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	<title>Archives des capitalisme militaire - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Comprendre le colonialisme français pour mieux le combattre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Vic]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Dec 2024 16:49:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[anticolonial]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Les Cahiers d&#8217;A2C #15 &#8211; décembre 2024 Pour la plupart des observateur·rice·s dans le monde, il ne fait pas de doute que les «départements d’outre-mer» français sont des colonies, qui paraissent bien anachroniques après les <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/international/comprendre-le-colonialisme-francais-pour-mieux-le-combattre/" title="Comprendre le colonialisme français pour mieux le combattre">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #15 &#8211; décembre 2024</h6>



<p>Pour la plupart des observateur·rice·s dans le monde, il ne fait pas de doute que les «départements d’outre-mer» français sont des colonies, qui paraissent bien anachroniques après les vagues de luttes de libération nationale et le démantèlement des empires européens. Il n’y a qu’en France qu’on se convainc que les habitant·e·s de ces pays ont de la chance d’être pris en charge, même si on en connaît peu les réalités au-delà de quelques clichés. Et à chaque fois que des mouvements sociaux éclatent, on entend que ces territoires coûteraient cher à la France sans rien lui rapporter. Pourquoi dans ce cas y envoyer des contingents de gendarmes mobiles ? Pourquoi la France refuse-t-elle l’auto-détermination des peuples de Nouvelle-Calédonie, des Antilles, de Guyane ou de la Réunion ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un contre-développement qui produit des inégalités et de la pauvreté</strong></h2>



<p>L’esclavage a conduit à l’extermination des peuples autochtones puis à la déportation de millions d’Africain·e·s. Malgré son abolition dans les colonies françaises (1794 puis 1848), obtenue par les luttes de masse des esclaves et par la nécessité de moderniser le système, la structure hiérarchique socio-raciale pèse toujours dans les sociétés de plantation. Dans toutes les sociétés post-esclavagistes, on observe le maintien des Afro-descendant·es et des Autochtones dans une position subalterne. Les vagues d’immigration asiatique ont également contribué à ces sociétés créoles, dans lesquelles la couleur de peau et l’appartenance communautaire réelle ou supposée pèsent particulièrement sur le destin des individus et des groupes sociaux.&nbsp;</p>



<p>Tout développement économique endogène est combattu car il permettrait de sortir de la dépendance coloniale. La corruption de la classe politique est encouragée pour garder le contrôle sur les élites et discréditer l’indépendance.&nbsp;</p>



<p>Les tableaux ci-dessous font état de sociétés restées très inégalitaires, incomparables avec la France au niveau de la pauvreté et du développement humain. Depuis des décennies, le discours dominant est pourtant celui du « rattrapage des outre-mers », et les médias pointent régulièrement du doigt le coût des colonies pour la métropole.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img data-dominant-color="edefef" data-has-transparency="false" fetchpriority="high" decoding="async" width="908" height="585" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/indicateurs-inegalites-jpg.webp" alt="" class="wp-image-9125 not-transparent" style="--dominant-color: #edefef; width:830px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/indicateurs-inegalites-jpg.webp 908w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/indicateurs-inegalites-300x193.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/indicateurs-inegalites-768x495.webp 768w" sizes="(max-width: 908px) 100vw, 908px" /></figure>



<p>La départementalisation de 1946 et la conquête progressive de droits sociaux équivalents à ceux des Français de l’Hexagone a conduit à élever les niveaux de vie comparativement aux pays voisins et à casser l’agriculture de substance. La dépendance aux transferts sociaux de la métropole s’en est accrue, et des vagues migratoires récentes ont permis la mise en concurrence entre travailleur·euse·s, et détournent les colères sociales.&nbsp;</p>



<p>Le rattrapage est un mythe. L’argent investi par l’Etat est insuffisant pour les besoins des populations et, grâce aux multiples défiscalisations, il revient majoritairement dans les poches des grandes entreprises françaises ou des descendants des colons, qui bénéficient de rentes monopolistiques. L’octroi de mer (une taxe à l’importation) permet d’exonérer l’Etat du financement des collectivités locales et de renforcer la dépendance aux produits importés. Les colonies départementalisées ne représentent donc pas un poids économique pour la France, comme le proclame l’idéologie dominante<sup data-fn="31dd68f0-831f-410e-b8e0-a14ec83cfa83" class="fn"><a id="31dd68f0-831f-410e-b8e0-a14ec83cfa83-link" href="#31dd68f0-831f-410e-b8e0-a14ec83cfa83">1</a></sup>.&nbsp;</p>



<p>Cependant, le principal enjeu des «confettis de l’empire colonial» n’est pas strictement économique. Pour comprendre pourquoi la France refuse de lâcher ses colonies, il faut observer les enjeux géostratégiques.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des enjeux géostratégiques majeurs</strong></h2>



<p>De la guerre froide jusqu’au monde multipolaire actuel, la France est parvenue à maintenir son rang de grande puissance, parmi les 5 membres du Conseil de Sécurité de l’ONU, dotée de l’arme atomique, avec une influence diplomatique grâce à la souveraineté qu’elle maintient sur les territoires qu’elle considère comme «ultra-marins». Le ratio du nombre de militaires par habitant est beaucoup plus important dans les colonies qu’en France, et la dernière loi de programmation militaire 2023-2028 renforce cette présence, avec le redéploiement des troupes auparavant stationnées en Afrique de l’Ouest.&nbsp;</p>



<p>Des bases militaires sont installées dans les océans Indien, Atlantique et Pacifique, et notamment dans la principale zone stratégique de confrontation inter-impérialisted’aujourd’hui, que les militaires appellent «indo-pacifique». Mayotte contrôle l’entrée du canal du Mozambique, et grâce à la Réunion, la Nouvelle Calédonie et la Polynésie, la France est signataire du Traité d&rsquo;Amitié et de Coopération en Asie du Sud-Est et participe au Forum régional de l&rsquo;ASEAN.&nbsp;</p>



<p>La France possède le deuxième domaine maritime derrière les Etats-Unis, avec une Zone économique exclusive de plus de 11 millions de km². Ce contrôle permet l’accès à d’importantes ressources halieutiques (pêche), mais surtout scientifiques et géostratégiques. Les fonds marins, un des derniers espaces peu exploités de la planète, représentent un des lieux majeurs de la compétition impérialiste au 21ème siècle. Par exemple, les Terres australes et antarctiques françaises abritent des stations météorologiques qui permettent d’observer le changement climatique, ainsi que des réserves de pétrole et de métaux rares. Même les courants marins pourraient devenir une nouvelle source d’énergie.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" width="630" height="450" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/bdf5f12_1700666280039-mfache-le-nickel-en-province-nord-nouvelle-calei-donie-238.avif" alt="" class="wp-image-9124" style="width:293px;height:auto"/><figcaption class="wp-element-caption">Ouvriers à l&rsquo;usine de Koniambo Nickel SAS, à Voh, Kanaky</figcaption></figure>
</div>


<p>La Kanaky-Nouvelle-Calédonie est le 4ème producteur mondial de nickel, ses réserves sont évaluées à 10% du total mondial. L’exploitation du nickel représente 1/4 des emplois du privés (directs et indirects), et 90% des exportations, vers des pays d’Asie qui l’utilisent dans la production d’aciers de haute qualité ou de batteries électriques.&nbsp;</p>



<p>Le nickel représente un enjeu politique car, suite aux accords de Nouméa, la province Nord, à majorité kanak et indépendantiste, détient 51% du capital d’une des trois grandes usines de l&rsquo;île à Koniambo. Cependant, le développement économique fondé sur les ressources minières est fragile car il représente de lourds investissements et dépend des cours mondiaux qui peuvent varier très rapidement (la Bourse des Métaux est à Londres). L’exploitation minière a également des impacts très négatifs sur l’environnement. Les mêmes observations sont sans doute valables à propos des projets d’exploitation par Total du pétrole offshore au large de la Guyane .&nbsp;</p>



<p>En Guyane, le centre spatial européen de Kourou profite de sa localisation proche de l’équateur, car les lancements d’Ariane profitent d’une force maximale de rotation terrestre et demandent donc moins de kérosène. Pour cette raison, la France loue également à la Russie la base de Soyouz à Sinnamary. Cependant, la concurrence est de plus en plus forte avec les bases US en Floride et au Texas, russes en Sibérie, indiennes et chinoises, en vue de la conquête de l’espace, nouveau terrain de jeu pour l’expansion capitaliste.&nbsp;</p>



<p>Le caractère colonial de l’industrie spatiale française est avéré : absence de retombées économiques significatives via l’exonération de tout impôt sur le foncier, recrutement majoritairement exogène des cadres, ségrégation sociale et raciale de la ville de Kourou, refus d’enquêtes indépendantes sur les maladies respiratoires&#8230; Les Guyanais·e·s ne s’y sont pas trompé·e·s lors de la grève générale de 2017 : c’est le blocage stratégique du rond-point de la Carapa qui a empêché le décollage d’Ariane et permis la signature des Accords de Guyane.&nbsp;</p>



<p>La prise en compte de ces enjeux stratégiques permet de comprendre pourquoi la France fait tout pour conserver ses dernières colonies. Céder une réelle autonomie à l’une, ce serait prendre le risque de les perdre toutes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Entre luttes sociales et danger de «mayottisation»</strong></h2>



<p>Depuis les années 2000, la généralisation des grandes surfaces et de la société de consommation aux Antilles, en Guyane et à la Réunion a accentué la dépendance aux produits importés, avec des écarts de prix entre 15% et 40% sur les produits alimentaires. La lutte contre la vie chère est donc devenue une préoccupation importante. Autour de cette revendication se sont construites des coalitions sociales de circonstance et des perspectives politiques fluctuantes. En 2008-2009 ont eu lieu des grèves générales avec des barrages des carrefours routiers, où les syndicats de salarié·e·s avaient une place centrale, avec également une présence des petits patrons (notamment du transport) et une menace d’embrasement via l’entrée en scène de la jeunesse précarisée sur les barrages. Ces mouvements, héritiers d’une longue histoire de lutte, ont obtenu des avancées ponctuelles pour les travailleur·euse·s et la population mais n’ont pas réussi à modifier la structure économique et sociale qui produit la vie chère.&nbsp;</p>



<p>Les mouvements récents en Martinique, à la suite des mobilisations contre le pass sanitaire au moment du COVID, ont été menés par des collectifs moins ancrés dans la société et plus confus, avec certain·e·s leaders de premier plan qui acceptent de s’afficher auprès du RN. Les revendications prennent leur sens quand elles s’articulent dans un objectif d’émancipation sociale et décoloniale, sinon elle risque d’être un feu de paille, voire d’accroître la dépendance envers les produits importés de France et la défiance de la masse de la population.&nbsp;</p>



<p>Les ressentiments face aux maintien des inégalités et à l’incurie des élites politiques se combinent désormais avec la désignation des migrant·e·s les plus récent·e·s comme responsables de la crise. Les votes pour le RN ne sont plus limités aux familles des colons ou de leurs descendants et aux membres des forces de répression, ils sont devenus massifs au fil des scrutins présidentiels. Des discours ouvertement racistes se déploient, au sein de la petite bourgeoisie et dans les milieux populaires, y compris dans des secteurs jusque-là influencés par la gauche et les indépendantistes. L’Etat français est ainsi accusé de favoriser les migrant·e·s contre les natifs, la police est accusée d’être laxiste face à la délinquance, la suppression du droit du sol devient envisagée dans le débat public.</p>



<p>C’est à Mayotte, dernière colonie à être départementalisée, que ce processus d’unification de la société colonisée contre « l’étranger », comorien ou africain, est le plus engagé. Issue d’une séparation artificielle de l’archipel des Comores lors du passe-passe de Giscard au référendum de 1976, séparation toujours condamnée par les résolutions de l’ONU, l’île de Mayotte est aujourd’hui un laboratoire pour les politiques racistes et sécuritaires. Des maires peuvent appeler publiquement la population mahoraise à des opérations de destruction des maisons des migrant·e·s et de traque des exilé·e·s, avec la passivité ou le soutien des forces de police. A tel point qu’on parle de «mayottisation» pour désigner les pires scénarios auxquels mènent les politiques de division raciste des populations.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comment être anticolonialiste en France ?</strong></h2>



<p>Un peuple qui en opprime un autre ne peut pas être libre. Pour les militant·e·s de la gauche française, dont l’auteur de cet article fait partie, cette affirmation devrait être davantage méditée. Les anticolonialistes guyanais·e·s ont l’habitude de dire des Français·e·s qui viennent travailler dans leurs pays, qu’iels se disent souvent humanistes, et parfois féministes, syndicalistes ou communistes quand iels prennent l’avion à Roissy, mais qu’après huit heures de vol, arrivé·e·s en pays dominé, le plus souvent iels se retrouvent juste dans une position de colon, avec la mentalité et les réflexes qui vont avec. Le paternalisme colonial, la certitude de la supériorité de ses valeurs et de sa culture, de son «modèle républicain», continuent souvent à gangrener la gauche française. Le programme de la France insoumise dans les colonies, par exemple, se propose d’appliquer ce que les gouvernements successifs promettent depuis des décennies, un alignement des conditions de vie sur la métropole et une adaptation à la marge des réglementations en vigueur, dans le cadre d’une «égalité républicaine» de moins en moins crédible<sup data-fn="d9d3f561-eb9e-457f-936f-d4973aa53c34" class="fn"><a id="d9d3f561-eb9e-457f-936f-d4973aa53c34-link" href="#d9d3f561-eb9e-457f-936f-d4973aa53c34">2</a></sup>.&nbsp;</p>



<p>Dans le contexte d’un risque de déclassement de la France au niveau international, qui serait encore amplifié par la perte de ses dernières colonies, il n’est pas toujours facile de tenir des positions internationalistes.&nbsp;</p>



<p>Ce que ne comprennent pas les nostalgiques de la grandeur française, c’est que de nombreux peuples sont en train de comprendre qu’ils pourraient vivre mieux en sortant de la tutelle. Soixante ans après l’indépendance du Burkina Faso, 80% de la population n’a toujours pas accès à l’électricité, alors que l’ancienne puissance coloniale extrait l’uranium du Niger voisin pour son industrie nucléaire. Quelques mois après le départ des militaires français, le gouvernement burkinabé signait un contrat avec la Russie pour la construction prochaine d’une centrale nucléaire sur place.&nbsp;</p>



<p>L’Azerbaidjan, qui préside le mouvement des non-alignés<sup data-fn="8b748729-2d30-4c39-a94a-344cfdd0307e" class="fn"><a id="8b748729-2d30-4c39-a94a-344cfdd0307e-link" href="#8b748729-2d30-4c39-a94a-344cfdd0307e">3</a></sup> à l’ONU, critique ouvertement la politique de la France dans ses colonies et propose un soutien matériel et diplomatique aux mouvements qui la contestent. Bien sûr, ce pays utilise ce moyen pour faire pression dans le cadre de sa guerre contre les Arméniens du Haut Karabagh, soutenus (officiellement) par la France. Nous ne sommes pas sur une approche campiste, à A2C, nous avons une vision globale de l’impérialisme, mais nous savons que notre responsabilité première est de lutter contre «notre» classe dirigeante, contre le pouvoir de nuisance de «notre» État, , car personne ne pourra le faire à notre place.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="7b685e" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #7b685e;" decoding="async" width="1100" height="688" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/revolution-des-oeillets-1100x688.webp" alt="" class="wp-image-9123 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/revolution-des-oeillets-1100x688.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/revolution-des-oeillets-300x188.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/revolution-des-oeillets-768x480.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/revolution-des-oeillets-jpeg.webp 1200w" sizes="(max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>



<p>Alors qu’on vient de célébrer le cinquantième anniversaire de la Révolution des Œillets, un parallèle pourrait nous être utile. Le Portugal était, en 1974, un pays qui s’accrochait à ses colonies de l’Angola et du Mozambique, et dont la défaite a conduit ses soldats à se retourner contre le pouvoir, et à fraterniser avec les mouvements ouvriers. C’était un pays devenu marginal en Europe, où le projet de l’extrême-droite au pouvoir était de revenir à l’âge d’or (très) lointain d’un empire colonial disparu. Un pays où la jonction de la révolution anticoloniale et de la révolution sociale a permis une des dernières expériences d’un pouvoir par en bas en Europe de l’Ouest<sup data-fn="70445efc-8777-4737-b5fb-edf18c0ee580" class="fn"><a id="70445efc-8777-4737-b5fb-edf18c0ee580-link" href="#70445efc-8777-4737-b5fb-edf18c0ee580">4</a></sup>.&nbsp;</p>



<p>A l’heure où les fascistes, en France et ailleurs, portent ce fantasme de la «grandeur» coloniale perdue, à nous de faire vivre un internationalisme concret, à la fois humble et ambitieux, qui représente la condition de nos victoires futures.&nbsp;&nbsp;</p>



<h5 class="wp-block-heading">Vincent Touchaleaume (Marseille)</h5>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Kanaky : L’ennemi principal est dans notre pays !&nbsp;</strong></h2>



<p>Le 13 mai 2024, face à un projet de dégel du corps électoral, la société kanak s&rsquo;est soulevée contre le colonialisme : manifestation massive à Nouméa, mutinerie à la prison de Camp Est, grèves au port et à l&rsquo;aéroport, blocage de dépôts de carburants, incendies des entreprises de colons…<sup data-fn="d42e2ffc-cce6-470e-80a4-d3cc1b36d650" class="fn"><a id="d42e2ffc-cce6-470e-80a4-d3cc1b36d650-link" href="#d42e2ffc-cce6-470e-80a4-d3cc1b36d650">5</a></sup> Ce sont les travailleur·euse·s, les tribus et la jeunesse kanak qui se sont mobilisé·e·s contre la poursuite d&rsquo;une colonisation de peuplement, dans ce qui est le plus grand mouvement indépendantiste depuis la période des « Événements » (1984-1988)<sup data-fn="00e70160-8033-4c97-9b53-324513fe677c" class="fn"><a id="00e70160-8033-4c97-9b53-324513fe677c-link" href="#00e70160-8033-4c97-9b53-324513fe677c">6</a></sup>.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="777377" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #777377;" loading="lazy" decoding="async" width="1100" height="618" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/Kanaky1-1100x618.webp" alt="" class="wp-image-9122 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/Kanaky1-1100x618.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/Kanaky1-300x169.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/Kanaky1-768x431.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/Kanaky1-678x381.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2024/12/Kanaky1-png.webp 1280w" sizes="auto, (max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /><figcaption class="wp-element-caption">Manifestation à Nouméa</figcaption></figure>



<p>Les raisons de ce soulèvement sont multiples et profondes, sociales et politiques ! Niveau de vie et d&rsquo;études, chômage, incarcération, accès aux services, racisme : la ségrégation des Kanak persiste. La responsabilité en incombe évidemment au colonialisme français. Mais la défiance de la jeunesse envers les partis indépendantistes, qui ont fait confiance au colonisateur pour décoloniser, a aussi participé de l’ampleur du mouvement et des moyens d’actions.</p>



<p>Dès le 14 mai, la France réprimait sévèrement : couvre-feu, arrestations, envoi de troupes et de matériel de guerre, suspension de TikTok, soutien aux milices loyalistes armées, etc. À ce jour, les troupes coloniales et les milices ont tué 11 Kanak. La France a déplacé plus de 70 Kanak de Camp Est aux prisons de la métropole et 7 cadres de la CCAT<sup data-fn="e07466f2-2370-445e-890f-9b8ff230c802" class="fn"><a id="e07466f2-2370-445e-890f-9b8ff230c802-link" href="#e07466f2-2370-445e-890f-9b8ff230c802">7</a></sup> y ont été également déporté·e·s. Iels risquent des dizaines d&rsquo;années de prison pour leur rôle dans l&rsquo;organisation de la lutte d&rsquo;indépendance.</p>



<p><strong>Face à l’une des principales puissances militaires, l’indépendance kanak nécessite l&rsquo;existence d&rsquo;un mouvement massif de solidarité depuis la métropole.</strong> Nous avons la capacité d&rsquo;agir et d&rsquo;influer positivement sur l&rsquo;issue de leur lutte, par exemple en s&rsquo;opposant à l&rsquo;envoi des forces de répression et en visibilisant les exactions de l&rsquo;Etat français. Réciproquement, c&rsquo;est l&rsquo;ensemble des luttes des opprimé·e·s en France qui se renforcerait des victoires du peuple kanak face à l&rsquo;Etat français. Dans l&rsquo;immédiat, l&rsquo;urgence est de se mobiliser aux côtés de la diaspora et des organisations kanak en métropole pour la libération et le rapatriement de tou·te·s les prisonnier·e·s politiques kanak.</p>



<h5 class="wp-block-heading">A2C Strasbourg</h5>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="31dd68f0-831f-410e-b8e0-a14ec83cfa83">Un article plutôt objectif du principal journal économique patronal en attestait suite aux grandes grèves de 2009 : les Echos, <a href="https://www.lesechos.fr/2009/03/combien-coute-loutre-mer-a-la-france-1081771" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Combien coûte l&rsquo;outre-mer à la France ?</a> <a href="#31dd68f0-831f-410e-b8e0-a14ec83cfa83-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="d9d3f561-eb9e-457f-936f-d4973aa53c34">Elodie Nac, <a href="https://blogs.mediapart.fr/adrien-guilleau/blog/160217/adresse-aux-camarades-de-france-insoumise">Adresse aux camarades de France Insoumise</a>, Mediapart <a href="#d9d3f561-eb9e-457f-936f-d4973aa53c34-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="8b748729-2d30-4c39-a94a-344cfdd0307e">Mouvement représentant 120 pays à l’ONU, né de la conférence de Bandung en 1955 et ayant soutenu la décolonisation de nombreux pays d’Asie, d’Afrique et d’ Amérique <a href="#8b748729-2d30-4c39-a94a-344cfdd0307e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="70445efc-8777-4737-b5fb-edf18c0ee580">On peut écouter à ce sujet l’<a href="https://drive.google.com/file/d/1C5FRFJ5R49aS1qLqFlEp94nXjkqBaOoL/view" target="_blank" rel="noreferrer noopener">introduction de Gaël</a> lors du week-end IDF de mars 2024 <a href="#70445efc-8777-4737-b5fb-edf18c0ee580-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="d42e2ffc-cce6-470e-80a4-d3cc1b36d650">Pour plus de contextualisation, voir Luc Tournabien, <a href="https://blogs.mediapart.fr/lindependant-knc/blog/200924/nouvelle-caledonie-comment-les-exactions-de-l-etat-ont-mene-au-chaos-insurrectionnel" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Nouvelle-Calédonie : comment les exactions de l’État ont mené au chaos insurrectionnel</a> <a href="#d42e2ffc-cce6-470e-80a4-d3cc1b36d650-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="00e70160-8033-4c97-9b53-324513fe677c">Survie.org, <a href="https://survie.org/billets-d-afrique/2018/275-mars-2018/article/histoire-de-la-kanaky-en-quelques-dates" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Histoire de Kanaky en quelques dates</a> <a href="#00e70160-8033-4c97-9b53-324513fe677c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li><li id="e07466f2-2370-445e-890f-9b8ff230c802">CCAT : Cellule de Coordination des Actions de Terrain, émanation de l’Union Calédonienne, principale organisation indépendantiste. <a href="#e07466f2-2370-445e-890f-9b8ff230c802-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7">↩︎</a></li></ol>


<p></p>
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		<title>Se préparer aux guerres qui (re)viennent</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/se-preparer-aux-guerres-qui-reviennent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Meriem]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Oct 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[capitalisme militaire]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
		<category><![CDATA[guerre impérialiste]]></category>
		<category><![CDATA[Impérialisme]]></category>
		<category><![CDATA[rivalités impérialistes]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">L’invasion russe de l’Ukraine entre dans son 7e&#160;mois sans solution en vue. À l’autre bout de la planète, la concurrence économique entre la vieille puissance des USA et la Chine émergente se transforme sous nos <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/se-preparer-aux-guerres-qui-reviennent/" title="Se préparer aux guerres qui (re)viennent">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p style="font-style:normal;font-weight:600">L’invasion russe de l’Ukraine entre dans son 7<sup>e</sup>&nbsp;mois sans solution en vue. À l’autre bout de la planète, la concurrence économique entre la vieille puissance des USA et la Chine émergente se transforme sous nos yeux en rivalité militaire, avec le détroit de Taïwan comme point de déflagration annoncé. Après des décennies où les guerres semblaient se cantonner aux périphéries du système capitaliste, nous assistons au retour des combats et des tensions au cœur même du système : l’Europe et l’Asie du Sud-Est. Les rivalités économiques, commerciales et géopolitiques se doublent d’une course effrénée aux armements. La situation ressemble furieusement au début du 20<sup>e</sup>&nbsp;siècle qui avait accouché de la Première Guerre mondiale. Les révolutionnaires qui, à l’époque, avaient refusé de se ranger derrière leurs classes dirigeantes respectives avaient inscrit deux slogans sur leurs bannières : « l’ennemi principal est à la maison », et « transformer la guerre impérialiste en guerre civile ». Ces mots d’ordres sont-ils toujours d’actualité ?</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #04 &#8211; SEPTEMBRE 2022</h6>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="has-drop-cap">À en croire les réactions de la grande majorité de la gauche à l’invasion russe de l’Ukraine, la réponse est clairement non. Une partie insignifiante de la gauche légitimise de fait la guerre déclenchée par Poutine contre l’Ukraine et reprend, avec quelques nuances d’usage, la propagande du chef du Kremlin. Mais cette « gauche » ne mérite pas qu’on s’attarde sur son cas. Bien plus graves sont les positions prises par la gauche qui reconnaît à juste titre la nature impérialiste de la politique poursuivie par l’État russe, mais ne voit d’autre réponse possible que de s’aligner objectivement avec un impérialisme rival, donc avec sa propre classe dirigeante.&nbsp;</p>



<p>Sans prétendre à une revue exhaustive, cet article va tenter de montrer que les positions erronées de la gauche proviennent fondamentalement d’une incompréhension de la nature de l’impérialisme, qui l’empêche de voir la guerre en Ukraine dans son contexte plus large –&nbsp;et donc de se préparer aux confrontations à venir.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Qu’est-ce que l’impérialisme ?&nbsp;</strong></h2>



<p>D’une certaine manière, l’impérialisme existe depuis que l’État existe. Empire romain, égyptien, perse, arabe, chinois, germanique, mongol, ottoman, etc. : de nombreuses civilisations ont exhibé des tendances à l’expansion armée. Le schéma de l’époque était relativement simple : les classes dirigeantes de ces sociétés vivaient dans des grandes villes (Rome, Ctésiphon, Baghdad, Pékin, etc.) et exploitaient les classes paysannes des zones rurales aux alentours. Une puissance émergente avait donc tendance à utiliser son armée pour conquérir de nouvelles terres, accaparant ainsi plus de ressources qui servaient principalement à la consommation de la classe dirigeante. Dans ce contexte, les forces armées servaient principalement à assurer l’obédience des classes paysannes et l’extraction des ressources par la force. Les guerres entre les différentes puissances impérialistes avaient un caractère épisodique et secondaire ; le trait principal était la domination des faibles par les forts.&nbsp;</p>



<p>L’impérialisme moderne est un phénomène très différent. Son trait principal est la rivalité entre les plus grosses puissances capitalistes, alors que la domination des faibles par les forts, malgré toute sa brutalité, en est une conséquence.&nbsp;</p>



<p>L’impérialisme moderne trouve son origine dans le système économique capitaliste arrivé à un certain niveau de développement.</p>



<p>La tendance à la concentration et à la centralisation du capital, identifiée par Marx dès le 19<sup>e</sup>&nbsp;siècle, est une conséquence naturelle de la nature compétitive du capitalisme. Les entreprises les plus profitables peuvent investir pour baisser leurs coûts de production et ainsi agrandir leurs parts de marché au détriment de leurs rivaux. Les entreprises les moins profitables disparaissent ou, souvent, sont rachetées par leurs rivales plus puissantes. Ainsi, un nombre toujours plus petit d’entreprises concentre de plus en plus de capitaux et occupe une plus grande partie du marché. Des branches entières de production sont dominées par une poignée de compagnies ou de groupes. L’essor des banques et du système financier, en permettant de rassembler des capitaux issus de différents domaines pour les diriger en tant qu’investissements, ne fait que doper ces tendances. Le révolutionnaire russe Nikolaï Boukharine explique en 1914 :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="font-style:normal;font-weight:400">
<p>« Là où de nombreuses entreprises propriétés d’individus étaient en compétition les unes avec les autres, on voit apparaître la concurrence la plus féroce entre une poignée de groupes capitalistes géants poursuivant une politique complexe et calculée [&#8230;] La compétition est réduite à peau de chagrin à l’intérieur des économies « nationales », pour prendre des proportions colossales dans l’arène de l’économie mondiale. »<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6001_4('footnote_plugin_reference_6001_4_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_6001_4('footnote_plugin_reference_6001_4_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6001_4_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6001_4_1" class="footnote_tooltip"><a href="https://www.marxists.org/archive/bukharin/works/1917/imperial/10.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://www.marxists.org/archive/bukharin/works/1917/imperial/10.htm</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6001_4_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6001_4_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>
</blockquote>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="6b6b6b" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #6b6b6b;" loading="lazy" decoding="async" width="813" height="558" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/A2C_RevueN4_Guerres_Illustr_1.jpg" alt="guerres impérialisme" class="wp-image-6005 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/A2C_RevueN4_Guerres_Illustr_1.jpg 813w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/A2C_RevueN4_Guerres_Illustr_1-300x206.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/A2C_RevueN4_Guerres_Illustr_1-768x527.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 813px) 100vw, 813px" /></figure>



<p>Ce partage du monde entre les multinationales ne relègue aucunement les États nationaux aux arrière-plans. Dans leur combat dans l’arène mondiale, les firmes capitalistes ont un besoin vital de s’adosser à un État suffisamment puissant pour défendre leurs intérêts face aux entreprises liées à d’autres États, de leur assurer un accès aux matières premières et à la force de travail dans des conditions favorables, et enfin de leur « ouvrir » et de protéger leurs parts de marché sur tous les continents.</p>



<p>De son côté, l’État moderne a besoin d’encourager le développement du capitalisme. Une de ses sources principales de revenus est la taxation des profits des entreprises : l’État s’approprie ainsi une partie des fruits de l’exploitation du travail salarié, et est donc directement intéressé par le succès de « ses » capitalistes (quand il n’agit pas lui-même en tant que capitaliste, par exemple à travers les entreprises dont il est actionnaire). De plus, le pouvoir d’un État moderne, de sa bureaucratie et de ses forces armées, repose sur des infra­structures et des équipements matériels. Moyens de communication, de transport, armes, marine, aviation, etc., tous ces attributs de puissance, sans lesquels l’autorité d’un État disparaîtrait en fumée, sont inconcevables sans l’industrie capitaliste.&nbsp;</p>



<p>Enfin, tout comme la concurrence entre les différents capitaux est une caractéristique fondamentale du système, l’État moderne existe forcément en compétition avec d’autres États.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>La dépendance mutuelle et dialectique entre État et capital crée ce lien entre la compétition géopolitique et la compétition économique : c’est la caractéristique fondamentale de l’impérialisme.</p>



<p>La hiérarchie des nations impérialistes n’est pas figée : la dynamique du capitalisme est inégale dans l’espace et dans le temps, et le centre de gravité de l’accumulation ne reste jamais au même endroit. Le partage du monde et des zones d’influences repose sur des rapports de forces entre les différentes nations capitalistes, rapports qui sont eux-mêmes instables. Les relations se décident, en dernier lieu, par la puissance militaire.&nbsp;Selon Lénine :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="font-style:normal;font-weight:400">
<p>« Les alliances pacifiques préparent les guerres et, à leur tour, naissent de la guerre ; elles se conditionnent les unes les autres, engendrant des alternatives de lutte pacifique et de lutte non pacifique sur une seule et même base, celle des liens et des rapports impérialistes de l’économie mondiale et de la politique mondiale. »<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6001_4('footnote_plugin_reference_6001_4_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_6001_4('footnote_plugin_reference_6001_4_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6001_4_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6001_4_2" class="footnote_tooltip"><a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1916/vlimperi/vlimp9.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1916/vlimperi/vlimp9.htm</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6001_4_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6001_4_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>
</blockquote>



<p>C’est ainsi que la lutte économique et politique permanente explose en des déflagrations violentes où les questions de rapport de forces se règlent par les armes. La guerre n’est donc, selon la célèbre formule du théoricien militaire prussien Carl von Clausewitz, que la continuation de la politique par d’autres moyens. C’est d’autant plus vrai dans les périodes de déséquilibre aigü, lorsque des puissances économiques sur le déclin utilisent leur force armée pour enrayer leur chute, tandis que les forces émergentes tentent de se construire une puissance militaire digne de leur nouveau statut économique.</p>



<p>C’était notamment le cas des deux guerres mondiales qui éclatèrent sur le continent européen. La Grande-Bretagne et la France étaient deux puissances sur le déclin mais fortes de leurs colonies et de leur influence commerciale et politique accumulée lorsqu’elles se trouvaient au sommet de la hiérarchie. L’Allemagne, puissance émergente, devenue économiquement plus dynamique, cherchait à se forger une stature politique et commerciale digne de son nouveau statut économique, donc à empiéter sur le territoire des anciennes puissances.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’impérialisme et la guerre en Ukraine</strong></h2>



<p>L’impérialisme est donc ancré dans l’ADN du capitalisme moderne ; reprocher à Poutine de mener une politique impérialiste équivaut à reprocher à un patron de mener une politique capitaliste.</p>



<p>Les formes spécifiques prises par la relation entre l’État et le capital, les stratégies spécifiques adoptées par les classes dirigeantes peuvent varier d’une époque à l’autre selon une multitude de facteurs historiques et politiques. Dans un article publié en juin 2022, le militant britannique Rob Ferguson revient sur les trois dernières décennies qui ont fait que l’Ukraine s’est retrouvée prise au milieu de la « fissure eurasiatique » entre la Russie et l’Otan. Il résume la problématique post-soviétique ainsi :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="font-style:normal;font-weight:400">
<p>« La Russie a émergé de l’effondrement de l’empire soviétique avec une économie, un État et une armée sérieusement affaiblis ; mais elle était loin d’être impuissante. Elle a hérité du deuxième plus grand arsenal nucléaire du monde et des plus grosses forces armées conventionnelles de la région. La plupart des États de l’ex-URSS restèrent longtemps dépendants des ressources énergétiques russes ainsi que de l’infrastructure industrielle et économique mise en place sous le pouvoir soviétique. La puissance de la Russie étant limitée comparé aux USA et à ses alliés, il est d’autant plus vital pour l’État russe d’être capable de défendre ce qui lui reste d’influence et de pouvoir. »<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6001_4('footnote_plugin_reference_6001_4_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_6001_4('footnote_plugin_reference_6001_4_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6001_4_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6001_4_3" class="footnote_tooltip"><a href="http://isj.org.uk/eurasian-faultline/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">http://isj.org.uk/eurasian-faultline/</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6001_4_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6001_4_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>
</blockquote>



<p>Le rôle historique de Vladimir Poutine doit être vu dans ce contexte. Après le chaos de la première décennie post-URSS, l’arrivée au pouvoir de l’ancien du KGB a permis de discipliner les oligarques, de recentraliser le pouvoir d’État (notamment en menant des guerres sanglantes en Tchétchénie et en refondant les appareils de sécurité intérieure) et de reprendre un contrôle direct sur certains secteurs économiques stratégiques. La relation entre le capital et l’État fut ainsi reconstruite en Russie, sur des bases économiques certes moins élevées que l’URSS<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6001_4('footnote_plugin_reference_6001_4_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_6001_4('footnote_plugin_reference_6001_4_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6001_4_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6001_4_4" class="footnote_tooltip">La Russie étant principalement réduite à une source de matières premières pour le marché mondial avec une industrie relativement faible. Pour donner un ordre de grandeur, le PIB de la Russie équivaut à moins de la moitié de celui de l’Allemagne, et le PIB par habitant·e de la France est 4 fois plus important que celui de la Russie.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6001_4_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6001_4_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, mais permettant néanmoins à l’État russe d’utiliser sa puissance économique et militaire pour défendre son influence régionale face à l’expansion de l’Otan. La guerre en Ukraine ne peut être vue hors de ce contexte. Le fait que l’impérialisme russe soit principalement occupé par la défense de ses intérêts face à un impérialisme plus puissant ne le rend pas le moins du monde légitime ; il s’agit simplement pour nous d’essayer de comprendre ce qui se passe, sur quelles bases réelles les exploiteurs se concurrencent entre eux.&nbsp;</p>



<p>La réaction de l’Otan à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, en plus des sanctions économiques visant la Russie et de l’armement direct de l’armée ukrainienne, est résumée par cette observation de Henry Foy :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="font-style:normal;font-weight:400">
<p>« Alors que la guerre fait rage en Ukraine, les pays du flanc Est de l’Otan sont le théâtre du déploiement militaire le plus rapide et le plus massif de l’histoire moderne de l’Europe : un état d’alerte et de mobilisation qui n’est pas tout à fait celui d’une guerre, mais qui est aussi loin de la paix [&#8230;] et sans les accords de la guerre froide qui servaient de garde-fous. »<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6001_4('footnote_plugin_reference_6001_4_5');" onkeypress="footnote_moveToReference_6001_4('footnote_plugin_reference_6001_4_5');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6001_4_5" class="footnote_plugin_tooltip_text">5</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6001_4_5" class="footnote_tooltip"><a href="https://www.ft.com/content/a1a242c3-9000-454d-bec7-c49077b2cc6c" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://www.ft.com/content/a1a242c3-9000-454d-bec7-c49077b2cc6c</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6001_4_5').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6001_4_5', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>
</blockquote>



<p>Il est clair que l’enjeu objectif de cette guerre, qu’on le veuille ou non, dépasse largement la question de l’autodétermination du peuple ukrainien dont l’Otan et Poutine se foutent éperdument. Pour l’Otan, l’enjeu est double : d’un côté, <em>« transformer l’Ukraine en Afghanistan »</em>, comme l’a dit sans sourciller Hillary Clinton, c’est-à-dire de profiter de l’erreur d’un rival pour l’affaiblir fût-ce au prix de la destruction de l’Ukraine. Mais pour l’État américain, qui reste de loin l’impérialisme le plus puissant et le plus dangereux de la planète, l’enjeu dépasse la Russie. Cette dernière est un rival économique insignifiant, et un rival militaire de second rang capable tout au plus de jouer un rôle régional.<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6001_4('footnote_plugin_reference_6001_4_6');" onkeypress="footnote_moveToReference_6001_4('footnote_plugin_reference_6001_4_6');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6001_4_6" class="footnote_plugin_tooltip_text">6</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6001_4_6" class="footnote_tooltip">Pour donner une idée, le budget militaire de la Russie en 2019 était 5&nbsp;fois moins important que le budget militaire des pays européens de l’Otan sans compter les États-Unis. Si l’on inclut le budget militaire des USA, le rapport est de 1 à 15.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6001_4_6').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6001_4_6', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script> L’enjeu stratégique pour l’impérialisme US est représenté par la puissance capitaliste émergente qui menace son hégémonie économique comme aucune ne l’avait jamais fait auparavant : la Chine. La guerre de la Russie contre l’Ukraine est donc l’occasion de resserrer les liens de l’Otan, de gagner la bataille politique pour l’augmentation des budgets militaires et la préparation des armées au retour des ­confrontations entre grandes puissances.</p>



<p>La Chine est dans le collimateur de l’impérialisme US depuis longtemps : déjà au moment de l’invasion de l’Irak en 2003, les think-tanks américains parlaient de contrôler la région qui alimente l’économie chinoise en pétrole. Barack Obama a tenté tant bien que mal de désengager les troupes US du moyen-orient au nom de la politique du « pivot vers l’Asie ». Donald Trump s’est engagé dans une « guerre commerciale » contre la Chine, une politique continuée depuis par Joe Biden. Le président actuel n’exclut pas une confrontation militaire avec la Chine au sujet de Taïwan, dont l’industrie produit l’immense majorité des puces électroniques du monde, et dont la zone maritime est le point de passage de la majorité des exportations chinoises.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="a2a2a2" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #a2a2a2;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2022/10/A2C_RevueN4_Guerres_Illustr_2-1024x682.jpg" alt="guerres impérialisme" class="wp-image-6006 not-transparent"/></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quel internationalisme, quelle politique antiguerre ?</strong></h2>



<p>Cet article a tenté d’offrir une perspective alternative à celle qui domine la gauche depuis l’invasion de l’Ukraine. Les points suivants sont à souligner :&nbsp;</p>



<p>Premièrement, l’impérialisme n’est pas simplement une politique poursuivie par une classe dirigeante mais c’est une conséquence objective de la rivalité économique et de la rivalité géopolitique sous le capitalisme. Reprocher à un État de mener une politique impérialiste revient à reprocher à un patron de mener une politique capitaliste. L’impérialisme n’a pas pour origine véritable l’idéologie de telle ou telle classe dirigeante. Celles et ceux qui fouillent dans les bas-fonds de la pensée impériale russe, ou pire encore, s’adonnent à des spéculations sur la psychologie de Poutine pour expliquer la guerre meurtrière déclenchée contre l’Ukraine regardent dans la mauvaise direction. Le discours idéologique peut être nécessaire pour justifier une aventure impérialiste ; il n’en constitue pas pour autant l’origine, qui est matérielle et objective. La « nature » d’un régime (démocratique, parlementaire, autocratique, etc.) n’est pas non plus le facteur décisif. Beaucoup de bavardages s’attardent sur la nature autoritaire du régime russe pour expliquer l’invasion de l’Ukraine, comme si les pays démocratiques que sont les USA, la France et la Grande-Bretagne n’avaient jamais envahi personne !&nbsp;</p>



<p>Deuxièmement, le trait principal de l’impérialisme n’est pas la domination des faibles par les forts, mais la rivalité entre les puissances impérialistes. Ce point est important à la fois dans l’analyse (que nous avons tenté de démontrer ci-dessus) et dans notre réaction politique. Gilbert Achcar, par exemple, réduit l’impérialisme à une série d’invasions de pays faibles par des pays plus forts, sans lien particulier entre elles (il est loin d’être le seul à penser de la sorte). C’est ce qui lui permet d’affirmer que :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="font-style:normal;font-weight:400">
<p>« Le sort de l’invasion de l’Ukraine par la Russie déterminera la propension de tous les autres pays à l’agression. Si elle échoue à son tour, l’effet sur toutes les puissances mondiales et régionales sera celui d’une forte dissuasion. Si elle réussit [&#8230;], l’effet sera un glissement majeur de la situation mondiale vers la loi de la jungle sans retenue, enhardissant l’impérialisme des États-Unis lui-même et ses alliés à poursuivre leur propre comportement agressif. »<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_6001_4('footnote_plugin_reference_6001_4_7');" onkeypress="footnote_moveToReference_6001_4('footnote_plugin_reference_6001_4_7');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_6001_4_7" class="footnote_plugin_tooltip_text">7</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_6001_4_7" class="footnote_tooltip"><a href="https://alencontre.org/laune/memorandum-sur-une-position-anti-imperialiste-radicale-concernant-la-guerre-en-ukraine.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://alencontre.org/laune/memorandum-sur-une-position-anti-imperialiste-radicale-concernant-la-guerre-en-ukraine.html</span></a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_6001_4_7').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_6001_4_7', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script></p>
</blockquote>



<p>L’affirmation fantaisiste selon laquelle l’échec d’une aventure impérialiste aurait un effet dissuasif sur toutes les autres puissances ne résiste pas au moindre examen des faits tels qu’ils se sont déroulés dans le monde réel. L’échec de la France en Indochine n’a pas dissuadé les USA d’envahir le Vietnam ; leur propre échec n’a pas empêché l’URSS d’envahir l’Afghanistan dans la foulée, pour un échec plus retentissant encore. Les occupations catastrophique par les USA de l’Afghanistan et de l’Irak, que Achcar prend en exemple, sont loin d’avoir dissuadé les autres puissances : dans la foulée, Israël a lancé une guerre contre le Liban, la Russie a profité de l’embourbement des USA au Moyen-Orient pour envahir la Géorgie en 2008, l’Iran, la Turquie, Israël, la Russie et les USA eux-mêmes sont intervenus en Syrie, l’Arabie saoudite a envahi le Yémen, sans compter les nombreuses interventions de l’armée française sur le continent africain.</p>



<p>Si l’on comprend l’impérialisme comme un système de rivalités entre différentes puissances, et non comme une série d’aventures aléatoires, alors il devient tout à fait logique que l’échec d’une puissance impérialiste puisse avoir pour effet d’encourager d’autres puissances à s’engouffrer dans la brèche, à profiter de l’occasion pour faire avancer leurs pions.&nbsp;</p>



<p>Pas un ou une anti-impérialiste digne de ce nom ne souhaiterait pour autant autre chose qu’un échec de l’impérialisme russe en Ukraine. Mais la question fondamentale est de quel échec parlons-nous ? Il existe, en fin de compte, deux possibilités : ou bien l’échec est le fait d’une intervention (directe ou indirecte) de puissances impérialistes rivales de la Russie (avec le peuple ukrainien comme chair à canon), ou bien l’échec de la classe dirigeante russe est le résultat d’un soulèvement populaire contre la guerre.&nbsp;</p>



<p>La gauche est malheureusement en grande partie montée dans le train en marche de l’impérialisme rival ; en soutenant les sanctions contre la Russie (qui sont, comme toute l’histoire des sanctions internationales le démontrent, des sanctions contre le peuple russe, des sanctions qui vont renforcer la mainmise économique et politique de la classe dirigeante russe sur son peuple), en soutenant les livraisons d’armes par l’Otan, on se range derrière la classe dirigeante ukrainienne qui, apeurée par l’impérialisme russe, s’est livrée à un impérialisme rival.&nbsp;</p>



<p>Face à la Première Guerre mondiale, les bolcheviks agitèrent avec succès le mot d’ordre de la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile. Une politique qui aboutit à la révolution et contribua à mettre fin à la guerre. Cette possibilité peut aujourd’hui sembler utopique et lointaine.</p>



<p>Pourtant, envers et contre tout, et malgré la faiblesse de l’agitation politique, une telle possibilité existe réellement : depuis le premier jour de l’invasion, les soldats de l’armée russe montrent peu d’enthousiasme pour la guerre. L’État russe a tellement peur des désertions qu’il n’a toujours pas déclaré de mobilisation générale de sa population ; de nombreuses désertions ou refus de combattre ont été rapportés. Des soldats auraient même exécuté leur propre commandant dans au moins un cas identifié. Des unités formées de minorités ethniques russes et placées dans les zones les plus dangereuses du front ont protesté. Le fait même que l’État russe se sente obligé d’appliquer une censure impitoyable pour arrêter l’expression du sentiment antiguerre prouve que celui-ci existe réellement. De leur côté, des syndicalistes biélorusses ont revendiqué plusieurs actes de sabotage sur le réseau ferré qui sert l’armée russe.&nbsp;</p>



<p>Tous ces faits peuvent sembler isolés et anecdotiques à celles et ceux qui ne voient pas la possibilité d’un soulèvement contre la guerre, d’une fraternisation entre les Ukrainien·nes et les Russes contre cette guerre qui leur est imposée par l’État russe, comme une issue possible du conflit. Pour les révolutionnaires, au contraire, ces faits constituent la preuve irréfutable qu’une politique visant à transformer la guerre impérialiste en guerre de classe est possible. C’est même la seule alternative réaliste à un affrontement Otan-Russie sur la terre ukrainienne.&nbsp;</p>



<p>Pour la gauche occidentale, encourager cette possibilité signifie avant tout couper l’herbe sous les pieds de nos impérialistes, de notre classe dirigeante. En affirmant haut et fort qu’aucun alignement avec notre classe dirigeante n’est possible, en refusant les sanctions qui touchent le peuple russe, en refusant l’augmentation des budgets militaires, on lui enverrait un message clair : il est possible de s’unir par en bas contre cette guerre imposée par en haut.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Conclusion</strong></h2>



<p>Le pacifisme abstrait est tout à fait vain ; espérer que la guerre s’arrêtera par elle-même, et surtout que de nouvelles guerres ne seront pas déclenchées, reviendrait à exorciser les démons du capitalisme par des incantations magiques.&nbsp;</p>



<p>Il faut tout d’abord reconnaître la nature objective de la guerre impérialiste sous le capitalisme. Que derrière la façade des volontés subjectives des cliques dirigeantes, des idéologies fumeuses, qu’elles soient nationalistes ou pseudo-démocratiques, se jouent des tendances objectives, matérielles, qui sont intimement liées aux rivalités capitalistes. Espérer que celles-ci pourront s’émousser en changeant de discours ou de dirigeants est totalement utopique. Sous le capitalisme, les accords d’hier ne sont que les préparations des guerres de demain. La guerre n’est pas une tumeur accrochée au corps sain du capitalisme ; au contraire, la guerre impérialiste est la plus extrême expression de l’essence concurrentielle du capitalisme.&nbsp;</p>



<p>La guerre qui déchire l’Ukraine n’est qu’une répétition à petite échelle de ce que nous réservent les rivalités impérialistes dans les années à venir. Le slogan de la transformation des guerres impérialistes en guerres civiles sera d’actualité car les conditions objectives nous l’imposeront.&nbsp;</p>



<p>Attendre sagement le silence des armes et refuser de sortir les marrons révolutionnaires du feu de l’impérialisme reviendrait finalement à abandonner le destin de l’humanité à telle ou telle classe dirigeante. L’histoire joue cartes sur table et nous donne deux issues à la crise que traverse l’humanité : guerre impérialiste ou guerre de classe ?</p>



<p><strong>Jad Bouharoun</strong></p>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_6001_4();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_6001_4();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_6001_4">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_6001_4" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6001_4_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6001_4('footnote_plugin_tooltip_6001_4_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://www.marxists.org/archive/bukharin/works/1917/imperial/10.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://www.marxists.org/archive/bukharin/works/1917/imperial/10.htm</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6001_4_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6001_4('footnote_plugin_tooltip_6001_4_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1916/vlimperi/vlimp9.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1916/vlimperi/vlimp9.htm</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6001_4_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6001_4('footnote_plugin_tooltip_6001_4_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="http://isj.org.uk/eurasian-faultline/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">http://isj.org.uk/eurasian-faultline/</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6001_4_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6001_4('footnote_plugin_tooltip_6001_4_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text">La Russie étant principalement réduite à une source de matières premières pour le marché mondial avec une industrie relativement faible. Pour donner un ordre de grandeur, le PIB de la Russie équivaut à moins de la moitié de celui de l’Allemagne, et le PIB par habitant·e de la France est 4 fois plus important que celui de la Russie.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6001_4_5" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6001_4('footnote_plugin_tooltip_6001_4_5');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>5</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://www.ft.com/content/a1a242c3-9000-454d-bec7-c49077b2cc6c" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://www.ft.com/content/a1a242c3-9000-454d-bec7-c49077b2cc6c</span></a></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6001_4_6" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6001_4('footnote_plugin_tooltip_6001_4_6');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>6</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Pour donner une idée, le budget militaire de la Russie en 2019 était 5&nbsp;fois moins important que le budget militaire des pays européens de l’Otan sans compter les États-Unis. Si l’on inclut le budget militaire des USA, le rapport est de 1 à 15.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_6001_4_7" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_6001_4('footnote_plugin_tooltip_6001_4_7');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>7</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://alencontre.org/laune/memorandum-sur-une-position-anti-imperialiste-radicale-concernant-la-guerre-en-ukraine.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span class="footnote_url_wrap">https://alencontre.org/laune/memorandum-sur-une-position-anti-imperialiste-radicale-concernant-la-guerre-en-ukraine.html</span></a></td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_6001_4() { jQuery('#footnote_references_container_6001_4').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_6001_4').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_6001_4() { jQuery('#footnote_references_container_6001_4').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_6001_4').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_6001_4() { if (jQuery('#footnote_references_container_6001_4').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_6001_4(); } else { footnote_collapse_reference_container_6001_4(); } } function footnote_moveToReference_6001_4(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_6001_4(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_6001_4(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_6001_4(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/theorie/se-preparer-aux-guerres-qui-reviennent/">Se préparer aux guerres qui (re)viennent</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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