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	<title>Économie politique Archives - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<description>Pour l&#039;autonomie de classe !</description>
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	<title>Économie politique Archives - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Pourquoi le capitalisme mène-t-il à la guerre ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/pourquoi-le-capitalisme-mene-t-il-a-la-guerre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathilde]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 10:10:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Économie politique]]></category>
		<category><![CDATA[accumulation]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
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		<category><![CDATA[marx]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026 De l’accumulation de capital à l’affrontement impérialiste « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage » écrivait le dirigeant socialiste français Jean Jaurès <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/pourquoi-le-capitalisme-mene-t-il-a-la-guerre/" title="Pourquoi le capitalisme mène-t-il à la guerre ?">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p>De l’accumulation de capital à l’affrontement impérialiste</p>



<p><em>« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage » écrivait le dirigeant socialiste français Jean Jaurès juste avant la grande boucherie impérialiste de la première guerre mondiale. Si cette affirmation est bien vraie, il faut tout de même essayer de comprendre pourquoi l’origine des conflits armés se trouve dans les rapports économiques de la société capitaliste.</em></p>



<p>Marx fait débuter Le Capital, son œuvre la plus vaste et dans laquelle il va le plus loin pour dévoiler et critiquer le système économique capitaliste, par la phrase suivante : « la richesse des sociétés dans lesquelles règne le mode de production capitaliste apparaît comme une gigantesque collection de marchandises »<sup data-fn="09f4ed99-3e70-4bb4-a05e-edd929712bf8" class="fn"><a href="#09f4ed99-3e70-4bb4-a05e-edd929712bf8" id="09f4ed99-3e70-4bb4-a05e-edd929712bf8-link">1</a></sup>. Pourquoi un tel point de départ ? Les marchandises, c’est-à-dire (presque) tout ce qu’on peut acheter ou vendre, sont l’unité de base fondamentale du capitalisme, c’est au travers d’elles que se jouent tous les autres processus économiques. Sans marchandises, pas d’argent, pas d’échanges sur les marchés, pas de croissance mesurable, pas de bourse ou de finance etc. L’échange de marchandises n’a rien d’arbitraire mais est régi par des phénomènes complexes qui se fondent sur ce que toutes les marchandises ont en commun : elles sont (presque) toutes des produits du travail d’humain&rsquo;es exploité&rsquo;es en échange d’un salaire, ce qui leur donne une valeur qui se voit de façon déformée dans le prix qu’elles ont quand on les échange contre de l’argent. La théorie de la valeur de Marx a cela de spécifique et de supérieur à toutes les autres théories économiques qu’elle est une théorie de l’exploitation du prolétariat par la bourgeoisie et par extension une théorie de la lutte du prolétariat contre la bourgeoisie. Pour plus de détails à ce sujet, nous avons inclus un extrait sur la théorie de la valeur d’une brochure de Chris Harman dans un numéro précédent des Cahiers<sup data-fn="5b4dfae2-6565-428b-9719-afd19acafac5" class="fn"><a href="#5b4dfae2-6565-428b-9719-afd19acafac5" id="5b4dfae2-6565-428b-9719-afd19acafac5-link">2</a></sup>. Mais à ce stade, quel peut être le rapport entre les marchandises et les guerres ?</p>



<p><strong>Qu’est-ce que l’accumulation du capital ?</strong></p>



<p>Les marchandises ne sont pas que des valeurs qui s’échangent, elles ont aussi une utilité (une valeur d’usage), elles permettent de satisfaire un besoin pour la personne qui en achète une<sup data-fn="532d1ea1-a3f6-47c5-b057-23770abd8918" class="fn"><a href="#532d1ea1-a3f6-47c5-b057-23770abd8918" id="532d1ea1-a3f6-47c5-b057-23770abd8918-link">3</a></sup>. Mais cet aspect de la marchandise est secondaire dans le mode de production capitaliste : la bourgeoisie, la classe qui tire profit de l’exploitation et la dirige, ne cherche pas à satisfaire les besoins de la population mais à accumuler du capital. Au quotidien, nous sommes toustes dépendant·es des marchandises pour survivre, nous en mangeons, nous nous en habillons, nous nous en servons pour communiquer et pour nous divertir, et surtout nous consacrons une majeure partie de notre temps éveillé à un travail dont le salaire nous permet de les acheter. Pour nous, la valeur de la marchandise ne nous concerne que dans la mesure où elle détermine la quantité et la qualité du produit que l’on pourra acheter. Je peux remplir un besoin de base – me nourrir par exemple – de plusieurs façons : je peux faire mes courses dans un supermarché ou je peux aller dans un restaurant. Dans les deux cas, l’usage sera le même, je serai nourri mais les deux produits, les ingrédients du supermarché et le plat du restaurant, n’ont pas la même valeur car ils n’ont pas nécessité la même quantité de travail, le plat coûte logiquement plus cher, a une valeur supérieure, car en plus de la production des ingrédients, il comprend le travail des cuisinier&rsquo;es et des serveur&rsquo;ses. Mais in fine, le plus important pour moi est d’avoir eu l’usage de la marchandise : quand bien même j’en aurais les moyens, je n’irais pas au restaurant dix fois par jour.</p>



<p>Pour la plupart d’entre-nous, si nous pouvons consommer (un peu), c’est parce que nous travaillons (beaucoup) : nous détenons chacun&rsquo;e une marchandise très particulière, notre force de travail, nous en cédons l’usage à notre patron pour une partie de notre journée en échange d’un salaire. Ce salaire nous sert à consommer les marchandises nécessaires à l’entretien de notre force de travail (un toit, de la nourriture, des habits, éventuellement quelques loisirs)<sup data-fn="34969055-29ae-4afe-a8a6-709e2e7d0d0c" class="fn"><a href="#34969055-29ae-4afe-a8a6-709e2e7d0d0c" id="34969055-29ae-4afe-a8a6-709e2e7d0d0c-link">4</a></sup>. Pour résumer : nous avons une marchandise (M), nous l’échangeons contre un salaire sous forme d’argent (A), que nous dépensons ensuite pour acheter les marchandises qui nous permettent de conserver notre force de travail. Cela peut se traduire par le schéma suivant : Marchandise – Argent – Marchandise ou M – A – M.</p>



<p>Tout cela s’inverse du point de vue de la classe capitaliste, la valeur d’usage d’une marchandise ne la préoccupe que dans la mesure où celle-ci s’insère dans un processus de production qui lui permet d’obtenir ensuite des marchandises d’une plus grande valeur. Pour le restaurateur&rsquo;ice, les ingrédients n’ont d’intérêt que dans la mesure où, grâce au travail des cuisinier&rsquo;es et des serveur&rsquo;es, ils seront transformés en un plat dont il tirera profit à la vente. Pour les capitalistes, l’objectif est de s’enrichir, le schéma qu’ils suivent est l’inverse du précédent : Argent – Marchandise – Plus d’argent, soit A – M – A’. C’est précisément cela le capital, pas un objet particulier, mais un usage particulier de la valeur, qu’elle soit sous forme d’argent ou de marchandise : de la valeur utilisée pour produire plus de valeur, de la valeur qui s’accumule. L’accumulation du capital c’est ce processus A – M – A’ sur lequel tout le reste de l’économie capitaliste se fonde.</p>



<p><strong>De l’accumulation à la crise de surproduction</strong></p>



<p>Ce processus A – M – A’ est pour la bourgeoisie une fin en soi ; ce mouvement de la valeur vers plus de valeur doit continuer coûte que coûte, rien ne doit entraver la production de nouvelles marchandises et leur circulation (achat et vente en échange d’argent). Mais l’accumulation n’est évidemment pas un processus régulier et harmonieux. Déjà, les capitalistes sont en concurrence entre eux et ceux qui peuvent générer un profit plus élevé laissent sur le carreau ceux qui ne peuvent pas le faire. Le capital tend à se concentrer dans des mains de moins en moins nombreuses ; les petites entreprises sont avalées par les grosses.</p>



<p>Mais si ce processus A – M – A’ est sans fin, le plus important n’est pas de le réaliser une seule fois mais de pouvoir le poursuivre à une plus grande échelle, passer de A – M – A’ à A’ – M’ – A’’ etc. La poursuite de ce processus ne dépend pas tant de la quantité d’argent obtenu à la fin que de la possibilité de réemployer cet argent pour poursuivre l’accumulation. Là où le bât blesse, c’est que produire puis accumuler le maximum de capital ne dépend donc pas du capitaliste individuel mais de la capacité de tous les capitalistes et même de la société dans son ensemble à absorber les marchandises produites. Supposons qu’un capitaliste possède une usine de machines à laver capable de produire plusieurs millions de machines par an alors que le marché ne peut en absorber que dix fois moins<sup data-fn="fe3c8e50-a4fd-4ab0-8680-2bab5009344c" class="fn"><a href="#fe3c8e50-a4fd-4ab0-8680-2bab5009344c" id="fe3c8e50-a4fd-4ab0-8680-2bab5009344c-link">5</a></sup> ; ce capitaliste sera donc en situation de surproduction, une étape du processus A – M – A’ ne sera pas réalisée et l’accumulation ne pourra donc avoir lieu. C’est le même danger qui guette la classe capitaliste dans son ensemble : trop de capital = du capital qui ne peut s’accumuler, il y a donc une crise : la production ralentit et pour nous cela signifie chômage, misère, expulsions… Ces crises ne sont pas de malheureuses exceptions à ce qui serait le déroulement normal de l’accumulation, elles en sont la conséquence nécessaire !<sup data-fn="337f98a3-2659-489d-9b65-9b9d427051e4" class="fn"><a href="#337f98a3-2659-489d-9b65-9b9d427051e4" id="337f98a3-2659-489d-9b65-9b9d427051e4-link">6</a></sup></p>



<p><strong>L’impérialisme&nbsp;</strong></p>



<p>À un certain stade de développement du capitalisme, la concentration du capital conduit quelques entreprises à former des blocs de capitaux rattachés à quelques États qui occupent une position dominante sur la scène internationale. La concentration et le risque de surproduction exacerbent la concurrence : il faut que les capitalistes trouvent à tout prix des débouchés pour leur capital, c’est pour eux une question de vie ou de mort. Un premier moyen de résoudre cette contradiction se trouve dans le colonialisme : un État impérialiste arrive sur un nouveau territoire, le soumet militairement, en réorganise l’économie selon ses besoins propres (par exemple en réorientant l’agriculture vers une monoculture à destination des marchés européens : café, thé, chocolat, sucre, caoutchouc etc.) mais surtout cet État s’octroie le monopole du commerce dans le territoire vaincu. Par exemple : au XIXe siècle, quand l’Empire chinois des Qing refusa que les impérialistes britanniques déciment leur population en y exportant de l’opium, les puissances impérialistes coalisées soumirent militairement la Chine pour s’assurer qu’ils puissent y écouler tout le capital qu’ils désirent. Le cortège d’horreurs et de massacres sans précédent qui accompagne nécessairement la colonisation n’importe que peu à la bourgeoisie qui la commandite depuis sa métropole : l’important pour elle est de maintenir ses débouchés.</p>



<p>La concurrence exacerbée entre blocs de capitaux devient une concurrence entre États : c’est d’abord une course pour le contrôle de nouveaux territoires et de nouveaux marchés mais, sous la pression du risque de surproduction et du manque de débouchés pour les capitaux, les impérialistes en viennent à s’affronter pour ces territoires. Les impérialistes s’affrontent d’abord dans leur périphérie coloniale, puis ouvertement sur leur territoire métropolitain. Par exemple, dans les années qui précédent la Première guerre mondiale, les empires français et allemand manquent de s’affronter plusieurs fois pour le contrôle du Maroc<sup data-fn="d3497bc0-0416-4ccd-b7ce-8f2ad90c8e64" class="fn"><a href="#d3497bc0-0416-4ccd-b7ce-8f2ad90c8e64" id="d3497bc0-0416-4ccd-b7ce-8f2ad90c8e64-link">7</a></sup>.</p>



<p><strong>La guerre comme issue de la crise</strong></p>



<p>La bourgeoisie se retrouve donc face à un paradoxe insurmontable : en même temps elle doit poursuivre l’accumulation mais en même temps plus cette accumulation se poursuit plus elle devient difficile à mener. La bourgeoisie cherche à amasser toujours plus de capital mais en même temps elle en a déjà trop. Cela l’amène à chercher un moyen de poursuivre l’accumulation tout en liquidant le surplus de capital : une manière de résoudre ce problème pour elle est de développer une marchandise particulière, une marchandise dont la valeur peut fonctionner comme capital mais dont la propriété concrète, sa valeur d’usage, serait aussi de détruire du capital. Cette marchandise particulière est l’armement : canons, missiles, navires, avions et autres outils de mort en tout genre. Les armes ont cela de spécifique qu’il n’y en a jamais trop sur le marché ; leur acheteur privilégié, l’État, a toujours les moyens de payer et la course à l’armement est un excellent moyen de s’assurer de la croissance économique dans un contexte peu propice aux affaires<sup data-fn="4effa17f-08e7-44ee-ab94-37eb33f6e1a1" class="fn"><a href="#4effa17f-08e7-44ee-ab94-37eb33f6e1a1" id="4effa17f-08e7-44ee-ab94-37eb33f6e1a1-link">8</a></sup>. En cas d’affrontement, l’armement permet de détruire le capital du voisin tout en continuant d’en accumuler à domicile. La ruine d’un des belligérants permet de relancer l’accumulation à l’échelle globale. Après la Deuxième guerre mondiale, les pays qui enregistrent la plus forte croissance économique sont les trois pays de l’axe vaincus militairement et désormais intégrés à la sphère d’influence économique des États-Unis : l’Allemagne, l’Italie et le Japon.</p>



<p>C’est ainsi que l’on glisse de la marchandise et de la valeur à l’affrontement militaire entre États. La guerre est la conséquence ultime de l’accumulation du capital. Revenir sur l’analyse critique de l’économie par Marx et ses continuateur&rsquo;ices nous permet de comprendre la dynamique globale de la société capitaliste : les grands massacres des XIXe et XXe siècles n’étaient que la conclusion logique d’un système d’exploitation, de prédation et d’oppressions qui perdure encore aujourd’hui. L’alternative est toujours la même depuis plus d’un siècle : socialisme ou barbarie !</p>



<p>Barnabé Bouchard (Paris 18e)</p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="09f4ed99-3e70-4bb4-a05e-edd929712bf8">Karl Marx, Le Capital Livre 1, traduction révisée sous la direction de Jean-Pierre Lefebvre, Les Editions sociales, 2016.  <a href="#09f4ed99-3e70-4bb4-a05e-edd929712bf8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="5b4dfae2-6565-428b-9719-afd19acafac5">Chris Harman, « La Théorie de la valeur », Les Cahiers d’A2C, n°19. <a href="#5b4dfae2-6565-428b-9719-afd19acafac5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="532d1ea1-a3f6-47c5-b057-23770abd8918">Marx précise bien que « la nature de ces besoins, qu’ils surgissent dans l’estomac ou dans l’imagination ne change rien à l’affaire ». <a href="#532d1ea1-a3f6-47c5-b057-23770abd8918-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="34969055-29ae-4afe-a8a6-709e2e7d0d0c">Pour de plus amples développement sur l’exploitation et le salaire voir l’article « Luttes des classes : les bases de l’antagonisme » dans le n°15 des Cahiers d’A2C ou pour les plus courageux·ses, le livre 1 du Capital en particulier la troisième section « La production de la survaleur absolue et la sixième : le salaire ». <a href="#34969055-29ae-4afe-a8a6-709e2e7d0d0c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="fe3c8e50-a4fd-4ab0-8680-2bab5009344c">Autant du point de vue financier que de l’usage : quand bien même j’en aurais les moyens, je n’achèterais pas dix machines à laver par an.  <a href="#fe3c8e50-a4fd-4ab0-8680-2bab5009344c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="337f98a3-2659-489d-9b65-9b9d427051e4">La crise économique de 2008 dont le capitalisme ne s’est jamais véritablement sorti correspond bien à ce modèle : un excès de capital financier sans débouché provoque faillites et récessions économiques.  <a href="#337f98a3-2659-489d-9b65-9b9d427051e4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li><li id="d3497bc0-0416-4ccd-b7ce-8f2ad90c8e64">Pour un développement plus étayé, on peut se référer à notre brochure Impérialisme : la trajectoire du capital et en particulier à l’article « Se préparer aux guerres qui (re)viennent ». <a href="#d3497bc0-0416-4ccd-b7ce-8f2ad90c8e64-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7">↩︎</a></li><li id="4effa17f-08e7-44ee-ab94-37eb33f6e1a1">Voir l’article « Le Capitalisme en France et la place particulière du militaire » toujours dans la brochure Impérialisme : la trajectoire du capital. <a href="#4effa17f-08e7-44ee-ab94-37eb33f6e1a1-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8">↩︎</a></li></ol>


<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Crise du capitalisme : Une mauvaise répartition des richesses ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/crise-du-capitalisme-une-mauvaise-repartition-des-richesses/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Oliver (Rennes)]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Jan 2025 21:01:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Économie politique]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=9066</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">À Autonomie de Classe, nous avons régulièrement mobilisé le concept de trajectoire du capital. Ce concept permet de rendre compte, d’une part, que le capitalisme est un processus dynamique en permanente évolution et, d’autre part, qu’il y a une direction qui caractérise cette trajectoire. </div>
<p> <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/crise-du-capitalisme-une-mauvaise-repartition-des-richesses/" title="Crise du capitalisme : Une mauvaise répartition des richesses ?">[...]</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #15 &#8211; décembre 2024</h6>



<p></p>



<p class="has-drop-cap">A Autonomie de Classe, nous avons régulièrement mobilisé le concept de trajectoire du capital. Ce concept permet de rendre compte, d’une part, que le capitalisme est un processus dynamique en permanente évolution et, d’autre part, qu’il y a une direction qui caractérise cette trajectoire. Elle n’est pas le fruit du hasard, mais la conséquence du fonctionnement interne du système de production capitaliste. La compréhension de ce fonctionnement permet donc d’anticiper les transformations à venir et de développer une stratégie d’intervention en conséquence. Depuis plusieurs années, nous argumentons sur le fait que la phase néolibérale du capitalisme est derrière nous et qu’une phase impérialiste se développe à grande vitesse. Cette transformation explique, par exemple,&nbsp;pourquoi les différents partis de la bourgeoisie en Europe ou aux USA, historiquement favorables aux accords de libre-échange, adoptent désormais des mesures protectionnistes et se retrouvent donc sur la même ligne que F. Ruffin, un opposant de longue date. Ce revirement n’est pas dû à un réajustement du capital au profit du travail – au contraire – mais à un besoin des blocs de capitaux d’être davantage soutenus par leurs Etats respectifs. Ce soutien prend et prendra de plus en plus la forme d’une militarisation accrue des conflits économiques, d’une mise au pas des travailleur∙euse∙s et du renforcement du nationalisme permettant de justifier et de faire accepter ces mesures.</p>



<p>Ainsi, comprendre cette trajectoire permet de déterminer si certaines revendications vont dans le sens de l’intérêt de notre classe ou – au contraire – dans celle du capital. Or, pour comprendre la trajectoire du capital, il est nécessaire de faire de l’analyse économique. C’est dans cette perspective que nous avons décidé d’analyser la proposition selon laquelle la crise actuelle du capitalisme est en partie due à une mauvaise répartition des richesses et d’analyser son corollaire&nbsp;: une meilleure répartition des richesses permettrait de limiter la crise. Le programme économique du NFP est notamment construit autour de cette logique. Nous allons donc nous intéresser à ce programme et voir si les promesses qu’il formule sont réalistes.</p>



<h2 class="wp-block-heading" style="font-style:normal;font-weight:600">Le programme économique du NFP</h2>



<p>Le programme économique du NFP s’articule autour de deux axes principaux. Le premier axe concentre des mesures défensives de soutien du niveau de vie des travailleur•euse•s en supprimant des mesures iniques du gouvernement Macron et en introduisant des dispositifs de soutien économique dirigés vers les classes populaires. Le second axe est un ensemble de mesures d’investissement et de financement des investissements poursuivant un double objectif : relancer la croissance et accélérer la transition énergétique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" style="font-style:normal;font-weight:600">Soutien au niveau de vie</h2>



<p>Tout d’abord, le NFP propose d’abroger la réforme des retraites de 2023 ainsi que la dernière réforme de l’assurance chômage. On notera qu’il n’est pas question d’abroger les lois travail (la présence du PS dans le NFP n’y est sûrement pas pour rien).</p>



<p>Autre mesure d’urgence, le NFP propose de passer le SMIC à 1600€ net, soit une augmentation de 14%. Le maintien des exonérations de cotisations sur les salaires allant jusqu’à 2.5 fois le SMIC n’est pas tranchée dans le programme. Pourtant, cela revêt un enjeu majeur car son maintien ferait porter une grande partie de cette hausse sur les finances publiques. A contrario, la suppression de ce dispositif représenterait une hausse de presque 60% du montant du SMIC chargé<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_9066_3('footnote_plugin_reference_9066_3_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_9066_3('footnote_plugin_reference_9066_3_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_9066_3_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_9066_3_1" class="footnote_tooltip">Salaire brut + cotisations patronales + coûts indirecte assumés par l’entreprise</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_9066_3_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_9066_3_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> pour les employeurs.</p>



<p>Le blocage / contrôle des prix fait aussi partie de l’arsenal économique proposé par le NFP. Le principe serait de bloquer les prix des biens de première nécessité dans l’alimentation, l’énergie et les carburants pour permettre de maîtriser l’inflation dont la principale cause était l’augmentation des marges des entreprises <span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_9066_3('footnote_plugin_reference_9066_3_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_9066_3('footnote_plugin_reference_9066_3_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_9066_3_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_9066_3_2" class="footnote_tooltip"><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/inflation-vers-une-crise-dampleur/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/inflation-vers-une-crise-dampleur/</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_9066_3_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_9066_3_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>Par ailleurs, après ces mesures d’urgence, le NFP propose de rétablir l’indexation des salaires sur l’inflation.</p>



<h2 class="wp-block-heading" style="font-style:normal;font-weight:600">Planification écologique et égalité fiscale</h2>



<p>Une fois les mesures d’urgence en faveur des travailleur∙euse∙s prises, le NFP propose une ambitieuse série d’investissements notamment autour de la transition énergétique.</p>



<p>Tout d’abord, le NFP propose de renforcer les aides aux ménages pour l’isolation de leurs logements.&nbsp;</p>



<p>Ensuite, le NFP propose d’accélérer la rénovation des bâtiments publics.</p>



<p>Par ailleurs, il souhaite également renforcer les filières françaises et européennes de production d’énergies renouvelables. Cette politique serait également couplée d’une politique dite de «&nbsp;reconstruction industrielle pour mettre fin à la dépendance de la France et de l’Europe dans les domaines stratégiques&nbsp;».&nbsp;</p>



<p>De ce point de vue, le programme d’investissement du NFP s’inscrit dans une logique proche du programme de Biden aux USA porté par l’Inflation Reduction Act, un plan de soutien à la décarbonation de 370 Mds$ sur 10 ans, en partie financé par une hausse de l’impôt sur les sociétés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quelles hypothèses pour le financement&nbsp;?</h2>



<p>Les mesures du NFP s’inscrivent dans une politique dite sociale-démocrate qui vise à privilégier la répartition des richesses au profit du travail plutôt que du capital, mais sans toucher aux fondamentaux de l’économie capitaliste&nbsp;: la propriété privée des moyens de production, la production pour l’accumulation et donc, la recherche de la fameuse croissance. Dans ce contexte précis, le financement des mesures est une question centrale car c’est lui qui détermine la faisabilité d’une politique. Aussi, intéressons-nous au financement de ces mesures. Tout d’abord, celui des mesures défensives repose essentiellement sur une taxation plus élevée des entreprises et des plus hauts revenus comme indiqué sur la <em>Figure 1</em>.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img data-dominant-color="484b49" data-has-transparency="false" fetchpriority="high" decoding="async" width="697" height="791" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/figure_1-2-png.webp" alt="" class="wp-image-9074 not-transparent" style="--dominant-color: #484b49; width:416px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/figure_1-2-png.webp 697w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/figure_1-2-264x300.webp 264w" sizes="(max-width: 697px) 100vw, 697px" /><figcaption class="wp-element-caption">Figure 1 : Analyse des effets du programme de NFP sur les revenus</figcaption></figure>
</div>


<p>Ces mesures de redistribution, présentées à raison comme des mesures d’urgences, ne posent pas de problème de financement car elles ne reposent pas sur une hypothèse d’accélération de la croissance pour être financées. C’est-à-dire qu’elle ne repose pas sur une augmentation de la création de richesse.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="d6e0d3" data-has-transparency="false" decoding="async" width="756" height="692" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/figure_2-png.webp" alt="" class="wp-image-9075 not-transparent" style="--dominant-color: #d6e0d3; width:494px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/figure_2-png.webp 756w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/figure_2-300x275.webp 300w" sizes="(max-width: 756px) 100vw, 756px" /><figcaption class="wp-element-caption">Figure 2 : Mesures du plan de bifurcation écologique du programme de LFI pour la présidentielle 2022</figcaption></figure>
</div>


<p> En revanche, le NFP propose aussi « de changer la vie des gens » au travers d’un ambitieux programme de transition énergétique. Le programme présenté lors des dernières législatives reste flou sur le sujet mais s’inspire du programme, bien plus détaillé, de la France Insoumise de 2022. C’est donc ce programme que nous allons examiner. La politique économique de la FI, destinée « à changer la vie », repose sur deux piliers. Le premier est celui de la planification écologique, le second celui de la relocalisation. Ces deux piliers sont pensés de façon très interdépendante. La <em>Figure 2</em> détaille les mesures de la planification écologique et leur coût estimé : 200 Mds d’euros. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Le financement de cet ambitieux programme serait assuré par&nbsp;:</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li>La suppression des niches fiscales sur les énergies fossiles qui rapporterait 6.5 Mds d’euros par an.</li>



<li>La mise en place d’une taxe kilométrique aux frontières et de droits de douanes sur la qualité écologique des importations qui rapporterait 5 Mds d’euros par an.</li>



<li>Les économies de coûts permises par la réduction de la dégradation de l’environnement qui pourrait représenter jusqu’à 52 Mds d’euros par an.</li>



<li>L’effet d’entraînement de l’économie provoqué par les investissements massifs dans la bifurcation écologique et la politique de relocalisation d’entreprises de secteurs clefs. Cette dernière serait permise par des mesures protectionnistes pour permettre la réussite de cette relocalisation.</li>
</ul>



<p>Au vu des montants nécessaires pour financer la bifurcation écologique (estimés entre 50 et 80 Mds d’euros par an en fonction des études), il est évident que l’essentiel de son financement repose sur ce fameux effet d’entraînement de l’économie. Mais est-ce bien raisonnable&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Multiplicateur keynésien contre multiplicateur marxiste&nbsp;:&nbsp;</h2>



<p>La réussite du projet de la France Insoumise repose sur un modèle dit keynésien. Partant de la fameuse égalité -simplifiée- :</p>



<p>Investissement(K) + dépense publique – Epargne + Surplus Externe (K) = Profits – Conso (K)</p>



<p>Le modèle keynésien suppose une causalité de l’investissement vers les profits. Il est donc nécessaire de maintenir des investissements élevés pour garantir des profits importants. Mais, en cas de crise, les ménages augmentent leur épargne et le déficit vis-à-vis des autres pays augmente (= augmentation de l’épargne des capitalistes étrangers). Alors pour maintenir les taux de profits importants, il faut que l’Etat dépense. Ainsi, permettre à l’Etat de jouer un rôle majeur dans le fléchage des investissements permet alors de générer des profits pour les entreprises, profits qui permettent de mieux rémunérer les travailleurs, de remplir les caisses de l’Etat et de recommencer un cycle d’accumulation vertueux basé sur une croissance solide. Dans ce modèle, investissements actuels et profits futurs sont reliés par ce qu’on appelle un multiplicateur keynésien.</p>



<p>Partant de la même égalité, les modèles marxistes inversent le rapport de causalité, ce sont les profits qui déterminent le niveau des investissements.&nbsp;</p>



<p>Profits – Investissements (K) = dépense publique + Conso (K) + Surplus externe (K) &#8211; Epargne</p>



<p>Alors, si nous supposons que les profits sont fixes ou diminuent dans l’équation (parce que le taux d’exploitation de la force de travail ne peut pas être augmenté), alors l’investissement (K) ne peut pas être accru ou va diminuer, à moins que les éléments à droite de l’équation soient modifiés pour compenser, à savoir si l’épargne publique ou des ménages augmente et/ou si la consommation personnelle des capitalistes diminue et/ou si les dépenses publiques diminuent. Mais cela signifie aussi qu’une baisse de la dépense publique peut se traduire par une hausse de la consommation des capitalistes. C’est bien ce phénomène qu’on observe depuis 2008&nbsp;:&nbsp; l’effondrement des taux de profits associé à une politique austéritaire a fait exploser les dépenses de luxes de la bourgeoisie&nbsp;: elle a augmenté sa consommation. Finalement, ce que dit le multiplicateur marxiste, c’est que les variations de dépense publique n’ont pas d’influence voire une influence négative sur le taux de profit. C’est ce phénomène de non-causalité entre la dépense publique et les profits qui explique l’échec de la politique austéritaire menée en Europe après la crise de 2008. Les économistes du FMI pensaient qu’une baisse des dépenses publiques provoquerait une hausse des investissements capitalistes et un rétablissement des taux de profits. Or, les données montrent que la politique austéritaire n’a globalement pas eu d’effet &#8211; ni dans un sens ni dans l’autre &#8211; sur la croissance du PIB.&nbsp;</p>



<p>Dans «&nbsp;The profit-investment nexus: Keynes or Marx?»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_9066_3('footnote_plugin_reference_9066_3_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_9066_3('footnote_plugin_reference_9066_3_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_9066_3_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_9066_3_3" class="footnote_tooltip"><a href="https://thenextrecession.wordpress.com/2018/03/07/unam-1-the-profit-investment-nexus/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://thenextrecession.wordpress.com/2018/03/07/unam-1-the-profit-investment-nexus/</span></a>&nbsp;</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_9066_3_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_9066_3_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>&nbsp;, l’économiste Michael Roberts mesure la corrélation entre le solde primaire hors paiement des intérêts (mesure de&nbsp; l’austérité) des pays du G6, des économies européennes en difficulté (GIPS), et des deux (all) et la croissance du PIB. La <em>Figure 3</em> montre que ces deux variables sont assez peu corrélées, en effet la corrélation est positive pour les pays du G6 seuls et négative pour les autres.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img data-dominant-color="f8f8e9" data-has-transparency="false" decoding="async" width="756" height="321" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/figure_3-png.webp" alt="" class="wp-image-9078 not-transparent" style="--dominant-color: #f8f8e9; width:533px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/figure_3-png.webp 756w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/figure_3-300x127.webp 300w" sizes="(max-width: 756px) 100vw, 756px" /><figcaption class="wp-element-caption">Figure 3 : Source données FMI et  » The profit-investment nexus: Keynes or Marx?&nbsp;» de M. Roberts, Historical Materialism, 2017 </figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img data-dominant-color="f8f8ec" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="756" height="403" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/figure_4-2-png.webp" alt="" class="wp-image-9081 not-transparent" style="--dominant-color: #f8f8ec; width:528px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/figure_4-2-png.webp 756w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/figure_4-2-300x160.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 756px) 100vw, 756px" /><figcaption class="wp-element-caption">Figure 4 : <em>Source base de données AMECO et  » The profit-investment nexus: Keynes or Marx? » de M. Roberts, Historical Materialism, 2017</em></figcaption></figure>



<p>En revanche, sur la <em>Figure 4</em>, M. Roberts montre qu’il y a une corrélation bien plus convaincante entre les variations de rentabilité du capital (rendement net sur le stock d&rsquo;actifs fixes) et la croissance du PIB des pays du G6, des GIPS et de l’ensemble. Ce qui soutient davantage un lien de causalité des profits vers les investissements que des investissements vers les profits.</p>



<h2 class="wp-block-heading" style="font-style:normal;font-weight:600">La crise du profit</h2>



<p>Comme nous l’avons évoqué dans nos différentes analyses économiques, l’économie capitaliste mondiale présente des taux historiquement bas de profitabilité. Cette baisse de profitabilité n’est pas un élément conjoncturel, mais structurel du capitalisme. Dit autrement, cette baisse des taux de profits n’est pas due à une mauvaise gestion économique, ou bien à de mauvaises décisions d’investissement ni même encore à une mauvaise répartition des richesses. La baisse du taux de profit est une tendance inéluctable de l’accumulation capitaliste.&nbsp;</p>



<p>Si une meilleure répartition des richesses peut soulager les classes populaires momentanément, l’effondrement du taux de profit empêche toute relance d’un «&nbsp;cycle vertueux&nbsp;». De ce point de vue, le programme social-démocrate de la FI, s’il venait à être appliqué , ne produirait pas les résultats escomptés en termes de croissance et d’enrichissement collectif car il se heurterait au mur de l’absence d’effet d’entraînement des dépenses publiques.&nbsp;</p>



<p>Personne ne peut être contre une meilleure répartition des richesses, contre le fait de plus taxer le capital, etc. En revanche, il faut garder en tête que la trajectoire interne du capital est principalement déterminée par ses propres contradictions &#8211; parmi lesquelles la baisse tendancielle du taux de profit est une des plus fondamentales<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_9066_3('footnote_plugin_reference_9066_3_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_9066_3('footnote_plugin_reference_9066_3_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_9066_3_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_9066_3_4" class="footnote_tooltip"> Pour une présentation détaillée du mécanisme de baisse tendancielle du taux de profit, voire <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/de-quoi-la-crise-est-elle-le-nom/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/de-quoi-la-crise-est-elle-le-nom/</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_9066_3_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_9066_3_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>– et non par les différentes politiques publiques qui peuvent être mises en place pour réguler le capitalisme.</p>



<p>Pour conclure, le fonctionnement du capitalisme est principalement dicté par le taux de profit globalisé. Aujourd’hui, ce taux est historiquement bas, et les possibilités de le redresser sont épuisées. Cela signifie qu’il n’y a plus de sortie de crise possible sans remettre en question le système capitaliste lui-même. En tant que militant∙e∙s révolutionnaires, cela veut dire que nous devons soutenir toutes les luttes favorables aux travailleur∙euse∙s, toutes les luttes qui permettent à notre classe d’avoir confiance en ses forces pour contester le système, mais que nous devons aussi, à l’intérieur de ces luttes, lutter contre les arguments qui ignorent les tendances internes du capital et insister pour ne jamais prendre en compte les besoins de rentabilité ou de profitabilité des entreprises avant ceux des travailleur∙euse∙s. Par exemple, lors d’une lutte contre la fermeture d’un site, cela veut dire se battre aux côtés des salarié•e•s pour le maintien de l’emploi et pour l’appropriation collective de l’outil de travail, mais contre des arguments qui lieraient le maintien des emplois à des problèmes de souveraineté nationale. Dans toutes les luttes économiques ou politiques que nous allons mener, une seule boussole&nbsp;: l’intérêt de notre classe&nbsp;!</p>



<p></p>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_9066_3();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_9066_3();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_9066_3">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_9066_3" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_9066_3_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_9066_3('footnote_plugin_tooltip_9066_3_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Salaire brut + cotisations patronales + coûts indirecte assumés par l’entreprise</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_9066_3_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_9066_3('footnote_plugin_tooltip_9066_3_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/inflation-vers-une-crise-dampleur/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/inflation-vers-une-crise-dampleur/</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_9066_3_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_9066_3('footnote_plugin_tooltip_9066_3_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://thenextrecession.wordpress.com/2018/03/07/unam-1-the-profit-investment-nexus/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://thenextrecession.wordpress.com/2018/03/07/unam-1-the-profit-investment-nexus/</span></a>&nbsp;</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_9066_3_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_9066_3('footnote_plugin_tooltip_9066_3_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text"> Pour une présentation détaillée du mécanisme de baisse tendancielle du taux de profit, voire <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/de-quoi-la-crise-est-elle-le-nom/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/de-quoi-la-crise-est-elle-le-nom/</span></a></td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_9066_3() { jQuery('#footnote_references_container_9066_3').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_9066_3').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_9066_3() { jQuery('#footnote_references_container_9066_3').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_9066_3').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_9066_3() { if (jQuery('#footnote_references_container_9066_3').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_9066_3(); } else { footnote_collapse_reference_container_9066_3(); } } function footnote_moveToReference_9066_3(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_9066_3(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_9066_3(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_9066_3(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/crise-du-capitalisme-une-mauvaise-repartition-des-richesses/">Crise du capitalisme : Une mauvaise répartition des richesses ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
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		<title>Inflation : vers une crise d’ampleur ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/inflation-vers-une-crise-dampleur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Solen Rennes]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Sep 2022 09:40:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Économie politique]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Crise économique]]></category>
		<category><![CDATA[États-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Inflation]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Depuis 30 à 40 ans, dans les pays occidentaux, l’inflation n’était évoquée que comme vestige du passé ou bien pour justifier des salaires toujours stagnants. Sur la même période, les banques centrales devenues indépendantes remplissaient <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/inflation-vers-une-crise-dampleur/" title="Inflation : vers une crise d’ampleur ?">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">Depuis 30 à 40 ans, dans les pays occidentaux, l’inflation n’était évoquée que comme vestige du passé ou bien pour justifier des salaires toujours stagnants. Sur la même période, les banques centrales devenues indépendantes remplissaient parfaitement leur mission première : garantir la stabilité des prix.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #04 &#8211; SEPTeMBRE 2022</h6>



<p class="has-drop-cap">Mais depuis la fin de la première vague de COVID, la situation a radicalement changé. La zone euro et les Etats-Unis ont vu leur inflation passer de 2% à 8% entre février 2021 et février 2022 (voir Figure 1).&nbsp; Selon le FMI, l’inflation est encore plus importante dans les pays émergents et en développement et se situe autour de 10.5% en juillet 2022 sur une année glissante (voir Figure 2). Pourtant, aux premiers signes de la poussée inflationniste, les économistes dominants pensaient que c’était l’affaire de quelques semaines ou de quelques mois, le temps que les chaînes d’approvisionnement se remettent des arrêts et autres dysfonctionnements dus à la pandémie de COVID. Force est de constater que les choses ne se sont pas produites comme attendu, l’inflation persiste et continue d’augmenter. Il faut donc trouver une autre explication à cette augmentation des prix. Tout d’abord, l’inflation est un phénomène complexe dont les mécanismes ne sont pas encore parfaitement compris. Pour les économistes dominants, il existe principalement deux théories permettant de l’expliquer<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5723_5('footnote_plugin_reference_5723_5_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_5723_5('footnote_plugin_reference_5723_5_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5723_5_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5723_5_1" class="footnote_tooltip">J. Choonara, «&nbsp;Gathering Storm&nbsp;», International Socialism 175, June 2022. <a href="http://isj.org.uk/the-gathering-storm/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">http://isj.org.uk/the-gathering-storm/</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5723_5_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5723_5_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img data-dominant-color="d6d6d6" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #d6d6d6;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/09/A2C_RevueN4_Inflation_Illustr_1-1024x574.jpg" alt="" class="wp-image-5783 not-transparent"/><figcaption class="wp-element-caption">Figure 1</figcaption></figure>
</div>

<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="f5f5f5" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #f5f5f5;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/09/A2C_RevueN4_Inflation_Illustr_2.jpg" alt="" class="wp-image-5784 not-transparent"/><figcaption class="wp-element-caption">Figure 2</figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les interprétations dominantes</strong></h2>



<p><strong>La première</strong> est celle des économistes keynésiens basée sur la courbe de Phillips. Cette courbe relierait de manière mécanique taux de chômage et inflation. Un taux de chômage élevé, synonyme de rapport de force favorable au patronat, permettrait de maintenir des salaires suffisamment bas pour garantir un faible taux d’inflation. Au contraire, un taux de chômage faible inverserait ce rapport de force, permettant aux travailleurSEs de réclamer des salaires plus élevés qui, à leur tour, renchériraient le prix des marchandises poussant les mêmes salariés à réclamer de nouvelles augmentations de salaires etc. C’est ce que l’on appelle une boucle salaire-prix. Or, il n’existe pas de lien mécanique entre baisse du chômage et renchérissement des salaires. La situation actuelle en est la preuve : les salaires stagnent et les prix flambent. Par exemple, en France, selon les derniers chiffres de la DARES<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5723_5('footnote_plugin_reference_5723_5_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_5723_5('footnote_plugin_reference_5723_5_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5723_5_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5723_5_2" class="footnote_tooltip">Évolution des salaires de base dans le secteur privé : résultats provisoires du 2e trimestre 2022, août 2022, Dares Indicateurs N°38, <a href="https://dares.travail-emploi.gouv.fr/publication/evolution-des-salaires-de-base-dans-le-secteur-prive-T22022p" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://dares.travail-emploi.gouv.fr/publication/evolution-des-salaires-de-base-dans-le-secteur-prive-T22022p</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5723_5_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5723_5_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, « le salaire moyen de base a perdu 3% de sa valeur réelle sur un an au deuxième trimestre ». Aux Etats-Unis, les salaires horaires ont progressé de 5.2% sur un an alors que l’inflation a progressé, sur la même période, de 8.5%. Au deuxième trimestre, le salaire horaire réel dans le domaine non agricole a reculé de 1.7% sur un an et de 4.4% sur trois mois. Alors, s’il y a bien, à l’heure actuelle, une corrélation entre baisse du taux de chômage et inflation, il n’y a, en revanche, aucune causalité. L’inflation augmente beaucoup plus vite que les salaires : ce n’est donc pas une boucle salaire-prix que nous avons sous les yeux.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><strong><em>L’inflation augmente beaucoup plus vite que les salaires : ce n’est donc pas une boucle salaire-prix que nous avons sous les yeux.&nbsp;</em></strong></p>
</blockquote>



<p><strong>La deuxième théorie </strong>développée par les économistes orthodoxes est la théorie monétariste de l’inflation. L’augmentation des prix serait la conséquence d’une quantité de monnaie trop importante par rapport à la quantité de marchandise en circulation.&nbsp; Or, si le lien entre quantité de monnaie et inflation était aussi direct, la flambée des prix aurait commencé dès 2008, date à partir de laquelle les grandes banques centrales ont commencé à injecter des quantités d’argent inédites dans le système bancaire. Là encore, établir un lien direct entre quantité de monnaie et quantité de marchandises en circulation ne permet ni de décrire ni de comprendre les phénomènes actuels.</p>



<p>Les causes de l’inflation sont donc à chercher ailleurs que dans les théories orthodoxes. Chronologiquement, la flambée inflationniste a débuté après la première vague de confinement. A ce moment-là, la reprise des activités normales de l’économie a créé un rebond de la demande qui s’est établie à des niveaux un peu inférieurs à la demande avant COVID. C’est-à-dire à un niveau qui ne provoquait pas de poussée inflationniste particulière en 2019. La hausse des prix constatée était donc principalement due aux difficultés de redémarrer les chaînes d’approvisionnement, de refaire circuler les marchandises autour du globe mais pas au niveau de la demande. Or, s’il s’agissait de la seule cause de l’inflation, cette dernière aurait dû se résorber en quelques mois. Pourtant, elle persiste. Il y a donc d’autres causes à l’augmentation continue des prix depuis le début de 2021. Parmi les causes souvent mentionnées, la guerre en Ukraine est probablement celle qui revient le plus. Si l’invasion Russe a effectivement eu pour conséquence de faire grimper les prix des hydrocarbures et donc à renforcer le phénomène inflationniste, elle n’en est pas responsable. L’inflation était déjà de 6% dans la zone euro et de 8% au début du conflit. Au Cluedo de l’inflation, nous venons d’éliminer la hausse des salaires, la hausse des prix de l’énergie et le niveau de la demande.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une crise de profitabilité</strong></h2>



<p>Il reste alors un dernier facteur explicatif&nbsp;: un accroissement du taux de marge des entreprises. L’Economic Policy Institute reconnaît que, depuis la fin du premier confinement, la moitié de la hausse des prix (53.9%) peut être attribuée à une hausse anormale des profits, quand, dans le même temps, le coût du travail n’a contribué que d’environ 8% à l’inflation. Cette situation est tout à fait nouvelle, en effet, la contribution des profits à la hausse des prix était en moyenne de 11% sur la période 1979-2009 et celle des salaires était autour de 60% sur la même période (voir Figure 3). La contribution des consommations intermédiaires à la hausse des prix est, quant à elle, passée de d’environ 27% sur la période 79-2009 à 38% en sortie du premier confinement. C’est donc bien une hausse directe des marges des entreprises qui est principalement responsable de la crise inflationniste.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="e6e6e6" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #e6e6e6;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/09/A2C_RevueN4_Inflation_Illustr_3.jpg" alt="" class="wp-image-5788 not-transparent"/><figcaption class="wp-element-caption">Figure 3</figcaption></figure>
</div>


<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>C’est donc bien une hausse directe des marges des entreprises qui est principalement responsable de la crise inflationniste. </p></blockquote></figure>



<p>S’il n’est pas étonnant que les capitalistes cherchent, par tous les moyens, à augmenter leurs profits, cette méthode rentière d’augmentation pure et simple du prix des marchandises est pourtant inhabituelle dans le système capitaliste. En effet, la compétition féroce entre capitalistes pour vendre leurs marchandises a tendance à limiter les hausses de prix n’ayant d’autre but que d’augmenter les marges. En effet, le capitaliste trop gourmand risque de ne plus vendre quoi que ce soit s’il propose des biens plus chers que ses concurrents à qualité identique. Ce mécanisme de régulation par la compétition ne semble plus fonctionner aujourd’hui. Cette panne s’explique notamment par&nbsp;:</p>



<ol class="wp-block-list">
<li><strong>La concentration du capital</strong> : le mouvement de libéralisation des marchés de la phase néo-libérale s’est accompagné d’une concentration croissante des entreprises. Ce mouvement a été encore accéléré à la suite de la crise de 2008. Les grandes banques centrales ont commencé à injecter des quantités considérables de monnaie dans les circuits financiers (politique de <em>quantitative easing</em>) et à baisser drastiquement les taux d’intérêts ce qui a permis à de nombreuses entreprises de réaliser des opérations d’acquisition de concurrents. Cette multiplication d’opérations de rachats a provoqué une concentration record des capitaux, synonyme de faible pression concurrentielle. Or, cette concentration permet à ces corporations d’imposer plus facilement leurs prix sans perdre de parts de marché. Ainsi, la Banque des règlements internationaux soulignait dans un récent rapport que la capacité de formation des prix par les entreprises avait atteint des plus hauts historiques<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5723_5('footnote_plugin_reference_5723_5_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_5723_5('footnote_plugin_reference_5723_5_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5723_5_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5723_5_3" class="footnote_tooltip">Bulletin de la Banque des règlements internationaux N°53, Mai 2022, en ligne : <a href="https://www.bis.org/publ/bisbull53.pdf"><span class="footnote_url_wrap">https://www.bis.org/publ/bisbull53.pdf</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5723_5_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5723_5_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</li>



<li><strong>L’érosion des gains de productivité du travail&nbsp;</strong>: comme indiqué en Figure 4, la croissance de la productivité du travail, historiquement faible depuis le début des années 60, s’effondre depuis le début de l’année 2021. Cet effondrement de la productivité du travail entraîne à son tour une hausse de la part des salaires par unité produite et donc une réduction des marges à prix constants. Alors, pour maintenir voire pour augmenter leurs marges, les capitalistes n’ont qu’une solution&nbsp;: augmenter les prix.</li>
</ol>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="f5f5f5" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #f5f5f5;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/09/A2C_RevueN4_Inflation_Illustr_4.jpg" alt="" class="wp-image-5790 not-transparent"/><figcaption class="wp-element-caption">Figure 4 </figcaption></figure>
</div>


<p>Le capitalisme actuel est donc dans une situation où la baisse de la productivité du travail ne permet pas de maintenir les taux de profits autrement qu’en augmentant directement les prix, et, où la concentration des capitaux est suffisamment élevée pour permettre aux grandes corporations d’imposer leur prix au marché. En d’autre termes, le problème de l’érosion des profits est, en ce moment, contourné par une méthode rentière, celle de l’augmentation directe du prix des marchandises. Cette augmentation des prix agit comme une une taxe sur le prix des marchandises permettant de rémunérer directement le capital, c’est le retour de la taille.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Faire payer notre classe</strong></h2>



<p>Face à cette boucle profit-prix, les gouvernements ont deux solutions possibles.&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>La première</strong> consisterait à laisser filer l’inflation permettant de maintenir le taux de profit et d’investir, par exemple, dans la transition énergétique. Mais, ce scénario optimiste ne tient pas compte du fait qu’investir dans l’économie productive ne permet pas d’obtenir des profits intéressants car aucun de ces investissements ne permet une quelconque hausse de la productivité du travail. Or, sans cette hausse de productivité, la situation restera inchangée et la boucle profit-prix restera l’unique moyen à la main des capitalistes pour maintenir leurs marges. Mais, une hausse continue des prix sur le dos des travailleurSEs rendrait très certainement la situation sociale explosive.</li>



<li><strong>La seconde</strong> solution qui est de loin la plus probable consiste à augmenter les taux d’intérêt dans l’espoir de créer un ralentissement économique. Seulement, une forte hausse des taux d’intérêts a toutes les chances de provoquer une grave crise économique. En effet, depuis la crise de 2008, le nombre d’entreprises zombies<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5723_5('footnote_plugin_reference_5723_5_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_5723_5('footnote_plugin_reference_5723_5_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5723_5_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5723_5_4" class="footnote_tooltip">Ces entreprises se caractérisent par le fait que les revenus qu’elles génèrent ne couvrent, dans le meilleur des cas, que le montant des intérêts qu’elles doivent rembourser</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5723_5_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5723_5_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> et la part de l’investissement qu’elles représentent (voir Figure 5) n’a cessé d’augmenter jusqu’à représenter presque 20% des entreprises aux États-Unis. Or, ces entreprises zombies ont une probabilité très élevée de faire faillite dans l’année suivant une hausse brutale des taux d’intérêts. Par ailleurs, les entreprises zombies ne sont pas les seules à être menacées par une hausse des taux d’intérêts. Les politiques de taux bas voire négatifs adoptées par les grandes banques centrales ont créé une nouvelle catégorie d’entreprises vulnérables : les <em>fallen angels</em>&nbsp;. Ces entreprises, saines au départ, ont profité des faibles taux d’intérêts pour réaliser des opérations d’acquisition de concurrents financées par un recours massif à de l’endettement. Ces entreprises se sont donc fragilisées face à une hausse à court terme des taux d’intérêts. La banque des règlements internationaux estime que le montant des crédits accordés à de potentiels <em>fallen angels</em> a crû de 307 trilliards de dollars sur la période 2009-2019. Ainsi,<strong> une hausse brutale des taux d’intérêts pourrait provoquer des cascades de faillites,</strong> des millions de licenciements et donc, là encore, une situation sociale explosive.</li>
</ul>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="f1f1f1" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #f1f1f1;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/09/A2C_RevueN4_Inflation_Illustr_5.jpg" alt="" class="wp-image-5791 not-transparent"/><figcaption class="wp-element-caption">Figure 5</figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading"><strong>Vers une révolte mondiale ?</strong></h2>



<p>Il semble donc que le capitalisme mondial se dirige vers un nouvel épisode de crise qui pourrait être d’une ampleur bien plus grande que celles qui ont secoué le XXI<sup>e</sup> siècle. En effet, ces dernières étaient circonscrites à des secteurs particuliers de l’économie : le secteur des nouvelles technologies dans les années 2000 , le secteur financier en 2008, ou encore les dettes souveraines dans les années 2010. Les effets de ces crises ont pu être contenus en utilisant de nouveaux outils qui ont, à leur tour, provoqué de nouvelles crises. L’ingénierie financière a été développée pour permettre de redresser les marchés financiers dans les années 2000. Ce même secteur est entré en crise en 2008 et a été sauvé de l’effondrement par l’intervention directe des États. Cette intervention a alors transformé la crise du système bancaire en crise des dettes souveraines européennes. Puis, l’intervention de la banque centrale européenne au travers de sa politique de <em>quantitative easing</em> a permis, une fois encore, de contenir en partie les effets de ces crises successives. Par ailleurs, dans le même temps, l’économie mondiale était tirée par le maintien d’investissement et d’une croissance très dynamiques en Chine. Mais, la crise inflationniste actuelle touche l’ensemble des économies, la croissance ralentit partout dans le monde, et aucun gouvernement ni aucune banque centrale ne semblent avoir de solutions pour éviter une récession mondiale.&nbsp;</p>



<p>Si les perspectives économiques sont sombres, la situation est, dans le même temps, pleine de promesses pour les révolutionnaires.<strong> En ce moment, partout autour du monde, des travailleurSEs se mettent en mouvement contre la flambée des prix</strong>. C’est particulièrement le cas en Asie. Au Sri-Lanka, les révoltes ont fait fuir le gouvernement du pays. Au Bangladesh, les travailleurSEs du thé ont cessé le travail par centaines de milliers et ont refusé de reprendre leur poste après que les syndicats ont appelé à interrompre la grève. En Inde, le mouvement des paysans reprend, accompagné par les étudiantEs. Au Pakistan, ce sont les travailleurSEs du textile qui sont entréEs en grève pour des augmentations de salaire. En Europe, c’est l’Angleterre qui est en pointe des mobilisations. Les grèves se multiplient : la poste, le train, le métro, les dockers. La perspective d’une grève générale prend corps. En France, le gouvernement Macron a décidé de faire porter tout le poids de l’inflation sur les salariéEs et dans le même temps prépare de nouvelles réformes de l’assurance chômage et des retraites. Tout ce qui a été construit lors de la bataille contre la réforme des retraites et autour «&nbsp;d’occupons l’Odéon&nbsp;» va pouvoir être remobilisé pour élargir encore le camp de la contestation. </p>



<p>Si l’été fût caniculaire, l’automne sera sans doute bien plus chaud&nbsp;!</p>



<p><strong>Anouk Brunet et Paul Vadori </strong></p>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_5723_5();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_5723_5();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_5723_5">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_5723_5" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5723_5_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5723_5('footnote_plugin_tooltip_5723_5_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">J. Choonara, «&nbsp;Gathering Storm&nbsp;», International Socialism 175, June 2022. <a href="http://isj.org.uk/the-gathering-storm/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">http://isj.org.uk/the-gathering-storm/</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5723_5_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5723_5('footnote_plugin_tooltip_5723_5_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Évolution des salaires de base dans le secteur privé : résultats provisoires du 2e trimestre 2022, août 2022, Dares Indicateurs N°38, <a href="https://dares.travail-emploi.gouv.fr/publication/evolution-des-salaires-de-base-dans-le-secteur-prive-T22022p" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://dares.travail-emploi.gouv.fr/publication/evolution-des-salaires-de-base-dans-le-secteur-prive-T22022p</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5723_5_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5723_5('footnote_plugin_tooltip_5723_5_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Bulletin de la Banque des règlements internationaux N°53, Mai 2022, en ligne : <a href="https://www.bis.org/publ/bisbull53.pdf"><span class="footnote_url_wrap">https://www.bis.org/publ/bisbull53.pdf</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5723_5_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5723_5('footnote_plugin_tooltip_5723_5_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Ces entreprises se caractérisent par le fait que les revenus qu’elles génèrent ne couvrent, dans le meilleur des cas, que le montant des intérêts qu’elles doivent rembourser</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_5723_5() { jQuery('#footnote_references_container_5723_5').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_5723_5').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_5723_5() { jQuery('#footnote_references_container_5723_5').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_5723_5').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_5723_5() { if (jQuery('#footnote_references_container_5723_5').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_5723_5(); } else { footnote_collapse_reference_container_5723_5(); } } function footnote_moveToReference_5723_5(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_5723_5(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_5723_5(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_5723_5(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/inflation-vers-une-crise-dampleur/">Inflation : vers une crise d’ampleur ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Est-ce la mort du néolibéralisme ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/est-ce-la-mort-du-neoliberalisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Mar 2022 11:25:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Économie politique]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Etat]]></category>
		<category><![CDATA[néolibéralisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=5264</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">La dette des États connaît une augmentation rapide depuis le début de la pandémie de Covid. Alors les ministres de l’Économie, Bruno Le Maire en tête, ressortent leurs éternelles « réformes structurelles », celles qu’ils n’ont pas <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/est-ce-la-mort-du-neoliberalisme/" title="Est-ce la mort du néolibéralisme ?">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/est-ce-la-mort-du-neoliberalisme/">Est-ce la mort du néolibéralisme ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<pre class="wp-block-verse">La dette des États connaît une augmentation rapide depuis le début de la pandémie de Covid. Alors les ministres de l’Économie, Bruno Le Maire en tête, ressortent leurs éternelles « réformes structurelles », celles qu’ils n’ont pas eu le temps de mettre en place ces 40&nbsp;dernières années, mais qui seraient nécessaires pour sauver l’économie. Dans le débat public, beaucoup de figures de gauche, intellectuel·les, journalistes et économistes, voient dans le « quoi qu’il en coûte » affirmé par Macron une évolution positive vers moins de néolibéralisme et plus d’intervention de l’État. Mais est-ce vraiment la trajectoire et la dynamique du capitalisme ?</pre>



<h6 class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background wp-block-heading" style="font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #01 &#8211; Janvier 2022</h6>



<p class="has-drop-cap">On entend généralement par néolibéralisme, une configuration financiarisée du capitalisme dans laquelle toute forme de régulation est laissée à la main invisible du marché mondialisé. Le rôle de l’État se réduirait alors à la protection de la propriété privée et la suppression de supposées barrières réglementaires, empêchant les marchés de s’autoréguler, libérant ainsi tout le potentiel de croissance. Voilà pour la théorie, ou plutôt pour l’idéologie néolibérale. Présenté comme un fait scientifique dans les universités, les institutions internationales, les médias et les programmes des partis, le catéchisme du retrait de l’État de l’économie est pourtant loin de refléter la réalité.</p>



<p>Reprenons le fil de l’histoire : confrontés à la crise économique des années 70 et 80 et à la baisse tendancielle des taux de profit des entreprises, les États capitalistes développés ont commencé à mettre en place les réformes dites « néolibérales ». Ces transformations ont permis d’augmenter la part de la valeur produite qui allait aux capitalistes plutôt qu’à la classe ouvrière sous forme de salaires et de services publics. La baisse forcée des taux d’intérêts, qui ont atteint une valeur quasi nulle depuis plusieurs années, devait aussi permettre aux entreprises d’avoir un accès plus facile et moins coûteux au crédit. Beaucoup ont ainsi pu maintenir voire étendre leur activité malgré des taux de profit peu élevés voire négatifs. Enfin, si les privatisations ont permis dans certains cas d’ouvrir de nouveaux domaines à l’accumulation capitaliste, elles ont surtout eu pour effet de remodeler la relation entre travailleur·euses et patrons au profit de ces derniers dans les entreprises et les domaines concernés.</p>



<p>Toutes ces mesures parmi tant d’autres ne sont pas celles d’un désengagement de l’État, mais bien d’une intervention active de sa part pour remodeler les conditions d’accumulation capitaliste et d’exploitation de la force de travail, dans un contexte de crise de longue durée. En effet, ça a nécessité des lois antisyndicales, des privatisations, un renforcement de la police et des prisons et un abandon conscient et assumé des services publics.</p>



<p>Un autre exemple de l’intervention active de l’État est bien sûr celle des grandes banques centrales lors des crises. La baisse historique des taux de profits, conjuguée avec la dérégulation des marchés financiers, a augmenté la spéculation boursière et provoqué des krachs historiques. Depuis la crise des subprimes de 2008, les taux de profit mondiaux ont continué à baisser et l’activité est maintenue artificiellement par les grandes banques centrales. Ces dernières utilisent massivement et en continu des outils non conventionnels comme « l’assouplissement quantitatif », rachetant des dettes, des obligations et autres produits toxiques détenus par les banques privées. C’est en fait un moyen d’injecter des quantités colossales d’argent frais dans les circuits financiers tout en ­débarrassant les banques de leurs produits dangereux.</p>



<p>Enfin, il y a les subventions directes aux capitalistes, comme le CICE en France qui a permis à lui seul d’injecter des dizaines de milliards d’euros en quelques années pour améliorer les marges des entreprises, mais sans effet notable sur l’investissement et l’emploi. Sans parler de l’industrie d’armement qui tourne à plein régime et à pleins profits, dopée aux commandes de l’État (voire aux commandes venant d’États étrangers mais garanties par le Trésor français, comme pour la dernière vente de Rafale à la dictature égyptienne) et des interventions impérialistes à l’étranger permettant de protéger les intérêts des multinationales françaises et de perpétuer la françafrique.</p>



<p>L’État bourgeois vu sous cet angle est bien dans son rôle d’outil politique de la classe dirigeante qui possède les moyens de production ; il n’est pas « notre » État et ne l’a jamais été.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une impulsion venue d’Amérique ?</h2>



<p>Le président américain Joe Biden a pris une série de mesures et en a annoncé d’autres qui laissent présager un tournant stratégique dans la politique de la classe dirigeante étatsunienne. Des allocations « covid » exceptionnelles continuent d’être distribuées à la majorité de la population, et d’énormes investissements publics sont annoncés dans l’infrastructure des transports, les télécommunications, les écoles et les universités publiques. Pour enfoncer le clou, Biden lui-même prétend être le président le plus « pro-syndicaliste » de l’histoire des États-Unis ! Tout ceci amène Jean-Luc Mélenchon à voir dans le nouvel occupant de la Maison-Blanche un « appui » dans le cadre de sa campagne pour 2022.</p>



<p>Il est impossible d’ignorer ce qui se passe aux États-Unis, mais il faut tout de même relativiser la portée de ce qui reste pour l’instant de simples annonces. Premièrement, malgré l’extension des allocations chômages et autres aides à la consommation, les largesses du nouvel État providence américain restent bien en-deçà de ce qui se pratique normalement en Europe. Deuxièmement, ces programmes d’investissement certes ambitieux doivent se confronter à une situation économique (aux USA comme dans le reste du monde) qui reste structurellement similaire à l’époque pré-Covid : profitabilité en berne et dette qui explose pour la plupart des entreprises productives, avec des marchés financiers dopés par les mesures des banques centrales et qui se retrouvent encore plus déconnectés de l’économie productive qu’ils ne l’étaient avant la pandémie. Paradoxalement, il y eu moins de faillites d’entreprises en 2020 que lors d’une année normale, car les entreprises insolvables se sont accrochées aux aides Covid pour éviter de couler. Dans un contexte de profitabilité au ras des pâquerettes, un grand programme d’investissements de l’État sans nationalisation des entreprises risque surtout de nourrir l’inflation qui refait déjà son apparition avec les pénuries mondiales post-confinement.</p>



<p>Enfin, le « New Deal » de Biden s’accompagne d’une rhétorique anti-chinoise qui n’a rien à envier à celle de Trump, et c’est loin d’être anodin ou secondaire. Les investissements ciblés dans des secteurs stratégiques où l’industrie chinoise est très avancée comme la 5G et les semi-conducteurs, le renforcement de la présence militaire étatsunienne en Asie du Sud-Est, ainsi que la continuation de la politique Trump à l’égard des migrant·es, tout ceci répond à une seule et même logique : le besoin de renforcer le camp du capitalisme américain face au capitalisme chinois, et de serrer les rangs de la population derrière la classe dirigeante américaine, par le biais des politiques patriotiques et racistes. Tout ceci sur fond d’instabilités des marchés financiers et de crises économiques dont la fréquence et la gravité vont augmenter plutôt que diminuer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les étatistes de gauche</h2>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="7a7a7a" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #7a7a7a;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/03/A2C_RevueN1_Neoliberalisme_drapeaux_FI_illustr.jpg" alt="" class="wp-image-5267 not-transparent" width="312" height="404"/></figure></div>



<p>Dans le discours dominant à gauche, le mot néolibéralisme (ou libéralisme tout court) est souvent utilisé en lieu et place du mot capitalisme. Ainsi notre lutte pourrait se réduire, au moins à moyen terme, à la question de la lutte contre le néolibéralisme. Dans cette lutte, qui prend au pied de la lettre la définition bourgeoise du néolibéralisme, quel meilleur allié que l’État ? Un État interventionniste, fort et protecteur de ses entreprises et de « ses » (!) travailleur·euses ? Ce point de vue est porté de façon caricaturale par un personnage comme Arnaud Montebourg mais aussi plus sérieusement par Jean-Luc Mélenchon ou François Ruffin. On ne compte plus les discours expliquant que les frontières (fermées), le protectionnisme et le patriotisme économique permettraient de protéger les travailleur·euses des méfaits du capitalisme en évitant les délocalisations et de préserver l’environnement. Pourtant, le monde lui-même est trop petit pour l’appétit du capitalisme et, sitôt les entreprises nationales protégées de la concurrence extérieure, elles chercheront des marchés extérieurs pour croître et se développer, se jetant dans une concurrence acharnée avec d’autres entreprises nationales, chacune soutenue par son État. La perspective du « protectionnisme » capitaliste est donc celle d’une généralisation et d’une amplification des tensions commerciales (comme celles entre la Chine et les USA), encourageant l’armement et les guerres impérialistes !</p>



<p>Mais réfléchissons un instant : pourquoi est-ce que les capitalistes délocalisent, si ce n’est pour aller chercher des profits plus élevés et des marchés plus étendus ? Ils se comportent tout à fait rationnellement puisque l’essence du capitalisme n’est pas dans la production de biens pour subvenir aux besoins des gens et encore moins dans la « création d’emplois », mais bien dans l’extraction de plus-value et dans l’exploitation. Les capitalistes délocalisent car ils trouvent de « meilleures conditions » d’exploitation ailleurs. Donc pour les encourager à relocaliser, il faudra leur prouver que les meilleures conditions d’exploitation se trouvent en France. Il n’y aura pas de miracle, on exigera très vite de notre classe de « faire des efforts », c’est-à-dire d’accepter des salaires plus bas, des journées plus longues et des conditions de travail dégradées… D’accepter de se ranger au garde-à-vous derrière la classe dirigeante, d’encourager le racisme, la fermeture des frontières et le nationalisme. De belles perspectives !</p>



<p>L’histoire concrète du capitalisme est celle d’un mode de production qui peut se présenter sous les formes les plus variées, de la concurrence basée sur le secteur privé au capitalisme d’État, du libre échangisme prôné par les néolibéraux au protectionnisme le plus farouche prôné par les nouveaux patriotes économiques de droite comme de gauche. Mais l’essentiel reste : les entreprises et les nations capitalistes sont en concurrence entre elles, et c’est à qui va exploiter le plus efficacement, le plus brutalement et le plus impitoyablement « ses » travailleur·euses. Tant que celles et ceux qui travaillent ne seront pas en possession des moyens de production, alors ceux-ci seront utilisés contre elles et eux, car le capital, <em>«</em><em> semblable au vampire, ne s’anime qu’en suçant le travail vivant.</em><em> »</em> Les conditions historiques peuvent donc amener la classe dirigeante à prôner une intervention plus « dirigiste » de l’État dans certains secteurs de l’économie, avec des bavardages sur la solidarité nationale et le patriotisme économique pour musique de fond. Mais changer son fusil d’épaule ne veut pas dire changer de mire, bien au contraire.</p>



<p>Les forces politiques de gauche militant pour un retour de l’État protecteur des entreprises françaises et des travailleur·euses font donc fausse route et, croyant lutter pour l’émancipation, accompagnent en fait le mouvement vers la catastrophe. La lutte contre le capitalisme n’est pas celle contre le cadavre du néolibéralisme. La lutte anticapitaliste doit, aujourd’hui plus qu’hier, se battre contre l’État, le nationalisme, et le fascisme. À ceux qui nous proposent de troquer la lutte contre les frontières et l’impérialisme en échange de quelques concessions patriotiques et surtout imaginaires, nous opposons la solidarité de classe et son autonomie politique.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Paul et Jad, Paris 18e</h4>



<p></p>
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		<title>Retour de la crise ? 2/2</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/retour-de-la-crise-2-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Gabo]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Mar 2020 14:25:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Économie politique]]></category>
		<category><![CDATA[Crise économique]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Cet article est la suite de cet article publié dans le bulletin n°11 qui développait les mécanismes permettant de comprendre la crise actuelle, de la chute des taux de profit à la fin des années <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/retour-de-la-crise-2-2/" title="Retour de la crise ? 2/2">[...]</a></div>
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<pre class="wp-block-preformatted"><em>Cet article est la suite de <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/retour-de-la-crise%e2%80%89-1-2/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label="cet article (s’ouvre dans un nouvel onglet)">cet article</a> publié dans le bulletin n°11 qui développait les mécanismes permettant de comprendre la crise actuelle, de la chute des taux de profit à la fin des années 60 à la crise des subprimes de 2008.</em></pre>



<p>La classe dirigeante ne peut pas résoudre la crise du système capitaliste. Si on la laisse faire, ce sera une catastrophe pour nous tou.te.s.</p>



<p>Le 7 septembre 2008, en pleine crise des subprimes, l’administration américaine procède à ce qu’un économiste et ancien conseiller à la Maison blanche, Nouriel Roubini, nommera «&nbsp;la plus grande nationalisation de l’histoire de l’humanité&nbsp;», à savoir le sauvetage de deux géants liés aux crédits hypothécaires (crédits immobiliers accordés en contrepartie de l’hypothèque du bien, à l’origine du montage financier des subprimes). Une semaine plus tard, les marchés financiers paniquent suite à la plus grosse faillite de l’histoire, celle de Lehman Brother, qui provoque des dégâts économiques importants. Deux jours plus tard, le gouvernement américain met 85 milliards de dollars sur la table pour sauver AIG, le premier assureur du pays. Cette séquence montre à quel point la classe dirigeante s’est trouvée désemparée.&nbsp;</p>



<p>L’orthodoxie néolibérale prônée depuis plus de 30 ans et selon laquelle la concurrence libre et non faussée assure le fonctionnement optimal de l’économie aurait dû conduire les États à laisser les banques et les entreprises les moins rentables faire faillite pour permettre aux survivantes de les racheter à bas prix et voir ainsi leur taux de profit restauré. Mais elle s’est crashée sur la réalité des «&nbsp;too big too fail&nbsp;», c’est-à-dire des banques et entreprises dont la taille est telle que leur faillite entraîne des pans entiers de l’économie dans leur chute.&nbsp;</p>



<p>Dans une économie concurrentielle, aucune entreprise, aucun État, n’est prêt à perdre si d’autres peuvent y gagner. Dans le sillage des USA, aucun autre État n’a donc fait le choix de purger le système en laissant ces faillites opérer. Ils ont à l’inverse mis en œuvre des moyens exceptionnels pour sauver les banques et relancer l’activité économique. Le problème, c’est que les entreprises et les banques ont utilisé ces dizaines de milliers de milliards pour spéculer, créant à nouveau des bulles financières dans différents secteurs. La crise des subprimes était le résultat des profits faramineux réalisés sur le marché du crédit hypothécaire. Lorsque ce marché s’est écroulé, en 18 mois, 3 millions de ménages américains ont été dépossédés de leur maison. Et l’État leur a demandé de payer les pertes subies par ces mêmes capitalistes, pour leur permettre de recommencer : entre 2010 et 2018, les prix dans l&rsquo;immobilier commercial ont augmenté de 100% et le prix des maisons a progressé de près de 50%.&nbsp;</p>



<p>Le stade actuel de l’économie capitaliste est donc caractérisé par une impasse&nbsp;: les États sont confrontés au dilemme entre intervenir pour tenter d’empêcher la crise mais en utilisant des moyens qui rendront la suivante plus grave encore, ou laisser les entreprises géantes faire faillite, au risque d&rsquo;entraîner une crise d&rsquo;ampleur supérieure à celle des années 1930.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Ça n’a pas marché, alors ils font pareil</strong></h3>



<p>Malgré la violence de la crise de 2008, qui a révélé la dangerosité du système capitaliste et des dégâts sociaux qu’il pouvait provoquer, les États ont poursuivi les politiques d’austérité contre les travailleur.se.s pour augmenter les profits des entreprises, en espérant qu’elles recommenceraient à investir, à embaucher et que la croissance repartirait. Dans le même sens, les banques centrales ont favorisé les profits bancaires par le biais de leur taux directeur nul (taux auquel elles prêtent aux banques) et de programmes d’assouplissement quantitatif (jargon pour cacher la réalité de ces programmes : l’utilisation de la planche à billets pour racheter aux banques des titres liés aux crédits qu’elles accordent). 2600 milliards d’euros ont ainsi été injectés sur le marché européen par la BCE entre le lancement de ce programme en 2015 et son arrêt fin en décembre 2018, deux fois le budget de l’Etat français pour chaque année. Or, ces montants faramineux de profits et de dettes, les capitalistes ne les ont pas utilisés pour la production &#8211; les perspectives de retour sur investissement (taux de profit) leur apparaissant trop faibles &#8211; mais pour s’enrichir encore plus dans la finance. La croissance des actifs financiers mondiaux donne une image de ce phénomène<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_3769_9('footnote_plugin_reference_3769_9_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_3769_9('footnote_plugin_reference_3769_9_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_3769_9_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_3769_9_1" class="footnote_tooltip">- CHESNAIS, François (2019), «&nbsp;Retour sur l’impasse économique historique du capitalisme mondial&nbsp;»,<em> Contretemps</em>, <a href="https://www.contretemps.eu/impasse-capitalisme-mondial/"><span class="footnote_url_wrap">https://www.contretemps.eu/impasse-capitalisme-mondial/</span></a> <br>&#8211; WILNO, Henri (2019), «&nbsp;Économie politique. La crise qui vient&nbsp;», <em>A l’encontre</em>, <a href="http://alencontre.org/economie/economie-politique-la-crise-qui-vient.html"><span class="footnote_url_wrap">http://alencontre.org/economie/economie-politique-la-crise-qui-vient.html</span></a> <br>&#8211; CHOONARA, Joseph (2018), «&nbsp;L’économie politique d’une longue dépression&nbsp;», traduction d’un article paru dans le n°158 <a href="http://isj.org.uk/the-political-economy-of-a-long-depression/">d’International Socialism</a>, <a href="https://autonomiedeclasse.wordpress.com/2018/05/16/leconomie-politique-dune-longue-depression/"><span class="footnote_url_wrap">https://autonomiedeclasse.wordpress.com/2018/05/16/leconomie-politique-dune-longue-depression/</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_3769_9_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_3769_9_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> :</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://lh5.googleusercontent.com/pDlkwzMytJMdaSFbWj19BK4SvYnR8PU5i9VoraA5n25HafkVJ2Yx-LYz655n8tTTDv55l0jaAI02voj4fg2IYlwL7awsrpqc-ktxphnjBoh1MVm_Qa7f77bpBvQxw-5Asv2ixQw" alt="Une image contenant capture d’écran

Description générée automatiquement"/></figure>



<p>A chaque crise, il est en de même. Les problèmes causés par une bulle financière dans les années 1980 ont été temporairement surmontés par une bulle financière plus importante au milieu des années 1990, et les problèmes qui en ont découlé ont été surmontés par la bulle encore plus importante qui a explosé en 2008. Les banques, les fonds d&rsquo;investissement et les fonds spéculatifs ont réalisé d&rsquo;énormes profits en prêtant comme jamais, tandis qu’on nous demandait ensuite de nous serrer la ceinture pour payer la facture. A chaque fois, le niveau moyen d&rsquo;endettement qui en a découlé est devenu plus important, permettant aux gens d&rsquo;acheter des choses qu&rsquo;ils n&rsquo;auraient pas pu se permettre autrement, et cela a permis aux entreprise de trouver des marchés. A chaque fois, la suite a été pire.</p>



<p><strong>Un niveau d’endettement insoutenable</strong></p>



<p>Aujourd&rsquo;hui, tous les analystes économiques craignent un nouvel effondrement du système financier, qui ne manquerait pas d&rsquo;affecter le reste de l&rsquo;économie. Le niveau d’endettement, public comme privé, devient insoutenable (impossible à rembourser). Rapporté au PIB mondial, il n’a jamais été aussi élevé, plus encore qu&rsquo;avant la crise de 2008, passant selon le FMI de 200% du PIB en 2007 à 230% fin 2019.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://lh5.googleusercontent.com/qM0F8eYrFKMmAxsv2veNkChccU96rMV6ajHZBYTo75wOloCKjDY31EWSYtkqJK0ce40KJprxXrlUbhpMevMBBMtYa_djiiMSs7HQdOOKEie061kJ9B32fdF-Y4SDLJ_41J7kAr0" alt="Une image contenant capture d’écran

Description générée automatiquement"/></figure>



<p>Cela met certains États au bord de la faillite, c’est-à-dire dans l’incapacité de faire face aux échéances de règlements des dettes. En Argentine, fin 2019, le nouveau président décide de repousser une échéance de remboursement de 9 milliards de dollars afin d’essayer entre-temps de redresser la situation économique du pays. L’Italie a actuellement une dette de 2&nbsp;300 milliards d&rsquo;euros (130% du PIB) et des relations tendues avec l’UE qui alimentent le risque d’un défaut de paiement. L’État italien devient donc à la merci de ses créanciers qui pourraient mettre le pays en difficulté s’ils décidaient d’augmenter les taux. Ce n’est pas sans rappeler le cas de la Grèce, à ceci près que l’Italie constituant la troisième puissance économique de la zone euro, les conséquences seraient bien plus importantes sur le reste de l’Europe.</p>



<p>Partout, les taux d’intérêt réels négatifs (en tenant compte de l’inflation, les emprunteurs remboursent moins que le montant de leur prêt!) ont incité les entreprises à emprunter, parfois jusqu’au surendettement, et ont conduit à la prolifération des « firmes zombies ». Il s’agit d’entreprises non rentables, qui ne pourraient pas survivre en temps normal car leurs profits sont insuffisants pour couvrir ne serait-ce que les intérêts de leur dette mais qui, dans ce contexte général de perfusion d’argent public, parviennent à se maintenir. Selon de récents chiffres de la Banque des règlements internationaux (BRI), le taux de firmes zombies est passé de 1% en 1990 à 12% en 2016 au sein des pays de l&rsquo;OCDE, et ces chiffres ne concernent que les entreprises cotées en bourse<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_3769_9('footnote_plugin_reference_3769_9_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_3769_9('footnote_plugin_reference_3769_9_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_3769_9_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_3769_9_2" class="footnote_tooltip">Voir par exemple cet article du journal Les Échos, «&nbsp;La BRI met en garde contre la prolifération des sociétés zombies&nbsp;», 23 septembre 2018, <a href="https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/la-bri-met-en-garde-contre-la-proliferation-des-societes-zombies-139765"><span class="footnote_url_wrap">https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/la-bri-met-en-garde-contre-la-proliferation-des-societes-zombies-139765</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_3769_9_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_3769_9_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Dans la zone euro, la BCE estime qu’autour de 30% des TPE-PME sont déficitaires. En France, le taux d’endettement des entreprises est devenu le plus élevé de la zone euro. Fin 2019 le FMI publie un rapport qui tire le signal d’alarme&nbsp;du surendettement des entreprises :&nbsp;<em>«&nbsp;En cas de ralentissement marqué de l’activité, dans le plus sombre des scénarios, 40&nbsp;% de la dette des entreprises dans les huit plus grandes économies, soit 19&nbsp;000&nbsp;milliards&nbsp;de dollars&nbsp;</em>[17&nbsp;000&nbsp;milliards d’euros],<em>&nbsp;seraient exposés à un risque de défaut, soit plus que le niveau observé durant la dernière crise financière</em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_3769_9('footnote_plugin_reference_3769_9_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_3769_9('footnote_plugin_reference_3769_9_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_3769_9_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_3769_9_3" class="footnote_tooltip">Voir par exemple cet article du journal Le Monde, «&nbsp;Alerte mondiale sur la dette des entreprises&nbsp;», 17 octobre 2019, <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/10/17/le-fmi-alerte-sur-la-dette-des-entreprises-en-cas-de-ralentissement-economique_6015797_3234.html"><span class="footnote_url_wrap">https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/10/17/le-fmi-alerte-sur-la-dette-des-entreprises-en-cas-de-ralentissement-economique_6015797_3234.html</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_3769_9_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_3769_9_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script><em>»</em>. Mais ce système se trouve pris dans un cercle vicieux : même si les banques savent qu’elles n’ont quasiment aucune chance d’être remboursées, elles préfèrent continuer à accorder des prêts car un défaut de paiement sur la totalité des emprunts peut représenter une perte trop lourde à assumer. Et les banques centrales ne peuvent plus augmenter significativement les taux d’intérêt sans risquer de causer une vague massive de faillites d’entreprises.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Les politiques économiques dans une impasse</strong></h3>



<p>Pour pouvoir retrouver un peu de marge de manoeuvre en cas de nouvelle crise, la Fed (banque centrale américaine) avait bien essayé de le faire. Mais quand elle décide de remonter son taux directeur &#8211; de façon précautionneuse &#8211; à partir de décembre 2015, les faillites d’entreprises ont atteint un nombre jamais vu depuis 2008 ; après l’euphorie des profits faciles, cette douche froide fait également chuter plusieurs fois le Dow Jones, si bien que la Fed a dû annoncer fin 2018 l’arrêt de cette orientation et avec elle son incapacité à dévier la trajectoire du Capital qui nous mène dans le mur.</p>



<p>L’instabilité économique est maintenant également liée aux tensions politiques que cette situation provoque. « Je pense que la Fed est devenue dingue » et que son président est « incompétent » dira Trump face à cette décision de remonter le taux directeur, lui reprochant de désavantager le capitalisme américain face aux concurrents. La concurrence, toujours. Celle qui amène également au développement des mesures protectionnistes pour assurer des débouchés à des entreprises de plus en plus en difficulté.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://lh5.googleusercontent.com/1ORXboE9Amb9M_B6drEZvij1gHKGGeFR5MwZ6fHHf5nPI03KrElhFxA-lNVYzIX1B6FZnHA4n9ZC4-C5bb8p0r_znKapIUrELngSKtmBx60ZXStFWQO8Cij9fWw83YtwwymUWfU" alt="Une image contenant texte

Description générée automatiquement"/><figcaption> <em>Source&nbsp;: blog de l’économiste américain Michael Roberts.</em> </figcaption></figure>



<p>Sur leur nombre qui a explosé, la guerre commerciale que se livrent les USA et la Chine ne correspond qu’à 23% du total des mesures recensées entre 2017 et 2019, et les mesures de représailles à la politique protectionniste de Trump ne représentent que 14 des 73 mesures prises par l’Union européenne durant la même période<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_3769_9('footnote_plugin_reference_3769_9_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_3769_9('footnote_plugin_reference_3769_9_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_3769_9_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_3769_9_4" class="footnote_tooltip">ROBERTS, Michael (2019), «&nbsp;Forecast 2020&nbsp;», <a href="https://thenextrecession.wordpress.com/2019/12/30/forecast-2020/"><span class="footnote_url_wrap">https://thenextrecession.wordpress.com/2019/12/30/forecast-2020/</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_3769_9_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_3769_9_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> &#8230;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Ont-ils d’autres solutions&nbsp;?</strong></h3>



<p>Déjà, lors de la crise de 1929, les actions gouvernementales n’avaient pas suffi à résorber la crise. L’économiste J.K. Galbraith résume ainsi la situation&nbsp;: «&nbsp;<em>La Grande Dépression des années trente ne s&rsquo;est jamais terminée. Elle a seulement disparu dans la grande mobilisation des années quarante</em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_3769_9('footnote_plugin_reference_3769_9_5');" onkeypress="footnote_moveToReference_3769_9('footnote_plugin_reference_3769_9_5');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_3769_9_5" class="footnote_plugin_tooltip_text">5</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_3769_9_5" class="footnote_tooltip">Cité dans HARMAN, Chris (2009), «&nbsp;La crise dans les années 30 et aujourd’hui&nbsp;», traduction d’un article paru dans le n°121 <a href="http://isj.org.uk/the-slump-of-the-1930s-and-the-crisis-today/">d’International Socialism</a>, <a href="http://quefaire.lautre.net/La-crise-dans-les-annees-30-et"><span class="footnote_url_wrap">http://quefaire.lautre.net/La-crise-dans-les-annees-30-et</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_3769_9_5').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_3769_9_5', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> ». Comprenons bien : Galbraith parle de l’économie de guerre, de la seconde guerre mondiale et de l’holocauste, de 60 millions de morts. Certaines estimations indiquent qu’il aura fallu la destruction&nbsp;de 20% du capital mondial pour que l’économie reparte<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_3769_9('footnote_plugin_reference_3769_9_6');" onkeypress="footnote_moveToReference_3769_9('footnote_plugin_reference_3769_9_6');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_3769_9_6" class="footnote_plugin_tooltip_text">6</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_3769_9_6" class="footnote_tooltip">Voir par exemple, HARMAN, Chris (1981), «&nbsp;Marx’s theory of crisis and its critics », <em>International Socialism</em>, <a href="https://www.marxists.org/archive/harman/1981/xx/marxtheory.htm"><span class="footnote_url_wrap">https://www.marxists.org/archive/harman/1981/xx/marxtheory.htm</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_3769_9_6').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_3769_9_6', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Dans un article comparant la crise des années 30 et celle de 2007-2008, Chris Harman développe quant à lui l’analyse suivante&nbsp;:&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>Dans les deux cas le capital était confronté à un taux de profit inférieur à ce qu&rsquo;il était vingt ou trente ans plus tôt. Dans les deux cas il avait réussi, dans les années précédant la crise, à réduire la part des salaires dans le revenu national et à empêcher un effondrement de la profitabilité. Dans les deux cas cela avait suffi pour produire un certain niveau (&#8230;) d&rsquo;investissement productif, mais pas à une échelle assez importante pour absorber toute la plus-value créée dans les cycles de production antérieurs. Dans les deux cas l&rsquo;écart entre l&rsquo;épargne et l&rsquo;investissement, qui aurait autrement conduit à des pressions récessionnistes, avait été comblé par un investissement improductif et des dépenses spéculatives, même si cela avait pris des formes différentes.(&#8230;) Dans les deux cas l&rsquo;internationalisation de la finance au cours des années précédentes (&#8230;) faisait que cette crise était une crise mondiale.</em></p><p><em>Il y a, cela dit, des différences beaucoup plus significatives entre la situation au début de la crise actuelle et celle de 1929. (&#8230;) Les plus grandes firmes financières et industrielles opèrent à une échelle bien plus élevée que pendant les années de l&rsquo;entre-deux-guerres, et par conséquent la charge sur les gouvernements qui organisent les sauvetages est disproportionnée</em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_3769_9('footnote_plugin_reference_3769_9_7');" onkeypress="footnote_moveToReference_3769_9('footnote_plugin_reference_3769_9_7');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_3769_9_7" class="footnote_plugin_tooltip_text">7</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_3769_9_7" class="footnote_tooltip">HARMAN, Chris (2009), «&nbsp;La crise dans les années 30 et aujourd’hui&nbsp;», traduction d’un article paru dans le n°121 <a href="http://isj.org.uk/the-slump-of-the-1930s-and-the-crisis-today/">d’International Socialism</a>, <a href="http://quefaire.lautre.net/La-crise-dans-les-annees-30-et"><span class="footnote_url_wrap">http://quefaire.lautre.net/La-crise-dans-les-annees-30-et</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_3769_9_7').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_3769_9_7', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script><em>.&nbsp;</em></p></blockquote>



<p>Autant dire que la barbarie à laquelle conduit ce système ne sera stoppée que si nous parvenons à le renverser.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Vanina Giudicelli</h5>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_3769_9();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_3769_9();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_3769_9">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_3769_9" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_3769_9_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_3769_9('footnote_plugin_tooltip_3769_9_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">- CHESNAIS, François (2019), «&nbsp;Retour sur l’impasse économique historique du capitalisme mondial&nbsp;»,<em> Contretemps</em>, <a href="https://www.contretemps.eu/impasse-capitalisme-mondial/"><span class="footnote_url_wrap">https://www.contretemps.eu/impasse-capitalisme-mondial/</span></a> <br>&#8211; WILNO, Henri (2019), «&nbsp;Économie politique. La crise qui vient&nbsp;», <em>A l’encontre</em>, <a href="http://alencontre.org/economie/economie-politique-la-crise-qui-vient.html"><span class="footnote_url_wrap">http://alencontre.org/economie/economie-politique-la-crise-qui-vient.html</span></a> <br>&#8211; CHOONARA, Joseph (2018), «&nbsp;L’économie politique d’une longue dépression&nbsp;», traduction d’un article paru dans le n°158 <a href="http://isj.org.uk/the-political-economy-of-a-long-depression/">d’International Socialism</a>, <a href="https://autonomiedeclasse.wordpress.com/2018/05/16/leconomie-politique-dune-longue-depression/"><span class="footnote_url_wrap">https://autonomiedeclasse.wordpress.com/2018/05/16/leconomie-politique-dune-longue-depression/</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_3769_9_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_3769_9('footnote_plugin_tooltip_3769_9_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Voir par exemple cet article du journal Les Échos, «&nbsp;La BRI met en garde contre la prolifération des sociétés zombies&nbsp;», 23 septembre 2018, <a href="https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/la-bri-met-en-garde-contre-la-proliferation-des-societes-zombies-139765"><span class="footnote_url_wrap">https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/la-bri-met-en-garde-contre-la-proliferation-des-societes-zombies-139765</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_3769_9_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_3769_9('footnote_plugin_tooltip_3769_9_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Voir par exemple cet article du journal Le Monde, «&nbsp;Alerte mondiale sur la dette des entreprises&nbsp;», 17 octobre 2019, <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/10/17/le-fmi-alerte-sur-la-dette-des-entreprises-en-cas-de-ralentissement-economique_6015797_3234.html"><span class="footnote_url_wrap">https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/10/17/le-fmi-alerte-sur-la-dette-des-entreprises-en-cas-de-ralentissement-economique_6015797_3234.html</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_3769_9_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_3769_9('footnote_plugin_tooltip_3769_9_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text">ROBERTS, Michael (2019), «&nbsp;Forecast 2020&nbsp;», <a href="https://thenextrecession.wordpress.com/2019/12/30/forecast-2020/"><span class="footnote_url_wrap">https://thenextrecession.wordpress.com/2019/12/30/forecast-2020/</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_3769_9_5" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_3769_9('footnote_plugin_tooltip_3769_9_5');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>5</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Cité dans HARMAN, Chris (2009), «&nbsp;La crise dans les années 30 et aujourd’hui&nbsp;», traduction d’un article paru dans le n°121 <a href="http://isj.org.uk/the-slump-of-the-1930s-and-the-crisis-today/">d’International Socialism</a>, <a href="http://quefaire.lautre.net/La-crise-dans-les-annees-30-et"><span class="footnote_url_wrap">http://quefaire.lautre.net/La-crise-dans-les-annees-30-et</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_3769_9_6" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_3769_9('footnote_plugin_tooltip_3769_9_6');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>6</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Voir par exemple, HARMAN, Chris (1981), «&nbsp;Marx’s theory of crisis and its critics », <em>International Socialism</em>, <a href="https://www.marxists.org/archive/harman/1981/xx/marxtheory.htm"><span class="footnote_url_wrap">https://www.marxists.org/archive/harman/1981/xx/marxtheory.htm</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_3769_9_7" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_3769_9('footnote_plugin_tooltip_3769_9_7');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>7</a></th> <td class="footnote_plugin_text">HARMAN, Chris (2009), «&nbsp;La crise dans les années 30 et aujourd’hui&nbsp;», traduction d’un article paru dans le n°121 <a href="http://isj.org.uk/the-slump-of-the-1930s-and-the-crisis-today/">d’International Socialism</a>, <a href="http://quefaire.lautre.net/La-crise-dans-les-annees-30-et"><span class="footnote_url_wrap">http://quefaire.lautre.net/La-crise-dans-les-annees-30-et</span></a></td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_3769_9() { jQuery('#footnote_references_container_3769_9').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_3769_9').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_3769_9() { jQuery('#footnote_references_container_3769_9').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_3769_9').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_3769_9() { if (jQuery('#footnote_references_container_3769_9').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_3769_9(); } else { footnote_collapse_reference_container_3769_9(); } } function footnote_moveToReference_3769_9(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_3769_9(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_3769_9(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_3769_9(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/retour-de-la-crise-2-2/">Retour de la crise ? 2/2</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Retour de la crise ? (1/2)</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/retour-de-la-crise%e2%80%89-1-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Jan 2020 15:20:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Économie politique]]></category>
		<category><![CDATA[Crise économique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=3577</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Plus de dix ans se sont déjà écoulés depuis la dernière grande crise économique et financière mondiale. La crise des subprimes paraît loin, pourtant les économies peinent à s’en relever. En effet, les taux de <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/retour-de-la-crise%e2%80%89-1-2/" title="Retour de la crise ? (1/2)">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/retour-de-la-crise%e2%80%89-1-2/">Retour de la crise ? (1/2)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading">Plus de dix ans se sont déjà écoulés depuis la dernière grande crise économique et financière mondiale. La crise des subprimes paraît loin, pourtant les économies peinent à s’en relever. En effet, les taux de croissance, les investissements sont très faibles voire diminuent dans les pays de l’OCDE, le chômage, les dettes publiques sont toujours aussi élevés. Un consensus semble apparaitre chez les économistes : 2020 sera synonyme de récession voire l’avènement d’une crise sans précédent.</h6>



<p>En économie, une crise représente un ralentissement brutal de
l’activité économique générale. Cette période de crise intervient généralement
après une phase d’expansion économique. Cela a pour conséquence chômage,
faillites, etc. Il n’y a pas de consensus sur les causes explicatives d’une
crise économique. Mais Marx considérait que la crise était intrinsèque au
système. Pour lui, le système capitaliste est lui-même porteur des germes de sa
propre destruction.</p>



<p>Il considérait que la logique
d’accumulation du capital était paradoxale car elle génère elle-même ses
propres dysfonctionnements. La crise doit alors permettre au système
l’épuration du surplus de capital jusqu’à la prochaine période de
suraccumulation. Pour lui, la crise est un processus qui se construit dans le
temps. Donc, avant d’envisager la possibilité de cette crise actuelle, il est
important de revenir sur la crise de 2008 afin de saisir les causes et les
possibles conséquences sur la situation économique.</p>



<h3 class="has-text-align-left wp-block-heading">Les années 1980 ou les germes de la crise de 2008</h3>



<p>Après les chocs pétroliers des
années 1970, les économies mondialisées connaissent une baisse des taux de
profit. Les tentatives de relance n’ont pas les effets escomptés et se
traduisent par une stagflation. S’ensuit une remise en cause du « compromis
fordiste ».</p>



<p>Le problème lié à la baisse des
taux de profit fut au cœur des stratégies des classes dominantes dans les
décennies qui suivirent. C’est l’origine du « néolibéralisme ». Le but étant de
modifier le partage de la valeur ajoutée au profit du capital, privatiser les
services publics et se tourner vers une politique de l’offre.</p>



<figure class="wp-block-gallery columns-1 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img data-dominant-color="e4e4e4" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #e4e4e4;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/01/Graphique-1-1024x670.jpg" alt="" data-id="3578" data-full-url="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/01/Graphique-1-scaled.jpg" data-link="https://www.autonomiedeclasse.org/?attachment_id=3578" class="wp-image-3578 not-transparent"/></figure></li></ul><figcaption class="blocks-gallery-caption">TAUX DE PROFIT NETS INDUSTRIELS AUX USA, EN ALLEMAGNE ET AU JAPON<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_3577_11('footnote_plugin_reference_3577_11_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_3577_11('footnote_plugin_reference_3577_11_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_3577_11_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_3577_11_1" class="footnote_tooltip">Robert Brenner, <em>The Economics of Global Turbulence,</em>Verso, 2006, p. 7.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_3577_11_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_3577_11_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>  </figcaption></figure>



<hr class="wp-block-separator is-style-dots"/>



<p>Marx affirmait dans le Tome&nbsp;3 du <em>Capital</em> que <em>« La baisse du taux du profit et l’accélération de l’accumulation sont des manifestations d’un même phénomène, puisqu’elles expriment l’une et l’autre le développement de la productivité. L’accumulation accentue la baisse du taux du profit… la plus-value étant le but de la production capitaliste, la baisse du taux du profit ralentit la formation de capitaux nouveaux et favorise la surproduction, la spéculation, les crises, la surabondance de capital…»</em></p>



<p>Le système capitaliste est un système concurrentiel entre différents détenteurs de capital dans l’optique perpétuel de maximisation de leurs profits. Pour cela, il y a une course à l’accumulation du capital. Cette accumulation amène expansion et progrès mais elle conduit le capital à sa perte. En effet, la concurrence oblige, pour baisser les coûts, à substituer du capital au travail. Or, pour Marx, seul le travail crée de la valeur, le taux de profit diminue donc, car le capital constant augmente alors que le capital variable et la plus-value diminuent. Le déclin du taux de profit est contrebalancé par plusieurs facteurs notés par Marx. Les plus importants sont l’augmentation du taux d’exploitation du travail vivant et la baisse des prix du travail mort, qui font baisser les coûts d’investissement par rapport au profit. De nombreux auteurs affirment que le premier facteur a joué un rôle primordial durant la période néolibérale, permettant une augmentation partielle du taux de profit, ou au moins de ralentir son déclin. </p>



<p>Cependant, il existe des limites au-delà desquelles il n’est plus possible d’intensifier le travail ou de réduire les salaires, des limites mathématiques mais aussi sociales. Certains économistes comme Chris Harman montrent que cette baisse du taux de profit, qui émerge dès la fin des années 1960, peut expliquer la crise de 2008.</p>



<p>Le processus de déréglementation et de dérégulation des marchés financiers impulsé dans les années 1980 s’explique pour certains analystes à travers des « dérives » spéculatrices. Le mouvement de libéralisation des capitaux explique que la crise financière de 2008 ait eu cette ampleur.</p>



<div class="wp-block-image is-style-default"><figure class="aligncenter size-medium is-resized"><img data-dominant-color="8c7e69" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #8c7e69;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/02/tumblr_16f29858a72caa07e092cf5dbb195669_92058336_1280-1-300x225.jpg" alt="" class="wp-image-3638 not-transparent" width="467" height="350"/><figcaption><em>https://larueourien.tumblr.com/post/190698356946</em></figcaption></figure></div>



<h3 class="has-text-align-left wp-block-heading">La place du capital financier dans la crise des&nbsp;subprimes</h3>



<p>Le 15&nbsp;septembre 2008, la
banque Lehman Brother se déclare en faillite et par la même occasion sonne le
début d’une crise financière sans précédent. La crise des subprimes, c’est
l’éclatement d’une bulle spéculative qui a eu des répercussions sur les
économies mondiales. Elle a provoqué la chute de la croissance mondiale (de
5,6 % en 2007 à 0 % en 2009) et la montée du chômage (d’un peu plus de 5 % en
2007 à 8 % jusqu’en 2013). On attribue souvent la crise des subprimes aux
problèmes liés à la spéculation dans le domaine des prêts immobiliers. Mais
au-delà de la bulle spéculative, de la création de titres pourris et des
problèmes de solvabilité des consommateurs, c’est une crise plus profonde qui
s’est produite.</p>



<p>La volonté de restaurer les taux de profit amène les capitalistes à investir une partie de leur capital vers des activités spéculatives et plus rentables, aidés par les innovations en matière de CBO<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_3577_11('footnote_plugin_reference_3577_11_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_3577_11('footnote_plugin_reference_3577_11_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_3577_11_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_3577_11_2" class="footnote_tooltip"> Un CBO (« Collateralized Bond Obligation ») est un produit dérivé de crédit faisant référence à un portefeuille d’obligations. La qualité des obligations est relativement mauvaise, mais la combinaison de plusieurs obligations pourries offre une diversification suffisante pour que le CBO, dans son ensemble, jouisse d’une notation de bonne qualité.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_3577_11_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_3577_11_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Les capitalistes ne veulent alors plus investir dans la sphère productive en raison des faibles taux de profit. </p>



<p>Mais le recours au crédit ne donne que l’illusion temporaire de hausse des taux de profit. Marx nous explique que l’on peut diviser le capital en trois parties : le capital industriel, commercial et bancaire. Lorsque les taux de profit sont faibles ainsi que les investissements, les capitalistes ont tendance à investir dans le capital commercial ou bancaire. Le recours à ces deux capitaux va venir masquer la disproportion croissante entre la production et la consommation et c’est bien cela qui pose problème : <em>« Bien qu’il </em>[le capital bancaire] <em>soit rendu autonome, il n’est jamais autre chose que le mouvement du capital industriel dans la sphère de la circulation. Mais, grâce à son autonomie, ses mouvements sont, dans certaines limites, indépendants des barrières élevées par le procès de reproduction qu’il impulse lui-même au-delà de ses propres limites. La dépendance à l’intérieur et l’autonomie à l’extérieur finissent par conduire les choses jusqu’au point où la connexion interne doit être rétablie par la violence, c’est-dire par la crise »</em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_3577_11('footnote_plugin_reference_3577_11_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_3577_11('footnote_plugin_reference_3577_11_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_3577_11_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_3577_11_3" class="footnote_tooltip"> Marx Karl, <em>Manuscrits de 1857-1858</em>, Paris, Éditions sociales, 1980, tome 1.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_3577_11_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_3577_11_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. </p>



<p>L’explosion de la crise n’en est que différée. Certes le recours au « capital fictif » peut transformer le profit en capital-argent de prêt, mais le capital ne peut prospérer indéfiniment à crédit. La mévente ou la faillite causée par des crédits insolvables accumulés finit par créer un mouvement de panique sur les marchés financiers. C’est ce qui s’est produit en 2008.</p>



<p>L’accumulation des impayés des
ménages américains a conduit les banques et les sociétés financières à vendre
au plus vite leurs titres subprimes. Donc contrairement à ce qu’affirment
certains économistes, le capital financier fait partie intégrante du système
capitaliste et n’est qu’une solution temporaire à la baisse des taux de profit
et des investissements.</p>



<p>Un autre débat sur la question du
capital financier divise les économistes. Si on considère que le capital
financier est autonome du reste des capitaux pourquoi la sphère réelle
­a-t-elle été autant impactée par la crise des subprimes ?</p>



<figure class="wp-block-gallery columns-1 is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img data-dominant-color="fbfbfb" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #fbfbfb;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/01/Graphique-2-1024x601.jpg" alt="" data-id="3579" data-full-url="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/01/Graphique-2-scaled.jpg" data-link="https://www.autonomiedeclasse.org/?attachment_id=3579" class="wp-image-3579 not-transparent"/></figure></li></ul><figcaption class="blocks-gallery-caption">ESTIMATIONS DES TAUX D’ACCUMULATION US (INVESTISSEMENT NET NON RÉSIDENTIEL/COÛT HISTORIQUE DES AVOIRS FIXES NON RÉSIDENTIELS), 1967 = 1<br>SOURCE : DONNÉES DU BUREAU OF ECONOMIC ANALYSIS (BEA)<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_3577_11('footnote_plugin_reference_3577_11_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_3577_11('footnote_plugin_reference_3577_11_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_3577_11_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_3577_11_4" class="footnote_tooltip">Choonara Joseph, <span class="footnote_url_wrap">https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/leconomie-politique-dune-longue-depression/</span></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_3577_11_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_3577_11_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> </figcaption></figure>



<hr class="wp-block-separator is-style-dots"/>



<p>Si le « capital fictif » peut
jouer un rôle important dans le retardement de la crise, celui-ci ne se
substitue pas au capital industriel. Le capital financier est une composante de
l’économie capitaliste. La crise financière a pu être le point de départ d’une
crise généralisée mais elle ne suffit pas à expliquer l’ampleur de cette crise.
La taille des entreprises et des banques en faillite a joué un rôle important.
Lorsque Lehman Brother, une des plus grosses et anciennes banques américaines
se déclare en faillite, elle entraîne avec elle d’autres firmes. Ce que montre
la crise des subprimes c’est le caractère paradoxal des mouvements de concentration
et de centralisation. Il va se développer l’idée que certaines entreprises sont
trop grosses pour faire faillite. Or, la crise de 2008, nous montre que les
États peuvent être confrontés à un dilemme : intervenir et s’endetter pour
sauver des firmes et des banques ou ne pas intervenir et voir la crise
s’accentuer.</p>



<p>Les mesures mises en œuvre par
les États pour limiter les dégâts de la crise ont provoqué des conséquences
économiques, sociales et politiques importantes sur le long terme. Elles
peuvent expliquer le fait qu’aujourd’hui, ils aient des difficultés à faire
repartir leur taux de croissance. En effet, Marx soulignait dans le
livre&nbsp;III du <em>Capital</em> que la <em>« production capitaliste tend sans
cesse à dépasser les limites qui lui sont immanentes, mais elle n’y parvient
qu’en employant les moyens, qui de nouveau, et à une échelle plus imposante,
dressent devant elle les mêmes barrières. »</em> Alors qu’en est-il dix ans
après ?</p>



<h5 class="wp-block-heading">Fatoumata</h5>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_3577_11();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_3577_11();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_3577_11">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_3577_11" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_3577_11_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_3577_11('footnote_plugin_tooltip_3577_11_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Robert Brenner, <em>The Economics of Global Turbulence,</em>Verso, 2006, p. 7.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_3577_11_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_3577_11('footnote_plugin_tooltip_3577_11_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text"> Un CBO (« Collateralized Bond Obligation ») est un produit dérivé de crédit faisant référence à un portefeuille d’obligations. La qualité des obligations est relativement mauvaise, mais la combinaison de plusieurs obligations pourries offre une diversification suffisante pour que le CBO, dans son ensemble, jouisse d’une notation de bonne qualité.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_3577_11_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_3577_11('footnote_plugin_tooltip_3577_11_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text"> Marx Karl, <em>Manuscrits de 1857-1858</em>, Paris, Éditions sociales, 1980, tome 1.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_3577_11_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_3577_11('footnote_plugin_tooltip_3577_11_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Choonara Joseph, <span class="footnote_url_wrap">https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/leconomie-politique-dune-longue-depression/</span></td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_3577_11() { jQuery('#footnote_references_container_3577_11').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_3577_11').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_3577_11() { jQuery('#footnote_references_container_3577_11').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_3577_11').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_3577_11() { if (jQuery('#footnote_references_container_3577_11').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_3577_11(); } else { footnote_collapse_reference_container_3577_11(); } } function footnote_moveToReference_3577_11(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_3577_11(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_3577_11(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_3577_11(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/retour-de-la-crise%e2%80%89-1-2/">Retour de la crise ? (1/2)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L&#8217;économie politique d&#8217;une longue dépression</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/leconomie-politique-dune-longue-depression/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 May 2018 13:42:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Économie politique]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Economie politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Cet article de Joseph Choonara a été publié initialement en anglais dans International Socialism Journal (N°158, avril 2018) C’est dans la tourmente financière de 2008 que naquit la “longue dépression”.[1] La récession globale qui suivit <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/leconomie-politique-dune-longue-depression/" title="L&#8217;économie politique d&#8217;une longue dépression">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/leconomie-politique-dune-longue-depression/">L&rsquo;économie politique d&rsquo;une longue dépression</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h6 class="author-meta">Cet article de Joseph Choonara a été publié initialement en anglais dans <a href="https://isj.org.uk/the-political-economy-of-a-long-depression/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">International Socialism Journal</a> (N°158, avril 2018)</h6>
<p>C’est dans la tourmente financière de 2008 que naquit la “longue dépression”.<a href="#_ftn1" name="_ftnref1"><sup><strong>[1]</strong></sup></a> La récession globale qui suivit l’effondrement de la banque de Wall Street Lehman Brothers, à l’automne 2008, ne dura qu’un an.<a href="#_ftn2" name="_ftnref2"><sup><strong>[2]</strong></sup></a> Or, si techniquement la récession est finie depuis longtemps, le monde s’est depuis retrouvé prisonnier d’une phase de développement très différente de celle qui l’avait précédée. Une analyse récente de l’économie US, qui reste la plus grande au monde, estimait que cette dernière accusait un déficit annuel de 20% en investissements à capitaux fixes tout au long de la période de 2008 à 2015. L’impact négatif sur le Produit Intérieur Brut (PIB) était de 10% en moyenne.<a href="#_ftn3" name="_ftnref3"><sup><strong>[3]</strong></sup></a></p>
<p>Dans ce contexte, des personnalités comme Larry Summers, l’ancien secrétaire du trésor sous Bill Clinton, parlent de l’avènement d’un “âge de la stagnation séculaire”. Quand à Christine Lagarde, directrice du Fonds Monétaire International (FMI), elle évoque un “médiocre nouveau” pour le capitalisme.<a href="#_ftn4" name="_ftnref4"><sup><strong>[4]</strong></sup></a> Cependant, de nombreux commentateurs virent l’année 2018 comme celle où l’économie se redressera enfin de son malaise. Martin Wolf du Financial Times décrit une économie mondiale “bourdonnant” de croissance, et Gavyn Davies détectait des “signes que la stagnation séculaire commençait à se dissiper”.<a href="#_ftn5" name="_ftnref5"><sup><strong>[5]</strong></sup></a></p>
<p>Cet article vise à démontrer qu’il y a de fortes chances que cet optimisme soit déplacé. En 2010, j’écrivais que la reprise qui débutait encore serait “faible, fragile et incertaine”.<a href="#_ftn6" name="_ftnref6"><sup><strong>[6]</strong></sup></a> La faiblesse était due au fait que la récession de 2008-2009 n’avait pas réussi à détruire ou dévaloriser assez de capital non profitable, ni à détruire assez de dette pour assurer un rebond conséquent du taux de profit. La fragilité venait, avant tout, d’un système financier surdimensionné qui menaçait de généraliser toute nouvelle manifestation de la crise. L’incertitude était un produit des interventions étatiques qui permirent d’enrayer l’engrenage de la crise sans pour autant résoudre les problèmes fondamentaux qui l’avaient causée.</p>
<p>Nous pouvons nous servir de ce pronostic comme guide afin d’examiner l’évolution de l’économie mondiale depuis la récession; les trois aspects de la relance vus ci-dessus serviront d’encadrement à cette analyse.</p>
<h3><strong>Taux de profit et faiblesse de la relance</strong></h3>
<p>Le premier point faible de la relance est très simple: aucune région du monde ne croit de manière stable à des taux proches de ceux de 2008. Même les grandes économies de l’hémisphère sud, plus en réussite, ont dû revoir leurs prévisions à la baisse.<a href="#_ftn7" name="_ftnref7"><sup><strong>[7]</strong></sup></a> Pour les économie “développées” de l’hémisphère nord, les 3% de taux de croissance moyenne qu’elles ont vécu en 1960-1980 apparaissent comme un rêve lointain. Les estimations pour 2016 évaluent le taux de croissance de l’économie US à 1,6%, celui de la zone euro à 1,8% tandis que l’économie japonaise doit se contenter d’un taux de 1,1%.<a href="#_ftn8" name="_ftnref8"><sup><strong>[8]</strong></sup></a></p>
<p>Derrière la faiblesse de la relance se dresse le problème fondamental d&rsquo;un taux de profit bloqué à un bas niveau, et ce à travers le noyau dur du capitalisme mondial. La période 1950-1982 fut celle d&rsquo;un long déclin du taux de profit, qui est resté à un niveau relativement bas depuis 1982. Selon les estimations de l&rsquo;économiste marxiste Andrew Kliman, le taux de profit du secteur des entreprises privées a chuté d&rsquo;un niveau supérieur à 20% en 1950 à un niveau inférieur à 7% en 1982, niveau autour duquel il oscille depuis (figure1).<a href="#_ftn9" name="_ftnref9"><sup><strong>[9]</strong></sup></a> Ce déclin est reflété dans le mouvement du taux de profit global (figure 2).</p>
<p><strong>Figure 1 &#8211; Taux de profit du secteur privé US (pourcentages ajustés pour l’inflation)<br />
source: Kliman, 2011</strong><br />
<img decoding="async" src="https://isj.org.uk/wp-content/old-site-images/158/choonara_fig1.jpg" /></p>
<p>On trouve parfois des échos de la question du taux de profit dans la pensée économiste dominante. Un article du Financial Times se lamentait en 2010 du déclin du « retour sur investissement » d&rsquo;un taux estimé à 15% dans la période de l&rsquo;après-guerre à 10% vers la fin des années 1980. Selon l&rsquo;auteur, le retour n&rsquo;était plus que de 5% à la fin des années 1990, « et peu d&rsquo;investisseurs risqueraient leur argent pour une telle récompense. »<a href="#_ftn10" name="_ftnref10"><sup><strong>[10]</strong></sup></a></p>
<p><strong>Figure 2 &#8211; Estimations du taux de profit global (pourcentage) source : Maito, 2014</strong><br />
<img decoding="async" src="https://isj.org.uk/wp-content/old-site-images/158/choonara_fig2.jpg" /><br />
Mais si nous voulons comprendre pourquoi le taux de profit a chuté sans parvenir à retrouver ses couleurs, il faut nous tourner vers un des aspects de l&rsquo;explication des crises proposée par Karl Marx, et qu&rsquo;il développe en particulier dans le Volume 3  du Capital. La thèse de Marx se base sur le postulat selon lequel la source de création de nouvelle valeur sous le capitalisme est le « travail vivant » des travailleurs et travailleuses engagées dans le processus de production de biens et de services. Selon Marx, la totalité de la valeur ajoutée -la source du profit- dont dispose le capitaliste est la différence entre la quantité de valeur produite par le travail vivant pendant la journée de travail, et la rémunération que les travailleurs et travailleuses reçoivent. Il n&rsquo;y a pas de relation nécessaire entre les deux: le capitaliste qui emploie une travailleuse doit simplement lui payer une quantité de valeur, sous forme de salaire, qui fasse en sorte que cette dernière revienne au travail le lendemain. Tant que cette valeur payée sous forme de salaire est moindre que la valeur créée par la travailleuse pendant sa journée de travail, la valeur ajoutée peut être appropriée par le capitaliste.<a href="#_ftn11" name="_ftnref11"><sup><strong>[11]</strong></sup></a></p>
<p>Marx nous dit que le capitaliste n&rsquo;investit pas uniquement dans le travail vivant, mais aussi de plus en plus dans le « travail mort », c&rsquo;est-à-dire dans l&rsquo;usine et les équipements utilisés dans le processus de production. Le travail mort ne représente en soi ni un gain ni une perte pour le capitaliste; il est lui-même le produit d&rsquo;un travail vivant antérieur (d&rsquo;où son appellation de travail mort), et sa valeur, dans le cours le processus de production, passe dans le produit fini. Si tout se passe bien pour le capitaliste, ce dernier récupérera cette valeur en vendant le produit fini.<a href="#_ftn12" name="_ftnref12"><sup><strong>[12]</strong></sup></a> Si l&rsquo;investissement dans le travail mort dépasse le montant investi dans le travail vivant, alors le système dans sa totalité observera une tendance à la baisse du taux de profit, car une valeur d&rsquo;investissement grandissante est mobilisée pour capturer une masse de valeur ajoutée qui croit plus lentement.<br />
De plus, même si l&rsquo;investissement dans le travail mort peut à long terme faire baisser le taux de profit, cet investissement est néanmoins inévitable sous le capitalisme car il permet de faire baisser le coût des commodités individuelles. Les capitalistes sont contraints d&rsquo;accumuler du capital, et en particulier du travail mort, afin de ne pas se retrouver largués dans la course à la compétitivité. Il suffit de nous imaginer un instant un fabricant automobile qui essaierait de rivaliser sur le marché mondial actuel avec les techniques de production et les machines des années 1960, pour nous rendre compte de la nécessité de l&rsquo;investissement dans le travail mort.<br />
Le processus d&rsquo;accumulation est lui-même financé par les profits du passé (ou grâce au crédit qui sera remboursé par les profits du futur), ce qui signifie que le taux de profit agit comme un facteur limitant le taux d&rsquo;accumulation (en d&rsquo;autre mots, du taux de croissance); le déclin à long terme du taux de profit aide donc à expliquer le ralentissement de l&rsquo;accumulation et de la croissance de la productivité ces dernières années (figure 3).<a href="#_ftn13" name="_ftnref13"><sup><strong>[13]</strong></sup></a></p>
<p><strong>Figure 3: Estimations des taux d&rsquo;accumulation US (investissement net non résidentiel/coût historique des avoirs fixes non résidentiels), 1967 = 1<br />
Source: données du Bureau of Economic Analysis (BEA)</strong><br />
<img decoding="async" src="https://isj.org.uk/wp-content/old-site-images/158/choonara_fig3.jpg" /></p>
<p>Un taux de profit élevé permet une accumulation plus rapide du capital, comme c&rsquo;était le cas durant les années 1950 et 1960, mais conduisant elle-même à un déclin plus marqué du taux de profit. En d&rsquo;autres mots, c&rsquo;est le dynamisme du capitalisme durant ces périodes qui compromet l&rsquo;accumulation future. Selon Marx:</p>
<p>« La baisse du taux du profit et l&rsquo;accélération de l&rsquo;accumulation sont des manifestations d&rsquo;un même phénomène, puisqu&rsquo;elles expriment l&rsquo;une et l&rsquo;autre le développement de la productivité. L&rsquo;accumulation accentue la baisse du taux du profit… la plus-value étant le but de la production capitaliste, la baisse du taux du profit ralentit la formation de capitaux nouveaux et favorise la surproduction, la spéculation, les crises, la surabondance de capital… Ce qui les [les penseurs capitalistes] épouvante surtout dans la baisse du taux du profit, c&rsquo;est le sentiment que le régime capitaliste rencontre dans le développement des forces productives … des limites qui établissent le caractère historique, passager, du mode capitaliste. »<a href="#_ftn14" name="_ftnref14"><sup><strong>[14]</strong></sup></a></p>
<p>Le déclin du taux de profit est contrebalancé par plusieurs facteurs notés par Marx. Les plus importants sont l&rsquo;augmentation du taux d&rsquo;exploitation du travail vivant et la baisse des prix du travail mort, qui font baisser les coûts d&rsquo;investissement par rapport au profit. De nombreux auteurs affirment que le premier facteur a joué un rôle primordial durant la période néolibérale, permettant une augmentation partielle du taux de profit, ou au moins de ralentir son déclin.<a href="#_ftn15" name="_ftnref15"><sup><strong>[15]</strong></sup></a> Cependant, il existe des limites au-delà desquelles il n&rsquo;est plus possible d&rsquo;intensifier le travail ou de réduire les salaires (les deux moyens d&rsquo;augmenter le taux d&rsquo;exploitation) &#8211; des limites mathématiques bien sûr, mais surtout des limites physiques et sociales qui font que les travailleurs et les travailleuses se rebellent et s&rsquo;organisent contre les conditions de leur exploitation.</p>
<p>La baisse du coût du travail mort est une contre-tendance plus réaliste à la notion d&rsquo;une trajectoire descendante des taux de profit. Cependant, la chute du prix du travail mort durant le fonctionnement normal du capitalisme n&rsquo;est pas forcément une bonne nouvelle pour chaque capitaliste individuel. Le capitaliste qui a déjà investi dans des machines chères, à l&rsquo;ancien prix, et qui s&rsquo;attend à recouvrer leur coût sur des années ou même des décennies, verra ses profits fondre si ses rivaux obtiennent les mêmes machines à un nouveau prix, plus bas, qui leur permet de réduire le prix de leurs produits. De plus, même si la baisse du prix des machines a lieu de manière à faire remonter le taux de profit moyen du système dans sa totalité, les profits plus élevés qui découlent de cette situation vont avoir tendance à nourrir un nouveau cycle d&rsquo;investissement dans du travail mort. Alors que la plupart des capitalistes peuvent profiter d’investissements qui permettent d’économiser sur le capital (par exemple, des machines moins coûteuses à capacité de production équivalente), les plus gros capitalistes vont également avoir tendance à faire des investissements plus chers qui permettent d&rsquo;économiser sur le travail, et qui sont hors de prix pour leurs concurrents plus petits, provoquant ainsi une vague d&rsquo;investissements qui va elle-même faire baisser le taux de profit moyen du système.<a href="#_ftn16" name="_ftnref16"><sup><strong>[16]</strong></sup></a> Dans la pratique, quels que soient les débats théoriques autour de la tendance à la baisse du taux de profit, les observations empiriques révèlent que la valeur des investissements dans le travail mort, et en particulier les investissements en capital fixe (équipement et usines), ont tendance à augmenter depuis un siècle (figure 4).</p>
<p><strong>Figure 4: Coût historique du capital pour le secteur privé US ($ milliards)<br />
Source: données BEA</strong><br />
<img decoding="async" src="https://isj.org.uk/wp-content/old-site-images/158/choonara_fig4.jpg" /><br />
En général, seules les crises permettent de dévaluer le travail mort de manière catastrophique, soudaine et étendue à tout le système – et ce par les faillites des entreprises et l’inondation du marché de produits sans acheteurs, la destruction d’unités non profitables du capital et le désendettement massif qui l’accompagne – créant ainsi un contexte dans lequel le taux de profit peut être restauré. C’est ce qui s’est passé entre 1930 et 1945, par la récession et la guerre, ouvrant ainsi la voie au long boom du capitalisme qui commença après la fin de la seconde guerre mondiale.<a href="#_ftn17" name="_ftnref17"><sup><strong>[17]</strong></sup></a></p>
<p>Cependant, de nombreux marxistes et non-marxistes l&rsquo;ont déjà noté, l&rsquo;on ne peut pas réduire les crises du capitalisme au simple mouvement des taux de profit; certains en tirèrent une approche multicausale des crises.<a href="#_ftn18" name="_ftnref18"><sup><strong>[18]</strong></sup></a> Dans une récente exploration du Capital, Alex Callinicos propose une approche utile qui stipule plutôt que les différents facteurs d&rsquo;une crise capitaliste peuvent être divisés en facteurs « autorisant », facteurs « conditionnant » et facteurs « causaux ». La première catégorie inclut la possibilité abstraite d&rsquo;une défaillance inhérente à l&rsquo;achat et à la vente des commodités, car la vente d&rsquo;une commodité n&rsquo;oblige aucunement le vendeur à utiliser l&rsquo;argent obtenu pour acheter une autre commodité. Elle inclut également la possibilité d&rsquo;un déséquilibre qui se développerait entre les différents « départements » de l&rsquo;économie, en particulier ceux qui produisent des biens de consommation et ceux qui produisent des moyens de production (comme des machines et des équipements industriels). Les facteurs « conditionnant » comprennent les fluctuations des salaires et les mouvements du taux d&#8217;emploi, ainsi que les cadences de rotation des investissements à grande échelle en capital fixe. Mais les facteurs causaux, selon Callinicos, sont le mouvement des taux de profit et les cycles financiers qui lui sont liés et que Marx a identifié dans le troisième volume du Capital, dont nous allons discuter ci-dessous.<a href="#_ftn19" name="_ftnref19"><sup><strong>[19]</strong></sup></a> Cette approche permet de faire émerger un compte-rendu général des <u>causes de la crise </u>sans pour autant négliger les autres facteurs qui influent <u>la manière dont la crise se déroule et se développe.</u></p>
<p><strong>Figure 5 : Croissance du Produit National Brut US 1900-2007 (pourcentages)<br />
Source: Tymoigne, 2008,  www.levyinstitute.org/pubs/wp_547.pdf</strong><br />
<img decoding="async" src="https://isj.org.uk/wp-content/old-site-images/158/choonara_fig5.jpg" /><br />
Selon cette approche, la crise est le processus par lequel, dans les mots de Marx, ”la suspension momentanée de tout travail et l’annihilation d’une grande partie du capital ramènent violemment [le capitalisme] vers une position d’où il lui est possible [de se remettre à] employer pleinement sa puissance productive sans commettre un suicide”.<a href="#_ftn20" name="_ftnref20"><sup><strong>[20]</strong></sup></a> Cependant, le système capitaliste ne vit pas toutes les crises de la même manière à travers son histoire. Un autre processus à long terme identifié par Marx est celui de la concentration et la centralisation du capital, qui crée un monde de firmes capitalistes géantes et qui influe ainsi sur la manière dont ces tendances se manifestent.<a href="#_ftn21" name="_ftnref21"><sup><strong>[21]</strong></sup></a> En particulier, lorsque les unités de capitaux prennent des dimensions énormes et commencent à s&rsquo;interloquer avec l&rsquo;état et le système financier, le problème que l&rsquo;on connaît aujourd&rsquo;hui sous le nom « too big to fail » [trop grandes pour faire faillite] fait son émergence.<a href="#_ftn22" name="_ftnref22"><sup><strong>[22]</strong></sup></a> Les états, qui ont acquis un rôle central dans l&rsquo;économie capitaliste durant le 20e siècle, se retrouvent obligés de décider s&rsquo;ils doivent permettre au processus douloureux de la crise de se développer « librement », espérant que la « destruction créative » restaurera la santé du système capitaliste,<a href="#_ftn23" name="_ftnref23"><sup><strong>[23]</strong></sup></a>ou alors s&rsquo;ils interviennent pour sauver et renflouer les firmes en faillite afin d&rsquo;éviter la récession catastrophique qui accompagne souvent les faillites des entreprises mastodontes. La tendance des grandes entreprises à s&rsquo;engager intensément et directement dans les marchés financiers exacerbe le problème, puisqu’une firme, en s’effondrant, peut désormais facilement en entraîner d’autres dans son sillage par le biais des marchés financiers qui créent des liens entre des entreprises de différents secteurs. Confrontée par ces dilemmes, les crises du capitalisme d’après-guerre n’ont pas réalisé de nettoyage en profondeur des unités de capital non profitables afin de permettre aux taux de profit de remonter à leur niveau de 1950-1960.<a href="#_ftn24" name="_ftnref24"><sup><strong>[24]</strong></sup></a> Les cycles de croissance et de récession furent atténués, mais les contradictions continuaient de s’accumuler sur le long terme. Dans les années qui précédèrent la crise, il était commun d’entendre parler de la période que nous vivions depuis le début des années 1980 comme étant celle de la “grande modération”, pendant laquelle les indices économiques comme la croissance du PIB avaient perdu leur volatilité dans des pays comme les Etats-Unis (les choses étaient très différentes dans les pays du sud). Cependant, si nous regardons la grande modération dans une perspective historique plus longue, il devient clair qu’elle doit être vue comme une intensification d’une première modération qui commença à la fin de la seconde guerre mondiale (figure 5).</p>
<p><strong>Figure 6: Budget de l&rsquo;état en pourcentage du PIB</strong><br />
<img decoding="async" src="https://isj.org.uk/wp-content/old-site-images/158/choonara_fig6.jpg" /><br />
Le monde du grand capital et des grands états qui émergea de la guerre, comprenait moins de contractions aiguës de l’économie mais aussi une croissance moins marquée durant les booms. Durant les décennies qui suivirent la guerre, le niveau élevé des dépenses en armement et autres formes de dépenses non productives, qui ne nourrissaient pas les cycles d’accumulation, joua le rôle d’une soupape de décharge pour le système qui permettait de prolonger le boom en modérant la hausse de la composition organique du capital.<a href="#_ftn25" name="_ftnref25"><sup><strong>[25]</strong></sup></a> Lorsque cette période laissa sa place aux crises des années 1970, il en résultat une réorganisation du capitalisme, avec la destruction de certaines industries non profitables combinée à des mesures visant à restreindre les aspirations des travailleurs et des travailleuses à la nouvelle réalité d’une basse profitabilité.</p>
<p>Cette nouvelle période, qui fut marquée par un tournant vers les politiques néolibérales dans les économies développée du nord<a href="#_ftn26" name="_ftnref26"><sup><strong>[26]</strong></sup></a> ne réduisit pas pour autant l’implication de l’état dans l’économie (figure 6). Ceci se combina avec le phénomène continu de la centralisation du capital, notamment par des vagues de fusions et acquisition dans les années 1990 et dans les années qui précédaient la crise de 2008. C’est dans ce contexte que les tendances à la crise du capitalisme commencèrent à se manifester comme un long déclin séculaire du taux de profit après 1947, qui tendait à la baisse à travers de nombreux cycles économiques avant de se stabiliser à des niveaux modestes. La tendance à long terme fut surimposée aux fluctuations à court terme de la profitabilité durant les cycles. L’avènement de la crise à grande échelle fut plusieurs fois différé grâce notamment à l’intervention de l’état, avant de réapparaître sous de nouvelles formes (les formes historiques changeantes des interventions de l’état sont discutées plus bas).</p>
<p>En empêchant le système de se débarrasser de ses problèmes profonds, les transformations du capitalisme durant la seconde moitié du 20e siècle créèrent de puissantes tendances à la longue stagnation. Mais ceci ne veut pas dire que le système a simplement stagné. La tendance inertielle à long terme coexiste avec la dynamique produite par la réorganisation compétitive du capital par ceux qui président le système, et qui cherchent à l’étendre à de nouvelles parties du monde, le boom chinois en étant le parfait exemple. Cependant, il nous serait impossible d’expliquer pourquoi la crise actuelle est si profonde et prolongée sans comprendre les tendances à la stagnation qui trouvent leurs racines dans la faiblesse du taux de profit.</p>
<h3><strong>Faiblesses des économies du sud </strong></h3>
<p>Dans la période qui suivit la crise, il était communément admis que la faiblesse des économies développées pourrait être en partie balancée par la force des grandes économies de l’hémisphère sud. Le directeur de la Barclays Bank John McFarlane affirmait que “ces dernières années ont prouvé l’existence d’un monde à deux vitesses, où les pays émergents et les pays pétroliers font figure de favoris alors que le monde développé ne se remet toujours pas de la crise financière mondiale.»<a href="#_ftn27" name="_ftnref27"><sup><strong>[27]</strong></sup></a> L’espoir se portait surtout sur la Chine, aujourd’hui seconde économie mondiale.<br />
Non seulement la Chine a échoué à se prémunir totalement des effets de la crise mais elle est en plus devenue source d’instabilité. La croissance chinoise avant la crise se basait sur l’exploitation intense de la main d’oeuvre, des niveaux extraordinaires d’investissement (qui dépassait parfois 45% du PIB<a href="#_ftn28" name="_ftnref28"><sup><strong>[28]</strong></sup></a>) et une production orientée vers les marchés d’export. Lorsque ces derniers commencèrent à se contracter durant la récession mondiale, l’état chinois réagit en favorisant l’accès au crédit afin de nourrir les investissements. La dette totale bondit de 160% du PIB en 2008 à 260%. Ce boom fut accompagné par la croissance des institutions financières: la Chine a aujourd’hui le plus grand système bancaire au monde (plus grand que toute la zone euro) et de nombreuses opérations de prêt ont lieu en dehors du secteur bancaire traditionnel. La réaction chinoise à la crise est bien décrite par Martin Wolf dans le Financial Times: “En réponse au crash financier de 2008, la Chine a encouragé une augmentation énorme des investissements financés par la dette afin d’offrir un contrepoids à la demande extérieure qui chutait. Mais dans le fond, la croissance de l’économie ralentissait. La conséquence est que les coefficients marginaux de capital &#8211; le capital requis pour accroître le revenu d’une unité &#8211; ont plus ou moins doublé depuis le début des années 2000… Une part substantielle de ces investissements est probablement à perte, ce qui signifie que la dette qui lui est associée est également toxique.<a href="#_ftn29" name="_ftnref29"><sup><strong>[29]</strong></sup></a></p>
<p><strong>Figure 7: Prix des matières premières, $ actuels (2016 = 1)</strong><br />
<img decoding="async" src="https://isj.org.uk/wp-content/old-site-images/158/choonara_fig7.jpg" /></p>
<p>Wolf décrit simplement ce que Marx appelait une “crise de suraccumulation”. En d’autre mots, un montant excessif de capital qui poursuit un réservoir limité de profit faisant ainsi baisser la profitabilité.<a href="#_ftn30" name="_ftnref30"><sup><strong>[30]</strong></sup></a> La réponse qui consiste à tirer l’économie vers l’avant par le crédit n’est pas exclusive à la Chine. La dette a augmenté dans de nombreuses économie de l’hémisphère sud. Les gouvernements et banques centrales des pays du sud qui appliquent cette recette ne font que suivre l’exemple des grandes puissances capitalistes, comme celui du gouvernement et de la Federal Reserve des USA après les attentats du 11 septembre et les récessions du début des années 2000. Ils firent baisser les taux d’intérêt et permirent à une bulle immobilière de se développer autour des prêts “subprime”, bulle dont l’explosion provoqua la crise financière de 2008.<a href="#_ftn31" name="_ftnref31"><sup><strong>[31]</strong></sup></a> Il y a donc des limites à ce que le crédit peut accomplir. Le FMI a récemment prévenu que l’économie chinoise avait besoin de trois fois plus de crédit qu’au moment de la crise pour un taux de croissance similaire. Il conclut: “L’expérience internationale indique que la croissance de la dette en Chine suit une trajectoire dangereuse qui comporte des risques accrus d’un ajustement perturbateur et/ou d’un ralentissement marqué de la croissance.<a href="#_ftn32" name="_ftnref32"><sup><strong>[32]</strong></sup></a></p>
<p>Le ralentissement en Chine a augmenté la pression sur les autres économies. Ces dernières années, des pays comme le Brésil ont réorienté leur économie afin de nourrir le boom chinois de matières premières. Les exportations brésiliennes de matières premières ont quintuplé entre 1999 et 2008, avec en premier plan la fourniture de la Chine en fer et soja.<a href="#_ftn33" name="_ftnref33"><sup><strong>[33]</strong></sup></a><br />
Plus généralement, la combinaison d’un ralentissement chinois et d’une croissance mondiale morose a mis fin au «supercycle des matières premières » &#8211; une augmentation généralisée du prix des matières premières qui a permis de nourrir la croissance des grands pays exportateurs de l’hémisphère sud  (figure 7). Le choc soudain subit par l’économie du Brésil confrontée à une chute de la demande et des prix l’a entraînée dans la pire récession de son histoire – deux années pleines de contraction.<br />
L’Argentine, la Russie et le Nigéria ont également vu leur économies se contracter en 2016, alors que la croissance turque ralentit de 6,1% à 2,9% et celle de l’Afrique du Sud chuta de 1,3% à 0,3%.<a href="#_ftn34" name="_ftnref34"><sup><strong>[34]</strong></sup></a></p>
<h3><strong>Fragilité financière</strong></h3>
<p>La fragilité est la seconde caractéristique de la relance que nous avons identifiée ci-dessus. Elle est un produit de l’expansion du système financier mondial sur les quarante dernières années. Cette croissance est due en grande partie à une réaction à la faiblesse du taux de profits dans les domaines productifs de biens et de services. La finance n’est pas simplement une excroissance parasitique au capital. Au contraire, au fur et à mesure que le capitalisme se développe, la mobilisation (en tant que capital porteur d’intérêt) de sommes d’argent ne trouvant pas d’issues aux mains de certains capitalistes entraîne le système vert l’avant. Cependant, au-delà d’une certaine limite, la finance contribue à la déstabilisation du capitalisme.<a href="#_ftn35" name="_ftnref35"><sup><strong>[35]</strong></sup></a> Marx saisit autant les éléments dynamiques de la finance que ses tendances à la crise dans le volume III du Capital :</p>
<p>« La banque enlève aux capitalistes privés et aux usuriers les opérations de répartition du capital et en fait une fonction sociale ; mais aidée du crédit elle devient en même temps un levier puissant pour pousser la production au-delà de ses limites et engendrer les crises et la fraude. »<a href="#_ftn36" name="_ftnref36"><sup><strong>[36]</strong></sup></a></p>
<p>La finance repousse les limites du capitalisme en mobilisant les réserves stagnantes d’argent pour les mettre en mouvement. Sous la forme de capital porteur d’intérêt, la valeur peut circuler parmi les sphères de l’économie ou traverser les frontières avec une fluidité inédite. Mais au final le crédit doit être remboursé – et il n’est pas garanti que cet argent sera investi dans la production ou qu’il génèrera assez de profit pour rembourser le crédit. La fièvre de l’accumulation qui pousse les banques et les institutions financières à emprunter afin de prêter, les lie ainsi entre elles par des chaînes de crédit et de dette.</p>
<p>Ces dernières années virent l’implication de nombreuses firmes non-financières dans le crédit – par exemple, la moitié des profits de General Electrics avant la crise venaient de ses opérations financières.<a href="#_ftn37" name="_ftnref37"><sup><strong>[37]</strong></sup></a> La croissance de la finance repose sur l’hypothèse que l’accumulation et la génération de profits vont continuer, et qu’il n’y aura pas de crise généralisée qui provoquera un rappel de toutes les dettes en même temps. Selon Marx:<br />
<em>« la chaîne des engagements pour les paiements aux différentes échéances sera brisée en mille endroits et le crédit sera ébranlé. Il y aura des crises violentes, des chutes de prix inattendues et une diminution effective de la reproduction. »</em><a href="#_ftn38" name="_ftnref38"><sup><strong>[38]</strong></sup></a></p>
<p>Il existe un autre aspect de la croissance de la finance. Marx parle des “absurdités inhérentes” au capital productif d’intérêts<a href="#_ftn39" name="_ftnref39"><sup><strong>[39]</strong></sup></a> qui semble grandir comme par magie en recevant des paiements sous forme d’intérêts; du point de vue du prêteur d’argent, c’est comme si le besoin d’exploiter le travail vivant avait disparu. Par le simple fait de posséder du capital, le capitaliste semble acquérir automatiquement le droit à une portion de la plus-value. Partant de là, n’importe quel flux de revenus peut être traité de manière similaire. C’est le cas, par exemple, des obligations émises par les banques centrales ou les entreprises, qui assurent à leur détenteur le paiement d’une somme fixe à intervalles réguliers. Les actions échangées sur le marché boursier se distinguent des obligations car elles représentent une part dans une entreprise et paient un dividende à leur détenteur, mais elles aussi peuvent être considérées comme un bien qui donne le droit à un flux de revenus. Ces bouts de papier qui revendiquent de la richesse sont des exemples de ce que Marx appelle le “capital fictif”.<br />
Marx cite trois caractéristiques du capital fictif. Premièrement, nous l’avons déjà noté, il se revendique un flux de revenu qui peut être traité comme de l’intérêt. Deuxièmement, lorsque ces revendications se font sur du capital réel, en <u>apparence </u>le capital semble avoir doublé. Par exemple, si j’achète une action d’une entreprise et que l’entreprise utilise cette argent pour un investissement, l’argent investi dans les machines et la force de travail est du capital “réel”. Le papier qui entre mes mains me donne un droit sur une partie des profits qui en découlent, mais il reste en lui-même du capital fictif. Le capital n’existe pas en double. Enfin, le capital fictif s’échange selon <u>ses propres lois de mouvement</u>,<a href="#_ftn40" name="_ftnref40"><sup><strong>[40]</strong></sup></a> ce qui en fait un véhicule idéal pour la spéculation. Il ouvre aux bulles la possibilité de se développer lorsque les investisseurs font hausser le prix de certains biens en se basant sur la prédiction d’un revenu futur, ou simplement pour parier sur une hausse supplémentaire des prix. Comme le capitalisme, dans sa réalité, se base toujours sur l’extraction de la plus-value des travailleurs, les marchés de capital fictif peuvent perdre le contact avec le processus sous-jacent de production de valeur.</p>
<p>Ce phénomène est d’autant plus susceptible d’arriver durant les périodes ou la profitabilité est faible dans l’économie “réelle”. Marx écrit que la baisse du taux de profit “provoque en même temps la fraude, en encourageant l&rsquo;application incertaine de nouvelles méthodes de production, les engagements hasardés de nouveaux capitaux, en un mot les aventures qui offrent la chance de recueillir un profit exceptionnel ”.<a href="#_ftn41" name="_ftnref41"><sup><strong>[41]</strong></sup></a> En effet, les marchés de capital fictif ont vécu une croissance et une diversification énormes ces dernières décennies, se détachant de plus en plus de la production non sans avoir intégré des entreprises engagées dans la production. Trois aspects importants sont la “titrisation”, la croissance des marchés de produits dérivés ainsi que l’émergence de la “finance de l’ombre”.</p>
<p>Un exemple de tritrisation est l’émission par les banques d’obligations adossées à des actifs (collateralised debt obligations &#8211; CDO), qui prit son envol vers la fin des années 1980 et occupait une place de premier plan au moment de la crise. Les CDO sont créés à partir de portfolios de dettes concoctés par les banques et dont les droits de propriété sont transférés à un fond commun de créance (special purpose vehicle &#8211; SPV), une compagnie temporaire formée spécialement. Ce SPV émet ensuite des obligations qui sont vendues à des investisseurs. Le procédé se nomme titrisation car les obligations sont un exemple de fonds mobilier (un bien financier échangeable). Dans les faits, le remboursement de la dette agit comme un flux de revenus pour les investisseurs ultimes;  en ce qui concerne la banque, elle a revendu sa dette et peut utiliser l’argent récupéré pour émettre plus de prêts. De plus, ceux qui organisent le processus touchent des honoraires importants. Avant 2007, les “tranches” les plus toxiques des obligations émises par les SPV, et donc celles qui attiraient le plus de spéculateurs, contenaient de nombreux prêts subprime. Le nombre de CDOs émis globalement augmenta d’une valeur de $68 milliards en 2000 à $521 milliards en 2006.<a href="#_ftn42" name="_ftnref42"><sup><strong>[42]</strong></sup></a> Selon un rapport récent du parlement européen: “La titrisation a amplifié les effets de la crise en contribuant à allonger les chaînes de médiation, en créant des conditions dans lesquelles les motivations et les intérêts des participants à une chaîne de titrisation étaient mal alignés, en augmentant  la dépendance à l’égard des modèles mathématiques et des évaluations de risque extérieures et enfin en augmentant les risques systémiques, qu’ils soient individuels ou bancaires.”<a href="#_ftn43" name="_ftnref43"><sup><strong>[43]</strong></sup></a></p>
<p>Alors que les marchés de CDO sont loin d’avoir retrouvé leur niveau d’avant la crise, on a pu observer une hausse notable des émissions de “collateralised loan obligations” (CLOs), en particulier ceux associés à des emprunts commerciaux, et qui furent émis à hauteur de $100 milliards en 2017. Cette croissance récente n’est pas simplement provoquée par les banques mais reflète la “recherche du rendement” parmi des investisseurs confrontés à des taux d’intérêt maintenus artificiellement bas (je développe ce point ci dessous).<a href="#_ftn44" name="_ftnref44"><sup><strong>[44]</strong></sup></a></p>
<p>Une croissance explosive des produits dérivés accompagna la titrisation. Ce sont des biens dont la valeur évolue suivant celle d’un autre bien sous-jacent. Par exemple, une couverture de défaillance (ou Credit default swap &#8211; CDS) promet une récompense à son détenteur en cas de défaillance sur une dette en question, en échange de quoi ce dernier doit payer une petite somme régulière à la contrepartie. Ceci peut constituer une forme d’assurance, une “couverture” contre un risque. Cependant, les produits dérivés peuvent être achetés et vendus pour des raisons purement spéculatives &#8211; par des gens qui ne sont pas exposés au risque de défaillance de cette dette mais qui souhaitent simplement parier sur les évènements futurs.<a href="#_ftn45" name="_ftnref45"><sup><strong>[45]</strong></sup></a> Juste avant la crise, le marché des produits dérivés était dominé par les contrats de taux d’intérêt (qui sont “encaissés” lorsque les taux changent), suivis par les CDS.<a href="#_ftn46" name="_ftnref46"><sup><strong>[46]</strong></sup></a>  Les produits dérivés n’ont pas non plus retrouvé les sommets qu’ils avaient atteint avant la chute de Lehman Brothers en 2008, mais leur croissance n’a pas complètement été inversée. Durant les six premiers mois de 2017, la valeur marchande brute des produits dérivés “sur la table” (l’argent nécessaire pour les remplacer aux prix du marché) était de $12690 milliards, plus ou moins identique à celle de 2007.<a href="#_ftn47" name="_ftnref47"><sup><strong>[47]</strong></sup></a></p>
<p>En plus de ces tendances, les décennies récentes virent l’émergence de la finance de l’ombre. Il s’agit d’institutions financières qui prêtent et empruntent de l’argent sans être des banques traditionnelles, échappant ainsi à la régulation bancaire. Les gros bras de ce secteur sont les fonds spéculatifs, les fonds monétaires, les trusts d’investissement immobilier, les courtiers et les véhicules de financement structuré. Au moment de la crise, la finance de l’ombre, mesurée par ses biens financiers, était probablement plus grande que le secteur bancaire traditionnel dans les économies avancées du nord. La finance de l’ombre fut affectée par la crise, mais elle a retrouvé son rythme de croisière en 2011, et sa valeur totale en 2016 était bien plus importante que sa valeur d’avant la crise (figure 8).</p>
<p><strong>Figure 8: Finance de l&rsquo;ombre: estimations des « autres intermédiaires financiers »<br />
Source: FSB, 2017 www.fsb.org/wp-content/uploads/global-shadow-banking-monitoring-report-2016.pdf</strong><br />
<img decoding="async" src="https://isj.org.uk/wp-content/old-site-images/158/choonara_fig8.jpg" /><br />
Une partie de la croissance du système financier depuis les années 1980 était liée à de l’accumulation réelle, mais sa majeure partie ne faisait que nourrir des séries de bulles spéculatives. Celles-ci incluent la bulle internet des firmes technologiques dans les années 1990, les bulles immobilières en Grande-Bretagne, en Espagne, en Irlande et en Chine, ainsi que le super cycle des marchandises mentionné plus tôt. Elles sont les manifestations d’une immense bulle de crédit sous-jacente. Wolf n’hésite pas à décrire le système “plus grand et plus risqué” qui se développe comme une “machine de l’apocalypse”<a href="#_ftn48" name="_ftnref48"><sup><strong>[48]</strong></sup></a>. L’expansion du crédit (souvent décrite comme un keynésianisme privatisé) permit simultanément de camoufler et de reporter les problèmes du capitalisme à partir des années 1980,<a href="#_ftn49" name="_ftnref49"><sup><strong>[49]</strong></sup></a> mais au prix de créer un système financier grotesquement surdimensionné qui pourrait finir par exploser dans une crise. Le fait que la longue dépression fit ses premiers pas dans le secteur financier mena de nombreux commentateurs à l’identifier comme une simple crise financière. Mais le contexte d’un taux de profit tamisé est crucial pour comprendre ce qui s’est passé.<a href="#_ftn50" name="_ftnref50"><sup><strong>[50]</strong></sup></a></p>
<p><strong>Figure 9: Dette globale depuis la crise<br />
AEs = économies avancées; EMEs = économies émergentes</strong><br />
<img decoding="async" src="https://isj.org.uk/wp-content/old-site-images/158/choonara_fig9.jpg" /></p>
<p>Certains ont cru que la crise de 2008-2009 permettrait de rééquilibrer l’économie en la débarrassant de sa dépendance envers la finance, mais cela ne s’est pas concrétisé. Mais l’expansion du crédit a, dans le meilleur des cas, été stabilisée dans les économies les plus avancées alors qu’elle poursuit son expansion dans de nombreux pays de l’hémisphère sud (figure 9). Les dimensions du système financier font que chaque nouvelle vague de panique est amplifiée et transmise globalement. Par exemple, une chute important des marchés boursiers eut lieu au début 2016 en réponse à l’annonce fin 2015 d’une hausse des taux d’intérêts US; les actions boursières des banques européennes dévissèrent au printemps 2016 sous l’effet de taux d’intérêts négatifs et d’inquiétudes sur la qualité des prêts détenus. La période de l’été 2015 au printemps 2016 fut turbulente sur les marchés boursiers chinois, qui occupent désormais une place assez centrale dans le capitalisme global pour entraîner les marchés boursiers américains dans leur chute.<a href="#_ftn51" name="_ftnref51"><sup><strong>[51]</strong></sup></a> Un nouveau cycle de turbulences en février 2018 reflétait des craintes d’une politique monétaire plus serrée aux USA et dans d’autres régions du globe.</p>
<h3><strong>Fragilité politique</strong></h3>
<p>Il faut ajouter une autre source d’instabilité à ce fragile édifice, à savoir la tourmente politique provoquée par la récession. Déjà avant la crise, le consensus entre les partis de centre-gauche et ceux de centre-droit autour des politiques néolibérales conduisait à un rejet grandissant de la politique traditionnelle, et les électeurs se tournaient de plus en plus vers des alternatives radicales de droite et de gauche. Il est désormais clair que la réponse des classes dominantes à la crise &#8211; réponse qui vise à protéger le système au détriment de ceux qui y vivent, en particulier en essayant de socialiser la crise à travers l’austérité &#8211; a accéléré ce processus.<br />
Une conséquence fut la réticence des électeurs à l’idée de suivre fidèlement les directives prononcées par les milieux dirigeants. Des évènements comme le Brexit, auquel s’opposèrent chacun des principaux partis du parlement, la quasi-totalité des grandes banques et entreprises ainsi que la majorité des institutions du capitalisme mondial et européen, lancent un défi majeur à la classe dirigeante. Le caractère volatile de la période se manifeste jusqu’en Allemagne, supposée être le coeur stable du capitalisme européen. Aux élections de 2017, les sociaux-démocrates du SPD et les chrétiens démocrates du CDU, les deux partis majeurs, n’obtinrent entre eux que la moitié du total des suffrages, comparé aux trois quarts en 1990. La formation d’extrême droite Alternative Fur Deutschland (AfD) fit une percée importante.</p>
<p>L’ascension de Donald Trump à la présidence de ce qui reste la plus grande puissance économique et politique du monde constitue un danger encore plus prononcé pour la stabilité globale. Trump constitue une triple menace. Premièrement, par la possibilité d’une toxification encore plus marquée de la scène géopolitique globale &#8211;  comme le montrent le bombardement de la Syrie et les tensions dans la péninsule coréenne. “La guerre”, écrivit Wolf dans son évaluation plutôt enthousiaste de l’économie mondiale en janvier 2018, “est le plus grand risque politique pour l’économie”.<a href="#_ftn52" name="_ftnref52"><sup><strong>[52]</strong></sup></a></p>
<p>Deuxièmement, Trump compromet de manière significative la possibilité d’une coopération globale entre les grandes puissances occidentales. Wolf, encore lui, saisit bien les inquiétudes de larges sections de la classe dirigeante:<br />
« Qu’en est-il de la coopération globale? Dans ce domaine … nous avons vu des évolutions significatives [en 2017]. Une de ces évolutions est représentée par la décision de Mr Trump de sortir de l’accord de partenariat transpacifique [Trans-Pacific Partnership, TPP], dans lequel des alliés des USA comme la Japan avaient tant investi, et de renégocier les accords de libre-échange nord-américain NAFTA. Une autre fut la décision de sortir de l’accord de Paris sur le climat… Ces développements politiques ont fracturé l’occident en tant qu’entité idéologiquement cohérente. La coopération proche entre les pays à hauts revenus était principalement une création de la volonté et de la puissance des USA. Le centre de cette puissance réfute désormais les valeurs et les intérêts perçus qui soulignent cette idée. Cela change à peu près tout. »<a href="#_ftn53" name="_ftnref53"><sup><strong>[53]</strong></sup></a></p>
<p>Cela ne signifie pas nécessairement la fin de l’ère de la mondialisation, qui est un processus multidimensionnel qui comprend des chaînes de valeur globales et complexes où le processus de production des multinationales s’étend à travers les frontières ainsi que des flux financiers qui, comme nous l’avons vu, n’ont pas l’air d’avoir diminué. Cependant, l’engagement historique des gouvernements américains d’après-guerre envers le libre-échange global à travers des institutions comme l’organisation mondiale du commerce [OMC] et, plus récemment, des accords de libre-échange régionaux, semble vaciller.<a href="#_ftn54" name="_ftnref54"><sup><strong>[54]</strong></sup></a> La décision de l’administration Trump en janvier d’imposer des taxes d’importation sur les panneaux solaires et les machines à laver est un signe de la nouvelle humeur de la Maison Blanche. Notamment, les taxes ne touchent pas exclusivement la Chine &#8211; les plus grand exportateurs de machines à laver vers les USA sont le Vietnam, la Thailande et la Corée du Sud alors que les plus grands exportateurs de panneaux solaires sont la Malaisie, la Corée du Sud et le Vietnam. Trump ne s’en contenta pas et cette annonce fut suivie par une autre, celle de l’imposition d’une taxe sur les importations d’acier à hauteur de 25% et d’aluminium à un taux de 10%, provoquant des menaces de représailles de la part de l’UE et de la Chine ainsi que la démission de son conseiller économique Gary Cohn.</p>
<p>Il y a aussi la question des énormes réductions d’impôts décidées par Trump. Leur effet immédiat fut de catapulter les marchés financiers dans la stratosphère, mais selon Christine Lagarde, alors que “les réformes fiscales américaines auront certainement un effet positif sur le court terme, elles constituent également des risques sérieux pour les USA et d’autre pays… Elles impactent la vulnérabilité financière, en particulier au vu des prix élevés des produits financiers à travers le monde et la facilité d’obtenir du financement”.<a href="#_ftn55" name="_ftnref55"><sup><strong>[55]</strong></sup></a></p>
<h3><strong>Incertitudes</strong></h3>
<p>L’aspect incertain de cette relance post-récession est dû à sa dépendance envers le support de l’état. Lorsque la crise éclata, cette dernière pris l’apparence de la Grande Dépression des années 1930, et l’économie adopta une trajectoire similaire durant l’année qui suivit la chute de Lehman Brothers. Cependant, de nombreuses interventions étatiques ont permis de tirer l’économie globale de son malaise (figure 10).</p>
<p>Les signes les plus visibles des interventions de l’état furent les renflouages de banques orchestrés dans de nombreux pays. Même si ces opérations semblaient être à grande échelle, les sommes d’argent ainsi dépensées et le coût net aux états restait souvent relativement modeste.<a href="#_ftn56" name="_ftnref56"><sup><strong>[56]</strong></sup></a> Par contre, le plans de relances concoctés par plusieurs gouvernements s&rsquo;avéraient plus significatifs (figure 11). Une conséquence importante de ces dramatiques interventions de l’état &#8211; en plus de la chute des revenus fiscaux et de l’augmentation des dépenses sociales &#8211; fut de créer une pression insupportable sur les plus faibles de ces économies qui avaient été exposées à l’implosion financière, en particulier dans le sud et l’est de l’Europe.<a href="#_ftn57" name="_ftnref57"><sup><strong>[57]</strong></sup></a> Ceci transforma la crise financière et la récession qui la suivit en une crise de la dette souveraine européenne qui commença vers la fin 2009 et dont les effets se font toujours sentir; le secteur bancaire italien montre des signes grandissants de fragilité et détiendrait €224.2 milliards de prêts non-performants selon les données de la banque centrale européenne (BCE).<a href="#_ftn58" name="_ftnref58"><sup><strong>[58]</strong></sup></a></p>
<p><strong>Figure 10: Production industrielle globale durant deux crises (pic pré-crise = 1)</strong></p>
<p><img decoding="async" src="https://isj.org.uk/wp-content/old-site-images/158/choonara_fig10.jpg" /></p>
<p><strong>Figure 11: Stimulus économique en pourcentage du PIB</strong><br />
<img decoding="async" src="https://isj.org.uk/wp-content/old-site-images/158/choonara_fig11.jpg" /></p>
<p>D’une certaine manière, ce sont les banques centrales qui ont pris les mesures les plus importantes pour mitiger l’impact de la crise.<a href="#_ftn59" name="_ftnref59"><sup><strong>[59]</strong></sup></a>  Les taux d’intérêts en vigueur dans les économies avancées furent diminués jusqu’à atteindre des niveaux quasi-nuls voire même négatifs (figure 12). Plusieurs banques centrales &#8211; la Federal Reserve américaine, la Banque d’Angleterre ou encore la BCE &#8211; ont lancé des programmes d’assouplissement quantitatif [Quantitative Easing, QE] ou, dans le cas du Japon, ont étendu des programmes existants. L’assouplissement quantitatif consiste en la création électronique de monnaie par les banques centrales qui utilisent cet argent pour acheter des produits financiers d’autres banques et institutions financières, visant en particulier les obligations souveraines.</p>
<p>Premièrement, cette politique inonde le marché de liquidités encourageant en principe le crédit. Deuxièmement, elle fait hausser les prix des obligations; ces dernières paient à leur porteur une somme fixe à intervalles régulier, donc si leur prix d’échange augmente, leur rendement &#8211; ou le retour sur investissement relatif au prix d’achat &#8211; diminue. Des rendements plus bas signifient un coût du crédit plus bas pour les émetteurs d’obligations. En dernière instance, l’assouplissement quantitatif doit être “défait” en revendant les obligations et détruisant (électroniquement) l’argent recoupé.</p>
<p><strong>Figure 12: Taux d&rsquo;intérêt directeurs<br />
source: données BIS</strong><br />
<img decoding="async" src="https://isj.org.uk/wp-content/old-site-images/158/choonara_fig12.jpg" /></p>
<p>Par ces mécanismes, le capitalisme a été mis sous un régime de soins intensifs, qui a pris une forme particulièrement “financiarisée” &#8211; la figure 13 donne une idée du degré auquel les banques centrales on fait bondir les obligations durant les programmes d’assouplissement quantitatif. Ces mesures visaient essentiellement à assurer un flux de crédit aux entreprises en vue de faire repartir la production. Mais confrontée à des conditions de faible profitabilité, cette perspective ne s’est pas réalisée. L’accumulation rapide a lieu lorsque les investisseurs croient que la production sera profitable. Au lieu de cela, l’argent des programmes QE fut mis de côté par les banques ou canalisé vers des investissements financiers à haut rendement et à haut risque. Un rapport du Financial Times saisit la manière dont le renflouement financier a contribué à faire émerger de nouvelles bulles spéculatives à travers une “chasse au rendement”:</p>
<p>“Le QE… donna des liquidités à des investisseurs qui se retrouvèrent sans autre choix que de les placer dans des produits risqués. Les valeurs refuge se trouvaient dans les stocks traditionnels de valeur connus sous l’acronyme SWAG &#8211; les oeuvres d’art, l’or, l’argent et le vin. En 2012, une bulle SWAG s’était formée, mais elle se dégonfla à mesure que les craintes d’inflation reculaient et que la confiance en l’administration revenait. La pierre offrit un autre refuge &#8211; en particulier pour ceux qui s&rsquo;inquiétaient que leurs pays ne tolère pas trop leur richesse. Plusieurs marchés de l’immobilier jouent les premiers rôles malgré une croissance économique moribonde. Londres en particulier, un hôte classique des propriétaires étrangers, et Vancouver, la favorite de la communauté chinoise, ont connu des croissances dramatiques. L’archétype de la bulle classique semble se trouver dans les cryptomonnaies, en particulier le bitcoin. La technologie est nouvelle, emballante et potentiellement révolutionnaire. Mais la hausse d’une monnaie qui n’a ni valeur intrinsèque ni reconnaissance gouvernementale est à couper le souffle.»<a href="#_ftn60" name="_ftnref60"><sup><strong>[60]</strong></sup></a></p>
<p><strong>Figure 13: Evolution des bilans comptables des banques centrales<br />
source: Crédit Suisse, 2017</strong><br />
<img decoding="async" src="https://isj.org.uk/wp-content/old-site-images/158/choonara_fig13.jpg" /></p>
<p>Les craintes autour de la relance de 2018 soulignent l’incertitude quant aux conséquences de l’arrêt de ces soins intensifs. La Fed américaine et sa présidente en fin de mandat Janet Yellen optèrent pour la prudence en diminuant graduellement l’assouplissement quantitatif et haussant les taux d’intérêt à petites doses tout en prévenant les marchés financiers avant chaque hausse. Son successeur Jerome Powell risque de se retrouver dans une situation plus difficile alors même que les craintes s’amplifient autour de l’exubérance des marchés financiers américains et le danger d’une reprise de l’inflation. Selon Larry Elliot, journaliste au Guardian, note qu’il “existe une inquiétude au sujet de la Fed qui semble avoir un train de retard, et qui pourrait se retrouver forcée de prendre des mesures plus dramatiques que ce à quoi les marchés se préparent”. Elliot ajoute que les politiques adoptées par les banques centrales en 2008-2009 “ont créé un gros danger moral”, avec des investisseurs sans scrupules persuadés que tout ralentissement sera accompagné par de nouvelles baisses des taux d’intérêt et plus d’assouplissement quantitatif.<a href="#_ftn61" name="_ftnref61"><sup><strong>[61]</strong></sup></a></p>
<p>Le renflouement financier ne s’est pas contenté de nourrir la spéculation &#8211; gonflant au passage les prix des biens détenus par les plus riches &#8211; mais a aussi remis à plus tard toute résolution des problèmes fondamentaux. Elliott indique le niveau de dépendance à l’égard du crédit, l’inégalité grandissante et le faible niveau des investissements, mais ceux-ci trouvent leur racines dans la question plus fondamentale du taux de profit. La prolifération des firmes “zombie” en est une manifestation, ce sont des firmes qui ne pourraient pas survivre sur un marché compétitif, mais qui parviennent à se tirer en avant sans faire de profits significatifs et sans investir. Les auteurs d’un rapport récent de l’OCDE écrivent:</p>
<p>Dans une économie de marché qui fonctionne bien, le processus de destruction créative oblige les entreprises peu performantes à améliorer leur efficacité ou à quitter le marché. Cependant, il existe des signes … qui indiquent que ce processus subit un ralentissement et de nombreux facteurs pointent vers la dimension politique de ce problème. Celle-ci inclut des faiblesses dans la politique structurelle (par exemple des régimes de faillite peu efficaces), l’abstention des banques, une politique monétaire peu rigoureuse, des systèmes bancaires compromis et la persistance des aides accordées aux PME depuis la crise.<a href="#_ftn62" name="_ftnref62"><sup><strong>[62]</strong></sup></a></p>
<p>Ils ajoutent que les firmes zombie ont tendance à être des entreprises plus grandes et plus anciennes, ce qui pourrait signifier que ce sont celles qui ont le plus de chances de recevoir une aide de l’état. Le rapport estime que 7.5% du capital au Royaume-Uni est investi dans des firmes zombie, et le taux grimpe à 19% pour l’Italie.<a href="#_ftn63" name="_ftnref63"><sup><strong>[63]</strong></sup></a></p>
<p>Un rapport de la banque des règlements internationaux dit aussi:<br />
“La faiblesse de l’investissement ces dernières années a coïncidé avec un ralentissement de la croissance de la productivité. Depuis 2007, la croissance de la productivité ralentit… Un élément potentiel derrière ce déclin est la persistance d’une mauvaise allocation du capital et du travail, comme le montre la part grandissante des firmes non profitables. En effet, la part des firmes zombie &#8211; dont les dépenses en intérêt dépassent leurs revenus avant intérêt et impôts &#8211; a augmenté de manière significative malgré le niveau exceptionnellement bas des taux d’intérêt. »<a href="#_ftn64" name="_ftnref64"><sup><strong>[64]</strong></sup></a></p>
<p>Un graphique montre que le taux d’entreprises zombie a cru à travers les grandes économies de 6% en 2007 à plus de 10% en 2015.<a href="#_ftn65" name="_ftnref65"><sup><strong>[65]</strong></sup></a><br />
Si l’effet long terme d’une élimination des firmes zombie serait bien une hausse du taux de profit, de l’investissement, de la productivité et enfin de la croissance, le danger est que sur le court terme, un tel événement pourrait bien replonger l’économie dans un état récessif. Selon un analyste de la Bank of America, « le support monétaire de ces cinq dernières années en Europe a permis à des entreprises à faible profitabilité de continuer à racheter leur dette et à éviter les défaut… Ceci nous conforte dans notre affirmation que la BCE sera probablement très lente à retirer son stimulus extraordinaire durant les 18 prochains mois ».<a href="#_ftn66" name="_ftnref66"><sup><strong>[66]</strong></sup></a></p>
<p><strong>Figure 14: Faillites mondiales d&rsquo;entreprises (dette en $ milliards)<br />
source: S&amp;P, 2017</strong><br />
<img decoding="async" src="https://isj.org.uk/wp-content/old-site-images/158/choonara_fig14.jpg" /><br />
Il existe déjà des preuves de l’impact de la hausse modeste des taux d’intérêt et de la réduction de l’assouplissement quantitatif. Les faillites d&rsquo;entreprises à une échelle mondiale ont atteint des en 2016 des sommets jamais vus depuis 2008. Ce palmarès est dominé par les faillites US, en particulier dans le secteur de l’énergie qui a subi de plein fouet les baisses de prix (figure 14).<a href="#_ftn67" name="_ftnref67"><sup><strong>[67]</strong></sup></a> Sur le long terme, ces processus peuvent ouvrir la voie à un nouveau cycle d’accumulation rapide et de croissance débridée. Mais il nous reste à parcourir beaucoup de perturbations et de bouleversements avant d’y arriver, et davantage encore de souffrances pour celles et ceux qui vivent et travaillent sous ce système.</p>
<h3><strong>Conclusion</strong></h3>
<p>La récession de 2008-2009 fut une crise du système longtemps reportée, préparée par une période de profitabilité faible, par des modèles de financiarisation dysfonctionnels et par les actions des états. Le fait qu’on ne lui permit pas de se développer en une récession comparable à celle des années 1930 nous donna droit à une longue dépression &#8211;  une période prolongée de croissance faible et hésitante.</p>
<p>La période actuelle représente le début d’une nouvelle étape de ce processus. De nombreux commentateurs estiment qu’après de nombreux faux départs, nous voyons enfin le début de la fin de la crise. Mais d’autres voix rejettent cet optimisme. Summers, qui a ressuscité la notion de stagnation séculaire, allait plus loin en février dernier, déclarant: “une récession arrivera dans les prochaines année et nous aurons d’une certaine manière déjà tiré les canons des politiques monétaire et fiscale. Ceci indique que la prochaine récession pourrait durer plus longtemps”.<a href="#_ftn68" name="_ftnref68"><sup><strong>[68]</strong></sup></a></p>
<p>Alors que nos dirigeants commencent à retirer leur support au capitalisme, ils auront de bonnes chances de voir les problèmes sous-jacents et non réglés de leur système refaire irruption à la surface. Le capitalisme mondial et ceux qui visent à le diriger vivent donc un moment périlleux. C’est aussi le moment pour celles et ceux d’entre nous qui sont hostiles au système de redoubler d’efforts pour le défier.</p>
<h5 class="author-meta">Joseph Choonara</h5>
<h6>Traduit de l&rsquo;anglais par Dimitris Daskalakis et Jad Bouharoun</h6>
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<p>Wolf, Martin, 2016, “China’s Great Economic Shift Needs to Begin”, Financial Times (19 January), www.ft.com/content/564c7490-bb8d-11e5-b151-8e15c9a029fb</p>
<p>Wolf, Martin, 2018a, “The World Economy Hums as Politics Sours”, Financial Times (9 January), www.ft.com/content/5c71e534-f467-11e7-88f7-5465a6ce1a00</p>
<p>Wolf, Martin, 2018b, “The New World Disorder and the Fracturing of the West”, Financial Times (2 January), www.ft.com/content/54104d98-eedd-11e7-ac08-07c3086a2625</p>
<p>World Bank, 2017, Global Economic Prospects: A Fragile Recovery (June), https://openknowledge.worldbank.org/bitstream/handle/10986/26800/9781464810244.pdf</p>
<p>Wray, L Randall, 2014, “Central Bank Independence: Myth and Misunderstanding”, Levy Economics Institute Working Paper No 791 (March), www.levyinstitute.org/pubs/wp_791.pdf</p>
<p>Zhang, Longmei, 2016, “Rebalancing China: Progress and Prospects”, IMF working paper, WP/16/183.</p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1"><sup>[1]</sup></a> C’est le terme utilisé par Michael Roberts pour décrire la période prolongée de crise et de faible croissance dans son livre paru en 2016 chez Haymarket –  « The long depression »<br />
<a href="#_ftnref2" name="_ftn2"></a></p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2"><sup>[2]</sup></a> Il n’existe de pas de définition universellement acceptée de ce qui constitue une « récession globale ». Avant 2009, les économistes parlaient souvent de « récession globale » lorsque la croissance mondiale annuelle chutait sous les 2.5 ou 3%. Après 2009, le FMI définit la récession globale comme une période de croissance négative pour l’économie mondiale – comme en 1975, 1982, 1991 et, d’une manière autrement plus dévastatrice, en 2009. FMI, 2009.<br />
<a href="#_ftnref3" name="_ftn3"></a></p>
<p><a href="#_ftnref3" name="_ftn3"><sup>[3]</sup></a> Bullard, Silvia et Iqbal, 2017.<br />
<a href="#_ftnref4" name="_ftn4"></a></p>
<p><a href="#_ftnref4" name="_ftn4"><sup>[4]</sup></a> Summers, 2016 et Lagarde, 2014.<br />
<a href="#_ftnref5" name="_ftn5"></a></p>
<p><a href="#_ftnref5" name="_ftn5"><sup>[5]</sup></a> Davies, 2018.<br />
<a href="#_ftnref6" name="_ftn6"></a></p>
<p><a href="#_ftnref6" name="_ftn6"><sup>[6]</sup></a> Choonara, 2010.<br />
<a href="#_ftnref7" name="_ftn7"></a></p>
<p><a href="#_ftnref7" name="_ftn7"><sup>[7]</sup></a> Sharma, 2017.<br />
<a href="#_ftnref8" name="_ftn8"></a></p>
<p><a href="#_ftnref8" name="_ftn8"><sup>[8]</sup></a> Bhalla, 2002.<br />
<a href="#_ftnref9" name="_ftn9"></a></p>
<p><a href="#_ftnref9" name="_ftn9"><sup>[9]</sup></a> J’utilise les estimations pour le secteur privé ajustées pour l’inflation, avec le coût historique du capital fixe comme dénominateur. Voir p.84 de Kliman, 2011. Pour d’autres estimations, voir p.66 de Shaikh, 2016.<br />
<a href="#_ftnref10" name="_ftn10"></a></p>
<p><a href="#_ftnref10" name="_ftn10"><sup>[10]</sup></a> Wien, 2010.<br />
<a href="#_ftnref11" name="_ftn11"></a></p>
<p><a href="#_ftnref11" name="_ftn11"><sup>[11]</sup></a> Celles et ceux qui ne sont pas familiers avec l’économie marxiste peuvent consulter en Français le livre de Ben Fine et Saad-Filho, 2012, « Ca-pi-tal ! Introduction à l’économie politique de Marx » (Raisons d’agir)<br />
<a href="#_ftnref12" name="_ftn12"></a></p>
<p><a href="#_ftnref12" name="_ftn12"><sup>[12]</sup></a> Les choses sont un peu plus complexes dans la réalité, en particulier car le capital fixe perd souvent de sa valeur au cours du processus de compétition capitaliste décrit ci-après. Cette question et la question générale du taux de profits sont discutés pp.64-72, Choonara 2017.<br />
<a href="#_ftnref13" name="_ftn13"></a></p>
<p><a href="#_ftnref13" name="_ftn13"><sup>[13]</sup></a> Voir Roberts, 2017.<br />
<a href="#_ftnref14" name="_ftn14"></a></p>
<p><a href="#_ftnref14" name="_ftn14"><sup>[14]</sup></a> Marx, Le Capital tome 3 https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-III/kmcap3_14.htm<br />
<a href="#_ftnref15" name="_ftn15"></a></p>
<p><a href="#_ftnref15" name="_ftn15"><sup>[15]</sup></a> Voir par exemple Carchedi, 2011, Roberts, 2016et Shaikh, 2016. Pour une vue alternative, voir Kliman, 2011.<br />
<a href="#_ftnref16" name="_ftn16"></a></p>
<p><a href="#_ftnref16" name="_ftn16"><sup>[16]</sup></a> Voir Choonara, 2017, et Harman, 2009.<br />
<a href="#_ftnref17" name="_ftn17"></a></p>
<p><a href="#_ftnref17" name="_ftn17"><sup>[17]</sup></a> Kliman, 2011.<br />
<a href="#_ftnref18" name="_ftn18"></a></p>
<p><a href="#_ftnref18" name="_ftn18"><sup>[18]</sup></a> Par example, Harvey, 2010.<br />
<a href="#_ftnref19" name="_ftn19"></a></p>
<p><a href="#_ftnref19" name="_ftn19"><sup>[19]</sup></a> Callinicos, 2014. Voir aussi Callinicos et Choonara, 2016.<br />
<a href="#_ftnref20" name="_ftn20"></a></p>
<p><a href="#_ftnref20" name="_ftn20"><sup>[20]</sup></a> Marx, « Manuscrits de 1857-1858 ou <em>Grundrisse</em> » https://www.marxists.org/archive/marx/works/1857/grundrisse/ch15.htm<br />
<a href="#_ftnref21" name="_ftn21"></a></p>
<p><a href="#_ftnref21" name="_ftn21"><sup>[21]</sup></a> La concentration signifie la formation de grandes unités de capital par un processus d’accumulation sur le long terme alors que la centralisation se manifeste par des fusions et acquisitions entre les firmes capitalistes – voir Marx, Le Capital tome 1, chapitre 15 https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/index.htm<br />
<a href="#_ftnref22" name="_ftn22"></a></p>
<p><a href="#_ftnref22" name="_ftn22"><sup>[22]</sup></a> Les données du recensement des entreprises US en 2007 donne une idée de l’ampleur du phénomène : les 8 firmes les plus grandes de l’industrie chimique génèrent le quart du total de la valeur ajoutée du secteur, alors que leurs équivalentes dans le domaine de la production de produits numériques et électroniques génèrent les deux tiers de la valeur ajoutée. Les 8 firmes les plus grandes du secteur de la vente au détail et des télécommunications reçoivent les deux tiers des revenus de leurs secteurs respectifs. Dans le domaine des banques commerciales et dans celui des médias, le chiffre oscille autour des 50%. La conférence des Nations unies sur le commerce et le développement [CNUCED] rapporte qu’en 2010, la valeur totale générée par les multinationales représentait plus du quart du PIB mondial. CNUCED, 2011.<br />
<a href="#_ftnref23" name="_ftn23"></a></p>
<p><a href="#_ftnref23" name="_ftn23"><sup>[23]</sup></a> Le terme de “destruction créative” utilisé dans ce contexte n’est pas exclusif aux économistes marxistes. Il a été introduit par Joseph Schumpeter : « la destruction créative est le fait essentiel du capitalisme. C’est en quoi consiste le capitalisme, et c’est avec quoi tout capitaliste doit apprendre à vivre » Schumpeter, 2003.<br />
<a href="#_ftnref24" name="_ftn24"></a></p>
<p><a href="#_ftnref24" name="_ftn24"><sup>[24]</sup></a> Evidemment, l’économie US a subit un certain degré de restructuration sous la pression de la compétition mondiale, et ceci a bien pu améliorer quelque peu le taux de profit. Voir Harman, 2007 et Harman, 2001.<br />
<a href="#_ftnref25" name="_ftn25"></a></p>
<p><a href="#_ftnref25" name="_ftn25"><sup>[25]</sup></a> Harman, 2009 et Choonara, 2017.<br />
<a href="#_ftnref26" name="_ftn26"></a></p>
<p><a href="#_ftnref26" name="_ftn26"><sup>[26]</sup></a> Sur le régime néolibéral, voir Callinicos, 2012.<br />
<a href="#_ftnref27" name="_ftn27"></a></p>
<p><a href="#_ftnref27" name="_ftn27"><sup>[27]</sup></a> Cité dans Jenkins, 2016.<br />
<a href="#_ftnref28" name="_ftn28"></a></p>
<p><a href="#_ftnref28" name="_ftn28"><sup>[28]</sup></a> En comparaison, le ratio de la formation de capital fixe et du PIB était autour de 13% en Grande Bretagne en 1875.<br />
<a href="#_ftnref29" name="_ftn29"></a></p>
<p><a href="#_ftnref29" name="_ftn29"><sup>[29]</sup></a> Wolf, 2016.<br />
<a href="#_ftnref30" name="_ftn30"></a></p>
<p><a href="#_ftnref30" name="_ftn30"><sup>[30]</sup></a> La croissance explosive de la Chine s’est accompagnée par une tendance à la hausse de la composition organique du capital. En 1990 la quantité de capital par travailleur en Chine (soit le ratio travail mort/travail vivant) représentait moins d’un vingtième de la valeur US ; en 2014 elle était autour du quart et en croissance rapide (voir Zhang, 2016.) Les pays qui parviennent à pénétrer les marchés capitalistes mondiaux peuvent profiter d’un taux de profit élevé, se basant sur un taux d’exploitation élevé et une productivité grandissante, ce qui leur permet d’augmenter leur survaleur relative à échelle mondiale au fur et à mesure qu’ils se saisissent de marchés à l’export. Avec le temps, la croissance de la composition organique du capital ainsi que leur intégration grandissante dans le système mondial accompagnés parfois de la perte de « l’avantage » des bas salaires devant des rivaux aux salaires encore plus bas, tout ceci commence à exercer une pression à la baisse sur les taux de profit. Pour Minqi Li, le Japon a subit une baisse de son taux de profit après sa percée initiale et la Chine pourrait bien subir un sort similaire – voir Li, 2017. (même si j’ai mes désaccords avec la méthode utilisée par Li pour mesurer les taux de profit)<br />
<a href="#_ftnref31" name="_ftn31"></a></p>
<p><a href="#_ftnref31" name="_ftn31"><sup>[31]</sup></a> Voir Kliman, 2011. Quand à Shaikh, 2016, p466, il note une transformation plus générale durant les années d’Alan Greenspan à la tête de la Fed (1987-2006). Greenspan et ses successeurs ont eu tendance à faire baisser les taux d’intérêt quels que soient les niveaux généraux des prix – contrairement aux modèles en vigueur depuis la moitié du 19<sup>e</sup> siècle.<br />
<a href="#_ftnref32" name="_ftn32"></a></p>
<p><a href="#_ftnref32" name="_ftn32"><sup>[32]</sup></a> Cité dans Elliott, 2017; voir Zhang, 2016, p7 pour des estimations de risque de crédit.<br />
<a href="#_ftnref33" name="_ftn33"></a></p>
<p><a href="#_ftnref33" name="_ftn33"><sup>[33]</sup></a> Cooney, 2016.<br />
<a href="#_ftnref34" name="_ftn34"></a></p>
<p><a href="#_ftnref34" name="_ftn34"><sup>[34]</sup></a> Word Bank, 2017, p4, table 1.1.<br />
<a href="#_ftnref35" name="_ftn35"></a></p>
<p><a href="#_ftnref35" name="_ftn35"><sup>[35]</sup></a> Voir Fine, 2013.<br />
<a href="#_ftnref36" name="_ftn36"></a></p>
<p><a href="#_ftnref36" name="_ftn36"><sup>[36]</sup></a> https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-III/kmcap3_35.htm<br />
<a href="#_ftnref37" name="_ftn37"></a></p>
<p><a href="#_ftnref37" name="_ftn37"><sup>[37]</sup></a> Lohr, 2015.<br />
<a href="#_ftnref38" name="_ftn38"></a></p>
<p><a href="#_ftnref38" name="_ftn38"><sup>[38]</sup></a> https://www.marxists.org/archive/marx/works/1894-c3/ch15.htm<br />
<a href="#_ftnref39" name="_ftn39"></a></p>
<p><a href="#_ftnref39" name="_ftn39"><sup>[39]</sup></a> https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-III/kmcap3_28.htm<br />
<a href="#_ftnref40" name="_ftn40"></a></p>
<p><a href="#_ftnref40" name="_ftn40"><sup>[40]</sup></a> https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-III/kmcap3_28.htm<br />
<a href="#_ftnref41" name="_ftn41"></a></p>
<p><a href="#_ftnref41" name="_ftn41"><sup>[41]</sup></a> https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-III/kmcap3_14.htm#3<br />
<a href="#_ftnref42" name="_ftn42"></a></p>
<p><a href="#_ftnref42" name="_ftn42"><sup>[42]</sup></a> Norfield, 2016, p140. Les CDO étaient souvent considérés à tort comme des investissements sûrs, mêmes lorsqu’ils étaient basés sur des prêts subprime. Cette confiance était en partie due au fait qu’en cas d’insolvabilité des emprunteurs, les investisseurs récupéreraient des biens immobiliers dans un marché en plein boom. Mais les problèmes commencèrent en 2007 lorsque la baisse des prix de l’immobilier coïncida avec un grand nombre de faillites et de non-remboursements. Voir aussi Duménil et Lévy, 2011, pp185-194.<br />
<a href="#_ftnref43" name="_ftn43"></a></p>
<p><a href="#_ftnref43" name="_ftn43"><sup>[43]</sup></a> Delivorias, 2016, p14.<br />
<a href="#_ftnref44" name="_ftn44"></a></p>
<p><a href="#_ftnref44" name="_ftn44"><sup>[44]</sup></a> Rennison et Smith, 2017.<br />
<a href="#_ftnref45" name="_ftn45"></a></p>
<p><a href="#_ftnref45" name="_ftn45"><sup>[45]</sup></a> Voir Norfield, 2012.<br />
<a href="#_ftnref46" name="_ftn46"></a></p>
<p><a href="#_ftnref46" name="_ftn46"><sup>[46]</sup></a> Duménil et Lévy, 2011, p112.<br />
<a href="#_ftnref47" name="_ftn47"></a></p>
<p><a href="#_ftnref47" name="_ftn47"><sup>[47]</sup></a> Voir la publication BIS: www.bis.org/publ/otc_hy1711.pdf.<br />
<a href="#_ftnref48" name="_ftn48"></a></p>
<p><a href="#_ftnref48" name="_ftn48"><sup>[48]</sup></a> Wolf, 2010.<br />
<a href="#_ftnref49" name="_ftn49"></a></p>
<p><a href="#_ftnref49" name="_ftn49"><sup>[49]</sup></a> Selon Riccardo Bellofiore: “La grande modération néolibérale était une forme paradoxale de Keynésianisme financier privatisé. Au cœur du modèle anglo-saxon était la tentative de vaincre les tendances stagnatrices en transformant les “épargnants maniaques’’ en ‘’consommateurs endettés’’. Cette consommation ‘autonome’, nourrie par les crédits de la finance et des banques, était le moteur d’un capitalisme ‘nouveau’, dynamique mais non durable et manipulé par des politiques monétaires innovantes’’ —Bellofiore, 2014, p7.<br />
<a href="#_ftnref50" name="_ftn50"></a></p>
<p><a href="#_ftnref50" name="_ftn50"><sup>[50]</sup></a> Kliman, 2011, p14; Roberts, 2016, pp25-29. Voir aussi Choonara, 2009; 2014.<br />
<a href="#_ftnref51" name="_ftn51"></a></p>
<p><a href="#_ftnref51" name="_ftn51"><sup>[51]</sup></a> Popper et Gough, 2015.<br />
<a href="#_ftnref52" name="_ftn52"></a></p>
<p><a href="#_ftnref52" name="_ftn52"><sup>[52]</sup></a> Wolf, 2018a.<br />
<a href="#_ftnref53" name="_ftn53"></a></p>
<p><a href="#_ftnref53" name="_ftn53"><sup>[53]</sup></a> Wolf, 2018b.<br />
<a href="#_ftnref54" name="_ftn54"></a></p>
<p><a href="#_ftnref54" name="_ftn54"><sup>[54]</sup></a> Upchurch, 2018.<br />
<a href="#_ftnref55" name="_ftn55"></a></p>
<p><a href="#_ftnref55" name="_ftn55"><sup>[55]</sup></a> Cité dans Wearden et Elliott, 2018.<br />
<a href="#_ftnref56" name="_ftn56"></a></p>
<p><a href="#_ftnref56" name="_ftn56"><sup>[56]</sup></a> Voir Grossman et Woll, 2014.<br />
<a href="#_ftnref57" name="_ftn57"></a></p>
<p><a href="#_ftnref57" name="_ftn57"><sup>[57]</sup></a> Voir Lapavitsas et al, 2012.<br />
<a href="#_ftnref58" name="_ftn58"></a></p>
<p><a href="#_ftnref58" name="_ftn58"><sup>[58]</sup></a> Comfort, Salzano and Sirletti, 2018.<br />
<a href="#_ftnref59" name="_ftn59"></a></p>
<p><a href="#_ftnref59" name="_ftn59"><sup>[59]</sup></a> Les banques centrales, bien que formellement indépendantes des gouvernements dans la plupart des pays, sont de fait des quasi-institutions d’Etat. Certaines banques centrales sont moins exposées que d’autres à la manipulation directe du gouvernement, mais toutes partagent avec l’Etat en général une relation d’interdépendance systémique envers le capital. Wray, 2014<br />
<a href="#_ftnref60" name="_ftn60"></a></p>
<p><a href="#_ftnref60" name="_ftn60"><sup>[60]</sup></a> Authers et Manibog, 2017.<br />
<a href="#_ftnref61" name="_ftn61"></a></p>
<p><a href="#_ftnref61" name="_ftn61"><sup>[61]</sup></a> Elliott, 2018.<br />
<a href="#_ftnref62" name="_ftn62"></a></p>
<p><a href="#_ftnref62" name="_ftn62"><sup>[62]</sup></a> McGowan, Andrews and Millot, 2017.<br />
<a href="#_ftnref63" name="_ftn63"></a></p>
<p><a href="#_ftnref63" name="_ftn63"><sup>[63]</sup></a> McGowan, Andrews and Millot, 2017.<br />
<a href="#_ftnref64" name="_ftn64"></a></p>
<p><a href="#_ftnref64" name="_ftn64"><sup>[64]</sup></a> BIS, 2017, pp41-58.<br />
<a href="#_ftnref65" name="_ftn65"></a></p>
<p><a href="#_ftnref65" name="_ftn65"><sup>[65]</sup></a> BIS, 2017, p52.<br />
<a href="#_ftnref66" name="_ftn66"></a></p>
<p><a href="#_ftnref66" name="_ftn66"><sup>[66]</sup></a> Cité dans Verma, 2017.<br />
<a href="#_ftnref67" name="_ftn67"></a></p>
<p><a href="#_ftnref67" name="_ftn67"><sup>[67]</sup></a> S&amp;P, 2017.<br />
<a href="#_ftnref68" name="_ftn68"></a></p>
<p><a href="#_ftnref68" name="_ftn68"><sup>[68]</sup></a> S&amp;P, 2017.</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/leconomie-politique-dune-longue-depression/">L&rsquo;économie politique d&rsquo;une longue dépression</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le chef-d’œuvre de Marx est toujours aussi pertinent:  150e anniversaire du « Capital »</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/le-chef-doeuvre-de-marx-est-toujours-aussi-pertinent-150e-anniversaire-du-capital/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Oct 2017 12:50:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Économie politique]]></category>
		<category><![CDATA[Economie politique]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
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		<guid isPermaLink="false">https://autonomiedeclasse.wordpress.com/?p=876</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Ce texte est d’abord paru sur Socialist Worker Le 14 septembre 1867, Le Capital de Karl Marx, livre I , a été publié à Hambourg. Marx a dit à un ami après avoir personnellement remis <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/le-chef-doeuvre-de-marx-est-toujours-aussi-pertinent-150e-anniversaire-du-capital/" title="Le chef-d’œuvre de Marx est toujours aussi pertinent:  150e anniversaire du « Capital »">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><em>Ce texte est d’abord paru sur <a href="https://socialistworker.co.uk/art/45326/Marxs+masterwork+is+as+relevant+as+ever">Socialist Worker</a></em></p>
<p>Le 14 septembre 1867, Le<em> Capital</em> de Karl Marx, livre I , a été publié à Hambourg. Marx a dit à un ami après avoir personnellement remis le manuscrit à l&rsquo;éditeur: « C&rsquo;est sans nul doute le plus épouvantable missile qui ait été lancé aux têtes de la bourgeoisie »(<em>Note par traducteur : Lettre de K. Marx à J. Ph. Becker, le 17 avril 1867</em> ).<br />
L’opinion dominante, exprimée par exemple dans les biographies de Marx récentes par Jonathan Sperber et Gareth Stedman-Jones, présente invariablement le <em>Capital </em>comme mort-né. Ils le décrivent comme un travail qui était dépassé quand il a été publié, et qui n&rsquo;a certainement rien à nous dire au XXIe siècle.<br />
Cela ne permet pas d&rsquo;expliquer pourquoi il y a un <a href="https://socialistworker.co.uk/art/45131/Capital+a+vampire+at+work">intérêt croissant</a> pour le <em>Capital</em> aujourd&rsquo;hui. Des conférences ont marqué son 150e anniversaire dans le monde entier. J&rsquo;ai participé à une l’entre elles au Brésil le mois dernier et je suis impliqué dans un autre cette semaine parrainée par le <em>King&rsquo;s College</em> de Londres. Le succès des cours sur YouTube sur le <em>Capital</em> par un autre participant, David Harvey, est un signe de l’envie contemporaine de comprendre la critique du capitalisme de Marx.<br />
<strong>Effondrement </strong><br />
<strong> </strong><br />
Après tout, le 14 septembre n&rsquo;était pas seulement le jour où le <em>Capital</em>, livre I, a été publié. C&rsquo;était aussi le 10ème anniversaire de la panique bancaire sur <em>Northern Rock</em>, lorsque les déposants ont fait la queue d&rsquo;attente à l&rsquo;extérieur des succursales de la banque pour retirer leurs fonds. C&rsquo;était la première panique bancaire sur une banque britannique depuis l’époque de Marx &#8211; l&rsquo;effondrement d’<em>Overend, Gurney &amp; Co</em> en 1866.<br />
La panique bancaire sur <em>Northern Rock</em> était le moment où la crise économique et financière mondiale devenait visible aux yeux nus. Nous vivons toujours avec les répercussions de cette crise. La confusion régnant dans les milieux capitalistes est clairs parmi les banques centrales telles que le Conseil de la Réserve fédérale des États-Unis et la Banque d&rsquo;Angleterre. Ils hésitent à oser augmenter les taux d&rsquo;intérêt au-dessus du niveau le plus bas qu&rsquo;ils ont atteints pendant la crise.<br />
Le <em>Capital</em> &#8211; pas seulement le livre I, mais les livre II et III édités par Frédéric Engels après la mort de Marx – permettait de réduire cette confusion. Le livre I surtout est le chef-d’œuvre de Marx. Il ne l’a achevé que sous le harcèlement incessant d’Engels, mais a lutté, comme il l’a dit à Engels, pour en faire un « ensemble artistique » (<em>Note par traducteur : Lettre de K. Marx à F.Engels, le 31 mai 1865 </em>).<br />
Certains passages dans le <em>Capital</em> &#8211; en particulier le premier chapitre, qu&rsquo;Engels l&rsquo;a poussé à réécrire pour rendre plus accessible &#8211; sont difficiles. Mais avec l&rsquo;aide de bons commentateurs &#8211; pas seulement Harvey, mais aussi Joseph Choonara dans son excellent « <em>Guide de lecture au Capital de Marx</em> » (<em>A Reader&rsquo;s Guide to Marx&rsquo;s Capital</em> ) &#8211; vous trouverez votre chemin à travers eux.<br />
<strong>Ingéniosité</strong><br />
<strong> </strong><br />
De plus, Marx n’a pas écrit pas ce livre dans le confort d&rsquo;une étude universitaire et d&rsquo;une chaire de professeur. Tout au long des années 1850 et 1860, quand il faisait ses principales études économiques, la famille de Marx luttait, parfois désespérément et irrémédiablement, avec la pauvreté.<br />
En outre, Marx écrivait le <em>Capital</em>, livre I, alors qu&rsquo;il s’engageait dans son travail politique le plus influent. Entre 1864 et 1872, il était l&rsquo;un des principaux dirigeants de l’Association internationale des travailleurs, ou Première Internationale. Il a dirigé l&rsquo;Internationale pour soutenir l’anti-esclavagisme de Nord dans la guerre civile américaine, le mouvement pour l&rsquo;indépendance irlandaise et la Commune de Paris de 1871.<br />
Les luttes ouvrières se sont reflétées dans le livre lui-même. Dans une lettre à Engels, Marx explique que, tout en se sentant malade et incapable de progresser avec la partie vraiment théorique, il écrivit ce qui est maintenant le chapitre X, « La Journée du travail » (<em>Note par traducteur : Lettre de K. Marx à F.Engels, le 10 février 1866 </em>). C&rsquo;est un portrait étonnant et toujours émouvant des méthodes d&rsquo;exploitation impitoyable des capitalistes dans l’époque victorienne. Mais aussi de la résistance collective des travailleurs qui forçaient des capitalistes à reculer et obtenaient une limitation légale de la journée de travail.<br />
Vous ne devez pas chercher plus loin pour voir pourquoi le <em>Capital</em> est encore un livre vivant. Il parle de notre monde, où les travailleurs combattent McDonald&rsquo;s, et bas salaires et les gangs de patron. Tant que le capitalisme survivra, le<em> Capital</em> survivra aussi.<br />
<strong> Alex Callinicos</strong><br />
<strong>Traduit de l&rsquo;anglais par Vincent Sung</strong></p>
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		<title>La grande récession est-elle terminée ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[A2C]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Sep 2017 09:21:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Économie politique]]></category>
		<category><![CDATA[Economie politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">En ce qui concerne les perspectives de l&#8217;économie mondiale, l&#8217;incertitude règne, en particulier parmi ceux qui sont censés gérer le système.Considérez le dernier rapport sur les Perspectives de l&#8217;économie mondiale du Fonds monétaire international (FMI)[1]. <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/la-grande-recession-est-elle-terminee/" title="La grande récession est-elle terminée ?">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">En ce qui concerne les perspectives de l&rsquo;économie mondiale, l&rsquo;incertitude règne, en particulier parmi ceux qui sont censés gérer le système.Considérez le dernier rapport sur les Perspectives de l&rsquo;économie mondiale du Fonds monétaire international (FMI)<a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a>. Il y est écrit : « L’activité économique mondiale redémarre&#8230; la croissance à court terme pourrait en fait être supérieure aux prévisions. ». Cependant, le paragraphe suivant ajoute : « ces évolutions positives ne doivent pas faire oublier les obstacles structurels à une reprise plus vigoureuse ».</p>
<p style="text-align:justify;">Quels sont ces obstacles structurels ? Premièrement : « les inégalités de revenu considérables ». Le FMI souligne que dans les économies avancées, la part du revenu du travail a diminué de 5% depuis 1970 et qu&rsquo;elle continue de baisser. L&rsquo;inégalité structurelle du système devient de plus en plus évidente. Le sociologue Göran Therborn a calculé qu&rsquo;en 1688, les baronnets anglais avaient un revenu 230 supérieur à celui des travailleurs agricoles et des pauvres. Aujourd&rsquo;hui, les PDG britanniques gagnent 386 fois plus que le salaire minimum. Voilà le résultat de trois siècles de progrès capitaliste.</p>
<p style="text-align:justify;">Le deuxième problème structurel identifié par le FMI, qui est encore plus problématique d&rsquo;un point de vue capitaliste, est la persistante « croissance faible de la productivité », ce qui signifie que la capacité de l&rsquo;économie à générer une plus grande production pour chaque heure de travail est en stagnation.</p>
<p style="text-align:justify;">S&rsquo;ajoute à ces deux problèmes le risque de nouveaux chocs — y compris la possibilité toujours présente d&rsquo;un défaut grec, l&rsquo;impact incertain du Brexit ou de nouveaux chocs impérialistes autour de la Syrie ou de la Corée du Nord. Et puis il y a l&rsquo;incertitude encore plus grande créée par l&rsquo;élection de Donald Trump, lequel a menacé d&rsquo;imposer de nouvelles mesures protectionnistes pour défendre les entreprises américaines. En pratique, jusqu&rsquo;à présent, rien ne prouve que Trump a une politique cohérente autre que sa détermination à baisser les impôts pour les riches et tailler dans les dépenses publiques. Mais la volatilité politique au sein de la plus grande économie du monde reste une source de risque.</p>
<p style="text-align:justify;">Pourquoi, après huit ans de reprise, l&rsquo; économie mondiale est-elle encore dans un tel état?En 2010, j&rsquo;ai écrit dans <em>Socialist Review</em> que la reprise serait « faible, fragile et incertaine »<a href="#_ftn2" name="_ftnref2">[2]</a>. Cette faiblesse résultait de l&rsquo;échec de la récession de 2008-9 à détruire ou dévaluer une part suffisante du capital non rentable, ou à diminuer suffisamment la dette pour assurer un fort rebond du taux de profit. La fragilité provenait d&rsquo;un secteur financier hypertrophié, qui faisait peser la menace de rendre général tout nouveau signe de crise. L&rsquo;incertitude était le résultat d&rsquo;interventions étatiques qui ont aidé à limiter la crise sans résoudre les problèmes que le capitalisme s&rsquo;était lui-même créés.</p>
<p style="text-align:justify;">Ce pronostic s&rsquo;est avéré correct et ces trois aspects de la reprise formeront le cadre du reste de cet article.</p>
<h2 style="text-align:justify;">Faiblesse</h2>
<p style="text-align:justify;">Considérons la faiblesse de la reprise. Une analyse récente de Wells Fargo montre qu&rsquo;en 2008-2015, il y avait une perte annuelle moyenne de 20 %de l&rsquo;investissement en capital fixe en raison de l&rsquo;impact de la crise. En moyenne, 10 % du PIB ont été perdus chaque année. L&rsquo;Union européenne a peine à montrer des signes de vitalité. La production industrielle japonaise a commencé l&rsquo;année 2017 en se contractant. Les derniers chiffres suggèrent que les États-Unis connaissent une croissance d&rsquo;un peu plus de 2% en taux annualisé.</p>
<p style="text-align:justify;">Le contexte de cette faiblesse de la reprise est le problème sous-jacent d&rsquo;un taux de profit faible. Pour comprendre cela, il faut revenir sur un aspect de la théorie des crises de Karl Marx, qu&rsquo;il développe dans le troisième volume du Capital<a href="#_ftn3" name="_ftnref3">[3]</a>. Il y discute de baisse tendancielle du taux de profit. D&rsquo;après un certain nombre de marxistes — parmi lesquels Michael Roberts, Andrew Kliman, Guglielmo Carchedi et feu Chris Harman — la période allant de la fin de la Seconde Guerre mondiale au début des années 1980 était une période de baisse du taux de profit. Bien que ce déclin ait commencé à ralentir ou peut-être même s&rsquo;arrêter vers 1982, cette baisse n&rsquo;a jamais été fondamentalement inversée.</p>
<p style="text-align:justify;">Selon Marx, cette chute survient parce que la croissance de l&rsquo;investissement dans l&rsquo;économie dépasse la croissance de l&#8217;emploi de l&rsquo;élément générant la valeur : la force de travail. Bien que la baisse des taux de profit ne soit pas irréversible, les reprises de la rentabilité tendent à survenir lors de crises au cours desquelles de grandes quantités d&rsquo;investissements sont dévaluées. Pour les raisons expliquées ci-dessous, cela n&rsquo;a pas eu lieu une fois que les trente glorieuses se sont achevées et que les crises sont revenues dans les années 1970.</p>
<p style="text-align:justify;">Même si l&rsquo;explication marxiste n&rsquo;est pas acceptée par les économistes dominants, il arrive que cette baisse de rentabilité affecte leur réflexion. Ainsi, un article dans le <em>Financial Times</em> en 2010 déplorait un effondrement à long terme du « retour sur le capital ».Il soulignait qu&rsquo;après la Seconde Guerre mondiale, celui-ci était de 15 % pour les États-Unis. Dans les années 1980, il était de 10 %, et aujourd&rsquo;hui seulement 5 %.</p>
<p style="text-align:justify;"><img data-dominant-color="f7f7f7" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #f7f7f7;" loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-765 not-transparent" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2017/09/graf-crise-1.jpg" alt="graf crise 1" width="2000" height="1500" /></p>
<p style="text-align:justify;"><img data-dominant-color="f8f7f8" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #f8f7f8;" loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-767 not-transparent" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2017/09/graf-crise-2.jpg" alt="graf crise 2" width="2000" height="1500" /></p>
<p style="text-align:justify;">Immédiatement après la crise, on a largement cru que la faiblesse des économies avancées pourrait être contrebalancée par la force des grandes économies en voie de développement, en particulier de la Chine.</p>
<p style="text-align:justify;">Cependant, en réalité, non seulement la Chine n&rsquo;a pas échappé à la crise, mais elle est devenue elle aussi une source d&rsquo;instabilité nouvelle. La croissance de la Chine avant la crise se basait sur une exploitation intense, des niveaux d&rsquo;investissement exceptionnels et une production orientée vers les marchés d&rsquo;exportation. Lorsque ces marchés ont commencé à se tarir pendant la récession, l&rsquo;État chinois a répondu en utilisant le crédit pour maintenir l&rsquo;investissement à son niveau frénétique. La dette est passée de 160 % du PIB en 2008 à 260 % aujourd&rsquo;hui. La Chine possède à présent le plus grand système bancaire au monde, plus vaste encore que celui de la zone euro.</p>
<p style="text-align:justify;">Le résultat a été résumé par Martin Wolf du <em>Financial Times</em> : « En réaction à la crise financière de 2008, la Chine a favorisé une forte augmentation de l&rsquo;investissement alimenté par la dette pour compenser l&rsquo;affaiblissement de la demande extérieure.Mais la croissance sous-jacente ralentissait. En conséquence, le « coefficient marginal du capital » — la quantité de capital nécessaire pour générer des revenus supplémentaires — a environ doublé depuis le début des années 2000&#8230; À la marge, une grande partie de cet investissement risque de générer des pertes. Dans ce cas, la dette qui lui est associée sera également fragile. »<a href="#_ftn4" name="_ftnref4">[4]</a></p>
<p style="text-align:justify;">Marx appellerait cela une crise de « suraccumulation » — trop d&rsquo;investissement à la recherche d&rsquo;une quantité restreinte de profit.</p>
<p style="text-align:justify;">Les autorités chinoises tentent maintenant de dégonfler la bulle du crédit, entreprise risquée puisqu’une grande partie de la croissance récente est nourrie par la dette.</p>
<p style="text-align:justify;">Le ralentissement en Chine augmente la pression sur les autres économies. À la suite de la crise, elle a contribué à la poursuite du « supercycle », qui entraînait des prix extraordinairement élevés sur les marchés mondiaux. Ces dernières années, des pays comme le Brésil ont réorienté leurs économies pour alimenter la croissance chinoise avec des matières premières. La fin de ce supercycle atteint désormais les exportateurs de produits de base.</p>
<h2 style="text-align:justify;">Fragilité</h2>
<p style="text-align:justify;">Le deuxième facteur que j&rsquo;ai identifié, la fragilité financière, garantit que chaque nouvelle vague de panique se transmet à l&rsquo;échelle mondiale et s&rsquo;amplifie. Par exemple, il y a eu une forte chute des marchés boursiers au début 2016 suite à la décision de décembre 2015 d&rsquo;augmenter les taux d&rsquo;intérêt américains. Au printemps 2016, les actions des banques européennes ont plongé, car elles étaient prises entre l&rsquo;impact de taux d&rsquo;intérêt négatifs et l&rsquo;incertitude quant à la qualité des prêts qu&rsquo;elles détenaient. Lorsque Trump a été élu, les prix des actions ont décollé, mais on parle maintenant d&rsquo;un « Trump slump » (« creux Trump ») à l&rsquo;heure où les investisseurs se rendent compte qu&rsquo;il ne peut pas garantir la croissance qu&rsquo;il avait promise.</p>
<p style="text-align:justify;">Non seulement il y a une instabilité financière, mais cela affecte certaines des institutions au cœur du capitalisme : les banques. Comme l&rsquo;écrit Martin Wolf : « Les banques&#8230; restent le maillon faible de la chaîne, fragiles elles-mêmes et capables de générer de la fragilité autour d&rsquo;elles »<a href="#_ftn5" name="_ftnref5">[5]</a>.</p>
<p style="text-align:justify;">Le système financier a grossi au cours des 30 dernières années, précisément en raison du manque de débouchés rentables pour les secteurs de l&rsquo;économie qui créent des biens et des services. A la place, les investissements se sont déversés dans le monde de la finance. Cela a conduit à une croissance des chaînes de crédit et de dettes dans l&rsquo;ensemble du système capitaliste.</p>
<p style="text-align:justify;">Alors que de nombreux Keynesiens se sont réjouis de la possibilité de brider la finance à la suite de la crise, cela ne s&rsquo;est pas du tout passé ainsi. À l&rsquo;échelle mondiale, la dette est passée d&rsquo;environ 200 % du PIB en 2007 à environ 250 % aujourd&rsquo;hui. Depuis 2010, cette croissance a été concentrée dans les économies en développement.La dépendance du capitalisme à la dette n&rsquo;a pas disparu; elle s&rsquo;est répandue.</p>
<p><img data-dominant-color="dce1ea" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #dce1ea;" loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-771 not-transparent" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2017/09/graf-crise-3.jpg" alt="graf crise 3" width="2000" height="1500" /></p>
<h2><img data-dominant-color="e9e5e0" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #e9e5e0;" loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-773 not-transparent" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2017/09/graf-crise-4.jpg" alt="graf crise 4" width="2000" height="1500" />Incertitude</h2>
<p style="text-align:justify;">Ensuite, il y a le troisième aspect de la crise en cours, l&rsquo;incertitude de la reprise. Un certain nombre d&rsquo;interventions de l&rsquo;État ont aidé à soutenir l&rsquo;économie à la suite de la récession. Il ne s&rsquo;agissait pas simplement, ni même principalement, d&rsquo;interventions directes pour renflouer les entreprises en difficulté. Il y a eu également des mesures prises par les banques centrales. Par exemple, de nombreuses banques centrales ont pratiqué l&rsquo;assouplissement quantitatif, en créant de l&rsquo;argent et en l&rsquo;utilisant pour acheter des obligations auprès des banques pour tenter de stimuler le crédit. Les taux d&rsquo;intérêt ont également été ramenés à des niveaux très bas, voire négatifs.</p>
<p><img data-dominant-color="e5e5e5" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #e5e5e5;" loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-776 not-transparent" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2017/09/graf-crise-5.jpg" alt="graf crise 5" width="2000" height="1500" /></p>
<p style="text-align:justify;">Ces mesures visaient à assurer un flux de crédit aux entreprises, et à stimuler la production. Mais, dans des conditions de rentabilité modérée, cela n&rsquo;a pas réussi. L&rsquo;accumulation rapide ne se produit que dans des conditions dans lesquelles les investisseurs pensent que la production amènera un profit. Au lieu de cela, l&rsquo;argent était épargné par les banques ou bien canalisé vers des investissements financiers, souvent à haut rendement et risqués et souvent dans les pays en développement.</p>
<p style="text-align:justify;">A mesure que les États-Unis mettent fin à l&rsquo;assouplissement quantitatif et commencent à augmenter les taux d&rsquo;intérêt, ces flux partent en sens inverse.Même la Chine, qui depuis de nombreuses années a attiré des capitaux, a connu d&rsquo;importantes sorties financières. Si les États-Unis continuent d&rsquo;augmenter les taux d&rsquo;intérêt pendant l&rsquo;été, nous devrions avoir plus de secousses à l&rsquo;échelle mondiale. Le dilemme de savoir quand et comment inverser les mesures financières qui ont apporté un soutien vital au système capitaliste est présent dans tout le noyau du système capitaliste.</p>
<h2 style="text-align:justify;">Crise et rentabilité</h2>
<p style="text-align:justify;">Comme noté ci-dessus, le problème fondamental pour le système mondial est la longue stagnation des taux de profit, qui signifie de fait un ralentissement du taux d&rsquo;expansion du système. Si, comme le dit Marx, la baisse trouve ses racines dans la croissance d&rsquo;une masse d&rsquo;investissement et de dette, qui pèse sur les secteurs rentables de l&rsquo;économie, la solution ultime doit être un processus de destruction et de dévaluation des investissements, ainsi que le désendettement. C&rsquo;est ce qui est supposé se produire dans une crise.</p>
<p style="text-align:justify;">Cependant, dans un monde dominé par des entreprises géantes, possédant des liens étroits avec l&rsquo;Etat et le système financier, c&rsquo;est une tâche très difficile. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;économie mondiale est dominée par d&rsquo;immenses unité de capital, dont l&rsquo;effondrement de l&rsquo;une ou l&rsquo;autre menace la stabilité du système dans son ensemble. Les « entreprises zombies » ont pu survivre au-delà de leur vie naturelle grâce à des taux d&rsquo;intérêt bas. C&rsquo;est la raison pour laquelle nous avons vu une longue période de stagnation relative. Cela explique aussi pourquoi la productivité et l&rsquo;investissement ont été si peu dynamiques.</p>
<p><img data-dominant-color="f6f6f6" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #f6f6f6;" loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-779 not-transparent" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2017/09/graf-crise-6.jpg" alt="graf crise 6" width="912" height="726" /></p>
<p style="text-align:justify;">Les défauts et les faillites d&rsquo;entreprises ont atteint un maximum dans les années de crise, 2008-2010. Mais dans les années qui ont suivi, le nombre d&rsquo;entreprises qui ont fait faillite est revenu à des niveaux proches de ceux d&rsquo;avant la crise. La « purge » du capitalisme non rentable n&rsquo;est jamais venu.</p>
<p style="text-align:justify;">Chose intéressante, alors que le mécanisme de « perfusion » étatique est en train d’être retiré, les défauts d&rsquo;entreprise ont augmenté — et ont atteint le niveau le plus haut depuis 2009.</p>
<p style="text-align:justify;"><img data-dominant-color="efeeee" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #efeeee;" loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-781 not-transparent" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2017/09/graf-crise-7.jpg" alt="graf crise 7" width="2000" height="1500" /></p>
<p style="text-align:justify;">Cela indique qu&rsquo;il est possible qu&rsquo;un nouveau ralentissement survienne. Si cela arrive, et personne ne peut en être sûr, ce sera à un moment où beaucoup de mesures visant à protéger l&rsquo;économie auront été épuisées. Cela ne signifie pas la fin du capitalisme, mais cela entraînera d&rsquo;énormes difficultés et de douleurs — ainsi que des fissures et des tensions au sommet de la société. S&rsquo;il n&rsquo;y a pas de ralentissement, il y aura des niveaux de croissance continuellement bas avec des paniques financières à répétition.</p>
<p style="text-align:justify;">Dans ce contexte, nous devons alimenter les forces de gauche qui veulent défendre les conditions de vie de la classe ouvrière et les services publics dont nous dépendons. Et au cœur de ces luttes, nous devons construire une politique qui défende l&rsquo;idée que le capitalisme a échoué, qu’il continuera à échouer, et qu&rsquo;il doit être confronté et renversé.</p>
<p><em><strong>Joseph Choonara</strong>, Mai 2017 (Traduction : Sylvestre Jaffard)</em></p>
<p style="text-align:justify;"><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a><a href="https://www.imf.org/~/media/Files/Publications/WEO/2017/April/French/pdf/textf.ashx">https://www.imf.org/~/media/Files/Publications/WEO/2017/April/French/pdf/textf.ashx</a></p>
<p style="text-align:justify;"><a href="#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a><a href="https://socialistreview.org.uk/347/crisis-over-or-just-beginning">https://socialistreview.org.uk/347/crisis-over-or-just-beginning</a></p>
<p style="text-align:justify;"><a href="#_ftnref3" name="_ftn3">[3]</a><a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-III/index.htm">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-III/index.htm</a></p>
<p style="text-align:justify;"><a href="#_ftnref4" name="_ftn4">[4]</a><a href="https://www.ft.com/content/564c7490-bb8d-11e5-b151-8e15c9a029fb">https://www.ft.com/content/564c7490-bb8d-11e5-b151-8e15c9a029fb</a></p>
<p style="text-align:justify;"><a href="#_ftnref5" name="_ftn5">[5]</a><a href="https://www.ft.com/content/a97efd1e-d34c-11e5-829b-8564e7528e54">https://www.ft.com/content/a97efd1e-d34c-11e5-829b-8564e7528e54</a></p>
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		<title>De quoi la crise est elle le nom?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/de-quoi-la-crise-est-elle-le-nom/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jun 2017 18:52:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Économie politique]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Economie politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">I/ Notions d&#8217;économie Le capitalisme est un système économique qui repose sur l&#8217;accumulation de profit dans le seul but de faire du profit. Pour cela, il fonctionne sur la base d&#8217;une double division&#160;: une séparation <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/de-quoi-la-crise-est-elle-le-nom/" title="De quoi la crise est elle le nom?">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><strong><u>I/ Notions d&rsquo;économie</u></strong></p>
<p style="text-align:justify;">Le capitalisme est un système économique qui repose sur l&rsquo;accumulation de profit dans le seul but de faire du profit. Pour cela, il fonctionne sur la base d&rsquo;une double division&nbsp;: une séparation entre unité de production (entreprise), séparation justifiant la concurrence entre capitaliste, et une séparation au sein même des unités de production entre les propriétaires des moyens de production (bourgeoisie) et ceux qui vendent leur force de travail (prolétariat). Ce qu&rsquo;on va voir dans cette partie, c&rsquo;est comment la première séparation entraînant la concurrence entre capitaliste est elle à l&rsquo;origine d&rsquo;un phénomène que Marx appelle «&nbsp;baisse tendancielle du taux de profit&nbsp;» entraînant des crise du système capitaliste.&nbsp; Pour cela, on va d&rsquo;abord définir cette notion de baisse tendancielle du taux de profit (A) pour ensuite voir en quoi cette baisse entraîne nécessairement des crises du système capitaliste (B).</p>
<p style="text-align:justify;"><strong><u>A) La définition de la notion de baisse tendancielle du taux de profit</u></strong></p>
<p style="text-align:justify;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Définir la baisse tendancielle du taux de profit nécessite de passer par plusieurs étapes. Tout d&rsquo;abord, le taux de profit se définit par le rapport entre la plus-value et le capital total. Pour comprendre ces notions de plus-value et de capital total (càd le capital constant et le capital variable), il faut revenir à la théorie de la valeur-travail. Vous voyez qu&rsquo;à partir d&rsquo;une notion économique en découle plusieurs qui sont chacune aussi incompréhensible les unes des autres pour quelqu&rsquo;un qui ne dispose d&rsquo;aucune base en économie. C&rsquo;est pour ça qu&rsquo;il faut commencer par définir chacune de ses notions l&rsquo;une après l&rsquo;autre.</p>
<p style="text-align:justify;">Concernant la théorie de la valeur-travail, Marx quantifie la valeur d&rsquo;un produit par le temps de travail socialement nécessaire accumulé dans celui-ci. Le travail crée la valeur et la valeur n&rsquo;est que du travail matérialisé. C&rsquo;est cette relation entre la valeur du produit et le travail nécessaire à la réalisation de ce produit qui constitue la théorie de la valeur-travail. Ce que Marx entend par «&nbsp;socialement nécessaire&nbsp;», c&rsquo;est la quantité de travail nécessaire&nbsp;en moyenne pour produire cette marchandise, pour un&nbsp;niveau donné de développement des forces productives. «&nbsp;<em>Le temps socialement nécessaire à la production des marchandises est celui qu’exige tout travail, exécuté avec le degré moyen d’habileté et d’intensité et dans des conditions qui, par rapport au milieu social donné, sont normales&nbsp;» (K. Marx, </em><u>Le Capital</u><em>). </em>Ainsi, si une voiture coûte plus cher sur le marché qu&rsquo;un vélo car la voiture représente une quantité plus importante de travail que le vélo, une voiture construite en 2 ans en Europe aura la même valeur marchande qu&rsquo;une même voiture construite en 2 semaines en Europe. La raison est que ces 2 voitures requiert toutes les 2 le même temps de travail défini par un niveau technologique et une même organisation du travail. C&rsquo;est cela que Marx désigne par «&nbsp;socialement nécessaire&nbsp;»&nbsp;: l&rsquo;organisation du travail sous une forme sociale déterminée. Ainsi, le progrès matériel et technique modifie sans cesse la valeur d&rsquo;échange des biens.</p>
<p style="text-align:justify;">Concernant la plus-value, cette notion est à l&rsquo;origine de l&rsquo;exploitation. Sous le capitalisme, tous produits prennent la forme de marchandise&nbsp;: ils sont tous destinés à être vendus sur un marché. Le salarié est aussi une marchandise&nbsp;: il se vend sur le marché du travail contre un prix, le salaire. Cependant, sa particularité est qu&rsquo;il est le seul à pouvoir donner de la valeur à toutes les autres marchandises par leur travail. C&rsquo;est ce qu&rsquo;on a vu avec la théorie de la valeur-travail. La richesse créée par le travail du salarié est redistribué en 2 parties&nbsp;: une part est reversée au salariée sous la forme du salaire et une autre part est reversée au patron sous la forme de plus-value. La plus-value est à l&rsquo;origine du phénomène d&rsquo;exploitation car c&rsquo;est le travail qui est la source de valeur et que cette valeur est détenue par les travailleurs dans une forme sociale de production particulière qui est le capitalisme. Or, la plus-value est une partie de la richesse crée par le travail du salarié. Dans l&rsquo;histoire du capitalisme, une lutte existe entre les travailleurs pour garder un maximum de la valeur qu&rsquo;ils ont crée et les capitalistes qui cherchent à élargir leur plus-value. A partir de la plus-value et du salaire, on peut mesurer le taux de plus-value ou taux d&rsquo;exploitation.</p>
<p style="text-align:justify;">Concernant le taux de profit, ce taux est ce que recherchent les capitalistes, davantage que le taux d&rsquo;exploitation qui peut être vu comme un moyen d&rsquo;obtenir un taux de profit intéressant. Ce taux de profit représente la mesure du retour sur investissement total. Le capitaliste cherche ainsi à gagner de l&rsquo;argent après avoir investi dans ce que Marx appelle le capital variable (coût de la main d’œuvre) et le capital constant (moyens de productions). A l&rsquo;aide des définitions précédentes, le taux de profit est définissable comme le rapport entre la plus-value et le capital total (capital variable + capital constant). Pour résumer ce taux de profit, c&rsquo;est le rapport entre la part de travail volé par le capitaliste aux salariés et l&rsquo;investissement total du capitaliste. Pour illustrer ces notions, je vais reprendre un exemple donné par Alex Callinicos (philosophe membre du SWP) dans son livre <u>Les idées révolutionnaires de Karl Marx</u>. Un patron part avec un capital de 100&nbsp;000&nbsp;€. Il emploie 100 travailleurs avec un salaire de 1&nbsp;000&nbsp;€ par mois. Son coût salarial (ou capital variable) est alors de 100&nbsp;000&nbsp;€ par mois. Si le taux de plus value est de 100&nbsp;% (sur la journée de travail de 8 heures, quatre sont données au salarié et quatre sont prises par le patron), la plus-value produite sera également de 100&nbsp;000&nbsp;€. Les travailleurs ont simplement produit 200&nbsp;000&nbsp;€ de richesses, 100&nbsp;000&nbsp;€ leurs reviennent et 100&nbsp;000&nbsp;€ vont au patron.</p>
<p style="text-align:justify;">Le profit du capitaliste est alors de 100&nbsp;000&nbsp;€ (la plus-value) et son capital à la fin du cycle est de 200&nbsp;000&nbsp;€ (on ajoute les 100&nbsp;000&nbsp;€ de départ). En partant avec 100&nbsp;000&nbsp;€ de capital, le patron finit avec 200&nbsp;000&nbsp;€ à la fin du mois. Mais si le capitaliste doit aussi payer des machines, disons pour 50&nbsp;000&nbsp;€ (son capital constant), le capital investi total est alors de 150&nbsp;000&nbsp;€ (100&nbsp;000&nbsp;€ de salaires et 50&nbsp;000&nbsp;€ de machines). Ainsi le taux de profit se résume à 100&nbsp;000/150&nbsp;000, soit 66&nbsp;%. Maintenant qu&rsquo;on a étudié ces notions économiques nous permettant de comprendre ce qu&rsquo;est le taux de profit, nous pouvons étudier qu&rsquo;est-ce qui fait que ce taux baisse. Ce qui est à l&rsquo;origine de la baisse du taux de profit, c&rsquo;est la division du capitalisme en plusieurs unité de production conduisant à une concurrence entre les capitalistes. C&rsquo;est cette concurrence qui est la cause de la baisse du taux de profit par un mécanisme que nous allons étudier. Le but du capitalisme est de réaliser le maximum de profit. Afin de battre le concurrent, le capitaliste innove et investit dans du capital constant (les machines, moyens de production). Or nous avons vu précédemment que ce qui crée de la richesse, c&rsquo;est le capital variable (coût de la main d’œuvre c&rsquo;est à dire les salariés, seuls créateurs de richesse par leur travail). De par ces investissements dans le capital constant, ce dernier croît plus vite que le capital variable. Ainsi la concurrence modifie de manière permanente la composition organique du capital (le rapport entre capital constant et capital variable) au profit du capital constant. Ceci amène à une baisse de la valeur (qui est issu du travail et donc liée au capital variable) par rapport à l&rsquo;investissement. Le capital constant croît plus vite que la plus-value ce qui conduit à une baisse à l&rsquo;échelle du système du taux de profit. C&rsquo;est ainsi que Chris Harman conclue que ce qui est bon pour le capitaliste individuel est mauvais pour le système capitaliste dans son ensemble. Prenons un exemple, en trois temps&nbsp;:</p>
<ul style="text-align:justify;">
<li>En 2000, un patron qui fabrique des stylos achète dix machines pour 100&nbsp;000&nbsp;€. À côté, il paye dix ouvriers 10&nbsp;000&nbsp;€ chacun pour un an, soit 100&nbsp;000&nbsp;€ de salaires. La production est de 300&nbsp;000 stylos dont le prix unitaire est de 1&nbsp;€, la plus-value est alors de 100&nbsp;000&nbsp;€ (le bénéfice des marchandises moins le coût de production). La composition organique du capital est de 1/1 (100&nbsp;000/100&nbsp;000) avec un taux de profit de 50% (100&nbsp;000/200&nbsp;000).</li>
<li>En 2010 un fournisseur lui propose des machines à 15&nbsp;000&nbsp;€ qui permettent de produire deux fois plus de stylos, toujours avec un ouvrier par machine. Le patron est très intéressé. Il fait ses calculs et opte pour cette solution avec 150&nbsp;000&nbsp;€ de machines, mais seulement 100&nbsp;000&nbsp;€ de salaires avec 10 ouvriers et une production de 600&nbsp;000&nbsp;€. Le taux de profit est de 140&nbsp;% (350&nbsp;000/250&nbsp;000).</li>
<li>Toutefois, en 2011 tous les concurrents ont adopté ces machines. Le prix des stylos décroît. Les machines gardent un coup de 150&nbsp;000&nbsp;€, les salaires restent de 100&nbsp;000&nbsp;€ et la production de 600&nbsp;000 stylos se maintient mais avec une valeur de 0,58 centimes l’unité (350&nbsp;000&nbsp;€). La plus-value n’est plus que de 100&nbsp;000&nbsp;€, donc le taux de profit de 40&nbsp;% (100&nbsp;000/250&nbsp;000). Cette baisse du taux de profit est directement lié à la hausse de la composition organique du capital (1/1 en 2000 et 1,5/1 en 2011).</li>
</ul>
<p style="text-align:justify;">Pourtant, le choix du premier capitaliste qui utilise cette composition organique<br />
du capital est rationnel, comme l’est celui de ses concurrents qui s’alignent sur lui. Ainsi Marx à pu dire&nbsp;: «&nbsp;<em>La véritable barrière à la production capitaliste, c’est le capital lui même</em>&nbsp;».</p>
<p style="text-align:justify;">Maintenant que nous maîtrisons la notion de baisse tendancielle du taux de profit, nous pouvons étudier en quoi ce phénomène entraîne un crise du système capitaliste.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong><u>B) Les conséquences de la baisse tendancielle du taux de profit&nbsp;: la crise</u></strong></p>
<p style="text-align:justify;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La baisse du taux de profit accentue la concurrence entre les capitalistes qui désirent tous augmenter leurs profit. Or nous avons vu que ces cette concurrence qui conduit à la baisse du taux de profit. C&rsquo;est donc un peu le serpent qui se mange la queue&nbsp;: en voulant restaurer leurs taux de profit, les capitalistes accentuent la concurrence ce qui tend à baisser leurs taux de profit. Une partie du capital est alors investi différemment vers des activités spéculatives, hasardeuses et moins rentables. Les capitalistes ne veulent plus investir en raison de la faiblesse des taux de profit. Les banques cherchent à développer le crédit pour soutenir leurs principaux clients afin qu&rsquo;ils réinvestissent. Mais les entreprises se retrouvent fragilisées face à tout ajustement rapide des profits et des prix. L&rsquo;effet cumulatif à la baisse des taux de profit est celui de la surproduction (lorsque le capitalisme produit plus de marchandises qu&rsquo;il n&rsquo;y a de pouvoir d&rsquo;achat disponible pour les acheter aux prix de production, prix qui rapporte aux propriétaires de ces marchandises le profit moyen escompté). Dans les principaux département de l&rsquo;économie (biens de production et bien de consommation), les marchandises produites ne peuvent plus être vendues suivant un taux de profit nécessaire pour maintenir celui qui existait lors de leur production. Dès lors que les marchandises ne se vendent plus, la production recule et les effets de la crise se font sentir&nbsp;: réduction de l&#8217;emploi, des revenus, des investissements, de la production&#8230; Le surinvestissement provoque une suraccumulation de capitaux qui à son tour provoque un sous investissement et une surproduction. Le cœur de ce schéma est bien la baisse tendancielle du taux de profit qui est la conséquence de la propriété privée des moyens de production et de leur concurrence acharnée au nom de la loi du profit.</p>
<p style="text-align:justify;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Comment, si le capitalisme et la concurrence que ce système induit produit nécessairement des crises, se fait il que ce système ne se soit pas déjà écroulé&nbsp;? Chris Harman explique que la résolution des crises se sont faites par le cannibalisme&nbsp;: les entreprises survivantes dévorent les autres à des prix très faibles. Ces entreprises peuvent alors augmenter leur production en utilisant un matériel performant sans avoir à en payer le prix. Ceci empêche alors que l&rsquo;investissement dans les moyens de productions ne croissent beaucoup plus vite que la force de travail employée. Ceci contrecarre sur le moment la baisse du taux de profit. Ainsi s’opère une concentration plus grande du capital. Ceci entraîne une aggravation des crises les unes par rapport aux précédentes. En effet, après une crise, nous venons de voir comment les entreprises survivantes grossissent. Elles deviennent alors plus importantes dans le système de production. Du fait e l&rsquo;interdépendance des capitaux entre eux, leur faillite provoquerait une réaction en chaîne. C&rsquo;est le «&nbsp;too big to fail&nbsp;». C&rsquo;est un peu ce qui a changé entre la crise des années 20-30 et celle de 2007. Entre temps, les banques menacées de faillite étaient beaucoup plus grosses et leurs faillite auraient eu de plus lourdes conséquences en 2007 que dans les années 30 ce qui a poussé les Etats à agir très rapidement.</p>
<p style="text-align:justify;">Maintenant que nous maîtrisons les notions économiques de la baisse tendancielle du taux de profit et des crises économiques, nous pouvons (enfin) nous atteler à la crise économique de 2007.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong><u>II/ La crise de 2007&nbsp;: une crise d&rsquo;ampleur internationale</u></strong></p>
<p style="text-align:justify;">La crise de 2007 a suscité beaucoup de commentaire. Elle fut surtout beaucoup comparée à la crise de 1929. Il est intéressant d&rsquo;étudier «&nbsp;l&rsquo;histoire&nbsp;» de la crise (comment elle s&rsquo;est déroulée) (A) pour comprendre où on en est (B).</p>
<p style="text-align:justify;"><strong><u>A) Une longue baisse du taux de profit vers une crise brutale en 2007</u></strong></p>
<p style="text-align:justify;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il est habituel de dater la crise économique à 2007. La vision la plus répandue dans la population est que tout d&rsquo;un coup, une bulle spéculative reposant sur les prêts immobiliers aux Etats-Unis a explosée et a balayé des banques très importantes derrière elle ce qui a nécessité l&rsquo;intervention de l&rsquo;Etat. Il est plus intéressant d&rsquo;étudier à long terme les évolution du taux de profit depuis la fin de la crise des années 20-30 jusqu&rsquo;à la crise de 2007, c&rsquo;est à dire d&rsquo;étudier l&rsquo;évolution du taux de profit pendant un cycle entre 2 crises. Or, Chris Harman et d&rsquo;autres économistes constatent tous une baisse du taux de profit entre la fin des années 40 où le taux de profit est très élevé et 2007 où il s&rsquo;est écroulé. On en déduit donc que l&rsquo;effondrement brutal du taux de profit en 2007 qui a marqué le début de la crise du système capitaliste ne fut pas soudain mais précédé de petites crises, une sorte de «&nbsp;calme&nbsp;» annonçant la tempête. En effet, si à la fin des années 40- début des années 50 le taux de profit est très élevé suite à la 2nde Guerre Mondiale, la fin des 30 Glorieuses annonce une baisse plus ou moins rapide et hachée jusque dans les années 70. Puis les années 80-90 marquent l’avènement du néo-libéralisme. Avec cet avènement vient une augmentation du taux d&rsquo;exploitation avec la casse du temps de travail. Cette augmentation du taux d&rsquo;exploitation provoque une remontée du taux de profit mais pas au niveau du pic des années 50-60. Les années 90-2000 voient le taux de profit baisser de nouveau le taux de profit. Le système se fragilise&nbsp;: des crises se réalisent à répétition. On peut déceler dans ces années les premiers prémisses annonçant une crise de l&rsquo;envergure de celle de 2007. C&rsquo;est en effet en 2007 que les taux de profits s&rsquo;effondreront et que l&rsquo;on verra apparaître la crise du système capitaliste. Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il s&rsquo;est alors passé&nbsp;?</p>
<p style="text-align:justify;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La crise a d&rsquo;abord été perçue comme une crise financière. La spéculation fut alors accusée car la crise a éclaté dans le domaine des prêts immobiliers où un haut degré de spéculation avait pris place. Qu&rsquo;est-ce que la spéculation&nbsp;? Comment cela aurait pu produire une crise d&rsquo;une telle envergure&nbsp;? La spéculation consiste à faire croire qu&rsquo;il existe beaucoup plus de richesse dans le système qu&rsquo;il n&rsquo;y en a dans la réalité&nbsp;: on vend les actions d&rsquo;une entreprise plus chère que ce qu&rsquo;elles valent au moment de la vente en anticipant une hausse de la valeur. Or cette valeure importante n&rsquo;est que fictive. En cas de vente massive d&rsquo;un produit spéculatif, sa valeur s&rsquo;effondre ce qui fait disparaître les milliards de dollar qui semblaient là. Cela veut dire qu&rsquo;une baisse effective du taux de profit peut être masquée temporairement par un envol des valeurs spéculatives par un gonflement artificiel de la valeurs des produits spéculatifs. Dans le cas de la crise de 2007, le phénomène de l&rsquo;endettement s&rsquo;était répandu aux Etats-Unis. Les ménages consommaient grâce aux emprunts. Les entreprises empruntaient aussi beaucoup auprès des banques. Celles-ci ont prêté à des ménages qui en temps normal n&rsquo;étaient pas fiable (emploi précaire, non paiement des dettes précédentes&#8230;) en se basant sur la possibilité de se faire rembourser en vendant leur maison. Au moment des prêts, la valeur de l&rsquo;immobilier avait explosé. Mais lorsque la valeur de l&rsquo;immobilier s&rsquo;effondra, les banques qui avaient prêté perdirent beaucoup d&rsquo;argent et firent faillite. Or ces banques n&rsquo;étaient pas comme dans les années 20-30 des petites et moyennes banques mais des grosses banques ce qui provoqua une réaction en chaîne (Lehman Brother était la 4è plus grande banque d&rsquo;investissement). C&rsquo;est ce qui provoqua la crise.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong><u>B) Les conséquences de la crise</u></strong></p>
<p style="text-align:justify;">La faillite de gros édifices bancaire comme Lehman Brother n&rsquo;est évidemment pas restée sans conséquence pour l&rsquo;économie mondiale. Car contrairement aux années 20, les banques touchées étaient de très grosse banque dont le terrain de jeu était beaucoup lus étendu que dans les années 20. Les difficultés ont donc entraîné une panne de crédit. Or, nous avons évoqué précédemment que la consommation aux États-Unis reposaient essentiellement sur les emprunts auprès des banques. Ainsi, si les faillites bancaires s&rsquo;étaient répandue, l&rsquo;économie mondiale se serait probablement effondrée avec. C&rsquo;est pour cela que les États se sont décidés à intervenir&nbsp;: pour stopper l’hémorragie. A la différence des années 30, les États sont beaucoup plus rapidement intervenu. Cependant, à la différence des années 30, l&rsquo;échelle élevée sur laquelle opéraient les plus grandes firmes financières et industrielles (ce qui n&rsquo;était pas le cas dans les années 30) a rendu l&rsquo;action nécessaire considérablement plus élevée que dans les années 30. Cependant les États se sont portés garants. Ceci a eu des conséquences sur les politiques mises en place. Ce transfert des risques financiers privés vers les États a entraîné une tendance générale aux plans d&rsquo;austérité. Deux axes de ces politiques se dégagent&nbsp;: l&rsquo;abaissement du coût de la main d’œuvre et des dépenses publiques. C&rsquo;est donc à ce niveau là que l&rsquo;on se situe aujourd&rsquo;hui&nbsp;: le problème a été déplacé des banques vers l’État ce qui entraîne des plans d&rsquo;austérité. Certains pensent qu&rsquo;il suffirait de réformer le système financier et qu&rsquo;un rapport de force différent entre les classes ou un rôle accru de l&rsquo;Etat permettrait de retrouver une stabilité. Cependant, l&rsquo;enseignement de la théorie de la baisse tendancielle du taux de profit nous apporte que c&rsquo;est la nature même du capitalisme qui pose problème&nbsp;: l&rsquo;accumulation pour l&rsquo;accumulation, la concurrence entre unité de production&#8230; La domination du travail vivant (salarié) par le travail mort (moyens de production), la mise des besoins de l&rsquo;accumulation au dessus des besoins de la consommation rendent de plus en plus le monde prisonnier du besoin d&rsquo;accumulation future en accumulant toujours plus de travail mort. Les moyens employés pour résoudre les crises mènent à la concentration plus forte du capital entre quelques mains, à la fusion plus grande entre Etats et Capital et rendent plus difficile les restructurations nécessitées par la crise suivante. La baisse tendancielle du taux de profit est la traduction concrète du caractère fondamentalement déséquilibré du capitalisme. Ce déséquilibre ne peut s&rsquo;arrêter que dans une société où la production se fait pour satisfaire des besoins humains et non pour accumuler toujours plus.</p>
<p><em>AH, le 10 juin 2017</em></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/economie-politique/de-quoi-la-crise-est-elle-le-nom/">De quoi la crise est elle le nom?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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