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	<title>Archives des vss - A2C - Autonomie de classe</title>
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	<title>Archives des vss - A2C - Autonomie de classe</title>
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		<title>Point de vue sur les reflux et perspectives du mouvement féministe </title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/reflux-perspectives-mouvement-feministe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Solen Rennes]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Feb 2026 23:03:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Fémonationalisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Un peu moins de 10 ans après Me Too, le mouvement féministe est face à de multiples questionnements : comment mener la grève féministe ? Assiste-t-on à un reflux du mouvement ? Quels enjeux face <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/reflux-perspectives-mouvement-feministe/" title="Point de vue sur les reflux et perspectives du mouvement féministe ">[...]</a></div>
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<p class="has-light-green-cyan-to-vivid-green-cyan-gradient-background has-background"><em>Un peu moins de 10 ans après Me Too, le mouvement féministe est face à de multiples questionnements : comment mener la grève féministe ? Assiste-t-on à un reflux du mouvement ? Quels enjeux face à la tentative de récupération politique par l&rsquo;extrême droite ? Entretien avec Kim Attimon, militante à Nous Toutes 35 et à A2C. </em></p>



<p><strong>Est-ce que tu as l&rsquo;impression que le mouvement féministe est en reflux en ce moment ?</strong></p>



<p class="has-white-background-color has-background">Je pense qu&rsquo;en effet c&rsquo;est peut-être un moment de reflux du mouvement féministe. Mais du coup, qui dit reflux, dit le préalable d&rsquo;avoir assisté depuis l&rsquo;émergence de MeToo en France en 2018, à une grande vague de mobilisation féministe telle qu&rsquo;on n&rsquo;en avait pas vue depuis plusieurs décennies. Cette quatrième vague, elle s&rsquo;est particulièrement emparée de la question des violences sexuelles. C&rsquo;est ce qui la différencie en partie des précédentes. Et puis, elle a la particularité de venir de pays du Sud comme le Chili et l’Argentine.</p>



<p>Il y a plusieurs féministes qui ont théorisé la question des flux et des reflux du mouvement en parlant du fameux « backlash » (retour de bâton) qui illustre la question du rapport de force. S&rsquo;il y a un moment de reflux du mouvement, c&rsquo;est aussi parce qu&rsquo;il y a eu un mouvement extrêmement fort et très organisé ces dernières années qui a imposé un nouveau rapport de force. Une partie du mouvement s&rsquo;est vachement structurée en France, notamment autour de Nous Toutes, qui a poussé sur un certain nombre de mots d&rsquo;ordre, en premier lieu le terme même de VSS, mais aussi la réalité des féminicides ou encore le fait que la culture du viol structure la société. Si ces trois notions nous paraissent évidentes aujourd&rsquo;hui, il y a cinq ans c&rsquo;était loin d’être le cas. En plus de ça, il y a aussi les questions du consentement et du tabou de l&rsquo;inceste : c&rsquo;étaient des choses dont on ne parlait pas du tout il y a encore très peu de temps.</p>



<p>Pour le mouvement féministe révolutionnaire, il a plutôt poussé sur la question de l&rsquo;articulation oppression-exploitation avec le mot d&rsquo;ordre de la grève féministe, parti des pays du Sud, Argentine et Chili notamment, avec des grèves assez suivies là-bas. Ce mot d&rsquo;ordre a été repris en France, mais avec plus de difficultés à lui donner une existence concrète. Je pense que ça vient aussi raconter une distance certainement plus grande entre les organisations traditionnelles du mouvement ouvrier et le mouvement féministe en France par rapport à ces pays.&nbsp;</p>



<p>Si aujourd&rsquo;hui on est plusieurs à percevoir une espèce de reflux, c&rsquo;est, je pense, en partie un reflux du mouvement féministe réformiste qui est dans un moment de fragilité. Notamment Nous Toutes au national qui cette année n&rsquo;a pas organisé la manifestation du 25 novembre, et semble traverser une période difficile en interne et en externe.</p>



<p>Il y aussi des questions de tension dans le mouvement. La direction de NT est poussée à sa gauche sur certaines questions. Avec des résultats parfois pas très concluants de mon point de vue.&nbsp; Je pense par exemple à l&rsquo;année dernière où l&rsquo;appel pour le 25 novembre était contre les violences d&rsquo;État, ce qui a rendu inaudible pour un certain nombre de personnes l’objet de la manifestation à savoir la lutte contre les VSS. Alors que l’objectif de NT depuis le début, c’est un mouvement massif et large. Voilà ce qui peut se produire lorsque des groupes, qui ne représentent pas grand chose, se mettent à pousser pour des arguments qui sont extrêmement minoritaires et souvent moraux … De l’autre côté il y a l’arrière-garde du CNDF et de Grève féministe qui tire sur la droite avec leurs arguments transphobes, anti travail du sexe et islamophobes. Elles non plus ne représentent plus grand-chose en termes de base active mais elles continuent d’avoir des liens historiques avec les syndicats et certains partis. Dans une certaine mesure, ça nous complique la tâche pour construire la grève féministe avec les syndicats sur nos bases pro-choix. En parallèle, le mouvement féministe révolutionnaire et anticapitaliste s&rsquo;est pas mal structuré avec la Coordination féministe, mais avec aussi quelques difficultés. Là, il y a encore beaucoup à fabriquer, en particulier ce fameux lien avec les syndicats pour porter à la fois la question de l&rsquo;oppression et de l&rsquo;exploitation.</p>



<p>Donc le reflux, je pense qu&rsquo;il est multicausal. Mais pour l&rsquo;instant, je n&rsquo;ai pas assez de recul pour savoir vraiment pourquoi c&rsquo;est maintenant. En tout cas, je pense que la fragilité de Nous Toutes, ça a un impact, notamment en termes de visibilité, sur les dates de mobilisations et le contexte plus général doit jouer également.</p>



<p><strong>C&rsquo;est quoi l&rsquo;avenir de la grève féministe ?</strong></p>



<p>Je pense que <strong><em>pour continuer de construire la grève féministe, il n&rsquo;y a pas le choix que d&rsquo;investir les syndicats</em></strong>. Historiquement, il y a un mouvement féministe autonome très fort en France qui est lié à l&rsquo;histoire du mouvement féministe matérialiste et la deuxième vague. Mais il y a quelque chose à reconstruire pour aller vers la grève féministe, ce qui veut dire aller dans les syndicats et construire cette grève à partir des lieux de travail.</p>



<p>L&rsquo;autre hypothèse que je fais et que je défends à NT35, c&rsquo;est l’intérêt de construire des groupes de quartier qui organisent notamment de la solidarité matérielle et permettent de construire la fameuse grève du travail reproductif à des échelles plus petites que la ville mais plus grande que la famille. Si on regarde en Argentine ou au Chili la façon dont les grèves ont pris, c&rsquo;est en partie ce qu&rsquo;il s&rsquo;est passé. Pour avoir vécu en Argentine, il y a des dynamiques de solidarité de quartier qui sont extrêmement présentes et qui sont liées au fait qu&rsquo;il y a énormément d&rsquo;économie informelle et beaucoup de moyens de subsistance parallèles au marché capitaliste formel, où la place des liens avec ses voisin.es par exemple est assez centrale. Et dans la capacité à structurer un mouvement et à mettre en grève les gens, quand tu sais que derrière t&rsquo;auras à manger, du soutien sur les tâches auxquelles les femmes sont assignées et contraintes, ça change quand même beaucoup de choses.</p>



<p>C&rsquo;est les deux perspectives que je vois : la réelle implantation dans les milieux de travail pour pouvoir mettre les gens en grève du travail salarié, et travailler l&rsquo;implantation de quartier pour avoir des bases de solidarités autour de nous pour construire la grève du travail reproductif ou plutôt sa mutualisation.</p>



<p>Parce que, ce qu&rsquo;on essaie d&rsquo;articuler avec la grève féministe&nbsp; c&rsquo;est un niveau de conscience de classe qui est très fort. Et si on arrive à convaincre une frange importante du mouvement, ça peut produire des choses assez incroyables dans la décennie qui vient.</p>



<p><strong>Sur les tentatives de récupération sionistes et fascistes des mobilisations féministes, quelles sont les luttes qui sont encore à mener ?</strong></p>



<p>Je m&rsquo;attendais à ce qu&rsquo;on soit beaucoup plus divisé.es ces deux dernières années sur la question de Nemesis, et même, plus spécialement sur la question de Nous vivrons. Pour le coup, j&rsquo;ai été assez agréablement surprise des réactions. J&rsquo;ai pas l&rsquo;impression que les arguments sionistes sur le 7 octobre aient pris dans le milieu féministe. Je trouve qu&rsquo;<strong><em>il y a eu un front pro-palestinien qui a pris le devant et a remporté la bataille des arguments</em></strong>. Pour autant, je pense que ça reste le champ de bataille idéologique du féminisme contemporain, la question de l&rsquo;instrumentalisation du féminisme à des fins racistes et à des fins coloniales. C’est pour ça qu’il faut continuer d&rsquo;armer le mouvement pour tenir bon, car les attaques ne vont pas s&rsquo;arrêter. <em><strong>Le féminisme est un outil parfait de la classe dirigeante pour diviser notre classe à partir d&rsquo;enjeux racistes</strong></em>, et c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs une tendance qui existe depuis des décennies. Que ça vienne à la fois du féminisme d&rsquo;État à la Marlène Schiappa, ou d&rsquo;une partie du mouvement féministe qui s&rsquo;est tournée vers le réformisme avec une forme d&rsquo;adhésion au moins silencieuse à cette tendance-là, parce que c&rsquo;est un féminisme institutionnel qui vit de subventions mais aussi car une partie de ces groupes ont une conception profondément raciste de l’émancipation des femmes.</p>



<p>&nbsp;Il y a beaucoup à reconstruire car les mouvements féministes des années 2000 n’ont au mieux pas été à la hauteur des attaques islamophobes ou au pire y ont contribué activement. Il faut faire en sorte que pour toutes les nouvelles générations de féministes qui entrent en action ça devienne inévitable, incontournable d’avoir une approche antiraciste. Que notre féminisme soit un féminisme de classe, qui ne se sent pas proche des bourgeoises blanches racistes et qui argumente dur face aux discours qui disent que le patriarcat aurait une couleur, une origine, une religion.</p>



<p>C&rsquo;est particulièrement pour ça que je continue de m&rsquo;impliquer dans le mouvement féministe, mais aussi parce que je pense qu&rsquo;il y a plein de grandes choses qui peuvent se passer à partir de ces questions-là.</p>



<p>Mais en vrai, je trouve que le bilan est plutôt positif. Comme je disais, il y a toute une partie du mouvement féministe qui s&rsquo;est formée à la question de la libération de la Palestine ces trois dernières années. Il reste encore à passer à l’action dans certains endroits, ça fait partie des choses sur lesquelles progresser. S&rsquo;il y a encore plein de batailles à mener, il y en a certaines qui ont été remportées.</p>



<p>Kim Attimon, militante à Nous Toutes 35 (A2C Rennes)</p>



<p><em>Merci à Val et Solen pour leurs relectures et commentaires&nbsp;</em></p>
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		<title>Le consentement et la lutte contre les violences sexuelles</title>
		<link>https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/le-consentement-et-la-lutte-contre-les-violences-sexuelles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Solen Rennes]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Nov 2025 22:00:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<div class="mh-excerpt">Un spectre très large de mouvements féministes (ou pseudo-féministes) revendiquent l’intégration du consentement dans la définition du viol. Cette revendication, aboutissant à des stratégies différentes voire opposées, ne doit pas être vue comme un terrain <a class="mh-excerpt-more" href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/le-consentement-et-la-lutte-contre-les-violences-sexuelles/" title="Le consentement et la lutte contre les violences sexuelles">[...]</a></div>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><br><em>Un spectre très large de mouvements féministes (ou pseudo-féministes) revendiquent l’intégration du consentement dans la définition du viol. Cette revendication, aboutissant à des stratégies différentes voire opposées, ne doit pas être vue comme un terrain neutre mais comme un champ de bataille politique. Ainsi, nous devons questionner la place du consentement dans l’élaboration de nos outils et dans nos stratégies de lutte contre les violences sexuelles (VS) et nous demander si la notion de consentement est suffisante pour lutter contre les VS, dans nos organisations et dans la société. Dans nos cadres d’intervention, des camarades sont parfois suspendus, protégés ou encore dénoncés en public. Face à ces situations, il n’est pas facile de savoir comment réagir. Nous avons donc besoin d’une boussole éthique et politique</em>.</p>



<h6 class="wp-block-heading has-text-align-right has-background" style="background-color:#e29f02;font-size:11px;text-transform:uppercase">Les Cahiers d&rsquo;A2C #19 &#8211; Novembre 2025</h6>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img data-dominant-color="c2a098" data-has-transparency="false" fetchpriority="high" decoding="async" width="692" height="294" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/A2C_RevueN7_GreveFeministe_En-tete-1-jpg-edited.webp" alt="" class="wp-image-10213 not-transparent" style="--dominant-color: #c2a098; width:840px;height:auto" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/A2C_RevueN7_GreveFeministe_En-tete-1-jpg-edited.webp 692w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/A2C_RevueN7_GreveFeministe_En-tete-1-jpg-edited-300x127.webp 300w" sizes="(max-width: 692px) 100vw, 692px" /></figure>



<h1 class="wp-block-heading">LE CONSENTEMENT : ÉTAT DES LIEUX</h1>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le fondement de la légitimité des rapports sexuels</strong></h2>



<p>Le consentement est l’acquiescement donné à un projet ou un acte. Il s’applique dans beaucoup de domaines du droit, comme en droit de la famille où l’on consent à un mariage. L’énonciation de cette notion dans la loi montre que ce n’est pas une évidence. Le consentement a besoin d’être légiféré. Mais qu’en est-il dans le domaine des violences sexuelles ?</p>



<p>En France, nous sommes dans une période de changement de la définition légale des VS. Depuis 1980, elle est basée sur la notion de « contrainte ». Une VS est défini comme un acte sexuel imposé par la violence, la menace ou la surprise. Le consentement n’était pas évoqué. Depuis quelques années, des agences de l’ONU préconisent une approche des VS basée sur l’absence de consentement. Des États l’ont alors intégré à leurs lois comme l’Allemagne (2016), la Suède (2018), l’Espagne (2022).</p>



<p class="has-text-align-left">Depuis 2023, un débat existe en France à ce sujet. Les mouvements féministes appellent à une réforme du droit pénal pour reconnaître tout acte sexuel sans consentement comme une violence. Depuis octobre 2025, la France a inscrit ce principe dans la loi sur la caractérisation des VS.</p>



<p class="has-text-align-center"><em>L’absence de consentement pour caractériser les VS semble évidente, mais l’utilisation de cette notion n’a pas toujours abouti aux mêmes stratégies politiques contre le patriarcat.</em></p>



<p>Clara Serra, philosophe et essayiste espagnole, expose deux tendances ayant émergé de ce point de départ.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le consentement impossible</strong></h2>



<p>La première tendance est celle du féminisme de la domination, qui s’appuie sur le féminisme matérialiste. Ici, le patriarcat est compris comme un système social et historique d’oppression des femmes par les hommes, qui s’appuie sur des structures matérielles, économiques et sociales. Cette structure sert alors le pouvoir d’un groupe (les hommes) au détriment d’un autre (les femmes). Elle organise l’ensemble des rapports entre ces groupes (le mariage, le travail ménager ou encore la sexualité). Dans ces conditions, consentir devient impossible.</p>



<p>La première stratégie qui découle de cette idée est le séparatisme. Puisqu’il ne peut pas y avoir de sexualité consentie sous le patriarcat, et donc dans les relations hétérosexuelles, le choix de la séparation s’impose pour se libérer des VS. Cela amène au lesbianisme politique, aux communautés de femmes, et à l’organisation politique en non-mixité.</p>



<p>La deuxième stratégie est l’élaboration d’un appareil législatif prohibitionniste et anti-sexe. Aux États-Unis, Andrea Dworkin et Elisabeth McKinnon ont déduit que le sexe est violence et donc que la sexualité est un danger pour les femmes. La pornographie et le travail du sexe (TDS) en deviennent les symboles ultimes. Pour protéger les femmes, elles se sont tournées vers l’État pour mettre en place des politiques prohibitionnistes (lois anti-avortement et anti-pornographie notamment). Cette politique a eu pour conséquences le harcèlement policier des TDS, des lieux gays, lesbiens et trans, l’absence de prise en compte des débuts de l’épidémie de VIH et la mise en place de programmes éducatifs basés sur l’abstinence avant le mariage.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le consentement comme horizon souhaitable</strong></h2>



<p>L’autre tendance est celle du néolibéralisme sexuel, selon laquelle « seul un oui est un oui ». Dans cette perspective, il est nécessaire de s’examiner, de regarder son désir, le comprendre, le verbaliser pour dire oui et contractualiser un accord. Sur ce terrain consenti contractualisé, il n’y a plus de risques de violences sexuelles.</p>



<p>La différence avec la première théorie est que la sexualité n’est pas forcément perçue comme une violence. Pour distinguer une violence d’une sexualité consentie, notre désir et notre capacité à l’exprimer ou non sont centraux. Aussi, dans la première tendance, la gestion des VS est déléguée à l’ État alors que la deuxième amène à des devoirs individuels : des hommes, on exige qu’ils demandent et des femmes, qu’elles sachent répondre. Cette vision du consentement est celle du capitalisme qui nous enjoint à être libres en trouvant nous-mêmes les conditions de notre liberté, sans nous en donner la possibilité.</p>



<p>Clara Serra nous dit que les deux théories coexistent. L’intégration dans les législations d’une définition positive du consentement mène à des lois plus répressives tout en demandant à chaque individu de se responsabiliser seul.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center"><em>Évidemment, l’idée de consentement reste essentielle, mais elle est insuffisante. Il est nécessaire de contextualiser les conditions</em> <em>du consentement pour savoir si la capacité à consentir existe ou non.</em></p>
</blockquote>



<p>Aujourd’hui, cette capacité et les violences sexuelles existent dans le contexte du patriarcat. Celui-ci est un outil essentiel au capitalisme car il assure la reproduction de la force de travail. Les VS, normalisées et naturalisées par la culture du viol, y sont un outil de domination et de maintien de l’ordre social.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-dominant-color="949494" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #949494;" decoding="async" width="1100" height="579" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/4c5917e6bde1b39454f8f607fc42718cdc-sex-wars-roundtable.2x.rsocial.w600-1100x579.webp" alt="" class="wp-image-10209 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/4c5917e6bde1b39454f8f607fc42718cdc-sex-wars-roundtable.2x.rsocial.w600-1100x579.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/4c5917e6bde1b39454f8f607fc42718cdc-sex-wars-roundtable.2x.rsocial.w600-300x158.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/4c5917e6bde1b39454f8f607fc42718cdc-sex-wars-roundtable.2x.rsocial.w600-768x404.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/4c5917e6bde1b39454f8f607fc42718cdc-sex-wars-roundtable.2x.rsocial.w600.webp 1200w" sizes="(max-width: 1100px) 100vw, 1100px" /></figure>



<h1 class="wp-block-heading has-text-align-left">LE SEXE COMME VIOLENCE OU LA CONQUÊTE DU DÉSIR</h1>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les Feminist Sex Wars</strong></h2>



<p>Les <em>Feminist Sex Wars</em> désignent les conflits autour du sujet de la sexualité entre plusieurs mouvements féministes. Elles débutent dans les années 80 aux États-Unis, au moment où sont votées les lois réactionnaires de Reagan. Ces controverses se cristallisent, en surface, sur la question de la pornographie. En réalité, « [elles sont] un combat pour savoir qui a le droit de définir la sexualité féminine » : l’État ou les personnes elles-mêmes ? Elles nous donnent un éclairage sur la manière dont nous pouvons aborder la question des VS et la sexualité plus largement.</p>



<p>L’un des camps des <em>Sex Wars</em> est celui des féministes dites radicales. Elles considèrent que la pornographie, le BDSM ou les relations butch-fem reproduisent la domination masculine et perpétuent les violences, même si elles semblent consenties. Cette idée aboutit à la stratégie d’un État qui promeut des lois anti-sexe. L’autre camp, celui des pro-sexe, lié aux luttes queers et à la défense des TDS, pense que le mouvement féministe doit s’engager contre la répression sexuelle. Il propose d’aller à la conquête du plaisir, par la libération du désir, une dépénalisation des fantasmes et la possibilité de jouer avec les codes du genre. Ce courant conçoit le consentement comme un critère libérateur permettant la distinction entre sexualité et violence.</p>



<p>S’inspirer des « pro-sexe » pour bâtir nos boussoles paraît intéressant, tout en conservant deux vigilances :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Des héritier·es de ce courant (comme Foucault, Hocquenghem, De Beauvoir) ont poussé si loin l’exploration de cette liberté qu’ils ont encouragé les violences sexuelles faites aux enfants.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Ce courant peut amener à des stratégies qui imaginent que ce sont nos pratiques individuelles de dissidences et de subversions qui vont mettre en danger le système (dominantes dans les pensées queers).</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La conquête du désir dans un contexte de backlash ?</strong></h2>



<p>Bien que la stratégie pro-sexe nous semble pertinente, il est important de rappeler que nous sommes actuellement dans une période de backlash, où les droits et les libertés gagnées autour de la sexualité sont en recul.</p>



<p>En témoigne la polémique, en France, autour de la loi EVARS (le programme d’éducation à la vie affective et sexuelle de l’Éducation nationale). Ce programme paraît une bonne piste pour garantir de meilleures conditions pour consentir ou non, et il fait l’objet d’une lutte acharnée de la part des milieux conservateurs et des fascistes. Au niveau institutionnel, le RN a déposé en avril 2025 une proposition de loi alternative qui remet la naturalisation de la famille hétérosexuelle et la biologisation du genre au centre de la société, tout en reconnaissant la nécessité de protéger les femmes des violences. Cette lutte s’articule aussi par une mise en mouvement. Début mars 2025, une grève de l’absentéisme, appelée par des groupes de parents type Syndicat de la Famille, héritiers de la Manif pour Tous et liés au RN et à Reconquête, a été assez suivie, vidant en partie des classes de leurs élèves.</p>



<p>Récemment, au Royaume-Uni, la Cour Suprême a acté que les femmes sont définies par leur biologie. L’attaque anti-trans est évidente, mais cet événement est à replacer dans le contexte de menace de guerre actuel. En France, Macron a appelé au « réarmement démographique », et dans tous les États impérialistes, des politiques de natalité sont ou vont être mises en place. Or, pour que la natalité redémarre, tout le monde doit être ramené sur le chemin de l’hétérosexualité. Cette contrainte repose sur la généralisation des violences sexuelles, notamment envers les personnes LGBT+.</p>



<p>Dès lors, la notion de consentement ne semble pas suffisante pour lutter contre les VS. Elle peut même parfois être dangereuse, selon par qui et au service de quoi elle est utilisée. Mais alors comment organiser efficacement la lutte contre les VS ?</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-dominant-color="84848f" data-has-transparency="false" style="--dominant-color: #84848f;" decoding="async" width="1600" height="900" src="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/manifesation-feministe.webp" alt="" class="wp-image-10212 not-transparent" srcset="https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/manifesation-feministe.webp 1600w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/manifesation-feministe-300x169.webp 300w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/manifesation-feministe-1100x619.webp 1100w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/manifesation-feministe-768x432.webp 768w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/manifesation-feministe-678x381.webp 678w, https://www.autonomiedeclasse.org/wp-content/uploads/2025/11/manifesation-feministe-1320x743.webp 1320w" sizes="(max-width: 1600px) 100vw, 1600px" /></figure>



<h1 class="wp-block-heading">LUTTER CONTRE LES VS AU-DELÀ DE L’IDÉE DU CONSENTEMENT</h1>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Lutter contre un système</strong></h2>



<p>Dans un premier temps, nous n’avons pas d’autre choix que de lutter contre tout le système qui produit les VS : le patriarcat et le capitalisme. Cependant, la conséquence ne doit pas être de se satisfaire d’un investissement dans son syndicat. Nous devons considérer le sexisme, au sein de nos organisations, comme un des fronts de la lutte des classes. Cela, à la fois parce que le féminisme politise et organise massivement, mais aussi parce qu’une partie des attaques les plus virulentes contre notre classe se fait sur le front du sexisme.</p>



<p>Il est donc essentiel de prendre au sérieux le mouvement féministe pour gagner des arguments. Nous devons aussi continuer à voir la mobilisation du 8 mars comme une possibilité d’organisation de notre classe.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Que faire des personnes ayant commis des violences ?</strong></h2>



<p>Une de nos idées de base est de refuser de clamer « pas d’agresseurs dans nos rangs », tout simplement car nous ne croyons pas à cette possibilité, sous les conditions actuelles.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center"><em>Nous ne sommes pas en mesure de créer une micro-société dans laquelle nous aurions supprimé toutes les violences, car nous en sommes tous et toutes capables.</em></p>
</blockquote>



<p>Mais alors qu’attendons-nous de nous qui produisons ces violences (même sans le vouloir) ? De suivre ce qui est demandé dans le cadre du protocole que nous avons élaboré pour montrer patte blanche ? Est-ce que ça serait la garantie de ne pas recommencer ? Ou souhaitons-nous plutôt une transformation profonde de la société ?</p>



<p>Comme nous, féministes révolutionnaires, pensons que le patriarcat ne profite pas à « une classe d’hommes » mais plutôt à la société capitaliste, nous proposons de sortir le désir du champ de la violence pour qu’il devienne un terrain d’expérimentation et de libération pour tout le monde. Nous pensons que tout le monde peut changer, en profondeur, et en parallèle d’un changement des conditions matérielles conditionnant nos actions. Ainsi, arrêter de faire subir des violences sexuelles, ce n’est pas perdre quelque chose mais plutôt gagner des formes d’interaction non basées sur la violence.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les personnes ayant subi des violences</strong></h2>



<p>Il est essentiel de reconsidérer la place totalisante de victime dans laquelle les personnes qui subissent des violences sont placées. Considérer ces personnes comme étant dotées de désir, dans toutes ses contradictions, c’est leur redonner du pouvoir. Cela permet de discuter avec nos camarades et d’exprimer des désaccords sur la gestion des situations de violences sans sacraliser « la parole de la victime ».</p>



<p>Enfin, cela permet de rester fidèle à l’idée que même si notre classe subit des violences, c’est en elle que réside les possibilités de son émancipation. Alors, on doit garder comme principe premier de donner les conditions nécessaires à nos camarades ayant subi des VS pour pouvoir continuer à militer, parce que c’est grâce à chacun·e d’entre nous que nous pourrons lutter contre le système qui produit ces violences.</p>



<p class="has-text-align-right">MARIA MARTIN (RENNES)</p>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center"><strong>À ÉCOUTER</strong></h2>



<p class="has-text-align-center"> GRÈVE FÉMINISTE, GRÈVE DU TRAVAIL REPRODUCTIF OU GRÈVE DE LA PRODUCTION ?</p>



<p>Dans cette introduction nous essayons de revenir sur la construction du 8 mars comme date de grève féministe. Si le mouvement féministe a réussi à imposer ce mot d’ordre à l’international, il est difficile de savoir comment elle se construit effectivement. La grève est parfois agitée comme une revendication sans que le mouvement la construise activement par en bas, dans leurs syndicat et leur quartier. Nous avons décider de revenir sur ce qu’est une grève féministe. Est-ce qu’il s’agit d’une grève des femmes ? D’une grève du secteur reproductif ? Ou bien d’une grève générale féministe qui dessine la possibilité d’une autre organisation de toute la société ? </p>



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<p>L’article <a href="https://www.autonomiedeclasse.org/feminisme/le-consentement-et-la-lutte-contre-les-violences-sexuelles/">Le consentement et la lutte contre les violences sexuelles</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.autonomiedeclasse.org">A2C - Autonomie de classe</a>.</p>
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