<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des Prison - A2C - Autonomie de classe</title>
	<atom:link href="https://www.autonomiedeclasse.org/tag/prison/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.autonomiedeclasse.org/tag/prison/</link>
	<description>Pour l&#039;autonomie de classe !</description>
	<lastBuildDate>Tue, 22 Oct 2024 21:42:53 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.4</generator>

<image>
	<url>https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/11/cropped-A2C_icon2-1-150x150.png</url>
	<title>Archives des Prison - A2C - Autonomie de classe</title>
	<link>https://www.autonomiedeclasse.org/tag/prison/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Système pénal, un débat féministe (2/2)</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/systeme-penal-un-debat-feministe-2-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Nov 2022 23:01:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Prison]]></category>
		<category><![CDATA[Répression]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=6320</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Comme nous l’avons déjà abordé dans la première partie de cet article, la prison, ainsi que le système judiciaire et pénal, ne servent pas les intérêts de notre classe. Le système pénal a été créé <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/systeme-penal-un-debat-feministe-2-2/" title="Système pénal, un débat féministe (2/2)">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/systeme-penal-un-debat-feministe-2-2/">Système pénal, un débat féministe (2/2)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">Comme nous l’avons déjà abordé <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/la-prison-tue-notre-classe-tuons-la-prison-1-2/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">dans la première partie de cet article</a>, la prison, ainsi que le système judiciaire et pénal, ne servent pas les intérêts de notre classe. Le système pénal a été créé par la bourgeoisie comme instrument de garantie du droit à la propriété privée. Ce système nourrit idéologiquement la peur existante parmi les plus aisé·es, et exerce un contrôle social sur les populations moins favorisées avec le but de neutraliser toutes possibilités de révolte et d’organisation révolutionnaire parmi celles et ceux les plus exploité·es. Selon le juriste marxiste russe Evgueny Pachoukanis<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6320_2('footnote_plugin_reference_6320_2_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_6320_2('footnote_plugin_reference_6320_2_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6320_2_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6320_2_1" class="footnote_tooltip">Teoria geral do direito e marxismo, Evguiéni B. Pachukanis, ed. Boitempo, 2017.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6320_2_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6320_2_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> (qui a été exécuté pendant la période stalinienne), le droit fait partie de la superstructure qui organise le mode de production capitaliste. Le droit comme on le connaît aujourd’hui est un garant des intérêts de l’ordre de l’État capitaliste.&nbsp;</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C <strong>&nbsp;#05 – NOVEMBRE 2022</strong></h6>



<p>Les théories de la peine sur lesquelles repose le droit pénal, ou droit de punir, attribuent trois fonctions aux peines :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>La dissuasion : « Les peines dissuadent les individus de commettre des infractions ou d’en commettre des nouvelles » ;&nbsp;</li>



<li>La rétribution : « Les infractions « méritent » d’être punies » ;&nbsp;</li>



<li>La réhabilitation : « Les peines permettent aux personnes condamnées de s’amender ».&nbsp;</li>
</ol>



<p>Ce sont les objectifs auxquels le procès pénal est censé répondre pour toutes sortes de délits, infractions ou crimes. La champ d’étude qui cherche à faire une analyse critique de l’impact du système pénal dans la société est la criminologie critique. Elle s’est développée à partir de la fin des années 1960 aux États-Unis et en Europe. Cette appellation, très large, désigne en fait diverses approches, dont la criminologie féministe, la criminologie queer, les courants marxistes de la criminologie, ou encore la zémiologie<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6320_2('footnote_plugin_reference_6320_2_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_6320_2('footnote_plugin_reference_6320_2_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6320_2_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6320_2_2" class="footnote_tooltip">Zémiologie : repose sur une critique du « crime » en tant qu’objet de la criminologie. Elle étudie toutes les formes de « nuisances sociales », comme le suggère son nom : zemia signifie « préjudice », « dommage » en grèc ancien.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6320_2_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6320_2_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Ces courants partagent une aspiration à plus de justice sociale et s’appuient sur la critique de la catégorie de « crime », qui est mise en perspective avec différents types de rapports de domination. La criminologie critique a beaucoup contribué à l’analyse du rôle du capitalisme et des politiques néolibérales dans le développement du système pénal.&nbsp;</p>



<p>Mais est-ce que le système de justice peut servir à défendre les intérêts des femmes et des minorités de genre victimes de violences ? « Et les violeurs, qu’est-ce qu’on fait des violeurs ? » – On nous le demande souvent lorsque nous essayons de mettre en lumière les contradictions et les limites du système judiciaire et pénal. Cette question, qui peut être posée de manière bienveillante et naïve (ou pas), fréquemment posée par des hommes cis (mais pas que), démontre une méconnaissance gigantesque de ce qu’est la réalité du viol pour la grande majorité des victimes.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les violeurs sont parmi nous&nbsp;</strong></h2>



<p>La société de manière générale et malheureusement aussi notre camp de gauche, portent encore une idée très caricaturale à propos du viol. Ce serait un acte commis par un homme abominable qui se cache dans l’obscurité de la nuit, et qui saute de nulle part sur une femme sans défense qui va crier beaucoup pour démontrer qu’elle ne veut pas de ça et prouver sa place de bonne victime. On ne peut pas dire que ce type de situation n’arrive jamais. Les violences faites aux femmes, aux minorités de genre et aux enfants, arrivent dans des contextes les plus vastes. Mais cette caricature là ne représente pas la majorité des cas. Des recherches<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6320_2('footnote_plugin_reference_6320_2_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_6320_2('footnote_plugin_reference_6320_2_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6320_2_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6320_2_3" class="footnote_tooltip"><br />



<br />Étude nationale de la délégation aux victimes sur les morts violentes au sein du couple (2017) :<br />



<br />•&nbsp;Chaque année en France, 93 000 femmes déclarent avoir été victimes de viol ou tentative de viol. Dans 90 % des cas, la victime connaît son agresseur.<br />



<br />•&nbsp;Chaque année en France, 225 000 femmes sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles au sein du couple.<br />



<br />•&nbsp;En 2017, environ 1&nbsp;million de femmes ont été confrontées au moins une fois à une situation de harcèlement sexuel au travail ou dans les espaces publics.<br />



<br />•&nbsp;En 2017, 109&nbsp;femmes et 16&nbsp;hommes sont décédés, victimes de leurs partenaires ou ex-partenaires. Une femme meurt en moyenne tous les trois jours et un homme tous les 23&nbsp;jours.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6320_2_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6320_2_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>



<p> montrent que la grande majorité des personnes qui subissent un viol le subissent par quelqu’un·e qui iels connaissent, quelqu’un·e de proche, souvent très proche comme un parent, un oncle, un frère, un copain, un époux, un prof, un médecin, un prêtre, un ami, un… et pas seulement un<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6320_2('footnote_plugin_reference_6320_2_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_6320_2('footnote_plugin_reference_6320_2_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6320_2_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6320_2_4" class="footnote_tooltip">Des femmes aussi commettent des viols et d’autres types d’agressions sexuelles</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6320_2_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6320_2_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<p>Les mécanismes de domination mis en place par les violeurs ne sont pas seulement des armes ou même de la force. Quand on écoute les récits des personnes victimes, on peut percevoir plusieurs stratégies d’emprise comme de la violence psychologique, de la domination financière et patrimoniale, l’utilisation des positions de pouvoir et de pléthore de stratégies de manipulation. Les faits sont là pour démontrer que, la plupart du temps, les victimes gardent le silence par honte et/ou par peur que les auteurs de violences font porter sur elles. En supplément, il existe aussi une forme de complaisance de l’entourage et de toute une culture, un système, une structure très ancienne et très ancrée dans la société qui socialise de manière différente les hommes et les femmes (ainsi désigné·es à la naissance). Cette structure est connue sous le nom de patriarcat. Il existe des années de théorie féministe qui démontrent les différents mécanismes de domination patriarcale.</p>



<p>Les violeurs sont parmi nous. La majorité des femmes connaît quelqu’un·e qui a été violé·e ou sont elles-mêmes victimes d’un ou de plusieurs viols. Une partie des personnes violées sont parfois obligées de continuer à voir la personne qui les ont agressée car ces hommes<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6320_2('footnote_plugin_reference_6320_2_5');" onkeypress="footnote_moveToReference_6320_2('footnote_plugin_reference_6320_2_5');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6320_2_5" class="footnote_plugin_tooltip_text">5</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6320_2_5" class="footnote_tooltip">Des femmes aussi commettent des viols et d’autres types d’agressions sexuelles</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6320_2_5').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6320_2_5', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> font partie de leur vie. Comme nous l’avons déjà vu, ils sont à la maison, à l’école, au travail… Ils ne sont pas majoritairement en prison. Une partie importante des personnes victimes de ce type de violence ne portent pas plainte<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6320_2('footnote_plugin_reference_6320_2_6');" onkeypress="footnote_moveToReference_6320_2('footnote_plugin_reference_6320_2_6');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6320_2_6" class="footnote_plugin_tooltip_text">6</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6320_2_6" class="footnote_tooltip">Moins de 10 % des victimes de violences sexuelles et sexistes déposeraient plainte, selon l’enquête de victimisation « Cadre de vie et de sécurité », dite « CVS » sur la période 2009-2017.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6320_2_6').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6320_2_6', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> car elles n’ont pas confiance dans le système dit de justice ou parce qu’elles ont honte, ont peur, ne veulent pas que leur entourage soit au courant, ne veulent pas que leurs proches souffrent, ne veulent pas la double peine, ou parce qu’elles sont dépendantes économiquement de l’agresseur. Mais il peut y avoir pleins d’autres raisons.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’échec de la stratégie judiciaire : une&nbsp;justice de classe punitive et sourde aux besoins de la victime&nbsp;</strong></h2>



<p>Marlène Schiappa, secrétaire d’État et responsable du pôle « égalité hommes-femmes » de La République en marche, incite les femmes à dénoncer les violences, à aller dans un commissariat et à porter plainte. Cependant celles et ceux qui ont déjà été dans un commissariat pour porter plainte ou accompagner quelqu’un·e qui veut le faire savent que les démarches ne sont pas si simples. En 2021, le hashtag #DoublePeine a pris une énorme ampleur sur les réseaux sociaux accompagnant de nombreux témoignages des victimes de violences sexistes et sexuelles qui dénoncent le traitement subi au moment de leur dépôt de plainte.&nbsp;</p>



<p>Nous sommes obligées de dire à celleux qui nous demandent qu’est-ce qu’on fait des violeurs qu’ils sont sûrement vos potes, vos camarades, vos proches, vous-même. Et on doit se demander si la responsabilité sur ce qu’on fait d’eux doit être déléguée à l’État et à un système qui n’est pas là pour nous soutenir, ni pour nous rendre justice. Les personnes qui arrivent à accéder au système de justice ont souvent un récit de déception par rapport à la prise en charge de leurs besoins. Il ne faut pas oublier que le recours au pénal reste inaccessible à une grande partie de la société, des personnes qui ne sont pas reconnues en tant que citoyen·nes ou sujets de droit, soit du fait qu’iels n’ont pas de papiers ou pas assez d’argent, ou assez de capital culturel pour accéder au système juridique. Les pratiques très courantes de contrôles aux faciès nous démontrent qu’il existe des personnes déjà perçues par le système judiciaire (dont les flics font partie) comme « coupables » et/ou plus susceptibles de commettre des crimes, comme par exemple, des habitant·es d’une zone de trafic de stupéfiants et/ou racisé·es et des personnes roms ou issues des communautés tziganes.&nbsp;</p>



<p>En plus du fait qu’il soit très coûteux, ce système reste très encadré dans une logique de punition et de réparation financière. Il ne met pas en place un cadre d’écoute pour la compréhension des besoins des victimes, ni un cadre qui puisse favoriser la remise en question et le parcours de transformation des agresseurs. La prise en charge de toutes sortes de violences sexistes et sexuelles, dans un environnement accueillant et bienveillant, réalisé par des personnes bien formées et capables de mettre en place des protocoles de protection et de mise à distance des agresseurs, sans que la victime soit pénalisée, n’est pas à l’ordre du jour. La structure sociale et collective qui engendre ces violences n’est jamais mise en question ou même considérée dans un parcours pénal.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une stratégie inefficace dont le coût social est porté principalement par les femmes&nbsp;</strong></h2>



<p><em>« L’ampleur des violences faites aux femmes et l’insatisfaction des victimes (y compris lorsque le préjudice sexuel qu’elles ont subi a été traité pénalement) indiquent un échec de la stratégie judiciaire à laquelle recourt l’essentiel des mouvements féministes depuis maintenant plusieurs décennies. L’arme du droit n’apparaît pas la plus efficace pour affronter le patriarcat. Par ailleurs, le système pénal est un dispositif d’État, donc il est irréaliste d’en espérer une forme d’émancipation. »</em> <span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6320_2('footnote_plugin_reference_6320_2_7');" onkeypress="footnote_moveToReference_6320_2('footnote_plugin_reference_6320_2_7');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6320_2_7" class="footnote_plugin_tooltip_text">7</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6320_2_7" class="footnote_tooltip">Pour elles toutes &#8211; Femmes contre la prison, Gwenola Ricordeau, éd.&nbsp;Lux, 2019.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6320_2_7').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6320_2_7', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>



<p>Dans son livre <em>Pour elles toutes &#8211; Femmes contre la prison</em>, Gwenola Ricordeau, chercheuse et militante abolitionniste, se lance dans un travail profond de questionnement du système pénal et carcéral, par un biais féministe, en cherchant à démontrer comment ces systèmes ne servent pas à protéger les femmes victimes de violences, ni à changer la structure des systèmes qui créent ces rapports de domination et de violence. Elle démontre aussi que l’emprisonnement des personnes généralement&nbsp; pauvres a un impact social, psychique et financier accablant sur leurs proches et leurs familles. Car si la majorité des personnes incarcérées aujourd’hui en France sont des hommes, la solidarité envers eux reste majoritairement féminine. Ce sont des femmes de l’entourage qui s’occupent couramment des frais d’avocat et des procès, parfois au point de tomber dans la dette. Il est commun que l’ancien revenu de la personne incarcérée a été la seule ou la principale source de revenu de la famille. Les femmes aussi s’occupent de rendre visite aux prisonnier·es et de faire en sorte qu’iels puissent garder un lien avec le monde extérieur, avec leurs enfants et la famille. Ces personnes sont fréquemment privées du droit de visite de manière arbitraire, soumises à toute sorte de contrôle au moment où elles arrivent aux parloirs et sont responsables d’apporter un soutien financier et psychique à leur proche incarcéré.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quels sont les besoins de la victime ?&nbsp;</strong></h2>



<p>Pour réfléchir à une meilleure manière de faire face collectivement à des violences sexistes et sexuelles et à toute autre forme de violence et de préjudice, il est important de commencer par l’identification des besoins des victimes. Ruth Morris, penseuse et militante canadienne, une des pionnières dans le développement du concept de l’abolitionnisme pénal dans les années 1950, a réalisé plusieurs recherches sur le système judiciaire, pénal et carcéral, en se focalisant sur les victimes et leurs besoins. Sur ce sujet elle écrit dans <em>« Deux types de victimes : répondre à leurs besoins »</em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6320_2('footnote_plugin_reference_6320_2_8');" onkeypress="footnote_moveToReference_6320_2('footnote_plugin_reference_6320_2_8');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6320_2_8" class="footnote_plugin_tooltip_text">8</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6320_2_8" class="footnote_tooltip">Crimes &amp; Peines &#8211; Penser l’abolitionnisme pénal, Gwenola Ricordeau, éd.&nbsp;Grevis, 2021.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6320_2_8').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6320_2_8', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>,&nbsp; avoir été étonnée d’apprendre que la revanche ne faisait pas partie des besoins principaux ou le plus fréquent. Elle a énuméré les besoins les plus fréquemment repérés :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>Le besoin de réponses. Obtenir des réponses à un large éventail de questions, y compris la plus universelle : « Pourquoi moi ? » En effet, être victime implique d’avoir son espace envahi et une perte de contrôle. Obtenir des réponses peut aider à regagner une compréhension des choses et retrouver une sensation de contrôle et de sécurité.&nbsp;</li>



<li>Le besoin de reconnaissance du préjudice subi. Voir le préjudice subi reconnu comme une injustice importante, plutôt que comme quelque chose qu’iels auraient bien cherché ou quelque chose de banal que l’on pourrait prendre à la légère.</li>



<li>Le besoin de sécurité. Il n’y a que dans une communauté protectrice et bienveillante que l’on pourrait trouver une véritable sécurité, pourtant notre système actuel transforme les auteurs de délits en épouvantails. Les procédures de « justice » et des décisions arbitraires et aliénantes n’offrent de sécurité ni aux victimes ni aux auteurs.</li>



<li>Le besoin de réparation. La réparation vise à redonner à la victime le sentiment qu’elle appartient à une communauté qui se soucie d’elle. Il ne s’agit pas de rendre coup pour coup, mais de rétablir un lien et une sensation d’appartenance à une communauté qui se responsabilise.&nbsp;</li>



<li>Le besoin de trouver du sens. Dès que les victimes se rendent compte que leurs quatre premiers besoins ont été aussi satisfaits que possible, cela devient envisageable de commencer un parcours de reconstruction qui est assez personnel, mais qui a besoin du soutien collectif.&nbsp;</li>
</ol>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Abolitionnisme vs alternatives à la prison</strong></h2>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="b4b8b4" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #b4b8b4;" fetchpriority="high" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/11/A2C_RevueN5_Prisons_Illustr3.jpg" alt="" class="wp-image-6325 not-transparent" width="470" height="246"/></figure>
</div>


<p>L’abolitionnisme pénal défend l’élimination des prisons et du système pénal, en les remplaçant par des nouveaux modèles de justice qui n’ont pas la punition comme centre. C’est aussi un positionnement contre les industries de la surveillance, de l’armement et de l’incarcération, qui essaient de se présenter comme des solutions pour des problèmes politiques et sociaux qui n’ont rien à voir avec ce qu’on appelle « criminalité ».&nbsp;</p>



<p>On doit se méfier des discussions autour des « alternatives » à la prison car le système judiciaire peut se servir abondamment de ce type de demande pour des alternatives, qui ne sont finalement que du réformisme. L’histoire de la prison se nourrit du récit d’alternatives qui n’ont pas le but d’abolition, mais d’amélioration, en gardant le raisonnement de délégation à l’État. La loi du 15&nbsp;août 2014, connue comme loi Taubira sur la justice restaurative en est un exemple, avec des propositions réformistes comme la probation, rencontres entre auteurs et victimes, le bracelet électronique, le travail d’intérêt général, etc. Des propositions qui cherchent à punir de façons plus « sympas » mais qui sont seulement une manière de faire en sorte de passer plus discrètement la même logique de contrôle et de répression.&nbsp;</p>



<p>La proposition abolitionniste envisage la rupture de ce discours d’alternatives pour aller vers la construction d’autres modes de fonctionnement, basés sur l’autonomie, à la place de rechercher la validation du système. Prendre en charge collectivement les situations-problème signifie aller vers des appels à l’autonomisation, au contraire de continuer à nourrir le système avec des procès contre l’État, la police, le système, etc. On peut considérer que ce sont des stratégies parfois utilisées, sans entrer dans un jugement moral envers les personnes qui font recours à cela, mais c’est important d’être conscient·es de leurs limites réformistes. En donnant plus de force à la police, au droit pénal et à l’industrie carcérale pour nous protéger des oppressions, cela implique forcément de donner plus de force au système responsable de la persécution et de l’incarcération de la classe ouvrière, des immigré·es, de celles et ceux qui luttent contre les oppressions de manière organisée et aussi des femmes. Au Brésil, l’incarcération des femmes a augmenté de 700 % entre 2000 et 2016, à cause de la « guerre contre les drogues » : elle représente la quatrième plus grande population carcérale féminine au monde, prisonnières dans un système qui est pensé par des hommes et pour les hommes.&nbsp;</p>



<p>On peut envisager la création d’espaces d’autonomie, d’écoute et de soutien collectif qui partent premièrement des besoins des victimes et s’intéressent honnêtement à leurs demandes. Plus on dépend du système de justice criminelle, plus on perd en pouvoir d’organisation et de confiance collectives. L’abolitionnisme pénal invite plutôt à la créativité qui ne donne pas de solutions prêtes à l’emploi.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Partir des besoins de la victime et sortir de la logique punitive </strong></h2>



<p>Par contre, l’absence de punition ne veut pas dire absence de responsabilité. La justice transformative a été développée dans les débats à l’intérieur du mouvement abolitionniste. Les principaux axes de la justice transformative (JT) sont :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>Le soutien à la personne survivante, sa sécurité&nbsp; et son autodétermination sont prioritaires.</li>



<li>La responsabilité de l’agresseur et son changement de comportement.</li>



<li>Les changements communautaires en faveur de valeurs et de pratiques non oppressives et non violentes.</li>



<li>Les changements pratiques et structurels des conditions qui permettent au préjudice de se produire.</li>



<li>La justice transformative insiste sur le pouvoir créatif des personnes survivantes.&nbsp;</li>



<li>Un processus collectif : le regroupement des victimes, des auteurs et la communauté.</li>



<li>La justice transformative considère que la responsabilité du préjudice ne peut pas être attribuée à la seule personne qui l’a causé. Pour cette raison, l’expression « situation problématique » est généralement préférée à celles de « comportement problématique » ou de « personne problématique ». Il s’agit donc de résoudre une situation et pas ­seulement de réparer un préjudice.&nbsp;</li>



<li>L’individualisation du besoin de sécurité des victimes. La JT encourage les victimes à exprimer leurs besoins, par nature uniques et qui peuvent évoluer avec le temps.</li>



<li>JT prend en considération tous les rapports de domination souvent complexes, liés à la classe, au genre et la race, notamment. Alors que la justice pénale juge un acte, la JT essaie de répondre&nbsp; aux besoins des personnes. La vulnérabilité des personnes est prise en compte.</li>



<li>L’engagement à long terme : la JT prend beaucoup de temps puisqu’elle ne délègue pas la résolution des « situations problématiques » au système pénal et qu’elle est rarement un processus linéaire.&nbsp;</li>
</ol>



<p><em>« L’inclusion des agresseurs et des victimes dans les procédures de JT est parfois mal comprise. Il ne s’agit pas de penser les violences patriarcales comme co-produites par les agresseurs et les victimes (ce qui serait un vrai recul au regard des avancées féministes), mais plutôt de considérer qu’il serait dangereux de voir les agresseurs comme des monstres ou comme des exceptions. Si nous nous dissocions des personnes contrevenantes en les stigmatisant, alors nous échouons à voir comment nous contribuons aux conditions qui permettent à la violence de se produire »</em>((Gwenola Ricordeau, <em>op. cit.</em>).&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Dépasser l’horizon du système pénal pour une véritable révolution féministe</strong></h2>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img data-dominant-color="a7a7a7" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #a7a7a7;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/11/A2C_RevueN5_Prisons_Illustr2.jpg" alt="" class="wp-image-6323 not-transparent"/></figure>
</div>


<p>La justice transformative ou réparatrice est inspirée des cultures autochtones nord et sud américaines et océaniennes, qui ont une longue histoire. Elles nous rappellent que le mode pénal et punitif n’est pas un horizon indépassable. Pour des militant·es féministes et révolutionnaires qui luttent pour la construction d’un autre monde, il devient fondamental d’inclure dans nos discussions et nos pratiques d’autres manières d’élaborer nos demandes politiques. Le mouvement féministe est aujourd’hui dans une impasse, d’un côté il y a l’ouverture à la parole et à la prise de conscience sur les rapports de domination patriarcale, ce qui est une évolution importante et à garder, mais de l’autre côté une avalanche de fausses solutions sécuritaires et répressives produites par un courant du féminisme qui ne prend pas en compte les rapports de domination raciste et de classe. Ce mouvement qui cherche plus de condamnations et d’incarcérations, n’a pas la capacité de mettre en place un changement structurel qui puisse nous conduire vers la fin des rapports de domination et d’oppression.&nbsp;</p>



<p>Finalement, il est pertinent de préciser que la volonté de créer d’autres modes d’accompagnement des personnes agressées et des agresseurs, n’exclut pas la place légitime de la colère. Les actes de violence sont extrêmement impactants et peuvent engendrer des traumatismes individuels et collectifs difficiles à dépasser. Assurer des espaces où la colère contre toutes les oppressions puisse être exprimée reste une démarche importante dans le mouvement féministe. Que cette colère puisse être accueillie et partagée, pour finalement être organisée, criée dans les rues et diluée dans les luttes, vers une véritable révolution féministe !</p>



<h6 class="wp-block-heading">Daniela Lima, Toulouse</h6>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_6320_2();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_6320_2();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_6320_2">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_6320_2" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6320_2_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6320_2('footnote_plugin_tooltip_6320_2_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Teoria geral do direito e marxismo, Evguiéni B. Pachukanis, ed. Boitempo, 2017.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6320_2_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6320_2('footnote_plugin_tooltip_6320_2_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Zémiologie : repose sur une critique du « crime » en tant qu’objet de la criminologie. Elle étudie toutes les formes de « nuisances sociales », comme le suggère son nom : zemia signifie « préjudice », « dommage » en grèc ancien.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6320_2_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6320_2('footnote_plugin_tooltip_6320_2_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text"></p>



<p>Étude nationale de la délégation aux victimes sur les morts violentes au sein du couple (2017) :</p>



<p>•&nbsp;Chaque année en France, 93 000 femmes déclarent avoir été victimes de viol ou tentative de viol. Dans 90 % des cas, la victime connaît son agresseur.</p>



<p>•&nbsp;Chaque année en France, 225 000 femmes sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles au sein du couple.</p>



<p>•&nbsp;En 2017, environ 1&nbsp;million de femmes ont été confrontées au moins une fois à une situation de harcèlement sexuel au travail ou dans les espaces publics.</p>



<p>•&nbsp;En 2017, 109&nbsp;femmes et 16&nbsp;hommes sont décédés, victimes de leurs partenaires ou ex-partenaires. Une femme meurt en moyenne tous les trois jours et un homme tous les 23&nbsp;jours.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6320_2_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6320_2('footnote_plugin_tooltip_6320_2_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Des femmes aussi commettent des viols et d’autres types d’agressions sexuelles</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6320_2_5" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6320_2('footnote_plugin_tooltip_6320_2_5');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>5</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Des femmes aussi commettent des viols et d’autres types d’agressions sexuelles</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6320_2_6" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6320_2('footnote_plugin_tooltip_6320_2_6');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>6</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Moins de 10 % des victimes de violences sexuelles et sexistes déposeraient plainte, selon l’enquête de victimisation « Cadre de vie et de sécurité », dite « CVS » sur la période 2009-2017.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6320_2_7" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6320_2('footnote_plugin_tooltip_6320_2_7');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>7</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Pour elles toutes &#8211; Femmes contre la prison, Gwenola Ricordeau, éd.&nbsp;Lux, 2019.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6320_2_8" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6320_2('footnote_plugin_tooltip_6320_2_8');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>8</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Crimes &amp; Peines &#8211; Penser l’abolitionnisme pénal, Gwenola Ricordeau, éd.&nbsp;Grevis, 2021.</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_6320_2() { jQuery('#footnote_references_container_6320_2').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_6320_2').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_6320_2() { jQuery('#footnote_references_container_6320_2').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_6320_2').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_6320_2() { if (jQuery('#footnote_references_container_6320_2').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_6320_2(); } else { footnote_collapse_reference_container_6320_2(); } } function footnote_moveToReference_6320_2(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_6320_2(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_6320_2(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_6320_2(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/systeme-penal-un-debat-feministe-2-2/">Système pénal, un débat féministe (2/2)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La prison tue notre classe&#8230; tuons la prison ! (1/2)</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/la-prison-tue-notre-classe-tuons-la-prison-1-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Jun 2022 16:43:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Prison]]></category>
		<category><![CDATA[Répression]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=5623</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">La prison est un outil de domination capitaliste. En comprendre l’histoire, les mécanismes, et proposer des alternatives pour aller vers son abolition doit être présent dans la réflexion des militant·es pour l’émancipation. C’est à cette <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/la-prison-tue-notre-classe-tuons-la-prison-1-2/" title="La prison tue notre classe&#8230; tuons la prison ! (1/2)">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/la-prison-tue-notre-classe-tuons-la-prison-1-2/">La prison tue notre classe&#8230; tuons la prison ! (1/2)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">La prison est un outil de domination capitaliste. En comprendre l’histoire, les mécanismes, et proposer des alternatives pour aller vers son abolition doit être présent dans la réflexion des militant·es pour l’émancipation. C’est à cette tâche que s’attache cet article et sa suite dans le prochain numéro des Cahiers de l’Autonomie de Classe.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #03 &#8211; MAI 2022</h6>



<p class="has-drop-cap">«<em>Tous les trois jours en moyenne, l’administration pénitentiaire signale une mort en prison. La plupart de ces morts sont présentées au grand public comme des suicides, mais ceux et celles qui connaissent la réalité carcérale pour l’avoir éprouvée dans leur chair parlent plus souvent de «refus de soin», de «mort suspecte» ou de «meurtre» que de suicide. </em>»</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des questions importantes à se poser</h2>



<p>Ce paragraphe est tiré du livre <em>La peine de mort n’a jamais été abolie : dits et écrits de prison choisis par L’Envolée</em>, publié par le journal <em>l’Envolée</em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5623_4('footnote_plugin_reference_5623_4_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_5623_4('footnote_plugin_reference_5623_4_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5623_4_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5623_4_1" class="footnote_tooltip"><em>L’Envolée</em> (radio et journal) se veut, depuis 2001, le porte-voix des prisonniers et prisonnières qui lutte contre le sort qui leur est fait.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5623_4_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5623_4_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Les textes et témoignages, écrits par des personnes emprisonnées, donnent des exemples des traitements qui leur sont réservés en France. Sur la base des données obtenues par l’Observatoire International des prisons, la France enregistre le plus fort taux de suicides en prison parmi les pays européens : on compte 119 de ces morts en 2020. Ayant accès à cette information, il est difficile de ne pas s’interroger sur l’existence du problème qu’elle relève dans les prisons. Si ces morts sont réellement des suicides, telles qu’elles sont présentées, la question est : quelles conditions de vie conduisent une si grande quantité de personnes à mettre fin à leurs jours ? Sachant que ces personnes se retrouvent dans des espaces institutionnels, sous la protection de l’État, qui devrait théoriquement préserver leur intégrité physique et mentale afin qu’elles accomplissent leurs peines et, finalement, puissent revenir à la vie en société. Si ces morts ne sont pas des suicides, mais le résultat de violences, telle que la privation d’accès aux soins, ou s’il s’agit d’assassinats, la question est encore plus grave. Sommes-nous bien informé·es sur ce qu’il se passe dans les prisons ? Y a-t-il transparence dans les estimations présentées par l’État ?</p>



<p>La punition, quelle que soit sa forme, dont la peine maximale en France est la prison à perpétuité (la peine de mort étant abolie officiellement depuis 1981), est présentée et offerte à la société comme l’unique manière de résoudre les conflits et responsabiliser les individus qui défient les lois. Le discours punitif, ou le recours à la punition et aux réprimandes, est fréquemment exprimé dans les chaînes médiatiques, les textes journalistiques, les conversations informelles, les disputes entre voisins, les relations professionnelles et les demandes de victimes de crimes, délits ou infractions. Y compris dans les mouvements de luttes sociales contre les oppressions, comme les mouvements féministes et pour les droits des personnes LGBTQI+, on constate une demande croissante de lois et de punitions de plus en plus dures contre les agissements impliquant des discours et des actes misogynes ou LGBTQIphobes. L’objectif serait de protéger les victimes de ces agressions, punir les auteurs de ces actes et permettre une diminution de ce type de crimes. Mais cet objectif est-il atteint ? Existe-t-il, par delà la perspective de réprimande, un véritable travail de réparation et d’accompagnement des victimes ? Quelles sont les personnes rendues responsables de ces crimes ? La punition est-elle démocratique, fonctionnant équitablement sur toutes les classes sociales ? La classe ouvrière a-t-elle intérêt à ce qu’il y ait plus de lois punitives ? En relation aux crimes et délits environnementaux commis par les multinationales, il y a des demandes de peine qui, dans les pires des cas, sont appliquées sous forme d’avertissements et amendes aux valeurs dérisoires pour la dimension et le poids de ces entreprises. Ces genres de crimes se soldent rarement par des emprisonnements, alors que leurs conséquences pour l’humanité sont inestimables et dureront des années, voire même des siècles. Toutes ces questions nous invitent à entrer dans l’une des institutions les plus invisibilisées de la société.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Qui va en prison ?</h2>



<p>Les données de l’Observatoire international des prisons pour la France, montrent qu’une grande part des personnes incarcérées sont issues de milieux défavorisés qui vivent en situation de grande précarité. L’incarcération étant ainsi le résultat d’un long processus de marginalisation, par lequel ces personnes se sont éloignées des systèmes sociaux. On retient les données suivantes : 96,4 % des prisonniers sont des hommes, plus de la moitié d’entre eux ont moins de 33&nbsp;ans et plus d’un cinquième à moins de 25&nbsp;ans. 10,7 % sont emprisonnés pour viol ou agression sexuelle, 15,6 % pour autres formes de violences, 20,9 % pour vol, et 18,2 % pour infraction aux lois interdisant les stupéfiants. Par delà ces données, on constate fréquemment les facteurs suivants : une faible scolarisation, un accès au travail très limité, un taux important de consommation d’alcool et de substances considérées comme illicites, et dans 8 cas sur 10, on constate la présence de troubles psychiatriques. Malheureusement, en France, contrairement aux États-Unis ou au Brésil, il n’existe aucune donnée ethnique officielle, mais l’Observatoire démontre que les personnes sans domicile fixe et/ou nées à l’étranger sont plus largement incarcérées. Une personne sans domicile fixe a cinq fois plus de risque de se retrouver en détention provisoire et huit fois plus d’être condamnée à de la prison ferme. Dans des pays comme le Brésil ou les États-Unis, où la possibilité d’établir des statistiques ethniques existe, le caractère raciste de l’incarcération est plus évident, car les données démontrent que les personnes noires ou racisées sont surreprésentées dans les prisons.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="c3c3c3" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #c3c3c3;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/06/A2C_RevueN3_Prison_Illustr1.jpg" alt="" class="wp-image-5625 not-transparent" width="275" height="391"/></figure>
</div>


<p>Au sens commun, la justification de l’existence de la prison dans la société serait qu’elle sert à punir, pour une durée déterminée, les personnes ayant commis des crimes et, de ce fait, permettrait de combattre la criminalité. Ces dernières sont privées de leur liberté pour accomplir leurs peines, elles-mêmes déterminées par le degré de gravité du crime, avec l’objectif de les réhabiliter, pour retourner ensuite à la vie publique. Mais est-ce ce qui se produit réellement ? Selon l’Association de politique criminelle appliquées et de réinsertion sociale, à partir de l’an 2000, les taux de récidive et réitération<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5623_4('footnote_plugin_reference_5623_4_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_5623_4('footnote_plugin_reference_5623_4_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5623_4_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5623_4_2" class="footnote_tooltip">La récidive et la réitération constituent deux notions voisines, visant des situations dans lesquelles une première infraction a donné lieu à une condamnation définitive et une seconde est commise. La réitération n’intervient que lorsque la personne <em>« commet une nouvelle infraction qui ne répond pas aux conditions de la récidive légale »</em> (C. pén., art. 132-16-7). Ainsi, la récidive, suppose une nouvelle infraction d’un certain type et commise dans un délai déterminé par le Code pénal. La récidive n’existe que lorsqu’elle est prévue par un texte, sous forme de <em>« cas de récidive »</em> énumérés aux articles 132-8 à 132-11 du Code pénal. Par exemple en matière délictuelle, la répétition de délits ne constitue une récidive que s’il s’agit de délits de nature identique ou assimilée ayant été commis dans un délai de cinq ans (C. pén., art. 132-10).</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5623_4_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5623_4_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> ont régulièrement augmenté chaque année, sans connaître aucun recul. Ces études ont démontré l’inefficacité de l’incarcération à interrompre le parcours criminel des individus. Les données collectées, essentiellement par les pays capitalistes, font état d’une augmentation considérable du nombre de prisons et du nombre de personnes incarcérées. Au Brésil et aux États-Unis, on parle clairement d’incarcération de masse de la population. Cette désignation a été premièrement utilisée pour signifier la multiplication par cinq des personnes détenues aux États-Unis entre le début des années 1980 et l’année 2010 et, plus généralement, la proportion significative de la population étasunienne (325&nbsp;millions de personnes) qui sont emprisonnées (2,3&nbsp;millions) ou en probation (plus de 3,5&nbsp;millions), ou en liberté conditionnelle (près de 900 000).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Surveiller et punir, dresser et s’enrichir</h2>



<p>Une des plus grandes chercheuses étasuniennes qui travaille sur ce thème et milite pour la disparition du système carcéral est Angela Davis, elle-même a été condamnée à la peine de mort en 1970 pour raisons politiques. Dans son livre <em>La prison est-elle obsolète ?</em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5623_4('footnote_plugin_reference_5623_4_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_5623_4('footnote_plugin_reference_5623_4_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5623_4_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5623_4_3" class="footnote_tooltip">Angela Davis, <em>La prison est-elle obsolète ?</em> éd. Au diable vauvert, 2014.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5623_4_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5623_4_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, Davis explique : <em>« En réalité, l’incarcération de masse telle qu’on a commencé à la pratiquer à cette époque n’a eu que peu (ou pas) d’effets sur les chiffres officiels de la criminalité. L’accroissement de la population carcérale ne produisait pas des rues plus sûres, juste un nombre encore croissant de prisonniers. Et à mesure que le système pénitentiaire prenait de l’ampleur, les entreprises de construction ainsi que les fournisseurs de biens et de services aux prisons voyaient leurs chiffres d’affaires s’envoler. »</em></p>



<p>Si la prison ne remplit pas ses fonctions prétendues, c’est-à-dire de réhabiliter les personnes qui ont commis des crimes et faire diminuer la criminalité dans la société, à quoi sert-elle alors ? Pour mieux comprendre quelle est la fonction de la prison, il est nécessaire de revenir sur les raisons historiques de sa naissance.</p>



<p>Sur ce thème, l’une des œuvres les plus reconnues est <em>Surveiller et punir</em> de Michel Foucault, qui se concentre sur le concept de pouvoir disciplinaire et s’intéresse aux diverses technologies punitives au moment du passage de l’État absolutiste, marqué par la concentration du pouvoir monarchique, à la phase du système capitaliste marqué par l’ascension de la bourgeoisie comme classe dominante, la séparation des pouvoirs et l’établissement des droits civiques des individus.</p>



<p><em>« Le pouvoir disciplinaire est un pouvoir qui, au lieu de soutirer et de prélever, a pour fonction majeure de « dresser » ; ou sans doute, de dresser pour mieux prélever et soutirer davantage. Il n’enchaîne pas les forces pour les réduire ; il cherche à les lier de manière, tout ensemble, à les multiplier et à les utiliser. Au lieu de plier uniformément et par masse tout ce qui lui est soumis, il sépare, analyse, différencie, pousse ses procédés de décomposition jusqu’aux singularités nécessaires et suffisantes. […] La discipline « fabrique » des individus ; elle est la technique spécifique d’un pouvoir qui se donne les individus à la fois pour objets et pour instruments de son exercice. Ce n’est pas un pouvoir triomphant qui à partir de son propre excès peut se fier à sa surpuissance ; c’est un pouvoir modeste, soupçonneux, qui fonctionne sur le mode d’une économie calculée, mais permanente. »</em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5623_4('footnote_plugin_reference_5623_4_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_5623_4('footnote_plugin_reference_5623_4_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5623_4_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5623_4_4" class="footnote_tooltip">Michel Foucault, <em>Surveiller et Punir</em>, III Discipline, II. Les moyens du bon dressement, 1975.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5623_4_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5623_4_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="5f5f5f" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #5f5f5f;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/06/A2C_RevueN3_Prison_Illustr2.jpg" alt="" class="wp-image-5626 not-transparent"/></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">D’où vient cette idée d’enfermer les gens ?</h2>



<p>Durant des siècles, jusqu’à la fin du 18<sup>e</sup>, les peines étaient exécutées à travers des supplices, dans lesquels le corps du condamné était la cible principale de la répression pénale. Divers châtiments étaient infligés, communément exécutés en place publique. L’échelle de souffrance était déterminée selon la gravité du crime, mise en scène publiquement tel un spectacle de divertissement, mais qui envoyait aux spectateur·rices un message clair sur ce qui les attendait s’iels étaient condamnés pour le même crime. L’objectif visait à discipliner par la terreur. Violence, sadisme et instauration de la peur sont les idées centrales de ce modèle punitif. Souvent, les supplices servaient aussi à obtenir des confessions. Les criminels étaient perçus comme des ennemis du roi et de son pouvoir absolu.</p>



<p>Mais Foucault décrit aussi que ce genre de spectacle de l’horreur généraient parfois l’effet contraire, provoquant de l’empathie pour le/la condamné·e sur scène et de la haine contre les bourreaux et le pouvoir politique dans son ensemble. Il nous montre comment, en l’espace d’un siècle, entre 1750 et 1830, il y a eu un changement considérable des techniques punitives et une reconfiguration structurelle dans la manière de punir. On est passé des supplices et de la torture exécutés en public, à des exécutions plus rapides et efficaces qui font usage d’instruments comme la guillotine. L’aspect spectaculaire des exécutions est partiellement abandonné, même si elles ont continué d’avoir lieu en public. Contrairement aux apparences, il ne s’agissait ni d’humaniser les sentences ni de punir moins, mais plutôt de chercher à perfectionner les punitions avec des techniques nouvelles pour mieux punir.</p>



<p>Les critiques des méthodes punitives exercées physiquement par les supplices, est le résultat de la pensée des Lumières en pleine ascension dans les sociétés européennes. Divers intellectuels de ce mouvement ont proposé des changements et des réformes pénales. Selon les réformistes, l’objectif d’une peine ne doit pas être la souffrance et l’annihilation du corps, mais sa correction et, plus généralement, le développement d’un travail de prévention du crime. La naissance de la prison représente donc un changement des établissements punitifs en occident, dans lesquels l’objectif devient la transformation de la subjectivité du condamné, ou de son comportement. Ce qui sera discipliné ne sera pas tant le corps, que les aspects psychologique, émotionnel et même l’âme du sujet.</p>



<p>Michel Foucault n’était pas un penseur marxiste, pour autant son travail ne se focalise pas seulement sur l’aspect répressif du pouvoir punitif, il s’intéresse aussi à son aspect productif. Le système pénal apparaît comme un dispositif politique, relié aux réalités économique et sociale et aux rapports de forces présents dans les modes de production capitalistes. La prison apparaît comme une manière de gérer l’armée de réserve de travailleur·euses (concept développé par Marx). Le pouvoir punitif oscille entre des applications du droit pénal en exécutions, mutilations et incarcérations, et des discours plus libéraux sur les peines, selon qu’il y a abondance ou manque de main-d’œuvre. Ces mouvements s’opèrent du 15<sup>e</sup> au 19<sup>e</sup> siècles, jusqu’à ce que la révolution industrielle fasse de la prison la principale peine, en lien total avec l’apparition des usines. Les travailleur·euses qui ne se trouvaient pas exploité·es sans limites dans les usines, se retrouvaient à exécuter des peines de travaux forcés, lucratifs et fonctionnels à l’ordre capitaliste industriel.</p>



<p>C’est dans ce contexte que les maisons de labeur anglaises ont été créées, prédécesseurs des prisons telles que nous les connaissons aujourd’hui. Endroits dans lesquels les paysan·nes expulsé·es de leur terres, obligé·es de migrer en ville pour vendre leur force de travail, se retrouvaient enfermé·es et passaient par une sorte d’entraînement forcé pour s’adapter au mode de production capitaliste. Avec ces arrivées en masse dans les villes, les élites capitalistes s’inquiétaient de la présence de mendiant·es, voleurs, mais surtout du refus de certain·es de se soumettre aux conditions de travail imposées. C’est la fonction principale de la naissance des prisons : un instrument de dressage et de contrôle de la classe ouvrière.</p>



<p>Selon Foucault la punition est, principalement, une relation de domination et de force, et non de justice : <em>« De sorte qu’il faudrait parler d’un ensemble dont les trois termes (police-prison-délinquance) prennent appui les uns sur les autres et forment un circuit qui n’est jamais interrompu. La surveillance policière fournit à la prison les infracteurs que celle-ci transforme en délinquants, cibles et auxiliaires des contrôles policiers qui renvoient régulièrement certains d’entre eux à la prison. Il n’y a pas une justice pénale destinée à poursuivre toutes les pratiques illégales et qui, pour ce faire, utiliserait la police comme auxiliaire, et comme instrument punitif la prison, quitte à laisser dans le sillage de son action le résidu inassimilable de la « délinquance ». Il faut voir dans cette justice un instrument pour le contrôle différentiel des illégalismes. Par rapport à lui, la justice criminelle joue le rôle de caution légale et de principe de transmission. Elle est un relais dans une économie générale des illégalismes, dont les autres pièces sont (non pas au-dessous d’elle, mais à côté d’elle) la police, la prison, la délinquance. »</em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5623_4('footnote_plugin_reference_5623_4_5');" onkeypress="footnote_moveToReference_5623_4('footnote_plugin_reference_5623_4_5');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5623_4_5" class="footnote_plugin_tooltip_text">5</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5623_4_5" class="footnote_tooltip">Michel Foucault, <em>Surveiller et Punir</em>, IV Prison, II. Illégalismes et délinquance, 1975.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5623_4_5').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5623_4_5', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>



<p>Le système capitaliste repose sur la domination du corps et du temps des individus. Pour que cette domination existe, les conflits sont nécessaires et, dans ce contexte, Foucault parle des « relations de pouvoir », mais dans une interprétation marxiste de ce contexte historique, on pourrait parler de lutte de classes. De nombreuses formes de contrôle social et d’assujettissement ont été développées sur ce processus, comme l’école et ses méthodes d’éducation, en passant par l’armée, les hôpitaux psychiatriques, les usines et les prisons.</p>



<p>La prison est devenue, au travers de réécritures des codes pénaux et de création de nouvelles lois, la principale manière de pénaliser celleux qui enfreignent ces lois. Elle offre, pour unique variable aux peines, le temps de la condamnation à accomplir. La punition influe sur le temps durant lequel le/la prisonnier·e reste incarcéré·e. On contrôle le nombre d’années, de mois et de jours où quelqu’un·e verra sa liberté restreinte et sera sous le contrôle de l’État. On ne punit plus par l’intermédiaire du corps, mais sur le temps de la vie, même si ce temps de vie enfermé aura en effet un impact sur le corps.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-large is-resized"><img data-dominant-color="a1a1a2" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #a1a1a2;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/06/A2C_RevueN3_Prison_Illustr3-667x1024.jpg" alt="" class="wp-image-5627 not-transparent" width="264" height="404"/></figure>
</div>


<p>Au long du 20<sup>e</sup>&nbsp;siècle, la prison ne sera plus rentabilisée avec le travail des prisonnier·es, mais par sa gestion privatisée, instituée par les discours de lutte contre la criminalité et le contrôle policier exercé dans les quartiers populaires. L’industrie du contrôle de la criminalité va développer une nouvelle économie, en créant et nourrissant des peurs, elle déploie des structures au nom d’une supposée protection, des caméras, des systèmes de surveillance et influence l’architecture urbaine. Les services de sécurité privée vont absorber la main-d’œuvre non qualifiée, là où elle était avant utilisée par la construction civile. Le système de surveillance, de contrôle et les prisons deviennent une excellente affaire. À partir de cette nouvelle réalité, naît le concept de complexe carcéro-industriel<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5623_4('footnote_plugin_reference_5623_4_6');" onkeypress="footnote_moveToReference_5623_4('footnote_plugin_reference_5623_4_6');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5623_4_6" class="footnote_plugin_tooltip_text">6</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5623_4_6" class="footnote_tooltip">Ce terme a été inventé par des militant·es et des universitaires aux États-Unis qui réfutaient la croyance répandue que l’inflation de la population carcérale s’expliquerait par l’augmentation du taux de criminalité. Iels ont affirmé, que c’était bien la construction de nouvelles prisons et le besoin de les remplir, reposant sur des idéologies, des lois classistes et racistes ainsi que la quête du profit, qui sont la cause de la surpopulation des prisons.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5623_4_6').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5623_4_6', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. En étant en phase avec le développement de « l’industrie punitive », après la guerre froide, quand le marché militaire industriel a eu besoin de se réorienter. Ce concept nous permet de comprendre l’expansion du système carcéral et la privatisation des services fournis aux prisons et au système pénal.</p>



<p><em>« Le fait que de nombreuses entreprises présentes sur le marché mondial</em>, écrit Angela Davis, <em>s’appuient aujourd’hui sur la prison en tant que source non négligeable de profits explique la rapidité avec laquelle ces prisons se sont mises à proliférer alors que les études officielles montraient un taux de criminalité en baisse. La notion de complexe carcéro-industriel souligne également le fait que la racialisation de la population carcérale –&nbsp;et cela ne concerne pas seulement les États-Unis, mais aussi l’Europe, l’Amérique du Sud et l’Australie&nbsp;– n’est pas une caractéristique anodine »</em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5623_4('footnote_plugin_reference_5623_4_7');" onkeypress="footnote_moveToReference_5623_4('footnote_plugin_reference_5623_4_7');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5623_4_7" class="footnote_plugin_tooltip_text">7</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5623_4_7" class="footnote_tooltip">Angela Davis, <em>op. cit.</em></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5623_4_7').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5623_4_7', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La prison, un outil de domination capitaliste à détruire</h2>



<p>Si on revient aux chiffres de la prison en France et dans d’autres pays capitalistes, on peut conclure que le fait qu’il y ait une surreprésentation des personnes pauvres dans les prisons, issues de quartiers populaires et de l’immigration, n’est pas un hasard. C’est le résultat d’un projet de criminalisation de celles et ceux qui ne s’insèrent pas dans l’ordre capitaliste hégémonique, c’est-à-dire, vendre sa force de travail au capital, consommer, et surtout ne pas questionner le système. On peut observer au long de l’histoire le sort réservé aux militants et militantes politiques quand leur engagement et mode d’action représentaient une menace pour les intérêts de la bourgeoisie. Marx avait déjà dénoncé la question de la criminalisation des pauvres dans son texte <em>« Débats sur la loi relative au vol de bois »</em>, où il parle de la question de la criminalisation du ramassage de bois par des paysans et paysannes de l’époque (19<sup>e</sup>&nbsp;siècle). Ce texte a été repris par Daniel Bensaïd dans <em>Les dépossédés : Karl Marx, les voleurs de bois et le droit des pauvres</em>, où il écrit : <em>« Le dilemme vient précisément du fait que l’intégration du bois au circuit de mise en valeur marchande rend sa valeur d’usage et sa valeur d’échange indissociables. L’enjeu de la nouvelle législation est bien de faire valoir le droit de propriété, en distinguant rigoureusement les titres de propriété des titres de nécessité, une économie d’échange d’une économie de subsistance. L’évolution du dispositif de sanctions pénales institutionnalise en conséquence de nouvelles formes de délinquance et de criminalité sociale. »</em><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_5623_4('footnote_plugin_reference_5623_4_8');" onkeypress="footnote_moveToReference_5623_4('footnote_plugin_reference_5623_4_8');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_5623_4_8" class="footnote_plugin_tooltip_text">8</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_5623_4_8" class="footnote_tooltip">Daniel Bensaïd, <em>Les dépossédés : Karl Marx, les voleurs de bois et le droit des pauvres</em>, éd. La fabrique, 2007.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_5623_4_8').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_5623_4_8', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>



<p>Maintenant que les origines et l’objectif derrière la création de la prison et du système pénal et carcéral sont mieux connus, il est important de réaliser que cet outil de domination a été créé par la bourgeoisie contre la classe ouvrière pour exercer de l’oppression et du contrôle sur cette classe. Il ne sera jamais possible de l’utiliser contre la bourgeoisie car il fait partie de leur paradigme de domination. Comme dit Audre Lorde : <em>« Les outils du maître ne détruiront pas la maison du maître »</em>. Les demandes pour plus de répression et d’emprisonnements servent seulement à la validation des violences contre les membres de la classe laborieuse, et très rarement à la condamnation des membres de la bourgeoisie. Ce sont des personnes qui ont un accès privilégié à tout l’appareil judiciaire, dès le fait qu’iels vont très rarement faire l’objet de contrôle policier, en passant par l’accès aux meilleurs avocats, jusqu’à la condescendance des juges, qui sont eux-mêmes, très souvent issus de la classe bourgeoise. Insister sur cette logique de punition et répression comme manière de régler les conflits existants dans la société, sert seulement à valider les structures d’oppression et de violence du système capitaliste. Notre classe a tout intérêt à la réflexion sur d’autres manières de résoudre les situations problématiques de la vie en société. Les propositions qui sont déjà mises en place dans certains endroits et les recherches qui sont faites dans ce sens vont être l’objet de la suite de cet article.</p>



<h6 class="wp-block-heading">Daniela, Toulouse</h6>



<p><em>Traduit du portugais brésilien par Sonia, Montreuil</em></p>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_5623_4();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_5623_4();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_5623_4">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_5623_4" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5623_4_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5623_4('footnote_plugin_tooltip_5623_4_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><em>L’Envolée</em> (radio et journal) se veut, depuis 2001, le porte-voix des prisonniers et prisonnières qui lutte contre le sort qui leur est fait.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5623_4_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5623_4('footnote_plugin_tooltip_5623_4_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">La récidive et la réitération constituent deux notions voisines, visant des situations dans lesquelles une première infraction a donné lieu à une condamnation définitive et une seconde est commise. La réitération n’intervient que lorsque la personne <em>« commet une nouvelle infraction qui ne répond pas aux conditions de la récidive légale »</em> (C. pén., art. 132-16-7). Ainsi, la récidive, suppose une nouvelle infraction d’un certain type et commise dans un délai déterminé par le Code pénal. La récidive n’existe que lorsqu’elle est prévue par un texte, sous forme de <em>« cas de récidive »</em> énumérés aux articles 132-8 à 132-11 du Code pénal. Par exemple en matière délictuelle, la répétition de délits ne constitue une récidive que s’il s’agit de délits de nature identique ou assimilée ayant été commis dans un délai de cinq ans (C. pén., art. 132-10).</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5623_4_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5623_4('footnote_plugin_tooltip_5623_4_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Angela Davis, <em>La prison est-elle obsolète ?</em> éd. Au diable vauvert, 2014.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5623_4_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5623_4('footnote_plugin_tooltip_5623_4_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Michel Foucault, <em>Surveiller et Punir</em>, III Discipline, II. Les moyens du bon dressement, 1975.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5623_4_5" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5623_4('footnote_plugin_tooltip_5623_4_5');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>5</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Michel Foucault, <em>Surveiller et Punir</em>, IV Prison, II. Illégalismes et délinquance, 1975.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5623_4_6" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5623_4('footnote_plugin_tooltip_5623_4_6');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>6</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Ce terme a été inventé par des militant·es et des universitaires aux États-Unis qui réfutaient la croyance répandue que l’inflation de la population carcérale s’expliquerait par l’augmentation du taux de criminalité. Iels ont affirmé, que c’était bien la construction de nouvelles prisons et le besoin de les remplir, reposant sur des idéologies, des lois classistes et racistes ainsi que la quête du profit, qui sont la cause de la surpopulation des prisons.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5623_4_7" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5623_4('footnote_plugin_tooltip_5623_4_7');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>7</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Angela Davis, <em>op. cit.</em></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_5623_4_8" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_5623_4('footnote_plugin_tooltip_5623_4_8');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>8</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Daniel Bensaïd, <em>Les dépossédés : Karl Marx, les voleurs de bois et le droit des pauvres</em>, éd. La fabrique, 2007.</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_5623_4() { jQuery('#footnote_references_container_5623_4').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_5623_4').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_5623_4() { jQuery('#footnote_references_container_5623_4').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_5623_4').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_5623_4() { if (jQuery('#footnote_references_container_5623_4').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_5623_4(); } else { footnote_collapse_reference_container_5623_4(); } } function footnote_moveToReference_5623_4(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_5623_4(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_5623_4(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_5623_4(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/la-prison-tue-notre-classe-tuons-la-prison-1-2/">La prison tue notre classe&#8230; tuons la prison ! (1/2)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Weekend formations débats #33 · a2c</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/discussions-formations-a2c/weekend-formations-debats-33/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Solen Rennes]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 09 Jan 2022 19:59:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Discussions débats formations]]></category>
		<category><![CDATA[A2C vous invite]]></category>
		<category><![CDATA[Prison]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=5043</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Le weekend des 15 et 16 janvier 2022, c’est la 33e fois qu&#8217;a lieu un « weekend a2c », c&#8217;est-à-dire un weekend de rencontres, de débats, de formations. Un weekend de plus pour mieux s&#8217;armer et faire <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/discussions-formations-a2c/weekend-formations-debats-33/" title="Weekend formations débats #33 · a2c">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/discussions-formations-a2c/weekend-formations-debats-33/">Weekend formations débats #33 · a2c</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le weekend des 15 et 16 janvier 2022, c’est la 33e fois qu&rsquo;a lieu un « weekend a2c », c&rsquo;est-à-dire un weekend de rencontres, de débats, de formations. Un weekend de plus pour mieux s&rsquo;armer et faire face au quotidien, dans nos diverses localités, dans les luttes, et pour augmenter notre confiance en notre organisation dans les collectifs, les syndicats, dans nos quartiers, auprès et avec les camarades sans-papiers, antiracistes, féministes, syndicalistes&#8230; <br><br>📜 Le programme est plus bas et sur Facebook, par ici : <a href="https://fb.me/e/3urUE9mte">https://fb.me/e/3urUE9mte.</a><br><br>🌿 Comme d&rsquo;habitude, ce weekend est ouvert aux personnes qui ne sont jamais venues et qui sont curieuses, militent ou veulent militer, s&rsquo;organiser, se repérer politiquement&#8230; Alors n&rsquo;hésitez pas à nous envoyer un message en privé sur facebook ou à a2c@riseup.net pour poser vos questions ou prévenir de votre présence afin d’organiser au mieux les conditions d&rsquo;accueil (taille de la salle et repas partagés).<br><br>🍔 La participation aux frais, pour les repas et le lieu, est libre et selon les moyens de chacun·e.</p>



<p>🧩 Du côté de l’organisation pratique, on fait attention aux questions de répartition des tâches, aux enjeux de santé et à l’accueil pour que le weekend soit le plus accueillant et permette au maximum de personnes de participer. Le but est que tout le monde se sente en confiance pour intervenir, poser des questions, débattre. Toute suggestion d&rsquo;amélioration et toute personne qui souhaite s&rsquo;impliquer sont bienvenues. </p>



<p>🚲 Pour les personnes qui viennent de loin, on a mis en place un système de remboursement total ou partiel des billets de train pour que l&rsquo;argent ne soit pas un frein et que l&rsquo;organisation politique ne soit pas l’apanage des camarades qui perçoivent les salaires les plus élevés. L&rsquo;argent de la caisse vient des cotisations que chaque personne qui est convaincue par les boussoles stratégiques d&rsquo;A2C verse chaque mois, selon nos moyens et selon les contextes.</p>



<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading">PROGRAMME</h2>



<p class="has-text-align-center">🔺🔻🔺🔻🔺🔻</p>



<h3 class="has-text-align-center wp-block-heading">SAMEDI</h3>



<p>🔸▪️9H30 &#8211; 10H ▪️🔸</p>



<p><em>🐧 Accueil et petit-déjeuner</em></p>



<p>Si chacun·e apporte quelque chose qui lui fait plaisir / à partager, en général la journée commence très bien.</p>



<p>🔸▪️10H &#8211; 12H▪️🔸</p>



<p><strong>La situation politique et nos interventions</strong></p>



<p>On commence le weekend en se mettant à jour de ce qui se passe dans le monde, en france et dans certains endroits plus particulièrement, du point de vue de l’économie, des rapports de force, des manifestations et résistances, de façon non exhaustive mais de sorte qu’on sache plus ou moins de quoi est constituée cette période. Cela permet également de mettre au pot commun nos dernières expériences de lutte ou de puiser de l&rsquo;inspiration à partir de ce qui se fait ici ou là.</p>



<p>🔸▪️ 12H &#8211; 14H▪️🔸</p>



<p>🍔 <em>repas</em></p>



<p>Une équipe prépare un repas collectif en faisant en sorte que tout le monde puisse manger et profiter de la pause.</p>



<p>🔸▪️14H &#8211; 16H▪️🔸</p>



<p><strong>🤟🏽 L&rsquo;Autonomie de classe comme boussole stratégique face au(x) réformisme(s)</strong></p>



<p>L&rsquo;autonomie de classe ?! Outre cette expression qui a donné son nom à ce collectif politique, qu&rsquo;est-ce que c’est ? Cette discussion sera l&rsquo;occasion d&rsquo;une définition en creux, parmi d&rsquo;autres définitions possibles, de cette boussole stratégique politique. Elle abordera les élections, mais pas seulement.</p>



<p>🔸▪️16H &#8211; 16H30▪️🔸</p>



<p>🤎 <em>Pause</em></p>



<p>Un café, un thé, une sieste… et ça repart</p>



<p>🔸▪️16H30 &#8211; 18H30 ▪️🔸</p>



<p><strong>✊🏿 Le système pénal &#8211; et carcéral &#8211; et son abolition</strong></p>



<p>Lors des deux derniers weekend de formations / débats, nous avons abordé par le biais des approches féministes, l&rsquo;enjeu politique des prisons, des systèmes de l&rsquo;enfermement et de la peine, leur articulation avec le racisme, les frontières et le capitalisme. Nous avons souhaité avoir un temps pour en discuter de manière plus approfondie, et pas uniquement par le biais des débats féministes.</p>



<p>🔸▪️18H30… ▪️🔸</p>



<p><em>🍹 rangement / apéro</em></p>



<p>Avec ou sans alcool, pour faire un bilan de la journée, et prendre le temps de parler d’autres choses, préparer la salle pour le lendemain matin.</p>



<p class="has-text-align-center">🔺🔻🔺🔻🔺🔻</p>



<h3 class="has-text-align-center wp-block-heading">DIMANCHE</h3>



<p>🔸▪️9H30 &#8211; 10H ▪️🔸</p>



<p>On prépare les litres de cafe et de thé pour la journée</p>



<p>🔸▪️10H &#8211; 12H▪️🔸</p>



<h4 class="wp-block-heading">🤜🏾 La Commune de Paris</h4>



<p>Nous avons commencé il y a plus d’un an un cycle de formations sur les expériences révolutionnaires du XXe siècle. Bon, la Commune a eu lieu au XIXe, mais elle est reliée aux révolutions qui ont suivie tant elle a été une référence pour les générations suivantes. L’exposé et la discussion qui suivra permettront de comprendre comment et pourquoi la Commune est devenue une expérience si particulière.</p>



<p>🔸▪️12H &#8211; 14H ▪️🔸</p>



<p><em>🍕 repas</em></p>



<p>🔸▪️14H &#8211; 16H30 ▪️🔸</p>



<h4 class="wp-block-heading">✍🏽 Notre organisation et nos publications</h4>



<p>C’est le moment du bilan du weekend, où l’on décide ensemble ce qui nous semblerait intéressant d’aborder pour le weekend suivant. Aussi, on fait un point sur l’argent, et sur les projets de publications : quels articles, pourquoi, comment, et avec qui ?<br>D’un weekend à l’autre, on a toujours besoin de se repartir des tâches pour continuer à faire grandir l’équipe A2C et aborder des sujets qui collent aux plus près de nos besoins. </p>



<p>🔸▪️▪️▪️🔸</p>



<p><strong>Rangement</strong> et&#8230; prochain weekend en mars.</p>



<p>🔸🔸🔸</p>



<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading">Hâte de vous revoir ou de vous rencontrer. </h2>



<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading">Prenez bien soin de vous d&rsquo;ici là !</h2>



<p>a2c@riseup.net<br><a href="http://fb.com/autonomiedeclasse" target="_blank" rel="noreferrer noopener">fb.com/autonomiedeclasse</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/discussions-formations-a2c/weekend-formations-debats-33/">Weekend formations débats #33 · a2c</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Vu de Marseille &#8211; Crise sanitaire, crise sociale : comment le prix du confinement est payé par les plus dominé·es</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/vu-de-marseille-crise-sanitaire-crise-sociale-comment-le-prix-du-confinement-est-paye-par-les-plus-domine%c2%b7es/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Gabo]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Apr 2020 16:52:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Coronavirus]]></category>
		<category><![CDATA[CRA]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Prison]]></category>
		<category><![CDATA[Violences policières]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=4098</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Texte qui rend compte de la situation marseillaise, avec des témoignages et des infos glanées chez des camarades, travailleuses sociales, personnes rencontrées pendant les maraudes, personnes détenues, etc.&#160; Il s’est passé maintenant une douzaine de <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/vu-de-marseille-crise-sanitaire-crise-sociale-comment-le-prix-du-confinement-est-paye-par-les-plus-domine%c2%b7es/" title="Vu de Marseille &#8211; Crise sanitaire, crise sociale : comment le prix du confinement est payé par les plus dominé·es">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/vu-de-marseille-crise-sanitaire-crise-sociale-comment-le-prix-du-confinement-est-paye-par-les-plus-domine%c2%b7es/">Vu de Marseille &#8211; Crise sanitaire, crise sociale : comment le prix du confinement est payé par les plus dominé·es</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Texte qui rend compte de la situation marseillaise, avec des témoignages et des infos glanées chez des camarades, travailleuses sociales, personnes rencontrées pendant les maraudes, personnes détenues, etc.&nbsp;</em></p>



<p>Il s’est passé maintenant une douzaine de jours depuis l’annonce officielle d’un confinement strict (17 mars 2020), régi par des autorisations de déplacement et une surveillance policière toujours plus accrue.&nbsp;</p>



<p>À Marseille, comme ailleurs, la menace de la contamination est bien présente, mais la gestion totalitaire par le confinement a des conséquences dévastatrices.&nbsp;</p>



<p>Celleux qui subissent déjà le racisme administratif (exclu·es du système d’asile, dubliné·es, celleux qui dépendent de l’arbitraire de l’OFII, etc) font partie des groupes les plus touchés par la situation actuelle. Beaucoup de demandeur·ses d’asile sans logement se retrouvent traqué·es par la police. Certain·es rencontré·es lors d’une maraude racontent qu’ils se font gazer tous les jours parce qu’iels sont dehors, et ils n’ont pas ou peu accès aux informations, notamment sur la fermeture des institutions et les changements que cela implique pour leur procédure d’asile.&nbsp;</p>



<p>Le confinement détruit toutes les formes de survie économique faites de débrouille. Les associations qui distribuaient des colis alimentaires diminuent leur activité ou sont débordées, les lieux de récupération deviennent difficilement accessibles, le contrôle des sorties exclut celleux qui travaillaient au noir, et ceux et celles là sont souvent les plus ciblé·es par les contrôles de police.&nbsp;</p>



<p>Les travailleur·ses du sexe, qu’iels exercent en appartement ou dans la rue, se retrouvent encore plus précarisées dans leur activité.&nbsp;</p>



<p>Dans les quartiers Nord de la ville (13e, 14e, 15e et 16e), les arrondissements les plus pauvres, la situation ne fait qu’exacerber les oppressions structurelles. Il y a quelques jours, une prof de lycée de la cité des Rosiers (14<sup>e</sup>) a lancé une collecte de thunes et de matériel pour des familles qui vivaient de mendicité et de travail au noir parce qu’elle a peur que ses élèves « meurent de faim ».&nbsp;</p>



<p>Les travailleur·ses sociales.aux témoignent du vide institutionnel : Ville, métropole, CAF, les pouvoirs publics ont quitté les quartiers, les laissant encore plus comme seul·es gestionnaires de la misère. Mais beaucoup des travailleur·ses sont conscient·es que s’iels s’en vont, iels seront remplacé·es par des bénévoles, actuellement recruté·es par l’État pour faire le sale boulot à leur place.&nbsp;</p>



<p>C’est dans ces quartiers de la périphérie Nord, que vivent beaucoup de ceux et celles réquisitionné·es pour bosser : soignant·es, caissières, vigiles, chauffeurs de bus&#8230;autant de personnes qui doivent prendre tous les jours, pour se rendre au travail, des bus archi blindés où il est quasi impossible de respecter la distance de sécurité. La crise sanitaire vient révéler à quel point la desserte du réseau de transport marseillais est pourrie et inégalitaire&#8230;et dans certains quartiers du 15<sup>e</sup> arrondissement, les habitant·es sont obligé·es de prendre le bus pour aller faire leurs courses. La fermeture des resto du cœur dans le 15<sup>e</sup> et du gros marché aux puces où se rendaient beaucoup des habitant·e·s des quartiers autour met les gens dans une grosse galère. La police est hyper présente, et contraint les gens à se confiner par quartier en les empêchant de se déplacer pour des courses à bas prix.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Dans les lieux d’enfermement</h3>



<p>Au CRA de Marseille, le 27 mars il y avait encore 4 retenus : des sortants de prison transférés au centre selon le principe de la « double peine » : des mecs qui ont fini leur peine de prison mais à défaut d’une autorisation de séjour, on les envoie en CRA. Sauf que les frontières sont fermées et que l’État est censé ne plus expulser, pour des raisons évidentes liées à la limitation de l’épidémie.&nbsp;</p>



<p>À la prison des Baumettes, comme dans beaucoup de prisons françaises, ça chauffe sévère, une « cocotte minute » d’après un détenu. Mercredi soir les prisonniers ont refusé de réintégrer leurs cellules, leurs revendications : le rétablissement des parloirs (qui ont été complètement interdits), des activités, la mise en place immédiate des mesures de sécurité sanitaire et la libération des personnes enfermées pour des délits mineurs. Les brigades spéciales ont gazé tout le monde, et les prisonniers se font priver de promenade.</p>



<p>Dans les hôpitaux psy, les patient·es subissent des procédures d’isolement, à l’hôpital Edouard Toulouse des soignant·es ont été testé·es positives au corona virus. Une personne enfermée à la clinique psychiatrique dans le quartier de la Valentine témoigne qu’iels n’ont pas le droit d’aller s’acheter à bouffer et que la nourriture de la cantine collective est dégueulasse. On leur interdit d’aller faire un tour à 50 mètre, et les gens « pètent de plus en plus le câble qu’ils essaient de réparer depuis qu’ils sont ici. » (témoignage d’une personne à la clinique de la Valentine).&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Quelques initiatives de solidarité en temps de confinement &#8230;</h3>



<p>Des groupes d’entraide et de solidarité se sont multipliés dans les quartiers du centre de Marseille, des maraudes auto-organisées ont lieu tous les jours, en marge de celles réinstaurées par des associations type restos du coeur ou Emmaus.&nbsp;</p>



<p>Avec le Manba/collectif soutien migrant·e·s 13 (dont je fais partie), on a lancé une « infoline » destinée à informer les personnes exilées, et là on commence à faire des petits-dèj pour capter ces personnes qui sont à la rue et se retrouvent sans info et sans ressource. Mardi un premier « marché rouge » avec des récup faites au MIN (Marché d’intérêt national) va être ouvert aux personnes avec lesquelles on est en lien, confinées et sans moyen de faire les courses.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img data-dominant-color="9f9486" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #9f9486;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/04/92830408_634857087060395_888741837211172864_n.jpg" alt="" class="wp-image-4127 not-transparent" width="330" height="440"/><figcaption>« Tu veux savoir si t&rsquo;as le corona ? Crache sur un bourgeois et attends ses résultats. Solidarité avec les travailleuses »</figcaption></figure>
</div>


<p>Le site Marseille Infos Autonomes (MIA) est devenue une plateforme importante de relais des infos utiles et des initiatives de solidarité et d’informations en temps de confinement (par exemple, traduction des attestations de déplacement dans de nombreuses langues).&nbsp;</p>



<p>Une très chouette émission de radio militante, « Privé·e·s de sortie », réalisée depuis un appart confiné, est diffusée en direct tous les jours de 16 à 17H sur la radio locale associative Radio galère, faite de chroniques, de témoignages et d’informations sur Marseille en temps de confinement.&nbsp;</p>



<p>…</p>



<p>Ce ne sont que quelques initiatives parmi le bordel joyeux de personnes qui s’organisent, pensent et font plein de choses en ces temps où la solidarité est cruciale et les luttes à venir doivent déjà se construire !</p>



<h5 class="wp-block-heading">L.L.F</h5>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/vu-de-marseille-crise-sanitaire-crise-sociale-comment-le-prix-du-confinement-est-paye-par-les-plus-domine%c2%b7es/">Vu de Marseille &#8211; Crise sanitaire, crise sociale : comment le prix du confinement est payé par les plus dominé·es</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’Envolée finale</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/lenvolee-finale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Gabo]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Apr 2020 11:03:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Coronavirus]]></category>
		<category><![CDATA[Prison]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=4031</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Premières libérations dans les prisons, seuls les rapports de force contre le ministère de la Justice et la lutte physique contre les GOM, les matons et les ERIS payent ! Des grèves et des droits <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/lenvolee-finale/" title="L’Envolée finale">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/lenvolee-finale/">L’Envolée finale</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Premières libérations dans les prisons, seuls les rapports de force contre le ministère de la Justice et la lutte physique contre les GOM, les matons et les ERIS payent !</h3>



<p><em>Des grèves et des droits de retrait ont été organisés dans de nombreuses entreprises afin de se préserver des aspirations mortelles des patrons maintenant leur logique du profit. Toute une partie de la société continue de subir de plein fouet le rapport social d’exploitation. Les luttes seront certainement les plus explosives dans la santé, là où les salarié•es bravent la mort pour sauver l’humanité. Nous soutiendrons toutes ces luttes menées par notre classe car elles permettent de reprendre un minimum de contrôle tant contre les exploiteurs que contre les pleins pouvoirs.&nbsp;</em></p>



<p><em></em><em>En parallèle, nous pensons qu’il est central d’évoquer les luttes et les premières victoires d’une minorité de notre classe qui subit le confinement forcé dans des conditions d’hygiène atroces&nbsp;: les prisonnier•es.&nbsp;</em></p>



<p><em>Si des militant•es d’A2C sont impliqué•es dans des luttes en soutien à des prisonniers condamnés pour des « faits politiques » comme Georges Ibrahim Abdallah, nous n’avons jamais creusé la question de la lutte anticarcérale à proprement parler. Aussi, c’est une nouvelle fois sur des activistes que l’on compte pour diffuser la « vérité » et non pas par nos lectures des médias dominants, qui, loin de tout complot, ne font qu’assumer les mensonges de l’appareil d’Etat et ses pleins pouvoirs. </em></p>



<p><em>Aussi, nous vous proposons une synthèse de nos lectures de <a rel="noreferrer noopener" href="http://lenvolee.net/" target="_blank">l’Envolée</a> afin de faire le point sur la situation. Cette revue et cette radio n’ont pas pour objectif de mettre du gel hydroalcoolique dans les cellules ou de construire de nouvelles prisons pour éviter la surcharge carcérale et donc la prolifération du COVID-19 chez les prisonnier•es<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_4031_10('footnote_plugin_reference_4031_10_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_4031_10('footnote_plugin_reference_4031_10_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_4031_10_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_4031_10_1" class="footnote_tooltip">« Qui sommes-nous ? », <em>L’Envolée, <a href="https://lenvolee.net/qui-sommes-nous/"><span class="footnote_url_wrap">https://lenvolee.net/qui-sommes-nous/</span></a></em></em>.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_4031_10_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_4031_10_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script><em>. Selon les éditeurs et éditrices de l’Envolée, « tous les prisonniers sont politiques ». Depuis des années, ces activistes se battent pour faire sortir la parole de l’intérieur, et lorsque surviennent des luttes en taule, faciliter l’auto-organisation d’une prison à l’autre.</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">La lutte physique et la critique des mesures d’urgence du gouvernement italien par les flammes des insurgés</h3>



<p>Dès les premières émeutes en Italie, <a href="http://lenvolee.net/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’Envolée</a> a récolté des premiers témoignages d’une part sur la conséquence du Coronavirus dans les prisons, et d’autre part, sur la gestion de la crise sanitaire par les dirigeants du système carcéral.&nbsp;</p>



<p>Les processus d’insurrection et de répression y sont particulièrement bien décrits dans un article daté du 9 Mars<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_4031_10('footnote_plugin_reference_4031_10_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_4031_10('footnote_plugin_reference_4031_10_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_4031_10_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_4031_10_2" class="footnote_tooltip">«&nbsp;EMEUTE ET MASSACRE À LA PRISON DE MODÈNE – SUITE AUX MESURES DE CONFINEMENT LIÉES AU COVID-19&nbsp;», <em>L’Envolée</em>, <a href="https://lenvolee.net/emeute-et-massacre-a-la-prison-de-modene-suite-aux-mesures-de-confinement-liees-au-covid-19/"><span class="footnote_url_wrap">https://lenvolee.net/emeute-et-massacre-a-la-prison-de-modene-suite-aux-mesures-de-confinement-liees-au-covid-19/</span></a>.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_4031_10_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_4031_10_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> sur les faits qui se sont déroulés à la prison de Sant ’Anna à Modène. Les foyers de contamination se développant excessivement rapidement en raison des conditions de détention infâmes, des mesures «&nbsp;d’urgence sanitaire&nbsp;» sont prises à l’encontre des détenus. Les prisonniers sont plus reclus que jamais&nbsp;: les parloirs sont supprimés et les téléphones confisqués. L’Etat semble avoir pris une série de dispositions pour rendre impossible la diffusion de toute information alternative à sa propre parole quant à sa gestion ignoble des aspirations des prisonniers.&nbsp;</p>



<p>Ainsi des barricades au début de l’après-midi du dimanche 8 mars sont dressées dans la prison, les dernières ne seront démantelées que le soir après 21h.&nbsp;</p>



<p>Dès les premiers tumultes, ce sont les GOM qui sont appelés à agir (des régiments italiens en tenues commandos qui effectuent la même besogne que les ERIS en France, à savoir des forces de répression propre aux prisons). Malgré toutes les sommations, les barricades tiennent bon.&nbsp;</p>



<p>Les familles, des militant•es et des personnes issues de la population de Modène se regroupent progressivement devant la prison. Les fumés attirent une partie de ces personnes qui étaient confinées jusqu’à présent. La Directrice de la prison de Sant’ Anna fait une première annonce informant que les portables ont été remis aux prisonniers et que les proches peuvent les contacter.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="857f70" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #857f70;" loading="lazy" decoding="async" width="900" height="576" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/04/91913817_697248141108148_692665138355896320_n.jpg" alt="" class="wp-image-4036 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/04/91913817_697248141108148_692665138355896320_n.jpg 900w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/04/91913817_697248141108148_692665138355896320_n-300x192.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/04/91913817_697248141108148_692665138355896320_n-768x492.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px" /></figure>



<p>Les prochaines heures seront des scènes de «&nbsp;guerre&nbsp;» auxquelles seront confrontés les témoins de cette lutte. Ils assistent à l’extraction de trois morts dans des sacs (tous détenus) et aux transferts de 84 prisonniers dans six prisons éloignées.&nbsp;</p>



<p>12 jours plus tard, le 21 Mars 2020, l’Envolée publie un nouvel article<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_4031_10('footnote_plugin_reference_4031_10_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_4031_10('footnote_plugin_reference_4031_10_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_4031_10_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_4031_10_3" class="footnote_tooltip">«&nbsp;DANS LES PRISONS ITALIENNES : 14 MORTS ET 3 000 LIBÉRATIONS ANNONCÉES&nbsp;»,&nbsp; <em>L’Envolée</em>, <a href="https://lenvolee.net/14-morts-dans-les-revoltes-3-000-liberations-annoncees-des-nouvelles-de-la-situation-en-italie/"><span class="footnote_url_wrap">https://lenvolee.net/14-morts-dans-les-revoltes-3-000-liberations-annoncees-des-nouvelles-de-la-situation-en-italie/</span></a>.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_4031_10_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_4031_10_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> sur la situation des prisons en Italie. On y comprend que des libérations sont en cours, et ce après de nombreuses tractations entre assassins de l’humanité. Ce n’est pas parce que certains seraient devenus humanistes en période de crise sanitaire que de si maigres victoires ont été obtenues. C’est grâce à la confrontation physique des prisonniers envers l’Etat et ses différentes forces de répression qu’un objectif politique a pu émerger&nbsp;: la lutte contre le confinement forcé.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">La lutte contre les mesures de confinement dans les prisons françaises n’a rien de virtuelle</h3>



<p>Quelques soient les luttes dans lesquelles on intervient, on sait à quel point les classes dirigeantes ne cessent de mentir, non pour comploter, mais pour défendre la paix sociale ou l’unité nationale en temps de crise. Afin de rétablir la vérité sur la situation des prisons françaises, <a href="http://lenvolee.net/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’Envolée</a> a diffusé tant des appels, des revendications, des courriers des prisonniers lors des émeutes que des analyses plus globales.&nbsp;</p>



<p>Dès le lendemain du discours de Macron, des mesures comparables à celles citées dans le contexte italien sont prises dans les prisons françaises.&nbsp;</p>



<p><a rel="noreferrer noopener" href="http://lenvolee.net/" target="_blank">L’Envolée</a> les décrit par différents contacts établis dans les prisons françaises&nbsp;: suppression des parloirs, restriction des accès aux salles sportives, etc. À aucun moment, les mardi 17 et mercredi  18 mars, le gouvernement et Madame Belloubet n’envisagaient de libération massive. Ces mesures accompagnées de la mort d’un détenu de Fresnes déclenchent d&rsquo;émeutes dans 15 prisons différentes. Si l’absence d’organisation traditionnelle pouvait laisser croire à de la pure spontanéité face au risque de contamination du virus, il n’en est pas exactement ainsi. En effet, l’Envolée publie ce genre de communiqué, dont plusieurs similaires circuleront en la journée du 18 mars<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_4031_10('footnote_plugin_reference_4031_10_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_4031_10('footnote_plugin_reference_4031_10_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_4031_10_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_4031_10_4" class="footnote_tooltip">«&nbsp;IL FAUT QU’ON BLOQUE EN PROMENADE! » MESSAGES DE PRISONNIERS DE FRANCE EN RÉACTION AU CONFINEMENT DES PRISONS&nbsp;», <em>L’Envolée, <a href="https://lenvolee.net/il-faut-quon-bloque-en-promenade-messages-de-prisonniers-de-france-en-reaction-au-confinement-des-prisons/"><span class="footnote_url_wrap">https://lenvolee.net/il-faut-quon-bloque-en-promenade-messages-de-prisonniers-de-france-en-reaction-au-confinement-des-prisons/</span></a></em>.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_4031_10_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_4031_10_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong><em>Message à tous les prisonniers de France</em></strong></p><p><em>Demain il faut que l’on descende tous en promenade et que l’on bloque. Si toutes les prisons bloquent en même temps, ils seront obligés de faire quelque chose, ils peuvent transférer personne et ils ne peuvent pas pénétrer dans l’établissement par peur.</em></p><p><em>Le virus se propage, déjà que nous sommes incarcérés, ils nous coupent les parloirs, ce n’est pas possible et inacceptable donc montrons-leur notre mécontentement.</em></p><p><em>Soyons solidaires car si ce n’est pas nous qui faisons quelque chose, eux ne feront rien pour nous. À la télé, ils n’ont même pas parlé de nous&nbsp;; pour eux, nous ne sommes même pas des citoyens mais quand il s’agit de voter, ils nous envoient les papiers en cellule.</em></p></blockquote>



<p><em></em>Ce travail d’implantation mené depuis des décennies par l’Envolée permet aujourd’hui de comprendre les dynamiques les plus trashs qui semblent dominer les classes dirigeantes si on regarde leurs exactions dans les milieux où les moyens de coercition de l’Etat sont les plus systématisés. Les textes publiés sur l’Envolée permettent également de comprendre que, pour améliorer les conditions sanitaires, seules l’action collective et la confrontation à l’Etat d’Urgence actuel sont des stratégies empiriquement crédibles.</p>



<p>À l’heure où toute la gauche se félicite de 5000 libérations, nous ne pardonnerons rien et nous ne prendrons pas le risque d’oublier toute la politique carcérale menée depuis dix ans.&nbsp;</p>



<p>Avec les luttes des prisonniers dès que l’on peut, contre l’Etat toujours&nbsp;!</p>



<h5 class="wp-block-heading">Gaël B.</h5>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_4031_10();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_4031_10();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_4031_10">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_4031_10" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_4031_10_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_4031_10('footnote_plugin_tooltip_4031_10_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">« Qui sommes-nous ? », <em>L’Envolée, <a href="https://lenvolee.net/qui-sommes-nous/"><span class="footnote_url_wrap">https://lenvolee.net/qui-sommes-nous/</span></a></em></em>.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_4031_10_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_4031_10('footnote_plugin_tooltip_4031_10_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">«&nbsp;EMEUTE ET MASSACRE À LA PRISON DE MODÈNE – SUITE AUX MESURES DE CONFINEMENT LIÉES AU COVID-19&nbsp;», <em>L’Envolée</em>, <a href="https://lenvolee.net/emeute-et-massacre-a-la-prison-de-modene-suite-aux-mesures-de-confinement-liees-au-covid-19/"><span class="footnote_url_wrap">https://lenvolee.net/emeute-et-massacre-a-la-prison-de-modene-suite-aux-mesures-de-confinement-liees-au-covid-19/</span></a>.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_4031_10_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_4031_10('footnote_plugin_tooltip_4031_10_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text">«&nbsp;DANS LES PRISONS ITALIENNES : 14 MORTS ET 3 000 LIBÉRATIONS ANNONCÉES&nbsp;»,&nbsp; <em>L’Envolée</em>, <a href="https://lenvolee.net/14-morts-dans-les-revoltes-3-000-liberations-annoncees-des-nouvelles-de-la-situation-en-italie/"><span class="footnote_url_wrap">https://lenvolee.net/14-morts-dans-les-revoltes-3-000-liberations-annoncees-des-nouvelles-de-la-situation-en-italie/</span></a>.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_4031_10_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_4031_10('footnote_plugin_tooltip_4031_10_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text">«&nbsp;IL FAUT QU’ON BLOQUE EN PROMENADE! » MESSAGES DE PRISONNIERS DE FRANCE EN RÉACTION AU CONFINEMENT DES PRISONS&nbsp;», <em>L’Envolée, <a href="https://lenvolee.net/il-faut-quon-bloque-en-promenade-messages-de-prisonniers-de-france-en-reaction-au-confinement-des-prisons/"><span class="footnote_url_wrap">https://lenvolee.net/il-faut-quon-bloque-en-promenade-messages-de-prisonniers-de-france-en-reaction-au-confinement-des-prisons/</span></a></em>.</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_4031_10() { jQuery('#footnote_references_container_4031_10').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_4031_10').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_4031_10() { jQuery('#footnote_references_container_4031_10').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_4031_10').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_4031_10() { if (jQuery('#footnote_references_container_4031_10').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_4031_10(); } else { footnote_collapse_reference_container_4031_10(); } } function footnote_moveToReference_4031_10(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_4031_10(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_4031_10(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_4031_10(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/lenvolee-finale/">L’Envolée finale</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Révoltes et luttes pour la liberté dans les CRA &#8211; Actualisé au 22 mars</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/revoltes-et-luttes-pour-la-liberte-dans-les-cra-actualise-au-22-mars/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Gabo]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Mar 2020 14:47:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Petite bibliothèque A2C]]></category>
		<category><![CDATA[Coronavirus]]></category>
		<category><![CDATA[CRA]]></category>
		<category><![CDATA[Prison]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=3888</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Nous publions ci-dessous un texte du collectif «&#160;À Bas les CRA&#160;». Si les militant•e•s d’A2C ne sont pas directement impliqué•e•s dans ce collectif, œuvrant depuis 2 ans à la diffusion des luttes de Sans Papier <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/revoltes-et-luttes-pour-la-liberte-dans-les-cra-actualise-au-22-mars/" title="Révoltes et luttes pour la liberté dans les CRA &#8211; Actualisé au 22 mars">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/revoltes-et-luttes-pour-la-liberte-dans-les-cra-actualise-au-22-mars/">Révoltes et luttes pour la liberté dans les CRA &#8211; Actualisé au 22 mars</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<pre class="wp-block-preformatted"><em>Nous publions ci-dessous <a href="https://abaslescra.noblogs.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)">un texte du collectif «&nbsp;À Bas les CRA&nbsp;»</a>. Si les militant•e•s d’A2C ne sont pas directement impliqué•e•s dans ce collectif, œuvrant depuis 2 ans à la diffusion des luttes de Sans Papier au sein des Centres de Rétention Administratif, nous avons, à de nombreuses reprises, marché, lutté et construit ensemble.</em>

<em>Alors, afin de lutter contre la politique de la rumeur, car plus que jamais, nous faisons confiance aux activistes, et à nos camarades de front et de cœur,&nbsp; et enfin car nous soutiendrons les luttes et les flammes contre les frontières par tous les moyens possibles et nécessaires, nous relayons ici de précises informations issues de différents échanges avec les camarades enfermé•e•s en Centre de Rétention Administratif. &nbsp;</em></pre>



<p><em>N’importe qui peut discuter avec les prisonnier-e-s en CRA en appelant les cabines. En ce moment encore plus que d’habitude, vous pouvez appeler les cabines des CRA pour témoigner de votre solidarité. Si vous ne l’avez jamais fait et que vous vous demandez quoi dire, voilà quelques idées:&nbsp;</em><a href="https://abaslescra.noblogs.org/appeler-les-retenu-e-s-numeros-des-cabines-en-cra/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)">Soutenir les retenu.e.s – Numéros et adresses des CR<em>A</em></a></p>



<hr class="wp-block-separator"/>



<h3 class="wp-block-heading">MISE A JOUR 22 MARS /</h3>



<p><strong><em>Alors que d’un côté certain·e·s retenu·e·s sont peu à peu libéré·e·s, les préfectures ne sont pas pour autant dans une politique de fermeture des&nbsp;CRA&nbsp;face aux risques de l’épidémie en cours.</em></strong></p>



<p>Si certains&nbsp;CRA&nbsp;libèrent assez rapidement sur ordonnance du&nbsp;JLD&nbsp;ou décision de la pref, dans d’autres centres,&nbsp;JLD&nbsp;et préfectures restent opposés aux mises en liberté (comme à Rennes, Coquelles ou Perpignan), et&nbsp;<strong>de nombreuses personnes sont encore enfermées sans savoir si elles seront ou non libérées dans les prochains jours…</strong>&nbsp;A Coquelles,&nbsp;CRA&nbsp;particulièrement sur peuplé au moment du début de l’épidémie, les demandes de mise en liberté déposées par&nbsp;FTDA&nbsp;ont été examinées par le&nbsp;JLD&nbsp;de Boulogne-sur-Mer. Les retenus du centre ont été progressivement libérés les 19, 20 et 21&nbsp;mars. A présent il ne reste plus que deux personnes au centre, lesquelles doivent passer au&nbsp;JLD&nbsp;aujourd’hui, 22&nbsp;mars, selon l’administration.”</p>



<p><strong>Ailleurs, beaucoup de&nbsp;CRA&nbsp;sont utilisés pour ré-enfermer les personnes qui sortent de taule.</strong>&nbsp;C’est le cas notamment du&nbsp;CRA&nbsp;de&nbsp;<strong>Bordeaux</strong>&nbsp;qui a été annoncé vide mais que la préfecture à ré-ouvert dans les heures suivantes pour y transférer d’ancien·e·s détenu·e·s.<br>Au&nbsp;CRA&nbsp;de&nbsp;<strong>Metz</strong>&nbsp;la situation est similaire. A la prison pour étranger.e.s de&nbsp;<strong>Marseille</strong>, la rumeur de la fermeture du centre de rétention a tourné toute la semaine&nbsp;: c’était pour samedi, puis pour lundi… Les dernières infos semblent plutôt dire le contraire&nbsp;: il ne va pas fermer et des personnes continuent à y être enfermées. Si la plupart des prisonniers ont été libérés, certains y sont encore enfermés aujourd’hui. Ces derniers jours, de nouveaux prisonniers sont arrivés, tous sortants des différentes prisons de la région&nbsp;: Luynes, à Aix, ou la Farlède à Toulon, par exemple.<br>Les deux derniers retenus du&nbsp;CRA&nbsp;de Coquelles y ont également été transférés à l’issue de leur peine de prison.</p>



<p><a href="https://abaslescra.noblogs.org/greve-de-la-faim-en-cours-a-la-prison-de-palaiseau/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)"><strong>Les aller-retours&nbsp;CRA-prison-CRA&nbsp;étaient déjà bien connus</strong></a><strong>&nbsp;mais aujourd’hui cela parait quasi systématique pour les personnes qui sortent de taule.</strong>&nbsp;Si certaines y restent quelques jours avant de sortir libres, d’autres, pas forcément suite à de plus longues peines, y restent prisonnières ou bien sortent avec des assignations à résidence strictes (pointage quotidien). En effet le gouvernement&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2020/3/19/2020-279/jo/texte" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)">a modifié par décret</a>&nbsp;le premier décret du 16&nbsp;mars qui réglementait les permissions de sortir de chez soi, réaffirmant que les personnes assignées à résidence devaient continuer de pointer même pendant cette période de confinement.</p>



<p><a rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://abaslescra.noblogs.org/files/2020/01/affiche-greve-oissel-janvier-2020-avec-chapo.pdf" target="_blank">En finir avec la bouffe et l’hygiène dégueulasses</a>&nbsp;ainsi que&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://abaslescra.noblogs.org/tag/refus-de-soins/" target="_blank">le mépris des médecins et les refus de soins</a>&nbsp;sont des revendications constamment portées par les retenu·e·s en lutte, bien avant la crise du Covid-19. Actuellement, la situation empire davantage et les retenu·e·s dénoncent les conditions sanitaires alors que dans certains&nbsp;CRA&nbsp;le nettoyage n’est plus fait et la qualité des repas reste toujours épouvantable (dans certains&nbsp;CRA, la nourriture chaude n’était plus autorisée mais seulement des repas froids servis par les flics). L’absence de l’OFII&nbsp;rend impossible l’achat de cartes sim, de cigarettes, etc.<strong>&nbsp;L’arrêt des visites prive également les retenu·e·s des soutiens affectif et matériel de leurs proches. Les prisonnièr·e·s qui restent enfermé·e·s sont encore plus isolé·e·s par la situation actuelle&nbsp;:&nbsp;<em>«&nbsp;On n’est plus nombreux du tout, donc avec les keufs c’est encore pire.&nbsp;»</em></strong></p>



<p><a rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://abaslescra.noblogs.org/ils-ont-endormis-tout-le-monde-en-disant-que-le-cra-etait-ferme-temoignage-dun-prisonnier-du-cra-de-bordeaux-toujours-ouvert/" target="_blank">Les prisonnièr·e·s se révoltent aussi face à la situation toujours plus exécrable des soins dûe à l’absence des médecins</a>. En effet, dans certains&nbsp;CRA&nbsp;les médecins ne se déplacent plus et l’équipe médicale est réduite à une pharmacie qui distribue quelques médicaments, voire est complètement absente.&nbsp;<strong>Pire, les retenu·e·s qui signalaient des symptômes similaires à ceux du covid-19 ont été placés à l’isolement dans plusieurs&nbsp;CRA. Ielles sont dès lors doublement enfermé·e·s au lieu d’être pris en charge par l’équipe médicale.</strong>&nbsp;Leurs co-retenu·e·s n’ont pas eu non plus de visite médicale. Les flics quant à eux, entrent et sortent du&nbsp;CRA&nbsp;sans aucun contrôle de leur température, ni aucune autre précaution.</p>



<p>Les prisonnièr·e·s dénoncent la coupure brutale de leur traitements médicaux ou encore le mépris des médecins face à des situations de danger et bien sur l’absence totale de mesures en lien avec l’épidémie.<strong>&nbsp;Tou·te·s réclament une libération immédiate de tou·te·s les retenu·e·s&nbsp;</strong>! Pour appuyer des revendications, les luttes continuent, à la fois des luttes individuelles, (un incendie de cellule a eu lieu au&nbsp;CRA&nbsp;de Perpignan le 20&nbsp;mars), mais aussi collectives. Au&nbsp;CRA&nbsp;de Vincennes ou il reste encore une trentaine de prisonniers dans chacun des deux bâtiments (<a href="https://abaslescra.noblogs.org/le-cra-de-vincennes-brule/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)">un 3<sup>e</sup>bâtiment avait été rendu inutilisable par l’incendie du 4&nbsp;février</a>)<strong>&nbsp;une grève commune aux retenus des deux bâtiments est en cours en ce moment.</strong>&nbsp;Elle a été initiée par les prisonniers du bâtiment 1 samedi soir (21&nbsp;mars) puis suivie aujourd’hui par les retenus du bâtiment 2B.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Voici plusieurs communiqués et témoignages écrits par des retenus de plusieurs&nbsp;CRA&nbsp;partout en France, à faire circuler au max<strong>&nbsp;!</strong></h5>



<p><a href="https://abaslescra.noblogs.org/depuis-jattends-quils-me-disent-temoignage-de-prisonniers-du-cra-de-marseille/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)">Témoignage de retenus du&nbsp;CRA&nbsp;de Marseille le 21&nbsp;mars</a></p>



<p><a href="https://abaslescra.noblogs.org/ils-nous-disent-vous-vous-avez-fait-de-la-prison-on-refuse-de-vous-liberer-temoignage-de-prisonniers-de-lille-lesquin/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)">Témoignages de prisonniers du&nbsp;CRA&nbsp;de Lille-Lesquin le 21&nbsp;mars</a></p>



<p><a href="https://abaslescra.noblogs.org/il-reste-des-gens-et-tous-ils-viennent-de-prison-des-nouvelles-de-la-situation-a-la-prison-de-oissel/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)">Témoignages de prisonniers du&nbsp;CRA&nbsp;de Oissel le 21&nbsp;mars</a></p>



<p><a href="https://abaslescra.noblogs.org/ils-ont-endormis-tout-le-monde-en-disant-que-le-cra-etait-ferme-temoignage-dun-prisonnier-du-cra-de-bordeaux-toujours-ouvert/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)">Témoignages d’un retenu du&nbsp;CRA&nbsp;de Bordeaux le 20&nbsp;mars</a></p>



<p>À Rome et à Madrid&nbsp;:&nbsp;<a href="https://abaslescra.noblogs.org/madrid-et-rome-communique-et-mise-a-jour-sur-les-cie-cpr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)">Communiqué et mise à jour sur les&nbsp;CIE/CPR</a></p>



<hr class="wp-block-separator"/>



<h3 class="wp-block-heading">La situation dans plusieurs CRA en France<strong><br>à l’époque du coronavirus</strong></h3>



<p>Alors que la gestion de l’urgence de l’épidémie de coronavirus s’étend partout en France, avec l’imposition du confinement et les contrôles de police dans les rues, à l’intérieur des lieux d’enfermement la violence et la répression de l’État se font de plus en plus dures. Et&nbsp;<strong>c’est les plus précaires qui seront le plus touché:&nbsp;celleux qui sont à la rue et/ou qui n’ont pas de papiers</strong>.</p>



<p>Dans les prisons et dans les centres de rétention administrative&nbsp;<strong>interdiction des parloirs et toute autre activité collective, les mesures sanitaires prisent sont ridicules, et il n’y&nbsp; aucune information donnée aux personnes enfermées.&nbsp;</strong>Tout ça alors même que depuis la diffusion massive du Covid-19,&nbsp;<strong>plusieurs pays ont fermé&nbsp;leurs frontières aux avions venus de France</strong>, empêchant les déportations, et laissant comme seule fonction au CRA d’être des prisons.</p>



<p>Dans les tribunaux, alors que la plupart des audiences a été annulées et plusieurs la majorité des avocat.e.s arrêtent de s’y rendre,<strong>&nbsp;les JLD et les comparutions immédiates continuent d’avoir lieux</strong>, la preuve que les rêves d’enfermement de l’État vont bien au-delà du confinement pour contenir le virus.</p>



<p>Certaines associations humanitaires qui travaillent dans les centres (Cimade, Assfam, France Terre d’Asile, Forum Réfugiée, l’Ordre de Malte) ont arrêté de venir dans les CRA. Les personnels de nettoyage ne sont plus dans les centres, et dans plein de bâtiments y a plus de savons disponibles pour les prisonnier.e.s. Dans la plupart des centres de rétention y a plus ou quasiment plus l’OFII<em>&nbsp;(Office français de l’immigration et de l’intégration)</em>&nbsp;donc plus d’achat de clopes ou du crédit pour téléphone.&nbsp;<strong>L’infirmerie et les médecins continuent de mépriser les prisonnièr.e.s retenu.es,</strong>&nbsp;les flics se tiennent à des mètres de distance d’eux, alors qu’on sait bien que les seuls qui sortent du centre et qui peuvent ramener le virus à l’intérieur c’est bien les flics…</p>



<p>Face à tout ça les prisonnier.e.s n’arrêtent pas de lutter et résister&nbsp;par plein de moyens différents.&nbsp;<strong>Le dimanche 15 puis le lundi 16 mars, à&nbsp;Vincennes, Mesnil-Amelot, Lyon, et Lille-Lesquin les prisonnier.es se mettent en grève de le faim</strong>. Dans certains centres il y a aussi eu des départs de feu, des évasions collectives, des blocages et du bordel en tous genres (comme à&nbsp;<strong>Metz</strong>).</p>



<p>Iels dénoncent le manque d’hygiène, pas de masques ni de gants pour les flics ni pour elleux, la violence de la part de la police et le mépris des médecins. Iels demandent la libération de tout le monde.</p>



<hr class="wp-block-separator"/>



<p class="has-text-align-center"><em>Voici plusieurs communiqués et témoignages publiés depuis le dimanche 15 mars, à faire circuler au max !</em></p>



<p><strong>Communiqué des prisonniers de Mesnil-Amelot :</strong><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;CRA2 : <a href="https://abaslescra.noblogs.org/de-toute-facon-le-resultat-pour-nous-cest-la-misere-communique-de-prisonnier-du-cra2-du-mesnil-amelot/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)">https://abaslescra.noblogs.org/de-toute-facon-le-resultat-pour-nous-cest-la-misere-communique-de-prisonnier-du-cra2-du-mesnil-amelot/<br></a>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;CRA3 :<a href="https://abaslescra.noblogs.org/vraiment-on-nous-a-oublie-ici-comminuque-de-greve-de-la-faim-des-retenus-mesnil-amelot/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)"> https://abaslescra.noblogs.org/vraiment-on-nous-a-oublie-ici-comminuque-de-greve-de-la-faim-des-retenus-mesnil-amelot/</a></p>



<p><strong>Communiqué des prisonniers du centre de rétention de Lille-Lesquin :</strong><br><a href="https://abaslescra.noblogs.org/on-prefere-mourir-de-faim-que-de-cette-merde-communique-des-prisonniers-du-centre-de-retention-de-lille-lesquin-du-15-mars/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)">https://abaslescra.noblogs.org/on-prefere-mourir-de-faim-que-de-cette-merde-communique-des-prisonniers-du-centre-de-retention-de-lille-lesquin-du-15-mars/</a></p>



<p><strong>Communiqué de prisonniers du CRA 1 de Vincennes le 16 mars :</strong><br><a href="https://abaslescra.noblogs.org/greve-de-la-faim-et-foutage-de-gueule-paroles-de-linterieur-du-cra-de-vincennes/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)">https://abaslescra.noblogs.org/greve-de-la-faim-et-foutage-de-gueule-paroles-de-linterieur-du-cra-de-vincennes/</a></p>



<p><strong>Témoignage d’un prisonnier de Lyon St Ex le 17 mars:</strong><br><a href="https://crametoncralyon.noblogs.org/temoignage-au-cra-de-lyon-st-ex-greve-de-la-faim-face-a-la-suppression-des-visites-et-des-audiences-et-la-crainte-des-prisonnier-es-face-au-coronavirus/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)">https://crametoncralyon.noblogs.org/temoignage-au-cra-de-lyon-st-ex-greve-de-la-faim-face-a-la-suppression-des-visites-et-des-audiences-et-la-crainte-des-prisonnier-es-face-au-coronavirus/</a></p>



<p><strong>Lettre collective de prisonniers du CRA de Vincennes le 19 mars :<br></strong><a href="https://abaslescra.noblogs.org/au-cra-de-vincennes-les-prisonniers-sont-encore-plus-isoles-et-encore-moins-en-securite/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)">https://abaslescra.noblogs.org/au-cra-de-vincennes-les-prisonniers-sont-encore-plus-isoles-et-encore-moins-en-securite/</a></p>



<p><strong>Témoignage d’un prisonnier du CRA de Bordeaux le 20 mars :<br></strong><a href="https://abaslescra.noblogs.org/ils-ont-endormis-tout-le-monde-en-disant-que-le-cra-etait-ferme-temoignage-dun-prisonnier-du-cra-de-bordeaux-toujours-ouvert/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)">https://abaslescra.noblogs.org/ils-ont-endormis-tout-le-monde-en-disant-que-le-cra-etait-ferme-temoignage-dun-prisonnier-du-cra-de-bordeaux-toujours-ouvert/</a></p>



<p><strong>Témoignage de deux prisonnier du CRA de Oissel du 20 mars 2020:&nbsp;</strong><a href="https://abaslescra.noblogs.org/il-reste-des-gens-et-tous-ils-viennent-de-prison-des-nouvelles-de-la-situation-a-la-prison-de-oissel/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)"><strong>https://abaslescra.noblogs.org/il-reste-des-gens-et-tous-ils-viennent-de-prison-des-nouvelles-de-la-situation-a-la-prison-de-oissel/</strong></a></p>



<hr class="wp-block-separator"/>



<p>Après la grande journée de luttes du 16 mars, ça reste très chaud.&nbsp;<strong>La bonne nouvelle est que pas mal de prisonniers-ères ont été libéré.e.s depuis mardi dans plusieurs centres.&nbsp;</strong>Notamment les personnes qui passent devant le-la juge, celles qui ont pu payer un.e. avocat.e, et celles qui sont en contact avec les associations qui bossent dans les centres et qui ont demandé la mise en liberté des prisonniers-ères. Mais&nbsp;<strong>les autres prisonniers-ères restent enfermée dans des conditions qui étaient dégueulasses bien avant le virus</strong>, et comme si la situation n’était déjà pas assez grave,&nbsp;<strong>les keufs continuent de provoquer les prisonniers-ères, font circuler des rumeurs, font péter des câbles.</strong></p>



<p>Les keufs ont fait beaucoup tourner des rumeurs de libérations de tous les prisonniers a&nbsp;<strong>Vincennes</strong>&nbsp;(et dans d’autres cra) ce lundi avant d’arrêter d’en parler. De ce que disent les prisonniers du CRA1 de Vincennes, il reste encore une trentaine de personnes enfermées là bas. Alors que dans certains centres il y a des libérations, d’autres continuent d’expulser vers les quelques destinations ou il y a encore des vols, voire même d’enfermer de nouvelles personnes : au&nbsp;<strong>Mesnil-Amelot</strong>&nbsp;le 16 et le 17 mars encore, au matin, des nouvelles personnes sont arrivées au centre. Apparemment, ce sont surtout de personnes qui sortent de taule et sont envoyées directement au CRA. Ainsi la peine pour les sans-pap est prolongée de trois mois de plus, et avec le risque de choper le virus en plus !</p>



<p>À&nbsp;<strong>Bordeaux</strong>&nbsp;une action collective au tribunal a permis la libération de tous les retenus du CRA, de même pour les CRA de&nbsp;<strong>Nîmes</strong>&nbsp;et&nbsp;<strong>Montpellier</strong>&nbsp;qui sont en cours de se vider ! A&nbsp;<strong>Toulouse</strong>&nbsp;une action du même genre serait en cours pour les 62 prisonnier.e.s. A&nbsp;<strong>Rennes</strong>, toutes les demandes de remises en liberté ont été refusées ce mercredi 18 mars. À&nbsp;<strong>Palaiseau, Strasbourg, Hendaye, Oissel, Plaisir</strong>&nbsp;les gens commencent à sortir, vu qu’avec la fermeture des frontières iels peuvent pas être déporté.e.s. Dans certains CRA, à Hendaye comme à Strasbourg, des personnes ont été transférées d’un centre à l’autre.</p>



<p>Dans d’autres centres la situation reste tendue, à&nbsp;<strong>Calais</strong>&nbsp;l’administration&nbsp;&nbsp;du centre est contre les libérations, soi-disant pour protéger les personnes et pour éviter que les retenus une fois sortis s’échappent en Angleterre ou en Belgique. Quelques personnes ont été libérées entre le mardi 17 mars et le mercredi 18 mais il reste beaucoup de prisonnier.e.s à l’intérieur. Des rafles ont eu lieu le weekend dernier, des personnes sur place disent que c’est l’hallu totale, le CRA est surpeuplé, des matelas sont mis par terre dans les cellules, 2 algériens ont été déportés vers l’Algérie et un congolais vers la République du Congo. L’administration bloque l’accès aux dossier et refuse de communiquer la liste des personnes présentes et les arrêtés. Le tribunal libère au compte-goutte …</p>



<hr class="wp-block-separator"/>



<p>Au-delà des CRA, dans les prisons aussi des résistances et des luttes démarrent, depuis l’interdiction des parloirs et des activités collectives les prisonniers ont bougé dans seize taules partout en France,&nbsp;<strong>à Metz Epinal, Grasse Perpignan, La Santé, Angers, Nancy, Varennes le grand, Montauban, Aiton, Sequedin, Maubeuge, Douai, Valence, Saint-Etienne, Toulon</strong>. Le matin de mercredi 18 un prisonnier malade testé positif au coronavirus est mort à la prison de l<strong>a Santé</strong>, tandis que les syndicats de police penitentiaire invitent les familles à calmer leur proches enfermé.e.s.</p>



<p>Plus d’infos sur la situation dans les taules ici :<br><a href="http://lenvolee.net/le-covid-19-en-taule/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)"><em>Covid-19 : la prison dans la prison – video</em></a></p>



<hr class="wp-block-separator"/>



<p class="has-text-align-center"><strong><em>Les&nbsp;révoltes&nbsp;et&nbsp;les&nbsp;luttes&nbsp;des&nbsp;prisonnier.e.s&nbsp;nous&nbsp;indiquent&nbsp;les</em></strong><br><strong><em>responsabilités de l’État dans la crise actuelle.</em></strong></p>



<p class="has-text-align-center"><strong><em>La seule solution:</em></strong><br><strong><em>libération immédiate de toutes et tous les prisonniers-ères, fermeture et disparition des CRA maintenant !</em></strong></p>



<p class="has-text-align-center"><em>Plus que jamais, il est important d’appeler les cabines (les numéros&nbsp;</em><a href="https://abaslescra.noblogs.org/numeros-des-cra-cabines-et-associations-mis-a-jour/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)"><em>ici</em></a><em>), de relayer&nbsp;la parole des prisonniers et ce qui se passe à l’intérieur, et de&nbsp;montrer la solidarité depuis l’extérieur !!</em></p>



<hr class="wp-block-separator"/>



<h5 class="wp-block-heading">source : <a href="https://abaslescra.noblogs.org/1775-2/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label=" (s’ouvre dans un nouvel onglet)">https://abaslescra.noblogs.org/1775-2/</a></h5>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/petite-bibliotheque-a2c/revoltes-et-luttes-pour-la-liberte-dans-les-cra-actualise-au-22-mars/">Révoltes et luttes pour la liberté dans les CRA &#8211; Actualisé au 22 mars</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
