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	<title>Actualité politique Archives - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<title>Actualité politique Archives - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Brest contre les fachos : pour dépasser la peur, construire l&#8217;unité et reprendre la rue</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 May 2026 10:42:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">A Brest, dans la nuit du 10 au 11 avril dernier, a eu lieu une violente agression raciste et pour riposter, a été organisée 15 jours plus tard, le 25 avril, une manifestation antiraciste par <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/brest-contre-les-fachos-pour-depasser-la-peur-construire-lunite-et-reprendre-la-rue/" title="Brest contre les fachos : pour dépasser la peur, construire l&#8217;unité et reprendre la rue">[...]</a></div>
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<p>A Brest, dans la nuit du 10 au 11 avril dernier, a eu lieu une violente agression raciste et pour riposter, a été organisée 15 jours plus tard, le 25 avril, une manifestation antiraciste par l&rsquo;AG antifasciste de Brest qui a rassemblé 800 personnes.<br>Nico, de l&rsquo;AG antifasciste de Brest et d&rsquo;Autonomie de Classe, nous raconte comment est-ce que pour dépasser la peur face aux fascistes, on peut construire l&rsquo;unité pour reprendre la rue et reprendre confiance en nous.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-block-embed-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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<p><strong>Est-ce que tu peux revenir sur la forme que prend la menace fasciste dans ta ville, revenir sur ce qui s&rsquo;est passé ces dernières années et comment vous vous êtes organisé pour y faire face et revenir aussi sur les événements des dernières semaines ?</strong></p>



<p>À Brest, l&rsquo;engagement passe par l&rsquo;AG antifasciste qui s&rsquo;est montée en fin d’été dernier, suite à des agressions fascistes, de groupuscules néonazis, qui ont fait des agressions homophobes, contre des militant·es de gauche, et racistes. C&rsquo;est au sein de cet AG qu&rsquo;on s&rsquo;organise et qu&rsquo;on essaye d&rsquo;avoir une riposte. La menace fasciste, elle est assez présente à Brest par le biais de hooligans et par le biais de groupuscules néonazis et aussi par le biais de militants du RN.</p>



<p>Si tu veux, j&rsquo;ai l&rsquo;impression que les agressions clairement fascistes, racistes qu&rsquo;il y a eu il y a un an et demi, elles ne viennent pas de nulle part. Il y a toujours eu des groupuscules néonazis, identitaires en Bretagne. Il y a deux ans, il y a eu une manif fasciste soutenue par le RN contre l&rsquo;ouverture d&rsquo;un centre pour accueillir des personnes migrantes, en centre-Bretagne, et ils étaient déjà là. Donc, ce qui s&rsquo;est passé à Brest, c&rsquo;est que ça a touché des quartiers populaires, des endroits bien populaires, qui ont fédéré tout d&rsquo;un coup une réaction assez forte de la population et pas forcément de la population militante, ce qui a entraîné depuis un an une dynamique avec l’AG antifasciste qui existe.</p>



<p>Et il y a deux semaines, il y a eu une agression d&rsquo;une personne isolée, racisée, qui était tranquille sur le port et qui s&rsquo;est fait agresser lâchement. Il s&rsquo;est pris une droite qui l&rsquo;a mis KO, il est resté inconscient. Il a eu deux semaines d&rsquo;ITT.</p>



<p>Un des buts de l’AG antifasciste, c’est d&rsquo;organiser tout de suite un soutien aux victimes. Ce collectif rassemble différents militants de Brest, des gens soit qui sont syndiqués, qui militent dans les syndicats, soit qui militent dans des groupes de gauche, soit qui ne militent pas… Ca a créé une espèce d&rsquo;unité antifasciste qui se mobilise assez rapidement. Donc, rapidement, on a pu, en quelques jours, organiser une manif de soutien. C&rsquo;est ça qui est intéressant pour nous au sein de cette AG&nbsp;: avoir assez rapidement la possibilité d&rsquo;organiser des choses avec l&rsquo;aide des syndicats, des associations locales. Et, en cinq jours, on a organisé une manif de soutien, des prises de parole. Ca a rassemblé 800 personnes&nbsp;!</p>



<p>Et ce qui est intéressant, c&rsquo;est qu&rsquo;on arrive à pousser nos mots d&rsquo;ordre à nous, de s&rsquo;organiser à la base, dans les quartiers, dans les campagnes, sur nos lieux de vie, de travail.</p>



<p><strong>Et comment on peut faire pour dépasser la peur qui, parfois, justement, est un frein à la mobilisation par en bas contre les fascistes ?</strong></p>



<p>C’est sûr qu&rsquo;en fait, ça sidère un peu plein de gens, dans le milieu militant ou non, qui se demandent, du coup, s&rsquo;ils peuvent aller aux manifs ou s&rsquo;ils peuvent sortir tranquilles, en gros. Et on deal avec la peur en se disant que, de toute façon, c&rsquo;est la stratégie de l&rsquo;extrême droite et de la violence politique que porte l&rsquo;extrême droite de tétaniser et de faire peur et d&#8217;empêcher les gens de se réunir et de s&rsquo;organiser. Ça fait partie de leur stratégie. Donc ne nous laissons pas faire, parce qu&rsquo;en fait, on se rend compte que, mine de rien, on est nombreux et on a la force pour s&rsquo;organiser. Ce qui est intéressant, c&rsquo;est que là, les syndicats à Brest et les associations d&rsquo;aide aux migrants, les associations comme la Ligue de droit de l&rsquo;homme, tout de suite, ils sont partants. Parce qu&rsquo;on se connaît, on a l&rsquo;habitude de faire des choses. On n&rsquo;est pas d&rsquo;accord sur tout. Mais en fait, tout de suite, ça va assez vite d&rsquo;organiser la manifestation.</p>



<p>Et moi, je me dis, c’est grâce à ce qu&rsquo;on a pu forger à l’AG antifasciste&nbsp;: se faire confiance. On a organisé un gros festival en début d&rsquo;année qui a permis d&rsquo;occuper la place et de faire plein de choses pour nous redonner confiance, pour nous unir assez rapidement.</p>



<p>Maintenant, on est capable de s&rsquo;organiser vite et d&rsquo;aller tout de suite organiser une manif et de faire une occupation de la rue et de ne pas laisser la rue à la menace fasciste ou aux discours d&rsquo;extrême droite, aux actions de l&rsquo;extrême droite.</p>



<p>Et ça, c&rsquo;est vachement important. C&rsquo;est vachement important parce qu&rsquo;on se rend compte que la menace fasciste ou en tout cas la menace d&rsquo;action raciste, homophobe, anti-gauche, elle est réelle. Il y a des groupuscules qui s&rsquo;organisent, il y a des discours islamophobes à volonté déversés par les médias d&rsquo;extrême droite qui vont légitimer le passage à l&rsquo;acte. C’est important déjà de dire, on ne laisse pas faire, on se bat politiquement, symboliquement, on résiste. Et donc, c&rsquo;est important d&rsquo;occuper la place et de pouvoir réagir en masse, en tout cas de manière unitaire, avec les syndicats et les autres forces, et de ne pas laisser faire des choses qui sont inacceptables. Après, plus généralement, c&rsquo;est important parce qu&rsquo;on se rend compte que la montée de l&rsquo;extrême droite, la montée de la menace fasciste, elle est réelle et pas seulement en France, en Europe, dans le monde. Ils s&rsquo;organisent, ils ne sont pas inactifs, ils sont à l&rsquo;affût. Électoralement, le RN est le premier parti du pays, qu&rsquo;on le veuille ou non. Il fait des résultats impressionnants, ils sont en masse, ils ont des appuis d&rsquo;une partie de la classe patronale et de la classe politique qui commencent à faire leur relais. Alors, essayer de s&rsquo;organiser et d&rsquo;arriver à organiser des manifs et des ripostes sur le terrain, c&rsquo;est important. Essayer d&rsquo;unir les forces de gauche, et créer des dynamiques pour la suite, c&rsquo;est ça qui est intéressant. Notre manifestation, notre rassemblement en soutien à la victime, elle permet une dynamique, elle va permettre qu&rsquo;on continue au 1er mai d&rsquo;être dynamique sur ces questions-là, sur les questions antiracistes et aussi de montrer le racisme d&rsquo;État qui est réel.</p>



<p>Donc, face à la peur, on prend cette question au sérieux. Quand on fait des événements, on va réfléchir. Comment on fait un service d&rsquo;ordre ? Comment on riposte ? Sans avoir de réponse préétablie&nbsp;: on fait des bilans, etc. Et du coup, ça veut dire tout simplement qu&rsquo;en fait, la rue, on l&rsquo;abandonne pas. Mais moi, j&rsquo;ai envie de dire, ça va se construire petit à petit. Ça va être, par exemple, en organisant des festivals qui sont à la fois des moments où on se rencontre entre nous, on se fait confiance, on approfondit des questions, on discute stratégie politique et on se rend compte que tout se passe bien, qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de problème, on n&rsquo;a pas d&rsquo;agression, parce qu&rsquo;en fait, on n&rsquo;est plus nombreux qu&rsquo;eux. Il y a une division des forces, il faut arriver à s&rsquo;unir. Mais en vrai, on n&rsquo;est plus nombreux qu&rsquo;eux. Et la peur, au bout d&rsquo;un moment, elle change de nature. On se rend compte que ça peut nous mettre des freins, ça peut nous faire dire, faisons attention, soyons vigilants. Mais on se rend compte qu&rsquo;en fait, avec la confiance, on y fait face. C’est pas évident mais ça se fait sur le long terme. Ca se fait en se rencontrant, en organisant aussi des réunions publiques de façon régulière, petit à petit.</p>



<p><strong>Et maintenant, ça va être quoi les suites pour continuer à construire la dynamique antifasciste à Brest ?</strong></p>



<p>Alors là, on fait partie du 1er mai en tant qu’AG antifasciste. Ce qui est intéressant, c&rsquo;est que quand même, on est repéré par les forces syndicales et les forces politiques locales, même LFI par exemple. On est repéré comme, on va dire, une organisation de base qui compte, qui a sa voix au chapitre. Du coup, l’AG antifasciste va avoir son cortège pendant le 1er mai. Ensuite, il va y avoir le 9 mai&nbsp;: il va falloir faire des rassemblements contre les rassemblements fascistes qui ont lieu à Paris. Je fais référence au comité du 9 mai, qui est un mouvement néofasciste depuis quelques années, qui essaie de rassembler toutes les forces d&rsquo;extrême-droite de France et d&rsquo;Europe. Et nous, on a lancé tout de suite quelque chose pour le 9 mai, en lien avec les syndicats, et du coup, ça donne de la force. Ca permet vraiment de continuer sur une dynamique, et d&rsquo;approfondir ce qu&rsquo;on porte comme revendications et comme mots d&rsquo;ordre&nbsp;: Par exemple, le soutien aux personnes étrangères, la régularisation de tous les sans-papiers, des choses comme ça. Et ensuite, ça permet tout un travail qu&rsquo;on a construit depuis des mois avec tous ces acteurs, toutes ces associations dont j&rsquo;ai parlé, avec les syndicats, pour imaginer un autre festival antiraciste et antifasciste qui va se tenir à Brest, pour organiser des liens sur la lutte du peuple palestinien, etc. Donc en fait, on est pris dans une dynamique en réagissant à l&rsquo;actualité, en se greffant aux événements nationaux, comme le 1er mai, la Marche des Solidarités, la lutte en solidarité au peuple palestinien, et petit à petit, voilà, ça tient comme ça.</p>



<p>Là, on est parti sur une année qui va être très importante, avec au mois de mai prochain les élections présidentielles. Ça va être une année charnière. Du coup, si on arrive à avoir des mobilisations tout au long de l&rsquo;année pour arriver en force au printemps 2027, je me dis qu&rsquo;il y a quelque chose à faire. Au moins arriver en confiance, arriver en force, arriver unis.</p>



<p>Propos de Nico de Brest recueillis par Milig Sinou de Paris 19</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/brest-contre-les-fachos-pour-depasser-la-peur-construire-lunite-et-reprendre-la-rue/">Brest contre les fachos : pour dépasser la peur, construire l&rsquo;unité et reprendre la rue</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>1er Mai antiraciste, contre le génocide et contre la guerre : montrer à notre classe qu&#8217;on va continuer à se battre pour gagner</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/1er-mai-antiraciste-contre-le-genocide-et-contre-la-guerre-montrer-a-notre-classe-quon-va-continuer-a-se-battre-pour-gagner/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathilde]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Apr 2026 12:58:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Dans plusieurs villes en France, se constituent à l&#8217;occasion du premier mai des cortèges contre le racisme, contre le fascisme, contre le colonialisme et contre la guerre. À Paris, un pôle appelé par la Marche <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/1er-mai-antiraciste-contre-le-genocide-et-contre-la-guerre-montrer-a-notre-classe-quon-va-continuer-a-se-battre-pour-gagner/" title="1er Mai antiraciste, contre le génocide et contre la guerre : montrer à notre classe qu&#8217;on va continuer à se battre pour gagner">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/1er-mai-antiraciste-contre-le-genocide-et-contre-la-guerre-montrer-a-notre-classe-quon-va-continuer-a-se-battre-pour-gagner/">1er Mai antiraciste, contre le génocide et contre la guerre : montrer à notre classe qu&rsquo;on va continuer à se battre pour gagner</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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<p>Dans plusieurs villes en France, se constituent à l&rsquo;occasion du premier mai des cortèges contre le racisme, contre le fascisme, contre le colonialisme et contre la guerre. À Paris, un pôle appelé par la Marche des solidarités et Urgence Palestine articulera ces revendications. Entretien avec Mathieu Pastor, d&rsquo;A2C et de la Marche des solidarités, qui nous explique pourquoi et comment se saisir du 1er mai pour engager notre classe sur le terrain de la lutte politique, dans un contexte de polarisation marquée.</p>



<p><strong>Pendant le mois de mars, en France avec le 8 mars et le 14 mars, et à l&rsquo;international avec des mobilisations autour du 28 mars, on a vu des mobilisations massives, très politiques, des gens qui descendaient dans la rue en se posant à la fois la question de lutter contre le patriarcat, contre les fascistes, contre le racisme, et aussi contre la guerre, contre l&rsquo;impérialisme. Est-ce que tu pourrais revenir un petit peu sur ce qu&rsquo;on doit apprendre de cette période et nous dire si le 1er mai et le mois qui va suivre pourraient s’inscrire dans la continuité du mois de mars ?</strong>&nbsp;</p>



<p>Je pense que le premier enseignement de cette période, c&rsquo;est se dire qu&rsquo;il y a quelque chose qui est possible. Ce qu&rsquo;on ressort de cette séquence, c’est que malgré ce qu’on se prend dans la tête, c&rsquo;est-à-dire les guerres, l&rsquo;autoritarisme, le racisme, le fascisme, il y a des volontés de se battre.</p>



<p>C&rsquo;est ce qu&rsquo;on nomme la polarisation, c&rsquo;est-à-dire d’un côté l&rsquo;augmentation de l&rsquo;offensive de la classe dirigeante &#8211; et à travers ça de la capacité des fascistes à s&rsquo;organiser &#8211; et d’un autre côté, un écho de plus en plus large pour se battre contre cette trajectoire-là et pour s&rsquo;engager.</p>



<p>C’est ce qu’on a vu le 8 mars, avec toustes celleux qui ont manifesté pour les droits des femmes, et qui, dans certaines villes, <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/retour-dexperience-sur-le-08-mars-2026/">se sont battu·es pour virer les fascistes et les sionistes</a>. C’est ce qu’on a revu <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/manifestations-antiracistes-et-antifascistes-du-14-mars-une-opportunite-pour-construire-un-front-antiraciste/">le 14 mars</a>, les mobilisations massives dans 102 villes, contre le racisme, le fascisme et les violences policières. Et c’est ce qu&rsquo;on a vu plutôt à l&rsquo;international le 28 mars : aux États-Unis avec des mobilisations dans 3000 villes ; à Rome, où pour la première fois depuis que Meloni est arrivée au pouvoir, il y a eu une mobilisation de 300 000 personnes contre son gouvernement et contre le fascisme ; et à Londres, où il y a eu 500 000 personnes mobilisées, soit la plus grande manif de l&rsquo;histoire d’Angleterre contre le racisme et le fascisme. Donc ce qu’on voit, c’est que les gens ont envie de se battre, et à une échelle très importante. Dès qu&rsquo;on propose une stratégie qui démontre qu&rsquo;en se mobilisant ça va compter, il y a un écho pour ça.</p>



<p>Le meilleur des exemples pour se rendre compte de ce qui est en train de se passer, c&rsquo;est les États-Unis. Trump arrive il y a un an et demi pour son second mandat et il paraît avoir un boulevard devant lui. La gauche, aux États-Unis et dans le monde entier, est presque tétanisée face à sa prise de pouvoir. Il a démontré qu&rsquo;il était prêt à s’engager dans ce boulevard, que ce soit par les premières attaques contre les migrant·es, l&rsquo;offensive au Venezuela… Et puis là soudainement, déjà l&rsquo;année dernière avec les <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/videos/session-douverture-du-festival-des-idees-revolutionnaires-da2c/">premières mobilisations à Los Angeles</a> dans les quartiers contre ICE, et puis de manière plus éclairante <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/comment-minneapolis-solidaire-et-antiraciste-a-resiste-a-ice/">à partir de la fin 2025 à Minneapolis</a>, on voit qu&rsquo;il y a un espoir qui renaît, et que quand cet espoir renaît, et que tout le monde sent qu&rsquo;en s&rsquo;engageant il y a moyen de gagner, le mouvement peut prendre une ampleur où soudainement le rapport de force paraît presque de notre côté. Aux États-Unis, il n&rsquo;y a pas de jour férié le 1er mai, donc les travailleurs et les travailleuses travaillent ce jour-là. Mais là, il faut voir le <a href="https://www.iceoutnowmn.com/">programme du 1er mai</a>. C&rsquo;est très impressionnant. Il y a un appel à la grève. Par exemple, Minneapolis appelle à la grève dès le matin et l’après-midi à une grande marche contre ICE et pour la régularisation des sans-papiers.</p>



<p>Et ici en France, le 1er mai, une date qui est déjà présente dans la tête de beaucoup de monde, comme une date emblématique de la lutte contre le capitalisme, de la lutte de solidarité internationale des travailleurs et des travailleuses, ça va être une date très importante pour mesurer où on en est du mouvement. Je pense que beaucoup de personnes ont prévu de s&rsquo;en saisir, et que beaucoup de collectifs ont prévu d&rsquo;y intervenir.</p>



<p><strong>À A2C on pense que c&rsquo;est cette classe des travailleureuses que tu as citée, qui peut changer le système. Pour s&rsquo;adresser largement à la classe qui n&rsquo;est pas spontanément révolutionnaire, on a tendance à se dire qu&rsquo;il faut parfois limiter les mots d&rsquo;ordre &#8211; construire des fronts contre le racisme, qui soient aussi indépendants des fronts pour la Palestine, des fronts contre l&rsquo;impérialisme, des fronts féministes… Comment est-ce qu&rsquo;on peut articuler la nécessité d’adresser largement toutes ces revendications, et le fait qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, des milliers de personnes en train de se politiser en viennent à penser une riposte globale contre un système global ? Quelle forme ça va prendre pour le 1er mai ? Et quelles suites est-ce que ça peut donner ? </strong></p>



<p>Déjà je pense que pour l&rsquo;ensemble des collectifs qui ont mené les combats de ces dernières semaines, que ce soit au sein du front féministe, que ce soit au sein du front antiraciste, antifasciste, la première des conditions pour s&rsquo;adresser à la classe dans cette période, c&rsquo;est d&rsquo;en être le 1er mai. C&rsquo;est d&rsquo;en être et d&rsquo;y intervenir collectivement. Ensuite je pense que justement, il y a un écho en ce moment pour des mots d&rsquo;ordre qui, même lorsqu’ils sont pris « séparément » (au sein des fronts spécifiques qui les formulent), ne sont pas des mots d’ordres au rabais, mais qui au contraire engagent au combat et proposent une stratégie.&nbsp;</p>



<p>Par exemple, au sein de la <a href="https://www.antiracisme-solidarite.org/accueil">Marche des solidarités</a>, on mobilise sur la question de la régularisation des sans-papiers. Derrière cette revendication, tu poses forcément la question de l&rsquo;unité, de la solidarité, du fait que même si tu n&rsquo;es pas sans-papiers, tu es concerné·e par la régularisation de tout le monde. Si on propose des mots d&rsquo;ordre contre l&rsquo;islamophobie pour se défendre face aux attaques de l’État contre toutes celles et ceux qui parmi nous sont musulmans et musulmanes, contre les attaques des mosquées par les fascistes, c’est pareil, ce ne sont pas des mots d&rsquo;ordre au rabais. Ce sont des revendications qui, par ailleurs, il y a quelques années, pouvaient paraître hyper radicales, mais qui au fur et à mesure de ces dernières années sont de plus en plus reprises largement. On ne va pas noyer tous ces fronts dans une lutte anticapitaliste, anti-impérialiste. Il y a besoin de combats sur des front spécifiques, qui ont besoin d’implication spécifiques, car on a besoin de victoires sur ces fronts-là. Mais on va montrer qu’on peut mener ces combats tout en disant « Oui, on se bat ensemble contre ce système ». Toutes et tous ensemble, on va appeler à la régularisation des sans-papiers. Toutes et tous ensemble, on va appeler à la solidarité avec la Palestine. Toutes et tous ensemble, on va appeler à la solidarité contre l&rsquo;islamophobie.</p>



<p>Pour revenir sur le 1er mai, je pense que ce qui va compter pour s&rsquo;adresser à la classe, c&rsquo;est de montrer qu&rsquo;on est prêts et prêtes à se battre. Un des moyens à travers lesquels on compte faire ça en région parisienne, c&rsquo;est d&rsquo;appeler à un grand pôle dans la manifestation, un pôle antiraciste, antifasciste, antisioniste et anticolonialiste contre la guerre, qui va s&rsquo;appuyer sur deux forces : la Marche des solidarités avec les collectifs de sans-papiers et les mineurs isolés en lutte, les collectifs de quartiers contre le racisme et contre le fascisme, et <a href="https://www.urgence-palestine.com/">Urgence Palestine</a>, qui se bat pour la solidarité avec le peuple palestinien. L&rsquo;année dernière déjà, on avait mené une première fois cette expérience, et à Paris, ça avait été le 2e cortège le plus important de la manifestation derrière celui de la CGT, ce qui est quand même significatif.&nbsp;</p>



<p>Et là, nous, on veut un pôle le plus massif possible, pas juste pour envoyer un message de visibilité, pas juste pour faire une démonstration de force. On veut envoyer le message qu’on est déterminé·es à se battre et que le combat va continuer dès les prochaines semaines, que ce soit pour le 9 mai virer les fachos qui veulent marcher dans Paris <em>[Une contre-manifestation partira le 9 mai à 14h de la station Saint-Michel contre le C9M, marche annuelle de militants néonazis]</em>, que ce soit pour gagner des régularisations, que ce soit pour affirmer notre solidarité à la Palestine ou pour renforcer notre capacité à riposter face à la marche vers la guerre, comme on a pu voir ces dernières semaines dans les mobilisations lycéennes et du secteur de l’éducation.&nbsp;</p>



<p>Et je pense que ça, c&rsquo;est la première des choses à faire pour s&rsquo;adresser à la classe dans la période dans laquelle on est. Les gens, ils n&rsquo;ont pas envie de défiler pour la gloire. Ils ont envie de se battre pour gagner. Et donc, c&rsquo;est comme ça qu&rsquo;on va le faire en région parisienne et il y a des échos qu&rsquo;il va y avoir des cortèges similaires dans d&rsquo;autres villes, à Marseille, à Rennes, à Rouen, à Toulouse, à Saint-Brieuc&#8230; Voilà comment on s&rsquo;adresse massivement à la classe.</p>



<p><strong>Comment est-ce que les révolutionnaires peuvent espérer soutenir, construire cette dynamique-là qui est en train d&rsquo;émerger ? Et quelles sont nos tâches pour mieux l&rsquo;accompagner, convaincre que c&rsquo;est la bonne et poser la question de quelle stratégie pour gagner</strong> ?</p>



<p>Donc, il y a déjà ce mouvement-là, qui démontre qu&rsquo;il y a un potentiel pour lutter largement. Maintenant, toute la question est, quelle est la stratégie pour gagner ? Car ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;il y a un mouvement que la stratégie est spontanément dirigée vers le renforcement de ce mouvement et le renforcement de ses capacités pour gagner. Et pour tout ça, il y a besoin de débats sur quelles stratégies on doit mener, sur ces différents fronts dont j&rsquo;ai parlé. Quelle stratégie dans le front antiraciste, antifasciste ? Quelle stratégie dans le front anticolonialiste et de solidarité avec la Palestine ? Quelle stratégie dans le front contre la guerre ? Et pour ça, le mouvement seul, ça ne suffit pas. Ce n&rsquo;est pas uniquement des collectifs de militants et de militantes qui vont, dans chacun de ces fronts, devoir se poser la question de quelle stratégie. Il faut aussi une intervention révolutionnaire, organisée.</p>



<p>À A2C, on pense que la stratégie pour gagner, elle doit s’élaborer par la combinaison d&rsquo;une analyse théorique marxiste et de son expérimentation, de sa pratique dans le mouvement. Et pour ça, on propose un grand événement à Paris, le 16 et 17 mai, un <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/boussoles-2/">festival <em>Boussoles</em></a>, où il va y avoir 25 discussions, qui visent à dénouer des questions qui se posent dans le mouvement :&nbsp;</p>



<p>La libération de la Palestine se joue-t-elle uniquement en Palestine, ou doit-elle passer par le soulèvement des classes ouvrières des pays arabes environnants ?&nbsp;</p>



<p>Qu’est ce qui va compter dans le mouvement antiraciste ? Mettre une priorité à se battre contre les attaques de la classe dirigeante, massivement dirigées contre celles et ceux qui, parmi nous, sont migrants et migrantes, celles et ceux qui, parmi nous, sont musulmans et musulmanes, en pensant qu&rsquo;à travers la riposte face à ces attaques-là, on va renforcer l&rsquo;ensemble du mouvement antiraciste ? Le fait d&rsquo;avoir une représentativité d&rsquo;élus issus des classes populaires racisées va-t-il être déterminant ?&nbsp;</p>



<p>Faut-il penser que le Rassemblement National est l’incarnation du danger fasciste en France, et penser que c’est via le développement de ce parti que l’ensemble du mouvement fasciste, que ce soit les groupuscules, les milliardaires à la Bolloré, les médias, se renforce ? Ou doit-on, sur un plan stratégique, penser que se battre contre Bolloré équivaut à se battre contre Le Pen ?&nbsp;</p>



<p>Toutes celles et ceux qui font l&rsquo;expérience de l&rsquo;implication dans ces fronts-là se confrontent à ces questions et toutes ces questions-là vont être présentes à ce festival.</p>



<p>En plus d’un regroupement d’activistes et révolutionnaires en France, on a invité des camarades syndicalistes de Minneapolis, qui interviendront pour nous raconter leurs expériences, mais aussi des <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/greve-pour-gaza-le-28-novembre-en-italie-notre-defi-est-de-relier-la-lutte-pour-la-palestine-aux-conditions-economiques-et-de-travail-en-italie/">camarades d’Italie</a>, où on a vu comment, justement, l&rsquo;ensemble de la classe, elle redresse la tête et elle reprend confiance dans ses capacités à gagner à travers un grand mouvement de grève en solidarité avec la Palestine, ou encore des camarades de Grande-Bretagne, là où la constitution d&rsquo;un front large contre le fascisme et le racisme est en train de redonner espoir dans la capacité de gagner de l&rsquo;ensemble de la classe.</p>



<p>On a besoin d&rsquo;espaces de discussion, d&rsquo;élaboration stratégique, à partir de boussoles et d&rsquo;analyses théoriques, à partir d’expériences vécues, et nous, c&rsquo;est ça qu&rsquo;on veut proposer à travers <em>Boussoles</em>.&nbsp;</p>



<p><strong>Mathieu Pastor, Paris 20e. Propos recueillis par Milig Sinou, Paris 19e.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/1er-mai-antiraciste-contre-le-genocide-et-contre-la-guerre-montrer-a-notre-classe-quon-va-continuer-a-se-battre-pour-gagner/">1er Mai antiraciste, contre le génocide et contre la guerre : montrer à notre classe qu&rsquo;on va continuer à se battre pour gagner</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Cessez-le-feu en Iran : communiqué des socialistes-révolutionnaires d&#8217;Égypte</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/cessez-le-feu-en-iran-communique-des-socialistes-revolutionnaires-degypte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Apr 2026 12:23:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Traduction automatique, l&#8217;original à retrouver ici. L&#8217;empire américain sur lequel le soleil ne se couche jamais a reçu un coup dur. Les rêves de Trump d&#8217;une victoire rapide sur l&#8217;Iran se sont transformés en mirage. <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/cessez-le-feu-en-iran-communique-des-socialistes-revolutionnaires-degypte/" title="Cessez-le-feu en Iran : communiqué des socialistes-révolutionnaires d&#8217;Égypte">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Traduction automatique, <a href="https://revsoc.me/statements/51766/">l&rsquo;original à retrouver ici.</a></em></p>



<p>L&#8217;empire américain sur lequel le soleil ne se couche jamais a reçu un coup dur. Les rêves de Trump d&rsquo;une victoire rapide sur l&rsquo;Iran se sont transformés en mirage. Et surtout, le récit des médias officiels, adopté par certaines élites, selon lequel les peuples sont morts et qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de réponse à la volonté de l&rsquo;impérialisme, du sionisme et des systèmes locaux despotiques complices avec eux, a prouvé pour la millième fois sa faiblesse et son opportunisme.<br>Hier, les signes de la victoire sont devenus évidents, non seulement par la poursuite du pilonnage des sionistes et des royaumes du Golfe par des missiles, mais aussi par la scène de dizaines de milliers d&rsquo;Iraniens sortant la nuit lors de manifestations massives, assiégeant les ponts et les stations que le fou de guerre Trump voulait bombarder.<br>Alors seulement la victoire était certaine… car la volonté des peuples est invincible.<br>La victoire s&rsquo;est confirmée quand une jeune femme opposée au régime iranien despotique s&rsquo;est levée pour dire : « J&rsquo;ai été jugée il y a quelque temps pour ne pas avoir porté le voile, et pourtant je sors aujourd&rsquo;hui dans la rue pour défendre mon peuple et ma terre contre le colonialisme et l&rsquo;impérialisme. Quand l&rsquo;agression prendra fin, je retournerai dans les rangs de l&rsquo;opposition avec encore plus de force, car je suis de plus en plus convaincue que le peuple peut faire l&rsquo;impossible s&rsquo;il le veut. »<br>La victoire s&rsquo;est confirmée quand la résistance libanaise a retrouvé sa capacité opérationnelle et a fait goûter aux sionistes la défaite, redevenant ainsi un chiffre difficile dans l&rsquo;équation du conflit avec les sionistes.<br>La victoire s&rsquo;est confirmée quand, il y a quelques jours, 8 millions d&rsquo;Américains sont descendus dans les rues contre les politiques de Trump hostiles, sur toute la ligne, aux travailleurs, aux minorités et aux peuples partout.<br>La défaite de l&rsquo;impérialisme, si elle est complète, aura des lendemains qui chantent. Mais il est certain que la refonte de notre région sous le drapeau sioniste a reçu un coup fatal, et que la résistance, malgré les défaites, bat toujours parmi nous, attendant celui qui captera son pouls, la stimulera et l&rsquo;organisera à nouveau, contre l&rsquo;impérialisme, le sionisme et le despotisme régnant.</p>



<p>Gloire à la résistance.<br>À bas l&rsquo;impérialisme et le sionisme.</p>
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		<title>Flottille pour gaza : des bateaux à la grève générale ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/flottille-pour-gaza-des-bateaux-a-la-greve-generale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Apr 2026 09:19:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Alors que le Liban est pilonné, que la crise à Gaza s&#8217;empire, des millions de personnes se soulèvent et s&#8217;organisent partout dans le monde, contre les guerres de nos dirigeants impérialistes. En France, le mouvement <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/flottille-pour-gaza-des-bateaux-a-la-greve-generale/" title="Flottille pour gaza : des bateaux à la grève générale ?">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Alors que le Liban est pilonné, que la crise à Gaza s&#8217;empire, des millions de personnes se soulèvent et s&rsquo;organisent partout dans le monde, contre les guerres de nos dirigeants impérialistes. En France, le mouvement de solidarité à la Palestine subit une tentative de criminalisation et la riposte à la guerre en Iran et au Liban peine à exister. D&rsquo;un autre côté, une pétition contre la loi Yadan a réuni plus de 600 000 signatures et le départ de la flottille internationale pour Gaza capte l&rsquo;attention de centaines de milliers de personnes. Comment convertir ces soutiens passifs en une mobilisation active pour la Palestine et contre la guerre ? Nous nous sommes entretenu·es avec 2 camarades d&rsquo;A2C, Anouk, militante à la CGT éducation à Marseille et qui a appareillé avec la flottille samedi dernier, et Sana, militante à Urgence Palestine dans le 18e arrondissement parisien et à la CGT librairie. </em></p>



<p><strong>1 &#8211; Pouvez-vous revenir sur la situation actuelle à Gaza et au Moyen-Orient ?&nbsp;</strong></p>



<p><em><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/a2c/cessez-le-feu-en-iran-coup-dur-pour-limperialisme-americain-et-le-projet-sioniste/">(A lire : le communiqué d&rsquo;A2C sur la situation au Moyen-Orient après le cessez-le-feu entre US et Iran)</a></em></p>



<p><strong>Anouk </strong>: La situation au Moyen-Orient, à Gaza, est assez changeante, surtout ces derniers temps et ces derniers jours, avec d&rsquo;abord les annonces de cessez-le-feu entre l&rsquo;Iran et les États-Unis, la continuation des bombardements de l&rsquo;État sioniste au Liban et les dernières annonces de Trump aussi, hier ou avant-hier, qui disaient : « Je vais en finir avec la civilisation tout entière iranienne ».</p>



<p>Tous ces éléments, ça me semble être les signaux d&rsquo;une puissance américaine qui a du mal à savoir comment mener la guerre en Iran. D&rsquo;abord parce qu&rsquo;elle fait face à un État qui résiste militairement et qui se maintient malgré les attaques qui ont été menées et les tentatives de décapitation du régime, mais aussi parce que la guerre qu’elle mène avec Israël en Iran et au Liban commence à être contestée à l&rsquo;échelle mondiale. On voit qu&rsquo;il y a de plus en plus une opposition à cette guerre au niveau mondial, aussi parce que ça a des conséquences sur la hausse des prix et sur le prix du pétrole. On a notamment vu le 28 mars aux États-Unis, avec plus de 8 millions de personnes dans la rue qui se sont opposées à la politique de Trump, à la fois la politique intérieure, contre l’ICE, et la politique extérieure, contre ces guerres impérialistes qu’il mène au Moyen-Orient.</p>



<p>Donc, on voit que ce cessez-le-feu est celui d’une guerre qui met en difficulté les États-Unis ces derniers temps et qui montre qu&rsquo;il y a une possibilité de riposte et d&rsquo;organisation par en bas.</p>



<p><strong>Sana </strong>: Je pense que sur la situation en Palestine et au Liban, la colonisation en Cisjordanie s&rsquo;est accélérée de ouf, le nombre de prisonniers ne cesse d&rsquo;augmenter. Avec l’instauration de la peine de mort en Palestine la semaine dernière, toutes les exécutions qui avaient déjà lieu de manière extrajudiciaire vont avoir lieu de légalement ce qui va démultiplier le nombre de résistant&rsquo;es qui vont mourir de la main de l&rsquo;État sioniste.</p>



<p>Mais aussi, on voit qu&rsquo;ils continuent de bombarder Gaza, que la situation y est toujours plus dramatique. Les raids se multiplient dans les bastions de la résistance en Cisjordanie, il y a eu des attaques sur les territoires syriens. En réalité, Israël va de plus en plus vers le projet de Grand Israël.<br>Donc voilà, on ne peut pas penser la politique de l&rsquo;État sioniste sans penser la politique impérialiste américaine, mais on voit qu’il a quand même une certaine « forme d&rsquo;autonomie », a ses propres plans aussi dans la région, et notamment celui d&rsquo;étendre ses frontières encore et toujours plus.</p>



<p><strong>2 &#8211; En France, malgré les mobilisations des années passées pour la Palestine nous n&rsquo;avons pas réussi à faire exister une riposte à la guerre en Iran et au Liban. Comment expliquez-vous cela ?</strong></p>



<p><strong>Sana </strong>: Déjà, on peut se dire qu&rsquo;il y a eu des mobilisations plus ou moins importantes en solidarité avec la résistance palestinienne, mais malgré tout, très en deçà de ce qui aurait été nécessaire. Les manifestations n&rsquo;ont jamais dépassé les dizaines de milliers de personnes. On n&rsquo;a pas atteint des mobilisations comme ont pu les vivre le Royaume-Uni ou encore le Pakistan, l&rsquo;Indonésie, etc. On est donc quand même très loin du niveau de mobilisation nécessaire face à un génocide. Mais face à la guerre contre l&rsquo;Iran, c&rsquo;est encore plus difficile de mobiliser.</p>



<p>Je pense qu&rsquo;il faut analyser cette difficulté dans le cadre de la situation politique française où la question de l&rsquo;islamophobie est centrale. Je pense qu&rsquo;on ne peut pas comprendre la faiblesse du mouvement contre la guerre en Iran, contre le génocide, contre la colonisation en Palestine si on n&rsquo;analyse pas cette islamophobie qui est ultra-présente dans la société française et notamment dans les organisations de gauche, qui ne permettent pas une compréhension de la situation et de s&rsquo;affronter aux guerres impérialistes. Il y a une posture très coloniale d&rsquo;aller libérer : nous, les Blancs, on va libérer le Moyen-Orient des méchants islamistes.<br>Cette islamophobie rend difficiles les mobilisations du fait qu&rsquo;on est obligé d’argumenter pour relégitimer la résistance face à l&rsquo;impérialisme et aux colonialistes. En fait, peu importe les organisations qui mènent cette résistance, que ce soit le Hamas ou le Hezbollah. Bien sûr qu&rsquo;il y a un contenu religieux à leur politique, mais ces organisations font face à l&rsquo;impérialisme et au colonialisme de manière très concrète et organisent massivement la résistance sur place. On ne peut pas se passer de les soutenir, elles qui, dans la réalité, permettent d&rsquo;organiser et le peuple libanais et le peuple palestinien. Et il faut quand même se rappeler qu&rsquo;en 2006, c&rsquo;est grâce au Hezbollah que le Sud-Liban n&rsquo;a pas été colonisé et que c&rsquo;est aussi grâce au Hamas que Gaza a tenu pendant toutes ces années face au colonialisme israélien.</p>



<p>En fait, c&rsquo;est une réelle difficulté dans la situation de dépasser la question religieuse, qui est en fait une question raciste et qui juge selon vision très occidentale ce qui est une organisation progressiste ou non.&nbsp;</p>



<p>Sur la question de l&rsquo;Iran, il y a une forme d&rsquo;hypocrisie totale. C&rsquo;est un gouvernement qui opprime son peuple sur un milliard d&rsquo;aspects. Mais en fait, on n&rsquo;est pas allés bombarder les États-Unis et pourtant Trump a envoyé l’ICE et a enfermé massivement toute une partie de la population. On pourrait dire la même chose du gouvernement français.<br>On est à des degrés d&rsquo;oppression qui sont peut-être différents, mais en réalité les bombes n&rsquo;ont jamais libéré personne et on est solidaires de l&rsquo;Iran qui fait face à une intervention impérialiste.</p>



<p><strong>Anouk : </strong>À la suite de la grève générale, je suis partie en Italie pour essayer de comprendre un peu comment ça s&rsquo;était mis en place. Des camarades étudiant&rsquo;es m’y ont raconté que dès le 7-octobre, iels avaient bloqué l&rsquo;université en caractérisant l’attaque du 7-octobre comme un acte de résistance. Imaginer ça en France, c&rsquo;est complètement impossible.&nbsp;</p>



<p>Sur la difficulté à convertir les forces de lutte pour la Palestine en forces de lutte contre la guerre au Moyen-Orient, je pense qu&rsquo;il y a aussi des problèmes dans le mouvement de solidarité à la Palestine, qui cloisonne la lutte du peuple palestinien simplement à la libération de la Palestine, sans prendre en compte aujourd&rsquo;hui le fait que, par exemple, pour permettre cette libération, il faut le retrait des troupes américaines et lutter contre Israël dans toute la région. Car, tu l’as rappelé Sana, le projet génocidaire d&rsquo;Israël en Palestine, est lié au projet d’extension d’Israël sur toute la région, et donc à la guerre en Iran et au Liban. Du coup, pour imaginer la libération de la Palestine, il faut s&rsquo;opposer à cette guerre impérialiste en Iran, au Liban.<br>Et depuis les cadres Palestine, même si ça commence à être fait, c&rsquo;est toujours difficile d&rsquo;amener cette question et d&rsquo;impulser un vrai mouvement anti-impérialiste global depuis les cadres Palestine.<br></p>



<p><strong>3 &#8211; Dans ce contexte, le mouvement de solidarité avec la Palestine subit une vague de criminalisation qui prend en France la forme de la Loi Yadan. Pensez-vous que le départ de la flotille puisse impulser un élan de mobilisation ?&nbsp;</strong></p>



<p><strong>Anouk </strong>: Je pense qu’il y a un élan des forces réactionnaires, par exemple Israël, qui est en train de bombarder 100 bombes par jour au Liban, qui a voté la loi qui autorisait la peine de mort pour les Palestiniens et Palestiniennes. On voit qu&rsquo;ils sont prêts à aller jusqu&rsquo;au bout.<br>En France aussi, cette loi qui est proposée, elle anticipe un retour de la mobilisation, et s&rsquo;inscrit dans tout un contexte ultra-répressif en France sur la solidarité au peuple palestinien. La flottille arrive dans ce contexte-là, particulièrement dur mais où, de fait, il y a un peu un regain d&rsquo;intérêt sur les initiatives de solidarité à la Palestine.</p>



<p>On l&rsquo;a vu en partant de Marseille : il y avait énormément de monde qui était là pour nous soutenir. J&rsquo;ai reçu énormément de messages de soutien. J&rsquo;ai réussi à mobiliser un peu dans mon collège.Je pense qu’en plus ça peut permettre de rappeler qu&rsquo;on peut toujours se mobiliser pour la Palestine.&nbsp;</p>



<p>Mais ça a ses limites. On ne peut pas simplement se cantonner à une action démonstrative et assez symbolique de bateau qui brise le blocus. Il faut que ça puisse initier un mouvement massif de la population à terre. Et ça, ça va se décider dans les prochains temps, les prochains jours, les prochaines semaines.<br>Ca va dépendre de l&rsquo;intervention de militants et militantes à terre, qui doivent convertir un soutien à la flottille en quelque chose où tout le monde se bat là où il est, dans son collectif, sur son lieu de travail.<br><br><strong>Sana </strong>: On voit aussi une mobilisation très forte sur les réseaux. La pétition contre la loi Yadan a fait des bonds énormes en une seule journée. Et il y a maintenant, plus de 600 000 personnes qui l’ont signée, ce qui démontre quand même que, massivement dans la population, il y une position nette sur cette question-là. Le texte de cette pétition est très clair. Il est pour l&rsquo;égalité de la mer au Jourdain. Il est en soutien à la résistance du peuple palestinien, etc. Mais pour l&rsquo;instant, tout ça ne se traduit pas par des mobilisations. Et c&rsquo;est un peu toute la difficulté.</p>



<p>On va voir un peu si la flottille permet ça, si elle permet de remettre un peu des gens dans la rue aussi, avec un soutien concret à la Palestine. Dimanche, à Paris, il y a un rassemblement appelé par Urgence Palestine contre la loi Yadan. Il y a un enjeu à ce qu’il permette de sortir du soutien sur les réseaux pour repasser à une organisation massive des gens.</p>



<p>Il y a un enjeu car ce qui permet de mettre des stops, c&rsquo;est la mobilisation concrète dans la rue. Urgence Palestine, l’an dernier, était en voie d&rsquo;être dissoute. Et c&rsquo;est le contexte des énormes mobilisations en soutien à la première flottille, qui a empêché politiquement de dissoudre la plus grosse organisation de soutien au peuple palestinien. Le gouvernement n’aurait pas pu l’assumer. Donc voilà, il faut remettre la mobilisation de rue au centre.&nbsp;</p>



<p>Je pense qu’on doit aussi réussir à convaincre, dans les syndicats, qu&rsquo;une de nos armes principales face à la guerre et face au génocide, c&rsquo;est la grève. C&rsquo;est une arme politique qu&rsquo;il faut réussir à organiser. Moi, dans la CGT librairie, j&rsquo;ai proposé que la question de la solidarité avec la flottille soit posée à la prochaine réunion syndicale. Alors, on va voir ce que ça va donner. Rien n&rsquo;est gagné d&rsquo;avance. Mais il faut, en permanence et sans relâche, mener ces arguments-là et essayer de convaincre déjà nos sections syndicales, puis nos fédés&#8230; Il faut donc, à la fois, participer massivement aux événements et aux mobilisations construites par Urgence Palestine et par les collectifs locaux, mais aussi dans nos syndicats, de mener cette bataille-là.</p>



<p><strong>Anouk </strong>: Pour te compléter sur l&rsquo;aspect lieu de travail et syndicalistes, ce n&rsquo;est pas sans raison aussi que je suis montée à bord de la flottille en tant que CGT Éducation. Dans certains pays, comme en Grande-Bretagne, dans les mobilisations de solidarité à la Palestine, il y a une présence massive des syndicats. Nous, ce n&rsquo;est pas du tout le cas en France.</p>



<p>Je pense qu&rsquo;il y a aussi un saut à passer dans le mouvement de solidarité à la Palestine et du mouvement contre l&rsquo;impérialisme : poser ces questions-là sur nos lieux de travail. Il y a tout un travail qui doit être fait. On doit donc reconstruire une visée internationaliste dans nos syndicats. Et ça, ça passe par des trucs concrets, comme tu l&rsquo;as dit, Sana, de se positionner dans son syndicat en solidarité avec la flottille, contre le génocide, de participer aux manifestations, aux rassemblements qui sont organisés…</p>



<p>Moi, dans mon syndicat, à Marseille, ce qui est assez intéressant, c&rsquo;est qu&rsquo;il y a une large mobilisation contre les budgets de guerre, contre les coupures budgétaires dans l&rsquo;éducation. On a essayé de faire un travail pour politiser un maximum cette mobilisation.</p>



<p>Ce qui nous a permis aussi, ce qui m&rsquo;a permis d&rsquo;être en lien avec les lycéen&rsquo;nes, qui ont depuis sorti un texte sur le fait que si la flottille allait être touchée, ils allaient bloquer les lycées, en reprenant un peu le slogan des dockers de Gênes. Pour l&rsquo;instant, c&rsquo;est très déclaratif, mais ça montre quand même une position claire des lycéens et des lycéennes contre le génocide, après un <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/a-marseille-lyceen%c2%b7nes-profs-aed-toustes-contre-la-guerre/">mouvement plusieurs semaines à lutter contre la guerre et contre la militarisation de la jeunesse.</a></p>



<p>Et nous, ce qu&rsquo;on va essayer de faire aussi, c&rsquo;est d&rsquo;arriver à construire un 1er mai à Marseille qui soit assez combatif, avec des mots d&rsquo;ordre, si on le peut, contre la guerre, avec un gros cortège éducation. Et ça, c&rsquo;est le début aussi de ce que tu dis, Sana, de comment, en fait, on crée un rapport de force dans nos syndicats pour qu&rsquo;ils se battent et pour qu&rsquo;on se batte contre la guerre sur notre travail, pour arriver un jour à construire cette grève générale comme il y a eu en Italie l&rsquo;année dernière.</p>



<p><strong>Pour rencontrer des camarades des États-Unis qui ont participé à construire les mobilisations du 28 mars, pour rencontrer des camarades d&rsquo;Italie qui ont construit la grève générale pour la Palestine, des camarades d&rsquo;Égypte qui luttent pour la libération de la Palestine, <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/boussoles-2/">rendez-vous les 16&amp;17 mai à Paris, à <em>Boussoles, </em>notre festival de débats révolutionnaires ! </a></strong></p>



<p>Propos recueillis par Milig (Paris 19), Hmed (Toulouse) et Alice (Paris 18e)</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/flottille-pour-gaza-des-bateaux-a-la-greve-generale/">Flottille pour gaza : des bateaux à la grève générale ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Cessez-le-feu en Iran : Coup dur pour l&#8217;impérialisme américain et le projet sioniste !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/a2c/cessez-le-feu-en-iran-coup-dur-pour-limperialisme-americain-et-le-projet-sioniste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Apr 2026 15:24:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A2C]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[anti-impérialisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Il y a maintenant plus de 40 jours les États-Unis ont attaqué, à l&#8217;initiative de la puissance régionale sioniste, l&#8217;Iran.&#160;Cette attaque, ainsi que celles au Liban, a été initiée par Israël dans une volonté politique <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/a2c/cessez-le-feu-en-iran-coup-dur-pour-limperialisme-americain-et-le-projet-sioniste/" title="Cessez-le-feu en Iran : Coup dur pour l&#8217;impérialisme américain et le projet sioniste !">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Il y a maintenant plus de 40 jours les États-Unis ont attaqué, à l&rsquo;initiative de la puissance régionale sioniste, l&rsquo;Iran.&nbsp;</em><br>Cette attaque, ainsi que celles au Liban, a été initiée par Israël dans une volonté politique de renforcer sa position dominante dans la région. Après deux ans de génocide en toute impunité, Israël a saisi un boulevard pour attaquer l&rsquo;Iran, obstacle politique et économique principal à leur hégémonie régionale. L’objectif affiché semblait être l’affaiblissement, voire la chute, du régime iranien.<br>Les États Unis, comme l&rsquo;ont démontré les annonces de Marco Rubio, secrétaire d&rsquo;Etat américain ont été précipité dans la guerre par Israël qui a affirmé vouloir attaquer avec ou sans le soutien des USA. Toutefois, cette guerre reste principalement déterminée par le déclin des USA au Moyen-Orient qui exacerbe les rivalités Iran/Israël pour le contrôle de la région. Et Trump a ses propres raisons de mener la guerre contre l&rsquo;Iran, notamment dans son affrontement avec leur rival premier, la Chine.<br>Cette guerre, déjà périlleuse pour un gouvernement américain qui avait annoncé ne plus vouloir reproduire les erreurs du passé dans la région (guerre en Irak, enlisement guerres sans objectifs politiques) s&rsquo;est confronté à une résistance forte du régime iranien.<br>Malgré une tentative de décapitation de ce dernier, le régime s&rsquo;est maintenu et a résisté militairement. Mais il a aussi su se saisir du détroit d&rsquo;Ormuz dans le rapport de force face aux Etats Unis, qui a participé, en déstabilisant l&rsquo;economie capitaliste mondiale à rendre cette guerre impopulaire et à affaiblir de nouveau l&rsquo;hégémonie américaine.<br>Ce cessez-le-feu arrive seulement 10 jours après la mobilisation massive « No kings » aux Etats Unis, plus grande manifestation de l&rsquo;histoire du pays rassemblant plus de 8 millions de personnes. Cette mobilisation a sans aucun doute joué dans l&rsquo;ouverture de négociations avec l&rsquo;Iran face à une impopularité croissante du président Trump et de sa politique internationale dans son propre pays.</p>



<p>Dans ce contexte, les dynamiques de mobilisation par en bas constituent un élément décisif qui peut influer la tournure des événements. Le premier mai, pas toujours « grévé » outre-atlantique se prépare cette année autour de mots d&rsquo;ordres tels que « No ICE, no war, no billionaires » (Non à l&rsquo;ICE, à la guerre, aux milliardaires).<br>En Iran, malgré la répression, des secteurs de la population ont également exprimé leur rejet de l’agression extérieure tout en maintenant leur opposition au régime. Un communiqué de nos camarades egyptiens témoignent : </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>La victoire s&rsquo;est confirmée quand une jeune femme opposée au régime iranien despotique s&rsquo;est levée pour dire : « J&rsquo;ai été jugée il y a quelque temps pour ne pas avoir porté le voile, et pourtant je sors aujourd&rsquo;hui dans la rue pour défendre mon peuple et ma terre contre le colonialisme et l&rsquo;impérialisme. Quand l&rsquo;agression prendra fin, je retournerai dans les rangs de l&rsquo;opposition avec encore plus de force, car je suis de plus en plus convaincue que le peuple peut faire l&rsquo;impossible s&rsquo;il le veut. » Ces éléments confirment qu’une voie indépendante existe, portée par les peuples eux-mêmes.</p>
</blockquote>



<p><strong>Une première défaite politique mais une guerre qui persiste</strong><br>Le cessez-le-feu annoncé mardi soir par Trump semble témoigner d&rsquo;une incapacité américaine à trouver une issue à cette guerre, se saisissant alors de la proposition iranienne permettant d&rsquo;ouvrir une séquence de negociation. La proposition iranienne en 10 points contient entre autres la fin des sanctions, des réparations pour les dommages causés au régime, le retrait des troupes américaines du Moyen Orient&#8230;<br>Si cette étape est une premiere victoire, nous devons la renforcer en offrant une issue par en bas à la guerre impérialiste au Moyen Orient. Car la guerre se poursuit et les ravages de l&rsquo;entité sioniste persistent, à Gaza où la crise humanitaire s&rsquo;aggrave sous les bombes, et au Liban ou les bombardements prennent une ampleur inédite depuis l&rsquo;annonce du cessez-le-feu US-Iran. L&rsquo;irruption d&rsquo;un mouvement de masse contre la guerre et l&rsquo;impérialisme, exigeant en premier lieu la défaite des Etats-Unis et d&rsquo;Israël dans la région, nous savons à la lumière de l&rsquo;histoire que le déclin des grandes puissances peuvent entraîner le monde entier vers la guerre généralisée. <br>En France nous devons renforcer un mouvement anti-impérialiste et anti-guerre d&rsquo;ampleur, capable d&rsquo;interrompre les ventes d&rsquo;armes du gouvernement français à l&rsquo;état génocidaire qui continue de bombarder le Liban et la Palestine en dépit du cessez-le-feu.&nbsp;<br>L&rsquo;engouement autour du depart de la flotille pour Gaza et la diffusion a échelle de masse de la pétition contre la loi Yadan démontrent que nous sommes des centaines de milliers a ne plus supporter les genocides et les guerres. Nous devons convertir l&rsquo;énergie mise à soutenir des bateaux ou à signer une pétition en capacité à se battre, à se rassembler, à se mettre en grève et pas seulement en solidarité pour la Palestine, mais aussi plus largement contre la guerre et l&rsquo;impérialisme,&nbsp; en exigeant concrètement l&rsquo;arrêt des attaques étasuniennes et israéliennes au Moyen Orient.</p>



<p><strong>A2C</strong></p>
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		<title>Syrie : l’avenir du Rojava en jeu</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/syrie-lavenir-du-rojava-en-jeu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathilde]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 10:24:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Kurdistan]]></category>
		<category><![CDATA[PKK]]></category>
		<category><![CDATA[Rojava]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026 Au terme d’un accord signé le 29 janvier dernier et de plusieurs semaines d’offensives meurtrières menées par les troupes du nouveau régime syrien sur le nord et le <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/syrie-lavenir-du-rojava-en-jeu/" title="Syrie : l’avenir du Rojava en jeu">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p><em>Au terme d’un accord signé le 29 janvier dernier et de plusieurs semaines d’offensives meurtrières menées par les troupes du nouveau régime syrien sur le nord et le nord-est du pays, le Rojava tel qu’il s’est construit en tant qu’entité politique et territoriale autonome &#8211; devenue centrale pour la lutte du peuple kurde dans son ensemble &#8211; est sur le point de disparaître. Si dans cette séquence, nous devons réaffirmer une solidarité inconditionnelle avec la résistance kurde,le résultat des alliances nouées par le mouvement avec les puissances impérialistes pendant la guerre civile syrienne pose des questions stratégiques qu’il semble aujourd’hui nécessaire d’analyser.</em></p>



<p>Au début du XXe siècle, le partage de l’Empire ottoman par les puissances occidentales balaie les aspirations des populations kurdes à la constitution d’un État propre et les divisent entre plusieurs pays : la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran.</p>



<p>En Syrie, les Kurdes sont intégré·es au tissu social et politique jusqu’au début des années 60 quand le gouvernement baasiste, à son arrivée au pouvoir, lance une campagne « d’arabisation » qui les prive de leurs droits, pour certain&rsquo;es de leurs terres et proscrit l’usage de leur langue. Face à ces oppressions, c’est dans les années 80 et 90 que se renforcent localement les revendications nationalistes kurdes, principalement sous l’influence du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Le PKK s’est formé en 1978 autour du projet de création d’un État indépendant réunissant tous les territoires du Kurdistan avant de concentrer particulièrement son intervention au sein de l’État turc. En Syrie, il collabore longtemps avec le président Hafez al-Assad, alors en conflit avec la Turquie. Assad laisse volontiers le PKK opérer à la frontière entre les deux pays jusqu’en 1998 et l’extradition imposée par le pouvoir turc de son leader Abdullah Öcalan. Le relai sera pris en 2003 par le Parti démocratique kurde (PYD), lié au PKK et populaire auprès des communautés du nord et du nord-est de la Syrie.</p>



<p>Lorsqu’en mars 2011 la révolution syrienne éclate, dans les rues de Hassaké et Qamishli, des milliers de Kurdes sortent manifester. L’évolution rapide de la situation à l’échelle du pays conduit en 2012 au retrait de l’armée de cette région pour se consacrer au contrôle de l’Ouest (la côte et l’axe Alep-Damas) où se concentre l’essentiel de la population et de l’économie. Ce retrait permet aux YPG, la branche armée du PYD, de prendre le contrôle de la région. Ne projetant pas la possibilité de trouver leur place aux côtés d’une opposition fragmentée, les Kurdes construisent ainsi une troisième voie.</p>



<p>L’écrasement de la révolution par Assad permet à Daech d’étendre ses positions en Syrie. Les unités kurdes apparaissent comme des alliées idéales pour les impérialistes occidentaux qui cherchent à combattre Daech et à maintenir une présence stratégique dans le pays sans avoir à engager leurs propres soldats sur le terrain. En septembre 2014, une coalition menée par les USA soutient ainsi les YPG dans la bataille de Kobané. Les combattant·es kurdes et leurs allié·es arabes reprennent la ville en juin 2015. Les USA les arment et les forment, favorisant la structuration de ce qui devient les Forces démocratiques syriennes (FDS).</p>



<p>Ainsi renforcé, en 2016, le PYD déclare la création du Rojava, reliant les localités de Kobané, Afrin et Al-Jazira. Se méfiant des relations entre les USA et la Turquie qui n’a pas intérêt à son émergence, le Rojava ouvre immédiatement un bureau à Moscou pour s’assurer un soutien russe.</p>



<p>Au fil de leurs victoires contre l’État Islamique, les FDS se retrouvent en contrôle de 30% du territoire syrien dont des champs pétroliers qui aident à financer le fonctionnement de la zone autonome. Le PYD, les YPG et les YPJ (Unités de protection de la femme) concrétisent un projet politique fondé sur le communalisme, la démocratie directe, l’écologie et les droits des femmes – un modèle unique dans la région mais dont la construction et les processus de décision par en haut tranchent avec ses discours socialistes voire anarchistes.</p>



<p>Mais dès le début de la révolution syrienne, le PYD cherche à centraliser le mouvement autour de sa direction par des manœuvres coercitives, afin d’affaiblir toute activité politique indépendante de ses structures. On lui attribue notamment l’arrestation, la disparition ou l’assassinat de leaders assyrien·nes, kurdes ou arabes, de militant·es des partis d’opposition et de manifestant·es, dans de nombreuses villes et pendant toute la durée de son contrôle du Rojava<sup data-fn="9a006d18-4e5d-4d77-bebe-d2897e756c94" class="fn"><a href="#9a006d18-4e5d-4d77-bebe-d2897e756c94" id="9a006d18-4e5d-4d77-bebe-d2897e756c94-link">1</a></sup>.</p>



<p>D’un point de vue idéologique, le projet de confédéralisme démocratique développé par Öcalan est fortement influencé par Murray Bookchin, qui avance une notion de « double pouvoir ». Mais le fonctionnement de l’Administration autonome diffère du « double pouvoir » de Bookchin. Il n’a pas émergé d’un mouvement par en-bas mais du succès militaire de groupes armés coordonnés autour d’un parti préexistant ; il n’est pas issu d’un conflit avec l’État mais d’un vide du pouvoir provoqué par la guerre civile. Par ailleurs, les deux parties qui administrent le Rojava  – le Conseil démocratique syrien et le TEV-DEM  – sont construites depuis le même mouvement, voire par les mêmes individus<sup data-fn="61286e1f-9351-41e1-a37d-ce02a650c8e0" class="fn"><a href="#61286e1f-9351-41e1-a37d-ce02a650c8e0" id="61286e1f-9351-41e1-a37d-ce02a650c8e0-link">2</a></sup>. Les conditions d’émergence d’une véritable alternative politique révolutionnaire à l’État et de plein exercice de la démocratie directe ne sont donc pas réunies.</p>



<p><strong>L’alliance du mouvement kurde avec les armées impérialistes</strong></p>



<p>Pour sécuriser les intérêts du mouvement, les directions kurdes ont misé sur l’alliance militaire avec les États impérialistes occidentaux et les négociations politiques avec des puissances régionales concurrentes. Mais le renversement de Bachar al-Assad fin 2024 et la prise du pouvoir d’Ahmed al-Charaa ont mis les Kurdes face aux contradictions de ces stratégies.&nbsp;</p>



<p>En mars 2025, les FDS négocient un premier accord avec le nouveau régime sous l’égide des USA. Le texte engage le gouvernement à préserver une certaine autonomie des organisations kurdes ainsi qu’à instaurer une égalité de représentation des groupes ethniques et religieux dans le processus politique de refonte du pays.</p>



<p>Mais en mars et à l’été 2025 notamment, des massacres commis dans les communautés alaouites et druzes sont attribués aux forces de sécurité et à des groupes alliés d’HTS (Hay’at Tahrir al-Sham, Organisation de libération du Levant, dirigée par al-Charaa) qui savent que l’exacerbation des tensions sectaires peuvent leur permettre de recruter.</p>



<p>Al-Charaa tente publiquement de se dissocier de ces violences. Il sait que le contrôle qu’il a sur ses bases armées reste limité et que son maintien au pouvoir dépend de ses relations avec les classes dirigeantes impérialistes régionales ou occidentales.&nbsp;</p>



<p>Al-Charaa essaie de se rapprocher des USA, notamment par l’intermédiaire des pays du Golfe. Il rencontre Trump pour la première fois à Riyadh en Arabie Saoudite en mai 2025, au lendemain de la levée des sanctions états-uniennes, avant d’être invité à la Maison Blanche en novembre. Il montre en parallèle qu’il n’a pas l’intention de gêner Israël dans sa progression au sud de la Syrie, où l’armée sioniste a construit de nouvelles bases militaires dans et au-delà de la région du Golan.&nbsp;</p>



<p>En janvier 2026 à Paris, une rencontre entre Israël et le régime syrien aboutit à une décision de collaboration sécuritaire. Ce n’est pas un hasard si quelques jours plus tard, l’armée syrienne lance une offensive d’ampleur contre les quartiers kurdes d’Alep. Elle peut compter sur l’appui de la Turquie et l’acquiescement des USA. Le régime syrien regagne de nombreux territoires.</p>



<p>Pendant ces attaques, ni les USA, ni la France, avec lesquels les Kurdes avaient combattu Daech au prix de 13 000 vies ne les soutiennent. Achevant d’afficher leur instrumentalisation, l’envoyé états-unien Tom Barrack acte la fin du « partenariat », estimant que le rôle des FDS avait « largement expiré » et que le gouvernement syrien est prêt à « assumer les responsabilités en matière de sécurité »<sup data-fn="62da6b37-79da-4e35-90b4-6b8807ff8d42" class="fn"><a href="#62da6b37-79da-4e35-90b4-6b8807ff8d42" id="62da6b37-79da-4e35-90b4-6b8807ff8d42-link">3</a></sup>. Maintenant que Daech est réduit à de petites cellules dispersées, que le pouvoir central a démontré sa puissance de frappe et son alignement sur les intérêts des États impérialistes, ces derniers ne voient plus d’utilité à soutenir les Kurdes.</p>



<p>Un accord de cessez-le-feu est signé le 29 janvier. Il prévoit le retour des populations déplacées, la reconnaissance de la langue et des droits culturels kurdes, l’inclusion des FDS dans l’armée et la fusion des organes kurdes avec les institutions de l’État ; institutions cependant composées d’anciens djihadistes et rebelles hostiles aux Kurdes et où les femmes risquent de voir leur rôle politique diminuer.</p>



<p>Le démantèlement en cours du Rojava porte un coup dur au mouvement de libération du peuple kurde. Il témoigne que les négociations et alliances avec les puissances locales ou internationales, si elles peuvent protéger un temps de la répression, menacent « toujours d’entraîner l’appropriation du mouvement kurde à des fins impérialistes et comportent de plus en plus le risque que les partis kurdes deviennent eux-mêmes complices de l’oppression des populations vulnérables »<sup data-fn="d928fadf-823d-4ce5-8b4d-564c25e652e4" class="fn"><a href="#d928fadf-823d-4ce5-8b4d-564c25e652e4" id="d928fadf-823d-4ce5-8b4d-564c25e652e4-link">4</a></sup>.</p>



<p>C’est pourquoi la préservation des acquis de l’expérience politique menée au Rojava et la lutte légitime pour l’autodétermination du peuple kurde ne pourront se poursuivre en Syrie qu’en prenant part activement au mouvement social qui s’y développe.</p>



<p><strong>Perspectives de luttes communes ?</strong></p>



<p>À son arrivée au pouvoir, Ahmed al-Charaa affirme : « La révolution s’est terminée avec la chute du régime et nous ne permettrons pas qu’elle se propage ailleurs »<sup data-fn="c0599de5-347a-42f0-85bb-c0fcced9919e" class="fn"><a href="#c0599de5-347a-42f0-85bb-c0fcced9919e" id="c0599de5-347a-42f0-85bb-c0fcced9919e-link">5</a></sup>. En réalité, la chute de Bashar al-Assad – dont l’État contrôlait notamment les syndicats – a rouvert en Syrie des possibilités pour l’organisation indépendante des travailleur·ses, des pauvres et des opprimé·es. Face aux politiques agressives du gouvernement, une résistance émerge.</p>



<p>Des rassemblements simultanés dans de nombreuses villes ont eu lieu à plusieurs reprises en 2025, pour dénoncer la flambée du coût de la vie, les privatisations et les licenciements arbitraires, et ce à l’appel de coordinations de travailleur&rsquo;euses<sup data-fn="901c158a-89ce-40bb-910e-d95ed428c1a9" class="fn"><a href="#901c158a-89ce-40bb-910e-d95ed428c1a9" id="901c158a-89ce-40bb-910e-d95ed428c1a9-link">6</a></sup>.</p>



<p>En parallèle, la gauche radicale essaie de se réimplanter après avoir longtemps opéré en secret ou depuis l’exil. Elle travaille à construire des fronts unitaires larges avec des organisations de femmes, de jeunesse et de lutte pour les droits humains.&nbsp;</p>



<p>Après les massacres de minorités alaouites en mars 2025, la contestation s’organise aussi dans la rue, à Damas, à Soueïda et en novembre dans plusieurs villes de la côte, rassemblant des milliers de personnes. Des mobilisations se multiplient aussi contre l’expansion militaire israélienne et en soutien à la Palestine.</p>



<p>Pour le militant socialiste syrien Ghayath Naisse, ces initiatives – même si elles ne sont pas encore unifiées – « convoient la possibilité du changement par en bas »<sup data-fn="01f21023-f3b9-4233-bc64-6bfc1b62bc64" class="fn"><a href="#01f21023-f3b9-4233-bc64-6bfc1b62bc64" id="01f21023-f3b9-4233-bc64-6bfc1b62bc64-link">7</a></sup>.</p>



<p>Le bilan de l’expérience du Rojava et les dynamiques actuelles montrent la voie : seules les alliances par en bas avec toustes les exploité·es et toustes les opprimé·es en Syrie, en Irak, en Iran et en Turquie, pourront ouvrir pour les Kurdes la perspective d’une authentique libération.</p>



<p>Mathilde (Marseille)</p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="9a006d18-4e5d-4d77-bebe-d2897e756c94"> Rena Netjes, Erwin van Veen (2021, avril), Henchman, Rebel, Democrat, Terrorist : The YPG/PYD during the Syrian conflict, Clingendael &#8211; Netherlands Institute of International Relations.  <a href="#9a006d18-4e5d-4d77-bebe-d2897e756c94-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="61286e1f-9351-41e1-a37d-ce02a650c8e0">Anne Alexander (2022), Revolution Is The Choice Of The People : Crisis and Revolt in the Middle East &amp; North Africa.  <a href="#61286e1f-9351-41e1-a37d-ce02a650c8e0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="62da6b37-79da-4e35-90b4-6b8807ff8d42">Al Jazeera (2026, 20 janvier) « US envoy says SDF’s role in Syria has ‘largely expired’ after ISIL » sur aljazeera.com.  <a href="#62da6b37-79da-4e35-90b4-6b8807ff8d42-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="d928fadf-823d-4ce5-8b4d-564c25e652e4">Anne Alexander (2025, avril), « The making and breaking of state power in Syria », International Socialism n°186. <a href="#d928fadf-823d-4ce5-8b4d-564c25e652e4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="c0599de5-347a-42f0-85bb-c0fcced9919e">Bissane El Cheikh (2024, 20 décembre), « Al-Charaa to Asharq Al-Awsat : Revolution Ended with Regime’s Fall, Will Not Be Exported », Asharq Al-Awsat sur aawsat.com <a href="#c0599de5-347a-42f0-85bb-c0fcced9919e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="901c158a-89ce-40bb-910e-d95ed428c1a9">Le Réseau syndical international de solidarité et de luttes (2025, 21 février), « De nouveaux comités de travailleurs syriens lancent des protestations coordonnées contre les licenciements massifs d’employés du gouvernement », Republication de MENA Solidarity Network sur laboursolidarity.org <a href="#901c158a-89ce-40bb-910e-d95ed428c1a9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li><li id="01f21023-f3b9-4233-bc64-6bfc1b62bc64">Arthur Townend (2026, 14 janvier), « What triggered new fighting in Syria ? Interview with Syrian socialist », Socialist Worker sur socialistworker.co.uk. <a href="#01f21023-f3b9-4233-bc64-6bfc1b62bc64-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/syrie-lavenir-du-rojava-en-jeu/">Syrie : l’avenir du Rojava en jeu</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<item>
		<title>Élections municipales : il faut y aller&#8230; mais comment ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/elections-municipales-il-faut-y-aller-mais-comment/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Solen Rennes]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Mar 2026 14:16:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[candiatures]]></category>
		<category><![CDATA[double conscience]]></category>
		<category><![CDATA[EELV]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
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		<category><![CDATA[Polarisation]]></category>
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		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<category><![CDATA[trahison]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Qu’on le veuille ou non, les prochaines élections municipales vont être un terrain de combat. Mais comment intervenir en terrain piégé&#160;? La classe des travailleurs et travailleuses, la classe ouvrière, regroupe en France plusieurs dizaines <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/elections-municipales-il-faut-y-aller-mais-comment/" title="Élections municipales : il faut y aller&#8230; mais comment ?">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Qu’on le veuille ou non, les prochaines élections municipales vont être un terrain de combat. Mais comment intervenir en terrain piégé&nbsp;?</p>
</blockquote>



<p>La classe des travailleurs et travailleuses, la classe ouvrière, regroupe en France plusieurs dizaines de millions de salarié·es, de retraité·es et de jeunes plus ou moins scolarisé·es.</p>



<p>Pour nous, elle est potentiellement et collectivement, l’agent de la révolution. </p>



<p>Pourtant, seule une fraction très minoritaire est révolutionnaire. Une fraction bien plus importante est réactionnaire. Plusieurs millions votent même désormais pour le Rassemblement National.</p>



<p>Quant à l’énorme majorité, elle se situe entre ces deux pôles. Lors du dernier mouvement sur les retraites, près de 9 membres de notre classe sur 10 soutenaient le mouvement&nbsp;: 30 millions ? Plus ou moins passivement, ils et elles ont, en très grande majorité, suivi la stratégie réformiste de l’Intersyndicale. Pas celle du soulèvement général, de la grève et des occupations. Celle de la délégation et de la pression sur le vote des parlementaires.</p>



<p>Plus de dix millions votent régulièrement pour «&nbsp;la gauche&nbsp;». Une vingtaine de millions ne votent pas. Mais pas par conviction révolutionnaire. Parce qu’ils et elles n’en ont pas le droit ou par défiance envers les partis existants.&nbsp;</p>



<p>Voilà la réalité : même si elle ne vote pas l’énorme majorité de notre classe considère que, s’il est possible, le changement ne peut s’obtenir que par l’intermédiaire de bon·nes dirigeant·es et au travers des institutions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Capitalisme et consentement</h2>



<p>Tout système de domination ne peut fonctionner qu’au travers un mélange de contrainte (force) et de consentement (légitimation de la domination).</p>



<p>Prenons l’exemple du féodalisme. Dans l’Europe médiévale le paysan pouvait travailler une partie de son temps sur sa terre et une autre sur celle du seigneur. Ou il pouvait ne travailler que sur sa terre mais devait fournir une partie de sa production au seigneur. L’exploitation était évidente. Le seigneur pouvait exploiter le paysan parce qu’il était à la fois le dirigeant politique et économique. L’exploitation reposait ouvertement sur l’usage de la force.</p>



<p>Le capitalisme est le premier système où la domination s’impose principalement par le consentement des exploité·es <span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_10792_14('footnote_plugin_reference_10792_14_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_10792_14('footnote_plugin_reference_10792_14_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_10792_14_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_10792_14_1" class="footnote_tooltip">Ce qui ne signifie pas l’absence d’utilisation de la force. D’autant plus quand le système entre en crise, ce qui est le cas actuellement.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_10792_14_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_10792_14_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>Cela s’explique par le fait que l’exploitation y est masquée. Le rapport entre patrons et travailleur·euses apparaît comme un rapport contractuel employeur/employé·es où le salaire serait la rétribution du travail fourni et le profit la rétribution du capital.</p>



<p>Sous la forme du salaire payé par le capitaliste, la force de travail apparaît même comme une fraction du capital, celle que Marx appelle «&nbsp;capital variable&nbsp;».</p>



<p>C’est la puissance économique des capitalistes (la propriété des moyens de production nécessaires à toute production) qui assure que les travailleurs·euses leur vendent chaque jour « volontairement » leur force de travail pour assurer leur subsistance et celle de leur famille.</p>



<p>La politique, la gestion de la société, apparaît comme un terrain séparé de l’économie où ouvrier·es et capitalistes font face à l’État et aux institutions en tant que citoyen·nes égaux en droit. La démocratie bourgeoise, forme de domination de classe, apparaît comme « la démocratie » <span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_10792_14('footnote_plugin_reference_10792_14_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_10792_14('footnote_plugin_reference_10792_14_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_10792_14_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_10792_14_2" class="footnote_tooltip">Comme lors de l’expérience du Front Populaire en 1936, une partie de la gauche utilise la défense de la « démocratie » pour justifier son alliance avec des fractions de la bourgeoisie (des macronistes). Alors que ce qu’il y a à défendre ce sont les éléments de démocratie de classe qui ont été arrachés au sein de la démocratie bourgeoise.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_10792_14_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_10792_14_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Consentement et élections</h2>



<p>Le consentement a donc une base réelle dans ces formes mystifiées que prend le capitalisme : politique comme domaine indépendant de l’économie, contractualisation du rapport d’exploitation, mise en concurrence des travailleur·euses sur le marché de l’emploi, naturalisation du mode de production capitaliste, etc.</p>



<p>Il n’en reste pas moins que, même masqués, les ressorts réels du capitalisme sont l’exploitation et la dynamique de l’accumulation du Capital. Avec leurs conséquences, luttes de classes et crises du Capital.</p>



<p>Cette «&nbsp;double-nature&nbsp;» du capitalisme est à la base du réformisme comme «&nbsp;relai des idées dominantes au sein de la classe ouvrière&nbsp;».</p>



<p>Le réformisme repose sur l’idée qu’il existera toujours des patrons et des travailleur·euses, qu’il faut un État, neutre et détenteur du monopole de la violence, pour empêcher le désordre, que la majorité n’a ni les capacités, ni les moyens de gérer la société etc.</p>



<p>Mais en tant que conscience particulière des travailleur·euses, le réformisme doit aussi refléter leur position propre, la nécessité de limiter l’appétit du Capital et les inégalités, l’aspiration à une plus juste rétribution des richesses etc.</p>



<p>Le domaine des élections est donc celui où s’exprime de la manière la plus évidente ce que le révolutionnaire italien Antonio Gramsci appelait la «&nbsp;conscience contradictoire&nbsp;». Elles sont un moyen et une expression du consentement.</p>



<p>Un moyen parce qu’elles donnent une forme, là encore réelle – celle du vote &#8211;&nbsp; à l’égalité formelle entre citoyen.nes et à la politique comme domaine séparé de l’économie. Elles légitiment, par leur résultat, le fonctionnement du système comme produit des choix collectifs.</p>



<p>Une expression parce qu’elles cristallisent – au travers des programmes réformistes &#8211; l’espoir dans une société plus égalitaire mais aussi le sentiment d’impuissance qui fait que cet espoir est délégué à des «&nbsp;dirigeants&nbsp;».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Lutter avec et contre le réformisme</h2>



<p>Le réformisme n’est donc pas une simple manipulation des consciences. Il ne peut être combattu uniquement dans le domaine des idées.</p>



<p>La lutte contre le réformisme peut et doit donc favoriser les expériences de la classe ouvrière qui mettent en défaut l’idéologie dominante, les généraliser, leur donner un sens.&nbsp;</p>



<p>Car la classe ouvrière n’est pas seulement une composante du capital. Elle en est aussi l’antagoniste.</p>



<p>Le salaire n’est pas la rétribution de tout le travail effectué par les travailleur·euses. Et le profit n’est pas la rétribution des moyens de production fournis pas le capitaliste.</p>



<p>Le salaire est la valeur de ce qui est nécessaire au travailleur pour produire et reproduire sa force de travail. Une partie sa journée de travail suffit à produire cette valeur. Le reste de sa journée de travail est accaparé par le capitaliste comme profit.</p>



<p>La concurrence entre capitalistes les oblige à augmenter toujours la part de leurs profits en baissant par tous les moyens la part qui va aux salaires : en intensifiant le travail ou en le rendant plus productif. C’est ce qui crée l’antagonisme permanent et irréductible entre travailleur·euses et capitalistes. Cet antagonisme n’est pas un rapport entre individus, c’est un rapport social entre classes, collectif et qui provoque des conflits.</p>



<p>La lutte de classe qu’il génère est politique. Car le mode de production et de reproduction des biens et des services est la base de tout le fonctionnement social. Parce que la production est sociale et collective, c’est en tant que producteurs (et non en tant que salarié.es) que les travailleur·euses peuvent transformer la société et bouleverser l’ensemble des rapports sociaux. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Pas les élections&#8230; et pourtant les élections</h2>



<p>On comprend donc à quel point le terrain sur lequel peut être combattu efficacement le capitalisme est logiquement étranger aux élections. Puisque les élections sont justement la forme et l’expression du consentement ouvrier à ce système.</p>



<p>Cela explique aussi comment les luttes, sociales et politiques, sont le terrain propice.&nbsp;</p>



<p>Sauf que&#8230; si le réformisme est dominant au sein de notre classe, alors les élections sont un moment de politisation majeur où sont discutés et jugés les programmes, les revendications, les analyses, les arguments des forces qui se présentent.</p>



<p>La question n’est donc pas d’éviter les élections mais de déterminer comment y intervenir.</p>



<p>Si le terrain électoral laisse, par nature, les membres de notre classe dans la position qui fabrique leur consentement, on doit déduire que ce n’est pas en présentant des candidat·es qui se différencient seulement par la radicalité de leur programme qu’on peut intervenir.</p>



<p>Comme nous ne sommes pas neutres, nous ne pouvons mettre dans le même sac celles et ceux qui expriment – dans leur vote &#8211; leurs intérêts de classe et celles et ceux qui défendent la collaboration de classe, l’égalité des droits ou la discrimination, etc. Nous n’avons jamais vu de manifestations de joie de notre classe, dans nos quartiers, dans nos lieux de travail, suite à la victoire des candidat·es de la droite ou des racistes. La progression des fascistes ne se traduit pas par des manifestations d’enthousiasme mais par des ratonnades.</p>



<p>L’expérience concrète de l’impasse du réformisme, aussi douloureuse soit-elle, est une expérience nécessaire. A condition qu’une alternative existe.</p>



<p>Application aux municipales</p>



<ol class="wp-block-list">
<li><strong>Stopper les fascistes</strong></li>
</ol>



<p>Dans leur phase actuelle la construction d’une base active et d’une milieu mobilisable, les élections municipales sont déterminantes pour le Rassemblement National. Les fascistes vont faire campagne. Cela doit susciter et permettre de construire dans nos villes et nos quartiers des fronts unitaires de lutte antifasciste.</p>



<ol start="2" class="wp-block-list">
<li><strong>Organiser les luttes à l&rsquo;échelle locale</strong></li>
</ol>



<p>La campagne des municipales doit être l’occasion de construire, renforcer, élargir, les organisations de lutte.</p>



<p>La lutte de classe n’est indifférente à aucune question concrète. Mais elle refuse de réduire ces questions à des problèmes techniques ou de personnel politique.</p>



<p>La situation des hôpitaux, les jeunes à la rue, les violences policières, la situation des sans-papiers, le délabrement du système de santé ou de l’éducation, la défense des mosquées&nbsp;: chacune de ces questions sont du domaine de la lutte de classe. Les élections municipales sont l’occasion de renforcer nos organisations dans les quartiers, à l’hôpital, dans les écoles, etc..</p>



<ol start="3" class="wp-block-list">
<li><strong>Voter pour la FI</strong></li>
</ol>



<p>La priorité des révolutionnaires ne devrait certainement pas être de présenter leurs propres candidat·es pour deux raisons.</p>



<p>Ces candidatures sont des candidatures «&nbsp;de témoignage&nbsp;». Au mieux, leur seul argument est d’en faire des tribunes de propagande pour les idées révolutionnaires.</p>



<p>C’est sous-estimer grandement la nécessité et les possibilités de construire des organisations locales de lutte (lieux de travail et quartiers) en y impliquant par ailleurs tous ceux et celles qui votent pour des candidat·es « de gauche » ou s’abstiennent. C’est là que doivent aller toutes nos ressources.</p>



<p>C’est aussi – au mieux – s’abstenir dans un débat stratégique au sein de la gauche qui renforce la campagne des classes dirigeantes contre la France Insoumise.</p>



<p>La politique d’une partie de la gauche – politique et syndicale &#8211; défend actuellement la politique du <em>moins pire</em> pour éviter une alliance entre la droite et le Rassemblement National. </p>



<p>La politique de la France Insoumise, aussi réformiste soit-elle, défend l’idée qu’il faut polariser la politique actuelle contre les capitalistes, contre le racisme, en solidarité avec la Palestine, etc.</p>



<ol start="4" class="wp-block-list">
<li><strong>Construire l’alternative</strong></li>
</ol>



<p>Le réformisme encourage la passivité par délégation. L’impasse et les trahisons du réformisme, en cas de victoire, ne feront que provoquer encore plus de passivité par démoralisation.</p>



<p>Sauf si l’expérience de l’impasse s’articule avec l’existence – concrète et visible &#8211; d’autres possibilités, d’une autre direction à prendre. L’une de ces possibilités est l’existence de formes d’auto-organisations. Hors de cela, le reste est mot creux et dénonciations stériles.</p>



<p>Mais il faut aussi qu’existe une autre direction, politique, globale, à prendre. Aussi bien en termes d’analyse du système que de stratégie&nbsp;: une organisation révolutionnaire.</p>



<p>Denis Godard (Paris 20)</p>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_10792_14();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_10792_14();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_10792_14">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_10792_14" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_10792_14_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_10792_14('footnote_plugin_tooltip_10792_14_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Ce qui ne signifie pas l’absence d’utilisation de la force. D’autant plus quand le système entre en crise, ce qui est le cas actuellement.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_10792_14_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_10792_14('footnote_plugin_tooltip_10792_14_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Comme lors de l’expérience du Front Populaire en 1936, une partie de la gauche utilise la défense de la « démocratie » pour justifier son alliance avec des fractions de la bourgeoisie (des macronistes). Alors que ce qu’il y a à défendre ce sont les éléments de démocratie de classe qui ont été arrachés au sein de la démocratie bourgeoise.</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_10792_14() { jQuery('#footnote_references_container_10792_14').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_10792_14').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_10792_14() { jQuery('#footnote_references_container_10792_14').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_10792_14').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_10792_14() { if (jQuery('#footnote_references_container_10792_14').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_10792_14(); } else { footnote_collapse_reference_container_10792_14(); } } function footnote_moveToReference_10792_14(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_10792_14(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_10792_14(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_10792_14(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/elections-municipales-il-faut-y-aller-mais-comment/">Élections municipales : il faut y aller&#8230; mais comment ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Fascistes hors de nos vies ! Retour sur une campagne anti-RN et Reconquête ! dans le 20e arrondissement de Paris.</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/fascistes-hors-de-nos-vies-retour-sur-une-campagne-anti-rn-et-reconquete-dans-le-20e-arrondissement-de-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Mar 2026 14:14:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[fasciste]]></category>
		<category><![CDATA[le pen]]></category>
		<category><![CDATA[Reconquête]]></category>
		<category><![CDATA[RN]]></category>
		<category><![CDATA[Zemmour]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">À l’occasion des municipales à Paris, les fascistes de Reconquête se sont sentis pousser des ailes avec la candidature de Sarah Knafo. Heureusement, il y a eu des ripostes efficaces pour saboter leur campagne sur <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/fascistes-hors-de-nos-vies-retour-sur-une-campagne-anti-rn-et-reconquete-dans-le-20e-arrondissement-de-paris/" title="Fascistes hors de nos vies ! Retour sur une campagne anti-RN et Reconquête ! dans le 20e arrondissement de Paris.">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>À l’occasion des municipales à Paris, les fascistes de Reconquête se sont sentis pousser des ailes avec la candidature de Sarah Knafo. Heureusement, il y a eu des ripostes efficaces pour saboter leur campagne sur le terrain et dresser les habitant·es des quartiers populaires contre eux.&nbsp;</em><br><em>Nous avons interrogé Oshka, militante antifasciste et membre d’A2C.</em></p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p><strong>Peux-tu nous présenter la riposte antifasciste pendant la campagne des municipales dans le quartier, et en particulier sur les marchés ?</strong><br>Avec le collectif antifasciste, on a lancé une campagne contre le RN et Reconquête, particulièrement contre le RN parce qu’on pense que c’est le parti fasciste le plus puissant en France. On a lancé ça dès le mois de septembre. Et on a été présent&rsquo;es sur les marchés, à distribuer des tracts contre le RN en rappelant pourquoi on considérait ce parti comme fasciste, et en se concentrant vraiment sur leur racisme. Très honnêtement, au début, ça ramait un peu, mais c’est normal parce que les élections municipales étaient loin.<br>Le RN, on avait vu des militants l’année dernière, cet été un peu, et un peu en septembre. Ils ont fait des posts Instagram où ils disaient qu’ils déposaient des tracts dans les boîtes aux lettres et qu’ils passaient sur les marchés. Et c’est à ce moment-là que nous, on a commencé à investir vraiment les marchés, en se disant que même s’ils n’étaient pas là, au moins, les gens qui ont reçu leur tract la semaine d’avant, la semaine d’après, ils recevront aussi les nôtres. Et depuis, on ne les a pas revus. C’est plutôt Reconquête qui a fait une campagne beaucoup plus dynamique et agressive dans nos quartiers.<br>Ce qu’on a fait, c’est réactiver une ancienne boucle Whatsapp du 20e arrondissement qui s’appelle « Antiracistes Antifa 20e », qui était une boucle utilisée par les militant&rsquo;es du quartier. On l’a rendue publique en mettant le QR code sur nos affiches, nos tracts, etc., et en incitant tout le monde à la rejoindre. Elle a été rejointe par énormément d’habitant&rsquo;es, mais aussi par des commerçant&rsquo;es, par des gens du marché qui avaient leur stand et qui pouvaient nous prévenir rapidement si les fascistes étaient là. Il y a presque 400 personnes sur ce groupe, et ça s’est vraiment accéléré ces dernières semaines, parce que la campagne battait son plein.<br>On a réussi à faire en sorte que la quasi-totalité des tractages des militants de Reconquête soient perturbés par des militants antifascistes, mais pas que, vraiment par tous les habitant·es. Tout le monde a pu se saisir de la question antifasciste. Car notre objectif, c’est que les antifascistes du XXe, ce soit tout le monde, que les réflexes antifascistes renaissent. Et cette riposte nous a permis de voir que s’il y avait bien une ligne qui marchait, c’était la ligne de l’antifascisme massif, ouvert, sur des bases larges.</p>



<p><strong>Qu’est-ce que la mort du fasciste à Lyon a fait à la dynamique du collectif ?</strong><br>Avec sa mort, il y a eu un sursaut antifasciste, en tout cas dans le 20e, qui était très clair. On a pu voir que tout le travail qu’on avait fait en amont n’était pas vain. On était plusieurs à argumenter que c’était le moment où le collectif antifasciste devait s’ouvrir. Parce que les gens se rendent compte du danger fasciste, ils se rendent compte de la nécessité d’un antifascisme qui soit fort et qui soit ouvert. Et donc, on avait besoin d’ouvrir le collectif, on avait besoin de faire en sorte que tout le monde puisse se joindre à la lutte sur des bases larges et donc il nous fallait construire un antifascisme de masse. Les débats ne sont pas réglés, mais en tout cas, je pense que ça a quand même éclairci un petit peu ce qu’il était nécessaire de faire.</p>



<p><strong>Comment voyez-vous la suite ?</strong><br>Ce qui est sûr, c’est que toutes les personnes qui se mobilisent aujourd’hui, il faut qu’on leur permette de continuer à se mobiliser. Il ne faut pas perdre cette dynamique et cet élan qu’on a. Effectivement, on risque de moins voir Reconquête et le RN dans nos quartiers, puisque la campagne va se terminer. Il reste toujours la question de l’implantation du RN et de faire en sorte que partout où ils soient, on aille les dégager. Mais il va falloir rediriger toute cette énergie antifasciste vers quelque chose d’autre qu’une contre-campagne antifasciste à l’occasion des municipales. Je pense que notre prochaine date, ça doit être la contre-manifestation du C9M, le défilé des fascistes, début mai. C’est la prochaine date antifasciste qui va compter.</p>



<p>Propos recueillis par Barnabe (Paris 18e)</p>
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		<title>Manifestations antiracistes et antifascistes du 14 mars : Une opportunité pour construire un front antiraciste ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/manifestations-antiracistes-et-antifascistes-du-14-mars-une-opportunite-pour-construire-un-front-antiraciste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 09:46:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[fasciste]]></category>
		<category><![CDATA[Islamophobie]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Violences policières]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Entretien avec Mathieu, militant d’A2C à Paris impliqué dans la Marche des Solidarités, et Wass, militante d’A2C à Marseille impliquée dans la lutte contre l’islamophobie. Iels organisent la manifestation du 14 mars, contre le racisme, <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/manifestations-antiracistes-et-antifascistes-du-14-mars-une-opportunite-pour-construire-un-front-antiraciste/" title="Manifestations antiracistes et antifascistes du 14 mars : Une opportunité pour construire un front antiraciste ?">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Entretien avec Mathieu, militant d’A2C à Paris impliqué dans la Marche des Solidarités, et Wass, militante d’A2C à Marseille impliquée dans la lutte contre l’islamophobie. Iels organisent la manifestation du 14 mars, contre le racisme, le fascisme, contre l’islamophobie et les violences d’État.</em></p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p><strong>Quelles sont les forces liées aux fronts antiracistes impliquées dans la construction de la date du 14 mars contre le racisme et le fascisme ?</strong><br><strong>Mathieu :</strong> En région parisienne, la mobilisation s’organise surtout autour de deux cadres : la Marche des Solidarités (autour des collectifs de sans-papiers) et le réseau d’entraide Vérité et Justice (les familles de victimes de violences policières).<br>Ce qui est notable par rapport à ces dernières années, c’est le développement de collectifs antiracistes et antifascistes de quartier : dans le 20e arrondissement, le 12e, mais aussi à Fontenay ou à Clichy. Une section de la Marche des Solidarités s’est même montée à Clichy.<br>Il y a aussi un front que l’on pense déterminant dans la période : la lutte contre l’islamophobie. Pour l’instant, on voit moins ces collectifs participer à la préparation de la mobilisation. Ce sont souvent des collectifs davantage présents dans la production de tribunes ou de prises de parole publiques que dans l’organisation militante sur le terrain.</p>



<p><strong>Pourquoi selon toi c’est central d’essayer de faire converger ces fronts : sans-papiers,&nbsp;lutte contre l’islamophobie et violences policières </strong>?</p>



<p><strong>Mathieu :</strong> Parce que cela correspond à la manière dont le racisme est développé par la classe dirigeante dans notre société. Quand on regarde les discours et les lois depuis vingt ans, on voit bien quelles sont les cibles centrales.<br>Depuis des années, les gouvernements s’attaquent aux musulman&rsquo;es : interdiction du voile dans certains espaces, interdiction de l’abaya, fermetures de mosquées ou d’associations, assimilation permanente à une menace pour la société.<br>Dans le même temps, ils s’attaquent aux migrants et migrantes et, en réalité, à l’ensemble des immigré&rsquo;es. La séquence autour de la loi Darmanin en est un exemple flagrant : la classe dirigeante a voulu faire entrer dans la tête de tout le monde que les immigrés seraient des délinquants ou des violeurs.<br>Le racisme ne touche pas que les migrant·es ou les musulman&rsquo;es. Mais il y a des priorités : il faut se défendre là où les attaques sont les plus fortes. Et notamment la violence ultime de l’État sur les personnes musulmanes, ou perçues comme telles, immigrées, sans papiers, ou perçues comme telles, c’est de les tuer par la police. Ça a été le cas&nbsp;d’El Hacen, travailleur immigré et musulman.</p>



<p><strong>Qu’est-ce que serait aujourd’hui un front antiraciste à la hauteur ?</strong><br><strong>Mathieu :</strong> Ce qui serait à la hauteur, c’est que partout où des personnes s’organisent aujourd’hui politiquement, elles s’organisent aussi contre le racisme. Que dans les réunions militantes, on discute aussi de comment empêcher les fachos de s’implanter dans nos quartiers, comment donner confiance aux personnes immigrées, avec ou sans papiers, de s’auto-organiser, comment soutenir les collègues sans papiers qui se battent pour obtenir ou renouveler leurs titres de séjour.<br>C’est vraiment une question de nombre et d’implantation. Il ne s’agit pas seulement d’unir les organisations antiracistes, mais de faire en sorte que cette lutte existe partout.</p>



<p><strong>Depuis ton expérience de la préparation du 14 mars, quels sont les blocages à cette convergence ?</strong><br><strong>Mathieu : </strong>Le problème dépasse largement les collectifs eux-mêmes. Il y a dans la gauche et dans le milieu militant une tendance très forte à séparer les luttes. Comme si parler de racisme ne signifiait pas forcément parler d’islamophobie ou de solidarité avec les migrant·es. Que l’un invisibilisait l’autre.<br>Le fait qu’il n’existe pas aujourd’hui un mouvement antiraciste de masse renforce cette tendance. Sur certaines questions, il n’y a pas suffisamment de forces organisées. Cela produit parfois une forme de sectarisme, où se lier à d’autres est perçu comme un risque d’invisibilisation plutôt que comme un renforcement.<br>Au fond, beaucoup de gens ne pensent pas qu’un mouvement de masse soit possible. Donc, on se fixe des objectifs plus petits, autour de mots d’ordre très restreints.</p>



<p><strong>Wass :</strong> Il existe aujourd’hui des collectifs antiracistes bien réels, avec des stratégies et des trajectoires parfois différentes. Je partage le constat de Mathieu sur la fragmentation des collectifs, mais je pense qu’il faut aussi interroger les raisons politiques plus profondes qui nous ont conduits à cette situation.<br>Si la convergence est si difficile aujourd’hui, c’est aussi parce que les grands partis de la gauche institutionnelle et ses bases ont trahi ces combats. En cherchant à s’intégrer aux logiques d’État, ils ont souvent relégué les luttes antiracistes au second plan, voire les ont neutralisées. Le mouvement antiraciste qui lutte contre l’islamophobie a par exemple essayé de se battre de l’intérieur, dans des partis politiques institutionnels, pour défendre la solidarité avec la Palestine et les luttes antiracistes, ce qui est un énorme saut qualitatif.<br>Mais il manque encore des espaces réels de discussion stratégique, de confrontation politique, où puissent se construire un front unitaire dans la rue, dans nos lieux de travail, nos lieux d’études… Ce blocage est le symptôme à la fois des trahisons politiques et du racisme qui continue à traverser notre propre camp.<br>Or, pour dépasser ces impasses, nous devons renouer avec la tradition d’auto-organisation de notre classe : c’est-à-dire la capacité de notre classe dans toutes les luttes qu’elle porte à se rassembler, débattre et agir. L’auto-organisation permet de reconstruire la confiance, d’unifier les luttes sur des bases concrètes et de faire émerger une direction issue directement du terrain, connectée à la réalité de nos quartiers, de nos lieux de travail et de nos combats.<br>Historiquement, le racisme a souvent affaibli et fait perdre le mouvement ouvrier. On peut penser à la grève de Talbot : au lieu d’une lutte unitaire pour tous les emplois, le patronat et l’État ont joué sur le racisme pour isoler les travailleurs immigrés, les traiter d’« intégristes chiites », faire circuler des slogans comme « bougnoules au four » ou « les Arabes, les Noirs à la Seine ».<br>Tout ça révèle un fondement du capitalisme : le racisme, qui a servi à justifier l’esclavage, le colonialisme, et aujourd’hui encore, qui organise la hiérarchie sociale du travail.<br>Cette instrumentalisation raciste a brisé la solidarité de classe et permis aux patrons d’imposer leurs licenciements. À chaque fois que le racisme entre dans notre camp, c’est tout notre camp social qui recule.&nbsp;<br>La préparation du 14 mars doit justement être l’occasion de tirer les leçons de ces divisions : construire une unité réelle, ancrée dans la reconnaissance du racisme comme question centrale de notre camp, non comme un sujet secondaire. C’est en affrontant ensemble ces contradictions, dans la rue comme dans nos organisations, que nous pourrons donner corps à un mouvement antiraciste de masse, capable de faire reculer à la fois le racisme et le pouvoir qui l’alimente.</p>



<p><strong>Comment répondre à la crainte d’invisibilisation et défendre l’unité ?</strong><br><strong>Wass : </strong>À Marseille, on a argumenté pour que la lutte contre l’islamophobie soit davantage mise en avant dans l’appel et dans l’affiche. Ça montre qu’il y a des blocages de départ, mais qu’ils peuvent bouger quand on met les choses franchement sur la table.<br>Si plus de personnes portent ces luttes, elles deviennent plus visibles, pas moins. C’est lorsqu’on combattra tous et toutes le racisme dans toutes les formes où il se manifeste qu’on pourra commencer à construire un front commun réel.</p>



<p><strong>Mathieu : </strong>La question qui devrait être centrale dans nos cadres d’organisation est trop souvent absente : quelle stratégie pour gagner ?<br>On discute beaucoup de la manière de se distinguer, de parler à nos propres cercles militants, plutôt que de se demander ce qui peut réellement faire avancer nos luttes.<br>Pour les collectifs de sans-papiers ou de mineurs isolés, l’objectif est concret : obtenir des régularisations, la reconnaissance de leurs droits, l’égalité. La question est donc comment faire en sorte que tout le monde se la pose et discute ensemble de ce qu’il faudrait construire pour y parvenir.<br>Et malgré tout, on sent que c’est possible. Dès qu’on va sur un marché, qu’on colle des affiches dans un quartier ou qu’on appelle à une manifestation, on rencontre beaucoup d’échos positifs. C’est ce qui donne confiance.</p>



<p><strong>Anouk :</strong> Aussi, comme tu l’as dis, à la Marche des Solidarités, on voit aussi se développer de nouveaux collectifs de quartier qui renforcent cette activité militante à la base. Les dates du 18 décembre et du 14 mars ne règlent pas tout. Les attaques racistes et fascistes ne se limitent pas à ces deux dates : elles sont quotidiennes. Mais ces dates servent d’appui pour accélérer le processus de construction à la base.&nbsp;<br>Et si on renforce les collectifs antiracistes locaux et les liens avec les syndicalistes, on peut ouvrir des perspectives plus larges pour la mobilisation et ouvrir les conditions d’une grève comme à Minneapolis contre le racisme.</p>



<p>Propos recueillis par Anouk (Marseille)</p>
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		<title>Comment Minneapolis, solidaire et antiraciste, a résisté à ICE ? </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/comment-minneapolis-solidaire-et-antiraciste-a-resiste-a-ice/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 09:12:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">À Minneapolis, la résistance des habitant&#8216;es face aux exactions du service d’immigration et des douanes (ICE &#38; CBP) contre sa population depuis décembre 2025 a été exemplaire. Les Minneapolitain&#8216;es ont mis en place une organisation <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/comment-minneapolis-solidaire-et-antiraciste-a-resiste-a-ice/" title="Comment Minneapolis, solidaire et antiraciste, a résisté à ICE ? ">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>À Minneapolis, la résistance des habitant</em>&lsquo;<em>es face aux exactions du service d’immigration et des douanes (ICE &amp; CBP) contre sa population depuis décembre 2025 a été exemplaire. Les Minneapolitain</em>&lsquo;<em>es ont mis en place une organisation entre habitant&rsquo;es qui a contraint Donald Trump à mettre un terme à l’opération anti-immigration « Metro Surge » le 12 février. Nous vous retranscrivons ici l’échange que nous avons eu avec Leo, un étudiant militant et révolutionnaire de Minneapolis qui nous raconte la résistance de ces derniers mois.</em></p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p><strong>Question : Trump a annoncé le retrait d’ICE de Minneapolis. Est-ce vrai ? Ils partent en ayant fait 2 mort&rsquo;es et des milliers d’enlèvements, mais ils ont fait face à une résistance sans précédent. Est-ce une victoire pour notre camp ?&nbsp;</strong><br><strong>Réponse :</strong> ICE n’est pas encore totalement parti. Ils sont passés de 4000 agent&rsquo;es lors de l’opération « Metro Surge » à quelques centaines aujourd’hui. Ils ont changé leurs tactiques et sont désormais plus discrets. Il y a encore des enlèvements, mais moins qu’avant. La ville est survolée par des hélicoptères et des drones, on se sent toujours sous occupation.&nbsp;<br>Mais, oui, c’est une première victoire. Greg Bovino, le commandant qui s’habillait comme un Nazi, a été retiré de la ville, et l’opération « Metro surge » a officiellement été arrêtée. Nous voulons plus, nous voulons l’abolition de ICE et de DHS (NdT : Department of Homeland Security, équivalent du ministère de l’intérieur dont dépend ICE), mais il faut célébrer cette victoire partielle qui a été obtenue par la résistance.</p>



<p><strong>Q : Tu nous dis que ICE n’est pas totalement parti, mais qu’en est-il de la résistance ? Est-elle toujours aussi bien organisée ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> C’est moins intense qu’avant, il y a moins de confrontations directes avec les agents d’ICE. Mais la résistance est toujours organisée. Les aspects de défense collective existent toujours, la solidarité financière aussi, et un mouvement pour un moratoire sur les loyers est en train de naître. Les gens continuent de vouloir s’organiser de nouvelles manières. Un militant socialiste et syndicaliste qui a vécu le mouvement antiraciste de 2020 (NdT : George Floyd, dont la mort a déclenché Black Lives Matter, a été tué par la police de Minneapolis) m’a dit qu’en comparaison, plus de personnes et de collectifs s’organisent dans la durée cette fois-ci, alors que la vague était retombée assez vite en 2020. Nous avons les dates du 28 mars (NdT : No Kings Day, journée de manifestations nationales contre Trump) et le 1er mai en ligne de mire, donc des choses concrètes à faire pour les prochaines semaines.</p>



<p><strong>Q : Quelle était selon toi la différence entre Minneapolis et des villes comme Los Angeles, New York et Chicago où la résistance à ICE était là mais pas assez forte pour créer une crise politique face à Trump ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> Je n’ai pas de réponse complète. Je n’étais pas à LA, NY et Chicago. Mais les raids de ICE là-bas étaient peut-être des tests grandeur nature, moins longs et moins intenses. Ici, le niveau de violence et l’intensité ont fait qu’on n’avait pas le choix. On a senti qu’organiser une résistance était une question de vie ou de mort. Et bien sûr, on ne partait pas de zéro. Il y a des traditions à Minneapolis, Black Lives Matter qui est parti de là en 2020, il y a un mouvement syndical réel sur le terrain. On ne partait pas de zéro. Organiser une résistance était une question de vie ou de mort. Mais on ne partait pas de zéro. Il y a des traditions à Minneapolis, Black Lives Matter qui est parti de là en 2020, il y a un mouvement syndical sur le terrain.</p>



<p><strong>Q : Concrètement, qui s’est battu contre ICE à Minneapolis ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> Beaucoup d’organisations antiracistes, antifascistes, syndicales, etc, ont joué un rôle dans la résistance, qui était très décentralisée au tout début. Parmi les syndicats je me souviens de SEIU (NdT : syndicat des travailleur.e.s de l’entretien des bâtiments), du syndicat des transports et de l’éducation. Beaucoup ont commencé à se préparer dès l’élection de Trump. Par exemple, une association (parmi d’autres) a annoncé en janvier qu’elle avait formé près de 40 000 personnes au rôle « d’observateur&rsquo;ice légal&rsquo;e » des actions de ICE. Ce sont les gens qui filment, qui utilisent leur sifflet, qui alertent le quartier qu’un raid est en cours. Ça donne une idée du nombre de personnes qui ont cherché à s’organiser pour résister.</p>



<p><strong>Q : Quel rôle ont joué les espaces partagés comme les écoles, les lieux de culte, les quartiers, etc, dans l’organisation de la résistance ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> Les lieux de culte et les écoles ont joué des rôles fondateurs de la résistance. Auparavant, c’étaient des lieux « sanctuaires », mais Trump a changé ça. Je ne dis pas que kidnapper des gens dans la rue est acceptable, mais quand ICE entre dans les églises pour arrêter votre voisin&rsquo;e, quand des élèves sont cueilli&rsquo;es à la sortie des écoles, c’est particulièrement choquant, ça ne passe pas. Quand tu vois le pupitre vide d’un&rsquo;e élève qui s’est fait kidnapper, que la personne que tu voyais à l’église tous les dimanches n’est plus là&#8230; Tout le monde dans ces lieux se sent concerné. C’est plus puissant que de voir une vidéo sur TikTok, Instagram ou à la télé. Alors beaucoup de choses sont parties des écoles et des églises, comme les réseaux d’entraide ou les groupes de voisin&rsquo;es.&nbsp;<br>Des groupes de voisin&rsquo;es se sont aussi formés au niveau des rues ou des quartiers, pour organiser des patrouilles et donner l’alerte quand ICE débarquait au petit matin. C’est comme ça que des rassemblements de quelques dizaines ou quelques centaines de personnes se formaient très rapidement pour résister aux raids. Même les scouts ont participé à la résistance, simplement parce que des enfants qui faisaient partie des scouts ont été enlevés par ICE.&nbsp;</p>



<p><strong>Q : Tu as beaucoup parlé des voisin&rsquo;es qui aident à organiser la résistance. Et les voisin&rsquo;es racistes dans tout ça ? Qui a aidé ICE à Minneapolis ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> C’est principalement la police de Minneapolis qui a aidé ICE. Malgré les déclarations du maire démocrate de la ville (NdT : dont la police dépend) qui demandait publiquement à ICE de partir, la police a aidé ICE, a repoussé les manifestant&rsquo;es, etc. Ça a été un choc, peut-être pas pour les militant&rsquo;es, mais pour une bonne partie de la population. Concernant les voisin&rsquo;es : sans doute, comme souvent, des racistes ont dû appeler ICE pour dénoncer des voisin&rsquo;es. Mais je ne sais pas si c’était un phénomène massif. Minneapolis est une ville marquée à gauche. Mon expérience personnelle, j’ai fait beaucoup de porte à porte et pas une fois je ne suis tombé sur quelqu’un qui soutenait ICE ouvertement. Donc en tout cas, les racistes ne se sont pas exprimé&rsquo;es publiquement. Après, dans les comtés plus ruraux du Minnesota, c’est peut-être plus nuancé, je ne sais pas.&nbsp;</p>



<p><strong>Q : Des organisations fascistes comme les Proud Boys ont essayé de venir à Minneapolis pour soutenir ICE, non ? Comment ça s’est passé ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> Je vois de quoi vous parlez, ça n’était pas officiellement les Proud Boys, mais un des organisateurs du 6 janvier (NdT : l’émeute du Capitole suite à la défaite électorale de Trump face à Biden en 2021), Jake Lang. Il est venu à Minneapolis avec quelques soutiens pour organiser un rassemblement pro-ICE et anti-Islam visant spécialement la communauté somalienne de Minneapolis. Finalement lui et ses soutiens n’étaient qu’une grosse dizaine, ils ont été complètement cernés par des centaines de manifestant&rsquo;es antifascistes, il s’est fait frapper, on lui a jeté des ballons à eau. Se retrouver trempé d’eau par -20°C, c’est difficile. Bref, il a passé un mauvais moment.&nbsp;<br>C’était très positif car ça en a dissuadé d’autres. Il y avait beaucoup de débats au sein du mouvement de résistance, des gens voulaient plutôt faire profil bas, au prétexte de ne pas leur faire de pub, ou de ne pas mettre les personnes racisé&rsquo;es en danger. Mais la majorité dans les AG a décidé de les affronter et de montrer qu’on n’allait pas accepter de manifestation fasciste à Minneapolis, et ça s’est finalement très bien passé pour nous. Son visage était moitié ensanglanté moitié gelé (les ballons à eau !), il est monté dans la voiture d’une femme trans et d’une femme mexicaine pour essayer de s’enfuir, elles l’ont jeté dehors quand elles ont compris qui il était&#8230; Beaucoup de gens sont arrivés sur place une fois qu’il était déjà parti, iels ont ensuite formé des groupes pour patrouiller dans la ville et essayer de le retrouver ainsi que ses copains. Bref, c’était vraiment important de montrer qu’on n’avait aucune tolérance pour les fascistes à Minneapolis et super de voir autant de personnes s’organiser pour les rejeter.</p>



<p><strong>Q : Que peux-tu nous dire de la journée du 23 janvier ? Appeler ça une grève générale peut sembler exagéré, mais les manifestations étaient immenses et il y a eu quelques grèves.&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> Oui, le 23 janvier était immense. Plus de 50000 personnes ont manifesté par une température de -34°C. Je ne sais pas si vous êtes déjà sortis dans un froid pareil, mais même mes cils étaient gelés.&nbsp;<br>Près de 700 petits commerces étaient fermés, soit en solidarité soit parce que les salarié&rsquo;es étaient en grève. Les syndicats que j’avais mentionnés ci-dessus ont appelé à la grève, ainsi que des partis politiques comme la section locale des Democratic Socialists of America.&nbsp;<br>Je suis étudiant donc pas membre d’un syndicat, mais j’ai participé à beaucoup de réunions et d’assemblées d’organisation pour le 23 janvier. De nombreux&rsquo;ses militant&rsquo;es syndicaux&rsquo;les de terrain ont fait énormément de travail pour convaincre leurs collègues de faire grève. De ce que j’ai entendu, les directions n’ont pas vraiment aidé, elles semblent très bureaucratiques et un peu loin du terrain. Donc il y a eu un gros travail, beaucoup d’arguments, et ça a pris même dans des entreprises sans syndicats comme Starbucks ou Target (NdT : une chaîne de magasins), des gens ont fini par faire grève le 23 janvier. La pression du mouvement était telle que des patrons ont fini par garantir à leurs salarié&rsquo;es qu’iels ne se feraient pas réprimer pour la grève, alors qu’au début le discours était plutôt : si tu ne veux pas venir le 23 janvier alors pose un jour de congé.<br>C’est donc la solidarité qui a permis à beaucoup de gens de faire grève sans crainte de représailles, car le nombre était de notre côté.</p>



<p><strong>Q : Comment vois-tu la suite ? On sait que « No Kings Day » est prévu pour le 28 mars, tu as aussi parlé du 1er mai un peu plus haut.&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> On pense que le 28 mars va être énorme. Déjà le précédent No Kings Day en octobre 2025 était très gros à Minneapolis. Mais ce qui est intéressant, c’est que tout le monde, les ami&rsquo;es, les gens dans le mouvement, tout le monde parle de grève maintenant. Que nous devons utiliser ce pouvoir que nous avons, de faire une grève reconductible qui puisse rassembler autour de revendications claires. Que ce soit le 28 mars, le 1er mai, je ne sais pas précisément, mais j’ai l’impression que tout le monde en parle, que ça doit être la prochaine étape. Car le gouvernement et les grandes entreprises ne comprennent que la langue de la force et de l’argent.<br>Encore une fois, je ne suis pas dans un syndicat et je ne suis peut-être pas la meilleure personne pour en parler, mais on est nombreux à penser qu’on ne peut pas se contenter de venir manifester avec quelques pancartes le 28 mars ou le 1er mai puis rentrer chez nous. Il faut une lutte qui dure.&nbsp;<br>Ce n’est pas pour diminuer la portée ou l’importance de la résistance actuelle et de la solidarité. Sans ça, plus de personnes seraient en détention ou déportées, plus de personnes seraient à la rue, plus de personnes seraient mortes. Mais maintenant qu’on a fait cette expérience, on sent que ça n’était qu’un début, un pansement sur une grosse plaie, et qu’il faut aller plus loin. C’est comme ça que toute la conversation et les arguments sur la grève sont venus dans le mouvement.&nbsp;</p>



<p><strong>Q : On dirait donc que ce qui s’est passé à Minneapolis peut être un marchepied pour quelque chose de plus grand ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> Oui, oui, sûrement, même si on ne peut pas encore prédire quelle forme exacte ça peut prendre. Je fais partie d’un groupe socialiste de débats et discussions, et une nouvelle personne nous a rejoint récemment. Il est syndicaliste et tourneur-fraiseur, a toujours voté démocrate, et nous a raconté qu’il a toujours cru que s’il travaillait assez dur, il aurait une vie plus facile. Mais son loyer augmente, son assurance médicale augmente, il a mal partout et ne peut pas prendre de pause. Il nous a dit que tout ça montait en lui, mais voir sa ville occupée par ICE, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, que c’était comme une claque qui lui a fait prendre conscience que le capitalisme allait nous mener à la catastrophe. C’est une anecdote, bien sûr, mais il y a des milliers et des milliers de personnes qui se radicalisent, qui ont senti leur pouvoir à Minneapolis et ailleurs.</p>



<p>Propos recueillis par&nbsp;Emil (Paris 20e), Anne-Julia (Rennes) et Jad (Paris 18e)</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/comment-minneapolis-solidaire-et-antiraciste-a-resiste-a-ice/">Comment Minneapolis, solidaire et antiraciste, a résisté à ICE ? </a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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