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	<title>Archives des Montreuil - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<title>Archives des Montreuil - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Comités Palestine : construire la solidarité face à une répression sans précédent</title>
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		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Aude]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Feb 2024 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[EHESS]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Face au génocide en cours à Gaza, des collectifs de solidarité avec le peuple palestinien se sont constitués un peu partout sur le territoire, dans un contexte de répression tant physique (interdiction de manifestations, arrestation&#8230;) <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/comites-palestine-construire-la-solidarite-face-a-une-repression-sans-precedent/" title="Comités Palestine : construire la solidarité face à une répression sans précédent">[...]</a></div>
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<p style="font-style:normal;font-weight:600">Face au génocide en cours à Gaza, des collectifs de solidarité avec le peuple palestinien se sont constitués un peu partout sur le territoire, dans un contexte de répression tant physique (interdiction de manifestations, arrestation&#8230;) qu’idéologique (accusation d’antisémitisme) hallucinant. Nous vous proposons un tour d’horizon des comités Palestine dans lesquels interviennent des camarades d’A2C.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #11 &#8211; JANVIER 2024</h6>



<h2 class="wp-block-heading">Une première phase du mouvement : de&nbsp;Marseille à Paris, manifester sa solidarité malgré les interdictions&nbsp;</h2>



<p class="has-drop-cap">En France, toute solidarité envers le peuple palestinien et sa lutte a été violemment réprimée. Les rassemblements ont été interdits, les manifestant·es ont été placé·es en garde-à-vue ou verbalisé·es. Un port de drapeau palestinien ou d’un keffieh justifiait un contrôle d’identité et une verbalisation. Le niveau de répression a entraîné une peur généralisée mais à Paris, notamment, la détermination des personnes à exprimer l’horreur que leur inspire le génocide en cours a permis que la solidarité avec Gaza s’exprime place de la République ou autour de Châtelet au mois d’octobre.</p>



<p>Cette détermination a poussé le tribunal administratif à finalement autoriser le rassemblement du jeudi 19&nbsp;octobre au moment où des manifestant·es commençaient à se rassembler malgré l’interdiction de la préfecture. Cette victoire à Paris a entraîné un changement dans le rapport de forces national, et la confiance des personnes à prendre la rue s’est démultipliée.</p>



<p>À Marseille, un groupe de jeunes et moins jeunes a initié les premières manifestations pour la Palestine et a continué à s’organiser malgré les intimidations. La CGT&nbsp;13 a annoncé une mobilisation le 22&nbsp;octobre, distincte du rassemblement organisé par le groupe. Malgré un important dispositif policier le jour du rassemblement, nous avons réussi à nous regrouper. Une personne a été contrôlée à cause de son keffieh et une autre à cause d’un drapeau palestinien. La tension montait. Un groupe de femmes a pris l’initiative d’assumer le rassemblement et a crié <em>« Libérez Gaza »</em>, le galvanisant. Nous avons réalisé alors que nous étions plus nombreux·ses que prévu, et avons commencé à manifester, avec des milliers de personnes clamant des slogans. Les manifestant·es étaient principalement des personnes en dehors des milieux militants traditionnels. Le groupe à l’initiative de ce premier rassemblement massif après des semaines de répression a ensuite constitué le noyau du collectif Urgence Palestine Marseille.</p>



<p>À Montreuil, après le 7&nbsp;octobre, malgré des appels publics à se réunir, nous étions peu à nous regrouper pour soutenir sans condition la résistance palestinienne. Mais malgré les interdictions et leurs conséquences sur les organisations de gauche, nous avons constaté une réelle audience au sein de notre classe : les collages ou les diffusions des appels à manifester donnaient lieu à un réel enthousiasme auprès des classes populaires de Montreuil.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sur les facs : des mobilisations dans un&nbsp;contexte de terreur idéologique</h2>



<p>Le comité pour la Palestine Condorcet &#8211; École des hautes études de sciences sociales à Paris est né après que le syndicat Solidaires de l’école a publié un communiqué de soutien à la résistance palestinienne le 8&nbsp;octobre. Ce communiqué a donné lieu à de vifs échanges entres les enseignant·es chercheur·euses, la majorité condamnant à la fois le communiqué et la chercheuse l’ayant relayé sur la liste mail, jusqu’à remettre en cause la scientificité de son travail universitaire et pousser dans le sens d’une convocation devant la commission disciplinaire de son laboratoire. Le syndicat Solidaires quant à lui s’est retrouvé attaqué et isolé. L’intersyndicale de l’école se fait aujourd’hui sans Solidaires EHESS, les autres syndicats ayant rompu les liens.</p>



<p>Le comité s’est structuré en trois groupes de travail : communication, événements et actions. Le groupe Événements a organisé des projections de films et des débats sur la Palestine à l’EHESS. Le groupe Actions a mené diverses initiatives, comme un lâcher de banderoles, des rassemblements avec des fumigènes, des boycotts, l’envahissement de séminaires et la création d’un journal du comité.</p>



<p>Le comité a fonctionné grâce à un noyau dur de membres déjà militant·es, avec un turn over important. Et des difficultés à fédérer. La majorité des échanges lors des assemblées générales concernaient les actions à mener, l’organisation interne du collectif et la répartition des tâches. Lors d’une assemblée générale, des membres du Collectif de Sans-Papiers d’Aubervilliers ont souligné la nécessité de faire un lien avec la lutte contre la loi Darmanin. Cette proposition a été soutenue par vote, mais en pratique, à part la formation d’un cortège le 18&nbsp;novembre, il y avait des réticences, principalement dues à la peur d’un éparpillement qui affaiblirait le comité.</p>



<p>Le 7&nbsp;octobre a eu de l’écho au sein des étudiant·es de l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Cet établissement public parisien d’enseignement de langues et civilisations a un rapport double à la colonisation. Le passé de l’Institut en est imprégné : l’administration coloniale a longtemps recruté parmi ses étudiant·es. Et aujourd’hui, parmi ses 8 000 élèves, beaucoup sont issu·es de peuples colonisés.</p>



<p>Des appels à rejoindre les premiers rassemblements parisiens du jeudi soir ont circulé assez rapidement dans l’Inalco, fait réjouissant pour une fac peu connue pour ses mobilisations et dans laquelle il n’existe aucune organisation syndicale étudiante. La présidence de l’Inalco a rapidement rappelé à l’ordre les étudiant·es, menaçant de « lourdes sanctions » en cas d’apologie du terrorisme et d’incitation à la haine/violence. En appelant à « la retenue et la vigilance », elle s’est imaginée faire preuve de diplomatie ; elle a en réalité brillé par son soutien à l’ordre établi et donc au sionisme. L’absence totale de « retenue » lors de l’invasion russe en Ukraine consolide cette opinion tandis que les partenariats avec des universités israéliennes la confirment définitivement. Malgré cela, des étudiant·es ont commencé à s’organiser. Au début du mois de novembre, à l’appel d’Urgence Palestine (UP), une « AG des jeunes » animée par des étudiant·es palestinien·nes rassemble 350&nbsp;étudiant·es d’une douzaine de facs et lycées. Cette initiative, accompagnée d’un mot d’ordre : généraliser la création de comités locaux en universités, s’est faite entendre. Dans la semaine du 13&nbsp;novembre, un groupe WhatsApp est créé, « Comité Palestine Inalco », dont le nombre de membres croît de jour en jour.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="8e886a" data-has-transparency="false" fetchpriority="high" decoding="async" width="880" height="495" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr1-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8208 not-transparent" style="--dominant-color: #8e886a; width:393px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr1-jpg.webp 880w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr1-300x169.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr1-768x432.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr1-678x381.webp 678w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>
</div>


<p>Les positions exprimées sur ce groupe témoignent de l’envie d’action et du besoin de se rencontrer pour s’organiser. Les premières réunions, dans la semaine du 20, ont malheureusement eu une faible portée. De par l’envie d’agir (une journée d’action interfacs a d’ailleurs été prévue le 29&nbsp;novembre) mais la peur de la répression, le besoin de mobiliser plus de monde s’est imposé. Le premier objectif a donc été d’organiser une grande « AG pour la création d’un comité de soutien » la semaine suivante, qui a eu vocation de réunir un maximum d’étudiant·es pour concrétiser la création du comité. Pour ce faire, une page instagram est créée, 1 000 tracts sont imprimés et distribués en fin de semaine. Si ces initiatives sont portées par une minorité de personnes militantes, les autres étudiant·es se les approprient immédiatement. Ainsi, des sessions de tractages (première action « militante » pour beaucoup) sont organisées, parfois à l’improviste, et sont un prétexte à la rencontre et àLes positions exprimées sur ce groupe témoignent de l’envie d’action et du besoin de se rencontrer pour s’organiser. Les premières réunions, dans la semaine du 20, ont malheureusement eu une faible portée. De par l’envie d’agir (une journée d’action interfacs a d’ailleurs été prévue le 29&nbsp;novembre) mais la peur de la répression, le besoin de mobiliser plus de monde s’est imposé. Le premier objectif a donc été d’organiser une grande « AG pour la création d’un comité de soutien » la semaine suivante, qui a eu vocation de réunir un maximum d’étudiant·es pour concrétiser la création du comité. Pour ce faire, une page instagram est créée, 1 000 tracts sont imprimés et distribués en fin de semaine. Si ces initiatives sont portées par une minorité de personnes militantes, les autres étudiant·es se les approprient immédiatement. Ainsi, des sessions de tractages (première action « militante » pour beaucoup) sont organisées, parfois à l’improviste, et sont un prétexte à la rencontre et à la discussion. Le tract est par ailleurs très bien reçu par la majorité de la communauté étudiante et même par des professeur·es.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Inscrire la solidarité dans le temps&nbsp;</h2>



<p>À Rennes, le pic de participation aux rassemblements et aux manifestations a été atteint à la mi-novembre avec +/–&nbsp;2 000 personnes en manif et plus de 200 lors des rassemblements. Le samedi 16 décembre, nous étions entre 800 et 1 000&nbsp;personnes ; aux derniers rassemblements, entre 40 et 50.</p>



<p>Progressivement, le mouvement s’est essoufflé par lassitude d’un constant recommencement. La situation en Palestine s’étant installée dans le temps, une partie des participant·es se sont détourné·es des événements malgré beaucoup de tractage. En AG, il a été décidé d’organiser des rassemblements et des départs de manif dans les quartiers populaires, mais la préfecture refuse les demandes d’autorisation. La majorité de l’AG a préféré renoncer pour des raisons de sécurité.</p>



<p>Des événements sont régulièrement organisés. La plupart des formations et discussions sont généralistes mais correspondent bien au niveau des personnes présentes (surtout des étudiant·es, militant·es et personnes se sentant concernées par la tragédie actuelle en Palestine). Elles permettent de comprendre ce qu’est le sionisme et les enjeux impérialistes.</p>



<p>Sur Montreuil, une fois les manifestations autorisées, et l’épuration ethnique effective au sein de la bande de Gaza, les premiers efforts lors du début du mouvement ont permis fin octobre &#8211; début novembre de faire des assemblées publiques à plus de 50&nbsp;personnes. Nous retrouvions des collectifs comme l’Assemblée féministe, des cantines Gilets jaunes, la Cantine syrienne, des camarades de mouvements internationaliste ou transnationaux, des syndicalistes de la CGT ou de Solidaires mais aussi des camarades pour lesquels c’était une première expérience de construction de mobilisation au niveau local.&nbsp;</p>



<p>Nous sommes de moins en moins nombreux·ses. Cependant, en l’espace de deux mois, nous avons pu organiser 9&nbsp;départs collectifs aux manifs sur Paris, une déambulation, une réunion publique, une présence lors d’une Kermesse Antifasciste au niveau local, un réveillon de Noël et 3 actions Boycott Carrefour en lien avec la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions). Beaucoup de ces initiatives ont été appelées publiquement par des collages. En tout, plus de 2 000 affiches ont été collées.&nbsp;</p>



<p>C’est d’abord par le biais de ces collages que s’est posé concrètement le lien avec la mobilisation antiraciste contre la loi Darmanin. Nous avons en plus collé quelque 1 600 affiches pour appeler à la mobilisation du 18&nbsp;décembre. Ces collages étaient coordonnés avec ceux pour la Palestine. Ils sont le fruit de discussions au sein d’UP et du Collectif des sans-papiers de Montreuil (CSPM), qui ont permis une rencontre entre les deux collectifs.&nbsp;</p>



<p>Dans le 20<sup>e</sup>&nbsp;arrondissement de Paris, le collectif Urgence Palestine 20<sup>e</sup> s’est lancé assez tardivement avec une première réunion le 22&nbsp;novembre à l’initiative du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) 20<sup>e</sup>, en réponse à l’appel d’UP.</p>



<p>Depuis, il y a une réunion chaque semaine, avec une vingtaine de personnes. Plutôt des personnes militantes pour l’instant, de divers horizons (militant·es d’orgas politiques — NPA, Révolution Permanente, A2C), de collectifs de solidarité avec la Palestine (BDS, Association France Palestine solidarité, Union juive française pour la paix), de 20<sup>e</sup> Solidaire (collectif antiraciste, de solidarité avec les migrant·es), et de personnes rencontrées dans les AG interpros du 20<sup>e</sup> lors de la mobilisation contre la réforme des retraites.</p>



<p>Beaucoup de discussions ont émergé, pas forcément toutes réglées à ce stade : notamment sur les liens avec UP, mais également sur le rôle de notre collectif et de ses actions, avec un débat sous-jacent à propos de la responsabilité française sur la situation : selon l’importance accordée à l’impérialisme, la cible serait soit Israël (action de boycott), soit l’État français. La question du lien avec la loi Darmanin a été posée et elle n’a pas soulevé d’opposition.&nbsp;</p>



<p>Plusieurs actions ont été menées, comme des départs communs aux manifs (ratés, on était très peu), deux déambulations dans des quartiers du 20<sup>e</sup> (coller, tracter, rentrer chez les commerçant·es pour discuter, en étant un nombre significatif afin de donner de la visibilité au fait qu’il existe un collectif dans le quartier) avec un résultat très positif et un très bon accueil, une réunion publique (bilan assez positif, on était une cinquantaine et les discussions étaient assez constructives, 12 personnes ont laissé leurs coordonnées) et enfin des actions BDS, parfois en lien avec le collectif de Montreuil, bilan mitigé en termes de participation. Tout ceci a donné lieu à des diffusions de tracts aux sorties de métro ou sur des marchés.</p>



<p>On a pu constater que les réactions sont à l’image des manifs parisiennes : une partie de la population accueille de façon très favorable nos apparitions, mais ne nous rejoint pas pour autant (les personnes racisées des quartiers populaires), le noyau militant est plutôt présent (même si on n’est pas toujours d’accord sur les analyses), et le reste de la population est indifférente voire parfois hostile (pro-Israël). La clé est donc à la fois de fournir des arguments pour casser la solidarité d’une partie de la population à la politique de l’État français qui soutient Israël, et de s’organiser avec les personnes qui sont déjà solidaires avec les Palestinien·nes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Renforcer l’auto-organisation</h2>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img decoding="async" width="505" height="677" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr2.png" alt="" class="wp-image-8209" style="width:262px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr2.png 505w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr2-224x300.png 224w" sizes="(max-width: 505px) 100vw, 505px" /></figure>
</div>


<p>Malgré la dynamique nationale de solidarité au peuple palestinien, les capacités d’auto-organisation ont été maigres.</p>



<p>Par exemple à l’Inalco, pendant la semaine de préparation de la « grande AG », deux stratégies de mobilisation se sont affrontées au sein de la minorité militante qui portait la plupart des initiatives. Elles s’expliquent par deux conceptions radicalement différentes de l’organisation et du rôle du comité, qui se sont traduites par des priorités et des tactiques différentes.&nbsp;</p>



<p>À A2C, notre conception de l’organisation est qu’elle doit favoriser le mouvement. Une assemblée qui réunit toutes les forces militantes d’un lieu ou d’une lutte est le meilleur moyen de communiquer, de transmettre l’expérience des un·es et des autres, de débattre pour se convaincre de la direction à suivre pour gagner. Nous apprécions les dynamiques de création de comités locaux et de leur fédération dans le sens qu’elles peuvent renforcer les militant·es par le sentiment encourageant de s’inscrire dans un mouvement plus large et qu’elles sont une base à l’organisation d’actions communes. Cette conception suppose que le mouvement est la base vitale de l’organisation et que cette dernière, ayant vocation à l’aiguiller mais non à le diriger, ne peut s’en dissocier. Pas d’organisation sans mouvement. Notre intervention est allée dans le sens de cette conception : persuadé·es que c’est la lutte elle-même qui permettra le développement d’un comité. Nous voulions construire le comité par le bas, et le rassemblement de 60&nbsp;étudiant·es en AG après trois jours de diffusions et de discussions à la base légitime cette stratégie.&nbsp;</p>



<p>La deuxième conception de l’organisation est celle de bureaucrates : l’objectif de « s’organiser » est de renforcer une « inter-orga ». Dans les faits cela s’est traduit par un focus sur la technique (coller des stickers et faire un compte insta) et un rejet des débats politiques. Se mobiliser contre le génocide, mais sans relayer d’idéologies notamment anti-impérialiste, ne surtout pas apparaître « pro-Hamas ». Iels ont imposé leur non-ligne politique, négligeant le rôle des étudiant·es. Ce déni s’est manifesté par des pratiques autoritaires, comme l’expulsion de groupes de discussion. Avec une grosse majorité d’étudiant·es très peu militant·es, pour qui cette expérience était sans doute la première, ces comportements n’ont pas du tout aidé à construire un mouvement de lutte.</p>



<p>Cela nous amène à notre conclusion : iels ont tué le comité dans l’œuf, et aujourd’hui c’est juste un groupe whatsApp dirigé par une personne qui diffuse des informations sans réelles actions ni positionnement. C’est dommage car cela aurait également pu donner une impulsion pour d’autres mobilisations à l’Inalco.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mener les débats, politiser la paix&nbsp;</h2>



<p>La question palestinienne a toujours été particulièrement clivante jusqu’au sein de la gauche, venant distinguer la gauche qui pousse son antiracisme jusqu’au décolonialisme de celle qui se contente d’un antiracisme de surface.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="665e60" data-has-transparency="false" decoding="async" width="880" height="495" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr3-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8210 not-transparent" style="--dominant-color: #665e60; width:449px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr3-jpg.webp 880w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr3-300x169.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr3-768x432.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/02/A2C_RevueN11_ComitesPalestine_Illustr3-678x381.webp 678w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></figure>
</div>


<p>Le distance entre Urgence Palestine et les comités des facs a produit des mots d’ordre différents au sein des comités, celui de l’EHESS a fait le choix de suivre ceux d’UP lors de la première AG mais tous les comités n’ont pas fait ce choix, notamment ceux menés par Révolution Permanente (RP) pour qui le seul mot d’ordre « cessez-le-feu » revenait à un simple appel au calme et donc à un statu quo qui n’aurait pour autre finalité qu’un maintien de la colonisation. À l’inverse, l’argumentaire des comités axés sur le mot d’ordre « cessez-le-feu » se basait sur le fait que c’était la demande même de la résistance palestinienne et que le non appel au cessez-le-feu ne pouvait s’assurer d’être conséquent politiquement que par une prise des armes, or le conflit se déroule hors de nos frontières.</p>



<p>À Marseille, le refus pour certain·es de se limiter à l’appel à un cessez-le-feu était lié à l’envie de l’articuler à un discours sur les possibilités de la paix, qui ne peut advenir sans l’arrêt de la colonisation. Il semblait aussi nécessaire de dénoncer la solution à deux États que défend LFI, entre autres. Aussi, avec Urgence Palestine, soutenir un mouvement de libération nationale depuis un pays participant au génocide nous paraissait impossible sans dénoncer la complicité de la France vis-à-vis de l’État colonial d’Israël.</p>



<p class="has-text-align-center">Palestine Vivra Palestine Vaincra, pas comme (la loi) Darmanin.</p>



<p>Coordonné par Anouck Brunet (Marseille) et Ombeline Cornette (Paris) à partir des retours des militant·es d’A2C et de leurs camarades de lutte</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La campagne montreuilloise Antiracisme et Solidarité</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/la-campagne-montreuilloise-antiracisme-et-solidarite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Jun 2022 15:19:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Montreuil]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">« Il serait absurde de tirer à coups de revolver sur l’urne électorale. Mais il serait encore plus absurde de se défendre contre les bandes fascistes avec le bulletin de vote. » Léon Trotsky, Où va la <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/la-campagne-montreuilloise-antiracisme-et-solidarite/" title="La campagne montreuilloise Antiracisme et Solidarité">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-pullquote" style="border-radius:0px;font-size:11px"><blockquote><p><em>« Il serait absurde de tirer à coups de revolver sur l’urne électorale. Mais il serait encore plus absurde de se défendre contre les bandes fascistes avec le bulletin de vote. »</em> </p><cite>Léon Trotsky, <em>Où va la France ?</em>, 1935.</cite></blockquote></figure>



<h6 class="has-text-align-right has-background wp-block-heading" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #03 &#8211; MAI 2022</h6>



<p class="has-drop-cap">La gauche politique de Montreuil n’a pas usé des mêmes choix pendant la période électorale.</p>



<p>La majorité des forces de gauche s’est mobilisée pour faire de la campagne électorale un enjeu politique majeur en soutenant pas moins de six candidat·es différent·es. Nos forces ont ainsi été divisées sur des paris et des stratégies politiques différentes, basées sur nos croyances et nos histoires de luttes.</p>



<p>Les militant·es d’A2C Montreuil, convaincu·es du danger fasciste et de l’action par en bas contre le racisme, ont décidé d’argumenter auprès du Collectif des Sans-Papiers Montreuil (CSPM), des unions syndicales locales et auprès des activistes anticapitalistes de Montreuil Rebelle (MR), pour s’emparer et construire la Campagne Antiracisme et Solidarité (CMAS) localement.</p>



<p>Riche des précédentes expériences du collectif de soutien au CSPM pour la préparation de la Marche des sans-papiers et de l’acte 3 de la Marche des Solidarités (MDS), cette nouvelle organisation locale a débuté le 28 janvier 2022.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quelle base pour agir ?<br>Les « 5 de Montpellier » et Gollé Sylla</h2>



<p>En décembre 2021, le CSPM peine à sortir d’une crise lancinante qui dure depuis près d’un an mais, malgré une multitude de divisions, un élément structurant n’a jamais été abîmé : la solidarité intrinsèque de ses militant·es. C’est ce principe qui a permis d’impulser deux campagnes déterminantes pour la suite de la CMAS.</p>



<p>Les luttes menées en solidarité avec les « 5 de Montpellier » et Gollé Sylla ont permis au CSPM de retrouver confiance en ses forces d’action collective, en sa capacité d’organisation, et de gagner à nouveau une implantation parmi le mouvement social à Montreuil.</p>


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<figure class="alignleft size-large is-resized"><img data-dominant-color="313131" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #313131;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/06/A2C_RevueN3_Antiracisme-Montreuil_Illustr1-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-5633 not-transparent" width="343" height="257"/></figure>
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<p>Le 28&nbsp;janvier, un meeting en solidarité avec les « 5 de Montpellier » fut organisé à la Parole Errante. C’est à cette occasion que les animatrices et animateurs de la Campagne nationale Antiracisme et Solidarité ont présenté la logique et l’agenda sur lesquels allaient s’articuler ce front unique. C’est à cette occasion que l’initiative de s’organiser localement pour mener les suites de la solidarité concrète avec les « 5 de Montpellier » et construire le 19&nbsp;mars a été défendue publiquement pour la première fois.</p>



<h2 class="wp-block-heading">4 000 affiches collées pour les manifestations du 19&nbsp;mars et du 03&nbsp;avril… Et puis après ?</h2>



<p>La CMAS a donc été initiée par les activistes d’A2C Montreuil, des dirigeants du CSPM, des syndicalistes de l’UL Solidaires Montreuil, des militant·es de la CGT Montreuil, des militantes féministes associées à MR et à l’Assemblée féministe Montreuil, des militant·es de Montreuil Rebelle et du NPA Montreuil.</p>



<p>Ce cadre a permis de formidables dynamiques dans la préparation active du 19&nbsp;mars à Montreuil. 2 700 affiches ont été collées, 6 porte-à-porte dans les foyers de travailleurs migrants ont été réalisés. Nous avons même réussi 4 initiatives s’articulant autour de la manifestation parisienne contre le racisme et les violences policières.</p>


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<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-dominant-color="565656" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #565656;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/06/A2C_RevueN3_Antiracisme-Montreuil_Illustr2-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-5634 not-transparent" width="328" height="246"/></figure>
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<p>Le 12&nbsp;mars, le CSPM, la CMAS et des activistes de la lutte antiraciste comme Fatou N’Dieng ou Mama Doucouré ont déambulé de la Cour nationale du droit d’asile au foyer Rochebrune.</p>



<p>Le 17&nbsp;mars, une projection en avant-première d’un film de fiction s’appuyant sur l’histoire du CSPM a réuni plus de 150&nbsp;personnes à la salle des fêtes de la mairie de Montreuil. Cela a permis de toucher un public en partie peu impliqué dans les luttes antiracistes locales.</p>



<p>Le 19&nbsp;mars, un rassemblement unitaire et un départ collectif de Montreuil en solidarité avec les « 5 de Montpellier », contre le racisme et les violences policières a permis de regrouper 150&nbsp;personnes environ. Le CSPM a réussi à mobiliser 63&nbsp;camarades. Aucune initiative n’avait regroupé autant de sans-papiers depuis l’acte&nbsp;4 appelé par la Marche des Solidarité en décembre 2020.</p>



<p>Toutefois, pendant cette manifestation, des fachos proches de Civitas ont attaqué une prière commune entre chrétien·nes et musulman·es. Ce sont les dynamiques impulsées par la CMAS qui ont permis de tenter de réagir en préparant activement la manifestation contre l’extrême droite et ses idées le 3&nbsp;avril.</p>



<p>Ainsi, entre la réunion unitaire du mardi 29&nbsp;mars (regroupant trois fois plus de militant·es locaux qu’à l’habitude) et la manifestation du samedi 3&nbsp;avril, plus de 1·000&nbsp;affiches ont de nouveau été collées et 5&nbsp;diffusions d’un tract à destination des lycéen·nes ont été réalisées. Enfin, des diffusions centrales lors de festivités publiques ont été assurées… et pourtant seulement 30&nbsp;personnes ont répondu présentes au départ collectif le 3&nbsp;avril à Croix-de-Chavaux.</p>



<p>À la vue d’une telle énergie militante, nous pouvons tirer un premier bilan d’étape le 3&nbsp;avril au soir, à une semaine de l’élection présidentielle, il est peu évident de mobiliser massivement contre le racisme d’État et le péril fasciste.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les 10, 16 et 21&nbsp;avril : la force de la&nbsp;conviction et l’acharnement</h2>



<p>Dans ses premiers temps, la CMAS était principalement animée par des militant·es d’A2C (avec ou sans-papiers) et par des syndicalistes locaux.</p>



<p>À partir du 10&nbsp;avril, la propagande et l’agitation de masse ont permis de gagner de nouvelles forces à la CMAS. Ainsi, nous avons pu appeler, avec le NPA et l’Assemblée féministe, à un rassemblement le soir du premier tour de l’élection présidentielle.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="5b5b5b" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #5b5b5b;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/06/A2C_RevueN3_Antiracisme-Montreuil_Illustr3-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-5635 not-transparent"/></figure>



<p>Cette fois, 60-70 personnes ont répondu présentes. Fumigènes à la main, nous avons pu manifester jusqu’au métro Robespierre sans déclaration préalable avant de nous disperser.</p>



<p>Pour le 16&nbsp;avril, la CMAS a tenté l’impossible : faire de l’agitation de masse en 48 h pour mobiliser un maximum de personnes. L’appel de la Marche des Solidarités diffusé sur les réseaux sociaux à manifester contre le racisme et le fascisme a rapidement été perçu comme légitime. Ainsi, avec la jeunesse mobilisée et la gauche pas trop déboussolée. 250 à 300 personnes ont répondu présentes. Le CSPM, après de nombreuses discussions politiques en son sein sur la nature du fascisme et du racisme, a mobilisé 28&nbsp;camarades.</p>



<p>De plus, dès le 19&nbsp;avril, le plus gros des lycées de Montreuil sentait à nouveau l’odeur des piquets de grève et la jeunesse se révoltait contre le fascisme et le racisme.</p>



<p>Le 21&nbsp;avril, le CSPM appelait sur ses propres bases, avec le soutien de la CMAS à manifester pour l’ouverture d’un guichet unique en préfecture, la régularisation de tou·tes les sans-papiers, contre le fascisme et le racisme. 48 camarades se sont mobilisés en plein ramadan et en plein après-midi. La direction du CSPM et son noyau le plus militant ont organisé six porte-à-porte dans les foyers.</p>



<p>Quel est le point commun entre une mobilisation lycéenne et une manifestation de sans-papiers ?</p>


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<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-dominant-color="565656" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #565656;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/06/A2C_RevueN3_Antiracisme-Montreuil_Illustr4-724x1024.jpg" alt="" class="wp-image-5636 not-transparent" width="292" height="413"/></figure>
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<p>Elles regroupent deux forces sociales qui n’ont pas le droit de vote. Ainsi, leur unité n’a pas été brisée face aux appels au vote peureux d’une gauche peu utile ces derniers mois. Leur spontanéité n’a pas été anéantie, malgré la misère théorique de l’analyse du fascisme criéée dans les AG par certains groupuscules d’extrême gauche. Et leur autonomie a pu se construire malgré la répression et l’idéologie dominante.</p>



<p>Alors oui, il a fallu « s’acharner pour gagner des arguments pour le mouvement et dans le mouvement » (Vanina Giudicelli), ceci afin de regrouper quelques centaines de personnes seulement et redonner le sourire aux militant·es ouvriers les plus opprimé·es de notre ville.</p>



<p>Toutefois, la Campagne montreuilloise Antiracisme et Solidarité peut jouir d’une implantation de classe que peu de fronts uniques peuvent prétendre avoir rassemblée par l’action. Même si de nombreuses discussions collectives sont à mener aujourd’hui pour que cette organisation trouve et fonde sa propre identité militante locale et définisse son rythme d’actions. Car dans l’urgence, par l’accélération des enjeux, pendant la période électorale, nos capacités d’organisation collective ont aussi expérimenté les limites du rythme de notre acharnement dans la durée, lorsque l’on n’est pas assez nombreux·euses pour supporter sans encombre un tel calendrier. Et peut-être parce que, sans situation révolutionnaire véritable, il demeure nécessaire d’intégrer les rythmes (longs face à l’urgence) des différentes organisations qui constituent une campagne ou une assemblée, pour gagner nos arguments ou acter nos désaccords, sans s’empêcher de construire ensemble nos luttes communes et sans briser nos confiances. Les acteurs et actrices de la CMAS retiennent aussi l’importance de clarifier, pour le collectif et pour nos propres organisations, le rôle et la place des diverses organisations qui constituent le mouvement, en donnent le rythme et y contribuent.</p>



<p>Pour l’après ? La CMAS s’organise dans la durée, réfléchit à s’autofinancer et continue d’organiser ses luttes contre le racisme et le fascisme. Nous avons notre devise <em>« Love Montreuil, Hate Fascism ! »</em></p>



<h6 class="wp-block-heading">Gaël, Montreuil</h6>
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		<title>Pas de papiers pas de paix dans le 20ème</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-papiers-pas-de-paix/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Dec 2020 16:38:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[20ème]]></category>
		<category><![CDATA[Marche des solidarités]]></category>
		<category><![CDATA[Montreuil]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Comme lors des actes précédents, l’acte 3 de la marche des solidarités a été mobilisé et organisé localement dans le 20ème arrondissement de Paris par le CSP20 (Collectif des Sans-Papiers du 20ème arrondissement de Paris) <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/pas-de-papiers-pas-de-paix/" title="Pas de papiers pas de paix dans le 20ème">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Comme lors des actes précédents, l’acte 3 de la marche des solidarités a été mobilisé et organisé localement dans le 20<sup>ème</sup> arrondissement de Paris par le CSP20 (Collectif des Sans-Papiers du 20<sup>ème</sup> arrondissement de Paris) et autour de lui.&nbsp; Quatre grandes marches de sans-papiers sont parties de Marseille et Montpellier (le 19/09), Rennes, Lille et Strasbourg (les 3 villes à la même date, le 3/10) pour converger à Paris le 17/10. La marche partie de l’est de la France est entrée dans Paris le matin du 17 octobre, accueillie par un cortège de 1000 sans-papiers du CSP20 et du CSP Montreuil et soutiens.&nbsp;</p>



<h2 class="has-medium-font-size wp-block-heading"><strong>Autonomie des sans-papiers</strong></h2>



<p>Le CSP20 a été créé au moment de la lutte du foyer de travailleurs immigrés des Amandiers en 2017, un des sept foyers de l’arrondissement que les bailleurs et l’État laissent délibérément se dégrader pour les transformer en résidences sociales dans le but d’étouffer tout système de solidarité et par la même occasion de remplacer les habitants par d’autres catégories de la population. C’est de la rencontre entre des habitants sans-papiers des foyers et les militant.e.s venu.e.s en soutien que naît l’idée d’un collectif autonome pouvant compter sur le soutien du Collectif Vingtième Solidaire avec tout.e.s les migrant.e.s, crée en 2015&nbsp;</p>



<p>Ce collectif est composé de plusieurs centaines de membres et se réunit chaque semaine. Ses réunions sont toutes traduites en plusieurs langues (Français, Soninké, Bambara, Peul,…) pour permettre la participation de tou.te.s. Il apporte des réponses collectives aux difficultés rencontrées, offre la protection d’un collectif de lutte et d’avocats. Il participe activement à la marche des solidarités depuis 2016 pour lutter contre le racisme, l’islamophobie, les violences policières et pour les droits des sans-papiers, la vérité et la justice pour les familles de victimes de violences policières.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="787867" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #787867;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2020/12/csp-20-existrans.jpg" alt="" class="wp-image-4866 not-transparent"/></figure>



<h2 class="has-medium-font-size wp-block-heading"><strong>Les sans-papiers ouvrent la voie</strong></h2>



<p>L’acte 3 fait suite aux mobilisations du 30 mai où les collectifs de sans-papiers ont rétabli le droit de manifester et du 20 juin quand sans-papiers et soutiens étaient 50000 à Paris et des milliers partout en France. Lors du confinement démarré imposé dès le 17 mars 2020,les membres du CSP20, mobilisés avec 20<sup>ème</sup> solidaire avec tou.te.s les migrant.e.s au sein de l’Assemblée antiraciste du 20<sup>ème</sup>, sont restés constamment organisés. Notamment avec des réunions téléphoniques dès les premiers jours du confinement, lors desquelles les sans-papiers ont rapidement alerté les autres collectifs de leur situation&nbsp;; de nombreux licenciements sans accès aux aides financières de l’état par des patrons qui semblaient soudainement découvrir le travail sous alias, des bailleurs qui abandonnent les foyers et les résidents sans aucune aide sanitaire en fermant l’accès aux pièces communes laissant ainsi la plupart des chambres surpeuplées sans moyen d’en sortir, le redoublement des contrôles d’identité sous prétexte de vérifier les attestations. Pour engager la lutte, des actions ont été menées face aux expulsions de familles d’un hôtel du 20<sup>ème</sup> et un texte «&nbsp;quand si ce n’est maintenant&nbsp;» de l’Assemblée antiraciste du 20<sup>ème</sup> a été transmis à la Marche des Solidarités qui a aussi alors repris ses réunions permettant la préparation des grandes mobilisations du 30 mai.</p>



<p>Un contexte qui permettait aux sans-papiers d’entrevoir une possibilité de régularisation car à l’échelle européen des États ont fait le choix politique de régulariser les sans-papiers, au niveau local des pétitions en faveurs d’une régularisation ont été largement suivies, une multiplication d’articles dans les journaux faisant référence à une régularisation globale, plus d’une centaine de députés de l’Assemblée&nbsp;Nationale ont porté cette revendication principale de régularisation. Certes ces initiatives arrivent dans le contexte de la pandémie, mais dans ces circonstances l’espoir d’une régularisation globale s’est répandu auprès des sans-papiers.</p>



<p>Dans le 20<sup>ème</sup> arrondissement, les liens entre le CSP20, 20<sup>ème</sup> solidaire avec tou.te.s les migrant.e.s et le collectif Vie Volées, créé en 2010 par la famille de Lamine Dieng tué par des policiers du commissariat du 20<sup>ème</sup> arrondissement ont été créés lors de mobilisations antiracistes locales. Ces collectifs ont permis la convergence&nbsp; entre sans-papiers et familles de victimes de violences policières le 20 juin quelques jours après les rassemblements appelés par le comité Adama Traoré en mémoire à Adama et en échos aux mobilisations qui ont suivi l’assassinant de Georges Floyd aux États-Unis après le 3 juin et l’immense rassemblement devant le TGI de Paris.</p>



<h2 class="has-medium-font-size wp-block-heading"><strong>La mobilisation des premiers concernés</strong></h2>



<p>20 membres du CSP20, avec d’autres camarades de la CSP 75 et du CSP Montreuil entre autres, ont pris part à cette marche nationale, rejoignant les départs de Montpellier, Marseille Grenoble et Lyon pour y rencontrer des sans-papiers et soutiens de toute la France. Ces rencontres ont permis aujourd’hui aux sans-papiers de plusieurs villes d’organiser de nouveaux collectifs de lutte et de renforcer ceux existants.</p>



<p>Les membres du CSP20 restés à Paris ont participé à la coordination nationale de la Marche des Solidarités pour suivre les discussions menées avec l’ensemble des organisations impliquées dans cette marche de plus de 80 étapes. Le collectif a également apporté un soutien financier considérable en partageant un don de tickets services reçus durant le premier confinement aidant les marcheur.ses à financer leurs dépenses quotidiennes.</p>



<p>Dans les quartiers du 20<sup>ème</sup> arrondissement de Paris, les membres du CSP20 ont organisé des diffusions de tracts et des porte-à-porte dans six des sept foyers de travailleurs pour mobiliser tou.te.s les sans-papiers et ont animé des assemblées générales dans les foyers où des pièces communes le permettaient. Ils ont aussi réalisé des actions de mobilisation dans des foyers des 11<sup>ème</sup>, 13<sup>ème</sup>, 14<sup>ème</sup>, 18<sup>ème</sup> et 19<sup>ème</sup> arrondissements où ont émergé de petits groupes de sans-papiers motivés à s’organiser, un climat favorable à l’émergence de collectif qui reste fragile mais pas impossible dans la mesure où un accompagnement dans le processus est réalisé par des membres du CSP20 et ses soutiens.</p>



<h2 class="has-medium-font-size wp-block-heading"><strong>La mobilisation locale</strong></h2>



<p>Au sein de l’Assemblée antiraciste du 20<sup>ème</sup>, le CSP20 a organisé un week-end antiraciste les 25, 26 et 27 septembre autour de déambulations, débats avec les organisations locales (Nogozon, FASTI, Collectif Pour l’Avenir des Foyers, La Perm’ Belleville, 20<sup>ème</sup> solidaire avec tou.te.s les migrant.e.s, Autremonde, à bas les CRA), soirée, concerts et assemblée permettant notamment la collecte de 1100€ pour la marche nationale des sans-papiers. Ce week-end a aussi permis plus tard, le lendemain de la manifestation nationale, d’organiser une assemblée générale des sans-papiers, regroupant tous les collectifs de sans-papiers impliqués dans l’organisation de l’acte 3, à la Flèche d’Or dans le 20<sup>ème</sup> arrondissement. C’est lors de cette assemblée que les collectifs de sans-papiers ont choisi leurs prochaines actions communes et nationales avec par exemple l’organisation de marches partout en France pour la journée internationale des migrant.e.s, acte 4 de la marche des solidarités le 18/12.</p>



<p>A l’initiative du CSP20 et 20ème Solidaire avec tout.e.s les migrant.e.s, un appel unitaire a été lancé à l’ensemble des associations, collectifs, organisations syndicales et politiques du 20ème &#8211; notamment les signataires de l’appel des sans-papiers – et à toutes les personnes révoltées par la situation pour mener collectivement une campagne de sensibilisation et de mobilisation en direction à la fois des sans-papiers et de l’ensemble des habitants du 20ème pour faire du 17 octobre une marée humaine balayant la surdité et la cécité du gouvernement Macron face aux revendications légitimes des sans-papiers. Dès lors le CSP20 moteur dans cette campagne a initié avec le réseau de soutien du porte à porte dans les foyers suivies d’assemblées générales de mobilisation quand ces dernières étaient possibles, des diffusions de tracts, des collages d’affiches, des déambulations dans les quartiers de l’arrondissement, une prise de place visible par le nombre et matériel militant rendant ainsi possible une large diffusion de tracts, des discussions avec les habitant.e.s et passant.e.s.&nbsp;</p>



<h2 class="has-medium-font-size wp-block-heading"><strong>La meilleure organisation c’est la lutte</strong></h2>



<p>Le 17 octobre, porte de Montreuil, les CSP 20 et CSP Montreuil accueillent la marche partie de Strasbourg le 3 octobre avec un cortège de 1000 personnes et parcourent ensemble les quartiers de l’arrondissement pour marcher jusqu’à la place de la république et rejoindre les marches du Nord, de l’Ouest et du Sud-Est. Cette action commune aux collectifs des sans-papiers du 20<sup>ème</sup> arrondissement et de Montreuil permet elle aussi d’en envisager rapidement d’autres.</p>



<p>L’enjeu est que les mobilisations antiracistes partent de la réalité concrète des quartiers de l’arrondissement&nbsp;autour des collectifs de terrain et de lutte comme le CSP20 en participant déjà activement à la construction de l’acte 4 de la marche des solidarités et notamment du 18 décembre à Paris et partout en France. Des collectifs s’organisent contre l’islamophobie pour lutter notamment dans le 20<sup>ème</sup> arrondissement suite aux 400 dénonciations d’élèves aux autorités dont plusieurs dans des établissements scolaires de l’arrondissement. D’autres collectifs sont depuis longtemps organisés pour lutter contre les violences policières dans les quartiers. Cet antiracisme sera mené par les collectifs des quartiers populaires pour partir des luttes locales et garder leur autonomie vis-à-vis des institutions et des chefs autoproclamés.</p>



<p class="has-text-align-right">Mathieu et Meriem</p>
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