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	<title>Archives des 1973 - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<description>Pour l&#039;autonomie de classe !</description>
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	<title>Archives des 1973 - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>50 ans après le 21 juin 1973 antifasciste, construire un front unitaire le plus large et déterminé !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Oct 2023 05:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[1973]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Fascisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">L’article d’Alain Pojolat sur la manif antifasciste du 21 juin 1973, violente, avec attaque frontale de la police, protégeant l’accès au meeting d’Ordre nouveau contre l’immigration sauvage, mérite que l’on revienne sur le contexte historique, social <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/50-ans-apres-le-21-juin-1973-antifasciste-construire-un-front-unitaire-le-plus-large-et-determine/" title="50 ans après le 21 juin 1973 antifasciste, construire un front unitaire le plus large et déterminé !">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/50-ans-apres-le-21-juin-1973-antifasciste-construire-un-front-unitaire-le-plus-large-et-determine/">50 ans après le 21 juin 1973 antifasciste, construire un front unitaire le plus large et déterminé !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600"><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/21-juin-1973-interdire-physiquement-les-meetings-fascistes/">L’article d’Alain Pojolat sur la manif antifasciste du 21 juin 1973</a>, violente, avec attaque frontale de la police, protégeant l’accès au meeting d’Ordre nouveau contre l’immigration sauvage, mérite que l’on revienne sur le contexte historique, social et militant. Il ne s’agit pas de contredire l’article mais d’y apporter des éclairages nécessaires et instructifs pour aujourd’hui.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #09 &#8211; septembre 2023</h6>



<p class="has-drop-cap">Les luttes et mobilisations des années 1950 et 1960, guerres de décolonisation et de libération nationale des peuples, les écrits et discours vont permettre d’échapper au seul face à face entre l’impérialisme américain et le bloc soviétique stalinien, le capitalisme impérialiste et le capitalisme d’État, ceux qui se sont partagés le monde à Yalta et Postdam, après la défaite hitlérienne.&nbsp;</p>



<p>La tentative de putsch des généraux d’avril&nbsp;1961 en Algérie va faire basculer une partie des militants d’extrême droite, qui rêvent de perpétuer l’Empire et tentent de construire un front uni anticommuniste et antidécolonialiste, la Fédération des étudiants nationalistes (FEN), vers les terroristes de l’OAS.&nbsp;</p>



<p>L’extrême gauche, décolonisatrice, Algérie algérienne, se réoriente alors vers une mobilisation et un activisme anti-OAS, antifasciste, notamment pour prévenir tout risque de coup d’État. Cela va mener à la création du FUA, Front uni antifasciste.&nbsp;</p>



<p>Les forces en présence, outre l’Unef, alors organisation de masse très engagée pour l’Algérie algérienne, sont l’UEC avec diverses tendances (gramsciste, différents courants trotskistes, une tendance maoïste et bien sûr le courant stalinien du PCF) et le Parti socialiste unifié (PSU) qui monte des Groupes d’action et de résistance (GAR). De son côté l’OCI, trotskiste lambertiste, refuse de rejoindre le FUA et créer la Fédération des étudiants révolutionnaires qui va également combattre l’extrême droite.</p>



<p>Les fachos nationalistes attaquent violemment la librairie et le journal Clarté de l’UEC tenu par les oppositionnel·les majoritaires, et envoient à l’hôpital Pierre Goldman en décembre&nbsp;1964, ou Alain Krivine en mai 1965.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La violence en milieu étudiant : « la peste brune s’écrase dans l’œuf » !&nbsp;</h2>



<p>Les affrontements ne cessent pas. En 1964, la FEN exclut huit de ses membres, dont François Duprat, Gérard Longuet, Alain Madelin, Alain Robert, qui vont créer avec d’autres Occident. Ils généralisent les attaques à la barre de fer et les passages à tabac. En réaction, les organisations d’extrême gauche restructurent leurs SO et se donnent les moyens de riposter. Jusqu’à mai 1968 la violence d’Occident s’accentue (attaques contre des beatniks, des dirigeants d’extrême gauche, des meeting Vietnam à Rouen et à Paris)&#8230; Les ripostes sont déterminées : attaques d’Assas, de rassemblements et manifs faschos, de diffusions de tracts et passages à tabac de militants et dirigeants… C’est dans ce contexte que la direction du PCF exclut les antistaliniens majoritaires de l’UEC en 1965-1966, ce qui donnera naissance à la JCR en 1966, à l’UJCML… mais aussi aux comités Vietnam. De ce vivier militant naissent et se massifient les organisations révolutionnaires de 1968 et des années 1970, constituant un véritable tournant. Parallèlement au milieu étudiant, les lycéen·nes prennent toute leur part à cette histoire (Comité Vietnam lycéen, grève des lycées de novembre 1967 et création des CAL…).</p>



<p>Cette radicalisation militante se fait dans un internationalisme des luttes, des idées, des projets révolutionnaires notamment :</p>



<p>–&nbsp;Contre la torture en Algérie et contre la violence d’État (les coups de force du 13&nbsp;mai 1958 pour amener De Gaulle à l’Élysée, la répression sanglante des manifestations des algériennes et algériens du 17&nbsp;Octobre 1961, et celle du 8&nbsp;mars 1962).&nbsp;</p>



<p>–&nbsp;Contre la guerre au Vietnam en soutien au FNL (création en 1966 du Comité Vietnam national pour la JCR, des comités Vietnam de base pour les maos).</p>



<p>–&nbsp;La création par Cuba en janvier 1966 de la tricontinentale, qui va donner naissance à l’Organisation de la solidarité des peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Les participant·es provenaient de 82 pays du tiers monde profondément marqués par la décolonisation et l’anti-impérialisme, issus de mouvements sociaux d’horizons politiques différents : organisations nationalistes, maoïstes, trotskistes, castristes ou guevaristes prônant souvent la résistance armée et l’essor des guérillas.&nbsp;</p>



<p>–&nbsp;En avril 1966 débute à Pékin la grande révolution culturelle prolétarienne.&nbsp;</p>



<p>–&nbsp;Du 5 au 10&nbsp;juin 1967, Israël annexe la Cisjordanie, du Golan, de Gaza, et tout Jérusalem après la guerre éclaire des 6 jours.&nbsp;</p>



<p>Cette culture politique intégrant la violence révolutionnaire s’est donc forgée contre le capitalisme et la société individualiste bourgeoise de la fin des 30 glorieuses, contre l’impérialisme, le stalinisme et ses déclinaisons politiques, contre les fascistes, les défenseurs de l’Empire français et les héritiers du national-socialisme, contre la démocratie bourgeoise au travers du gaullisme et sa violence d’État.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Septembre noir un tournant pour l’internationalisme et le contenu des stratégies révolutionnaires</h2>



<p>Le conflit entre le royaume jordanien et son armée, soutenu par des pays de la région, les USA et des pays européens, et l’OLP s’envenime et se poursuit du 12&nbsp;septembre 1970 à juillet 1971, quand Arafat et ses combattants sont expulsés de Jordanie manu militari. Toujours plus loin de leur territoire, la Palestine, les palestinien·nes vont créer des organisations de lutte pour la libération de leur pays, des organisations paramilitaires voire militaires recourant à la violence terroriste. Ces évènements vont profondément marquer les années 1970 et voir naître nombre d’organisations recourant aux attentats et aux meurtres de personnalités représentant le capitalisme, l’impérialisme, la guerre contres les palestinien·nes (Action directe, la Bande à Baader-Fraction armée rouge, les Brigades rouges …)</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="646464" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #646464;" fetchpriority="high" decoding="async" width="1000" height="669" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/10/A2C_RevueN9_Antifascisme_Illustr1-jpg.webp" alt="" class="wp-image-7898 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/10/A2C_RevueN9_Antifascisme_Illustr1-jpg.webp 1000w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/10/A2C_RevueN9_Antifascisme_Illustr1-300x201.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/10/A2C_RevueN9_Antifascisme_Illustr1-768x514.webp 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les manifs attaques des meeting fascistes (Palais des sports 1971, Mutualité 1973)</h2>



<p>Les affrontements entre Occident, Ordre nouveau, et en premier lieu la JCR puis la Ligue communiste mais aussi des organisations maoïstes, le PSU, Révolution, ne vont pas cesser. Le 9&nbsp;mars 1971, Ordre nouveau tient un meeting néo-nazi au Palais des sports. Des mouvements d’extrême gauche diffusent un tract : « Le meeting d’Ordre nouveau n’aura pas lieu ». De violents affrontements éclatent entre les contre-manifestants et la police à laquelle se joint le service d’ordre d’Ordre nouveau. Pour préparer la contre manif et l’attaque du meeting la Ligue organisa une campagne avec articles de presse, textes avec signatures et appels au 9&nbsp;mars. Cela se traduira par la présence d’anciens résistants FTP et de déportés porte de Versailles pour affirmer aux côtés des manifestant·es la continuité du combat antifasciste, « Le fascisme ne passera pas ».</p>



<p>Le 21&nbsp;juin 1973, Ordre nouveau décide de tenir à la Mutualité un meeting sur le thème : « Halte à l’immigration sauvage ! », une véritable provocation pour l’extrême gauche et qui confirme que le racisme est un terreau privilégié pour le développement et l’expression du fascisme (voir l’article d’Alain Pojolat). Pour cette manif, contrairement à 1971 la campagne est presque inexistante.</p>



<p>Le 28&nbsp;juin, le gouvernement dissout la Ligue communiste et Ordre nouveau. Les dirigeants d’Ordre nouveau ne sont pas inquiétés par la justice tandis que des dirigeant·es de la Ligue communiste, sont recherché·es et certain·es incarcéré·es. L’ensemble de la gauche, y compris le Parti communiste, se solidarise contre la dissolution de la Ligue communiste. Le 4&nbsp;juillet un meeting se tient au Cirque d’hiver mais la Ligue communiste y est privée de parole. Un appel, signé par des organisations d’extrême gauche, est publié : « … Nous appelons à la constitution d’un comité national sur la base de cet appel pour engager la lutte et faire échec à la répression. »</p>



<h2 class="wp-block-heading">En forme de conclusion provisoire</h2>



<p>La radicalité idéologique contre le capitalisme, l’impérialisme doit-elle se traduire par la violence armée, y compris au sein des démocraties bourgeoises, un terrorisme aveugle ou des assassinats individuels ? Au-delà des luttes contre l’impérialisme, des luttes de libération nationale, la fin ne peut justifier à elle seule les moyens. Nous sommes toujours au cœur de ce débat, qui a traversé la Ligue et l’extrême gauche suite à l’interdiction en 1973 et à l’apparition d’organisations dites « terroristes » mais qui n’a jamais pris l’ampleur nécessaire. Le capitalisme pour mener sa guerre de classe impose l’individualisme contre l’encommun et le bien commun. En ce sens les assassinats d’Aldo Moro symbole de la démocratie bourgeoise, démocratie chrétienne, par les Brigades rouges, celui de Georges Besse par Action directe, symbole du capitalisme, du grand patronat, celui d’Hans Martin Schleyer symbole du grand capital et des nazis « repentis » par la Bande à Baader n’individualisent pas la lutte de classe. Sans commune mesure, cela va de soi, le « Je lutte de classe » n’est-il pas une victoire de cet individualisme ? Le « nous lutte de classe » aurait porté en avant l’encommun et la volonté, solidarité et détermination de notre classe.</p>



<p>Si ce débat reste ouvert, quelle stratégie doit-on avoir aujourd’hui contre l’extrême droite, les fachos. Cette lutte indispensable doit-elle se dissoudre dans les luttes contre le macronisme et le capitalisme ? Je suis convaincu qu’il doit y avoir une spécificité à ce combat. Les succès électoraux du FN-RN doivent nous amener à préciser notre stratégie et nos tactiques. Il faut amener le RN à son fondement idéologique et à « sortir du bois ». Pour se faire il faut se défendre et ne pas laisser les groupuscules d’extrême droite et Reconquête occuper le terrain et nous attaquer. Il y a urgence à constituer un front antifasciste unitaire, le plus large , déterminé, tout particulièrement quand se développent, au sein de la société, des médias, la doxa fascisante, les pires discours idéologiques, démagogiques et populistes, tout particulièrement contre l’immigration « sauvage », on y revient !</p>



<h5 class="wp-block-heading">Marc Slyper</h5>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/50-ans-apres-le-21-juin-1973-antifasciste-construire-un-front-unitaire-le-plus-large-et-determine/">50 ans après le 21 juin 1973 antifasciste, construire un front unitaire le plus large et déterminé !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Salvador Allende et les impasses du réformisme</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/salvador-allende-et-les-impasses-du-reformisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Sep 2023 05:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[1973]]></category>
		<category><![CDATA[Allende]]></category>
		<category><![CDATA[Chili]]></category>
		<category><![CDATA[Réformisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Le 11&#160;septembre 2023 marque les 50 ans du coup d’État qui a eu lieu au Chili en 1973. Ce coup d’État a mis fin au gouvernement du socialiste Salvador Allende et a déclenché la période <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/salvador-allende-et-les-impasses-du-reformisme/" title="Salvador Allende et les impasses du réformisme">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">Le 11&nbsp;septembre 2023 marque les 50 ans du coup d’État qui a eu lieu au Chili en 1973. Ce coup d’État a mis fin au gouvernement du socialiste Salvador Allende et a déclenché la période la plus violente et sombre de l’histoire récente de ce pays et de l’Amérique latine. Ces événements nous intéressent en tant que militant·es révolutionnaires en France parce qu’ils posent des questions très pertinentes sur les perspectives révolutionnaires et la question du réformisme, majoritaire à&nbsp;gauche et dans les mouvements anticapitalistes d’aujourd’hui.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #09 &#8211; Septembre 2023</h6>



<p class="has-drop-cap"><strong>L</strong>a question de l’autonomie de classe fut très bien incarnée par les mouvements sociaux des ouvrier·es et des paysan·nes chilien·nes de l’époque. Réfléchir aux événements chiliens d’après 1970 est donc impératif pour celleux qui s’intéressent à l’avenir de l’Amérique latine et des mouvements sociaux partout dans le monde. Cet article s’inscrit dans une série d’articles proposés par Autonomie de classe, sur 1973 et le début d’un nouveau temps de crise du système capitaliste.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les veines ouvertes d’Amérique latine</h2>



<p>Au Chili des années 1950-1960, les intérêts des grands propriétaires de terres, des banquiers et des capitalistes étaient complètement connectés à une oligarchie locale très puissante, en lien avec l’impérialisme étatsunien. La vie économique du pays était contrôlée par un mixte d’oligarchie, de bourgeoisie et de forces impérialistes. Les bourgeois avaient des terres et les grands propriétaires de terres avaient des parts dans les industries de mines et de commerce, les deux classes étaient étroitement liées par des intérêts financiers communs.<sup data-fn="87198f4e-4398-44bc-87bd-5770e7cd5598" class="fn"><a href="#87198f4e-4398-44bc-87bd-5770e7cd5598" id="87198f4e-4398-44bc-87bd-5770e7cd5598-link">1</a></sup></p>



<p><em>« Le capitalisme chilien, dès sa naissance, était lié de manière décisive aux intérêts impérialistes étrangers. D’autre part, il était lié aux intérêts des grands propriétaires par le biais de la banque et du commerce. C’est précisément pour cette raison que la bourgeoisie « nationale » n’a jamais été capable d’accomplir les tâches historiques de la révolution démocratique bourgeoise et n’en sera jamais capable. »</em>&nbsp;Comme nous le présente Alan Woods dans son article « Lessons of Chile 1973 »publié en 1979.<sup data-fn="d847d031-b304-497b-aa40-cbb047de52da" class="fn"><a href="#d847d031-b304-497b-aa40-cbb047de52da" id="d847d031-b304-497b-aa40-cbb047de52da-link">2</a></sup></p>



<p>Pour donner une idée du pouvoir des grands propriétaires de terres, dans les parties les plus riches du pays, 90 % de toute la terre était dans les mains de 7 % des propriétaires. De manière générale, 86 % des terres cultivables étaient concentrées dans environ 10 % des entités agricoles. La principale industrie du pays était celle des mines, principalement le cuivre et le nitrite. L’exploitation de ces minéraux était contrôlée par le capital étranger en faisant de ce pays un capitalisme dépendant.<sup data-fn="a80a0527-aa91-4b57-9c4b-f101b5a98e39" class="fn"><a href="#a80a0527-aa91-4b57-9c4b-f101b5a98e39" id="a80a0527-aa91-4b57-9c4b-f101b5a98e39-link">3</a></sup>&nbsp;Les conditions de vie des travailleur·euses chilien·nes étaient très précaires et leur force de travail surexploitée. Le problème de la terre était toujours central dans la société chilienne avec la question de l’émancipation du pays de l’impérialisme.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">La démocratie chrétienne et la renaissance des mouvements sociaux</h2>



<p>Dans les années 1950, avec l’arrivée d’une masse prolétarienne et semi-prolétarienne dans les espaces urbains, de larges quartiers extrêmement précaires se formaient. Au même moment, des nouvelles organisations de travailleur·euses commençaient à se créer et à organiser des mobilisations de classe. Entre les années 1964-1970, la Démocratie chrétienne était à la tête du gouvernement avec Eduardo Frei, qui avait fait énormément de promesses, notamment par rapport à la réforme agraire et la nationalisation de ressources centrales pour l’économie chilienne, comme le cuivre. Cependant, ses réformes ont été très modestes. Les paysan·nes ont décidé de démarrer plusieurs occupations des terres en réponse à ce manque d’action du gouvernement et du côté des ouvriers, en 1967 une grève générale a été appelée par la CUT (Centrale unitaire des Travailleurs), le plus gros syndicat du Chili (près de 30 % de la classe ouvrière était syndiquée à cette époque). Cela a augmenté la confiance des travailleur·euses qui commencèrent à occuper les usines. En 1968, il y a eu 5 occupations d’usines, en 1969, 24, en 1970, 133 et en 1971, 339 !<sup data-fn="e483b540-279f-4aed-ba65-0294d6296758" class="fn"><a href="#e483b540-279f-4aed-ba65-0294d6296758" id="e483b540-279f-4aed-ba65-0294d6296758-link">4</a></sup>&nbsp;Le gouvernement de Frei a ouvert la voie pour le socialiste Allende et l’Unité Populaire dans les élections de 1970.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img data-dominant-color="767676" data-has-transparency="false" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Chili_Illustr1-jpg.webp" alt="" class="wp-image-7866 not-transparent" style="--dominant-color: #767676; width:837px;height:345px" width="837" height="345" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Chili_Illustr1-jpg.webp 1000w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Chili_Illustr1-300x124.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Chili_Illustr1-768x316.webp 768w" sizes="(max-width: 837px) 100vw, 837px" /><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading">L’Union populaire et la voie chilienne au&nbsp;socialisme</h2>



<p>L’UP (Unité Populaire) était la coalition formée par deux partis principaux qui se définissaient comme marxistes, le Parti communiste (PC) et le Parti socialiste (PS) mais aussi par une scission du Parti Radical (non-marxiste et représentant une classe moyenne centriste), quelques secteurs dissidents de gauche de la Démocratie Chrétienne (DC), dont le principal était le MAPU (Mouvement d’action populaire unitaire) et les deux plus petits API (Parti de l’Action Populaire), et le PSD (Social démocrate). À la tête de cette coalition, le socialiste Salvador Allende se lançait pour la quatrième fois pour les présidentielles. En pleine période de la guerre froide, il proposait au peuple chilien une&nbsp;<em>« voie chilienne au socialisme »</em>, c’est-à-dire de manière démocratique, institutionnelle et non armée.</p>



<p>Il existait en même temps une organisation révolutionnaire qui ne faisait pas partie de l’UP, mais qui l’a soutenue dans des moments clefs de 1972-1973. C’était le MIR (Mouvement de la gauche révolutionnaire) qui était composé majoritairement par des étudiant·es qui avaient quitté le Parti Socialiste en 1963, influencé·es par la révolution cubaine de 1959.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Élections 1970…</h2>



<p>Les élections de 1970 ont lieu dans une période de grande et croissante mobilisation populaire, ces mouvements sont la force motrice derrière l’UP et Allende.&nbsp;</p>



<p>Le 4&nbsp;septembre 1970, le candidat socialiste emporte une courte majorité relative : 36,3 %, contre les 34,98 % de la Droite nationale et les 27,84 % de la Démocratie chrétienne. Il assume donc le gouvernement au grand désespoir des oligarchies nationales, qui ont tout fait pour le décrédibiliser pendant la période électorale, et au désarroi des États-Unis de Richard Nixon.&nbsp;</p>



<p>La stratégie formulée par l’UP serait une transition graduelle au socialisme, en utilisant les institutions, c’est-à-dire, l’État (bourgeois par nature) pour favoriser cette transition. Allende est très légaliste, en plus d’avoir une confiance aveugle dans les institutions et dans l’armée, il croit qu’ils vont toujours respecter la constitution. Il n’encourage pas les occupations, incitant les paysan·nes à attendre les procédures légales de redistribution de terres, et les ouvrier·es à attendre les procédures de nationalisation des usines. Il critique le MIR qui de son côté soutient les occupations organisées en totale autonomie de classe par les paysan·nes et ouvrier·es. En 1971, il y a 658 occupations de terre.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">La promesse du rêve et le début du&nbsp;cauchemar&nbsp;</h2>



<p>Pendant les 6 premiers mois de son gouvernement, Allende nationalise 90 entreprises et 1 400 fermes. Dans les mois suivants, les salaires augmentent de 38 % pour les ouvrier·es manuels et de 120 % pour les cadres. Le chômage est réduit à moins de 10 % et l’économie arrive à une croissance de 8 % par an. En 1971, Allende réussit à avoir la majorité au congrès pour voter la nationalisation, sans indemnisation, des mines de cuivre du pays. 9 banques sur 10 deviennent publiques, plusieurs entreprises stratégiques passent sous le contrôle de l’État, des millions d’hectares de terres improductives sont redistribuées et un nouvel impôt sur les bénéfices est créé<sup data-fn="098ffc62-fc1f-4ee6-997e-7c81d0fe9461" class="fn"><a href="#098ffc62-fc1f-4ee6-997e-7c81d0fe9461" id="098ffc62-fc1f-4ee6-997e-7c81d0fe9461-link">5</a></sup>. Ces mesures peuvent être réalisées, grâce à une énorme mobilisation populaire.  </p>



<p>L’UP dans son projet d’alliance avec la « bourgeoisie nationale progressiste » s’inscrit d’une certaine manière dans la continuité des fronts populaires, mais avec deux grands partis majoritairement ouvriers, qui se disent marxistes et anti-impérialistes. Son programme propose des réformes audacieuses, dans un pays caractérisé par d’énormes inégalités sociales, sous développé et exportateur de matières premières principalement minières, contrôlées par le capital étatsunien. Avec ces réformes, il veut prouver que la « voie chilienne » est possible et qu’il serait possible de faire autrement que le stalinisme en Union soviétique ou la lutte armée de Fidel et du Che à Cuba<sup data-fn="aadc24ff-a493-41f9-9b52-c11b9372c342" class="fn"><a href="#aadc24ff-a493-41f9-9b52-c11b9372c342" id="aadc24ff-a493-41f9-9b52-c11b9372c342-link">6</a></sup>. Il s’engage auprès de la bourgeoisie chilienne en signant un document qui assure le maintien du système politique existant et des garanties constitutionnelles des libertés individuelles. Il s’engage également au maintien du système judiciaire de l’époque et il reconnaît le rôle de l’armée et de la police comme garants de la démocratie (bourgeoise). Allende, conseillé par son entourage politique, accepte de ne pas toucher aux institutions de l’État bourgeois. Il croit (et il s’agit bien d’une croyance parce que cela ne repose pas sur des bases matérielles) que l’État est une entité neutre et qu’avec les socialistes au pouvoir on pourrait mettre cette entité complètement au service de la classe ouvrière. Allende veut mettre en place une transition au socialisme en utilisant le système institutionnel, mais il est important de rappeler que c’est une époque où dans le monde occidental, du fait de la stabilité économique dans ces pays après la Deuxième Guerre, les fameuses « trentes glorieuses », l’idée hégémonique était qu’il serait possible de surmonter les contradictions du système capitaliste de l’intérieur des institutions de l’État. Ces idées étaient très diffusées en Amérique latine, par contre les conditions matérielles de la classe laborieuse n’étaient pas les mêmes que celles des pays du Nord. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Réaction de la bourgeoisie et&nbsp;l’impérialisme étatsunien</h2>



<p>Au Chili, la réaction de la bourgeoisie et de l’impérialisme étatsunien n’était pas du tout glorieuse. Les réformes envisagées par l’UP signifient déjà aller trop loin pour une oligarchie habituée à un niveau d’accumulation colossal. Pour les États-Unis, la perspective de transition vers un mode de production socialiste attaque directement ses intérêts monopolistes au Chili. S’ajoute à cela, le fait qu’une telle expérience pourrait donner des idées à d’autres pays en Amérique latine et menacer le contrôle sur ces territoires. Il ne faut pas que ça marche, et l’agence d’intelligence étatsunienne (CIA) est prête à mettre beaucoup d’argent pour casser le gouvernement Allende et les mouvements sociaux de travailleur·euses. La première mesure a été un blocage économique informel du Chili tout de suite après les élections. La banque mondiale et la banque inter­américaine pour le développement ont arrêté tous les financements, et le gouvernement étatsunien a arrêté les programmes de prêts. Le message est clair, mais ça ne s’arrête pas là. Avec l’argent de la CIA, les bourgeoisies locales ont commencé à se mobiliser, d’abord par des manifestations, comme celle organisée par la classe moyenne en décembre 1971, la marche des casseroles vides, et ensuite par des tentatives de sabotage du système de ravitaillement du pays. Les patrons en lien avec les conducteur·ices de camions organisent des grèves, ou plutôt des blocages (Lock-out), avec le but d’empêcher la circulation de produits et la distribution alimentaire. Les médias d’opposition au gouvernement, comme le journal<em>&nbsp;El Mercurio</em>, avec les poches pleines de l’argent de la CIA, mettent en place une ambiance de panique et d’insécurité.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img data-dominant-color="838383" data-has-transparency="false" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Chili_Illustr2-1100x733.webp" alt="" class="wp-image-7867 not-transparent" style="--dominant-color: #838383; width:841px;height:561px" width="841" height="561" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Chili_Illustr2-1100x733.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Chili_Illustr2-300x200.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Chili_Illustr2-768x512.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Chili_Illustr2-1320x880.webp 1320w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/09/A2C_RevueN9_Chili_Illustr2-jpg.webp 1440w" sizes="(max-width: 841px) 100vw, 841px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Luchar, crear, el poder popular </em>(Lutter, créer, le pouvoir populaire)</h2>



<p>La classe laborieuse chilienne dans une démonstration magnifique de conscience de classe, de formation politique et d’organisation par en bas répond à la hauteur de ce que cherche à imposer la réaction. En réponse aux attaques de la bourgeoisie, il y a une multiplication massive des « cordones industriales », ou cordons industriels. Il s’agit de groupes organisés dans les régions industrielles avec l’objectif d’organiser les travailleur·euses des usines de chaque région. Dans les usines occupées, iels organisent la production pour continuer à faire tourner l’économie du pays et à chaque nouveau coup de la bourgeoisie, iels occupent les rues par milliers, aux côtés des paysan·nes et groupes politiques organisés. Iels démontrent leur soutien au gouvernement. Pour faire face à la pénurie de nourriture et aux problèmes de distribution causés par les blocages de camions, les cordons participent activement à la distribution des produits de première nécessité, dans un véritable réseau d’entraide et de solidarité de classe. Des milliers de personnes s’organisent dans des tâches les plus diverses, prenant en main leur capacité d’autonomie et de subsistance. Cela est magistralement démontré dans le documentaire&nbsp;<em>La bataille du Chili</em>&nbsp;du cinéaste Patricio Guzmán. Leur haut niveau d’organisation et de détermination était impressionnant. Iels sont conscient·es de ce qui se joue à ce moment clé de l’histoire de leur pays. La puissance révolutionnaire est présente dans leurs échanges, dans leur détermination à garder leurs lieux de travail et de luttes et iels sont clairement prêt·es à défendre leurs intérêts de classe avec des armes, si nécessaire. Mais iels n’ont pas d’arme. De son côté, Allende et ses camarades sont aveuglément déterminé·es à garder la ligne « pacifique » et institutionnelle. À ce moment de fortes tensions dans la lutte de classes, où se joue l’avenir de tout un peuple, c’est une erreur cruciale pour quelqu’un qui se dit marxiste. Il faut se mettre de manière inconditionnelle du côté des travailleur·euses en lutte. Le rôle du PC dans l’UP est à souligner parce que même si son objectif est le socialisme, ce parti garde une conception rigide de la révolution par étapes qui l’a toujours guidé, c’est-à-dire, révolution bourgeoise, réforme des structures socio-économiques de l’État et étendre l’influence de l’État sur le secteur privé. Le MIR est en total désaccord avec le PC. Iels voient des éléments préfigurant une situation révolutionnaire qui doit être complètement assumée, et que dans le cas contraire, le processus pourrait conduire à une contre-révolution.<sup data-fn="7ea9c8cd-9890-41fc-8baf-5104376d576c" class="fn"><a href="#7ea9c8cd-9890-41fc-8baf-5104376d576c" id="7ea9c8cd-9890-41fc-8baf-5104376d576c-link">7</a></sup>&nbsp;On peut également souligner que malgré l’organisation de la classe laborieuse sur plusieurs aspects, il manque au mouvement de masses une direction unitaire qui pourrait conduire vers la destruction de l’État bourgeois et l’établissement d’un État populaire et révolutionnaire.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Du déni à la catastrophe</h2>



<p>Le 11&nbsp;septembre 1973, l’armée chilienne attaque La Moneda, le palais présidentiel, sur la commande du général Augusto Pinochet qui a récemment assumé un poste de ministre dans le gouvernement de l’UP. Avec le soutien de l’armée étatsunienne, des bombes tombent de partout et la tragédie a lieu. Allende décide de garder le palais et de ne pas renoncer au gouvernement. L’issue on la connaît, il finit mort. Suite à ça, Pinochet déclenche une vague mortifère de persécutions politiques, tortures, mutilations et exécutions sommaires. Plus de 30 000 chilien·nes disparaissent dans les années qui suivent la dictature civilo-militaire la plus sanguinaire de l’histoire récente de l’­Amérique latine.&nbsp;</p>



<p>50 ans après, d’innombrables analyses de toutes sortes ont été faites par rapport à ces événements. À A2C, en tant que militant·es révolutionnaires, on essaie de réfléchir à ces événements historiques avec la boussole de l’autonomie de classe, dans une perspective en rupture avec le réformisme. On comprend que seule notre classe organisée pourra être le sujet actif de notre propre émancipation. On comprend que la révolution est une stratégie politique qui est construite à partir d’aujourd’hui, à travers l’implication dans les luttes concrètes de la classe laborieuse, en ayant comme boussole une politique révolutionnaire. Cela n’empêche pas de lutter pour les besoins les plus immédiats de notre classe. Réforme agraire, réforme des monopôles médiatiques, réforme du système juridique, implémentation des politiques publiques qui touchent immédiatement la vie des personnes, on n’est pas contre ce type de réformes. Ce qu’on doit critiquer et combattre avec la plus grande détermination est l’illusion, ou mieux, la conception idéaliste pensant qu’il serait possible de résoudre les contradictions fondamentales et intrinsèques du système capitaliste par des réformes. On ne doit pas accepter, en aucune circonstance, la restriction de nos méthodes de luttes à des réformes.&nbsp;</p>



<h5 class="wp-block-heading">Dani. Lima, Toulouse</h5>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h6 class="wp-block-heading">NOTES</h6>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="87198f4e-4398-44bc-87bd-5770e7cd5598">Alan Woods, <a href="https://www.marxist.com/lessons-of-chile-1973.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lessons of Chile 1973</a> <a href="#87198f4e-4398-44bc-87bd-5770e7cd5598-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="d847d031-b304-497b-aa40-cbb047de52da">Idem <a href="#d847d031-b304-497b-aa40-cbb047de52da-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="a80a0527-aa91-4b57-9c4b-f101b5a98e39">Cet article a été rédigé en utilisant comme base la Théorie marxiste de la dépendance. Cette théorie a été développé par des militant.e.s révolutionnaires latino-américain.ne.s dans les année 1970-80-90 pour comprendre la position particulier des pays de l’Amérique latine par rapport à la division internationale du travail. Cette théorie est un développement de la théorie de l’impérialisme à partir de la périphérie du système. <a href="https://www.marxists.org/portugues/marini/1973/mes/dialetica.htm">https://www.marxists.org/portugues/marini/1973/mes/dialetica.htm</a>   <a href="#a80a0527-aa91-4b57-9c4b-f101b5a98e39-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="e483b540-279f-4aed-ba65-0294d6296758">Tom Lewis,<a href="https://isreview.org/issues/06/chile/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> Chile: The State and Revolution</a>, <em>International Socialist Review,</em> Issue 6, Winter 1999 <a href="#e483b540-279f-4aed-ba65-0294d6296758-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="098ffc62-fc1f-4ee6-997e-7c81d0fe9461">Gaudichaud, Franck. « Allende, Salvador (1908-1973) », Razmig Keucheyan éd., <em>Histoire globale des socialismes. XIXe-XXIe siècle. </em>Presses Universitaires de France, 2021, pp. 765-773. <a href="#098ffc62-fc1f-4ee6-997e-7c81d0fe9461-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="aadc24ff-a493-41f9-9b52-c11b9372c342">Gaudichaud, Franck. « Allende, Salvador (1908-1973) », Razmig Keucheyan éd., <em>Histoire globale des socialismes. XIXe-XXIe siècle. </em>Presses Universitaires de France, 2021, pp. 765-773. <a href="#aadc24ff-a493-41f9-9b52-c11b9372c342-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li><li id="7ea9c8cd-9890-41fc-8baf-5104376d576c">Ruy Mauro Marini, <a href="https://www.marxists.org/portugues/marini/1973/mes/dialetica.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Dialética da Dependência</a>, 1973  <a href="#7ea9c8cd-9890-41fc-8baf-5104376d576c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/salvador-allende-et-les-impasses-du-reformisme/">Salvador Allende et les impasses du réformisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>21 juin 1973 : Interdire (physiquement) les meetings fascistes</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/21-juin-1973-interdire-physiquement-les-meetings-fascistes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 May 2023 05:31:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[1973]]></category>
		<category><![CDATA[Fascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Mutualité]]></category>
		<category><![CDATA[Ordre Nouveau]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Connue pour l’exceptionnelle intensité des affrontements qui l’ont caractérisée, la soirée du 21&#160;juin 1973 a rassemblé plusieurs milliers de militant·es équipé·es et déterminé·es à empêcher le meeting du groupe fasciste Ordre Nouveau qui se tenait <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/21-juin-1973-interdire-physiquement-les-meetings-fascistes/" title="21 juin 1973 : Interdire (physiquement) les meetings fascistes">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">Connue pour l’exceptionnelle intensité des affrontements qui l’ont caractérisée, la soirée du 21&nbsp;juin 1973 a rassemblé plusieurs milliers de militant·es équipé·es et déterminé·es à empêcher le meeting du groupe fasciste Ordre Nouveau qui se tenait ce soir-là à la Mutualité. Alain Pojolat, ancien militant au sein de Révolution!, a participé à cette contre-manifestation et nous raconte pourquoi ce fut un moment charnière qui marqua la fin d’une période d’activité foisonnante à l’extrême-gauche depuis mai 1968&nbsp;mais aussi un tournant stratégique de la lutte antifasciste.&nbsp;</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #08 &#8211; Mai 2023</h6>



<h5 class="wp-block-heading"><em>Avant de commencer et pour savoir mieux situer d&rsquo;où tu parles, est-ce que tu peux nous dire qui tu es, nous résumer ton parcours politique et là où tu militais au début des années 1970 (ville, orga, milieu) ?</em></h5>



<p>Il y a quelque chose de surréaliste à aborder un événement politique auquel tu as participé il y a maintenant un demi-siècle ! Beaucoup de camarades ne sont plus là, chacun a suivi son chemin, certains ont abandonné la politique, d’autres ont troqué leur col Mao pour un costume trois pièces et fréquenté les allées du pouvoir. En parlant aujourd’hui du 21 juin 1973, je n’entends donner qu’une version subjective.</p>



<p>Je m’appelle Alain Pojolat, plus connu à l’époque sous le pseudonyme de Ségalot, membre de Révolution !<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7294_6('footnote_plugin_reference_7294_6_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_7294_6('footnote_plugin_reference_7294_6_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7294_6_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7294_6_1" class="footnote_tooltip">Révolution ! est une organisation née d’une scission de la Ligue Communiste en 1971</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7294_6_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7294_6_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> et de son service d’ordre. J’avais 25 ans et militais depuis mai 1968. À l’automne 68, les militant·es de la Jeunesse Communiste Révolutionnaire (JCR) dont l’organisation avait été dissoute, avaient décidé, pour se reconstruire « légalement », de lancer un quinzomadaire, Rouge, et de créer des comités rouges autour de ce projet. Gros succès ! Je travaillais dans une banque au service courrier et étais syndiqué à la CGT. Comme beaucoup de militant·es nous avons dû nous opposer à la ligne sectaire du Parti Communiste Français (PCF) de l’époque qui nous interdisait quasiment tout travail militant au sein de la CGT qu’elle dominait et nous avons dû nous replier à la CFDT<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7294_6('footnote_plugin_reference_7294_6_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_7294_6('footnote_plugin_reference_7294_6_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7294_6_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7294_6_2" class="footnote_tooltip">Confédération Française Démocratique du Travail, syndicat issu de la déconfessionalisation de la chrétienne CFTC à l’après-guerre, qui était après 68 à tendance autogestionnaire et ainsi investie par de nombreux militant·es révolutionnaires. La plupart furent exclus à partir du milieu des années 1970 suite à une politique de “recentrage” menée par la direction qui souhaitait participer à la reconstruction du Parti Socialiste et contrebalancer le couple PCF/CGT.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7294_6_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7294_6_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> (dont j’ai plus tard été exclu) qui était en pleine construction et profitait d’un apport militant combatif. Les courants révolutionnaires au sein de la CFDT furent à leur tour éradiqués quelques années après.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><em>La décennie 1970 s&rsquo;ouvre dans la suite de Mai 1968, crise politique majeure durant laquelle la mobilisation populaire fut historique et la situation insurrectionnelle. Quels effets cela a-t-il eu dans le champ militant d&rsquo;extrême-gauche et comment était perçue la situation ?</em></h5>



<p>Je crois que c’est difficile aujourd’hui d’imaginer ce que furent pour nous, militant·es révolutionnaires, les cinq années qui ont suivi mai 68 : enfin la vraie vie ! Nous avions ancré en nous la certitude que l’heure était venue, que nous allions continuer la Révolution et passer rapidement dans une période de transition vers le socialisme. D’ailleurs nos dirigeants de l’époque en étaient eux-mêmes persuadés. Henri Weber et Daniel Bensaïd avaient sorti dès l’automne 68 un livre qui théorisait cette impatience :&nbsp;<em>Mai 68 une répétition générale</em>. Mais comment aurions-nous pu en douter alors que la violence révolutionnaire s’exprimait un peu partout dans le monde ! Nos camarades vietnamiens infligeaient défaite sur défaite à l’impérialisme américain ; les Tupamaros en Uruguay<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7294_6('footnote_plugin_reference_7294_6_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_7294_6('footnote_plugin_reference_7294_6_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7294_6_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7294_6_3" class="footnote_tooltip">Mouvement de libération nationale employant l’action directe et la guérilla urbaine dans les années 1960 et 1970 avant de se tourner vers une stratégie plus légaliste jusqu’à aujourd’hui. Lire à ce propos, sur les conseils de l’interviewé,&nbsp;<em>Nous, les tupamaros</em>, de Régis Debray (1971).</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7294_6_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7294_6_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, le MIR au Chili<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7294_6('footnote_plugin_reference_7294_6_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_7294_6('footnote_plugin_reference_7294_6_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7294_6_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7294_6_4" class="footnote_tooltip">Le MIR – Movimiento de Izquierda Revolucionaria (Mouvement de la gauche révolutionnaire en espagnol) – est un parti marxiste-léniniste chilien.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7294_6_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7294_6_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, allaient bientôt rejoindre en Amérique Latine les zones libérées par la révolution cubaine ; en Afrique sur les traces de Patrice Lumumba, des luttes de libération nationales triomphaient en Angola et au Mozambique. La révolte grondait contre les dictatures coloniales européennes : dans les pays d’Europe de l’Est, les révolutionnaires et les intellectuels mettaient en cause l’hégémonie soviétique depuis le printemps de Prague (en août 68) ; Irlande, Espagne, Grèce, Italie…! Il n’y avait pas une minute à perdre pour soutenir les révoltes et les révolutions en cours, les mouvements de libération nationale. Dans nos cibles, (banques, consulats) figuraient également les symboles de la dictature franquiste agonisante qui assassinait régulièrement des militant·es de l’ETA<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7294_6('footnote_plugin_reference_7294_6_5');" onkeypress="footnote_moveToReference_7294_6('footnote_plugin_reference_7294_6_5');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7294_6_5" class="footnote_plugin_tooltip_text">5</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7294_6_5" class="footnote_tooltip">L’ETA (pour Euskadi ta Askatasuna, Pays basque et liberté en basque) est une organisation indépendantiste basque d’inspiration marxiste-léniniste qui a longtemps combattu le régime franquiste en Espagne, pratiquant notamment la lutte armée.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7294_6_5').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7294_6_5', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> et de la gauche révolutionnaire.</p>



<p>Voilà comment nous percevions les choses à ce moment précis. Nous étions loin de toute prudence ou de prophéties auto-réalisatrices qui t’amènent le plus souvent à te conforter dans l’inaction pour être certain de ne pas t’être trompé…</p>



<h5 class="wp-block-heading"><em>Plus de 10 ans après les accords d&rsquo;Évian, les partisans de l&rsquo;Algérie française sont toujours présents et s’organisent dans toute une série de groupes d&rsquo;extrême-droite comme Occident, le GUD ou encore Ordre Nouveau. Peux-tu nous parler de ces groupes, de leurs modalités d&rsquo;action mais aussi de la manière dont ils étaient perçus et combattus par l&rsquo;extrême-gauche ?</em></h5>



<p>Tout comme l’anti-impérialisme et l’internationalisme étaient pour nous des principes fondamentaux, la lutte antifasciste et anticolonialiste l&rsquo;était tout autant. Il n’y avait pas de commission antifasciste dans nos organisations : c’était dans notre ADN, chacun·e des militant·e portait cela. Pour ce qui est des débats stratégiques, notamment sur la question antifasciste, à Révo la direction avait mis en place les bulletins intérieurs. Les discussions politiques au sein de l’organisation avaient lieu dans ces bulletins, ce qui prenait du temps entre la rédaction, la réception puis les lectures par les cellules qui pouvaient ensuite y répondre&#8230; Par ailleurs les revues&nbsp;<em>Rouge</em>&nbsp;de la Ligue Communiste sont de bonnes sources pour comprendre les analyses produites par l’extrême-gauche de l’époque.</p>



<p>Dix ans seulement après la terrible mais victorieuse guerre de libération en Algérie, la société française en portait encore les traces, à travers les récits colportés par des pieds noirs souvent racistes mais également par des familles d’appelés qui y avaient perdu un membre de leur famille et en faisaient porter la responsabilité au peuple algérien et à son armée populaire de libération. Au niveau culturel, rares étaient les livres ou les films grand public qui évoquaient la question algérienne. La censure gaulliste interdisait la projection de nombreux films au prétexte du risque de « troubles à l’ordre public ». Les groupes d’extrême-droite s’activaient d’ailleurs à attaquer les salles qui osaient programmer certains films comme&nbsp;<em>La bataille d’Alger</em>&nbsp;de Gillo Pontecorvo,&nbsp;<em>RAS</em>&nbsp;d’Yves Boisset,&nbsp;<em>Avoir 20 ans dans les Aurès</em>&nbsp;du regretté René Vautier,&nbsp;<em>l’Opium et le bâton</em>&nbsp;d’Ahmed Rachedi. Nous étions sans cesse mobilisé·es pour défendre la projection de ces films et nous nous heurtions fréquemment à cette occasion aux GUDards, aux militants d’Action Française, de l’Oeuvre française ou aux ex d’Occident (dissout en 68 et recyclé dans le GUD et Ordre Nouveau) par exemple<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7294_6('footnote_plugin_reference_7294_6_6');" onkeypress="footnote_moveToReference_7294_6('footnote_plugin_reference_7294_6_6');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7294_6_6" class="footnote_plugin_tooltip_text">6</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7294_6_6" class="footnote_tooltip">]Sur les groupes fascistes à l’origine du Front National, lire la série d’articles de Jean-Paul-Gautier&nbsp;“<a href="https://www.contretemps.eu/origines-front-national-ordre-nouveau" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Aux origines du RN</a>“ publiée par la revue&nbsp;<em>Contretemps</em> (2021</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7294_6_6').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7294_6_6', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>).</p>



<p>Au niveau des services d’ordre, nous passions énormément de temps à espionner les fachos, anticiper leurs déplacements sur les marchés parisiens, déjouer leurs attaques et leur administrer des raclées dès qu’on le pouvait. On était très loin de la dédiabolisation des Le Pen ! La résistance aux idées développées par l’extrême-droite était très vive dans la société. Les atrocités commises par les nazis pendant la guerre étaient rappelées par les rescapé·es des camps d’extermination et par les résistant·es encore vivant·es. Les résultats électoraux de l’extrême-droite étaient nuls. Il leur faudra attendre dix longues années et octobre 1983 à Dreux pour enregistrer leur premier succès électoral. Leur présence dans la jeunesse se limitait aux facs de droit de Paris et de Lyon. Ils ne pouvaient pas mettre un pied à la Sorbonne, à Jussieu ou à Censier, où l’extrême-gauche était hégémonique ! On leur faisait peur et on ne voulait pas leur laisser un pouce d’existence politique.&nbsp;</p>



<h5 class="wp-block-heading"><em>Début 1973, Ordre Nouveau lance une campagne xénophobe contre « l’immigration sauvage » et prévoit d’organiser un meeting le 21&nbsp;juin à la Mutualité à Paris. Il était courant à l’époque d’organiser des contre-manifestations pour interdire par l’action directe et collective les meetings fascistes, ce qui pouvait déboucher sur de l’affrontement physique. Comment cela se discute et s’organise cette fois-ci et comment se déroule l’opération le jour-même ?</em></h5>



<p>En ce début de 1973 l’extrême droite est divisée entre plusieurs stratégies. Le Front National n’a que quelques mois d’existence. Sollicité par les militants du GUD et d’Ordre Nouveau, Jean-Marie Le Pen en prend la direction.&nbsp;</p>



<p>1) Durant cette période de construction du FN et de son élargissement, la propagande et l’agitation seront assumées par Ordre nouveau et le GUD en organisant une campagne raciste « Halte à l’immigration sauvage » avec comme point d’orgue un meeting à la Mutualité. À la tribune de ce ramassis d’ordures étaient invités des pétainistes comme François Lehideux, Roland Gaucher ou l’ex Waffen-SS Léon Gaultier, ces deux derniers ayant cofondé le Front national ! Les fachos savaient pertinemment que la gauche révolutionnaire réagirait à la hauteur de la provocation. Les attaques et agressions individuelles contre des foyers ou des travailleur·euses immigré·es se multipliaient en région PACA et en région parisienne<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7294_6('footnote_plugin_reference_7294_6_7');" onkeypress="footnote_moveToReference_7294_6('footnote_plugin_reference_7294_6_7');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7294_6_7" class="footnote_plugin_tooltip_text">7</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7294_6_7" class="footnote_tooltip">Sur les vagues de crimes racistes à cette époque, lire le roman de Dominique Manotti&nbsp;<em>Marseille 73</em>&nbsp;(2020) mais aussi l’ouvrage de Rachida Brahim,&nbsp;<em>La race tue deux fois</em>&nbsp;(2021</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7294_6_7').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7294_6_7', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>).&nbsp;</p>



<p>2) Dans une stratégie d’évitement permanent, les organisations réformistes et les syndicats faisaient le dos rond, regardaient ailleurs et n’ont pas appelé pas à la mobilisation. Toujours le même discours « il ne faut pas leur faire de publicité », « ils ne représentent rien », « les gens détestent la violence », etc.</p>



<p>Il n’y aura donc qu’une partie de la gauche révolutionnaire qui appellera à une manifestation pour faire taire les fachos : LCR, Révolution, et le PCMLF. Le 21&nbsp;juin, nos services d’ordre qui travaillaient de façon unitaire étaient prêts : dépôts de matériel le long du parcours, confection de cocktails Molotov et acheminements, partage des tâches, etc.</p>



<p>En 2 ou 3 minutes nous nous retrouvions à 5 000 militant·es, pour une bonne part casqué·es, au métro Censier-Daubenton… c’était magique ! Jusqu’à la place Monge, nous remontions les colonnes de flics qui avaient planté là leurs cars et une partie de leur matos. Des militant·es exhibaient des trophées pris à l’ennemi : mousquetons, boucliers, etc. Les affrontements avec la police furent assez brefs, mais très violents. Pour en juger, il suffit de consulter sur le site de l’INA les rares images de la manifestation.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Manifestation Quartier latin" width="678" height="509" src="https://www.youtube.com/embed/bazCmjLtPLo?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p>3) Nous ne sommes pas entré·es dans la Mutualité alors que c’était notre objectif initial et que nous en avions largement les moyens. Pourquoi ? Peur de commettre « l’irréparable » et d’avoir des morts à gérer politiquement ? Saturation de lacrymos ? Peut-être. C’est encore une question que je me pose parfois. Toujours est-il que la manifestation scindée en deux continuait son bout de chemin jusqu’au local d’Ordre nouveau, rue des Lombards, qui fut défoncé, et ses occupants contraints de fuir par les toits. Des échauffourées continuaient ça et là mettant en difficulté une compagnie de voltigeurs freinés par de l’huile de vidange répandue sur la chaussée !</p>



<h5 class="wp-block-heading"><em>Une semaine après cette nuit d&rsquo;affrontement, le gouvernement annonce la dissolution d&rsquo;Ordre Nouveau mais aussi de la Ligue communiste. Des leaders de la Ligue Communiste sont recherchés et arrêtés par la police. Certains d&rsquo;entre eux, comme Alain Krivine, parleront du 21 juin comme d&rsquo;un piège tendu par le pouvoir dans lequel les militant</em>·<em>es antifascistes seraient tombé</em>·<em>es. Qu&rsquo;en penses-tu et quelles leçons ont pu être tirées de ce moment ? Est-ce que ce fut un tournant dans la stratégie et la tactique développées pour lutter contre l&rsquo;extrême-droite ?</em></h5>



<p>Le lendemain par la radio nous apprenions le nombre de militant·es arrêté·es, la perquisition du local de la Ligue et les menaces de dissolution. Notre solidarité active avec les camarades de la LC était totale, et nous avons mis toutes nos forces pour aider à la parution rapide de leur journal&nbsp;<em>Rouge</em>&nbsp;qui fit rapidement l’objet de diffusions unitaires publiques. Toute l’extrême-gauche radicale était dans le collimateur des flics et du pouvoir, notamment les camarades des services d’ordre et responsables politiques identifiés qui avaient déserté leurs adresses connues. Pour beaucoup d’entre nous, cette période de cache-cache avec la police et d’affrontement avec l’appareil répressif de l’État était une aubaine : nos organisations recrutaient, ce qui donnait raison à celles et ceux qui avaient défendu la ligne de l’affrontement avec Ordre Nouveau et la police qui les protégeait.</p>



<p>Les dissolutions de la LCR et d’Ordre Nouveau furent prononcées en conseil des ministres une semaine après les faits, provoquant chez les trotskistes un vif débat interne, dont les répercussions sur le rapport à la violence minoritaire, le rôle des services d’ordre, et le militantisme antifasciste se font ressentir encore jusqu’à aujourd’hui. Un tas de prétextes ont été avancés – cette histoire de “piège du pouvoir” en fait partie – par des dirigeant·es de la Ligue Communiste qui n’assumait plus sa ligne initiale, afin de déresponsabiliser l’organisation de ce qui s’est passé le 21 juin.</p>



<p>En ce qui concerne la répression, le pouvoir a choisi de ne taper que sur le gros du morceau et s’est concentré sur la Ligue Communiste sans s’attaquer aux autres organisations à l’initiative. Face à cela, la Ligue recevra un large soutien de la gauche, dont certains, notamment le PCF, refuseront toutefois que cela leur serve de tribune. Vinrent alors au sein de la LCR et de la Quatrième Internationale une série d’autocritiques a posteriori et de mises en cause des militant·es en particulier de la direction du service d’ordre taxés d’aventuristes et une révision totale de la stratégie de lutte contre le fascisme et la question de l’emploi de la violence révolutionnaire dans les mobilisations. Un cycle ouvert en 1968 était en train de se conclure en ce 21 juin 1973 !</p>



<p>Ce qui me semble important d’affirmer, à l’inverse de la réaction d’une large partie des dirigeant·es d’extrême-gauche de l’époque, c’est que cette nuit d’affrontements ne fut en aucun cas une erreur ou une bavure : c&rsquo;était le produit de l’orientation politique d’une large frange du camp révolutionnaire de l’époque. Il est bien dommage que les autocritiques en aient sonné le glas, bien que l&rsquo;on ait continué quelque temps à Révo, contrairement à la LCR. La dissolution et les quelques semaines de prison auront suffi aux dirigeant·es de cette dernière pour amorcer une bifurcation stratégique vers une ligne front unique ouvrier électoraliste assez pathétique après tout ce qu’on avait vécu au cours de ces cinq années. La peste brune ne s’écrasait plus dans l&rsquo;œuf… et continuait à s’organiser tranquillement, à l&rsquo;abri de nos mobilisations qui ne furent plus que des gesticulations d’opérettes.</p>



<p>Il faudra attendre 17 longues années avec <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/comment-sorganiser-contre-les-fn-et-les-groupe-fasciste-ras-lfront-ou-lexperience-dun-reseau-efficace/">l’appel des 250 en 1990 et la mise en place des comités Ras l’Front</a> pour relancer une activité antifasciste nationale conséquente ! </p>



<p>Pour conclure cet interview, je voudrais dire que je ne regrette absolument pas d’avoir jusqu’à aujourd’hui défendu la position qu’il fallait prendre nos responsabilités le 21 juin 73. Ce qui m’horripile le plus, c’est la perte de repères – y compris dans nos rangs de militant·es – de celles et ceux qui sous-estiment le danger fasciste en mettant à égalité le pouvoir autoritaire de la bourgeoisie, incarné par Macron ou Darmanin aujourd’hui, avec la catastrophe que constituerait l’arrivée des fachos comme Le Pen au pouvoir sous quelque forme que ce soit ! C’est là qu’on mesure les dégâts de la dédiabolisation et de la passivité qui l’a accompagnée.</p>



<h6 class="wp-block-heading">Propos recueillis par Erwan, Marseille</h6>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_7294_6();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_7294_6();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_7294_6">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_7294_6" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7294_6_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7294_6('footnote_plugin_tooltip_7294_6_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Révolution ! est une organisation née d’une scission de la Ligue Communiste en 1971</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7294_6_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7294_6('footnote_plugin_tooltip_7294_6_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Confédération Française Démocratique du Travail, syndicat issu de la déconfessionalisation de la chrétienne CFTC à l’après-guerre, qui était après 68 à tendance autogestionnaire et ainsi investie par de nombreux militant·es révolutionnaires. La plupart furent exclus à partir du milieu des années 1970 suite à une politique de “recentrage” menée par la direction qui souhaitait participer à la reconstruction du Parti Socialiste et contrebalancer le couple PCF/CGT.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7294_6_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7294_6('footnote_plugin_tooltip_7294_6_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Mouvement de libération nationale employant l’action directe et la guérilla urbaine dans les années 1960 et 1970 avant de se tourner vers une stratégie plus légaliste jusqu’à aujourd’hui. Lire à ce propos, sur les conseils de l’interviewé,&nbsp;<em>Nous, les tupamaros</em>, de Régis Debray (1971).</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7294_6_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7294_6('footnote_plugin_tooltip_7294_6_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Le MIR – Movimiento de Izquierda Revolucionaria (Mouvement de la gauche révolutionnaire en espagnol) – est un parti marxiste-léniniste chilien.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7294_6_5" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7294_6('footnote_plugin_tooltip_7294_6_5');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>5</a></th> <td class="footnote_plugin_text">L’ETA (pour Euskadi ta Askatasuna, Pays basque et liberté en basque) est une organisation indépendantiste basque d’inspiration marxiste-léniniste qui a longtemps combattu le régime franquiste en Espagne, pratiquant notamment la lutte armée.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7294_6_6" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7294_6('footnote_plugin_tooltip_7294_6_6');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>6</a></th> <td class="footnote_plugin_text">]Sur les groupes fascistes à l’origine du Front National, lire la série d’articles de Jean-Paul-Gautier&nbsp;“<a href="https://www.contretemps.eu/origines-front-national-ordre-nouveau" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Aux origines du RN</a>“ publiée par la revue&nbsp;<em>Contretemps</em> (2021</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7294_6_7" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7294_6('footnote_plugin_tooltip_7294_6_7');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>7</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Sur les vagues de crimes racistes à cette époque, lire le roman de Dominique Manotti&nbsp;<em>Marseille 73</em>&nbsp;(2020) mais aussi l’ouvrage de Rachida Brahim,&nbsp;<em>La race tue deux fois</em>&nbsp;(2021</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_7294_6() { jQuery('#footnote_references_container_7294_6').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_7294_6').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_7294_6() { jQuery('#footnote_references_container_7294_6').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_7294_6').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_7294_6() { if (jQuery('#footnote_references_container_7294_6').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_7294_6(); } else { footnote_collapse_reference_container_7294_6(); } } function footnote_moveToReference_7294_6(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_7294_6(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_7294_6(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_7294_6(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/21-juin-1973-interdire-physiquement-les-meetings-fascistes/">21 juin 1973 : Interdire (physiquement) les meetings fascistes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>1973 : la révolte des travailleurs immigrés</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/1973-la-revolte-des-travailleurs-immigres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Apr 2023 05:32:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[1973]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=7161</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">L’année 1973 est certainement l’une des plus violente de l’histoire de la Ve&#160;République en matière de racisme et violences contre les immigré·es. Pourtant, c’est également une année riche en mobilisations des travailleurs immigrés et de <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/1973-la-revolte-des-travailleurs-immigres/" title="1973 : la révolte des travailleurs immigrés">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/1973-la-revolte-des-travailleurs-immigres/">1973 : la révolte des travailleurs immigrés</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">L’année 1973 est certainement l’une des plus violente de l’histoire de la Ve&nbsp;République en matière de racisme et violences contre les immigré·es. Pourtant, c’est également une année riche en mobilisations des travailleurs immigrés et de militantisme à leurs côtés. Elle est la preuve des possibilités de mobilisations antiracistes, d’auto-organisation des travailleur·euses immigré·es, de grèves contre le racisme, de mobilisations larges contre les lois de contrôle de l’immigration et contre les crimes racistes.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #07 &#8211; Mars 2023</h6>



<p class="has-drop-cap">Les années 1970 ouvrent une nouvelle période dans l’histoire du capitalisme. Les Trente glorieuses laissent la place aux temps des crises économiques<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_7161_8('footnote_plugin_reference_7161_8_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_7161_8('footnote_plugin_reference_7161_8_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_7161_8_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_7161_8_1" class="footnote_tooltip">voir « <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/1973-le-nouveau-temps-des-crises/">1973, Le nouveau temps des crises</a> », de Mathieu Pastor</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_7161_8_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_7161_8_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Entre 1971 et 1973, le chômage quadruple en Europe.&nbsp;</p>



<p>Dès 1972 le gouvernement de Jacques Chalban-Delmas promulgue des circulaires pour contrôler l’immigration et ainsi « prendre des mesures pour l’emploi ». Les circulaires « Marcellin Fontanet », du nom du ministre de l’Intérieur et du ministre du Travail, restreignent la circulation des travailleur·euses immigré·es en liant l’attribution de la carte de séjour à un titre de travail et une attestation de logement. C’est ainsi que des dizaines de milliers de travailleur·euses deviennent des immigré·es clandestins.</p>



<p>Les circulaires Fontanet-Marcellin constituent les prémisses d’une nouvelle politique de contrôle des flux migratoires, déterminée par les besoins du marché du travail et le niveau de chômage. Le gouvernement français accrédite ainsi l’idée selon laquelle il y aurait trop d’immigré·es en France.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’échine des immigré.es n’est pas courbée</h2>



<p>Dès qu’elle est connue, en 1972, la circulaire Fontanet entraîne des fortes mobilisations dans le monde associatif et syndical, avec comme mot d’ordre « l’égalité effective des droits entre travailleurs immigrés et français ». La CGT et la CGDT participent à des journées d’action et d’information contre ces circulaires.</p>



<p>Petit à petit, des nouvelles formes de mobilisation voient le jour avec des grèves de la faim de « sans-papiers » soutenues par des grèves dans plusieurs secteurs : à l’usine Pennaroya de Lyon dès février 1972, les éboueurs de Paris en décembre et les OS de l’usine Renault en avril 1973.</p>



<p>À partir de novembre 1972 et la grève emblématique de Saïd Bouziri et de trois autres militants immigrés menacés d’expulsion, les grèves de la faim se multiplient sur tout le territoire, visibilisées par des intellectuels comme Deleuze, Foucault, Sartre. Cela permet de faire entendre la voix des immigré·s qui dénoncent les souffrances au travail, les « marchands de sommeil » et le racisme anti-arabe. Ces actions aboutissent à la création du Comité de défense de la vie et des droits des travailleurs immigrés (CDVDTI) et les revendications vont s’élargir aux demandes de cartes de travail et à l’abrogation des circulaires Marcellin-Fontanet.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le pouvoir recule</h2>



<p>Tandis que le taux de travailleurs immigrés dans la population active atteint 9,5 %, le MTA (Mouvement des travailleurs arabes) se constitue lors de la Conférence nationale des travailleurs arabes des 17 et 18&nbsp;juin 1972 à Paris.</p>



<p>Il est composé essentiellement d’étudiant·es et d’ouvriers immigrés (Tunisie, Maroc, Algérie, Liban).&nbsp;</p>



<p>De nombreuses actions, portées par le CDVDTI et le MTA, des grèves d’usine alliant augmentation des salaires, conditions de travail et régularisation des sans-papiers et de multiples formes de manifestations contre les circulaires mobilisant parlementaires communistes et socialistes, personnalités religieuses, figures intellectuelles de gauche gagnent la suspension de la circulaire Fontanet et donc la régularisation de 35 000 ­personnes entre juin et septembre 1973.&nbsp;</p>



<p>Le 13&nbsp;janvier 1975, le Conseil d’État saisi par le Gisti annulera plusieurs dispositions des circulaires Marcellin-Fontanet.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Montée du racisme et du fascisme</h2>



<p>Malgré les mobilisations des travailleur·euses immigré·es, durant l’année 1973 le climat devient de plus en plus raciste légitimé par le discours du pouvoir présentant l’immigration comme un problème. C’est sur ce terreau que les fascistes passent à l’offensive.</p>



<p>Depuis 1960, des organisations d’extrême droite nostalgiques de l’Algérie française se développent avec l’OAS (Organisation armée secrète), Occident, Ordre nouveau ou le GUD. En 1972, à la suite du deuxième congrès de l’organisation explicitement fasciste Ordre nouveau, une décision est prise de construire une structure plus large pour participer aux élections législatives. C’est ainsi qu’un nouveau parti fasciste voit le jour, le Front national avec à sa tête Jean Marie Le Pen qui a participé aux tortures des militant·es du FLN (Front de libération nationale algérien).</p>



<p>Le parti se construit sur la haine anti-arabe, contre l’immigration et sur la nostalgie de l’Algérie française. Le Front national permet l’unification des groupuscules fascistes et leur renforcement à l’échelle nationale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vague de crimes racistes</h2>



<p>Pendant l’été 1973, le racisme anti-arabe atteint son paroxysme dans le Sud de la France. Le 9&nbsp;juin, Ordre nouveau lance une campagne nationale « Halte à l’immigration sauvage ».</p>



<p>À Grasse, ville du Sud de la France, le 11&nbsp;juin 1973, les travailleurs immigrés tiennent un meeting en plein air face à la menace raciste mais aussi la menace d’expulsions car ils n’ont ni contrat de travail ni logement décent. Le meeting leur permet de décider de faire grève le lendemain. Les fascistes recouvrent les murs d’affiches « Halte à l’immigration sauvage ».</p>



<p>Le lendemain du meeting, la grève est très suivie et entraîne deux à trois cents grévistes devant la mairie de Grasse pour faire part de leurs revendications. La mairie refuse de les recevoir et dispersera les manifestant·es par la force. Dans l’après-midi, s’organise une ratonnade. Les grévistes sont poursuivis jusque chez eux, frappés, arrêtés par les CRS mais également les commerçants et les habitants de la ville.&nbsp;</p>



<p>La chasse à l’immigré commence aboutissant à cinq blessés graves et trois cents arrestations. Un comité de vigilance des commerçants et des artisans se crée pour « se débarrasser des mille oisifs qui portent atteinte au bon renom de la cité », démarche soutenue par la mairie de Grasse qui déclare « C’est très pénible, vous savez, d’être envahi par eux ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vague raciste dans le Sud de la France</h2>



<p>À Marseille, le 25&nbsp;août 1973, un Algérien, Salah Boughrine tue un chauffeur de bus.</p>



<p>L’événement est là. Au bout de quelques jours, on apprend que Salah Boughrine était atteint, à la suite d’un traumatisme crânien, de maladie mentale.</p>



<p>Mais il est trop tard et l’affaire est déjà saisie par la presse locale qui profite de cet événement pour colporter la propagande anti-arabe et contre l’immigration.</p>



<p>Le 26&nbsp;août 1973, dans le journal Méridional-La France, le rédacteur en chef Gabriel Domenech, nostalgique de l’Algérie Française et sympathisant de l’extrême droite publie :</p>



<p>« Bien sûr, on nous dira que l’assassin est fou, car il faut bien une explication, n’est-ce pas, pour satisfaire ceux qui refusent d’admettre que le racisme est arabe avant d’être européen. Et qu’il n’y a, finalement, de racisme européen que parce que l’on tolère, depuis trop longtemps, tous les abus du monde arabe&#8230; pour de basses raisons pétrolières. La folie n’est pas une excuse. Cet assassin-là, même s’il est fou (je dirai plus, s’il est fou), les pouvoirs publics sont encore plus gravement coupables de l’avoir laissé pénétrer sur notre territoire. Nous en avons assez. Assez des voleurs algériens, assez des casseurs algériens, assez des fanfarons algériens, assez des trublions algériens, assez des syphilitiques algériens, assez des violeurs algériens, assez des proxénètes algériens, assez des fous algériens, assez des tueurs algériens. »</p>



<p>Dans les jours qui suivent ce véritable appel au sang, six Maghrébins seront victimes d’assassinat. Le jour des funérailles du chauffeur, 5 000 personnes dont 2 000 traminots défilent derrière la dépouille. La marche est composée de partis politiques (Front national, Centre démocrate, Comité de défense de la République, Union des Démocrates pour la République, Centre démocratie et progrès, Centre national des indépendants), de « syndicats » jaunes (Confédération française du travail, Union générale des travailleurs, Union syndicale de défense des intérêts des Français repliés d’Algérie et d’outre-mer), d’associations de rapatriés d’Algérie et d’organisations de jeunesse (GUD, Union des jeunes pour le progrès, Front des étudiants juifs).</p>



<p>Cette manifestation est donc une réussite pour les organisations d’extrême droite qui permettent de mettre en mouvement des milliers de personnes autour d’une revendication raciste.</p>



<p>Les groupes fascistes les plus convaincus, à l’initiative de la section locale du parti Ordre nouveau se rassemblent dans un nouveau comité, le Comité de défense des Marseillais (CDM), créé le lendemain du drame, afin d’« assurer leur propre sécurité et celles des Marseillais ». Ils tractent « Marseille a peur » appelant à manifester le 28&nbsp;août contre les « agressions arabes ».</p>



<p>Dans la nuit du 28 au 29&nbsp;août, un commando jette un cocktail molotov dans les bâtiments d’une entreprise de nettoyage des chantiers navals de la Ciotat où travaillent essentiellement des immigrés et Lhadj Lounès est tué par balles à Marseille à la sortie d’un café.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="878787" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #878787;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/04/A2C_RevueN7_1973_Illustr1.jpg" alt="" class="wp-image-7162 not-transparent"/><figcaption class="wp-element-caption"> </figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">La riposte</h2>



<p>C’en est trop pour la communauté algérienne et les travailleur·euses immigré·es visés par les attaques racistes de plus en plus violentes, les obligeant à rester cloîtrés chez eux de peur d’être tués par les militants fascistes.</p>



<p>Le 31 août, 1 500 ouvriers immigrés des chantiers navales de la Ciotat mènent une grève spontanée contre les attentats racistes. Le lendemain, un cortège funèbre à la mémoire de Lhadj Lounès traverse Marseille, du bidonville de la Calade au port de la Joliette.</p>



<p>Au terme de la marche, un militant du MTA de Marseille lance le mot d’ordre de « grève générale contre le racisme » pour 24 heures.&nbsp;</p>



<p>Le jour dit, 30 000 ouvriers de la région marseillaise se mettent en grève : 100 % des travailleurs des chantiers navals et des employés municipaux de la Ciotat, 60 % des travailleurs de Marseille et 100 % à Aix en Provence.</p>



<p>Nationalement, l’ensemble des comités locaux du MTA lance un appel à la grève générale pour le 14&nbsp;septembre 1973 qui fait descendre dans la rue, les ouvriers des grands chantiers comme celui de Roissy (1 700 grévistes sur 2 000 ouvriers) mais aussi les commerçants de Belleville.</p>



<p>Pour construire la grève, ils tractent aux sorties du métro mais aussi aux sorties d’usine en arabe et en français :</p>



<p>« Dans la région parisienne, le vendredi 14&nbsp;septembre sera pour nous une grande journée à la mémoire des victimes du racisme et une journée de lutte pour notre dignité et nos droits. Nous appelons tous nos frères arabes à se mettre en grève pendant 24&nbsp;heures pour protester contre le racisme et avertir tous les racistes que nous ne nous laisserons pas faire ».</p>



<p>Les militants du MTA prouvent ainsi que les travailleurs immigrés sont enclins à se battre contre la haine et pour revendiquer l’égalité des droits entre travailleur·euses immigré·es et travailleur·euses français·es. Leurs actions de grève et leur discours politique s’articulent sur la place centrale que les travailleurs immigrés occupent dans la production française avec le slogan « Les Arabes arrêtent la France ! ». Les grèves visent à mettre en lumière la dépendance de l’économie française envers la main-d’œuvre étrangère.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une voie s’est ouverte</h2>



<p>Si la mobilisation a été réussie, elle n’a clairement pas abouti à la grève générale.</p>



<p>Lors de leur bilan politique, les militant·es du MTA notent que les organisations syndicales n’ont que très peu soutenu la mobilisation des travailleurs immigrés et que leur implantation n’était pas assez conséquente dans les usines où travaillent les immigrés. De plus, des immigrés sub-sahariens regretteront l’appel exclusif pour les travailleurs arabes, alors qu’ils subissent également le racisme. Malgré cela, le MTA a permis de prouver la possibilité de coordination de grèves autonomes pour protester non seulement contre des conditions de travail, mais contre ce qui se passe à l’extérieur de l’usine, les crimes racistes.</p>



<p>L’expérience de la grève générale contre le racisme est celle d’une grève politique permise par l’auto-organisation des travailleurs immigrés autour de comités locaux, regroupant des militant·es arabes mais aussi français forts de leur engagement politique contre l’impérialisme et pour la libération de la Palestine. Elle fut aussi un produit de la mobilisation large contre les circulaires Marcellin-Fontanet.</p>



<h6 class="wp-block-heading">Anouk, Marseille</h6>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_7161_8();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_7161_8();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_7161_8">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_7161_8" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_7161_8_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_7161_8('footnote_plugin_tooltip_7161_8_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">voir « <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/1973-le-nouveau-temps-des-crises/">1973, Le nouveau temps des crises</a> », de Mathieu Pastor</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_7161_8() { jQuery('#footnote_references_container_7161_8').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_7161_8').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_7161_8() { jQuery('#footnote_references_container_7161_8').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_7161_8').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_7161_8() { if (jQuery('#footnote_references_container_7161_8').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_7161_8(); } else { footnote_collapse_reference_container_7161_8(); } } function footnote_moveToReference_7161_8(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_7161_8(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_7161_8(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_7161_8(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/1973-la-revolte-des-travailleurs-immigres/">1973 : la révolte des travailleurs immigrés</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>1973, le nouveau temps des crises</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/1973-le-nouveau-temps-des-crises/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Feb 2023 10:38:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[1973]]></category>
		<category><![CDATA[Crise]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Il y a 50 ans, en 1973, le capitalisme basculait dans une crise dont il n’est jamais sorti depuis et qui détermine encore les conditions de la lutte des classes aujourd’hui. Cet article est le <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/1973-le-nouveau-temps-des-crises/" title="1973, le nouveau temps des crises">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/1973-le-nouveau-temps-des-crises/">1973, le nouveau temps des crises</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">Il y a 50 ans, en 1973, le capitalisme basculait dans une crise dont il n’est jamais sorti depuis et qui détermine encore les conditions de la lutte des classes aujourd’hui. Cet article est le premier d’une série de réflexions sur les événements qui ont marqué cette année charnière.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #06 &#8211; JANVIER 2023</h6>



<p class="has-drop-cap">De la Seconde Guerre mondiale jusqu’à 1973, le capitalisme a connu sa plus longue période sans crise majeure. Une période que certain·es appellent les « Trente Glorieuses » ou encore « l’âge d’or du capitalisme ». Trois décennies de croissance continue durant laquelle la vie d’un très grand nombre de personnes se trouva transformée et durant laquelle les ouvrier·es vivaient mieux que leurs parents et s’attendaient à ce que leurs enfants vivent mieux encore.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De la Guerre à 1973, un capitalisme en expansion</h2>



<p>En Europe de l’Ouest, en Amérique du Nord, au Japon, il y eut une augmentation des salaires réels, un plein emploi virtuel et une protection sociale à une échelle nouvelle pour la classe ouvrière. Le chômage chuta à des niveaux que l’on avait connus que pendant de brèves périodes.</p>



<p>Les changements dans la consommation et le mode de vie de la classe ouvrière se combinaient à des mutations dans le domaine de la production. Des techniques nées dans l’entre-deux-guerres commençaient à dominer le paysage. Des usines neuves ou agrandies employant une main-d’œuvre nouvelle produisaient de plus en plus : dans les années 1970, le produit économique des États-Unis était de trois fois son niveau de 1940 ; la production allemande était cinq fois plus importante qu’à son niveau de 1947 ; en France, quatre fois plus. Une multiplication par treize du produit industriel transforma le Japon, encore considéré comme un pays pauvre dans les années 1940, en deuxième puissance économique « occidentale » après les États-Unis.</p>



<p>Le capital se tourna aussi vers les femmes et prospecta dans le monde entier à la recherche de travailleur·ses. Des migrant·es de l’Italie rurale furent bientôt employés dans les mines belges et les usines suisses. Les anciens métayers noirs du Sud des États-Unis devinrent encore plus nombreux·ses qu’avant la Seconde Guerre mondiale à rejoindre les grandes villes comme Detroit, Los Angeles et Chicago. Des firmes allemandes accueillirent des réfugié·es de l’Est et organisèrent la venue de millions de travailleur·ses de Turquie et de Yougoslavie. Les sociétés françaises recrutèrent de la main-d’œuvre en Afrique du Nord et dans les colonies ultramarines.</p>



<p>Les conditions étaient très différentes en Asie, en Afrique et en Amérique&nbsp; du sud. Dans ces pays, une pauvreté extrême était toujours le lot de la grande majorité de la population. Mais les puissances européennes furent forcées d’abandonner leurs colonies, et une croissance économique accrue créa l’attente selon laquelle finalement les pays « moins développés » rattraperaient les plus avancés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Qui aurait pu prédire la crise ?</h2>



<p>Durant cette période, aussi bien à droite que dans une grande partie de la gauche, on proclamait que les contradictions du système capitaliste avaient été surmontées. Le changement clé, disait-on, était le fait que les gouvernements avaient appris à intervenir dans l’économie pour contrebalancer les tendances à la crise. Même à gauche, on pouvait penser et affirmer que le capitalisme avait soigné ses maux, que la lutte des classes n’était plus le moteur de l’histoire et que la classe ouvrière perdait son rôle central dans la transformation de la société.</p>



<p>L’humanité produisait plus de richesses qu’elle ne l’avait jamais fait auparavant et chaque année, chaque décennie, était plus productive que la précédente. Cette richesse croissante était encore très inégalement répartie : des poches de pauvreté dans les pays les plus riches et de vastes zones de pauvreté dans les pays les moins avancés du capitalisme persistaient. Mais on pouvait néanmoins croire que des changements dans les politiques des gouvernements suffiraient à mettre un terme à cela.</p>



<p>Cet « âge d’or » qu’on voulait croire sans fin s’arrête pourtant net en 1973 lorsque les économies occidentales entrèrent simultanément en récession pour la première fois depuis les années 1930. Pour comprendre les raisons de cette crise soudaine, il faut aussi comprendre les raisons derrière ce boom économique de trois décennies.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full"><img data-dominant-color="efeeee" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #efeeee;" loading="lazy" decoding="async" width="477" height="302" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_1973_Illustr1.png" alt="" class="wp-image-6975 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_1973_Illustr1.png 477w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_1973_Illustr1-300x190.png 300w" sizes="auto, (max-width: 477px) 100vw, 477px" /></figure>
</div>


<p>La caractéristique la plus significative de la période d’après-guerre est le taux de profit plus élevé qu’avant-guerre des pays capitalistes. Par exemple aux États-Unis, qui représente jusqu’à 60 % de la production économique de l’« Ouest », il était supérieur de 50 à 100 % et resta plus au moins à ce niveau jusqu’à la fin des années 1960.&nbsp;</p>



<p>C’est ce qui explique pourquoi les capitalistes ont investi à une échelle suffisante pour maintenir le boom.<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6971_10('footnote_plugin_reference_6971_10_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_6971_10('footnote_plugin_reference_6971_10_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6971_10_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6971_10_1" class="footnote_tooltip"><span class="footnote_url_wrap">https://wikirouge.net/Baisse_tendancielle_du_taux_de_profit</span> et sur le blog de l’économiste Michael Roberts : <a href="https://thenextrecession.wordpress.com/2020/07/25/a-world-rate-of-profit-a-new-approach/"><span class="footnote_url_wrap">https://thenextrecession.wordpress.com/2020/07/25/a-world-rate-of-profit-a-new-approach/</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6971_10_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6971_10_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>



<h2 class="wp-block-heading">C’est quoi le taux de profit ?</h2>



<p>L’objectif de chaque capitaliste est d’accumuler des richesses et de les utiliser pour construire les moyens qui permettent de produire encore plus de richesses. Pour cela, il exploite des travailleur·ses qui produisent des biens grâce aux moyens de production qu’il possède et il vit de la vente de ces biens sur un marché dans lequel il est mis en concurrence avec d’autres capitalistes.&nbsp;</p>



<p>Chaque capitaliste a besoin de pousser vers une plus grande productivité pour rester devant ses concurrent·es. Le système n’est ainsi pas seulement un système de production de marchandises, c’est aussi un système d’accumulation concurrentielle. La production dans un tel système ne sert pas aux besoins de l’humanité –&nbsp;mêmes à ceux des capitalistes&nbsp;– mais elle sert à permettre à un capitaliste de survivre en concurrence avec un autre.&nbsp;</p>



<p>Tout capitaliste individuel peut accroître sa compétitivité en augmentant la productivité des travailleur·ses qu’il exploite et pour y parvenir il doit faire en sorte que chaque travailleur·se utilise de plus en plus de « moyens de production » –&nbsp;outils, machines, etc.&nbsp;– dans son travail.&nbsp;</p>



<p>Plus de productivité est donc synonyme d’une augmentation plus rapide de la quantité de moyens de production par rapport à l’augmentation de la force de travail. Pour faire croître la quantité de moyens de production, les capitalistes doivent investir.&nbsp;</p>



<p>Le premier capitaliste qui investit dans une nouvelle technologie obtient un avantage concurrentiel qui lui permet d’extraire un profit supplémentaire, mais qui cesse dès que la nouvelle technique est généralisée.</p>



<p>Or le moteur de ce système n’est pas juste le profit, c’est le profit obtenu en rapport à l’investissement réalisé, c’est-à-dire le taux de profit. Le capitaliste n’investira que s’il pense que cela lui garantira un profit « raisonnable ». Et plus l’investissement sera important, plus le profit devra aussi l’être. Et s’il ne le pense pas, le capitaliste ne risquera pas son argent dans un investissement.</p>



<p><em>« le problème économique du capitalisme du 21<sup>e</sup>&nbsp;siècle n’est pas qu’il y ait un manque de possibilités d’investissement, mais que cet investissement n’est pas suffisamment profitable ».</em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6971_10('footnote_plugin_reference_6971_10_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_6971_10('footnote_plugin_reference_6971_10_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6971_10_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6971_10_2" class="footnote_tooltip">Chris Harman, <em>Zombie Capitalism. Global Crisis and the Relevance of Marx, </em>Haymarket Books, 2010</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6971_10_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6971_10_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>



<p>Finalement, la compétition entre capitalistes qui les poussent à rester en tête des autres capitalistes aboutit à de nouveaux investissements qui font que les investissements suivants dégageront un taux de profit inférieur.</p>



<p>Comme l’a démontré Marx et de nombreux économistes depuis, la valeur d’échange d’une marchandise sur un marché est déterminée par le temps de travail socialement nécessaire pour la produire. Le travail est la source du profit. Augmenter la quantité de moyens de production, autrement dit investir, est une nécessité imposée par la concurrence. Augmenter la quantité de moyens de production par rapport à la force de travail permet d’augmenter la productivité. Mais cela signifie aussi augmenter l’investissement par rapport à la source du profit, le travail. Donc à faire baisser le taux de profit.</p>



<p>L’incitation à accumuler inflige donc au taux de profit une tendance à la baisse.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Derrière le boom, les armes</h2>



<p>Ce qui va permettre une croissance continue c’est la relative stabilité du taux de profit du début des années 1940 jusqu’à la fin des années 1960. Et ce qui permet la stabilité du taux de profit, c’est un niveau sans précédent de dépenses d’armement en temps de paix.&nbsp;</p>



<p>Cette économie d’armement n’était pas le résultat d’une stratégie consciente visant à prévenir les récessions. Elle est issue de la logique de la compétition impérialiste dans la période de la Guerre froide. Mais elle a soutenu la prospérité du système pendant un temps.</p>



<p>Dans le camp de l’« Ouest », le coût du financement de l’économie d’armement a été supporté par les États-Unis (jusqu’à 20 % de son PIB) et dans une moindre mesure par la Grande-Bretagne et la France. Ces investissements en moyens de destruction ont permis de ralentir la tendance à croître des investissements en moyens de production vis-à-vis de la force de travail qui est la source du profit.&nbsp;</p>



<p>La perte en investissement productif faisait que les économies de ces pays croissaient moins vite, mais les préservaient d’une crise par le maintien du taux de profit. Ces dépenses étaient réparties très inégalement entre les économies les plus importantes. Ce n’était pas très important dans les premières années qui suivaient la guerre : le commerce international n’était que peu développé et la concurrence se déroulait principalement à une échelle nationale où l’investissement en armement ne changeait rien à la compétition puisqu’elle concernait tous les acteurs. Les effets positifs des dépenses d’armement faisaient plus que compenser leurs effets négatifs.</p>



<p>Le Japon et l’Allemagne avaient un bas niveau de dépense en armement et ont investi davantage dans leur moyen de production sans que cela fasse baisser le taux de profit de l’ensemble du système. Ces pays ont fini par rattraper les niveaux états­uniens de productivité et à accroître leur importance relative dans l’économie mondiale.&nbsp;</p>



<p>En 1968, l’État américain comprit qu’il ne pourrait pas gagner la guerre du Vietnam sans augmenter les dépenses militaires, ce que le capitalisme états­unien ne pouvait pas se permettre s’il voulait garantir son développement économique désormais concurrencé par les capitalismes ­japonais et allemands.&nbsp;</p>



<p>Encore une fois, la compétition imposait aux capitalistes d’investir dans les moyens de production. Encore une fois, cela allait faire baisser le taux de profit et les premiers effets sont visibles dès la fin des années 1960.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Que s’est-il passé en 1973 ?</h2>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="cbcfd0" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #cbcfd0;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_1973_Illustr2.jpg" alt="" class="wp-image-6976 not-transparent" width="420" height="538"/></figure>
</div>


<p>Les taux de profit chutent depuis déjà quelques années dans l’ensemble du système capitaliste. La croissance des économies capitalistes s’arrête, l’inflation augmente partout. Entre 1971 et 1973, le chômage quadruple en Europe. Alors que le système n’avait pas vécu de crise majeure depuis les années 1940, la croissance des économies capitalistes entre en récession en même temps. C’est un nouveau temps des crises qui s’ouvre, celle de 1973 sera suivie de nombreuses dont les plus récentes sont parmi les plus graves : 2008 et 2020.</p>



<p>Les réponses apportées par les capitalistes à cette crise sont multiples : baisser les salaires, supprimer les protections sociales, casser les capacités d’organisation de la classe ouvrière qui, avec les étudiant·es, l’a fait trembler dans tant de pays en 1968. Pour résumer, il s’agit d’obliger par tous les moyens les travailleur·ses à accepter des emplois de moins en moins rémunérés et de plus en plus précaires.</p>



<p>Le capitalisme n’est pas parvenu à résoudre la crise de 1973. Pire que ça, les mauvaises solutions mises en place font que la situation empire et que la crise suivante est potentiellement plus dévastatrice.&nbsp;</p>



<p>En France dès 1972, les ministres de l’Intérieur et de l’Emploi entament une longue série de lois contre l’immigration qui continue jusqu’à aujourd’hui avec la loi Darmanin, en promulguant des circulaires à leur nom, tel « Marcellin-Fontanet », qui subordonnent déjà la politique de l’accueil des étranger·es au travail. De 1974 à 1977, le pouvoir français suspend l’immigration.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="76645a" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #76645a;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/02/A2C_RevueN6_1973_Illustr3.jpg" alt="" class="wp-image-6977 not-transparent" width="414" height="275"/></figure>
</div>


<p>En Angleterre, les années 1975-1978 furent celles de la plus grosse perte de salaires réels des travailleur·ses du 20<sup>e</sup>&nbsp;siècle. Le gouvernement de Margaret Thatcher débutera en 1979 et s’attaquera à la classe ouvrière anglaise en cassant sa capacité à faire grève et ses organisations les plus puissantes. Aux États-Unis c’est Ronald Reagan qui se chargera de mener l’offensive.&nbsp;</p>



<p>Pour comprendre ce qui s’est joué en 1973, avec les moyens d’A2C, nous tâcherons tout au long de l’année à travers des articles, discussions et réunions publiques de revenir sur différents évènements de cette année charnière :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>La fin de la guerre du Vietnam</li>



<li>La vague de meurtre racistes en France et notamment à Marseille contre des personnes originaires d’Afrique du Nord</li>



<li>La grève contre le racisme du Mouvement des Travailleurs Arabes</li>



<li>La manifestation antifasciste contre un rassemblement d’Ordre Nouveau à la Mutualité à Paris</li>



<li>La crise pétrolière</li>



<li>Le coup d’État au Chili</li>



<li>La guerre du Kippour</li>



<li>L’autogestion ouvrière de LIP</li>



<li>Les révoltes contre la dictature militaire en Grèce</li>



<li>La révolution au Portugal</li>



<li>Le droit des femmes à avorter aux États-Unis : arrêt Roe versus Wade</li>



<li>Les grèves ouvrières de la métallurgie et de l’automobile en Italie</li>



<li>L’occupation de Wounded Knee par l’American Indian Movement aux États-Unis</li>
</ul>



<p>Cette liste ne demande qu’à être complétée et est évidemment un appel à contribution !</p>



<h6 class="wp-block-heading">Mathieu Pastor, Paris 20<sup>e</sup></h6>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_6971_10();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_6971_10();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_6971_10">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_6971_10" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6971_10_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6971_10('footnote_plugin_tooltip_6971_10_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><span class="footnote_url_wrap">https://wikirouge.net/Baisse_tendancielle_du_taux_de_profit</span> et sur le blog de l’économiste Michael Roberts : <a href="https://thenextrecession.wordpress.com/2020/07/25/a-world-rate-of-profit-a-new-approach/"><span class="footnote_url_wrap">https://thenextrecession.wordpress.com/2020/07/25/a-world-rate-of-profit-a-new-approach/</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6971_10_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6971_10('footnote_plugin_tooltip_6971_10_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Chris Harman, <em>Zombie Capitalism. Global Crisis and the Relevance of Marx, </em>Haymarket Books, 2010</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_6971_10() { jQuery('#footnote_references_container_6971_10').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_6971_10').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_6971_10() { jQuery('#footnote_references_container_6971_10').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_6971_10').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_6971_10() { if (jQuery('#footnote_references_container_6971_10').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_6971_10(); } else { footnote_collapse_reference_container_6971_10(); } } function footnote_moveToReference_6971_10(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_6971_10(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_6971_10(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_6971_10(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/histoire/1973-le-nouveau-temps-des-crises/">1973, le nouveau temps des crises</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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