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	<title>Archives des Autonomie - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<title>Archives des Autonomie - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<item>
		<title>« Le droit de mourir » ou l’art de ne pas nous laisser vivre</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/le-droit-de-mourir-ou-lart-de-ne-pas-nous-laisser-vivre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vanina]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 May 2025 11:42:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[antivalidisme]]></category>
		<category><![CDATA[Autonomie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Contre la loi sur l’aide à mourir, pour une autonomie réelle Le 12 mai, l’Assemblée nationale a entamé l’examen de la proposition de loi sur « l’aide à mourir ». Présentée comme une avancée des <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/le-droit-de-mourir-ou-lart-de-ne-pas-nous-laisser-vivre/" title="« Le droit de mourir » ou l’art de ne pas nous laisser vivre">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><mark style="background-color:#000000" class="has-inline-color has-white-color">Contre la loi sur l’aide à mourir, pour une autonomie réelle</mark></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le 12 mai, l’Assemblée nationale a entamé l’examen de la proposition de loi sur « l’aide à mourir ». Présentée comme une avancée des droits&nbsp;fondamentaux&nbsp;individuels, cette loi s’inscrit dans la continuité d’une série de reculs sociaux, et ne doit pas nous tromper : il ne s’agit pas d’élargir les libertés, mais de rationaliser la mort dans un système qui refuse de garantir la vie.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un retour sur les lois Claeys-Leonetti : la dignité en trompe-l&rsquo;œil</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre ce tournant, il faut revenir aux lois Claeys-Leonetti (2015 et 2016).Celles-ci encadraient la fin de vie en permettant la sédation profonde et continue (endormissement définitif) pour les personnes dont le pronostic vital est engagé à court terme et les douleurs réfractaires (celles qu&rsquo;aucun traitement ne soulage). Elles introduisaient aussi les directives anticipées, permettant d&rsquo;exprimer à l&rsquo;avance ses souhaits pour la fin de vie, et la désignation d’une personne de confiance.Autrement dit, elles reconnaissaient un droit à ne pas souffrir inutilement, en inscrivant des garde-fous.<br>Le nouveau texte trahit cet équilibre. Il fait passer pour un droit ce qui pourrait rapidement devenir une incitation à la mort pour celles et ceux dont la société ne veut plus s’occuper. Il élargit l’éventail des personnes concernées&nbsp;: toutes les personnes ayant une « affection grave et incurable quelle qu’en soit la cause », « faisant état de souffrances physiques ou psychologiques réfractaires » sans que le pronostic vital soit engagé à court terme. Dans un contexte où chaque incapacité tend à être pathologisée, et où le validisme produit chaque jour des souffrances, ce sont donc toutes les personnes handicapées qui sont ciblées par cette loi. Dans le même temps, le texte masque&nbsp;les failles systémiques de l’accès aux soins palliatifs, à l’accompagnement, à la prise en charge de la souffrance psychique et sociale. La loi ne vient pas combler un vide législatif, elle vient contourner l’obligation de garantir des conditions de vie dignes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le vernis de l’autonomie : une loi libérale, pas émancipatrice</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le discours dominant invoque l’autonomie individuelle : « Mon corps, mon choix ». Mais dans une société profondément inégalitaire, cette autonomie est fictive. <strong>Que vaut un « choix » quand les alternatives sont le mal-logement, l’isolement, le manque de soins, l’absence de soutien humain ?</strong> L’euthanasie devient alors la seule option offerte à des personnes que le système abandonne. Le collectif Jusqu’au bout solidaires le rappelle : <em>« L’euthanasie n’est pas une réponse à la souffrance, mais un aveu d’échec de notre société à protéger les plus vulnérables. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les débats actuels à l’assemblée, un amendement du « délit d&rsquo;entrave à l&rsquo;aide à mourir » a été accepté, sanctionnant toute personne tentant de dissuader une personne dans son accès à l’aide à mourir. En revanche, un autre amendement « délit d&rsquo;incitation à l&rsquo;aide à mourir » a été rejeté. Cet exemple montre bien comment la question du libre choix, de l’autonomie, est considérée à géométrie variable quand il s’agit de personnes malades et/ou handicapées : il sera interdit de tenter de dissuader quelqu’un de mourir, mais il sera autorisé de l’inciter à le faire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne s’agit pas ici de se placer sur le terrain de la morale mais d’analyser&nbsp;<strong>comment une société capitaliste et validiste fabrique elle-même les conditions qui rendent la mort désirable.</strong>&nbsp;La Fondation pour l’innovation politique (Fondapol), think tank ultra-libéral, a estimé que la légalisation de l’euthanasie permettrait d’économiser 1,4 milliard d’euros par an. Voilà comment l’État considère nos vies : des lignes de budget à réduire, des « charges » à éliminer.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’exemple des pays qui ont légalisé l’euthanasie : un élargissement rapide et dangereux</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les pays où l’aide à mourir a été légalisée, les critères se sont rapidement élargis. En Belgique, des personnes handicapées, psychiatrisées, des enfants peuvent être euthanasiées. Au Canada, la pauvreté est en passe de devenir un critère recevable pour demander l’euthanasie.&nbsp;<strong>Ce glissement n’est pas un accident, c’est une dynamique logique : dès lors qu’on légalise la mort sans garantir les moyens de vivre, la société pousse activement les indésirables vers la sortie.</strong><br>Dans ces pays,&nbsp;<strong>les témoignages de personnes handicapées s&rsquo;accumulent</strong>, dénonçant un système de santé qui propose plus facilement l’euthanasie qu’une aide humaine ou des soins adaptés.&nbsp;<strong>Le pouvoir médical, sous pression économique et sans&nbsp;<s>&nbsp;</s>rapport de force&nbsp;antivalidiste, devient complice d’un système de mort.</strong></p>



<h3 class="wp-block-heading">Trajectoire du capital et eugénisme&nbsp;</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Cette loi ne sort pas de nulle part, elle répond parfaitement à la logique capitaliste à l’œuvre pour trier les vies humaines : en fonction de leur productivité. C’est le capitalisme qui a transformé les incapacités en handicaps, en excluant, en ségréguant et en laissant mourir les personnes handicapées, car jugées inaptes au travail, ou pas assez productives.&nbsp; C’est aussi la violence du capitalisme qui a produit des souffrances mentales et physiques à une échelle sans précédents, et la seule solution proposée, soi-disant progressiste, pour y remédier ou les apaiser, est de pouvoir « choisir de mourir ». La médecine a été façonnée pour servir les besoins du capitalisme : trier les corps selon leur capacité à produire, et médicaliser les écarts à la norme afin de les contrôler. Dans ce cadre, les personnes handicapées ne sont pas seulement marginalisées pour leurs différences, mais parce qu’elles ne correspondent pas à un modèle de rentabilité.<sup data-fn="e4434578-d5af-4382-b15a-3cbc9b34d52c" class="fn"><a id="e4434578-d5af-4382-b15a-3cbc9b34d52c-link" href="#e4434578-d5af-4382-b15a-3cbc9b34d52c">1</a></sup> La trajectoire du capital mène donc forcément à des formes d&rsquo;eugénisme validiste.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Militarisation et destruction des services publics : la guerre plutôt que la vie</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Partout dans le monde, les budgets militaires explosent.&nbsp;<strong>En France, le budget de la défense atteindra 50,5 milliards d’euros en 2025, et 67 milliards en 2030.</strong>&nbsp;Ces hausses se font au détriment des budgets alloués à la santé, au handicap, au social, à la culture. En Angleterre, les aides aux personnes handicapées ont été réduites pour financer l’effort de guerre. La France suit la même trajectoire.<br>Aujourd’hui,&nbsp;<strong>des logiques techno-libérales surgissent sous des formes policées : rapports comptables, langage aseptisé, promesses de soulagement individuel. Mais le fond reste le même : une vie jugée inutile devient une vie que l’on peut supprimer.</strong></p>



<h3 class="wp-block-heading">L’autonomie ne se limite pas à la liberté de mourir : elle commence par le droit de vivre</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les débats actuels à l’assemblée peuvent sembler complètement déboussolant : la FI et les macronistes en défenseurs d’un « droit à mourir » ; et la droite et l’extrême-droite contre cette loi fin de vie. Pas d’illusions à se faire du côté de réactionnaires et de fascistes dont les postures de « charité » masquent mal des positions profondément validistes, et des intérêts capitalistes qui iront toujours vers plus de rationalisation productiviste du travail. Les députés de gauche, coincés dans une logique délégataire et réformiste qui les éloigne toujours plus des fronts réels de luttes de notre classe, ne peuvent que se diriger vers des arguments libéraux. Ce n’est qu’en imposant des rapports de forces antivalidistes de plus en plus forts que l’on peut faire gagner nos mots d’ordre et la lutte pour nos intérêts.<br>Entre une gauche validiste pro-choix centrée sur une lecture morale de la liberté individuelle et une droite qui sacralise la vie au nom de valeurs conservatrices, une autre voix longtemps marginalisée émerge avec force : celle d’une gauche antivalidiste, ancrée dans une analyse matérialiste des causes qui poussent une personne à mettre fin à sa vie.<br>Porté par les mouvements antivalidistes sur les réseaux sociaux, le débat a pris une ampleur impressionnante. En à peine une semaine, les critiques antivalidistes ont imposé leur place dans l’espace public, bouleversant les cadres habituels du débat sur la fin de vie.<sup data-fn="1cc352f9-7eec-4740-96d5-e772b12bdea3" class="fn"><a id="1cc352f9-7eec-4740-96d5-e772b12bdea3-link" href="#1cc352f9-7eec-4740-96d5-e772b12bdea3">2</a></sup></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il ne peut y avoir d’autonomie réelle sans conditions matérielles d’existence dignes.</strong>&nbsp;Tant que les personnes handicapées, queers, racisées, précaires ne peuvent pas choisir de vivre, alors parler de choisir de mourir est une escroquerie morale. Ce projet de loi prétend défendre la liberté individuelle, mais dans un système où l’on nie l’accès aux soins, à l’accompagnement, à des revenus décents,&nbsp;<strong>ce choix est faussé par la violence sociale.</strong><br><strong>L’euthanasie ne peut pas devenir la réponse institutionnelle à la misère.</strong>&nbsp;Nous devons construire une société qui protège, qui soigne, qui accompagne, qui accueille, qui répare. Une société qui reconnaît la valeur de toutes les vies, sans condition de productivité ou de rentabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ce que nous demandons, ce n’est pas une loi pour mieux mourir.</strong><br><strong>Ce que nous voulons c&rsquo;est une société où nous allons enfin pouvoir vivre</strong></p>



<h4 class="wp-block-heading has-text-align-left"><mark style="background-color:#000000" class="has-inline-color has-white-color">Hmed (Toulouse) et Tiffa (Marseille)</mark></h4>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="e4434578-d5af-4382-b15a-3cbc9b34d52c">Roddy Slorach (2011), <a href="http://quefaire.lautre.net/Marxisme-handicap">Marxisme et handicap</a> <a href="#e4434578-d5af-4382-b15a-3cbc9b34d52c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="1cc352f9-7eec-4740-96d5-e772b12bdea3"><a href="https://blogs.mediapart.fr/elena-chamorro/blog/220525/aide-mourir-lettre-ouverte-du-front-de-gauche-antivalidiste-fga-aux-depute-es">https://blogs.mediapart.fr/elena-chamorro/blog/220525/aide-mourir-lettre-ouverte-du-front-de-gauche-antivalidiste-fga-aux-depute-es</a> <a href="#1cc352f9-7eec-4740-96d5-e772b12bdea3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/le-droit-de-mourir-ou-lart-de-ne-pas-nous-laisser-vivre/">« Le droit de mourir » ou l’art de ne pas nous laisser vivre</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Nécessaire, possible, mais pas automatique… l’autonomie de classe est un combat !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/necessaire-possible-mais-pas-automatique-lautonomie-de-classe-est-un-combat/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Apr 2024 17:46:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Autonomie]]></category>
		<category><![CDATA[Éducation]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Il y a eu au moins un développement du mouvement depuis l’an dernier et la bataille contre la réforme des retraites : des assemblées de grévistes et l’auto-organisation se développent en de multiples points. Alors que <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/necessaire-possible-mais-pas-automatique-lautonomie-de-classe-est-un-combat/" title="Nécessaire, possible, mais pas automatique… l’autonomie de classe est un combat !">[...]</a></div>
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<p class="wp-block-paragraph">Il y a eu au moins un développement du mouvement depuis l’an dernier et la bataille contre la réforme des retraites : des assemblées de grévistes et l’auto-organisation se développent en de multiples points. Alors que des directions syndicales pouvaient penser qu’il ne fallait pas élargir le champ de la lutte au-delà de la question des retraites en 2023, de nombreuses mobilisations actuelles montrent que la&nbsp;conscience de classe n’est pas figée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L</strong>e 8&nbsp;mars a été une journée bien plus forte politiquement cette année. À Rennes, il y a cette faim de politique qu’on ne voyait pas tant s’exprimer le 8&nbsp;mars 2023, au cœur de la mobilisation contre la réforme des retraites. Cette année, nous avons vu beaucoup plus de cortèges auto-organisés, de slogans, de banderoles… qui portaient des revendications économiques, mais aussi plus largement pour une autre société.&nbsp;<em>« Patriarcat au feu et les patrons au milieu »</em>&nbsp;est devenu l’hymne du mouvement féministe à Rennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par en-bas, ça grouille ! Rien n’est mécanique. L’auto-organisation peut se comprendre comme le fait de ne pas dépendre de subventions, de ne pas attendre d’ordre, de discuter à l’échelle la plus petite qui soit de nos mots d’ordres, de nos actions. Car la tentation nous guette de déléguer à d’autres nos affaires, de vouloir « faire pression » par l’intermédiaires d’élu·es en se focalisant sur les élections, en pensant que d’autres savent mieux que nous, ou qu’il n’y a pas de lien entre le racisme, l’exploitation capitaliste et le manque de moyens dans les écoles du 93.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’autonomie de classe est nécessaire : à&nbsp;propos de grève féministe et antiraciste</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Trois mois après la réaction au vote de la loi Darmanin-Ciotti-Le Pen, quelques jours après un nouvel homicide commis par la BAC sur Wanys R., un jeune homme arabe qui aurait 19&nbsp;ans aujourd’hui, quelques mois après l’interdiction des abayas et des qamis, au moment où on interdit en France à des footballeurs le jeûne pendant le Ramadan et où les fascistes sont crédités du plus haut score aux élections européennes dans les sondages… Que faire pour être à la hauteur ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce 23&nbsp;mars 2024, il y a eu moins de manifestations et elles étaient moins fournies qu’en mars 2023. L’année dernière avait vu le mot d’ordre de grève antiraciste évoqué à différents moments (par exemple suite au meurtre de Nahel) et même concrétisé par les travailleurs sans-papiers d’un chantier des JO et de boîtes d’intérim. Des manifestations suite au vote de la loi Darmanin avaient porté un espoir en termes de nombre de réactions et de villes mobilisées. Les syndicats et les grosses organisations avaient beau appeler à une mobilisation d’ampleur, et même la CGT à la désobéissance civile, la construction de ce mouvement voulu large et fort contre le racisme n’a pas eu lieu, alors que les actes antisémites et islamophobes augmentent, alors que le sionisme déploie son potentiel génocidaire en Palestine et contribue au pourrissement raciste ici.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’autonomie de classe est possible : chaque embryon de lutte est un début d’organisation qualitative</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Lutte féministe et lutte antiraciste n’en sont pas au même point, et leurs enjeux ne sont pas compris de la même manière. L’unité de notre classe contre les inégalités de genre commence à convaincre. L’unité face au racisme, facteur majeur de division en son sein, n’en est pas là.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, un groupe convaincu, aussi faible qu’il soit numériquement, peut convaincre à son échelle tout en testant ses arguments dans le mouvement. On ne doit pas être effrayé de commencer par « tout petit », faire des tests, affiner nos positions, se laisser convaincre… La (re)construction militante de la date du 8&nbsp;mars sous l’angle de la grève féministe a pris du temps localement. On peut espérer que cette grève permette de rendre d’autant plus accessible la grève antiraciste. C’est possible car la conscience de classe évolue.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les obstacles qui se posent au mouvement deviennent des défis et des promesses de progrès si on prend le temps de les affronter. La terre est nourrie des expériences vécues. Les mouvements passés forment un terreau sur lequel poussent nos luttes et notre pouvoir, à l’image des AG de centaines de grévistes dans l’éducation en Île-de-France, qui organisent leur mouvement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’autonomie de classe passera par le&nbsp;mouvement, au sein des laboratoires de lutte</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut être dans le mouvement pour élargir notre camp, confronter les stratégies, répondre aux obstacles qui nous sont posés. Réseaux de parents et assemblée de profs grévistes contre la politique du choc des savoirs dans le 93 ; réseaux d’habitant·es antifascistes à Fougères ou au Pré-Saint-Gervais ; collectifs de mineurs sans-papiers qui s’entourent de syndicalistes, de soignant·es, ou de profs. L’échelle relativement réduite de ces cadres permet de se connaître, se reconnaître, se faire confiance, agir et élargir. Ce qu’on nomme le mouvement, c’est l’endroit où notre classe se forge, se confronte au réel. Les inter-organisations ne suffisent donc pas, les réseaux par en-haut non plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le mouvement, notre intervention est portée par ce qu’on peut appeler la générosité révolutionnaire : transmettre, être à l’écoute, apporter des éléments de réponses issus des luttes passées et de l’analyse du présent, aller au plus profond des arguments sans faire fuir les nouveaux·elles venue·s, laisser du vide pour permettre à de nombreuses personnes de s’emparer de la lutte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un mouvement à la base est généralement difficile à suivre quand il vit pleinement. Pour tenir sur le temps long, il nous faut de la conviction, une compréhension générale de la situation, et savoir où on va (ou du moins, où on veut aller). Quand on s’organise à A2C — ou ailleurs, on doit faire l’effort de la transparence la plus aboutie en expliquant où avons-nous l’impression d’aller. Ce qui nous fait tenir peut en aider d’autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la mobilisation qui a lieu dans le 93 et à Paris, au-delà du manque de moyens alloués à l’éducation, des camarades portent une critique de l’école, notamment antiraciste et antivalidiste. C’est une tâche qu’iels se donnent du fait de la compréhension de la situation dans les établissements scolaires : le manque d’AESH ou les menaces d’expulsions de familles sans papier ne sont pas séparés de la rénovation des écoles ou de la mise en place des groupes de niveaux. Dans le même sens, porter la revendication de l’abrogation de la loi de 2004 interdisant le port du foulard à l’école nécessite de comprendre pourquoi la lutte contre l’islamophobie en France est cruciale.</p>


<div class="wp-block-image wp-duotone-rgb023105-rgb255229181-1">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-dominant-color="727272" data-has-transparency="false" fetchpriority="high" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Edito_Illustr1-683x1024.webp" alt="" class="wp-image-8283 not-transparent" style="--dominant-color: #727272; width:367px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Edito_Illustr1-683x1024.webp 683w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Edito_Illustr1-200x300.webp 200w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Edito_Illustr1-768x1152.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Edito_Illustr1-jpg.webp 800w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">L’autonomie de classe n’est pas&nbsp;automatique&nbsp;</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Poser ces débats partout où nous sommes, c’est gagner du temps et du terrain pour la lutte antifasciste. Il y a un combat à mener dans notre classe pour que ces idées se concrétisent par des actions. Les prises de position antiracistes ne suffisent plus. Elles n’ont jamais suffi d’ailleurs. Il faut se compter, prendre en main nos cadres de lutte pour les renforcer.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si on pense l’urgence de l’antifascisme et de l’antiracisme en lien avec l’utilité des frontières et de l’impérialisme pour le capital, alors il est nécessaire de se regrouper. S’organiser politiquement permet d’avoir une cohérence. On ne peut avoir la prétention de conserver la patate si l’on ne prend pas le temps de discuter des liens entre nos fronts et de ce qui fait obstacle à leur unité.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aussi souhaitable soit l’autonomie de notre classe, elle n’est pas automatique. D’où l’idée qu’elle constitue un combat, une attention quotidienne à résister à l’idéologie dominante. Celle qui peut jusque dans nos rangs nous faire croire que nous aurions un intérêt à ne pas trop lier les problèmes entre eux et à prendre des raccourcis pour gagner. Au contraire, il n’y a pas de raccourci possible : tout le monde doit et devra mouiller le maillot, renforcer sa confiance à agir, relever la tête, et proposer à sa voisine ou son voisin de se serrer les coudes pour faire face et prendre de la place. C’est audacieux ? C’est le plus raisonnable.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Solen (Rennes)</h5>
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			</item>
		<item>
		<title>Mouvement contre la réforme des retraites à Rennes : l’auto-organisation comme boussole</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/mouvement-contre-la-reforme-des-retraites-a-rennes-lauto-organisation-comme-boussole/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Nov 2023 23:26:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Autonomie]]></category>
		<category><![CDATA[Blocages]]></category>
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		<category><![CDATA[Retraites]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicats]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=8061</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Fin septembre 2023, l’antenne A2C de Rennes a organisé une discussion politique ouverte sur la question d’un bilan local du mouvement des retraites. Nous avons voulu rendre compte des différentes pistes de réflexions qui ont <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/mouvement-contre-la-reforme-des-retraites-a-rennes-lauto-organisation-comme-boussole/" title="Mouvement contre la réforme des retraites à Rennes : l’auto-organisation comme boussole">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph" style="font-style:normal;font-weight:600">Fin septembre 2023, l’antenne A2C de Rennes a organisé une discussion politique ouverte sur la question d’un bilan local du mouvement des retraites. Nous avons voulu rendre compte des différentes pistes de réflexions qui ont émergé ce soir-là, continuer à ouvrir le débat et à le faire vivre, mais aussi et surtout pour inviter toutes les personnes qui le souhaitent à nourrir ce bilan, et&nbsp;ainsi continuer à renforcer nos liens et à s’organiser à Rennes.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #10 &#8211; Novembre 2023</h6>



<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><strong>F</strong>aire le bilan local de ce mouvement n’est pas une chose aisée car il en a sans aucun doute émerveillé et surpris beaucoup, en premier lieu celles et ceux qui y ont participé. Dans ce texte, nous avons fait le choix d’axer notre bilan sur la question de l’auto-organisation, avec ses implications à la fois stratégiques et pratiques. En effet, en tant que révolutionnaires, nous ne cherchions pas seulement à gagner contre la réforme. Nous cherchions également à convaincre le plus grand nombre que nous pouvons aller plus loin et changer les choses entièrement, que nous sommes les plus à même de gérer nos affaires communes. Une des armes pour cela est l’expérience collective de s’organiser ensemble et de décider pour nous-mêmes, autrement dit l’auto-organisation. Nous pensons donc qu’il était nécessaire d’argumenter dans cette perspective et de tenter d’organiser le mouvement dans cette direction.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une chronologie rennaise du mouvement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours des six mois de mobilisation, plusieurs modalités d’action ont émergé à Rennes, chacune avec ses spécificités :</p>



<p class="wp-block-paragraph">1/ Du 19&nbsp;janvier au 6&nbsp;juin 2023, 14&nbsp;journées de grève et de manifestations intersyndicales ont rassemblé entre 15 000 et 40 000 personnes avec des syndicats, des lycéen·nes, des groupes autonomes, des collectifs féministes, antiracistes, et des personnes non organisées. Les grèves ont été très suivies par les secteurs publics habituellement mobilisés (Éducation nationale, SNCF) mais aussi par des secteurs moins attendus comme la culture.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">2/ Dès janvier, des blocages et barrages filtrants des axes routiers sont organisés aux quatre coins de Rennes. Le but : bloquer l’économie, freiner la production en empêchant les travailleur·euses de rejoindre leur lieu de travail. En mars, ils prennent le nom d’actions « ville morte » et deviennent quasi hebdomadaires.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">3/ Dès février, d’autres lieux considérés comme stratégiques sont aussi bloqués : l’université de Rennes&nbsp;2, certains lycées, des centres de collecte des déchets. Des travailleur·euses, étudiant·es, chômeur·euses se coordonnent avec les éboueur·euses pour bloquer la sortie des camions bennes durant 15&nbsp;jours.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">4/ Le 11&nbsp;mars, c’est l’ouverture de La Maison du Peuple (MDP) dans l’ancien cinéma Arvor : cet espace a pour vocation de favoriser l’auto-­organisation du mouvement. En parallèle se tiennent chaque semaine les AGs interprofessionnelles (cadre composé de syndicalistes organisés dans différents secteurs) et de Rennes sud. Plus tard, la MDP organise des manifestations régionales avec pour objectifs d’étendre les mobilisations sur l’ensemble de la Bretagne et de créer une coordination régionale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">5/ Le 25&nbsp;mars a lieu la manifestation contre le racisme et la loi Darmanin avec environ 800&nbsp;manifestant·es. S’en suivra la création du collectif Rennes contre Darmanin pour lutter contre le projet de loi sur l’asile et l’immigration et construire un front large et uni à Rennes contre le racisme.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">6/ Le même jour, environ 30 000 personnes convergent à Sainte-Soline contre la construction de mégabassines à l’appel des Soulèvements de la terre (SDT) : violences policières inédites, deux manifestants finissent dans le coma.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">7/ La première casserolade du 17&nbsp;avril devant la mairie lors du discours de Macron nous permet de nous réunir sous une nouvelle forme : se rassembler, faire du bruit, crier et revendiquer notre désaccord. Très pratiques, simples, accessibles et efficaces, les casserolades ont donné un nouveau souffle à la lutte.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">8/ Le 27&nbsp;mai, la MDP appelle à une mobilisation de 24&nbsp;heures contre Macron, Darmanin et le fascisme et Rennes contre Darmanin organise un rassemblement contre la venue du rappeur fasciste Millésime K.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-dominant-color="4c5f76" data-has-transparency="false" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr1-768x1024.webp" alt="" class="wp-image-8062 not-transparent" style="--dominant-color: #4c5f76; aspect-ratio:1;object-fit:cover;width:333px;height:auto"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Durant ces six mois, nous avons vécu une effervescence incroyable, ça fourmillait, ça s’organisait à un rythme parfois très intense : personne autour de nous ne pouvait ignorer la lutte en cours contre la réforme Macron. Ce contexte nous donnait l’opportunité de parler politique de façon beaucoup plus évidente et fluide, dans une sphère plus large qu’en période hors mouvement social. En bref, c’était l’occasion parfaite d’intervenir en tant que révolutionnaires, de parler de nos intérêts communs à lutter et surtout d’expérimenter cette capacité réelle que nous avons de reprendre le pouvoir sur nos vies.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les différentes modalités d’action qui ont émergé pendant le mouvement découlent pour la plupart de conceptions (plus ou moins conscientes) sur la manière de gagner : les choix stratégiques ont constitué un point de discussion et de désaccord important pendant le mouvement, notamment sur la question des blocages comme outil ­d’élargissement de la lutte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Stratégies et choix tactiques : des limites du blocage</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Lors des assemblées auxquelles nous avons participé, l’hypothèse que pour faire reculer le gouvernement sur la réforme, il suffirait de faire augmenter son coût financier en additionnant les coûts liés aux différentes actions de la contestation (grèves, blocages, dégradations diverses, encadrement et répression du mouvement), était largement défendue. Le gouvernement se retrouverait donc à faire un calcul économique qui le pousserait à reculer au moins temporairement afin de limiter les pertes financières.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur un plan comptable, cette conception revêt plusieurs limites. Car si le gouvernement se donnait pour objectif avec sa réforme « d’économiser » 13 milliards d’euros par an à l’horizon 2030 sur les 331,6 milliards des pensions de retraites, Marc Touati<sup data-fn="66051578-b134-481c-9b43-b707509a8389" class="fn"><a href="#66051578-b134-481c-9b43-b707509a8389" id="66051578-b134-481c-9b43-b707509a8389-link">1</a></sup> estimait à 1 milliard d’euros les coûts d’une journée de grève « dure ». Quant aux dégradations, nous n’avons pas trouvé de chiffres globaux pour le mouvement des retraites, mais à titre de comparaison, la Fédération française des sociétés d’assurances les a estimées à 730 millions d’euros lors des révoltes suite au meutre de Nahel. Soit moins qu’une journée de grève bien suivie.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="626669" data-has-transparency="false" decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr2-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8063 not-transparent" style="--dominant-color: #626669; aspect-ratio:16/9;object-fit:cover" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr2-jpg.webp 1000w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr2-jpg-300x225.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr2-jpg-768x576.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr2-jpg-678x509.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr2-jpg-326x245.webp 326w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr2-jpg-80x60.webp 80w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Nous étions donc loin de faire pencher la balance de notre côté avec cette seule approche :</p>



<p class="wp-block-paragraph">1/ Pour bien comprendre ce qui fait peur à nos ennemis, il faut penser cette réforme en contexte. Elle a été mise à l’agenda dans un moment de crise profonde du capitalisme, elle revêtait donc un caractère économique et politique primordial pour les capitalistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">2/ Ces chiffres nous permettent de relativiser les impacts économiques des stratégies émeutières, par rapport à la grève de masse (avec en plus des conséquences en termes de répression hélas dramatique) : il nous aurait fallu 13 journées de grèves fortes pour ne serait-ce qu’arriver à coûter autant à l’économie que ce que le gouvernement prétend économiser en une seule année avec sa réforme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">3/ Les retraites, ce sont des milliards d’euros sur lesquels capitaliser en augmentant leur taux de profit dans un moment où ceux-ci dégringolent. Autant dire qu’ils étaient prêts à perdre beaucoup sur le moment pour s’assurer de gagner beaucoup à l’avenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette stratégie économique d’augmenter le coût de la réforme pour les capitalistes, une des tactiques centrales a été les blocages d’axes routiers et la mise en place de piquets de grève. Si les blocages ont ponctuellement permis des choses intéressantes (la rencontre entre plusieurs composantes du mouvement, un nouveau souffle pour la mobilisation, la mise en action concrète, un sentiment de puissance collective), la manière dont ils ont été utilisés par leurs organisateur·ices nous a cependant interrogé·es.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les blocages étaient majoritairement traités comme une question technique plutôt que politique : c’est devenu un rituel et les discussions tournaient plus autour du nombre de palettes nécessaires que de la pertinence à jeter nos forces dans cette action. Nous n’avons par exemple pas pu discuter de ce que nous pouvions proposer aux gens bloqué·es dans leur voiture. Des centaines de personnes se sont retrouvées mises en passivité. Il aurait été pertinent de proposer aux convaincues (les personnes bloquées qui étaient contre la réforme mais pas organisées, pas militantes et très souvent isolées dans leur travail) une manière de se joindre au mouvement et de chercher à convaincre les autres.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La même logique a été mise à l’œuvre avec le soutien apporté aux éboueur·euses, qui n’avaient pas assez de forces pour mener une grève reconductible. Pendant une quinzaine de jours et de nuits, une centaine de personnes impliquées dans le mouvement se sont relayées pour les aider et faire en sorte que les ordures ne soient pas ramassées, dans l’objectif que cette nuisance contribue à la pression globale. Cette approche « de choix d’urgence » n’a pas permis de se demander comment être plus en grève, partout, secteurs isolés ou non, ni quelle importance il peut y avoir à soutenir les différents secteurs isolés ou non (santé, éducation, commerce, transport, etc.).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous pensons que ce qui aurait pu faire pencher la balance de notre côté est notre capacité à généraliser le conflit, à convaincre et mettre en action le plus grand nombre pour s’opposer à cette loi, et à bien plus. Peu importe le moyen d’action, blocages, occupations, grèves, notre boussole aurait dû être de chercher par tous les moyens à ce que l’opposition massive à cette loi se traduise avec la même intensité dans la rue en favorisant la mise en action et l’auto-organisation de notre classe. Il n’y a pas de raccourcis : les militant·es ne peuvent faire les tâches seul·es et doivent convaincre et agir en ce sens.</p>



<h2 class="wp-block-heading">S’organiser par en bas : Maison du peuple et AG Rennes Sud Mobilisée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Beaucoup de camarades de diverses tendances ont fait un constat, que nous partageons : ce mouvement a été marqué par une faible participation aux cadres d’auto-organisation alors même que la participation aux manifestations était historique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">On pourrait simplement renvoyer la responsabilité à l’intersyndicale en arguant qu’elle a tout fait pour garder le contrôle sur le mouvement. Cependant, contrairement à ce qui a pu se passer dans d’autres mouvements, l’intersyndicale, et plus particulièrement la CGT a, à plusieurs reprises, encouragé des prises d’initiatives par en bas, indépendantes du calendrier annoncé. Cela s’est d’autant plus vérifié après l’utilisation du 49.3 où beaucoup d’initiatives ont été prises partout sur le territoire.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="545854" data-has-transparency="false" decoding="async" width="600" height="800" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr3-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8064 not-transparent" style="--dominant-color: #545854; aspect-ratio:1;object-fit:cover;width:262px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr3-jpg.webp 600w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr3-jpg-225x300.webp 225w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Pour autant, les directions syndicales réformistes ne chercheront jamais à être réellement débordées par le mouvement ni à déborder du cadre de la démocratie bourgeoise. C’est notre travail en tant que révolutionnaires de leur opposer d’autres cadres et pratiques et surtout se donner les moyens de mettre en mouvement une part significative de notre classe. Sur ce point, nous pouvons tirer le bilan que nous n’y sommes pas parvenu·es.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Rennes, parmi les différentes propositions ayant émergé pour organiser et coordonner une partie du mouvement, nous avons eu l’occasion de nous joindre à quelques AG de la Maison du peuple. Si la proposition nous a paru intéressante et a permis d’offrir un espace d’élaboration commun à diverses composantes du mouvement (syndicats, partis, mouvement autonome) pour agir ensemble autant que faire se peut, elle s’est selon nous heurtée à une limite intrinsèque : elle a cherché avant tout autre chose à coordonner les militant·es déjà organisé·es plutôt qu’à organiser celles et ceux qui ne l’étaient pas encore et ainsi élargir le mouvement.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous savons que ce n’était pas le propos de la MDP mais justement, nous nous interrogeons : en centralisant l’énergie d’un nombre considérable de militant·es, la MDP n’a-t-elle pas conduit à mettre de côté la création d’autres espaces d’auto-organisation ? Des espaces à plus petite échelle et qui chercheraient activement à être rejoints par des personnes opposées à la réforme mais peu ou pas mobilisées ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous pensons que c’est parfois le travers dans lequel nous pouvons tomber en tant que militant·es déjà organisé·es : chercher à se regrouper pour se sentir plus fort·es, alors que ce qui nous donnerait encore plus de force, c’est d’être rallié·es par celles et ceux qui ne sont pas encore là, et donc de faire du travail politique en ce sens. Si notre objectif est la généralisation des espaces d’auto-organisation, qu’est ce qui a plus de chance d’y mener ? Que tou·te·s les militant·es de la ville se retrouvent dans une grande assemblée pour tenter de s’organiser ensemble, ou de tenter d’élargir le mouvement depuis les personnes qui nous entourent dans nos espaces de vie et de travail ? En somme, de s’organiser par en bas, partout où cela est possible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons voulu expérimenter à cette échelle et avons contribué à lancer et faire vivre l’assemblée « Rennes Sud mobilisée contre la réforme ». Cette assemblée était majoritairement composée de personnes déjà organisées (syndicats, collectifs, partis) ou politisées, ayant pour point commun d’habiter Rennes Sud<sup data-fn="92706702-e586-43e7-9dec-4fc9a548092f" class="fn"><a href="#92706702-e586-43e7-9dec-4fc9a548092f" id="92706702-e586-43e7-9dec-4fc9a548092f-link">2</a></sup>. Elle avait pour vocation de s’organiser à l’échelle de nos quartiers pour y faire vivre le mouvement contre la réforme en mobilisant de nouvelles personnes. Plusieurs initiatives ont été lancées depuis ce cadre : </p>



<p class="wp-block-paragraph">1/ Des départs en cortège depuis le quartier pour rejoindre les manifestations appelées en centre-ville (cortèges allant jusqu’à 200 personnes)&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">2/ Des barrages/blocages du rond-point de la Poterie (avant de rejoindre en cortège la manifestation). Ces actions ont au départ regroupé une cinquantaine d’habitant·es du quartier avant d’être rejointes par d’autres (notamment la MDP) lorsque les opérations Ville morte ont commencé.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">3/ Une déambulation dans le quartier en distribuant des tracts auprès des travailleur·euses et habitant·es appelant à se joindre aux blocages, aux manifestations et aux assemblées : un bon prétexte pour discuter de la réforme et de politique en général.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">4/ Un barbecue-projection contre la réforme et contre Macron, qui s’est tenu au centre Alain-Savary et qui a regroupé une soixantaine de personnes du quartier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons à la fois été convaincu·es de l’importance de l’existence de ce cadre tout en étant confronté·es à trois grandes difficultés que nous ne voulons pas minimiser :</p>



<p class="wp-block-paragraph">1/ La régularité : ce cadre s’est ajouté pour beaucoup à d’autres cadres d’organisation, avec parfois peu de continuité et des difficultés à libérer du temps pour se voir.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">2/ Le piège de l’entre soi-militant : En réalité, nous sommes retombé·es dans le « piège » que nous tentions d’éviter en construisant cette assemblée. Nous nous sommes majoritairement organisé·es à partir du quartier plutôt que dans le quartier : nos actions (à part vers la fin du mouvement) n’ont pas suffisamment cherché à élargir et grossir nos rangs en convainquant de nouvelles habitant·es et travailleur·euses autour de nous de se joindre au mouvement mais ont plutôt permis d’organiser les militant·es du quartier pour intervenir à l’échelle de la ville.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">3/ La continuité : nous sommes sorti·es riches de cette expérience commune et pour autant début juillet, lorsque les révoltes ont éclaté partout en France dont au Blosne suite à la mort de Nahel, nous n’avons pas été en mesure de relancer une dynamique de solidarité en actes avec les habitant·es impliqué·es. Comment poursuivre hors mouvement social afin d’être préparé·es, solides et solidaires lors des explosions politiques qui ne manqueront pas d’advenir dans les mois et années à venir et dont le rythme risque même de s’intensifier ? Ces cadres locaux d’organisation nous semblent être une des clés pour être à la hauteur des enjeux actuels. Leur pérennité est une nécessité pour consolider nos appuis et espérer être toujours plus nombreux·ses à vouloir, in fine, transformer le monde.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="666261" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr4.jpg" alt="" class="wp-image-8065 not-transparent" style="--dominant-color: #666261; aspect-ratio:16/9;object-fit:cover" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr4.jpg 1000w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr4-300x225.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr4-768x576.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr4-678x509.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr4-326x245.webp 326w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/11/A2C_RevueN10_Rennes_Illustr4-80x60.webp 80w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’écart profond entre le nombre de personnes se déclarant contre la réforme et la forte mobilisation dans les manifestations d’un côté, et la faible organisation des personnes présentes de l’autre nous pousse aujourd’hui à défendre plus que jamais la nécessité de :</p>



<p class="wp-block-paragraph">1/ Chercher à convaincre les personnes autour de nous de s’organiser : car s’organiser pour seulement agir ne suffit pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">2/ Éviter par tout les moyens de s’enfermer entre militant·es et convaincu·es : si les espaces de coordination du mouvement sont nécessaires et peuvent donner l’impression du nombre, ils ne peuvent se suffir à eux-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">3/ Se poser les questions sur comment généraliser la lutte et sur quelles stratégies défendre pour y parvenir dans un maximum de sphères de la société : c’est la seule manière de faire véritablement trembler le pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">4/ Donner la confiance : nous sommes tou·te·s, militant·es ou non, légitime et capable de remettre en question nos conditions de vie. Faire grandir le mouvement, c’est aussi regarder, apprendre, écouter ce qu’il se passe ailleurs. C’est inviter, proposer, échanger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">5/ La radicalité oui, mais la radicalité du nombre toujours : elle ne doit pas nous empêcher de rallier le plus grand nombre à celles-ci et d’agir le plus possible en ce sens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il nous semble important de rappeler que le mois de juin s’est terminé par l’assassinat de Nahel par la police à Nanterre. À la sortie d’un mouvement social historique, il s’agit aussi de tirer des bilans sur pourquoi la solidarité avec les révoltes et les habitant·es des quartiers n’ont pas été un réflexe au même titre que la solidarité contre le gouvernement Macron qui nous exploite. Nous aimerions développer cette question dans un prochain article, avec, qui sait, des camarades de Rennes ?&nbsp;</p>



<h5 class="wp-block-heading">Armell, Kim Attimon et Mathilda Demarbre (Rennes)</h5>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<h6 class="wp-block-heading">NOTES</h6>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="66051578-b134-481c-9b43-b707509a8389">Économiste et chroniqueur dans « Capital ». <a href="#66051578-b134-481c-9b43-b707509a8389-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="92706702-e586-43e7-9dec-4fc9a548092f">Zone comprenant tous les quartiers entre Sainte-Thérèse et la Poterie. <a href="#92706702-e586-43e7-9dec-4fc9a548092f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/mouvement-contre-la-reforme-des-retraites-a-rennes-lauto-organisation-comme-boussole/">Mouvement contre la réforme des retraites à Rennes : l’auto-organisation comme boussole</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’autonomie de classe : « aller de l’avant est une élévation  »! </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/lautonomie-de-classe-aller-de-lavant-est-une-elevation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Oct 2023 05:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[Autonomie]]></category>
		<category><![CDATA[Classe ouvrière]]></category>
		<category><![CDATA[mouvement]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=7877</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">L’autonomie de classe est un processus. Ce n’est pas uniquement une expression théorique, cela est même, au contraire, un objectif à atteindre dont découle une pratique. Cet article tente d’expliciter ce qu’on entend par cette <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/lautonomie-de-classe-aller-de-lavant-est-une-elevation/" title="L’autonomie de classe : « aller de l’avant est une élévation  »! ">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph" style="font-style:normal;font-weight:600">L’autonomie de classe est un processus. Ce n’est pas uniquement une expression théorique, cela est même, au contraire, un objectif à atteindre dont découle une pratique. Cet article tente d’expliciter ce qu’on entend par cette expression.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #09 &#8211; Septembre 2023</h6>



<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le conflit qui oppose la bourgeoisie et la classe ouvrière existe. Il n’est pas une vue de l’esprit. L’enjeu auquel nous nous attelons est universel : transformer toute la société. Pas seulement les conditions d’un petit groupe de personnes, d’un corps de métier, d’une partie de l’humanité… Toute la société !</p>



<h2 class="wp-block-heading">La trajectoire du capital</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que nous appelons la trajectoire du capital, dans différents articles que nous avons publiés, c’est le chemin qu’emprunte la bourgeoisie et ce qui en résulte : l’augmentation des budgets d’armement, la tendance générale à la multiplication des conflits entre blocs de capitaux, la guerre en Ukraine, les tensions au Sahel, le renforcement des polices à travers le monde, la prégnance du danger fasciste, les contre-réformes, etc.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette trajectoire a une conséquence : nous ne pouvons pas compter sur la bourgeoisie —&nbsp;donc ni sur le capital ni sur l’État&nbsp;— pour mettre un point d’arrêt aux guerres. Ainsi, il est impossible d’attendre que nos intérêts de classe soient défendus par un État quel qu’il soit dans une guerre comme celle qui a cours en Ukraine. On ne peut pas s’en remettre à l’État pour nous protéger durant une pandémie. On ne peut pas attendre que l’État interdise des meetings fascistes et on ne peut pas non plus s’en remettre à la démocratie bourgeoise. Et en 2023, on ne pouvait pas attendre de victoire sur les retraites dans l’Assemblée nationale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Être dans les luttes, construire l’autonomie de classe</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’autonomie de classe, c’est un éclairage qui aide, qui m’aide, qui nous aide à faire des choix, à comprendre l’actualité, comme si on utilisait un filtre « l’opposition capital / travail ». Ces lunettes d’analyse permettent d’éclairer l’opposition des forces entre la bourgeoisie et notre classe. « Notre classe », c’est-à-dire celles et ceux qui n’ont pas d’autre choix que de travailler pour subvenir à leurs besoins. Il s’agit bien d’une analyse marxiste de la société. Dans les premières pages du Manifeste du Parti communiste, Marx et Engels expliquent déjà en 1848 que le fonctionnement même du capitalisme le pousse à infester le monde entier : « poussée par le besoin de débouchés de plus en plus larges pour ses produits, la bourgeoisie envahit le globe entier. Il lui faut s’implanter partout, mettre tout en exploitation. » Si elle rencontre des résistances, il y aura affrontement. Dans tous les cas, le capitalisme n’est pas un système moral. D’où le fait qu’on ne peut pas faire sécession avec de bonnes intentions : il n’y a pas d’en-dehors du capitalisme, du plus petit village d’Ardèche à Wall Street. On ne peut malheureusement pas vivre que de ZAD, d’alternatives isolées, d’associations, d’augmentations de salaires éparses ou autres réseaux d’entraide… Pour autant, toutes ces luttes sont le mouvement, « le prolétariat avec de l’attitude »<sup data-fn="0ad84e76-0e0e-475e-a1fc-10d548e2fed5" class="fn"><a href="#0ad84e76-0e0e-475e-a1fc-10d548e2fed5" id="0ad84e76-0e0e-475e-a1fc-10d548e2fed5-link">1</a></sup>. Elles ont une valeur pour l’augmentation de notre confiance, elles sont le germe de ce qui peut advenir de meilleur. Grâce à la solidarité et à l’action collective, ces initiatives, élaborées ensemble par celles et ceux qui luttent, construisent l’autonomie de notre classe.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="878799" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #878799;" loading="lazy" decoding="async" width="800" height="600" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr1-jpg.webp" alt="" class="wp-image-7881 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr1-jpg.webp 800w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr1-300x225.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr1-768x576.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr1-678x509.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr1-326x245.webp 326w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr1-80x60.webp 80w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Penser le changement, changer de pansement ou…</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À la fois on ne peut pas faire sécession, faire la révolution dans son coin en ignorant le reste du monde, à la fois on ne peut pas aborder la révolution uniquement comme une rêverie lointaine. En gros, bavasser sur la révolution ou se satisfaire de solutions à échelle réduite ? Là commence la gymnastique pour dépasser cette fausse opposition. En effet, quand on parle d’autonomie de classe, on sait que notre classe n’existe pas isolément mais dans l’opposition avec la bourgeoisie. Si le but visé est une société sans classe, alors on vise notre disparition en tant que classe. Et pour y parvenir, la stratégie révolutionnaire ne doit pas faire fi du mouvement, elle doit le mettre au centre. « Le mouvement », ce n’est pas seulement le mouvement « social ». Ce ne sont pas seulement les manifestations, spectaculaires, belles et vivantes. Ou seulement les syndicats. Ce sont tous les moments où la classe s’auto-organise. Ce fameux mouvement —&nbsp;à partir duquel nous travaillons dans les articles des Cahiers d’A2C&nbsp;— peut apparaître comme étant très limité d’un point de vue révolutionnaire, si l’on s’en tient à quelques clichés figés dans le temps. Pourtant, il est plein de vitalité, source de transformation. C’est là que se pose la question de l’autonomie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Lutter pour nous-mêmes et par nous-mêmes : notre fête, leur misère !</h2>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="465352" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr2-jpg.webp" alt="" class="wp-image-7882 not-transparent" style="--dominant-color: #465352; width:397px;height:298px" width="397" height="298" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr2-jpg.webp 600w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr2-300x226.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr2-326x245.webp 326w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr2-80x60.webp 80w" sizes="auto, (max-width: 397px) 100vw, 397px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">La boussole de l’autonomie de classe, c’est ce qui permet d’éviter que tout s’arrête à la fin d’un processus institutionnel. C’est même ce qui permet de ne rien en attendre. Concrètement, c’est commencer dès le début d’un mouvement d’ampleur à mobiliser à la base, à rendre la confiance contagieuse en valorisant ce qui se fait en bas. C’est se concentrer sur nous-mêmes, valoriser notre classe, se demander comment on se renforce et on se lie, comment évolue notre état, notre capacité à prendre nos affaires en main, pour mieux affronter ceux d’en face. Nous ne devons pas attendre que les initiatives d’élu·es, quelles qu’elles soient, aboutissent. Quand bien même ces initiatives prises « par en haut » permettraient d’appuyer un rapport de forces globalement élevé, il ne s’agit pas de la même chose si c’est nous qui mettons un stop à la classe dirigeante. Car pour leur faire la misère, il faut qu’on fasse vraiment la fête. Quand on dit autonomie de classe, on dit que c’est par la base, par nos assemblées de fac, nos collectifs de quartier, nos expériences syndicales qu’on grappille des degrés de confiance sur la classe adverse, finalement par la mise en action collective. Se penser comme autonome, c’est se penser comme capable de tout changer et que nous sommes d’une importance extrême. D’autres, qu’on imagine mieux placés, plus proches des sphères de pouvoir, ne peuvent pas se battre à notre place. Même si cela paraît plus simple, les expert·es, les pro, les élu·es sauraient-ils et elles faire mieux que nous-mêmes ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Humilité et prétention</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Des expériences qui renforcent l’autonomie de classe ont lieu à plein d’endroits dans le monde, sans que les protagonistes utilisent nécessairement cette expression. Que ce soit dans des syndicats, des villes ou des campagnes, chez des personnes éloignées de la politique institutionnelle, dans des cercles de base de certaines organisations politiques, des collectifs féministes, écologistes, antiracistes, des ZAD, des occupations, des médias, des milices, des réseaux clandestins, des organisations d’autonomie alimentaire, de paysannerie… Par exemple, lorsque des paysan·nes du Plateau de Millevache prennent l’initiative de créer un droit d’asile du Limousin ou quand des habitant·es du 20e&nbsp;arrondissement de Paris créent une « carte d’habitant·e » pour tous·tes, avec ou sans papiers,&nbsp;&nbsp;iels prennent leurs affaires en main pour contrer le discours dominant de division et de racisme. Un territoire rural, un quartier ouvrier, un local de cantine, tout cela participe au renforcement de notre confiance dans le fait que « l’émancipation des travailleur·euses sera l’œuvre des travailleur·euses elles et eux-mêmes ». Il y a de l’humilité et de la prétention dans cette pensée : penser que ce n’est pas un petit groupe de personnes qui peut changer le monde seul, mais avoir la prétention de pouvoir quand même influencer le cours des choses. Éviter l’immobilisme. Penser que malgré tout, une personne de plus, c’est une personne de plus. Et plus notre classe forge son autonomie en alliage soie et nickel, plus nous entrevoyons la disparition de la classe capitaliste.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’autonomie de classe : une histoire de&nbsp;confiance pour contre-attaquer !</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comme je le disais plus haut, notre classe est en capacité de tout changer. Ce qui me faisait penser au souhait de Don Choa : « Tu voudrais voir l’atmosphère se détendre, j’veux voir la classe ouvrière se défendre »<sup data-fn="8802372d-aeb0-40da-b335-7812e405f077" class="fn"><a href="#8802372d-aeb0-40da-b335-7812e405f077" id="8802372d-aeb0-40da-b335-7812e405f077-link">2</a></sup>. Et se défendre, ce n’est pas « être défendue par »… On aura beau avoir de notre côté des avocat·es, des magistrat·es, des organisations de bienfaisance, ça n’ira pas beaucoup plus loin que le maintien d’un rapport conflictuel où l’on répond aux coups portés par le capital. Quel que soit le nom que nous donnons à notre classe, et quand bien même elle est traversée par de multiples contradictions, il n’y a que par la mise en action réelle de millions de personnes qu’on arrivera à résoudre l’équation, et à faire plus que se défendre : à contre-attaquer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Imaginons, si 1 000 personnes font à la place de 10&nbsp;millions, avec beaucoup de bonne volonté et de bonnes intentions, il y aura toujours la répression en face, et aussi une déconnexion inévitable. Par exemple, rêver qu’une motion de censure fasse le travail à notre place peut sembler attirant. Mais cela aurait bien des effets sur la suite et sur notre conception générale de l’importance de la lutte. Croire que nous n’avons pas d’impact par notre mise en action collective, c’est renforcer la passivité et le défaitisme. C’est peut-être aussi cela qui fait qu’on participe aux manifestations comme à un rituel obligatoire. Chacune et chacun a pourtant toute la légitimité d’apporter au mouvement, de le faire grossir, de le renforcer. Croire qu’on n’y peut rien et qu’on n’est rien est trop courant, et c’est le chemin de réflexion qui nous amène à penser que pour régler toutes nos questions, il faudrait voter ou « mieux » voter pour améliorer notre sort.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="7d736f" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #7d736f;" loading="lazy" decoding="async" width="1100" height="825" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr3-1100x825.webp" alt="" class="wp-image-7883 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr3-1100x825.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr3-300x225.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr3-768x576.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr3-678x509.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr3-326x245.webp 326w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr3-80x60.webp 80w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Autonomie_Illustr3-jpg.webp 1200w" sizes="auto, (max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une seule boussole : le mouvement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, il n’est pas simple de militer et on peut imaginer que certaines de ces approches donnent parfois la confiance de continuer malgré toutes les limites évoquées. Dans une situation politique aussi tendue, nous devons continuer d’insister sur le potentiel d’auto-organisation et d’élargissement du mouvement. Nous devons avoir en tête l’ampleur du travail d’argumentation, d’initiatives, de renforcement de liens entre militant·es et non militant·es qui nous attend encore. Quand il y a des initiatives du mouvement —&nbsp;un flash mob, une banderole monumentale, une assemblée de grévistes, une manifestation à vélo, une kermesse antifasciste, un atelier pancarte, une jonction entre féministes et syndicalistes, un festival antiraciste&nbsp;— il faut s’en réjouir, les soutenir et les considérer comme des illustrations de l’augmentation de cette fameuse confiance. Et si la confiance prend du temps, c’est que le processus vaut la peine d’être vécu. Prendre des raccourcis, c’est passer à côté du processus de transformation pourtant nécessaire à la prise de confiance politique et donc à la révolution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’ailleurs, si l’on revient sur les mouvements des derniers mois, on a pu retrouver des raccourcis, qui peuvent être très mobilisants dans le temps court, mais finir par nous éloigner de la politique sur le long terme.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Le débouché politique</strong> : extérieur au mouvement, un parti se positionne comme la voie institutionnelle qui va porter les voix des grévistes et/ou des manifestant·es. Ainsi, notre rôle serait uniquement de « faire pression » sur le gouvernement en appuyant le parti censé nous représenter.</li>



<li><strong>La personne ou l’organisation providentielle</strong> : elle apporterait l’idée qui va tout changer, la bonne revendication à suivre, la bonne action spectaculaire, le bon rythme de dates de manifestations.</li>



<li><strong>La super grève qui bloque tout</strong> : se mettre en grève ne vaut le coup que si un secteur stratégique s’y met. La grève n’a dans cette approche qu’un pouvoir bloquant et non un pouvoir d’auto-­organisation de notre classe. Donc si la grève ne bloque rien, alors elle est inutile. Dans cette logique, si un secteur n’a pas de pouvoir bloquant, la grève de celui-ci serait inutile. Aussi, si peu de monde est en grève, on peut entendre que « les gens ne veulent pas se battre ».</li>



<li><strong>La grève générale</strong> : l’objectif est qu’un maximum de monde se mette en grève en même temps. Mais comme tout le monde ne se lance pas en même temps, on se dit que c’est soit la faute des gens, soit la faute des syndicats. C’est le chaton qui se mord la queue : on ne se met pas en action car on attend que des masses se soulèvent, et une grève isolée n’est rien.</li>



<li><strong>La direction révolutionnaire </strong>: pour que le mouvement prenne la bonne direction, il faut en prendre… la direction. Donc l’idée serait de substituer à la mauvaise direction réformiste la bonne direction révolutionnaire auquel le mouvement devrait naturellement se subordonner.</li>



<li><strong>Le spectacle, les pertes matérielles et la tactique militaire</strong> : plus on s’attaque physiquement aux éléments visibles du capitalisme et plus on s’entraîne, plus on augmente la pression sur le gouvernement et les bourgeois qui vont compter leurs pertes et leurs blessé·es. La frustration vient souvent du fait que « les gens ne sont pas assez radicaux, ne sont pas déterminé·es ». Ou bien, le défaitisme peut venir de l’épuisement et du fait que nous n’arrivons pas à infliger une défaite militaire à la police, qui reste plus forte, nous blesse et nous tue.</li>



<li><strong>L’alternative concrète comme fin en soi </strong>: régulièrement en fin de mouvement, revient cette envie de faire sécession. Si on estime que notre rôle était de faire seulement plier les député·es, le gouvernement, les bourgeois, les oppresseurs, et si on n’y a pas réussi, alors on peut avoir envie de faire quelque chose de concret, dont les effets seront rapidement palpables : créer des colocations à la campagne, construire une utopie ne cherchant plus à entraîner d’autres personnes avec soi.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">L’immense toile de l’autonomie politique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au sein du mouvement, on discute, on débat, on ne passe pas en force, on s’appuie sur des expériences vécues, des bilans, des freins et des tremplins… Politiquement, c’est plus sûr et encourageant d’avoir des équipes de gens en action qui impulsent et motivent, invitent et proposent, pensent toujours à communiquer au-delà des cercles habituels. Ce qui est moins sécurisant, c’est de voir des personnes donner des leçons sans agir là où elles se trouvent et voir se diffuser l’idée que les raccourcis seraient bénéfiques pour gagner vite et à moindre frais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les raccourcis évoqués plus haut, il manque souvent quelque chose d’incontournable : le fait que notre classe soit en mouvement, physiquement et psychologiquement. Qu’elle se parle, rompe avec le quotidien de l’exploitation, dépasse ses peurs, ses préjugés sur les « autres » et sur elle-même. Autrement dit, que notre classe dépasse les oppressions qui la traversent pour aller vers une force collective offrant une énorme bouffée d’air. Comme un feu d’artifice émancipateur auquel rien ne résiste plus, parce qu’« en bande organisée, personne peut nous canaliser »<sup data-fn="b7c02cb6-37aa-45a0-8324-4ce757f954dc" class="fn"><a href="#b7c02cb6-37aa-45a0-8324-4ce757f954dc" id="b7c02cb6-37aa-45a0-8324-4ce757f954dc-link">3</a></sup>. On peut alors imaginer être à la hauteur du rapport de forces nécessaire pour résister aux forces de répression et contre-révolutionnaires, aux relents individualistes. Pour garder la patate et aller de l’avant, on garde en tête que tout se joue collectivement, et que même dans les moments de doute, « gigantesque est la foule, encagoulée et gantée »<sup data-fn="9ccea5c1-b1e3-47a8-a5a6-a343a18b6a76" class="fn"><a href="#9ccea5c1-b1e3-47a8-a5a6-a343a18b6a76" id="9ccea5c1-b1e3-47a8-a5a6-a343a18b6a76-link">4</a></sup>!</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Pas de temps pour la stagnation,</p>



<p class="wp-block-paragraph">à la Franz Fanon, pas de damnation (…)</p>



<p class="wp-block-paragraph">aller de l’avant est une élévation ! »</p>
<cite>« Homme neuf », in Comment rester propre ?, La Rumeur ft Ali, 2023</cite></blockquote>



<h5 class="wp-block-heading">Solen Ferrandon-Bescond, Rennes</h5>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<h6 class="wp-block-heading">Notes</h6>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="0ad84e76-0e0e-475e-a1fc-10d548e2fed5">« Magnifique », in Réalité Rap Musique, Vol. 3, Ben PLG, 2022 <a href="#0ad84e76-0e0e-475e-a1fc-10d548e2fed5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="8802372d-aeb0-40da-b335-7812e405f077">« Poches vides », Don Choa, EP 2017 <a href="#8802372d-aeb0-40da-b335-7812e405f077-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="b7c02cb6-37aa-45a0-8324-4ce757f954dc">« Bande organisée », in 13’Organisé, Jul / 13’Organisé, 2020 <a href="#b7c02cb6-37aa-45a0-8324-4ce757f954dc-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="9ccea5c1-b1e3-47a8-a5a6-a343a18b6a76">« Généric », in Médine France, Médine, 2022 <a href="#9ccea5c1-b1e3-47a8-a5a6-a343a18b6a76-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/lautonomie-de-classe-aller-de-lavant-est-une-elevation/">L’autonomie de classe : « aller de l’avant est une élévation  »! </a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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