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	<title>Archives des Islamophobie - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<title>Archives des Islamophobie - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Manifestations antiracistes et antifascistes du 14 mars : Une opportunité pour construire un front antiraciste ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 09:46:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Entretien avec Mathieu, militant d’A2C à Paris impliqué dans la Marche des Solidarités, et Wass, militante d’A2C à Marseille impliquée dans la lutte contre l’islamophobie. Iels organisent la manifestation du 14 mars, contre le racisme, <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/manifestations-antiracistes-et-antifascistes-du-14-mars-une-opportunite-pour-construire-un-front-antiraciste/" title="Manifestations antiracistes et antifascistes du 14 mars : Une opportunité pour construire un front antiraciste ?">[...]</a></div>
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<p><em>Entretien avec Mathieu, militant d’A2C à Paris impliqué dans la Marche des Solidarités, et Wass, militante d’A2C à Marseille impliquée dans la lutte contre l’islamophobie. Iels organisent la manifestation du 14 mars, contre le racisme, le fascisme, contre l’islamophobie et les violences d’État.</em></p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p><strong>Quelles sont les forces liées aux fronts antiracistes impliquées dans la construction de la date du 14 mars contre le racisme et le fascisme ?</strong><br><strong>Mathieu :</strong> En région parisienne, la mobilisation s’organise surtout autour de deux cadres : la Marche des Solidarités (autour des collectifs de sans-papiers) et le réseau d’entraide Vérité et Justice (les familles de victimes de violences policières).<br>Ce qui est notable par rapport à ces dernières années, c’est le développement de collectifs antiracistes et antifascistes de quartier : dans le 20e arrondissement, le 12e, mais aussi à Fontenay ou à Clichy. Une section de la Marche des Solidarités s’est même montée à Clichy.<br>Il y a aussi un front que l’on pense déterminant dans la période : la lutte contre l’islamophobie. Pour l’instant, on voit moins ces collectifs participer à la préparation de la mobilisation. Ce sont souvent des collectifs davantage présents dans la production de tribunes ou de prises de parole publiques que dans l’organisation militante sur le terrain.</p>



<p><strong>Pourquoi selon toi c’est central d’essayer de faire converger ces fronts : sans-papiers,&nbsp;lutte contre l’islamophobie et violences policières </strong>?</p>



<p><strong>Mathieu :</strong> Parce que cela correspond à la manière dont le racisme est développé par la classe dirigeante dans notre société. Quand on regarde les discours et les lois depuis vingt ans, on voit bien quelles sont les cibles centrales.<br>Depuis des années, les gouvernements s’attaquent aux musulman&rsquo;es : interdiction du voile dans certains espaces, interdiction de l’abaya, fermetures de mosquées ou d’associations, assimilation permanente à une menace pour la société.<br>Dans le même temps, ils s’attaquent aux migrants et migrantes et, en réalité, à l’ensemble des immigré&rsquo;es. La séquence autour de la loi Darmanin en est un exemple flagrant : la classe dirigeante a voulu faire entrer dans la tête de tout le monde que les immigrés seraient des délinquants ou des violeurs.<br>Le racisme ne touche pas que les migrant·es ou les musulman&rsquo;es. Mais il y a des priorités : il faut se défendre là où les attaques sont les plus fortes. Et notamment la violence ultime de l’État sur les personnes musulmanes, ou perçues comme telles, immigrées, sans papiers, ou perçues comme telles, c’est de les tuer par la police. Ça a été le cas&nbsp;d’El Hacen, travailleur immigré et musulman.</p>



<p><strong>Qu’est-ce que serait aujourd’hui un front antiraciste à la hauteur ?</strong><br><strong>Mathieu :</strong> Ce qui serait à la hauteur, c’est que partout où des personnes s’organisent aujourd’hui politiquement, elles s’organisent aussi contre le racisme. Que dans les réunions militantes, on discute aussi de comment empêcher les fachos de s’implanter dans nos quartiers, comment donner confiance aux personnes immigrées, avec ou sans papiers, de s’auto-organiser, comment soutenir les collègues sans papiers qui se battent pour obtenir ou renouveler leurs titres de séjour.<br>C’est vraiment une question de nombre et d’implantation. Il ne s’agit pas seulement d’unir les organisations antiracistes, mais de faire en sorte que cette lutte existe partout.</p>



<p><strong>Depuis ton expérience de la préparation du 14 mars, quels sont les blocages à cette convergence ?</strong><br><strong>Mathieu : </strong>Le problème dépasse largement les collectifs eux-mêmes. Il y a dans la gauche et dans le milieu militant une tendance très forte à séparer les luttes. Comme si parler de racisme ne signifiait pas forcément parler d’islamophobie ou de solidarité avec les migrant·es. Que l’un invisibilisait l’autre.<br>Le fait qu’il n’existe pas aujourd’hui un mouvement antiraciste de masse renforce cette tendance. Sur certaines questions, il n’y a pas suffisamment de forces organisées. Cela produit parfois une forme de sectarisme, où se lier à d’autres est perçu comme un risque d’invisibilisation plutôt que comme un renforcement.<br>Au fond, beaucoup de gens ne pensent pas qu’un mouvement de masse soit possible. Donc, on se fixe des objectifs plus petits, autour de mots d’ordre très restreints.</p>



<p><strong>Wass :</strong> Il existe aujourd’hui des collectifs antiracistes bien réels, avec des stratégies et des trajectoires parfois différentes. Je partage le constat de Mathieu sur la fragmentation des collectifs, mais je pense qu’il faut aussi interroger les raisons politiques plus profondes qui nous ont conduits à cette situation.<br>Si la convergence est si difficile aujourd’hui, c’est aussi parce que les grands partis de la gauche institutionnelle et ses bases ont trahi ces combats. En cherchant à s’intégrer aux logiques d’État, ils ont souvent relégué les luttes antiracistes au second plan, voire les ont neutralisées. Le mouvement antiraciste qui lutte contre l’islamophobie a par exemple essayé de se battre de l’intérieur, dans des partis politiques institutionnels, pour défendre la solidarité avec la Palestine et les luttes antiracistes, ce qui est un énorme saut qualitatif.<br>Mais il manque encore des espaces réels de discussion stratégique, de confrontation politique, où puissent se construire un front unitaire dans la rue, dans nos lieux de travail, nos lieux d’études… Ce blocage est le symptôme à la fois des trahisons politiques et du racisme qui continue à traverser notre propre camp.<br>Or, pour dépasser ces impasses, nous devons renouer avec la tradition d’auto-organisation de notre classe : c’est-à-dire la capacité de notre classe dans toutes les luttes qu’elle porte à se rassembler, débattre et agir. L’auto-organisation permet de reconstruire la confiance, d’unifier les luttes sur des bases concrètes et de faire émerger une direction issue directement du terrain, connectée à la réalité de nos quartiers, de nos lieux de travail et de nos combats.<br>Historiquement, le racisme a souvent affaibli et fait perdre le mouvement ouvrier. On peut penser à la grève de Talbot : au lieu d’une lutte unitaire pour tous les emplois, le patronat et l’État ont joué sur le racisme pour isoler les travailleurs immigrés, les traiter d’« intégristes chiites », faire circuler des slogans comme « bougnoules au four » ou « les Arabes, les Noirs à la Seine ».<br>Tout ça révèle un fondement du capitalisme : le racisme, qui a servi à justifier l’esclavage, le colonialisme, et aujourd’hui encore, qui organise la hiérarchie sociale du travail.<br>Cette instrumentalisation raciste a brisé la solidarité de classe et permis aux patrons d’imposer leurs licenciements. À chaque fois que le racisme entre dans notre camp, c’est tout notre camp social qui recule.&nbsp;<br>La préparation du 14 mars doit justement être l’occasion de tirer les leçons de ces divisions : construire une unité réelle, ancrée dans la reconnaissance du racisme comme question centrale de notre camp, non comme un sujet secondaire. C’est en affrontant ensemble ces contradictions, dans la rue comme dans nos organisations, que nous pourrons donner corps à un mouvement antiraciste de masse, capable de faire reculer à la fois le racisme et le pouvoir qui l’alimente.</p>



<p><strong>Comment répondre à la crainte d’invisibilisation et défendre l’unité ?</strong><br><strong>Wass : </strong>À Marseille, on a argumenté pour que la lutte contre l’islamophobie soit davantage mise en avant dans l’appel et dans l’affiche. Ça montre qu’il y a des blocages de départ, mais qu’ils peuvent bouger quand on met les choses franchement sur la table.<br>Si plus de personnes portent ces luttes, elles deviennent plus visibles, pas moins. C’est lorsqu’on combattra tous et toutes le racisme dans toutes les formes où il se manifeste qu’on pourra commencer à construire un front commun réel.</p>



<p><strong>Mathieu : </strong>La question qui devrait être centrale dans nos cadres d’organisation est trop souvent absente : quelle stratégie pour gagner ?<br>On discute beaucoup de la manière de se distinguer, de parler à nos propres cercles militants, plutôt que de se demander ce qui peut réellement faire avancer nos luttes.<br>Pour les collectifs de sans-papiers ou de mineurs isolés, l’objectif est concret : obtenir des régularisations, la reconnaissance de leurs droits, l’égalité. La question est donc comment faire en sorte que tout le monde se la pose et discute ensemble de ce qu’il faudrait construire pour y parvenir.<br>Et malgré tout, on sent que c’est possible. Dès qu’on va sur un marché, qu’on colle des affiches dans un quartier ou qu’on appelle à une manifestation, on rencontre beaucoup d’échos positifs. C’est ce qui donne confiance.</p>



<p><strong>Anouk :</strong> Aussi, comme tu l’as dis, à la Marche des Solidarités, on voit aussi se développer de nouveaux collectifs de quartier qui renforcent cette activité militante à la base. Les dates du 18 décembre et du 14 mars ne règlent pas tout. Les attaques racistes et fascistes ne se limitent pas à ces deux dates : elles sont quotidiennes. Mais ces dates servent d’appui pour accélérer le processus de construction à la base.&nbsp;<br>Et si on renforce les collectifs antiracistes locaux et les liens avec les syndicalistes, on peut ouvrir des perspectives plus larges pour la mobilisation et ouvrir les conditions d’une grève comme à Minneapolis contre le racisme.</p>



<p>Propos recueillis par Anouk (Marseille)</p>
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		<title>Pas de front commun antifasciste sans luttes contre l&#8217;islamophobie</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-front-commun-antifasciste-sans-luttes-contre-lislamophobie-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Feb 2026 12:26:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">« Quand vous entendez dire du mal des Juifs, dressez l’oreille : on parle de vous. » Citant une punch-line de son professeur de philosophie antillais dans « Peau noire, masques blancs » (1952), Frantz <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-front-commun-antifasciste-sans-luttes-contre-lislamophobie-2/" title="Pas de front commun antifasciste sans luttes contre l&#8217;islamophobie">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>« Quand vous entendez dire du mal des Juifs, dressez l’oreille : on parle de vous. »</em></p>



<p>Citant une punch-line de son professeur de philosophie antillais dans <em>« Peau noire, masques blancs » </em>(1952), Frantz Fanon nous met en garde sur l&rsquo;unicité du racisme dont l&rsquo;antisémitisme était à cette époque la pointe avancée. Dit d&rsquo;une autre façon, il ajoute : <em>« Depuis lors, j’ai compris qu’il voulait tout simplement dire : un antisémite est forcément négrophobe »</em>.</p>



<p>Quelque 70 ans plus tard, cette phrase garde tout son sens en parlant des musulman·es. Si l&rsquo;antisémitisme n&rsquo;a pas disparu, c&rsquo;est l&rsquo;islamophobie qui est aujourd&rsquo;hui le racisme assumé par le camp réactionnaire dans la bataille politique : rapport sur « l&rsquo;entrisme des Frères Musulmans <em>»</em> présenté en conseil de défense, expulsions d&rsquo;imams, multiples lois visant les musulman·es…</p>



<p>Ainsi, une partie de notre classe fait face à un arsenal de théories racistes, de plus en plus épaulées par les appareils d’État et la bourgeoisie. Cette sinistre idéologie de l&rsquo;ennemi de l&rsquo;intérieur, secondée par le matraquage de la laïcité à tout va, est la colonne vertébrale de l&rsquo;islamophobie.</p>



<p>Mais cette idéologie a une fonction. De la même façon que le racisme anti-noir a servi de légitimation de la mise en esclavage des africain·es et de la domination coloniale, l&rsquo;islamophobie sert un agenda politique raciste pour renforcer le camp réactionnaire et alimenter la funèbre logique de l&rsquo;impérialisme occidental.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Derrière l&rsquo;islamophobie,  se cache l&rsquo;impérialisme</strong></h1>



<p>Quel lien entre un racisme qui explose, la course effrénée au développement de nouvelles technologies comme l&rsquo;IA, l&rsquo;austérité imposée aux peuples du monde entier et l&rsquo;explosion des budgets d&rsquo;armement et de ses guerres coloniales associées ? Le capitalisme. Et pour comprendre pourquoi le capitalisme alimente racisme et guerres impériales, il faut comprendre la logique même d&rsquo;un système économique basé sur l&rsquo;accumulation de capital.</p>



<p>Pour accumuler du capital, une entreprise a besoin d&rsquo;être compétitive. Sauf que sur le marché, la concurrence est rude. Par exemple, au cours des années 2010 et la généralisation d&rsquo;achats sur internet, les entreprises de vente en ligne voyaient leur marge nettement augmenter. Après le COVID, entre la concurrence accrue et les monopoles des géants comme Amazon, les prix ont drastiquement baissé (donc les profits avec). C&rsquo;est la trajectoire même du capital, appelée aussi « la baisse tendancielle du taux de profit <em>»</em>. Les profits baissent, mais il faut continuer d&rsquo;en faire coûte que coûte pour la survie de l&rsquo;entreprise. Pour cela, plusieurs solutions : baisser les salaires et supprimer des emplois (austérité) ; développer des nouvelles technologies (augmenter la productivité) ; étendre son marché vers d&rsquo;autres pays ou d&rsquo;autres secteurs et créer un monopole (guerres impérialistes).</p>



<p>C&rsquo;est vrai dans tous les domaines. Alors quand on parle ressources et matériaux (pétrole, uranium, terres rares&#8230;), on voit vite comment les enjeux territoriaux peuvent être énormes. Ainsi, la guerre économique entre les entreprises peut rapidement se muer en guerre tout court pour l&rsquo;accès aux ressources.</p>



<p>Cela explique en partie la situation au Yémen : depuis 2015, la coalition de pays arabes dirigée par l&rsquo;Arabie saoudite (et soutenue par les pays occidentaux) maintient le pays sous blocus naval et aérien, causant plus de 377 000 morts (par famine et bombardements indiscriminés). Objectifs : affaiblir le mouvement Ansarullah (Houthis, alliés de l&rsquo;Iran) pour sécuriser les routes commerciales comme le détroit de Bab el-Mandeb (12 % du pétrole mondial) et protéger les intérêts des multinationales pétrolières occidentales comme BP et Chevron.</p>



<p>Mais les guerres impérialistes ont un coût, et pour faire accepter ce coût à son peuple, un État doit trouver des justifications. C&rsquo;est là qu&rsquo;intervient la construction d&rsquo;un ennemi commun contre lequel l’État, tel un pompier-pyromane, nous garantira protection en échange de concessions politiques (restrictions des libertés) et économiques (l&rsquo;austérité).</p>



<p>Depuis la révolution iranienne de 1979, dans laquelle les États-Unis (alliés du pouvoir déchu) craignaient pour leurs intérêts, cet ennemi commun, ce sont les musulman·es ou supposé·es comme tels, et les pays dits musulmans. Ensuite, l&rsquo;attaque du 11 septembre a largement été exploitée pour accélérer cette doctrine.</p>



<p>Ennemi de l&rsquo;extérieur pour justifier le colonialisme et les guerres impérialistes. Ennemi de l&rsquo;intérieur pour empêcher l&rsquo;unification de notre classe et favoriser l&rsquo;exploitation.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Défendre l&rsquo;unité, c&rsquo;est défendre les musulman·es</strong></h1>



<p>Si l&rsquo;islamophobie est aujourd&rsquo;hui la pointe avancée de l&rsquo;impérialisme occidental, elle s&rsquo;attaque en 1ᵉʳ lieu aux musulman·es, ou supposé·es, en instrumentalisant la lutte contre le terrorisme : invasion de l’Afghanistan par les USA en 2001, attaques « préventives <em>»</em> contre l&rsquo;Iran par Israël l&rsquo;année dernière, ostracisation des musulman·es de France… La liste est longue, et chacun de ses tirets devrait nous révolter en soi.</p>



<p>En plus de ces innombrables violences, l&rsquo;exclusion sociale des musulman·es nous divise et sert l&rsquo;exploitation de l&rsquo;ensemble de la classe ouvrière. Car face à une classe faible et divisée, dans laquelle on a laissé le racisme s&rsquo;immiscer, le patronat peut aisément imposer des conditions de travail qui nous sont de plus en plus défavorables. C&rsquo;est ce qu’explique le sociologue marxiste Al Szymanski. Il nous dit à propos des États-Unis des années 70 : « Plus la discrimination raciale est intense, plus bas sont les salaires des Blancs du fait de la variable intermédiaire de la solidarité de la classe ouvrière – en d’autres termes, le racisme désavantage économiquement les travailleurs blancs parce qu’il affaiblit l’organisation syndicale en détruisant la solidarité entre travailleurs noirs et blancs »<sup data-fn="ea20736e-21d6-4aa2-9840-499fc5bc51dc" class="fn"><a href="#ea20736e-21d6-4aa2-9840-499fc5bc51dc" id="ea20736e-21d6-4aa2-9840-499fc5bc51dc-link">1</a></sup>.</p>



<p>Quand les musulman·es se font attaquer, c&rsquo;est tout le camp social qui perd de la force.</p>



<p>De la même façon, l&rsquo;accélération des dissolutions d&rsquo;associations de ces dernières années a d&rsquo;abord visé des organisations cultuelles musulmanes (comme celle de la mosquée de Lagny-sur-Marne), puis celles de lutte contre l&rsquo;islamophobie (le CCIF<sup data-fn="4fca8dec-9b22-4747-a07c-d58a634568a7" class="fn"><a href="#4fca8dec-9b22-4747-a07c-d58a634568a7" id="4fca8dec-9b22-4747-a07c-d58a634568a7-link">2</a></sup>, aujourd&rsquo;hui réformé en CCIE<sup data-fn="7de86080-24b6-4006-8eef-2bd0e628ebb9" class="fn"><a href="#7de86080-24b6-4006-8eef-2bd0e628ebb9" id="7de86080-24b6-4006-8eef-2bd0e628ebb9-link">3</a></sup>). Devant la non-réaction du camp social, pourquoi le gouvernement n&rsquo;étendrait-il pas ces attaques à des collectifs antifascistes ou écologistes ? C&rsquo;est exactement le déroulé de ces 10 dernières années, où la réaction de notre camp a réellement commencé qu&rsquo;avec la tentative de dissolution des Soulèvements de la Terre, puis celle de la Jeune Garde ou d&rsquo;Urgence Palestine.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>La laïcité comme arme de guerre</strong></h1>



<p>Parmi les nombreux outils pour attaquer les musulman·es, la laïcité revient souvent sur la table. Elle est brandie messianiquement à chaque fois qu&rsquo;il s&rsquo;agit de taper sur les musulman·es. Sur les plateaux télé évidemment, mais aussi pour faire passer la batterie de lois islamophobes persécutant et excluant de l&rsquo;espace public et de l&rsquo;école nos camarades musulman·es (par exemple avec la loi de 2004 sur les signes religieux qui a servi de pied dans la porte des nombreuses lois islamophobes qui ont suivi).</p>



<p>À en croire les dires de l’État et de ses relais médiatiques, le musulman menacerait par définition les valeurs de la République, notamment parce qu&rsquo;il serait en contradiction avec la laïcité définie par la loi de 1905.</p>



<p>Il serait communautariste (voire séparatiste) lorsqu&rsquo;il prend soin de sa communauté. Autrement, il est taxé d&rsquo;entriste quand il correspond aux attentes républicaines, du style quand le lycée Averroès obtient des résultats exceptionnels au bac.</p>



<p>Pile tu perds, face tu perds.</p>



<p>À gauche, c&rsquo;est un peu plus subtil. Pour la loi de 2004 et pendant plus de 10 ans, c&rsquo;était surtout complaisance et grand silence. Aujourd&rsquo;hui, dans les balbutiements de soutien, il a souvent été pointé la non-exemplarité politique (impossible à avoir) des musulman·es visé·es par les violences d’État en scrutant chacune de leurs déclarations et de leurs liens passés.&nbsp;</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Islamophobie : les blocages à gauche</strong></h1>



<p>Pour que la gauche s’engage pleinement, déjà il lui faut dépasser son islamophobie encore présente jusque dans les cercles militants. Par exemple à Rennes, dans le mouvement pour la Palestine, une proposition en interne de l&rsquo;AG Palestine fut de faire une doha (prière) pour les morts à Gaza, mais celle-ci a été empêchée. De même pour les slogans en arabe, ça a été difficile de les faire accepter.</p>



<p>C&rsquo;est parfois une doctrine moraliste anti-religieuse qui empêche la solidarité. À l&rsquo;image de cette citation de Bakounine, dans son livre Dieu et l&rsquo;État, qui fut pourtant pendant longtemps sur ma table de chevet : <em>« Si Dieu est, l&rsquo;homme est esclave ; or l&rsquo;homme peut, doit être libre, donc Dieu n&rsquo;existe pas »</em>. Une vision binaire de la croyance, opposée à toute religion qui serait naturellement obscurantiste. Cela nous empêche d&rsquo;avoir une lecture matérialiste des structures oppressantes réellement à l’œuvre, en vue de les combattre.</p>



<p>Enfin, c&rsquo;est aussi une volonté de détruire le potentiel outil de résistance qu&rsquo;est l&rsquo;islam.&nbsp;</p>



<p>À droite, pour briser la résistance à l&rsquo;hégémonie capitaliste et impérialiste.</p>



<p>À gauche, car la seule identité légitime pour faire la révolution serait celle du prolétaire, toute autre identité est vue comme divisant la classe ouvrière. Si notre classe est effectivement traversée par des contradictions, c&rsquo;est une erreur de ne pas les prendre en charge et de laisser une partie de notre classe (ici les musulman·es) seule face aux violences racistes. Car l&rsquo;unicité se construit en opposition aux stratégies de division de la classe dirigeante.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Lutter aux côtés des musulman·es</strong></h1>



<p>Face à ceux et celles qui nous accusent de complicité avec les musulman·es, il faut plaider coupable<sup data-fn="0e8a3ec6-6f73-47c1-903e-2dac028b7eea" class="fn"><a href="#0e8a3ec6-6f73-47c1-903e-2dac028b7eea" id="0e8a3ec6-6f73-47c1-903e-2dac028b7eea-link">4</a></sup>. Coupable de défendre la liberté de culte. Coupable de défendre la Palestine, de la mer au Jourdain. Coupable de défendre la liberté, l&rsquo;égalité et la fraternité réelle pour toutes et tous. Chaque musulman·e attaqué·e pour ce qu&rsquo;il est, se doit d&rsquo;être défendu·e, qu&rsquo;importe les différents politiques existant. Que ce soit l&rsquo;imam Hassan Iquioussen victime de la loi séparatisme et menacé d&rsquo;expulsion, ou Omar Alsoumi arrêté pour « apologie de terrorisme <em>»</em> pour avoir soutenu la résistance palestinienne, ou une mosquée attaquée, nous devons réagir depuis nos collectifs. Chaque solidarité effective contre les violences islamophobes participe à l&rsquo;unification de notre classe, et donc nous renforce collectivement.</p>



<p>Malgré tout, dans les moments critiques, nous pouvons entrapercevoir nos possibles alliances. Lors de l&rsquo;horrible meurtre filmé d&rsquo;Aboubakar Cissé en pleine prière, une partie de la gauche radicale a rapidement réagi pour participer aux mobilisations.</p>



<p>De la même façon, les 2 dernières années de lutte contre le génocide à Gaza et la colonisation en Cisjordanie sont parties d&rsquo;un mouvement par en bas et ont montré qu&rsquo;avec un objectif clair (arrêter le génocide), il est possible de dépasser nos contradictions et de lutter au coude à coude, musulmans ou non. Pour autant, les quelques ponts qui se sont créés se sont faits au prix du sacrifice de centaines de milliers de palestinien·nes, et globalement la réaction de notre camp reste très loin d&rsquo;être satisfaisante.</p>



<p>Maintenant, il faut arrêter d&rsquo;essentialiser les organisations musulmanes ou de les voir comme un bloc homogène, pour les considérer pour ce qu&rsquo;elles sont : des forces politiques avec lesquelles il est possible de s&rsquo;allier pour les prochains combats à mener, en particulier pour créer un front commun conséquent contre le racisme et le fascisme.</p>



<p><strong><em>Camille (A2C Rennes)</em></strong></p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="ea20736e-21d6-4aa2-9840-499fc5bc51dc">A. Szymanski, <em><a href="https://www.jstor.org/stable/2094250">« Racial Discrimination and White Gain »</a></em>, American Sociological Review, 41 (1976), pp. 409-412. <a href="#ea20736e-21d6-4aa2-9840-499fc5bc51dc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="4fca8dec-9b22-4747-a07c-d58a634568a7">CCIF : Collectif Contre l&rsquo;Islamophobie en France <a href="#4fca8dec-9b22-4747-a07c-d58a634568a7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="7de86080-24b6-4006-8eef-2bd0e628ebb9">CCIE : Collectif Contre l&rsquo;Islamophobie en Europe <a href="#7de86080-24b6-4006-8eef-2bd0e628ebb9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="0e8a3ec6-6f73-47c1-903e-2dac028b7eea">Inspiré de l&rsquo;article <em><a href="https://www.lignes-de-cretes.org/contre-lslamophobie-le-11-mai-et-apres-aimez-nous-vivants/">« Contre l’islamophobie : le 11 mai et après, aimez-nous vivants »</a></em>, Nadia Meziane, lignes-de-cretes.org <a href="#0e8a3ec6-6f73-47c1-903e-2dac028b7eea-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-front-commun-antifasciste-sans-luttes-contre-lislamophobie-2/">Pas de front commun antifasciste sans luttes contre l&rsquo;islamophobie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Marche contre l’islamophobie à Saint-Brieuc &#8211; Retour d’expérience</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/marche-contre-lislamophobie-a-saint-brieuc-retour-dexperience/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Feb 2026 08:39:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Islamophobie]]></category>
		<category><![CDATA[Retour militants]]></category>
		<category><![CDATA[Saint-Brieuc]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=10828</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Crédit photo : Emmanuelle Pays / Hans Lucas</div>
<p> <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/marche-contre-lislamophobie-a-saint-brieuc-retour-dexperience/" title="Marche contre l’islamophobie à Saint-Brieuc &#8211; Retour d’expérience">[...]</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/marche-contre-lislamophobie-a-saint-brieuc-retour-dexperience/">Marche contre l’islamophobie à Saint-Brieuc &#8211; Retour d’expérience</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Crédit photo : Emmanuelle Pays / Hans Lucas</p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d&rsquo;A2C #20 &#8211; janvier 2026</strong></p>



<p><strong>Le 11 octobre 2025, le Front commun antifasciste des Côtes-d&rsquo;Armor organisait une mobilisation contre l’islamophobie à Saint-Brieuc. Retour sur la construction de cette mobilisation, ses objectifs et les difficultés rencontrées.</strong></p>



<p>Après le meurtre islamophobe d’Aboubakar Cissé en mai 2025, nous voulions une mobilisation pensée sur plusieurs mois plutôt qu’une réaction immédiate à une nouvelle atrocité. L’idée : pousser la gauche à se mobiliser clairement contre l’islamophobie et créer des liens de solidarité avec les personnes concernées pour permettre des actions communes par la suite.</p>



<p>Nous avions en tête la mobilisation du 21 avril 2024 contre le fascisme, qui avait rassemblé près de 2 000 personnes et plus d’une centaine d’organisations signataires<sup data-fn="fe0316fe-b09e-431f-bf72-9da22a192379" class="fn"><a href="#fe0316fe-b09e-431f-bf72-9da22a192379" id="fe0316fe-b09e-431f-bf72-9da22a192379-link">1</a></sup>. Avec l’offensive islamophobe de la classe dirigeante qui a mené au meurtre d’Aboubakar Cissé, nous pensions que l’heure du réveil de la gauche sur le sujet avait sonné. Nous avons été trop optimistes : nous étions rarement plus d’une dizaine aux réunions de préparation et presque aucune organisation n’a participé activement à la construction de la marche, à part Solidaires et, dans une moindre mesure, LFI. Beaucoup d’organisations qui avaient signé l’appel antifasciste un an plus tôt ont soit ignoré nos sollicitations, soit refusé de s’engager.</p>



<p><strong>Indignation à géométrie variable</strong></p>



<p>Deux arguments revenaient. Le plus fréquent, porté aussi bien par des syndicats que par des associations de soutien aux exilé.es et par pas mal de personnes croisées en manif : « On ne veut pas lutter spécifiquement contre l’islamophobie mais contre toutes les discriminations sans distinction ». Cela revient à refuser de reconnaître que l’islamophobie est aujourd’hui la locomotive de tête du racisme en France et qu’elle exige une lutte spécifique.</p>



<p>Nous rappelions dans l’appel que si l’islamophobie a pu se développer ainsi, c’est aussi à cause du peu de réactions à gauche face aux lois et mesures répressives : loi de 2004 sur le voile, loi «séparatisme» mais aussi dissolution de collectifs luttant contre l’islamophobie comme le CCIF ou le CRI. Lutter contre l’islamophobie impliquerait pourtant de reconnaître que la classe dirigeante érige méthodiquement les musulman·es (et assimilé·es) en ennemi·es intérieur·es qui menacent l’identité et la sécurité nationale et de faire bloc contre ces attaques.</p>



<p>L’autre raison du refus exprimée était que notre appel<sup data-fn="92bc9234-9f81-4a8a-8b8b-0c5eec735d99" class="fn"><a href="#92bc9234-9f81-4a8a-8b8b-0c5eec735d99" id="92bc9234-9f81-4a8a-8b8b-0c5eec735d99-link">2</a></sup> dénonçait aussi bien des formes d’islamophobie largement condamnées (le « À bas le voile de Retailleau », le projet d’interdire le voile dans l’espace public pour les moins de 15 ans, le meurtre d’A. Cissé) ; et d’autres sur lesquelles plusieurs organisations ne voulaient pas se positionner pour diverses raisons (expulsions arbitraires d’imams, assignations à résidence, fermetures abusives d’écoles musulmanes ou de mosquées, gel des avoirs de maisons d’édition musulmanes, etc.). Pêle-mêle, certaines disaient manquer d’infos pour se positionner (malgré les nombreuses sources envoyées), d’autres refusaient de soutenir des institutions religieuses, d’autres allaient jusqu’à dire, en pleine polémique autour du rapport complotiste sur les Frères musulmans, qu’il fallait lutter contre l’entrisme de toutes les religions dans le sport, la politique et à l’école.</p>



<p>L’appel, sans concession sur les formes prises par l’islamophobie, reflétait les positions des personnes présentes aux premières réunions. L’absence de beaucoup d’organisations à ces réunions n’a pas permis de mesurer à quel point il était en décalage avec la ligne de beaucoup d’organisations de gauche, notamment celles qui défendent encore la loi de 2004 au nom de la laïcité. Si l’on voulait vraiment construire sur le temps long, nous aurions dû laisser plus d’espace à la discussion et essayer davantage de convaincre plutôt que de figer trop vite le texte.<br></p>



<p><strong>Des conflits aux conséquences durables</strong></p>



<p>Devions-nous retirer des éléments importants comme la répression contre l’abaya à l’école ou contre les mosquées pour élargir nos rangs ? Rien ne garantit que cela aurait suffi, mais nous aurions sans doute dû plus essayer d’ouvrir des portes au lieu de les refermer trop tôt.</p>



<p>À deux semaines de la marche, des tensions ont éclatées sur les organisations à inviter (Perspectives musulmanes, Lignes de crêtes, QG décolonial). Il serait trop long de détailler ici les raisons des réticences, mais on est plusieurs à avoir perçu une méfiance vis-à-vis de certaines organisations musulmanes et/ou décoloniales que l’on n’avait pas rencontrées jusqu’alors au sein du Front commun vis-à-vis d’autres organisations. Des craintes étaient notamment exprimées que certaines de ces organisations tiennent à la tribune des discours réactionnaires notamment sur les questions LGBTQIA+. Au final, toutes les organisations mentionnées ont été invitées, mais la tension ne s’est pas dissipée.</p>



<p>Le timing, la rentrée, d’autres urgences militantes : tout cela nous a empêchés de traiter sereinement ces débats. Des accusations d’islamophobie et de purisme ont fusé, des personnes des «deux camps» ont claqué la porte, alors qu’on était déjà trop peu, fragilisant le Front commun.</p>



<p><br><strong>Une mobilisation faible mais enthousiaste</strong></p>



<p>Le jour J a confirmé la difficulté à mobiliser : entre 300 et 400 personnes, peu pour une mobilisation régionale. Mais le cortège regroupait les militant·es les plus déterminé-es régionalement sur les questions antiracistes. Ça s’est ressenti dans l’ambiance. L’ensemble du cortège chantait des slogans antiracistes, pour la Palestine et contre l’islamophobie pendant littéralement tout le trajet (qui était pourtant trop long). Super accueil dans les rues. Visages surpris de voir passer un cortège contre l’islamophobie avec en tête de cortège des personnes racisées dont des camarades portant le foulard et des militant.es blanches chantant ensemble des chants antiracistes (je le précise, car j’avais jamais vu ça à St Brieuc). Quelques personnes sont descendues de leur appartement pour rejoindre le cortège. Un monsieur qui filmait le cortège avait les larmes aux yeux.</p>



<p>Pour autant, par rapport à nos objectifs – pousser la gauche à se mobiliser et créer de la solidarité concrète – le bilan est mitigé. Nous avons imposé le sujet localement et créé un précédent qui contribue à légitimer la nécessité d’une lutte spécifique contre l’islamophobie, mais les résistances sont profondes. À noter : Nous Toutes 35 a diffusé un appel, permettant de faire exister la question dans le milieu féministe breton.</p>



<p>Sur la construction de liens avec les premier•es concerné•es : nous avons tracté dans un quartier populaire et à la mosquée. L’accueil était bon, mais l’association de la mosquée ne voulait pas « faire de politique » et peu de personnes rencontrées sont venues à la marche composée majoritairement de militant·es blanc·hes.</p>



<p>Nous voulions organiser des moments conviviaux dans les quartiers (goûter contre l’islamophobie), mais faute d’énergie et face aux refus d’espaces socioculturels d’héberger des événements «politiques», cela n’a pas été possible dans le temps imparti, mais nous comptons persévérer. Une collecte de témoignages de situations d’islamophobie vécues a été faite sur un marché et nous prévoyons de le faire de nouveau avec l’idée d’inviter les personnes qui le souhaitent à témoigner lors d’une soirée qu’on pense organiser en 2026.<br><br>Nous entendons poursuivre la lutte contre l’islamophobie : continuer le travail de terrain, organiser discussions et projections sous différents angles (féminisme, école, laïcité…). avec la date du 15 mars (journée internationale contre l’islamophobie) en ligne de mire. Pour relégitimer le Front commun comme espace large (et non comme repère d’une minorité de radicaux), on organise fin janvier une grande AG pour tirer le bilan, dépasser les conflits et permettre aux organisations parties de revenir. Car les batailles à venir seront nombreuses et nous aurons besoin pour cela d’un espace large comme le Front commun.</p>



<p><br>Manu Daniel (St-Brieuc)</p>



<p></p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="fe0316fe-b09e-431f-bf72-9da22a192379">Voir : Jalel et Manu, «Retour d’expérience de ripostes antifascistes locales», <a href="http://autonomiedeclasse.org"><em>autonomiedeclasse.org</em></a>, 2024 <a href="#fe0316fe-b09e-431f-bf72-9da22a192379-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="92bc9234-9f81-4a8a-8b8b-0c5eec735d99">2 : à retrouver sur <a href="https://frontcommun22.wordpress.com/">frontcommun22.wordpress.com/</a> <a href="#92bc9234-9f81-4a8a-8b8b-0c5eec735d99-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/marche-contre-lislamophobie-a-saint-brieuc-retour-dexperience/">Marche contre l’islamophobie à Saint-Brieuc &#8211; Retour d’expérience</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Pas de front commun antifasciste sans luttes contre l&#8217;islamophobie</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-front-commun-antifasciste-sans-luttes-contre-lislamophobie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Feb 2026 08:27:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Revue d'A2C]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Front Uni]]></category>
		<category><![CDATA[Impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Islamophobie]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d&#8217;A2C #20 &#8211; janvier 2026 « Quand vous entendez dire du mal des Juifs, dressez l’oreille : on parle de vous. » Citant une punch-line de son professeur de philosophie antillais dans « <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-front-commun-antifasciste-sans-luttes-contre-lislamophobie/" title="Pas de front commun antifasciste sans luttes contre l&#8217;islamophobie">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d&rsquo;A2C #20 &#8211; janvier 2026</strong></p>



<p><em>« Quand vous entendez dire du mal des Juifs, dressez l’oreille : on parle de vous. »</em></p>



<p>Citant une punch-line de son professeur de philosophie antillais dans <em>« Peau noire, masques blancs » </em>(1952), Frantz Fanon nous met en garde sur l&rsquo;unicité du racisme dont l&rsquo;antisémitisme était à cette époque la pointe avancée. Dit d&rsquo;une autre façon, il ajoute : <em>« Depuis lors, j’ai compris qu’il voulait tout simplement dire : un antisémite est forcément négrophobe »</em>.</p>



<p>Quelque 70 ans plus tard, cette phrase garde tout son sens en parlant des musulman·es. Si l&rsquo;antisémitisme n&rsquo;a pas disparu, c&rsquo;est l&rsquo;islamophobie qui est aujourd&rsquo;hui le racisme assumé par le camp réactionnaire dans la bataille politique : rapport sur « l&rsquo;entrisme des Frères Musulmans <em>»</em> présenté en conseil de défense, expulsions d&rsquo;imams, multiples lois visant les musulman·es…</p>



<p>Ainsi, une partie de notre classe fait face à un arsenal de théories racistes, de plus en plus épaulées par les appareils d’État et la bourgeoisie. Cette sinistre idéologie de l&rsquo;ennemi de l&rsquo;intérieur, secondée par le matraquage de la laïcité à tout va, est la colonne vertébrale de l&rsquo;islamophobie.</p>



<p>Mais cette idéologie a une fonction. De la même façon que le racisme anti-noir a servi de légitimation de la mise en esclavage des africain·es et de la domination coloniale, l&rsquo;islamophobie sert un agenda politique raciste pour renforcer le camp réactionnaire et alimenter la funèbre logique de l&rsquo;impérialisme occidental.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Derrière l&rsquo;islamophobie, se cache l&rsquo;impérialisme</strong></h1>



<p>Quel lien entre un racisme qui explose, la course effrénée au développement de nouvelles technologies comme l&rsquo;IA, l&rsquo;austérité imposée aux peuples du monde entier et l&rsquo;explosion des budgets d&rsquo;armement et de ses guerres coloniales associées ? Le capitalisme. Et pour comprendre pourquoi le capitalisme alimente racisme et guerres impériales, il faut comprendre la logique même d&rsquo;un système économique basé sur l&rsquo;accumulation de capital.</p>



<p>Pour accumuler du capital, une entreprise a besoin d&rsquo;être compétitive. Sauf que sur le marché, la concurrence est rude. Par exemple, au cours des années 2010 et la généralisation d&rsquo;achats sur internet, les entreprises de vente en ligne voyaient leur marge nettement augmenter. Après le COVID, entre la concurrence accrue et les monopoles des géants comme Amazon, les prix ont drastiquement baissé (donc les profits avec). C&rsquo;est la trajectoire même du capital, appelée aussi « la baisse tendancielle du taux de profit <em>»</em>. Les profits baissent, mais il faut continuer d&rsquo;en faire coûte que coûte pour la survie de l&rsquo;entreprise. Pour cela, plusieurs solutions : baisser les salaires et supprimer des emplois (austérité) ; développer des nouvelles technologies (augmenter la productivité) ; étendre son marché vers d&rsquo;autres pays ou d&rsquo;autres secteurs et créer un monopole (guerres impérialistes).</p>



<p>C&rsquo;est vrai dans tous les domaines. Alors quand on parle ressources et matériaux (pétrole, uranium, terres rares&#8230;), on voit vite comment les enjeux territoriaux peuvent être énormes. Ainsi, la guerre économique entre les entreprises peut rapidement se muer en guerre tout court pour l&rsquo;accès aux ressources.</p>



<p>Cela explique en partie la situation au Yémen : depuis 2015, la coalition de pays arabes dirigée par l&rsquo;Arabie saoudite (et soutenue par les pays occidentaux) maintient le pays sous blocus naval et aérien, causant plus de 377 000 morts (par famine et bombardements indiscriminés). Objectifs : affaiblir le mouvement Ansarullah (Houthis, alliés de l&rsquo;Iran) pour sécuriser les routes commerciales comme le détroit de Bab el-Mandeb (12 % du pétrole mondial) et protéger les intérêts des multinationales pétrolières occidentales comme BP et Chevron.</p>



<p>Mais les guerres impérialistes ont un coût, et pour faire accepter ce coût à son peuple, un État doit trouver des justifications. C&rsquo;est là qu&rsquo;intervient la construction d&rsquo;un ennemi commun contre lequel l’État, tel un pompier-pyromane, nous garantira protection en échange de concessions politiques (restrictions des libertés) et économiques (l&rsquo;austérité).</p>



<p>Depuis la révolution iranienne de 1979, dans laquelle les États-Unis (alliés du pouvoir déchu) craignaient pour leurs intérêts, cet ennemi commun, ce sont les musulman·es ou supposé·es comme tels, et les pays dits musulmans. Ensuite, l&rsquo;attaque du 11 septembre a largement été exploitée pour accélérer cette doctrine.</p>



<p>Ennemi de l&rsquo;extérieur pour justifier le colonialisme et les guerres impérialistes. Ennemi de l&rsquo;intérieur pour empêcher l&rsquo;unification de notre classe et favoriser l&rsquo;exploitation.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Défendre l&rsquo;unité, c&rsquo;est défendre les musulman·es</strong></h1>



<p>Si l&rsquo;islamophobie est aujourd&rsquo;hui la pointe avancée de l&rsquo;impérialisme occidental, elle s&rsquo;attaque en 1ᵉʳ lieu aux musulman·es, ou supposé·es, en instrumentalisant la lutte contre le terrorisme : invasion de l’Afghanistan par les USA en 2001, attaques « préventives <em>»</em> contre l&rsquo;Iran par Israël l&rsquo;année dernière, ostracisation des musulman·es de France… La liste est longue, et chacun de ses tirets devrait nous révolter en soi.</p>



<p>En plus de ces innombrables violences, l&rsquo;exclusion sociale des musulman·es nous divise et sert l&rsquo;exploitation de l&rsquo;ensemble de la classe ouvrière. Car face à une classe faible et divisée, dans laquelle on a laissé le racisme s&rsquo;immiscer, le patronat peut aisément imposer des conditions de travail qui nous sont de plus en plus défavorables. C&rsquo;est ce qu’explique le sociologue marxiste Al Szymanski. Il nous dit à propos des États-Unis des années 70 : « Plus la discrimination raciale est intense, plus bas sont les salaires des Blancs du fait de la variable intermédiaire de la solidarité de la classe ouvrière – en d’autres termes, le racisme désavantage économiquement les travailleurs blancs parce qu’il affaiblit l’organisation syndicale en détruisant la solidarité entre travailleurs noirs et blancs »<sup data-fn="dc353502-fda5-4901-8916-b0c1695d912f" class="fn"><a href="#dc353502-fda5-4901-8916-b0c1695d912f" id="dc353502-fda5-4901-8916-b0c1695d912f-link">1</a></sup>.</p>



<p>Quand les musulman·es se font attaquer, c&rsquo;est tout le camp social qui perd de la force.</p>



<p>De la même façon, l&rsquo;accélération des dissolutions d&rsquo;associations de ces dernières années a d&rsquo;abord visé des organisations cultuelles musulmanes (comme celle de la mosquée de Lagny-sur-Marne), puis celles de lutte contre l&rsquo;islamophobie (le CCIF<sup data-fn="31a4f058-7faf-475e-bdf5-210294a3308a" class="fn"><a href="#31a4f058-7faf-475e-bdf5-210294a3308a" id="31a4f058-7faf-475e-bdf5-210294a3308a-link">2</a></sup>, aujourd&rsquo;hui réformé en CCIE<sup data-fn="63cb8154-e57f-49e2-868e-b61385d3af79" class="fn"><a href="#63cb8154-e57f-49e2-868e-b61385d3af79" id="63cb8154-e57f-49e2-868e-b61385d3af79-link">3</a></sup>). Devant la non-réaction du camp social, pourquoi le gouvernement n&rsquo;étendrait-il pas ces attaques à des collectifs antifascistes ou écologistes ? C&rsquo;est exactement le déroulé de ces 10 dernières années, où la réaction de notre camp a réellement commencé qu&rsquo;avec la tentative de dissolution des Soulèvements de la Terre, puis celle de la Jeune Garde ou d&rsquo;Urgence Palestine.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>La laïcité comme arme de guerre</strong></h1>



<p>Parmi les nombreux outils pour attaquer les musulman·es, la laïcité revient souvent sur la table. Elle est brandie messianiquement à chaque fois qu&rsquo;il s&rsquo;agit de taper sur les musulman·es. Sur les plateaux télé évidemment, mais aussi pour faire passer la batterie de lois islamophobes persécutant et excluant de l&rsquo;espace public et de l&rsquo;école nos camarades musulman·es (par exemple avec la loi de 2004 sur les signes religieux qui a servi de pied dans la porte des nombreuses lois islamophobes qui ont suivi).</p>



<p>À en croire les dires de l’État et de ses relais médiatiques, le musulman menacerait par définition les valeurs de la République, notamment parce qu&rsquo;il serait en contradiction avec la laïcité définie par la loi de 1905.</p>



<p>Il serait communautariste (voire séparatiste) lorsqu&rsquo;il prend soin de sa communauté. Autrement, il est taxé d&rsquo;entriste quand il correspond aux attentes républicaines, du style quand le lycée Averroès obtient des résultats exceptionnels au bac.</p>



<p>Pile tu perds, face tu perds.</p>



<p>À gauche, c&rsquo;est un peu plus subtil. Pour la loi de 2004 et pendant plus de 10 ans, c&rsquo;était surtout complaisance et grand silence. Aujourd&rsquo;hui, dans les balbutiements de soutien, il a souvent été pointé la non-exemplarité politique (impossible à avoir) des musulman·es visé·es par les violences d’État en scrutant chacune de leurs déclarations et de leurs liens passés.&nbsp;</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Islamophobie : les blocages à gauche</strong><strong><br></strong></h1>



<p>Pour que la gauche s’engage pleinement, déjà il lui faut dépasser son islamophobie encore présente jusque dans les cercles militants. Par exemple à Rennes, dans le mouvement pour la Palestine, une proposition en interne de l&rsquo;AG Palestine fut de faire une doha (prière) pour les morts à Gaza, mais celle-ci a été empêchée. De même pour les slogans en arabe, ça a été difficile de les faire accepter.</p>



<p>C&rsquo;est parfois une doctrine moraliste anti-religieuse qui empêche la solidarité. À l&rsquo;image de cette citation de Bakounine, dans son livre Dieu et l&rsquo;État, qui fut pourtant pendant longtemps sur ma table de chevet : <em>« Si Dieu est, l&rsquo;homme est esclave ; or l&rsquo;homme peut, doit être libre, donc Dieu n&rsquo;existe pas »</em>. Une vision binaire de la croyance, opposée à toute religion qui serait naturellement obscurantiste. Cela nous empêche d&rsquo;avoir une lecture matérialiste des structures oppressantes réellement à l’œuvre, en vue de les combattre.</p>



<p>Enfin, c&rsquo;est aussi une volonté de détruire le potentiel outil de résistance qu&rsquo;est l&rsquo;islam.&nbsp;</p>



<p>À droite, pour briser la résistance à l&rsquo;hégémonie capitaliste et impérialiste.</p>



<p>À gauche, car la seule identité légitime pour faire la révolution serait celle du prolétaire, toute autre identité est vue comme divisant la classe ouvrière. Si notre classe est effectivement traversée par des contradictions, c&rsquo;est une erreur de ne pas les prendre en charge et de laisser une partie de notre classe (ici les musulman·es) seule face aux violences racistes. Car l&rsquo;unicité se construit en opposition aux stratégies de division de la classe dirigeante.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><strong>Lutter aux côtés des musulman·es</strong></h1>



<p>Face à ceux et celles qui nous accusent de complicité avec les musulman·es, il faut plaider coupable<sup data-fn="904fe9ee-c9c0-46ac-be4a-60d27d2ce31b" class="fn"><a href="#904fe9ee-c9c0-46ac-be4a-60d27d2ce31b" id="904fe9ee-c9c0-46ac-be4a-60d27d2ce31b-link">4</a></sup>. Coupable de défendre la liberté de culte. Coupable de défendre la Palestine, de la mer au Jourdain. Coupable de défendre la liberté, l&rsquo;égalité et la fraternité réelle pour toutes et tous. Chaque musulman·e attaqué·e pour ce qu&rsquo;il est, se doit d&rsquo;être défendu·e, qu&rsquo;importe les différents politiques existant. Que ce soit l&rsquo;imam Hassan Iquioussen victime de la loi séparatisme et menacé d&rsquo;expulsion, ou Omar Alsoumi arrêté pour « apologie de terrorisme <em>»</em> pour avoir soutenu la résistance palestinienne, ou une mosquée attaquée, nous devons réagir depuis nos collectifs. Chaque solidarité effective contre les violences islamophobes participe à l&rsquo;unification de notre classe, et donc nous renforce collectivement.</p>



<p>Malgré tout, dans les moments critiques, nous pouvons entrapercevoir nos possibles alliances. Lors de l&rsquo;horrible meurtre filmé d&rsquo;Aboubakar Cissé en pleine prière, une partie de la gauche radicale a rapidement réagi pour participer aux mobilisations.</p>



<p>De la même façon, les 2 dernières années de lutte contre le génocide à Gaza et la colonisation en Cisjordanie sont parties d&rsquo;un mouvement par en bas et ont montré qu&rsquo;avec un objectif clair (arrêter le génocide), il est possible de dépasser nos contradictions et de lutter au coude à coude, musulmans ou non. Pour autant, les quelques ponts qui se sont créés se sont faits au prix du sacrifice de centaines de milliers de palestinien·nes, et globalement la réaction de notre camp reste très loin d&rsquo;être satisfaisante.</p>



<p>Maintenant, il faut arrêter d&rsquo;essentialiser les organisations musulmanes ou de les voir comme un bloc homogène, pour les considérer pour ce qu&rsquo;elles sont : des forces politiques avec lesquelles il est possible de s&rsquo;allier pour les prochains combats à mener, en particulier pour créer un front commun conséquent contre le racisme et le fascisme.</p>



<p><strong><em>Camille (A2C Rennes)<br></em></strong></p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="dc353502-fda5-4901-8916-b0c1695d912f"> A. Szymanski, <em>« Racial Discrimination and White Gain »</em>, American Sociological Review, 41 (1976), pp. 409-412. <a href="#dc353502-fda5-4901-8916-b0c1695d912f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="31a4f058-7faf-475e-bdf5-210294a3308a">CCIF : Collectif Contre l&rsquo;Islamophobie en France <a href="#31a4f058-7faf-475e-bdf5-210294a3308a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="63cb8154-e57f-49e2-868e-b61385d3af79">CCIE : Collectif Contre l&rsquo;Islamophobie en Europe <a href="#63cb8154-e57f-49e2-868e-b61385d3af79-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="904fe9ee-c9c0-46ac-be4a-60d27d2ce31b">Inspiré de l&rsquo;article<em> « Contre l’islamophobie : le 11 mai et après, aimez-nous vivants »</em>, Nadia Meziane, lignes-de-cretes.org <a href="#904fe9ee-c9c0-46ac-be4a-60d27d2ce31b-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li></ol>


<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-front-commun-antifasciste-sans-luttes-contre-lislamophobie/">Pas de front commun antifasciste sans luttes contre l&rsquo;islamophobie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Aboubakar : au moins 57 raisons de renverser le système </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/aboubakar-57-raisons-de-renverser-le-systeme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vanina]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Jun 2025 15:11:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Aboubakar]]></category>
		<category><![CDATA[Anticapitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Islamophobie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=9606</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">L’affrontement entre les blocs de capitaux s’accélère chaque jour un peu plus et son dénouement ne sera jamais en notre faveur si nous ne parvenons pas à interrompre le cours de l’histoire.</div>
<p> <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/aboubakar-57-raisons-de-renverser-le-systeme/" title="Aboubakar : au moins 57 raisons de renverser le système ">[...]</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/aboubakar-57-raisons-de-renverser-le-systeme/">Aboubakar : au moins 57 raisons de renverser le système </a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Aboubakar Cissé, 22 ans, a été assassiné de 57 coups de couteau, samedi 25 avril, dans la mosquée de La Grand-Combe dans le Gard. Sa famille a réclamé que la justice considère ce crime comme « attentat terroriste » et insisté sur le racisme et l’islamophobie qui ont motivé l’assassin. Nous réclamons la justice et la vérité à leurs côtés et aux côtés de toutes celles et ceux nombreu·x·se·s qui à travers les rassemblements et manifestations qui ont suivi, ont démontré par leurs hommages et leur colère, la volonté d’un nombre grandissant de personnes de s’organiser pour ne plus reculer.</p>



<p>Mais la justice et la vérité ne seront pas entières avec la seule condamnation de celui qui a donné les coups de couteau. Il y a d’autres coupables : les hommes, les femmes et les organisations qui développent les discours et passent les lois qui font des musulman·e·s, des immigré·e·s avec ou sans-papiers des menaces pour la société, des dangers à combattre, des cibles à abattre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Retailleau, Darmanin, Valls, … coupables et commanditaires&nbsp;</h2>



<p>Une partie d’entre eux et elles était réunie à Paris mercredi 26 mars au Dôme de Paris dans une soirée intitulée « Pour la République, la France contre l’islamisme ! ». Comprendre « soirée “républicaine” contre les musulmans et les Palestiniens »<sup data-fn="d8336490-ceca-4186-9f8d-a748987c7a78" class="fn"><a id="d8336490-ceca-4186-9f8d-a748987c7a78-link" href="#d8336490-ceca-4186-9f8d-a748987c7a78">1</a></sup> organisée par des sionistes, des racistes, un milliardaire catholique intégriste d’extrême droite en présence de 2 ministres du gouvernement, Valls et Retailleau. Ce dernier terminant son discours par « À bas le voile ! ».</p>



<p>Ceux-là, accompagnés de Darmanin et d’autres, ne sont pas juste coupables, ce sont aussi les vrais commanditaires, tant chacun d’entre eux emploie toute son énergie à imprimer dans la tête de tou·te·s que le problème dans la société ne serait pas les inégalités, mais plutôt les personnes comme Aboubakar Cissé, musulman, immigré et sans-papiers. C’est le sens du rapport contre les Frères Musulmans de Darmanin et de sa récupération actuelle par Retailleau pour justifier les prochaines attaques de l’État contre les musulman·e·s.</p>



<p>L’État va continuer de répondre par la répression et l’autoritarisme. Les menaces de dissolution visant Urgence Palestine et la Jeune Garde révèlent une volonté claire : désarmer politiquement toute opposition antiraciste de classe, toute solidarité internationale. Cette stratégie vise à isoler, réprimer et diviser les forces sociales susceptibles de riposter au pouvoir ici de mener leurs guerres là-bas.</p>



<p>Pour toutes ces raisons, la faible implication des grandes organisations politiques &#8211; en dehors de LFI &#8211; et syndicales sur le front antiraciste est alarmante. Rappelons-nous les conséquences de l’absence de mobilisation quand Darmanin avait dissous le CCIF en 2021 : elle préparait les dissolutions à l&rsquo;œuvre aujourd’hui. C’est pourquoi la riposte dès maintenant la plus massive possible est indispensable : il nous faut organiser la solidarité partout et notamment autour des mosquées pour empêcher les attaques islamophobes de demain.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une autre politique que les directions traditionnelles du mouvement</strong></h2>



<p>Partout dans le pays, de très nombreuses sections ou groupes d’une ville, d’un département, d’une région, des différentes grandes organisations politiques et syndicales participent activement à organiser la lutte contre le racisme et pour l’égalité des droits, contre le fascisme, en solidarité avec la Palestine. Très souvent sur des bases beaucoup plus affirmées que leurs directions.</p>



<p>Dans une situation où nous allons devoir de plus en plus organiser nos mobilisations à une échelle nationale pour atteindre le rapport de force requis, la critique des directions syndicales et politiques actuelles continuera d’être nécessaire mais deviendra néanmoins de plus en plus insuffisante. Il nous faut aller plus loin et se poser la question de savoir comment le mouvement par en bas peut imposer une autre politique en se donnant les moyens de mener des tests à des échelles suffisantes pour incarner une alternative stratégique crédible.</p>



<p>Cette tâche est en réalité double : la capacité de cette autre politique à émerger dépendra de l’ampleur du mouvement et inversement l’ampleur du mouvement dépendra de la politique qui en aura émergé. Dit autrement, il nous faut construire et encourager l’émergence de réseaux d’activistes, de collectifs, de sections syndicales etc qui soient à même de proposer des stratégies alternatives aux directions politiques et syndicales actuelles mais aussi de convaincre un maximum de personnes sur ces bases.</p>



<p>Or l’idée que le pouvoir se construit par en bas, dans l’action, dans la confiance dans nos propres forces, dans l’élaboration de stratégies pour gagner, est à rebours de tout ce qui domine le champ politique, et cela pèse sur la situation. Il va donc forcément y avoir des flux et des reflux importants et il nous faut garder des caps. Cette dernière séquence le démontre. Elle a été riche de mobilisations pour faire face aux attaques incessantes de la classe dirigeante. Que l’on pense au 8 mars et la démonstration de force face à Nous vivrons et Némésis ; au 22 mars historique contre le racisme et le fascisme ; au 1er mai parisien et son cortège antiraciste et anti-impérialiste plus massif que nombre de cortèges syndicaux : notre classe répond présente et est déterminée à se défendre. </p>



<p>Pour autant, en dépit de nombreuses luttes vivantes et vaillantes, celles-ci sont restées fragmentées, sans continuité organisationnelle ni cadre politique commun. Bien que conséquentes, elles ne signifient pas une augmentation mécanique des capacités d’auto-organisation de notre classe : nous peinons à accumuler les forces suffisantes pour gagner.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Construire nos boussoles</strong></h2>



<p>Ce constat, loin d’être défaitiste, nous invite à se reposer les questions de stratégie. Et pour ce faire, nous considérons que le marxisme est une boussole. Loin d’être une doctrine figée, il nous aide à comprendre le monde pour le transformer. Il permet d’articuler l’analyse de classe avec les oppressions spécifiques et de penser la stratégie révolutionnaire non pas comme une stratégie à long terme mais comme un guide pour l’action dans le mouvement et pour le mouvement. Par ailleurs, pour nous qui pensons qu’une révolution est le soulèvement collectif et actif de millions d’entre nous et non le soutien passif à des « chefs », le partage permanent des expériences et des débats à l’échelle la plus importante possible afin de tirer les bilans de nos actions est indispensable à cette élaboration stratégique.</p>



<p>C’est donc sur ces bases que nous pensons important de débattre entre militant·e·s syndicales, de collectifs, de réseaux de solidarité, etc. et que nous proposons un week end ouvert à toutes et tous le samedi 28 et le dimanche 29 juin à Paris : <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/a2c-vous-invite/boussoles-festival-de-debats-revolutionnaires/">le festival Boussoles</a>. </p>


<div class="wp-block-image wp-duotone-unset-1">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img data-dominant-color="c17e9e" data-has-transparency="false" fetchpriority="high" decoding="async" width="660" height="220" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/06/En-tete-NL-3-1.webp" alt="" class="wp-image-9632 not-transparent" style="--dominant-color: #c17e9e; width:644px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/06/En-tete-NL-3-1.webp 660w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/06/En-tete-NL-3-1-300x100.webp 300w" sizes="(max-width: 660px) 100vw, 660px" /></figure>
</div>


<p>Nous souhaitons y discuter des éléments saillants de la période politique dans laquelle nous nous trouvons et essayer de défaire les nœuds qui se posent à nous tou·te·s qui intervenons dans le mouvement : quel rôle le syndicalisme peut jouer dans la lutte contre les oppressions ou face à la guerre ? La grève est-elle encore un moyen efficace pour créer du rapport de force ? Doit-on faire avec l&rsquo;État ou le détruire ? La classe ouvrière du Nord tire-t-elle profit de l’exploitation du Sud ? Quelles sont les spécificités de la lutte antifasciste? Autant de questions et bien d’autres encore qui nous paraissent nécessaires à aborder ensemble afin d’élaborer ce qui nous permettra de gagner. Car la situation actuelle nous oblige plus que jamais.&nbsp;</p>



<p>Le génocide en Palestine qui continue, l’assassinat islamophobe de Aboubacar Cissé, les attaques et présences répétées de fascistes contre les mobilisations et actions de notre camp, les lois et discours contre les immigré·e·s et les musulman·e·s, la répression et l’autoritarisme de l’Etat, la course à l’armement, le développement du nationalisme les velléités guerrières qui ne cachent plus leur nom : l’affrontement entre les blocs de capitaux s’accélère chaque jour un peu plus et son dénouement ne sera jamais en notre faveur si nous ne parvenons pas à interrompre le cours de l’histoire.</p>



<p>Il y a urgence, c’est une certitude. Parce que les raisons de renverser le système se font de plus en plus graves et nombreuses, il nous faut nous organiser pour riposter à la situation actuelle et le faire de sorte à devenir plus fort pour les combats de demain : nous devons construire ce qui nous permettra de gagner in fine. Le chemin sera long et semé d’obstacles. Il nous faut donc, à chaque étape, façonner collectivement les pavés sur lesquels notre foule devra pouvoir passer, car notre nombre sera déterminant. Mais des pavés solides, sur lesquels nous ne nous tordrons pas les chevilles au 1er kilomètre parcouru ensemble.</p>



<p>Ce chemin est le seul que nous pouvons raisonnablement emprunter: celui de la révolution. En mémoire d&rsquo;Aboubakar, pour nous tou·te·s, il nous faut tout renverser !</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>A2C</strong><sup data-fn="1eaee485-c871-4550-bab8-97b4093d09b7" class="fn"><a id="1eaee485-c871-4550-bab8-97b4093d09b7-link" href="#1eaee485-c871-4550-bab8-97b4093d09b7">2</a></sup></p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="d8336490-ceca-4186-9f8d-a748987c7a78">Lire le récit de cette soirée <a href="https://orientxxi.info/magazine/paris-une-soiree-republicaine-contre-les-musulmans-et-les-palestiniens,8144">ici</a> <a href="#d8336490-ceca-4186-9f8d-a748987c7a78-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="1eaee485-c871-4550-bab8-97b4093d09b7">Retrouvez le sommaire de la revue duquel est extrait cet édito <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/revue-da2c/les-cahiers-da2c-17/">ici</a> <a href="#1eaee485-c871-4550-bab8-97b4093d09b7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/aboubakar-57-raisons-de-renverser-le-systeme/">Aboubakar : au moins 57 raisons de renverser le système </a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<item>
		<title>Sur l’islamisme : Lutter contre les analyses racistes</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/sur-lislamisme-lutter-contre-les-analyses-racistes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jan 2025 13:29:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[Hamas]]></category>
		<category><![CDATA[islamisme]]></category>
		<category><![CDATA[Islamophobie]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=9095</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d&#8217;A2C #14 &#8211; SEPTEMBRE 2024 Un an après l’offensive de la résistance palestinienne du 7 octobre et après un an de génocide se généralisant partout en Palestine, il nous semble utile de retranscrire <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/sur-lislamisme-lutter-contre-les-analyses-racistes/" title="Sur l’islamisme : Lutter contre les analyses racistes">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #14 &#8211; SEPTEMBRE 2024</h6>



<p><em>Un an après l’offensive de la résistance palestinienne du 7 octobre et après un an de génocide se généralisant partout en Palestine, il nous semble utile de retranscrire ici une introduction de Denis Godard à une discussion d’A2C Région Parisienne du 27 octobre 2023. Cette analyse, polémique, est un élément de débat à poursuivre et creuser.&nbsp;</em></p>



<p><em>Cela nous semble important pour au moins deux raisons.</em></p>



<p><em>D’abord parce que la qualification des courants islamistes en général comme terroristes, obscurantistes &#8211; voire fascistes &#8211; fait partie de l’arsenal servant à légitimer aussi bien l’impérialisme, le sionisme que le racisme. Autour de l’anniversaire du 7 octobre, dans un climat marqué par le développement du fascisme et du racisme, il est plus important que jamais de résister à cette offensive.</em></p>



<p><em>Ensuite parce que, ces qualifications, reprises au sein de la gauche, ont comme double conséquence de paralyser le développement d’un mouvement de solidarité inconditionnelle avec la résistance palestinienne et celui d’une alternative révolutionnaire.&nbsp;</em></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p>Il faut d’emblée différencier l’islamisme de l’Islam. Les islamismes sont des courants politiques. Si la religion &#8211; pas seulement l’islam &#8211; a toujours eu une importance dans le champ politique, les courants islamistes ont pour objectif de transformer les sociétés.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un phénomène moderne</strong></h2>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="706b65" data-has-transparency="false" decoding="async" width="541" height="383" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/IMG_5947-jpg.webp" alt="" class="wp-image-9096 not-transparent" style="--dominant-color: #706b65; width:261px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/IMG_5947-jpg.webp 541w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/IMG_5947-300x212.webp 300w" sizes="(max-width: 541px) 100vw, 541px" /><figcaption class="wp-element-caption">Jam al-Din al-Afghani</figcaption></figure>
</div>


<p>Jamal al-Din al-Afghani est considéré comme l’un des premiers théoriciens de ce qu’on appelle aujourd’hui l’islam politique ou l’islamisme. Il naît en Perse en 1838, parcourt de nombreuses régions du monde et passe la majeure partie de son existence en Afghanistan.&nbsp;</p>



<p>Ses réflexions sont des réponses à un débat qui secoue le monde intellectuel des pays musulmans à la fin du XIXe siècle. Comment l’occident a-t-il pu dominer les sociétés musulmanes, économiquement, militairement, politiquement et parfois même les coloniser directement ?</p>



<p>Une partie de sa réponse est que ces sociétés se sont affaiblies parce qu’elles se sont éloignées des valeurs fondamentales de l’islam originel. Mais cela se combine aussi avec un questionnement sur la science. Les intellectuels musulmans de l’époque se demandent pourquoi c’est l’Europe qui a développé la science (et la technologie) alors que l’islam fondait une culture a priori mieux armée pour favoriser son développement.</p>



<p>C’est ce qui conduit Afghani à défendre le projet de régénérer les sociétés sur la base d’un retour aux valeurs originelles de l’islam.</p>



<p>Dès son origine l’islamisme est donc un courant moderne. Il se développe sous l’impact des transformations induites par la domination de l’Europe et les bouleversements sociaux générés par le développement du capitalisme. Il est une tentative de comprendre ces transformations et de lutter pour concilier la lutte contre la domination impérialiste et le développement d’une société plus juste.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Vers des organisations politiques</strong></h2>



<p>Afghani n’est pas le seul. Il participe à une effervescence intellectuelle. Lui-même voyage beaucoup non seulement en Perse, en Afghanistan, en Inde mais aussi à Londres, à Paris.&nbsp;</p>



<p>Produit de ces débats, le développement d’organisations islamistes est encore plus récent. Les Frères Musulmans naissent au Caire en 1928. En Inde se développent des associations et fraternités. Un autre des théoriciens reconnus de l’Islam politique, Sayyid Maududi, qui se définit comme un réformiste musulman, crée un parti, le Jamaat-e-islami, à Lahore en 1941. À Gaza, la branche des Frères Musulmans se crée en 1946 juste avant la création de l’Etat d’Israël.&nbsp;</p>



<p>L’ensemble de ces courants islamistes de la première moitié du XXe siècle partagent ces deux objectifs : réorganiser les sociétés sur la base des principes des premiers temps de l’Islam, et résister au colonialisme et à l’expansion de l’impérialisme dans les régions du monde musulman.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’essor de la fin des années 70</strong></h2>



<p>C’est cependant à la fin des années 70 et dans les années 80 et 90 que les courants islamistes connaissent un développement de masse.</p>



<p>On rappellera ici des dates charnière avec l’année 1979 qui est celle de la révolution en Iran. La consolidation du régime autour de Khomeiny se fait au travers d’un processus complexe avec, au départ, l’émergence de nombreux conseils ouvriers et des alliances puis conflits entre de nombreux courants, un courant autour du clergé chiite et de Khomeiny, un parti communiste iranien alors très fort, des courants liés à la bourgeoisie libérale, des courants guérilléristes, les uns maoïstes (Fedayins) et les autres « islamistes de gauche » (Moudjahidins).</p>



<p>L’année 1979 est aussi celle du début de la guerre en Afghanistan contre l’occupation soviétique.</p>



<p>En Algérie, au début des années 1990, le FIS (Front islamique du salut) gagne le premier tour d’élections législatives lors du processus sans doute le plus « démocratique » de l’histoire du pays. Il y a un coup d’Etat militaire pour empêcher les islamistes d’arriver au pouvoir. Coup d’Etat qui sera soutenu par l’ensemble de la gauche algérienne et française.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le tournant idéologique des années 1990</strong></h2>



<p>En France, le développement de l’islamophobie, de ce que Vincent Geisser nommera « la nouvelle islamophobie » commence dès les années 1980 sous Mitterrand au moment de son tournant vers l’austérité pour dénoncer les grèves dans l’automobile impliquant massivement des travailleurs immigrés.</p>



<p>Mais il y a un tournant idéologique au début des années 1990 permettant de comprendre la vision dominante occidentale sur l’islamisme.</p>



<p>Deux théories vont structurer l’idéologie dominante.&nbsp;</p>



<p>La première, est développée dans un article en 1989 et donnera lieu à un livre en 1992. Il s’agit de <em>La Fin de l’Histoire</em> par Francis Fukuyama. Pour lui la chute de l’URSS signifie le triomphe du capitalisme libéral sans contestation ni alternative possible. L’horizon historique est désormais borné par le capitalisme.&nbsp;</p>



<p>La seconde est développée par un intellectuel proche des milieux conservateurs états-uniens, Samuel Huntington, au travers d’un article en 1993 puis d’un livre en 1996 <em>Le Choc des Civilisations. </em>Il s’oppose, en partie, à Fukuyama, en disant qu’il n’y a pas de fin de l’histoire. Simplement le nouveau conflit structurant n’est plus entre capitalisme et communisme. Le combat sera entre la civilisation occidentale &#8211; démocratique et libérale &#8211; et la civilisation musulmane &#8211; barbare.&nbsp;</p>



<p>Dans les pays dominants c’est en ces termes que va être abordée la question du développement de l’islamisme. Soit défendre la démocratie assimilée au capitalisme libéral. Soit la barbarie identifiée aux pays du sud, à l’islam, etc.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La gauche paralysée</strong></h2>



<p>Ces analyses qui vont dominer, notamment dans le champ médiatique, vont contaminer la gauche. D’autant plus que, pour l’essentiel, même dans les courants opposés au stalinisme, la gauche analyse la chute de l’URSS comme un recul et une victoire du capitalisme.</p>



<p>Au pire cela se traduira, face à l’essor de l’islamisme par un soutien de fait à « la démocratie », soit-elle celle de l’impérialisme et du capitalisme libéral. Au mieux par une paralysie face aux situations qui se développent. Pour ne prendre que l’exemple de la révolution égyptienne en 2011, il n’y a eu aucune mobilisation, en France, de soutien aux révolutionnaires égyptiens. Parce qu’en Egypte la force politique dominante ce sont les Frères musulmans.</p>



<p>Il y a en réalité une alternative à ces analyses.</p>



<p>Les conflits qui se développent alors, au niveau global ou dans chaque société, sont le produit d’une crise du système qui développe toutes ses contradictions internes. C’est à l’intérieur de ces conflits qu’il peut y avoir des mobilisations au sein desquels les idées peuvent se mettre à changer. Ces conflits impliquent toutes les couches sociales et c’est à l’intérieur de ces conflits, des antagonismes qu’ils révèlent qu’une lutte doit être menée sur les stratégies à mettre en œuvre, les perspectives politiques à développer.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’essor de l’islamisme, conséquence de l’échec de la gauche nationaliste arabe</strong></h2>



<p>Contre toute vision essentialiste et figée, il faut comprendre le développement des forces islamistes dans le dernier quart du XXème comme une conséquence de l’échec d’autres forces, d’autres courants politiques qui avaient été identifiés à la lutte pour le progrès, pour la transformation de la société, contre l’impérialisme et le colonialisme.</p>



<p>Dans les années 60 et 70, les courants dominants dans les pays du sud étaient différentes variantes du nationalisme et des luttes de libération nationale, beaucoup plus acceptables pour la gauche parce que ces courants étaient perçus comme laïques. Des partis de gauche, parfois très importants existaient, partis communistes staliniens ou courants maoïstes.</p>



<p>Un révolutionnaire américain, qui est allé en Afghanistan dans les années 70, a ainsi décrit comment les communistes étaient alors dominants dans les villes. A tel point qu’en 1978, le Parti Communiste parvient à s’emparer du pouvoir. Il prône une législation féministe, une réforme agraire et des progrès sociaux. Mais faute d’implantation dans les campagnes il va chercher à imposer ces transformations par la force. Il va seulement réussir à souder, dans l’opposition à son pouvoir, les paysans pauvres et les propriétaires terriens opposés à la réforme agraire. Pour « rétablir l’ordre » et garantir l’influence à ses frontières, c’est l’armée russe qui prend la relève. On comprend pourquoi ce sont les courants islamistes qui ont dominé la résistance, d’abord à l’impérialisme soviétique puis à l’occupation américaine.&nbsp;</p>



<p>En Palestine le Fatah Palestinien est créé en 1959 par Yasser Arafat et des jeunes, membres des Frères Musulmans. Ceux-ci ne rompent pas avec l’idéologie des Frères Musulmans mais avec sa stratégie. A ce moment-là la stratégie des Frères Musulmans en Palestine consiste à s’implanter sans s’affronter directement ni à l’administration en place (en 1959 Gaza est administrée par le pouvoir égyptien) ni à Israël. Le Fatah, alliance du nationalisme arabe et d’une gauche marxisante (le FPLP), prône l’affrontement armé. Il va être écrasé par Israël en 1973 alors que les Frères Musulmans continuent de se développer en refusant toute confrontation directe avec l’Etat d’Israël qui a repris l’administration de Gaza.</p>



<p>Le Hamas est créé en 1987 au moment où les Frères Musulmans rompent avec leur stratégie préalable. Sous l’influence notamment d’un soulèvement de masse, la première intifada, la révolte des pierres de la jeunesse palestinienne, à Gaza et en Cisjordanie. Le dirigeant des Frères Musulmans, Cheikh Yassine, crée le Hamas comme mouvement de libération nationale (ce qui est la signification de son nom).</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La conciliation de classes, contradiction commune au nationalisme arabe et à l’islamisme&nbsp;</strong></h2>



<p>Qu’est-ce qui permet aux islamistes d’occuper la place laissée vacante par les échecs du nationalisme arabe et de la gauche ?</p>



<p>La première raison c’est ce que le projet national partage avec l’islamisme la capacité de fédérer des couches sociales aux intérêts différents.</p>



<p>Les résistances au colonialisme se sont construites au XXème siècle dans une sorte de symétrie avec les puissances impérialistes qui étaient des Etats-nations. Pour combattre les puissances impérialistes il fallait créer une identité nationale. Par exemple, lorsque le FLN algérien se crée, de nombreux débats émergent pour définir une identité nationale algérienne donnant sens à la lutte commune de libération nationale. La conclusion de ces débats internes au FLN c’est la définition d’une identité algérienne, « arabo-musulmane ». Ce sera d’ailleurs le ferment de conflits ultérieurs, jusqu’à aujourd’hui. Parce qu’une composante importante de la lutte sont les Kabyles, des berbères, ni arabes ni musulmans.&nbsp;</p>



<p>La construction de la Nation prétend faire coexister les intérêts tant d’une fraction de la bourgeoisie nationale qui veut prendre la place de la bourgeoisie coloniale &#8211; pour exploiter à sa place « ses » travailleurs, de la petite bourgeoisie opprimée et mise en danger par le type de développement imposé par l’impérialisme que des ouvriers et paysans. L’idéologie nationale rassemble toutes ces couches pour lutter contre ce qui est identifié comme la racine de tous les problèmes, la domination impérialiste et coloniale, la domination étrangère.</p>



<p>Mais les régimes issus, sur cette base, des indépendances, ne vont pas régler les problèmes de fond. Les luttes qui se développent s’affrontent à la fois aux régimes en place et à la domination étrangère qui perdure sous de nouvelles formes. Le nationalisme, tel qu’il était conçu ne sert plus de ciment.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Sans s’attaquer au capitalisme&nbsp;</strong></h2>



<p>La deuxième raison à la capacité de l’islamisme à occuper sa place vient du fait qu’il semble offrir, comme à la fin du XIXème siècle, une alternative au nationalisme sans rompre avec ses prémisses. C’est-à-dire sans rompre avec le capitalisme.</p>



<p>L’articulation entre la lutte contre les régimes en place et la domination étrangère c’est l’islam comme ferment d’une culture commune, de valeurs partagées. Elle permet de dénoncer les dirigeants en place (et d’expliquer leur échec) comme dirigeants qui ont trahi les valeurs de l’islam, qui ont adopté les valeurs occidentales. Et qui se sont donc compromis, ont été corrompus par ces valeurs.</p>



<p>Dans <em>Le Prophète et le Prolétariat, </em>Chris Harman analyse ainsi comment l’islamisme a pu fédérer différentes classes sociales. Il attire les anciennes classes dirigeantes (propriétaire terriens, commerce…) marginalisées par le développement capitaliste tel qu’il est imposé par les régimes issus des indépendances, de nouvelles fractions des classes dirigeantes qui entrent en conflit avec l’Etat dirigiste, la petite bourgeoisie traditionnelle très liée au clergé religieux et les pauvres des villes, anciens paysans chassés des campagnes par les réformes agraires. La dernière couche sociale, très importante dans le cas de l’islamisme, ce sont les étudiants et étudiantes sans débouchés à la hauteur de leurs diplômes.</p>



<p>L’unité de couches sociales aux intérêts divergents voire antagoniste est basée sur la régénération des valeurs de l’islam comme projet politique de transformation sociale et d’opposition à l’impérialisme.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Oscillations entre imposition des « valeurs » et lutte contre le pouvoir</strong></h2>



<p>Elle va conduire à une oscillation permanente chez ces courants entre la conciliation avec les pouvoirs en place et l’opposition frontale et parfois armée avec ceux-ci. Ces deux pôles peuvent se cristalliser en des courants différents (et en conflit) ou parfois se succéder au sein d’un même mouvement (comme dans le cas du Hamas).</p>



<p>L’autre oscillation/contradiction va se jouer sur l’articulation entre la nécessité de régénérer la société sur la base des valeurs originelles de l’islam et la lutte contre l’impérialisme. Soit l’importance est mise sur la nécessité d’imposer ces valeurs (contre l’impérialisme dit culturel) soit elle est mise sur l’unité contre les oppresseurs dans des luttes communes.</p>



<p>L’accent mise sur l’imposition des valeurs au nom de la lutte contre l’impérialisme culturel peut se traduire par attaquer des femmes parce qu’elles ne portent pas le foulard, attaquer des homos ou des communistes aussi bien que mettre la pression sur les pouvoirs en place pour le faire.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="ab715d" data-has-transparency="false" decoding="async" width="749" height="1000" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/IMG_5952.jpg" alt="" class="wp-image-9101 not-transparent" style="--dominant-color: #ab715d; width:181px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/IMG_5952.jpg 749w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/IMG_5952-225x300.webp 225w" sizes="(max-width: 749px) 100vw, 749px" /></figure>
</div>


<p>C’est l’analyse des contradictions de classe de l’islamisme qui ont amené Chris Harman à cette conclusion : « avec les islamistes parfois, avec l’Etat jamais ». Lorsque ces contradictions amènent des courants islamistes à combattre les pouvoirs en place, à lutter contre l’Etat et contre l’impérialisme, les révolutionnaires se retrouvent à lutter à leurs côtés. C’était le cas sur la place Tahrir pendant la révolution égyptienne. Nous sommes aussi aux côtés du Hamas dans la lutte contre l’Etat israélien.</p>



<p>Mais c’est en toute indépendance politique parce que nous sommes aussi contre ces courants quand ils attaquent les femmes, les minorités de genre etc. Au nom d’une autre stratégie, celle de l’unité et de l’autonomie de classe.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Denis Godard, Paris&nbsp;20e</h5>



<p></p>
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		<title>Récit d’une grève contre l’islamophobie, le racisme et le sexisme dans l’Éducation </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/recit-dune-greve-contre-lislamophobie-le-racisme-et-le-sexisme-dans-leducation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 03 Sep 2023 20:42:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Abaya]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Éducation]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Islamophobie]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Récit d’une lutte menée par des lycéen·nes et d’une grève menée par les AED (assistant·es d’éducation) à Marseille, contre les intimidations racistes et sexistes dans les établissements scolaires. Cette lutte nous permet de nommer les <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/recit-dune-greve-contre-lislamophobie-le-racisme-et-le-sexisme-dans-leducation/" title="Récit d’une grève contre l’islamophobie, le racisme et le sexisme dans l’Éducation ">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">Récit d’une lutte menée par des lycéen·nes et d’une grève menée par les AED (assistant·es d’éducation) à Marseille, contre les intimidations racistes et sexistes dans les établissements scolaires. Cette lutte nous permet de nommer les obstacles mais aussi les possibilités d’auto-organisation des travailleur·euses précaires contre les oppressions racistes. </p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #09 &#8211; Septembre 2023</h6>



<p>Au printemps 2022, des propos racistes de la part d’enseignant·es sont signalés par des élèves du lycée Victor-Hugo de Marseille. Le 20 mai 2022, une journée de mobilisation est initiée par des lycéennes qui portent le voile en dehors du lycée contre les discriminations islamophobes qu’elles subissent, à savoir des remarques sur leurs robes « trop longues » mais aussi des remarques stigmatisantes sur le fait qu’elles portent le foulard en dehors du lycée. Face à cette journée de mobilisation pour dénoncer ces discriminations, la seule réponse de la direction est de mettre la faute sur le personnel de la vie scolaire qui aurait « manipulé les lycéennes ». En effet, des AED ont signalé des propos à caractères racistes tenus par une professeure de l’établissement. Décidant d’ignorer les dénonciations des lycéennes et les signalements des AED, la direction de l’établissement décide de ne pas renouveler le contrat de trois des AED qui avaient dénoncé les propos racistes. Cette sanction arbitraire est en réalité le signe d’une répression féroce à l’égard des travailleur·euses dénonçant l’islamophobie dans l’établissement scolaire de Victor-Hugo. Suite à cette répression, les AED de Victor-Hugo décident de riposter dès le 16 juin 2022 en se mettant en grève et en appelant à un rassemblement devant le lycée. </p>



<h2 class="wp-block-heading">La chasse aux abayas dans les établissements scolaires</h2>



<p>Les discriminations au lycée Victor-Hugo reflètent l’accélération des politiques racistes et islamophobes dans les établissements scolaires à Marseille et plus généralement en France. Après la loi de 2004, interdisant le port du voile dans les écoles, pour « respect de la laïcité républicaine », une circulaire est adoptée le 10 novembre 2022 relative au plan laïcité dans les établissements scolaires. Celle-ci, en se concentrant sur « le port de tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse » ainsi que toutes celles « ne manifestant pas par nature une appartenance religieuse » permet aux chef·fes d’établissement et au personnel de juger les tenues des élèves et ainsi d’exercer en toute impunité de nombreuses discriminations sexistes et racistes. À partir de cette circulaire, les directions d’établissement demandent aux vies scolaires de refuser toute tenue qui pourrait s’apparenter à une tenue religieuse. Ainsi, à Marseille, de nombreux établissements se lancent dans une chasse aux abayas, robes traditionnelles des pays de culture musulmane. </p>



<p>Les jeunes filles se retrouvent humiliées par des enseignant·es et la direction les contraint à retirer leurs robes longues si elles souhaitent fréquenter leurs établissements scolaires. Ces mesures discriminatoires et arbitraires s’abattent essentiellement sur les jeunes filles racisées portant le voile à l’extérieur de l’établissement scolaire. Selon les directions d’établissement, les élèves peuvent être renvoyées chez elles pour se changer, et d’autres contraintes à se déshabiller dans l’enceinte de l’établissement. Cette humiliation est permise et justifiée par un soi-disant principe de laïcité, toujours plus flou et entraînant des dicriminations violentes racistes et sexistes, un mal-être scolaire chez les élèves racisé·es, musulman·es ou supposées musulman·es selon leurs cultures et leurs pratiques vestimentaires. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Ripostes lycéennes «Toutes en robes longue » et grève des AED dans un climat de mouvement social de 2023</h2>



<p>Les élèves visées par cette circulaire ne se sont pas laissées faire face aux intimidations des directions d’établissement et de certaines personnes du corps enseignant. Des lycéennes directement visées par les discriminations sexistes et racistes au sein de leurs lycées se sont organisées et ont appelé à des journées « Toutes en robes longues », notamment au lycée Thiers, dans le centre-ville de Marseille. Durant le mouvement social contre la réforme des retraites de ce début d’année 2023, les lycées à Marseille ont été fortement mobilisés et ont fait preuve d’une forte combativité. Des collectifs et syndicats lycéens ont organisé des assemblées générales, des blocages, des départs communs en manifestation et des cortèges hyper dynamiques. Ce climat de prise de confiance politique a permis de renforcer la confiance des lycéen·nes dans leur capacité à faire de la politique et à lutter contre le racisme qu’elles vivent au quotidien. </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/Visuel-feme-voilee.png" alt="" class="wp-image-7783" width="281" height="411" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/Visuel-feme-voilee.png 561w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/Visuel-feme-voilee-205x300.png 205w" sizes="auto, (max-width: 281px) 100vw, 281px" /></figure>
</div>


<p>Le mouvement social a entraîné un fort niveau&nbsp;de conflictualité entre les grévistes et les directions et a permis de rendre visible les politiques&nbsp;répressives de certains établissements à l’égard de tous·tes celles et ceux qui luttent. Par exemple, au lycée Victor-Hugo, un AED très actif dans la lutte&nbsp;syndicale mais aussi dans la lutte antiraciste de l’année précédente, a été suspendu au début du&nbsp;mouvement des retraites. Cette expérience permet&nbsp;de montrer que les politiques racistes chez les directions d’établissement contre les lycéennes sont accompagnées de politiques anti-syndicales lors de mouvements sociaux. C’est toute une politique réactionnaire qui se met en place et contre laquelle nous devons toutes et tous lutter. Le soutien a été immédiat : la moitié des AED du&nbsp;lycée Victor-Hugo se sont mis en grève après avoir appris la suspension de leur collègue. La situation politique a amené les AED de Victor-Hugo à lutter à la fois contre le racisme, le sexisme, la répression&nbsp;anti-syndicale et nos conditions de travail.&nbsp;</p>



<p>En mai 2023, la volonté de se battre réveillée par le mouvement social a poussé des AED de&nbsp;plusieurs établissements à organiser une réunion contre l’application des circulaires discriminantes, islamophobes et racistes. Cette première réunion a réuni le 11 mai plus de 30 AED d’établissements différents sur Marseille et a abouti à un appel à la grève ! Le succès de cette rencontre a été possible&nbsp;grâce à la réactivation du collectif AED13, créé deux ans plus tôt lors de la lutte pour l’obtention de la prime REP et pour la possibilité de titularisation des postes d’AED. Ayant pris une envergure&nbsp;nationale en 2021, cette lutte syndicale offensive a abouti à une victoire en demi-teinte pour les AED. Les revendications sur la prime REP ont été gagnées suite à la mobilisation. Par contre, la titularisation des AED exigée par la mobilisation a été remplacée par un CDI au bout de 6 ans, non obligatoire, et sans revalorisation salariale.&nbsp;</p>



<p>À la suite de la réunion, les AED de Marseille ont donc décidé d’appeler à une journée de grève dès le 8 juin 2023. Après avoir fait un point sur les différentes situations de racisme et d’islamophobie envers les lycéennes, les AED ont écrit un communiqué liant la lutte contre l’islamophobie, le sexisme, la circulaire de 2022 aux conditions de travail précaires qui exposent les AED à davantage de répression. À la suite de cette réunion, le collectif AED13 a organisé des débrayages dans plusieurs établissements marseillais. Ces moments ont permis des discussions sur le racisme dans les lycées et sur l’islamophobie avec les Vies scolaires et la plupart des AED recensaient des cas de renvois et d’humiliation vis-à-vis de lycéennes portant des vêtements amples et des robes longues. </p>



<p>Le 8 juin, les AED ont été une trentaine à être en grève contre l’islamophobie, le racisme et le sexisme dans les établissements scolaires. Malgré la pluie (premier facteur de démobilisation à Marseille), le collectif AED13 a rassemblé plus de 50 personnes devant le lycée Diderot, lycée dans lequel la totalité&nbsp;des AED étaient en grève ce jour-là.&nbsp;</p>



<p>À la suite de cette mobilisation réussie, la répression a continué à s’abattre sur les AED après une action organisée à Victor-Hugo contre&nbsp;le proviseur et ses propos racistes. Deux AED ont été interpellés et placés en garde à vue. Le collectif AED13 a organisé une deuxième journée de grève&nbsp;et de mobilisation, avec un rassemblement cette fois-ci devant le lycée Thiers, pour continuer de&nbsp;lutter contre les discriminations racistes et islamophobes mais également dénoncer la répression qui&nbsp;s’abat sur les AED en lutte. Ce jour-là, beaucoup moins de grévistes sont présent·es, sûrement à cause de la peur de la répression mais aussi de la fin de l’année scolaire. De plus, la grève devient&nbsp;davantage complexe lorsqu’elle n’est plus inscrite dans un mouvement social et expose davantage les grévistes précaires à des renvois, des suspensions&nbsp;ou des non-renouvellements.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Lutter contre l’islamophobie dans l’Éducation nationale, enjeux et difficultés</h2>



<p>La lutte des lycéennes contre l’islamophobie et le racisme, suivie par la grève des AED a été exemplaire. Elle a permis d’exprimer un soutien concret auprès des lycéen·nes en lutte contre les discriminations, de réactiver des liens entre les AED de différents établissements, mais aussi de porter une grève sur des arguments politiques contre le racisme et l’islamophobie. Pourtant, au sein de l’Éducation nationale, trop peu de collègues, notamment du corps enseignant, ont soutenu cette lutte, ce qui a facilité les intimidations et la répression de la part de la direction. Ce manque de soutien peut s’expliquer par la peur de la répression, réelle, à l’en croire les non-renouvellements des AED et la suspension du camarade gréviste. </p>



<p>Mais ce manque de soutien autour de la&nbsp;lutte contre l’islamophobie semble tenir une partie de son explication dans la difficulté à mobiliser aujourd’hui contre l’islamophobie dans l’Éducation nationale. Le principe de&nbsp;laïcité clive en ce qu’il vient se poser dans&nbsp;le discours public comme une garantie face&nbsp;à « l’oppression religieuse et de liberté de culte ». Pourtant, dans un État français où l’islamophobie prend une place de plus en plus inquiétante dans les discours politiques, médiatiques, les soi-disant « libertés » offrent des possibilités de répression de la population musulmane mais également de l’ensemble des&nbsp;personnes racisées ou prétendument musulmanes.&nbsp;</p>



<p>Cette expérience de lutte montre ainsi la nécessité de continuer à s’opposer à l’humiliation des&nbsp;jeunes filles racisées, musulmanes ou prétendues&nbsp;musulmanes au sein de nos établissements scolaires. Car malgré un climat social extrêmement puissant contre la réforme des retraites, la question de l’islamophobie et du racisme opère un clivage dans la population et empêche l’unité de notre classe pour gagner face à Macron. En tant que travailleur·euses en lutte, il est nécessaire de&nbsp;soutenir les lycéen·nes qui se soulèvent contre les oppressions qu’ils et elles subissent de la part d’une&nbsp;institution qui semble les exclure en fonction de&nbsp;leurs habits, leurs coutumes ou leurs religions. Les lycéen·nes ont fortement contribué au rapport de&nbsp;forces contre la réforme des retraites, qui touche&nbsp;également les travailleur·euses, le personnel et les enseignant·es. En retour, nous devons les soutenir&nbsp;lorsqu’elles se battent contre les discriminations&nbsp;qu’elles subissent : lorsqu’une partie de notre classe&nbsp;se soulève, notre place c’est d’être à leurs côtés !&nbsp;</p>



<h6 class="wp-block-heading">Anouk, Marseille</h6>


<div class="wp-block-image wp-duotone-000000-ffffff-2">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="d1e1e6" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #d1e1e6;" loading="lazy" decoding="async" width="720" height="1019" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/368310204_970238424262178_8764222408581085661_n-jpg.webp" alt="" class="wp-image-7782 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/368310204_970238424262178_8764222408581085661_n-jpg.webp 720w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/368310204_970238424262178_8764222408581085661_n-212x300.webp 212w" sizes="auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px" /></figure>
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		<title>Attaque islamophobe à Nanterre ou le dur « après élection »</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/attaque-islamophobe-a-nanterre-ou-le-dur-apres-election/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Thomas]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Jun 2022 04:29:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Islamophobie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Samedi 14 mai, j’ai été attaqué et humilié par trois nazis islamophobes. Pour saisir les enjeux de l’affaire, je vais d’abord revenir sur l’attaque en tant que tel pour ensuite la replacer dans le contexte <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/attaque-islamophobe-a-nanterre-ou-le-dur-apres-election/" title="Attaque islamophobe à Nanterre ou le dur « après élection »">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Samedi 14 mai, j’ai été attaqué et humilié par trois nazis islamophobes. Pour saisir les enjeux de l’affaire, je vais d’abord revenir sur l’attaque en tant que tel pour ensuite la replacer dans le contexte politique du moment.</p>



<p><strong>&nbsp;Une attaque motivée par des convictions identitaires et islamophobes</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img data-dominant-color="636159" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #636159;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/06/islamophobie-1-1.jpg" alt="" class="wp-image-5611 not-transparent" width="613" height="408"/></figure>



<p>Il est 04h16. L’appel du muezzin retentit dans la mosquée de Nanterre. Je me rend à la mosquée pour la prière du matin.</p>



<p>Une fois mon devoir religieux accompli, je m’apprête à rentrer chez moi. Pour me rendre de la mosquée jusqu’à chez moi, j’emprunte un chemin qui passe par un parc départemental : le parc André Malraux. Je porte une chéchia. Sauf que voilà… Si mes coreligionnaires peuvent m’identifier, mes adversaires aussi. Parmi lesquels des islamophobes violents. Trois d’entre eux se trouvaient dans le parc à mon retour. Lorsque je passe à côté du banc où ils s’étaient assis, ils m’apostrophent : « <em>Qu’est-ce que tu fous là ? Est-ce que t’as du fric ? Il avait quel taille l’oiseau qui t’a ch*é ça sur la tête ?</em> ». Je continue de marcher sans les regarder. Je ne sais pas encore si ce sont de simples racketteurs ou des nazis en recherche d’une cible. Il est 04h45, j’entends au son qu’ils sont plusieurs et j’ai un train à prendre. Pas le temps, ni l’aptitude (soyons honnête) à jouer les gros bras de l’antifascisme. Je suis sûr de perdre. Mais ces nazis ne l’entendent pas de cette oreille. Ils décident de lever leurs fesses de là où ils étaient assis et de poser leurs cannettes de bière par terre le temps d’humilier un musulman.</p>



<p>Dès qu’ils me voient (et voient que je suis converti) les attaques verbales se précisent. Je serai le traitre à ma patrie, à ma race… Ils me bloquent le passage : un à chaque côté et le troisième en face de moi. Je peux voir à qui j’ai affaire : bombers vert kaki, cheveux ras (sans être pour autant le fameux crâne rasé des skinheads). Là ses copains me mettent une chiquette, une balayette et je me retrouve au sol. Ils m’immobilisent au sol, la tête écrasée contre la terre (mes lunettes se sont même pétées). Ils essaient de me voler de l’argent (que je n’avais pas sur moi). Et là, c’est l’humiliation. Une phrase me reste gravée : « Vous les musulmans, vous aimez bien vous mettre à genoux pour vous faire enc… ». Le tout en me palpant de façon prononcée mes fesses. Un combo islamophobe, homophobe. Après une période que je ne saurais pas quantifier, ils me laissent repartir. Je suis surpris : on ne peut clairement pas dire que sur le plan physique j’ai pris cher. Par contre sur le plan psychologique, c’est une autre histoire.</p>



<p>En rentrant je prends le temps de prier et de me calmer, en effet cette agression fasciste est d’autant plus dur a gérer pour moi ayant subis des violences sexuelles étant plus jeune, je suis déjà dans une position psychologique fragile. J’ai finalement décidé d’appeler la police. Même si je n’ai aucune confiance ni dans la police et encore moins dans la justice, cet appel est une sorte de protection pour moi : il y a quelque part un document attestant que j’ai déposé une main courante faisant état que j’ai alerté qu’une bande avait commis une agression à caractère islamophobe dans ce parc. On ne pourra pas faire comme si je n’avais rien dis. Si au début, je pars pour passer mon week-end prostré chez moi, c’était sans compter le soutien de mes camarades. Après avoir été remotivé, je décide d’aller les rejoindre à &nbsp;Marseille avec du retard par rapport à l’horaire prévu, pour notre weekend de discussions politique.</p>



<p><strong>&nbsp;&nbsp;Un contexte de violence fasciste</strong> </p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="806f55" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #806f55;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/06/islamophobie-4.jpg" alt="" class="wp-image-5617 not-transparent"/></figure>



<p>Cette attaque n’est pas un fait divers ou un fait isolé : c’est un fait politique s’inscrivant dans un contexte politique de danger fasciste et de violence fasciste. Mort de Frederico Martin Aramburu, ou encore l’attaque d’un bar à Paris, et ce ne sont que deux exemples très récents. Les actes de violences d’extrême droite se multiplient. Dans la cité où j’habite, quelques jours avant l’agression, des autocollants de l’Action Française avait été collés. Après un « nettoyage », ces stickers avaient été recollés une nouvelle fois. 11 344 230 voix pour l’extrême droite (RN + R + DLF) au premier tour n’est pas un score anodin. Avoir une fasciste au second tour qui réunit 13 297 760 voix (soit près de 2 millions de votes en plus par rapport au premier tour) crée une dynamique. Et une dynamique fasciste, ça fait des blessé-e-s, des mort-e-s et des humilié-e-s…</p>



<p>Face à cela, il faut être intraitable sur la menace que représente le fascisme. Ne leur laisser aucune marge de manœuvre. Les dernières campagnes menées contre la NUPES et ce, même par une partie de leurs alliés comme le PCF, montrent bien que la progression politique du fascisme se marie bien avec une progression médiatique. On notera de nouveau la déferlante islamophobe contre les candidats issus de l’immigration ou encore de nouveau avec la nouvelle affaire concernant le port du burkini à Grenoble. Les fascistes s’organisent d’abord autour du racisme et de l’islamophobie. Il faut l leur répondre en construisant dans notre classe un mouvement de masse contre le racisme sous toutes ses formes (contre l&rsquo;islamophobie, pour la régularisation de l’ensemble des sans papiers et l’ouverture des frontières, et contre les violences policières,…) &nbsp;et le fascisme notamment avec la campagne antiracisme et solidarité, qui d’ailleurs appelle a être massivement dans la rue, partout en France, contre le racisme et le fascisme : On attends pas !</p>



<p>Adrien (Nanterre)</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/attaque-islamophobe-a-nanterre-ou-le-dur-apres-election/">Attaque islamophobe à Nanterre ou le dur « après élection »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
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		<title>Démystifier l’islamisme</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/demystifier-lislamisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Solen Rennes]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Dec 2020 14:33:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[islamisme]]></category>
		<category><![CDATA[Islamophobie]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=4861</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">“Il est en effet plus facile de trouver par l’analyse le noyau terrestre des conceptions religieuses les plus nébuleuses, qu’à l’inverse de développer à partir de chaque condition réelle d’existence ses formes célestifiées. C’est cette <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/demystifier-lislamisme/" title="Démystifier l’islamisme">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>“Il est en effet plus facile de trouver par l’analyse le noyau terrestre des conceptions religieuses les plus nébuleuses, qu’à l’inverse de développer à partir de chaque condition réelle d’existence ses formes célestifiées. C’est cette dernière méthode qui est l’unique méthode matérialiste, et donc scientifique<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_4861_16('footnote_plugin_reference_4861_16_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_4861_16('footnote_plugin_reference_4861_16_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_4861_16_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_4861_16_1" class="footnote_tooltip">Karl Marx, <em>Le Capital Livre I</em>, Editions Sociales, 2016 (p.364) </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_4861_16_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_4861_16_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.”&nbsp;</em></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="807468" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #807468;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/12/stop-islamophobie-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-4903 not-transparent"/><figcaption class="wp-element-caption">Cortège contre l&rsquo;islamophobie dans la manifestation contre la Loi sécurité globale du 12 décembre 2020 à Toulouse, crédit : Arya Meroni.</figcaption></figure>



<p class="has-drop-cap">Les contes de l’Ancien Testament se retrouvent dans les discours les plus passionnés et les plus radicaux de Martin Luther King. Les même pages, les même métaphores et les mêmes formules ont inspiré les politiques les plus fanatiquement oppressives et réactionnaires comme celles du Ku Klux Klan et des évangélistes pro-Trump. </p>



<p>Toute personne censée trouverait absurde de croire que c’est dans des textes comme la Bible ou l’Evangile qu’on trouverait des explications sur l’origine des mouvements d’émancipation des Noir.e.s américain.e.s, sur les suprémacistes blancs, sur la théologie de la libération en Amérique Latine ou encore sur les partisan.e.s de la Manif pour Tous. C&rsquo;est en regardant leurs conditions matérielles, sociales et politiques d’émergence que l&rsquo;on se donne une chance comprendre pourquoi ces êtres humains sociaux, pensant.e.s et agissant.e.s, ont trouvé dans les déclamations de textes sacrés (et abstraits) plusieurs fois millénaires un moyen d’exprimer leurs luttes profanes et modernes, qu’elles fussent émancipatrices ou oppressives.   </p>



<p>Nombreux.e.s sont celles et ceux qui reconnaissent, en effet, que la religion chrétienne peut être interprétée politiquement de manières différentes, mais qui considèrent (par ignorance ou par racisme) que l’islam est d&rsquo;une nature bien plus rigide et fixée. Cette religion commanderait une obéissance aveugle aux croyant.e.s et donc, si elle venait à faire effraction hors du soi-disant domaine personnel, ne pourrait le faire que sous la forme d’un monstre obscurantiste.   </p>



<p>L’histoire de l’islam elle-même &#8211; ou plutôt celle des êtres humains, vivant en société et se réclamant de l’islam &#8211; réfute sans doute possible cette vision d’une religion figée et rigide. Depuis toujours, les Musulman.e.s se sont disputés sur différentes interprétations du Coran, de leur religion et des textes sacrés. Derrière les polémiques qui ont émergé dès la mort du prophète et qui peuvent sembler complètement théologiques, il y avait des motivations profanes, rationnelles, liées aux conditions matérielles et sociales d’existence. Nous ne pouvons ici aller plus loin que quelques remarques d’ordre général. Des courants ont voulu restreindre la position de calife (successeur du prophète Mohammad et dirigeant des Musulman.e.s, une position dont la légitimité même a toujours été contestée) aux hommes arabes issus de la lignée du prophète, tandis que d’autres ont préconisé que “même une femme ou un esclave noir” pourraient être élu.e à cette position. Des courants philosophiques ont voulu interpréter l’islam dans une direction rationaliste et quasi-matérialiste, disséminant leurs travaux parmi la population, quand d’autres ont voulu y voir un dogme fixé pour les masses et dont la discussion serait réservée aux seules élites “éclairées”. Des dirigeants conservateurs ont justifié leur despotisme par le Coran, et des révoltes d’artisan.e.s, de paysan.ne.s et d’esclaves ont retourné le Coran contre ces mêmes dirigeants. Des mouvements quasi socialistes ont interprété le Coran comme commandant une égalité matérielle totale parmi les croyant.e.s, quand d’autres ont ordonné aux pauvres et aux opprimé.e.s d’accepter la souffrance terrestre en attendant le jour du Jugement. Toutes ces interprétations différentes n’étaient pas simplement le fruit de spéculations d’individus isolés, mais ont passionné des soulèvements populaires et des mobilisations armées qui ont renversé des régimes et en ont établi de nouveaux, et ce depuis l’émergence de l’islam au 7e siècle.  </p>



<p>Les interprétations différentes d’un seul et même texte sacré (comme le Coran) sont possibles car l’essentiel du texte est abstrait, constitué de “versets qui transcendent l’espace et le temps et qui comportent des valeurs éthiques intemporelles et universelles comme la justice, l’équité, le respect de la dignité humaine, la sagesse et l’intelligence, le savoir et la raison<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_4861_16('footnote_plugin_reference_4861_16_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_4861_16('footnote_plugin_reference_4861_16_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_4861_16_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_4861_16_2" class="footnote_tooltip">Asma Lamrabet, <em>Entre refus de l’essentialisme et réforme radicale</em>, dans la collection Féminismes islamiques, 2012 (p. 62) </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_4861_16_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_4861_16_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.” Comme les croyant.e.s doivent toujours composer avec une existence profane, matérielle et concrète, ils et elles sont condamné.e.s à interpréter ces notions générales selon leur position profane : peut-on penser que dans le fond, la mère d’un migrant marocain noyé dans la Méditerranée et un milliardaire de Tanger aient en tête les même sentiment en récitant les versets coraniques qui commandent l’équité et la justice ?</p>



<p>C’est justement l’abstraction du Coran et son langage universel qui lui permet d’être “moderne”, c’est-à-dire d’être lu par des musulman.e.s du 21e siècle sans apparaître archaïque et incompatible avec les conditions réelles ou perçues de leur existence sociale.</p>



<h2 class="has-medium-font-size wp-block-heading"><strong>L’islamisme, une politique de la modernité </strong></h2>



<p>Ce qu’on va appeler l’islamisme (ou l’islam politique) est inséparable du capitalisme tel qu’il s’est imposé à l’immense majorité des musulman.e.s à partir de la fin du 18e siècle, d’abord sous forme de domination économique, puis politique et enfin directement coloniale par les puissances européennes. Les réactions “islamiques” à cette domination n’ont pas été homogènes, loin de là, mais ont été déterminées par les contradictions sociales trouvées au sein des sociétés dites musulmanes de l’époque. Par exemple, les artisan.e.s urbain.e.s ruiné.e.s par la concurrence des manufactures européennes se sont tourné.e.s vers le mysticisme des confréries Soufi comme vers un échappatoire spirituel à leurs tourments terrestres. Les couches supérieures des oulémas (théologiens qui forment le clergé musulman) ont notamment attaqué ce qu’ils ont appelé la “science européenne”, incompatible selon eux avec l’islam car produite par des “infidèles”. Ceci ne les a jamais empêchés, évidemment, d’accepter le généreux patronage des grands commerçants qui ont fait fortune par leurs affaires avec ces mêmes infidèles<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_4861_16('footnote_plugin_reference_4861_16_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_4861_16('footnote_plugin_reference_4861_16_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_4861_16_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_4861_16_3" class="footnote_tooltip">Voir Peter Gran, <em>Racines islamiques du capitalisme, Le Caire 1760-1840</em>, 1979 (en anglais) </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_4861_16_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_4861_16_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>Les courants islamistes modernes descendent de ceux qui, face à l&rsquo;impérialisme, ne se sont réfugiés ni dans le déni conservateur, ni dans le mysticisme. Une de leurs figure de proue est le propagandiste d’origine iranienne Jamal al-Din al-Afghani (actif dans la seconde moitié du 19e siècle), qui déclarait en parlant des oulémas conservateurs que “ceux qui interdisent la science et la connaissance en croyant protéger l’islam sont en réalité les ennemis de cette religion”. Selon lui, il fallait retourner à l’islam original du Coran en le délestant du poids mort de la tradition et de la superstition accumulées au cours des siècles. Il vit dans l’islam des premières heures une religion rationaliste, par essence orientée vers la science et qui se devait d’incorporer les découvertes de Galilée, Newton ou Kepler. Il préconisait donc d’emprunter à l’Europe ses avancées techniques et scientifiques, voire même certaines de ses institutions politiques modernes, tout en s’opposant à la domination coloniale et à la division en États-nations: “Les Musulmans ne reconnaissent aucune unité sur des bases ethniques, de couleur de peau ou de race. Seule la fraternité religieuse compte.” Al-Afghani appela à l’union de tous les peuples musulmans contre le colonialisme et passa une bonne partie de sa vie à propager ses idées en Égypte, en Inde, en Iran et en Turquie<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_4861_16('footnote_plugin_reference_4861_16_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_4861_16('footnote_plugin_reference_4861_16_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_4861_16_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_4861_16_4" class="footnote_tooltip">Voir Nikki R. Keddie, Une réponse islamique à l’impérialisme, 1983 (en anglais) </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_4861_16_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_4861_16_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>La lutte anticoloniale telle que la conçoivent les premiers islamistes est à la fois une lutte pour l’émancipation politique et une lutte pour une renaissance culturelle passant par un retour aux enseignements de base de l’islam. Ce phénomène paradoxal du « regard vers le passé pour imaginer le futur<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_4861_16('footnote_plugin_reference_4861_16_5');" onkeypress="footnote_moveToReference_4861_16('footnote_plugin_reference_4861_16_5');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_4861_16_5" class="footnote_plugin_tooltip_text">5</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_4861_16_5" class="footnote_tooltip">Voir Ron Margulies, <em>Regarder vers le passé pour imaginer le futur</em>, International Socialism Journal numéro 159, 2018 <a href="https://isj.org.uk/looking-back-to-imagine-the-future/"><span class="footnote_url_wrap">https://isj.org.uk/looking-back-to-imagine-the-future/</span></a> (en anglais) </span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_4861_16_5').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_4861_16_5', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>» est bien plus répandu qu’on ne le croit. Le mouvement de réformation protestante a idéalisé le christianisme des premières heures, et les grands philosophes des lumières ont cru voir dans la cité grecque antique les fondements de la citoyenneté et de l’individualité bourgeoises. Le nationalisme arabe, grand rival anticolonial de l’islamisme (mais aussi son allié selon les circonstances), puise son inspiration dans la même époque historique que ce dernier mais en insistant arbitrairement sur son caractère arabe plutôt que musulman.</p>



<p>L’islamisme, tout autant que le nationalisme arabe, est donc une politique de la modernité, qu’on approuve cette politique ou pas. La méthode matérialiste subordonne la forme idéologique à l’action humaine véritable. Bien qu’ils et elles se ressentent et se disent inspiré.e.s par un passé mythologisé et idéalisé, les islamistes agissent forcément dans un présent déterminé par des relations sociales et politiques modernes. C’est donc du côté de leur composition de classe et de leur pratique politique concrète qu’il faut regarder pour analyser les mouvements islamistes et espérer les comprendre.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="856c53" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #856c53;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/12/WhatsApp-Image-2020-12-17-at-16.34.351.jpeg" alt="" class="wp-image-4904 not-transparent"/></figure>



<p></p>



<h2 class="has-medium-font-size wp-block-heading"><strong>Démystifier pour mieux agir</strong></h2>



<p>On ne peut mettre dans le même panier un mouvement de masse aux prétentions électorales comme les frères musulmans, la famille royale et les oulémas wahhabites qui gouvernent l’Arabie Saoudite ou encore une organisation militaire élitiste comme Daech ; les contextes historiques de leur émergence, leurs bases sociales respectives, leurs pratiques politiques et leurs intérêts véritables sont si différents et si incompatibles, qu’il est absurde de les englober dans la catégorie de « fondamentalistes islamistes<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_4861_16('footnote_plugin_reference_4861_16_6');" onkeypress="footnote_moveToReference_4861_16('footnote_plugin_reference_4861_16_6');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_4861_16_6" class="footnote_plugin_tooltip_text">6</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_4861_16_6" class="footnote_tooltip">Voir Julien Salingue, <em>Islam, islamisme, jihadisme, en finir avec les amalgames</em>, 2020 <span class="footnote_url_wrap">https://lanticapitaliste.org/opinions/oppressions/islam-islamisme-jihadisme-en-finir-avec-les-amalgames</span></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_4861_16_6').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_4861_16_6', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>» sous le prétexte qu’ils préconisent tous un retour aux « fondements » de l’islam. Ce serait comme faire une analogie entre le parti bolchévik de 1917, le PCF de 2020 et la classe dirigeante nord-coréenne car tous se réfèrent au manifeste du parti communiste. </p>



<p>Ce sont bien les conditions matérielles, sociales et politiques qui ont motivé différentes interprétations des textes religieux, et créé différents types d’islamisme. Al-Afghani était élitiste et a tenté &#8211; en vain &#8211; de convaincre les dirigeants des pays musulmans d’adopter ses réformes. Les Frères Musulmans (FM) égyptiens ont repris ses enseignements, mais en construisant une organisation de masse rendue possible par l’urbanisation capitaliste et la création de nouvelles classes moyennes. Ce n’est que lorsque la voie démocratique, électorale et opportuniste les a menés droit dans les prisons de Nasser que des dirigeants des FM comme Sayyid Qutb ont théorisé la transformation de leur organisation en une secte élitiste armée pour se confronter directement avec l’État : c’est la naissance du djihadisme. Des conditions comparables mais bien plus graves en Syrie et en Irak, où la répression et l&rsquo;occupation se sont accompagnées d’une destruction totale des tissus socio-économiques de ces pays, ont permis l’émergence de Daech et de sa rhétorique apocalyptique. </p>



<p>L’erreur pour la gauche militante serait donc de penser que c’est l’idéologie qui déterminerait les agissements des islamistes. Au contraire, comme c’est le cas pour les politiques laïques, ce sont les conditions matérielles et sociales qui encouragent telle ou telle interprétation idéologique et la dotent d&rsquo;une cohérence. Privées du terreau matériel et du levier social, les idées ne sont que des divagations arbitraires. Il ne faut pas considérer tous et toutes les islamistes, en vertu même de leurs références religieuses, comme la réaction incarnée ; ni à l’opposé éviter de confronter des tendances au sexisme, à l’homophobie ou à l’antisémitisme qu’ils et elles peuvent manifester. Souvenons-nous aussi que leurs slogans souvent abstraits peuvent cacher des intérêts contradictoires qui éclateront au grand jour aux moments de crise politique, en particulier lorsque nous parlons d’organisations essaient de construire sur le terrain<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_4861_16('footnote_plugin_reference_4861_16_7');" onkeypress="footnote_moveToReference_4861_16('footnote_plugin_reference_4861_16_7');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_4861_16_7" class="footnote_plugin_tooltip_text">7</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_4861_16_7" class="footnote_tooltip">L’exemple récent le plus frappant est la participation de masse de la jeunesse des Frères Musulmans à l’insurrection de janvier 2011 en Egypte alors que les dirigeants s’y étaient publiquement opposés <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/comprendre-la-contre-revolution/"><span class="footnote_url_wrap">https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/comprendre-la-contre-revolution/</span></a>, 2017</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_4861_16_7').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_4861_16_7', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Et, surtout, affirmons et construisons notre solidarité politique et pratique avec les Musulman.e.s dont les lieux de cultes et les associations sont attaqués par nos ennemis existentiels, avec lesquels aucune réconciliation n’est possible : l’État et ses chiens de garde.</p>



<p class="has-text-align-left">Jad Bouharoun</p>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_4861_16();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_4861_16();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_4861_16">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_4861_16" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_4861_16_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_4861_16('footnote_plugin_tooltip_4861_16_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Karl Marx, <em>Le Capital Livre I</em>, Editions Sociales, 2016 (p.364) </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_4861_16_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_4861_16('footnote_plugin_tooltip_4861_16_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Asma Lamrabet, <em>Entre refus de l’essentialisme et réforme radicale</em>, dans la collection Féminismes islamiques, 2012 (p. 62) </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_4861_16_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_4861_16('footnote_plugin_tooltip_4861_16_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Voir Peter Gran, <em>Racines islamiques du capitalisme, Le Caire 1760-1840</em>, 1979 (en anglais) </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_4861_16_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_4861_16('footnote_plugin_tooltip_4861_16_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Voir Nikki R. Keddie, Une réponse islamique à l’impérialisme, 1983 (en anglais) </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_4861_16_5" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_4861_16('footnote_plugin_tooltip_4861_16_5');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>5</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Voir Ron Margulies, <em>Regarder vers le passé pour imaginer le futur</em>, International Socialism Journal numéro 159, 2018 <a href="https://isj.org.uk/looking-back-to-imagine-the-future/"><span class="footnote_url_wrap">https://isj.org.uk/looking-back-to-imagine-the-future/</span></a> (en anglais) </td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_4861_16_6" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_4861_16('footnote_plugin_tooltip_4861_16_6');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>6</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Voir Julien Salingue, <em>Islam, islamisme, jihadisme, en finir avec les amalgames</em>, 2020 <span class="footnote_url_wrap">https://lanticapitaliste.org/opinions/oppressions/islam-islamisme-jihadisme-en-finir-avec-les-amalgames</span></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_4861_16_7" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_4861_16('footnote_plugin_tooltip_4861_16_7');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>7</a></th> <td class="footnote_plugin_text">L’exemple récent le plus frappant est la participation de masse de la jeunesse des Frères Musulmans à l’insurrection de janvier 2011 en Egypte alors que les dirigeants s’y étaient publiquement opposés <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/comprendre-la-contre-revolution/"><span class="footnote_url_wrap">https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/comprendre-la-contre-revolution/</span></a>, 2017</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_4861_16() { jQuery('#footnote_references_container_4861_16').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_4861_16').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_4861_16() { jQuery('#footnote_references_container_4861_16').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_4861_16').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_4861_16() { if (jQuery('#footnote_references_container_4861_16').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_4861_16(); } else { footnote_collapse_reference_container_4861_16(); } } function footnote_moveToReference_4861_16(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_4861_16(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_4861_16(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_4861_16(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/demystifier-lislamisme/">Démystifier l’islamisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>NousToutes35 : faire face massivement aux violences patriarcales en portant un féminisme pro-choix, c&#8217;est possible !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/noustoutes35-faire-face-massivement-aux-violences-patriarcales-en-portant-un-feminisme-pro-choix-cest-possible/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Gabo]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Dec 2019 15:34:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Islamophobie]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignage de lutte]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Chaque année, le 25 novembre est la journée internationale de mobilisation pour l'élimination des violences faites aux femmes : féminicides, violences sexuelles et sexistes, humiliations… Nous Toutes est un cadre large lancé à Paris et <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/noustoutes35-faire-face-massivement-aux-violences-patriarcales-en-portant-un-feminisme-pro-choix-cest-possible/" title="NousToutes35 : faire face massivement aux violences patriarcales en portant un féminisme pro-choix, c&#8217;est possible !">[...]</a></div>
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<pre class="wp-block-preformatted"><em>Chaque année, le 25 novembre est la journée internationale de mobilisation pour l'élimination des violences faites aux femmes : féminicides, violences sexuelles et sexistes, humiliations… Nous Toutes est un cadre large lancé à Paris et qui s’est donné comme objectif d’organiser la marche de novembre 2018, à l’échelle du pays, dans le contexte de la libération de la parole de millions de femmes à travers le monde, notamment par le biais du hashtag #MeToo.</em></pre>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Rejoindre Nous Toutes 35 : un pari</strong></h3>



<p>Né en septembre 2018 à Rennes pour lancer une mobilisation contre les violences patriarcales à Rennes et permettre au maximum de personnes de se rendre à Paris pour cette première marche nommée « Nous Toutes », le cadre a été relancé en septembre 2019. Cette année, avec plusieurs camarades de différents milieux politiques, nous nous sommes posées la question sur la manière de réussir la marche, qui tombait le samedi 23 novembre, et par la même occasion, de relancer le mouvement féministe rennais, alors que la situation politique voit les discours islamophobes se répandre sans filtre dans toutes les sphères de la société, autant à gauche qu&rsquo;à droite.&nbsp;</p>



<p>Nous avons choisi de nous y impliquer, pariant sur le fait que c’était le cadre large le plus prometteur vers lequel nombre de femmes éloignées du milieu militant classique allaient se tourner, du fait de la médiatisation du nom de ce collectif, notamment via les réseaux sociaux.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Devenir nombreuses</strong></h3>



<p>Ce pari s&rsquo;est avéré payant car dès le lancement de la première réunion d&rsquo;organisation du 23/11 nous étions déjà plus d&rsquo;une trentaine. Un élément a par ailleurs joué en notre faveur : le lancement d&rsquo;une série de collages contre les féminicides dans différentes villes de France. Cet appel, lancé à Rennes via instagram, a mobilisé une trentaine de futures colleuses dès la première réunion, dont une majeure partie militait jusqu&rsquo;alors uniquement sur internet. Grâce à cet outil, facile à mettre en œuvre, très percutant et valorisant, nous avons été en 3 mois plus d&rsquo;une soixantaine à participer à au moins un collage, dont une vingtaine assidues. Nous avons très vite appuyé pour que le lien soit fait entre les messages collés et la marche du 23/11, et une dizaine de colleuses ont rapidement rejoint l&rsquo;organisation de la manifestation.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img data-dominant-color="3b372f" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #3b372f;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/12/honorons-nos-mortes-luttons-vivantes.jpg" alt="" class="wp-image-3395 not-transparent" width="580" height="435"/><figcaption><em> Collage contre les féminicides, avec un appel à manifester le 23 novembre à Rennes</em></figcaption></figure>



<p>Ce contexte nous a donc permis de regrouper dans le cadre des réunions Nous Toutes, à la fois des militantes expérimentées et/ou faisant parties d&rsquo;organisations, mais aussi des personnes nouvellement impliquées.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Défendre et diffuser un féminisme pro-choix</strong></h3>



<p>Lors des réunions, plutôt que de chercher à se donner des qualificatifs pour désigner ce que nous voulions <em>être</em> politiquement, nous avons proposé un certain nombres d&rsquo;actions et/ou prises de position : organisation d&rsquo;un rassemblement en soutien aux femmes de chambre de l&rsquo;hôtel Ibis des Batignoles (qui en sont actuellement à plus de 140 jours de grève), lien avec des réunions de femmes sans papiers, rédaction d&rsquo;un texte <a href="https://expansive.info/La-lutte-contre-l-islamophobie-est-aussi-une-lutte-feministe-Appel-de-Nous-1842" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label="&quot;La lutte contre l'islamophobie est une lutte féministe&quot; (s’ouvre dans un nouvel onglet)">« La lutte contre l&rsquo;islamophobie est une lutte féministe »</a>, tractages devant les écoles primaires, les mosquées, à la fac, organisation d&rsquo;un covoiturage pour aller à la projection du film Soumaya (fiction indépendante à voir !), blocages de plusieurs séances du film « J&rsquo;accuse » de Polanski. Autant d&rsquo;occasions pour énoncer en actes ce que nous souhaitions faire de cette date du 23/11 : un espace politique voulant prendre en compte au maximum l&rsquo;ensemble des femmes dans le commun de notre oppression mais aussi dans nos spécificités, considérant les vécus différents et la nécessité de les rendre visibles ensemble.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Le 23 novembre à Rennes : une manifestation féministe historique</strong></h3>



<p>De l&rsquo;avis de plusieurs militantes rennaises de longue date, issues d&rsquo;organisations politiques et syndicales, cette manifestation &#8211; qui a réunit 4 000 personnes &#8211; a été la plus belle et la plus réussie des manifestations féministes qu&rsquo;elles aient vécu dans cette ville. Et pour cause, en plus du nombre de participant·es, qui est évidemment un des principaux critères à prendre en compte, la teneur politique de cette manifestation a révélé une construction sérieuse et de terrain d&rsquo;une rare qualité. Cette qualité s&rsquo;est illustrée par le fait d&rsquo;être volontaristes tout en permettant le débat, intégrant à la dynamique des militantes d&rsquo;âge différents, des étudiantes, des travailleuses précaires (à temps partiels, aides soignantes, jeunes auto-entrepreneuses&#8230;), des femmes sans travail salarié &#8211; avec ou sans papiers, rodées aux réseaux sociaux, syndicalistes, mais surtout, une majorité de femmes qui n&rsquo;avaient jamais mis les pieds dans le militantisme. Les prises de parole étaient à l’image de ce que nous voulions rendre visible et appuyer. Femmes exilées &#8211; avec ou sans papiers  pour commencer, femmes musulmanes pour finir, et entre les deux femmes kurdes, témoignages de femmes détenues, victimes d’incestes, victimes de violences conjugales, rôle de la police et de la justice dans la perpétuation des violences.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Perspectives</strong></h3>



<p>A la fin de cette manifestation, nous avons appelé à participer à la manifestation du 5 décembre, étant donné que les pensions de retraite sont déjà plus faibles que celles des hommes du fait de carrières en pointillés pour congès parental, de salaires moindres, d&rsquo;arrêts de travail pour différentes raisons&#8230; Nous avons aussi appelé à participer à la marche Justice pour Babacar, le 7 décembre, porté par sa sœur Awa Gueye, et soutenue par des collectifs de personnes sans papiers.</p>



<p>L&rsquo;objectif est aujourd&rsquo;hui de construire une structure stable et la plus large possible pour permettre à un maximum de femmes qui subissent la sur-exploitation, le racisme, les violences sexistes et sexuelles&#8230; de s&rsquo;organiser et de se mettre en action pour un mouvement féministe populaire en vue du 8 mars!</p>



<h5 class="wp-block-heading">Kim et Solenn</h5>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/noustoutes35-faire-face-massivement-aux-violences-patriarcales-en-portant-un-feminisme-pro-choix-cest-possible/">NousToutes35 : faire face massivement aux violences patriarcales en portant un féminisme pro-choix, c&rsquo;est possible !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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