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	<title>Archives des XR - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<description>Pour l&#039;autonomie de classe !</description>
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	<title>Archives des XR - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<item>
		<title>Extinction Rebellion n&#8217;est pas un mouvement homogène</title>
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		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Gabo]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Dec 2019 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Écologie]]></category>
		<category><![CDATA[Crise climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Débats]]></category>
		<category><![CDATA[XR]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Cet article est une réponse d&#8217;un militant d&#8217;XR à notre article sur la stratégie de la non-violence au sein de ce mouvement. Si le consensus non violent est partagé par l’ensemble des membres d’Extinction Rebellion <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/ecologie/extinction-rebellion-nest-pas-un-mouvement-homogene/" title="Extinction Rebellion n&#8217;est pas un mouvement homogène">[...]</a></div>
<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/ecologie/extinction-rebellion-nest-pas-un-mouvement-homogene/">Extinction Rebellion n&rsquo;est pas un mouvement homogène</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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<p style="font-style:normal;font-weight:600"><em>Cet article est une réponse d&rsquo;un militant d&rsquo;XR à <a aria-label="notre article sur la stratégie de la non-violence au sein de ce mouvement. (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.autonomiedeclasse.org/ecologie/mouvement-pour-le-climat-discuter-nos-strategies/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">notre article sur la stratégie de la non-violence au sein de ce mouvement.</a></em></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots"/>



<p>Si le consensus non violent est partagé par l’ensemble des membres d’Extinction Rebellion (XR), il existe néanmoins des discussions voire des divisions sur, d’une part, la définition de la violence, (un tag «&nbsp;céramique la police&nbsp;», un bris de vitrines sont-elles des actions violentes&nbsp;?) et d’autre part, la position d’Extinction Rebellion vis-à-vis d’autres collectifs ayant, eux, recours à l’action directe. Voici à grands traits une description des deux courants présents au sein d’Extinction Rebellion. Cette description ne recoupe pas parfaitement la réalité qui est évidemment plus complexe, car beaucoup de membres d’Extinction Rebellion ne se reconnaîtront dans aucune de ces tendances leurs positions pouvant osciller de l’une à l’autre. Néanmoins, ces deux tendances ont une réalité concrète à l’intérieur d’Extinction Rebellion et ont une influence directe sur la stratégie du groupe et la nature des actions menées. </p>



<h3 class="wp-block-heading">A qui s’adresse la non violence ?</h3>



<p>Comme mentionné plus haut, le consensus de base d’XR est d’être non violent. Une fois cela acté, la division autour de la question de la violence dans Extinction Rebellion porte sur le rapport d’XR aux groupes assumant les actions directes et les affrontements avec la police.</p>



<p>Une première tendance considère qu’Extinction Rebellion doit respecter les divers modes d’action d’autres groupes contestataires et que l’exigence de non violence ne s’adresse qu’aux membres d’Extinction Rebellion. Cela veut par exemple dire que les membres d’XR n’ont pas à effacer des tags écrits par d’autres sur des actions, même si celles-ci sont menées par XR. Par ailleurs, cela peut même aller jusqu’à accepter de faire des actions communes avec des groupes d’action directe violente à la condition de clairement identifier des zones d’affrontement et des zones pacifiques. En d’autres termes, XR pourrait participer à des manifestations organisées comme le sommet des Amériques à Québec en 2001.</p>



<p>Mais, au sein du mouvement, il y a une tendance qui a une vision plus agressive de la non-violence, qui voudrait qu’à partir du moment où XR est présent dans une action, le consensus non violent le plus restrictif possible (incluant les tags anti-flics etc…) s’applique à la totalité des gens présents sur le lieu de l’action, membres d’XR ou pas et, pour faire respecter ce consensus, XR doit se munir d’une sorte de service d’ordre maison capable de sortir les gens de la zone d’occupation et d’un service de nettoyage informel (mais tout de même souvent occupé par des femmes) en charge de nettoyer les tags.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Quelle vision de la place d’XR dans le mouvement global?</h3>



<p>La division sur la place de la non violence dans les actions d’XR au sein d’XR recoupe en fait une division plus profonde qui est celle de la place d’XR dans le mouvement global. Division entre une partie d’Extinction Rebellion qui considère qu’Extinction Rebellion a pour vocation d’être hégémonique dans la contestation, dans le sens où Extinction Rebellion deviendrait suffisamment gros et efficace à court terme pour forcer l’Etat à satisfaire les 4 revendications du mouvement, et une autre partie qui considère qu’Extinction Rebellion a sa place dans le mouvement social, au côté des Gilets Jaunes, des syndicats, des militants autonomes, des militants de partis etc… Bref, qu’XR est une composante de plus dans le mouvement global de contestation.</p>



<p>La tendance «&nbsp;hégémonique&nbsp;» justifie sa conception d’XR en articulant deux croyances. La première est le fait que, selon eux, le problème écologique est le problème le plus important, celui qu’il faut régler en premier, qu’il est totalement indépendant des problèmes de racisme, de répartition des richesses ou d’inégalités entre les femmes et les hommes. L’autre croyance est que la tactique non-violente est la seule qui peut permettre de changer les choses et de mobiliser 3.5% de la population, seuil nécessaire selon les «&nbsp;travaux&nbsp;» de Chenoweth. En fait, cette tendance a une vision dépolitisée de la lutte contre le changement climatique et de la place d’Extinction Rebellion dans celle-ci et ne perçoit pas les contradictions et les antagonismes de la société qui doivent être surmontés pour changer les choses. Cette tendance à la dépolitisation s’explique notamment par le fait qu’une large partie des militants partageant cette vision d’XR sont des gens qui se sont mis en mouvement via les théories de l’effondrement&nbsp;de Servigne and co ou qui pensent que le problème environnemental est avant tout un problème technique. Alors, il suffirait de trouver des solutions techniques, de faire de l’éducation populaire et du lobbyisme institutionnel pour que ces solutions soient reprises par les différents gouvernements quelles que soient les politiques qu’ils mènent. En ignorant complètement la violence institutionnelle de haut en bas, ils considèrent la violence de bas en haut comme une provocation plutôt qu’une réponse. Mais cette tendance a pour elle d’apporter beaucoup à l’efficacité opérationnelle et organisationnelle d’XR. Car là encore, la lutte écologique étant vu comme un problème technique à traiter, le militantisme devient lui aussi une affaire technique d’organisation et de gestion. C’est pourquoi cela débouche sur des actions comme celle de la place du Châtelet, impressionnantes d’un point de vue de l’organisation et de la gestion, mais assez vides politiquement et assez inoffensives.  </p>



<p>L’autre tendance dans XR est plutôt constituée de militants politiques, au sens où la question climatique est intégrée dans la situation politique globale. Cette tendance est plutôt constituée de militants anticapitalistes qui ont déjà milité dans d’autres cadres qu’XR et qui ont des contacts avec le reste du mouvement social. C’est cette tendance qui a organisé le blocage d’Italie 2 avec le comité Adama, des Gilets Jaunes, des Gilets Noirs. En ce moment, des rebelles se sont engagés dans le mouvement contre la réforme des retraites. Les actions menées ont été notamment des blocages d’entrepôts amazon, des sabotages de trottinettes électriques. Les communiqués autour de ces actions ont mis en avant la nécessité écologique de lutter contre les trottinettes électriques ou amazon mais aussi la nécessité tactique de participer au mouvement contre les retraites en amplifiant le blocage des transports et en neutralisant les casseurs de grève. L’action de sabotage des trottinettes a provoqué de vifs débats en interne, mais le succès de l’opération et le travail de fond d’argumentation politique à l’intérieur d’XR ont permis de convaincre beaucoup de rebelles que politiser la lutte d’Extinction Rébellion et l’intégrer dans le mouvement global est inévitable pour avoir une chance de changer les choses.</p>



<p>A l’heure actuelle, il est difficile de savoir combien de militants sont plutôt proches d’une tendance ou de l’autre, mais, ce qui est sûr c’est que la tendance politique n’est pas groupusculaire ou inaudible et le nombre de militants présents à Italie 2 et l’écho de l’opération de sabotage de trotinettes le prouve largement. Il est donc particulièrement abusif et caricatural de dire que «&nbsp;Les rebelles de XR condamnent d’emblée toute forme de violence&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_3512_2('footnote_plugin_reference_3512_2_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_3512_2('footnote_plugin_reference_3512_2_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_3512_2_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_3512_2_1" class="footnote_tooltip"><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/ecologie/mouvement-pour-le-climat-discuter-nos-strategies/">Mouvement pour le climat &#8211; Doit-on faire de la non-violence une stratégie pour gagner?</a></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_3512_2_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_3512_2_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>La non-violence un faux débat</strong></h3>



<p>Le débat de la violence versus la non-violence d’Extinction Rebellion occupe une place disproportionnée dans l’analyse du mouvement par d’autres groupes politiques notamment au vu du peu d’intérêt de la question dans la période.</p>



<p>La pertinence du recours à la violence ne se juge qu’à l’aune de l’objectif politique poursuivi et de la situation. Mais, aujourd’hui, trop de contributions militantes parlent de façon abstraite du recours à la violence ou de son efficacité historique et ont tendance à vouloir faire du rapport à la violence une ligne de démarcation entre un militantisme utile et un militantisme inefficace à tendance idiot utile.</p>



<p>Mais la question de la violence ne se pose pas qu’en termes d’efficacité historique ex-post, mais aussi en terme de capacité de mobilisation. Le fait d’avoir un groupe militant revendiquant l’action non violente permet à des personnes voulant faire de l’action directe sans s’affronter directement avec la police de trouver leur place dans la contestation. Permettre à tous de rejoindre la lutte est une condition nécessaire pour le changement. Par ailleurs, l’expérience montre chez Extinction Rebellion qu’un nombre important de rebelles rentrant dans XR en n&rsquo;aimant pas du tout les slogans anti-flics ont tendance à reconsidérer leur position en subissant le harcèlement des policiers dans la rue et en voyant leurs droits élémentaires systématiquement bafoués.  </p>



<p>Finalement la question qui se pose à nous tous n’est pas de connaître la position respective de chaque groupe politique vis-à-vis du recours à la violence ou de tracer des lignes entre bons et mauvais militants, entre formes nécessaires ou inutiles de mouvements. La question est de savoir quelles sont les formes de mouvement dans lesquelles les militants révolutionnaires doivent s’impliquer pour avoir un impact. De ce point de vue, Extinction Rebellion est un mouvement qui attire du monde et notamment des gens très motivés pour changer les choses. Alors en s’impliquant, en menant les actions avec détermination, en menant des discussions politiques de fond sur la situation et la stratégie et les liens d’XR avec le reste de la contestation, il est tout à fait possible de faire d’XR une organisation sur laquelle compter pour frapper ensemble sur le même clou.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Paul Vadori</h5>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_3512_2();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_3512_2();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_3512_2">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_3512_2" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_3512_2_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_3512_2('footnote_plugin_tooltip_3512_2_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://www.autonomiedeclasse.org/ecologie/mouvement-pour-le-climat-discuter-nos-strategies/">Mouvement pour le climat &#8211; Doit-on faire de la non-violence une stratégie pour gagner?</a></td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_3512_2() { jQuery('#footnote_references_container_3512_2').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_3512_2').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_3512_2() { jQuery('#footnote_references_container_3512_2').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_3512_2').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_3512_2() { if (jQuery('#footnote_references_container_3512_2').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_3512_2(); } else { footnote_collapse_reference_container_3512_2(); } } function footnote_moveToReference_3512_2(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_3512_2(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_3512_2(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_3512_2(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/ecologie/extinction-rebellion-nest-pas-un-mouvement-homogene/">Extinction Rebellion n&rsquo;est pas un mouvement homogène</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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		<item>
		<title>Mouvement pour le climat &#8211; Doit-on faire de la non-violence une stratégie pour gagner?</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/ecologie/mouvement-pour-le-climat-discuter-nos-strategies/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A2C-WP_Gabo]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Dec 2019 15:14:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Écologie]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique du Sud]]></category>
		<category><![CDATA[Crise climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Inde]]></category>
		<category><![CDATA[Stratégie]]></category>
		<category><![CDATA[XR]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">L’urgence climatique mobilise les gens par millions à travers la planète. En septembre dernier, à l’occasion des journées mondiales contre le changement climatique, nous étions plus de 10 millions à manifester dans plus d’une centaine <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/ecologie/mouvement-pour-le-climat-discuter-nos-strategies/" title="Mouvement pour le climat &#8211; Doit-on faire de la non-violence une stratégie pour gagner?">[...]</a></div>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>L’urgence climatique mobilise les gens par millions à travers la planète. En septembre dernier, à l’occasion des journées mondiales contre le changement climatique, nous étions plus de 10 millions à manifester dans plus d’une centaine de villes à travers le monde. En octobre, plusieurs centres-villes ont été bloqués à l’appel du mouvement Extinction Rébellion (XR).</p>



<p>Ces mobilisations viennent répondre à un besoin réel&nbsp;: mettre fin à la trajectoire dévastatrice de cette société et, en même temps, proposer et exiger un monde radicalement différent où nos sociétés respecteront les limites de la nature à laquelle elles appartiennent et dont elles dépendent absolument.</p>



<p>Pendant des décennies, la question climatique était portée soit par des ONGs et leurs lobbyistes, soit par des mouvements locaux ou indigènes qui luttaient contre des dégradations spécifiques de leur environnement, soit des mouvements monothématiques (contre les OGM, pour la sauvegarde des océans, etc.).&nbsp;</p>



<p>Bien que le mouvement actuel doive beaucoup à ces mouvements précurseurs, il a effectué un bond qualitatif grâce à l’impulsion de la jeunesse &nbsp;: poser la question du rapport société humaine-nature d’une manière globale qui lie les questions locales avec les grand dangers globaux. Si le réchauffement climatique et les récents rapports du GIEC «&nbsp;obligent&nbsp;» une prise de conscience plus globale, rien ne garantissait que celle-ci aurait pris la forme d’un mouvement qui grandirait rapidement, qui se poserait des questions sur ses tactiques et sur ses objectifs et prendrait des formes aussi radicales. Car, non seulement le slogan «&nbsp;changer le système, pas le climat&nbsp;» a été repris massivement, mais l’idée de la grève a elle aussi été adoptée partout très rapidement par des élèves et des étudiant·e·s qui cherchent maintenant à l’étendre dans le mouvement ouvrier traditionnel.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-style-default"><img data-dominant-color="a6938c" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #a6938c;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/12/WhatsApp-Image-2019-03-12-at-17.13.45-e1575212008835.jpeg" alt="" class="wp-image-3375 not-transparent"/><figcaption class="wp-element-caption">Grève scolaire pour le climat en Australie en mars 2019</figcaption></figure>



<p>Cet article est le premier d&rsquo;une série d’articles pour ouvrir/continuer le débat sur un certain nombre de questions que (se) pose ce nouveau mouvement.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Changer le système (pas le climat) sans violence</strong></h3>



<p>Crucialement, le besoin d’obliger les «&nbsp;centres de pouvoir&nbsp;» à prendre en compte ce mouvement s’est traduit – à l’initiative de XR – par des blocages massifs dans plusieurs grandes villes. En face, la classe dirigeante, qu’il s’agisse des porte-paroles du climato-scepticisme (fortement financés par des grandes multinationales<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_3366_4('footnote_plugin_reference_3366_4_1');" onkeypress="footnote_moveToReference_3366_4('footnote_plugin_reference_3366_4_1');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_3366_4_1" class="footnote_plugin_tooltip_text">1</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_3366_4_1" class="footnote_tooltip"><a href="https://www.smithsonianmag.com/smart-news/meet-the-money-behind-the-climate-denial-movement-180948204/?fbclid=IwAR1MeZa_1r102woUcAzWT5XXuY5-DxiXQMPltNpvhX_4QjaNoV8f0ye05oA#yhiBukAYcJPDfIUC.01" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label="https://www.smithsonianmag.com/smart-news/meet-the-money-behind-the-climate-denial-movement-180948204/?fbclid=IwAR1MeZa_1r102woUcAzWT5XXuY5-DxiXQMPltNpvhX_4QjaNoV8f0ye05oA#yhiBukAYcJPDfIUC.01 (s’ouvre dans un nouvel onglet)"><span class="footnote_url_wrap">https://www.smithsonianmag.com/smart-news/meet-the-money-behind-the-climate-denial-movement-180948204/?fbclid=IwAR1MeZa_1r102woUcAzWT5XXuY5-DxiXQMPltNpvhX_4QjaNoV8f0ye05oA#yhiBukAYcJPDfIUC.01</span></a>.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_3366_4_1').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_3366_4_1', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>) ou des gouvernements prétendument ouverts aux revendications du mouvement&nbsp;et inquiets par le danger ne sont pas restés les bras croisés. Dans un premier temps, ces derniers ont tenté de se présenter comme les seuls garants de la nécessaire transition énergétique. Mais quand le mouvement a montré qu’il n’était pas prêt à déléguer passivement les prises de décision aux principaux responsables de la crise climatique, les gouvernements ont ressorti rapidement leurs poncifs de défense de “la vie des citoyens pris en otage” et exigé que les élèves retrouvent le «&nbsp;bon chemin de leurs études qui ne devraient pas être interrompues par des grèves&nbsp;». Les moyens diffèrent mais partout la répression policière et les sanctions administratives contre les élèves sont utilisées pour mettre fin au mouvement de la jeunesse pour le climat.</p>



<p>Face à cette réaction, le mouvement est en quête de méthodes pour résister, se défendre et continuer la lutte. La non-violence, méthode choisie dès le départ par les activistes de XR gagne du terrain. Que des jeunes (ou moins jeunes) veulent transformer la société pacifiquement est plus que louable. Personne ne devrait critiquer des jeunes qui veulent sauver le monde d’une manière pacifique. Mais la non-violence, en tant que doctrine d’action qui s’oppose à la diversité des formes de lutte, est-elle vraiment accessible à toutes et tous&nbsp;? Quels en sont les désavantages&nbsp;? les limites&nbsp;? par qui sont-elles imposées&nbsp;? C’est à ces questions que nous allons essayer de répondre, sans oublier qu’au moment où le pouvoir essaye de nous diviser, l’unité de notre classe en mouvement est nécessaire, car nous avons non seulement un monde à sauver, mais surtout un autre monde à gagner.&nbsp;</p>



<p>Considérons ce que nous dit Jay Griffiths, auteure à succès et activiste d’XR :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>“Pendant que j’étais en garde à vue, un gouvernement alternatif était en train d’être crée, une assemblée populaire au «&nbsp;Marble Arch&nbsp;», où une sorte de Commune de Paris était mise sur pied. Maintenant les enjeux sont infiniment plus importants qu’à Paris en 1871 – bien qu’ils étaient très importants. </em><strong><em>Ici, maintenant, non-violents et sans peur, nous sommes irrépressibles</em></strong><span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_3366_4('footnote_plugin_reference_3366_4_2');" onkeypress="footnote_moveToReference_3366_4('footnote_plugin_reference_3366_4_2');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_3366_4_2" class="footnote_plugin_tooltip_text">2</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_3366_4_2" class="footnote_tooltip">Jay Griffiths, <em>Courting arrest</em>, dans <em>This is not a drill</em>, an extinction rebellion handbook, Penguin 2019.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_3366_4_2').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_3366_4_2', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script><strong><em>.</em></strong><em>”</em></p>
<cite>Jay Griffiths</cite></blockquote>



<p>Mais est-ce vraiment le cas&nbsp;? L’expérience des mouvements précédents nous informe-t-elle ainsi&nbsp;? Sommes-nous irrépressibles <em>car</em> non-violents&nbsp;? Pour le prouver, il faudrait pouvoir démontrer que les mouvements non-violents ont <strong>tous</strong> obtenu des victoires.</p>



<p>Dans son récent ouvrage «&nbsp;Pourquoi la résistance civile fonctionne&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_3366_4('footnote_plugin_reference_3366_4_3');" onkeypress="footnote_moveToReference_3366_4('footnote_plugin_reference_3366_4_3');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_3366_4_3" class="footnote_plugin_tooltip_text">3</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_3366_4_3" class="footnote_tooltip">Erica Chenoweth, Maria J.Stephan, <em>Why civil resistance works, </em>Columbia University Press 2012<em>.</em></span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_3366_4_3').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_3366_4_3', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>, Erica Chenoweth, dont le travail de recherche a joué un rôle important dans le développement de l’orientation stratégique d’XR, donne une réponse catégorique. Il n’est pas question de dire que toutes les luttes non-violentes obtiennent des victoires ou des concessions, ni que les luttes violentes n’en obtiennent jamais&nbsp;: “<em>entre 1900 et 2006 les campagnes de résistance non-violentes avaient jusqu’à deux fois plus de chances de réussir complètement ou partiellement que leurs équivalents violents.”</em>&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Efficacité durable</strong></h3>



<p>Toujours est-il, selon Chenoweth que la non-violence reste (plus) efficace. L’expérience le montrerait. Du mouvement des droits civiques aux États-Unis à la première Intifada en Palestine, des victoires ont été arrachées.&nbsp;</p>



<p>Ces exemples qui sont utilisés très souvent comme des réussites méritent toutefois d’être discutés. Si on admet que le mouvement des droits civiques était un mouvement non-violent, peut-on parler d’une réelle victoire contre le racisme de la société étant données les violences policières, les inégalités et le racisme institutionnel aujourd’hui aux États-Unis&nbsp;? Peut-on considérer la première intifada, que Chenoweth classe dans les mouvements non-violents, comme une réussite, étant donné la réalité actuelle en Palestine et l’expansionnisme des colonies israéliennes&nbsp;? La liste des «réussites&nbsp;» qui ont été renversées quelques années après ou petit à petit est malheureusement très longue. Parfois, il ne reste plus rien, parfois il reste quelques améliorations partielles. Mais en ce qui concerne le changement climatique, peut-on vraiment se contenter d’améliorations partielles? Peut-on accepter de voir les potentiels acquis d’aujourd’hui être supprimés quelques années après&nbsp;? Non seulement nous n’avons plus de telles marges de manoeuvres mais c’est déjà trop tard pour éviter certaines évolutions négatives. L’urgence climatique nous oblige à penser des transformations de société pérennes. Rien ne garantit bien sûr que les luttes qui ne sont pas non-violentes amèneront inévitablement à des réussites pérennes mais, en tout cas, l’avantage qualitatif de la non-violence n’est pas, de ce point de vue, défendable.&nbsp;</p>



<p>Il faudrait donc discuter des cas où l’on peut parler de réussites pérennes. Les deux exemples qui viennent immédiatement à l’esprit, mais pas les seuls, sont ceux de la lutte pour l’indépendance nationale en Inde personnifiée par Mohandas Gandhi et celle de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud personnifiée par Nelson Mandela. L’Inde est devenue indépendante et l’apartheid a été aboli.&nbsp;</p>



<p>Bien que ce soient des victoires très importantes, les aspirations sociales, contre la pauvreté, les inégalités et l’exploitation, qui imprégnaient profondément les masses impliquées dans les deux mouvements n’ont jamais été réalisées. Dans toutes les luttes de libération nationale et anticoloniales l’objectif principal énoncé est <em>une nécessité</em> afin d’obtenir des améliorations sociales et non pas un but abstrait. La haine pour le colon anglais n’existe pas en soi, mais parce que ce dernier est responsable pour et incarne tous les maux subis par le peuple colonisé. Qu’on parle alors de l’Inde ou de l’Afrique du Sud, du point de vue de l’ensemble des revendications de ces mouvements, il s’agit des victoires partielles qui font qu’aujourd’hui le racisme, les inégalités, l’extrême pauvreté perdurent dans ces pays.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Mais même si on accepte qu’il s’agit de réussite, la question est de savoir si cette dernière est due à leur caractère non-violent. Concernant l’Afrique du Sud, parler de non-violence est une aberration. Car le mouvement contre l’apartheid a traversé des périodes non-violentes, des périodes avec des confrontations de masse et des périodes ou des petits groupes qui avaient adopté des méthodes de guérilla réalisaient des actes «&nbsp;terroristes&nbsp;». C’est l’échec de ce type de violence ultra-minoritaire, sur laquelle nous reviendrons plus bas, qui a repoussé la grande majorité du mouvement en Afrique du Sud et qui a fait émergé Mandela et son discours conciliateur comme la seule option viable.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="606060" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #606060;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/12/hqdefault.jpg" alt="" class="wp-image-3370 not-transparent"/><figcaption class="wp-element-caption">Manifestation d&rsquo;étudiant·e·s  noir·e·s  à Soweto le 16 juin 1976. La répression fit des centaines de mort·e·s.</figcaption></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Le cas de l&rsquo;Inde</h3>



<p>L’exemple canonique est celui de Gandhi qui aurait réussi à vaincre l’Empire britannique sans jamais employer la violence.&nbsp;</p>



<p>Trop souvent on sanctifie Gandhi en ignorant, parfois volontairement, son racisme envers les noirEs en Afrique du sud et son soutien pour le système des castes en Inde. Mais ce qui est plus important est que trop souvent aussi on attribue facilement la défaite coloniale de l’Empire britannique à lui et sa tactique de non-violence.</p>



<p>Cette lecture de l’histoire néglige deux éléments&nbsp;: le déclin de l’Empire britannique partout dans le monde pendant cette même période face à des luttes anticoloniales qui étaient plutôt violentes et le rôle que les autres tendances du mouvement pour l’indépendance y ont joué.&nbsp;</p>



<p>Concernant le premier, les années qui ont suivi la fin de la deuxième guerre mondiale plusieurs pays ont obtenu leur indépendance&nbsp;; la Malaisie, l’Egypte, et la Côte-de-l’Or (Ghana) étaient parmi les premiers. Mais d’autres pays comme l’Irak avaient obtenu leur indépendance déjà avant la guerre. Les coups portés par la résistance dans tous ces pays depuis le début du vingtième siècle ont contribué mutuellement à la chute de l’Empire britannique. Isoler le cas de l’Inde est un non-sens.&nbsp;</p>



<p>Concernant le deuxième, donnons la parole aux acteurs de la période. Quand Clement Attlee, premier ministre de la Grande Bretagne au moment de l’indépendance, avait été interrogé par le juge en chef de la Haute Cour de Calcutta P.B. Chakrabarty concernant le rôle que Gandhi avait joué sur leur décision de partir, il avait répondu «&nbsp;mi-ni-male&nbsp;!&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_3366_4('footnote_plugin_reference_3366_4_4');" onkeypress="footnote_moveToReference_3366_4('footnote_plugin_reference_3366_4_4');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_3366_4_4" class="footnote_plugin_tooltip_text">4</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_3366_4_4" class="footnote_tooltip">Ranjan Borra, <em>Subhas Chandra Bose, The Indian National Army and the War of India’s liberation </em>dans Journal of Historical Review, vol 3, no 4, 1982.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_3366_4_4').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_3366_4_4', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>. Dans la même discussion Attlee citait «&nbsp;l’érosion de loyauté à la couronne dans les rangs de l’armée et de la marine de l’Inde à cause des activités militaires de Netaji (surnom de Subhas Chandra Bose)&nbsp;». Bose était le dirigeant et fondateur de l’Armée Nationale Indienne. L’arrestation de trois de ses officiers, un musulman, un hindou et un sikh – symbole de l’unité intercommunautaire – en novembre 1945 avait conduit à des manifestations massives à Calcutta avec 33 mortEs. Trois mois plus tard, quand l’un de trois officiers avait été condamné à sept ans d’emprisonnement, une mutinerie avait éclaté dans la Royal Indian Navy à Bombay. Très rapidement elle s’est propagée jusqu’au Madras, au Karachi et à Calcutta. Gandhi n’avait joué aucun rôle dans cette révolte, au contraire il l’avait condamnée.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="7c7c7c" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #7c7c7c;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/12/Mutiny-1-1024x800.jpg" alt="" class="wp-image-3377 not-transparent"/><figcaption class="wp-element-caption">Mutinerie de la Royal Indian Navy à Bombay en 1946</figcaption></figure>



<p>Comme le souligne l’historienne Talat Ahmed « la mutinerie et les manifestations massives avaient le potentiel de devenir l’antidote à la frénésie communautariste&nbsp;» mais Gandhi considérait qu’une «&nbsp;combinaison entre hindous et musulmans ayant comme but l’action violente était profane&nbsp;»<span class="footnote_referrer"><a role="button" tabindex="0" onclick="footnote_moveToReference_3366_4('footnote_plugin_reference_3366_4_5');" onkeypress="footnote_moveToReference_3366_4('footnote_plugin_reference_3366_4_5');" ><sup id="footnote_plugin_tooltip_3366_4_5" class="footnote_plugin_tooltip_text">5</sup></a><span id="footnote_plugin_tooltip_text_3366_4_5" class="footnote_tooltip">Talat Ahmed, <em>Mohandas Gandhi, Experiments in Civil Disobedience</em>, p.147-148, Pluto Press, 2019.</span></span><script type="text/javascript"> jQuery('#footnote_plugin_tooltip_3366_4_5').tooltip({ tip: '#footnote_plugin_tooltip_text_3366_4_5', tipClass: 'footnote_tooltip', effect: 'fade', predelay: 0, fadeInSpeed: 200, delay: 400, fadeOutSpeed: 200, position: 'top right', relative: true, offset: [10, 10], });</script>.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La violence et son éthique</h3>



<p>Les rebelles de XR condamnent d’emblée toute forme de violence. De notre côté nous ne voulons pas défendre toute forme de violence et à tout prix. Nous les rejoignons sur le fait que la violence peut être dissuasive pour la grande majorité des gens et que le nombre des gens qui participent à des actions est décisif. Les actes de petites minorités illuminées comme mettre des explosifs, assassiner etc., ne peuvent qu’aliéner les gens et faire dégénérer un mouvement et donner plus d’arguments au pouvoir pour réprimer d’avantage. Participer activement dans un mouvement est une condition nécessaire pour que quelqu’un puisse se rendre compte de sa force collective et de l’importance de continuer à lutter jusqu’à la victoire. L’empêcher d’y participer d’avance en imposant de telles tactiques est une erreur.&nbsp;</p>



<p>Mais de là à condamner la violence employée massivement par les mouvements il y a une différence.</p>



<p>D’abord parce que parfois il n’y a pas d’autre choix. Pour les gens des quartiers populaires, qui meurent sous des coups policiers sans aucune raison, la violence ne serait-ce que pour se défendre, demeure souvent la seule option. Pour les Gilets Jaunes qui se faisaient amputer et éborgner pendant des manifestations non-violentes, la riposte violente était une nécessité pour se défendre et défendre ses proches.</p>



<p>Pour le mouvement de la Grève du climat et XR les choses sont pour l’instant – mais cela a déjà commencé à changer – un peu différentes. Le caractère massif qu’ont prises leurs mobilisations dès le départ ainsi que le besoin des gouvernements de se présenter comme favorables à leurs revendications on fait que la répression était relativement limitée. Mais cela n’aurait pas pu durer. Pendant les actions de blocage fin septembre jusqu’à la mi-octobre 2019 les activistes ont été réprimés violemment dans plusieurs pays, notamment en Angleterre. Ce sont les mêmes forces de l’ordre qui quelques mois auparavant frappaient les Gilets Jaunes, qui avaient tué Edson Da Costa à Londres en 2017 et Adama Traoré à Beaumont-sur-Oise en 2016.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="686f44" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #686f44;" decoding="async" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2019/12/WhatsApp-Image-2019-12-01-at-15.18.02-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-3372 not-transparent"/><figcaption class="wp-element-caption">Répression violente des activistes de XR à Londres en septembre 2019</figcaption></figure>



<p>Le slogan «&nbsp;la police / avec nous / on fait ça pour vos enfants&nbsp;» est un slogan bienveillant. Qui d’entre nous qui luttons pour un monde meilleur ne le fait pas pour <em>toutes</em> les générations futures&nbsp;? Qui doute que dans un monde où le climat serait complètement déréglé, les enfants des flics ne subiraient aussi les conséquences&nbsp;?&nbsp;</p>



<p>C’est aussi un slogan qui est très violent pour touTEs celles et ceux qui subissent quotidiennement la violence de l’État à cause de leur couleur de peau, leur religion, leur origine ou leurs idées. Des gens qui ont perdu unE proche, qui sont emprisonnés ou qui vivent avec la peur de croiser une voiture de police sans n’avoir rien fait.&nbsp;</p>



<p>La question n’est pas si chaque flic est une mauvaise personne, mais que la police n’est pas une institution neutre. La mission collective de ses «&nbsp;employéEs&nbsp;» est celle du maintien de l’ordre nécessaire pour la protection des intérêts des puissants. Servir ces intérêts devient du coup vital pour la perpétuation de l’existence de la police elle-même. Même si individuellement les revendications d’une rébellion pourraient leur sembler justes, celle-ci est par sa nature contraire à leurs intérêts matériels immédiats&nbsp;: la seule option pour unE policierE qui ne veut plus servir ces fins est de ne plus être policierE. Il est d’ailleurs impossible de jouer ce rôle répressif sans adopter une idéologie qui le justifie. La police est là pour garantir que rien ne change.&nbsp;&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les buts et les moyens</h3>



<p>Gandhi est <em>le</em> symbole de la non-violence. Non seulement parce qu’il l’a mise en œuvre rigoureusement. Pour lui la non-violence était une fin en soi&nbsp;: pour des raisons religieuses mais surtout parce qu’il représentait un mouvement qui portait en son sein des antagonismes de classes&nbsp;: les intouchables et les ouvriers d’un côté et les grands commerçants de l’autre, envisageaient tous la libération nationale mais sans pour autant avoir les mêmes intérêts. La non-violence n’était pas seulement une méthode de résistance mais aussi la garantie que les exploitéEs indienNEs continueraient à respecter l’ordre social après la libération.&nbsp;</p>



<p>Avant d’arriver en Inde et quand l’Empire Britannique s’engageait dans la première guerre mondiale, qui causa la mort de 18,5 millions de personnes et de plus de 74.000 indiens, Gandhi n’était pas pour la non-violence. Il appela tous les indiens à protéger leur mère patrie, la Grande Bretagne.&nbsp;</p>



<p>A l’opposé les révolutionnaires allemands Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg avaient refusé de soutenir la guerre et Liebknecht, alors député, ne vota pas pour les crédits de guerre. Quelques années plus tard, après la victoire de la révolution russe, les bolcheviks, accusés souvent pour leur violence, mirent fin à la guerre avec l’Allemagne (armistice du 15 décembre 1917 et traité Brest-Litovsk en mars 1918). Sans faire de la non-violence une fin et en acceptant sa nécessité face au monopole de la violence de l’État, ils sauvèrent des milliers voire des millions des vies.&nbsp;</p>



<p>Si l’on accepte que l’urgence climatique nécessite un changement de société profond et que de celui-ci dépend l’avenir de l’humanité toute entière nous ne pouvons pas faire de la non-violence une condition indispensable. Nous ne pouvons pas mettre le moralisme des moyens par-dessus la nécessité de notre but. L’État, français, anglais ou brésilien, peu importe, est là pour garantir les intérêts du 1%, des Lafarge, Vale, Novartis, ExxonMobil et compagnie qui sont en train de détruire notre planète. On ne doit pas les laisser faire.&nbsp;</p>



<h5 class="wp-block-heading">Dimitris Daskalakis</h5>
<div class="speaker-mute footnotes_reference_container"> <div class="footnote_container_prepare"><p><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_label pointer" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_3366_4();">Notes</span><span role="button" tabindex="0" class="footnote_reference_container_collapse_button" style="display: none;" onclick="footnote_expand_collapse_reference_container_3366_4();">[<a id="footnote_reference_container_collapse_button_3366_4">+</a>]</span></p></div> <div id="footnote_references_container_3366_4" style=""><table class="footnotes_table footnote-reference-container"><caption class="accessibility">Notes</caption> <tbody> 

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_3366_4_1" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_3366_4('footnote_plugin_tooltip_3366_4_1');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>1</a></th> <td class="footnote_plugin_text"><a href="https://www.smithsonianmag.com/smart-news/meet-the-money-behind-the-climate-denial-movement-180948204/?fbclid=IwAR1MeZa_1r102woUcAzWT5XXuY5-DxiXQMPltNpvhX_4QjaNoV8f0ye05oA#yhiBukAYcJPDfIUC.01" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label="https://www.smithsonianmag.com/smart-news/meet-the-money-behind-the-climate-denial-movement-180948204/?fbclid=IwAR1MeZa_1r102woUcAzWT5XXuY5-DxiXQMPltNpvhX_4QjaNoV8f0ye05oA#yhiBukAYcJPDfIUC.01 (s’ouvre dans un nouvel onglet)"><span class="footnote_url_wrap">https://www.smithsonianmag.com/smart-news/meet-the-money-behind-the-climate-denial-movement-180948204/?fbclid=IwAR1MeZa_1r102woUcAzWT5XXuY5-DxiXQMPltNpvhX_4QjaNoV8f0ye05oA#yhiBukAYcJPDfIUC.01</span></a>.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_3366_4_2" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_3366_4('footnote_plugin_tooltip_3366_4_2');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>2</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Jay Griffiths, <em>Courting arrest</em>, dans <em>This is not a drill</em>, an extinction rebellion handbook, Penguin 2019.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_3366_4_3" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_3366_4('footnote_plugin_tooltip_3366_4_3');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>3</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Erica Chenoweth, Maria J.Stephan, <em>Why civil resistance works, </em>Columbia University Press 2012<em>.</em></td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_3366_4_4" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_3366_4('footnote_plugin_tooltip_3366_4_4');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>4</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Ranjan Borra, <em>Subhas Chandra Bose, The Indian National Army and the War of India’s liberation </em>dans Journal of Historical Review, vol 3, no 4, 1982.</td></tr>

<tr class="footnotes_plugin_reference_row"> <th scope="row" id="footnote_plugin_reference_3366_4_5" class="footnote_plugin_index pointer" onclick="footnote_moveToAnchor_3366_4('footnote_plugin_tooltip_3366_4_5');"><a role="button" tabindex="0" class="footnote_plugin_link" ><span class="footnote_index_arrow">&#8593;</span>5</a></th> <td class="footnote_plugin_text">Talat Ahmed, <em>Mohandas Gandhi, Experiments in Civil Disobedience</em>, p.147-148, Pluto Press, 2019.</td></tr>

 </tbody> </table> </div></div><script type="text/javascript"> function footnote_expand_reference_container_3366_4() { jQuery('#footnote_references_container_3366_4').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_3366_4').text('−'); } function footnote_collapse_reference_container_3366_4() { jQuery('#footnote_references_container_3366_4').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_3366_4').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_3366_4() { if (jQuery('#footnote_references_container_3366_4').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_3366_4(); } else { footnote_collapse_reference_container_3366_4(); } } function footnote_moveToReference_3366_4(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_3366_4(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } } function footnote_moveToAnchor_3366_4(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_3366_4(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery( 'html, body' ).delay( 0 ); jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.2 }, 380); } }</script><p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/ecologie/mouvement-pour-le-climat-discuter-nos-strategies/">Mouvement pour le climat &#8211; Doit-on faire de la non-violence une stratégie pour gagner?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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