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	<title>Retours militants Archives - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<description>Pour l&#039;autonomie de classe !</description>
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	<title>Retours militants Archives - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Manifestations du 28 mars à Rome et à Londres : comment construire des mobilisations qui gagnent ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 May 2026 17:43:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Front Uni]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre à la guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Londres]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026 Le mouvement « No Kings », né aux États-Unis pour s’opposer aux dérives autoritaires de l’administration Trump, s’est internationalisé le 28 mars 2026 au Royaume-Uni, en Italie, en <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/manifestations-du-28-mars-a-rome-et-a-londres-comment-construire-des-mobilisations-qui-gagnent/" title="Manifestations du 28 mars à Rome et à Londres : comment construire des mobilisations qui gagnent ?">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026</strong></p>



<div class="wp-block-file"><a id="wp-block-file--media-d391d116-a0fb-4df8-af7e-a31a2fa21c0e" href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/05/28-mars-1.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pour lire l&rsquo;article maquetté  : 28 mars</a><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/05/28-mars-1.pdf" class="wp-block-file__button wp-element-button" download aria-describedby="wp-block-file--media-d391d116-a0fb-4df8-af7e-a31a2fa21c0e">Télécharger</a></div>



<p></p>



<p>Le mouvement « No Kings », né aux États-Unis pour s’opposer aux dérives autoritaires de l’administration Trump, s’est internationalisé le 28 mars 2026 au Royaume-Uni, en Italie, en Espagne, en Allemagne et aux Pays-Bas. Les manifestant&rsquo;es se sont également mobilisé&rsquo;es contre la guerre en Iran déclenchée par les États-Unis, scandant des slogans tels que « fund people, not bombs », faisant de ce 28 mars une journée de résistance transnationale contre l’autoritarisme et le bellicisme. En France, en revanche, seules quelques centaines de personnes se sont rassemblées à Paris. A2C a interviewé un camarade italien et un camarade britannique pour comprendre les ressorts de la mobilisation massive dans leurs pays respectifs.</p>



<p>En Italie, la manifestation à Rome a permis d’exprimer dans la rue l’opposition au gouvernement de Meloni et à ses réformes anticonstitutionnelles, au lendemain du rejet par référendum de sa réforme constitutionnelle — une convergence politique rare.</p>



<p><strong>Interview de Fabio basé à Turin, membre de TIR (Tendance Révolutionnaire Internationaliste) et du syndicat S.I. Cobas</strong></p>



<p><strong>A2C : Peux-tu présenter ton organisation ?</strong></p>



<p><strong>Fabio :</strong> Concernant TIR, la Tendance Révolutionnaire Internationaliste, elle a été formellement créée l’année dernière, mais des groupes de camarades actif&rsquo;ves sous ce nom existent depuis bien plus longtemps. Nous avons notamment capitalisé sur les expériences accumulées dans le syndicat S.I. Cobas et au mouvement des chômeur&rsquo;ses de Naples, ainsi que dans un comité contre la guerre et le racisme près de Venise. Parmi nos membres, on trouve des travailleur&rsquo;es de la logistique, des cheminot&rsquo;es, des agents du secteur public. Nous avons aussi construit des liens internationaux avec le Partido Obrero en Argentine, SEP en Turquie, la Libération Communiste en Grèce, ou encore WP en Grande-Bretagne.</p>



<p><strong>Quelles leçons tirez-vous des grèves et mobilisations de l’automne dernier en Italie autour de la Palestine ?</strong></p>



<p>Les actions de fin septembre et surtout du 3 octobre ont représenté quelque chose d’inédit par leur ampleur — les plus importantes depuis dix ans. La manifestation de Rome du 4 octobre a probablement été la plus grande depuis la guerre en Irak. Il y avait bien sûr un contexte favorable : la flottille pour Gaza avait donné une grande résonance à la cause palestinienne et encouragé de nombreux&rsquo;ses travailleur&rsquo;es à rejoindre le mouvement.</p>



<p>Mais ce qui s’est passé n’est pas sorti de nulle part. Il y avait eu un travail de préparation sur deux ans, avec quatre grèves générales, des blocages de dépôts logistiques, des manifestations bravant les interdictions de l’État — comme à Rome le 5 octobre 2024, où des milliers de personnes ont défilé malgré l’interdiction préfectorale. Ce mouvement a démontré qu’une grève politique est le seul moyen efficace de bloquer une économie qui soutient un génocide.</p>



<p>Ce qui est important de souligner, c’est qu’il n’existe pas de progression linéaire du terrain économique au terrain politique. Parfois, un sujet général — perçu comme une injustice profonde, révélant l’hypocrisie des gouvernements occidentaux — peut mobiliser des secteurs qui ne parviennent même pas à se défendre sur leurs conditions de travail. C’est ce que nous avons vécu : des travailleur&rsquo;es des transports, de l’éducation, du public ont participé, certain&rsquo;es n’ayant pas connu de lutte sectorielle depuis des années.</p>



<p><strong>Et depuis, quelle est la situation ?</strong></p>



<p>La mobilisation a nettement baissé, comme partout dans le monde. Cette accalmie a offert au gouvernement Meloni une opportunité pour multiplier les mesures répressives. Le septième décret sécuritaire en cours de discussion au Parlement prévoit des amendes allant jusqu’à 10 000 euros pour les organisations qui organisent des manifestations sans déclaration préalable. Les organisateur&rsquo;ices individuel&rsquo;les sont également ciblés. Ce texte a déjà été appliqué contre S.I. Cobas à Alessandria, dont des camarades qui se sont vu&rsquo;es interdire de séjour dans toute la province pour trois ans.</p>



<p>Une autre loi très problématique assimile l’antisionisme à l’antisémitisme : remettre en question l’existence d’Israël en tant qu’État colonial peut désormais valoir une accusation. À Naples, des camarades ont été arrêté&rsquo;es. Plus grave encore, un imam de Turin, qui avait simplement qualifié le 7 octobre d’acte de résistance lors d’une manifestation pro-palestinienne, a été menacé d’expulsion vers l’Égypte — où il risquait la mort en tant qu’opposant à Al-Sissi. C’est la répression des immigré&rsquo;es participant aux manifestations. Heureusement, un juge a annulé la mesure d’expulsion. Mais le signal est clair : un nouveau climat répressif s’installe durablement.</p>



<p><strong>La manifestation du 28 mars et le référendum contre la réforme de la justice marquent-ils un retour de la mobilisation ?</strong></p>



<p>C’est un signe positif que les gens recommencent à descendre dans la rue. Après plusieurs mois presque immobiles — décembre, janvier, février — on voit à nouveau de la participation. Le vote contre la réforme judiciaire de Meloni a été une gifle pour le gouvernement, et la manifestation du 28 mars a exprimé une hostilité réelle d’une partie de la population, notamment des jeunes, contre un exécutif perçu comme un gouvernement de guerre.</p>



<p>Mais il faut être lucide sur la nature de cette mobilisation. Elle a été largement canalisée par le centre-gauche — le PD, le Mouvement 5 Étoiles — qui y ont vu une occasion de se repositionner en alternative crédible. Ce n’était pas le cas en septembre-octobre, où ces partis avaient certes salué la flottille mais brillaient par leur absence dans les grèves et les blocages. Cette fois, leur présence a donné à la mobilisation un caractère plus institutionnel, plus « gauche contre droite », ce qui représente d’une certaine manière une régression par rapport à l’automne. À l’automne, le mouvement remettait en cause non seulement le gouvernement, mais le système entier d’alliances — y compris la complicité de l’Italie dans la politique d’Israël.</p>



<p><strong>Quelles perspectives pour le mouvement ouvrier dans les prochains mois ?</strong></p>



<p>Une grève générale a été appelée pour le 29 mai. Les conditions objectives qui ont nourri les luttes de l’automne n’ont pas disparu : les prix ont augmenté, les conditions de travail se sont dégradées. Mais il serait illusoire d’espérer une mobilisation du niveau d’octobre dans l’immédiat.</p>



<p>Ce qui est notable, c’est que la question de la guerre — notamment en Iran — est largement contestée par la population, même si les gens peinent à l’exprimer. La plupart des Italiens sont contre cette guerre.</p>



<p>La gauche révolutionnaire aurait dû se montrer plus claire et plus déterminée sur ce sujet, comme elle l’a été sur la Palestine. C’est un chantier ouvert.</p>



<p>Nous sommes dans une phase de reflux relatif, mais avec des signaux de reprise. Les conditions objectives sont là. La question est de savoir comment la mobilisation va se reformer, et si elle sera capable de retrouver la profondeur et le caractère radical de ce que nous avons vécu à l’automne.</p>



<p>Au Royaume-Uni, le mouvement a pris la forme de la « Together Alliance March », une coalition de syndicats, d’ONG et d’organisations progressistes, qui ont défilé contre l’extrême droite, notamment contre Reform UK de Nigel Farage.</p>



<p><strong>Interview de Weyman Bennett, membre du SWP et de Stand Up to Racism.</strong></p>



<p><strong>A2C : La manifestation du 28 mars à Londres a été présentée comme la plus grande mobilisation antiraciste jamais organisée en Grande-Bretagne. Qu’est-ce qui explique ce succès ?</strong></p>



<p><strong>Weyman :</strong> La clé, c’est d’abord une prise de conscience collective face à la plus grande manifestation d’extrême droite jamais vue dans ce pays en septembre dernier — 150 000 personnes sous la bannière de Tommy Robinson. Ils nous ont attaqué&rsquo;es, et ils ont aussi attaqué des organisations humanitaires. Paradoxalement, ces attaques nous ont aidé&rsquo;es : elles ont mis dans notre camp des gens qui n’auraient normalement pas marché avec nous — Amnesty International, Oxfam, des ONG. Ce choc a été notre point de départ.</p>



<p>Nous avons dû surmonter nos propres débats internes. Sur la gauche, deux positions s’affrontent : ignorer les fascistes, ou les confronter physiquement. Même si nous pensons qu’il faut aller sur le terrain contre les fascistes, nous sommes allé&rsquo;es vers les gens, les écouter, ouvrir le dialogue — avec les syndicats, les associations caritatives, les organisations religieuses, les influenceur&rsquo;euses culturel&rsquo;les. Y compris des évêques de Westminster et des musiciens avec vingt-six millions d’abonné&rsquo;es, dont les jeunes fans constituent une partie du public que nous devons toucher.</p>



<p><strong>Comment avez-vous convaincu des organisations aussi diverses de se joindre à vous, notamment les syndicats ?</strong></p>



<p>Les directions syndicales ont déployé les deux arguments classiques : quand les forces fascistes sont petites, on dit qu’il faut les ignorer. Quand elles sont grandes, elles sont trop dangereuses à affronter — ça risque de mettre nos membres en danger, nos manifestations seront moins respectables que les leurs, etc. La pression interne dans leurs organisations a finalement eu raison de ces réticences.</p>



<p>Nous avons travaillé avec TUC — la confédération nationale des syndicats — pour obtenir une mobilisation sans précédent contre l’extrême droite. C’est historique, car vingt à trente pour cent des syndiqué&rsquo;es votent pour Reform UK. Certain&rsquo;es responsables préfèrent s’en tenir à la critique économique — « Reform, c’est le parti des milliardaires » — sans affronter directement le racisme. Nous avons refusé ce contournement.</p>



<p>Nous avons aussi consenti des concessions. Des associations caritatives ne peuvent légalement pas prendre position contre un parti politique. Nous leur avons dit : venez avec vos membres, apportez ce que vous pouvez. Nous porterons nous-mêmes les arguments les plus difficiles. Des réfugié&rsquo;es, y compris des personnes sans statut légal, ont pris la parole sur l’estrade. Leur présence permettait aux participant&rsquo;es de vivre une expérience concrète, de challenger certaines idées reçues. Ça valait mieux que tous les discours.</p>



<p><strong>La question palestinienne est apparue dans la manifestation. Est-ce un changement ?</strong></p>



<p>Oui, c’est un changement réel et assumé. Pendant longtemps, Stand Up To Racism ne prenait pas position publiquement sur le Moyen-Orient, de peur que le conflit entre les communautés juive et musulmane ne déchire notre coalition. Mais l’ampleur des manifestations de solidarité palestinienne a changé la donne. Ces mobilisations étaient parfois plus grandes que les manifestations de l’extrême droite. Nous avons donc pu dire clairement que ce qui se passe à Gaza est un génocide, et que cela devait cesser. Avant, ça aurait fait fuir les libéraux. Ils nous auraient dit que ça allait mettre le feu à nos organisations. Aujourd’hui, soixante-quinze pour cent de la population britannique soutient les droits des Palestinien&rsquo;nes. C’est un basculement profond, et les mobilisations massives ont contribué à normaliser cette position dans le mouvement antiraciste.</p>



<p><strong>Vous avez aussi investi la culture et les réseaux sociaux. Pourquoi ?</strong></p>



<p>Parce que sur les réseaux sociaux, nous perdons. Elon Musk et les autres s’assurent que les algorithmes de X et de Facebook nous pénalisent. Nous ne dominons pas ce terrain. Alors nous avons contourné le problème en mobilisant des artistes, des musicien&rsquo;nes et des comédien&rsquo;nes avec des audiences massives, et organisé un concert au milieu de la manifestation — ce qui était jugé impossible par une partie de notre propre camp. « On ne peut pas faire les trois à la fois : un concert, un meeting, une manifestation ! ». Si, on peut, il faut juste de l’imagination. Résultat : deux cent cinquante-huit millions de réactions sur les réseaux sociaux le jour de la manifestation. La rue et le numérique se sont amplifiés mutuellement.</p>



<p><strong>Quelle est la stratégie pour la suite ?</strong></p>



<p>Nous nous inspirons de Trotsky et du Front uni : marcher ensemble avec des gens dont on ne partage pas toutes les convictions, tout en maintenant notre propre ligne. En Grande-Bretagne, le moment de vérité viendra aux élections dans trois ans. Reform peut gagner. Notre travail, c’est de construire dès maintenant la majorité antifasciste qui s’y opposera.</p>



<p>Notre stratégie repose sur trois niveaux de luttes imbriqués : un mouvement de masse large et visiblement majoritaire ; à l’intérieur, un corps antifasciste structuré ; et en son sein, un noyau révolutionnaire capable de former les autres. Sans les trois, on se dilue ou on se bloque. Il y a un quatrième pilier souvent négligé : le travail théorique. Le fascisme d’aujourd’hui n’est pas identique à celui des années trente. Et ce travail, ce sont nos membres — dont les femmes, les personnes trans, les militant&rsquo;es de moins de trente ans — qui sont capables de le mener.</p>



<p><strong>Un dernier mot sur le contexte international ?</strong></p>



<p>Minneapolis a été un signal lumineux. Voir des gens ordinaires descendre massivement dans la rue contre Trump a eu un impact direct sur notre mobilisation à Londres. La polarisation n’est pas seulement à droite — en Grande-Bretagne, le Parti Vert progresse fortement, et huit cent mille personnes mobilisées autour de Jeremy Corbyn sont inquiètes de la situation politique mais iels n’ont pas forcément les outils pour se mobiliser. C’est notre travail de construire des véhicules pour transformer ces inquiétudes en action et les rassembler.</p>



<p><strong>Propos recueillis par Anne-Julia (Rennes)</strong></p>
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		<title>Contre le budget de guerre et l’austérité, tous&#8217;tes en grève !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/contre-le-budget-de-guerre-et-lausterite-toustes-en-greve/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 May 2026 17:09:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[anti-impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Éducation]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026 En mars 2026, un mouvement a secoué le secteur de l’éducation et la jeunesse lycéenne à Marseille contre les suppressions de postes et les baisses de moyens prévues <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/contre-le-budget-de-guerre-et-lausterite-toustes-en-greve/" title="Contre le budget de guerre et l’austérité, tous&#8217;tes en grève !">[...]</a></div>
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<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #22 – Mai 2026</strong></p>



<div class="wp-block-file"><a id="wp-block-file--media-9243803b-9046-4f69-aa9c-1aa44df22109" href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/05/educ.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pour lire ou imprimer l&rsquo;article maquetté</a><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/05/educ.pdf" class="wp-block-file__button wp-element-button" download aria-describedby="wp-block-file--media-9243803b-9046-4f69-aa9c-1aa44df22109">Télécharger</a></div>



<p></p>



<p><em>En mars 2026, un mouvement a secoué le secteur de l’éducation et la jeunesse lycéenne à Marseille contre les suppressions de postes et les baisses de moyens prévues par le nouveau budget 2026. Ce fut la première riposte, sur les lieux de travail, au nouveau budget austéritaire de Lecornu et à l’économie de guerre.</em></p>



<p>Les journées de mobilisation du 10, 17, 19 et 26 mars ont mis plus de 2000 personnes dans les cortèges, plusieurs vies scolaires en grève et ont bloqué des dizaines de lycées contre les coupes budgétaires, la militarisation et la guerre.<br>Il existe donc des possibilités de riposte face aux conséquences de l’économie de guerre sur les travailleur&rsquo;euses. Il nous faut rendre compte de ce qui a rendu possible un tel mouvement mais aussi ses limites pour envisager sa généralisation à l’ensemble des secteurs de travail.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des tensions impérialistes aux coupes dans le secteur de l’éducation et de la jeunesse</h3>



<p>Depuis le renforcement des tensions inter-impérialistes mondiales, avec notamment un point de bascule avec le début de la guerre en Ukraine, les États européens augmentent fortement leur budget de guerre. En France, la loi de programmation militaire 2024-2027 adoptée en 2023 prévoit 413 milliards d’euros de dépenses militaires sur sept ans, soit une hausse d’environ 40 % par rapport à la programmation précédente.</p>



<p>Cette économie de guerre ne relève pas d’un contexte sécuritaire dégradé mais bien de la dynamique structurelle du capitalisme mondial. L’augmentation des tensions entre puissances impérialistes pour le contrôle des marchés, des ressources et des zones d’influence menace de déclencher des conflits militaires. Le réarmement des pays européens montre leur volonté de se trouver une place dans un moment de reconfiguration impérialiste marqué par le recul de l’hégémonie américaine et la montée en puissance de la Chine.</p>



<p>Cette économie de guerre entraîne une restructuration du budget de l’État avec des coupes massives dans certains secteurs comme celui de l’éducation. Début février, un budget a annoncé la suppression de 4000 postes dans l’Éducation nationale. L’État fait payer la guerre aux travailleur&rsquo;euses et coupe dans les secteurs publics. Mais il a également besoin d’une jeunesse prête à combattre et multiplie les partenariats entre l’Éducation nationale et les armées, notamment avec les dispositifs « classes défense » qui multiplient les liens et les rencontres entre l’armée et les élèves.</p>



<p>Depuis 2026, un service militaire « volontaire » est mis en place pour les jeunes âgé&rsquo;es entre 18 et 25 ans pour une durée de 8 à 12 mois, rémunéré et offrant des avantages d’accès à l’emploi. Ce dispositif vise évidemment les jeunesses populaires et ouvrières qui vont voir en celui-ci une possibilité de revenu et d’accès au marché du travail. Pour justifier les saignées dans l’éducation et de tels dispositifs, Macron développe un argumentaire nationaliste et raciste pro-guerre.</p>



<p>La mobilisation des travailleur&rsquo;euses de l’Éducation nationale est un début de réponse aux contradictions des guerres impérialistes qui ne peuvent se faire sans le soutien des travailleur&rsquo;euses qui n’y ont pas intérêt et qui en paient le prix.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La mobilisation lycéenne déclenche l’opposition au budget de guerre</h3>



<p>Le mouvement a débuté le 5 mars par un blocus lycéen contre la militarisation de la jeunesse. Cette action a lieu en solidarité avec un appel des organisations lycéennes en Allemagne contre la militarisation. Ce jour a vu des grèves et manifestations dans plus de 140 villes outre-Rhin avec plus de 50 000 lycéen&rsquo;nes en manifestation.</p>



<p>En France, l’écho a été partiel mais à Marseille le blocus le 5 mars a participé du déclenchement de blocus contre la militarisation et le budget de guerre. Les jours suivants, plusieurs établissements scolaires sont bloqués. La participation des lycéen&rsquo;nes permet d’accélérer les grèves des travailleur&rsquo;euses de l’éducation qui débutent le 10 mars dans plusieurs établissements particulièrement touchés par les coupures budgétaires.</p>



<p>La détermination des lycéen&rsquo;nes permet de convaincre les enseignant&rsquo;es de la grève en affirmant la nécessité de la solidarité avec les élèves qui bloquent et subissent une répression inouïe. L’Éducation nationale et la préfecture répriment les blocus avec l’envoi systématique de CRS, des G.A.V de lycéen&rsquo;nes mobilisé&rsquo;es, des interpellations à domicile d’élèves mineur&rsquo;es et même des fichages de certain&rsquo;es élèves par le rectorat.</p>



<p>Dans les manifestations intersyndicales, les lycéen&rsquo;nes animent des cortèges dynamiques, avec des slogans contre la guerre, contre la militarisation de la jeunesse, contre le génocide en Palestine, contre l’extrême droite et pour les services publics.</p>



<p>Des assemblées générales lors des journées de mobilisation ont regroupé lycéen&rsquo;nes, parents d’élèves et enseignant&rsquo;es. Ça a favorisé la politisation du mouvement en le faisant dépasser les revendications purement économiques propres au secteur, pour lui donner un caractère plus politique, qui lie les coupes budgétaires au contexte d’économie de guerre.</p>



<p>La répression inédite des lycéen&rsquo;nes a révélé ce que l’État était prêt à faire pour éviter que le mouvement ne se diffuse dans d’autres secteurs touchés par les coupes budgétaires dans un contexte de forte augmentation du carburant qui renforce l’impopularité de la guerre.</p>



<p>Toutefois, le mouvement ne s’est pas étendu au-delà du secteur de l’éducation à Marseille. Les militant&rsquo;es syndicalistes n’ont pas perçu le potentiel de ce type de mouvement et ne s’en sont donc pas saisi. Il a pourtant le potentiel pour faire reculer le gouvernement, non seulement sur l’éducation mais dans l’ensemble des secteurs visés par l’économie de guerre.</p>



<p>En ce sens, le communiqué écrit le 17 mars, en réponse à l’appel de l’AG éducation de Marseille à généraliser la grève le 26 mars, par les enseignant&rsquo;es du lycée Voltaire à Paris est exemplaire. En appelant à la grève nationale reconductible sur des mots d’ordre « des moyens pour l’éducation, pas pour la guerre ! Nos mobilisations sont la solution », il permet d’imaginer ce que pourrait changer la présence de camarades implanté&rsquo;es dans de nombreux établissements au niveau national voulant généraliser et politiser la grève.</p>



<p>Le potentiel du mouvement des travailleur&rsquo;euses de l’éducation contre la guerre dépasse la France.</p>



<p>Un mouvement d’ampleur dans l’éducation, qui dépasserait les frontières nationales, contre la destruction de l’école publique pour financer l’armée et les génocides, est possible.</p>



<p>En Italie, après avoir été impliqué dans les grèves pour la Palestine de septembre dont les taux de grève ont dépassé ceux des dernières années, le secteur de l’éducation appelle à une grève le 7 mai 2026 contre le budget de guerre, la militarisation de la jeunesse et la réforme des lycées professionnels qui s’annonce très suivie. D’après Francesco Tirro (militant syndicaliste éducation USB Scuola, rencontré lors de la flottille pour Gaza), « ces grèves sont le résultat d’un travail conscient syndical de liaison des conditions de travail à une situation politique plus générale d’économie de guerre, de militarisation de la jeunesse et de complicité du gouvernement Méloni avec le génocide en Palestine ».</p>



<p>Cette date de grève, appelée par plusieurs syndicats avec des mots d’ordre politiques, doit être suivie de près et montre les capacités des travailleur&rsquo;euses à riposter face à la guerre et la militarisation de la jeunesse.</p>



<p><strong>Anouk Brunet (Marseille)</strong></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/contre-le-budget-de-guerre-et-lausterite-toustes-en-greve/">Contre le budget de guerre et l’austérité, tous&rsquo;tes en grève !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Retour sur le 1er mai antifasciste, antiraciste et anticolonialiste !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/retour-sur-le-1er-mai-antifasciste-antiraciste-et-anticolonialiste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 May 2026 11:17:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[anticolonialiste]]></category>
		<category><![CDATA[antifasciste]]></category>
		<category><![CDATA[antiraciste]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Suite à la manifestation du 1er mai, nous vous proposons d&#8217;écouter et de lire les retours de 4 camarades suite à la manifestation du 1er mai, journée internationale de lutte pour les droits des travailleureuses. <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/retour-sur-le-1er-mai-antifasciste-antiraciste-et-anticolonialiste/" title="Retour sur le 1er mai antifasciste, antiraciste et anticolonialiste !">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Suite à la manifestation du 1er mai, nous vous proposons d&rsquo;écouter et de lire les retours de 4 camarades suite à la manifestation du 1er mai, journée internationale de lutte pour les droits des travailleureuses. Vanina de Paris, Hugo de Toulouse, Nico de Brest et Anouk de Marseille répondent à quelques questions.</em></p>



<p>Et pour écouter cette interview c&rsquo;est par ici : </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-block-embed-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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</div></figure>



<p><strong>Salut tout le monde ! Vous avez manifesté dans un cortège antifasciste, antiraciste ou anticolonialiste à l&rsquo;occasion du 1er mai. Est-ce que vous pouvez nous dire quels étaient les mots d&rsquo;ordre du cortège ? Et pourquoi choisir de lier ces mots d&rsquo;ordre-là à une manifestation internationale pour le droit des travailleureuses ? Pourquoi est-ce que c&rsquo;était important d&rsquo;organiser ce cortège ? </strong></p>



<p><strong>Vanina :</strong> Je milite à Paris dans l&rsquo;antenne du 20e arrondissement d&rsquo;A2C. Et par ailleurs, j&rsquo;aurais tout à fait pu aller manifester dans un cortège syndical puisque je suis également syndiquée au niveau de mon boulot. Mais depuis maintenant de longs mois, voire de longues années, ça me paraît extrêmement important, de <strong>réfléchir mon travail comme étant imbriqué dans la société</strong>. J’ai de plus en plus de discussions avec mes élèves et mes étudiants sur la question du risque de guerre, ça fait plus de deux ans maintenant qu’il y a un génocide en Palestine, c&rsquo;est aussi le développement du racisme avec tous les contrôles et les violences que subissent mes élèves dans leur vie quotidienne. Et c&rsquo;est la montée de l&rsquo;extrême droite qui n&rsquo;est pas une petite affaire et qui s&rsquo;est manifestée de façon militante, en tout cas dans mon quartier, par une campagne très offensive de Reconquête qui est venu sur différents marchés du 20e arrondissement pour sa campagne électorale. Et donc ça me paraît très très important de lier la question de mon travail et du rapport de force que j&rsquo;arrive à créer contre la dégradation de mes conditions de travail à toutes ces offensives aujourd&rsquo;hui de l&rsquo;État français et des fascistes.</p>



<p><strong>Hugo : </strong>Alors à Toulouse cette année, il y a à la fois eu un cortège anti-impérialiste et un cortège antifasciste. La bonne nouvelle c&rsquo;était que ces deux cortèges-là ont fait partie des plus importants de la manif. Nous on est surtout restés dans le cortège anti-impérialiste dont on avait signé l&rsquo;appel et qui était organisé à la fois par des organisations révolutionnaires, des collectifs issus du mouvement pour la Palestine et aussi des organisations antifascistes toulousaines. C&rsquo;était vraiment une réussite avec beaucoup de monde et en plus des personnes qui n&rsquo;étaient pas forcément des personnes connues dans le milieu militant. On sortait de notre entre-soi et on commençait à avoir une organisation un peu large. Les mots d&rsquo;ordre étaient assez clairs, c&rsquo;était “guerre à la guerre”, une dénonciation de la course à la militarisation et un appel à une mobilisation antisioniste, anti-impérialiste et contre le colonialisme français. Il y avait aussi des mots d&rsquo;ordre contre le racisme d&rsquo;État et l&rsquo;islamophobie avec des appels à la régularisation de tous les sans-papiers et à l&rsquo;abolition des CRA (centres de rétention administrative). Et aussi un appel et une prise en compte de la question antifasciste avec notamment l&rsquo;appel à la libération de tous les camarades antifascistes emprisonnés. </p>



<p><strong>Nico :</strong> Le 1er mai à Brest, c&rsquo;est lancé souvent par l&rsquo;intersyndicale CGT, Solidaires, FO etc. Cette année ça a été ouvert quand même à l’AG antifasciste et aux milieux associatifs, aux associations d&rsquo;aide aux migrants, etc. Ça c&rsquo;est positif, ça a créé un beau cortège en termes de nombre. On devait être 3 000, 4 000, ce qui est plutôt dans la fourchette haute pour Brest. Une bonne dynamique du cortège parce qu&rsquo;à l’AG antifasciste, on dynamise etc. En vrai, j&rsquo;ai l&rsquo;impression que les gens se rassemblent. Ils tenaient à se rassembler pour le 1er mai mais en fait, malheureusement, c&rsquo;est une espèce de tradition syndicale qui n&rsquo;engrange pas vraiment des forces, ne touche pas vraiment des nouvelles personnes et n&rsquo;enclenche pas une dynamique. En tout cas à Brest, c&rsquo;est ça. Après, on lâche pas l&rsquo;affaire. Petit à petit quand même, en discutant avec les uns et les autres, tu sens qu&rsquo;il y a une envie d&rsquo;aller bousculer les syndicats. Du coup, <strong>la CGT à Brest est en train quand même d&rsquo;être bousculée de l&rsquo;intérieur</strong>, il y a quelque chose d&rsquo;intéressant qui se passe. </p>



<p><strong>Anouk</strong> : À Marseille, il y a eu un cortège anticolonialiste et anti-impérialiste très organisé autour de la question de la guerre au Moyen-Orient, du retrait des troupes impérialistes, avec un discours de lutte contre la guerre en disant qu&rsquo;elle va avoir des conséquences sur les travailleurs et les travailleuses notamment avec l&rsquo;austérité. L&rsquo;objectif c&rsquo;était donc de construire un pôle qui arrive à lier la question de l&rsquo;austérité avec la guerre au Moyen-Orient et le génocide en Palestine, avec aussi des prises de parole en soutien à la flottille. Ce cortège a rassemblé des organisations politiques révolutionnaires, notamment Révolution Permanente et Autonomie de classe, mais aussi LFI, des organisations comme l&rsquo;URC et des collectifs de lutte pour la Palestine comme Union Palestine Marseille, Guerre à la guerre etc. C&rsquo;était important de construire un cortège sur ces mots d&rsquo;ordre dans la manifestation du 1er mai &#8211; journée internationale des travailleurs &#8211; pour rappeler qu&rsquo;on se porte en solidarité, depuis notre condition de travailleurs, pas seulement avec les travailleurs de France mais avec tous les travailleurs. Pour rappeler que dans le monde entier les travailleurs ils sont en train de subir et de prendre de plein fouet, selon les régions du monde, des bombardements impérialistes, des politiques génocidaires, et qu&rsquo;on se porte en solidarité avec les peuples qui résistent aux impérialistes. <strong>C&rsquo;est d&rsquo;autant plus important dans une dynamique française d&rsquo;économie de guerre</strong> et de retour du nationalisme pour la soutenir, d&rsquo;essayer de <strong>construire et de renforcer la conscience qu&rsquo;il ne faut pas qu&rsquo;on se lie à notre propre bourgeoisie</strong> mais qu&rsquo;on doit au contraire refuser de renforcer le discours dominant de la nation française face aux agressions étrangères et <strong>rappeler la solidarité internationale entre les travailleurs et les travailleuses</strong>.</p>



<p><strong>Est-ce que tu sais déjà quel écho a eu ce cortège auprès des milliers de personnes qui ont pris la rue en cette journée de mobilisation traditionnelle ? </strong></p>



<p><strong>Vanina :</strong> Moi, j&rsquo;ai vraiment le sentiment maintenant depuis quelques mois &#8211; et je pense que ça s&rsquo;est intensifié avec la campagne municipale &#8211; que de plus en plus, malgré tout, les gens sont à la fois préoccupés par la situation internationale avec les guerres aux quatre coins du monde et les offensives impérialistes vraiment prédatrices, et parallèlement à ça, par la montée des organisations fascistes, la campagne très agressive de Reconquête sur Paris par exemple, qui a été menée notamment dans des quartiers populaires. Je pense qu&rsquo;il y a à la fois cette inquiétude et en même temps, on sent dans cette manifestation les suites de tout ce qui a été incroyable dans les manifestations féministes du 8 mars : ce qui a réussi à mettre en échec Nemesis, qui n&rsquo;a pas pu manifester alors que ça faisait trois manifestations qu&rsquo;elles se pointaient sous escorte policière et qu&rsquo;on était obligé·es de subir leur présence ; ce qui a fait que des dizaines de milliers de personnes venues à la manifestation du 8 mars ont aussi empêché le cortège de Nous Vivrons &#8211; qui se dit fièrement sioniste &#8211; de marcher avec nous. Suite au 8 mars, on a retrouvé une bonne partie de ces personnes à la manifestation du 14 mars sur des revendications antiracistes et antifascistes à la veille du premier tour des Municipales, et moi j&rsquo;ai vraiment eu le sentiment dans cette manifestation du 1er mai, qu&rsquo;on ait été dans ce pôle-là ou qu&rsquo;on ait été dans un pôle syndical ou autre, qu&rsquo;on retrouvait un peu la même <strong>ambiance de contestation globale de la société dans laquelle on est  et de ce qui se prépare si jamais on ne s&rsquo;y oppose pas. Une ambiance aussi très joyeuse et très offensive car on est plus nombreuses et nombreux que les fachos donc on peut reprendre la main sur la situation.</strong></p>



<p><strong>Hugo : </strong>C&rsquo;était une belle mobilisation et une belle date qui, à Toulouse, doit s&rsquo;inscrire dans la continuité du mouvement anti-impérialiste qui est en train de se construire. Il se construit à Toulouse comme il devrait se construire partout mais à Toulouse, il y a des enjeux locaux qui sont importants : récemment il y a eu une nouvelle base militaire, le Commandement de l&rsquo;Espace qui a été inauguré et il y a aussi un centre d&rsquo;excellence spatiale de l&rsquo;OTAN qui s&rsquo;est installé. <strong>Toulouse est devenue la capitale du complexe militaro-industriel français et c&rsquo;est pour ça que c&rsquo;est particulièrement important qu&rsquo;on se lutte ici contre cette course à l&rsquo;armement</strong>. C&rsquo;était donc dans cette logique-là que s&rsquo;inscrivait la mobilisation du 1er mai, qui a mobilisé beaucoup de gens dans toute la ville, que ce soit des gens qui travaillent dans l&rsquo;aérospatial ou l&rsquo;armement, mais aussi le reste des habitant·es de Toulouse. C&rsquo;était pour ça, entre autres choses, que c&rsquo;était particulièrement important d&rsquo;être présent·es ce 1er mai. </p>



<p><strong>Anouk : </strong>Je me suis quand même questionnée sur l&rsquo;écho de ce cortège. Il faut dire que les prises de parole des directions syndicales qui ont organisé la manifestation du 1er mai c&rsquo;était finalement des discours anti-guerre, pour la paix, contre l&rsquo;austérité et contre le fascisme. Donc, sur les mots d&rsquo;ordre, on ne se distinguait pas tant que ça des appels et des prises de parole qui ont été faites après la manifestation par l&rsquo;UD CGT, Solidaires etc. Cela m&rsquo;a questionnée sur ce que c&rsquo;était l&rsquo;apport de notre cortège finalement. Et en même temps je pense que l&rsquo;apport ça a été celui de la présence des cortèges Palestine, parce que les directions n&rsquo;ont pas du tout été abordé la question du génocide. Au final,<strong> j&rsquo;ai l&rsquo;impression que la question de la guerre, depuis les syndicats, elle est abordée uniquement du point de vue de ce que ça fait aux travailleurs français</strong>. Notre cortège avait pour objectif de réussir à rompre avec ça pour aborder la question du point de vue de ce que ça fait aux peuples du monde entier. <strong>Je pense qu&rsquo;il fallait vraiment renforcer la dimension antiraciste du 1er mai et ça, on n&rsquo;a pas réussi à le faire totalement</strong> et je pense que ça a été une erreur.</p>



<p><strong>Et du coup, après la démonstration d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, comment on continue à construire largement nos luttes ? Comment on continue à construire les liens nécessaires ? C&rsquo;est quoi les suites pour s&rsquo;organiser ? </strong></p>



<p><strong>Vanina : </strong>Alors là, en tout cas sur Paris, on a une prochaine grosse échéance &#8211; et moi j&rsquo;étais très contente de voir que dans beaucoup de cortèges, cette date était dans les têtes &#8211; : c&rsquo;est la manifestation contre la parade des nazis, qui maintenant depuis quelques années prennent les rues de Paris et manifestent. Le Collectif antifasciste du 20ème &#8211; qui avait déjà pris l&rsquo;initiative l&rsquo;année dernière de proposer une contre-manifestation, en partant de l&rsquo;idée que c&rsquo;est inacceptable que des nazis puissent manifester tranquillement dans les rues de Paris &#8211; a relancé un appel, rejoint par un certain nombre d&rsquo;organisations. Et donc <strong>le prochain gros rendez-vous, c&rsquo;est la semaine prochaine, le 9 mai, pour contre-manifester face à la manifestation des fascistes</strong>. Et ce rendez-vous là, il a quand même pas mal circulé. Il y a eu beaucoup de militants et de militantes qui l&rsquo;ont tracté dans la manifestation et moi j&rsquo;ai vu qu&rsquo;effectivement, non seulement pas mal de gens étaient déjà au courant, mais en plus pas mal de gens disaient qu&rsquo;ils allaient participer à cette manif. C&rsquo;est vraiment une avancée incroyable quand on sait qu&rsquo;il y a deux ans encore, il n&rsquo;y avait pas eu de riposte à cette initiative des fachos. Mais maintenant, pour revenir sur la question que tu poses, j&rsquo;ai vraiment le sentiment qu&rsquo;il y a des situations où on sent que l&rsquo;atmosphère change, notamment à travers le caractère assez jeune de cette manifestation aujourd&rsquo;hui. On sent de la disponibilité de la part de milliers de personnes et c&rsquo;est aussi le moment, à mon avis, pour nos collectifs respectifs et nos luttes, d&rsquo;<strong>arriver à penser des façons de militer qui soient ouvertes et inclusives</strong>. C&rsquo;est aussi en faisant ça qu&rsquo;on sortira plus fort de ces séquences-là, qu&rsquo;on sera plus en capacité à la fois de faire des démonstrations et de redonner confiance à notre camp social, mais aussi de poser justement les questions de la globalité du monde auquel on s&rsquo;affronte et de débattre un peu des stratégies pour gagner.</p>



<p><strong>Anouk :</strong> Pendant la manifestation, on a tracté pour appeler à une assemblée générale pour la Palestine, pour la flottille et contre la guerre mardi à la Bourse du travail avec le cadre Guerre à la guerre. L&rsquo;idée c&rsquo;est d&rsquo;avoir des prises de parole de camarades militants dockers en Italie qui organisent une rencontre internationale des dockers les 16 et 17 mai à Istanbul et après, d&rsquo;avoir aussi une prise de parole lycéenne et de l&rsquo;éducation sur le mouvement qui a secoué ce secteur là et qui s&rsquo;est opposé aux conséquences de l&rsquo;économie de guerre, aux coupes budgétaires etc. Donc on va voir un peu si ça a pris de l&rsquo;écho, quelles possibilités il y a de construire des ripostes, des solidarités avec les travailleurs qui s&rsquo;organisent contre le génocide, contre l&rsquo;économie de guerre dans le monde entier. L&rsquo;idée c&rsquo;est de réussir à <strong>inscrire des réflexes internationalistes dans le monde du travail.</strong> On espère toucher les syndiqué·es qui veulent pousser pour qu&rsquo;il y ait ces mots d&rsquo;ordre dans leurs lieux de travail. À part ça, on doit continuer à essayer de<strong> dialoguer avec les bases des syndicats sur ces mots d&rsquo;ordre là, que ce soit les mots d&rsquo;ordre anti-impérialistes mais aussi antiracistes et antifascistes</strong>. Parce que je pense que <strong>la question de la guerre finalement, si on ne la prend que du côté du lien avec l&rsquo;austérité, on peut vite tomber dans la logique de construire le nationalisme pour lutter contre la guerre et c&rsquo;est vraiment pas ce qu&rsquo;on doit défendre en tant que révolutionnaires.</strong></p>



<p>Propos recueillis par Milig (Paris 19e) et Alice (Paris 18e)</p>



<p></p>
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		<title>Brest contre les fachos : pour dépasser la peur, construire l&#8217;unité et reprendre la rue</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/brest-contre-les-fachos-pour-depasser-la-peur-construire-lunite-et-reprendre-la-rue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 May 2026 10:42:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">A Brest, dans la nuit du 10 au 11 avril dernier, a eu lieu une violente agression raciste et pour riposter, a été organisée 15 jours plus tard, le 25 avril, une manifestation antiraciste par <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/brest-contre-les-fachos-pour-depasser-la-peur-construire-lunite-et-reprendre-la-rue/" title="Brest contre les fachos : pour dépasser la peur, construire l&#8217;unité et reprendre la rue">[...]</a></div>
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<p>A Brest, dans la nuit du 10 au 11 avril dernier, a eu lieu une violente agression raciste et pour riposter, a été organisée 15 jours plus tard, le 25 avril, une manifestation antiraciste par l&rsquo;AG antifasciste de Brest qui a rassemblé 800 personnes.<br>Nico, de l&rsquo;AG antifasciste de Brest et d&rsquo;Autonomie de Classe, nous raconte comment est-ce que pour dépasser la peur face aux fascistes, on peut construire l&rsquo;unité pour reprendre la rue et reprendre confiance en nous.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-block-embed-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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</div></figure>



<p><strong>Est-ce que tu peux revenir sur la forme que prend la menace fasciste dans ta ville, revenir sur ce qui s&rsquo;est passé ces dernières années et comment vous vous êtes organisé pour y faire face et revenir aussi sur les événements des dernières semaines ?</strong></p>



<p>À Brest, l&rsquo;engagement passe par l&rsquo;AG antifasciste qui s&rsquo;est montée en fin d’été dernier, suite à des agressions fascistes, de groupuscules néonazis, qui ont fait des agressions homophobes, contre des militant·es de gauche, et racistes. C&rsquo;est au sein de cet AG qu&rsquo;on s&rsquo;organise et qu&rsquo;on essaye d&rsquo;avoir une riposte. La menace fasciste, elle est assez présente à Brest par le biais de hooligans et par le biais de groupuscules néonazis et aussi par le biais de militants du RN.</p>



<p>Si tu veux, j&rsquo;ai l&rsquo;impression que les agressions clairement fascistes, racistes qu&rsquo;il y a eu il y a un an et demi, elles ne viennent pas de nulle part. Il y a toujours eu des groupuscules néonazis, identitaires en Bretagne. Il y a deux ans, il y a eu une manif fasciste soutenue par le RN contre l&rsquo;ouverture d&rsquo;un centre pour accueillir des personnes migrantes, en centre-Bretagne, et ils étaient déjà là. Donc, ce qui s&rsquo;est passé à Brest, c&rsquo;est que ça a touché des quartiers populaires, des endroits bien populaires, qui ont fédéré tout d&rsquo;un coup une réaction assez forte de la population et pas forcément de la population militante, ce qui a entraîné depuis un an une dynamique avec l’AG antifasciste qui existe.</p>



<p>Et il y a deux semaines, il y a eu une agression d&rsquo;une personne isolée, racisée, qui était tranquille sur le port et qui s&rsquo;est fait agresser lâchement. Il s&rsquo;est pris une droite qui l&rsquo;a mis KO, il est resté inconscient. Il a eu deux semaines d&rsquo;ITT.</p>



<p>Un des buts de l’AG antifasciste, c’est d&rsquo;organiser tout de suite un soutien aux victimes. Ce collectif rassemble différents militants de Brest, des gens soit qui sont syndiqués, qui militent dans les syndicats, soit qui militent dans des groupes de gauche, soit qui ne militent pas… Ca a créé une espèce d&rsquo;unité antifasciste qui se mobilise assez rapidement. Donc, rapidement, on a pu, en quelques jours, organiser une manif de soutien. C&rsquo;est ça qui est intéressant pour nous au sein de cette AG&nbsp;: avoir assez rapidement la possibilité d&rsquo;organiser des choses avec l&rsquo;aide des syndicats, des associations locales. Et, en cinq jours, on a organisé une manif de soutien, des prises de parole. Ca a rassemblé 800 personnes&nbsp;!</p>



<p>Et ce qui est intéressant, c&rsquo;est qu&rsquo;on arrive à pousser nos mots d&rsquo;ordre à nous, de s&rsquo;organiser à la base, dans les quartiers, dans les campagnes, sur nos lieux de vie, de travail.</p>



<p><strong>Et comment on peut faire pour dépasser la peur qui, parfois, justement, est un frein à la mobilisation par en bas contre les fascistes ?</strong></p>



<p>C’est sûr qu&rsquo;en fait, ça sidère un peu plein de gens, dans le milieu militant ou non, qui se demandent, du coup, s&rsquo;ils peuvent aller aux manifs ou s&rsquo;ils peuvent sortir tranquilles, en gros. Et on deal avec la peur en se disant que, de toute façon, c&rsquo;est la stratégie de l&rsquo;extrême droite et de la violence politique que porte l&rsquo;extrême droite de tétaniser et de faire peur et d&#8217;empêcher les gens de se réunir et de s&rsquo;organiser. Ça fait partie de leur stratégie. Donc ne nous laissons pas faire, parce qu&rsquo;en fait, on se rend compte que, mine de rien, on est nombreux et on a la force pour s&rsquo;organiser. Ce qui est intéressant, c&rsquo;est que là, les syndicats à Brest et les associations d&rsquo;aide aux migrants, les associations comme la Ligue de droit de l&rsquo;homme, tout de suite, ils sont partants. Parce qu&rsquo;on se connaît, on a l&rsquo;habitude de faire des choses. On n&rsquo;est pas d&rsquo;accord sur tout. Mais en fait, tout de suite, ça va assez vite d&rsquo;organiser la manifestation.</p>



<p>Et moi, je me dis, c’est grâce à ce qu&rsquo;on a pu forger à l’AG antifasciste&nbsp;: se faire confiance. On a organisé un gros festival en début d&rsquo;année qui a permis d&rsquo;occuper la place et de faire plein de choses pour nous redonner confiance, pour nous unir assez rapidement.</p>



<p>Maintenant, on est capable de s&rsquo;organiser vite et d&rsquo;aller tout de suite organiser une manif et de faire une occupation de la rue et de ne pas laisser la rue à la menace fasciste ou aux discours d&rsquo;extrême droite, aux actions de l&rsquo;extrême droite.</p>



<p>Et ça, c&rsquo;est vachement important. C&rsquo;est vachement important parce qu&rsquo;on se rend compte que la menace fasciste ou en tout cas la menace d&rsquo;action raciste, homophobe, anti-gauche, elle est réelle. Il y a des groupuscules qui s&rsquo;organisent, il y a des discours islamophobes à volonté déversés par les médias d&rsquo;extrême droite qui vont légitimer le passage à l&rsquo;acte. C’est important déjà de dire, on ne laisse pas faire, on se bat politiquement, symboliquement, on résiste. Et donc, c&rsquo;est important d&rsquo;occuper la place et de pouvoir réagir en masse, en tout cas de manière unitaire, avec les syndicats et les autres forces, et de ne pas laisser faire des choses qui sont inacceptables. Après, plus généralement, c&rsquo;est important parce qu&rsquo;on se rend compte que la montée de l&rsquo;extrême droite, la montée de la menace fasciste, elle est réelle et pas seulement en France, en Europe, dans le monde. Ils s&rsquo;organisent, ils ne sont pas inactifs, ils sont à l&rsquo;affût. Électoralement, le RN est le premier parti du pays, qu&rsquo;on le veuille ou non. Il fait des résultats impressionnants, ils sont en masse, ils ont des appuis d&rsquo;une partie de la classe patronale et de la classe politique qui commencent à faire leur relais. Alors, essayer de s&rsquo;organiser et d&rsquo;arriver à organiser des manifs et des ripostes sur le terrain, c&rsquo;est important. Essayer d&rsquo;unir les forces de gauche, et créer des dynamiques pour la suite, c&rsquo;est ça qui est intéressant. Notre manifestation, notre rassemblement en soutien à la victime, elle permet une dynamique, elle va permettre qu&rsquo;on continue au 1er mai d&rsquo;être dynamique sur ces questions-là, sur les questions antiracistes et aussi de montrer le racisme d&rsquo;État qui est réel.</p>



<p>Donc, face à la peur, on prend cette question au sérieux. Quand on fait des événements, on va réfléchir. Comment on fait un service d&rsquo;ordre ? Comment on riposte ? Sans avoir de réponse préétablie&nbsp;: on fait des bilans, etc. Et du coup, ça veut dire tout simplement qu&rsquo;en fait, la rue, on l&rsquo;abandonne pas. Mais moi, j&rsquo;ai envie de dire, ça va se construire petit à petit. Ça va être, par exemple, en organisant des festivals qui sont à la fois des moments où on se rencontre entre nous, on se fait confiance, on approfondit des questions, on discute stratégie politique et on se rend compte que tout se passe bien, qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de problème, on n&rsquo;a pas d&rsquo;agression, parce qu&rsquo;en fait, on n&rsquo;est plus nombreux qu&rsquo;eux. Il y a une division des forces, il faut arriver à s&rsquo;unir. Mais en vrai, on n&rsquo;est plus nombreux qu&rsquo;eux. Et la peur, au bout d&rsquo;un moment, elle change de nature. On se rend compte que ça peut nous mettre des freins, ça peut nous faire dire, faisons attention, soyons vigilants. Mais on se rend compte qu&rsquo;en fait, avec la confiance, on y fait face. C’est pas évident mais ça se fait sur le long terme. Ca se fait en se rencontrant, en organisant aussi des réunions publiques de façon régulière, petit à petit.</p>



<p><strong>Et maintenant, ça va être quoi les suites pour continuer à construire la dynamique antifasciste à Brest ?</strong></p>



<p>Alors là, on fait partie du 1er mai en tant qu’AG antifasciste. Ce qui est intéressant, c&rsquo;est que quand même, on est repéré par les forces syndicales et les forces politiques locales, même LFI par exemple. On est repéré comme, on va dire, une organisation de base qui compte, qui a sa voix au chapitre. Du coup, l’AG antifasciste va avoir son cortège pendant le 1er mai. Ensuite, il va y avoir le 9 mai&nbsp;: il va falloir faire des rassemblements contre les rassemblements fascistes qui ont lieu à Paris. Je fais référence au comité du 9 mai, qui est un mouvement néofasciste depuis quelques années, qui essaie de rassembler toutes les forces d&rsquo;extrême-droite de France et d&rsquo;Europe. Et nous, on a lancé tout de suite quelque chose pour le 9 mai, en lien avec les syndicats, et du coup, ça donne de la force. Ca permet vraiment de continuer sur une dynamique, et d&rsquo;approfondir ce qu&rsquo;on porte comme revendications et comme mots d&rsquo;ordre&nbsp;: Par exemple, le soutien aux personnes étrangères, la régularisation de tous les sans-papiers, des choses comme ça. Et ensuite, ça permet tout un travail qu&rsquo;on a construit depuis des mois avec tous ces acteurs, toutes ces associations dont j&rsquo;ai parlé, avec les syndicats, pour imaginer un autre festival antiraciste et antifasciste qui va se tenir à Brest, pour organiser des liens sur la lutte du peuple palestinien, etc. Donc en fait, on est pris dans une dynamique en réagissant à l&rsquo;actualité, en se greffant aux événements nationaux, comme le 1er mai, la Marche des Solidarités, la lutte en solidarité au peuple palestinien, et petit à petit, voilà, ça tient comme ça.</p>



<p>Là, on est parti sur une année qui va être très importante, avec au mois de mai prochain les élections présidentielles. Ça va être une année charnière. Du coup, si on arrive à avoir des mobilisations tout au long de l&rsquo;année pour arriver en force au printemps 2027, je me dis qu&rsquo;il y a quelque chose à faire. Au moins arriver en confiance, arriver en force, arriver unis.</p>



<p>Propos de Nico de Brest recueillis par Milig Sinou de Paris 19</p>
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		<title>À Marseille : Lycéen&#8217;nes, Profs, AED&#8230; Toustes contre la guerre !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Mar 2026 12:18:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[antiguerre]]></category>
		<category><![CDATA[éducation]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Depuis 3 semaines, la cité phocéenne est secouée par une mobilisation pour des moyens pour l&#8217;éducation et contre la guerre, initiée par les lycéen&#8217;nes et rejointe par les profs et AED. Anouk et Yassine, militant&#8217;es <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/a-marseille-lyceen%c2%b7nes-profs-aed-toustes-contre-la-guerre/" title="À Marseille : Lycéen&#8217;nes, Profs, AED&#8230; Toustes contre la guerre !">[...]</a></div>
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<p>Depuis 3 semaines, la cité phocéenne est secouée par une mobilisation pour des moyens pour l&rsquo;éducation et contre la guerre, initiée par les lycéen&rsquo;nes et rejointe par les profs et AED. Anouk et Yassine, militant&rsquo;es d&rsquo;A2C et membres de la CGT éducation à Marseille, nous racontent.</p>



<p><em>Nous allons commencer par une question assez large pour poser le contexte. Est-ce que vous pouvez nous dire pourquoi vous avez décidé de vous mobiliser sur vos lieux de travail contre la guerre ?</em></p>



<p><strong>Anouk &#8211; </strong>En février, le nouveau budget Lecornu, avant même ce qu’il se passe au Moyen-Orient aujourd&rsquo;hui, nous est apparu comme un budget de guerre, financé par des coupes dans les moyens alloués aux services publics. On a directement appelé à construire une date qui allie à la fois la question des besoins de moyens pour l&rsquo;éducation, et la question de la guerre. Pour nous, c&rsquo;était important de faire ce lien-là, déjà en premier lieu dans la CGT.</p>



<p>Après, à la rentrée des vacances scolaires, la première action qui s&rsquo;est passée, c&rsquo;était une action des lycéen&rsquo;nes contre la guerre. Cela s’est lancé aussi après dans les établissements qui ont reçu leur coupe budgétaire. Ils se sont mobilisés direct. La combinaison de la mobilisation des lycéen&rsquo;nes contre la militarisation et de l&rsquo;appel qu’on a lancé dans la CGT, a permis aux enseignant&rsquo;es de se mobiliser pour les moyens et de le relier à la question du budget de guerre.</p>



<p><strong>Yassine &#8211;</strong> Je diviserais la réponse en deux parties. Une partie sur l’actualité et une partie sur le rôle qu&rsquo;on peut avoir en tant que militant&rsquo;es révolutionnaires dans nos syndicats. En ce qui concerne l’actualité, c&rsquo;est celle qu&rsquo;on connaît, cette montée des tensions entre États impérialistes, ces attaques répétées notamment des États-Unis envers le Venezuela, puis l&rsquo;Iran. C&rsquo;est quelque chose de très ancré actuellement dans la tête de tout le monde, et bien évidemment dans celle de nos collègues, des lycéen&rsquo;nes, des étudiant&rsquo;es. Je pense qu&rsquo;il y a une première porte d&rsquo;entrée dans le fait d&rsquo;arriver à élaborer à partir de ce qui est dans la tête de tout le monde et d&rsquo;avoir des propositions politiques, syndicales, d&rsquo;action vis-à-vis de ça. </p>



<p>Ensuite, notre rôle en tant que militant&rsquo;es révolutionnaires dans des syndicats ou dans d&rsquo;autres collectifs, c’est d’arriver à lier les mobilisations qui pourraient n’être par exemple que sur la question de la dotation horaire, sur ce qui permet ou non un bon fonctionnement de l’éducation… D’arriver à lier ces sujets à ce qui fait cette politique d&rsquo;austérité : à savoir une politique guerrière de plus en plus présente en France. Y’a une détestation des États-Unis, qui font figure de « grands méchants loups ». Il faut remettre un peu ce qui se passe en France au centre, remettre le combat contre notre propre impérialisme au cœur aussi des mobilisations. </p>



<p>Du coup, il y a un peu les deux à la fois : un fait d&rsquo;actualité et en dessous, une nécessité en tant que militant&rsquo;es révolutionnaires d&rsquo;aborder ces questions-là le plus possible au sein des syndicats. </p>



<p><strong>Anouk &#8211; </strong>Bien sûr, on a discuté dans le syndicat pour essayer de l&rsquo;anticiper, mais ça reste quand même un mouvement qui part de la base, et je pense que c&rsquo;est important de le dire. Des gens se sont mobilisés sur la question des moyens, en la liant de façon des fois très directe, des fois de façon un peu moins directe à la question de la guerre. C&rsquo;est intéressant de voir aussi les niveaux de politisation sur ces questions qui varient selon des statuts qui sont très différents. Nous, chez les AED, c’était quand même assez fort, chez les profs un peu moins. La mobilisation des lycéen&rsquo;nes par contre, c&rsquo;était très clairement contre la guerre, avec des pancartes « plus d&rsquo;argent pour l&rsquo;éducation, moins pour la guerre », « on ne veut pas aller à l&rsquo;armée », aussi en réponse à la grève qui était portée en Allemagne le 5 mars, contre la militarisation. Et du coup, la question, c&rsquo;était moins « est-ce qu&rsquo;on se mobilise ou pas ? », mais « comment on soutient cette mobilisation, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on y apporte ? ».</p>



<p><em>À Marseille, le mouvement du secteur de l’éducation, il côtoie justement le mouvement lycéen qui secoue la ville depuis plus de deux semaines. Est-ce que vous pouvez nous dire quels liens existent entre les deux ?</em></p>



<p><strong>Yassine &#8211; </strong>Entre les mouvements lycéens et ceux des travailleur&rsquo;euses de l’éducation il y a des liens qui existent depuis pas mal d&rsquo;années, depuis au moins 2016 et les différentes réformes des retraites. Par exemple, la mobilisation des lycées à Marseille, elle part du lycée Saint-Charles, sur des mots d’ordre directs et clairs contre la guerre. Du point de vue des travailleur&rsquo;euses, c’est aussi ce lycée qui depuis des années arrive à mobiliser contre les budgets de guerre, contre les lois restrictives et répressives envers les élèves, notamment sur l’abaya. Il y a toute une histoire qui fait qu’on arrive à ces deux semaines, où le mouvement lycéen et le mouvement du secteur de l&rsquo;éducation se rencontrent un peu plus.</p>



<p>Et je pense que c&rsquo;est parce qu’en dehors du budget de guerre, les mouvements lycéens posent aussi fermement &#8211; lorsqu&rsquo;ils entrent en lutte &#8211; la nécessité de rompre les séparations qui existent avec les enseignant&rsquo;es ou les personnels. C&rsquo;est dans la lutte que les idées changent, en tout cas que la possibilité de les changer est fortement ouverte. Les barrières tombent un petit peu, profs et lycéen&rsquo;nes entrent dans un rapport qui petit à petit se rapproche de la camaraderie. Ce sont des liens qui se modifient dans ces moments de lutte et je pense qu&rsquo;on a beaucoup à gagner à les renforcer, notamment en multipliant les possibilités de rencontres, AGs, réunions, moments de convivialité, que ce soit entre les personnels et les lycéen&rsquo;nes, mais aussi avec les parents d&rsquo;élèves.</p>



<p><strong>Anouk &#8211; </strong>Je pense que c&rsquo;est le même mouvement en réalité. Je pense que les lycéen&rsquo;nes, quand iels bloquent le 5 mars [début de la mobilisation], c&rsquo;est ça qui pousse les profs à partir en grève et ça permet aussi de maintenir un niveau de politique. Je pense que ça a été un élément déclencheur, que ça a donné de la motivation aussi aux professeur&rsquo;es. Ce qui a été dit souvent c’est « il faut qu&rsquo;on les soutienne, ils sont en train de bloquer aussi pour nous, contre les coupes budgétaires ».</p>



<p>Il y a eu une très forte répression qui s&rsquo;est déchargée sur les lycéen&rsquo;nes avec les blocages. Des CRS venaient systématiquement, il y a eu des élèves mineurs qui ont été arrêtés chez eux sans que les parents soient au courant. Tout ça a permis aussi de politiser les profs face aux récits nationalistes, face aux classes dirigeants qui disent qu’il faut armer la France contre les attaques extérieures et qui, en même temps, sont en train de s&rsquo;armer pour mater les mobilisations contre la guerre. Je pense que c&rsquo;est ce lien avec les lycéen&rsquo;nes et la force qu’iels ont eu qui donnent le caractère un peu élevé de la mobilisation à Marseille aujourd&rsquo;hui, et que c&rsquo;est très important de continuer à le renforcer.</p>



<p>Effectivement, la lutte permet de changer les rapports qu’on a entre nous, comme disait Yassine. De se demander : c&rsquo;est quoi nos rapports aux lycéen&rsquo;nes quand on est AED ? Parce que de fait, notre travail, il a une dimension de surveillance, une dimension un peu de flicage. On nous a demandé de dénoncer les lycéen&rsquo;nes qui bloquaient. Mais là, on est en mobilisation et il y avait un truc très clair qui s’est affirmé dans la réunion avec les AED de « jamais on va faire ça ». </p>



<p><em>Aujourd’hui, jeudi 26 mars, c’est une journée de grève. Est-ce que vous pouvez nous raconter ce qu’il s&rsquo;est produit aujourd&rsquo;hui ? Est-ce qu&rsquo;il y a eu des expériences, dans le sens de ce que vous évoquiez, de la barrière qui tombe un peu entre profs et élèves ? Parce qu&rsquo;à A2C, on dit que la grève, ce n&rsquo;est pas juste faire mal au capital, c&rsquo;est aussi intéressant parce que c&rsquo;est de l&rsquo;auto-organisation, ça permet de faire émerger des discussions, etc. notamment entre collègues, montrer notre force collective, parce que c’est dans ce genre de moment qu’on construit l’unité de notre classe dans la lutte&#8230; Est-ce que vous pouvez revenir sur ce que cette journée de grève a permis en ce sens ? Si vous avez des chiffres, une idée de qui s’est mobilisé, ça peut aussi être intéressant d’avoir une vision là-dessus.</em></p>



<p><strong>Anouk &#8211; </strong>Il y a déjà des lycées qui sont en grève de façon reconduite ou qui font au moins deux, voire trois journées de grève par semaine. Ce sont les bahuts qui sont les plus touchés par les coupes budgétaires. Ces bahuts-là sont à l&rsquo;avant-garde de cette mobilisation. Ce qui est intéressant, c&rsquo;est l&rsquo;arrivée des parents d&rsquo;élèves qui se mobilisent aussi. Ce sont aussi des travailleur&rsquo;euses qui sont en train de se politiser dans ce mouvement-là. Le fait d&rsquo;aller les chercher, ça permet d’élargir la mobilisation et donc de sortir de quelque chose de corporatiste. Cela rejoint la question de l’interpro qui est une stratégie de lutte qu’on défend à A2C. Hier et avant-hier, des AGs dans des lycées ont réuni 100 personnes avec des parents d&rsquo;élèves, des élèves et des profs. </p>



<p>Pour aujourd&rsquo;hui en particulier, ce qui est à noter, c’est l’entrée massive en grève des vies scolaires. Il y a eu entre 40 et 60 vies scolaires totalement fermées à Marseille et dans les environs. Et quand une vie scolaire est fermée, ça fait que l&rsquo;établissement il galère à fonctionner. La grève, je crois qu&rsquo;elle a été plus massive. Mais par contre, il y a moins de personnes qui sont venues à la manifestation. Par rapport à l&rsquo;élargissement de la grève, il n&rsquo;y a pas eu un saut massif de monde dans la rue.&nbsp; Mais je pense qu&rsquo;il faut se dire que c&rsquo;est aussi le fruit d&rsquo;un mouvement qui dure depuis déjà trois semaines, qui compte plusieurs journées de grève.&nbsp;</p>



<p>Pour aussi parler un peu des perspectives. Ce mouvement-là, c&rsquo;est une réponse au budget austéritaire de Macron. Encore aujourd’hui en AG, il s’est dit qu’il fallait continuer à se battre contre la guerre mais il faut continuer à batailler contre des dynamiques qui tendent à dire « si on est pas touché&rsquo;es par les coupes on se mobilise pas ». Donc il faut continuer le travail d&rsquo;aller politiser, convaincre de se mobiliser toustes. Mais pour ça, on a besoin de plus de militant&rsquo;es qui font ce travail dans chaque bahut, de revenir, de rediscuter, de demander « pourquoi tu ne veux pas te mobiliser ? » etc.</p>



<p>Les perspectives, c&rsquo;est aussi de se dire que ce budget-là, la question de la guerre, ça ne touche pas que les profs, ça ne touche pas que l&rsquo;éducation. Ce qui a été voté en AG c&rsquo;est d&rsquo;appeler à un élargissement de la grève au niveau d&rsquo;autres secteurs, notamment le social et la santé. Et aussi de dire que le mouvement doit être national et qu&rsquo;il doit y avoir des AGs de préparation dans toutes les villes, pour préparer la prochaine date qui est le 31 mars.&nbsp;</p>



<p><strong>Yassine &#8211; </strong>Cette journée du 26 mars a été ponctuée de divers moments de lutte notamment portés par les lycéen&rsquo;nes qui, très tôt, ont tenté de faire un sit-in devant l&rsquo;inspection académique. Iels ont été rapidement dégagé&rsquo;es par les flics mais iels avaient aussi un autre rassemblement à 9h, devant le tribunal administratif, accompagné&rsquo;es de plusieurs enseignant&rsquo;es, pour soutenir l&rsquo;un de leurs camarades sous OQTF, avec un mot d&rsquo;ordre très clair qu&rsquo;aucun&rsquo;e lycéen&rsquo;ne n&rsquo;a à être sorti&rsquo;e ni de son lycée, ni de France, pour aucune raison. </p>



<p>Je pense que les AED, à Marseille notamment, sont en confiance de l&rsquo;acquis et des gains des différentes luttes des dernières années. Des luttes qui ont été basées, si ce n&rsquo;est sur une auto-organisation totale, en tout cas, sur une élaboration d&rsquo;un plan et d’un programme de lutte indépendants des inter-syndicales nationales. Je pense qu&rsquo;il y a cette culture de la lutte chez les lycéen&rsquo;nes aussi, là où, je pense, du côté enseignant, on est plutôt sur une longue série de défaites, celles des grandes grèves portées par l’intersyndicale nationale (les retraites, les différents plans de réforme) et qui ont brisé, pour pas mal de collectifs, de lieux de travail, la confiance en la possibilité d&rsquo;agir, de changer les choses. Et du coup, comment on fait ? Pour moi, c’est là la nécessité, de pousser à l&rsquo;auto-organisation des lieux de travail, que chaque lieu de travail décide aussi des moyens de sa lutte et de ses journées de grève, tout ça en se coordonnant, bien sûr, à l&rsquo;échelle de la ville et à l&rsquo;échelle nationale, si le mouvement se répand.</p>



<p><img data-dominant-color="8e8a83" data-has-transparency="false" fetchpriority="high" decoding="async" width="800" height="492" class="wp-image-11111 not-transparent" style="--dominant-color: #8e8a83; width: 800px;" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-27-at-12.59.42.webp" alt="" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-27-at-12.59.42.webp 1080w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-27-at-12.59.42-300x184.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-27-at-12.59.42-768x472.webp 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><br><br>Sit-in des lycéen&rsquo;nes devant la DSDEN le 26 mars</p>



<p><em>Le 28 mars, c&rsquo;est la commémoration de la Journée de la Terre. Il y a des appels à manifester qui sont internationaux, notamment contre le fascisme et la guerre. Une manifestation se profile à Marseille pour la Palestine et contre la guerre. Est-ce que le milieu de l&rsquo;éducation va y participer ?</em></p>



<p><strong>Anouk &#8211;  </strong>La question centrale c’est comment on arrive à politiser dans nos secteurs et je trouve que c’est plus facile actuellement que les derniers mois. Quand les gens sont en mouvement, ils sont beaucoup plus en capacité d&rsquo;entendre. Il faut que de plus en plus de personnes implantées cassent les réflexes strictement corporatistes des professeur&rsquo;es, arrivent à faire faire le lien entre ce qui se passe dans l’éducation et les autres initiatives politiques, comme le 28 mars, qui à Marseille est porté par les collectifs Palestine et Guerre à la guerre. On a appelé à un cortège de l&rsquo;éducation dans cette manifestation. Cela permettrait de donner une autre force au 28, de montrer que le mouvement de l&rsquo;éducation qui se met en grève depuis trois semaines est aussi présent pour lutter frontalement contre la guerre.</p>



<p>À Marseille, les directions syndicales critiquent le texte d’appel à la manifestation de l’après-midi qui, pour elles, n’impliquent pas assez les travailleur&rsquo;euses. Elles organisent donc un rassemblement le matin alors qu’on sait que la manifestation de l’après-midi sera beaucoup plus massive. Il y a un enjeu à arriver à rompre ce rapport-là. </p>



<p><strong>Yassine &#8211; </strong>La principale raison de participer à la manifestation du 28 c’est de continuer à maintenir la pression sur l&rsquo;État français, de dénoncer l’armement d’Israël, la dynamique va-t-en-guerre de Macron. En tant que syndicalistes dans l&rsquo;éducation je pense que l&rsquo;un des rôles qu&rsquo;on peut avoir, c’est de tout faire pour participer à l&rsquo;unité du mouvement social et à sa transformation en mouvement politique le plus puissant possible. Dans ce but, on doit argumenter auprès de nos collègues de travail, dans nos syndicats, sur la nécessité de descendre, tous et toutes, dans la rue, aux côtés des différentes organisations de lutte de soutien à la Palestine. Mais à l’inverse, c’est aussi à ces différentes organisations de convaincre en interne du fait d’impliquer les lieux de travail, les syndicats, de travailler à la jonction sur des lignes claires contre le génocide, contre la guerre, pour une Palestine libre.</p>



<p>Propos recueillis par Alice (Paris 18), Emil (Paris 20), Mathilde (Marseille)<br><br><em>Interview également disponible à l&rsquo;écoute sur <a href="https://open.spotify.com/episode/2O8HDuS7VSoq4t9DGLBTMH?si=RBLGqH_WRKeQ9WEALCjyiQ">Spotify</a>, <a href="https://link.deezer.com/s/32Pmb7EMtJAiyrGTsW2pS">Deezer</a> et <a href="https://podcasts.apple.com/fr/podcast/le-secteur-de-l%C3%A9ducation-contre-la-guerre-%C3%A0-marseille/id1832574436?i=1000757592017">Apple Podcasts</a>.</em></p>



<p></p>
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		<title>Syndicalisme : les directions contre la base</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/syndicalisme-les-directions-contre-la-base/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathilde]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 10:38:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Bloquons tout]]></category>
		<category><![CDATA[Mobilisation]]></category>
		<category><![CDATA[syndicalisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026 La séquence du 10 septembre au 2 octobre, autour du mouvement « Bloquons tout », déclenché après la tentative de Bayrou de faire adopter un nouveau budget en <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/syndicalisme-les-directions-contre-la-base/" title="Syndicalisme : les directions contre la base">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p><em>La séquence du 10 septembre au 2 octobre, autour du mouvement « Bloquons tout », déclenché après la tentative de Bayrou de faire adopter un nouveau budget en plein été, a été un révélateur de la situation politique actuelle. Il a mis en lumière à la fois l’extrême fragilité du gouvernement, la combativité persistante de notre classe, mais aussi le rôle central des directions syndicales dans la temporisation de la colère sociale pour laisser le temps aux classes dirigeantes de trouver une issue à la crise.</em></p>



<p>Malgré deux journées combatives mi-septembre (10 et 18) et un pouvoir affaibli, le gouvernement parvient en février 2026 à faire adopter un budget austéritaire et de guerre, grâce au 49.3 et au soutien du PS. Pour comprendre cette séquence, il faut analyser le rôle joué par les directions syndicales dans les mobilisations sociales et en tirer des conclusions stratégiques si nous voulons gagner dans la période qui s’ouvre.</p>



<p><strong>Le rôle des directions syndicales</strong></p>



<p>Chaque passage en force alimente la colère. Pour éviter un affrontement généralisé, la classe dirigeante s’appuie sur les directions syndicales, qui jouent un rôle central dans la canalisation de la mobilisation. Encore une fois, la séquence du 10 au 18 septembre l’a montré de manière très claire. La journée du 10 septembre a été marquée par une réelle dynamique combative et c’est en lien direct avec le fait qu’elle a été appelée par la base (forte présence de la jeunesse rejointe par des sections syndicales combatives). À la suite de cette journée, les directions syndicales ont appelé à un nouveau temps fort le 18 septembre.</p>



<p>Mais au lieu de renforcer la mobilisation, les directions syndicales professionnelles ont limité la mobilisation du 18 septembre à une journée isolée, sans perspective de reconduction et sans volonté d’unifier réellement les secteurs en lutte. Entre ultimatum et reconduction d’une journée le 2 octobre puis le 5 décembre, les directions syndicales ont joué, dans un moment de fragilité du pouvoir, un rôle de canalisation permettant à l’exécutif de se stabiliser. Aujourd’hui, c’est donc avec l’appui des directions syndicales et du Parti Socialiste que Lecornu a pu faire passer sans contestation massive un budget avec l’usage du 49.3.</p>



<p>Pourtant, si de nombreux·ses militant&rsquo;es sont critiques des directions syndicales, il nous faut nous doter d’une stratégie pour y faire face. Pour cela il faut comprendre le processus de construction d’un syndicat et des logiques de bureaucratisation auxquelles il fait face pour pouvoir combattre les politiques des directions syndicales. </p>



<p><strong>La bureaucratie, un phénomène inhérent à l’évolution des syndicats</strong></p>



<p>Un premier écueil dans lequel tomber serait de penser qu’il y aurait juste de mauvais·es dirigeant·es à la tête du syndicat. Les directions syndicales ne sont pas simplement le produit de trahisons individuelles. Pour qu’un syndicat se massifie et se stabilise, il se dote de moyens permanents : financements, structures, militant·es dédié·es aux négociations. Une partie des militant·es se professionnalise et son activité se déplace progressivement des lieux de travail vers les instances institutionnelles.</p>



<p>Nous ne disons pas que les bureaucrates « défendent consciemment le capitalisme ». Si une couche des travailleur·euses se professionnalise dans l’appareil syndical qu’elle s’attelle à maintenir, elle n’a plus les mêmes conditions d’existence. Son activité quotidienne ne consiste plus principalement à travailler côte-à-côte avec ses collègues sous l’autorité directe d’un patron, mais à gérer une organisation, négocier, siéger dans des instances, maintenir des relations institutionnelles. Lorsque l’on est dans la gestion d’un syndicat, l’appareil syndical devient la fin, et non plus un moyen pour renforcer la lutte. Et plus on monte dans l’appareil syndical, plus la distance avec les conditions immédiates de travail s’accroît, plus son statut dépend du cadre de négociation avec l’État et le patronat et donc du cadre de l’exploitation.</p>



<p>Dans les moments de forte intensité de lutte, ces contradictions sont d’autant plus visibles, comme nous avons pu le voir durant les deux dernières séquences des mouvements contre les réformes retraites où étaient beaucoup plus discutées les stratégies des directions syndicales nationales. La base peut pousser à l’extension du conflit, tandis que la bureaucratie cherche une issue négociée pour maintenir son rôle d’intermédiaire. Aussi, plus la crise politique s’approfondit, plus la nécessité de garantir la stabilisation du gouvernement implique de freiner la mobilisation et de canaliser la colère s’intensifie, et plus les directions syndicales jouent leur rôle de frein de la mobilisation.</p>



<p>Les divergences internes à la bureaucratie, entre sa gauche et sa droite, sont secondaires par rapport à la différence fondamentale entre les directions insérées dans les mécanismes institutionnels et les travailleur·euses directement confronté·es à l’exploitation.&nbsp;</p>



<p>La question n’est donc pas d’abord celle des personnes à la tête du syndicat mais de sa structure même. Une direction plus à gauche peut, dans certaines séquences, favoriser la mobilisation. Mais sans développement d’un courant combatif dans les bases, elle subira à son tour la pression à la modération ou ne permettra pas une dynamique sur du long terme. Il faut aussi distinguer les directions locales des directions nationales. Les équipes locales : unions locales, sections d’entreprises, syndicats départementaux restent en général plus directement ancrées dans les lieux de travail. Cette proximité peut maintenir une tension plus forte avec les attentes de la base et laisser davantage de place à des dynamiques combatives.</p>



<p>Les divergences internes à la bureaucratie existent entre sa gauche et sa droite, entre les directions locales et nationales. Elles restent toutefois secondaires par rapport à la différence fondamentale entre une couche insérée dans les mécanismes institutionnels (direction) et des travailleur&rsquo;euses directement confronté·es à l’exploitation (base).</p>



<p><strong>La bureaucratie, produit du recul de l’auto-activité des masses</strong></p>



<p>Mais si la bureaucratie a une base matérielle, elle n’est pas pour autant toute-puissante. Son poids dépend du niveau d’auto-activité des bases. La bureaucratie se renforce d’autant plus lorsque l’auto-activité des travailleur&rsquo;euses s’affaiblit et que les décisions stratégiques se concentrent entre les mains de ceux qui ont le temps et les moyens de les prendre.</p>



<p>Dans les périodes de mouvements sociaux, on observe souvent un développement des assemblées générales de travailleur&rsquo;euses, qui constituent un espace essentiel de débat et de critique des orientations des directions. C’est souvent dans ces espaces qu’on entend parler de stratégie de reconduction. Pendant la séquence des retraites de 2019, notamment à la RATP à Paris se déroulaient des AGs intersyndicales qui votaient démocratiquement la reconduction de la grève, confrontant parfois leurs propres directions (UNSA, CGT) qui préconisaient la trêve de Noël. Or pendant la séquence de la réforme des retraites 2023, malgré des manifestations immenses, le trop peu d’assemblées générales à la base n’a pas permis de proposer une alternative aux directions syndicales.</p>



<p><strong>La bataille politique dans les syndicats</strong></p>



<p>Un problème majeur est que, sur les lieux de travail, les bases ne trouvent souvent ni la force ni la confiance nécessaires pour se battre sans appels des directions syndicales. Il est donc prioritaire de penser la construction d’une direction « par en bas », réappropriée par les travailleur&rsquo;euses elles et eux-mêmes, qui renforce leur combativité et leur confiance dans leur propre force. Mais cela nécessite un travail conscient de militant·es syndicalistes qui veulent développer le syndicat de façon combative, élargir sa base et défendre l’auto-organisation. Aussi, cela implique d’assumer et de porter des conflits avec les directions syndicales même locales quand elles limitent l’action et la force collective. Ainsi, il ne suffit pas uniquement d’être syndiqué·e lorsque l’on est révolutionnaire, mais de mener les batailles dans son syndicat pour pousser pour l’auto-organisation de la base.</p>



<p>Quelle politique défendre à la base ? Renforcer les espaces démocratiques</p>



<p>Une politique pour et par les bases elles-mêmes est une politique qui pousse à l’auto-organisation sur les lieux de travail. Dans le secteur de l’éducation, lors du mouvement de septembre, on a vu des AGs de travailleur&rsquo;euses fleurir dans les bourses du travail pour décider collectivement de la reconduction ou non de la grève. Ces espaces démocratiques sont généralement peu investis par les travailleur&rsquo;euses mais profondément nécessaires pour que la grève leur appartienne. Notre tâche est de les renforcer et de faire en sorte qu’un maximum de travailleur&rsquo;euses y participent. De la même façon, cette politique doit se renforcer régulièrement sur les lieux de travail où nous devons renforcer les AGs pour permettre de s’habituer à se réunir pour discuter politique.</p>



<p>Ces pratiques permettent de rappeler que les travailleur·euses doivent et peuvent diriger par elleux-mêmes. Les moments de lutte syndicale nationale sont l’opportunité pour favoriser ces pratiques. C’est à partir de ces moments d’intensité de lutte que nous pouvons tenter de pérenniser ces moments démocratiques dans le temps.</p>



<p>Le syndicat peut être cet outil en permettant d’organiser des AGs de toustes les syndiqué·es assez régulièrement. C’est dans cet espace qu’on doit pouvoir tirer des perspectives de lutte, des combats politiques à mener, notre organisation face aux attaques de la classe dirigeante.</p>



<p><strong>Politiser les luttes syndicales&nbsp;</strong></p>



<p>L’un des problèmes centraux du syndicalisme dominant est la séparation entre luttes économiques et luttes politiques. Cette distinction, qui semble naturelle, repose pourtant sur une division artificielle : les conditions d’exploitation dans l’entreprise et les décisions politiques de l’État sont profondément imbriquées.</p>



<p>Dans la pratique syndicale dominante, la mobilisation est souvent cantonnée à un registre revendicatif limité : défendre des acquis, négocier des compensations, peser sur un projet de loi, mais sans ouvrir la possibilité d’un affrontement plus large sur l’organisation même du travail, sur le contrôle de la production et sur l’État.</p>



<p>Politiser les luttes ne signifie pas les subordonner à un agenda parlementaire, mais partir de ce qui se joue dans les bases, de politiser les conflits pour poser la question du pouvoir patronal et du rôle de l’État. Dans l’éducation nationale, nous avons poussé pour articuler une mobilisation contre la suppression de postes et de moyens avec le refus du nouveau budget de guerre. Plus de moyens dans l’éducation, moins pour l’armement et la guerre. Cette campagne permet de politiser les raisons pour lesquelles il y a ces coupes budgétaires dans l’éducation nationale et de comprendre que cela ne va pas s’améliorer dans les prochaines années sans une riposte. Ces réflexes permettent de renforcer la conscience des travailleur&rsquo;euses que les attaques sont cohérentes et organisées contre la classe ouvrière dans son ensemble. </p>



<p>Mais les questions politiques viennent souvent de l’extérieur des luttes concrètes syndicales. En Italie, les grèves de solidarité avec la Palestine ont été rendues possibles par l’existence de liens entre syndicalistes et organisations palestiniennes, capables d’ancrer concrètement la question de la guerre au transport de marchandises ou d’armes dans les lieux de travail. La grève générale en Italie pour la Palestine a été le fruit de plusieurs actions préalables de prise de confiance des travailleur&rsquo;euses à la base des syndicats pour agir en faveur de la Palestine, loin de l’immobilisation des directions majoritaires.</p>



<p>Toutes ces expériences permettent de renforcer ce que doit devenir le syndicat : un outil de lutte des travailleur&rsquo;euses contre l’État et le patronat sur toutes les questions politiques.</p>



<p><strong>Lutte interprofessionnelle</strong></p>



<p>La grève dans une entreprise, sur un lieu de travail permet d’affirmer l’antagonisme travailleur&rsquo;euses/patrons et de supprimer la concurrence entre les travailleur&rsquo;euses. Mais cette conscience doit être étendue à l’ensemble de la classe. C’est pourquoi les luttes interprofessionnelles sont décisives. Les assemblées générales interprofessionnelles permettent de coordonner les mobilisations, d’élaborer des perspectives communes et de rompre l’isolement organisé par les directions. Pour favoriser cette construction interprofessionnelle, l’outil syndical des unions locales permet de réunir toustes les syndiqué·es d’une zone géographique et d’y discuter politique. Ces espaces peuvent jouer un rôle décisif dans les mobilisations à venir.</p>



<p>Ces politiques menées aux bases des syndicats permettent d’effectuer un travail de conscientisation et de solidifier des expériences de combat sur son lieu de travail qui vont être nécessaires dans la séquence à venir. Mais ces batailles politiques ne peuvent être menées seules. Elles nécessitent le regroupement des militant·es convaincu&rsquo;es de cette stratégie pour une action commune dans les syndicats majoritaires. Une organisation révolutionnaire doit permettre ce regroupement et cette intervention commune. Sans construction consciente d’un courant combatif organisé dans les syndicats majoritaires, la critique de la bureaucratie restera impuissante.</p>



<p>Anouk (Marseille)</p>
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		<title>Dans la France de Macron, une seule solution : l’organisation. </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/dans-la-france-de-macron-une-seule-solution-lorganisation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathilde]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 10:32:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[CGT]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Librairies]]></category>
		<category><![CDATA[SUD]]></category>
		<category><![CDATA[syndicalisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026 Retour sur les balbutiements d’une activité syndicale pérenne en librairie. Être salarié&#8217;e de librairie, c&#8217;est souvent travailler dans des toutes petites structures, de moins de 11 salarié·e·s. C’est <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/dans-la-france-de-macron-une-seule-solution-lorganisation/" title="Dans la France de Macron, une seule solution : l’organisation. ">[...]</a></div>
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<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p><strong>Retour sur les balbutiements d’une activité syndicale pérenne en librairie.</strong></p>



<p>Être salarié&rsquo;e de librairie, c&rsquo;est souvent travailler dans des toutes petites structures, de moins de 11 salarié·e·s. C’est parfois avoir un&rsquo;e ou deux collègues maximum, c’est travailler avec son, sa patron&rsquo;ne au quotidien, souvent coincé&rsquo;e dans des espaces physiques de vente assez réduits. Être libraire en 2026, c’est aussi souvent travailler pour un patron de « gauche », qui brouille les frontières de classe, qui fait appel à l’affect et à la passion de vendre des livres de gauche et de diffuser des idées progressistes, pour justifier des conditions de travail souvent épuisantes, démultiplier les tâches et les heures sans que cela ne se traduise sur nos fiches de paie à la fin du mois. </p>



<p>Dans ce secteur atomisé, où nous sommes souvent isolés les un&rsquo;es des autres, l’organisation collective &#8211; et d’autant plus syndicale &#8211; n’est pas une évidence : c’est une tradition à construire. </p>



<p>L’enjeu pour nous a été de réussir à s’organiser de manière autonome de nos patrons ; cet enjeu peut sembler une évidence dans nos milieux militants, mais ça a dû être gagné en librairie car bon nombre de nos patrons avaient défilé avec nous en 2023 lors de la lutte contre la réforme des retraites. Nous devons avoir nos propres espaces de lutte, nos intérêts ne sont pas ceux de nos patrons, qui en dernière instance vont toujours défendre leurs moyens de production.&nbsp;</p>



<p>Nous avons à quelques un·es relancé la CGT Librairie en septembre 2022, construction qui s’est accélérée grâce au mouvement contre la réforme des retraites. Lors de la mobilisation, nous avons cherché à organiser une assemblée de lutte des libraires, en lien avec le collectif Carton Plein mais aussi avec le syndicat Solidaires. Cette assemblée a permis d’organiser des libraires, de faire des tournées de différentes librairies, des diffusions de tract devant l’École de la librairie et l’IUT Métiers du livre et d’organiser des gros cortèges lors des manifestations. Nous nous sommes réuni&rsquo;es non seulement sur la réforme des retraites, mais aussi contre son monde, celui de Macron et de la classe dirigeante, ce monde raciste et sexiste. C’est aussi cette force qui nous a permis de nous adresser largement et de maintenir des niveaux de mobilisation assez importants dans notre secteur, et d’être l’un des seuls cortèges de secteur de travailleur&rsquo;euses lors de la manifestation contre la Loi Darmanin, loi raciste par excellence, ou encore de participer à la mobilisation contre le RN au Havre avec les collectifs de la Marche des Solidarités. Nous avions en effet pensé cette AG comme un lieu de contestation globale de la politique autoritaire et néolibérale du gouvernement. Tout cela nous a amené·es à penser nos conditions de travail à travers ce prisme. </p>



<p>Le harcèlement en librairie (sexiste, raciste&#8230;) n’est pas un simple fait isolé d’un patron, mais bien le reflet de tendances plus globales de la situation politique. Il faut donc s’affronter aux systèmes d’oppressions aussi bien face à son patron qu’être solidaire avec l’ensemble de notre classe dans la rue contre le racisme et le sexisme, pour gagner ensemble.&nbsp;</p>



<p> Le bilan de cette mobilisation où des patrons « de gauche » se sont incrusté·es dans nos espaces de luttes a bien montré la divergence irréconciliable entre ces dernièr&rsquo;es et leurs salarié&rsquo;es : les patrons peuvent être contre la réforme des retraites, s’opposer à Macron et même voter LFI. Mais quand il s’agit de payer l’ensemble de nos heures supplémentaires, de mettre en place des tickets restaurants, d’augmenter nos salaires ou même de respecter le niveau minimum de la convention collective, pourtant pas très généreuse, les prétextes surgissent : il faut se souvenir que nous faisons un métier « passion », que nous devons accepter d’être en difficulté financière pour que le patron ne le soit pas… et en plus faut bien faire un petit effort face au grand méchant Amazon. </p>



<p>Après le mouvement de 2023, nous avons eu du mal à convaincre de l’importance de se syndiquer et le Bookbloc (l’AG des libraires) a peu été actif en l’absence de mobilisation. Mais depuis 2024, le génocide en Palestine et les législatives, les libraires sont la cible d’attaques des fachos et des sionistes. En effet, les libraires ne vivant pas en dehors du monde, proposent des assortiments de livres et prennent position. Position contre le fascisme, contre le RN et le racisme, mais aussi contre la colonisation et le génocide en Palestine. </p>



<p>Le Bookbloc a repris son activité à l’initiative de camarades de la CGT pour organiser la riposte antifasciste et antisioniste, ce qui a permis de convaincre pas mal de libraires de rejoindre le syndicat.</p>



<p>Les positions claires défendues par la CGT &#8211; librairie (que ce soit sur la Palestine, les fachos ou les patrons) a permis de convaincre de s’organiser. Après l’organisation de plusieurs rassemblements et AGs, mais aussi d’une table ronde avec Culture en lutte et Solidaires Métiers du livre, nous avons eu une petite vague d’adhésion de libraires voulant activement construire le syndicat sur des bases militantes.&nbsp;</p>



<p>L’activité syndicale se met en place avec grâce à des relais avec d’autres camarades, qui ont acquis un peu d’expérience syndicale dans d’autres villes. Nos élu·es en branche librairie sont en lien avec les mobilisations à la base et nous essayons de tenir une équipe militante en région parisienne avec une réunion et une permanence syndicale mensuelles. Au fil des mois, de plus en plus de collègues se tournent vers la CGT lorsqu’ils ou elles ont une question ou un problème, preuve que l’activité syndicale paye et qu’on gagne en notoriété et en confiance dans notre milieu.&nbsp;</p>



<p>Au travers de cette activité syndicale se sont développées des positions politiques qui font émerger des débats entre les différentes stratégies syndicales. Pendant la lutte contre la réforme des retraites en 2023, nous pouvions discuter avec certains camarades du collectif Cartons pleins de la meilleure manière de concentrer nos forces : bloquer les flux dans la chaîne du livre ou alors partir de notre moyen d’action qu’est la grève en convainquant massivement notre milieu de s’impliquer dans le mouvement (cette position était plutôt défendue par la CGT). </p>



<p>Aujourd’hui avec la constitution de Sud métiers du livre, d’autres débats se posent à nous et nous ont permis de nous renforcer dans les choix d’orientation politique pour notre section syndicale. En effet, Sud fait le choix de se construire au travers de la chaîne du livre plutôt que du commerce. Nous avons fait le choix inverse car nous pensons justement que nos conditions de travail, en tant que libraires, sont plus proches du reste de celles des autres commerçants de nos quartiers, que d’éditeur&rsquo;ices. </p>



<p>Défendre des frontières claires et imperméables avec nos patrons nous semble impératif si l’on veut construire un outil syndical efficace, qui nous permette de renforcer le rapport de force général de notre classe pour les batailles qui arrivent.&nbsp;</p>



<p>Ces différents choix reflètent des visions contrastées du rôle d’une organisation syndicale, ce qui s’est reflété dans les réactions différentes aux attaques contre les librairies. Nous pensons qu’il faut résolument être derrière les salarié·e·s et s’organiser en autonomie de nos patrons même si à certains endroits, nous pouvons nous retrouver ciblé·es par les mêmes attaques des fascistes et sionistes. Cependant, il ne faut pas oublier les collègues qui subissent la pression en interne de leurs patrons sur leurs assortiments, et enfin ne pas oublier qu’en dernier recours un patron défendra son commerce plutôt qu’une position politique radicalement antifasciste ou antisioniste. </p>



<p>Défendre des frontières claires et imperméables avec nos patrons nous semble impératif si l’on veut construire un outil syndical efficace, qui nous permette de renforcer le rapport de force général de notre classe pour les batailles qui arrivent.&nbsp;</p>



<p>Toutes ces expériences nous ont permis de mettre une pierre après l’autre de la reconstruction d’un outil syndical efficace en librairie, travail de fourmis qui parfois permet de grosses réussites quand l’étincelle arrive, comme pendant la réforme ou face aux attaques fascistes, sionistes, mais permet aussi aux quotidiens d’avoir un outil d’organisation et de défense collective face à Macron et son monde.&nbsp;</p>



<p>Sana (Paris 18e)</p>
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		<title>Fascistes hors de nos vies ! Retour sur une campagne anti-RN et Reconquête ! dans le 20e arrondissement de Paris.</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/fascistes-hors-de-nos-vies-retour-sur-une-campagne-anti-rn-et-reconquete-dans-le-20e-arrondissement-de-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Mar 2026 14:14:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[fasciste]]></category>
		<category><![CDATA[le pen]]></category>
		<category><![CDATA[Reconquête]]></category>
		<category><![CDATA[RN]]></category>
		<category><![CDATA[Zemmour]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>À l’occasion des municipales à Paris, les fascistes de Reconquête se sont sentis pousser des ailes avec la candidature de Sarah Knafo. Heureusement, il y a eu des ripostes efficaces pour saboter leur campagne sur le terrain et dresser les habitant·es des quartiers populaires contre eux.&nbsp;</em><br><em>Nous avons interrogé Oshka, militante antifasciste et membre d’A2C.</em></p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p><strong>Peux-tu nous présenter la riposte antifasciste pendant la campagne des municipales dans le quartier, et en particulier sur les marchés ?</strong><br>Avec le collectif antifasciste, on a lancé une campagne contre le RN et Reconquête, particulièrement contre le RN parce qu’on pense que c’est le parti fasciste le plus puissant en France. On a lancé ça dès le mois de septembre. Et on a été présent&rsquo;es sur les marchés, à distribuer des tracts contre le RN en rappelant pourquoi on considérait ce parti comme fasciste, et en se concentrant vraiment sur leur racisme. Très honnêtement, au début, ça ramait un peu, mais c’est normal parce que les élections municipales étaient loin.<br>Le RN, on avait vu des militants l’année dernière, cet été un peu, et un peu en septembre. Ils ont fait des posts Instagram où ils disaient qu’ils déposaient des tracts dans les boîtes aux lettres et qu’ils passaient sur les marchés. Et c’est à ce moment-là que nous, on a commencé à investir vraiment les marchés, en se disant que même s’ils n’étaient pas là, au moins, les gens qui ont reçu leur tract la semaine d’avant, la semaine d’après, ils recevront aussi les nôtres. Et depuis, on ne les a pas revus. C’est plutôt Reconquête qui a fait une campagne beaucoup plus dynamique et agressive dans nos quartiers.<br>Ce qu’on a fait, c’est réactiver une ancienne boucle Whatsapp du 20e arrondissement qui s’appelle « Antiracistes Antifa 20e », qui était une boucle utilisée par les militant&rsquo;es du quartier. On l’a rendue publique en mettant le QR code sur nos affiches, nos tracts, etc., et en incitant tout le monde à la rejoindre. Elle a été rejointe par énormément d’habitant&rsquo;es, mais aussi par des commerçant&rsquo;es, par des gens du marché qui avaient leur stand et qui pouvaient nous prévenir rapidement si les fascistes étaient là. Il y a presque 400 personnes sur ce groupe, et ça s’est vraiment accéléré ces dernières semaines, parce que la campagne battait son plein.<br>On a réussi à faire en sorte que la quasi-totalité des tractages des militants de Reconquête soient perturbés par des militants antifascistes, mais pas que, vraiment par tous les habitant·es. Tout le monde a pu se saisir de la question antifasciste. Car notre objectif, c’est que les antifascistes du XXe, ce soit tout le monde, que les réflexes antifascistes renaissent. Et cette riposte nous a permis de voir que s’il y avait bien une ligne qui marchait, c’était la ligne de l’antifascisme massif, ouvert, sur des bases larges.</p>



<p><strong>Qu’est-ce que la mort du fasciste à Lyon a fait à la dynamique du collectif ?</strong><br>Avec sa mort, il y a eu un sursaut antifasciste, en tout cas dans le 20e, qui était très clair. On a pu voir que tout le travail qu’on avait fait en amont n’était pas vain. On était plusieurs à argumenter que c’était le moment où le collectif antifasciste devait s’ouvrir. Parce que les gens se rendent compte du danger fasciste, ils se rendent compte de la nécessité d’un antifascisme qui soit fort et qui soit ouvert. Et donc, on avait besoin d’ouvrir le collectif, on avait besoin de faire en sorte que tout le monde puisse se joindre à la lutte sur des bases larges et donc il nous fallait construire un antifascisme de masse. Les débats ne sont pas réglés, mais en tout cas, je pense que ça a quand même éclairci un petit peu ce qu’il était nécessaire de faire.</p>



<p><strong>Comment voyez-vous la suite ?</strong><br>Ce qui est sûr, c’est que toutes les personnes qui se mobilisent aujourd’hui, il faut qu’on leur permette de continuer à se mobiliser. Il ne faut pas perdre cette dynamique et cet élan qu’on a. Effectivement, on risque de moins voir Reconquête et le RN dans nos quartiers, puisque la campagne va se terminer. Il reste toujours la question de l’implantation du RN et de faire en sorte que partout où ils soient, on aille les dégager. Mais il va falloir rediriger toute cette énergie antifasciste vers quelque chose d’autre qu’une contre-campagne antifasciste à l’occasion des municipales. Je pense que notre prochaine date, ça doit être la contre-manifestation du C9M, le défilé des fascistes, début mai. C’est la prochaine date antifasciste qui va compter.</p>



<p>Propos recueillis par Barnabe (Paris 18e)</p>
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		<title>S’organiser contre les campagnes électorales des fascistes : « Une urgence et plein de débats ! »</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/sorganiser-contre-les-campagnes-electorales-des-fascistes-une-urgence-et-plein-de-debats/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Mar 2026 14:13:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Lepen]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[Rassemblement national]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">En septembre 2025, le RN lance sa campagne à Marseille. Franck Allisio (tête de liste du RN local) allait serrer des mains dans des salons associatifs, à une présentation des nouvelles techniques de maintien de <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/sorganiser-contre-les-campagnes-electorales-des-fascistes-une-urgence-et-plein-de-debats/" title="S’organiser contre les campagnes électorales des fascistes : « Une urgence et plein de débats ! »">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>En septembre 2025, le RN lance sa campagne à Marseille. Franck Allisio (tête de liste du RN local) allait serrer des mains dans des salons associatifs, à une présentation des nouvelles techniques de maintien de l’ordre ou dans des pizzerias. Puis, très vite, le RN a annoncé faire alliance avec l’UDR ciottiste, le RPR (organisation fantoche du RN pour les candidats d’extrême-droite ne souhaitant pas se présenter sous la bannière du RN) et Marseille d’abord (scission identitaire locale de Reconquête ! portée par le sénateur Stéphane Ravier). </em></p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #20 &#8211; Janvier 2026</h6>



<p>Fort·es de l’expérience post-législatives 2024, la Riposte Antifasciste s’est donc donné comme objectif d’argumenter à nouveau sur ce dilemme : comment construire une contre-campagne qui n’aboutisse pas à de l’électoralisme, mais au contraire, pousse à l’auto-organisation et à dépasser les dates électorales ? Bref, comment concrètement faire que « l’antifascisme soit l’affaire de toustes » ? </p>



<h2 class="wp-block-heading">Argumenter de la centralité du RN </h2>



<p>À l’initiative d’A2C, une discussion publique a eu lieu au week-end régional réunissant des collectifs antifascistes et antiracistes. Ce moment a pu donner un aperçu de l’état du mouvement antifasciste en reconstruction. Ce qui était enthousiasmant, c’est la richesse des discussions : comment intervenir dans sa ville, son quartier ? Comment argumenter de la centralité du racisme ? Un point cependant ne mettait pas tout le monde d’accord, la question de la cible. Depuis avril 2025, Marseille est traversée par l’intensification de rafles contre les habitant·es des quartiers populaires du centre-ville. Comment argumenter qu’il ne faudrait pas se battre contre Benoît Payan (PS) maire en responsabilité et candidat à sa réélection ? Et Martine Vassal, candidate macroniste-LR, n’a-t-elle pas elle aussi stigmatisé les musulman·es et les migrant·es ? Est-ce qu’iels ne seraient pas eux-mêmes fascistes ? Ces mêmes questions traversent notre collectif. </p>



<p>On peut y répondre au moins par trois points : </p>



<p>1) Oui Payan et Vassal sont racistes et islamophobes. Mais le RN est un parti fasciste. Il faut qu’on parvienne à mener de front les luttes antiracistes qui s’opposent à ces partis, et un combat spécifique contre le RN. </p>



<p>2) Les périodes électorales sont un moment de forte politisation, le RN recrute massivement et intensifie ses liens (avec le CRIF, Nous Vivrons ou Némesis). Les empêcher de s’organiser, c’est sur le long terme les affaiblir tous. En reprenant le même argument, les périodes électorales doivent être pour nous, des moments où l’on impulse massivement l’auto-organisation. </p>



<p>3) « L’argent c’est le nerf de la guerre ». Si le RN prend le pouvoir localement, il pourra matériellement se renforcer en finançant de nouveaux cadres et contrôler les subventions. De quoi renforcer et mener à la baguette un tissu associatif local en direction de son agenda. Bref, le RN au pouvoir, c’est un RN plein aux as localement. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Riposter par une contre-campagne, vers l’auto-organisation au-delà des élections </h2>



<p>Une première AG de mobilisation a été appelée le 04/12. Une centaine de personnes se sont réunies dans les locaux de Solidaires. Une première partie de ce rendez-vous revenait à argumenter sur « pourquoi le RN ? ». Contre toute attente, les personnes étaient largement convaincu·es de cibler principalement le RN. La deuxième partie de l’AG était organisée en petits groupes, où l’on a pu discuter de trois axes de riposte : <br>1) Cibler les fascistes sur le terrain et créer un groupe de vigilance, <br>2) Répertorier un réseau des lieux solidaires de notre camp, <br>3) Comprendre leur programme et les cibles du RN (quartiers, thèmes). </p>



<p>Chacun de ces groupes avait été pensé pour se répondre. En effet, comprendre les cibles du RN c’est aussi savoir où mettre ses forces, avoir un coup d’avance. Permettre la constitution d’un réseau de solidarités (commerçant·es, lieux culturels, locaux associatifs), c’est nous donner les capacités de réaction. Enfin, constituer un groupe de vigilance, c’est faire le choix de la massification et d’un réflexe collectif face aux tractages, collages et boîtages du RN. </p>



<p>L’AG s’est à nouveau réunie en plénière, et a décidé de se revoir toutes les deux semaines à partir de janvier afin de mettre en commun les travaux qui seraient réalisés d’ici-là. La seconde AG qui eu lieu le 06/01 a confirmé la dynamique. Cependant, il est certain qu’un travail d’animation de ces groupes est nécessaire à leur vitalité. On peut aussi se rassurer par la dizaine de nouveaux camarades qui fournissent dès aujourd’hui une aide bienvenue à l’organisation de la prochaine AG contre la venue de Marine Le Pen pour un meeting de campagne au Parc Chanot le 16/01<sup data-fn="c6c0d769-3d3f-4951-97dc-0542f2c57ca3" class="fn"><a href="#c6c0d769-3d3f-4951-97dc-0542f2c57ca3" id="c6c0d769-3d3f-4951-97dc-0542f2c57ca3-link">1</a></sup>. </p>



<p>Ce qu’on peut noter, c’est un intérêt massif pour se mettre en mouvement et s’organiser. Les personnes sont convaincu·es et veulent construire. Plusieurs fois, l’idée a été relancée de créer de nouveaux Comités de Quartiers Antifascistes. Ces groupes antifascistes de quartier avaient été initiés par la Riposte Antifasciste et l’Antifa Social Club Marseille en juillet 2024 après une AG de 400 personnes. </p>



<p>Le regain d’intérêt pour les Comités est une bonne nouvelle. Encore faut-il attraper au vol cette idée ! Pour le moment, seuls 4 comités sont encore actifs, mais l’envie de redynamiser l’expérience est bien présente. Notre tâche, en tant que Riposte Antifasciste, est d’être un soutien matériel, humain et technique au lancement de nouveaux Comités. Le collectif essaye de garder une attention particulière à animer les réseaux et à fournir des outils pour les impulser. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Articuler localement une contre-campagne avec la lutte de classe et le calendrier de la Marche des Solidarités </h2>



<p>On a donc validé qu’une contre-campagne anti RN peut se massifier et s’outiller. Mais on a aussi touché une limite dure : si ça ne rencontre pas le monde du travail et les réseaux antiracistes audelà de nos bulles, on fera des AG correctes et le RN continuera sa campagne tranquille. </p>



<p>La Riposte Antifasciste s’est fixé un objectif stratégique : construire un Front Unique antifasciste et antiraciste<sup data-fn="3319e977-65f6-47ce-b0ed-7c0121b543f7" class="fn"><a href="#3319e977-65f6-47ce-b0ed-7c0121b543f7" id="3319e977-65f6-47ce-b0ed-7c0121b543f7-link">2</a></sup>. Mais faire alliance par « en bas » reste notre point faible. Le débat dans le collectif est très concret : hors période de mouvement, on ne sait pas vraiment intervenir sur les lieux de travail ; et on cherche en parallèle comment relancer des comités de quartier et stabiliser des alliances avec les collectifs antiracistes. </p>



<p>Côté lieux de travail, on a eu des points d’appui (mobilisation contre Stérin, défense des librairies attaquées), mais ce sont encore des coups justes, pas une continuité. </p>



<p>À Marseille, antifas et syndicats se croisent trop peu. À l’AG, seuls quelques camarades de Solidaires étaient présents. Double limite : peu de syndicalisation dans nos rangs, et une combativité antifasciste inégale dans les organisations syndicales. Tant qu’on n’a pas de relais réguliers, on reste cantonné·es à nos milieux. La rencontre à venir avec VISA doit servir à densifier des liens concrets. </p>



<p>Même tension côté antiracisme. Le 18 décembre a été combatif, mais n’a pas « pris » comme point d’orgue. Selon nous, cette inter-orga se limite à des réunions unitaires sans créer de dynamique sur le terrain. En conséquence, les initiatives proposées par la Marche des Solidarités sont parfois vécues par les militant·es antifascistes et antiracistes comme un catalogue de dates, difficile à transformer en construction locale. </p>



<p>Néanmoins, un argument a fait mouche auprès des camarades antifascistes : d’ici mars (municipales), il y aura peu de dates nationales mobilisatrices. Saisir le 18 décembre, c’était reprendre l’agenda au-delà du calendrier électoral. L’AG du 4 décembre l’a encouragé, sans être encore motrice d’initiatives : on en prend acte. Prochaine étape : renforcer des liens entre groupes antifascistes nationalement, pour construire localement, par en bas, une dynamique jusqu’au 14 mars, manifestation nationale antiraciste. </p>



<h5 class="wp-block-heading">Léon (Marseille)</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="c6c0d769-3d3f-4951-97dc-0542f2c57ca3">Un bilan de cette mobilisation sera disponible sur le site d’A2C. <a href="#c6c0d769-3d3f-4951-97dc-0542f2c57ca3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="3319e977-65f6-47ce-b0ed-7c0121b543f7">Lou (2025), «Comment vaincre le fascisme : Trotsky et la stratégie du front unique». Revue #19. Disponible sur le site d’A2C <a href="#3319e977-65f6-47ce-b0ed-7c0121b543f7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/sorganiser-contre-les-campagnes-electorales-des-fascistes-une-urgence-et-plein-de-debats/">S’organiser contre les campagnes électorales des fascistes : « Une urgence et plein de débats ! »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<title>Manifestations antiracistes et antifascistes du 14 mars : Une opportunité pour construire un front antiraciste ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/manifestations-antiracistes-et-antifascistes-du-14-mars-une-opportunite-pour-construire-un-front-antiraciste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 09:46:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[fasciste]]></category>
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		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Violences policières]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Entretien avec Mathieu, militant d’A2C à Paris impliqué dans la Marche des Solidarités, et Wass, militante d’A2C à Marseille impliquée dans la lutte contre l’islamophobie. Iels organisent la manifestation du 14 mars, contre le racisme, <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/manifestations-antiracistes-et-antifascistes-du-14-mars-une-opportunite-pour-construire-un-front-antiraciste/" title="Manifestations antiracistes et antifascistes du 14 mars : Une opportunité pour construire un front antiraciste ?">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Entretien avec Mathieu, militant d’A2C à Paris impliqué dans la Marche des Solidarités, et Wass, militante d’A2C à Marseille impliquée dans la lutte contre l’islamophobie. Iels organisent la manifestation du 14 mars, contre le racisme, le fascisme, contre l’islamophobie et les violences d’État.</em></p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p><strong>Quelles sont les forces liées aux fronts antiracistes impliquées dans la construction de la date du 14 mars contre le racisme et le fascisme ?</strong><br><strong>Mathieu :</strong> En région parisienne, la mobilisation s’organise surtout autour de deux cadres : la Marche des Solidarités (autour des collectifs de sans-papiers) et le réseau d’entraide Vérité et Justice (les familles de victimes de violences policières).<br>Ce qui est notable par rapport à ces dernières années, c’est le développement de collectifs antiracistes et antifascistes de quartier : dans le 20e arrondissement, le 12e, mais aussi à Fontenay ou à Clichy. Une section de la Marche des Solidarités s’est même montée à Clichy.<br>Il y a aussi un front que l’on pense déterminant dans la période : la lutte contre l’islamophobie. Pour l’instant, on voit moins ces collectifs participer à la préparation de la mobilisation. Ce sont souvent des collectifs davantage présents dans la production de tribunes ou de prises de parole publiques que dans l’organisation militante sur le terrain.</p>



<p><strong>Pourquoi selon toi c’est central d’essayer de faire converger ces fronts : sans-papiers,&nbsp;lutte contre l’islamophobie et violences policières </strong>?</p>



<p><strong>Mathieu :</strong> Parce que cela correspond à la manière dont le racisme est développé par la classe dirigeante dans notre société. Quand on regarde les discours et les lois depuis vingt ans, on voit bien quelles sont les cibles centrales.<br>Depuis des années, les gouvernements s’attaquent aux musulman&rsquo;es : interdiction du voile dans certains espaces, interdiction de l’abaya, fermetures de mosquées ou d’associations, assimilation permanente à une menace pour la société.<br>Dans le même temps, ils s’attaquent aux migrants et migrantes et, en réalité, à l’ensemble des immigré&rsquo;es. La séquence autour de la loi Darmanin en est un exemple flagrant : la classe dirigeante a voulu faire entrer dans la tête de tout le monde que les immigrés seraient des délinquants ou des violeurs.<br>Le racisme ne touche pas que les migrant·es ou les musulman&rsquo;es. Mais il y a des priorités : il faut se défendre là où les attaques sont les plus fortes. Et notamment la violence ultime de l’État sur les personnes musulmanes, ou perçues comme telles, immigrées, sans papiers, ou perçues comme telles, c’est de les tuer par la police. Ça a été le cas&nbsp;d’El Hacen, travailleur immigré et musulman.</p>



<p><strong>Qu’est-ce que serait aujourd’hui un front antiraciste à la hauteur ?</strong><br><strong>Mathieu :</strong> Ce qui serait à la hauteur, c’est que partout où des personnes s’organisent aujourd’hui politiquement, elles s’organisent aussi contre le racisme. Que dans les réunions militantes, on discute aussi de comment empêcher les fachos de s’implanter dans nos quartiers, comment donner confiance aux personnes immigrées, avec ou sans papiers, de s’auto-organiser, comment soutenir les collègues sans papiers qui se battent pour obtenir ou renouveler leurs titres de séjour.<br>C’est vraiment une question de nombre et d’implantation. Il ne s’agit pas seulement d’unir les organisations antiracistes, mais de faire en sorte que cette lutte existe partout.</p>



<p><strong>Depuis ton expérience de la préparation du 14 mars, quels sont les blocages à cette convergence ?</strong><br><strong>Mathieu : </strong>Le problème dépasse largement les collectifs eux-mêmes. Il y a dans la gauche et dans le milieu militant une tendance très forte à séparer les luttes. Comme si parler de racisme ne signifiait pas forcément parler d’islamophobie ou de solidarité avec les migrant·es. Que l’un invisibilisait l’autre.<br>Le fait qu’il n’existe pas aujourd’hui un mouvement antiraciste de masse renforce cette tendance. Sur certaines questions, il n’y a pas suffisamment de forces organisées. Cela produit parfois une forme de sectarisme, où se lier à d’autres est perçu comme un risque d’invisibilisation plutôt que comme un renforcement.<br>Au fond, beaucoup de gens ne pensent pas qu’un mouvement de masse soit possible. Donc, on se fixe des objectifs plus petits, autour de mots d’ordre très restreints.</p>



<p><strong>Wass :</strong> Il existe aujourd’hui des collectifs antiracistes bien réels, avec des stratégies et des trajectoires parfois différentes. Je partage le constat de Mathieu sur la fragmentation des collectifs, mais je pense qu’il faut aussi interroger les raisons politiques plus profondes qui nous ont conduits à cette situation.<br>Si la convergence est si difficile aujourd’hui, c’est aussi parce que les grands partis de la gauche institutionnelle et ses bases ont trahi ces combats. En cherchant à s’intégrer aux logiques d’État, ils ont souvent relégué les luttes antiracistes au second plan, voire les ont neutralisées. Le mouvement antiraciste qui lutte contre l’islamophobie a par exemple essayé de se battre de l’intérieur, dans des partis politiques institutionnels, pour défendre la solidarité avec la Palestine et les luttes antiracistes, ce qui est un énorme saut qualitatif.<br>Mais il manque encore des espaces réels de discussion stratégique, de confrontation politique, où puissent se construire un front unitaire dans la rue, dans nos lieux de travail, nos lieux d’études… Ce blocage est le symptôme à la fois des trahisons politiques et du racisme qui continue à traverser notre propre camp.<br>Or, pour dépasser ces impasses, nous devons renouer avec la tradition d’auto-organisation de notre classe : c’est-à-dire la capacité de notre classe dans toutes les luttes qu’elle porte à se rassembler, débattre et agir. L’auto-organisation permet de reconstruire la confiance, d’unifier les luttes sur des bases concrètes et de faire émerger une direction issue directement du terrain, connectée à la réalité de nos quartiers, de nos lieux de travail et de nos combats.<br>Historiquement, le racisme a souvent affaibli et fait perdre le mouvement ouvrier. On peut penser à la grève de Talbot : au lieu d’une lutte unitaire pour tous les emplois, le patronat et l’État ont joué sur le racisme pour isoler les travailleurs immigrés, les traiter d’« intégristes chiites », faire circuler des slogans comme « bougnoules au four » ou « les Arabes, les Noirs à la Seine ».<br>Tout ça révèle un fondement du capitalisme : le racisme, qui a servi à justifier l’esclavage, le colonialisme, et aujourd’hui encore, qui organise la hiérarchie sociale du travail.<br>Cette instrumentalisation raciste a brisé la solidarité de classe et permis aux patrons d’imposer leurs licenciements. À chaque fois que le racisme entre dans notre camp, c’est tout notre camp social qui recule.&nbsp;<br>La préparation du 14 mars doit justement être l’occasion de tirer les leçons de ces divisions : construire une unité réelle, ancrée dans la reconnaissance du racisme comme question centrale de notre camp, non comme un sujet secondaire. C’est en affrontant ensemble ces contradictions, dans la rue comme dans nos organisations, que nous pourrons donner corps à un mouvement antiraciste de masse, capable de faire reculer à la fois le racisme et le pouvoir qui l’alimente.</p>



<p><strong>Comment répondre à la crainte d’invisibilisation et défendre l’unité ?</strong><br><strong>Wass : </strong>À Marseille, on a argumenté pour que la lutte contre l’islamophobie soit davantage mise en avant dans l’appel et dans l’affiche. Ça montre qu’il y a des blocages de départ, mais qu’ils peuvent bouger quand on met les choses franchement sur la table.<br>Si plus de personnes portent ces luttes, elles deviennent plus visibles, pas moins. C’est lorsqu’on combattra tous et toutes le racisme dans toutes les formes où il se manifeste qu’on pourra commencer à construire un front commun réel.</p>



<p><strong>Mathieu : </strong>La question qui devrait être centrale dans nos cadres d’organisation est trop souvent absente : quelle stratégie pour gagner ?<br>On discute beaucoup de la manière de se distinguer, de parler à nos propres cercles militants, plutôt que de se demander ce qui peut réellement faire avancer nos luttes.<br>Pour les collectifs de sans-papiers ou de mineurs isolés, l’objectif est concret : obtenir des régularisations, la reconnaissance de leurs droits, l’égalité. La question est donc comment faire en sorte que tout le monde se la pose et discute ensemble de ce qu’il faudrait construire pour y parvenir.<br>Et malgré tout, on sent que c’est possible. Dès qu’on va sur un marché, qu’on colle des affiches dans un quartier ou qu’on appelle à une manifestation, on rencontre beaucoup d’échos positifs. C’est ce qui donne confiance.</p>



<p><strong>Anouk :</strong> Aussi, comme tu l’as dis, à la Marche des Solidarités, on voit aussi se développer de nouveaux collectifs de quartier qui renforcent cette activité militante à la base. Les dates du 18 décembre et du 14 mars ne règlent pas tout. Les attaques racistes et fascistes ne se limitent pas à ces deux dates : elles sont quotidiennes. Mais ces dates servent d’appui pour accélérer le processus de construction à la base.&nbsp;<br>Et si on renforce les collectifs antiracistes locaux et les liens avec les syndicalistes, on peut ouvrir des perspectives plus larges pour la mobilisation et ouvrir les conditions d’une grève comme à Minneapolis contre le racisme.</p>



<p>Propos recueillis par Anouk (Marseille)</p>
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