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	<title>Archives des FN - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<title>Archives des FN - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Brest contre les fachos : pour dépasser la peur, construire l&#8217;unité et reprendre la rue</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/brest-contre-les-fachos-pour-depasser-la-peur-construire-lunite-et-reprendre-la-rue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 May 2026 10:42:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">A Brest, dans la nuit du 10 au 11 avril dernier, a eu lieu une violente agression raciste et pour riposter, a été organisée 15 jours plus tard, le 25 avril, une manifestation antiraciste par <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/brest-contre-les-fachos-pour-depasser-la-peur-construire-lunite-et-reprendre-la-rue/" title="Brest contre les fachos : pour dépasser la peur, construire l&#8217;unité et reprendre la rue">[...]</a></div>
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<p>A Brest, dans la nuit du 10 au 11 avril dernier, a eu lieu une violente agression raciste et pour riposter, a été organisée 15 jours plus tard, le 25 avril, une manifestation antiraciste par l&rsquo;AG antifasciste de Brest qui a rassemblé 800 personnes.<br>Nico, de l&rsquo;AG antifasciste de Brest et d&rsquo;Autonomie de Classe, nous raconte comment est-ce que pour dépasser la peur face aux fascistes, on peut construire l&rsquo;unité pour reprendre la rue et reprendre confiance en nous.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-block-embed-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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<p><strong>Est-ce que tu peux revenir sur la forme que prend la menace fasciste dans ta ville, revenir sur ce qui s&rsquo;est passé ces dernières années et comment vous vous êtes organisé pour y faire face et revenir aussi sur les événements des dernières semaines ?</strong></p>



<p>À Brest, l&rsquo;engagement passe par l&rsquo;AG antifasciste qui s&rsquo;est montée en fin d’été dernier, suite à des agressions fascistes, de groupuscules néonazis, qui ont fait des agressions homophobes, contre des militant·es de gauche, et racistes. C&rsquo;est au sein de cet AG qu&rsquo;on s&rsquo;organise et qu&rsquo;on essaye d&rsquo;avoir une riposte. La menace fasciste, elle est assez présente à Brest par le biais de hooligans et par le biais de groupuscules néonazis et aussi par le biais de militants du RN.</p>



<p>Si tu veux, j&rsquo;ai l&rsquo;impression que les agressions clairement fascistes, racistes qu&rsquo;il y a eu il y a un an et demi, elles ne viennent pas de nulle part. Il y a toujours eu des groupuscules néonazis, identitaires en Bretagne. Il y a deux ans, il y a eu une manif fasciste soutenue par le RN contre l&rsquo;ouverture d&rsquo;un centre pour accueillir des personnes migrantes, en centre-Bretagne, et ils étaient déjà là. Donc, ce qui s&rsquo;est passé à Brest, c&rsquo;est que ça a touché des quartiers populaires, des endroits bien populaires, qui ont fédéré tout d&rsquo;un coup une réaction assez forte de la population et pas forcément de la population militante, ce qui a entraîné depuis un an une dynamique avec l’AG antifasciste qui existe.</p>



<p>Et il y a deux semaines, il y a eu une agression d&rsquo;une personne isolée, racisée, qui était tranquille sur le port et qui s&rsquo;est fait agresser lâchement. Il s&rsquo;est pris une droite qui l&rsquo;a mis KO, il est resté inconscient. Il a eu deux semaines d&rsquo;ITT.</p>



<p>Un des buts de l’AG antifasciste, c’est d&rsquo;organiser tout de suite un soutien aux victimes. Ce collectif rassemble différents militants de Brest, des gens soit qui sont syndiqués, qui militent dans les syndicats, soit qui militent dans des groupes de gauche, soit qui ne militent pas… Ca a créé une espèce d&rsquo;unité antifasciste qui se mobilise assez rapidement. Donc, rapidement, on a pu, en quelques jours, organiser une manif de soutien. C&rsquo;est ça qui est intéressant pour nous au sein de cette AG&nbsp;: avoir assez rapidement la possibilité d&rsquo;organiser des choses avec l&rsquo;aide des syndicats, des associations locales. Et, en cinq jours, on a organisé une manif de soutien, des prises de parole. Ca a rassemblé 800 personnes&nbsp;!</p>



<p>Et ce qui est intéressant, c&rsquo;est qu&rsquo;on arrive à pousser nos mots d&rsquo;ordre à nous, de s&rsquo;organiser à la base, dans les quartiers, dans les campagnes, sur nos lieux de vie, de travail.</p>



<p><strong>Et comment on peut faire pour dépasser la peur qui, parfois, justement, est un frein à la mobilisation par en bas contre les fascistes ?</strong></p>



<p>C’est sûr qu&rsquo;en fait, ça sidère un peu plein de gens, dans le milieu militant ou non, qui se demandent, du coup, s&rsquo;ils peuvent aller aux manifs ou s&rsquo;ils peuvent sortir tranquilles, en gros. Et on deal avec la peur en se disant que, de toute façon, c&rsquo;est la stratégie de l&rsquo;extrême droite et de la violence politique que porte l&rsquo;extrême droite de tétaniser et de faire peur et d&#8217;empêcher les gens de se réunir et de s&rsquo;organiser. Ça fait partie de leur stratégie. Donc ne nous laissons pas faire, parce qu&rsquo;en fait, on se rend compte que, mine de rien, on est nombreux et on a la force pour s&rsquo;organiser. Ce qui est intéressant, c&rsquo;est que là, les syndicats à Brest et les associations d&rsquo;aide aux migrants, les associations comme la Ligue de droit de l&rsquo;homme, tout de suite, ils sont partants. Parce qu&rsquo;on se connaît, on a l&rsquo;habitude de faire des choses. On n&rsquo;est pas d&rsquo;accord sur tout. Mais en fait, tout de suite, ça va assez vite d&rsquo;organiser la manifestation.</p>



<p>Et moi, je me dis, c’est grâce à ce qu&rsquo;on a pu forger à l’AG antifasciste&nbsp;: se faire confiance. On a organisé un gros festival en début d&rsquo;année qui a permis d&rsquo;occuper la place et de faire plein de choses pour nous redonner confiance, pour nous unir assez rapidement.</p>



<p>Maintenant, on est capable de s&rsquo;organiser vite et d&rsquo;aller tout de suite organiser une manif et de faire une occupation de la rue et de ne pas laisser la rue à la menace fasciste ou aux discours d&rsquo;extrême droite, aux actions de l&rsquo;extrême droite.</p>



<p>Et ça, c&rsquo;est vachement important. C&rsquo;est vachement important parce qu&rsquo;on se rend compte que la menace fasciste ou en tout cas la menace d&rsquo;action raciste, homophobe, anti-gauche, elle est réelle. Il y a des groupuscules qui s&rsquo;organisent, il y a des discours islamophobes à volonté déversés par les médias d&rsquo;extrême droite qui vont légitimer le passage à l&rsquo;acte. C’est important déjà de dire, on ne laisse pas faire, on se bat politiquement, symboliquement, on résiste. Et donc, c&rsquo;est important d&rsquo;occuper la place et de pouvoir réagir en masse, en tout cas de manière unitaire, avec les syndicats et les autres forces, et de ne pas laisser faire des choses qui sont inacceptables. Après, plus généralement, c&rsquo;est important parce qu&rsquo;on se rend compte que la montée de l&rsquo;extrême droite, la montée de la menace fasciste, elle est réelle et pas seulement en France, en Europe, dans le monde. Ils s&rsquo;organisent, ils ne sont pas inactifs, ils sont à l&rsquo;affût. Électoralement, le RN est le premier parti du pays, qu&rsquo;on le veuille ou non. Il fait des résultats impressionnants, ils sont en masse, ils ont des appuis d&rsquo;une partie de la classe patronale et de la classe politique qui commencent à faire leur relais. Alors, essayer de s&rsquo;organiser et d&rsquo;arriver à organiser des manifs et des ripostes sur le terrain, c&rsquo;est important. Essayer d&rsquo;unir les forces de gauche, et créer des dynamiques pour la suite, c&rsquo;est ça qui est intéressant. Notre manifestation, notre rassemblement en soutien à la victime, elle permet une dynamique, elle va permettre qu&rsquo;on continue au 1er mai d&rsquo;être dynamique sur ces questions-là, sur les questions antiracistes et aussi de montrer le racisme d&rsquo;État qui est réel.</p>



<p>Donc, face à la peur, on prend cette question au sérieux. Quand on fait des événements, on va réfléchir. Comment on fait un service d&rsquo;ordre ? Comment on riposte ? Sans avoir de réponse préétablie&nbsp;: on fait des bilans, etc. Et du coup, ça veut dire tout simplement qu&rsquo;en fait, la rue, on l&rsquo;abandonne pas. Mais moi, j&rsquo;ai envie de dire, ça va se construire petit à petit. Ça va être, par exemple, en organisant des festivals qui sont à la fois des moments où on se rencontre entre nous, on se fait confiance, on approfondit des questions, on discute stratégie politique et on se rend compte que tout se passe bien, qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de problème, on n&rsquo;a pas d&rsquo;agression, parce qu&rsquo;en fait, on n&rsquo;est plus nombreux qu&rsquo;eux. Il y a une division des forces, il faut arriver à s&rsquo;unir. Mais en vrai, on n&rsquo;est plus nombreux qu&rsquo;eux. Et la peur, au bout d&rsquo;un moment, elle change de nature. On se rend compte que ça peut nous mettre des freins, ça peut nous faire dire, faisons attention, soyons vigilants. Mais on se rend compte qu&rsquo;en fait, avec la confiance, on y fait face. C’est pas évident mais ça se fait sur le long terme. Ca se fait en se rencontrant, en organisant aussi des réunions publiques de façon régulière, petit à petit.</p>



<p><strong>Et maintenant, ça va être quoi les suites pour continuer à construire la dynamique antifasciste à Brest ?</strong></p>



<p>Alors là, on fait partie du 1er mai en tant qu’AG antifasciste. Ce qui est intéressant, c&rsquo;est que quand même, on est repéré par les forces syndicales et les forces politiques locales, même LFI par exemple. On est repéré comme, on va dire, une organisation de base qui compte, qui a sa voix au chapitre. Du coup, l’AG antifasciste va avoir son cortège pendant le 1er mai. Ensuite, il va y avoir le 9 mai&nbsp;: il va falloir faire des rassemblements contre les rassemblements fascistes qui ont lieu à Paris. Je fais référence au comité du 9 mai, qui est un mouvement néofasciste depuis quelques années, qui essaie de rassembler toutes les forces d&rsquo;extrême-droite de France et d&rsquo;Europe. Et nous, on a lancé tout de suite quelque chose pour le 9 mai, en lien avec les syndicats, et du coup, ça donne de la force. Ca permet vraiment de continuer sur une dynamique, et d&rsquo;approfondir ce qu&rsquo;on porte comme revendications et comme mots d&rsquo;ordre&nbsp;: Par exemple, le soutien aux personnes étrangères, la régularisation de tous les sans-papiers, des choses comme ça. Et ensuite, ça permet tout un travail qu&rsquo;on a construit depuis des mois avec tous ces acteurs, toutes ces associations dont j&rsquo;ai parlé, avec les syndicats, pour imaginer un autre festival antiraciste et antifasciste qui va se tenir à Brest, pour organiser des liens sur la lutte du peuple palestinien, etc. Donc en fait, on est pris dans une dynamique en réagissant à l&rsquo;actualité, en se greffant aux événements nationaux, comme le 1er mai, la Marche des Solidarités, la lutte en solidarité au peuple palestinien, et petit à petit, voilà, ça tient comme ça.</p>



<p>Là, on est parti sur une année qui va être très importante, avec au mois de mai prochain les élections présidentielles. Ça va être une année charnière. Du coup, si on arrive à avoir des mobilisations tout au long de l&rsquo;année pour arriver en force au printemps 2027, je me dis qu&rsquo;il y a quelque chose à faire. Au moins arriver en confiance, arriver en force, arriver unis.</p>



<p>Propos de Nico de Brest recueillis par Milig Sinou de Paris 19</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Argumenter et convaincre de l’urgence antifasciste et antiraciste</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/argumenter-et-convaincre-de-lurgence-antifasciste-et-antiraciste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 May 2023 05:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
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		<category><![CDATA[Fascisme]]></category>
		<category><![CDATA[FN]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Le mouvement social historique contre la réforme des retraites qui s’est amorcé au début de l’année n’arrive pas dans n’importe quelle séquence : en 2022, nous avons vu pour la troisième fois en 20 ans s’opposer <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/argumenter-et-convaincre-de-lurgence-antifasciste-et-antiraciste/" title="Argumenter et convaincre de l’urgence antifasciste et antiraciste">[...]</a></div>
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<p style="font-style:normal;font-weight:600">Le mouvement social historique contre la réforme des retraites qui s’est amorcé au début de l’année n’arrive pas dans n’importe quelle séquence : en 2022, nous avons vu pour la troisième fois en 20 ans s’opposer au 2nd tour de la présidentielle une candidate fasciste au candidat de la bourgeoisie, alors que quelques semaines plus tard entraient 88 député·es du RN à l’Assemblée nationale.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #08 &#8211; Mai 2023</h6>



<p class="has-drop-cap">Plus encore, des militant·es fascistes prennent de plus en plus régulièrement la rue à Lyon, Bordeaux et dans d’autres villes, ont attaqué à Saint-Brévin-les-Pins et Callac, diffusé des tracts racistes et nationalistes à Nanterre, se sont organisés pour attaquer des supporters de l’équipe du Maroc dans plusieurs villes durant la Coupe du monde de football.</p>



<p>Le projet de réforme prévoyant le report de l’âge de départ à la retraite de 62 à 64&nbsp;ans a été annoncé le 10&nbsp;janvier 2023. Dès le 19&nbsp;janvier, l’inter­syndicale rassemblant tous les principaux syndicats de travailleur·euses et étudiant·es ont lancé la riposte et la mobilisation a tout de suite été massive. Les principaux partis politiques de gauche ont également soutenu ce mouvement et affiché leur opposition au gouvernement et à Macron.</p>



<p>Le Rassemblement national a également affiché son opposition à la réforme des retraites. Bien qu’il n’ait pas appelé à la mobilisation, encore moins à la grève, cette prise de position a déclenché quelques réactions notamment de représentant·es syndicaux, comme Philippe Martinez de la CGT, pour affirmer que le RN ne serait pas le bienvenu dans les cortèges. Du côté des partis politiques de gauche, les critiques contre le RN formulées par quelques figures ne les ont pas empêchés de voter avec eux une même motion de censure, entérinant ainsi qu’il pouvait y avoir des situations dans lesquelles il était possible de faire alliance avec le RN.</p>



<p>Pour compléter ce tableau, le RN a organisé un meeting et un banquet le 1er&nbsp;Mai au Havre, regroupant plus d’un millier de militants fascistes pour une « fête de la nation ». Intervenant la journée internationale des droits des travailleur·euses, en plein mouvement social, dans une ville ouvrière emblématique des luttes dans les raffineries et les docks, ce rassemblement s’ajoute à de récents sondages qui annoncent que parmi les figures politiques et syndicales, celle qui progresse le plus en termes de popularité est Marine Le Pen.</p>



<p>Heureusement, un ensemble d’organisations au Havre, joint notamment par la Marche des Solidarités et les collectifs de sans-papiers venus en car, ont appelé à l’unité et à la riposte anti­fasciste. Ce jour-là des milliers de personnes se sont rejointes pour affirmer : « Pas de fascistes au Havre, pas de havre pour les fascistes ». On espère que cette riposte antifasciste sera le premier engrenage qui en entraînera de plus grands, comme en 1995 quand Ras l’Front déployait plusieurs banderoles devant les fascistes du FN et leurs alliés, démunis dans leur minable rassemblement rituel du 1er&nbsp;Mai de l’époque : place de l’Opéra devant la statue de Jeanne d’Arc.</p>



<p>Mais parce qu’il y a urgence face au danger fasciste qui s’amplifie, cet article tâchera de fournir un certain nombre d’éléments de réponses face aux arguments du camp de l’inaction. Ce camp de l’autruche et du péril qui n’appelle depuis 20&nbsp;ans à ne faire barrage que dans les urnes, comme paralysé face au développement du racisme et du nationalisme, qui refuse de parler du danger fasciste pour ce qu’il est vraiment, et qui ne propose pas à notre classe de combattre, par peur qu’elle oublie de voter pour lui.</p>



<h2 class="wp-block-heading">1er contre-argument</h2>



<h3 class="wp-block-heading">&nbsp;« Le vrai combat contre le RN se jouera en 2027, lors des prochaines élections présidentielles »</h3>



<p>Les élections ne sont qu’un des moyens par lequel les fascistes s’emparent de la société. Pour prétendre au pouvoir, le fascisme doit organiser et mobiliser activement une masse de membres. Or, son audience est aujourd’hui principalement électorale et donc passive. Ce sur quoi nous pouvons agir c’est donc sur cette capacité à transformer cette audience électorale, ou une partie d’entre elle en une masse active de fascistes. Ce combat doit se mener dès maintenant, non pas en brossant dans le sens du poil des électeurs du RN qui seraient « fachés pas mais fachos » mais en ne laissant plus le RN intervenir publiquement sans réaction, en cassant l’attrait que ce parti peut opérer en se prétendant « dédiabolisé » afin de détacher du noyau fasciste les éléments qui sont influencés. Il faut ainsi dénoncer systématiquement la nature réelle de ces organisations.</p>



<p>En acceptant de débattre avec eux, en signant des textes de lois ou des motions de censure avec eux, on contribue à leur banalisation. Laisser aux fascistes la possibilité de s’exprimer, de se présenter à des élections, de s’organiser, c’est leur laisser le pouvoir de s’en prendre aux personnes racisées, de mettre fin à nos grèves et mobilisations, de tuer. Pas de démocratie pour les ennemis de la démocratie, pas une affiche, pas un tract, pas une apparition publique !</p>



<p>La mobilisation de 2016 contre la loi travail, ou celle de 2019 contre la retraite à points n’ont pas suffi à endiguer la progression du RN, car le mouvement social ne suffit pas. Le combat antifasciste est un combat spécifique qui doit être l’affaire de toutes et tous.</p>



<h2 class="wp-block-heading">2e contre-argument</h2>



<h3 class="wp-block-heading">« S’attaquer aux fascistes, c’est délaisser les capitalistes, c’est donc une lutte réformiste et une perte d’énergie dans la&nbsp;lutte contre le capitalisme »</h3>



<p>En réalité, plus les fascistes se renforcent, plus notre capacité à combattre le capitalisme s’affaiblit. La lutte antifasciste est une des conditions de notre victoire contre le capitalisme, mais ça ne signifie pas qu’il faut être anticapitaliste pour être antifasciste.</p>



<p>Il suffit de voir la pénétration du vote RN au sein des personnes qui se disent proches des syndicats pour s’en convaincre (22 % de sympathisant·es CGT pour le RN par exemple). Comment garantir l’unité de notre classe –&nbsp;condition nécessaire à la victoire&nbsp;– si nous ne parvenons pas à combattre le racisme et le nationalisme qui l’ont gangrénée ?</p>



<p>Il n’y aura plus de mobilisations sociales d’ampleur, car plus d’unité possible de notre classe. Il est donc urgent d’insuffler les arguments au sein des syndicats et des mobilisations sociales, pour y gagner une implication concrète dans des luttes antiracistes.</p>



<p>En 1934, ce n’est pas le Front populaire qui a permis de repousser l’offensive fasciste de février, mais bien l’inverse : <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/front-populaire-et-antifascisme-de-masse-quand-vaincre-le-fascisme-devient-possible/">la mobilisation antifasciste a permis le Front populaire</a>. Comment expliquer cela ? Par sa nature défensive, l’antifascisme permit en 1934 de construire un mouvement de masse impliquant différents courants, divisés par ailleurs sur de nombreuses questions, et bien au-delà de leurs rangs.</p>



<p>Par l’unité, condition nécessaire pour dynamiser la confiance en notre classe, qui permit d’annihiler l’argument des fascistes d’hier, comme de ceux d’aujourd’hui, qui voudraient prétendre représenter « le peuple ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">3e contre-argument</h2>



<h3 class="wp-block-heading">« Ce n’est pas en combattant le RN qu’on combat le fascisme, c’est en combattant Darmanin qui a une politique fasciste et qui est le vrai fasciste »</h3>



<p>Peut-être faut-il commencer par dire que Darmanin est un individu nauséabond, un raciste et un violeur qui incarne l’autoritarisme et le racisme du projet actuel du gouvernement au pouvoir. Il incarne et porte encore les intérêts de l’État et de la bourgeoisie. En revanche, il n’incarne pas le projet de prise de pouvoir des fascistes qui lui est porté depuis sa fondation par un parti : le FN/RN.</p>



<p>L’autoritarisme n’est pas le fascisme. La caractéristique déterminante du fascisme n’est pas d’être autoritaire, ni même d’être raciste. Ce qui distingue le fascisme par rapport à tout autre mouvement, c’est son projet de mouvement de masse de la petite bourgeoisie autonome de l’État et de la bourgeoisie.</p>



<p>Cela ne signifie pas que les fascistes ne vont mettre en mouvement que les petits bourgeois, plus ils seront forts plus leur capacité à entraîner des ouvriers, des bourgeois et des aristocrates sera importante, mais le fascisme est le seul à cibler précisément cette classe et à vouloir obtenir leur adhésion active et non passive.</p>



<p>Darmanin incarne les intérêts de la bourgeoisie, le RN pourra à certaines occasions le faire, mais restera autonome. C’est par exemple comme cela qu’il faut comprendre l’opposition de ce parti à la réforme des retraites.</p>



<p>« Les fascistes rejettent l’idée que les forces économiques sont le moteur de l’histoire. Ils mobilisent autour de la « nation », de la « patrie », en tentant de rassembler contre les éléments « extérieurs » à la communauté, que ce soit en termes de frontières, d’origine, de culture, de religion. […] Ce n’est pas l’exploitation qui leur pose problème, mais une bourgeoisie jugée trop faible ou individualiste. Cette approche permet de comprendre que les fascistes s’adressent « à ceux d’en bas » avec un discours radical, sans compromettre pour autant les intérêts de « ceux d’en haut », en assumant souvent un positionnement politique « ni droite ni gauche »<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7290_4('footnote_plugin_reference_7290_4_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_7290_4('footnote_plugin_reference_7290_4_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7290_4_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7290_4_1" class="footnote_tooltip">Article de Vanina Giudicelli sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/existe-t-il-un-danger-fasciste-en-france/">le danger fasciste en France</a>, à lire !</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7290_4_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7290_4_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="5f5f5f" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #5f5f5f;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/05/A2C_RevueN8_MenaceFasciste_Illustr1-1024x435.jpg" alt="" class="wp-image-7220 not-transparent"/><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading">4e contre-argument</h2>



<h3 class="wp-block-heading">« En gagnant sur les questions sociales (comprendre les salaires, le chômage, la réforme des retraites, etc.), on mettra fin aux raisons pour lesquelles le fascisme se&nbsp;développe »</h3>



<p>Cet argument est lié à un autre qui n’est pas juste une reformulation mais qui est suffisamment proche pour y être associé : « on combattra le RN en exposant leur programme et leur discours sur les questions sociales ».</p>



<p>Il est tout à fait juste de dire qu’une des conditions à la possibilité d’un retour du fascisme au pouvoir est la crise économique, d’autant plus quand celle-ci se double d’une crise politique qui s’exprime par l’incapacité des institutions en place à apporter la moindre solution. Mais il existe une autre condition, tout aussi déterminante, c’est que les fascistes soient suffisamment enracinés dans le paysage politique d’un pays et qu’ils démontrent leur capacité à incarner une alternative aux ressources de la bourgeoisie.</p>



<p>Le racisme est l’élément décisif de l’attraction qu’opère le RN ! Celles et ceux qui dénoncent les inégalités et veulent une société plus juste, quand il s’agit de voter, votent à gauche ou s’abstiennent. Les 13&nbsp;millions de votes pour Marine Le Pen indiquent la percée du racisme dans la société. Le Pen n’a même plus à le répéter dans chacun de ses discours (mais elle le fait encore bien assez !) tant racisme et nationalisme s’incarnent déjà dans les politiques anti-migrant·es et islamophobes de Macron. À ce titre, il est donc illusoire de croire que le mouvement social se suffit à lui-seul pour contenir ou faire régresser le vote fasciste.</p>



<p>Parvenir à reconstruire une tradition antifasciste ne pourra se faire qu’en la liant aux luttes antiracistes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Face au danger fasciste en France, il nous faut agir :</h2>



<p><strong>Ni déni</strong> : le RN est un parti fasciste, il y a bien un danger fasciste en France et il augmente. Faire de l’antifascisme une priorité commence par affirmer que le RN porte un projet fasciste.</p>



<p><strong>Ni panique</strong> : nous sommes encore la majorité. Le racisme progresse, les fascistes ont confiance, mais il reste encore dans ce pays des dizaines de milliers de personnes prêtes à s’engager dans un combat contre les fascistes, encore faut-il leur en donner les moyens.</p>



<p><strong>Mais urgence</strong> : les groupuscules fascistes gagnent en nombre et en confiance ; le RN gagne en audience et en support électoral.</p>



<p>Pour agir, il nous faut une base à partir de laquelle convaincre pour ne pas reproduire les erreurs du passé, à savoir confier notre destin aux institutions ou parfois se tromper de cible :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>La lutte contre le danger fasciste est un combat spécifique, il ne suffit pas d’être anticapitaliste pour le combattre et il n’est pas indispensable d’être anticapitaliste pour s’y opposer ;</li>



<li>C’est un combat qui peut et qui doit nous unir. Le combat antifasciste est l’affaire de tou·tes, militant·es ou non, car les fascistes vont investir la scène politique, multiplier les attaques et les meurtres ;</li>



<li>Il faut les combattre à tous les niveaux : dans les quartiers, les syndicats, par tous les moyens en faisant de la participation active de notre classe à ce combat une priorité et une boussole.&nbsp;</li>
</ol>



<h6 class="wp-block-heading">Mathieu Pastor, Paris 20e</h6>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_7290_4();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_7290_4();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_7290_4">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_7290_4" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7290_4_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7290_4('footnote_plugin_tooltip_7290_4_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Article de Vanina Giudicelli sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/existe-t-il-un-danger-fasciste-en-france/">le danger fasciste en France</a>, à lire !</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_7290_4() { jQuery('#footnote_references_container_7290_4').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_7290_4').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_7290_4() { jQuery('#footnote_references_container_7290_4').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_7290_4').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_7290_4() { if (jQuery('#footnote_references_container_7290_4').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_7290_4(); } else { footnote_collapse_reference_container_7290_4(); } } function footnote_moveToReference_7290_4(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_7290_4(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_7290_4(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_7290_4(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/argumenter-et-convaincre-de-lurgence-antifasciste-et-antiraciste/">Argumenter et convaincre de l’urgence antifasciste et antiraciste</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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