent pas du tout comme nous. Il n’en reste pas moins que l’essentiel des profits de leurs entreprises est dirigé vers l’investissement ou les marchés financiers dans le but de créer plus de profit. Marx nomme ce processus l’accumulation du capital.</p>



<p>Augmenter constamment les profits pour pouvoir les réinvestir dans de nouveaux moyens de production, de nouvelles technologies et machines est indispensable pour augmenter la productivité et assurer la compétitivité vis-à-vis des capitalistes concurrents.</p>



<p>D’où le cycle infernal de la pression à l’accumulation, à l’augmentation permanente du taux d’exploitation.</p>



<p><em>«&nbsp;Accumuler pour accumuler, produire pour produire, tel est le mot d&rsquo;ordre de l&rsquo;économie politique proclamant la mission historique de la période bourgeoise&nbsp;».</em></p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Bases pour un autre système</strong></p>



<p>L’accumulation sans limites explique le dynamisme du capitalisme. C’est le premier système dans l’histoire de l’humanité à avoir tellement développé les richesses, ou la capacité à les produire, qu’il n’existe aucune raison à la misère, à la faim, à la pauvreté. Pendant des milliers d’années des êtres humains sont morts parce qu’il n’y avait pas assez de nourriture. Sous le capitalisme des gens meurent de faim parce qu’il y a trop de nourriture.</p>



<p>Il existe aujourd’hui les bases matérielles pour une organisation sociale qui ne soit plus déterminée par la lutte pour la survie, pour passer «&nbsp;du règne de la nécessité à celui de la liberté&nbsp;», ce qu’on peut appeler le communisme.</p>



<p>Le capitalisme a développé une autre base pour une société sans classe. La classe ouvrière est en effet la première classe exploitée de l’histoire de l’humanité à avoir été totalement dépossédée des moyens de production. Les prolétaires sont celles et ceux qui ne possèdent que leur force de travail.</p>



<p>C’est ce qui fait, pour Marx, de la classe ouvrière la classe potentiellement universelle. Car la prise de pouvoir des travailleurs et travailleuses signifie l’organisation de la production – et donc de toute la société &#8211; sur une base collective et la disparition des classes sociales.</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Système en crise</strong></p>



<p>Les mêmes raisons qui expliquent le dynamisme du capitalisme le poussent vers des crises non seulement régulières mais aussi de plus en plus profondes.</p>



<p>La production capitaliste combine la planification de la production avec l’anarchie du marché. Il faut une division du travail très poussée et une planification très précise pour la production et l’assemblage d’un ordinateur, d’une voiture ou d’un téléphone. Par contre la concurrence règne entre différents groupes et il n’y a pas de planification entre différentes branches, entre la production et le marché du travail, l’approvisionnement en matière première ou l’apport de capitaux. Ce qui fait que la chaîne globale du capitalisme entre dans des crises régulières.&nbsp;</p>



<p>Mais s’ajoute à cela le fait que ces crises sont de plus en plus profondes. L’accumulation du capital, poussée par la concurrence entre capitaux, amène les capitalistes à investir de plus en plus dans de nouvelles technologies et de nouvelles machines pour augmenter la productivité. Cette augmentation de la part relative des machines dans le capital, au détriment de la force du travail, provoque ce que Marx appelle la baisse tendancielle du taux de profit. Cette baisse des taux de profits est à la base des crises de plus en plus profondes qui ébranlent tout le système politique.</p>



<p>Cette double dynamique du capitalisme a amené Engels et la révolutionnaire polonaise Rosa Luxemburg à parler de l’alternative, socialisme ou barbarie. La barbarie porte aujourd’hui les noms de génocide, guerre, fascisme et catastrophe environnementale.</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>L’émancipation</strong></p>



<p>Le mot d’ordre sans doute le plus connu de Marx est <em>«&nbsp;l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes&nbsp;»</em> qu’il nous faut impérativement féminiser.</p>



<p>Condensé de toute l’analyse de Marx c’est aussi une boussole pour déterminer ou juger toute stratégie révolutionnaire.</p>



<p>D’abord il n’y a pas de fatalisme chez Marx. Son analyse de l’histoire et du capitalisme ne détermine aucun but&nbsp;: socialisme ou barbarie. Les êtres humains ne choisissent pas les conditions dans lesquelles ils et elles font l’histoire. C’est bien pour cela qu’il faut s’efforcer de connaître et comprendre au mieux ces conditions. Mais ce sont eux et elles qui font l’histoire&nbsp;: l’issue de la lutte de classe ne peut être déterminée que par les classes elles-mêmes, leur niveau de conscience, d’organisation, de détermination.&nbsp;</p>



<p>Ensuite la classe ouvrière ne peut obtenir son émancipation de l’extérieur&nbsp;: l’émancipation des travailleurs et des travailleuses ne sera pas l’œuvre d’une minorité, d’un parti, d’un bon gouvernement ou d’un État, elle sera l’œuvre de dizaines de millions, de centaines de millions de travailleurs et de travailleuses. Marx a écrit que la révolution n’était pas seulement nécessaire pour changer les structures sociales et politiques. <em>«&nbsp;</em><em>Elle l’est également parce que seule une révolution permettra à la classe qui renverse l’autre de balayer toute la pourriture du vieux système qui lui colle après et de devenir apte à fonder la société sur des bases nouvelles.&nbsp;»</em></p>



<p>Denis Godard (Paris 20)</p>



<p><strong>Recommandations de lecture sur le sujet</strong></p>



<p>Pour commencer avec Marx&nbsp;(sur marxists.org) :&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le Manifeste du parti communiste (<a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/00/kmfe18470000.htm">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/00/kmfe18470000.htm</a>)</li>



<li>Travail salarié et Capital (<a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/12/km18471230-4.htm">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/12/km18471230-4.htm</a>)</li>



<li>Salaires, prix et profits (<a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1865/06/km18650626.htm">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1865/06/km18650626.htm</a>)</li>
</ul>



<p>Une bonne introduction des idées de Marx&nbsp;:<br>Alex Callinicos, <em>Les idées révolutionnaires de Karl Marx</em>, éditions Syllepse.</p>



<p>Un livre magistral sur l’histoire&nbsp;:<br>Chris Harman, <em>Une histoire populaire de l’humanité</em>, éditions La Découverte.</p>



<p><strong>Recommandation audio sur le sujet :</strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-block-embed-spotify"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Spotify Embed: Le matérialisme - comment Marx est devenu marxiste" style="border-radius: 12px" width="100%" height="152" frameborder="0" allowfullscreen allow="autoplay; clipboard-write; encrypted-media; fullscreen; picture-in-picture" loading="lazy" src="https://open.spotify.com/embed/episode/5xF7e1iEU9A4suxukgVNMG?utm_source=oembed"></iframe>
</div></figure>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>[Vidéo] Session d&#8217;ouverture du festival des idées révolutionnaires d&#8217;a2C &#8211; Juin 2025</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/videos/session-douverture-du-festival-des-idees-revolutionnaires-da2c/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vanina]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Jul 2025 14:12:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Vidéos]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=9750</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">On y parle de la situation politique internationale, de la crise globale du capitalisme et des révoltes à travers le monde.</div>
<p> <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/videos/session-douverture-du-festival-des-idees-revolutionnaires-da2c/" title="[Vidéo] Session d&#8217;ouverture du festival des idées révolutionnaires d&#8217;a2C &#8211; Juin 2025">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center"><strong>Vers une économie d&rsquo;armement généralisée : la guerre est-elle inévitable ?</strong></p>



<p>On y parle de la situation politique internationale, de la crise globale du capitalisme et des révoltes à travers le monde.</p>



<p>Victor Fernandez, activiste pour le droit des migrant·Es à Los Angeles et membre de l&rsquo;organisation Marx 21 nous raconte les insurrections contre les rafles organisées par Trump. Une intervention inspirante pour toutes celles et ceux qui militent au quotidien contre le racisme et pour les droits des personnes sans papier, en ayant parfois le sentiment que leur collectif est trop petit pour gagner. </p>



<p>Juliette Bonneterre, d&rsquo;a2c Marseille, ouvre le festival. Elle explique que si on a décidé de commencer le festival par cette question, c&rsquo;est que l&rsquo;impérialisme et la guerre ne sont pas juste une des modalités du capitalisme, mais sa trajectoire principale. La guerre est-elle inévitable ? C&rsquo;est une question que tout le monde se pose. Depuis la rationalité des capitalistes, la réponse est oui. Mais depuis nos luttes, l&rsquo;issue n&rsquo;est jamais écrite. Cela dépend de nos capacités à nous auto-organiser. La situation comprend la possibilité de la guerre et du fascisme, comme celui de la révolution. Ce festival, c&rsquo;est un moyen de prendre le temps de nous retrouver pour échanger et élaborer des stratégies pour transformer la guerre entre les États en guerre des classes.</p>



<p>Bon visionnage !</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Vers une économie d&#039;armement généralisée : la guerre est elle inévitable ?" width="678" height="381" src="https://www.youtube.com/embed/g84ItW5CdRw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p>Victor « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=g84ItW5CdRw&amp;list=PLM46FB14-A3P0qdcehFb5_6M3JJil8yuR&amp;index=1&amp;t=197s">03:17</a>« </p>



<p>Juliette « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=g84ItW5CdRw&amp;list=PLM46FB14-A3P0qdcehFb5_6M3JJil8yuR&amp;index=1&amp;t=1735s">28:55</a>« </p>



<p>Discussion : « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=g84ItW5CdRw&amp;list=PLM46FB14-A3P0qdcehFb5_6M3JJil8yuR&amp;index=1&amp;t=2350s">39:10</a> » </p>



<p>Conclusion de Victor « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=g84ItW5CdRw&amp;list=PLM46FB14-A3P0qdcehFb5_6M3JJil8yuR&amp;index=1&amp;t=5270s">1:27:50</a>« </p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/videos/session-douverture-du-festival-des-idees-revolutionnaires-da2c/">[Vidéo] Session d&rsquo;ouverture du festival des idées révolutionnaires d&rsquo;a2C &#8211; Juin 2025</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Faut-il un parti pour faire la révolution ? (2/2)</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/faut-il-un-parti-pour-faire-la-revolution-2-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Anouk]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jan 2025 10:44:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[parti]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=9239</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Cet article est la suite d’un premier paru au mois de mars dans le 12e numéro des Cahiers d’A2C.Se poser la question du parti, c’est se poser la question de l’organisation des révolutionnaires pour la <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/faut-il-un-parti-pour-faire-la-revolution-2-2/" title="Faut-il un parti pour faire la révolution ? (2/2)">[...]</a></div>
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<p class="has-text-align-left">Cet article est la suite d’un <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/faut-il-un-parti-pour-faire-la-revolution/">premier paru au mois de mars dans le 12<sup>e</sup> numéro des Cahiers d’A2C</a>.<br>Se poser la question du parti, c’est se poser la question de l’organisation des révolutionnaires pour la révolution. Nous donnions les éléments suivants&nbsp;: La révolution n’est pour nous pas une vue de l’esprit mais bien une étape nécessaire du développement historique. Le socialisme excluant la domination d’une minorité, la révolution sera le processus d’émancipation de toute la classe travailleuse. Ce postulat entre en contradiction avec le constat que cette même classe n’est pas subjectivement révolutionnaire, mais sous le coup de l’idéologie dominante, celle de la classe dominante. Nous démontrions qu’heureusement, les idées peuvent changer&nbsp;: et ce par la lutte. «&nbsp;<em>Le mouvement collectif est la condition dans laquelle la classe peut affirmer son autonomie et rejeter l’idéologie dominante</em>&nbsp;». Nous pointions cependant que cette transformation, si l’on s’en tient à sa seule expérience pratique, connaît ses limites.</p>



<p><strong>Classe hétérogène</strong></p>



<p>C’est de ce contexte que découle la situation sans aucun doute constatée de tous : l’hétérogénéité de la conscience de classe.</p>



<p>Il y a d’abord de vrais réacs. Par leur rejet conscient de la lutte, ils acceptent en quelque sorte la passivité politique dans laquelle la société de classe les plonge. Ils ne sont donc pas prêts d’en sortir et leur engagement est une adhésion sans faille au système existant.</p>



<p>Ensuite, une majorité de notre classe est la plupart du temps réduite à la passivité mais il peut lui arriver de se mobiliser. Son rejet de l’idéologie dominante est alors presque insignifiant : elle accepte la plupart du temps la société telle qu’elle est, et n’a d’autres horizons que réformistes.</p>



<p>Une dernière fraction s’affaire fidèlement, systématiquement, à la construction du mouvement : syndicalistes, associatifs parfois, militant.es de quartier, antiracistes, féministes… Leurs expériences de luttes collectives leur ont appris qu’il est possible de changer la société. C’est au sein de cette fraction que les militant.es convaincu.es de la nécessité révolutionnaire évoluent &#8211; encore minoritaires. Iels font donc partie de «&nbsp;<em>la fraction qui stimule toutes les autres</em>&nbsp;», et au sein de cette fraction iels ont «&nbsp;<em>l’avantage d’une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien&nbsp;</em>»<sup data-fn="f4451b30-b9e1-4247-9ba7-44e7ff9ae2db" class="fn"><a id="f4451b30-b9e1-4247-9ba7-44e7ff9ae2db-link" href="#f4451b30-b9e1-4247-9ba7-44e7ff9ae2db">1</a></sup>, c’est-à-dire une compréhension historique des rapports antagonistes de la société (les conditions) et un objectif pour les supprimer : l’instauration d’une société égalitaire (les fins générales) (anarchiste, communiste, socialiste, libertaire, nommez-la comme vous il vous plaira), par la pratique de la lutte collective (le mouvement prolétarien).</p>



<p>Le concept de «&nbsp;fraction la plus résolue&nbsp;» est sujet à extrapolation. Il s’agit de ne pas galvauder le terme, au risque de sombrer dans l’élitisme qui anime et paralyse tant de micro-partis de masse. Au contraire, nous devons absolument, si nous souhaitons le mobiliser, le resituer dans le cadre exposé plus haut : celui d’une classe dont la conscience des membres oscille au gré du mouvement. Ainsi, la justesse de l’utilisation du concept réside déjà dans son appréhension dynamique : la “fraction la plus résolue” évolue, quantitativement et qualitativement. En période de haute lutte par exemple&nbsp;: «&nbsp;<em>Il arrive que des mois de révolution fassent mieux et plus complètement l’éducation des citoyens que des dizaines d’années de stagnation politique</em>&nbsp;»<sup data-fn="0bac149a-8567-4d96-b73c-a1e499f77ba4" class="fn"><a id="0bac149a-8567-4d96-b73c-a1e499f77ba4-link" href="#0bac149a-8567-4d96-b73c-a1e499f77ba4">2</a></sup>. Fort de cette définition &#8211; <strong>une fraction mouvante, apprenante, issue du mouvement et ancrée dans les luttes, loin de l’écueil d’une «&nbsp;avant-garde&nbsp;» figée, omnisciente et professorale</strong> – nous pensons que cette frange <em>consciente </em>de la classe peut être d’une importance cruciale dans le processus révolutionnaire.</p>



<p>Cet argumentaire, cette rhétorique de la «&nbsp;conscience&nbsp;» est dans la continuité de notre premier article. Et il peut étonner, lorsqu’on se réclame d’une pensée matérialiste&nbsp;: pourquoi insister donc sur l’idéologie&nbsp;? Sur l’importance pour la classe de se doter d’une «&nbsp;conception du monde propre&nbsp;»&nbsp;? Pour appuyer notre discours, causons de la place des idées et de l’initiative dans la lutte des classes. Questionnons-nous sur le rôle du facteur subjectif dans le processus historique.</p>



<p><strong>La révolution n’est pas automatique</strong></p>



<p>D’abord, le problème que nous pose l’idéologie dominante et son incorporation par la classe n’est pas d’ordre moral. Concédons-le&nbsp;: l’idéologie dominante, c’est bien souvent des idées de merde, le wokisme c’est mieux. Mais là n’est pas le sujet&nbsp;: le problème que nous pose l’idéologie dominante ne tient pas tant de sa qualité morale que de sa fonction sociale.</p>



<p>Nous disions dans notre précédent papier que les idées ne tombent pas du ciel mais sont un reflet de l’environnement, de la vie réelle. A plus grande échelle, ce raisonnement fait émerger un binôme conceptuel qui permet l’analyse des sociétés humaine et de leur évolution&nbsp;: c’est le tandem de la base et de la superstructure. Ainsi, «&nbsp;<em>Le mode de production de la vie matérielle [la base] conditionne le processus de vie sociale, politique et intellectuel en général [la superstructure]</em>»<sup data-fn="5274759e-744d-424c-987a-11be4805dcce" class="fn"><a id="5274759e-744d-424c-987a-11be4805dcce-link" href="#5274759e-744d-424c-987a-11be4805dcce">3</a></sup>. Une compréhension matérialiste simpliste en déduira que la superstructure est strictement subordonnée à la base&nbsp;: changez les rapports de productions et les institutions sociales et l’idéologie évolueront d’elles-mêmes. La réalité est toute autre&nbsp;: si la superstructure est bien conditionnée par la base, elle dispose d’une relative autonomie, qui s’explique par sa fonction de reproduction des rapports réels existants.</p>



<p>Aussi, tout individu et dans notre affaire, toute classe en voie de changer les rapports de production s’y confrontera. Dès lors, deux solutions s’offrent à la classe qui transforme&nbsp;: accepter l’idéologie conservatrice, et donc renoncer (sensiblement) à sa pratique de transformation des anciens rapports de production ou la remettre en cause et en penser une nouvelle, issue de cette même pratique de transformation.</p>



<p>Si nous voulons bâtir une société où les humains sont égaux dans leurs rapports de production, nous serons confronté.es aux institutions qui perpétuent leur division et aux idéologies qui les justifient. Nous serons confronté.es à l’État, et aux idéologies qui rationalisent et légitiment son existence. Nous devons nous détacher de toute entente idéologique avec la classe dominante, et donc produire notre propre conception du monde. C’est une dimension-clef de la lutte révolutionnaire.</p>



<p>L’enjeu de cette lutte idéologique est de nous armer théoriquement pour étayer notre pratique. Sans quoi, sous le poids des consciences corrompues, l’enthousiasme révolutionnaire cédera au premier dilemme. Or cet enthousiasme, cette activité n’est pas cruciale&nbsp;: elle est indispensable. Rappelons-le&nbsp;: même s’ils ne choisissent pas les conditions, ce sont les êtres humains qui font l’Histoire.</p>



<p>En fait, il ne faut pas tomber dans le volontarisme et croire que les êtres humains pourraient agir et décider contre vents et marées. Lorsque c’est le calme plat, rien ne sert de courir sur le pont et d’agiter les grééments &nbsp;: le navire ne voguera pas sans vent. L’inverse est vrai&nbsp;: lorsque le vent souffle mais que l’équipage roupille ou ne sait pas le prendre, on n’avance pas beaucoup plus. Alors, ni volontarisme, ni mécanisme&nbsp;: le tout est de savoir agir en adéquation avec les conditions.</p>



<p>Poursuivons la métaphore&nbsp;:<strong> parfois la tempête est si brutale, les récifs si nombreux, qu’une décision vous mène à bon port et qu’une autre vous envoie par le fond.</strong> Georg Lukács, philosophe et révolutionnaire hongrois, nous parle d’<em>instant&nbsp;</em>: «&nbsp;<em>Une situation qui peut durer plus ou moins longtemps, mais qui se détache du processus dont elle est l’aboutissement par le fait qu’en elle les tendances essentielles de ce processus se concentrent, qu’en elle une décision doit être prise concernant l’orientation future du processus</em>»<sup data-fn="703e2c5e-9c76-423d-98eb-e8c31ba1561f" class="fn"><a id="703e2c5e-9c76-423d-98eb-e8c31ba1561f-link" href="#703e2c5e-9c76-423d-98eb-e8c31ba1561f">4</a></sup>.</p>



<p>Entendons-nous&nbsp;: les révolutions ne sont pas des processus linéaires débouchant sur des Grands Soirs, sortes d’instants suprêmes à saisir. Néanmoins, c’est à la lumière de l’insurrection que cette conception prend tout son sens. L’histoire du mouvement ouvrier est riche d’enseignements à ce propos. Ainsi les expériences de l’insurrection d’Octobre, de la dynamique révolutionnaire de 1973 au Chili nous apprennent que la décision de s’insurger ou non, c’est à dire de faire tomber le pouvoir d’État pour favoriser des organes de pouvoir populaires marque un tournant décisif&nbsp;: à la clef, révolution ou contre-révolution. Dans le premier cas, l’initiative révolutionnaire a convaincu&nbsp;: dans le second, c’est la passivité réformiste qui l’a emporté.<sup data-fn="1cc0efa0-0a66-43eb-b976-4f49aa6d5dbc" class="fn"><a id="1cc0efa0-0a66-43eb-b976-4f49aa6d5dbc-link" href="#1cc0efa0-0a66-43eb-b976-4f49aa6d5dbc">5</a></sup></p>



<p>Bref, «&nbsp;<em>toute situation révolutionnaire n’engendre pas nécessairement une révolution, parce que celle-ci ne s’accomplit que lorsque s’ajoute aux facteurs [objectifs] le facteur subjectif&nbsp;: l’aptitude de la classe révolutionnaire à l’action révolutionnaire</em>»<sup data-fn="bee06a4f-556f-4a18-a578-2b5545980256" class="fn"><a id="bee06a4f-556f-4a18-a578-2b5545980256-link" href="#bee06a4f-556f-4a18-a578-2b5545980256">6</a></sup>.</p>



<p><strong>Vers une stratégie révolutionnaire</strong></p>



<p>Ce dont nous avons besoin, c’est un ensemble théorique, résolument tourné vers l’action, une boussole révolutionnaire qui ne s’impose pas mais se propose d’orienter chacune des décisions de la classe, et qui permette à celleux qui s’en saisissent de porter des initiatives dans les instants décisifs. Le terme de stratégie nous paraît tout dédié&nbsp;: Comment la construire&nbsp;? Le terme en lui-même oriente la question en trois axe&nbsp;: une stratégie, ça <em>s’élabore</em>, ça <em>s’applique</em>, et enfin, ça <em>se corrige.</em></p>



<p>Sur l’élaboration déjà, rappelons-nous&nbsp;: «&nbsp;<em>Les conceptions théoriques des communistes ne reposent nullement sur des idées, des principes inventés ou découverts par tel ou tel réformateur du monde. Elles ne sont que l’expression générale des conditions réelles d’une lutte de classes existante, d’un mouvement historique qui s’opère sous nos yeux</em>»<sup data-fn="71bfab29-1bd7-4dfe-a4a5-116e316cf840" class="fn"><a id="71bfab29-1bd7-4dfe-a4a5-116e316cf840-link" href="#71bfab29-1bd7-4dfe-a4a5-116e316cf840">7</a></sup>.</p>



<p>En effet, des gens sont en lutte quotidiennement, et chaque expérience de lutte pousse celleux qui la vivent à contester, <em>de facto</em>, l’idéologie dominante. Des grévistes qui exigent une meilleure rémunération, des personnes sexisées qui militent contre les VSS… De cette contestation émerge des questionnements&nbsp;: la vente de sa force de travail contre salaire est-elle un problème personnel, une transaction libre et éclairée, parfois trompée par quelques patrons malhonnêtes&nbsp;? Ou résulte-t-elle d’une organisation sociale du travail fondée sur l’exploitation&nbsp;? Les VSS résultent-t-elles de trajectoires personnelles déviantes ou d’une société où la domination des hommes est établie et s’exerce notamment par une violence banalisée par la culture du viol&nbsp;?</p>



<p>La théorie révolutionnaire ne sort pas du néant&nbsp;: elle répond aux débats qui traversent le mouvement, elle est la contestation portée à sa conclusion logique. Alors, pour théoriser, il faut pratiquer, être soi-même en lutte &nbsp;: aucune séparation n’est possible entre celleux qui pensent et celleux qui font. Ensuite, nous l’avons dit dans notre premier article, il est inconcevable de prétendre édifier une «&nbsp;théorie globale&nbsp;» à partir d’une pratique individuelle&nbsp;: celle-ci est partielle par définition et ne mène qu’à une connaissance partielle du système. Les expériences de luttes doivent être confrontées les unes aux autres, les compréhensions et connaissances de chacun.e, forcément situées, doivent être cumulées pour espérer en dégager une vraie «&nbsp;conception du monde&nbsp;». Cela signifie également se confronter aux expériences que la classe a pu faire dans le passé.</p>



<p>Maintenant, une stratégie, c’est pas pour faire joli mais bien pour guider l’action. Là encore, impossible séparation entre celleux qui réfléchissent et celleux qui font&nbsp;: à quoi bon jouer les intellos si on est pas foutu.es d’agir en conséquence&nbsp;? De plus, «&nbsp;<em>le trait le plus incontestable de la révolution, c’est l’intervention directe des masses dans les évènements historiques</em>&nbsp;»<sup data-fn="24351a6d-1b1a-4024-a3d0-2efc0733ffaf" class="fn"><a id="24351a6d-1b1a-4024-a3d0-2efc0733ffaf-link" href="#24351a6d-1b1a-4024-a3d0-2efc0733ffaf">8</a></sup>. Cela signifie 2 choses pour nous&nbsp;: premièrement, une stratégie, aussi parfaite soit-elle, sera purement inutile si elle n’est portée que par un groupe affinitaire. <strong>Nous avons démontré que l’aspect collectif dans l’élaboration est indispensable, il l’est aussi dans le procès d’application. </strong>Si stratégie il y a, il faut se donner les moyens qu’elles puissent être diffusée à l’échelle de la révolution, à l’échelle de masse. Deuxièmement, «&nbsp;<em>nous devons nous rappeler l’énorme action éducatrice et organisatrice de la révolution</em>&nbsp;»<sup data-fn="d599f9f9-8ff1-4844-9057-ed30dc6a836d" class="fn"><a id="d599f9f9-8ff1-4844-9057-ed30dc6a836d-link" href="#d599f9f9-8ff1-4844-9057-ed30dc6a836d">9</a></sup>&nbsp;: lorsque c’est la classe tout entière qui se met en mouvement, son imagination, sa créativité s’en retrouvent décuplées. Or une théorie révolutionnaire, fût-elle élaborée par dix milliers de militant.es, reste le produit d’une situation donnée&nbsp;: Il faut donc s’assurer que les nouvelles expériences vécues sont bien considérées dans l’élaboration stratégique. En fait, il ne doit y avoir d’opposition entre élaboration et application, mais plutôt une relation dialectique qui tende à ce que l’une renforce l’autre en permanence.</p>



<p><strong>Le Parti comme opérateur stratégique</strong></p>



<p>La voie vers la construction d’une stratégie est donc l’organisation collective. C’est naturellement que cette tâche échoue à la «&nbsp;fraction la plus résolue&nbsp;» et non par volonté de «&nbsp;professionnaliser la politique&nbsp;», comme nous avons pu le lire. Nous tirerons notre chapeau à quiconque réussira à persuader un réformiste convaincu de s’engager dans l’élaboration collective d’une stratégie révolutionnaire. Alors oui, nos organisations, hors mouvement révolutionnaires, seront inéluctablement minoritaires, à l’image des idées qu’elles défendront. Mais insistons sur l’argument donné en première partie&nbsp;: lorsque des explosions sociales ont lieu, lorsque des millions d’individus déferlent dans les rues et se mettent à lutter, beaucoup sont gagnés aux idées révolutionnaires. Ainsi, en 1917, le parti bolchevique voit sa taille doubler, de 79 000 à 170 000 militants<sup data-fn="ae1596a6-a129-439e-a70b-f2633beed421" class="fn"><a id="ae1596a6-a129-439e-a70b-f2633beed421-link" href="#ae1596a6-a129-439e-a70b-f2633beed421">10</a></sup>, en seulement 4 mois alors que sa revendication “tout le pouvoir aux Soviets”, est des plus radicales de son temps. Le POUM en Espagne rassemblait 8000 militants en 1935, 60 000 en 1936.<sup data-fn="846b28e4-7f56-4e95-8ccb-bd9b84a1c81b" class="fn"><a id="846b28e4-7f56-4e95-8ccb-bd9b84a1c81b-link" href="#846b28e4-7f56-4e95-8ccb-bd9b84a1c81b">11</a></sup></p>



<p>Mais alors, ne devrions-nous pas attendre une situation révolutionnaire pour nous organiser&nbsp;? Certainement pas. Car une situation révolutionnaire, qui se caractérise par l’éveil politique de millions d’individus, exige – c’est le bilan que tire l’historien révolutionnaire Pierre Broué de la révolution allemande – des organisations politiques conséquente<sup data-fn="506dde65-15dd-4ae4-8f66-5a587cba62c8" class="fn"><a id="506dde65-15dd-4ae4-8f66-5a587cba62c8-link" href="#506dde65-15dd-4ae4-8f66-5a587cba62c8">12</a></sup>. C’est d’ailleurs ce que nous comprenons sous le terme de «&nbsp;parti&nbsp;»&nbsp;: un instrument de lutte à grande échelle, en lequel la classe a confiance et dont la stratégie est assimilée massivement. Mais aussi une organisation qui soit capable de naviguer correctement à vue&nbsp;! Ce sont des atouts qui ne peuvent s’acquérir qu’en plusieurs années d’expérience collective, au cours desquelles chacun ses membres aura appris à débattre, à produire des analyses politiques, où tous se seront constitué un socle théorique commun. C’est cet apprentissage que nous devons entamer dès aujourd’hui.</p>



<p>Un sujet particulier s’impose désormais&nbsp;: comment faire pour que l’organisation révolutionnaire ne se substitue pas à la classe durant le processus révolutionnaire&nbsp;? Comment s’assurer qu’il reste un instrument dans les mains de la classe ouvrière, qu’il ne devienne pas une fin en lui-même, confondant par-là ses propres intérêts avec ceux de la classe qu’il représente&nbsp;? Nous n’avons pas de réponse toute prête à cette question qui mérite sans doute un article à part entière. Voici seulement quelques pistes.&nbsp;Bien sûr, nous ne sommes pas contre la diffusion de pratiques anti-autoritaires dans nos organisations politiques. Mais, en dernier ressort, la garantie contre le <em>substitutisme </em>du parti ne dépend pas de lui, argumentent des révolutionnaires comme Cliff, Mandel, ou Harman mais bien de l’activité autonome de la classe. Pour étayer leurs propose, ces derniers mobilisent l’expérience de la révolution russe&nbsp;: «&nbsp;<em>Contrairement à une légende qui est de plus en plus répandue en Union soviétique aussi, les années 1918 et 1919 furent des sommets dans l’auto-activité autonome de la classe ouvrière russe, autant et même davantage que l’année 1917&nbsp;</em><strong><em>»</em></strong><sup data-fn="2e1f9ab8-7c05-4ef1-a2e6-d8395e390150" class="fn"><a id="2e1f9ab8-7c05-4ef1-a2e6-d8395e390150-link" href="#2e1f9ab8-7c05-4ef1-a2e6-d8395e390150">13</a></sup><strong><em>.</em></strong> Et ce, justement grâce à la stratégie des bolchevik de 1917 qui exigeait «&nbsp;tout le pouvoir aux soviets&nbsp;». Si des mesures autoritaires ont été prises en cette période par certains membres du parti, il aurait été inconcevable pour celui-ci de résorber l’ensemble du mouvement révolutionnaire. Ce n’est plus le cas après 3 ans de guerre civile&nbsp;: la classe ouvrière et ses organes d’auto-organisations sont décimés, la confiance manque.&nbsp; Alors, «&nbsp;<em>confrontés aux Gardes Blancs, sachant qu’un terrible bain de sang menaçait le peuple s’ils renonçaient à la lutte, et conscients de leur propre isolement, les bolcheviks ne trouvaient pas d’issue. Le substitutisme, comme tout fétichisme, fut le reflet d’une impasse sociale</em>»<sup data-fn="0e87ff6a-c0c7-4bcf-9892-47a9a3212ec0" class="fn"><a id="0e87ff6a-c0c7-4bcf-9892-47a9a3212ec0-link" href="#0e87ff6a-c0c7-4bcf-9892-47a9a3212ec0">14</a></sup>.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Milig Sinou (PARIS 20<sup>e</sup>)</h5>



<p></p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="f4451b30-b9e1-4247-9ba7-44e7ff9ae2db">MARX Karl, <em>Manifeste du parti communiste</em> <a href="#f4451b30-b9e1-4247-9ba7-44e7ff9ae2db-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="0bac149a-8567-4d96-b73c-a1e499f77ba4">LÉNINE Vladimir, <em>L’armée révolutionnaire et le gouvernement révolutionnaire</em> <a href="#0bac149a-8567-4d96-b73c-a1e499f77ba4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="5274759e-744d-424c-987a-11be4805dcce">MARX Karl, Préface à la<em> Critique de l’économie politique</em> <a href="#5274759e-744d-424c-987a-11be4805dcce-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="703e2c5e-9c76-423d-98eb-e8c31ba1561f">LUKÁCS Georg, <em>Dialectique et spontanéité</em> <a href="#703e2c5e-9c76-423d-98eb-e8c31ba1561f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="1cc0efa0-0a66-43eb-b976-4f49aa6d5dbc">Lire à ce propos l’article de Dani, <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/salvador-allende-et-les-impasses-du-reformisme/">Salvador Allende et les impasses du réformisme<em>, Les Cahiers d’A2C #09</em></a> <a href="#1cc0efa0-0a66-43eb-b976-4f49aa6d5dbc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="bee06a4f-556f-4a18-a578-2b5545980256"><em>LÉNINE Vladimir, La faillite de la IIe Internationale</em> <a href="#bee06a4f-556f-4a18-a578-2b5545980256-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li><li id="71bfab29-1bd7-4dfe-a4a5-116e316cf840">MARX Karl, <em>Manifeste du parti communiste</em> <a href="#71bfab29-1bd7-4dfe-a4a5-116e316cf840-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7">↩︎</a></li><li id="24351a6d-1b1a-4024-a3d0-2efc0733ffaf">TROTSKY Léon, Préface à l’<em>Histoire de la révolution russe</em> <a href="#24351a6d-1b1a-4024-a3d0-2efc0733ffaf-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8">↩︎</a></li><li id="d599f9f9-8ff1-4844-9057-ed30dc6a836d">LÉNINE Vladimir, La faillit de la IIe Internationalee <a href="#d599f9f9-8ff1-4844-9057-ed30dc6a836d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9">↩︎</a></li><li id="ae1596a6-a129-439e-a70b-f2633beed421">BROUÉ Pierre, <em>Histoire du parti bolchevique</em>, pages 85 et 89 <a href="#ae1596a6-a129-439e-a70b-f2633beed421-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10">↩︎</a></li><li id="846b28e4-7f56-4e95-8ccb-bd9b84a1c81b">CHRIST Michel, <em>Le POUM</em> <a href="#846b28e4-7f56-4e95-8ccb-bd9b84a1c81b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11">↩︎</a></li><li id="506dde65-15dd-4ae4-8f66-5a587cba62c8">BROUÉ Pierre, <em>Révolution en Allemagne</em> <a href="#506dde65-15dd-4ae4-8f66-5a587cba62c8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12">↩︎</a></li><li id="2e1f9ab8-7c05-4ef1-a2e6-d8395e390150">MANDEL Ernest, <em>Auto-organisation et parti d&rsquo;avant-garde dans la conception de Trotsky</em> <a href="#2e1f9ab8-7c05-4ef1-a2e6-d8395e390150-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13">↩︎</a></li><li id="0e87ff6a-c0c7-4bcf-9892-47a9a3212ec0">CLIFF Tony, <em>Trotsky et le substitutisme</em> <a href="#0e87ff6a-c0c7-4bcf-9892-47a9a3212ec0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14">↩︎</a></li></ol>


<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/faut-il-un-parti-pour-faire-la-revolution-2-2/">Faut-il un parti pour faire la révolution ? (2/2)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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