<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des Grève - A2C - Autonomie de classe</title>
	<atom:link href="https://www.autonomiedeclasse.org/tag/greve/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.autonomiedeclasse.org/tag/greve/</link>
	<description>Pour l&#039;autonomie de classe !</description>
	<lastBuildDate>Fri, 27 Mar 2026 19:22:26 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.4</generator>

<image>
	<url>https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/11/cropped-A2C_icon2-1-150x150.png</url>
	<title>Archives des Grève - A2C - Autonomie de classe</title>
	<link>https://www.autonomiedeclasse.org/tag/greve/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>À Marseille : Lycéen&#8217;nes, Profs, AED&#8230; Toustes contre la guerre !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/a-marseille-lyceen%c2%b7nes-profs-aed-toustes-contre-la-guerre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emil]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Mar 2026 12:18:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[antiguerre]]></category>
		<category><![CDATA[éducation]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[lycée]]></category>
		<category><![CDATA[lycéen]]></category>
		<category><![CDATA[lycéenne]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=11107</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Depuis 3 semaines, la cité phocéenne est secouée par une mobilisation pour des moyens pour l&#8217;éducation et contre la guerre, initiée par les lycéen&#8217;nes et rejointe par les profs et AED. Anouk et Yassine, militant&#8217;es <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/a-marseille-lyceen%c2%b7nes-profs-aed-toustes-contre-la-guerre/" title="À Marseille : Lycéen&#8217;nes, Profs, AED&#8230; Toustes contre la guerre !">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/a-marseille-lyceen%c2%b7nes-profs-aed-toustes-contre-la-guerre/">À Marseille : Lycéen&rsquo;nes, Profs, AED&#8230; Toustes contre la guerre !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Depuis 3 semaines, la cité phocéenne est secouée par une mobilisation pour des moyens pour l&rsquo;éducation et contre la guerre, initiée par les lycéen&rsquo;nes et rejointe par les profs et AED. Anouk et Yassine, militant&rsquo;es d&rsquo;A2C et membres de la CGT éducation à Marseille, nous racontent.</p>



<p><em>Nous allons commencer par une question assez large pour poser le contexte. Est-ce que vous pouvez nous dire pourquoi vous avez décidé de vous mobiliser sur vos lieux de travail contre la guerre ?</em></p>



<p><strong>Anouk &#8211; </strong>En février, le nouveau budget Lecornu, avant même ce qu’il se passe au Moyen-Orient aujourd&rsquo;hui, nous est apparu comme un budget de guerre, financé par des coupes dans les moyens alloués aux services publics. On a directement appelé à construire une date qui allie à la fois la question des besoins de moyens pour l&rsquo;éducation, et la question de la guerre. Pour nous, c&rsquo;était important de faire ce lien-là, déjà en premier lieu dans la CGT.</p>



<p>Après, à la rentrée des vacances scolaires, la première action qui s&rsquo;est passée, c&rsquo;était une action des lycéen&rsquo;nes contre la guerre. Cela s’est lancé aussi après dans les établissements qui ont reçu leur coupe budgétaire. Ils se sont mobilisés direct. La combinaison de la mobilisation des lycéen&rsquo;nes contre la militarisation et de l&rsquo;appel qu’on a lancé dans la CGT, a permis aux enseignant&rsquo;es de se mobiliser pour les moyens et de le relier à la question du budget de guerre.</p>



<p><strong>Yassine &#8211;</strong> Je diviserais la réponse en deux parties. Une partie sur l’actualité et une partie sur le rôle qu&rsquo;on peut avoir en tant que militant&rsquo;es révolutionnaires dans nos syndicats. En ce qui concerne l’actualité, c&rsquo;est celle qu&rsquo;on connaît, cette montée des tensions entre États impérialistes, ces attaques répétées notamment des États-Unis envers le Venezuela, puis l&rsquo;Iran. C&rsquo;est quelque chose de très ancré actuellement dans la tête de tout le monde, et bien évidemment dans celle de nos collègues, des lycéen&rsquo;nes, des étudiant&rsquo;es. Je pense qu&rsquo;il y a une première porte d&rsquo;entrée dans le fait d&rsquo;arriver à élaborer à partir de ce qui est dans la tête de tout le monde et d&rsquo;avoir des propositions politiques, syndicales, d&rsquo;action vis-à-vis de ça. </p>



<p>Ensuite, notre rôle en tant que militant&rsquo;es révolutionnaires dans des syndicats ou dans d&rsquo;autres collectifs, c’est d’arriver à lier les mobilisations qui pourraient n’être par exemple que sur la question de la dotation horaire, sur ce qui permet ou non un bon fonctionnement de l’éducation… D’arriver à lier ces sujets à ce qui fait cette politique d&rsquo;austérité : à savoir une politique guerrière de plus en plus présente en France. Y’a une détestation des États-Unis, qui font figure de « grands méchants loups ». Il faut remettre un peu ce qui se passe en France au centre, remettre le combat contre notre propre impérialisme au cœur aussi des mobilisations. </p>



<p>Du coup, il y a un peu les deux à la fois : un fait d&rsquo;actualité et en dessous, une nécessité en tant que militant&rsquo;es révolutionnaires d&rsquo;aborder ces questions-là le plus possible au sein des syndicats. </p>



<p><strong>Anouk &#8211; </strong>Bien sûr, on a discuté dans le syndicat pour essayer de l&rsquo;anticiper, mais ça reste quand même un mouvement qui part de la base, et je pense que c&rsquo;est important de le dire. Des gens se sont mobilisés sur la question des moyens, en la liant de façon des fois très directe, des fois de façon un peu moins directe à la question de la guerre. C&rsquo;est intéressant de voir aussi les niveaux de politisation sur ces questions qui varient selon des statuts qui sont très différents. Nous, chez les AED, c’était quand même assez fort, chez les profs un peu moins. La mobilisation des lycéen&rsquo;nes par contre, c&rsquo;était très clairement contre la guerre, avec des pancartes « plus d&rsquo;argent pour l&rsquo;éducation, moins pour la guerre », « on ne veut pas aller à l&rsquo;armée », aussi en réponse à la grève qui était portée en Allemagne le 5 mars, contre la militarisation. Et du coup, la question, c&rsquo;était moins « est-ce qu&rsquo;on se mobilise ou pas ? », mais « comment on soutient cette mobilisation, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on y apporte ? ».</p>



<p><em>À Marseille, le mouvement du secteur de l’éducation, il côtoie justement le mouvement lycéen qui secoue la ville depuis plus de deux semaines. Est-ce que vous pouvez nous dire quels liens existent entre les deux ?</em></p>



<p><strong>Yassine &#8211; </strong>Entre les mouvements lycéens et ceux des travailleur&rsquo;euses de l’éducation il y a des liens qui existent depuis pas mal d&rsquo;années, depuis au moins 2016 et les différentes réformes des retraites. Par exemple, la mobilisation des lycées à Marseille, elle part du lycée Saint-Charles, sur des mots d’ordre directs et clairs contre la guerre. Du point de vue des travailleur&rsquo;euses, c’est aussi ce lycée qui depuis des années arrive à mobiliser contre les budgets de guerre, contre les lois restrictives et répressives envers les élèves, notamment sur l’abaya. Il y a toute une histoire qui fait qu’on arrive à ces deux semaines, où le mouvement lycéen et le mouvement du secteur de l&rsquo;éducation se rencontrent un peu plus.</p>



<p>Et je pense que c&rsquo;est parce qu’en dehors du budget de guerre, les mouvements lycéens posent aussi fermement &#8211; lorsqu&rsquo;ils entrent en lutte &#8211; la nécessité de rompre les séparations qui existent avec les enseignant&rsquo;es ou les personnels. C&rsquo;est dans la lutte que les idées changent, en tout cas que la possibilité de les changer est fortement ouverte. Les barrières tombent un petit peu, profs et lycéen&rsquo;nes entrent dans un rapport qui petit à petit se rapproche de la camaraderie. Ce sont des liens qui se modifient dans ces moments de lutte et je pense qu&rsquo;on a beaucoup à gagner à les renforcer, notamment en multipliant les possibilités de rencontres, AGs, réunions, moments de convivialité, que ce soit entre les personnels et les lycéen&rsquo;nes, mais aussi avec les parents d&rsquo;élèves.</p>



<p><strong>Anouk &#8211; </strong>Je pense que c&rsquo;est le même mouvement en réalité. Je pense que les lycéen&rsquo;nes, quand iels bloquent le 5 mars [début de la mobilisation], c&rsquo;est ça qui pousse les profs à partir en grève et ça permet aussi de maintenir un niveau de politique. Je pense que ça a été un élément déclencheur, que ça a donné de la motivation aussi aux professeur&rsquo;es. Ce qui a été dit souvent c’est « il faut qu&rsquo;on les soutienne, ils sont en train de bloquer aussi pour nous, contre les coupes budgétaires ».</p>



<p>Il y a eu une très forte répression qui s&rsquo;est déchargée sur les lycéen&rsquo;nes avec les blocages. Des CRS venaient systématiquement, il y a eu des élèves mineurs qui ont été arrêtés chez eux sans que les parents soient au courant. Tout ça a permis aussi de politiser les profs face aux récits nationalistes, face aux classes dirigeants qui disent qu’il faut armer la France contre les attaques extérieures et qui, en même temps, sont en train de s&rsquo;armer pour mater les mobilisations contre la guerre. Je pense que c&rsquo;est ce lien avec les lycéen&rsquo;nes et la force qu’iels ont eu qui donnent le caractère un peu élevé de la mobilisation à Marseille aujourd&rsquo;hui, et que c&rsquo;est très important de continuer à le renforcer.</p>



<p>Effectivement, la lutte permet de changer les rapports qu’on a entre nous, comme disait Yassine. De se demander : c&rsquo;est quoi nos rapports aux lycéen&rsquo;nes quand on est AED ? Parce que de fait, notre travail, il a une dimension de surveillance, une dimension un peu de flicage. On nous a demandé de dénoncer les lycéen&rsquo;nes qui bloquaient. Mais là, on est en mobilisation et il y avait un truc très clair qui s’est affirmé dans la réunion avec les AED de « jamais on va faire ça ». </p>



<p><em>Aujourd’hui, jeudi 26 mars, c’est une journée de grève. Est-ce que vous pouvez nous raconter ce qu’il s&rsquo;est produit aujourd&rsquo;hui ? Est-ce qu&rsquo;il y a eu des expériences, dans le sens de ce que vous évoquiez, de la barrière qui tombe un peu entre profs et élèves ? Parce qu&rsquo;à A2C, on dit que la grève, ce n&rsquo;est pas juste faire mal au capital, c&rsquo;est aussi intéressant parce que c&rsquo;est de l&rsquo;auto-organisation, ça permet de faire émerger des discussions, etc. notamment entre collègues, montrer notre force collective, parce que c’est dans ce genre de moment qu’on construit l’unité de notre classe dans la lutte&#8230; Est-ce que vous pouvez revenir sur ce que cette journée de grève a permis en ce sens ? Si vous avez des chiffres, une idée de qui s’est mobilisé, ça peut aussi être intéressant d’avoir une vision là-dessus.</em></p>



<p><strong>Anouk &#8211; </strong>Il y a déjà des lycées qui sont en grève de façon reconduite ou qui font au moins deux, voire trois journées de grève par semaine. Ce sont les bahuts qui sont les plus touchés par les coupes budgétaires. Ces bahuts-là sont à l&rsquo;avant-garde de cette mobilisation. Ce qui est intéressant, c&rsquo;est l&rsquo;arrivée des parents d&rsquo;élèves qui se mobilisent aussi. Ce sont aussi des travailleur&rsquo;euses qui sont en train de se politiser dans ce mouvement-là. Le fait d&rsquo;aller les chercher, ça permet d’élargir la mobilisation et donc de sortir de quelque chose de corporatiste. Cela rejoint la question de l’interpro qui est une stratégie de lutte qu’on défend à A2C. Hier et avant-hier, des AGs dans des lycées ont réuni 100 personnes avec des parents d&rsquo;élèves, des élèves et des profs. </p>



<p>Pour aujourd&rsquo;hui en particulier, ce qui est à noter, c’est l’entrée massive en grève des vies scolaires. Il y a eu entre 40 et 60 vies scolaires totalement fermées à Marseille et dans les environs. Et quand une vie scolaire est fermée, ça fait que l&rsquo;établissement il galère à fonctionner. La grève, je crois qu&rsquo;elle a été plus massive. Mais par contre, il y a moins de personnes qui sont venues à la manifestation. Par rapport à l&rsquo;élargissement de la grève, il n&rsquo;y a pas eu un saut massif de monde dans la rue.&nbsp; Mais je pense qu&rsquo;il faut se dire que c&rsquo;est aussi le fruit d&rsquo;un mouvement qui dure depuis déjà trois semaines, qui compte plusieurs journées de grève.&nbsp;</p>



<p>Pour aussi parler un peu des perspectives. Ce mouvement-là, c&rsquo;est une réponse au budget austéritaire de Macron. Encore aujourd’hui en AG, il s’est dit qu’il fallait continuer à se battre contre la guerre mais il faut continuer à batailler contre des dynamiques qui tendent à dire « si on est pas touché&rsquo;es par les coupes on se mobilise pas ». Donc il faut continuer le travail d&rsquo;aller politiser, convaincre de se mobiliser toustes. Mais pour ça, on a besoin de plus de militant&rsquo;es qui font ce travail dans chaque bahut, de revenir, de rediscuter, de demander « pourquoi tu ne veux pas te mobiliser ? » etc.</p>



<p>Les perspectives, c&rsquo;est aussi de se dire que ce budget-là, la question de la guerre, ça ne touche pas que les profs, ça ne touche pas que l&rsquo;éducation. Ce qui a été voté en AG c&rsquo;est d&rsquo;appeler à un élargissement de la grève au niveau d&rsquo;autres secteurs, notamment le social et la santé. Et aussi de dire que le mouvement doit être national et qu&rsquo;il doit y avoir des AGs de préparation dans toutes les villes, pour préparer la prochaine date qui est le 31 mars.&nbsp;</p>



<p><strong>Yassine &#8211; </strong>Cette journée du 26 mars a été ponctuée de divers moments de lutte notamment portés par les lycéen&rsquo;nes qui, très tôt, ont tenté de faire un sit-in devant l&rsquo;inspection académique. Iels ont été rapidement dégagé&rsquo;es par les flics mais iels avaient aussi un autre rassemblement à 9h, devant le tribunal administratif, accompagné&rsquo;es de plusieurs enseignant&rsquo;es, pour soutenir l&rsquo;un de leurs camarades sous OQTF, avec un mot d&rsquo;ordre très clair qu&rsquo;aucun&rsquo;e lycéen&rsquo;ne n&rsquo;a à être sorti&rsquo;e ni de son lycée, ni de France, pour aucune raison. </p>



<p>Je pense que les AED, à Marseille notamment, sont en confiance de l&rsquo;acquis et des gains des différentes luttes des dernières années. Des luttes qui ont été basées, si ce n&rsquo;est sur une auto-organisation totale, en tout cas, sur une élaboration d&rsquo;un plan et d’un programme de lutte indépendants des inter-syndicales nationales. Je pense qu&rsquo;il y a cette culture de la lutte chez les lycéen&rsquo;nes aussi, là où, je pense, du côté enseignant, on est plutôt sur une longue série de défaites, celles des grandes grèves portées par l’intersyndicale nationale (les retraites, les différents plans de réforme) et qui ont brisé, pour pas mal de collectifs, de lieux de travail, la confiance en la possibilité d&rsquo;agir, de changer les choses. Et du coup, comment on fait ? Pour moi, c’est là la nécessité, de pousser à l&rsquo;auto-organisation des lieux de travail, que chaque lieu de travail décide aussi des moyens de sa lutte et de ses journées de grève, tout ça en se coordonnant, bien sûr, à l&rsquo;échelle de la ville et à l&rsquo;échelle nationale, si le mouvement se répand.</p>



<p><img data-dominant-color="8e8a83" data-has-transparency="false" fetchpriority="high" decoding="async" width="800" height="492" class="wp-image-11111 not-transparent" style="--dominant-color: #8e8a83; width: 800px;" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-27-at-12.59.42.webp" alt="" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-27-at-12.59.42.webp 1080w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-27-at-12.59.42-300x184.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2026/03/WhatsApp-Image-2026-03-27-at-12.59.42-768x472.webp 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><br><br>Sit-in des lycéen&rsquo;nes devant la DSDEN le 26 mars</p>



<p><em>Le 28 mars, c&rsquo;est la commémoration de la Journée de la Terre. Il y a des appels à manifester qui sont internationaux, notamment contre le fascisme et la guerre. Une manifestation se profile à Marseille pour la Palestine et contre la guerre. Est-ce que le milieu de l&rsquo;éducation va y participer ?</em></p>



<p><strong>Anouk &#8211;  </strong>La question centrale c’est comment on arrive à politiser dans nos secteurs et je trouve que c’est plus facile actuellement que les derniers mois. Quand les gens sont en mouvement, ils sont beaucoup plus en capacité d&rsquo;entendre. Il faut que de plus en plus de personnes implantées cassent les réflexes strictement corporatistes des professeur&rsquo;es, arrivent à faire faire le lien entre ce qui se passe dans l’éducation et les autres initiatives politiques, comme le 28 mars, qui à Marseille est porté par les collectifs Palestine et Guerre à la guerre. On a appelé à un cortège de l&rsquo;éducation dans cette manifestation. Cela permettrait de donner une autre force au 28, de montrer que le mouvement de l&rsquo;éducation qui se met en grève depuis trois semaines est aussi présent pour lutter frontalement contre la guerre.</p>



<p>À Marseille, les directions syndicales critiquent le texte d’appel à la manifestation de l’après-midi qui, pour elles, n’impliquent pas assez les travailleur&rsquo;euses. Elles organisent donc un rassemblement le matin alors qu’on sait que la manifestation de l’après-midi sera beaucoup plus massive. Il y a un enjeu à arriver à rompre ce rapport-là. </p>



<p><strong>Yassine &#8211; </strong>La principale raison de participer à la manifestation du 28 c’est de continuer à maintenir la pression sur l&rsquo;État français, de dénoncer l’armement d’Israël, la dynamique va-t-en-guerre de Macron. En tant que syndicalistes dans l&rsquo;éducation je pense que l&rsquo;un des rôles qu&rsquo;on peut avoir, c’est de tout faire pour participer à l&rsquo;unité du mouvement social et à sa transformation en mouvement politique le plus puissant possible. Dans ce but, on doit argumenter auprès de nos collègues de travail, dans nos syndicats, sur la nécessité de descendre, tous et toutes, dans la rue, aux côtés des différentes organisations de lutte de soutien à la Palestine. Mais à l’inverse, c’est aussi à ces différentes organisations de convaincre en interne du fait d’impliquer les lieux de travail, les syndicats, de travailler à la jonction sur des lignes claires contre le génocide, contre la guerre, pour une Palestine libre.</p>



<p>Propos recueillis par Alice (Paris 18), Emil (Paris 20), Mathilde (Marseille)<br><br><em>Interview également disponible à l&rsquo;écoute sur <a href="https://open.spotify.com/episode/2O8HDuS7VSoq4t9DGLBTMH?si=RBLGqH_WRKeQ9WEALCjyiQ">Spotify</a>, <a href="https://link.deezer.com/s/32Pmb7EMtJAiyrGTsW2pS">Deezer</a> et <a href="https://podcasts.apple.com/fr/podcast/le-secteur-de-l%C3%A9ducation-contre-la-guerre-%C3%A0-marseille/id1832574436?i=1000757592017">Apple Podcasts</a>.</em></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/a-marseille-lyceen%c2%b7nes-profs-aed-toustes-contre-la-guerre/">À Marseille : Lycéen&rsquo;nes, Profs, AED&#8230; Toustes contre la guerre !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Dans la France de Macron, une seule solution : l’organisation. </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/dans-la-france-de-macron-une-seule-solution-lorganisation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathilde]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 10:32:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[CGT]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Librairies]]></category>
		<category><![CDATA[SUD]]></category>
		<category><![CDATA[syndicalisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=11048</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026 Retour sur les balbutiements d’une activité syndicale pérenne en librairie. Être salarié&#8217;e de librairie, c&#8217;est souvent travailler dans des toutes petites structures, de moins de 11 salarié·e·s. C’est <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/dans-la-france-de-macron-une-seule-solution-lorganisation/" title="Dans la France de Macron, une seule solution : l’organisation. ">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/dans-la-france-de-macron-une-seule-solution-lorganisation/">Dans la France de Macron, une seule solution : l’organisation. </a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-right has-luminous-vivid-amber-background-color has-background" style="font-size:11px;text-transform:uppercase"><strong>Les Cahiers d’A2C #21 – Mars 2026</strong></p>



<p><strong>Retour sur les balbutiements d’une activité syndicale pérenne en librairie.</strong></p>



<p>Être salarié&rsquo;e de librairie, c&rsquo;est souvent travailler dans des toutes petites structures, de moins de 11 salarié·e·s. C’est parfois avoir un&rsquo;e ou deux collègues maximum, c’est travailler avec son, sa patron&rsquo;ne au quotidien, souvent coincé&rsquo;e dans des espaces physiques de vente assez réduits. Être libraire en 2026, c’est aussi souvent travailler pour un patron de « gauche », qui brouille les frontières de classe, qui fait appel à l’affect et à la passion de vendre des livres de gauche et de diffuser des idées progressistes, pour justifier des conditions de travail souvent épuisantes, démultiplier les tâches et les heures sans que cela ne se traduise sur nos fiches de paie à la fin du mois. </p>



<p>Dans ce secteur atomisé, où nous sommes souvent isolés les un&rsquo;es des autres, l’organisation collective &#8211; et d’autant plus syndicale &#8211; n’est pas une évidence : c’est une tradition à construire. </p>



<p>L’enjeu pour nous a été de réussir à s’organiser de manière autonome de nos patrons ; cet enjeu peut sembler une évidence dans nos milieux militants, mais ça a dû être gagné en librairie car bon nombre de nos patrons avaient défilé avec nous en 2023 lors de la lutte contre la réforme des retraites. Nous devons avoir nos propres espaces de lutte, nos intérêts ne sont pas ceux de nos patrons, qui en dernière instance vont toujours défendre leurs moyens de production.&nbsp;</p>



<p>Nous avons à quelques un·es relancé la CGT Librairie en septembre 2022, construction qui s’est accélérée grâce au mouvement contre la réforme des retraites. Lors de la mobilisation, nous avons cherché à organiser une assemblée de lutte des libraires, en lien avec le collectif Carton Plein mais aussi avec le syndicat Solidaires. Cette assemblée a permis d’organiser des libraires, de faire des tournées de différentes librairies, des diffusions de tract devant l’École de la librairie et l’IUT Métiers du livre et d’organiser des gros cortèges lors des manifestations. Nous nous sommes réuni&rsquo;es non seulement sur la réforme des retraites, mais aussi contre son monde, celui de Macron et de la classe dirigeante, ce monde raciste et sexiste. C’est aussi cette force qui nous a permis de nous adresser largement et de maintenir des niveaux de mobilisation assez importants dans notre secteur, et d’être l’un des seuls cortèges de secteur de travailleur&rsquo;euses lors de la manifestation contre la Loi Darmanin, loi raciste par excellence, ou encore de participer à la mobilisation contre le RN au Havre avec les collectifs de la Marche des Solidarités. Nous avions en effet pensé cette AG comme un lieu de contestation globale de la politique autoritaire et néolibérale du gouvernement. Tout cela nous a amené·es à penser nos conditions de travail à travers ce prisme. </p>



<p>Le harcèlement en librairie (sexiste, raciste&#8230;) n’est pas un simple fait isolé d’un patron, mais bien le reflet de tendances plus globales de la situation politique. Il faut donc s’affronter aux systèmes d’oppressions aussi bien face à son patron qu’être solidaire avec l’ensemble de notre classe dans la rue contre le racisme et le sexisme, pour gagner ensemble.&nbsp;</p>



<p> Le bilan de cette mobilisation où des patrons « de gauche » se sont incrusté·es dans nos espaces de luttes a bien montré la divergence irréconciliable entre ces dernièr&rsquo;es et leurs salarié&rsquo;es : les patrons peuvent être contre la réforme des retraites, s’opposer à Macron et même voter LFI. Mais quand il s’agit de payer l’ensemble de nos heures supplémentaires, de mettre en place des tickets restaurants, d’augmenter nos salaires ou même de respecter le niveau minimum de la convention collective, pourtant pas très généreuse, les prétextes surgissent : il faut se souvenir que nous faisons un métier « passion », que nous devons accepter d’être en difficulté financière pour que le patron ne le soit pas… et en plus faut bien faire un petit effort face au grand méchant Amazon. </p>



<p>Après le mouvement de 2023, nous avons eu du mal à convaincre de l’importance de se syndiquer et le Bookbloc (l’AG des libraires) a peu été actif en l’absence de mobilisation. Mais depuis 2024, le génocide en Palestine et les législatives, les libraires sont la cible d’attaques des fachos et des sionistes. En effet, les libraires ne vivant pas en dehors du monde, proposent des assortiments de livres et prennent position. Position contre le fascisme, contre le RN et le racisme, mais aussi contre la colonisation et le génocide en Palestine. </p>



<p>Le Bookbloc a repris son activité à l’initiative de camarades de la CGT pour organiser la riposte antifasciste et antisioniste, ce qui a permis de convaincre pas mal de libraires de rejoindre le syndicat.</p>



<p>Les positions claires défendues par la CGT &#8211; librairie (que ce soit sur la Palestine, les fachos ou les patrons) a permis de convaincre de s’organiser. Après l’organisation de plusieurs rassemblements et AGs, mais aussi d’une table ronde avec Culture en lutte et Solidaires Métiers du livre, nous avons eu une petite vague d’adhésion de libraires voulant activement construire le syndicat sur des bases militantes.&nbsp;</p>



<p>L’activité syndicale se met en place avec grâce à des relais avec d’autres camarades, qui ont acquis un peu d’expérience syndicale dans d’autres villes. Nos élu·es en branche librairie sont en lien avec les mobilisations à la base et nous essayons de tenir une équipe militante en région parisienne avec une réunion et une permanence syndicale mensuelles. Au fil des mois, de plus en plus de collègues se tournent vers la CGT lorsqu’ils ou elles ont une question ou un problème, preuve que l’activité syndicale paye et qu’on gagne en notoriété et en confiance dans notre milieu.&nbsp;</p>



<p>Au travers de cette activité syndicale se sont développées des positions politiques qui font émerger des débats entre les différentes stratégies syndicales. Pendant la lutte contre la réforme des retraites en 2023, nous pouvions discuter avec certains camarades du collectif Cartons pleins de la meilleure manière de concentrer nos forces : bloquer les flux dans la chaîne du livre ou alors partir de notre moyen d’action qu’est la grève en convainquant massivement notre milieu de s’impliquer dans le mouvement (cette position était plutôt défendue par la CGT). </p>



<p>Aujourd’hui avec la constitution de Sud métiers du livre, d’autres débats se posent à nous et nous ont permis de nous renforcer dans les choix d’orientation politique pour notre section syndicale. En effet, Sud fait le choix de se construire au travers de la chaîne du livre plutôt que du commerce. Nous avons fait le choix inverse car nous pensons justement que nos conditions de travail, en tant que libraires, sont plus proches du reste de celles des autres commerçants de nos quartiers, que d’éditeur&rsquo;ices. </p>



<p>Défendre des frontières claires et imperméables avec nos patrons nous semble impératif si l’on veut construire un outil syndical efficace, qui nous permette de renforcer le rapport de force général de notre classe pour les batailles qui arrivent.&nbsp;</p>



<p>Ces différents choix reflètent des visions contrastées du rôle d’une organisation syndicale, ce qui s’est reflété dans les réactions différentes aux attaques contre les librairies. Nous pensons qu’il faut résolument être derrière les salarié·e·s et s’organiser en autonomie de nos patrons même si à certains endroits, nous pouvons nous retrouver ciblé·es par les mêmes attaques des fascistes et sionistes. Cependant, il ne faut pas oublier les collègues qui subissent la pression en interne de leurs patrons sur leurs assortiments, et enfin ne pas oublier qu’en dernier recours un patron défendra son commerce plutôt qu’une position politique radicalement antifasciste ou antisioniste. </p>



<p>Défendre des frontières claires et imperméables avec nos patrons nous semble impératif si l’on veut construire un outil syndical efficace, qui nous permette de renforcer le rapport de force général de notre classe pour les batailles qui arrivent.&nbsp;</p>



<p>Toutes ces expériences nous ont permis de mettre une pierre après l’autre de la reconstruction d’un outil syndical efficace en librairie, travail de fourmis qui parfois permet de grosses réussites quand l’étincelle arrive, comme pendant la réforme ou face aux attaques fascistes, sionistes, mais permet aussi aux quotidiens d’avoir un outil d’organisation et de défense collective face à Macron et son monde.&nbsp;</p>



<p>Sana (Paris 18e)</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/dans-la-france-de-macron-une-seule-solution-lorganisation/">Dans la France de Macron, une seule solution : l’organisation. </a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Point de vue sur les reflux et perspectives du mouvement féministe </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/reflux-perspectives-mouvement-feministe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Solen Rennes]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Feb 2026 23:03:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Fémonationalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Nemesis]]></category>
		<category><![CDATA[NousToutes35]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<category><![CDATA[vss]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=10872</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Un peu moins de 10 ans après Me Too, le mouvement féministe est face à de multiples questionnements : comment mener la grève féministe ? Assiste-t-on à un reflux du mouvement ? Quels enjeux face <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/reflux-perspectives-mouvement-feministe/" title="Point de vue sur les reflux et perspectives du mouvement féministe ">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/reflux-perspectives-mouvement-feministe/">Point de vue sur les reflux et perspectives du mouvement féministe </a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-light-green-cyan-to-vivid-green-cyan-gradient-background has-background"><em>Un peu moins de 10 ans après Me Too, le mouvement féministe est face à de multiples questionnements : comment mener la grève féministe ? Assiste-t-on à un reflux du mouvement ? Quels enjeux face à la tentative de récupération politique par l&rsquo;extrême droite ? Entretien avec Kim Attimon, militante à Nous Toutes 35 et à A2C. </em></p>



<p><strong>Est-ce que tu as l&rsquo;impression que le mouvement féministe est en reflux en ce moment ?</strong></p>



<p class="has-white-background-color has-background">Je pense qu&rsquo;en effet c&rsquo;est peut-être un moment de reflux du mouvement féministe. Mais du coup, qui dit reflux, dit le préalable d&rsquo;avoir assisté depuis l&rsquo;émergence de MeToo en France en 2018, à une grande vague de mobilisation féministe telle qu&rsquo;on n&rsquo;en avait pas vue depuis plusieurs décennies. Cette quatrième vague, elle s&rsquo;est particulièrement emparée de la question des violences sexuelles. C&rsquo;est ce qui la différencie en partie des précédentes. Et puis, elle a la particularité de venir de pays du Sud comme le Chili et l’Argentine.</p>



<p>Il y a plusieurs féministes qui ont théorisé la question des flux et des reflux du mouvement en parlant du fameux « backlash » (retour de bâton) qui illustre la question du rapport de force. S&rsquo;il y a un moment de reflux du mouvement, c&rsquo;est aussi parce qu&rsquo;il y a eu un mouvement extrêmement fort et très organisé ces dernières années qui a imposé un nouveau rapport de force. Une partie du mouvement s&rsquo;est vachement structurée en France, notamment autour de Nous Toutes, qui a poussé sur un certain nombre de mots d&rsquo;ordre, en premier lieu le terme même de VSS, mais aussi la réalité des féminicides ou encore le fait que la culture du viol structure la société. Si ces trois notions nous paraissent évidentes aujourd&rsquo;hui, il y a cinq ans c&rsquo;était loin d’être le cas. En plus de ça, il y a aussi les questions du consentement et du tabou de l&rsquo;inceste : c&rsquo;étaient des choses dont on ne parlait pas du tout il y a encore très peu de temps.</p>



<p>Pour le mouvement féministe révolutionnaire, il a plutôt poussé sur la question de l&rsquo;articulation oppression-exploitation avec le mot d&rsquo;ordre de la grève féministe, parti des pays du Sud, Argentine et Chili notamment, avec des grèves assez suivies là-bas. Ce mot d&rsquo;ordre a été repris en France, mais avec plus de difficultés à lui donner une existence concrète. Je pense que ça vient aussi raconter une distance certainement plus grande entre les organisations traditionnelles du mouvement ouvrier et le mouvement féministe en France par rapport à ces pays.&nbsp;</p>



<p>Si aujourd&rsquo;hui on est plusieurs à percevoir une espèce de reflux, c&rsquo;est, je pense, en partie un reflux du mouvement féministe réformiste qui est dans un moment de fragilité. Notamment Nous Toutes au national qui cette année n&rsquo;a pas organisé la manifestation du 25 novembre, et semble traverser une période difficile en interne et en externe.</p>



<p>Il y aussi des questions de tension dans le mouvement. La direction de NT est poussée à sa gauche sur certaines questions. Avec des résultats parfois pas très concluants de mon point de vue.&nbsp; Je pense par exemple à l&rsquo;année dernière où l&rsquo;appel pour le 25 novembre était contre les violences d&rsquo;État, ce qui a rendu inaudible pour un certain nombre de personnes l’objet de la manifestation à savoir la lutte contre les VSS. Alors que l’objectif de NT depuis le début, c’est un mouvement massif et large. Voilà ce qui peut se produire lorsque des groupes, qui ne représentent pas grand chose, se mettent à pousser pour des arguments qui sont extrêmement minoritaires et souvent moraux … De l’autre côté il y a l’arrière-garde du CNDF et de Grève féministe qui tire sur la droite avec leurs arguments transphobes, anti travail du sexe et islamophobes. Elles non plus ne représentent plus grand-chose en termes de base active mais elles continuent d’avoir des liens historiques avec les syndicats et certains partis. Dans une certaine mesure, ça nous complique la tâche pour construire la grève féministe avec les syndicats sur nos bases pro-choix. En parallèle, le mouvement féministe révolutionnaire et anticapitaliste s&rsquo;est pas mal structuré avec la Coordination féministe, mais avec aussi quelques difficultés. Là, il y a encore beaucoup à fabriquer, en particulier ce fameux lien avec les syndicats pour porter à la fois la question de l&rsquo;oppression et de l&rsquo;exploitation.</p>



<p>Donc le reflux, je pense qu&rsquo;il est multicausal. Mais pour l&rsquo;instant, je n&rsquo;ai pas assez de recul pour savoir vraiment pourquoi c&rsquo;est maintenant. En tout cas, je pense que la fragilité de Nous Toutes, ça a un impact, notamment en termes de visibilité, sur les dates de mobilisations et le contexte plus général doit jouer également.</p>



<p><strong>C&rsquo;est quoi l&rsquo;avenir de la grève féministe ?</strong></p>



<p>Je pense que <strong><em>pour continuer de construire la grève féministe, il n&rsquo;y a pas le choix que d&rsquo;investir les syndicats</em></strong>. Historiquement, il y a un mouvement féministe autonome très fort en France qui est lié à l&rsquo;histoire du mouvement féministe matérialiste et la deuxième vague. Mais il y a quelque chose à reconstruire pour aller vers la grève féministe, ce qui veut dire aller dans les syndicats et construire cette grève à partir des lieux de travail.</p>



<p>L&rsquo;autre hypothèse que je fais et que je défends à NT35, c&rsquo;est l’intérêt de construire des groupes de quartier qui organisent notamment de la solidarité matérielle et permettent de construire la fameuse grève du travail reproductif à des échelles plus petites que la ville mais plus grande que la famille. Si on regarde en Argentine ou au Chili la façon dont les grèves ont pris, c&rsquo;est en partie ce qu&rsquo;il s&rsquo;est passé. Pour avoir vécu en Argentine, il y a des dynamiques de solidarité de quartier qui sont extrêmement présentes et qui sont liées au fait qu&rsquo;il y a énormément d&rsquo;économie informelle et beaucoup de moyens de subsistance parallèles au marché capitaliste formel, où la place des liens avec ses voisin.es par exemple est assez centrale. Et dans la capacité à structurer un mouvement et à mettre en grève les gens, quand tu sais que derrière t&rsquo;auras à manger, du soutien sur les tâches auxquelles les femmes sont assignées et contraintes, ça change quand même beaucoup de choses.</p>



<p>C&rsquo;est les deux perspectives que je vois : la réelle implantation dans les milieux de travail pour pouvoir mettre les gens en grève du travail salarié, et travailler l&rsquo;implantation de quartier pour avoir des bases de solidarités autour de nous pour construire la grève du travail reproductif ou plutôt sa mutualisation.</p>



<p>Parce que, ce qu&rsquo;on essaie d&rsquo;articuler avec la grève féministe&nbsp; c&rsquo;est un niveau de conscience de classe qui est très fort. Et si on arrive à convaincre une frange importante du mouvement, ça peut produire des choses assez incroyables dans la décennie qui vient.</p>



<p><strong>Sur les tentatives de récupération sionistes et fascistes des mobilisations féministes, quelles sont les luttes qui sont encore à mener ?</strong></p>



<p>Je m&rsquo;attendais à ce qu&rsquo;on soit beaucoup plus divisé.es ces deux dernières années sur la question de Nemesis, et même, plus spécialement sur la question de Nous vivrons. Pour le coup, j&rsquo;ai été assez agréablement surprise des réactions. J&rsquo;ai pas l&rsquo;impression que les arguments sionistes sur le 7 octobre aient pris dans le milieu féministe. Je trouve qu&rsquo;<strong><em>il y a eu un front pro-palestinien qui a pris le devant et a remporté la bataille des arguments</em></strong>. Pour autant, je pense que ça reste le champ de bataille idéologique du féminisme contemporain, la question de l&rsquo;instrumentalisation du féminisme à des fins racistes et à des fins coloniales. C’est pour ça qu’il faut continuer d&rsquo;armer le mouvement pour tenir bon, car les attaques ne vont pas s&rsquo;arrêter. <em><strong>Le féminisme est un outil parfait de la classe dirigeante pour diviser notre classe à partir d&rsquo;enjeux racistes</strong></em>, et c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs une tendance qui existe depuis des décennies. Que ça vienne à la fois du féminisme d&rsquo;État à la Marlène Schiappa, ou d&rsquo;une partie du mouvement féministe qui s&rsquo;est tournée vers le réformisme avec une forme d&rsquo;adhésion au moins silencieuse à cette tendance-là, parce que c&rsquo;est un féminisme institutionnel qui vit de subventions mais aussi car une partie de ces groupes ont une conception profondément raciste de l’émancipation des femmes.</p>



<p>&nbsp;Il y a beaucoup à reconstruire car les mouvements féministes des années 2000 n’ont au mieux pas été à la hauteur des attaques islamophobes ou au pire y ont contribué activement. Il faut faire en sorte que pour toutes les nouvelles générations de féministes qui entrent en action ça devienne inévitable, incontournable d’avoir une approche antiraciste. Que notre féminisme soit un féminisme de classe, qui ne se sent pas proche des bourgeoises blanches racistes et qui argumente dur face aux discours qui disent que le patriarcat aurait une couleur, une origine, une religion.</p>



<p>C&rsquo;est particulièrement pour ça que je continue de m&rsquo;impliquer dans le mouvement féministe, mais aussi parce que je pense qu&rsquo;il y a plein de grandes choses qui peuvent se passer à partir de ces questions-là.</p>



<p>Mais en vrai, je trouve que le bilan est plutôt positif. Comme je disais, il y a toute une partie du mouvement féministe qui s&rsquo;est formée à la question de la libération de la Palestine ces trois dernières années. Il reste encore à passer à l’action dans certains endroits, ça fait partie des choses sur lesquelles progresser. S&rsquo;il y a encore plein de batailles à mener, il y en a certaines qui ont été remportées.</p>



<p>Kim Attimon, militante à Nous Toutes 35 (A2C Rennes)</p>



<p><em>Merci à Val et Solen pour leurs relectures et commentaires&nbsp;</em></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/reflux-perspectives-mouvement-feministe/">Point de vue sur les reflux et perspectives du mouvement féministe </a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Organisation de la riposte face aux attaques de sionistes et de fascistes à l’encontre de plusieurs librairies</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/organisation-de-la-riposte-face-aux-attaques-de-sionistes-et-de-fascistes-a-lencontre-de-plusieurs-librairies/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vanina]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Dec 2025 09:43:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicats]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=10511</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Interview de Sana (Paris) et Lou (Marseille), deux camarades d’a2c salariées dans des librairies et impliquées dans la construction de la riposte face aux attaques récentes de plusieurs lieux. Cette interview a été réalisée le <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/organisation-de-la-riposte-face-aux-attaques-de-sionistes-et-de-fascistes-a-lencontre-de-plusieurs-librairies/" title="Organisation de la riposte face aux attaques de sionistes et de fascistes à l’encontre de plusieurs librairies">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/organisation-de-la-riposte-face-aux-attaques-de-sionistes-et-de-fascistes-a-lencontre-de-plusieurs-librairies/">Organisation de la riposte face aux attaques de sionistes et de fascistes à l’encontre de plusieurs librairies</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Interview de Sana (Paris) et Lou (Marseille), deux camarades d’a2c salariées dans des librairies et impliquées dans la construction de la riposte face aux attaques récentes de plusieurs lieux.</p>



<p class="has-small-font-size"><em>Cette interview a été réalisée le lundi 15 décembre</em>, elle est disponible au format audio et écrit.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-block-embed-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Spotify Embed: Solidarité antifasciste face aux attaques de librairies à Marseille et Paris ! Interview de Sana et Lou, camarades d&amp;apos;a2c..." style="border-radius: 12px" width="100%" height="152" frameborder="0" allowfullscreen allow="autoplay; clipboard-write; encrypted-media; fullscreen; picture-in-picture" loading="lazy" src="https://open.spotify.com/embed/episode/0Pfxl03b6f19ISFC5Cya8K?si=_sl2Is0vTRq6RhKWJt5g5w&amp;utm_source=oembed"></iframe>
</div></figure>



<p class="has-black-color has-cyan-bluish-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-31f7f499b5d7848d8c96e74b629327c7"><em>​​Qu&rsquo;est-ce qui se passe en ce moment autour des librairies&nbsp;?&nbsp;</em></p>



<p>Sana : Il y a plein d&rsquo;attaques de librairies. Ça pourrait remonter jusqu&rsquo;aux législatives de 2024 où les fachos ont pris la confiance dans les rues et ça s&rsquo;est aussi traduit sur les librairies, et donc il y a eu déjà des attaques à ce moment-là. Et depuis le 7 octobre 2023, les libraires qui vont prendre position en solidarité avec la Palestine, en solidarité avec Gaza, se font attaquer très régulièrement et ça ne fait qu’aller crescendo, lors de rencontres ou autre. Donc, ce sont les salarié·es des librairies qui sont en première ligne face à ces attaques, que ce soit du harcèlement en ligne ou physique, des agressions de client·es au magasin, des vitrines taguées à l&rsquo;acide, des rencontres perturbées, des vitres brisées, des serrures remplies de colle et des libraires pris·es individuellement pour cible pour des mots, etc. Donc, c&rsquo;est une petite musique qui monte et qui crée aussi une ambivalence parce qu&rsquo;à la fois les libraires sont menacé·es et à la fois, iels doivent affirmer une position politique et revendiquer le fait que les librairies ne sont pas des lieux neutres. C&rsquo;est un peu à cela qu&rsquo;iels sont confronté·es. Avec des patrons qui ont plusieurs stratégies, mais notamment une partie des patrons qui veulent faire profil bas, qui désavouent leurs libraires, qui enlèvent les livres, qui disent qu&rsquo;il doit y avoir de tout et qu&rsquo;il y a une (pseudo) pluralité en librairie. Et d&rsquo;autres qui vont dénoncer ces attaques et intimidations, mais pas forcément avec une prise de position très ferme en solidarité avec la Palestine ou antifasciste, mais d&rsquo;abord au nom de la liberté d&rsquo;expression et de la démocratie. Et donc, toujours avec un peu ce discours en demi-teinte sur ce qu’est une librairie et <strong>le rôle des librairies en termes de prise de position et d’acteur.ices pour faire vivre, justement, les luttes aussi.</strong></p>



<p class="has-cyan-bluish-gray-background-color has-background"><em>Quelles sont les réponses des salariés et des syndicats par rapport à ce contexte&nbsp;?</em></p>



<p>Sana : Sur Paris, ça fait déjà quelques années qu&rsquo;on essaye de s&rsquo;organiser en tant que salarié·es de librairie avec une position qui est spécifique par rapport au petit patronat de librairie. Et donc, en 2023, pendant la grève des retraites, on avait construit une AG de grévistes qui s&rsquo;appelait le <em>Book-Bloc</em> et qui avait organisé énormément de libraires sur Paris et la région parisienne, qui avait permis de mettre en grève, pas mal de salarié·es de librairie. Personnellement, je suis à la CGT et le syndicat s&rsquo;est investi dans cette AG et a construit autour de cette AG la grève des retraites de 2023. En continuant de s&rsquo;organiser au sein de la CGT et avec d&rsquo;autres libraires et avec les « restes » de cette AG du <em>Book-Bloc</em>, ça a permis de reprendre le contact assez rapidement pour essayer de s&rsquo;organiser face à des attaques et avec <strong>la spécificité d&rsquo;être salarié·e de librairie et non pas patron de librairie, ce qui nous met dans des positions très différentes. </strong>On avait commencé à s&rsquo;organiser déjà quelques semaines auparavant, puis il y a eu une série d&rsquo;attaques où on s&rsquo;est dit là, <strong>il faut qu&rsquo;on réagisse vite et qu&rsquo;on montre qu&rsquo;on est réactif·ves et qu&rsquo;on ne laissera pas les librairies isolées face aux attaques des fachos et des sionistes. </strong>Donc on a appelé à un rassemblement Place de la République. Et &#8211; c’est aussi un truc qu&rsquo;on pourrait noter &#8211; ce n&rsquo;était pas devant une des librairies attaquées parce que, quelque part, c&rsquo;était aussi mettre en danger la librairie pour le patronat de librairie que de le faire devant sa librairie. Donc, ça montre bien aussi les limites de ces positionnements quand on n&rsquo;est pas exactement dans les mêmes intérêts et les mêmes positions lorsque l’on est patron de librairie ou libraire salarié·e. Ce rassemblement a réuni énormément de monde pour les petites structures et les petites mains que nous étions derrière. On était 250 Place de la République, avec pas mal de libraires et quelques patrons de librairie, mais aussi une solidarité du mouvement Palestine qui a massivement répondu présent à l&rsquo;appel du rassemblement. Enfin, « massivement », on s&rsquo;entend, mais à cette échelle, c&rsquo;était vraiment chouette de voir autant de militant·es en solidarité avec la Palestine qui voient l&rsquo;enjeu de protéger ces espaces de débats et de prise de positions des libraires. On était très content·es de pouvoir aussi démontrer aux fachos et aux sionistes qu&rsquo;on est en capacité de répondre. </p>



<p>Lou : Et du coup, pour prendre la suite à Marseille, d&rsquo;abord, moi je voulais parler du syndicat dont je fais partie qui est <em>Sud de Métier du Livre</em>. Il avait sorti un tract un peu au même moment, qui entretient un peu la confusion dont parle Sana car il s&rsquo;adressait aux librairies en tant que telles avec pour axe : « quand on subit une attaque, que faire ? ». Un peu un guide juridique de « comment porter plainte », etc. Et en fait, ce n&rsquo;était pas un tract qui s&rsquo;adresse directement aux salarié·es et qui donne la piste de principalement s&rsquo;organiser en tant que salarié·e sur son lieu de travail, mais plutôt d&rsquo;adopter une défense juridique et du coup, ça fait au final un tract qui s&rsquo;adresse aux patrons, puisque c&rsquo;est eux qui ont la responsabilité juridique de l&rsquo;entreprise. Donc, c’est ça qui avait été fait et envoyé virtuellement aux librairies. Et pour basculer dans le réel, nous, à Marseille, il y avait une AG Culture qui se tenait à la date du rassemblement à Paris. Cette AG culture, c&rsquo;est un peu pareil que le <em>Book-block</em>, elle a émergé du mouvement des retraites de 2023. C&rsquo;est un cadre auto-organisé qui rassemble des syndicalistes et des non-syndicalistes qui travaillent dans la culture. Ça va être à la fois des intermittent·es du spectacle, des artistes auteurices et, entre autres, quelques salarié·es de librairies ou des gens du monde de l&rsquo;édition. À Marseille, il y avait eu des librairies qui avaient été ciblées, à ce moment-là, notamment par un rassemblement de <em>Nous Vivrons</em> devant la librairie pendant une présentation d&rsquo;un livre sur la Palestine. Il y avait donc eu l&rsquo;idée de faire émerger un groupe de travail, de faire un communiqué de soutien à cette librairie-là, la librairie <em>Transit</em>. De ce groupe de travail, était sortie l&rsquo;idée d’appeler à un rassemblement de soutien. Avec une idée de base, celle de montrer que puisque<strong> les sionistes essayent de nous intimider, on va leur montrer qu&rsquo;on est plus qu&rsquo;elleux dans la rue</strong>. Et entre-temps, il y a eu des croix celtiques taguées sur deux librairies et du coup, on a appelé un rassemblement deux semaines pile après celui de Paris.</p>



<p>Ce qui est intéressant, c&rsquo;est qu&rsquo;avant le rassemblement, il y a eu une tournée des librairies qui a été faite pour appeler au rassemblement. Et ce qu&rsquo;on a pu voir à ce moment-là, c&rsquo;est qu&rsquo;il y a beaucoup de salarié·es de librairie qui peuvent avoir peur, comme si c&rsquo;était un peu inéluctable les croix celtiques qui vont fleurir sur les vitrines des librairies. Les questions sont alors : ça sera qui la prochaine ? Et puis, ça sera quoi la suite après la croix celtique taguée ? Et quand on venait, en fait, ça sortait d&rsquo;un coup de l’isolement, de la peur et de la sensation de fatalité.</p>



<p>Au rassemblement, on était entre 80 et 100 personnes. Pour le coup, moi, je dirais qu&rsquo;il y avait quelques salari·és de librairie, pas mal de monde autour de l’AG culture, donc du secteur de travail de la culture et pas mal des milieux antifascistes aussi. Et par contre, le mouvement Palestine a été assez peu présent.</p>



<p class="has-cyan-bluish-gray-background-color has-background"><em>Après le rassemblement à Paris et à Marseille, c&rsquo;est quoi les suites pour les libraires&nbsp;?</em></p>



<p>Lou : J’ai l&rsquo;impression qu&rsquo;à Paris et à Marseille, ça prend des formes assez différentes. Mais en tout cas, nous, ce qu&rsquo;on pense important comme perspectives à tenir, c&rsquo;est de <strong>continuer à construire des réactions collectives qui montrent qu&rsquo;à chaque fois qu&rsquo;il y a des attaques, on organise des ripostes qui montrent qu&rsquo;on fait nombre.</strong> Et la solution pour faire tenir ça dans le temps, c&rsquo;est d’essayer de continuer à organiser un maximum de libraires, et être nombreux.ses. Ça passe à la fois par un travail de renforcement des syndicats dans lesquels on est (ou bien créer des sections là où il n&rsquo;y en a pas) et aussi par le fait de s&rsquo;organiser vraiment en tant que <strong>salarié,</strong> parce qu&rsquo;il y a parfois une confusion quand on voit les patrons et les salariés main dans la main. La question étant : <strong>comment, nous, on construit des ripostes en tant que salarié·es</strong> ? Donc, via le syndicalisme ou via ces AG de secteur, les formes varient selon les contextes.</p>



<p>Un des moyens pour que ce mouvement continue, et qu&rsquo;il prenne de la force, c’est de l&rsquo;articuler avec les mouvements antiraciste et antifasciste comme par exemple ce qui a été fait à Marseille : dans l&rsquo;AG Culture qui suivait le rassemblement du 11 décembre il y avait la question de la grève antiraciste du 18 décembre.</p>



<p>Lors de cette AG, une décision a été prise suite au rassemblement et à la tournée des librairies : on va continuer et on sait qu&rsquo;on ne va pas réussir en une semaine à mettre beaucoup de gens en grève pour le 18 décembre. Mais en fait, pour nous, ça s&rsquo;est articulé d&rsquo;un coup très logiquement, le fait de dire qu’<strong>on subit des attaques des racistes, des sionistes et des fascistes sur nos lieux de travail et ça, c&rsquo;est une raison largement suffisante pour se mettre en grève le 18 décembre</strong> ou en tout cas pour parler de la grève antiraciste le 18 et amorcer ce mouvement là. Il s&rsquo;articule autour de ces mots d&rsquo;ordre et c&rsquo;est sûrement autour de ces mots d&rsquo;ordre-là qu&rsquo;il peut se renforcer. Il y a l&rsquo;idée de continuer à faire des tournées de librairies encore cette semaine, justement pour appeler au 18 et parler de la question de la grève antiraciste, l’articuler avec ces attaques sur les librairies.</p>



<p>Sana : Et nous, à Paris, dans la même idée, avec peut-être moins ce lien qui a été fait malheureusement avec la date du 18 décembre &#8211; aussi par le fait qu&rsquo;on n&rsquo;était pas suffisamment nombreux en réunion après le rassemblement &#8211; on va essayer en tout cas de continuer à proposer aux libraires de s&rsquo;organiser et d&rsquo;appeler à une soirée-débat. Pour essayer de faire en sorte de voir des libraires et de les convaincre qu&rsquo;il faut réussir à s&rsquo;organiser collectivement pour pouvoir se battre. Et en fait c&rsquo;est un peu ça la seule perspective qu&rsquo;on a nous en tant que salarié·es des librairies : c&rsquo;est de <strong>s&rsquo;organiser collectivement et de faire nombre pour se protéger des attaques des sionistes et des fachos</strong>.&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/antifascisme/organisation-de-la-riposte-face-aux-attaques-de-sionistes-et-de-fascistes-a-lencontre-de-plusieurs-librairies/">Organisation de la riposte face aux attaques de sionistes et de fascistes à l’encontre de plusieurs librairies</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le 18 décembre : La « Journée sans nous » doit être une journée sans nous toustes !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/le-18-decembre-la-journee-sans-nous-doit-etre-une-journee-sans-nous-toustes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alice]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Dec 2025 10:23:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=10441</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Interview de Mathieu et Denis, deux camarades d’a2c impliqués dans la Marche des Solidarités et la construction de la “journée sans nous” du 18 décembre. Cette interview a été réalisée le vendredi 5 décembre, disponible <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/le-18-decembre-la-journee-sans-nous-doit-etre-une-journee-sans-nous-toustes/" title="Le 18 décembre : La « Journée sans nous » doit être une journée sans nous toustes !">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/le-18-decembre-la-journee-sans-nous-doit-etre-une-journee-sans-nous-toustes/">Le 18 décembre : La « Journée sans nous » doit être une journée sans nous toustes !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading has-medium-font-size"><em>Interview de Mathieu et Denis, deux camarades d’a2c impliqués dans la Marche des Solidarités et la construction de la “journée sans nous” du 18 décembre.</em></h2>



<p><em>Cette interview a été réalisée le vendredi 5 décembre, disponible en version audio et texte.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-spotify wp-block-embed-spotify wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Spotify Embed: 18 décembre 2025 : la “Journée sans nous&quot; doit être une journée sans nous toustes ! Interview de Mathieu et Denis, camarades d’a2c impliqués dans la Marche des Solidarités et dans la mobilisation." style="border-radius: 12px" width="100%" height="152" frameborder="0" allowfullscreen allow="autoplay; clipboard-write; encrypted-media; fullscreen; picture-in-picture" loading="lazy" src="https://open.spotify.com/embed/episode/6ewI7nvaTcbIgBbuQigkvj?utm_source=oembed"></iframe>
</div></figure>



<p class="has-medium-font-size"><em><mark style="background-color:#fcb9001a" class="has-inline-color">Ça fait plusieurs années maintenant qu&rsquo;il y a des manifestations le 18 décembre&nbsp;à l&rsquo;occasion de la journée internationale des migrants et migrantes. Est-ce que, pour vous, il y a quelque chose de particulier cette année ?&nbsp;</mark></em></p>



<p>Mathieu&nbsp;: Ce qui est particulier c&rsquo;est que, en plus de ce qu&rsquo;on organisait habituellement &#8211; des manifestations, des actions, toujours avec l&rsquo;idée&nbsp;de les faire le jour même &#8211; cette année, on a également décidé, après de nombreuses discussions,&nbsp;notamment la coordination Sans-papiers 75, et à partir du bilan des discussions de l&rsquo;année&nbsp;dernière, notamment avec la CGT, d&rsquo;<strong>appeler aussi à la grève</strong>. La grève en&nbsp;solidarité avec les migrants et migrantes, la grève pour l&rsquo;égalité des droits, la grève&nbsp;contre le racisme et contre le fascisme. Et ça, je pense que ça a changé beaucoup&nbsp;de choses, avec l&rsquo;idée que, de toute façon, c&rsquo;était ça qu&rsquo;il fallait construire dans&nbsp;la période.&nbsp;On verra ce que ça va donner pour cette année, mais on avait en tête qu&rsquo;en tout cas, ça allait être important&nbsp;pour la suite.&nbsp;Donc, je pense qu&rsquo;il y a ça quand même qui change énormément.</p>



<p>Denis&nbsp;:&nbsp;Il y a un autre élément, c&rsquo;est le 10 septembre.&nbsp; Il y avait eu un accord avec la CGT l&rsquo;année dernière pour lancer une vague de luttes, dont la grève était un élément. Et la CGT a reculé là-dessus, au niveau général.&nbsp;Mais forcément, ça a commencé à inscrire cette idée, et du coup, ce sont les collectifs&nbsp;de sans-papier, c&rsquo;est notamment Anzoumane Sissoko [porte-parole de la Coodination des Sans-papiers 75, CSP75, ndt] qui a lancé cette idée-là, dès l&rsquo;été. Mais ce n&rsquo;est pas un hasard, c&rsquo;était au moment où la Marche des Solidarités a décidé, donc très très tôt, de rejoindre la dynamique&nbsp;du 10 septembre. Et donc, c&rsquo;était aussi la dynamique du 10 septembre qui a poussé pour faire ça en&nbsp;décembre.&nbsp;Et d&rsquo;un certain côté, c&rsquo;est aussi une<strong> suite du 10 septembre.&nbsp;</strong></p>



<p class="has-medium-font-size"><em><mark style="background-color:#fcb9001a" class="has-inline-color has-black-color">Donc, ce qui est proposé cette année, c&rsquo;est une journée de grève, en plus d’une&nbsp;manifestation. Est-ce que vous pouvez nous présenter où on en est, dans cette perspective-là ?</mark></em></p>



<p>Mathieu&nbsp;: Il y a plusieurs secteurs qui ont pris position.&nbsp;</p>



<p>Le premier secteur qui a appelé, c&rsquo;est le secteur du travail social, qui a appelé à rejoindre l&rsquo;appel de La Marche sur la grève du 18, mais aussi à faire grève dès&nbsp;le 16 décembre. En réalité, c’est sur des revendications propres au secteur du travail social, dans&nbsp;une dynamique de lutte de ce secteur-là, mais il appelle à se joindre aussi à l&rsquo;appel du 18.&nbsp;Et donc, ça a poussé à l&rsquo;organisation de ce secteur-là dans plusieurs villes, avec des AG intersyndicales de ce secteur qui préparent la grève.</p>



<p>Il y a le secteur de l&rsquo;éducation. Pour l&rsquo;instant, il n&rsquo;y a pas encore&nbsp;d&rsquo;appel à la grève au niveau national.&nbsp;En revanche, il y a, à Paris et à Marseille, et en région parisienne, des sections syndicales&nbsp;de Solidaires, de la CGT, qui ont rejoint l&rsquo;appel et qui organisent la grève. Ça se fait pas mal en écho avec les mobilisations récentes aux côtés des collectifs de mineurs&nbsp;isolés en lutte.</p>



<p>Il y a également le secteur de la culture.&nbsp;On ne sait pas vraiment dire encore si ça va se matérialiser par des grèves&nbsp;mais en tout cas, il y a des actions de visibilisation jusqu&rsquo;au 18 décembre, qui sont organisées&nbsp;par des intermittents, des intermittentes, et il va y avoir, je pense, des cortèges le&nbsp;18.&nbsp;</p>



<p>Il y a le secteur café, hôtellerie, restauration,&nbsp;avec un collectif auto-organisé de travailleurs et travailleuses qui s&rsquo;appelle&nbsp;Mise En Place, qui est notamment à Paris et à Marseille. Il est en lien avec les&nbsp;syndicats, mais il n&rsquo;est pas dans un syndicat et, de manière hyper impressionnante,&nbsp;prépare la grève dans ce secteur. Et ce qui est impressionnant, c&rsquo;est que c&rsquo;est un collectif qui s&rsquo;est organisé je pense&nbsp;il y a maintenant un an à peu près, et <strong>dès le début, dans leurs revendications, il y a eu la question de la régularisation&nbsp;des sans-papiers</strong>. Alors que ce n&rsquo;est pas un collectif uniquement de travailleurs sans-papiers. Mais avec l&rsquo;analyse&nbsp;faite par des camarades de ce collectif que c&rsquo;est un secteur dans lequel il y a de très&nbsp;nombreux et nombreuses sans-papiers, et que pour construire le rapport de force, il fallait&nbsp;forcément se battre pour la régularisation de ses collègues. Pour espérer renverser&nbsp;la situation dans un secteur dans lequel, souvent, t&rsquo;as un lieu de travail, t&rsquo;as un&nbsp;patron, une ou deux salarié·es, et c&rsquo;est pas facile de tenir tête et de faire grève.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-medium-font-size is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="border-width:1px;border-top-left-radius:1px;border-top-right-radius:1px;border-bottom-left-radius:1px;border-bottom-right-radius:1px">
<p>La question du racisme est une question de classe, les attaques actuelles et le renforcement des attaques sur les immigré·es, c&rsquo;est une question de classe. Si notre classe, en général, laisse passer les attaques sur les immigré·es, on va toustes s&rsquo;en prendre plein la gueule. Tout le monde n&rsquo;est pas dans la même situation par rapport aux attaques racistes mais tout le monde est concerné.</p>
</blockquote>



<p>Et enfin, il y a des secteurs sur lesquels, pour l&rsquo;instant, on n&rsquo;a pas forcément eu encore confirmation, mais je pense qu&rsquo;il va y avoir des choses par exemple dans le secteur de la santé.&nbsp;Donc voilà où on en est.&nbsp;</p>



<p>Et ce qui est particulièrement impressionnant, c&rsquo;est qu&rsquo;en plus des secteurs, il y a des unions locales, des unions départementales, de Solidaires, de la CGT, qui signent. Et on sent que ça a eu des effets, même sur les confédérations.&nbsp; Ça commence un peu sur les mêmes mécanismes que pour le 10 septembre. Même si on a moins d&rsquo;impulsion&nbsp;que cette date avait connue, on sent que les confédérations ont une pression qui vient de la base, et qu&rsquo;il&nbsp;y a probablement, dans beaucoup de villes, des syndicalistes qui argumentent sur le&nbsp;fait de faire grève.</p>



<p>Denis&nbsp;: Solidaires te l&rsquo;a dit :&nbsp;Iels ont signé il y a deux jours, et iels ont dit ouvertement que c&rsquo;était parce qu&rsquo;<strong>il&nbsp;commençait à y avoir tellement d&rsquo;unions locales qui signent que, du coup, il fallait&nbsp;qu&rsquo;ils signent au niveau national</strong>. Je pense qu’il y a un truc qui est à la fois impressionnant et en même temps, il faut avoir en tête les proportions. La vérité, c&rsquo;est qu&rsquo;aucune direction syndicale ne veut de cette grève, elles sont hostiles&nbsp;à cette idée. Il n&rsquo;y a aucun syndicat au départ &#8211; Solidaires vient de signer &#8211; qui avait signé l&rsquo;appel de la Marche. Et la seule raison pour laquelle ils ne signent pas l&rsquo;appel&nbsp;de la Marche cette année, c&rsquo;est sur cette question, sur les modalités et l&rsquo;appel&nbsp;à la grève.&nbsp;Donc c&rsquo;est en opposition avec la logique des syndicats que cette initiative est prise. C&rsquo;est pareil que pour le 10 septembre, l&rsquo;atmosphère&nbsp;générale, ce qui se passe dans ces conditions-là,&nbsp;sur la question du racisme, avec très peu de liens jusqu&rsquo;ici de la Marche&nbsp;des Solidarités et avec les réseaux syndicaux de base, c&rsquo;est très très impressionnant déjà ce qu&rsquo;il y a, tout&nbsp;ce que tu viens de citer.</p>



<p>Maintenant, en termes de réalité pour le jour J, ça veut dire qu’au niveau de la grève, a priori ça ne devrait pas être énorme. Mais c&rsquo;est très significatif parce que ça inscrit cette&nbsp;question dans le paysage et que ça réussit déjà à mettre la pression, donc ça signifie&nbsp;quand même quelque chose. Et c&rsquo;est une question clé celle de la place des syndicats dans cette lutte-là, comme pour la Palestine. Si je fais le parallèle&nbsp;avec la Palestine, c’est qu’on n&rsquo;est pas au niveau de ce qu&rsquo;ont réussi à faire des syndicats&nbsp;très minoritaires en Italie sur la question de la Palestine, mais c&rsquo;est la même logique.&nbsp;</p>



<p class="has-medium-font-size"><em><mark style="background-color:#fcb9001c" class="has-inline-color">Dans ce parallèle avec le 10 septembre, les directions syndicales ont fait le choix de plutôt proposer la grève du 18 septembre. Est-ce que ce&nbsp;que tu décris pour le 18 décembre c&rsquo;est selon toi la même logique, ou est-ce qu&rsquo;on peut&nbsp;trouver une explication autre aux hostilités dont tu as parlé&nbsp;?</mark></em></p>



<p>Denis&nbsp;: Je pense qu&rsquo;il y a des raisons spécifiques et il y a des&nbsp;raisons communes, parce que par ailleurs, la direction de Solidaires et la direction&nbsp;de la CGT ont finalement appelé au 10 septembre à la fin, mais elles y ont été forcées. La logique commune, c&rsquo;est que la <strong>politique actuelle</strong> des directions syndicales est aujourd&rsquo;hui d&rsquo;essayer&nbsp;d&rsquo;<strong>éviter la confrontation directe </strong>avec la classe dirigeante, avec le patronat, avec l&rsquo;État.&nbsp;C&rsquo;est en gros la même logique politique que celle du PS, qui est de se dire que pour éviter le pire,&nbsp;il faut y aller mollo, parce que si on y va trop dur, ça va pousser les&nbsp;gens dans les bras du RN.</p>



<p>Donc il y a une logique commune avec le fait de faire obstacle au développement de la dynamique du 10 septembre qu&rsquo;elles ne maîtrisaient pas, qu&rsquo;elles&nbsp;ne contrôlaient pas. Le bout du film c’est cette date pathétique du 2 décembre. Ça, c&rsquo;est une logique qui vaut particulièrement, on va dire, sur la question du racisme.</p>



<p>Mais il y&nbsp;a un élément supplémentaire, c&rsquo;est de penser que, la faute de tout ça, c&rsquo;est qu&rsquo;on n&rsquo;a pas le rapport de force parce que les travailleurs, les travailleuses, ne “veulent pas faire grève, ne veulent pas se mobiliser”. Ce ne serait pas Sophie Binet&nbsp;qui ne veut pas se mobiliser, ce serait les gens qui ne veulent pas faire grève. Et alors c&rsquo;est encore pire sur la question du racisme.</p>



<p>Donc elles ne veulent pas y aller. Alors, je reprends encore l&rsquo;exemple du 10 septembre, ou l&rsquo;exemple de la Palestine en Italie. Ça ne veut pas&nbsp;dire que t&rsquo;as forcément directement des millions de gens. Mais t&rsquo;as plein de personnes prêt·es à y aller. C&rsquo;est l&rsquo;écho qu’on a. Le transformer en action concrète, c&rsquo;est plus&nbsp;difficile. Mais en ce moment, il suffit d&rsquo;aller distribuer des tracts pour s’en rendre compte. On est allé.es diffuser des tracts au dépôt de bus RATP de Lagny [à Paris], ou bien dans les quartiers etc. Les gens, il y a un côté où ça les enthousiasme cette idée de prendre le truc totalement à rebours&nbsp;: il n&rsquo;y a pas de problème avec l&rsquo;immigration, l&rsquo;immigration, ça fait partie de l&rsquo;histoire de ce pays, les immigré·es font partie de l&rsquo;histoire de&nbsp;ce pays. Sans les immigrés, ce pays n&rsquo;existe pas !</p>



<p>Mathieu&nbsp;: Ce que tu dis, ça me fait penser aussi à quel point justement dans la construction, on commence à voir des effets. Par exemple, une des choses que font&nbsp;historiquement les syndicats, c&rsquo;est des grèves de sans-papiers pour la régularisation. Les sans-papiers se battent pour&nbsp;leurs droits. Mais si t&rsquo;es un travailleur et que t&rsquo;as des papiers, ça ne te regarde pas. Tu ne te mets pas en grève.&nbsp;Et les grèves massives de ces dernières années, sur ces questions-là, c&rsquo;est des grèves uniquement de sans-papiers.&nbsp;La dernière, en 2023, de la CGT, c&rsquo;est ce qu’il s’est passé.&nbsp;</p>



<p>Et on sentait, quand l&rsquo;année dernière les dirigeants de la CGT&nbsp; étaient venus discuter avec La Marche, que c&rsquo;était encore un peu ça qu&rsquo;ils avaient en tête. Une grève de sans-papiers et – pour augmenter leur rapport de force – un mouvement de soutien à côté. Mais pas une grève de tous et toutes. Et pour moi, ce qu&rsquo;on commence à voir, c’est qu’on se bat depuis le début pour dire que <strong>c&rsquo;est une grève de tout le monde</strong>.&nbsp;Et j&rsquo;ai l&rsquo;impression que le fait que dans certains secteurs ça prenne, ça redonne confiance aux collectifs de sans-papiers. Par exemple, ça fait quand même des années que les camarades des collectifs de sans-papiers ne retournent plus dans les foyers pour mobiliser. Ils nous disaient que dans les foyers les gens ne voulaient pas se battre. En tout cas, les collectifs de sans-papiers ont eu du mal dans les foyers ces dernières années. Et là, quand même, ils ont organisé&nbsp;aujourd&rsquo;hui et demain une tournée des foyers. Alors qu’ils ont la même analyse que nous : ils ont bien vu que c&rsquo;est pas encore une grève de millions de personnes qui s&rsquo;annonce.&nbsp;Mais ils ont senti que quelque chose se passait, et que ça pouvait leur permettre de gagner. Et ça redonne de la confiance.</p>



<p>Et franchement, tu ne sais jamais&nbsp;si ça va se reproduire de la même manière, mais la dernière fois que les collectifs de sans-papiers ont fait un vrai taf sur les foyers, ça a donné&nbsp;la manifestation de 2020 pendant le confinement, où les collectifs de sans-papiers défient l&rsquo;interdiction de manifester. Il y a 15 000 sans-papiers dans la rue. Et ils le disent encore très régulièrement qu&rsquo;une des choses qui avait permis ça, c&rsquo;est le taf qu&rsquo;ils avaient fait dans les foyers. Donc on voit&nbsp;comment cette question de la grève, de comment elle a été construite, ça change déjà des choses.&nbsp;</p>



<p>Denis&nbsp;: Je pense que plus généralement &#8211; et peut-être que c&rsquo;est ça le débat avec les directions des syndicats &#8211; nous, ce qu&rsquo;on essaye de développer, en tant que membres d&rsquo;A2C dans la Marche, c&rsquo;est que c&rsquo;est une question de classe,&nbsp;que <strong>la question du racisme est une question de classe</strong>, que les attaques actuelles et le renforcement des attaques sur les immigré·es, c&rsquo;est une question de classe. <strong>Que si notre classe, en général, laisse passer les attaques sur les immigré·es, on va toustes s&rsquo;en prendre plein la gueule.</strong> Tout le monde n&rsquo;est pas dans la même situation par rapport aux attaques racistes, etc. Tout le monde n&rsquo;est pas&nbsp;dans la même situation, mais <strong>tout le monde est concerné.</strong></p>



<p>L&rsquo;idée qu&rsquo;il y aurait des concerné·es, les théories du privilège, c&rsquo;est de la merde : ça nous empêche de lutter aussi bien contre le racisme que contre le système, d&rsquo;être fort·es. C&rsquo;est ça, aussi, la nouveauté : le lien entre le 10 septembre&nbsp;et le 18 décembre, et on l’espère, le lien entre le 18 décembre et des campagnes pour reprendre la dynamique du 10 septembre. Il y a toutes les discussions&nbsp;sur la Semaine Noire [initiative émanant d’une assemblée de quartier issue du mouvement <em>Bloquons Tout</em> qui propose qu’on organise une « semaine noire » en mars avec grèves et blocages, ndt], il y a le combat pour faire campagne pendant les municipales pour se battre contre l&rsquo;implantation du RN, etc.</p>



<p>Le truc nouveau qu&rsquo;il y a eu sur le 10 septembre, c&rsquo;est qu’entre la lutte contre le budget d&rsquo;austérité de Bayrou et la lutte&nbsp;contre le racisme, il y avait un lien direct. Donc, cette question, c&rsquo;est une question de classe. Et ça, bien sûr que c&rsquo;est un problème&nbsp;pour les directions syndicales. <strong>Parce que qui dit question de classe dit pas de négociation, d’aménagement, de compromis, on est dans un rapport d&rsquo;affrontement&nbsp;et de confrontation directe avec la classe dirigeante, avec le gouvernement.</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized is-style-default"><img data-dominant-color="ad4e4a" data-has-transparency="false" decoding="async" width="819" height="1024" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/12/592496574_18305414635282613_8954869833689771202_n-819x1024.webp" alt="" class="wp-image-10443 not-transparent" style="--dominant-color: #ad4e4a; aspect-ratio:0.8000207196629602;width:383px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/12/592496574_18305414635282613_8954869833689771202_n-819x1024.webp 819w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/12/592496574_18305414635282613_8954869833689771202_n-240x300.webp 240w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/12/592496574_18305414635282613_8954869833689771202_n-768x960.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/12/592496574_18305414635282613_8954869833689771202_n.webp 1080w" sizes="(max-width: 819px) 100vw, 819px" /></figure>



<p class="has-medium-font-size"><mark style="background-color:#fcb9001a" class="has-inline-color"><em>Il y a un débat à l&rsquo;heure actuelle dans les syndicats&nbsp;sur le positionnement que les syndicats devraient avoir par rapport à des questions que certaines estiment en-dehors du champ de leur activité. Et donc, parfois, le raisonnement est qu&rsquo;il faudrait d&rsquo;abord entraîner nos collègues sur des questions qui les concernent, qui sont les questions sociales.&nbsp;Et à partir de là, on pourra peut-être envisager d&rsquo;autres questions. Qu&rsquo;est-ce que vous répondez à ça ?&nbsp;</em></mark></p>



<p>Mathieu : Je pense que c&rsquo;est en partie ce que vient de dire Denis. On part sur la base que c&rsquo;est une question de classe et qu&rsquo;on s&rsquo;attaque à ce qui empêche la classe de s&rsquo;organiser, d&rsquo;être forte, de se sentir en capacité de gagner&#8230; Avec la façon de voir que tu exposes, on ne convainc pas qu&rsquo;on peut tout simplement changer les choses et gagner. Je pense qu&rsquo;il y a une <strong>conscience assez importante de la vague raciste de ces dernières années</strong>. Mais en revanche, il y a <strong>très peu de propositions de s&rsquo;en saisir</strong>. Et ça rejoint des expériences que je fais dans mon syndicat aussi. Je vois que ça peut, de temps en temps, être difficile de mobiliser uniquement sur les questions les plus traditionnelles du syndicat. Mais en revanche, dès que les syndicats font de la politique sur la Palestine, contre le fascisme, contre le racisme, moi, je vois beaucoup de mes collègues réagir positivement, les mêmes avec qui c&rsquo;est difficile de discuter uniquement de conditions salariales parce qu&rsquo;ils ne croient plus qu&rsquo;on peut changer les choses, mais par contre, ils ont faim sur le reste. Et je pense que le 10 septembre, c&rsquo;est aussi un peu ça qu&rsquo;on a vu.&nbsp;Quand on était dans la rue le 10 septembre, les gens, ils n’étaient pas là pour crier uniquement des slogans sur les salaires. Ils criaient qu&rsquo;on est là pour libérer la Palestine, on est là pour virer les fachos et on est là pour se battre et gagner.&nbsp;Et c&rsquo;était les slogans antiracistes, notamment, qui avaient une place importante.</p>



<p>Denis :&nbsp;Alors moi ce que je réponds d’abord, c&rsquo;est que c&rsquo;est une position de blanc. Quand t&rsquo;es racisé·e, quand t&rsquo;es noir·e, arabe, justement, la première chose que tu te prends dans la gueule, c&rsquo;est la discrimination raciste. Je ne parle même pas de quand t&rsquo;es sans papier. Et que du coup, vas-y, va convaincre tes collègues de se battre ensemble sur la question de la retraite, du salaire, etc.,&nbsp;si t&rsquo;as laissé passer celle du racisme&#8230; Donc c&rsquo;est une position de blanc.</p>



<p>La deuxième chose, c&rsquo;est que c&rsquo;est faux. Là, on en a la preuve. En Italie, depuis quand n&rsquo;y avait-il pas eu de grève générale ? Et là, il y a une grève générale, sur quoi ? Sur la solidarité avec la Palestine. C&rsquo;est pas sur les conditions de travail et salaire. Ce n&rsquo;est même pas sur des questions internes.&nbsp;Alors, les gens font la connexion, certainement parce que les gens ne sont pas débiles. C&rsquo;est ça, la politique.&nbsp;<strong>Quand tu parles de la Palestine, en fait, tu parles de tout.&nbsp;</strong></p>



<p>Et la troisième réponse, c&rsquo;est qu&rsquo;en fait, c&rsquo;est des discours…J&rsquo;allais dire au départ, c&rsquo;est des discours de bureaucrates mais en fait, il n&rsquo;y a pas que les bureaucrates. C&rsquo;est le discours des gens qui ont abandonné la perspective de la lutte, tout simplement. Ça veut pas dire que l&rsquo;argument est facile, qu’il suffit de dire qu’on va faire une grève contre le racisme.&nbsp;Qu’en fait, c&rsquo;est juste qu&rsquo;il y en a qui font obstacle à ça, mais sinon tout le monde se soulèverait.&nbsp;Non, ce n’est pas vrai. C&rsquo;est un combat de convaincre que c&rsquo;est possible. Mais par contre, c&rsquo;est un combat à mener. Et la réalité, c&rsquo;est qu&rsquo;en fait, celleux qui disent ça, iels ont lâché l&rsquo;affaire sur tout.&nbsp;Ce sont les mêmes qui nous ont expliqué qu&rsquo;il fallait faire 13 journées de grève séparées sur les retraites parce que les gens ne veulent pas se battre, que déjà, c’est dur de les convaincre de perdre une journée de salaire, etc. Ils nous ont mené·es dans un mur avec leur pessimisme. En plus, c&rsquo;est du paternalisme complètement dingue parce qu’iels vont dire “nous, on est antiracistes mais les gens ne veulent pas se mobiliser. Donc ce n’est pas de notre faute.” Donc ce sont des gens qui, en fait, essayent de faire passer sur le dos de tout le monde leur refus d&rsquo;organiser le combat.</p>



<p class="has-medium-font-size"><em><mark style="background-color:#fcb9001a" class="has-inline-color">Quand cette interview sera publiée, il restera une semaine avant le 18 décembre. Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on peut faire sur la semaine qui nous reste ?</mark></em></p>



<p>Denis : Plein de choses. Mais ça dépend. Pour ceux et celles qui n’ont encore rien fait, récupérez une vidéo, récupérez un tract. Allez en parler autour de vous. Tout simplement, <strong>ramenez des gens.</strong> Il va y avoir des manifestations partout. Il suffit d&rsquo;aller regarder sur le <a href="https://www.antiracisme-solidarite.org">site de la Marche</a>. Donc c&rsquo;est possible. Quand on n&rsquo;a pas fait le boulot pendant des mois, des semaines,&nbsp;ça veut dire qu&rsquo;il reste moins de temps, et donc qu’il faut faire vite et aller toucher des personnes de son entourage. 3, 4, 5 personnes qui commencent à s&rsquo;organiser ensemble sur un lieu de travail ou un quartier, c&rsquo;est de l&rsquo;or pour la suite.&nbsp;Donc c&rsquo;est ça qu&rsquo;il faut faire.&nbsp;</p>



<p>Parce que<strong> la lutte ne va pas s&rsquo;arrêter le 18.</strong>&nbsp;Le 18 pourrait être un super boost,&nbsp;il y aura des suites. Il va sortir un appel le jour du 18 pour continuer. On va discuter pour savoir si la Marche Des Solidarités adopte, comme elle l&rsquo;a fait pour le 10 septembre, la perspective de la Semaine Noire [en mars, ndt]. Mais de toute façon on va le relier avec la mobilisation pour le 21 mars [journée internationale pour l&rsquo;élimination de la discrimination raciale, ndt]. Pareil, on va avoir des discussions : [le weekend du 21-22 mars] c&rsquo;est le week-end de la fête de l&rsquo;Aïd, le ramadan va finir deux jours avant.</p>



<p>Ce qui est pensé au niveau de la Marche des solidarités, c&rsquo;est que toute cette campagne&nbsp;sur le 21 mars soit pour aller péter les racistes et les fascistes dans la campagne des Municipales&#8230; Ne pas les laisser s&rsquo;implanter dans nos quartiers, avec comme point d&rsquo;orgue le 21 mars, Journée internationale contre le racisme, qui est la veille du second tour.&nbsp;Ça peut être la plus grande fête de l&rsquo;Aïd, <strong>un Aïd de solidarité et de lutte dans la rue</strong>. Donc de lutte contre l&rsquo;islamophobie. C&rsquo;est un truc qui va être renvoyé à la face des fachos et des racistes.&nbsp;</p>



<p>Donc, pour quelqu&rsquo;un qui n’est pas encore impliqué : organise 2, 3, 4 personnes pour aller à la manif avec toi. Ces 3, 4 personnes, ce sera de l&rsquo;or pour préparer la suite. <strong>Et mets-toi en grève. Tout le monde est couvert. Tout le monde peut faire grève.</strong></p>



<p>Écoutez la version audio de l&rsquo;interview juste ici : </p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/le-18-decembre-la-journee-sans-nous-doit-etre-une-journee-sans-nous-toustes/">Le 18 décembre : La « Journée sans nous » doit être une journée sans nous toustes !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Tout bloquer dans le social : construire la grève par en bas! </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/classes-sociales/tout-bloquer-dans-le-social-construire-la-greve-par-en-bas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Nov 2025 14:08:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Classes sociales]]></category>
		<category><![CDATA[AG]]></category>
		<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[syndicalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Travail social]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=10336</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">À Marseille, la mobilisation des secteurs du social, du médico-social et de l’associatif les 10 et 18 septembre a mis en lumière l’importance de construire la grève « par en bas », par les travailleur·euses <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/classes-sociales/tout-bloquer-dans-le-social-construire-la-greve-par-en-bas/" title="Tout bloquer dans le social : construire la grève par en bas! ">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/classes-sociales/tout-bloquer-dans-le-social-construire-la-greve-par-en-bas/">Tout bloquer dans le social : construire la grève par en bas! </a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>À Marseille, la mobilisation des secteurs du social, du médico-social et de l’associatif les 10 et 18 septembre a mis en lumière l’importance de construire la grève « par en bas », par les travailleur·euses eux·elles-mêmes.</em></p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #19 &#8211; NOVEMBRE 2025</h6>



<p>Ces secteurs, fortement imbriqués, sont soumis depuis plusieurs années à une double dynamique : d’une part, la précarisation des services publics (social et médico-social) et, d’autre part, la délégation croissante de missions à des associations. Ce changement s’accompagne d’un basculement vers un mode de financement fondé sur les appels à projets (ex. dispositif ES, FSE+, plan France Relance…), ce qui instaure une mise en concurrence des structures associatives. Cette logique pousse de nombreuses associations à intensifier l’exploitation de leurs salarié·es (salaires modérés, horaires allongés, multiplication des projets « court terme ») afin de satisfaire aux critères de sélection, de performance et de compétitivité Dans un contexte de renforcement des tensions inter-impérialistes à l’échelle mondiale, les coupes budgétaires pour financer l’armement, affectent directement les secteurs du social et du médico-social. </p>



<p>De plus, travailleur·euses de l&rsquo;associatif et du social et médico-social public travaillent souvent ensemble autour des mêmes usagèr·es. L’enjeu d’unir par en bas ces secteurs a donc été de regrouper des travailleur·euses qui, associatifs ou non, et malgré leur emploi dans des structures différentes, partagent des conditions de travail communes et subissent ensemble la politique de l’État qui consiste à donner plus à l’armement en rognant sur la prise en charge du soin aux travailleureuses. </p>



<p>Malgré une mobilisation sociale d’ampleur en septembre, l’agenda bouché par les directions syndicales a entraîné un reflux de la mobilisation. Mais pourtant le secteur du médico-social en lutte offre une perspective. Les rencontres nationales du travail social en lutte en octobre ont permis, dans l’élan des mobilisations de septembre, d’appeler à une grève sur trois jours, du 16 au 18 décembre. Cet agenda offre la possibilité de construire dans un secteur particulièrement attaqué par les offensives autoritaires, racistes et anti-sociales, une grève reconductible aboutissant à une grève politique antiraciste appelée par les collectifs sans papiers regroupés dans la Marche des Solidarités. Retour avec Juliette, Marion et Gabin, travailleureuses du social dans des structures associatives à Marseille, et camarades d’A2C. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Quelles sont les limites habituelles à la construction de la grève dans ces secteurs ? </h2>



<p>Les travailleur·euses de ces secteurs sont très atomisé·es. Il y a beaucoup d&rsquo;intérimaires, avec un turn over important qui fait que le travail syndical y est rendu difficile. En plus, on fait face à une véritable culpabilisation de la grève. Le fait que nos métiers s&rsquo;organisent autour du soin fait qu&rsquo;un bon nombre de collègues disent qu&rsquo;au final si ils font grève, ils pénalisent plus les usagèr·es du service que l&rsquo;État et ses politiques. On est dans un secteur extrêmement féminisé et dont l&rsquo;exploitation s&rsquo;appuie aussi sur une naturalisation de notre capacité à prendre soin, comme si nos AG du travail social le 18 septembre à Marseille 11 métiers étaient des expressions spontanées de notre nature profonde de femmes qui serait de se réaliser dans la sollicitude. Dans un moment de crise du capitalisme, cette idéologie permet de nous faire travailler plus, et avec toujours moins d&rsquo;argent, comme quand l&rsquo;État exaltait les couturières qui fabriquaient gratuitement des masques pendant le Covid par exemple. </p>



<p>Au printemps 2025, on a commencé à structurer syndicalement le secteur, même si c&rsquo;était difficile parce qu&rsquo;on s&rsquo;est affronté·es aux réticences syndicales à Marseille. Les syndicats du social ne sont pas toujours enclins à syndiquer les travailleur·euses de l&rsquo;associatif. Mais malgré tout ça, au final, au printemps dernier on a quand même réussi à faire trois AG de l&rsquo;associatif avec le syndicat SUD ASSO, ce qui nous a permis de parler de nos conditions de travail et de faire un cortège pour la mobilisation du 22 mars contre le racisme et le fascisme.</p>



<p>Le 18 septembre, une AG a rassemblée plus de 160 personnes du secteur social et médico-social au Planning Familial 13, comment expliquez vous ce succès ? </p>



<p>La mobilisation du 18 septembre s&rsquo;est faite sur la base des arguments qu&rsquo;on a développés dans les AG de l&rsquo;associatif du printemps dernier mais aussi sur la grève du Planning Familial, qui a été impressionnante : les camarades ont réussi à fermer le Planning et ont organisé un cortège féministe lors de la journée du 10 septembre permettant d&rsquo;occuper une place importante et d&rsquo;être particulièrement visible dans le mouvement social. </p>



<p>Aussi, il y a un ras-le-bol général justement des travailleur·euses de ce secteur sur la culpabilisation à la grève malgré des attaques toujours plus fortes sur nos emplois. </p>



<p>On a appelé sur les mot d&rsquo;ordres politiques : moins d&rsquo;argent pour la guerre, plus pour le soin. Mot d’ordre qu’on a articulé avec les attaques spécifiques de nos secteurs, la mise en concurrence des structures et le manque de moyens généralisé. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Quels arguments ont été développé dans ces AG pour faire face aux difficultés de se mettre en grève dans ce secteur ? </h2>



<p>Dès le départ, beaucoup de prises de parole contraient les logiques de culpabilisation à la grève : “Nous aussi, on est des usagèr·es, nous aussi on fait la queue à la CAF”. Ça a permis de changer de regard et d’avoir un rapport de solidarité, de classe avec les usagèr·es. C’est la construction par en bas qui a permis de faire se rencontrer les travailleur·euses, discuter de leurs conditions de travail et de collectivement trouver des solutions aux problèmes posés à la fois par le secteur lui-même (atomisation, uberisation, mise en concurrence des structures) mais aussi par les syndicats dont le manque d’implication a été déploré. Loin de nous démoraliser, ça nous a poussé à construire coûte que coûte la grève dans le secteur et de la généraliser par nos propres moyens. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Vous avez appelé à trois jours de grève en décembre, qui aboutit à une journée de grève pendant la journée internationale des migrant·es. Comment avez vous réussi à argumenter pour ces dates ? </h2>



<p>Les rencontres nationales du travail social en luttes ont rassemblé en octobre une centaine de travailleur·euses auto-organisé·es dans une dizaine de villes. </p>



<p>Lors de ces rencontres nationales, on a pu parler de racisme, par exemple grâce à l’expérience de camarades de Toulouse, qui ont construit la mobilisation du 10 septembre autour de mots d&rsquo;ordre antiracistes en mettant en grève plusieurs lieux de travail d&rsquo;accueil de personnes migrantes. </p>



<p>Donc à partir du moment où on cherchait des dates pour les prochaines mobilisations, dans le sillage du vote du nouveau budget, on a proposé de se mobiliser autour du 18 décembre, journée internationale des migrant. es. Cette perspective a bien pris, surtout pour les travailleur·euses des structures d&rsquo;accueil des mineur·es non accompagné·es. </p>



<p>Cet agenda progressiste s&rsquo;est donc élaboré par en bas, dans une coordination de cadres d&rsquo;auto-organisation de travailleur·euses en lutte. Dans un mouvement essentiellement bridé par les décisions des directions syndicales qui n&rsquo;ont proposé aucun plan de bataille à la hauteur, les perspectives portées par la coordination du travail social en lutte doivent servir de perspective pour l&rsquo;ensemble du mouvement social. Dans une période de montée de l&rsquo;extrême droite, du racisme, et des politiques austéritaires, ouvrir une séquence combattive de grève autour du 18 décembre permettrait à la fois de s&rsquo;opposer au budget Bayrou et à la militarisation de la société mais aussi de lutter auprès des collectifs sans papiers pour une grève antiraciste, nécessaire à la construction de l&rsquo;unité de notre classe. </p>



<p>Les trois jours de grève en décembre vont devoir être construits avec le soutien des syndicats. Avec la fin du mouvement social, on a de moins en moins de gens dans l&rsquo;AG du social. Mais pourtant, les gens continuent à faire des tournées dans les structures et à discuter avec leurs collègues. L&rsquo;appui syndical contribuera à faire des dates du 16, 17 et 18 décembre des dates réussies. </p>



<p>Par contre, sur la grève du 18 décembre, malheureusement, la nécessité de la lutte antiraciste n&rsquo;est que très peu présente dans l&rsquo;appel. Nous devons pourtant, dans cette période, pousser pour que la grève du social le 18 décembre soit une grève antiraciste, au côté des personnes sans papiers, des mineur·es isolé·es et des travailleur·euses qui veulent se mobiliser en ce sens. Nous devons également nous mobiliser pour dénoncer les attaques racistes de l&rsquo;État dans nos secteurs qui précarisent et discriminent les usagèr·es racisé·es, immigré·es, sans papiers, mais aussi les travailleur·euses premièrement touché·es par les offensives racistes et islamophobes. À nous de jouer. </p>



<h5 class="wp-block-heading">Marion, Gabin, Juliette (Marseille), propos recueillis par Anouk (Marseille)</h5>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/classes-sociales/tout-bloquer-dans-le-social-construire-la-greve-par-en-bas/">Tout bloquer dans le social : construire la grève par en bas! </a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>USA &#8211; La journée sans immigré l&#8217;emportait</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/international/usa-la-journee-sans-immigre-lemportait/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Anouk]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Oct 2025 15:11:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiracisme]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[usa]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=10084</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">LES CAHIERS D&#8217;A2C #18 &#8211; SEPTEMBRE 2025 Nous publions ici la traduction d’un extrait de l’article de Victor Fernandez, militant de Marx21 aux Etats-Unis. Nous avons fait la connaissance de ce militant révolutionnaire lors de <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/usa-la-journee-sans-immigre-lemportait/" title="USA &#8211; La journée sans immigré l&#8217;emportait">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/usa-la-journee-sans-immigre-lemportait/">USA &#8211; La journée sans immigré l&#8217;emportait</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px"><strong>LES CAHIERS D&rsquo;A2C #18 &#8211; SEPTEMBRE 2025</strong></h6>



<p><em>Nous publions ici la traduction d’un extrait de l’article</em><sup data-fn="5886ff96-8e57-431b-bc86-8d346be299d8" class="fn"><a href="#5886ff96-8e57-431b-bc86-8d346be299d8" id="5886ff96-8e57-431b-bc86-8d346be299d8-link">1</a></sup><em> de Victor Fernandez, militant de Marx21 aux Etats-Unis. Nous avons fait la connaissance de ce militant révolutionnaire lors de notre Festival Boussoles en juin dernier. Depuis notre site, en flashant ci-dessous le QR code, allez revoir son intervention au sujet des révoltes de Los Angeles contre les rafles des sans-papiers. V. Fernandez revient ici sur la plus grande grève de l’Histoire des USA : la grève politique pour défendre les droit des sans-papiers le 1er mai 2006.</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Pourquoi ai-je rejoint une organisation socialiste ?</h3>



<p>Après quelques manifestations, un contact m&rsquo;a invité à une réunion qui s&rsquo;organisait contre HR4437.&nbsp; HR4437 était un projet de loi adopté par la Chambre des représentants [des Etats-Unis] qui faisait de tout migrant sans-papier ou de toute personne aidant un migrant sans-papier un criminel.&nbsp; Cette mesure criminalisait toute une partie de la population. Le plus stupéfiant, c&rsquo;est que ce projet de loi était quasiment acquis et que personne, en dehors d&rsquo;un petit groupe d&rsquo;activistes, n&rsquo;était au courant.&nbsp; Même lors de la réunion d&rsquo;explication du projet de loi, celui-ci semblait si irréel et si lointain. C&rsquo;est à ce moment que j&rsquo;ai rencontré les membres de l&rsquo;ISO [International Socialist Organization, aujourd’hui dissoute, ndlt]<br><br>Lors de la première réunion de l&rsquo;ISO, j&rsquo;ai été immédiatement plongée dans l&rsquo;organisation des luttes de migrant.e.s.&nbsp; Je participais à l’organisation des manifestations de protestation et je représentais l&rsquo;organisation au sein de la coalition des droits des immigrés nouvellement formée contre HR 4437.&nbsp; Je n&rsquo;étais pas seul.&nbsp; Des organisateur.rice.s chevronné.e.s étaient là pour m&rsquo;aider.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="736a6b" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #736a6b;" decoding="async" width="800" height="600" data-id="10086" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/1er-sans-immigre-03.webp" alt="" class="wp-image-10086 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/1er-sans-immigre-03.webp 800w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/1er-sans-immigre-03-300x225.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/1er-sans-immigre-03-768x576.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/1er-sans-immigre-03-678x509.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/1er-sans-immigre-03-326x245.webp 326w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/1er-sans-immigre-03-80x60.webp 80w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>
</figure>



<h3 class="wp-block-heading">Militer contre le racisme</h3>



<p>Nous sommes maintenant en 2006 et les groupes pro-immigration commencent à se regrouper autour de réunions hebdomadaires à Los Angeles. L&rsquo;adoption de la loi HR4437 par la Chambre des représentants a donné lieu à un rassemblement de tous les groupes luttant pour les droits des immigrés. Cela semblait être un effort vain. La gauche s’est regroupée avec des groupes progressistes et des organisations à but non lucratif. L&rsquo;objectif principal était d&rsquo;organiser une manifestation massive contre la loi HR 4437.&nbsp; Il semblait ridicule de s&rsquo;attendre à une grande participation.&nbsp;<br>Nous aurions été positivement surpris avec 10 000 personnes. Cela ressemblait à une dernière tentative exaspérée, presque délirante, de riposte. Cependant, nous ne nous sommes pas laissés abattre sans combattre.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La marche du 25 mars 2006</h3>



<p>Les activistes de Chicago ont organisé leur manifestation quelques semaines avant la nôtre.&nbsp; Comme nous, ils voulaient manifester leur dégoût pour la loi HR4437.&nbsp; L&rsquo;organisation a payé. Les DJ locaux hispanophones, qui ont une grande influence sur la communauté immigrée, ont répondu à l&rsquo;appel.&nbsp; En fait, les différentes stations de radio se sont affrontées pour savoir laquelle d&rsquo;entre elles pouvait rassembler le plus grand nombre de personnes. Cela a débouché sur une marche de 300 000 personnes à Chicago, deux semaines avant la nôtre. Cela a radicalement changé la donne.<br></p>



<p>On dirait qu&rsquo;un poids a été enlevé et que tout est possible.&nbsp; Des années de frustration et de peur sont effacées et un espoir véritable se fait sentir. C&rsquo;est réel. C&rsquo;est ce qu’on a ressenti après la manif de Chicago. D’un coup, les gens qui nous regardaient comme des fous se sont montrés encore plus enthousiastes que nous.&nbsp; Les DJ des radios de Los Angeles ont répondu à l&rsquo;appel et se sont mis à rivaliser pour voir qui pouvait rassembler le plus de monde. Lors de l&rsquo;une des interviews des organisateurs du 25 mars, ils ont demandé de l&rsquo;aide pour la sonorisation et ont donné le numéro de mon ami. Le lendemain, il avait reçu 300 appels de personnes prêtes à l&rsquo;aider.&nbsp; Nous avons également trouvé un DJ qui avait de l&rsquo;expérience dans la sonorisation de manifestations de masse au Salvador.&nbsp; Ensemble, nous avons divisé la liste et passé les appels.&nbsp;&nbsp;</p>



<p><br>Nous avions pour principe de systématiquement doubler le nombre de participant.e.s annoncé.e.s par la LAPD (Los Angeles Police Department).&nbsp; Le 25 mars 2006, ils ont estimé 500 000 participant.e.s. Dans nos groupes, nous pensions qu&rsquo;il y avait entre un million et 1,5 million de personnes. La marche était prévue pour 10 heures à l&rsquo;angle d&rsquo;Olympic et de Broadway, à environ un kilomètre de l&rsquo;hôtel de ville de Los Angeles.&nbsp; Il y avait tellement de monde que la marche a commencé tôt. Comme l’avaient demandé les DJs des radios, tout le monde était vêtu de blanc. Étant à l&rsquo;avant de la marche pour les tâches d’organisation, nous n&rsquo;avons vu qu&rsquo;une mer de blanc se diriger vers nous.&nbsp;</p>



<p>La marche s&rsquo;est transformée en un rassemblement à l&rsquo;échelle du centre-ville, avec des gens qui rejoignaient et quittaient toute la journée. Le centre-ville était de fait fermé. Il s&rsquo;agissait de la plus grande marche jamais organisée aux États-Unis. Lors de cette marche, les militants de Los Angeles ont appelé à une journée sans immigrés pour le 1er mai.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un 1er mai 2006 sans immigré&nbsp;<br></h3>



<p>Ce jour-là, nous boycotterions toutes les entreprises et n&rsquo;irions pas travailler.&nbsp; Nous démontrerions le pouvoir des migrant.e.s par le biais de ce qui deviendra en fait une grève nationale et qui aura lieu le 1er mai, Journée internationale des travailleur.euse.s.<br><br>L&rsquo;appel à la grève était un sujet dont de nombreux militant.es discutaient au niveau national.&nbsp; C&rsquo;était une excellente idée, mais il était difficile de la concrétiser au sein de la population des migrant.e.s sans papier.&nbsp; Nombre d&rsquo;entre nous craignaient d&rsquo;être expulsé.e.s.&nbsp; Cependant, les images de millions de personnes dans les rues de toutes les villes américaines ont renforcé notre confiance. Alors que la plupart des manifestations étaient organisées par des personnes en situation régulière, en général des descendants ou parents de migrant.e.s sans papier, la journée sans migrant.e.s du 1er mai 2006 a placé les sans papier au centre de son organisation.</p>



<p>Avec une confiance renouvellée dans le fait qu&rsquo;un mouvement et une population étaient derrière eux, les sans-papiers aux Etats-Unis ont commencé à s&rsquo;auto-organiser pour le 1er mai.&nbsp; Les organisateur.rice.s se sont concentrés sur les rassemblements de ce jour-là, mais le cœur de l&rsquo;organisation se trouvait parmi les personnes sur leurs lieux de travail, dans leurs écoles et dans leurs communautés.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>L&rsquo;appel avait été lancé et les gens l&rsquo;ont repris de manière organique. Du 25 mars au 1er mai, les réunions et les manifestations se sont succédé pour préparer la Journée sans migrant.e.s.&nbsp;</p>



<p>Au petit matin du 1er mai, mon amie activiste a reçu un appel d&rsquo;un organisateur du quartier de la mode, connu sous le nom de “the alleys”. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un ensemble d&rsquo;allées du centre-ville de Los Angeles où l&rsquo;on vend des vêtements et des articles à prix réduits et qui est très populaire auprès de la communauté immigrée pour faire ses courses et travailler.&nbsp; Les travailleurs de ces magasins ont fermé boutique.&nbsp; Ils s&#8217;emparaient de tous les produits exposés à l&rsquo;extérieur des magasins, les transportaient à l&rsquo;intérieur et fermaient leur propre lieu de travail. Les propriétaires ne pouvaient rien faire.&nbsp;</p>



<p>Il s&rsquo;agit d&rsquo;une lutte des Mexicain.e.s contre le racisme et l&rsquo;oppression aux États-Unis ET d&rsquo;une lutte de toutes les personnes qui émigrent ici et travaillent pour une vie meilleure, et elle doit être soutenue par tous ceux qui travaillent pour une vie meilleure, qu&rsquo;ils soient nés ici ou non.</p>



<p>Par conséquent, une grève nationale des migrant.e.s et de leurs sympathisant.e.s entraînerait la fermeture de tout le pays. C&rsquo;est exactement ce qui s&rsquo;est passé le 1er mai 2006. Le port de Los Angeles a été effectivement fermé lorsque 90 % des camionneurs ont refusé de se présenter. Ça a coûté à l&rsquo;économie un milliard de dollars. Cargill, Tyson et Seaboard, tous producteurs de denrées alimentaires, ont dû interrompre une grande partie de leurs activités ce jour-là. Les chantiers de construction étaient vides. Les champs travaillés par les migrant.e.s, principalement dans des Etats comme la Californie et la Floride, ont été fermés. En outre, d&rsquo;innombrables entreprises qui dépendaient de la main-d&rsquo;œuvre et de la clientèle immigrée ont fermé leurs portes en signe de solidarité ou ont été contraintes de le faire en raison du manque de travailleur.euse.s et de client.e.s.</p>



<p>Il s&rsquo;agissait, et il s&rsquo;agit toujours, de la plus grande grève de l&rsquo;histoire des États-Unis et elle a été incroyablement efficace. Quelques semaines après le 1er mai, grâce à la poursuite des manifestations et des actions et à un retournement général de l&rsquo;opinion publique en faveur des migrant.e.s, le projet de loi HR4437 est mort au Sénat.&nbsp;</p>



<p>Victor Fernandez (Marx 21, Los Angeles)</p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="5886ff96-8e57-431b-bc86-8d346be299d8">La version complète de l’article est disponible en langue anglaise sur le site de Marx 21 “The day Immigrants won : part one”, 04 avril 2025,<br><a href="https://marx21us.org/2025/04/04/report-part-one/">https://marx21us.org/2025/04/04/report-part-one/</a><br> <a href="#5886ff96-8e57-431b-bc86-8d346be299d8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li></ol>


<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/usa-la-journee-sans-immigre-lemportait/">USA &#8211; La journée sans immigré l&#8217;emportait</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Quel syndicalisme pour organiser notre classe ?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/classes-sociales/quel-syndicalisme-pour-organiser-notre-classe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Anouk]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Oct 2025 11:14:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Classes sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[syndicalisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=10077</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les syndicats restent, malgré leurs faiblesses et contradictions, la principale force organisée de la classe des travailleuses et des travailleurs. Capables de mobilisations massives, ils se heurtent toutefois à des limites internes : bureaucratisation, orientation <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/classes-sociales/quel-syndicalisme-pour-organiser-notre-classe/" title="Quel syndicalisme pour organiser notre classe ?">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/classes-sociales/quel-syndicalisme-pour-organiser-notre-classe/">Quel syndicalisme pour organiser notre classe ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Les syndicats restent, malgré leurs faiblesses et contradictions, la principale force organisée de la classe des travailleuses et des travailleurs. Capables de mobilisations massives, ils se heurtent toutefois à des limites internes : bureaucratisation, orientation réformiste, refus d’encourager l’auto-organisation. Comment, dès lors, y intervenir pour faire avancer les perspectives révolutionnaires ?&nbsp; Si l’on part de l’idée, actualisée, de Marx, que « l’émancipation des travailleurs et travailleuses sera l’œuvre des travailleurs et travailleuses elles et eux-mêmes », alors il faut être dans les syndicats et contribuer à les construire.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Les syndicats, principale force organisée de notre classe</strong><br></h3>



<p>Qui, en 2023, a mis des millions de salarié·es en grève et jusqu’à 3 millions de personnes dans la rue contre la réforme des retraites ? Les syndicats !&nbsp; Qui, après la dissolution de l’Assemblée, a rassemblé 800 000 personnes contre le danger fasciste ? Encore les syndicats !</p>



<p>Malgré un recul historique de la syndicalisation – de 30-35 % au sortir de la Seconde Guerre mondiale à moins de 10 % aujourd’hui – les organisations syndicales regroupent encore près de 2 millions d’adhérent·es : la CGT et la CFDT revendiquent plus de 600 000 membres chacune, FO environ 380 000, et Solidaires, la FSU, l’UNSA, la CFE-CGC et la CFTC autour de 100 000 chacune.</p>



<p>La présence syndicale reste cependant très inégale : forte dans les transports, l’éducation ou l’automobile, très faible dans le commerce ou le tourisme, où la main-d’œuvre est souvent féminisée et racisée, et où les salaires et conditions de travail sont les plus dégradés.&nbsp; Mais même dans ces ces « déserts syndicaux », les luttes récentes – femmes de chambre de l’hôtel Ibis, travailleurs sans-papiers de Chronopost – ont&nbsp; montré que l’outil syndical peut devenir une arme dès que la volonté de se battre existe. Quand un conflit éclate, c’est vers les syndicats que l’on se tourne.</p>



<p>Les syndicats ne se contentent pas de mobiliser pour des manifestations : ils interviennent au cœur de l’exploitation, dans les entreprises et les secteurs d’activité pour faire respecter les droits des salariés. Ils organisent la grève, ce moment où on se libère momentanément de nos chaînes, ce moment où s&rsquo;ouvre la possibilité de s’organiser collectivement et d’agir pour nous-même.&nbsp;</p>



<p>Malgré un faible taux de syndicalisation, la France conserve un niveau de grève parmi les plus élevés d’Europe (128 jours pour 1 000 salarié·es sur 2010-2019, contre 18 à 57 ailleurs). La quasi-totalité de ces grèves sont appelées par les syndicats. Les mouvements contre la réforme des retraites ont été parmi les plus massifs :</p>



<p>2010 : 364 jours/1 000 salarié·es, 3 millions de manifestant·es.</p>



<p>2019 : 161 jours/1 000, plus de 1,5 million de manifestant·es.</p>



<p>2023 : 171 jours/1 000, un mouvement de plus de 4 mois, 13 journées nationales de grève et de manifestation, parfois supérieures en nombre à 1995 et 2010. Ce dernier mouvement a vu des manifestations dans plus de 300 villes, des cortèges sauvages et un soutien de plus de 70% de la population. Il a créé une crise politique toujours en cours.&nbsp;</p>



<p>Cela ne veut pas dire que la lutte de classe, se résume au syndicalisme :&nbsp; le mouvement des Gilets jaunes ou la révoltes des quartiers après l’assassinat de Nahel ont porté des luttes intenses contre l’exploitation et l’oppression en dehors des syndicats. Mais même dans ces deux situations, les syndicats ont eu un rôle très important – hélas en négatif – en condamnant les violences plutôt qu’en généralisant la lutte. Le syndicat est donc incontournable si on veut agir au sein de notre classe pour son émancipation.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Des stratégies qui mènent à la défaite.</strong><br></h3>



<p>Pourtant les syndicats nous mènent le plus souvent à la défaite comme l’a vu lors des derniers mouvements.</p>



<p>Les syndicats sont fondamentalement des organisations qui négocient nos conditions d&rsquo;exploitation dans le cadre du capitalisme, elles ne cherchent pas à briser l’exploitation. Les directions syndicales cherchent à s&rsquo;asseoir le plus rapidement possible autour de la table de négociation pour tenter d’alléger ou de ne pas trop alourdir nos chaînes. Et ces directions pèsent de tout le poids de la bureaucratie.</p>



<p>La bureaucratie est inhérente au développement du syndicalisme de masse, parce qu&rsquo;elle&nbsp; assure, par le permanentât ou les délégations, la continuité nécessaire au fonctionnement du syndicat par sa participation aux instances dites de négociation, hors des grands mouvements sociaux.&nbsp; Elle se trouve ainsi dans une position sociale particulière : ni patron, ni directement soumis aux conditions de travail qu’elle négocie. Pour garder leur rôle d’interlocuteurs, les directions doivent à la fois conserver la confiance des salarié·es et celle du patronat. Si les directions sont traversées par des clivages, si bien sûr on préfère les orientations de gauche à celles de droite, la bureaucratie dans son ensemble adopte néanmoins une position réformiste.</p>



<p>Le&nbsp; conclave pathétique sur les retraites a montré la capacité des syndicats dit «&nbsp;réformistes&nbsp;», la CFDT en tête, à s&rsquo;asseoir sur les revendications du mouvement, en acceptant les 64 ans. Mais qu&rsquo;ont fait les autres syndicats dit «&nbsp;de transformation sociale&nbsp;» ? Rien de sérieux. Quelques appels pathétiques sans perspective en avril ou mai dans la Fonction publique, un appel tout aussi pathétique de la CGT sur les retraites en juin. Alors qu’en décembre dernier la grève de la Fonction publique, particulièrement massive dans l&rsquo;éducation, avait fait reculer le gouvernement Barnier sur les 3 jours de carences, à la veille de sa chute. Ils&nbsp; en tirent maintenant la conclusion que les salarié.es ne sont pas prêt.e.s à se battre !</p>



<p>De par leur positionnement réformiste, les directions voient fondamentalement les choses par en haut, non depuis l’auto-activité des millions de de salariés en lutte mais depuis l’activité parlementaires et c’est pour cela qu’elles craignent par-dessus tout la crise politique. Pendant le mouvement des retraites, la stratégie intersyndicale a consisté à organiser un mouvement d’expression massif plutôt qu’une confrontation directe : calendrier calé sur le Parlement et le Conseil constitutionnel, mobilisation envisagée avant tout comme pression institutionnelle. Les directions n’ont jamais cherché à encourager l’auto-organisation et les AG de luttes, et la reconduction a été laissée au bon vouloir local sans impulsion militante forte.</p>



<p>Il y a une différence notable entre&nbsp; argumenter qu’il faut reconduire la grève, en délégant des militants pour relayer les appels pour convaincre&nbsp; et motiver des équipes et dire «&nbsp;faites comme vous le sentez&nbsp;» ! C’est pas qu’il ne le peuvent pas :&nbsp; quand il s’agit&nbsp; des élections professionnelles, les directions sollicitent de nombreux militants pour faire des rappels téléphoniques à tous les syndiqués pour les faire voter ; on n&rsquo;a jamais vu cela pour une grève. C’est qu’il ne le veulent pas !</p>



<p>Et il y a bien pire. Quand la mobilisation devient générale et radicale, quand des pans&nbsp; massifs du salariat commencent à se poser la question de rompre les chaînes de l’exploitation plutôt que d&rsquo;en négocier le poids, alors les bureaucraties mettent toute leur énergie pour stopper la grève comme en juin 36 et en mai 68.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Construire un syndicalisme par en bas</strong><br></h3>



<p>Pour dépasser cette contradiction, il faut chercher à construire l’activité syndicale à la base contre la nature même du syndicat : pas en tant qu’outil de négociation mais en tant qu&rsquo;outil qui permet l’auto-organisation et l’auto-activité des travailleur.se.s. Il faut organiser les grèves non pas en tant que lutte économique mais en tant que lutte politique.</p>



<p>Ce que craignent les patrons dans une grève c’est n’est pas tant l’impact économique sur leurs profits &#8211; ils ont beaucoup en réserve, c’est la perte de contrôle, parce que le mouvement prend un caractère politique en remettant en cause leur pouvoir sur la production.</p>



<p>Ainsi quand les patrons d’une boite annoncent une fermeture ou des suppressions de postes, l’enjeu n’est pas de négocier pour limiter la casse, ou obtenir des meilleurs conditions de licenciement, mais de refuser en bloc tous les arguments financiers pour justifier la fermeture, de refuser toute suppression de poste et d’impliquer le plus grand nombre dans la grève et l’auto-organisation pour poser la question du contrôle de la production par les travailleur.se.s.</p>



<p>Il y de nombreux exemples de telles luttes qui sont allées très loin dans l’auto-organisation, dans la radicalité et la confiance collective&nbsp;: pendant les grandes périodes de grèves générales comme en juin 36 et mai 68, mais aussi chez LIP en 1973 ou chez les Conti en 2009. Cela ne&nbsp; signifie pas qu’on gagne sur tout, qu&rsquo;à un moment,&nbsp; on ne va pas négocier, mais cela se fera sur la base d’un rapport de force et d’une confiance collective construite dans la lutte.</p>



<p>A une modeste échelle locale, la lutte menée au lycée Voltaire à Paris en 2007 contre la suppression de deux postes a permis sur le long terme d’organiser un collectif solide. Animés par des militant.e.s qui partageaient le même soucis de la lutte par en bas, la grève et le blocage ont paralysé l’établissement pendant 15 jours, rassemblant quotidiennement près de 70 collègues en AG &#8211; la&nbsp; quasi totalité de ceux qui travaillaient pour discuter démocratiquement de la stratégie à mener et de la reconduction. Nous n’avons pas seulement gagné le maintien des 2 postes, mais également une énorme confiance collective et un fonctionnement systématique en AG mensuelle de tous les personnels qui dure depuis près de 20 ans. Dans ce type de dynamique, les divergences d’appareils syndicaux passent au second plan : l’unité et l’action priment ; des liens se créent avec d’autres établissements et d’autres secteurs pour se soutenir, partager les expériences et les analyses et tenter de généraliser la lutte.</p>



<p>Même si de telles dynamiques ne sont pas tout le temps envisageables,&nbsp; il y&nbsp; a toujours des moyens d’actions collectifs pour prendre position, donner confiance&nbsp; et rester soudé.e.s.&nbsp; Quelques exemples récents dans le secteur de l’éducation en témoignent. Une intense répression contre les équipes militantes a accompagné la politique de Blanquer au ministère de l’Education nationale. La campagne de solidarité avec Kai Terada, un collègue de Sud éducation déplacé de force de son établissement a permis de développer une solidarité exemplaire : affichage de banderoles et photos collectives, pétitions et motions d’AG dans les établissements…&nbsp; Elle a donné la confiance face à la répression du ministère et a finalement permis d’associer des collègues de centaines d&rsquo;établissements à la victoire de Kai.&nbsp;</p>



<p>Pendant le mouvement des retraites, Darmanin préparait sa loi raciste, mais&nbsp; les directions syndicales se sont tu. Pour les dirigeants syndicaux&nbsp; c’est une question «&nbsp;politique&nbsp;» qui se règle au parlement. Quand ils se sont finalement&nbsp; mollement&nbsp; réveillés, il était trop tard, Darmanin avait fait voter sa sale loi avec les voix du RN qui exultait.&nbsp; Mais une campagne de solidarité a débuté autour du collectif des mineurs du parc de Belleville qui avait entamé une lutte fantastique : campagne de photos collectives&nbsp; de solidarité dans les bahut, cortège d&rsquo;enseignants à leur côté dans les manif contre la loi.&nbsp; Dans la suite un collectif syndical s’est organisé en très grande partie grâce à Sud éducation, mais englobant maintenant tous les syndicats. Il prépare une campagne de solidarité à la rentrée scolaire.</p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="938579" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #938579;" loading="lazy" decoding="async" width="629" height="462" data-id="10078" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/Mobilsation-des-Jeunes-de-Belleville-pour-lacces-a-leducation.webp" alt="" class="wp-image-10078 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/Mobilsation-des-Jeunes-de-Belleville-pour-lacces-a-leducation.webp 629w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/Mobilsation-des-Jeunes-de-Belleville-pour-lacces-a-leducation-300x220.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/10/Mobilsation-des-Jeunes-de-Belleville-pour-lacces-a-leducation-80x60.webp 80w" sizes="auto, (max-width: 629px) 100vw, 629px" /></figure>
</figure>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>S’organiser en tant que révolutionnaire </strong><br></h3>



<p>Si l’on veut agir en tant que révolutionnaires dans et pour notre classe, la présence active dans les syndicats et dans leur construction est donc&nbsp; incontournable. Mais par leur nature même les syndicats ne seront jamais des organes révolutionnaires. En saisissant cette contradiction par en bas, l’activité des révolutionnaires au sein des syndicats offre la possibilité d&rsquo;accroître la confiance collective dans la lutte, dans la force révolutionnaire de notre classe.</p>



<p>Mais il faut garder en tête que la lutte de classe est tout sauf linéaire. Il y des vagues, des creux, des mouvements sur la gauche et sur la droite. Tout cela peut désorienter voire démoraliser. C’est pourquoi qu’il nous faut des boussoles. Elles nécessitent une analyse collective partagée de la situation globale, des forces et des faiblesses du mouvement. Ces boussoles ne tombent pas du ciel, elles s’élaborent se testent collectivement. C’est pour cela qu’à A2C nous pensons qu’il faut non seulement s’impliquer dans les syndicats mais aussi de façon autonome.</p>



<p>Nicolas Verdon (Paris 20ème)</p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/classes-sociales/quel-syndicalisme-pour-organiser-notre-classe/">Quel syndicalisme pour organiser notre classe ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Gaza : De la solidarité massive à la grève politique</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/gaza-de-la-solidarite-massive-a-la-greve-politique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Anouk]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Oct 2025 16:22:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Retours militants]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=10067</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Depuis le 7 octobre 2023, les manifestations massives ont montré la solidarité des travailleurs, travailleuses et de la jeunesse dans le monde entier, rassemblant des millions de personnes dans plus de 100 pays, y compris <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/gaza-de-la-solidarite-massive-a-la-greve-politique/" title="Gaza : De la solidarité massive à la grève politique">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/gaza-de-la-solidarite-massive-a-la-greve-politique/">Gaza : De la solidarité massive à la grève politique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Depuis le 7 octobre 2023, les manifestations massives ont montré la solidarité des travailleurs, travailleuses et de la jeunesse dans le monde entier, rassemblant des millions de personnes dans plus de 100 pays, y compris en France et dans d’autres États impérialistes. Malgré cette force, les massacres se poursuivent et la répression ne cesse pas. Il faut donc construire des stratégies efficaces : les manifestations et les campagnes de boycott ne suffisent pas, il faut travailler à l’unité des travailleurs et à l’organisation de la grève, tout en dénonçant clairement l’impérialisme français.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Pour une riposte syndicale à l’impérialisme</strong></h3>



<p>On entend souvent que le syndicat se limite aux conditions de travail, aux salaires et aux droits, et qu’un bon syndicaliste doit surtout défendre les intérêts immédiats des travailleurs. Pourtant, la solidarité internationale fait partie des traditions du mouvement ouvrier. Il faut certes parler des conditions de travail et des salaires, mais aussi de tout ce qui structure cette société capitaliste, notamment la guerre et les génocides. Le mouvement syndical n’a rien à perdre à s’engager activement dans ce combat. Au contraire, il a tout à y gagner : retrouver de la force, reprendre sa place et contribuer à l’unité de l’ensemble des travailleurs.</p>



<p>Le mois de juin a montré par l’exemple que des mobilisations d’ordre politique sont possibles. Plusieurs lieux de travail en France se sont mobilisés pour dénoncer le génocide et bloquer les soutiens à Israël. Au Sénat, les travailleurs de la CGT se sont mobilisés lors de la venue d’un ambassadeur israélien. Le 1er juin, la CGT Décathlon a appelé à une grève pour le désengagement de l’entreprise de ses liens avec Israël. Le 4 juin, les dockers ont empêché la livraison d’armes pour Israël, en collaboration avec les dockers de Gênes. Le 14 juin, l’intersyndicale a appelé à une série de rassemblements en France. À peu près au même moment, les syndicats de l’aéroport de Roissy ont appelé à ne pas participer à la livraison d’armes vers Israël. Enfin, le 17 juin, en région parisienne et à Marseille, plusieurs syndicats de l’éducation ont appelé à une grève contre le génocide et contre la répression des enseignant.es. Ces exemples prouvent que les mobilisations directes contre la guerre et le génocide sont non seulement possibles, mais sont déjà une réalité dans nos lieux de travail.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un contexte pour l’offensive</strong></h3>



<p>En plus des manifestations hebdomadaires dans toutes les villes en France, des actions régulières s’inscrivent dans la continuité des campagnes BDS, appelant au boycott des entreprises liées à Israël. Elles mettent en lumière le rôle de la France dans la colonisation de la Palestine, notamment par l’acheminement d’armes et par divers accords économiques. Depuis deux ans, toutes ces mobilisations rencontrent la répression de l’État, qui cherche à faire taire les voix de résistance et à affaiblir notre capacité à nous organiser. L’Éducation nationale participe à cette silenciation en sanctionnant des collègues qui refusent de se taire face au génocide en cours. À Sens, la répression à l’encontre d’une collègue d’abord suspendue puis blâmée en mai dernier pour avoir organisé une minute de silence a provoqué une vague d’indignation dans l’éducation.&nbsp;</p>



<p>Le véritable moteur de cette mobilisation n’a pas été la répression, mais la prise de confiance dans notre capacité à agir. Si des camarades et collègues se sont rassemblés, voire ont fait grève, c’est avant tout parce qu’un contexte global de mobilisations massives a permis de prendre confiance. En effet, le convoi Soumoud ainsi que les immenses manifestations suite à l’arrestation de la flottille ont montré la force des masses qui se soulèvent. Bien plus forte que la répression, la vision de milliers de personnes qui, par la marche ou par la mer, tentent de braver les frontières pour briser le blocus israelien, est pour nous toutes et tous un élément de confiance pour agir. C’est dans ce contexte que nous avons pu nous rassembler et tenter une offensive par la grève, afin de montrer, comme d’autres, que dans nos lieux de travail nous pouvons nous mobiliser.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Grève de juin</strong></h3>



<p>Des camarades syndicalistes ont organisé&nbsp; cette grève, pendant que dans plusieurs autres villes en France avaient également lieu des rassemblements condamnant la sanction contre notre collègue de Sens. Pour permettre cette journée de grève, un travail à la base a été fait.&nbsp;</p>



<p>Elle a été construite dans les bahuts, par des assemblées générales souvent par les sections syndicales d&rsquo;établissement. À Paris comme à Marseille, plusieurs camarades sont intervenu.es auprès de leurs collègues, dans leur établissement ou dans leur union locale pour entamer des discussions sur la possibilité de se mettre en grève contre le génocide et la répression. Ces initiatives ont réuni plus de 100 personnes à Marseille, l’un des plus gros rassemblements de l’année devant l’inspection académique, et on compte trois vies scolaires complètement en grève. À Paris, près de 500 personnes se sont rassemblées devant le ministère de l’Éducation nationale. Dans les deux cas, malgré le peu de temps, là où un travail militant de terrain a été fait, des personnels se sont mobilisés. Cela s’est également vu dans des établissements pas encore convaincus ou incertains sur la grève, qui ont pu, avant ou après, réaliser des actions de visibilisation (banderoles et pancartes) devant leur établissement.</p>



<p>Au-delà de la mobilisation, la construction de cette grève doit participer à répandre l’idée que nous pouvons montrer concrètement notre solidarité avec le peuple de Palestine depuis nos lieux de travail et par la grève. Cet exemple participe à montrer que nous pouvons nous organiser et nous mettre en grève en soutien à la Palestine.&nbsp;</p>



<p>Il faut&nbsp; convaincre nos syndicats de l’importance de s’engager dans de tels mouvements, car, par leur capacité à mobiliser et à faire résonner les revendications, ils sont essentiels pour amplifier le mouvement.</p>



<p>Mais il faut aller plus loin pour continuer à répandre l’idée que les travailleurs et travailleuses possèdent le pouvoir de tout renverser, et même, qu’ils sont les seuls à pouvoir changer quoi que ce soit à la situation en Palestine.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>La classe ouvrière comme force centrale</strong><br></h3>



<p>La grève des personnels de l’Éducation en juin est un premier pas, qui nous rappelle que les travailleurs ont déjà changé le cours des luttes internationales. Par exemple, en 1984, Mary Manning, une ouvrière de 21 ans de Dunnes Stores en Irlande, refuse, suite aux directives syndicales, de vendre un pamplemousse venant d’Afrique du Sud. À la suite de ce refus, elle est suspendue. En solidarité, dix autres caissier·es du magasin la rejoignent dans une grève qui durera près de trois ans. Cette mobilisation exceptionnelle contre l’apartheid montre que cela est possible. Plus encore, la grève se termine en 1987, lorsque le gouvernement irlandais interdit l’importation de produits en provenance d’Afrique du Sud. Cette grève nous rappelle toute la puissance des travailleurs et travailleuses qui, par leur action, peuvent tout changer. Aujourd’hui encore les travailleurs et travailleuses détiennent la clé de la libération de la Palestine.<br></p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Ce qu’il faut construire maintenant</strong><br></h3>



<p>Chaque lieu de travail, chaque secteur qui prend l’initiative fournit la confiance est un point d’appui pour les autres. A l’image des dockers de Gênes qui ont annoncé qu’ils déclencheront une grève si les passager·es de la grande flottille qui doit arriver à Gaza mi-septembre se font arrêter. Il est de notre responsabilité, en tant que syndicaliste, de tout faire pour que cet appel trouve un écho, non seulement parmi les travailleurs portuaires, mais aussi parmi tous les travailleurs et travailleuses qui souhaitent briser le blocus de Gaza.</p>



<p>Il est donc crucial de faire de la grève politique un outil puissant pour transformer la solidarité en pression concrète. Les travailleurs et travailleuses ont le pouvoir de changer le cours des événements, non seulement en France, mais aussi à l’échelle internationale. Dans cette période de regain de militarisation, militons pour que nos lieux de travail s’engagent dans le soutien aux peuples opprimés et le combat contre l’impérialisme français.</p>



<p>Yassine, A2C Marseille <br></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/retours-militants/gaza-de-la-solidarite-massive-a-la-greve-politique/">Gaza : De la solidarité massive à la grève politique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Nous sommes toustes des secteurs stratégiques !</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/nous-sommes-toustes-des-secteurs-strategiques/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Sep 2025 18:24:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Classe]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte des classes]]></category>
		<category><![CDATA[Macron]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.autonomiedeclasse.org/?p=9961</guid>

					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les chutes des gouvernements formés par Michel Barnier (décembre 2024) et François Bayrou (septembre 2025) sont advenues dans des contextes politiques très similaires marqués notamment par l’incapacité de la classe dirigeante en France à gouverner grâce aux moyens actuels de la démocratie bourgeoise. Mais alors que c’était la censure parlementaire par les fascistes du RN qui avait provoqué la chute du gouvernement Barnier, dans le cas de Bayrou c’est la menace d’un mouvement social d’ampleur le 10 septembre qui a poussé la classe dirigeante à le sacrifier dans l’espoir de couper l’herbe sous le pied de la mobilisation.</div>
<p> <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/nous-sommes-toustes-des-secteurs-strategiques/" title="Nous sommes toustes des secteurs stratégiques !">[...]</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/nous-sommes-toustes-des-secteurs-strategiques/">Nous sommes toustes des secteurs stratégiques !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #18 &#8211; septembre 2025</h6>



<p>Les chutes des gouvernements formés par Michel Barnier (décembre 2024) et François Bayrou (septembre 2025) sont advenues dans des contextes politiques très similaires marqués notamment par l’incapacité de la classe dirigeante en France à gouverner grâce aux moyens actuels de la démocratie bourgeoise. Mais alors que c’était la censure parlementaire par les fascistes du RN qui avait provoqué la chute du gouvernement Barnier, dans le cas de Bayrou c’est la menace d’un mouvement social d’ampleur le 10 septembre qui a poussé la classe dirigeante à le sacrifier dans l’espoir de couper l’herbe sous le pied de la mobilisation.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un mouvement de classe, une classe en mouvemen</strong>t</h2>



<p>Cette différence a des conséquences majeures quant aux possibilités ouvertes par la séquence politique qui démarre à partir de septembre 2025. L’appel à « tout bloquer » est d’abord apparu sur les réseaux sociaux puis est parvenu en quelques semaines à prendre une ampleur nationale en dehors de l’initiative et du contrôle des directions politiques, syndicales et associatives nationales. Ce qu’il faut noter en premier lieu à propos de ce mouvement c’est qu’il a très vite révélé son caractère de classe : c’est une révolte des pauvres contre les riches, de celles et ceux qui subissent les évolutions du capitalisme face à celles et ceux qui les mettent en œuvre.<br>Une partie importante de notre classe s’est emparée de l’appel à tout bloquer pour le discuter et l’organiser à travers des assemblées publiques dans plusieurs dizaines de villes, villages ou quartiers. L’écho s’est aussi amplifié au fur-et-à-mesure avec les prises de position et appels à rejoindre le mouvement de tout un ensemble de formes collectives à travers lesquelles notre classe s’organise : Collectifs antiracistes et antifascistes, collectifs de sans-papiers et mineur.e.s isolé.e.s, collectifs de solidarité avec la Palestine, collectifs écologistes, féministes, LGBTQI+, sections syndicales, groupes politiques locaux, collectifs de quartier, associations, etc.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La question du pouvoir</h2>



<p>Derrière l’appropriation et la prise en charge par toute une partie de notre classe d’un appel issu d’abord des réseaux sociaux, il faut voir une conséquence des expériences et des bilans qui ont été tirés des précédents mouvements sociaux : Face à une classe dirigeante de plus en plus déterminée, les solutions par en haut ne fonctionnent pas, les rapports de force institutionnels et les négociations, qu’elles soient politiques ou syndicales, ne mènent à rien, il faut donc une autre stratégie au mouvement.<br>Le mot d’ordre qui a été central dans la construction du 10 septembre est très offensif : tout bloquer ! Et c’est bien autour de cette question que les assemblées se sont réunies et que les questions de stratégie se sont posées : tout bloquer, ok, mais comment on fait ? Cela affirme d&#8217;emblée la volonté non pas d’être de simples instances de représentation réduites à appliquer des consignes venues d’en haut ou à remonter des revendications, mais bien des endroits où notre classe prend les choses en main, où les décisions sont prises et les discussions de stratégie menées.<br>Pour s’ancrer dans le temps, comme pour se donner les moyens de gagner, il sera fondamental de développer ces assemblées, d’y maintenir ce niveau de discussions et de décisions, de faire de la participation du plus grand nombre une boussole. Tout mouvement finit par se doter d’une direction, s’il ne se donne pas lui-même les moyens de l’organiser par en bas, elle viendra alors d’en haut. Le potentiel d’extension de ces modalités d’organisation est encore énorme quand on pense aux centaines de villes et villages impliquées dans les mouvements les plus massifs de ces dernières années : Mouvement des retraites 2023, révolte pour Nahel et contre les violences policières en 2023, manifestations antifascistes après la dissolution de l’assemblée nationale en été 2024, les manifestations à l’occasion de la journée internationale contre le racisme le 22 mars 2025, les mobilisations féministes du 8 mars et 25 novembre de ces dernières années.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment gagner ? Comment tout bloquer ?</h2>



<p>Est-ce que pour gagner, il faut bloquer en premier lieu les flux (routes, ronds-points, entrées des villes) ou il faut faire la grève ? Est-ce que faire grève signifie se concentrer sur des secteurs stratégiques ou faut-il que nous fassions tou.te.s grève ? Ces 2 questions ont traversé le mouvement dans ces premières semaines et c’est de la manière dont ces débats continueront d’être menés et de leur issue ainsi que des expériences et bilans qui en découleront que dépendra en partie la capacité de ce mouvement à s’ancrer dans la durée et à s’étendre.<br>Démarrer les discussions par la question des secteurs stratégiques, c’est déjà affirmer que certains secteurs le seraient et d’autres non, donc que la grève de certain.e.s travailleur.se.s serait plus importante que la grève d’autres. Cela laisse à penser que ces secteurs seraient en réalité quasi décisifs à eux seuls pour l’emporter. Il faudrait alors trouver les secteurs ou flux qui touchent le plus au porte-monnaie de la bourgeoisie. Et puis alors quoi ? La classe dirigeante cèdera bien quelques négociations ! C’est sous-estimer la classe dirigeante et prendre la question de la grève à l’envers en la réduisant à une simple expression du rapport de force actuel. En premier lieu la grève libère, permet de prendre conscience de notre pouvoir collectif, elle permet à notre classe de s’organiser et de développer la conscience en son propre pouvoir.<br>Et si l’objectif est bien la généralisation de la grève, ces assemblées de villes, villages ou quartiers deviennent les lieux idéaux pour coordonner les piquets de grève et blocages, pour discuter de comment celles et ceux déjà en grève peuvent aller convaincre celles et ceux qui ne le sont pas, de soutenir les points forts de la grève et s’appuyer sur ces points forts pour convaincre ailleurs, pour se défendre face à la répression et aux fascistes, pour organiser les collages et diffusions de tracts, pour organiser la solidarité. Construire avec la conviction que chaque personne qui reprend confiance dans sa capacité à agir, chaque personne qui s’organise est une personne qui renforce notre capacité collective à gagner et le faire à une échelle de masse. Cela ne signifie pas que la grève est le seul mode d’action, cela signifie que le mouvement considère la généralisation de la grève comme une des questions autour de laquelle on s’organise, on cherche comment agir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Unité et solidarité</h2>



<p>Ce sont sur ces bases-là de stratégies et de généralisation de la lutte que doivent être menées les débats sur la question de la lutte en solidarité avec la Palestine, de la lutte contre le racisme et en solidarité avec les migrant.e.s, contre le sexisme, la transphobie, contre toutes les oppressions qui s’attaquent à notre classe et détruisent les vies de nombre d’entre nous. Non pas comme des questions à côté de celles de la grève ou du blocage, mais comme des enjeux centraux dans l’extension du mouvement et de la grève autour desquels l’unité et la solidarité de classe peuvent se forger. La capacité du mouvement à prendre ces questions en charge à travers son auto-organisation et l’intervention des collectifs organisés sur des luttes spécifiques seront déterminantes.<br>Enfin, le mouvement qui s’annonce doit être aussi une occasion d’isoler et de faire reculer les fascistes : aussi bien leurs organisations les plus institutionnelles (RN, Reconquête, syndicats étudiants ou d’agriculteurs) que leurs militant.e.s et groupes de rue. Cela ne pourra se faire sans combiner la question de l’antiracisme (articulée avec celle de la grève comme discuté plus haut) avec les actions spécifiques pour empêcher aux fascistes toute apparition dans la rue. Cette question est également reliée à celle de la grève dans le sens où, partout où les fascistes apparaîtront forts, les capacités de généraliser la grève reculeront car ils peuvent incarner une autre stratégie à travers leurs partis forts dans les élections et institutions ou parce qu’ils peuvent faire reculer l’organisation du mouvement en l’attaquant physiquement. Cela nécessitera d’empêcher les apparitions de militant.e.s du RN et de Reconquête sur les marchés, de mener des réunions publiques, des meetings etc., de dissuader toute attaque contre des collages, des assemblées ou des piquets de grève, de démontrer une solidarité inconditionnelle et en acte face aux attaques racistes en direction des musulman.e.s, immigré.e.s, racisé.e.s.<br>Face à l’austérité, au racisme, au nationalisme, pour empêcher la guerre et le fascisme, nous sommes tou.te.s concerné.e.s : seule notre classe peut briser la trajectoire du capital, soyons toutes et tous des acteur.rice.s du changement !</p>



<h5 class="wp-block-heading">A2C</h5>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/situation-politique/nous-sommes-toustes-des-secteurs-strategiques/">Nous sommes toustes des secteurs stratégiques !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
