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	<title>Archives des kanaky - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<title>Archives des kanaky - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Tout ça pour ça ? Kanaky – France, la nécessité de la défiance !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Gabo]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Jul 2025 11:50:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[colonalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[kanaky]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">On dit que les grands événements et personnages de l&#8217;histoire arrivent toujours par deux1 : la première fois en tant que tragédie, la seconde en tant que farce2. Il en est ainsi des accords de <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/tout-ca-pour-ca-kanaky-france-la-necessite-de-la-defiance/" title="Tout ça pour ça ? Kanaky – France, la nécessité de la défiance !">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>On dit que les grands événements et personnages de l&rsquo;histoire arrivent toujours par deux<sup data-fn="4a86fa15-8818-474b-ad6f-e8f1e599dcaf" class="fn"><a id="4a86fa15-8818-474b-ad6f-e8f1e599dcaf-link" href="#4a86fa15-8818-474b-ad6f-e8f1e599dcaf">1</a></sup> : la première fois en tant que tragédie, la seconde en tant que farce<sup data-fn="32e5a238-d19d-49c9-a688-b4e0ea053216" class="fn"><a id="32e5a238-d19d-49c9-a688-b4e0ea053216-link" href="#32e5a238-d19d-49c9-a688-b4e0ea053216">2</a></sup>. Il en est ainsi des accords de Bougival signés le 12 juillet dernier, 37 ans après les accords de Matignon, et dont le préambule est nommé <em>Le pari de la confiance.</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Domination et répression coloniale</h3>



<p>Comme en 1988, cet accord arrive après une répression sanglante de la part de l’État français contre les indépendantistes. Dans les années 80, pendant la période dite “des événements”, 1 personne sur 2.000 était tuée. En 2024, ce sont treize Kanak qui ont été assassinés par les forces coloniales ou des milices de colons. Sept dirigeants indépendantistes de la CCAT ont été déportés dans l&rsquo;Hexagone dans des conditions indignes. Plus de 60 <em>déplacés</em> sont encore emprisonnés dans l&rsquo;hexagone. Les enquêtes sur la mort des Kanak assassinés n&rsquo;ont donné aucun résultat. Un état d&rsquo;urgence assorti d&rsquo;une interdiction de manifester dans le Grand Nouméa et environs a duré du 15 mai 2024 au 13 avril 2025. La tribu de Saint-Louis a subi pendant huit mois des check-points (appelés « verrous »), couplés à des mesures infamantes de restriction des libertés<sup data-fn="dcb19e8f-6b58-414b-996a-ee8492e554e8" class="fn"><a id="dcb19e8f-6b58-414b-996a-ee8492e554e8-link" href="#dcb19e8f-6b58-414b-996a-ee8492e554e8">3</a></sup>. La réponse de la France à la mobilisation des Kanak a exposé la continuité du rapport colonial qui régit depuis 1853 les relations entre l&rsquo;hexagone et la Kanaky Nouvelle-Calédonie d&rsquo;une part, et entre les colons et les Kanak d&rsquo;autre part.</p>



<p>C&rsquo;est dans ce contexte de meurtres extra-judiciaires, d&rsquo;enfermement des principaux dirigeants indépendantistes, de suppression administrative des libertés que s&rsquo;est tenue la rencontre de Bougival. Sous la pression de la détérioration de la situation économique<sup data-fn="78cc36d9-4f88-4dbe-b090-14a013d53449" class="fn"><a id="78cc36d9-4f88-4dbe-b090-14a013d53449-link" href="#78cc36d9-4f88-4dbe-b090-14a013d53449">4</a></sup> et en l’absence d’une mobilisation à la base des indépendantistes, ce qui a dominé la séquence précédente n&rsquo;était pas l&rsquo;esprit de la révolte kanak contre le colonialisme français et pour la justice sociale, économique et écologique, mais la démoralisation, la dégradation du rapport de force entre indépendantistes et loyalistes ainsi que l&rsquo;injonction libérale au retour de la croissance, de la consommation des ménages et de l&rsquo;investissement. Dans la logique ultra-capitaliste qui caractérise la politique macronienne depuis 2017, la confiance des investisseurs et les profits des actionnaires l’emportent sur les aspirations des peuples à s&rsquo;autodéterminer. La jeunesse kanak, ainsi que les exploités de toutes nationalités n&rsquo;ont qu&rsquo;à attendre les retombées de ce ruissellement qui nous est toujours promis, mais qui n’arrive jamais.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Illusions, trahisons et réjouissances</h3>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-dominant-color="a9a9a9" data-has-transparency="false" fetchpriority="high" decoding="async" width="1100" height="619" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/5d9651327e458_eloi-machoro-brisant-lurne-a-canala-1018615-1100x619.webp" alt="" class="wp-image-9692 not-transparent" style="--dominant-color: #a9a9a9; width:375px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/5d9651327e458_eloi-machoro-brisant-lurne-a-canala-1018615-1100x619.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/5d9651327e458_eloi-machoro-brisant-lurne-a-canala-1018615-300x169.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/5d9651327e458_eloi-machoro-brisant-lurne-a-canala-1018615-768x432.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/5d9651327e458_eloi-machoro-brisant-lurne-a-canala-1018615-678x381.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/5d9651327e458_eloi-machoro-brisant-lurne-a-canala-1018615.webp 1200w" sizes="(max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Eloï Machoro détruisant une urne le 18 novembre 1984</em></figcaption></figure>
</div>


<p>Les camarades qui ont signé cet accord se sont égarés, ils ont perdu de vue les aspirations du peuple Kanak ou, au moins, ont oublié les leçons transmises par Eloï Machoro, Déwé Gorodey, Alphonse Dianou et tant d&rsquo;autres militants kanak connus ou oubliés : La décolonisation, l&rsquo;Indépendance Kanak et Socialiste, la pleine souveraineté ne pourront pas s&rsquo;obtenir à travers les mécanismes et la médiation de l’État colonisateur et de ses classes dominantes.</p>



<p>Lorsqu&rsquo;il ne peut plus recourir à ses moyens de violence physique, l’État français a une longue expérience et un large éventail de manœuvres politiques et d&rsquo;entraves économiques pour maintenir sa domination et ses intérêts : assassinats ciblés, état d&rsquo;urgence, corruption directe, monopole monétaire, collusion progressive des élites locales, divisions inter-ethniques ou inter-confessionnelles&#8230;</p>



<p>La participation aux institutions politiques françaises, si elle peut s&rsquo;avérer tactiquement justifiée, reste un jeu dangereux dans lequel les individus sont entraînés, influencés, déformés. La logique, le langage, les systèmes de valeur et les horizons possibles de ces institutions coloniales s’imposent petit à petit aux individus et participent à leur déconnexion progressive du peuple et de la jeunesse qui les y ont placés. La seule garantie contre ces influences et déformations est que les représentants se soumettent à l’examen permanent des représentés, leur rendent des comptes et respectent le périmètre de leur mandat.&nbsp;</p>



<p>Parmi les 19 représentants politiques signataires de l&rsquo;accord, on trouve 8 indépendantistes : quatre membres de l’UC-FLNKS<sup data-fn="4ffd5375-b7de-408f-9fc5-ac4f4b28599a" class="fn"><a id="4ffd5375-b7de-408f-9fc5-ac4f4b28599a-link" href="#4ffd5375-b7de-408f-9fc5-ac4f4b28599a">5</a></sup>, un du RDO-FLNKS et trois du Palika. Ce dernier parti, issu des Foulards Rouges et du groupe 1878 d’inspiration marxiste, a depuis longtemps abandonné son contenu de classe initial et son anti-colonialisme radical. Tout au long de 2024, sa condamnation de l’insurrection indépendantiste et de la CCAT, son absence de solidarité envers les prisonniers politiques, la jeunesse réprimée et la tribu de Saint-Louis, ainsi que de son départ de la maison commune du FLNKS concordaient à sa stratégie d&rsquo;indépendance-association avec la France.&nbsp;</p>



<p>Le Palika s’est transformé en un porte-parole supplémentaire du libéralisme et de l’individualisme occidental. Face à cette mentalité héritée du colonialisme, doit-on rappeler avec Nelson Mandela que c’est toujours le colonisateur qui détermine les moyens de lutte du colonisé? Les émeutes, les incendies de commerces, de banques de colons ou de la Serpentine, les affrontements avec l’armée coloniale, les mutineries, les car-jacking, etc. sont autant de moyens d’actions désespérés mais légitimes d’un peuple colonisé, discriminé, ségrégé, appauvri, mis en minorité sur sa terre. Par ailleurs, toutes ces “exactions” comme adorent les appeler les anti-indépendantistes, n’ont que fait des dégâts matériels. Ce sont les Kanak qui ont subi 13 assassinats, qui subissent la justice coloniale, qui souffrent le plus de la pauvreté et des inégalités.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="7d8175" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #7d8175;" decoding="async" width="1100" height="733" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/26288c6979df8765c5eb8e0aa97681e2-1100x733.webp" alt="" class="wp-image-9699 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/26288c6979df8765c5eb8e0aa97681e2-1100x733.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/26288c6979df8765c5eb8e0aa97681e2-300x200.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/26288c6979df8765c5eb8e0aa97681e2-768x512.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/26288c6979df8765c5eb8e0aa97681e2.webp 1242w" sizes="(max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Barrage indépendantiste à Nouméa le 22 mai 2024</em></figcaption></figure>



<p>Notre solidarité avec elles et eux doit être totale, qu’ils soient président du FLNKS, mutin de Camp Est, <em>déplacés</em> dans l’hexagone ou familles de martyrs. C’est avec leur force et leur énergie que l’on pourra reconstruire Kanaky, à condition de rétablir la confiance rompue entre la jeunesse kanak et les partis indépendantistes. De faire un <em>pari de confiance</em>, non pas avec les ministres de Macron, l’Etat français et les colons, mais avec l’ensemble de la population kanak, des villes aux tribus, exploités comme au chômage, en prison et en France, ainsi qu’avec tous ceux, toute nationalités confondues, qui subissent également le capitalisme, moteur de la logique coloniale et qui voudront prendre le par(t)i de l’IKS.</p>



<p>En ce qui concerne les onze autres signataires, tous anti-indépendantistes et allant du centre au soutien à Marine Le Pen ou à Zemmour, leur réjouissance et leur espoir en cet accord devrait suffire à nous alerter<sup data-fn="88c43791-fd25-489a-a2fd-84bc8a69c393" class="fn"><a id="88c43791-fd25-489a-a2fd-84bc8a69c393-link" href="#88c43791-fd25-489a-a2fd-84bc8a69c393">7</a></sup>. Quel accord célébré par Backès, Metzdorf, Ponga, Darmanin et Macron pourrait être une avancée positive? D&rsquo;ailleurs, parmi les loyalistes les plus forcenés, certains prévoient déjà la fin de la revendication d’indépendance grâce à ces accords.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Colonie de peuplement &#8211; nouveau passage en force</h3>



<p>En tant que colonie de peuplement de l’Empire Français (avec l’Algérie), les enjeux démographiques sont intimement liés à l’exercice d’une réelle démocratie en Kanaky. Selon l’archéologue Christophe Sand, plusieurs centaines de milliers d’autochtones peuplaient l’archipel avant sa “découverte” par James Cook. En un siècle et demi, ce sont entre 86% et 91% des habitants qui auraient disparus, entre épidémie importée et massacres coloniaux. Au recensement de 1921, il ne restait plus que 27 000 autochtones<sup data-fn="aaeea922-4ff3-41f0-ae56-8a3fc3f14071" class="fn"><a id="aaeea922-4ff3-41f0-ae56-8a3fc3f14071-link" href="#aaeea922-4ff3-41f0-ae56-8a3fc3f14071">6</a></sup>.</p>



<p>Lors du “boom du nickel” dans les années 60, lié à l’essor de l&rsquo;aéronautique et de la demande en armement, la France organisa l’immigration de nombreux français de l’hexagone et des autres TOM du Pacifique. De 86 000 habitants en 1963, la population calédonienne passe à 133 000 individus en 1976<sup data-fn="e59090e1-26bd-46c6-a006-92543d648363" class="fn"><a id="e59090e1-26bd-46c6-a006-92543d648363-link" href="#e59090e1-26bd-46c6-a006-92543d648363">8</a></sup>.&nbsp;</p>



<p>Aujourd’hui, le peuple Kanak représente environ 40% de la population<sup data-fn="a6858b3b-d508-450c-9006-1d0e641cc375" class="fn"><a id="a6858b3b-d508-450c-9006-1d0e641cc375-link" href="#a6858b3b-d508-450c-9006-1d0e641cc375">9</a></sup>. Le reste étant les Européens (~24%) et les populations asiatiques emmenées par la France pour y travailler et marginaliser démographiquement les Kanak.&nbsp; Imaginez quelqu’un s’imposant de force dans votre foyer avec sa famille et faisant venir ses amis pour ensuite exiger que chacun ait le même pouvoir de décision, tout ça après s’être octroyé les meilleures chambres et avoir volé la majorité de vos ressources? Ceci n’a rien de la démocratie réelle et tout du pillage colonial !</p>



<p>Le mouvement du 13 mai 2024 a surgi en réaction au vote à l’assemblée nationale d’une loi portant modification du corps électoral. Depuis les accords de Nouméa, en 1998, le droit de vote aux élections provinciales et aux référendums spéciaux était réservé au peuple kanak et aux autres ethnies installées par l’histoire (descendants des colons pénaux appelés Caldoches, et descendants des coolies asiatiques). Il s’agissait d’une victoire de la lutte indépendantiste des années 1980 qui a forcé l&rsquo;État français à reconnaître les souffrances issues de la colonisation.</p>



<p>Ces mêmes accords prévoyaient trois référendums sur l’indépendance après une période de vingt ans. Ils ont eu lieu en 2018, 2020 et 2021. En voici les résultats :&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-table"><table class="has-fixed-layout"><tbody><tr><td></td><td>Oui</td><td>Non</td><td>Participation</td></tr><tr><td>2018</td><td>43,33%</td><td>56,67%</td><td>81,01%</td></tr><tr><td>2020</td><td>46,74 % (<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0);color:#36f512" class="has-inline-color">+3,41%</mark>)</td><td>53,26 % (<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0);color:#e7070e" class="has-inline-color">-3,41%</mark>)</td><td>85,69 % (<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0);color:#36f512" class="has-inline-color">+4,7%</mark>)</td></tr><tr><td>2021</td><td>3,5% (<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0);color:#e7070e" class="has-inline-color">-43,24%</mark>)</td><td>96,50 (<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0);color:#36f512" class="has-inline-color">+43,24%</mark>)</td><td>43,87 % (<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0);color:#e7070e" class="has-inline-color">-41,8%</mark>)</td></tr></tbody></table></figure>



<p>Entre le deuxième et le troisième référendum, l’inversion de la tendance haussière du oui à l’indépendance et la division par deux de la participation s’expliquent par la non-participation des Kanak et de nombreux caldoches : L’archipel venait de subir une inédite vague de décès liés au COVID-19<sup data-fn="cbfcd5d0-4bce-4617-92fe-1a15308ed6ba" class="fn"><a id="cbfcd5d0-4bce-4617-92fe-1a15308ed6ba-link" href="#cbfcd5d0-4bce-4617-92fe-1a15308ed6ba">10</a></sup>. Pour les peuples du Pacifique en général, la période de deuil nécessite de longues cérémonies coutumières, incompatibles avec le temps politique d’une campagne électorale. Malgré un report demandé par les indépendantistes, le Sénat coutumier, les deux Églises, les États voisins et de nombreux spécialistes de l’archipel, Macron, Lecornu et les dépendantistes, paniqués face à la progression du Oui à l’indépendance, ont maintenu le référendum. S’il a donc une validité légale formelle, ce résultat n’a aucune validité politique. Un référendum sur l’autodétermination, obtenu en reconnaissance de l’oppression coloniale, sans la participation et contre l’avis du peuple colonisé relève du hold-up et du déni de démocratie. Et c’est pourtant sur l’autorité de ce troisième référendum que sera votée la loi portant dégel du corps électoral et que sera établi l’accord de Bougival. “Circulez, ya rien à voir”, la “démocratie” a parlé !</p>



<h3 class="wp-block-heading">Nouméa &#8211; Bougival : un recul</h3>



<p>Avant d’aborder le contenu des accords, il peut être utile de citer quelques passages du préambule des accords de Nouméa, pour en resituer l’esprit :&nbsp;</p>



<p>“La relation de la Nouvelle-Calédonie avec la métropole lointaine est demeurée longtemps marquée par la dépendance coloniale, un lien univoque, un refus de reconnaître les spécificités, dont les populations nouvelles ont aussi souffert dans leurs aspirations.”</p>



<p>“Le moment est venu de reconnaître les ombres de la période coloniale, même si elle ne fut pas dépourvue de lumière.</p>



<p>Le choc de la colonisation a constitué un traumatisme durable pour la population d&rsquo;origine.</p>



<p>Des clans ont été privés de leur nom en même temps que de leur terre. Une importante colonisation foncière a entraîné des déplacements considérables de population, dans lesquels des clans kanak ont vu leurs moyens de subsistance réduits et leurs lieux de mémoire perdus. Cette dépossession a conduit à une perte des repères identitaires.”</p>



<p>“La colonisation a porté atteinte à la dignité du peuple kanak qu&rsquo;elle a privé de son identité. Des hommes et des femmes ont perdu dans cette confrontation leur vie ou leurs raisons de vivre. De grandes souffrances en sont résultées. Il convient de faire mémoire de ces moments difficiles, de reconnaître les fautes, de restituer au peuple kanak son identité confisquée, ce qui équivaut pour lui à une reconnaissance de sa souveraineté, préalable à la fondation d&rsquo;une nouvelle souveraineté, partagée dans un destin commun.”</p>



<p>Ce préambule a clairement des lacunes. En tant qu’accords issus de la victoire de l’Etat colonial sur la lutte indépendantiste, il s’abstient bien de pointer les responsabilités de la France, de son État et des colons, d’envisager de véritables réparations aux préjudices subis et assure la continuité de la mainmise française sur le destin de la Kanaky.&nbsp;</p>



<p>Mais il a le mérite de reconnaître le peuple kanak, son identité, sa culture. Il évoque les injustices subies, les souffrances, les traumatismes historiques et garantit aux Kanak l’accès à des droits spécifiques en tant que peuple premier de l’archipel.</p>



<p>Dans l’accord de Bougival, le peuple kanak disparaît au profit d’un unique peuple calédonien. Seul reste une référence à l’identité kanak, un élément parmi d’autres de la mosaïque ethnique calédonienne. En même temps, les discussions avaient mal commencé : mercredi 2 juillet, le président du FLNKS, Christian Téin, se voyait refuser l’entrée au sommet sur l’avenir de Kanaky à l’Elysée. Après avoir passé un an à l’isolement en détention provisoire à Mulhouse sous des chefs d’accusation fallacieux qui répondaient à une justice coloniale. Cette offense ainsi que le choix de tenir les discussions à Bougival, à 17.000 km du territoire concerné, avec une délégation constituée majoritairement d’anti-indépendantistes témoignent de l’arrogance coloniale, du mépris des choix des Kanak et d’une violence symbolique qui en laissait également présager l’issue.</p>



<p>Venons-en au contenu de ces accords :&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Création d’une nationalité calédonienne : Cette mesure contribue à la dilution du peuple kanak et conditionne cette nationalité au maintien de la nationalité française.</li>



<li>Modification du corps électoral : d’un collège bloqué à la période historique de la colonisation, les accords prévoient de passer à un collège électoral glissé sur 15 ans. Cela admettra de fait 12 000 personnes au collège électoral spécial et représente une incitation supplémentaire à l’installation de nouveaux colons français. C’est ni plus ni moins que la fin programmée de la revendication d’indépendance par des moyens démocratiques et légaux.</li>



<li>Modification de la loi organique spéciale : Cette disposition ouvre la possibilité d’une partition plus grande de l’archipel entre la province du Sud, loyaliste, riche et blanche et les provinces du Nord et des Îles.</li>



<li>Transfert de compétences : Les accords de Nouméa prévoyaient le transfert progressif des compétences non-régaliennes et la possibilité du transfert des compétences régaliennes (défense, sécurité, monnaie, justice et relations internationales) aux institutions de Nouvelle-Calédonie si le Oui l’emportait. L’accord de Bougival ne prévoit que le transfert des relations internationales, à condition de rester dans le cadre des “engagements internationaux et des intérêts fondamentaux de la France”. Et sans autonomie monétaire, militaire ou judiciaire, ce transfert de compétence est purement symbolique.</li>



<li>Ce transfert de compétences s’accompagne d’un projet de former des élites administratives, diplomatiques, judiciaires et militaires locales. Ce projet augmentera la différenciation entre une couche supérieure de Kanak formés aux idéaux et acquis aux intérêts de la France et la majorité des Kanak qui continueront de subir l’inégalité d’accès à la formation et aux études supérieures.</li>
</ul>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="939885" data-has-transparency="false" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/RSMA_0436.webp" alt="" class="wp-image-9696 not-transparent" style="--dominant-color: #939885; width:323px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/RSMA_0436.webp 1024w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/RSMA_0436-300x200.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/RSMA_0436-768x512.webp 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Formation au RSMA</em></figcaption></figure>
</div>


<ul class="wp-block-list">
<li>Instauration d’un Service militaire volontaire et renforcement du Régiment du service militaire adapté, dispositif colonial d’embrigadement et de disciplinarisation de la jeunesse kanak. Aucune autre politique envers la jeunesse n’est prévue.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Création d’une police administrative de Province et d’une police coutumière sur les terres coutumières : A l’instar des deux dispositions précédentes, il s’agit ici d’une mesure pour intégrer une partie de la population à la logique libérale et répressive de l’Etat capitaliste français.&nbsp;</li>



<li>Construction d’un nouvel établissement pénitentiaire : La prison de Camp Est, occupée à plus de 90% par des kanak, dispose de conditions de vie inconcevables<sup data-fn="84db32c0-16ad-4bb3-8d18-e1e1829995ed" class="fn"><a id="84db32c0-16ad-4bb3-8d18-e1e1829995ed-link" href="#84db32c0-16ad-4bb3-8d18-e1e1829995ed">11</a></sup> au regard des autres prisons françaises, déjà régulièrement épinglées pour leur insalubrité et leur surpopulation. Pour autant, la construction d’une nouvelle prison, dans le cadre d’une justice coloniale, n’a rien de réjouissant pour le peuple kanak. Les seules solutions seront d’ordre social et économique.</li>



<li>Monnaie : elle reste la compétence exclusive de la France. Mais la France est généreuse et le nouvel Etat Calédonien pourra y apposer ses signes identitaires !</li>



<li>Économiquement, il est prévu de “rétablir les équilibres et l’attractivité du territoire”. Derrière ce jargon libéral, il s’agit évidemment de réduction des dépenses publiques, de rationalisation de l’administration, et d’incitations fiscales à l’investissement et à la consommation des plus riches, au détriment de la nature et des plus pauvres.</li>
</ul>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-dominant-color="6b645d" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="694" height="391" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/5-kouaoua-serpentine-DR-3-edited.webp" alt="" class="wp-image-9695 not-transparent" style="--dominant-color: #6b645d; width:314px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/5-kouaoua-serpentine-DR-3-edited.webp 694w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/5-kouaoua-serpentine-DR-3-edited-300x169.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/07/5-kouaoua-serpentine-DR-3-edited-678x381.webp 678w" sizes="auto, (max-width: 694px) 100vw, 694px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>La Serpentine incendiée</em></figcaption></figure>
</div>


<ul class="wp-block-list">
<li>Nickel : La reconstruction économique passe par un plan stratégique de la filière. Il s’agit de “sécuriser l’accès à la ressource” et de “renforcer l’acceptabilité de l’exploitation minière pour les populations. Alors même que le coût environnemental et social de cette extraction est largement condamnée par la jeunesse kanak<sup data-fn="8cebe5cd-6976-4875-b702-abaf9cca43ec" class="fn"><a id="8cebe5cd-6976-4875-b702-abaf9cca43ec-link" href="#8cebe5cd-6976-4875-b702-abaf9cca43ec">12</a></sup> qui veut préserver ses paysages, la biodiversité de ses rivières et ses terres ancestrales. Par ailleurs, selon l’ancien élu et conseiller économique Laurent Chatenay, la dépendance économique au nickel est une illusion coloniale et un pari ruineux au vu de l’évolution du marché mondial<sup data-fn="a1066732-7b37-422a-89ea-c44cab73ebbf" class="fn"><a id="a1066732-7b37-422a-89ea-c44cab73ebbf-link" href="#a1066732-7b37-422a-89ea-c44cab73ebbf">13</a></sup>.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Enfin, l’accord prévoit de reporter les élections provinciales à mai-juin 2026, soit après l’adoption du nouveau collège électoral favorable aux loyalistes, alors même qu’elles devaient avoir lieu en mai 2024. Mais la crainte d’un résultat trop favorable aux indépendantistes a poussé l’Etat français à les reporter plusieurs fois dans l’attente d’une configuration électorale plus favorable. Encore une fois, la démocratie n’a de valeur que si elle répond aux intérêts coloniaux !</li>
</ul>



<h3 class="wp-block-heading">Quelle voie pour l’IKS ?</h3>



<p>L’Indépendance Kanak et Socialiste reste le seul horizon capable de mettre un terme à la domination coloniale et de garantir la pleine souveraineté de Kanaky. La répression militaro-judiciaire, le chantage économique, la démoralisation et la démobilisation ne sont que des reflux temporaires : ils n’empêcheront pas le peuple Kanak de se lever contre l’oppression et de construire une société respectueuse de la nature et des peuples. La récente libération de nos prisonniers politiques, la condamnation par le conseil d&rsquo;Etat du blocage de TikTok, la suspension des interdictions administratives de rassemblement, la très faible popularité du gouvernement Bayrou sont autant de brèches dans la domination coloniale française desquelles il faut profiter. </p>



<p>Face à ce projet d’accord, il faut mener une campagne active pour le non ou pour un boycott actif, selon ce qui apparaît le plus juste au FLNKS. Cette campagne doit s’accompagner de revendications pour la vérité et la justice des martyrs kanak assassinés, pour le rapatriement immédiat de tous les prisonniers politiques et <em>déplacés</em> dans l’hexagone, contre la diminution des budgets sociaux, éducatifs et de santé et pour la justice sociale et écologique. A cette condition, le mouvement insurrectionnel du 13 mai peut renaître de ses cendres.</p>



<p>Les groupes d’actions de la CCAT sont un point d’appui solide pour remobiliser les indépendantistes et redonner confiance à la jeunesse kanak. Bien que trop tardivement, dans l’hexagone, de nombreux groupes de soutien ont vu le jour et des partis politiques ont pris position en solidarité avec la Kanaky. Un lien plus étroit avec ces forces sociales et organisations politiques anticoloniales doit être développé, en restant prudent sur les risques de récupération ou d’instrumentalisation. Le mouvement de solidarité à la Palestine témoigne de la force des aspirations anticoloniales de millions de français. La lutte pour l’IKS et celle contre le génocide en Palestine peuvent et doivent se renforcer mutuellement. Enfin, la crise sociale et économique qui agite toutes les autres colonies françaises crée un terreau fertile pour le développement des luttes contre la domination coloniale de l’Etat et des grands groupes capitalistes français, comme l’a montré la mobilisation contre la vie chère en Martinique récemment.</p>



<p>Partout dans le monde, les peuples se soulèvent contre les diktats néolibéraux, l’explosion des inégalités, le dérèglement climatique, la course à la guerre et le développement des idéologies racistes et d’extrême-droite. L’horizon de Kanaky ne doit plus dépendre de la bonne volonté des actionnaires, de la consommation des croisiéristes, des cours du marché du nickel ou de l’évolution des rapports de force entre puissances impérialistes.&nbsp;</p>



<p>L’immense majorité d’entre nous, que ce soit en Kanaky, dans les autres drom-com et même dans l&rsquo;hexagone, a intérêt à un changement de système, à la fin de la domination capitaliste qui détruit les corps et la nature. Ce qui nous manque, c’est l’espoir et la confiance que c’est possible de gagner. Le peuple kanak, par sa détermination, son unité, son ouverture et son respect des écosystèmes, bien que minoritaire sur sa terre, peut gagner l’IKS et entraîner avec lui caldoches et autres minorités nationales qui n’ont rien d’autre à perdre que leur chaîne. Il peut ouvrir la voie aux peuples et colonisés du monde entier. Pour qu’au lieu de la barbarie coloniale, ce soient la solidarité, la justice et l’égalité qui deviennent les modèles sur lesquels construire notre futur commun.</p>



<p><strong><em>En hommage à Jybril Salo, Nasaie Doouka, Chrétien Neregote, Daniel Tidjite, Lionel Païta, Joseph Poulawa, Rock Victorin Wamytan, Marco Caco, Johan Kaidine, Samuel Moekia, leurs familles et amis ainsi que tous les martyrs et prisonniers du colonialisme français</em></strong></p>



<p><em>Gabriel Cardoen, militant d’A2C &#8211; Strasbourg et membre du collectif Solidarité pour Kanaky Alsace.</em></p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="4a86fa15-8818-474b-ad6f-e8f1e599dcaf">Merci à Isabelle Atrua et Emmanuella Danguigny pour les discussions qui ont mené à la rédaction de cet article, ainsi qu&rsquo;à tous les membres du SPK Alsace. Merci également à Vic Michel et Luc Tournabien pour leur relecture et leurs précieux conseils. Le idées, erreurs et approximations exprimées ici restent de la seule responsabilité de l&rsquo;auteur <a href="#4a86fa15-8818-474b-ad6f-e8f1e599dcaf-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="32e5a238-d19d-49c9-a688-b4e0ea053216">Karl Marx à propos de Louis-Napoléon Bonaparte, sous les ordres de qui le contre-amiral Fébvrier-Despointes a pris possession de l&rsquo;archipel de Nouvelle-Calédonie. <a href="#32e5a238-d19d-49c9-a688-b4e0ea053216-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="dcb19e8f-6b58-414b-996a-ee8492e554e8"><a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/101224/nouvelle-caledonie-la-france-elle-fait-la-guerre-avec-qui-ici" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.mediapart.fr/journal/france/101224/nouvelle-caledonie-la-france-elle-fait-la-guerre-avec-qui-ici</a> <a href="#dcb19e8f-6b58-414b-996a-ee8492e554e8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="78cc36d9-4f88-4dbe-b090-14a013d53449"><sup> </sup>Croissance en baisse de 14 points pour 2024. 13.000 disparitions d&#8217;emplois. -25% d&rsquo;investissements sur un an. 4 Mrds de Francs CFP de perte pour les 4 banques néo-calédoniennes, arrêt de la production de  l&rsquo;usine du Nord Koniambo Nickel SAS. Baisse constante du cours du nickel depuis 2022. Source : IEOM<br> <a href="#78cc36d9-4f88-4dbe-b090-14a013d53449-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="4ffd5375-b7de-408f-9fc5-ac4f4b28599a"><sup> </sup>UC : Union Calédonienne ; RDO : Rassemblement Démocratique Océanien, Palika : Parti de libération kanak.<br> <a href="#4ffd5375-b7de-408f-9fc5-ac4f4b28599a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="88c43791-fd25-489a-a2fd-84bc8a69c393"><a href="https://la1ere.franceinfo.fr/nouvellecaledonie/reactions-apres-l-accord-sur-la-nouvelle-caledonie-les-partenaires-politiques-livrent-leur-satisfaction-et-leurs-concessions-1604076.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> https://la1ere.franceinfo.fr/nouvellecaledonie/reactions-apres-l-accord-sur-la-nouvelle-caledonie-les-partenaires-politiques-livrent-leur-satisfaction-et-leurs-concessions-1604076.html</a><br> <a href="#88c43791-fd25-489a-a2fd-84bc8a69c393-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li><li id="aaeea922-4ff3-41f0-ae56-8a3fc3f14071"><em>Décoloniser la Kanak-Nouvelle-Calédonie, </em>Benoît Trépied, ed. Anarchasis. <a href="#aaeea922-4ff3-41f0-ae56-8a3fc3f14071-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7">↩︎</a></li><li id="e59090e1-26bd-46c6-a006-92543d648363">id. <a href="#e59090e1-26bd-46c6-a006-92543d648363-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8">↩︎</a></li><li id="a6858b3b-d508-450c-9006-1d0e641cc375">A titre de comparaison, les Algériens représentaient 9/10 de la population en Algérie pendant la guerre. <a href="#a6858b3b-d508-450c-9006-1d0e641cc375-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9">↩︎</a></li><li id="cbfcd5d0-4bce-4617-92fe-1a15308ed6ba">1er septembre 2021 : 0 décès<br>1er novembre 2021 : 265 décès<br> <a href="#cbfcd5d0-4bce-4617-92fe-1a15308ed6ba-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10">↩︎</a></li><li id="84db32c0-16ad-4bb3-8d18-e1e1829995ed"><a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/191224/nouvelle-caledonie-les-ecrits-desesperes-des-detenus-de-la-prison-de-noumea" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.mediapart.fr/journal/france/191224/nouvelle-caledonie-les-ecrits-desesperes-des-detenus-de-la-prison-de-noumea</a> <a href="#84db32c0-16ad-4bb3-8d18-e1e1829995ed-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11">↩︎</a></li><li id="8cebe5cd-6976-4875-b702-abaf9cca43ec"><a href="https://reporterre.net/En-Nouvelle-Caledonie-de-jeunes-Kanaks-se-levent-contre-l-industrie-du-nickel" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://reporterre.net/En-Nouvelle-Caledonie-de-jeunes-Kanaks-se-levent-contre-l-industrie-du-nickel</a> <a href="#8cebe5cd-6976-4875-b702-abaf9cca43ec-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12">↩︎</a></li><li id="a1066732-7b37-422a-89ea-c44cab73ebbf"><a href="https://www.facebook.com/story.php?story_fbid=1531818777796723&amp;id=100029058462454&amp;rdid=1dlTvMjWd4k7dOiA#" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.facebook.com/story.php?story_fbid=1531818777796723&amp;id=100029058462454&amp;rdid=1dlTvMjWd4k7dOiA#</a> <a href="#a1066732-7b37-422a-89ea-c44cab73ebbf-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13">↩︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/tout-ca-pour-ca-kanaky-france-la-necessite-de-la-defiance/">Tout ça pour ça ? Kanaky – France, la nécessité de la défiance !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Comprendre le colonialisme français pour mieux le combattre</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/comprendre-le-colonialisme-francais-pour-mieux-le-combattre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Dec 2024 16:49:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[anticolonial]]></category>
		<category><![CDATA[capitalisme militaire]]></category>
		<category><![CDATA[colonialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Guyane]]></category>
		<category><![CDATA[kanaky]]></category>
		<category><![CDATA[Mayotte]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d&#8217;A2C #15 &#8211; décembre 2024 Pour la plupart des observateur·rice·s dans le monde, il ne fait pas de doute que les «départements d’outre-mer» français sont des colonies, qui paraissent bien anachroniques après les <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/comprendre-le-colonialisme-francais-pour-mieux-le-combattre/" title="Comprendre le colonialisme français pour mieux le combattre">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/comprendre-le-colonialisme-francais-pour-mieux-le-combattre/">Comprendre le colonialisme français pour mieux le combattre</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #15 &#8211; décembre 2024</h6>



<p>Pour la plupart des observateur·rice·s dans le monde, il ne fait pas de doute que les «départements d’outre-mer» français sont des colonies, qui paraissent bien anachroniques après les vagues de luttes de libération nationale et le démantèlement des empires européens. Il n’y a qu’en France qu’on se convainc que les habitant·e·s de ces pays ont de la chance d’être pris en charge, même si on en connaît peu les réalités au-delà de quelques clichés. Et à chaque fois que des mouvements sociaux éclatent, on entend que ces territoires coûteraient cher à la France sans rien lui rapporter. Pourquoi dans ce cas y envoyer des contingents de gendarmes mobiles ? Pourquoi la France refuse-t-elle l’auto-détermination des peuples de Nouvelle-Calédonie, des Antilles, de Guyane ou de la Réunion ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un contre-développement qui produit des inégalités et de la pauvreté</strong></h2>



<p>L’esclavage a conduit à l’extermination des peuples autochtones puis à la déportation de millions d’Africain·e·s. Malgré son abolition dans les colonies françaises (1794 puis 1848), obtenue par les luttes de masse des esclaves et par la nécessité de moderniser le système, la structure hiérarchique socio-raciale pèse toujours dans les sociétés de plantation. Dans toutes les sociétés post-esclavagistes, on observe le maintien des Afro-descendant·es et des Autochtones dans une position subalterne. Les vagues d’immigration asiatique ont également contribué à ces sociétés créoles, dans lesquelles la couleur de peau et l’appartenance communautaire réelle ou supposée pèsent particulièrement sur le destin des individus et des groupes sociaux.&nbsp;</p>



<p>Tout développement économique endogène est combattu car il permettrait de sortir de la dépendance coloniale. La corruption de la classe politique est encouragée pour garder le contrôle sur les élites et discréditer l’indépendance.&nbsp;</p>



<p>Les tableaux ci-dessous font état de sociétés restées très inégalitaires, incomparables avec la France au niveau de la pauvreté et du développement humain. Depuis des décennies, le discours dominant est pourtant celui du « rattrapage des outre-mers », et les médias pointent régulièrement du doigt le coût des colonies pour la métropole.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img data-dominant-color="edefef" data-has-transparency="false" loading="lazy" decoding="async" width="908" height="585" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/indicateurs-inegalites-jpg.webp" alt="" class="wp-image-9125 not-transparent" style="--dominant-color: #edefef; width:830px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/indicateurs-inegalites-jpg.webp 908w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/indicateurs-inegalites-300x193.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/indicateurs-inegalites-768x495.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 908px) 100vw, 908px" /></figure>



<p>La départementalisation de 1946 et la conquête progressive de droits sociaux équivalents à ceux des Français de l’Hexagone a conduit à élever les niveaux de vie comparativement aux pays voisins et à casser l’agriculture de substance. La dépendance aux transferts sociaux de la métropole s’en est accrue, et des vagues migratoires récentes ont permis la mise en concurrence entre travailleur·euse·s, et détournent les colères sociales.&nbsp;</p>



<p>Le rattrapage est un mythe. L’argent investi par l’Etat est insuffisant pour les besoins des populations et, grâce aux multiples défiscalisations, il revient majoritairement dans les poches des grandes entreprises françaises ou des descendants des colons, qui bénéficient de rentes monopolistiques. L’octroi de mer (une taxe à l’importation) permet d’exonérer l’Etat du financement des collectivités locales et de renforcer la dépendance aux produits importés. Les colonies départementalisées ne représentent donc pas un poids économique pour la France, comme le proclame l’idéologie dominante<sup data-fn="31dd68f0-831f-410e-b8e0-a14ec83cfa83" class="fn"><a id="31dd68f0-831f-410e-b8e0-a14ec83cfa83-link" href="#31dd68f0-831f-410e-b8e0-a14ec83cfa83">1</a></sup>.&nbsp;</p>



<p>Cependant, le principal enjeu des «confettis de l’empire colonial» n’est pas strictement économique. Pour comprendre pourquoi la France refuse de lâcher ses colonies, il faut observer les enjeux géostratégiques.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des enjeux géostratégiques majeurs</strong></h2>



<p>De la guerre froide jusqu’au monde multipolaire actuel, la France est parvenue à maintenir son rang de grande puissance, parmi les 5 membres du Conseil de Sécurité de l’ONU, dotée de l’arme atomique, avec une influence diplomatique grâce à la souveraineté qu’elle maintient sur les territoires qu’elle considère comme «ultra-marins». Le ratio du nombre de militaires par habitant est beaucoup plus important dans les colonies qu’en France, et la dernière loi de programmation militaire 2023-2028 renforce cette présence, avec le redéploiement des troupes auparavant stationnées en Afrique de l’Ouest.&nbsp;</p>



<p>Des bases militaires sont installées dans les océans Indien, Atlantique et Pacifique, et notamment dans la principale zone stratégique de confrontation inter-impérialisted’aujourd’hui, que les militaires appellent «indo-pacifique». Mayotte contrôle l’entrée du canal du Mozambique, et grâce à la Réunion, la Nouvelle Calédonie et la Polynésie, la France est signataire du Traité d&rsquo;Amitié et de Coopération en Asie du Sud-Est et participe au Forum régional de l&rsquo;ASEAN.&nbsp;</p>



<p>La France possède le deuxième domaine maritime derrière les Etats-Unis, avec une Zone économique exclusive de plus de 11 millions de km². Ce contrôle permet l’accès à d’importantes ressources halieutiques (pêche), mais surtout scientifiques et géostratégiques. Les fonds marins, un des derniers espaces peu exploités de la planète, représentent un des lieux majeurs de la compétition impérialiste au 21ème siècle. Par exemple, les Terres australes et antarctiques françaises abritent des stations météorologiques qui permettent d’observer le changement climatique, ainsi que des réserves de pétrole et de métaux rares. Même les courants marins pourraient devenir une nouvelle source d’énergie.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="630" height="450" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/bdf5f12_1700666280039-mfache-le-nickel-en-province-nord-nouvelle-calei-donie-238.avif" alt="" class="wp-image-9124" style="width:293px;height:auto"/><figcaption class="wp-element-caption">Ouvriers à l&rsquo;usine de Koniambo Nickel SAS, à Voh, Kanaky</figcaption></figure>
</div>


<p>La Kanaky-Nouvelle-Calédonie est le 4ème producteur mondial de nickel, ses réserves sont évaluées à 10% du total mondial. L’exploitation du nickel représente 1/4 des emplois du privés (directs et indirects), et 90% des exportations, vers des pays d’Asie qui l’utilisent dans la production d’aciers de haute qualité ou de batteries électriques.&nbsp;</p>



<p>Le nickel représente un enjeu politique car, suite aux accords de Nouméa, la province Nord, à majorité kanak et indépendantiste, détient 51% du capital d’une des trois grandes usines de l&rsquo;île à Koniambo. Cependant, le développement économique fondé sur les ressources minières est fragile car il représente de lourds investissements et dépend des cours mondiaux qui peuvent varier très rapidement (la Bourse des Métaux est à Londres). L’exploitation minière a également des impacts très négatifs sur l’environnement. Les mêmes observations sont sans doute valables à propos des projets d’exploitation par Total du pétrole offshore au large de la Guyane .&nbsp;</p>



<p>En Guyane, le centre spatial européen de Kourou profite de sa localisation proche de l’équateur, car les lancements d’Ariane profitent d’une force maximale de rotation terrestre et demandent donc moins de kérosène. Pour cette raison, la France loue également à la Russie la base de Soyouz à Sinnamary. Cependant, la concurrence est de plus en plus forte avec les bases US en Floride et au Texas, russes en Sibérie, indiennes et chinoises, en vue de la conquête de l’espace, nouveau terrain de jeu pour l’expansion capitaliste.&nbsp;</p>



<p>Le caractère colonial de l’industrie spatiale française est avéré : absence de retombées économiques significatives via l’exonération de tout impôt sur le foncier, recrutement majoritairement exogène des cadres, ségrégation sociale et raciale de la ville de Kourou, refus d’enquêtes indépendantes sur les maladies respiratoires&#8230; Les Guyanais·e·s ne s’y sont pas trompé·e·s lors de la grève générale de 2017 : c’est le blocage stratégique du rond-point de la Carapa qui a empêché le décollage d’Ariane et permis la signature des Accords de Guyane.&nbsp;</p>



<p>La prise en compte de ces enjeux stratégiques permet de comprendre pourquoi la France fait tout pour conserver ses dernières colonies. Céder une réelle autonomie à l’une, ce serait prendre le risque de les perdre toutes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Entre luttes sociales et danger de «mayottisation»</strong></h2>



<p>Depuis les années 2000, la généralisation des grandes surfaces et de la société de consommation aux Antilles, en Guyane et à la Réunion a accentué la dépendance aux produits importés, avec des écarts de prix entre 15% et 40% sur les produits alimentaires. La lutte contre la vie chère est donc devenue une préoccupation importante. Autour de cette revendication se sont construites des coalitions sociales de circonstance et des perspectives politiques fluctuantes. En 2008-2009 ont eu lieu des grèves générales avec des barrages des carrefours routiers, où les syndicats de salarié·e·s avaient une place centrale, avec également une présence des petits patrons (notamment du transport) et une menace d’embrasement via l’entrée en scène de la jeunesse précarisée sur les barrages. Ces mouvements, héritiers d’une longue histoire de lutte, ont obtenu des avancées ponctuelles pour les travailleur·euse·s et la population mais n’ont pas réussi à modifier la structure économique et sociale qui produit la vie chère.&nbsp;</p>



<p>Les mouvements récents en Martinique, à la suite des mobilisations contre le pass sanitaire au moment du COVID, ont été menés par des collectifs moins ancrés dans la société et plus confus, avec certain·e·s leaders de premier plan qui acceptent de s’afficher auprès du RN. Les revendications prennent leur sens quand elles s’articulent dans un objectif d’émancipation sociale et décoloniale, sinon elle risque d’être un feu de paille, voire d’accroître la dépendance envers les produits importés de France et la défiance de la masse de la population.&nbsp;</p>



<p>Les ressentiments face aux maintien des inégalités et à l’incurie des élites politiques se combinent désormais avec la désignation des migrant·e·s les plus récent·e·s comme responsables de la crise. Les votes pour le RN ne sont plus limités aux familles des colons ou de leurs descendants et aux membres des forces de répression, ils sont devenus massifs au fil des scrutins présidentiels. Des discours ouvertement racistes se déploient, au sein de la petite bourgeoisie et dans les milieux populaires, y compris dans des secteurs jusque-là influencés par la gauche et les indépendantistes. L’Etat français est ainsi accusé de favoriser les migrant·e·s contre les natifs, la police est accusée d’être laxiste face à la délinquance, la suppression du droit du sol devient envisagée dans le débat public.</p>



<p>C’est à Mayotte, dernière colonie à être départementalisée, que ce processus d’unification de la société colonisée contre « l’étranger », comorien ou africain, est le plus engagé. Issue d’une séparation artificielle de l’archipel des Comores lors du passe-passe de Giscard au référendum de 1976, séparation toujours condamnée par les résolutions de l’ONU, l’île de Mayotte est aujourd’hui un laboratoire pour les politiques racistes et sécuritaires. Des maires peuvent appeler publiquement la population mahoraise à des opérations de destruction des maisons des migrant·e·s et de traque des exilé·e·s, avec la passivité ou le soutien des forces de police. A tel point qu’on parle de «mayottisation» pour désigner les pires scénarios auxquels mènent les politiques de division raciste des populations.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comment être anticolonialiste en France ?</strong></h2>



<p>Un peuple qui en opprime un autre ne peut pas être libre. Pour les militant·e·s de la gauche française, dont l’auteur de cet article fait partie, cette affirmation devrait être davantage méditée. Les anticolonialistes guyanais·e·s ont l’habitude de dire des Français·e·s qui viennent travailler dans leurs pays, qu’iels se disent souvent humanistes, et parfois féministes, syndicalistes ou communistes quand iels prennent l’avion à Roissy, mais qu’après huit heures de vol, arrivé·e·s en pays dominé, le plus souvent iels se retrouvent juste dans une position de colon, avec la mentalité et les réflexes qui vont avec. Le paternalisme colonial, la certitude de la supériorité de ses valeurs et de sa culture, de son «modèle républicain», continuent souvent à gangrener la gauche française. Le programme de la France insoumise dans les colonies, par exemple, se propose d’appliquer ce que les gouvernements successifs promettent depuis des décennies, un alignement des conditions de vie sur la métropole et une adaptation à la marge des réglementations en vigueur, dans le cadre d’une «égalité républicaine» de moins en moins crédible<sup data-fn="d9d3f561-eb9e-457f-936f-d4973aa53c34" class="fn"><a id="d9d3f561-eb9e-457f-936f-d4973aa53c34-link" href="#d9d3f561-eb9e-457f-936f-d4973aa53c34">2</a></sup>.&nbsp;</p>



<p>Dans le contexte d’un risque de déclassement de la France au niveau international, qui serait encore amplifié par la perte de ses dernières colonies, il n’est pas toujours facile de tenir des positions internationalistes.&nbsp;</p>



<p>Ce que ne comprennent pas les nostalgiques de la grandeur française, c’est que de nombreux peuples sont en train de comprendre qu’ils pourraient vivre mieux en sortant de la tutelle. Soixante ans après l’indépendance du Burkina Faso, 80% de la population n’a toujours pas accès à l’électricité, alors que l’ancienne puissance coloniale extrait l’uranium du Niger voisin pour son industrie nucléaire. Quelques mois après le départ des militaires français, le gouvernement burkinabé signait un contrat avec la Russie pour la construction prochaine d’une centrale nucléaire sur place.&nbsp;</p>



<p>L’Azerbaidjan, qui préside le mouvement des non-alignés<sup data-fn="8b748729-2d30-4c39-a94a-344cfdd0307e" class="fn"><a id="8b748729-2d30-4c39-a94a-344cfdd0307e-link" href="#8b748729-2d30-4c39-a94a-344cfdd0307e">3</a></sup> à l’ONU, critique ouvertement la politique de la France dans ses colonies et propose un soutien matériel et diplomatique aux mouvements qui la contestent. Bien sûr, ce pays utilise ce moyen pour faire pression dans le cadre de sa guerre contre les Arméniens du Haut Karabagh, soutenus (officiellement) par la France. Nous ne sommes pas sur une approche campiste, à A2C, nous avons une vision globale de l’impérialisme, mais nous savons que notre responsabilité première est de lutter contre «notre» classe dirigeante, contre le pouvoir de nuisance de «notre» État, , car personne ne pourra le faire à notre place.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="7b685e" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #7b685e;" loading="lazy" decoding="async" width="1100" height="688" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/revolution-des-oeillets-1100x688.webp" alt="" class="wp-image-9123 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/revolution-des-oeillets-1100x688.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/revolution-des-oeillets-300x188.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/revolution-des-oeillets-768x480.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/revolution-des-oeillets-jpeg.webp 1200w" sizes="auto, (max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>



<p>Alors qu’on vient de célébrer le cinquantième anniversaire de la Révolution des Œillets, un parallèle pourrait nous être utile. Le Portugal était, en 1974, un pays qui s’accrochait à ses colonies de l’Angola et du Mozambique, et dont la défaite a conduit ses soldats à se retourner contre le pouvoir, et à fraterniser avec les mouvements ouvriers. C’était un pays devenu marginal en Europe, où le projet de l’extrême-droite au pouvoir était de revenir à l’âge d’or (très) lointain d’un empire colonial disparu. Un pays où la jonction de la révolution anticoloniale et de la révolution sociale a permis une des dernières expériences d’un pouvoir par en bas en Europe de l’Ouest<sup data-fn="70445efc-8777-4737-b5fb-edf18c0ee580" class="fn"><a id="70445efc-8777-4737-b5fb-edf18c0ee580-link" href="#70445efc-8777-4737-b5fb-edf18c0ee580">4</a></sup>.&nbsp;</p>



<p>A l’heure où les fascistes, en France et ailleurs, portent ce fantasme de la «grandeur» coloniale perdue, à nous de faire vivre un internationalisme concret, à la fois humble et ambitieux, qui représente la condition de nos victoires futures.&nbsp;&nbsp;</p>



<h5 class="wp-block-heading">Vincent Touchaleaume (Marseille)</h5>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Kanaky : L’ennemi principal est dans notre pays !&nbsp;</strong></h2>



<p>Le 13 mai 2024, face à un projet de dégel du corps électoral, la société kanak s&rsquo;est soulevée contre le colonialisme : manifestation massive à Nouméa, mutinerie à la prison de Camp Est, grèves au port et à l&rsquo;aéroport, blocage de dépôts de carburants, incendies des entreprises de colons…<sup data-fn="d42e2ffc-cce6-470e-80a4-d3cc1b36d650" class="fn"><a id="d42e2ffc-cce6-470e-80a4-d3cc1b36d650-link" href="#d42e2ffc-cce6-470e-80a4-d3cc1b36d650">5</a></sup> Ce sont les travailleur·euse·s, les tribus et la jeunesse kanak qui se sont mobilisé·e·s contre la poursuite d&rsquo;une colonisation de peuplement, dans ce qui est le plus grand mouvement indépendantiste depuis la période des « Événements » (1984-1988)<sup data-fn="00e70160-8033-4c97-9b53-324513fe677c" class="fn"><a id="00e70160-8033-4c97-9b53-324513fe677c-link" href="#00e70160-8033-4c97-9b53-324513fe677c">6</a></sup>.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="777377" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #777377;" loading="lazy" decoding="async" width="1100" height="618" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/Kanaky1-1100x618.webp" alt="" class="wp-image-9122 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/Kanaky1-1100x618.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/Kanaky1-300x169.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/Kanaky1-768x431.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/Kanaky1-678x381.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/Kanaky1-png.webp 1280w" sizes="auto, (max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /><figcaption class="wp-element-caption">Manifestation à Nouméa</figcaption></figure>



<p>Les raisons de ce soulèvement sont multiples et profondes, sociales et politiques ! Niveau de vie et d&rsquo;études, chômage, incarcération, accès aux services, racisme : la ségrégation des Kanak persiste. La responsabilité en incombe évidemment au colonialisme français. Mais la défiance de la jeunesse envers les partis indépendantistes, qui ont fait confiance au colonisateur pour décoloniser, a aussi participé de l’ampleur du mouvement et des moyens d’actions.</p>



<p>Dès le 14 mai, la France réprimait sévèrement : couvre-feu, arrestations, envoi de troupes et de matériel de guerre, suspension de TikTok, soutien aux milices loyalistes armées, etc. À ce jour, les troupes coloniales et les milices ont tué 11 Kanak. La France a déplacé plus de 70 Kanak de Camp Est aux prisons de la métropole et 7 cadres de la CCAT<sup data-fn="e07466f2-2370-445e-890f-9b8ff230c802" class="fn"><a id="e07466f2-2370-445e-890f-9b8ff230c802-link" href="#e07466f2-2370-445e-890f-9b8ff230c802">7</a></sup> y ont été également déporté·e·s. Iels risquent des dizaines d&rsquo;années de prison pour leur rôle dans l&rsquo;organisation de la lutte d&rsquo;indépendance.</p>



<p><strong>Face à l’une des principales puissances militaires, l’indépendance kanak nécessite l&rsquo;existence d&rsquo;un mouvement massif de solidarité depuis la métropole.</strong> Nous avons la capacité d&rsquo;agir et d&rsquo;influer positivement sur l&rsquo;issue de leur lutte, par exemple en s&rsquo;opposant à l&rsquo;envoi des forces de répression et en visibilisant les exactions de l&rsquo;Etat français. Réciproquement, c&rsquo;est l&rsquo;ensemble des luttes des opprimé·e·s en France qui se renforcerait des victoires du peuple kanak face à l&rsquo;Etat français. Dans l&rsquo;immédiat, l&rsquo;urgence est de se mobiliser aux côtés de la diaspora et des organisations kanak en métropole pour la libération et le rapatriement de tou·te·s les prisonnier·e·s politiques kanak.</p>



<h5 class="wp-block-heading">A2C Strasbourg</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="31dd68f0-831f-410e-b8e0-a14ec83cfa83">Un article plutôt objectif du principal journal économique patronal en attestait suite aux grandes grèves de 2009 : les Echos, <a href="https://www.lesechos.fr/2009/03/combien-coute-loutre-mer-a-la-france-1081771" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Combien coûte l&rsquo;outre-mer à la France ?</a> <a href="#31dd68f0-831f-410e-b8e0-a14ec83cfa83-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="d9d3f561-eb9e-457f-936f-d4973aa53c34">Elodie Nac, <a href="https://blogs.mediapart.fr/adrien-guilleau/blog/160217/adresse-aux-camarades-de-france-insoumise">Adresse aux camarades de France Insoumise</a>, Mediapart <a href="#d9d3f561-eb9e-457f-936f-d4973aa53c34-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="8b748729-2d30-4c39-a94a-344cfdd0307e">Mouvement représentant 120 pays à l’ONU, né de la conférence de Bandung en 1955 et ayant soutenu la décolonisation de nombreux pays d’Asie, d’Afrique et d’ Amérique <a href="#8b748729-2d30-4c39-a94a-344cfdd0307e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="70445efc-8777-4737-b5fb-edf18c0ee580">On peut écouter à ce sujet l’<a href="https://drive.google.com/file/d/1C5FRFJ5R49aS1qLqFlEp94nXjkqBaOoL/view" target="_blank" rel="noreferrer noopener">introduction de Gaël</a> lors du week-end IDF de mars 2024 <a href="#70445efc-8777-4737-b5fb-edf18c0ee580-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="d42e2ffc-cce6-470e-80a4-d3cc1b36d650">Pour plus de contextualisation, voir Luc Tournabien, <a href="https://blogs.mediapart.fr/lindependant-knc/blog/200924/nouvelle-caledonie-comment-les-exactions-de-l-etat-ont-mene-au-chaos-insurrectionnel" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Nouvelle-Calédonie : comment les exactions de l’État ont mené au chaos insurrectionnel</a> <a href="#d42e2ffc-cce6-470e-80a4-d3cc1b36d650-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="00e70160-8033-4c97-9b53-324513fe677c">Survie.org, <a href="https://survie.org/billets-d-afrique/2018/275-mars-2018/article/histoire-de-la-kanaky-en-quelques-dates" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Histoire de Kanaky en quelques dates</a> <a href="#00e70160-8033-4c97-9b53-324513fe677c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li><li id="e07466f2-2370-445e-890f-9b8ff230c802">CCAT : Cellule de Coordination des Actions de Terrain, émanation de l’Union Calédonienne, principale organisation indépendantiste. <a href="#e07466f2-2370-445e-890f-9b8ff230c802-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7">↩︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>Face à leur monde de merde, la jeunesse nous montre le chemin de la lutte!</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/face-a-leur-monde-de-merde-la-jeunesse-nous-montre-le-chemin-de-la-lutte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jakubowski]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Jun 2024 12:34:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Belleville]]></category>
		<category><![CDATA[Étudiants]]></category>
		<category><![CDATA[Jeunesse]]></category>
		<category><![CDATA[kanaky]]></category>
		<category><![CDATA[Lycéens]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Le monde est vieux, l’espoir est jeune ! Je commence la rédaction de cet édito le lundi 27 mai. Le soir-même, des milliers de personnes se rassemblent et partent en manifestation sauvage face à l’attaque <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/editorial/face-a-leur-monde-de-merde-la-jeunesse-nous-montre-le-chemin-de-la-lutte/" title="Face à leur monde de merde, la jeunesse nous montre le chemin de la lutte!">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600"><em>Le monde est vieux, l’espoir est jeune !</em> <em>Je commence la rédaction de cet édito le lundi 27 mai. Le soir-même, des milliers de personnes se rassemblent et partent en manifestation sauvage face à l’attaque sanguinaire, génocidaire d’Israël sur un camp de réfugié·es. Depuis plusieurs semaines, la police et les milices coloniales tuent des kanaks. Partout, nous sommes en rage de voir ce que leur vieux monde est capable de faire. </em></p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #13 &#8211; juin 2024</h6>



<p class="has-drop-cap">Mais reprenons le fil : depuis plusieurs semaines la jeunesse à travers le monde s’organise et lutte avec détermination. D’abord les étudiantEs ont à travers le monde occupé leurs facs, avec des revendications claires et sans compromis malgré une répression très forte. Aux Etats-Unis, en France, en Italie, Amsterdam et partout une internationale étudiante en solidarité avec le peuple Palestinien se dessine et à travers elle, donne de la force à l’ensemble du mouvement.&nbsp;</p>



<p>Dans le même temps l’Etat français, dans la continuité de sa politique coloniale, vote l’élargissement du corps électoral en Kanaky pour imposer le vote des colons. La jeunesse, après 6 mois de mobilisations et de grèves, le vote de la loi, a décidé de prendre la rue et de ne pas se laisser imposer l’agenda d’une métropole à 17000 kilomètres de là. En effet, elle a refusé de laisser la main aux organisations de la résistance Kanak en proie à vouloir négocier, en imposant le rapport de force dans la rue, et en faisant face aux milices armées des colons.&nbsp;</p>



<p>Les jeunes de Belleville, qui occupent la Maison des Métallos, se sont organisé·es et sur des bases claires et radicales mènent une lutte exemplaire, qui force la Mairie de Paris à consacrer plus d’une heure et demie du Conseil de la ville à cette question. Ils ont imposé leur agenda. Il faut voir ces jeunes en AG qui mettent la misère aux représentants de la Mairie qui se font passer pour des pseudos alliés, en leur mettant le nez dans leurs mensonges. Il faut voir comment ils permettent de donner une dynamique à l’ensemble des collectifs de sans-papiers après la défaite face à la loi Darmanin et des difficultés supplémentaires imposées aux migrantEs.&nbsp;</p>



<p>Et on pourrait aussi parler longuement de la lutte contre la transphobie qui se construit malgré des courants anti-trans (y compris dans le mouvement féministe^^), réactionnaires et fascistes de plus en plus présents. Face à ça, la jeunesse LGBT+ et féministe tient bon et donne à voir les plus grosses mobilisations de solidarité avec les personnes trans !&nbsp;</p>



<p>Cette jeunesse, qui nous pousse aux fesses comme mardi soir sur la place de la République où des jeunes lycéens viennent voir une camarade qui participe à UP 20 (Urgence Palestine Paris 20) pour lui dire “bon qu’est-ce que vous faites ? Parce que nous ya plein de lycéen·es qui sont chauds pour venir si ça part en sauvage !” , on a arrêté de se poser mille questions et après une discussion avec les différents collectifs locaux qui étaient au même endroit, on a pris nos banderoles et on a avancé. Nous voilà des milliers à partir en manifestation sauvage. Cette jeunesse, moins rongée par le poids des défaites et de la répression, nous pousse à agir, à déborder du cadre, à foutre le bordel face à ce monde immonde.Ces jeunes sont dans la rue pour gagner pas pour faire œuvre de figuration et c’est sur cette base-là qu’ils embarqueront l’ensemble de notre classe. Agir pour gagner et s’en donner les moyens, voila peut-être les bilans tirés des mouvements précédents.</p>



<p>&nbsp;Oui la situation est dure, oui ça attaque de partout, oui MAIS, ça résiste de partout. La jeunesse ne suffira pas à elle seule à renverser l’ordre des choses, suivons-la, et faisons comme elle en agissant sans compromission et avec détermination vers la fin de leur monde. Le monde est vieux, l’espoir est jeune !</p>



<h5 class="wp-block-heading">Sana (Paris 18e)</h5>
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