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	<title>Archives des Migrants - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<title>Archives des Migrants - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Comment Minneapolis, solidaire et antiraciste, a résisté à ICE ? </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Jul 2026 19:51:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">À Minneapolis, la résistance des habitant&#8216;es face aux exactions du service d’immigration et des douanes (ICE &#38; CBP) contre sa population depuis décembre 2025 a été exemplaire. Les Minneapolitain&#8216;es ont mis en place une organisation <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/comment-minneapolis-solidaire-et-antiraciste-a-resiste-a-ice/" title="Comment Minneapolis, solidaire et antiraciste, a résisté à ICE ? ">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>À Minneapolis, la résistance des habitant</em>&lsquo;<em>es face aux exactions du service d’immigration et des douanes (ICE &amp; CBP) contre sa population depuis décembre 2025 a été exemplaire. Les Minneapolitain</em>&lsquo;<em>es ont mis en place une organisation entre habitant&rsquo;es qui a contraint Donald Trump à mettre un terme à l’opération anti-immigration « Metro Surge » le 12 février. Nous vous retranscrivons ici l’échange que nous avons eu avec Leo, un étudiant militant et révolutionnaire de Minneapolis qui nous raconte la résistance de ces derniers mois.</em></p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p><strong>Question : Trump a annoncé le retrait d’ICE de Minneapolis. Est-ce vrai ? Ils partent en ayant fait 2 mort&rsquo;es et des milliers d’enlèvements, mais ils ont fait face à une résistance sans précédent. Est-ce une victoire pour notre camp ?&nbsp;</strong><br><strong>Réponse :</strong> ICE n’est pas encore totalement parti. Ils sont passés de 4000 agent&rsquo;es lors de l’opération « Metro Surge » à quelques centaines aujourd’hui. Ils ont changé leurs tactiques et sont désormais plus discrets. Il y a encore des enlèvements, mais moins qu’avant. La ville est survolée par des hélicoptères et des drones, on se sent toujours sous occupation.&nbsp;<br>Mais, oui, c’est une première victoire. Greg Bovino, le commandant qui s’habillait comme un Nazi, a été retiré de la ville, et l’opération « Metro surge » a officiellement été arrêtée. Nous voulons plus, nous voulons l’abolition de ICE et de DHS (NdT : Department of Homeland Security, équivalent du ministère de l’intérieur dont dépend ICE), mais il faut célébrer cette victoire partielle qui a été obtenue par la résistance.</p>



<p><strong>Q : Tu nous dis que ICE n’est pas totalement parti, mais qu’en est-il de la résistance ? Est-elle toujours aussi bien organisée ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> C’est moins intense qu’avant, il y a moins de confrontations directes avec les agents d’ICE. Mais la résistance est toujours organisée. Les aspects de défense collective existent toujours, la solidarité financière aussi, et un mouvement pour un moratoire sur les loyers est en train de naître. Les gens continuent de vouloir s’organiser de nouvelles manières. Un militant socialiste et syndicaliste qui a vécu le mouvement antiraciste de 2020 (NdT : George Floyd, dont la mort a déclenché Black Lives Matter, a été tué par la police de Minneapolis) m’a dit qu’en comparaison, plus de personnes et de collectifs s’organisent dans la durée cette fois-ci, alors que la vague était retombée assez vite en 2020. Nous avons les dates du 28 mars (NdT : No Kings Day, journée de manifestations nationales contre Trump) et le 1er mai en ligne de mire, donc des choses concrètes à faire pour les prochaines semaines.</p>



<p><strong>Q : Quelle était selon toi la différence entre Minneapolis et des villes comme Los Angeles, New York et Chicago où la résistance à ICE était là mais pas assez forte pour créer une crise politique face à Trump ? </strong><br><strong>R :</strong> Je n’ai pas de réponse complète. Je n’étais pas à LA, NY et Chicago. Mais les raids de ICE là-bas étaient peut-être des tests grandeur nature, moins longs et moins intenses. Ici, le niveau de violence et l’intensité ont fait qu’on n’avait pas le choix. On a senti qu’organiser une résistance était une question de vie ou de mort. Et bien sûr, on ne partait pas de zéro. Il y a des traditions à Minneapolis, Black Lives Matter qui est parti de là en 2020, il y a un mouvement syndical réel sur le terrain. </p>



<p><strong>Q : Concrètement, qui s’est battu contre ICE à Minneapolis ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> Beaucoup d’organisations antiracistes, antifascistes, syndicales, etc, ont joué un rôle dans la résistance, qui était très décentralisée au tout début. Parmi les syndicats je me souviens de SEIU (NdT : syndicat des travailleur.e.s de l’entretien des bâtiments), du syndicat des transports et de l’éducation. Beaucoup ont commencé à se préparer dès l’élection de Trump. Par exemple, une association (parmi d’autres) a annoncé en janvier qu’elle avait formé près de 40 000 personnes au rôle « d’observateur&rsquo;ice légal&rsquo;e » des actions de ICE. Ce sont les gens qui filment, qui utilisent leur sifflet, qui alertent le quartier qu’un raid est en cours. Ça donne une idée du nombre de personnes qui ont cherché à s’organiser pour résister.</p>



<p><strong>Q : Quel rôle ont joué les espaces partagés comme les écoles, les lieux de culte, les quartiers, etc, dans l’organisation de la résistance ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> Les lieux de culte et les écoles ont joué des rôles fondateurs de la résistance. Auparavant, c’étaient des lieux « sanctuaires », mais Trump a changé ça. Je ne dis pas que kidnapper des gens dans la rue est acceptable, mais quand ICE entre dans les églises pour arrêter votre voisin&rsquo;e, quand des élèves sont cueilli&rsquo;es à la sortie des écoles, c’est particulièrement choquant, ça ne passe pas. Quand tu vois le pupitre vide d’un&rsquo;e élève qui s’est fait kidnapper, que la personne que tu voyais à l’église tous les dimanches n’est plus là&#8230; Tout le monde dans ces lieux se sent concerné. C’est plus puissant que de voir une vidéo sur TikTok, Instagram ou à la télé. Alors beaucoup de choses sont parties des écoles et des églises, comme les réseaux d’entraide ou les groupes de voisin&rsquo;es.&nbsp;<br>Des groupes de voisin&rsquo;es se sont aussi formés au niveau des rues ou des quartiers, pour organiser des patrouilles et donner l’alerte quand ICE débarquait au petit matin. C’est comme ça que des rassemblements de quelques dizaines ou quelques centaines de personnes se formaient très rapidement pour résister aux raids. Même les scouts ont participé à la résistance, simplement parce que des enfants qui faisaient partie des scouts ont été enlevés par ICE.&nbsp;</p>



<p><strong>Q : Tu as beaucoup parlé des voisin&rsquo;es qui aident à organiser la résistance. Et les voisin&rsquo;es racistes dans tout ça ? Qui a aidé ICE à Minneapolis ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> C’est principalement la police de Minneapolis qui a aidé ICE. Malgré les déclarations du maire démocrate de la ville (NdT : dont la police dépend) qui demandait publiquement à ICE de partir, la police a aidé ICE, a repoussé les manifestant&rsquo;es, etc. Ça a été un choc, peut-être pas pour les militant&rsquo;es, mais pour une bonne partie de la population. Concernant les voisin&rsquo;es : sans doute, comme souvent, des racistes ont dû appeler ICE pour dénoncer des voisin&rsquo;es. Mais je ne sais pas si c’était un phénomène massif. Minneapolis est une ville marquée à gauche. Mon expérience personnelle, j’ai fait beaucoup de porte à porte et pas une fois je ne suis tombé sur quelqu’un qui soutenait ICE ouvertement. Donc en tout cas, les racistes ne se sont pas exprimé&rsquo;es publiquement. Après, dans les comtés plus ruraux du Minnesota, c’est peut-être plus nuancé, je ne sais pas.&nbsp;</p>



<p><strong>Q : Des organisations fascistes comme les Proud Boys ont essayé de venir à Minneapolis pour soutenir ICE, non ? Comment ça s’est passé ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> Je vois de quoi vous parlez, ça n’était pas officiellement les Proud Boys, mais un des organisateurs du 6 janvier (NdT : l’émeute du Capitole suite à la défaite électorale de Trump face à Biden en 2021), Jake Lang. Il est venu à Minneapolis avec quelques soutiens pour organiser un rassemblement pro-ICE et anti-Islam visant spécialement la communauté somalienne de Minneapolis. Finalement lui et ses soutiens n’étaient qu’une grosse dizaine, ils ont été complètement cernés par des centaines de manifestant&rsquo;es antifascistes, il s’est fait frapper, on lui a jeté des ballons à eau. Se retrouver trempé d’eau par -20°C, c’est difficile. Bref, il a passé un mauvais moment.&nbsp;<br>C’était très positif car ça en a dissuadé d’autres. Il y avait beaucoup de débats au sein du mouvement de résistance, des gens voulaient plutôt faire profil bas, au prétexte de ne pas leur faire de pub, ou de ne pas mettre les personnes racisé&rsquo;es en danger. Mais la majorité dans les AG a décidé de les affronter et de montrer qu’on n’allait pas accepter de manifestation fasciste à Minneapolis, et ça s’est finalement très bien passé pour nous. Son visage était moitié ensanglanté moitié gelé (les ballons à eau !), il est monté dans la voiture d’une femme trans et d’une femme mexicaine pour essayer de s’enfuir, elles l’ont jeté dehors quand elles ont compris qui il était&#8230; Beaucoup de gens sont arrivés sur place une fois qu’il était déjà parti, iels ont ensuite formé des groupes pour patrouiller dans la ville et essayer de le retrouver ainsi que ses copains. Bref, c’était vraiment important de montrer qu’on n’avait aucune tolérance pour les fascistes à Minneapolis et super de voir autant de personnes s’organiser pour les rejeter.</p>



<p><strong>Q : Que peux-tu nous dire de la journée du 23 janvier ? Appeler ça une grève générale peut sembler exagéré, mais les manifestations étaient immenses et il y a eu quelques grèves.&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> Oui, le 23 janvier était immense. Plus de 50000 personnes ont manifesté par une température de -34°C. Je ne sais pas si vous êtes déjà sortis dans un froid pareil, mais même mes cils étaient gelés.&nbsp;<br>Près de 700 petits commerces étaient fermés, soit en solidarité soit parce que les salarié&rsquo;es étaient en grève. Les syndicats que j’avais mentionnés ci-dessus ont appelé à la grève, ainsi que des partis politiques comme la section locale des Democratic Socialists of America.&nbsp;<br>Je suis étudiant donc pas membre d’un syndicat, mais j’ai participé à beaucoup de réunions et d’assemblées d’organisation pour le 23 janvier. De nombreux&rsquo;ses militant&rsquo;es syndicaux&rsquo;les de terrain ont fait énormément de travail pour convaincre leurs collègues de faire grève. De ce que j’ai entendu, les directions n’ont pas vraiment aidé, elles semblent très bureaucratiques et un peu loin du terrain. Donc il y a eu un gros travail, beaucoup d’arguments, et ça a pris même dans des entreprises sans syndicats comme Starbucks ou Target (NdT : une chaîne de magasins), des gens ont fini par faire grève le 23 janvier. La pression du mouvement était telle que des patrons ont fini par garantir à leurs salarié&rsquo;es qu’iels ne se feraient pas réprimer pour la grève, alors qu’au début le discours était plutôt : si tu ne veux pas venir le 23 janvier alors pose un jour de congé.<br>C’est donc la solidarité qui a permis à beaucoup de gens de faire grève sans crainte de représailles, car le nombre était de notre côté.</p>



<p><strong>Q : Comment vois-tu la suite ? On sait que « No Kings Day » est prévu pour le 28 mars, tu as aussi parlé du 1er mai un peu plus haut.&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> On pense que le 28 mars va être énorme. Déjà le précédent No Kings Day en octobre 2025 était très gros à Minneapolis. Mais ce qui est intéressant, c’est que tout le monde, les ami&rsquo;es, les gens dans le mouvement, tout le monde parle de grève maintenant. Que nous devons utiliser ce pouvoir que nous avons, de faire une grève reconductible qui puisse rassembler autour de revendications claires. Que ce soit le 28 mars, le 1er mai, je ne sais pas précisément, mais j’ai l’impression que tout le monde en parle, que ça doit être la prochaine étape. Car le gouvernement et les grandes entreprises ne comprennent que la langue de la force et de l’argent.<br>Encore une fois, je ne suis pas dans un syndicat et je ne suis peut-être pas la meilleure personne pour en parler, mais on est nombreux à penser qu’on ne peut pas se contenter de venir manifester avec quelques pancartes le 28 mars ou le 1er mai puis rentrer chez nous. Il faut une lutte qui dure.&nbsp;<br>Ce n’est pas pour diminuer la portée ou l’importance de la résistance actuelle et de la solidarité. Sans ça, plus de personnes seraient en détention ou déportées, plus de personnes seraient à la rue, plus de personnes seraient mortes. Mais maintenant qu’on a fait cette expérience, on sent que ça n’était qu’un début, un pansement sur une grosse plaie, et qu’il faut aller plus loin. C’est comme ça que toute la conversation et les arguments sur la grève sont venus dans le mouvement.&nbsp;</p>



<p><strong>Q : On dirait donc que ce qui s’est passé à Minneapolis peut être un marchepied pour quelque chose de plus grand ?&nbsp;</strong><br><strong>R :</strong> Oui, oui, sûrement, même si on ne peut pas encore prédire quelle forme exacte ça peut prendre. Je fais partie d’un groupe socialiste de débats et discussions, et une nouvelle personne nous a rejoint récemment. Il est syndicaliste et tourneur-fraiseur, a toujours voté démocrate, et nous a raconté qu’il a toujours cru que s’il travaillait assez dur, il aurait une vie plus facile. Mais son loyer augmente, son assurance médicale augmente, il a mal partout et ne peut pas prendre de pause. Il nous a dit que tout ça montait en lui, mais voir sa ville occupée par ICE, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, que c’était comme une claque qui lui a fait prendre conscience que le capitalisme allait nous mener à la catastrophe. C’est une anecdote, bien sûr, mais il y a des milliers et des milliers de personnes qui se radicalisent, qui ont senti leur pouvoir à Minneapolis et ailleurs.</p>



<p>Propos recueillis par&nbsp;Emil (Paris 20e), Anne-Julia (Rennes) et Jad (Paris 18e)</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Lutte des sans-papiers à Saint-Brieuc : déjouer la peur, choisir la résistance collective</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/lutte-des-sans-papiers-a-saint-brieuc-dejouer-la-peur-choisir-la-resistance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Jul 2026 10:30:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Permis de tuer, règlement retour, loi darmanin… En pleine crise du néolibéralisme nos classes dirigeantes surenchérissent de racisme pour toujours plus exploiter, diviser et écraser notre classe. Alors que celles et ceux qui subissent frontalement <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/lutte-des-sans-papiers-a-saint-brieuc-dejouer-la-peur-choisir-la-resistance/" title="Lutte des sans-papiers à Saint-Brieuc : déjouer la peur, choisir la résistance collective">[...]</a></div>
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<p><em>Permis de tuer, règlement retour, loi darmanin… En pleine crise du néolibéralisme nos classes dirigeantes surenchérissent de racisme pour toujours plus exploiter, diviser et écraser notre classe. Alors que celles et ceux qui subissent frontalement ces politiques &#8211; les immigré·es, les musulman·es, plus largement les racisé·es &#8211; sont traqué·es, enfermé·es, tué·es, c&rsquo;est parfois depuis la gauche qu&rsquo;on donne le coup de grâce : en leur déniant leur pouvoir de résister. Mais quand en réponse aux attaques racistes, ces bien-pensants disent aux migrants : « Restez chez vous ! », il en est qui décident de ne pas les écouter. À Saint-Brieuc le collectif en lutte avec les sans-papiers déjoue collectivement la peur et s&rsquo;organise pour le droit au logement pour toustes. Entretien.</em></p>



<p><strong>Est-ce que tu peux te présenter et nous raconter rapidement dans quel cadre militant tu interviens ?</strong><br>Je m&rsquo;appelle Lucie et je suis membre du collectif en lutte avec les personnes sans-papiers de Saint-Brieuc. Ce collectif&nbsp; existe depuis novembre 2025, et s&rsquo;est constitué suite à une première mobilisation durant l’été 2025.&nbsp;<br>Jusqu’alors, il y avait des espaces où des associations fournissaient un travail de plaidoyer auprès des institutions. Mais il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;espace de lutte qui permette aux camarades sans-papiers de pouvoir se mobiliser pour défendre leurs droits.</p>



<p><strong>Est-ce que tu peux parler de la campagne que vous avez menée ces dernières semaines ?&nbsp;</strong><br>La campagne logement arrive au printemps 2026. Au départ, on a dénoncé les conséquences de l&rsquo;assignation des personnes sans-papiers dans les hôtels sur les enfants. On voulait interpeller le conseil départemental chargé de la protection de l&rsquo;enfance car la loi de protection de l&rsquo;enfance de 2022 interdit le placement des mineurs isolés à l&rsquo;hôtel, alors que les lois anti-immigration assignent les enfants de sans-papier à l&rsquo;hôtel pour des durées longues. L&rsquo;idée, c&rsquo;était de dire que les risques auxquels sont exposés les mineurs non-accompagnés et les enfants de sans-papier sont les mêmes et donc de dénoncer la différence de traitement.</p>



<p>Ça s&rsquo;est accéléré lorsqu’un camarade s&rsquo;est retrouvé mis à la rue avec ses cinq enfants et sa femme. Ça a enclenché la première vague d’occupation : celle de la mairie de la commune proche de Saint-Brieuc où ils vivaient depuis 3 ans et où les enfants étaient scolarisés. On a obtenu 2 nuits d’hôtel, on a donc réoccupé le lendemain et obtenu 3 semaines, puis 10 jours de plus… Et puis plus rien !&nbsp; On a alors décidé de rester dormir dans la mairie, le 10 juin. On avait des AG chaque jour, ça permettait de s&rsquo;organiser politiquement, d’organiser des réunions publiques, avec appel à la presse…</p>



<p>En parallèle, le 11 juin, on a appris que 7 familles de Saint-Brieuc allaient être mises à la rue. On a alors occupé le musée d&rsquo;art et d&rsquo;histoire de Saint-Brieuc, et non pas directement la mairie , parce qu&rsquo;on voulait installer l’occupation, pouvoir y dormir.&nbsp;</p>



<p>La mairie nous a transféré&rsquo;es&nbsp; dans une salle associative&nbsp; en mettant en place une pseudo solution de logement d’urgence (un CHRS).&nbsp; Cela ne correspondait en rien à nos revendications car les familles n’avaient pas encore été mises à la rue !&nbsp; Il s’agissait d’un simple affichage de la part de la mairie. On a donc&nbsp; déjoué le piège en disant :&nbsp; nous nous battons pour des logements dignes et pérennes pour tous et toutes, et nous nous battons contre la menace de la rue qui vise des familles. On voulait aussi revendiquer cette occupation comme un espace d’organisation politique, pour construire un rapport de force. On a occupé une semaine.&nbsp;</p>



<p>Le maire de Saint-Brieuc a alors tenté de casser notre l&rsquo;unité, puisqu&rsquo;on est un collectif mixte où il y a des solidaires et des sans-papiers, en proposant une rencontre&nbsp; avec les seules familles, pas au nom du collectif. Ce qui a déclenché une colère notamment des camarades sans papiers du collectif.&nbsp;</p>



<p><strong>Tu as fait face à des arguments qui amenaient à dépolitiser la lutte que mènent les sans-papiers. Ces arguments venaient à la fois de la droite &#8211; sans surprise &#8211; mais aussi de camarades de luttes. Peux-tu nous raconter ça ?</strong><br>Quand on a constitué le collectif, il y avait une majorité de personnes sans papiers, mais il y a des militants solidaires qui ont des trajectoires différentes, et parmi elleux,&nbsp; ce que j&rsquo;appelle des projections de vulnérabilité. En gros, ça consiste à dire qu’on est pas égaux, parce qu&rsquo;on n&rsquo;a pas les mêmes positions face à la police, et donc, à&nbsp; disqualifier des modalités d&rsquo;action jugées trop dangereuses :&nbsp; l&rsquo;occupation, les manifestations, etc. Ça conduit la perspective d&rsquo;action à l’échec,&nbsp; plutôt que d&rsquo;essayer de se concentrer sur les conditions de solidarité qui permettent de&nbsp; garantir la participation de tous et de toutes. On a bataillé sur la&nbsp; ligne&nbsp; « Non mais en fait, il faut y aller, et ce n&rsquo;est pas dans les manifestations ou les sans-papiers sont unis, qu’ils sont le plus exposés à la police, bien au contraire ». Mais&nbsp; elle est dure à tenir.&nbsp;</p>



<p>Cette situation va se produire à deux reprises. La première fois, quand on occupe le musée d’art et d&rsquo;histoire de Saint-Brieuc. La ville est de droite et on sent que ça se tend pendant l&rsquo;après-midi. A ce moment, des militants vont commencer à souffler aux personnes sans-papiers que ça serait bien qu&rsquo;elles s&rsquo;en aillent. On va être très peu à dire non. Ça fait des mois qu&rsquo;on déjoue la peur et qu&rsquo;on se rend compte qu’on a le droit de manifester, de prendre la parole, et qu&rsquo;on ne finit pas en prison pour cela. Il faut qu&rsquo;on continue à construire ensemble les conditions de participation à toutes les étapes de la lutte de tout le monde.&nbsp;</p>



<p>Ça a fonctionné la première fois. Mais la deuxième fois, ça a été un échec. Plutôt que d&rsquo;attendre d&rsquo;être expulsé de l&rsquo;occupation de la salle associative, c&rsquo;est la voix des camarades avec les projections de vulnérabilité qui a gagné.&nbsp; Ils ont réussi à convaincre le collectif qu&rsquo;il fallait évacuer par nous-mêmes. Ce qui nous a un peu mis dans la merde pour la suite:&nbsp; on n&rsquo;a pas obligé le maire de Saint-Brieuc à assumer l’expulsion d’un collectif mobilisé autour des familles.&nbsp;</p>



<p>Cette dépolitisation qui intervient dans nos rangs entre en écho celle de la mairie de droite. Elle a produit une communication affreuse, pour dire que le collectif était partisan et politique et que des militants y instrumentalisaient la misère des personnes sans-papiers,&nbsp; en invitant comme je l’ai dut&nbsp; les familles à une rencontre sans le collectif.&nbsp;</p>



<p>Les camarades sans-papiers ont alors décidé d&rsquo;écrire au maire leur refus d&rsquo;être reçus sans le collectif en disant:&nbsp; « nous sommes des militants politiques, nous sommes là ensemble parce que nous sommes le collectif, donc nous voulons être reçus au nom du collectif ».&nbsp;</p>



<p>Bref, la dépolitisation des camarades sans papiers revient en permanence&nbsp; de tous les côtés, et&nbsp; on doit batailler en permanence.</p>



<p>Ce qu’on a gagné c&rsquo;est qu&rsquo;on essaye de s&rsquo;adresser les uns aux autres en tant que militants, ce qui implique de ne pas avoir peur de la conflictualité entre nous, aussi avec les camarades sans-papiers. Or, ce qu’on sent c’est que la projection de vulnérabilité prendre racine dans la théorie des privilèges, et a&nbsp; pour conséquence de sacraliser la parole des personnes sans-papiers. Mais le fait de sacraliser leur parole annule la possibilité du conflit, donc la possibilité d&rsquo;avoir un débat politique avec eux.</p>



<p><strong>En réalité vous avez fait face à un choix extrêmement politique : mener une lutte sur le plan strictement humanitaire ou mener une lutte politique, ce qui implique forcement des débats dans le collectif et donc aussi avec les camarades sans-papiers. Qu’est ce que ca signifie en pratique ?</strong><br>Ce sont des arguments très minoritaires et difficiles à tenir dans le collectif. Mais ça va finir, petit à petit, par être approprié par les camarades sans-papiers.&nbsp;</p>



<p>On a déjoué la peur, face à toutes les pressions de découragement que les sans-papiers reçoivent de la part de la droite, des humanitaires, et même dans nos rangs. Un élément central a été d&rsquo;avoir des AG régulières et de pouvoir en parler, en s’appuyant sur des exemples de luttes comme celle des mineurs de Belleville à Paris.&nbsp;</p>



<p>L’autre chose qui a permis de donner la confiance, c’est de se donner les moyens de s’exprimer, notamment au travers d’ateliers de prise de parole, à chaque manifestation. Ça a vraiment participé à la politisation de chacun, chacune. D’apprendre à se dire qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on veut, pourquoi on est ensemble. Pourquoi on est en colère contre le racisme ? C&rsquo;est quoi l&rsquo;implication dans nos vies ? Et derrière, c&rsquo;est quoi nos revendications ? Ce travail de construction, puis d&rsquo;incarnation d&rsquo;un discours a aussi bougé les lignes très fortement, parce que ces prises de parole se passaient en public, face à l&rsquo;intersyndicale et à la Coordination Solidarité Migrant. Elles ont vu tout à coup des personnes qu&rsquo;elles ne reconnaissaient pas tout à fait comme des sujets politiques, se dresser publiquement comme tels. Ça a été vraiment déterminant. Un camarade a pu le résumer en AG : “En fait, il faut que tout le monde apprenne à parler ici. »</p>



<p><strong>Ton collectif s’est relié au réseau de la Marche des Solidarités. Est-ce que ça a aidé à construire la confiance et à faire de la politique dans le collectif ?&nbsp;Comment avez-vous articulé ce rattachement à une campagne nationale avec une construction des luttes locales ? </strong><br>Le Front commun antifasciste était en lien avec la Marche des Solidarités. Depuis, avec le collectif on a construit le 18 décembre, puis le 21 mars, et pendant la campagne action logement, on s’est saisi&rsquo;es du 21 juin.</p>



<p>Ça nous a donné des occasions de pouvoir sortir, nous montrer, nous imposer dans le paysage local, en articulant&nbsp; avec la construction d’un rapport de force à l’échelle nationale. Ca nous a permis de faire exister la lutte des sans-papiers dans une perspective antiraciste, ce qu’on n’avait pas encore réussi à atteindre au niveau simplement local. Ça a été des occasions de prendre la rue et la parole, en permettant la construction politique du collectif.&nbsp;</p>



<p>Et le fait de se dire qu&rsquo;on est tout un pays, donne la confiance de lutter face à notre mairie de droite. Ça permet d’imposer un rapport de force : sachez que si jamais vous nous touchez, ça soulèvera de la colère et de la solidarité partout dans le réseau. Et ça, alors que les camarades étaient au début très flippés à l&rsquo;idée de manifester parce qu&rsquo;ils avaient des OQTF, etc&#8230; ça a aidé.&nbsp;</p>



<p>Ca permet aussi de voir qu&rsquo;ailleurs, il y avait des victoires des militants sans-papiers qui étaient engagés dans la lutte depuis très longtemps. Et inversement, de se rendre compte, quand on est allé&rsquo;es aux rencontres nationales de la Marche des Solidarités en juin à Paris, que notre collectif était connu. Pouvoir participer à introduire des ateliers en tant que collectif, ça a vraiment renforcé vraiment la confiance.&nbsp;</p>



<p>Tous ces liens sont précieux à condition qu’ils soient articulés avec une recherche d&rsquo;intervention localisée. S’il s’agit juste de&nbsp; répondre aux appels nationaux où on fait la manif et puis on s&rsquo;en va, il manque un truc.</p>



<p>Et en fait, ce qu’on a fait dans le même temps, c&rsquo;était de se dire, OK, on est en train de chercher pourquoi on est ensemble et ce qu&rsquo;on peut faire ensemble dans une perspective d&rsquo;action directe. Et petit à petit, en faisant les tournées dans les hôtels, on a commencé à comprendre qu&rsquo;on allait pouvoir imposer nos revendications.. L’enjeu a été de comprendre quels étaient les nœuds particuliers à Saint-Brieuc dans les parcours que vivent les personnes sans papiers, chercher les brèches pour se dire qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on peut faire comme action. Vraiment un travail de recherche qui amène à de la créativité.&nbsp;</p>



<p>Par exemple, on s&rsquo;est rendu compte, autour de la campagne d&rsquo;action logement, qu&rsquo;il y avait 16 enfants menacés de rue. On a alerté les écoles, les associations de parents d&rsquo;élèves, et on a pu voir que le Réseau Éducation Sans Frontières s&rsquo;était complètement cassé la gueule et avait disparu. Et qu&rsquo;il y avait un enjeu à recréer un réseau de vigilance autour des enfants de sans-papiers pour avoir des réflexes militants autour des groupes scolaires quand il y avait des enfants menacés. C&rsquo;est en cours, on va démarrer l&rsquo;année avec une AG Enfance et Éducation à l&rsquo;initiative des sans-papiers. En parallèle, le collectif tisse aussi des liens avec les syndicats locaux, et se projette dans la construction de la grève antiraciste du 18 décembre.&nbsp;</p>
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		<title>Manifestations antiracistes et antifascistes du 14 mars : Une opportunité pour construire un front antiraciste ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/manifestations-antiracistes-et-antifascistes-du-14-mars-une-opportunite-pour-construire-un-front-antiraciste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ahmed Hammad]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 09:46:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[fasciste]]></category>
		<category><![CDATA[Islamophobie]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Violences policières]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Entretien avec Mathieu, militant d’A2C à Paris impliqué dans la Marche des Solidarités, et Wass, militante d’A2C à Marseille impliquée dans la lutte contre l’islamophobie. Iels organisent la manifestation du 14 mars, contre le racisme, <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/manifestations-antiracistes-et-antifascistes-du-14-mars-une-opportunite-pour-construire-un-front-antiraciste/" title="Manifestations antiracistes et antifascistes du 14 mars : Une opportunité pour construire un front antiraciste ?">[...]</a></div>
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<p><em>Entretien avec Mathieu, militant d’A2C à Paris impliqué dans la Marche des Solidarités, et Wass, militante d’A2C à Marseille impliquée dans la lutte contre l’islamophobie. Iels organisent la manifestation du 14 mars, contre le racisme, le fascisme, contre l’islamophobie et les violences d’État.</em></p>



<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p><strong>Quelles sont les forces liées aux fronts antiracistes impliquées dans la construction de la date du 14 mars contre le racisme et le fascisme ?</strong><br><strong>Mathieu :</strong> En région parisienne, la mobilisation s’organise surtout autour de deux cadres : la Marche des Solidarités (autour des collectifs de sans-papiers) et le réseau d’entraide Vérité et Justice (les familles de victimes de violences policières).<br>Ce qui est notable par rapport à ces dernières années, c’est le développement de collectifs antiracistes et antifascistes de quartier : dans le 20e arrondissement, le 12e, mais aussi à Fontenay ou à Clichy. Une section de la Marche des Solidarités s’est même montée à Clichy.<br>Il y a aussi un front que l’on pense déterminant dans la période : la lutte contre l’islamophobie. Pour l’instant, on voit moins ces collectifs participer à la préparation de la mobilisation. Ce sont souvent des collectifs davantage présents dans la production de tribunes ou de prises de parole publiques que dans l’organisation militante sur le terrain.</p>



<p><strong>Pourquoi selon toi c’est central d’essayer de faire converger ces fronts : sans-papiers,&nbsp;lutte contre l’islamophobie et violences policières </strong>?</p>



<p><strong>Mathieu :</strong> Parce que cela correspond à la manière dont le racisme est développé par la classe dirigeante dans notre société. Quand on regarde les discours et les lois depuis vingt ans, on voit bien quelles sont les cibles centrales.<br>Depuis des années, les gouvernements s’attaquent aux musulman&rsquo;es : interdiction du voile dans certains espaces, interdiction de l’abaya, fermetures de mosquées ou d’associations, assimilation permanente à une menace pour la société.<br>Dans le même temps, ils s’attaquent aux migrants et migrantes et, en réalité, à l’ensemble des immigré&rsquo;es. La séquence autour de la loi Darmanin en est un exemple flagrant : la classe dirigeante a voulu faire entrer dans la tête de tout le monde que les immigrés seraient des délinquants ou des violeurs.<br>Le racisme ne touche pas que les migrant·es ou les musulman&rsquo;es. Mais il y a des priorités : il faut se défendre là où les attaques sont les plus fortes. Et notamment la violence ultime de l’État sur les personnes musulmanes, ou perçues comme telles, immigrées, sans papiers, ou perçues comme telles, c’est de les tuer par la police. Ça a été le cas&nbsp;d’El Hacen, travailleur immigré et musulman.</p>



<p><strong>Qu’est-ce que serait aujourd’hui un front antiraciste à la hauteur ?</strong><br><strong>Mathieu :</strong> Ce qui serait à la hauteur, c’est que partout où des personnes s’organisent aujourd’hui politiquement, elles s’organisent aussi contre le racisme. Que dans les réunions militantes, on discute aussi de comment empêcher les fachos de s’implanter dans nos quartiers, comment donner confiance aux personnes immigrées, avec ou sans papiers, de s’auto-organiser, comment soutenir les collègues sans papiers qui se battent pour obtenir ou renouveler leurs titres de séjour.<br>C’est vraiment une question de nombre et d’implantation. Il ne s’agit pas seulement d’unir les organisations antiracistes, mais de faire en sorte que cette lutte existe partout.</p>



<p><strong>Depuis ton expérience de la préparation du 14 mars, quels sont les blocages à cette convergence ?</strong><br><strong>Mathieu : </strong>Le problème dépasse largement les collectifs eux-mêmes. Il y a dans la gauche et dans le milieu militant une tendance très forte à séparer les luttes. Comme si parler de racisme ne signifiait pas forcément parler d’islamophobie ou de solidarité avec les migrant·es. Que l’un invisibilisait l’autre.<br>Le fait qu’il n’existe pas aujourd’hui un mouvement antiraciste de masse renforce cette tendance. Sur certaines questions, il n’y a pas suffisamment de forces organisées. Cela produit parfois une forme de sectarisme, où se lier à d’autres est perçu comme un risque d’invisibilisation plutôt que comme un renforcement.<br>Au fond, beaucoup de gens ne pensent pas qu’un mouvement de masse soit possible. Donc, on se fixe des objectifs plus petits, autour de mots d’ordre très restreints.</p>



<p><strong>Wass :</strong> Il existe aujourd’hui des collectifs antiracistes bien réels, avec des stratégies et des trajectoires parfois différentes. Je partage le constat de Mathieu sur la fragmentation des collectifs, mais je pense qu’il faut aussi interroger les raisons politiques plus profondes qui nous ont conduits à cette situation.<br>Si la convergence est si difficile aujourd’hui, c’est aussi parce que les grands partis de la gauche institutionnelle et ses bases ont trahi ces combats. En cherchant à s’intégrer aux logiques d’État, ils ont souvent relégué les luttes antiracistes au second plan, voire les ont neutralisées. Le mouvement antiraciste qui lutte contre l’islamophobie a par exemple essayé de se battre de l’intérieur, dans des partis politiques institutionnels, pour défendre la solidarité avec la Palestine et les luttes antiracistes, ce qui est un énorme saut qualitatif.<br>Mais il manque encore des espaces réels de discussion stratégique, de confrontation politique, où puissent se construire un front unitaire dans la rue, dans nos lieux de travail, nos lieux d’études… Ce blocage est le symptôme à la fois des trahisons politiques et du racisme qui continue à traverser notre propre camp.<br>Or, pour dépasser ces impasses, nous devons renouer avec la tradition d’auto-organisation de notre classe : c’est-à-dire la capacité de notre classe dans toutes les luttes qu’elle porte à se rassembler, débattre et agir. L’auto-organisation permet de reconstruire la confiance, d’unifier les luttes sur des bases concrètes et de faire émerger une direction issue directement du terrain, connectée à la réalité de nos quartiers, de nos lieux de travail et de nos combats.<br>Historiquement, le racisme a souvent affaibli et fait perdre le mouvement ouvrier. On peut penser à la grève de Talbot : au lieu d’une lutte unitaire pour tous les emplois, le patronat et l’État ont joué sur le racisme pour isoler les travailleurs immigrés, les traiter d’« intégristes chiites », faire circuler des slogans comme « bougnoules au four » ou « les Arabes, les Noirs à la Seine ».<br>Tout ça révèle un fondement du capitalisme : le racisme, qui a servi à justifier l’esclavage, le colonialisme, et aujourd’hui encore, qui organise la hiérarchie sociale du travail.<br>Cette instrumentalisation raciste a brisé la solidarité de classe et permis aux patrons d’imposer leurs licenciements. À chaque fois que le racisme entre dans notre camp, c’est tout notre camp social qui recule.&nbsp;<br>La préparation du 14 mars doit justement être l’occasion de tirer les leçons de ces divisions : construire une unité réelle, ancrée dans la reconnaissance du racisme comme question centrale de notre camp, non comme un sujet secondaire. C’est en affrontant ensemble ces contradictions, dans la rue comme dans nos organisations, que nous pourrons donner corps à un mouvement antiraciste de masse, capable de faire reculer à la fois le racisme et le pouvoir qui l’alimente.</p>



<p><strong>Comment répondre à la crainte d’invisibilisation et défendre l’unité ?</strong><br><strong>Wass : </strong>À Marseille, on a argumenté pour que la lutte contre l’islamophobie soit davantage mise en avant dans l’appel et dans l’affiche. Ça montre qu’il y a des blocages de départ, mais qu’ils peuvent bouger quand on met les choses franchement sur la table.<br>Si plus de personnes portent ces luttes, elles deviennent plus visibles, pas moins. C’est lorsqu’on combattra tous et toutes le racisme dans toutes les formes où il se manifeste qu’on pourra commencer à construire un front commun réel.</p>



<p><strong>Mathieu : </strong>La question qui devrait être centrale dans nos cadres d’organisation est trop souvent absente : quelle stratégie pour gagner ?<br>On discute beaucoup de la manière de se distinguer, de parler à nos propres cercles militants, plutôt que de se demander ce qui peut réellement faire avancer nos luttes.<br>Pour les collectifs de sans-papiers ou de mineurs isolés, l’objectif est concret : obtenir des régularisations, la reconnaissance de leurs droits, l’égalité. La question est donc comment faire en sorte que tout le monde se la pose et discute ensemble de ce qu’il faudrait construire pour y parvenir.<br>Et malgré tout, on sent que c’est possible. Dès qu’on va sur un marché, qu’on colle des affiches dans un quartier ou qu’on appelle à une manifestation, on rencontre beaucoup d’échos positifs. C’est ce qui donne confiance.</p>



<p><strong>Anouk :</strong> Aussi, comme tu l’as dis, à la Marche des Solidarités, on voit aussi se développer de nouveaux collectifs de quartier qui renforcent cette activité militante à la base. Les dates du 18 décembre et du 14 mars ne règlent pas tout. Les attaques racistes et fascistes ne se limitent pas à ces deux dates : elles sont quotidiennes. Mais ces dates servent d’appui pour accélérer le processus de construction à la base.&nbsp;<br>Et si on renforce les collectifs antiracistes locaux et les liens avec les syndicalistes, on peut ouvrir des perspectives plus larges pour la mobilisation et ouvrir les conditions d’une grève comme à Minneapolis contre le racisme.</p>



<p>Propos recueillis par Anouk (Marseille)</p>
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		<title>USA &#8211; La journée sans immigré l&#8217;emportait</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/usa-la-journee-sans-immigre-lemportait/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Anouk]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Oct 2025 15:11:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[usa]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">LES CAHIERS D&#8217;A2C #18 &#8211; SEPTEMBRE 2025 Nous publions ici la traduction d’un extrait de l’article de Victor Fernandez, militant de Marx21 aux Etats-Unis. Nous avons fait la connaissance de ce militant révolutionnaire lors de <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/usa-la-journee-sans-immigre-lemportait/" title="USA &#8211; La journée sans immigré l&#8217;emportait">[...]</a></div>
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<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px"><strong>LES CAHIERS D&rsquo;A2C #18 &#8211; SEPTEMBRE 2025</strong></h6>



<p><em>Nous publions ici la traduction d’un extrait de l’article</em><sup data-fn="5886ff96-8e57-431b-bc86-8d346be299d8" class="fn"><a href="#5886ff96-8e57-431b-bc86-8d346be299d8" id="5886ff96-8e57-431b-bc86-8d346be299d8-link">1</a></sup><em> de Victor Fernandez, militant de Marx21 aux Etats-Unis. Nous avons fait la connaissance de ce militant révolutionnaire lors de notre Festival Boussoles en juin dernier. Depuis notre site, en flashant ci-dessous le QR code, allez revoir son intervention au sujet des révoltes de Los Angeles contre les rafles des sans-papiers. V. Fernandez revient ici sur la plus grande grève de l’Histoire des USA : la grève politique pour défendre les droit des sans-papiers le 1er mai 2006.</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Pourquoi ai-je rejoint une organisation socialiste ?</h3>



<p>Après quelques manifestations, un contact m&rsquo;a invité à une réunion qui s&rsquo;organisait contre HR4437.&nbsp; HR4437 était un projet de loi adopté par la Chambre des représentants [des Etats-Unis] qui faisait de tout migrant sans-papier ou de toute personne aidant un migrant sans-papier un criminel.&nbsp; Cette mesure criminalisait toute une partie de la population. Le plus stupéfiant, c&rsquo;est que ce projet de loi était quasiment acquis et que personne, en dehors d&rsquo;un petit groupe d&rsquo;activistes, n&rsquo;était au courant.&nbsp; Même lors de la réunion d&rsquo;explication du projet de loi, celui-ci semblait si irréel et si lointain. C&rsquo;est à ce moment que j&rsquo;ai rencontré les membres de l&rsquo;ISO [International Socialist Organization, aujourd’hui dissoute, ndlt]<br><br>Lors de la première réunion de l&rsquo;ISO, j&rsquo;ai été immédiatement plongée dans l&rsquo;organisation des luttes de migrant.e.s.&nbsp; Je participais à l’organisation des manifestations de protestation et je représentais l&rsquo;organisation au sein de la coalition des droits des immigrés nouvellement formée contre HR 4437.&nbsp; Je n&rsquo;étais pas seul.&nbsp; Des organisateur.rice.s chevronné.e.s étaient là pour m&rsquo;aider.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="736a6b" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #736a6b;" fetchpriority="high" decoding="async" width="800" height="600" data-id="10086" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/1er-sans-immigre-03.webp" alt="" class="wp-image-10086 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/1er-sans-immigre-03.webp 800w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/1er-sans-immigre-03-300x225.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/1er-sans-immigre-03-768x576.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/1er-sans-immigre-03-678x509.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/1er-sans-immigre-03-326x245.webp 326w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/1er-sans-immigre-03-80x60.webp 80w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>
</figure>



<h3 class="wp-block-heading">Militer contre le racisme</h3>



<p>Nous sommes maintenant en 2006 et les groupes pro-immigration commencent à se regrouper autour de réunions hebdomadaires à Los Angeles. L&rsquo;adoption de la loi HR4437 par la Chambre des représentants a donné lieu à un rassemblement de tous les groupes luttant pour les droits des immigrés. Cela semblait être un effort vain. La gauche s’est regroupée avec des groupes progressistes et des organisations à but non lucratif. L&rsquo;objectif principal était d&rsquo;organiser une manifestation massive contre la loi HR 4437.&nbsp; Il semblait ridicule de s&rsquo;attendre à une grande participation.&nbsp;<br>Nous aurions été positivement surpris avec 10 000 personnes. Cela ressemblait à une dernière tentative exaspérée, presque délirante, de riposte. Cependant, nous ne nous sommes pas laissés abattre sans combattre.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La marche du 25 mars 2006</h3>



<p>Les activistes de Chicago ont organisé leur manifestation quelques semaines avant la nôtre.&nbsp; Comme nous, ils voulaient manifester leur dégoût pour la loi HR4437.&nbsp; L&rsquo;organisation a payé. Les DJ locaux hispanophones, qui ont une grande influence sur la communauté immigrée, ont répondu à l&rsquo;appel.&nbsp; En fait, les différentes stations de radio se sont affrontées pour savoir laquelle d&rsquo;entre elles pouvait rassembler le plus grand nombre de personnes. Cela a débouché sur une marche de 300 000 personnes à Chicago, deux semaines avant la nôtre. Cela a radicalement changé la donne.<br></p>



<p>On dirait qu&rsquo;un poids a été enlevé et que tout est possible.&nbsp; Des années de frustration et de peur sont effacées et un espoir véritable se fait sentir. C&rsquo;est réel. C&rsquo;est ce qu’on a ressenti après la manif de Chicago. D’un coup, les gens qui nous regardaient comme des fous se sont montrés encore plus enthousiastes que nous.&nbsp; Les DJ des radios de Los Angeles ont répondu à l&rsquo;appel et se sont mis à rivaliser pour voir qui pouvait rassembler le plus de monde. Lors de l&rsquo;une des interviews des organisateurs du 25 mars, ils ont demandé de l&rsquo;aide pour la sonorisation et ont donné le numéro de mon ami. Le lendemain, il avait reçu 300 appels de personnes prêtes à l&rsquo;aider.&nbsp; Nous avons également trouvé un DJ qui avait de l&rsquo;expérience dans la sonorisation de manifestations de masse au Salvador.&nbsp; Ensemble, nous avons divisé la liste et passé les appels.&nbsp;&nbsp;</p>



<p><br>Nous avions pour principe de systématiquement doubler le nombre de participant.e.s annoncé.e.s par la LAPD (Los Angeles Police Department).&nbsp; Le 25 mars 2006, ils ont estimé 500 000 participant.e.s. Dans nos groupes, nous pensions qu&rsquo;il y avait entre un million et 1,5 million de personnes. La marche était prévue pour 10 heures à l&rsquo;angle d&rsquo;Olympic et de Broadway, à environ un kilomètre de l&rsquo;hôtel de ville de Los Angeles.&nbsp; Il y avait tellement de monde que la marche a commencé tôt. Comme l’avaient demandé les DJs des radios, tout le monde était vêtu de blanc. Étant à l&rsquo;avant de la marche pour les tâches d’organisation, nous n&rsquo;avons vu qu&rsquo;une mer de blanc se diriger vers nous.&nbsp;</p>



<p>La marche s&rsquo;est transformée en un rassemblement à l&rsquo;échelle du centre-ville, avec des gens qui rejoignaient et quittaient toute la journée. Le centre-ville était de fait fermé. Il s&rsquo;agissait de la plus grande marche jamais organisée aux États-Unis. Lors de cette marche, les militants de Los Angeles ont appelé à une journée sans immigrés pour le 1er mai.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un 1er mai 2006 sans immigré&nbsp;<br></h3>



<p>Ce jour-là, nous boycotterions toutes les entreprises et n&rsquo;irions pas travailler.&nbsp; Nous démontrerions le pouvoir des migrant.e.s par le biais de ce qui deviendra en fait une grève nationale et qui aura lieu le 1er mai, Journée internationale des travailleur.euse.s.<br><br>L&rsquo;appel à la grève était un sujet dont de nombreux militant.es discutaient au niveau national.&nbsp; C&rsquo;était une excellente idée, mais il était difficile de la concrétiser au sein de la population des migrant.e.s sans papier.&nbsp; Nombre d&rsquo;entre nous craignaient d&rsquo;être expulsé.e.s.&nbsp; Cependant, les images de millions de personnes dans les rues de toutes les villes américaines ont renforcé notre confiance. Alors que la plupart des manifestations étaient organisées par des personnes en situation régulière, en général des descendants ou parents de migrant.e.s sans papier, la journée sans migrant.e.s du 1er mai 2006 a placé les sans papier au centre de son organisation.</p>



<p>Avec une confiance renouvellée dans le fait qu&rsquo;un mouvement et une population étaient derrière eux, les sans-papiers aux Etats-Unis ont commencé à s&rsquo;auto-organiser pour le 1er mai.&nbsp; Les organisateur.rice.s se sont concentrés sur les rassemblements de ce jour-là, mais le cœur de l&rsquo;organisation se trouvait parmi les personnes sur leurs lieux de travail, dans leurs écoles et dans leurs communautés.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>L&rsquo;appel avait été lancé et les gens l&rsquo;ont repris de manière organique. Du 25 mars au 1er mai, les réunions et les manifestations se sont succédé pour préparer la Journée sans migrant.e.s.&nbsp;</p>



<p>Au petit matin du 1er mai, mon amie activiste a reçu un appel d&rsquo;un organisateur du quartier de la mode, connu sous le nom de “the alleys”. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un ensemble d&rsquo;allées du centre-ville de Los Angeles où l&rsquo;on vend des vêtements et des articles à prix réduits et qui est très populaire auprès de la communauté immigrée pour faire ses courses et travailler.&nbsp; Les travailleurs de ces magasins ont fermé boutique.&nbsp; Ils s&#8217;emparaient de tous les produits exposés à l&rsquo;extérieur des magasins, les transportaient à l&rsquo;intérieur et fermaient leur propre lieu de travail. Les propriétaires ne pouvaient rien faire.&nbsp;</p>



<p>Il s&rsquo;agit d&rsquo;une lutte des Mexicain.e.s contre le racisme et l&rsquo;oppression aux États-Unis ET d&rsquo;une lutte de toutes les personnes qui émigrent ici et travaillent pour une vie meilleure, et elle doit être soutenue par tous ceux qui travaillent pour une vie meilleure, qu&rsquo;ils soient nés ici ou non.</p>



<p>Par conséquent, une grève nationale des migrant.e.s et de leurs sympathisant.e.s entraînerait la fermeture de tout le pays. C&rsquo;est exactement ce qui s&rsquo;est passé le 1er mai 2006. Le port de Los Angeles a été effectivement fermé lorsque 90 % des camionneurs ont refusé de se présenter. Ça a coûté à l&rsquo;économie un milliard de dollars. Cargill, Tyson et Seaboard, tous producteurs de denrées alimentaires, ont dû interrompre une grande partie de leurs activités ce jour-là. Les chantiers de construction étaient vides. Les champs travaillés par les migrant.e.s, principalement dans des Etats comme la Californie et la Floride, ont été fermés. En outre, d&rsquo;innombrables entreprises qui dépendaient de la main-d&rsquo;œuvre et de la clientèle immigrée ont fermé leurs portes en signe de solidarité ou ont été contraintes de le faire en raison du manque de travailleur.euse.s et de client.e.s.</p>



<p>Il s&rsquo;agissait, et il s&rsquo;agit toujours, de la plus grande grève de l&rsquo;histoire des États-Unis et elle a été incroyablement efficace. Quelques semaines après le 1er mai, grâce à la poursuite des manifestations et des actions et à un retournement général de l&rsquo;opinion publique en faveur des migrant.e.s, le projet de loi HR4437 est mort au Sénat.&nbsp;</p>



<p>Victor Fernandez (Marx 21, Los Angeles)</p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="5886ff96-8e57-431b-bc86-8d346be299d8">La version complète de l’article est disponible en langue anglaise sur le site de Marx 21 “The day Immigrants won : part one”, 04 avril 2025,<br><a href="https://marx21us.org/2025/04/04/report-part-one/">https://marx21us.org/2025/04/04/report-part-one/</a><br> <a href="#5886ff96-8e57-431b-bc86-8d346be299d8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<item>
		<title>LES CAHIERS D’A2C #18</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/revue-da2c/les-cahiers-da2c-18/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Sep 2025 11:30:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Revue d'A2C]]></category>
		<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[capacitisme]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte de classes]]></category>
		<category><![CDATA[Marxisme]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Privilège]]></category>
		<category><![CDATA[usa]]></category>
		<category><![CDATA[validisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Dans chacune de nos luttes comme dans la remise en question globale de la société, nous avons besoin d’élaborer des stratégies pour gagner.</div>
<p> <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/revue-da2c/les-cahiers-da2c-18/" title="LES CAHIERS D’A2C #18">[...]</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading"><strong>Sommaire :</strong></h3>



<ul class="wp-block-list">
<li>Éditorial : <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/nous-sommes-toustes-des-secteurs-strategiques/">Nous sommes tous·tes des secteurs stratégiques</a></li>



<li>L’antiracisme en dossier :
<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/usa-la-journee-sans-immigre-lemportait/">USA : la journée sans immigré·es l’emportait</a></li>



<li><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/capitalisme-et-racisme/">Racisme et capitalisme</a></li>
</ul>
</li>



<li>Notre classe en dossier :
<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/revue-da2c/quel-syndicalisme-pour-organiser-notre-classe/">Quel syndicalisme pour organiser notre classe ?</a></li>



<li><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/gaza-de-la-solidarite-massive-a-la-greve-politique/">Gaza : de la solidarité massive à la grève politique</a></li>



<li><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/la-classe-ouvriere-du-nord-profite-t-elle-de-lexploitation-du-sud/">La classe ouvrière du nord profite-t-elle de l’exploitation du sud ?</a></li>
</ul>
</li>



<li><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/anticapitalisme/le-validisme-pilier-du-capitalisme/">Le validisme, pilier du capitalisme ?</a></li>



<li>L’antifascisme en dossier :
<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/manifestation-du-10-mai-quel-bilan-pour-les-strategies-antifascistes/">Manifestation du 10 mai, quel bilan pour les stratégies antifascistes ?</a></li>



<li><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/le-rn-a-t-il-renonce-a-la-violence/">Le RN a-t-il renoncé à la violence ?</a></li>
</ul>
</li>



<li><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/pourquoi-le-marxisme/">Pourquoi le marxisme ?</a></li>
</ul>



<div data-wp-interactive="core/file" class="wp-block-file"><object data-wp-bind--hidden="!state.hasPdfPreview" hidden class="wp-block-file__embed" data="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/09/revue-18-VERSION-FINALE-page-a-page.pdf" type="application/pdf" style="width:100%;height:280px" aria-label="Contenu embarqué revue 18 VERSION FINALE page à page."></object><a id="wp-block-file--media-6e61c583-c230-44ad-b721-cf6f3ed640fc" href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/09/revue-18-VERSION-FINALE-page-a-page.pdf">revue 18 VERSION FINALE page à page</a><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/09/revue-18-VERSION-FINALE-page-a-page.pdf" class="wp-block-file__button wp-element-button" download aria-describedby="wp-block-file--media-6e61c583-c230-44ad-b721-cf6f3ed640fc">Télécharger</a></div>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Pourquoi cette revue, pourquoi ce sommaire ?</strong></h3>



<p>Dans chacune de nos luttes comme dans la remise en question globale de la société, nous avons besoin d’élaborer des stratégies pour gagner. Ni les livres, ni les expériences passées ne donnent des réponses clés en main pour aujourd’hui, mais ils sont des outils incontournables pour les obtenir. Cette revue est donc un espace pour rendre explicites et lisibles les analyses que les militant.es d’a2c élaborent, et qui les amènent à défendre certaines stratégies. La théorie est pour nous inséparable de l’action militante : elle doit s’élaborer à partir des expériences réelles de la lutte des classes, des débats qui s’y posent, comme elle se teste dans les pratiques et les propositions militantes qui en découlent.&nbsp;</p>



<p>Par exemple, dans le mouvement, certain.es argumentent sur le fait que le racisme a toujours existé, et qu’il est séparé du fonctionnement du capitalisme. D’autres qu’il a permis à la bourgeoisie d’acheter la classe ouvrière des pays esclavagistes, colonialistes et impérialistes grâce aux surprofits réalisés. Les luttes de classes (entre exploiteurs et exploité.es) et les luttes antiracistes seraient donc des combats séparés, au mieux complémentaires. Nous avons voulu répondre à ces approches par une série d’articles : celui “<strong>racisme et capitalisme</strong>” revient sur l’apparition historiquement datée du racisme, liée aux intérêts de la bourgeoisie. L’article “<strong>La classe ouvrière du Nord profite-t-elle de l&rsquo;exploitation du Sud ?</strong>” conteste l’argument selon lequel la domination des pays du Sud profiteraient aux travailleur·euses du Nord.&nbsp;</p>



<p>Parce que la théorie sert à guider nos actions, de ces approches découle selon nous la nécessité de penser et mener ensemble les ripostes aux attaques antisociales et nos combats antiracistes et internationalistes. Il existe des exemples inspirants de ce type, comme “<strong><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/usa-la-journee-sans-immigre-lemportait/">USA &#8211; La journée sans immigré·es</a></strong>” qui retrace l’expérience de la grève des migrant.es en 2006 aux USA, ou “<strong><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/gaza-de-la-solidarite-massive-a-la-greve-politique/">Gaza : De la solidarité massive à la grève politique</a></strong>” sur l’expérience de construction d’une grève en juin pour dénoncer le génocide à Gaza et la complicité de la France.</p>



<p>Le racisme et le nationalisme promus par la classe dirigeante sont également le ciment principal de construction des organisations fascistes, qui se présentent comme une alternative au pouvoir en crise de la bourgeoisie. Il nous a donc semblé important de revenir sur des débats du mouvement antifasciste : “<strong><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/le-rn-a-t-il-renonce-a-la-violence/">Le RN a-t-il renoncé à la violence ?</a></strong>” revient sur la nature du RN, et “<strong>Manifestation du 10 mai, quel bilan pour les stratégies antifascistes ?</strong>” cherche à faire le bilan des réponses antifascistes différentes à la manifestation de centaines de fascistes dans les rues de Paris le 10 mai. “<strong>La stratégie du front uni</strong>” nous étaye dans notre lutte pour la construction du rapport de force face aux fascistes.</p>



<p>Le mouvement de fond qui s’est cristallisé autour de la mobilisation “On bloque tout !” du 10 septembre montre les possibilités qui existent dans notre camp pour mener ces batailles de classe – antiracistes, antifascistes, internationalistes et pour la Palestine, pour notre classe. Parce qu’il s&rsquo;organise à la base, dans des assemblées, en-dehors du cadre des organisations syndicales ou politiques, ses potentialités s’expriment pleinement. Mais alors, à quoi bon se syndiquer ? Un camarade fournit des arguments de réponse dans “<strong>Quel syndicalisme pour organiser notre classe ?</strong>”.</p>



<p>Enfin, si à a2c on parle de classe, c’est parce que nous nous reconnaissons comme marxistes et pensons que <em>« l’émancipation des travailleur·ses sera l’œuvre des travailleur·ses elles et eux-mêmes ».</em> À l’image de l’article “<strong>Le validisme, pilier du capitalisme ?</strong>” dans lequel l’analyse de la production du handicap dans la société capitaliste sert à préciser ce que doivent être les stratégies antivalidistes du mouvement qui se (re)construit.</p>



<p>Mais qu’entend-on par « classe(s) » ? En quoi le marxisme serait-il plus pertinent que d’autres grilles de lecture de la société ? Nous ouvrons une rubrique dans ce numéro avec la volonté de discuter et d’aborder les concepts de base du marxisme. Premier article : “<strong>Pourquoi le marxisme ?</strong>”.</p>



<p>Bonne lecture !&nbsp;</p>



<p>L’équipe revue.</p>
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		<title>[Vidéo] Session d&#8217;ouverture du festival des idées révolutionnaires d&#8217;a2C &#8211; Juin 2025</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/videos/session-douverture-du-festival-des-idees-revolutionnaires-da2c/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vanina]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Jul 2025 14:12:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Vidéos]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=9750</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">On y parle de la situation politique internationale, de la crise globale du capitalisme et des révoltes à travers le monde.</div>
<p> <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/videos/session-douverture-du-festival-des-idees-revolutionnaires-da2c/" title="[Vidéo] Session d&#8217;ouverture du festival des idées révolutionnaires d&#8217;a2C &#8211; Juin 2025">[...]</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center"><strong>Vers une économie d&rsquo;armement généralisée : la guerre est-elle inévitable ?</strong></p>



<p>On y parle de la situation politique internationale, de la crise globale du capitalisme et des révoltes à travers le monde.</p>



<p>Victor Fernandez, activiste pour le droit des migrant·Es à Los Angeles et membre de l&rsquo;organisation Marx 21 nous raconte les insurrections contre les rafles organisées par Trump. Une intervention inspirante pour toutes celles et ceux qui militent au quotidien contre le racisme et pour les droits des personnes sans papier, en ayant parfois le sentiment que leur collectif est trop petit pour gagner. </p>



<p>Juliette Bonneterre, d&rsquo;a2c Marseille, ouvre le festival. Elle explique que si on a décidé de commencer le festival par cette question, c&rsquo;est que l&rsquo;impérialisme et la guerre ne sont pas juste une des modalités du capitalisme, mais sa trajectoire principale. La guerre est-elle inévitable ? C&rsquo;est une question que tout le monde se pose. Depuis la rationalité des capitalistes, la réponse est oui. Mais depuis nos luttes, l&rsquo;issue n&rsquo;est jamais écrite. Cela dépend de nos capacités à nous auto-organiser. La situation comprend la possibilité de la guerre et du fascisme, comme celui de la révolution. Ce festival, c&rsquo;est un moyen de prendre le temps de nous retrouver pour échanger et élaborer des stratégies pour transformer la guerre entre les États en guerre des classes.</p>



<p>Bon visionnage !</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Vers une économie d&#039;armement généralisée : la guerre est elle inévitable ?" width="678" height="381" src="https://www.youtube.com/embed/g84ItW5CdRw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p>Victor « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=g84ItW5CdRw&amp;list=PLM46FB14-A3P0qdcehFb5_6M3JJil8yuR&amp;index=1&amp;t=197s">03:17</a>« </p>



<p>Juliette « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=g84ItW5CdRw&amp;list=PLM46FB14-A3P0qdcehFb5_6M3JJil8yuR&amp;index=1&amp;t=1735s">28:55</a>« </p>



<p>Discussion : « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=g84ItW5CdRw&amp;list=PLM46FB14-A3P0qdcehFb5_6M3JJil8yuR&amp;index=1&amp;t=2350s">39:10</a> » </p>



<p>Conclusion de Victor « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=g84ItW5CdRw&amp;list=PLM46FB14-A3P0qdcehFb5_6M3JJil8yuR&amp;index=1&amp;t=5270s">1:27:50</a>« </p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/videos/session-douverture-du-festival-des-idees-revolutionnaires-da2c/">[Vidéo] Session d&rsquo;ouverture du festival des idées révolutionnaires d&rsquo;a2C &#8211; Juin 2025</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>Laissez parler les jeunes!</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/laissez-parler-les-jeunes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Jun 2024 14:57:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=8469</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Voici quelques extraits d’une discussion entre Fousseini, un des délégués des Jeunes mineurs occupant la Maison des Métallos à Paris, et Mathieu, membre du collectif 20ème solidaire avec tou.tes les migrant·es. L’intégralité de la discussion, <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/laissez-parler-les-jeunes/" title="Laissez parler les jeunes!">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/laissez-parler-les-jeunes/">Laissez parler les jeunes!</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em><strong>Voici quelques extraits d’une discussion entre Fousseini, un des délégués des Jeunes mineurs occupant la Maison des Métallos à Paris, et Mathieu, membre du collectif 20ème solidaire avec tou.tes les migrant·es. L’intégralité de la discussion, où Fousseini parle notamment de son parcours migratoire, est à retrouver en audio sur le site d’A2C.</strong></em></p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #13 &#8211; juin 2024</h6>



<p><strong>Fousseini</strong></p>



<p>Avant d’être dans le collectif de Belleville, j’étais dans le collectif de St Merri dans le 4ème arrondissement. On était une centaine de jeunes qui dormaient devant l’école avec des familles, des bébés de 2 mois, 3 mois, des enfants de 4 ans, 5 ans. </p>



<p>Et le 5 décembre Anne Hidalgo faisait ses vœux. Les soutiens se sont dit que c’était le moment opportun pour interpeler la ville de Paris. On a fait un petit groupe de 8 jeunes et trois soutiens, on est entrés et on s’est éparpillés et la maire est venue faire ses vœux et on l’a interrompue. “Tout ce que tu dis, on ne te croit pas, tu dis que la ville de Paris c’est une ville d’accueil mais il y a des centaines de jeunes qui dorment dans la rue juste devant toi”. Alors on a été reçus, les 8 qui étaient là avec les 3 soutiens.</p>



<p>Au début ils nous ont dit: “on n’a pas de places, on est en train d’étudier le sujet, il faudrait que vous attendiez une semaine, deux semaines”. Mais nous, les 8 qui étions là, on a dit que tant qu’il n’y aurait pas de solution on ne sortirait pas, qu’ils devraient appeler la police pour nous faire sortir de force. Et qu’on allait appeler les 150 jeunes qui dorment devant l’école et qui attendent de nos nouvelles et s’il n’y a pas de mise à l’abri on va leur dire de venir pour camper devant la mairie ou bien dedans. Ils avaient l’impression qu’on venait avec un rapport de force total, qu’on était déterminés. Par miracle ils ont ouvert un gymnase. La même nuit ! Ils ont envoyé des bus. Ils ont mis les familles dans un gymnase. Les jeunes dans un autre gymnase. La même nuit !</p>



<p>C’est là que je me suis persuadé, j’en suis convaincu, ce qu’ils disent même si les actes ne sont pas très réels, nous sommes dans un pays de droits. Il ne faut donc pas que je sois enfermé par moi-même et que je ne réclame pas ce qu’ils disent. Et donc que la lutte est réelle, qu’il est important d’être engagé, tu peux le faire. Et donc je dis à mes camarades, si tu veux t’engager dans une lutte il faut que tu sois convaincu que tu peux la gagner et que tu sois convaincu que c’est un choix que tu as fait, un choix réel que tu as fait avant de t’y mettre, sinon tu vas juste attendre les actions de tes camarades. </p>



<p>Et c’est comme ça que j’ai rejoint le collectif des Jeunes de Belleville. Après notre action du 5 décembre, il y avait la manifestation du 18 décembre où les Jeunes de Belleville ont participé à la manif et on a fait la jonction. C’est là que j’ai pris la parole et Jon m’a proposé de participer aux réunions et c’est comme ça que j’ai rejoint le collectif des Jeunes du parc de Belleville.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1000" height="956" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/06/A2C_RevueN13_Belleville_Illustr1.png" alt="" class="wp-image-8447" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/06/A2C_RevueN13_Belleville_Illustr1.png 1000w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/06/A2C_RevueN13_Belleville_Illustr1-300x287.png 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/06/A2C_RevueN13_Belleville_Illustr1-768x734.png 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure>



<p><strong>Mathieu</strong></p>



<p>A 20ème so’, on avait prévu une réunion publique en septembre à l’amphithéâtre en haut du parc de Belleville. Mais quand on apprend qu’il y a des centaines de jeunes qui dorment dans le parc, on se dit qu’il faut essayer de les rencontrer. Donc en août, début septembre on passe plusieurs fois dans le parc. A ce moment-là ce n’était même pas un campement, c’était un camp de fortune parce que la journée ils cachaient leurs affaires et c’est seulement la nuit, quand le parc était fermé au public, que les jeunes venaient y dormir. Et il y en a pas beaucoup, peut-être dix, qui viennent à cette réunion publique où il y a une cinquantaine, une soixantaine de personnes. C’est là qu’on commence à discuter, on leur demande de parler de leur situation, pourquoi ils sont là, etc. Et surtout dès ce moment-là on part sur l’idée que la seule solution qu’il y aura c’est si vous êtes prêts à vous battre et on leur demande donc, surtout, qu’est-ce vous êtes prêts, vous, à faire. Et là, on est un peu surpris de la première réponse des jeunes. Ils nous disent, écoutez, nous on est prêts à faire ce que vous voulez sauf une manif. Parce qu’ils avaient eu l’expérience de Erlanger<sup data-fn="1b238354-df52-49c4-a89a-adb309cae91f" class="fn"><a id="1b238354-df52-49c4-a89a-adb309cae91f-link" href="#1b238354-df52-49c4-a89a-adb309cae91f">1</a></sup>, des tentes devant le Conseil d’Etat où la répression avait été très dure. On sentait que la question qu’on posait, qu’est-ce que vous voulez faire, qu’est-ce que vous êtes prêts à faire, ça allait prendre du temps pour les jeunes notamment parce que les associations jusque-là c’était pas du tout ce qu’elles encourageaient.</p>



<p>Et donc on revient plusieurs fois. Et ça a été compliqué. Après plusieurs rencontres, un petit noyau de jeunes me dit mais le problème avec vos réunions, les moments où vous les faites, les jeunes ne sont pas là. Il faudrait faire à une autre heure. Donc venez faire une réunion à 23H. Donc on fait ça et effectivement à 23H il y a plein de jeunes qui viennent mais aussi plein d’habitants. Franchement pour un truc de nuit on était plus d’une centaine, même 150 à discuter. Et là c’était ouf, c’est là où ça m’a le plus marqué, parce qu’on ne savait pas comment faire, c’était assez impressionnant. Les jeunes commencent à discuter et puis Youssouf, l’un d’entre eux dit : “mais nous on a aussi besoin de savoir ce que vous voulez, ce que vous êtes prêts à faire”. Et là il y a la représentante d’une association qui prend la parole, qui parle pendant 20 mn et qui dit, “tout va bien, si jamais les flics arrivent il y aura des habitants pour empêcher ça, si vous avez des questions il faut contacter les associations, ce qu’il faut c’est juste organiser un vestiaire”. Et là on est plusieurs à dire : “mais il faut arrêter de mentir, il faut dire aux jeunes qu’il n’y a rien, que personne n’est au courant qu’ils sont là!” Parce que jusque-là les associations n’en avaient parlé à personne.</p>



<p>Et petit à petit il y a un groupe de jeunes qui se forme et on fait notamment deux grandes réunions à la Maison de l’Air, auxquelles la mairie vient et ce sont les jeunes qui organisent les réunions. Et là on voit que les soutiens, les associations sont un peu surpris mais c’étaient des réunions hyper fortes où des choses commencent à être dites comme “on est des enfants du 20ème, on veut rester là, c’est là qu’on est bien, c’est là qu’on connaît des gens, on ne veut pas retourner dans le 16ème parce que dans le 16ème il y avait des racistes, il n’y avait pas la solidarité”.</p>



<p>C’est comme ça qu’on apprend que la préfecture et la mairie préparent ce qu’ils appellent la mise à l’abri. Ça se passe comme ça, un soir, à une réunion de 20ème solidaires avec des jeunes, et la mairie vient et dit “voilà demain matin à 5H00 les CRS vont venir et vont embarquer 270 jeunes dans des centres d’hébergement dans la région parisienne”. Et nous on dit mais c’est quoi ces manières de faire ? La mairie disait “mais c’est une super nouvelle parce que les mises à l’abri il n’y a que ça qu’on peut obtenir”. Les associations disent qu’il n’y a plus rien, plus d’hébergements donc il faut prendre ce qu’on peut obtenir. Et là il y a Youssouf qui pose la question simplement : “et si nous on décide de ne pas monter dans les cars vous faites quoi” ? Et nous, 20ème so’ on dit “et bien on ne sait pas comment on peut faire mais nous, si vous ne voulez pas monter, on vous soutient”. La mairie tape un scandale et aussi des associations en nous traitant d’inconscients. Et la mise à l’abri a lieu, la rafle, parce que je n’ai jamais ressenti un truc aussi horrible, c’est une humiliation, quand on compare à ce que vous avez réussi à faire depuis. Mais là ce sont les CRS, qui veulent montrer que ce sont eux les chefs, qui humilient le collectif, les jeunes qui sont délégués, qui humilient même les associations qui sont là, c’est vraiment sale<sup data-fn="bbecafbb-aaca-4de7-9f1e-f5a88f8ba9c8" class="fn"><a id="bbecafbb-aaca-4de7-9f1e-f5a88f8ba9c8-link" href="#bbecafbb-aaca-4de7-9f1e-f5a88f8ba9c8">2</a></sup>.</p>



<p>Par contre c’est là que plusieurs jours après des jeunes reviennent dans le 20ème et disent “là on a compris, oui on peut gagner mais il ne faut plus se laisser faire, il faut s’organiser”. C’est là que commence vraiment le collectif des jeunes de Belleville.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="580" height="1000" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/06/A2C_RevueN13_Belleville_Illustr2.png" alt="" class="wp-image-8452" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/06/A2C_RevueN13_Belleville_Illustr2.png 580w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/06/A2C_RevueN13_Belleville_Illustr2-174x300.png 174w" sizes="auto, (max-width: 580px) 100vw, 580px" /></figure>



<p><strong>Fousseini</strong></p>



<p>Bien sûr nous on est un collectif militant. Les associations nous disent, nous on fait de l’humanitaire. On ne peut pas faire de la politique. Du coup ils sont limités. Ils veulent toujours présenter une bonne face à l’Etat en disant, t’inquiète, nous on va gérer le mouvement. Même là, récemment, quand on a été à la mairie, quand les campements ont été détruits sur les quais, moi j’écoutais les bénévoles des associations qui disaient, ok si la préfecture accepte une délégation il y aura, 2 personnes de Médecins du monde, 2 personnes de Médecins sans frontières, 2 personnes d’Utopia, … alors moi j’ai dit, mais arrêtez ! Il n’y a aucun jeune parmi vous. Ça ne se passe pas comme ça. Laissez parler les jeunes. Ce sont eux qui sont à la rue, ce sont eux qui sont dans une situation précaire, ce sont eux qui subissent le harcèlement policier donc ils sauront expliquer mieux que vous parce que vous vous n’allez pas faire le rapport de force comme il le faut. Et si vous ne pouvez pas faire avec le collectif, faites une délégation avec les jeunes. Juste trois soutiens, une personne de Médecins du monde, une personne de MSF, une personne de Utopia et puis ça va. Vous prenez 5 jeunes et vous laissez les jeunes parler d’abord. Que les élus et les autres entendent ce qui sort de la bouche des jeunes. C’est là que ça peut changer. Sinon ce sera incohérent de votre part.</p>



<p>Mais je crois que les institutions commencent à se rendre compte, c’est la première fois, mais c’est fou, comment ça se fait que les jeunes peuvent se guider comme ça, prendre tout dans leurs mains et s’imposer comme ça. Ils ne s’imaginaient pas que ça puisse se passer comme ça, que des enfants arrivent à faire un rapport de forces total avec les institutions sans avoir peur de tout ce qui allait se passer. Et moi je dirais que je n’aurai peur de rien tant que je n’obtiens pas ce que je demande. Et à chaque fois c’est l’idée que je mets dans la tête des jeunes. Levez-vous, pour parler, levez-vous pour réclamer ce qui est des droits pour vous. Sinon vous ne les aurez pas. Nous sommes dans un pays de racistes, dans un pays qui est réel, tout ce que tu dois obtenir il faut l’obtenir par la force.</p>



<p><strong>Mathieu</strong></p>



<p>Ce qui est impressionnant, que vous démontrez bien, c’est que la seule solution c’est la lutte collective. Comme c’est le cas pour les camarades sans-papiers, de plus en plus, ça l’était déjà, la solution individuelle ça ne marche pas. On n’est pas dans une situation de négociation administrative, on est dans une question d’égalité des droits et ça ne peut avancer que par le collectif. </p>



<p><strong>Fousseini</strong></p>



<p>Dans les jours à venir la mairie peut trouver une mise à l’abri pour les jeunes mais si la présomption de minorité n’est pas mise en place dans les mois qui viennent des centaines de jeunes vont se retrouver à la rue. </p>



<p>La majorité des jeunes viennent de l’Afrique de l’ouest. Ils parlent le français. Et la majorité des pays de l’Afrique de l’Ouest ont été colonisés par la France. Mais même si on parle le français la majorité des jeunes sont illettrés et veulent s’instruire. Pour s’intégrer il faut une éducation parfaite, il faut rencontrer des gens d’autres origines, d’autres générations, il faut parler. Ça doit permettre de te cultiver. C’est pourquoi nous réclamons l’éducation. Et si on a l’éducation moi je pense que ça englobe tout parce que ce n’est pas que l’école. Tu ne peux pas aller à l’école si tu n’as pas le titre de transport, si tu n’as pas une bonne santé. C’est la première chose. La seconde c’est la lutte. C’est fou ce que les jeunes font actuellement à Paris, on a pu obtenir des choses que les gens n’imaginaient pas. Avec l’aide des soutiens qui leur ont dit : “vous pouvez y arriver si vous avez confiance en vous”. C’est primordial. Si tu n’as pas confiance en toi, même si Hidalgo est derrière toi tu ne peux pas obtenir ce que tu veux. Si tu n’as pas confiance en toi-même si Macron vient aider tu ne peux pas avoir. Pour gagner il faut que tous les jeunes qui sont là aient une confiance totale en eux.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="6c6c6c" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #6c6c6c;" loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/06/A2C_RevueN13_Belleville_Illustr3-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8451 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/06/A2C_RevueN13_Belleville_Illustr3-jpg.webp 1000w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/06/A2C_RevueN13_Belleville_Illustr3-300x225.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/06/A2C_RevueN13_Belleville_Illustr3-768x576.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/06/A2C_RevueN13_Belleville_Illustr3-678x509.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/06/A2C_RevueN13_Belleville_Illustr3-326x245.webp 326w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/06/A2C_RevueN13_Belleville_Illustr3-80x60.webp 80w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure>



<p>Et je dis aux jeunes à chaque fois, il faut qu’on soit fiers de nous. Même si ce qu’on veut on ne l’a pas, on a fait passer nos voix, on a fait passer des messages. Par mille manières on a visibilisé la situation des mineurs. Actuellement tout le monde voit ce que les mineurs peuvent faire, comment les jeunes mineurs s’organisent, le fait que c’est nous qui décidons de la lutte des jeunes du parc de Belleville. Tout le monde veut faire des choses avec nous. A Paris, la lutte des jeunes du parc de Belleville ça fait rêver les luttes qui s’endorment. Et les jeunes donnent du courage en disant qu’il y a de l’espoir. Il faut qu’on se lève parce qu’on ne va pas avoir cette lumière ou cet espoir en dormant ou en disant qu’on va laisser faire les délégués ou les soutiens pour généraliser. </p>



<p><strong>Mathieu</strong></p>



<p>En réalité nos obstacles ce n’est pas la mairie ou l’Etat. Ça c’est ceux qu’on veut faire flancher. Les obstacles c’est en nous. Et bien sûr on peut parler d’un mouvement de solidarité. Mais une majorité de gens voient ce que vous faites comme la lutte d’un groupe à part. Comme si, parce que vous êtes des immigrés, ce que vous faites n’est pas pour tout le monde. Et j’ai l’impression qu’il y a beaucoup de gens, qui sont pourtant prêts à se battre, des associations, des syndicats, qui quand ils voient ce que vous faites, ne se reconnaissent pas dedans. Je pense que c’est ça l’obstacle majeur. Cette manière de penser que quand même les Français et les immigrés ce n’est pas pareil, où tout se passe dans un cadre national. Et qui n’arrivent pas à penser que quand des jeunes isolés se battent pour un logement pour tous, ils se battent pour un logement pour tous, s’ils veulent l’école pour tous, c’est l’école pour tous. Grâce à ce que vous faites, il y a, par exemple dans l’éducation, des syndicalistes qui vous rejoignent mais le travail est dur.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Mathieu (Paris 20e) et Fousseni </h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="1b238354-df52-49c4-a89a-adb309cae91f">Erlanger est un lycée dans le 16ème arrondissement qui a été occupé par des associations avec des centaines de Jeunes. Utopia 56 avait ensuite installé un campement avec les jeunes devant le Conseil d’État qui avait été dégagé violemment par la police. <a href="#1b238354-df52-49c4-a89a-adb309cae91f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="bbecafbb-aaca-4de7-9f1e-f5a88f8ba9c8">Communiqué sur cette rafle à retrouver ici : <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/actions/la-rafle-des-jeunes-du-parc-de-belleville/">https://www.autonomiedeclasse.org/actions/la-rafle-des-jeunes-du-parc-de-belleville/</a> <a href="#bbecafbb-aaca-4de7-9f1e-f5a88f8ba9c8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/laissez-parler-les-jeunes/">Laissez parler les jeunes!</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Loi Darmanin : anatomie d’une défaite</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/loi-darmanin-anatomie-dune-defaite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 May 2024 12:33:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Les Lilas]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">« Résolution 2023 : ne pas laisser passer la loi Darmanin ». Notre éditorial de janvier 2023 proposait une stratégie pour combattre ce qui était encore un projet de loi. Cette analyse en a entraîné bien d’autres durant ces <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/loi-darmanin-anatomie-dune-defaite/" title="Loi Darmanin : anatomie d’une défaite">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">« <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/resolution-2023-ne-pas-laisser-passer-la-loi-darmanin/">Résolution 2023 : ne pas laisser passer la loi Darmanin </a>». Notre éditorial de janvier 2023 proposait une stratégie pour combattre ce qui était encore un projet de loi. Cette analyse en a entraîné bien d’autres durant ces derniers mois quant aux liens intrinsèques entre l’explosion du racisme, du nationalisme et du danger du fascisme. Plus de deux mois après la promulgation de la loi Darmanin, le constat est limpide : le mouvement qui s’est enraciné durant plus d’un an a perdu une bataille. Cette défaite pourrait avoir des conséquences ignobles pour beaucoup d’immigré·es. Elle va aussi affaiblir l’ensemble de notre classe en brisant plus encore l’égalité entre toutes et tous. Une autre question est de savoir si l’ensemble des forces qui ont combattues sortent renforcées ou affaiblies d’une telle séquence.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #12 &#8211; MARS 2024</h6>



<p class="has-drop-cap">Pour entamer l’analyse nécessaire de la situation créée par le passage de la loi, des tâches qui en découlent et des leçons à en tirer, nous avons décidé de commencer par des remontées d’expériences faites par des camarades d’A2C dans plusieurs villes avec la conscience que celles-ci restent bien entendu limitées. N’hésitez pas à nous faire parvenir vos expériences, questionnements ou éléments de débats. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Automne 2022, le front se lève</h2>



<p><strong>À Marseille :</strong> Nous sommes impliqué·es dans le lancement de Marseille contre Darmanin en novembre 2022. Au départ, nous pensons ce collectif comme une coordination dans laquelle s’impliquent des collectifs de personnes migrantes et de quartier. </p>



<p><strong>À Paris : </strong>Une spécificité est l’existence de collectifs de sans-papiers et celle de la Marche des Solidarités qui, depuis plusieurs années, au travers de réunions hebdomadaires, permet de coordonner plusieurs collectifs de sans-papiers avec, selon les périodes et les campagnes, d’autres collectifs, associations et syndicats. C’est la Marche des Solidarités et les collectifs de sans-papiers qui ont lancé dès avant le 18 décembre 2022 la lutte contre la loi Darmanin.          </p>



<p><strong>À Toulouse : </strong>Des mobilisations ont eu lieu contre la loi Darmanin à l’initiative d’une Assemblée proposée par des membres d’a2c en janvier 2023. Le but est de lutter contre la loi, nous proposons de suivre le calendrier national de la Marche des Solidarités sur Toulouse. La première AG a regroupé environ 50 personnes de différents milieux : luttes antiracistes, étudiant·es et profs de la fac du Mirail, et des camarades actif·ves dans l’accès aux droits de personnes migrantes, des organisations féministes, membres d’un club de foot militant, des militant·es autonomes et une partie de la gauche révolutionnaire. </p>



<h2 class="wp-block-heading">« Retraite pour tou·tes, papiers pour tou·tes ! »</h2>



<p><strong>À Paris 18<sup>e</sup> :</strong> C’est 18<sup>e</sup> en lutte, le collectif issu de l’assemblée interprofessionnelle de Paris 18<sup>e</sup>, active pendant le mouvement des retraites de 2019, qui construit les mobilisations de la Marche des Solidarités sur le quartier. C’est aussi lui qui a pris l’initiative, conjointement avec l’UL CGT, d’appeler à la constitution d’une nouvelle assemblée interpro lors du dernier mouvement des retraites. </p>



<p>Dès janvier et le début de la mobilisation retraite on sort des affiches et pancartes qui font le lien : <em>« Ni tri des migrant·es ni retraite à 64 ans »</em> et <em>« Liberté de circulation, liberté d’installation = + d’argent pour nos pensions »</em> qui nous suivront dans toute la période. </p>



<p>La question est systématiquement discutée dans l’interpro locale et fait très vite consensus. Une introduction contre la loi Darmanin est actée dès la première réunion publique qui a lieu à la Mairie du 18<sup>e</sup>, le 13 février 2023 et réunit environ 70 personnes.</p>



<p><strong>À Rennes :</strong> Avant le vote de la loi, des manifestations ont eu lieu. D’abord des tentatives durant le mouvement contre la réforme des retraites, où avec des camarades du cadre Rennes vs Darmanin, nous avons distribué des tracts pour appeler à des soirées, à des réunions, à des manifestations notamment celles du 25 mars 2023 puis du samedi 29 avril 2023. Nous étions 47 personnes à la Maison Internationale de Rennes, venues à titre individuel et issues de différentes organisations, pour lancer le cadre Rennes contre Darmanin (syndicats, asso, partis, collectifs, personnes solidaires sur les campements).</p>



<p>Et puis il ne s’est plus rien passé pour de vrai, les réunions, les tâches pratiques et la liste mail, ont commencé à être portées par les militant·es habituel·les, les nouvelles personnes ont arrêté de venir.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="6a6a6a" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="750" height="721" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr1-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8353 not-transparent" style="--dominant-color: #6a6a6a; width:287px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr1-jpg.webp 750w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr1-300x288.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px" /></figure>
</div>


<p><strong>À Toulouse :</strong> Les mobilisations contre la réforme des retraites ont donné de la force à l’AG contre Darmanin. Les participant·es étaient convaincu·es qu’il fallait faire le lien entre réforme des retraites et loi Darmanin,. Toutefois, nous avons rencontré des difficultés au début pour convaincre qu’il fallait faire ce lien. Plusieurs organisations syndicales avaient peur que ça divise la lutte. Nous avons beaucoup argumenté sur le besoin de traiter les deux questions et unifier les travailleur·euses dans la compréhension que la réforme des retraites et la loi anti-immigration faisaient partie d’une même offensive à l’encontre de toute notre classe. </p>



<p>Peu à peu, l’AG a gagné de l’espace dans l’AG interpro qui avait lieu après les manifs contre la réforme. À chaque prise de parole on a essayé de mettre sur la table l’importance de lutter contre la loi Darmanin. Pendant les manifs contre la réforme, l’AG contre Darmanin a commencé à organiser des cortèges avec notre principal slogan :<em> « On est toustes exploité·es, toustes solidaires, contre la réforme et contre les frontières ! »</em></p>



<p><strong>À Marseille :</strong> Dès le début du mouvement retraites, la Coordination contre Darmanin est visible et appelle aux échéances propres à la lutte contre la loi lors des manifestations. Nous assumons une banderole mise en débat dans la coordination <em>« Même Classe Même Lutte »</em> et nous organisons des points fixes pour diffuser notre matériel. La coordination contre Darmanin est alors rejointe par des collectifs féministes, des collectifs anti­fascistes et des syndicalistes. Commencent à émerger des assemblées publiques pour argumenter sur la nécessité de combattre la loi Darmanin en lien avec le mouvement des retraites. La Coordination contre la loi Darmanin parvient ainsi à s’adresser à beaucoup de monde. </p>


<div class="wp-block-image wp-duotone-rgb060105-rgb200225255-2">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="6c7176" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #6c7176;" loading="lazy" decoding="async" width="750" height="480" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr2-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8354 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr2-jpg.webp 750w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr2-300x192.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px" /></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">L’auto-organisation des opprimé.es ?</h2>



<p><strong>À Paris :</strong> Au début de la séquence la Marche des Solidarités existe déjà avec une véritable visibilité due à de nombreuses campagnes menées les années précédentes. Ses réunions hebdomadaires regroupent en général une dizaine de personnes (représentant·es des collectifs de sans-papiers et quelques soutiens). Pendant plusieurs semaines dès l’automne 2022 de nombreuses discussions vont être nécessaires avec et entre collectifs de sans-papiers pour arriver à une position d’opposition totale à la loi Darmanin. L’argument est progressivement acquis que le volet « métiers en tension » est en réalité un outil pour limiter et précariser davantage les possibilités de régularisation. Il s’avèrera, a posteriori, que cette phase assez longue de discussions, qui va diffuser au sein des collectifs, permet de comprendre le rôle moteur et dirigeant joué par les collectifs de sans-papiers dans la lutte.</p>



<p><strong>À Montreuil :</strong> En parallèle de la mobilisation contre la loi Darmanin, faiblement suivie par les sans-papiers organisé·es au CSP Montreuil lors des premiers mois de la campagne, de nombreuses luttes locales issues de l’immigration, certaines particulièrement exemplaires, s’enracinent à Montreuil entre décembre 2022 et décembre 2023. </p>



<p>Celle du foyer Branly : ce foyer de plus 600 travailleurs maliens est le troisième de la ville à être menacé de démolition pour reconstruire une Résidence Sociale<sup data-fn="c96cd333-779d-4e84-9876-8f4349dd8fd3" class="fn"><a id="c96cd333-779d-4e84-9876-8f4349dd8fd3-link" href="#c96cd333-779d-4e84-9876-8f4349dd8fd3">1</a></sup>. Durant la destruction de ces foyers ce sont souvent plus des 2/3 des habitant·es qui sont mis·es à la rue. Il s’agit de sans-papiers ou de personnes régularisées qui ne sont pas sur les baux. Pour la première fois sur la ville, les délégués, le comité des résidents en lutte, et l’ensemble des résidents avec ou sans papiers ont su imposer leur volonté quant à la rénovation du foyer que les décideurs pensaient imaginer sans eux. Les résidents en lutte participaient individuellement à des manifestations contre la loi Darmanin systématiquement relayée par le COPAF et le comité de soutien. Mais c’est d’abord sur l’expérience de la lutte de défense du foyer et de la dignité des résidents que s’est développée l’auto-organisation, un collectif de sans-papiers du foyer notamment, est né de cette lutte. </p>



<p><strong>À Marseille : </strong>Les émeutes à Marseille suite à l’assassinat de Nahel constituent un moment décisif pour la Coordination contre Darmanin. Dans le local de Solidaires, nous organisons une grosse AG avec un autre collectif, Mémoire en Marche, qui travaille aux 40 ans de la Marche de 1983. </p>



<p>Cela a pu créer des grosses dissensions lorsque nous sommes allé·es discuter dans les quartiers populaires. On nous reprochait d’être des militant·es blanc·hes du centre-ville sans lien avec les populations immigrées. Cette caractérisation était en partie vraie, de moins en moins de personnes immigrées se liaient à la Coordination contre la Loi Darmanin durant l’été 2023. De plus, nous étions essoufflé·es par les rythmes d’un agenda de mobilisation très parisien qui a pu également faire débat. </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="cdb0ae" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="596" height="842" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr3-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8355 not-transparent" style="--dominant-color: #cdb0ae; width:250px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr3-jpg.webp 596w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr3-212x300.webp 212w" sizes="auto, (max-width: 596px) 100vw, 596px" /></figure>
</div>


<p><strong>À Paris :</strong> À partir d’octobre, sur la région parisienne, l’organisation d’une action d’occupation d’un chantier des JO avec des grévistes sans-papiers et la focalisation, en termes de manifestation, sur la date du 18 décembre a créé une dynamique inédite autour de la Marche avec des réunions hebdomadaires réunissant régulièrement une centaine de <a href="http://participant.es/">participant·es</a> et l’agrégation autour de la Marche et des Collectifs de sans-papiers de différents réseaux (Soulèvements de la Terre, Assemblée féministe, syndicalistes de l’éducation, des hôpitaux, du travail social, <a href="http://xn--tudiant-9xa.es/">étudiant·es</a> et lycéen·nes). </p>



<p>Pour la première fois de son histoire la Marche a même lancé des appels aux syndicats pour qu’ils organisent la grève. Cela a notamment permis le succès de la manifestation parisienne du 18 décembre, la plus grosse de toute la séquence avant le vote de la loi (15 000 <a href="http://manifestant.es/">manifestant·es</a>). Même si nous savions que ce ne serait pas suffisant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Après le vote, sursaut antifasciste ? </h2>



<p>Alors que l’opposition à la loi avait été limitée, le vote par les députés fachos et par la Macronie, le 19 décembre 2023, produit une riposte. </p>



<p><strong>À Rennes : </strong>Dès le soir du vote de la loi, trois jours plus tard, il y a eu 2 000 personnes dans la rue, et la manifestation a gonflé de minute en minute. Le rassemblement initial s’est transformé en manifestation impressionnante de dynamisme, très jeune, avec un long cortège qui chante, qui crie… une des manifestations les plus dynamiques des dernières années, qui a pu défiler dans le centre-ville contre le fascisme et le racisme. </p>



<p><strong>À Paris :</strong> Le 14 janvier va être une manifestation à Paris qui articule lutte contre la loi Darmanin (le racisme) et lutte contre le fascisme. L’ambiance y est extrêmement combative. Elle reflète et amplifie les dynamiques autour de la Marche et des collectifs de sans-papiers constatées avant le vote de la loi : forte mobilisation des collectifs de sans-papiers qui encadrent et animent la manifestation, jonction avec les jeunes mineurs isolés, cortèges des écoles, cortège féministe, cortèges « environnement », forte présence de la jeunesse. Il y a 20 à 25 000 manifestant·es.</p>



<p><strong>À Toulouse : </strong>Le soir du vote de la loi : rassemblement appelé par la CGT d’environ 2 000 personnes à Jean-Jaurès avec la présence des syndicats et des partis politiques. Ce vote du gouvernement avec le RN a été un moment de réveil pour beaucoup de monde à Toulouse. </p>



<p>Le 14 janvier : Très peu de personnes mobilisées au sein de l’AG, le peu de personnes présentes, très investies dans le mouvement pour la Palestine, favorisent la date du 13 janvier. À cette date, se tient aussi une journée de mobilisation au Bikini (salle de concert) en soutien aux occupations d’écoles par les familles à la rue. Cette journée organisée par le collectif Jamais sans toit composé d’enseignant·es et de parents d’élèves avec le soutien de RESF et du DAL 31. </p>



<p>Le 20 janvier : La manifestation de Toulouse se tient un jour avant l’appel national. Environ 4 000 personnes sont mobilisées. Présence des syndicats, des partis, des orgas nationales liées à la question de l’exil (LDH, Amnesty, secours cath). C’est pratiquement la seule fois où l’on aura vu les partis et syndicats réformistes mobilisés à Toulouse contre la loi.</p>



<p><strong>À Paris 18<sup>e</sup> :</strong> Dans les manifs de janvier, on a réussi à maintenir des cortèges dynamiques 18<sup>e</sup> en lutte-UL CGT 18<sup>e</sup> et à entraîner plusieurs sans-papiers de la permanence. L’essentiel de la mobilisation étant toujours portée par le collectif 18<sup>e</sup> en lutte.</p>



<p>Depuis le centre de gravité de la mobilisation a un peu changé, en plus de 18<sup>e</sup> en lutte (encore incontournable pour les diffs et collages) les permanences sans-papiers de la CGT du 18<sup>e </sup>commencent à devenir le lieu privilégié où se construit la mobilisation.</p>



<p><strong>À Marseille : </strong>La coordination contre Darmanin était devenue ces derniers temps un collectif en propre. Lorsque nous préparons le 18 décembre 2023, nos assemblées regroupent encore des dizaines de personne. Avant le départ de la manif, nous organisons des cours de français et des permanences juridiques en lien avec des enseignant·es et des militant·es associatifs et associatives. </p>



<p>Après le 19 décembre, notre groupe WhatsApp passe de 150 personnes à plus de 700. Les mobilisations de janvier 2024 ont pu prendre la forme de grèves, comme dans le secteur de l’associatif par exemple ou dans les écoles avec Sud Éducation 13. </p>



<p>Pour le 14 janvier cela a moins bien marché. La CGT 13 a appelé à cette date, mais n’a pas mobilisé au sens où nous l’entendons. </p>



<p>Pour le 21 janvier, les organisations syndicales se sont vues entre elles, elles n’ont pas contacté Marseille contre Darmanin, ont produit un appel pro-républicain. </p>


<div class="wp-block-image wp-duotone-rgb060105-rgb200225255-3">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="5b5a57" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="1075" height="1011" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr4-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8356 not-transparent" style="--dominant-color: #5b5a57; width:353px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr4-jpg.webp 1075w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr4-300x282.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr4-768x722.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 1075px) 100vw, 1075px" /></figure>
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<p><strong>À Montreuil :</strong> La Kermesse Antifasciste dans laquelle nous sommes investi·es appelle à deux assemblées publiques entre le 21 décembre 2023 et le 14 janvier 2024 regroupant une vingtaine de personnes pour chacune d’entre elle. Le Maire de la Ville réunie quant à lui plus de 500 personnes le lendemain du vote de la loi. Le CSP Montreuil est invité à ouvrir les prises de parole. </p>



<p>Le CSP Montreuil reprend confiance en sa capacité d’initiative. Une déambulation se tient à son appel le 7 janvier qui regroupera près de 50 personnes. Des affiches pour la manif du 14 janvier sont collées dans tous les quartiers de la ville en l’espace d’une semaine. Le jour de la manif, entre 50 et 100 militant·es prennent part au départ collectif.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des graines semées</h2>



<p><strong>À Romainville &#8211; Les Lilas :</strong> Au moment du mouvement des retraites, des zemouristes viennent diffuser sur les marchés de la ville. Des camarades investi·es dans l’assemblée interpro locale lancent l’idée d’agir spécifiquement contre le racisme et le fascisme. </p>



<p>Le 2 mars 2024, la première réunion se tient. Elle est annoncée par des collages et des diffusions de tract. Sur les 20 personnes présentes, 4 disent être là en raison du travail de militantisme de terrain. Pour le reste, ce sont des camarades de différentes traditions militantes locales qui participent au lancement de ce collectif.</p>



<p>Le samedi 16 mars, les salarié·es de l’éducation appellent à une manifestation allant de la mairie de Romainville aux Lilas. Elle réunit 600 personnes.. </p>



<p>Le dimanche 17, les zemouristes sont de retour sur le marché des Lilas. Ce qui s’est construit sur le terrain ces derniers mois contre la loi immigration et la constitution du collectif permet de diffuser l’information assez tôt. C’est finalement lorsqu’une camarade prend un coup de l’une de ces pourritures qu’ils se font gicler du marché par l’ensemble des personnes présentes. </p>



<h5 class="wp-block-heading">Coordonné par Gaël Braibant (Montreuil)</h5>


<div class="wp-block-image wp-duotone-rgb060105-rgb200225255-4">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-dominant-color="7e6775" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #7e6775;" loading="lazy" decoding="async" width="750" height="751" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr5-jpg.webp" alt="" class="wp-image-8357 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr5-jpg.webp 750w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr5-300x300.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/04/A2C_RevueN12_Darmanin_Illustr5-150x150.webp 150w" sizes="auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px" /></figure>
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<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<h6 class="wp-block-heading">NOTES</h6>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="c96cd333-779d-4e84-9876-8f4349dd8fd3">Lire sur le site du COPAF déclaration du 14 mars 2012 critiquant la politique de transformation des foyers de travailleurs immigrés en résidences sociales et formulant des propositions pour son amélioration. <a href="#c96cd333-779d-4e84-9876-8f4349dd8fd3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/loi-darmanin-anatomie-dune-defaite/">Loi Darmanin : anatomie d’une défaite</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La rafle des jeunes du parc de Belleville</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/la-rafle-des-jeunes-du-parc-de-belleville/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Dec 2023 07:19:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Belleville]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Mineurs isolés étrangers]]></category>
		<category><![CDATA[Paris 20e]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Depuis de nombreuses semaines, plusieurs centaines de jeunes migrants campaient dans le parc de Belleville, à Paris, avec le soutien de nombreux collectifs, avant d’en être expulsés le 29&#160;octobre dernier. Nous publions, ci-dessous, le communiqué <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/la-rafle-des-jeunes-du-parc-de-belleville/" title="La rafle des jeunes du parc de Belleville">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/la-rafle-des-jeunes-du-parc-de-belleville/">La rafle des jeunes du parc de Belleville</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">Depuis de nombreuses semaines, plusieurs centaines de jeunes migrants campaient dans le parc de Belleville, à Paris, avec le soutien de nombreux collectifs, avant d’en être expulsés le 29&nbsp;octobre dernier. Nous publions, ci-dessous, le communiqué de protestation et d’appel à la solidarité des jeunes du parc de Belleville et du collectif 20<sup>e</sup>&nbsp;solidaire avec tou·te·s les migrant·e·s.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #10 &#8211; Novembre 2023</h6>



<p class="has-drop-cap"><strong>L</strong>a préfecture de Paris a organisé jeudi 19&nbsp;octobre avec le soutien de la mairie une opération de « mise à l’abri » des jeunes migrants mineurs qui, faute de prise en charge, campaient dans le parc de Belleville depuis juin 2023. À la date de l’évacuation, ils étaient 475.</p>



<p>Cette opération, évidemment prévue depuis plusieurs semaines par la préfecture, n’a pourtant été annoncée que la veille aux jeunes du parc, aux associations et aux habitant·e·s solidaires. Elle a tout de suite été présentée par la mairie comme, au mieux une bonne nouvelle, au pire une ­opération de routine.</p>



<p>Si c’est une opération de routine, alors pourquoi tant d’improvisation et de désinformation ?</p>



<p>Si c’est une bonne nouvelle, alors pourquoi tant de mensonges, d’invisibilisation et de maltraitance ?</p>



<p>Nous disons plutôt que ce jour-là, nous avons assisté à une rafle dont l’objectif était d’isoler et d’humilier les jeunes du parc alors qu’ils commençaient à casser l’invisibilisation, à s’organiser et à rassembler autour d’eux de plus en plus d’habitant·e·s solidaires.</p>



<p>Et de le faire de manière à imprimer dans la tête de toutes celles et ceux présent·e·s ce jour-là que c’est l’État, sa préfecture et sa police qui décident de tout et qu’il n’y a pas d’alternative.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mise en danger&nbsp;</h2>



<p>Dès 3&nbsp;heures du matin, les premiers jeunes se sont réveillés pour commencer à organiser leur mise à l’abri à partir des informations qui leur avaient été données la veille : 250 d’entre eux partiraient dans plusieurs bus à partir de 6&nbsp;heures par la sortie en haut du parc, pour être répartis dans plusieurs hébergements en Île-de-France jusqu’à examen de leur dossier. Le problème le plus urgent à régler : ils sont bien plus que 250.</p>



<p>Dès 4&nbsp;heures du matin, les premiers policiers entrent dans le parc et perturbent la préparation des jeunes qui parviennent à organiser une file. Les premiers d’entre eux sont alors pressés contre les grilles fermées. Le choix de n’ouvrir les grilles du parc qu’au dernier moment était aussi humiliant pour les jeunes, que dangereux du point de vue des règles de sécurité.</p>



<p>7 h 30, alors qu’ils s’attendent enfin à sortir d’une minute à l’autre, la préfecture annonce que les cars arriveront finalement aux portes qui sont en bas du parc. L’annonce n’est pas faite directement aux jeunes du parc, la préfecture les ignore, mais les premiers commencent tout de suite à se précipiter par peur de ne pas avoir de place.</p>



<p>En bas, la lente montée dans les cars de la préfecture se déroule jusqu’à 14&nbsp;heures. Après leur avoir imposé de se préparer à laisser 200 d’entre eux dehors, la préfecture finit de traiter les jeunes comme une masse informe, qu’on fluidifie, qu’on manipule et qu’on contrôle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Humiliation et autorité&nbsp;</h2>



<p>Les cars emmènent 428&nbsp;jeunes dans 8&nbsp;centres différents : La Villette (Paris&nbsp;19), Boulevard Ney (Paris&nbsp;18), Sarcelles, Clichy, Vaux-le-Penil, Ris-Orangis, Évry-Courcouronnes et Melun. Tout comme la préfecture n’a jamais expliqué aux jeunes pourquoi les 250&nbsp;places qu’il fallait célébrer la veille comme un miracle sont finalement devenues 428&nbsp;places, il n’y a jamais eu d’explication fournie aux 47&nbsp;jeunes qui ne sont pas partis en car ce jour-là et qui ont dû trouver d’autres solutions pour dormir puisque le parc allait être fermé pour plusieurs jours.</p>



<p>L’annonce des 250&nbsp;places visait à obliger les jeunes du parc à choisir entre se trier eux-mêmes ou prendre le risque de bousculade.</p>



<p>Le refus de trouver une solution pour 47 d’entre eux permettait de rappeler à tout le monde que c’est la préfecture qui a le pouvoir de tout.</p>



<p>Ces pratiques de manipulation (par la désinformation, les injonctions contradictoires et l’arbitraire des quotas) n’ont qu’un but : briser les solidarités et maintenir les jeunes dans la passivité.</p>



<p>À l’arrivée dans chacun des centres, tous sont obligés de signer un règlement qui stipule qu’ils sont mis à l’abri pour une période de 30&nbsp;jours. Contrairement à ce qui leur avait été dit, ils risquent tous de se retrouver de nouveau à la rue à partir du 17&nbsp;novembre.</p>



<p>Pas de ticket de transport. Condamnés à l’immobilité et l’impossibilité de se rendre à leurs divers rendez-vous (médicaux, juridiques, associatifs, …). Plusieurs ont déjà été verbalisés et tous craignent la détention.</p>



<p>Alors qu’ils sont mineurs et qu’ils ont déjà des procédures en cours, sous prétexte qu’ils sont hébergés dans un centre pour demandeurs d’asile, ils sont harcelés par le personnel des centres pour qu’ils se rendent à la préfecture demander un titre de séjour. Les mineurs hébergés au centre de la Porte de la Villette ont même reçu des convocations pour s’y présenter le mercredi 25&nbsp;octobre et ils ont été menacés d’expulsion du centre s’ils ne le faisaient pas. Ils ont refusé collectivement. En tant que mineurs, ils ne sont pas concernés par une procédure de demande d’asile ou de titre de séjour. Ces manœuvres odieuses de la préfecture et de ses agents visent à expulser les jeunes du territoire. D’autres voix se sont déjà levées contre ce piège dressé contre les jeunes (voir le communiqué signé par le Collectif d’avocats d’Aide aux Étrangers et plusieurs associations sorti mercredi 25&nbsp;octobre).</p>



<h2 class="wp-block-heading">D’où que l’on vienne, où que l’on soit né·e , notre pays s’appelle solidarité</h2>



<p>Comme nous l’avons affirmé dans une réunion animée par les jeunes du parc de Belleville, quelques jours avant la rafle, en présence de nombreuses associations, collectifs et habitant·e·s, ainsi que de représentant·e·s de la mairie du 20<sup>e</sup> : Nous sommes toutes et tous des habitant·e·s du 20<sup>e</sup>. Des solutions d’hébergement à la hauteur des demandes et des droits des jeunes du parc de Belleville auraient dû être proposées.</p>



<p>Parce que le fond de l’air est raciste, il faudrait se satisfaire de ce que la préfecture veut bien accorder ?</p>



<p>Nous disons que c’est le contraire, il faut justement ne plus laisser passer l’intolérable, combattre l’invisibilisation par une solidarité qui encourage et favorise les capacités de lutte et la proclamation collective de la dignité.</p>



<p>Parce que la loi Darmanin veut faire basculer toute la société vers un renforcement intolérable des moyens de contrôle et d’oppression des étranger·e·s, il faudrait se satisfaire de ce que la préfecture veut bien accorder ?</p>



<p>Nous disons que c’est le contraire, il faut par tous les moyens affirmer notre engagement pour l’égalité des droits et pour la solidarité.</p>



<p>Pour ces raisons, nous exigeons ensemble pour les 475 jeunes du parc de Belleville, sans condition :</p>



<p>–&nbsp;prolongation de la mise à l’abri pour tous et hébergement des 47 jeunes abandonnés le jour de « l’évacuation » du parc, dans des centres où d’autres jeunes du parc de Belleville sont déjà hébergés,</p>



<p>–&nbsp;présomption de minorité et protections médicale, juridique et psychologique ainsi que conditions d’hébergement adéquates,</p>



<p>–&nbsp;prise en charge immédiate des tickets de transport pour tous afin de se déplacer en Île-de-France et levée des amendes,</p>



<p>–&nbsp;des repas adaptés en qualité et en quantité aux besoins des jeunes.</p>



<p>Malgré leur séparation, les jeunes du parc de Belleville restent un collectif et cet appel participe à visibiliser leur résistance pour la dignité et leurs revendications les plus immédiates. Le collectif 20<sup>e</sup>&nbsp;solidaire avec tou·te·s les migrant·e·s rassemble des habitant·e·s de différents quartiers du 20<sup>e</sup>.</p>



<p>Ensemble nous signons ce texte commun et lançons cet appel à la solidarité. Pour le soutenir, relayez-le. Nous organiserons très bientôt une réunion publique, pour en être informé·e·s contactez-nous par mail à <strong>20emesolidaire(at)gmail.com</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading">Les jeunes du parc de Belleville et le collectif 20<sup>e</sup> solidaire avec tou·te·s les migrant·e·s</h5>



<p><em>Dimanche 29 octobre 2023</em></p>
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		<title>Résolution 2023 : ne pas laisser passer la loi Darmanin</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/resolution-2023-ne-pas-laisser-passer-la-loi-darmanin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Jan 2023 10:04:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">2023 commence fort, Macron et son gouvernement continuent d’avancer leurs pions les uns après les autres, de tous les côtés : réforme des retraites, lois sur le logement, le chômage, l’immigration, la police. Impossible de s’y <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/resolution-2023-ne-pas-laisser-passer-la-loi-darmanin/" title="Résolution 2023 : ne pas laisser passer la loi Darmanin">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">2023 commence fort, Macron et son gouvernement continuent d’avancer leurs pions les uns après les autres, de tous les côtés : réforme des retraites, lois sur le logement, le chômage, l’immigration, la police. Impossible de s’y méprendre, cette logique a un sens et de graves conséquences pour notre classe : baisse des droits sociaux, atomisation et mise en concurrence de tou·tes, précarisation des conditions de travail et des ressources et criminalisation de la précarité et de l’immigration… Nombreuses sont les organisations politiques, syndicales, associatives qui veulent combattre ces attaques : tout mouvement sera nécessaire et il va falloir frapper fort.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #06 &#8211; JANVIER 2023</h6>



<p><strong>Réformes chômage, retraite, loi antisquat </strong></p>



<p>Le recul de l’âge de départ à la retraite des actif·ves figurait déjà dans le programme d’Emmanuel Macron.</p>



<p>L’idée est de repousser l’âge de départ à la retraite, pour arriver à 64&nbsp;ans en 2027, puis éventuellement à 65&nbsp;ans d’ici à 2031-2032, au lieu de 62&nbsp;ans actuellement. Il s’agit de mettre en place un relèvement progressif de la durée de cotisation, à hauteur de 4&nbsp;mois par an. Il n’est plus question du régime universel de retraite qu’il proposait lors de son dernier quinquennat.</p>



<p>Ainsi, la volonté est de repousser l’âge légal de départ à la retraite à 65&nbsp;ans, mais Élisabeth Borne, lors d’un discours en juillet dernier, a évoqué la possibilité de diminuer l’âge à 64&nbsp;ans, en contrepartie d’un allongement de la durée de cotisation. Bref, la perspective est la même : travailler de plus en plus longtemps et favoriser notre précarité.</p>



<p>Alors que la hausse des prix des loyers n’étonne plus grand monde, qu’il y aurait 4,1&nbsp;millions de personnes mal-logées dont plus de 300 000 sans domicile fixe en France, les conditions chaque jour plus difficiles pour réussir à se loger poussent de plus en plus de personnes à avoir comme seule alternative le squat. Eh non, ce n’est pas cette réalité qui est inquiétante pour le gouvernement mais plutôt de quelle manière faciliter l’expulsion de personnes qui réussissent non sans peine à obtenir un logement et à en payer le prix chaque mois.</p>



<p>Adoptée en décembre 2022, la loi antisquat, aggrave les peines encourues ainsi que la simplification de la procédure d’expulsion, et cela parfois sans bénéficier de l’intervention d’un juge. Cette loi va venir attaquer encore et toujours les plus précaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Loi immigration : « gentil avec les gentil·les » ou « méchant » avec tou·tes sauf avec les capitalistes ?&nbsp;</strong></h2>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="6c6c6c" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #6c6c6c;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/01/A2C_RevueN6_Edito_Illustr1.jpeg" alt="" class="wp-image-6870 not-transparent" width="-362" height="-272"/></figure>
</div>


<p>Un pas en avant vers le racisme et le nationalisme : depuis septembre nous faisons face à cette offensive de plus en plus autoritaire, décrite en partie ci-dessus, visant toujours plus notre classe.&nbsp;</p>



<p>Dans un marasme nauséabond qui peut pousser notre camp à la sidération face à ces attaques, une des luttes prioritaires à mener reste la contre-offensive contre la loi asile et immigration de Darmanin soutenue par le ministre du Travail Olivier Dussopt. Alors que certains syndicats ou collectifs ne l’entendent pas de cette façon et n’argumentent pas sur la logique de se battre à la fois contre cette proposition de loi et, dans le même temps, contre les réformes de l’assurance chômage, des retraites et pour des augmentations de salaires, l’argumentation reste à gagner. Il est nécessaire de lier ces différentes attaques à une logique gouvernementale de plus en plus affirmée.</p>



<p>Ils veulent nous affaiblir, mais si nous sommes des milliers dans les rues, nous avons le pouvoir de nous faire entendre et d’agir en bloc face à cette loi.</p>



<p>La loi immigration n’est ainsi pas une surprise, détachée de la dynamique globale. Il ne s’agit pas d’une loi isolée, reflétant l’autoritarisme et le racisme seulement du ministre de l’Intérieur. Elle est la cristallisation et le passage d’un cap vers le nationalisme et le racisme du gouvernement et de Macron, afin d’asséner un coup de violence supplémentaire envers les personnes sans-papiers. Il s’agit de répondre à des besoins capitalistes et économiques en surexploitant toujours les plus précaires.&nbsp;</p>



<p>Avant même la proposition de loi, le ministre de l’Intérieur a adressé aux préfets ainsi qu’aux directeurs généraux de la police et de la gendarmerie nationales une circulaire leur demandant notamment d’inscrire au fichier des personnes recherchées les étranger·es faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). C’est du Darmanin tout craché, représenté par sa volonté crasse d’assimiler l’immigration à la délinquance.</p>



<p>Après l’annonce de novembre, le gouvernement entend régulariser la situation de certain·es travailleur·euses étranger·es, à titre expérimental pendant quatre ans, avec une carte de séjour temporaire mention « travail dans des métiers en tension ». Cette carte ne sera attribuée que sous certaines conditions : si et seulement si la personne a exercé une activité professionnelle salariée dans ces secteurs en tension, depuis au moins huit mois sur les deux années précédentes, et justifie d’une résidence d’au moins trois ans sur le territoire. En plus, cette carte ne sera valable qu’un an. Le gouvernement veut également créer une nouvelle carte de séjour destinée aux professionnel·les de santé pour attirer des médecins étranger·es et « répondre au besoin de recrutement ». Cette mesure devrait s’appliquer alors que le gouvernement ne se préoccupe plus depuis des dizaines d’années du secteur sanitaire et social, sauf pour y rendre de plus en plus difficiles les conditions d’exercice et presser la casse du service de santé.&nbsp;</p>



<p>Là, ça compte les billets ! L’État reconnaît une valeur aux personnes migrantes seulement si elles répondent à des besoins capitalistes, et dans ce cadre, le titre de séjour conditionné par l’activité salariale permet de continuer de les contrôler. Alors que ce que nous voulons c’est l’égalité pour tou·tes, et les papiers pour tou·tes sans ­condition.&nbsp;</p>



<p>Maintenant, en ce qui concerne la hausse du contrôle de l’immigration, cette loi permettrait de faciliter les expulsions des personnes étrangères qui (d’après Darmanin donc) ne respecteraient pas les valeurs républicaines ou qui commettraient des infractions sur le territoire. La tangente arbitraire de ces mesures coule de source. Comme les lois migratoires précédentes imposent déjà le respect des valeurs républicaines pour être un·e « bon·ne citoyen·ne immigré·e », alors qu’il n’est jamais difficile pour un gouvernement raciste de prétendre au comportement non républicain d’une personne, cette présente loi va accélérer les jugements, et l’expulsion nécessitera de moins en moins de conditions préalables pour être exécutée car les quelques « protections » obtenues pour s’opposer à une obligation de quitter le territoire français (OQTF) seront aussi supprimées par cette loi. En effet, lorsqu’une personne migrante se verra accusée de constituer une menace pour l’ordre public ou la sûreté de l’État, elle sera encore plus facilement expulsable : des accusations, sans nul doute, de nouveau majoritairement arbitraires.&nbsp;</p>



<p>Les contrôles aux frontières seront renforcés. C’est donc « la double peine » (criminalisation et expulsion) telle que le ministre de l’Intérieur l’a toujours assumée, autorisant « le recours à la coercition pour le relevé des empreintes digitales et la prise de photographies » des migrant·es sans-papiers. Les passeurs vont risquer jusqu’à vingt ans de prison. Le but sera de piéger de plus en plus de migrant·es d’origine principalement africaine, car ce sont elleux qui se retrouvent souvent dans l’obligation de faire appel à un passeur dans leur parcours migratoire. L’objectif sera de dissuader et criminaliser davantage ces personnes en rendant toujours plus mortifère les traversées de la Méditerranée.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Action après action : nous gagnerons !&nbsp;</strong></h2>



<p>Face à l’urgence d’agir contre cette loi, plus de 50&nbsp;rassemblements et manifestations ont eu lieu à l’occasion de la Journée internationale des migrant·es ce 18&nbsp;décembre.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-dominant-color="747474" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #747474;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/01/A2C_RevueN6_Edito_Illustr2-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-6869 not-transparent" width="418" height="313"/></figure>
</div>


<p>À l’appel des collectifs de sans-papiers et de la Marche des solidarités, plus de 200 organisations ont appelé à ces manifestations. Des appels à manifester et à lutter contre la loi Darmanin ont été lancés par les syndicats (CGT, Solidaires, FSU), la LDH, La France insoumise…</p>



<p>Nous voici maintenant début 2023 : quelques semaines après la scandaleuse coupe du monde au Qatar qui a engendré la mort a minima de 6 500&nbsp;personnes migrantes sur ses chantiers de préparation, mais aussi un flot de discours racistes contre les supporters de l’équipe marocaine. Dans cette même période, des crimes ont été orchestrés par des groupes fascistes : en décembre, deux personnes membres d’un collectif antifasciste lyonnais ont été gravement agressées par une milice fasciste. Alors notre camp doit agir !&nbsp;</p>



<p>C’est dans cet atmosphère que Macron et Darmanin en faisant flamber leur logique raciste assimilent les étranger·es à la délinquance, une énième loi allant contre les droits des personnes migrantes, sans-papiers, étrangères, et lorsque le gouvernement s’attaque férocement à une partie de la population, il s’attaque insidieusement à toute la société, tout en cherchant à nous diviser. La loi Darmanin « asile et immigration » sera sûrement déjà présentée au Conseil des ministres à l’heure où vous lirez cet article, car elle doit être présentée mi-janvier puis examinée par le Sénat à la même période et à l’Assemblée nationale en mars ou avril 2023. Nous avons donc 3 mois pour renverser la tendance, et crier notre solidarité antiraciste dans tous les lieux dans lesquels nous sommes : au travail, dans nos quartiers, nos universités, dans les espaces militants dans lesquels nous intervenons et partout où nous le pouvons.</p>



<p>Ce 18&nbsp;décembre ne peut donc qu’être une date parmi tant d’autres à venir pour établir un rapport de forces conséquent d’ici mars afin d’affaiblir la confiance que prend le gouvernement qui nous éclabousse de sa logique impérialiste raciste. Ce qui a pu être mis en œuvre le 18 est une base à continuer de mobiliser avant mars et encore après. Collectifs de personnes sans-papiers, syndicalistes, collectifs antifacistes, antiracistes et féministes, c’est l’affaire de chacun·e d’entre nous, alors prenons la confiance de nous mettre en action.&nbsp;</p>



<p>Le 20&nbsp;janvier, la Marche des solidarités appelle tou·tes celleux qui veulent s’informer et s’impliquer à une assemblée de mobilisation à la Bourse du travail de Paris (salle Hénaff à 18 h). Elle appelle les 50 villes qui ont organisé des manifestations le 18 décembre à prévoir dès que possible des assemblées locales partout où c’est possible.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La rue, elle est à qui ? Elle est à nous !</strong></h2>


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<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-dominant-color="aeaeae" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #aeaeae;" loading="lazy" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2023/01/A2C_RevueN6_Edito_Illustr3.jpg" alt="" class="wp-image-6868 not-transparent" width="365" height="550"/></figure>
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<p>La crise d’organisation politique dans certaines villes, les partis qui se divisent, l’accumulation des crises telle que la crise climatique, la crise énergétique dûe notamment à la guerre en Ukraine, ainsi que son instrumentalisation par Macron et Borne, nous poussent au repli sur nous-mêmes, d’autant plus avec la banalisation de la présence des milices fascistes dans les rues, de l’extrême droite dans les médias, et les 89 député·es à l’Assemblée&#8230;&nbsp;</p>



<p>Et pourtant… c’est bien pour cela que nous devons continuer de nous investir, redynamiser et massifier les mouvements sociaux pour reprendre confiance en nous.&nbsp;</p>



<p>Poursuivre notre engagement dans les luttes, pour rester solides et solidaires ensemble, c’est cette boussole qu’il va falloir préserver dans notre action politique pour rebalancer le rapport de forces en notre faveur.&nbsp;</p>



<p><em>« Mais il faut une volonté pour que le combat social s’articule avec d’autres luttes et notamment le combat contre la loi Darmanin. À défaut, il existe des forces déjà bien trop déterminées dans ce pays qui peuvent surfer sur la colère sociale pour l’entraîner vers le racisme et le nationalisme.Infliger une défaite de grande envergure à Macron et Darmanin, redonner de l’espoir, repousser le racisme et isoler les fascistes, tout cela est possible. C’est maintenant. </em>»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6861_18('footnote_plugin_reference_6861_18_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_6861_18('footnote_plugin_reference_6861_18_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6861_18_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6861_18_1" class="footnote_tooltip">« <a href="https://blogs.mediapart.fr/marche-des-solidarites/blog/211222/loi-darmanin-comment-gagner">Loi Darmanin : comment gagner ?</a> », Marche des solidarités</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6861_18_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6861_18_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script><sup>&nbsp;</sup></p>



<p><strong>Aude Pointier, Nantes, et Daniela Lima, Toulouse</strong></p>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_6861_18();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_6861_18();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_6861_18">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_6861_18" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6861_18_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6861_18('footnote_plugin_tooltip_6861_18_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text">« <a href="https://blogs.mediapart.fr/marche-des-solidarites/blog/211222/loi-darmanin-comment-gagner">Loi Darmanin : comment gagner ?</a> », Marche des solidarités</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_6861_18() { jQuery('#footnote_references_container_6861_18').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_6861_18').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_6861_18() { jQuery('#footnote_references_container_6861_18').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_6861_18').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_6861_18() { if (jQuery('#footnote_references_container_6861_18').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_6861_18(); } else { footnote_collapse_reference_container_6861_18(); } } function footnote_moveToReference_6861_18(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_6861_18(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_6861_18(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_6861_18(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/resolution-2023-ne-pas-laisser-passer-la-loi-darmanin/">Résolution 2023 : ne pas laisser passer la loi Darmanin</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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